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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Le D Magazine
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-06-08, Collections de BAnQ.

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[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 Lire Chrystine Brouillet, Graham pour toujours Vivre Miami, la plus cubaine des villes américaines Dossier Francos Durer, c\u2019est dur et c\u2019est doux L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 Dossier Francos Regard sur le business de l\u2019anniversaire et le dur et doux défi de durer.Odile Tremblay Les flâneurs Cinéma Arts visuels Musique Vitrine du disque Écrans et grilles télé C U L T U R E V I V R E L I R E 4 78 20 22 35 18 5 28 26 24 42 44 48 49 50 53 54 Entrevue Chrystine Brouillet renoue avec la Maud Graham qu\u2019elle connaît par cœur.Entrevue avec Emily Barnett Louis Hamelin Critique des collégiens Louis Cornellier Zoom sur le ghazal persan Voyage Miami, la plus cubaine des villes américaines, dans une autre réalité.Escapade Plein air Jardins Resto Vin Jeux SOMMAIRE 25 33 34 Photo de la une du D : Catherine Legault Le Devoir Photo de la une Lire : Marie-France Coallier Le Devoir C U L T U R E S\u2019il ne fait pas toujours preuve du meilleur goût, Sandler ne manque pas d\u2019autodérision, de perspective et de sens de la fratrie, des qualités donnant à ses films des airs de retrouvailles avec un vieil ami.LEON BENNETT AGENCE FRANCE-PRESSE GRAND ANGLE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Peut-être est-il, après tout, impossible d\u2019ériger un mur entre son cœur et le monde à l\u2019aide des monticules d\u2019argent que contient notre cof fre- fort.100% Fresh, le plus récent spectacle filmé d\u2019Adam Sandler (disponible sur Netflix depuis octobre), une réplique subtilement narquoise aux notes catastrophiques que reçoivent généralement ses films sur l\u2019agréga- teur Rotten Tomatoes, et qui blessent visiblement celui qui les essuie.Qu\u2019à peu près personne ne s\u2019attende à ce que l\u2019homme-enfant le plus populaire d\u2019Hollywood renoue avec la grâce aura sans doute contribué à la surprise provoquée par 100% Fresh, premier special de l\u2019humoriste depuis What the Hell Happened to Me ?(1996).Brillamment tourné dans une douzaine de salles de différentes tailles, le spectacle entrelace à un rythme presque strobo- scopique ritournelles absurdes, anecdotes familiales, voix puériles, obligatoires blagues génitales et moments de tendresse, dont un hommage tire-larmes à son défunt ami Chris Farley.Un triomphe critique et populaire aussi inattendu qu\u2019inespéré, attribuable entre autres au plaisir palpable que trouve au micro l\u2019ancien membre de la distribution de Saturday Night Live, ainsi qu\u2019à sa conscience apparente, et émue, de ce qu\u2019il représente aux yeux de ses fidèles.Ce retour sur les planches aura plu au père de famille de 52 ans au point où il amorçait la semaine dernière une nouvelle tournée de 18 dates, 100 % Fresher, grâce à laquelle il apparaîtra sous les projecteurs montréalais pour une première fois en 27 ans, samedi soir au Centre Bell.Le mystère Sandler Malgré les indéniables et nombreuses imper fections de ses films, la critique aurait-elle parfois été injuste avec Adam Sandler ?« Je les trouve paresseux dans leur réflexion », lance à ses détracteurs Nicolas Krief, scénariste et réalisateur de 32 ans, happé adolescent par des longs métrages nonos mais irrésistibles comme Billy Madison (1995), Happy Gilmore (1996) et The Wedding Singer (1998), aujourd\u2019hui généralement épargnés par l\u2019anathème dont est frappée leur tête d\u2019affiche.« Je suis toujours fasciné par sa rage intérieure », souligne cet admirateur sincère, capable d\u2019af firmer sans pouf fer que des films comme You Don\u2019t Mess With the Zohan (2008) et Sandy Wexler (2017), largement considérés comme des navets , contiennent des « perles comiques ».« Il y a dans ses films une espèce d\u2019humour agressif, fâché, mais il y a toujours aussi une mélancolie, un vague à l\u2019âme, qu\u2019il semble vouloir sublimer grâce à son humour.» Le « Sandman » demeure néanmoins pour l\u2019essentiel une énigme, dont les motifs, les enthousiasmes et les ambitions tiennent du mystère (bien qu\u2019il ait déjà confié en entrevue choisir ses projets selon les lieux paradisiaques où ils seront tournés et où il pourra par le fait même se la couler douce en famille).Car même si quelques rôles plus sérieux, dans Punch-Drunk Love (2002) de Paul Thomas Anderson et The Meyerowitz Stories (2017) de Noah Baumbach, auront dévoilé d\u2019authentiques qualités d\u2019interprète dramatique, Sandler ne semble pas, contrairement à un Jim Carrey, dévoré par l\u2019envie d\u2019aller un jour cueillir un Oscar.Le vrai Adam Sandler ne se révélerait jamais autant, selon Nicolas Krief, que dans Funny People (2009), « film-somme sur ce qu\u2019est Adam Sandler ».À cheval entre fiction et réalité, le long métrage de Judd Apa- tow raconte les regrets d\u2019un acteur comique désenchanté s\u2019étant laissé guider par l\u2019appât du gain, au péril de sa propre humanité, étranglée par le cynisme de ses décisions artistiques discutables.« C\u2019est un film transcendant parce que Sandler montre là- dedans une véritable intériorité.» Vieillir avec son public S\u2019il ne fait pas toujours preuve du meilleur goût, Adam Sandler ne manque donc pas d\u2019autodérision, de perspective et de sens de la fratrie, des qualités donnant à ses films où rappliquent fréquemment les mêmes comparses (Chris Rock, Rob Schneider, David Spade) des airs de retrouvailles avec un vieil ami.Autant de raisons pour lesquelles il vaudrait mieux appréhender sa filmographie dans son entièreté, suggère l\u2019universitaire Jean-Michel Berthiaume.«J\u2019estime que c\u2019est un génie comique, parce que c\u2019est un acteur qui réussit à écrire sa propre histoire à travers son cinéma », explique le doctorant en sémiologie à l\u2019UQAM et coanima- teur du balado Pop-en-stock.Adam Sandler compte d\u2019ailleurs parmi les rares vedettes dont le nom est presque devenu un genre cinématographique en soi ; on regarde un « film d\u2019Adam Sandler » comme on regarde un thriller ou une comédie romantique, en étant parfaitement instruit des ingrédients principaux qui le composeront.«Adam Sandler vieillit avec son public et incarne l\u2019évolution des préoccupations de son public, poursuit Berthiaume.Ses premiers personnages sont souvent des gens investis d\u2019un grand potentiel , sur qui la chance ou le talent tombent, mais qui vont gaspiller ce potentiel, ce qui est propre à la génération X.Ses premiers personnages se tiennent à distance du monde, rien ne peut les atteindre.Ils peuvent être égoïstes, envoyer chier Bob Barker, donner des coups de poing à des clowns et il n\u2019y a pas de conséquences ; puis, peu à peu, on voit apparaître des personnages qui prennent conscience de qui ils sont, de leur place dans le monde, dans l\u2019univers, des conséquences de leurs actes, de leurs décisions, de leur finalité.» Au cœur d\u2019un show-business hollywoodien valorisant l\u2019authenticité de ses stars (ou le spectacle qu\u2019 i l donne de leur authenticité), personne n\u2019ose pour tant agir avec la même incor rigible nonchalance qu\u2019Adam Sandler, une attitude à double tranchant, qui frôle parfois le désinvestissement à l \u2019écran, mais qui sur scène prend les allures d\u2019une rare forme d\u2019humilité mêlée de timidité, voire de fragilité.« Le stand-up d\u2019Adam Sandler, ça reste un gars en hoodie qui regarde beaucoup par terre.Ce n\u2019est pas une personnalité extravagante, observe l\u2019humoriste Thomas Levac.Sa plus grande force, c\u2019est son écriture, ses idées comiques.Et puis il a ce que peu d\u2019humoristes ont : il est capable d\u2019être touchant.» 100 % Fresher Adam Sandler, au Centre Bell, le samedi 8 juin à 20h | 3 H u m o u r L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 ÉPREUVE DE RÉVISION Épreuve no 10 Vérifiez vos hypothèses en consultant le corrigé détaillé dans la section Jeux.ée par sent é e pr euv ne épr U À la défense du génie comique d\u2019Adam Sandler L\u2019acteur légendairement malmené par la critique présente un spectacle à Montréal pour la première fois en 27 ans GRAND ANGLE PHILIPPE PAPINEAU LE DEVOIR ans un portrait où les médias en difficulté ne débordent pas de ressources culturelles et où l\u2019industrie musicale a aussi besoin d\u2019air, la célébration des anniversaires s\u2019impose souvent comme une valeur sûre.Tant et aussi longtemps qu\u2019on n\u2019abuse pas du procédé, croient des acteurs du milieu.Cette année, aux Francos de Montréal, la programmation met d\u2019ailleurs en lumière certaines dates clés pour des créateurs d\u2019ici.Sans Pression fêtera les 20 ans de 514-50 dans mon réseau, disque phare du rap québécois.Catherine Durand et Marc Déry souligneront chacun de leur côté leurs 20 ans de carrière en compagnie d\u2019invités, alors que Luc De Laro- chellière revisitera son disque Amère America, qui soufflait en 2018 ses 30 printemps et qui revit le temps de quelques dates de spectacles.C\u2019est que la flamme vacillante des bougies allumées sur le gâteau attire avec force le public et les médias, en plus de faire plaisir aux artistes, croit Laurent Saulnier, vice-président à la programmation chez Spectra (Fran- cos, Festival international de jazz de Montréal, entre autres).« Il y a beaucoup d\u2019effet médiatique là-dedans, mais en même temps, l\u2019objectif reste quand même de souligner ou de célébrer un succès artistique», explique Saulnier, qui avoue que la question des anniversaires revient chaque année dans les discussions préparatoires de ses festivals.Simon Fauteux, le patron de la boîte de relations de presse Six media, est un vieux de la vieille de la scène musicale d\u2019ici.Lui-même fête cette année les dix ans de sa boîte.Les anniversaires, «c\u2019est vrai que c\u2019est du marketing, lance-t-il, soulignant que cette carte est beaucoup plus jouée ailleurs qu\u2019au Québec.C\u2019est une façon de se dire que peut-être que les fans vont racheter ça, et de faire rouler l\u2019économie du produit physique qui ne vend plus, ou pas mal moins».Fauteux et son équipe travaillent avec de nombreux artistes, en plus d\u2019être en contact avec la plupart des journalistes culturels québécois.« C\u2019est nettement plus difficile au- jourd\u2019hui à cause du portrait médiatique qui est franchement différent de celui d\u2019il y a dix ans, dit le passionné de musique.Il y a beaucoup moins de couverture qu\u2019avant dans les médias traditionnels, et s\u2019il y a plus de médias Web seulement, leur influence est plus difficile à cerner parce qu\u2019il y en a beaucoup dans la masse.» Aujourd\u2019hui, observe Simon Fau- teux, une simple sor tie de disque n\u2019est souvent pas un bon argument de vente.« Je comprends très bien que c\u2019est moins intéressant, ç\u2019a été fait et refait et refait.Ça prend une tournée, ça prend un truc spécial, un angle.» Du côté de l\u2019étiquette de disques Aud iogram (Dan ie l Bé langer, Mara Tremblay, Pierre Lapointe) L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e D o s s i e r F r a n c o s d e M o n t r é a l 4 | Coffrets, rééditions, spectacles commémoratifs\u2026 le soufflage de bougies est une approche souvent utilisée dans le monde de la musique pour attirer l\u2019attention.À la veille des Francos de Montréal et des autres festivals d\u2019été qui jouent souvent ce jeu, Le Devoir s\u2019est penché sur le marketing de l\u2019anniversaire.Le marketing de l\u2019anniversaire De la redécouverte musicale à l\u2019hameçon promotionnel, la bougie a le dos large En 2017, les Francos fêtaient le 375e de Montréal avec Les Cowboy Fringants, qui eux-mêmes fêtaient les 15 ans de leur cultissime Break syndical.PHOTOS ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Toujours en 2017, IAM fêtait les 20 ans du disque L\u2019école du micro d\u2019argent à ces mêmes Francos.D | 5 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 Avant le Festival de Cannes, je me suis posée un temps à Paris.De la fenêtre de ma chambre d\u2019hôtel, les deux tours de Notre-Dame s\u2019encadraient comme dans un tableau impressionniste et j\u2019ai bondi visiter la grande cathédrale altérée avec un sentiment de recueillement.Elle était debout mais en souffrance, assurant dans son langage minéral que les monuments peuvent gémir et pleurer.La regarder dans le blanc des yeux procurait une impression de vérité et de fatalisme, intransmissible par écran interposé.Les touristes photographiaient autant qu\u2019autrefois l\u2019icône parisienne appuyée sur ses arcs-boutants, mais à son chevet désormais, tant la planète aura été frappée d\u2019horreur à la mi-avril au spectacle de son embrasement.Des grues surplombaient le site, des remparts anti-passants s\u2019érigeaient.Tout un chantier s\u2019échafaudait.Deux semaines plus tard, à mon retour de Cannes, les barrières s\u2019étaient consolidées, les voies détournant les badauds étaient mieux délimitées.Notre-Dame, après avoir contaminé les habitants des rives voisines de ses vapeurs de plomb émanant du brasier, s\u2019isolait longuement pour des raisons de santé.Aux infos, les disputes entre les traditionalistes, qui voudraient voir la cathédrale reconstruite à l\u2019identique des restaurations de Viollet-le-Duc au XIXe siècle, et les «modernes», souhaitant lui imprimer quelque cachet inédit (surtout pour sa flèche disparue), allaient bon train et le débat fera longtemps rage.De nouveaux chapitres de son histoire s\u2019écriront bientôt, en donnant l\u2019envie de parcourir les anciens.Sur les quais, un bouquiniste vendait Notre-Dame de Paris de Victor Hugo (ailleurs encore en rupture de stock), dont je me suis emparée dare-dare.C\u2019était une édition «Classiques abrégés», à l\u2019usage des écoles (330 pages, tout de même), sans les passionnantes digressions sur le Paris médiéval, mais truffée de magnifiques gravures sur bois du XIXe siècle d\u2019après des dessins de Gustave Brion.Dix jours plus tard, j\u2019ai trouvé une édition complète du roman (réimprimé et disponible en piles désormais partout en France comme chez nous), m\u2019y immergeant de plus belle.Seul bon côté de cette tragédie : celui de nous À la rescousse de Notre-Dame ODILE TREMBLAY replonger dans ce chef-d\u2019œuvre de 1831, redevenu d\u2019une acuité troublante.Les silhouettes du bossu sonneur de cloches Quasimodo, de la belle bohémienne Esméralda et de Claude Frollo, l\u2019archidiacre hanté (la figure du prélat lubrique ne date pas d\u2019hier) y grouillent de vie, de désirs, de conjurations funestes.S\u2019agite toute la faune de la cour des Miracles dans un Moyen Âge de prostituées, de truands et de gentilshommes si bien réinventé par Hugo que sa poésie devait déclasser des réalités historiques dans l\u2019imaginaire collectif.Sa Notre-Dame à lui, lieu d\u2019asile et des passions fatales, le cinéma et la bande dessinée l\u2019auront revisitée, comme la comédie musicale de Luc Plamondon et Richard Cocciante, propulsant chaque fois plus loin son haleine brûlante de pierre et de fièvre.Mais c\u2019est la littérature qui vole au- jourd\u2019hui au secours des esprits attristés, pour offrir un supplément d\u2019âme à l\u2019aïeule gothique meurtrie.Jadis, le romancier aura contribué par sa plume à la sauver des ravages révolutionnaires et des outrages du temps, en la remettant en vogue auprès des Parisiens.Il tient toujours la main des lecteurs du XXIe siècle durant la mise en quarantaine de la cathédrale sur l\u2019île de la Cité, nous faisant arpenter son parvis, ses recoins cachés et ses toits, toutes cloches sonnantes, en une saison ancienne mi-historique, mi-fantasmée.Du coup, certains passages de Notre- Dame de Paris semblent prémonitoires : «Sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale, il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers avec des tourbillons d\u2019étincelles.Une grande flamme désordonnée et furieuse, dont le vent emportait par moments un lambeau dans la fumée.» Et on croit, lisant ces lignes, revoir la flèche de la cathédrale s\u2019embraser et s\u2019évaporer sous nos yeux.La sphère d\u2019influence de Victor Hugo demeure entière, ai-je songé.À Cannes, un des meilleurs films de la sélection, Les misérables de Ladj Ly (Prix du jury au palmarès), coup de poing dans une banlieue française de toutes les violences, non seulement avait emprunté son titre au célèbre roman hugolien, mais citait ses misérables en épilogue: «Mes amis, retenez ceci.Il n\u2019y a ni mauvaises herbes, ni mauvais hommes.Il n\u2019y a que de mauvais cultivateurs.» À l\u2019heure où la lecture des grandes œuvres a moins la cote, ce retour en grâce de l\u2019auteur de La légende des siècles, lié à un drame ou à des crises de société en résonance avec celles du passé, nous crie ce besoin, pour mieux saisir les enjeux d\u2019aujourd\u2019hui, de solliciter les lumières de maîtres d\u2019hier qui avaient déjà tout dit.le marketing de l\u2019anniversaire est une approche qui a été utilisée à plusieurs reprises, notamment pour son propre 30e anniversaire en 2014.L\u2019approche continue de bien fonctionner, explique Alixe Hennessey-Dubuc, directrice marketing de l\u2019étiquette, autant en matière de ventes que d\u2019impact médiatique.«Pour un média, c\u2019est la facilité, dit sans jugement celle qui chapeaute aussi plusieurs nouveaux ar tistes, dont Choses sauvages ou Elliot Maginot.Tout le monde va s\u2019intéresser à un album qui s\u2019est jadis écoulé à 400 000 exemplaires.C\u2019est normal, tout le monde a cette référence-là, énormément de personnes l\u2019ont déjà acheté et écouté, et ça rappelle des souvenirs aux gens.On ne peut pas en vouloir aux médias de s\u2019intéresser à ça, parce que ça intéresse les gens.» L\u2019anniversaire comme un hameçon, donc, mais le ver doit être encore grouillant.L\u2019objectif principal, dit Laurent Saulnier, est quand même de souligner et de célébrer un succès artistique, une carrière ou un album.« S\u2019il n\u2019y a pas un vrai fondement artistique intéressant et important là-dedans, il n\u2019y a personne qui va en parler », croit-il.Simon Fauteux est lui-même un acheteur de coffrets anniversaires et de rééditions.« C\u2019est un prétexte pour revaloriser de la musique excellente qui a été faite il y a 15 ou 20 ans et de faire en sorte que le plus grand nombre de fans puissent être créés, même si c\u2019est de la vieille musique.» Mais comme Laurent Saulnier, il est clair sur une chose : « S\u2019il n\u2019y avait pas eu d\u2019impact à l\u2019époque, tu n\u2019en auras pas plus maintenant.» Si Fauteux n\u2019est pas contre l\u2019aspect nostalgique des fêtes musicales du genre, Saulnier préfère de loin quand il y a un aspect contemporain au résultat.« Jusqu\u2019à maintenant, on n\u2019a jamais souligné un quelconque anniversaire autour de Georges Brassens aux Francos, illustre-t-il.J\u2019ai jamais trouvé la bonne idée.Je me creuse la tête sur ça, mais c\u2019est tellement identifié et identifiable que je ne peux pas demander à FouKi de faire Brassens.Ça n\u2019a pas de sens.Il faut trouver une façon de le faire.» Chez Audiogram, l\u2019anniversaire d\u2019un disque est parfois doublé d\u2019une réédition en vinyle, par exemple, et devient une occasion de pousser sur les plateformes de streaming pour intégrer certains disques ou certaines pièces dans les listes de lecture.« Les artistes sont aussi gagnants et contents qu\u2019on s\u2019intéresse à leur catalogue », affirme Alixe Hennessey- Dubuc, qui parle de revitalisation de tous ces actifs.Luc De Larochellière, dans la même veine, revisitera aux Francos de Montréal son disque Amère America .« Je fête un 30e anniversaire, mais c\u2019est devenu une nécessité pour moi de faire quelque chose parce que ce disque-là, depuis 15 ans, il n\u2019était plus disponible ni en formule physique ni même sur tous les iTunes» de ce monde.Sur scène, il sera aussi accompagné de musiciens présents lors de l\u2019enregistrement.«Tout le monde est payé, mais c\u2019est vraiment le plaisir d\u2019abord et avant tout qui ressort de cet exercice- là, estime le musicien.Si ce plaisir-là est partagé par les gens dans la salle, ça devient juste une grosse fête.» Souf fler les bougies, c\u2019est aussi prendre le temps de souligner la durée dans le temps.Et le geste semble prendre une importance de plus en plus grande dans un contexte paradoxal où l\u2019appétit pour la nouveauté est aussi grand que la chute des revenus des musiciens.«Pense aux nouveaux artistes, dit Simon Fauteux.Dans 15 ans, avec les disques qui ne vendent pas, avec le streaming avec lequel ils ne font pas d\u2019argent, avec la tournée qui est extrêmement difficile au Québec\u2026 rentabiliser ça, c\u2019est dur.Et tout le monde vieillit, alors un moment donné tu fais: \u201cOK, c\u2019est beau, c\u2019est assez.\u201d» Ou encore : que restera-t-il à fêter si on brûle la chandelle par les deux bouts ?LIRE AUSSI PAGES 6-7 : DURER, C\u2019EST DUR ET C\u2019EST DOUX « cool factor».«Voir un artiste vieillir, je trouve ça beau.Emmylou Harris a fait Wrecking Ball à 42 ans, c\u2019est son plus beau disque.Faut donner aux artistes la chance de mener la création à pleine maturité.» Luc précise : « Si j \u2019ai pu continuer, c\u2019est aussi beaucoup parce qu\u2019au Québec, on a un système de bourses et de subventions.» Catherine : « L\u2019aide à la tournée, Musicaction, les quotas, on a beaucoup d\u2019outils\u2026 » « On se l\u2019est créé, ce système, rappelle Luc.Ma blonde [Andrea Lindsay], qui est une anglophone de l\u2019Ontario, me l\u2019a fait vraiment voir : ça n\u2019existe pas dans le reste du Canada.Ou si peu.On a vraiment bâti quelque chose de bien, un statut pour les ar tistes qu\u2019il faut protéger, parce que c\u2019est toujours menacé, par définition.» Marc et Catherine acquiescent : ils mènent le même combat jamais fini.L\u2019argent ne fait pas le bonheur (air connu) Entre l\u2019univers dématérialisé des ser vices d\u2019écoute en continu et la résurgence du vinyle, chacun cherche sa voie, son marché de niche, ses possibilités de diffusion : tout est bon à prendre, balados, prolifération des minialbums, sans oublier les médias traditionnels et leurs plateformes numériques (notez qu\u2019un complément d\u2019entrevue avec chacun des trois ar tistes a fourni la matière à une capsule vidéo).« Depuis toujours, il y a des gens pour qui la loi suprême est la loi de la jungle, constate Luc, fataliste.Ces gens-là ne sont pas nos amis\u2026 » Brève rigolade.« C\u2019est vieux comme le monde, continue Marc.Il y a des gens dans ce métier dont le seul but est de faire de l\u2019argent.C\u2019est sûr qu\u2019ils sont meilleurs que nous autres pour en faire.» « Tu dois y penser quand même aussi, insiste l\u2019autoproductrice.Non, j\u2019ai jamais vendu 10 000 disques, jamais gagné de Félix, et oui, je vends mon chocolat chaud, et oui, la nouvelle façon de consommer la musique et les artistes devient la nouvelle norme, et oui il faut s\u2019adapter, mais pas au prix de tout céder.» L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e D o s s i e r F r a n c o s d e M o n t r é a l 6 | GRAND ANGLE SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR Catherine Durand arrive un peu à l\u2019avance, Luc De Larochellière pile poil, Marc Déry à la bourre, un peu essoufflé.« Je pensais que Le Devoir, c\u2019était encore sur De Bleur y\u2026 » Ef fusions et sourires, chacun s\u2019enquiert de la santé des autres.Après tant d\u2019années, on ne se rencontre plus : on se retrouve.Vétérans, tous.Actifs, tous.Pas de retraite à l\u2019horizon, parce que travailleurs autonomes « sans bas de laine rempli », comme dit Luc, et parce que la chanson, c\u2019est pour la vie.« Moi, j\u2019ai pas à me plaindre, lance Marc tout de go.Je me trouve chanceux.Si je faisais pas ça en gagnant ma vie, je le ferais en arrivant de travailler, ce serait mon hobby.C\u2019est quand même extraordinaire : depuis 30 ans, je vis de mon hobby.» Catherine relativise : « Ça fait 15 ans que je suis autoproductrice, que je porte tous les chapeaux: le fait d\u2019être productrice, éditrice, auteure- compositrice, chanteuse, c\u2019est ça qui m\u2019a permis que ce métier soit viable.Et depuis deux albums, je suis aussi maison de disques\u2026 » Chanson et chocolat chaud Et entrepreneure.Catherine vend du chocolat chaud.Sük, sa mixture à elle (cinq saveurs, allez goûter sur sukchoco.com) : « J\u2019en vends plus que de disques\u2026 » Dans ses spectacles, à la table de marchandises, c\u2019est peu de dire que ça s\u2019écoule.Ça chauffe ! « À Québec, au Petit Champlain, j\u2019en ai manqué ! » Luc témoigne : « C\u2019est parce qu\u2019il est bon, ton chocolat\u2026 » Catherine est d\u2019accord.Marc renchérit : «C\u2019est créatif et c\u2019est pas cheapo.» Est-ce à dire qu\u2019il faut une offre augmentée pour que la chanson fasse ses frais ?Luc loue toutes les initiatives, mais croit encore à la valeur intrinsèque de sa matière première : « Dans ce monde des Spotify et compagnie, je continue de voir une injustice, et je crois encore, en tout cas j\u2019ai le fantasme qu\u2019un jour, le travail de l\u2019auteur- compositeur va reprendre sa vraie valeur, que je considère comme grande.Même si des fois, je me demande si on n\u2019est pas la dernière génération à être consciente de cette valeur\u2026» Des trois, Luc De Larochellière est celui qui a connu le plus grand succès, dès le premier album.La tournée de Sauvez mon âme, le deuxième album, promenait 14 personnes sur scène et en tournée.La cure minceur de l\u2019industrie est arrivée après : hors des festivals, les formules acoustiques sont désormais privilégiées, sauf si on est Marie-Mai ou Marc Du- pré, ou une frétillante Famille Ouel- lette gagnante de Francouvertes, qui se contrefiche encore des factures d\u2019Hydro (les gars ont des jobs de jour, on revient au hobby\u2026).« Tout dépend de ton niveau de vie\u2026 ou de ton seuil de pauvreté, résume Luc en riant.Quand tu te perçois à long terme, si t\u2019as assez de public dans tes spectacles pour en vivre et pas seulement survivre, ça va.» Fidélisation et valeur intrinsèque Il en a long à dire, Luc.« Ce qui me semble évident, surtout dans les salles des régions, c\u2019est que les gens ne viennent pas me voir parce qu\u2019ils ont aimé mon dernier disque.Ils m\u2019ont pas vu à la télé, peu ou pas entendu à la radio.Ils achètent mon nom, découvrent les nouvelles chansons sur place, et achètent le plus récent album en sor tant.Les dif fu- seurs, à travers le Québec, nous sauvent : ce sont des passionnés de chanson, des dynamiques, ils jouent un rôle essentiel dans cette fidélisa- tion.Et dans mon année fiscale.C\u2019est une question de dimension, aussi.C\u2019est sûr qu\u2019au spectacle anniversaire des Francos, il va en rester moins dans mes poches que si je pars en tournée à deux\u2026 » Marc sourit encore plus largement que d\u2019ordinaire (il a encore et toujours le même sourire ravageur) : «Je fais plus d\u2019argent dans un show de salon que si je fais un Métropolis\u2026» Il multiplie les occasions, le spectacle- retrouvailles acoustique de Zébulon roule depuis dix ans déjà, et ses albums en solo (chez Audiogram depuis vingt ans, d\u2019où son spectacle anniversaire) trouvent preneurs sans qu\u2019on en parle beaucoup.« On m\u2019accoste souvent en me disant : \u201cEh Marc ! On te voit pus ! Tu devrais recommencer à faire de la musique\u201d\u2026» Un système à protéger Catherine évoque le temps pas si lointain où un Claude Léveillée ou un Ferland demeuraient médiatique- ment visibles, hors des modes et du Durer, c\u2019est dur et c\u2019est doux Aléas et joies des carrières à long terme dans le monde fragilisé de la chanson d\u2019auteur avec Marc Déry, Luc De Larochellière et Catherine Durand | 7 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 Le chihuahua, à chérir aussi Disque point de bascule, Le chihuahua, tout premier album solo de Mara Tremblay, a vingt ans.Un disque en marge de tout, alternatif avant le mot, n\u2019obéissant à rien d\u2019autre qu\u2019à l\u2019irrépressible nature de Mara.Autour d\u2019elle, une génération de musiciens affranchis se ralliait : Olivier Lange- vin, Fred Fortin, Pierre Bou- chard, Dan Thouin, François La- londe.Ses frères de musique.«Ça n\u2019avait jamais été mon intention d\u2019être au-devant de la scène, de chanter, de composer des tounes.Être à l\u2019avant-plan, encore maintenant, j\u2019ai des questionnements par rapport à ça.Je suis en même temps vraiment fière de l\u2019avoir osé.[\u2026].J\u2019ai trippé comment je pouvais pas l\u2019imaginer.» Le chihuahua, album brut, magnifiquement brut.Les sentiments autant que l\u2019instrumentation.C\u2019était country, folk, carrément punk dans Le teint de Linda, absolument sans filtre ni linge dans Tout nue avec toi.« En spectacle, je me changeais pas, je me maquillais pas, j\u2019étais telle quelle.Il y avait plein de gars qui se permettaient ça, Leloup, Dédé, mais les filles ?Marjo, Nanette, c\u2019était autre chose.J\u2019étais vraiment une bi- bitte.» Le chihuahua incarné.« On a fêté les quinze ans de Papillons, mais jamais Le chihuahua\u2026 » Ça n\u2019arrivera pas aux Francos, hélas.Faut croire que pour Mara l\u2019irréductible, la place demeure congrue : dommage.« Le plus important, c\u2019est que je suis en studio, de retour avec mon Olivier Langevin adoré, et que j\u2019aime mes nouvelles tounes.C\u2019est dur, faire de la chanson aujourd\u2019hui, mais j\u2019en fais.» Sur scène, ses fils Édouard et Victor l\u2019accompagnent de plus en plus souvent.« Elle est là, la vraie célébration.» L E S F L  N E U RS Pourquoi les familles québécoises sont-elles aujourd\u2019hui si peu nombreuses à donner un nom de famille double à leurs enfants?C\u2019est la question féconde au cœur du balado féministe Le nom de ma mère, réalisé par la bien nommée Marie-Hélène Fre- nette-Assad.L\u2019animatrice retourne sur la réforme du Code civil qui a aboli en 1981 la transmission systématique du nom du père, puis interroge des femmes de diverses générations sur l\u2019importance du «droit d\u2019exister» dans le nom des enfants.Malgré sa narration parfois formatée et sa trame de piano un peu appuyée, le balado en vaut l\u2019écoute pour sa cohérence et ses entrevues hautement pertinentes.Revisiter le nom composé Le cinéaste Ron Howard (A Beautiful Mind) est également un documentariste de grand talent.Voici qu\u2019il se penche, avec des images d\u2019archives inédites, sur la vie et la carrière de Luciano Pavarotti.Et c\u2019est l\u2019âme du grand ténor italien, sa personnalité de charme, son sourire radieux qui ressuscitent entre les performances charnières de son immense carrière planétaire.L\u2019humanité de cet artiste hors normes, ses failles aussi, sa voix inimitable bouleversent dans Pavarotti, qui a gagné nos salles.Pavarotti retrouvé Il dit faire «monter le taux d\u2019immortalité chez les moins de 30 ans».Et ils en ont sans doute bien besoin.Après avoir foulé le Centre Bell de son pas élastique le week-end dernier, Loud, de son vrai nom Simon Cliche Trudeau, reste parmi nous sur son plus récent opus, Tout ça pour ça.Le titre illustre bien le flegme de ce rappeur francophone très fier de fracasser des records, qui est arrivé sur scène à bord d\u2019une cabine d\u2019un avion «franco- ricain».Ses mots disent une réalité brute, saccadée, l\u2019ambition, toujours l\u2019ambition, d\u2019un jeune artiste et du milieu dans lequel il évolue.«Il faut que Dalila écoute Janette et que Janette écoute Dalila», confie l\u2019anthropologue Serge Bouchard à la caméra du Procès 2.0, documentaire de Nadia Zouaoui.Pour ce film qui est une sincère entreprise de compréhension d\u2019un Québec meurtri par le débat sur les signes religieux, la cinéaste donne la parole à Dalila Awada, Anne-France Goldwater et d\u2019autres Québécois survivants de la Twittosphère qui en ont lourd sur le cœur.Certes, on pourrait croire que tout (et même trop!) a été dit sur le sujet.Mais en visionnant Le procès 2.0, on constate qu\u2019il fait bon d\u2019entendre un grand négligé dans tout ce débat: le dialogue.Sur Tout.tv.Voile levé sur un Québec divisé Rappeur francoricain FÉLIX DESCHÊNES SYLVIE ST-JACQUES ODILE TREMBLAY CAROLINE MONTPETIT Catherine Durand, Luc De Larochellière et Marc Déry se sont retrouvés dans les locaux du Devoir pour parler de leur carrière, du milieu de la musique et pour se faire tirer le portrait ! CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR Il faut continuer, disent-ils en chœur, de rappeler aux gens que les fournisseurs de contenu ont des noms propres, des créations originales et des fins de mois.« Je tiens à redire que c\u2019est une belle vie, déclare Marc Déry avec emphase.Qui ne voudrait pas de cette vie-là ?» Sourires et regards qui brillent.Vivement la suite, pour tous et toutes.Célébrons certes les anniversaires, mais sans oublier que pour continuer de célébrer une culture vivante, de nouvelles chansons doivent être créées.« On est contents quand il y a quelque chose à manger, quand on arrive dans la loge », rigole le grand Luc.Francos de Montréal Marc Déry, Luc De Larochellière et Catherine Durand présenteront tous des spectacles anniversaire lors des Francos de Montréal.Lundi 17 juin, 20h, angle Clark et De Montigny / Samedi 22 juin, 20h30, à la 5e Salle / Mercredi 19 juin, 20h, angle Clark et De Montigny Mara Tremblay en 1999 FRANCOFOLIES DE MONTRÉAL ctive à la télévision et au cinéma depuis plus de trente ans, Joanna Hogg a mis du temps avant de pouvoir réaliser un premier long métrage.Présenté sur le circuit festivalier en 2007-2008, Unrelated lui valut éloges et prix.Rebelote avec Archipelago et Exhibition.Après ces fictions très abouties axées sur le couple et la famille, entre épure classique et expérimentation, voici que la cinéaste britannique signe un film encore plus achevé.Lauréat du Grand Prix dramatique à Sundance, The Souvenir, s\u2019il creuse davantage les sillons thématiques de prédilection de son auteure, s\u2019avère d\u2019abord une lettre d\u2019amour au cinéma.Il convient en outre de signaler qu\u2019avec The Souvenir, Joanna Hogg fait œuvre personnelle, ou en partie du moins, puisqu\u2019au dépar t, la cinéaste s\u2019est inspirée de son propre vécu pour ce récit campé dans le Londres du début des années 1980.« Mes intentions initiales étaient d\u2019ordre purement autobiographique, confie la cinéaste.J\u2019ai creusé en moi lors de tous les stades d\u2019écriture, mais c\u2019est dans les premiers que j\u2019ai puisé le plus profondément dans mes expériences.Il y avait quelque chose de fascinant dans l\u2019exercice, mais aussi de foncièrement inconfortable, car je contemplais là le reflet de celle que j\u2019étais à 20 ans.» The Souvenir (V.O.) s\u2019attarde ainsi au destin de Julie, qui vit un double éveil : sentimental et professionnel.Étudiante en cinéma, elle fait la connaissance d\u2019Anthony, jeune cadre érudit et ténébreux dont elle semble être la seule à ne pas déceler les tendances autodestructrices.« Du moment que j\u2019ai commencé à tourner et que, forcément, d\u2019autres gens \u2014 une équipe \u2014 ont intégré le projet, le film s\u2019est mis à exister en dehors de moi et de mon histoire.Graduellement, cette distance s\u2019est accrue, si bien que, lorsque j\u2019ai terminé le montage du film, ce qu\u2019il raconte m\u2019était devenu un peu étranger.C\u2019est en parlant du processus, en m\u2019y replongeant comme je le fais avec vous en ce moment, que ça me revient avec un petit vertige intérieur.» Espace de spontanéité Tandis qu\u2019à l\u2019université, l\u2019émerveillement de Julie croît vis-à-vis du 7e art, en privé, la nature délétère de sa relation avec Anthony prend des allures de lent désenchantement.C\u2019est Honor Swinton Byrne qui incarne l\u2019alter ego de Joanna Hogg, qui, ici, joue à fond la carte de la mise en abyme.De fait, au sein d\u2019un film qui décons- truit volontiers les coulisses du cinéma, L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 8 | ENTREVUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Joanna Hogg, un film comme une vie Honor Swinton Byrne donne la réplique à sa mère Tilda dans un film qui est une lettre d\u2019amour au cinéma La cinéaste Joanna Hogg, accompagnée des acteurs Tom Burke et Honor Swinton Byrne, pendant une séance photo en 2019 à Park City, en Utah MATT WINKELMEYER AGENCE FRANCE-PRESSE A la cinéaste a confié le rôle de la mère de la protagoniste à la véritable maman de l\u2019actrice, Tilda Swinton.Méconnaissable, comme toujours, cette dernière devient plus présente à mesure que le personnage d\u2019Anthony s\u2019efface.Ce changement de dynamique est illustré en deux plans identiques.La première version montre Julie au salon et Anthony à la cuisine, le cadrage de la pièce dessinant un cadre à l\u2019intérieur du cadre, ce qui isole les personnages l\u2019un de l\u2019autre.Joanna Hogg répète la composition une seconde fois, mais avec la mère de Julie à la place d\u2019Anthony.Il s\u2019éloignait, elle se rapproche\u2026 « Autant j\u2019ai réfléchi ma réalisation en amont, autant je me suis laissé un espace de spontanéité créative sur le plateau.Je suis contente que vous preniez cet exemple parce que la répétition de ce plan n\u2019était pas prévue.Avec David [Raedeker, le directeur photo], ça nous a soudain frappés avant de filmer Honor et Tilda.Tout à coup, très sobrement, ça devenait possible de sous-entendre qu\u2019un changement relationnel majeur était en cours dans l\u2019existence de Julie, en termes purement visuels.» Au sujet du visuel d\u2019ailleurs, mais concernant la toile de fond : la reconstitution historique ne sombre jamais dans la caricature.On le sait, les années 1980, très à la mode, sont dorénavant trop souvent représentées au moyen d\u2019un agrégat d\u2019hommages et de clins d\u2019œil.« Je voulais très consciemment éviter cette \u201cfétichisation\u201d des années 1980, qui ne correspond pas à ce que c\u2019était, mais à ce qu\u2019on s\u2019imagine que c\u2019était, rétrospectivement.J\u2019ai dit à Stéphane Collonge [le directeur artistique] : ne soyons pas criards.J\u2019ai utilisé des photos de mon propre ap- par tement d\u2019alors, des trucs que j\u2019avais gardés\u2026 Comme durant cette période j\u2019étais obsédée par le cinéma des années 1930 et du début des années 1940, ça se reflétait dans ma déco, et il y a des relents de ça dans le film.» Puissance d\u2019évocation Ce qui ramène dans la discussion l\u2019idée de mise en abyme.Car il est dans The Souvenir un motif visuel récurrent venant faire directement écho à la notion d\u2019écran de cinéma.En maintes occasions, on peut voir Julie en plan serré observer le dehors, assise à sa fenêtre.Elle a, symboliquement, une vision du monde restreinte.À la fin, la réalisatrice capte sa protagoniste en plan large, debout devant la porte ouverte d\u2019un studio de cinéma, avec un monde désormais beaucoup plus vaste s\u2019offrant à elle.Tout le parcours de Julie tient dans cette transition que la seule opposition de deux images parvient à traduire.Une telle simplicité jumelée à une telle puissance d\u2019évocation n\u2019est possible qu\u2019au cinéma.Mais n\u2019est-ce pas là tout le propos du film?C\u2019est en méditant cette question qu\u2019on prend la pleine mesure de la maestria de Joanna Hogg.C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 Julie aime parler d\u2019art, quoiqu\u2019elle n\u2019en ait pour l\u2019heure guère pratiqué aucun.Idem pour l\u2019amour, où elle est un peu néophyte.De telle sor te que, dès qu\u2019elle se met à échanger avec Anthony dans une fête, le mélange de culture et d\u2019assurance tranquille de ce dernier séduit l\u2019étudiante en cinéma.De son côté, lui semble attiré par l\u2019absolue sincérité de Julie, qui ne remarque pas, contrairement à son entourage qui n\u2019ose souffler mot, l\u2019évidente toxicomanie de son amoureux.En partie autobiographique, The Souvenir évolue à un rythme non pas lent, mais mesuré, en adéquation parfaite avec le cheminement psychologique d\u2019une héroïne dont l\u2019innocence est mise à mal pour la première fois.Cela, alors même que, sur le front des études, son intérêt pour le cinéma se meut en passion.Des vents contraires qui engendrent une tempête intérieure qui serait invisible à l\u2019œil n\u2019eût été le talent de Joanna Hogg pour en capter les moindres frémissements extérieurs.Ce qui frappe dans la mise en scène de la cinéaste, c\u2019est que s\u2019y côtoient, en harmonie, une infinie délicatesse et une absolue précision.Dans le rôle difficile de cette jeune femme qui observe et parle peu, Honor Swinton Byrne joue d\u2019intériorité.Éprouvée par son éducation sentimentale, mais sauvée par son apprentissage cinématographique, sa Julie attendrit, puis émeut.En Beau Brummell qui se consume, Tom Burke est brillant, à l\u2019instar de Tilda Swinton.Jouant ici la mère de sa propre fille à la ville, cette dernière suggère d\u2019abord un aveuglement de la part de son personnage, pour mieux révéler ensuite une conscience aiguë, et d\u2019autant plus bouleversante, de ce que vit Julie.Un superbe portrait doublé d\u2019une fine étude du pouvoir transformationnel, transcendant, du cinéma.The Souvenir (V.O.) ?1/2 Drame de Joanna Hogg.Avec Honor Swinton Byrne, Tom Burke, Tilda Swinton.Grande-Bretagne, 2018, 119 minutes.MÉTROPOLE FILMS ENTREVUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR d est, en apparence, un sexagénaire sans histoire.Rentier, il partage son temps entre des forums Internet, où il dispense opinions et conseils, et le magasin grande surface de la petite ville en périphérie de laquelle il vit.C\u2019est d\u2019ailleurs en faisant ses courses hebdomadaires qu\u2019il repère Ronnie, une femme dans ses âges qui, elle, travaille dans la boutique de souvenirs locale.Circonspecte mais intriguée, Ronnie accepte l\u2019invitation d\u2019Ed à prendre un café.Et l\u2019affection, puis l\u2019amour, de bourgeonner sur le tard.Ah, un détail : Ed, un conspiration- niste convaincu, se prépare depuis des lustres pour les fins du monde.Il est le « Tomorrow Man » du film de Noble Jones.Il faut savoir que le personnage d\u2019Ed prit forme dans l\u2019esprit du réalisateur, également scénariste, avant même le début du commencement d\u2019une prémisse d\u2019histoire.«Pour être franc, à la base, je cherchais d\u2019abord à écrire quelque chose qui serait faisable rapidement : c\u2019est un premier film de fiction pour moi, qui ai énormément travaillé en publicité et en vidéoclip.J\u2019étais d\u2019emblée conscient que je devrais selon toute vraisemblance composer avec un tout petit budget\u2026» Le bon flash Mais de cette contrainte, que maints cinéastes ne connaissent que trop bien, naquit le bon flash, la bonne idée.En l\u2019occurrence: Ed.«Le phénomène des \u201cpreppers\u201d [ces gens prêts à affronter l\u2019Armaggedon avec réserves de denrées non périssables, bunkers ou entraînement à survivre dans la nature] me fascinait depuis un voyage que j\u2019ai effectué dans le Midwest.J\u2019y ai croisé beaucoup de gens comme Ed.» Des hommes et des femmes ordinaires qui, soudain, se mettent à parler de différentes conspirations\u2026 « Il y a des commerces spécialisés, des émissions de télé\u2026 » Lorsqu\u2019on lui demande s\u2019il s\u2019agit là, selon lui, d\u2019un phénomène typiquement américain, Noble Jones marque une pause, pensif.« Je ne sais pas.Peut-être\u2026 J\u2019ai l\u2019impression que ça prend racine dans l\u2019histoire des États-Unis, dans la Révolution américaine et la guerre d\u2019indépendance.Cette idée d\u2019indépendance est fondamentale dans l\u2019esprit de bien du monde.C\u2019est comme un idéal\u2026 exacerbé ?Il y a cette méfiance envers le médiatique, le politique\u2026 D\u2019ailleurs, je précise que je L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 1 0 | Les amants de la fin du monde Le cinéaste Noble Jones parle de The Tomorrow Man, dont le héros est un conspirationniste convaincu E n\u2019ai pas cherché à intégrer la situation politique actuelle au film, mais il y a sans doute des échos, forcément.» Visée minimaliste Une fois matérialisé dans l\u2019esprit de Noble Jones, Ed, le protagoniste, enfanta en quelque sorte son propre récit au gré d\u2019un processus d\u2019écriture que l\u2019auteur qualifie «d\u2019intuitif ».«J\u2019ai poursuivi dans cette visée mi- nimaliste en privilégiant une approche axée sur les personnages évoluant dans un \u201cunivers\u201d restreint, circonscrit\u2026 C\u2019est ironique parce qu\u2019au bout du compte, même en limitant la production au secteur de Rochester, dans l\u2019État de New York, les lieux de tournage se sont multipliés.» De fait, outre la maison d\u2019Ed, il y a ce magasin, ce café, ce restaurant, les dif férentes scènes extérieures, sans compter la boutique et la maison de Ronnie\u2026 Au sujet de cette d e r n i è r e , s i e l l e e s t s u r p r i s e lorsqu\u2019Ed lui fait part de sa conviction que l\u2019Apocalypse est proche, elle n\u2019est pas pour autant sans avoir ses propres petits secrets.Partenaires dans ce pas de deux du crépuscule de l\u2019existence, John Lithgow et Blythe Danner affichent une belle chimie, lui plus expansif, elle plus réser vée.Des amants contraires qui se complètent.«Je n\u2019ai pas écrit les rôles pour eux spécifiquement, mais John Lithgow est le premier acteur à qui j\u2019ai fait parvenir le scénario.En apprenant qu\u2019il acceptait de faire le film, j\u2019étais sans voix.Et il se trouve que Blythe et lui ont le même agent et qu\u2019elle a aimé le scénario aussi.C\u2019était très facile avec John, mais je dois admettre que j\u2019étais un peu intimidé par Blythe, qui était plus en retrait.C\u2019est lors du montage que j\u2019ai vraiment compris ce qu\u2019elle faisait pendant le tournage, que j\u2019ai pris la pleine mesure de la subtilité de son jeu.Elle est géniale.» Lorsqu\u2019on demande à Noble Jones s\u2019il a un second film en chantier, le cinéaste répond affirmativement.«Plusieurs trucs, un plus avancé\u2026 Je ne veux pas trop en dire, mais ce sera encore axé sur les personnages.Même si, cette fois, je ne détesterais pas avoir les moyens d\u2019élargir leur univers.» C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 POINTE-À-CALLIÈRE présente en collaboration avec Le repas français se raconte Exposition Dès maintenant pacmusee.qc.ca Une exposition de Pointe-à-Callière avec la participation exceptionnelle du Musée national de céramique et du Musée national Adrien Dubouché \u2013 Cité de la céramique, Sèvres et Limoges Festival d\u2019opéra de Québec 24 juillet au 4 août 2019 Le vaisseau fantôme / Wagner / François Girard \u2022 Les noces de Figaro / Mozart Le jeune Verdi à l\u2019apéro \u2022 Viennoiseries musicales III \u2022 ZoOpéra / Opéra jeunesse La brigade lyrique \u2022 L\u2019Amant jaloux / Récital humoristique FestivalOperaQuebec.com Dans une petite ville paisible, un retraité paré de longue date pour la fin du monde est le premier surpris lorsqu\u2019il s\u2019éprend d\u2019une femme qu\u2019il soupçonne \u2014 à tort \u2014 d\u2019être comme lui adepte des théories du complot.Elle n\u2019en cultive pas moins un étonnant jardin secret.À la fois étude de mœurs et histoire d\u2019amour en demi- teintes et en humour discret, The Tomorrow Man donne à voir une autre formidable composition de l\u2019acteur John Lithgow.Habituellement sollicité pour donner relief et panache à des par titions de soutien, il mord à belles dents dans ce rôle principal, un protagoniste qu\u2019il a l\u2019instinct heureux de ne pas traiter en hurluberlu, mais d\u2019aborder avec retenue.La toujours lumineuse Blythe Danner n\u2019est pas en reste, montrant une excentricité larvée que vient expliquer une intéressante révélation au troisième acte.On regrettera une lenteur certaine et, surtout, une trame somme toute mince pour ces beaux amants de la fin du monde (ou pas?).The Tomorrow Man (V.O.) ?Drame comique de Noble Jones.Avec John Lithgow et Blythe Danner.États-Unis, 2018, 94 minutes.Le réalisateur Noble Jones (au centre) en compagnie des acteurs Blythe Danner et John Lithgow MATT WINKEL- MEYER AGENCE FRANCE-PRESSE TOUCHWOOD L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 1 2 | PRÉSENTE Samedi 8 juin, 21 h Parc Gerry Boulet, Saint-Jean-sur-Richelieu Concert rock symphonique \u2022 Gratuit PRÉSENTÉ PAR EN COLLABORATION AVEC PARTENAIRES PUBLICS festivalclassica.com CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Le fi lm Mon garçon démar re de manière intrigante.À peine le générique terminé, et toujours plongé dans un noir ô combien symbolique, le spectateur entend un bruit étouffé.I l s \u2019agit d\u2019une voix, cel le d\u2019une femme.En sanglots, elle peine à parler.Apparaît à l\u2019image, au volant de sa voiture, un homme qui, sous des dehors stoïques, est visiblement inquiet.Le voici qui débarque devant un grand chalet dans le massif du Vercors.Policiers, cordons de sécurité\u2026 C\u2019est que, la nuit dernière, son fils Mathys s\u2019est volatilisé lors d\u2019une classe de neige.La prémisse de Mon garçon suscite d\u2019office une réaction viscérale, que l\u2019on soit ou non parent.Enfant, on a tous eu droit au laïus concernant ces inconnus à qui il ne fallait pas parler sous peine d\u2019être possiblement enlevé.Vision de terreur.Le film s\u2019avère en cela habile à jouer sur des cordes sensibles, et ce, en déployant le minimum d\u2019efforts et d\u2019effets.Du moins, pendant un moment.Ainsi les deux tiers du récit sont-ils consacrés au calvaire de ce père, Julien, qui est en l\u2019occurrence seulement de passage en France.Graduellement, on comprend qu\u2019il est en constant déplacement professionnel et que depuis son divorce d\u2019avec Marie, il n\u2019a guère vu leur fils de sept ans.À l\u2019incertitude quant au sort du petit Mathys s\u2019ajoute donc le sentiment de culpabilité de n\u2019avoir pas été là.L\u2019affrontement entre Marie et Julien est à cet égard formidable.La première, défaite mais digne face aux remontrances du second, lui rappelle qu\u2019ils ont franchi les fatidiques 48 heures sans nouvelles avant de le recadrer en quelques phrases ciblées.Mélanie Laurent, en une poignée de scènes, compose un personnage entier.Le film appartient toutefois vraiment à Guillaume Canet, point de focalisation autour de qui Mon garçon est bâti.Il est excellent, tout en intériorité tendue.Pseudo Taken Hélas, après avoir considéré d\u2019intéressantes (fausses) pistes, telles que la nature exacte du travail de Julien ou encore le nouveau conjoint de Marie pas très accablé et tout heureux de vaquer à ses plans de rénovation, survient ce troisième acte lors duquel on se retrouve parachuté dans un pseudo Taken (L\u2019enlèvement) à la montagne.Lancé sur la piste de son enfant, Julien se révèle sans crier gare un digne héritier de Liam Neeson.Ce volet n\u2019est absolument pas crédible en dépit des vaillants efforts de Ca- net.Ceci, pour deux raisons principales.D\u2019une part, le protagoniste arrive beaucoup trop facilement à ses fins.D\u2019autre par t, le film n\u2019est pas à la hauteur de ses propres ambitions : tourné sur une période serrée de six jours dans un style se voulant hyper- réaliste, avec captations vidéo filmées au moyen de téléphones en guise de souvenirs insérés çà et là, Mon garçon fait un peu cheap dès lors qu\u2019il décide de se la jouer thriller d\u2019action.Réalisateur, entre autres, de la comédie dramatique Une hirondelle a fait le printemps (aussi campée dans le Vercors) et de la chronique historique Joyeux Noël, Christian Carion tente ici un virage qui, à l \u2019évidence, ne sied guère à ses sensibilités de mise en scène.Bref, ce qui s\u2019amorce comme un mystère psychologique prenant se conclut comme une version fauchée d\u2019une production générique de Luc Besson.Mon garçon ?Suspense de Christian Carion.Avec Guillaume Canet et Mélanie Laurent.France, 2017, 84 minutes.Canet tel qu\u2019en Neeson Guillaume Canet convainc en père justicier dans un thriller qui s\u2019avère, lui, moins crédible Le film appartient vraiment à Guillaume Canet, point de focalisation.Il est excellent, tout en intériorité tendue.MK2 MILE END | 1 3 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Sophia, la trentaine, vient d\u2019obtenir son doctorat en sociologie.Comme elle s\u2019avoue incapable d\u2019envisager autre chose qu\u2019une carrière universitaire et que dans son domaine, dixit elle-même, les profs enseignent jusqu\u2019à 103 ans, la voilà confrontée à une absence complète de débouché.Au moins peut-elle compter sur son frère Karim, psychologue pragmatique et employé, qui l\u2019héberge et avec qui elle partage une complicité à toute épreuve.Vraiment ?S\u2019immisce entre eux Éloïse, ou la perfection incarnée, ou enfin l\u2019idée que s\u2019en fait Sophia, non sans animosité.Horreur : Karim est pâmé.La femme de mon frère a valu il y a peu à sa scénariste et réalisatrice Monia Chokri un prix Coup de cœur de la part du jury de la section Un certain regard, à Cannes.On comprend pourquoi.En ef fet, cette comédie dramatique exper tement écrite et mise en scène est à ranger dans la catégorie des films irrésistibles.Et originaux, ce qui ne gâte rien.Car c\u2019est là un por trait de femme à maints égards atypique que brosse l\u2019auteure.Une bonne partie de la réussite du film tient à l \u2019 interprétation vive, nuancée, et à terme complètement désarmante, d\u2019Anne-Élisabeth Bossé, qui incarne Sophia.C\u2019est un euphémisme que de dire qu\u2019elle a tenu ses promesses d\u2019actrice.Pour mémoire, et on pardonnera l \u2019 inélégance de l\u2019autocitation, on écrivait à son sujet au printemps 2010, après avoir scruté le générique du film de Xavier Dolan Les amours imaginaires : « On espère revoir rapidement Anne-Élisabeth Bossé, une révélation en admiratrice névropathe dont les interventions livrées avec un aplomb désenchanté suscitent systématiquement l\u2019hilarité.» Qualité non seulement qu\u2019elle n\u2019a pas perdue depuis, mais qu\u2019elle a affinée, en plus de développer son registre, le dramatique venant nourrir le comique, et vice versa (la regrettée Anémone, à qui la vedette québécoise fait parfois songer, possédait ce brio-là).Dans La femme de mon frère, elle crée une héroïne qui, sous couvert de désinvolture et de bel esprit, cache un abîme d\u2019angoisse.Les répliques à hurler de rire fusent, mais la seconde d\u2019après, en un regard vulnérable ou un silence douloureux, Anne-Élisabeth Bossé laisse entrevoir l\u2019ampleur du désarroi de Sophia.Et voilà qu\u2019on est ému alors qu\u2019on a encore mal aux côtes de s\u2019être esclaffé.Numéros d\u2019acteurs Ces petits miracles de rupture de ton, la comédienne ne les accomplit pas seule, évidemment : il y a la qualité du scénario et celle de la distribution.Découver t dans le remarquable À l\u2019origine d\u2019un cri, de Robin Aubert, Patrick Hivon vit en 2019 un triomphe bien mérité avec l\u2019excellent mais pas assez vu Nous sommes gold, d\u2019Éric Morin, la splendide pièce La nuit où Laurier Gaudreault s\u2019est réveillé, de Michel Marc Bouchard, et maintenant ce f i lm-ci .Après ces rôles tourmentés, il fait merveille dans le contre-emploi plus léger, mais pas dénué de substance pour autant, du frère aimant et compréhensif.La douée Evelyne Brochu a quant à elle hérité de la dif ficile partition de la « belle-sœur ».Agréable surprise : le personnage n\u2019est pas l\u2019archétype sibyllin attendu, au contraire, de telle sorte que l\u2019actrice, fidèle à son habitude, a tout loisir de moduler une interprétation de finesse et de précision.Mention à Magalie Lépine-Blondeau, impayable en meilleure amie de Sophia (et ex de Karim, tiens donc), ainsi qu\u2019à Mani Soleymanlou, attendrissant en soupirant maladroit \u2014 et patient.En fait, chaque rôle, secondaire comme tertiaire, donne lieu à un numéro d\u2019acteur souvent mémorable.Pour revenir à la maîtrise affichée par Monia Chokri, La femme de mon frère est certes son premier long métrage, mais il ne s\u2019agit pas de sa première réalisation : son court métrage Quelqu\u2019un d\u2019extraordinaire fit forte impression en 2013.Ce récit « dra- matico-désopilant », un ton particulier qu\u2019on retrouve dans La femme de mon frère, tournait autour d\u2019une jeune femme en proie à une anxiété paralysante : un mal qui afflige maintenant Sophia.La cinéaste néophyte y réunissait déjà les Anne-Élisabeth Bossé, Evelyne Brochu et Magalie Lépine-Blondeau.Rebelote avec ce long, d\u2019où, sans doute, l\u2019assurance qui émane de la proposition.Instants de grâce S\u2019 i l est un bémol à appor ter, i l concerne le rythme, qui aurait gagné à être resserré.Une propension à faire durer certaines scènes diminue l\u2019impact de celles-ci (en drôlerie davantage qu\u2019en émotion), voire attire involontairement l\u2019attention sur la composition d\u2019un plan.Ce qui se solde par une sortie de récit momentanée pour le spectateur.Sur ce point toutefois, il convient de signaler l\u2019apport fabuleux de la directrice photo Josée Deshaies (de l\u2019aventure du court).La facture est extrêmement soignée sans être poseuse.Chokri et Deshaies ménagent d\u2019ailleurs d\u2019authentiques instants de grâce visuelle.On pense à ce plan large dénué de parole, vu du haut d\u2019un immeuble, au sortir d\u2019un rendez-vous médical : on aperçoit Sophia et Karim en contrebas, marchant sur le trottoir ; elle qui s\u2019arrête, désemparée, lui qui l\u2019étreint, qui sait\u2026 Ou encore à cet autre plan, muet également, lorsque Sophia se réveille en pleine nuit, paniquée, le souffle court : sur son visage, l\u2019éclairage d\u2019un lampadaire et l\u2019ombre de petites branches d\u2019arbres dessinent des fissures.Sans oublier cette séquence dans un salon funéraire : de l\u2019intérieur, on observe Sophia qui, au- dehors, s\u2019éloigne dans le cimetière tandis que se reflètent sur la vitre des figures floues, fantomatiques\u2026 Du très beau, du très drôle, et du très bon.Un coup de cœur ici aussi, écrivait-on.La femme de mon frère ?Comédie dramatique de Monia Chokri.Avec Anne-Élisabeth Bossé, Patrick Hivon, Evelyne Brochu, Magalie Lépine-Blondeau, Mani Soleymanlou.Québec, 2019, 117 minutes.Sublime Anne-Élisabeth Bossé L\u2019actrice brille dans un délicieux premier long métrage signé Monia Chokri Anne-Élisabeth Bossé crée une héroïne qui, sous couvert de désinvolture et de bel esprit, cache un abîme d\u2019angoisse.LES FILMS SÉVILLE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 14 | CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Un titre n\u2019est pas seulement fait pour piquer la curiosité du public.Parfois, sa brièveté constitue un moyen de taire certaines choses qui pourraient l\u2019éloigner.Que la mention «X-Men» ne soit pas accolée à Dark Phoenix, du moins dans sa version originale, témoigne sans doute d\u2019un désir d\u2019atténuer le sentiment d\u2019usure à l\u2019égard d\u2019une série dont on ne compte plus les fins du monde.Peut-être assistons- nous aussi à une fin de règne\u2026 Longtemps sous l\u2019emprise du réalisateur Bryan Singer, dont les frasques sont maintenant plus connues que ses films, Simon Kinberg, producteur et, depuis peu, cinéaste, a été appelé à la rescousse.Sans mauvais jeu de mots, il avait pour tâche de faire renaître de leurs cendres ces mutants à la fois héros et parias, sauveurs de l\u2019univers et fauteurs de troubles.À ce chapitre, Dark Phoenix respecte les grandes lignes de cet imposant cahier des charges, dont ce perpétuel dilemme cornélien entre des êtres d\u2019une humanité cer taine et aux pouvoirs singuliers vus d\u2019abord comme une tare, ensuite comme un atout précieux \u2014 ou maléfique.Nous retournons cette fois en 1975, puis en 1992, un passé si lointain ; stratégie narrative pour ramener à l\u2019avant-plan les versions rajeunies des personnages qui ont dominé les premiers épisodes, laissant ainsi un peu de repos à des acteurs comme Patrick Stewart, Ian McKellen et Hugh Jack- man, qui ne doivent pas beaucoup s\u2019ennuyer\u2026 À nouveau, une enfant pourvue d\u2019un don particulier, Jean Grey, attire l\u2019attention de Charles (James McAvoy), ce grand manitou, car la petite a provoqué bien malgré elle la mort de ses parents.Devenue jeune adulte (Sophie Turner, jamais irradiante\u2026), lors d\u2019une mission périlleuse dans l\u2019espace, la voilà soumise à un survoltage solaire qui aurait réduit en poussière Héphaïstos, le dieu des forgerons et des volcans.De retour sur terre, entourée de figures familières et amicales comme Cyclops (Tyle Sheridan) et Mystique (Jennifer Lawrence), Jean ne se reconnaît plus, habitée d\u2019une énergie foudroyante qui bousculera sa confrérie, l\u2019obligera à renouer avec son douloureux passé, suscitant aussi l\u2019intérêt d\u2019extra-terrestres dont l\u2019un a pris la forme de Jessica Chastain, version femme d\u2019affaires carnassière.Encore une fois, nous sommes devant une fin du monde appréhendée, nécessitant la présence de Magneto (Michael Fassbender) et de ses fidèles, avec à la clé une autre débauche d\u2019effets spéciaux mettant New York sens dessus dessous (Montréal plus ou moins bien camouflée).Après le couac rugissant du dernier Godzilla, Dark Phoenix semble posséder plus de qualités artistiques que l\u2019on ne saurait en espérer d\u2019un blockbuster estival.À la fois variation sur un même thème (ce lu i de l\u2019acharnement thérapeutique ?) et illusion de nouveauté (l\u2019arrivée tonitruante de personnages jusque-là inédits, du moins au cinéma), cette escapade grandiloquente et tapageuse au royaume des mutants s\u2019inscrit dans une lignée résolument paresseuse : on y retrouve ce que l\u2019on cherche, et en abondance.Suffit aussi de savoir se satisfaire de la même soupe, rarement bien assaisonnée (à quand un autre X-Men du calibre, et de la sobriété, de Logan, de James Mangold ?), mais suffisamment divertissante pour pimenter la belle saison.Mine de rien, cela semble aussi hasardeux que de contrôler la mauvaise humeur des mutants.X-Men : Phénix noir (V.F.de Dark Phoenix) ?Drame fantastique de Simon Kinberg.Avec Sophie Turner, Jennifer Lawrence, Jessica Chastain, James McAvoy.États-Unis, 2019, 114 minutes.Juste encore la fin du monde Un autre coup de jeunesse pour la série des X-Men, qui ne veut visiblement pas mourir Cette escapade grandiloquente et tapageuse au royaume des mutants s\u2019inscrit dans une lignée résolument paresseuse : on y retrouve ce que l\u2019on cherche, et en abondance.20TH CENTURY FOX | 1 5 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Évident pour les uns, inévitable pour les autres : Kenneth Branagh se devait d\u2019interpréter le célèbre William Shakespeare.L\u2019acteur et réalisateur a passé pratiquement toute sa carrière à célébrer son œuvre, parfois avec brio (As You Like It, Much Ado About Nothing), par fois moins (Hamlet).Et comme des zones d\u2019ombre persistent sur la vie de l\u2019homme \u2014 on disserte encore sur la véritable identité de l\u2019auteur de cette constellation de chefs-d\u2019œuvre \u2014, ce flou laisse place à diverses interprétat ions, et à quelques fantaisies.Comment se sont déroulées les dernières années de Shakespeare loin du tumulte de Londres, à Stratford-upon- Avon ?Les historiens en ont découvert quelques bribes, et le scénariste Ben Elton en a imaginé d\u2019autres dans All Is True, permettant ainsi à Branagh de revisiter l\u2019univers de son idole, de l\u2019incar ner au soir de sa vie avec l\u2019élégance qu\u2019on lui connaît.Il s\u2019agit là d\u2019une œuvre crépusculaire, marquée par les deuils et les regrets, où les ar tifices du théâtre cèdent le pas aux brutalités d\u2019une existence austère.Et a lors que le puri ta - nisme installe sa puissance dans les campagnes anglaises au début du XVIIe siècle, le dramaturge et directeur de théâtre à la retraite forcée (son célèbre Globe fut ravagé par les flammes en 1613) découvre avec effroi que le dimanche, il demeure impératif d\u2019être vu à l\u2019église\u2026 L\u2019ordre est donné par son épouse, Anne Hathaway (Judi Dench, imposante sans effet de toge), unie à un homme avec qui elle partage peu de choses, si ce n\u2019est trois enfants, deux filles malheureuses, Susanna (Flora Easton) et Judith (Freya Durkan), ainsi que son frère jumeau, Hamnet, mort à l\u2019âge de 11 ans.Shakespeare, on s\u2019en doutait, ne les a pas vus grandir, af fairé à construire son œuvre dans la capitale.Ce qui ne l\u2019empêche pas, redevenu simple provincial, d\u2019être accablé de tristesse face au fils absent depuis longtemps déjà, élaborant un jardin pour faire fleurir en lui la paix.Ou éloigner les fantômes encombrants de son lourd passé.Ce projet élaboré par un homme qui sent la mort venir l\u2019amène aussi à reconsidérer ses rapports avec ces trois femmes dont il ne sait à peu près rien, découvrant aussi des drames qu\u2019on lui avait cachés, ainsi que des reproches qu\u2019on avait préféré taire jusque-là.Ils seront d\u2019ailleurs ravivés lors de la visite impromptue de Henr y Wriothesley, 3 e comte de Southampton (Ian McKellen dans une apparition éclair impériale), à qui Shakespeare a dédié des sonnets que plusieurs ont assimilés à une déclaration d\u2019amour.Ce qui n\u2019a pas échappé à son épouse, déjà rongée par la honte des scandales entourant ses deux filles, Susanna mariée à un homme austère qui l\u2019accuse d\u2019infidélité, et Judith, acariâtre, affligée du complexe de la survivante, et condamnée à un éternel célibat.Tous ces enjeux s\u2019enchaînent de manière mécanique, à un r ythme contemplatif, le tout baignant dans une lumière inspirée des grands maîtres hollandais de la peinture.Ces qualités esthétiques témoignent du soin qu\u2019apporte Branagh à ce portrait d\u2019un génie vu ici comme un homme pareil aux autres, mais auréolé d\u2019un respect digne d\u2019une cérémonie funèbre.Dans All Is True, tout n\u2019est pas d\u2019une authenticité historique irréprochable, mais ce ne sont pas tant ces libertés qui posent problème que le caractère solennel, pour ne pas dire académique, de cette célébration sans bruit ni fureur.Un supplément d\u2019âme aurait suffi.All Is True ?Drame biographique de Kenneth Branagh.Avec Kenneth Branagh, Judi Dench, Ian McKellen, Freya Durkan.Grande-Bretagne, 2018, 101 minutes.Deuil dans un jardin anglais Les dernières années de William Shakespeare revues et imaginées par Kenneth Branagh Dans All Is True, tout n\u2019est pas d\u2019une authenticité historique irréprochable, mais ce ne sont pas tant ces libertés qui posent problème que le caractère solennel, pour ne pas dire académique, de cette célébration sans bruit ni fureur.MÉTROPOLE FILMS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e 1 6 | Les nouveautés sont en rose Zagros ?1/2 Qui connaît les Bakhtiaris, et surtout qui s\u2019en soucie?Ce peuple nomade vivant dans une région montagneuse à la frontière de l\u2019Iran et de l\u2019Irak n\u2019en demande pas tant, cherchant uniquement à survivre à travers les rituels de la conception de tapis faits en laine de mouton.Cette pratique qui plonge dans des temps lointains, les cinéastes Ariane Lorrain et Shahab Mihandoust l\u2019observent avec respect et délicatesse.Même s\u2019ils sont tous deux d\u2019origine iranienne, et un peu citoyens du monde, c\u2019est en retrait qu\u2019ils témoignent de la noblesse et de la dureté de cet artisanat exigeant (deux ans de travail pour un seul tapis), méprisé par les autorités religieuses, accompli au milieu d\u2019une immensité aride, impitoyable.Sur les visages de leurs protagonistes s\u2019est incrustée une détermination farouche, celle de ces tisserands sans pouvoir.André Lavoie Premières de classe ?En apprenant que plusieurs de leurs pairs cancres, et moqueurs, ont comme elles été admis dans des universités sélectes, deux amies très studieuses décident de faire la fête à la veille de la remise des diplômes.Tout est là, tout de suite: la répartie énergique, la vivacité et le tempérament conquérant d\u2019Amy et Molly, héroïnes hors clichés incarnées avec un brio comique remarquable par Beanie Feld- stein et Kaitlyn Dever.Si, après des actes 1 et 2 époustouflants, certains détours tardifs «johnhughesques» convainquent moins, l\u2019humour, lui, continue de fonctionner de bout en bout.Cela, grâce au sens de l\u2019observation aiguisé des auteures.Qui plus est, le scénario offre des personnages et des situations évitant les lieux communs, ou détournant ceux-ci pour mieux les satiriser.À la réalisation, Olivia Wilde affiche une parfaite assurance, ne craignant ni les ruptures de ton ni les apartés de style.Irrésistible.François Lévesque Bermudes (Nord) ?1/2 Elle vient de France, et de la littérature romanesque, mais aussi d\u2019une tradition de cinéastes québécois errants pour qui le territoire du Québec reste encore à conquérir.Dans ce documentaire à la frontière du film-essai, Claire Legendre fait un bien beau voyage, mettant le cap sur l\u2019île d\u2019Anticosti, prétexte pour aller à la rencontre de merveilleux naufragés de «l\u2019économie du non-sens» se tenant loin de ce tumulte.C\u2019est aussi un périple au fond d\u2019elle- même, prétexte romantique et poétique pour embrasser l\u2019immensité des paysages qui défilent le long de ses traversées sur des bateaux le plus souvent déserts.Et du début à la fin, c\u2019est une escapade apaisante et hypnotique donnant de grandes envies de prendre le large.André Lavoie M ?1/2 Les juifs ultra-orthodoxes sont coupés du monde et cultivent ardemment cette distance.Mais les frontières avec la modernité deviennent de plus en plus poreuses, surtout quand des membres qui ont quitté leur communauté reviennent la hanter avec leurs blessures de victimes d\u2019abus sexuels.Aujourd\u2019hui dans la trentaine, l\u2019acteur et chanteur Menahem Lang croyait avoir pansé ses plaies, mais revenir dans le quartier Bnei Brak, en périphérie de Tel-Aviv, signifie un douloureux retour en arrière.Avec la documentariste Yolande Zauberman qui le suit à la trace, principalement la nuit, voilà Peterloo (V.O.) ?Manchester, le 16 août 1819.Venue réclamer une meilleure représentation au Parlement dans un contexte de pauvreté, une foule pacifique est prise d\u2019assaut par la cavalerie.Avec ce film choral consacré au massacre de Peterloo, Mike Leigh offre une fresque couvrant l\u2019entièreté du spectre social, du travailleur indigent au prince régent.Chaque faction évolue qui plus est au sein d\u2019une reconstitution méticuleuse.À l\u2019impression de justesse engendrée s\u2019ajoute celle de contempler un tableau vivant, superbe direction photo aidant.Toutefois, ce scrupule formel se re- The Tomorrow Man (V.O.) ?Dans une petite ville paisible, un retraité paré de longue date pour la fin du monde est le premier surpris lorsqu\u2019il s\u2019éprend d\u2019une femme qu\u2019il soupçonne \u2014 à tort \u2014 d\u2019être comme lui adepte des théories du complot.Elle n\u2019en cultive pas moins un étonnant jardin secret.À la fois étude de mœurs et histoire d\u2019amour tout en demi-teintes et en humour discret, The Tomorrow Man donne à voir une autre formidable composition de l\u2019acteur John Lith- gow.Habituellement sollicité pour donner relief et panache à des partitions de soutien, il mord à belles dents dans ce rôle principal, un protagoniste qu\u2019il a l\u2019instinct heureux de ne pas traiter en hurluberlu, mais d\u2019aborder avec retenue.La toujours lumineuse Blythe Danner n\u2019est pas en reste, montrant une excentricité larvée que vient expliquer une intéressante révélation au troisième acte.On regrettera une lenteur certaine et, surtout, une trame somme toute mince pour ces beaux amants de la fin du monde (ou pas?).François Lévesque propre clan.Il tentera d\u2019apprivoiser ces découvertes en élaborant un jardin visiblement destiné à faire fleurir en lui la paix.Entouré d\u2019acteurs d\u2019une grande noblesse, dont les impériaux Judi Dench et Ian McKellen, Branagh nous offre une démonstration trop souvent académique, soignée aux entournures, mais en quête d\u2019un minimum de bruit et de fureur.André Lavoie que sa seule présence, parfois tapageuse, libère une parole longtemps étouffée et des traumatismes bien enfouis.Cette virée au pays des hommes en noir laissera poindre une lueur d\u2019espoir, un léger réconfort grâce à une caméra fouineuse, impudique, parfois même thérapeutique.André Lavoie taines scènes jusqu\u2019à en amoindrir l\u2019impact.Avec l\u2019aide de la directrice photo Josée Deshaies, la cinéaste ménage cela dit d\u2019authentiques instants de grâce visuelle.Du très drôle, du très beau, et du très bon.François Lévesque All Is True ?Le Laurence Olivier de notre époque, Kenneth Branagh, porte depuis longtemps un amour immodéré à l\u2019œuvre de William Shakespeare, à la fois comme acteur, comme metteur en scène et comme réalisateur.Il s\u2019attaque maintenant à sa vie, l\u2019incarnant quelques années avant sa mort, de retour auprès de sa famille à Stratford- upon-Avon après un long tumulte créatif à Londres.Véritable cérémonie des adieux, avec l\u2019austérité que cela comporte, All Is True présente un homme ayant fouillé l\u2019âme humaine, mais peu au fait des graves tourments de son X-Men.Phénix noir (V.F.de Dark Phoenix) ?La principale mutation du dernier X- Men, c\u2019est l\u2019éjection de Bryan Singer aux commandes de cette série quasiment inusable.Simon Kinberg, nouveau venu avec une longue feuille de route comme producteur, a pris les commandes, et respecté le cahier des charges: de nouveaux visages, mais pas trop; des péripéties à la pelle, mais aussi quelques dilemmes moraux.Tout cela baigne dans une ambiance de fin du monde, avec la présence d\u2019une héroïne survitaminée à l\u2019énergie solaire (Sophie Turner, guère irradiante) affrontant une extraterrestre s\u2019appropriant les traits magnifiques de Jessica Chastain, ici glaciale comme une gestionnaire de multinationale.Pour le reste, Montréal sert une fois de plus de décor commode (New York et Paris), et les figures familières ont répondu à l\u2019appel, même Jennifer Lawrence en Mystique.Après le couac Godzilla, l\u2019été des blockbusters a bel et bien démarré.André Lavoie La femme de mon frère ?Pessimiste quant à ses perspectives d\u2019avenir, Sophia, doctorat en poche, squatte l\u2019appartement de son frère Ka- rim, avec qui elle partage une complicité de toujours.Mais lorsqu\u2019il s\u2019éprend d\u2019Éloïse, c\u2019est la panique.Ce film «dramatico-désopilant» expertement écrit et réalisé est à ranger dans la catégorie des irrésistibles.C\u2019est là un portrait de femme à maints égards atypique que brosse Monia Chokri.Vive, nuancée, et complètement désarmante, Anne-Élisabeth Bossé compose une héroïne qui, sous couvert de désinvolture et de bel esprit, cache un abîme d\u2019angoisse.Souvent, on est ému alors qu\u2019on a encore mal aux côtes de s\u2019être esclaffé.La facture est extrêmement soignée sans être poseuse.Bémol: une propension à faire durer cer- The Souvenir (V.O.) ?1/2 Primé à Sundance, ce film autobiographique de Joanna Hogg s\u2019attarde au destin de Julie, qui vit un double éveil : sentimental et professionnel.Étudiante en cinéma, elle s\u2019éprend d\u2019un jeune cadre érudit et ténébreux dont elle est la seule à ne pas déceler les tendances autodestructrices.The Souvenir évolue à rythme non pas lent, mais mesuré, en adéquation parfaite avec le cheminement psychologique de l\u2019héroïne.Tandis qu\u2019à l\u2019université, l\u2019émerveillement de Julie croît vis-à- vis du 7e art, sur le front amoureux, la nature délétère de sa relation est un lent désenchantement.Des vents contraires qui engendrent une tempête intérieure qui serait invisible à l\u2019œil, n\u2019eut été la maestria de la cinéaste pour en capter les moindres frémissements extérieurs.D\u2019une infinie délicatesse, d\u2019une absolue précision, sa mise en scène multiplie les couches de lectures.Un superbe (auto)portrait doublé d\u2019une fine étude du pouvoir transcendant du cinéma.François Lévesque Comme des bêtes 2 (V.F.de The Secret Life of Pets 2) ?Comme son prédécesseur, The Secret Life of Pets 2 s\u2019interroge avec un humour rafraîchissant sur ce que peuvent bien fabriquer nos animaux domestiques lorsque nous les laissons seuls à la maison.Porté par trois intrigues inégales formant un tout plutôt incohérent, le film demeure d\u2019une indéniable efficacité, notamment grâce à de remarquables animations et à de désopilants et ingénieux clins d\u2019œil aux comportements à la fois irrésistibles et exaspérants de ces petites bêtes.Amusant et adorable, à l\u2019image de ses héros.Anne-Frédérique Hébert-Dolbec The Souvenir, drame sentimental de Joanna Hogg MÉTROPOLE FILMS | 17 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 ENTRÉE GRATUITE DU CONSEIL DES ARTS ET des LETTRES DU QUÉBEC MICHEL TREMBLAY ENTRETIEN AVEC MARDI 11 JUIN 19 H GRANDE BIBLIOTHÈQUE 475 boul.de maisonneuve Est présentent ANIMÉ PAR BRIAN MYLES Aladdin (V.O.et V.F.) ?Après Le livre de la jungle, La Belle et la Bête et autre Cendrillon, Disney continue d\u2019adapter son catalogue animé en prise de vue réelle en reprenant cette fois son succès de 1992.Aladdin, jeune pickpocket, s\u2019éprend de la princesse Jasmine, et elle de lui.Il est prisonnier de sa pauvreté, elle est oppressée par les traditions.Mais voilà qu\u2019Aladdin met la main sur une lampe magique où est enfermé (tiens!) un génie qui lui accorde trois souhaits\u2026 En coulisse guette Jafar, le vizir fourbe du sultan qui connaît d\u2019ores et déjà les pouvoirs de la lampe.Fort d\u2019un héros attachant, d\u2019une héroïne plus autodéterminée, d\u2019un méchant étoffé, d\u2019un génie déjanté et d\u2019effets spéciaux spectaculaires, Aladdin devrait plaire aux petits et grands friands de merveilleux.Cela, en dépit de longueurs et d\u2019un dernier acte qui s\u2019embourbe.François Lévesque Tout ce qu\u2019il me reste de la révolution ?Judith Davis a visiblement des comptes à régler, et beaucoup de choses à nous raconter.Comédienne issue d\u2019un collectif théâtral, elle transpose dans son premier film les principes créatifs de sa bande, et leurs préoccupations sociales.Même si on peut percevoir une certaine influence godardienne, il y a tout de même de l\u2019humour, de la tendresse familiale et de la romance dans la trajectoire de cette urbaniste au chômage qu\u2019elle incarne avec une énergie parfois excessive.Cette chronique de notre époque à plusieurs tonalités affiche de belles têtes peu connues et des acteurs d\u2019un autre temps (comme Mireille Perrier, Les estivants ?1/2 Ce n\u2019est pas la première fois que Valé- ria Bruni Tedeschi plonge dans les remous de sa famille riche et célèbre pour nourrir son cinéma.Elle le fait encore, et sans vergogne, dans cette séance de pillage de références où Tchekhov, Woody Allen et Fellini sont conviés.Mais au final, tout tourne autour de son personnage, une cinéaste en panne d\u2019inspiration et en peine d\u2019amour, retrouvant sa tribu dans une villa de la Côte d\u2019Azur, entourée de domestiques insatisfaits et tout aussi névrosés que leurs maîtres.Ce Downton Abbey méditerranéen va dans tous les sens, mais revient toujours à cette héroïne irritante incarnée par une cinéaste qui sait très bien s\u2019entourer d\u2019acteurs inspirants (dont Yolande Moreau en boniche acariâtre), mais ne sait guère contenir ses excès, aussi nombreux que lassants.André Lavoie Brightburn ?Se croyant bénis lorsqu\u2019un poupon de l\u2019espace s\u2019écrase près de leur ferme, Tori et Kyle déchantent l\u2019adolescence venue.Croisement entre Superman, où un couple de braves cultivateurs élève un enfant du ciel doté d\u2019incroyables pouvoirs, et La malédiction, où un autre couple s\u2019aperçoit que son petit ange est en réalité l\u2019Antéchrist, Brightburn a été produit par James Gunn (Les Gardiens de la galaxie).Vu son implication et la prémisse, tout était en place pour une subversion bienvenue du film de superhéros.Hélas, Brightburn n\u2019aspire qu\u2019au premier degré, échouant là aussi.Laborieuse, arythmique, la construction narrative est esclave de mises à mort spectaculaires mais dénuées de suspense.Qui plus est, les personnages cumulent les actions stupides en amont.Le film a des mérites, techniques, et bénéficie d\u2019une bonne prestation d\u2019Elizabeth Banks en mère comblée, soucieuse, puis horrifiée.On l\u2019est aussi, mais pas pour les bonnes raisons.François Lévesque Godzilla.Roi des monstres (V.F.de Godzilla \u2013 King of the Monsters) ?En aura-t-on fini un jour avec Godzilla, cette créature dont on n\u2019arrive plus à faire le décompte des déclinaisons cinématographiques?Depuis qu\u2019Hollywood s\u2019en est entiché pour le gonfler à l\u2019hélium du numérique, on en vient à s\u2019ennuyer des versions en caoutchouc de notre enfance.Cinq ans après la dernière catastrophe \u2014 dans tous les sens du terme\u2026 \u2014, la créature dopée au nucléaire revient à l\u2019avant-scène, avec quelques personnages de l\u2019épisode précédent incarnés par certains acteurs visiblement sous la domination de leur agent.Michael Dou- gherty (Trick\u2019r Treat, Krampus) gère le tout selon la méthode du blockbuster pétaradant, atteignant un niveau d\u2019agression sonore inégalé.Les cris et rugissements martèlent les péripéties de ce monde au bord de l\u2019Apocalypse, mais surtout du vide.André Lavoie Tolkien (V.O.et V.F.) ?1/2 En trois périodes clés, soit la fin de l\u2019enfance, l\u2019adolescence sous le signe de l\u2019amitié et la Première Guerre mondiale, Tolkien s\u2019attarde aux années formatrices du futur auteur, ainsi qu\u2019à l\u2019éclosion d\u2019un grand amour.Du drame, de l\u2019aventure et de la romance.Hélas, le résultat est bien tiède, ce, en dépit d\u2019un volet central réussi.La faute incombe au scénario, dont la structure en flash-back freine l\u2019élan du récit.Des efforts pour associer le champ de bataille au futur Mordor du Seigneur des anneaux s\u2019avèrent en outre forcés, le film n\u2019ayant pas les moyens de ses ambitions.Axé sur le cercle d\u2019amis du sujet et sur sa passion contrariée pour Edith Bratt, le film y va à un moment d\u2019un sous-entendu gai sans l\u2019assumer ensuite.Bien que la famille Tolkien l\u2019ait désavoué, à terme, et c\u2019est paradoxal Avengers.Phase finale (V.F.de Avengers : Endgame) ?1/2 Sorti l\u2019an dernier à pareille date, Avengers.La guerre de l\u2019Infini se sera essentiellement révélé être une mise en place de ce très attendu Avengers.Phase finale.Cet ultime opus ne perd pas de temps à plonger dans l\u2019action, ce qui est heureux puisque le film dure trois heures.Résulte de cette gageure le mélange attendu de séquences d\u2019action haletantes, d\u2019effets spéciaux époustouflants, d\u2019humour salutaire\u2026 et de moments émotionnels souvent insistants.Hélas, alors qu\u2019arrive l\u2019affrontement final, on va de reports en épilogues, étirant là où l\u2019on devrait resserrer.La conclusion de la saga de l\u2019Infinité s\u2019avère ainsi insatisfaisante, un brin opportuniste et larmoyante.François Lévesque considérant ses vaines tentatives pour inclure du merveilleux, ce qui manque au film n\u2019est pas un cautionnement, mais une magie.François Lévesque celle qui traversait les premiers films de Leos Carax).Tous ces excès, comiques comme oratoires, ne sont pas toujours bien modulés, mais ce film demeure chargé de belles promesses.Cette troupe idéaliste dirait plutôt: des lendemains qui chantent! André Lavoie tourne un peu contre le film, qui souffre d\u2019une progression laborieuse.Comme si, soucieux avant tout de l\u2019authenticité des situations, le cinéaste en avait négligé leur agencement.Une fois n\u2019est pas coutume chez Leigh, mais on se surprend à pousser un petit bâillement en dépit de la pertinence du contenu.Il manque à cette fresque-là un souffle épique pour qu\u2019elle s\u2019anime.François Lévesque Mon garçon ?De passage en France, Julien, père absent, apprend que son fils Mathys vient de disparaître lors d\u2019une classe de neige dans le massif du Vercors.Pour ses deux premiers tiers, Mon garçon se concentre sur le calvaire de cet homme rongé par culpabilité (Guillaume Canet est excellent d\u2019intériorité tendue).Cela, sur fond de suspense à combustion lente quant au sort de l\u2019enfant.Hélas, après avoir considéré d\u2019intéressantes pistes, survient un troisième acte qui transforme le film en pseudo Taken à la montagne.Or, moyens et ressorts techniques ne sont pas au rendez-vous.Réalisateur de la comédie dramatique Une hirondelle a fait le printemps et de la chronique historique Joyeux Noël, Christian Carion tente ici un virage professionnel qui, à l\u2019évidence, ne sied guère à ses sensibilités de mise en scène.Bref, ce qui débute comme un mystère psychologique prenant se conclut comme une version fauchée d\u2019une production générique de Luc Besson.François Lévesque L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 1 8 | CRITIQUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR Ce n\u2019est ni la première fois ni la dernière, sans doute, que la Galerie de l\u2019UQAM nous fait le coup : deux salles scindées en deux expositions si distinctes, mais si imposantes.Autant l\u2019une que l\u2019autre fait de l\u2019ombre à sa voisine.Laquelle privilégier ?Dans le cas présent, la concurrence, pour ne pas dire la rivalité, est plus que jamais déchirante.Elle met côte à côte l\u2019expo collective à teneur sociale Over my Black Body, dans la grande salle, et, dans la petite, le projet de fin de maîtrise de Maude Arès.Commençons pour une fois par la petite salle.Le titre de l\u2019installation de Maude Arès, déjà, of fre tout un programme : L\u2019algue flotte dans une rivière, amenée par le débit de l\u2019eau, elle s\u2019agrippe à la pierre, elle y reste longtemps.Cette envolée poétique traduit à juste raison ce qu\u2019on est invité à observer, ce qu\u2019on est invité à comprendre des matériaux et de leur transformation subie sous le toucher de l\u2019artiste.La rivière, c\u2019est une longue table sinueuse.Le débit de l\u2019eau?Le geste créatif de Maude Arès, imagine-t-on.L\u2019algue, ce sont toutes sortes de matières, fragiles et malléables, et la pierre, « celle qui a poussé dans ma main », écrit l\u2019ar tiste dans le texte d\u2019introduction, l\u2019objet déposé, immuable, pour un temps, du moins.La pratique de la finissante de l\u2019UQAM se situe dans la lignée de bien d\u2019autres, basées sur la collecte de débris, appelés à être réévalués et reformulés.Comme dans toute rivière, celle exposée ici a une multitude d\u2019algues-pierres, rebaptisées par l\u2019artiste « outils-mystères ».En- tendons-nous : aucun objet, aucune composition, ne semble avoir une fonction nette et précise.Œuvre poétique, L\u2019algue flotte\u2026 se présente comme un petit musée.À la manière d\u2019une autre impressionnante installation en acétates et en ficelles signée Ibghy & Lemmens, et présentée lors de la défunte Biennale de Montréal, celle de Maude Arès fait du bricolage et de la construction bancale une source pour harmoniser un monde autrement en déroute.Chez la jeune artiste, le soin et la précision qu\u2019elle appor te dans la fabrication de ses petits formats (tableaux, sculptures et par fois mobiles, comme des mini Calder) ne sont pas exempts de violence.Frottement, usure, bris, poussière\u2026 L\u2019écosystème qu\u2019elle met en scène, soutenu par un délicat enrobage sonore, semble condamné à une courte vie.Un peu performeuse, Maude Arès se sera présentée plusieurs fois en salle pour « activer » ce monde matériel.Le 13 juin, elle y sera une dernière fois, mais seulement pour présenter sa démarche.Les corps noirs Pendant que dans la petite salle de la galerie coule une belle diversité matérielle, la grande salle, elle, tourne autour du corps humain.Plus précisément du « corps noir », de ses clichés et des efforts pour sortir de ces clichés.L\u2019exposition Over my Black Body, qui réunit sept artistes, «est un outil pour endosser les luttes contre le contrôle du corps noir », lit-on dans le communiqué du projet des commissaires Eunice Bélidor et Anaïs Castro.Il y est autant question de « résistance au racisme systémique» que de célébration d\u2019une pluralité de voix noires.Seul peintre du lot, Manuel Mathieu se distingue aussi pour son approche moins littérale, presque abstraite, bien que ses tableaux soient inspirés de la réalité, soit le génocide rwandais ou l\u2019accès à l\u2019eau en Haïti.Fortement narratives, les œuvres retenues par les commissaires partagent presque toutes le même motif, le visage.Comme si la négritude ne pouvait être exprimée autrement.Cer tes, les vidéos et photos du Britannique Amartey Golding, qui appellent à la dif férence, voire à la confusion des genres, ne laissent pas insensibles, tout comme les plâtres et céramiques de Stanley Février.C\u2019est cependant devant la très diversifiée Erika Freitas \u2014 une série photo, une en collage et une en broderie \u2014 que l\u2019expo atteint sa portée.Si elle dénonce la violence dont sont victimes les jeunes Noirs, l\u2019artiste de Toronto le fait en toute subtilité dans ses broderies sur coton.Le corps est invisible, et pourtant on le sent présent.Chez Freitas, le geste est le sujet et le mode d\u2019expression, davantage que le visage.Même si celui-ci est l\u2019attrait de l\u2019ensemble photographique I Am not Tragically Colored, les mains sont déterminantes, y compris dans le découpage par syllabes de la phrase du titre.Avec Over my Black Body, la Galerie de l\u2019UQAM af firme son ouverture à la diversité, ce qu\u2019elle avait entamé en 2018 avec des expositions en art autochtone.S\u2019il faut saluer ce choix, il faut quand même noter que ça s\u2019inscrit presque dans un courant, ou une mode à laquelle participent musées et autres galeries.Le fait-on par bonne conscience ou par un véritable intérêt pour entendre toutes les voix de l\u2019univers?Over my Black Body / L\u2019algue flotte dans une rivière, amenée par le débit d\u2019eau, elle s\u2019agrippe à la pierre, elle y reste longtemps Collectif / Maude Arès.Deux expos à la Galerie de l\u2019UQAM, 1400, rue Berri, jusqu\u2019au 22 juin.Matières et corps, éclatés et diversifiés La Galerie de l\u2019UQAM ferme la saison avec deux expositions solides et pertinentes En haut : vue de l\u2019exposition Over my Black Body.En bas : vue de l\u2019installation L\u2019algue flotte dans une rivière, amenée par le débit de l\u2019eau, elle s\u2019agrippe à la pierre, elle y reste longtemps de Maude Arès.GALERIE DE L\u2019UQAM L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 Présenté par Evergon · Robert Mapplethorpe · Andy Warhol · Charles Eames Découvrez les œuvres d\u2019une centaine d\u2019artistes parmi les plus célèbres du XXe siècle.Exposition en exclusivité canadienne Du 13 juin au 15 septembre LUNETTES L\u2019exposition est organisée par The Foundation for the Exhibition of Photography, New York/Lausanne, en collaboration avec le MIT Museum, Cambridge, Mass., et le WestLicht Museum for Photography, Vienne. monté en Écosse, est parti à Miami, avant de revenir en Italie.La bohème, cette année, est allée en Écosse, en Suisse et à Vancouver : oui, les spectacles vivent », se réjouit Renaud Doucet.A contrario, « il y a des choses dont on s\u2019est débarrassé.Par exemple, Thaïs de Massenet avait été dans neuf compagnies et avait vieilli.Il était temps que cela disparaisse».Les productions que Barbe et Doucet aimeraient faire connaître au public de Montréal sont « La Cene- rentola, qui revient au répertoire à Hambourg, ou Les contes d\u2019Hof f- mann de Vienne ».Certains projets ne sont pas exportables, tel Die Feen de Wagner avec 57 changements de décor.Il y a aussi les degrés de préparation.« La Flûte enchantée à Glyndebourne, ce sont onze décors et deux ans de travail de préparation », précise André Barbe.Même si, « en deux semaines de répétitions, certaines choses ne sont pas possibles», comme le résume Renaud Doucet, les conditions de travail consenties à Charles Binamé pour Carmen montrent qu\u2019il y a un potentiel de souplesse pour des projets haut de gamme.En plus de La Cene- rentola et des Contes d\u2019Hof fmann, Renaud Doucet, qui a vu ses Puccini présentés à Vancouver, évoque aussi « Don Pasquale, petit spectacle L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e C l a s s i q u e 2 0 | ENTREVUE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR eux scénographes québécois, vedettes des scènes lyriques européennes, mettent le cap lundi sur Glyndebourne, où l\u2019un des plus prestigieux festivals d\u2019opéras du monde programme leur vision de La Flûte enchantée de Mozart.C\u2019est à Cologne que Le Devoir a joint André Barbe et Renaud Doucet.Demain dimanche aura lieu la première représentation de La grande duchesse de Gérolstein, avec en vedette Jennifer Larmore dans le rôle- titre.Cette production phare du bicentenaire de Jacques Of fenbach (1819-1880) dans sa ville de naissance, confiée aux Québécois, sera captée par les caméras de la chaîne de télévision franco-allemande ARTE pour une dif fusion prochaine, dont nous vous ferons état dès qu\u2019elle sera annoncée, certaines retransmissions étant accessibles sur le site Internet de la chaîne.Si Cologne honore Jacques Offenbach, l\u2019enfant de son pays, on ne peut pas en dire de même du Québec.À Montréal, ville natale d\u2019André Barbe et métropole d\u2019adoption de son conjoint Renaud Doucet, l\u2019Opéra de Montréal n\u2019ignore rien des créations lyriques de l\u2019Opéra de Saint- Louis (les peu mémorables Champion et Twenty Seven viennent de là- bas), alors que les créations scéniques du duo sont copieusement ignorées.Leur spectacle vu ici en quinze ans est Cendrillon de Massenet en 2010 ! Le Festival d\u2019opéra de Québec, aussi, s\u2019est pour l\u2019instant passé de leurs services, mais au profit d\u2019autres mises en scène de créateurs québécois, dont, majoritairement, Robert Lepage.Une attraction touristique Pourtant, les sujets ne manquent pas.Chose impressionnante, en regardant les programmes des scènes européennes, les spectacles du tandem tour nent beaucoup.« Les contes d\u2019Hof fmann à Vienne ont joué trois saisons de suite, La belle Hélène est revenue pour la cinquième fois à Hambourg, Cenerentola de Rossini aussi.Don Pasquale, que nous avons L\u2019été enchanté d\u2019André Barbe et Renaud Doucet Coqueluches des scènes européennes, les deux scénographes mettent le cap sur Glyndebourne Dès lundi matin, André Barbe et Renaud Doucet seront à pied d\u2019œuvre au mythique Festival de Glyndebourne, « une Rolls Royce des maisons d\u2019opéras », qui leur a confié le spectacle d\u2019apothéose de son été 2019, La Flûte enchantée.BERND UHLIG D Si on coupe le texte embarrassant, ce n\u2019est plus La Flûte enchantée.Au contraire, il faut trouver la motivation qui permet de faire en sorte que ces lignes puissent être dites avec une raison et, ensuite, un contrepoint ou un commentaire à ces raisons.RENAUD DOUCET » au niveau scénographie, mais qui marche très bien et ne présente pas don Pasquale comme un clown».Chose étonnante et rare: certaines productions de Barbe et Doucet se sont transformées en attractions touristiques.Ainsi, La belle Hélène ne quittera pas Hambourg : « Cela a fait un buzz, c\u2019est une signature de la maison et le public se déplace à Hambourg pour voir le spectacle.Il en va de même pour la Turandot de Vienne.» Renaud Doucet se réjouit ainsi de « travailler avec des institutions lyriques à des spectacles qui deviennent des produits maison représentatifs ».«C\u2019est le cas avec The Sound of Music à Vienne », renchérit André Barbe.« En 2005, nous n\u2019imaginions pas atteindre 175 représentations.Les enfants qui ont joué dedans à l\u2019époque sont devenus adultes.C\u2019est devenu un pèlerinage pour les familles ! » Hambourg, le Volksoper de Vienne, Cologne et l\u2019Opéra national d\u2019Écosse sont devenus les nouvelles « familles» du duo.Le courroux de la reine Dès lundi matin, André Barbe et Renaud Doucet seront à pied d\u2019œuvre au mythique Festival de Glyndebourne, «une Rolls Royce des maisons d\u2019opéras », qui leur a confié le spectacle d\u2019apothéose de son été 2019, La Flûte enchantée.L\u2019opéra de Mozart prendra l\u2019affiche le 18 juillet pour des représentations jusqu\u2019au 24 août.Là aussi, le spectacle pourra être vu : capté par la BBC, relayé par la NHK au Japon, diffusé dans les cinémas (pas en Amérique du Nord a priori).Nous anticipons qu\u2019une poursuite du partenariat avec Mezzo nous permettra de la voir, et une publication en DVD est prévue de toute manière.Barbe et Doucet n\u2019hésiteront pas à y prendre des risques.«Nous sommes convaincus de ce que nous faisons.Nous le faisons avec tout notre cœur et espérons que le public va embarquer.» Pour l\u2019heure, ils ont réussi à enthousiasmer des équipes.Renaud Doucet pourfend les « idées préconçues sur un opéra» que le duo trouve « sexiste et raciste ».« On a mis un combat de l\u2019homme contre la femme, du bien contre le mal sur un texte qui, quand on le lit avec des valeurs humanistes, nous interroge beaucoup sur nous-mêmes.» Dans leur concept scénique, Barbe et Doucet revaloriseront le personnage de la Reine de la nuit.« Il n\u2019est pas question d\u2019en faire une pétasse qui hurle en permanence, s\u2019emporte Renaud Doucet.La Flûte est un opéra beaucoup trop humain pour entrer dans des stéréotypes.Quand quelqu\u2019un renferme autant de fureur et de rage, la question est de savoir pourquoi.» Il faudra donc aussi trouver un cadre au personnage de Mo- nostatos et au dialogue des deux prêtres, « le dialogue le plus sexiste qui soit », résume Renaud Doucet, qui s\u2019est refusé à couper les textes litigieux.«Si on coupe le texte embarrassant, ce n\u2019est plus La Flûte enchantée.Au contraire, il faut trouver la motivation qui permet de faire en sorte que ces lignes puissent être dites avec une raison et, ensuite, un contrepoint ou un commentaire à ces raisons.» André Barbe donne le cadre de l\u2019action.« Ayant travaillé à Vienne, nous nous sommes intéressés au fameux hôtel Sacher et au personnage d\u2019Anna Sacher, qui, à la mort de son mari, a pris la direction de l\u2019hôtel.Tout le monde dans la société vien- noise avait prédit son échec.» La Reine de la nuit sera donc une veuve propriétaire d\u2019un hôtel au tout début du XXe siècle.Son époux étant décédé, ses pouvoirs se retrouvent aux mains du chef de cuisine.Nous sommes en 1903.Les femmes veulent devenir les égales des hommes, mais en cuisine, à l\u2019époque.«Les femmes étaient juste bonnes à peler les patates.» « Il y avait un refus d\u2019enseignement de l\u2019art de la cuisine aux femmes.» Cerise sur le gâteau, dans ce puzzle pour Renaud Doucet : « Dans nos recherches, nous avons vu que le monde des chefs est largement un monde maçonnique.» Dans la commande de Glyndebourne, Barbe et Doucet pouvaient « suggérer les aspects maçonniques », mais devaient créer un spectacle « où les parents pouvaient venir avec leurs enfants».« Il nous fallait donc un lieu de communion où l\u2019on peut se fabriquer des souvenirs en famille en évitant une Flûte rébarbative au 2e acte qui peut devenir longuet, car il ne se passe pas grand-chose.» Barbe et Doucet nous promettent une «grosse comédie musicale» que l\u2019on a hâte de découvrir sur les écrans.C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 cca.qc.ca Part 1 07.06\u201308.09.2019 Part 2 27.09.2019\u201319.01.2020 Part 3 07.02\u201317.05.2020 Sortis du cadre : Out of the Box: Gordon MATTA-CLARK Revu par Selected by Yann Chateigné Hila Peleg Kitty Scott Gordon Matta-Clark à Sag Harbor, New York, 1976\u20131977.PHCON2002:016:005:046, Collection Centre Canadien d\u2019Architecture, don de succession Gordon Matta-Clark.© Succession Gordon Matta-Clark montrealjazzfest.com 26 juin Richard Galliano duo avec Ron Carter avec Richard Galliano et le Quatuor Molinari Programme double Hommage à Michel Legrand Concert d\u2019ouverture Le Festival commence dans moins de 3 semaines ! 6 28 juin Madeleine Peyroux Première partie : Yaron Herman trio Théâtre Maisonneve, PdA \u2022 20 h LES GRANDS CONCERTS Concerts de la semaine Ossip Kozlovski.Pour son 30e anniversaire, le Chœur classique de Montréal, dirigé par Louis Lavi- gueur, programme samedi soir la première canadienne du Requiem de Kozlovski, compositeur russo- polonais du tournant du XIXe siècle, actif à la cour du tsar à Saint- Pétersbourg.Le chœur sera accompagné par l\u2019Orchestre symphonique des jeunes de Montréal en présence de solistes russes : Svetlana Polyanskaïa, Ekaterina Kudriavtseva, Anna Kholmovskaïa, Konstantin Stepanov et Alekseï Komarov.Samedi 8 juin à 20h à la Maison symphonique.Classica.Le concert emblématique de l\u2019édition 2019 de Classica réunit mardi Stéphane Tétreault, Jean-Philippe Sylvestre, l\u2019Orchestre Métropolitain et Alain Trudel dans le 2e Concerto pour piano de Jacques Hétu, et les trois compositeurs célébrés par Classica : Berlioz, Offenbach et Roussel.Berlioz avec «Scène d\u2019amour» de Roméo et Juliette et «Marche hongroise» de La damnation de Faust, Offenbach avec Harmonies des bois pour violoncelle et orchestre, et Roussel à travers le Concertino pour violoncelle.Mardi 11 juin à 19h à la paroisse Notre-Dame-de- l\u2019Annonciation à Mont-Royal. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e D i s q u e 2 2 | CLASSIQUE Bach ?1/2 Variations Goldberg (version pour trio du Trio Zimmermann), Trio Zimmer- mann, BIS-2347 En 1985, Dmitri Sitkovetski réalisait un arrangement pour trio à cordes des Variations Goldberg, joué lundi à Montréal par son auteur.La version Sitkovetski-Caussé-Maisky (Orfeo) reste une référence, rejointe par celle de Repin-Imai-Maisky (DG).Le Trio Zimmermann, composé des solistes Frank-Peter Zimmermann, Antoine Tamestit et Christian Poltéra, a recours à une nouvelle et propre adaptation.Ceci ne devrait pas surprendre, car la transcription de Sitkovetski, c\u2019est-à-dire sa répartition de la musique (des voix) entre les trois instruments, résulte de sa vision interprétative des Variations Goldberg \u2014 de ce qu\u2019il convient de mettre en avant à quel moment et de quelle manière dans le contrepoint.Il n\u2019est donc absolument pas choquant, et au contraire très logique, que l\u2019interprétation d\u2019un trio d\u2019aussi grands esprits que Zim- mermann, Tamestit et Poltéra s\u2019affranchisse du texte d\u2019un autre pour mettre en place ses priorités et son interprétation.Fascinant exercice dans une optique plus «trio» et beaucoup moins «violoniste et ses comparses».Christophe Huss FUNK PROGRESSIF Badge Époque Ensemble ?1/2 Badge Époque Ensemble, Telephone Explosion La majorité des musiciens de U.S.Girls s\u2019allient à l\u2019artiste anciennement connu sous le nom de Slim Twig (Maximilian Turnbull), capitaine de ce nouveau vaisseau astral.L\u2019ensemble d\u2019improvisateurs chevronnés glisse gracieusement sur les eaux troubles de l\u2019album (presque) instrumental.Beaucoup de choses s\u2019échangent, se disent et s\u2019exécutent sur ces six pièces à la conga omniprésente et à la flûte à gogo.On navigue entre les univers de Django Reinhardt, de Fela Kuti, des Oh Sees, du free jazz, en opérant un langoureux changement de focalisation tout au long du disque.Si cela démarre de façon un peu trop niaise avec la pièce Milk Spilt on Eternity, une comptine misant sur le grotesque des instruments, l\u2019ensemble torontois se reprend dès la seconde pièce pour broder des morceaux progressifs et psychédéliques haletants.La culmination survient sur Undressed in Solitude, un long jam R&B-funk de près de 11 minutes qui héberge la voix à la signature très décennie 1990 de James Baley.La scène doit bien leur aller.Sophie Chartier ÉLECTRONIQUE Premier juin mixtape ?1/2 Lydia Képinski, ChiviChivi Du pur Képinski: sans crier gare, elle lançait le 1er juin, pour souligner, jour pour jour, la sortie de son album Premier juin (le jour de son anniversaire), cet assemblage de remixes imaginés par «8 producers montréalais que j\u2019ai trouvés sur Instagram» devenus sur YouTube la bande-son d\u2019un court métrage réalisé par le photographe Adrian Villagomez et la musicienne.Façon de plonger autrement dans les chansons de ce très bon album par l\u2019entremise des remixes inspirés: ça démarre sur un ton trance-prog-house avec les versions de RYAN Playground, Robert Robert et softcoresoft, alors que Ben Shemie casse le rythme sur une version sale et bruyante de Pie-IX.Odile Myrtil brille de finesse sur sa solennelle relecture de Belmont, Tommy Kruise excelle avec son étonnante version UK garage de Maïa, Mollygum aiguille Les routes indolores vers le house et CRi finit avec panache avec son élégiaque relecture de la chanson-titre.Képinski sera en concert aux Francos le 19 juin et au Festival OFF de Québec le 4 juillet, entre autres dates confirmées.Philippe Renaud CLASSIQUE Mendelssohn ?Bezuidenhout, Barockorchester, Heras-Casado, Harmonia Mundi HMM 902369 Il y a fort à parier que vous n\u2019aurez jamais entendu la musique de Mendelssohn grouiller et pétiller autant.Après la parution de Titan de Mahler par François-Xavier Roth, Harmonia Mundi nous apporte un autre document fort éclairant sur l\u2019un des candidats potentiels de l\u2019OSM dans la succession de Kent Nagano.Essayé tardivement, début mai 2019, en raison d\u2019un agenda surchargé, Pablo Heras- Casado a ébloui dans une extraordinaire interprétation de la 1re Symphonie de Tchaïkovski à la Maison symphonique.Le voici déployant un autre de ses talents: celui de chef baroque à la tête de l\u2019Orchestre baroque de Fribourg dans un terrain mal ou caricatu- ralement exploité jusqu\u2019ici: la musique de Mendelssohn.Avec une direction très tranchante et beaucoup de créativité dans les phrasés, Heras-Casado prend la musique à bras-le-corps.Univers sonore renouvelé, regard neuf dans une symphonie attachante et couplage judicieux avec le Concerto pour piano opus 40 joué sur un pianoforte Érard de 1837.Les équilibres sont fascinants; le CD, jubilatoire.Christophe Huss REPRISES All Blues ?Peter Frampton Band, UMe Long parcours que celui de Peter Frampton, déjà légendaire en note de bas de page du grand livre de l\u2019histoire du rock des années 1960, d\u2019abord avec The Herd, puis avec Humble Pie.Il est presque malheureux \u2014 sinon les millions et la gloire qui comptent quand même un peu \u2014 que son curriculum se résume au double album Frampton Comes Alive, et surtout, surtout, à l\u2019utilisation abusive du mâche-machin qui triturait le son de la voix (l\u2019infâme talk-box).Vaudrait mieux \u2014 il en conviendra au moment d\u2019entamer le Farewell Tour qui l\u2019amènera au FIJM \u2014 se souvenir de lui pour son doigté de bluesman britiche dans la tradition des Peter Green, Mick Taylor et autres fluides manieurs de manche.On a donc tout avantage à l\u2019entendre ici, en compagnie des Kim Wilson, Sonny Lan- dreth, Larry Carlton, Steve Morse et autres blueseux pas piétons, revisi- tant la note étirée longtemps sans rien d\u2019autre que ses doigts meurtris de quasi-retraité.C\u2019est maintenant ou jamais pour l\u2019injection finale, chers guitares-héroïnomanes.Sylvain Cormier R&B Baby You Can Free Your Mind ?Mind Bath, Bedroom Dubs Avec son premier album, l\u2019auteur- compositeur-interprète montréalais d\u2019origine britanno-colombienne Michael Brock (Mind Bath) impressionne à tous les niveaux.Son romantisme exacerbé, tout à fait adéquat pour le type de néo-R&B qu\u2019il défend, trouve son équilibre dans ses productions léchées et modernes qui servent bien sa voix limpide et légère \u2014 ce son de basse rugueux qui gronde derrière Siempre, le rythme minimaliste et déconstruit de la planante No, la tangente presque ambient, à la rythmique délicatement suggérée, que prend Infinite C, bref, il y a beaucoup de matière et de bonnes idées dans sa vision électronifiée de la soul et du R&B.De plus, Brock peut compter sur les précieux et avisés coups de main des amis compositeurs-réalisa- teurs Project Pablo et Ouri (qui vient elle-même de lancer un EP de remixes) ainsi que sur les voix de Forever et de Fariha Roisin pour colorer cette collection d\u2019évocatrices chansons d\u2019amour et de désirs.Fans de Rhye, voire du The Weeknd de ses premiers mixtapes, tendez l\u2019oreille.Philippe Renaud CHANSON ÉLECTRO Dive ?Milk&Bone avec Alex Lustig, Bonsound Ce minialbum de Laurence Lafond- Beaulne et Camille Poliquin, usufruit d\u2019une rencontre assez fortuite avec le réalisateur belge Alex Lustig (nouvel ami, nouvelle aventure), ravit par sa valse-hésitation, où la réinvention fait un pas de recul le temps de revi- siter un son bien-aimé par le trio : l\u2019électro fin eighties.Dive comme dans plongée, littéralement.En apesanteur ou entre deux eaux, c\u2019est comme vous voulez.Les synthés sont évanescents, caressants, apaisants.Ce son léché vieille école devient en quelque sorte le nid douillet du mal d\u2019être et du mal d\u2019aimer, thèmes récurrents des Ride or Die, Peaches, Vison Color et tout particulièrement Blue Dream, délicieux abandon techno pop, quasi-berceuse pour âmes esseulées : «Blue dream / Washing away all of my problems / Just for a moment I am free».Nos copines n\u2019ont pas attendu le prochain album pour partager le plaisir, et c\u2019est précisément l\u2019impromptu de l\u2019affaire qui séduit.Il y aurait d\u2019autres titres en réserve.À suivre ?Sylvain Cormier REGGAE Rainford ?Lee «Scratch» Perry, On-U Sound Soyons honnête, même les fans purs et durs de reggae et de l\u2019œuvre du légendaire compositeur, producteur et pionnier du dub Lee Perry ne s\u2019emballent plus pour ses récents albums, généralement incohérents, comme ses propos d\u2019ailleurs.Il est encore question de vampires et de magie noire sur Rainford, mais épaulé par le fiable Andrew Sherwood, pilier du dub anglais et patron d\u2019On-U Sound, Perry renoue au moins avec un style de production qui évoque les glorieuses années de son studio Black Ark (1973-1980) : les Run Evil Spirit, House of Angels et les enfumées Children of the Light et African Starship ont le lustre vintage d\u2019antan, bellement rendu par les solides complices d\u2019On-U Sound, les vétérans Doug Wimbish à la basse et Style Scott à la batterie \u2014 la présence vocale des filles de Sherwood élève quant à elle les mélodies de Perry, qui râle plus qu\u2019il ne chante.La longue Autobiography of the Upsetter, en fin d\u2019album, s\u2019avère un touchant moment de lucidité de la part du producteur, toujours aussi excentrique à 83 ans.Philippe Renaud L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 LI RE Entrevue Emily Barnett, dans la torpeur du Bataclan Entrevue Chrystine Brouillet, Graham pour toujours e soir-là, Emily Barnett n\u2019a été qu\u2019un témoin de deuxième ou même de troisième ligne, n\u2019ayant qu\u2019entra- perçu les hordes de Parisiens désorientés, aux traits dévorés par l\u2019inquiétude.Mais la journaliste culturelle des Inrocks et de Canal+ (Le cercle), habitant le quartier Bastille depuis toujours, aurait très bien pu se trouver au concert violemment interrompu par une fusillade.« Dans la salle, dit-elle, il y avait des gens comme moi, jeunes bobos parisiens nés dans les années 1980, venus faire le plein d\u2019une musique libératrice.Et derrière les fusils, des gens du même âge, habités par une tout autre énergie.» Onze mois plus tôt dans les bureaux de Charlie Hebdo, même scénario.Les jeunes qui ont appuyé sur la gâchette ce triste matin de janvier ont grandi à seulement quelques kilomètres du 11e arrondissement, et pourtant si loin de l\u2019adolescence dorée d\u2019Emily Barnett à écumer les jours au bistrot, entourée de jeunes gens cultivés qui parlaient de Spinoza, lisaient Koltès et écoutaient Keith Jarrett\u2026 « Je n\u2019ai pas connu les jeunes des banlieues qui se sont radicalisés, ajoute l\u2019auteure, mais ce soir-là, j\u2019ai constaté les inégalités profondes que perpétue la société française, jusqu\u2019à en pousser certains à cette extrémité.Je pense que mon roman, qui raconte plutôt la vie des ados nés dans le coton, provoque une prise de conscience de cette fracture \u2014 sans la claironner sentencieusement, dans un mouvement que j\u2019ai voulu subtil.» Une nuit de réminiscences Dans la vraie vie, toujours le 13 novembre 2015, Emily Barnett a pédalé dans le sens contraire, s\u2019est retrouvée coincée dans un périmètre de sécurité, puis s\u2019est réfugiée dans un restaurant chinois de Belleville avant de pouvoir rentrer chez elle à 2h du matin.Dans le roman, sa narratrice croise plutôt un ancien ami couvert de sang, blessé à la cheville, et passe la nuit à marcher avec lui.La conversation glisse rapidement vers une fi- L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 L i r e F i c t i o n 2 4 | DEL BUSSO DEL BUSSO Micheline D\u2019Allaire LA CHAMBRE D\u2019OLIVE roman DELBUSSO E D I T E U R Diane Lamonde La politisation du débat FRANÇAIS QUÉBÉCOIS Jean-Christophe Réhel CE QU\u2019ON RESPIRE SUR TATOUINE roman GAGNANT 2019 La nouvelle vie d\u2019Olive au CHSLD.Un carrefour de rencontres inattendues où viennent se croiser d\u2019étranges destins.Patrick Émiroglou, lecteur fidèle de Jacques Godbout, salue l\u2019écrivain en faisant revivre ses personnages.Le long débat sur la langue au Québec : enfin un bilan équilibré ! poésie Le triangle des berceuses Philippe Chagnon poésie Failure Emmanuel Deraps poésie Monstres marins Aimée Verret (Dominic Tardif, Le Devoir) DELBUSSO E D I T E U R Le 13 novembre 2015, Emily Barnett roule paisiblement à vélo dans son quartier quand elle rencontre une foule affolée, fuyant le Bataclan fusillé.La journaliste des Inrocks fait de ce moment de torpeur le pivot d\u2019un roman introspectif sur la jeunesse perdue et l\u2019étiolement du collectif.ENTREVUE PHILIPPE COUTURE COLLABORATEUR LE DEVOIR À PARIS Dans la torpeur du Bataclan Emily Barnett fait ici la chronique d\u2019une nuit de stupeur et la radiographie d\u2019une génération Emily Barnett raconte en partie les difficultés d\u2019apprentissage du militantisme.PHILIPPE COUTURE C gure fantomatique du passé, l\u2019incandescente Diane, suicidée par pendaison dans l\u2019incompréhension générale de ses proches.Le groupe d\u2019amis qui s\u2019articulait autour de sa personnalité magnétique en a été pulvérisé à jamais.« Ils ont été aussi stupéfaits de la mor t de Diane qu\u2019ils le sont au- jourd\u2019hui des attentats, précise Barnett.C\u2019est comme une foudroyante per te d\u2019innocence qui se répète à 15 ans d\u2019intervalle.» Par là, la journaliste raconte une génération perpétuellement à la croisée des chemins, ces enfants des années 1990, nés entre 1977 et 1983 et désormais appelés les « xillenials».On les a dits apolitiques et individualistes alors qu\u2019ils cherchaient de nouvelles formes d\u2019engagement.On les assimile au- jourd\u2019hui à la culture numérique des millénariaux, alors qu\u2019ils n\u2019y correspondent qu\u2019à moitié.Au lendemain de l\u2019attentat, dans l\u2019orgie de gros titres à la une des journaux, Libé a osé « Génération Bataclan».«Le carnage permettait de cristalliser l\u2019identité de ma génération, constate Emily Barnett.On la disait narcissique, ultrasensible, surémotive, trop éclatée.Mais le parcours que font mes personnages dans leurs souvenirs montre plutôt que, dans un monde en mutation, sans être aspirés par les grandes utopies des soixante- huitards ni par le cynisme des X, les gens de mon âge ont cherché à s\u2019engager sans trouver une seule voie commune.Leur appétit pour le collectif s\u2019est peu à peu amenuisé.» Par petites touches, le roman raconte en partie cette difficulté, ces tâtonnements dans l\u2019apprentissage du militantisme.Et il écorche au passage une certaine propension à l\u2019ironie et à la distanciation, attitude «d\u2019une dangerosité absolue», selon l\u2019auteure.« Je trouve l\u2019ironie profondément antiproductive.J\u2019y vois une forme d\u2019aveuglement consentie, une marque d\u2019abdication, un barrage qu\u2019on met entre soi et le monde, ou entre soi et ses af fects.Je l\u2019ai beaucoup manipulée moi-même, en tant que critique littéraire qui n\u2019a pas toujours su résister à la tentation de la phrase sardonique.Et parfois je le regrette.» Écrire le rythme et les images Calquant le rythme des rues sillonnées à vélo ou empruntant le fonctionnement hachuré de la mémoire, l\u2019écriture d\u2019Emily Barnett se déploie en chapitres courts et allusifs, alternant les époques avec la constance de l\u2019horloge et avec une petite dose de suspense.« Je suis sûrement influencée par l\u2019efficacité du cinéma ou des séries télé, analyse l\u2019auteure.J\u2019adore les moments de tension télévisuelle où la narration se suspend entre deux épisodes.C\u2019était naturel pour moi de donner ce rythme à mon roman.» Également très imagée, sa plume détaille d\u2019abord le visuel et travaille la surface avant de plonger dans l\u2019intériorité.« J\u2019adore témoigner du réel par une attention aux détails visuels, pour qu\u2019ensuite le lecteur s\u2019occupe lui-même de plonger dans l\u2019arrière- plan, de faire dialoguer les images et les paysages, et qu\u2019il aille lui-même dans les profondeurs.» | 2 5 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 Les premiers grizzlys Une image m\u2019a poursuivi toute ma vie : un ours blanc, allongé au gros soleil sur le plancher en béton de la cage minuscule où ce merveilleux nageur ne disposait pas du moindre bassin où s\u2019ébattre.J\u2019étais un enfant visitant le zoo de Saint-Édouard, en Mau- ricie.Il m\u2019aura fallu attendre plus d\u2019un demi-siècle pour qu\u2019une plainte de la SPCA exorcise enfin cette vision.Les descendants de cet ours seront sans doute mieux traités à Granby, mais y seront-ils plus heureux?Dans le débat sur le bien-être des bêtes qui fait rage en ce moment, les animalistes préfèrent en général se concentrer sur le sort des animaux d\u2019élevage, et on les comprend.On ne trouvera pas grand monde, en effet, pour applaudir aux conditions concentrationnaires d\u2019une industrie dont le but n\u2019est pas tant d\u2019élever des animaux que de fabriquer de la matière vivante pour alimenter les usines-boucheries.Mais les créatures sauvages posent un problème aux antispécistes radicaux.Si toute la nature doit devenir ce safe space d\u2019inspiration hindouiste ou bouddhiste (la fin de la souffrance est possible), comment convaincre le loup de renoncer à son penchant pour le cuissot de chevreuil ?La diète des carnivores est le résultat d\u2019un long processus évolutif.De combien de centaines de milliers d\u2019années disposent ces idéalistes pour amener Canis lupus à découvrir les vertus du trèfle et de la ramille de bouleau?À moins, évidemment, d\u2019exterminer tous les non- herbivores pour imposer leur pax ve- gana.Cet extrémisme est l\u2019ultime symptôme de la forme d\u2019autisme environnemental qui guette une humanité «panurbanisée », débranchée des écosystèmes naturels et de leurs infimes et complexes rouages calibrés par les millénaires.On aimerait aussi connaître le plan de ces militants pour convertir les Premières Nations au tofu.L\u2019être humain, c\u2019est vrai, a le choix.Il peut couper dans la viande rouge, préférer la stratégie des petits pas à la guerre déclarée.Et ne pas oublier que si l\u2019élevage, c\u2019est Auschwitz, la vie sauvage elle-même jouit d\u2019une liberté de plus en plus surveillée\u2026 Claire Varin, l\u2019auteure d\u2019Animalis (Leméac, 2018), a décidé d\u2019aller à la rencontre de la grande faune, celle qui fait rêver, mais qui se retrouve de plus en plus à l\u2019étroit dans les parcs nationaux où la conduit sa traque d\u2019amour et que menacent les inévitables LOUIS HAMELIN marées de touristes capables de réduire les derniers territoires vierges à autant de terrains de jeu.«J\u2019ai décidé d\u2019aller en quête des animaux de mes albums d\u2019enfant, des bêtes libres, les indigènes, plus proches de nous que les exotiques, ces ours et ces loups que nous sommes censés craindre.Ils incarnent ce qu\u2019il y a de plus sauvagement naturel et beau en nous, et qui fait peur.» Pas besoin d\u2019avoir banni les protéines animales de sa table pour souscrire à un projet aussi sympathique.Militante avouée des droits animaliers, Varin nous entraîne dans l\u2019aventure d\u2019une idée et d\u2019une sensibilité, en un essai éloigné de tout académisme, digne des meilleures non fictions américaines, où l\u2019action accompagne la réflexion, où l\u2019intelligence émotionnelle de la prose nous fait grâce tant de la démonstration appuyée que du prosélytisme facile.La voici à Banff, hébergée par un centre d\u2019art, mais marchant déjà, en réalité, dans les traces d\u2019un Rick Bass, l\u2019emblématique nature writer du Montana, auteur des Derniers grizzlys.« [\u2026] mon but [n\u2019était] pas la performance scénique, mais la proximité des bêtes sauvages.» Chanceuse.Son projet de livre la mettra finalement en présence de quelques- uns des 700 grizzlys qui subsistent dans les Rocheuses de l\u2019Alberta.Un roi de l\u2019introspection Ma rencontre personnelle avec ce mythique animal remonte à plus loin : 1985, dans les montagnes de la Colombie-Britannique.Mon diplôme de biologiste en poche, je reboisais les flancs escarpés des monts Selkirk ou Cariboo, enfin dans ce coin-là, et une des choses que j\u2019avais apprises à l\u2019université était que l\u2019anthropomor- phisation était un péché.Mes maîtres de McGill auraient certes froncé les sourcils en lisant, sous la plume de Claire Varin, que l\u2019ours grizzly est un «roi de l\u2019introspection».Dans son Petit traité de métaphysique animale paru l\u2019automne dernier (Québec Amérique), Jean-François Beauchemin pousse le procédé encore plus loin.Chez lui, on sent palpiter, chez le coyote mourant, « le feu d\u2019une espèce de foi en l\u2019avenir » et chez le colibri blessé, « un réel bonheur de l\u2019esprit, de l\u2019âme et du corps, un besoin de sans cesse en peser la raison d\u2019être »\u2026 Quant au porc-épic retrouvé derrière la remise, il serait mort d\u2019une « sorte de crise existentielle ».Depuis que Grey Owl, dans une cabane du Témiscouata, a adopté ceux qu\u2019il appelait « le peuple des castors», à mesure que l\u2019animal s\u2019éloigne, nous nous rapprochons.Si les bêtes sont vraiment nos égales, les humaniser pourrait bien être la toute dernière tendance en matière de pensée colonialiste.Les oiseaux de passage Emily Barnett, Éditions Flamma- rion, Paris, 2019, 190 pages Je suis sûrement influencée par l\u2019efficacité du cinéma ou des séries télé.J\u2019adore les moments de tension télévisuelle où la narration se suspend entre deux épisodes.C\u2019était naturel pour moi de donner ce rythme à mon roman.EMILY BARNETT » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 L i r e 2 6 | Querelle de Roberval Cynthia Labonté Cégep de l\u2019Outaouais Provocation contre le pouvoir, Querelle de Roberval (Héliotrope) est le deuxième roman de Kevin Lambert.Dénuée de toute censure, cette fiction syndicale renverse les valeurs hétéronormatives en enfonçant impudemment le lecteur dans l\u2019inconfort.Le long de la 169 à Roberval, les ouvriers de la Scierie du Lac défient le froid glacial afin de revendiquer leurs droits brimés par le patronat, les radios- poubelles et leurs concitoyens.Parmi eux, l\u2019intrus montréalais Querelle se nourrit de la chair fraîche de garçons amoureux et naïfs et ébranle la masculinité de leurs pères scandalisés tout en appuyant inconditionnellement la cause sociale de ses collègues.Dans cette jungle ouvrière où tous les coups sont permis, seule la loi du plus fort décidera de l\u2019issue.La trame narrative rappelle la structure de la tragédie grecque.Les trahisons et la vengeance illustrent ce drame contemporain auquel nul ne peut échapper.De son nom, Querelle est l\u2019incarnation du conflit ; originaire de Montréal, homosexuel et ouvrier, il s\u2019oppose au régionalisme, à la normalité et au patronat.Cette division identitaire et idéologique provoquera sa déchéance.Le style cru, le rythme frénétique et la langue acerbe de l\u2019auteur donnent le ton au roman.L\u2019homosexualité trash peut paraître inutilement provocante, mais elle apporte un élan de liberté au personnage de Querelle, prisonnier des stéréotypes sociaux, et permet de s\u2019affranchir d\u2019une violence omniprésente.En maniant habilement l\u2019abject, Lambert teste la tolérance du lecteur à travers l\u2019humour, des descriptions intelligemment écrites, des dialogues poignants et une délicieuse perversité.Querelle de Roberval propose une réflexion ambiguë sur le pouvoir et les répercussions de l\u2019audace d\u2019un groupe motivé par la vengeance.Défiant les normes, Kevin Lambert peint un portrait contemporain puissant de l\u2019opposition entre l\u2019hétéronormativité et la marginalité et vient ébranler sans gêne nos mœurs à travers des personnages aux destins funestes.Impossible de demeurer indifférent à cet agréable affront qui empêche de passer à autre chose une fois le livre refermé.Le martyr de la jungle ouvrière Les villes de papier Camille Bergeron Cégep de Lanaudière à Terrebonne Une ville de papier est un lieu qui ne peut pas être vu, exploré, apprécié : c\u2019est une ville inventée par les car tographes afin d\u2019authentifier leur travail.Comme ces endroits, Emily Dickinson ne subsiste que sur papier.De son vivant, elle n\u2019acceptera d\u2019être vue, explorée et appréciée qu\u2019à travers sa poésie.Elle aura ainsi été une femme de papier.C\u2019est ce que nous révèle Dominique Fortier dans Les villes de papier (Alto), un parfait amalgame de faits historiques et de fragments de vie imaginés où on ne saurait dire quand les uns s\u2019achèvent et les autres débutent.Le tableau soigneusement peint nous emmène dans les profondeurs des pensées de la poète qui se réfugie dans ses écrits pour se protéger de la réalité qui ne saurait la satisfaire.Lassée des interactions humaines, la fameuse « dame en blanc » est encore aujourd\u2019hui reconnue comme une énigme du monde de la poésie américaine en raison de son isolement et de son refus de rendre son œuvre publique.Dans son roman, Dominique For- tier nous transmet le mystère d\u2019Emily Dickinson avec une douce habileté.Les lecteurs se voient confier la poétesse au creux de leurs mains lors d\u2019une visite privilégiée de son âme.Son écriture délicate, à l\u2019image d\u2019Emily, et ses descriptions pénétrantes nous transportent dans un monde d\u2019ombre et de lumière, de vie et de mort, de jardins luxuriants et de fleurs séchées.Chaque page est un pétale soigneusement conservé, un pas vers la résolution de l\u2019énigme qu\u2019est la femme de papier.Le récit sur la vie de l\u2019écrivaine américaine et celui qui nous raconte des souvenirs de la vie de l\u2019auteure québécoise s\u2019entrecroisent dans une danse méticuleuse où tout est lié.L\u2019adresse des transitions inspire une admiration profonde pour Emily de la part de Dominique Fortier qui ne peut faire autrement que nous être transmise.Une femme de papier Ce qu\u2019on respire sur Tatouine Jessica Gauthier Cégep de l\u2019Abitibi-Témiscamingue Solitude.Déser t.Abandon.Trois termes qui définissent l\u2019existence du narrateur du tout premier roman de Jean-Christophe Réhel, Ce qu\u2019on respire sur Tatouine (Del Busso Éditeur).À travers les yeux d\u2019un trentenaire, anonyme ou presque jusqu\u2019aux dernières pages, l\u2019œuvre expose le quotidien plutôt misérable d\u2019un homme atteint de fibrose kystique.Gravitant du Super C à son sous-sol de Repentigny, en passant par l\u2019hôpital, celui-ci, inspiré de Star Wars, rêve d\u2019une existence meilleure sur une autre planète, Tatouine.La structure du roman, dépourvue de chapitres et ne constituant qu\u2019un seul bloc, reflète l\u2019existence du personnage principal, qui apparaît désorganisée.Étouffant par moments, ce choix stylistique évoque l\u2019effet de la maladie sur le corps du personnage.Avec des touches humoristiques, l\u2019auteur réussit toutefois à adoucir cet aspect oppressant.Aussi, c\u2019est grâce à son langage métaphorique que Réhel, connu pour ses poèmes, réussit à séduire ses lecteurs : « Mon lit prend la forme de mon corps.Quand je marche, je prends la forme du trottoir.Quand je parle, je prends la forme des niaiseries que je peux dire.Je fais l\u2019inventaire de mes médicaments.J\u2019en ai tellement\u2026» À première vue, Ce qu\u2019on respire sur Tatouine présente un personnage passif, voire inactif face à la situation à laquelle il est confronté, ce qui peut rendre le lecteur indif férent.On y sent toutefois le refus de l\u2019auteur de rendre son personnage tragique, héroïque, ou encore de susciter la pitié.Grâce à la désinvolture de son antihéros, Jean-Christophe Réhel parvient à déconstruire les stéréotypes du combat contre la maladie.Au bout du compte, cette œuvre remplie de sensibilité vient chercher le lecteur au moment où celui-ci s\u2019y attend le moins.L\u2019auteur tend vers un mode de pensée où l\u2019être humain serait libre de vivre sans toutes les obligations sociales.Le narrateur souhaite simplement profiter de son dernier souffle sur Tatouine.Il veut respirer.Un dernier souffle d\u2019espoir Les critiques du 16e Prix littéraire des collégiens Avec 73 textes soumis, c\u2019est une année record Le 17 avril, une soixantaine d\u2019élèves provenant de collèges du Québec, de Chicago et de Marseille a décerné à Ce qu\u2019on respire sur Tatouine (Del Busso), de Jean- Christophe Réhel, le 16e Prix littéraire des collégiens.Rappelons que Créatures du hasard (Le Cheval d\u2019août), de Lula Carballo, Les villes de papier (Alto), de Dominique Fortier, De synthèse (Alto) de Karoline Georges, et Querelle de Roberval (Héliotrope), de Kevin Lambert, étaient également en lice pour ce prix.En parallèle au Prix littéraire des collégiens, les élèves étaient invités à participer au Prix des critiques littéraires des collégiens.L\u2019édition 2019 a connu un vif succès puisque pas moins de 73 critiques ont été soumises au jury composé de Julie Gagné, enseignante et coordonnatrice au cégep régional de Lanaudière à L\u2019Assomption, de Daniel Gosselin, enseignant au cégep Vanier, et de Louise-Maude Rioux Soucy, directrice adjointe de l\u2019information et responsable des pages culturelles au Devoir.Cette semaine, Le Devoir vous présente enfin les cinq meilleurs textes (un par livre finaliste au Prix des collégiens) de la cuvée 2019.Les collégiens ont élu le roman de Jean-Christophe Réhel en avril dernier, à Québec.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 Félicitations à ANDRÉE A.MICHAUD ! L\u2019auteure est la première Québécoise à remporter le Prix SNCF du Polar 2019 pour son roman Bondrée, un prix décerné par le public.LE PRIX S\u2019AJOUTE AUX NOMBREUX HONNEURS DÉJÀ REMPORTÉS PAR LE ROMAN.\u2022 Prix des lecteurs Quais du polar/20 minutes 2017 \u2022 Prix Arthur Ellis Awards 2015 \u2022 Prix du Conseil des arts et des lettres du Québec 2015 \u2013 Œuvre de l\u2019année en Estrie \u2022 Prix Saint-Pacôme du roman policier 2014 \u2022 Prix littéraires du Gouverneur général 2014 UNE PARFAITE LECTURE DE VACANCES ! « Une sorte de poème noir écrit avec une plume franchement admirable, un roman qui ne laisse pas indemne.Un grand polar, mais un grand roman tout court.» \u2014 Patrick Senécal À SURVEILLER CET AUTOMNE On retrouvera avec grand plaisir la plume exceptionnelle de l\u2019auteure, passée maître dans l\u2019art de créer des atmosphères inquiétantes, dans son nouveau roman, Tempêtes, à paraître le 10 septembre 2019.De synthèse Jeanne Desrosiers Cégep Limoilou De synthèse (Alto) de Karoline Georges est un roman de son temps, ancré dans une postmodernité obsédée par l\u2019image et par la quête solitaire d\u2019un soi qui échappe à l\u2019individu lui-même.C\u2019est la collision entre le réel et le virtuel par l\u2019entremise d\u2019une mère mourante et d\u2019une fille qui cherche à tout prix à se redonner naissance à travers un avatar virtuel.C\u2019est, pour cet enfant ayant fui sa jeunesse, l\u2019occasion de poser le masque pour contempler ce qui reste de ses géniteurs; c\u2019est la remise en question de cet effritement de nos relations de proximité au profit de celles de l\u2019invisible.Karoline Georges trace avec finesse et doigté une œuvre se construisant au rythme de cette autre vir tuelle, Anouk, qui n\u2019a d\u2019identité que dans l\u2019apparence.C\u2019est dans une langue sublime truffée de références à l\u2019univers numérique que l\u2019image est sacralisée au détriment du corps, dont la temporalité ne fait que rappeler sa date de péremption.La mère et la fille sont alors les deux pôles de ce paradoxe que constitue l\u2019existence, toutes les deux preuves de la précarité humaine.Elles habitent toutes deux ce corps, cette chair, qu\u2019elles tentent de fuir ; ce corps qui donne la vie, ce corps qui donne la mort.L\u2019une s\u2019oublie dans la brume des opiacés, la mort camouflée sous un drap, encastrée dans sa peau; l\u2019autre en s\u2019aveuglant devant le réel, la conscience projetée à travers la toile.L\u2019une symbole du passé, l\u2019autre de l\u2019avenir, elles sont en quête de l\u2019apaisement ; l\u2019une par la mort qui enfin s\u2019en prend à elle après l\u2019avoir toujours taraudée de l\u2019intérieur, l\u2019autre en tentant d\u2019acquérir une pérennité qui n\u2019a jamais été sienne, qui n\u2019a jamais été humaine.Fixées dans le temps, seule l\u2019une d\u2019entre elles poursuivra sa route au-delà de l\u2019horizon, délivrée par la mort, alors que l\u2019autre s\u2019est confinée dans un immobilisme définitif, préservant une fragilité éprouvée.Réflexion enchanteresse sur la temporalité du corps et les relations humaines, De synthèse concrétise le fantasme humain de l\u2019immortalité dans un roman envoûtant, où elle devient atteignable par la traversée de l\u2019écran, au prix du sacrifice de l\u2019humanité.Traverser l\u2019écran Créatures du hasard Cèdric Athlan Cégep de Sherbrooke Lula Carballo n\u2019est pas tout à fait le vrai nom de l\u2019auteure de Créatures du hasard (Cheval d\u2019août), originaire de l\u2019Uruguay.Cette histoire n\u2019est pas non plus tout à fait la sienne, ni celle de sa grand-mère, à qui le livre est dédié, mais elle n\u2019en est pas moins juste.Lula Carballo revisite dans cette au- tofiction son enfance passée dans son pays natal.Le quartier pauvre dans lequel son personnage évolue est observé avec la candeur de la jeunesse et la finesse de l\u2019écrivaine accomplie, sous la forme d\u2019un récit par fragment rappelant des souvenirs lointains.Dans ce milieu où la dépendance à la loterie mène la vie des adultes, le personnage de Lula développe une forte complicité avec son excentrique grand-mère Ré- gina.La vie n\u2019est pas rose dans les quartiers pauvres de l\u2019Uruguay, mais, avec un peu d\u2019esprit, on peut la rendre jaune comme les aspics à l\u2019ananas ou mauve comme les collants de Régina\u2026 L\u2019œuvre est écrite d\u2019une plume simple et épurée, qui fait état de cette vie rude avec l\u2019indifférence du quotidien.À celle-ci s\u2019ajoute la poésie de l\u2019imaginaire enfantin, qui ne juge pas le monde qui l\u2019entoure, mais essaie simplement de l\u2019appréhender.Cette narration plonge le lecteur dans la réalité d\u2019un patelin défavorisé, en mettant l\u2019accent sur l\u2019ambiguïté des relations entre les femmes, qui maintiennent le tissu social tant bien que mal alors qu\u2019elles font face aux problèmes du milieu dans lequel elles ont été élevées.Bien que la ligne soit floue entre la réalité et la fiction dans Créatures du hasard, le monde que l\u2019auteure décrit s\u2019ancre dans le concret avec l\u2019ajout de photos entre cer tains fragments.Elles rappellent que l\u2019histoire, bien que partiellement inventée, provient d\u2019un milieu tangible, où le récit n\u2019est pas entièrement vrai, mais toujours vraisemblable.Jouer avec des images de la sorte permet également à Lula Carballo de dresser un portrait (au sens propre du terme) fidèle de la situation, comme un témoignage visuel de sa présence dans l\u2019histoire.Créatures du hasard, récit fort et sans jugement, nous amène avec brio à voir les différentes couleurs d\u2019une situation sociale trop longtemps tue.Quand la vie n\u2019est pas rose ENTREVUE NATALIA WYSOCKA COLLABORATRICE LE DEVOIR a n s s o n o m b r e contient une double disparition.D\u2019ailleurs, la nouvelle enquête de Chrys- tine Brouillet aurait pu porter ce titre.« Si je n\u2019avais pas déjà écrit Double disparition ! » s\u2019amuse-t-elle.Dans son ombre ce fut, donc.L\u2019ombre de ceux qui brillent plus fort, de ceux qui sont plus populaires, plus prisés, plus demandés.Parce que nous voulons tous une petite part de lumière, remarque la romancière.«C\u2019est légitime et humain.» Ce qu\u2019elle trouve légèrement moins légitime, c\u2019est ce désir prévalent de « devenir une vedette ».Un désir que nourrit Sasha, protagoniste de son nouveau polar.Sasha l\u2019influenceur.Un ado ravissant et adulé qui «veut plaire à tous sans exception ».Qui en a « assez de sa petite vie plate, dans une école plate, avec des élèves plates, des sorties plates».Qui a été inspiré à l\u2019écrivaine par des courriels qu\u2019elle a réellement reçus : «Bonjour Mme Brouillet, Comment on fait pour être connu?» « C\u2019est décourageant, lance-t-elle avec un sourire résigné.Vouloir devenir écrivain pour être connu\u2026 le risque est grand d\u2019être déçu ! Pour écrire, il faut avoir des idées.Quelque chose à raconter.» Ce que Chrystine Brouillet a voulu raconter cette fois, c\u2019est une fugue.Et tous les dommages collatéraux qu\u2019un événement aussi traumatique peut causer.Toutes ces vies bouleversées.« Et pas que celle de la personne qui disparaît.» L\u2019auteure, qui se met toujours à rédiger après des mois de recherches, s\u2019apprêtait ainsi à commencer son récit.Puis, la série à succès Fugueuse a pris l\u2019affiche sur les ondes de TVA.« Pendant une semaine, j\u2019ai été anéantie, se souvient-elle.Proposer une histoire semblable à l\u2019émission \u2014 que j\u2019ai par ailleurs trouvée excellente ?Je ne pouvais pas faire ça ! » Malgré la légère panique, celle qui signe des romans depuis 35 ans s\u2019est posée.A pris son temps.Et a décidé L i r e Po l a r 2 8 | L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E s e p t e n t r i o n .q c .c a LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC LES FILLES DU ROY pionnières de la Seigneurie de La Prairie www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec le Club Voyage Malavoy Titulaire d\u2019un permis du Québec L\u2019été ?nira bien par arriver\u2026 Un opéra, 7 musées et sites historiques, la plupart des repas, le transport, les conférences, 3 nuitées au même hôtel dans la ville\u2026 Avec des noms à faire rêver : Mozart, Longfellow, Hemingway, un bord de mer et de fascinants musées\u2026 Pour nous, PORTLAND au Maine ouvre les pages de son histoire ! Du 23 au 26 juillet 2019 Réservez sans tarder ! Graham pour toujours Plusieurs fugues, deux décès, une lettre anonyme et un paquet de secrets : Maud Graham reprend du service D d\u2019aborder le problème différemment.D\u2019imaginer une situation où la mère serait absolument ravie que sa fille fuie.C\u2019est pourquoi la figure maternelle que l\u2019on rencontre dans le roman est tout sauf aimante et bienveillante.En fait, elle aime sa fille.Mais seulement l\u2019une d\u2019entre elles.Une idée extrêmement taboue, mais pas du tout impossible, affirme l\u2019auteure.« J\u2019imagine que c\u2019est extrêmement douloureux pour certaines femmes de sentir qu\u2019elles apprécient davantage un enfant que l\u2019autre.Elles doivent passer leur vie à dissimuler ce surcroît d\u2019affection.À se sentir coupable.» L\u2019écrivaine elle-même avoue l\u2019avoir vécu\u2026 avec Olympe et Violetta, ses chats.« Quand je l\u2019ai eue, Violetta ne voulait pas se faire prendre.Elle n\u2019était pas attachante.Mais je ne voulais tellement pas que ça paraisse que je préférais Olympe ! J\u2019achetais plein de jouets, je me forçais.Imaginez, on parle d\u2019animaux ! Pas d\u2019enfants ! » s\u2019ex- clame-t-elle en nous servant un bol de maïs souf flé au sel et à l\u2019huile de truffe.Exactement comme celui que déguste Maud Graham dans sa dernière enquête.Car oui, les fidèles de la foodie- enquêtrice ver ront reparaître ici plusieurs de ses classiques, dont les fameuses pailles au fromage.Et des nouveautés, telles l\u2019essence de mélilot et cette bouteille de rosé Madison Park Pink débouchée en fin d\u2019intrigue.Un clin d\u2019œil à l\u2019institution new-yorkaise Eleven Madison Park où l\u2019auteure gourmande a récemment fêté.« C\u2019est mon meilleur resto à vie pour tout, évalue-t-elle.Je n\u2019aurais pas pu mieux espérer pour mes 60 ans ! » Tour de force Dans son dernier polar, Chr ystine Brouillet s\u2019intéresse également à une question qui la passionne depuis l\u2019affaire Dominique Strauss-Kahn.Et qu\u2019elle avait déjà évoquée dans La chasse est ouverte.À savoir : l\u2019inconscience de ces hommes de pouvoir qui de ce pouvoir, justement, abusent.Pour l\u2019aborder, elle présente le personnage d\u2019un ministre af fabulateur.Un père qui entretient « l\u2019image d\u2019un homme dynamique, performant, d\u2019attaque.Un homme pour qui on pouvait voter ».Un homme abonné aux mensonges.Comme toute sa famille d\u2019ailleurs.« Personne ne dit la vérité dans cette histoire.Il ment.Sa femme ment.Ses enfants mentent.» Ses enfants qui sont en fait des ados.Une tranche d\u2019âge que la reine du polar québécois explore davantage depuis quelque temps.« Pour un auteur, c\u2019est du bonbon ! Parce que les jeunes n\u2019ont pas de filtre, qu\u2019ils n\u2019ont peur de rien, qu\u2019ils ne mesurent pas les conséquences de leurs actes, qu\u2019ils sont imprévisibles.C\u2019est trip- pant de jaser avec eux ! » Pourtant, elle se souvient qu\u2019elle- même, pendant sa révolte d\u2019ado, n\u2019était pas très bavarde.Même si elle était une excellente menteuse auto- proclamée.« J\u2019avais une bonne imagination ! J\u2019inventais des scénarios qui se tenaient, avec des alibis et tout.» Et tandis que ses copines de classe écoutaient Cat Stevens et Shawn Phillips, elle entretenait une passion pour Victor Hugo.« J\u2019étais en marge, solitaire.Encore aujourd\u2019hui, pour moi, un party, ce n\u2019est guère synonyme de bonheur.» Comme pour sa Maud Graham.Son héroïne qu\u2019elle connaît par cœur.Et qui, dans cette enquête, est un peu dans la lune, se tient en retrait, sent le temps passer.Trop vite.Mais qui continue vaillamment à résoudre des crimes.Pas le temps de la retraite « Elle ne va pas accrocher ses gants tout de suite.Il lui reste encore bien du travail ! » promet Chrystine Brouil- let.En entendant cette observation, on sourit : ne la fait-elle pas depuis quelques romans, déjà ?L\u2019écrivaine éclate de rire : « Mais oui, je dis ça tout le temps ! » Plus sérieusement, lui arrive-t-il de se décourager ?Que les choses ne s\u2019améliorent pas, dans cette réalité dont elle se nourrit tant?«C\u2019est vrai que ça fait des années que j\u2019ai créé Maud.Et quand je regarde toutes les agressions, les viols, la violence conjugale\u2026 c\u2019est assez consternant.» Elle s\u2019arrête un instant et répète son mantra: «Non, décidément, Graham ne prendra pas sa retraite immédiatement.» | 2 9 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 Depuis le temps que Maud Graham mène des enquêtes, ses lecteurs ont appris à la connaître sous toutes ses coutures.Ses penchants culinaires, ses angoisses, ses goûts, sa famille et ses amis et proches, tout cela fait autant partie du personnage que l\u2019intuition et l\u2019acharnement qui ont fait d\u2019elle ce qu\u2019elle est.La voici plongée dans une histoire où elle aura effectivement besoin de tous ses atouts pour démêler le vrai du faux.Notons d\u2019abord que Chrystine Brouillet prend un soin minutieux à placer le cadre de sa nouvelle histoire ; Maud Graham n\u2019apparaîtra qu\u2019autour de la page 50 après que le lecteur se sera familiarisé avec la petite famille de Laure Genest et Martin Chevrette.On remontera ainsi jusqu\u2019aux débuts du millénaire pour connaître les deux jumelles du couple : Alizée et Lili-Rose.Lentement mais sûrement, une petite observation à la fois, on en arrivera au drame, une quinzaine d\u2019années plus tard, au milieu d\u2019un printemps qui ressemble à l\u2019hiver à s\u2019y méprendre.Une chape de silence Martin Chevrette est depuis devenu ministre et l\u2019une des deux jumelles, Alizée, est une fugueuse.Pour corser davantage le portrait, le ministre Chevrette cache aussi une passion coupable qui l\u2019amènera à se montrer tellement discret que Maud Graham se doutera rapidement que quelque chose ne va pas ; malgré les égarements d\u2019Alizée, une chape de silence plane au-dessus de la famille.Et quand la jeune fugueuse succombera, plus ou moins malgré elle, aux charmes d\u2019un pimp qui ne vise qu\u2019à l\u2019exploiter, tout s\u2019accélérera à la vitesse grand V.Brusquement, le récit devient étourdissant : les enquêtes se dédoublent, tout se met à bouger en même temps et tous les fils jusque-là sans liens se rattachent les uns aux autres.Ce que l\u2019on devinait à peine \u2014 dans le comportement de la mère par exemple \u2014 devient évident ; des personnages secondaires qui agissaient en coulisse occupent tout à coup le devant de la scène.Bref, la dernière partie du roman (et de l\u2019enquête, évidemment !) défile à un rythme endiablé que la lente introduction ne laissait pas prévoir.Inutile de préciser que Maud Graham vieillit bien\u2026 malgré les doutes qu\u2019elle exprime à ce sujet : son flair et son intuition la servent toujours aussi bien et les amis qu\u2019elle sait si bien cultiver sont la preuve vivante de la pertinence de ses investissements.Même si l\u2019affaire s\u2019amorce un peu mollement \u2014 l\u2019au- teure avoue en postface qu\u2019elle a changé de cap dans l\u2019écriture du roman \u2014 et qu\u2019on a parfois l\u2019impression de ne pas savoir au juste dans quelle direction va le récit, le métier de Graham comme celui de Brouillet arrivent à s\u2019imposer sans problème.En d\u2019autres mots, voilà donc une histoire sombre menée sur le long cours et dont les méandres sont habités par une galerie de personnages que l\u2019on prend plaisir à revoir à chaque enquête.Michel Bélair Des placards bien remplis Dans son ombre ?Chrystine Brouillet.Druide, collection «Reliefs», Montréal, 2019, 360 pages Dans son dernier polar, Chrystine Brouillet s\u2019intéresse entre autres à une question qui la passionne depuis l\u2019affaire Dominique Strauss-Kahn : l\u2019inconscience de ces hommes de pouvoir qui de ce pouvoir, justement, abusent.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR J\u2019imagine que c\u2019est extrêmement douloureux pour certaines femmes de sentir qu\u2019elles apprécient davantage un enfant que l\u2019autre.Elles doivent passer leur vie à dissimuler ce surcroît d\u2019affection.À se sentir coupable.CHRYSTINE BROUILLET » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 L i r e B a n d e d e s s i n é e 3 0 | CRITIQUE SARAH BOUMEDDA LE DEVOIR Des histoires de famille qui charment, le Québec en a connu : ses icônes ar tistiques ont souvent été suivies par une lignée tout aussi brillante sur de nombreux plans, et le clan Leclerc n\u2019y échappe pas.Dans Contacts, Mélanie Leclerc plonge dans l\u2019univers de son père, Martin Leclerc, photographe.Ce récit, toutefois, s\u2019avère être un amalgame d\u2019histoires : Leclerc est notamment le premier fils de l\u2019illustre Félix.Martin étant aussi père, Contacts raconte par le fait même l\u2019histoire de Mélanie.Le livre devient alors vite plus qu\u2019un hommage au patriarche \u2014 peut-être plus que l\u2019auteure ne l\u2019a voulu au départ.Le récit est découpé en sept parties, chacune détaillant une anecdote de durée variée, se déroulant entre 1982 et 2004.Martin Leclerc nous est présenté de prime abord comme père, puis comme photographe, alors que Mélanie, enfant, le rejoint dans un sous-sol repensé en chambre noire.Un été sans papa C\u2019est un père qui part souvent, cependant : il travaille à l\u2019Office national du film et ses tournages sont nombreux, ses voyages en témoignent.Un été s\u2019écoule sans papa ; on compte les jours, on adopte un chien, on s\u2019ennuie de lui.On se rend compte bien vite qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un scénario familier chez les Leclerc.Au fil des pages, Mélanie grandit, et Mar tin, lui, produit et voyage, dans le monde et dans le temps.Des noms ressortent : Félix Leclerc, père lui aussi voyageur, grand-père presque mythique.Pierre Perrault, compagnon réalisateur, pour qui Martin était caméraman de longue date.Des inspirations, aussi : Eugene Smith, Henri Cartier-Bresson, Robert Capa\u2026 Mélanie grandit un peu plus, et se voit offrir un cadeau : le Leica de son père.C\u2019est à partir de là que l\u2019histoire de Mélanie se dessine en avant- plan, suivant les traces de son père, s\u2019improvisant elle aussi photographe avant de se lancer en cinéma à l\u2019université.En marge, on voit Mar tin éprouvé par les difficultés du milieu, puis réanimé par sa passion, mais il reste que Mélanie prend les devants sur le plan narratif.On ne s\u2019en plaint pas, loin de là : c \u2019est ainsi qu\u2019on s \u2019aperçoit que Contacts n\u2019est pas seulement le portrait d\u2019un papa photographe, mais bien une histoire père-fille qui enchante infiniment.Les parallèles entre la carrière de Martin et celle de sa fi l le sont évidents, et leur amour par tagé pour les images l\u2019est aussi.Comme auteure, Mélanie Leclerc éblouit, et comme dessinatrice, elle impressionne tout autant : ses panneaux à l\u2019aquarelle sont simples mais non dénués d\u2019émotion, et les images parfois cocasses ajoutent à l\u2019attrait charmant du récit.On a presque l\u2019impression de voir des photos analogues, le noir et blanc se mariant à la perfection avec l\u2019histoire que ces images racontent.Et des photos, l \u2019ouvrage n\u2019en manque pas : le livre se clôt avec une petite mais magnifique collection de clichés, amassés au fil des années par Martin Leclerc.Plusieurs d\u2019entre eux font écho à des photos mentionnées au cours de l\u2019histoire.On ne peut que s\u2019en réjouir.Au final, bien que cour t (trop, même), Contacts reste une excellente lecture d\u2019été, aimable et un brin nostalgique sans toutefois chagriner.Le tout se lit facilement, voire un peu trop rapidement, mais on est certain qu\u2019on y retournera, ne serait-ce que pour admirer les planches évocatrices qui s\u2019y trouvent.Leclerc, père et fille Mélanie Leclerc se raconte en images à travers le récit de son père photographe Comme auteure, Mélanie Leclerc éblouit, et comme dessinatrice, elle impressionne tout autant.MÉLANIE LECLERC Contacts ?Mélanie Leclerc, Mécanique générale, Montréal, 2019, 144 pages CRITIQUE MARIE FRADETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR Pour une énième fois, Crevette est refusée à l\u2019école de sorcellerie.Qu\u2019à cela ne tienne, entourée de ses amis Joseph, un petit démon collecteur d\u2019âmes, et Gamelle, un chat cultivé, elle est prête à tout pour s\u2019améliorer et réussir l\u2019examen d\u2019entrée.Ainsi, en échange de quelques corvées de ménage, les deux compères lui ouvrent la por te de leur manoir, notamment de leur bibliothèque, et l\u2019entourent de leur plus généreuse aide.Avec Crevette, bande dessinée pour les jeunes lecteurs parue à La Pastèque, Élodie Shanta met en scène le quotidien d\u2019une apprentie petite sorcière dans un monde à la fois magique et empreint d\u2019humanité.Orpheline, Crevette garde le spectre de sa mère au grenier de sa maison, où elle se réfugie dans les moments difficiles.Regarder vers l\u2019avant Au cours de cette traversée qui la mène, à force d\u2019ef for ts et d\u2019étude, sur le chemin de l\u2019école de sorcellerie, non seulement Crevette apprend quelques rudiments du métier \u2014 cartomancie, fabrication de golems à l \u2019aide de r unes \u2014, mais el le gagne sur tout en assurance, parvient à faire le deuil de sa mère et à regarder vers l\u2019avant.Si la magie domine dans les discussions et les activités entreprises par les différents personnages, l\u2019histoire est avant tout une ode à l\u2019amitié et à l\u2019entraide.L\u2019amour aussi, vient se tailler une place entre Crevette et le tendre Bjørn, ce qui rend la possessive Br una quelque peu jalouse.Avoisinant ainsi le récit de formation, l\u2019histoire de Crevette est d\u2019ailleurs présentée en trois parties, lesquelles témoignent du cheminement de la fillette.Depuis l\u2019arrivée au manoir, où la peur, l \u2019 inquiétude, la peine et le manque de confiance dominent, jusqu\u2019au retour à la maison maternel le en passant par la période d\u2019apprentissage passée à l\u2019école, le parcours de la fillette est non seulement riche en émotions, mais ponctué d\u2019événements qui contribuent à la faire grandir.La magie opère Si l\u2019histoire est habilement structurée, le rythme cadencé du récit, la vivacité des dialogues, la vraisemblance des émotions par ta- gées contribuent pour beaucoup à maintenir l\u2019intérêt.Chacun des protagonistes \u2014 être humain, créature fantastique ou animal \u2014 est défini par un caractère franc renforçant la crédibilité des liens qui unissent chacun des membres de cette joyeuse bande.À travers Gamelle, Bruna, Joseph, Bjørn et Crevette, Shanta par vient à mettre en scène avec naturel et aisance toute la naïveté et l\u2019authenticité de l\u2019enfance.La ligne simple, impure et rondelette de l\u2019illustratrice épouse par ailleurs ce mélange de magie, de joie enfantine et de candeur.Les décors regorgent de mille et un détails qui dynamisent les scènes et témoignent de la fougue des héros.Depuis les légendaires petites araignées suspendues au plafond jusqu\u2019aux livres empilés sur le sol, à la vaisselle qui attend sur le comptoir, la vie grouille et grenouille dans tous les recoins du manoir et de l\u2019école.La présentation des cases, qui alternent pleines pages et gros plans, évoque aussi ce dynamisme.Avec Crevette, Shanta déjoue habilement le stéréotype de la sorcière maladroite trop souvent vue et offre, au contraire, un modèle rafraîchissant, à la fois fragile et fort, tendre et direct, un personnage entier.Une sorcière bien-aimée La Bretonne Élodie Shanta plonge les petits dans l\u2019univers féerique de Crevette Élodie Shanta parvient à mettre en scène avec naturel et aisance la naïveté et l\u2019authenticité de l\u2019enfance.ÉLODIE SHANTA Crevette ?Élodie Shanta, La Pastèque, Montréal, 2019, 140 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 ROSELLA POSTORINO ALBIN MICHEL CRIST INA ALGER © DEBORAH FE INGOLD 2018 © ALE DI BLASIO © NINA SUBIN ELEANOR HENDERSON L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 L i r e F i c t i o n 32 | www.groupe?des.com Dans la cordillère des Andes, un petit garçon du nom de Pablo vit avec sa mère et son père.Quand il découvre des vérités inavouables à propos de ses parents, il décide de redonner à son patronyme sa gloire perdue.Lorsque, contre vents et marées, les plus fous et les plus rêveurs se libèrent de leurs chaînes sociales, le destin a encore son mot à dire\u2026 184 pages 22,95 $ EN LIBRAIRIE En 1945, dans un pensionnat autochtone du Nord de l\u2019Ontario, Billydéki et le Petit disparais sent.Vingt-cinq ans plus tard, quelqu\u2019un se décide en?n à parler.170 pages 24,95 $ EN LIBRAIRIE \u2014 \u2014 \u2014 « Une intrigue savamment tissée, aux effluves de road book » « Sobre et empreint de respect » « Un récit fascinant » CRITIQUE CHRISTIAN SAINT-PIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR En 2017, à l\u2019occasion de la réunion des neuf volumes de La diaspora des Des- rosiers dans la collection «Thesaurus», Michel Tremblay s\u2019assurait d\u2019apporter deux ou trois précisions, de faire disparaître certaines redites, de remédier à quelques incohérences spatiotempo- relles ou historiques.Quand est venue l\u2019heure de rééditer Les chroniques du Plateau-Mont-Royal, six volumes parus pour la première fois sous une seule couverture en 2000, les Éditions Le- méac et Actes Sud ont proposé à l\u2019auteur de s\u2019adonner au même exercice.C\u2019est donc une édition revue et corrigée du grand œuvre qui nous est offerte, qui plus est ornée d\u2019un magnifique portrait de l\u2019écrivain peint par Mathieu Laca.L\u2019éditeur, Pierre Filion, explique en ouverture : «Maintenant que l\u2019enfance, le passé, les péripéties et les secrets se trouvent dévoilés, des attributs de certains personnages doivent être rectifiés, la chronologie de quelques événements demande d\u2019être revue, des lignes de vie peuvent être redressées.En procédant à ces remaniements, l\u2019auteur donne au- jourd\u2019hui à lire une nouvelle édition tout à fait cohérente de son œuvre phare, qui unifie fiction et réalité.» M.Filion nous a également précisé que Tremblay avait gommé quelques tics d\u2019écriture, remédié à des écarts dans le niveau de langue de certains protagonistes, à commencer par Nana, dont il a adouci le joual à l\u2019âge adulte, et que le personnage de Tooth Pick avait été embelli, afin que son charme soit à la mesure de sa perfidie.On remarque aussi que les occurrences de la «Grosse Femme» ont été remplacées par «Nana» et que celles du « fils de la Grosse Femme » l\u2019ont été par «Jean-Marc», le nom que portait déjà ailleurs l\u2019alter ego de l\u2019auteur.Pouvoir peaufiner cette somme d\u2019existences, harmoniser les pièces de ce qu\u2019il appelle lui-même son puzzle, c\u2019est certainement pour un écrivain (tout comme pour ses fidèles lecteurs) une véritable chance, un luxe qu\u2019Émile Zola et Marcel Proust auraient probablement voulu s\u2019offrir, le premier avec Les Rougon-Macquart (un ensemble de 20 romans écrits entre 1871 et 1893) et le second avec À la recherche du temps perdu (un roman de sept tomes écrit de 1906 à 1922).L\u2019action de La diaspora des Desrosiers démarre en 1913, alors que la jeune Rhéauna rejoint sa mère à Montréal, et se poursuit jusqu\u2019en 1941, au moment où Nana, toujours inconsolable de la perte de ses deux aînés, victimes de la tuberculose, demande à Gabriel de lui faire un enfant.Les chroniques du Pla- teau-Mont-Royal reprennent le 2 mai 1942, alors que la Grosse Femme d\u2019à côté est enceinte de sept mois, pour se terminer en 1963, l\u2019année de son décès.Ensemble, les deux cycles couvrent un demi-siècle d\u2019histoire du Québec, particulièrement de sa métropole, et plus précisément d\u2019un quartier populaire et ouvrier de l\u2019est de la ville.Mais sur tout, ils relatent les destins de deux familles entrelacées, 50 ans de grandes joies et de vives souffrances, de chaudes larmes et d\u2019éclats de rire, de condamnations cruelles et d\u2019émancipations bouleversantes.Michel Tremblay a œuvré au vaste chantier des Chroniques du Plateau-Mont-Royal de 1978 à 1997, creusant les vies de plusieurs des personnages du cycle des Belles-sœurs, amorcé dix ans auparavant.Aujourd\u2019hui, voilà que l\u2019on considère Thérèse, Pierrette, Marcel, Édouard et les autres comme des membres de notre propre famille.Album de famille Revu et corrigé, le chef-d\u2019œuvre de Michel Tremblay apparaît dans toute sa splendeur Michel Trenblay a harmonisé les pièces de ce qu\u2019il appelle son puzzle.RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE Chroniques du Plateau- Mont-Royal (nouvelle édition) ?Michel Tremblay, Leméac / Actes Sud, Montréal, 2019, 1104 pages Des mots pour le dire La contribution de Michel Tremblay à la culture québécoise est inouïe.Depuis la fin des années 1960, le romancier et dramaturge a donné naissance à une œuvre aussi imposante que cohérente \u2014 une centaine de titres traduits dans 40 langues \u2014, un univers qui trouve autant d\u2019admirateurs parmi les érudits qu\u2019au sein du grand public.Brian Myles, directeur du Devoir, réalisera un entretien (suivi d\u2019une période de questions) avec Michel Tremblay dans l\u2019Auditorium de la Grande Bibliothèque le 11 juin à compter de 19 h.Entrée gratuite.Il n\u2019est pas possible de réserver.Places limitées. | 3 3 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 C\u2019est un vieux débat : peut-on se dire vraiment cultivé si seule une partie du savoir nous est familière?Le littéraire qui ne sait rien de la science est- il un honnête homme?La scientifique qui ne lit jamais de romans ou de poèmes est-elle une femme cultivée?En 1959, dans une conférence devenue célèbre, le physicien, chimiste et romancier britannique Charles Percy Snow déplorait le schisme entre ce qu\u2019il appelait « les deux cultures».Les scientifiques, constatait-il à regret, n\u2019ont souvent pas lu Dickens et les intellectuels sont fréquemment ignorants en matière de science.Snow voyait dans ces enfer- mements respectifs un obstacle au progrès de l\u2019humanité.En 1998, dans La passion du réel (BQ, 2016), Laurent-Michel Vacher développait une thèse semblable en affirmant que les philosophes se discréditaient en négligeant les connaissances scientifiques.Il va de soi que la culture générale, de nos jours, doit inclure des connaissances issues des humanités et des savoirs liés aux sciences.Ces univers demeurent pourtant souvent étrangers l\u2019un à l\u2019autre.Dans un stimulant dossier sur le sujet, la revue Argument (printemps-été 2019) se demande justement «comment éviter les deux solitudes» et propose des réflexions «sur la possibilité d\u2019une rencontre entre ces deux grands domaines du savoir humain».Synergie et respect L\u2019alliance, parfois, s\u2019impose.Dans un très beau témoignage en forme de lettre, la médecin et écrivaine Oua- nessa Younsi explique à son fils pourquoi il lui «serait impossible d\u2019être psychiatre sans être poète ».Celle qui voulait étudier en littérature a dû se résoudre à aller en médecine pour ne pas décevoir ses parents.Or, comme le caractère technique des cours de médecine l\u2019ennuyait, elle se faufilait sans cesse dans les classes de philosophie, attirée là par « la pensée en mouvement, jamais figée ».Younsi a choisi la psychiatrie parce qu\u2019elle y voyait une discipline capable de «conjuguer art et science».Le médecin, explique-t-elle, doit se méfier d\u2019une rationalité médicale qui occulte le patient.La forme de connaissance que donne la littérature lui permet, justement, de changer de registre, en lui rappelant «qu\u2019il habite le même corps que les autres et que la mort le tuera comme elle achèvera Les deux cultures LOUIS CORNELLIER ses patients».La littérature, pour le médecin, n\u2019est donc pas qu\u2019un divertissant supplément d\u2019âme; elle lui fournit une connaissance essentielle à son humanisation.Il ne faut pas rêver non plus.Le champ du savoir, aujourd\u2019hui, est trop vaste pour qu\u2019une personne, même instruite, ait l\u2019ambition de le maîtriser.L\u2019astrophysicien Jean-René Roy, auteur du formidable essai de sociohistoire des sciences Les héritiers de Prométhée (PUL, 1998), s\u2019accommode de cette situation.«On ne s\u2019attend pas à ce qu\u2019un romancier soit un mathématicien de pointe, pas plus qu\u2019à l\u2019inverse », écrit-il.Roy plaide donc pour une éducation de base aux deux cultures, jusqu\u2019à l\u2019université, qui transmettrait la conscience des limites de nos connaissances, une attitude d\u2019ouverture aux domaines dont nous ne sommes pas des spécialistes et un respect des experts.En tant que littéraire, c\u2019est la voie que je m\u2019efforce de suivre, en lisant Québec Science, par exemple.Arrogance techno-scientifique L\u2019école, dans cette mission, n\u2019est pas toujours à la hauteur, comme le constate la journaliste scientifique Sophie-Andrée Blondin.L\u2019enseignement des mathématiques et des sciences, en effet, trop strictement axé sur les opérations mentales et les concepts, éteint souvent la curiosité en négligeant le caractère culturel de la science.Au secondaire, Blondin n\u2019aimait pas vraiment la science avant qu\u2019un enseignant de physique lui prête un livre sur la vie de Galilée.Aujourd\u2019hui, la journaliste anime Les années lumière sur ICI Radio-Canada Première.L\u2019ouverture et le dialogue souhaités entre les deux cultures se heurtent toutefois à un obstacle majeur, souligne le philosophe Daniel D.Jacques, toujours aussi perspicace.Aujourd\u2019hui triomphante, la technos- cience se présente comme le royaume de l\u2019«objectivité conquérante » et regarde de haut les humanités en leur déniant toute prétention à la vérité.«Or, il n\u2019y a pas de dialogue possible entre maître et valets», écrit Jacques, qui voit dans cette arrogance, qu\u2019adoptent même des cégépiens peu versés en science, une menace pour l\u2019humanisme.Je partage son inquiétude.La connaissance que donne la littérature, cette conscience, écrit François Ricard dans La littérature malgré tout (Boréal, 2018), «de l\u2019inadéquation entre les réponses que nous offrent tous les discours dispensateurs de savoir ou de puissance et les questions à jamais béantes que creuse en nous le simple fait d\u2019exister et d\u2019être dans le monde», continue de m\u2019apparaître comme la plus exigeante et la plus précieuse de toutes.CRITIQUE ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR Dans les mystérieuses et sombres montagnes de la Caroline du Nord, Ror y Docherty tente de retrouver une vie normale, hanté par la guerre de Corée, où il a laissé une jambe et une partie de son âme.Alors même que ses perspectives d\u2019avenir lui semblent bien médiocres, il est recruté par Eustace, un baron de l\u2019alcool clandestin, afin de livrer du bourbon dans les maisons de passe de la région et de fournir les trafiquants.Alors que Ror y s\u2019ef force de déjouer les policiers corrompus et les agents fiscaux qui ne craignent pas la violence et les pratiques douteuses, l \u2019amour souf fle ses premières braises et les fantômes du passé ne cessent de le tarauder.Rites énigmatiques Auprès de sa grand-mère, Ma, une guérisseuse aux pratiques sorcières, Rory devra résoudre le mystère de ses origines, que sa mère, internée en hôpital psychiatrique, n\u2019a jamais pu lui révéler ; cette nuit où son père est mor t et où cette der nière a ar raché l \u2019œil de son agresseur avant de perdre à tout jamais la voix.Le troisième roman de l\u2019Américain Taylor Brown est d\u2019une densité si extraordinaire qu\u2019elle laisse à la fois perplexe, pantois et envoûté.Car à ces histoires de vengeances, de magouilles et de sor tilèges s\u2019ajoute un univers empreint de rites énigmatiques et de rêves fantasmagoriques, du bruit des moteurs ronronnant au gré des courses illégales où la vie est tributaire des courbes abruptes et des hymnes chantants de pasteurs qui prêchent avec des serpents venimeux dans les mains.La trame, insoumise et entêtée, est à l\u2019image des personnages aux univers singuliers qui la composent, des personnages dont les vices, les dynamiques et les motifs particuliers se repoussent, s\u2019entrecroisent et se soulèvent dans un ballet d\u2019une exquise humanité.En digne héritier de la littérature sudiste, Taylor Brown offre un univers défini par ses somptueux paysages, son histoire criblée de fantômes, le poids de ses traditions et sa poésie mystique et irrationnelle.Le contexte historique, religieux et social se révèle en filigrane et appuie habilement l\u2019irrationalité du récit et la nature corruptrice ou corrompue des hommes.Poussière d\u2019or La prose, lyrique et sublime, se déploie dans une amplitude qui reflète brillamment les silences chargés des grands espaces et l\u2019animisme féerique d\u2019une nature inaltérée.« Les collines semblaient saupoudrées de poussière d\u2019or sous le soleil d\u2019automne.Bientôt apparaîtraient les plaies des frênes pourpres et les pointes sanglantes des érables.» L\u2019amoncellement de détails, de non-dits et de quiproquos est porté par une atmosphère éthérée dans laquelle il semble par moments dif fi- cile de s\u2019investir et par une impression d\u2019inquiétante étrangeté qui, malgré une certaine lenteur et lourdeur dans le déroulement, capte l\u2019attention et glace le sang.Fantasmagorie d\u2019une vengeance Digne héritier de la littérature sudiste, Taylor Brown en offre les somptueux paysages et les traditions Le troisième roman de l\u2019Américain Taylor Brown est d\u2019une densité si extraordinaire qu\u2019elle laisse à la fois perplexe, pantois et envoûté.HARRY TAYLOR Les dieux de Howl Mountain ?1/2 Taylor Brown, traduit de l\u2019anglais par Laurent Bosqc, Albin Michel, Paris, 2019, 380 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 L i r e 3 4 | GRAND ANGLE RALPH ELAWANI COLLABORATEUR LE DEVOIR \u2019est un joyau de la littérature persane, un trésor que les poètes ont poli dès la fin du IX e s ièc le , avant de le trans- por ter en Asie centrale et méridionale.C\u2019est un chant d\u2019amour empreint d\u2019érotisme et d\u2019interdits, doté d\u2019une grande unité formelle et thématique, où le profane et le mystique se trouvent tortueusement enchevêtrés.C\u2019est le souffle du «flocon d\u2019écume» Rûmi, l\u2019ironie et l\u2019ivresse amoureuse d\u2019Hafez, la prose extatique et aphoris- tique de Saadi.C\u2019est aussi mille ans de traditions que trois hommes, Prashant Keshavmurthy, Francis Loranger et Aaron Shahi, feront vibrer en musique et en paroles le dimanche 9 juin à la librairie Le Port de tête à Montréal.Une production accessible Composé généralement de cinq à quinze vers de deux hémistiches nommés «beït» \u2014 comme dans la poésie arabe, où le mot signifie aussi «maison » \u2014, le ghazal aborde quelques grands thèmes récurrents, notamment la passion amoureuse, la nature et l\u2019éloge du vin.D\u2019abord un genre profane qui se développa dans les cours princières avant de s\u2019étendre aux milieux urbains et religieux, le ghazal devint au XIIIe siècle un véhicule du soufisme.«Certains poètes soufis transformèrent les figures poétiques en un code allégorique du mysticisme», explique Francis Loranger, doctorant en littérature française, chercheur et enseignant à l\u2019Université McGill.Initiateur de cette soirée poétique à l\u2019occasion de laquelle le musicien et compositeur Aaron Shahi chantera aussi en s\u2019accompagnant au târ et au setâr (deux instruments traditionnels), Loranger a découvert le ghazal à travers des amis iraniens et la fréquentation de la littérature persane.Un «trésor poétique», assure-t-il, qui lui a donné envie d\u2019apprendre la langue pour en approfondir le raffinement et la richesse.Car à ce titre, le linguiste, irano- logue et traducteur d\u2019Hafez de Chiraz, Gilbert Lazard, notait, en 2010, dans sa traduction de Cent un ghazals amoureux (Gallimard), que la langue persane, à la différence du français, a très peu changé depuis la naissance de cette littérature, il y a plus de mille ans.Si bien que toute la production poétique de ce millénaire demeure accessible aux persano- phones contemporains.Le florilège d\u2019une vingtaine de ghazals qui seront à l\u2019honneur le 9 juin comprendra autant des œuvres du XIVe siècle signées Hafez que des vers de la poète et militante iranienne Simin Behbahani (lauréate du prix Simone de Beauvoir en 2009 pour son implication au sein du collectif One Million Signatures).Ils seront contextualisés et lus en deux langues sur fond musical.Une pratique incontour nable, comme l\u2019explique Prashant Keshav- murthy, professeur de littérature persane prémoder ne à l \u2019Université McGill, puisque le ghazal a toujours eu une double vie poétique : à la fois sur papier et en musique.« Alors qu\u2019en Iran et en Asie centrale les gha- zals étaient paramétrés sur les modes maqâm [un système modal que l\u2019on retrouve du Maghreb à la Chine], en Asie du Sud, ils étaient généralement paramétrés par des structures de la tradition musicale indienne », ajoute l\u2019homme qui lira cette poésie dans sa langue originale dimanche.« La lie de la société » Si le ghazal célèbre le plaisir de la vigne, il célèbre aussi ouvertement l\u2019homoérotisme tout en étant « profondément polysémique, amphibologique et ironique, et en ayant recours à un imaginaire symbolique, allégorique et hyperbolique », soutient Francis Loranger.Comme l\u2019écrivait Gilbert Lazard : « Le ghazal transporte le lecteur, ou l\u2019auditeur, dans un monde fictif peuplé et meublé de tout un personnel et de tout un matériel entièrement symbolique.» L\u2019homme, qui exhorte à n\u2019y point chercher de réalisme, insistait aussi sur le fait qu\u2019un poète comme Hafez, par exemple, se range avec fierté dans la lie de la société : « Il est non seulement buveur, mais il est perdu de réputation.» C\u2019est pourquoi en plus de s\u2019en prendre avec violence aux prétendus maîtres de la morale, Hafez voit sa poésie chargée d\u2019un désir brûlant pour un objet amoureux que Lazard précise être «une jeune beauté, belle femme ou aimable garçon».Un point qui rapproche le ghazal du type de poèmes «bachiques et libertins» qu\u2019écrivait le mer veilleux débauché bagdadien Abû Nuwâs, au VIIIe siècle, dans une langue dont lui seul avait le secret : « Amis / Toute honte bue / Je me suis / de toute décence / dévêtu.» Double entente Si, dans sa traduction d\u2019Hafez, Lazard a tenté d\u2019être neutre tout en « tenant compte du fait que pour la majorité de [ses] lecteurs [\u2026] l\u2019amour d\u2019un homme s\u2019adresse plutôt aux femmes», dans un long article de l\u2019Enclopaedia Iranica, le linguiste et iranologue Eh- san Yarshater affirmait quant à lui, en 2006 : « Étant donné le confinement des femmes dans leurs maisons en Perse islamique et l\u2019obligation de porter le voile en public, la simple mention de leur nom, sans parler de la description de leurs traits, était considérée comme contraire à la moralité publique et à portait atteinte à la notion de chasteté.» [Notre traduction] De l\u2019avis de ce dernier, paradoxalement, alors que la description de la consommation du vin et de l\u2019ivresse \u2014 contraires aux préceptes de l\u2019islam \u2014 devient l\u2019un des thèmes saillants de la poésie lyrique persane, ce privilège ne s\u2019étend pas à la description de la femme ni à l\u2019expression de sentiments amoureux à son égard.Selon l\u2019intellectuel, toute la ferveur amoureuse du ghazal persan est donc dirigée vers un homme aimé qui reste néanmoins une figure « abstraite et totalement anonyme».[Notre traduction] Une forme vibrante Aujourd\u2019hui, le ghazal continue d\u2019être une forme vibrante au cœur de la poésie persane, tout en dépassant les frontières.Son influence sur des figures allant de Goethe à Adrienne Rich, en passant par Mahmoud Dar- wich, témoigne de l\u2019étendue historique du genre, tout comme le fait qu\u2019à l\u2019image de la poésie arabe d\u2019Al Mutanabbi, au Xe siècle, devenue partie intégrale du parler populaire, les vers de poètes comme Saadi Shirazi ont donné naissance à une multitude de proverbes que les Perses emploient encore à ce jour.Ivres saurez- vous être de ce vin d\u2019éternité le 9 juin.Le ghazal persan, mille ans de poésie À la librairie Le Port de tête (262, avenue du Mont-Royal Est, Montréal), dimanche 9 juin, de 17h30 à 20h.Récitation: Prashant Keshavmurthy, Francis Loran- ger.Chant et musique: Aaron Shahi.Poésie millénaire Une œuvre à la charge érotique, bachique et mystique, le ghazal persan sera à l\u2019honneur dimanche à Montréal Le florilège de ghazals à l\u2019honneur le 9 juin comprendra autant des œuvres du XIVe siècle signées Hafez que des vers de la poète et militante iranienne Simin Behbahani (notre photo).BEHROUZ MEHRI AGENCE FRANCE-PRESSE C Pour découvrir le ghazal persan Hafez de Chiraz, Le Divân, trad.de Charles-Henri de Fouchécour, Verdier, Paris, 2006, 1280 pages.Saadi Shirazi, Boustan ou Le verger, trad.d\u2019A.C.de Meynard, Seghers, Paris, 1978, 124 pages.Djalâl-ad-Din Rûmi, Odes mystiques, trad.d\u2019Éva de Vitray-Meye- rovitchetMohammad Mokri, Klinck- sieck, Paris, 1984 [1973], 326 pages.Forough Farrokhzad, Autre naissance, trad.de Bahman Sadighi, Noroît, Montréal, 2017, 120 pages.Simin Behbahani, Grappe de lumières, trad.de Jalal Alavinia, Lettres persanes, Arcueil, 2015, 200 pages. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 | 3 5 É c r an s C U L T U R E CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Pour son tout premier long métrage, le cinéaste Grant Sputore cherchait visiblement à attirer l\u2019attention, mais pas nécessairement en déployant beaucoup d\u2019originalité.Car Mother ex machina offre tout ce dont un aficionado de science-fiction peut rêver: de grands espaces de désolation postapocalyptique; des robots rutilants à la voix de velours; des êtres humains génétiquement modifiés ; une quincaillerie technologique à la fois sophistiquée et épurée.Ce déploiement s\u2019effectue dans une évidente, et minutieuse, économie de moyens, le huis clos dans un bunker, aussi futuriste soit-il, permettant de contrôler ses effets tout en créant un climat d\u2019angoisse diffuse, ici face au monde extérieur, hautement toxique et sans aucune trace de vie.C\u2019est du moins le récit qu\u2019en fait Mother (voix de Rose Byrne et de Luke Hawker pour la gestuelle), une variation nou- velâgiste des spécimens d\u2019acier et de fils électriques que l\u2019on peut croiser parfois chez Ridley Scott ou Paul Ver- hoeven.Cette machine attendrissante prend le plus grand soin de Daughter (Clara Rugaard, beaucoup d\u2019aplomb malgré son jeune âge), seule personne de chair et de sang au milieu de cette cage dorée.Et ce, depuis sa naissance en laboratoire.D\u2019autres frères et sœurs pourraient garnir les rangs de cette arche de Noé immobile, mais ce que raconte cette mère métallique résiste de moins en moins au réel, et de manière fracassante, lorsqu\u2019une femme (Hilary Swank) aux abois, et blessée, frappe à leur porte.Ce qui contredit tout ce que la jeune fille apprenait depuis sa naissance, entre un cours de médecine et une leçon de philosophie sur la pensée d\u2019Emmanuel Kant.Devant ce droïde, la rescapée af fiche un af folement que la jeune fille s\u2019explique mal, semant ainsi un doute de plus en plus grand sur ses certitudes, celles entourant son horizon aseptisé.Qui de ces deux figures protectrices dit la vérité ?Cette valse-hésitation entre le caractère rassurant d\u2019un présent immuable et un désir grandissant de découvrir un monde depuis toujours fantasmé (ou vu à travers la lorgnette d\u2019extraits du talk-show de Johnny Carson !) constitue la portion la plus convaincante de cette aventure aux familiarités évidentes \u2014 pour ne pas dire aux emprunts.Grant Sputore ne réinvente rien, ou si peu, s\u2019approchant parfois de la précision d\u2019Alex Garland dans Ex Machina, tandis que d\u2019autres pourraient voir dans le jeu physique d\u2019Hilar y Swank un hommage à peine voilé à la fougue admirable de Linda Hamilton dans Terminator et ses déclinaisons.À défaut d\u2019offrir un divertissement trépidant, le scénariste Michael Lloyd Green, lui aussi un nouveau venu, s\u2019est plu à disserter, avec application, sur des sujets délicats, dont la manipulation génétique, les errances de l\u2019intelligence artificielle et l\u2019obsession sur vivaliste.Mais on ne peut s\u2019empêcher d\u2019y voir aussi un hommage à un large pan du cinéma où le futur apparaît comme une voie sans issue.Mais en conviant d\u2019excellentes actrices à lui faire confiance dans ses premiers pas de cinéaste résolu à jouer dans la cour des grands, Gerard Sputore réussit au passage à convaincre que le futur passe aussi par la farouche détermination des femmes.Vous me direz que ce n\u2019est pas non plus la première fois qu\u2019on voit cela (bonjour Mad Max : Fury Road !), mais les redites ont parfois leur importance.Le futur est femme Une dystopie entre froideur technologique et paysages dévastés, deux territoires familiers Ci-dessus : Mother est une variation nouvelâgiste des spécimens d\u2019acier et de fils électriques.Ci-contre : certains pourraient voir dans le jeu physique d\u2019Hilary Swank un hommage à peine voilé à Linda Hamilton dans Terminator.NETFLIX Mater ex machina (V.F.de I Am Mother ) ?Science-fiction de Grant Spu- tore.Avec Clara Rugaard, Hilary Swank, Luke Hawker, et la voix de Rose Byrne.Australie, 2019, 115 minutes.Netflix. uand Béatrice Taupeau a eu pour mandat de traduire Big Little Lies de Liane Moriar ty, elle ne savait pas encore que le roman deviendrait une série.Encore moins que son adaptation à HBO connaîtrait le succès que l\u2019on sait.Un succès fou.La traductrice basée à Bordeaux savait par contre qu\u2019elle devait suivre sensiblement les mêmes consignes que pour Le secret du mari.Soit le premier roman de l\u2019au- teure australienne publié chez Albin Michel, auquel elle s\u2019est attaquée en 2015.Ces consignes, donc: «Bien soigner les métaphores et les procédés stylistiques.Mais surtout, surtout, faire très attention aux dialogues.» Ce sont du reste ces dialogues, ciselés et nombreux, qui ont fait la marque de l\u2019œuvre, à l\u2019écrit comme à l\u2019écran.« Pour le reste, la langue est celle, assez classique, de la littérature grand public.Elle n\u2019est pas tordue, expérimentale.» Là où elle se distingue, selon la traductrice ?Dans les voix très travaillées, très singulières, des personnages.D\u2019où peut- être la raison pour laquelle cette production, présentée en 2017, a défié la loi voulant que « le livre soit toujours meilleur que son adaptation».Et d\u2019où peut-être aussi une certaine crainte de voir débarquer une suite.Car, bien que celle-ci soit supervisée par Liane Moriarty, les sept nouveaux épisodes qui la constituent ne s\u2019appuient plus sur un roman.« Je trouve l\u2019idée de poursuivre l\u2019intrigue assez étrange, avoue Béatrice Tau- peau.La conclusion s\u2019inscrivait pourtant dans la réalité judéo-chrétienne de nos sociétés occidentales.Le mé- chant meurt à la fin\u2026 On aime bien ça, quand même ! » La traductrice a bien aimé, surtout, que la première saison soit restée fidèle au texte littéraire.Et ce, même si elle l\u2019a trouvé plus sombre.Ce qu\u2019elle a également apprécié ?« Le fait que ces femmes, que l\u2019on pourrait croire très superficielles, qui ne s\u2019occupent que d\u2019elles-mêmes et de leurs enfants, sont agitées par des secrets.Que ce sont des personnages très complexes.» Littérature de mer «Moi, j\u2019appelle ça une lecture de plage qui se transforme en Dostoïevski », lance pour sa par t James Tupper.Contrairement aux artistes qui affirment ne pas consulter le livre pour se faire leur propre idée avant de tourner, l\u2019acteur a dévoré le bouquin de Liane Moriarty pour nourrir son jeu.Le jeu, ce natif de la Nouvelle- Écosse l\u2019a du reste appris à l\u2019Université Concordia, où il a autrefois étudié.Depuis, sa carrière l\u2019a entre autres mené à participer au soap nouveau genre Revenge (Vengeance), qu\u2019il rêve de voir renaître à l\u2019écran.Mais en attendant ces retrouvailles hypothétiques, ce sont celles de Big Little Lies qu\u2019il célèbre.James Tup- per y joue Nathan.Mise en contexte plus détaillée pour les initiés : l\u2019ex- mari de la supermaman superorgani- sée jouée par Reese Witherspoon.Et le nouvel époux de l\u2019enseignante de yoga, incarnée par Zoe Kravitz.Dans cette seconde saison, le rôle de ce père plutôt ef facé prend une tournure plus profonde.Car Nathan, le beau gosse qui se laisse porter par la vie, est secoué.La dépression de son amoureuse, le refus de sa fille ado d\u2019aller à l\u2019université, la colère que cette L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e É c r a n s 3 6 | Avec ses dialogues tranchants, sa réalisation somptueuse et sa distribution cinq (six, sept) étoiles, la première saison de Big Little Lies est allée au-delà des clichés associés à la proverbiale misère des riches.Qu\u2019en sera-t-il de la suite qui débute dimanche à HBO et à Super Écran?GRAND ANGLE NATALIA WYSOCKA COLLABORATRICE LE DEVOIR De grands mensonges, juste de grands mensonges Big Little Lies revient pour une deuxième saison aussi forte en dialogues ciselés Big Little Lies défie la loi voulant que « le livre soit toujours meilleur que son adaptation ».HBO CANADA Q décision provoque chez son ex-femme.«Sa vie tombe en pièces! remarque le charismatique comédien.Je crois que beaucoup d\u2019hommes vivent de telles épreuves, se heurtent au silence de leur douce moitié.À leur repli sur elle- même, à leur amour retenu.Surtout dans de longues relations.» À cette confession, on enchaîne spontanément avec une banale question (on le sait, c\u2019est nul, pardon) : comment se prépare-t-on pour une performance d\u2019une telle profondeur ?Réponse du tac au tac : « En faisant des redressements assis.» Ha! Touché.Reste que transmettre de telles émotions, c\u2019est du sport.À ce sujet, Mister Tupper dit avoir adoré bosser avec Jean-Marc Vallée, qui a réalisé la première saison.Qui co- signe toujours le montage.Et qui est remercié à la fin du premier épisode de la nouvelle mouture, au générique: «Special thanks to Jean-Marc Vallée.» L\u2019interprète aussi le remercie.Notamment d\u2019avoir été «si bon pour nous, les acteurs ».« Il nous a mis la caméra dans le visage, et nous a laissé jouer, improviser.Dans la première saison, c\u2019était juste moi et Reese, avec Jean-Marc qui nous bougeait autour.Surtout qu\u2019il a pour curieuse habitude de dire aux stylistes et aux maquilleurs de rester à trois rues de la scène.Pas d\u2019interruption!» C\u2019est la Britannique Andrea Arnold, qui a remporté trois prix du jur y à Cannes, qui succède au cinéaste québécois pour la suite.«Elle un style similaire.Elle nous a laissé beaucoup de liberté», confie l\u2019acteur canadien avant de mentionner, sur un tout autre sujet, qu\u2019il a eu la liberté, lui, de s\u2019acheter il y a quatre ans un appart dans le Vieux Montréal, sur la rue Saint-Paul («à New York, il aurait coûté des millions de dollars !»).Et puis bah, tant qu\u2019à être dans le people : il paraît que c\u2019était un peu la folie lorsque Meryl Streep est débarquée sur le plateau de tournage pour incarner la mère de Nicole (Celeste) Kidman.« Les comédiens étaient si excités de la rencontrer qu\u2019ils l\u2019accostaient tous d\u2019un \u201cOHMONDIEU- JENEPEUXPASCROIREQUEC\u2019EST- VRAIMENTVOUS !\u201d.Meryl prenait son ton poli et posé pour nous rassurer : \u201cChhhhh, Chhhhh.Enchantée.Tout va bien aller.\u201d » Et dans cette seconde saison, tout a bien été?«Absolument! Mais je suggère que l\u2019on enlève le Little du titre.Car ce qu\u2019il reste désormais, ce ne sont que de grands mensonges.Voici votre nouvelle série préférée: Big Lies!» Profonde psychologie Ces «Big Lies!», la Dre Suniya Luthar les attend avec excitation.Professeure émérite à Columbia, qui enseigne également à l\u2019Université d\u2019Arizona, et anciennement à Yale, elle parle fréquemment de ce drame télévisé dans ses cours et dans ses conférences.La Dre Luthar l\u2019a d\u2019ailleurs regardé plus d\u2019une fois pour en saisir toutes les nuances.Et a adoré la façon dont était dépeinte «cette féroce et envahissante compétition entre les enfants, mais surtout entre les parents, issus de la classe moyenne supérieure ».Car la question des classes et les stéréotypes qui y sont associés, la psychologue américaine d\u2019origine indienne s\u2019y intéresse de près.« De la même façon que l\u2019on colle des préjugés aux parents moins aisés, on s\u2019imagine que ceux qui sont fortunés sont tous arrogants, méprisants, égoïstes.Qu\u2019ils ne méritent pas de compassion ni d\u2019empathie.Mais la douleur n\u2019a pas de classe sociale.Pauvre ou riche, quelqu\u2019un qui souffre, souffre.Et mérite des soins.» Une problématique, dit-elle, qui s\u2019étend au thème de la violence conjugale, central dans l\u2019œuvre de Moriarty.«Beaucoup de femmes violentées se tournent vers les centres de soutien pour demander de l\u2019aide.Mais lorsqu\u2019elles arrivent dans leur Mercedes ou leur Audi, avec une pédicure parfaite et une jolie coiffure, certains professionnels de la santé semblent ne pas y croire.Qu\u2019une femme riche, éduquée, belle, bien mise, puisse réellement être abusée par son conjoint ?Impossible.» Citant en exemple le personnage de Nicole Kidman, qu\u2019elle juge traité avec « finesse, justesse, délicatesse », elle ajoute que ces Petits secrets, grands mensonges véhiculent selon elle « un message puissant et optimiste pour les mères».À savoir qu\u2019il est importance de « se soutenir, de s\u2019entraider et de passer outre la concurrence qui existe dans ces sous-cultures hypercompétitives obsédées par la réussite.».Oui, la Dre Luthar adore Big Little Lies, sa façon de présenter des scènes de thérapie « très réalistes », de « creuser les relations mère-adolescente sans prendre parti pour l\u2019une ou pour l\u2019autre », et de dépeindre le schadenfreude, soit la délectation malsaine du malheur d\u2019autrui.D\u2019ailleurs, lorsqu\u2019on lui apprend que le réalisateur de la première saison qu\u2019elle a tant aimée est Québécois, sa voix s\u2019émeut.«C\u2019est vrai ?Il vient de votre coin?Oh! Si vous le pouvez, transmettez-lui s\u2019il vous plaît mes plus sincères félicitations pour son travail absolument fabuleux!» M.Vallée, c\u2019est pour vous.Big Little Lies saison 2 / Petits secrets, grands mensonges 2 À HBO, dimanche à 21h.Aussi en version sous-titrée en français à Super Écran, dimanche à 21h.C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 francosmontreal.com LPECTACLES en collaboration avec 14 juin, 20 h \u2022 Théâtre Maisonneuve, PdA PETULA CLARK et invité(es) : Louis-Jean Cormier, Antoine Gratton et France D\u2019Amour Les Francos commencent dans moins d\u2019une semaine ! 14 - 22 JUIN 15 juin, 20 h \u2022 Maison symphonique LA RENARDE, SUR LES TRACES DE PAULINE JULIEN MARIO PELCHAT HOMMAGE À CHARLES AZNAVOUR 22 juin, 20 h \u2022 Maison symphonique 18 et 19 juin, 20 h 30 Cinquième Salle, PdA C\u2019EST EXTRA HOMMAGE À LÉO FERRÉ avec Philémon Cimon et Antoine Corriveau Première partie : Nach Le Musée de la civilisation et le Musée national des beaux-arts du Québec souhaitent longue vie au Conseil des arts et des lettres du Québec qui ne cesse, depuis 25 ans, de soutenir la création et de rapprocher les communautés par l\u2019art.De la même façon que l\u2019on colle des préjugés aux parents moins aisés, on s\u2019imagine que ceux qui sont fortunés sont tous arrogants, méprisants, égoïstes.Qu\u2019ils ne méritent pas de compassion ni d\u2019empathie.LA DRE SUNIYA LUTHAR » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e Té l év i s i o n 3 8 | SAMEDI LIAISON ROYALE (3) Dan.2012.Drame historique de Nikolaj Arcel avec Mads Mikkelsen, Alicia Vikander, Mikkel Boe Folsgaard.- En 1767 au Danemark, le médecin du roi fou devient l\u2019amant de la reine, avec l\u2019aide de qui il écarte le cabinet ultra-conservateur et passe des réformes progressistes.ARTV 12h LES VACANCES DE MR.BEAN (4) (Mr.Bean\u2019s Holiday), G.-B.2007.Comédie de Steve Bende- lack avec Rowan Atkinson, Willem Dafoe, Emma De Caunes.- Gagnant d\u2019un voyage sur la Côte d\u2019Azur, un hurluberlu anglais connaît diverses péripéties en traversant la France.TVA 13h45 LES CHEVALIERS DE SHANGHAÏ (4) (Shanghai Knights), É.-U.2003.Comédie policière de David Dobkin avec Jackie Chan, Owen Wilson, Aaron Taylor- Johnson.- Un Chinois expert en arts martiaux et son compagnon d\u2019aventures américain luttent contre un lord anglais qui complote contre la famille royale.Z 14h LE BOSSU (4) Fr.1997.Aventures de Philippe de Broca avec Daniel Auteuil, Fabrice Luchini, Vincent Pérez.- Un escrimeur impétueux jure de venger l\u2019assassinat de son ami le duc de Nevers et de protéger la fille héritière de celui-ci.ARTV 14h30 RÉGRESSION (4) (Regression), É.-U.2015.Thriller d\u2019Alejandro Amenabar avec Ethan Hawke, David Thewlis, Emma Watson.- Au Minnesota, en 1990, un inspecteur et un psychologue enquêtent sur le viol d\u2019une jeune femme par son père, qui se serait déroulé au cours d\u2019un rituel satanique.MAX 15h30 TWILIGHT.HÉSITATION (5) (Twilight \u2013 Eclipse), É.-U.2010.Drame fantastique de David Slade avec Kristen Stewart, Robert Pattinson, Taylor Lautner.- Alors que se dessine un affrontement avec une armée de nouveaux vampires, le cœur d\u2019une adolescente balance entre son fiancé immortel et un ami loup-garou.TVA 15h31 LES ÂMES VAGABONDES (5) (The Host), É.-U.2013.Science-fiction d\u2019Andrew Niccol avec Saoirse Ronan, Diane Kruger, Jake Abel.- Une jeune fille possédée par une âme extraterrestre convainc cette dernière de s\u2019enfuir dans le désert à la recherche d\u2019une poche de résistants à cette colonisation.V 16h X-MEN.LE FILM (4) (X-Men), É.-U.2000.Science-fiction de Bryan Singer avec Hugh Jackman, Patrick Stewart, Anna Paquin.- Des mutants aux pouvoirs fantastiques, voués à faire le bien, entrent en lutte contre des congénères maléfiques.Z 16h30 APPARENCES (4) (What Lies Beneath), É.-U.2000.Drame fantastique de Robert Zemeckis avec Michelle Pfeiffer, Harrison Ford, Diana Scarwid.- Témoin de phénomènes bizarres, une femme devient persuadée que la maison qu\u2019elle habite avec son mari est hantée.MAX 17h30 FOURMIZ (3) (Antz), É.-U.1998.Film d\u2019animation d\u2019Eric Darnell.- Les mésaventures d\u2019une fourmi rêveuse et individualiste qui vit dans une immense colonie dirigée par un général mégalomane.TQ 18h CHAPPIE (5) É.-U.2015.Science-fiction de Neill Blomkamp avec Sharlto Copley, Dev Patel, Yo-Landi Visser.- Quand un ingénieur reprogramme un robot policier pour le doter d\u2019une conscience humaine, sa création suscite la convoitise de deux petits criminels et la colère d\u2019un collègue envieux.TVA 18h30 CONAN LE BARBARE (5) (Conan the Barbarian), É.-U.2011.Aventures de Marcus Nispel avec Jason Momoa, Stephen Lang, Rachel Nichols.- Un guerrier puissant tente de retrouver l\u2019homme qui a décimé son village alors qu\u2019il était enfant.V 18h30 LA ZIZANIE (5) Fr.1978.Comédie de Claude Zidi avec Louis de Funès, Annie Girardot, Julien Guiomar.- Un industriel, maire de son village, contrarie sa femme qui le quitte et devient son adversaire aux élections.ARTV 20h LES RUES CHAUDES (2) (Mean Streets), É.-U.1973.Drame de mœurs de Martin Scorsese avec Harvey Keitel, Robert De Niro, Amy Robinson.- Dans le quartier italien de New York, deux jeunes hommes sont mêlés aux activités de la mafia.TQ 21h LE CŒUR A SES RAISONS (3) Isr.2012.Drame de Rama Burshtein avec Hadas Yaron, Yiftach Klein, Irit Sheleg.- Une jeune femme issue de la communauté hassidique de Tel-Aviv subit la pression de sa mère afin qu\u2019elle épouse son beau-frère endeuillé.TFO 21h LIAISON ROYALE Voir samedi, 12h.ARTV 23h RECHERCHÉ (4) (Wanted), É.-U.2008.Thriller de Timur Bekmambetov avec James McAvoy, Angelina Jolie, Morgan Freeman.- Pour venger la mort de son père, un modeste employé de bureau aux habiletés insoupçonnées joint une fraternité millénaire de tueurs d\u2019élite.TVA 23h23 LES CHEVALIERS DE SHANGHAÏ Voir samedi, 14h.Z 0h PIQÛRE (5) (Puncture), É.-U.2011.Drame judiciaire d\u2019Adam Kassen avec Chris Evans, Mark Kassen, Vinessa Shaw.- Un avocat toxicomane et son associé terre à terre luttent contre les autorités médicales qui refusent d\u2019utiliser une seringue sécuritaire créée par leur client.RC 1h LE CŒUR A SES RAISONS Voir samedi, 21h.TFO 1h30 DANS L\u2019ANTRE DU GRIZZLY (5) (Into the Grizzly Maze), É.-U.2015.Aventures de David Hackl avec Thomas Jane, James Marsden, Piper Perabo.- En Alaska, un ex-prisonnier fait équipe avec son frère shérif pour retrouver la femme de ce dernier, perdue dans une forêt où sévit un dangereux grizzly.TVA 1h33 DIMANCHE FOURMIZ Voir samedi, 18h.TQ 12h MISÉRICORDE (5) Suis.2016.Drame de Fulvio Bernasconi avec Jonathan Zaccaï, Marco Collin, Charlie Arcouette.- En Abitibi, un policier suisse tourmenté part à la recherche du camionneur qui a heurté mortellement un jeune cycliste autochtone.TV5 13h30 LE CLIENT (4) (The Client), É.-U.1994.Drame policier de Joel Schumacher avec Brad Renfro, Susan Sarandon, Tommy Lee Jones.- Une avocate défend un adolescent qui refuse de révéler à la police ce qu\u2019un avocat de la mafia lui a confié avant de se suicider.V 14h WALL-E (3) É.-U.2008.Film d\u2019animation d\u2019Andrew Stanton.- En 2775, sur la Terre dépeuplée et en ruines, un robot esseulé se prend d\u2019affection pour une automate en quête de traces de vie sur la planète.RC 15h MARMADUKE (5) É.-U.2010.Comédie fantaisiste de Tom Dey avec Lee Pace, Judy Greer, William H.Macy.- Les mésaventures d\u2019un grand danois plein d\u2019humour mais gaffeur, qui tente de se faire accepter par les chiens de son nouveau quartier.TVA 16h18 LES APPARENCES (3) (Gone Girl), É.-U.2014.Drame policier de David Fincher avec Ben Affleck, Rosamund Pike, Carrie Coon.- Un mari ébranlé par la disparition de son épouse clame son innocence auprès de la police et des membres de sa communauté, qui le soupçonnent de l\u2019avoir assassinée.V 18h45 DANGEREUX 7 (5) (Furious 7), É.-U.2015.Thriller de James Wan avec Vin Diesel, Paul Walker, Jason Statham.- En échange de la protection de la CIA contre les attaques d\u2019un criminel vengeur, des as du volant entreprennent de libérer une informaticienne détenue par un terroriste en Azerbaïdjan.TVA 19h NITRO (5) Can.2007.Thriller d\u2019Alain DesRochers avec Guillaume Lemay-Thivierge, Lucie Laurier, Martin Matte.- Un ex-voleur de voitures se lance dans une folle équipée afin de trouver lui-même un cœur pour sa conjointe mourante.ARTV 20h RÉGRESSION Voir samedi, 15h30.MAX 20h TAXI DRIVER (1) É.-U.1976.Drame de mœurs de Martin Scorsese avec Robert De Niro, Cybill Shepherd, Jodie Foster.- Devenu chauffeur de taxi la nuit à New York, un vétéran du Vietnam supporte mal le monde sordide qu\u2019il doit côtoyer.TQ 21h30 LE SECRET DE MA MÈRE (4) Can.2006.Comédie dramatique de Ghyslaine Côté avec Ginette Reno, Céline Bonnier, Joëlle Morin.- À l\u2019occasion des funérailles de son père, une jeune femme fait des découvertes bouleversantes sur sa famille.V 22h LE BOSSU Voir samedi, 14h30.ARTV 23h ON VOULAIT TOUT CASSER (5) Fr.2015.Comédie dramatique de Philippe Guillard avec Kad Merad, Charles Berling, Benoît Magimel.- Sur le point d\u2019entamer son tour du monde en voilier, un quinquagénaire condamné par la maladie accepte de faire une dernière virée avec ses quatre meilleurs amis.TVA 23h15 RIDICULE Voir lundi, 21h.TFO 23h30 TRAIN DE NUIT POUR LISBONNE (4) All.2012.Drame de Bille August avec Jeremy Irons, Jack Huston, Mélanie Laurent.- Sur un coup de tête, un professeur de philosophie suisse se rend à Lisbonne afin d\u2019en savoir plus sur un auteur portugais qu\u2019il vient de découvrir.RC 23h35 LUNDI MON PÈRE (4) (Dad), É.-U.1989.Drame psychologique de Gary David Goldberg avec Jack Lemmon, Ted Danson, Olympia Dukakis.- Pendant que sa femme est à l\u2019hôpital, un septuagénaire désemparé se fait aider par son fils qui lui redonne goût à la vie.TVA 13h MAMAN LAST CALL (5) Can.2005.Comédie de mœurs de François Bouvier avec Sophie Lorain, Patrick Huard, Anne-Marie Cadieux.- Une journaliste de 37 ans, ardente féministe, voit sa vie bouleversée en apprenant qu\u2019elle est enceinte.VIE 13h WEEK-END ROYAL (4) (Hyde Park on Hudson), G.-B.2012.Drame historique de Roger Michell avec Bill Murray, Laura Linney, Samuel West.- Sous l\u2019œil de sa maîtresse, le président Roosevelt se prépare à recevoir dans sa résidence d\u2019été le roi et la reine d\u2019Angleterre venus solliciter son appui contre Hitler.RC 14h L\u2019ARMÉE DES 12 SINGES (3) (12 Monkeys), É.-U.1995.Science-fiction de Terry Gilliam avec Bruce Willis, Madeleine Stowe, Brad Pitt.- Un homme du futur recherche en 1996 l\u2019origine d\u2019un virus mystérieux qui a décimé 99% de l\u2019humanité.TQ 21h RIDICULE (3) Fr.1996.Comédie dramatique de Patrice Leconte avec Charles Berling, Jean Rochefort, Fanny Ardant.- Grâce à son bel esprit, un gentilhomme se fait connaître à Versailles où il espère obtenir une audience avec le roi afin de plaider la cause des paysans de sa région.TFO 21h RÉDEMPTION (4) (Hummingbird), É.-U.2013.Thriller de Steven Knight avec Jason Statham, Agata Buzek, Vicky McClure.- Tombé en disgrâce, un membre des Forces spéciales américaines tente de faire amende honorable, notamment auprès des trois femmes de sa vie.TVA 23h05 MARIE REINE D\u2019ÉCOSSE Voir mardi, 21h.TFO 23h30 RIDICULE Voir lundi, 21h.TFO 1h30 MARDI SPANGLISH.J\u2019EN PERDS MON LATIN! (4) (Spanglish), É.-U.2004.Comédie dramatique de James L.Brooks avec Paz Vega, Adam Sandler, Tea Leoni.- Une jeune immigrante mexicaine se trouve un emploi de ménagère dans une famille aisée dont les membres traversent diverses crises.VIE 13h LES MYSTÈRES DE LA FOI (4) Fr.2016.Drame policier de Josée Dayan avec Corinne Masiero, Victoria Abril, Irène Jacob.- Une capitaine de gendarmerie enquête sur le suicide suspect d\u2019une jeune Espagnole qui venait de passer plusieurs semaines au sein d\u2019une communauté religieuse.RC 14h MARIE REINE D\u2019ÉCOSSE (4) (Mary Queen of Scots), Suis.2013.Drame historique de Thomas Imbach avec Camille Rutherford, Aneurin Barnard, Sean Biggerstaff.- Les amours malheureuses et les déconvenues politiques de la reine d\u2019Écosse Marie Stuart, qui disputa à sa cousine Élisabeth la couronne d\u2019Angleterre, avec des conséquences tragiques.TFO 21h MILLE ET UNE FAÇONS DE MOURIR DANS L\u2019OUEST (4) (A Million Ways to Die in the West), É.-U.2014.Comédie de Seth MacFarlane avec Seth MacFarlane, Charlize Theron, Liam Neeson.- Largué par sa fiancée qui le trouve trop poltron, un éleveur de moutons reçoit des leçons de courage d\u2019une belle inconnue, qui s\u2019avère être l\u2019épouse d\u2019un dangereux hors-la-loi.TVA 23h05 VALLEY OF LOVE Voir mercredi, 21h.TFO 23h30 MARIE REINE D\u2019ÉCOSSE Voir mardi, 21h.TFO 1h30 MERCREDI SÉDUCTION À L\u2019ANGLAISE (5) (How to Make Love Like an Englishman), É.-U.2014.Comédie sentimentale de Tom Vaughan avec Pierce Brosnan, Salma Hayek, Jessica Alba.- Son amante, une étudiante américaine, étant tombée enceinte, un professeur de littérature de Cambridge la suit en Californie, où il vit une situation ambiguë avec sa sœur aînée.TVA 13h TROUBLE EN DOUBLE (4) (Big Business), É.-U.1988.Comédie de Jim Abrahams avec Bette Midler, Lily Tomlin, Michele Placido.- L\u2019entreprise où elles travaillent étant menacée, deux sœurs vont protester devant l\u2019assemblée des actionnaires, dirigée par deux sœurs avec qui elles ont une ressemblance frappante.VIE 13h FOLLES DU CASH (5) (Mad Money), É.-U.2008.Comédie policière de Callie Khouri avec Diane Keaton, Queen Latifah, Katie Holmes.- Trois femmes de ménage travaillant à la Réserve fédérale américaine élaborent un stratagème pour voler des dollars destinés à être détruits.RC 14h SNOWDEN (4) É.-U.2015.Drame biographique d\u2019Oliver Stone avec Joseph Gordon-Levitt, Shailene Woodley, Melissa Leo.- En juin 2013, un ancien analyste de la CIA et de la NSA se remémore les événements qui l\u2019ont amené à révéler au monde entier les abus de son gouvernement en matière de cybersurveillance.TQ 21h LE RÈGNE DU FEU (4) (Reign of Fire), É.-U.2002.Drame fantastique de Rob Bowman avec Christian Bale, Matthew McConaughey, Izabella Scorupco.- Dans un futur post-apocalyptique, des humains réfugiés dans un château fort sont en proie aux attaques de dragons.MP 21h VALLEY OF LOVE (4) Fr.2015.Drame de Guillaume Nicloux avec Isabelle Huppert, Gérard Depardieu, Dan Warner.- Deux acteurs qui ne se sont pas vus depuis 30 ans se retrouvent dans la vallée de la Mort en Californie, où leur fils qui s\u2019est suicidé leur a donné rendez-vous.TFO 21h L\u2019INFILTRATEUR (5) (Snitch), É.-U.2013.Thriller de Ric Roman Waugh avec Dwayne Johnson, Barry Pepper, Susan Sarandon.- Afin d\u2019obtenir la libération de son fils condamné pour trafic de drogue, un riche entrepreneur infiltre le gang criminel qui a piégé le garçon.TVA 23h05 BARBECUE (5) Fr.2014.Comédie d\u2019Éric Lavaine avec Lambert Wilson, Franck Dubosc, Florence Foresti.- En rébellion depuis qu\u2019il a subi un infarctus, un bourgeois quinquagénaire quitte son emploi et devient odieux envers sa femme et ses amis, réunis pour les vacances dans les Cévennes.TVA 1h18 VALLEY OF LOVE Voir mercredi, 21h.TFO 1h30 JEUDI EN BONNE COMPAGNIE (4) (In Good Company), É.-U.2004.Comédie dramatique de Paul Weitz avec Dennis Quaid, Topher Grace, Scarlett Johans- son.- Un cadre quinquagénaire, qui accepte mal son nouveau patron âgé de 26 ans, découvre que sa fille a une liaison avec le jeune homme.TVA 13h DU SOLEIL PLEIN LA TÊTE (3) (Eternal Sunshine of the Spotless Mind), É.-U.2004.Comédie fantaisiste de Michel Gondry avec Jim Carrey, Kate Winslet, Kirsten Dunst.- Un homme se soumet à un lavage de cerveau afin d\u2019effacer de sa mémoire toute trace de son ex-compagne qui a subi la même opération.VIE 13h L\u2019AFFAIRE THOMAS CROWN (4) (The Thomas Crown Affair), É.-U.1999.Drame policier de John McTiernan avec Pierce Brosnan, Rene Russo, Denis Leary.- Une investigatrice d\u2019une compagnie d\u2019assurances cherche à piéger un millionnaire qui a volé une toile de maître juste pour le plaisir de la chose.TQ 21h NITRO Voir dimanche, 20h.ARTV 23h CARRIE (5) É.-U.2013.Drame d\u2019horreur de Kimberly Peirce avec Chloë Grace Moretz, Julianne Moore, Judy Greer.- Victime d\u2019un cruel coup monté, une adolescente timide dotée de pouvoirs de télékinésie donne libre cours à sa colère.TVA 23h05 VENDREDI LES FEMMES DE STEPFORD (5) (The Stepford Wives), É.-U.2004.Comédie fantaisiste de Frank Oz avec Nicole Kidman, Matthew Broderick, Bette Midler.- Une mère dépressive constate que la majorité des épouses de sa nouvelle ville de banlieue ont subi des transformations de personnalité.RC 14h L\u2019ARRIVÉE (3) (Arrival), É.-U.2016.Science-fiction de Denis Villeneuve avec Amy Adams, Jeremy Renner, Forest Whitaker.- Une linguiste et un mathématicien sont mandatés par l\u2019armée américaine pour établir le contact avec des extraterrestres apparus dans douze sites différents du globe.RC 20h ZOOLANDER NO.2 (5) É.-U.2016.Comédie de Ben Stiller avec Ben Stiller, Penélope Cruz, Owen Wilson.- Un ex-mannequin et son ami viennent en aide à une agente d\u2019Interpol, sur la trace d\u2019un mystérieux tueur en série qui prend pour cibles les plus belles stars du monde.MAX 20h ABSOLUTELY FABULOUS.LE FILM (4) (Absolutely Fabulous \u2013 The Movie), G.-B.2016.Comédie de Mandie Fletcher avec Jennifer Saunders, Joanna Lumley, Julia Sawalha.- Accusée du meurtre d\u2019un mannequin, la directrice d\u2019une boîte de relations publiques de Londres s\u2019enfuit à Cannes avec son amie journaliste de mode.MAX 22h UNE BELLE RENCONTRE (4) (Their Finest), G.-B.2017.Comédie dramatique de Lone Scherfig avec Gemma Arterton, Sam Claflin, Bill Nighy.- Engagée en 1940 par le gouvernement pour améliorer la qualité des dialogues féminins de ses films de propagande, une jeune Anglaise se découvre une vocation de scénariste.ARTV 23h NITRO Voir dimanche, 20h.RC 23h05 MADAME BOVARY (4) Fr.1991.Drame de mœurs de Claude Chabrol avec Isabelle Huppert, Jean-François Balmer, Christophe Malavoy.- La jeune épouse d\u2019un médecin de province tente de déjouer son ennui en s\u2019engageant dans diverses aventures galantes.TFO 23h30 MONDE INFERNAL.L\u2019ÉVEIL (5) (Underworld \u2013 Awakening), É.-U.2012.Drame fantastique de Mans Marlind avec Kate Beckinsale, Stephen Rea, India Eisley.- En s\u2019évadant d\u2019un laboratoire dont elle était prisonnière, une guerrière vampire fait la connaissance d\u2019une fillette traquée dont les pouvoirs intéressent les loups-garous.TVA 23h35 L\u2019AUTRE MAISON (5) Can.2013.Drame de Mathieu Roy avec Émile Proulx-Cloutier, Roy Dupuis, Marcel Sabourin.- Un apprenti pilote de brousse et son frère photographe de guerre se querellent au sujet de la marche à suivre pour prendre soin de leur père atteint de la maladie d\u2019Alzheimer.RC 0h50 LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable | 3 9 C u l t u r e É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 NATALIA WYSOCKA COLLABORATRICE LE DEVOIR Le Québec sur la Croisette Dans le cadre de cette émission spéciale d\u2019une heure, Catherine Beau- champ rend compte de l\u2019impressionnante présence des artisans du septième art québécois au plus récent Festival de Cannes.Sur le tapis rouge, l\u2019animatrice du Tapis rose rencontre, entre autres, Monia Chokri, qui a remporté le prix Coup de cœur du jury d\u2019Un certain regard pour La femme de mon frère (en salle depuis vendredi).Elle discute également avec Xavier Dolan, qui a présenté son Matthias et Maxime en compétition de cette 72e édition.Les productrices Nancy Grant et Denise Robert, le critique de cinéma Marc Cassivi, le réalisateur et directeur photo André Turpin font également partie des personnes invitées à évaluer l\u2019impact que le plus prestigieux des festivals a eu sur leur carrière et à discuter du rayonnement immense que les films d\u2019ici ont à l\u2019étranger.Oui, les Québécois à Cannes.Oui Cannes Artv, lundi, 20h30.En rappel le vendredi 14 juin, ICI Télé, 22h et en rattrapage sur Tou.tv SU R VOS ÉC R A N S \u2013 D E S É TO I L E S, D U C I N É M A E T D E L\u2019É D U CAT I O N Le visionnement en continu Nicolas Winding Refn a enchaîné les films qui divisent depuis son mégasuccès de 2011, Drive.Le réalisateur, scénariste et producteur danois nous conduit désormais dans une série, sa première à titre de créateur et de coscénariste, où Billie Baldwin (l\u2019un des frères des trois autres frères Baldwin) tient le rôle d\u2019un milliardaire et Miles Teller, celui d\u2019un flic silencieux.La bande-annonce promet une production portant la signature si singulière du cinéaste, et alternant entre l\u2019esthétique trouvée dans l\u2019aussi déstabilisant que captivant thriller tourné en Thaïlande Only God Forgives et le glacial film d\u2019horreur psychologique Neon Demon qui traitait de mode et de cruauté à Los Angeles.Dire que nos attentes sont grandes serait un doux euphémisme.Too Old to Die Young Prime, dès le 14 juin Eux comme nous La troisième saison de la populaire série américaine Notre vie (V.F.de This Is Us) démarre samedi soir en français sur les ondes d\u2019Artv.Le premier des 18 épisodes qui composent l\u2019ensemble, rythmé par la tranquille ballade Moonshadow de Cat Stevens, aborde les thèmes de l\u2019infertilité, du désir de maternité, de la dépression, de l\u2019infidélité, de l\u2019amitié et des promesses que l\u2019on fait et que l\u2019on jure de garder «sur la tête d\u2019Oprah».Pour la petite histoire : avec sa note globale de 94 % sur le site référence Rotten Tomatoes, cette troisième mouture de la comédie dramatique familiale de NBC est celle qui a été le plus encensée, en moyenne, par les critiques.Le public, pourtant, semble l\u2019avoir moins aimée que les précédentes\u2026 À vous de vous faire une idée.Notre vie Artv, samedi, 20h Une série qui fait école Cent quatre-vingts jours.Soit le nombre, de ces jours, qui composent une année scolaire.Réalisée par Mélissa Beaudet, qui a elle-même longtemps enseigné dans une école défavorisée de Montréal, cette série documentaire s\u2019intéresse au quotidien des élèves comme des profs et autres membres du personnel qui évoluent dans un établissement secondaire public.Parcourant les grandes étapes, de la rentrée au bal des finissants, chroniquant les réussites et les déceptions, offrant une réflexion sur l\u2019éducation, cette production d\u2019Avanti Groupe s\u2019intéresse à divers enjeux actuels.L\u2019épisode de samedi traite ainsi du défi que peut représenter le retour en classe pour les élèves ayant un trouble du spectre de l\u2019autisme.La délicate question du recrutement, dans la cour, de jeunes femmes pour la prostitution sera également abordée.180 jours Télé-Québec, jeudi, 20h, aussi en ligne VIANNEY LE CAER ASSOCIATED PRESS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e Té l év i s i o n 4 0 | CRITIQUE PHILIPPE PAPINEAU LE DEVOIR Le diffuseur Unis se la joue tout sauf conservateur en livrant sur son site la série L\u2019Intermédia-Web, une bibitte colorée, détonante et absurde qui pige de manière pas mal ironique dans les codes d\u2019Internet.Quelque part du côté des Appendices, de Like-moi ou de Contrat de gars, les six épisodes d\u2019un peu plus de huit minutes visent visiblement un public rodé aux us et coutumes pas toujours élégantes de l\u2019« autoroute de l\u2019information », comme on disait dans le temps.Réalisé par Olivier Landry et Emil Baroon, L\u2019Intermédia-Web se joue d\u2019ailleurs de la temporalité.Par son approche humoristique et ses références, c\u2019est au fond très moderne, mais tout le visuel joue sur le kitsch, le rétro, le 3D fluo et le green screen volontairement cheap.L\u2019internaute se trouvera ici en quelque sorte aspiré sur l\u2019écran d\u2019un utilisateur d\u2019un Web parallèle et naviguera sur des avatars de Facebook et YouTube.Le concept s\u2019égraine à coups de sketchs, parfois récurrents, joués notamment par Arnaud Soly \u2014 tout indiqué pour ce projet \u2014, Rosalie Vail- lancourt, Martin Perizzolo, Michelle Desrochers et Daphnée Côté-Hallé.Dopée à la culture du mème, du gif et de la vedette en ligne autopro- clamée, L\u2019Intermédia-Web parodie ici cer tains vidéoclips \u2014 allô Daniel Bélanger \u2014, rigole des TED Talks et s\u2019amuse des apôtres du nouvel âge.Voilà, au final, une excellente source de « heu\u2026 Hein ?», de « ben voyons ! », de silences inconfortables et de rires épais.L\u2019Intermédia-Web Sur Unis.ca dès le 11 juin SU R VOS ÉC R A N S Scorsese de retour chez Dylan Ce n\u2019est pas la première fois que Martin Scorsese se frotte à « His Bobness », lui qui avait signé No Direction Home, en 2005, sur les débuts du géant légendaire.Le revoici à la barre d\u2019un ambitieux documentaire axé sur la célèbre tournée Rolling Thunder Revue, en 1975, alors que Bob Dylan sillonnait une Amérique divisée.Très peu d\u2019informations ont filtré sur ce film très attendu mélangeant archives, confidences et longs moments de grâce musicaux, qui vient avec la publication d\u2019un coffret de 14 disques publié chez Columbia Records / Legacy Recordings.Rolling Thunder Revue: une histoire de Bob Dylan signée Martin Scorsese Netflix, dès le 12 juin 06/10 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes Discussions Galas ComédiHa! 2018 Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports/ Foster TVA TVA nouvelles Sucré Salé Refuge animal Fous du BBQ Chicago Fire / La loi de la jungle Combien vaut cette maison?TVA nouvelles 22h35 Sucré Cinéma TQ Passe-Partout Cochon dingue Conseils Génial! Point doc L'ARMÉE DES 12 SINGES (1995) Bruce Willis.23h25 Messe V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Mets-y le Paquet LA BANQUE GAGNE TOUJOURS (2013) Ben Affleck.911 ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Quelles croquettes Pyramides Hôtel de Crillon: la renaissance d'un palace mythique Journal/ C à dire CANAL D Accident de star / Justin Bieber Célèbres et fauchés Machines de génie Tanked (v.f.) Le cosmos dans tous ses états Parker: Sa ruée CANAL VIE Donnez au suivant Les naufragés de l'amour Les naufragés de l'amour Quoi ton plan?Quoi ton plan?Quoi ton plan?Quoi ton plan?Flashpoint RDS 17h30 Le 5 à 7 LMB Baseball / Mets de New York c.Yankees de New York (D) L'antichambre Sports 30 HISTORIA L'épave milliardaire L'épave milliardaire Le mystère de l'or / À la vue La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Extraterrestres ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran Pour l'amour du country Oui, Cannes! Roland Lepage Ariane Moffatt Pour emporter EXPLORA Le refuge de l'espoir Créatures Australie 8 jours Rome 20h45 8 jours fait Rome Repères Photographes Photographes Deux guerres Z Face Off / Péchés capitaux American Chopper (v.f.) Diesel Brothers (v.f.) Américars / La folie des Fords A Animal Kingdom Westworld sav-media Maîtres 18h55 Histoire L'ère robots Saviez-vous Monde sans 20h55 Gardiste Couple nerds Encore plus FutureMag uniVERT Grand chapitre TFO Maxi/ Mirette S.O.S.!/ Métiers Les sapiens Top! /19h40 Top! 20h25 BRBR RIDICULE (1996) Charles Berling.22h40 Planète BRBR Planète Vanity Fair Confidential (v.f.) Sur la scène du crime Sur la corde raide Maîtres peinture / Rembrandt Face au feu Topoï CBC CBCNews JFL: Gags Murdoch Mysteries Murdoch Mysteries Murdoch Mysteries CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal MasterChef Canada American Ninja Warrior Criminal Minds CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Neighborhood Man Plan The Code / Smoke-Pit Bull / But for the Grace Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Jimmy Kimmel NBA Countdwn NBA Basketball / Golden State vs Toronto (D) CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Neighborhood Man Plan The Code / Smoke-Pit Bull / But for the Grace News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Antiques Roadshow Independent Lens / T-Rex: Her Fight for Gold UNIS Cochon dingue Bizarroscope Tournée générale Sel et Diesel Chars Jeunes philanthropes Hors série Les fermiers HBO1 17h30 Lincoln 18h45 One Nation Under Stress Foster Gentleman Jack Big Little Lies TVA Sports 17h00 JiC LE PROGRAMME (2015) avec Chris O'Dowd, Ben Foster.Boxe Le TVA sports Dans le ring 06/09 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte Les Poilus Faire un tour?/ Ginette Reno 1res fois / Mariloup Wolfe Le Téléjournal 22h35 Valdragu Pêcheurs TVA TVA nouvelles VLOG DANGEREUX 7 (2015) avec Paul Walker, Dwayne Johnson, Vin Diesel.21h45 Mitsou et Léa 22h45 TVANou.Cinéma TQ Un chef à la cabane De garde 24/7 Banc public Y'a du monde à messe TAXI DRIVER (V.F.) (1976) Robert De Niro.V Cinéma 18h45 LES APPARENCES (2014) avec Rosamund Pike, Neil Patrick Harris, Ben Affleck.LE SECRET DE MA MÈRE (2006) Ginette Reno.ICI RDI Le Téléjournal Vocation Le National Le National Découverte Le Téléjournal Le 21e Le National Semaine Verte TV5 Saison au zoo Journal FR On n'est pas couché Champions du monde TV5 le journal CANAL D Fabien Cloutier: Assume Cauchemar sur l'autoroute Texas Chrome Docu-D / Enfants de la F1 Docu-D / Superhéros Outback CANAL VIE Chopped / Desserts déroutants Gâteaux Au chalet Vie de tournée Mères à boutte Mères à boutte Les naufragés de l'amour Naufragés RDS Sports 30 Grand Prix F1 LMB Baseball (D) Sports 30 Sports 30 FIFA: 2019 HISTORIA Mordus Mordus Mordus Mordus Mordus Mordus À fond À fond À fond À fond À fond ICI ARTV ICI on chante Pour emporter NITRO (2007) avec Martin Matte, Guillaume Lemay-Thivierge.Victoria / L'époux de la reine LE BOSSU EXPLORA Cerveau Cerveau Méga constructions Pharmachien Planète techno Océania / Titans des océans Découverte Alex+Tyler, éco Z Diesel Brothers (v.f.) Week-end Talk show Déroute Comédie Ballers (v.f.) Ballers (v.f.) Vikings / En terre étrangère South Park sav-media 36.9° / Migraine de folie Kebec/ Art Génie d'ici Couple nerds Archi branchés Civilisations 21h50 Art Grand chapitre 22h50 Biblioth Musée/ Nature TFO Petz/ Petz Subito texto Flip Métiers/ Métiers Sapiens 20h45 Métiers UNE SAISON EN FRANCE (2017) Eriq Ebouaney.22h45 Visite 23h15 Le Puits Planète 17h00 L'accusé Secret du SAS / Post trauma Kangourous Globe cooker Spécial F1: Sur les traces d'Ayrton Senna Emile Aillaud Toits de Paris CBC When Calls the Heart To Be Announced LNH Hockey / Boston vs St.Louis (D) The National CTV CTV News Montreal Mary's Kitchen The Big Bang The 73rd Annual Tony Awards National News GBL Global News Global National BorderSecur BorderSecur Mary Kills People Private Eyes / Full Court Press NCIS: Los Angeles Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos Celebrity Family Feud The $100,000 Pyramid To Tell the Truth News CBS Ch.3 News Weekend News 60 Minutes The 73rd Annual Tony Awards News PBS (33) Civilizations The Great British Baking Show Secrets of the Tower of London Julia Louis-Dreyfus: The Mark Twain Prize Symphony Midwife UNIS Les fermiers La galère Degrassi Le Loup-garou Galaxie près Galaxie près D'un rire à l'autre Trait d'humour HBO1 AXIOS I Am Evidence Real Time With Bill Maher Big Little Lies Big Little Lies Last Week TVA Sports Kevin Raphael Le TVA sports Avant-match (D) LNH Hockey / Boston vs St.Louis (D) D.Morissette 06/08 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal À la valdrague Alegría Faire oeuvre utile Notre vie / Le mariage Le Téléjournal Des gens de son pays TVA TVA nouvelles CHAPPIE (V.F.) (2015) avec Dev Patel, Hugh Jackman, Sharlto Copley.LE SEPTIÈME FILS (2014) avec Julianne Moore, Ben Barnes.TVA nouvelles TQ FOURMIZ (1998) Grizzy/ Jungle SOS sages-femmes LES RUES CHAUDES (1973) avec Harvey Keitel, Robert De Niro.23h05 Banc p.V Cinéma CONAN LE BARBARE (2011) avec Ron Perlman, Jason Momoa.20h45 PARTIS EN 60 SECONDES (2000) avec Angelina Jolie, Nicolas Cage.23h15 Buzz ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Les grands reportages Le Téléjournal L'Épicerie Le Téléjournal Le National Grands rep.TV5 Saison au zoo Journal FR La vie secrète des chansons Les années bonheur 22h20 Voisins Voisins/ Voisins TV5 le journal CANAL D Routiers de l'Outback SOS Infesta.SOS Infesta.Célèbres et fauchés Galas ComédiHa! 2016 Fabien Cloutier: Assume Tanked (v.f.) CANAL VIE Idées-grandeur Idées-grandeur Luxe au bord Au chalet Mini-maisons sur mesure Merci de parta Mariages The Affair (v.f.) Suivant RDS Au 19e Sports 30 Grand Prix F1 F1 Course automobile - Grand Prix du Canada Qualifications Bateau Sports 30 Sports 30 FIFA: 2019 HISTORIA Vimy / Des soldats disparus Vimy / Des soldats disparus Témoignages du Jour-J La guerre en mémoire Pawn Stars Pawn Stars ICI ARTV Pour emporter Pour l'amour du country LA ZIZANIE (1978) avec Annie Girardot, Louis De Funes.Notre vie / Soirée mémorable Cinéma EXPLORA Homo sapiens Deux guerres, une histoire La Semaine verte Mégastructures nazies / Les trains de la mort hitlériens Pharmachien Z Cinéma Prêt sur gage Les hors-la-loi du volant Les hors-la-loi du volant Animal Kingdom Westworld / L'énigme du Sphinx sav-media Grand chapitre 18h50 Biblioth Survivre 19h50 Lexique Musée/ Gardiste Kebec/ Art 36.9° / Migraine de folie De garde 24/7 22h45 Gardiste 36.9° TFO Petz/ Petz Subito texto Flip Métiers/ Métiers Sapiens 20h45 Métiers LE COEUR A SES RAISONS (2012) 22h40 Visite 23h05 8,75$ Planète AF447: la traque du vol Rio-Paris Spécial F1 Dans le secret des villes Frackman CBC CBCNews marketplace Dragons' Den Dragons' Den Guantanamo's Child: Omar Khadr CBC Docs POV CTV CTV News Montreal W5 ALL FOR LOVE (2017) avec Steve Bacic, Sara Rue.The Big Bang The Big Bang National News GBL Global News Global National BorderSecur BorderSecur Rookie Blue / A Real Gentleman D-Day in 14 Stories War Story Global News ABC News News at 6:30 Extra Weekend Shark Tank The Good Doctor / Hubert 20/20 News CBS Ch.3 News Weekend News Ent.Tonight God Friended Me 48 Hours 48 Hours News PBS (33) Father Brown Time Goes By Appearances Rev.Still Open Doc Martin / Control-Alt-Delete Death in Paradise Austin City UNIS À plein gaz Filles de moto Chez nous File d'attente Mauvais karma NUIT DE NOCES (2001) François Morency.Chair de poule HBO1 17h25 A.Syed San Francisco 19h15 Too Big to Fail: Opening the Vault to the Financial Crisis THE WIZARD OF LIES (2017) Robert De Niro.Cinéma TVA Sports Le TVA sports MLB: moments LMB Baseball / Dodgers de Los Angeles c.Giants de San Francisco (D) Le TVA sports RUSH (V.F.) (2013) S A M E D I L U N D I D I M A N C H E Une bibitte détonante et absurde La série L\u2019Intermédia-Web est dopée à la culture du mème, du gif et de la vedette autoproclamée UNIS | 4 1 C u l t u r e Té l év i s i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 CRITIQUE LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR Le moniteur de camp de vacances est une ressource qui se raréfie.Encore plus quand il s\u2019agit d\u2019accompagner des clientèles à défis, comme au Camp Papillon, à Saint-Alphonse- Rodriguez, où le cinéaste Guillaume Sylvestre a posé sa caméra.Ici, l\u2019été voit défiler 300 campeurs en situation de handicap aux besoins multiples et aigus.À leurs côtés, 100 moniteurs de 16 à 20 ans s\u2019activent, les épaulant du mieux qu\u2019ils peuvent, dispensant des soins essentiels allant de la becquée à l\u2019étreinte dans un tourbillon d\u2019une exigence physique et mentale inouïe.La magie du camp fondé en 1938, le plus grand du genre en Amérique du Nord, est largement documentée.Rarement pourtant aura-t-on pris la peine de l\u2019examiner d\u2019aussi près qu\u2019ici.Ce Camp Papillon, un été de rêve est peut- être coiffé d\u2019un nom d\u2019Épinal, il n\u2019en demeure pas moins ancré dans une approche qui tient davantage du cinéma vérité que de l\u2019hagiographie.Un rien didactique malgré une narration chaleureuse, la caméra de Guillaume Sylvestre butine d\u2019un groupe à l\u2019autre, l\u2019air de rien, glissant sur les joies des uns et les crises des autres sans jamais prendre parti.Cette apparente légèreté agit comme un révélateur.Si élogieux soit-il, le portrait lumineux qui en résulte ne cache pas pour autant les ombres qui planent sur cette mission dif ficile, souvent ingrate, voire injuste.Coincés entre les demandes des campeurs aux besoins impérieux et le manque criant de ressources, les jeunes moniteurs craquent parfois sous l\u2019ampleur de la tâche.Ils le font avec humilité, se relevant avec une superbe qui force ici l\u2019admiration.Camp Papillon, un été de rêve AMI-télé, mardi, 19h, sur amitele.ca et à la Cinémathèque québécoise L\u2019été devant eux Les hauts et les bas de la vie dans un camp adapté québécois AMI-TÉLÉ 06/14 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy L'effet Wow L'ARRIVÉE (2016) avec Jeremy Renner, Amy Adams.Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Sucré Salé Du talent à revendre L'EXPATRIÉ (2012) avec Liana Liberato, Aaron Eckhart.TVA nouvelles 22h35 Sucré 23h05 Ma tête TQ Pat'Patrouille Passager Cuisine futée, Mc$ween De garde 24/7 Banc public Y'a du monde à messe Kebec Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire ULTIME VENGEANCE (1990) avec Kelly Le Brock, Steven Seagal.Gotham / Métamorphoses SQ ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR Partir Autrement en famille Thalassa / Au Pays basque, de Biarritz à Bilbao Le sexe autour du monde Journal/ C à dire CANAL D Parker: Sa ruée vers l'or Fugitifs Patrouille Patrouille Marche à l'ombre Chicanes Billions (v.f.) CANAL VIE Rénovateurs à l'entrainement Mariages Au chalet Mères à boutte Naissances Idées-grandeur Idées-grandeur Idées-grandeur Idées-grandeur Flashpoint RDS 17h30 Le 5 à 7 L'antichambre L'avant-match (D) LCF Football / Alouettes de Montréal c.Eskimos d'Edmonton (D) HISTORIA Dundee Dundee Dundee Dundee Les montagnards Les montagnards / La chute Les montagnards Montagnards ICI ARTV Moi et l'autre Moi et l'autre Anne Pour emporter ICI on chante Les grandes entrevues Cinéma EXPLORA Bêtes des champs Animaux minuscules Océania / SOS Hippocampes Anomalies humaines Secouristes de haute montagne Secouristes de Z Face Off / Le lac des cygnes Américars / La folie des Fords A American Chopper (v.f.) Diesel Brothers (v.f.) Les Brown / Lutter ou s'envoler Péril en mer sav-media De garde 24/7 Gardiste/ Thèse Demain, l'école Kebec/ Art Musée/ Art Grand chapitre 21h50 Biblioth Survivre 22h50 Gardiste Civilisations TFO Amélie /18h25 Amélie Subito texto Top!/ Top! Métiers/ Doc 20h35 Doc MADAME HYDE (2018) Isabelle Huppert.BRBR Minuit BRBR Minuit Planète Shuklaphanta Jurassic Fight Club (v.f.) Face au feu Les superpouvoirs du sang Kangourous Globe cooker AF447 CBC CBCNews JFL: Gags Kim's Coronation St.The Nature of Things Taken Taken CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Marvel's Agents of S.H.I.E.L.D.Blindspot Criminal Minds CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight NCIS: New Orleans Hawaii Five-0 Ransom / Black Dolphin Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Marvel's Agents of S.H.I.E.L.D.20/20 News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Whistleblower Hawaii Five-0 Blue Bloods / Ripple Effect News PBS (33) PBS NewsHour News Vermont Week Wash.Week Firing Line American Masters / Terrence McNally PBS Previews Amanpour UNIS Chair de poule Chair de poule Le Loup-garou Le Loup-garou Galaxie près Galaxie près D'un rire à l'autre Trait d'humour / Billy Tellier Chars HBO1 17h50 CLARA (2018) Patrick J.Adams.19h40 Class Divide The Knick / This Is All We Are Real Time With Bill Maher Jett TVA Sports 17h00 JiC LMB Baseball / Phillies de Philadelphie c.Braves d'Atlanta (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports 06/13 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes Lâcher prise Magnifiques Le grand rire Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports/ Réelle TVA TVA nouvelles Sucré Salé Pot Inc.Rêvons mais.LE MARIAGE DE L'ANNÉE 2 (2015) Nia Vardalos.TVA nouvelles 22h35 Sucré Cinéma TQ Pat'Patrouille Cochon dingue Conseils Génial! 180 jours L'AFFAIRE THOMAS CROWN (1999) Pierce Brosnan.23h10 Cabane V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire JUGE DREDD (1995) avec Rob Schneider, Sylvester Stallone.CSI: Miami / Cyber-lébrité 911 ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Champions Les Princes Des racines et des ailes / En Toscane au fil de l'Arno Berlin '59 Journal/ C à dire CANAL D Cauchemar sur l'autoroute Enchères Enchères Enchères Enchères Enchères Enchères Docu-D / Cobayes: les dossiers noirs CANAL VIE Rénovateurs à l'entrainement Conquérants Gâteaux Chopped / Mettez-y du piquant! The Affair (v.f.) Proprio Proprio Flashpoint RDS 17h30 Le 5 à 7 Images/sec.LCF Football / Roughriders de la Saskatchewan c.Tiger-Cats d'Hamilton (D) L'antichambre HISTORIA FantomWorks FantomWorks Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Hors route ICI ARTV 17h30 Downton Downton Abbey Moi et l'autre Lumière sur.Guerre et paix Cirque Alfonse NITRO EXPLORA Animal Fight Club (v.f.) Créatures Australie Alex+Tyler, éco Recyclage Pharmachien Gros labo Créatures Australie Créatures Z Face Off / Vols imaginaires Les Stupéfiants Les stupéfiants LES 4 FANTASTIQUES (2005) avec Jessica Alba, Ioan Gruffudd.HYP-GAGS sav-media Triade créative Archi branchés 36.9° 36.9°/ Lexique De garde 24/7 Gardiste Question santé Question santé Malaria Business 23h10 Génie TFO Maxi/ Mirette S.O.S.!/ Métiers Les sapiens Top! /19h40 Top! BRBR LA VIE DE CHÂTEAU (2017) Jacky Ido.BRBR Minuit 23h05 BRBR Planète Sur la corde raide Maîtres peinture / Rembrandt Enfants dans Shoah L'Antiquité Les oubliés Supernature / Mobilité CBC CBCNews JFL: Gags Kim's Coronation St.Dragons' Den CBC Docs POV / Skinhead CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Big Bang Young Sheldon The Big Bang The Big Bang Law & Order: S.V.U.CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight HEARTS OF SPRING (2016) Lisa Whelchel.Elementary Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Jimmy Kimmel NBA Countdwn NBA Basketball / Toronto vs Golden State (D) CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight The Big Bang Young Sheldon Mom Life in Pieces Elementary News PBS (33) PBS NewsHour Raising Ali PBS Previews Story Songs (My Music) Yellowstone Symphony Amanpour UNIS Cochon dingue Mission Verte Bouffe en cavale Les fermiers / La fin d'un cycle Jenny/ Jenny File d'attente Web Thérapie Web Thérapie Peaky Blinders HBO1 Cinéma 18h40 Number 19h05 BESSIE (2015) Bryan Greenberg, What's My Name: Muhammad Ali Partie 1 de 2 22h25 What's My Name: Ali TVA Sports 17h00 JiC LMB Baseball / Rangers du Texas c.Red Sox de Boston (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports 06/12 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes L'Épicerie Oui, Cannes! Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports TVA TVA nouvelles Sucré Salé Oeufs d'or Boomerang La recrue / Coeurs brisés Esprits criminels TVA nouvelles 22h35 Sucré Cinéma TQ Passe-Partout Cochon dingue Conseils Génial! Point doc SNOWDEN (V.F.) (2016) avec Shailene Woodley, Joseph Gordon-Levitt.V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire Pompiers Ces gars-là Taxi payant APB: Alerte / Bas les masques Rire et délire 911 ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Des camions et des hommes Envoyé spécial 100 jours Journal/ C à dire CANAL D Tanked (v.f.) Transports Éboueurs Parker: Sa ruée vers l'or Célèbres et fauchés Accident de star / Justin Bieber Au pays des CANAL VIE Rénovateurs à l'entrainement Les gratteux Merci de parta Vie de tournée / Simple Plan Design V.I.P.Design V.I.P.Design V.I.P.Design V.I.P.Flashpoint RDS 17h30 Le 5 à 7 L'antichambre (D) LMB Baseball (D) Sports 30 HISTORIA Fièvre encans Fièvre encans De l'acier et du feu De l'acier et du feu De l'acier et du feu De l'acier et du feu / Khukuri L'acier et feu ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran Moi et l'autre La vie secrète de Marilyn Monroe Scandales EXPLORA Suprême animal Créatures Australie Cerveau Cerveau Méga constructions Planète techno Gagner Hackers Z Face Off / Magie noire Déroute Comédie Talk show Week-end À FOND DE TRAIN (2010) avec Chris Pine, Denzel Washington.HYP-GAGS sav-media Couple nerds Génie d'ici Maîtres 19h50 Lexique Maîtres 20h50 Histoire Archi branchés Triade créative Au coeur du cinéma québécois Couple nerds TFO Maxi/ Mirette S.O.S.!/ Métiers Les sapiens Top!/ Top! 20h10 ONFR+ BRBR VALLEY OF LOVE (V.F.) (2015) 22h35 BRBR 23h05 BRBR Planète KKK: la renaissance du Klan Dans le secret des villes Vanity Fair / Jours de colère Sur la scène du crime Arts backstage La Belgique frappée au coeur CBC CBCNews JFL: Gags To Be Announced LNH Hockey / St.Louis vs Boston (D) The National CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Amazing Race MasterChef Match Game / Jason Alexander CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight S.W.A.T.Private Eyes / Cut and Run The InBetween Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Press Your Luck Card Sharks Match Game / Jason Alexander News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight The Amazing Race NCIS: Cases S.W.A.T./ Day Off News PBS (33) PBS NewsHour Crossroads Outdoor Nature Nova Operation Maneater / Crocodile Amanpour UNIS Cochon dingue Jenny/ Jenny Web Thérapie Web Thérapie La galère St-Nickel Tournée générale Un vrai selfie HBO1 17h35 GLOBAL MELTDOWN 19h05 Ice on Fire 20h40 BREXIT (2019) Benedict Cumberbatch.22h25 At the Heart of Gold TVA Sports 17h00 JiC LMB Baseball / Blue Jays de Toronto c.Orioles de Baltimore (D) RAW Le TVA sports 06/11 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes S'aime chien Secret médical Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports/ Révolte TVA TVA nouvelles Sucré Salé Lâchés lousses Malaises Complexe G L'arme fatale TVA nouvelles 22h35 Sucré Cinéma TQ Passe-Partout Cochon dingue Conseils Génial! Point doc House of Cards (v.f.) House of Cards (v.f.) Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Tout s'embellit Les jeux fous d'Ellen Taxi payant Le dernier navire Rire et délire 911 ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Chiens et chats Partir Autrement en famille Les Princes Sexe autour du monde / Grèce Profilage / Nouveau départ Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Douanes Douanes Cauchemar sur l'autoroute Les rois de la ferraille Routiers de l'Outback SOS Infesta.CANAL VIE Rénovateurs à l'entrainement Maison jackpot Luxe au bord Mini-maisons sur mesure Idées grandeur Idées grandeur Idées grandeur Idées grandeur Flashpoint RDS 17h30 Le 5 à 7 Hors-jeu 2.0 Expédition extrême FINA Plongeon L'antichambre Sports 30 Sports 30 HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran / Le cadeau Quelle famille! Cirque Alfonse Guerre et paix Notre vie / Soirée mémorable Victoria EXPLORA Animo S'aime chien Créatures Australie Pharmachien Gros labo Anomalies humaines Alex+Tyler, éco Recyclage Les maîtres Z Face Off Les Brown / Lutter ou s'envoler Péril en haute mer Vikings / Le Prisonnier Ballers (v.f.) Ballers (v.f.) Silicon Valley sav-media Survivre 18h50 Gardiste Uranium 19h50 Gardiste Saviez-vous FutureMag Génie d'ici L'ère robots En mouvement 22h50 Gardiste Question santé TFO Maxi/ Mirette S.O.S.!/ Métiers Les sapiens Top!/ Top! ONFR+/ ONFR+ BRBR MARIE REINE D'ÉCOSSE (2013) Camille Rutherford.23h10 Compte Planète Rochefort en baskets Tout savoir.Shuklaphanta Jurassic Fight Club (v.f.) La vie rêvée de Gaspard L'air du temps CBC CBCNews JFL: Gags Schitt's Creek Schitt's Creek Schitt's Creek Schitt's Creek Winnipeg Comedy Festival CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang CAPTAIN AMERICA: THE WINTER SOLDIER (2014) avec Scarlett Johansson, Chris Evans.CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight NCIS / Crossing the Line FBI / Cops and Robbers Blood & Treasure Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition TBA TBA TBA TBA To Be Announced News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight NCIS / Crossing the Line FBI / Cops and Robbers Blood & Treasure News PBS (33) PBS NewsHour Born to Expl Yankee We'll Meet Again / Coming Out American Experience / Stonewall Uprising Frontline / The Pension Gamble UNIS Cochon dingue Devenir adulte Un vrai selfie Chez nous HISTOIRE DE PEN (2001) avec David Boutin, Emmanuel Auger.Ciné tout court Rire à l'autre HBO1 17h55 BOY IN THE ATTIC (2016) Abbie Cobb.AXIOS Ice on Fire 21h35 Big Little Lies 22h35 Gentleman Jack TVA Sports 17h00 JiC LMB Baseball / Mets de New York c.Yankees de New York (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports J E U D I V E N D R E D I M E R C R E D I M A R D I L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 V I V R E Sur Ocean Drive, les néons des enseignes et les éclairages transforment les édifices en une multitude de tableaux flamboyants.GABRIEL ANCTIL REPORTAGE GABRIEL ANCTIL À MIAMI COLLABORATEUR LE DEVOIR E lle est omniprésente depuis des décennies dans l\u2019imaginaire collectif des Sud- Américains, des Haïtiens, mais surtout des Cubains.Cette ville, située à l\u2019extrémité de l\u2019empire, tant vantée par les exilés, auréolée des promesses de l\u2019American Dream, symbolise pour des millions de déshérités une terre de possibilités où il est possible de tout recommencer.Un endroit où, espèrent-ils, leur vie et celle de leurs enfants seront plus faciles.Miami, les deux pieds dans l\u2019eau, à 360 km de La Havane, est la plus latino des grandes villes américaines.Comme une zone tampon entre le Nord et le Sud.Une ville frontière où se mélangent les cultures et les influences.Clinquante et superficielle à première vue, elle cache des quartiers fascinants et des trésors architecturaux qui méritent qu\u2019on s\u2019y arrête.Visite de cette ciudad mágica aux accents hispaniques, qui berce les rêves des plus désespérés du continent depuis des générations.Une île, un refuge Cuba.1er janvier 1959.Alors que les frères Castro, Che Guevara, Camilo Cienfuegos et les autres révolutionnaires de la Sierra Ma- estra sont acclamés dans les rues en liesse de La Havane, des milliers d\u2019autres Cubains, proches de Batista, le dictateur renversé, s\u2019enfuient en catastrophe de leur île chérie pour se mettre à l\u2019abri à Miami, le temps que les choses se placent, que la révolution soit renversée et qu\u2019ils regagnent leur place privilégiée dans l\u2019île crocodile.Mais Castro et son régime ont miraculeusement survécu à toutes les attaques, si bien que les réfugiés, au nombre de 300 000 au cours des trois années qui suivirent la révolution, n\u2019ont jamais revu leur pays ni leurs maisons.Amers et nostalgiques, ils ont élevé leurs enfants dans la haine du régime communiste, qui a détruit leur destin.À ce premier contingent se sont ajoutées, au fil des décennies, d\u2019autres vagues d\u2019immigrations, politiques et économiques, qui ont porté le total des exilés cubains aux États-Unis à environ deux millions, dont près Miami, la plus cubaine des villes américaines En Floride se trouve un endroit qui vous transporte dans une autre réalité | 4 3 Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 trouve un imposant monument érigé en l\u2019honneur des combattants qui ont participé à l\u2019invasion de la baie des Cochons, en 1961.Cette opération, dirigée par la CIA et financée par le président Kennedy, à laquelle plus de 1500 exilés cubains et anticastristes ont participé, s\u2019est avérée un échec cuisant.Elle devait renverser Castro et sa bande, mais a plutôt contribué à renforcer son pouvoir.Une flamme éternelle y brûle en leur mémoire.Pour terminer votre exploration de Little Havana en dansant, le Ball and Chain est l\u2019endroit tout indiqué.Inauguré en 1935, le club a connu son âge d\u2019or dans les années 1950, alors que des légendes du jazz, telles que Nat King Cole, Ella Fitzgerald, Louis Armstrong, Count Basie et Chet Baker, y ont ensorcelé le public.Le bar possède aujourd\u2019hui une scène extérieure où sont régulièrement présentés des concerts de musique cubaine.Après avoir bu un daïquiri ou un Cuba Libre, il vous sera très difficile de ne pas succomber aux rythmes endiablés qui y colorent les chaudes soirées latines.Une architecture ensoleillée Après avoir exploré le côté cubain de Miami, il vous faudra impérativement aller faire un tour du côté de South Beach et de l\u2019incroyable Art Deco District, où se trouvent pas moins de 800 bâtiments de style Art déco, érigés entre 1923 et 1943.Le secteur, protégé depuis 1979, possède la plus grande concentration au monde d\u2019édifices répondant aux préceptes de ce style architectural particulièrement élégant, qui privilégie l\u2019utilisation de lignes simples et pures.Ce courant artistique, extrêmement populaire à cette époque tant en Europe qu\u2019aux quatre coins de l\u2019Amérique, s\u2019incarne à Miami dans sa version la plus colorée.En effet, chaque construction y a été peinte de façon différente, si bien que l\u2019ensemble crée une mosaïque explosive aux teintes vitaminées par les chauds rayons du soleil de la Floride.Et comme pour Cendrillon qui enfile ses plus beaux atours le soir, l\u2019Art Deco District se métamorphose une fois le soleil couché.Les néons des enseignes et les éclairages transforment alors ses édifices en une multitude de tableaux flamboyants, qu\u2019on dirait tout droit sortis d\u2019un autre temps.De quoi donner le goût de fêter toute la nuit sur Ocean Drive, qui traverse ce magnifique quartier et qui est l\u2019une des artères les plus survoltées d\u2019Amérique.L\u2019ambiance y est latine et exotique, si bien que vous aurez l\u2019impression d\u2019être en voyage très loin des États-Unis, dans une autre culture et une autre réalité.de 70 % vivent en Floride.À Miami, leur communauté, qui compte près d\u2019un million de personnes (sur les deux millions et demi de la région métropolitaine), a profondément changé le visage de cette ville.Fantômes d\u2019une autre époque Vous trouverez un peu partout dans la Little Havana des traces de ce passé chargé de luttes et d\u2019espoir.Constitué d\u2019une dizaine de rues, ce quartier a été le foyer historique de la communauté cubaine.Même si celle-ci est aujourd\u2019hui dispersée un peu partout à Miami, elle continue de fréquenter le secteur où sont concentrés de nombreux commerces, restaurants, bars et salles de spectacle qui gardent vivante cette culture américa- no-cubaine, unique en Amérique.Il suffit de suivre la rue principale, Calle Ocho, pour plonger dans les odeurs, les sons et l\u2019ambiance de l\u2019île originelle.Des coqs coqueriquent en toute liberté, des airs de salsa s\u2019échappent des bars et des cris surgissent des tables de dominos qui emplissent le Domino Park, où se rassemblent les passionnés de ce jeu si populaire dans les Caraïbes.Après avoir acheté des cigares roulés par les mains expertes des exilés dans une des boutiques spécialisées qui y ont pignon sur rue, vous pourriez faire une pause pour goûter à la nourriture simple, mais délicieuse, que les immigrants cubains continuent de préparer comme à leur arrivée, il y a 60 ans.Pour le dessert, rendez-vous à la populaire crémerie Azucar afin d\u2019y déguster une glace à la cubaine.Vous pourriez vous laisser tenter par une de ses nombreuses saveurs exotiques, comme celle à la mangue ou à la goyave, ou encore sortir des sentiers battus et goûter à celle au chocolat et au poivre de Cayenne.Celle-ci fut créée à la mort de Castro, en 2016 et gentiment baptisée Burn in Hell Fidel.De l\u2019autre côté de la rue se Du côté de South Beach et de l\u2019incroyable Art Deco District se trouvent pas moins de 800 bâtiments de style Art déco.MIAMI VISITORS BUREAU Délices cubains Un repas classique serait assurément articulé autour d\u2019un Cuban Sandwich, comme on les prépare admirablement bien à l\u2019El Pub Restaurant.Le plat est constitué de tranches de porc rôti, de jambon Serrano, de fromage suisse, de cornichon à l\u2019aneth, le tout arrosé de moutarde et entassé dans un pain grillé.Il pourrait être accompagné d\u2019un mojito bien sucré et de croustilles de banane plantain.Confection de cigares par des mains expertes dans la Calle Ocho de Miami.GABRIEL ANCTIL L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 Vi v r e Voya g e 4 4 | Le verger Belliveau compte 70 000 pommiers, dont plusieurs variétés de pommes ancestrales.VERGER BELLIVEAU REPORTAGE CATHERINE LEFEBVRE COLLABORATRICE LE DEVOIR O n constate rapidement le côté convivial des Monc- tonnais, comme s\u2019il y avait un comité d\u2019accueil en permanence qui veille à ce que tout un chacun se sente particulièrement bien, qu\u2019il se sente chez soi à Moncton.Nous posons nos sacs à l\u2019hôtel St- James Gate et déjà, on nous offre l\u2019apéro.Il n\u2019est même pas midi.Nous allons plutôt casser la croûte au restaurant végétarien Calactus.Dans un décor un peu vieillot, les plats, eux, sont goûteux, généreux et n\u2019ont rien à voir avec les recettes beiges et fades de l\u2019ère grano des années 1970.Repus sans être sur le point de nous détacher la ceinture, nous partons prendre un bol d\u2019air frais dans l\u2019un des nombreux parcs naturels entourant la ville.En roulant quelques kilomètres en direction nord, nous arrivons au parc naturel d\u2019Irishtown, un grand espace de près de 900 hectares, l\u2019un des plus grands parcs urbains au pays.C\u2019est aussi dans ce parc que se situe l\u2019école de rang de Tankville, déclarée lieu patrimonial étant donné qu\u2019elle est un rare exemple rappelant le modèle des salles de classe uniques datant des années 1870.Après seulement quelques minutes de marche dans les bois, nous voilà complètement coupés des bruits de la ville.Le vent souffle en sifflant sur la cime des grands conifères.Les oiseaux gazouillent de joie tellement il fait beau, même si le mercure se fait encore timide.La terre humide se fait entendre sous nos pas.Les visiteurs se saluent par un « bonjour, hi ! » sans l\u2019ombre d\u2019une pointe amertume.Après quelques heures de marche, notre appétit se creuse d\u2019un coup.Place à la culture À moins de 10 minutes à pied de notre hôtel, nous arrivons devant le Centre culturel Aberdeen, qui abrite aussi le restaurant Les Brumes du coude.Nous entrons dans ce qui ressemble à une ancienne école.En effet, il y a 100 ans, le lieu était une école secondaire anglophone.Aujour- d\u2019hui, c\u2019est un espace commun de création pour artistes en tous genres œuvrant au développement de l\u2019Aca- die contemporaine.Il y a entre autres des galeries d\u2019art, des ateliers d\u2019estampe et de photographie, en plus d\u2019un restaurant extraordinaire.À l\u2019ardoise, le menu est court, mais il change tous les jours.Entre terre et mer, nous optons pour les pétoncles mi-cuits déposés sur une purée de gourganes parfaitement lisse, le tout garni de moules en escabèche, de fines tranches de betteraves Chioggia et de pousses de tournesol, de graines de moutarde et d\u2019encre de seiche.Nous poursuivons avec un pavé de saumon nappé d\u2019une sauce marchand de vin, dans le sens où il s\u2019agit effectivement d\u2019une sauce à base de vin de table préparée à la façon d\u2019un vin chaud épicé quelques jours plus tôt.La pièce de poisson repose confortablement sur une généreuse purée de carottes et de patates douces, agrémentée de lardons grillés, de broccolini et pommes de terre grelots écrasées et poêlées.L\u2019intention et l\u2019amour se goûtent à chaque bouchée.On vous conseille d\u2019ailleurs de vous asseoir au bar pour discuter avec les membres de sa petite équipe des plus sympathiques.Dans les pommes Le lendemain, nous prenons la journée pour nous balader aux alentours de Moncton et nous arrêter chez quelques marchands et producteurs locaux, notamment au Verger Belli- veau.C\u2019est en 1932 que Sébastien Bourgeois commence à cultiver des pommiers dans la vallée de Mem- ramcook.Parmi les 70 000 pommiers actuellement cultivés au verger, certains d\u2019entre eux sont de variétés ancestrales, comme la Gravenstein, dont les origines danoises remonteraient aux années 1760.Promouvoir l\u2019héritage culturel de la Saut de puce à Moncton Il y a à boire et à manger et l\u2019accueil chaleureux des gens fait tout le charme de la ville | 4 5 Vi v r e Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 Pour annoncer dans ce regroupement, communiquez avec le département de publicité au 514 985-3399 publicite@ledevoir.com À TABLE Dès maintenant ! NOTRE NOUVELLE APPLICATION AMÉLIORÉE Un téléchargement plus rapide, un nouveau design, des mots croisés et une navigation optimisés pour une expérience de lecture ?uide et naturelle.Téléchargez la mise à jour sur App Store ou Google Play.pomiculture locale fait d\u2019ailleurs partie des valeurs de l\u2019entreprise familiale, tenue par les Belliveau depuis les années 1950.Au-delà de l\u2019autocueillette, cela fait déjà 20 ans que la famille produit le Pré-d\u2019en-haut, un cidre pétillant sec et rafraîchissant.Plus récemment, ils ont développé des vins à partir de fruits locaux, comme la poire qui présente étonnamment de belles notes d\u2019acidité et de fraîcheur plutôt que de rappeler le côté sucré du fruit en question.Puis, le petit dernier de la maison est le cidre Scow (qui veut dire « gabare » en français), dont le nom désigne les bateaux qui jadis transportaient des marchandises quotidiennement dans la région.Le Scow n\u2019est vendu qu\u2019au Nouveau-Brunswick et à l\u2019Île-du-Prince-Édouard.Il faut donc profiter d\u2019un séjour dans les Maritimes pour le siroter à l\u2019apéro.De retour à Moncton, nous cassons la croûte au Clémentine Café.Dans la même direction que le parc naturel d\u2019Irishtown, il est un peu situé au milieu de nulle part, entre une station- service au coin de la rue et un prêteur sur gages en face.Mais une fois à l\u2019intérieur, c\u2019est absolument charmant, le café est de grande qualité, le menu est délicieux et à prix doux.À la table d\u2019à côté, des musiciens anglophones discutent avec leur collègue américain de passage dans la région et ils lui expliquent l\u2019importance du rayonnement du français à l\u2019école, mais aussi dans les projets artistiques de tous genres.C\u2019est beau de les entendre.Avant de repartir, nous faisons un arrêt à la boutique Les Gourmandes.C\u2019est ici que nous pouvons mettre la main sur des fromages néo-brunswi- ckois, tous fabriqués à base de lait cru de vache ou de brebis élevées dans les fermes locales.Les joies de voyager au Canada et de ne pas hésiter à l\u2019idée de rapporter ces délices dans nos bagages ! Notre journaliste était l\u2019invitée de l\u2019Office du tourisme du Nouveau-Brunswick.Pavé de saumon nappé d\u2019une sauce à base de vin de table préparée à la façon d\u2019un vin chaud épicé quelques jours plus tôt.En bas : pétoncles mi-cuits sur une purée de gourganes parfaitement lisse, garni de moules en escabèche, de fines tranches de betteraves Chioggia et de pousses de tournesol, de graines de moutarde et d\u2019encre de seiche.PHOTOS CATHERINE LEFEBVRE À table ! Envie de déguster la cuisine des Maritimes à Montréal ?Le restaurant Fricot dans le quartier Petite-Bourgogne s\u2019est inspiré des classiques des Maritimes, principalement composés de poisson et de fruits de mer.Son nom fait toutefois référence au fameux ragoût à base de viande, de pommes de terre et de boules de pâte de style «grands-pères».Et l\u2019ambiance est aussi conviviale que lors d\u2019un séjour dans les Maritimes. Abitibi-Témiscamingue À la découverte des marmites de géants Après une belle heure à pagayer sur le magnifique lac Sault puis avoir vu la ligne de partage des eaux, là où le terme algonquin abbittibbi prend tout son sens (littéralement, « là où les eaux se séparent »), nous voilà déjà sous le charme, enthousiastes à l\u2019idée de nous dégourdir les jambes et d\u2019explorer davantage le magnifique parc national d\u2019Aigue- belle.Le sentier La traverse, très bien aménagé, se veut un parcours en boucle de trois kilomètres qui contourne et surplombe le lac de faille La Haie.[\u2026] Nous observons comment les collines Abijévis se démarquent par une trentaine de phénomènes géologiques et géomorphologiques [\u2026] : coussins volcaniques, coulées de lave et eskers.Mais ce sont les marmites de géants qui impressionnent le plus ! Ces vastes cavités circulaires au creux du roc, qui sont des marques immenses laissées par du remous provoqué par le tournoiement de débris, témoignent bien de la fonte des glaciers.MARIE-ÈVE BLANCHARD Montérégie Yoga sur planche Nul besoin d\u2019être un yogi ou un surfeur de haut niveau pour avoir du plaisir en découvrant le yoga sur planche (ou yoga SUP).Au contraire, mettre les pieds et le corps tout entier sur l\u2019une des planches flottantes de la compagnie waves, c\u2019est accepter les fortes possibilités de se mouiller et\u2026 être très zen avec ça.[\u2026] On prend place sur une planche SUP (pour « stand up paddle ») et on par ticipe à une séance de yoga traditionnelle sur les berges du Saint-Laurent, aux abords de Boucherville.SARAH-ÉMILIE NAULT Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean Parcourir le fjord du Saguenay en kayak de mer Au cœur du parc national du Fjord-du-Saguenay, la balade en kayak de mer sur les eaux bleutées de la baie Éternité permet de jouir du meilleur des points de vue sur les falaises entourant le célèbre fjord québécois.Proposée par OrganisAction, le Québec Hors- Circuits !, la randonnée en kayak de mer se fait éducative alors qu\u2019un duo de guides d\u2019expérience partage avec nous les secrets de cette baie unique, du parc national, des falaises et du fjord.Nous avons pagayé gaiement jusqu\u2019aux rochers sur lesquels se tient la fameuse statue de la Vierge et avons admiré [\u2026] le parfait amalgame de hautes falaises du Cap Trinité, de montagnes verdoyantes, de bleu du ciel et d\u2019eau scintillante.SARAH-ÉMILIE NAULT Côte-Nord Dormir aux îles Mingan Est-ce une tente?Un chalet rustique?Quelque part entre les deux, la tente oTENtik de Parcs Canada offre une expérience près du camping sans toutefois rebuter les ex-scouts qui se souviennent des tentes rudimentaires de jadis.Le plancher et l\u2019armature sont en bois ; le toit est fait de toile.[\u2026] Nous effectuons la traversée vers l\u2019île Quarry depuis Havre- Saint-Pierre malgré la pluie battante.Une fois arrivés à bon port, nous devons marcher durant une dizaine de minutes de marche pour accéder au site.Des chariots nous permettent de transporter bagages et provisions.[\u2026] Le lendemain, nous allons voir de plus près les monolithes, ces géants de calcaire à la silhouette impressionnante.MARIE-JULIE GAGNON L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 S ECT I O N S P ÉC I A L E TOURISME 4 6 | www.hotelsuiteslacbrome.com Pour une évasion en plein cœur des Cantons de l\u2019Est 1 888 922-0404 Cette section spéciale a été produite par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.La rédaction du Devoir n\u2019a pas pris part à la production de ces contenus.TESTÉ ET APPROUVÉ Le Québec en plus de 100 expériences extraordinaires Collectif dirigé par Marie-Julie Gagnon Aux Éditions Parfum d\u2019encre Des vacances au Québec autrement On pense le connaître, mais il nous surprend toujours.Le Québec regorge de beautés et d\u2019expériences multiples.Neuf journalistes et blogueuses spécialisées en voyage partagent leurs trouvailles d\u2019un bout à l\u2019autre de la province, autant des nouveautés que des expériences méconnues, dans le livre Testé et approuvé.Le Devoir en publie ici quelques extraits.PHOTOS?: MATHIEU DUPUIS L\u2019île Quarry, située dans l?Archipel-de-Mingan, s\u2019avère idéale pour recharger ses batteries et se sentir loin de la vie moderne. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 «?L     Découvrez la chaleur de l\u2019Acadie! #ExploreNB CONGRÈS MONDIAL ACADIEN 2019 NOUVEAU-BRUNSWICK « Je lance un appel au secours de la part des Acadiens de la Louisiane.On est tombés de la falaise, mais on n\u2019a pas encore touché la terre. » 25 ans après avoir prononcé ces mots à Shédiac, lors du premier Congrès mondial acadien (CMA), Zachary Richard remontera sur scène à Dieppe avec plusieurs autres artistes, le 15 août prochain, en entonnant sa nouvelle chanson qui raconte « ce vent qui [le] ramène, d\u2019aussi loin, d\u2019aussi longtemps » à ses racines, étant un grand fidèle de ce rassemblement quinquennal qui célèbre l\u2019Acadie et sa culture.Le chanteur bien connu de la Louisiane sera aussi présent à quelques occasions lors du CMA 2019.CONTENU AIRE PUBLICIT NUMÉR S DE LA 1 O TION TINA .n o gi é a r e l d i s s n a s e p u o x c u e d é m u n n o i t a n i t s e a d l d n o M Le l a n r u o u j d wi s n u r B - u a e v u o e N L ES G A L P ES L e u i q c i o , v 9 1 0 A 2 M u C t a n a t s ai e f n d o i t s e u .Q 9 1 0 e 2 o 1 d r e c c n vi o r a p é l n g i s é i a d u , q e œ e c p d u o d c n a r e g t l s k e c s t ai r t t s a e u q l e r r e i e p n u \u2019 e d r t n a t e é m m o e é n n a \u2019 e l r d u l t h e i c e s m m o t c s e \u2019 , c s è r g n o C g n a n l é e s o p m o s c u l s p i a v a \u2019 n t p n a d n e .P e t è r p r e t n i - r u e t i s e l é l b m e \u2019 t d i , d e i a v m s e è r g n o r C e i m e r p e l g n o e C L «  .e ch ou y a C l à J u a c à P r a M y ann D , r e l ut B , J o i d a o R i d a R t i a v a \u2019 e m g a t i r é .Au e s i a ç n a r e f u e , j s n 5 a e 1 s d è r - o p m o c - r u e t u a \u2019 é g n a h 4 a c 9 9 n 1 e d r e r t n o m é e d n d o i s a c c o \u2019 a l r e s s è r e r o c n u e 5 o 5 7 e 1 p u o r e g , l s o , r ie l l i h ut o B e L d e r lf i W , u a e r d u o B h t i d , É c n a l B e a L s i , L r a g d h E p e s o i d \u2019 r l i é t a \u2019 \u2019 , c d r a s t u l s p e r u e s h e u q l e u Q e m or f n e s e h t i ol mon s ue q s e t u o t u e a s s a e b é r a r à m e h c r a m e p o s H r e h c o x r .Au e d n o u m d s p e i l m r a t p n e r u g i s f e é r a s m e S Y D N U E F E D I A A B L .n e i d a c l a a r o t t i u l g d n o e l l e d d u a h s c u l a p r l e e m u d a e \u2019 L t q n o i s u s q e r t u a \u2019 r d a t p n a s s a p u o e B s d e n u s D e e d m l a s c u l p e P g a l e p é m i n s a è r a t e l , d e c n i v s d e g a l 0 p e 5 s d u l e p t p m o n c O e l l t k a y a n k t e s e .s r u e l f de t o p de - n a g i e g r d t u e n p , o l l we s e t u a s h u l e v u o r e t s s y a u p .s e t r e s é i d s a u n , e e h c u o t c e l l e e à c e l r a - o r a p s l n a É on C u d e c n a t or p m \u2019i l r i r d n i mo a u e t n a h e c e l t u o j , a s e m ti i r a M u a n u m m o a c é à l t r e i a f e l t d e r i p s n i nt o i u q s r u e j a m s nt e m é t é a 4 9 9 e 1 s d è r g n o C e L « n u m m o a c e l s d e r b m e t m e ur o p e r ai it t n e d i t e e l l e ur lt u c e d g a m u l l a \u2019 e d i g u o a b t l u n f e i d g n o e C , l i u r l u o e p m m o C u h \u2019 d r u o j u e a r o c n s e i u e s ù j o tr t i a v a \u2019 m t e e u q u n a r a p s i r p é év \u2019 e l g d n o l u o s t n a u d e i l s r e d n a r e g d c a x u a i d mon e l l e \u2019 u q ors l A ES D N A R G ( E D E L B M SE S A R e t n de i s é pr la u e o r i a d n e g é l o t à n n e m e h c e m e u e s n o n » .l a i d mon s è r g s a t p u e e p n n .O r s e e d n n e i d a c é a t e c n a i f n o c a l e é d - e n é v é s e d n u \u2019 l .e n n e i d a c é a t u a s e t s i t r a s ur e i s lu p n o ti a m r i ff e a n u \u2019 - a c l a a i d n o s m è r » .  i e t s i p e n u r u s é n î a e n i a t n a r a u e q n u \u2019 s d è r .P t n e m e n u t a u o s t e s s e t ô s h n o i g é s r e s l e t i s s u nt a o r u a e l l i m a f e s d n o i n u é , s t u b dé t u o t s e l s i u p de s n e i d a s è r g on C s de on i t a r i p s n \u2019i l t on s s ES L L I M A F ) S T N E M .r i o l a t v i a , f » e  d n o e m r l u e s r tu r e v e r t o nt n e m e l a g s é i a , m e r tu l u e c r t - a t t a e r t o n t e e m s i m a n y r t o t n n s e e r è i v i s r e t n a l e c n ti é \u2019 e d r t n e u m d , E e i n n o y a r e B n i e l n p t e e n o r a f .À l e g a n i s a g a e m r l u o p t b n o t s e e u q i m a n y e d l l e r tu l u c p p e i t D n e o t c n o .M e u q i r o t s i h t s s e t r s a e r s u o e p u n n o c e t r s e e p l a t i p a a c , l n o t c i r e d e r , F s e n u r q e m m o n n e \u2019 r n u o .P s e é m i n a p m o k c c i w s n u r B - u a e v u o e N L S LLE I V S LE .s e r t è 4 m à 1 \u2019 u q s u t j n i e t t a e p n s o ç a e f e d t n o m e e r é r a m o r n e e c r p p u e n p o u q .s e n g a t n o t m e ti t o l t b s n e o t s d n c e b é u u Q e d r è ti s e r i a l u p o n p e i e i e v n t u n e r ff e o e r t n e n c o , e l a i c n i v o r - s e u q l e u e q u s e l l i s v r u e i s u l e p t t e e r i a l u c a t c a u s q r o , a s e t ô é h t i l a p i c i n u e m u q a h C c l a a i d n o s m è r g n o u C e d t n e d e T t t e d u a l e C m r i ff , a » x  u z e e h c A \u2019 l r i l l i ue c c a \u2019 d e t â h t on ls \u2019i u q n e s g e e l u à q j é t d n e s s e n r O «  u o N u a 2 1 t e d ar u o d É - e c n i Pr , s s e s s e t ô s h é t u a n u m m o 0 c 2 u 2 0 a u 1 , d é t t é e e c n d o ti i d é \u2019 L h c i r t e e é i f i s r e v i d n o i t a m m a r g 9 p 1 0 A 2 M e C , l e n n e i d a c a t r a p a l t i a f i u q e t ê f e d n a r G S T I V I T C A \u2019 D LE U FO E N U , c s è r g n o u C a s f e r d ti r a à p n e m e g n a r é D l y a t .I d r a h c i R a c A \u2019 l le l e u q a l t r o p m i \u2019 L «  c a s r e i d s s u a 3 , 1 ue q l ue Q t u s » e d  r o u N d e r , c e n a i s i u o L r u e i s u l r p u o P s s e l l i m a e f d e r p o r a p a s r u e a s .9 1 0 n 2 e i d a - i s é r , p t l u a i r é h de mon u d e i d a c t s e e l i r b é t f n o s s .k wic s n u r B - u a e v - u d - e l Î \u2019 t 8 à l i o a r i n u é , r t û o 4 a .s u o t à a r i a l p i u q e - o r e p n e u s o p o r e r u t l u c a l à e l l e b e i v n e e n e u t s u s j a c p n o t d s e \u2019 e n e l l i m a e f s d n o i n u é s r e .C s e l l i m a e i d a c A \u2019 r l ti â b e e r é d t n o l o e v n , u t d n a r e G s l r e v a r , à t u s e r u o j u o y r a ach Z t i o cr , e r o nc e e t is x e e i d r u o n p o s i a a r t l s n e a l u c e d c n a .s e n n e i d a c s a e n i t n e i a r u a s i o c é b ué Q de on i l l i m .s e c r u o x s u r a u o t e e r l b a t i r é n v e i d a c A e «  t t e s c n a s d u o v - ez d n e a e l s d n e i d a c s A e t l n e m m a t o , n s .s e é tr s i g e r n nt e e m e l l e u t c nt a o s oi k wic s n u r b - o é n r oi r r e t du o e g t d n e t t e m r e s p e n ti n a t c e ab t s e nn o b s r u ie s u l P \u2026 s n o ç a f p p u a e o é r d u a h n c , e s i a r r f e m , l t o c i r e f , l e y o l e p , l e n n e i d a c a a p , l s e l l i d é u s g e , l d r a m o e h L E I M O N O R T S A G A L r l u o u p r o i n a i e l n p s e é t i v ti c a x p u e i s l e s d u o .T l a n o ti a n r e t n i io t a n s c ar p ux e d , aux i c n i v o r p p m o k c c i w s n u r B - u a e v u o e N L S C R PA S E L s t i u d o r s p e r l e t û s é h c ar m , s e l e l l i e m s d é t ê r e s d t i u r s f e e n ti u o .g n i p m a e c s e r d u o s p t i a f r a n u et aux n s c r a f p u e e n t c i y R r a h c a e Z m m o s c e t s ti r a s l e u q x u a s e l c a t c e p s s d n a r g i , a 4 8 8 n 1 e , n e i d a c u a a e p a r d on i t a mor é m om c de e é n r u o j o a C e l t d n o e p r l u e s s r u o c m a t n i d T n a r e G : l e  m m a r g o r p s e l a i c é p s s é t i v ti c a \u2019 d e é n r u o j d i \u2019 u l n e t n i a m ti s e n v s u u l p d n i o j e r r e l l a \u2019 d i s s u s a i a , m d r a h s e d t n o r e p i c ti r a p s r u e i s u l e p u i q s n u d on i t op d a \u2019 l de e n , u n o ti a r é d é f n e n , u l e u n n e a r r a u a s e r t u a e r t n E .0 2 a m .c w w w 4 a u 2 0 a u 1 D n o m s è gr n o C » .  e n n e i d a c é a t ti n e i a u e q i v n e e m r o n e é t t e e c e d g s i v n a o t à m s e \u2019 , c s n i s u o s c o e n r a .c 9 1 t û o 9 1 0 2 n e adi c a l a di s n u r b u a e uv o n e m s i r u o t .w w w n : o i t a n i t s e a d r l u s g a t n a v a e d r d n e r p p n a r e u o P .a c .k c i w e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 Vi v r e P l e i n a i r 4 8 | REPORTAGE SYLVIE ST-JACQUES COLLABORATRICE LE DEVOIR o n s a c r e r u n dimanche estival à goûter des vins dans un décor enchanteur de l\u2019Es- trie, du Niagara ou du comté du Prince-Édouard, c\u2019est la belle vie.Or, s\u2019il est for t délicieux d\u2019écouler un après-midi de congé bien calé dans une chaise Adirondack tout en sortant son vocabulaire le plus imagé pour commenter les cépages qui nous sont servis, le pèlerinage au vignoble demeure une activité plutôt sédentaire.Afin d\u2019attirer des publics plus diversifiés et d\u2019élargir sa palette d\u2019activités, de plus en plus de vignobles et de régions vinicoles intègrent des activités physiques à leurs menus.Avantageusement situé à l\u2019entrée du comté du Prince-Édouard, dans le sud de l\u2019Ontario, le vignoble Three Dogs combine les asanas de yoga au farniente et à la dégustation de vins et de pizzas cuites sur le feu de bois.Les mercredis et dimanches matin de la belle saison, Sacha Squair, la propriétaire du vignoble y enseigne la pratique de vinyasas.« C\u2019est très agréable, de pratiquer en regardant les vignes, avec le chant des oiseaux comme bruits de fond», dit Sacha Squair, dont la propriété comporte aussi 6 kilomètres de sentiers de randonnée.« Plusieurs de nos clients garent leurs voitures et partent en randonnée de vélo.» Les coureurs qui affectionnent le comté du Prince-Édouard ne sont pas en reste, avec deux marathons annuels, dont un préparatoire au marathon de Boston, qui a lieu le premier weekend du mois d\u2019octobre.Sur la route des vins Pour profiter des beaux jours et de la dolce vita avec le souci de garder la forme, plusieurs touristes vinicoles choisissent de combiner leurs passions épicuriennes avec leurs programmes d\u2019exercices physiques.À preuve : plusieurs courses sont prévues au calendrier des événe- ments de régions visitées pour leurs attraits vinicoles et gastronomiques.Un parcours de course semé d\u2019escales de ravitaillement qui distribuent des vins et des produits gastronomiques locaux : c\u2019est ce que propose le Demi-marathon des vignobles du 8 juin prochain, dont le départ est à Saint-Paul-d\u2019Abbotsford.Certains des participants à cette course qui s\u2019inscrit dans le circuit des Courses gourmandes parcourent en marchant 5 km, attrapant ici et là un verre de vin.D\u2019autres, plus axés sur la sobriété et leurs chronomètres, s\u2019en tiennent à l\u2019eau claire.Le Demi-marathon des Vignobles en of fre pour tous les goûts, avec des distances de 21 km, 15 km, 10 km, 5 km et même un 1 km pour les enfants.«À la fin de la course, il y a un repas avec fromage, vins et produits locaux.On attend environ 2000 personnes», indique Vanessa Racine, porte-parole des Courses gourmandes, qui affirme que 50 % des par ticipants ne s\u2019en tiennent pas qu\u2019à un seul événement du circuit des Courses gourmandes.«À l\u2019automne, le Demi-marathon des microbrasseries attire surtout des amateurs de bières», précise-t-elle.En s\u2019aventurant du côté de la Route des vins des Cantons-de-l\u2019Est, les possibilités de bouger se décuplent, avec des tracés propices à la pratique du vélo et des sentiers pédestres, dont ceux de Dunham.Et si on a la bonne idée de s\u2019aventurer du côté de la péninsule du Niagara, nous voilà au paradis du cyclisme vinicole ! En groupes ou en solo, cette vaste région vinicole se découvre aisément à deux roues.On peut participer à une des visites guidées de la compagnie Grape Espace Wine Tours (qui offre par exemple des forfaits «matinée de dégustation vinset fromages» ou « après-midi de tournée dans les vignobles ») et butiner d\u2019un vignoble à l\u2019autre, sans se presser ou trop se soucier de son taux d\u2019alcoolémie.Et si on fait partie des (nombreux) nouveaux convertis à la sobriété, on peut se joindre à la fête en prenant l\u2019option « jus de raisin », sans risquer de se sentir comme un paria ! Bouger entre deux cépages Quand l\u2019activité physique s\u2019accorde à la dégustation de vin Pour profiter des beaux jours et de la dolce vita avec le souci de garder la forme, plusieurs touristes vinicoles choisissent de combiner leur passion épicurienne avec leur programme d\u2019exercices physiques.SACHA SQUAIR C LISE GOBEILLE COLLABORATRICE LE DEVOIR Qu\u2019est-ce qu\u2019une plante envahissante au juste ?Une plante envahissante domine le couvert végétal et s\u2019étend rapidement.L\u2019être humain y est pour quelque chose, car souvent, c\u2019est lui qui a introduit la plante et en modifiant l\u2019environnement, il a favorisé sa prolifération.Comment s\u2019expliquent les introductions et les invasions ?Grosso modo, à l\u2019origine, l\u2019homme a surtout introduit des plantes pour se nourrir, pour se soigner, ou simplement pour leur beauté.Par après, elles le furent pour des fins industrielles, par inadvertance et par accident, et de plus en plus par le monde horticole.Deux hypothèses tentent d\u2019expliquer leur invasion.La première soutient que ces plantes se multiplient parce qu\u2019elles n\u2019ont pas d\u2019ennemis.Néanmoins, cette hypothèse bat de l\u2019aile.La deuxième soutient qu\u2019elles trouvent des ressources non disponibles dans leur continent d\u2019origine qui favorisent leur développement.Par exemple, le roseau indigène n\u2019est pas envahissant, mais le roseau exotique, oui, parce qu\u2019il aurait trouvé dans les fossés de nos routes un habitat propice à son développement, en plus de ne pas avoir d\u2019ennemis naturels.Est-ce qu\u2019une plante envahissante est toujours exotique et nuisible ?Non.Deux exemples : c\u2019est la modification de l\u2019environnement qui a favorisé la propagation de l\u2019herbe à poux [une plante d\u2019ici].Puis, la marguerite est une plante exotique envahissante, mais non nuisible, car elle occupe une niche écologique où les plantes indigènes ne sont pas présentes.Y a-t-il de plus en plus de plantes envahissantes et est-ce que le réchauffement climatique aura des conséquences en cette matière ?À cause du réchauffement climatique, la renouée du Japon produit maintenant des graines, un item de plus à l\u2019arsenal de cette plante.L\u2019herbe à poux profitera d\u2019une saison pollinique plus longue, et l\u2019enrichissement de l\u2019atmosphère en CO2 risque d\u2019engendrer des plants de plus en plus toxiques d\u2019herbe à puce.De plus, d\u2019autres envahisseurs sont justes au sud de nos portes.Toutefois, leur déplacement est lent et nous ne verrons pas ça de notre vivant.Avec le réchauffement climatique et une perturbation du territoire toujours plus importante, il est raisonnable de croire que les envahisseurs seront de plus en plus présents.Quels sont leurs impacts ?D\u2019abord et avant tout, c\u2019est en agriculture que l\u2019impact est le plus grand avec l\u2019usage des pesticides.Ensuite pour la nature, car certaines espèces sont insidieuses, comme le nerprun cathartique et l\u2019alliaire officinale qui occupent nos espaces forestiers et en changent l\u2019environnement.Certaines sont des nuisances pour la santé, comme la berce du Caucase, ou pour les infrastructures, comme les phragmites.Trois plantes envahissantes et nuisibles en horticulture ?La première, la renouée du Japon.Pour une petite population, on arrache en surface à l\u2019aide d\u2019une pelle et on combine plusieurs méthodes.C\u2019est une lutte de longue haleine et il ne faut pas lâcher.La deuxième, l\u2019égo- pode podagraire.Celle-ci se contrôle par arrachage.Et la troisième, la berce du Caucase.Elle est facile à éliminer avec une pelle en mai, début juin.D\u2019ailleurs, elle est probablement en régression grâce à des initiatives régionales efficaces.| 4 9 Vi v r e Jar d i n s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 Qui ne s\u2019est pas déjà échiné à tenter de contrôler l\u2019égopode qui a envahi son terrain boisé ou la renouée qui est passée de chez le voisin à son jardin ?Les plantes envahissantes peuvent être un sérieux casse-tête, mais leur capacité d\u2019adaptation demeure un phénomène fascinant.Claude Lavoie, biologiste et professeur à l\u2019Université Laval, vient de faire paraître un livre sur le sujet : 50 plantes envahissantes.Protéger la nature et l\u2019agriculture.Le Devoir l\u2019a interviewé afin de mieux comprendre ce sujet.Un casse-tête, les plantes envahissantes ?Plantées par nous, ces espèces prennent la clé des champs à nos dépens Grand Bal des pivoines Les 22 et 23 juin 2019, au parc Marie-Victorin à Kingsey Falls, se déroulera le 10e Grand Bal des pivoines sous la présidence d\u2019honneur de Serge Fafard.Mille pivoines coupées, des ateliers et des conférences, un marché pour faire le plein de pivoines et de plantes rares et une belle occasion de découvrir ce jardin.Au jardin Vous cultivez de l\u2019ail?Afin de contrôler la teigne du poireau, qui aime aussi l\u2019ail, il est temps de traiter avec du BT (Bacillus thuringiensis).Dans la région de Montréal, on vaporise le 10 juin et pour les Lau- rentides et le Centre-du-Québec, le 14 juin.Pour les autres régions, les dates sont à venir sur le site du Réseau d\u2019avertissement phytosanitaire.La température est plus clémente, alors donnez une cure de jeunesse à vos plantes tropicales en les sortant à l\u2019extérieur pour l\u2019été.Mais ne les mettez pas directement au soleil, car elles vont brûler.Cet ouvrage rigoureux décrit la biologie, la répartition et leurs impacts, et les moyens de freiner la prolifération de 50 plantes envahissantes de l\u2019Ontario, du Québec et des Maritimes.Les rubriques «Une autre perspective» permettent de jeter un regard parfois étonnant sur ces plantes.Il s\u2019adresse aussi bien au spécialiste qu\u2019au citoyen intéressé de préserver sa santé, son environnement ou ses productions agricoles.Q&R 50 plantes envahissantes Claude Lavoie, Publications du Québec, Québec, 2019, 415 pages La berce du Caucase est facile à éliminer à la pelle.CLAUDE LAVOIE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 Vi v r e 5 0 | L E S A P P L I CAT I O N S D E L A S E M A I N E On a marché sur la Lune Neil Armstrong, Edwin E.Aldrin Jr.et Michael Collins.Ensemble, il y aura 50 ans le 20 juin, ces trois hommes ont mené la mission Apollo 11, lors de laquelle l\u2019être humain a marché sur la Lune pour la première fois.Quoi de mieux pour fêter cet anniversaire que de se mettre dans leur peau?Du plus complexe Férus de simulateurs de vol?Pour vous, un cockpit de Boeing 747 n\u2019a aucun secret, même si vous ne vous y êtes jamais assis?Essayez donc de faire voler une fusée Saturn V ou de faire alunir le module lunaire de Buzz Aldrin et de Neil Armstrong.Space Simulator de Brixton Dynamics permet de faire tout ça, et ce, dans les moindres détails.Mais attention : une fusée de 41 mètres de long transportant plusieurs millions de tonnes de carburant, ça fait des dégâts lorsque ça s\u2019écrase.Space Simulator Brixton Dynamics.Offert pour iOS, Android et Steam.Au plus simple Apprendre à piloter une fusée ou un module lunaire, même pour le plaisir, n\u2019est pas donné à tout le monde.Le jeu Orbit du studio Highkey Games permet plutôt d\u2019apprivoiser la gravité.La proposition est simple : des trous noirs sont disposés sur l\u2019écran, et le joueur doit « lancer» des planètes dans leurs orbites tout en espérant qu\u2019elles ne se feront pas avaler.Le design est minimaliste et la musique classique (Chopin, Debussy, Schumann et Scriabine) accompagne parfaitement l\u2019interactivité zen de la chose.Orbit Offert pour iOS, Android et Steam.Olivier Sylvestre OLIVIER SYLVESTRE LE DEVOIR CRITIQUE CATHERINE FERLAND À QUÉBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR Je m\u2019apprête à écrire une critique particulièrement difficile.Car lorsque votre avis va à contre-courant de tout ce que vous avez entendu ou lu au sujet d\u2019un restaurant, il est naturel de s\u2019interroger.Est-il possible de ne pas aimer un lieu dont tout le monde parle, où il faut réserver des mois à l\u2019avance et qui, voici un an et demi, a été sacré «meilleur nouveau resto au Canada» par le magazine EnRoute ?Hélas, oui.Voici pourquoi.C\u2019est par un doux soir de mai que mon compagnon et moi sommes enfin allés essayer le Battuto, coqueluche de la scène gastronomique de Québec.Les attentes sont bien sûr élevées, vu la réputation plus qu\u2019enviable de ce microrestaurant d\u2019une vingtaine de places.On nous installe à une petite table près de la fenêtre.Derrière le long comptoir s\u2019active la brigade composée de quelques cuisiniers et serveurs.Sitôt que nous sommes attablés se profile ce qui constituera un désagrément majeur tout au long de la soirée : le niveau sonore.La musique ambiante, du folk anglophone, est en effet inexplicablement forte, ce qui oblige les convives à hausser le ton pour se faire comprendre.L\u2019agression acoustique est encore aggravée par le plafond peu élevé.S\u2019agit-il là de « l\u2019atmosphère urbaine » tant vantée ?Déterminée à passer une bonne soirée, je décide d\u2019en faire abstraction le plus possible.Le goût ou l\u2019ouïe J\u2019étudie le menu en sirotant mon Bellini, un kir prosecco et pêche où la bulle tombe un peu à plat, tandis que Dave entame le demi-litre d\u2019arancione (vin orange) IGT de Toscane sélectionné pour accompagner le repas.Trois aperitivos sont d\u2019abord choisis et par tagés : une focaccia maison, une mozzarella di bufala et une assiette de quatre arancinis.Si la focaccia et la délicate mozzarella sont délicieuses, les arancinis dominent l\u2019étape : croustillantes à souhait, les bouchées panées se marient agréablement à la mayonnaise aïoli au romarin.Nous passons ensuite aux antipasti.Mon compagnon se laisse tenter par la polenta al forno, accompagnée de friarielli et nappée d\u2019une crème de parmesan au vermouth.La proposition s\u2019avère très appréciée.J\u2019ai choisi le crudo, un plat de pétoncles accompagnés de salsa verde, d\u2019estragon, de daïkon et de souci.Joliment présenté, le plat est parfaitement calibré et me plaît beaucoup.Ce qui se passe en bouche console assez bien de ce qui assaille les Battuto, les hauts et les bas d\u2019une réputation La coqueluche de la restauration s\u2019est révélée une déception | 5 1 Vi v r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 LA RECETTE DE MARIE-ÉLAINE THIBAULT Loup de mer farci au fenouil Ingrédients 1 loup de mer entier vidé et écaillé (environ 800 ou 900 grammes) 1/2 bulbe de fenouil coupé en dés 1 petit oignon ciselé 1 gousse d\u2019ail hachée 1/4 tasse de raisins de Corinthe secs 1/4 tasse d\u2019amandes fumées hachées 6 à 8 olives vertes Bella di Cerignola 1/4 c.à thé de piment en flocons 2 c.à soupe jus de citron frais 1 c.à soupe d\u2019aneth frais haché 1 c.à soupe de persil haché Huile d\u2019olive, sel et poivre Préparation Préchauffer le four à 400°F.Dans une poêle, faire suer l\u2019oignon et le fenouil à feu doux dans un peu d\u2019huile d\u2019olive pendant environ 5 à 7 minutes.Ajouter l\u2019ail, les raisins de Corinthe, le piment en flocons et faire cuire 2 minutes de plus.Ajouter le jus de citron et retirer du feu.Ajouter les olives, les amandes fumées hachées, l\u2019aneth et le persil.Saler.Laisser refroidir la préparation (c\u2019est plus rapide au frigo).Déposer le loup de mer sur une plaque de cuisson.Saler et poivrer l\u2019extérieur et l\u2019intérieur du poisson.Farcir l\u2019intérieur du loup de mer de la préparation au fenouil.Arroser d\u2019un filet d\u2019huile d\u2019olive et enfourner pour 30 minutes.Astuce : Lorsque le poisson est cuit, j\u2019aime le déshabiller de sa peau et remettre celle-ci au four une dizaine de minutes pour obtenir une peau croustillante comme des chips! Marie-Élaine Thibault est conceptrice et styliste culinaire.Pour la suivre : facebook.com/marielenfercuisine ; marielenfer.com; instagram.com/maryhellyeah.MARIE-ÉLAINE THIBAULT oreilles.Mais si tout ce qui nous a été présenté jusqu\u2019ici est réussi, ce n\u2019est pas pour autant le pur ravissement gastronomique tant vanté et pressenti.L\u2019énigme Battuto demeure : l\u2019acmé nous attend peut-être au plat principal.Voyons la suite.Facture salée Le restaurant a fait le pari d\u2019un menu très simple ne comportant que trois plats de pâtes dont la composition change fréquemment.J\u2019ai jeté mon dévolu sur les casarecce carbonara\u2026 et l\u2019anticipation se transforme en vive déception.Littéralement noyées dans une sauce trop salée et trop poivrée, les pâtes me semblent molles et sans personnalité ! Que se passe-t-il ?Perplexe, je goûte les pâtes choisies par mon accompagnateur, les raviolis au céleri-rave, mascarpone, beurre blanc et romarin.C\u2019est intéressant, les textures présentant un chouette contraste, mais le plat est à des lieues de l\u2019apothéose attendue.L\u2019enthousiasme gustatif et la gentillesse du personnel ne parvenant plus, hélas, à faire rempart à l\u2019envahissement auditif, le mal de tête me gagne.Et l\u2019ultime bastion, le desser t ?Dave se décide pour le gâteau au chocolat accompagné d\u2019un expresso, tandis que j\u2019opte pour le gelato à la vanille.C\u2019est bon de part et d\u2019autre.Ni plus ni moins.Les décibels m\u2019assomment, il fait trop chaud\u2026 bref, je n\u2019aspire plus qu\u2019à sortir.La facture est aussi salée que les pâtes.Sitôt dehors, l\u2019étau se desserre.La jeune quadragénaire que je suis est-elle déjà trop vieille pour ce genre d\u2019endroit?Je connais les efforts et les sacrifices auxquels les chefs et leurs équipes doivent consentir pour se maintenir dans le dur milieu de la restauration, où les réputations se font et se défont.C\u2019est pourquoi chaque mot de mes critiques de restaurants est soigneusement pesé.C\u2019est aussi pourquoi, tant par éthique que par respect pour mes lecteurs \u2014 et leur portefeuille ! \u2014, il m\u2019est impossible de feindre l\u2019enthousiasme lorsque la dithyrambique expérience promise n\u2019est pas au rendez-vous.Ce qui ne fut décidément pas le cas lors de ma visite au Battuto.Battuto ?1/2 $$$ 1/2 527, boulevard Langelier, Québec ?418 829-3888 Les plus : la carte des alcools est un point fort, avec des vins inhabituels, voire rares.Les mises en bouche et les entrées ont été très appréciées.Service dynamique.Les moins : une addition aussi salée que les plats de pâtes proposés en repas principal.Lors de notre passage, il était difficile de faire abstraction de la musique très forte.Repas pour deux, nourriture seulement, avant taxes et service : 115$.Coût total pour deux, y compris alcool, taxes et service : 220$.Derrière le long comptoir s\u2019active la brigade composée de quelques cuisiniers et serveurs.À droite : l\u2019entrée de focaccia maison.PHOTOS FÉLIX MICHAUD APPAREIL ARCHITECTURE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 BON VOYAGE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC LE DÉPARTEMENT DE PUBLICITÉ AU 514 985-3399 / publicite@ledevoir.com +1 (888) 285-8384 .www.eurocartt.com L\u2019ACHAT-RACHAT CITROËN LOCATION DE VOITURE NEUVE ENTRE 21 ET 175 JOURS Véhicule neuf GPS intégré sur toute la gamme 2019 Kilométrage illimité Assurance multirisque sans franchise (bris de glace, pneus, etc.) Possibilité de prendre et remettre votre véhicule dans des pays différents Formule « Clés en main » : Aucuns frais cachés et aucune charge à destination Assistance 24 h/24 et 7 j/7 Plus de 40 pays couverts Aucuns frais « Jeune Conducteur » ou « Conducteur Additionnel »* Service dédié & réservation effectuée entièrement à Montréal EN AVRIL ÉCONOMISEZ JUSQU\u2019À 200 $ sur les modèles automatiques ! 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els erts en vo a es cultur ustations , omar o $ 6595 , , 47 re Que des hôtels 4* cula, Ston & Mali Ston, Kor Krka, Sibenik, Primosten Bur c National de Plitvice, Pula, Par otte Skocjan, Por Gr ovec, Kumr g Za reb 2 nts Départ 9 septembr Les Perles des Balkans - 20 jrs ur des villes, ou près des sites\u2026 , , , , pas, Plusieurs dégustations Dubrovnick 3 nts Solin, 4 nts p S lit nji, Zadar 2 nts Rovin, p j O ati a 3 nts ec, Bled, j j L ubl ana 3 nts $ 6234 $ - e 6584 j e Départ 11 septembr résors de Grèce \u2013 20 rs Les T e Départ 12 septembr p j situés dans les centr incluses.Hôtels 4* et 3* es villes vi et autr Dublin 2nts Géants, Lake District Stonehenge, es 4nts, Île Man 2nts, Londr Départ 5 au 28 septembr S lendeurs de l\u2019Italie \u2013 20 rs 20 personnes oupe Petit gr p g q gyp Départs oct, nov 2019, fév Ma ni?ue E t Départ 10 septembr o e de cuit Eur Cir qui fa es historiques des villes epas, plusieurs dégustations , 59 r sitées Killar , Edimbourg 3 nts $ $ - 7999 e 8513 j q j , mars 2020 e Pharaoni ue \u2013 19 rs e l\u2019Est et Centrale \u2013 24 rs P e r m i s d u Q u é b e c ence.fér it toute une dif outes les entrées, visites .T , Chaussée des ney 2 nts | 5 3 Vi v r e Vi n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 Moins de 16 $ Paranga 2018, Kir-Yianni, Macédoine, Grèce (13,90$ \u2013 13190190) Ne vous plaignez surtout pas de la chaleur ambiante, car vous risqueriez de vous faire enquiquiner par nos amis grecs qui savent très bien quoi faire pour se tirer d\u2019affaire.Avec ce blanc sec, par exemple, dont le caractère, simple et affirmé, régale déjà sur les tzatzikis en raison de sa verve et de son caractère aromatique.Servir très frais.(5) ?La surprise Champagne Laurent Perrier Brut Rosé, Champagne, France (99,75$ \u2013 158550) Dans la série « Je revisite mes classiques», j\u2019avoue tout de go que le paramètre de qualité lié à la régularité demeure encore et toujours un atout primordial.Cette cuvée créée en 1968, où une dizaine des meilleurs crus font la fête au pinot noir, est encore pour moi une référence en la matière.Finesse, finesse et, bien sûr finesse.Je me tais.Et je déguste.(5) ?1/2 Le blanc Chardonnay 2016, Quail\u2019s Gate, Vallée de l\u2019Okanagan, Canada (22,95$ \u2013 12456179) Quelle maîtrise ! Cette maison familiale ne cesse de m\u2019étonner.Les jeunes vignes de chardonnay auraient-elles gagné en maturité ?L\u2019étoffe, la densité, le charnu de bouche où pèche la pêche jaune nourrie à même les lies n\u2019est pas sans évoquer quelques beaux mâcon-villages d\u2019années chaudes.J\u2019en suis bouche bée ! (5) ?Le rouge Château Eugénie Cahors Tradition 2016, Sud-Ouest, France (16$ \u2013 721282) Ce farouche malbec aime bien la caresse du merlot pour le servir sur le plan de l\u2019amabilité, sans toutefois qu\u2019il en pâtisse sur le plan du caractère.On est de Cahors ou on ne l\u2019est pas.Cette cuvée classique est à point, avec ce qu\u2019il faut de tonus, de mâche fruitée et de sève épicée pour célébrer vos premières grillades, si ce n\u2019est déjà fait ! (5) ?1/2 Le bio Cerasuolo di Vittoria Classico 2016, Cos, Sicile, Italie (39$ \u2013 12484997) On pourrait longuement débattre de la notion de finesse.Une perception, une ambiance, un état de grâce même, appuyés par ce je-ne-sais-quoi de texture si merveilleusement intégrée que l\u2019on en oublie presque l\u2019aspect physique du vin.C\u2019est le cas de cet assemblage détaillé, parfumé, ample, se serrant subtilement sur une longue finale.Magique.(5+) © ?(5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans (10+) se conserve dix ans ou plus © devrait séjourner en carafe L E S V I N S D E L A S E M A I N E BILLET JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR Ce n\u2019est pas tant le blouson de cuir ; ce serait plutôt « Une robe de cuir, comme un fuseau qu\u2019aurait du chien sans l\u2019faire exprès\u2026 » (merci, Léo) qui fait le charme de ce voyou comme le mentionne si justement Guillaume Tari à propos de ce grand cépage méridional qu\u2019est le mourvèdre.Sont-ce les ascendances bordelaises (Château Giscours à Margaux) du propriétaire de la Bégude qui adoube ce voyou en complétant sa garde-robe par un gant de cuir fin glissé sur une main de fer?Jean Paul Gauthier ou feu Karl Lagerfeld se régaleraient déjà du paradoxe ! Le président de l\u2019Appellation Bandol lui, ne s\u2019en formalise pas, avançant, non sans une certaine pudeur, que «nous avons «rhabillé» nos vins par rapport aux rosés provençaux pâlots et dénudés » avec cette chaude robe grenadine typique du cépage, d\u2019ailleurs fort bien pourvu côté polyphénols.« Le lieu où l\u2019on boit ! » Ce lieu en bordure de Méditerranée mais qui « regarde » la montagne, à deux jets de pierre calcaire de la ville de Marseille, ne manque pas de paradoxes.Déjà, à l\u2019image du roi nebbiolo piémontais, «civiliser» l\u2019armature tannique du mourvèdre exige une solide connaissance du terroir, avec des pratiques culturales adaptées (nous sommes ici en agriculture biologique).Côté microclimat, Guillaume Tari souligne de plus que les cépages locaux (dont la clairette, l\u2019ugni blanc et le rolle) bénéficient de ce «paradoxe du vin frais dans une zone chaude » en raison du mistral qui non seulement réduit la récolte en volume de 10 à 15 % par an, mais dont les amplitudes thermiques jour-nuit à plus de 400 mètres d\u2019altitude permettent aussi l\u2019obtention d\u2019une surmaturité idéale, sans toutefois nuire à la précision aromatique des vins.Le domaine de 500 hectares, dont 22 plantés en vigne, et riche de quelque 55 parcelles au cœur de la garrigue trouve son nom à par tir d\u2019une halte \u2014 « beguda » \u2014 situé le long d\u2019une route très ancienne entre Toulon et Marseille, héritant du coup d\u2019une chapelle datant du VIIe siècle, où se situent désormais les chais de vinification.Une histoire tout ce qu\u2019il y a de cohérente quand l\u2019on sait que le terme « beguda » signifie en provençal « le lieu où l\u2019on boit » ! Si l\u2019on boit divinement ici, on y boit juste aussi.Il y a bien sûr l\u2019homme et son équipe, mais aussi, à l\u2019image de tous ces vins du monde choyés d\u2019être « nés » au bon endroit sous de bons auspices, ce petit truc indéfinissable qui consacre le beau vin dans le temps, quel que soit le millésime.Si j\u2019ai pour ma part été touché par la civilité des vins, j\u2019ai aussi ressenti leur habileté naturelle à intégrer ce «grand tout» lié à leur propre environnement dans chacune des nuances subtiles qui le composent.Telle une partition musicale où pas une seule note ne manque.Quelques mots.Bandol Rosé 2018 (28,80 $ \u2013 13622538 \u2013 début juin) : richesse et amplitude sur fond de canneberge confite mais surtout, jamais lourd et plombant (5+) © ?1/2 Bandol Rosé «L\u2019Irréductible» 2018 (42,25$ \u2013 14094685 \u2013 début juin) : de vieilles vignes de mourvèdre à petits rendements, une sensation fine de tannicité et le développement d\u2019intrigants amers sur une longue finale.Grand rosé de sève! (10+) © ?Cadet de la Bégude 2017 (n.d.) : pour parts égales de mourvèdre, de grenache et de cinsault, mais surtout un rouge au fruité moelleux puissant, riche, simple d\u2019expression mais régalant jusqu\u2019à la dernière goutte.Fera un petit malheur en tablettes si on lui donne le feu vert ! (5+) © ?Bandol Rouge « La Brûlade » 2015 (n.d.) : cette petite parcelle circonscrite et balayée par le mistral livre un rouge qui souffle à la fois le chaud et le froid, élégant, de haute définition, à l\u2019image d\u2019une syrah issue des meilleurs terroirs de St-Joseph dans le Rhône.Style et personnalité (10+) © ?1/2 Un voyou qui a du charme ! Avec sa chaude robe grenadine, le mourvèdre du Domaine de la Bégude n\u2019a rien d\u2019un rosé pâlot Guillaume Tari : aux quatre points cardinaux du raffinement, de la sensibilité, de l\u2019intelligence et de l\u2019humilité.DOMAINE DE LA BÉGUDE guideaubry@ gmail.com L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 Vi v r e M o t s d e t ê t e 5 4 | SUDOKU GRILLE DES FÉRUS MOTS FLÉCHÉS GRILLE BLANCHE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com | 5 5 Vi v r e M o t s d e t ê t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 GRILLE INTERMÉDIAIRE Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement Solution du n° 454 MOTS CROISÉS DU SAMEDI CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE SUDOKU : SOLUTION DU PROBLÈME D\u2019HIER CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Épreuve de révision Antidote | O I R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V e à h c u a e g a d r i l e i s u n q o i t a t i e c n u r e m r o e à f r è i n a m e , d s a u b s d e s a c s e s l n a e d l l i r a g e l d us s s e d - u a s ne n o ol c s e s l n a s d e u n e t n o c s e r t t le s le z e lac P 2 78 1 .r e g n a h c t n e v eu p ts n e c c a e r p o r s p m o s n e .L s n o i t i n i f é d e m u q a h e c s d e r t t e s l e r è i n r e d s à p t o e m e d n î a h e c n z u e m r o F O C H A I N E É D I T I O N D U D E V A N S L A P R U T I O N P U B L I É E D O L S .e t i ro d I I I s e t l s e i m r e t p n o s s s e e d d i a \u2019 t à l t e o s i o r s t e r d i t r a 2 78 1 I I I 6 7 5 4 3 2 1 2 1 1 1 0 1 9 8 e h s c e r d u e l l i a v a r T 7.ne i ncl I .6 t or p s on i t i t é omp C .5 i a c i r f e a r fè i m m a M .4 s u a cl ne u e i f i l a u Q .3 e p am L .2 a x e n u r u o p é s i l i t U .1 IX IV X I I V I V V V r e fe s d n i m e v i n e e iqu g o l o c é n gy n e m I I I e é u q a h e à c r t t e e l l u e e s n u \u2019 u q e i n r e e d t l r e e i m e r e p e l r t n E chc t i H \u2019 d m l i f e r b è l é C 0.1 er ér p as x E .9 nt e t at \u2019 l r e r i t at r u o P .8 I r o S .s y l o s r p r u a .s c r q n i u D m e P t n a l s s u o b c n a l d a n a \u2019 b e l l i r P n e r d a l e b c n a l b t u o l t u o j , a t n e m e g n a h c e ( p a t t n a e g n a h e c n n t e , e t o r m 2 78 1 ck o n o i II IV IX ê m a j e r u d i i s s u a A u d n i a m e l b u o r T r e i m e r P i a f r u o P é d i s n o c t n e c u A é g E r e m t t o l e b i g a \u2019 l s n a D s s i a m a j p n o S .1 i d i l b a é r g A p p a e r t e L .I I .e t è r c s i d t e e t a c i l é d e i t r a p é p p a r F .t n e m e r b i l e l u c r i c s e d e m m o c x u a e B .I .e s i a L .t e r c e s u a s i M .e s o h c e u q a h c e d e c n e s s e t .e é n n o r u o c e t ê T .V .r u o t - i t n e s s e r a P .n o r e n g i v u d r i o r u e l F .I V .s e u q i p o r t s e l t u o B .s n o z a g s e l s n a d e h e r i a f r u o p i a t t o r F .I I V .s a n .I I I V .n e i l i c i s r u e m u f s o r G .r e m u l P .s t r a p s e t u o t e d u a e \u2019 l d x u a e b e d e n n o D .e t t o B à a s s u o P .s e t s i t r a x u a s r e c a l p é d e s e d t e m r e P .X d t a r r u o P .s p m e t g n o l s i a e N .0 1 .e l i o v a l é t n e v n .e l b m e s n E .9 .r u e l l i a v a r t a l s n a D .é h c a n r a H .8 .e t o N .7 .n a r d a c e d r u o t .s n i s s e d x u a e b e d e r .6 .e l b a s e d c n a B .n o i t a r n e s e s i r P .5 .t e s r o c u d e r .e b m a j a l e v è l t i t e p e L .e n E .4 .s n i p a l s e d c e v a s e t n e n n e i v e D .3 .s a r b - t n a v .e t s i m l a p t a R .2 .e m u l p a a r e c a l p m e r e n e l b a t r o l b e l b m e s n E .2 1 .r e y o t ô c à s e .r u e t a m r o f n I .1 1 .é v u o r a , m s i m r e t p n o s s t n e c c s a e L v u o r , t ) e r t t e e l n u \u2019 t d i a r t e u r o E E MUL É I L  P II II IX H i r o I i a C .R .I V.r O V N .E .R o s i a s e u e F i l i c a .e r p o r m p o n n u c u s a i .s e r i a i d é m r e t n s i t o s m e z l e II t n e m e l a t n o z .u O .é t i l a u t c A .I I .s e t t o b e l l .s e r i a r é m é T .V I .t n e m é l E .n e i .e i p o C .e s i a i N .I V .r i o N .e t â T .é D .s e t ê r P .I V .e s a B .e é m é .X .n a l o t r O .e l l .r e t O .8 6 .e é s a R m A .m e t I n o t r a C .1 a c i t r e V .t n e m e n n e r è r u t u S L .e p o s E n e p s n .s n e s n u s n a n e m .t n e m e h c o r p p a r e l e t 0 1 .m O .s o n é m é T .9 .e t s a C .n r e B .é i l i B .7 .n o T .e t a é l E .a L .5 .s e r è i t e n u L .4 .i l p .3 .a L .e i r é i c A .2 .r e i n t n e m e l .i u p u D e p p i l i h P .t n .2 1 .n a D .I I .n o E .1 1 .é s .e a s r l a p lie il u e c c a t s é e o , Z n i f n t e n e c n i r g t i fa t n o e s s s i t e u q i l s c e ù d , o e l u b i t s e v o n x u e s y e .S é o e Z d t en n i ém r u o t e e r l , l e r i e c d t u at t s e n e u m m o e c l i b o m m I 10 o n .o g n i r r G e h n c o e s a d h a h u o r x b u e oy e j s d n o s g e d l n a u .Q e r d n e t n e s u e d t r o a p t l n e x i f s e tt ise d n e t t n a e i t u p i l l i a l u h a u h i h e c T O M 5 5 4 ° N E M È L B O R P S É S I O R C S Philippe Dupuis est également l\u2019auteur Monde oisés du des mots-cr ser é s r oit ous dr .T ormatique inc 9 Druide inf 01 © 2 s V e l t f i w n S a h t a n o e J n d a m o e r s l n a d v o r p n e i t u p lli li f i t c e j d a \u2019 \u2014 L que r a m e R .t o e m c n e t t \u2014 A e lli i u e c c a * n o t n , e lie il e u c c a .if init f in un é d s s a e p p i c i t r a e p \u2014 L s t i fa * n o t n , e t i fa .e l b a i r a v n t i s e j d t a e \u2014 C s te t e s i o *n n o t n , e e tt ise o n u s (« t n e in m m i t  ) e » e l ab qu ar m e r u « o s c a e p \u2014 N t en n i ém * n o t n , e t n e in m im .) é » m i n e a r t n ê u \u2019 e d r u t p l u c « s ( o f n o s c a e p \u2014 N ut t sta * n o t n , e e u at t s s.é v .r e v i l l u e G s d e g ya o gin a im s y a p , t u p lli i L e r p o r m p o u n t d n e i s n a d i ue s e l l e oy e v e d c n e u q é a s n à l o i t t n a v e e d l b a i r a v n s i r u o j u o t t s  e e r i a f e  m o n n u \u2019 é d v i r é r d u e l u o e c f d i t c e .) » e r i u d o r e p e s t d n i o e p r l » vé e l é (« t en n i ém e r d n o f n o sta t  ) e » n o i t a tu i s , n o ti i d n o c (« ut t sta e  r d n othomb Amélie N .auteur \u2019 st l e st que chaque lecteur en e e de opr e pr L ANCHE BL GRILLE 1 8 17 X JEU e air e u t CHÉS FLÉ S T MO s e ands livr s gr US FÉR DES GRILLE MOUT MUT MUTINS UTINS L A L SÉRÉNITÉ \u2022 ANGLICISER \u2022 ANG T MUS \u2022 AMUS TRAD S NO \u2022 S MÉRINO \u2022 UMER RALL \u2022 CÉRAL VIS \u2022 VIS NER \u2022 ÉPÉPINER \u2022 CRÊPE \u2022 ONS ONS TINS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 8 E T D I M A N C H E 9 J U I N / 2 0 1 9 UNE PRÉSENTATION DE EN COLLABORATION AVEC Avec ÉRIC BRUNEAU + JULIE LE BRETON MAGALIE LÉPINE-BLONDEAU + PATRICK HIVON KIM DESPATIS + MATHIEU RICHARD complet jusqu\u2019au 16 juin REPRISE EXCEPTIONNELLE DU 22 AU 31 OCTOBRE 2020 Billets en vente dès maintenant ! tnm.qc.ca "]
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