Le devoir, 27 avril 2019, Cahier B
[" PERSPECTIVES LEDEVOIR // LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2019 L\u2019homme aux mille savoirs Plus qu\u2019un peintre magistral, Léonard de Vinci aura d\u2019abord été un curieux insatiable ISABELLE PARÉ LE DEVOIR ouvent campé en druide à la longue barbe blanche, Léonard de Vinci avait probablement peu de l\u2019image du docte sage qu\u2019on trace toujours de lui.Se cachaient aussi derrière ce personnage polymorphe un travailleur infatigable, mais aussi un marginal, distrait, homosexuel, dont le talent, la verve et la beauté lui ont valu toute sa vie les regards et l\u2019admiration des puissants.En fait, chaque époque a façonné l\u2019image de Vinci en fonction de l\u2019humeur du moment.Les historiens de l\u2019art ont applaudi l\u2019artiste, les humanistes, son savoir universel, les scientifiques, ses engins et croquis avant-gardistes.Sa Joconde énigmatique, son écriture en miroir, ses carnets recelant des ébauches savantes auront achevé d\u2019alimenter la machine à mythes et mystères que fut de Vinci.Plus que ses peintures, ce sont les 7200 pages de notes et croquis tirés de ses carnets qui révèlent le plus fidèle portrait d\u2019un artiste à l\u2019esprit follement libre, agnostique, piqué d\u2019une curiosité sans bornes.Un genre de « geek » hors norme, doublé d\u2019un sens des relations publiques, capable de briller sur toutes les scènes, estime Walter Isaacson, qui vient de publier sa biographie.Pour lui, le génie de Vinci aura été de gommer les frontières entre la peinture et la science, pour mettre l\u2019ensemble de ses recherches et connaissances au seul service de son art.«Être un polymathe en a fait un être fascinant.Il voulait savoir tout ce qui peut être connu et sur tous les sujets, sans qu\u2019il y ait de frontières entre l\u2019art et science.C\u2019était sa façon d\u2019explorer la beauté du monde.» Ce directeur de la rédaction et chroniqueur du Time Magazine le décrit « comme d\u2019autres grands personnages historiques, notamment Benjamin Franklin, qui était à la fois inventeur, politicien et musicien.Ou même Steve Jobs, informaticien, lui aussi un grand créatif, curieux de tout ».En excellant dans diverses disciplines, ces personnages se sont distingués par leur créativité.« Leur polyvalence leur a permis de voir le monde autrement », explique celui qui a aussi signé la biographie du père d\u2019Apple, de Benjamin Franklin et d\u2019Albert Einstein.Drôle d\u2019oiseau D\u2019emblée, Vinci se révèle un oiseau rare pour son époque, ajoute Isaacson.Drapé d\u2019une cape rose, quasi autodidacte, gai, gaucher et végétarien, il détonne dans un siècle encore dominé par l\u2019Église.Fils illégitime, il échappe à l\u2019ennuyeuse carrière de notaire de son père, pour son propre bonheur et celui de l\u2019humanité.Son talent en dessin le propulse, à 14 ans, dans l\u2019atelier d\u2019Andrea Verrochio, artiste en vue à Florence.La ville est alors le vivier culturel de la Renaissance.Avec son talent, sa carrure, son port altier, sa crinière bouclée et sa- compagnie agréable, il s\u2019attire rapidement les largesses de la cour et de riches mécènes.L\u2019histoire a nimbé sa vie et ses œuvres de mystères et d\u2019énigmes.Le Florentin était d\u2019abord un assoiffé de savoirs, un émule de l\u2019empirisme avant l\u2019heure, un œil qui voyait plus grand que nature.« REGARD VARIABLE » « LE CODE CULTUREL DA VINCI » PAGES B 2 ET B 3 VOIR PAGE B 2 : PORTRAIT Chaque époque a façonné l\u2019image de Vinci en fonction de l\u2019humeur du moment.Les historiens de l\u2019art ont applaudi l\u2019artiste, les humanistes, son savoir universel, les scientifiques, ses engins et croquis avant- gardistes.LACAVA DESIGN LEDEVOIR // LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2019 PERSPECTIVES DOSSIER VINCI B 2 Curiosité et imagination exponentielles PORTRAIT SUITE DE LA PAGE B 1 Chez Verrochio, le surdoué dépasse rapidement le maître.Mais l\u2019autodidacte se sent « illettré » et dévore les traités traduits en florentin, s\u2019instruit sur tout, rencontre mathématiciens et experts pour peaufiner ses savoirs.Pour faire jaillir la lumière de ses tableaux, il déchiffre les lois de l\u2019optique.Pour peindre plus « vrai », il devient un technicien implacable.Pour mieux rendre le mouvement des fluides et de l\u2019air, il étudie les courants, au point de devenir un expert en hydrodynamique et de comprendre, deux siècles avant Newton, le rôle de la pression de l\u2019air sur le vol des oiseaux.« Détaché de l\u2019influence des théoriciens, il remettait en question des connaissances établies et des dogmes.L\u2019observation et l\u2019expérimentation étaient son mode d\u2019apprentissage, une approche exceptionnelle pour l\u2019époque », affirme Benjamin Deruelle, professeur en histoire de l\u2019art à l\u2019UQAM et spécialiste de la Renaissance.Il devient ainsi pionnier de l\u2019approche empirique, 100 ans avant Galilée, Bacon et Locke.Savoirs pratiques Pour accoucher du sourire énigmatique de La Joconde ou d\u2019une grimace, il remplit des carnets entiers de croquis sur l\u2019anatomie humaine, dissèque des cadavres, scie des crânes, histoire d\u2019en explorer les moindres interstices.Aussi habile au pinceau qu\u2019au scalpel, il moule à la cire des cerveaux pour en dévoiler les cavités intérieures.Il veut savoir quels nerfs activent le bâillement, l\u2019éternuement, le rire, l\u2019étonnement du sourcil.Ses croquis encyclopédiques sur l\u2019humain et la nature traduisent sa quête incessante pour saisir les lois universelles qui régissent l\u2019homme et l\u2019univers.« Ses planches anatomiques sont si précises que, si elles avaient été publiées, les connaissances sur le corps humain auraient été devancées d\u2019un siècle », affirme Isaacson.En moulant un cœur en verre, Vinci déchiffre le rôle des valves cardiaques et le mouvement des flux sanguins.Il relie l\u2019arté- JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR Quel est son secret ?Après tout, il paraît impossible de parler de lui comme s\u2019il pouvait être autre chose que l\u2019incarnation du génie absolu.Tant et si bien que le mot génie semble presque avoir été inventé pour Léonard de Vinci.En tout cas, au 500eanniversaire de sa mort, les hyperboles à son sujet s\u2019additionnent.Au point où on oublie que la postérité d\u2019un homme se construit beaucoup sur sa tombe.L\u2019idée qu\u2019on se fait de Léonard de Vinci s\u2019est en partie construite par une épaisseur historique qu\u2019on lui a ajoutée au fil des époques.Dès le XVIe siècle, Giorgio Vasari, son premier biographe, présente Vinci comme un «divin artiste».Mais de là à l\u2019imaginer taillé comme un roc de la pensée et de la science, comme on le fait volontiers aujourd\u2019hui, il y a une marge.Cette image se construit surtout au XIXe siècle, à l\u2019heure où on redécouvre et publie ses croquis, égarés, éparpillés aux quatre coins de l\u2019Europe.Le très grand génie, visionnaire, le plus grand artiste de tous les temps, le modèle absolu du penseur universel, embrassant à la fois les arts, les sciences, les lettres, est né en bonne partie de ce temps-là.« Dans la célébration de cette figure qu\u2019est de Vinci, il y a forcément toujours des préoccupations de notre époque qui s\u2019imposent», explique Benjamin De- ruelle, professeur d\u2019histoire à l\u2019UQAM.« À la fin du XVIIIe siècle, ses carnets, pris en Italie par les armées de la Révolution, commencent à être réunis pour être diffusés.» Il y a quelque chose de rassurant à considérer qu\u2019un seul être peut être à l\u2019origine de tant de savoirs, incarnant une sorte de dieu de la pensée.La bicyclette, le char d\u2019assaut, le sous-marin, l\u2019hélicoptère, le téléphone, l\u2019anatomie, des machines en tout genre \u2014 à forer, à percer, à filer \u2014 et bien d\u2019autres choses encore, confèrent à Léonard une aura qui n\u2019a cessé de croître.L\u2019homme du progrès « Au XIXe siècle, Léonard de Vinci suscite une nouvelle fascination.L\u2019ingénierie se développe.On construit avec le métal.Les mathématiques sont à l\u2019honneur.Le Léonard du savoir hydraulique intéresse parce qu\u2019on compte sur des machines à vapeur.L\u2019engouement pour la technique est à son sommet.Voilà un terreau fertile pour sa redécouverte, ajoute Deruelle.Et cela continue de nous fasciner.» Son nom n\u2019échappe pas au passionné de la promotion de la science qu\u2019est Jules Verne, lequel fait de Léonard de Vinci l\u2019objet d\u2019une comédie.En ce début du XXIe siècle, alors que les entreprises imposent une vision du monde postnationale, Vinci trouve encore à séduire, cette fois sous les traits d\u2019un homme universel.« Au XXIe siècle, on valorise plutôt le Léonard d\u2019un savoir universel, parce qu\u2019on a des entreprises de pointe qui se veulent transnationales », relance Benjamin Deruelle.« Son célèbre Homme de Vitruve, reproduit sous forme de publicité, sert à faire la promotion, en Europe, d\u2019une grande entreprise de placement de main-d\u2019œuvre : ce n\u2019est pas anodin », indique l\u2019historien.Vinci se décline de longue date au sein de l\u2019univers marchand.Son nom sert de marque à des produits pour cheveux aussi bien qu\u2019à des pizzas.Ses œuvres servent de ressort au commerce, de la barre de chocolat bon marché présentée comme un « mystère » jusqu\u2019au best-seller de Dan Brown, qui articule autour de sa figure du génie les ressorts de son Da Vinci Code.Même Hollywood promet une adaptation de la vie de Léonard, avec dans le rôle-titre Leonardo DiCaprio, dont on dit qu\u2019il doit son nom au maître de la Renaissance.Une série pour les enfants de 1978, Il était une fois\u2026 l\u2019Homme, sans cesse rediffusée, incarne Vinci dans la figure principale en sage omniscient à barbe blanche, capable de tout faire connaître des savoirs du monde.« C\u2019est cette vision de Léonard de Vinci qui incarne le savoir total, au nom de l\u2019humanisme, de la science » que nous lui prêtons désormais, explique l\u2019historien Benjamin Deruelle.Psychanalyse Vinci frappe si fort l\u2019imaginaire, à compter du XXe siècle, qu\u2019il devient objet de psychanalyse.Sa vie fascine Sigmund Freud.Dans un de ses livres, Un souvenir d\u2019enfance de Léonard de Vinci, le père de la psychanalyse s\u2019efforce d\u2019explorer l\u2019inconscient de Léonard.Il met en relation le côté pulsionnel et la créativité de l\u2019artiste, en même temps que les empêchements de l\u2019expression de celle-ci, tant du point de vue de l\u2019inachèvement de ses œuvres que de sa vie amoureuse.Il ne déplaît pas à Freud de se mesurer ainsi à un être reconnu universellement.Car pour plusieurs, Vinci devient un point de référence utile, pas tellement pour se comparer que pour conforter le sentiment d\u2019être sur la voie d\u2019un progrès dont il est devenu le symbole.Jean Cocteau mesure de la sorte Pablo Picasso à Vinci.Et la publicité, plus près de nous, n\u2019hésitera pas aussi à associer Steve Jobs, cofondateur d\u2019Apple, au créateur de La Joconde.L\u2019art de la guerre La guerre semble difficilement conciliable avec la bonté qu\u2019on prête à cette figure de l\u2019archétype du savoir universel.Pourtant, Vinci s\u2019est parfois présenté en grand homme de guerre, mais cette dimension du personnage a été presque totalement occultée pour laisser toute la place à la vision humaniste que nous en avons.« On a voilé cet aspect.Ce n\u2019est pas anodin », croit Deruelle.L\u2019historien Pascal Brioist a publié un livre consacré à Vinci en tant qu\u2019homme de guerre.Vers 1480, c\u2019est comme ingénieur militaire qu\u2019il cherche d\u2019abord à se faire engager par le duc de Milan.Il étudie les armes, leur usage, la stratégie.Cela est présent partout dans son œuvre.Un de ses dessins illustre une charge de cavalerie.C\u2019est une caracole menée à l\u2019arbalète, une charge de feu mobile qui, une fois qu\u2019elle a dépassé l\u2019ennemi, fait demi-tour et revient sur lui.À l\u2019époque, ce concept est tout à fait nouveau.« On a du mal aujourd\u2019hui à s\u2019imaginer qu\u2019une figure d\u2019humaniste telle qu\u2019on l\u2019a construite puisse être associée à la guerre : alors on n\u2019en parle pas », regrette Benjamin Deruelle.Un regard variable au fil des siècles Chaque époque a exacerbé une des multiples facettes de Léonard selon ses préoccupations 1452 Naissance à Vinci, en Toscane, de Léonard de Vinci 1453 Publication de la 1re bible par Gutenberg 1472 Prise de pouvoir des Médicis 1476 Première commande personnelle, La Madone à L\u2019oeillet 1476 À 24 ans, Léonard passe deux mois en prison, accusé de sodomie.1482 Départ pour Milan, Vinci entre au service du duc Ludovic Sforza.1490 Vinci dessine le célèbre Homme de Vitruve, à la recherche des mesures universelles de l\u2019être humain.1492 Premier voyage de Christophe Colomb en Amérique Il y a quelque chose de rassurant à considérer qu\u2019un seul être peut être à l\u2019origine de tant de savoirs, incarnant une sorte de dieu de la pensée LEDEVOIR // LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2019 PERSPECTIVES B 3 riosclérose au vieillissement et affirme que le fœtus est totalement dépendant de sa mère, et pas un « être à part entière » comme le prétend l\u2019Église.Inventeur avant l\u2019heure La gourmandise et la concurrence entre princes et ducs poussent alors les artistes italiens à se surpasser sans arrêt.C\u2019est ainsi que Léonard, à la demande de mécènes, invente mille et un engins scéniques, dont ses premières machines « volantes », d\u2019abord destinées aux prestations théâtrales.Il raffole de ces spectacles à la cour, où il se produit avec ses compagnons de vie, jouant d\u2019instruments qu\u2019il a lui-même conçus, comme l\u2019orgue-violon ou la lyre à tête de cheval.L\u2019imagination exponentielle de Vinci était toutefois inversement proportionnelle à sa capacité à concrétiser ses idées, comme artiste ou ingénieur.Constamment distrait par ses mille et une recherches, on estime qu\u2019il n\u2019a réalisé au cours de sa vie qu\u2019une vingtaine de peintures, la plupart jamais livrées, plusieurs inachevées.« Il était si perfectionniste qu\u2019il ne terminait pas ses commandes.Il aimait concevoir plus que réaliser », explique Isaacson.Jusqu\u2019à sa mort, il retouchera inlassablement La Joconde à la pointe du pinceau.Incapable de vivre de sa peinture, Vinci doit chercher constamment l\u2019appui de nouveaux mécènes.Le pouvoir bascule vite dans l\u2019Italie d\u2019alors et Vinci sait flairer le vent, devenant tour à tour le protégé des Médicis, des Sforza et de deux rois de France.C\u2019est ainsi qu\u2019il convainc le duc de Milan d\u2019en faire son ingénieur militaire, alors qu\u2019il n\u2019a jamais touché une arme.Puisant dans des traités de guerre, il re- dessine char d\u2019assaut, arbalète géante, ébauche de sous-marin.Mais hormis le dispositif du rouet qui servira à enflammer la poudre d\u2019une arme, tous ces engins resteront à l\u2019état de croquis.Des dizaines de carnets noircis par Vinci, aucun ne sera publié de son vivant.L\u2019étendue de ses travaux ne sera appréciée que lorsqu\u2019ils seront retracés, au fil des siècles.Après avoir franchi les Alpes à dos de mules, emportant sa Joconde et deux autres chefs-d\u2019œuvre, Léonard a fini ses jours à Am- boise, en France, à 64 ans, protégé du roi François 1er.« On n\u2019a retrouvé que le tiers de ce qu\u2019il a écrit », affirme Benjamin De- ruelle.« Je crois que ses héritiers ont protégé les plus belles planches, alors que François 1er a conservé ses rares peintures et quelques carnets », ajoute Isaacson.L\u2019historien Kenneth Clark décrit Léonard de Vinci comme l\u2019homme le plus « implacablement curieux de l\u2019histoire ».Sa capacité à s\u2019émerveiller de tout, à faire jaillir la beauté et le savoir de l\u2019essentiel comme de l\u2019inutile a participé à son unicité.Reste-t-il d\u2019autres œuvres du maître à découvrir ?Deux codex ont été retrouvés à Madrid en 1965 et, en 2005, la redécouverte du Salvator Mundi, un portrait du Christ acquis pour 450 millions de dollars par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, a médusé à nouveau le monde de l\u2019art.Le cheik arabe, qui avait promis d\u2019exposer l\u2019œuvre au Louvre d\u2019Abou Dabi, a depuis suspendu son projet.On ignore depuis où se trouve le Christ de Léonard de Vinci.Preuve que l\u2019héritage du maître, à l\u2019image du fameux sfumato de ses peintures, continue d\u2019être drapé de flous et de zones d\u2019ombre.STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR En googlant le nom « Mona Lisa », on arrive à 240 millions de résultats.Che figata ! comme on dit à Florence.Leonardo da Vinci donne à peine moins (228 millions), quatre fois plus que son rival Michelangelo.L\u2019oeuvre classique fait encore pop, plus de 500 ans après son apparition.La Joconde est la Lady Gaga (307 millions de hits) ou une Kardashian (296 millions) du Cinquecento.Elle appartient à une classe à part avec quelques autres merveilles, dont le David de Michel-Ange, La jeune fille à la perle de Vermeer, Les nymphéas de Monet ou La nuit étoilée de Van Gogh.Des variations de toutes sortes existent maintenant, dont l\u2019irrévérencieux L.H.O.O.Q de Marcel Duchamp, ready- made dadaïste iconoclaste, pied-de- nez aux legs artistiques.Fernando Bo- tero l\u2019a peinte gonflée comme une outre et Fernand Léger, avec des clés.Andy Warhol l\u2019a sérigraphiée et Salvador Dalí en a fait Autoportrait Mona Lisa.Leonardo l\u2019a lui-même dessiné nue (Mona Vanna).La mégavedette a été déclinée sous mille et une formes, des serviettes de table aux t-shirts.Des vedettes de la pop, comme Beyoncé et Jay Z, ont tenu à poser devant ce tableau.Et consacra- zione finale, une des quatre tortues Ninjas porte le prénom de son créateur.« Tout le monde a entendu le nom de Léonard, c\u2019est sûr», dit Eva Struhal, pro- fesseure d\u2019histoire de l\u2019art à l\u2019Université Laval.« Même les grandes figures de l\u2019art de la Renaissance comme Raphaël ne sont pas aussi connues.» Seulement, interroger la postérité et l\u2019influence de cet artiste et de son art fait-il sens dans ce sens ?De quoi Vinci est-il le nom ?D\u2019un artiste, d\u2019un théoricien de l\u2019art ou bien d\u2019un ingénieur, d\u2019un inventeur, d\u2019un penseur, ou de toutes ces pratiques sublimement maîtrisées?« On retient de lui les tableaux exposés au Louvre, mais [.] pour le comprendre, on a tendance à être fortement anachronique », commente Denis Ri- bouillault, professeur d\u2019histoire de l\u2019art à l\u2019Université de Montréal.« Il faut essayer de le replacer dans son contexte.Ses activités d\u2019artiste, d\u2019ingénieur, de scientifique ou d\u2019inventeur n\u2019étaient pas séparées.» Les deux historiens de l\u2019art ajoutent que Léonard s\u2019intéressait à la nature de manière générale, notamment par la peinture et le dessin, conçus comme des activités de connaissance du monde.«Il était à la recherche des causes de phénomènes observables, ajoute M.Ribouil- lault.[.] Cette curiosité s\u2019exprimait de plusieurs manières.Dans l\u2019art, le dessin lui servait à observer et à comprendre les phénomènes de la nature.» «Pour [lui], la peinture est une recréation du monde naturel, précise Mme Struhal.Cette proposition aura beaucoup d\u2019influence et marque la naissance du dieu peintre, de l\u2019artiste quasi divin.» De Vinci devient célèbre rapidement, de son vivant.« Son génie inventif a fasciné son époque, il s\u2019est fait apprécié des grands mécènes de son temps », explique M.Ribouillault.Il n\u2019existe qu\u2019une vingtaine de toiles authentifiées de Léonard, qui ne fonctionnait pas comme un artiste entrepreneur à la manière de certains de ses contemporains, dont Raphaël, qui déclinaient les copies d\u2019atelier.Comme les rares de Vinci sont répartis aux qua- Le code culturel da Vinci Du Louvre aux Tortues Ninja, l\u2019exceptionnelle postérité d\u2019un créateur d\u2019exception tre coins du monde, avant les moyens techniques de reproduction, il était compliqué de s\u2019y coller.Sa notoriété gonfle au fil du demi- millénaire suivant.Les vies de Giorgio Vasari, ouvrage fondateur de l\u2019histoire de l\u2019art, établit le génie de Léonard de Vinci en 1550.La publication à Paris en 1651 de son Traité sur la peinture, recueil de collages de ses manuscrits éparpillés, le hisse en théoricien de l\u2019art.« Le traité contribue à établir sa fortune au XVIIe siècle, dit la profes- seure Struhal.Léonard est essentiel pour l\u2019art et la science parce qu\u2019il revalorise l\u2019observation.Artistes et scientifiques vont comprendre l\u2019importance de regarder la nature plutôt que dans les livres pour comprendre le monde.» Une postérité À la longue, de Vinci devient un mythe, l\u2019incarnation de l\u2019humain complet, surdoué en art comme en sciences, capable des plus grandes prouesses techniques.« On ne peut plus imaginer un intellectuel de cette trempe dans notre situation de disciplines compartimentées », croit Mme Struhal.L\u2019essor des musées, du tourisme culturel et la reproduction de ses œuvres vont propulser sa notoriété universelle.Même 500 ans après sa mort, son legs recèle encore de mystères.Des centaines et des centaines d\u2019articles ont été écrits depuis le XIXe siècle sur son oeuvre de jeunesse Paysage de la vallée de l\u2019Arno, cite en exemple le professeur Ribouillault.«Et on ne sait pas tout encore.D\u2019où il l\u2019a réalisé, si c\u2019était en plein air, ou si son maître Verrochio l\u2019a retouché.» Le même mystère plane sur La Joconde, recréation ouverte du monde par excellence.« Sa notoriété s\u2019explique par son mystère, renchérit M.Ribouillault.Plus il y a des choses que l\u2019on ne comprend pas d\u2019une œuvre, plus elle peut être interrogée.» 1493 Premier essai de machine volante 1495 Réalisation de La Cène, commandé par Ludovic Sforza 1499 Ingénieur pour les Vénitiens, il crée un scaphandre à casque, qui ne sera jamais utilisé.1503 Commande de La Joconde, portrait de l\u2019épouse de Francisco Del Gionconde, fournisseur de soie des Médicis 1507 De Vinci est engagé comme peintre et ingénieur du roi de France, Louis XII.1513 Autoportrait de Turin, par Vinci 1516 Vinci part vivre au château du Clos Lucé à Amboise, sous la protection du roi François 1er.1519 Le 2 mai, mort de Léonard, inhumé dans la chapelle du château d\u2019Amboise Star de l\u2019art Mona Lisa, c\u2019est de Vinci, et vice versa.Léonard conserve farouchement à ses côtés le portrait de la jeune Lisa Del Giocondo, réalisé en quelques années, jusqu\u2019à sa mort, auprès de François 1er.Après quoi, l\u2019œuvre fera son entrée dans les collections royales.Louis XIV lui fait une place choyée et l\u2019œuvre devient l\u2019une des plus appréciées de Versailles.Transformé en musée après la Révolution, le Louvre accueille le chef-d\u2019œuvre.En 1800, il atterrit dans la chambre de Napoléon.En 1911, un ouvrier dérobe la Mona Lisa.Picasso sera soupçonné du vol, avant que la toile ne soit retrouvée deux ans plus tard.En 1963, le tableau promené à Washington et à New York, attire deux millions de curieux.Il ne bougera plus du Louvre, depuis protégé par un verre blindé.Mona Lisa draine encore 20 000 touristes par jour, plus encore depuis le succès planétaire du Da Vinci Code.C\u2019est l\u2019œuvre d\u2019art la plus visitée au monde.Très tôt une référence pour les artistes et les historiens de l\u2019art, elle est admirée pour son cadrage moderne, ses effets d\u2019optique, le sourire et le regard troublant de son sujet, mais aussi pour la technique du sfumato, qui crée une déclinaison doucereuse du paysage énigmatique en perspective.Elle est copiée du vivant du peintre et une une version antérieure (Mona Lisa d\u2019Isleworth) est parfois attribuée à de Vinci lui-même. LEDEVOIR // LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2019 PERSPECTIVES B 4 Sur l\u2019évaluation L e ministre de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur, M.Jean-François Roberge, a annoncé cette semaine qu\u2019aux examens ministériels on n\u2019arrondirait plus automatiquement à 60 % \u2014 ce qui est la note de passage \u2014 les notes de 58 % ou 59 %.La chose se faisait et, en 2017, 5312 élèves auraient bénéficié de cette pratique.Le précédent ministre, lui, la justifiait comme une acceptable correction statistique.Je pense que c\u2019est ce dernier qui a raison.Quoi qu\u2019il en soit, le terrain de l\u2019évaluation est particulièrement délicat en éducation.Évaluer est d\u2019abord, pour beaucoup d\u2019enseignants, une part lourde et fastidieuse de leur tâche ; pour l\u2019élève, l\u2019enjeu tend à devenir progressivement de plus en plus grand tout au long de son parcours ; enfin, pour la collectivité dans son ensemble, et en particulier pour le système scolaire lui- même, les résultats de l\u2019évaluation peuvent être hautement significatifs et ont de toute façon de nombreux et importants usages.Pour toutes sortes de raisons dans lesquelles je ne peux entrer ici, il s\u2019est de tout temps trouvé non seulement des critiques sévères de l\u2019évaluation telle qu\u2019elle est pratiquée, mais aussi des partisans de son abolition.De nombreux philosophes de l\u2019éducation ont tendu à être en profond désaccord avec cette dernière proposition.Leur argumentaire demande qu\u2019on se rappelle ce que signifie enseigner.Enseigner et évaluer Si vous enseignez quelque chose à quelqu\u2019un, alors, par définition, vous avez l\u2019intention de lui faire apprendre ce quelque chose ; vous aurez donc, pour cela, pris des moyens dont il vous a semblé raisonnable de penser qu\u2019ils permettront d\u2019atteindre ce but ; et vous l\u2019avez fait dans le respect des normes éthiques qui s\u2019appliquent à cette activité.(Des lecteurs auront reconnu ici les trois critères de la célèbre définition de l\u2019enseignement proposée par Israel Scheffler.) Admettant ce qui précède, on voit immédiatement le lien conceptuel qui relie enseigner et évaluer.Si vous êtes sérieux, vous voudrez en effet savoir si vous avez réussi à faire apprendre et si les moyens que vous avez pris étaient bons.Et vous prendrez les mesures qui s\u2019imposent si ce n\u2019est pas le cas.On le voit : l\u2019évaluation évalue non seulement ceux à qui l\u2019enseignement a été donné, mais aussi ceux qui l\u2019ont dispensé et les moyens qui ont été préconisés.Et on comprend dès lors pourquoi il pourrait se faire qu\u2019un système d\u2019éducation soit, par diverses formes de tripatouillage des notes, tenté de masquer une certaine inefficacité des moyens préconisés pour faire apprendre.Cela dit, de vastes et complexes ensembles de questions restent posées, dont traitent des spécialistes appelés doci- mologues.Il est crucial que la formation donnée aux enseignants leur fasse connaître et maîtriser tout ce qui se joue ici.Par exemple, sur quoi devrait porter l\u2019évaluation ; quels moyens permettent d\u2019évaluer correctement (la validité et la fidélité des instruments de mesure sont ici cruciales) ; et ainsi de suite.Vaste programme pour la formation des maîtres.Mais je voudrais rappeler ici un autre important sens du concept d\u2019évaluation et dire un mot des pratiques qu\u2019il commande.Évaluation et enseignement réactif On comprend en effet désormais mieux, notamment depuis les travaux de Dylan William et Paul Black, à quel point évaluer ne se limite pas à des tests ou à des examens que l\u2019on passe ou fait passer et pour lesquels on attribue des notes.C\u2019est aussi un processus plus vaste, qui est au cœur même de l\u2019activité d\u2019enseigner, qui lui est en fait consubstantiel.L\u2019enseignant, qui est en interaction avec ses élèves, cherche constamment par elle à distinguer ce qui va et ce qui ne va pas dans son enseignement, et cela lui permet de moduler, d\u2019ajuster celui-ci et de faire des rétroactions (des feed- backs), selon ce qui pose problème.Assigner une note est bien une forme de feedback, mais ce n\u2019est pas la seule.Cette évaluation consubstantielle à l\u2019enseignement est une manière, une occasion, pour l\u2019élève et aussi pour l\u2019enseignant, de s\u2019améliorer.On a joliment comparé l\u2019évaluation au sens usuel du terme (donner une note) et cette autre forme d\u2019évaluation à la différence entre une autopsie et un examen médical.William et Black avaient utilisé l\u2019expression « évaluation formative » pour désigner ce qu\u2019ils avaient en tête, mais le premier avouera que s\u2019il avait su le désolant usage qu\u2019il en serait souvent fait, il aurait plutôt nommé ce qu\u2019ils préconisaient de l\u2019enseignement réactif (responsive teaching).Par lui, on ne se contente pas de dire ce qui ne va pas dans tel ou tel travail, que de toute façon l\u2019élève ne pourra typiquement pas reprendre, mais on indique comment améliorer ce qui pose problème.C\u2019est tout un art.Il demande de décider quand et à quelle fréquence donner ces rétroactions et quelles formes elles doivent prendre, tout cela dans le but de donner aux élèves le goût et les moyens de s\u2019améliorer et la conviction qu\u2019ils peuvent y arriver.L\u2019enseignant est au cœur de ces évaluations.Mais leur mise en œuvre, cette fois encore, demande qu\u2019on l\u2019ait soigneusement préparé à les pratiquer et que l\u2019enseignement qu\u2019il dispense soit suffisamment structuré pour qu\u2019il ne s\u2019en remette pas exclusivement à ses intuitions pour faire ces évaluations et correctement donner ces feedbacks.Un autre vaste programme pour la formation des maîtres.GUILLAUME LEPAGE LE DEVOIR INONDATIONS Reconstruire ou relocaliser ?MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR La sortie du ministre Pierre Fitzgibbon mercredi a soulevé des questions sur la difficulté de faire le passage entre le monde des affaires et la politique.Faut- il assouplir le code d\u2019éthique des députés pour ne pas se priver des compétences que ces hommes et ces femmes peuvent apporter à l\u2019État ?Le premier ministre François Legault a évoqué la question la semaine dernière lorsqu\u2019il s\u2019est fait questionner par le libéral Sébastien Proulx sur l\u2019apparence de conflit d\u2019intérêts entourant la nomination de Guy LeBlanc, un ami personnel de M.Fitzgibbon, à la tête d\u2019Investissement Québec.Le ministre détenait jusqu\u2019à tout récemment des actions dans l\u2019entreprise MOVE Protéine, qui appartient au fils de M.LeBlanc.« Je pense que la commissaire à l\u2019ét - hique est d\u2019accord, il va falloir revoir la loi, parce que [\u2026] quand un ministre détient des participations dans une entreprise privée, qui n\u2019est pas cotée en Bourse, ce n\u2019est pas évident en quelques jours de trouver un acheteur, a répondu M.Legault.Souvent, la personne est obligée de faire de gros sacrifices sur le prix parce ce n\u2019est pas facile de trouver des acheteurs qui vont payer le prix du marché.» DÉONTOLOGIE Délicat, faire le saut en politique Le Code d\u2019éthique des députés doit-il être assoupli ?NORMAND BAILLARGEON près les importantes inondations printanières de 2017, le scénario se répète cette année dans plusieurs régions de la province, où des riverains se retrouvent les pieds dans l\u2019eau, avec une maison endommagée.Au lieu de reconstruire, pourquoi ne pas relocaliser ?suggère Québec.Une solution intéressante aux yeux des experts, mais qui s\u2019inscrit dans un éventail de solutions possibles.Explications.De passage à Pointe-Gatineau cette semaine pour constater l\u2019ampleur de la montée des eaux, le premier ministre François Legault a indiqué que son gouvernement pourrait offrir aux sinistrés jusqu\u2019à 200 000 $ pour les inciter à déménager et à démolir leur résidence.« On ne veut pas gaspiller l\u2019argent des contribuables et imposer aux gens de revivre ce genre de drame tous les deux ans », a-t-il déclaré lundi.Dans la foulée, il n\u2019a pas écarté l\u2019idée d\u2019une relocalisation complète de quartiers fréquemment affectés par des inondations.Une suggestion, a dit le premier ministre, pour éviter de défigurer des secteurs où bon nombre de riverains décideraient de lever les voiles une fois leur chèque en main.Nicolas Milot, conseiller en recherche pour la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), salue cette volonté affichée de M.Legault de ne pas répéter les erreurs du passé.Après les crues d\u2019il y a deux ans \u2014 qui ont inondé 5300 résidences dans 278 municipalités \u2014, « la décision de déménager ou de rester s\u2019est prise à l\u2019échelle de chaque propriétaire.Et des trous sont apparus dans des quartiers », résume-t-il.Pointe-Gati- neau en est un bon exemple, où quelque 200 maisons ont été rasées depuis les épisodes de 2017, selon le maire de la ville, Maxime Pedneaud-Jobin.« Il faut s\u2019organiser pour avoir un plan d\u2019ensemble », juge M.Milot.Le directeur recherche-formation- accompagnement pour l\u2019organisation Vivre en ville, David Paradis, voit lui aussi d\u2019un bon œil l\u2019idée de retirer des citoyens de zones inondables.«Je pense Il y a des questions qu\u2019on doit se poser avant de déraciner les gens MAXIME PEDNEAUD-JOBIN » A Pierre Fitzgibbon, en septembre 2018 VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR « Donc, il va falloir se pencher sur ces règles, a-t-il ajouté.Combien de temps on donne aux nouveaux députés ministres pour vendre des placements privés ?Ça ne peut pas se faire instantanément.Puis, je sais que le chef de l\u2019opposition officielle sait très bien de quoi je parle.» Il faisait ainsi allusion au libéral Pierre Arcand, qui avait dû vendre ses parts dans la firme de panneaux publicitaires Métromédia après sa nomination comme ministre des Relations internationales en 2008.Comme il avait dû procéder rapidement, M.Arcand avait ainsi perdu plusieurs centaines de milliers de dollars, selon son attachée de presse.D\u2019autres cas de députés libéraux avaient fait les manchettes durant l\u2019ère Charest, comme celui de David Whis- De nombreux philosophes de l\u2019éducation ont tendu à être en profond désaccord avec l\u2019abolition de l\u2019évaluation sell.Alors ministre du Travail, l\u2019élu avait fini par se retirer du Conseil des ministres en 2009 pour pouvoir conserver ses actifs dans ABC Rive-Nord, une entreprise familiale d\u2019asphaltage qui recevait des contrats du gouvernement.Un réflexe à adopter Le leader parlementaire du Parti québécois de 2008 à 2015, Stéphane Bé- dard, qui avait participé aux 60 heures d\u2019étude en commission parlementaire lors de l\u2019élaboration du code d\u2019éthique, se souvient de « l\u2019amendement Whis- sel », de « l\u2019amendement Couillard » sur le passage au privé des ministres et de « l\u2019amendement Hamad » sur les conflits d\u2019intérêts issus des actifs possédés par les conjoints des élus.« Chaque article a été modifié.On l\u2019a trituré, on en a questionné chacun des aspects, des mots, se rappelle-t-il.Est- ce qu\u2019il est parfait ?Sûrement pas, mais on avait tellement de cas de figure devant nous qu\u2019on était capables de prévoir beaucoup d\u2019éléments, puis de permettre au commissaire ou aux membres de l\u2019Assemblée de gérer les cas éthiques qui se présentaient.» Sauf peut-être un cas comme celui de M.Fitzgibbon, qui à son entrée en poste détenait des parts non pas dans une, mais dans treize sociétés privées.Il s\u2019est depuis départi de ses actifs dans deux de ces entreprises, soit XPND Capital (qui a investi dans Téo Taxi) et MOVE LEDEVOIR // LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2019 PERSPECTIVES B 5 L\u2019ami américain E n 1985, Robert Bourassa avait lancé à Washington son livre intitulé l\u2019Énergie du Nord (Power from the North).Pour lui donner un peu d\u2019écho chez nos voisins américains, il avait demandé à James Schlesinger, secrétaire à l\u2019Énergie dans le gouvernement de Jimmy Carter \u2014 et ancien directeur de la CIA \u2014 d\u2019en écrire la préface.Une fois redevenu premier ministre, M.Bourassa lui avait également confié la présidence d\u2019un comité composé de personnalités prestigieuses, dont la mission était de faire la promotion de l\u2019hydroélectricité québécoise chez nos voisins américains.Entre-temps, M.Schlesinger s\u2019était joint à la firme Lehman Brothers, de triste mémoire, à laquelle la vente des obligations du Québec et d\u2019Hydro-Québec assurait d\u2019intéressants profits.Si le premier ministre Legault décidait de publier un livre sur son propre projet de « Baie James du XXIe siècle », le maire de New York, Bill de Blasio, serait certainement un candidat de choix pour la préface.Le Green New Deal qu\u2019il a proposé cette semaine semble presque trop beau pour être vrai.Ce serait non seulement une excellente affaire pour Hydro-Québec, qui ne sait plus quoi faire de ses surplus d\u2019électricité, mais il apporte aussi une caution inespérée aux prétentions de M.Legault, qui entend faire du Québec « la batterie verte de l\u2019est de l\u2019Amérique du Nord ».Au départ, on s\u2019était moqué de ce qui ressemblait à un nouveau coup de marketing visant à faire parler de la CAQ, après le flop du projet Saint-Laurent.« C\u2019est grand, c\u2019est grand.Je veux que le Québec devienne le centre, l\u2019opérateur, le producteur d\u2019énergie le plus important dans le nord- est de l\u2019Amérique du Nord », avait déclaré M.Legault au congrès de la CAQ, en novembre 2016, promettant de faire « exploser » les exportations d\u2019électricité.Il ne lui suffisait pas d\u2019en vendre aux provinces voisines et aux États de la Nouvelle-Angleterre ; il voulait aussi former des partenariats financiers avec les acheteurs éventuels, qui pourraient être copropriétaires des futurs barrages.Il envisageait même une association avec Ottawa.Dire que sa proposition n\u2019a pas suscité un grand enthousiasme serait un euphémisme.Le premier ministre Couil- lard l\u2019a jugée passéiste.Selon lui, la grande époque de l\u2019hydraulique était révolue.L\u2019avenir appartenait au solaire et à l\u2019éolien.Le président d\u2019Hydro-Québec, Éric Martel, a également pris ses distances.Au lendemain de son élection, M.Legault a été poliment éconduit par son homologue ontarien, Doug Ford, comme il l\u2019avait été par sa prédecesseure, Kathleen Wynne, qui l\u2019avait même accusé d\u2019avoir déformé ses propos à sa convenance.Il a seulement réussi à provoquer la colère de Bernard « Rambo » Gauthier quand il a proposé de compenser la perte d\u2019emplois dans le secteur nucléaire en Ontario par l\u2019embauche de travailleurs ontariens sur les chantiers des futurs barrages.Après l\u2019entente avec le Massachusetts, le contrat que le maire de New York entend conclure d\u2019ici la fin de 2020 fait maintenant passer le premier ministre pour un visionnaire.Voilà qu\u2019il évoque à nouveau la construction d\u2019un barrage sur la rivière Petit-Mécatina, sur la Basse-Côte-Nord, de même qu\u2019un partenariat avec Terre-Neuve à Gull Island, au Labrador, où la construction interprovinciale d\u2019une centrale au fil de l\u2019eau d\u2019une puissance de 2000 mégawatts avait déjà été envisagée il y a une quinzaine d\u2019années.Même le projet éolien Apuiat, que M.Legault avait écarté l\u2019automne dernier, pourrait maintenant être réactivé, ce qui permettrait aux relations avec les Innus de prendre un nouveau départ.Le ministre de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a assuré qu\u2019il aurait priorité sur tout autre projet.Sans vouloir être rabat-joie, il y a cependant loin de la coupe aux lèvres.Malgré ses amis américains, Robert Bourassa n\u2019a jamais réalisé son rêve d\u2019une Baie James 2.Qui va payer pour cette ligne de transport et le câble sous-marin qui doit traverser le lac Champlain ?L\u2019enthousiasme du maire Blasio fait sans doute plaisir à voir, mais on n\u2019a pas encore entendu le gouverneur de l\u2019État de New York, Andrew Cuomo, qui aura un gros mot à dire.Permettre à nos voisins d\u2019accéder à des sources d\u2019énergie non polluantes est sans doute une façon de contribuer à la lutte contre les changements climatiques, que le premier ministre ne manquera certainement pas d\u2019inclure dans les grandes orientations de son gouvernement en matière d\u2019environnement qu\u2019il présentera au conseil général de la CAQ, les 25 et 26 mai prochain.Cela ne dispense cependant pas le Québec d\u2019augmenter ses propres efforts.Pour le moment, le gouvernement semble plutôt vouloir aider les autres à en faire.Par exemple, en accueillant et en liquéfiant le gaz albertain qui permettra aux consommateurs européens d\u2019abandonner le charbon.Apparemment, ce qui se passe avant que le gaz arrive ici ne nous concerne pas.À Rigaud, le chemin de la Pointe-au-Sable était submergé, lundi dernier.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR qu\u2019on n\u2019aura pas le choix de se poser la question, estime-t-il.Ce sont des milieux qui seront probablement toujours inondés, sauf si on met en place des mesures pour que ça n\u2019arrive pas.» Si la relocalisation est « inévitable » pour certains secteurs, observe l\u2019urbaniste de formation, chaque coin du Québec qui s\u2019est retrouvé sous les eaux commande une solution qui lui est propre.« Dans ce qui s\u2019est construit au bord de l\u2019eau, il y a des villes établies depuis longtemps, avec des pôles d\u2019emploi, des commerces, des équipements publics », fait-il remarquer.Et de lancer ensuite un avertissement : « Si on relo- calise ça ailleurs, c\u2019est quoi la ville qu\u2019on construit ?» « Ce dont on a besoin pour commencer, c\u2019est d\u2019une cartographie plus précise » des zones inondables, affirme de son côté Jacques Demers, président de la Fédération québécoise des municipalités.La relocalisation est à envisager pour les secteurs inondés à répétition, mais il croit que cette solution restera « marginale » pour la majorité des sinistrés de 2019.Les effets Pour l\u2019architecte Gonzalo Lizarralde, le premier ministre Legault devrait surtout évaluer les impacts de sa proposition avant d\u2019aller plus loin.« C\u2019est un peu le risque en temps de crise : la population veut de l\u2019action et les politiciens prennent le micro pour lancer de grands messages sans avoir une idée précise des besoins des populations touchées », indique le professeur à la Faculté de l\u2019aménagement de l\u2019Université de Montréal.Sans rejeter complètement l\u2019idée d\u2019une relocalisation à grande échelle, il songe aux effets possibles, notamment sur le prix foncier.« En décidant qu\u2019une zone n\u2019est plus adaptée à la construction, on va limiter le bassin de terrains disponibles pour le développement immobilier.Les autres terrains de la municipalité vont ainsi devenir plus chers », prédit-il, ajoutant que ce sont les citoyens moins nantis \u2014 parmi lesquels se trouvent des locataires \u2014 qui en payeront le prix.M.Lizzaralde rappelle aussi qu\u2019il ne faut pas oublier «la valeur historique des quartiers» et la «dimension d\u2019attachement» des gens à leur coin de paradis.Justement, dans la foulée du point de presse de M.Legault lundi, le maire de Gatineau a réservé un accueil plutôt mitigé à la suggestion de relocaliser Pointe-Gatineau.« Il y a des questions qu\u2019on doit se poser avant de déraciner les gens », avait-il argué en entrevue au Devoir.L\u2019élu évoquait plutôt la possibilité de protéger le secteur puisque des familles y vivent « depuis plusieurs générations ».« Peut-être que ça va nous coûter moins cher que de déménager tout le monde.» Pour sa part, Nicolas Milot se questionne sur la gestion des droits acquis sur ce type de territoire fortement urbanisé.Sur celui couvert par la CMM, c\u2019est « au moins » 75 % des zones inondables qui sont d\u2019ores et déjà développées.La relocalisation des habitants concernés pourrait s\u2019avérer très coûteuse : entre 1,5 et 2 milliards, selon les calculs de l\u2019organisme, qui regroupe plus de 80 municipalités.« C\u2019est donc une solution qu\u2019il va falloir penser un peu plus chirurgicalement plutôt que de l\u2019appliquer mur à mur», ajoute M.Milot.Construire autrement La relocalisation est certes une idée qui mérite que Québec s\u2019y attarde, disent les experts interrogés par Le Devoir, mais d\u2019autres solutions existent afin de contenir l\u2019impact des inondations.Selon Danielle Pilette, professeure au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l\u2019UQAM, il est «assez clair que la reconstruction va être permise» dans les villes comme Montréal, Laval ou Gatineau.L\u2019enjeu est donc d\u2019inclure dans les chantiers à venir certaines conditions pour laisser « de la place pour l\u2019eau ».La revégétalisation des rives ou l\u2019aménagement de bassins de rétention dans des parcs municipaux seraient un premier pas, dit-elle.D\u2019autres pays ont déjà ouvert la voie : aux Pays-Bas et au Chili, pareilles mesures d\u2019atténuation ont été implantées ou ont reçu le feu vert des autorités.Les actions d\u2019immunisation contre les crues spectaculaires des derniers jours sont également possibles à l\u2019échelle des bâtiments, renchérit Nicolas Milot, de la CMM.« Juste le fait d\u2019avoir un vide sanitaire plutôt qu\u2019un sous-sol fini, on est déjà dans une mesure de résilience, donne-t-il comme exemple.On sait que l\u2019eau va y pénétrer, mais il n\u2019y a pas l\u2019urgence de la faire sortir à tout prix.On va attendre que la crue passe, puis on va assécher et continuer à vivre.» L\u2019ingénieur de formation évoque également la construction de résidences sur pilotis, une option encore peu répandue au Québec.« On peut penser aussi aux matériaux.Ici, c\u2019est le béton classique qui est surtout utilisé pour les fondations des maisons.Mais ce n\u2019est pas le matériau optimal pour résister à des inondations très fréquentes.» Or cette reconstruction « résiliente » a un coût, fait remarquer Danielle Pi- lette.Dans les petites municipalités, souvent, le « marché immobilier n\u2019est pas suffisamment dynamique » pour rentabiliser un réaménagement adapté à la montée soudaine des eaux, juge la spécialiste en gestion municipale et métropolitaine.Dans ces cas-là, « on ne voit pas comment ça pourrait être avantageux de préconiser autre chose que la relocali- sation, si c\u2019est possible », dit-elle.Protéine.L\u2019article 46 du code d\u2019éthique adopté en 2010 avait été rédigé particulièrement pour éviter une situation comme celle de David Whissell.Cet article stipule qu\u2019un ministre qui a des intérêts dans une entreprise privée, donc qui n\u2019est pas cotée en Bourse, doit faire en sorte « dans les 60 jours de sa nomination » que cette entreprise « s\u2019abstienne de faire, directement ou indirectement, quelque marché avec le gouvernement, un ministère ou un organisme public », sans quoi il doit s\u2019en départir.« Ça n\u2019avait pas été pensé sous cet an- gle-là, reconnaît M.Bédard.Est-ce que les 60 jours sont suffisants dans le cas d\u2019une compagnie privée ?Ça, c\u2019est une question qui mérite d\u2019être posée, effectivement.Mais à l\u2019époque, le débat ne portait pas sur les 60 jours, mais bien sur : est-ce que quelqu\u2019un peut avoir des intérêts dans la même compagnie qui fait affaire avec l\u2019État ?» M.Fitzgibbon a indiqué mercredi qu\u2019aucune de ses entreprises ne faisait affaire avec le gouvernement, mais qu\u2019il avait décidé de s\u2019en départir pour simplifier les choses.Or, cette situation aurait pu être prévenue, selon le président du conseil d\u2019administration de l\u2019Institut sur la gouvernance, Yvan Allaire.Il estime que des gens issus du milieu des affaires ou de la finance ont leur place en politique.Ils doivent toutefois comprendre avant de faire le saut qu\u2019ils doivent éviter les conflits d\u2019intérêts ou l\u2019apparence de conflit d\u2019intérêts en demeurant investisseurs.« Si on pense qu\u2019on serait intéressé à faire de la politique, il faut immédiatement se poser la question : qu\u2019est-ce que je fais avec tous ces placements que j\u2019ai et qui poseraient problème si j\u2019étais dans un parti qui gagnait l\u2019élection et que je me retrouvais ministre ?» a-t-il indiqué.Il croit que la Coalition avenir Québec aurait dû se poser cette question très tôt dans le processus de recrutement de M.Fitzgibbon et il s\u2019étonne que les politiciens d\u2019expérience au sein du parti n\u2019y aient pas songé.« Regardez le premier ministre lui- même, M.Legault, a donné comme exemple M.Allaire.Il y a longtemps qu\u2019il est en politique et il a su que ce serait un problème, alors qu\u2019est-ce qu\u2019il a fait ?Tous ses avoirs, il les a mis en obligations du Québec.Alors là, il n\u2019y a aucun problème.Tout son argent est dans un seul placement qui ne pose aucun problème.» La Presse canadienne rapportait vendredi que les trois partis d\u2019opposition ne souhaitent pas assouplir les règles du code d\u2019éthique.Ce genre de modifications se fait généralement par convention avec l\u2019accord de tous les partis.La commissaire à l\u2019éthique, Ariane Mignolet, ouvrira une enquête lundi pour déterminer si le ministre Fitzgib- bon a respecté les règles.Elle n\u2019a pas souhaité se prononcer sur d\u2019éventuels changements à la loi, mais pourrait le faire dans son rapport quinquennal qu\u2019elle soumettra d\u2019ici janvier 2020.3 décembre 2010 Le projet de loi 48 instaurant un code d\u2019éthique et de déontologie des membres de l\u2019Assemblée nationale est adopté à l\u2019unanimité.Jacques Saint- Laurent est le premier titulaire du poste, qu\u2019il conserve jusqu\u2019en 2017.5 décembre 2014 Pierre Karl Péladeau est exonéré pour avoir interpellé le p.-d.g.d\u2019Investissement Québec et le ministre Jacques Daoust dans une transaction impliquant Québecor.Le député péquiste et magnat de la presse a commis des erreurs de « bonne foi », a estimé Jacques Saint-Laurent.9 juin 2016 Le député libéral Sam Hamad est blanchi dans un rapport du commissaire à l\u2019éthique, qui reconnaît cependant que l\u2019ex-ministre a été « plus qu\u2019imprudent » dans la majoration d\u2019une subvention versée à l\u2019entreprise Premier Tech.1er décembre 2017 Pour la première fois de son histoire, le commissaire recommande une sanction à l\u2019endroit d\u2019un député, l\u2019ancien caquiste Claude Surprenant, qui a autorisé la rémunération du travail partisan des employés de son bureau de circonscription à partir de fonds publics.5 juin 2018 L\u2019ex-ministre libéral Pierre Paradis est blâmé pour avoir perçu une allocation de frais de logement au profit de sa fille.La commissaire Mignolet recommande une pénalité de 24 500 $.Son rapport est toutefois rejeté par le gouvernement libéral.Dave Noël MICHEL DAVID 75% des zones inondables dans la Communauté métropolitaine de Montréal sont déjà développées, selon Nicolas Milot.Sans vouloir être rabat-joie, il y a cependant loin de la coupe aux lèvres.[\u2026] Qui va payer pour cette ligne de transport et le câble sous- marin qui doit traverser le lac Champlain ?Combien de temps on donne aux nouveaux députés ministres pour vendre des placements privés ?FRANÇOIS LEGAULT » LEADERSHIP B 6 Section spéciale LEDEVOIR // LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2019 PERFECTIONNEMENT LEADERSHIP ET COURAGE MANAGÉRIAL - 9 MAI INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE - 10 MAI » Détails et inscription en ligne perfectionnement.esg.uqam.ca pour cadres, dirigeants et professionnels L e s g r a n d s g a g n a n t s d e l a 42e édition du concours provincial ARISTA seront connus le 28 mai prochain, à l\u2019occasion d\u2019un gala organisé au Marché Bonsecours de Montréal.H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Collaboration spéciale L orsqu\u2019elle se joint à l\u2019entreprise GSI Prestige en 2006, Katherine Clerdonna possède deux atouts : de l\u2019ambition et une grande vision.Aujourd\u2019hui directrice générale de la compagnie, elle est une femme d\u2019af faires créative et pragmatique, une communicatrice efficace et une négociatrice habile.La jeune femme croit aussi à l\u2019importance de redonner.Elle joue le rôle d e m e n t o r a u p r è s d e j e u n e s , qu\u2019elle aide à prendre conscience de leur plein potentiel et à l\u2019exploiter.Elle figure parmi les finalistes du concours provincial ARISTA 2019 dans la catégorie Jeune cadre du Québec.Sébastien Cantin est designer graphique.Originaire de la Rive-Sud dans la région de Québec, il voue une passion à l\u2019illustration et à la bande dessinée qui l\u2019amène à suivre des études en arts plastiques.Dans le milieu du graphisme depuis une quinzaine d\u2019années, il a travaillé dans de nombreuses agences de design à Vancouver et à Montréal, et pour une panoplie de clients et des mandats variés.Installé depuis 2012 à New Richmond en Gaspésie, il exerce désormais en tant que travailleur autonome.C\u2019est dans cette catégorie qu\u2019il concourt, espérant en être le lauréat le 28 mai prochain.Aude Lafrance-Girard est la directrice générale de l\u2019hôtel Château Laurier Québec, de l\u2019hôtel Château Bellevue et du George V services banquets et traiteur.Elle prend ainsi la suite de son grand-père Robert Girard et de son père Alain, avec lequel elle dirige aujourd\u2019hui les établissements jusqu\u2019à ce qu\u2019elle soit prête à assumer seule ces fonctions.Elle concourt dans la catégorie Jeune re- preneur du Québec.Présidente et cofondatrice de Noc- tura, Miriam Bard-Dumont est appréciée pour ses idées novatrices et sa capacité à les mettre en place.Rassembleuse, elle possède aussi une créativité et une énergie contagieuses.Elle tentera de remporter le prix dans la toute nouvelle catégorie Jeune leader techno-créatif du Québec.500 candidatures Ces quatre personnes font par tie des trente finalistes de la 42e édit i o n d u c o n c o u r s p r o v i n c i a l A R I S T A , p r é s e n t é p a r B M O Groupe financier, qui chaque année récompense et met en valeur les personnalités prometteuses de la relève québécoise dans le milieu des af faires.Trente jeunes finalistes, âgés de 18 à 40 ans, qui se distinguent par leur leadership et leur sens de l\u2019innovation sur le plan professionnel ainsi que par leur engagement dans la communauté.Lors de chaque édition, environ 500 candidatures sont reçues.Elles sont départagées par un jury composé de 75 membres et présidé cette année par Kheng L y, président et chef de la direction du Groupe Brivia.« Arrivé ici il y a 30 ans, indique- t-il, je sais que le Québec est un terrain propice à l\u2019entrepreneu- riat, mais j\u2019ai appris que la réussite exige aussi une grande détermination.C\u2019est pourquoi je tiens à féliciter d\u2019avance tous les candidats qui se démarquent par leur persévérance, leur engagement et leur grande contribution à la vitalité de notre société.» Un prix Coup de cœur sera également remis au finaliste ayant reçu le plus grand nombre de votes du public sur le site Internet du concours (arista.jccm.org/finalistes).Le gagnant rempor tera un voyage à la Baie-James.CONCOURS ARISTA 10 jeunes leaders sous les projecteurs C A T H E R I N E M A R T E L L I N I Collaboration spéciale C\u2019 est dans l\u2019adversité que l\u2019on connaît ses amis.Un proverbe qui pourrait facilement s\u2019appliquer au monde du travail, où les situations de conflit révèlent au grand jour les compétences (ou les lacunes) en leadership des gestionnaires.Mauvaise gestion des émotions entre collègues, promotions jugées non méritées par d\u2019autres membres de l\u2019équipe, visions irréconciliables entre deux gestionnaires, promesses non tenues\u2026 ce ne sont pas les conflits qui manquent en entreprise.Et c\u2019est particulièrement lorsque ça va mal que les attentes des employés envers leur gestionnaire sont élevées, note Mylène Pellerin, coach, facilitatrice et formatrice en entreprise.Or, ces attentes ne sont pas toujours satisfaites : 50 % des individus quittent leur emploi pour s\u2019éloigner de leur gestionnaire, montrait une étude de 2015 de la firme de recherche américaine Gallup.Parmi les principales erreurs que Mme Pellerin observe, l\u2019évitement, c\u2019est-à-dire ne pas affronter le problème, soit en n\u2019en parlant pas, en ne le voyant pas ou en ne le prenant pas en main, est l\u2019un des comportements les plus néfastes.Il compterait pour 25% des absences pour cause de maladie, selon une recherche réalisée par CPP Global en 2008.«C\u2019est le cas, par exemple, d\u2019un président qui s\u2019absente plus souvent en raison d\u2019un conflit entre deux vice-présidents, ou encore d\u2019un gestionnaire qui ne convoque pas les employés qui ne s\u2019entendent pas pour en discuter en se disant qu\u2019ils le géreront entre eux comme des adultes, illustre-t-elle.Ce sont tous des comportements que les employés remarquent et jugent sévèrement, en plus de remettre en question les compétences du gestionnaire.» D\u2019autres, encore, sont informés de la situation et mettent en place des solutions, mais sans les communiquer, donnant ainsi l\u2019impression de ne rien faire.« Une autre erreur fréquente consiste à ne pas admettre qu\u2019on ne sait pas comment s\u2019y prendre pour régler un problème, mentionne My- lène Pellerin.On ne veut pas montrer de faiblesses pour préserver son ego, alors que c\u2019est pourtant hautement apprécié chez les autres.» En admettant son impuissance, un dirigeant pourra ensuite trouver les ressources pour pallier ses manques : un geste qui résonnera auprès des employés, qui sentiront que la situation progresse.D\u2019ailleurs, mieux vaut connaître ses limites lorsqu\u2019on dirige.« On ne se laissera alors pas déstabiliser si on se les fait souligner, et cela montrera à la fois de la transparence et de l\u2019accessibilité.» Des simples désagréments aux départs en bloc Au fil des années, Mylène Pellerin a établi une échelle de gradation des conflits, allant de la simple tension qui génère quelques altercations et froids entre collègues, pour culminer vers la crise où les gens décident carrément de démissionner, ou encore se font montrer la porte.«La première étape est très importante pour éviter que ça dégénère, souligne-t-elle.Elle repose sur la détermination de la tension pour ensuite discuter avec la personne concernée et adapter son comportement problématique.» C\u2019est lorsque les employés commencent à cesser de collaborer entre eux que l\u2019on se dirige tout droit vers la véritable crise si on ne prend aucune mesure pour stopper l\u2019hémorragie.«En cas de crise où une personne menace de partir, les employeurs sont souvent indécis quant à la façon de gérer une telle situation, sou- tient-elle.Ils se demandent si ça vaut la peine de payer une ressource à l\u2019externe pour régler le problème ou s\u2019ils ne devraient pas mieux la congédier pour en embaucher une nouvelle.» Or, le recrutement vient aussi avec son lot de « dépenses », de l\u2019affichage de postes à la formation.De plus, cela peut prendre jusqu\u2019à six mois avant de trouver la bonne personne et que celle-ci soit fonctionnelle, ajoute-t-elle.« Les gestionnaires devraient plutôt se demander s\u2019ils souhaitent v r a i m e n t a l l e r a u f o n d d e s choses », mentionne celle à qui on fait souvent appel à la deuxième et à la troisième étape d\u2019un conflit.« Et dans la grande majorité des cas, la réponse est oui.» De plus, les conflits croissent avec le nombre d\u2019employés, affirme- t-elle.Un sondage Dare de 2013 révélait qu\u2019il existe 41 % de probabilités de conflits dans une entreprise de 50 employés et plus.« Les entreprises en croissance oublient souvent de se pencher sur cette réalité, puisque toute leur attention est dirigée vers la stratégie de développement et d\u2019embauche, explique-t-elle.Mais de ne pas le prévoir, ça coûte par fois aussi cher que de perdre une occasion d\u2019affaires.» Ainsi, une heure passée à gérer un conflit retarde en moyenne de trois heures l\u2019avancement d\u2019un projet, estime le centre américain de recherche en construction et en formation CPWR.Le leadership, qu\u2019une affaire de gestionnaires ?Si le leadership fait partie du rôle des dirigeants, ils ne sont pas les seuls à pouvoir en faire preuve.« Les employés ne donnent pas beaucoup de chances, explique la coach en entreprise.Ils doivent travailler leur ouverture et leur flexibilité et accepter que de devenir un leader, c\u2019est un processus évolutif.» Elle recommande de laisser passer trois mois pour constater les améliorations.« Il se peut que ça n \u2019a i l le pas auss i v i te qu \u2019on le veuille, mais il faut également réussir à voir les bons coups qui sont faits au fil du temps.» Dans un monde idéal, men- tionne-t-elle, chacun se responsabiliserait pour régler un conflit.« Les employés devraient aussi avoir les outils, comme individus, pour gérer ce type de situation et adopter des stratégies pour les désamorcer, plutôt que de toujours attendre que quelqu\u2019un d\u2019autre le fasse à leur place.» La gestion des conflits : le vrai test d\u2019un leader Dans un monde idéal, chacun se responsabiliserait pour régler un conflit.ISTOCK LEDEVOIR // LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2019 B 7 LEADERSHIP Section spéciale Lorsque les besoins de base d\u2019un employé sont comblés, c \u2019 e s t l a c u l t u r e a u s e i n d e l\u2019équipe qui motive les gens à rester.Un leader qui est attentif aux besoins des membres de son équipe et qui permet une certaine liberté décisionnelle s\u2019assure-t-il de préserver un climat de travail engageant et motivant ?Largement implanté dans le secteur des technologies de l\u2019information (TI), le leadership participatif semble donner raison à cette approche, où autonomie rime avec performance.C H A R L E S - É D O U A R D C A R R I E R Collaboration spéciale S elon Maryse Laurendeau, titulaire d\u2019un baccalauréat en psychologie, d\u2019un certificat en enseignement et d\u2019un MBA, le leadership participatif est celui qui rend les gens le plus heureux.« C\u2019est le style de leadership qui a le plus d\u2019impact sur la motivation intrinsèque, avance-t-elle.La technique du bâton et de la carotte ne fonctionne plus.On parle aujourd\u2019hui d\u2019autonomie, de maîtrise et de sens.Le leadership participatif agit directement sur ces trois éléments.Les gens ont leur voix dans les processus, on sollicite leurs compétences, leur avis.» Et si on changeait de style ?Relativement nouveau comme concept, le leadership participatif succède aux autres types de leadership autrefois considérés comme les plus appropriés.Cette évolution dans les approches de gestion est tout à fait normale, selon Mme Laurendeau : « Les études nous permettent de mieux comprendre l\u2019être humain au travail.Cela fait en sorte qu\u2019on s\u2019adapte et évolue dans notre façon de gérer les équipes.Ainsi, si on souhaite une équipe où les gens sont à la fois heureux et per for- mants, on se rend compte qu\u2019il faut parfois changer d\u2019approche.» Ainsi, il est essentiel pour le gestionnaire de remettre en question, au fil du temps, son style de leadership et la façon avec laquelle il dirige son équipe.Ce qui était bon et satisfaisant hier ne le sera peut-être plus demain.Bien entendu, certains signes ne mentent pas et forcent le dirigeant à voir la réalité face : « Concrètement, on peut commencer par se questionner sur son taux de roulement et comparer celui-ci aux moyennes du milieu.Et puis, est-ce que les gens sont bien ici ?Quel est le climat général dans l\u2019équipe ?Quel niveau d\u2019engagement y retrouve-t-on ?» questionne par exemple Mme Laurendeau.À la suite de cette autoévalua- tion, certains gestionnaires auront envie de tester le modèle de leadership participatif.Pour commencer, le dirigeant peut tout simplement proposer deux ou trois scénarios lorsqu\u2019une décision doit être prise au lieu d\u2019imposer une solution, et ainsi amorcer un virage vers une approche plus par ticipative.Graduellement, l\u2019équipe gagnera en confiance et en autonomie : « D\u2019un côté, le leader y va de façon progressive en guidant les premières réflexions, et de l\u2019autre, les employés contribuent au processus décisionnel », résume Mme Laurendeau.Les forces et limites du modèle Si l\u2019idée d\u2019avoir une équipe autonome, heureuse, compétente et motivée fait rêver, il faut savoir que le leadership participatif a aussi ses limites et ne peut être appliqué à tous les contextes, d\u2019autant plus qu\u2019il requiert un certain niveau de maturité dans l\u2019équipe.Et cela demande d\u2019avoir un leader à l\u2019aise avec les concepts de participation et de démocratie, et capable de répondre aux interrogations des membres de son équipe.«En tant que leader participatif, on demande l\u2019avis des gens et on s\u2019expose à la critique, prévient la conseillère.Il faut accepter de se faire remettre en question et faire preuve d\u2019humilité.» Ce ne sont donc pas tous les milieux qui se prêtent au style de gestion participative et bien souvent, c\u2019est le contexte qui définit le type de leadership à utiliser.Par exemple, en situation de crise, il ne sera pas nécessairement approprié d\u2019utiliser le leadership participatif : « Ce n\u2019est pas ef ficient, ce n\u2019est pas ce dont les gens ont besoin, ajoute Mme Laurendeau.Par ailleurs, dans un contexte où ça va bien et que l\u2019équipe a une bonne cadence, le leadership participatif a un grand effet mobilisateur.» Pour cer tains gestionnaires, le risque de donner trop de latitude et de pouvoirs à l\u2019équipe inquiète.A contrario, les Netflix et Google de ce monde et quelques entreprises d\u2019ici appliquent la notion de vacances illimitées ou encore d\u2019allocation de dépenses sans restriction, sauf celle de toujours agir dans l\u2019intérêt de l\u2019entreprise.«Ceux qui mettent ces approches en place responsabilisent beaucoup les gens, c\u2019est le principe du leadership participatif, rappelle Mme Laurendeau.Et ça fonctionne.Mais pour en arriver là, il faut bâtir une culture organisationnelle adéquate.Ça ne se fait pas du jour au lendemain, d\u2019autant plus que certains milieux ne s\u2019y prêteraient tout simplement pas.» Un leadership participatif chez nous ?L\u2019organisation gagne sans contredit à avoir des employés motivés et engagés, et Mme Laurendeau est d\u2019avis que ces derniers tirent tout autant d\u2019avantages à travailler accompagnés par un leader participatif : «Celui-ci amène les gens à créer des interrelations entre les équipes ou entre les départements.Les employés développent leur réseau et dans le cas de grandes organisations, c\u2019est à la fois une façon de se faire connaître, mais aussi de voir quelles sont les autres opportunités ailleurs dans l\u2019entreprise.Un leader participatif accepte de perdre un bon joueur si la contribution de cette personne peut être encore plus grande dans un autre département.» Les industries dans lesquelles l\u2019attraction de la main-d\u2019œuvre est un défi sont forcées d\u2019adopter cette gestion participative si elles souhaitent limiter l\u2019impact d\u2019une pénurie sur leur bon fonctionnement.Toutefois, Mme Laurendeau remarque que dans les secteurs où l\u2019on est plus indépendant, on tarde à utiliser cette approche.La conseillère qui intervient autant dans le public que dans le privé rappelle que même si la culture de l\u2019organisation ne valorise pas le leadership participatif, des initiatives à plus petite échelle peuvent être déployées par des gestionnaires qui souhaitent découvrir tout le potentiel de cette approche inclusive et démocratique.Pour certains gestionnaires, le risque de donner trop de latitude et de pouvoirs à l\u2019équipe inquiète, mais pour d\u2019autres, c\u2019est un fort outil de mobilisation.ISTOCK « Si on souhaite une équipe où les gens sont à la fois heureux et performants, on se rend compte qu\u2019il faut parfois changer d\u2019approche » Pour en apprendre plus La Direction de la formation continue de l\u2019Université Laval accueillera Maryse Laurendeau pour une formation d\u2019une journée sur les multiples leviers du leadership participatif, le 14 mai 2019.Autonomie, motivation et performance: les succès du leadership participatif Cette section spéciale a été produite par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.La rédaction du Devoir n\u2019a pas pris part à la production de ces contenus. B 8 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2019 REMISE DES PRIX LE DEVOIR DE LA PRESSE ÉTUDIANTE Nos journalistes répondront à toutes vos questions.Journalisme?: l\u2019envers du métier Le 2 mai à partir de 17?h?30 Billets gratuits?: devoir-presse-etudiante.eventbrite.ca Animation de la discussion par Marie-Andrée Chouinard, Rédactrice en chef du Devoir aillou C Annabelle geon Baillar Stéphane Duhaime alérie V au ade N ançois r an-F e J DOULA À L\u2019INTERRUPTION DE GROSSESSE ET À L\u2019AVORTEMENT 21, 22 ET 23 JUIN 2019 CENTRE ST-PIERRE, MONTRÉAL 28, 29 ET 30 JUIN 2019 LA STATION, RIMOUSKI Tarif préférentiel avant le 30 avril Chapeauté par : Première cohorte de la francophonie! NOUVELLE FORMATION Facebook Formation doula à l\u2019interruption de grossesse et à l\u2019avortement Site Web avortementdoula.com Courriel info@avortementdoula.com ÉCOLE CYBÈLE Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Jorge Arreaza DON EMMERT AGENCE FRANCE-PRESSE VIRGINIE MONTET À WASHINGTON AGENCE FRANCE-PRESSE Washington a encore fait monter la pression d\u2019un cran vendredi sur le régime de Nicolás Maduro au Venezuela, imposant des sanctions à son chef de la diplomatie, ce qui a suscité la vive réaction de la Russie, alliée de Caracas.Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Jorge Arreaza, a été mis au ban du système financier international et ses éventuels avoirs aux États-Unis ont été gelés par le Trésor américain, qui a placé le diplomate sur sa liste noire des sanctions financières.«Le Trésor va continuer de cibler les soutiens corrompus à Maduro, y compris ceux responsables de la diplomatie et de la justice pour le compte de ce régime illégitime», a affirmé le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin.Le département américain a laissé entendre que ces fonctionnaires «transfèrent et cachent les recettes de la corruption en essayant d\u2019exploiter le système financier américain et son marché immobilier».En conséquence, «tous les actifs et intérêts de ces individus qui sont aux États-Unis ou bien contrôlés par des ressortissants américains sont gelés», affirme le Trésor, qui a également infligé des sanctions contre une juge vénézué- lienne haut placée, Carol Padilla.VENEZUELA Jorge Arreaza a répondu sur Twitter vendredi, liant cette nouvelle à son intervention la veille aux Nations unies pour dénoncer « le blocus criminel » des États-Unis à l\u2019encontre de son pays.Le chef de la diplomatie américaine a de son côté qualifié M.Arreaza de « laquais de Maduro », Mike Pompeo écrivant sur Twitter que le ministre des Affaires étrangères vénézuélien était la cible de sanctions « pour ses tentatives d\u2019entraver les aspirations démocratiques du peuple vénézuélien ».M.Arreaza a été nommé ministre des Affaires étrangères du Venezuela en août 2017 après avoir détenu depuis 2010 plusieurs portefeuilles ministériels comme celui des Technologies et de l\u2019Industrie ou du Développement minier.Vives critiques en Russie Ces sanctions financières ont suscité les foudres de Moscou, qui a dénoncé un « chantage ».« Nous exhortons les États-Unis à revenir sur le terrain du droit international, à mettre fin à la politique de chantage et à cesser de provoquer des tensions au Venezuela depuis l\u2019étranger», a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué, se disant «indigné» par la décision américaine.« Washington a démontré à plusieurs reprises un rejet catégorique des méthodes de négociation pour résoudre la situation », a poursuivi le ministère.L\u2019antagonisme déjà marqué entre Washington et le gouvernement de Ni- colás Maduro s\u2019est fortement accentué depuis le début de l\u2019année lorsque le chef de file de l\u2019opposition, Juan Guaidó, s\u2019est autoproclamé président par intérim et qu\u2019une cinquantaine de pays, dont les États-Unis, l\u2019ont reconnu comme tel.À partir de dimanche, Caracas devra aussi faire face à un embargo des États- Unis sur son pétrole, ce qui risque d\u2019aggraver la crise économique, mais aussi de pousser le pays à dépendre encore davantage de la Russie et de la Chine.Le pétrole représente 96 % du revenu national du Venezuela et les États-Unis en sont d\u2019importants consommateurs.Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une chute du PIB de 25 % cette année au Venezuela, ainsi qu\u2019une hyperinflation de 10 000 000 % et un taux de chômage de 44,3 %.AGENCE FRANCE-PRESSE À INDIANAPOLIS Trump rejette un traité sur le commerce d\u2019armes Le président américain, Donald Trump, a annoncé vendredi qu\u2019il retirait la signature américaine du Traité sur le commerce des armes (ATT), texte adopté en 2013 par l\u2019ONU et visant à moraliser le commerce international des armes.«L\u2019Amérique rejette ce traité», a lancé M.Trump lors d\u2019un discours à Indianapolis devant la National Rifle Association (NRA), le lobby américain des armes à feu.«Nous ne ratifierons jamais ce traité», a-t-il martelé, affichant une nouvelle fois sa défiance vis-à-vis des traités internationaux et de l\u2019organisation multilatérale dont le siège est à New York.«J\u2019annonce officiellement aujourd\u2019hui que les États-Unis vont révoquer les effets de la signature de l\u2019Amérique de ce traité », a-t-il déclaré.« Nous ne laisserons jamais des bureaucrates étrangers piétiner les libertés garanties par le deuxième amendement [de la Constitution]», a-t-il ajouté.Le texte avait été signé par le chef de diplomatie américaine John Kerry sous la présidence de Barack Obama, mais n\u2019a jamais été ratifié par le Congrès.Il prévoit que chaque pays signataire évalue avant toute transaction si les armes vendues risquent d\u2019être utilisées pour contourner un embargo international, violer les droits de la personne ou être détournées au profit de criminels.Les armements couverts vont du pistolet aux avions et navires de guerre, en passant par les missiles.Ce traité «est le seul instrument à l\u2019échelle mondiale visant à améliorer la transparence et la responsabilité dans le commerce international d\u2019armes», a dit un porte-parole de l\u2019ONU, commentant la décision américaine.Nous ne laisserons jamais des bureaucrates étrangers piétiner les libertés garanties par le deuxième amendement [de la Constitution] DONALD TRUMP » Nouvelles sanctions de Washington contre Caracas B 9 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2019 E N B R E F États-Unis : 18 mois de prison pour une agente russe coupable d\u2019ingérence WASHINGTON \u2014 Maria Butina a été condamnée vendredi à 18 mois de prison par un tribunal de Washington pour avoir infiltré l\u2019appareil politique américain à travers ses liens avec la NRA, le lobby pro-armes américain.Inculpée pour « complot » en vue de « promouvoir les intérêts de la Russie » après son arrestation en juillet 2018, la Russe de 30 ans coopère avec la justice américaine depuis qu\u2019elle a plaidé coupable en décembre d\u2019avoir agi comme agente d\u2019un pays étranger sans notifier officiellement le gouvernement.Mme Butina, qui a déjà passé neuf mois en détention provisoire depuis son arrestation, sera renvoyée en Russie à l\u2019issue des neuf mois lui restant à purger.Agence France-Presse Des migrants manifestent dans un centre de rétention au Mexique TAPACHULA \u2014 Des dizaines de migrants centraméricains d\u2019un centre de rétention, d\u2019où se sont échappés la veille quelque 1300 d\u2019entre eux, ont manifesté vendredi à Tapachula, dans le sud du Mexique.Aux cris de «On veut partir!» ou «On a faim!», ces migrants ont protesté contre leurs conditions d\u2019enferme- ment.La veille au soir, environ 1300 migrants, la plupart de nationalité cubaine, se sont enfuis de ce centre après avoir menacé d\u2019y mettre le feu, selon des témoins.Environ 700 d\u2019entre eux sont rapidement revenus, appréhendés par des équipes de l\u2019Institut national de migration et des patrouilles.Le président mexicain, Andrés Manuel López Obra- dor, a indiqué vendredi que quelque 500 d\u2019entre eux restaient introuvables.Agence France-Presse Le cyclone Kenneth a fait de gros dégâts au Mozambique BEIRA \u2014 Le puissant cyclone tropical Kennetha causé d\u2019importants dégâts dans l\u2019extrême-nord du Mozambique, où il a détruit de nombreuses habitations, arraché arbres et pylônes et tué au moins une personne, selon le premier bilan vendredi des autorités.Moins de six semaines après le passage dévastateur de la tempête Idaisur le centre du pays, Kennetha noyé jeudi après-midi la province du Cabo Delgado, le long de la frontière avec la Tanzanie, sous un déluge d\u2019eau et de vent.Le cyclone a touché la côte avec une extrême violence, avec des rafales de 280km/h et un cumul de pluies de 100 à 150mm d\u2019eau en vingt-quatre heures.L\u2019interruption des communications entre la zone touchée et le reste du pays rendait vendredi tout bilan très aléatoire.Agence France-Presse Maria Butina, en 2014 ASSOCIATED PRESS SOMMET Unis, Kim Jong-un veut s\u2019assurer l\u2019appui continu de Vladimir Poutine, qui a appelé publiquement à la levée des sanctions contre la Corée du Nord.Étant donné la relative intransigeance de Washington à l\u2019égard des sanctions économiques, dont l\u2019économie nord-coréenne a beaucoup souffert, Kim Jong-un désire augmenter son commerce avec la Russie.Malgré le fait que les deux pays partagent une frontière, les échanges commerciaux demeurent très limités, comptant pour moins de 5 % du commerce international nord- coréen.Bien sûr, la Russie est elle- même limitée par les sanctions internationales, qu\u2019elle a appuyées au Conseil de sécurité de l\u2019ONU, mais Kim pourrait demander un peu de flexibilité de la part de Moscou.Finalement, on ne doit pas oublier l\u2019aspect symbolique de ce sommet.Pour Pyongyang, il est important de montrer à Washington que le régime n\u2019est pas isolé, qu\u2019il a des options, et qu\u2019il n\u2019est pas obligé de faire affaire avec Trump.Quels sont les objectifs russes ?Sur le plan stratégique, Vladimir Pou- tine vise à faire de la Russie un acteur incontournable dans la dénucléarisa- tion de la Corée du Nord, et ce sommet aide à renforcer cette image.Si Poutine réussit à établir des liens stratégiques avec Kim, cela pourrait lui donner un levier supplémentaire dans ses relations avec les États-Unis.Pour Moscou, il y a certains intérêts pécuniaires, quoique relativement limités, en lien avec ce sommet.La Russie aimerait pouvoir jouir d\u2019un plus grand accès aux abondantes ressources minérales nord-coréennes et investir plus librement dans des projets d\u2019infrastructure dans le nord-est de la Corée du Nord.Au total, est-ce une bonne ou une mauvaise chose du point de vue du maintien de la paix que la Corée du Nord s\u2019ouvre à la Russie ?La Russie n\u2019est pas un acteur de premier plan dans la géopolitique de la région, mais elle aimerait bien le devenir.À cet égard, la Russie a aussi considérablement renforcé ses liens avec la Chine dans les dernières années et elle se rendra dans ce pays après le sommet avec Kim Jong-un.Rappelons que la Russie a participé aux pourparlers à six sur la dénucléa- risation, qui ont eu lieu entre 2003 et 2009, alors que Pyongyang a décidé d\u2019abandonner les négociations.Cependant, l\u2019approche préconisée par la Russie est tout à fait opposée à l\u2019approche plus conservatrice des États- Unis.Ainsi, une Russie plus active et plus influente sur la péninsule coréenne pourrait contribuer à cristalliser encore davantage l\u2019impasse qui subsiste.Il y a un risque que les positions de part et d\u2019autre deviennent encore plus rigides, avec d\u2019un côté les États-Unis, le Japon et la plupart des pays occidentaux, et de l\u2019autre, la Chine, la Russie, la Corée du Nord, et même dans une certaine mesure la Corée du Sud, dont le président Moon mise beaucoup sur le dialogue avec le Nord et milite pour une levée des sanctions internationales.Le premier sommet entre le dirigeant Kim Jong-un et le président russe, Vladimir Poutine, organisé cette semaine constitue le dernier exemple de la stratégie diplomatique du régime totalitaire et nucléaire nord-coréen, qui cherche à se dédiaboliser sur la scène internationale.Benoît Hardy-Chartrand, professeur auxiliaire à la Temple University Japan, à Tokyo, revient sur la rencontre en Russie.Ses propos ont été recueillis par Stéphane Baillargeon.Comment s\u2019explique la tenue de ce sommet Poutine-Kim dans le contexte actuel des tensions dans la région et des relations entre Pyongyang et Moscou, en dents de scie depuis 75 ans ?Depuis quelques mois, avant même l\u2019échec du sommet Trump-Kim à Hanoï en février, la Corée du Nord montre des signes d\u2019impatience devant l\u2019absence de progrès sur la question des sanctions, dont elle souhaite la levée.Dans un contexte d\u2019impasse diplomatique, il n\u2019est pas surprenant de voir Kim Jong-un tendre la main à d\u2019autres leaders régionaux.Le dirigeant nord-coréen a été très actif sur le plan diplomatique depuis 2017, ce qui tranche nettement avec les premières années de sa gouverne.Après plusieurs rencontres avec les présidents américain, sud-coréen et chinois, il va de soi qu\u2019il cherche également à renforcer ses liens avec le leader russe.Quels sont les objectifs nord-coréens avec ce sommet ?Dans son bras de fer avec les États- Dans son bras de fer avec les États-Unis, Kim Jong-un veut s\u2019assurer l\u2019appui continu de Vladimir Poutine, qui a appelé publiquement à la levée des sanctions contre la Corée du Nord.ALEXEY NIKOLSKY / SPUTNIK / AGENCE FRANCE-PRESSE La planche coréenne Quoi comprendre de la bascule de Kim Jong-un vers Moscou, loin de Washington AMAL JAYASINGHE À COLOMBO AGENCE FRANCE-PRESSE Le Sri Lanka a annoncé vendredi que le chef du groupe accusé des attentats dji- hadistes de Pâques, Zahran Hashim, a péri en perpétrant l\u2019une des attaques suicides qui ont fait 253 morts dans l\u2019île d\u2019Asie du Sud, où les tensions restent vives.Activement recherché par les autorités depuis cinq jours, Zahran Hashim était le chef du National Thowheeth Jama\u2019ath (NTJ), mouvement djihadiste local accusé par Colombo d\u2019avoir perpétré ces attentats dans des églises et des hôtels de luxe dimanche.Son sort était jusqu\u2019ici inconnu et il faisait figure de suspect numéro un dans la chasse à l\u2019homme.Zahran Hashim a mené l\u2019attaque suicide contre l\u2019hôtel Shangri-La de la capitale avec un second kamikaze, a annoncé vendredi le président Maithri- pala Sirisena.« Les services de renseignement m\u2019ont dit qu\u2019il était mort durant l\u2019attaque.» Des tests ADN sont en cours pour confirmer son décès, a rapporté à l\u2019AFP un responsable policier.Zahran Hashim apparaissait sur une vidéo publiée par le groupe État islamique (EI), qui a revendiqué le bain de sang, où on le voyait mener sept hommes dans un serment d\u2019allégeance au chef du groupe EI, Abou Bakr al-Baghdadi.Il était âgé d\u2019une quarantaine d\u2019années et originaire de la région orientale de Batticaloa, lieu de l\u2019une des attaques.Crise politique Dans ce pays de 21 millions d\u2019habitants, au moins 74 personnes ont été interpellées depuis dimanche.« Nous avons maintenant des informations selon lesquelles il y a environ 140 personnes au Sri Lanka liées [au groupe] État islamique, nous pouvons et allons toutes les éradiquer très vite », a lancé le président Sirisena, annonçant qu\u2019une loi allait être votée pour interdire les groupes islamistes.Pour des raisons de sécurité, les églises catholiques à travers le pays sont fermées jusqu\u2019à nouvel ordre.Certaines mosquées ont annulé les prières du vendredi et celles qui les ont tenues ont souvent accueilli une assemblée clairsemée, sous haute sécurité.Les autorités sont sur la défensive depuis le massacre alors qu\u2019elles disposaient d\u2019informations préalables très précises.Le chef de la police et le plus haut responsable du ministère de la Défense ont déjà dû démissionner.Une alerte rédigée le 11 avril par le chef de la police, prévenant que le NTJ préparait des attentats, n\u2019a pas été communiquée au premier ministre et à des ministres de haut rang, sur fond de lutte de pouvoir entre le chef de gouvernement Ranil Wickemesinghe et le président Sirisena \u2014 qui est également ministre de l\u2019Intérieur et de la Défense.Le premier ministre Ranil Wickre- mesinghe s\u2019est excusé vendredi soir, sur Twitter, au nom du gouvernement : « Nous assumons notre responsabilité collective et nous nous excusons auprès de nos concitoyens pour notre échec à protéger les victimes de ces événements tragiques.» SRI LANKA Un suspect principal des attentats identifié Si Poutine réussit à établir des liens stratégiques avec Kim, cela pourrait lui donner un levier supplémentaire dans ses relations avec les États-Unis BENOÎT HARDY- CHARTRAND » LEDEVOIR // LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin ne « coquille vide ».Voilà à quoi ressemble le « cadre de protection de la vie privée » de Facebook, concluent le commissaire fédéral à la vie privée, Daniel Therrien, et son homologue de la Colombie-Britannique, Michael McEvoy.Ce constat, fruit d\u2019une année d\u2019enquête sur Facebook et l\u2019affaire Cambridge Analytica, ne leur permet toutefois pas de serrer la vis à l\u2019entreprise.Il leur faudra passer par la Cour fédérale pour y parvenir.Leur rapport rendu public jeudi décrit comment la faiblesse du cadre de Facebook a permis à des applications tierces d\u2019accéder à des renseignements personnels d\u2019utilisateurs, sans leur consentement et parfois à des fins politiques.Environ 622 000 utilisateurs canadiens ont vu leurs renseignements utilisés de la sorte et plus de 78 000 au Québec.Les bavures de Facebook en matière de confidentialité sont la conséquence de son modèle d\u2019affaires.Ces données sont pour lui une marchandise qu\u2019il vend, sous toutes sortes de formes et au moyen d\u2019algorithmes, à quiconque souhaite cibler avec précision son message.Il n\u2019y a pas que les entreprises commerciales qui en sont friandes, les partis politiques aussi.Selon M.Therrien, ils sont les clients prédestinés du ciblage des citoyens et même « la raison d\u2019être de ces activités ».Les géants du Web qui monnayent les données de leurs utilisateurs n\u2019ont donc pas intérêt, financièrement parlant, à offrir une protection étanche aux citoyens qui ne peuvent plus se passer de ces plateformes pour rester en contact avec leurs proches, faire des achats ou des recherches en tous genres.La gestion de ces données souvent très personnelles, dans un univers technologique devenu très complexe, ne relève pas que des utilisateurs, mais aussi des plateformes numériques qui y sont tenues par la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques.Mais encore faut-il que la Loi ait des dents.Or, au Canada, cette loi n\u2019en a pas, malgré les demandes répétées de l\u2019actuel commissaire à la vie privée et de sa prédecesseure Jennifer Stoddart.Depuis plus de dix ans, les gouvernements tergiversent, étudient et consultent au lieu d\u2019agir, mais le commissaire ne peut toujours rien faire d\u2019autre que des recommandations.Il n\u2019a pas de pouvoir d\u2019ordonnance ni celui d\u2019imposer des sanctions ou des amendes.Une incurie qui nous a menés à cette arrogance de plateformes numériques, comme Facebook, qui tient un double discours, selon les commissaires.Estimant prendre les mesures adéquates, l\u2019entreprise se croit libre d\u2019interpréter leur opinion juridique et leurs recommandations.Ce dernier rapport n\u2019est pourtant pas le premier à viser Facebook.En 2009, le commissaire fédéral s\u2019était penché sur la protection de la confidentialité au sein de cette entreprise et avait trouvé des failles importantes.Facebook s\u2019était engagé à corriger le tir, mais dix ans plus tard, les deux commissaires constatent que les pratiques de Facebook, « y compris la mise en œuvre superficielle et inefficace des recommandations formulées » en 2009, représentent un « abus de confiance très grave » à l\u2019égard des utilisateurs et un « manquement grave quant au respect continu, par Facebook, des lois sur la protection des renseignements personnels ».Le problème n\u2019est donc pas nouveau et, en février 2018, un rapport unanime d\u2019un comité parlementaire revenait sur le sujet, recommandant encore de donner au commissaire les pouvoirs demandés.Le gouvernement libéral aurait pu agir, mais il consulte encore et admet ne pas pouvoir agir avant les prochaines élections.Il faudra donc attendre après le scrutin de l\u2019automne prochain.Ce qui n\u2019est pas sans risque puisqu\u2019il « n\u2019y a aucune raison de croire que ce qui s\u2019est produit avec Cambridge Analytica et aux États-Unis ne puisse pas se produire ici », a prévenu Daniel Therrien, qui invite maintenant les citoyens à faire pression sur les partis politiques pour qu\u2019ils s\u2019engagent à changer la loi lors du prochain mandat.Pourra-t-on prendre au sérieux de tels engagements alors que les partis eux-mêmes ne sont pas soumis à la loi ?Le NPD souhaite l\u2019être, mais les libéraux résistent et les conservateurs se contentent de dire qu\u2019ils se plieront au régime en place.Il est difficile de comprendre la résistance qui prévaut au Canada alors qu\u2019en Europe, un règlement vigoureux est en vigueur depuis mai 2018, que des amendes ont été imposées à Facebook en Grande-Bretagne et qu\u2019aux États-Unis, une enquête de la Federal Trade Commission pourrait lui en valoir une allant jusqu\u2019à 5 milliards $US.La loi canadienne doit être musclée au plus tôt, car la bonne foi n\u2019est pas au rendez-vous, mettant en péril nos processus démocratiques et notre droit au respect à la vie privée.Louis Godin Président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec Jeudi dernier, l\u2019Institut de recherche et d\u2019informations socio- économiques (IRIS), un organisme prônant des politiques généralement très à gauche et adepte d\u2019un discours s\u2019attaquant à la profession médicale, a rendu public un feuillet de quelques pages au sujet des infirmières praticiennes spécialisées (IPS).Pourtant, au cours de la campagne de relations publiques qui a accompagné la diffusion du feuillet, l\u2019IRIS n\u2019a parlé pratiquement que des\u2026 médecins ! Le tout parsemé d\u2019inexactitudes, d\u2019incompréhension à l\u2019égard des ententes existantes régissant la rémunération des médecins, ainsi que de la réalité associée au fonctionnement des cliniques médicales et de l\u2019offre de soins qui en découle.Par souci de transparence et de vérité, il nous apparaît donc essentiel de corriger certains « faits alternatifs » circulant dans l\u2019espace public et d\u2019expliquer quelles sont les sommes réellement versées aux médecins partenaires des IPS, et à quoi ces sommes servent.D\u2019abord, précisons qu\u2019aucun médecin de famille au Québec ne reçoit une rémunération de 30 000 $ ou 60 000 $ pour travailler avec une IPS, comme certains tentent malheureusement de le laisser croire.La seule rémunération à laquelle les médecins ont accès pour la collaboration interprofessionnelle avec les IPS est liée à une enveloppe annuelle unique de 30 000 $ pour un groupe de médecins (entre 6 et 30 médecins potentiellement regroupés dans un GMF) pour des discussions de cas (patients).On parle donc d\u2019une rémunération probable, sur une base annuelle, de quelques centaines ou de quelques milliers de dollars pour un médecin, maximum ! L\u2019IPS est rémunérée quand elle échange avec le médecin au sujet de dossiers de patients et il en est de même, à titre d\u2019exemple, pour un psychiatre quand il discute de dossiers de patients avec le médecin de famille traitant.Alors selon quelle logique le seul qui ne devrait pas être rémunéré dans de telles circonstances serait-il le médecin de famille ?Compensation Ensuite, une autre enveloppe unique de 30 000 $ par IPS est effectivement dévolue à un groupe de médecins de famille (GMF) pour payer les coûts logistiques associés à la présence de l\u2019IPS dans la clinique.Cette enveloppe sert notamment à couvrir les coûts suivants : location de bureau, rémunération du personnel de soutien, dont une secrétaire, ainsi que des équipements médicaux et de télécommunications.On parle donc d\u2019une compensation financière pour couvrir des frais que les médecins doivent assumer, et non d\u2019une quelconque rémunération.D\u2019ailleurs, lorsque les IPS travaillent en établissement ou en CLSC, le gouvernement doit assumer lui- même ces coûts (loyer, secrétaire, équipement médical et informatique), il n\u2019y a donc aucune dépense supplémentaire pour l\u2019État à ce niveau ! Enfin, nous sommes obligés d\u2019en arriver à la conclusion que l\u2019IRIS tombe dans la propagande en mélangeant rémunération médicale et remboursement de dépenses, en extrapolant sur de la rémunération encore virtuelle et surtout, en additionnant des montants hypothétiques sur une dizaine d\u2019années pour en arriver à des conclusions sensationnalistes avec de gros chiffres ! C\u2019est là que la supposée « étude » prend davantage la forme d\u2019un document de propagande à nos yeux.En terminant, la FMOQ tient à réitérer l\u2019importance de la collaboration interprofessionnelle, notamment entre médecins et infirmières.Nous croyons en ce partenariat essentiel pour nos patients.Nous trouvons cependant malheureux que des lobbys, extérieurs au milieu de la santé et mécon- naissants du fonctionnement réel des milieux de soins, tentent de saborder et de minimiser cette collaboration.Autisme et éducation Force est de constater qu\u2019il y a eu des progrès dans l\u2019intégration des élèves autistes.Dans les années 1980, bon nombre d\u2019entre eux n\u2019étaient même pas diagnostiqués.Je suppose qu\u2019on les percevait comme des enfants un peu étranges, ayant du mal à rester attentifs et n\u2019étant pas faits pour les études.Au pays, environ un enfant sur 66 a un diagnostic de trouble du spectre de l\u2019autisme (TSA).Mon fils Antoine en fait partie.Il termine présentement sa troisième année en classe ordinaire.Certains accommodements lui sont accordés : une accompagnatrice à ses côtés environ une heure par jour, plus de temps aux évaluations, etc.Il a de bonnes notes et s\u2019entend bien avec ses camarades.Ses parents sont très fiers de lui ! Depuis une quinzaine d\u2019années, mon métier de professeur m\u2019offre la chance de côtoyer de jeunes adultes autistes.Il y a eu Simon, un génie du calcul mental qui est devenu l\u2019un des participants les plus assidus de mon café philo.Et plus récemment Samuel, dont les dissertations étaient excellentes et qui vient souvent me piquer une jasette à mon bureau.Ce qui me frappe le plus chez ces étudiants \u2014 je pourrais multiplier les exemples \u2014 est leur intelligence et leur capacité à aborder les questions sous une perspective différente.Malgré leurs belles forces, les élèves autistes doivent souvent mettre plus de temps et d\u2019efforts pour en arriver au même point que les neurotypiques.Pour reprendre une image des spécialistes Brigitte Harrisson et Lise St- Charles, leur cerveau se compare à une boîte de transmission manuelle qui traite chaque bribe d\u2019information une à la fois, de manière consciente.Les journées d\u2019école sont donc très épuisantes pour eux, sans parler des devoirs.Peut-être que s\u2019ils avaient la liberté d\u2019aller à leur propre rythme et de bouger davantage, on sentirait moins le besoin de les médicamenter\u2026 Le TSA se caractérise aussi par des intérêts restreints.Pensons à la Suédoise Greta Thunberg (mon idole !), qui, du haut de ses 16 ans, consacre sa vie à la lutte contre les changements climatiques.Bien sûr, l\u2019école a pour rôle d\u2019élargir les horizons en transmettant une riche culture générale.Or, pourquoi ne pas laisser les élèves autistes tourner le regard vers ce qui les passionne lorsqu\u2019ils en ont envie ?Cela ne pourrait qu\u2019accroître leur motivation.Il faudrait consulter les personnes autistes pour savoir quelle serait l\u2019école idéale à leur avis.On ne le répétera jamais assez : la neurodiversité est une richesse ! Dany Lavigne, professeur de philosophie au cégep à Terrebonne Le 26 avril 2019 portages présentés au petit écran sur les inondations au Québec, et force est de constater que les scènes étaient parfois pour le moins saisissantes.J\u2019ai aussi pu constater à quel point les Québécois pouvaient faire preuve d\u2019une solidarité hors de l\u2019ordinaire envers les sinistrés dans ces circonstances tragiques.Toutefois, par-delà la qualité de ces reportages, je n\u2019ai pu m\u2019empêcher de remarquer la qualité des interventions de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.Bien que nous ayons déjà pu assister à certaines interventions de la part d\u2019autres ministres de la Sécurité publique dans des situations antérieures semblables, j\u2019ai été frappé par le calme et l\u2019aplomb de la ministre et, surtout, par le contact personnel qu\u2019elle a pu établir avec les sinistrés lorsqu\u2019elle leur prodiguait, à la manière d\u2019une « bonne mère de famille », ses conseils de prudence et de vigilance eu égard aux effets pervers de ces crues soudaines et dévastatrices.Bref, la ministre Guilbault a su manier la main de fer dans le gant de velours, à savoir concilier la crédibilité liée à ses fonctions de ministre de la Sécurité publique avec l\u2019empathie manifeste dont elle a fait preuve envers les sinistrés\u2026 Pour votre dévouement exemplaire envers ces milliers de personnes aux prises avec ces inondations déchaînées, merci, Madame la Ministre ! Henri Marineau Québec, le 22 avril 2019 IPS et rémunération des médecins : les faits LIBRE OPINION LETTRES FACEBOOK ET LA VIE PRIVÉE La passoire canadienne U ÉDITORIAL B 10 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu MANON CORNELLIER Merci, Madame la Ministre ! J\u2019ai suivi avec intérêt les divers re- B 11 IDÉES LEDEVOIR // LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Les juges « libéraux » La nomination de Michel Robert comme juge en chef de la Cour d\u2019appel du Québec par le gouvernement de Jean Chrétien en 2002 avait suscité des interrogations à bien des égards.Le juge Robert fut un libéral notoire, ayant servi comme président du Parti libéral du Canada lors du putsch contre John Turner qui permit à M.Chrétien d\u2019accéder à la tête du parti en 1990.Interrogé à propos de son passé politique lors de sa nomination au sommet de l\u2019appareil judiciaire québécois, le juge Robert répondit : « C\u2019est assez curieux, au Canada : si on est juge et qu\u2019on est impliqué dans un parti politique, c\u2019est considéré comme quelque chose de négatif.» L\u2019époque où une nomination à forte saveur partisane comme celle du juge Robert \u2014 dont personne, il faut l\u2019admettre, ne contestait les compétences \u2014 pourrait passer comme une lettre à la poste semble bien révolue.Le processus de nomination, auparavant opaque, a été revu et corrigé par le gouvernement de Stephen Harper avant que celui du premier ministre Justin Trudeau procède à sa propre réforme, afin de le rendre plus transparent et libre de toute considération politique.C\u2019est à tout le moins ce que les libéraux ont voulu nous faire croire.Rappelons qu\u2019en 2016, l\u2019ancienne ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould a mis en place des comités consultatifs dans chaque province afin d\u2019évaluer les candidatures ; les noms des membres des comités et les critères d\u2019évaluation des candidats à la magistrature sont depuis connus du public.Chaque comité est composé de sept membres, dont un représentant du barreau provincial, de l\u2019Association du Barreau canadien, du juge en chef de la province en question et du procureur général provincial.S\u2019ajoutent à eux trois représentants du grand public nommés par le gouvernement fédéral.Les qualités recherchées de la part des juges potentiels vont bien au-delà des compétences professionnelles et des aptitudes intellectuelles pour inclure des traits de caractère tels que l\u2019empathie et l\u2019humilité.Les noms des personnes recommandées sont acheminés au ministre de la Justice ; la décision finale de nommer ou de ne pas nommer quelqu\u2019un à la magistrature demeure la prérogative du premier ministre.Ce processus rigoureux n\u2019a pas pour objectif d\u2019empêcher que quelqu\u2019un ayant milité au sein d\u2019un parti politique devienne juge ; mais les Canadiens devraient avoir l\u2019assurance que toute nomination est basée sur critères précis qui n\u2019ont rien à voir avec des allégeances politiques.Or les Canadiens ont appris cette semaine que le bureau du premier ministre a ajouté une étape supplémentaire au processus de sélection, celle-là inconnue du public, qui consiste à vérifier si le nom d\u2019un candidat à la magistrature figure dans la banque de données privée du PLC.Cette banque de données, connue sous le nom de Libéraliste, recueille les informations sur les activités politiques passées et présentes des milliers de Canadiens ayant contribué ou milité au sein du PLC.Selon une enquête du Globe and Mail basée sur les données publiques d\u2019Élections Canada, pas moins de 25 % des 289 juges nommés ou promus au Canada depuis 2016 ont fait des dons au PLC pour une somme totalisant près de 322 000 $.Seulement 6 % des autres juges nommés ou promus ont donné à l\u2019un des autres partis politiques fédéraux.Si les nominations juridiques sont faites indépendamment de toute considération politique, comme ont insisté cette semaine les porte-parole de M.Trudeau et du ministre de la Justice David Lametti, à quoi sert cette étape supplémentaire et pourquoi l\u2019avait-on cachée au public ?Selon l\u2019explication fournie par le gouvernement et ses défenseurs, le bureau du premier ministre cherche simplement à éviter des surprises.En se servant de la banque de données du parti pour examiner le passé politique des candidats à la magistrature, les libéraux chercheraient à écarter les noms des personnes qui pourraient être accusées d\u2019être trop partisanes.Le député néodémocrate Alexandre Boulerice a qualifié cette explication d\u2019excuse « plantée a posteriori ».À tout le moins, elle est insuffisante.Le pourcentage relativement élevé des personnes nommées à la magistrature par le gouvernement Trudeau ayant contribué au PLC donne l\u2019impression que les allégeances politiques figurent bel et bien dans les considérations prises en compte par le bureau du premier ministre.Si le gouvernement Trudeau voulait véritablement que le processus de sélection soit libre de toute perception d\u2019influence politique, il ne consulterait pas une banque de données créée à des fins électoralistes avant de nommer quelqu\u2019un juge.Et s\u2019il veut que le processus soit dorénavant crédible, il doit renoncer à cette étape.Or, il n\u2019a fait rien de la sorte cette semaine.Voilà que les libéraux n\u2019essaient même plus de faire semblant de gouverner différemment.KONRAD YAKABUSKI Texte collectif * À travers nos médias, nous sommes témoins de récits qui nous bouleversent, qui crient que ça doit changer.La détresse psychologique, le mal de vivre, les troubles d\u2019attention et de comportement et l\u2019anxiété tout particulièrement entrent dans ce grand concept de santé mentale chez nos jeunes.Aujourd\u2019hui, l\u2019anxiété et ses diverses manifestations touchent près de 20 % des jeunes de tout âge, et c\u2019est encore plus élevé en milieu de grande vulnérabilité.Notre clientèle en pédiatrie sociale en communauté est surreprésen- tée dans cette catégorie.Ces histoires font partie de notre quotidien comme pédiatres, médecins de famille, pédop- sychiatres et autres intervenants, avec leurs lots d\u2019émotions et de grandes douleurs.« Ch\u2019t\u2019une pas bonne\u2026 J\u2019aimerais mieux disparaître.Personne ne m\u2019aime.» Celle qui a dit ça n\u2019a pas 15 ans et n\u2019est pas juste dans une « mauvaise passe ».Élisa aura 8 ans dans un mois et c\u2019est l\u2019histoire de sa vie.Elle habite un quartier défavorisé de Montréal, avec son frère et son père qui en arrache pour joindre les deux bouts, à coups de jobines aléatoires.Pas grand-monde autour, filet de sécurité sociale criblé de trous, quotidien non enviable et environnement plutôt hostile et menaçant : tout pour nuire à son développement.Tout pour vouloir disparaître.Dans la case « absences » de son dernier bulletin scolaire, le chiffre dépasse de loin la dizaine.Elle connaît le bureau de la psycho-éducatrice mieux que sa propre classe.Vous pourriez croiser Élisa, mais elle ne retiendrait pas votre attention.En fait, elle n\u2019a retenu l\u2019attention de personne si ce n\u2019est pour gérer ses crises, tant bien que mal, dans ses grands moments d\u2019angoisse.Elle se fait oublier et se laisse disparaître petit à petit.Des jeunes comme elle, nous en voyons tous les jours dans les centres de pédiatrie sociale du Québec.Des enfants qui tombent « entre deux chaises », et qui ont des enjeux majeurs de santé mentale\u2026 comme leurs parents, bien souvent.Heureusement, nous avons accès à Élisa grâce à nos liens avec le milieu, avec le personnel dévoué des écoles et des milieux de garde, avec les intervenants engagés des organismes communautaires, des centres jeunesse et des CLSC, ainsi qu\u2019avec le voisinage.Élisa se confie à nous ; elle nous fait confiance.Parce que nous sommes tout près, à un coin de rue de son école, et qu\u2019elle sait qu\u2019en tout temps, elle peut pousser notre porte et venir vider son cœur en mangeant un gruau.Elle, comme tous ces jeunes, a le droit d\u2019être aidée, accompagnée, aimée et soignée.Et idéalement, directement dans son milieu.C\u2019est notre devoir de nous assurer que ses droits sont respectés ; c\u2019est notre mandat de dénoncer ces situations intenables sur plan humain et d\u2019agir en conséquence.Cinq piliers Alors, parlons solutions en nous appuyant sur cinq grands piliers.D\u2019abord, la prévention : en protégeant les enfants, dès leur naissance \u2014 et même avant \u2014 de situations anxio- SANTÉ MENTALE Quand nos enfants ont le mal de vivre Il est très difficile pour un spécialiste en santé mentale d\u2019obtenir, en une seule rencontre, un portrait clair, réaliste et conforme d\u2019une situation aussi complexe que celle d\u2019Élisa.Afin de réussir notre mandat, il nous semble essentiel d\u2019augmenter d\u2019abord la présence « terrain ».Samir Saul Professeur d\u2019histoire à l\u2019Université de Montréal, et chercheur au CERIUM Le Moyen-Orient a été l\u2019épicentre des conflits mondiaux depuis si longtemps qu\u2019on peine à se rappeler une phase de paix.Un tour d\u2019horizon sur son état renvoie un constat peu rassurant pour l\u2019avenir.Les conditions changent, mais les mêmes opérateurs sont à la ma- nœuvre.Multiples et enchevêtrés, les litiges donnent lieu à des combinaisons d\u2019acteurs qui varient selon l\u2019enjeu.La période actuelle est celle des réali- gnements et des repositionnements stratégiques.Dictés par les circonstances, ils ne laissent pas envisager des temps heureux pour les peuples de la région ou pour le monde.Nouvelle configuration en Syrie Cette guerre qui remonte à 2011 devrait être terminée sur le plan militaire.L\u2019expulsion des bandes djihadistes de la Ghouta par l\u2019armée syrienne au début de 2018 pointait vers la reprise d\u2019Id- lib, puis de l\u2019Est syrien, donc la fin des hostilités.Que cela ne soit pas encore acquis met en lumière les facteurs internationaux qui conditionnent la guerre en Syrie.Idlib est une sorte de dépotoir où ont été transférés des djihadistes vaincus ailleurs.Ils sont environ 30 000, dominés par al-Qaïda.Une offensive russo- syrienne pour récupérer Idlib semble imminente en septembre 2018, mais elle est différée en raison de l\u2019opposition de la Turquie, qui seconde en sous- main les milices djihadistes.La Russie ménage la Turquie afin de l\u2019éloigner de l\u2019OTAN, tandis que la Turquie manifeste sa mauvaise humeur vis-à-vis des États-Unis, parrains des Kurdes et auteurs présumés du putsch raté anti-Er- dogan de 2016.En fait, Ankara pratique un opportunisme sans fard ou subtilité entre Moscou et Washington pour se maintenir en Syrie.La mainmise sur la Syrie par l\u2019intermédiaire des djihadistes ayant échoué, États-Unis, Israël, France et Grande- Bretagne s\u2019affairent maintenant à empêcher le rétablissement de la paix.La non- paix est la forme nouvelle de cette guerre.Des forces américaines d\u2019occupation privent la Syrie de ses territoires orientaux disposant du pétrole dont le pays a besoin pour sa reconstruction.Quant à la Turquie, elle vise à occuper le Nord et le Nord-Est, profitant du lâchage des Kurdes par les États-Unis.Prenant la suite de Daech [le groupe État islamique, NDLR], puis des Kurdes, une occupation turque constitue un levier de démembrement de la Syrie.Trump y a acquiescé, tout comme il a approuvé la volonté d\u2019Israël d\u2019annexer le Golan syrien.Les États-Unis tentent aussi d\u2019entraver le retour des réfugiés syriens et de déstabiliser le Liban.De la guerre par procuration, déclenchée en 2011, pour changer le régime et s\u2019emparer de la Syrie, on passe à l\u2019asphyxie économique et au dépècement du pays.Alliances et contre-alliances Après la guerre hybride confiée à des supplétifs djihadistes, les États-Unis reviennent à la guerre classique menée par les armées régulières des États.La cible de l\u2019heure est l\u2019Iran, Trump se faisant l\u2019écho du bellicisme israélien.Comme partout, il cherche à refiler les risques et les coûts à des sous-traitants.L\u2019encadrement des Kurdes est proposé à la France.Remonte à la surface le serpent de mer, oublié depuis les années Bush, d\u2019une « OTAN arabe» qui réunirait Israël et des pays arabes alignés sur les États-Unis dans une alliance militaire anti-iranienne.Afin d\u2019atténuer l\u2019infamie pour les Arabes d\u2019une collaboration avec Israël, il faut solder la question israélo-palesti- nienne, combustible qui a mis le feu au Moyen-Orient et qui entretient l\u2019incendie.D\u2019où la préparation entre Américains et Israéliens de ce «marché du siècle » dont on prévoit qu\u2019il avalisera les ambitions israéliennes, piétinant encore plus les droits des Palestiniens et éternisant leur mise sous tutelle.Toujours est- il qu\u2019avec l\u2019incongru attelage israélo- arabe s\u2019esquisse une alliance à la finalité guerrière rappelant le Pacte de Bagdad, fruit de l\u2019époque de la guerre froide.Le « modèle » semble être l\u2019agression contre le Yémen, confiée à une coalition régionale, avec soutien occidental.En face, les adversaires et les cibles des États-Unis ne sont pas inactifs.Fin 2016, Russie, Iran et Turquie engagent un partenariat pour le règlement de la crise syrienne dans le cadre du processus d\u2019Astana.Groupe de pacification, plutôt que coalition de guerre, il n\u2019est pas exempt de divergences, les positions russe et iranienne n\u2019étant pas identiques et la Turquie jouant sur tous les tableaux.L\u2019affaire Khashoggi témoigne de l\u2019inimitié turco-saoudienne.Sous-système, un tandem Turquie- Qatar est constitué à la suite des menaces saoudiennes contre le Qatar.On retrouve ce duo en Libye avec l\u2019Italie au côté du pouvoir de Tripoli, face à Kha- lifa Haftar, appuyé par les Émirats, l\u2019Arabie saoudite, l\u2019Égypte, la Russie, les États-Unis et la France.Structurée autour d\u2019une montée des tensions avec l\u2019Iran, la morphologie actuelle du Moyen-Orient est basée sur une intrication d\u2019alliances liées aux divers conflits.Les États-Unis délèguent et sous-traitent afin que le désordre se perpétue.Sans oublier une guerre que lancerait Israël contre l\u2019Hezbollah et le Liban\u2026 MOYEN-ORIENT Guerres sans fin et jeu des alliances gènes et nuisibles à leur développement, nous assurons déjà une base de prévention en santé mentale.Il faut offrir aux jeunes un équilibre de vie (moins d\u2019écrans, plus d\u2019activités sportives et parascolaires) et un accès aux outils d\u2019apprentissages et de développement optimal.Ensuite, le dépistage permet de reconnaître rapidement les jeunes en difficulté, de les entendre et de les aider du mieux possible.C\u2019est un filet de sécurité partagé, impliquant une communauté mobilisée, afin d\u2019orienter ces enfants à risque vers un endroit qui a les moyens d\u2019intervenir.Parce qu\u2019on dépiste pour agir.Le soutien et l\u2019accompagnement consistent à être à l\u2019écoute des souffrances et des besoins de l\u2019enfant et de sa famille, à offrir l\u2019aide d\u2019une équipe capable de formuler un diagnostic, à développer avec eux un plan d\u2019action efficace et à offrir une continuité de soutien dans cette trajectoire vers la résilience, la santé globale et le développement harmonieux.Les thérapies adaptées permettent d\u2019aller plus loin en matière de diagnostic.Psychiatres, psychologues, neurop- sychologues et autres consultants constituent les 3e et 4e lignes, et doivent être accessibles en ultime recours.Un accès facilité à cette expertise a une valeur ajoutée inestimable, mais n\u2019est pas magique et ne redonnera pas, à lui seul, le goût de vivre à Élisa.Il est très difficile pour un spécialiste en santé mentale d\u2019obtenir, en une seule rencontre, un portrait clair, réaliste et conforme d\u2019une situation aussi complexe que celle d\u2019Élisa.Afin de réussir notre mandat, il nous semble essentiel d\u2019augmenter d\u2019abord la présence « terrain », à proximité des jeunes et de leurs familles, que ce soit en CLSC, en milieu scolaire, en centres jeunesse ou en centres de pédiatrie sociale en communauté.Améliorer tous ensemble l\u2019accessibilité à cette proximité de soins est déjà gage de réussite.Elle ne nous donnera pas nécessairement un diagnostic définitif pour Élisa, mais elle contribuera à mettre en place progressivement et durablement des moyens adaptés pour mieux prévenir et mieux guérir sur une trajectoire de résilience.Ainsi Élisa ne sera plus seule avec sa lourde peine, elle se sentira entourée, valorisée dans certains domaines et elle ne voudra surtout plus disparaître.C\u2019est avec le sourire qu\u2019elle viendra manger son gruau\u2026 * Ce texte est cosigné par une quinzaine de professionnels de la santé œuvrant auprès des enfants et en santé mentale, dont la liste peut être consultée sur nos plate- formes numériques.Les Canadiens ont appris cette semaine que le bureau du premier ministre a ajouté une étape supplémentaire au processus de sélection, celle- là inconnue du public, qui consiste à vérifier si le nom d\u2019un candidat à la magistrature figure dans la banque de données privée du PLC B 12 LE DEVOIR DE PHILO LEDEVOIR // LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2019 R E G R O U P E M E N T I M M O B I L I E R LANAUDIÈRE 1,645,000 $ Charlotte MICHAUD cmichaud@sutton.com 514.894.0866 10h à 22h groupe sutton-immobilia inc.Agence immobilière 514.272.1010 Depuis 31 ans VISI TE LIB RE DIM ANC HE 28 AVR IL 14H À 1 6H L\u2019AUTHENTIQUE PERLE RARE OUTREMONTAISE ! 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985- p : # 125 542 47 VE ROCKLAND de 5141 .c.TERRAIN dzimmermann@lede om c .oir v Deux fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie et d\u2019histoire des idées le défi de décrypter une question d\u2019actualité à partir des thèses d\u2019un penseur marquant.André Baril Enseignant en philosophie au collégial et éditeur à la retraite Humaniser la mondialisation grâce au dialogue Pour Jacques Poulain, la neutralisation du jugement et de la politique est le problème philosophique de notre temps En effet, en proclamant l\u2019égalité des opinions, l\u2019humain se croit libre, mais il se neutralise lui-même, car il abandonne le jugement de vérité ou de fausseté qu\u2019il doit pourtant porter sur le monde pour être en mesure de le partager.Où est l\u2019erreur ?Ce n\u2019est pas l\u2019expression d\u2019une pensée qui rend le monde proprement humain, mais le partage d\u2019un monde commun.Cet échec du libéralisme à promouvoir le partage du monde est évidemment exacerbé par la manière dont on a cru pouvoir réguler les besoins et les désirs sur le modèle des échanges économiques.Dans l\u2019économie de marché, on croit pouvoir fonder le bonheur de tous sur la plus grande liberté possible, la loi de l\u2019offre et de la demande, autrement dit sur le moins d\u2019intervention politique possible.Le dialogue interculturel Vous l\u2019aurez compris, cette neutralisation du jugement et de la politique est devenue le problème philosophique de notre temps.Toutes et tous, nous avons oublié ce qui rend possible notre existence humaine : nous accédons toujours au monde par l\u2019entremise d\u2019une médiation.En redécouvrant la manière dont l\u2019humain accède à l\u2019expérience du monde, il devient possible d\u2019entrevoir l\u2019aspect positif de la mondialisation : selon Poulain, elle « contraint les partenaires sociaux à produire un monde public ».À cet égard, les enceintes privatisées aux États-Unis sont aussi inacceptables que la manière dont on traite les femmes dans certains pays.Bien que la mondialisation nous inflige un douloureux vertige, elle nous conduit à élargir l\u2019espace public de notre propre culture nationale.Les débats portant sur la laïcité de l\u2019État, sur la formation philosophique des citoyens, ou encore sur l\u2019aménagement et la protection de l\u2019environnement, prennent alors tout leur sens.Pour la laïcité, le débat ne doit pas seulement porter sur les droits individuels hérités de la modernité, mais aussi sur la manière dont nous pourrons politiquement promouvoir les nouveaux rôles sociaux de la personne.L\u2019exercice et le partage du jugement, cela commence évidemment à l\u2019école.Dans le dernier chapitre de son essai, Poulain ne fait pas l\u2019erreur de condamner les cultures ni de diaboliser la mondialisation.Il a plutôt des suggestions pour celles et ceux qui voudraient participer au dialogue interculturel (ou transculturel).D\u2019emblée, il nous prévient : il ne suffira pas de vouloir respecter chaque culture pour amorcer ce dialogue et le mener à terme.Sur ce point, le philosophe est très clair : « [\u2026] la compréhension réciproque qui vise à produire un dialogue interculturel uniquement préoccupé de surmonter leurs antagonismes actuels en obligeant chacun à respecter formellement leur pure et simple existence constitue la pire injustice qu\u2019elles puissent subir puisqu\u2019en les considérant à partir de cette perspective morale, on leur ôte d\u2019avance la possibilité d\u2019être une forme de bonheur et de vérité pour tous, une forme de vie universelle.» Qu\u2019est-ce à dire ?Puisqu\u2019il sera désormais impossible de nous élever plus haut que là où l\u2019expérience quotidienne de la communication peut nous mener, le dialogue entre les cultures consistera à « juger ces cultures en jugeant du rapport d\u2019harmonisation de leurs mondes avec le monde commun à toutes les cultures », comme nous l\u2019explique finalement Jacques Poulain.Autrement dit, le service à rendre à chaque culture, c\u2019est de reconnaître non pas son particularisme, mais sa capacité à porter chaque être humain vers l\u2019universel.Il faut donc éprouver nos cultures de l\u2019intérieur, rejeter ce qui ne va pas et partager ce qu\u2019elles ont de meilleur à donner du point de vue des libertés « universalisables ».Participer à un tel dialogue interculturel, tel est le défi philosophique de notre temps.À Pour proposer un texte ou pour faire des commentaires, écrivez à Robert Dutrisac : rdutrisac@ ledevoir.com.Le philosophe français Jacques Poulain (né en 1942) a publié en 2017 Peut-on guérir de la mondialisation ?aux Éditions Hermann.ILLUSTRATION TIFFET André Baril l\u2019évidence, la mondialisation a plombé la démocratisation amorcée dans les années 1960 et provoqué une crise généralisée de légitimité envers les autorités politiques, une perte de confiance mutuelle entre les dirigeants et même au sein des populations.Que s\u2019est-il donc passé de si bouleversant au cours des dernières décennies ?Pour répondre à cette question, je vous propose de suivre la réflexion critique du philosophe français Jacques Poulain.Dans les années 1970, j\u2019ai eu la chance de suivre les cours de Jacques Poulain lorsqu\u2019il était professeur à l\u2019Université de Montréal.Au tournant des années 1990, il se retrouve en France, anime le Collège international de philosophie et devient le titulaire de la Chaire UNESCO de philosophie de la culture et des institutions.Ces dernières années, il a participé au dialogue transculturel en compagnie notamment du philosophe tunisien Fathi Triki.C\u2019est le résultat de ses observations politiques qu\u2019il vient de rassembler dans son dernier ouvrage, Peut-on guérir de la mondialisation ?(Éditions Hermann, 2017).La question des médiations Avant de nous hisser à la hauteur des échanges mondialisés, il faut retrouver la manière dont les humains ont réussi à exister non seulement comme espèce mais aussi comme êtres de liberté et de vérité.Arrêtons-nous quelques instants pour observer les premières années d\u2019un enfant.Dès les premiers mois de sa vie, par son babil puis par la sélection des sons de la langue maternelle, le nourrisson va connecter ses expériences sensibles et motrices à sa propre insertion dans la vie des signes.Énigme, miracle ou simple bricolage ?Peu importe.Ce qu\u2019il faut surtout ici retenir, comme Jacques Poulain l\u2019a bien montré dans ses ouvrages, c\u2019est que l\u2019enfant n\u2019entrera pas directement dans le monde par les sens ou par l\u2019action, mais qu\u2019il y parviendra par l\u2019entremise de la langue de sa communauté et en apprenant petit à petit à jouer ses rôles sociaux d\u2019auditeur et d\u2019interlocuteur.Cette connexion des activités sensorimotrices aux circuits audio-phoniques peut seule rendre compte de notre présence singulière dans le monde.La pensée ne se ré duit pas à la conscience immédiate.De même, la pensée n\u2019émane pas d\u2019un cerveau isolé.Elle prend plutôt sa source dans un dialogue qui servira non pas tant à exprimer des besoins qu\u2019à dresser un plan ou un dessin sur lequel la vie, les actions et l\u2019environnement naturel pourront apparaître devant nous.Or, cette entrée de l\u2019enfant dans la vie sociale fut vécue pendant des millénaires à l\u2019intérieur de petites communautés et généralement avec le secours des dieux.Pour les générations précédentes, la prise de parole arrivait après l\u2019écoute d\u2019une autre parole, codée, voire ritualisée.Aujourd\u2019hui, ce monde ne tient plus.Pourquoi ?Depuis la seconde moitié du XXe siècle, les expérimentations de la nature, de soi-même ou avec autrui ont été reliées à l\u2019expérience la plus libre et la plus vaste que nous puissions tenter sur nous-mêmes : la communication à l\u2019échelle planétaire.Du coup, les contraintes inutiles contenues dans les religions et même dans les communautés nationales sont devenues injustifiées, voire risibles.La mondialisation nous inflige une douloureuse remise en question des identités ou des héritages.Les mirages de l\u2019ordre libéral Prenons maintenant un peu (et même beaucoup) de hauteur.Comment assurer une entente entre les peuples dans le contexte de la mondialisation ?En découvrant l\u2019immense liberté disponible dans l\u2019expérience de communication, nous avons cru pouvoir accéder directement à l\u2019authenticité de notre pensée du seul fait de l\u2019exprimer.Cru qu\u2019il suffisait de dire sa croyance pour être dans le vrai.Certes, le droit protège la liberté d\u2019expression, mais il ne peut garantir d\u2019avance la véracité de ce qui sera exprimé.C\u2019est seulement dans la discussion et dans l\u2019action que nous saurons si tel contenu ou tel rituel s\u2019avère valide ou « universalisable ».Nous avons cru en même temps que la communication avait une finalité, qu\u2019il suffisait de communiquer pour réussir à nous entendre.Mais non, aucune éthique ne nous dispense de penser (pensare : peser, juger).Double erreur, donc, dont les répercussions négatives, voire autodestructrices, seront innombrables: «crise de légitimité», «incertitude», «vol de la plus-value», «individualisme forcené », « paupérisation », «primitivisation», «totémisme», «déferlante capitaliste ».Jacques Poulain n\u2019en oublie aucune.Que s\u2019est-il donc passé ?Au cours des dernières décennies, nous avons découvert l\u2019expérience de liberté accessible dans le jugement : la liberté de dire oui ou non à notre interlocuteur.C\u2019est cette liberté de mettre fin à n\u2019importe quelle entente, incarnée notamment par les discours de Donald Trump, qui éclate aujourd\u2019hui au grand jour.Toute personne a désormais le droit à ses opinions et à sa dissidence, d\u2019autant que cette liberté la confortera dans sa conviction d\u2019être sur le droit chemin, aussi bien moral que politique, car « le droit d\u2019avoir des opinions divergentes agit comme preuve par neuf de notre esprit démocratique », précise Jacques Poulain.Évidemment, cette philosophie des libertés utiles au maintien de l\u2019ordre établi nous conduit toutes et tous dans une impasse.Les injustices prolifèrent, mais la société libérale ne peut intervenir.Elle n\u2019ira pas plus loin que le respect des diversités, car comme l\u2019écrit encore le philosophe : « C\u2019est cette multiplicité égalitaire des opinions qui vient racheter et faire oublier l\u2019unilatéralité masquée du contrat de travail.» Ainsi, le rapport de force entre le capital et le travail est occulté par l\u2019expansion même des opinions ou des convictions. LEDEVOIR // LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 AVRIL 2019 B 13 PETITES ANNONCES R E G R O U P E M E N T I M M O B I L I E R realta.ca | 514 789 2889 courtier immobilier agréé ÉQUIPE FRANÇOIS BISSONNETTE J\u2019ai fondé REALTA en janvier 2008 sur une promesse : faire du courtage immobilier de façon différente, résolument moderne.Pour nos clients.En faisant de la satisfaction de leurs exigences notre raison d\u2019être.C\u2019est notre image de marque et le fondement de notre succès.C\u2019est une question de valeurs.V I S I T E S L I B R E S d i m a n c h e 1 4 h à 1 6 h S U R R E N D E Z - V O U S c o n t a c t e z - n o u s ! À L O U E R à v o i r ! Sacré-Cœur 66 Pointe-à-Gagnon 7 775 000 $ Unique de par sa conception, avec ses magni?ques vitraux en verre ancien, ses cinq foyers, ses murs de pierre et de bois de pays et ses plafonds cathédrale, la maison est en accord absolu avec la nature environnante.NO UVE AU TÉ ! 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