Le devoir, 6 juin 2019, Cahier A
[" VOL.CX NO 125 / LE JEUDI 6 JUIN 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM INDEX Avis légaux.B6 Culture .B1 Décès .B4 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B2 Idées.A7 Météo.B7 Monde .B8 Mots croisés .B7 Sports .B7 Sudoku .B7 ACTUALITÉS Le Devoir en Norvège.L\u2019État à l\u2019ère des budgets climatiques.A 8 CULTURE Ce français mal aimé.La chronique d\u2019Odile Tremblay.B 3 CULTURE Deux pôles et une poule.Un jeune marin rejoint l\u2019Arctique et l\u2019Antarctique en solitaire.Ou presque.Pour suivre l'actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.STÉPHANE BAILLARGEON MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR Alors que le gouvernement caquiste s\u2019apprête à faire adopter une loi sur la laïcité de l\u2019État, un nouveau décompte permet de mesurer l\u2019ampleur des soutiens sonnants et trébuchants accordés au Québec par les différents ordres de gouvernement aux religions et aux organismes religieux.Les avantages consentis totalisent des centaines de millions de dollars chaque année rien qu\u2019au Québec et des milliards pour l\u2019ensemble du Canada.Le soutien prend la forme d\u2019impôts et de taxes non perçus, de déductions fiscales pour les dons, mais aussi de remboursement des taxes de vente ou de subventions directes, par exemple pour l\u2019entretien de bâtiments ou pour les écoles confessionnelles.La proposition de loi québécoise sur la laïcité n\u2019aborde pas la question des FISCALITÉ ET RELIGIONS Quand l\u2019État fait vœu de pauvreté avantages fiscaux aux religions.Le projet de loi 21 se concentre sur l\u2019interdiction des signes religieux pour les représentants de l\u2019État.«Est-il légitime, dans une démocratie libérale, et à la lumière du principe de neutralité de l\u2019État en matière de religion, que l\u2019État finance des organisations religieuses, ou la religion, plus globalement?», demande le professeur de droit de la fiscalité Luc Grenon, de l\u2019Université de Sherbrooke, rare spécialiste du problème.«Cette question est nécessaire au-delà de tous les bienfaits que certains lui attribuent.La religion demeure, dans son essence, une question de doctrine basée sur des croyances personnelles inconnaissables».La question a été abordée au cours de la dernière année et demie au Canada par le Comité spécial du Sénat sur le secteur de la bienfaisance.Plus de 150 témoins ont été entendus depuis janvier 2018 et environ 80 mémoires ont été déposés.Plus de 700 organismes ont répondu aux questionnaires en ligne.«Le monde a changé, mais ce secteur [de la bienfaisance] continue d\u2019être régi par un régime réglementaire et légal qui est complètement dépassé», dit la séna- trice de l\u2019Ontario Ratna Omidvar, vice- présidente du Comité, qui remettra son Des soldats américains se lançant tant bien que mal à l'assaut d'Omaha Beach, surnommée «Bloody Omaha».Ce fut la plage la plus meurtrière du débarquement, avec plus de 1000 morts.NATIONAAL ARCHIEF LE JOUR J, IL Y A 75 ANS MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR La réforme du mode de scrutin divise la CAQ VOIR PAGE A 4 : FISCALITÉ Pas moins de 75 ans plus tard, le débarquement en Normandie continue de fasciner, malgré la disparition de la plupart des témoins de cette opération militaire et humaine.Mais si plusieurs insistent sur l\u2019importance d\u2019entretenir le souvenir de l\u2019événement, qui a engendré son lot de souffrances, il n\u2019en serait pas moins essentiel de se rappeler d\u2019autres batailles encore plus déterminantes pour l\u2019issue de la plus grande boucherie de l\u2019histoire.ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Les leçons de l\u2019Histoire Un essentiel devoir de mémoire en ces temps de montée du populisme et du nationalisme 1,56 milliard C\u2019est le manque à gagner en 2007 du gouvernement fédéral en raison du statut fiscal particulier de la religion, calculé par Luc Grenon, professeur de droit de la fiscalité.La somme ne tient pas compte des pertes fiscales des provinces et des municipalités.L\u2019invasion du continent est commencée.La grande nouvelle attendue depuis si longtemps est venue de bonne heure ce matin », peut-on lire en une de l\u2019édition du 6 juin 1944 du Devoir, un quotidien qui est alors publié en fin de journée.Dans ce cas-ci, moins de 12 heures après les premiers débarquements sur les plages françaises.Le titre met d\u2019ailleurs en lumière le rôle d\u2019« avant-garde » des parachutistes, largués dans un chaos certain durant la nuit précédent l\u2019assaut sur les côtes normandes afin de s\u2019emparer de certains ponts, mais aussi de détruire des canons qui menacent directement les plages ou doivent s\u2019élancer pas moins de 130 000 soldats américains, britanniques, canadiens et français.De ces soldats qui arrivent par la mer dès l\u2019aube, dont les 14 000 Canadiens, la quasi-totalité subit son baptême du feu.Si le journaliste du Devoir écrit alors que « tout s\u2019est déroulé jusqu\u2019ici conformément aux plans établis », la réalité est quelque peu différente.Certes, les pertes ont été moindres que prévu, « VOIR PAGE A 2 : HISTOIRE Les élus caquistes ont étalé au grand jour mercredi leurs différends sur la réforme du mode de scrutin, au dam de l\u2019ex-président de l\u2019Assemblée nationale Jean-Pierre Charbonneau.La députée de Roberval, Nancy Guillemette, a appelé ouvertement à la tenue d\u2019un référendum sur l\u2019instauration d\u2019un mode de scrutin proportionnel mixte.« C\u2019est un gros enjeu.On devrait demander à la population son avis.Mais, on verra dans le futur », a déclaré Mme Guillemette à l\u2019entrée du Salon rouge, mercredi avant-midi.Le premier ministre François Legault avait pourtant écarté cette idée il y a à peine deux semaines et demie.L\u2019élue caquiste a « entendu des inquiétudes » concernant le redécou- page des circonscriptions advenant le déploiement d\u2019un nouveau mode de scrutin permettant l\u2019élection de députés de circonscriptions, mais aussi de députés de liste.« Quand on a de grandes circonscriptions [\u2026] c\u2019est sûr que le service à la population peut être amoindri\u2026 mais en ayant deux députés \u2014 [dont] un de liste \u2014 probablement que cela palliera\u2026 », a-t-elle poursuivi.La mise au rancart du mode de scrutin actuel ne constitue pas une priorité « pour les gens de la Mauricie », a fait valoir la députée de Laviolette\u2013Saint- Maurice, Marie-Louise Tardif.« Sur le VOIR PAGE A 5 : RÉFORME Le premier ministre François Legault ne ferme plus la porte à la tenue d\u2019un référendum ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE JEUDI 6 JUIN 2019 Félicitations aux récipiendaires! Le 17 mai dernier, 17 Montréalaises et Montréalais d\u2019exception ont été faits membres de l\u2019Ordre de Montréal, dans le cadre de la cérémonie de remise des insignes.Apprenez-en plus sur leur parcours et leurs réalisations.ville.montreal.qc.ca/ordre Trang Hoang Commandeure Sylvie Bernier Of?cière Madeleine Juneau Of?cière Sylvie Rochette Of?cière Jean-Claude Fouron Commandeur Joseph Rouleau Commandeur René Richard Cyr Of?cier Louis Sabourin Of?cier Gina P.Cody Chevalière Edith Cyr Chevalière Pauline Wong Chevalière Léopold Beaulieu Chevalier Nassib El-Husseini Chevalier Paul-André Fortier Chevalier Jean-Claude Poitras Chevalier Jean Beaudin Of?cier Jobie Tukkiapik Chevalier La contribution de l\u2019Union soviétique HISTOIRE SUITE DE LA PAGE A 1 avec un total de 10 000 hommes (soit autant que les Allemands), dont 4400 morts.Mais l\u2019avancée est en deçà des objectifs et, dans certaines zones, l\u2019opération a été particulièrement meurtrière.C\u2019est le cas sur la plage américaine d\u2019Omaha Beach, surnommée «Bloody Omaha», et mise en scène en ouverture du film Saving Private Ryan.Globalement, les forces armées qui s\u2019attaquaient au «mur de l\u2019Atlantique» \u2014 fortifications, bunkers, canons et obstacles divers \u2014 dressé par l\u2019armée allemande ont su tirer le meilleur d\u2019une situation «qui comportait beaucoup d\u2019éléments de risques», souligne le lieutenant-colonel à la retraite des Forces armées canadiennes, Rémi Landry.« Un débarquement est l\u2019opération militaire la plus difficile, parce que vous n\u2019avez pas d\u2019appui au sol.On veut mettre le pied à terre, établir une tête de pont et élargir cette tête de pont, de façon à acheminer le matériel nécessaire pour poursuivre l\u2019avancée.L\u2019armée a besoin de renforts, de vivres, de véhicules, etc.C\u2019était très risqué et on ne pouvait pas se permettre de manquer notre coup », explique-t-il.Il n\u2019en reste pas moins que certains éléments ont joué en faveur des Alliés, rappelle M.Landry.Adolf Hitler, convaincu que le véritable assaut aurait lieu dans le Pas-de-Calais et déconnecté de la réalité militaire désastreuse de ses armées engagées sur plusieurs fronts, dort au moment où débute le débarquement.Et comme il s\u2019arroge le pouvoir de prendre toutes les grandes décisions militaires, aucun renfort n\u2019est envoyé vers les côtes normandes.Qui plus est, le commandant de l\u2019armée allemande en France, le redoutable tacticien Erwin Rommel, est en vacances en Allemagne pour l\u2019anniversaire de sa femme.Sans oublier que la Wehrmacht de 1944 n\u2019est plus celle qui a déferlé sur la France en 1940.Les soldats y sont habituellement plus âgés, souffrent souvent de problèmes divers et manquent cruellement d\u2019avions, de blindés et de renforts.Et Berlin peut à peine remplacer 10 % des pertes.Le front oublié Professeur titulaire au département d\u2019histoire de l\u2019Université de Montréal, Michael J.Carley reconnaît que le débarquement a certes joué un rôle important en ouvrant un «second front» alors réclamé par l\u2019URSS de Joseph Staline.Mais il est formel: la victoire des Alliés contre le régime hitlérien ne s\u2019est pas jouée en France à partir du 6 juin 1944.« Le Front de l\u2019Est a été le plus important de la guerre et c\u2019est l\u2019Armée rouge qui a porté les coups les plus durs à l\u2019armée allemande.Il n\u2019y a aucun doute à ce sujet », affirme-t-il.Selon lui, le jour J survient à un moment où l\u2019armée allemande est « grandement affaiblie » par les Soviétiques, « ce qui a rendu le débarquement en Normandie beaucoup plus facile ».M.Carley rappelle ainsi que «le point tournant» de la Seconde Guerre mondiale serait survenu plusieurs mois avant l\u2019assaut en Normandie.Plusieurs historiens le situent en effet à la bataille de Stalingrad, au cours de laquelle l\u2019armée allemande perdit plus de 400 000 soldats, dont plus de 200 000 tués.À partir de ce moment, la Wehrmacht a été forcée de reculer sans arrêt sur le front de l\u2019Est, malgré les centaines de milliers de soldats lancés dans la furie des combats.Qui plus est, deux semaines après le débarquement en France, les Russes lançaient 2,3 millions de leurs hommes contre 800 000 soldats allemands, au cours de l\u2019opération Bagration.Une opération qui a forcé l\u2019armée hitlérienne à battre en retraite sur 500 kilomètres en quelques semaines, mais que «personne ne connaît aujourd\u2019hui », déplore l\u2019historien.Se souvenir Le problème, selon M.Carley, c\u2019est que « le récit culturel de la guerre » qui s\u2019est construit à partir de 1945 s\u2019inscrivait dans un contexte de guerre froide.« Cela nous a fait oublier toute la contribution de l\u2019Union soviétique dans cette guerre.Il ne faut pas oublier qu\u2019ils ont eu plus de 20 millions de morts.Il est donc important de dé- construire le discours actuel pour donner sa juste place à tous les éléments de l\u2019histoire de cette guerre.» Rémi Landry ajoute qu\u2019il est primordial de perpétuer le souvenir des conflits guerriers des dernières décennies, en plus de celui de la guerre de 1939-1945.« Il ne faut pas oublier ces événements, qui font partie de notre passé.Il faut se souvenir, parce qu\u2019il faudrait être un jour en mesure de trouver des solutions paisibles pour éviter l\u2019odieux.Il faut que les nouvelles générations comprennent les coûts de ces sacrifices et les coûts de ces conflits, d\u2019un point de vue humain.» Le contexte politique international actuel donne aussi à réfléchir, selon M.Landry.« Est-ce que nous sommes au début d\u2019une nouvelle guerre froide, ou encore au début d\u2019une nouvelle période d\u2019instabilité, en raison du renouveau populiste et nationaliste ?Certains le croient, donc, il faut peut-être prendre le temps de réfléchir aux solutions pour éviter un retour vers une période guerrière et meurtrière.Bref, à une période de grande noirceur.» Cérémonie de commémoration C\u2019est de Portsmouth, dans le sud de l\u2019Angleterre, qu\u2019étaient partis bon nombre des quelque 150 000 soldats alliés s\u2019apprêtant à participer au débarquement en Normandie.Et c\u2019est à Portsmouth, 75 ans plus tard, que les chefs d\u2019État ont commémoré l\u2019offensive qui allait amorcer la libération de l\u2019Europe du nazisme.Donald Trump, Theresa May, Justin Trudeau, Emmanuel Macron et Angela Merkel \u2014 dont les naissances sont toutes postérieures au jour J \u2014 ont rempli mercredi leur devoir de mémoire lors d\u2019une cérémonie présidée par la reine Élizabeth II, qui était, elle, âgée de 18 ans à l\u2019époque.Trois cents combattants alliés ayant participé au débarquement étaient également présents.Du nombre, le mitrailleur antiaérien Albert Roy, du Manitoba, qui, à 95 ans, retournait en Normandie pour la première fois depuis juillet 1944.Lors de leur allocution, certains chefs d\u2019État ont fait la lecture de documents issus du passé.Le président français, Emmanuel Macron, a lu la lettre d\u2019adieu déchirante d\u2019un jeune résistant, Henri Fer- tet, fusillé à l\u2019âge de 16 ans.Après 87 jours d\u2019emprisonnement et de torture, il écrivit à ses parents : « Je meurs pour ma patrie.Je veux une France libre et des Français heureux.[\u2026] Quelle mort sera plus honorable pour moi que celle-là ?» Theresa May, dont c\u2019est probablement la dernière sortie comme première ministre britannique, a quant à elle lu une lettre retrouvée sur le corps du capitaine Norman Skinner adressée à son épouse : « Même si je donnerais tout pour être auprès de toi, je n\u2019ai jusqu\u2019à présent pas eu le moindre désir de me soustraire à la tâche que nous avons à accomplir.» Le président américain, Donald Trump, a pour sa part misé sur une prière récitée à la radio par Franklin D.Roosevelt le 6 juin 1944.Les chefs d\u2019État se retrouveront jeudi, de l\u2019autre côté de la Manche, pour la suite des cérémonies.Le Devoir avec l\u2019Agence France-Presse et La Presse canadienne Un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale présent à la cérémonie de commémoration, mercredi, à Portsmouth.DANIEL LEAL-OLIVAS AGENCE FRANCE-PRESSE Le Front de l\u2019Est a été le plus important de la guerre et c\u2019est l\u2019Armée rouge qui a porté les coups les plus durs à l\u2019armée allemande MICHAEL J.CARLEY » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE JEUDI 6 JUIN 2019 A u moment où le PQ cherche à se réinventer, voir Réjean Hébert tourner aussi ostensiblement le dos à la souveraineté est évidemment un coup très dur, mais il y avait des signes avant-coureurs de cette défection.En février 2016, M.Hébert avait signé dans L\u2019Observatoire des réformes de santé un texte qui contrastait violemment avec ce qu\u2019il disait à l\u2019époque où il était ministre de la Santé dans le gouvernement de Pauline Marois, alors qu\u2019il dénonçait énergiquement les dédoublements et les empiétements du gouvernement fédéral sur les champs de compétence des provinces.« Le fédéral pourrait proposer une loi sur les services de longue durée qui établirait des principes à respecter par les provinces lors de la mise en place d\u2019une assurance de soins et de services à longue durée.Comme ce fut le cas de l\u2019assurance maladie, cette intrusion du fédéral dans un domaine de juridiction provinciale pourrait être réalisée via son pouvoir constitutionnel de dépenser », écrivait-il.Cela était non seulement contraire au credo souverainiste, mais allait également à l\u2019encontre de la position que tous les gouvernements du Québec, peu importe le parti dont ils étaient issus, avaient défendue depuis des décennies.L\u2019existence même du pouvoir fédéral de dépenser, dont la constitution canadienne ne fait aucune mention, a toujours été contestée.Quand M.Hébert était ministre, le Québec s\u2019était d\u2019ailleurs retiré du Groupe de travail sur l\u2019innovation en matière de santé mis sur pied par le Conseil de la fédération pour protester contre la participation du gouvernement fédéral à certains programmes, qui était souhaitée par les autres provinces.Pas plus tard qu\u2019en décembre dernier, il a pris position en faveur d\u2019Ottawa quand la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, a menacé de sévir contre le Québec si le gouvernement Legault persistait à laisser le secteur privé offrir des services diagnostiques facturés directement aux patients.Dans un texte publié dans Le Soleil, il écrivait : « Encore une fois, c\u2019est le fédéral qui doit intervenir pour préserver notre système de santé public et universel des dérives provinciales.L\u2019histoire de notre système de santé démontre le rôle essentiel du gouvernement fédéral dans le champ de la santé, même si la constitution ne lui réserve qu\u2019une place marginale.Plutôt que de s\u2019en offusquer, il faut s\u2019en réjouir et applaudir l\u2019intervention fédérale.» Selon le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, l\u2019attitude de M.Hébert ne peut s\u2019expliquer que par son désir de redevenir ministre de la Santé, n\u2019importe où et à n\u2019importe quel prix.Il est vrai qu\u2019une conversion aussi spectaculaire aux bienfaits du fédéralisme laisse perplexe.M.Hébert n\u2019est pas le premier à changer de parti ou de niveau de gouvernement, mais quitter le PQ pour adhérer au parti le plus centralisateur à Ottawa est pour le moins inusité.Gaétan Barrette, qui semble décidément s\u2019amuser beaucoup depuis qu\u2019il est dans l\u2019opposition, a sans doute trouvé la meilleure comparaison en Vincent Marissal, qui a fait le parcours inverse en se faisant élire dans Rosemont sous les couleurs de Québec solidaire après avoir été éconduit par le Parti libéral du Canada.On a reproché bien des choses à M.Barrette quand il était ministre, mais il défendait bec et ongles les champs de compétence du Québec.Le zèle des nouveaux convertis est bien connu et la possibilité que M.Hébert prenne les commandes de la Santé à Ottawa est certainement inquiétante pour les relations fédérales-provinciales, qui ne sont déjà pas faciles.Le cas de M.Hébert n\u2019en illustre pas moins jusqu\u2019à la caricature le dilemme auquel font face plusieurs souverainistes progressistes, qui détestent voir Ottawa envahir les champs de compétence dont la Constitution reconnaît l\u2019exclusivité aux provinces, tout en adhérant aux principes de la Loi canadienne sur la santé, qui justifient ces intrusions.Qu\u2019il s\u2019agisse de tickets modérateurs, de frais accessoires ou de toute autre forme d\u2019accroc à la gratuité et à l\u2019universalité des services de santé, force est de reconnaître que le gouvernement fédéral joue le rôle de chien de garde.Malgré certains accrocs, le gouvernement Legault semble avoir écarté pour le moment la « médecine à deux vitesses » que préconisait l\u2019ADQ.S\u2019il est vrai que le privé occupe une place de plus en plus importante dans la livraison des services de santé, le financement public demeure généralement la norme.La bonne santé des finances publiques contribue présentement à éloigner la tentation du privé, mais elle reviendra inévitablement un jour ou l\u2019autre.Qui sait, certains de ceux qui vouent aujourd\u2019hui M.Hébert aux gémonies pourraient un jour se surprendre à lui être reconnaissants.Chronique d\u2019une trahison annoncée Selon le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, l\u2019attitude de M. Hébert ne peut s\u2019expliquer que par son désir de redevenir ministre de la Santé, n\u2019importe où et à n\u2019importe quel prix.Il est vrai qu\u2019une conversion aussi spectaculaire aux bienfaits du fédéralisme laisse perplexe.M. Hébert n\u2019est pas le premier à changer de parti ou de niveau de gouvernement, mais quitter le PQ pour adhérer au parti le plus centralisateur à Ottawa est pour le moins inusité.MICHEL DAVID JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR La Ville de Montréal a conclu une entente de principe avec les promoteurs du site de Molson-Coors afin de faire l\u2019acquisition de terrains pour la création d\u2019un parc, d\u2019une promenade fluviale, ainsi que pour la construction de logements.Après des mois de négociation avec la Ville de Montréal, les promoteurs Groupe Sélection et Groupe Montoni, qui avaient été choisis par Molson- Coors pour l\u2019achat du site de la rue No- tre-Dame Est, ont accepté de céder gratuitement \u2014 et de décontaminer \u2014 des terrains qui permettront à la Ville de créer un parc de 13 200 mètres carrés ainsi qu\u2019une promenade fluviale de 1852 mètres carrés sur une longueur d\u2019un demi-kilomètre.Des voies ferrées sépareront cependant cette promenade du fleuve.La Ville versera par ailleurs 6,68 millions pour l\u2019achat d\u2019un terrain de 4850 mètres carrés destiné à accueillir un projet mixte d\u2019habitation de la Société d\u2019habitation et de développement de Montréal (SHDM) ainsi que des espaces communautaires et une école.Logements sociaux La SHDM prévoit d\u2019y construire 200 logements, auxquels s\u2019ajouteront les logements sociaux et abordables que le consortium a promis d\u2019intégrer à son projet immobilier en fonction des règles de la Stratégie d\u2019inclusion de la Ville.Rappelons que l\u2019administration Plante prévoit de déposer prochainement un nouveau règlement qui obligera les promoteurs à inclure 20 % de logements sociaux et 20 % de logements abordables dans leurs projets.Montréal obtient également une option d\u2019achat pour un terrain qui pourrait devenir un pôle économique.Pour l\u2019instant toutefois, l\u2019administration ignore s\u2019il s\u2019agira de commerces ou de bureaux.« C\u2019est une entente historique », a commenté la mairesse Valérie Plante en rappelant les difficultés rencontrées dans les dossiers de Griffintown et de l\u2019ancien Hôpital de Montréal pour enfants.Cette fois, la Ville détenait un droit de préemption découlant de la Loi sur la métropole adoptée en 2017.« En utilisant le droit de préemption et en travaillant de concert avec les promoteurs [\u2026], on a réussi à aller chercher des garanties pour le futur, a expliqué la mairesse.On ne peut plus penser les projets à la pièce en se disant qu\u2019on verra après.Ce n\u2019est pas comme ça qu\u2019on fait du développement.» Rappelons que, dans le cas de Griffin- town, la Ville de Montréal n\u2019avait pas prévu suffisamment de terrains pour l\u2019aménagement de parcs et l\u2019implantation d\u2019une école il y a une dizaine d\u2019années.Le mois dernier, le comité exécutif a d\u2019ailleurs approuvé un règlement d\u2019emprunt de 90 millions pour y remédier.Cette fois, la Ville prend les devants en fonction des besoins futurs.Sauf que le réaménagement du site de Molson- Coors prendra plus d\u2019une décennie.Comme le déménagement de Molson- Coors à Longueuil se fera entre 2022 et 2024, la cession des terrains à la Ville devrait se réaliser autour de 2027.Le développement de l\u2019ensemble du site pourrait s\u2019échelonner jusqu\u2019en 2035.De leur côté, les promoteurs entendent construire entre 4000 et 5000 logements.Une majorité de ceux-ci seront locatifs, a précisé au Devoir Philippe Olivier Bouclin, directeur immobilier chez Groupe Sélection.«On veut redonner l\u2019accès au fleuve aux Montréalais avec des loyers accessibles», a-t-il dit.Patrimoine Les promoteurs ignorent encore quels bâtiments de Molson-Coors seront conservés.« Des analyses doivent être faites sur chacun des bâtiments, Mais on accorde une grande importance à l\u2019histoire du site.», a assuré M.Bou- clin.Lors des consultations menées au printemps par l\u2019Office de consultation publique de Montréal (OCPM) sur le secteur des Faubourgs, les promoteurs avaient indiqué leur volonté de revaloriser les éléments patrimoniaux du site, évoquant alors le « recyclage ou la réinterprétation » des enseignes et de l\u2019horloge Molson.URBANISME Montréal acquiert des terrains du site de Molson-Coors Un parc, une promenade fluviale et des logements font partie des projets MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Il faudra bientôt s\u2019enregistrer auprès du gouvernement pour louer son logement à court terme sur des plateformes en ligne comme Airbnb, HomeAway, Kijiji ou même Facebook.La ministre du Tourisme, Caroline Proulx, et la ministre des Affaires municipales et de l\u2019Habitation, Andrée Laforest, ont annoncé mercredi des modifications réglementaires qui, espèrent-elles, amèneront davantage d\u2019équité dans ce marché.« On veut que ce soit clair, on veut que ce soit simple, on veut que ce soit applicable et on veut également que ce soit équitable pour tous, tout en protégeant le parc immobilier résidentiel », a affirmé Mme Proulx.Le règlement fait la distinction entre la location d\u2019une résidence principale et celle d\u2019une résidence secondaire.Un propriétaire qui veut louer sa résidence principale devra obtenir un numéro AIRBNB De nouvelles règles du jeu au Québec Une partie de la propriété où s\u2019élève la brasserie Molson-Coors passera aux mains de la Ville de Montréal.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR d\u2019établissement auprès du gouvernement et s\u2019assurer de percevoir la taxe sur l\u2019hébergement de 3,5 %.Ce numéro devra apparaître dans chacune des annonces qu\u2019il affiche en ligne ou sur des babillards.Un locataire devra avoir l\u2019autorisation de son propriétaire pour obtenir ce numéro et il faudra l\u2019approbation du syndicat dans le cas des appartements en copropriété.Les résidences secondaires utilisées pour les locations à court terme \u2014 moins de 31 jours consécutifs par personne \u2014 seront considérées comme des établissements commerciaux et devront, en plus d\u2019un numéro d\u2019enregistrement, obtenir la classification réservée à l\u2019hébergement touristique.Vingt-cinq inspecteurs de Revenu Québec s\u2019assureront de faire respecter le règlement.Un premier avertissement serait servi aux contrevenants.Une amende serait imposée en cas de récidive \u2014 entre 1000$ et 10 000$ pour les particuliers ou entre 2500$ et 25 000$ pour les personnes morales.Dans le cas où le gouvernement doive intervenir une troisième fois, le propriétaire perdrait le droit de louer à des fins touristiques.« Si les municipalités décident d\u2019avoir une réglementation supplémentaire, elles pourront le faire, mais elles auront la responsabilité d\u2019appliquer leurs règlements additionnels », a signalé Mme Proulx.« On est un modèle dans le monde parce qu\u2019on est le premier endroit à régir toute une province au lieu d\u2019y aller ville par ville comme ça se fait partout », s\u2019est réjoui le président-directeur général de l\u2019Association hôtellerie Québec, Xavier Gret.Il espère que Québec fera un pas de plus dans un projet de loi ultérieur pour percevoir la taxe de vente du Québec (TVQ).«Ottawa doit emboîter le pas, c\u2019est obligatoire, a-t-il souligné.Il n\u2019y a aucune raison qu\u2019ils n\u2019emboîtent pas le pas.» Airbnb n\u2019a pas caché son désaccord.«Nous sommes déçus que le gouvernement ait décidé de créer de la bureaucratie pour monsieur et madame Tout-le- Monde, qui veulent louer leur chalet à des familles ou partager leur logement d\u2019étudiant l\u2019été, a commenté par écrit la porte-parole de l\u2019entreprise au Canada, Alex Dagg.Cette proposition manque de nuance pour bien réglementer le partage de logement et devrait faire la distinction entre les gens qui veulent partager leur résidence secondaire et les exploitants commerciaux.» Les modifications réglementaires doivent entrer en vigueur cet automne après leur adoption. LEDEVOIR // LE JEUDI 6 JUIN 2019 ACTUALITÉS A 4 La nouvelle application tablette du Devoir À ne pas manquer aujourd\u2019hui sur votre tablette\u2026 NOTRE NOUVELLE APPLICATION AMÉLIORÉE Un téléchargement plus rapide, un nouveau design, des mots croisés et une navigation optimisés pour une expérience de lecture ?uide et naturelle.Téléchargez la mise à jour sur App Store ou Google Play.La laïcité ne trouve toujours pas son application dans la fiscalité FISCALITÉ SUITE DE LA PAGE A 1 rapport à la fin du mois de juin.«La modernisation de ce régime est importante pour assurer la force et la prospérité de ce secteur.» Bienfaisance Une des clés de voûte de l\u2019architecture de soutien fiscal se concentre dans le statut d\u2019organisme de bienfaisance enregistré (OBE).L\u2019Agence du revenu du Canada (ARC) accorde la précieuse reconnaissance.Le statut permet d\u2019être exempté de l\u2019impôt, de délivrer des reçus pour dons de bienfaisance (aux individus ou aux compagnies) et de se faire rembourser une partie des taxes à la consommation (TVQ et TPS).L\u2019agence fédérale cite quatre fins de bienfaisance : le soulagement à la pauvreté ; l\u2019avancement de l\u2019éducation ; l\u2019avancement de la religion ; et « toutes autres fins bénéfiques pour la collectivité », comme la recherche ou la protection de l\u2019environnement.Au Canada comme au Québec, l\u2019État soutient les organismes dont le principal objectif, et, souvent, la seule et unique raison d\u2019être, est de travailler à « l\u2019avancement de la religion ».Au total, en date de la fin mai 2019, la banque de données de l\u2019ARC rassemble 32 782 OBE au Canada et 4330 au Québec de cette catégorie prosélyte.Au Québec, le christianisme remporte la part du lion avec 3045 enregistrements suivis par le judaïsme (123) et l\u2019islam (50).Le coût de la mesure est estimé à 3,1 milliards en 2019 pour l\u2019ensemble du secteur de la bienfaisance (et non seulement du secteur religieux) par le ministère des Finances du Canada, selon une présentation faite le mois dernier devant un comité sénatorial étudiant le secteur de la bienfaisance au pays.Le professeur Grenon a calculé qu\u2019en 2007, une partie de la dépense fiscale pour la religion en particulier s\u2019élevait à 1,56 milliard de dollars pour le fédéral seulement.En 2013, 49 % des dons effectués par les Canadiens âgés de 65 ans et plus étaient consentis à des organismes religieux ; cette proportion était de 38 % pour les moins de 65 ans.La basilique Sainte-Anne-de-Beau- pré près de Québec est enregistrée comme organisme de bienfaisance parce que le site de pèlerinage œuvre à l\u2019avancement de la religion.Il ne déclare aucune activité charitable, ou n\u2019offre aucune aide pour soulager la pauvreté, par exemple.Cet OBE a accumulé près de 13 millions de dollars de revenus en 2017, dont 1,2 million en dons avec reçu de charité et 8,2 millions en dons autres, mais sans reçu pour déductions fiscales.Dans ce cas, il s\u2019agit surtout de gains générés par les collectes auprès de groupes de visiteurs qui ne demandent pas de reçus en retour.« Je n\u2019apporte pas nécessairement de l\u2019aide pour de la nourriture, dit le père Pierre Bélisle, administrateur de la basilique.Je suis plus à un niveau d\u2019accompagnement, de réconfort, de proximité, d\u2019écoute, etc.Les gens viennent se recueillir et se ressourcer au sanctuaire.[\u2026] C\u2019est reconnu par l\u2019État.Mais enlevez le sanctuaire et les gens vont passer sur la 138 sans s\u2019arrêter.Il y a des retombées pour tout le monde, avec des visiteurs du monde entier.» Le provincial n\u2019a pas de leadership dans ce dossier : il suit le fédéral.« Les OBE dont l\u2019enregistrement est accordé par l\u2019ARC sont réputés enregistrés auprès de Revenu Québec, sans aucune formalité à remplir, explique par courriel Geneviève Laurier, chef d\u2019équipe des relations publiques de Revenu Québec.Puisque la législation fiscale québécoise est harmonisée avec celle du fédéral dans le secteur des OBE, les entités qui répondent aux critères pour se qualifier à titre d\u2019OBE ont le même traitement fiscal au fédéral et au Québec.» Taxes Au Québec, d\u2019après la plus récente estimation disponible, les montants de taxes municipales et scolaires non perçus s\u2019élèvent à 182,3 millions, soit 20,1 millions pour les taxes scolaires et 162,2 millions pour les taxes municipales, a dévoilé au Devoir le ministère des Affaires municipales et de l\u2019Habitation.L\u2019article 204 de la Loi sur la fiscalité municipale prévoit l\u2019exemption de toute taxe foncière des immeubles de la catégorie des lieux de culte, presbytères et propriétés des institutions religieuses utilisées pour des activités religieuses ou charitables.Les municipalités peuvent par contre exiger des compensations pour des services rendus (la collecte des déchets, par exemple).« La laïcité n\u2019est pas encore arrivée dans le domaine de la fiscalité municipale, résume la professeure Danielle Pilette de l\u2019UQAM, spécialisée en gestion et fiscalité municipale.On se retrouve avec une situation où on parle de laïcité, mais où on continue d\u2019accorder un régime particulier sans compensation pour les communautés religieuses.Si le gouvernement du Québec est cohérent en préconisant la laïcité, pourquoi ce n\u2019est pas lui qui accorde l\u2019exemption \u2014 ce qui l\u2019amènerait peut-être à être plus restrictif dans l\u2019octroi du statut \u2014, mais aussi une compensation aux municipalités, comme ça se fait déjà pour les écoles, les collèges, les universités et les établissements de santé.» Montréal À elle seule, la Ville de Montréal exempte actuellement 737 immeubles dans la catégorie des lieux de culte et 272 immeubles appartenant à des communautés religieuses sur son territoire.Ce nombre demeure « plutôt stable », indique la municipalité.La valeur foncière totale de ces immeubles exemptés (du moins en partie) est de plus de 2,2 milliards de dollars sur un rôle total de 280 milliards, ce qui représente 0,8 % de la valeur totale des immeubles inscrits.La Ville refuse de calculer le montant des taxes non collectées, « car ces immeubles sont précisément exempts de taxes municipales ou foncières en vertu de la loi », dit une réponse écrite fournie par le chargé de communication Gonzalo Nunez.Une évaluation des exemptions pour l\u2019ensemble de l\u2019île de Montréal a été présentée à l\u2019occasion d\u2019un colloque du Mouvement laïque québécois l\u2019an dernier.En octobre 2017, selon ces calculs qui ont nécessité plus de deux ans de patients travaux, la valeur des lieux de culte s\u2019établissait à 3,1 milliards sur toute l\u2019île de Montréal.Le manque à gagner en taxes municipales et scolaires dépassait alors les 110 millions de dollars.« Pour l\u2019instant, on ne peut pas blinder les chiffres, dit le professeur de droit fiscal Luc Grenon.Que ce soit 600 millions ou 1,4 milliard pour Montréal, au bout du compte, ça fait beaucoup, beaucoup d\u2019argent.Le chiffre donne une idée de la pertinence du problème.Les chiffres peuvent aider à construire une préoccupation dans l\u2019esprit des gens, faire en sorte qu\u2019ils se questionnent.Mais le montant exact, pour moi, puisque nous ne sommes capables que de faire des estimations, ce n\u2019est pas l\u2019essentiel.» Marlene Cordato, mairesse de Bois- briand \u2014 une municipalité en conflit avec une communauté juive hassi- dique établie sur son territoire au sujet du paiement des taxes municipales \u2014 croit que Québec devrait réévaluer ces exemptions « à la saveur de 2019 ».« Il faut prendre en compte les enjeux financiers des communautés religieuses, mais aussi ceux des municipalités (qui se financent uniquement par le biais de la taxe foncière).Parce qu\u2019actuellement, la facture est simplement distribuée de façon plus importante aux autres payeurs de taxes.» Avec la fin de l\u2019étude du projet de loi 21 sur la laïcité de l\u2019État, Le Devoir en profite pour faire le point sur les avantages fiscaux consentis aux religions.Cette série se poursuit demain et samedi.On se retrouve avec une situation où on parle de laïcité, mais où on continue d\u2019accorder un régime particulier sans compensation pour les communautés religieuses DANIELLE PILETTE » LEDEVOIR // LE JEUDI 6 JUIN 2019 ACTUALITÉS A 5 « Question d\u2019honneur » RÉFORME SUITE DE LA PAGE A 1 terrain, on n\u2019en entend pas parler pour l\u2019instant », a-t-elle souligné.Même son de cloche de la part de son confrère Éric Girard.« Mon travail comme député, c\u2019est de faire avancer mes dossiers de citoyens.Moi, je suis concentré là-dessus.Je suis dans le présent », a insisté le député de Lac-Saint-Jean.Le président du Mouvement démocratie nouvelle (MDN), Jean-Pierre Char- bonneau, demande aux élus de la CAQ de résister aux tentatives de sabordage de la réforme du mode de scrutin.« C\u2019est une question de dignité.C\u2019est une question d\u2019honneur.C\u2019est une question de respect des citoyens», a-t-il affirmé dans un entretien téléphonique avec Le Devoir.« Un moment donné, tu ne peux pas, comme député, amener ton premier ministre et ton chef à se placer dans une position où il va faire rire de lui pendant des années.» Par ailleurs, il est faux de prétendre que l\u2019implantation d\u2019un nouveau mode de scrutin est impopulaire au Québec, mentionne-t-il au passage.En effet, plus des deux tiers des Québécois souhaitent que le gouvernement procède à une réforme comme il s\u2019y était engagé, selon un sondage Léger à paraître dans les prochains jours.M.Charbonneau met en doute les visées démocratiques des politiciens appelant aujourd\u2019hui à l\u2019organisation d\u2019une vaste consultation populaire sur la proportionnelle mixte.« Ceux qui réclament un référendum sont ceux qui ne veulent pas de la réforme », fait- il valoir.Le MDN appuie la tenue d\u2019un référendum sur un nouveau mode de scrutin, mais seulement après que celui-ci ait été testé par la population en 2022.« Que les législateurs qui ont des conseillers, qui ont des experts [à leur service], assument leur responsabilité de leadership.Puis, que les citoyens soient amenés à expérimenter le nouveau, et qu\u2019après cela, [on se demande par référendum]: «Ayant testé les deux, est-ce qu\u2019on veut continuer avec le nouveau système ou revenir à l\u2019ancien ?», propose M.Charbonneau.Les porte-parole de Québec solidaire et du Parti québécois se sont dits éton- ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Des microparticules de plastique dans votre assiette nés mercredi de voir des caquistes se distancier de la réforme du mode de scrutin alors qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une promesse électorale de la CAQ.Cela dit, le PQ pourrait appuyer l\u2019idée de soumettre le projet de réforme du mode de scrutin à la population par le biais d\u2019un référendum à condition qu\u2019il n\u2019empêche pas l\u2019instauration d\u2019un nouveau mode de scrutin à temps pour les prochaines élections générales, prévues en 2022.« S\u2019il le faut, on va y aller, mais le plus important, c\u2019est que la prochaine élection se fasse avec un nouveau mode de scrutin », a lancé le chef parlementaire du PQ, Pascal Bérubé.La co-porte-parole de QS, Manon Massé, juge un référendum superfétatoire.L\u2019électorat québécois a déjà donné un « mandat très très clair » au gouvernement, en élisant 94 députés en faveur d\u2019une réforme électorale \u2014 sur papier du moins \u2014 l\u2019automne dernier, a-t- elle fait valoir.La ministre responsable de la réforme des institutions démocratiques, Sonia LeBel, a rencontré la solidaire Manon Massé et le péquiste Harold Lebel mercredi après-midi afin de faire « le point sur le dossier ».Elle propose de calquer la carte électorale québécoise sur la carte électorale canadienne qui compte 78 circonscriptions, en y ajoutant une circonscription pour les Îles-de-la-Madeleine et une circonscription pour Ungava.À ces 80 « députés de circonscription » s\u2019ajouteraient 45 « députés de liste ».Ceux-ci seraient élus en fonction du vote obtenu par leur formation politique dans chacune des 17 régions administratives du Québec.« C\u2019est le scénario qui circule le plus », a indiqué une source bien informée.Legault jette du lest Le premier ministre François Legault a dit mercredi être «à l\u2019écoute» des préoccupations des députés de l\u2019Assemblée nationale, à commencer par les membres de son propre groupe parlementaire.Il a aussi dit « comprendre que des personnes demandent un référendum » sur un nouveau mode de scrutin, puisque celui-ci entraînera un « changement important » dans la vie politique québécoise.Le chef du gouvernement a invité ses députés à « penser aux intérêts des Québécois et non aux intérêts de la CAQ ».« On va essayer de faire le plus grand consensus possible », a-t-il lancé à la presse.De son côté, M.Legault a réitéré mercredi sa promesse de déposer un projet de loi modifiant le mode de scrutin à l\u2019Assemblée nationale avant le 1er octobre prochain, mais pas celle de le soustraire à un référendum.MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Alors que le premier ministre québécois, François Legault, s\u2019inquiète des répercussions du différend entre le Canada et la Chine, la ministre Nadine Girault soutient que les producteurs de porc québécois ne seront pas pris en otage.«Il va falloir qu\u2019Ottawa soit ferme dans les négociations avec la Chine, a dit M.Legault en mêlée de presse mercredi.Nous, on est pour le libre-échange, mais un libre-échange qui fonctionne des deux côtés.» La ministre fédérale de l\u2019Agriculture, Marie-Claude Bibeau, avait confirmé la veille que la Chine effectuait des « inspections plus fréquentes des produits de porc » canadiens.Les relations entre les deux pays sont tendues depuis l\u2019arrestation en décembre de la dirigeante du géant des télécommunications Huawei, Meng Wanzhou, à la demande des États-Unis.« Je me suis assurée avec le consul de Chine qu\u2019on ne paie pas pour ça, a indiqué la ministre des Relations internationales du Québec, Nadine Girault.Ça se passe au niveau du Canada, on n\u2019a pas, au Québec, à payer pour les tensions [avec la Chine].» Elle dit avoir parlé au consul en avril et lui avoir envoyé une lettre en mai pour réitérer sa demande.«Il a très bien compris ce que j\u2019avais comme priorité et il m\u2019a assuré qu\u2019il ferait le nécessaire », a-t-elle affirmé sans toutefois spécifier quelle garantie elle avait reçue.EXPORTATIONS Legault s\u2019inquiète des tensions commerciales avec la Chine Les producteurs de porc québécois pourraient subir des mesures de représailles de Pékin Reste que le Québec risque de se retrouver coincé entre l\u2019arbre et l\u2019écorce si les relations entre le Canada et la Chine ne s\u2019améliorent pas.« Le Québec est impuissant dans un contexte où la Chine a pris des mesures qui viennent nous affecter, effectivement, oui», a reconnu le ministre de l\u2019Agriculture, André Lamontagne.Le Québec est la province qui produit le plus de viande porcine, selon des données de 2017 compilées par Canada Porc International, l\u2019agence qui fait la promotion des exportations.« La production canadienne, c\u2019est 45% du Québec, a remarqué le ministre Lamontagne.Alors, dans un scénario difficile, c\u2019est certain que ça aurait un impact pour le Québec.Par contre, au moment où on se parle, on n\u2019en est pas là.» La Chine a importé 151 millions de tonnes de porc québécois en 2018, soit un peu plus que les États-Unis (145 millions de tonnes), selon Les éleveurs de porcs du Québec.L\u2019organisme note toutefois que la valeur du marché est moins importante \u2014 283 millions contre 586 millions pour les États-Unis \u2014 en raison du type de coupes utiles pour la cuisine chinoise, comme les pattes ou la tête.Confiance Le président de l\u2019organisme, David Duval, ne craint pas pour l\u2019instant que les producteurs québécois subissent le même sort que ceux de l\u2019ouest du pays.Les Chinois ont suspendu en mars leurs importations de canola vendues par l\u2019entreprise Richardson International de Winnipeg, nuisant ainsi aux agriculteurs de l\u2019ouest du pays.« Je pense qu\u2019on va continuer à exporter », a-t-il prédit.La Chine est aux prises avec une épidémie de peste porcine africaine et une large portion du cheptel est mort ou a été euthanasié.«La différence entre ce qu\u2019ils ont perdu et ce que le marché mondial est capable de produire, on n\u2019est pas capable de répondre à la demande des Chinois », a-t-il expliqué en ajoutant qu\u2019il s\u2019inquiétait davantage de l\u2019entrée de cette maladie au Canada, qui en est exempt jusqu\u2019à maintenant, que des tensions commerciales.mentaires.Ainsi, « les gens qui boivent uniquement de l\u2019eau embouteillée pourraient consommer 90 000 particules de microplastique supplémentaires chaque année, en comparaison de ceux qui boivent uniquement de l\u2019eau du robinet », peut-on lire dans l\u2019analyse publiée mercredi.Les scientifiques soulignent en outre que leurs résultats sous-estiment probablement le nombre de particules de plastique ingérées, puisqu\u2019ils ont considéré uniquement une partie de ce que les gens ingèrent chaque année en s\u2019alimentant, soit 15 % de l\u2019apport calorique.Les effets de ces microparticules sur la santé humaine sont par ailleurs « inconnus », précise l\u2019étude, « mais certaines particules sont suffisamment petites pour entrer dans les tissus humains, où ils pourraient entraîner une réaction immunitaire ou relâcher des substances toxiques ».Pour le professeur d\u2019écologie à l\u2019Université d\u2019East Anglia Alastair Grant, qui n\u2019a pas participé à ces recherches, rien ne prouve que les particules de plastique pointées dans l\u2019étude posent « un danger important à la santé humaine ».Cité par l\u2019Agence France-Presse, il estime probable que seule une petite partie des éléments inhalés atteint les poumons, notamment pour des raisons liées à la taille des particules.Pour les chercheurs, « la façon la plus efficace de réduire la consommation humaine de microplastique sera sans doute de réduire la production et le recours aux plastiques », ajoutent-ils.Avec l\u2019Agence France-Presse La Chine a importé 151 millions de tonnes de porc québécois en 2018, soit un peu plus que les États-Unis (145 millions de tonnes), selon Les éleveurs de porcs du Québec.RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE Les Nord-Américains ingèrent chaque année plusieurs dizaines de milliers de particules de plastique à travers leur respiration et leur régime alimentaire, conclut une nouvelle étude scientifique publiée mercredi.Ceux qui optent pour l\u2019eau embouteillée seraient encore plus exposés au phénomène, dont on ignore les impacts précis sur la santé humaine.Selon les résultats publiés dans la revue scientifique américaine Environmental Science & Technolog y, un Américain ingère en moyenne « plus de 70 000 microparticules de plastique » chaque année.Ces microparticules découlent de la dégradation du plastique \u2014 produit massivement dans le monde depuis les années 1940 \u2014 qui est omniprésent dans plusieurs objets de notre quotidien, mais aussi dans l\u2019environnement.Les résultats des travaux des chercheurs, qui se basent sur les recommandations du guide alimentaire américain, mais aussi sur l\u2019analyse de 26 études sur la présence de microplastique dans les poissons, les mollusques, le sucre, le sel, l\u2019alcool, l\u2019eau du robinet, l\u2019eau embouteillée et l\u2019air ambiant, évaluent que le citoyen moyen peut consommer ainsi chaque année de 74 000 à 121 000 particules.Le seul fait de s\u2019alimenter entraînerait l\u2019ingestion de 39 000 à 52 000 microparticules chaque année.Eau et plastique Le nombre varie selon l\u2019âge, le sexe, le lieu de résidence et les habitudes ali- Les chercheurs se basent sur les recommandations du guide alimentaire américain, mais aussi sur l\u2019analyse de 26 études sur la présence de microplas- tique dans les poissons, les mollusques, le sucre, le sel, l\u2019alcool, l\u2019eau du robinet, l\u2019eau embouteillée et l\u2019air ambiant LEDEVOIR // LE JEUDI 6 JUIN 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin es titres des géants de l\u2019Internet, Google, Facebook et Apple, ont chuté cette semaine en Bourse après que le Wall Street Journal eut révélé que trois entités différentes de l\u2019Administration américaine se pencheront bientôt sur leurs pratiques anticoncurrentielles.De là à conclure qu\u2019elles seront reconnues coupables comme ce fut le cas en Europe, nous n\u2019en sommes pas là, mais le sujet est de plus en plus souvent évoqué sur la scène publique.Il y a plusieurs années que les autorités américaines ne se sont pas attaquées à de grandes entreprises soupçonnées d\u2019utiliser leur situation de quasi-mono- pole pour bloquer toute concurrence.La dernière tentative visait Microsoft, dans les années 1990, et elle a favorisé la diversité dans l\u2019usage des fureteurs autres qu\u2019Explorer que l\u2019entreprise a vainement tenté de présenter comme partie intégrante de son système d\u2019exploitation.Le nombre d\u2019enquêtes et de procès d\u2019envergure découlant des lois antitrust a beaucoup diminué au fil des ans.D\u2019une quinzaine par année entre 1970 et 1999, il serait passé à trois seulement entre 2000 et 2014, selon le New York Times.Il faut dire que la croissance des entreprises numériques fut très rapide et le consensus politique, de moins en moins possible au pays de l\u2019oncle Sam.Et puisque l\u2019élément déclencheur d\u2019une plainte dans le secteur numérique est rarement la hausse des prix, ce qui était le cas par le passé, il faut trouver d\u2019autres arguments d\u2019attaque.Ces arguments, les autorités européennes, moins complices des multinationales américaines, les ont explicités avec succès devant les tribunaux.C\u2019est ainsi que Google (Alphabet) a pu être condamné à trois reprises à payer un total de 9,3 milliards d\u2019euros pour « abus de position dominante ».On lui a reproché, entre autres, d\u2019exiger l\u2019exclusivité de ses clients annonceurs, d\u2019imposer son propre comparateur de prix et ses propres applications comme condition d\u2019installation d\u2019Android sur les cellulaires neufs.Depuis l\u2019an dernier, l\u2019Union européenne a ajouté de nouvelles règles en matière de protection des données personnelles et le même Google a déjà été condamné à une amende de 50 millions d\u2019euros pour violation de la vie privée en France.Évidemment, la multinationale en a appelé de toutes ces décisions en plus d\u2019embaucher une armée de lobbyistes pour l\u2019avenir.Sur le plan plus strictement économique, on reproche aussi à ces sociétés de concentrer entre leurs mains l\u2019essentiel de la recherche, tant dans le secteur privé que dans les universités, avec pour conséquence de restreindre les nouveaux investissements.Aux États-Unis, la sénatrice Elizabeth Warren, candidate aux primaires du Parti démocrate, a fait du démantèlement des géants du Web un de ses chevaux de bataille pour la campagne présidentielle qui s\u2019amorce.Une solution qu\u2019approuve l\u2019un des cofondateurs de Facebook, Chris Hughes, pour qui le réseau social a trahi ses 2,7 milliards d\u2019utilisateurs.Pour Mme Warren et pour bien des démocrates, le moment est venu de décréter que les plateformes Internet sont des services d\u2019utilité publique au même titre que le téléphone, l\u2019électricité et le gaz.Démanteler Google ne veut pas dire créer dix petits Google concurrents, mais forcer la société à dissocier ses outils de recherche des services parallèles, par exemple.De même, on pourrait interdire l\u2019acquisition de services concurrents ou même complémentaires pour éviter la concentration des données personnelles et des ventes publicitaires.Selon une compilation effectuée pas l\u2019agence Bloomberg, les cinq grands du numérique qu\u2019on présente sous l\u2019acronyme GAFA (Google, Apple, Facebook, Apple + Microsoft) ont conclu rien de moins que 431 acquisitions d\u2019entreprise depuis dix ans, étendant leurs tentacules dans des secteurs très variés, toujours plus près de la vie privée des gens.Au Canada, les GAFA ont été mis en cause par le commissaire à la protection de la vie privée, Daniel Therrien, qui demande plus de pouvoir après avoir constaté que l\u2019autoréglementation était un échec.Mais comme toujours, Ottawa fait le beau devant ces titans, à qui il n\u2019ose même pas imposer les mêmes règles fiscales et de protection de la vie privée qu\u2019aux sociétés canadiennes.Quant au Bureau de la concurrence qui prétend lutter contre « l\u2019abus de position dominante » sur le marché, on se demande aujourd\u2019hui plus que jamais s\u2019il a même déjà songé à s\u2019attaquer à des cas plus sérieux que les petits cartels de stations-service locales.Les élections fédérales sont à nos portes.Seule la pression populaire incitera les politiciens à agir.Louis Fournier Écrivain, journaliste et syndicaliste à la retraite Il faut féliciter Le Devoir d\u2019avoir offert une chronique hebdomadaire à M.Normand Baillargeon, spécialiste des questions d\u2019éducation, philosophe et homme de gauche.Ce qui est moins connu, c\u2019est que M.Baillargeon est aussi un militant de la laïcité.Dans un remarquable ouvrage collectif paru en 2015, Laïcité et humanisme, M.Baillargeon explique ainsi son appui au devoir de réserve \u2014 de neutralité \u2014 des enseignants : « Un très vaste consensus existe au Québec quant à l\u2019interdiction des signes religieux ostentatoires pour les dépositaires d\u2019un pouvoir régalien.Il serait souhaitable que toutes les parties dans ce débat, quel que soit le type de laïcité qu\u2019elles préconisent, puissent convenir que les enseignants, du préscolaire au secondaire, comptent parmi de tels dépositaires.» Les pouvoirs régaliens sont ceux qui relèvent de l\u2019autorité de l\u2019État.Les enseignants détiennent un pouvoir régalien parce qu\u2019ils incarnent l\u2019école publique, où ils sont des figures d\u2019autorité et souvent même des modèles pour les élèves.Ils doivent donc afficher une neutralité religieuse complète, de fait et d\u2019apparence.C\u2019est là une haute conception du rôle et de l\u2019influence des enseignants dans une société qui n\u2019accorde pas assez de valeur à l\u2019éducation et à l\u2019école publique.Le devoir de réserve des enseignants est aussi une question de respect des autres et de leur liberté de conscience.Il est la marque de la considération que l\u2019on doit avoir, à l\u2019école, à l\u2019égard de ceux et celles qui n\u2019ont pas les mêmes convictions religieuses ou qui n\u2019en ont pas du tout : élèves, parents, collègues, etc.Comme M.Baillargeon, j\u2019estime que le devoir de réserve ne devrait pas concerner que le personnel enseignant des écoles primaires et secondaires, mais aussi celui du niveau préscolaire, dans les centres de la petite enfance et les maternelles, là où les enfants sont les plus fragiles et les plus malléables.Malheureusement, le projet de loi 21 sur la laïcité n\u2019inclut pas le préscolaire, une lacune qu\u2019il faudra corriger, cette fois-ci ou à une prochaine occasion.En Allemagne aussi Ce modèle de laïcité n\u2019existe pas qu\u2019en France, il est en vigueur dans plusieurs autres pays en Europe.L\u2019Allemagne a adopté des lois qui exigent la neutralité religieuse réelle et apparente des enseignants dans une forte majorité de ses länder (États fédérés).Et ce, Quel avenir pour les Petits Chanteurs du Mont-Royal ?Monsieur Jean-François Roberge, ministre de l\u2019Éducation En tant que parent d\u2019un petit chanteur du Mont-Royal, c\u2019est avec consternation que j\u2019assiste présentement, au détriment de mon fils et des 175 autres petits chanteurs, à une situation désastreuse, causée par un abus de pouvoir de madame Harel Bourdon.Où êtes-vous Monsieur le Ministre ?Ne pouvons-nous pas compter sur vous pour mettre fin à cette saga ?La gestion de la CSDM dans ce dossier est une honte, Monsieur Roberge.Pourquoi parlons-nous même de gestion, il n\u2019y avait au préalable rien à gérer avant l\u2019annonce subite de mars dernier ?À la suite de vos recommandations, Mme Harel Bourdon n\u2019a pas fait ses devoirs.Elle n\u2019a eu aucune discussion avec les écoles secondaires pressenties.Nous avons contacté celles-ci pour apprendre qu\u2019elles n\u2019avaient jamais été consultées à ce sujet.Mme Harel Bourdon n\u2019a aucun désir de trouver une solution viable pour les Petits Chanteurs du Mont-Royal.Elle agit de façon égoïste pour promouvoir ses écoles publiques, voilà le vrai débat.Croyez-vous vraiment que cette situation donne une image florissante de la gestion de l\u2019école publique ?J\u2019en doute fortement.Aucune réflexion en amont, aucune stratégie mise en place, aucun travail d\u2019évaluation concrète des besoins.C\u2019est de cette façon que la CSDM gère ses dossiers.Vous leur avez demandé de refaire leurs devoirs\u2026 Le résultat est pitoyable.Et la suite, en date du 4 juin ?Mme Harel Bourdon saura prolonger les discussions vides et sans avenue pour finalement partir pour le congé estival en laissant le dossier reposer tranquillement sur une tablette.Pendant ce temps, les inscriptions de futurs petits chanteurs sont difficiles et fragilisent directement ce magnifique chœur pendant que de notre côté, nous regardons tranquillement, sans aucun pouvoir, s\u2019éteindre un joyau de plus de 60 ans.En espérant pouvoir compter sur vous, Monsieur Roberge.Élise Fafard Le 5 juin 2019 Laïcité : le pouvoir régalien des enseignants LIBRE OPINION LETTRES GAFA Démanteler Google L ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu JEAN-ROBERT SANSFAÇON même dans la grande ville-État de Berlin, capitale multiculturelle et cosmopolite par excellence, cela dit pour les tenants de la « partition » de Montréal du reste du Québec sur la question de la laïcité.Le même vivre-ensemble existe dans deux autres pays fédéraux, la Belgique et la Suisse, et en d\u2019autres endroits en Europe.La Cour européenne des droits de l\u2019homme a validé les lois promulguées à cet effet.Un des plus brillants chroniqueurs du Devoir, M.Christian Rioux, a bien décrit l\u2019état des lieux de la laïcité dans la France républicaine.Dans le pays des Lumières, mère patrie de la grande majorité des Québécois, la laïcité est devenue une valeur aussi importante que la liberté, l\u2019égalité et la fraternité.Il s\u2019agit d\u2019une véritable laïcité qui marque une appartenance et une citoyenneté communes, bien différente de la laïcité dite ouverte, inspirée du multiculturalisme identitaire et du communautarisme de souche anglo-américaine.Souhaitons que le projet de loi modéré du gouvernement de la CAQ soit adopté par l\u2019Assemblée nationale, avec l\u2019appui du Parti québécois et malgré l\u2019opposition de Québec solidaire, le parti de l\u2019extrême gauche multiculturelle et de la rectitude politique.Ce projet est un énorme compromis comparé à la Charte de la laïcité du gouvernement du PQ , qui souhaitait légitimement étendre le devoir de réserve à tout le personnel des secteurs public et parapublic.En plus de montrer, encore une fois, que le Québec est une nation distincte, la loi 21 sera une nouvelle étape dans notre cheminement vers la laïcité, cheminement amorcé lors de la Révolution tranquille, il y a déjà près de 60 ans.Sur l\u2019évaluation des services médicaux Au cours de l\u2019hiver, j\u2019ai été convoqué au CLSC local, où j\u2019ai rencontré un médecin qui a fait une récapitulation des neuf visites à l\u2019urgence dans les deux mois précédents pendant lesquels j\u2019avais été atteint simultanément de pneumonie et de bronchite.Étant donné ma situation cardiaque ç\u2019aurait pu être fatal.Cependant, dû aux bons soins du personnel de l\u2019hôpital de Verdun, mes poumons et mon cœur ont tenu le coup et en quelques mois, je suis revenu à la normale.Au regard de mes besoins personnels, j\u2019ai un intérêt dans la qualité des soins médicaux dans la mesure où, statistiquement, il me reste peu d\u2019années à vivre.Je mourrai, soit.Mais en attendant, je cherche à prolonger une certaine qualité de vie le plus longtemps possible.Donc, j\u2019ai rencontré mon médecin de famille pour m\u2019assurer que nous sommes sur la même longueur d\u2019onde.Dans un monde idéal, je m\u2019inspirerais du vieil adage anglais « The proof of the pudding is in the eating ».Vous l\u2019aurez deviné, dans cette métaphore, c\u2019est le traitement médical qui est le pudding et il comprend comme ingrédients, par ordre d\u2019importance : l\u2019écoute, le diagnostic et le traitement.Bref, si ça prend plusieurs ingrédients pour faire un bon pudding, ainsi en est-il d\u2019un bon service médical.Cependant, pour savoir si le pudding est de qualité, personne n\u2019est mieux placé que celui qui l\u2019ingurgite de gré ou de force.Or, je laisse aux lecteurs le soin de déterminer qui est le mieux placé pour évaluer la qualité d\u2019un service reçu : le prestataire ou le bénéficiaire ?Gérald Blanchard Le 3 juin 2019 A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE JEUDI 6 JUIN 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Philippe Gauthier Chercheur indépendant, auxiliaire de recherche à HEC Le Québec réduira sa consommation de pétrole de 40 % d\u2019ici 2030.C\u2019est du moins ce qu\u2019a déclaré François Legault lors de la clôture du congrès de sa formation politique, le 26 mai.Les moyens proposés pour y parvenir doivent être précisés au début de 2020, mais on sait déjà que ce plan visera en priorité les transports, l\u2019industrie et le bâtiment.Mais ces ambitions sont- elles réalistes ?Et répondent-elles aux objectifs de l\u2019Accord de Paris ?Le plan de sortie du pétrole proposé par François Legault est-il réaliste ?D\u2019un point de vue strictement technique, il ne pose pas de problème insurmontable.Les technologies nécessaires sont déjà disponibles ou en cours de déploiement.D\u2019un point de vue pratique, c\u2019est beaucoup moins évident.Les transitions énergétiques prennent énormément de temps.De 1973 à 2015, par exemple, la part du pétrole dans le panier énergétique mondial est passée de 46 % à 32 % \u2014 autrement dit, la part du pétrole a reculé de 0,33% par année.Et encore, si le pourcentage de pétrole a diminué, les quantités totales ont continué d\u2019augmenter, passant de 2819 millions de tonnes en 1973 à 4326 en 2015.En deux siècles, l\u2019humanité est passée du bois au charbon, puis au pétrole, mais on notera que nous consommons toujours plus de bois qu\u2019en 1800 et plus de charbon qu\u2019en 1900.L\u2019ambition de François Legault représente une diminution de 4 % par année.Il y a peu d\u2019exemples de transitions aussi rapides dans le passé, et la plupart se sont faites sur fond de crise.Pensons par exemple à la manière dont Cuba a dû s\u2019ajuster à la fin des livraisons de pétrole soviétique après 1991 \u2014 le pays a connu des années de disette et de récession.Réussir un tel exploit tout en stimulant la croissance, comme l\u2019espère le premier ministre, ne sera pas une mince affaire et réclamera beaucoup de ressources et un plan d\u2019une qualité exceptionnelle, dont on ne distingue pas du tout les contours en ce moment.Ce plan devra faire face à trois obstacles importants.Le cas de l\u2019électricité D\u2019abord, d\u2019où viendra l\u2019électricité ?Le Québec dispose actuellement de surplus confortables en temps normal, mais il est parfois en situation tendue au cœur de l\u2019hiver, quand les besoins de chauffage sont les plus importants.Le premier ministre espère également vendre plus d\u2019électricité aux Américains et augmenter massivement notre propre consommation en la substituant aux produits pétroliers.Et le tout, sans construire de nouveaux barrages! Il est clair que les surplus vont fondre comme neige au soleil.On ne sait pas trop où l\u2019on pourrait trouver l\u2019hydroélectricité qui manque.Il ne reste plus guère de bons sites pour de nouveaux barrages et de toute façon, ils seraient difficiles à mettre en exploitation d\u2019ici 2030.Autre problème, le premier ministre semble exclure d\u2019emblée les solutions reposant sur la tarification ou la taxation des produits polluants.Autrement dit, il semble vouloir se fier aux simples « forces du marché » et espérer que cela suffira pour que les Québécois fassent les bons choix.Mais comme on l\u2019a vu, depuis 1973, le marché n\u2019a pu gérer qu\u2019une transition de 0,33 % par année, douze fois moins que les 4 % que l\u2019on cible maintenant.Comment maintiendra-t-on le rythme sans mesures coercitives ?Le plan prévu pour 2020 devra apporter des réponses très convaincantes.Enfin, François Legault entend stimuler la croissance économique de manière très dynamique.L\u2019ennui, c\u2019est qu\u2019à plus de 3 % de croissance économique par année, la taille de l\u2019économie québécoise aura augmenté de près de 50 % en 2030.Ceci représente à son tour une croissance de près de 25 % de la consommation énergétique \u2014 y compris le pétrole.Autrement dit, le Québec doit non seulement réduire de 40 % sa consommation actuelle de pétrole, mais aussi complètement éviter toute augmentation future.En misant aussi fortement sur la croissance économique, le premier ministre complique et retarde l\u2019atteinte de son objectif.Le cas des gaz à effet de serre Et les gaz à effet de serre ?L\u2019Accord de Paris mise sur une réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) d\u2019ici 2030.Pour le public non averti, la réduction de 40 % de notre consommation pétrolière semble donc promettre d\u2019atteindre cette cible.Or, il n\u2019est en rien, pour trois raisons : Premièrement, le pétrole n\u2019est pas la seule source d\u2019émission de GES.Il en existe d\u2019autres sources importantes, comme les procédés industriels (aluminium, béton\u2026), l\u2019agriculture, les sites d\u2019enfouissement et la déforestation.Donc, même dans le meilleur des cas, une diminution de 40 % de la consommation de pétrole ne correspond pas à une diminution équivalente des émissions.Deuxièmement, le pétrole ne sera pas remplacé par des sources 100 % décarbonées.François Legault n\u2019a rien dit sur le gaz naturel et semble vouloir accroître son utilisation.Or, le gaz naturel est loin d\u2019être une énergie propre.Sa combustion représente environ la moitié des émissions du pétrole, ce qui demeure très important.Par ailleurs, les fuites de gaz naturel, même lorsqu\u2019elles demeurent modestes, ont un impact important : le méthane est un GES 86 fois plus puissant que le CO2 et lorsque les fuites sont mal contrôlées, le gaz naturel peut devenir plus polluant que le charbon.Enfin, il ne faut pas perdre de vue que la production d\u2019électricité n\u2019est pas 100 % décarbonée non plus.Les barrages sont relativement peu émetteurs, mais les équipements et les lignes de transport utilisent de grandes quantités d\u2019acier et de béton, fortement émetteurs de GES.Des produits de substitution au pétrole, comme les voitures électriques, émettent aussi une quantité appréciable de GES lors de leur fabrication (de 13 à 17 tonnes par voiture, dans le cas des Tesla).L\u2019électrification permet donc de réaliser des gains importants, mais elle ne permet pas magiquement d\u2019atteindre des émissions zéro.En somme, même s\u2019il réussissait à réduire notre consommation de pétrole de 40 % \u2014 ce qui exigerait un plan génial, exécuté avec brio \u2014, le projet de François Legault ne réussirait à réduire nos émissions que de 20 à 25 %, ce qui reste en deçà de nos engagements en vertu de l\u2019Accord de Paris.La réalité, c\u2019est que la lutte contre les émissions de GES a pris un immense retard et qu\u2019il faut maintenant tenter un improbable rattrapage d\u2019urgence.On pourra légitimement soutenir qu\u2019un plan imparfait est mieux que pas de plan du tout.Mais on pourra également objecter qu\u2019un plan imparfait ne nous permettra pas d\u2019éviter le chaos climatique, tout au plus à le retarder d\u2019une décennie ou deux.François Gélineau Doyen de la Faculté des sciences sociales Université Laval Dans la littérature scientifique, on dit que la démocratie est l\u2019institutionnalisation de l\u2019incertitude.Ainsi, les élections ne devraient offrir aucune garantie à un candidat ou à un autre.Un système qui assure la réélection d\u2019un individu ou qui lui confère un avantage net est un système défaillant.Si les candidats acceptent de jouer le jeu de la démocratie, c\u2019est qu\u2019ils considèrent qu\u2019ils ont une chance de l\u2019emporter.Peut-être pas à une élection donnée, mais certainement dans un avenir envisageable.Il est tout à fait compréhensible que les élus de la présente législature s\u2019inquiètent de leur réélection advenant l\u2019adoption d\u2019un nouveau mode de scrutin.Les modifications attendues à la carte électorale, du moins dans la version actuellement sur la table, réduisent le nombre de circonscriptions territoriales à 78.Ainsi, une cinquantaine de députés de l\u2019actuelle législature risquent de ne pas pouvoir se présenter dans une de ces circonscriptions pour un nouveau mandat.C\u2019est du moins la crainte qui circule sur la colline ces jours-ci.Or, il y a un problème avec ce raisonnement.Ce ne sont pas 50 députés qui « perdront » leur circonscription.Dans les faits, ils seront 125 à repartir à neuf.À part peut-être quelques exceptions, le passage d\u2019une carte électorale de 125 députés territoriaux à 78 redéfinira les frontières de l\u2019ensemble des circonscriptions actuelles.Les 50 autres députés seront élus à partir de listes régionales, dont le nombre reste à définir.Tous les candidats partiront du même pied.Aucun n\u2019aura l\u2019assurance d\u2019une réélection dans « son » château fort.Les Québécois veulent une législature qui les représente et c\u2019est exactement ce que la réforme du mode de scrutin vise.Trop souvent le système actuel a-t-il permis la formation de gouvernements majoritaires sans que le parti politique obtienne la majorité des suffrages ni même, parfois, la pluralité.Le principe du « gagnant emporte tout » qui marque notre système politique génère des gouvernements qui se croient investis d\u2019un mandat sans condition, alors qu\u2019en réalité la majorité des électeurs ont voté pour une autre formation politique.La représentation de la diversité de notre société en souffre.Alors que, pour l\u2019essentiel de notre histoire démocratique, ce système a été marqué par le bipartisme, une nouvelle donnée marque les plus récentes décennies : la multiplication des partis représentés à l\u2019Assemblée nationale.Avec l\u2019arrivée de l\u2019Action démocratique du Québec, puis de la Coalition avenir Québec et Québec solidaire, la faune politique de la colline Parlementaire s\u2019est grandement diversifiée.Le monopole des grandes formations politiques a également fondu.Au début des années 1980, les deux premières formations politiques recevaient ensemble plus de 90 % des votes.En 2018, les deux partis qui ont reçu le plus d\u2019appuis totalisent moins de 65 % des votes.Même si le Québec a bénéficié de la stabilité et de l\u2019efficacité qui découlent du système en vigueur depuis 227 ans, les transformations qui se sont opérées au sein de notre société exigent que l\u2019on adapte nos institutions à la nouvelle réalité.Une société plurielle mérite des institutions qui la représentent adéquatement.Les citoyens se montrent de plus en plus insatisfaits du climat qui règne au sein de la classe politique, un climat trop souvent marqué par l\u2019affrontement et la recherche du gain politique qui conférera au vainqueur un contrôle quasi absolu sur le processus législatif.Or, le parlement devrait être un lieu d\u2019échange et de collaboration au profit du bien commun.Évidemment, il serait faux d\u2019affirmer que tout est conflit au parlement québécois, mais force est d\u2019admettre que, dans l\u2019espace public, le conflit prend souvent le dessus.L\u2019image et la légitimité de nos institutions en souffrent.La réforme est un pas dans la bonne direction.Certes, le changement génère de l\u2019incertitude, mais rappelons- nous que l\u2019incertitude est essentielle à la démocratie.La majorité des régimes parlementaires de la planète sont régis par un mode de scrutin à représentation proportionnelle.La vaste majorité de ces régimes politiques sont stables.Ils sont aussi nombreux à former des gouvernements de coalition qui arrivent très bien à gouverner en générant des consensus.Ne succombons pas à la tentation de dresser le portrait d\u2019un scénario catastrophe à partir de quelques cas atypiques.La réforme du mode de scrutin est nécessaire, souhaitable et réalisable.En outre, si le principal obstacle à sa mise en œuvre réside dans les craintes des députés de l\u2019actuelle législature, une solution simple pourrait être de l\u2019adopter en prévoyant qu\u2019elle entrera en vigueur lors de la dissolution de la prochaine législature.Ainsi, les élus actuels ne se retrouveraient pas en situation de conflit d\u2019intérêts en légiférant sur leur destinée personnelle.En recourant à la même stratégie, ils pourraient aussi en profiter pour régler l\u2019épineuse question du traitement des députés.Une pierre deux coups.Ne succombons pas à la tentation de dresser le portrait d\u2019un scénario catastrophe à partir de quelques cas atypiques.La réforme du mode de scrutin est nécessaire, souhaitable et réalisable.La réforme du mode de scrutin, entre la nécessité et l\u2019incertitude Que penser du plan Legault en environnement ?François Legault a pour objectif de diminuer la dépendance du Québec au pétrole de 40 % d\u2019ici 2030.Pour y arriver, le gouvernement caquiste entend mener un vaste « chantier » d\u2019électrification des transports, des bâtiments et des entreprises.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR La réalité, c\u2019est que la lutte contre les émissions de GES a pris un immense retard et qu\u2019il faut maintenant tenter un improbable rattrapage d\u2019urgence LEDEVOIR // LE JEUDI 6 JUIN 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS 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propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.E N B R E F Le péquiste Stéphane Bergeron tente un retour en politique fédérale OTTAWA \u2014 L\u2019ex-ministre péquiste Stéphane Bergeron briguera l\u2019investiture bloquiste dans la circonscription de Montarville, sur la Rive-Sud, en vue des prochaines élections fédérales, a-t-il confirmé à La Presse canadienne.C\u2019est donc un retour en politique fédérale pour celui qui a siégé sous la bannière du Bloc québécois de 1993 jusqu\u2019en 2005 (dans Verchères, puis dans Verchères- Les Patriotes).La décision de M.Berge- ron de revenir au Bloc a été saluée par le chef, Yves-François Blanchet, qui le considère comme un «ami».Pour l\u2019heure, aucun autre candidat n\u2019aurait fait connaître son intention de briguer l\u2019investiture bloquiste dans Montarville.Il est donc très probable que M.Berge- ron devienne le candidat du Bloc québécois dans la circonscription.La Presse canadienne Mort d\u2019un bébé de 10 mois : une femme de Sainte- Brigitte-de-Laval accusée QUÉBEC \u2014 Une femme a comparu mercredi après-midi au palais de justice de Québec pour faire face à une accusation d\u2019homicide involontaire relativement au décès d\u2019une fillette de 10 mois survenu en mai 2018.La Sûreté du Québec (SQ) avait procédé mercredi matin à l\u2019arrestation de Katy Jomphe, âgée de 37 ans, originaire de Sainte-Brigitte-de-Laval.La fillette est décédée quelques heures après avoir été retrouvée inconsciente dans une garderie en milieu familial.Selon le sergent Louis-Philippe Bibeau, Katy Jomphe travaillait dans cette garderie au moment du drame.C\u2019est une autopsie pratiquée à la suite des tristes évé- nements qui a permis de mieux comprendre ce qui a causé la mort de l\u2019enfant, puis de procéder à l\u2019arrestation de la femme mercredi matin.La Presse canadienne Un nouveau code vestimentaire non genré pour les écoles de Toronto TORONTO \u2014 Des enseignants, des militants et certains parents applaudissent au nouveau code vestimentaire de la plus grande commission scolaire du Canada, qui interdit les restrictions fondées sur le genre et vise à uniformiser les règles pour les élèves.La politique du Conseil scolaire du district de Toronto (CSDT), qui entrera en vigueur en septembre, ne comporte que quelques restrictions : les élèves doivent couvrir leurs mamelons, leurs fesses et leur zone pubienne avec un tissu opaque, le couvre-chef ne peut dissimuler le visage de l\u2019élève et les vêtements ne peuvent faire la promotion d\u2019activités criminelles ou haineuses.Plusieurs parents ont exprimé leur soutien envers le nouveau code vestimentaire.La Presse canadienne Stéphane Bergeron JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE La Norvège passe pour un pays modèle en matière de lutte contre les changements climatiques.Le Devoir est allé voir sur place en quoi elle pouvait servir d\u2019inspiration\u2026 ou pas.Aujourd\u2019hui, forcer les gouvernements à penser au climat comme ils pensent à leurs finances.ÉRIC DESROSIERS À OSLO LE DEVOIR Un gouvernement à l\u2019ère des budgets climatiques L\u2019administration municipale d\u2019Oslo, qui siège à l\u2019hôtel de ville situé en arrière-plan, attribue à ses différents services des cibles de réduction de GES.ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR première vue, le chapitre du budget de la Ville d\u2019Oslo qui vient tout de suite après l\u2019introduction est comme n\u2019importe quel autre budget de gouvernement.Après une brève revue des grandes tendances des dernières années, on y présente les priorités d\u2019action de l\u2019administration de même que des objectifs chiffrés et leurs coûts.Les services responsables de chaque dossier y sont nommés, les prochaines étapes à venir y sont décrites et on pousse même la rigueur jusqu\u2019à présenter des mesures de contingence au cas où on se dirigerait vers un déficit.La seule particularité de cette partie du budget du Service des finances d\u2019Oslo est qu\u2019elle s\u2019inscrit dans la lutte contre les changements climatiques et que les dépassements budgétaires qu\u2019on y cherche coûte que coûte à éviter sont des émissions de gaz à effet de serre (GES).Rappelons qu\u2019aussitôt portée au pouvoir à l\u2019Hôtel de Ville en 2015, une coalition issue de la gauche et du Parti vert a fixé l\u2019objectif ambitieux de réduire les émissions de GES d\u2019Oslo de 50 % d\u2019ici 2020 par rapport à 1990 et de 95 % pour 2030.À titre de comparaison, la cible du Québec est d\u2019un peu moins de 40 % d\u2019ici 2030 et celle du Canada, de l\u2019équivalent de seulement 15 %.Pour atteindre ses objectifs, la nouvelle administration de la ville de 675 000 habitants a été l\u2019une des premières au monde à se doter en 2017 de ce qu\u2019on appelle un « budget climat » qui vise à appliquer à la réduction de la pollution la même logique de fonctionnement qu\u2019un budget normal.« En fait, le budget climat fait partie intégrante du budget de la Ville et, à ce titre, est élaboré par le Service de l\u2019environnement, mais il est ensuite incorporé et géré par le Service des finances », explique Merete Agerbak- Jensen, du Service de l\u2019environnement d\u2019Oslo.L\u2019exercice s\u2019étend sur toute l\u2019année durant laquelle des analyses techniques sont réalisées et des consultations sont menées auprès des gens d\u2019affaires, des citoyens et d\u2019autres parties prenantes.La liste d\u2019une série de mesures est finalement établie avec leurs budgets, les cibles à atteindre et les services municipaux responsables de leur atteinte.Innovation importante Le budget climat d\u2019Oslo est loin d\u2019être une mesure environnementale aussi connue que la fameuse transition de la Norvège vers les véhicules électriques et pourtant, c\u2019est l\u2019une des grandes innovations au cœur des ambitieux objectifs de réduction de GES de sa capitale, écrivait l\u2019année dernière dans un blogue Mark Watts, le directeur général du C40, un réseau qui regroupe près d\u2019une centaine de grandes villes autour de la question des changements climatiques et dont font notamment partie Montréal, Toronto et Vancouver.En plus d\u2019établir des cibles précises, d\u2019indiquer les moyens concrets par lesquels on entend les atteindre et d\u2019en rendre comptables les administrations concernées, disait-il, l\u2019exercice a le grand mérite de la transparence qui permet le débat public et la recherche de compromis en cas de difficulté.L\u2019une des grandes difficultés est de composer avec le temps qu\u2019on met, en Norvège, pour avoir les statistiques sur les émissions de GES, explique Merete Agerbak-Jensen.« Le budget climat de cette année est basé, par exemple, sur les chiffres de 2015-2016.Ça devient compliqué de mesurer l\u2019efficacité de nos mesures.» Les nombreux services municipaux engagés dans cette nouvelle façon de faire doivent aussi apprendre à gérer les objectifs climatiques qui leur sont alloués.«On ne se le cachera pas, c\u2019est un changement culturel qui mettra un certain temps à se faire, particulièrement pour les gens aux Finances, à qui revient le rôle de superviser ce gros morceau qui a été ajouté à leur budget.» Et puis, l\u2019administration municipale n\u2019est pas la seule en cause.De nombreuses mesures importantes, dont la transition vers les véhicules électriques et l\u2019interdiction, à la fin de l\u2019an prochain, du chauffage au mazout, dépendent aussi de politiques nationales sur lesquelles Oslo n\u2019a pas beaucoup d\u2019emprise.La Ville en a fait la cruelle expérience, il y a un peu plus d\u2019un an, lorsque le gouvernement norvégien a décidé de retarder son financement d\u2019un projet- pilote de captation et de séquestration du carbone pour un important incinérateur de la ville.Oslo a eu beau devancer d\u2019autres mesures de réduction, elle a quand même dû se résigner à reporter de deux ans sa cible pour 2020.Mais pour le reste, on semble en bonne voie d\u2019atteindre les objectifs fixés.Toujours plus loin Le budget climat de la Ville va de pair avec son plan d\u2019occupation du territoire, dit Merete Agerbak-Jensen.La fonctionnaire ne se souvient pas d\u2019un cas où la gestion serrée des émissions de GES a amené les autorités municipales à décourager la venue ou à forcer le départ d\u2019entreprises qu\u2019on aurait jugées trop polluantes.« Nous avons essentiellement une économie de services et la plus grande source de pollution est le transport.» De retour devant les électeurs cet automne, l\u2019administration municipale sortante est déjà prête à élargir encore un peu plus la portée de son action contre les changements climatiques.Alarmée par le résultat de recherches qui estiment qu\u2019au regard des émissions de GES liés aux biens et services consommés dans les villes, il faudrait augmenter leur empreinte carbone de 60 %, elle a annoncé qu\u2019elle envisageait la possibilité d\u2019inclure cette pollution indirecte dans son prochain plan stratégique climatique pour la période 2020-2030.« Cela promet toutefois d\u2019être encore plus compliqué à mesurer », observe Merete Agerbak-Jensen.Vendredi : Les poubelles d\u2019Oslo se mettent à l\u2019économie circulaire.Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir.LE DEVOIR EN NORVÈGE À "]
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