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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Le D Magazine
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-04-27, Collections de BAnQ.

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[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 Lire Taisez-vous, voici le vrai Jean-Paul Daoust Vivre Un Pays basque aux multiples visages Jesse Mac Cormack Qui l\u2019aime le suive L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 Entrevue Avec Now, Jesse Mac Cormack prend un virage plus rock et rythmé.Odile Tremblay Classique Danse Cinéma Arts visuels Jazz Écrans et grilles télé C U L T U R E V I V R E L I R E 4 68 18 35 36 10 5 24 30 25 42 44 46 48 50 53 Entrevue Le flamboyant poète Jean-Paul Daoust se raconte.Louis Hamelin Jeunesse Entrevue avec Estelle-Sarah Bulle Louis Cornellier Voyage Les multiples visages du Pays basque.Escapade chez les augustines Jardins Alimentation Resto et recette Vin SOMMAIRE 28 33 Photo de la une du D : Valérian Mazataud Le Devoir Photo de la une Lire : Guillaume Levasseur Le Devoir C U L T U R E L\u2019auteure de Jimmy, créature de rêve offre à l\u2019Usine C le premier volet d\u2019un vaste projet qui va être élaboré au cours de l\u2019année à venir.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Introduction à la violence Texte, mise en scène et interprétation : Marie Brassard.Conception sonore et musique live : Alexander MacSween.Scénographie : Antonin Sorel.Lumières : Mikko Hynninen.Images vidéo et projections en direct : Sabrina Ratté.Photographie et vidéo: Pascal Grand- maison.Une production d\u2019Infrarouge, du 1er au 4 mai, à l\u2019Usine C. ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR ix années ont passé depuis son précédent solo, Trieste.Après diverses « aventures passionnantes», telle la mise en scène de La vie utile à Espace Go, Marie Brassard revient à ce qui forme le cœur de sa démarche artistique: la création indépendante.«Pour moi, c\u2019est comme un événement, le retour à mon travail personnel.» Pour nous aussi.L\u2019auteure de Jimmy, créature de rêve offre à l\u2019Usine C le premier volet d\u2019un vaste projet qui va être élaboré au cours de l\u2019année à venir.Introduction à la violence lui a été inspirée par une remarque de sa filleule, une enfant d\u2019une grande précocité langagière.À deux ans et demi, devant un livre d\u2019images que sa marraine lui avait ramené du Japon, Léone a indiqué un petit point blanc en disant : « On dirait une petite fleur japonaise qui n\u2019est pas encore née.» Devant cette phrase « si riche de sens, qui fait galoper l\u2019imagination », la créatrice s\u2019est mise à réfléchir à la manière dont on est accueilli dans la vie.« Beaucoup d\u2019enfants, lorsqu\u2019ils commencent à parler, s\u2019expriment de façon étonnante, avec un regard sur le monde vraiment neuf, pur, qui n\u2019a pas été trafiqué par des conventions.Et c\u2019est peut-être l\u2019une des premières violences à laquelle on est soumis, petits : on se fait corriger assez vite, ou on se fait gentiment dire que c\u2019est joli mais que ça ne [correspond] pas à la réalité.Tranquillement, on est éduqués.On empêche un peu cette petite personne d\u2019exister dans nos sociétés.Même avec bienveillance, on la formate.» Le solo est un peu une introduction à notre monde, qui comporte des oasis de beauté, mais aussi « une telle violence à divers niveaux: social, politique, écologique, humain\u2026 » Des improvisations a émergé une fiction, entremêlée à des textes plus abstraits : le récit d\u2019un assassin raconté à une enfant.Et l\u2019histoire de toutes ces destructions.Marie Brassard aborde, pas directement mais par la bande, toutes sortes de brutalités.Notre violence contre la planète, «qui va finir par se retourner contre nous ».Celle aussi de la nature en elle-même, avec ses cataclysmes.Et la violence face à la poésie des choses.«Dans nos sociétés, on essaie d\u2019assassiner le flou, si je peux dire.Moi j\u2019aime beaucoup faire l\u2019éloge de la chose indéfinissable, de l\u2019émotion impossible à exprimer.Mais même au théâtre ou dans les arts d\u2019expression, on veut absolument nommer les choses, les formater.Comme si le fait de ne pas pouvoir leur donner un nom, c\u2019était menaçant.» Sans oublier la violence de l\u2019existence même : « On est jetés dans la vie en sachant que tout ce qu\u2019on va construire va être détruit.À mesure qu\u2019on vieillit, on se rend compte que la violence de la vie est équivalente à sa beauté.Parce que tout ce qui nous a été donné va nous être enlevé, graduellement.Comme une fleur, ça va se faner.» Si la petite est trop jeune pour voir cette œuvre adulte, la créatrice désire laisser à Léone « une sorte de tendre héritage » : le constat qu\u2019à partir de son observation, a germé un projet gigantesque.« Sa petite phrase qu\u2019on aurait dite anodine, moi je l\u2019ai respectée et avec elle, je crée une œuvre où je vais impliquer plein d\u2019artistes.» Bulle immersive Marie Brassard nous accueille dans le grand local qu\u2019elle a loué dans le Mile-End, où elle a réuni tous ses collaborateurs pendant deux mois.Et où on peut voir une partie de l\u2019imposante structure qui sera sur scène.Plus d\u2019une heure avant le début du travail officiel, quelques concepteurs s\u2019y activent déjà.C\u2019est la première fois que la créatrice peut s\u2019of frir « le luxe » de ces conditions.« On dirait que ça ne fait pas vraiment partie du système de création en théâtre, au Québec.En Europe, souvent, les créateurs ont environ un an dans des endroits comme ça pour créer.Moi, j\u2019essaie de pousser l\u2019idée de ce modèle.» Un lieu semblable à une bulle immersive.« C\u2019est ouvert jour et nuit, on peut y venir quand on veut, donc ça devient une sorte de mode de vie de travailler sur ce projet-là, on y est complètement consacré.On n\u2019a pas de contraintes d\u2019horaires comme une location dans un théâtre.» Mais ces deux mois ne suffisent pas, juge- t-elle.« C\u2019est très complexe ce à quoi on s\u2019attaque.Alors on se jette dans le vide.» C\u2019est d\u2019ailleurs le rêve qui l\u2019anime pour les prochaines années : avoir un espace à elle, « un environnement adéquat pour créer des œuvres consistantes, fruits d\u2019une recherche à la fois sérieuse, profonde et ludique.C\u2019est nécessaire, là où je suis rendue.Pour qu\u2019on puisse, tous ensemble, bricoler à notre goût, dans le désordre.Durant une longue période.Ça prend beaucoup de temps, créer des œuvres qui sont un peu innovatrices et cohérentes.Quelqu\u2019un m\u2019a déjà dit que pour faire un bon spectacle de théâtre, il faut beaucoup de coïncidences.Et ces coïnci- dences-là doivent être nour ries, provoquées.Ça prend beaucoup de temps aussi dans le silence à ne rien faire.» Onirique Pour Introduction à la violence, Brassard s\u2019est entourée d\u2019artistes qu\u2019elle admire et avec lesquels elle a déjà collaboré.Elle œuvre très étroitement avec eux, tentant de combiner leurs expertises pour composer une œuvre qui procure des émotions et des réflexions difficiles à définir précisément.« Cela ne m\u2019intéresse pas du tout d\u2019essayer de deviner ce que je devrais faire pour satisfaire le désir de ceux qui regardent.J\u2019amène vraiment les gens dans une dynamique de recherche.» Elle souhaite que ce mariage d\u2019une interprète, de la lumière, d\u2019images mouvantes crée « quelque chose qui nous touche [sans qu\u2019on sache pourquoi].Peut- être de la même façon que la nature exerce son pouvoir de fascination sur nous».Une œuvre impressionniste qui évoque un espace onirique suggéré par la phrase de Léone.« J\u2019ai travaillé beaucoup avec cette idée d\u2019une salle d\u2019attente où les êtres sont dans une sorte de limbes et attendent le moment de pouvoir s\u2019incarner.» Dans cet objet très musical, l\u2019auteure de La noirceur continue aussi à approfondir son exploration des technologies du son et de modification de la voix, un champ qui la passionne.Marie Brassard avoue qu\u2019il lui est difficile de parler de l\u2019œuvre en cours de création.« C\u2019est souvent quand elle est finie que je commence à avoir [assez] de recul pour comprendre.C\u2019est vraiment un travail de défrichage, d\u2019aventurier.» C\u2019est qu\u2019elle travaille avec la matière.Un processus qui s\u2019approche de celui de chorégraphe, croit-elle.« Ce n\u2019est pas possible pour moi d\u2019aborder un projet et d\u2019exposer déjà quelles sont mes intentions précises.Ce serait m\u2019empêcher de faire des découvertes.» En pleine création, l\u2019artiste se sent «comme dans une tempête, où on attrape des choses au passage ».Un chaos fécond.« Je ne peux pas être plus heureuse que je le suis en ce moment.» | 3 C u l t u r e T h é ât r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 ÉPREUVE DE RÉVISION Épreuve no 4 Vérifiez vos hypothèses en consultant le corrigé détaillé dans la section Jeux.ée par sent é e pr euv ne épr U Marie Brassard dans l\u2019antre de la création Son solo aborde par la bande toutes sortes de brutalités : sociales, politiques, écologiques ou humaines S L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e M u s i q u e 4 | L\u2019HOMME DE LA MANCHA 2019 REVUE ET CORRIGÉE LE MALADE IMAGINAIRE MADEMOISELLE JULIE VANIA ET SONIA ET MACHA ET SPIKE ABONNEZ-VOUS! rideauvert.qc.ca | 514 845-0267 SAISON 2019_20 ENTREVUE PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR Ça y est.Now, maintenant, comme le titre de l\u2019album.Il était temps: l\u2019auteur, compositeur, interprète et réalisateur montréalais Jesse Mac Cormack lance enfin son premier disque, après trois EP d\u2019un folk-rock romantique qui lui a fait gagner des adeptes hors de nos frontières.Il ne sait pas encore si son virage pop-rock aura le même succès, mais il a hâte d\u2019en avoir le cœur net : «J\u2019aime ça en estie faire de la scène, échappe Mac Cormack entre deux cuillerées de chili végé.La tournée, c\u2019est extrêmement nourrissant.» La scène le démange, ça se sent.Plus qu\u2019il ne l\u2019exprime, d\u2019ailleurs ; Jesse Mac Cormack est un homme de peu de mots.Le regard fuyant, comme si dix mille trucs différents lui trottaient dans la tête.Si seulement il avait un agenda\u2026 «Je ne suis pas très bon avec les horaires», dit-il pour s\u2019excuser de son (léger) retard.« Je ne note pas mes rendez-vous.Ça m\u2019arrive d\u2019avoir deux engagements en même temps.» Quand ce sont deux musiciens différents qui doivent le retrouver à son studio du centre-ville, c\u2019est moins pire : «Dans ce cas-là, on jamme tout le monde ensemble!» Le studio, c\u2019est chouette, c\u2019est même une part essentielle de sa vie de musicien, mais le contact avec le public lui est nécessaire.Vivement le début de la tournée, le 22 mai à Londres, à Paris deux jours plus tard, puis Amsterdam, Hambourg, la Suisse, l\u2019Allemagne encore, et de retour de ce côté-ci, New York, Phila- delphie, Los Angeles, Seattle dès la mi-juin, jusqu\u2019à son Club Soda le 28 juin, à l\u2019affiche du Festival international de jazz de Montréal.La semaine dernière, tenez, son bouchon a sauté.Sur la petite scène du Quai des brumes.Un concert du groupe Dunes qu\u2019il forme notamment avec son partenaire de studio Benji Vi- gneault.«Attends, Dunes, ça prend-tu un \u201cs\u201d?Je pense que ça prend un \u201cs\u201d à la fin\u2026 En tout cas, on fait de l\u2019afro- beat, mais vraiment dans le tapis.» Le groupe s\u2019active sur scène depuis presque trois ans, mais n\u2019a encore rien enregistré.On imagine ce projet comme un laboratoire vivant donnant l\u2019occasion à Mac Cormack de se délier les doigts devant public, avec des chansons originales et des reprises : «D\u2019habitude, on fait deux sets ; ce soir- là, on n\u2019en a fait qu\u2019un seul, sans arrêt.À la fin, on était tellement réchauffés, j\u2019étais\u2026 » Mac Cormack se tait et fronce les sourcils en serrant les poings pour signifier qu\u2019il était gonflé à bloc ce soir-là.Virage Il l\u2019admettra sans gêne : à l\u2019origine du virage plus rock et rythmé de Now, l\u2019envie d\u2019avoir quelque chose d\u2019explosif à of frir aux spectateurs.«Quand j\u2019ai terminé la tournée après mon dernier EP [After the Glow, 2016], j\u2019ai vraiment senti que ça me prenait plus de chansons rythmées, des chansons qui seraient le fun d\u2019entendre en concert, qui seraient plus entraînantes pour les gens.» Ainsi, ce premier disque complet de Mac Cormack surprendra les fans \u2014 surtout à la première écoute de la face A.Le musicien au timbre sensible et au trémolo unique a bâti sa no- Qui l\u2019aime le suive Jesse Mac Cormack prend un virage plus rock et rythmé avec son premier album, Now En cinq ans, Jesse Mac Cormack s\u2019est imposé comme l\u2019un des réalisateurs et collaborateurs les plus en vue de la scène musicale québécoise.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR | 5 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 J\u2019ai suivi le long combat de Fernand Dansereau pour réaliser des films sur le troisième âge, un sujet si tabou en nos temps de jeunisme que les institutions reculaient à l\u2019idée de financer pareils repoussoirs à mouches.Ça valait surtout pour La brunante, sorti en 2007, rencontre entre une dame aux prises avec la maladie d\u2019Alzheimer (Monique Mercure) et une jeune femme en crise (Suzanne Clément).Ancien chroniqueur syndical au Devoir, réalisateur du Festin des morts, producteur de Pour la suite du monde, scénariste de la télésérie Le parc des Braves, Dansereau, prenant de l\u2019âge, voulait explorer les horizons de la vieillesse.Or pas grand monde n\u2019avait envie de le suivre sur des chemins caillouteux.Ça change, remarquez, mais sur un mode douceâtre.Depuis quelques années, même Hollywood explore ces rivages-là, souvent à travers des comédies, histoire d\u2019attirer des cinéphiles aux têtes grises avec les galipettes attendries d\u2019acteurs sur le retour.Rien pour effrayer le client ! Bergman nous manque.Il est si doux de se croire immortel.La vie va vite et bien du monde la passe à s\u2019étourdir.Après La brunante, j\u2019aurai vu depuis les documentaires de Fernand Dansereau (moins onéreux à financer que la fiction) Le vieil âge et le rire, L\u2019érotisme et le vieil âge.Le dernier volet de sa trilogie, Le vieil âge et l\u2019espérance, a pris l\u2019affiche vendredi, approfondissant la démarche du cinéaste, d\u2019autant plus que de récents ennuis de santé l\u2019ont frappé.On a envie de remercier ce nouveau nonagénaire de démystifier un pan de l\u2019existence envoyé planer dans le vide.Fernand Dansereau aborde frontalement les enjeux de la déchéance physique et de la mort au bout du tunnel, tout en lançant un cri de guerre : On est toujours vivants ! On pense, on aime, on rit, on observe les courants qui passent.Dans son dernier film, le sens de la vie, l\u2019espoir, la spiritualité sont abordés avec des personnes du troisième âge et ceux qui travaillent à leurs côtés.Un sujet d\u2019autant plus pertinent que plusieurs aînés interviewés ici (dont les cinéastes Ar- cand, Labrecque et Beaudin) sont athées.Sans la foi de leurs parents en promesse d\u2019éternité, ils entretiennent un rapport à la mort quasi inédit dans l\u2019histoire d\u2019une humanité envoûtée par ses dieux.À l\u2019écran, certains rigolent pour conjurer le sort, d\u2019autres se désolent ou nous servent des leçons de sagesse jusque sur leur lit de mort.Pour plusieurs, la méditation a remplacé la prière.Au rêve d\u2019un au-delà succède une sérénité fuyante à embrasser.La plupart, Dansereau y compris, souffrent des pertes physiques (et parfois mentales) qui viennent leur empoisonner l\u2019existence.Ajoutez la disparition de proches tant aimés ou celle de vivants à l\u2019esprit en égarement, que des conjoints endeuillés avant terme étreignent avec passion.Oui, la tristesse baigne ce film-là, mais les deuils font partie de la vie.Et pourquoi faudrait-il les voiler ?Tout le monde veut rire au Québec quand il n\u2019y a pas toujours de quoi se tenir les côtes.C\u2019est la mise au rancart des aînés que je déplore dans les films de Danse- reau.Le cinéaste les interroge souvent entre eux, à la maison comme dans les CHSLD, dans une espèce d\u2019apartheid, sur la planète des vieux en somme, auprès de spécialistes liés à leur sort.Mais faut-il les isoler ainsi avec leurs questionnements?Autrefois, plusieurs générations vivaient souvent sous un même toit et des liens se tissaient entre tous.Les cycles de la vie, de la naissance à la mort, se déroulaient à demeure.Au- jourd\u2019hui, chacun se meut dans sa petite roue schizophrénique.Même les rituels funéraires perdent en solennité, vite évacués pour mieux tasser du chemin les vapeurs de l\u2019angoisse.Fernand Dansereau n\u2019a plus l\u2019énergie de mettre un nouveau film en branle, mais un autre pourrait prendre le relais de son œuvre.Je rêve d\u2019un documentaire concentré davantage sur le bagage du grand âge, ces richesses acquises au fil des années.Tant de savoirs sont sur le point de disparaître, faute d\u2019un auditoire attentif à les capter.Délivrés des mirages du succès et du bal des ego, les aînés ont beaucoup à apporter.Dansereau le signale dans ses documentaires, mais sans miser suffisamment sur les héritages à transmettre aux passagers du dessous.La Terre est en train de nous lâcher.Bien des jeunes dénoncent l\u2019avenir que leurs prédécesseurs ont bouché.Les combats écologiques vont réclamer d\u2019immenses changements de valeurs hors du cercle de la surconsommation.Plusieurs mil- lénariaux basculeront de l\u2019autre côté plus tôt que prévu, sans atteindre le grand âge qui effraie tant mais qui permet de durer, emportés par les grands cataclysmes dont l\u2019humanité refuse de prendre la pleine ampleur.Comme dans l\u2019univers du conte, ça va prendre de vieux sages pour les guider\u2026 La planète des vieux ODILE TREMBLAY toriété sur un folk d\u2019ambiance en phase avec les courants de la musique indie d\u2019il y a quatre ou cinq ans.Ce nouvel album débute pourtant avec le r ythme de Give a Chance, linéaire et progressif, mais un vrai rythme bien mis en évidence et révélant un autre niveau d\u2019intensité que celui, plus contrit, auquel il nous avait habitués.«Pas mal de ces chansons ont été écrites à partir d\u2019un beat», indique le musicien.Sur la suivante, No Love Go, on plonge dans le new wave à l\u2019anglaise, les synthés qui rayonnent au-dessus des guitares en donnant du souffle à l\u2019accrocheuse mélodie vocale.C\u2019est pourtant le vaporeux solo de saxophone millésimé années 1980 qui vole la vedette durant le planant coda de la chanson.Après, on plonge dans un rock-pop chaleureux, vaguement blues, avec un solo de guitare qui sonne comme ceux de The Edge de U2.Après, ça dérape dans tous les sens et avec la même profonde intensité, c\u2019est pop-rock, blues-rock, on croit même reconnaître du Led Zeppelin dans la progression d\u2019accords de la chanson-titre \u2014 «C\u2019est vrai que ça sonne un peu comme Misty Mountain Hop », concède Mac Cormack en jouant les accords avec ses doigts.Chez lui en studio Lorsque l\u2019ancien étudiant au programme de guitare jazz du cégep Ma- rie-Victorin a lancé son premier EP (Music for the Soul, 2015, déjà chez Secret City Records), « je n\u2019avais aucune idée de ce que je faisais.Je voulais juste que ce soit le plus \u201croots\u201d possible.Aller à l\u2019essentiel, aux chansons.» Il venait de monter son premier studio, dans le garage chez sa mère, dans Hochelaga-Maisonneuve.Un rêve qu\u2019il a eu en visitant celui d\u2019Éloi Painchaud pendant l\u2019enregistrement du premier disque d\u2019Émilie Kahn (alors Émilie & Ogden), que Mac Cormack a réalisé.« Il a tout un studio\u2026 L\u2019ambiance de l\u2019endroit, le fait qu\u2019il soit chez lui, cet endroit m\u2019a parlé.En me couchant, j\u2019ai vérifié le prix des pièces d\u2019équipement qu\u2019il avait.Je me suis dit : \u201cO.K., c\u2019est cher, mais c\u2019est faisable\u2026\u201d» Une chose que les fans de la première heure reconnaîtront dans Now : la qualité de la réalisation ; ce disque est somptueux.Confus dans les directions musicales qu\u2019il emprunte, du new wave au blues-rock, en passant par les ballades arrache-cœur façon Hurricane en fin de disque.Mais impeccablement réalisé.Comme toujours, d\u2019ailleurs.En cinq ans, Jesse Mac Cormack s\u2019est imposé comme l\u2019un des réalisateurs et collaborateurs les plus en vue de la scène musicale québécoise.Plus que ça : tout le monde (ou presque) sur la scène a envie de travailler avec lui ou bien admire sa vision musicale.Ce gars-là n\u2019a pas d\u2019ennemis, en tout cas pas à notre connaissance.« Ça, ça me met de bonne humeur!» répond-il.En 2012, il avait réalisé déjà le premier EP de Mélanie Boulay, un an avant la sortie du premier disque des Sœurs Boulay.Il a travaillé sur le premier album de Mon Doux Saigneur et réalise le prochain, ainsi que celui de Rosie Valland, qui travaille avec Mac Cormack depuis 2015.Il a prêté sa voix à l\u2019excellente Keep It Real du compositeur-remixeur house mont- réalais CRi, et « il y a plein d\u2019autres chansons qu\u2019on a enregistrées ensemble qu\u2019il n\u2019a pas encore sorties » \u2014 mieux encore, Mac Cormack assure être en train de mijoter un projet de musique électronique, invitant un tas d\u2019amis musiciens à venir collaborer sur ce futur album qu\u2019il lancera un jour sous un pseudonyme.« C\u2019est de la musique de nuit, de fond de club sombre, pour faire danser les gens», se limite-t-il à dire.Il a aussi coréalisé Le silence des troupeaux de Philippe Brach, mais son projet le plus abouti, le mieux cerné, demeure celui d\u2019Héléna De- land, un talent brut qui n\u2019attend qu\u2019à exploser sur la scène internationale.« C\u2019est drôle que tu dises ça, on est justement ensemble en studio au- jourd\u2019hui.Je pense que c\u2019est un bon mariage, son univers avec le mien.Sa musique me parle beaucoup.J\u2019aime travailler avec les autres.Toujours un échange, deux musiciens qui s\u2019inspirent entre eux.Moi, ça me permet de faire autre chose, d\u2019entendre d\u2019autres genres de textes, et d\u2019essayer des affaires en studio que je n\u2019aurais pas nécessairement été porté à essayer dans mes projets.Ça me nourrit.» Justement, on le sent impatient de retourner à l\u2019ombre de son studio : il jette des regards de plus en plus fréquents sur l\u2019écran de son téléphone por table qui s\u2019illuminait constamment durant notre conversation.« Si je suis ner veux de l\u2019accueil qu\u2019on fera à mon disque ?Je sais pas, man\u2026 Je veux juste avoir du fun.Je ne suis pas vraiment ner veux.Le disque sort, mais ce n\u2019est pas ce que j\u2019ai en tête \u2014 je veux dire, je suis excité, mais je suis déjà en train de faire d\u2019autre chose.Je m\u2019arrange pour qu\u2019au moins un musicien diffé- rent vienne au studio à tous les jours.Juste pour faire quelque chose et pour ne pas être seul.» Now Jesse Mac Cormack, Secret City Records.En vente dès le 3 mai.Quand j\u2019ai terminé la tournée après mon dernier EP, j\u2019ai vraiment senti que ça me prenait plus de chansons rythmées JESSE MAC CORMACK » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e C l a s s i q u e 6 | SERVICE TRAITEUR SUR PLACE À L\u2019AFFICHE ! P h o t o : G a b r i e l l e D e s m a r c h a i s .Du 24 avril au 19 mai 2019 Du mercredi au dimanche à midi Le NTE présente Bébés et Avec PHILIPPE DUCROS / KLERVI THIENPONT et BÉBÉ ÉLORA, NADINE LOUIS et BÉBÉ LORIAN, ÈVE LANDRY et BÉBÉ LOUIS, TIENHAN KINI et BÉBÉ TINWAH et la participation de JACQUES L\u2019HEUREUX Avec la voix d\u2019Anne Dorval 514 521-4191 | nte.qc.ca 1945, rue Fullum, Montréal h o h o ENTREVUE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR Le 1e r mai prochain sera créé au Centre national des ar ts d\u2019Ottawa par Miloš Karadagli?et Alexander Shelley le concerto pour guitare The Forest de Howard Shore.Le compositeur de la musique du Seigneur des anneaux réussira-t-il le Concer to d\u2019Aranjuez du XXIe siècle ?La création musicale de la semaine à venir se situe au confluent de plusieurs tendances scr utées avec attention par ceux qui cherchent à sortir les institutions symphoniques de la routine Beethoven, Brahms, Tchaïkovski et ceux qui souhaitent renouer avec le vœu formulé un jour par le chef Stéphane Denève dans ces colonnes: faire en sorte que le public soit bien plus curieux de découvrir une nouvelle œuvre que d\u2019entendre pour la centième fois la 5e Symphonie de Beethoven.Une création reportée L\u2019une des pistes pour briser la défiance encore associée à la création contemporaine est d\u2019impliquer davantage des compositeurs de musiques de films dans la création de musiques dites savantes.C\u2019est en quelque sorte un retour des choses puisque l\u2019âge d\u2019or d\u2019Hollywood a été celui des compositeurs postromantiques germaniques (Korngold, Steiner, Waxman) émigrés aux États- Unis pour fuir les nazis.Dans la période récente, John Williams a été le premier sollicité par les artistes classiques, à la fin du siècle dernier.Le phénomène se répand rapidement.À sa mort accidentelle, en 2015, James Horner voulait se reconvertir en compositeur «classique» et ne s\u2019adonner à la composition de musiques de films que pour des raisons alimentaires.Sony Classical vient d\u2019éditer le concerto pour violon Eleven Eleven de Danny Elfman, et Alexandre Desplat a composé une Symphonie concertante pour flûte et orchestre inspirée de Pelléas et Méli- sande de Maurice Maeterlinck.Howard Shore a déjà à son actif un concerto pour piano, Ruin & Memory, composé pour Lang Lang en 2010 à l\u2019occasion du bicentenaire Howard Shore, aspirant seigneur du concerto pour guitare The Forest, le nouveau concerto du compositeur, saura-t-il rivaliser avec celui de Rodrigo ?Devant être créé fin janvier 2017, le concerto du compositeur né à Toronto il y a 72 ans sera entendu pour la première fois mercredi.BENJAMIN EALOVEGA | 7 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 L E S F L  N E U RS La fanfare Pourpour est encore en pleine jeunesse.Pour célébrer le 20e anniversaire de son album Tout le monde, le créatif ensemble en offre une édition remastérisée.Baroque, festive, doucement délinquante, la fanfare regroupe aujourd\u2019hui 19 musiciens.À l\u2019origine, ses membres provenaient de L\u2019Enfant fort, du Pouet pouet band ou de Montréal transport limité.Puis, ils ont attiré diverses sonorités, dont Emmanuel Poizat, qui en est aujourd\u2019hui le directeur musical.Les musiciens ont eu des petits, qui se sont intégrés à l\u2019orchestre, perpétuant ainsi un héritage qui sonne plus vivant que jamais.Pour la fanfare Lauréat de prix Écrans canadiens, Schitt\u2019s Creek met en scène Johnny Rose, riche magnat des vidéoclubs, sa femme, ex-vedette de soaps d\u2019après-midi, et leurs deux enfants aussi gâtés qu\u2019irresponsables, qui, acculés à la ruine, sont contraints de s\u2019installer dans un modeste motel d\u2019un bled perdu.Le choc culturel sera grand pour cette famille dys- fonctionnelle.Pour avoir une bonne idée de ce décapant et tendre sitcom, imaginez un croisement entre Le cœur a ses raisons, Les Bougon et La petite vie.Disponible sur le site de Séries + en version française ainsi que sur CBC Gem et Netflix.Bienvenue chez les Rose La beauté de la faune et de la flore qui peuple notre bonne vieille Terre est souvent époustouflante.Dans le nouveau documentaire animalier Notre planète \u2014 une production originale de Netflix \u2014, les images et les prises de vue laissent d\u2019ailleurs sans mot.Mais la série en huit épisodes nous fait aussi réaliser que toute la richesse de la nature est en danger.L\u2019approche est fine, mais l\u2019effet sur le spectateur est fort, d\u2019autant que la narration du récit est faite avec brio par David Attenborough (Jacques Frantz en français).C\u2019était tout un pari de redonner vie à August Strindberg, grand misogyne suédois et dramaturge de génie du début du XXe siècle, par le truchement de neuf auteures québécoises contemporaines, sans tomber dans la charge vi- triolique.Le voici remporté avec brio à Espace Go dans une mise en scène (remarquable) de Luce Pelletier.Avec une fluidité qui ne sent jamais le collage, cet homme de 63 ans, qui va bientôt mourir en 1912, renaît à travers les trois femmes de sa vie.Cinq interprètes tracent le profil d\u2019un homme complexe, brillant et malheureux, qui n\u2019aimait que les femmes fortes tout en conspuant leur indépendance.Strindberg parmi nous Notre planète en danger CAROLINE MONTPETIT de la naissance de Chopin, et un concer to pour violoncelle, Mythic Gardens.Son concerto pour guitare a été composé à la demande de Miloš Karadagli?et Alexander Shelley.Il devait être créé fin janvier 2017, mais la blessure qui a imposé une année sabbatique au guitariste vedette en a forcé le report.Le concerto du compositeur né à Toronto il y a 72 ans sera donc entendu pour la première fois mercredi.En cherchant à savoir si le concerto a pu être teinté par les circonstances autour de sa création, c\u2019est-à-dire, par exemple, s\u2019il était prêt avant la connaissance de la blessure de Milos, en novembre 2016, ou s\u2019il est de composition plus récente, voire s\u2019il a été composé en deux phases distinctes, on comprend que Howard Shore ne souhaite rien dévoiler de son processus créatif : « Le concerto a été préparé pour une première.La première est maintenant.Il n\u2019est pas pertinent de dire que Milos a été blessé.Il va jouer le concerto.Il n\u2019y a aucune différence.La pièce a été écrite pour Mi- los et le CNA, elle n\u2019a pas été créée à l\u2019époque.Elle l\u2019est aujourd\u2019hui.» Soit.On apprendra du compositeur que l\u2019œuvre dure de « 20 à 21 minutes» et qu\u2019elle est «articulée en trois mouvements avec une pause entre chacun», que l\u2019auteur est « influencé par la personnalité du soliste, du chef d\u2019orchestre et par le romantisme associé à la guitare classique ».L\u2019instrument sera « légèrement amplifié » car la « composition utilise le plein orchestre symphonique, mais toujours dans le registre acoustique».Quant à l\u2019ombre tutélaire du Concerto d\u2019Aranjuez de Rodrigo, le plus connu des concertos pour guitare, elle n\u2019effraie pas Howard Shore : « Je n\u2019ai pas ressenti de pression.J\u2019aime beaucoup le concerto de Rodrigo et je lui rends même un petit hommage dans mon œuvre.» La perméabilité des univers On en apprend davantage sur The Forest grâce à la réflexion du guitariste Miloš Karadagli?imprimée dans le programme sur l\u2019œuvre de Shore, qu\u2019il décrit comme «un gentleman et un maître à part entière » : « L\u2019œuvre est magique, tout comme la forêt enchantée qu\u2019Howard a voulu peindre avec son incomparable palette musicale.[\u2026] J\u2019ai été frappé par sa manière magistrale d\u2019intégrer discrètement à la texture du son qu\u2019il produit, parmi tant de nuances musicales, une trame faisant écho à divers aspects de mon pays natal.Le Monté- négro et ses sombres forêts ont été une source d\u2019inspiration pour Howard et pour moi dès le départ.» Les vastes espaces sont un élément naturel pour Howard Shore, qui dit au Devoir composer «tous les jours», que ce soit pour «une pièce de concert ou pour le film».«C\u2019est selon mon intérêt ou mon inspiration.Je ne fais pas la distinction entre ces univers.Je travaille avec mon cœur et j\u2019essaie d\u2019être aussi sincère que possible.» Dans le processus créatif, il ne compose cependant pas des musiques in abstracto qu\u2019il attribue ensuite à tel ou tel projet.« Je compose toujours pour quelque chose de déterminé, que ce soit une partition commissionnée ou pour moi.Je travaille en parallèle sur plusieurs œu- vres.» Parmi ses créations récentes, Howard Shore évoque « une messe latine pour une église à Lucerne », travail qui l\u2019a «beaucoup intéressé ».Shore ne constate pas de développement particulier de la demande de concer tos et de pièces symphoniques le concernant.Il est affairé à la composition de la musique du film The Song of Names, réalisé par François Girard, musique virtuose pour violon destinée au violoniste Ray Chen.Quant au phénomène de la projection de films avec prestation orchestrale en direct, un créneau musical en plein développement dont Le Devoir s\u2019était entretenu avec le même François Girard, Howard Shore en a été un des promoteurs avec des concer ts autour du Seigneur des anneaux.Il considère cependant que le développement éventuel du genre est étroitement tributaire « des histoires et des sujets ».« Si vous prenez le Seigneur des anneaux, le grand orchestre symphonique et les chœurs cadrent bien avec le sujet, et donc le phénomène que vous évoquez.» Howard Shore fait un lien entre ces films qui ont fait sa renommée et sa seule incursion dans le monde de l\u2019opéra : La Mouche (2008), d\u2019après le film de Cronenberg.«J\u2019ai aimé travailler avec Le Châtelet et l\u2019Opéra de Los Angeles pour mon premier opéra, surtout après le Seigneur des anneaux qui est une partition foncièrement opératique, avec chœurs solistes dans le langage de Tolkien.» Par contre, malgré la multiplication de projets d\u2019opéras d\u2019après des œuvres cinématographiques (par exemple Marnie, récemment), on ne saura pas si un second projet lyrique est en cours.« Je travaille toujours sur divers aspects du théâtre.Je viens du théâtre et c\u2019est ce qui m\u2019a amené au film.» Telle est la réponse ! The Forest aussi, sera-t-elle aussi une œuvre à énigmes?Les concerts de la semaine Richard Goode.Assez rare sur nos terres, le pianiste new-yorkais sera de passage à Montréal au Ladies\u2019 Morning Musical Club dans le cadre de la tournée de ses 75 ans.Le pianiste, reconnu pour son expertise des grands classiques viennois, a choisi les Variations en fa mineur de Haydn, la Sonate en fa majeur K533/494 de Mozart, la sonate « Les adieux » de Beethoven, le cycle Dans les brumes de Janá?ek et, de Chopin, quatre mazurkas et la Fantaisie en fa mineur.Dimanche 28 avril à 15 h 30 à la salle Pollack.Jean-Philippe Collard.Le pianiste français sera à Montréal pour un récital, mercredi 1er mai, partagé entre Fauré et Chopin.De Fauré, il jouera les Nocturnes nos 4, 6 et 13, ainsi que le 2e Impromptu et la Ballade op.19.En seconde partie, il interprétera la 2e Sonate et la 4e Ballade de Chopin.Le pianiste se produira aussi avec l\u2019OSM les 30 avril et 5 mai dans Oiseaux exotiques de Messiaen et le Concerto en sol de Ravel.Mercredi 1er mai à 20 h à la Maison symphonique de Montréal.The Forest, concerto pour guitare Création mondiale les 1er et 2 mai 2019.Centre national des arts d\u2019Ottawa.Avec Miloš Karada- gli?, l\u2019Orchestre du CNA, Alexander Shelley.Aussi au programme: Fanny Mendelssohn: Ouverture en do majeur.Brahms: Symphonie no 1.ODILE TREMBLAY MANON DUMAIS PHILIPPE PAPINEAU L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e D a n s e 8 | JULES ROMAINS DANIEL BRIÈRE SYLVIE DRAPEAU ANGELA KONRAD ANTON TCHEKHOV RENÉ RICHARD CYR FANNY BRITT ET ALEXIA BÜRGER LORRAINE PINTAL RÉJEAN DUCHARME LORRAINE PINTAL MICHEL TREMBLAY ET ANDRÉ GAGNON NORMAND CHOUINARD GRAND PARTENAIRE tnm.qc.ca ENTREVUE MÉLANIE CARPENTIER COLLABORATRICE LE DEVOIR Un chorégraphe noir dans un monde trop blanc.Dans son ouvrage consacré à la danse contemporaine, c\u2019est en ces termes que le critique français Philippe Noisette décrit Alonzo King, maître de ballet contemporain qui, depuis plus de 30 ans, rafraîchit la technique classique et l\u2019inscrit dans l\u2019actualité en lui infusant sa philosophie.Et pourtant, il en aura fallu du temps pour voir Montréal accueillir cette sommité américaine de la danse.Une occasion de discuter avec ce penseur consciencieux sur son approche du ballet, ainsi qu\u2019avec Lisa Fischer, chanteuse à la voix puissante qui s\u2019est laissée embarquer dans sa danse.Formé à New York dans les années 1970, Alonzo King danse pour le chorégraphe et activiste afro-amé- ricain Alvin Ailey avant de fonder sa propre compagnie en 1982 à San Francisco, où il développe une approche de la danse qu\u2019il nomme « structure de la pensée ».« Tout ce que nous percevons dans le monde de la création est basé sur la pensée.Comme la musique est de la pensée rendue audible, la danse est de la pensée rendue physique et visible », explique M.King de sa voix assurée, pesant méticuleusement chacun de ses mots.« Chaque individu, qu\u2019importe où il se trouve dans sa vie à un moment, est porté par sa manière de penser.C\u2019est ce qui crée qui l\u2019on est.L\u2019esprit est un incroyable outil, qu\u2019il serve à bâtir nos vies positivement ou négativement, car il peut servir à nous élever comme il peut nous détruire.» Du bon usage du ballet Soucieux de l\u2019humain derrière la virtuosité technique, Alonzo King est convaincu que la personnalité de chacun est à même de percer toute forme de discipline, y compris celle stricte du ballet qui tend souvent à faire disparaître l\u2019individu derrière la technique.« Qu\u2019importe la discipline qu\u2019on choisit, que ce soit la danse, la musique, l\u2019écriture, cela revient toujours à trouver un moyen d\u2019exprimer nos idées.Et pour cela, on adhère à un système de croyances.C\u2019est ce que sont les compagnies, des systèmes de croyances portés par une tête directrice.Si l\u2019humain est plus important pour une compagnie que le profit et l\u2019argent, alors c\u2019est ce qui va se refléter dans les créations».affirme le chorégraphe.Alors qu\u2019il a consacré sa carrière à proposer un nouveau regard sur la discipline classique, que répondre à une jeune génération d\u2019artistes percevant le ballet comme une forme d\u2019art enracinée dans l\u2019élitisme et qui perpétue certaines formes d\u2019exclusion ?« Je pense que je suis d\u2019accord avec ces jeunes artistes.C\u2019est une affaire de système.Mais on a tendance à oublier que ce qu\u2019on appelle ballet tire ses origines de la nature», souligne-t-il fermement, rappelant que les figures circulaires du ballet sont une reproduction des forces et mouvements opérant dans l\u2019ordre cosmique, basés sur la trajectoire et la rotation des astres autour du soleil.«À quel moment les choses changent-elles pour le ballet?Quand le pouvoir s\u2019en mêle et qu\u2019on commence à danser pour le roi.Mais même si certaines avancées scientifiques ont pu être utilisées à des fins des plus malveillantes, cela ne signifie pas pour autant que la science est sans valeur.C\u2019est ce qu\u2019on fait de cette science qui importe.C\u2019est une erreur de juger toute une science en se basant sur le mauvais usage qu\u2019on en fait.» Chez ses danseurs, qu\u2019ils voient comme des génies du mouvement, Alonzo King tient à cultiver un engagement de l\u2019esprit et du cœur, cherchant à faire émerger dans leur pratique une certaine vérité qui émerge de leur sincérité, au-delà du masque de beauté de la prouesse technique.Extension du domaine du cœur Pour The Propelled Hear t, Alonzo King a invité la diva de la soul Lisa Fischer à dialoguer avec ses douze danseurs virtuoses.Celle-ci a été séduite à la fois par la sagesse et l\u2019envergure de l\u2019esprit de l\u2019artiste et par la musicalité du travail de ses dan- Alonzo King et Lisa Fischer, ensemble à cœur exposé Les grands esprits du chorégraphe et de la chanteuse soul se rencontrent | 9 C u l t u r e D an s e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 80 ARTISTES DU THÉÂTRE CONTEMPORAIN LAURENT GAUDÉ, ALIX DUFRESNE, FABRICE MELQUIOT, EVEL DE LA CHENELIÈRE, CH TIAN YNE RIS LAPOINTE, VIOLETTE CHAUVEAU, JÉRÉMIE NIEL, VÉRONIQUE BE GARDE, LLE DAVID B UTIN, SOPHIE DE MARAIS, O S GUY RÉGIS JR,\u2026 DE PAROLES 30 AVRIL ?11 MAI THÉÂTRE PROSPERO FESTIVAL ÉDITION EXCEPTIONNELLE! seurs.« C\u2019est comme si tous leurs corps, chacun de leurs membres, les émotions qui se dégagent de leur danse, étaient une chanson pour moi.À leur contact, je ressens une profonde connexion entre le mouvement et le son », af firme la chanteuse, qui s\u2019est longtemps illustrée comme choriste pour des monstres sacrés de la pop, tels que les Rolling Stones, Tina Turner et Sting.Partageant la scène avec les danseurs et ayant été impliquée dans tout un pan du processus, elle ressent un grand respect pour ces danseurs entièrement dévoués à leur art \u2014 avec ce que ce métier implique de sacrifices et de possibilités de blessures \u2014, impressionnée par leur hypercons- cience du corps.Un mode de vie dont elle a été témoin au quotidien.« Dans nos activités quotidiennes, on a tendance à rester sur nos gardes, à se demander toujours d\u2019où la prochaine attaque va surgir \u2014 d\u2019une relation, de quelqu\u2019un qu\u2019on aime, ou bien du travail ?La possibilité que notre cœur puisse se retrouver abattu nous pousse à garder une certaine vigilance, une réserve.Pour moi, le fait de chanter et d\u2019être physiquement engagée avec les danseurs revient à ouvrir, à exposer mon cœur [throw the heart out there] et à avoir confiance que tout se passera bien », af firme Lisa Fischer, touchant à ce que la pièce lui évoque intimement.À l\u2019image de son approche de la danse, pour Alonzo King, The Propelled Heart aborde cette dissolution du « moi » dans le « nous », dans le plus grand que soi : «Le cœur, de tous les éléments qui comptent, est le plus impor tant.Comme être humain, nous devons veiller à sa croissance.» Il s\u2019agit pour lui, à travers diverses étapes de développement, « d\u2019ôter l\u2019égoïsme du cœur, de par venir à l\u2019élargir au point où plus rien ne nous apparaît comme étranger, et d\u2019arriver à cet état de conscience où tout devient unité et est interconnecté », conclut-il.Aux côtés des danseurs sur la scène, la chanteuse Lisa Fischer dit ressentir une « profonde connexion entre le mouvement et le son ».QUINN B.WHARTON The Propelled Heart Une chorégraphie d\u2019Alonzo King avec Lisa Fischer et les douze danseurs de l\u2019Alonzo King Lines Ballet.Présentée par Danse Danse, du 30 avril au 4 mai, au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts. \u2019est l\u2019élan esthétique qui a d\u2019abord mené le documentariste et photographe Pedro Ruiz à tourner son dernier film, Sur les toits de La Havane.La lumière de La Havane, au petit matin, le transforme, dit-il.Sur ces toits, il a rencontré une population attachante et colorée.Marginaux vivant au petit bonheur, de réparation d\u2019appareils électroniques, d\u2019élevage de pigeons voyageurs, anciens policiers ou anciens espions, ils lui ont raconté leur Havane, leur Cuba.C\u2019est au cours d\u2019un film qu\u2019il tournait sur le musicien Philémon Ci- mon, à La Havane justement, que Pedro Ruiz a découvert la beauté des toits de la cité et de ces terrasses suspendues au-dessus de la vie urbaine.Encore aujourd\u2019hui, il en parle comme d\u2019une «canopée », cet espace supérieur d\u2019une forêt.Plusieurs des personnages que l\u2019on rencontre dans son film vivent dans ce qu\u2019était autrefois l\u2019hôtel Bristol, établissement chic de l\u2019ancien Cuba, celui d\u2019avant la révolution.Complètement désaffecté depuis, il abrite désormais des résidents dans ses couloirs, sur ses toits, jusque dans ses cages d\u2019escalier.«Il y avait même une dame qui vivait dans une piscine, raconte Pedro Ruiz.J\u2019étais dans une poétique de l\u2019espace des gens, qui prennent tous les interstices d\u2019une ville pour vivre.Concrètement, il y a un problème de logement à La Havane.Il y a tous ces gens qui viennent de la campagne pour vivre en ville.C\u2019est universel, mais à La Havane, c\u2019est plus marqué.Et puis, après la révolution, il y a eu tous ces bâtiments désaffectés.C\u2019était des hôtels de luxe à l\u2019époque.» Guidé par sa fascination pour les toits havanais, Pedro Ruiz a cogné aux por tes des logements de fortune.« Par fois, ça marchait.Des gens nous ont dit par exemple : \u201cIl y a un musicien là-bas\u201d ».Et peu à peu se sont ouverts des coins de ville, des îles dans l\u2019île, devant la caméra.Le cinéaste a dû renoncer à certaines de ses idées préconçues, comme celle de filmer une chanteuse cubaine sur une terrasse témoin de sa gloire passée.Cette dernière était à Miami au moment de son séjour.Mais le hasard l\u2019a guidé vers d\u2019autres personnages.Il y a par exemple cette femme presque centenaire qui a lutté aux côtés du Che au moment de la révolution, avant de devenir la première femme policière du pays.« À l\u2019époque, ils m\u2019ont dit : \u201cPrends-toi un logement\u201d », raconte-t-elle à la caméra.Depuis, des enfants, des petits- enfants et des arrière-petits-enfants ont grandi à ses côtés, ce qui fait qu\u2019elle dort désormais dans le salon.Certains ont fait des confidences étonnantes au cinéaste dans ce pays que l\u2019on dit sous le contrôle constant de l\u2019information.Un homme qui a été policier raconte que son métier ne lui permettait même pas de s\u2019acheter d\u2019autres vêtements que son uniforme.Il a ensuite laissé cette profession qui lui faisait une mauvaise réputation, et L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 1 0 | U n d o c u m e n t a i r e d \u2019 H É L È N E C H O Q U E T T E PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE (VERSION ANGLAISE) «VRAIMENT REMARQUABLE, UNE SORTE DE CLASSE DE MAÎTRE GÉANTE!» - I C I R a d i o - C a n a d a , R e n é H o m i e r - R o y ENTREVUE CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Balade sur les toits havanais Pedro Ruiz filme un monde en dehors du temps C J\u2019étais dans une poétique de l\u2019espace des gens, qui prennent tous les interstices d\u2019une ville pour vivre.Concrètement, il y a un problème de logement à La Havane.Il y a tous ces gens qui viennent de la campagne pour vivre en ville.C\u2019est universel, mais à La Havane, c\u2019est plus marqué.PEDRO RUIZ » C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 Avec ÉRIC BRUNEAU KIM DESPATIS PATRICK HIVON JULIE LE BRETON MAGALIE LÉPINE-BLONDEAU MATHIEU RICHARD LA NUIT OÙ LAURIER GAUDREAULT S\u2019EST RÉVEILLÉ UNE ŒUVRE ORIGINALE DE MISE EN SCÈNE SERGE DENONCOURT DÉjà des supplémentaires ! Dès le 14 mai TNM.QC.CA UNE PRÉSENTATION DE EN COLLABORATION AVEC HÉRITAGE DISPARU.E.S LES HARDINGS LES ENFANTS FUN HOME ALBUM DE FAMILLE L\u2019ORIGINE DE MES ESPÈCES Le documentariste et photographe Pedro Ruiz met en scène plusieurs personnages qui vivent dans ce qu\u2019était autrefois l\u2019hôtel Bristol, un établissement chic du Cuba d\u2019avant la révolution.En bas : une image du film Sur les toits de La Havane.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR / K-FILMS AMÉRIQUE a décidé de devenir menuisier.On s\u2019émeut aussi d\u2019entendre cette femme raconter qu\u2019elle rêve d\u2019avoir davantage de tasses, des ustensiles pour la cuisine et de bonnes casseroles, et qu\u2019elle n\u2019est pas sûre de réaliser son rêve un jour.Ou encore de cet éleveur dont les pigeons voyageurs font régulièrement des courses jusqu\u2019à Miami.Il reste que les personnages rencontrés dans Sur les toits de La Havane ne semblent pas malheureux.Leur bonheur réside ailleurs que dans les choses matérielles.Le temps, entre autres, y apparaît comme une richesse absolue.L\u2019ancien animateur et critique de littérature québécois Jean Fu- gère raconte son attachement à Cuba, où une agression lui a finalement permis d\u2019être sauvé d\u2019un cancer.Il a d\u2019ailleurs largement contribué à la recherche qui a soutenu le film, explique Pedro Ruiz.Il y a donc une dimension presque spirituelle à ce film qui témoigne d\u2019un monde simple et suspendu.Qui donne envie de le voir encore.Sur les toits de La Havane prend l\u2019affiche le 3 mai. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 1 2 | ENTREVUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Tout commença par un reportage de la chaîne sportive ESPN, diffusé en 2007.On y parlait de Kugluktuk, une petite communauté du Nunavut qui, frappée à la fin des années 1990 par l\u2019un des plus hauts taux de suicide d\u2019adolescents en Amérique du Nord, avait réussi à endiguer ce mal de vivre grâce au sport.Créée en désespoir de cause par un enseignant, une équipe de crosse avait contre toute attente fait merveille auprès des jeunes de l\u2019endroit.Profondément émue, confiant avoir elle-même été sauvée par le sport à l\u2019adolescence, la productrice et réalisatrice Miranda de Pencier s\u2019envola aussitôt pour l\u2019Arctique.« Je me trouvais alors en Afghanistan et je me suis rendue directement en Arctique, où je n\u2019avais jamais mis les pieds », se souvient-elle.Miranda de Pencier, filmer et se réaliser The Grizzlies raconte l\u2019histoire vraie d\u2019une communauté du Nunavut ayant guéri grâce au sport Pour trouver de jeunes acteurs, l\u2019équipe derrière The Grizzlies envoya des caméras dans des dizaines de communautés et passa en revue quelque 600 auditions.MÉTROPOLE FILMS Miranda de Pencier amorça les démarches du film en 2007, mais dix ans encore s\u2019écoulèrent jusqu\u2019au tournage.CHRIS YOUNG LA PRESSE CANADIENNE «Sur place, j\u2019ai été secouée par les similitudes entre ces deux territoires pourtant très dif férents.J\u2019arrivais d\u2019une zone de guerre, à Kaboul, mais à Kugluktuk, je sentais autant de traumas tout autour\u2026 J\u2019ai aussi été saisie par ce sentiment très fort de ne pas être au Canada.Cette certitude d\u2019être en présence d\u2019un peuple plus ancien, doté d\u2019une histoire et d\u2019une culture riches, mais comme\u2026 paralysé.» Cela, après un travail systémique de colonisation, d\u2019acculturation, bref, de destruction, lequel est sobrement évoqué par des images d\u2019archives glaçantes dans le générique d\u2019ouverture.Tout métaphorique soit-il, ce champ de ruines qu\u2019eut l\u2019impression de fouler Miranda de Pencier avait été le théâtre de tragédies bien réelles.«Le goût de reconstruire, je l\u2019ai perçu après, en parlant aux gens.» Il faut parler Ce n\u2019est d\u2019ailleurs qu\u2019une fois qu\u2019elle eut rencontré ces vrais adolescents devenus adultes que Miranda de Pen- cier prit la pleine mesure de la responsabilité qui lui incomberait advenant qu\u2019ils acceptent de la laisser porter leur histoire au grand écran.«L\u2019une des membres originales de l\u2019équipe de crosse, prénommée Miranda elle aussi [incarnée par Emerald MacDonald dans le film], m\u2019a fait visiter les lieux, m\u2019a présentée.Mais en même temps, elle me disait : \u201cTu sais, je ne sais pas si je veux te raconter mon histoire, parce que ça voudrait dire la revivre, d\u2019une certaine manière.\u201d» Chacun avait besoin de réfléchir, car ressasser leurs souvenirs douloureux pouvait s\u2019avérer périlleux.Et puis, cette étrangère, pouvaient-ils s\u2019y fier ?« Ils ont vite compris ma sincérité, et aussi que je tenais à impliquer la communauté.C\u2019est Miranda, à nouveau, qui m\u2019a dit : \u201cJ\u2019ai peur que, si on ne parle pas de ce qu\u2019on a vécu, que si on ne revient pas sur cette période épouvantable, la communauté va revivre ça, va retourner là.Il faut qu\u2019on en parle.Et si en voyant le film d\u2019autres communautés sont inspirées, ça aura valu la peine.\u201d» C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 514 844 3822 1 866 984 3822 fta.ca Billets et forfaits en vente maintenant Danse +Théâtre 22 mai au 4 juin 2019 CUCKOO Jaha Koo Séoul + Amsterdam Insolite et déroutant : 3 cuiseursà riz pour raconter la Corée d\u2019aujourd\u2019hui SAVUŠUN Sorour Darabi Téhéran + Paris « Darabi con?rme son charisme fascinant.» Maculture.fr FANTASIA Anna Karasi ska Varsovie \u201cA workout for your imagination.\u201d Gcn.ie Un souf?e de révolution bientôt à Montréal ! Des créateurs pour la première fois en Amérique du Nord GRANMA.TROMBONES DE LA HAVANE Rimini Protokoll Berlin « Une archéologie vivante de la révolution cubaine » Les Inrocks KALAKUTA REPUBLIK Serge Aimé Coulibaly Bobo-Dioulasso + Bruxelles « Une œuvre forte, aboutie, qui réveille nos cœurs et nos consciences.» La Terrasse SPEED GLUE Simon Grenier-Poirier + Dorian Nuskind-Oder Un ballet inusité qui réinvente le ping-pong CONSTITUONS ! Christian Lapointe « Voici un homme de théâtre résolu à faire advenir une véritable démocratie populaire.» Voir «Le vrai Adam [interprété par Ricky Marty-Pahtaykan] a renchéri en m\u2019expliquant qu\u2019il était alcoolique et toxicomane avant d\u2019intégrer l\u2019équipe de crosse, et que ça avait changé sa vie, et que ce devait être su, partagé\u2026 J\u2019y repense et j\u2019ai des frissons », raconte Miranda de Pencier, toujours très émue lorsqu\u2019elle se remémore les rencontres faites là-bas.À ce propos, la réalisatrice tint à clore son film avec des images des véritables personnes accompagnées de courtes descriptions de ce que chacun est devenu, vingt ans plus tard.Le procédé peut être mièvre, mais pas cette fois, car on veut savoir.Le film engendre cet attache- ment-là.« C\u2019était important.Ils sont pour la plupart devenus des leaders dans leur communauté.Ce sont des personnes extraordinaires.» Les bonnes alliées À la base, Miranda de Pencier savait que, si elle souhaitait faire les choses correctement, elle devait s\u2019entourer de collaborateurs ayant une expérience concrète du milieu.Elle l ia ainsi amitié avec Stacey Aglok MacDonald, cinéaste et productrice basée à Iqaluit et originaire de Kugluktuk.« C\u2019est drôle, car on m\u2019avait prévenue : \u201cTu ne veux pas rencontrer Stacey.Elle déteste les Blancs qui viennent du Sud pour faire des films sur le Nord.\u201d J\u2019ai répondu que, dans ce cas, elle était exactement la personne que je devais rencontrer, parce que je ne voulais pas merder.Et Stacey a embarqué.Elle a emmené avec elle Alethea Arnaquq-Baril, qui a fait le remarquable Inuk en colère (Angry Inuk), et toutes les deux sont devenues mes partenaires à la production.Ce film qu\u2019on a fait ensemble, c\u2019est plus qu\u2019un film.» S\u2019ensuivit un long et méticuleux processus visant à trouver de jeunes acteurs.L\u2019équipe envoya des caméras dans des dizaines de communautés et passa en revue quelque 600 auditions.Des candidats furent transportés par avion dans le Nord pour y ef fectuer des ateliers de jeu en contexte.On fit également venir des professeurs inuits chargés de leur enseigner les danses traditionnelles et le chant de gorge.«L\u2019idée était que chacun puisse regagner sa communauté enrichi d\u2019un savoir culturel à partager.Qu\u2019ils décrochent ou non un rôle, ils auraient eu cette expérience allant au-delà du film lui-même.» D\u2019un rêve à l\u2019autre On évoquait plus tôt une période de vingt ans écoulée depuis les événe- ments de 1998 dépeints dans le film.En effet, Miranda de Pencier amorça ses démarches en 2007, mais dix ans encore s\u2019écoulèrent jusqu\u2019au tournage.Il faut savoir qu\u2019à l\u2019origine, elle entendait produire le film et en confier la réalisation à Graham Yost, coscénariste avec Moira Walley-Beckett.«Graham a dans l\u2019intervalle créé la série Justified, en 2010, un gros succès qui lui a ensuite pris tout son temps.C\u2019est un peu par défaut que j\u2019ai pris les rênes de la réalisation.» D\u2019ores et déjà une productrice expérimentée à ce moment-là, Miranda de Pencier fit ses débuts dans le métier dès l\u2019enfance, en tant qu\u2019actrice.Remarquée pour son rôle de détestable Josie Pye dans Anne, la maison aux pignons verts (Anne of Green Gables) et ses suites, elle tourna beaucoup à la télévision et obtint des premiers rôles au cinéma, comme dans Le mythe de l\u2019orgasme au masculin (The Myth of Male Orgasm).C\u2019est toutefois sur la scène que ses talents pour le jeu et le chant s\u2019épanouirent, notamment dans la production originale canadienne des Misérables.« J\u2019étudiais à Concordia à l\u2019époque.Je n\u2019avais que 19 ans, et c\u2019était une chance incroyable.Mais à ma grande surprise, j\u2019ai constaté que je préférais le processus de répétition et que l\u2019enchaînement de per for- mances m\u2019ennuyait.Peu après, j\u2019ai été admise à Stratford, un sommet que j\u2019osais à peine envisager, mais qui soudain ne me disait plus rien une fois à ma por tée.C\u2019est qu\u2019au même moment, j\u2019avais produit un premier one-woman-show consacré à Frida Kahlo, un beau succès m\u2019ayant menée du Mexique aux salles of f-Broadway.La production m\u2019apparaissait le meilleur moyen de monter et de mener à terme des projets.Comme actrice, je me percevais plutôt comme un pion.» Qu\u2019en était-il de la réalisation?Elle y songeait, sans presque vouloir se l\u2019admettre : un rêve inatteignable.Tourner enfin Et donc, confrontée toutes ces années plus tard à la perspective de réaliser un long métrage basé sur un matériel dramatique délicat, Miranda de Pencier tint à mettre d\u2019abord en scène un court métrage: Throat Song, sur une jeune femme d\u2019Iqaluit qui surmonte une relation abusive sur fond de communauté ayant été coupée de ses traditions.« Une aînée m\u2019avait conté son parcours, qui m\u2019avait bouleversée\u2026 C\u2019est ce qui a inspiré Throat Song.Plusieurs des jeunes retenus pour les ateliers sont dans Throat Song.Hormis le directeur photo et le preneur de son, toute l\u2019équipe technique est du Nunavut.Une semaine de formation et hop, on tourne ! Le film s\u2019est promené, on a gagné le trophée du meilleur court métrage aux prix Écrans canadiens, en 2013 : ç\u2019a été super.» Quand, enfin, le moment vint de commencer le tournage de The Grizzlies, la même équipe était à l\u2019œuvre derrière la caméra.De telle sorte que, lorsque la cinéaste affirme que ce film, c\u2019est plus qu\u2019un film, on comprend ce qu\u2019elle veut dire.Sur une note plus personnelle, The Grizzlies lui aura permis de concrétiser son rêve en fin de compte pas si inat- teignable.Inspirée par la résilience de la communauté de Kugluktuk, Miranda de Pencier est parvenue à se réaliser.Et à réaliser.The Grizzlies prend l\u2019affiche le 3 mai. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 14 | CRITIQUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR D\u2019une délicatesse infinie, nourri de non-dits et de situations équivoques, Everything Outside est une belle surprise printanière.Ce premier long métrage de David Findlay, un cinéaste natif de Québec et formé à Vancouver, se joue des apparences en s\u2019appuyant sur les thèmes de l\u2019ouverture d\u2019esprit, de l\u2019acceptation, de l\u2019amitié, de l\u2019amour presque.Campé dans un Québec automnal digne de la carte postale \u2014 on est à Lac-Saint-Joseph, précise le générique d\u2019ouverture \u2014, le récit tourne autour d\u2019une rencontre improbable dans un chalet isolé.Louise, artiste, aime se retrouver là pour peindre ses tableaux.Sa quiétude est interrompue par l\u2019arrivée non prévue d\u2019Ahmed, un ami ontarien des propriétaires des lieux.Acteur de Mississauga, i l cherche lui aussi la tranquillité et on lui avait promis que cette résidence sur le bord d\u2019un lac était l\u2019endroit idéal.Excepté quelques séquences, dont une réunion familiale qui permet d\u2019inclure Kati Outinen, actrice fétiche du réalisateur finlandais Aki Kaurismäki, le film met en scène un duel d\u2019acteurs : Louise Portal, magnifique dans ses tourments de soixan- tenaire, et Ahmed Muslimani, brillant en jeune premier, comme s\u2019il jouait sa propre vie.Le choix de les nommer par leurs véritables prénoms n\u2019est d\u2019ailleurs pas fortuit.Habile, le réalisateur se sert des codes du film d\u2019horreur pour instaurer une tension, présente du début à la fin.Sans dévoiler ici les enjeux et l\u2019issue de cette fiction très réaliste, on peut néanmoins dire que de sang et de violence, il n\u2019en est pas question.Quoique\u2026 L\u2019isolement, la femme vulnérable, l\u2019inconnu presque étranger \u2014 il est anglophone, a des traits et un nom arabes\u2026 Le commentaire politique n\u2019est pas loin.David Findlay nous amène pourtant ailleurs.Tout le long de cette rencontre où il ne se passe pas grand-chose \u2014 elle dure pourtant des jours et des nuits \u2014, les deux solitudes se rapprochent, s\u2019apprécient.La mise en scène exploite la nébuleuse qui sépare l\u2019enveloppe extérieure et les sentiments intérieurs, notamment par le biais de la fenêtre qui garde à distance les deux personnages.Il y a dans cet étrange tête-à-tête autant du respect pour la bulle de l\u2019autre que de la peur de briser les codes sociaux.Ce huis clos à aire ouver te suit quand même une progression.C\u2019est par le travail d\u2019Ahmed, qui doit mémoriser un premier rôle au cinéma (dans un film catastrophe à la sauce Hollywood), qu\u2019on se rend compte de son évolution.Le drame se joue là, dans ce texte écrit.Sans abuser de la mise en abyme, Findlay multiplie les clins d\u2019œil à la puissance narrative de la fiction.Dans un autre genre cinématographique, cette histoire aurait eu ses scènes crues, sa par t de violence (pour le film d\u2019horreur) ou d\u2019érotisme (pour le drame sentimental).Ici, on a opté pour quelque chose de plus réaliste, laissant des tonnes de situations dans la sphère de l\u2019irréalisable, du fantasme, de la vague idée.C\u2019est non sans raison que le réalisateur insère à l\u2019occasion de brèves séquences, comme des flashs, dont on ne sait si elles sont réelles ou imaginées.Everything Outside est un film plus latent que lent, et éclatant par ce qui demeure hors de l\u2019écran.Everything Outside ?1/2 Drame de David Findlay.Avec Louise Portal, Ahmed Muslimani, Kati Outi- nen, Québec, 2018, 77 minutes.Un duel de non-dits Louise Portal brille dans son premier rôle en anglais CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Les batailles psychologiques au sein d\u2019une même famille et au milieu d\u2019environnements étouffants, le cinéaste belge Joachim Lafosse (Nue propriété, À perdre la raison, L\u2019économie du couple) en a fait sa spécialité, et ses films sont reconnaissables à ses partis pris esthétiques rigoureux et à la concision du récit.Devant Continuer, on pourrait croire que Lafosse a changé de cap, mais en apparence seulement.Les paysages sont tout sauf familiers : ceux du Kirghizistan (avec quelques escapades du côté du Maroc par nécessité de tournage), traversés par une mère et son fils, bien en selle sur des chevaux qui, tout comme eux, en verront de toutes les couleurs.Devant cette immensité désertique et inhospitalière, ils seront tour à tour éblouis, épuisés, apeurés, le plus souvent taciturnes, mais les cris et les reproches peuvent parfois fendre l\u2019air.Cette adaptation du roman de Laurent Mauvignier, une première pour le cinéaste, l\u2019a obligé à ouvrir les fenêtres de son univers, concoctant un western conjugué au temps présent où la fuite en avant apparaît comme une planche de salut.C\u2019est du moins ce que croit Sybille (Virginie Efira, qui s\u2019impose dans une diversité étonnante de rôles qu\u2019elle défend avec une égale conviction) en refaisant ce voyage ef fectué il y a plusieurs années, mais aujourd\u2019hui avec son fils Samuel (Kacey Mottet Klein, aussi intense que dans le magnifique L\u2019échange des princesses).Aucune quiétude n\u2019émane de ce jeune homme qui passerait son temps rivé à son iPod plutôt que d\u2019entendre les remontrances de sa mère désespérée devant son mutisme et son hostilité perpétuelle.Cette expédition a pour but de recoller les morceaux d\u2019une famille visiblement en lambeaux, mais on en saura somme toute assez peu sur tous les drames qui ont ponctué leur existence.Que les erreurs de jeunesse de Sy- bille et les gestes délinquants de Samuel soient souvent relégués à l\u2019arrière-plan, voilà qui n\u2019a rien de surprenant lorsque l\u2019on connaît l\u2019approche souvent dépouillée de Joa- chim Lafosse.Si la mère tient scrupuleusement un carnet de voyage, ce qui agace un fils tout aussi cachottier, l\u2019étalage de leurs états d\u2019âme, de leurs frustrations, et un vague espoir d\u2019une quelconque réconciliation, tout cela se confond avec les paysages arides et majestueux.Mais le vent, la neige et le froid ne se déchaînent jamais aussi violemment que ce duo de voyageurs peinant à trouver son rythme de croisière, et surtout un sens commun à ce pèlerinage sans véritable destination finale.Cette posture d\u2019opacité toujours présente chez Lafosse suscite bien des questions sans réponses, et l\u2019enrobage visuel accentue la douleur sourde de deux âmes en peine, perdues dans l\u2019immensité d\u2019un même décor, se bagarrant entre elles, et parfois contre les éléments.Même si le cinéaste semble toujours aussi réfractaire à l\u2019idée d\u2019offrir à ses personnages une quelconque rédemption, il semble ici enclin à un peu plus de compassion, malgré un sursaut de violence incontrôlée en fin de parcours.Rien n\u2019est simple pour les héros sans boussole de Lafosse, pas même les appels répétés à continuer leur route.Continuer ?Aventures de Joachim Lafosse.Avec Virginie Efira, Kacey Mottet Klein, Diego Martin, Damira Ripert.France- Belgique, 2018, 84 minutes.Un désert entre mère et fils Changement de décor, mais mêmes préoccupations pour le cinéaste belge Joachim Lafosse L\u2019enrobage visuel accentue la douleur sourde des deux âmes en peine.AXIA FILMS Louise Portal est magnifique et Ahmed Muslimani, brillant en jeune premier.LA DISTRIBUTRICE DE FILMS | 1 5 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Vous avez déjà vu Mary Kay Place.Souvent même, mais sans doute seriez-vous embêté de dire où et quand.C\u2019est que l\u2019actrice, l\u2019une des plus douées de sa génération en passant, s\u2019est surtout faite une spécialité des rôles de soutien, dits de composition, d\u2019autant plus virtuoses qu\u2019ils n\u2019attirent pas indûment l\u2019attention.Par choix, ou parce que l\u2019industrie, ingrate, pousse volontiers les comédiennes sur cette voie une fois franchi le cap de la quarantaine.Sachant cela, la retrouver à 71 ans non seulement dans un premier rôle, mais livrant qui plus est l\u2019interprétation de sa carrière, s\u2019avère particulièrement satisfaisant sur le plan cinéphile.Pour vous situer, Mary Kay Place fut de la distribution du mémorable Les copains d\u2019abord (The Big Chill, 1983), où elle jouait Meg, la professionnelle célibataire décidée à avoir un enfant seule sur fond de retrouvailles entre amis.Plus récemment, elle se révéla à la fois fascinante et détestable en matriarche mormone manipulatrice dans la série Big Love, à HBO.Dans le premier long métrage de fiction de Kent Jones, documentariste accompli (Hitchcock/Truf faut, 2015) ayant bénéficié du soutien de Martin Scorsese en tant que producteur, Mary Kay Place tient le rôle-ti- tre de Diane, baby-boomer retraitée, veuve et mère d\u2019un fils, Brian, sur qui elle veille toujours.Quoique là- dessus, en dépit d\u2019un amour évident, on devine qu\u2019elle n\u2019avait pas envisagé de s\u2019occuper de lui de la sor te, si longtemps.C\u2019est que Brian est un toxicomane plus ou moins fonctionnel.On ne sait pas ce qu\u2019il consomme mais on s\u2019en doute, de la même manière qu\u2019on ne connaît pas, initialement, le fond de la pensée de Diane tout en ayant une bonne idée sur la question.Cela, parce que Mary Kay Place et ses partenaires offrent un jeu d\u2019une justesse sans faille, mais aussi grâce à des dialogues d\u2019un naturel confondant.La vraie vie En effet, Kent Jones, également scénariste, a écrit des répliques révélatrices dans tout ce qu\u2019elles ne disent pas mais laissent entendre, suggèrent.Ici, les échanges se déroulent comme dans la vraie vie lorsque des gens qui se connaissent de longue date se parlent : ils n\u2019ont pas à expliquer et à mettre en contexte leurs propos, puisque les uns et les autres savent.Les interprètes comblant les trous d\u2019un regard, d\u2019un silence, le spectateur n\u2019y perd pas en compréhension.À raison, c\u2019est là une qualité, rare, qui a été beaucoup signalée lors du dévoilement du film au Festival de Tribeca.Même impression d\u2019authenticité, d\u2019être le témoin privilégié de l\u2019existence de cette femme finalement pas si ordinaire, lorsqu\u2019on suit Diane chez une vieille connaissance éprouvée à qui elle apporte un plat cuisiné, ou dans un restaurant où elle a ses habitudes avec une confidente, ou encore à l\u2019hôpital où se meurt dignement une amie\u2026 L\u2019ouverture du film montre d\u2019ailleurs Diane endormie au chevet de cette copine-là, qui la couve d\u2019un œil à la fois amusé et las.Réveillée en sursaut, Diane se confond en excuses ; l\u2019autre ne s\u2019en formalise pas : on comprend à leur air, au ton de leur voix, qu\u2019elles sont au-delà de tout ça.Le montage coupe au moment précis où leurs mains se touchent, complices, annonçant un film qui sera certes émouvant, mais pas sentimentaliste.Ce que la suite confirme, et c\u2019est une excellente chose, puisque la vedette n\u2019a pas son pareil pour la demi- teinte.Généreuse, impatiente, attentive, brusque : Diane est une masse de contradictions attachante, car reconnaissable, humaine.Elle a beau être d\u2019un naturel dévoué, elle est capable d\u2019exploser, comme lorsque les mensonges grossiers de son fils viennent à bout de sa bonne volonté : on peut aimer sa progéniture inconditionnellement et être en même temps excédé par elle.Chaque instant Campé dans une petite ville de Nou- velle-Angleterre, le film consiste en une succession de vignettes où le cinéaste privilégie des plans d\u2019ensemble relativement serrés, intimistes, qu\u2019il ponctue de détails significatifs montrés en gros plans.À nouveau, la manière est dénuée de toute affectation, atteignant un réalisme parfait.Graduellement, on apprend à connaître Diane, découvrant qui elle est, un peu qui elle fut, et de quelle manière l\u2019hier éclaire ou assombrit parfois l\u2019au- jourd\u2019hui.Tout cela, là encore, évoqué sans jamais être explicité.La mort est omniprésente dans le film, où que la protagoniste regarde : celle qui attend son amie à l\u2019hôpital, celle qui frappe ses compagnons de jeunesse devenus vieux sans s\u2019en apercevoir, celle enfin qu\u2019elle sent rôder autour de son fils\u2026 Or, par quelque paradoxe dont certains films ont le secret, celui de Kent Jones déborde de vie, à l\u2019instar de son héroïne.Une vie d\u2019autant plus précieuse que Diane est arrivée à un stade où elle comprend que si, derrière, son passé est plus vaste que l\u2019avenir qui file devant, raison de plus pour profiter de chaque instant.Furieusement.Diane (V.O.) ?1/2 Drame de Kent Jones.Avec Mary Kay Place, Jake Lacy, Andrea Martin, Estelle Parsons, Deidre O\u2019Connell, Glyn- nis O\u2019Connor, Joyce Van Patten.États- Unis, 2018, 95 minutes.Portrait de femme Mary Kay Place livre la performance de sa carrière en femme ordinaire, mais pas tant que ça Mary Kay Place tient le rôle-titre de Diane, baby-boomer retraitée, veuve, et mère d\u2019un fils sur qui elle veille toujours.MK2 MILE END La vedette n\u2019a pas son pareil pour la demi- teinte.Généreuse, impatiente, attentive, brusque : Diane est une masse de contradictions attachante, car reconnaissable, humaine. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e 1 6 | Les nouveautés sont en rose Ville Neuve ?Une maison sur la côte.Un homme s\u2019y est réfugié.L\u2019y rejoint, circonspecte, son ex-femme.Militants lors du référendum de 1980, ils se surprennent à rêver d\u2019une vie commune alors qu\u2019un second référendum en est à raviver maintes aspirations.Dévoilé à Venise, Ville Neuve, premier long métrage d\u2019animation de Félix Dufour-Laperrière, est une ode à l\u2019indépendance, mais pas un pamphlet.Riche, puissamment évocatrice, cette œuvre poétique transcende son contexte et atteint une dimension universelle.Car il est ici question d\u2019idéal.Un idéal qui unit jadis les amants; lui voudrait y croire encore, elle n\u2019a jamais cessé.Et les réminiscences de les assaillir tous deux au gré des marées.Omniprésente, la mer imprime rythme et manière: coule un flot noir et blanc charriant métamorphoses, permutations et fulgurances en autant de nuances de gris.Le dénouement, qui hante, rappelle qu\u2019il n\u2019est jamais trop tard pour recommencer à espérer.À avoir foi en un idéal.François Lévesque Diamantino ?1/2 Diamantino, immense star de foot, a perdu le goût du jeu.Être candide désireux de faire le bien, le voici qui adopte Rahim, un adolescent qui est en réalité une jeune femme: Aisha.Agent secret, Aisha le soupçonne de blanchiment d\u2019argent.En parallèle, les sœurs chipies de Diamantino ourdissent un complot contre lui, avec à la clé de curieuses expérimentations hormonales.Décalée, cette satire poli- tico-fantaisiste primée à Cannes affiche une sensibilité résolument queer.Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt maintiennent une esthétique pop et un ton ludique en abordant des enjeux aussi variés que la fermeture des frontières, les turpitudes financières des riches, l\u2019éclatement de l\u2019Union européenne, l\u2019eugénisme et les manières diverses mais toujours fort belles à travers lesquelles l\u2019amour se manifeste.On reste ce faisant en surface, mais comment résister à un tel déploiement de chiots géants, de chatons et de barbe à papa?François Lévesque Rafiki ?Ce quartier populaire et quelque peu anonyme de Nairobi pourrait ressembler à celui d\u2019une ville occidentale, avec ces jeunes parfois désœuvrés, parfois pleins de vie.Les deux filles de deux candidats opposés à une élection locale sont aussi différentes que leur père, ce qui ne les empêche pas de vivre un coup de foudre quasi instantané.Dans un pays où l\u2019homosexualité est un crime, leur amour leur fait courir un grand danger, d\u2019autant plus qu\u2019elles sont surveillées de toutes parts.Ce qui débute par une romance juvénile prend peu à peu la forme d\u2019une dénonciation de l\u2019intolérance, illustrant la puissance de la haine envers la différence sexuelle.Rien de très original, mais une véritable audace à l\u2019échelle africaine, où ce cinéma de la diversité sexuelle a bien du mal à exister.La cinéaste kenyane Wanuri Kahiu fait preuve d\u2019un courage que l\u2019on doit saluer.André Lavoie Teen Spirit (V.O.) ?Passionnée de chant, une adolescente désargentée s\u2019inscrit à un concours télévisé à l\u2019insu de sa mère.Cela, avec l\u2019aide d\u2019un ténor déchu qui croit en cette aspirante vedette pop.Teen Spirit a beau arborer des atours contemporains, il s\u2019agit d\u2019un conte de fées.À maints égards, ce premier long de Max Minghella constitue une variation de films tels Fame et Flashdance «revampée» pour l\u2019ère Britain\u2019s Got Talent et autres The Voice.Il y a quelque chose d\u2019attachant dans le rêve pourtant pas original de Violet, qui souhaite chanter, certes, mais qui désire surtout s\u2019élever au-dessus de Amazing Grace ?1/2 Il a fallu la ténacité du producteur Alan Elliot, ainsi que l\u2019apport des nouvelles technologies, pour sortir des voûtes la pellicule 16mm utilisée par Sydney Pollack lors de l\u2019enregistrement de l\u2019album Amazing Grace d\u2019Aretha Franklin, en janvier 1972.Le cinéaste ne maîtrisait pas l\u2019art du documentaire musical, et l\u2019impossibilité de synchroniser le son et l\u2019image a failli laisser ce film dans l\u2019oubli.Pendant deux nuits consécutives, la chanteuse, auréolée de trophées Grammy et comptant déjà plusieurs albums à succès, se lance dans l\u2019aventure du gospel, les chants de ses racines familiales (son père état pasteur baptiste) et musicales.Ce disque obtiendra un immense succès, mais le témoignage visuel de cette aventure, où la chanteuse se donne corps et âme (et transpire parfois à grosses gouttes, plans rapprochés à l\u2019appui) ajoute une pierre à cette cathédrale nommée Aretha Franklin.André Lavoie Continuer ?Changement de décor, mais pas de ton pour le cinéaste belge Joachim La- fosse (Nue propriété, À perdre la raison, L\u2019économie du couple).Cet habitué des huis clos étouffants et des règlements de compte familiaux transporte sa caméra dans les immensités désertiques du Kirghizistan (reconstitué en partie au Maroc).Au milieu de paysages arides et majestueux, une mère aux abois et un fils colérique semblent effectuer le voyage de la dernière chance, celui qui pourrait les réconcilier ou les séparer à jamais.Diane (V.O.) ?1/2 Dans une petite ville de la Nouvelle-An- gleterre, Diane partage son quotidien entre l\u2019hôpital où se meurt une amie, ses bonnes œuvres et son fils toxicomane.Ce fabuleux premier film de fiction de Kent Jones offre à Mary Kay Place le rôle de sa carrière.Elle est d\u2019un naturel confondant, à l\u2019instar des échanges qui se déroulent comme dans la vraie vie lorsque des gens se connaissant de longue date se parlent: ils n\u2019ont pas à expliquer ou à mettre en contexte puisqu\u2019ils savent.Les interprètes comblant les trous d\u2019un regard, d\u2019un silence, le spectateur n\u2019y perd pas en compréhension.Le film consiste en une succession de vignettes intimistes au gré desquelles on découvre une femme pas si ordinaire que cela.À nouveau, la manière est dénuée d\u2019affectation, atteignant un réalisme parfait.À terme, c\u2019est quasi miraculeux qu\u2019un film où la mort est si présente s\u2019avère aussi vivifiant.François Lévesque Everything Outside ?1/2 D\u2019une délicatesse infinie, nourri de non-dits et de situations équivoques, Everything Outside met en scène deux personnages forcés de s\u2019ouvrir l\u2019un à l\u2019autre dans un chalet isolé.Le réalisateur David Findlay, un Québécois qui livre ici son premier long métrage, donne à Louise Portal un premier rôle en anglais.Son vis-à-vis, Ahmed Musli- mani, et elle offrent une prestation de haut calibre, dans un huis clos presque total où le meilleur se passe de mots, s\u2019exprime dans le non-verbal.Le réalisateur se sert des codes du film d\u2019horreur pour instaurer une tension, présente du début à la fin, portée par les apparences trompeuses et par un malaise digne des jeux de séduction.Jérôme Delgado Dans le style rigoureux et énigmatique qui est le sien, Lafosse adapte à sa manière le roman de Laurent Mau- vignier, et peut compter sur deux acteurs de talent, Virginie Efira et le jeune Kacey Mottet Klein.Ils étaient fin prêts à monter à cheval, mais aussi à défendre coûte que coûte ce récit parsemé de mystères, de silences, de remontrances et d\u2019affrontements avec les éléments.André Lavoie est éclairante.Quant aux interprètes, ils sont remarquables de vérité.Lui qui sait pourtant y mettre l\u2019effet, François Ozon maintient tout du long une approche respectueuse et sobre.Grâce à Dieu n\u2019en est que plus bouleversant.François Lévesque son est formidable.Idem pour Samuel L.Jackson, savoureux dans son rôle récurrent de Nick Fury.Coréalisé par Anna Boden et Ryan Fleck, Capitaine Marvel n\u2019est pas «signé», mais il est en continuité visuelle avec ses prédécesseurs.Les fans y trouveront leur compte.Ah, un détail : le film donne à voir l\u2019un des chats les plus craquants de ce côté-ci de la galaxie.François Lévesque Grâce à Dieu ?Avec une retenue exemplaire, François Ozon revient sur l\u2019affaire Barbarin.On suit les parcours d\u2019Alexandre, de François et d\u2019Emmanuel qui, lorsqu\u2019ils étaient enfants, furent agressés par le père Bernard Preynat, figure charismatique du diocèse de Lyon.Épousant les points de vue des trois hommes lors d\u2019autant de chapitres, le cinéaste fait subtilement coller sa réalisation aux tempéraments de chacun.À tour de rôle, on revient en arrière avec eux, brièvement.Avec un tact infini, Ozon évoque ce qui s\u2019est passé juste avant, puis laisse le spectateur imaginer ce qui s\u2019est produit juste après.Au gré des développements, son scénario révèle les nombreux mécanismes permettant au silence de prévaloir.La démonstration Dumbo ?Campée en 1919, cette mouture aux forts accents mélos en prises de vues réelles du classique de Disney possède l\u2019essence de l\u2019original, mais n\u2019en raconte guère plus, bien qu\u2019il en fasse près de deux fois la durée.Soutenu par une époustouflante direction artistique, des effets spéciaux soignés et la flamboyance de ses acteurs fétiches, Tim Burton signe de jolis numéros de cirque inspirés et d\u2019irrésistibles clins d\u2019œil à la version de 1941.Hélas ! Le scénariste joue les moralisateurs, ce qui a pour effet de plomber cette fantaisie burtonienne qui manque cruellement de magie.Manon Dumais Capitaine Marvel (V.F.de Captain Marvel) ?1/2 Ex-pilote recueillie dans des circonstances mystérieuses par un peuple extraterrestre extrêmement avancé, Carol Danvers revient sur la Terre en 1995, dotée qui plus est de pouvoirs phénoménaux, afin d\u2019en apprendre davantage sur son passé.Après onze ans d\u2019activités, le vaste Univers cinématographique Marvel offre ici son premier film solo consacré à une su- perhéroïne.Rythmé, léger, bien ancré émotionnellement, c\u2019est l\u2019un des très bons crus.En filigrane: un commentaire féministe bienvenu et une critique peu subtile mais efficace des politiques antimigratoires de l\u2019Amérique actuelle.Dans le rôle-titre, Brie Lar- Amazing Grace, documentaire d\u2019Alan Elliott ENTRACT FILMS | 17 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 PRÉSENTE 24 MAI AU 16 JUIN 2019 Saint-Lambert Concerts-satellites à Varennes \u2022 Saint-Bruno-de-Montarville \u2022 Longueuil \u2022 Boucherville \u2022 EN COLLABORATION AVEC PARTENAIRES PUBLICS 65 CONCERTS EN SALLE ET DANS LES RUES festivalclassica.com s DeBerlioz La Quietud (V.O., s.-t.f.) ?Dans un vaste domaine, en Argentine, deux sœurs à la complicité trouble rejoignent leur mère alors qu\u2019agonise leur père.Tandis que les autorités rôdent, tenantes des traumas politiques passés, les trois femmes dévoilent des secrets, en dissimulent d\u2019autres\u2026 Avec La Quietud, Pablo Trapero réitère une propension à filmer des cellules familiales extrêmes.Ici, aucun personnage n\u2019échappe à une certaine monstruosité, celle-ci nuancée au détour d\u2019aveux-chocs qui, c\u2019est l\u2019une des failles du film, ne choquent guère.En filigrane, on évoque dictatures et années d\u2019exil, laissant entendre un patrimoine mal acquis.Hélas, ce filon prometteur ne sert qu\u2019à accommoder une énième révélation, procédé dont abuse l\u2019intrigue.En témoigne, encore, un épilogue jusqu\u2019au-boutiste plaqué.L\u2019élégant se meut en grotesque, et à la curiosité succède l\u2019ennui.Pourtant, le film bénéficie d\u2019un vrai sens de la mise en scène et d\u2019un trio de comédiennes excellentes: efforts vains.François Lévesque Stockholm ?1/2 Même si les noms ont été changés et que le cinéaste canadien Robert Bu- dreau (That Beautiful Somewhere) a pris quelques libertés avec les faits datant de 1973, celui-ci recrée dans Stockholm les principaux éléments qui ont mené à la création du syndrome du même nom.Des victimes en symbiose avec leur agresseur, on voit cela à l\u2019œu- vre pendant les quelques jours où Kaj (Ethan Hawke) prend en otage les employées d\u2019une banque suédoise, dont Bianca (Noomi Rapace), si complices que les autorités sont démunies devant cette situation aussi inusitée qu\u2019absurde.La trajectoire psychologique des personnages est d\u2019une limpidité exemplaire, mais ce thriller souffre d\u2019un rythme hésitant, sans ce grain de folie qu\u2019exigeait l\u2019illustration de cette affaire abracadabrante.André Lavoie Avengers.Phase finale (V.F.de Avengers : Endgame) ?1/2 Sorti l\u2019an dernier à pareille date, Avengers.La guerre de l\u2019Infini se sera essentiellement révélé être une mise en place de ce très attendu Avengers.Phase finale.Cet ultime opus ne perd pas de temps à plonger dans l\u2019action, ce qui est heureux puisque le film dure trois heures.Résulte de cette gageure le mélange attendu de séquences d\u2019action haletantes, d\u2019effets spéciaux époustouflants, d\u2019humour salutaire\u2026 et de moments émotionnels souvent insistants.Hélas, alors qu\u2019arrive l\u2019affrontement final, on va de reports en épilogues, étirant là où l\u2019on devrait resserrer.La conclusion de la saga de l\u2019Infinité s\u2019avère ainsi insatisfaisante, un brin opportuniste et larmoyante.François Lévesque de Laszlo Nemes épousant dans les deux cas si rigoureusement le point de vue des protagonistes que l\u2019impression d\u2019un dédale physique et mental est identique.Pour ce nouveau cauchemar éveillé, Nemes récupère sa grammaire cinématographique antérieure: longue focale isolant Irisz dans un décor flou, plans-séquences dilatés et nerveux, impression croissante d\u2019une dissonance entre ce qui est vu et entendu\u2026 Mêmes procédés, mais résultat en deçà, hélas: Sunset est si désincarné qu\u2019on peine en retour à s\u2019y plonger.Une réalité à laquelle, ironiquement, le brio des techniques immersives de Laszlo Nemes ne peut rien changer.François Lévesque ce qu\u2019on lui a toujours affirmé être son lot.Formule éculée, mais éprouvée.Elle Fanning, qui possède la voix requise pour rendre la proposition crédible, s\u2019avère merveilleuse.À terme, il eût toutefois été intéressant que Minghella s\u2019inspire de son héroïne et aspire à davantage.Tel quel, son film fonctionne, mais à la hauteur de ses modestes ambitions.François Lévesque Sunset : la fin du jour (V.O., s.-t.f.) ?1/2 Budapest, 1913.Irisz, orpheline déchue, évolue entre noblesse décadente et insurgés dans sa quête pour retrouver un frère inconnu.Sunset doit beaucoup à son prédécesseur, Le fils de Saul.Au circuit fermé d\u2019un camp de la mort se substitue l\u2019aire ouverte d\u2019une cité, mais la taille du canevas est accessoire, la mise en scène Mia et le lion blanc ?1/2 Documentariste flirtant parfois vers la fiction, Gilles de Maistre a conservé son tempérament patient dans ce plaidoyer pour la préservation des animaux sauvages, épinglant la bêtise des chasseurs sans scrupules.Au centre d\u2019une famille élevant des lions en Afrique du Sud, la jeune Mia s\u2019attache, d\u2019abord malgré elle, à un lionceau qui grandira au même rythme qu\u2019elle (le tournage s\u2019est échelonné sur quelques années pour épouser cette transformation).La complicité est si forte que la jeune fille fera tout pour le protéger des siens et du reste du monde, s\u2019engageant dans une traversée périlleuse.Rien de nouveau dans ce discours lénifiant, mais nécessaire, le tout dans une approche Walt Disney où les couleurs locales s\u2019assimilent à une esthétique de cartes postales.André Lavoie L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 1 8 | CRITIQUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR Luxuriant, exubérant, excessif.L\u2019art de Catherine Bolduc est de ce type, un pied dans les constructions baroques, un autre dans des compositions marquées par la désinvolture du geste.Renommée pour ses sculptures et ses installations à la teneur démesurée depuis vingt ans, l\u2019ar tiste pratique aussi le dessin, qu\u2019elle aborde dans le même esprit d\u2019abondance.Souvent intégrées à des installations, ses œuvres sur papier sont pourtant restées dans l\u2019ombre de sa production.L\u2019exposition La vie parallèle, sa toute première à la galerie D\u2019Este, a le mérite de faire toute la place à un ensemble de dessins.Ceux-ci n\u2019ont pas à être pris comme compléments ou versants bidimensionnels d\u2019une proposition sculpturale, mais bien comme des œuvres à part entière.Ce n\u2019est peut-être pas la première fois que Catherine Bolduc met l\u2019accent sur ses dessins dans une exposition \u2014 en 2017, le projet La femme dans la lune, présenté à Terre- Neuve, en était amplement garni.Reste qu\u2019à Montréal, la chose a été rare jusqu\u2019ici.On pourrait croire, ou craindre, que l\u2019artiste, à l\u2019orée de la cinquantaine, ait accepté de s\u2019en tenir à ce format d\u2019œuvres plus vendables, moins onéreuses aussi.Le palier de la mi-carrière est crucial, tant il place les créateurs dans une sorte d\u2019oubli, entre les nouveaux visages et les vétérans acclamés.Peut-on leur reprocher d\u2019adopter des manières plus mesurées?Catherine Bolduc n\u2019a pas renié pour autant sa signature.Cette série de dessins à l\u2019aquarelle et à l\u2019acrylique respire la même extravagance que les installations, la même approche qui lui permet d\u2019insuffler une bonne dose d\u2019énergie et d\u2019imagination à des objets génériques et plutôt neutres.Le détournement et l\u2019appropriation d\u2019objets trouvés ou manufacturés font depuis longtemps partie de la pratique de Catherine Bolduc, une « ramasseuse », comme l\u2019auteur et ar t iste Marc-Antoine K.Phaneuf l \u2019a déjà qualifiée.Hier, fleurs ar tificielles, jeux de car tes ou miroirs.Aujourd\u2019hui, photos sur le Web.Oniriques et fantastiques, ses récits visent à corrompre les conventions, le réel.La douzaine d\u2019impressions au jet d\u2019encre retouchées à la main donne à voir soit des espaces intérieurs, soit des individus à l\u2019état passif \u2014 « postures de fatigue, d\u2019ennui ou d\u2019absence mentale », selon les termes de l\u2019ar tiste.Les espaces retenus sont des lieux aux décors chargés, espaces de luxe (salle de réception, restaurant) que l\u2019on suppose conçus pour des rencontres, ne serait-ce que par le motif récurrent de la table.Les touches de couleurs, surtout Toujours volcanique, Catherine Bolduc L\u2019auteure de mémorables châteaux de cartes fait ici toute la place aux dessins Catherine Bolduc, Paysage psychique, 2019 CATHERINE BOLDUC des rouges et des jaunes, éclaboussent l\u2019ordre coquet des images et dégoulinent à la manière des paysages volcaniques créés il y a une décennie par Catherine Bolduc.La magie et le fantasme, comme l\u2019écrivait Anne-Marie St-Jean Aubre dans l\u2019exhaustive monographie de l\u2019artiste (Mes châteaux d\u2019air et autres fabulations, 1996-2012), ser vent encore à Bolduc pour travestir la réalité.L\u2019expo La vie parallèle, comme le titre le stipule, repose sur une série de contrastes entre ce qui a été déniché sur Inter net (notre réalité, aujourd\u2019hui) et l\u2019inter ven- tion de l\u2019artiste.La beauté des uns et d\u2019une certaine norme versus sa beauté à elle.Catherine Bolduc oppose à l\u2019apparence rigide de ces aménagements intérieurs sa force intérieure à elle, qui s\u2019exprime par une série d\u2019explosions \u2014 comme celles des volcans.Elle vient quelque part clamer que la subjectivité a droit de cité en dehors du Web, cet espace censé être le lieu pour épancher tous les ego du monde.Peut-être le marché de l\u2019art est-il en train de la récupérer, de lui dicter sous quel format s\u2019exprimer.On peut cependant supposer, ou souhaiter qu\u2019elle saura alors s\u2019en détacher et grif fonner un autre coulis de fantaisies.Sa vie parallèle ne devrait pas s\u2019arrêter à cette exposition.La vie parallèle De Catherine Bolduc.À la galerie d\u2019Este, 4396, boulevard Saint-Laurent, jusqu\u2019au 5 mai.| 19 C u l t u r e A r t s v i s u e l s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 S OI R É E D \u2019O U VE R T UR E G R AN DIO S E J E U DI 1 6 M A I 2 0 1 9 PEGGY LEE « Echo Painting » BANG ON A CAN ALL-STARS « Field Recordings » 20 h 22 h PLUS D\u2019INFOS fimav.qc.ca Catherine Bolduc, La forêt, 2019 CATHERINE BOLDUC Renommée pour ses sculptures et ses installations à la teneur démesurée depuis vingt ans, l\u2019artiste pratique aussi le dessin, qu\u2019elle aborde dans le même esprit d\u2019abondance.Souvent intégrées à des installations, ses œuvres sur papier sont pourtant restées dans l\u2019ombre de sa production. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e GROUPE LE VIVIER   CONTENU AIRE PUBLICIT VIBRENT GIQUE BEL QUÉBE LE AND QU ENSEMBLE LA T E C nsé o s c r u o x j i t s n a d en p œ h , c e g r o e g ts d n a h C h c o r i p a s en m f i t u c n o \u2019 ns d t so » e l  a t é m r «  u s e r v u s œ e , d n i a : s  e u q i r t c e s él e d r a \u2019 ts s r e c n o e c e d i r sé e r d u o f e r r a , c r e i v e Vi L e u q i ct e l c t é s e e t i d é n i e t u o t t n o ir t r o s s t r e c n o ix c s e c s l n a s d e é y o l p é t d n o r e s a é r f c u e s n e , l a s r e e v c i u v o b m e s n n e r u a s p e é u o t j s e i o c u e t i s o p m o n c r u a s p e é é r C «  el a B e l r d u o t u t a n a l u c i t , q s e l el v u o s n e u q i us s m ù g s e e G r l e r b i t v n o r e s f e ap c a e é t an h c c e v a t n e m e l a p w o r d j e n H fa e t S n e c S u L - e r r e i P m o e c r l a é p é r c - r o \u2019 e l s d e e d dr a ui s q n o i t , e g l e e b l - é b é u r q .e u q i g e n se u o p o r i p u e p u o r u G e a c â r k ic nn A - ie ar M ar p a l l t e a l t e l o s s d r o c c a s e l - i c in r e p é s o p m o i c k s e e d r v u e œ n , à u l a c é s i o c é b é u r q u e t i s o p l d e r u t ul c s n a r e t g a l l ai e m C .ai 2 m u 1 u 7 a a d r d n e i e t s n o i t a n r e t s in e air n e t r a s p e d s l i o e f r è i m e r e p n ir u r ff r o u o p B - e ni o l l a e W s d r u e t i s o p m o c o F u a t e a c i s u M s r A e g l e b a é i c o s s a t s e \u2019 s r e ni r e d e C .r e i v i e V r L u o p n u m om c s de e l b a s on p s e r i n a h p é t e S gn i l u o , s » e  r i a n i d t i s o p m o i c s s u a e r J a s p é t n e v in t s s in e t l n a v n a e o T t r e c n o e c L . » s i o b t u a h é d gn a p m o c c a a h s c e a d r e t é r p c i l A \u2019 e d r v u œ \u2019 l r s c e a d r e it m i t e C « .u a e v i él B a r e n n o ui , q x u a e i r é a S s e l l e x ru s e d um r l a v i t s e f u s on i t a c i , l e m a e H ui , q e t è r p r e t t in r e u e , e t r o p a L s i o ç n a r F - n a t n e m e r è i t n s e t n e m ru a r t t e m e u q i r t c e l m é e t e t d s e n o i s s u c r e e p t u o e t , l e g r o e g s d t n - r e t t in n e r o b b e e H ur o d p n a l é o e g s d i e s eu t n a h c même e t t e n e r è ff z di t r e s h e e l m m o C u q i l xp e s, e u q i r t c e l é s e d n o i m n é o e s r l u e s s o p e n r o i t .«  r e p p o e H g l e e b l b m e s n e \u2019 l o , j » d  n u o r G f «  s o n io t i n i f e D n œ o c s e v n a o e t a l r e n n o d C \u2019 O s e am J n ie d a an c r u e t i s o p e i r é a s e l t d r e c n o r c e i m e r p , d i s in .A s e t n a in c s t fa s e e t i l c s h u l s p e s d e r v u s œ e u à d e i l e r p o r p s e d n o c é r a L .t n e m e r t u a e t n o r ur o p s ur e t , l e g l e e b ain m ni r e e d r l u Po é r p t n e m e l a g é e c s d ain t r e e c d t s i t p a B - n a e e J d t d e e n è ir e s u g r o a a t e s a d r e u o j e e l r t n .e l l e - -t e s e r l a s p - a é r a c L r a e p é u f O e r v u an h g a l al - m o e c , l e s l n a - o r é t é - r e p ù  s e G u d e s i l g é \u2019 l à - e s ix s e d n o i t a r é b r e v e u g r o \u2019 l r i r v u o c é d n i f n - a t c e p s s e , l ai 2 m e 1 - e a s e l t d r e c n o r c e .e é t n e s a r e , y s s t n e m ru t s s in e ir t r a e à p é é r , c l a l l e e Z e r v u œ \u2019 .L o Y - u n T o e s n o e s , d l e b a e B e d l b Ce contenu publicit , dir l \u2014 a t é s m r u e t n a h s c e \u2014 d e d ur œ h c r e mi e r p u d , i a m 8 e t n e e r t ê t on r r ou p r u e n hon \u2019 l o a v ù l s o n o i t a é r e c r t a u Q . » e é t n e s é r a p r e e s r v u œ \u2019 l s p e e c n d u c a h r c u o e p é é r c s r e e v , un e p o r u E \u2019 t l a e d a n a C s annonceur oduit par ou pour le e a été pr air vie i V e L e p u o r G e s é t l u ns o e c r t ê ma m a r g o r a p L x u a s ue q i s s a l c s di é it r o n o s s e d e C u g r o \u2019 a à l r t t e m t é e ig s r e l w ro g e l s ue d n t à s ix e ù ys o a a r e n s o i VIVIER LE OUPE GR ant : s suiv .a c .r ie v i v e l .w w w u a r b du e e W t i e s r l u ut e e p t lè p m o n c o i t .s ue q i t o ob r us l p s lu s p e , d s e t n e r é ff e r t t e m é \u2019 t d n a v a s a CRITIQUE MARIE-ÈVE CHARRON COLLABORATRICE LE DEVOIR Dans l\u2019exposition de Marie-Andrée Godin, tout se passe en périphérie, bien que la pièce maîtresse accapare avec majesté le sol.Il s\u2019agit d\u2019un tapis tissé à poils longs qui s\u2019étend avec pesanteur dans l\u2019espace alors que ses couleurs claires apportent une légèreté, tout comme les quelques formes organiques qui parcourent la surface.Il n\u2019en tient qu\u2019à nous d\u2019en faire l\u2019expérience comme le souhaite l\u2019artiste, qui crée de la sorte une aire de détente, de non-travail, tout à fait opposée au labeur éprouvant qui a rendu possible sa fabrication.Le tapis est une confection de l\u2019artiste, précise un texte posé au mur, qui révèle bien d\u2019autres informations et qui s\u2019avère un élément nodal de l\u2019installation.En pourtour, donc, ce texte fait mine de rien, mais tout y conduit, à commencer par l\u2019aménagement de l\u2019espace.Une voie de circulation, partiellement encadrée d\u2019un rideau sombre, est dégagée autour du tapis et conduit inévitablement vers lui.Il prend la forme d\u2019un journal de bord où l\u2019artiste évoque son processus de travail, les nombreuses heures passées sur la machine à tapisserie qui l\u2019ont en marge lancée dans une recherche sur le rôle des femmes au Bauhaus, école notoire qui a vu le jour il y a 100 ans en Allemagne.Pour cette première exposition en solo à Montréal, Godin, qui a fait ses premières armes à Québec, arrive avec un travail développé en Finlande, où elle poursuit des études doctorales à l\u2019Université Aalto.Là-bas, dans les ateliers à sa disposition, le métier à tisser lui a inspiré ce projet qui s\u2019inscrit dans un cycle amorcé en 2017 portant sur le féminisme, la magie et le postcapita- lisme, le WWW3 (WORLD WIDE WEB/WILD WOMEN WITCHES/ WORLD WITHOUT WORK).Textile Adepte de la performance, la jeune artiste situe le geste au cœur de sa démarche.Aussi, c\u2019est l\u2019action répétée de son corps avec la machine à tisser, dans le but de réaliser le tapis aux dimensions ambitieuses, qui a nourri ses réflexions autour du travail des femmes, comme en témoignent les lignes de son journal de bord.Elle raconte avoir voulu tromper la monotonie et l\u2019inconfort, voire les douleurs, du labeur en écoutant Éprouver le réel du travail Marie-Andrée Godin présente une première exposition solo à Montréal A r t s v i s u e l s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 Dario Acosta PARTENAIRE DE SAISON À MONTRÉAL 418 641-6040 | 1 877 641-6040 514 842-2112 | 1 866 842-2112 PARTENAIRE DE SAISON À QUÉBEC ABONNEZ-VOUS ! VIOLONSDUROY.COM 19 / 20 Samedi 4 mai 20 h Dimanche 5 mai 14 h Palais Montcalm \u2014 Maison de la musique Samedi 11 mai 19 h 30 Maison symphonique de Montréal LA MESSE EN SI MINEUR DE BACH Bernard Labadie chef J.S.BACH Messe en si mineur, BWV 232 Avec le chœur La Chapelle de Québec Vue de l\u2019exposition à Diagonale.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR des balados, qui ont ensuite mené à de nombreuses lectures.En citant entre autres les mots de la philosophe Simone Weil à propos de son expérience à l\u2019usine, Godin établit un parallèle, suggérant qu\u2019elle aussi doit faire l\u2019épreuve du réel pour connaître la condition liée à un travail qui n\u2019est pas le sien a priori.Ses lectures se concentrent sur les femmes du Bauhaus.Dans cette école où se pratiquaient de concert l\u2019architecture et les arts appliqués, et malgré un désir de réconciliation de toutes les formes d\u2019art, la tapisserie, qui était l\u2019apanage des femmes, était jugée mineure.Le fondateur de l\u2019école, Walter Gropius, rapporte Go- din, estimait que les femmes n\u2019arrivaient pas à concevoir l\u2019espace, ce qui les destinait naturellement aux ouvrages en deux dimensions, dont la tapisserie, les confinant ainsi à un rôle de second plan.Plusieurs d\u2019entre elles, dit un ouvrage consulté par l\u2019artiste, étaient mariées à des artistes aussi au sein du Bauhaus, auxquels elles se dévouaient au détriment de leur propre avancement, restant en marge des figures dominantes.Les réflexions de Godin butinent d\u2019une référence à l\u2019autre, esquissant un portrait des femmes du Bauhaus au moyen de fragments textuels cousus ensemble.Visible, le collage atteste d\u2019un savoir polyphonique qui donne à penser le singulier dans ce qui est commun et collectif.C\u2019est la dimension que l\u2019artiste cherche visiblement à donner à son installation qui, si elle est physiquement achevée, a été conçue pour être le théâtre d\u2019échanges.Rencontrée à la galerie, l\u2019ar tiste se préparait à accueillir le public au sein de l\u2019installation pour y mener une discussion.Le vernissage avait auparavant permis à plusieurs personnes de se rassembler sur le tapis, revoyant ainsi les rituels propres à ce genre d\u2019événement.Domestique Plus tard, en mai, aura également lieu une conférence de Camille Robert sur le travail ménager, un travail invisible sur lequel les féministes ont contribué à dégager de nouvelles perspectives.L\u2019installation propose justement un endroit qui se veut à la jonction de la maison et de l\u2019espace public.Le tapis apporte une intimité qui est démentie par ses dimensions imposantes.De même pour les pans de rideaux qui couvrent deux murs de la galerie : ils donnent au lieu un caractère à la fois domestique et théâtral.Le rideau repose par ailleurs sur une conception artisanale, pour laquelle Godin dit avoir pu compter sur sa mère, un savoir-faire dont la transmission ajoute au propos de l\u2019installation.Entre la maison et le Bauhaus, la situation historique des femmes s\u2019équivalait : l\u2019intégration au Bauhaus reconduisait une iniquité pour les femmes malgré les apparences d\u2019émancipation.Dans l\u2019exemple du Bauhaus, où sont nés le design et l\u2019architecture de style international, l\u2019ar tisanat a finalement été relégué pour faire place à l\u2019utopie moderniste avec pour credo le progrès.En revisitant librement ces références \u2014 avec les techniques du tissage, de la couture et des motifs décoratifs plus près du dadaïste Hans Arp \u2014, Ma- rie-Andrée Godin tente une approche politique du travail que son journal de bord propulse dans le présent avec un lexique inspiré du WWW, de la mondialisation.La référence au Bauhaus, en somme, ne devrait pas occulter la situation actuelle des femmes dans le monde du travail et de l\u2019économie.Comme l\u2019ar tiste l\u2019écrit, en conclusion, à propos de son projet : « Ce n\u2019est pas un travail à propos des femmes du Bauhaus.» (Im)possible Labor De Marie- Andrée Godin à Diagonale, 5455, avenue de Gaspé, salle 110, jusqu\u2019au 8 juin. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e D i s q u e 2 2 | CLASSIQUE Gustav Mahler ?Symphonie no 3.Orchestre du Gürzenich de Cologne.Har- monia Mundi, HMM 905314.15.François-Xavier Roth est devenu cette saison l\u2019un des très sérieux prétendants à la succession de Kent Nagano à l\u2019OSM.On le reverra d\u2019ailleurs en 2019-2020.Roth a débuté pour Har- monia Mundi, avec une excellente 5e Symphonie, une intégrale des symphonies de Mahler.Cette Troisième, récemment présentée à Montréal sous la direction de Jean-François Ri- vest, affiche Sara Mingardo, qui est avec Marie-Nicole Lemieux l\u2019une des mahlériennes les plus convaincantes du moment, avec des couleurs saisissantes, malgré une projection moins impressionnante que sa consœur québécoise.La démarche de Roth s\u2019adresse aux mahlériens qui en ont vu d\u2019autres, notamment des versions plus démesurées et généreusement expressives.Par contre, sur les plans architectural (les gradations!), sonore et analytique, il y a dans ce périple de 93 minutes, qui évoque Gielen et Boulez, beaucoup de grain à moudre.Convaincant plus que fascinant (façon Bernstein), Roth propose une vision alternative de très haute qualité, plutôt cérébrale, mais jamais froide.Christophe Huss ALT ROCK Social Cues ?Cage the Elephant, RCA Records Dans son cinquième album, Social Cues, le groupe britannique Cage the Elephant peint un paysage sonore sombre de désespoir.Les textes sont marqués d\u2019une douleur palpable, parfois quelque peu adoucie par un ton indifférent, mais qui reste cynique, résigné.On entend la même chose à travers le rock mi- glam mi-alternatif caractérisant le style du groupe, qui ne s\u2019empêche jamais d\u2019expérimenter au maximum sans perdre sa couleur propre.Cette fois-ci, ce rock prend des tournures tristes, mais toujours soignées et calculées.Social Cues navigue donc dans ce monde glauque en treize chansons, et il est vite évident que l\u2019album ne peut se passer d\u2019aucune d\u2019entre elles sans paraître incomplet.Parmi les plus marquantes, on retrouve l\u2019éponyme Social Cues, un clin d\u2019œil au succès à double tranchant du groupe, ou encore Skin and Bones, The War Is Over, ou bien Goodbye, le dernier morceau de l\u2019album, un éloge sincère et émouvant dans sa simplicité.Sarah Boumedda POP Blood ?Kelsey Lu, Columbia L\u2019auteure, compositrice et interprète afro-américaine Kelsey Lu possède une voix bluffante.Par exemple, on dirait presque Florence Welsh (avec qui elle a déjà collaboré) sur la pop-soul Due West \u2014 une production de Skrillex, méconnaissable! \u2014 et un peu encore sur Why Knock for You, une des deux superbes chansons coproduites par son ami Jamie XX.Dans le refrain de la vaporeuse Rebel en ouverture, ponctuée par les notes pincées du violoncelle auquel elle a été formée, on a en écho la voix de Kate Bush.Hormis la coulante Poor Fake et son rythme disco, le soul occupe peu de place sur ce disque languissant qui passe de la dream pop au folk (Pushing Against the Wind) et à la pop d\u2019auteur électronisée avec une aisance déconcertante.Album d\u2019amour et d\u2019évasion, Blood, le second en carrière pour Kelsey Lu, est le genre de disque auquel on ressent le besoin de revenir, confortable et curieux à la fois, au cœur duquel se révèle une brillante et décalée version du vieux classique I\u2019m Not in Love de 10cc, sept minutes de pop avant-gardiste servant de clé de voûte au disque.Philippe Renaud POP Blue Material ?1/2 Blue Material, Indépendant Le Montréalais Thom Gillis, ex- bassiste du groupe dream pop TOPS et membre de Vesuvio Solo, dévoilait la semaine dernière le mystérieux et envoûtant premier album de son projet solo Blue Material.Les fans de ces deux précédents groupes trouveront vite leurs repères, des chansons parfaitement calibrées, charmants motifs de guitare, délicate programmation rythmique aux relents disco et new wave, lignes de basses inspirées qui nous prend aux hanches dès Blue Rider en ouverture.Plus loin, le pop rock suranné fait surface : le premier extrait Haunted Love, une collaboration avec Raphaelle Standell- Preston (Braids, Blue Hawaï), revi- site les grooves détendus de Steely Dan, avec un curieux clavier qui dérape doucement derrière.Or, toutes ces belles chansons semblent provenir d\u2019un rêve, embrouillées qu\u2019elles sont par une réalisation résolument lo-fi, granuleuse, vaporeuse, comme si ce premier disque de Blue Material avait été déniché sur une bonne vieille cassette 4-pistes rangée dans un carton au sous-sol.Philippe Renaud CLASSIQUE Carlo Maria Giulini ?1/2 Complete Recordings on Deutsche Gram- mophon.DG, 42CD, 483 6224.La signature du contrat d\u2019exclusivité de Carlo Maria Giulini avec DG au milieu des années 1970, alors qu\u2019il œuvrait auprès du Symphonique de Vienne, aubaine pour les mélomanes, a permis de documenter le chef à son apogée, à la fois au cours de son mandat à Los Angeles (légendaires Symphonie no 3 de Beethoven ou no 2 de Brahms), en tant qu\u2019invité à Chicago (Neuvième de Mahler, Huitième de Dvorák, Tableaux d\u2019une exposition), puis dans les années 1980 à Vienne (Bruckner) et à Berlin (9e de Beethoven, Requiem de Verdi).Le legs avait été réédité dans des petits coffrets de type «Giulini à Vienne» (à Chicago, à Los Angeles)\u2026 Nous avons ici enfin la vraie somme avec, cette fois, les pochettes originales.Celles qui ne s\u2019y trouvent pas (Pastorale, Tableaux, Empereur avec Michelangeli) sont celles des œuvres utilisées en compléments de minutage.Plus que les coffrets Sony ou Warner équivalents, c\u2019est le coffret Carlo Maria Giulini indispensable pour comprendre l\u2019art et l\u2019éthique musicale de ce chef d\u2019une rare profondeur de vue.Christophe Huss R&B/RAP/POP Cuz I Love You ?Lizzo, Atlantic Il est tout court, ce troisième album de la rappeuse (et désormais chanteuse) Lizzo, 11 petites chansons en moins de 35 minutes, mais il semble durer des heures.On émerge d\u2019une première écoute déjà épuisé par l\u2019artiste, qui rape élégamment, mais crie davantage qu\u2019elle ne chante.Elle possède pourtant une vraie voix soul, qui a peu de coffre, mais qui est bien ancrée dans le gospel.C\u2019est seulement que le parti pris dance- pop vitaminé d\u2019inspiration rétro années 1980 (du hip-hop de l\u2019époque du Batdance de Prince) agace vite.Ça va dans tous les sens sur Cuz I Love You, un album qu\u2019on imagine bouclé en quatrième vitesse pour miser sur le succès de l\u2019extrait Juice, authentique bombe pop-funk-rock qui pourrait bien devenir le succès estival.La musicienne de Houston possède une personnalité forte et attachante, les amateurs de grosse pop générique trouveront leur compte sur ce nouvel album, mais nous aurions aimé un meilleur équilibre de celui qu\u2019amènent les seuls moments calmes du disque, Jerome et Lingerie.Philippe Renaud POP FUNK Boys Like Having Fun ?Forest Boys, Spectra Ce nouveau quintette comptant deux membres des Seasons entre dans le monde avec ce premier mi- nidisque de six chansons.Forest Boys se veut l\u2019incarnation de la fraîcheur de la jeunesse et du plaisir insouciant de la musique.En guise d\u2019exemple, savourez la candeur pop des « tchoo-tchoo-tchoo » (Electrify).Pied de nez à l\u2019élitisme culturel (« Ce n\u2019est pas parce que c\u2019est intellectuel que c\u2019est bon » pourrait être le slogan plein de vérité de ce Boys Like Having Fun), la bande rassemblée par Julien Chiasson aligne humour, reverbs inversés dignes des plus beaux hommages à Prince et basse funk élastique et assumée.Le problème avec l\u2019art de la gimmick, par contre, c\u2019est qu\u2019il obéit à la règle du tout ou rien.Ici, l\u2019ironie n\u2019est que partielle.Sommes-nous dans un pastiche complet ?Si oui, pourquoi la voix de Chiasson demeure-t-elle posée et maîtrisée ainsi, comme trop consciente de ses propres limites ?Et, il faut le souligner, l\u2019exercice de style est intéressant, mais les mélodies manquent de flair.Sophie Chartier FOLK ROCK Oh My God ?1/2 Kevin Morby, Dead Oceans Comment interpréter cette exclamation choisie par l\u2019auteur-compositeur- interprète Kevin Morby pour intituler ce cinquième disque solo?S\u2019il voulait évoquer la surprise, c\u2019est un choix mal placé.Même si le nouvel opus est plus expansif et \u2014 disons-le entre gros guillemets \u2014 « concept » que ses œuvres précédentes, assez fidèles à la tradition folk, il demeure assez peu surprenant dans son ensemble.Qu\u2019on se comprenne bien : Morby est un compositeur impressionnant et un chanteur émouvant, dont la voix chaleureuse et ingénue est dotée d\u2019une puissance évocatrice (Congratulations est touchante).Posant dans son plus simple appareil sur la couverture, agrémentant le tout de chants de chorale et de notes d\u2019orgue, Morby offre un album spiritualiste (et le titre s\u2019explique).Reprenant les codes de la prière, il propose une interprétation suave de la vie, de la mort, du destin, de l\u2019imprévisible.Mais la majorité des chansons reprennent une recette déjà cuisinée sur City Music (2017) et Singing Saw (2016).Sophie Chartier L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 LI RE Essai Serge Truffaut fait la chronologie d\u2019une présidence hors normes Entrevue Taisez-vous, voici le vrai Jean-Paul Daoust 2 AU 5 MAI 2019 metropolisbleu.org l a signé des recueils graves sur la mort du père (Dimanche après-midi) ou l\u2019agression sexuelle (Les cendres bleues), mais Jean-Paul Daoust endigue chaque fois le sérieux menaçant d\u2019assombrir la conversation grâce aux étincelles d\u2019une hilarante phrase à l\u2019emporte-pièce ou d\u2019une citation célèbre, qui redonnent un instant au monde son apparence de légèreté.Et s\u2019il raconte volontiers ses moments de vulnérabilité les plus aigus, le poète ne cessera paradoxalement d\u2019afficher, tout au long de l\u2019entrevue, l\u2019imperturbabilité de l\u2019homme qui ne retire ses masques que dans l\u2019alcôve de sa chambre à coucher.Autrement dit : Jean-Paul Daoust est toujours très, très en contrôle, et ne laisse que très brièvement sa fragilité teinter sa voix, au détour du récit d\u2019un souvenir.Exemple?Cet hommage inattendu à Alys Robi, à qui son cadet avait l\u2019habitude de payer le cognac \u2014 « les soirs où je pognais pas» \u2014 dans un de ces «bars gais de seconde zone» où on laissait chanter la vamp déchue, au tournant des années 1970 et 1980.« Je l\u2019aimais bien, parce qu\u2019elle avait vécu une vie complètement folle, elle avait subi les contrecoups de son époque, de la religion.Elle avait remis en cause le Québec au complet avec sa flamboyance, sa volupté.Mon chum Mario et moi, on est déjà allé la reconduire au Chez- nous des ar tistes.J\u2019étais attaché à Alys, mais c\u2019était pas de la pitié.Je me reconnaissais en elle.Je me disais : ça pourrait être moi, ça.» Jean-Paul Daoust aurait pu, il le sait trop bien, rester prisonnier de cette marge vers laquelle la vie l\u2019avait poussé, une lucidité traversant toute son œuvre de solidarité envers les perdants et les paumés, pourtant fréquemment réduite à ses aspects les plus désinvoltes.Voilà d\u2019ailleurs une navrante méprise qui ne pourrait survivre à la lecture du Fauve amoureux, une rétrospective préparée par Gérald Gaudet regroupant par thèmes certains des meilleurs textes publiés par le dandy au cours des 40 dernières années (1976-2016).« Les perdants me fascinent, parce que leurs défaites valent la plupar t du temps beaucoup plus que bien des réussites.Les perdants ne sont pas pasteurisés, et ils restent toujours très courageux.Quand Alys chantait, à la fin, elle savait bien que sa carrière était finie, et pourtant elle persistait.Cette endurance, moi, je trouve que c\u2019est d\u2019un courage inouï.» Jouissance et désespoir Jean-Paul Daoust est-il le plus insatiable jouisseur de la littérature québécoise ou son plus incurable dépressif ?Dif ficile de poser un diagnostic définitif en refermant cette rétrospective remplie de poèmes qui célèbrent les extases du corps et qui toisent la mort, sou- L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 L i r e 2 4 | La valeur de l\u2019inconnue ?Cassie Bérard, La Mèche, Montréal, 2019, 264 pages Une mathématicienne, un psychanalyste et un chercheur en littérature se livrent dans La valeur de l\u2019inconnue à une expérience sur les mondes possibles, mais c\u2019est aussi à une expérience sur les possibles d\u2019une narration qui voyagent des deux côtés de la frontière du réel, tel que nous le concevons communément, que se livre Cassie Bérard avec ce troisième roman.« À lire sans cligner des yeux », prévient la quatrième de couverture, et à juste titre, tant ce projet littéraire prodigieusement singulier, souvent très cérébral, ne se démène pas pour tout éclaircir, au contraire.Vous avez déjà entendu parler du principe quantique de non-localité ?Nous non plus.Mais peu importe, dans la mesure où les théories mathématiques ou quantiques avec lesquelles l\u2019écrivaine et professeure de littérature à l\u2019UQAM jongle révèlent rapidement leur nature métaphorique.Elles lui permettront en outre d\u2019esquisser une conception de la relation amoureuse comme refus sans cesse renouvelé de tous les autres possibles.« Les seules choses qui existent sont celles auxquelles, à un moment ou à un autre, on a décidé de croire», écrivait le romancier français Philippe Forest, cité en exergue.À qui appartiennent les idées?Tout n\u2019est-il que plagiat?Maupassant est-il réellement l\u2019auteur du Horla?En multipliant les questions incendiaires, La valeur de l\u2019inconnue célèbre la beauté vertigineuse de la recherche fondamentale, indissociable ici d\u2019un authentique appétit pour la vie.Un travail de valorisation de la connaissance qui n\u2019empêchera pas Cassie Bérard de railler doucement un milieu universitaire parfois trop obnubilé par son nombril pour voir ce qui l\u2019entoure.Fiction ambitieuse faisant le rare pari de s\u2019enfoncer dans la brèche que creuse la croisée des sciences dures et de la métaphysique, La valeur de l\u2019inconnue trouve surtout sa pertinence dans sa mise en lumière des univers se situant en marge de l\u2019ar t du récit et de ses traditions.S\u2019entêter à leur obéir contraindrait-il les écrivains à toujours raconter les mêmes histoires?Dominic Tardif Le principe quantique de non-localité ENTREVUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Taisez-vous, voici le vrai Jean-Paul Daoust Le flamboyant poète se raconte à l\u2019occasion de la sortie de la première rétrospective de son œuvre Qu\u2019il fasse parfois de la poésie un spectacle, Jean-Paul Daoust ne le nie pas, tout en renvoyant ses critiques à leur propre courte vue.GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR I Les gens accrochent au côté superficiel, mais comme Baudelaire le disait, dans la superfi - cialité, il y a une profondeur inouïe.Je l\u2019alimente, ce malentendu.JEAN-PAUL DAOUST » vent sur une même page.Le principal intéressé penche du côté de la seconde analyse, en confiant que c\u2019est l\u2019écriture \u2014 et l\u2019alcool, et les antidépresseurs \u2014 qui lui aura permis de surnager.« Quand la mort frappe lorsqu\u2019on est très jeune, on n\u2019a pas de mots, pas de défense », se rappelle-t-il au sujet du départ de son père, survenu alors qu\u2019il n\u2019avait que onze ans.« Écrire Dimanche après-midi, c\u2019était pour moi une façon de redonner à l\u2019enfant des mots qu\u2019il n\u2019avait pas.C\u2019est ça être poète : essayer d\u2019apprivoiser tous ses échecs, tous ses malheurs.Et ça a été, dans mon cas, tenter d\u2019apprivoiser l\u2019état de solitude affolante dans lequel j\u2019avais été plongé jeune à cause de ce que je raconte dans Les cendres bleues, et à cause de mon homosexualité.C\u2019est ce qui a amené un certain lyrisme dont je ne me suis jamais débarrassé.» Le bonheur, dans tout ça?«Le plaisir d\u2019être malheureux, c\u2019est que lorsqu\u2019on est heureux, on en profite au maximum », lance celui qui, à 73 ans, continue d\u2019écrire, de voyager, d\u2019assister à des lancements \u2014 il nous signale subtilement après 45 minutes de jasette être bientôt attendu pour un 5 à 7.« Tous les jours je pense à ma mort, il n\u2019y a que les imbéciles qui n\u2019y pensent pas.À l\u2019âge que j\u2019ai, la liste des visages aimés qui ne sont plus là s\u2019allonge.Ça fait une sorte de cortège qui m\u2019habite.» Les mots au pouvoir « En ce siècle de pollution visuelle / Les mots reprennent du pouvoir », annonce Jean-Paul Daoust dans son Ode écriture (2015), un fantasme qui pourrait bien être en voie de se réaliser.Selon le plus récent bilan Gas- pard du marché du livre au Québec, les ventes de poésie faisaient en 2018 un bond de 50 % (517 753 $, contre 346 159 $ l\u2019année précédente).« Ah ben, tant mieux pour moi ! » s\u2019exclame en riant le poète en résidence du cabaret de Plus on est de fous, plus on lit !, qui voit dans cette bonne nouvelle la preuve que de placer la poésie sous le cheval de Troie du fonne lui permet de se tailler une place dans la vie d\u2019un lectorat qu\u2019elle pouvait jusque-là effrayer.Qu\u2019il fasse parfois de la poésie un spectacle, Jean-Paul Daoust ne le nie donc pas, tout en renvoyant ses critiques à leur propre courte vue.« J\u2019ai toujours dit que, de mon vivant, je nuis à mon œuvre », rigole, entre deux gorgées de Coke, celui dont les vêtements, ce jour-là, valent sans doute plus cher que l\u2019ensemble de la garde-robe du poète moyen.« Les gens accrochent au côté superficiel, mais comme Baudelaire le disait, dans la superficialité, il y a une profondeur inouïe.Je l\u2019alimente ce malentendu.J\u2019aime brouiller les pistes.Et j\u2019aime que le poème se rende à la personne qui l\u2019écoute, qu\u2019elle soit surprise, ou en tout cas qu\u2019elle ne soit pas ennuyée.» Conclusion : Jean-Paul Daoust se moque des préjugés de ceux qui s\u2019entêtent à croire que tout masque est forcément hypocrite ou frivole, alors qu\u2019il n\u2019est souvent qu\u2019un refuge pour qui a déjà été blessé par le regard dédaigneux de l\u2019autre.« Je me souviens d\u2019une lecture que j\u2019ai faite il y a très longtemps aux Foufounes électriques \u2014 on s\u2019entend que c\u2019était rock\u2019n\u2019roll .J\u2019étais arrivé avec un look à la Jim Morrison : cheveux bouclés, pantalon de cuir, et les gens passaient des remarques méchantes.Josée Yvon était montée sur une chaise et avait dit : \u201cFermez-vous la yeule.C\u2019est un vrai que vous avez devant vous.\u201d C\u2019est le plus beau compliment que j\u2019ai jamais reçu.» | 2 5 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 Qui vient juste de passer la porte ?Le bilinguisme officiel et de façade du Canada et la quête historique de l\u2019unilinguisme français au Québec sont les deux arbres cachant la forêt d\u2019un multilinguisme qui, même minoritaire, n\u2019en est pas moins consubstantiel au pan de continent que nous habitons.« [\u2026] le territoire d\u2019où je viens se situe si loin au nord», raconte Tomson Highway dans un petit bouquin récemment paru chez Mémoire d\u2019encrier (Pour l\u2019amour du multilinguisme.Une histoire d\u2019une monstrueuse extravagance, traduit de l\u2019anglais par Jonathan Lamy), «que, du temps où je suis né, nous n\u2019avions absolument jamais entendu parler d\u2019aucune langue européenne.Ça ne parlait pas anglais, ça ne parlait pas français, ça ne parlait même pas ukrainien.À l\u2019époque, les seules langues humaines qu\u2019on entendait et qu\u2019on parlait dans ce coin- là étaient autochtones.Il y en avait trois : le déné, le cri et l\u2019inuktitut ».«Nous voilà donc, la progéniture de Joe et Pélagie Highway, les enfants privilégiés de trois langues autochtones aussi différentes les unes des autres que l\u2019anglais l\u2019est de l\u2019arabe et du coréen ou que le français l\u2019est du mandarin et du swahili.» On est aux confins du Manitoba, de la Saskatchewan, des Territoires du Nord-Ouest et de l\u2019actuel Nunavut.Comme le sait n\u2019importe quel Européen (n\u2019importe quel Suisse, du moins), naître dans un environnement plurilingue comporte des avantages évidents.Pour Highway, la géographie originaire se traduit, dans la réalité de 2019, par le cosmopolitisme polyglotte qui est le sien, plus précisément \u2014 si on ajoute le latin des chants grégoriens appris au pensionnat catholique, plus les bribes d\u2019espagnol glanées pendant les années passées dans le Midi français, à l\u2019anglais attrapé en respirant l\u2019air des prairies et de Toronto et à la langue de Molière et de Morial apprise quelque part entre le pensionnat, Sud- bury et Perpignan \u2014 un heptalin- guisme assez digne d\u2019envie.Neeeeeeee, awinak awa oota kaapeepeetigweet?(Hé, qui vient juste de passer la porte?).Le plus modeste idiome est un chef-d\u2019œuvre de complexité, et le cri est «aussi complexe et sophistiqué que n\u2019importe quelle autre langue complexe et sophistiquée de la Terre».Je savais Highway francophile, je le découvre plus largement glosso- phile, aimant les langues en elles- LOUIS HAMELIN mêmes, pour leur musique, mais aussi pour les univers qu\u2019elles ouvrent.Pour lui, être unilingue revient à «vivre dans une maison qui n\u2019a qu\u2019une seule fenêtre ».On sait que l\u2019apprentissage d\u2019une langue agit sur cette fascinante éponge qu\u2019est un cerveau point trop âgé, et Highway voit dans sa propre naissance trilingue une des sources de sa « litté- ratie musicale » (il a été pianiste de concert) : « [\u2026] j\u2019ai eu le privilège d\u2019apprendre une autre langue en même temps que l\u2019anglais, et cette autre langue était la musique.» Enfin, apprendre la langue de l\u2019autre est l\u2019ultime «acte d\u2019admiration, un acte d\u2019amour».L\u2019effort est une preuve de respect et il est des peuples plus difficiles à aimer que d\u2019autres.«Résolument unilingues», les Français, constate Highway, «ne semblent pas comprendre que personne d\u2019autre qu\u2019eux ne parlera jamais cette langue avec l\u2019accent qu\u2019ils ont».Ce petit livre reprend le texte d\u2019une conférence d\u2019abord prononcée à l\u2019Université de l\u2019Alberta à Edmonton en 2014, puis à Montréal, au centre d\u2019artistes OBORO en 2017.Tom- son Highway y reprend des thèmes déjà développés ailleurs en les pimentant de sa verve et de son humour si caractéristiques.On pourrait lui reprocher un certain jovialisme : «Le multilinguisme est le plus beau cadeau que vous pouvez offrir à votre enfant parce que, en lui donnant cela, vous lui donnez le monde, vous lui offrez une vie merveilleuse\u2026 » S\u2019assurer que nos enfants maîtrisent leur langue maternelle avant de les initier au serbo-croate ne me semble pourtant pas être une lubie parentale complètement déraisonnable.Je venais de recevoir ce petit ouvrage par la poste quand je suis allé, le jeudi 11 avril, assister au spectacle d\u2019inauguration d\u2019un Sentier de la parole consacré aux voix littéraires des Premières Nations du Québec, au théâtre Centennial de Lennoxville.Si l\u2019expression «événement magique» peut paraître galvaudée, c\u2019est pourtant bien de ça qu\u2019il s\u2019agissait ce soir- là.Je veux dire qu\u2019il s\u2019est passé quelque chose dans cet amphithéâtre.Tout le monde l\u2019a senti, dans les poèmes lus ou récités en français comme dans les chants psalmodiés en wendat, en inuktitut et en abéna- quis.Dans la connivence belle à voir du parrain du projet, Richard Séquin, avec son vieux complice Florent Vol- lant, comme dans les mots à donner le frisson d\u2019une Andrée Lévesque- Sioui disant se souvenir «d\u2019une alliance de rêve(s)».À un moment donné, madame Alanis Obomsawin, 86 ans, magnifique, s\u2019est approchée du micro pour entonner une puissante et vibrante mélopée qui m\u2019a jeté à terre.La salle a levé.Le fauve amoureux Jean-Paul Daoust, conception, choix de textes et présentation de Gérald Gaudet, Éditions d\u2019art Le Sabord, Trois-Rivières, 2019, 300 pages Jean-Paul Daoust se moque des préjugés de ceux qui s\u2019entêtent à croire que tout masque est forcément hypocrite ou frivole, alors qu\u2019il n\u2019est souvent qu\u2019un refuge pour qui a déjà été blessé par le regard dédaigneux de l\u2019autre CRITIQUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR « Je dormirai quand je serai mort », chantait en 1976 le défunt Warren Zevon, sans se douter que son mot d\u2019esprit deviendrait 40 plus tard le credo d\u2019une époque exténuée, où un horaire moins que rempli à ras bord n\u2019est rien d\u2019autre que le symbole indubitable de ses échecs professionnels et personnels.Aux cernes toujours plus creux, aux dépressions qui guettent sans cesse, aux fins de semaine qui ne rechargent pas les batteries plus qu\u2019à moitié, Isabelle Dumais oppose Les grandes fatigues, recueil qui tente de laver de la honte qu\u2019il charrie cet ar t ancien qu\u2019est celui de ne pas constamment courir après sa queue.Est-il encore possible de ne rien faire sans être foudroyé par l\u2019angoisse de son inutilité?« J\u2019ébauche des projets qui s\u2019écrasent sur ma tête en couronne de cafards», observe la poète dans ce puissant troisième livre (Un juste ennui, La compromission), inventaire des sources d\u2019épuisement qui s\u2019additionnent au quotidien sur ses épaules : ivresses jamais à la hauteur de l\u2019intensité de leurs promesses, surstimu- lation du diver tissement, amours avortées dans l\u2019essoufflement ininterrompu des déceptions répétées, crainte du silence qui saurait sans doute nous apaiser s\u2019il ne nous était pas à ce point étranger.«Osons la sieste / cette petite insolente rieuse salutaire.// L\u2019assoupissement comme attitude / la somnolence notre style / le sommeil forme fière de la suspension / une posture une démarche une éthique / une esthétique une mission», propose cette «activiste de la lenteur» dans un passage subvertissant le discours éternellement culpabilisateur de la publicité.Entre la critique mordante d\u2019un monde ridiculement fier de son agenda qui déborde et la sincère profession de foi envers la séditieuse douceur de la paresse, Isabelle Du- mais refuse que les messies de la pop-psycho s\u2019arrogent la sérénité du repos pour mieux la transformer en produit de consommation que l\u2019on pourra s\u2019offrir, un jour, quand nous aurons suffisamment travaillé.Nos grandes fatigues appellent la plus passive des révoltes, celle de l\u2019oisiveté éhontée.Rater pour résister En matière de cernes, Emmanuel Deraps semble aussi bien s\u2019y connaître.Prisonnier d\u2019une nuit qui l\u2019embrase et le brise, le poète signe avec Failure un manifeste de la défaite revendiquée et du ratage élevé au rang d\u2019acte de résistance, auquel pourront souscrire tous ceux et celles qui portent comme une croix le poids de leurs inconsistances, de leurs lâchetés et de leurs promesses brisées.« failure c\u2019est un long poème / quelque chose comme un livre / pour les faibles [\u2026] // c\u2019est pour celles qui tracent des dessins / à partir de quelques-unes de leurs cicatrices / et pour ceux qui ont arrêté de parler / parce qu\u2019il est facile de croire / que tout / a déjà été dit // [\u2026] c\u2019est pour ceux qui star- tent au bottom et qui y resteront », annonce-t-il d\u2019emblée en étouf fant le triomphalisme du célèbre re- frain-slogan de Drake.Pas de raisons de plastronner ici, qu\u2019un chapelet de camouflets et de revers.Pris au piège dans le paradoxe d\u2019une vie qu\u2019il ne peut imaginer autrement qu\u2019en tant que poète, malgré l\u2019hyperconscience de la faillite que représente une vie de poète aux yeux d\u2019à peu près tout le monde, De- raps se peint à la fois en figure sacrificielle et en trublion.Son por trait railleur du microcosme de la poésie, de son esprit de sérieux et de ses tensions souvent risibles, procure ses pages les plus tra- gicomiques à ce second recueil, quelque part entre le journal intime d\u2019un autosaboteur et le polaroïd de la très bouillonnante scène montréa- laise des micros ouverts.Expansif et impoli, Failure est un livre volontairement échevelé qui met tout sur la table en ne craignant pas de beurrer épais, le témoignage sans retenue d\u2019un gars ben fatigué de son af fection pour les causes perdues que sont la poésie et l\u2019amour.Il voulait être un poète maudit, mais doit bien admettre qu\u2019il n\u2019est parfois qu\u2019une ruine qui dégrise devant Netflix.« j\u2019ai toute la misère du monde à croire / que mes poèmes vont passer / l\u2019hiver », confie-t-il, alors qu\u2019il n\u2019y a pourtant rien de plus universel que l\u2019échec.L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 L i r e Po é s i e 2 6 | s e p t e n t r i o n .q c .c a LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC Pierrette Lafond promenade en Enfer Les livres à l\u2019Index de la bibliothèque historique du Séminaire de Québec Et si nous n\u2019attendions pas d\u2019être morts pour dormir un peu ?Comment survivre à ce « siècle fatigué », selon les poètes Isabelle Dumais et Emmanuel Deraps Isabelle Dumais ISABELLE AYOTTE Les grandes fatigues ?1/2 Isabelle Dumais, Éditions du Noroît, Montréal, 2019, 192 pages Failure ?Emmanuel Deraps, Del Busso, Montréal, 2019, 120 pages Emmanuel Deraps ALEXANDRE TURGEON-DALPÉ LES COURRIERS DU DEVOIR LeDevoir.com/infolettres Le meilleur de l\u2019information, dans votre boîte courriel. | 2 7 L i r e F i c t i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 CRITIQUE ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR De Beethoven à Aldous Huxley, en passant par Frank Herbert et Henry Fuseli, La tempête, considérée par certains comme la dernière œuvre écrite par Shakespeare, a été réinterprétée de mille et une façons à travers les siècles, ses personnages mythiques inspirant compositeurs, écrivains, metteurs en scène, peintres et cinéastes à travers le monde et les générations.Aujourd\u2019hui, c\u2019est la grande dame des lettres canadiennes, Margaret Atwood, qui s\u2019attaque à la réécriture de cette œuvre phare.Graine de sorcière est le quatrième roman d\u2019une série de huit pensés pour le projet «Hogarth Shakespeare», qui invite des écrivains renommés à réinventer les pièces de l\u2019indétrônable dramaturge dans le cadre de son 400e anniversaire.Cette brillante initiative recèle naturellement son lot de pièges.Pourquoi s\u2019attarder à une énième réinterpréta- tion, alors que la pertinence et la brillance de l\u2019original ne se sont aucunement estompées au fil des siècles?Ce scepticisme est toutefois sans compter sur l\u2019universalité de l\u2019esprit créatif de Shakespeare\u2026 et sur l\u2019imagination vive et exubérante de Margaret Atwood.Avec son regard malicieux et truculent dont la justesse n\u2019a d\u2019égale que sa sensibilité, l\u2019auteure de La servante écarlate offre un remaniement résolument moderne à la trame initiale, sans jamais sacrifier ce qui la définit avant tout : l\u2019œcuménicité de l\u2019âme humaine, l\u2019injustice et les luttes de pouvoir, la vengeance et le pardon, le deuil et la liberté, sans oublier une bonne dose de réalisme magique.À travers une mise en abyme enjouée et astucieuse, Atwood transpose l\u2019île aux accents fantastiques dans l\u2019univers carcéral ; un clin d\u2019œil au thème de la captivité récurrent dans l\u2019original.Félix, un personnage grognon, bourru et obstiné auquel on ne peut que s\u2019attacher, est injustement licencié de son poste de directeur du festival de théâtre de Makeshiweg, en Ontario.Son collègue Tony a comploté contre lui afin de prendre sa place, au moment où il s\u2019apprêtait à présenter sa production la plus ambitieuse \u2014 une mise en scène de La tempête.Dépité, toujours marqué par le décès tragique de sa fillette Miranda, Félix, en magnifique analogie de Prospero, s\u2019isole au fond des bois en méditant sa vengeance.Entre-temps, il obtient un poste de tuteur en alphabétisation dans une prison.Lorsqu\u2019il apprend que son ancien rival, dorénavant politicien, visitera l\u2019établissement afin de faire augmenter son capital de sympathie, le protagoniste saute sur l\u2019occasion.Avec ses étudiants, il refait « sa » tempête, déterminé à offrir à Tony son juste dû.En entrelaçant brillamment la trame narrative de Félix à celle de la pièce de Shakespeare, dont on suit pas à pas la production, l\u2019écrivaine parvient à rendre hommage aux ambivalences et à la complexité de l\u2019œuvre, sans perdre de vue le caractère novateur de son propre roman.Elle offre ainsi matière à réflexion et à divertissement autant aux néophytes qu\u2019aux adeptes du dramaturge anglais.L\u2019esprit malicieux et le style chatoyant d\u2019Atwood brillent tout au long de Graine de sorcière, alors qu\u2019elle s\u2019amuse à célébrer la plume de Shakespeare et à en exploiter les moindres folies, de la puissance philosophique et surnaturelle des mots à l\u2019exquise décortication des jurons.Du bonheur à l\u2019état pur ! La pertinence de Shakespeare Margaret Atwood offre une réécriture ingénieuse et malicieuse de La tempête Margaret Atwood signe le quatrième roman d\u2019une série pour le projet « Hogarth Shakespeare », qui invite des écrivains à réinventer les pièces de l\u2019indétrônable dramaturge.JEAN MALEK Graine de sorcière ?1/2 Margaret Atwood, traduit de l\u2019anglais par Michèle Albaret- Maatsch, Robert Laffont, Paris, 2019, 360 pages CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR La route est une ligne entre deux points de chute.Qu\u2019elle soit droite ou sinueuse, souvent, c\u2019est une ligne brisée.Mais c\u2019est sur tout la plus vieille machination pour raconter une histoire.Le parfait tuteur pour un récit qui autrement pourrait pousser dans tous les sens.Par ti du Québec pour rejoindre son amoureuse qui a obtenu un poste dans une université de Californie, un homme remonte le fil de ses souvenirs amoureux.Ils sont ensemble \u2014 parfois sans l\u2019être \u2014 depuis longtemps.Elle veut un enfant et le lui rappelle comme une sorte d\u2019ultimatum.Lui n\u2019en veut pas, trop habité par le souvenir amer de sa propre enfance.Mais qui sait ce qui peut arriver entre le point A et le point B ?Accidents, objets perdus, égarements.Par tir, c\u2019est mourir un peu, disait l\u2019autre.C\u2019est aussi prendre le risque de devenir adulte et de se retrouver soi-même au bout de la route.Patrick Lafontaine, le narrateur du premier roman du poète Patrick Lafontaine (L\u2019ambition du vide, prix Émile-Nelligan en 1997), s\u2019est payé un long congé sans solde du cégep où il enseigne la littérature.Devant lui, entre Longueuil et San Francisco, l\u2019attendent quelques milliers de kilomètres de route et « deux ans de grosse vie sale à regarder la mer ronger le continent ».Transportant son « faible \u201cJe\u201d aux prises avec des verbes » le long d\u2019un itinéraire elliptique jalonné de chambres de motel et d\u2019arrêts au McDo, entre les inquiétudes existentielles, l\u2019excitation des retrouvailles et des épisodes hallucinatoires, l\u2019homme fait « l\u2019expérience douloureuse de la route ».Avec son chien et une remorque pleine de livres, les kilomètres s\u2019accumulent, entrecoupés de flashs-back d\u2019enfance, de réflexions sur la vie, sur l\u2019amour et l\u2019écriture.L\u2019homme laisse remonter de sa mémoire le récit de leur rencontre à la fin de l\u2019adolescence \u2014 émouvant \u2014 et s\u2019attache au souvenir des premières sensations.Des souvenirs auxquels vient s\u2019emmêler une histoire un peu floue avec la mère de l\u2019un de ses étudiants d\u2019origine russe, un adolescent du nom de Roman Lioudbimovka, qu\u2019il va héberger un temps.Un volet un peu cryptique de Roman, le premier roman de Patrick Lafontaine.Né en 1971 à Montréal, l\u2019auteur enseigne la littérature au collège de Maison- neuve et est directeur littéraire aux Éditions du Noroît.Roman initiatique, roman d\u2019amour, roman d\u2019un poète qui délaisse sa zone de confort, Roman est la trace que laisse un homme à un carrefour de sa vie, aux prises avec la tentation du silence.Un roman dense et parfois confus, éclairé par le feu du désir et de la poésie, qu\u2019on ne perdra rien à relire.Le lecteur pouvant lui aussi « laisser la route faire son travail de patience».Le travail de la route Entre Longueuil et San Francisco, Patrick Lafontaine tente de raconter un homme à un carrefour de sa vie Patrick Lafontaine signe avec Roman son premier roman.FRÉDÉRIC BOUCHARD Roman ?Patrick Lafontaine, Pleine Lune, Montréal, 2019, 128 pages L i r e Je u n e s s e 2 8 | L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E ENTREVUE MARIE FRADETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR epuis André et moi, série destinée aux premiers lecteurs, jusqu\u2019à Charlotte Destin, album graphique singulier mêlant crime, corruption et censure, en passant par À une minute près, roman d\u2019anticipation pour un lectorat adolescent, l\u2019éventail créatif d\u2019André Marois est particulièrement vaste ce printemps.Mais dans cette diversité de projets, la volonté de faire réfléchir le lecteur reste intimement liée au processus créateur de l\u2019auteur.«Ce sont effectivement trois projets très distincts qui ont été créés de façons très dif férentes aussi.Ce que j\u2019aime dans tout ça, c\u2019est justement que ça me permet de ne pas avoir une routine d\u2019écriture trop machinale», raconte André Marois au bout du fil.Écrire pour les premiers lecteurs, et parallèlement pour les adolescents, n\u2019engage pas toujours les mêmes façons de travailler.« Pour la série chez Fonfon, par exemple, c\u2019est un exercice très particulier parce qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019une phrase par page.Il faut garder le rythme et arriver à la fin avec une surprise.Il fallait penser en termes de séquence, de découpage.C\u2019est moins long que de faire un texte plus dense, mais il faut prendre le temps d\u2019y penser et de le retravailler», ajoute l\u2019auteur du Voleur de sandwichs.À l\u2019opposé, l\u2019écriture de Charlotte Destin est une épopée en soi, une saga grandiose, de longue haleine, digne des bâtisseurs de cathédrales.Ou presque.Enfin, avec Stéphane Jorish, l\u2019idéateur et illustrateur du projet, André Marois a amorcé la réflexion en 2000.Dix- neuf ans et plusieurs allers-retours plus tard aboutit cette œuvre atypique.«Stéphane avait une idée globale de ce monde et des personnages.Je ne comprenais pas tout ce qu\u2019il voulait dire.Il m\u2019a donné quelques pistes, quelques dessins, et je suis reparti avec ça.J\u2019étais un peu étourdi», raconte-t-il, sourire en coin.Après plusieurs versions, ce work in progress s\u2019est développé en équipe jusqu\u2019à la toute fin.«C\u2019est passionnant à faire.Par contre, tout seul je n\u2019aurais jamais fait ce truc.Mais la ténacité est toujours payante.Je suis ravi.» Enfin, à côté de cet univers fantasmagorique, Marois publie À une minute près, une revisitation pour adolescents de La fonction, roman policier paru en 2013 à La courte échelle dans lequel la notion de choix sous-tend le récit.«Ce que j\u2019aime dans cette \u201cfonction\u201d \u2014 ce don reçu par chaque personnage \u2014, c\u2019est qu\u2019elle est terrible et formidable.Grâce à elle, on peut effacer quelque chose au moins une fois dans la vie, mais quand est-ce qu\u2019on l\u2019utilise?À quel moment?Ça force chaque personnage à vivre constamment avec ça en tête», explique l\u2019auteur.Si Marois s\u2019adresse à différents lectorats, qu\u2019il varie aussi le type de récit, allant du policier \u2014 son dada \u2014 à l\u2019humour en passant par l\u2019anticipation, son écriture reste toujours exempte de visée moralisatrice.« Je ne veux pas donner de leçons, mais j\u2019essaie de soulever des questions.Si ça peut lancer une réflexion sur un sujet, tant mieux.On peut, bien sûr, raconter des histoires essentiellement distrayantes, mais je pense qu\u2019il manque une dimension.Et ma culture vient du roman noir, qui comporte une fonction sociale.Je ne veux pas juste raconter une histoire avec des gentils et des méchants, je veux aussi aller gratter là où il y a des problèmes.» Mais tout ne semble pas pouvoir être raconté.À preuve, À une minute près a été repensé pour le public adolescent et, malgré tout, une maison l\u2019a refusé avant que Leméac l\u2019accepte.Le thème de l\u2019art et de la liberté d\u2019expression qui l\u2019accompagne est d\u2019ailleurs omniprésent dans Charlotte Destin.Marois regarde ainsi d\u2019un œil inquiet la censure qui plane un peu partout, et ce, jusque dans les arts.«Il y a un auteur qui vient d\u2019être accusé pour avoir offert un texte qui serait une incitation à la pornographie.Je trouve ça super inquiétant\u2026 La justice qui entre dans la fiction et qui régente ce qu\u2019on a le droit d\u2019écrire ou pas\u2026 ça me fait très peur.Face à cette censure générale, je croyais que l\u2019art permettrait justement de réagir et d\u2019aller plus loin, mais on a l\u2019impression que c\u2019est le contraire qui est en train de se passer parce qu\u2019on est hypersur veillés.C\u2019est sûr qu\u2019on ne s\u2019adresse pas à tous les groupes d\u2019âge de la même façon.Quand on écrit pour la jeunesse, on fait très attention.Plus le lectorat est jeune, plus on est conscient des mots choisis, des façons de faire, et ça, c\u2019est bien normal.Mais le contexte est inquiétant.C\u2019est pourquoi il ne faut pas se laisser faire et continuer d\u2019écrire des choses qui nous semblent essentielles.Tant qu\u2019on peut.» Au-delà du divertissement L\u2019auteur André Marois explore des univers aussi hétéroclites que fascinants L\u2019éventail créatif d\u2019André Marois est particulièrement vaste ce printemps.Mais da lonté de faire réfléchir le lecteur reste intimement liée au processus créateur de l JULIE MAROIS D | 2 9 T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 André a un accent qui lui vient de son pays d\u2019origine, la France.Petit accent que l\u2019on entend notamment lorsqu\u2019il se met à chanter et il le fait souvent.Il aime aussi le suspense, surtout lorsque ce dernier reste confiné entre les pages d\u2019un roman.Mais ce qu\u2019il préfère, c\u2019est se presser, courir, aller vite pour retrouver sa chambre et faire une sieste avec son chat.C\u2019est du moins ce qu\u2019on apprend dans les quatre tout nouveaux titres parus dans la collection « Histoire de lire », aux Éditions Fonfon, et écrits ici par André Marois.Cette collection qui s\u2019adresse aux premiers lecteurs, aux petits qui amorcent leur processus de lecture, compte cinq autres séries écrites et mettant en vedette des stars du monde de la littérature jeunesse au Québec.Défilent ainsi les univers d\u2019enfant des Simon Boulerice, Robert Soulières, Dominique Demers, Claudia Larochelle et Chloé Va- rin.La présentation graphique, uniforme d\u2019une série à l\u2019autre, est très formatée pour assurer une pleine lisibilité.Chacun des titres contient 112 mots, une phrase par page, qui trouve un écho dans l\u2019illustration.Le bagage littéraire Ici, le ton humoristique de Marois est appuyé par le trait à la fois candide, caricatural et rafraîchissant d\u2019Iris.Bien que l\u2019illustratrice reprenne l\u2019essence du propos présenté par Marois dans le récit, elle ajoute un contexte, un détail qui dépasse ainsi la simple relation fidèle entre le texte et l\u2019image.Au-delà de cette présentation pétillante, de la clarté des histoires inspirées d\u2019un réel identifiable, la série permet de faire connaître les auteurs prolifiques, d\u2019enrichir, mine de rien, le bagage littéraire des petits apprenants.L\u2019idée de mettre en scène l\u2019enfant André Marois \u2014 et non l\u2019adulte \u2014 dans différentes situations rapproche d\u2019autant plus le lecteur de l\u2019auteur.Voilà une série qui allie avec finesse humour, culture et quotidien dans une ronde des plus invitantes.Marie Fradette André et moi ?André Marois et Iris, Fonfon, Montréal, 2019, 16 pages Charlotte débarque sur l\u2019île X.Là-bas, tout le monde a une connaissance aiguisée des œu- vres d\u2019art, connaît les grands peintres, les grands artistes qui, au cours des siècles, ont enrichi l\u2019imaginaire des hommes.Si la jeune fille n\u2019a, pour sa part, aucune idée des Balthus, Picasso, Miro, Francis Bacon, elle dessine admirablement bien.Mais son talent est mal vu.Comment se fait-il qu\u2019elle ne reproduise pas les œuvres existantes comme tout le monde ?Qu\u2019elle ne soit pas une copiste ?Comment ose-t-elle créer ses propres clichés ?Plongée au cœur d\u2019un monde rigide et sans lumière, régenté par un roi imbu de lui-même, narcissique et insensible, Charlotte vit un parcours parsemé de violence, de haine, de trahison, et d\u2019amour aussi un peu.Le propos audacieux Bien qu\u2019étant une suite indirecte de Charlotte et l\u2019île du destin (album écrit par Olivier Lasser et illustré par Stéphane Jorish, paru aux 400 coups, en 1998), Charlotte Destin n\u2019a rien d\u2019un livre pour les bambins.Le propos audacieux, mêlant le génie créateur, l\u2019amour, le mal, le pouvoir, le tout saupoudré, bien sûr, de quelques coups sanglants, laisse transparaître toute la force de l\u2019auteur.Ce dernier joue habilement avec des univers en apparence disparates, le tout avec une aisance enviable.Le trait grotesque, à la fois fin, minutieux et artistique, du fabuleux Stéphane Jo- rish s\u2019allie de façon naturelle au propos fort de Marois, à la réflexion sur la place de la création dans la société, sur la reconnaissance de l\u2019art dans un monde aseptisé et, aussi, sur la soif de pouvoir.Les personnages aux airs inquiétants, aux contours parfois inhumains, contribuent à créer une atmosphère à la fois intrigante et rebutante, un climat où règne une étrange odeur de trahison.Le duo offre au final une fable intrigante, reflet onirique, légèrement fantasmagorique, d\u2019une société en mal de liberté.Fameux.Marie Fradette Charlotte Destin ?1/2 André Marois et Stéphane Jorish, Somme toute, Montréal, 2019, 96 pages Lucien, 15 ans, possède, comme tous les êtres humains de son époque, un don : la possibilité de rejouer un épisode de sa vie, d\u2019effacer une erreur grave ou encore d\u2019améliorer un moment décevant.Mais ce don, cette seconde chance \u2014 ou ce que les personnages appellent « la fonction » \u2014, ne peut être utilisé qu\u2019une seule fois dans toute l\u2019existence.Or, durant cet été vécu loin de la ville, Lucien, entouré de sa cousine, de quelques amis et d\u2019un rival, explore des zones encore méconnues de lui-même pour comprendre que l\u2019utilisation de « la fonction » ne se fait pas sans heurt.Après avoir exploré le même sujet dans La fonction (La courte échelle, 2013), André Marois investit ici l\u2019idée de choix qui reste intimement liée à la connaissance de soi et de ses propres pulsions.Si le va-et-vient entre le présent et le passé des personnages rythme le récit de façon logique, il nécessite toutefois quelques répétitions qui alourdissent la lecture.L\u2019utilisation de « la fonction» est envisagée par le personnage, vécue, racontée, mise en question, revécue en pensée, ce qui a parfois pour effet d\u2019étirer le propos.Cette façon de faire permet en revanche de plonger dans les profondeurs de l\u2019âme, d\u2019explorer les zones d\u2019ombre de l\u2019être, la part de Mr.Hyde en nous.Jusqu\u2019où peut aller l\u2019être humain?À quel point peut-on faire confiance à l\u2019autre ?Et à soi-même ?L\u2019idée maîtresse La force de Marois, si elle ne repose pas nécessairement sur le rythme \u2014 qui reste malgré tout maintenu \u2014, tient ici surtout à l\u2019idée maîtresse qui sous-tend le récit, à ce fantasme prétentieux d\u2019avoir une emprise sur le temps et les événements qui, bien qu\u2019en apparence formidable, reste lourd de conséquences.Un propos fort qui engendre la réflexion et la discussion, le tout tenu par des personnages entiers qui mettent en avant toute la complexité des rapports humains.Marie Fradette À une minute près ?1/2 André Marois, Leméac, Montréal, 2019, 144 pages ans toute la diversité des projets, la vol\u2019auteur. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 L i r e Fe s t i va l M e t r o p o l i s b l e u 3 0 | ENTREVUE ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR « Prodigieux.» « Captivant.» « Un hymne au métissage.» Depuis sa parution en 2018, les éloges ne tarissent pas sur le premier roman de l\u2019écrivaine Estelle-Sarah Bulle, Là où les chiens aboient par la queue.Puissant témoignage de la résilience et de la quête identitaire qui accompagnent l\u2019exil, l\u2019œuvre embrasse, à travers le destin d\u2019une fratrie partie pour la métropole dans les années 1960, le destin de toute une génération d\u2019Antillais « venant d\u2019un entre-deux du monde, ni tout à fait d\u2019ici, ni tout à fait de là-bas».Devenue déjà une voix fondamentale des enjeux d\u2019identité, de tolérance et de diversité, Estelle-Sarah Bulle rencontrera le public québécois dans le cadre du Festival Metropolis bleu, où elle participera à des tables rondes sur l\u2019appropriation culturelle, l\u2019exil et le métissage.Née à Créteil, en France, d\u2019un père guadeloupéen et d\u2019une mère ayant grandi à la frontière franco-belge, l\u2019écrivaine a perçu très tôt, dès l\u2019enfance, le sentiment d\u2019ambiguïté et de décalage qui teintait sa double origine, ainsi que les stigmates et les préjugés que cette dernière suscitait dans son entourage.« Je suis née en banlieue de Paris, mais chaque année je passais un mois en Guadeloupe », raconte-t-elle en direct de Pointe-à-Pitre, où Le Devoir l\u2019a jointe par téléphone.« Tout y était différent : le climat, les gens, la langue, les fruits.Changer complètement d\u2019environnement, c\u2019était très étrange pour moi.En plus, lorsque je retournais en France, je n\u2019avais personne avec qui partager cet ailleurs, pour mettre des mots sur ce que j\u2019avais ressenti.» Dans un endroit comme dans l\u2019autre, son apparence, ses cheveux, sa langue, sa peau détonnent ; jamais assez noire, jamais assez blanche ; jamais assez Française, jamais assez Antillaise.« À cette époque, j\u2019aurais tout donné pour me fondre dans la masse.Les enfants sont conformistes.Ils veulent appartenir à la majorité.» Se jouer des clichés Or, avec le temps, le besoin de se ré- approprier son histoire et ses origines et de mettre des mots sur la réalité de la communauté antillaise s\u2019est imposé.Pour raconter la résilience du déraciné, la quête incessante de repères, les fossés creusés par les préjugés et l\u2019intolérance, Es- telle-Sarah Bulle a exhibé et décortiqué les clichés auxquels sont exposés les Antillais et les Métis.« Les clichés sont ma première source d\u2019inspiration.Il y a toujours une histoire à débusquer derrière.Le cliché est universel, car il représente une façon de s\u2019expliquer l\u2019inconnu.Bien que les raccourcis qu\u2019il prend soient parfois la source de préjugés négatifs, je le perçois aussi comme une ouverture, une volonté de mieux comprendre l\u2019autre.» Cette utilisation du cliché, loin d\u2019ignorer les injustices, esquisse un portrait dénonciateur du racisme latent qui existe en France.Alors que le pays subit les impacts de la période de forte croissance économique connue comme Les Trente Glorieuses, et qu\u2019il doit pourvoir les postes laissés vacants par la décolonisation de l\u2019Algérie, les Antillais sont accueillis en masse dans la métropole afin de combler les besoins criants de main-d\u2019œuvre.Or, en 1980, après le choc pétrolier, le plein-emploi n\u2019est plus qu\u2019une illusion.« Les Antillais, bien que Français depuis plus de 400 ans, sont alors considérés comme des étrangers, au même titre que les immigrés africains.Ce rejet, qui n\u2019a rien à voir avec la violence qu\u2019on perçoit aux États-Unis, par exemple, existe tout de même.On le voit notamment dans l\u2019absence des communautés minoritaires dans les ar ts et les médias», précise Mme Bulle.S\u2019approprier la douleur de l\u2019autre Tout comme au Québec, cette absence de diversité est au cœur du débat et des réflexions sur l\u2019appropriation culturelle, une question à laquelle s\u2019intéressera l\u2019auteure lors de son passage à Montréal : est-ce possible, pour un créateur, de raconter, d\u2019évoquer ou de dépeindre des réalités autres, des histoires douloureuses portées par une autre communauté, sans trahir les personnes concernées ?« Il n\u2019y a pas de réponse simple à cette question, soutient-elle.Tout dépend du respect et de la sensibilité de l\u2019artiste.En Guadeloupe, André Schwarz-Bart a été grandement critiqué pour avoir écrit sur l\u2019esclavagisme et s\u2019être approprié une histoire qui n\u2019était pas la sienne.Or il a perdu toute sa famille dans des camps de concentration.À travers son récit, il parlait donc de sa propre douleur.» Les inégalités et le manque de représentativité rendent toutefois cette discussion inévitable, selon Mme Bulle.« Depuis des siècles, l\u2019histoire est écrite par les gagnants au détriment des perdants.Il faut que chacun ait la chance de raconter son point de vue, de mettre des mots sur les souffrances de son peuple.» Pour sa part, l\u2019écrivaine n\u2019a pas l\u2019intention de se taire de sitôt.En plus de plancher sur l\u2019écriture d\u2019un livre jeunesse, qui paraîtra en janvier 2020, elle regorge d\u2019idées pour son second roman, qu\u2019elle imagine déjà campé au Brésil dans les années 1960.Estelle-Sarah Bulle sera de passage au Festival Metropolis bleu le samedi 4 mai et le dimanche 5 mai.La voix de l\u2019exil Estelle-Sarah Bulle parle exil, identité, racisme et appropriation culturelle Estelle-Sarah Bulle est devenue une voix fondamentale des enjeux d\u2019identité, de tolérance et de diversité.JOËL SAGET AGENCE FRANCE-PRESSE Depuis des siècles, l\u2019histoire est écrite par les gagnants au détriment des perdants.Il faut que chacun ait la chance de raconter son point de vue, de mettre des mots sur les souffrances de son peuple.ESTELLE-SARAH BULLE » | 3 1 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 Marina Tsvétaïéva, mourir à Elabouga ?1/2 Vénus Khoury- Ghata, Mercure de France, Paris, 2019, 208 pages Une poutre, une corde et une chaise.En ce 31 août 1941, à 1000 kilomètres à l\u2019est de Moscou dans un minuscule village du Tatarstan soviétique, c\u2019est tout l\u2019avenir possible pour la poète russe Marina Tsvétaïéva, arrivée au bout de ses forces.L\u2019amour de l\u2019amour et la passion de l\u2019écriture, ses «deux viatiques», ne peuvent plus rien.Vue par la romancière et poète française d\u2019origine libanaise Vénus Khoury Ghata, 81 ans, habituée des destins de femmes, sa vie n\u2019a rien d\u2019un conte de fées.Dans Marina Tsvétaïéva, mourir à Elabouga, l\u2019au- teure tutoie la poétesse et retrace son parcours dans un « roman » biographique un peu impressionniste, fouillant avec pudeur et sensibilité dans sa correspondance, dans ses carnets et parmi ses poèmes pour nous donner la preuve, s\u2019il fallait, de son incandescence devenue légendaire.Une mère pianiste, un père historien d\u2019art familier du tsar, fondateur de l\u2019actuel Musée des beaux-arts Pouch- kine de Moscou, Marina Tsvétaïéva (née en 1892) devient célèbre à 17 ans dès la parution de son premier recueil.Elle est très vite mariée à Sergeï Efron, qui sera officier dans l\u2019armée blanche pendant la tourmente de la révolution, et son exil est déjà programmé.Le reste est bel et bien un roman.Les innombrables amants littéraires \u2014 Mandelstam, Pasternak ou encore Sophia Parnok, surnommée la «Sappho russe » \u2014, les lettres d\u2019amour brûlantes à gauche et à droite, ses trois enfants victimes de son «égoïsme forcené».Et l\u2019exil : entre Berlin, Prague et Paris, elle vivra 17 années à l\u2019étranger, vécues dans une misère sans nom.Et sa poésie devenue impubliable, parce que « non conforme à l\u2019esthétique communiste».À la fin, revenue en Russie comme par désespoir, elle se voit refuser tous les emplois et même un poste de laveuse de vaisselle à la cantine de la Maison des écrivains.Partout, elle est étrangère.Faut-il vivre ou mourir ?C\u2019est avec un mélange d\u2019amertume et de nécessité qu\u2019elle répond à la question.La vie était devenue invivable.« Mon temps ne m\u2019aime pas, écrivait-elle, je ne l\u2019aime pas non plus.Je ne le reconnais pas pour mien.» Christian Desmeules Sous la braise le volcan Sur la route du Danube ?1/2 Emmanuel Ruben, Rivages, Paris, 2019, 608 pages Ç\u2019aurait pu être un roman-fleuve, mais c\u2019est devenu plutôt le roman d\u2019un fleuve.D\u2019Odessa à Strasbourg, au cours d\u2019un voyage de 48 jours qui s\u2019est déroulé en deux parties le long du Danube, Emmanuel Ruben a traversé « l\u2019Europe à rebrousse-poil ».Avec Vlad, un Ukrainien passionné d\u2019histoire ancienne qui était son « compagnon de roue » lors de cette aventure, cet amoureux des Balkans et des angles morts de l\u2019Europe a avalé 4000 kilomètres à vélo.En abordant Sur la route du Danube, on pensera avec raison à l\u2019érudit Danube de Claudio Magris.Moins cérébral et plus « balkanique» que l\u2019écrivain italien, surtout intéressé par la portion germanique du grand fleuve, moins sombre qu\u2019un Sylvain Tesson, l\u2019auteur, né en 1980, est fasciné d\u2019histoires et de rencontres.C\u2019est la force de ce livre.Auteur d\u2019autres récits d\u2019arpentage, comme Jérusalem terrestre (Inculte, 2015), de romans (La ligne des glaces, Sous les serpents du ciel), il nous promène entre les traces d\u2019une histoire qui se fait ou se défait et les sensations parfois brutes d\u2019un voyage à vélo.« Géographe défroqué » autant qu\u2019écrivain, Ruben est à la fois sur le terrain et dans sa propre tête.Il n\u2019hésite pas à se mouiller \u2014 littéralement dans le Danube, sous la sueur et la pluie ou à grands coups de rasades d\u2019alcool local.En plus de 600 pages au verbe généreux, en 10 pays (de l\u2019Ukraine à l\u2019Allemagne, en passant par la Moldavie et la Serbie), on y suit la remontée cycliste et littéraire d\u2019un fleuve-frontière en même temps qu\u2019une descente dans les entrailles de l\u2019Europe.Même comprimé entre les pages d\u2019un livre, le voyage charrie les siècles et le grand air.Et on le sent, 1000 autres livres auraient pu être écrits.Mais Sur la route du Danube est celui d\u2019Emmanuel Ruben.À savoir un fascinant livre sur l\u2019Europe, et en par ticulier sur « l\u2019Europe des autres », où pédaler muscle le cœur bien plus que les jambes.Christian Desmeules Sur le boulevard de l\u2019Europe CRITIQUE SARAH BOUMEDDA LE DEVOIR Qu\u2019est-ce que l\u2019amour en 2019 ?À l\u2019ère des Tinder et compagnie, la romance peut-elle encore exister ?Il semblerait que tout ne soit pas perdu : en 2019, on peut même tomber amoureux de quelqu\u2019un vivant\u2026 de l\u2019autre côté de l\u2019Atlantique.La fille dans l\u2019écran nous raconte cette situation par l\u2019entremise de deux personnages attachants, Coline et Marley.Illustratrice vivant chez ses grands-parents à Périgueux, au cœur de la campagne française, Co- line tombe un soir, alors qu\u2019elle se tourne vers Google pour s\u2019inspirer, sur des images époustouflantes de paysages canadiens.Elle s\u2019empresse alors de contacter le photographe, Marley Laurent.Il se trouve que Marley est une femme, comme elle le lui indique dans sa réponse, et qu\u2019elle a abandonné ses rêves artistiques après quelques années à Montréal, bien qu\u2019elle ait fait le saut de sa France natale à la belle province justement pour poursuivre des études en photographie.Mais il n\u2019y a pas de soucis : elle est ravie d\u2019apprendre que Coline est inspirée par ses images et lui demande même de lui envoyer des croquis, curieuse de voir comment ses paysages enneigés seront réinventés par l\u2019illustratrice.Peu à peu, une amitié se tisse entre les deux jeunes femmes, d\u2019abord par courriel, puis par texto.On plonge à la fois dans la vie citadine de la Montréalaise Marley et dans le quotidien tranquille \u2014 mais secoué de crises d\u2019angoisse \u2014 de Coline, dans la campagne française.Les échanges entre les deux sont naturels, émotifs, touchants\u2026 et ils s\u2019avèrent aussi romantiques lorsque Marley se rend en France quelques jours afin de visiter famille, amis et Coline.La fille dans l\u2019écran est une collaboration captivante, merveilleusement structurée, au résultat époustouflant.Le mélange de styles est impeccable entre Manon Desveaux, qui dessine Coline en noir et blanc à travers des panneaux cinématiques, et Lou Lubie, qui donne à Marley et son monde de la couleur et des formes nettes.La conception de ce parallèle à travers la lecture épate, l\u2019originalité des panneaux enchante \u2014 et Montréal y est illustrée avec brio.On adore aussi la façon dont la vie au temps du numérique est représentée : c\u2019est au goût du jour, sans que ce soit omniprésent, mais sans être complètement ignoré \u2014 une belle réflexion sur notre quotidien 2.0 tel qu\u2019on le vit réellement.Bien que l\u2019histoire soit juste un tout petit peu cliché, elle est si attendrissante qu\u2019il est dif ficile de ne pas tomber amoureux à son tour.Et surtout, elle ne tombe pas dans les stéréotypes de l\u2019homosexual i té : pas de scènes à caractère sexuel gratuites, pas d\u2019allusion à la décadence ou à l\u2019interdit, pas de répression homophobe qui vire au traumatisme.On assiste ici plutôt à une histoire d\u2019amour comme n\u2019importe quelle autre : deux personnes qui se rencontrent, qui se comprennent, qui apprennent à s\u2019aimer.La fille dans l\u2019écran réussit cela à la perfection, et pourrait servir de leçon à plusieurs artistes d\u2019aujourd\u2019hui.L\u2019amour 2.0 Une belle réflexion sur le quotidien tel qu\u2019on le vit La fille dans l\u2019écran est une collaboration captivante, merveilleusement structurée, au résultat époustouflant.MANON DESVEAUX ET LOU LUBIE La fille dans l\u2019écran ?Manon Desveaux et Lou Lubie, Station T, Éditions Somme toute, Montréal, 2019, 192 pages On plonge à la fois dans la vie citadine de la Montréalaise Marley et dans le quotidien tranquille \u2014 mais secoué de crises d\u2019angoisse \u2014 de Coline, dans la campagne française L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 L i r e 32 | CRITIQUE MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR Descendants directs des séries télé du siècle dernier (Perry Mason, Iron- side et autres), les romans de prétoire (lawcour t novels) ont la cote chez nos voisins du sud.Il faut dire que les procès retentissants condensent souvent des segments d\u2019humanité plutôt intenses : vengeance, jalousie, luttes de pouvoir et meurtre y sont monnaie courante.Comme ici, alors que l\u2019élégante épouse d\u2019un homme d\u2019af faires de Vancouver est violemment assassinée dans son lit\u2026 Vincent Trussardi, le mari de la belle Laura, devient rapidement le principal suspect des policiers et la jeune avocate Jilly Truitt accepte de le défendre.Même si elle ne fait pas tout à fait confiance à son client, cette af faire ne peut pas nuire à son cabinet qui est en pleine expansion\u2026 L\u2019af faire Trussardi devient alors prioritaire même si d\u2019autres dossiers accaparent son temps, dont une histoire de meurtre où son plaidoyer permet d\u2019innocenter l\u2019accusé.Truitt se met à fouiller et à lever méthodiquement toutes les pistes.D\u2019abord pour tenter de percer Trussardi, puis pour confronter la preuve de la Couronne.Mais la cueillette est plutôt mince et la liste des suspects potentiels encore plus.Et il y a surtout que la victime a été ligotée dans son lit avant d\u2019être abattue sauvagement avec une arme qu\u2019on n\u2019a pas retrouvée, alors que le revolver de Trussardi a disparu et que celui-ci n\u2019a pas d\u2019alibi solide\u2026 Arrive le procès.Le procureur frappe d\u2019abord un grand coup en décrivant dans les détails les photos prises sur les lieux du crime par les policiers.Truitt, elle, s\u2019acharnera à démontrer que les preuves amassées par les enquêteurs du bureau du procureur sont circonstancielles et que son client est innocent, comme il l\u2019affirme.Pire : elle soutient que la Couronne est persuadée depuis le début de la culpabilité de Tr ussardi et qu\u2019elle n\u2019a jamais sérieusement poursuivi d\u2019autres pistes.La conclusion du procès comme ses retombées immédiates sont dramatiques, et nous n\u2019en dévoilerons évidemment rien ici.On sera agréablement surpris tout au long par l\u2019écriture vive et nerveuse de Beverley McLachlin qui est particulièrement bien rendue par la traduction d\u2019Isabelle Allard.Et on le sera encore plus en prenant conscience qu\u2019il s\u2019agit bien de la même Beverley McLachlin qui siégea à la Cour suprême à titre de juge en chef du Canada.Son héroïne est un personnage complexe, ballotté par la vie, qui a su trouver ses propres repères.Les autres personnages qu\u2019elle nous propose sont tout aussi solides et bardés de travers qui les rendent crédibles.Il y a bien quelques gros fils blancs qui apparaissent au bon moment, ici et là, mais c\u2019est probablement le seul petit reproche que l\u2019on peut faire à ce premier roman fort réussi.On sort de cette histoire en souhaitant retrouver Jilly Truitt et son équipe, mais d\u2019abord avec le senti- Effets de toge et autres Un personnage public inattendu signe un premier roman réussi Beverley McLachlin JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE L\u2019affaire Trussardi ?1/2 Beverley McLachlin Traduit de l\u2019anglais par Isabelle Allard Guy St-Jean éditeur, Montréal, 2019, 390 pages CRITIQUE SÉBASTIEN VINCENT COLLABORATEUR LE DEVOIR «La pauvreté, ça ne se limite pas à ne pas avoir d\u2019emploi, c\u2019est n\u2019avoir aucune marge d\u2019erreur au quotidien malgré le stress et l\u2019incertitude perpétuels; ce sont aussi les séquelles sur le mental et le corps.Et les enfants qui grandissent dans un environnement aussi chaotique peuvent être marqués à vie», fulmine Darren McGarvey.Rappeur écossais, connu sous le nom de Loki, McGar vey a vécu la misère dans le quartier Pollock, à Glasgow.La colère et la violence y sont omniprésentes.Le stress émotionnel quotidien cause des problèmes tels la suralimentation compensatoire, le tabagisme, la dépendance au jeu, l\u2019alcoolisme et la toxicomanie.L\u2019horizon est bouché.L\u2019individu suffoque.La pauvreté, comme des sables mouvants, « vous engloutit malgré les efforts que vous pouvez faire pour vous arracher à son emprise ».De son expérience et de ses constats, McGarvey a tiré ce vibrant pamphlet-témoignage, lauréat du prestigieux prix Orwell 2018, qui récompense les œuvres rapprochant la politique du grand public.À son propos, J.K.Rowling, auteure de la saga Harry Potter, a parlé d\u2019« un livre nécessaire ».McGar vey nous rappelle l\u2019existence de tous ces exclus abandonnés de Grande-Bretagne.Il veut porter leur voix, comprendre et expliquer leur colère.Sa plume, acide et inci- Plongée au cœur de la pauvreté Darren McGarvey veut porter la voix des laissés-pour-compte de la Grande-Bretagne De son expérience et de ses constats, Darren McGarvey a tiré un vibrant pamphlet-témoignage, lauréat du prestigieux prix Orwell 2018, qui récompense les œuvres rapprochant la politique du grand public.DANIEL SORABJI AGENCE FRANCE-PRESSE Fauchés Vivre et mourir pauvre ?Darren McGarvey, Autrement, Paris, 2019, 334 pages ment de connaître beaucoup mieux les rouages procéduriers du système judiciaire canadien, ef fets de toge et autres : il est temps que quelqu\u2019un d\u2019ici occupe ce créneau, et Beverley McLachlin le fait for t bien.Il y a surtout que, malgré tous ses défauts, un humanisme profond régit ce système.Voilà une vraie bonne nouvelle\u2026 sive, entrecroise autobiographie, critique sociale et politique lucide.La partie autobiographique pourrait s\u2019intituler «mémoires de la misère» : pauvreté extrême, mère pyromane, alcoolique et toxicomane, famille dys- fonctionnelle, troubles mentaux, et dépendance aux drogues.Sans abri à 18 ans, il est devenu tout ce qu\u2019il avait «craint et haï enfant», rage-t-il.Sa critique sociale et politique est sans appel.Ni la gauche ni la droite ne saisissent toute la complexité de la pauvreté.McGarvey peste contre les inégalités de classe et insiste sur le lien entre pauvreté et maltrai- tance infantile.Il en a contre les programmes sociaux et d\u2019accès à l\u2019emploi qui, aussi idéalistes soient-ils, ont pour ef fet pervers de dicter la voie aux démunis, sans leur demander leur avis.C\u2019est vrai qu\u2019il s\u2019avère dif ficile de comprendre ce qu\u2019est la pauvreté sans l\u2019avoir soi-même vécue.L\u2019État ne peut tout résoudre.Éradiquer la pauvreté exigera un consensus politique encore jamais vu.Pourtant, il n\u2019y a aucun apitoiement, aucun misérabilisme ni aucune résignation chez McGarvey.Ce ne sont jamais « les autres» qui sont responsables, comme le scande le slameur Abd Al Malik, mais l\u2019individu, toujours, maître de ses comportements, de ses idées.Ainsi, des pages se veulent un hymne rafraîchissant et puissant au pouvoir que l \u2019 individu peut exercer sur sa destinée : « Regarder mes problèmes en face m\u2019a aidé à prendre les rênes de ma vie », constate le rappeur.Cet ex-toxicomane et ex-alcoolique ne vise pas la transformation du « système ».Il appelle plutôt au dialogue.Il invite chacun à assumer ses responsabilités, pour s\u2019en sortir.Le lecteur, lui, ne sort pas indemne de ces pages enflammées qui le mettent en face de ses propres préjugés, notamment.| 3 3 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 Journal de crise Pourquoi lit-on des journaux personnels ?J\u2019ai fréquenté, dans ma vie, ceux de Jean-Paul Desbiens, de Claude Jasmin, d\u2019André Major et de Gilles Marcotte.Voilà des personnalités fortes, écrivains, critiques ou penseurs, dont l\u2019intimité m\u2019intéressait.Dans leurs journaux ou carnets respectifs, ces auteurs se permettent des notations et des jugements qui n\u2019auraient pu trouver place dans le reste de leur œuvre.Dans une chronique, dans un roman ou dans un essai, on construit, on agence, on coupe ce qui dépasse ou ne s\u2019inscrit pas dans la logique de l\u2019ensemble.Dans un journal intime, on s\u2019exprime plus librement, avec le seul souci de saisir le jour, même avec ses scories.On lit donc les journaux des grands auteurs parce qu\u2019on espère y trouver la profondeur brute de leur œuvre.A-t-on idée, cela établi, de publier son journal personnel quand une œuvre véritable ne le précède pas?Pourquoi, en effet, lirais-je L\u2019entre- deux-mondes (Boréal, 2019, 456 pages), le journal des années 2016-2018 de Dominique Lebel ?Le gars habite Danville, en Estrie, est quadragénaire, jet-setter, marié et père de trois adolescentes.Entrepreneur en technologie, dans le monde des jeux vidéo, il a été, précédemment, publicitaire chez Cossette.Rien, dans ce portrait, ne m\u2019incite à lire plus de 400 pages de ses pensées quotidiennes.Pourtant, je les ai lues, et avec grand plaisir.Lebel a attiré mon attention, en 2016, en publiant Dans l\u2019intimité du pouvoir (Boréal), tranche précédente de son journal, rédigée alors qu\u2019il était directeur de cabinet adjoint de la première ministre Pauline Marois.Curieux d\u2019en savoir plus sur les coulisses du pouvoir, j\u2019ai découvert, dans ce journal, un conseiller politique friand de littérature sérieuse et un diariste sensible et raffiné.Au-delà du communicant, je trouvais un auteur.Le sentiment québécois Dans L\u2019entre-deux-mondes, libéré de ses fonctions politiques, Lebel charme encore plus.Ses propos sur le Québec, sur la littérature et sur la vie, simples et francs, empreints d\u2019une douce inquiétude, sont ceux d\u2019un indépendantiste amoureux de sa terre, de son peuple et des siens.Le gars est brillant, son ton est chaleureux, et le tout donne quelque chose comme une œuvre.Au sujet du Québec, un constat de 8LOUIS CORNELLIER «crise existentielle » traverse le journal.«Nous n\u2019arrivons pas à concilier notre passé avec ce que nous voyons du Québec en train de se faire, note Lebel.On sent bien que le Québec ne peut plus être ce qu\u2019il a été jusqu\u2019ici, mais nous ne savons plus ce qu\u2019il pourrait être.» Dans cet en- tre-deux-mondes, le diariste, qui appelle la venue de «nouveaux patriotes» décomplexés, capables d\u2019incarner «un nouvel esprit entrepreneurial » tout en construisant un État solide, nécessaire à une société plus juste, insiste sur ce qu\u2019il convient de préserver à tout prix, c\u2019est-à-dire la langue française et une social-démocratie à la québécoise.«Nous avons cessé de nous battre, déplore Lebel, nous sommes devenus frileux en ce qui a trait à la défense de nos intérêts, tout particulièrement de nos intérêts économiques».En mai 2018, déprimé par le recul du sentiment québécois qu\u2019il observe dans la société, notamment dans l\u2019indifférence quant au sort du français et dans la pensée qu\u2019une défense du Québec francophone constituerait un affront pour les immigrants, Lebel se demande si la Révolution tranquille n\u2019a pas fait place à une « révolution silencieuse », « celle qui ringardise tout ce qui fait ce que nous sommes », qui rejette « la prise en charge de nos moyens collectifs, le renforcement de notre État, la mise en exergue de ce qui nous différencie ».Perspective littéraire Lecteur boulimique \u2014 lire, écrit-il, «c\u2019est vivre plus» \u2014, le diariste dévore Duras, Hemingway, Ferry, Sol- lers, Modiano, Rushdie, les Québécois Gabrielle Roy, Louis Hamelin, Mathieu Bock-Côté et des dizaines d\u2019autres, en voyage d\u2019affaires, en vacances, chez lui, comme si sa vie en dépendait.«Nous ne saurions pas lire en nous-mêmes sans la littérature », note-t-il.C\u2019est cette perspective littéraire, justement, mélange de lucidité et de tendresse, qui insuffle de l\u2019âme à ce journal d\u2019un homme heureux, mais songeur et un tantinet nostalgique.Membre de l\u2019élite entrepreneu- riale internationale et, probablement, du 1 % québécois le plus riche, Lebel présente, en surface, le profil parfait du nouveau riche cosmopolite postnationaliste.Ce n\u2019est pas trop mon genre, mettons.Or, il vit pour la littérature \u2014 « lorsque je lis, confie-t-il, je me demande rarement ce que je pourrais ou devrais faire d\u2019autre » \u2014 et a choisi le Québec français, indépendant de préférence.Dans l\u2019entre- deux-mondes québécois, il en faudrait d\u2019autres comme lui, conscients que l\u2019attachement à leur nation n\u2019a rien d\u2019incompatible avec l\u2019esprit d\u2019aventure et l\u2019ouverture sur le monde.Rappeur écossais, connu sous le nom de Loki, McGarvey a vécu la misère dans le quartier Pollock, à Glasgow.La colère et la violence y sont omniprésentes. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 L i r e E s s a i 3 4 | ENTREVUE MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR e 20 janvier 2017, Donald Trump, un homme dont « la vanité est le squelette moral », devient le 45e président des États-Unis.S\u2019ouvre alors une présidence hors normes, certainement « la plus extravagante » de l\u2019histoire américaine.Dans la foulée de ce tressaillement de l\u2019histoire, le journaliste Serge Tr uf faut décide de documenter, fouiller et analyser, jour après jour, les faits et gestes de cet homme parachuté à la tête du pays le plus puissant du monde.Le résultat de ce travail, sorte de chronologie d\u2019une épopée tout aussi déroutante qu\u2019affolante, vient d\u2019être publié aux Éditions Somme toute sous le titre La présidence Trump.Dans l\u2019antichambre d\u2019un fou.« Le titre peut choquer, mais je voulais mettre en relief ce que 35 psychiatres américains ont décrété après avoir disséqué les mots et les compor tements de Tr ump », explique l\u2019auteur en entrevue.Dans un diagnostic brutal, ces experts en sont venus à la conclusion que le président américain a une « incapacité à tolérer les opinions divergentes des siennes » et une « profonde incapacité d\u2019empathie », ce qui mène à des « réactions rageuses » et à un « détournement de la réalité » afin que celle-ci colle à sa vision.Au fil des quelque 300 pages de l\u2019ouvrage, le collaborateur du Devoir passe en revue ces événements qui ont fait des 14 premiers mois de la présidence Trump une cacophonie tout aussi invraisemblable qu\u2019imprévisible.« Au lendemain de [sa victoire], l\u2019improvisation, la précipitation furent de mise », écrit l\u2019ex-édito- rialiste de notre quotidien.Le ton éditorial Reconnaissance de Jérusalem comme capitale d\u2019Israël, retrait de l\u2019Accord de Paris, marche raciste de Charlottes- ville, premières accusations du procureur spécial Robert Mueller, renégo- ciation de l\u2019ALENA, décret migratoire, fronde des joueurs de la NFL, réforme fiscale : tout y passe.Avec sa plume vive, l\u2019auteur reprend le ton éditorial qu\u2019il connaît si bien en enchaînant les chapitres aux titres chargés, tels que «Janvier 2017: début du carnage», «Darth Vader s\u2019installe à la Maison-Blanche» ou encore «Heureux comme un nazi qui\u2026» Car pour Serge Truffaut, il n\u2019était pas question de faire dans la dentelle.« Pour moi, Trump, c\u2019est avant tout l\u2019homme qui a commandé la séparation des mères de leurs enfants», évoque-t-il, faisant référence à la politique de séparation des familles de migrants à la frontière mexicano-américaine.«Ça me met en colère de voir qu\u2019on n\u2019a pas assez réagi.Pour la guerre au Vietnam ou pour l\u2019apar theid en Afrique du Sud, les gens sortaient dans la rue.Mais là, le président des États-Unis commande la séparation des enfants de leurs parents et il ne se passe presque rien.» Nourri par ses nombreux voyages au sud de la frontière et citant des enquêtes menées par des chercheurs, des groupes de réflexion ou encore des médias, l\u2019auteur garde le lecteur en haleine en rappelant à quel point l\u2019histoire avance à la vitesse grand V.« Trump s\u2019est fait une spécialité de nous étourdir, note Serge Truffaut.Quand son programme de dé- constr uction de l\u2019Obamacare ne passe pas, vous pouvez être sûr que dans les heures qui vont suivre il va faire quelque chose pour détourner l\u2019attention.C\u2019est sa façon de faire.C\u2019est constant et c\u2019est quotidien.» À coup de tweets et de déclarations intempestives, Donald Trump a «détricoté », avec une facilité et une rapidité déconcertantes, une politique étrangère patiemment érigée par ses prédécesseurs.Chantre du « protectionnisme commercial tous azimuts », ami incontestable d\u2019Israël, « adversaire acharné » de l\u2019Union européenne, Trump, avec son « affection pour les hommes à poigne du globe », bouscule et surprend.Puis, entrent en ligne de compte ses intérêts commerciaux.Serge Truffaut souligne à gros traits les innombrables conflits d\u2019intérêts qui ceinturent Trump et sa garde rapprochée, essentiellement des millionnaires de sa trempe.Un exemple ?« Après avoir assuré qu\u2019il collerait à nouveau au principe d\u2019Une Chine, après avoir reçu le président Xi Jinping à Mar-a-Lago, Trump a obtenu ce qu\u2019il voulait depuis une dizaine d\u2019années : le permis d\u2019exploitation de sa marque de commerce en Chine », écrit l\u2019auteur.Celui-ci rappelle également que Trump \u2014 perçu par les partisans de l\u2019alt-right comme étant « leur champion» \u2014 pourra modeler comme pas un le visage de la justice américaine, en raison de la pléthore de nominations qui n\u2019attendent que sa signature.« Jamais dans l\u2019histoire récente du pays un président et un groupe n\u2019auront l\u2019occasion de sculpter le profil idéologique et philosophique de la justice avec [une telle] profondeur et longueur », insiste-t-il.Avec La présidence Trump.Dans l\u2019antichambre d\u2019un fou, l\u2019auteur signe ici le premier tome d\u2019une trilogie qui s\u2019étirera jusqu\u2019à la prochaine élection présidentielle.Un ouvrage \u2014 qui serait le premier en français sur cette aventure politique \u2014 qui se veut avant tout une recension chronologique de faits, documentés et appuyés, sorte de pied de nez à un gouvernement qui mène une guerre ouverte aux journalistes et qui revendique, dans un sans-gêne inquiétant, l\u2019existence de «faits alternatifs».Chronologie d\u2019une présidence hors normes Le journaliste Serge Truffaut a documenté les 14 premiers mois du gouvernement Trump La présidence Trump Dans l\u2019antichambre d\u2019un fou Serge Truffaut, Somme toute, Montréal, 2019, 312 pages Serge Truffaut passe en revue les événements qui ont fait de la présidence Trump une cacophonie tout aussi invraisem blable qu\u2019imprévisible.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR L | 3 5 Jaz z L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 C U L T U R E BILLET SERGE TRUFFAUT COLLABORATEUR LE DEVOIR Entre Vancouver et New York, il y a une ligne.On ne pense pas à celle des transpor ts, mais bien à celle des connivences qui relient ces deux villes.Les connivences musicales, plus précisément.Entre, pour être encore plus exact, deux étiquettes : Cellar Live, située sur les bords du Pacifique, et Smoke Sessions, basée sur les rives de l\u2019Hudson et qui accueille également un club de jazz, l\u2019un des meilleurs de la Grosse Pomme.Le nombre de collaborations qui ont été réalisées au cours des dix dernières années entre les musiciens de ces deux villes, qui sont le fer de lance du contingent jazz du temps présent, est tout simplement incroyable.Aujourd\u2019hui, l\u2019étiquette de Vancouver nous propose le Cory Weeds Quintet \u2013 Live at Frankie\u2019s Jazz Club alors que la new-yorkaise se signale avec Steve Davis \u2013 Correlations.Bon, éclaircissons.À l\u2019origine, Cellar Live était un club de jazz animé par le saxophoniste alto Cor y Weeds, fer vent héritier de Jackie McLean, qui a décidé un beau jour d\u2019étendre son activisme à la production d\u2019albums.Au fil du temps comme des associations, il a produit des musiciens qui sont pour ainsi dire les domiciliés permanents de Smoke.Des noms ?Les pianistes Harold Mabern, Mike LeDonne et David Ha- zeltine, les saxophonistes Eric Alexander et David Schnitter, le trompettiste Jim Rotondi, le contrebassiste John Webber, le batteur Joe Farnsworth et plusieurs autres, dont le tromboniste Steve Davis.Cellar a même publié le bien nommé Invades Vancouver qui regroupait plusieurs des instrumentistes nommés sous la signature One for All.Aujourd\u2019hui, le saxophoniste de Vancouver se manifeste en compagnie du pianiste Mabern, qui, faut-il le rappeler, a joué auprès de Miles Davis, Dexter Gordon, McLean et autres poids lourds, du trompettiste Terell Stafford et de Michael Glynn à la contrebasse et Julian MacDonough à la batterie.Et Davis?Il est soutenu par le pianiste Xavier Davis, le trompettiste Joshua Bru- neau, le ténor Wayne Escof fery, le contrebassiste Dezron Douglas et le batteur Jonathan Barber.Le programme du disque de Weeds, enregistré devant public, est au fond une mise en relief des grandes heures de l\u2019étiquette Blue Note dans les années 1950 et 1960.Les pièces proposées ont été écrites par McLean, Lee Morgan, Mal Wal- dron, Walter Davis Jr.et Tina Brooks, celui que les patrons actuels de Blue Note ont ressuscité ces dernières années en ressortant des boules à mites ses enregistrements d\u2019il y a une quarantaine d\u2019années.En ce qui concerne Davis, le programme est fait essentiellement de ses compositions.Au final, après écoute, ce qui frappe, c\u2019est l\u2019abondance de points communs entre ces deux productions.C\u2019est bebop en diable avec la joie en prime.Celle de jouer, il va sans dire.Si nos bonshommes ne réinventent pas la roue, ne font pas la révolution, ils dispensent par contre beaucoup de plaisir.De Vancouver à New York, et vice versa Cellar Live et Smoke Sessions sont le fer de lance du contingent jazz présent Bolden à l\u2019écran et à l\u2019oreille Grosse nouvelle: le 3 mai prochain un film consacré au trompettiste Buddy Bolden, l\u2019ancêtre du jazz, celui qui influença Louis Armstrong plus que tout autre musicien, sera à l\u2019affiche aux États-Unis.Le film Bolden n\u2019a pas encore de sortie canadienne arrêtée, mais on peut d\u2019ores et déjà se le mettre à l\u2019oreille puisque sa bande sonore vient d\u2019être publiée ici.Elle a été réalisée par Wynton Marsalis, avec notamment les chanteuses Catherine Russell et Brianna Thomas, le tout en compagnie du Lincoln Jazz Orchestra, qu\u2019il dirige depuis des lunes.Le programme?Il est fait essentiellement des compositions qui ont établi la réputation du style «new-orleans» en général et d\u2019Armstrong en particulier.En d\u2019autres mots, Marsalis reprend les classiques du genre comme You Rascal You, Muskrat Ramble, Tiger Rag, Basin Street Blues, Stardust et autres.Le saxophoniste alto Cory Weeds, héritier de Jackie McLean, a décidé un beau jour d\u2019étendre son activisme à la production d\u2019albums.CELLAR LIVE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e É c r a n s 3 6 | ENTREVUE NATALIA WYSOCKA COLLABORATRICE LE DEVOIR epuis qu\u2019elle a délaissé le « Moi » pour se concentrer sur la «cie », la chaîne spécialisée du Groupe TVA connaît une croissance considérable de ses abonnements \u2014 et de son auditoire.Dans la dernière année, ce dernier a ainsi augmenté de 44 %, note Suzanne Landr y, directrice principale des chaînes et de la programmation du Groupe TVA.« Les gens ont été interpellés par notre désir de présenter des réalités différentes, de briser certains préjugés.De faire de la télé utile.» À preuve, le palmarès des séries les plus regardées des 12 derniers mois, qui ne compte que des docus-réalités, dont sept productions originales.Parmi elles, Face à la rue.Que sont-ils devenus ?, troisième volet de la série sur les visages de l\u2019itinérance animée par Jean-Marie Lapointe.Le succès de cette émission à vocation humaine et sociale a été tel que l\u2019animateur revient désormais à la barre de Fin de mois, l\u2019une des deux nouvelles productions originales québécoises qu\u2019accueille Moi et Cie dès mardi.Sans misérabilisme et avec sensibilité, cette production de Trino - me & filles, en collaboration avec Québecor Contenu, présente, en 10 épisodes, tout autant de familles.Toutes aux prises avec de grandes difficultés financières.La première, c\u2019est celle Karine.Une mère célibataire qui a dû quitter son emploi en raison de la fibromyalgie dont elle est atteinte.Depuis ce temps, elle se voit forcée d\u2019avoir recours à l\u2019aide sociale.Mais c\u2019est surtout à son incroyable force de caractère qu\u2019elle a recours, aux heures de bénévolat qu\u2019elle réalise, à son imagination, à sa débrouillardise et à ses valeurs solidement ancrées.Des valeurs qu\u2019elle a également transmises à ses enfants.Malika, 13 ans, et Zachary, 12 ans.De façon imagée, le réalisateur de la série, Frederic Gieling, note ici que ce que l\u2019équipe a voulu mettre en avant, c\u2019est la «richesse de ces gens».Pas matérielle.Mais bien celle de leur personnalité.De leur entraide.De leur soutien l\u2019un pour l\u2019autre.La richesse qui compte vraiment.Ainsi, dif ficile de rester de glace devant Zachary, vaillant bonhomme qui, à la banque alimentaire où la famille fait du bénévolat, déplie des boîtes, ramasse des chaises, guide les personnes âgées à travers la salle, fait un câlin à sa sœur.« Ça nous rend de bonne humeur de savoir qu\u2019on a aidé quelqu\u2019un dans notre journée ! » lance-t-il à Jean-Marie Lapointe.De la même façon, quand ce dernier demande à Malika si elle a l\u2019impression qu\u2019il lui « manque quelque chose ?» l\u2019adolescente répond illico « non ! ».Sans même une seconde d\u2019hésitation.Visiblement, l \u2019animateur a été chamboulé par l\u2019expérience de tournage, qui se poursuit toujours.« Le sujet de la pauvreté nous touche, nous fait peur.Nous ne voulons pas le regarder.Mais nous sommes peut- être plus proches de vivre dans cette réalité que nous ne l\u2019imaginons.Nous nous endettons.Nous menons un rythme de vie de fou.» Et, bien souvent, nous oublions le plus important.Comme le remarque Karine : « Si je n\u2019étais pas malade, j\u2019aurais peut-être une meilleure job.Un meilleur salaire.Une meilleure voiture.Mais je ne serais peut-être pas aussi proche de mes enfants.» D\u2019où l\u2019on vient « Ça fait 17 ans que je travaille à l\u2019urgence.J\u2019aurais aimé pouvoir expliquer ce que je fais avant ! » s\u2019exclame le Dr Stéphane Proulx.Le psychiatre de l\u2019hôpital Notre-Dame a enfin pu le faire dans Urgence santé mentale.Enfin pu montrer que la vision tranchée que le public a souvent de sa profession est fausse.« Je caricature, dit-il, Moi, mais surtout les autres La chaîne spécialisée Moi et cie montre que le fait de s\u2019intéresser aux autres intéresse aussi les téléspectateurs Magalie et Martine intervenant dans Urgence santé mentale.En bas : Jean-Marie Lapointe, animateur de Face à la rue.Que sont- ils devenus ?, troisième volet de la série sur les visages de l\u2019itinérance.PHOTOS MOI ET CIE D L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 mais soit on est des bourreaux qui enferment et shootent les patients avec un médicament injectable, soit on est trop permissifs, on les laisse partir et ça cause des problèmes.» Il ne suf fit que de quelques minutes, en personne comme à l\u2019écran, pour comprendre que le Dr Proulx est un spécialiste passionné \u2014 et un personnage charismatique rêvé.«C\u2019est une star ! s\u2019exclame le réalisateur Mathieu Arsenault.Déjà, c\u2019est un psychiatre en baskets qui n\u2019a pas la langue dans sa poche.Qui critique parfois le système.Qui est extrêmement empathique, extrêmement humble.On est devenus amis dans l\u2019aventure.» Le mot aventure décrit bien l\u2019année qui vient de s\u2019écouler pour Mathieu Arsenault.En mars, celui qui a longtemps été monteur aux Francs- tireurs sortait Tenir tête.Un documentaire bouleversant dans lequel il raconte comment, à 35 ans, les symptômes de la psychose l\u2019ont soudain frappé.Comment il s\u2019est mis à entendre une voix lui affirmant qu\u2019il était spécial, qu\u2019il avait des pouvoirs de shaman guérisseur.Comment, encaissant 15 000 $ de ses REER, il est parti à San Francisco pour vivre «un nouveau cycle d\u2019abondance ».Laissant derrière lui son amoureuse enceinte, Alix, et leur fille Lou.Découvrant enfin, grâce à l\u2019aide de ses proches et du système médical, qu\u2019il était atteint de trouble bipolaire.Quel jour on est ?C\u2019est de cette expérience que Mathieu Arsenault a tiré l\u2019inspiration pour sa première série télévisée à titre de réalisateur.Produite par Zone3 en collaboration avec Québe- cor Contenu, Urgence Santé mentale a pour sous-titre : « Quel jour on est ?», soit la question qui est posée aux patients en crise, et qui a également été posée au cinéaste il y a de cela de nombreuses années, lorsqu\u2019il n\u2019allait vraiment pas bien, et que son frère a appelé le 911.«Dans mon délire, je ne savais pas quoi répondre \u2014 et on a pu m\u2019embarquer à l\u2019hôpital.Ça demeure une expérience extrêmement traumatisante de se faire suspendre ses droits individuels et traiter de force.» Le réalisateur répète qu\u2019il vit présentement une période heureuse.Que « professionnellement, ça ne pourrait aller mieux».«Mais je n\u2019oublie pas qui je suis, d\u2019où je viens.» C\u2019est d\u2019ailleurs armé de cette expérience, de sa sensibilité, de son humanité et du démo de sa série qu\u2019il s\u2019est tourné vers Moi et Cie.Qui n\u2019est vraiment plus, note Mathieu « la chaîne pour \u2014 avec des émissions de déco qu\u2019elle était ».Son projet, dit- il, a été accepté sans qu\u2019il ait à y «apporter de grosses corrections».Sans non plus qu\u2019il soit obligé d\u2019engager un animateur connu.Avec son sens de l\u2019humour aiguisé, il s\u2019esclaf fe : « Qu\u2019ils aient confié la réalisation de 10 épisodes à un gars bipolaire, je trouve ça audacieux ! » Fin de mois et Urgence santé mentale Moi et cie, à partir de mardi, dès 21h L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e É c r a n s 3 8 | SAMEDI ANNA KARÉNINE (3) (Anna Karenina), G.-B.2012.Drame de Joe Wright avec Keira Knightley, Aaron Taylor-Johnson, Jude Law.- Au XIXe siècle en Russie, l\u2019épouse d\u2019un haut fonctionnaire connaît la disgrâce après avoir succombé aux avances d\u2019un jeune comte.ARTV 12h L\u2019AGENCE TOUS RISQUES (5) (The A-Team), É.-U.2010.Thriller de Joe Carnahan avec Liam Neeson, Bradley Cooper, Jessica Biel.- Les membres excentriques d\u2019un commando des Forces spéciales en Irak tentent d\u2019identifier le traître qui a provoqué leur disgrâce.Z 14h SPLASH (4) É.-U.1984.Comédie fantaisiste de Ron Howard avec Daryl Hannah, Tom Hanks, John Candy.- Un jeune commerçant célibataire se désole de n\u2019avoir jamais connu l\u2019amour véritable, jusqu\u2019au jour où une sirène le sauve de la noyade.V 14h CHOCOLAT (4) Fr.2016.Drame biographique de Roschdy Zem avec Omar Sy, James Thiérrée, Olivier Gourmet.- Au tournant du XXe siècle, un Noir qui joue l\u2019Auguste aux côtés d\u2019un clown blanc éprouve de plus en plus violemment le sentiment d\u2019être exploité.ARTV 14h20 LE COMBAT DE L\u2019ANNÉE (5) (Battle of the Year), É.-U.2013.Drame musical de Benson Lee avec Josh Peck, Josh Holloway, Chris Brown.- Un entraîneur de basketball de Los Angeles dispose de trois mois pour recruter et former une équipe de danseurs de hip-hop en prévision d\u2019une compétition internationale.TVA 15h46 HAUTE FIDÉLITÉ (4) (High Fidelity), É.-U.2000.Comédie sentimentale de Stephen Frears avec John Cusack, Iben Hjejle, Jack Black.- Un disquaire entreprend de retrouver les quatre femmes responsables de ses plus grandes peines d\u2019amour afin de savoir pourquoi elles l\u2019ont rejeté.MAX 17h30 IL PLEUT DES HAMBURGERS (4) (Cloudy with a Chance of Meatballs), É.-U.2009.Film d\u2019animation de Phil Lord.- Sur une île au large de la côte est, les mésaventures d\u2019un jeune inventeur qui a créé une machine capable de transformer l\u2019eau en nourriture.TQ 18h LA VIE TOUT SIMPLEMENT (5) (Life as We Know It), É.-U.2010.Comédie sentimentale de Greg Berlanti avec Katherine Heigl, Josh Duhamel, Alexis Clagett.- À la mort d\u2019un couple de leurs amis, un homme et une femme qui se détestent sont amenés à partager la maison des défunts et à élever ensemble leur enfant d\u2019un an.V 18h30 8 FEMMES (4) Fr.2001.Comédie policière de François Ozon avec Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Emmanuelle Béart.- Dans un manoir isolé, la découverte du maître de maison poignardé dans son lit éveille des soupçons mutuels chez les huit femmes de son entourage immédiat.ARTV 20h LES SORCIÈRES D\u2019EASTWICK (4) (The Witches of Eastwick), É.-U.1987.Comédie fantaisiste de George Miller avec Jack Nicholson, Cher, Susan Sarandon.- Dans un village de Nouvelle-Angleterre, trois jeunes femmes esseulées sont séduites par un étranger qui semble être le diable en personne.MAX 20h LES GRANDS GÉNIES (5) (Masterminds), É.-U.2015.Comédie policière de Jared Hess avec Zach Galifianakis, Kristen Wiig, Owen Wilson.- À la veille de se marier, un chauffeur de camion blindé se laisse convaincre par une ex-collègue de travail, dont il est toujours amoureux, de cambrioler son employeur.TVA 20h30 LE NOUVEAU MONDE (3) (The New World), É.-U.2005.Drame historique de Terrence Malick avec Colin Farrell, Q\u2019Orianka Kilcher, Christian Bale.- En 1607, un explorateur anglais fait prisonnier en Virginie par des Amérindiens s\u2019éprend d\u2019une des princesses de la tribu.TQ 21h APRÈS MAI (4) Fr.2012.Drame d\u2019Olivier Assayas avec Clément Métayer, Lola Créton, Félix Armand.- Au début des années 1970 en France, les espoirs et les désillusions d\u2019un aspirant artiste et de ses copains de lycée.TFO 21h 40 ANS ET ENCORE PUCEAU (5) (The 40 Year-Old Virgin), É.-U.2005.Comédie sentimentale de Judd Apatow avec Steve Carell, Catherine Keener, Paul Rudd.- Poussé par ses collègues de travail, un homme au seuil de la quarantaine entreprend de remédier à sa totale inexpérience en matière de sexualité.V 21h MEURTRE PARFAIT (5) (A Perfect Murder), É.-U.1998.Drame policier d\u2019Andrew Davis avec Michael Douglas, Gwyneth Paltrow, Viggo Mortensen.- Un financier conclut une entente avec l\u2019amant de sa femme pour qu\u2019il assassine celle-ci.MAX 22h30 ENTRE LES TOMBES (5) (A Walk Among the Tombstones), É.-U.2014.Drame policier de Scott Frank avec Liam Neeson, Dan Stevens, Boyd Holbrook.- Au cours de son enquête pour retrouver l\u2019épouse kidnappée d\u2019un trafiquant de drogue, un ex-flic devenu détective privé découvre des faits qui le confrontent aux démons de son passé.TVA 23h ANNA KARÉNINE Voir samedi, 12h.ARTV 23h10 AIMER, BOIRE ET CHANTER (4) Fr.2013.Comédie d\u2019Alain Resnais avec Sabine Azéma, Hippolyte Girardot, Caroline Sihol.- Trois femmes de la campagne anglaise mettent leurs mariages en péril en se laissant séduire par un ami commun, condamné par la maladie.TFO 23h30 LE BÉBÉ DE ROSEMARY (2) (Rosemary\u2019s Baby), É.-U.1968.Drame fantastique de Roman Polanski avec Mia Farrow, John Cassavetes, Ruth Gordon.- Une jeune femme enceinte se convainc d\u2019être en butte à des manifestations de sorcellerie.RC 1h APRÈS MAI Voir samedi, 21h.TFO 1h18 DIMANCHE IL PLEUT DES HAMBURGERS Voir samedi, 18h.TQ 12h VIE SAUVAGE (4) Fr.2014.Drame de Cédric Kahn avec Mathieu Kassovitz, Céline Sallette, Romain Depret.- Au terme d\u2019une séparation houleuse, un homme s\u2019enfuit dans la nature avec deux de ses fils, et amorce avec eux une cavale qui durera onze ans.TV5 13h 72 HEURES (5) (Get Him to the Greek), É.-U.2010.Comédie de Nicholas Stoller avec Jonah Hill, Russell Brand, Elisabeth Moss.- Un jeune cadre d\u2019une compagnie de disques accompagne de Londres à Los Angeles un chanteur rock imprévisible et débauché, qui doit participer à un concert dans trois jours.MP 13h LA FILLE À UN MILLION DE DOLLARS (2) (Million Dollar Baby), É.-U.2004.Drame de Clint Eastwood avec Clint Eastwood, Hilary Swank, Morgan Freeman.- Un vieil entraîneur macho accepte d\u2019aider une jeune boxeuse ambitieuse issue d\u2019un milieu très modeste.V 14h IL ÉTAIT UNE FOIS (4) (Enchanted), É.-U.2007.Comédie fantaisiste de Kevin Lima avec Amy Adams, Patrick Dempsey, James Marsden.- Expulsée de l\u2019univers des dessins animés par une vilaine reine, la fiancée d\u2019un prince est parachutée à New York, où elle s\u2019éprend d\u2019un avocat divorcé.RC 15h LES SORCIÈRES D\u2019EASTWICK Voir samedi, 20h.MAX 15h30 ABSOLUMENT TOUT (5) (Absolutely Anything), G.-B.2015.Comédie fantaisiste de Terry Jones avec Simon Pegg, Kate Beckinsale, Sanjeev Bhaskar.- Pour tester les capacités des êtres humains, des extraterrestres donnent à un modeste enseignant des pouvoirs illimités, grâce auxquels il parvient à séduire sa belle voisine.TVA 16h18 LE MONDE SELON WAYNE (5) (Wayne\u2019s World), É.-U.1992.Comédie de Penelope Spheeris avec Mike Myers, Dana Carvey, Rob Lowe.- Deux adolescents qui animent un talk-show pseudo-culturel signent un contrat avec une importante chaîne de télévision.V 16h45 LE VRAI COURAGE (4) (True Grit), É.-U.2010.Western d\u2019Ethan Coen avec Hailee Steinfeld, Jeff Bridges, Matt Damon.- Une adolescente de l\u2019Arkansas part avec un policier fédéral et un ranger du Texas à la recherche du meurtrier de son père, qui s\u2019est réfugié en territoire indien.V 18h45 IQALUIT (4) Can.2017.Drame de Benoît Pilon avec Marie-Josée Croze, Natar Ungalaq, Christine Tootoo.- À Iqaluit, une Montréalaise cherche à élucider les circonstances entourant le décès sup- posément accidentel de son mari.ARTV 20h AIMER, BOIRE ET CHANTER Voir samedi, 23h30.TFO 21h GROSSESSE SURPRISE (4) (Knocked Up), É.-U.2007.Comédie de Judd Apatow avec Seth Rogen, Katherine Heigl, Paul Rudd.- Un jeune glandeur tente maladroitement de prendre ses responsabilités auprès d\u2019une journaliste qu\u2019il a mise enceinte lors d\u2019une aventure d\u2019un soir.V 21h LA PROCHAINE FOIS JE VISERAI LE CŒUR (4) Fr.2014.Drame policier de Cédric Anger avec Guillaume Canet, Ana Girardot, Jean-Yves Berteloot.- À la fin des années 1970 en France, un tueur s\u2019attaque à de jeunes autostoppeuses tout en faisant partie, à titre de gendarme, de la brigade chargée de l\u2019enquête.TQ 22h SOUVENIRS D\u2019AFRIQUE (3) (Out of Africa), É.-U.1985.Drame sentimental de Sydney Pollack avec Meryl Streep, Robert Redford, Klaus Maria Bran- dauer.- En 1913, en Afrique, une riche Danoise séparée de son mari se met à cultiver du café et à sympathiser avec un chasseur anglais dont elle tombe amoureuse.TVA 22h45 CHOCOLAT Voir samedi, 14h20.ARTV 23h CHARM CITY (3) É.-U.2018.Documentaire de Marilyn Ness.- Sur une période de trois ans, les efforts de policiers et de citoyens de Baltimore pour endiguer la criminalité et les meurtres par armes à feu.PBS (WCFE) 23h JULIETA (4) Esp.2016.Mélodrame de Pedro Almodóvar avec Emma Suarez, Adriana Ugarte, Daniel Grao.- Espérant le retour de sa fille, partie des années plus tôt sans donner d\u2019explication, une retraitée entreprend l\u2019écriture de son histoire d\u2019amour avec le père de celle-ci.RC 23h35 AIMER, BOIRE ET CHANTER Voir samedi, 23h30.TFO 1h12 TEMPÊTE DE GLACE (3) (The Ice Storm), É.-U.1997.Drame de mœurs d\u2019Ang Lee avec Kevin Kline, Joan Allen, Christina Ricci.- Au début des années 1970, les parents et les enfants de deux familles bourgeoises voisines vivent entre eux des relations troubles.RC 1h14 LUNDI ANNÉE BISSEXTILE (5) (Leap Year), É.-U.2010.Comédie sentimentale d\u2019Anand Tucker avec Amy Adams, Matthew Goode, Adam Scott.- Afin d\u2019arriver à Dublin le 29 février, juste à temps pour demander son compagnon en mariage, une Bostonienne collet monté obtient l\u2019aide d\u2019un aubergiste irlandais désabusé.TVA 13h SUPERMALADES (4) (Superbad), É.-U.2007.Comédie de Greg Mottola avec Jonah Hill, Michael Cera, Christopher Mintz-Plasse.- Trois adolescents puceaux tentent de se procurer de l\u2019alcool pour impressionner des filles de leur école.MP 21h MÉCHANT MALADE (5) (Anger Management), É.-U.2003.Comédie de Peter Segal avec Adam Sandler, Jack Nicholson, Marisa Tomei.- Un homme d\u2019affaires timide jugé très violent doit se soumettre aux méthodes d\u2019un thérapeute excentrique.V 21h CURLING Voir mardi, 21h.TFO 23h28 LES VISITEURS (4) Fr.1993.Comédie fantaisiste de Jean-Marie Poiré avec Christian Clavier, Jean Reno, Valérie Lemercier.- Un chevalier du XIIe siècle et son valet sont projetés en l\u2019an 1993 par un magicien.TVA 23h35 MARDI MAINTENANT OU JAMAIS (4) (Now Is Good), É.-U.2012.Drame d\u2019Ol Parker avec Dakota Fanning, Jeremy Irvine, Paddy Considine.- Malgré les réticences de son père, une adolescente leucémique décidée à vivre un maximum d\u2019expériences avant de mourir s\u2019attache à son voisin beau et compréhensif.TVA 13h SUPERMALADES (4) (Superbad), É.-U.2007.Comédie de Greg Mottola avec Jonah Hill, Michael Cera, Christopher Mintz-Plasse.- Trois adolescents puceaux tentent de se procurer de l\u2019alcool pour impressionner des filles de leur école.MP 16h30 LE PASSAGE (4) (Holes), É.-U.2003.Comédie dramatique d\u2019Andrew Davis avec Shia LaBeouf, Sigourney Weaver, Jon Voight.- Dans un camp de travail pour délinquants situé en plein désert, un garçon apprend que la directrice recherche activement un trésor.MP 21h CURLING (3) Can.2010.Drame de Denis Côté avec Emmanuel Bilodeau, Philomène Bilodeau, Roc Lafortune.- La vie très réglée d\u2019un concierge et de sa fille préadolescente surprotégée est bouleversée lorsque chacun, à l\u2019insu de l\u2019autre, est indirectement impliqué dans un événement dramatique.TFO 21h MERCREDI MAMAN PORTEUSE (4) (Baby Mama), É.-U.2008.Comédie de Michael McCullers avec Tina Fey, Amy Poehler, Greg Kinnear.- Une cadre célibataire et infertile est contrainte d\u2019héberger la mère porteuse de son bébé, une jeune femme peu instruite et désorganisée.TVA 13h 21 GRAMMES (3) (21 Grams), É.-U.2003.Drame d\u2019Alejandro González Iñárritu avec Sean Penn, Benicio Del Toro, Naomi Watts.- Un accident tragique lie les destins d\u2019un enseignant malade, d\u2019une jeune mère de famille et d\u2019un ex-détenu qui vient en aide aux délinquants.VIE 13h IRON MAN (4) É.-U.2008.Drame fantastique de Jon Favreau avec Robert Downey Jr., Jeff Bridges, Gwyneth Paltrow.- Transformé par une éprouvante expérience, un riche marchand d\u2019armes se consacre désormais au bien en se glissant dans une armure superpuissante de son invention.MP 21h UNE PETITE ZONE DE TURBULENCES Voir jeudi, 21h.TFO 23h28 LES ADOS CONTRE-ATTAQUENT (4) (Attack the Block), G.-B.2011.Comédie satirique de Joe Cornish avec John Boyega, Alex Esmail, Jodie Whittaker.- Dans la banlieue sud de Londres, un groupe d\u2019adolescents combat une horde d\u2019envahisseurs extraterrestres gros et hirsutes.TVA 1h50 JEUDI TERRE PROMISE (4) (Promised Land), É.-U.2013.Drame social de Gus Van Sant avec Matt Damon, John Krasinski, Frances McDormand.- Deux représentants d\u2019une compagnie gazière tentent de convaincre les habitants d\u2019une région rurale de leur céder des droits de forage sur leurs propriétés.TVA 13h ELLE ET LUI (4) (He Said, She Said), É.-U.1991.Comédie sentimentale de Ken Kwapis avec Kevin Bacon, Elizabeth Perkins, Sharon Stone.- Après leur rupture, deux animateurs de télévision liés sentimentalement racontent à des amis une version différente de leur vie de couple.VIE 13h BRÛLÉ.UN CHEF SOUS PRESSION (5) (Burnt), É.-U.2015.Comédie de John Wells avec Bradley Cooper, Sienna Miller, Omar Sy.- Sur le chemin de la rédemption, un ex-enfant terrible de la gastronomie parisienne convainc un ami de lui confier la cuisine de son établissement hôtelier huppé de Londres.TVA 20h L\u2019INCROYABLE HULK (4) (The Incredible Hulk), É.-U.2008.Science-fiction de Louis Leterrier avec Edward Norton, Liv Tyler, Tim Roth.- Un scientifique qui se mue en géant violent lorsque son pouls s\u2019accélère tente d\u2019échapper à l\u2019armée américaine qui veut l\u2019utiliser comme arme guerrière.MP 21h UNE PETITE ZONE DE TURBULENCES (5) Fr.2009.Comédie dramatique d\u2019Alfred Lot avec Michel Blanc, Miou-Miou, Mélanie Doutey.- Un retraité hypocondriaque, convaincu d\u2019être atteint d\u2019un cancer, reçoit en rafale une série de mauvaises nouvelles qui déclenchent en lui une véritable crise névrotique.TFO 21h DERRIÈRE LA SCÈNE (4) (Green Room), É.-U.2016.Thriller de Jeremy Saulnier avec Anton Yelchin, Imogen Poots, Patrick Stewart.- Témoins d\u2019un meurtre commis dans le bar néonazi où ils se produisaient, des musiciens punks se barricadent dans la loge pour échapper au patron qui veut les éliminer.Z 23h L\u2019ITALIEN Voir vendredi, 21h.TFO 23h28 IQALUIT Voir dimanche, 20h.ARTV 23h30 VENDREDI BON COP BAD COP (4) Can.2006.Comédie policière d\u2019Érik Canuel avec Patrick Huard, Colm Feore, Lucie Laurier.- Au cours d\u2019une enquête pour meurtre, un policier montréalais se voit forcé de faire équipe avec un homologue torontois.RC 20h L\u2019IMAGINARIUM DU DOCTEUR PARNASSUS (3) (The Imaginarium of Doctor Parnassus), G.-B.2009.Comédie fantaisiste de Terry Gilliam avec Christopher Plummer, Heath Ledger, Lily Cole.- Un jeune amnésique se joint à une troupe de saltimbanques menée par un vieux docteur capable de donner vie aux univers fantasmagoriques de ceux qui traversent son «imaginarium».VRAK 20h DES GARÇONS ÉPATANTS (4) (Wonder Boys), É.-U.2000.Comédie dramatique de Curtis Hanson avec Michael Douglas, Tobey Maguire, Frances McDor- mand.- Un écrivain qui éprouve de la difficulté à terminer son nouveau roman a des ennuis avec son éditeur, sa maîtresse et un étudiant dépressif.MAX 20h ENNEMI DE L\u2019ÉTAT (4) (Enemy of the State), É.-U.1998.Drame d\u2019espionnage de Tony Scott avec Will Smith, Gene Hackman, Jon Voight.- Un jeune avocat devient la cible de la Sécurité nationale lorsqu\u2019il est soupçonné de posséder une vidéo incriminant un haut dirigeant de l\u2019agence.MP 21h L\u2019ITALIEN (5) Fr.2010.Comédie d\u2019Olivier Baroux avec Kad Merad, Valérie Benguigui, Roland Giraud.- L\u2019épreuve d\u2019un fils d\u2019immigrants maghrébins installé à Nice sous la fausse identité d\u2019un Italien bon vivant se corse lorsque son père l\u2019oblige à observer le ramadan.TFO 21h SWEET HOME ALABAMA (5) É.-U.2002.Comédie sentimentale d\u2019Andy Tennant avec Reese Witherspoon, Josh Lucas, Patrick Dempsey.- Fiancée au fils de la mairesse de New York, une jeune designer de mode doit se rendre dans son Alabama natal pour divorcer de son premier mari.MAX 22h30 LES PROMESSES DE L\u2019OMBRE (3) (Eastern Promises), É.-U.2007.Thriller de David Cronen- berg avec Viggo Mortensen, Naomi Watts, Vincent Cassel.- À Londres, une sage-femme qui enquête sur la mort d\u2019une prostituée juvénile découvre un réseau de trafic humain dirigé par la pègre russe.Z 23h LE CŒUR RÉGULIER (4) Fr.2016.Drame psychologique de Vanja d\u2019Alcantara avec Isabelle Carré, Jun Kunimura, Niels Schneider.- En crise existentielle, une mère de famille française part pour le Japon, à la recherche du villageois qui avait sauvé du suicide son frère cadet, entre-temps mort accidentellement.ARTV 23h IQALUIT Voir dimanche, 20h.RC 23h05 HARRY, UN AMI QUI VOUS VEUT DU BIEN (3) Fr.2000.Thriller de Dominik Moll avec Laurent Lucas, Sergi Lopez, Mathilde Seigner.- Un père de famille en vacances renoue avec un ancien copain de lycée dont l\u2019extrême bienveillance finit par devenir inquiétante.TFO 23h28 CORBO (3) Can.2014.Drame historique de Mathieu L.Denis avec Anthony Therrien, Karelle Tremblay, Tony Nardi.- En 1966, le fils d\u2019un Italien de Mont-Royal se joint au Front de libération du Québec.RC 0h48 L\u2019ITALIEN Voir vendredi, 21h.TFO 1h30 LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec le Club Voyage Malavoy Titulaire d\u2019un permis du Québec COMP LET L\u2019EXPOSITION DE L\u2019ÉTÉ! OTTAWA 20 JUIN LES PORTRAITS DE GAUGUIN au Musée des beaux-arts du Canada C\u2019est par l\u2019univers coloré de Paul Gauguin qu\u2019on accède à sa modernité.PORTLAND au MAINE Mozart au Festival d\u2019Opéra du Maine \u2013 Portland Museum of Art \u2013 Colby Museum of Art \u2013 visites commentées : Tate House \u2013 Manoir Victoria\u2026 23-26 JUILLET Ville d\u2019ef?uves maritimes et d\u2019horizons déployés, ?orilège de culture\u2026 LMMC 514-932-6796 lmmc@qc.aibn.com www.lmmc.ca Abonnement étudiant (26 ans) : 80 $ Billet régulier : 50 $ Billet étudiant : 20 $ Non-remboursable / Taxes incluses 128e saison Abonnement complet : 300 $ 555, rue Sherbrooke Ouest SALLE POLLACK 26 avril 2020 JAMES EHNES Violon Découvrez la saison 2019-2020 15 SEPT.CHRISTIAN BLACKSHAW piano 6 OCT.QUATUOR HERMÈS cordes 27 OCT.VICTOR JULIEN-LAFERRIÈRE violoncelle 17 NOV.AMERICAN STRING QUARTET cordes avec CYNTHIA PHELPS alto 8 DÉC.HYEYOON PARK violon et BENJAMIN GROSVENOR piano Photo : Benjamin Ealovega 2 FÉV.MONTROSE TRIO piano et cordes 23 FÉV.ELIAS STRING QUARTET cordes 15 MARS PAVEL HAAS QUARTET cordes avec BORIS GILTBURG piano 5 AVRIL PAVEL KOLESNIKOV piano 26 AVRIL JAMES EHNES violon 2 AU 11 MAI 2019 Le Quatuor selon Scelsi Giacinto Scelsi : Quatuors nos 1 à 5 Poèmes de Scelsi, récités par Jean Marchand Vendredi 3 mai 19h30 Conservatoire de Montréal, 4750, ave Henri-Julien www.quatuormolinari.qc.ca T: 514-527-5515 AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Enquête sur (auto)portrait L\u2019artiste, scientifique et inventeur Léonard de Vinci est à l\u2019honneur en cette semaine du 500e anniversaire de sa disparition.Belle occasion pour s\u2019attarder à cette enquête minutieuse consacrée à un tableau retrouvé en 2008 dans le sud de l\u2019Italie, qui serait peut-être un autoportrait jusqu\u2019alors méconnu du grand maître de la Renaissance, dont on connaît peu l\u2019apparence physique, à part à travers l\u2019illustre dessin de vieillard barbu qu\u2019on lui attribue et dont plusieurs doutent de l\u2019authenticité.Ce long mais passionnant documentaire produit pour Arte France remonte la piste de ce tableau montrant un homme d\u2019âge mûr au regard aussi perçant que celui de La Joconde, à travers une batterie de tests et d\u2019expertises, tout en esquissant une biographie sommaire du plus célèbre des Toscans.La conclusion de l\u2019enquête n\u2019est pas sans équivoque, mais elle donne tout de même le goût de fouiller un peu plus le sujet et surtout de (re)visiter l\u2019œuvre immense de cet homme d\u2019exception.Léonard de Vinci, le portrait retrouvé TV5, lundi, 20h10 Éclats et excès d\u2019une décennie Après avoir consacré des séries documentaires aux années 1960 et 1970, la chaîne d\u2019info continue CNN a poursuivi son exercice de récapitulation de l\u2019histoire américaine (et, dans une certaine mesure, occidentale) contemporaine en proposant un panorama de la décennie 1980, en comptant toujours sur la voix reconnaissable de Tom Hanks pour assurer la narration en version originale.Les huit épisodes se pencheront cette fois sur la détente prélude à la chute du rideau de fer, sur la crise du sida, sur l\u2019évolution de l\u2019industrie télévisuelle et musicale et sur la révolution « informatique».La série débute avec deux épisodes consacrés à la présidence de Ronald Reagan et ses orientations politiques, économiques et sociales, qui ont eu un impact important sur la société américaine mais également sur le reste du monde.Les années 80 RDI, les vendredis, 20h « SU R VOS ÉC R A N S » \u2013 D ÉC RY P TAG E S Visionnement de la semaine Le deuil n\u2019est plus une «chasse gardée» du drame en télévision.C\u2019est du moins ce que laisse présager cette nouvelle comédie noire qui raconte l\u2019amitié singulière qui se développe entre une courtière immobilière rigide, récemment devenue veuve (Christina Applegate), qui est prête à faire beaucoup de choses pour découvrir qui a tué son mari lors d\u2019un délit de fuite, et une femme rencontrée dans un groupe de soutien au deuil, un «électron libre» (Linda Cardellini) qui semble au premier abord inoffensif, mais tout de même bien mystérieux\u2026 Reste à voir si ce mélange de comédie «des contraires» et de suspense fonctionne au fil des 10 épisodes de cette première saison.Mort à mes yeux (V.F.de Dead to Me) Netflix, dès vendredi Terrifiants souvenirs d\u2019enfance Il ne reste plus beaucoup de survivants de l\u2019Holocauste toujours de notre monde pour témoigner de cette horreur sans nom.Ce documentaire donne la parole à quelques-uns d\u2019entre eux, qui ont fouillé dans leurs douloureux souvenirs d\u2019enfants emprisonnés dans les camps de la mort, tout en nous mettant en garde contre les risques qu\u2019une telle tragédie puisse se reproduire.Frontline : The Last Survivors PBS, mardi, 22h ZED PBS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e Té l év i s i o n 4 0 | CRITIQUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Il y a des histoires de dépassement de soi qui émeuvent plus que d\u2019autres.Celle de cette vingtaine d\u2019élèves de l\u2019école secondaire Calixa-Lavallée, située à Montréal-Nord, qui ont participé en octobre 2017 au projet un peu fou parrainé par les Grands Ballets canadiens (GBC) de créer un spectacle de danses urbaines sur le Stabat Mater de Pergolèse en seulement cinq petits jours de travail intense avec le chorégraphe français de réputation internationale Abou Lagraa fait partie de cette catégorie.Ce film de Jean-Sébastien Ouellet, qui a déjà réalisé une trilogie documentaire sur l\u2019art « qui fait du bien », of fre une incursion intime mais jamais voyeuse dans les coulisses de cette expérience intensive.On suit donc les 19 jeunes filles de 14 à 18 ans et leur mentor d\u2019une semaine, de leur première rencontre juste avant d\u2019assister au spectacle Stabat Mater des GBC jusqu\u2019au tomber de rideau de leur propre création sur cette même musique.Entre les moments de liesse et de découragements créatifs, la gêne et les inévitables relâchements typiquement adolescents, on suit avec anticipation l\u2019évolution de ce projet risqué, commenté avec beaucoup de générosité par Abou Lagraa.Le résultat de ce travail acharné, que l\u2019on peut admirer dans les dernières minutes de ce documentaire qui devait à la base être une simple capsule Web pour le site des GBC, émeut et ravit.Une heure n\u2019était pas de trop pour le mettre en valeur\u2026 5 jours Artv, lundi, 20h30, rediffusion, jeudi, minuit Découvrir l\u2019autre au bout du monde Le réalisateur Benoit Pilon, qui s\u2019est fait connaître en fiction avec le magnifique Ce qu\u2019il faut pour vivre, nous ramène dans le Grand Nord canadien avec ce drame mettant en vedette Marie-Josée Croze.Cette dernière joue le rôle d\u2019une femme qui se rend dans la capitale du Nunavut au chevet de son époux (François Papineau), qui est dans un état végétatif à la suite d\u2019un grave accident, et y découvre des aspects méconnus de ce dernier.Iqaluit Artv, dimanche, 20h et Radio-Canada, vendredi, 23h05 04/29 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes Les Morissette Les chefs! Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports/ Liar TVA TVA nouvelles Le Tricheur Refuge animal Campagne Chicago Fire: Caserne 51 Combien vaut cette maison?TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Conseils Génial! Point doc Les francs-tireurs Cette année-là Deux hommes V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Mets-y le Total Knock Out MÉCHANT MALADE (2003) avec Adam Sandler, Jack Nicholson.911 ICI RDI Le Téléjournal RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Bâtisseur Le Téléjournal Le National Le Téléjournal TV5 17h50Champion Journal FR La guerre climatique 20h10 Léonard de Vinci, le portrait retrouvé Les maisons insolites de Paris Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Enchères Affaire Structures / Ouvrages du passé Le naufrage du Bismarck Un tout nouveau monde Australie: Ruée CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Vendre ou rénover Vancouver?Nombreux et heureux Dre Boutons / Adieu, Popeye! Dog Tales Dog Tales ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° LMB Baseball (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Braqueurs Braqueurs L'enfer profondeurs / La meute La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Extraterrestres / La Zone 52 Trésors ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran Pour l'amour du country Cirque du soleil: Volta Pour emporter EXPLORA Le refuge de l'espoir Planète Terre La terre vue du coeur Planète terre Secret Reich Z Cobaye humain Harley et les Davidson Lowrider Garage The Gifted (v.f.) T'es pas game sav-media Journal musée Journal musée Couple nerds Saviez-vous L'ère robots Encore plus Réparer nature 21h50 Gardiste Électron uniVERT Ombre doute TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Métiers/ Métiers Amélie Les sapiens Conseils UNE SAISON EN FRANCE (2017) avec Sandrine Bonnaire, Eriq Ebouaney.Planète Vanity Fair Confidential (v.f.) Scène du crime / Jogging fatal Traces andalouses Or maison Étoiles Monaco Face au feu C'est vrai CBC CBCNews JFL: Gags LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Resident MasterChef Canada The Fix / Ghost Whisperer CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Superstore Man Plan 9-1-1 / Bobby Begins Again Bull / The Good One Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Show Must Go On: The Queen + Adam Lambert Story The Fix / Ghost Whisperer News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Neighborhood Man Plan The Code / Back on the Block Bull / The Good One News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Nature Korea: The Never-Ending War Amanpour UNIS Cochon dingue Bizarroscope Tournée générale Sel et Diesel Chars En français s.v.p.Hors série Les fermiers HBO1 Last Week 18h35 Bill Maher 19h35 THE TRUTH ABOUT KILLER ROBOTS Barry Veep Gentleman Jack Thrones TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) LNH Hockey (D) 04/28 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte ICI Laflaque Tout le monde en parle Le Téléjournal 22h35 Valdragu Pêcheurs TVA TVA nouvelles VLOG La Voix / Direct 3 21h15 Tout le monde aime 22h15 TVANou.22h45 SOUVENIRS D'AFRIQ.TQ Un chef à la cabane Deux hommes en or Les ultras Zone franche LA PROCHAINE FOIS JE VISERAI LE COEUR V Cinéma 18h45 LE VRAI COURAGE (2010) avec Matt Damon, Jeff Bridges.GROSSESSE SURPRISE (2007) avec Katherine Heigl, Paul Rudd, Seth Rogen.ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Découverte Le Téléjournal Les coulisses du pouvoir Le National Semaine Verte TV5 Saison au zoo Journal FR On n'est pas couché Champions du monde Journal/ L'invité CANAL D De l'or sous la glace Mayday / Descente mortelle Cauchemar sur l'autoroute Docu-D / Expo 67, Mission Impossible A.P.Agents À la recherche CANAL VIE Vendre ou rénover au Québec Généalogie V.I.P./ Ashley Judd La vie avec des quintuplées Nombreux et heureux Dre Boutons Le Club Mel RDS Au 19e Sports 30 LMB Baseball / Indians de Cleveland c.Astros de Houston (D) Sports 30 Sports 30 Images/sec.HISTORIA Trésors décodés Au coeur de la tempête Nos ancêtres les extraterrestres Malédiction Island / Obstruction La malédiction d'Oak Island Profondeurs ICI ARTV C'est juste de la TV Pour emporter À COMMUNIQUER BD QC Les Borgia Cinéma EXPLORA S'aime chien Curiosités Animo Superpouvoirs Pharmachien Planète techno Les boucardises Découverte Vikings Z Nature sauvage / Julia Roberts Les stupéfiants Maripier! Comédie Seuls et tout nus XL Semi-Pro Maripier! Rodéo Québec sav-media Cancer 18h55 Lexique Journal musée Journal musée Civilisations Maîtres 21h55 Mat Chi.Maîtres peinture / De Vinci Conférences TFO Top!/ S.O.S.! Amélie Conseils Subito texto Les sapiens Les sapiens AIMER, BOIRE ET CHANTER (2014) avec Sandrine Kiberlain, Sabine Azéma.Planète 17h00 L'accusé Corday Vs Marat Extraordinaires humains Rosé, une révolution de palais Histoire de l'Amérique Rêver le futur CBC When Calls the Heart LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal Mary's Kitchen The Big Bang World of Dance / Divisional Final / tWitch The Enemy Within National News GBL Global News Global National BorderSecur Security Big Brother Canada The Blacklist / Rassvet NCIS: Los Angeles Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos American Idol Shark Tank News CBS Ch.3 News Weekend News 60 Minutes The Red Line The Red Line NCIS: Los Angeles News PBS (33) World Dancesport G.Great British Baking / Biscuits Call the Midwife Masterpiece Classic Masterpiece Classic Midwife UNIS Les fermiers La galère Degrassi Degrassi Galaxie près Galaxie près D'un rire à l'autre Trait d'humour HBO1 17h00 Rock and Roll Hall of Fame / 2019 Induction Ceremony Real Time With Bill Maher Game of Thrones 22h25 Barry Veep TVA Sports Le TVA sports Avant-match LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) RAW Le TVA sports LNH Hockey 04/27 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal À la valdrague Les enfants de la télé Faire oeuvre utile Notre vie / Clooney Le Téléjournal Entends ma voix TVA TVA nouvelles PIXELS (V.F.) (2015) avec Kevin James, Adam Sandler.LES GRANDS GÉNIES (2016) avec Kate McKinnon, Kristen Wiig.TVA nouvelles Cinéma TQ IL PLEUT DES HAMBURGERS (2009) 19h40 Jungle SOS sages-femmes LE NOUVEAU MONDE (2005) avec Christopher Plummer, Colin Farrell.V Cinéma LA VIE, TOUT SIMPLEMENT (2010) avec Josh Duhamel, Katherine Heigl.40 ANS ET ENCORE PUCEAU (2005) avec Catherine Keener, Steve Carell.ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Les grands reportages Le Téléjournal Second Regard Le Téléjournal Le National Grands rep.TV5 Saison au zoo Journal FR Vivement dimanche! 20h15 Le grand show / Les 50 comiques préférés des Français / Kev Adams , Laurent Gerra.Journal/ L'invité CANAL D Enchères Affaire Douanes Douanes Harceleurs de stars Eddy! C'est quand Festival Grand Rire Douanes CANAL VIE Dog Tales Dog Tales Faites-nous Quais Pas le choix Pas le choix Projection Mariages Catastrophe Quintuplées RDS Sports 30 Sports 30 ATP Tennis - Open de Barcelone Demi-finale IIHF Hockey - Championnat du monde M18 Demi-finale HISTORIA Alaska: haute tension Braqueurs Braqueurs Braqueurs Braqueurs Alcatraz: en quête de vérité Alcatraz: en quête de vérité A$ de brocante ICI ARTV Pour emporter Pour l'amour du country Sherlock La révolte des bonnes filles Cinéma EXPLORA Animo Pharmachien Le refuge de l'espoir Vikings, cap sur l'Amérique Inventer demain Stupidité Z Trop fou pour être vrai?Rapide et mill Déroute Rat rods de Vegas Nature sauvage / Julia Roberts Le web obscur Maripier! Leftovers sav-media Demain, l'école Les conférences du Savoir Arrêt monde Kebec/ Gardiste Cancer 21h55 Lexique De garde 24/7 22h45 Pensées 36.9° TFO Top!/ S.O.S.! Amélie Flip Subito texto Les sapiens Les sapiens APRÈS MAI (2012) avec André Marcon, Lola Créton, Clément Métayer.Planète Extraordinaires humains Médicaments: Effets L'air du temps / Costa Rica Solidream RIP: Remix Manifesto CBC CBCNews TBA LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) LNH Hockey (D) CTV CTV News Montreal W5 Jann The Big Bang DARROW & DARROW: BODY OF EVIDENCE (2018) National News GBL Global News Global National BorderSecur Security Ransom / Broken Record Chicago Med Rookie Blue / Everlasting Global News ABC 12h00 LNF Draft (D) Extra Weekend American Idol / Disney Night / Rebel Wilson 20/20 News CBS Ch.3 News Weekend News Ent.Tonight Ransom / Broken Record 48 Hours FBI News PBS (33) Father Brown / The Passing Bell Time Goes By Appearances Rev.Upstart Crow Doc Martin The Doctor Blake Mysteries Austin City UNIS À plein gaz Filles de moto Chez nous File d'attente Mauvais karma LE CONFESSIONNAL (1995) Lothaire Bluteau.L'espionne HBO1 17h05 Rock and Roll Hall of Fame / 2018 Induction Ceremony Rock and Roll Hall of Fame / 2019 Induction Ceremony Rolling Stone TVA Sports Le TVA sports Action/ Action Avant-match LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) Le TVA sports Hockey (D) S A M E D I L U N D I D I M A N C H E Dompter le Stabat Mater en cinq jours Récit d\u2019une semaine intense de création chorégraphique pour de jeunes Montréalaises ARTV | 4 1 C u l t u r e Té l év i s i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 CRITIQUE LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR Que de force émane de Knock Down the House, galvanisant documentaire de Rachel Lears repêché ces jours-ci par Netflix.Primée deux fois à Sun- dance, cette incursion dans les coulisses de la politique américaine a pour point focal quatre femmes issues des milieux populaires dans leur course à armes inégales pour se tailler une place au Congrès américain, en 2018.Dont la craquante démocrate élue Alexandria Ocasio-Cortez, qui s\u2019y révèle proprement brillante.À ses côtés, trois autres femmes d\u2019exception se dévoilent : Paula Jean Swearengin, Cori Bush et Amy Vilela.Chacune à leur manière, elles tentent de redéfinir une machine politique huilée de toute éternité en faveur d\u2019hommes riches et éduqués, blancs pour la plupart, qui, à leur sens, ont perdu de vue ceux pour qui ils se battent.« Ils ont l\u2019argent, nous avons les gens», résume Ocasio-Cortez, qui ne cesse d\u2019épater depuis son arrivée à Washington.À travers ce documentaire à la forme trop sage pour les idées hardies qu\u2019il véhicule, on mesure mieux la rudesse du chemin qui l\u2019a menée jusqu\u2019à Washington.Ça s\u2019écoute comme un feuilleton, tout est prévisible, et pour tant, chaque mot, chaque rebondissement, touche dans le mille.La fin est connue, seule Ocasio-Cortez aura réussi à se faire élire, mais là n\u2019est pas l\u2019essentiel.Ce qui importe, c\u2019est comment on en est arrivé à ce résultat et, surtout, à quel prix.À ce compte, Knock Down the House est impeccable, dressant un portrait juste d\u2019une bataille appelée à se reproduire.Knock Down the House Netflix, dès le 1er mai Alexandria contre Goliath Les dessous d\u2019une course à armes inégales pour gagner le Congrès M A R D I 05/03 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy L'effet Wow BON COP, BAD COP (2006) avec Patrick Huard, Colm Feore.Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur Tout le monde aime Du talent à revendre La liste noire / Les otages TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Passager Cuisine futée, Mc$ween De garde 24/7 Banc public Deux hommes en or Zone franche Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire Ambulances Ambulances Pure (v.f.) Gotham / Entre quatre murs SQ ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR Partir Autrement en famille Les petits meurtres d'Agatha Christie / Murder Party Le sexe autour du monde Journal/ C à dire CANAL D Australie: La ruée vers l'or Amour fatal / Weldon Patrouille Patrouille Marche à l'ombre Palais Cauchemar CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Mariages Design V.I.P.Vendre ou rénover au Québec Généalogie V.I.P.Nombreux et heureux ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° NCAA Gymnastique - Championnat National Collégial Femmes L'antichambre (D) Sports 30 Sports 30 HISTORIA Belles ordures Dieux du ciel Moyen Âge Québec Les montagnards / La blessure Les montagnards Les montagnards Haute tension ICI ARTV Moi et l'autre Moi et l'autre Anne Pour emporter Karaoké Karaoké Les grandes entrevues Cinéma EXPLORA Prodigieux colibris Planète Terre Mont Saint-Michel L'étonnant pouvoir du caca 1000 jours pour la planète 1000 jours Z Rodéo Québec Rodéo Québec Week-end Lowrider Harley et les Davidson Infiltration Maripier! Cinéma sav-media De garde 24/7 18h45 Pensées Le grand chapitre Kebec/ Gardiste Journal musée Demain, l'école 21h55 Lexique Les conférences du Savoir Civilisations TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Subito texto C'est WOW Doc junior Mosquée L'ITALIEN (2010) Kad Merad.22h55 ONFR+ Bout compte Planète Ranthambhore Tanzanie sauvage Face au feu Topoï: L'époque / Start Up Extraordinaires humains Médicaments CBC CBCNews JFL: Gags LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Blindspot Criminal Minds Blue Bloods / Identity CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight MacGyver Hawaii Five-0 The Blacklist Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Fresh Off-Boat Speechless 20/20 News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight MacGyver Hawaii Five-0 Blue Bloods / Identity News PBS (33) PBS NewsHour News Vermont Week Wash.Week Firing Line Emilio and Gloria PBS Previews Amanpour UNIS Chair de poule Chair de poule Degrassi Degrassi Galaxie près Galaxie près D'un rire à l'autre Trait d'humour / Billy Tellier Chars HBO1 18h10 Stolen Daughters Flight of the Conchords: Live in London The Knick / Whiplash Real Time With Bill Maher Warrior TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) LNH Hockey (D) 05/02 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes Lâcher prise Magnifiques Le grand rire Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports/ Réelle TVA TVA nouvelles Le Tricheur Coeur et bras Rêvons mais.BRÛLÉ: UN CHEF SOUS PRESSION (2015) Bradley Cooper.TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Cochon dingue Conseils Génial! Zone franche Les francs-tireurs Cette année-là Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire Tu m'aimes, tu mens Taxi payant Imposteurs Rire et délire 911 ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Champions 13h15 Des racines et des ailes / La pyramide du Louvre fête ses 30 ans! Nina / Sortie de route Journal/ C à dire CANAL D Cauchemar sur l'autoroute Cauchemar Cauchemar De l'or sous la glace Harceleurs de stars / Madonna Docu-D / Louis! Louis! Louis! CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Josée Boudreault Dog Tales Dog Tales Catastrophe Faites-nous Quais ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Sport en liberté Images/sec.LCF Repêchage (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA De l'acier et du feu Truck non stop Truck non stop Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Belles ordures ICI ARTV 17h30 Downton Downton Abbey Moi et l'autre Lumière sur.The White Princess (v.f.) 22h15 The White Princess (v.f.) EXPLORA Animal Fight Club (v.f.) Planète Terre Alex+Tyler, éco Alex+Tyler, éco Pharmachien Gros labo Planète Terre Planète Terre Z Des jobs de fous Seuls et tout nu Les stupéfiants Maripier! Comédie T'es pas game T'es pas game Cinéma sav-media Archi branchés Publications Question santé 36.9° 36.9° De garde 24/7 21h15 Pensées TDAH Le cancer: Empereur Maîtres TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Flip Amélie Les sapiens Motel Monstre UNE PETITE ZONE DE TURBULENCES (2009) Michel Blanc.LE PARI Planète Traces andalouses Or maison Étoiles Monaco Objectif Ben Laden Venezuela Les oubliés Naabi, hyène et princesse CBC CBCNews JFL: Gags LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Big Bang Young Sheldon Station 19 Partie 2 de 2 Law & Order: S.V.U.CTV National GBL Global National Global News Ent.Tonight E.T.Canada Big Brother Canada Superstore Abby's S.W.A.T./ Day of Dread Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Grey's Anatomy Partie 1 de 2 Station 19 Partie 2 de 2 For the People / Moral Suasion Local 22 News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight The Big Bang Young Sheldon Mom Life in Pieces S.W.A.T./ Day of Dread News PBS (33) PBS NewsHour Student Showcase '60s Pop, Rock & Soul (My Music) Aging Backwards Amanpour UNIS Cochon dingue Mission Verte Bouffe en cavale Gala des prix Trille Or Jenny/ Jenny File d'attente Web Thérapie Web Thérapie HBO1 18h10 Momentum Generation Asp.R Us Asp.R Us BREXIT (2019) Benedict Cumberbatch.22h40 Game of Thrones TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) 05/01 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes L'Épicerie Dans l'oeil du dragon Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports TVA TVA nouvelles Le Tricheur Oeufs d'or La Voix: Extra La recrue / La fin d'une légende Fugueuse / Bouton panique TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Conseils Génial! Point doc Les francs-tireurs Cette année-là Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire Pompiers Ces gars-là Taxi payant APB: Alerte / Bras de fer Rire et délire 911 ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Des camions et des hommes Envoyé spécial Caméléon Journal/ C à dire CANAL D Structures / Ouvrages du passé Douanes Fous bateaux Australie: La ruée vers l'or Ambulanciers de nuit Hommes des bois Grand Rire CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Dépendance Projection Généalogie V.I.P.Vendre ou rénover Vancouver?Design V.I.P.À vos marques ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° L'antichambre (D) LMB Baseball / Astros de Houston c.Twins du Minnesota (D) Sports 30 HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Révoltes barbares De l'acier et du feu De l'acier et du feu De l'acier et du feu Homme de toi ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran Moi et l'autre Mission X Mission X Mission X Mission X EXPLORA Superpouvoirs Curiosités Planète Terre L'an un million L'an un million Planète techno Gagner Aiguilleurs ciel Z Des jobs de fous Nature sauvage Rodéo Québec Rodéo Québec Week-end Déroute Chasseurs Maripier! Prêt sur gage sav-media Génie d'ici L'ère robots Archi branchés Au coeur du cinéma québécois Publications Maîtres 21h55 Art Publications Rature et lit Ombre doute TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Métiers/ Métiers Amélie Les sapiens Citoyen monde EN ATTENDANT LES HIRONDELLES (2017) Petites failles Planète L'air du temps / Costa Rica Solidream Devoir d'enquête Sur la scène du crime Tout savoir.Pourquoi nous détestent-ils?CBC CBCNews JFL: Gags LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Goldbergs The Big Bang Grey's Anatomy Partie 1 de 2 Whiskey Cavalier CTV National GBL Global National Global News Big Brother Canada Survivor: Edge of Extinction SEAL Team SEAL Team / Rock Bottom Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Schooled Modern Family Single Parents Whiskey Cavalier News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Survivor: Edge of Extinction The Amazing Race SEAL Team / Rock Bottom News PBS (33) PBS NewsHour Crossroads Outdoor Nature Nova / Sunken Ship Rescue Breakthrough / The Robot Amanpour UNIS Cochon dingue Jenny/ Jenny Web Thérapie Web Thérapie La galère Mauvais karma Tournée générale Un vrai selfie HBO1 16h00 Rock&Roll Hall Fame Real Time With Bill Maher Asp.R Us Asp.R Us Game of Thrones 22h25 Veep 22h55 Barry TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) LNH Hockey (D) 04/30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes S'aime chien Conséquences Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports/ Durrell TVA TVA nouvelles Le Tricheur World of Dance la compétition / Finale de division L'arme fatale / Pères et filles TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Conseils Génial! Point doc Les francs-tireurs Cette année-là Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Tout s'embellit Les jeux fous d'Ellen Taxi payant Le dernier navire Rire et délire 911 ICI RDI Élections Île-du-Prince-Edouard Le National Le National Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Les plus beaux treks Le Monde de Jamy / Ces animaux qui nous font du bien Tandem / Obscura Journal/ C à dire CANAL D Le naufrage du Bismarck Texas Chrome Cauchemar sur l'autoroute Mayday / Manoeuvre mortelle Cauchemar Cauchemar Eddy! 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de l\u2019autre, la montagne, les randonnées pittoresques et les neiges éternelles des Pyrénées.On compte sept provinces basques, quatre en Espagne et trois en France, lesquelles ont beaucoup de points en commun, dont celui de tenir mordicus à leur autonomie par rapport au pouvoir central.Nous avons surtout visité les trois provinces françaises, le Labourd et sa capitale Bayonne, la Basse-Navarre et sa capitale Saint-Jean-Pied-de-Port, et la Soule, plus petite et plus sauvage, mais tout aussi intéressante.Chaque province a ses particularités, ses attraits, sa culture.Tout le monde connaît Biarritz et son opulence, mais notre coup de cœur, nous l\u2019avons ressenti pour une petite ville située sur le bord de l\u2019Atlantique juste au sud de Biarritz, c\u2019est-à-dire Saint-Jean-de-Luz.Le charme luzien Ce sont des chasseurs de baleines qui se sont installés les premiers à Saint-Jean-de-Luz, charmante baie comptant quelque mille ans d\u2019histoire.Cette communauté a d\u2019ailleurs connu son heure de gloire lors du mariage du Roi-Soleil Louis XIV et de l\u2019infante Marie-Thérèse d\u2019Autriche en 1660.On peut encore visiter la somptueuse demeure, appartenant à la même famille depuis plus de trois siècles, où s\u2019est déroulé le mariage royal.Réputée pour sa magnifique plage de sable bordée des grands hôtels de la belle époque, Saint-Jean-de- Luz possède bien d\u2019autres attraits, telles les petites rues piétonnières de son quartier historique où les voitures sont interdites.La vie est très animée à Saint-Jean- de-Luz.D\u2019ailleurs, si vous aimez la fête, il faut s\u2019y rendre en juin.Comme nous, les habitants de Saint-Jean-de- Luz célèbrent la Saint-Jean.Chants, danses et musique envahissent les rues de la vieille ville.On croirait que tout le monde participe aux célébrations tant l\u2019ambiance est contagieuse.L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 V I V R E REPORTAGE YVES DESAUTELS COLLABORATEUR LE DEVOIR Le Pays basque aux visages variés Entre la France et l\u2019Espagne, le pays déploie ses charmes maritimes, campagnards et montagnards L Parmi les destinations incontournables de la région, il y a la Rhune, emblématique sommet situé dans les Pyrénées, à environ une demi-heure de Saint-Jean-de-Luz.Les plus courageux pourront la gravir à pied ; il faut alors au moins cinq heures pour l\u2019aller-retour.On peut aussi opter pour un petit train à crémaillère centenaire pour se rendre en haut des nuages.Au sommet, on savoure la vue magnifique sur la mer au loin, les montagnes environnantes et les villages en contrebas.La meilleure façon de visiter le Pays basque est de louer une voiture.On peut ainsi sillonner la région et découvrir l\u2019arrière-pays avec ses nombreux villages typiques aux multiples attraits, dont celui d\u2019Espelette, tout petit village connu dans le monde entier grâce à son célèbre piment.Une fois par semaine, dans tous ces villages, se tient sur la place principale le marché public.Les artisans de la région viennent y vendre les produits du terroir, dont le jambon de Bayonne et l\u2019Ossau-Iraty, délicieux fromage de lait de brebis unique avec appellation contrôlée.À noter qu\u2019on peut trouver ce dernier dans certaines fromageries spécialisées d\u2019ici.Dans l\u2019arrière-pays, un arrêt s\u2019impose dans la petite ville de Saint- Jean-Pied-de-Port, point de départ pour les pèlerins qui font la célèbre route de Compostelle.Dans le quartier historique, tout au long des rues et ruelles, on remarque les nombreuses affiches des hôtels ou pensions of frant le gîte aux pèlerins pour quelques euros.Saint-Jean- Pied-de-Port est une ancienne ville fortifiée.La promenade le long des remparts de la citadelle, située tout en haut de la ville, offre un panorama unique sur toute la région.Troisième province basque en France, la Soule demeure la moins fréquentée.Pays des brebis, c\u2019est aussi celui de la transhumance, ou migration, lorsque les bergers emmènent leurs troupeaux dans les pâturages verdoyants des hautes montagnes des Pyrénées.Attention à la conduite automobile dans les petites routes en lacet qui traversent les montagnes.La route est souvent encombrée par les brebis qui traversent le chemin sans trop s\u2019inquiéter des touristes qui en profitent pour prendre quelques photos tellement les paysages sont grandioses.Il y a quelques années, cette tradition de la transhumance a bien failli disparaître.Heureusement, on s\u2019est aperçu que les moutons supportaient mal le transport par camions.Depuis, cette coutume ancestrale a graduellement retrouvé ses lettres de noblesse.La Soule est parsemée de petits villages, à l\u2019instar de Larrau ou de Saint-Engrâce, petites bourgades où les quelques maisons sont regroupées autour de l\u2019église.La campagne y est luxuriante et il ne faut certainement pas manquer la randonnée dans les gorges d\u2019Holzarte, que l\u2019on découvre après une ascension de deux heures environ.Une passerelle suspendue à 170 mètres de hauteur permet de franchir le ravin, et voilà qu\u2019on se prend pour Indiana Jones\u2026 Une langue unique Les Basques tiennent farouchement à leurs traditions, à leurs coutumes et à leur langue.La langue basque, l\u2019euskera, est unique et a la particularité de n\u2019être apparentée à aucune autre langue.On raconte que son origine remonterait à la nuit des temps.En voie de disparition dans les années 1990, elle connaît un renouveau depuis quelques années grâce à la détermination de ses habitants.Le basque est maintenant enseigné dans les écoles, tandis que la signalisation routière est écrite en français et en basque.Les efforts sont là pour éviter la disparition de cette langue si originale et si difficile à apprendre, il faut l\u2019avouer, pour un étranger.Tout au long de leur histoire, les Basques ont été reconnus comme de grands navigateurs spécialisés dans la chasse à la baleine.Ils ont même chassé jusque dans l\u2019estuaire du Saint-Laurent, d\u2019où le nom de l\u2019île aux Basques, située au nord de Trois-Pis- toles.Des milliers de Basques ont également quitté leurs terres durant la guerre d\u2019Espagne pour fuir la dictature du général Franco.La ville de Guernica a été bombardée par les nazis alors alliés de Franco ; ce massacre contre des civils sans défense a été immortalisé par la célèbre toile de Picasso Guernica.Partout dans le monde, on retrouve des hommes et des femmes d\u2019origine basque.Au Québec, des immigrants basques ont fondé une association «Euskaldu- nak» où ils se réunissent régulièrement afin d\u2019organiser différents évé- nements pour mettre en valeur le patrimoine basque.Région aux multiples attraits, le Pays basque est à découvrir absolument.| 4 3 Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 Le petit train à crémaillère grimpe jusqu\u2019en haut de la Rhune.En bas : Saint- Jean-Pied-de- Port, point de départ pour le pèlerinage vers Saint- Jacques-de- Compostelle.PHOTOS YVES DESAUTELS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 Vi v r e E s c ap a d e 4 4 | Les augustines de chœur avaient pour mission de s\u2019occuper des malades de l\u2019Hôtel-Dieu, à deux pas du monastère.PHOTOS CATHERINE LEFEBVRE epuis que les augustines ont ouvert les por tes de leur monastère au grand public il y a quatre ans, elles ont visiblement fait preuve d\u2019un lâcher-prise pour préserver leur héritage.Ce faisant, le lieu est en parfaite harmonie avec les multiples façons de vivre sa foi.C\u2019est en 1995 que les augustines ont commencé à se questionner sur l\u2019avenir de leur congrégation.Installées en Nouvelle-France en 1639, elles avaient pour mission d\u2019évangéliser, de franciser et de sédentariser les Autochtones.Or, les maladies apportées par les Européens en emportèrent tant qu\u2019elles durent revoir l\u2019essence même de leur mission.À partir de la moitié du XVIIe siècle, les augustines œuvrent désormais à soigner le corps et l\u2019esprit des patients de l\u2019Hôtel-Dieu, premier hôpital en Amérique au nord du Mexique.Cloîtrées jusqu\u2019en 1965, seules les sœurs de chœur peuvent sortir du monastère pour aller soigner les malades.C\u2019est aussi pour elles la seule façon de voir leur famille.Au-delà des soins aux malades, les augustines sont des apothicaires hors pair qui concoctent des médicaments à partir des plantes de leur jardin, ainsi que des ingrédients médicinaux venus de France.Au fil de l\u2019évolution de la médecine, de la pharmacie et de l\u2019histoire du monastère, elles prennent toujours le soin de tout noter.Si bien que les 40 000 artefacts retrouvés dans les 12 monastères- hôpitaux des augustines au Québec sont tous clairement identifiés.En tout, il y a environ l\u2019équivalent de 1,2 km d\u2019archives écrites.Un passé bien présent Afin de conser ver leur mission de prendre soin des autres, les augus- tines ont décidé de convertir le monastère en un lieu de mémoire habité, une version augmentée de l\u2019hôtellerie.Ouvert depuis quatre ans, le Monastère des Augustines conserve ainsi de nombreux espaces ou objets de l\u2019époque.Par exemple, le chœur de la chapelle est intact, et les dix religieuses qui résident dans une aile privée du monastère y chantent encore les laudes à 8 h et les vêpres à 17 h.Au moment de notre visite, une augustine REPORTAGE CATHERINE LEFEBVRE À QUÉBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR Allez en paix chez les augustines Fidèle à la règle de saint Augustin, le monastère demeure un baume pour le corps et l\u2019esprit D | 4 5 Vi v r e E s c ap a d e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 s\u2019y entretenait avec des étudiantes en soins infirmiers.Une autre belle façon de transmettre ses connaissances aux générations futures.Les chambres authentiques font aussi un joli clin d\u2019œil à celles qu\u2019occupaient les centaines d\u2019augustines qui résidaient au monastère dans les années 1940, époque où elles étaient 230 à y habiter.Malgré ces vestiges du passé, leur lâcher-prise quant à la modernisation de leur milieu de vie et de foi est palpable partout au Monastère.L\u2019accueil , le restaurant et les chambres aménagées au goût du jour sont quant à eux tout à fait modernes.Heureusement, la restauration des lieux a été réalisée dans l\u2019harmonie par la firme ABCP, qui a notamment remporté le prix d\u2019excellence du Conseil de patrimoine religieux du Québec dans la catégorie Réutilisation.Pour comprendre et nous rappeler l\u2019impor tance des augustines dans l\u2019histoire du Québec postcolonisa- tion, une visite au musée s\u2019impose.Toujours à cheval entre hier et au- jourd\u2019hui, chaque pièce raconte le rôle des augustines ; s\u2019y trouvent, entre autres, de vieux instruments de chirurgie, dont la plupart semblent d\u2019ailleurs dignes d\u2019un film d\u2019horreur.Il y a même une leçon de médecine pour « soigner en évacuant les humeurs ».C\u2019est dans cette logique que la saignée est pratiquée, l\u2019acte médical le plus répandu à l\u2019époque.On précise toutefois que la guérison « dépend de la volonté de guérir manifestée par le malade ».Dans la pièce réser vée à la mission apothicaire sont exposés toutes sortes de fioles, de mortiers et de contenants qui rappellent la pharmacopée d\u2019autrefois.Dans l\u2019ancien réfectoire, il y a également de nombreux outils de cuisine avec lesquels les sœurs converses \u2014 affairées aux tâches domestiques plutôt qu\u2019aux soins des malades \u2014 cuisinaient chaque jour.Nourrir le corps et l\u2019esprit En plus de moderniser l\u2019espace, la vocation du site a aussi changé, sans toutefois trop s\u2019éloigner de ses origines.Le Monastère des Augus- tines est toujours un lieu de prières et de recueillement, mais il fait désormais place à la méditation, au yoga et aux ateliers de gestion du stress offerts presque quotidiennement à la clientèle.À cela s\u2019ajoutent de nombreux soins spécialisés, notamment en massothérapie.Étant donné que les sœurs étaient cloîtrées il y a à peine plus de 50 ans, disons que cela change légèrement l\u2019expérience monastique.Parallèlement à l\u2019hôtellerie et aux forfaits de soins et ateliers, dormir au monastère permet à des proches aidants de venir s\u2019y reposer pendant quelques jours, à prix modique, afin de reprendre des forces pour pouvoir continuer à soigner les leurs.Encore une fois, cela rejoint la mission initiale des augustines de prendre soin des autres.Étant donné le manque de soutien criant envers les proches aidants, c\u2019est tout à l\u2019honneur du Monastère de leur prêter main-forte.Enfin, du côté de la restauration, l\u2019approche misant sur la santé globale est aussi à l\u2019avant-plan.Les fr uits et légumes sont ser vis en abondance et les options végétariennes sont nombreuses.Ouver t au grand public, il est possible de manger au restaurant du Monastère sans y passer la nuit.Pour les résidents, nul besoin de craindre la redondance puisque le menu change tous les jours.Cela va de soi pour le chef exécutif, Christophe Perny (nommé chef santé de l\u2019année 2018 par la Société des chefs, cuisiniers et pâtissiers du Québec), qui suit donc les arrivages de près pour offrir une cuisine locale, presque entièrement biologique et toujours réfléchie.C\u2019est justement ce qui décrit probablement le mieux le Monastère des Augustines.Chaque espace, chaque élément de décor, et même le choix des produits de bain dans les chambres, est réfléchi.Cela fait cer tainement un bien immense à l\u2019âme d\u2019être entouré d\u2019autant de sens et de cohérence.Notre journaliste était l\u2019invitée de l\u2019Office du tourisme de Québec.Les augustines concoctaient la plupart de leurs médicaments à base des plantes de leur jardin et d\u2019ingrédients médicinaux venus de France.Le Monastère des Augustines est toujours un lieu de prières et de recueillement, mais il fait désormais place à la méditation, au yoga et aux ateliers de gestion du stress offerts presque quotidiennement à la clientèle.À cela s\u2019ajoutent de nombreux soins spécialisés, notamment en massothérapie.L\u2019ancien réfectoire des augustines est une pièce du musée qui sert aussi de salle de réception pour des événements privés. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 Vi v r e S o c i é t é 4 6 | L E S A P P L I CAT I O N S D E L A S E M A I N E Pour se défouler Chaque fois que je prends mon téléphone, voilà que je me demande: quel autre événement horrible est-il en train de se passer quelque part dans le monde en cet instant précis?Cathédrale en feu, gazouillis vitrioliques, attentats, inondations, on en passe.Heureusement qu\u2019on peut aussi s\u2019évader et, surtout, se défouler, dans ces deux classiques du jeu de combat.Le classique des classiques Le premier Street Fighter, publié en 1987, a mis en place les conventions du genre du jeu de combat.Quatrième opus de la série, Street Fighter IV, sorti pour la première fois en 2008, respecte pleinement la formule originale : personnages culturistes plus gros et grands que nature et superpouvoirs étranges y sont toujours au rendez-vous.Adapté pour téléphone intelligent, Street Fighter IV permet de jouer seul contre l\u2019ordinateur ou, mieux, en ligne contre des amis ou des inconnus.Street Fighter IV Champion Edition Publié par Capcom, offert pour iOS et Android L\u2019autre classique Réponse de SNK aux Street Fighters, King of Fighters est préféré par plusieurs pour ses personnages mieux équilibrés, offrant des chances égales de remporter un match entre deux joueurs de même niveau, peu importe le héros choisi.Et des héros, il y en a.King of Figh- ters-i 2012, adaptation mobile de King of Fighters XIII, regroupe 32 personnages tirés de l\u2019univers des jeux de SNK.Ici encore, on peut jouer seul ou en ligne, mais bonne chance pour trouver un adversaire.Tous nos matchs se sont déroulés avec des joueurs venant apparemment du Japon, avec tous les problèmes de connexion qu\u2019une telle distance peut occasionner.The King of Fighters-i 2012 Publié par SNK, offert pour iOS et Android Olivier Sylvestre OLIVIER SYLVESTRE LE DEVOIR BILLET LISE GOBEILLE COLLABORATRICE LE DEVOIR La piscine naturelle et l\u2019étang de baignade donnent la sensation au baigneur de s\u2019immerger dans un lac.Odeur d\u2019eau fraîche, sensation de douceur, paysage verdoyant.Quel rôle y jouent les plantes ?Comme dans un lac, elles filtrent et oxygènent l\u2019eau afin de la garder limpide.En plus, ce joli espace de baignade s\u2019intègre avec harmonie au jardin et crée un écosystème agréable à observer.Comment s\u2019organise et fonctionne cet espace?En bref, on y retrouvera trois ou quatre zones.En premier lieu, il y a une zone pour la baignade, qui sera plus ou moins profonde selon votre budget, mais dont le minimum de profondeur sera un mètre.On y trouvera, comme pour une piscine classique, une écumoire, un filtre de sable ou un filtre biologique composé de roches et de micro-organismes.Vient ensuite la zone de filtration, qui est l\u2019équivalent d\u2019un marais filtrant, où entrent en jeu les plantes.Dans cette partie moins profonde, l\u2019eau circule lentement afin que les plantes épuratives puissent faire leur travail.C\u2019est avant tout grâce aux milliers de bactéries accrochées aux racines de ces plantes que l\u2019eau est purifiée.Ces micro-organismes absorbent les résidus organiques, les transforment en éléments nutritifs qui sont assimilés par les plantes.En troisième lieu, on trouve une zone d\u2019oxygénation de l\u2019eau, généralement créée par une cascade et/ou une chute.Précisons que les plantes, grâce à leur système racinaire, jouent également un rôle à ce niveau.Enfin, la dernière zone, celle de régénération, est facultative.C\u2019est une La piscine naturelle et l\u2019étang de baignade Comment créer un espace pour se rafraîchir grâce au pouvoir oxygénant des plantes aire de plantation favorisant l\u2019intégration de l\u2019espace de baignade à son environnement.On y plante, par exemple, des plantes décoratives, comme les nénuphars qui apporteront de l\u2019ombre au plan d\u2019eau.Avantages et inconvénients Jean Brûlé, d\u2019Aquadesign (étang de baignade), et Guy Gosselin, de Symbiose Paysage (piscine naturelle et étang de baignade), sont du même avis, l\u2019avantage premier est la qualité de l\u2019eau.Une eau vivante, sans produit chimique, donc sans risque pour la santé et, à la limite, que l\u2019on peut boire.Le deuxième est la création d\u2019un écosystème qui favorise la présence de la faune locale : oiseaux, libellules, grenouilles\u2026 Et le troisième est le peu d\u2019entretien que cela requiert.On nettoie les plantes au cours de la saison, on les taille à l\u2019automne et, au besoin, on couvre le bassin d\u2019un filet pour récolter les feuilles.Pour la préparation hivernale, il suffit de vider les tuyaux de filtration.Quant aux inconvénients, le premier est le maintien d\u2019une température d\u2019eau plus fraîche, autour de 24 °C, qui ne plaît pas à tous.Le second est l\u2019apparition à l\u2019occasion, lors de périodes de canicule, d\u2019épisodes d\u2019algues qui se contrôlent néanmoins facilement.Enfin, le dernier inconvénient est la cohabitation avec la faune, telles les grenouilles, qui incommodent certains baigneurs.Coût La piscine naturelle est un produit de luxe, explique Guy Gosselin.« Pour une piscine de béton avec C\u2019est avant tout grâce aux milliers de bactéries accrochées aux racines de diverses plantes que l\u2019eau est purifiée | 47 Vi v r e Jar d i n s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 CAMPS D\u2019ÉTÉ École internationale de langues YMCA Pour plus d?informations, contactez-nous ! 1440, rue Stanley, 5e étage (station de métro Peel), Montréal 514 789-8000 # 1 ?info@ymcalangues.ca ?ymcalangues.ca CAMP LINGUISTIQUE DE JOUR \u2013 CENTRE-VILLE (MONTRÉAL) IMMERSION ANGLAISE ET FRANÇAISE pour les 9 à 17 ans Cours de langues et sports et loisirs OU Cours de langues seulement (conversation et grammaire) Du lundi au vendredi de 9 h à 16 h Du 25 juin au 12 juillet (3 sem.) Du 15 juillet au 2 août (3 sem.) Les sports et loisirs incluent : natation, basket-ball, soccer, activités touristiques, musées et plus encore ! INSCRIVEZ-VOUS DÈS MAINTENANT ! 5 % de moins si vous inscrivez votre enfant avant le 25 mai 2019.Tests de niveau obligatoires et gratuits tous les mercredis entre 12 h 30 et 17 h 30.Aussi offerts : Cours intensifs d\u2019été en ESPAGNOL pour les jeunes de 9 à 16 ans Du lundi au vendredi de 9h à 12h Du 8 au 26 juillet (3 semaines) Du 5 au 16 août (2 semaines) Au jardin Si vous remarquez que votre pelouse a quelques zones dégarnies, ne les négligez surtout pas.Entre la mi-mai et la mi-juin, c\u2019est la période idéale pour faire un semis et ainsi empêcher les indésirables de s\u2019installer sur votre pelouse.Si vous souhaitez plus d\u2019information pour l\u2019entretien de votre pelouse, je vous recommande le site Pelousedurable.com.Quelques jardine- ries vendent encore des arbres et des arbustes à racines nues.Économiques et faciles à transporter, ces végétaux sont offerts uniquement maintenant, car ils doivent être plantés avant le débourrement des bourgeons.Profitez-en ! Distribution de compost à Montréal Les Montréalais sont invités à se présenter, pelle et contenants en main, les samedi 11 et dimanche 12 mai 2019, de 8 h à 18 h, au Complexe environnemental de Saint- Michel, au 2235, rue Michel-Jur- dant.Une preuve de résidence doit être fournie.Suggestion de lecture Le potager en pot Bertrand Du- mont, Éditions Multimondes, 2019, 288 pages Difficile de trouver un livre plus complet sur la culture en pot, qui deviendra, je n\u2019en doute pas, l\u2019outil de référence pour la culture des légumes, des fines herbes et des fleurs comestibles sur les balcons et les terrasses.Aéré et pourvu de nombreux encadrés et de pastilles d\u2019information ainsi que d\u2019une multitude de photos, il est agréable et facile à consulter.Pots de culture, terreau, rotations, parasites et récoltes : rien n\u2019a été négligé, et on trouve en plus une cinquantaine de fiches pour les légumes les mieux adaptés pour ce mode de culture.L\u2019avantage premier d\u2019une piscine naturelle ou d\u2019un étang de baignade est la qualité de l\u2019eau, s\u2019accordent à dire leurs fabricants.PHOTOS SYMBIOSE PAYSAGE marais f i ltrant, on doit compter 75 000 $ et plus, mais les étangs reviennent à un prix beaucoup plus raisonnable.» À ce propos, voici une estimation de Jean Brûlé : « La réalisation d\u2019un étang de 4,5 mètres sur 4,5 mètres, de 1 mètre de profondeur, incluant les chutes et le marais, tourne autour de 16 000 à 17 000 $, soit environ le prix d\u2019une piscine creusée.» Et, ajoute-t-il du même souf fle, « oui, une piscine classique peut être transformée en piscine naturelle ».Pour soutenir la couverture environnementale du Devoir, abonnez-vous?! rigour oir e De L e de natur , v eux L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 Vi v r e A l i m e n t at i o n 4 8 | REPORTAGE ALLISON VAN RASSEL EN FLORIDE COLLABORATRICE LE DEVOIR À l\u2019ombre de Miami, sur la côte de la baie de Tampa, misant à la fois sur l\u2019abondance des fruits de mer et des brasseries artisanales, la région de St.Petersburg-Clearwater attire de plus en plus de touristes gourmands.Voici quelques adresses incontournables pour les assoiffés de nouveautés.La façon la plus gourmande de commencer une escapade dans la région est de visiter le marché fermier du samedi matin à St.Petersburg.C\u2019est le plus grand marché à ciel ouvert de la Floride ! Au-delà des Key lime pies, du jus d\u2019orange fraîchement pressé, des pains frais et des smoothies aux légumes de saison, c\u2019est l\u2019endroit tout indiqué pour goûter le savoir-faire des artisans locaux et réveiller vos sens! Marché fermier du samedi matin 101, 1st Street S.E., St.Petersburg Depuis les cinq dernières années, le nombre de brasseries artisanales explose au centre-ville.La Green Bench Brewing Co.est assurément un incontournable parmi celles-ci.Elle est reconnue pour ses bières de soif tantôt surettes, tantôt amères, mais toujours de très grande qualité.Située en plein cœur du quartier The Edge, mettant en valeur un côté irrévérencieux et un dynamisme artistique sans précédent, cette micro- brasserie est en quelque sor te un centre communautaire ou familles, amis et ar tistes aiment se rassembler.Le maître brasseur Khris Johnson a même refilé quelques secrets de brasseur à Benoit Couillard de la brasserie Auval en Gaspésie.Green Bench Brewing Co.1133, Baum Avenue N., St.Petersburg De l\u2019autre côté de la rue, à l\u2019intérieur d\u2019une minuscule cantine avec fenêtre sur rue, le casse-croûte Bodega propose de la nourriture latine incluant des options végétariennes et végéta- liennes.C\u2019est l\u2019endroit tout indiqué pour déguster le fameux Cubano, un sandwich cubain inventé à Tampa dans les années 1880 et composé d\u2019une généreuse combinaison de jambon, de rôti de porc, de fromage suisse et de salami.Bodega 1120, Central Avenue, St.Petersburg Aux abords de la piste cyclable longeant la baie de Tampa, l\u2019énigmatique bâtiment Yann Weymouth abrite la plus grande collection d\u2019œuvres de Salvador Dalí en dehors de l\u2019Espagne.Près de 2000 créations de ce maître surréaliste plongent les visiteurs dans un univers immersif à la fois mystérieux\u2026 et gourmand ! Une visite guidée est for tement conseillée afin de comprendre les nombreuses dimensions de ce peintre gastronome.Salvador Dali Museum 1, Dali Blvd, St.Petersburg Floride gourmande Dans la région de St.Petersburg-Clearwater, on ne se régale pas que de Key lime pies Le maître brasseur de la Green Bench Brewing Co., Khris Johnson, verse un verre de bière vieillie en barrique de chêne assemblée avec un vin de miel.En bas : le fameux Cu- bano, un sandwich cubain.Page de droite : le Bodega propose de la cuisine de rue de style latino dont raffolent les résidents du quartier The Edge.PHOTOS ALLISON VAN RASSEL Viv r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 *Pour tous les détails : info@collectionneursdevoyages.com Tél.: 514 730 9293 / 819 446 5893 DES VOYAGES EN FAMILLE SUR MESURE D é t e n t e u r d \u2019 u n p e r m i s d u Q u é b e c Découvrez nos voyages de groupe et à l\u2019individuel, spécialement conçus pour les familles avec de jeunes enfants, en Tanzanie, au Vietnam et au Pérou.Les points forts?:  itinéraires et activités adaptés aux enfants, découvertes culturelles en privé, rencontres avec les populations locales, et bien plus ! u n p e r m i s d u Q u é b e c D é t e n t e u r d \u2019 V OYA G E Z L \u2019 E S P R I T L I B R E EUROCAR TT \u2013 CITROËN & DS AUTOMOBILES +1 (888) 285-8384 .www.eurocartt.com 4017 rue Saint-Denis, Montréal (Québec) Canada H2W 2M4 Tél.+1 (514) 274-4449 | Fax.+1 (514) 274-1344 * M i n i m u m 1 8 a n s , c e r t a i n e s c o n d i t i o n s s \u2019 a p p l i q u e n t .L\u2019ACHAT-RACHAT CITROËN LOCATION DE VOITURE NEUVE ENTRE 21 ET 175 JOURS Véhicule neuf GPS intégré sur toute la gamme 2019 Kilométrage illimité Assurance multirisque sans franchise (bris de glace, pneus, etc.) Possibilité de prendre et remettre votre véhicule dans des pays différents Formule « Clés en main » : Aucuns frais cachés et aucune charge à destination Assistance 24 h/24 et 7 j/7 Plus de 40 pays couverts Aucuns frais « Jeune Conducteur » ou « Conducteur Additionnel »* Service dédié & réservation effectuée entièrement à Montréal EN AVRIL ÉCONOMISEZ JUSQU\u2019À 200 $ sur les modèles automatiques ! POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC LE DÉPARTEMENT DE PUBLICITÉ AU 514 985-3399 / publicite@ledevoir.com BON VOYAGE À quelques minutes de marche du musée Dalí, la terrasse du Vinoy Renaissance Resort offre un environnement idéal pour savourer l\u2019arc-en-ciel de couleurs qu\u2019offre un coucher de soleil en Floride.Cocktail fruité ou whiskey d\u2019exception à la main et cigare dans l\u2019autre, le cachet historique du lieu laisse planer une aura de plaisirs épicuriens.L\u2019établissement hôtelier offre cinq restaurants, un spa, ainsi qu\u2019un terrain de golf.Vinoy Renaissance Resort 501, 5 th Avenue N.E., St.Petersburg Si l\u2019aventure en terrain inconnu vous plaît, l\u2019umami est la saveur qu\u2019il vous faut.Plongez dans l\u2019univers aromatique de cette cinquième et très convoitée saveur au restaurant de cuisine japonaise Ichicoro Ane.Mon incontournable, le Yukke: bœuf Wagyu avec gochujang, pomme Fuji, oignon rouge, jaune d\u2019œuf et chicharrones de kombu.À boire : œuvres d\u2019art liquides, nombreux sakés d\u2019importation privée et des whiskeys de collection à rendre les Écossais jaloux.Ichicoro Ane 260, 1 st Avenue S., St.Petersburg À quelques kilomètres de St.Peters- burg, la ville de Dunedin est bien connue des amateurs de baseball ; l\u2019équipe des Blue Jays de Toronto y a installé son camp d\u2019entraînement de printemps depuis 1977.Prisée pour ses plages ensoleillées au sable fin tel du sucre blanc, la gastronomie de Dunedin est de plus en plus séduisante.Les fruits de mer sont délectables, notamment le crabe de roche, surnommé le caviar de la Floride.Situé à la marina de Dunedin, le Olde Bay Café est aussi un marché de poissons où plusieurs restaurateurs de la région s\u2019approvisionnent.Olde Bay Café 51, Main Street, Dunedin Décoré tel un musée d\u2019art folklorique mexicain, le restaurant Casa Tina est la destination parfaite pour un repas en famille.L\u2019ambiance survoltée offre même des prestations de cirque à l\u2019intérieur du restaurant ! Au menu, des classiques de la cuisine mexicaine apprêtés avec des ingrédients locaux, dont l\u2019agrume et le maïs.Les assiettes sont très généreuses et les cocktails toujours colorés.Casa Tina 365, Main Street, Dunedin La tendance du fait maison prend d\u2019assaut cette discrète pizzeria familiale de Safety Harbour, situé à 15 minutes au nord de Dunedin.En plein cœur d\u2019un quartier résidentiel, ce petit trésor caché, où le feu de bois est la méthode de cuisson de prédilection, propose des pizzas incroyablement savoureuses.Le secret : le chef cuisinier et propriétaire Greg Seymour moud lui-même les grains pour sa recette de pâte à pizza au levain.Le tout, garni seulement d\u2019ingrédients locaux.Du savoir-faire local de la terre à la fourchette.Pizzeria Gregario 400, 2nd Street N., Safety Harbor Surplombant le golfe du Mexique avec vue sur l\u2019île Caladesi, le bar-ter- rasse sur le toit du Fenway Hotel est l\u2019endroit tout indiqué pour admirer la beauté d\u2019un coucher du soleil.Un lieu distingué qui met en valeur l\u2019histoire et la culture de Dunedin.Laissée à l\u2019abandon depuis plusieurs décennies, la Société de tai chi taoïste des États- Unis a récemment acheté la propriété afin d\u2019en faire un hôtel de 85 chambres.Ayant autrefois abrité une station de radio, un speakeasy, un club privé pendant la Seconde Guerre mondiale puis une université, l\u2019histoire de l\u2019édifice est brillamment mise en valeur dans les aires communes comme dans les chambres : exposition de photographies, accessoires musicaux et un ameublement chic.Fenway Hotel 453, Edgewater Drive, Dunedin Notre journaliste était l\u2019invitée de l\u2019Office de tourisme de St.Petersburg-Clearwater. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 Vi v r e R e s t au r a n t 5 0 | \u2019erreur initiale à éviter serait de demander à 42 amis haïtiens de vous suggérer leur adresse préférée pour un repas haïtien pas compliqué.Vous auriez droit à 42 adresses différentes et vous ne seriez pas plus avancés.Après ce premier genre de recensement, j\u2019ai donc demandé à Pierre et Jean-Robert : « Mes amis, vous qui maîtrisez le pèse-banane à la perfection et préparez des griots à faire fondre le cœur d\u2019un banquier, où me recommanderiez-vous d\u2019aller avec mon petit crayon sur l\u2019oreille pour manger haïtien et prendre des notes ?» Ils ont pris huit bonnes journées pour me répondre, signe de grande perplexité, eux habituellement vifs comme le contravention- niste se jetant sur le pauvre monde.« Va chez Kwizinn, le chef Michael Lafaille travaille bien et il y a une bonne ambiance.» En route donc pour Kwizinn.Bien que déplumée en ce moment, la Plaza Saint-Huber t est toujours aussi divertissante.De nombreuses gloires du passé ont disparu, laissant la place à de jeunes enseignes qui risquent for t de changer l\u2019atmosphère.En bien, espérons-le.La présence d\u2019un restaurant haïtien ici, impensable autrefois, est un de ces signes de changement.En très bien, dans ce cas-ci.Juste le nom «Kwizinn» et on part en voyage vers la Perle des Antilles.Je vous confirme les propos de mes amis natifs de Cap- Haïtien en ce qui concerne l\u2019ambiance chez Kwizinn : un vendredi soir, ça bouge.Aux tables, toutes couleurs et tous âges et genres confondus, conversations et coups de fourchette vont bon train.L\u2019ambiance est joyeuse, et la trame musicale discrète venue de l\u2019île et de ses voisines dans les Antilles dif fuse beaucoup de kompa, quelques touches de me- rengue et un reggae occasionnel.La carte de Kwizinn annonce les couleurs de la maison : 100 % Haïti.Une vingtaine de plats qui pourraient se retrouver sur la table de toute maison haïtienne qui se respecte.Rien de très compliqué, mais beaucoup de générosité dans les propositions; ici et là, quelques précisions pour faciliter le voyage, comme ces petits dessins de piments rouges à côté de certains plats et signalant une possible éruption.Trois entrées, deux plats principaux et un dessert plus loin, je peux vous assurer que Kwizinn vaut effectivement le déplacement.Décollage avec trois entrées, ornées de ces petits piments annonciateurs de vapeurs : chiquetaille de morue salée servie sur de miniga- lettes de pâte à pizza (la morue est déchiquetée convenablement et les galettes sont croustillantes à souhait) ; acras de malanga (un cousin de la patate douce appelé aussi taro), farine de manioc et mayonnaise épicée ; et, sur la suggestion de la patronne, pâté kòde.Cette sorte de beignet frit farci au hareng fumé est la version haïtienne des patties que l \u2019on déguste sur le pouce en Jamaïque et un peu partout dans le monde sous diverses appellations.CRITIQUE JEAN-PHILIPPE TASTET COLLABORATEUR LE DEVOIR Manger haïtien sur la Plaza Chez Kwizinn, on part en voyage vers la Perle des Antilles L | 5 1 Vi v r e R e c e t t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 L A R EC E T T E D\u2019A L A M B I K A Fraise & Co., le lait-fraise 2.0 ! Cette semaine, la boutique cocktail Alambika vous propose une nouvelle recette à réaliser à la maison.Jean-Sébastien Michel, propriétaire et photographe, ainsi que Manuel Perrier, professeur de cocktail et développeur de menus, se prêtent au jeu afin de réaliser une création exclusive aux lecteurs du Devoir.Une version améliorée du classique lait-fraise des bistros français.Cette fois-ci revue avec un lait végétal, du sirop artisanal fait à Montréal, une eau de coco et un amer aromatique classique rappelant les cocktails classiques en vogue à l\u2019époque de nos arrière-grands-parents.Un clin d\u2019œil à l\u2019évolution de la mixologie, qui tend vers un éventail toujours plus vaste et qui inclut de plus en plus d\u2019options avec peu ou sans alcool.Un délice pour les plus petits qui pourra être agrémenté de votre spiritueux favori pour les plus grands ! Nous suggérons une once de rhum, le cas échéant.Ingrédients 1 oz (30ml) de sirop Fraises et Sichuan Les Charlatans 6 traits (6ml) de J.Thomas Decanter Dashfire Bitters 2,5 oz (75ml) de lait végétal non sucré (riz, amandes ou soya) 1,5 oz (45ml) d\u2019eau de coco 1 oz de rhum blanc ou brun (optionnel) Ajouter tous les ingrédients dans un shaker et remuer énergiquement pendant quelques secondes.Préparation Verser tout le contenu du shaker dans un grand verre rempli de glace concassée, puis garnir d\u2019une cerise à cocktail italienne.Boutique Alambika : 6484, boul.Saint-Laurent, Montréal www.alambika.ca Juste le nom «Kwizinn» et on part en voyage vers la Perle des Antilles.Des entrées aux desserts, le restaurant vaut le déplacement pour ses propositions généreuses.PHOTOS VALÉRIAN MAZATAUD Les deux plats principaux pris ce soir-là sont présentés avec des accompagnements similaires : riz collé aux haricots rouges, sauce à la viande, salade de coquillettes, pikliz et bananes pesées bien craquantes.Portions très généreuses et cuissons à point.J\u2019ai atteint mon altitude de croisière avec un «tassot cabrit», de savoureux morceaux de viande de chèvre marinée dans des herbes et des épices créoles.À moins d\u2019être un fan fini des coquillettes, on pourrait sans doute se passer de la portion de salade de pâtes, mais tout le reste est parfait : riz parfumé, viande solide sous la dent, mais très souple, et quatre délicieuses galettes de banane plantain, frites exactement comme elles doivent l\u2019être.Sans doute leurré par notre traversée sans encombre des entrées prétendument pimentées et emporté par l\u2019ambiance chaloupée de la salle, mon ami Joseph-Lucien-Daniel s\u2019envoie en une seule bouchée le pikliz en embuscade avec son poulet barbecue.Erreur ! Le pikliz, condiment haïtien de base, correspond à notre salade au chou, mais à laquelle on aurait ajouté de la dynamite.JLD se met à transpirer abondamment, larmoie lamentablement, appelle Patricia et bredouille quelques phrases inintelligibles.Une lectrice et un lecteur du Devoir avertis en valant deux, je suppose que vous ferez preuve de plus de retenue.À la table voisine, les jeunes Haïtiennes nous regardent, moi avec amusement, mon ami avec compassion, avant de partir d\u2019un retentissant fou rire.Je suis revenu quelques jours plus tard, seul, un midi, pour tester ce poulet : un pur délice.Du bout de la fourchette, j \u2019ai goûté le pikliz et me suis dit que mon ami Bleuet avait, comme le font souvent les Bleuets, un peu exagéré ; c\u2019est certes relevé, mais si vous ne venez pas du Lac, ça devrait bien se passer.J\u2019en ai également profité pour goûter aux beignets sucrés à la banane plantain.Quatre succulents petits beignets pour 3,50 $, un excellent investissement, fugace mais ô combien savoureux.En salle, madame Fiorilli, épouse du chef, s\u2019active efficacement en souriant.Son papa contribue également et, en cuisine, madame Fiorilli mère se démène.Ce chef doit être un bien bon garçon pour que toute la belle-famille vienne donner un coup de main.Après avoir essayé sa cuisine, vous voudrez peut-être vous y mettre vous aussi, ne serait-ce que pour goûter son lambi en sauce, son griot ou son lalo.Note pour mes 40 autres amis haïtiens : oui, je sais, votre adresse préférée est meilleure que celle-ci.Pierre et Jean-Robert m\u2019avaient mis en garde.Kwizinn ?$$ 6670, rue Saint-Hubert \u2014 514 379- 6670 \u2014 Ouvert midi et soir du mardi au dimanche.Un repas pour deux a coûté 59,50 $ avant taxes et pourboire.La carte de Kwizinn annonce les couleurs de la maison : 100 % Haïti.Une vingtaine de plats qui pourraient se trouver sur la table de toute maison haïtienne qui se respecte.JEAN-SÉBASTIEN MICHEL / ALAMBIKA L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 BON VOYAGE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC LE DÉPARTEMENT DE PUBLICITÉ AU 514 985-3399 / publicite@ledevoir.com du 2 au 9 septembre 2019 (8 jours) Pour les amateurs de F1 et de l\u2019Italie ! 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Ajoutez ici une fusion tout ce qu\u2019il y a de crédible entre chardonnay et macabeu et voilà un blanc réjouissant, léger de ton et arrondi dans la forme, avec l\u2019acidité suffisante pour taquiner poulet, petites fritures et légumes grillés.Servir frais ! (5) ?Le canon Chardonnay 2015, Coddington, Kumeu River, Nouvelle-Zélande (49$ \u2013 11661971) Le génial Michael Brajkovich est derrière ce grand blanc qui exalte, millésime après millésime, les fruits du vignoble de la famille Coddington.Le fruité y est tendu, vivace derrière un élevage précis qui le nourrit longuement.Du grand art ! (10 +) © ?La surprise Champagne Laurent Perrier Ultra-Brut, Champagne, France (80$ \u2013 13879325) Il est entendu que Laurent Perrier a été la première maison à jouer sur la corde raide du zéro dosage, créant ainsi des équilibres dont la marge d\u2019erreur se situe bien plus près de zéro que de l\u2019infini.Avec pour résultat du pinot noir et du chardonnay roulant leurs bulles avec finesse, émotion et une tension non négligeable.(5 +) ?1/2 Le blanc Domaine de Majas Blanc 2017, Côtes Catalane, Roussillon, France (20,95$ \u2013 13993241) Vous connaissez mon intérêt pour les vins du Roussillon, surtout quand ils sont vinifiés en blanc.Comme le chardonnay à chablis, rolle, macabeu, carignan blanc et chenin blanc s\u2019inclinent sous la présence, le magnétisme puissant du terroir local, branchant le fruité sous une tension constante.Le rouge est aussi recommandable! (5 +) © ?Le rouge Nipozzano Chianti Classico Riserva 2015, Frescobaldi, Toscane (22,40$ \u2013 107276) Une invitation récente à un mariage m\u2019a permis de revisiter mes classiques avec ce Chianti Rufina qui n\u2019a pas perdu une once de crédibilité.Surtout dans ce millésime porteur, d\u2019une richesse fruitée qui fait contrepoids à une structure tannique des plus heureuses.Bref, ce vin comme les mariés ont de beaux jours devant eux ! (5 +) © ?(5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans (10+) se conserve dix ans ou plus © devrait séjourner en carafe L E S V I N S D E L A S E M A I N E BILLET JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR Les astres étaient parfaitement alignés pour les Amis du vin du Devoir cette semaine avec une dégustation de vins des Antipodes à vous renverser cul par-dessus tête ! Vous en êtes encore aux bibines australiennes commerciales édulcorées gagnées par l\u2019embonpoint ?J\u2019y reviens la semaine prochaine avec une Australie vitivinicole qui brille allègrement en ce début de XXIe siècle.Pour l\u2019instant, quelques candidats\u2026 Savagnin 2016, Soumah de la Vallée de Yarra, Savarro (23,95$ \u2013 13529624).S\u2019il demeure par ticulièrement déroutant, ce savagnin bien sec qui cumule une épaisseur fruitée et une espèce d\u2019iner tie tranquille suscite tout de même l\u2019adhésion.Coing, poire, safran, curcuma\u2026, tout se joue sur l\u2019amertume et la longueur, sans le moindre caractère oxydatif des cousins non ouillés du Jura français.Pour ma par t, il s\u2019agit d\u2019une première australienne avec ce cépage.Mais ce n\u2019est cer tainement pas la dernière ! (5 +) ?1/2 © Moyenne du groupe : ?1/2 Riesling 2018 Two Hands «The Boy», Eden Valley (29,60 $ \u2013 12540557).Cette vallée, dans le prolongement de la Barossa, sublime ses fruits à des altitudes élevées (de 300 à 500 mètres) qui en assurent l\u2019intégrité aromatique.De très vieux rieslings « chantent » ici avec un mélange d\u2019énergie et de délicatesse (rose, aubépine), avec une touche de silex qui alimente une motricité inouïe.Longue finale.Racé! (10 +) ?1/2 Moyenne du groupe : ?Chardonnay 2016, Filius, Vasse Felix, Margaret River (27 $ \u2013 13738485).Tout à l\u2019ouest, en bordure de mer, Margaret River livre des fruits d\u2019une luminosité extrême, à la fois précis et bien tranchés.La maison Vasse Felix n\u2019en retient que l\u2019essentiel, l\u2019élevant pour en arrondir les angles tout en maintenant la tension, la longueur.Vin de lieu, vin de fruit, dans son essence même.Finale nette, longue en bouche.(5 +) ?1/2 © Moyenne du groupe : ?Cabernet Franc 2017, Ma Petite Francine, Yarra Valley, Jamsheed Harem (34,75 $ \u2013 13880377).Un coup de cœur personnel ici.Surtout un « nature » désarmant d\u2019énergie, de franchise et d\u2019envolée fruitée dont la simplicité juste du propos étonne et étonne encore.Sans avoir la finition de texture d\u2019un Clos Rougeard, cette cuvée s\u2019en rapproche par sa sève nourrie, fraîche et d\u2019une impeccable fluidité de ton.La version en pinot noir n\u2019est pas non plus piquée des hannetons ! (5) ?1/2 © Moyenne du groupe : ?Mourvèdre 2015, The Twenty-Height Road, D\u2019Arenberg, Mc Laren Vale (29,95 $ \u2013 10250804).Il y a ici une véritable signature, une volonté engagée de livrer le meilleur de la ressource locale, à l\u2019image des Yalumba, Lehmann, Henschke et autres Pen- folds de cette île-continent.D\u2019Aren- berg vise ici la pureté derrière des tanins sphériques et bien mûrs, ouvrant sur une bouche ample, généreuse, fraîche, de haute tenue.On se régale ! (5 +) ?1/2 © Moyenne du groupe : ?Cabernet Sauvignon 2015, Bin 407, Pendolds, Barossa Valley (99 $ \u2013 13818426).Dois-je vous présenter la maison ?Ce grand vin parle de lui- même, avec cet assemblage savant des meilleurs vignobles de régions (Coonawarra, Wrattonbully, Padtha- way, etc.) où excelle le grand «cab».Robe juvénile et profonde, parfums exponentiels et détaillés (cèdre, graphite, cassis, menthe\u2026) sur une bouche savoureuse, saline, vigoureuse, finement boisée (25 % de fût neuf français), d\u2019une longueur d\u2019anthologie.À méditer.(10 +) ?© Moyenne du groupe : ?guideaubry@gmail.com L\u2019Australie à un tournant Les Antipodes excellent dans le domaine de la vitiviniculture Le cabernet sauvignon Bin 407 montre une robe juvénile et profonde ainsi que des parfums exponentiels et détaillés (cèdre, graphite, cassis, menthe\u2026) sur une bouche savoureuse.JEAN AUBRY L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 Vi v r e M o t s d e t ê t e 5 4 | SUDOKU GRILLE DES FÉRUS MOTS FLÉCHÉS GRILLE BLANCHE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com | 5 5 Vi v r e M o t s d e t ê t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 GRILLE INTERMÉDIAIRE Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement Solution du n° 448 MOTS CROISÉS DU SAMEDI CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE SUDOKU : SOLUTION DU PROBLÈME D\u2019HIER CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Épreuve de révision Antidote | O I R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V e à h c u a e g a d r i l e i s u n q o i t a t i e c n u r e m r o e à f r è i n a m e , d s a u b s d e s a c s e s l n a e d l l i r a g e l d us s s e d - u a s ne n o ol c s e s l n a s d e u n e t n o c s e r t t le s le z e lac P 76 7 1 .r e g n a h c t n e v eu p ts n e c c a e r p o r s p m o s n e .L s n o i t i n i f é d e m u q a h e c s d e r t t e s l e r è i n r e d s à p t o e m e d n î a h e c n z u e m r o F O C H A I N E É D I T I O N D U D E V A N S L A P R U T I O N P U B L I É E D O L S .e t i ro d I I I s e t l s e i m r e t p n o s s s e e d d i a \u2019 t à l t e o s i o r s t e r d i t r a 76 7 1 I I I 6 7 5 4 3 2 1 2 1 1 1 0 1 9 8 a t r ce e n u d\u2019 , e r t î a N 7.r e g ru G .6 t c s t e a h e c d l n a u Q .5 n i a m e ro t o p s e D .4 r e v che A .3 n a t s u g é n d e e r i o B .2 r i p u ro C .1 IX IV X I I V I V V V n ço a f e n i t n e t n o t I I I e é u q a h e à c r t t e e l l u e e s n u \u2019 u q e i n r e e d t l r e e i m e r e p e l r t n E ro e c i s u n q ro a f n a F 0.1 t i ru t s n o C .9 n a e u m m o r c u o n j U .8 I i a F .v e p a b u a e c z e h p u d r e c é m a l j i b e o i r u V M .I p .e r è d i \u2019 l e N e t o L e n u I S .X R o i g é l b t u o j , a t n e m e g n a h c e ( p a t t n a e g n a h e c n n t e , e t o r m 76 7 1 e l b a t u o d e t r i e r t u fl f II IV II fî p o r P .0 1 e i c i f i t r a s é c n a v a t n e u A p m o c c A t ê u q n E u d é r n e .s r u e l l i a m è l b o r p u n e v e d e g a m I .3 r u o j u o t é u q u d E t a r u A .1 P .é u g i t a F A .I I .s n o i t c u d é r s e s s o r g e d t s a p a v e n l i e u q i r t c e l é u o r u o n a r p o s e l l e B .e t i v s u l p p u o c p u o c u a e b A .I .r e n g a W a l e r è i r r e d t e t n a v e D .z e h c e c r e P .l e n n o s r e P .a r e m a l a l à t n e t s i s é R .V .r e i t u o .m u i s é c e L .r e s o l p x e \u2019 d t n e u q s n o s r e g n e v r u o p e n è c s n e s i e n n o D .I I V .e m è l b o r p e s o P .e u q i t l e c e t c e l a i D .é t i s n e t n a l e d t e l i e l o S u d r u œ S .I V .m i a f e n n o D .e n u l a l s n a D .c u d n u e m m o c e r d n e t n e t e e m m o C .X .e r u e n i M e i s A \u2019 d n b d t l e t è h .e r u e i r é t n i n o i t a t i g A .s e l l s e n i l l o C .9 .n o i t c n o j n o C .n e i B .8 .e n ô h R u d .s e m u t u o c s e l t n e n g a .7 .n o i t a r a p é r e d e .6 .e l l i a p e d e m m o H .n o i t c t n e v u o s s i a m e m ê m i c I .5 e s i r p e r u s e M .s d n e r e M .e u d d u œ n e L .4 .r u e t c a f e u q a c a M .e d n o m u d s .t u o b n u r a p r e c n e m m o c s t u e p n O .s e u q c a J - n a e J r a p .2 .s u s s e d e l s r u o j u o l b t i .2 1 .r u e t c e t o r p n o h c u p a C .1 1 .u a e \u2019 l s n a d t n i o P .a , m s i m r e t p n o s s t n e c c s a e L v u o r , t ) e r t t e e l n u \u2019 t d i a r t e u r o ISE E S S O BR R E C II IIIX H i r o I u H .R .I V.i D V L .X .s S e t n e e s e q r a u .e r p o r m p o n n u c u s a i .s e r i a i d é m r e t n s i t o s m e z l e IV II t n e m e l a t n o z .e é g E .r e i l e t A .I I .n o i t a c i f i m .t n e m e v a L .i l I .u R .a N .e t i .e t i t t i H .t E .I V .u O .i p A .o c s .s e T .n e i L .I V .i a t E .é i n i c a .X .m a i r P .a t a r r E .N .e O .1 1 T .9 .i p S .a n é I .6 .4 .n r e C d i r a H .1 a c i t r e V .e s u e i c n e u q s e r x u a e s e s n e m e g o x u a .s r e i t i u p u D e p p i l i h P .e m s i n u t p e N .2 1 .s a x A .o .u I .t E .e u g I .0 1 .ê R .e t i m r e .i p E .8 .e é t a v a r C .7 .n a t i T .é T .n i o L .i F .5 .t â n i h C .e l I .s i t é M .3 .e r i a t i l i t U .2 .s e l l e t n e m e l s .s e a v u o r n q p d u a p a r n c e e s s e c n i r a p é l m r o f s n a r t .V e v u l ff e e tt e c t i a r r o h b e a n i e a r e l l u e S a t p i a s s i a , l é t e r è g é e l d ce n sce e t n i u m d u f r a e p , l e t n e c s e n a v e é é s o e r n u l Te 4 o n ç .nt a s re t u r e i t n olo v t û e e l l , e e g i l b e o c n a e g n e .s t n a e g i x s e u l s p e z l e s n e s l i o t n , e s s e c n i r e p n u e a j e l T O M 9 4 4 ° N E M È L B O R P S É S I O R C S Philippe Dupuis est également l\u2019auteur Monde oisés du des mots-cr ser é s r oit ous dr .T ormatique inc 9 Druide inf 01 © 2 o rb a e m y n o r a e p b r e e v t l ) e e u n e t u o s e v s l i o f r a d p n o f n o n c \u2014 O que r a m e R d \u2014 a t an ç s e r ut p * n o t n , e t n sce e r ut p d t a e \u2014 C r e ti n o l vo * n o t n , e s r ie nt o l o v n g e e d r o c c a \u2019 s et C \u2014 e t t e c * n o t n , e et c .e s o h e c n s u n a l d e i t n e s s e \u2019 d ce n ce s e t n i u q * n o t n , e nce se s e t n i qu .u nd e t n e - us o s e tr ê e av d r o c c a \u2019 s e l l Te \u2014 l Te * n o t n , e e l l Te s.é v e?» s o h e c u q l e u r q e t r o u «?p r?» o e s s e r «?d ( r e r u g n a a l s l n a , d r?» e t s e t é «?d ( r e r r ho ab e b r e .n o i t c a f é r t u n p e e r t e à ê c n e m m o i c u .Q j .l a n i f s n  c u e s av r u o j u o t t i r c é \u2019 e s b r e v .n i l u c s a , m e luv ff e m o e n c l e e av r n e a p i c n i r e p l y a d i \u2019 u e q ] C u n e t u o S .[ . f \u2014 n b r e n v r u a t p u b i r t t a \u2019 t l s l e t i n o , d e é s ro c e erbe chinois v o Pr à un imbécile intelligent que parler \u2019 d ec quelqu\u2019 v disputer a aut mieux se Il v ANCHE BL GRILLE 5 7 17 X JEU .) e , l e CHÉS FLÉ S T MO .un US FÉR DES GRILLE CR CR OUTE R DOUTE DOUCE TE SIES \u2022 SIE O S \u2022 OS SS E N \u2022 IONIENNES \u2022 TION RESPIRA \u2022 ONNERRES T \u2022 ON ONT T \u2022 ON T VES \u2022 OLIVES \u2022 JOLI \u2022 TE T O OÛTE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A V R I L / 2 0 1 9 "]
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