Le devoir, 18 mai 2019, Cahier B
[" PERSPECTIVES LEDEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 MAI 2019 CAROLINE MONTPETIT EN LOUISIANE LE DEVOIR ans la salle de classe d\u2019immersion française de l\u2019école primaire des Prairies, à Lafayette, dans le cœur francophone de la Louisiane, la majorité des enfants de troisième année lèvent la main lorsqu\u2019on leur demande s\u2019ils ont déjà parlé français à la maison.« Mon grand-papa parle le cajun French », dit une petite fille à son enseignante, Christine Labrie, elle-même originaire du Nouveau-Brunswick.La plupart des parents de ces enfants ne parlent plus français depuis longtemps.Mais c\u2019est dans ces classes que la Louisiane francophone renaît lentement de ses cendres.Le nombre de ses locuteurs a plus que doublé depuis 1980.On trouve des programmes d\u2019immersion française dans 26 paroisses louisianaises, et 5200 Louisianais y sont inscrits cette année, au primaire et au secondaire.L\u2019enseignement s\u2019y fait entièrement en français, à l\u2019exception de 90 minutes d\u2019anglais par jour.Le français, en croissance Au sortir de leur scolarité, peut-être ces enfants iront-ils rejoindre les 250 000 Louisianais qui ont déclaré parler le français au dernier recensement.Les francophones de Louisiane, qui étaient en voie d\u2019extinction il y a une génération, sont désormais de nouveau en croissance.Et la Louisiane a obtenu un statut d\u2019observateur à l\u2019Organisation internationale de la Francophonie l\u2019automne dernier.Si les Cadiens, communément appelés Cajuns (voir autre texte, en page B 2), forment le groupe le plus important de cette population, ils y côtoient les Autochtones francophones des nations Houma, Chotcaw, Biloxi et autres, des descendants des colons français, principalement à La Nouvelle-Orléans, et des descendants d\u2019anciens esclaves, venus d\u2019Haïti et de Saint-Domingue.Et leur langue reflète cette mixité sociale.Violon à la main, devant la foule en liesse du festival de jazz de La Nouvelle- Orléans, Louis Michot, chanteur principal du groupe Lost Bayou Ramblers, est l\u2019incarnation même de cette renaissance.Nourri dans son enfance de la musique francophone de son père et de ses oncles, dont le groupe s\u2019appelait Les frères Michot, il chante désormais en français sur toutes les scènes de la Louisiane.Le groupe, subtil mélange de musique traditionnelle et de rock électrique, qu\u2019il a fondé avec son frère ac- POLITIQUE Se hâter lentement : la chronique de Michel David B 5 SCIENCE Orienter le regard des personnes autistes B 7 CLIMAT Le plan préconisé par Luc Ferrandez est-il réaliste ?B 6 AVORTEMENT Sweet home Alabama : la chronique d\u2019Élisabeth Vallet B 11 D DOSSIER La Louisiane francophone, une survivante Plus de 5000 élèves sont inscrits cette année à des classes d\u2019immersion française en Louisiane, comme ici à la Lafayette High School, où le professeur invité, Mathieu Gingras, fait virevolter le drapeau de l\u2019Acadiane.PHOTOS MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR leur interdisaient à l\u2019école.Puis, mon père a appris le français par lui-même et il faisait de la musique en français avec ses frères.La moitié de mes oncles et de mes tantes parlent le français et l\u2019autre moitié ne le parlent pas.» Une mémoire vivante Si la plupart des adultes francophones de Louisiane n\u2019ont pas appris à lire et à écrire le français, la mémoire de leurs racines n\u2019est pas disparue pour autant.«Je suis Audrey Babineaux, descendante de Nicolas Babineaux, arrivé du Poitou au Nouveau-Brunswick en 1660», dit cette tenancière d\u2019un bed and breakfast de la ville de Houma en répondant au téléphone.Reste que le français louisianais a énormément souffert des politiques de l\u2019État, entre 1915 et 1960, qui interdisait aux Louisianais de parler en français à l\u2019école sous peine d\u2019être punis, parfois sévèrement.« I will not speak French on the school grounds », de- vaient-ils alors répéter à l\u2019infini.En 1968, un avocat du nom de James Do- mengeaux fonde le Conseil pour le développement du français en Louisiane (CODOFIL), qui veille à l\u2019enseignement du français depuis.À la table française du petit village d\u2019Arnaudville, au nord de Lafayette, une cinquantaine de personnes se regroupent chaque mois pour parler français autour de Mavis Arnaud-Frugé, une élégante octogénaire descendante du sieur Arnaud qui a donné son nom au village.Au début de cette assemblée, tous se lèvent pour prêter serment aux États-Unis en français, un exercice touchant lorsqu\u2019on sait que les Acadiens qui ont jadis trouvé refuge en Louisiane ont d\u2019abord été déportés de leur terre natale en 1755 parce qu\u2019ils avaient refusé de prêter serment à la Couronne britannique.À Saint-Martinville, près DOSSIER LOUISIANE : CAJUN OU CADIEN ?ET TROIS PORTRAITS À LIRE EN PAGES B 2 ET B 3 Alors que l\u2019on comptait 100 000 franco - phones en Louisiane en 1980, il y en aurait 250 000 aujourd\u2019hui cordéoniste André, a été nommé Entertainer of the Year à La Nouvelle-Orléans en 2019, et a gagné le Grammy du meilleur album de musique régionale, en 2018, pour le disque Kalenda.Louis Michot n\u2019a pourtant pas profité de la vague des écoles d\u2019immersion française, dont la première a vu le jour en 1983 en Acadiana, région francophone du cœur de la Louisiane.Comme beaucoup de Cadiens Louisianais, il parle un français oral.« J\u2019ai appris par moi-même.Je crois qu\u2019on arrive à un endroit dans la vie où tu as le choix.Tu sais que tu peux faire un effort pour l\u2019apprendre ou tu peux décider de ne pas l\u2019apprendre, dit-il en entrevue.Mon père a été de la première génération dont les parents n\u2019ont pas appris le français.Ses parents n\u2019ont pas appris le français parce que les enseignants le Mavis Arnaud- Frugé réunit chaque mois une cinquantaine de personnes pour parler français, dans le village d\u2019Arnaudville qui porte le nom de son aïeul.VOIR PAGE B 3 : SURVIVANTE LEDEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 MAI 2019 PERSPECTIVES LOUISIANE FRANCOPHONE B 2 I Cajun ou cadien ?Un français traversé de créole et de langues autochtones TEXTES : CAROLINE MONTPETIT EN LOUISIANE LE DEVOIR Theresa et Donald Dardar font partie des rares adultes de Louisiane à parler constamment français entre eux.Membres de la petite communauté autochtone de Pointe-aux-Chiens, dans le sud de la Louisiane, ils ont appris le français avec leurs parents.Dans les faits, les Autochtones louisianais sont ceux qui ont le mieux préservé leur francophonie à travers les siècles.Une langue devenue un signe distinctif pour des communautés ayant presque complètement perdu leurs langues autochtones originelles.La communauté de Pointe-aux- Chiens regroupe environ 680 membres d\u2019ascendance autochtone mixte, acolapissa, biloxi et atakapa.En raison des politiques de l\u2019État de la Louisiane et du gouvernement américain, ses membres se sont fait refuser l\u2019accès à l\u2019école secondaire jusqu\u2019à la fin des années 1960 et au début des années 1970.« On a appris le français avec notre mom et notre pop, raconte Theresa Dardar.J\u2019ai appris l\u2019anglais quand je suis allée à l\u2019école.On ne pouvait pas parler français à l\u2019école.Après, j\u2019ai appris l\u2019anglais.J\u2019avais trois frères et une sœur.Après être allés à l\u2019école, ils ont commencé à parler juste en anglais.Puis, j\u2019ai rencontré mon mari, et j\u2019ai dû apprendre back mon français.Il y a toujours des mots que je ne dis pas bien.On parle français ensemble.On n\u2019a pas d\u2019enfants, mais on a des chiens et nos chiens parlent français.» « Ici, tout le monde parlait français : à l\u2019Isle de Jean Charles, à Montegut, poursuit Donald Dardar.Presque tout le monde parlait français, avant d\u2019aller à l\u2019école.Asteure, dans le jeune monde, il y en a bien peu qui parlent français.» « Les moms et les pops n\u2019ont pas montré le français à leurs enfants, ajoute Theresa Dardar.Ma sœur a oublié son français parce qu\u2019elle ne le parle pas.Et elle ne l\u2019a jamais montré à ses enfants.Alors c\u2019est une langue qui est en train de crever.On aimerait qu\u2019elle revienne.Il faudrait essayer avec les écoles, l\u2019immersion française.Il faudrait que j\u2019aille à la commission scolaire pour leur en parler.Il faut qu\u2019il y ait une bonne quantité d\u2019enfants pour faire ça.» D\u2019une langue à l\u2019autre Le groupe le plus important des Autochtones louisianais francophones est celui des Houmas.Il abriterait quelque 17 000 membres, dont 40 % parlent toujours le français.Ce sont eux qui auraient accueilli l\u2019explorateur français Cavelier de Lasalle en Louisiane autour de 1680.Proches alliés des Français, les Autochtones houmas auraient aussi adopté leur langue, au détriment de la leur, qui aurait graduellement disparu au XIXe siècle.Francophones et Autochtones Quand il était petit, Kirby Jambon refusait de parler français.Aujourd\u2019hui, ce Franco-Louisianais du bayou La- fourche enseigne et publie en français.Il a même remporté le prix Henri de Régnier de l\u2019Académie française pour l\u2019un de ses recueils en 2014.Né de parents francophones, il a d\u2019abord fait ses études, en anglais, comme tout le monde, pour devenir professeur.C\u2019est au hasard d\u2019un voyage au Nouveau- Brunswick, avec ses parents alors qu\u2019il a 26 ans, qu\u2019il découvre sa profonde identité francophone.« J\u2019avais l\u2019impression de découvrir une partie de moi que j\u2019avais perdue, dit-il, rencontré à l\u2019école d\u2019immersion française des Prairies, à Lafayette, où il enseigne.À partir de ce moment-là, j\u2019ai demandé à mes parents de me parler seulement en français.» Il s\u2019inscrit à l\u2019Université Sainte-Anne, en Nouvelle- Écosse, terre de ses lointains ancêtres.« Je ne voulais pas parler en français si j\u2019allais le parler mal », dit-il.De retour au pays, il enseigne en immersion française, puis écrit et publie de la poésie en français.«Pour écrire, j\u2019avais des appréhensions au début », raconte-t-il.Un de ses compatriotes du bayou Lafourche, David Cheramie, publie d\u2019abord un premier recueil de poésie en français.Kirby Jambon lui emboîte le pas et fait paraître L\u2019école Gombo, son premier ouvrage.Il est publié par les Cahiers du Tintamarre, une petite maison d\u2019édition francophone liée au Centennial College, dans le nord de la Louisiane.« Mon père, qui m\u2019a appris le français, ne pouvait pas le lire.Il n\u2019avait jamais appris le français écrit.Alors je lui ai lu à voix haute », raconte-t-il.En 2014, le prix de l\u2019Académie française arrive comme un baume dans une communauté francophone qui s\u2019est fait dire durant des siècles qu\u2019elle bâclait le français.« Moi, je n\u2019avais pas besoin de validation, mais je crois que la culture en a besoin.Et mes parents et mes grands-parents en avaient besoin.» Le professeur demeure épaté que l\u2019Académie française, cette instance qui dicte la manière d\u2019écrire aux francophones du monde entier, décerne un prix à son recueil traversé d\u2019expressions et de patois typiquement louisia- nais.« L\u2019Académie française, sa responsabilité, c\u2019est de normaliser la langue.Et avec toutes mes références, les expressions, le français de chez nous qui est dans le livre, ils ont donné un prix à ce livre ?C\u2019était fou\u2026 » dit-il.Ce patois, Kirby Jambon essaie de l\u2019enseigner le plus possible à ses élèves, qui ne parlent pas français à la maison et apprennent un français standard à l\u2019école.Mais il ne s\u2019inquiète pas outre mesure de la perte de la langue vernaculaire.« Les langues évoluent, sinon elles crèvent, dit-il.On était en train de tout perdre.Mais certaines gens ont commencé à travailler notre culture et notre langue.Il y avait assez de français qui restait pour faire une fondation.» Le poète des bayous 1 1 et 4 Scènes dans une salle de classe d\u2019immersion française de l\u2019école primaire des Prairies, à Lafayette 2 Un magnifique chêne borde le Musée du Monument acadien, à Saint- Martinville.3 Les Lost Bayou Ramblers en prestation à Arnaudville 5 Léa LeJeune, une francophone qui tient un bed and breakfast à Lafayette, a coutume de dire « les Américains » pour parler des anglophones.PHOTOS MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Donald et Theresa Dardar vivent à Pointe-aux-Chiens, une communauté qui regroupe environ 680 membres d\u2019ascendance autochtone mixte, acolapissa, biloxi et atakapa.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR KIRBY JAMBON Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat\u2013 Le Devoir.ls étaient Acadiens lorsqu\u2019ils sont arrivés en Louisiane à la fin du XVIIIe siècle, après le Grand Dérangement.Depuis, ils sont devenus tour à tour Cadins, Cadjins, Cajuns, Acadjins, Kajuns, Ca- najins, selon la langue et l\u2019identité de ceux qui les désignent.Les Franco-Louisianais adoptent de plus en plus le mot « cadien » pour s\u2019identifier.Mais Jacques Henry, sociologue de l\u2019Université Lafayette, avait recensé une vingtaine de désignations en 1998.Partout en Louisiane, le mot « cajun », qui est en fait une déformation de « cadien » prononcé à l\u2019américaine, demeure utilisé.Les Ragin\u2019 Cajuns forment l\u2019équipe omnisports de l\u2019Université de Louisiane, et la sauce cajun promet de mettre un peu d\u2019épices typiquement louisianaises dans votre gombo.Loin de l\u2019Europe et du Canada français, le français louisianais a évolué au rythme de son oralité et de ses métissages au fil des siècles.« Quoi faire ?» demandent-ils souvent pour dire « pourquoi ?».Certaines paroisses ont développé leur propre lexique.À Bayou Lafourche, on dit « chadek », dérivé du créole, pour pamplemousse, alors que partout ailleurs on dit grapefruit.Dans le delta du Mississippi, on dit « caïman » pour un alligator, alors qu\u2019on dit « cocodri » ou « cocodril » dans les autres régions de l\u2019État.Le mot « bayou » serait dérivé de l\u2019Amérindien choctaw bayuk, pour rivière, comme le mot « chaoui », qui désigne un raton laveur.Chercheuse indépendante, Amanda Lafleur a recensé une série d\u2019expressions louisianaises dans son livre Tonnerre mes chiens !, publié aux Éditions Le Tintamarre.« Tonnerre mes chiens ! » est une sorte d\u2019équivalent du « maudit ! » québécois, ou du « zut ! » français.Professeure à l\u2019Université d\u2019État de Louisiane, elle a aussi participé à la rédaction d\u2019un dictionnaire du français louisianais, et donne régulièrement des conférences sur le sujet.Elle ra- THERESA ET DONALD DARDAR Loin de l\u2019Europe et du Canada français, le français louisianais a évolué au rythme de son oralité et de ses métissages au fil des siècles MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR LEDEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 MAI 2019 PERSPECTIVES B 3 La langue des secrets SURVIVANTE SUITE DE LA PAGE B 1 britannique.À Saint-Martinville, près de Lafayette, les armoiries et les noms des familles de ces déportés, comme Arceneaux, Thibodeaux, et Babineaux, qui se sont établis en Louisiane dans l\u2019espoir d\u2019y parler français à partir de 1765, sont gravés dans le sol.C\u2019est tout près de la statue d\u2019Évangéline, l\u2019héroïne du long poème de Longfellow, déportée d\u2019Acadie puis arrivée en Louisiane où elle tente de retrouver son amoureux Gabriel.Une version cadienne de ce conte, signée Félix Voorties, veut que les « vrais » personnages de cette saga soient Émiline Labiche et Louis Arce- neaux, et qu\u2019ils se soient retrouvés à Saint-Martinville.« Il ne faut pas avoir peur de parler français même si on s\u2019est toujours fait dire qu\u2019on ne parlait pas bien le français.Moi je conduis un char et je vais conduire un char jusqu\u2019à la fin de mes jours », dit Mavis Arnaud-Frugé, qui est tout de même allée suivre des cours de français à l\u2019Université Sainte- Anne, en Nouvelle-Écosse, après le décès de son mari.Des parlers diversifiés Les parlers francophones de la Louisiane varient d\u2019ailleurs beaucoup d\u2019un village à l\u2019autre, selon la composition \u2014 cajun, créole ou autochtone \u2014 de la population.« On appelle le français des créoles le courivini », dit Will McGrew, un jeune Louisianais de La Nouvelle- Orléans, qui vient de lancer un poste de télévision française en Louisiane.« Je n\u2019ai jamais pu dire quelle partie de ma langue relevait du créole et quelle partie relevait du cajun », dit Ginger La- tiolais, qui sait pourtant que son ancêtre Latiolais est arrivé de France en Louisiane sur un bateau en 1750.La langue parlée par les Cadiens est d\u2019ailleurs fortement teintée de ces influences créoles.La chanson Kalenda, qui a donné son titre au dernier album des Lost Bayou Ramblers, est arrivée à La Nouvelle-Orléans comme une danse interprétée par les esclaves au Congo Square, en Nouvelle-Orléans, avant de traverser les communautés blanches et noires, et cajuns et créoles.La version chantée par les Lost Bayou Ramblers fait référence à Étienne Mazureau, ancien gouverneur de la Louisiane, qui participa à la vente de l\u2019État par Napoléon aux États-Unis en 1803.Les Autochtones de Louisiane forment le groupe louisianais où le français s\u2019est le mieux préservé, sans doute du fait que le pays les a tenus longtemps à l\u2019écart de l\u2019école.Selon Laura Atran-Fresco, auteure du livre Les Cadiens au présent.Revendications d\u2019une francophonie en Amérique du Nord, paru en 2016 aux Presses de l\u2019Université Laval, la préservation de la culture et de la langue des Cadiens est en partie liée à leur isolation du reste de l\u2019État.« Hé Américain, écrivait le poète louisianais Jean Arceneaux en 1978.Ton droit de grouiller ton poing / s\u2019arrête à mon nez.Et ton droit de grouiller ta langue / s\u2019arrête à la mienne / Transgression pour transgression ?» Léa Le- Jeune, une francophone qui tient un bed and breakfast à Lafayette, a d\u2019ailleurs encore coutume de dire « les Américains » pour parler des anglophones.Pour le chanteur louisianais Zachary Richard, en tournée au Québec ce printemps, mais qui a repris la maison de ses parents à Scott, tout près de Lafayette, la francophonie louisianaise vit une renaissance après avoir touché le fond du baril.Les chiffres à cet égard sont éloquents.Dans son livre, Laura Atran- Fresco cite une étude réalisée en 1993 dans 35 communautés du centre de la Louisiane.Alors que les grands-parents des participants à l\u2019étude parlaient en français dans une proportion de 92 %, la génération de leurs parents le parlait à 84 %.Les participants eux- mêmes le parlaient à 41 %, et leurs enfants n\u2019étaient plus que 5% à le parler.Au fil de cette acculturation, le français est devenu la langue des secrets, celle que les parents utilisent pour que les enfants ne comprennent pas ce qu\u2019ils disent.Mais après avoir frôlé l\u2019extinction, le français louisianais prend du galon.Alors que l\u2019on comptait 100 000 francophones en Louisiane en 1980, il y en aurait 250 000 aujourd\u2019hui.« On ne naît plus francophone en Louisiane, on le devient», dit John Dunn, ancien directeur du CODOFIL, cité par Laura Atran- Fresco.Un français différent, enseigné dans des classes d\u2019immersion par des professeurs qui arrivent généralement d\u2019Europe ou du Canada.Un français qui a toujours le statut de langue étrangère en Louisiane.Mais un français dont ils sont plus fiers que jamais.conte notamment que dans les paroisses d\u2019Avoyelles, d\u2019Évangéline, ou de Bayou Lafourche, on utilise « qui » à la place de « quoi ».On peut dire « qui tu veux manger ce soir ?», plutôt que « quoi tu veux manger ce soir ?», comme on le dit ailleurs en Louisiane.Lointaines parentés Au fil de ses recherches, le poète Kirby Jambon a découvert des parentés de mots entre le français louisianais et le Glossaire des vieux parlers poitevins dressé par Robert Mineau et Lucien Racionoux.On y dit « abe », pour arbre, « souris-chaude » pour chauve- souris, mais aussi de nombreux mots fréquents dans le parler québécois, dont «quèque» pour quelque, «désabrier», pour mettre à découvert, « débarrer » pour déverrouiller, ou « trempe » pour mouillé.D\u2019autres mots pourraient fourvoyer le visiteur non averti.En Louisiane, on Will McGrew est l\u2019un des plus jeunes Franco-Louisianais à fréquenter la table française de Mavis Arnaud-Fruger, à Arnaudville.À 24 ans, ce jeune entrepreneur originaire de La Nouvelle-Or- léans vient de lancer un projet de télévision francophone, Télé-Louisiane.« Cela a commencé avec les jeunes, dit-il, dans le français châtié que l\u2019on parle à La Nouvelle-Orléans.On s\u2019est rendu compte que certains veulent s\u2019impliquer dans la bataille pour préserver et développer le français en Louisiane.On a été accepté comme membre à l\u2019Organisation internationale de la francophonie et on a besoin de médias en français, pour qu\u2019on puisse pratiquer le français dans toutes les communautés, pas seulement à Lafayette.» Le blogue « Le Bourdon de la Louisiane », inspiré du nom d\u2019un ancien journal francophone du même nom, a aussi été conçu par des jeunes de la nouvelle génération.Sur la page d\u2019accueil, on peut y lire : « Ici on parle français.Asteur on commence la conversation.Jamais on ne lâchera la patate.» Joseph Pons, jeune professeur de français, vient quant à lui de lancer le ba- lado franco-louisianais Charrer-Veiller (charrer veut dire « jaser » en cadien).Des racines françaises Né à La Nouvelle-Orléans, Will McGrew est le fils d\u2019un père originaire de Floride et d\u2019une mère louisianaise de « sixième génération ».Sa grand-mère maternelle, originaire d\u2019Espagne, était très impliquée dans la communauté d\u2019origine française de La Nouvelle-Orléans.« À l\u2019époque, le français y était beaucoup plus présent qu\u2019aujourd\u2019hui.Mon grand-père était avocat.Il avait beaucoup de clients francophones et elle faisait de la traduction pour lui.Et elle faisait partie de l\u2019Athénée louisianais », raconte-t-il.Fondé en 1876 par différents hommes de lettres francophones, l\u2019Athénée loui- sianais était une société littéraire francophone de la Louisiane basée à La Nouvelle-Orléans, qui publiait un magazine, organisait des concours de lettres et tenait des concours littéraires.Will McGrew aime citer les auteurs franco-louisianais que sont Sidonie de la Houssaye, Rodolphe Des Dunes, ou, plus près de nous, Zachary Richard et la jeune Ashlee Wilson Michot.« J\u2019ai étudié dans une école anglophone, et je parlais un peu français et espagnol à la maison, dit Will McGrew.Au lycée, je me suis rendu compte qu\u2019il fallait faire quelque chose pour garder le français, sans ça, on allait le perdre.Alors, j\u2019ai appris le français.Et j\u2019ai demandé à ma mère et à ma grand-mère de me parler uniquement en français et en espagnol.» Le français de la relève Quelques expressions cadiennes.Comment ça plume ?COMMENT ÇA VA ?Un zozo UN OISEAU Une ratatouille UNE QUERELLE ENTRE MARI ET FEMME Tonnerre mes chiens ! MAUDIT! Quoi faire ?POURQUOI ?Les commodes LES TOILETTES » dit fréquemment les « commodes » pour les toilettes, alors que la « toilette » est un tiroir où l\u2019on dépose les accessoires de toilette, les parfums ou la lingerie fine, raconte Kirby Jambon.Ne pas confondre ! On dit aussi ici « essence » pour parfum.Et quand on rencontre quelqu\u2019un à la campagne, on dit parfois « comment ça plume ?» pour dire « comment ça va ?».C\u2019est une expression liée à l\u2019activité de plumage des volailles.« Ce à quoi on peut répondre \u201cça plume joliment !\u201d », poursuit Kirby Jambon.En 1976, Revon Reed, à qui on attribue la renaissance de la littérature ca- dienne, a fait école avec son livre Lâche pas la patate.Portrait des Acadiens de la Louisiane, publié aux Éditions Partis Pris.Il y explique que l\u2019on dit « froumi » plutôt que fourmi, « fremer » pour fermer, « haller » pour tirer, ou « zozo » pour oiseau.Il cite aussi un « ratatouille » pour une querelle entre mari et femme, un « trembalisement » pour une grande surprise, ou un « chambonhourra » pour une fête joyeuse.Le mot « ga- boo », dit-il, peut vouloir dire manger ou voler dans le sens de subtiliser.On peut donc dire « il a gaboo son vin », comme « il a gaboo son portefeuille », selon le cas.Quant à la célèbre expression « lâche pas la patate», elle proviendrait initialement d\u2019une danse folklorique au cours de laquelle deux partenaires devaient faire tenir une pomme de terre entre leurs fronts sans l\u2019échapper.Les Loui- sianais l\u2019utilisent pour dire «tiens bon», « ne laisse pas tomber ».C\u2019est aussi le thème d\u2019une célèbre chanson cajun country de Jimmy C.Newman.« Les haricots sont pas salés » est une façon de dire qu\u2019on n\u2019a pas d\u2019argent.L\u2019expression a aussi donné son nom au zydeco, une musique aux origines cadiennes qui a intégré le blues et le rythm\u2019n\u2019blues créole dans les années 1930.WILL MCGREW MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR 2 3 4 5 INFOGRAPHIE LE DEVOIR LEDEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 MAI 2019 PERSPECTIVES B 4 Parler de sexualité à l\u2019école C ette semaine, la Fédération des syndicats de l\u2019enseignement (FSE) a dressé un bilan négatif du nouveau cours d\u2019éducation à la sexualité implanté depuis presque un an dans nos écoles primaires et secondaires, à raison, respectivement, de 5 et de 15 heures par an.On déplore surtout le manque de préparation des enseignants, qui se disent aussi mal à l\u2019aise avec ce contenu.Cet épisode me fournit l\u2019occasion de rappeler quelques réflexions philosophiques sur cette composante du curriculum à laquelle appartient l\u2019éducation à la sexualité et qu\u2019on désigne le plus souvent sous le nom de formation personnelle et sociale.Elles me semblent apporter un éclairage intéressant et pertinent sur ce qui se joue ici.L\u2019école est d\u2019abord et avant tout une institution qui éduque, ce qui signifie qu\u2019elle transmet des savoirs importants retenus, convient-on généralement, pour leur contribution à la formation de l\u2019esprit, à la construction de l\u2019autonomie du sujet et à la préparation à un exercice éclairé de la citoyenneté.Mais elle remplit bien sûr aussi d\u2019autres fonctions : elle socialise, elle qualifie, et même, mais c\u2019est cette fois plus polémique, elle moralise.C\u2019est ici que se place la formation personnelle et sociale.Elle n\u2019a pas de définition universellement admise, mais renvoie à des savoirs, à des habiletés qui aident à faire des choix éclairés sur un grand nombre de questions, de problèmes, de défis auxquels les jeunes feront face.La liste des candidats est imposante.Apprendre à faire un bon usage des nouveaux médias pourrait en faire partie, mais aussi apprendre à faire un budget, à bien choisir une carrière, à bien se nourrir, et ainsi de suite, sans oublier, bien entendu, l\u2019éducation à la sexualité.Nobles idéaux.Mais vous avez deviné les défis qu\u2019ils placent devant nous.Le curriculum est déjà chargé : comment justifier de retenir tel ou tel élément plutôt que tel autre ?Certains de ces sujets sont polémiques, notamment par cela que peuvent y entrer en conflit les valeurs des parents et celles sur lesquelles on choisira de faire reposer l\u2019enseignement scolaire, puisqu\u2019il est inévitable qu\u2019on fasse un tel choix.L\u2019école voudra aussi articuler son enseignement dans ces domaines sur ce qui est sa mission propre : la transmission de savoirs.Or, ici encore, il y a possibilité de conflit, parfois majeur, sur ce qui constitue un savoir.Pour en rester à la sexualité, quelle place fera-t-on à la psychanalyse ?À la théorie du genre ?Pour aller à l\u2019essentiel, je pense que le ministère a agi sagement en construisant son programme (vous pouvez consulter ici la liste des contenus de ce curriculum : https://bit.ly/2w7Sd9L) et en procédant avec prudence dans son implantation.L\u2019éducation à la sexualité est au- jourd\u2019hui, à l\u2019heure de #MoiAussi et de la pornographie facilement accessible, plus que jamais nécessaire et concerne des sujets de haute importance, comme l\u2019égalité entre les sexes, l\u2019égalité de genre, la santé sexuelle et reproductive et j\u2019en passe.Le ministère a donc agi sagement.À un détail près.La bonne dispensation de ce contenu suppose au moins deux choses.La première est une solide connaissance disciplinaire (ici, en sexologie) ; la deuxième, cette sagesse pratique qui est celle de l\u2019enseignant formé en didactique de ce sujet potentiellement polémique et sachant comment introduire en classe des sujets controversés, de manière à en permettre une discussion respectueuse et riche.Tout cela ne s\u2019improvise pas.La solution, manifeste, serait de prendre des personnes formées en sexologie et de les former à l\u2019enseignement par des cours de didactique, par des cours d\u2019histoire, de psychologie et de sociologie de l\u2019éducation, sans oublier l\u2019indispensable philosophie de l\u2019éducation.Ces personnes feraient aussi de longs stages pour faire l\u2019apprentissage pratique de leur métier.Nous avions à peu près cela il y a 25 ans.Pour des raisons que je n\u2019ai jamais pu comprendre ni accepter, on a aboli cette porte d\u2019entrée vers l\u2019enseignement des personnes ayant déjà une formation disciplinaire qu\u2019était le certificat en enseignement.Il était imparfait, certes, et il y manquait énormément de formation pratique et de stages.Mais en l\u2019abolissant, nous nous sommes privés de ressources dont on découvre aujourd\u2019hui qu\u2019elles nous manquent cruellement.Quoi qu\u2019il en soit, le malaise des enseignants devant donner le cours d\u2019éducation à la sexualité, compte tenu de leurs carences de connaissances dans le domaine et du fait qu\u2019ils n\u2019ont pas été formés à enseigner des sujets controversés, ne m\u2019étonne pas outre mesure.Je souhaite publier ici ce que j\u2019appelle des trucs et astuces de profs.J\u2019entends par là ces petites stratégies inventées sur le tas et jugées efficaces pour faciliter un aspect ou un autre de la pratique du métier.Vous savez de quoi je parle\u2026 Ce peut être : une manière de faciliter la correction de certains travaux ; d\u2019aider à apprendre les lettres de l\u2019alphabet ; d\u2019ouvrir (ou de terminer) un cours ; de gérer le cellulaire en classe \u2014 ou d\u2019en faire bon usage ; de gérer certains comportements ; de retenir les noms des élèves ; et ainsi de suite.Ils sont légion, mais peu connus hors du cercle étroit de leurs inventeurs.Partageons-les ! Vous pouvez me raconter votre idée \u2014 en précisant si vous souhaitez, ou non, garder l\u2019anonymat \u2014 à cette adresse : baillargeon.normand@uqam.ca.Une lecture : sur l\u2019éducation à la sexualité, j\u2019ai beaucoup apprécié le très riche et très stimulant Doit-on vraiment parler de tout ça ?Cunnilingus, fellations et autres délicatesses, de Patrick Doucet, chez Québec Amérique, 2018.LAÏCITÉ DE L\u2019ÉTAT QUÉBÉCOIS MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Les divisions persistent après les deux semaines de consultations sur le projet de loi sur la laïcité de l\u2019État.Le gouvernement Legault espérait clore le débat qui déchire le Québec depuis une dizaine d\u2019années, mais l\u2019usage de la clause dérogatoire le mettra-t-il réellement à l\u2019abri des contestations judiciaires ?« On ne peut pas empêcher les gens de présenter une demande devant les tribunaux, a reconnu le ministre de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion, Simon Jolin-Barrette, après le témoignage du dernier groupe en commission parlementaire jeudi.Le gouvernement du Québec, si jamais une demande est présentée, sera présent pour défendre la constitutionnalité de son projet de loi et j\u2019ai pleinement confiance que le projet de loi sera maintenu.» Sans dévoiler la stratégie qu\u2019elle utilisera, l\u2019avocate Catherine McKenzie a confirmé au Devoir qu\u2019elle va lancer une contestation pour le Conseil national des musulmans et l\u2019Association canadienne des libertés civiles.C\u2019est elle qui avait réussi à convaincre la cour de suspendre l\u2019application de la loi 62 sur le visage découvert qui avait été adoptée par le gouvernement Couillard.Lorsqu\u2019il sera adopté, le projet de loi 21 inscrira la laïcité de l\u2019État dans la Charte des droits et libertés de la personne, indiquera que les services publics doivent être donnés et reçus à visage découvert et, surtout, interdira le port de signes religieux pour certains employés de l\u2019État en position d\u2019autorité, dont les enseignants et les directeurs d\u2019école.Plusieurs groupes entendus en commission parlementaire ont demandé au ministre d\u2019abandonner cet article controversé qui est, selon eux, discriminatoire envers les femmes musulmanes.Le député de Québec solidaire Sol Zanetti a promis de proposer des amendements pour « minimiser les dégâts le plus possible » et « faire en sorte que cette loi inique s\u2019applique au moins de personnes possible », mais le ministre Jolin-Barrette a déjà indiqué qu\u2019il ne cédera pas.Il soutient que le projet de loi 21, malgré la controverse qu\u2019il suscite, obtient l\u2019appui d\u2019une majorité de Québécois.« Oui, ça fait consensus parce que c\u2019est une position qui est modérée et je pense qu\u2019au sortir des consultations particulières, on a fait la démonstration que notre projet de loi est modéré et qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un compromis, a-t-il dit.Je pense que le gouvernement, avec sa proposition législative, est au bon endroit et que ça va rassembler les Québécois.» Disposition de dérogation Le Bloc québécois ne faisait pas partie des 36 groupes et individus entendus en commission parlementaire, mais il a tout de même déposé un mémoire dans lequel il met en garde contre d\u2019éventuelles contestations judiciaires.Le parti fédéral soutient la laïcité de l\u2019État.« Déjà, un argument avancé par des opposants est que le projet de loi affecterait principalement les femmes et serait discriminatoire en vertu de l\u2019article 28 de la Charte canadienne, article non affecté par la clause dérogatoire », fait-il valoir.L\u2019article 28 garantit l\u2019application des droits conférés en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés « également aux personnes des deux sexes ».La disposition de dérogation que le gouvernement Legault compte utiliser n\u2019aurait pas d\u2019effet sur cet article puisqu\u2019elle touche seulement l\u2019article 2 qui définit les libertés fondamentales et les articles 7 à 15 sur les garanties juridiques que confèrent la Charte et les droits à l\u2019égalité.Les opposants au projet de loi sur la laïcité de l\u2019État pourraient également invoquer l\u2019article 27 de la Charte sur le Le projet de loi mettra-t-il réellement fin au débat ?Plusieurs fronts de contestation risquent de s\u2019ouvrir après son adoption NORMAND BAILLARGEON Le ministre de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion, Simon Jolin-Barrette JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Peut-on prévoir l\u2019impact social du projet de loi 21 ?L\u2019effet sur les enfants du port de signes religieux par les enseignants ?Dans tout le débat sur le projet de loi sur la laïcité, les données probantes ont fait défaut, et d\u2019autres ont été éludées.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR De la science et de la laïcité Les études font défaut pour prévoir les conséquences du projet de loi 21 du gouvernement Legault Le réseau RAPS a mené une enquête dans la foulée du projet de charte des valeurs du Parti québécois en 2013.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE maintes reprises, le gouvernement Le- gault s\u2019est vu réclamer des études scientifiques, notamment pour justifier l\u2019interdiction du port de signes religieux par les enseignants.Si les études sur le sujet font défaut, d\u2019autres enquêtes menées au Québec peuvent apporter un début de réponse sur les éventuels effets d\u2019une loi sur la laïcité.« Il y a de très bonnes raisons philosophiques pour appuyer une loi sur la laïcité.Mais ce que la science nous dit, c\u2019est que, lors de crises précédentes, il n\u2019y a pas eu de bénéfices observés dans la population.» Ce dur constat, c\u2019est À LEDEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 MAI 2019 PERSPECTIVES B 5 Se hâter lentement L e gouvernement Legault avait été avisé dès son arrivée au pouvoir que le Directeur général des élections du Québec aurait besoin d\u2019au moins deux ans et demi pour se préparer à une élection qui serait tenue avec un autre mode de scrutin.Manifestement, cela ne lui a pas inspiré un grand sentiment d\u2019urgence.La lettre que le DGEQ a adressée le 3 avril à la ministre responsable du dossier, Sonia LeBel, confirme que « cette période de 30 mois correspond au temps minimal requis » et que cela pourrait aller jusqu\u2019à 42 mois, étant entendu que « tout retard ou imprévu sera susceptible de compromettre le succès de cette mise en œuvre ».Même si un projet de loi était présenté à l\u2019Assemblée nationale avant le 1er octobre 2019, comme le premier ministre Legault en a réitéré l\u2019engagement, il ne pourra pas être adopté en deux ou trois mois.Faire en sorte que tout soit prêt pour l\u2019élection d\u2019octobre 2022 semble une mission impossible.M.Legault a beau assurer que « rien n\u2019est compromis », Mme Lebel a été nettement plus prudente.« Le DGEQ est indépendant.C\u2019est la donnée qu\u2019on ne contrôle pas », a-t- elle expliqué, ajoutant : « C\u2019est un virage qui est sérieux, qui est important, on va prendre le temps de bien faire les choses.» Il ne déplairait certainement pas à la CAQ que la prochaine élection soit tenue sous le mode de scrutin actuel, dont l\u2019élection du 1er octobre dernier n\u2019a pu que démontrer l\u2019excellence à ses yeux.Quand la ministre dit qu\u2019il faut « prendre le temps de bien faire les choses », il faut comprendre qu\u2019on va se hâter lentement.Une autre donnée que ne contrôle pas le gouvernement est l\u2019attitude du PLQ.Le pacte que la CAQ, le PQ et QS ont signé il y a un an stipulait que l\u2019appui des libéraux n\u2019était pas nécessaire pour aller de l\u2019avant.Notre système parlementaire accorde toutefois à l\u2019opposition officielle suffisamment de moyens pour faire traîner les choses, et il est impensable de recourir au bâillon pour imposer un tel changement à nos institutions démocratiques.Il est vrai qu\u2019au début d\u2019avril, le PLQ a appuyé une motion présentée par Québec solidaire, qui reprenait les principaux éléments du pacte tripartite, mais il ne s\u2019est pas engagé formellement.Son leader parlementaire, Sébastien Proulx, maintient le contact avec Mme LeBel, mais on ne le dit pas très proactif.Même si le gouvernement Couillard était catégoriquement opposé à toute idée de réforme, les résultats de l\u2019élection du 1er octobre et ceux des récents sondages donnent toutefois matière à réflexion aux libéraux.Il y a beaucoup de votes « perdus » dans les écrasantes majorités que le PLQ recueille dans ses forteresses montréalaises.Un mode de scrutin comportant un élément de proportionnelle lui offrirait une certaine compensation.Au sein même de son parti, Mme Lebel devra convaincre ceux dont les circonscriptions disparaîtront.Sur les dix circonscriptions de la région des Laurentides, toutes remportées par la CAQ, il n\u2019en resterait plus que six.Certains orphelins de circonscription pourraient sans doute être réélus comme « députés de liste », mais chacun sait qu\u2019un tiens vaut mieux que deux tu l\u2019auras.Il y a deux ans, le DGEQ avait provoqué une levée de boucliers en proposant la disparition de la circonscription de Sainte-Marie\u2013Saint-Jacques, représentée par Manon Massé, qui aurait été englobée dans une nouvelle circonscription baptisée Ville-Marie avec une partie substantielle de Westmount\u2013Saint-Louis.Imaginez combien de « communautés naturelles » vont se déchaîner si on abolit cinquante circonscriptions ! Si l\u2019objectif de 2022 semble irréaliste, cela ne devrait pas empêcher de tout faire pour qu\u2019un nouveau mode de scrutin soit en place pour l\u2019élection de 2026.Cela suppose toutefois qu\u2019il soit approuvé par l\u2019Assemblée nationale avant la fin de la présente législature.La conjoncture semble actuellement plus favorable que jamais, mais rien n\u2019assure que ce sera encore le cas après la prochaine élection.Durant la campagne électorale, M.Legault avait écarté l\u2019idée d\u2019un référendum sur la réforme du mode de scrutin.Dans son esprit, l\u2019appui de deux des trois partis d\u2019opposition était suffisant.Curieusement, alors qu\u2019il y a maintenant une possibilité que l\u2019Assemblée nationale soit unanime, il semble avoir changé d\u2019idée.Le gouvernement envisage maintenant d\u2019imiter l\u2019Île-du-Prince-Édouard en profitant de la prochaine élection pour consulter la population par l\u2019ajout d\u2019une question sur le bulletin de vote à la prochaine élection.On peut difficilement contester le bien-fondé d\u2019une telle consultation qui permettrait d\u2019expliquer davantage les tenants et aboutissants de la réforme proposée.Un mode de scrutin « proportionnel mixte compensatoire » n\u2019est pas un concept familier à tous.M.Legault est cependant le premier à savoir que tous les référendums sur une réforme du mode de scrutin tenus ailleurs au Canada ont abouti à son rejet.Il ne faudra pas se surprendre que plusieurs concluent qu\u2019il cherche à noyer le poisson.multiculturalisme.Il est, lui aussi, soustrait à la disposition de dérogation et indique que l\u2019interprétation de la Charte « doit concorder avec l\u2019objectif de promouvoir le maintien et la valorisation du patrimoine multicul- turel des Canadiens ».Le constitutionnaliste Patrick Taillon, qui soutient le projet de loi, doute que ce type d\u2019argumentaire tienne la route.« Ce sont des articles qui sont des dispositions interprétatives, a-t-il expliqué.Donc, depuis toujours, on considère que ces articles-là ne consacrent pas des droits, mais fournissent une indication quant à la manière de les interpréter.» Comme les articles de la Charte qu\u2019ils doivent aider à interpréter \u2014 notamment celui sur la liberté de religion \u2014 ne s\u2019appliqueront pas en raison de la disposition de dérogation, il serait difficile de présenter un tel raisonnement.« Donc, pour que ça marche, il va falloir qu\u2019ils arrivent à convaincre les juges \u2014 pas seulement un, parce que ça va aller d\u2019une instance à l\u2019autre \u2014 que ce qu\u2019on a dit depuis toujours sur les dispositions interprétatives était faux, que ce n\u2019est pas seulement un guide pour interpréter des droits, mais que ce sont des droits eux-mêmes », a ajouté M.Taillon.Droits linguistiques Les commissions scolaires anglophones ont invoqué, à leur tour, un article de la Charte qui leur permettrait de se soustraire à l\u2019application du projet de loi 21.MICHEL DAVID celui posé par Cécile Rousseau, directrice du réseau Recherche et action sur les polarisations sociales (RAPS), mandaté par le ministère de la Santé et des Services sociaux pour intervenir lors de signalements pour radicalisation violente.Elle était aux premières loges lors des débats soulevés par la commission Bouchard-Taylor (2008) et la charte des valeurs du Parti québécois (2013), deux moments où des enquêtes ont mesuré les effets collatéraux individuels, communautaires et collectifs d\u2019une polarisation du discours ambiant.Identité et radicalisation Un des constats les plus préoccupants est celui mis en relief par une étude longitudinale menée par le RAPS en 2015, dans huit cégeps de la région de Montréal, et six autres collèges au Québec en 2017 sur les déterminants de la radicalisation violente.En 2017, une association claire a été établie entre les jeunes se réclamant d\u2019une identité très forte (Québécois d\u2019origine, musulmane, juive ou autre) et leur sympathie à l\u2019égard de mouvements radicaux violents.Ce qui n\u2019était pas le cas en 2015.« On est dans des vases communicants », soutient la chercheuse.En 2014, une autre enquête menée auprès de 400 étudiants de l\u2019UQAM, à majorité d\u2019origine québécoise, notait que le débat sur la charte des valeurs avait stimulé le port de signes religieux chez 10 % d\u2019entre eux.Près du quart se sentaient « moins comme Québécois » après ces débats, et plus attachés au Canada.Les lois peuvent « favoriser ce type de repli identitaire.Il y a là un voyant lumineux », s\u2019inquiète la chercheuse.Elle a vu ce même phénomène lors de son travail effectué auprès de réfugiés.« Après la guerre en Irak, dans certains quartiers, de jeunes filles ont adopté le port du voile.Ça devenait un geste politique plus qu\u2019un signe religieux.Ça a été observé ailleurs dans le monde », explique-t-elle.En 2013, 2015 et 2017, une autre étude sur la violence à l\u2019école a quant à elle mesuré l\u2019incidence de conflits intereth- niques auprès de plus de 50 000 élèves du primaire et du secondaire au Québec.Les premiers rapportaient 2,3 conflits interraciaux ou interreligieux en 2013, comparativement à 3,5 en 2015.« Dans l\u2019après-Trump, cela a aussi été mesuré chez 2000 étudiants.Les conflits de ce type augmentent quand il y a une perception qu\u2019il est légitime d\u2019agresser quelqu\u2019un de différent», dit-elle.Même si le Québec semble moins englué que les États-Unis par les discours polarisés visant les minorités ethniques ou religieuses, il n\u2019est pas à l\u2019abri d\u2019une escalade.« On reçoit de plus en plus de références pour des cas de radicalisation venant du SPVM, des écoles et du système de santé.La lourdeur et la sévérité de cas sont en augmentation.» Plusieurs groupes radicaux de tout acabit gagnent du terrain, dit-elle, il faut être conscient qu\u2019une loi peut influer sur les perceptions et le contexte social.De là à dire que le projet de loi 21 va encourager la radicalisation, il n\u2019y a qu\u2019un pas que la scientifique refuse de franchir.« Non, il ne faut pas faire ce genre d\u2019amalgame.Mais à la lumière de ce que nous savons du passé, il sera d\u2019autant plus primordial que le gouvernement effectue un suivi scientifique serré de l\u2019impact de sa loi.» «[E]n vertu des droits constitutionnels de la communauté anglophone québécoise, tels qu\u2019interprétés par diverses décisions de la Cour suprême et en particulier Mahé c.Alberta, le Québec ne peut interdire les symboles religieux portés par les enseignants et les directeurs dans le réseau des écoles publiques anglophones », a affirmé leur association en commission parlementaire.Elles s\u2019appuient sur l\u2019article 23 qui leur garantit les « droits à l\u2019instruction dans la langue de la minorité ».La Cour suprême a indiqué dans l\u2019arrêt Mahé que les « représentants de la minorité linguistique devraient avoir le pouvoir exclusif de prendre des décisions concernant l\u2019instruction dans sa langue et les établissements où elle est dispensée, notamment [\u2026] le recrutement et l\u2019affectation du personnel, notamment des professeurs ».La réalité est « un peu plus compliquée», selon l\u2019avocat néo-brunswickois Michel Doucet, qui a plaidé à plusieurs reprises pour les droits des minorités francophones devant le plus haut tribunal du pays.« Dans ce cas-ci, on dit que la loi sur la laïcité pourrait porter atteinte à l\u2019affectation et au recrutement du personnel, mais ça ne serait pas aussi simple que ça, a-t-il affirmé.Il faudrait démontrer, effectivement, que ça porte atteinte à la langue et à la culture de la communauté anglophone, que ça empêche [ses écoles] de recruter leur personnel ou d\u2019affecter leur personnel.» « Donc, le simple fait de dire que la loi sur la laïcité peut rendre ça un peu plus compliqué ne serait pas suffisant, a-t-il continué.Il faudrait aller au-delà de ça [\u2026].» Plusieurs fronts risquent tout de même de s\u2019ouvrir après l\u2019adoption du projet de loi du ministre Jolin-Barrette.Le fait que les opposants ne s\u2019entendent pas sur une seule façon de le contester prouve à quel point il sera difficile à attaquer, selon Patrick Taillon.« Le fait qu\u2019il n\u2019y ait pas une forte convergence des opposants vers le même motif de contestation, c\u2019est déjà en soi un indice qu\u2019on avance un peu à tâtons et qu\u2019on essaie des choses », a-t-il remarqué.Le constitutionnaliste anticipe un scénario où, une fois la loi en vigueur, un équilibre s\u2019installerait «par la pratique» dans la société québécoise comme ce fut le cas pour l\u2019affichage unilingue en français à une autre époque.Durant la campagne électorale, M.Legault a écarté l\u2019idée d\u2019un référendum sur la réforme du mode de scrutin.Dans son esprit, l\u2019appui de deux des trois partis d\u2019opposition suffisait.Curieusement, alors qu\u2019il y a maintenant une possibilité que l\u2019Assemblée nationale soit unanime, il semble avoir changé d\u2019idée.Le projet de loi 21 prévoit l\u2019interdiction du port de signes religieux pour certains employés de l\u2019État en position d\u2019autorité, dont les enseignants et les directeurs d\u2019école.PHOTOS VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR À la lumière de ce que nous savons du passé, il sera d\u2019autant plus primordial que le gouvernement effectue un suivi scientifique serré de l\u2019impact de sa loi CÉCILE ROUSSEAU » LEDEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 MAI 2019 PERSPECTIVES B 6 Ce pouvoir reste très vulnérable et finalement très faible.Il est menacé par les Frères musulmans, le groupe État islamique et d\u2019autres groupes politiques extrémistes.C\u2019est un peu comparable à l\u2019ère napoléonienne en Europe après la Révolution française.Ce régime constituait une menace pour les monarchies du continent.L\u2019Arabie saoudite veut donc que l\u2019Iran se soumette à la politique américaine dans la région.Il en va de sa propre survie.Qui sont les alliés de l\u2019Iran alors ?Téhéran n\u2019a pas d\u2019alliés stratégiques.Si tu touches à l\u2019Arabie saoudite ou à Israël, les Américains vont te frapper.L\u2019Iran n\u2019a pas de partenaire semblable.Il n\u2019a que des partenaires tactiques.La Russie peut lui fournir des équipements ou des informations.Mais la Russie comme la Chine ne dira jamais qu\u2019une attaque contre l\u2019Iran serait l\u2019équivalent d\u2019une attaque contre Moscou ou Pékin.L\u2019Iran a tout de même ses capacités asymétriques dans la région avec l\u2019Hezbollah et des milices un peu partout.Ces groupes sont sur la liste de paye des Iraniens.Si tu frappes l\u2019Iran, l\u2019Iran peut riposter en te piquant partout par ces forces asymétriques.Quel développement envisagez- vous à court et moyen termes ?Il y a peut-être des négociations secrètes en cours ou en préparation avec Oman comme intermédiaire.Oman a toujours été le relais entre Téhéran et Washington.Les pourparlers peuvent porter sur les otages ou le trafic de la drogue qui vient d\u2019Afghanistan et passe en Europe, ou sur la stabilisation de l\u2019Irak.Il y a plein de sujets potentiels.L\u2019Iran veut parler.Discuter avec les Américains n\u2019est plus un tabou.Il y a toutefois un problème de confiance.Les Américains ne font pas confiance aux Iraniens et les Iraniens ne font pas confiance aux Américains avec ce qui est arrivé.Les États-Unis ont quitté la table des négociations sur le nucléaire même si neuf rapports montraient que les Iraniens n\u2019ont pas triché.En échange, la population iranienne s\u2019attendait à une amélioration de sa situation.Le contexte a changé.Les États-Unis ont renié cet accord négocié pendant deux ans par un autre gouvernement, comme ils ont dénoncé l\u2019ALENA, comme ils ont quitté l\u2019Accord de Paris, comme ils sont sortis de l\u2019UNESCO, etc.Tension et confusion règnent dans le Golfe persique.L\u2019Iran a cessé, le 8 mai, de respecter certaines obligations balisées par l\u2019accord international sur son programme nucléaire.Les États-Unis ont rappelé leur personnel non essentiel en Irak, intensifié les manœuvres militaires dans la région.Y a-t-il un réel danger de guerre ?Non.Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a dit [cette semaine] que son pays ne cherche pas la guerre avec l\u2019Iran.Le guide suprême de la République islamique, Ali Kha- meni, lui a répondu par écrit qu\u2019il n\u2019y aurait pas de guerre avec les États- Unis.Il semble que Donald Trump ne veut pas s\u2019engager dans un nouveau conflit moyen-oriental comme en Syrie, en Irak ou en Afghanistan qui a déjà coûté 7000 milliards de dollars, une dette qui père lourd sur le Trésor américain.La priorité de Washington maintenant, c\u2019est la Chine, la Russie ou les infrastructures du pays.Tout de même, quelles seraient les conséquences d\u2019un conflit armé ?Une guerre avec l\u2019Iran ne finirait pas parce que la seule issue d\u2019un tel conflit devrait mener à la destruction du régime.Il faudrait anéantir les centres névralgiques, politiques, économiques et militaires du pouvoir tout en trouvant une solution de rechange à ce pouvoir.La première étape sans la deuxième transformerait immanquablement l\u2019Iran en deuxième Syrie avec les vagues de réfugiés, les problèmes de terrorisme.On se retrouverait avec une zone de terreur de l\u2019Afghanistan et du Pakistan jusqu\u2019aux frontières européennes.L\u2019Iran, ce n\u2019est pas la Libye.C\u2019est un grand pays, de la taille du Québec.Y envisager une campagne militaire terrestre semble impensable.Les Américains n\u2019ont pas l\u2019estomac pour embarquer 200 000 soldats dans une telle aventure à l\u2019autre bout du monde où ils savent ce qui les attend.C\u2019est donc clair que la guerre n\u2019intéresse pas les États-Unis.La prochaine élection de Trump serait foutue s\u2019il déclenchait cette guerre, et les alliés de la région, Israël et l\u2019Arabie saoudite, n\u2019ont pas la puissance pour soutenir seuls une longue campagne militaire.Comment alors expliquer l\u2019escalade de menaces ?C\u2019est un jeu politique pour amener l\u2019Iran à se soumettre à la politique étrangère américaine dans la région.Mais l\u2019Iran, ce n\u2019est pas Bahreïn non plus, et y imposer un changement de régime demeure très compliqué.Ce que demandent les États-Unis à ce pays, c\u2019est de ne pas s\u2019allier avec les Russes, d\u2019accepter la politique américaine en Syrie comme au Liban, de devenir un pays comme les autres, comme l\u2019Arabie saoudite ou Israël, dans le giron de l\u2019empire américain.Ce n\u2019est pas rien.Comment en est-on arrivé là ?Depuis le retrait des États-Unis, il y a un an, de l\u2019accord sur le nucléaire iranien négocié en 2015 avec les grandes puissances, le secrétaire d\u2019État Mike Pompeo a imposé douze conditions draconiennes pour négocier une nouvelle entente.L\u2019Iran doit par exemple fermer son réacteur à eau lourde, se retirer de Syrie, cesser son programme de missiles ou arrêter de soutenir des groupes comme le Hezbollah.Selon la perspective iranienne, ces demandes équivalent à une capitulation complète.En échange, l\u2019Iran verrait tomber les sanctions bancaires ou pétrolières.Comme les douze demandes ne sont pas respectées, les Américains ont accentué les pressions pour isoler l\u2019Iran encore plus.Et puis, le mécanisme de troc Instex proposé par l\u2019Allemagne, la France et la Grande-Bretagne pour préserver les relations commerciales avec l\u2019Iran et sauver l\u2019accord de 2015 n\u2019a pas réussi.La menace iranienne est-elle fictive ou réelle ?L\u2019ennemi iranien, l\u2019État terroriste numéro 1 qui déstabilise la région, a été construit par les États-Unis.Peut-être en partie pour renforcer la politique interne de Washington, qui gonfle aussi des menaces autour des gangs de rues d\u2019Amérique centrale.Comment sortir de cette impasse ?L\u2019Iran est un grand pays très difficile à isoler.La paix dans la région est inconcevable sans ce joueur majeur.La paix en Syrie, en Irak ou en Afghanistan est impossible sans l\u2019Iran.Même la stabilisation au Yémen semble impossible sans inclure les Iraniens.L\u2019Iran est un grand pays, avec des ressources financières et un réseau international imposants.Le pays a bâti ses assises depuis la révolution de 1979.On se retrouve avec une situation semblable à celle qui prévalait après la Première et la Deuxième Guerre mondiale.La communauté internationale ne pouvait exclure le Japon et l\u2019Allemagne sans atteindre à la stabilité en Europe ou en Asie de l\u2019Est.Il faut inclure l\u2019Iran, et les Iraniens veulent s\u2019inclure.D\u2019où viennent les blocages alors dans la région ?Les Saoudiens ne veulent manifestement pas de cette inclusion.Le gouvernement d\u2019Arabie saoudite, très paranoïaque, est une monarchie familiale, comme au Koweït ou au Bahreïn.Le professeur Ali G.Dizboni est spécialiste des relations internationales, des questions stratégiques et du Moyen-Orient.Il enseigne au Collège militaire royal du Canada.Propos recueillis par Stéphane Baillargeon.Échos de guerre Les tensions montent entre les États-Unis et l\u2019Iran.Où mèneront-elles ?Q&R axer 100% du stationnement sur rue et hors rue Selon Christian Savard, directeur général de Vivre en ville, la tarification ou les taxes sur les stationnements sont des outils essentiels en matière de développement durable.« Facturer le coût réel des stationnements fait partie des mesures pour arrêter de subventionner l\u2019automobile », dit-il.Depuis 2010, Montréal taxe les stationnements du centre-ville, mais cette mesure devrait être étendue à un plus large territoire, croit-il.Gérard Beaudet, professeur à l\u2019École d\u2019urbanisme et d\u2019architecture de paysage de l\u2019Université de Montréal, prévient qu\u2019une taxation systématique des places de stationnement peut avoir des effets indésirables, comme pénaliser un propriétaire qui a une case de stationnement sur son terrain, mais qui utilise très peu sa voiture.Taxer l\u2019entrée au centre-ville Il s\u2019agit là d\u2019une fausse bonne idée, avance Christian Savard.Cette mesure très « montréalocentrée » fait fi de l\u2019attrait du 450.« La plupart des experts estiment qu\u2019une taxe au centre-ville, c\u2019est bon pour Londres ou pour New York, mais cela pourrait être désastreux pour la compétitivité d\u2019une ville comme Montréal, dit-il.Je suis favorable à des mesures d\u2019écofiscalité comme le péage, mais ça devrait s\u2019appliquer sur l\u2019ensemble d\u2019une région.» Déminéraliser 10 % des rues La réduction de la superficie des rues est une bonne idée, mais elle est difficilement envisageable dans les quartiers centraux de Montréal, croit Gérard Beaudet.« Mais partout où on peut réduire la surface des chaussées, fai- sons-le.» Christian Savard estime pour sa part que 10 %, « c\u2019est tout à fait raisonnable ».Selon les données de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), le réseau routier occupe 7994 hectares, soit 21,8 % du territoire montréalais.Acquérir et démolir les maisons en terrains inondables La CMM estime à entre 1,7 et 2 milliards la valeur immobilière des propriétés qui se trouvent dans des zones inondables (selon les cartes actuelles).En raison des coûts, il vaudrait mieux envisager des solutions adaptées à chaque cas, dit Gérard Beau- det : « Les digues ne sont pas une réponse.Le premier principe devrait être qu\u2019on ne construit pas dans les zones inondables.» Faire du lobbying pour taxer les vols aériens et taxer la viande « M.Fer- randez ne maîtrise pas tout à fait le principe selon lequel il faut taxer la source de la pollution, c\u2019est-à-dire la consommation d\u2019essence », avance Michel Poitevin, professeur au Département de sciences économiques de l\u2019Université de Montréal.Ainsi, ex- plique-t-il, mieux vaut taxer l\u2019essence utilisée par les avions que de taxer les vols eux-mêmes : « En taxant l\u2019essence, on incite les fabricants d\u2019avions à développer des appareils peu énergivores, ce qui serait impossible si on taxait les vols.» Bloquer la spéculation au centre- ville en réduisant les hauteurs permises Du point de vue environnemental, les constructions en hauteur comportent des avantages : « La densité urbaine, contrairement à l\u2019étalement urbain, pollue peu.Les gens utilisent peu leur voiture, signale Michel Poitevin.Donc, au contraire, il faut augmenter la hauteur des édifices \u2014 et pas seulement au centre-ville \u2014, ce qui augmentera l\u2019offre de logements et aura un effet à la baisse sur les prix.» Taxer les déchets Hausser les redevances sur l\u2019élimination des déchets pour les faire passer d\u2019environ 22 $ la tonne à 60 $ la tonne serait un pas dans la bonne direction, estime Karel Mé- nard, directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets.« Ça vise à décourager l\u2019enfouissement ou l\u2019incinération.» Mais les coûts de production de la pollution devraient être pris en compte de façon plus globale, selon lui.« Il n\u2019est pas normal que les producteurs puissent mettre en marché des objets de plastique jetables.Ça devrait être interdit, ou coûter très cher », dit-il.Réinventer le recyclage et la consigne Karel Ménard mentionne qu\u2019il faudrait plutôt de parler « récupération » plutôt que de « recyclage ».Mais au- delà de cette précision sémantique, il est en total accord avec Luc Ferrandez.Tout ce domaine est à repenser.La crise qui a frappé les centres de tri force une réflexion.Plutôt que s\u2019acharner sur le même modèle dysfonctionnel et investir davantage dans les centres de tri, il vaudrait mieux s\u2019attarder à la mise en marché de produits qui ne sont pas recyclables et se préoccuper davantage des marchés étrangers où les matières récupérées sont acheminées, explique M.Ménard : « Plus de 60 % de ce qu\u2019on récupère va à l\u2019étranger, en Asie principalement.Ce ne sont pas des pays qui sont réputés pour avoir des règles environnementales très sévères.» Dans son message de démission publié plus tôt cette semaine, le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, a dressé la liste des gestes à poser pour répondre adéquatement à l\u2019urgence climatique.Ces actions peuvent coûter des votes, a-t-il prévenu, mais sont-elles réalistes ?Le Devoir a demandé à des experts d\u2019y regarder de plus près.JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR ENVIRONNEMENT Le plan Ferrandez sous la loupe T La mairesse de Montréal, Valérie Plante, aux côtés du maire démissionnaire de l\u2019arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, en février 2018 GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Le président iranien, Hassan Rohani, en octobre 2018 AGENCE FRANCE-PRESSE Le président américain, Donald Trump, en avril dernier BRENDAN SMIALOWSKI AGENCE FRANCE-PRESSE Les œuvres d\u2019art semblent aider les personnes autistes à apprivoiser les visages humains.C\u2019est du moins ce qui ressort d\u2019une recherche visant à étudier comment les adultes autistes présentant un syndrome d\u2019Asperger perçoivent les œuvres d\u2019art.L\u2019étude réalisée au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) a également cherché à savoir si la participation à des ateliers inspirés de l\u2019art-thérapie modifiait leur façon d\u2019aborder les œuvres d\u2019art.Dans un premier temps, les chercheurs ont présenté à des personnes vivant avec un trouble du spectre de l\u2019autisme et à des personnes neuroty- piques âgées de 18 à 50 ans deux catégories de tableaux : d\u2019une part, des tableaux ayant un contenu social, car on y trouvait un être humain dans une situation susceptible d\u2019induire une émotion telle que le dégoût, la frustration ou la colère, et d\u2019autre part, des tableaux plus neutres, comme des natures mortes sans personnage.À l\u2019aide d\u2019un système de capture du regard composé de caméras, ils ont enregistré la façon dont les participants, autistes et neurotypiques, regardaient l\u2019œuvre pendant les 15 premières secondes d\u2019observation.En indiquant où la personne regardait et à quel moment elle le faisait, ce système a permis aux chercheurs de savoir si les autistes recherchaient l\u2019information qui leur semblait pertinente au même endroit que les neurotypiques.Visages Les chercheurs avaient comme hypothèse de base que les autistes ne regardaient pas les œuvres ayant un contenu social de la même manière que les neurotypiques en raison de leurs problèmes d\u2019interaction sociale, de perception, d\u2019expression et de régulation des émotions.Toutes les études antérieures effectuées avec des photographies ou des scènes de la vie réelle avaient en effet montré que, contrairement aux neurotypiques, les autistes tendent à éviter de regarder les visages.Inversement à ce qui était attendu, les mesures ont révélé que les autistes passaient autant de temps à examiner le visage du personnage représenté dans le tableau que les neurotypiques.«Comme une œuvre d\u2019art est une représentation abstraite de la réalité, les autistes regardent les mêmes régions, y compris les éléments sociaux comme les visages, que les neurotypiques », explique Bruno Wicker, chercheur invité au Département de psychologie de l\u2019Université de Montréal qui a mené l\u2019étude avec l\u2019étudiante à la maîtrise Audrey Charlebois.Cela corrobore un peu cette idée voulant que quand l\u2019information sociale est abstractisée, par exemple quand une photo est devenue un dessin, elle est plus digeste pour les autistes, et c\u2019est moins intimidant pour eux qu\u2019une vraie personne.«C\u2019est pourquoi ils abordent le tableau de la même manière que les personnes neurotypiques.Il est bien connu que les personnes autistes n\u2019ont pas de problèmes à utiliser des pictogrammes, par exemple, qui sont des éléments schématiques et dessinés d\u2019informations sociales, alors que quand il s\u2019agit d\u2019élément de la vie réelle, elles ont plus de mal.» Stratégie différente Les chercheurs ont toutefois remarqué que les autistes exploraient les œuvres à contenu social selon une chronologie différente, ce qui ne fut pas le cas lors de l\u2019observation des œuvres sans référence sociale, comme les paysages et les natures mortes.Dans ce dernier cas, aucune différence n\u2019a été décelée entre les deux groupes de participants dans la manière de regarder ces œu- vres à contenu neutre.Alors que les neurotypiques posent le regard en tout premier lieu sur le visage «parce que, pour eux, il s\u2019agit de l\u2019information la plus pertinente », les autistes ne visent pas le visage tout de suite et s\u2019intéressent plutôt à autre chose, comme un détail de la scène.« Ils vont regarder le visage ensuite dans les 15 secondes et vont passer autant de temps dessus que les neurotypiques, mais pas SCIENCE B 7 LEDEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 MAI 2019 PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Orienter le regard des personnes autistes Au contact de l\u2019art, les personnes vivant avec un trouble du spectre de l\u2019autisme modifient leur perception des autres PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Il n\u2019existe actuellement aucun traitement permettant de guérir le trouble du spectre de l\u2019autisme.On peut toutefois pratiquer des interventions qui viseront à en atténuer les symptômes, les particularités et les comportements problématiques, ou à favoriser le développement du langage et de la communication, de l\u2019autonomie et du fonctionnement adaptatif.Pour le moment, tout cela se fait essentiellement à l\u2019aide d\u2019interventions comportementales, résume le psychiatre Baudouin Forgeot d\u2019Arc, chercheur au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine et codirecteur médical du Centre intégré du réseau en neu- rodéveloppement de l\u2019enfant (CIRENE).Ces interventions comportementales se font avec un professionnel, ou par les parents avec les jeunes enfants.On renforce certains comportements des parents qui favorisent la socialisation des enfants, notamment par la méthode PACT (parent-mediated social communication therapy for young children with autism) qui a été décrite dans la revue The Lancet en 2016.« L\u2019idée est de développer chez les parents des comportements de synchronie vis-à-vis de leur enfant, car se synchroniser est un bon moyen de développer une relation et la communication avec quelqu\u2019un », explique le Dr Forgeot d\u2019Arc, qui est aussi professeur à l\u2019Université de Montréal.Dans un premier temps, on filme comment les parents réagissent au comportement de leur enfant pendant une interaction avec lui.Lors du visionnement, on leur souligne les moments où ils arrivaient à se synchroniser avec ce que faisait l\u2019enfant.« On s\u2019est rendu compte que cette méthode avait un impact même à long terme sur le développement, probablement parce qu\u2019on facilite le fonctionnement des enfants dans leur milieu familial », affirme le spécialiste.Mais « l\u2019enjeu n\u2019est pas juste de changer la façon dont les personnes autistes sont, il faut aussi changer la façon dont elles ont accès à la société.Il y a tout un volet d\u2019adaptation et d\u2019intégration qui passe par l\u2019ouverture à la diversité dans la société », souligne le chercheur.Les médicaments sont une autre voie Peut-on traiter l\u2019autisme ?qui est explorée.Mais pour l\u2019instant, il n\u2019y a pas de médicaments autorisés pour traiter les symptômes autistiques en tant que tels, et donc qui permettraient d\u2019améliorer la communication et de diminuer les comportements répétitifs, malgré de nombreuses tentatives d\u2019en développer.On a recours à des médicaments principalement pour traiter les symptômes associés.Par exemple, il y a deux antipsychotiques qui sont autorisés pour traiter l\u2019irritabilité.« Il est souvent difficile de distinguer ce qui relève d\u2019un besoin d\u2019adaptation de la personne et de son milieu, de ce qui relève plutôt d\u2019un trouble à part entière pour lequel une médication serait pertinente», précise le Dr Forgeot d\u2019Arc.« Une personne autiste peut être anxieuse parce qu\u2019elle a peu de moyens de comprendre son environnement ou de communiquer avec lui, et à ce moment-là, l\u2019enjeu est peut-être plus d\u2019améliorer le fonctionnement de son environnement et les moyens de communiquer avec elle.Mais elle peut aussi souffrir d\u2019un véritable trouble anxieux comme on en rencontre chez les personnes non autistes qui ont tendance à réagir par une anxiété excessive à toute situation, auquel cas les médicaments peuvent faire partie de l\u2019intervention.C\u2019est à déterminer au cas par cas pour voir si l\u2019intervention médicamenteuse est la plus appropriée », explique-t-il.Les chercheurs ont présenté à des personnes vivant avec un TSA et à des personnes neurotypiques deux catégories de tableaux : des tableaux ayant un contenu social, car on y trouvait un être humain, et des tableaux plus neutres, comme des natures mortes sans personnage.En haut : Fernand Pelez, Gamin des rues, 1880.En bas : Jan Davidsz.de Heem, Nature morte de banquet avec vue sur un paysage, vers 1645.DENIS FARLEY MBAM / CHRISTINE GUEST MBAM au même moment.C\u2019est tout à fait cohérent avec ce que l\u2019on connaît des autistes, qui n\u2019accordent pas un traitement privilégié aux informations sociales », souligne Bruno Wicker, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), en France.« Le fait que les autistes ne posent pas le regard sur le visage en premier lieu, comme le font les neurotypiques, pourrait expliquer pourquoi ils n\u2019arrivent pas à adapter leur comportement suffisamment vite dans la vie quotidienne, car ils accusent ainsi un retard dans le traitement de l\u2019information émotionnelle et sociale, qui est celle qui est la plus importante pour adapter nos comportements de manière adéquate », fait remarquer le neuroscientifique.Ateliers À la suite de cette première prise de mesures, les participants ont participé à dix semaines d\u2019ateliers inspirés de l\u2019art-thérapie, à raison de deux heures d\u2019atelier par semaine.Les ateliers se divisaient en une heure de visite du musée en présence d\u2019un guide qui expliquait ce que les artistes avaient voulu exprimer par leur œuvre, suivie d\u2019une heure de création en groupe où les participants réalisaient eux-mêmes une peinture ou une sculpture, explique Louise Giroux, responsable des programmes éducatifs au MBAM.Les ateliers ont modifié la façon de regarder les œuvres, mais leur effet s\u2019est avéré différent pour chacun.« Les participants n\u2019observaient plus les œuvres de la même manière, mais chacun avait un pattern d\u2019observation de l\u2019œuvre qui avait été influencé de manière unique, et ce, même chez les neu- rotypiques.Notre hypothèse était qu\u2019on allait normaliser le regard des autistes en les exposant à l\u2019art.En fait, ils ne se normalisent pas, ils ne deviennent pas plus neurotypiques qu\u2019avant, l\u2019effet est individuel.Ce qui est bien parce qu\u2019on ne cherche pas nécessairement à les normaliser », commente M.Wicker.Réaction émotionnelle Les chercheurs ont également demandé aux participants de décrire les émotions qu\u2019ils ressentaient lorsqu\u2019ils regardaient les œuvres pour la première fois, ainsi qu\u2019après la série d\u2019ateliers.Les données sur la réaction émotionnelle sont en cours d\u2019analyse.«Nous cherchons à voir s\u2019il y a des corrélations entre le regard et la résonance émotionnelle.On s\u2019attend à voir une augmentation de la réaction affective aux œuvres à la suite des ateliers, et ce, autant chez les autistes que chez les neurotypiques.On imagine que, comme on leur a expliqué ce que l\u2019artiste a voulu exprimer dans son œuvre, le ressenti sera mieux construit, l\u2019expérience sera plus affective qu\u2019elle ne l\u2019était avant », avance M.Wicker, qui espère poursuivre l\u2019étude avec «des sculptures, qui, en raison de leurs trois dimensions, provoqueront peut-être une perception différente».Ces résultats préliminaires ont été présentés au congrès de l\u2019International Society for Autism Research (INSAR) qui a eu lieu du 1er au 4 mai, à Montréal. LEDEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 MAI 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin es gouvernements Trudeau et Legault ont signé une entente administrative en vue de la nomination du prochain juge du Québec à la Cour suprême.Même si le premier ministre canadien gardera la main haute sur cette nomination comme l\u2019édicte l\u2019irréformable Constitution, le premier ministre québécois lui soumettra un nom ou une courte liste de noms avec sa préférence au terme d\u2019une procédure de sélection à laquelle le Québec sera formellement associé.Pour la première fois, Québec nommera deux membres sur huit du Comité consultatif indépendant chargé de fournir une liste de trois à cinq candidats pour remplacer le juge Clément Gascon, qui prend sa retraite le 15 septembre prochain.En outre, au moins trois autres membres du Comité, présidé par l\u2019ex-première ministre Kim Campbell, doivent provenir du Québec.Auparavant, le Comité ne répondait qu\u2019au premier ministre canadien, qui pouvait consulter, ou non, son homologue au terme d\u2019un processus caractérisé souvent par son opacité.Pour représenter le Québec dans ce comité, la ministre de la Justice, Sonia LeBel, a jeté son dévolu sur la vice-rectrice de l\u2019Université Laval, la constitutionnaliste Eugénie Brouillet, auteure de La négation de la nation.L\u2019identité culturelle québécoise et le fédéralisme canadien.C\u2019est un choix judicieux, et on peut croire qu\u2019elle veillera au grain.Le professeur de sociologie de l\u2019Université du Québec à Montréal Joseph Yvon Thériault, auteur de plusieurs ouvrages sur les minorités francophones au Canada, l\u2019accompagnera.Une fois la liste remise aux ministres de la Justice des deux ordres de gouvernement, on procédera de part et d\u2019autre à des consultations.Pour le Québec, c\u2019est une première : la ministre Sonia LeBel demandera notamment l\u2019avis de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, du Barreau du Québec, des doyens des facultés de droit et des députés de l\u2019opposition de l\u2019Assemblée nationale.Après ces consultations de nature confidentielle, François Legault transmettra sa recommandation à Justin Trudeau.La ministre LeBel a qualifié cette entente d\u2019« historique » et de « précé- dent extrêmement important ».Nous sommes d\u2019accord.Le premier ministre, et c\u2019est de bonne guerre, est moins enthousiaste : il estime que l\u2019entente, « ce n\u2019est pas l\u2019idéal ».Or l\u2019idéal, dans la geôle constitutionnelle canadienne, c\u2019est en quelque sorte l\u2019inaccessible étoile.Certes, Simon Jolin-Barrette, alors porte-parole du deuxième groupe de l\u2019opposition en matière de justice, avait présenté, en 2016, le projet de loi 591 établissant « un cadre juridique servant d\u2019assise constitutionnelle » et voulant que l\u2019Assemblée nationale, à la majorité des trois quarts, approuve une liste de trois candidats pour occuper un siège vacant de juge de la Cour suprême pour le Québec.La proposition avait le désavantage de soumettre les candidats à un ballottage politique et, ainsi, de briser la confidentialité qui entoure au Canada le processus de nomination.Il n\u2019est pas sûr que l\u2019adoption d\u2019une procédure à l\u2019américaine et la politisation de la nomination soient dans l\u2019intérêt de la justice.Qui plus est, changer le mode de nomination des juges de la Cour suprême requiert une modification constitutionnelle selon la formule qui exige l\u2019approbation de sept provinces représentant 50 % de la population canadienne, du Sénat et de la Chambre des communes.C\u2019est tout à fait illusoire ; cette formule n\u2019a jamais trouvé d\u2019application.Comme le dirait Pierre Elliott Trudeau, la Constitution canadienne est faite pour durer 1000 ans.Le premier ministre canadien, même s\u2019il le voulait, ne peut donc pas renoncer à sa responsabilité de nommer les juges de la Cour suprême.Mais en vertu de cette entente administrative, non seulement le Québec aura son mot à dire dans la confection de la courte liste, mais le premier ministre du Québec pourra manifester son insatisfaction si jamais son homologue décide d\u2019ignorer sa recommandation.Il y aurait donc pour ce dernier un prix politique à payer.C\u2019est sans doute le plus loin qu\u2019on pouvait aller sans s\u2019exposer à des contestations judiciaires de la part des Keith Henderson de ce monde.On ne saurait minimiser l\u2019importance, pour la nation québécoise, de ses juges à la Cour suprême.Comme l\u2019écrivait le plus haut tribunal dans l\u2019arrêt Nadon, il importe de « garantir une expertise en droit civil et la représentation des traditions juridiques et des valeurs sociales à la Cour » et de « renforcer la confiance du Québec envers la Cour ».Et si François Legault voulait tendre vers l\u2019idéal, il demanderait à sa ministre de la Justice de remédier à une anomalie coloniale en négociant pareille entente pour la nomination des juges à la Cour d\u2019appel du Québec et, pourquoi pas, à la Cour supérieure.Véronique Grenier Enseignante de philosophie et autrice Ça fait plusieurs jours que je « regarde ça aller ».Les nouvelles apparaissent sur l\u2019écran de mon téléphone et, chaque fois, le ventre me sert.Indiana.Géorgie.Alabama.Missouri.La liste des États américains qui cherchent à criminaliser fortement l\u2019avortement \u2014 autant ceux et celles qui le pratiquent que celles qui le vivent, selon le cas \u2014 s\u2019allonge, et il semble qu\u2019on soit en droit de craindre que Roe c.Wade soit contesté et peut- être infirmé, si tout cela se rend à la Cour suprême.C\u2019est une surprise qui n\u2019en est pas vraiment une.Ça reste une chose à laquelle je préférais ne pas assister, un droit pour lequel je souhaitais ne pas avoir à me battre.Que nous n\u2019ayons collectivement pas à nous mobiliser, encore, pour lui.À craindre jusqu\u2019ici, au Canada, encore pour lui.Parce que la menace plane, aussi, pour Climat : qui veut laisser des miettes aux naufragés de l\u2019avenir ?Tout au cours de l\u2019histoire, les indifférences de la majorité ont donné un blanc-seing à toutes sortes d\u2019atrocités ou d\u2019injustices faites au nom de principes supérieurs (religion, cité, nation, liberté ou démocratie) destinés à blanchir la conscience collective.Ce qui fait mal dans la prise de parole des jeunes sur le climat, c\u2019est qu\u2019ils nous jettent notre apathie en plein visage sans que nous puissions nous retrancher derrière la noblesse d\u2019une quelconque raison.Nous savions Il convient de rétablir les faits.Nous savions.Pas seulement depuis le Sommet de Rio de 1992, mais publiquement depuis les années 1970 : « Halte à la croissance » (chercheurs du MIT à la demande du Club de Rome, 1970) ; « Inadvertent Climate Modification » (SMIC, 1971) ; « Small Is Beautiful » (E.F.Schu- macher, 1973).Sans compter tous les écrits qui ont traité de l\u2019impact des activités humaines sur le climat depuis près de 80 ans : Hermann Flohn (activités humaines et changement climatique, 1941) ; E.Hutchinson (déforestation et Cauchemar américain LIBRE OPINION LETTRES JUGE À LA COUR SUPRÊME Importante avancée pour le Québec L ÉDITORIAL B 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu nous.De Beauvoir a un jour écrit : « N\u2019oubliez jamais qu\u2019il suffira d\u2019une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question.Ces droits ne sont jamais acquis.Vous devrez rester vigilantes votre vie durant.» Citation qui vaut pour les droits de chaque minorité, chaque groupe opprimé ayant subi les affres et abus de la majorité, la classe dominante, celle qui pense que sa perception et son vécu du monde valent pour l\u2019ensemble.Une vie de vigilance, donc.C\u2019est à cela que nous ramène la présente situation.Une vie de combats, de luttes, de craintes, de frustrations.Une vie à devoir se répéter et se justifier.À faire valoir, dans le cas présent, que le corps des femmes et la liberté de ces dernières d\u2019en disposer comme elles l\u2019entendent ne peuvent être la prérogative d\u2019hommes, essentiellement, qui n\u2019ont pas d\u2019utérus, ne connaissent quasi rien de la grossesse, de l\u2019accouchement ni de tout ce qui s\u2019en suit.Et qui ne semblent pas souhaiter tenir compte de cette réalité qui leur échappe dans leur prise de décision.Ni même de la biologie, si on pense à John Becker, représentant de l\u2019Ohio, qui croit qu\u2019un embryon, lors d\u2019une grossesse ectopique, se « replace dans l\u2019utérus », pour ne nommer que lui.Bref.Ces hommes vont réduire la vie de certaines femmes à une vie de violence.Celle de la grossesse obligée.Celle de l\u2019avortement clandestin avec tous les risques que cela comporte.Celle financière des coûts associés à la grossesse, à l\u2019accouchement, aux enfants ; c\u2019est loin d\u2019être l\u2019ensemble des Américaines et Américains qui ont accès à des assurances, et le congé parental n\u2019équivaut en rien au nôtre.Celle de ne pas avoir pu choisir.Celle d\u2019avoir été niée, finalement.Et donc, je regarde cela aller.Triste témoin de l\u2019histoire.Je suis désolée de ne pouvoir être qu\u2019une spectatrice de ce qui se profile, se réalisera, peut-être.De mesurer l\u2019ampleur de mon impuissance.Parce que c\u2019est loin, parce que ça déboule, parce que ce sont des enjeux de lois, parce que je ne sais pas trop quoi faire ni comment le faire.À part écrire.J\u2019aimerais éviter d\u2019avoir un moment « Stefan Zweig » qui, dans son testament intellectuel Le Monde d\u2019hier, fait état justement de ce à quoi il a assisté, de ce qu\u2019il a vu apparaître et s\u2019installer, dans l\u2019Europe du début du XXe siècle.Et pour lequel il a éprouvé une vive désespérance.Depuis quelque temps, on voit souvent des pancartes qui demandent à ce que Orwell, Huxley ou Atwood redeviennent de la fiction.J\u2019ai ce souhait.Il serait bien que le cauchemar américain ne soit qu\u2019un possible que nous ayons frôlé parce que nos vigilances auront trouvé les moyens d\u2019agir.Encore une fois.Ces hommes vont réduire la vie de certaines femmes à une vie de violence.Celle de la grossesse obligée.Celle de l\u2019avortement clandestin avec tous les risques que cela comporte.Celle financière des coûts associés à la grossesse, à l\u2019accouchement, aux enfants [.].Celle de ne pas avoir pu choisir.Celle d\u2019avoir été niée, finalement.ROBERT DUTRISAC Est-il trop tard ?Oui, peut-être.Mais peut-on en vouloir à certains de ne pas se résigner ?Est-il illégitime que les naufragés de l\u2019avenir demandent des comptes à ceux qui les ont précédés et qu\u2019ils leur enjoignent de prendre toutes les mesures qui sont encore en leur pouvoir afin de laisser quelques miettes aux générations futures ?Gérard Verger Montréal, le 14 mai 2019 augmentation du CO2, 1954)\u2026 Nous sommes responsables L\u2019ignorance, la myopie ou l\u2019aveuglement ne sont pas des excuses.Nous sommes tous responsables: hommes politiques, grands commis d\u2019institutions publiques nationales et internationales; chefs d\u2019entreprise, multinationales ou pas, et Nous.Nous qui avons élu les premiers (du moins dans les pays dits démocratiques) et qui avons laissé faire les autres.Nous avons tous notre part de responsabilité.Nous avons fermé les yeux parce que cela faisait notre affaire.Nous avons tous essayé de profiter d\u2019un système \u2014 certains plus que d\u2019autres (La mondialisation de l\u2019inégalité, F.Bourguignon, Seuil, 2012) \u2014 en oblitérant volontairement les conséquences de nos choix.L\u2019ardoise et le déni Nier notre responsabilité collective et individuelle dans la catastrophe qui s\u2019en vient en se défaussant sur un «système», sur les méchants capitalistes, sur une prétendue ignorance n\u2019est qu\u2019une pirouette morti- fère.Pas pour ceux dont la gloutonnerie ou l\u2019immobilisme ont précipité l\u2019humanité au bord du gouffre.Ceux-là (Nous) vont crever le ventre plein ou avec le regret de ne pas l\u2019avoir rempli de leur vivant.Mais les autres, les Greta Thunberg de ce monde, vont hériter des conséquences de nos actes: disparition des espèces, chamboulements climatiques, bombe sanitaire due au réchauffement du pergélisol\u2026 Ne touchez pas aux enfants ! L\u2019émérite sociologue Guy Rocher, du haut de son expérience de 95 ans de vie, vient nous rappeler le plus important au sujet du projet de loi sur la laïcité : les enfants.Je suis surpris que d\u2019autres n\u2019en aient pas parlé davantage, notamment messieurs Taylor et Bouchard (de la commission Bouchard-Taylor).Enfin, on parle des enfants.La laïcité est la meilleure garantie pour leur liberté de conscience.On interdit aux fonctionnaires et aux professeurs de porter des symboles des partis politiques, alors je ne vois pas pourquoi on ferait une faveur aux religions en permettant le port de leurs symboles.Alors, qu\u2019on ne touche pas aux enfants, qu\u2019on les laisse tranquilles avec nos idéologies, quelles qu\u2019elles soient ! David Doyon Québec, le 14 mai 2019 B 9 IDÉES LEDEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 MAI 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Laurie Beaudonnet Directrice scientifique du Centre Jean Monnet, Université de Montréal Frédéric Mérand Directeur du Centre d\u2019études et de recherches internationales de l\u2019Université de Montréal (CERIUM) Contrairement au secrétaire général de l\u2019ONU, le président de la Commission européenne possède une véritable légitimité démocratique.En 2014, pour la première fois, les citoyens européens se sont prononcés à travers le processus des Spitzenkandidaten, ou têtes de liste.Selon un accord tacite entre les partis et les gouvernements, l\u2019ex-pre- mier ministre luxembourgeois Jean- Claude Juncker est devenu le président de l\u2019exécutif européen parce qu\u2019il avait mené le Parti populaire européen (PPE), conservateur, à la victoire.Des Spitzenkandidaten peu connus Cette année encore, les deux principaux partis européens présentent leurs « têtes de liste », candidates à occuper la fonction suprême : le Bavarois Manfred Weber pour le PPE et le Néerlandais Frans Timmermans pour les sociaux-démocrates.Le processus rassemble plus largement qu\u2019en 2014 puisque 7 formations politiques européennes présentent des candidats, contre 5 lors des élections précédentes.Même les eurosceptiques et l\u2019extrême droite ont désigné leur candidat à une fonction qu\u2019ils rejettent.Pourtant, il n\u2019est pas du tout certain que le suspense des Spitzenkandidaten conserve la légitimité démocratique qui en faisait l\u2019intérêt et l\u2019originalité.En effet, la nomination du président ou de la présidente dépend des États membres, qui doivent « tenir compte du résultat des élections », mais ne sont pas formellement obligés de nommer la tête de liste.Or, Emmanuel Macron a annoncé qu\u2019il ne respecterait pas un processus qu\u2019Angela Merkel ne soutenait déjà que du bout des lèvres en 2014.Ajoutons que Weber et Timmermans sont relativement inconnus, le premier n\u2019ayant même jamais exercé de fonctions exécutives.Force est alors de conclure que l\u2019expérience d\u2019une majorité parlementaire transnationale qui dicte sa volonté aux chefs de gouvernement a du plomb dans l\u2019aile.Un subtil équilibre Ceci ouvre la porte à des candidatures externes : on pense à l\u2019ex-ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier, le négociateur du Brexit ; à la commissaire Margaret Vestager, ex- ministre libérale danoise qui aurait inspiré la série télévisée Borgen ; à l\u2019Italien Antonio Tajani, le président berlusco- niste du Parlement européen ; ou en- UNION EUROPÉENNE Un futur président moins légitime ?core à Christine Lagarde, la directrice du FMI.Dans ce qu\u2019on appelle le « grand mer- cato », un subtil équilibre devra être trouvé entre, d\u2019une part, la nationalité et la famille politique du ou de la présidente et, d\u2019autre part, l\u2019identité « na- tionale-politique » des candidats aux autres postes importants dans l\u2019UE : le Conseil européen, la Banque centrale européenne, le Service européen pour l\u2019action extérieure, etc.Dans ce marchandage entre gouvernements, les règles sont connues.Il ne peut y avoir deux postes importants attribués au même pays.Les socialistes doivent en obtenir au moins un.Le sud et l\u2019est ne peuvent être délaissés et, idéalement, il faudrait aussi une femme dans une des fonctions.Pour compliquer les choses, la France a l\u2019habitude d\u2019exiger la connaissance du français.Droit de veto du Parlement Une fois que les tractations entre les chefs de gouvernement auront abouti à un nom pour la Commission, le ou la candidate devra tout de même obtenir le soutien du Parlement.Trois scénarios sont possibles.Le premier scénario est celui d\u2019une « grande coalition » entre le PPE, le Parti socialiste européen et les libéraux, comme en 2014.Les conservateurs et les socialistes étant en perte de vitesse, cette coalition sera nécessairement réduite, mais pourrait être suffisante pour approuver un candidat « traditionnel ».Avec son profil de conservateur modéré sensible aux enjeux écologiques, Michel Barnier serait alors un président tout indiqué.À moins que les libéraux, renforcés par leur alliance avec Emmanuel Macron, n\u2019imposent Margaret Vestager en guise de compromis.Le deuxième scénario est celui d\u2019une majorité de droite.Déjà, Silvio Berlus- coni organise son retour en appelant à une alliance de la droite traditionnelle, le Parti populaire européen, avec l\u2019extrême droite.Sans aller jusque-là, un candidat comme Tajani, proche de Berlusconi, aurait le mérite de provenir d\u2019une droite qui connaît bien le fonctionnement des institutions européennes.Qui sait, le Spitzenkandidat Manfred Weber pourrait, à la faveur d\u2019un résultat concluant pour le PPE, aussi se hisser à la plus haute fonction.Le troisième scénario, dont les probabilités ne sont pas nulles, est celui d\u2019un blocage.Si les partis traditionnels n\u2019arrivent pas à s\u2019entendre face aux partis eurosceptiques, auxquels on prédit 25 % des sièges, la nomination du président, et donc l\u2019entrée en fonction de la Commission européenne, serait retardée au-delà de la date prévue du 1er novembre 2019.La crise serait alors ouverte dans une Europe bousculée par la montée des nationalistes.Jean-Pierre Proulx Journaliste et professeur retraité On discute largement du projet de loi 21 sur le plan des principes et des valeurs.Mais on doit aussi en débattre à partir d\u2019un autre point de vue, soit celui de la prudence.Elle est cette vertu qui nous fait prendre nos décisions en fonction des effets prévisibles, heureux ou malheureux de celles-ci.Deux philosophies politiques s\u2019affrontent dans l\u2019actuel débat nonobstant leur accord sur les droits et libertés de la personne.L\u2019une est chérie par le Canada anglais et une partie du Québec, surtout non francophone.L\u2019autre l\u2019est par l\u2019actuel gouvernement de la CAQ et par une majorité de Québécois, majoritairement francophones.La première met à l\u2019avant-plan l\u2019individu dans une perspective multiculturelle ; l\u2019autre privilégie l\u2019État dans une perspective dite républicaine.On pourrait évidemment discuter de leur valeur morale respective.Mais ce n\u2019est pas l\u2019objet du présent article.Mais il n\u2019y a pas que les principes et les valeurs.La situation concrète où ils sont vécus, personnellement et collectivement, marque singulièrement le conflit actuel, et surtout le rend complexe et ambigu.Ainsi en est-il de la dimension politique.Elle met en concurrence le pouvoir constitutionnel dont le Canada anglais se fait le promoteur passionné, contre le pouvoir que revendique le Québec sur son destin en tant que société distincte.Elle se vit aussi à travers la culture des Québécois d\u2019origine canadienne-fran- çaise.Celle-ci est particulièrement bousculée par la tradition religieuse musulmane, vue comme une menace à leur culture.Cette menace se cristallise autour du port voile islamique.Le slogan populaire : « S\u2019ils viennent ici, qu\u2019ils fassent comme nous », traduit bien ce malaise.On observe encore une profonde transformation de la situation religieuse depuis les années 1960.Dorénavant sécularisés, les Québécois se sont éloignés de la pratique religieuse.Ils sont majoritairement indifférents, voire hostiles envers les enseignements, surtout moraux, de leur Église.On ne veut voir la religion que dans l\u2019espace privé.Néanmoins, la majorité s\u2019identifie encore au christianisme qui a marqué son histoire.D\u2019où le fait qu\u2019une majorité de Québécois tient à la présence du crucifix à l\u2019Assemblée nationale.Enfin, un dernier élément, de nature juridico-politique, parasite le débat actuel.On affirme la prééminence supposée des droits collectifs sur les droits individuels, notion toujours mal définie par les juristes, à laquelle on associe populairement celle des « droits de la majorité », laquelle est par ailleurs une pure création idéologique.Dans ce contexte conflictuel et ambigu, la prudence exige que l\u2019on examine les effets potentiels du projet de loi.Les effets positifs L\u2019affirmation de la laïcité de l\u2019État, comme principe organisateur, est pertinente.Elle clarifie en effet l\u2019orientation de son développement pour l\u2019avenir au regard de ses relations avec les religions.Elle constitue une affirmation claire et légitime de la différence québécoise comme société distincte au sein du Canada, nonobstant le rejet de cette différence par le Canada anglophone.Les effets négatifs Le projet de loi cristallisera, en l\u2019amplifiant, la division entre francophones et non-francophones québécois \u2014 le récent sondage Léger Marketing-CAQ est éloquent à cet égard \u2014 en fragilisant davantage le sentiment d\u2019appartenance de ces derniers à la nation civique québécoise.Il accentuera la division déjà présente entre la région métropolitaine de Montréal et le reste du Québec.Il compliquera davantage les rapports entre les francophones et les musulmans, ces derniers étant inquiets, sinon convaincus que les premiers leur sont hostiles.Il enverra aux immigrants, en particulier non catholiques, un message contradictoire sur le désir réel de les voir s\u2019intégrer au Québec et à la nation civique qui y vit.Il incitera les non-catholiques à se tourner davantage vers l\u2019école privée.Il privera dorénavant l\u2019école publique d\u2019enseignantes dont elle a un pressant besoin.Il maintiendra ouvert, malgré les clauses dérogatoires aux chartes, le débat juridique, car cette clause ne vaut que pour cinq ans.Il contribuera, sur le plan international, et en particulier dans le monde anglophone, à ternir la réputation du Québec.En raison de ces effets indésirables, il convient de limiter les interdictions relatives aux signes religieux aux seules personnes exerçant un pouvoir de coercition, comme le recommandait le rapport Bouchard-Taylor.Vu les situations conflictuelles inhérentes aux fonctions de ces fonctionnaires, leur exercice est plus propice à engendrer des gestes contraires aux droits de la personne, comme cela s\u2019observe encore trop envers les personnes racisées.LAÏCITÉ Un projet de loi à examiner sous l\u2019angle de la prudence Raynald Richer Enseignant L\u2019article « Ces lobbies qui envahissent nos institutions publiques » écrit par Pauline Gravel, et paru dans Le Devoir en mars dernier, met en lumière le travail de la journaliste Stéphane Horel.Celle-ci au travers de son livre: Lobbyto- mie.Comment les lobbies empoisonnent nos vies et la démocratie nous décrit l\u2019influence des lobbies corporatifs sur nos démocraties.Mais, il n\u2019y a pas que les lobbies corporatifs qui minent notre démocratie.Il existe aussi de nombreux groupes sociaux ou religieux qui ont des moyens organisationnels et financiers suffisants pour influencer les médias et ceux qui nous gouvernent.En fait, le modèle développé par les corporations a été repris par ce que nous appelons des groupes de pression.Qu\u2019il soit de droite ou gauche, ce type de lobbyisme jumelé à un élitisme persuadé de posséder la vérité contribue à bloquer les débats démocratiques.Il banalise les points de vue majoritaires en les qualifiants, entre autres, de populistes.Convaincues d\u2019une certaine supériorité morale, ces élites se donnent souvent pour mission d\u2019éduquer la populace.Quelquefois, elles le font avec des arguments, mais souvent elles utiliseront le bâton financier, médiatique ou social.Le projet de loi 21 constitue un exemple parfait pour illustrer cette confrontation entre le système démocratique et un système lobbycratique de plus en plus envahissant.Nous avons ici un projet de loi proposé par un gouvernement majoritaire.Ce projet de loi était clairement énoncé dans leur plateforme électorale.De plus, des résultats de sondages faits par des firmes sérieuses montrent qu\u2019il est appuyé par une large majorité de la population.Dans un système démocratique normal, on devrait donc s\u2019attendre à ce que ce projet de loi passe assez facilement.Pourtant, les médias qualifient ce projet de loi de controversé.La plupart des chroniqueurs et des éditorialistes du Québec s\u2019y opposent ou trouvent qu\u2019il va trop loin.Sans compter que plusieurs médias du ROC n\u2019hésitent pas à qualifier ce projet de loi et tous ceux qui le soutiennent de racistes.Alors que, selon plusieurs sondages, près de 70 % des Québécois appuient le projet de loi, il semble que leurs voix ne trouvent pas d\u2019écho chez plusieurs de leurs représentants.Pensons au conseil municipal de Montréal qui s\u2019est opposé unanimement au projet, ou encore à plusieurs syndicats ou organisations qui témoignent contre le projet de loi en commission parlementaire.Est- ce que ces organisations ont consulté ceux qu\u2019elles doivent représenter ou est-ce qu\u2019elles se sont contentées de prendre l\u2019avis d\u2019une poignée de délégués orientés politiquement ?Et que penser des représentants autoprocla- més des groupes religieux.Est-ce qu\u2019ils représentent vraiment l\u2019avis de la majorité des croyants ?Malaise démocratique Le débat sur ce projet de loi met en lumière un sérieux malaise démocratique.Sommes-nous face à des gens qui agissent comme des représentants de leurs commettants ou sommes- nous plutôt face à des dirigeants soumis à des lobbies et qui tentent de nous imposer une dictature bienveillante ?Il est fort probable qu\u2019en France, le phénomène des gilets jaunes soit aussi le symptôme d\u2019une population incapable de se faire entendre démocratiquement et fatiguée de se faire exploiter par des élites bienveillantes.Actuellement, la lobbycratie s\u2019oppose à la démocratie et il semble que chaque victoire qu\u2019elle remporte contribue à renforcer le populisme.Car si l\u2019on peut forcer le silence de la majorité un certain temps, on ne peut le faire éternellement.Et n\u2019en déplaise à plusieurs, on n\u2019éduque pas les gens à coups de bâton.En fait, si ce projet de loi est aboli ou s\u2019il subit des modifications qui diluent son contenu, il faudra se poser de sérieuses questions sur le fonctionnement de notre démocratie et sur la pertinence d\u2019aller voter.Qu\u2019est-ce qui est le plus efficace ?Aller voter ou choisir de financer un groupe de pression qui défendra nos intérêts ?Respecter le choix de la majorité, ce n\u2019est pas tyranniser les minorités, mais simplement respecter le système politique dans lequel nous avons choisi de vivre.Il n\u2019est pas parfait, mais les autres options sont beaucoup moins intéressantes.Bref, s\u2019il vous venait à l\u2019esprit de chercher un motif supérieur pour accepter ce projet de loi, le respect de la démocratie devrait être en haut de votre liste.Laïcité, démocratie et lobbycratie Dans ce qu\u2019on appelle le « grand mercato », un subtil équilibre devra être trouvé entre, d\u2019une part, la nationalité et la famille politique du ou de la présidente et, d\u2019autre part, l\u2019identité « nationale- politique » des candidats aux autres postes importants dans l\u2019UE Le projet de loi cristallisera, en l\u2019amplifiant, la division entre francophones et non-franco- phones québécois [\u2026] en fragilisant davantage le sentiment d\u2019appartenance de ces derniers à la nation civique québécoise Alors que, selon plusieurs sondages, près de 70 % des Québécois appuient le projet de loi, il semble que leurs voix ne trouvent pas d\u2019écho chez plusieurs de leurs représentants B 10 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 MAI 2019 PETITES ANNONCES AVIS DE DÉCÈS OUTREMONT- Grand 4 1/2 2e étage.Le Chambertain.Session de bail.1er juillet.Terasse.Garage.1976 $ (514) 773-4048 SUD-OUEST - 4 1/2 2e étage, aire ouverte, eau chaude, entrée laveuse, idéal pers.seule, non fum.Près piste cyclable et tous services.Libre.800 $.514 886-9344 (entre 9h et 19h) 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER CONDOS PARIS CENTRE Près métro et services.WIFI.Sem./mois À partir de 790 $.Location : 514-999-0546 paris.condo@sympatico.ca PARIS - Petit bijou d'appart sur la Butte Montmartre, au coeur de Paris.Paisible, ensoleillé, ascenseur.514-489-5955 appartement-montmartre.com 170 HORS FRONTIÈRES EUROPE À LOUER LIBRAIRIE Bonheur d'Occasion achète livres de qualités en tout genre.514 914-2142 www.bonheurdoccasion.com 307 LIVRES ET DISQUES VOTRE ORDINATEUR B0GUE OU RALENTIT ?Mise à jour et réparation P.C., Mac et portables.20 ans d'experience.Service à domicile.514 573-7039 Julien 515 INFORMATIQUE ET BUREAUTIQUE Volks Jetta 2017, blanche édition Wolfsburg 8300KM, 4 pneus (été/hiver) Toute équipée, condition A1 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capacité à « concrétiser tout engagement » pris au cours de ces pourparlers.Theresa May a, elle, imputé l\u2019échec des négociations à l\u2019absence de « position commune » parmi les travaillistes.« Ils ne savent pas s\u2019ils souhaitent concrétiser le Brexit ou organiser un second référendum qui pourrait l\u2019empêcher », les a-t-elle blâmés lors d\u2019un déplacement à Bristol.« Six semaines gâchées » Les négociations, entamées début avril à l\u2019initiative du gouvernement, avaient pour objectif de trouver un compromis sur le Brexit, après trois rejets par les députés de l\u2019accord de divorce conclu en novembre entre Theresa May et Bruxelles.Mais le Labour « continuera de s\u2019y opposer », a assuré Jeremy Corbyn.Ce sont « six semaines gâchées », alors que « l\u2019incertitude paralyse notre économie », a déploré Carolyn Fair- bairn, directrice générale de la puissante organisation patronale CBI.Le Labour défend le maintien dans une union douanière européenne \u2014 qui instaure une politique douanière et commerciale commune \u2014 quand Theresa May a toujours affirmé vouloir en BREXIT Les travaillistes rompent les discussions avec Theresa May sortir pour permettre à son pays de conclure librement des accords commerciaux avec des pays tiers.Les travaillistes « n\u2019excluent pas » la tenue d\u2019un second référendum afin d\u2019« éviter une sortie sans accord », a aussi déclaré leur chef, en déplacement vendredi dans le nord de Londres.À l\u2019issue d\u2019une rencontre mardi avec M.Corbyn, la première ministre avait annoncé qu\u2019elle se risquerait à un nouveau vote début juin.Les députés devront se prononcer sur un projet de loi sur le Brexit qui fixera les modalités législatives du divorce, et non sur l\u2019accord lui-même.Ce tour de passe-passe permet à la première ministre de remettre à l\u2019ordre du jour, par la petite porte, son accord de Brexit.« Lorsque les députés voteront, ils se retrouveront devant un choix très clair : voter pour concrétiser le Brexit ou se dérober à nouveau », a déclaré vendredi Theresa May.Démission Qu\u2019ils adoptent ou rejettent ce projet de loi, Theresa May devra se préparer à céder les rênes.Mais « la fin de Theresa May ne veut pas nécessairement dire la fin de son accord sur le Brexit », a souligné Simon Usherwood, politologue de l\u2019Université de Surrey.« C\u2019est encore le seul plan auquel l\u2019UE a souscrit, et rien n\u2019indique que l\u2019UE voudra renégocier avec un nouveau premier ministre.» Elle avait déjà promis en mars de démissionner si son accord était adopté, mais sans préciser de date.Jeudi, elle a été sommée au cours d\u2019une réunion avec le « comité 1922 », responsable de l\u2019organisation des tories, de « convenir » dès juin « d\u2019un calendrier pour l\u2019élection d\u2019un nouveau chef du Parti conservateur », selon le président du comité, Graham Brady.« En pratique, cela signifie que Theresa May partira d\u2019ici fin juillet au plus tard, pour permettre au parti de choisir un nouveau chef à temps pour la conférence des tories en septembre », précise le Daily Mail, prédisant « une course » au pouvoir avec « plus d\u2019une douzaine de candidats » attendus.Le défenseur d\u2019un Brexit dur Boris Johnson, ancien maire de Londres et ancien ministre des Affaires étrangères, a déjà confirmé qu\u2019il serait candidat.La première ministre britannique, Theresa May Le chef travailliste, Jeremy Corbyn B 11 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 MAI 2019 AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES téléphone : 514 985-3452 télécopieur : 514 985-3340 Courriel : avisdev@ledevoir.com AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.Avis légaux et appel d\u2019offres TOMBÉES SPÉCIALES JOURNÉE NATIONALE DES PATRIOTES Jour de non publication : Lundi 20 mai 2019 TOMBÉES : Publication du vendredi 17 mai : Réservation et matériel le mercredi 15 mai avant 15 H Publication du samedi 18 mai : Réservation et matériel le jeudi 16 mai avant 15 H Publication du mardi 21 mai : Réservation et matériel le jeudi 16 mai avant 16 H TOMBÉES RÉGULIÈRES Les réservations doivent être faites avant 15 H pour les publications deux (2) jours plus tard.avisdev@ledevoir.com Téléphone : 514-985-3452 Télécopieur : 514-985-3340 AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (article 795 C.c.Q.) Avis est par les présentes donné que, à la suite du décès survenu le 12 décembre 2018 à Terrebonne, province de Québec, de Suzanne BABIN, en son vivant, domiciliée en la municipalité de Charlemagne, province de Québec, un inventaire des biens de la défunte a été fait par la liquidatrice successorale, Marie Josée CARON, le 11 mai 2019, à Sainte-Julie, province de Québec devant deux témoins, conformément à la loi.Cet inventaire peut être consulté par les intéressés au 5345, rue Bourgchemin, Contrecœur (Québec) J0L 1C0.Donné à Boucherville, ce 16 mai 2019.Marie-Josée CARON, liquidatrice AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (article 795 C.c.Q.) Avis est par les présentes donné que, à la suite du décès survenu le 22 janvier 2019 à Montréal, province de Québec, de Lionel FRA- DETTE, en son vivant domicilié à Anjou, province de Québec, un inventaire des biens du défunt a été fait par le liquidateur successoral, Gaétan FRADETTE, le 16 mai 2019, devant Me Eric LAVOIE, notaire, conformément à la loi.Cet inventaire peut être consulté par les intéressés, à l'étude dudit notaire sise au 1550, rue Ampère, bureau 401, Boucherville (Qc) J4B 7L4.Donné à Boucherville, ce 17 mai 2019.Gaétan FRADETTE, liquidateur.AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis que Corinne MARTIN, en son vivant résidant au 650, 32e avenue, Lachine, Québec, H8T 3K5 est décédée à Lachine le 24 janvier 2019.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés au bureau de Me Marie-Michèle PAQUET- TE, notaire, situé au 2010, avenue Bourgogne, Chambly, Québec, J3L 1Z6.Donné ce 14 mai 2019 Lucie MICHAUD et Richard SABOURIN, liquidateurs 2500, boulevard Casavant Ouest, bureau 102, Saint-Hyacinthe, Qc J2S 7R8 T 450 250-0500 F 450 250-0501 langevinsyndic.ca LOUIS LANGEVIN INC.Syndic autorisé en insolvabilité à l\u2019actif de 9333-0306 Québec inc.Louis Langevin, CPA, CA, CIRP Responsable de l\u2019actif Avis est par les présentes donné que la faillite de 9333-0306 Québec inc.faisant affaires sous la raison sociale Compta-Pro Sorel-Tracy ayant déjà fait affaires au 1177, Avenue Desprès, Saint-Hyacinthe, Québec J2S 6L6, est survenue le 6 mai 2019 et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 27 mai 2019, à 11 h au bureau du syndic.Fait à Saint-Hyacinthe, le 9 mai 2019.Loi sur la faillite et l\u2019insolvabilité Avis de la première assemblée des créanciers Dans l\u2019affaire de la faillite de : 9333-0306 QUÉBEC INC.Louis Langevin inc.Syndic autorisé en insolvabilité RÉSEAU DE TRANSPORT MÉTROPOLITAIN Appel d\u2019offres public Le Réseau de transport métropolitain (« exo ») demande des soumissions pour les biens ou services, ou l\u2019exécution des travaux, suivants : Véhicules hybrides de surveillance du réseau Numéro : 1001983 Les documents et conditions de la présente demande sont diffusés par le site internet du système électronique d\u2019appel d\u2019offres, à l\u2019adresse : www.seao.ca Pour être validement reçue, toute soumission doit être déposée au siège d\u2019exo, situé au 700, rue de La Gau- chetière Ouest, 26e étage, Montréal (Québec) H3B 5M2, durant les heures d\u2019ouverture de celui-ci, AU PLUS TARD LE 17 JUIN 2019 à 14h30, heure légale.Une ouverture publique des soumissions reçues suivra au même lieu.Exo ne s\u2019engage à accepter aucune des soumissions reçues.Avis donné à Montréal, Québec, par : Martine Guimond Directrice principale \u2013 Approvisionnement AVIS PUBLIC DEMANDES D\u2019AUTORISATION D\u2019EXERCER UN USAGE CONDITIONNEL Les personnes intéressées sont priées de noter qu\u2019elles pourront être entendues par les membres du conseil d\u2019arrondissement qui statueront, en vertu de la procédure des usages conditionnels du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282), sur les demandes approuvant : - au rez-de-chaussée du bâtiment situé au 1622-1628, rue Sherbrooke Ouest, l\u2019usage « résidentiel », et ce, conformément au paragraphe 8° de l\u2019article 136 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement Ville-Marie (01-282) [dossier 1193332002]; - au rez-de-chaussée du bâtiment situé au 1471, boulevard René-Lévesque Ouest, l\u2019usage « résidentiel », et ce, conformément au paragraphe 8° de l\u2019article 136 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement Ville-Marie (01-282) [dossier 1194869006].La séance du conseil d\u2019arrondissement au cours de laquelle seront étudiées ces demandes aura lieu le mercredi 5 juin 2019, à 18 h 30, à la salle du conseil, 800, boulevard De Maisonneuve Est, rez-de-chaussée.Toute personne qui désire obtenir des renseignements relativement à ces demandes d\u2019autorisation peut communiquer avec la Division de l\u2019urbanisme de la Direction de l\u2019aménagement urbain et des services aux entreprises au 514 872-9545 et en mentionnant les numéros de dossiers indiqués précédemment.Fait à Montréal, le 18 mai 2019 Le secrétaire d\u2019arrondissement, Domenico Zambito, avocat Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie AVIS PUBLIC DEMANDES DE DÉROGATIONS MINEURES Les personnes intéressées sont priées de noter qu\u2019elles pourront être entendues par les membres du conseil d\u2019arrondissement qui statueront, en vertu du Règlement sur les dérogations mineures (CA-24-008), sur des demandes approuvant : - pour le bâtiment situé au 1501, rue Bercy, une dérogation permettant et régularisant l\u2019implantation de dépendances de plus de 4 m de hauteur à moins de 4 m de la limite arrière du lot, malgré la marge arrière minimale de 4 m exigée, et ce, notamment en dérogation à l\u2019article 85 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) [dossier 1197199004]; - pour le bâtiment projeté au 1471, boulevard René-Lévesque Ouest, une dérogation permettant la construction d\u2019un bâtiment ne respectant pas la hauteur minimale sur rue de 13,15 m et l\u2019aménagement d\u2019unités de stationnement véhiculaire mesurant 5,0 m de longueur, et ce, en dérogation à l\u2019article 10 et au paragraphe 2o de l\u2019article 617 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) [dossier 1194869007]; - pour le bâtiment situé au 2350, rue Hogan, une dérogation permettant la construction d\u2019un bâtiment ne respectant pas les conditions prévues pour la hauteur maximale en étage, et ce, en dérogation à l\u2019article 24 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) [dossier 11962255008].La séance du conseil d\u2019arrondissement au cours de laquelle seront étudiées ces demandes aura lieu le mercredi 5 juin 2019, à 18 h 30, à la salle du conseil, 800, boulevard De Maisonneuve Est, rez-de-chaussée.Toute personne qui désire obtenir des renseignements relativement à ces demandes peut communiquer avec la Direction de l\u2019aménagement urbain et des services aux entreprises au 514 872-9545 et en mentionnant les numéros de dossier indiqués précédemment.Fait à Montréal, le 18 mai 2019 Le secrétaire d\u2019arrondissement, Domenico Zambito, avocat Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie ÉTATS-UNIS Sweet home Alabama e corps des femmes est un champ de bataille.Un espace politique qui ne leur appartient pas.Et l\u2019Alabama est devenu le point zéro de ce qu\u2019Andrea Dworkin avait nommé en 1989 la « guerre contre les femmes ».L\u2019activisme des mouvements « pro- vie » a toujours été protéiforme.Actions militantes autour des cliniques (manifestations, affichage) ; actes violents (11 morts, 14 attentats à la bombe, 62 incidents criminels dans des attaques contre des cliniques d\u2019avortement depuis 1993, ce qui explique que beaucoup de praticiens exercent dans un autre État que le leur) ; promotion de « faits alternatifs » (selon le Guttmacher Institute, la majorité des femmes en âge de procréer vivent dans des États où les restrictions à l\u2019avortement sont basées sur des faits invalidés sur le plan scientifique).Mais au cours de la dernière décennie, les groupes pro-vie ont cherché à mettre en place un véritable maillage législatif afin d\u2019éviscérer lentement la pratique de l\u2019avortement : les dispositions adoptées imposent des contraintes injustifiées aux établissements et aux médecins qui le pratiquent, limitent les montants assurables à des cas précis, tandis que d\u2019autres ajoutent de longs délais de réflexion, plusieurs consultations préalables, des mises en garde sans fondement scientifique (établissant par exemple un lien entre l\u2019avortement et le cancer du sein), ou la nécessité d\u2019un accord parental.Ainsi, depuis le début de l\u2019année 2019, en moins de temps qu\u2019il n\u2019en faut à un fœtus pour être viable, plus de 350 mesures anti-avortement ont été soumises aux législatures.Si elles sont adoptées, elles s\u2019ajouteront aux 424 mises en place depuis 2011.C\u2019est dans cet esprit que l\u2019Alabama vient d\u2019adopter une loi qui prohibe l\u2019avortement, simplement.14 lois l\u2019interdisent au total dans les faits au pays, dont en Arkansas, en Géorgie, au Mississippi, en Ohio, au Kentucky et au Dakota du Nord.L\u2019avortement y est prohibé à partir du moment où le cœur fœtal peut être entendu \u2014 soit avant que bien des femmes aient même connaissance de leur grossesse (au passage, ce « battement de cœur » n\u2019est en fait ni un battement, mais la contraction désordonnée des cellules musculaires embryonnaires, ni un cœur, celui-ci n\u2019étant pas formé).Et le Missouri est en voie de l\u2019interdire à compter de la huitième semaine.Ce durcissement s\u2019inscrit dans un contexte où la stratégie des groupes pro-vie a gagné en intensité et s\u2019est ju- diciarisée.Ce mouvement s\u2019appuie sur la présence de juges conservateurs dans le circuit fédéral (Trump a déjà pourvu 10 % des sièges de magistrats fédéraux) et la présence de deux nouveaux juges à la Cour suprême : l\u2019invalidation de Roe c.Wade paraît désormais à portée de main.À double titre.Parce que le rapport de forces conservateurs-libéraux a changé à la Cour.Mais aussi parce que Roe c.Wade a la valeur d\u2019un précédent, qui, par principe, ne peut être révisé par la haute juridiction que pour des raisons de droit et de fait.Or, lundi dernier, avec sa décision Franchise Tax Board of California c.Hyatt, la Cour suprême a mis un coup de canif dans la notion de précédent \u2014 sur un tout autre sujet certes \u2014, et le juge Breyer n\u2019a pas manqué de faire le lien avec le statut du jugement Roe et la fragilité du droit à l\u2019avortement.Bien sûr, on n\u2019en est pas encore au renversement de Roe v.Wade, d\u2019autant que le juge en chef, John Roberts, cherche à éviter la politisation de la Cour.Mais il reste que les États s\u2019y préparent.Les uns cherchent à garantir un socle juridique minimal (New York, Vermont, Rhode Island), d\u2019autres à se départir de lois antérieures à Roe (Nevada, Nouveau-Mexique).À l\u2019inverse, certains États cherchent à se doter de lois (trigger laws) prêtes à bannir l\u2019avortement dès que Roe sera infirmé (Louisiane, Mississippi, les Dakotas), ou à maintenir celles qui existaient avant 1973.Mais par-dessus tout, il faut garder en tête que ce qui a précipité l\u2019avortement au cœur du débat politique états-unien n\u2019est ni moral ni religieux.Contrairement à la légende véhiculée par le mouvement pro-vie, au moment de la décision Roe c.Wade, l\u2019avortement n\u2019est pas central, et même dans les années qui suivent, les évangéliques ont globalement une position modérée sur le sujet.Le véritable motif est, écrit le professeur Bal- mer, racial : à la fin des années 1970, le mouvement de déségrégation des écoles et la décision Green c.Kennedy amènent le prédicateur Jerry Falwell et l\u2019activiste Paul Weyrich à chercher des enjeux qui permettront de fédérer une grande coalition chrétienne : ils vont les trouver dans le mariage gai, la séparation de l\u2019Église et de l\u2019État, le port d\u2019armes, l\u2019avortement.Il faut donc avant tout voir l\u2019avortement pour ce qu\u2019il est : un instrument politique au service de groupes qui n\u2019ont que faire de la santé des femmes et de leur progéniture.Un instrument politique visant à maintenir une forme de domination.Un instrument politique qui peut servir la « République de Gilead ».Car le droit à l\u2019avortement est avant tout un droit de choisir.Un droit de ne pas subir.De ne pas souffrir.De ne pas mourir.C\u2019est un droit fragile.Ici, parce qu\u2019il repose sur le seul fait que l\u2019avortement a été décriminalisé.Ici parce que, comme là-bas, il est inique.Qu\u2019est-ce qu\u2019un droit si on ne peut vraiment l\u2019exercer ?Qu\u2019est-ce qu\u2019un droit pour les femmes qui n\u2019ont qu\u2019une seule clinique dans leur province ?Qu\u2019est-ce qu\u2019un droit si les obstacles à son exercice relèvent d\u2019une vision étriquée d\u2019un collège de médecins ?Qu\u2019est-ce qu\u2019un droit si la procédure est de facto payante quand elle n\u2019est pas couverte hors des hôpitaux ?Qu\u2019est-ce qu\u2019un droit si y recourir suppose de sortir plusieurs jours de son village et de risquer l\u2019opprobre de la communauté ?Soudain, l\u2019Alabama paraît plus près qu\u2019on ne pensait\u2026 Et ce soir, il fait froid.L ÉLISABETH VALLET Il faut avant tout voir l\u2019avortement pour ce qu\u2019il est : un instrument politique au service de groupes qui n\u2019ont que faire de la santé des femmes et de leur progéniture Le pape accepte la démission d\u2019un évêque du Brésil SÃO PAULO \u2014 Un évêque brésilien soupçonné de malversations financières et d\u2019avoir couvert des faits de pédophilie a présenté sa démission, acceptée vendredi par le pape François, à un moment où l\u2019Église catholique, affaiblie par la multiplication des scandales sexuels, a promis d\u2019être intransigeante.La démission de Mgr Vil- son Dias de Oliveira, évêque depuis 12 ans de Limeira, dans l\u2019État de São Paulo, a été annoncée dans un communiqué du Saint- Siège.Ces communiqués ne précisent jamais les raisons pour lesquelles des évêques quittent leur poste.Selon le site Internet d\u2019information brésilien G1, le prélat, âgé de 60 ans, fait l\u2019objet de trois enquêtes de la justice du Brésil pour soupçons de couverture d\u2019agressions sexuelles, d\u2019extorsion de fonds et d\u2019enrichissement personnel.Agence France-Presse Des assistants vocaux jugés « sexistes » par l\u2019UNESCO PARIS \u2014 Voix féminine par défaut, « personnalité docile »\u2026 Un rapport de l\u2019UNESCO publié vendredi reproche aux assistants vocaux numériques de véhiculer des « préjugés sexistes » et recommande à leurs développeurs d\u2019intégrer un plus grand nombre de femmes à leurs équipes.« La soumission et la servilité exprimées par tant d\u2019assistantes vocales » sont « une illustration du préjugé sexiste véhiculé par les produits faisant appel à l\u2019intelligence artificielle », estime l\u2019UNESCO dans son étude.Ce rapport porte notamment sur les assistants vocaux développés par Amazon (Alexa), Apple (Siri), Google (Google Assistant) et Microsoft (Cortana), qui représentent dans de nombreux pays environ « 90 % du marché ».Agence France-Presse EN BREF LAVALTRIE \u2013 BORD DE L\u2019EAU CONTACTEZ- NOUS! info@equipegranger.com 450-585-9500 395 av.Wilfrid-Laurier, MONTCALM 2201 ch.Saint-Louis #204, SILLERY 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droits des homosexuels, est une victoire pour les associations de défense des droits des LGBT qui sont mobilisées depuis des années pour obtenir les mêmes droits au mariage que les couples hétérosexuels.L\u2019État figure maintenant parmi les 27 pays ayant légalisé le mariage homosexuel dans le monde.« L\u2019amour a gagné » En dépit de pluies diluviennes, des milliers de partisans de cette réforme s\u2019étaient rassemblés près du Parlement, agitant des drapeaux arc-en-ciel et faisant le « V » de la victoire dès que la nouvelle fut tombée.« Le 17 mai 2019 à Taïwan, l\u2019amour a gagné», a tweeté la présidente Tsai Ing- wen, dont la légalisation du mariage gai était une promesse de campagne.« Nous avons fait un grand pas vers une véritable égalité, et fait de Taïwan un pays meilleur.» En mai 2017, la Cour constitutionnelle de l\u2019île avait jugé contraire à la Constitution le fait de priver les personnes de même sexe du droit de se marier.Elle avait donné deux ans au gouvernement pour modifier la loi, en précisant que le mariage pour tous deviendrait une réalité si rien n\u2019était fait.Mais l\u2019opposition conservatrice s\u2019était mobilisée en organisant en novembre une série de référendums au cours desquels une majorité a rejeté l\u2019idée que le mariage puisse être défini autrement qu\u2019une union entre un homme et une femme, ce qui avait considérablement réduit la marge de manœuvre législative du gouvernement.Vendredi, Journée mondiale contre l\u2019homophobie et la transphobie, le Parlement était saisi de trois projets de loi concurrents visant à régler la question des unions homosexuelles, à moins ASIE Taïwan légalise le mariage gai L\u2019État se place à l\u2019avant-garde asiatique en ce qui concerne les droits des homosexuels Des milliers de partisans du mariage homosexuel se sont rassemblés près du Parlement taïwanais vendredi à l\u2019annonce de la nouvelle.CHIANG YING-YING ASSOCIATED PRESS d\u2019une semaine de la date butoir fixée par la Cour.Le texte le plus progressiste, celui qui a été voté, était celui du gouvernement, le seul qui contenait le mot « mariage ».Les deux autres, déposés par des adversaires du mariage pour tous, proposaient quelque chose ressemblant davantage à une union civile.Les associations de défense des droits des homosexuels ont salué le vote de vendredi, en expliquant que la possibilité de demander une inscription au « registre des mariages » \u2014 disposition appelée « clause quatre » \u2014 plaçait les homosexuels dans une position de quasi-égalité avec les hétérosexuels et permettait d\u2019avoir le mot « mariage » dans la loi.L\u2019adoption en débat La loi ne prévoit pas une égalité totale avec les hétérosexuels, puisque seule l\u2019adoption de l\u2019enfant biologique du partenaire est possible, et les mariages avec les étrangers ne sont pas reconnus.Les associations de défense des droits LGBT s\u2019étaient cependant dites prêtes à des concessions sur ce sujet si elles obtenaient une reconnaissance du concept de mariage.L\u2019idée pour elles est que les batailles sur l\u2019adoption et la gestation pour autrui peuvent attendre.Ces dix dernières années, Taïwan a été l\u2019une des sociétés les plus progressistes d\u2019Asie sur la question des droits des homosexuels, en organisant notamment la plus grande « gay pride » du continent.Pour autant, l\u2019île, qui vit séparée de la Chine depuis 1949, est également d\u2019une société très conservatrice, où les lobbys religieux sont très puissants, en particulier en dehors des villes.Les adversaires de la légalisation ont fustigé le vote.Tseng Hsien-ying, de la Coalition pour le bonheur de notre prochaine génération, a déclaré aux médias taïwanais que ce vote avait « piétiné l\u2019avis des Taïwanais selon lesquels un mariage et une famille sont constitués par un homme et une femme, un mari et une épouse ».27 Nombre de pays où le mariage gai est légal dans le monde, incluant maintenant Taïwan "]
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