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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-04-27, Collections de BAnQ.

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[" C AHIER SPÉCIAL C LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2019 JOURNÉE INTERNATIONALE DES TRAVAILLEURS Comme chaque année, le 1er mai est l\u2019occasion de souligner les combats des travailleurs, les luttes passées, présentes et à venir, ainsi que de regarder tout le chemin parcouru et celui qu\u2019il reste à faire pour que le monde du travail et par conséquent les travailleurs soient en meilleure santé sur tous les plans.Pour souligner la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs, Le Devoir donne la parole aux différentes organisations syndicales pour connaître leurs points de vue, leurs revendications et leurs idées.En marche vers l\u2019avenir AUJOURD\u2019HUI, ON MARCHE POUR L\u2019ENVIRONNEMENT ! MONTRÉAL.14 HEURES.ISTOCK La rareté grandissante de la main-d\u2019œuvre en amène plusieurs à chercher des solutions pour faire entrer le plus vite possible sur le marché du travail ceux qui n\u2019y sont pas encore.Cette approche à court terme risque toutefois de faire perdre de vue certains objectifs au plus long cours, comme le besoin de préparer les travailleurs à la transformation, déjà bien amorcée, du marché du travail.J E A N - F R A N Ç O I S V E N N E Collaboration spéciale « Il faut s\u2019assurer que la main-d\u2019œuvre sera en mesure d\u2019occuper les emplois de demain», résume Luc Vachon, président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD).Pour plusieurs travailleurs, cela passe d\u2019abord par l\u2019acquisition ou l\u2019amélioration de compétences de base en littératie et en numératie.Un travail à dimension humaine VOIR PAGE C 2 : CSD robuste en ce qui concerne la capacité de lecture, d\u2019écriture, de compréhension de textes, de calcul et de résolution de problèmes constitue un préalable incontournable », souligne Luc Vachon.En plus de cette éducation de base, la formation continue aura un rôle crucial à jouer, tant pour ceux qui sont en emploi que pour ceux qui s\u2019efforcent d\u2019en retrouver un.Mais à ce titre, il faudra surmonter plusieurs défis.« Le Québec n\u2019a pas une forte culture de formation continue, ni du côté des travailleurs ni du côté des employeurs, donc il faudra en développer une », estime le président.Selon lui, cela signifie qu\u2019il faudra revoir notre conception de l\u2019éducation et de la formation, qui se feront désormais tout au long de la vie et ne se confineront plus aux bancs d\u2019école.L\u2019alternance entre la formation et le travail deviendra plus fréquente.Cela exige un arrimage de l\u2019écosystème de formation, qui inclut les entreprises, les centres de formation, les établissements collégiaux et universitaires, etc.Cet arrimage doit permettre de développer des approches novatrices en formation, mais aussi de favoriser la reconnaissance des compétences acquises.Ces dernières doivent pouvoir se transférer d\u2019une entreprise à l\u2019autre.Par ailleurs, le contexte ne se prête pas si bien que cela à la formation continue.Les employeurs peinent déjà à combler leurs besoins de main-d\u2019œuvre dans une dynamique de plein emploi.On peut difficilement les critiquer de rechigner à l\u2019idée d\u2019en libérer un certain nombre pour quelques semaines, voire quelques mois, dans le cadre d\u2019un projet de formation.Il faut pourtant résoudre cette équation puisque c\u2019est l\u2019ensemble des entreprises qui bénéficieront, à moyen terme, d\u2019une main-d\u2019œuvre mieux formée.La CSD réclame du gouvernement québécois des incitatifs puissants pour favoriser la formation continue.Elle suggère des soutiens financiers et des crédits d\u2019impôt bonifiés pour les entreprises, mais aussi pour les travailleurs désireux d\u2019alterner le travail et les études.« Un travailleur qui a des enfants ne peut pas se priver de son salaire pour aller étudier sans un soutien financier », souligne Luc Vachon.Le succès des formations de type « dual », dans lesquelles le travailleur alterne entre la formation et le travail et continue d\u2019être payé en tout temps, montre l\u2019importance de la question financière.La CSD a déploré que le premier budget du gouvernement Legault ne se soit concentré que sur l\u2019amélioration de la productivité par l\u2019acquisition de nouvelles technologies, en laissant la main- d\u2019œuvre en plan.Sans contester l\u2019intérêt pour le Québec de rattraper son retard technologique, le syndicat aimerait voir plus de mesures p o u r a i d e r l e s t r a v a i l l e u r s à s\u2019adapter à cette évolution afin qu\u2019ils en bénéficient plutôt que d\u2019en faire les frais.« Le travail doit conserver une dimension humaine, avance Luc Vachon.Il ne faut pas asservir l\u2019homme aux besoins de la technologie.Il faut que la technologie soit au service de l\u2019homme.Il faudra conserver la dimension humaine du travail dans les bouleversements qui viennent.» Le plus récent Programme pour l\u2019évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA) montrait que 19 % des Québécois âgés de 16 à 65 ans se classaient au niveau 1 ou même sous ce niveau en littératie (sur un total de cinq niveaux).S\u2019ajoutent à cela 34 % qui se situaient au niveau 2.Une analyse de l\u2019Institut de la statistique du Québec (ISQ) indique qu\u2019environ 29,6 % des personnes inactives et 23,8 % des chômeurs se rangeaient au niveau 1 ou moins, comme 15,5 % des travailleurs.Plus ou moins un tiers des individus de ces trois groupes se situaient au niveau 2.Les résultats sont très similaires en ce qui concerne la numératie.« On entend souvent que les travailleurs devront acquérir les compétences pour occuper les emplois du futur, mais avoir une base es 76 000 membres de la FIQ (composés surtout d\u2019infirmières et d\u2019infirmières auxiliaires) en ont marre du temps supplémentaire obligatoire (TSO).Le 8 avril dernier, elles tenaient donc une journée nationale sans TSO afin que cette mesure devienne une exception plutôt que la norme comme c\u2019est le cas actuellement.Comme l\u2019indique le communiqué de la FIQ datant du 17 avril, cette mobilisation a porté ses fruits.La ministre McCann a bien saisi l\u2019urgence d\u2019agir.Elle a adopté un Plan d\u2019action et un échéancier rapide pour mettre fin au TSO.En campagne électorale, la CAQ s\u2019était d\u2019ailleurs engagée à abolir cette mesure.Nancy Bédard, présidente de la FIQ, se dit satisfaite des engagements pris.Mais elle croit toutefois qu\u2019il était plus que temps d\u2019agir.« Au fil des années, on a fragilisé le réseau de la santé en confiant à nos membres une charge de travail démesurée, dit-elle.La qualité des soins et la sécurité des interventions s\u2019en sont ressenties.Il faut qu\u2019il y ait une meilleure planification des horaires dans les hôpitaux, une embauche massive d\u2019infirmières, un rehaussement de postes (offrir des postes à temps complet à des infirmières à temps partiel) et une surdo- tation afin de pallier les absences récurrentes.» La FIQ compte faire un suivi serré auprès de la ministre pour s\u2019assurer que le dossier chemine dans le bon sens.Le syndicat a d\u2019ailleurs reçu un appui de taille avant sa journée de mobilisation du 8 avril dernier.Un juge du Tribunal administratif du travail (TAT) a reconnu que le TSO doit être utilisé lors de situations urgentes et exceptionnelles.Autre dossier prioritaire pour la FIQ : les ratios.En ce moment, les infirmières ont trop de patients à leur charge et elles ne sont pas remplacées lorsqu\u2019elles partent en congé.Cette situation ne permet pas aux patients de recevoir les soins dont ils ont besoin et met en danger la santé physique et mentale des infirmières.Après plusieurs mois de revendications, la FIQ avait réussi à obtenir la mise en place de projets-pilotes pour tester les ratios infirmière-patients souhaitables.« La ministre McCann est d\u2019accord pour procéder à une analyse rapide de ces projets et déployer des ratios de façon graduelle dans le réseau », dit Mme Bédard.La présidente de la FIQ veut cependant obtenir plus de la part de la ministre.« Nous voulons obtenir l\u2019adoption d\u2019une loi sur les ratios, précise-t-elle.Une telle loi est en vigueur en Australie et en Californie et elle a eu des effets positifs sur les soins dispensés aux patients.» Selon Nancy Bédard, cela permettrait de réduire les erreurs dans les médicaments à administrer aux patients, de recevoir les traitements au moment opportun, d\u2019offrir des soins plus adéquats et de diminuer l\u2019absentéisme.Ces deux mesures auraient des effets positifs sur la main-d\u2019œuvre infirmière.« Cela ramènera dans le réseau celles qui l\u2019ont quitté et les retiendra », dit la présidente de la FIQ.Ces améliorations devraient aussi permettre d\u2019offrir plus de postes à temps complet, ce qui serait bien apprécié, selon Mme Bédard.« Nous avons beaucoup d\u2019infirmières auxiliaires à temps partiel qui ne demandent qu\u2019à travailler à temps plein », affirme-t-elle, ajoutant que l\u2019adoption de ces mesures aurait pour effet de stabiliser les équipes, ce qui est très important aussi.L\u2019année en cours est la dernière du contrat de travail qui lie la FIQ au gouvernement.Des négociations en vue d\u2019une nouvelle convention collective devront donc s\u2019amorcer au cours des prochains mois.« L\u2019ensemble des conditions de travail doit être amélioré et la profession doit être revalorisée, souligne la présidente.Des hausses de salaire feront ainsi partie de nos demandes.Ce sont des conditions essentielles si l\u2019on souhaite attirer de nouvelles personnes dans la profession.» Selon Mme Bédard, pour la première fois, la FIQ s\u2019est donné un plus grand rapport de force dans ces négociations en s\u2019associant avec l\u2019Association du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).Un regroupement qui représentera 130 000 employés. es engagements pris dans ces conférences et l\u2019urgence de la situation ne laissent plus de doute dans l\u2019esprit du secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux : « Il y aura une transition énergétique dans les prochaines années, dit-il.C\u2019est un phénomène mondial.Il faut s\u2019assurer qu\u2019elle est juste pour les travailleurs et les communautés.» Le syndicat appuie les cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES) adoptées par le gouvernement du Québec en 2015, à l\u2019occasion de la COP21.L\u2019État québécois vise pour 2030 une diminution des émissions de 37,5 % sous le niveau de 1990, et de 80 % à 95 % pour 2050.Le plan directeur 2018-2023 de Transition énergétique Québec (TEQ) \u2014 le nouvel organisme chargé de favoriser et de promouvoir la transition, l\u2019innovation et l\u2019efficacité énergétique \u2014 se distinguait pourtant récemment par une absence totale de cibles de réduction des émissions de GES.Une omission en droite ligne avec la politique énergétique adoptée en 2016, laquelle n\u2019en contenait pas non plus.Elle présentait plutôt des objectifs de diminution de l\u2019usage de produits pétroliers, l\u2019élimination du charbon et des augmentations respectives de 25 % et 50 % de la production totale d\u2019énergies renouvelables et de bioénergies.Quoi qu\u2019il en soit, la course à la dé- carbonisation aura nécessairement un impact sur les entreprises et les travailleurs.En 2015, au Québec, le secteur industriel pointait en deuxième place des émetteurs de GES avec 30 % du total, devancé seulement par le transport, qui en générait 41,7 %.« Pour atteindre l\u2019objectif d\u2019environ 90 % de réduction des émissions en 2050, il y aura forcément des bouleversements importants dans le secteur industriel et il ne faut pas que les travailleurs en fassent les frais », prévient Serge Cadieux.Ce dernier réclame donc une réelle gouvernance de la transition énergétique, à laquelle la société civile et les syndicats pourront contribuer.Cette gouvernance devra répondre à des questions cruciales, telles la réorientation et la requalifi- cation des travailleurs qui pourraient perdre leur emploi à la suite de la disparition de leur entreprise, voire de leur industrie, par exemple dans le cas des raffineries de pétrole.Il est aussi important de trouver des moyens d\u2019aider les entreprises à améliorer leur bilan carbone.Déjà, la FTQ fait des efforts en ce sens.Elle participe entre autres à un projet pilote avec l\u2019entreprise Lafarge pour faire évoluer les moyens de production, par exemple en produisant un béton moins polluant avec du verre recyclé.En mai 2018, la FTQ a organisé le Sommet sur la transition énergétique à Montréal, lequel réunissait des employeurs, des investisseurs et des représentants d\u2019organismes sociaux et environnementaux, ainsi que des Premières Nations.Ils ont lancé un appel à une transition énergétique équitable, démontrant un certain consensus au sein de la société civile.« Mais il faut que le gouvernement joue son rôle », martèle Serge Cadieux.Il rappelle qu\u2019il n\u2019est pas suffisant de fixer des cibles.Il faut aussi déterminer comment elles seront atteintes et en gérer les impacts.« Il faut repenser notre politique industrielle en fonction d\u2019une économie plus verte, et nous avons des atouts pour y arriver, comme une hydroé- lectricité abondante et les ressources de la forêt boréale », ajoute le secrétaire général.Chose certaine, la FTQ, elle, s\u2019est mise en marche depuis plusieurs années.Elle a effectué une première tournée du Québec en 2016 pour discuter des défis particuliers que la transition énergétique pourrait amener aux diverses régions de la province.Elle a par la suite adopté une déclaration de politique sur l\u2019énergie, appelant à un vrai débat sur les changements climatiques et l\u2019exploitation des hydrocarbures.Voilà que la FTQ a depuis repris la route avec une nouvelle tournée du Québec, accompagnée cette fois du Fonds de solidarité de la FTQ et de l\u2019Institut de recherche en économie contemporaine (IREC).Les rencontres permettent de dresser un portrait des impacts de la transition vers une économie plus verte propre aux différentes régions et de cerner les occasions favorables qui pourraient en découler pour les travailleurs et travailleuses.La FTQ recense par ailleurs les dix entreprises les plus polluantes de chaque région et réfléchit avec les travailleurs et d\u2019autres intervenants à des pistes de solution pour améliorer leur bilan.Le Fonds de solidarité de la FTQ a déjà annoncé qu\u2019il soutiendra, y compris financièrement, les entreprises qui investissent dans une transition énergétique juste.En septembre 2019, la tournée aura été réalisée et des chantiers seront en branle dans les différentes régions.Le Fonds de solidarité de la FTQ fait lui aussi sa petite révolution pour soutenir la transition énergétique.En septembre dernier, il s\u2019est engagé à réduire d\u2019au moins 25 % l\u2019empreinte carbone de ses investissements boursiers d\u2019ici 2025.Il diminuera aussi son empreinte carbone dans ses investissements privés.Il est ainsi devenu l\u2019un des rares fonds institutionnels, avec la Caisse de dépôt et placement du Québec, à adopter des cibles précises d\u2019investissements décarbonés.Le Fonds s\u2019est aussi engagé à exclure le secteur de l\u2019exploration et de l\u2019exploitation des hydrocarbures au Québec de son portefeuille, à créer un programme de compensation volontaire pour les entreprises québécoises par le biais de sa filiale forestière Solifor et à rendre ses activités directes carbo- neutres d\u2019ici mai 2019.La FTQ garde aussi un œil sur le gouvernement fédéral en vue des élections d\u2019octobre prochain.« Le gouvernement libéral a un examen de conscience à faire, car il est loin d\u2019avoir gouverné de manière aussi verte que ce qu\u2019il avait promis lors de la précédente campagne électorale », rappelle Serge Cadieux.Ce cahier a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.La rédaction du Devoir n\u2019a pas pris part à la production de ces contenus.Une voix forte en santé.La FIQ, forte de ses 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques, est reconnue comme une organisation syndicale efficace pour l\u2019amélioration des conditions de travail de ses membres et la défense des soins de santé accessibles et sécuritaires.fiqsante.qc.ca erafino Fabrizi, président du Syndicat de l\u2019enseignement de la Pointe-de-l\u2019Île, insiste : « À l\u2019heure actuelle, la commission scolaire utilise tous les moyens à sa disposition pour aller chercher de nouveaux enseignants et garder ceux qui sont déjà en poste, mais partout, c\u2019est la compétition ! » Depuis plusieurs années déjà, on entend parler de la pénurie d\u2019enseignants partout au Québec.Sur l\u2019île de Montréal, le problème est criant pour de multiples raisons, allant de la composition de la classe \u2014 que d \u2019 a u c u n s c o n s i d è r e n t c o m m e trop difficile \u2014 jusqu\u2019au trafic qui rend pénibles les déplacements en ville.Mais selon Serafino Fabrizi, depuis quelque temps, la tâche d\u2019un enseignant sur l\u2019île s\u2019est alourdie.Il n\u2019est pas rare aujourd\u2019hui de voir des professeurs ne travailler que quatre jours par semaine, soit 80 % d\u2019une tâche complète.« Ça amène un besoin de personnel supplémentaire, ajoute-t-il.Le manque de ressources professionnelles ne fait rien pour améliorer la situation.On intègre de plus en plus dans les classes et s\u2019il n\u2019y a pas ces professionnels pour accueillir les élèves en difficulté, c\u2019est très difficile pour l\u2019enseignant et la classe ordinaire le devient de moins en moins.» Autre défi à relever pour les commissions scolaires de l\u2019île de Montréal, c\u2019est le manque de locaux et malheureusement, agrandir les écoles ne se fait pas du jour au lendemain.Ce manque de locaux, dû en grande partie à une sous-estimation du nombre d\u2019élèves de la part du ministère, s\u2019accentue d\u2019année en année.« Il faut des investissements massifs », demande le syndicaliste.Le résultat de la surpopulation scolaire affecte principalement les classes d\u2019art et de musique dorénavant réquisitionnées pour de l\u2019enseignement général.« Les profs sont alors obligés de se déplacer et ils ne proposent plus d\u2019activités qui demandent beaucoup de matériel trop encombrant à déplacer.Les cours ne sont plus ce qu\u2019ils devraient être », précise-t-il.Pour pallier ce manque d\u2019espace, Serafino Fabrizi propose un partage des locaux entre écoles voisines, qu\u2019elles soient ou non de la même commission scolaire.Par exemple, on pourrait le faire avec les gymnases : il n\u2019est pas rare de voir plusieurs groupes d\u2019élèves assister au cours d\u2019éducation physique dans le même gymnase en même temps.« Le niveau sonore augmente et le niveau d\u2019exercice diminue ! » Et comme il est primordial que nos enfants « lâchent leur fou », on ne peut rogner sur le temps de récréation.Cependant, dans certaines écoles, les profs doivent, pour respecter les horaires, réduire le temps de récupération offert aux élèves afin que ces derniers puissent continuer à profiter de leur temps de récré : « C\u2019est complètement contradictoire avec le plan de réussite », déplore M.Fabrizi.La pénurie d\u2019enseignants, c\u2019est un peu la quadrature du cercle : les professeurs sont au bout du rouleau, il faut réduire leur tâche, mais il n\u2019y a pas suffisamment de relève pour reprendre le flambeau.Conscient que tout ne pourra pas se faire du jour au lendemain, Serafino Fabrizi se dit quand même confiant.Selon lui, il est possible d\u2019inverser la vapeur en rendant la tâche plus attrayante et on pourra ainsi, dans un premier temps du moins, retenir les enseignants.En attendant les négociations prévues pour l\u2019an prochain, des solutions pourraient déjà être mises en place : « On pourrait réaménager la tâche et permettre aux enseignants d\u2019effectuer du travail personnel à la maison.» Et, insiste-t-il, l\u2019éducation a besoin d\u2019un investissement massif et « il faut le faire maintenant, parce que plus personne n\u2019y arrive.Si on continue, ça va craquer de partout ».a valorisation de la profession d\u2019enseignant passe en grande partie par le salaire, soutient Alain Marois, vice-président à la vie politique de la FAE, qui compte neuf syndicats représentant plus de 43 000 enseignantes et enseignants dans sept régions du Québec.Or, actuellement, les enseignants du Québec sont les moins bien payés au Canada, comme le montre une récente étude de Statistique Canada.Un écart qui dépasse les 20 000 $ avec l\u2019Ontario, déplore-t-il.« Et c\u2019est aussi au Québec que les professeurs doivent attendre le plus longtemps pour atteindre le maximum de l\u2019échelle salariale, soit cinq ans de plus par rapport à n\u2019importe quelle autre province.» Une situation déficitaire qui ne date pas d\u2019hier.Le précédent Parti libéral avait en effet procédé à d\u2019importantes coupes dans le domaine de l\u2019éducation, si bien que la FAE évalue à 1,5 milliard de dollars le rattrapage à faire dans ce domaine.« Il faudra attendre jusqu\u2019en 2021 pour arriver à combler le retard, et on ne parle même pas encore de bonifications », souligne-t-il.Il ajoute que les enseignants sont aussi les seuls travailleurs du secteur public de l\u2019État québécois à ne pas avoir vu leur salaire rajusté à la suite de l\u2019exercice de la relativité salariale.« Quand ça a été leur tour, le gouvernement a dit qu\u2019il ne pouvait pas payer l\u2019entièreté de leurs compensations puisqu\u2019ils sont un groupe trop nombreux.» Un autre problème qui a contribué à creuser davantage le fossé en ce qui a trait à leur rémunération.Si, à une certaine époque, les enseignantes et les enseignants éprouvaient une forme de gêne à revendiquer leur juste part salariale en raison de tous les besoins non comblés des élèves, ils se décomplexent de plus en plus, observe André Marois.Il entend bien d\u2019ailleurs en faire un des éléments centraux de la prochaine négociation de la convention collective, qui prendra fin en 2020.Le dernier budget, présenté au printemps par le ministre québécois des Finances, Eric Girard, faisait de l\u2019éducation un des trois champs prioritaires du gouvernement, aux côtés de l\u2019économie et de la santé.Certes, il prévoit une augmentation des ressources en éducation et en enseignement supérieur de l\u2019ordre de 2,4 milliards de dollars supplémentaires d\u2019ici 2023-2024, dont 1 milliard de dollars en 2019-2020.Or, même s\u2019il est indiqué que ces montants serviront, entre autres, à soutenir les enseignants et à valoriser la profession, aucune mesure concrète n\u2019a été prise, soutient Alain Marois.« Surtout, ça ne permet même pas de rattraper le retard perdu », souligne-t-il.Si tes enfants te confondent avec la gardienne sesyndiquer.info 1 800 947-6177 Lemonde dutravail setransforme UNIQUE PAR SON APPROCHE UNIS POUR LES DROITS DES TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS Il donne comme exemple les mesures transitoires qui avaient été promises après la modification de la liste des écoles défavorisées qui entraînait la perte de financement pour certains établissements scolaires.« Les sommes finalement allouées sont nettement insuffisantes pour pallier les coupes.» En plus des services aux élèves qui ont diminué et dont les effets se font encore ressentir au quotidien, les tâches des enseignants ont été constamment gonflées dans les dernières années.« Éducation sexuelle, éducation financière, orientation scolaire, technique de réanimation\u2026 c\u2019est comme si l\u2019école devait suppléer à tous les manques de la société, explique Alain Marois, de la FAE.On ajoute des responsabilités alors qu\u2019on peine à atteindre les objectifs du programme de base, et sans bonification du salaire.» Tout cela a entraîné une pénurie en éducation : les enseignants quittent la profession à pleines portes par épuisement ou fatigue.« On voit de plus en plus de classes qui n\u2019ont pas de professeurs qualifiés, ou carrément aucun pour donner les cours : comme les infirmières qui sont obligées de faire des heures supplémentaires, les enseignants doivent maintenant faire du remplacement d\u2019urgence en plus de s\u2019occuper de leur propre classe.» vec l\u2019arrivée fracassante des cours en ligne, des webinaires, des MOOC (formations en ligne, ouvertes à tous) et la création prochaine du eCampus Québec, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ) a ressenti le besoin de faire le point sur la formation à distance.Caroline Ques- nel, sa présidente, présentera, les 1er, 2 et 3 mai prochains lors d\u2019un conseil fédéral réunissant les 101 syndicats de la FNEEQ, toute une série de propositions visant à encadrer cette nouvelle réalité qu\u2019est l\u2019enseignement à distance.« Notre position n\u2019est pas de nier la présence de la technologie, mais d\u2019encadrer et de baliser l\u2019enseignement à distance », explique la présidente.Bien sûr, parce que la croissance est extrêmement rapide et que les enjeux sont énormes.Aujourd\u2019hui, dans les universités et les cégeps, l\u2019offre est déjà importante, mais elle commence à apparaître aussi au primaire et au secondaire.Effectivement, dans certains collèges privés, on a évoqué récemment la possibilité d\u2019offrir des activités à distance lors des journées de tempête.Au secondaire, on étudie cette nouvelle forme d\u2019enseignement pour l\u2019offrir dans les concentrations sport-études ou encore à des élèves incapables de se déplacer pour une raison ou une autre.Arrivent aussi dans le dossier « des compagnies privées qui s\u2019improvisent en offrant des cours à distance.On a déjà des préparations aux examens d\u2019entrée qui existent sous cette forme », s\u2019inquiète Caroline Quesnel, dont la fédération représente tous les tuteurs de la TELUQ, la doyenne des télé-universités, qui a fait ses preuves en diplômant de nombreux étudiants depuis 1972.Les enseignants de Cégep à distance sont eux aussi syndiqués à la FNEEQ.Les réseaux collégial et universitaire présentent chacun des caractéristiques particulières et il semble important pour la FNEEQ de les aborder différemment.« Du côté des universités, on assiste à un développement inégal et incohérent », affirme Caroline Quesnel, qui considère que « le premier enjeu, c\u2019est la compétition entre établissements ».Pour la FNEEQ, cette compétition ne peut être que néfaste.C\u2019est la raison pour laquelle la Fédération suggère dans ses propositions de défendre l\u2019autonomie des universités dans leur offre de formation à distance tout en s\u2019opposant à toute forme d\u2019uniformisation ou de standardisation de cette offre.A contrario, en ce qui concerne les cégeps, la FNEEQ recommande le maintien d\u2019une diversité dans l\u2019offre de cours et de programmes, avec une préoccupation particulière pour les régions, « pour que leurs établissements ne deviennent pas des succursales des grands cégeps montréalais ».En effet, au niveau collégial, « il existe déjà une cohérence dans le réseau puisqu\u2019on y décerne un diplôme national avec une formation qui permet aux étudiants de passer d\u2019un établissement à un autre », explique Caroline Quesnel.La démarche de la FNEEQ a pour but de défendre la qualité des emplois et par conséquent la qualité de la formation des jeunes, affirme la présidente.Au gouvernement, on juge que le Québec prend du retard dans l\u2019offre de formation à distance.Toutefois, « personne n\u2019en souffre en ce moment », affirme-t-elle, ajoutant qu\u2019« on peut voir actuellement la formation à distance comme un complément à l\u2019enseignement présentiel, et il est important de respecter le choix des étudiants et des enseignants de s\u2019y soumettre ou pas ».Dans cet enjeu important qu\u2019est la formation à distance, la FNEEQ veut avoir son mot à dire, et en tant que fédération, elle « va prendre des positions pour défendre la qualité de la formation avec ouverture et transparence », conclut Mme.Quesnel.Les jeunes sont également moins nombreux à s\u2019inscrire en enseignement dans les universités ou partent peu de temps après avoir commencé à travailler.« Le gouvernement caquiste a promis durant les élections de réduire les échelons salariaux pour encourager les plus jeunes à entrer dans la profession, mais ces mesures ne sont pas suffisantes, déplore M.Marois.Il ne faut pas non plus oublier les professeurs d\u2019expérience qui sont rendus au bout de leur échelle salariale.» Selon la FAE, leur rétention et leur valorisation passeront, d\u2019une part, par l\u2019allégement de leurs tâches et l\u2019augmentation de leur salaire, et d\u2019autre part, par une plus grande autonomie en ce qui a trait aux décisions qui les concernent directement, comme l\u2019évaluation des élèves, dont les notes qu\u2019ils attribuent sont modifiées par la suite par l\u2019école sans leur accord. in mars, le dévoilement du premier budget de la CAQ a déçu la CSN.Bien que la centrale se dise satisfaite que le gouvernement réinvestisse en éducation et en santé, elle considère qu\u2019il n\u2019a pas choisi les bonnes cibles.« Nous aurions préféré que le gouvernement prévoie davantage d\u2019investissements dans les services directs aux élèves et dans l\u2019aide à la réussite scolaire plutôt que d\u2019investir un milliard de dollars sur quatre ans dans le développement des maternelles quatre ans », dit Jacques Létourneau, président de la CSN, un syndicat qui compte plus de 300 000 membres.M.Létourneau déplore aussi la nouvelle récente selon laquelle le gouvernement Legault encouragerait les commissions scolaires à recruter des enfants pour ces maternelles 4 ans dans les CPE.« On devrait consolider plutôt le réseau des CPE, » dit-il.Dans un communiqué datant du 26 mars, la CSN croit même que le gouvernement a abandonné ce réseau.Parmi les autres enjeux qui préoccupent la CSN, il y a le salaire minimum.« Alors que le premier ministre Legault souhaite créer davantage d\u2019emplois à haut salaire (25 à 30 $ l\u2019heure et plus), la CSN aimerait aussi qu\u2019il s\u2019intéresse au sort des 800 000 travailleurs québécois rémunérés au salaire minimum », dit M.Létourneau.À ce sujet, la CSN fait d\u2019ailleurs partie de la Coalition 5-10-15.Cette coalition, dont plusieurs autres syndicats font partie, revendique une amélioration des conditions de travail des bas salariés par trois moyens : connaître son horaire cinq jours à l\u2019avance, bénéficier de 10 jours de congé pour cause de maladie ou de responsabilités familiales et hausser le salaire minimum à 15 $ l\u2019heure.Le président de la CSN croit que ce rehaussement des conditions de travail faciliterait l\u2019embauche de personnel pour les employeurs en ces temps de pénurie de main-d\u2019œuvre.Une pénurie de main-d\u2019œuvre qui pourrait être en partie compensée par la venue d\u2019immigrants.Or, la CAQ a plutôt choisi d\u2019abaisser le seuil de 50 000 à 40 000, une décision que Jacques Létourneau ne comprend pas.« Pour aider à combler nos besoins en main-d\u2019œuvre, il ne faudrait pas baisser en deçà du seuil de 50 000 nouveaux arrivants, et nous comptons faire des pressions sur le gouvernement à ce sujet », dit M.Létourneau.Le gouvernement a d\u2019ailleurs mentionné récemment qu\u2019il rehausserait ce seuil en 2020.Cette pénurie de main-d\u2019œuvre préoccupe beaucoup la centrale.Et avec raison puisque, selon Emploi Québec, 1,3 million d\u2019emplois seront disponibles d\u2019ici trois ans (le vieillissement de la population et la croissance économique en seraient la cause).Pour discuter de ces enjeux, la CSN a organisé, en février dernier, un forum de réflexion à ce sujet au Palais des congrès.« Quelque 600 participants, provenant des syndicats, du patronat et du gouvernement, ont été invités à discuter de la question sous l\u2019angle de la concertation sociale », affirme M.Létourneau.En plus de l\u2019immigration, une partie de la solution à cette pénurie doit passer par la formation professionnelle.« Il y a un consensus entre syndicats et employeurs sur la nécessité d\u2019adapter les programmes de formation au milieu du travail », dit M.Létourneau.Plus largement, la formation aurait aussi l\u2019avantage de permettre aux travailleurs de secteurs en déclin de réorienter leur carrière vers d\u2019autres secteurs d\u2019emploi plus prometteurs.La transition énergétique à venir pourrait, en effet, entraîner un déclin de certains secteurs d\u2019emploi.Ce sujet préoccupe la centrale, qui souhaite que s\u2019effectue une transition juste.Le syndicat est aussi interpellé par la nécessité de réduire nos émissions de gaz à effet de serre.À ce chapitre, elle déplore le report par le gouvernement des cibles de réduction de ces gaz, malgré des investissements prévus dans le budget pour la lutte contre les changements climatiques.Elle invitait d\u2019ailleurs la population à manifester le 27 avril pour l\u2019avenir de la planète.BONNE FÊTE DES TRAVAILLEUSES ET DES TRAVAILLEURS La surcharge de travail n\u2019est pas dans ta tête.Le problème, c\u2019est l\u2019organisation du travail et ça peut te rendre malade.Ensemble, nous avons le pouvoir d\u2019agir.lacsq.org/sst roducteur de fruits, de légumes et de céréales à L\u2019Isle-aux- Allumettes dans la MRC de Pontiac en Outaouais, David Gillespie a vu la valeur totale de sa terre agricole exploser de 99 % entre 2018 et 2019.Cette nouvelle évaluation foncière fera bondir ses taxes de 71 % alors que celles résidentielles n\u2019augmenteront que de 3 % dans la municipalité.La hausse brutale de l\u2019impôt foncier est de loin l\u2019enjeu prioritaire de l\u2019Union des producteurs agricole du Québec (UPA).« Le secteur agricole est une exception », laisse tomber le président de l\u2019UPA, Marcel Groleau.D\u2019abord, parce que l\u2019agriculture ne répond pas aux mêmes prescriptions économiques : les produits sont périssables et les récoltes ne peuvent être retardées ou devancées.Puis, parce que les rapports de force ont considérablement été réduits dans la foulée de la globalisation des marchés.Ils sont maintenant des millions de producteurs devant une poignée d\u2019acheteurs.Finalement, le besoin de se nourrir n\u2019est que très peu influencé par la variation des prix.La demande est inélastique, donc.« L\u2019UPA a vu le jour pour répondre à ces imperfections du marché.Les producteurs agricoles sont très vulnérables », ajoute Marcel Groleau.De l\u2019Union catholique des cultivateurs en 1924 à l\u2019Union des producteurs agricoles au sortir de la Révolution tranquille en 1972, l\u2019UPA défend aujourd\u2019hui les quelque 42 000 producteurs et productrices agricoles et forestiers de la province : 90 syndicats locaux, 12 fédérations régionales, 130 syndicats et 26 groupes spécialisés.L\u2019Union suit une double structure.Selon le territoire géographique auquel les agriculteurs appartiennent, soit le « secteur général », puis, selon le type de production agricole qu\u2019ils exercent, soit le « secteur spécialisé ».Si le nerf de la guerre a longtemps été la mise en marché des produits agricoles, c\u2019est aujourd\u2019hui la croissance fulgurante des rôles d\u2019évaluation qui menace les entreprises.La valeur moyenne des terres en culture a plus que triplé ces dix dernières années.Et dans certaines municipalités comme à Massueville en Mon- térégie, le taux de croissance des rô- les des immeubles agricoles a bondi de 243 % entre 2016 et 2019.La férocité de cette hausse s\u2019explique principalement par la spéculation due à l\u2019étalement urbain.« Des promoteurs ou des fonds d\u2019investissement acquièrent des terres cultivables pour les utiliser à d\u2019autres fins que l\u2019agriculture, dénonce le président de l\u2019UPA.Dans la région de Laval par exemple, il n\u2019y a plus un producteur qui peut se payer une terre agricole.» Le budget alloué au Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA) du gouvernement provincial visant à réduire les versements aux municipalités, lui, a plafonné à 5 % des dépenses de l\u2019année précédente.Pour y avoir droit, toutefois, les producteurs et productrices agricoles doivent générer un revenu brut annuel « d\u2019au moins 5 $ par 100 $ de valeur foncière ».C\u2019est donc dire que la valeur des terres et leur taxation augmentent beaucoup plus rapidement que le budget du programme.L\u2019impôt foncier représente le tiers des revenus bruts de David Gillespie : 7 000 $, incluant les taxes scolaires et résidentielles.Il s\u2019agit de la principale dépense de l\u2019agriculteur.« Pour un producteur qui vit de sa terre agricole, le coût des taxes devient insoutenable », fait valoir Marcel Groleau.« Les producteurs paient des impôts fonciers au même titre que les propriétaires, mais les deux secteurs sont très différents, précise le président de l\u2019UPA.Lorsqu\u2019il manque de résidences, on en construit.Alors que les terres agricoles sont limitées dans leur développement.» Trop de villes transfèrent le fardeau fiscal du résidentiel vers le secteur agricole, croit- il.« Les municipalités sont en mesure de diminuer les taxes résidentielles parce qu\u2019elles vont puiser leurs revenus dans l\u2019augmentation du rôle d\u2019évaluation des taxes foncières.» Et comment le gouvernement ré- agit-il dans ce dossier ?En dépit de l\u2019aide de 44,7 millions annoncée pour 2017 à 2020 inclusivement, l\u2019UPA prévoit qu\u2019elle devra augmenter les pressions.« Le gouvernement hérite d\u2019une situation qu\u2019il n\u2019a pas provoquée.Ce n\u2019est pas la CAQ qui a laissé l\u2019affaire se détériorer.Mais ça prendra un certain courage politique pour imposer des règles aux municipalités », reconnaît Marcel Groleau.Dans l\u2019attente d\u2019une solution durable, donc, l\u2019UPA demande un gel immédiat des taxes foncières agricoles sur tout le territoire.Elle propose entre autres l\u2019imposition sur la valeur agronomique \u2014 ce qui est produit sur la terre \u2014 plutôt que la valeur spéculative, et le plafonnement de la valeur imposable des terres.L\u2019organisation entend également contraindre les promoteurs à payer rétroactivement les taxes qu\u2019ils ont épargnées pendant la période où elles étaient en production agricole.Parmi les autres enjeux défendus par l\u2019UPA : l\u2019utilisation des pesticides.Avec Équiterre et la Fondation David Suzuki, l\u2019organisation a demandé la tenue d\u2019une commission parlementaire sur les risques associés à leur utilisation.« Plusieurs se sont surpris que l\u2019Union s\u2019implique dans le dossier, signale Marcel Gro- leau.Mais on veut de la transparence.Notre rôle est aussi de rassurer les citoyens.» Présidée par le député caquiste Mathieu Lemay, la Commission est composée de sept élus caquistes, quatre libéraux, d\u2019un péquiste et d\u2019une élue de Québec solidaire.Elle se penchera notamment sur le rôle des agronomes, qui, selon un reportage de Radio-Canada publié le 28 mars dernier, seraient illégalement rémunérés avec « des primes, bonis ou commissions en plus de leur salaire » par 80 % des entreprises fournisseurs de pesticides.Mais tout n\u2019est pas sombre au Québec, prévient Marcel Groleau.« Nous sommes la seule province au pays à tenir un bilan des ventes de pesticides.» Les dernières statiques recueillies en 2017 témoignent qu\u2019elles ont légèrement baissé.Legs de l\u2019UPA, le Québec jouit d\u2019une influence au niveau national que les autres provinces n\u2019ont pas, selon Marcel Groleau.« Nos politiques agricoles sont enviées par les autres provinces, comme la Financière agricole du Québec, qui rassemble les services d\u2019assurance et de financement agricoles au sein d\u2019une même organisation.» Sans l\u2019UPA, croit le président, le marché ne serait peut-être pas si changé, mais ce que les producteurs en obtiendraient serait certainement différent.« On organise les producteurs ensemble.Ils comprennent l\u2019importance d\u2019un syndicat fort.» On porte le dossier de Louis Robert à l\u2019international et on a une adhésion automatique et enthousiaste », lance Richard Perron, président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), en entrevue téléphonique en direct de Washington, où étaient réunis les membres de l\u2019Internationale des services publics (ISP) les 17 et 18 avril derniers.En effet, lors de ce rassemblement, une résolution a été votée afin de réintégrer Louis Robert dans ses fonctions.Rappelons que cet agronome du ministère de l\u2019Agriculture a été limogé le 24 janvier dernier pour avoir dénoncé l\u2019ingérence de l\u2019industrie des pesticides dans la recherche.« Le processus suit son cours, les parties doivent échanger des informations pour préparer la séance d\u2019arbitrage », explique Richard Perron.Depuis le congédiement de Louis Robert, trois griefs ont été déposés : un premier pour contester son congédiement et pour demander sa réintégration et des dommages et intérêts, un second pour contester le fait que monsieur Robert a été suspendu pendant plus de 90 jours alors que la convention collective prévoit une période de suspension de 30 jours pour une enquête administrative, et un troisième grief pour diffamation de la part du ministre et du premier ministre, qui ont insinué qu\u2019il y avait d\u2019autres raisons pour la suspension que celles inscrites dans la lettre de congédiement, « ce qui est formellement interdit parce que la procédure prévoit qu\u2019on ne peut invoquer devant l\u2019arbitre que ce qui est indiqué dans la lettre », précise le président.Le SPGQ souhaite la réintégration de Louis Robert.Toutefois, selon les informations de Richard Perron, le Aujourd\u2019hui, de nombreuses instances tentent de protéger les lanceurs d\u2019alerte.Dernière en date, le Parlement européen qui, le 16 avril dernier, a adopté une directive en faveur de leurs droits et de leur protection.De son côté, l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) demande à renforcer leur protection, tandis que l\u2019Organisation internationale du travail (OIT) va produire un rapport d\u2019experts tripartite (syndicats, employeurs et gouvernements) qui propose une convention internationale en leur faveur.« C\u2019est une évolution très positive et on a notre rôle à jouer même au niveau international, où on est pris comme un modèle », affirme Richard Perron.Parce que « les lanceurs d\u2019alerte sont essentiels pour mettre en garde la population sur ce qui doit être corrigé, non seulement en ce qui concerne la bonne gestion des fonds publics, mais également la santé publique », le SPGQ travaille en amont depuis 2014.La première fois où Richard Perron a participé à une rencontre de l\u2019ISP à Genève, il plaidait d é j à e n f a v e u r d e s l a n c e u r s d\u2019alerte en évoquant la commission Charbonneau et le cas de Karen Du- hamel, ex-ingénieure chez Génivar.« Je plaidais pour qu\u2019il y ait une convention internationale », rappelle le président du SPGQ, qui précise que « si une telle convention est adoptée, elle lierait le Québec et les autres provinces ainsi que le Canada, ce qui obligerait les gouvernements à se plier aux règles définies dans cette convention ».Dans les semaines à venir, le SPGQ continuera à accompagner Louis Robert dans ses démarches judiciaires pendant que ce dernier s\u2019active à se faire élire à la tête de l\u2019Ordre des agronomes du Québec.n mars 2020, la convention collective des 40 000 membres du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) viendra à échéance.Afin d\u2019obtenir plus que lors des dernières négociations de 2015, l\u2019organisation se prépare déjà et se retrousse les manches.« Le contexte politique a beaucoup changé depuis le 1er octobre dernier.Après presque 20 ans à surfer sur la vague néolibérale, on se retrouve au- jourd\u2019hui avec un gouvernement qui a souvent répété durant la campagne qu\u2019il fallait créer des emplois de qualité », affirme Jean-François Sylvestre, porte-parole du Syndicat pour les régions de Montréal, de Laval et de la Montérégie.Le discours a aussi changé par rapport aux finances publiques puisque, comme le titrait Le Devoir du 15 janvier dernier, le surplus budgétaire atteindra 3,5 milliards pour les sept premiers mois de 2018-2019.C\u2019est plus que celui de 2,5 milliards observé sur la même période en 2017-2018.« Disons que le contexte des prochaines négociations sera dif- férent de tout ce qu\u2019on a connu depuis 20 ans », se réjouit Jean- François Sylvestre.Toutefois, après les six premiers mois du gouvernement de François Legault, les illusions retombent : « On a rencontré 34 députés de la région et on constate qu\u2019à la CAQ, on ne connaît pas vraiment l\u2019appareil public.Les gens arrivent avec la mentalité du secteur privé », commente le porte-parole.On se rappellera que le premier ministre a déjà évoqué la possibilité d\u2019abolir 5000 postes dans la fonction publique.Pourtant, à mesure que les députés se familiarisent avec la machine gouvernementale, ils se rendent compte qu\u2019ils ont besoin des employés de l\u2019État.« Surtout qu\u2019actuellement, les citoyens inondent d\u2019appels les bureaux de circonscription pour obtenir des services qu\u2019ils ne peuvent plus recevoir des fonctionnaires », souligne Jean- François Sylvestre, qui ajoute avoir « rencontré Simon Jolin-Barrette [ministre de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion] qui suggère de réinvestir dans l\u2019État et d\u2019embaucher surtout au ministère de l\u2019Immigration.» On se souvient de l\u2019affaire des 18 000 demandes d\u2019immigration que le ministre Jolin-Barrette souhaitait éliminer.Depuis, la Cour supérieure a obligé Québec à les traiter, mais, selon Jean-François Sylvestre, « si on ne souhaitait pas traiter premier ministre semble attendre les conclusions du rapport de la protectrice du citoyen pour prendre une décision à ce sujet.« On espère que cette dernière ne se limitera pas au mandat qui avait été circonscrit par le ministre, qui lui demandait d\u2019intervenir pour se dédouaner en lui demandant de confirmer qu\u2019il n\u2019avait rien à faire dans le congédiement », explique le syndicaliste, qui ajoute que le ministre « ne voulait pas vraiment faire la lumière sur le fond des choses, mais souhaitait plutôt s\u2019en laver les mains ».Pour le SPGQ, réintégrer Louis Robert lancerait un message clair à tous ceux qui détiendraient des informations qui sont de nature à protéger la population et qui pourraient être tentés de ne pas les divulguer de peur d\u2019en subir les conséquences.« C\u2019est un cas d\u2019espèce qui va être déterminant pour la suite des choses et pour la capacité des membres du SPGQ à pouvoir alerter la population lorsque sa santé, sa sécurité ou son environnement sont en jeu », fait valoir M.Perron.POUR LES CONDITIONS DE TRAVAIL QU\u2019ON VEUT ; POUR LES CONDITIONS D\u2019ENSEIGNEMENT QU\u2019ON VEUT ! Les enseignantes et enseignants de Montréal à la marche du 1er mai Des resso urces hum aines en éducat ion et en s anté FÊTE INTERNATIONALE DES TRAVAILLEUSES ET DES TRAVAILLEURS Pour le Qu ébec qu\u2019on veut RASSEMBLEMENT ET MANIF 1er mai, 18 h, sous la bannière FAE métro Parc, coin avenue du Parc et rue Jean-Talon Tout cela n\u2019est pas dans ta tê- te », scande la campagne de sensibilisation de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) qui, depuis novembre dernier, dénonce les facteurs de risque psychosociaux du travail, bien tangibles, pouvant rendre malade.Un problème que seule l\u2019action collective pourra enrayer, selon la présidente de l\u2019organisation, Sonia Éthier.Depuis une trentaine d\u2019années, l\u2019administration du travail a subi une importante mutation.L\u2019État s\u2019est transformé au même rythme que ses pratiques de gestion, désormais calquées sur celles du privé.C\u2019est du moins ce que la CSQ indique.« Il faut faire plus avec moins, réduire les coûts, atteindre des cibles de performance, laisse tomber Sonia Éthier.Le secteur public est là pour offrir des services.On l\u2019a complètement dénaturé.» Le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, annonçait en octobre qu\u2019il avait de nouvelles ambitions pour les services qu\u2019offre l\u2019État à la population.Il misera sur l\u2019approche client.Pour Sonia Éthier, il semble incohérent de s\u2019acharner à vouloir gérer l\u2019État comme une entreprise privée.Il est primordial de placer l\u2019être humain bien au-devant des objectifs de rendement et de productivité, croit-elle.La CSQ regroupe quelque 200 000 membres, dont 125 000 dans le secteur public, provenant principalement des secteurs de l\u2019éducation, de la santé et des services sociaux, en plus des travailleuses et des travailleurs des communications, du communautaire, du loisir et du municipal.Tous ces créneaux sont majoritairement féminins.« 78 % des personnes œuvrant dans les réseaux publics sont des femmes », souligne Mme Éthier.Si la philosophie d\u2019austérité libérale des dernières années a puni l\u2019ensemble des travailleurs, selon la présidente, ce sont surtout les travailleuses qui ont payé la note.L\u2019Institut national de santé publique (INSPQ) retient sept agents pathogènes coupables des problèmes de santé physiques et psychologiques reliés à l\u2019emploi.La littérature scientifique est à peu près unanime sur ce qui peut constituer ces facteurs de risque : une charge de travail élevée et des contraintes de temps ; une faible reconnaissance des efforts et des résultats ; le manque d\u2019autonomie et d\u2019influence dans le travail ; l\u2019insécurité d\u2019emploi ; le faible soutien des collègues et des supérieurs ; la violence et le harcèlement psychologique ; le peu de justice organisationnelle.« On doit augmenter les notes de passage, le nombre d\u2019élèves en difficulté dans les classes ou encore les cibles budgétaires des hôpitaux, illustre Sonia Éthier.C\u2019est à ce moment que l\u2019on voit apparaître les facteurs de risque.» Irritabilité, épuisement, maladies cardio- vasculaires ou dépression : ce sont des symptômes bien réels que peut engendrer un environnement de travail malsain.Entre 25 % et 30 % des enseignantes et des enseignants abandonneront le métier après une première année en poste, d\u2019après une étude menée en 2014 par le ministère de l\u2019Éducation du Québec.Et non seulement les congés de maladie dans le milieu de l\u2019éducation sont plus nombreux \u2014 il y a eu 463 000 jours d\u2019absence en 2016, selon les dernières statistiques \u2014, ils sont aussi plus longs.La facture globale des commissions scolaires a explosé de 18 %.La banque de suppléance est épuisée.Et le portrait est encore moins reluisant dans le domaine de la santé, rappelle la présidente : « 480 millions de dollars par année sont imputés aux congés de maladie, ce qui équivaut à 10 000 emplois à temps plein.» « Les gens ne comprennent pas que c\u2019est l\u2019organisation du travail qui est malade, prévient-elle.Ils croient que ce sont eux, les responsables.» Pour pallier la surcharge de travail et la limite des actions légales, plusieurs recourent aux solutions individuelles.La réduction volontaire du temps de travail, la prise de congés sans traitement ou à traitement différé et les départs à la retraite prématurés témoignent de la langueur des travailleurs et constituent de flagrants indices que « le gouvernement devrait prendre en compte ».Plutôt que de se tourner vers ces solutions individuelles, donc, la CSQ estime que le salut des travailleuses et des travailleurs passera par l\u2019action collective.Des tournées dans les établissements publics permettent d\u2019outiller les délégués, en plus de déconstruire les pratiques de gestion qui en viennent à les faire douter de leurs compétences.Bien qu\u2019il soit trop tôt pour parler d\u2019amélioration, la campagne de sensibilisation ayant été lancée en novembre 2018 seulement, la présidente de la CSQ constate une première étape qui suscite beaucoup d\u2019intérêt de la part des syndiqués.Deux conseillers sont actuellement attitrés au dossier.« On ne peut changer les choses en quelques mois lorsque le terrain se mine depuis 30 ans.» Pour Sonia Éthier, la CSQ incarne toujours un rempart pour l\u2019accessibilité aux services, comme le démontre l\u2019histoire syndicale.« Si les organes syndicaux, tous confondus, n\u2019existaient pas, nous serions dans une logique de privatisation encore plus grande.Et si on ne dérangeait pas, on ne nous attaquerait pas autant.» pour une société plus juste, égalitaire et démocratique.AVEC LES AUTRES TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS, LES LUTTENT profs ces dossiers, c\u2019était par manque de main-d\u2019œuvre ».Et cette pénurie de main- d\u2019œuvre, elle se fait sentir un peu partout au gouvernement à cause d\u2019une règle qui date de 2003 édictée sous le règne de Jean Charest.« Cette règle stipule qu\u2019on ne remplace qu\u2019un départ à la retraite sur deux, déclare le syndicaliste.On a vu, dans un bureau de Revenu Québec, qu\u2019on faisait tirer les congés ! Tous ceux qui ont droit à un congé mettent leur nom dans un chapeau, on tire un nom, et c\u2019est le hasard qui décide qui prendra un congé, parce qu\u2019on est à court d\u2019employés.» Plus sérieusement, dans certaines circonstances, c\u2019est la santé de la population qui est mise à risque, surtout dans le domaine des inspections de salubrité.Aujourd\u2019hui, la plupart des inspections des résidences pour personnes âgées ou des garderies ne se font qu\u2019à la suite du dépôt d\u2019une plainte et, dans ces cas-là, « les inspecteurs appellent avant de passer, les responsables sont avertis », explique-t-il.Jean-François Sylvestre en est convaincu, on assiste actuellement à une démobilisation des travailleurs de l\u2019État.« Après les négos de 2015, les gens ont été désillusionnés parce que certains d\u2019entre eux y ont perdu des acquis.Ils sont méfiants envers l\u2019organisation syndicale autant qu\u2019envers le gouvernement.» Conscients qu\u2019il faut maintenant faire les choses autrement et après trois ans de cogitation, les dirigeants du SFPQ en sont venus à une conclusion : « On a beaucoup de leçons à tirer du passé.Ça fait 40 ans que le secteur public négocie de la même façon.Nos membres à la base nous disent que ce n\u2019est peut-être plus une bonne idée de continuer comme ça », lance le porte-parole.Si habituellement la mobilisation vient du haut, aujour- d\u2019hui les membres veulent qu\u2019on les écoute, ce qui, pensent-ils, n\u2019a pas été le cas en 2015.Finis, donc, les moyens de pression traditionnels, les membres souhaitent plutôt s\u2019afficher dans leur milieu de travail et entreprendre des moyens simples mais originaux avant d\u2019en arriver au débrayage ultime.« On veut envoyer le message au gouvernement qu\u2019on est prêts et qu\u2019on veut être entendus.» a réforme en santé libérale de 2014 à 2018 a été éprouvante pour les 55 000 membres de l\u2019APTS.Surcharge de travail, épuisement professionnel, détresse psychologique, manque d\u2019écoute des besoins du personnel ont été maintes fois déplorés par le syndicat.En vue des négociations à venir, la présidente du syndicat, Carolle Dubé, compte œuvrer sur plusieurs fronts pour améliorer les conditions de travail de ses membres.« Une de nos revendications les plus importantes sera de rendre les lieux de travail plus sains, dit Mme Dubé.La pénurie de main- d\u2019œuvre actuelle place nos membres dans une situation de surcharge de travail qui est devenue très difficile à vivre.Les conditions de pratique doivent être améliorées.» L\u2019APTS compte aussi demander de meilleurs salaires pour ses membres.Les demandes à ce chapitre devraient être connues à l\u2019automne prochain.Au chapitre des soins et services à domicile, le gouvernement a prévu plus d\u2019argent pour développer davantage ce secteur, ce que l\u2019APTS applaudit.« Cependant, il faudra aussi améliorer la façon dont les services sont dispensés.Sans quoi, il pourrait être difficile de trouver le personnel supplémentaire », affirme la présidente du syndicat.Certaines revendications ne peuvent toutefois attendre le renouvellement de la convention.C\u2019est le cas de la violence vécue au quotidien par les travailleuses dans les centres de réadaptation en déficience intellectuelle et trouble du spectre de l\u2019autisme (CRDITSA).C\u2019est qu\u2019environ 10 % des personnes atteintes du trouble de spectre de l\u2019autisme (TSA) peuvent avoir des comportements violents.Et les 6000 éducatrices, psychoéduca- trices, ergothérapeutes, travailleuses sociales et orthophonistes qui travaillent dans les CRDITSA peuvent en être victimes.La situation est si grave que les congés de maladie ont bondi de 49 % de 2006 à 2016 dans les résidences à assistance continue (RAC), où résident les cas lourds de TSA et de déficience intellectuelle.Un reportage de Radio-Canada du 19 septembre 2018 en faisait état.Pour dénoncer cet état de fait, l\u2019APTS lançait donc l\u2019automne dernier la campagne Cessons de banaliser la violence envers le personnel.« Il faut plus de sécurité dans ces milieux de travail, affirme Mme Du- bé.Nous avons aussi de plus en plus de jeunes atteints de troubles de comportement dans les centres jeunesse.Là aussi, les conditions de pratique deviennent plus difficiles.Avec le ministère de la Santé, nous sommes présentement à la recherche de solutions.» Du côté des laboratoires médicaux, où travaillent 6200 technologistes médicales membres de l\u2019APTS, la situation n\u2019est pas rose non plus.L\u2019allongement des heures de travail de 9 à 12 heures, causé par la pénurie de personnel, a entraîné stress, épuisement et départs anticipés à la retraite, notamment.L\u2019APTS a donc profité de la Semaine nationale du laboratoire médical (en cours du 22 au 28 avril) pour lancer la campagne « J\u2019en peux pu ! ».« Des employés sont forcés de faire des heures supplémentaires », dit Carolle Dubé.Une situation qui est donc similaire à celle vécue par le personnel infirmier.La ministre de la Santé Danielle McCann a annoncé récemment une réforme du projet OPTILAB comportant une réduction du nombre d\u2019analyses, mais cela a laissé l\u2019APTS sur sa faim, car cette réorientation ne mentionne aucun ordre de grandeur, aucun chiffre.Rappelons que François Legault s\u2019était prononcé contre le projet OP- TILAB en campagne électorale.Le problème avec le projet OPTILAB remonte cependant à 2015, lorsque le ministre de la Santé Gaétan Barrette a annoncé que les examens en laboratoire allaient dorénavant être centralisés dans certains lieux.Cela supposait le transport de prélèvements à des endroits éloignés où ceux-ci ont été effectués et comportait le risque que des spécimens soient périmés, dénonçait alors l\u2019APTS.Malgré l\u2019annonce d\u2019une réforme par la ministre McCann, le projet OPTILAB semble toutefois suivre son cours avec l\u2019annonce, en mars dernier, de la construction de deux nouveaux laboratoires, sur le modèle OPTILAB, à Boisbriand et à Brossard."]
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