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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-06-08, Collections de BAnQ.

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[" PERSPECTIVES LEDEVOIR // LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 JUIN 2019 DEVOIR DE PHILO L\u2019école à l\u2019heure du divertissement numérique | B 10 PERSPECTIVES Femmes autochtones : redondantes, les commissions ?| B 4 MONDE Theresa May s\u2019efface et passe le Brexit à son successeur | B 7 L Faut-il payer pour la foi ?L\u2019État soutient « l\u2019avancement de la religion » au même titre que l\u2019éducation ou la lutte contre la pauvreté \u2019État soutient financièrement « l\u2019avancement de la religion ».Par le biais de l\u2019octroi du statut d\u2019organisme de bienfaisance (OBE), plus de 32 000 groupes enregistrés au pays, dont 4330 au Québec seulement, bénéficient en date de mai 2019 d\u2019une kyrielle d\u2019avantages fiscaux parce qu\u2019ils œuvrent à la promotion d\u2019une religion.Selon les plus récentes données de l\u2019Agence de revenu du Canada (ARC), dans l\u2019ancienne priest-ridden province, le christianisme remporte la part du lion de ce nombre avec 3045 enregistrements, suivi par le judaïsme (113) et l\u2019islam (50).Par contre, la liste ne compte aucun organisme de bienfaisance interreli- gieux ou œcuménique.Les OBE du Québec luttant contre la pauvreté sont au nombre de 3701, et 2568 autres œu- vrent en éducation.L\u2019ARC ne fournit pas le nombre de membres des groupes enregistrés, ces renseignements étant jugés confidentiels.Dans les faits, il est possible de former un groupe religieux qui ne compte qu\u2019un seul membre.Des avantages remis en question Le précieux statut d\u2019OBE accordé par l\u2019ARC permet d\u2019être exempté de l\u2019impôt, de remettre des reçus pour dons de bienfaisance, de se faire rembourser une partie des taxes à la consommation (TVQ et TPS), et même aux membres du clergé de déduire des allocations de logement.« Le financement étatique de la religion peut difficilement se justifier », commente le professeur de la Faculté de droit de l\u2019Université de Sherbrooke Me Luc Grenon, spécialiste de la fiscalité et auteur de plusieurs textes de référence et des rares études exhaustives réalisées pour tenter d\u2019y voir clair dans les principes et les conséquences concrètes de ces statuts et privilèges.Pour être reconnu comme OBE, explique le spécialiste, il faut deux choses : procurer un bienfait public et poursuivre une mission de bienfaisance reconnue.La loi reconnaît quatre fins de bienfaisance : le soulagement de la pauvreté ; l\u2019avancement de l\u2019éducation ; l\u2019avancement de la religion ; et « toutes autres fins bénéfiques pour la collectivité », notamment la recherche ou la protection de l\u2019environnement.La vérification du bien-fondé d\u2019une nouvelle inscription et des activités menées par les OBE est faite par les employés de l\u2019ARC lors de recherches sur le Web et parfois des visites en personne, a indiqué l\u2019Agence par écrit (deux demandes d\u2019entrevues de vive voix ont été refusées).Le contrôle s\u2019effectue aussi par le biais des rapports annuels fournis par les OBE, similaires à celui imposé aux contribuables.Ce faisant, de 50 à 60% des demandes pour obtenir le statut d\u2019organisme de bienfaisance sont acceptées chaque année.« Puisque l\u2019Agence prône une approche axée sur l\u2019éducation et que la grande majorité des organismes de bienfaisance enregistrés respectent les exigences liées à l\u2019enregistrement, seul un petit nombre d\u2019entre eux perd son statut à la suite d\u2019une vérification », dit le courriel au Devoir.La religion, un bienfait public ?En droit canadien, le bienfait public est présumé pour les trois premières activités, sans besoin d\u2019en faire la preuve.« Pour la lutte contre la pauvreté, on STÉPHANE BAILLARGEON MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR LIRE LA SUITE DE NOTRE DOSSIER SUR LA LAÏCITÉ ET LA FISCALITÉ PAGES B 2 ET B 3 Près de deux millions de visiteurs.Des revenus totalisant 18 millions de dollars en 2017.Et pas un sou versé en taxes foncières.L\u2019oratoire Saint-Joseph bénéficie d\u2019un congé de taxes municipales.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Si on enlève l\u2019aide financière aux religions, ça va ruer dans les brancards.L\u2019État n\u2019est pas neutre.Financer, c\u2019est un acte positif pas mal plus important comme geste de l\u2019État que d\u2019interdire le port de signes religieux.Financer, ça touche tout le monde, alors que des signes religieux, désolé, les gens du Saguenay ou de la Beauce n\u2019en voient pas beaucoup.LUC GRENON » VOIR PAGE B 3 : BIENFAISANCE Me Luc Grenon LEDEVOIR // LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 JUIN 2019 PERSPECTIVES DOSSIER LAÏCITÉ ET FISCALITÉ B 2 rès de deux millions de visiteurs.Des revenus totalisant 18 millions de dollars en 2017, et un site évalué à 63,5 millions.Et pas un sou versé en taxes foncières.L\u2019oratoire Saint-Joseph \u2014 comme tous les lieux de culte et édifices de communautés religieuses au Québec \u2014 bénéficie d\u2019un congé de taxes municipales.À l\u2019échelle du Québec, 4922 lieux de culte et établissements appartenant à des communautés religieuses sont exemptés, en tout ou en partie, de taxes municipales et scolaires.Selon les chiffres du ministère des Affaires municipales et de l\u2019Habitation obtenus par Le Devoir, le montant de taxes non perçues totaliserait 182,3 millions de dollars, dont 20,1 millions en taxes scolaires et 162,2 millions en taxes municipales.En déposant le projet de loi sur la laïcité de l\u2019État, Simon Jolin-Barrette, ministre de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion, déclarait que celle-ci devait être inscrite « comme principe formel, comme valeur fondamentale et comme outil d\u2019interprétation des lois du Québec ».Pourtant, aucune remise en question de l\u2019article 204 de la Loi sur la fiscalité municipale \u2014 conférant aux lieux de culte et immeubles des institutions religieuses une exemption de taxes foncière, municipale et scolaire \u2014 n\u2019est sur la table.« L\u2019État n\u2019est pas neutre, avance Luc Grenon, professeur en droit fiscal à l\u2019Université de Sherbrooke.Si on compare une religion par rapport à une autre, oui, l\u2019État est neutre.Mais si on compare les croyants et les non- croyants, l\u2019État n\u2019est pas neutre.Il finance les organisations religieuses.» Signe que le sujet est délicat, la Coalition avenir Québec, le Parti libéral du Québec et le Parti québécois ont refusé de nous donner des entrevues à ce sujet.Seul Québec solidaire a répondu à nos questions.« Le projet de loi 21 est davantage sur l\u2019interdiction des signes religieux que sur la laïcité », fait remarquer le député Sol Zanetti, ouvert à discuter de l\u2019abolition des privilèges fiscaux accordés aux religions.Vendredi à Québec, le ministre Jolin- Barrette s\u2019est limité à dire que « le projet de loi 21 ne traite pas des mesures fiscales associées aux municipalités ; c\u2019est un tout autre dossier qui relève des Affaires municipales ».Mille lieux de culte La Ville de Montréal dit ne pas comptabiliser la valeur des taxes foncières qui lui échappent pour les 737 lieux de culte et 272 immeubles de communautés religieuses parsemés sur son territoire.Ces édifices représentent un capital foncier avoisinant les 2,2 milliards de dollars.Pour chiffrer ce soutien financier offert aux religions, Nicole Vermette, une retraitée de l\u2019enseignement, s\u2019est attelée à la tâche de lier tous les lieux de culte de l\u2019île de Montréal à leur évaluation foncière.Résultat ?Des exemptions totalisant plus de 110 millions de dollars seraient accordées aux seuls lieux de culte (sans compter les édifices des communautés religieuses) sur l\u2019île de Montréal.« C\u2019est inconciliable avec la vision laïque de l\u2019État québécois », dénonce-t-elle.Une exemption historique L\u2019exemption de taxes consentie aux communautés religieuses remonte au début de la colonie, alors que ces dernières offraient divers services à la population, notamment en éducation, en santé et pour les soins aux aînés.La mission dévolue aux religieux a changé, sans que les avantages fiscaux qui y étaient liés soient revus.« Ces exemptions ont toujours représenté une charge assez lourde pour les municipalités, mais elles l\u2019assumaient parce que ces édifices, accessibles à la population, faisaient partie de la vie collective », explique Danielle Pilette, professeure spécialisée en fiscalité municipale au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l\u2019UQAM.Dotés d\u2019une forte valeur foncière, ces établissements \u2014 souvent les plus imposants d\u2019une municipalité \u2014 ont fréquemment été construits en hauteur ou sur le bord de l\u2019eau dans des secteurs prisés des petites et grandes villes.Pour Danielle Pilette, l\u2019oratoire Saint- Joseph est l\u2019exemple le plus criant de commercialisation d\u2019un lieu de culte.« L\u2019Oratoire \u2014 devenu un lieu touristique prisé \u2014 pourrait très bien assumer le paiement des taxes municipales.» Seul l\u2019hôtel Pavillon Jean XXIII, situé sur le site de l\u2019Oratoire, paie une compensation en lieu de taxes.Les responsables de l\u2019Oratoire n\u2019ont pas donné suite à la demande d\u2019entrevue du Devoir.Mais l\u2019experte en fiscalité municipale affirme que l\u2019iniquité fiscale créée par l\u2019exemption de taxes accordée aux groupes religieux est en partie compensée.Des communautés regroupent leurs religieux aînés au même endroit, et leur offrent des services de santé.« Les religieux aînés se retrouvent donc dans un hébergement institutionnalisé, au lieu d\u2019un hébergement public.» Reste que pour mettre fin à ce régime qui « fait subventionner les religions par les municipalités », Danielle Pilette suggère que Québec compense les municipalités pour les taxes non perçues comme il le fait pour les écoles, les cégeps, les universités et les établissements de santé.« Si l\u2019État québécois se dit laïque, il sera peut-être plus restrictif », souligne-t-elle.Touche pas à mon église Quand la Loi sur la fiscalité municipale a été adoptée en 1979, le Parti québécois était aux commandes.À l\u2019approche du référendum de 1980, « on peut penser que le gouvernement ne souhaitait pas affronter les communautés religieuses, encore importantes à cette époque », relève Mme Pilette.Depuis, l\u2019appétit politique pour une telle réforme est tout aussi absent.« Il y a une sorte de statu quo, notamment par crainte que le patrimoine [cher d\u2019entretien] soit privatisé», pointe l\u2019experte.En plus, «les communautés religieuses montantes sont issues de la diversité et non plus du culte catholique », ajoute-t-elle, ce qui rend toute tentative de réforme encore plus périlleuse.« Au c u n go u ve r n e m e n t n e veu t donner l\u2019impression de s\u2019attaquer aux communautés culturelles.» Une pétition pour abolir ces exemptions, déposée à l\u2019Assemblée nationale en 2017, n\u2019a pas franchi le cap des 3000 signataires.«Les non-croyants ne sont pas organisés, ils ne constituent pas un lobby puissant», fait remarquer Luc Grenon.Pendant ce temps, de petites églises font leur apparition dans le paysage québécois.À l\u2019intersection des rues Papineau et Beaubien, dans le quartier Rosemont à Montréal, quatre églises évangéliques de quelques centaines de membres sont situées à quelques mètres de distance.Pourquoi ne pas les regrouper en un seul et même lieu ?« La question est légitime, répond Gabriel Jean-Baptiste, pasteur à la Première Église Pentecôte française renouvelée, sise avenue Papineau, qui compte 140 fidèles.Mais les énoncés de mission sont différents pour chacune de ces églises.Et les fidèles aiment appartenir à de petites communautés, aiment avoir cette proximité.» Selon le pasteur Jean-Baptiste, il faut briser cette image selon laquelle les religions « font perdre des millions de dollars aux contribuables ».« Une église contribue à la société, aide les gens dans leur quotidien », argue-t-il.GROUPES RELIGIEUX Plus de 182 millions en taxes non perçues STÉPHANE BAILLARGEON MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR Le domaine des esséniens, en Estrie, à l\u2019abri des taxes municipales STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Les comptes sont faits, et ils sont bons.Le sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, près de Québec, a déclaré à l\u2019Agence de revenu du Canada (ARC) des dépenses de 4,1 millions de dollars en 2017 et des revenus trois fois supérieurs.Elle a reçu quelque 1,2 million en dons de charité et 3,5 millions d\u2019autres sources, dont les offrandes pour les lampions.Il s\u2019en allume visiblement beaucoup.La feuille comptable note aussi 8,2 millions venus d\u2019autres dons, sans reçus pour déduction fiscale cette fois, soit 75 % de la cagnotte totalisant près de 13 millions de dollars.Cela comprend des gains générés par les collectes faites de visiteurs qui ne demandent alors aucun avantage fiscal en retour.Ou bien d\u2019un legs à la suite d\u2019un décès.«Il y a là-dedans beaucoup de revenus aléatoires, à la merci de l\u2019achalandage, des visiteurs et de leur générosité, dit le père Pierre Bélisle, administrateur de la basilique.Les bonnes années, je peux en mettre dans le bas de laine pour les coups durs.D\u2019autres années, j\u2019arrive à peine à couvrir.Il faut aussi des réserves pour entretenir la basilique.» Le gestionnaire confie avoir un coussin de « quelques millions » pour les en-cas.Et tout cela sans payer d\u2019impôt ni de taxes foncières, et en touchant des gouvernements le remboursement de 70 % des dépenses d\u2019entretien du site et de ses immeubles, et puis encore la moitié des taxes de vente, y compris sur les lampions et les autres souvenirs.« Il faut faire attention et tirer la ligne entre l\u2019activité commerciale et le service rendu aux pèlerins, dit l\u2019administrateur.Si on vendait des sandwichs, ce ne serait pas le rôle du sanctuaire.Mais si on permet aux gens de se procurer des médailles, des chapelets, des crucifix, des plaques avec des pensées dessus, c\u2019est en lien avec la mission du sanctuaire.Ce n\u2019est pas considéré comme une activité commerciale.» Parce qu\u2019il œuvre à l\u2019avancement de la religion, le site jouit du statut d\u2019organisme de bienfaisance, mais il ne déclare aucune activité charitable, pour soulager la pauvreté par exemple.« Je suis plus à un niveau d\u2019accompagnement, de réconfort, de proximité, d\u2019écoute, etc., dit le père Bélisle.Les gens viennent se recueillir au sanctuaire.[\u2026] C\u2019est reconnu par l\u2019État.Enlevez le sanctuaire, et le monde va passer sur la 138 sans s\u2019arrêter.Il y a des retombées pour tout le monde, avec des visiteurs du monde entier.» Le statut d\u2019OBE du sanctuaire com- Où s\u2019arrête l\u2019aide à la bienfaisance ?La basilique de Sainte-Anne- de-Beaupré exemptée de taxes, même sur son camping Religion ou pas ?Par le biais de congés de taxes foncières, les contribuables municipaux se trouvent à aider de nouveaux groupes religieux ou encore des communautés qui doivent se défendre d\u2019être des sectes.Selon une estimation, la valeur foncière des salles du royaume utilisées par les témoins de Jéhovah à Montréal s\u2019établirait à plus de 20 millions de dollars.Dans un échange de courriels avec Le Devoir, le porte-parole Matthieu Rozon affirme que le groupe \u2014 qui compte 23 000 membres au Québec \u2014 est une religion poursuivant une mission de bienfaisance.Les témoins de Jéhovah aident « le public à faire face aux défis contemporains tels que la dépression juvénile, l\u2019intimidation dans les écoles, la toxicomanie, le crime », précise-t-il.Sans activités commerciales et dépendant entièrement de contributions volontaires, «il est possible que notre capacité à œuvrer de cette façon soit réduite [si] les dispositions fiscales offertes aux organismes de bienfaisance [étaient abolies]», mentionne le porte-parole des témoins.En 2017, la municipalité de Pré- vost dans les Laurentides a réussi à révoquer le congé de taxes municipales de près de 4000 $ dont jouissait le sanctuaire Point de vie, un groupe religieux ne comptant que deux membres.« Parfois, il y a des religions qu\u2019on ne connaissait pas de prime à bord, des groupes qui se rajoutent avec de petits nombres de membres », fait remarquer Jacques Demers, président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), qui représente environ un millier de municipalités de moins de 25 000 habitants.Celui-ci souhaiterait que les règles permettant de reconnaître une religion comme telle soient resserrées.« Mais pour le patrimoine religieux, on accepte que les églises et les presbytères de nos villages soient soutenus financièrement pour garder ces bâtiments patrimoniaux en état.» L\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ) se fait plus discrète sur la question.L\u2019enjeu ne fait pas partie du « calendrier de réflexion », indique Patrick Le- mieux, conseiller aux communications.« Notre priorité actuelle est la négociation du prochain pacte fiscal.» P LEDEVOIR // LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 JUIN 2019 PERSPECTIVES B 3 C\u2019est quoi, alors, un bienfait public ?comprend aisément le bienfait public, dit le professeur Gre- non.Mais pour la religion ?C\u2019est quoi alors, un bienfait public ?Ici, la religion se résume à la foi et au culte.C\u2019est la religion en soi qui est l\u2019activité de bienfaisance.C\u2019est croire, le critère.Une organisation de sœurs cloîtrées qui ne font rien d\u2019autre que prier est donc présumée travailler pour le bienfait public.» Pour le professeur Grenon, le fondement philosophico-po- litique de cette idée est « truffé d\u2019incohérences et est irrationnel ».Il constate que les gens demeurent convaincus que les organisations religieuses œuvrent encore à la bienfaisance, comme elles l\u2019ont fait en s\u2019occupant des écoles, des hôpitaux, des orphelinats avant l\u2019émergence de l\u2019État providence.« Le bien qui a été fait a été fait, y compris pour faire du prosélytisme », dit-il.Il s\u2019interroge tout de même sur les arguments déployés pour justifier les avantages fiscaux, qui se résument à trois grands axes : les services, la générosité et la cohésion sociale.La seule étude empirique réalisée sur les services en examinant les déclarations de quelque 1100 OBE religieux auprès de l\u2019Agence du revenu du Canada démontre qu\u2019un organisme sur deux déclare purement et simplement ne pas procurer de bénéfice public.Quant à la générosité, on avance souvent l\u2019argument que les gens religieux sont plus généreux, donnent plus et font plus de bénévolat.Vérification faite par le professeur Grenon, oui, ils donnent plus et s\u2019impliquent davantage.Mais d\u2019abord et avant tout au profit de leurs propres groupes religieux.L\u2019argument de la cohésion et de l\u2019utilité sociale fait aussi sourciller.« À l\u2019intérieur de la communauté religieuse, probablement, dit le professeur.Mais dans une perspective plus globale ?Pas certain.» L\u2019organisation de soccer amateur A.Y.S.A.a d\u2019ailleurs tenté d\u2019obtenir le statut d\u2019OBE auprès de l\u2019ARC.La cause a été portée sans succès jusqu\u2019en Cour suprême en 2007.Le plus haut tribunal du pays a aussi rejeté en 1999 l\u2019enregistrement de la Vancouver Society qui offrait des services aux immigrants, d\u2019avis que ses activités n\u2019étaient pas exclusivement de bienfaisance.Sous le couvert de la bienfaisance La bienfaisance a bonne réputation parce que les organismes d\u2019aide font effectivement beaucoup de façon bénévole pour la société, grâce à des fonds publics et privés, et pallient par moments les ratés de l\u2019État providence.Or, la religion se réfugie derrière le paravent de la bienfaisance sans offrir les mêmes services.Et certaines organisations religieuses profitent de l\u2019excellente réputation forgée par d\u2019autres organisations religieuses réellement investies dans l\u2019aide aux démunis.«La Fondation du cardinal Léger en fait, des bonnes œuvres, et l\u2019organisation du père Pops, Le bon dieu dans la rue aussi», relève Luc Grenon.Ce dernier propose rien de moins que de sortir la religion de la bienfaisance, et de baliser ensuite légalement l\u2019aide aux organisations religieuses après une discussion publique.Le soutien public pour l\u2019entretien des lieux de culte patrimoniaux, déjà existant, pourrait aussi être revu dans ce cadre.«Ça me semble souhaitable, mais ça n\u2019arrivera jamais, ou en tout cas pas tout de suite [\u2026] politiquement, ce n\u2019est pas rentable, dit le professeur.Si on enlève l\u2019aide financière aux religions, ça va ruer dans les brancards.L\u2019État n\u2019est pas neutre.Financer, c\u2019est un acte positif pas mal plus important comme geste de l\u2019État que d\u2019interdire le port de signes religieux.Financer, ça touche tout le monde, alors que des signes religieux, désolé, les gens du Saguenay ou de la Beauce n\u2019en voient pas beaucoup.» BIENFAISANCE SUITE DE LA PAGE A 1 STÉPHANE BAILLARGEON MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR Une petite communauté d\u2019une centaine de personnes vit dans un cadre enchanteur dans le village de Cookshire-Eaton en Estrie.Bercés par le calme et la nature luxuriante, les membres de l\u2019Église essénienne chrétienne semblent vivre à l\u2019abri du temps\u2026 mais aussi du fardeau fiscal imposé aux contribuables.Dans un domaine de 41 hectares parsemé d\u2019arbres et enjolivé par les cris des enfants se trouvent une vingtaine de maisons et une dizaine d\u2019appartements.Une fermette, une salle de prière et un site de pèlerinage extérieur, comprenant une statue de l\u2019archange Gabriel et un grand escalier évoquant 22 commandements, complètent le site évalué à environ 3 millions de dollars.L\u2019ensemble des installations bénéficie d\u2019une exemption de taxes foncières puisque le site est considéré comme un lieu de culte.Même les résidences?«Oui, puisqu\u2019elles appartiennent à l\u2019Église», spécifie Pierre-Simon Cleary, secrétaire de l\u2019Église essénienne chrétienne.Fondée en France au tournant des années 1990 par Olivier Manitara, l\u2019Église essénienne chrétienne est apparue au Québec en 2006.En décembre de la même année, le groupe faisait l\u2019acquisition du site à Cookshire-Eaton.« Nous sommes animistes, explique le primat pasteur Wilfrid Richard Am- vane, rencontré sur place.Pour nous, Dieu n\u2019est pas abstrait.Dieu c\u2019est la plante, c\u2019est l\u2019animal.Nos pensées, nos émotions sont vivantes.» Après dix ans à suivre l\u2019enseignement des esséniens, Martin Paré a décidé en septembre dernier de déménager sur le site avec sa femme et ses trois enfants.«Je ne me retrouvais plus dans les discussions que j\u2019avais à l\u2019époque avec mes voisins.Quand je leur parlais d\u2019énergie, de sagesse, ça ne les intéressait pas.» Le village essénien de Cookshire- Eaton est le « centre mondial » de l\u2019Église essénienne chrétienne \u2014 non reconnue par l\u2019Église catholique \u2014, qui compte d\u2019ailleurs moins d\u2019un millier de membres à travers le monde.Un conflit oppose la communauté religieuse à la municipalité de Cookshire-Ea- ton au sujet du paiement des taxes foncières et de la construction de certains édifices faisant partie du domaine des es- séniens se trouvant sur des terres zonées agricoles.La municipalité de Cookshire- Eaton ne nous a pas rappelé.La Commission de protection du territoire agricole du Québec, elle, réclame le démantèlement d\u2019une vingtaine de bâtiments, dont des résidences, construits sur le site sans les autorisations nécessaires.L\u2019affaire se trouve devant les tribunaux.« La spécificité de notre religion, c\u2019est notre proximité avec la nature.Ça fait en sorte qu\u2019il faut qu\u2019elle soit pratiquée en zone agricole », fait valoir Pierre-Simon Cleary.La majorité des enfants de la communauté sont scolarisés à la maison, et le mouvement, entièrement financé par les dons effectués par ses fidèles, a été qualifié de secte dans les reportages diffusés par certains médias.Une accusation que rejettent les esséniens.« Pour moi, la seule utilité du mot est pour s\u2019attaquer à un groupe », répond M.Cleary, qui utilise plutôt le terme « nouveau mouvement religieux ».Pierre-Simon Cleary estime qu\u2019il est tout à fait souhaitable que la société québécoise continue de soutenir les groupes religieux minoritaires.« Qu\u2019il y ait une critique au niveau des exemptions fiscales accordées aux églises qui ont des milliers de membres [plus solides financièrement], je peux comprendre, mais pour les religions minoritaires comme la nôtre, ça serait plus difficile financièrement si on n\u2019avait pas cette aide », avance-t-il.Selon M.Cleary, les religions ont encore aujourd\u2019hui «un impact social positif sur nos sociétés».Croisées sur place, des jeunes femmes hippies, hébergées gracieusement sur le site des esséniens en échange de travail bénévole, semblaient contribuer à cette vision idyllique d\u2019un monde à l\u2019abri du temps.La majorité des enfants de la communauté sont scolarisés à la maison, et le mouvement est entièrement financé par les dons effectués par ses fidèles.PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR Quelle réforme ?Les lois qui régissent la bienfaisance au Canada remontent à l\u2019Angleterre du début du XVIIe siècle, quand les religions formaient le seul filet de sécurité sociale, ou presque.Des tentatives de réformes ont vu le jour au pays ces dernières années.Un groupe fédéral d\u2019experts sur la transparence et la saine gestion dans le secteur bénévole a déposé un rapport en 1999, mais sans jamais remettre en cause la faveur fiscale accordée aux religions.La Commission d\u2019examen sur la fiscalité québécoise de 2015 a proposé de ne mettre fin qu\u2019à un seul élément, l\u2019allocation pour logement des religieux.Une déduction accordée à 1692 personnes en 2017 par Revenu Québec, pour un total de plus de 18 millions (11 315 $ par bénéficiaire).Le président de la commission, Luc Godbout, a décliné nos demandes d\u2019entrevues.Mais des choses bougent.Un comité sénatorial, dont le rapport est attendu en juin, se penche depuis un an sur « l\u2019impact des lois et politiques fédérales et provinciales gouvernant les organismes de bienfaisance ».Plus de 150 témoins ont été entendus.Le comité a étudié la situation d\u2019autres pays du Commonwealth, dont l\u2019Angleterre, l\u2019Australie ou la Nou- velle-Zélande, qui ont récemment revu leurs lois pour mieux définir ce qu\u2019est la bienfaisance.Selon la séna- trice canadienne Ratna Omidvar, les lieux de prière et de recueillement « continuent de jouer un rôle important dans beaucoup, beaucoup d\u2019endroits au pays », offrent souvent des services d\u2019entraide et forment « une part du tissu social ».Si Ottawa décidait de « moderniser » les catégories reconnues en bienfaisance, dit-elle, « on entrerait dans une autre discussion ».Une loi discriminatoire ?Pour la British Columbia Humanist Association, qui a déposé un mémoire devant le comité sénatorial, la loi canadienne est discriminatoire à l\u2019endroit des philosophies et des visions du monde non religieuses.Le groupe, qui représente des athées et des agnostiques, veut que la loi soit modifiée pour « créer un cadre adapté aux réalités modernes du secteur de la bienfaisance ».Plutôt que prendre en compte « l\u2019avancement de la religion », le groupe propose d\u2019axer la loi sur le travail caritatif accompli, notamment pour lutter contre la pauvreté.On reconnaîtrait ainsi « le caractère laïque du Canada », affirme son mémoire.prend plusieurs éléments : l\u2019église inférieure, un kiosque d\u2019accueil, un stationnement, un musée (présentement fermé), le siège de la rédaction de La Revue Sainte Anne, avec le secrétariat du sanctuaire, ainsi que le monastère, une ancienne résidence de prêtres.À cela s\u2019ajoute la Colline, avec un chemin de croix, une chapelle commémorative et la Scala sancta, ainsi qu\u2019une auberge et le camping du Domaine Sainte- Anne, utilisé pendant la neuvaine.Cette portion a fait l\u2019objet d\u2019un litige, la Ville de Sainte-Anne-de-Beaupré voulant taxer l\u2019auberge et le camping.Un tribunal administratif a jugé l\u2019an dernier que même si des activités non religieuses s\u2019y tenaient, les deux éléments étaient partie intégrante du domaine exempté de taxes foncières.« Nous sommes allés en cour sur recommandation de notre firme d\u2019évaluation, résume Frédéric Drolet-Gervais, directeur général de la municipalité.Les rédemptoristes ont été les premiers à l\u2019avouer : ils commençaient à faire de la publicité pour leur auberge, ils entraient en concurrence avec nos auberges dans le secteur, etc.[\u2026] Nous avons porté les biens au rôle, les pères ont contesté.On a essayé, on a perdu.On n\u2019a pas fait un gros combat avec ça non plus.On gagne, on gagne ; on perd, on perd.» Dans les années 1970, la Ville avait déjà tenté, sans succès, de taxer les vastes stationnements du site.Les deux parties ressortent toujours en bons termes de la nouvelle poursuite.« La Ville nous a demandé de pouvoir l\u2019utiliser à titre expérimental comme terrain de camping, explique le père Bélisle.Ce sera fait cet été.» Le diocèse de Québec a confié l\u2019administration du sanctuaire de Sainte-Anne- de-Beaupré aux rédemptoristes à la fin du XIXe siècle, qui en ont l\u2019usufruit, pour le développer et l\u2019entretenir.«La journée où [on] ne pourra plus assurer cette charge, le diocèse devra trouver quelqu\u2019un d\u2019autre pour nous remplacer», dit le père Bélisle.Il reste 46 membres dans ce qu\u2019on appelle encore la « province » rédemptoriste de Sainte-Anne-de-Beaupré, dont 80 % ont plus de 80 ans et logent dans une résidence pour aînés.La taxe foncière reste la principale source de revenus des municipalités au Québec.Comment justifier l\u2019exemption aux églises et autres lieux de culte dans une société laïque ?Ce paradoxe fait par exemple que le quart des Québécois se déclarant athées ou incroyants compensent la perte de revenus collectifs liée aux lieux de culte, fréquentés par moins d\u2019un Québécois sur dix. « On doit s\u2019occuper autrement de la maltraitance.Mais ce qu\u2019il faut comprendre, c\u2019est que, quand la DPJ intervient, ça fait longtemps que ça a dérapé.La DPJ, c\u2019est la salle d\u2019urgence, il faut intervenir bien avant », scande Fannie Dagenais, directrice de l\u2019Observatoire des tout-petits, qui s\u2019intéresse au développement des enfants de 0 à 5 ans.En 2015-2016, près de 28 000 signalements ont été faits à la DPJ pour des tout-petits, une hausse de 40 % par rapport à 2007.Comme les pompiers, le système de protection de la jeunesse tente d\u2019éteindre des incendies qui couvent pourtant depuis bien longtemps sous ses propres yeux, mais aussi sous ceux de plusieurs missions de l\u2019État impliquées dans le développement des enfants.«Tout le monde a le réflexe d\u2019aller vers la DPJ, mais ça devrait être le dernier recours », ajoute Mme Dagenais, qui croit qu\u2019il faudra faire plus que resserrer la vis du système de protection de l\u2019enfance et donner plus de moyens aux « urgento- logues» pour prévenir la maltraitance et la négligence à l\u2019égard des enfants.« Ce n\u2019est pas que l\u2019affaire de la DPJ.Les facteurs de risque de la négligence et de la maltraitance sont connus : faibles revenus, dépendance aux drogues ou à l\u2019alcool, problèmes de santé mentale, problème de logement.Les familles à risque doivent être détectées et ciblées par les divers réseaux qui travaillent avec les enfants avant que les choses ne dégénèrent », ajoute-t-elle.Selon la directrice de l\u2019Observatoire, voir la négligence comme le seul fait des parents, c\u2019est faire erreur.Le contexte social est déterminant dans l\u2019apparition LEDEVOIR // LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 JUIN 2019 PERSPECTIVES B 4 Le passage du Nord-Ouest J \u2019ai eu le bonheur et le grand privilège de croiser à quelques reprises le philosophe Michel Serres (1930-2019), qui vient de décéder.Il avait notamment, il y a longtemps, généreusement participé à un colloque que j\u2019avais organisé sur la recherche et la création à l\u2019université.On me permettra une anecdote.Des années après ce colloque, quand j\u2019ai voulu travailler sur les manuscrits de mon cher Condorcet à Paris, la bibliothécaire m\u2019a informé qu\u2019il me fallait, pour pouvoir les consulter, présenter une lettre d\u2019un académicien.Rien de moins ! J\u2019ai fait la demande à Michel Serres, le seul académicien que je connaissais à cette époque.Il a posté sa lettre le jour même, en me disant qu\u2019il ne pouvait rien refuser à ses amis québécois : « J\u2019ai été tellement heureux là-bas », ajoutait-il.Serres était un philosophe singulier, aux intérêts nombreux et variés : les sciences, la littérature, la communication, les mathématiques, l\u2019écologie, Tintin, Zola, les anges, et j\u2019en passe.Il se trouve aussi qu\u2019une part de son travail n\u2019est pas sans incidences sur l\u2019éducation.Je le rappellerai sur un exemple, important et qui m\u2019est particulièrement cher.Sciences et humanités Le point de départ de sa réflexion, lourde d\u2019implications tant pour la conversation démocratique sur des sujets de la plus haute importance que pour le curriculum, est le triste constat de cette absence de véritable communication entre les sciences naturelles d\u2019un côté et les sciences humaines et les humanités de l\u2019autre.On parle parfois à ce sujet de deux cultures qui sont coupées l\u2019une de l\u2019autre et qui ne dialoguent pas.Serres souhaitera justement un dialogue entre « instruits incultes » et « cultivés ignorants », et appellera de ses vœux ce qu\u2019il nommera des « tiers-instruits », savants et cultivés.Il n\u2019y a pas de voie simple et unique qui conduit de l\u2019un de ces univers à l\u2019autre, et Serres a justement donné pour titre à son ouvrage de 1980 abordant ce sujet : Le passage du Nord- Ouest.Il fait bien entendu référence à ces chenaux et routes maritimes qui permettent de joindre l\u2019océan Pacifique à l\u2019océan Atlantique, métaphore des liens complexes, multiples, faits d\u2019entrelacements et de ruptures, qui permettraient de relier le monde des sciences naturelles et celui des sciences humaines et des humanités.Si ma mémoire ne me fait pas défaut, c\u2019est lors d\u2019un voyage au Québec que Serres avait survolé ce passage du Nord-Ouest et eu l\u2019idée de ce très beau titre.Il faut dire que Serres écrivait merveilleusement bien, d\u2019une langue riche, précise et néanmoins, si j\u2019ose dire, sensuelle.On devine la lourde tâche qui attend celui qui voudra dessiner un curriculum permettant ce dialogue, un curriculum qui, en faisant passer par chenaux et entrelacements, produirait des tiers-instruits.Quoi qu\u2019il en soit, Serres a souvent insisté sur l\u2019urgence d\u2019accomplir ce travail.Dans un ouvrage où il appelait à signer un contrat naturel entre nous et la nature, il demandait aux philosophes, intellectuels, politiques, journalistes, tous nourris aux humanités, de se faire « un peu physiciens ».Il n\u2019a guère été entendu.Plus récemment, il espérait encore ce dialogue à trois voix que devraient entretenir le Monde, les sciences et la société, le premier se faisant désormais entendre \u2014 et pas seulement à travers ce que disent de lui les sciences.« Montée des eaux, fonte des glaces, ouragans, maladies infectieuses, élections récentes, même\u2026 voici en effet que ce monde global, quoique stable sous nos pieds, tombe soudain sur la tête de femmes et d\u2019hommes qui s\u2019y attendaient si peu.[\u2026] Le Monde reste le tiers exclu de nos politiques désuètes.» Dans ce livre, Le contrat naturel, et ailleurs, Serres avait souhaité la création d\u2019une institution mondiale où «l\u2019air et l\u2019eau, l\u2019énergie et la terre, les espèces vivantes, seraient représentés».Qui parlerait en leur nom et comment ?Il est permis de penser que ce seraient justement ces tiers- instruits, formés à un curriculum où sciences et humanités communiqueraient et qui saurait former des savants cultivés.Truc et astuce de prof Comment ouvrir un cours de philosophie ?En particulier (mais pas exclusivement), comment le faire avec ces jeunes gens qui arrivent du secondaire et qui ne savent pas ce qu\u2019est cette discipline ?Sur leur page Facebook, des professeurs de philosophie de cégeps suggèrent de commencer ce premier cours par une expérience de pensée à laquelle on invite alors le groupe à réfléchir.On appelle expériences de pensée des situations idéales imaginées et par quoi on réalise, de tête justement, quelque chose comme des tests ou des mises à l\u2019épreuve d\u2019idées et d\u2019hypothèses, ceci dans le but d\u2019explorer les conséquences de certaines de nos intuitions, de clarifier nos idées, de tester leur cohérence ou de faire jouer des variables.Les philosophes et les scientifiques en ont constamment fait \u2014 voici donc un de ces possibles chenaux chers à Serres ! \u2014 et certaines sont en effet fascinantes et de nature à faire apprécier ce type de réflexion qu\u2019ils pratiquent.Des exemples ?La chambre chinoise de Searle ; le seau de Newton ; l\u2019anneau de Gygès de Platon ; la chute d\u2019objets depuis la tour de Pise de Galilée ; et bien d\u2019autres.Vous trouverez facilement des textes qui expliquent de quoi cela retourne.NORMAND BAILLARGEON Ébranlé par la mort tragique d\u2019une fillette à Granby, le Québec se prépare à revoir son système de protection de la jeunesse, notamment par le chantier qu\u2019ouvrira à l\u2019automne la commission spéciale créée par le gouvernement Legault.Alors que des études ciblent de sérieuses failles dans ce système, des experts croient que c\u2019est tout le filet social autour des familles qui souffre de vilaines brèches.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Débordements dans la salle d\u2019urgence de la jeunesse La DPJ doit-elle être la seule issue pour les enfants malmenés ?HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR L \u2019Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (EN- FFADA) a déposé son rapport cette semaine après près de trois ans de travaux, parfois cahoteux, marqués par des démissions en série.La conclusion que l\u2019État canadien s\u2019est rendu coupable de « génocide » envers les peuples autochtones a fait ombrage aux 231 recommandations formulées.Or, une analyse de celles-ci révèle que plusieurs avaient déjà été faites lors d\u2019exercices précédents.La question autochtone a fait l\u2019objet jusqu\u2019à présent de trois grandes enquêtes.En 1991, la Commission royale sur les peuples autochtones, aussi appelée commission Erasmus-Dussault (du nom de ses deux coprésidents), est lancée avec pour vaste mandat de « proposer des solutions précises [\u2026] aux problèmes qui ont entravé les relations [entre les Autochtones, le gouvernement canadien et l\u2019ensemble de la société] ».Le rapport en sept volumes déposé en 1996 compte 440 recommandations.L\u2019une de ces recommandations est de mettre sur pied une commission d\u2019enquête sur les pensionnats autochtones.Les commissaires sont exaucés\u2026 en 2008.La Commission de vérité et réconciliation (CVR) accouchera sept ans plus tard de 94 recommandations, dont une demandant une enquête sur le taux disproportionné de disparitions de femmes autochtones.L\u2019ENFFADA, lancée à l\u2019été 2016, a déposé lundi 231 recommandations, dont une demandant une commission d\u2019enquête sur les enfants autochtones enlevés à leur famille.Les recoupements entre ces trois commissions sont très nombreux, comme a pu le constater Le Devoir après avoir passé en revue toutes les recommandations formulées depuis 1996.Ainsi, l\u2019ENFFADA a recommandé cette semaine que les gouvernements accordent du financement « pour rétablir et revitaliser les cultures et les langues autochtones ».En 2015, la CVR avait recommandé d\u2019adopter une loi sur les langues autochtones garantissant « des fonds suffisants pour préserver et revitaliser les langues autochtones » et de créer un Commissariat aux langues autochtones.En 1996, Erasmus-Dussault souhaitait la mise sur pied d\u2019une fondation pour revitaliser les langues, dotée d\u2019un capital de 50 millions de dollars.Ottawa a déposé plut tôt cette année un projet de loi créant un Commissariat aux langues autochtones et promettant du financement (non chiffré) pour favoriser la revitalisation de celles-ci.Autre exemple, celui de la santé.Cette semaine, l\u2019ENFFADA a recommandé la mise sur pied de programmes communautaires destinés aux survivantes de la violence et tenant compte de leurs traumatismes.La CVR avait recommandé il y a quatre ans de financer des « centres de guérison autochtones » pour soigner les traumatismes causés par les pensionnats.En 1996, la Commission royale d\u2019enquête avait elle aussi demandé la mise sur pied de « centres de guérison ».De même, les trois commissions ont recommandé d\u2019augmenter le recrutement et la rétention d\u2019employés autochtones dans le réseau de la santé et ont toutes trois demandé que soient valorisées les pratiques médicinales traditionnelles.En matière carcérale, l\u2019ENFFADA a demandé qu\u2019on crée des établissements au sein des communautés et dirigés par celles-ci.Ces « pavillons de ressourcement », où les détenus suivent des programmes inspirés des valeurs spirituelles autochtones, existent déjà au Canada.Leur création avait d\u2019ailleurs fait l\u2019objet d\u2019une recommandation d\u2019Erasmus-Dussault en 1996, et la CVR avait invité le gouvernement en 2015 à en construire davantage.Les trois commissions se ressemblent aussi dans leurs appels à modifier les curriculums scolaires pour qu\u2019y soient ajoutées des références à la culture autochtone et aux traumatismes découlant de la colonisation.L\u2019ENFFADA propose de bonifier la formation du personnel en santé, des policiers, des avocats, des travailleurs sociaux et des journalistes ainsi que d\u2019adapter l\u2019enseignement primaire et secondaire.La CVR ajoutait à cette liste les fonctionnaires et les immigrants.Erasmus-Dus- sault, enfin, insistait sur les formations professionnelles.Problématiques, les redites ?Devant autant de redondances, doit-on remettre en question la pertinence de l\u2019ENFFADA ?La commissaire Michèle Audette ne le croit pas.« C\u2019était déjà clair [en milieu de mandat] qu\u2019on allait réitérer des choses, dit-elle en entrevue avec Le Devoir.Ça devenait un exemple de ce qu\u2019on dit quand on remarque une nonchalance, une indifférence.On dirait que ça ne cogne pas.Ça ne frappe pas.Ça ne bouge pas.Ça ne résonne pas.Ça ne sensibilise pas.» C\u2019est donc parce que les recommandations sont ignorées qu\u2019il faut les répéter, pense Mme Audette.Mais était-il nécessaire de refaire l\u2019exercice de cueillette d\u2019informations ?Après tout, l\u2019ENFFADA a coûté 92 millions de dollars.Selon Mme Audette, « on n\u2019a jamais, jamais, jamais fait un exercice de cette magnitude ».Frances Abele, professeure à l\u2019Université Carleton, qui avait travaillé pour la commission Erasmus-Dussault, pense que, redondants ou pas, ces exercices sont importants, car ils offrent une tribune aux citoyens.« Ce qui importe, ce n\u2019est pas tant les recommandations que le processus et l\u2019analyse exposée dans le rapport final.C\u2019est intéressant de noter que les recommandations sont similaires, mais ce n\u2019est pas un problème.» Beaucoup de commentateurs ont déploré le fait que le rapport de l\u2019EN- FEMMES AUTOCHTONES Dans un ouvrage dans lequel il appelait à signer un Contrat naturel entre nous et la nature, Michel Serres demandait aux philosophes, intellectuels, politiques, journalistes, tous nourris aux humanités, de se faire « un peu physiciens ».Il n\u2019a guère été entendu.Redondantes, les commissions ?Analyse des recommandations parfois identiques à celles de rapports passés ISTOCK Ce qui importe, ce n\u2019est pas tant les recommandations que le processus et l\u2019analyse exposée dans le rapport final.C\u2019est intéressant de noter que les recommandations sont similaires [à certaines autres du passé], mais ce n\u2019est pas un problème.FRANCES ABELE » LEDEVOIR // LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 JUIN 2019 PERSPECTIVES B 5 Deux poids, deux mesures E mbourbé dans son projet de loi sur les maternelles 4 ans, le ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, était heureux de pouvoir annoncer une bonne nouvelle cette semaine : 850 enseignants et professionnels seront engagés d\u2019ici la rentrée de l\u2019automne pour venir en aide aux élèves en difficulté.Après les coupes des années d\u2019austérité, ces renforts seraient certainement les bienvenus.La Fédération des commissions scolaires n\u2019a cependant pas tardé à poser la question qui tue : où le ministre compte-t-il prendre ces enseignants, alors que les problèmes de recrutement et de rétention auxquels se heurte le réseau de l\u2019éducation font régulièrement les manchettes ?Un défi « énorme », selon le président de la Fédération.Réponse du ministre : il suffit de rendre la profession d\u2019enseignant plus attrayante.Certains ont beau avoir la vocation, il faudra néanmoins un sérieux incitatif financier pour ramener dans les écoles des enseignants qui ont pris leur retraite ou que la dureté grandissante du métier a fait fuir.À l\u2019époque où il était dans l\u2019opposition, François Legault avait déjà souligné au ministre de l\u2019Éducation Sébastien Proulx que les enseignants ontariens gagnaient en moyenne 18 000$ de plus que leurs collègues québécois, ce qui poussait plusieurs d\u2019entre eux à déménager dans la province voisine.M.Proulx avait reconnu qu\u2019il faudrait peut-être remédier un jour à cette malheureuse situation, mais que l\u2019état des finances publiques ne permettait pas d\u2019envisager de mieux payer les enseignants dans un avenir prévisible.Quand l\u2019équilibre budgétaire a enfin été rétabli, le gouvernement avait manifestement d\u2019autres priorités.La CAQ parle depuis longtemps de la nécessité de revaloriser la profession d\u2019enseignant, mais il faudra attendre les prochaines négociations pour le renouvellement des conventions collectives dans les secteurs public et parapublic avant de voir comment cela se traduira concrètement.Privilégier les enseignants par rapport aux autres groupes d\u2019employés de l\u2019État ne sera pas chose aisée.En revanche, austérité ou pas, revaloriser la profession médicale n\u2019a jamais posé de problèmes.Alors que l\u2019écart négatif entre la rémunération hebdomadaire moyenne des travailleurs québécois et celle de leurs vis-à-vis ontariens avait presque doublé entre 2004 et 2014, il semblait aller de soi que la parité était indispensable dans le cas des médecins.Pourtant, le Québec manque bien plus d\u2019enseignants que de médecins.À l\u2019époque où il était président de la Fédération des médecins spécialistes, Gaétan Barrette brandissait la menace d\u2019un exode si un rattrapage n\u2019était pas effectué rapidement.En réalité, le solde migratoire des médecins durant ces années était nettement à l\u2019avantage du Québec, selon les données compilées par l\u2019Institut canadien d\u2019information sur la santé (ICIS).À la différence des spécialistes, les médecins de famille n\u2019ont pas atteint la parité avec leurs confrères du reste du pays.Après les cris indignés poussés par M.Legault chaque fois qu\u2019on leur accordait une nouvelle prime, il est quand même assez déconcertant de voir son gouvernement utiliser la même méthode pour les inciter à prendre plus de patients en charge.Depuis des années, à chaque hausse de la rémunération des médecins, on assure qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019« argent frais », que c\u2019était prévu dans les « ententes », d\u2019ailleurs trop complexes pour être expliquées de façon compréhensible au commun des mortels, et qui sont elles-mêmes l\u2019actualisation d\u2019ententes précédentes.La nouvelle « prime McCann » est aussi une augmentation de 46 millions déjà prévue qu\u2019on a simplement réaménagée.Faut-il prévoir d\u2019autres surprises de ce genre ?Lors de l\u2019étude des crédits du Conseil exécutif, le 17 avril dernier, le premier ministre a fait à voix haute une réflexion qui n\u2019a pas eu l\u2019heur de plaire aux médecins, et pour cause : « Le vrai problème, allez au golf l\u2019été, vous allez voir où est- ce qu\u2019ils sont, les médecins de famille.» De là à dire qu\u2019ils ne travaillent pas suffisamment, il y a un pas que Gaétan Barrette n\u2019avait pas hésité à franchir quand il avait présenté le projet de loi 20, qui prévoyait l\u2019imposition de sanctions financières importantes pour ceux qui ne prenaient pas suffisamment de patients en charge.Même si l\u2019objectif de 85 % de Québécois ayant accès à un médecin de famille n\u2019avait pas été atteint, la menace de la loi avait été levée et M.Barrette avait été écarté des négociations avec les médecins au profit du président du Conseil du trésor, Pierre Arcand, nettement plus conciliant.Non seulement Danielle McCann n\u2019a-t-elle assorti sa prime d\u2019aucune sanction, mais il n\u2019y a plus d\u2019objectif global de prise en charge.Le président de la Fédération des omnipraticiens, Louis Godin, en était visiblement ravi.Après le règne despotique de son prédécesseur, on peut comprendre que Mme McCann cherche à créer un climat plus harmonieux au sein du réseau de la santé et à amorcer en douceur le changement du mode de rémunération des médecins, qui ne pourra se faire sans leur collaboration.La souplesse de sa nouvelle prime ne contraste pas moins avec l\u2019obsession de la performance qui caractérise généralement M.Legault.MICHEL DAVID FFADA documente finalement très peu le problème circonscrit des disparitions de femmes autochtones.Leur nombre n\u2019est pas chiffré, par exemple, et les causes probables du problème ne sont pas nommées avec précision.N\u2019aurait-il pas mieux valu se concentrer sur cet enjeu plutôt que de refaire le procès du colonialisme ?Michèle Audette dit comprendre cette déception.« On est programmé à penser que le résultat, c\u2019est le décès, et qu\u2019on doit détricoter l\u2019événement pour arriver au point A.Mais quand on détricote, on découvre qu\u2019il y a une multitude de raisons expliquant pourquoi elles sont tuées, ciblées, vulnérables.[\u2026] On veut démontrer aux gens que cette complexité-là, on ne peut plus juste l\u2019aborder avec des petites politiques et des petites grenailles le temps d\u2019un gouvernement.» Génocide, une enquête ?La conclusion de l\u2019ENFFADA que le Canada s\u2019est adonné à un génocide n\u2019est pas passée inaperçue sur la scène internationale.Dès lundi, le secrétaire général de l\u2019Organisation des États américains (OEA), Luis Almagro, a envoyé une lettre au Canada lui demandant d\u2019autoriser la venue d\u2019experts indépendants pour clarifier les accusations.« Puisque votre pays a toujours été pour les examens rigoureux et les enquêtes internationales dans les situations où les droits de la personne sont violés dans d\u2019autres pays, je m\u2019attends à recevoir de votre part une réponse favorable.» La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, n\u2019a pas encore répondu.Fannie Lafontaine, professeure à l\u2019Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la justice internationale pénale et les droits fondamentaux, a cosigné l\u2019analyse juridique de l\u2019ENFFADA sur la notion de génocide.Elle se désole un peu de cette lettre qui semble découler d\u2019une incompréhension de ce que la commission a voulu dire.Plusieurs ont compris, note-t-elle, « que le phénomène des femmes et filles autochtones disparues est un génocide coupable du Canada.Ce n\u2019est pas ça du tout.L\u2019Enquête dit que le génocide en est un de type colonial qui s\u2019étale sur des décennies », corrige-t- elle.« L\u2019incompréhension de l\u2019analyse de la commission sur le génocide est la même pour l\u2019OEA.» Mme Lafontaine n\u2019est pas certaine de l\u2019utilité de dépêcher au Canada trois enquêteurs internationaux.Il n\u2019y a pas, note-t-elle, de collecte de données à faire.« Comment voulez-vous que des enquêteurs internationaux viennent regarder des politiques coloniales ?[\u2026] Ce n\u2019est peut-être pas approprié pour des enquêteurs internationaux de faire le travail que des commissions nationales [ont déjà fait].Les faits sont documentés.» de la maltraitance, et si rien n\u2019est changé, on ne fera que continuer à éteindre des incendies.« On est très bons pour mettre des pansements\u2026 une fois que le mal est fait », dit-elle.Or cette incapacité à agir avant le drame coûte cher aux enfants et à la société tout entière.La maltraitance entrave le développement affectif, cognitif, physique et social des enfants, et les séquelles peuvent perdurer toute la vie.Une étude réalisée en 2003 par des chercheurs de l\u2019Université Western en Ontario évalue à 15,7 milliards de dollars par année les coûts directs et indirects liés à la maltraitance et à la négligence des enfants en soins médicaux, en traitements de maladies mentales et chroniques, en services spécialisés, en foyers d\u2019accueil, en soutien d\u2019organismes communautaires, en services policiers et judiciaires.«On a tout intérêt à briser cette roue qui tourne et coûte cher à toute la société», croit-elle.Un passage qui laisse des traces Même si «la salle d\u2019urgence» de la DPJ évite le pire à bien des enfants, des résultats de l\u2019Étude longitudinale sur le devenir des jeunes placés durant leur jeunesse (EDJEP), réalisée par la Chaire de recherche du Canada sur l\u2019évaluation des actions publiques à l\u2019égard des jeunes et des populations vulnérables (CREVAJ), démontrent que ceux-ci sont plus souvent «déplacés» que «placés».Un questionnaire envoyé l\u2019an dernier à quelque 1100 jeunes âgés de 17 ans ayant vécu un placement au cours de leur vie révèle qu\u2019ils ont vécu \u2014 en moyenne \u2014 dans 5,75 lieux différents (famille biologique, familles d\u2019accueil ou centres de réadaptation) au fil de leur parcours dans les dédales du système.Pas moins de 17 % d\u2019entre eux ont même déménagé leurs pénates plus de 12 fois, et certains jusqu\u2019à 77 fois.Comment en guérir ?« En gros, ces jeunes, en moyenne, ont vécu 1,5 déplacement par année.Ça ajoute au cumul des difficultés.C\u2019est clair qu\u2019il y a une réflexion à faire sur notre système.Tout n\u2019est pas la faute de ces jeunes », affirme Martin Goyette, directeur de cette chaire et professeur titulaire à l\u2019École nationale d\u2019administration publique (ENAP).L\u2019instabilité due aux placements répétés plombe la scolarisation de ces jeunes.Si 72% des Québécois du même âge sont inscrits en 5e secondaire, ce n\u2019était le cas que de 17 % des jeunes « ex-placés » sondés.Pis, ceux qui sont passés par les « centres de réadaptation » ont 3,7 moins de chances de terminer leur secondaire avant 18 ans que ceux recueillis dans des familles d\u2019accueil.La moitié des jeunes de la rue ont d\u2019ailleurs passé plus de six mois en centre d\u2019accueil.« C\u2019est un échec.Dans le contexte actuel, je ne vois pas comment on peut s\u2019assurer que les centres jeunesse sont en mesure d\u2019accompagner et de faire un suivi adéquat des familles.En fait, ces centres sont-ils là parce que les autres services ne réussissent pas à organiser et à soutenir les familles ?» Comme Fannie Dagenais, Martin Goyette plaide pour une « désinstitu- tionnalisation » de la protection de la jeunesse, pour adopter des solutions plus communautaires, développer des « unités de vie », similaires à des foyers normaux.Il faut certes plus de familles pour accueillir les jeunes enfants victimes de maltraitance, mais aussi plus d\u2019intervenants dans les milieux de la santé, de l\u2019éducation et des services sociaux formés à détecter et à soutenir les enfants et les familles fragilisés, à risque de déraper.« Si on investissait plus dans les services aux 0 à 18 ans, on pourrait éviter bien des placements, ajoute Martin Goyette.Ça prend des changements partout, dans l\u2019accès aux services en santé mentale, aux services sociaux, à l\u2019éducation, au logement.En fait, ça prendrait un \u201cyouth advocate\u201d [défenseur des jeunes] comme il en existe dans d\u2019autres provinces.» Certaines provinces, dont l\u2019Ontario, continuent de suivre ceux qui ont été maltraités ou négligés dans leur enfance même après qu\u2019ils ont atteint l\u2019âge adulte, parfois jusqu\u2019à 25 ou 29 ans, selon les clientèles.Ici, sauf exception, le cordon ombilical est tranché net\u2026 après 18 ans.De quoi méditer pour la nouvelle commission spéciale sur les droits des enfants, qui s\u2019attellera dès l\u2019automne à un examen en règle des services destinés aux jeunes en détresse.La CAQ parle depuis longtemps de la nécessité de revaloriser la profession d\u2019enseignant, mais il faudra attendre la prochaine ronde de négociations pour le renouvellement des conventions collectives dans les secteurs public et parapublic avant de voir comment cela se traduira concrètement La commissaire en chef Marion Buller et le commissaire Brian Eyolfson lors du dévoilement à Gatineau du rapport final de l\u2019Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Les familles à risque doivent être détectées et ciblées par les divers réseaux qui travaillent avec les enfants avant que les choses ne dégénèrent FANNIE DAGENAIS » Michèle Audette Luis Almagro Chrystia Freeland LEDEVOIR // LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 JUIN 2019 B 6 AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES L a s u i t e d e s a v i s s e t r o u v e e n p a g e A 1 0 POUR NOUS JOINDRE avisdev@ledevoir.com Tél.: 514-985-3344 // Fax : 514-985-3340 www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services-et-annonces/appels-d-offres HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 16 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 16 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.Avis de clôture d'inventaire (art.795, C.c.Q.) Avis est par les présentes donné que, à la suite du décès de René Martineau, en son vivant domicilié au 1104-50, Berlioz, Verdun (Québec) H3E 1M2, survenu le 12 janvier 2015, un inventaire de ses biens a été dressé par ses liquidatrices, conformément à la loi, et peut être consulté par les intéressés au 412-3375, Ridgewood, Montréal (Québec) H3V 1B5.Donné à Montréal, ce 7 juin 2019, Suzanne Martineau et Marie La Rue, liquidatrices de la succession Prenez avis que Joseph SELES (né John Julius Alexander SELES), en son vivant domicilié au 80, Chemin du Bord-du-Lac Lakes- hore, appartement 1003, en la Ville de Pointe-Claire, Province de Québec, H9S 4H6, est décédé à Pointe- Claire, le 1er novembre 2018.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés sur rendez-vous, à l'étude de Maître Jana FARHAT, Notaire, au 6500, Autoroute Trans-Canada, Bureau 400, en la Ville de Pointe-Claire, Province de Québec, H9R 0A5, téléphone : (514) 362-0062.Donné ce 6 juin 2019 à Pointe-Claire par Jana FARHAT, Notaire.Je donne avis que le mardi le 25 juin 2019, à 19 h 30, le conseil d\u2019arrondissement de Saint- Laurent tiendra une séance publique à la mairie d\u2019arrondissement située au 777, boulevard Marcel-Laurin, Saint-Laurent, pour statuer sur 3 demandes de dérogation mineure au règlement numéro RCA08-08-0001.La première demande de dérogation mineure concerne la propriété située au 3330, boulevard de la Côte-Vertu et a pour objet l\u2019agrandissement d\u2019un commerce dont la hauteur en étage du bâtiment, le revêtement extérieur et la répartition de la superficie des enseignes, qui ne respectent pas toutes les normes applicables.La deuxième demande de dérogation mineure concerne la propriété située aux 430 et 440 avenue Sainte-Croix, et aux 1300-1304-1308- 1312-1316-1320-1324-1326-1328-1330, rue Cartier et a pour objet l\u2019allée véhiculaire qui ne respecte pas toutes les normes applicables.La troisième demande de dérogation mineure concerne la propriété située au 2266, rue de la Méditerranée et a pour objet la distance de l\u2019escalier par rapport à la ligne arrière qui ne respecte pas toutes les normes applicables.Montréal, le 8 juin 2019 Daniel Simon Secrétaire du Conseil d\u2019arrondissement Avis public Avis public ASSEMBLÉE PUBLIQUE DE CONSULTATION 1.Les personnes intéressées sont priées de noter que le conseil d\u2019arrondissement de Ville-Marie, à sa séance du 5 juin 2019, a adopté, en vertu du Règlement sur les projets particuliers de construction, de modi?cation ou d\u2019occupation d\u2019un immeuble (CA-24-011), les premiers projets de résolution dont la description suit : a) Résolution autorisant l\u2019installation d\u2019une stèle numérique, à des ?ns culturelles, pour la bibliothèque Père-Ambroise, sur un terrain municipal adjacent au 2093 rue de la Visitation (parc Berthier), et ce, en dérogation notamment aux articles 454.1 et 508 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) relatifs, entre autres, à une enseigne temporaire installée ailleurs que sur le lieu de l\u2019établissement et à une enseigne à message lumineux \u2013 pp 409 (dossier 1190607005); Ce projet particulier vise la zone et les zones contiguës ci-après illustrées : b) Résolution autorisant l\u2019installation d\u2019une stèle numérique, à des ?ns culturelles, pour la bibliothèque Frontenac (1901 rue du Havre), sur un terrain municipal situé au 99999, rue du Havre et adjacent au métro Frontenac (2550, rue Ontario Est), et ce, en dérogation notamment aux articles 454.1 et 508 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) relatifs, entre autres, à une enseigne temporaire installée ailleurs que sur le lieu de l\u2019établissement et à une enseigne à message lumineux \u2013 pp 410 (dossier 1190607006); Ce projet particulier vise la zone et les zones contiguës ci-après illustrées : c) Résolution autorisant la démolition de deux bâtiments situés au 2015, rue Montcalm et la construction d\u2019un projet de remplacement de trois étages à des ?ns résidentielles et commerciales, et ce, en dérogation notamment aux articles 49, 85 et 152 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) relatifs, entre autres, au taux d\u2019implantation, à une construction dans la marge arrière et à l\u2019usage de bureaux en zone résidentielle \u2013 pp 411 (dossier 1190607007); Ce projet particulier vise la zone et les zones contiguës ci-après illustrées : 2.Conformément à la Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme (RLRQ, chapitre A-19.1), ces projets feront l\u2019objet d\u2019une assemblée publique de consultation le 19 juin 2019, à compter de 17 h 30, à la salle du conseil d\u2019arrondissement située au rez-de-chaussée du 800, boulevard De Maisonneuve Est.3.Au cours de cette assemblée, la mairesse d\u2019arrondissement ou tout autre membre désigné du conseil d\u2019arrondissement expliquera les projets ainsi que les conséquences de leur adoption, et le public pourra les commenter.4.Le projet c) contient des dispositions susceptibles d\u2019approbation référendaire.5.Une copie de ces projets peut être consultée aux comptoirs Accès Ville-Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est, station de métro Berri-UQÀM.Fait à Montréal, le 8 juin 2019 Le secrétaire d\u2019arrondissement, Domenico Zambito, avocat Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à : Numéro de dossier ESTEBAN FERNANDEZ dernière adresse connue 2441 rue Édouard-Montpetit, app.5, Montréal, Québec, H3T 1J5 MARYLÈNE PLANTE dernière adresse connue 669 rue St-Louis, Terrebonne, Québec, J6W 1J3 HUGO DUFOUR dernière adresse connue 3231 rue des Blés d\u2019Or, Terrebonne, Québec, J7M 1T1 8318034 CANADA INC., dernière adresse connue 1025 rue Principale, Prévost, Québec, J0R 1T0 JEAN-YVES CASTONGUAY dernière adresse connue 100, 388ième Avenue, St-Hippolyte, Québec, J8A 3A2 JOEY DESCHAMBRES dernière adresse connue 1015 rue Paul-Émile Barbe, Deux-Montagnes, Québec, J7R 7E1 DAVID BELL dernière adresse connue 780 rue Pâturage, St-Lin-Laurentides, Québec, J5M 0J5 JEAN BINETTE dernière adresse connue 11915 rue Bellevois, Montréal Nord, Québec, H1H 3G2 9338-4097 QUÉBEC INC.dernière adresse connue 9420 boulevard Taschereau, #202, Brossard, Québec, J4X 2W2 700-32-034540-185 700-32-034982-197 700-32-034996-197 700-32-702496-199 700-32-702531-193 700-32-702569-193 700-32-702597-194 700-32-702624-196 700-32-702624-196 de vous présenter au greffe de la Cour du Québec, Division des petites créances, du district de Terrebonne situé au 25 rue De Martigny ouest, St-Jérôme, Québec, J7Y 4Z1 dans les 30 jours a?n de recevoir la demande introductive d\u2019instance en recouvrement d\u2019une petite créance qui y a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l\u2019avis des options qui l\u2019accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié aux termes d\u2019une ordonnance rendue le 5 juin 2019 par le gref?er dans les dossiers portant les numéros ci-haut mentionnés.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l\u2019exigent.Saint-Jérôme, le 5 juin 2019 François Langevin, gref?er-adjoint de la Cour du Québec 2500, boulevard Casavant Ouest, bureau 102, Saint-Hyacinthe, (Québec) J2S 7R8 T 450 250-0500 F 450 250-0501 langevinsyndic.ca LOUIS LANGEVIN INC.Syndic autorisé en insolvabilité à l\u2019actif de Michael Canan et 9042-1868 Québec inc.Louis Langevin, CPA, CA, CIRP Responsable de l\u2019actif Dans l\u2019affaire de la faillite de : MICHAEL CANAN Avis est par les présentes donné que Michael Canan résidant au 35, rang Saint-Georges, Saint-Liboire, Québec J0H 1R0 a déposé une proposition le 19 novembre 2018 et que lors de l\u2019homologation par la Cour, le tribunal a invalidé la résolution de l\u2019assemblée des créanciers du 10 décembre 2018 et a rejeté la proposition.Michael Canan est réputé avoir fait cession de ses biens le 28 mai 2019 et la première assemblée des créanciers sera tenue le 18 juin 2019, à 11 h au bureau du syndic.Fait à Saint-Hyacinthe, le 3 juin 2019.Loi sur la faillite et l\u2019insolvabilité Avis de la première assemblée des créanciers Dans l\u2019affaire de la faillite de : 9042-1868 QUÉBEC INC.Avis est par les présentes donné que la faillite de 9042-1868 Québec inc.ayant déjà fait affaires au 208A-2292 boul.Industriel, Laval, Québec H7S 1P9, est survenue le 31 mai 2019 et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 19 juin 2019, à 9 h, au 5600, rue Hochelaga, bureau 200, Montréal, Québec H1N 3L7.Fait à Saint-Hyacinthe, le 5 juin 2019.Louis Langevin inc.Syndic autorisé en insolvabilité AVIS PUBLIC AUX PERSONNES INTÉRESSÉES AYANT LE DROIT DE SIGNER UNE DEMANDE DE PARTICIPATION À UN RÉFÉRENDUM Second projet de résolution adopté le 5 juin 2019 AVIS EST DONNÉ aux personnes intéressées de l\u2019arrondissement de Ville-Marie et des zones contigües de l\u2019arrondissement du Plateau \u2013 Mont-Royal et ayant le droit de signer une demande de participation à un référendum : 1.APPROBATION RÉFÉRENDAIRE À la suite de l\u2019assemblée publique de consultation tenue le 22 mai 2019, le conseil d\u2019arrondissement a adopté le 5 juin 2019, le second projet de résolution CA19 240287.Ce second projet de résolution contient des dispositions qui peuvent faire l\u2019objet d\u2019une demande de la part des personnes intéressées a?n que la résolution qui les contient soit soumise à leur approbation conformément à la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités (RLRQ, c.E-2.2).2.OBJET DU SECOND PROJET En vertu du Règlement sur les projets particuliers de construction, de modi?cation ou d\u2019occupation d\u2019un immeuble (CA-24-011), la résolution autorisant les usages « débit de boissons alcooliques » et « restaurant » pour le bâtiment situé au 1333, boulevard Robert-Bourassa, et ce, en dérogation notamment à l\u2019article 134 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) relatif, entre autres, aux usages autorisés dans un secteur de la catégorie E.5 \u2013 pp 404 (dossier 1197303003); 3.DISPOSITIONS SOUMISES À UNE APPROBATION RÉFÉRENDAIRE Une demande relative à une disposition ayant pour objet d\u2019autoriser une dérogation aux normes énumérées ci-dessous peut provenir de la zone visée et des zones contiguës : usages autorisés (art.134 règl.01-282); 4.TERRITOIRE VISÉ Le territoire visé est constitué des zones visées 0009 et 0292 et des zones contiguës 0422, 0015, 0354, 0161, 0118, 0470, 0013, 0221, 0549, 0397, 0304, 0174, 0235, 0273, 0244, 0378 et 0489 situées dans l\u2019arrondissement de Ville-Marie, de même que les zones contiguës 0449, 0489 et 0513 situées dans l\u2019arrondissement du Plateau-Mont-Royal; il peut être représenté comme suit : 5.CONDITIONS DE VALIDITÉ D\u2019UNE DEMANDE Pour être valide, une demande doit : - indiquer clairement la disposition qui en fait l\u2019objet et la zone d\u2019où elle provient; - être signée par au moins 12 personnes intéressées de la zone d\u2019où elle provient ou, si leur nombre dans la zone n\u2019excède pas 21, par au moins la majorité d\u2019entre elles; - être reçue avant 16 h 30, le 17 juin 2019, à l\u2019adresse suivante : Demandes de participation à un référendum a/s de Me Domenico Zambito, Secrétaire d\u2019arrondissement Ville de Montréal, arrondissement de Ville-Marie 800, boulevard De Maisonneuve Est, 17e étage Montréal (Québec) H2L 4L8 6.PERSONNE INTÉRESSÉE Toute personne qui n\u2019est frappée d\u2019aucune incapacité de voter en vertu de la loi et qui remplit les conditions suivantes le 5 juin 2019 : - être majeure, de citoyenneté canadienne et ne pas être en curatelle; et - être domiciliée dans une zone d\u2019où peut provenir une demande valide et, être depuis au moins six (6) mois, au Québec; ou - être, depuis au moins douze (12) mois, propriétaire d\u2019un immeuble ou occupant d\u2019un établissement d\u2019entreprise au sens de la Loi sur la ?scalité municipale (RLRQ c F-2.1), dans une zone d\u2019où peut provenir une demande.Condition supplémentaire aux copropriétaires indivis d\u2019un immeuble et aux cooccupants d\u2019un établissement d\u2019entreprise : - être désigné, au moyen d\u2019une procuration signée par la majorité des copropriétaires ou cooccupants, comme celui qui a le droit de signer la demande en leur nom et être inscrit sur la liste référendaire, le cas échéant.Condition d\u2019exercice du droit de signer une demande par une personne morale : toute personne morale doit désigner parmi ses membres, administrateurs ou employés, par résolution, une personne qui, le 5 juin 2019, est majeure et de citoyenneté canadienne, n\u2019est pas en curatelle, et n\u2019est frappée d\u2019aucune incapacité de voter prévue par la loi.Les personnes morales, les copropriétaires et cooccupants doivent produire leur résolution ou leur procuration en même temps que la demande.Elle prend effet lors de sa réception et demeure valide tant qu\u2019elle n\u2019est pas remplacée.Sauf dans le cas d\u2019une personne désignée à titre de représentant d\u2019une personne morale, nul ne peut être considéré comme personne intéressée à plus d\u2019un titre conformément à l\u2019article 531 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités.7.ABSENCE DE DEMANDE Ce second projet de résolution contient des dispositions susceptibles d\u2019approbation référendaire.Les dispositions qui n\u2019auront pas fait l\u2019objet d\u2019une demande valide pourront être incluses dans une résolution qui n\u2019aura pas à être approuvée par les personnes habiles à voter.8.CONSULTATION DES DOCUMENTS PERTINENTS Le second projet de résolution peut être consultés, de 8 h 30 à 16 h 30, aux comptoirs Accès Ville-Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est, station de métro Berri-UQÀM.Fait à Montréal, le 8 juin 2019 Le secrétaire d\u2019arrondissement, Domenico Zambito, avocat Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie B 7 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 JUIN 2019 QUÉBEC (4 ielinda aler .g 8) 525-8393 www 1 u 30 juin 9 a TIF EC OLL C ge.ca er v E N B R E F Plus de trois millions de personnes ont fui le Venezuela GENÈVE \u2014 Quelque 3,3 millions de personnes ont fui depuis fin 2015 la crise au Venezuela, dont 1 million depuis novembre, a indiqué vendredi l\u2019ONU, qui a missionné l\u2019actrice Angelina Jolie à la frontière colombienne pour évaluer la réponse humanitaire à cet « exode ».« Le rythme des sorties est vertigineux », ont indiqué le Haut-Commissariat de l\u2019ONU pour les réfugiés et l\u2019Organisation internationale pour les migrations dans un communiqué commun.Les organisations spécialisées de l\u2019ONU estiment qu\u2019au total quatre millions de Vénézuéliens sont recensés à l\u2019étranger, dont 695 000 avaient migré avant la « fin de 2015 ».Le Venezuela traverse depuis des mois une profonde crise politique.Agence France-Presse Près de 100 morts dans des combats en Syrie BEYROUTH \u2014 Au moins 101 combattants ont péri au cours des 24 dernières heures dans les affrontements opposant les forces du régime syrien à des groupes djihadistes et des rebelles islamistes près de la province d\u2019Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, a annoncé vendredi une ONG.Dominée par des djihadistes, la région d\u2019Idleb est le théâtre depuis fin avril d\u2019un regain de violences, alors que le pouvoir de Bachar al-Assad et son allié russe bombardent quasi quotidiennement le secteur.Jeudi, djihadistes et rebelles islamistes ont lancé une contre-attaque sur des territoires du régime dans le nord-ouest de la province de Hama, qui jouxte celle d\u2019Idleb.Au moins 53 combattants pro- régime ainsi que 48 djihadistes ou rebelles islamistes ont péri.Agence France-Presse La NASA va louer la Station spatiale à des touristes WASHINGTON \u2014 La NASA veut se faire rémunérer dès 2020 pour accueillir des touristes de l\u2019espace et des entreprises dans la Station spatiale internationale (ISS), dont elle cherche à se désengager financièrement.«La NASA ouvre la Station spatiale internationale aux occasions commerciales», a annoncé Jeff DeWit, le directeur financier de l\u2019agence spatiale américaine.«La NASA autorisera jusqu\u2019à deux missions courtes d\u2019astronautes privés par an», a précisé Robyn Gatens, une responsable de la NASA gérant l\u2019ISS.Soit des séjours jusqu\u2019à 30 jours.Environ une douzaine de personnes pourraient ainsi séjourner à bord de l\u2019ISS par année\u2026 mais sans effectuer de sortie dans le vide spatial.Le coût facturé: environ 35 000$ par nuit et par astronaute, selon Jeff DeWit.Agence France-Presse Des millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays ces dernières années en raison d\u2019une grave crise politique.RAUL ARBOLEDA AGENCE FRANCE-PRESSE EDOUARD GUIHAIRE À LONDRES AGENCE FRANCE-PRESSE La première ministre britannique, Theresa May, a quitté vendredi la tête du Parti conservateur, ouvrant officiellement la course à sa succession, dont le vainqueur aura la lourde tâche de réussir là où elle a failli : mettre en œu- vre le Brexit.« Elle a démissionné », a annoncé le Comité 1922, responsable de l\u2019organisation du Parti conservateur, dans un communiqué.Le jour même, le favori dans la course à sa succession, Boris Johnson, était délivré d\u2019un obstacle potentiellement encombrant pour sa candidature: la justice a rejeté des poursuites engagées à son encontre pour mensonge pendant la campagne du référendum sur le Brexit.La montée en puissance du Parti du Brexit du populiste Nigel Farage a rendu plus amer encore le départ de Mme May.Fondée il y a quelques mois et décidée à mettre fin au bipartisme britannique, cette formation europhobe a remporté la mise aux européennes fin mai avec 31,6% des suffrages.Et manqué de peu d\u2019entrer au Parlement britannique jeudi lors d\u2019une législative partielle, face à un Labour qui est parvenu à conserver son siège malgré un contexte local très défavorable: avec 29% des voix, son candidat, Mike Greene, est arrivé juste derrière la travailliste Lisa Forbes (31%), mais largement devant les conservateurs, troisièmes avec 21%.Selon le spécialiste des sondages John Curtice, le Royaume-Uni est désormais « une autre planète politique » avec un Parti du Brexit incarnant « une force perturbatrice significative ».Pour capter les votes manquants, Nigel Farage a expliqué sur la BBC qu\u2019il comptait sur l\u2019émergence d\u2019un « vote tactique » de la part des électeurs conservateurs, qui s\u2019en remettraient à son parti pour éviter de « finir avec [Jeremy] Corbyn [le chef du Labour] au gouvernement ».Succession Après sa démission de la tête des Tories, Theresa May restera dans ses fonctions jusqu\u2019à la désignation de son successeur par les conservateurs, d\u2019ici à la fin de juillet.Au Royaume-Uni, le poste de premier ministre échoit de droit au chef du parti qui réunit une majorité suffisante pour gouverner au Parlement.Au cours des prochaines semaines, Theresa May « continuera à travailler pour les gens de ce pays.Quant au Brexit, la première ministre a souligné que ce ne serait pas à elle de faire avancer ce processus, mais à son successeur », a relevé jeudi son porte-parole.Le prochain chef du gouvernement britannique devra donc remettre le Brexit sur les rails, soit en négociant un nouvel accord avec Bruxelles, soit en optant pour une sortie sans accord, deux scénarios qui sont d\u2019ores et déjà au cœur de la course à sa succession.Parmi les 11 candidats en lice, le député conservateur Boris Johnson, 54 ans, ancien maire de Londres, ancien ministre des Affaires étrangères et champion des Brexiters, fait figure de favori.Très apprécié par les militants de la base du parti, cet homme politique habile et charismatique suscite en revanche des réactions plus contrastées du côté des députés tories, qui doivent sélectionner à partir de mercredi deux candidats qui seront ensuite départagés par les militants.En s\u2019adressant mardi soir à des élus du parti, il a prévenu que les conservateurs étaient menacés de « disparition » si le Brexit n\u2019était pas mis en œu- vre le 31 octobre.Theresa May, 62 ans, avait pris la tête du gouvernement en juillet 2016, dans la foulée de ce référendum qui avait vu les Britanniques voter à 52 % pour la sortie de l\u2019Union européenne.Il lui incombait alors de détricoter plus de 40 ans de liens avec l\u2019UE, mais aussi de rallier les Britanniques derrière une vision du Brexit susceptible de combler le fossé entre partisans et adversaires de ce divorce, le premier vécu par le club européen.Mais elle n\u2019a pas su relever le défi.L\u2019accord qu\u2019elle a conclu en novembre avec Bruxelles, censé organiser un départ en douceur du Royaume-Uni de l\u2019UE, a en effet été rejeté à trois reprises par les députés britanniques, autant de défaites humiliantes.À court de munitions pour éviter une sortie sans accord, redoutée par les milieux économiques, Theresa May avait été contrainte de reporter au 31 octobre la date du Brexit, initialement prévue le 29 mars.Usée par le Brexit, mais aussi par les complots et les critiques incessantes dont elle a fait l\u2019objet au sein de son parti, profondément divisé sur la question, c\u2019est une Theresa May au bord des larmes qui avait annoncé le 24 mai sa démission.GRANDE-BRETAGNE May s\u2019efface et passe le Brexit à son successeur La justice rejette les poursuites engagées contre le député conservateur Boris Johnson, favori dans la course à la succession La première ministre Theresa May restera dans ses fonctions jusqu\u2019à la désignation de son successeur par les conservateurs, d\u2019ici à la fin de juillet.EMMANUEL DUNAND AGENCE FRANCE-PRESSE AGENCE FRANCE-PRESSE À WASHINGTON Trump annonce un accord avec le Mexique sur l\u2019immigration Les menaces de tarifs douaniers sont suspendues Le président américain, Donald Trump, a annoncé vendredi que les États-Unis et le Mexique avaient trouvé un accord sur l\u2019immigration et qu\u2019il levait par conséquent sa menace d\u2019imposer des taxes douanières à partir de lundi sur l\u2019ensemble des produits mexicains.« Les États-Unis sont parvenus à un accord signé avec le Mexique.Les tarifs douaniers prévus pour être appliqués lundi par les États-Unis, contre le Mexique, sont donc suspendus indéfiniment », a-t-il écrit sur Twitter.Précisant que des détails allaient être communiqués « sous peu », il a ajouté que Mexico allait prendre « des mesures fortes pour endiguer le flux migratoire traversant son pays à destination de la frontière sud-américaine ».« Cela va permettre de réduire grandement, ou d\u2019éliminer, l\u2019immigration illégale venant du Mexique et entrant aux États-Unis », a-t-il poursuivi.Confirmation Quelques minutes plus tard, le ministre mexicain des Affaires étrangères, Marcelo Ebrard, présent à Washington pour négocier, a confirmé sur Twitter qu\u2019il n\u2019y aurait « pas de tarifs douaniers de la part des États-Unis lundi », remerciant « toutes les personnes qui nous ont aidés à montrer la grandeur du Mexique ».Les négociations entre les deux voisins avaient commencé en début de semaine, et se sont poursuivies pendant de longues heures vendredi au département d\u2019État à Washington.Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l\u2019immigration clandestine l\u2019une de ses priorités, accusait le Mexique de ne rien faire ou presque pour freiner le passage sur son sol de migrants d\u2019Amérique centrale qui finissent par entrer clandestinement aux États-Unis.Le milliardaire républicain avait donc décidé d\u2019appliquer dès le 10 juin une taxe de 5 % sur tous les biens provenant du Mexique, qui aurait pu augmenter progressivement jusqu\u2019à 25 % le 1er octobre.Les États- Unis sont parvenus à un accord signé avec le Mexique.Les tarifs douaniers prévus pour être appliqués lundi par les États-Unis, contre le Mexique, sont donc suspendus indéfiniment.DONALD TRUMP » n des objectifs fondamentaux de la loi sur la laïcité (PL21) du gouvernement Legault est la réaffirmation du caractère laïque de l\u2019État du Québec.Cette œuvre restera cependant largement inachevée si ne sont pas aussi passés en revue les programmes à travers lesquels le gouvernement encourage le fait religieux.Et comme l\u2019a montré le dossier publié dans nos pages, la fiscalité doit être première dans la ligne de mire.Il est difficile de comprendre comment on peut inscrire ce statut laïque de l\u2019État québécois dans la Charte des droits et libertés de la personne, réaffirmer la séparation de l\u2019État et de la religion et l\u2019égalité de tous les citoyens, et renoncer chaque année à des centaines de millions de dollars en revenus fiscaux au profit d\u2019organisations religieuses.C\u2019est pourtant ce que fait Québec.Tout part de l\u2019attribution du statut d\u2019organisme de bienfaisance enregistré (OBE) qui permet aux donateurs de bénéficier d\u2019un crédit d\u2019impôt.Selon la définition d\u2019Ottawa, qui accorde ce statut, un OBE peut avoir pour fins le soulagement de la pauvreté, l\u2019avancement de l\u2019éducation, l\u2019avancement de la religion ou « toutes autres fins bénéfiques pour la collectivité ».Par souci d\u2019harmonisation des règles fiscales, Québec s\u2019en remet à la décision de l\u2019Agence canadienne du revenu en la matière.Mais ce statut vient avec des avantages qui vont au-delà du crédit d\u2019impôt.On parle d\u2019exemption d\u2019impôt sur le revenu, de congé d\u2019impôt foncier, de taxes municipales et scolaires et de récupération d\u2019une partie des taxes de vente.Selon les estimations réalisées par le professeur de droit de l\u2019Université de Sherbrooke Luc Grenon, les crédits d\u2019impôt aux organismes religieux ont à eux seuls privé Ottawa de 1,57 milliard de dollars en 2007.Toujours selon les recherches du professeur Grenon, les OBE religieux canadiens ont récolté en 2010 environ 40 % des dons admissibles au crédit d\u2019impôt.L\u2019ensemble des mesures fiscales en faveur des OBE religieux coûterait au Québec quelques centaines de millions de dollars.Selon la dernière estimation annuelle obtenue par Le Devoir, les taxes municipales et scolaires ainsi perdues totaliseraient à elles seules 182,3 millions.Le statut d\u2019OBE a vu le jour au tournant de la Grande Dépression afin d\u2019encourager la générosité des citoyens envers des organismes offrant un bénéfice à la société.Le hic est que plus de la moitié des OBE religieux consacrent toutes leurs ressources ou presque à des activités liées à la foi et au culte, selon une étude du professeur Grenon réalisée en 2013.Où est le « bénéfice public tangible », demandait-il avec justesse ?Les tribunaux, largement inspirés par la common law mais armés surtout d\u2019une loi aux définitions trop vagues, ont déterminé au fil des ans que l\u2019avancement de la religion était un «bienfait» pour la communauté.Rien n\u2019interdit cependant au législateur de resserrer la loi et à Québec de choisir ses règles.C\u2019est de lui que relève l\u2019encadrement de la fiscalité municipale et scolaire.Actuellement, les lieux de culte et certains autres édifices religieux sont exemptés de ces taxes.Cet accommodement est l\u2019héritage d\u2019une époque où l\u2019Église assurait une foule de services de base et où les paroisses tenaient lieu d\u2019administrations locales.La Révolution tranquille a scellé leur sort et les exemptions, au départ d\u2019une portée très large afin de permettre aux communautés de s\u2019ajuster, n\u2019ont plus leur raison d\u2019être.En plus, elles donnent des maux de tête aux municipalités, dont la principale source de revenus est l\u2019impôt foncier.Certains élus, comme la mai- resse de Boisbriand, ont demandé récemment qu\u2019on réexamine ces congés de taxes.Cette requête ne date pas d\u2019hier.En 1979, l\u2019Union des municipalités recommandait déjà qu\u2019on les limite.Ces appels doivent être entendus.Ottawa doit revoir sa définition de l\u2019organisme de bienfaisance et Québec, cesser de s\u2019en remettre au fédéral pour décider des avantages offerts aux OBE.Il doit en exclure les organismes religieux n\u2019offrant aucun service ou bénéfice tangible à la communauté.En renonçant à ces revenus, les gouvernements sont obligés de combler le manque à gagner en pigeant dans les poches de tous les citoyens, qui se retrouvent ainsi à financer, qu\u2019ils le veuillent ou non, qu\u2019ils soient athées ou non, des religions et des sectes.C\u2019est inéquitable.Et incohérent de la part d\u2019un État censé être religieusement neutre.LEDEVOIR // LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 JUIN 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Marie-Philippe Bouchard Présidente-directrice générale, TV5 Québec Canada Anne Sérode Directrice principale, Stratégies et marques, TV5 Québec Canada Lettre adressée aux auteurs du texte « On ne revient pas après la pause » publié le 1er juin en Libre opinion.Vous avez adressé dernièrement une lettre au ministre du Patrimoine, M.Pablo Rodriguez, où il est question de TV5 Québec Canada.Vous soulevez à travers votre missive la question de la mission de notre entreprise, en remettant en question la présence à notre antenne d\u2019émissions produites au Canada et de publicité.TV5 a été créée en 1988 à l\u2019initiative de radiodiffuseurs publics et privés et de producteurs indépendants canadiens, qui ont souhaité établir un pont avec les diffuseurs publics de la France, de la Suisse romande et de la fédération Wal- lonie-Bruxelles regroupés au sein de TV5 Europe, devenue depuis TV5Monde.Si TV5 diffuse aussi des contenus canadiens, c\u2019est parce qu\u2019au Canada, toutes les entreprises détenant une licence du CRTC doivent contribuer à la création et à la diffusion de contenus audiovisuels canadiens.La programmation produite au Canada représente environ 15% de la chaîne et permet d\u2019apporter un regard canadien sur le monde.Nombre de ces productions de langue française ont aussi pu élargir leur diffusion à l\u2019international, grâce aux réseaux de TV5Monde présents dans plus de 200 pays.Loin d\u2019être un détournement de mission, c\u2019est bien au cœur de celle-ci que s\u2019inscrit notre programmation canadienne, qui s\u2019intègre parfaitement et complémente les émissions européennes.Quant à la publicité, elle fait partie du modèle d\u2019affaires de toutes les chaînes de télévision, car elle contribue au financement des émissions que vous regardez.Le contenu a un prix et la publicité permet à TV5 Québec Canada, qui est une organisation à but non lucratif, de poursuivre sa mission.Nous ne sommes pas une « machine à sous », nous maintenons d\u2019ailleurs une présence publicitaire plus discrète que les autres diffuseurs du marché, soit environ 6 minutes par heure en moyenne, loin des 12 minutes permises par le CRTC.Plusieurs émissions que nous diffusons ne sont jamais interrompues, comme les journaux télévisés, Envoyé spécial ou Des racines et des ailes.La publicité permet aussi aux entreprises québécoises et canadiennes de faire connaître leurs produits et services et contribue à l\u2019économie locale.Nous croyons que nous avons maintenu un juste équilibre qui permet à nos auditoires de profiter d\u2019une programmation de grande qualité, aux entreprises de rejoindre cet auditoire recherché, tout en préservant le plaisir d\u2019écoute et en contribuant à atteindre l\u2019équilibre budgétaire nécessaire au respect de nos obligations envers nos partenaires, envers le public canadien et envers les créateurs de contenus canadiens qui dépendent de nos investissements.Nous espérons que ces éléments contribueront à votre réflexion et souhaitons profiter de l\u2019occasion pour vous remercier de votre écoute fidèle et attentive.Où s\u2019en va Legault ?Je connaissais déjà l\u2019affection du premier ministre François Legault pour les emplois « payants », mais j\u2019étais loin de m\u2019imaginer son désintérêt, voire son aversion pour les emplois moins payants.Eh bien, c\u2019est maintenant confirmé.«Ce n\u2019est pas impossible, ce n\u2019est pas incohérent, c\u2019est même une bonne chose que certains emplois moins payants soient dans des usines à l\u2019étranger», a fait valoir M.Legault à la période de questions du 5 juin, concernant la délocalisation des activités de Ve- lan, une grande entreprise spécialisée dans la robinetterie industrielle où près de 200 postes ont été supprimés en moins de 18 mois.Une réaction pour le moins surprenante de la part d\u2019un premier ministre dont un des rôles principaux est de maintenir les emplois au Québec, et ce, peu importe le salaire rattaché à ces emplois, partant du constat que ce sont des travailleurs d\u2019ici qui se retrouvent sans emploi du jour au lendemain.M.Legault, votre désinvolture n\u2019a d\u2019égale que votre mesquinerie envers ces mises à pied de travailleurs québécois\u2026 Dans mon livre, votre attitude grotesque dénote un manque d\u2019empathie qui entache sérieusement votre rôle de premier ministre eu égard aux honnêtes travailleurs du Québec.Au moment où j\u2019écrivais ce texte, j\u2019apprenais que François Legault faisait ses excuses aux travailleurs de Velan\u2026 Trop tard, M.Legault, le mal est fait ! Henri Marineau Québec, le 7 juin 2019 La publicité permet à TV5 Québec Canada de poursuivre sa mission LIBRE OPINION LETTRES FISCALITÉ ET RELIGION La neutralité s\u2019impose U ÉDITORIAL B 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu La programmation produite au Canada représente environ 15 % de la chaîne et permet d\u2019apporter un regard canadien sur le monde trier, et même qu\u2019il n\u2019aurait pas réussi.Il n\u2019y a rien de certain, mais des historiens ont travaillé sur le concept et c\u2019est plausible.Donc, les Soviétiques, en retenant une partie de l\u2019armée allemande, ont soulagé les troupes occidentales lors du débarquement.Il n\u2019était donc pas exagéré d\u2019inviter les Russes au 75e anniversaire du débarquement.Quoi que l\u2019on pense de lui, il est tout à fait normal que Trump ait été invité.Quoi que l\u2019on pense de lui, Poutine aurait dû être invité.Ils représentent tous les deux des soldats qui ont combattu et dont un grand nombre sont morts pour libérer l\u2019Europe de la domination nazie.Daniel Creusot, documentariste et écrivain Le 7 juin 2019 Il fallait inviter Poutine Pour le 75e anniversaire du débarquement de Normandie, en invitant les chefs d\u2019État, on invite d\u2019abord et avant tout, les représentants officiels de peuples ayant participé à la guerre contre le nazisme.Paul Valéry écrivait : « La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas.» Le minimum est de rendre hommage à ceux et celles qui ont combattu et se sont fait tuer.Il y a eu 60 millions de morts du côté soviétique.Inviter Poutine, c\u2019était leur rendre hommage.Pas de cours d\u2019histoire pour rappeler les nombreuses et souvent tragiques erreurs politiques commises à cette époque, compréhensibles avec les valeurs de l\u2019époque.1938, Munich ; 1939, refus par Chamberlain de possibles accords avec Staline contre Hitler et sa conséquence, le Pacte germano-soviétique d\u2019août 1939 et l\u2019invasion de la Pologne par les troupes d\u2019Hitler et de Staline.Invasion qui provoque le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale.En juin 1941, l\u2019invasion de la Russie par Hitler est le fait qui finalement permettra au débarquement de Normandie de réussir.Une grande partie des troupes allemandes étaient engagées contre l\u2019Armée rouge.S\u2019il n\u2019y avait pas eu le front à l\u2019Est, les troupes nazies auraient été déployées à l\u2019Ouest, et on peut imaginer que le débarquement aurait été beaucoup plus meur- MANON CORNELLIER Le poids d\u2019un vote Dans l\u2019édition du Devoir de vendredi, un titre en particulier à votre attention, Monsieur Legault, que je salue: «Les Québécois en veulent pour leur vote».De grâce, n\u2019allez pas investir dans un référendum: une dépense et non un investissement, vous qui êtes friand de la saine gestion du bien commun.69% des 2506 personnes sondées demandent à ce que vous respectiez votre parole.Au fond, ce que nous attendons des gens du politique, c\u2019est que leurs bottines suivent leurs babines.Ce faisant, vous poussez le cynisme à la retraite, lui faisant perdre tous ses stériles pouvoirs.Mes respects, Monsieur le Premier Ministre Legault et Monsieur le Député Tardif.Gaston Bourdages Saint-Mathieu-de-Rioux, le 7 juin 2019 L\u2019ensemble des mesures fiscales en faveur des OBE religieux coûterait au Québec quelques centaines de millions de dollars B 9 IDÉES LEDEVOIR // LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 JUIN 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Donner raison à Andrew Scheer C ette semaine, le chef conservateur Andrew Scheer a demandé aux Québécois de se mettre dans la peau des Albertains, qui piaffent d\u2019impatience face à l\u2019opposition manifestée par certains de leurs compatriotes aux oléoducs.Alors que le Québec bénéficie d\u2019un vaste réseau de lignes de transmission pour vendre son hydroélectricité à l\u2019extérieur de la province, et prévoit la construction de nouvelles lignes transfronta- lières dans les années à venir, les Albertains se heurtent à une fin de non-recevoir lorsqu\u2019ils proposent de construire un oléoduc vers l\u2019est.« Je souhaite que les Québécois comprennent et respectent que les Canadiens des autres provinces souhaitent pour leur part que le Canada puisse profiter de l\u2019exportation de notre richesse pétrolière et gazière », a dit M.Scheer dans un discours étalant sa vision du fédéralisme.Il n\u2019a fait aucune mention du fait que l\u2019hydroélectricité est considérée comme une énergie propre tandis que, de l\u2019avis même du premier ministre québécois François Legault, le pétrole albertain (surtout celui provenant des sables bitumineux) est catalogué comme étant « sale ».Peu importe, le message de M.Scheer était clair.S\u2019il devenait premier ministre l\u2019automne prochain, il n\u2019hésiterait pas à se prévaloir du pouvoir fédéral d\u2019invoquer l\u2019intérêt national pour accélérer la construction de nouveaux oléoducs.Tout au plus, il tend une carotte aux Québécois en promettant de désigner un corridor énergétique national pour transporter l\u2019hydroélectricité québécoise vers l\u2019ouest du pays tout en permettant d\u2019acheminer le pétrole albertain vers l\u2019est.Mais tout le monde sait que le marché le plus important pour l\u2019hydroélectricité du Québec se trouve au sud de la frontière.Le premier ministre de l\u2019Ontario, Doug Ford, a d\u2019ailleurs rejeté la possibilité d\u2019acheter de l\u2019électricité québécoise au lieu d\u2019investir des milliards dans la réfection des centrales nucléaires de sa province.M.Scheer a dit souhaiter que les provinces se mettent toutes d\u2019accord pour réaliser son corridor énergétique.Mais que les Québécois se le tiennent pour dit : « Aucune province ne devrait avoir un veto sur les enjeux d\u2019intérêt national qui relèvent clairement de la compétence fédérale.» Alors qu\u2019il préconise un « fédéralisme ouvert», où « les décisions devraient être prises par les autorités les plus proches des personnes touchées », M.Scheer a ajouté qu\u2019il y a des situations où Ottawa doit avoir le dernier mot en cas de conflits entre les provinces.La construction de pipelines en est une.Avec une telle position, il est peut-être difficile de voir comment les conservateurs pourront gagner cet automne plus de sièges au Québec que les onze qu\u2019ils détiennent actuellement.Mais les conservateurs demeurent optimistes en vue du scrutin fédéral du 21 octobre prochain.La division du vote de gauche leur permet en effet de rêver d\u2019une percée au-delà de la région de Québec.Pas moins de quatre partis progressistes \u2014 le Parti libéral du Canada, le Nouveau Parti démocratique, le Bloc québécois, le Parti vert du Canada \u2014 solliciteront le vote des Québécois avec des politiques environnementales plus ambitieuses les unes que les autres.Seul le Parti populaire de Maxime Bernier fera la lutte contre les conservateurs à droite.Et pour l\u2019instant, la formation de M.Bernier peine à attirer l\u2019attention des électeurs à l\u2019extérieur de sa propre circonscription de Beauce.M.Scheer mise sur la grogne envers le premier ministre Justin Trudeau, qui aura perdu passablement de plumes ces derniers mois.S\u2019il pouvait déjà compter sur l\u2019appui de ceux qui entretenaient déjà une certaine antipathie envers le chef libéral, M.Scheer chercherait aussi à attirer des électeurs centristes qui ont voté pour M.Trudeau en 2015 mais qui sont déçus.C\u2019est ainsi que l\u2019on assiste à un certain repositionnement vers le centre du discours de M.Scheer depuis quelques semaines, qui vise à rassurer des électeurs au Québec, comme au Canada anglais, pour qui il ne serait qu\u2019une version plus souriante de Stephen Harper.Dans une série de discours, dont le dernier sur l\u2019environnement aura lieu au Québec ce mois-ci, M.Scheer se positionne en tant que politicien modéré qui a horreur des extrêmes, à gauche comme à droite.Pour contrer les critiques libéraux, qui l\u2019accusent de vouloir couper dans les dépenses tous azimuts, M.Scheer promet simplement d\u2019équilibrer le budget fédéral « de manière responsable ».Il ne réduirait ni les allocations familiales ni les transferts aux provinces, y compris la péréquation, et prendrait au moins cinq ans pour éliminer le déficit.En matière d\u2019immigration, M.Scheer a évacué les relents de populisme de droite qu\u2019il avait empruntés il y a quelques mois en s\u2019opposant au Pacte mondial sur les migrations de l\u2019ONU.Le Canada accueillerait sensiblement le même nombre d\u2019immigrants chaque année que sous les libéraux, dit-il maintenant.Quant aux nationalistes blancs qui auraient trouvé refuge au PCC, il les prie de prendre la porte.« Je crois que nous sommes tous des enfants de Dieu.[\u2026] J\u2019estime que l\u2019idée que la race, la religion, le genre ou l\u2019orientation sexuelle d\u2019une personne puisse la rendre supérieure aux autres est tout à fait répugnante », a-t-il dit la semaine dernière.Quant à son parti pris en faveur des pipelines, M.Scheer compte sur l\u2019existence d\u2019une majorité silencieuse au Québec à l\u2019extérieur du Plateau Mont-Royal qui ne serait pas aussi opposée que cela aux oléoducs pourvu qu\u2019ils soient sécuritaires et qu\u2019ils ne traversent pas leur propre cour arrière.Les Québécois lui donneront-ils raison en octobre ?KONRAD YAKABUSKI Nawel Hamidi Université Laurentienne Pierrot Ross-Tremblay Université Laurentienne « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la réaliser ou la trahir.» \u2014 Frantz Fanon Que dire sur ce rapport et sur les travaux de la commission des deux dernières années (l\u2019Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées \u2014 ENFFADA) ?La commission a expérimenté plusieurs défis, tels qu\u2019un mandat trop épars, des démissions multiples et des critiques concernant son manque d\u2019indépendance et de transparence.La plus importante critique fut celle liée à sa méthode de travail.Après la remise de son rapport intérimaire le 1er novembre 2017, les familles et les experts réitéraient l\u2019urgence d\u2019adopter une approche basée sur les droits de la personne en enquêtant sur la faillite des institutions canadiennes et de la société à protéger les droits fondamentaux (droit à la vie, à la santé et à la sécurité) des femmes issues des Premiers Peuples.Cette critique a finalement été entendue par les commissaires.Ces derniers ont mis en œuvre le pouvoir d\u2019enquêter de la commission afin d\u2019accéder à 174 dossiers de la police, comme l\u2019avait fait la commission Op- pal, en Colombie-Britannique, entre 2010-2012.L\u2019ENFFADA a également rencontré des experts, à travers le Canada, sur les questions entourant la violence sexuelle et coloniale, le racisme systémique, et a intensifié l\u2019implication des familles directement touchées.La commission a donc fait un virage significatif au printemps 2018 dans ses travaux et son approche.Sur cette base, elle demandait une extension de son mandat à l\u2019automne 2018, qui fut reconduit pour une période additionnelle de six mois seulement.Une période nettement insuffisante pour assumer un mandat d\u2019une telle ampleur.En dépit du manque de temps et des différents problèmes rencontrés, cette réinitialisation officieuse des travaux de la commission fut salutaire : elle apporte une crédibilité aux conclusions du rapport final et aux appels à la justice présentés lundi.La mise en œuvre effective des recommandations visant à s\u2019attaquer au racisme systémique, à la violence sexuelle et coloniale, déterminant majeur du génocide envers les Premiers Peuples au Canada, et qui touche particulièrement les femmes, demeure l\u2019enjeu central soulevé dans l\u2019histoire des commissions au Canada.Malgré leur résistance continue et leur force, les femmes ne pourront déraciner seules les causes profondes de ce schéma génocidaire.Le niveau de violence sexuelle et coloniale qu\u2019elles endurent au quotidien et depuis les premiers contacts sera compris le jour où le Québec et le Canada, et en particulier les hommes, auront la maturité d\u2019assumer entièrement les formes de racisme et de misogynie qui subsistent au cœur de leur héritage.Au-delà de la culpabilisation, c\u2019est sur la non- réception des vérités que portent les récits des femmes qu\u2019il faut se questionner, pour que du mutisme forcé des femmes à la surdité des hommes soit tissée une passerelle faisant en sorte qu\u2019elles soient enfin entendues et crues.Génocide colonial Les représentations, les stéréotypes et la misogynie touchant les femmes autochtones sont ainsi profondément enracinés dans la société et toujours enchâssés dans les politiques, les législations et les bureaucraties.Si ces constats peuvent sembler s\u2019éloigner des définitions connues du terme « génocide », une connaissance minimale de la condition des Premiers Peuples au Canada, et en particulier de celle des femmes, efface le moindre doute quant à l\u2019existence non seulement historique mais actuelle d\u2019un génocide colonial.Ce rapport impose l\u2019équation de l\u2019héritage colonial, sinon de l\u2019esprit guidant les institutions canadiennes et causant directement la mort de filles et de femmes.Il appelle au démantèlement de mécanismes sophistiqués, conçus sur mesure au cours des siècles et généralement invisibles à la société dominante, enracinés dans les sphères culturelle, juridique, économique et politique au point qu\u2019il apparaît invraisemblable au citoyen qu\u2019il contribue, volontairement ou non, à perpétuer la condition humaine intenable d\u2019une partie de ses semblables.Ce rapport nous montre le long et pénible chemin qu\u2019il reste à parcourir afin de démystifier la faillite du corps policier à enquêter sur la mort de beaucoup de femmes et, dans certains cas, la participation d\u2019agent de la paix dans la perpétration des crimes.Le temps n\u2019est plus aux débats sémantiques mais à l\u2019impératif de solidarité et de protection des femmes, ainsi que de la terre qui les porte.Soyons clairs : même s\u2019ils n\u2019étaient pas entendus, les Premiers Peuples ont toujours dénoncé et résisté à ce génocide.Les femmes en particulier n\u2019ont jamais cessé de dénoncer la violence sexuelle à des fins géno- cidaires dont elles sont la cible et leurs voix résonnent toujours.Si l\u2019époque requiert une métamorphose des relations mortifères que les sociétés coloniales québécoise et canadienne entretiennent avec les Premiers Peuples et la Terre, cette mutation doit aussi s\u2019incarner dans le rapport de chacun à soi-même, lieux d\u2019enracinement des représentations et des préjugés semés et nourris depuis des siècles.Est-il encore possible, à cette étape de notre histoire humaine et commune, de fermer les yeux et de faire la sourde oreille ?Nous sommes dorénavant devant le choix clair d\u2019honorer ou de trahir notre propre humanité.Honorer ou trahir Le Canada à la croisée des chemins en matière de relations avec les Premiers Peuples Nathalie Roy Ministre de la Culture et des Communications Il ne fait plus aucun doute aujourd\u2019hui que le numérique a transformé le paysage de la culture et des communications.Cette modification en profondeur a entraîné l\u2019apparition de nouveaux acteurs, de nouveaux produits et de nouveaux modes de consommation.Depuis toujours, le Québec est proac- tif dans le soutien et la défense de ses industries culturelles, et aujourd\u2019hui plus que jamais, nos artistes, nos artisans et nos producteurs peuvent compter sur l\u2019appui du gouvernement.Il en va de la nécessaire croissance de nos entreprises et de notre économie.Il en va de notre fierté culturelle ! Les défis posés sont profonds et structurels et ils exigent de la part du gouvernement une réponse globale.Plusieurs actions sont en cours, d\u2019autres seront réalisées dans les prochaines semaines.D\u2019abord, avec mon homologue français, monsieur Franck Riester, nous avons lancé une mission franco-qué- bécoise sur la découvrabilité des contenus culturels francophones en ligne.Nous avons l\u2019intention de proposer et de mettre en œuvre des actions qui assureront un meilleur positionnement des artistes et des œuvres francophones sur Internet.Ensuite, nous avons ajouté 25 millions de dollars sur cinq ans pour appuyer la production originale à Télé-Québec et nous avons réinjecté une somme de 15 millions sur cinq ans dans le secteur de la musique afin de soutenir nos entreprises et de financer des travaux essentiels au rayonnement de nos œuvres musicales sur le Web.Finalement, nous avons annoncé un montant de 32,5 millions sur cinq ans pour développer les compétences en- trepreneuriales des artistes et des entreprises culturelles.Bref, le soutien à la création, à la production et à la distribution de contenus originaux de langue française en ligne est une priorité du ministère de la Culture et des Communications et le restera pour les prochaines années.Le régime législatif et fiscal Nous pensons que des règles assurant à nos entreprises un environnement équitable en matière de compétitivité sont désormais essentielles.Le gouvernement fédéral a mis sur pied un groupe d\u2019experts chargé de l\u2019examen du cadre législatif en matière de radiodiffusion et de télécommunications.Ce processus d\u2019examen est nécessaire, j\u2019en suis certaine, mais il n\u2019est pas garanti que cela suffise.Nous sommes convaincus que le Québec devrait avoir pleine compétence sur la production et la distribution des produits culturels et sur les entreprises de ce secteur d\u2019activité.Nous sommes surtout convaincus qu\u2019il est plus que temps que le gouvernement du Québec propose des solutions concrètes afin de mieux répondre aux immenses défis de l\u2019ère numérique auxquels nous faisons face.Nous sommes déjà à pied d\u2019œuvre à l\u2019égard de ce grand chantier, des annonces en ce sens suivront.Notre gouvernement a une responsabilité historique envers nos créateurs et nos produits culturels, et c\u2019est pourquoi nous sommes prêts à tout mettre en œuvre pour les défendre et les promouvoir.Notre fierté culturelle : les enjeux numériques de l\u2019audiovisuel Le temps n\u2019est plus aux débats sémantiques mais à l\u2019impératif de solidarité et de protection des femmes.JONATHAN HAYWARD LA PRESSE CANADIENNE Le message d\u2019Andrew Scheer était clair.S\u2019il devenait premier ministre l\u2019automne prochain, il n\u2019hésiterait pas à se prévaloir du pouvoir fédéral d\u2019invoquer l\u2019intérêt national pour accélérer la construction de nouveaux oléoducs. B 10 LE DEVOIR DE PHILO LEDEVOIR // LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 JUIN 2019 Q L\u2019école à l\u2019heure du divertissement numérique Blaise Pascal avait déjà observé que l\u2019agitation fait le malheur des hommes uel jugement porterait Pascal sur l\u2019état de notre système d\u2019éducation si le dieu sur lequel il avait décidé de parier lui permettait de revenir parmi nous ?Se paraphrasant lui-même, peut-être af- firmerait-il « que tout le malheur des élèves vient d\u2019une seule chose qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une salle de cours sans leurs téléphones intelligents »\u2026 Pascal, Blaise de son prénom (1623- 1662), était un mathématicien, un physicien, un moraliste, un philosophe et aussi un inventeur à l\u2019esprit pragmatique.Entre autres choses, on lui doit la création de la toute première machine arithmétique.Toutefois, ses textes qui ont le plus retenu l\u2019attention sont sans aucun doute ses Pensées, fragments d\u2019une œuvre que, mort trop jeune, il n\u2019aura jamais eu le temps de terminer.Lorsqu\u2019il écrit ces lignes, la belle conception de l\u2019univers des anciens est en train de voler en éclats.Terminée la belle image du monde où chaque chose était à sa place, où il était facile de décerner le Bien et le Mal et de trouver le sens de l\u2019existence de l\u2019être humain qui, croyait- on, occupait le centre de l\u2019Univers.Depuis Copernic, la Terre et son plus digne habitant ont été déplacés à la marge et, pire encore, certains penseurs commencent même à avancer l\u2019idée que cet Univers pourrait bien être infini, possibilité qui n\u2019aura de cesse d\u2019effrayer Pascal et de le confronter à une foule de questionnements existentiels: l\u2019être ou le néant, la raison ou le cœur, la foi ou la science, le repos ou l\u2019agitation?«Que deviendra donc l\u2019homme?Sera-t-il égal à Dieu ou aux bêtes?» s\u2019interroge-t-il dans Pensées.Pour calmer ses angoisses, Pascal tentera de cerner ce qui fait la spécificité de l\u2019être humain : « L\u2019homme est visiblement fait pour penser ; c\u2019est toute sa dignité et tout son mérite, et tout son devoir est de penser comme il faut.» Penser comme il faut ! Malheureusement, ceci n\u2019est pas donné.Cela se cultive, demande de l\u2019effort, de la concentration, de la discipline et du silence aussi, surtout lorsque ce « roseau pensant » veut faire un effort d\u2019introspection et connaître le monde qui l\u2019entoure.Toutefois, ce que constate Pascal, c\u2019est que la plupart des hommes en sont incapables \u2014 d\u2019où ses pages célèbres sur le divertissement.Laissons-le parler : « Quand je m\u2019y suis mis quelquefois à considérer les diverses agitations des hommes, et les périls et les peines où ils s\u2019exposent, dans la cour, dans la guerre d\u2019où naissent tant de querelles, de passions, d\u2019entreprises hardies et souvent mauvaises, etc., j\u2019ai découvert que tout le malheur des hommes vient d\u2019une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre.» Pour Pascal, les êtres humains sont habités par un instinct qui les pousse à chercher le divertissement « du dehors ».Bien qu\u2019ils aspirent au repos, celui-ci leur devient toutefois rapidement insupportable dès qu\u2019ils en sont imprégnés.Rongés par l\u2019ennui, ils s\u2019agitent, se mettent à courir après de vains objectifs pour ne pas s\u2019adonner à une réflexion sur leur condition humaine.« Ludification » de l\u2019enseignement Depuis la réforme de l\u2019éducation mise en place au Québec à partir des années 2000, loin de vouloir sortir l\u2019élève de l\u2019emprise du divertissement, notre système d\u2019éducation fait tout pour l\u2019amuser, le «distraire» et même l\u2019étourdir en partant de ce qui l\u2019intéresse ici et maintenant, en le plongeant dans une pédagogie de projets où on lui demande de papillonner et de grappiller de l\u2019information à gauche et à droite, tout en s\u2019imaginant pouvoir développer chez lui d\u2019évanescentes compétences au détriment de l\u2019acquisition de solides connaissances.«Le roi est environné de gens qui ne pensent qu\u2019à divertir le roi et à l\u2019empêcher de penser à lui.Car il est malheureux, tout roi qu\u2019il est, s\u2019il y pense», constatait Pascal.C\u2019est ainsi que se comporte aujourd\u2019hui notre système d\u2019éducation avec les en- fants-rois en exigeant des enseignants qu\u2019ils «ludifient» leurs prestations qui, dorénavant, doivent se présenter comme autant de saynètes amusantes qui sauront capter, l\u2019espace d\u2019un instant, l\u2019attention fugace de leurs apprenants.C\u2019est que, dans l\u2019esprit des réformateurs, ce qu\u2019il faut combattre à tout prix, c\u2019est encore et toujours ce terrible ennemi qu\u2019est l\u2019ennui dont nous parlait Pascal.Ainsi, au lieu d\u2019aider l\u2019élève à dompter cet instinct qui consiste à être attiré et distrait par tout ce qui brille, bouge et clignote, au lieu de lui apprendre à se concentrer et à se discipliner en lui fournissant un univers serein dans lequel il pourrait penser d\u2019une manière cohérente et apprendre dans le sens fort du terme, on le précipite et le maintient dans un univers éclaté, sans repère, où tout est en mouvement.Compétence numérique C\u2019est d\u2019ailleurs à partir de cette volonté de « ludifier » l\u2019ensemble de notre système d\u2019éducation que doit être compris le cadre de référence de la compétence numérique que le ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, a dévoilé à une foule de convertis lors de l\u2019ouverture du 7e Sommet du numérique en éducation.Bien qu\u2019anecdotique, le fait que le ministre ait été présenté aux participants du sommet par un petit robot em- pathique aux formes humanoïdes « répondant» au nom de Pepper est tout de même révélateur de l\u2019approche infanti- lisante et anthropomorphique qui guide les recherches et pratiques de certains technopédagogues\u2026 Mais passons.Car, en réalité, en quoi consiste ce cadre de référence?Il s\u2019agit en fait d\u2019une tentative un peu désespérée de consolider la réforme de l\u2019éducation en lui plaquant, histoire de lui donner un lustre futuriste, une douzaine de compétences numériques qui sont définies dans le document en question comme des «savoir-agir complexes».Le but recherché?Faire en sorte que les apprenants \u2014 quel mot détestable \u2014 puissent «agir en citoyens éthiques» en les plongeant dans la potion magique du numérique.Ainsi, le numérique pour l\u2019apprentissage, le numérique pour la communication, le numérique pour la culture informationnelle, mais Deux fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie et d\u2019histoire des idées le défi de décrypter une question d\u2019actualité à partir des thèses d\u2019un penseur marquant.Réjean Bergeron Professeur de philosophie au cégep Gérald-Godin et auteur de l\u2019essai L\u2019école amnésique ou Les enfants de Rousseau (Poètes de brousse, 2018) aussi pour la collaboration, l\u2019inclusion, le développement de la personne, la résolution de problèmes, le développement de la pensée critique, l\u2019innovation, la créativité et la création de contenu.Oui, de contenu, car dans ce document, comme pour la réforme de l\u2019éducation en général, jamais il n\u2019est question de connaissances, de savoirs et encore moins de vérités, comme si les penseurs à l\u2019origine de cette grande liquéfaction de notre système d\u2019éducation s\u2019étaient évertués, à la manière de somnambules, à préparer le terreau fertile sur lequel prendront racine les fake news et vérités alternatives de ce monde face auxquelles, par la suite, ils prendront des airs hébétés une fois réveillés.En fait, l\u2019important ici n\u2019est pas de faire en sorte que l\u2019élève accède à des vérités, mais qu\u2019il produise ou trouve du « contenu », de l\u2019« information », des « données » qu\u2019il pourra ensuite mettre en forme et surtout faire circuler à l\u2019aide des nombreuses applications numériques que les grandes entreprises technologiques comme Google, Facebook, Apple et Microsoft mettent si généreusement à sa disposition\u2026 « Ils ne savent pas que ce n\u2019est que la chasse, et non pas la prise, qu\u2019ils recherchent », avait compris Pascal en parlant de ceux pour qui l\u2019agitation représentait la seule manière d\u2019être.Ainsi, à l\u2019école du divertissement numérique, ce qui importe, ce n\u2019est pas d\u2019apprendre ou de connaître, mais de partager des impressions, des opinions, de surfer, d\u2019être dans le mouvement perpétuel, de faire en sorte que l\u2019esprit de l\u2019apprenant soit toujours en ébullition, excité et, par conséquent, éparpillé.«Mais, ôtez leur divertissement, vous les verrez se sécher d\u2019ennui; ils sentent alors leur néant sans le connaître: car c\u2019est bien être malheureux que d\u2019être dans une tristesse insupportable aussitôt qu\u2019on est réduit à se considérer et à n\u2019en être point diverti», se désolait toujours Pascal.Un problème de santé publique Les conséquences néfastes qui découlent d\u2019une pareille conception de l\u2019éducation commencent sérieusement à se faire sentir chez cette génération de jeunes qu\u2019on a abandonnés à eux- mêmes et à leurs écrans: déficit de sommeil, mauvaise condition physique, problèmes graves de littératie, déficit de l\u2019attention, diminution des résultats scolaires, difficulté à interagir avec les autres en face à face, sentiment de solitude, troubles anxieux, surmédication, détresse psychologique, dépression\u2026 Toutefois, ces drapeaux rouges, ces symptômes et ces demandes d\u2019aide, notre société ne semble pas encore prête à les voir ni à les entendre tellement elle est possédée par une forme perverse de fétichisme technologique.«Nous courons sans souci dans le précipice après que nous avons mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de le voir», écrivait Pascal.Je vous laisse le loisir de remplacer ce «quelque chose» par la première image qui vous vient à l\u2019esprit\u2026 Pour Blaise Pascal, les êtres humains sont habités par un instinct qui les pousse à chercher le divertissement « du dehors ».Bien qu\u2019ils aspirent au repos, celui-ci leur devient toutefois rapidement insupportable dès qu\u2019ils en sont imprégnés.Rongés par l\u2019ennui, ils s\u2019agitent, se mettent à courir après de vains objectifs pour ne pas s\u2019adonner à une réflexion sur leur condition humaine.ILLUSTRATION TIFFET Réjean Bergeron Des suggestions ?Écrivez à Robert Dutrisac : rdutri- sac@ledevoir.com.Pour lire ou relire les anciens textes du Devoir de philo : www.ledevoir.com/societe/ le-devoir-de- philo-histoire Les drapeaux rouges, les symptômes et les demandes d\u2019aide, notre société ne semble pas encore prête à les voir ni à les entendre tellement elle est possédée par une forme perverse de fétichisme technologique LEDEVOIR // LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 JUIN 2019 B 11 PETITES ANNONCES R E G R O U P E M E N T I M M O B I L I E R 355 Av.Wilfrid-Laurier, MONTCALM 9805 Av.Patrimoine-Mondial, LEBOURGNEUF VISITEZ NOS PROPRIÉTÉS WWW.MARCBONENFANT.COM À DEUX PAS DES 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