Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Le D Magazine
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (3)

Références

Le devoir, 2019-04-20, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 Lire Delphine de Vigan dit merci à la vie Vivre Émouvante Gaspésie hors saison Art contemporain Papier s\u2019ouvre à la toile L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 Papier 19 Il y aura de la peinture à la foire des galeristes en art contemporain.Théâtre Odile Tremblay Les flâneuses Arts visuels Cinéma Danse Musique Écrans et grilles télé C U L T U R E V I V R E L I R E 6 5 7 10 19 18 35 8 4 24 30 26 42 44 46 48 50 51 53 54 Entrevue Delphine de Vigan dit merci à la vie dans un roman sur la fin de celle-ci.May Telmissany Fiction Grand angle Critique Louis Cornellier Critique Voyage Cap sur les Territoires du Nord-Ouest à la découverte de la vie nordique.Escapade Resto Santé Société Bière Vin Jeux SOMMAIRE 28 33 34 25 Photo de la une du D : Source Papier 19 Photo de la une Lire : Nemo Perier Stefanovich C U L T U R E Des mots qui sonnent Parmi les mots qui vont retentir, il y aura ceux que Marjolaine Beauchamp a publiés sur Facebook en février dernier à propos du besoin maniaque, notamment dans notre système d\u2019éducation, de «faire fitter un carré dans un cercle, jusqu\u2019à l\u2019enfermement».On entendra aussi le vibrant appel à la poésie de David Gou- dreault: «Qu\u2019on en parle, qu\u2019on en jase, qu\u2019on en beurre sur nos toasts, que l\u2019on deale du quatrain à la livre, que les poètes ne soient plus abandonnés, seuls et vulnérables dans les salons du livre.» Sans oublier l\u2019essentielle «colère tranquille» de Joséphine Bacon: «Ma douleur ne se raconte pas / Ma bataille succombe / Je vais au bout de la nuit / Pour trouver la meilleure version de moi / M\u2019atteindre / Ou je me conte.» « On fait une sacrée bonne équipe ! » reconnaissent en chœur Loui Mauffette et Benoit Landry.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR | 3 T h é ât r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 ÉPREUVE DE RÉVISION Épreuve no 3 Vérifiez vos hypothèses en consultant le corrigé détaillé dans la section Jeux.ée par sent é e pr euv ne épr U ENTREVUE CHRISTIAN SAINT-PIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR C\u2019est un paratonnerre », lance Loui Mauffette à propos de Benoit Landr y, son complice, celui avec qui il signe la mise en scène de Chansons pour filles et garçons perdus.Non seulement le comédien, chanteur, musicien et metteur en scène \u2014 qui vient tout juste de diriger la nouvelle création du Cirque Éloize consacrée à l\u2019univers musical de Serge Fiori \u2014 serait apte à encaisser les foudres de Mauf fette, un homme de 61 ans qui se définit comme « un enfant qu\u2019on aurait oublié dans un centre d\u2019achats », il serait même capable de les relativiser, de les traduire, et finalement de les transformer en rayons de soleil.« On fait une sacrée bonne équipe ! » reconnaissent-ils en chœur.Après Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent (de 2006 à 2016), Dans les charbons (2009) et Est-ce qu\u2019on pourrait pleurer un tout petit peu ?(2012), Loui Mauffette est de retour avec une nouvelle « stonerie poétique», un savant assemblage de prose, de poésie, de danse et de musique qui viendra clore les célébrations du 50e anniversaire du Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui avant de s\u2019installer à la Place des Arts pour une dizaine de représentations.« Ce nouveau spectacle ressemble beaucoup aux autres, précise Landry, il appartient sans nul doute à la même famille.Il est populaire, dans le sens le plus noble du terme, rassembleur, humain, et porté par un amour des mots.Ce qui le distingue, c\u2019est le contenu, 100% québécois, et le nombre de chansons, plus important que jamais.» On parle d\u2019une quinzaine de pièces, des années 1970 à aujourd\u2019hui, de Félix Leclerc à Lisa LeBlanc, en passant par Dédé Fortin, Chantal Beaupré, Clémence DesRochers, Pierre Flynn et Leonard Cohen.Autant de morceaux qui ont bénéficié du talent de Guido Del Fabbro, directeur musical de l\u2019aventure.«C\u2019est plus exigeant, avoue Mauf- fette en parlant de ce nouvel opus.Dieu sait qu\u2019il y avait beaucoup de travail dans les spectacles précédents, mais celui-ci nécessite encore plus de boulot à cause de la diversité des textures poétiques, la multitude de tons, de styles, de couleurs et d\u2019énergies avec lesquelles ont doit composer.» De Michel Garneau à Rose Eli- ceir y, de Claude Gauvreau à Jean- Christophe Réhel, de Marie Uguay à Jean-Paul Daoust, de Stéphanie Roussel à Evelyne de la Chenelière, on passe sans cesse d\u2019un monde à un autre, poursuit-il.« Il faut que ça se fasse naturellement, qu\u2019il y ait un lien, un fil entre les univers, et ce, sans que ça devienne linéaire, ou encore ésotérique.C\u2019est pourquoi on révise constamment l\u2019ordre des numéros.Chaque fois, on pense que ça y est, puis quelque chose coince.» Un casse-tête qui risque fort de les occuper jusqu\u2019au jour de la première, estime Benoit Landry : « Il y aura certainement des gens pour nous reprocher l\u2019absence d\u2019un texte ou la présence d\u2019un autre, mais notre souci principal, c\u2019est le spectacle dans sa totalité, sa progression.Il ne s\u2019agit pas d\u2019une encyclopédie, pas plus que d\u2019une anthologie, c\u2019est une mosaïque dont chaque fragment joue un rôle dans l\u2019ensemble.» Aux yeux de Mauffette, le spectacle est « impressionniste », c\u2019est « un rond-point de paroles» composé de quelques « gros morceaux », des pièces de résistance entre lesquelles se déposent «plusieurs petites pluies fines» tout aussi essentielles.Pour donner vie à cette fresque, on a réuni dans un grand carré de sable, un « terrain de jeu », des interprètes aux multiples talents dont plusieurs sont des habitués de la méthode Mauffette, des membres de ce qu\u2019on pourrait appeler la garde rapprochée : Nathalie Breuer, Kathleen Fortin, Émilie Gilber t, Roger La Rue, Pierre Lebeau, Jean-Simon Leduc, Gabriel Lemire, Macha Limonchik, Mylène Mackay, Catherine Paquin Béchard, Jean-Philippe Perras, Adèle Reinhardt et Marie-Jo Thério.Poésie, amour et politique Pour Mauffette, ce spectacle représente bien entendu une nouvelle occasion d\u2019investir le monde de l\u2019enfance, à commencer par la sienne, d\u2019en évoquer les bénédictions et les chagrins, d\u2019en revisiter les joies et les peines : « Le retour à l\u2019enfance, c\u2019est un thème qui me poursuit.Il s\u2019agit de se souvenir d\u2019où l\u2019on vient, d\u2019aller voir ce qu\u2019on a mis au congélateur, ce qu\u2019on a cherché à oublier, à nier.Mais plus on vieillit, plus l\u2019enfance remonte, plus elle nous rattrape.Après avoir perdu ma mère, mon frère et ma sœur, en trois étés de suite, je peux vous dire que la mort est tout le temps là.J\u2019essaie de m\u2019en faire une amie, d\u2019apprivoiser son mystère.Sur scène, je l\u2019aborde à ma façon, jamais de manière glauque, mais toujours honnêtement, poétiquement.» Ainsi, on entendra les mots de son défunt père, Guy Mauffette, comédien, poète et animateur de radio : «Mon enfance est un petit cheval galopant / silencieux immobile entre les parois / de cire de l\u2019abat-jour / Mon enfance est un petit cheval de neige / sous le soleil des juillet des mi-août / Petit cheval funèbre attelé à des vitres / à des rideaux sans nom.» Cette nouvelle création est aussi pour Mauffette la chance de donner à son travail une tournure un brin plus politique.« Je ne suis pas dans la revendication, reconnaît-il.Pas plus que dans la dénonciation.Je ne l\u2019ai jamais été.Je suis plutôt romantique.Si bien que j\u2019ai parfois l\u2019impression d\u2019être en décalage, d\u2019échapper à un courant.Cela dit, je me rends de plus en plus compte que ça ne m\u2019empêche pas d\u2019être engagé socialement.Je considère que plusieurs des textes que j\u2019ai retenus cette fois ont une grande portée politique.» Amour et politique sont loin d\u2019être ir réconcil iables, est ime Benoit Landr y : « C\u2019est un sujet dont on parle assez peu au théâtre par les temps qui courent.À mon avis, créer un spectacle où l\u2019amour occupe une place prépondérante, en 2019, c\u2019est en soi un geste politique.» Chansons pour filles et garçons perdus Idée originale, direction artistique et mise en scène: Loui Mauffette.Mise en scène: Benoit Landry.Direction musicale : Guido Del Fabbro.Une coproduction du Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui et de la PdA.Au CTDA du 23 avril au 4 mai et à la Cinquième Salle du 9 au 19 mai.Benoit Landry et Loui Mauffette, deux garçons perdus qui se sont trouvés Ils célèbrent 50 ans de culture québécoise en prose, en poésie, en danse et en musique « L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e T h é ât r e 4 | tnm.qc.ca JULES ROMAINS DANIEL BRIÈRE SYLVIE DRAPEAU ANGELA KONRAD ANTON TCHEKHOV RENÉ RICHARD CYR FANNY BRITT ET ALEXIA BÜRGER LORRAINE PINTAL RÉJEAN DUCHARME LORRAINE PINTAL MICHEL TREMBLAY ET ANDRÉ GAGNON NORMAND CHOUINARD GRAND PARTENAIRE ENTREVUE CROISÉE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR our clore en beauté le Cycle scandinave du Théâtre de l\u2019Op- sis, qui aura surtout exploré des auteurs contemporains depuis 2015, Luce Pelletier avait choisi l\u2019un de ses dramaturges fondateurs, August Strindberg.La proposition a d\u2019abord fait sursauter la directrice d\u2019Espace Go, où la compagnie est locataire.Le misogyne monté à l\u2019ancien Théâtre expérimental des femmes ?« Pas en 2019, ça ne se peut plus », avait décrété Ginette Noiseux.La metteure en scène a poursuivi sa réflexion jusqu\u2019à ar river avec l\u2019idée d\u2019of frir la possibilité aux femmes de l\u2019écrivain suédois de répondre à ses lettres, par le truchement de la plume de neuf auteures québécoises.Une option qui a immédiatement plu à Ginette Noiseux.Au final, le projet aura mené Luce Pelletier plus loin que prévu, la forçant à se replonger dans toute l\u2019œu- vre de Strindberg, à revoir son parcours pas banal.L\u2019un des pères du théâtre moderne, précurseur de l\u2019expressionnisme, le grand auteur de Mademoiselle Julie était « un être humain assez exécrable.À sa décharge, c\u2019était au tout début où la femme Regard féminin sur un misogyne Le Théâtre de l\u2019Opsis offre à des auteures l\u2019occasion de répondre aux lettres sexistes de Strindberg s\u2019émancipait, commençait à travailler.Il ne savait vraiment pas comment vivre avec ça».« Je n\u2019ai pas vu un seul mariage où l\u2019homme n\u2019était pas dupé, soumis, avili par la femme », écrit-il notamment en deuxième préface à son recueil Mariés ! (1884-1886).I l aura pour tant épousé trois femmes intelligentes, des artistes.« Et chaque fois qu\u2019il les a rencontrées, il était dans la rue, sans le sou, raconte Luce Pelletier.Elles l\u2019ont recueilli, rebâti.Il mariait des femmes indépendantes et une fois qu\u2019il était La metteure en scène Luce Pelletier et les auteures Jennifer Tremblay et Suzanne Lebeau MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR P | 5 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 Pour le concert célébrant son 25e anniversaire, l\u2019Orchestre de l\u2019Université de Montréal s\u2019était offert la totale samedi dernier à la salle Claude-Champagne: l\u2019imposante 3e Symphonie de Gustav Mahler.Cent dix musiciens sur scène, pour la plupart des étudiants de la Faculté de musique, parmi trente anciens confrères et onze professeurs, sans compter les chœurs.Clou de l\u2019événement, la grande contralto Marie- Nicole Lemieux venant prêter sa voix au quatrième mouvement, consacré à l\u2019humanité sur terre.La pureté et l\u2019ampleur de son chant semblaient viser l\u2019âme de chaque spectateur.La 3e Symphonie de Mahler est une sorte d\u2019épopée cosmique en musique.The Tree of Life (palmé d\u2019or à Cannes) de l\u2019Américain Terrence Malick avait offert une proposition analogue, côté cinéma, entre Genèse, hymne à la vie, célébration de la nature, conflits des humains et transcendance.Délicate chimie en transmutation sous le doigté de grands maîtres.Le choix de cette œuvre de Mahler témoignait des ambitions d\u2019un orchestre né d\u2019une toute petite graine un quart de siècle plus tôt.Avant le concert, on écoutait le fondateur et maestro de l\u2019OUM, Jean-François Ri- vest, évoquer avec humour ses débuts.Les anniversaires invitent aux retours en arrière.Violoniste venu enseigner à la Faculté de musique de l\u2019UDM, il s\u2019était plaint en 1992 de l\u2019absence d\u2019orchestre au doyen de l\u2019époque, Robert Leroux (aux timbales samedi dernier): «Il n\u2019y a pas d\u2019orchestre.Faites-en donc un!» lui avait rétorqué ce dernier.Son interlocuteur allait mettre sur pied un an plus tard une petite formation d\u2019instruments à cordes de quinze musiciens, avec l\u2019aide de Vladimir Landsman, grand violoniste et professeur de musique d\u2019origine russe enseignant à la faculté.« Je dirigeais comme une corneille », d\u2019évoquer Rivest en riant.Mais la ferveur y était et le courant passait.Le succès fut au rendez-vous avec un premier concert, pour lequel avaient été imprimés de faux billets gratuits, qui firent fureur et remplirent la salle.Cette formation sans cesse renouvelée s\u2019est imposée au fil des ans, prenant du volume et misant sur l\u2019excellence.L\u2019OUM a le vent dans les voiles.Durant le spectacle, je regardais tous ces jeunes musiciens entourés de Les harmonies de la transmission ODILE TREMBLAY leurs professeurs, des compagnons et des mentors d\u2019hier, songeant à quel point un art demeure vivant quand la transmission s\u2019opère.Celle-ci repose souvent sur le talent l\u2019engagement et la pédagogie d\u2019un maître passionné, comme Jean-François Rivest.Hélas ! À l\u2019heure où tant d\u2019émissions culturelles à la télé effleurent à peine des réalisations comme l\u2019Orchestre de l\u2019Université de Montréal, poussant le vedettariat de l\u2019humour et du petit écran, le grand public se voit privé de plusieurs modèles témoins d\u2019un foisonnement artistique.Toutes sortes d\u2019initiatives naissent et prospèrent, côté musical comme ailleurs, en faisant éclore des vocations parfois méconnues.Plus grave encore, des institutions mettent çà et là des bâtons dans les roues de formations établies, comme celle des Petits Chanteurs du Mont- Royal.Fin mars, la Commission scolaire de Montréal déchirait abruptement l\u2019entente permettant aux jeunes choristes de suivre à peu de frais le programme courant du collège Notre-Dame.Prenant ses distances avec un établissement privé, elle menaçait l\u2019avenir de la Maîtrise d\u2019exception.Si on souhaite aux Petits Chanteurs du Mont-Royal de s\u2019ouvrir enfin aux filles, jamais sa vocation ne devrait être mise en péril pour des causes bureaucratiques, au mépris d\u2019intérêts supérieurs.Sans l\u2019amour de la culture dont notre société fragile a tellement besoin, des aberrations pareilles surviendront encore et encore.À quand l\u2019embrasement collectif pour la cause de l\u2019art, miroir de l\u2019âme du Québec, garante de son avenir ?Idem pour le français, ici premier véhicule identitaire et culturel.Le rapport rendu public de l\u2019Office québécois de la langue française documentait la semaine dernière son recul à Montréal à titre de langue de travail ainsi qu\u2019au sein de l\u2019espace public, chez les générations montantes surtout.Par-delà les remparts comme celui de la loi 101, ça prend toute une société pour élever un enfant.On aura beau conspuer à tout vent le «bon- jour-hi ! », montrer du doigt les anglophones et les immigrants \u2014 qui se francisent d\u2019ailleurs mieux que prévu \u2014, il est moins aisé de s\u2019impliquer corps et âme pour accroître la qualité de cette langue-là et des œuvres à sa gloire.Tant d\u2019élans de transmission sont coupés à la maison, à l\u2019école, sur la scène politique comme dans les médias, par crainte de verser dans « l\u2019élitisme », épouvantail à moineaux éloignant vieux et jeunes d\u2019un héritage précieux.La culture et la langue sont nos deux jambes.Et s\u2019il fallait avant tout apprendre à mieux marcher\u2026 installé dans la vie de famille, il ne comprenait pas pourquoi elles continuaient leur carrière.C\u2019est une dichotomie qu\u2019on vit encore aujourd\u2019hui.» La créatrice a fourni à chacune de ses auteures \u2014 un panorama varié, se réjouit-elle \u2014 un bouquet de lettres dif férentes, tirées de l\u2019abondante correspondance de Strindberg.(Les véritables réponses des ex-épouses n\u2019existent plus.) Un courrier exposant un pattern récurrent dans chaque union : « Il y a la rencontre heureuse, le milieu où le couple se déchire et la fin où il fait : reviens, je vais m\u2019amender ! » Suzanne Lebeau a ainsi répondu aux missives envoyées à Frida Uhl, une jeune femme de lettres, après qu\u2019elle eut quitté Strindberg au bout de quelques mois de mariage.« Ce que j\u2019ai détesté cet homme ! admet- elle.C\u2019était un être vraiment odieux.En écrivant, j\u2019étais révoltée intérieurement.J\u2019essayais de comprendre comment des femmes avaient pu être aussi séduites par lui.» L\u2019éminente dramaturge a par contre adoré écrire ce court texte d\u2019environ 10 minutes.D\u2019autant qu\u2019elle a choisi le style épistolaire, cette forme « fabuleuse » par lequel elle avait commencé à prendre la plume, jeune.« J\u2019ai essayé d\u2019entrer dans la peau de Frida Uhl, sans la connaître vraiment.Est-ce elle ou Suzanne Lebeau qui répond ?Je ne peux pas le dire.» Jennifer Tremblay, elle, parle au nom de Siri von Essen, une comédienne qui a partagé la vie de l\u2019écrivain durant 14 ans.«Je sens qu\u2019elle a été séduite par Strindberg parce qu\u2019il disait qu\u2019il allait lui écrire du théâtre.Mais sa carrière n\u2019a jamais vraiment décollé.» L\u2019auteure de La liste s\u2019est inspirée d\u2019une anecdote liée au fait que Siri était «probablement» lesbienne.Elle a surtout puisé dans Le plaidoyer d\u2019un fou que le Suédois a écrit \u2014 en français ! \u2014, après que Siri lui eut affublé cette épithète.«Ça m\u2019a vraiment fascinée, son énergie à se battre contre tout.Il est toujours dans des situations extrêmement difficiles, sur le plan financier, social, familial\u2026» La dramaturge n\u2019est pas aussi dure que sa collègue envers un homme qui est « le produit de son époque.Et Siri ne lui a pas facilité la vie.Je pense que les deux s\u2019alimentaient dans leur côté malsain.Mais je crois qu\u2019à la fin du spectacle, on va avoir un beau portrait du personnage.On va peut-être pouvoir se prononcer ».Des énormités Campé en 1912, Strindberg montre le sexagénaire qui, à l\u2019approche de la mort, revoit des bribes de sa vie.Il reçoit, sans comprendre, la parole de ses ex-femmes.Luce Pelletier désirait un équilibre entre cette mosaïque de neuf bulles \u2014 lettres, scènes dialoguées, monologues \u2014 et la biographie du dramaturge.Afin « qu\u2019on découvre l\u2019homme, qu\u2019on ne le condamne pas si facilement.Je ne voulais pas faire un procès de Strindberg ».Mais, dit-elle, heureusement qu\u2019il est incarné par Jean-François Casabonne, «qui est plein d\u2019humanité.Parce qu\u2019il dit des énormités ! » La metteure en scène a puisé dans son œuvre autobiographique.L\u2019écrivain, tout un personnage, s\u2019est lui- même mis en scène dans plusieurs de ses textes.« Il était un névrosé total, qui a beaucoup exploité sa folie.» Et étalé son intimité avec un exhibitionnisme étonnant : après une rupture avec Siri, qui avait attaqué sa virilité, il a fait officiellement mesurer son membre par un médecin.«Et il a écrit à tout le monde qu\u2019il avait un très beau et très long pénis\u2026 » Pelletier décrit un enflammé qui, à neuf ans, a failli se suicider par amour pour une écolière.Sa position sur l\u2019émancipation des femmes était plutôt paradoxale.En discutant, les deux auteures concluent que Strindberg ne savait pas comment transformer sa passion des femmes en vie avec une femme.Cette difficulté de vivre en couple, ce large « hiatus entre le désir et le quotidien », est bien sûr inépuisable.«À partir du moment où on est en contact avec un(e) autre, il y a toujours des tensions, dit Suzanne Lebeau.C\u2019est ce qui fait la vitalité, la beauté de la chose.» Effacement ?Tout ça n\u2019empêche pas Luce Pelletier de rêver de monter cer taines pièces de maturité de Strindberg, qui ne portent pas de discours sexiste.L\u2019homme était misogyne, pas son œuvre, du moins pas toutes.Quel traitement devrait-on réserver aux artistes jugés inappropriés par nos critères actuels ?Suzanne Lebeau répond par une analogie avec les accusations entourant Claude Jutra.« Détruire un ar tiste, faire comme s\u2019il n\u2019avait jamais existé, je trouve ça tellement malsain.C\u2019est comme effacer l\u2019histoire, une chose impossible à faire, selon moi.» On peut souligner ce qui « n\u2019est absolument plus acceptable » chez un créateur sans l\u2019oblitérer du paysage artistique.Et ce jugement change avec les époques, estime-t-elle.« Je suis certaine qu\u2019il y a énormément de choses à la mode aujourd\u2019hui qui, dans 20 ans, ne seront plus acceptables.» «On est à une époque de censure, croit Jennifer Tremblay.Je ne vois pas pourquoi Strindberg aurait traversé toutes ces décennies et que nous tout à coup, on déciderait qu\u2019il n\u2019est plus adéquat.Il faut se questionner : en quoi est-il encore [valable], en quoi ne l\u2019est-il plus?Et c\u2019est ce que permet la pièce.Elle pose plein de questions au lieu d\u2019apporter des réponses, c\u2019est ce qui la rend intéressante.» Strindberg Texte d\u2019Anaïs Barbeau-Lavalette, Rachel Graton, Véronique Grenier, Emmanuelle Jimenez, Suzanne Lebeau, Catherine Léger, Marie Louise B.Mumbu, Anne-Marie Olivier, August Strindberg et Jennifer Tremblay.Mise en scène de Luce Pelletier.Avec Christophe Baril, Isabelle Blais, Jean-François Casabonne, Marie-Pier Labrecque et Lauriane S.Thibodeau.Une production du Théâtre de l\u2019Opsis, en collaboration avec Espace Go.À Espace Go du 23 avril au 12 mai. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 6 | ENTREVUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR \u2019Association des galeries d\u2019art contemporain (AGAC) a choisi d\u2019ouvrir les valves.La foire Papier, sa foire, ne sera plus exclusive aux œuvres sur support papier.Le nom, lui, est conservé.Sa croissance et son succès ne font plus de doute.Papier séduit et, pour sa 12e manifestation, elle mise sur un plancher plus spacieux et plus lumineux que lors des deux précédentes éditions.Mais au Grand Quai du port de Montréal \u2014 l\u2019ex-jetée Alexandra \u2014, c\u2019est dans l\u2019essence même de la foire que Papier 19 innovera.« Ça fait longtemps que les membres [de l\u2019AGAC] trouvent le papier contraignant, explique Julie Lacroix, revenue à la direction de l\u2019association marchande après une pause de trois ans.Avant que je parte, on avait commencé à en discuter.C\u2019était hyper polarisé, mais ça penchait plus vers \u201con ne touche pas à Papier\u201d».Mais après discussions, réflexions et sans doute un lobbying efficace des pro-changement, l\u2019AGAC a accepté d\u2019y toucher.En partie, pour le moment : 50 % des stands devront être consacrés aux œuvres sur papier.« Le positionnement qu\u2019on a, c\u2019est de ne pas jeter le nom, notre spécificité.Le compromis, c\u2019est de faire moi- tié-moitié.On garde nos racines, notre volonté d\u2019être accessible, mais on laisse la possibilité aux galeristes de présenter tous leurs artistes et des œuvres dans un autre niveau de prix.» Foire démocratique Lancée en 2007, Papier marquait une sor te de renaissance de l\u2019AGAC, alors surendettée et quasi inactive.Le choix des œuvres sur papier permettait non seulement de se distinguer des foires généralistes du monde, à commencer par celle de Toronto, il prenait appui sur le noble principe de l\u2019accessibilité.Une foire démocratique, libre d\u2019entrée \u2014 un aspect désormais disparu.«Même avec 50% d\u2019œuvres sur papier, la foire perd sa spécificité.Le succès de Papier, c\u2019est l\u2019homogénéité entre les plus riches et les plus pauvres galeries », concède le galeriste Eric Devlin, qui craint que la peinture déséquilibre le principe d\u2019équité.Principal ar tisan de Papier avec Matthieu Gauvin, alors directeur de l\u2019AGAC, Eric Devlin rappelle avoir misé en 2007 sur les dessins, estampes et photographies pour raviver la communauté de collectionneurs.« C\u2019est plus accessible, en terme de bourse », fait-il noter.Mais alors, pourquoi changer ?La mouvance, croit le galeriste Pierre- François Ouellette.« Déjà, le papier permet de s\u2019exprimer de plusieurs [manières], dit-il, en pensant à des projets en sculpture et en vidéo.Il y avait un appétit, les gens nous en parlaient.» Le marchand de la rue Rachel ne cache pas son enthousiasme devant la porte grand ouverte.« Ed Pien ne fait pas que des papiers découpés, il fait aussi des métaux découpés.On ne présentera pas de la sculpture pour montrer de la sculpture.On prend le thème et on le décortique », énonce-t-il.Coup de pied La mouvance, la demande\u2026 Comme dans n\u2019importe quel marché, l\u2019AGAC a ressenti le besoin de renouveler l\u2019offre.La peur d\u2019en perdre le contrôle a sans doute joué également.À la fin de 2017, Rick Friedman, fondateur d\u2019une série de foires aux États- Unis, a tâté le terrain pour en instaurer une à Montréal au printemps suivant.Les membres de l\u2019AGAC et les partenaires financiers de l\u2019association ont refusé de collaborer.L\u2019homme derrière le Hamptons Expo Group semble encore amer, même par courriel.« Personne n\u2019a voulu m\u2019appuyer.On me disait que j\u2019entrerais en compétition avec l\u2019événement Papier.N\u2019est-ce pas bizarre?C\u2019est une perception très petite du monde.Je suis donc allé voir ailleurs», écrit celui qui vient d\u2019inaugurer, en avril, la Philadelphia Fine Art Fair.Rick Fiedman, qui assure être suivi des « meilleurs collectionneurs des États-Unis», proposait une très grande foire.«Pourquoi Montréal?J\u2019estime qu\u2019une seule foire dans tout le pays, celle à Toronto, ne suffit pas à tout le marché, dit-il.Montréal a toute une histoire de l\u2019art, on y trouve de nombreux bons artistes et galeries, un puissant musée, des collectionneurs\u2026» L\u2019AGAC l\u2019a rejeté, mais n\u2019est pas restée de marbre.«Ce n\u2019est pas par peur [qu\u2019on a réagi], rétorque Julie Lacroix.Ça a donné un coup de pied dans la réflexion.Il y a un besoin, qui est réel, de faire une foire généraliste.» Et le nom ?L\u2019artiste et commissaire indépendant Benjamin Klein est de ceux qui considèrent que Papier a atteint suffisamment de maturité pour passer à un autre cap.Il n\u2019imagine pas quelque chose d\u2019immense comme en rêve Rick Friedman, mais prône la plus grande diversité possible.« J\u2019espère que Papier ne perdra jamais sa charmante et démocratique Papier s\u2019ouvre à la toile Après douze ans, il y aura de la peinture à la foire des galeristes en art contemporain Grandir et s\u2019ouvrir La foire n\u2019a pas cessé de grandir depuis sa naissance.Celle qui ouvre dans quelques jours réunira 46 galeries, dont la désormais bienvenue et importante délégation d\u2019enseignes canadiennes, des galeries établies depuis longtemps et d\u2019autres plus récentes comme la galerie Youn, dont l\u2019une des œu- vres coiffe la une du D magazine, soit Explosion #5, de Joey Bates.L | 7 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 L E S F L Â N E U S E S Scènes de la vie conjugale, sur les planches au Quat\u2019Sous sous l\u2019adaptation et la mise en scène de James Hyndman, qui incarne la partie masculine du tandem, paraît moins rugissant que la série télé d\u2019Ingmar Bergman et le film iconique à sa clé.Pour autant que ce duo duel opposant ici Hyndman et Evelyne de la Chenelière puisse vraiment s\u2019assourdir sous ces répliques qui claquent.Fort bien adaptés au Québec d\u2019aujourd\u2019hui, portés par deux grands interprètes dont on sent les zones de fragilité, ces va-et-vient amoureux sous terribles vérités assénées, , montrent la modernité de Bergman dans ces Scènes écrites au début des années 1970.Les montagnes russes du couple Game of Thrones, c\u2019est juste une heure de télévision qui occupe ensuite les conversations pendant une semaine.Jonathan Van Ness, connu comme le spécialiste des poils de la téléréalité Queer Eye, se charge d\u2019épicer l\u2019entre-deux-tentative de coup d\u2019État à Westeros avec la websérie humoristique Gay of Thrones.Après chaque épisode, il résume l\u2019action avec son langage coloré et des références savoureuses à la culture populaire sans aucun respect pour les retardataires de l\u2019intrigue.Un avertissement pour les chastes oreilles s\u2019impose, le monsieur est vulgaire! Jonathan Stark La formation qui a terminé bonne première aux demi-finales des Francou- vertes, le groupe hip-hop\u2013jazz OGB a le don d\u2019accrocher nos «vieilles oreilles» amateurs d\u2019acid jazz et de rythmes urbains jazzés des lointaines années 1990 et de les habituer au trap- jazz d\u2019aujourd\u2019hui.L\u2019écoute de leur premier album Volume Un et d\u2019autres pièces sur leur page Bandcamp (dont une relecture fort amusante du classique Agadou) donne vraiment envie de les voir sur scène.Chose qui sera possible lors de la finale des Francou- vertes le 6 mai au Club Soda.Il faut voir Francis Ducharme et Sylvie Drapeau incarner Néron et sa mère Agrippine sur les planches du TNM, dans Britannicus de Jean Racine.Cette pièce en 1768 alexandrins, produite en 1660, est remise au goût du jour dans la mise en scène sobre de Florent Siaud.Ducharme y incarne avec talent un Néron fantasque et instable, aux portes de la folie, livré successivement à ses sentiments et à toutes les ambitions.Drapeau, en Agrippine réelle détentrice du pouvoir, jusqu\u2019à ce qu\u2019elle soit trahie par Narcisse (Marc Bé- land), occupe toute la scène.Mais c\u2019est le texte, exigeant et magnifique, à découvrir si ce n\u2019est déjà fait, qui reste le cœur de ce spectacle remarquable.Racine au goût du jour Jazz-couverte CAROLINE MONTPETIT AMÉLIE GAUDREAU VALÉRIE DUHAIME ODILE TREMBLAY Le travail de quatre artistes présentés à Papier 19 : celui d\u2019Ed Pien (avec Encounter, à gauche), Jim Holyoak (avec Jötunn (Norway), ci-dessous), mais aussi de Ben Thomas (en petit avec Tonal Cause) et Ningeokuluk Teevee (en petit juste en dessous avec Inuk Actor).PAPIER 19 ambiance.L\u2019idée que tous les stands aient la même taille permet aux nouvelles et aux plus petites galeries de concurrencer les plus grandes et les plus vieilles.» «Pourquoi, demande-t- il cependant, les galeries québécoises doivent-elles se rendre à Toronto pour montrer un certain type de travail ?» Benjamin Klein, qui monte une mi- niexposition à Papier 19 pour la galerie Deux Poissons, milite pour rebaptiser la foire.«La question de l\u2019accessibilité ne colle plus au papier.Des Papier 19 Au Grand Quai du port de Montréal, 200, rue de la Commune Ouest, du 25 au 28 avril photos atteignent des prix très élevés, souligne-t-il.Quelque chose comme Foire d\u2019art moderne et contemporain de Montréal convient mieux.» Il faudra sans doute encore davantage de discussions et de réflexions avant de changer de nom.Pour un Eric Devlin qui y tient comme trait identitaire \u2014 le papier, plus intime, plus équitable, «c\u2019est ce qui nous distingue de Toronto», insiste-t-il \u2014, on trouve un Pierre-François Ouellette, qui le voit comme un thème à explorer, peu importe le support. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 8 | CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Son défunt mari, l \u2019 i l lustre John Lennon, disait d\u2019elle qu\u2019elle était la plus « célèbre ar tiste inconnue du monde ».Pourtant, depuis ses toutes jeunes années, Yoko Ono n\u2019a jamais cessé de créer.Ar tiste multidisciplinaire avant la lettre, elle évolue, dès les années 60, en phase avec le mouvement d\u2019avant-garde Fluxus, en cinéma, en musique, en arts visuels, en littérature.Publié en 1964, son recueil de poésie, Pamplemousse, pose déjà les bases de l\u2019art conceptuel, dont elle sera précurseure.« Tout objet est un événement, et tout événement a une qualité d\u2019objet », disait-elle.En 2018, octogénaire, elle lançait son dernier disque, Warzone, qui re- visitait entre autres certains titres d\u2019un album de 1985, Starpeace.Ce printemps, la Fondation Phi propose l\u2019exposition Yoko Ono.Liberté conquérante.La première partie est consacrée aux Instructions de Yoko Ono, et regroupe des œuvres réalisées au cours des six dernières décennies.«Depuis le début de sa pratique, Yoko Ono créée des œuvres qui donnent des instructions aux visiteurs.Et certaines instructions sont très poétiques.Par exemple, en 1955, elle a fait Lighting Piece, une œuvre dans laquelle elle demande au visiteur d\u2019imaginer qu\u2019il allume une allumette.Elle ne lui demande pas de réellement allumer une allumette, mais d\u2019imaginer qu\u2019il en allume une et qu\u2019il la laisse brûler jusqu\u2019à la fin», explique Cheryl Sim, commissaire de l\u2019exposition de Montréal et amie de Yoko Ono.« Les œuvres sont basées sur un texte au mur.Le visiteur formule une image dans sa tête en suivant les instructions.» Certaines œuvres sont plutôt des installations participatives.On y retrouvera, par exemple, l\u2019œuvre Ceiling Piece, par laquelle John Lennon et Yoko Ono se sont rencontrés, à la galerie Indica de Londres, en 1966.On y trouve un escabeau.«On monte dans l\u2019escabeau, on va jusqu\u2019en haut.Puis, avec l\u2019aide d\u2019une loupe, on peut voir un petit mot qui est écrit [en tout petit] sur un tableau au plafond», raconte Cher yl Sim.Ce mot, écrit à l\u2019encre de Chine, est «yes».Avec l\u2019œuvre Debout, Yoko Ono a sollicité le témoignage de Montréa- laises, trois mois avant l\u2019ouverture de l\u2019exposition.« Femmes de tous âges, écrivait-elle.Vous êtes invitées à transmettre un témoignage d\u2019un tor t qui vous a été fait parce que vous étiez une femme.» La seconde partie de l\u2019exposition s\u2019intéresse aux œuvres collabora- tives de Yoko Ono et John Lennon.On y célèbre le 50e anniversaire du fameux bed-in, organisé par Yoko Ono et John Lennon fraîchement mariés, à l\u2019hôtel Le Reine Elizabeth, à Montréal, qui a donné lieu à l\u2019enregistrement du hit Give Peace a Chance.« C\u2019est une partie de l\u2019exposition qui est plus historique », dit Cheryl Sim.Le Fondation Phi a notamment récolté des témoignages de Montréalais qui ont participé à l\u2019époque à l\u2019événement.Rappelons que John Lennon et Yoko Ono avaient célébré un premier bed-in, en 1969, à Amsterdam, notamment pour protester contre la guerre du Vietnam.Le couple avait décidé de renouveler l\u2019expérience à New York, mais Lennon n\u2019était pas autorisé à séjourner aux États-Unis en raison d\u2019une arrestation pour possession de cannabis.C\u2019est donc dans la chambre 1742 du Reine Elizabeth de Montréal que le couple tiendra un bed-in de huit jours.Yoko Ono est pour sa part revenue à Montréal en 2009, alors que le Musée des beaux-ar ts de Montréal présentait une sélection de ses œuvres.Yoko Ono et l\u2019art dont vous êtes le héros Correspondance avec l\u2019artiste dont le travail et les réflexions s\u2019exposent à Montréal En prévision de l\u2019exposition, Le Devoir a envoyé quelques questions par écrit à Yoko Ono.Quel est, selon vous, le courant qui a eu le plus d\u2019influence sur l\u2019art visuel du XXe siècle?Je pense que tous les artistes ont contribué avec leur travail.L\u2019une des œuvres que vous exposez à Montréal explore l\u2019abus envers les femmes.Est-ce que vous croyez que le mouvement #MoiAussi aura un impact à long terme sur ce type d\u2019abus ?Oui, bien sûr.Il est temps qu\u2019on en discute publiquement.Que pensez-vous de la place des femmes dans le monde des arts visuels ?Est-ce que votre carrière aurait été différente si vous aviez été un homme ?Comment ?Oui, cela aurait été absolument différent si j\u2019avais été un homme.C\u2019était très difficile, et ça l\u2019est encore, d\u2019être ce que l\u2019on veut être lorsqu\u2019on est une femme dans cette société.Même aujourd\u2019hui, lorsque j\u2019y pense, lorsque je me rappelle des souvenirs, cela me met en colère.Est-ce qu\u2019il y a des aspects de vous-mêmes que vous ne livrez pas dans l\u2019art ?J\u2019aimerais dire qu\u2019il n\u2019y a rien que je ne donne pas dans l\u2019art, mais ça n\u2019est pas vrai.Nous sommes tous, toujours, en prison.Quelle est la pièce que vous préférez dans cette exposition?J\u2019aime dire que j\u2019apprécie toutes les œuvres que j\u2019ai faites, parce que c\u2019est la vérité.Comment qualifieriez-vous la situation de la paix dans le monde ?Cela va arriver très, très bientôt.Votre travail récent est très inspiré par la musique.Est-ce que vous avez d\u2019autres projets?Dans quelle discipline artistique êtes-vous plus engagée présentement?J\u2019ai toujours été engagée autant dans la musique que dans l\u2019art visuel.C\u2019est probablement parce que mon père m\u2019a fait faire de la musique à partir de l\u2019âge de trois ans.Q&R Yoko Ono, aux côtés de son Play It by Trust, dans le jardin de la LongHouse Reserve STUDIO ONE Yoko Ono Liberté conquérante À la Fondation Phi pour l\u2019art contemporain, du 25 avril au 15 septembre | 9 C u l t u r e A r t s v i s u e l s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 Service traiteur sur place DÈS MERCREDI ! Du 24 avril au 19 mai 2019 Du mercredi au dimanche à midi Le NTE présente Bébés et Avec PHILIPPE DUCROS / KLERVI THIENPONT et BÉBÉ ÉLORA, NADINE LOUIS et BÉBÉ LORIAN, ÈVE LANDRY et BÉBÉ LOUIS, TIENHAN KINI et BÉBÉ TINWAH et la participation de JACQUES L\u2019HEUREUX Avec la voix d\u2019Anne Dorval 514 521-4191 | nte.qc.ca 1945, rue Fullum, Montréal CRITIQUE NICOLAS MAVRIKAKIS COLLABORATEUR LE DEVOIR Ah ! Les mythes associés au « cube blanc » épuré du musée moderne ! Ses murs blancs \u2014 en opposition au rouge pompier que la bourgeoisie a favorisé au XIXe siècle \u2014 assureraient une forme de neutralité de l\u2019espace lors de la réception de l\u2019œu- vre.L\u2019espacement de ces œuvres y empêcherait les contenus d\u2019interférer les uns avec les autres, éviterait aux diverses créations de se « contaminer »\u2026 Depuis les années 1930, l\u2019espace blanc et aéré du musée moderne a fait école.Entre autres grâce à Alfred H.Barr, premier directeur du MoMA (Museum of Modern Art) à New York, qui consacra cette vision clinique de l\u2019ar t avec la première exposition d\u2019Henri Matisse en 1931.Depuis quelques années, cette manière de présenter trouve ses contestataires, ici et là, mais reste néanmoins la norme\u2026 De nos jours, le cube blanc est devenu la règle même dans les galeries et centres d\u2019art contemporain.Au tournant de 2014-2015, lors d\u2019une résidence de création de six mois au ISCP à Brooklyn, l\u2019ar tiste Jo-Anne Balcaen a réalisé \u2014 avec son appareil photo, mais aussi plus simplement avec son téléphone \u2014 une série de photographies de lieux emblématiques pour l\u2019art moderne et contemporain à New York.Le MoMA est cer tes de la sélection, mais son attention se porta surtout sur les galeries de Chelsea, quartier de la Grosse Pomme qui domine la scène ar tistique depuis la fin des années 1990, et ce, même s\u2019il est en pleine perte de vitesse\u2026 Y sont présentes les galeries Gladstone, David Zwirner, Fergus McCaffrey, 303, Sikkema Jenkins & Co., Paula Cooper, Matthew Marks, ainsi que, bien sûr, la très puissante galerie Gagosian.Et dans tous ces lieux, l\u2019esthétique du cube blanc est à l\u2019honneur.Au point où nous avons du mal à dif férencier ces lieux les uns des autres.Cer tes, Balcaen concentre son regard sur des détails de ces espaces \u2014 des por tes, des pans de murs et de sols, des comptoirs de réception \u2014, mais les similitudes l\u2019emportent tout de même.Ces photos de Balcaen présentées d\u2019une manière très espacée, dans l\u2019espace lui-même très épuré de la galerie Optica à Montréal, deviennent une bien amusante mise en abyme.Elles soulignent avec efficacité \u2014 et bien sûr simplicité \u2014 comment un style de présentation domine encore et toujours la scène occidentale, si ce n\u2019est mondiale, de l\u2019art contemporain.Hors cadre Mais l\u2019œuvre de Balcaen dépasse les questions purement formelles et profondément trompeuses du cube blanc.En tant que travailleuse culturelle \u2014 elle fut coordonnatrice à la programmation chez Artexte, mais travailla aussi à la galerie Diagonale \u2014, Balcaen est particulièrement sensible aux conditions des employés dans ces galeries au look aseptisé où le travail semble se faire comme par magie\u2026 Certes, dans une image ou deux, nous pouvons voir des espaces de bureaux, des espaces privés qui semblent un peu plus désordonnés, mais ils sont des exceptions.En général, l\u2019ar t dans la galerie blanche doit se dévoiler déconnecté de l\u2019atelier de l\u2019artiste, d\u2019un contexte culturel particulier, mais aussi de tout autre contexte de production et de gestions dans une forme d\u2019Immaculée Conception, de transcendance presque religieuse.Pourtant, l\u2019œuvre d\u2019art n\u2019existe pas en dehors de son milieu, elle existe dans un contexte qui l\u2019a rendue possible, grâce à un réseau de travailleurs culturels, de techniciens, d\u2019assistants, d\u2019individus \u2014 eux-mêmes souvent des artistes, ou qui aspirent à le devenir \u2014 qui ne sont jamais mentionnés.Par exemple, les assistants à la création de l\u2019œuvre ne devraient-ils pas se retrouver dans les cartels qui identifient pourtant l\u2019artiste, le titre, la date de création, les matériaux, les dimensions \u2014 et même parfois, dans les musées, le donateur?Imaginerait-on pareille chose dans le milieu du cinéma?La mise sous silence de ces travailleurs qui ne profitent guère de profits générés par l\u2019art contemporain prétendument international, individus travaillant au salaire minimum \u2014 au Québec, plusieurs sont même des stagiaires travaillant pour la gloire \u2014, permet à l\u2019art de devenir un produit, une marchandise déconnectée de tout contexte, des objets se promenant d\u2019un cube blanc à un autre\u2026 Dans cette œuvre de Balcaen, la trame sonore qui accompagne ses photos fait référence à ces conditions de création et au désir de ces travailleurs culturels d\u2019appartenir au milieu de l\u2019ar t.Cela permet à Anne Bertrand, qui signe le texte de présentation, de parler avec raison d\u2019une « économie inversée, c\u2019est-à-dire des artistes qui ne travaillent pas pour gagner leur vie, mais qui gagnent leur vie pour pouvoir faire de l\u2019art».Dynamique interne De Jo-Anne Balcaen.Au centre d\u2019art contemporain Optica jusqu\u2019au 15 juin.Le cube blanc renversé Jo-Anne Balcaen expose les enjeux des normes actuelles d\u2019exposition Jo-Anne Balcaen, Office, Hasted Kraeutler, 2015 JO-ANNE BALCAEN ela fait plus de vingt ans que Laurent Lafitte trimballe son air pince-sans- rire dans le milieu du cinéma et du show-business français.L\u2019inquiétant voisin du Elle de Paul Verhoeven, le copain des autres dans Les petits mouchoirs, l\u2019escroc titré d\u2019Au revoir là-haut aura été maître de cérémonie à Cannes et aux César.Ajoutez une carrière d\u2019humoriste en parallèle pour ce pensionnaire à la Comédie- Française depuis 2012.Il possède ce côté décalé qui lui permet de se faufiler de plus en plus souvent dans la peau des héros de la marge.Le voici devenu homme des bois aux allures louches à travers Les fauves de Vincent Mariette aux côtés de Lily-Rose Depp, fille de Vanessa Paradis et de Johnny Depp, jeune actrice lancée en France comme une fusée.Le film prend l\u2019af fiche sur nos écrans vendredi prochain.Le même cinéaste avait réalisé quatre ans plus tôt Tristesse Club, histoire douce-amère d\u2019une fratrie endeuillée, dans laquelle Laurent Lafitte tenait déjà un des rôles principaux.Les fauves navigue en des eaux plus troubles entre fantastique, polar, récit initiatique, conte moderne, sur maintes références cinéphiliques.Dans un camping en Dordogne au fond des forêts, la jeune Laura (Depp) s\u2019amourache de Paul, un mystérieux écrivain ermite (Lafitte), à l\u2019heure où de jeunes gens disparaissent, mangés, dit-on, par une panthère qui rôde dans les parages.« Tout est irréel et mythologique dans ce film, précise l\u2019acteur.Paul, mon personnage, est un coureur des bois avec un gros ego, un taiseux aussi.J\u2019ai d\u2019ailleurs fait enlever des dialogues pour en dévoiler sur lui le moins possible.C\u2019est un rôle intéressant à interpréter à cause de ses ambiguïtés, car les intentions du type ne sont pas claires.D\u2019où la tension.Il est le grand méchant loup qui joue avec une panthère et un petit chaperon.Dans le cinéma français, ce type de héros est plus rare que dans le monde anglo-saxon.» Entre deux mondes Laurent Lafitte a aimé travailler avec Lily-Rose Depp, qui tient le rôle principal.Toute l\u2019action est perçue à travers son prisme de peur et d\u2019excitation.« C\u2019est bien de voir une actrice éclore et prendre de l\u2019assurance, es- time-t-il.Surtout quand elle a eu accès, comme elle, à deux cultures, américaine et française.Son personnage se promène entre deux mondes.Des choses lui échappent et l\u2019actrice devait en saisir tous les L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 1 0 | THÉÂTRE DENISE- PELLETIER SAISON 19-20 ENTRER AILLEURS ZOÉ LE MEILLEUR DES MONDES LES SORCIÈRES DE SALEM PARTENAIRE DE SAISON DÉCOUVREZ TOUTE LA SAISON AU DENISE-PELLETIER.QC.CA ABONNEZ-VOUS DÈS AUJOURD\u2019HUI LES AMOUREUX ENTREVUE ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Laurent Lafitte en grand méchant loup Le voici homme des bois aux allures louches à travers Les fauves de Vincent Mariette Laurent Lafitte aux côtés de Lily-Rose Depp KAZAK PRODUCTIONS C enjeux.Dès qu\u2019elle est à l\u2019image, la caméra la caresse.» Vincent Mariette avait trouvé en Lily-Rose Depp des ressemblances avec l\u2019actrice américaine Christina Ricci en son âge tendre, mélange de flottement et d\u2019assurance qui l\u2019avait à l\u2019époque totalement séduit.Les fauves a été tourné en Dordogne. « C\u2019est la région où Vincent Mariette passait ses vacances autrefois chez ses grands-parents, précise Laurent Lafitte.On a tourné dans une grotte sans peintures rupestres, mais Lascaux n\u2019est pas loin.La panthère, on ne l\u2019approchait pas.Présents dans le plan non loin d\u2019elle dans cette grotte-là, mais à travers un mécanisme très sécurisé.» Capitale pour créer l\u2019ambiance insolite, la bande sonore du film fut créée par le cinéaste avec l\u2019appui de deux musiciens russes, Evgueni et Sacha Galperine, sur références à celle d\u2019Under the Skin, thriller dysto- pique de Jonathan Glazer, et celle d\u2019Inherent Vice, polar de Paul Thomas Anderson aux accents mélodieux et angoissants.Laurent Lafitte se réjouissait de ses retrouvailles avec le cinéaste de Tristesse Club.« En collaborant plus d\u2019une fois avec un réalisateur, on peut s\u2019inscrire dans son univers.Pour Les fauves, j\u2019éprouvais au départ la crainte que le scénario ne soit pas crédible, que l\u2019équilibre entre l\u2019onirisme et le réalisme demeure fragile, mais Vincent Mariette s\u2019est particulièrement concentré sur mon personnage, qui avance sur ce fil ténu.J\u2019ai aimé l\u2019aspect minimaliste du film, soigné sans être esthétisant, très moderne.La sensibilité du cinéaste est partout présente, avec une tendresse pour ses héros, une nostalgie et une poésie sur le thème récurrent de la perte de l\u2019innocence.» Les fauves touche à la psychanalyse des contes, dans le sillage de Bruno Bettelheim.« Les contes sont souvent porteurs d\u2019enseignements, mais si on les utilise comme une arme de culpabilité, ils peuvent devenir néfastes», conclut Laurent Lafitte après cette immersion dans la peau du grand méchant loup.Cette entrevue a été effectuée à Paris dans le cadre des Rendez-vous d\u2019Unifrance.| 1 1 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 avec Éric Bruneau Kim Despatis Patrick Hivon Julie Le Breton Magalie Lépine-Blondeau Mathieu Richard DÉjà des supplémentaires ! En écho au spectacle.LES BEAUX ENTRETIENS Jeudi 25 avril de 14 h à 16 h sur la scène du TNM INFOS ET BILLETS BELLESSOIREES.UMONTREAL.CA Avec Michel Marc Bouchard Animation : Lorraine Pintal UNE PRÉSENTATION DE EN COLLABORATION AVEC UNE ŒUVRE ORIGINALE DE MICHEL MARC BOUCHARD \u2014 MISE EN SCÈNE SERGE DENONCOURT Dès le 14 mai TNM.QC.CA Tout est irréel et mythologique dans ce film.Paul, mon personnage, est un coureur des bois avec un gros ego, un taiseux aussi.[.] C\u2019est un rôle intéressant à interpréter à cause de ses ambiguïtés, car les intentions du type ne sont pas claires.LAURENT LAFITTE » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e TEXTE Ingmar Bergman ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE James Hyndman TRADUCTION Carl Gustaf Bjurström et Lucie Guillevic AVEC Evelyne de la Chenelière et James Hyndman Le grand classique d\u2019Ingmar Bergman revisité par James Hyndman ! Surveillez l\u2019ouverture de la saison 19-20 le 6 mai ! Un face-à-face intellectuel et charnel d\u2019une poignante intimité.\u2014 Le Devoir James Hyndman réussit à saisir l\u2019âme de Bergman et ses personnages.Du grand théâtre ! \u2014 Dessine-moi un dimanche Une pièce cruellement troublante de vérité.\u2014 Le Téléjournal de Radio-Canada SUPPLÉMENTAIRES LES 9 ET 10 MAI Réservez sans tarder ! CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Qu\u2019elle soit à Djibouti (Beau travail), à Paris (Un beau soleil intérieur) ou à des millions de kilomètres de la Terre, Claire Denis demeure fidèle à son approche exigeante et singulière, toujours prête à plonger ses personnages dans des ambiances étouffantes, exacerbant ainsi les tensions et les passions.Après avoir perverti les codes du film de vampires (Trouble Every Day), elle ne pouvait bêtement se soumettre à ceux de la science-fiction dans Une vie en hauteur, traversée spatiale que certains pourraient assimiler à un croisement entre Alien, de Ridley Scott, et Solaris, d\u2019Andreï Tarkovski : l\u2019équipage est littéralement seul au monde, emmuré dans ses angoisses, dont celle de la mort.Or, pas question pour Denis que le récit culmine en un carnage intersidéral, chose qu\u2019elle expédie en introduction, nous faisant comprendre qu\u2019à l\u2019intérieur de ce vaisseau (conçu par l\u2019ar tiste islandais Olafur Elias- son), l\u2019avenir se joue uniquement entre un père et sa fille.Ou plutôt un prisonnier enrôlé dans une aventure au prétexte suicidaire (encapsuler l\u2019énergie des trous noirs) et sa progéniture née dans un environnement aussi aseptisé qu\u2019hostile.Car Monte (Robert Pattinson, qui ne finit plus de nous surprendre) prend soin d\u2019une fillette ayant encore la couche aux fesses, et dont les cris et les pleurs réclament une mère que l\u2019on sait déjà avalée par le cosmos.Cette traversée dans les étoiles apparaît surtout comme le prétexte parfait pour la Dre Dibs (Juliette Binoche en sorcière démoniaque et libidineuse) de réussir l\u2019impossible: la mise au monde d\u2019un enfant dans l\u2019espace.Les prisonniers de ce vaisseau qui croyaient bénéficier d\u2019une seconde chance en s\u2019embarquant dans cette mission se découvrent les cobayes d\u2019une scientifique peu scrupuleuse des protocoles.L\u2019agressivité des uns, et des unes, conjuguée au désespoir des autres fait de cet équipage un assemblage parfait pour un naufrage spectaculaire.Ce sont ces âmes tourmentées, bien plus que la quincaillerie (minimaliste) environnante, qui intéressent Claire Denis, exposant leur violence et leurs dérèglements dans une avalanche de fluides: sang, larmes, sueurs, lait maternel, sperme, urine, tout ici se mélange pour accentuer l\u2019humanité fragile de ces galériens du futur hantés par leur existence terrestre.Des images surgissant de leurs cauchemars se superposent à celles défilant sur des écrans d\u2019ordinateur, comme un rappel de ce qu\u2019ils ont à tout jamais laissé derrière eux.Au milieu de ce bateau à la dérive, Robert Pattinson domine la partie, sa mine patibulaire accentuant le désarroi qui émane de cette proposition esthétique exigeante et énigmatique.Il ne s\u2019en laisse pas imposer devant une étonnante Juliette Binoche, encore capable de toutes les audaces pour servir un personnage à la morale déréglée et à la sexualité débordante, tandem plus étonnant que celui qu\u2019ils avaient brièvement formé dans le soporifique Cos- mopolis de David Cronenberg.Les amateurs de space operas accoleront sans doute la même étiquette à Une vie en hauteur, œuvre qu\u2019il faut juger à l\u2019aune de l\u2019univers de Claire Denis, non d\u2019un genre qui appelle souvent à tous les débordements excessifs et cacophoniques.Le vacarme est ici intérieur, et les monstres affichent une forme humaine.Une vie en hauteur (V.F.de High Life) ?1/2 Science-fiction de Claire Denis.Avec Juliette Binoche, Robert Pattinson, André Benjamin, Mia Goth.France\u2013 États-Unis\u2013Pologne\u2013Allemagne\u2013 Grande-Bretagne, 2018, 113 minutes.Âmes perdues dans l\u2019espace Derrière les artifices de la science-fiction brille la singulière signature de Claire Denis Monte (Robert Pattinson, surprenant) prend soin d\u2019une fillette dont les pleurs réclament une mère que l\u2019on sait déjà avalée par le cosmos.ENTRACT FILMS | 1 3 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 Avec les voix de ROBERT LALONDE JOHANNE-MARIE TREMBLAY THÉODORE PELLERIN GILDOR ROY PAUL AHMARANI Un ?lm de FÉLIX DUFOUR-LAPERRIÈRE « MERVEILLEUX » ODILE TREMBLAY, LE DEVOIR CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Diamantino est l\u2019idole du Portugal, dont il est la plus brillante star de foot.Sur le terrain, ce qu\u2019il accomplit est miraculeux, se plaît à dire son père célibataire qui, depuis que Dia- mantino est tout petit, lui dispense sages conseils et indéfectible affection.L\u2019image n\u2019est en l\u2019occurrence pas exagérée, car lorsqu\u2019il s\u2019empare du ballon, Diamantino se retrouve dans un univers tapissé de barbe à papa en compagnie de chiots géants.Vous avez bien lu.Avec leur premier film, lauréat du Grand Prix à la Semaine de la critique de Cannes, Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt of frent une satire politico-fantaisiste de sensibilité résolument queer.Passé l\u2019ouverture campée dans le stade Santiago-Bernabéu de Madrid, temple de la testostérone, on retrouve Diamantino (Carloto Cotta, parfait d\u2019ahurissement) à bord de son yacht.Or, le jeune homme que l\u2019on découvre alors ne relève guère du cliché macho.Ni exactement hétéro, d\u2019ailleurs.Diamantino est, comment dire\u2026 ?Il est.À bord, tous semblent s\u2019éclater, sauf lui.Le regard perdu dans le vague, il ressent un profond vide intérieur, non qu\u2019il en soit conscient.C\u2019est que Diamantino est d\u2019une candeur absolue.Comme le résume une scientifique un peu plus tard, et on reviendra sur ce volet du film, il a les capacités cognitives d\u2019un enfant.Son indice de compassion est en revanche hyper élevé.De telle sorte que, lorsqu\u2019il repère, au large, un radeau de migrants, Diamantino s\u2019enquiert à son père : mais qu\u2019est-ce donc ?La réponse l\u2019ébranle.Incapable de jouer désormais, Diamantino décide\u2026 d\u2019adopter un réfugié.Mais contrairement à ces vedettes qui étalent leur bonté sur Instagram, Diamantino est complètement sincère \u2014 et parfaitement naïf \u2014 dans son désir de faire le bien.Absence de malice En parallèle, deux agents secrets du gouvernement, Aisha et Lucia, qui sont aussi amantes, soupçonnent Diamantino de blanchiment d\u2019argent.Dans sa récente annonce, elles voient l\u2019occasion idéale d\u2019infiltrer son entourage.Voici donc Aisha déguisée en Rahim, adolescent sans- papiers que Diamantino accueille et couvre de cadeaux sans poser davantage de questions.Cela, au grand dam de Sonia et Natacha, les deux sœurs harpies de Diamantino.Lesquelles, à l\u2019insu de ce dernier, ont conclu un pacte avec le ministère de la Propagande qui souhaite réaliser des expérimentations hormonales pour le moins curieuses sur leur frère.L\u2019intrigue, on l\u2019aura compris, se déroule dans une réalité reconnaissable, mais autre.Déployant une esthétique pop assez ir résistible, quoique par fois heur tée par des moyens limités, Abrantes et Schmidt maintiennent un ton ludique dans leur survol d\u2019enjeux aussi variés que, oui, la fermeture des frontières aux réfugiés et les turpitudes financières des riches, mais aussi l\u2019éclatement de l\u2019Union européenne, l\u2019eugénisme, ainsi que les manières diverses et toujours for t belles à travers lesquelles l\u2019amour peut se manifester.Il y a un côté patchwork à l\u2019entreprise, qui ratisse très large et se condamne, ce faisant, à demeurer en surface.Le rythme s\u2019avère par ailleurs un brin chaotique.À cet égard, un essoufflement notable survient au mitan avant qu\u2019un dénouement déjanté, qui poursuit dans la logique d\u2019échantillonnage hétéroclite du film en repiquant la musique de Shining, viennent clore avec une flamboyance appréciable.Identité propre Tout du long, Diamantino of ficie comme narrateur, y allant de confidences désarmantes qui révèlent un être dénué de malice et existant dans sa propre bulle.Les cinéastes illustrent habilement cette idée en transformant « le reste du monde » en une abstraction.Par exemple, lors d\u2019une par ticipation à un talk-show à la Oprah, jamais ne voit-on l\u2019ombre d\u2019un spectateur.Pendant les matchs, la foule se résume à une lointaine nuée ou à une rumeur hors champ.S\u2019il est des moments où l\u2019on songe à un improbable croisement entre Zoolander, la parodie du milieu de la mode de Ben Stiller, et Truf fe, de Kim Nguyen, pour le regard décalé sur les sombres machinations d\u2019une mystérieuse compagnie, le fait est que Diamantino a une identité propre\u2026 si multiple soit-elle.Diamantino ?1/2 Fantaisie de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt.Avec Carlotto Cotta, Cleo Tavares, Anabela Moreira, Margarida Moreira, Chico Chapas, Maria Leite.Portugal, 2018, 96 minutes.Une candeur conquérante Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt offrent une satire politico-fantaisiste résolument queer Diamantino (Carloto Cotta, parfait d\u2019ahurissement) est d\u2019une candeur absolue.MK2 MILE END L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e Service national de location d\u2019œuvres d\u2019art aux entreprises Visitez notre kiosque à la foire Papier du 25 au 28 avril banquedart.ca Harold Town, No Op No.2 (1964) Huile sur toile www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec le Club Voyage Malavoy Titulaire d\u2019un permis du Québec COMP LET Pour le bonheur des yeux et l\u2019émoi du cœur ! LES PORTRAITS DE GAUGUIN au Musée des beaux-arts du Canada OTTAWA 20 juin 23-26 juillet PORTLAND Mozart au Festival d\u2019opéra du Maine Musées : art, histoire, littérature.SOREL 2 juin Charles Richard-Hamelin et Andrew Wan en concert, à la Maison de la musique CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR O n retrouve beaucoup d\u2019interdits dans Rafiki, de Wanuri Kahiu, une cinéaste qui n\u2019a visiblement pas froid aux yeux.Il faut toutefois se placer dans une perspective africaine, tout par ticulièrement celle du Kenya, pour comprendre la portée symbolique de son geste, celui de défier l\u2019homophobie institutionnalisée dans son pays en racontant le coup de foudre entre deux adolescentes.Bannie des écrans au Kenya, accueillie avec ferveur à Cannes l\u2019an dernier, cette romance d\u2019aujourd\u2019hui, mais sacrilège sous d\u2019autres latitudes conservatrices, montre à la fois le chemin parcouru et celui qui reste à faire.Ces marivaudages, ces rivalités et ces petites trahisons pourraient se dérouler dans n\u2019importe quel quartier populaire d\u2019une grande ville occidentale, peuplée de jeunes parfois désœuvrés, voyant le monde du haut de leur planche à roulettes.Kena (Samantha Mugatsia) ratisse souvent le secteur, elle qui semble bien acceptée des garçons des environs, fille d\u2019un des deux candidats aux prochaines élections locales dans ce coin de Nairobi.L\u2019autre, Ziki (Sheila Munyiva), flamboyante, féminine et insolente, tout le contraire de Kena, vandalise une affiche de l\u2019opposant de son père, mais s\u2019éprend tout de suite de sa fille.Insouciantes et amoureuses, elles doivent tout de même faire preuve d\u2019une discrétion exemplaire dans un pays où l\u2019homosexualité est un crime, où l\u2019Église participe à sa diabolisation (quitte à pratiquer une forme d\u2019exorcisme pour obtenir « guérison »), et alors que les joutes politiques contaminent les relations familiales et interpersonnelles.Ces interdits, Kena les a davantage intériorisés, au grand désespoir de Ziki, ignorant qu\u2019elles paieront bientôt le prix fort à vouloir s\u2019aimer, même à l\u2019abri des regards.Difficile quand tout un quartier épie vos moindres faits et gestes.Rafiki (qui signifie « amis ») emprunte à la fois aux postures esthétiques de la comédie romantique adolescente et à la structure du récit d\u2019apprentissage, surtout celui lié aux joies et aux misères des sorties du placard.La musique pop aux sonorités africaines n\u2019offre qu\u2019un exotisme limité, rappelant sans doute qu\u2019une certaine jeunesse s\u2019abreuve parfois aux mêmes sources culturelles, ce qui se reflète également dans les choix vestimentaires : très masculins pour Kena, plus racoleurs pour Ziki, et dans les deux cas aux couleurs souvent aveuglantes\u2026 même dans l\u2019obscurité des soirées enivrantes.Après les rituels de la séduction, les échappées romantiques et l\u2019expression pudique de la sexualité, la cinéaste opte pour un ton plus grave, où l\u2019entourage se fait menaçant, mal à l\u2019aise, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire, devant la différence.Les quolibets fusent de partout, avant l\u2019arrivée inévitable des coups de semonce, une violence décrite dans toute sa bêtise décomplexée et devant laquelle les parents des deux jeunes filles semblent totalement impuissants.Bien des cinéastes ont déjà décrit cet éveil amoureux, et le réveil d\u2019intolérance qu\u2019il engendre, sur ce modèle narratif qu\u2019adopte aujourd\u2019hui Wahuri Kahiu.Qu\u2019elle le reproduise si fidèlement peut ressembler à une forme de plagiat, mais cela témoigne surtout d\u2019une lutte encore à gagner dans des contrées pas si lointaines.Rafiki ?Drame sentimental de Wanuri Kahiu.Avec Samantha Mugatsia, Sheila Munyiva, Neville Misati, Nice Githinji.Kenya\u2013Afrique du Sud\u2013France, 2018, 83 minutes.Romance interdite Histoire d\u2019amour, Rafiki est aussi un geste de résistance de la part de sa cinéaste Rafiki (qui signifie « amis ») emprunte à la fois aux postures esthétiques de la comédie romantique adolescente et à la structure du récit d\u2019apprentissage.MÉTÉORE FILMS LES COURRIERS DU DEVOIR LeDevoir.com/infolettres Le meilleur de l\u2019information, dans votre boîte courriel. | 1 5 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Violet Valenski habite dans une ferme de l\u2019île de Wight, au sud de l\u2019Angleterre.Avec sa mère, elle s\u2019occupe des animaux, travaille les soirs et la fin de semaine, et va à l\u2019école le reste du temps.D\u2019où, sans doute, son air perpétuellement las.Et d\u2019où, encore, cette propension à se visser des écouteurs dans les oreilles.Pour se couper du monde, de ce monde.La musique est pour l\u2019adolescente une passion.Elle est, qui plus est, douée pour le chant.Très.Tellement que lorsqu\u2019elle s\u2019inscrit clandestinement à une audit ion pour un concours national, sa candidature est retenue.Qu\u2019on ne s\u2019y trompe pas : Teen Spirit a beau se présenter sous des atours réalistes et contemporains, il s\u2019agit d\u2019un conte.C\u2019est assumé puisqu\u2019à un moment, un personnage, Vlad, lance les mots « il était une fois» au détour d\u2019une réplique.Vlad, chanteur d\u2019opéra déchu, occupe en l\u2019occurrence la fonction de bonne fée marraine auprès de la Cendrillon moderne qu\u2019est Violet.À maints égards, ce premier long métrage en tant que réalisateur du jeune comédien Max Minghella (fils d\u2019Anthony « Le patient anglais » Minghella) constitue une variation de films tels Fame et Flashdance « revampée » pour l\u2019ère Britain\u2019s Got Talent et autres The Voice, dont tous les territoires ont désormais leur version.Autant cela se traduit par une impression de déjà-vu, autant cela confère une universalité au récit.Car il y a quelque chose de spontanément reconnaissable et attachant dans le rêve pourtant pas original du tout de Violet.Elle souhaite chanter, certes, mais elle désire aussi s\u2019élever au-dessus de ce qu\u2019on lui a toujours affirmé être son lot.C\u2019est là une formule éculée, mais éprouvée.Et assez irrésistible lorsque bien reprise.Deux atouts Qu\u2019en est-il du scénario de Min- ghella ?Il est, à l\u2019instar des chansons pop qu\u2019entonne Violet, adéquatement structuré.Chaque développement \u2014 chaque « beat » \u2014 obéit à une mélodie narrative préétablie, mais curieusement satisfaisante à cause de cela.Teen Spirit, du nom du concours télévisé auquel participe Violet, a en outre deux atouts de taille.D\u2019abord, Elle Fanning s\u2019avère mer veilleuse dans le rôle principal.Elle est au commencement cette jeune fille de province inconsciente de posséder une beauté, un éclat, qui de manière intangible, indicible, la rend étrangère à son morne environnement.Quand, plus tard, elle arbore un glamour de circonstances, sa fausse assurance touche.Non seulement l\u2019actrice américaine, après avoir joué des Anglaises de diverses époques avec un bonheur inégal (Ginger & Rosa, Mary Shelley, Maléfique), convainc-t-elle en fille d\u2019émigrante polonaise (émouvante complicité avec Agnieszka Grochowska), mais elle possède une voix juste assez riche pour rendre crédible le parcours de Violet.L\u2019autre atout réside dans les numéros musicaux.Jouant d\u2019un montage, à nouveau pas transcendant mais efficace, qui alterne des images de Violet dans sa campagne, en répétition puis en audition ou en concert, Min- ghella maintient un dynamisme plaisant tout en marquant une évolution dans l\u2019univers de la protagoniste, qui passera du dénuement au clinquant.Fin attendue Évidemment, à la onzième heure, ses quinze minutes de gloire monteront à la tête de Violet.Compromet- tra-t-elle ses chances de l\u2019emporter ?Et ce contrat qu\u2019on la presse de signer, va-t -elle le parapher ?Des questions accessoires, il va sans dire, l\u2019issue du récit n\u2019étant jamais remise en doute.Pour le compte, il eût été intéressant que Max Minghella s\u2019inspire de son héroïne et aspire à davantage.Tel qu\u2019il est, son film fonctionne, mais à la hauteur de ses modestes ambitions.Teen Spirit (V.O.) ?Drame musical de Max Minghella.Avec Elle Fanning, Zlatko Buric, Agnieszka Grochowska, Rebecca Hall.Grande- Bretagne\u2013États-Unis, 2018, 92 minutes.Au bout du conte Elle Fanning brille dans Teen Spirit, un conte de fées campé dans le populaire univers des concours vocaux Elle Fanning s\u2019avère merveilleuse dans le rôle principal.ENTRACT FILMS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e 1 6 | Cette exposition itinérante a été produite par l\u2019Art Museum de l\u2019Université de Toronto en partenariat avec le Musée d\u2019art du Centre de la Confédération, Charlottetown, et a été réalisée en partie grâce au gouvernement du Canada, au Conseil des arts du Canada et au Conseil des arts de l\u2019Ontario.Commanditaire principal : Fondation Donald R.Sobey Kent Monkman, Les papas, 2016.Collection de Christine Armstrong et Irfhan Rawji.Les nouveautés sont en rose Une femme en guerre (V.F.de Woman at War) ?De quoi sont faits les militants purs et durs?D\u2019une âme et d\u2019un cœur, comme vous et moi.Le cinéaste islandais Bene- dans un climat énigmatique, déstabilisant et envoûtant.André Lavoie dant des enjeux aussi variés que la fermeture des frontières, les turpitudes financières des riches, l\u2019éclatement de l\u2019Union européenne, l\u2019eugénisme et les manières diverses mais toujours fort belles à travers lesquelles l\u2019amour se manifeste.On reste ce faisant en surface, mais comment résister à un tel déploiement de chiots géants, de chatons et de barbe à papa?François Lévesque dikt Erlingsonn (Of Horses and Men) l\u2019illustre avec panache, humour et ingéniosité à travers la figure d\u2019une femme en apparence irréprochable.Or, il ne faut pas se fier à son aisance à pratiquer le taï-chi ou à diriger une chorale: avec arc et flèches, elle démantèle les pylônes électriques de son pays, question de protester contre la mainmise des multinationales.Halla, interprétée avec dévotion par l\u2019étonnante Halldóra Geirharðsdóttir, séduit par sa candeur, mais aussi par l\u2019immensité de ses exploits.Une fable sociale efficace d\u2019un bout à l\u2019autre, pleine de fantaisies esthétiques et musicales, le tout avec des personnages bigarrés comme dans les meilleurs films d\u2019Aki Kaurismäki.André Lavoie Ville Neuve ?Une maison sur la côte.Un homme s\u2019y est réfugié.L\u2019y rejoint, circonspecte, son ex-femme.Militants lors du référendum de 1980, ils se surprennent à rêver d\u2019une vie commune alors qu\u2019un second référendum en est à raviver maintes aspirations.Dévoilé à Venise, Ville Neuve, premier long métrage d\u2019animation de Félix Dufour-Laperrière, est une ode à l\u2019indépendance, mais pas un pamphlet.Riche, puissamment évocatrice, cette œuvre poétique transcende son contexte et atteint une dimension universelle.Car il est ici question d\u2019idéal.Un idéal qui unit jadis les amants; lui voudrait y croire encore, elle n\u2019a jamais cessé.Et les réminiscences de les assaillir tous deux au gré des marées.Omniprésente, la mer imprime rythme et manière: coule un flot noir et blanc charriant métamorphoses, permutations et fulgurances en autant de nuances de gris.Le dénouement, qui hante, rappelle qu\u2019il n\u2019est jamais trop tard pour recommencer à espérer.À avoir foi en un idéal.François Lévesque Diamantino ?1/2 Diamantino, immense star de foot, a perdu le goût du jeu.Être candide désireux de faire le bien, le voici qui adopte Rahim, un adolescent qui est en réalité une jeune femme: Aisha.Agent secret, Aisha le soupçonne de blanchiment d\u2019argent.En parallèle, les sœurs chipies de Diamantino ourdissent un complot contre lui, avec à la clé de curieuses expérimentations hormonales.Décalée, cette satire politico-fantaisiste primée à Cannes affiche une sensibilité résolument queer.Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt maintiennent une esthétique pop et un ton ludique en abor- Une vie en hauteur (V.F.de High Life) ?1/2 Certains y verront un curieux croisement entre Alien, de Ridley Scott, et Solaris, d\u2019Andreï Tarkovski, mais c\u2019est d\u2019abord et avant tout une œuvre signée Claire Denis (Beau travail, Trouble Every Day, Un beau soleil intérieur).Elle manipule à sa manière les codes de la science-fiction, offrant une méditation sur la filiation et la rédemption, ainsi qu\u2019une charge, subtile, sur les dérives morales de la science.Tout cela se déroule à l\u2019intérieur d\u2019un vaisseau spatial contenant plusieurs prisonniers, dont l\u2019un incarné par le désormais imprévisible Robert Pattinson, sous la coupe d\u2019une médecin (Juliette Bi- noche) dont la longue chevelure témoigne de la durée du périple, obsédée à l\u2019idée de créer la vie, à tout prix.Dans ce monde aseptisé et étouffant, les passions sont exacerbées, comme souvent chez Denis, le tout baignant Rafiki ?Ce quartier populaire et quelque peu anonyme de Nairobi pourrait ressembler à celui d\u2019une ville occidentale, avec ces jeunes parfois désœuvrés, parfois pleins de vie.Les deux filles de deux candidats opposés à une élection locale sont aussi différentes que leur père, ce qui ne les empêche pas de vivre un coup de foudre quasi instantané.Dans un pays où l\u2019homosexualité est un crime, leur amour leur fait courir un grand danger, d\u2019autant plus qu\u2019elles sont surveillées de toutes parts.Ce qui débute par une romance juvénile prend peu à peu la forme d\u2019une dénonciation de l\u2019intolérance, illustrant la puissance de la haine envers la différence sexuelle.Rien de très original, mais une véritable audace à l\u2019échelle africaine, où ce cinéma de la diversité sexuelle a bien du mal à exister.La cinéaste kenyane Wanuri Kahiu fait preuve d\u2019un courage que l\u2019on doit saluer.André Lavoie Teen Spirit (V.O.) ?Passionnée de chant, une adolescente désargentée s\u2019inscrit à un concours té- C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 HÉRITAGE DISPARU.E.S LES HARDINGS LES ENFANTS FUN HOME ALBUM DE FAMILLE L\u2019ORIGINE DE MES ESPÈCES les couleurs locales s\u2019assimilent à une esthétique de cartes postales.André Lavoie lévisé à l\u2019insu de sa mère.Cela, avec l\u2019aide d\u2019un ténor déchu qui croit en cette aspirante vedette pop.Teen Spirit a beau arborer des atours contemporains, il s\u2019agit d\u2019un conte de fées.À maints égards, ce premier long de Max Minghella constitue une variation de films tels Fame et Flashdance «revampée» pour l\u2019ère Britain\u2019s Got Talent et autres The Voice.Il y a quelque chose d\u2019attachant dans le rêve pourtant pas original de Violet, qui souhaite chanter, certes, mais qui désire surtout s\u2019élever au-dessus de ce qu\u2019on lui a toujours affirmé être son lot.Formule éculée, mais éprouvée.Elle Fanning, qui possède la voix requise pour rendre la proposition crédible, s\u2019avère merveilleuse.À terme, il eût toutefois été intéressant que Minghella s\u2019inspire de son héroïne et aspire à davantage.Tel quel, son film fonctionne, mais à la hauteur de ses modestes ambitions.François Lévesque L\u2019empereur de Paris ?1/2 Si Eugène-François Vidocq avait pu récolter les dividendes de toutes les adaptations de ses mémoires publiées en 1828, de toutes les variations signées par d\u2019illustres romanciers (Victor Hugo, Honoré de Balzac), sans compter les grands acteurs qui l\u2019ont personnifié (Harry Baur, Claude Brasseur, Gérard Depardieu), il aurait été riche comme un roi de France.À son tour, Jean-François Richet (Mes- rine) propose son Vidocq, incarné par un fidèle de son cinéma, Vincent Cas- sel, se concentrant sur un chapitre où le bagnard devient le plus célèbre mouchard de la police du pays dominé par Napoléon.Plus près du manège à vitesse variable que du film historique au souffle épique, L\u2019empereur de Paris célèbre l\u2019ingéniosité d\u2019un renégat, mais dans une esthétique léchée, celle qui contamine ce cinéma français de la surenchère.On croit ainsi conquérir les foules, mais nous voilà devant un autre Waterloo.André Lavoie Stockholm ?1/2 Même si les noms ont été changés et que le cinéaste canadien Robert Bu- dreau (That Beautiful Somewhere) a pris quelques libertés avec les faits datant de 1973, celui-ci recrée dans Stockholm les principaux éléments qui ont mené à la création du syndrome du même nom.Des victimes en symbiose avec leur agresseur, on voit cela à l\u2019œu- vre pendant les quelques jours où Kaj (Ethan Hawke) prend en otage les employées d\u2019une banque suédoise, dont Bianca (Noomi Rapace), si complices que les autorités sont démunies devant cette situation aussi inusitée qu\u2019absurde.La trajectoire psychologique des personnages est d\u2019une limpidité exemplaire, mais ce thriller souffre d\u2019un rythme hésitant, sans ce grain de folie qu\u2019exigeait l\u2019illustration de cette affaire abracadabrante.André Lavoie Tanguy, le retour ?Seize ans se sont écoulés depuis que ce cher Tanguy (Éric Berger) a quitté le nid familial.Jadis dans la vingtaine, le voici qui retontit, à 44 ans, chez papa (André Dussollier) et maman (Sabine Azéma).Il ne lèvera plus l\u2019ancre, comme attendu.Et il n\u2019est pas seul.Malgré de nouveaux personnages, Tanguy, le retour colle à ce point au si séduisant Tanguy (2001) qu\u2019il manque de fraîcheur, s\u2019embourbe dans un récit insipide et malhabile.On n\u2019assiste plus à un conflit de générations, mais à un choc culturel, par le biais d\u2019une famille chinoise qui trouble la quiétude parisienne.Il est loin l\u2019Étienne Chatiliez du Bonheur dans le pré ou de Tatie Danielle.Jérôme Delgado Sunset : la fin du jour (V.O., s.-t.f.) ?1/2 Budapest, 1913.Irisz, orpheline déchue, évolue entre noblesse décadente et insurgés dans sa quête pour retrouver un frère inconnu.Sunset doit beaucoup à son prédécesseur, Le fils de Saul.Au circuit fermé d\u2019un camp de la mort se substitue l\u2019aire ouverte d\u2019une cité, mais la taille du canevas est accessoire, la mise en scène de Laszlo Nemes épousant dans les deux cas si rigoureusement le point de vue des protagonistes que l\u2019impression d\u2019un dédale physique et mental est identique.Pour ce nouveau cauchemar éveillé, Nemes récupère sa grammaire cinématographique antérieure : longue focale isolant Irisz dans un décor flou, plans-séquences dilatés et nerveux, impression croissante d\u2019une dissonance entre ce qui est vu et entendu\u2026 Mêmes procédés, mais résultat en deçà, hélas : Sunset est si désincarné qu\u2019on peine en retour à s\u2019y plonger.Une réalité à laquelle, ironiquement, le brio des techniques immersives de Laszlo Nemes ne peut rien changer.François Lévesque Mia et le lion blanc ?1/2 Documentariste flirtant parfois vers la fiction, Gilles de Maistre a conservé son tempérament patient dans ce plaidoyer pour la préservation des animaux sauvages, épinglant la bêtise des chasseurs sans scrupules.Au centre d\u2019une famille élevant des lions en Afrique du Sud, la jeune Mia s\u2019attache, d\u2019abord malgré elle, à un lionceau qui grandira au même rythme qu\u2019elle (le tournage s\u2019est échelonné sur quelques années pour épouser cette transformation).La complicité est si forte que la jeune fille fera tout pour le protéger des siens et du reste du monde, s\u2019engageant dans une traversée périlleuse.Rien de nouveau dans ce discours lénifiant, mais nécessaire, le tout dans une approche Walt Disney où L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e D a n s e 1 8 | ENTREVUE CATHERINE LALONDE LE DEVOIR On vit un moment charnière pour la danse urbaine.On sent que tout le monde est un peu tendu.Les choses bougent, mais pour aller dans quelle direction?Comment?Par qui?Et pourquoi?» Axelle Munezero, cofondatrice en 2012 de la plateforme 100Lux, elle-même danseuse, chorégraphe et prof, a la tête pleine de questions.«Le milieu se polarise entre les plus puristes, qui veulent rester street et branchés sur le communautaire, et ceux qui veulent faire ce qu\u2019ils veulent et être ouverts à toutes les possibilités.» À quelques jours de la première des Soirées 100Lux 2019, qui présentera sept courtes chorégraphies signées par autant d\u2019artistes, discussion sur cette danse qui prend son envol scénique, et sur les changements que l\u2019élan entraîne.À sa fondation, 100Lux était une plateforme qui visait à rassembler les acteurs de la danse urbaine, quelles que soient leurs pratiques, pour partager leurs savoirs, fonder les manières d\u2019enseigner, trouver davantage de possibilités de production et de diffusion.Bref, pour aider les artistes à pousser leur art plus loin, par réseautage et partage.«Ce qui a changé depuis, réfléchit Axelle Munezero, c\u2019est que les danseurs sont maintenant plus conscients de ce qu\u2019est une composition chorégraphique.À l\u2019époque, tu faisais de la danse urbaine pour faire des battles.Il y avait quelques chorégraphes, très peu, qui faisaient des shows, et ceux-là mélangeaient danse urbaine et contemporaine \u2014 Rubberbandance Group de Victor Quijada et Destins croisés d\u2019Is- maël Mouaraki.Ils ont passé la rampe en faisant de la fusion.À 100Lux, on voulait se différencier en trouvant comment chorégraphier sans mêler les genres; en ayant une pensée, une réflexion, une manière chorégraphique issues juste de la danse urbaine.» Une démarche pas si simple.Car à la base de la danse urbaine se trouve l\u2019improvisation, qui exige des danseurs d\u2019être à la fois chorégraphes, maîtres de la composition instantanée.«On n\u2019est pas des interprètes à la base, au contraire.On apprend à ressortir, pas à se mouler.C\u2019est dans la culture de la danse urbaine de chercher à danser comme personne d\u2019autre.Tu t\u2019entraînes toute ta vie pour trouver ta propre signature.Alors c\u2019est confrontant quand un chorégraphe ensuite arrive et te dit comment bouger.» Si la composition chorégraphique s\u2019est maintenant immiscée partout, encore aujourd\u2019hui il reste ardu de convaincre un artiste de danse urbaine de ne pas danser dans sa pièce, de garder une distance par rappor t à sa pièce, une distance de réflexion et scé- nographique, selon Axelle Munezero.Du terrain à défricher Les choses ont tant évolué en quelques années que la plateforme 100Lux, dans sa forme originelle, est moins nécessaire, poursuit sa cofonda- trice.«Les artistes sont désormais capables de faire seuls leurs démarches.Cette année, j\u2019ai vu Sovann Rochon en show à La Chapelle, Alexandra Spicey Landé à Montréal Arts interculturels, Helen Simard \u2014 qui fait partie de notre communauté \u2014 à l\u2019Agora de la danse\u2026 C\u2019est fou! Ce sont les jeunes, ceux qui veulent expérimenter, qui ont encore besoin de 100Lux.» Car il reste du terrain à défricher.Ainsi, peu de chorégraphies de danses urbaines s\u2019affirment dans la durée ou en de larges groupes.Les soirées 100Lux en sont un joli symptôme, enchaînant six courtes pièces de 10 minutes, une de 20 minutes, signées par Shanyça Elie-Leconte, Magdalena Marszalek, Emmanuelle Lê Phan, Borealis Soul, Céline Ri- chard-Robichon, Mecdy Jean-Pierre, Victor et Tito Sono.« Prends Victor, donne Mme Munezero en exemple, c\u2019est un pur B-Boy, c\u2019est sa première fois en théâtre.Sa capacité comme danseur est nettement supérieure à son expérience comme chorégraphe, où il débute.Donc il reste encore des opportunités à créer.» Quel avenir pour 100Lux ?« C\u2019est seulement maintenant que de vrais fonds commencent à se débloquer.Donc l\u2019idée est de réfléchir aux nouveaux besoins, aux nouvelles lacunes.Peut-être que c\u2019est à la formation des interprètes qu\u2019il faut réfléchir, ou au raffinement des capacités chorégraphiques.Quelle sera la prochaine étape, maintenant que les diffuseurs, les subvention- naires et les danseurs sont ouverts, que le circuit est connecté?» Axelle Munezero aimerait que l\u2019année serve, entre autres, à réfléchir vraiment, par des panels.« Moi, par exemple, je veux remettre en question les relations de pouvoir.On est dans un système où il y a des leaders, des mentors, ce qui est aussi très bon ; mais si ces leaders-là disent d\u2019aller à gauche, tout le monde va à gauche.Ça donne beaucoup de pouvoir à quelques personnes ; et les interactions entre les différents leaders sont complexes.Ce sont plus souvent des hommes, âgés, avec de l\u2019expérience.Moi, je suis une femme, jeune.Je ressens le fossé.Je m\u2019interroge sur ces gens qu\u2019on choisit de suivre, et pourquoi, dans une danse qui prône l\u2019individualité ; et sur aussi sur les aspects positifs de ces leaders quand ils guident et partagent leurs expériences.» Un sujet de réflexion parmi mille autres possibles.Les soirées 100Lux 2019 Avec sept chorégraphies de Shanyça Elie-Leconte, Magdalena Marszalek, Victor et Tito Sono, Emmanuelle Lê Phan, Borealis Soul, Céline Richard- Robichon, Mecdy Jean-Pierre.À l\u2019édifice Wilder \u2013 Espace danse, du 25 au 28 avril.L\u2019année de réflexion de 100Lux La danse urbaine vit un moment clé, où tout devient possible Emmanuelle Lê Phan signe l\u2019une des pièces des Soirées 100Lux 2019.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Axelle Munezero, danseuse, chorégraphe et professeure ANTHONY FERLA « élanie Venditti a enregistré son premier album, Épitaphes, il y a près d\u2019un an et demi.« J\u2019aurais pu le sortir en mars dernier », assure-t-elle.Sa gérante, et amie, lui a recommandé d\u2019attendre encore un peu.« J\u2019ai pris du recul.À la fin, je ne voulais même plus le sortir.Je me disais : \u201cAh, c\u2019est pas bon\u2026 C\u2019est trop deep, y a personne qui veut entendre ça en ce moment, pas quelque chose d\u2019aussi déprimant.\u201d Même moi, je n\u2019avais pas envie d\u2019interpréter ces chansons- là ! », ajoute-t-elle en riant.Âmes sensibles, vous voilà prévenues : Épitaphes est bouleversant.Bon, mais bouleversant.Pourtant, « je ne veux pas que ma musique soit trop deep.Il me fallait trouver une manière de bien dire les choses pour toucher les gens, sans que ce soit trop lourd.Il me semble que ces thèmes-là, ce que j\u2019ai vécu, c\u2019est quand même très lourd.» Cer tains épisodes vécus feront peut-être l\u2019objet d\u2019un autre album, le moment venu.Épitaphes, lui, est le disque qu\u2019elle destine à sa mère.«Si on a besoin de connaître mon histoire pour comprendre ce disque ?Je pense que oui, estime Mélanie, en pesant ses mots.J\u2019ai écrit ce disque sur un coup de tête, mais en même temps, tout ça fait partie de ma démarche ar tistique.C\u2019est\u2026 c\u2019est comme n\u2019importe quel être humain?Des fois, on a des amis qui ont des traits de personnalité qu\u2019on comprend pas ; après, lorsque tu apprends le passé de l\u2019autre, tu comprends mieux.Même chose avec ma musique.Tout est relié.» Une grosse bouchée Sur son premier EP paru en 2017, elle dédiait déjà une chanson à sa maman, Phare, sur laquelle elle nomme sa schizophrénie, diagnostiquée lorsque Mélanie était toute jeune.« Dans ma tête, elle était déjà un peu éteinte, ma mère, à travers sa maladie.Ce n\u2019était plus la même personne.C\u2019est comme si j\u2019avais entamé mon deuil, même si je ne me doutais pas qu\u2019elle allait décéder.» Mélanie Venditti a appris son décès en sortant du métro Mont-Royal, un jour de mars 2017.Partie subitement, lui a-t-on annoncé au téléphone.Le choc, exprimé tel quel dans la troisième chanson du disque, Comme un film.« Cette chanson, c\u2019est tout ce qui s\u2019est passé [à ce mo- ment-là].Je n\u2019ai même pas pu la voir avant qu\u2019elle parte.Je n\u2019ai pas pu lui dire que je l\u2019aimais.Ça m\u2019a fait de la peine.Je devais trouver le moyen de lui parler, parce que tu te dis : \u201cQuelque part, elle m\u2019entend.\u201d Cet album, c\u2019est ma façon de lui dire ce que j\u2019aurais voulu lui dire.» Épitaphes est une grosse bouchée à avaler d\u2019un seul coup, mais c\u2019est ainsi que Mélanie le souhaitait : les dix chansons de l\u2019album, fusionnées en une seule plage de 45 minutes.Il y a dans ce geste une manière d\u2019abord d\u2019insister sur l\u2019importance d\u2019un album complet en cette époque de listes de lecture.«Puis, les chansons de la fin du disque, tu ne les comprendras pas si t\u2019as pas entendu celles qui précédaient», estime-t-elle.Avalons : la première moitié est la plus ardue, celle où se révèle à nous le drame au cœur du disque.La seconde moitié assène le coup de grâce; pour peu que vous n\u2019ayez qu\u2019une oreille pour entendre et un cœur qui bat encore, vous ne vous remettrez pas de Je n\u2019a jamais vu de ciel aussi noir et Les grands crus / Où es-tu?.Deuil et détresse Album-concept empreint de deuil et de détresse, Épitaphes est rehaussé par le style d\u2019écriture de Mélanie Venditti, une chanson complexe aux structures décomplexées, aux r ythmes rock flirtant parfois vers le jazz, aux orchestrations superbes, aux textes en prose qui disent tout avec élégance.«Tout le monde me dit : \u201cAh, c\u2019est pas pop, ce que tu fais\u2026\u201d Bon, c\u2019est vrai, mais j\u2019essaie vraiment de simplifier mon écriture.Chaque fois que je me présentais devant mes musiciens, je leur disais : \u201cVous allez voir, cette chanson-là est vraiment simple !\u201d Et chaque fois, on me répondait : \u201cNon Mel, c\u2019est vraiment pas simple\u2026\u201d Mais j\u2019ai vraiment essayé!» insiste-t-elle en rigolant.Entre chanson plus classique et rock indé trempé dans l\u2019inspirée orchestration de cordes, Venditti pose sa voix, douce et ondulante, avec émotion et une certaine résignation.Ça rappelle un peu la Brigitte Fontaine des années Saravah.Le Ferland de Jaune et Soleil.Barbara aussi, tiens, dans certains passages lyriques.Pure coïncidence, assure Mélanie: «En fait, je n\u2019ai vraiment pas écouté de chanson française quand j\u2019étais jeune.Tu sais, je viens vraiment d\u2019un milieu défavorisé, on n\u2019écoutait pas de musique en foyer d\u2019accueil.» Elle n\u2019a jamais connu son père, elle a été séparée de son frère, son enfance fut consolée par la musique classique à laquelle Mélanie fut initiée, à l\u2019école du Plateau \u2014 l\u2019alto est son instrument naturel.Ado, elle est tombée dans le prog: «King Crimson, Gentle Giant, Genesis, Yes, c\u2019était vraiment le fun pour moi.Le prog, ça ressemble un peu à la musique classique, non ?Puis j\u2019ai écouté beaucoup Radiohead.Ce n\u2019est que plus tard dans ma vie que j\u2019ai écouté la musique en français.» Sur le plan des textes, « celui qui m\u2019a le plus influencée, c\u2019est Philémon [Cimon].Des idées complexes exprimées dans des mots simples.D\u2019autres écrivent de manière tellement descriptive, avec plein de mots, plein d\u2019images, qu\u2019à la fin tu te demandes vraiment ce qu\u2019ils veulent dire.Un peu comme quand t\u2019argumentes avec un Français de France», dit-elle, amusée.Dire qu\u2019il a failli jamais ne paraître, cet album qu\u2019elle imaginait d\u2019abord enregistrer toute seule.« Au fond, je me serais isolée\u2026 Le fait d\u2019avoir partagé tout ça avec mes musiciens, c\u2019est ça, ma thérapie.Je n\u2019ai pas de famille pour m\u2019aider dans tout ça\u2026 Je me suis dit : \u201cNon, je vais confier ça à mes musiciens, ils vont peut-être rendre ça plus lumineux.\u201d Ils étaient mes amis à la base, ils sont devenus comme ma famille.» | 19 C u l t u r e M u s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 ENTREVUE PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR Chants de résilience Épitaphes, de Mélanie Venditti, est bouleversant.Bon, mais bouleversant.Entre chanson plus classique et rock indé trempé dans l\u2019inspirée orchestration de cordes, Venditti pose sa voix, douce et ondulante, avec émotion et une certaine résignation.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR M Épitaphes Mélanie Venditti, indépendant L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e C l a s s i q u e 2 0 | Présenté par GARRICK OHLSSON JOUE BRAHMS Vendredi 26 avril 19 h 30 Intégrale de l\u2019œuvre pour piano de Johannes Brahms - Concert II BRAHMS Klavierstücke, op.118 Sonate en fa dièse mineur, op.2 Intermezzi, op.117 Variations et fugue sur un thème de Handel, op.24 GABRIELA MONTERO, piano Mardi 7 mai 19 h 30 SCHUMANN Kinderszenen, op.15 CHOSTAKOVITCH Sonate no 2, op.61 C.COREA Children\u2019s Songs G.MONTERO Improvisation L\u2019extraordinaire pianiste d\u2019origine vénézuélienne est de retour à Montréal pour clore la série Complètement piano d\u2019Arte Musica ! sallebourgie.ca Arte Musica présente 18 19 Salle Bourgie CANTATES DE BACH Dimanche 28 avril 14 h LES BORÉADES CHŒUR ST-LAURENT Philippe Bourque, chef J.S.BACH Cantates BWV 67, 102, 117 et 123 Plus de 70 chanteurs et musiciens seront sur scène pour le dernier concert de l\u2019an 5 de l\u2019Intégrale des cantates de Bach ! Speak No Evil HOMMAGE À WAYNE SHORTER Jeudi 25 avril 18 h ANDRÉ LEROUX ET SON QUINTETTE L\u2019album mythique de Wayne Shorter enregistré en 1966 réinterprété dans son intégralité.Un 5 à 7 jazz à ne pas manquer ! 5 À 7 JAZZ RÉCITALS DE PIANO ÉCLAIRAGE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR L\u2019orgue de Notre-Dame de Paris a sur vécu à l\u2019incendie de la bâtisse, même si, à l\u2019heure où ces lignes étaient écrites, de nombreuses questions restent encore en suspens, notamment quant à la robustesse, voire la déformation de la structure de soutien après les semaines de séchage à venir.L\u2019histoire du plus grand orgue de France a toujours épousé celle de l\u2019édifice qui l\u2019abrite.Pour le meilleur et pour le pire.Retour dans le temps.C\u2019est le 16 ventôse de l\u2019an III, soit le 5 mars 1795, que le couperet passe le plus près.L\u2019arrêté pris par la Convention nationale menace directement l\u2019orgue de Notre-Dame, alors recon- ver tie par les révolutionnaires en «Temple de la raison» puis en magasin de vivres.Ledit arrêté exige « la vente des orgues existant dans les églises appartenant à la République dans la forme prescrite pour la vente du mobilier national».Cette disposition, comme la période de la révolution en général, fera des ravages sur le patrimoine des orgues en France.Symbole du culte et de la monarchie, une large partie des orgues françaises est décimée, les tuyaux étant adjugés à des couvreurs ou des plombiers.Le reste servira à faire des balles pour les guerres napoléoniennes.À Notre-Dame de Paris, les dégâts sont de façade.On y a détruit à la hache, en 1793, des ornements qui rappellent la monarchie et les fleurs de lys qui ornent les mascarons à la base de deux des colonnes des buffets.L\u2019orgue sera finalement sauvé le 11 août 1795 par le citoyen Mollard, rapporteur de la Commission temporaire des arts, qui classe l\u2019instrument dans les « orgues à conser ver eu égard à leur importance ».Mollard a-t-il été sensible aux cérémonies en l\u2019honneur de la déesse Raison, tenues trois mois auparavant ?Un orgue vedette, déjà À l\u2019époque, cet orgue-là a déjà plus de 350 ans d\u2019histoire.Les événements de cette semaine ont mis en lumière que la structure de l\u2019instrument date du XVe siècle.C\u2019est celle-ci qui, sur la terrasse, au-dessus, est recouverte d\u2019eau et fait craindre à l\u2019organiste Philippe Lefèbvre, l\u2019un de ses trois titulaires, des tensions et problèmes structurels lors du séchage.C\u2019est ce qui fait aussi dire à son collègue Olivier Latry, auquel Le Devoir a eu le privilège de parler dès mardi : « Effectivement, l\u2019orgue est sauvé, mais en danger.» C\u2019est en 1402 que Frédéric Scham- bantz installe un orgue sur la tribune de pierre prévue à cet ef fet sous la rosace occidentale.L\u2019instrument ne subit aucune modification pendant plus de deux siècles, jusqu\u2019à ce que Valéran de Héman lui adjoigne un deuxième, puis un troisième plan sonore entre 1608 et 1610.Cet orgue est augmenté par François Thierry en 1733, qui porte l\u2019instrument à 47 jeux sur cinq claviers.C\u2019est à partir de ce moment que l\u2019orgue de Notre- Dame de Paris est considéré comme le meilleur du Royaume de France.L\u2019instrument, joué par Armand- Louis Couperin \u2014 qui est passé si près de subir le couperet de la Révolution \u2014, est un orgue Thierry amélioré par François-Henri Clicquot en 1788.Petit- fils de Robert Clicquot, le facteur de l\u2019orgue de la chapelle royale de Versailles, descendant d\u2019une lignée de facteurs d\u2019orgues du roi, François-Henri Clicquot est l\u2019un des maîtres de l\u2019orgue classique français.Ce qui est remarquable dans l\u2019orgue de Notre-Dame de Paris, c\u2019est qu\u2019il s\u2019est constitué par strates et enrichissements des instruments existants.D\u2019où la présence actuelle de tuyaux du XVe siècle.Le roi des instruments de la cathédrale des rois Petite histoire de l\u2019orgue de Notre-Dame de Paris, sauvé des flammes cette semaine L\u2019histoire du plus grand orgue de France a toujours épousé celle de l\u2019édifice qui l\u2019abrite.Pour le meilleur et pour le pire.PATRICK KOVARIK AGENCE FRANCE-PRESSE C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 Une exposition conçue, produite et mise en tournée par le Musée des beaux-arts de Montréal en collaboration avec le Groupe Clarins et la Maison Mugler.Le Musée remercie le ministère de la Culture et des Communications du Québec, le Conseil des arts de Montréal et le Conseil des arts du Canada pour leur soutien constant.| Alan Strutt, Yasmin Le Bon, 1997.Thierry Mugler, collection La Chimère, haute couture automne-hiver 1997-1998.© Alan Strutt En collaboration avec Une présentation de Partenaire média o?ciel DÉJÀ PLUS DE 60 000 VISITEURS ! « Chaque modèle présenté est une source d\u2019émerveillement et d\u2019enchantement pour tous les âges.» \u2014 Elsa Vecchi, Quebec.Hu?ngtonPost.ca COUTURISSIME PROFITEZ DU CONGÉ DE PÂQUES POUR VISITER L\u2019EXPOSITION EN FAMILLE ! + ATELIERS CRÉATIFS GRATUITS CONSULTEZ L\u2019HORAIRE À MBAM.QC.CA Au XIXe siècle, l\u2019histoire de Notre- Dame est associée à l\u2019importante restauration de Viollet-le-Duc, qui a débuté en 1845.Mais l\u2019orgue connaît à la même époque un tournant similaire dans son histoire.Viollet-le-Duc achève ses travaux le 31 mai 1864.La cerise sur le gâteau de cette cathédrale aux nouvelles couleurs et aux nouvelles statues sera la réalisation d\u2019un orgue symphonique, instrument d\u2019une ampleur inédite.Son inauguration, le 6 mars 1868, réunit les plus grands organistes du temps \u2014 César Franck, Camille Saint- Saëns, Charles-Marie Widor, Alexandre Guilmant \u2014 aux côtés du titulaire, Eugène Sergent.Il faudra toutefois attendre la nomination de Louis Vierne, en 1900, pour que l\u2019instrument trouve un titulaire à sa mesure.Car, comme le décrit Olivier Latry : «Cavaillé-Coll créa une palette sonore que nul n\u2019avait alors tentée et fit de l\u2019orgue de Notre- Dame un cas unique dans la facture d\u2019orgues : jeux harmoniques, mutations, familles complètes de jeux d\u2019anches tels que bassons ou clarinettes\u2026 Son concepteur fut conscient d\u2019avoir réalisé là son chef-d\u2019œuvre.» Un plan pour la création Si l\u2019on cherche à définir l\u2019importance de l\u2019orgue de Notre-Dame de Paris, elle est là : l\u2019instrument symbolise l\u2019orgue symphonique français qui est à l\u2019origine d\u2019un répertoire musical à part entière, déterminant dans l\u2019histoire mondiale de l\u2019orgue, avec des œuvres de Vierne, Widor, Guilmant.Ce répertoire a fait de la France, à partir de la fin du XIXe siècle, le phare de la création en matière de musique d\u2019orgue, prenant ainsi le relais de l\u2019Allemagne.Cette éminence a perduré au XXe siècle avec une révolution, musicale celle-là, signée Messiaen.La stature de Louis Vierne attire à la tribune Gabriel Fauré, Nikolaï Rimski- Korsakov ou Enrique Granados, puis ses élèves Dupré et Duruflé.Vierne mourra à sa tribune, lors d\u2019un concert le 2 juin 1937.L\u2019instrument de Cavaillé-Coll restera en l\u2019état, avec quelques réparations, pendant un siècle.Le successeur le plus éminent de Vierne aura pour nom Pierre Cochereau.Nommé en 1955, ce génial improvisateur remplacera les machines Barker de Cavaillé-Coll par une traction électrique, fera installer une console neuve et ajoutera une petite pédale.En 1975, il demandera aux facteurs Robert et Jean-Loup Boisseau de mieux exploiter la palette classique de l\u2019orgue (ajout de pleins-jeux de style classique et de chamades qui ornent le buffet de Thierry).Entre 1990 et 1992, comme le résume Olivier Latry, « la pollution et le nombre croissant de touristes visitant la cathédrale ont raison de l\u2019état de l\u2019instrument, qui, à bout de souffle dès le début des années 1980, nécessite une restauration complète».«On avait enlevé beaucoup de tuyauterie», se rappelait cette semaine le titulaire de l\u2019instrument.L\u2019objectif est alors de restituer les sonorités symphoniques de l\u2019orgue de Cavaillé-Coll, de préserver les strates antérieures (XVIIe et XVIIIe siècles) et d\u2019ajouter un système informatique de pointe.Entre 2012 et 2014, les entreprises Cattiaux et Quoirin étendront les possibilités de l\u2019orgue en développant les ajouts réalisés par Cochereau.La console sera rénovée et la transmission informatique mise aux normes du jour.On a beaucoup évoqué le bâtiment chargé d\u2019histoire.L\u2019orgue, lui, porte en sons, de manière tangible et accessible, l\u2019histoire de six siècles de musique unis en un instrument et 8000 tuyaux.Espérons que le miracle de sa préservation s\u2019avère.Un disque pour témoigner Entre le 6 et le 8 janvier 2019, Olivier Latry enregistrait Bach pour l\u2019éditeur La Dolce Volta à l\u2019orgue de Notre-Dame.Avec les événe- ments du 15 avril, tout devient un peu fou dans ce projet.Un titre Bach to the Future comme une promesse d\u2019un témoignage qui nous permettra, avec le plus grand des compositeurs, de «tenir» de longues années avant de réentendre l\u2019instrument.Une photo de couverture imageant un organiste comme un mort vivant flottant en apesanteur dans le cercueil sans parois, comme celui qui entoure désormais son instrument.Une vidéo vertigineuse de la Toccata et fugue en ré mineur, tournée début février, pour promouvoir l\u2019album et qui documente aujourd\u2019hui une splendeur perdue.«Je ne trouve pas les mots.Cela me réconforte un peu d\u2019avoir enregistré juste avant cette catastrophe», nous disait Olivier Latry, très ému, mardi.Dans ce disque qu\u2019il sait musicologiquement anachronique, Latry disait à sa sortie, fin mars: «Il faut se nourrir du passé pour se projeter dans l\u2019avenir.» Il concédait que «restituer Bach sur un instrument pour le moins éloigné de la facture baroque et classique pose question».Latry utilise donc les possibilités de son orgue pour illuminer et élargir Bach à sa façon (voir l\u2019expression de la jubilation dans In dir ist Freude, BWV 617).Le phénoménal enregistrement de François Eckert fait le reste.Très beau succès d\u2019estime il y a quelques jours encore, Bach to the Future est devenu en une nuit un incontournable trésor patrimonial.«Ma boutique explose», nous a avoué l\u2019éditeur Michael Adda.Il faudra peut-être s\u2019armer de patience pour l\u2019obtenir.Bach to the Future ?1/2 Olivier Latry à l\u2019orgue de Notre-Dame de Paris en janvier 2019, La Dolce Volta LDV 69 (distr.Pias) L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e D i s q u e 2 2 | CLASSIQUE Gil Shaham ?1/2 «The Complete Deutsche Gram- mophon Recordings», DG, 22CD, 483 6334 Gil Shaham fut chez Deutsche Gram- mophon, de 1988 à 2001, le vrai successeur de Nathan Milstein: même charme, même élégance, même justesse.L\u2019Americain avait même quelques avantages: la jeunesse et la prolixité, enrichissant le catalogue à l\u2019ère du CD florissant.À l\u2019acmé de sa carrière, il fit les frais d\u2019une logique marketing qui voulait que l\u2019on se renouvelle régulièrement, déméritant le «cheptel artistique».Il fut remplacé par le très peu mémorable Ilya Grin- golts, qui enregistra quelques disques sans lendemain.Chacun peut juger de la nature du gâchis avec ce coffret en forme d\u2019aubaine qui aligne comme des perles les versions de référence (Barber, Korngold, Glazounov, Brahms, Romances pour violon, Wie- niawski, Sarasate, Prokofiev\u2026).Depuis, Shaham n\u2019a rien perdu de son aura, il a lancé sa propre étiquette et s\u2019édite avec les moyens du bord.Mais le monde a créé de grands éditeurs et de grands artistes pour que, justement, ils collaborent pour de grands projets.À ce titre, ce coffret laisse aussi un amer goût d\u2019inachevé.Christophe Huss R&B / HIP-HOP Homecoming.The Live Album ?Beyoncé, Parkwood / Columbia Cela paraîtra curieux de le lire à propos d\u2019un disque faisant presque deux heures, mais le problème avec Homecoming.The Live Album, parution- surprise de la reine Beyoncé, est qu\u2019il est incomplet.C\u2019est-à-dire qu\u2019en l\u2019écoutant, on ne fait qu\u2019imaginer la scène de ce concert qualifié d\u2019historique offert au festival Coachella les 14 et 21 avril 2018, et dont la gestation fait l\u2019objet du documentaire Homecoming, tout juste paru chez Netflix.La bande-son intégrale de l\u2019événement ne suffit pas à transmettre l\u2019importance de la démarche de l\u2019artiste, même si plusieurs de ses succès (on pense illico à Crazy in Love) ressortent transformés par les orchestrations de cuivres de la fanfare louisianaise invitée.Comme si le répertoire de Beyoncé n\u2019était au fond qu\u2019un prétexte à la démonstration de force à laquelle on a assisté, en personne ou en webdiffu- sion: l\u2019armada de 200 danseurs, l\u2019attitude, la prestance, la puissance de la star, impériale maîtresse de cette cérémonie afroféministe.On ne peut se contenter d\u2019écouter Beyoncé : il faut la voir, au sommet de sa gloire.Philippe Renaud CHANSON FOLK Mon mammifère préféré ?Juste Robert, La Tribu Il faut donner cela à la capitale nationale : elle sait célébrer ses artistes locaux avec ferveur.Il aura suffi d\u2019un week-end à arpenter ses vieilles rues pour tomber sous le charme rugueux de Juste Robert, l\u2019alter ego musicien du sculpteur Jean-Robert Drouillard.Est-il un chansonnier, est-il un rockeur ?Qu\u2019importe.L\u2019artiste et poète construit des petits morceaux d\u2019intimité, francs et vivifiants.C\u2019est grandement grâce à cette voix à la fois grandiose et fragile.Mais aussi par cette instrumentation enveloppante, qui vient élever la guitare grattée de Drouillard à des hauteurs mystiques (la voix de Laura Babin est fantomatique sur Cœur de plume).Si la musique est belle et authentique, ce sont les mots qui prennent aux tripes.L\u2019album Mon mammifère préféré se ferme sur Pissenlit de lumière, missive émouvante et ca- thartique adressée à la jeunesse, comme la pièce maîtresse d\u2019un recueil de poésie.Et on ne se surprend pas que Tire le coyote ne soit pas bien loin.Sophie Chartier JAZZ The Secret Between the Shadow and the Soul ?Branford Marsalis Quartet, Okeh/Sony Branford Marsalis touche à tout avec tous les talents : sax ténor, alto ou soprano ; jazz, classique ou pop ; direction artistique chez Sony et direction musicale au Tonight Show.Ajoutons le CV de son frère Wynton pour dire qu\u2019il y a chez les Marsalis quelque chose de passablement rare.Mais à travers cette activité éclatée, c\u2019est le quartet de Branford Marsalis (Calde- razzo, Revis et Faulkner) qui fait la trame de fond de son engagement musical.Cet album témoigne des forces vives qui animent ce groupe soudé : tous les climats sont là, toutes les nuances, et tout part de la mélodie.La collaboration récente du quartet avec le chanteur Kurt Elling l\u2019a incité à aborder le travail studio d\u2019une manière plus structurée : répétitions, spectacles et enregistrement, plutôt que de simplement improviser en studio.Effet collatéral : on souligne le travail de concision de chaque morceau.C\u2019est direct, succinct, précis, et fort efficace.Guillaume Bourgault-Côté CLASSIQUE Johannes Brahms ?Geoffroy Couteau, Quatuor Hermès, La Dolce Volta LDV 61 Geoffroy Couteau est ce pianiste français, descendant présumé des Gaulois du village d\u2019Asterix, car tombé dans une marmite quand il était petit.Sa marmite à lui, c\u2019est la musique de Brahms, et l\u2019éditeur La Dolce Volta nous était arrivé en 2016 avec une intégrale de la musique pour piano seul de Brahms, miracle de poésie et de justes atmosphères, qui brassait enfin positivement les cartes cinq décennies après Julius Katchen.Voir arriver un nouveau disque Brahms de Geoffroy Couteau, fut-il chambriste, est donc une fête.Le complément des Pièces pour piano op.76 tirées de l\u2019intégrale frustrera ceux qui la possèdent, mais représente un bel échantillon pour les autres.Avec le jeune Quatuor Hermès, le Quintette opus 34 tient toutes ses promesses.L\u2019ardente approche symphonique fait penser à un concerto en miniature (cf.fin du volet initial).On retrouve cet élan dans le finale.Admirable aussi : le choix, allant, du tempo dans le mouvement lent.Bonne nouvelle : c\u2019est le 1er volet d\u2019une intégrale de la musique de chambre de Brahms.Christophe Huss EXPÉRIMENTAL Agora ?Fennesz, Touch Le compositeur et guitariste autrichien Christian Fennesz compte presque vingt-cinq ans de loyaux services sur la scène électronique expérimentale, lui qui s\u2019est construit une niche exploitant le registre sonore de la guitare électrique dans un contexte techno.Cinq ans après le plus éclectique Bécs, Fennesz revient à ses amours drone- ambient avec le puissant Agora, constitué de quatre compositions à écouter à haut volume \u2014 c\u2019est d\u2019ailleurs le premier caractère distinctif de ce disque, son septième, comme aucun autre offert auparavant: il possède un souffle à faire déplacer les montagnes.Surtout les deux compositions de la face A, In My Room et Rainfall, tornades de tons de guitares, de notes granuleuses, de chauds accords amplifiés qui labourent sans relâche pendant de longues minutes en s\u2019appuyant sur des structures harmoniques tonales.Sur la face B, Fennesz baisse le ton: la pièce-titre laisse percer quelques rayons de soleil sous les nuages de guitare traitée, alors que We Trigger the Sun évoque le Vangelis de la bande originale de Blade Runner.Philippe Renaud R&B Free Spirit ?1/2 Khalid, RCA Records Nostalgique, rêveur, accrocheur.De prime abord, Free Spirit, le deuxième LP du jeune chanteur américain Khalid, a de tout pour impressionner.Constitué d\u2019une collection de chansons assez imposante (seize morceaux, sans compter l\u2019intro), l\u2019album nous offre du Khalid qu\u2019on connaît bien : sa voix aux tons graves et aux falsettos qui font craquer, superposée à des mélodies d\u2019urban soul aux influences pop et hip-hop multiples.Ce second opus se démarque clairement du début du chanteur American Teen de 2017, avec des paroles plus matures (ou, du moins, plus qu\u2019elles ne l\u2019étaient), ainsi qu\u2019une audace plus marquée sur le plan de la composition.On aime notamment Don\u2019t Pretend, qui met en vedette le jeune rappeur to- rontois Safe, ou l\u2019irrésistible Outta my Head, avec John Mayer à la guitare.Cependant \u2014 et on s\u2019en désole \u2014, Free Spirit ne va pas plus loin que ça.Il s\u2019agit d\u2019une œuvre qui s\u2019écoute bien, qui s\u2019apprécie encore mieux, mais qui s\u2019oublie aussi un peu trop facilement, en fin de compte.Sarah Boumedda ROCK Le jardin des mémoires ?Bleu Nuit, Michel Records Deux ans après un prometteur premier EP, le trio montréalais Bleu Nuit s\u2019impose en lançant un premier album complet, Le jardin des mémoires, superbement réalisé et mixé par Julien Mineau, leader de Malajube, qui couche aussi quelques pistes instrumentales de son cru sur les chansons postpunk aux brèves sonorités cold wave du principal auteur-composi- teur, Yan Skene.Le rock dense et épineux de Bleu Nuit possède cette vitale qualité de savoir sublimer les codes d\u2019une scène des années 1980 pour concocter des chansons indéniablement modernes qui zigzaguent entre punk bruitiste (Le même discours) et hymnes pop-rock (Trou noir, Concentration).Le groupe s\u2019offre même une collaboration de prestige en Julien Gasc, claviériste de Ste- reolab qui incarne le poète maudit et nerveux sur la tendue La sauvagerie, l\u2019un des nombreux joyaux de cet album qui s\u2019écoute en boucle.La révélation rock francophone québécoise du printemps, en concert-lancement le 19 avril au Knock-Out de Québec, puis samedi à la Casa del Popolo.Philippe Renaud L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 LI RE Grand angle La maternité, pas comme dans les livres Delphine de Vigan Dire merci à la vie ENTREVUE PHILIPPE COUTURE À PARIS COLLABORATEUR LE DEVOIR Dire merci.Accueillir la gratitude de l\u2019autre.Voilà qui paraît tout simple.« Mais ça peut par fois être compliqué », assure Delphine de Vigan, qu\u2019on a connue dans un registre plus sombre dans les romans D\u2019après une histoire vraie ou Rien ne s\u2019oppose à la nuit.Dans Les gratitudes, deuxième opus d\u2019un cycle commencé par Les loyautés, elle pose son regard \u2014 à la fois attendri et cruellement lucide \u2014 sur les derniers moments de vie d\u2019une vieille dame courant après les mots et cherchant à dire merci à ceux qui lui ont jadis sauvé la vie.À mesure que l\u2019aphasie provoque un inéluctable étiolement de sa langue, Michka ressent l\u2019urgence de retrouver le couple qui l\u2019a recueillie, enfant, au cœur d\u2019une guerre qui aurait pu lui être fatale.En parallèle, il y a Marie, sa presque fille adoptive, et Jérôme, le brave orthophoniste qui l\u2019aide à retrouver le fil de son expression.Du beau et bon monde, attentionné comme il ne s\u2019en fait plus, dans un roman tissant peu à peu une émouvante trame de gratitudes croisées.Mots doux Dans un monde où la parole haineuse resurgit violemment sur nos écrans, ce roman semble faire à la France l\u2019effet d\u2019un baume.Ajoutons- y maintenant le Québec et l\u2019Occident au grand complet : tout le monde ici-bas a bien besoin d\u2019un peu L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 L i r e 2 4 | Si j\u2019étais un motel, j\u2019afficherais jamais complet ?Maude Jarry, Ta Mère, Montréal, 2019, 88 pages S\u2019il existe une poésie dans le trash, les motels de bord de route et les sacs de poubelles éventrés sur les trottoirs, si la mort, la déchéance et la maladie recèlent par fois des indices dorés du passage des fées, la poétesse Maude Jarr y l\u2019a compris depuis longtemps.Thanatologue de formation, elle a consacré des années à redonner souf fle et authenticité à des dépouilles, reflets de la crainte la plus tenace de l\u2019humanité, en plus d\u2019accompagner des proches dévastés sur le parfois pénible chemin de l\u2019acceptation, partageant au passage leurs souffrances, leurs regrets, leur envie de renoncer.Son premier recueil, Si j\u2019étais un motel j\u2019afficherais jamais complet, est un objet tranchant et brutal qui décortique les émotions contradictoires, la laideur et le désespoir qui s\u2019emparent de nos tripes lorsqu\u2019on touche le fond, lorsque ce qui se présentait au départ comme un simple flir t de vacances chamboule à jamais le fragile équilibre de la confiance et de l\u2019espoir.Car, comme la mort, l\u2019amour promet bien souvent un billet ouver t vers un abysse dont les issues demeurent incertaines : « les portes en miroir / me renvoyaient l\u2019air serein / de ceux qui ont déjà parti le timer / attendent juste que ça fasse / bip / j\u2019avais exécuté à la lettre / toutes les mises en garde / rempli ma grande gueule / à capacité maximale de contre-indiqués / liché tous les black box warnings / les ambulanciers étaient pas / impressionnés par mon cocktail / naturoésothéricochimique».Avec une langue crue qui s\u2019apparente à un joual renouvelé et décomplexé, Maude Jarr y se fait la por te-parole des usées, des abîmées, des défoncées, celles que l\u2019empathie et la reconnaissance ont reléguées aux oubliettes.D\u2019une intensité incandescente, les vers de Jarry sont traversés de la violente tendresse du désespoir, celui qui refuse le politiquement correct, celui qui affiche la hargne et les délires autodestructeurs d\u2019un corps non cicatrisé et d\u2019un esprit fragmenté dans l\u2019espoir d\u2019y percevoir un soupçon de sublime.Anne-Frédérique Hébert-Dolbec La violente tendresse de la douleur « La France a besoin de bienveillance », constate Delphine de Vigan, elle-même surprise du succès rapide de son roman Les gratitudes.Le lumineux texte, narration épurée d\u2019une fin de vie et fable touchante sur la nécessité de dire merci, a fracassé les ventes françaises à sa deuxième semaine de parution.Delphine de Vigan dit merci à la vie L\u2019auteure signe un roman sur la fin de vie sans verser dans la mièvrerie Dans un monde où la parole haineuse resurgit violemment sur nos écrans, le roman de Delphine de Vigan semble faire à la France l\u2019effet d\u2019un baume.DELPHINE JOUANDEAU | 2 5 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 Dolan persona grata On est enthousiasmé par les films de Xavier Dolan (et par sa persona) ou on ne l\u2019est pas.Aucun autre acteur- scénariste-réalisateur n\u2019a suscité autant de polémiques et d\u2019interrogations au cours des 10 dernières années au Québec.Après avoir conquis la scène du cinéma international, Dolan, réalisateur prodige le plus controversé de la province, fait l\u2019objet d\u2019une enquête biographique extraordinaire signée Laurent Beurdeley.Paru le mois dernier à Montréal aux Éditions du CRAM sous le titre Xavier Dolan l\u2019indomptable, le livre sort au moment où Dolan fête ses 30 ans et qu\u2019il célèbre 10 ans de carrière marquée par une grande multiplicité esthétique, mais aussi par une vaste polémique souvent nourrie par ses interventions inlassables sur les réseaux médiatiques et sociaux.Lorsqu\u2019il reçoit des distinctions à Cannes pour son premier film, J\u2019ai tué ma mère, en 2009, Dolan a 20 ans.Aujourd\u2019hui, à l\u2019âge de 30 ans, il aurait signé 7 longs métrages de fiction et obtenu des prix suprêmes à Cannes et ailleurs, sur lesquels revient régulièrement son biographe.Autodidacte et érudit, Dolan est un phénomène cinématographique et médiatique qui attire à la fois les éloges et les diatribes des critiques et du grand public.On évoque, entre autres, l\u2019ego surdimensionné du vilain petit canard qui serait également adulé par les fans et pastiché à la télévision.L\u2019œuvre, cependant, s\u2019incruste dans le réseau de la cinéphilie mondiale avec des films comme Mommy (2014) et Juste la fin du monde (2016) qui, eux, se présentent comme de véritables succès.Biographie incontournable Laurent Beurdeley est maître de conférences à l\u2019Université de Reims.Ses recherches portent notamment sur le Maghreb, la transition démocratique, l\u2019islam, les arts et la culture, ainsi que les questions de genre.Son champ de spécialisation n\u2019a donc rien à voir avec les études cinématographiques, et pourtant il excelle dans l\u2019analyse du phénomène filmique tant par son érudition que par ses commentaires astucieux sur les contextes de production et de réception des films.Cela n\u2019empêche pas que certains chapitres semblent moins bien ficelés que d\u2019autres.La discussion des thématiques de prédilection dans l\u2019œuvre de Dolan (identité et différence, représentation des femmes, critique de la famille) laisse à désirer.Par contre, MAY TELMISSANY une structure claire et solide permet de faire avancer le livre de façon méthodique jusqu\u2019à la conclusion.En plus des chapitres anecdotiques et thématiques, une analyse détaillée de chacun des films de Dolan est offerte à partir du chapitre neuf à raison d\u2019un chapitre par film.La valeur des analyses contextuelles proposées par l\u2019auteur demeure donc incommensurable.La découverte de l\u2019œuvre de Dolan incite l\u2019auteur à porter un regard critique sur ce réalisateur hors norme en insistant non seulement sur son univers créatif, mais aussi sur le contexte filmique et social dans lequel chacun de ses films a évolué.Extrêmement bien documentée, particulièrement agréable à lire, cette biographie analytique s\u2019avère un must pour les cinéphiles, les étudiants en cinéma, les critiques et les historiens du film.Une traduction en anglais serait certainement souhaitable et s\u2019alignera désormais avec le bilinguisme affiché du prodigieux acteur-réalisateur.On nous raconte comment Dolan abandonne l\u2019école à l\u2019âge de 17 ans, comment il gère les rapports familiaux et pourquoi il n\u2019a jamais vécu le fardeau d\u2019une révélation de son homosexualité à la famille.Ceci expliquerait peut-être le style Nouvelle Vague du cinéaste autodidacte, l\u2019importance des rapports de groupe dans ses films, et pourquoi l\u2019homosexualité de ses personnages n\u2019est pas la problématique centrale des films.Beurdeley explique à ce sujet : «Le souci du metteur en scène consiste à montrer la diversité humaine, à la déployer selon des sexualités multiples, et s\u2019interroge sur leur acceptabilité sociale.» Son but ultime serait la normalisation de l\u2019homosexualité dans la société, au-delà de la ghettoïsation sociale et générique.On apprécierait également les chapitres consacrés aux prises de position de Xavier Dolan et les rapports que tisse Beurdeley entre les positions de Dolan et l\u2019œuvre elle-même.Le rejet, par exemple, de l\u2019appellation cinéma queer et toute la controverse qui s\u2019ensuit place le cinéaste encore une fois en marge des grandes idéologies identitaires postmodernes.D\u2019indomptable, il devient une séduisante légende urbaine, engagé à la fois dans un processus d\u2019affirmation et de distance.En politique, il soutient le mouvement étudiant de 2012, critique farouchement la charte des valeurs québécoises en 2013, appuie Québec solidaire et rejette la stagnation du confort et de l\u2019indifférence, en affichant (parfois sans le réclamer) ses couleurs de nomade de la pensée.Cinéaste du devenir-révolutionnaire dans le sens deleuzien du terme, Dolan se défend contre ceux qui le jugent ou le condamnent en faisant un cinéma qui lui ressemble: farouche, antimasculiniste, minoritaire et philosophe.Tout à son honneur ! de douceur.Mais les bons sentiments font-ils la bonne littérature ?Armés de leur plus coriace mauvaise foi, les critiques de la célèbre émission radiophonique Le masque et la plume n\u2019ont pu s\u2019empêcher de poser la question et de rabrouer vertement une œuvre qu\u2019ils ont jugée mièvre et sirupeuse.En écrivant un roman qui dit merci toutes les trois pages, Delphine de Vigan était consciente du risque.Mais il y a « une différence, dit-elle, entre les bons sentiments et les sentiments bons».« Je refuse de considérer les gens bons comme des gens mièvres, se défend-elle.On peut avoir des sentiments bons en pleine lucidité, sans être cucul.Certes, c\u2019est un roman tout en dentelle sur la fin de vie, mais c\u2019est un roman se déroulant dans la grisaille d\u2019un EHPAD [l\u2019équivalent français de notre CHSLD] et dans la douleur de la perte.Ce n\u2019est pas de la littérature doudou.» Qu\u2019on se le tienne pour dit ! Le roman ose d\u2019ailleurs un regard inusité sur la résidence de soins de longue durée, certes partiellement dépeinte comme un lieu terne où les soins prodigués sont soumis à de vils impératifs de rentabilité, mais aussi vue comme l\u2019espace d\u2019humanité qu\u2019elle est la plupart du temps.« Je crois que ce roman me permet de témoigner d\u2019une partie de la réalité des EHPAD qui n\u2019est jamais documentée par les médias, qui ont tendance à ne montrer qu\u2019un côté de la médaille », observe l\u2019écrivaine lauréate du Renaudot et du Goncourt des lycéens.Jeu de langage La vieillesse est-elle une perte de jeunesse regrettable ou un âge magnifique, riche de nouveaux enseignements?Voilà l\u2019autre grande question posée par Delphine de Vigan, par petites touches, au fil de ce roman à narration double, assurée tour à tour par Marie et Jérôme.« Du haut de leur jeunesse pimpante, ces deux-là décrivent de manière très violente ce que c\u2019est que de vieillir, que de perdre une partie de soi », résume l\u2019auteure.Mais le lecteur, lui, risque d\u2019y voir autre chose.Plus Michka perd ses mots, et plus elle en invente de nouveaux, tourneboulant la parole dans des directions inattendues et dans ce qui nous apparaîtra peu à peu comme un jeu de langage fascinant.« La langue est toujours au cœur de mes intrigues, précise Delphine de Vigan.Autant j\u2019aime la précision de notre langue, autant je me rends compte qu\u2019elle ne peut pas décrire véritablement l\u2019expérience du monde.» « Dans Les gratitudes, le langage est fragile et il n\u2019est pas fiable pour témoigner exactement du réel.Mais quand Michka le réinvente, elle raconte une autre vérité, et elle crée de nouveaux sens infiniment riches.Je me suis beaucoup amusée avec ça.» La narration, elle, glisse d\u2019une page à l\u2019autre dans une écriture concise et épurée.L\u2019écrivaine cherchait « une sensation de simplicité et de vie humaine qui suit son cours ».Une manière d\u2019être au plus près de Michka, dont la vie se simplifie en s\u2019amenuisant doucement.Les gratitudes Delphine de Vigan, Éditons JC Lattès, Paris, 2019, 173 pages Je crois que ce roman me permet de témoigner d\u2019une partie de la réalité des EHPAD qui n\u2019est jamais documentée par les médias, qui ont tendance à ne montrer qu\u2019un côté de la médaille DELPHINE DE VIGAN » Le roman ose un regard inusité sur la résidence de soins de longue durée, certes partiellement dépeinte comme un lieu terne où les soins prodigués sont soumis à de vils impératifs de rentabilité, mais aussi vue comme l\u2019espace d\u2019humanité qu\u2019elle est la plupart du temps L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 L i r e F i c t i o n 2 6 | CRITIQUE NATALIA WYSOCKA COLLABORATRICE LE DEVOIR Narrateur des plus attachants, Ibra- him Abou-Snobara, dit Snoreau, se présente d\u2019emblée comme vieux et fou.Précision: «Fou, mais pas idiot.» Protagoniste verbomoteur, tour à tour drôle, tendre et bouleversant, il raconte la mort de son frère.La rencontre de ses parents.Le lien qui l\u2019unit à ses cinq sœurs chéries, Madone, Doctoresse, Présidente, Écrivaine, Musicienne, par lesquelles il aimerait se faire sauver, « je vous en prie».Sous la plume si juste et vivante d\u2019Abla Farhoud, Ibrahim devient ainsi cet ami sensible et étonnant qui nous parle sans reprendre son souffle.Qui nous livre ses impressions de « l\u2019hôpital protestant pour aliénés, communément appelé Douglas » où il a « un abonnement ».Qui nous relate sa récente visite au Salon du livre où il se pose un instant pour observer le sourire de Michel Tremblay, le bonheur de Simon Boulerice.Parce qu\u2019Ibrahim aime citer les écrivains.Beaucoup.« Pas pour faire le frais chié, mais pour les garder vivants.» Après tout, « ils n\u2019ont pas travail lé comme des malades à peaufiner chaque phrase pour qu\u2019on les oublie à mesure ».C\u2019est pourquoi Charles Aznavour se glisse dans ses mots.Puis Jean Leloup.Et Diane Dufresne.Grand cinéphile qui aime regarder les Oscar et se laisser bercer par les « Oh my God Oh my God Oh my God » des vedettes, cet «héros déchu» contemplatif rappelle également que « la guerre la guerre, c\u2019est pas une raison pour se faire mal ».D\u2019ailleurs, lorsqu\u2019il tente de mettre le doigt sur l\u2019une de ces guerres, il ne sait plus trop à laquelle il souhaite faire référence.Et il se met à défiler, sans virgule, les trop multiples possibilités.« La Deuxième la balkanique la mésopotamienne l\u2019irakienne la palestinienne encore et encore ou celle du Darfour de Bosnie de Syrie d\u2019Afghanistan d\u2019Irlande ou l\u2019une de toutes les guerres d\u2019indépendance des pays d\u2019Afrique de l\u2019Ouest de l\u2019Est du Sud et celles d\u2019Afrique du Nord\u2026» Le 80 au pays des merveilles Séparant son roman en segments qui semblent suivre le rythme-mitraillette des pensées de son personnage, Abla Farhoud allie subtilement au choix d\u2019écrire à la fois sur la maladie mentale et sur le passage du temps.«Ça va pas, la tête! La folie, passe encore, ça peut être drôle, mais la vieillesse en plus!» C\u2019est donc en dotant cet homme qui se dit «fêlé cinglé exalté dépossédé déprimé morose mélancolique tourmenté» d\u2019un regard franc, sans filtre, à la fois ciselé et naïf, que l\u2019écri- vaine et dramaturge montréalaise née au Liban le mène à parler de solitude et de fatigue.De ses « vieux jours, c\u2019est-à-dire maintenant ».Des crises que sa maladie lui fait vivre.Qui le laissent « le corps en feu ».Et ses obser vations, livrées de façon directe, frappent autant qu\u2019elles surprennent : « Je suis tout à fait seul maintenant, même pas les ronflements de mon voisin pour me tenir compagnie.Il est décédé.» De ces pages où le bus de la ligne 80 prend un aspect presque magique (« C\u2019est la grotte de Lascaux, la caverne d\u2019Ali Baba, des mer veilles pour qui veut ouvrir les yeux et entendre ! ») ressortent la nécessité de ne pas tenir la vie pour acquise, de faire attention aux autres, de les écouter.Une perle d\u2019humanité.Snoreau le fou Le livre d\u2019Abla Farhoud agit comme un baume de bonté Abla Farhoud mène son protagoniste à parler de solitude et de fatigue.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le dernier des snoreaux ?Abla Farhoud, VLB Éditeur, Montréal, Québec, 2019, 200 pages CRITIQUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Né dans Hochelaga d\u2019une mère usée par le travail de rue et d\u2019un père glaneur, qui ramasse tout ce qui lui tombe sous la main afin d\u2019en faire rien pantoute, Arthur, 10 ans, a très souvent mal au ventre, parce qu\u2019il mange n\u2019importe quoi ou parce que William lui a juré qu\u2019il n\u2019était pas mieux que mort.Après s\u2019être fait casser presque tous les os du corps par les RJ, petits voyous nourris à la hargne aveugle et aux boîtes à lunch vides, le gamin se réfugie dans une école désaffectée, où il deviendra chum avec Choukri, le « premier citoyen de la commune d\u2019Hochelaga», un bonimenteur schizophrène rêvant d\u2019un terrain de golf sur la surface glacée du Saint-Laurent.Vous suivez?L\u2019évasion d\u2019Arthur ou la commune d\u2019Hochelaga est, dit-on, le premier roman de Simon Leduc, mais il serait plus juste d\u2019écrire que ce premier livre contient plusieurs romans, ou du moins plusieurs regards sur l\u2019éclosion d\u2019un squat anarcho-révolutionnaire, ainsi que sur les dérives urbaines d\u2019un gamin laissé à lui-même.Portrait hyperréaliste d\u2019un quartier défavorisé, parodie de roman d\u2019aventures, comédie pour ados mettant en vedette les revendeurs de pilules les plus mal engueulés du bas de la ville, polar de gare, crachat au visage des médias populistes, L\u2019évasion d\u2019Arthur malaxe tous les registres de langue et conjugue tous les outils narratifs (adresses directes aux lecteurs, notes en bas de page ridiculement longues, listes interminables) au nom d\u2019un projet romanesque qui refuse d\u2019être phagocyté par des considérations militantes, mais qui honore néanmoins la nature profondément politique du travail littéraire.En tant que leader de la formation rock La descente du coude et du mythique groupe Suck la marde, Simon Leduc s\u2019est longtemps cassé la voix en hurlant contre le pouvoir et l\u2019hégémonie médiatico-culturelle.Punk un jour, punk toujours, il se range ici indéniablement derrière les insoumis, mais sa causticité, souvent hilarante, n\u2019épargne pas ses anarchistes, toujours plus prompts à fertiliser les fleurs d\u2019un tapis dans lesquelles ils pourront s\u2019enfarger, qu\u2019à s\u2019organiser.S\u2019il reste punk, c\u2019est surtout dans son rejet des dogmes, dans la mesure où tous les discours, même ceux que tiennent ses personnages les plus sympathiques ou les plus marginaux, sont empruntés.Tout aussi impitoyable que compatissant avec Pierre, père conspira- tionniste d\u2019Arthur, ou avec Carl Bé- rubé, ancien matamore des Hells recyclé dans la vente de vapoteuses (!), le musicien devenu prof de littérature au cégep se plaît à aimer son monde et à ouvrir des brèches fantaisistes au cœur des archétypes qu\u2019il n\u2019embrasse jamais complètement.Il réserve, par ailleurs, ses phrases les plus somptueuses aux considérations les plus ignobles.« Les pieds dans la flotte et les culottes pleines de honte, j\u2019ai connu l\u2019humiliation de celui qu\u2019on retrouve à l\u2019odeur plutôt qu\u2019au son», fait-il dire à Arthur.Rarement souiller ses bobettes a-t-il été décrit de façon si suave.Fresque prolixe et odoriférante, grave et facétieuse, désespérée et lumineuse, L\u2019évasion d\u2019Arthur invente un lyrisme sur mesure pour ceux qui en ont trop vu pour croire que les choses puissent changer, mais qui ne sauraient se regarder dans le miroir s\u2019ils cessaient de croire au potentiel révolutionnaire d\u2019une éventuelle union des opprimés.Hochelaga brûle Et si la révolution germait dans une école squattée ?Simon Leduc brosse le portrait hyperréaliste d\u2019un quartier défavorisé.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L\u2019évasion d\u2019Arthur ou la commune d\u2019Hochelaga ?Simon Leduc, Le Quartanier, Montréal, 2019, 344 pages | 2 7 L i r e F i c t i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR À qui appar t ient le ter r i to ire ?Qu\u2019est-ce qui lui donne naissance ?Des forêts transformées en champs, en routes, en villages.Des coups de feu qui se muent en mythes.C\u2019est un peu ce à quoi se frotte Les terres, le second roman de Louis-Nicolas Trépanier, après Azadé (Marchand de feuilles, 2010).Québécois qui enseigne depuis sept ans au Département de géographie de l\u2019Université de l\u2019Alabama, dans le sud des États-Unis, le narrateur veut comparer les paysages du Bas-Saint-Laurent avec ceux d\u2019autres régions du monde.Pour ce faire, il loue une maison située derrière le village de Por t- Pic, une sorte de Bic travesti, situé à une demi-heure de route de Ri- mouski : « Je suis prêt à m\u2019y transformer en escargot pour les prochains mois, à baver mon regard sur la campagne environnante jusqu\u2019à ce qu\u2019il puisse s\u2019y déplacer sans la moindre friction.» Tout près de la maison se trouve l\u2019ancienne cabane où vivait il y a cinquante ans Edgar Évanturel, sympathisant du FLQ et « plus grand écrivain de la littérature québécoise » \u2014 et dont on ne saura pas grand-chose de plus, sinon qu\u2019il est lui-même auteur d\u2019un roman intitulé Les terres \u2014 qui a abattu un policier et est allé croupir en prison.Une importance symbolique Le propriétaire a le projet de démolir la cabane, même si le lieu possède une impor tance symbolique dans l\u2019histoire littéraire québécoise.Étudiante en littérature installée dans la région, Nadine Séférian s\u2019y oppose.Pour le narrateur, la jeune femme a « la couleur profonde et le parfum subtil d\u2019une rose fanée, ce genre de complexité que recherchent les œno- philes.Si de minces lignes prolongent le dessin de ses yeux, je n\u2019en vois que la finesse ».Un genre de complexité, justement, peut-être un peu excessif pour les moyens l i t téraires de Louis-Nicolas Trépanier, qui évoque cette histoire \u2014 plus qu\u2019il ne la raconte \u2014 dans une langue à la poésie souvent boiteuse.Un récit faible et surchargé, entrecoupé d\u2019obser vations et de réflexions en italiques (sur les Indiens Cherokees, sur le paysage ou sur Philippe Aubert de Gaspé), patchwork facile qui laisse une impression de friche ou de fouillis.Mince et maladroit.La tête en friche Un second roman maladroit à la poésie souvent boiteuse de Louis-Nicolas Trépanier Louis-Nicolas Trépanier signe un récit faible et surchargé, entrecoupé d\u2019observations et de réflexions en italiques, patchwork facile qui laisse une impression de friche ou de fouillis.LOUIS-NICOLAS TRÉPANIER Les terres ?1/2 Louis-Nicolas Trépanier, XYZ, Montréal, 2019, 136 pages CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Les histoires finissent toujours par se vérif ier, croit le héros de La femme aux cheveux roux, dixième roman de l\u2019écrivain turc nobélisé Orhan Pamuk.Fils unique d\u2019un père pharmacien et militant mar xiste ayant abandonné sa famille, Cem rêve de devenir écrivain.Mais le destin en a-t-il décidé autrement ?À la sortie de l\u2019adolescence, le temps d\u2019un été du milieu des années 1980, l\u2019adolescent deviendra l\u2019apprenti d\u2019un puisatier, Maître Mahmut, une figure paternelle de substitution qui se plaisait à lui raconter des histoires qu\u2019il croyait toutes plus ou moins sorties du Coran.«J\u2019étais fasciné que quelqu\u2019un qui réfléchissait et agissait en ingénieur quand il coulait du béton, branchait la télévision sur la batterie ou dessinait un plan de treuil puisse me relater ces histoires légendaires comme si elles lui étaient réellement arrivées.» À Öngören, lointaine banlieue d\u2019Istanbul sur une colline de la rive européenne aujourd\u2019hui avalée par la mégapole de 15 millions d\u2019habitants, une petite troupe de théâtre populaire et révolutionnaire interprète sous un chapiteau d\u2019anciennes « légendes édifiantes ».Au bout de quelques semaines éprouvantes passées à creuser un puits sans que jamais l\u2019eau ne jaillisse, il devient obsédé par une des comédiennes de la troupe, une fausse rousse mariée et plus âgée que lui d\u2019une dizaine d\u2019années avec qui il va connaître sa première nuit d\u2019amour.Mais après un accident où il laisse pour mor t le puisatier au fond du trou, il prend la poudre d\u2019escampette.Il va reprendre ses études, devenir ingénieur géologue, voyager \u2014 entre autres en Iran \u2014, se marier avec une femme avec qui il ne pourra pas avoir d\u2019enfant et va devenir un prospère entrepreneur immobilier.Mais pendant trente ans, la conviction d\u2019avoir tué Maître Mahmut accidentellement le ronge.«Dans un puits à l\u2019intérieur de ma tête, Maître Mahmut continuait à creuser la terre à coups de pioche.» Et des années plus tard, le destin n\u2019aura rien oublié, lui qui depuis le début aura en fait tiré toutes les ficelles et parce que « les histoires finissent par se vérifier ».En combinant ouver tement les mythes d\u2019Œdipe et l\u2019histoire de Ros- tam, le héros du Shâhnâmeh dans le Livre des rois, le poème épique du fameux poète persan du Xe siècle Fer- dowsi, comme il le fait dans la plupart de ses livres, le romancier turc intègre une tension entre l\u2019Orient et l\u2019Occident.Cour t roman de Pamuk \u2014 qui nous a habitués à plus d\u2019ampleur \u2014, ronronnant et cérébral, La femme aux cheveux roux est l\u2019œuvre d\u2019un romancier toujours habile, mais qui tisse lentement sa toile en nous livrant un récit un rien bric-à-brac, moins puissant que plusieurs de ses livres précédents (Mon nom est Rouge, Le livre noir ou Le musée de l\u2019innocence).À travers les allusions que fait l \u2019auteur au « despotisme oriental », des lecteurs pourront aussi y lire une fable politique.Car à ce titre, d\u2019Atatürk à Erdogan, les Turcs s\u2019y connaissent au chapitre des fortes figures paternelles\u2026 « Tout ce que je dirai, tous l\u2019ont déjà conté / Tous ont déjà parcouru les jardins du savoir », écrivait il y a mille ans l\u2019auteur du Livre des rois.La Bruyère lui-même ne disait pas autre chose: «Tout est dit, et l\u2019on vient trop tard depuis plus de sept mille ans qu\u2019il y a des hommes et qui pensent.» Et c\u2019est le filon que creuse Pamuk.Au nom du père Orhan Pamuk publie un 10e roman très œdipien Orhan Pamuk intègre dans son récit une tension entre l\u2019Orient et l\u2019Occident.FRANCESCA MANTOVANI La femme aux cheveux roux ?Orhan Pamuk, traduit du turc par Valérie Gay-Aksoy, Gallimard, Paris, 2019, 304 pages ne nuit, Anne-Marie Desmeules fait un cauchemar abominable dans lequel elle frappe ses enfants.«Je me suis réveillée vraiment toute croche», se souvient celle qui amorcera ainsi l\u2019écriture de son deuxième recueil, Le tendon et l\u2019os, exploration sans fard des états limites d\u2019exaspération, d\u2019impatience ou d\u2019irritation qui aspirent les mères du côté de l\u2019abjection.« Indissociable / il a toujours besoin de moi / et ça me désespère // ces rêves auxquels je renonce / ce corps qui ne m\u2019appartient plus / si au moins je pouvais / l\u2019emmener avec moi // mais il me fait honte / à montrer à tout le monde / à quel point / je suis incapable » « On nous présente la maternité comme une expérience empreinte de félicité \u2014 \u201cÇa va être la plus belle expérience de ta vie\u201d \u2014, mais quand on entre là-dedans, on se rend compte que ce n\u2019est pas toujours si simple », souligne la poète et mère de deux garçons de 9 et 11 ans, qui souhaitait fouiller, jusqu\u2019au bout, le tabou que constituent ces fantasmes de fuite ou de cruauté émergeant de l\u2019essoufflement et de la fatigue parentale.« Oui, il y a des moments de bonheur, mais il y a aussi des moments très sombres.Cette impression d\u2019être prise au piège, elle est difficile à nommer, parce qu\u2019elle éveille la honte.C\u2019est rare qu\u2019on parle de ça dans les conversations de salon, mais c\u2019est quand on se retrouve dans ces états extrêmes qu\u2019on comprend, sans excuser, comment certaines mères peuvent en venir à faire preuve de violence à l\u2019égard de leurs enfants.» Pas de récit modèle Pour Elsa Pépin, il fallait réinvestir les femmes du pouvoir de raconter elles- mêmes un événement presque toujours synonyme de perte de contrôle plus ou moins pénible, voire de négation de soi.Les onze « histoires d\u2019accouchement » que compile le recueil Dans le ventre opposent des contre- discours corrosifs, loufoques et/ou tragiques aux blogues de maternité, aux confidences non sollicitées et aux contes de fées qui gardent vivante la fiction mensongère d\u2019un accouchement qui se déroulera exactement comme on l\u2019a prévu.« La plupart des femmes vivent une déception, ou un sentiment d\u2019échec, de dépossession lors de leur accouchement, parce qu\u2019elles se sont fait dire toute leur vie que ça devrait se dérouler dans la grâce », pense la directrice de ce collectif regroupant, entre autres, des textes de Mélikah Ab- delmoumen, Anaïs Barbeau-Lavalette, Martine Delvaux, Ariane Moffatt et Mélissa Verreault.« Il y a un récit modèle de ce que devrait être un accouchement, mais un accouchement n\u2019ap- par tient toujours qu\u2019à une seule femme.Il n\u2019y a pas de modèle.» « Je regrette d\u2019avoir consommé autant de guides de maternité, parce que ça m\u2019a mis une pression énorme sur les épaules », lance pour sa part Élise Gravel.Vous retrouverez peut- être Les joies de la maternité (poil au nez) dans la section des vrais livres de puériculture, chez votre libraire (taquin) préféré, mais le pastiche de guide pour mamans épanouies que l\u2019auteure et illustratrice signait avec Caroline Allard en 2009 (et que réédite Somme toute) se veut surtout une invitation à en prendre peu et à en laisser beaucoup en matière de conseils parentaux, qui pleuvent de partout.«Le seul vrai conseil pratique qu\u2019il y a là-dedans, c\u2019est de relâcher la pression.Parce qu\u2019avoir un enfant, ça ne se passe jamais comme dans les livres.» À moins, bien sûr, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un livre de Caroline Allard et d\u2019Élise Gravel.Prendre soin de soi T reize ans après les premières confessions salutaires de la mère indigne de Caroline Allard, il est presque aujourd\u2019hui attendu que la jeune maman brandisse ses failles comme des écussons d\u2019humanité, qu\u2019elle célébrera à tire-larigot le « vindredi » venu.Avouer qu\u2019un accouchement « a laissé une empreinte à jamais dans mon corps, ma tête, mes os et a scrapé mon ego de femme à qui la vie réussit assez bien», comme l\u2019écrit Elsa Pépin entre les pages de Dans le ventre, appelle un autre type de courage, plus grave, au cœur d\u2019une société où la maternité, et le proverbial sourire d\u2019un bambin, devraient apaiser toute la colère ou la tristesse que peut traverser une femme.« C\u2019est de bon ton de se dire indigne, mais on ne parle jamais de la L i r e 2 8 | L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E GRAND ANGLE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR La maternité, pas comme dans les livres Ou quand la littérature oppose l\u2019imperfection du réel aux fictions mensongères confinant les mères à un éternel sentiment d\u2019échec L\u2019auteure Elsa Pepin et (derrière) la poète Anne-Marie Desmeules VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR violence de l\u2019accouchement, de la peur de mourir ou de ne pas revenir à la maison avec tous tes organes, observe l\u2019écrivaine et journaliste.On dit : \u201cAh, un bébé en santé, c\u2019est un accouchement réussi !\u201d Non ! Il n\u2019y a rien de réussi dans mon accouchement, je me suis fait charcuter le ventre.Mon enfant est en santé, oui, mais moi, j\u2019ai vécu quelque chose avec lequel je ne ferai jamais la paix, parce que je suis fâchée que ça se soit passé comme ça.On occulte très facilement l\u2019histoire que les femmes ont vécue.» Perméable à toutes les injonctions et à la douceur inaltérable qui pèsent sur l\u2019imaginaire des mères, la femme aux abois à qui Anne-Marie Desmeules prête sa voix considère ses imperfections comme des symptômes d\u2019une profonde inadéquation, alors qu\u2019elles sont bien sûr parfaitement communes.U | 2 9 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 DOCUMENTAIRE JEUNESSE Tout nu ! ?Myriam Daguzan Bernier, illustrations de Cécile Gariépy, Éditions Cardinal, Montréal, 2019, 272 pages Alors que l\u2019éducation à la sexualité fait un retour timide dans les écoles québécoises, voilà un ouvrage de référence fort bien fait qu\u2019on voudrait voir atterrir dans les mains des ados et de pas mal d\u2019adultes se posant beaucoup de questions sur ce vaste sujet.Journaliste et étudiante en sexologie, My- riam Daguzan Bernier propose dans ce dictionnaire des définitions éclairantes sur les choses de l\u2019amour, de la sexualité, de l\u2019identité et la santé sexuelle, et d\u2019autres concepts qui y sont liés, en abordant de front dans ces pratiques, habitudes, tendances et concepts, tout en rassurant constamment le lecteur sur la «normalité » de se poser des questions à leur propos.Cet abécédaire très utile est rendu encore plus agréable à parcourir grâce à de petites capsules d\u2019anecdotes qui réfèrent souvent à la culture populaire et aux superbes illustrations de Cécile Gariépy.Amélie Gaudreau ALBUM JEUNESSE Rock\u2018n\u2019Miaou ?Texte et illustrations de Melissa Maya Falkenberg, Éditions Cardinal, Montréal, 2019, 56 pages Ceux qui ont toujours cru que les chats étaient les maîtres de la note bleue changeront peut-être d\u2019opinion en lisant en compagnie d\u2019un mélomane en devenir cet album d\u2019introduction à certains musiciens marquants de l\u2019histoire du rock ici transformés en félins d\u2019exception\u2026 Melissa Maya Falkenberg propose dans ce premier ouvrage jeunesse, Rock\u2019n\u2019Miaou, les légendes du rock racontées aux enfants, un florilège d\u2019anecdotes amusantes et d\u2019informations plus ou moins pertinentes sur la vie et l\u2019œuvre de rockeurs (anglophones seulement\u2026), dont Elvis Presley (le roi des chats), Janis Joplin (la chatte angora), David Bowie (le chat de l\u2019espace) et Stevie Nicks (la chatte sorcière).Elles sont accompagnées de dessins à la fois naïfs et punk, pas tellement loin de l\u2019esthétique d\u2019Élise Gravel, qui sied très bien à l\u2019exercice.Une sélection d\u2019œuvres des artistes présentés aurait été un atout à cette petite histoire du rock, qui pourrait facilement se poursuivre dans d\u2019autres albums\u2026 Amélie Gaudreau «On sacralise la maternité et on se convainc qu\u2019on devrait toujours être accueillante, aimante, prête à prendre soin, ce qui alimente la détresse, parce qu\u2019on a l\u2019impression qu\u2019on n\u2019y arrivera jamais.La mère que je présente fait violence à son enfant, parce qu\u2019elle se fait d\u2019abord violence à elle-même.Moi, je pensais avant d\u2019avoir des enfants qu\u2019ils m\u2019apporteraient tout ce dont j\u2019avais besoin, mais il faut d\u2019abord apprendre à prendre soin de soi pour savoir prendre soin de quelqu\u2019un d\u2019autre.» Un sentiment d\u2019éternelle incompétence que ne contribuerait qu\u2019à exacerber l\u2019image idéalisée de l\u2019enfance que nourrit le rejet de tout ce qui, chez un gamin, appartient de la laideur ou de l\u2019indocilité.«Un enfant, ce n\u2019est pas un meuble: ça crie, ça a des émotions intenses, et c\u2019est normal, ce n\u2019est pas la faute des parents, rappelle Anne-Marie Des- meules.Les enfants sont généralement cadrés très rapidement dans notre société.On les place tôt sur la voie de l\u2019utilité, dans une perspective très capitaliste : il faut qu\u2019ils apprennent des choses utiles, qu\u2019ils se comportent bien, mais on devrait peut-être plus leur apprendre à être connectés à leurs propres besoins, à exister avec les autres, à aller vers la créativité.» Qui de mieux placé qu\u2019une mère pour savoir que, dans la vie, tout finit toujours par déborder du cadre ?Le tendon et l\u2019os Anne-Marie Desmeules, L\u2019Hexagone, Montréal, 2019, 80 pages Dans le ventre Histoires d\u2019accouchement Sous la direction d\u2019Elsa Pépin, XYZ, Montréal, 2019, 209 pages Les joies de la maternité (poil au nez) Caroline Allard et Élise Gravel, Somme toute, Montréal, 2019, 136 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 L i r e 3 0 | CRITIQUE FRANÇOIS LEMAY COLLABORATEUR LE DEVOIR Le 9 novembre 1942.Werner von Janowski, un officier et espion allemand, connu sous le nom de code Bobbi, débarque d\u2019un sous-marin U-518 à quatre miles de New Carlisle, en Gaspésie.Il a pour mission d\u2019aller à Montréal pour contacter le « führer canadien», Adrien Arcand, un sympathisant nazi qui sévit au Québec.Malheureusement pour Bobbi, il est rapidement démasqué par le fils du propriétaire de l\u2019hôtel où il s\u2019installe et est arrêté par l\u2019agent de la police provinciale Alfonse Duchesneau, qui le remet à la GRC.Acculé au pied du mur, Von Janowski accepte de devenir agent double, avant d\u2019être transféré en Angleterre pour y être emprisonné.Deux théories existent à propos de l\u2019histoire (vraie) de Von Janowski : soit il fut l\u2019espion le plus incompétent de l\u2019histoire, soit il a été victime d\u2019une guerre de pouvoir au sein des services secrets allemands alors que certains hauts gradés pensaient pouvoir tirer avantage de son échec.C\u2019est cette deuxième théorie qui a servi de point de départ à L\u2019espion de trop, une bédé éditée par Glénat Québec dont le scénario est signé par Frédéric Antoine (Français installé au Québec, ex-rédacteur en chef de Safarir), alors que les dessins sont l\u2019œuvre du Québécois VoRo (prix Bédélys Québec 2001, prix Réal-Fillion 2002 du Festival Québec BD et Prix du meilleur album 2002 du site Québec BD pour La mare du diable).Bien évidemment, le format plutôt court (50 pages) étant ce qu\u2019il est, on prend ici quelques liber tés avec cette histoire qui aurait, honnêtement, peut-être mérité un traitement plus approfondi.Et si la langue québécoise y est relativement bien représentée, il y a quand même ce côté un peu trop propre en ce qui a trait au niveau de langage utilisé.De fait, certains personnages donnent l\u2019impression d\u2019avoir suivi le cours classique des Frères des écoles chrétiennes plutôt que d\u2019avoir grandi dans la péninsule gaspésienne.Certes, l\u2019un n\u2019empêche pas l\u2019autre, mais cette couleur locale aurait pu ajouter une touche de réalisme au récit quand même bien ficelé.Pour ce qui est du dessin de VoRo, il sert très justement le genre malgré, parfois, un côté un tantinet générique et un peu rigide dans l\u2019utilisation de la perspective.La ligne claire, bien maîtrisée, fait son effet, et la palette de couleurs, qui pige principalement dans le brun et l\u2019orangé, situe très bien le côté austère de cette époque fleurant le bois verni.Quant au découpage du scénario, fluide et clair, il donne du relief aux scènes d\u2019action.Si L\u2019espion de trop n\u2019offre en rien une révolution du genre bédé d\u2019espionnage, l\u2019ensemble, par la curiosité que suscitent sa prémisse et son rendu général, s\u2019avère assez réussi pour nous donner envie de plonger dans cet univers particulier, la Seconde Guerre mondiale vue de chez nous au travers ses petites histoires locales.Il y a un genre de filon à exploiter, ici, et ce duo composé de Frédéric Antoine et de VoRo semble tout désigné pour le faire ! À suivre ?Le débarquement de Gaspésie Le tandem Antoine et VoRo relate un épisode local de la Seconde Guerre mondiale Pour ce qui est du dessin de VoRo, il sert le genre malgré, parfois, un côté un tantinet générique et un peu rigide dans l\u2019utilisation de la perspective.GLÉNAT QUÉBEC L\u2019espion de trop ?Frédéric Antoine et VoRo, Glénat Québec, Montréal, 2019, 57 pages CRITIQUE MARIE FRADETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR Seconde Guerre mondiale.La vie d\u2019un jeune soldat québécois bascule au moment où il revient au pays pour enterrer son meilleur ami mort sur le champ de bataille.Devant l\u2019absurdité et l\u2019injustice, il décide abruptement de ne pas retourner au front.Sur le quai de la gare, il troque ainsi son uniforme pour des vêtements de civil et prend la route du bois avec pour seul compagnon un livre, Walden ou la vie dans les bois d\u2019Henry David Thoreau.La parole du mythique philosophe américain sert le propos de ce déserteur dans Henry et moi, tout dernier roman de Cécile Gagnon paru chez Leméac.Marchant sans but sinon celui d\u2019échapper aux « spot- teurs », ces hommes engagés pour retrouver les fuyards, André découvre peu à peu la nature environnante jusqu\u2019à se fondre à elle.Installé dans le légendaire trou de la Fée au Lac-Saint-Jean, le jeune homme s\u2019abreuve à la rivière Méta- betchouane, vit au rythme de la nature, écoute le silence qui a tant à dire.Et c\u2019est dans cet espace, porté par la solitude, qu\u2019il découvre les principes de Thoreau.La désobéissance civile, la simplicité volontaire, l\u2019importance d\u2019écouter les alentours deviennent le reflet de sa propre existence, un mode de vie qu\u2019il comprend un peu plus chaque jour.Pleine conscience Rarement abordé en l i ttérature jeunesse québécoise, le thème des déserteurs, de ces échappés de la guerre, est exploité ici avec un immense respect .Loin d \u2019être cet homme faible et peureux, le héros de Gagnon nous est au contraire présenté comme un exemple de courage et de droiture qui parvient à échapper à l\u2019incohérence des guerres.Toute la beauté du monde nous est racontée à travers ce qu\u2019il voit, ce qu\u2019il entend, ce qu\u2019il ressent aussi.Soutenus par les réflexions de Thoreau, ses mots prennent une dimension à la fois poétique et pleine d\u2019espoir.À l\u2019instar de Richard Séguin sur son tout dernier album, Bienvenue à Walden, Cécile Gagnon rend, à sa façon, hommage à Thoreau, à ses principes, à cette volonté de ralentir le rythme ef fréné et de prendre le temps de réfléchir à ce qui nous entoure, à vivre en état de pleine conscience.Noble et engagé, le propos est par ailleurs por té par un rythme lent qui épouse la douce et calme avancée du héros.Les chapitres très courts imposent un temps d\u2019arrêt, comme une respiration, celui qu\u2019il faut pour goûter le présent.Un léger suspense tente de s\u2019installer au moment où le personnage sent la présence d\u2019une bête dans son refuge.Sans savoir à qui il a af faire, André se questionne, tente des réponses jusqu\u2019à la découverte qui est assurément trop prévisible.Le ton mièvre manque par ailleurs parfois de naturel.L\u2019émerveillement exagéré du héros devant une goutte d\u2019eau, un son, le vent devient quelque peu lassant et peu convaincant.Prétexte à mettre en scène la découverte de la nature plutôt que la fuite et l \u2019action, le roman laisse place à la contemplation.Enrichissante lecture, Henry et moi résonne néanmoins et assurément comme un chant d\u2019espoir, une douce mélodie dans le vacarme ambiant.Apprivoiser la forêt Cécile Gagnon revisite Henry David Thoreau à travers le récit d\u2019un déserteur La parole du mythique philosophe américain Henry David Thoreau sert le propos du déserteur dans Henry et moi.BENJAMIN D.MAXHAM DOMAINE PUBLIC Henry et moi ?1/2 Cécile Gagnon, Leméac, Montréal, 2019, 96 pages L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 CRITIQUE MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR Michael Connel ly a déjà écr i t quelques-uns des meilleurs polars toutes catégories (Le poète, Les égouts de Los Angeles, Créance de sang, Echo Park, etc.): c\u2019est une véritable machine à succès qui parvient à se renouveler en plongeant ses enquêteurs dans la mégalopole de Los Angeles.Place à l\u2019inspectrice Renée Ballard, nouvellement «promue» à la patrouille de nuit\u2026 après avoir brillé à l\u2019escouade Vols et homicides.En parallèle Le parcours de Ballard est en soi assez unique, on l\u2019apprend rapidement à travers les trois enquêtes qu\u2019on la voit résoudre ici, l\u2019air de rien.Flic intègre, brillante, intuitive et dangereusement efficace, elle a osé poursuivre un officier supérieur pour harcèlement\u2026 ce qui explique sa rétrogradation à la patrouille de nuit.C\u2019est là, pendant sa ronde avec son par te- naire Jenkins, que le récit s\u2019amorce.Alors qu\u2019elle prend des nouvelles d\u2019une prostituée brutalement tabassée, elle doit s\u2019occuper de la survivante d\u2019une fusillade survenue dans un bar du centre-ville, le Dancer.La prostituée s\u2019en tirera, mais pas la serveuse abattue par le tireur du bar.Elle se rend sur les lieux pour annoncer la nouvelle à son ancien patron et tombe en pleine scène de crime : quatre cadavres jonchent encore le sol.Ballard observe la scène minutieusement avant de se voir sèchement écar tée des lieux : elle ne pourra plus oublier ce qu\u2019elle a vu.De retour au poste, c\u2019est le hasard qui fait en sor te qu\u2019elle reçoit la déposition d\u2019un témoin crucial.L\u2019homme prenait un selfie au Dancer avec ses copains au moment précis où le tireur déchargeait son arme sur la première des cinq victimes.L\u2019instinct de Ballard l\u2019amène à croire qu\u2019un flic est impliqué dans l\u2019affaire et elle décide alors de mener sa petite enquête discrètement, en parallèle.Ne serait-ce que pour rendre justice à son ancien partenaire qui est assassiné à son tour alors qu\u2019il rentrait chez lui.Tout cela ne l\u2019empêche toutefois pas d\u2019enquêter sur deux autres affaires, dont celle de la prostituée transgenre « travaillée » aux poings américains.C\u2019est en fouillant dans les banques de données à partir de ce «détail» qu\u2019elle découvre un suspect qui, malheureusement, l\u2019a lui aussi repérée\u2026 et choisie comme prochaine victime.Ballard réussira difficilement à s\u2019en sortir et devra faire preuve de sang-froid en puisant dans ses réserves d\u2019énergie pour piéger ensuite le tireur du Dancer et élucider du même coup la fusillade multiple.Ouf ! Pourtant, Renée Ballard n\u2019a rien de la superhéroïne.C\u2019est un personnage complexe et marqué tôt par la vie qui trouve son équilibre en s\u2019adonnant au paddle dans la baie de Los Angeles: elle surveille sa forme comme son alimentation, ce qui nous change un peu des burritos dégoulinants et des burgers que dévorait Harry Bosch.Mais c\u2019est d\u2019abord et surtout un flic méthodique et compétent qui sait se servir des outils modernes.Connelly nous donne à travers elle une véritable leçon de technique policière, et on espère déjà la retrouver dans une nouvelle histoire.Oser faire face Un nouveau visage, forgé dans l\u2019adversité, s\u2019impose déjà parmi les enquêteurs de Michael Connelly Michael Connelly est une machine à succès qui parvient encore à se renouveler.JEFF PACHOUD AGENCE FRANCE-PRESSE En attendant le jour ?Michael Connelly, traduit de l\u2019anglais par Robert Pépin, Calmann Lévy \u2013 Noir, Paris, 2019, 418 pages LES COURRIERS DU DEVOIR LeDevoir.com/infolettres Le meilleur de l\u2019information, dans votre boîte courriel. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 L i r e E s s a i 32 | L\u2019assassinat de Clemenceau ?Jean-Yves Le Naour, Perrin, Paris, 2019, 164 pages Paris, 19 février 1919, 8 h 45.Un individu fait feu sur le véhicule de Georges Clemenceau, président du Conseil des ministres.Une balle atteint au poumon l\u2019homme d\u2019État français.La foule se rue sur le tireur.La une du journal Le Miroir du 2 mars 1919 le montre, accompagné de deux agents portant chacun canne, moustache et chapeau melon.Pour l\u2019anecdote, Hergé s\u2019en inspira pour dessiner ses Dupont et Du- pond, raconte l\u2019historien Jean-Yves Le Naour dans ce récit haletant et accessible d\u2019un assassinat raté perpétré par un anarchiste solitaire, voilà un siècle.Cet anarchiste, c\u2019est Émile Cottin.Il affirme avoir agi seul.Cruelle déconvenue pour les tenants du complot.Pendant que le jovial et facétieux Clemenceau reçoit, plutôt que de se soigner, les témoignages de soutien déferlent.Une sor te d\u2019hystérie gagne la France.Finalement, le geste de Cottin ser t Clemenceau, porté aux nues.Au terme d\u2019un procès expéditif, Cottin est condamné à mort.Le verdict, implacable, déchaîne les passions.Au fond, Cottin est un pauvre bougre puni parce qu\u2019anarchiste plus que pour ce qu\u2019il a commis, estiment ses défenseurs.Le procès Dix jours plus tard débute le procès de Raoul Villain, l\u2019assassin du politicien Jean Jaurès.Son acquittement rend la peine de Cottin scandaleuse aux yeux de l\u2019opinion.On réclame l\u2019amnistie pour Cottin.Clemenceau inter vient en faveur de son agresseur.Le 8 avril, le président Poincaré commue la peine de mort en dix ans de détention.Émile Cottin « n\u2019était pas la liberté qu\u2019on opprime, la voix rebelle que l\u2019on veut faire taire ; sa seule gloire [a été] d\u2019avoir tiré neuf balles contre un vieillard de 78 ans ».Cottin a raté sa cible et son entrée dans l\u2019Histoire, écrit Le Naour.Son enquête a pour mérite de sor tir le piètre personnage de la nuit de l\u2019oubli, tout en éclairant les liens entre le politique, la presse et la justice françaises au lendemain de la guerre de 1914-1918.Sébastien Vincent L\u2019anarchiste et le président CRITIQUE ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR « Jay alek el ddor ya doctor » (« Ton tour ar rive, docteur »).En mars 2011, le vent du Printemps arabe souffle sur la Syrie.Quelques jours après la chute du raïs tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, suivie de celle de l\u2019Égyptien Hosni Moubarak, 15 enfants tracent sur les murs de leur école un message sans équivoque adressé au président de la République, Bachar al-Assad, ophtalmologue de formation.La réponse du régime est d\u2019une violence inouïe.Les jeunes auteurs du graffiti sont immédiatement arrêtés, puis torturés.Cet événement, combiné à quatre décennies de dictature, de privation de liberté et de ressentiment, est reconnu comme l\u2019étincelle de l\u2019insurrection syrienne.Des manifestants envahissent les rues partout à travers le pays pour réclamer des réformes démocratiques et la fin de la corruption.La réponse du régime est sanglante.Depuis, le pays est en proie à une guerre interminable, qui a contraint la moitié de la population à se déplacer, créant la plus importante crise de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale, et a provoqué la mort de plus de 350 000 soldats, activistes, journalistes et civils.Au cœur des stratégies militaires, économiques et territoriales au Proche-Orient, le conflit subit les influences d\u2019une soixantaine de pays à travers le monde.L\u2019essai Burning Country: au cœur de la révolution syrienne donne la parole à ces Syriens et Syriennes qui, jour après jour, ont mené un soulèvement pacifiste et tenté de restaurer la vie en communauté dans chaque quartier et chaque village qui échappait au contrôle de Bachar al-Assad.Ces activistes, oubliés et abandonnés par le récit occidental des événe- ments, sont aujourd\u2019hui condamnés à l\u2019exil ou résolus à mourir sous les bombes.Un visage à la guerre Loin de prétendre à l\u2019objectivité, le journaliste Robin Yassin-Kassab et la blogueuse et activiste anglo-syrienne Leila al-Shami appuient résolument la révolution démocratique et les démarches citoyennes ; un choix qui leur permet d\u2019offrir un contrepoids aux discours manichéens véhiculés par les puissances internationales et l\u2019ensemble de l\u2019appareil médiatique, en plus d\u2019of frir un visage à cette guerre trop souvent résumée à une poignée de statistiques.Les deux auteurs ont récolté les témoignages lucides et intègres de dizaines de combattants résignés, d\u2019exilés perdus dans l\u2019archipel anonyme des réfugiés, de journalistes déterminés à rétablir les faits et de courageux défenseurs des droits de la personne.En dépit de leurs différences confessionnelles, sunnites, alaouites, kurdes, musulmans, chrétiens et laïques dénoncent d\u2019une même voix la catastrophe pour l\u2019humanité, l\u2019indifférence, la peur, la détresse psychologique et l\u2019absence d\u2019issue.À ces extraits bouleversants d\u2019humanité s\u2019imbrique une description minutieuse, bien qu\u2019orientée, de la naissance du régime Assad, des balbutiements de la révolution jusqu\u2019à sa militarisation, de la montée des islamistes, des conflits sectaires et du rôle de l\u2019opportunisme des gouvernements dans la recrudescence de ces processus violents.Malgré le délitement progressif du pays, malgré les nombreuses familles déchirées et la per te de trésors culturels et patrimoniaux, malgré la complaisance et l\u2019indifférence, les auteurs refusent de renoncer à l\u2019espoir.Lorsque le torrent de bombes cessera, les activistes de la révolution syrienne hausseront de nouveau la voix pour revendiquer l\u2019autodétermination, la liberté et la démocratie.Les oubliés du conflit syrien Leila al-Shami et Robin Yassin-Kassab rendent hommage aux révolutionnaires ordinaires qui luttent pour la liberté et la démocratie L\u2019essai donne la parole à ces Syriens et Syriennes qui ont mené un soulèvement pacifiste et tenté de restaurer la vie en communauté dans chaque quartier et chaque village qui échappait au contrôle de Bachar al-Assad.SI MITCHELL AGENCE FRANCE-PRESSE Burning Coun- tryAu cœur de la révolution syrienne ?Leila al-Shami, Robin Yassin-Kassab, traduction collective de l\u2019anglais, L\u2019Échappée, Paris, 2019, 368 pages | 3 3 L i r e E s s a i L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 L\u2019esprit de Perrault «Je ne fais pas du cinéma pour faire des films, mais pour mieux connaître l\u2019Homme», disait Pierre Perrault.Mort le jour de la Saint-Jean en 1999, le cinéaste était un héros pour les intellectuels et les artistes québécois qui cherchent le sens au lieu du succès.Dans un hommage publié dans Le Devoir quelques jours après la mort de Perrault, Pierre Falardeau, solennel, en parle comme d\u2019un de ses maîtres et le compare, notamment, à Rodin, à Rembrandt et à Bach.« Je dis que son œuvre est un trésor, écrit le père d\u2019Elvis Gratton.Un trésor pour notre peuple.Et pour tous les peuples.Et les hommes s\u2019en apercevront bien un jour, quand ils auront abattu la main du monstre qui nous cache la lumière.» Si Falardeau parle d\u2019une découverte à venir, c\u2019est que les films de Perrault ne sont pas faciles.Le cinéaste, dédaigneux des codes hollywoodiens, dit vouloir imposer «au public l\u2019obligation de regarder la réalité [et] non de suivre une histoire qu\u2019[il] lui raconte ».Il filme toujours le peuple, mais reconnaît ne pas faire des films populaires.En juin 1999, lui rendant hommage à son tour, le collègue Jean-François Nadeau, qui fut son éditeur, le qualifie, en un clin d\u2019œil à Jacques Cartier, qu\u2019il aimait tant, de «découvreur de nous- mêmes».Obsédé par la «vie vécue », Perrault faisait des films qu\u2019il voulait au plus près du réel, avec ce que cela comporte de dépouillement, mais aussi de vitalité rugueuse.Interprétation mythique Dans Sang et lumière (Alias, 2019, 306 pages), l\u2019essayiste Étienne Beau- lieu propose une interprétation mythique de l\u2019œuvre.Perrault, écrit-il, ne filme pas tant le territoire québécois, comme on l\u2019a souvent dit, mais, selon ses propres mots, « le territoire de l\u2019âme ».Le passé auquel son œu- vre fait sans cesse référence n\u2019est pas tant celui, précis, du Québec ou de L\u2019Isle-aux-Coudres, lieu de plusieurs de ses documentaires, mais le «passé en général ».Personnage central de l\u2019œuvre, le patriarche Alexis Tremblay, par exemple, «se souvient de mémoire d\u2019homme de ce qui s\u2019est produit alors qu\u2019il n\u2019était pas encore de ce monde», note Beaulieu, tirant ainsi le cinéma de Perrault vers une quête de l\u2019origine sacrée du monde.S\u2019il regorge de prometteuses pistes d\u2019interprétation de notre cinéma \u2014 les œuvres de Forcier, Mankiewicz, LOUIS CORNELLIER Arcand, Groulx et Jutra y sont aussi analysées, à partir d\u2019une grille de lecture empruntant à Gilles Deleuze et à René Girard \u2014, l\u2019essai de Beau- lieu pèche cependant par ses démonstrations absconses.Cinéma néonationaliste Le jeune historien Mathieu Bureau Meunier évite cet écueil dans Wake up mes bons amis ! (Septentrion, 2019, 172 pages), un essai sur « la représentation de la nation dans le cinéma de Pierre Perrault ».Le projet, ici, est limpide : montrer comment les cinq premiers documentaires du cinéaste \u2014 Pour la suite du monde, Le règne du jour, Les voitures d\u2019eau, Un pays sans bon sens ! et L\u2019Acadie, l\u2019Acadie?!?\u2014 accompagnent et illustrent la montée du néonationa- lisme québécois dans les années 1960 et 1970.À partir de la prise de conscience du fait que les Canadiens français sont dépossédés de leur destinée, cette idéologie, résume l\u2019historien, «s\u2019oppose à l\u2019idéalisme, à l\u2019apolitisme, au cléricalisme et au provincialisme de l\u2019idéologie traditionnelle».L\u2019heure est venue, croient ses tenants, de moderniser le Québec, par l\u2019entremise de l\u2019État québécois, et de mettre enfin les francophones aux commandes.Le cinéma de Perrault, avance Bureau Meunier, incarne ce changement de paradigme; il est le cinéma de la Révolution tranquille, dont l\u2019élan doit déboucher sur l\u2019indépendance du Québec.Même s\u2019il manque de raffinement et de profondeur, ce retour aux sources de la modernité québécoise proposé par l\u2019historien ravira les nationalistes désorientés d\u2019aujourd\u2019hui.En nous plongeant dans le cinéma volontaire de Perrault et dans l\u2019enthousiasme de l\u2019époque du «maîtres chez nous ! », Bureau Meunier rappelle les clés du néonationalisme : la nécessité de se mettre soi-même en récit, de se définir, d\u2019avoir le français comme langue commune, forte et suffisante, pour vivre et se développer ; l\u2019importance de s\u2019ancrer dans le passé pour donner sens au présent et se projeter intelligemment dans l\u2019avenir ; la prise de conscience de ce qui nous entrave \u2013 un traditionalisme stérile, notre dépossession économique due à un État soumis au marché, le carcan fédéraliste \u2014 et l\u2019urgence de la libération par l\u2019éducation et l\u2019indépendance.Le cinéma de Perrault ne se réduit pas au rôle d\u2019instrument politique et relève même, plus profondément, d\u2019une quête métaphysique.« J\u2019essaie, disait le cinéaste, de comprendre mon émerveillement pour la parole de l\u2019Homme et l\u2019indifférence des hommes à l\u2019égard de cette parole- là.» Universelle, cette indifférence est donc aussi, malheureusement, québécoise.CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR C\u2019est un livre riche en réflexions, en pistes de lecture et en manières de voir.Par sa nature, il s\u2019agit surtout d\u2019un livre multiple, et cette variété \u2014 de pratiques, de sensibilité \u2014 est peut- être ce qui fait son plus grand intérêt.Écrire, aimer, penser rassemble une série d\u2019entretiens pour la plupart récents et inédits sur « l\u2019essai et la création littéraires » avec une douzaine d\u2019écrivains québécois qui «pensent » en écrivant.Étienne Beaulieu, Jacques Brault, François Dumont, Louise Dupré, Madeleine Gagnon, Robert Hébert, Suzanne Jacob, Robert Lalonde, Monique LaRue, Nicolas Lévesque, Yvon Rivard et Pierre Vadeboncoeur ont tous répondu aux questions de Gérald Gaudet, qui a longtemps enseigné la littérature au cégep de Trois-Rivières avant d\u2019être chargé de cours à l\u2019UQTR.Autant de « retours accompagnés» sur leur œuvre, autant de propositions et d\u2019éclats d\u2019une pensée riche et pertinente sur la création, d\u2019autant plus lorsqu\u2019on mesure que chacun d\u2019entre eux a appliqué ces conceptions en produisant une œuvre généralement consistante.À commencer par Pierre Vadebon- coeur (décédé en 2010), l\u2019un des plus grands essayistes que le Québec ait connus, qui a accordé à Gérald Gau- det un entretien en 1987 à l\u2019occasion de la sortie de ses Essais inactuels, où il rappelait que toute sa vie créative a été guidée par l\u2019émotion et le désir.Pour le philosophe Robert Hébert, rencontré dans son «atelier» du quartier Villeray à Montréal, la philosophie est un « ser vice public » essentiel.D\u2019autant plus à notre époque, où «l\u2019intoxication médiatique est quotidienne, où tout est soumis aux diktats de l\u2019économie par une classe politicienne disons philistine et pourrie à l\u2019os».Romancier et essayiste (Le dernier été des Indiens, Le monde sur le flanc de la truite), Robert Lalonde, pour sa part, parle sans mâcher ses mots de son rapport à l\u2019écriture, du feu sacré qui l\u2019anime.« Pour moi, le travail de création, c\u2019est ça : c\u2019est quelqu\u2019un capable de risquer même une forme d\u2019impopularité ou même d\u2019inconvenance \u2014 on est dans une société tellement convenue \u2014 en appor tant une idée nouvelle\u2026 » Espace de rencontre et de méditation, lieu où se créent des liens, une possibilité de sens, l\u2019essai littéraire pour Yvon Rivard (Le milieu du jour, Aimer, enseigner) est un moyen «d\u2019humaniser le monde».«L\u2019essai, c\u2019est le roman de la pensée qui travaille à construire une sorte d\u2019arche de Noé dans laquelle les plantes, les animaux et les humains apprennent à parler la langue du vivant en obéissant à des vérités et à des forces contraires.» Une conception du genre, en somme, qui rejoint bien celle du philosophe et sociologue allemand Theodor Adorno, pour qui « la loi formelle la plus profonde de l\u2019essai est l\u2019hérésie».Douze retours accompagnés Une série d\u2019entretiens sur la pratique de l\u2019essai et sur la création littéraire Pierre Vadeboncœur, l\u2019un des plus grands essayistes que le Québec ait connus, est décédé en 2010.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Écrire, aimer, penser Entretiens sur l\u2019essai et la création littéraires ?1/2 Gérald Gaudet, Nota Bene, Montréal, 2019, 270 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 L i r e 3 4 | ROMAN HISTORIQUE Des vies possibles ?Charif Majdalani, Seuil, Paris, 2019, 186 pages Au début du XVIIe siècle, en quittant le Liban pour Rome à l\u2019âge de 13 ans pour aller y étudier la théologie, Raphaël Arbensis (nom latinisé de l\u2019Arabe Roufeyil Harbini) ne peut imaginer ce qui l\u2019attend.Après L\u2019empereur à pied (Seuil, 2017), l\u2019écrivain Charif Majdalani, dont l\u2019œuvre est habituellement ancrée dans son Liban natal, entraîne son protagoniste, membre de la petite communauté maronite, dans l\u2019atmosphère enfumée de la Contre-Réforme \u2014 le système de Copernic a été condamné en 1616.À travers le Grand Siècle, de Constantinople à Paris en passant par les quatre coins de la Méditerranée, la route du héros des Vies possibles viendra croiser celle de Rembrandt, de Nicolas Poussin et de Ga- lilée.Si l\u2019écrivain sait télescoper une existence en quelques chapitres, menant son roman historique au grand galop, il le fait toutefois sans l\u2019éclat des «vies» d\u2019Echenoz et de Michon.Christian Desmeules LITTÉRATURE ITALIENNE Carnets ?Goliarda Sapienza, traduit de l\u2019italien par Nathalie Castagné, Le Tripode, Paris, 2019, 480 pages En 1976, à plus de 50 ans, Goliarda Sapienza (1924-1996) se met à tenir une sorte de journal intime pour conjurer le refus pendant des années des éditeurs italiens de publier L\u2019art de la joie, son grand livre lyrique et sensuel, devenu un classique de la littérature italienne.Des 40 cahiers totalisant 8000 pages que comptent ses Carnets, Le Tripode en publie au- jourd\u2019hui des extraits choisis par Angelo Pellegrino, son dernier compagnon.L\u2019écrivaine italienne, féministe de gauche, passionnée, véhémente, s\u2019y exprime en toute liberté sur l\u2019écriture, sur Rome et son «cynisme intelligent et spirituel », sur la difficulté d\u2019être et d\u2019écrire, le manque d\u2019argent ou l\u2019expérience de la prison après un vol de bijoux (expérience qui se retrouve au cœur de L\u2019Université de Rebibbia).Sans le filtre de la fiction, ces pages forment la trace de son combat pour exister, une lutte que Goliarda Sapienza a menée jusqu\u2019au bout \u2014 moments de faiblesse compris \u2014 avec l\u2019énergie fiévreuse qui l\u2019animait.Christian Desmeules CRITIQUE MICHEL LAPIERRE LE DEVOIR Aux législatives du 9 avril dernier, le Likoud, parti de droite, de Benjamin Nétanyahou, premier ministre d\u2019Israël, a obtenu son meilleur résultat depuis 2003.L\u2019essai Main basse sur Israël, de Jean-Pierre Filiu, vient à point nommé.Nétanyahou est en passe de battre le record de longévité au pouvoir de David Ben Gourion, le fondateur de l\u2019État hébreu en 1948.Mais le politologue français déplore en lui « la fin du rêve sioniste ».Le sionisme, rappelle Filiu, était un mouvement complexe et pluriel, dont Ben Gourion et de nombreux autres Juifs d\u2019origine européenne, aux prises avec l\u2019antisémitisme de leur continent natal, incarnaient une vision plus laïque que religieuse de l\u2019établissement d\u2019un État juif progressiste en Palestine, sans renier pour autant les droits des Arabes qui habitaient déjà le territoire.Mais un courant très antiarabe, d\u2019abord minoritaire, s\u2019est vite formé autour de Zeev Jabotinsky (1880-1940).Né dans l\u2019Empire russe et mort aux États-Unis, ce dirigeant sioniste de droite, dit «révisionniste» parce qu\u2019il s\u2019opposait à la majorité sioniste d\u2019alors, a inspiré la famille Nétanya- hou et surtout Benjamin, qui a vu le jour à Tel-Aviv en 1949.Voilà, explique si bien Filiu, les racines idéologiques de l\u2019attitude du premier ministre d\u2019au- jourd\u2019hui et, plus généralement, du grand tournant d\u2019Israël qui, au cours des dernières décennies, d\u2019un État modéré est devenu un État autoritaire.Le politologue a la lucidité de souligner que le changement s\u2019est fait en respectant le suffrage universel, mais en trahissant l\u2019esprit de la démocratie, axé sur l\u2019idéal humanitaire et la liberté.L\u2019alliance de Nétanyahou avec Donald Trump, scellée en 2018 par la décision du président américain de transférer l\u2019ambassade des États- Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, viole l\u2019informelle idée pacifique de tant de pays de voir en cette dernière ville le carrefour historique du judaïsme, du christianisme et de l\u2019islam plus que la capitale officielle d\u2019Israël.Elle s\u2019accorde la même année avec la loi fondamentale de l\u2019État, nouvelle règle qui, souhaitée par Néta- nyahou, fait du développement des « colonies juives » une « cause nationale » et donne à l\u2019arabe, jusque-là langue of ficielle avec l\u2019hébreu, un simple «statut spécial ».Devant cette attitude, Filiu souscrit à un jugement de l\u2019homme d\u2019af faires américain Ronald S.Lauder, héritier des entreprises Estée Lauder, président du Congrès juif mondial et voix d\u2019une diaspora plus libérale que la présente majorité juive d\u2019Israël.Le voici : « Si les tendances actuelles se poursuivent, Israël fera face à un choix terrible, soit accorder la plénitude de leurs droits aux Palestiniens et cesser d\u2019être un État juif, soit leur dénier ces droits et cesser d\u2019être un État démocratique.» Le jugement, publié dans le New York Times le 18 mars 2018, a le poids d\u2019une prophétie biblique.Main basse sur Israël Netanyahou et la fin du rêve sioniste ?Jean-Pierre Filiu, La Découverte, Paris, 2019, 224 pages Le grand tournant d\u2019Israël Jean-Pierre Filiu voit en Benjamin Nétanyahou le fossoyeur du sionisme L\u2019alliance de Nétanyahou avec Donald Trump a été scellée en 2018.BRENDAN SMIALOWSKI AGENCE FRANCE-PRESSE Extrait de Main basse sur Israël Selon la Déclaration d\u2019indépendance, proclamée par Ben Gourion le 14 mai 1948, l\u2019État d\u2019Israël « assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe».Cette revendication d\u2019égalité a complètement disparu, laissant la place à de très vives craintes de discrimination institutionnalisée et aggravée à l\u2019encontre des 20% d\u2019Arabes du pays. É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 C U L T U R E CRITIQUE MANON DUMAIS LE DEVOIR Férue de sciences, passionnée de voyages, alpiniste émérite, polyglotte, l\u2019Anglaise Anne Lister (1791-1840) était une femme libre, en avance sur son temps, qui ne s\u2019en laissait pas imposer par la société puritaine du XIXe siècle, qui aurait préféré la voir prendre époux et pondre des petits.Or, cette propriétaire terrienne indépendante, qui passait pour une excentrique aux yeux de tous avec ses tenues sombres dépourvues de rubans et de frous-frous, se disait « amoureuse des femmes » \u2014 le terme lesbienne n\u2019étant pas en usage à l\u2019époque.Si elle consignait secrètement ses liaisons homosexuelles dans son journal intime, Anne Lister ne considérait pas du tout sa préférence pour la gent féminine comme un péché.Au contraire, elle croyait que si Dieu l\u2019avait ainsi faite, elle ne devait pas renier sa vraie nature.Ayant fait l\u2019objet en 2010 d\u2019un téléfilm (The Secret Diaries of Miss Ann Lister, de James Kent) et d\u2019un documentaire (Revealing Anne Lister, de Matthew Hill), Anne Lister se révèle cette fois avec toute son impétuosité et sa fier té sous les traits de la fougueuse et piquante Suranne Jones dans Gentleman Jack, télésérie en huit épisodes de Sally Wainwright (Unforgiven, Happy Valley, Scott & Bailey).Reconnue en Angleterre comme la première lesbienne moderne, Anne Lister demeure aux yeux des Français la première femme à avoir escaladé le plus haut sommet des Pyrénées.Notez que Gentleman Jack est une série produite par la chaîne britannique BBC One\u2026 et que, malgré la remarquable reconstitution d\u2019époque, on regrette par moments que la série n\u2019ait pas été conçue par une chaîne française.Appelez-moi Jack Campée en 1832, à Halifax, dans le Yorkshire de l\u2019Ouest, la série, titrée d\u2019après l\u2019un des surnoms d\u2019Anne Lister (on l\u2019appelait aussi Fred), se concentre essentiellement sur la dernière relation amoureuse d\u2019Anne Lister.On y découvre aussi son passé à coups de brefs flash-backs \u2014 tantôt déchirants, tantôt amusants \u2014, de même qu\u2019on y suit son combat quotidien pour se faire respecter auprès des employés de ses mines de charbon et des locataires de son domaine.Entre ses prises de bec avec sa sœur cadette Marian (Gemma Whe- lan), qui rêve de prendre mari, et ses tendres conversations avec sa tante Anne (Gemma Jones, qui incarnait ce même rôle dans le téléfilm cité plus haut), qui ne souhaite que son bonheur en dépit des qu\u2019en-dira-t-on, Anne Lister ne semble jamais vouloir tenir en place.Chapeau haut de forme crânement vissé sur la tête, elle avale d\u2019un pas décidé des kilomètres pour visiter ses locataires, se rendre à ses rendez-vous d\u2019af faires, prendre le thé chez les dames guindées de la bonne société et, surtout, pour payer une visite à l\u2019objet de son af fection, Ann Walker (Sophie Rundle).Femme de tête et de cœur Alors que le r ythme de la série épouse les mouvements de l\u2019énergique héroïne, qui prend le spectateur à par t en lui lançant des œil- lades coquines ou des réflexions exaspérées teintées d\u2019humour caustique, Gentleman Jack souffre d\u2019une baisse de régime plus l\u2019histoire sur la lente et patiente conquête du cœur d\u2019Ann Walker prend de l\u2019importance.Il faut dire que cette oie blanche paranoïaque \u2014 elle croyait que tous les hommes en voulaient à sa fortune \u2014 a tôt fait de lasser le spectateur avec ses caprices, ses cachotteries et ses crises de larmes.Bien que la liaison entre les deux femmes devienne de plus en plus charnelle au fil des épisodes, chaque visite de la première à la seconde paraît être une plate répétition de la précédente.Fallait-il vraiment réduire le récit de cette femme hors norme, d\u2019une fine intelligence et d\u2019une grande culture, qui dirigea d\u2019une main de maître le domaine familial de Shibden Hall, à cette histoire d\u2019amour?Certes, celle-ci déboucha sur un mariage non Ainsi soit-elle La série Gentleman Jack trace le portrait d\u2019Anne Lister, première lesbienne moderne Cette propriétaire terrienne indépendante passait pour une excentrique avec ses tenues sombres dépourvues de rubans et de frous-frous.HBO CANADA Le journal de Lister En 1983, à l\u2019âge de 52 ans, alors qu\u2019elle vient de terminer ses études universitaires, l\u2019historienne anglaise Helena Withbread désire explorer la correspondance d\u2019Anne Lister, dont elle connaît l\u2019existence pour avoir vécu près de Shibden Mill, autrefois propriété de l\u2019excentrique Anglaise, à Halifax, dans le Yorkshire de l\u2019Ouest.L\u2019auteure connaissait également les articles de Vivien Ingham, parus à la fin des années 1960, sur les exploits de celle qui fut la première femme à conquérir le Vignemale, au sommet des Pyrénées.À sa grande surprise, l\u2019historienne découvre l\u2019existence de son journal intime, lequel avait été caché il y a plus de 100 ans par John Lister, qui craignait que sa propre homosexualité soit dévoilée au grand jour en exposant celle de sa parente.Composé de plus de quatre millions de mots, écrit dès l\u2019âge de 15 ans jusqu\u2019à sa mort à 49 ans (d\u2019une piqûre d\u2019insecte lors d\u2019un voyage en Russie), ce journal, nullement destiné à la publication, racontait dans le détail le quotidien d\u2019Anne Lister.La dame y détaillait également ses conquêtes féminines; ces passages, qui totalisent environ un sixième du journal, étaient écrits sous la forme d\u2019un code secret mélangeant formules d\u2019algèbre et alphabet grec.Après avoir patiemment décodé le tout et fait paraître en trois volumes le journal d\u2019Anne lister (en 1988, 1993 et 2012), Helena Withbread préparerait une biographie sur celle qu\u2019on surnommait «Gentleman Jack».officiel avec échange d\u2019alliances, ce qui était peu courant à l\u2019époque et illustre bien la force de caractère de cette dame qui se heurta toute sa vie à la société hypocrite.Or, si les six volumes de son journal dévoilaient des aspects de la vie intime des femmes que les sœurs Brontë et Jane Austen n\u2019ont pu aborder dans leurs romans, Anne Lister ne méritait-elle pas une série explorant davantage toute sa complexité?Gentleman Jack HBO, lundi, 22h.Super Écran, mardi, 21h (dès le 21 mai). L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e É c r a n s 3 6 | Papier 26\u201328 avril Foire d\u2019art contemporain papiermontreal.com ENTREVUE PHILIPPE PAPINEAU LE DEVOIR Il l y a, sur les réseaux sociaux, des images scandaleuses qui méritent notre empor tement collectif.Et il y en a d\u2019autres, très nombreuses, qui mériteraient qu\u2019on tourne sept fois notre index avant de cliquer sur le bouton «partager ».Dans sa série documentaire en quatre épisodes intitulée Indignation, le projet Corde sensible de Radio- Canada éclaire cet empressement en ligne à s\u2019élever \u2014 et souvent avec vitesse et véhémence \u2014 contre la moindre apparence de scandale.Une indignation parfois alimentée par les médias traditionnels, y souligne Marie-Ève Tremblay, qui mène ce projet avec son acolyte Julien D.Proulx.La journaliste a commencé sa recherche \u2014 et lance le documentaire \u2014 avec le cas du défilé 2017 de la Saint-Jean, où une vidéo diffusée sur Facebook montrait quatre jeunes noirs dans des habits aux allures vaguement colonialistes pousser un char allégorique sur lequel des Blancs jouaient de la musique.Les allégations de racisme ont rapidement fusé de partout, le sujet se répandant sur la Toile comme une traînée de poudre, jusqu\u2019à être couvert par de grands médias internationaux comme la BBC.Sauf que comme le démontre Indignation, les quatre jeunes hommes avaient été choisis parce que leur équipe de football était en campagne de financement, et que les organisateurs avaient besoin de personnes en bonne forme physique pour pousser ce char.Et les costumes avaient été choisis bien à l\u2019avance.« Tu vois que c\u2019est une comédie d\u2019erreurs, raconte Marie-Ève Tremblay.L\u2019image isolée est frappante et dérange, mais quand tu vois le défilé dans son ensemble, c\u2019est dif férent.C\u2019est important d\u2019en parler, parce que ça alimente la division.» Cette division est au cœur des inquiétudes de Marie-Ève Tremblay, qui cite aussi dans un des épisodes l\u2019exemple de ces ados portant des casquettes rouges « Make America Great Again » qui semblaient se moquer d\u2019un Autochtone lors d\u2019une manifestation.Si en quelques heures ces jeunes sont devenus des cibles de choix pour les internautes, une simple recherche aurait permis de trouver la vidéo complète de la situation, qui révélait une tout autre réalité.« Est-ce qu\u2019on fait quelque chose de positif à essayer de fomenter la foule enragée contre des jeunes de 15-16 ans?» se questionne dans Indignation Jef f Yates, spécialiste des fausses nouvelles à Radio-Canada.Viser la discussion Les médias ne sont pas tout blancs dans cette espèce de course à l\u2019indignation.Dans une situation financière souvent fragile et de plus en plus por tés par une culture de la rapidité, ceux-ci peuvent être tentés de vite sauter aux conclusions et d\u2019alimenter une controverse qui leur rapporte clics et visibilité.« Est-ce que je vais créer le buzz ou raconter quelque chose qui a un réel écho ?résume Marie-Ève Tremblay.C\u2019est dif ficile, la ligne est mince entre les deux.» Dans son exploration de l\u2019indignation, ce nouveau volet de Corde sensible \u2014 qui vit aussi en balado, à la radio et en capsules vidéo \u2014 évite par contre de cibler des personnes ou des entreprises, précise Mme Tremblay.« De toute évidence, il y a certains médias qui connaissent très bien le procédé et qui s\u2019en servent.Mais on a décidé de ne pointer personne.Même si on a interviewé du monde qui ont généré des controverses, qui en sont victimes, qui analysent à distance, c\u2019est leur point de vue.On veut puncher dans personne, on veut avoir une discussion.» Indignation laisse la parole à toutes sor tes d\u2019inter venants, de Martine Delvaux à Rachida Azdouz en passant par Normand Baillargeon, Judith Lussier et Richard Martineau.Ressource naturelle Les exemples abordés dans la production de Tou.tv sont loin d\u2019être un portrait exhaustif des cas de grogne publique sur les réseaux sociaux.«Quand on a commencé à faire le documentaire, il se passait de quoi toutes les semaines, souligne Marie-Ève Tremblay.En fait, il n\u2019y a pas un jour où on ne voit pas une controverse.» Internet est un terreau très fertile pour ce genre d\u2019emballement, souligne Jeff Yates dans le documentaire.«L\u2019indignation, c\u2019est une des matières premières du Web, c\u2019est comme S\u2019indigner plus vite que son ombre Indignation éclaire notre empressement en ligne à nous emballer à tort et à travers Marie-Ève Tremblay juge qu\u2019en soi, l\u2019indignation n\u2019est pas mauvaise, et qu\u2019elle est même importante par moments.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR I Corde sensible Indignation De Marie-Ève Tremblay.Avec Julien D.Proulx.En ligne sur Tou.tv dès le 24 avril. C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 GRAND CHOIX DE PIANOS SUR PLACE \u2022 PIANOS DROITS ET PIANOS À QUEUE \u2022 PIANOS YAMAHA ET AUTRES MARQUES OFFERTES 2 29999$ PIANOS NEUFS À PARTIR DE* ÉCOLE DE MUSIQUE VINCENT-D\u2019INDY 628, chemin de la Côte-Sainte-Catherine Outremont (Québec) H2V 2C5 Samedi, dimanche et lundi, de 9h à 17h Stationnement disponible *Prix pour le modèle LV43FCHST.Quantité limitée.20 AVRIL AU 22 AVRIL 2019 PROFITEZ DES CONSEILS PERSONNALISÉS DE NOS EXPERTS SUR PLACE! Pour plus d\u2019informations: 514 849-6201, poste 30300 Dario Acosta PARTENAIRE DE SAISON À MONTRÉAL 418 641-6040 | 1 877 641-6040 514 842-2112 | 1 866 842-2112 PARTENAIRE DE SAISON À QUÉBEC ABONNEZ-VOUS ! VIOLONSDUROY.COM 19 / 20 Samedi 4 mai 20 h Dimanche 5 mai 14 h Palais Montcalm \u2014 Maison de la musique Samedi 11 mai 19 h 30 Maison symphonique de Montréal LA MESSE EN SI MINEUR DE BACH Bernard Labadie chef J.S.BACH Messe en si mineur, BWV 232 Avec le chœur La Chapelle de Québec une ressource naturelle», résume-t-il.Mais Marie-Ève Tremblay juge qu\u2019en soi, l\u2019indignation n\u2019est pas mauvaise, et qu\u2019elle est importante par moments.Elle donne l\u2019exemple de la levée de boucliers contre les commentaires ayant découlé de la mort dans un incendie d\u2019une famille syrienne à Halifax ou du cas de racisme à l\u2019aréna de Saint-Jérôme.« Mais il y a des moments où on peut se questionner et surtout où on doit prendre du recul et exposer la situation complète, explique-t-elle.C\u2019est-ce que j\u2019aimerais que les gens aient en tête a la fin de cette série.Est-ce que j\u2019ai tout ce qu\u2019il faut pour avoir une opinion éclairée ?» Parce qu\u2019il est vrai que c\u2019est tentant de s\u2019indigner plus vite que son ombre.Quand on a commencé à faire le documentaire, il se passait de quoi toutes les semaines.En fait, il n\u2019y a pas un jour où on ne voit pas une controverse.MARIE-ÈVE TREMBLAY » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e É c r a n s 3 8 | SAMEDI PLUS FORT QUE LES BOMBES (4) (Louder Than Bombs), Norv.2015.Drame de Joachim Trier avec Gabriel Byrne, Isabelle Huppert, Jesse Eisenberg.- Durant la préparation d\u2019une exposition posthume consacrée à son épouse photographe de guerre, un instituteur fait avec ses deux fils des découvertes étonnantes sur la disparue.ARTV 12h WHAT LIES UPSTREAM (3) É.-U.2017.Documentaire de Cullen Hoback.- Aux États- Unis, des cas patents de contamination chimique de l\u2019eau potable sont traités avec laxisme par les organismes réglementaires, subordonnés aux lobbys industriels.PBS (WETK) 12h EN SOUVENIR DES TITANS (4) (Remember the Titans), É.-U.2000.Drame sportif de Boaz Yakin avec Denzel Washington, Will Patton, Donald Adeosun Faison.- En 1971, l\u2019entraîneur noir d\u2019une équipe de football interraciale inculque à ses joueurs des valeurs qui font d\u2019eux des champions respectés.Z 14h LA LEÇON (5) (Boychoir), É.-U.2014.Drame de François Girard avec Garrett Wareing, Dustin Hoffman, Kevin McHale.- À la mort de sa mère, un garçon de onze ans indiscipliné mais doté d\u2019une voix d\u2019ange est envoyé par son père dans un pensionnat dédié au chant choral.ARTV 14h03 TORNADE (4) (Twister), É.-U.1996.Film catastrophe de Jan De Bont avec Helen Hunt, Bill Paxton, Jami Gertz.- Des scientifiques tentent de percer le mystère des tornades en les étudiant de près, souvent au risque de leur vie.MAX 15h30 LA MAISON SUR LA FALAISE (5) (Life as a House), É.-U.2001.Drame psychologique de Irwin Winkler avec Kevin Kline, Hayden Christensen, Kristin Scott Thomas.- Un architecte divorcé atteint d\u2019un cancer entreprend de construire la maison de ses rêves avec l\u2019aide de son fils, un adolescent rebelle.V 15h45 QUI VEUT LA PEAU DE ROGER RABBIT (3) (Who Framed Roger Rabbit), É.-U.1988.Comédie fantaisiste de Robert Zemeckis avec Bob Hoskins, Christopher Lloyd, Joanna Cassidy.- En 1947, dans un Hollywood imaginaire, un détective tente d\u2019innocenter un personnage de dessins animés accusé à tort de meurtre.VRAK 16h TROIE (4) (Troy), É.-U.2004.Drame épique de Wolfgang Petersen avec Brad Pitt, Eric Bana, Orlando Bloom.- L\u2019enlèvement de la reine Hélène de Sparte par le jeune prince Pâris provoque la guerre de Troie.MAX 17h30 LA RÉSURRECTION DU CHRIST (5) (Risen), É.-U.2015.Drame religieux de Kevin Reynolds avec Joseph Fiennes, Peter Firth, Tom Felton.- Un tribun romain enquête sur la disparition du corps d\u2019un prédicateur juif, trois jours après sa crucifixion.TVA 18h30 MARÉE ROUGE (4) (Crimson Tide), É.-U.1995.Drame de guerre de Tony Scott avec Denzel Washington, Gene Hackman, George Dzundza.- Le capitaine d\u2019un sous-marin et son lieutenant s\u2019engagent dans un duel d\u2019autorité dont l\u2019enjeu est le déclenchement d\u2019un holocauste nucléaire.V 18h30 LES FEMMES DU 20E SIÈCLE (3) (20th Century Women), É.-U.2016.Drame de Mike Mills avec Annette Bening, Lucas Jade Zumann, Greta Gerwig.- En 1979 en Californie, une mère célibataire à l\u2019esprit ouvert tente d\u2019aider son fils adolescent à mieux comprendre et respecter les femmes.ARTV 20h LE VOLEUR DE VIES (5) (Taking Lives), É.-U.2004.Drame policier de D.J.Caruso avec Angelina Jolie, Ethan Hawke, Tcheky Karyo.- La police de Montréal obtient l\u2019aide d\u2019une agente du FBI pour traquer un tueur en série qui vole l\u2019identité de ses victimes.MAX 20h30 HERCULE (4) (Hercules), É.-U.2014.Aventures de Brett Ratner avec Dwayne Johnson, Rufus Sewell, Ingrid Bolso Berdal.- À la demande d\u2019une princesse, le demi-dieu Hercule se rend au royaume de Thrace afin d\u2019y mettre fin à la guerre civile.TVA 20h38 RAISON ET SENTIMENTS (3) (Sense and Sensibility), É.-U.1995.Comédie dramatique d\u2019Ang Lee avec Emma Thompson, Kate Winslet, Emilie François.- Dans l\u2019Angleterre du XVIIIe siècle, les tribulations sentimentales de deux sœurs, déshéritées par leur père au profit de leur demi-frère.TQ 21h BYE BYE CHAPERON ROUGE (5) (Piroska Ès a farkas), Can.1989.Conte de Marta Meszaros avec Fanny Lauzier, Pamela Collyer, Jan Nowicki.- Au cours d\u2019une de ses balades dans le bois, une adolescente fait la rencontre d\u2019un loup qui parle.TFO 21h ARGO (4) É.-U.2012.Thriller de Ben Affleck avec Ben Affleck, Bryan Cranston, Alan Arkin.- Durant la révolution islamique en Iran, un agent de la CIA échafaude un projet fou afin de pouvoir faire sortir du pays six diplomates américains réfugiés chez l\u2019ambassadeur du Canada.V 21h LE TUEUR DE GROSSE POINTE (4) (Grosse Pointe Blank), É.-U.1997.Comédie policière de George Armitage avec John Cusack, Minnie Driver, Dan Aykroyd.- Un tueur à gages poursuivi par des assassins rivaux retourne dans sa ville natale pour assister à une réunion d\u2019anciens de son école.MAX 22h30 GLADIATEUR (3) (Gladiator), É.-U.2000.Drame épique de Ridley Scott avec Russell Crowe, Joaquin Phoenix, Connie Nielsen.- Un général romain devenu gladiateur cherche à se venger de l\u2019empereur qu\u2019il tient responsable de son malheur.TVA 23h07 PLUS FORT QUE LES BOMBES Voir samedi, 12h.ARTV 23h10 L\u2019EMPREINTE DE L\u2019ANGE (4) Fr.2008.Drame psychologique de Safy Nebbou avec Catherine Frot, Sandrine Bonnaire, Héloïse Cunin.- Une mère dépressive imagine divers subterfuges afin de se rapprocher d\u2019une fillette qu\u2019elle croit fermement être sa propre fille, présumément morte dans un incendie.TFO 23h30 À LA FOLIE (4) (Like Crazy), É.-U.2011.Drame sentimental de Drake Dore- mus avec Anton Yelchin, Felicity Jones, Jennifer Lawrence.- Négligeant de renouveler son visa de séjour, une étudiante anglaise se voit forcée de vivre sa passion à distance pour un camarade de classe américain.RC 0h30 BYE BYE CHAPERON ROUGE Voir samedi, 21h.TFO 1h26 DIMANCHE BEN-HUR (3) É.-U.1959.Drame épique de William Wyler avec Charlton Heston, Stephen Boyd, Haya Harareet.- Injustement envoyé aux galères par les Romains, un prince juif entreprend de se venger.TVA 7h57 THE SOUND OF MUSIC (3) É.-U.1965.Comédie musicale de Robert Wise avec Julie Andrews, Christopher Plummer, Charmian Carr.- Devenue gouvernante des enfants d\u2019un noble autrichien, une novice entraîne toute la famille au chant choral.CTV 13h MAMAN (5) Fr.2012.Drame psychologique d\u2019Alexandra Leclère avec Mathilde Seigner, Marina Foïs, Josiane Balasko.- Deux Parisiennes quadragénaires séquestrent en Bretagne leur mère acariâtre afin de la forcer à leur révéler pourquoi elle ne les a jamais aimées.TV5 13h ROCK\u2019N NONNE (5) (Sister Act), É.-U.1992.Comédie d\u2019Emile Ardolino avec Whoopi Goldberg, Maggie Smith, Kathy Najimy.- Afin de protéger une chanteuse de variétés témoin d\u2019un meurtre, un policier la cache dans un couvent où elle doit se déguiser en nonne.TVA 14h HISTOIRE DE JOUETS 3 (3) (Toy Story 3), É.-U.2010.Film d\u2019animation de Lee Unkrich.- Aux prises avec des marmots brusques et malpropres, des jouets animés d\u2019une vie propre planifient leur évasion de la garderie où la mère de leur propriétaire les a déposés.RC 15h LE VOLEUR DE VIES Voir samedi, 20h30.MAX 15h30 VICTOR FRANKENSTEIN (4) É.-U.2015.Drame fantastique de Paul McGuigan avec Daniel Radcliffe, James McAvoy, Jessica Brown Findlay.- Exploité dans un cirque, un bossu féru d\u2019anatomie est sauvé par un étudiant en médecine excentrique, qui le guérit et le prend comme assistant.V 16h15 LE TUEUR DE GROSSE POINTE Voir samedi, 22h30.MAX 17h30 L\u2019EXODE.DIEUX ET ROIS (5) (Exodus \u2013 Gods and Kings), É.-U.2014.Drame biblique de Ridley Scott avec Christian Bale, Joel Edgerton, Maria Valverde.- Apprenant à la mort de son père adoptif qu\u2019il est d\u2019origine juive, Moïse force son demi-frère Ramsès à laisser partir son peuple, gardé en esclavage par les Égyptiens depuis 400 ans.V 18h30 HAUTE FIDÉLITÉ (4) (High Fidelity), É.-U.2000.Comédie sentimentale de Stephen Frears avec John Cusack, Iben Hjejle, Jack Black.- Un disquaire entreprend de retrouver les quatre femmes responsables de ses plus grandes peines d\u2019amour afin de savoir pourquoi elles l\u2019ont rejeté.MAX 19h30 ISLA BLANCA (5) Can.2018.Drame psychologique de Jeanne Leblanc avec Charlotte Aubin, Théodore Pellerin, Judith Baribeau.- Huit ans après avoir fugué, une jeune adulte renoue avec son frère cadet, qui prend soin à domicile de leur mère mourante.ARTV 20h OPÉRATION BEURRE DE PINOTTES (4) (The Peanut Butter Solution), Can.1985.Comédie fantaisiste de Michael Rubbo avec Mathew Mackay, Siluk Say- sanasy, Alison Podbrey.- Après avoir subi une grande frayeur, un jeune garçon perd puis regagne ses cheveux dans des conditions fantastiques.TFO 21h L\u2019ÉNIGMATIQUE MONSIEUR RIPLEY (3) (The Talented Mr.Ripley), É.-U.1999.Drame policier de Anthony Minghella avec Matt Damon, Gwyneth Paltrow, Jude Law.- Un jeune homme de condition modeste qui éprouve du désir et de l\u2019envie pour un ami fortuné en vient à le tuer, puis emprunte son identité.TQ 22h LE DERNIER LOUP (4) (Wolf Totem), Chin.2015.Aventures de Jean-Jacques Annaud avec Feng Shaofeng, Shawn Dou, Ankhnyam Ragchaa.- Durant la Révolution culturelle, un étudiant de Pékin, parti enseigner le mandarin aux bergers de la Mongolie, est séduit par le lien que ces nomades entretiennent avec les loups.TVA 22h45 LA LEÇON Voir samedi, 14h03.ARTV 23h ELLE S\u2019APPELLE RUBY (4) (Ruby Sparks), É.-U.2012.Comédie sentimentale de Jonathan Dayton avec Paul Dano, Zoe Kazan, Chris Messina.- Après des années de blocage, un jeune écrivain est stupéfait de rencontrer en chair et en os l\u2019héroïne qu\u2019il a créée dans son roman en cours d\u2019écriture.RC 23h25 PAS DE RÉPIT POUR MÉLANIE (3) Can.1990.Comédie dramatique de Jean Beaudry avec Marie-Stéphane Gaudry, Kesnamelly Neff, Vincent Bolduc.- En lisant le livre \"Le Petit Prince\", une fillette tente d\u2019apprivoiser une vieille dame recluse dans sa maison depuis la mort de son mari.TFO 23h30 UN POISON VIOLENT (4) Fr.2010.Drame psychologique de Katell Quillévéré avec Clara Augarde, Lio, Michel Galabru.- Sur le point de faire sa confirmation, une adolescente se met à douter de sa foi au contact de son grand-père paillard et d\u2019un garçon entreprenant de son âge.RC 1h09 OPÉRATION BEURRE DE PINOTTES Voir dimanche, 21h.TFO 1h30 LUNDI LA MARCHE (4) (The Walk), É.-U.2015.Drame biographique de Robert Zemeckis avec Joseph Gordon-Levitt, Charlotte Le Bon, Clément Sibony.- À New York, le matin du 7 août 1974, le funambule Philippe Petit marche sur un fil de fer reliant les tours jumelles du World Trade Center.TVA 7h31 SPIDER-MAN 2 (3) É.-U.2004.Drame fantastique de Sam Raimi avec Tobey Maguire, Kirsten Dunst, Alfred Molina.- Un justicier masqué qui vit une crise d\u2019identité décide d\u2019abandonner ses activités au moment où sévit un redoutable savant fou.TVA 12h30 LE SEL DE LA TERRE (3) (The Salt of the Earth), Br.2014.Documentaire de Wim Wenders.- Regard sur la vie et l\u2019œuvre du photographe brésilien Sebastiao Salgado, qui a documenté l\u2019humanité sous toutes ses facettes.TFO 21h DIALOGUE AVEC MON JARDINIER (4) Fr.2007.Comédie dramatique de Jean Becker avec Daniel Auteuil, Jean-Pierre Darroussin, Fanny Cottençon.- Un peintre parisien s\u2019installe à la campagne dans la maison familiale et embauche un jardinier qui s\u2019avère être un ami d\u2019enfance.TFO 23h30 LA RIVIÈRE SANGLANTE (5) (The River Murders), É.-U.2011.Thriller de Rich Cowan avec Ray Liotta, Gisele Fraga, Michael Rodrick.- Retiré de la liste des suspects, un détective de Seattle cherche à coincer le tueur en série qui assassine ses ex-petites amies.TVA 0h35 LE SEL DE LA TERRE Voir lundi, 21h.TFO 1h19 MARDI DIALOGUE AVEC MON JARDINIER (4) Fr.2007.Comédie dramatique de Jean Becker avec Daniel Auteuil, Jean-Pierre Darroussin, Fanny Cottençon.- Un peintre parisien s\u2019installe à la campagne dans la maison familiale et embauche un jardinier qui s\u2019avère être un ami d\u2019enfance.TFO 21h AU-DELÀ DES COLLINES (3) Roum.2012.Drame de Cristian Mungiu avec Cosmina Stratan, Cristina Flutur, Valeriu Andriuta.- Une jeune Roumaine qui rêve de s\u2019établir en Allemagne avec son ancienne amante échoue à convaincre celle-ci de quitter le monastère isolé où elle vit.TFO 23h30 SA MAJESTÉ LA REINE (3) (The Queen), G.-B.2006.Drame historique de Stephen Frears avec Helen Mirren, Michael Sheen, James Cromwell.- Les efforts du premier ministre britannique Tony Blair pour convaincre la reine Elizabeth II de s\u2019adresser à ses sujets dans les jours qui ont suivi la mort de Lady Diana.TVA 0h35 MERCREDI AU-DELÀ DES COLLINES (3) Roum.2012.Drame de Cristian Mungiu avec Cosmina Stratan, Cristina Flutur, Valeriu Andriuta.- Une jeune Roumaine qui rêve de s\u2019établir en Allemagne avec son ancienne amante échoue à convaincre celle-ci de quitter le monastère isolé où elle vit.TFO 21h BEAUMARCHAIS, L\u2019INSOLENT (4) Fr.1996.Comédie de mœurs d\u2019Édouard Molinaro avec Fabrice Luchini, Manuel Blanc, Sandrine Kiberlain.- Aperçu de la vie publique et privée d\u2019un célèbre auteur dramatique du XVIIIe siècle à l\u2019aube de la Révolution française.TFO 23h35 HUGO (3) É.-U.2011.Aventures de Martin Scorsese avec Asa Butter- field, Chloë Grace Moretz, Ben Kingsley.- Un orphelin vivant incognito dans une grande gare parisienne découvre que le vieux marchand de jouets de l\u2019endroit n\u2019est autre que l\u2019ancien roi du cinéma muet Georges Méliès.TVA 0h35 AU-DELÀ DES COLLINES (3) Roum.2012.Drame de Cristian Mungiu avec Cosmina Stratan, Cristina Flutur, Valeriu Andriuta.- Une jeune Roumaine qui rêve de s\u2019établir en Allemagne avec son ancienne amante échoue à convaincre celle-ci de quitter le monastère isolé où elle vit.TFO 1h15 JEUDI FAUX DÉPART (5) (Failure to Launch), É.-U.2006.Comédie sentimentale de Tom Dey avec Sarah Jessica Parker, Matthew McConaughey, Zooey Deschanel.- Un couple engage une spécialiste afin de provoquer le départ de la maison de leur fils de 35 ans.TVA 13h PEGGY SUE S\u2019EST MARIÉE (4) (Peggy Sue Got Married), É.-U.1986.Comédie fantaisiste de Francis Ford Coppola avec Kathleen Turner, Nicolas Cage, Barry Miller.- Au cours d\u2019une fête, une femme de quarante- trois ans s\u2019évanouit et se retrouve à son réveil vingt-cinq ans plus tôt alors qu\u2019elle était adolescente.VIE 13h CHARM CITY (3) É.-U.2018.Documentaire de Marilyn Ness.- Sur une période de trois ans, les efforts de policiers et de citoyens de Baltimore pour endiguer la criminalité et les meurtres par armes à feu.PBS (WETK) 14h30 BEAUMARCHAIS, L\u2019INSOLENT (4) Fr.1996.Comédie de mœurs d\u2019Édouard Molinaro avec Fabrice Luchini, Manuel Blanc, Sandrine Kiberlain.- Aperçu de la vie publique et privée d\u2019un célèbre auteur dramatique du XVIIIe siècle à l\u2019aube de la Révolution française.TFO 21h ISLA BLANCA Voir dimanche, 20h.ARTV 23h30 IL RESTE DU JAMBON?(5) Fr.2010.Comédie sentimentale d\u2019Anne Depetrini avec Anne Marivin, Ramzy Bedia, Marie-France Pisier.- L\u2019histoire d\u2019amour compliquée entre une journaliste télé issue de la bourgeoisie parisienne et un urgentiste maghrébin qui vit avec sa famille dans une banlieue défavorisée.TFO 23h30 BEAUMARCHAIS, L\u2019INSOLENT Voir jeudi, 21h.TFO 1h20 VENDREDI STONE (4) É.-U.2010.Drame policier de John Curran avec Robert De Niro, Edward Norton, Milla Jovovich.- Alors qu\u2019il analyse la candidature d\u2019un détenu admissible à une remise en liberté conditionnelle, un officier pénitentiaire se laisse séduire par l\u2019épouse de ce dernier.TVA 13h BROOKLYN (4) Irl.2015.Drame de John Crowley avec Saoirse Ronan, Emory Cohen, Domhnall Gleeson.- Dans les années 1950, une jeune Irlandaise qui a trouvé l\u2019amour aux États-Unis est courtisée par un charmant compatriote à l\u2019occasion d\u2019un bref retour au pays.RC 20h HAUTE FIDÉLITÉ Voir dimanche, 19h30.MAX 20h WRETCHES AND JABBERERS (3) (Wretches & Jabberers), É.-U.2011.Documentaire de Gerar- dine Wurzburg.- Deux autistes du Vermont, qui expriment grâce à un clavier vocal les pensées qu\u2019ils peinent à verbaliser, partent donner des conférences au Sri Lanka, au Japon et en Finlande.PBS (WETK) 20h IL RESTE DU JAMBON?(5) Fr.2010.Comédie sentimentale d\u2019Anne Depetrini avec Anne Marivin, Ramzy Bedia, Marie-France Pisier.- L\u2019histoire d\u2019amour compliquée entre une journaliste télé issue de la bourgeoisie parisienne et un urgentiste maghrébin qui vit avec sa famille dans une banlieue défavorisée.TFO 21h PENDANT TON SOMMEIL (5) (While You Were Sleeping), É.-U.1995.Comédie sentimentale de Jon Turteltaub avec Sandra Bullock, Bill Pullman, Peter Gallagher.- Une jeune femme se fait passer pour la fiancée d\u2019un homme qui, à la suite d\u2019un accident, s\u2019est retrouvé plongé dans un profond coma.MAX 22h30 SLIVER (5) É.-U.1993.Drame policier de Phillip Noyce avec Sharon Stone, William Baldwin, Tom Berenger.- Une jeune éditrice qui demeure depuis peu dans un gratte-ciel de Manhattan soupçonne tour à tour deux de ses voisins d\u2019être des meurtriers.Z 23h 8 FEMMES (4) Fr.2001.Comédie policière de François Ozon avec Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Emmanuelle Béart.- Dans un manoir isolé, la découverte du maître de maison poignardé dans son lit éveille des soupçons mutuels chez les huit femmes de son entourage immédiat.ARTV 23h ISLA BLANCA Voir dimanche, 20h.RC 23h05 APRÈS MAI (4) Fr.2012.Drame d\u2019Olivier Assayas avec Clément Métayer, Lola Créton, Félix Armand.- Au début des années 1970 en France, les espoirs et les désillusions d\u2019un aspirant artiste et de ses copains de lycée.TFO 23h30 LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable | 3 9 C u l t u r e É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 2 0 h M O O R M O T H E R RO S C O E M I T C H E L L 2 2 h V I JAY I Y E R S E X T E T fimav.qc.ca BILLETS / INFOS samedi 18 mai une nuit et un petit déjeuner + un concert à 20 h + un concert à 22 h F O R F A I T F ES T I VA L AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Un autre « plus jamais » Samedi, on soulignera les 20 ans de la tuerie de Columbine, la première d\u2019une interminable série de fusillades mortelles dans des écoles secondaires (et parfois primaires\u2026) aux États-Unis.Ce documentaire produit par la BBC et réalisé par Becky Read (productrice du remarquable Three Identical Strangers) revient sur une tragédie de ce type, beaucoup plus récente: la fusillade à l\u2019école secondaire Marjory Stoneman Douglas dans la petite ville floridienne tranquille de Parkland.À travers les témoignages de plusieurs élèves qui l\u2019ont vécue, dont certains qui ont pris part activement à la mobilisation qui l\u2019a suivie, le film dresse une chronologie bien documentée de cette journée de Saint- Valentin malheureusement inoubliable et ses lendemains médiatiques, politiques et sociaux, mais aussi sur l\u2019arme à double tranchant que furent les réseaux sociaux dans le débat sur le contrôle des armes qui a été relancé par la mobilisation des élèves de cette école et de milliers de jeunes à travers les États-Unis.Un tueur à l\u2019école : plus jamais Investigation, lundi, 22h SU R VOS ÉC R A N S \u2013 PA RC E Q U\u2019 I L FAU T S E S O U V E N I R Le visionnement en continu Récemment présentée en compétition au festival Séries mania, cette série d\u2019horreur en dix épisodes mettant en vedette Uma Thurman raconte les lendemains étranges d\u2019une transplantation cardiaque dont a bénéficié une jeune femme.Celle-ci tente d\u2019élucider les circonstances troubles dans lesquelles est décédée sa donneuse.Chambers Netflix, dès vendredi La veuve du caïd parle Après la minisérie documentaire Pablo Escobar, raconté par son fils, voilà que la plateforme en ligne de Vidéo- tron propose un autre documentaire qui met en lumière les confidences d\u2019un membre du clan Escobar.Cette fois, c\u2019est au tour de la veuve de l\u2019illustre narcotrafiquant, Maria Isabel Santos, que l\u2019on avait déjà croisée dans la minisérie, de se confier longuement sur sa vie avec ce dernier.Tata Club Illico, dès mardi Sauver la cathédrale À peine quelques jours après l\u2019incendie qui a grandement endommagé la célèbre cathédrale parisienne, la télévision française prend le relais pour aider à sauver cet édifice historique et rappeler sa mémoire.Un grand concert-bénéfice organisé par France Télévision, diffusé en direct et animé par Stéphane Bern (Secrets d\u2019histoire) permettra d\u2019amasser des dons pour la reconstruction de la cathédrale, tandis que l\u2019émission d\u2019affaires publiques donne la parole à ceux qui connaissent intimement et rendent vivant ce joyau de la civilisation occidentale au quotidien : des guides bénévoles et des membres du clergé.Notre-Dame de Paris, le grand concert TV5, samedi, 15h Envoyé spécial \u2013 Les orphelins de Notre-Dame TV5, mardi, 20h La mémoire est un muscle Pierre-Yves Lord est en voie de devenir un « Monsieur Quiz » radio-canadien puisqu\u2019il animera cet automne l\u2019émission jeunesse 100 Génies et dès cette semaine, ce jeu-questionnaire quotidien dans lequel des concurrents jumelés à des vedettes (on ne s\u2019en sort pas\u2026) devront faire travailler leur mémoire à court terme et user de stratégie puisqu\u2019on leur aura déjà fourni les questions et les réponses avant l\u2019émission.Mémorable Radio-Canada, lundi au vendredi, 17h30 ERIC FEFERBERT AGENCE FRANCE-PRESSE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 C u l t u r e Té l év i s i o n 4 0 | CRITIQUE GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR C\u2019est l\u2019astrophysicien Hubert Reeves qui le pense et le dit : l\u2019heure est critique si l\u2019on veut sauver la planète du sort que l\u2019humanité lui concocte à grands coups de gaz à effet de serre et de pompage de ressources naturelles.Critique\u2026 mais pas sans espoir, ex- pose-t-il dans le documentaire La Terre vue du cœur que Radio-Canada présente samedi en guise de préparation pour le Jour de la Terre, lundi.«On est dans un combat épique entre deux forces: une force de destruction et de détérioration, puis une force de restauration.Et les deux courants croissent », calcule le scientifique, dont le regard sur la question a gagné en optimisme au fil des ans.Le documentaire est construit autour de ses interventions et observations, filmées depuis sa ferme en Bourgogne.Autour de ce pivot, d\u2019autres scientifiques, auteurs, avocats, philosophes ou militants font œuvre de pédagogie en démontrant ce qui ne fonctionne pas, mais aussi quelles solutions existent pour renverser la vapeur.Dans la mouvance du documentaire français Demain, le beau film de Iolande Cadrin-Rossignol se déploie comme un plaidoyer pour la sauvegarde de la biodiversité terrestre, visant un triple objectif : faire comprendre la menace ; illustrer la prodigieuse beauté de la biodiversité terrestre et océanique ; et susciter des envies d\u2019action.«C\u2019est un regard qui essaie de comprendre, mais aussi de sentir», résume le sage Reeves.La Terre vue du cœur Samedi, Radio-Canada, 22h30 Appeler à l\u2019action, une image à la fois Un documentaire axé sur le cœur pour inspirer la prise de conscience SU R VOS ÉC R A N S Difficile retour au bercail Huit ans après avoir fugué du domicile familial sans jamais donner de nouvelles, une jeune vingtenaire retourne chez elle, où sa mère est mourante, et prend la mesure des conséquences de cette fuite.Ce premier long métrage de Jeanne Leblanc, un drame intimiste porté par la solide interprétation de Charlotte Aubin et Théodore Pellerin, suggère plutôt que d\u2019expliciter les réactions et motivations des personnages.Un film qui fait appel à l\u2019intelligence et la sensibilité du spectateur, malheureusement diffusé dans une case horaire un peu ingrate\u2026 Isla Blanca Radio-Canada, vendredi, 23h05 RADIO-CANADA 04/22 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Gars, fille Des squelettes Les Morissette Les chefs! Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Grand Rire Liar: La nuit du TVA TVA nouvelles Le Tricheur Refuge animal Campagne Chicago Fire / En vase clos Combien vaut cette maison?TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Conseils Génial! National Geographic Les francs-tireurs Cette année-là Deux hommes V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Mets-y le Total Knock Out L'Open Mic X-Files: Aux frontières du réel Rire et délire 911 ICI RDI Le Téléjournal RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Bâtisseur Le Téléjournal Le National Le Téléjournal TV5 17h50Champion Journal FR Business moines Louvre, palais royal Jusqu'au dernier Au fil de la Loire Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Enchères Affaire Structures abandonnées À la recherche de./ L'Atlantide Un tout nouveau monde Australie: Ruée CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Vendre ou rénover Vancouver?Nombreux et heureux Dre Boutons SPCA en action SPCA en action ByeMaison RDS 16h30 Le 5 à 7 Hockey 360° LMB Baseball (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Braqueurs Braqueurs L'enfer des profondeurs La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Nos ancêtres les extraterrestres Trésors ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran Pour l'amour du country Cirque du soleil: Volta Pour emporter EXPLORA Le refuge de l'espoir Planète Terre / Les îles La terre vue du coeur Planète terre Secret Reich Z Cobaye humain Harley et les Davidson Lowrider Garage The Gifted (v.f.) ST: Discovery sav-media Journal musée Journal musée Couple nerds Saviez-vous L'ère robots Encore plus Réparer la nature Électrons uniVERT Ombre doute TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Métiers/ Métiers Amélie Les sapiens Conseils LE SEL DE LA TERRE (2014) Sebastiao Salgado.Planète Vanity Fair Confidential (v.f.) Sur la scène du crime Rêver le futur Or maison Sextape Lego: Des briques en or C'est vrai CBC CBCNews JFL: Gags TBA LNH Hockey / Pit./N.Y.I.(D) CBC News: The National TBA CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Resident MasterChef Canada The Fix / The Fugitive CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Neighborhood Man Plan 9-1-1 / Ocean's 9-1-1 The Code / Molly Marine Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition American Idol The Fix / The Fugitive News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Neighborhood Man Plan The Code / Molly Marine Bull / Justice for Cable News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Antiques Roadshow Independent Lens / Charm City UNIS Cochon dingue Bizarroscope Tournée générale Sel et Diesel Chars Papa est là Hors série Les fermiers / La force du clan HBO1 18h20 Open Your Eyes Last Week Anthropocene: The Human Epoch Game of Thrones Gentleman Jack Cinéma TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) 04/21 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte ICI Laflaque Tout le monde en parle 22h20 Journal 22h50 Sports 22h55 Infoman TVA TVA nouvelles VLOG La Voix / Direct 21h15 La vraie nature 22h15 TVANou.22h45 LE DERNIER LOUP TQ Un chef à la cabane Deux hommes en or Les grands documentaires Zone franche L'ÉNIGMATIQUE M.RIPLEY (1999) Jude Law.V Cinéma L'EXODE: DIEUX ET ROIS (2014) avec Joel Edgerton, Ben Kingsley, Christian Bale.21h45 LE MASQUE DE L'ARAIGNÉE (2001) Morgan Freeman.ICI RDI Le Téléjournal Vocation Le National Le National Découverte Le Téléjournal L'Épicerie Le Téléjournal Le National Semaine Verte TV5 Saison au zoo Journal FR On n'est pas couché Champions du monde Journal/ L\u2019invité CANAL D De l'or sous la glace Mayday / Chute libre Cauchemar sur l'autoroute Docu-D / La prophétie des papes A.P.Agents À la recherche CANAL VIE Vendre ou rénover au Québec Généalogie V.I.P.La vie avec des quintuplées Nombreux et heureux Dre Boutons Le Club Mel RDS Au 19e Sports 30 LMB Baseball / Braves d'Atlanta c.Indians de Cleveland (D) Sports 30 Sports 30 ATP Tennis HISTORIA Artéfacts sous la loupe Au coeur de la tempête Nos ancêtres les extraterrestres La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Profondeurs ICI ARTV Karaoké Karaoké Pour emporter ISLA BLANCA (2017) Charlotte Aubin.Rétroviseur De grandes espérances LA LEÇON EXPLORA S'aime chien Curiosités Animo Superpouvoirs Pharmachien Planète techno Antarctica Découverte Espions Z Nature sauvage BattleBots: Combats de robots Maripier! Comédie Seuls et tout nus XL Semi-Pro Maripier! Rodéo Québec sav-media Cancer 18h55 Lexique Journal musée Journal musée Civilisations / L'empire de l'or Génie d'ici Génie/ Ingénieu Génie d'ici Génie d'ici CORIM TFO Ollie/ Ollie Top!/ S.O.S.! 19h20 Conseils 19h45 Texto 20h10 Sapiens 20h35 Sapiens OPÉRATION BEURRE DE PINOTTES (1985) Mathew Mackay.Planète 17h00 L'accusé La centrale Extraordinaires humains Médicaments: Effets Histoire de l'Amérique Voleur d'art CBC When Calls the Heart LNH Hockey / Boston vs Toronto (D) LNH Hockey / Cgy./Col.(D) CTV CTV News Montreal The Big Bang The Big Bang World of Dance The Enemy Within / An Offer National News GBL Global News Global National BorderSecur Security Big Brother Canada The Code / P.O.G.Madam Secretary Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos American Idol / Disney Night Shark Tank News CBS Ch.3 News Weekend News 60 Minutes Motown 60 / Smokey Robinson , Diana Ross.Madam Secretary News PBS (33) World Dancesport G.Great British Baking / Cake Call the Midwife Masterpiece Classic Masterpiece Classic Midwife UNIS Les fermiers / La force du clan La galère Degrassi Degrassi Radio enfer Galaxie près Le Loup-garou Le Loup-garou Trait d'humour HBO1 17h50 ATOMIC HOMEFRONT (2017) Anthropocene: The Human Epoch Game of Thrones Barry Veep 23h05 Last Wk TVA Sports Le TVA sports Avant-match LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) RAW Le TVA sports LNH Hockey 04/20 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal La Petite Vie Les enfants de la télé Faire oeuvre utile Notre vie / La cinquième roue Le Téléjournal La terre vue du coeur TVA TVA nouvelles LA RÉSURRECTION DU CHRIST (2016) Joseph Fiennes.20h45 HERCULE (2014) avec John Hurt, Dwayne Johnson.22h45 TVANou.Cinéma TQ DRÔLES DE PETITES BÊTES (2017) Jungle SOS sages-femmes RAISON ET SENTIMENTS (1995) avec Kate Winslet, Emma Thompson.V Cinéma MARÉE ROUGE (1995) avec Gene Hackman, Denzel Washington.ARGO (V.F.) (2012) avec Bryan Cranston, John Goodman, Ben Affleck.ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Les grands reportages / Manoir Le Téléjournal Second Regard Le Téléjournal Le National Grands rep.TV5 Saison au zoo Journal FR Vivement dimanche! 20h15 Festival international du Cirque de Monte-Carlo Voisins/ Voisins Journal/ L\u2019invité CANAL D Enchères Affaire Douanes Douanes Harceleurs de stars Madame Lebrun Festival Grand Rire Douanes CANAL VIE SPCA en action SPCA en action Faites-nous Quais Pas le choix Pas le choix Projection Mariages Catastrophe Quintuplées RDS Hockey 360° (D) ATP Tennis - Masters de Monte Carlo Demi-finale Sports 30 /21h45 Antichambre 22h45 Sport30 23h15 Sport30 HISTORIA Haute tension / À glacer le sang Braqueurs Braqueurs Braqueurs Braqueurs Hitler déclassifié Hitler déclassifié A$ de brocante ICI ARTV Pour emporter Pour l'amour du country LES FEMMES DU 20E SIECLE (2016) Annette Bening.Outlander / Tel père telle fille Cinéma EXPLORA Animo Pharmachien Le refuge de l'espoir Espions pour la planète À tout casser Zeppelin, retour vers le futur Stupidité Z Trop fou pour être vrai?Rapide et mill Déroute Rat rods de Vegas Nature sauvage Le web obscur Maripier! Leftovers sav-media L'écran roi CORIM CORIM Arrêt monde Kebec/ Histoire Cancer 21h55 Lexique De garde 24/7 22h45 Pensées 36.9° TFO Top!/ S.O.S.! Amélie Flip Subito texto Les sapiens Les sapiens BYE BYE CHAPERON ROUGE (1989) avec Pamela Collyer, Fanny Lauzier.Planète Extraordinaires humains Un clergé dans la tourmente L'air du temps / Chine Solidream Le procureur CBC CBCNews Hockey Sat.Hockey Sat.LNH Hockey / N.Y.I./Pit.(D) To Be Announced CTV CTV News Montreal Disasters at Sea Jann The Big Bang THE DISAPPEARING GAME: AURORA TEAGARDEN MYSTERIES National News GBL Global News Global National BorderSecur Security Ransom / Dark Triad Rookie Blue / Moving Day Rookie Blue / Fragments Global News ABC 17h30 Paid News at 6:30 THE TEN COMMANDMENTS (1956) avec Yul Brynner, Anne Baxter, Charlton Heston.CBS Ch.3 News Weekend News Ent.Tonight Ransom / Dark Triad 48 Hours 48 Hours News PBS (33) Father Brown Time Goes By Appearances Rev.Upstart Crow Doc Martin Doctor Blake / A Good Drop Austin City UNIS À plein gaz Filles de moto Chez nous File d'attente Mauvais karma ROUTE 132 (2010) avec François Papineau, Sophie Bourgeois.L'espionne HBO1 17h50 BREXIT (2019) Benedict Cumberbatch.Back on Board: Greg Louganis Anthropocene: The Human Epoch The Case Against Adnan Syed TVA Sports Le TVA sports Kevin Raphael Avant-match (D) LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) Dave Morissette en direct S A M E D I L U N D I D I M A N C H E | 4 1 C u l t u r e Té l év i s i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 CRITIQUE PHILIPPE PAPINEAU LE DEVOIR Son vrai nom est Louis Grégoire, mais c\u2019est sous l\u2019appellation « Louis de Ville Mercier » que ce fanatique de sport est connu des auditeurs des lignes ouvertes.Fidèle des tribunes depuis 1972 \u2014 il avait 12 ans ! \u2014, le passionné est au cœur du documentaire Louis ! Louis ! Louis ! du réalisateur Philippe Frenette-Roy.La production montre à la fois la belle passion du fan de Peyton Manning pour la chose sportive en général, mais aussi une certaine démesure dans cet amour.Louis Grégoire, qui a fait plus de 6000 appels en ondes pour donner son avis éclairé, a une mémoire d\u2019éléphant et se nourrit de nombreuses statistiques.Il dit même passer plus de 35 heures par semaine sur les réseaux sociaux pour discuter de sport.Tissé des témoignages des animateurs des radios sportives pour qui l\u2019ancien placier du Forum est souvent devenu un ami, Louis ! Louis ! Louis ! élargit aussi le sujet sur ce qui pousse les gérants d\u2019estrade à donner leur avis dans les tribunes.Comme le dit Lise Thériault, alias «Madame Lise», appeler à la radio, c\u2019est «un petit antidépresseur temporaire».La structure et la facture du documentaire d\u2019une heure restent assez conventionnelles, alors que défilent les extraits d\u2019entrevues et quelques moments en studio.Voilà tout de même une plongée ludique et intrigante dans un monde presque parallèle où l\u2019amour du sport a permis de créer toute une communauté.Louis ! Louis ! Louis ! RDS, samedi, 18h30 et Canal D, jeudi 2 mai, 22h Le roi des ondes sportives Louis ! Louis ! Louis ! explore l\u2019univers des gérants d\u2019estrade sur les lignes ouvertes RDS M A R D I 04/26 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy L'effet Wow / Eric Bruneau BROOKLYN (V.F.) (2015) avec Emory Cohen, Saoirse Ronan.Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur Ça finit bien la semaine Du talent à revendre La liste noire / Borealis 301 TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Passager Cuisine futée, Mc$ween De garde 24/7 Banc public Deux hommes en or Zone franche Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire Ambulances Ambulances Haute sécurité Code 111 Gotham SQ ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR Hunan, l'autre monde d'avatar Les petits meurtres / Mlle Mc Ginty est morte 21h45 Jeanne Moreau, l'affranchie Journal/ C à dire CANAL D Australie: La ruée vers l'or Amour fatal / Postma Patrouille Patrouille Marche à l'ombre Palais Cauchemar CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Mariages Design V.I.P.Vendre ou rénover au Québec Généalogie V.I.P./ Ashley Judd Nombreux et heureux ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Oups IIHF Hockey - Championnat du monde M18 Demi-finale L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Belles ordures Dieux du ciel Moyen Âge Québec Les montagnards Les montagnards Les montagnards Haute tension ICI ARTV Moi et l'autre Moi et l'autre Anne Pour emporter / Maripier Morin Karaoké Karaoké Les grandes entrevues 8 FEMMES EXPLORA Prodigieux colibris Planète Terre / Les prairies Mont Saint-Michel L'étonnant pouvoir du caca 1000 jours pour la planète 1000 jours Z Rodéo Québec Rodéo Québec Week-end Lowrider Harley et les Davidson Infiltration Maripier! SLIVER (V.F.) sav-media De garde 24/7 18h45 Pensées Le grand chapitre Kebec/ Lexique Arrêt monde Demain, l'école 21h55 Lexique Les conférences du Savoir Civilisations TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Subito texto C'est WOW Doc junior Mosquée IL RESTE DU JAMBON?(2010) avec Anne Marivin, Ramzy Bedia.Planète Naabi, hyène et princesse Tanzanie sauvage Face au feu C'est vrai docteur Extraordinaires humains Un clergé CBC CBCNews JFL: Gags LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Goldbergs The Big Bang Criminal Minds Blue Bloods CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight MacGyver Hawaii Five-0 The Blacklist Global News ABC News News LNF Draft / Rounds 2-3 (D) CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight MacGyver Hawaii Five-0 Blue Bloods News PBS (33) PBS NewsHour News Vermont Week Wash.Week Firing Line State of the Art International Jazz Day Amanpour UNIS Chair de poule Chair de poule Degrassi Degrassi Galaxie près Galaxie près D'un rire à l'autre Trait d'humour Chars HBO1 17h20 NOTES FROM THE FIE.18h55 Number /19h15 Living With Lincoln Last Week The Knick Real Time With Bill Maher Warrior TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports LNH Hockey 04/25 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes Lâcher prise Magnifiques Grand Rire Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports/ Réelle TVA TVA nouvelles Le Tricheur Coeur et bras Rêvons mais.Le bon docteur / Davantage F.Bellefeuille Partie 2 de 2 TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Cochon dingue Conseils Génial! Zone franche Les francs-tireurs Cette année-là Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire L'amour est dans le pré L'Open Mic Imposteurs Rire et délire 911 ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Champions 13h15 Alerte enlèvement / Diango Tuer sans le vouloir Nina / À son image Journal/ C à dire CANAL D Cauchemar sur l'autoroute Cauchemar Cauchemar De l'or sous la glace Harceleurs de stars Docu-D / Expo 67, Mission Impossible CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?La vie avec des quintuplées Dog Tales Dog Tales Catastrophe Faites-nous Quais ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° F1 Magazine IIHF Hockey - Championnat du monde M18 Quart de finale L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA De l'acier et du feu Truck non stop Truck non stop Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Belles ordures ICI ARTV 17h30 Downton Downton Abbey Moi et l'autre Lumière sur.The White Princess (v.f.) 22h15 The White Princess / Coeurs et esprits EXPLORA Animal Fight Club (v.f.) Planète Terre / Les déserts Alex+Tyler, éco Alex+Tyler, éco Pharmachien Gros labo Planète Terre / Les îles Planète Terre Z Cobaye humain Seuls et tout nus XL Les stupéfiants Maripier! Comédie T'es pas game T'es pas game Cinéma sav-media Archi branchés Publications Question santé 36.9° 36.9° De garde 24/7 21h15 Pensées Autisme Le cancer: Empereur Maîtres TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Flip Amélie Les sapiens Motel Monstre BEAUMARCHAIS L'INSOLENT (1996) avec Manuel Blanc, Fabrice Luchini.Planète 17h00 Marilyn Rêver le futur Or maison Les échappés Histoire de l'Amérique Verdon Caméra cachée, ours espionnés CBC CBCNews JFL: Gags LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Big Bang Young Sheldon The Big Bang The Big Bang Law & Order: S.V.U.CTV National GBL Global National Global News Ent.Tonight E.T.Canada Big Brother Canada Superstore Abby's S.W.A.T./ Rocket Fuel Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition LNF Draft / Round 1 (D) CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight The Big Bang Young Sheldon Mom Life in Pieces S.W.A.T./ Rocket Fuel News PBS (33) PBS NewsHour Scout Film Festival Showcase Nature / Snow Bears Joe Bonamassa/Vienna Amanpour UNIS Cochon dingue Mission Verte Bouffe en cavale Les fermiers Jenny/ Jenny File d'attente Web Thérapie Web Thérapie Peaky Blinders HBO1 18h15 I AM HEATH LEDGER (2017) 19h50 Last Wk 20h20 Open Your Eyes O.G.(2018) Jeffrey Wright.22h50 IT'S A HARD TRUTH, .TVA Sports 17h00 JiC L'Impact Avant-match LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) LNH Hockey (D) 04/24 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes L'Épicerie Dans l'oeil du dragon Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports TVA TVA nouvelles Le Tricheur Oeufs d'or La Voix: Extra La recrue / Le tournoi Fugueuse / Rébellion TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Conseils Génial! Point doc Les francs-tireurs Cette année-là Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire Pompiers Ces gars-là L'Open Mic APB: Alerte / Sous surveillance Rire et délire 911 ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Des camions et des hommes Envoyé spécial Caméléon Journal/ C à dire CANAL D Structures abandonnées Douanes Fous bateaux Australie: La ruée vers l'or Ambulanciers de nuit / Trauma Hommes des bois Grand Rire CANAL VIE 17h00 Géant Quoi ton plan?Dépendance Projection Généalogie V.I.P./ Ashley Judd Vendre ou rénover Vancouver?Design V.I.P.À vos marques ByeMaison RDS 16h30 Le 5 à 7 Hockey 360° L'antichambre (D) LMB Baseball (D) Sports 30 HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Révoltes barbares De l'acier et du feu De l'acier et du feu De l'acier et du feu Homme de toi ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran Moi et l'autre Mission X Mission X Mission X / Le baiser mortel Mission X EXPLORA Superpouvoirs Curiosités Planète Terre / Les jungles L'an un million L'an un million Planète techno Gagner Aiguilleurs ciel Z Cobaye humain Nature sauvage / Julia Roberts Rodéo Québec Rodéo Québec Week-end Déroute Chasseurs Maripier! Prêt sur gage sav-media Génie d'ici L'ère robots Archi branchés Au coeur du cinéma québécois Publications Maîtres peinture / Delacroix Ordinaire ou Super Ombre doute TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Métiers/ Métiers Amélie Les sapiens Citoyen monde AU-DELÀ DES COLLINES (2012) avec Cristina Flutur, Cosmina Stratan.Planète L'air du temps / Chine Solidream Vanity Fair Confidential (v.f.) Scène du crime / Jogging fatal Les oubliés Si loin, si proche CBC CBCNews JFL: Gags LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Goldbergs Jann Criminal Mind / Dust and Bones Whiskey Cavalier CTV National GBL Global National Global News Big Brother Canada Survivor: Edge of Extinction Chicago Fire Chicago P.D.Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Schooled Modern Family Single Parents Whiskey Cavalier News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Survivor: Edge of Extinction Million Dollar Mile SEAL Team News PBS (33) PBS NewsHour Crossroads Outdoor Nature Nova / Saving the Dead Sea Breakthrough / The Airplane Amanpour UNIS Cochon dingue Jenny/ Jenny Web Thérapie Web Thérapie La galère Mauvais karma Tournée générale Un vrai selfie HBO1 18h15 One Nation Under Stress Back on Board: Greg Louganis Game of Thrones Veep Barry Wyatt Cenac TVA Sports 17h00 JiC Avant-match Soccer / Montreal vs Nouvelle-Angleterre (D) D.Morissette 22h15 RAW 23h15 Kevin 04/23 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes S'aime chien Conséquences Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports/ Durrell TVA TVA nouvelles Le Tricheur World of Dance la compétition / 2e ronde d'éliminations L'arme fatale TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Conseils Génial! Point doc Les francs-tireurs Cette année-là Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Tout s'embellit Je suis chef L'Open Mic Le dernier navire Rire et délire 911 ICI RDI Élections Île-du-Prince-Edouard Le National Le National Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Les plus beaux treks Le Monde de Jamy / Ils défient les milieux extrêmes Tandem / Pic Saint-Loup Journal/ C à dire CANAL D À la recherche de./ L'Atlantide Texas Chrome Cauchemar sur l'autoroute Mayday / Descente mortelle Cauchemar Cauchemar Mme Lebrun CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Quais Faites-nous Pas le choix Pas le choix Vendre ou rénover au Québec Projection Mariages ByeMaison RDS Hockey 360° (D) IIHF Hockey / République tchèque c.Canada - Championnat du monde M18 Sports 30 /21h45 Antichambre 22h45 Sport30 23h15 Sport30 HISTORIA Au coeur de la tempête Hitler déclassifié Hitler déclassifié Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran Quelle famille! The White Queen (v.f.) 21h15 The White Queen / La dernière bataille Outlander / Tel père telle fille EXPLORA Animo S'aime chien Planète Terre / Les montagnes Supercherie chocolat ADN superflic Cigarette électro Carcajou Z Cobaye humain Face Off / Suceurs de sang Les vampires originels Killjoys / Il faut tout un pillage.The Strain / Coup de maître Leftovers sav-media Les conférences du Savoir Génie/ Ingénieu L'ère robots Saviez-vous FutureMag En mouvement 21h50 Science Uranium, si puissant Ombre doute TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Métiers/ Métiers Amélie Les sapiens C'est WOW DIALOGUE AVEC MON JARDINIER (2007) Daniel Auteuil.Planète C'est pas pour nous! Tout savoir.Naabi, hyène et princesse Tanzanie sauvage Le secret de la dernière malle de Marilyn CBC CBCNews JFL: Gags LNH Hockey / Toronto vs Boston (D) LNH Hockey / Col./Cgy.(D) CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Voice The Village The Big Bang The Big Bang CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight NCIS: New Orleans / Trust Me NCIS / Handle With Care New Amsterdam Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Am.Housewife Kids-Alright Black-ish Bless-Mess The Rookie News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight NCIS / Boom FBI / Partners in Crime NCIS: New Orleans / Trust Me News PBS (33) PBS NewsHour Born to Expl Yankee Boss: The Black Experience in Business Frontline / The Abortion Divide Amanpour UNIS Cochon dingue Devenir adulte Un vrai selfie Chez nous LE CONFESSIONNAL (1995) Lothaire Bluteau.Ciné tout court Rire à l'autre HBO1 18h20 Long Time Running Last Week Wyatt Cenac Gentleman Jack Barry Veep Thrones TVA Sports 17h00 JiC LMB Baseball / Giants de San Francisco c.Blue Jays de Toronto (D) Baseball / N.Y.Y./Ana.(D) J E U D I V E N D R E D I M E R C R E D I ous sommes sur la route de l\u2019Arctique.Inaugurée au printemps 2018, il s\u2019agit de la première route carrossable à l\u2019année qui mène à l\u2019océan Arctique sur le territoire canadien.Partis il y a trois heures de la ville la plus nordique du pays, Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest, nous faisons du slalom entre les bras du delta du fleuve Mackenzie pour arriver à Tuktoyaktuk (surnommé Tuk), le village du bout de la route.À Tuk, hameau sis au bord de l\u2019océan Arctique, plus d\u2019une expérience extraordinaire vous attend : on peut y goûter le soleil de minuit l\u2019été, célébrer la fête de la lumière l\u2019hiver et faire des expéditions en traîneau l\u2019automne et le printemps.Pour vivre pleinement chaque activité, il suf fit d\u2019avoir les yeux et le cœur bien ouverts.Sachez qu\u2019ici, un béluga n\u2019est pas un charmant cétacé recherché par les touristes, mais un mammifère prisé des chasseurs fidèles aux traditions ancestrales.S\u2019étendant sur 138 km dans la toundra, l\u2019autoroute Inuvik-Tuk- toyaktuk offre l\u2019occasion exceptionnelle de découvrir un environnement aussi surprenant pour sa population que pour sa flore et sa faune.Outre les sympathiques et réservés Inuits, on y croise de vrais voyageurs assoif fés d\u2019aventures\u2026 en toute sécurité, puisqu\u2019on ne roule pas vite sur cette route (environ 70 km/h) et qu\u2019on y trouve toujours un bon samaritain en cas de pépin.De fait, l\u2019entraide règne sur cette route sans halte.Si on aime prendre son temps, il est possible de rouler de Montréal à Tuktoyaktuk en passant par Whitehorse (Yukon), et par l\u2019autoroute Dempster, laquelle va de Dawson City à Inuvik sur plus de 700 km de gravier.Inaugurée il y a 40 ans, l\u2019autoroute Dempster, avec son mythique point de ravitaillement à Eagle Plains, compte parmi les grandes routes exotiques du monde.On y traverse de nombreux écosystèmes, à plusieurs altitudes, parfois même lovés dans les nuages de grandes montagnes.Pour économiser du temps, on peut se rendre à Whitehorse, ou même à Inuvik, en avion, louer un véhicule (à quatre roues motrices de préférence), puis foncer vers Tuktoyaktuk.Si l\u2019on roule en véhicule récréatif ou en automobile, on peut aussi emprunter l\u2019autoroute Inuvik-Tuktoyaktuk, mais la conduite risque d\u2019être plus difficile lorsque la route devient meuble et se ramollit à cause des précipitations.Pour faire l\u2019expérience de cette route sans conduire, des voyagistes proposent des voyages à destination de Tuk et d\u2019autres communautés encore plus isolées (par avion et en embarcation).La vie nordique Aussi inspirante que Tuk, Inuvik L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 V I V R E La nouvelle route de l\u2019Arctique Cap sur les Territoires du Nord-Ouest à la découverte des charmes de la vie nordique NREPORTAGE BENOIT LEGAULT À TUKTOYAKTUK COLLABORATEUR LE DEVOIR | 4 3 Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 Quand une route change tout ! Dans la toundra canadienne, aménager 138km de route n\u2019est pas une mince affaire.D\u2019abord, par souci de puiser la main-d\u2019œuvre le plus possible dans la population locale, il a fallu donner une formation de conducteurs de machinerie et d\u2019opérateurs d\u2019équipements à 130 personnes habitant les grands environs d\u2019Inuvik.Ensuite, au nord du cercle polaire, de tels travaux doivent se faire l\u2019hiver et non l\u2019été, soit lorsque le sol est bien gelé, afin de protéger le pergélisol, lequel est assez fragile en raison du réchauffement climatique.Bref, on ne creuse pas, on empile.Le fond doit donc être bien dur.Au premier des quatre hivers qui ont été nécessaires pour aménager cette route sinueuse allant d\u2019Inuvik à Tuktoyaktuk, on a installé une toile géotextile, afin d\u2019empêcher le gravier et la terre de se mélanger, et une première couche de gravier.Aux trois hivers suivants, on a rajouté des milliers de tonnes de gravier, jusqu\u2019à quatre mètres de hauteur à certains endroits.Rappelons que le tout s\u2019est fait dans la noirceur presque absolue de la période hivernale du Grand Nord.Après plusieurs pétrissages et remodelages, l\u2019autoroute Inuvik- Tuktoyaktuk a enfin pu être inaugurée au printemps 2018.En raison des variations de température et de l\u2019afflux des véhicules qui la déforment par endroits, elle demeure en chantier.Grâce à cette route, la population du hameau de Tuk n\u2019est plus coupée d\u2019Inuvik et du reste du Canada une partie de l\u2019année ; elle peut aller et venir 12 mois par année.Les impacts sur le quotidien des habitants ont été immédiats et majeurs.Maintenant possible à l\u2019année, par voie terrestre, l\u2019acheminement des produits laitiers, des antidouleurs ou encore des outils de chasse ou de pêche en a réduit et en réduira considérablement le prix.Sur le plan touristique, les BBQ attendent déjà les VR, les gîtes touristiques se multiplient et les tables à restaurer se dressent.Un camion-restaurant, qui propose des spécialités locales, a même fait son apparition ! Alors qu\u2019ils coulaient des jours tranquilles il y a encore un an, les 850 Inuits de Tuk voient défiler un nombre grandissant de touristes.Souhaitons que ces derniers apprennent à respecter le mode de vie inuit afin que l\u2019harmonie règne à Tuk.Isabelle Chagnon Infos pratiques Les hôtels commerciaux d\u2019Inuvik sont des hébergements standards qui étonnent par leur taille et leur nombre.Le seul qui propose aussi un restaurant est l\u2019hôtel Mackenzie.La cantine de l\u2019aéroport est un bon endroit pour fraterniser avec des employés locaux en mangeant l\u2019énorme Dempster Burger ou une poutine au porc effiloché.La cantine de l\u2019hôpital permet de sortir du cocon touristique ; les repas y sont moins chers qu\u2019ailleurs, et on voit avec surprise dans cet hôpital un espace de repos réservé aux aînés.À consulter : spectacularnwt.com, Inuvik.ca, travelyukon.com À Tuktoyaktuk, les pieds dans la mer de Beaufort.En bas : l\u2019autoroute Inuvik- Tuktoyaktuk est une longue voie de gravier sinueuse à travers la toundra.PHOTOS ISABELLE CHAGNON laisse des souvenirs impérissables.Dans cette petite ville de 3200 habitants , tous les bât iments sont construits sur pilotis afin de résister aux mouvements du pergélisol.Sur place, on fait connaissance avec les membres de la nation Gwich?in, communauté autochtone des Territoires du Nord-Ouest, de même qu\u2019avec les immigrants d\u2019ici et d\u2019ailleurs ayant opté pour la vie nordique.Ainsi, à la fin des années 1950, un Québécois a mené à bien la construction de l\u2019attrait touristique principal d\u2019Inuvik, l\u2019église Notre- Dame-de-la-Victoire, mieux connue comme l\u2019église en forme d\u2019igloo.Cet étonnant chef-d\u2019œuvre d\u2019architecture religieuse a été conçu par Maurice Larocque, frère oblat et charpentier, qui super visait à l\u2019époque la construction d\u2019églises dans le Grand Nord depuis une trentaine d\u2019années.En 2010, on a même installé une mosquée, surnommée la « mosquée de minuit » ou « la petite mosquée dans la toundra », pour répondre aux besoins des habitants de confession musulmane.À l\u2019instar des grandes villes, et malgré les rigueurs de la vie arctique, Inuvik sait s\u2019adapter à l\u2019air du temps. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 Vi v r e E s c ap a d e 4 4 | REPORTAGE GABRIEL ANCTIL EN GASPÉSIE COLLABORATEUR LE DEVOIR mmense comme un pays, mais habitée par moins de 100 000 habitants, la Gaspésie se présente au visiteur tel un territoire rude, sauvage et magnifique.Particulièrement en hiver ou au printemps, où les touristes se font rares et où la vraie nature des locaux s\u2019exhibe.C\u2019est, pour quiconque désire véritablement capter son âme, le meilleur moment pour l\u2019explorer.Plus longue route du Québec, elle qui s\u2019étend sur plus de 1600 km, la 132 permet de découvrir un large territoire éblouissant et inspirant.Prenant sa source à la frontière américaine, la mythique goudronnée longe la rive sud du fleuve Saint-Laurent, où elle est un témoin privilégié de la spectaculaire expansion du cours d\u2019eau.Modeste à Montréal, il devient majestueux dans le Bas-du-Fleuve, puis grandiose lorsqu\u2019il rejoint le golfe et l\u2019océan au bout du continent.Pour vraiment prendre la mesure de la démesure des éléments, rien de mieux que de s\u2019arrêter au parc national de la Gaspésie, où sont concentrés plusieurs des plus hauts monts du Québec.Accessible à partir de Sainte-Anne-des-Monts, à 700 km de Montréal, la chaîne de montagnes des Chic-Chocs rassemble en effet plus de 25 sommets dépassant les 1000 mètres, expliquant pourquoi les Micmacs l\u2019ont surnommée la «muraille infranchissable ».En attendant que la neige laisse définitivement sa place à la verdure au mois de juin, une vingtaine de sentiers peuvent être explorés en raquettes, à skis ou à pied.Le mont Olivine offre une randonnée inoubliable et relativement facile d\u2019une longueur de 11,5km aller-retour.Celle-ci débute dans une vallée où s\u2019écoulent paisiblement les ruisseaux jusqu\u2019à offrir, 670 mètres plus haut, un panorama où le marcheur se sent complètement avalé par les montagnes enneigées qui l\u2019entourent.Sur la 132 La route 132 atteint son apogée de beauté entre La Martre et L\u2019Anse- Pleureuse, où elle offre l\u2019une des plus spectaculaires escapades routières au monde.Des falaises qui se jettent dramatiquement dans la mer, des montagnes qui se multiplient au loin, un ciel qui se confond avec le Saint-Lau- rent pour mieux s\u2019emparer de l\u2019horizon.Bienvenue aux pays des géants ! Coincée entre les parois escarpées et les vagues qui lèchent le chemin lors de ses grandes poussées, la route se faufile à travers les villages et offre à ses occupants des paysages givrés qui resteront à jamais gravés dans leur mémoire.Le long du trajet, nulle trace des roulottes, des Winnebagos et des voitures par milliers qui dicteront le tempo sitôt les vacances arrivées.Seuls quelques rares pick-up, sinon la liberté totale de faire un avec le tracé tout en courbes de cette envolée en territoire abandonné.Émouvante Gaspésie Hors saison, ce magnifique coin de pays dévoile des charmes insoupçonnés I Cet irrésistible élan vous mènera jusqu\u2019au bout de la terre, au parc national Forillon, qui touche presque l\u2019océan, puis à Gaspé, où Jacques Cartier a planté sa croix au nom du roi.Les rives escarpées continueront de s\u2019enfiler comme autant de sculptures naturelles à admirer jusqu\u2019à ce qu\u2019il apparaisse, comme un grand bateau enneigé, le rocher Percé, notre navire amarré.Le vil lage de Percé vous semblera en état avancé d\u2019hibernation.À peine un restaurant, un motel, une épicerie et un pub y sont ouverts à l\u2019année.Les autres commerces, dont les entrées ne sont même pas déneigées, attendent l \u2019été et ses centaines de milliers de touristes qui l\u2019envahiront dans une bruyante agitation dif ficile à imaginer en cette période par ticulièrement si len- cieuse de l\u2019année.Mais les curieux qui s\u2019aventurent ici en dehors de la chaude saison auront le privilège de s\u2019y sustenter avec la boisson des dieux.Les microbras- series gaspésiennes se sont en effet multipliées ces dernières années et ont fait de cette région l\u2019une des plus réputées du pays.Divin houblon Le Pub Pit Caribou représente ainsi un excellent endroit où déguster une délicieuse cer voise aux goûts du pays, en compagnie de sympathiques Percéens qui vous charmeront grâce à leur accent de grands vents et à leurs histoires de pêche.Situé dans l\u2019ancien magasin général du village, avec vue sur le magni- f ique rocher, l \u2019endroit possède sans conteste une âme qui attire à elle tous les rêveurs et les créateurs des alentours.Un peu plus loin, à Val-d\u2019Espoir, est brassée la mythique Auval, véritable Saint-Graal des bières québécoises, introuvable en dehors de la péninsule.Quand, par un hasard particulièrement rare, quelques boîtes atteignent Québec ou Montréal, les connaisseurs font littéralement la file pour avoir la chance de goûter aux délices du maître-brasseur Benoit Couillard, qui a fondé la compagnie en août 2015.Elle est considérée par de nombreux spécialistes comme l\u2019une des meilleures brasseries en Amérique du Nord, ce qui a fait exploser la demande.Mais Auval continue de produire ses élixirs en petites quantités.Cette rareté l\u2019a transformé en fantasme alcoolisé pour bien des amateurs éloignés qui n\u2019ont jamais même vu l\u2019une de ses bouteilles.Heureusement, en hiver ou au printemps, il est facile d\u2019en dénicher dans les dépanneurs et les épiceries du sud de la Gaspésie et d\u2019en ramener une caisse ou deux à la maison.À la prochaine fois\u2026 Délaissant les falaises, la route débouche soudainement, à la hauteur de Saint-Godefroi, sur l\u2019apaisante baie des Chaleurs.Dif ficile de la contempler sans avoir une pensée pour René Lévesque, l\u2019enfant chéri de cette partie de la Gaspésie.Né le 24 août 1922 dans le village anglophone de New Carlisle, l\u2019ancien premier ministre s\u2019est abreuvé de ce décor à faire rêver jusqu\u2019à l\u2019âge de 16 ans, avant que sa famille ne s\u2019exile à Québec.Un petit musée-jardin ouvert uniquement l\u2019été, l\u2019Espace René Lé- vesque, rend hommage depuis 2018 au fondateur du Par ti québécois.Mais sinon, le visiteur devra chercher pour trouver des traces du passage du père de la nationalisation de l\u2019hydroélectricité.Sa maison de naissance, où i l a grandi de 1922 à 1938, est située au 16, rue de Mountsorrel.Anonyme et laissée à l\u2019abandon, elle profiterait assurément d\u2019une meilleure protection du gouvernement et pourrait devenir, avec un minimum de volonté, un ar rêt obligé pour les innombrables touristes qui auraient alors la chance de terminer leur tour de la Gaspésie en beauté, en venant saluer le plus grand pol i t ic ien que le Québec moderne a enfanté.| 4 5 Vi v r e E s c ap a d e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 Où loger Le Gîte du Mont-Albert permet de dormir au milieu des Chic-Chocs, dans le plus grand des conforts.L\u2019Auberge sous les arbres, à Gaspé, offre un repos dans un décor des plus champêtres.L\u2019auberge la Table à Roland est le seul hôtel ouvert à l\u2019année à Percé.Il possède une vue privilégiée sur le rocher Percé.Page de gauche : le rocher Percé sous la lumière d\u2019hiver.En haut à gauche : le mont Olivine offre une randonnée inoubliable et relativement facile d\u2019une longueur de 11,5 km aller- retour.En haut à droite : le Pub Pit Caribou, à Percé, est un excellent endroit où déguster une délicieuse cervoise aux goûts du pays.Ci-contre : la route 132 atteint son apogée de beauté entre La Martre et L\u2019Anse- Pleureuse.PHOTOS GABRIEL ANCTIL L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 Vi v r e 4 6 | L A R EC E T T E D U C H E F O L I V I E R P E R R E T Crabe des neiges, avocat, huile de ciboulette et citron confit au piment d\u2019Espelette Pour 4 personnes Ingrédients Condiment citron et piment d\u2019Espelette 4 citrons 1,5 litre d\u2019eau 1kg de sucre 20ml de confiture de piment d\u2019Espelette 10ml de vinaigre balsamique blanc 20ml de miel 20ml d\u2019huile d\u2019olive extra-vierge Huile de ciboulette 1 bouquet de ciboulette 20cl d\u2019huile d\u2019olive Crabe des neiges 4 sections de crabe des neiges 1 jaune d\u2019œuf 1 c.à soupe de vinaigre de xérès 1 c.à soupe de moutarde de Dijon 15cl d\u2019huile végétale (canola ou pépin de raisin) Sel, piment d\u2019Espelette au goût 1 citron 1 lime Chips d\u2019échalote 2 échalotes françaises Maïzena au goût 30cl d\u2019huile de canola Avocat 2 avocats Sel, piment d\u2019Espelette au goût Préparation Condiment citron et piment d\u2019Espelette À l\u2019aide d\u2019une fourchette, piquer 5 à 6 fois chaque citron.Les faire bouillir dans de l\u2019eau à 7 reprises de façon à enlever un maximum d\u2019amertume.Réaliser ensuite le sirop en mélangeant l\u2019eau et le sucre.Ajouter les citrons blanchis au sirop de sucre et laisser confire à feux doux pendant 2 heures environ.Une fois les citrons confits, les épépiner et les mixer en incorporant la confiture de piment, le vinaigre balsamique blanc, le miel et l\u2019huile d\u2019olive.Huile de ciboulette Chauffer l\u2019huile à 70°C, puis mixer avec le bouquet de ciboulette pendant 30 secondes.Passer au chinois étamine et refroidir rapidement pour conserver la couleur verte.Crabe des neiges Décortiquer le crabe et réserver la chair au frais.Réaliser une mayonnaise en mélangeant le jaune d\u2019œuf, le vinaigre de xérès, la moutarde puis en montant avec l\u2019huile.Lier la chair de crabe avec la quantité de mayonnaise nécessaire puis zester le citron et la lime.Ajouter également le jus d\u2019un demi-citron et d\u2019une demi-lime.Rectifier l\u2019assaisonnement avec du sel et du piment d\u2019Espelette.Chips d\u2019échalote Éplucher les échalotes et tailler finement à la mandoline dans le sens de la longueur.Saupoudrer de maïzena de façon à enrober les tranches d\u2019échalotes, puis frire dans l\u2019huile à 160°C jusqu\u2019à obtenir une coloration blonde.Avocat Ouvrir les avocats et enlever les noyaux.À l\u2019aide d\u2019une cuillère, prélever la chair, puis la tailler en 2 dans la hauteur.Lustrer d\u2019huile de ciboulette et assaisonner avec du sel et du piment d\u2019Espelette.Conseil pour la présentation : vous pouvez ajouter à la recette des copeaux de radis et des pousses de laitue frisée qu\u2019il vous suffira d\u2019assaisonner avec l\u2019huile de ciboulette.Olivier Perret est chef du Renoir à l\u2019hôtel Sofitel de Montréal.RENOIR SOFITEL CRITIQUE JEAN-PHILIPPE TASTET COLLABORATEUR LE DEVOIR Aller au restaurant un lundi soir comporte certains risques ; épuisement du personnel à la suite d\u2019une fin de semaine très occupée et absence du chef, entre autres.L\u2019expérience peut aussi réserver de belles surprises.C\u2019est ce qui est arrivé au Wellington à Verdun, un lundi soir de printemps bruineux, froid, pluvieux, neigeux, venteux.Déjà, se faire dire au moment de la réservation : « Monsieur, aucun problème, nous avons une rampe d\u2019accès à la disposition de nos clients en fauteuil roulant» est un premier baume.Mon ami Michel a même failli m\u2019inviter tant il était soulagé.Comme le Wellington est un «Apportez votre vin», j\u2019avais pensé, sans toutefois le lui suggérer, qu\u2019il apporterait un de ses Clos de Tart, mais ce soir-là, rien.On aime ses amis inconditionnellement\u2026 Ce Wellington a deux rythmes; l\u2019un très agité les soirs de fin de semaine \u2014 la fin de semaine commençant de nos jours le jeudi soir apparemment \u2014 et l\u2019autre, beaucoup plus calme, les soirs de semaine.Ce lundi soir là, nous étions 11 clients dans le restaurant et tout le monde semblait parfaitement heureux de cette non-af- fluence.Au service, Caroline en profitait pour prendre le temps de détailler les festivités à venir.Cinq plats font-ils un restaurant?Oui dans ce cas précis, car tout a été impeccablement présenté et préparé.Cinq assiettes irréprochables, même en voulant y trouver un quelconque petit défaut.Rien relevant de la haute gastronomie, mais de la très belle cuisine.Cette «Salade a?Yvan», par exemple, aurait pu n\u2019être qu\u2019un mélange anonyme de feuilles disparates comme c\u2019est bien souvent le cas.Ici, il n\u2019en est rien et le mesclun était soigné, feuilles tendres et bien choisies.Elles étaient accompagnées d\u2019une très sautillante vinaigrette aux herbes (moutarde, aneth, ciboulette et persil), d\u2019un peu de parmesan et d\u2019oignons marinés ainsi que d\u2019un crumble au carvi.Autre entrée très réussie, la bisque de homard.Soyeuse, parfumée sans débordements, dans laquelle on trouvait de petits cubes de pommes de Belle découverte rue Wellington Un lundi soir pluvieux à Verdun peut parfois réserver de belles surprises Ce Wellington a deux rythmes ; l\u2019un très agité les soirs de fin de semaine, et l\u2019autre, beaucoup plus calme, les soirs de semaine.PHOTOS MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR | 47 Vi v r e R e s t o L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 Photo du haut : le magret de canard, l\u2019une des assiettes impeccables servies au Wellington.Au centre : boudin maison, mousseline de panais, pommes marinées et feuilles de chou de Bruxelles.En bas : meringue aux fruits de la passion avec tuiles d\u2019ananas et de noix de coco.terre Russet récoltées à Saint-Ubalde et quelques crevettes fumées.Un filet d\u2019huile de persil et quelques gouttes d\u2019huile de vanille donnaient une dimension particulière à l\u2019assiette, ajout subtil et intelligent.En plats principaux, poisson et abats.Le premier, un beau filet de vivaneau poêlé, accompagné de shiitakés, de topinambours, d\u2019un peu d\u2019oignons brûlés, de pois chiches et, surprise agréable, de quelques escargots très tendres.En couronne, quelques pétales de tomates confites.Une assiette comme on les aime, lorsque l\u2019on aime le poisson traité aux petits oignons, comme c\u2019était le cas ici.Deuxième plat principal tout aussi succulent: un pavé de foie de veau de belles proportions, c\u2019est-à-dire suffisamment volumineux pour rassasier le client, mais pas trop épais afin que la cuisson rosée soit parfaite et que le goût ferreux du foie ait disparu.Présenté sous une croûte de betterave déshydratée, il était parfaitement poêlé et accompagné de petites pommes de terre, de quelques haricots à peine blanchis, d\u2019oignons perlés et de lardons fumés maison.La sauce au vin rouge et les graines de moutarde complétaient divinement bien le tout.La carte des desserts annonce cinq propositions, dont un amusant «Whip- pington», guimauve à la Chartreuse, farcie d\u2019un gel de framboise du Québec, biscuit sablé, poudre de framboises et délicieux petit arrière-goût de châtaigne laissé par le chocolat Guayaquil de la maison Cacao Barry.«Si nous devions en prendre un seul, que nous conseilleriez-vous?» Après deux ou trois jolies moues dubitatives, Caroline conseille la poire.Autre moment de bonheur que cette assiette très simple en apparence et pleine de saveurs.Une poire pochée au vin blanc, des élans d\u2019anis, de réglisse, de thym, de clou de girofle et de cannelle.Le fruit a été déposé délicatement sur un parfait glacé maison à la vanille bourbon et à l\u2019écorce d\u2019orange ; les gens en cuisine ont eu la bonne idée de glisser une toute petite cuillerée de caramel à l\u2019érable au cœur de la poire.Une succulente purée d\u2019abricot au Bourbon et un peu de crumble de biscuit Graham ajoutent au plaisir.Note finale : ce soir-là, chef et sous- chef étaient en congé ; vu le modeste achalandage et le fait que le Wellington ne brandisse pas son chef comme un argument majeur de marketing, on peut les comprendre.Il faut donc souligner le travail de la cuisinière et du cuisinier de service \u2014 Vanessa Laurence et Sui Vuey Wong \u2014 qui, des entrées jusqu\u2019au desser t, ont sorti des assiettes impeccables.Wellington ?$$$ 3629, rue Wellington, ?514 419-1646.Ouvert tous les soirs à partir de 18h et à midi pour réservations de groupe.Du dimanche au mardi et les vendredis et samedis après 21h, le Wellington propose une table d\u2019hôte de 3 services pour 45 $.Un repas pour deux aura coûté 88$ avant taxes et pourboire.Ici encore, une aubaine.Actualités culinaires Dynamique sexagénaire Chez nous, 60 ans pour une épicerie, ça semble irréel.C\u2019est pourtant cet anniversaire que La vieille Europe célèbre cette année.Le 16 avril 1959, un couple de commerçants juifs tenait ici boucherie.Puis, au fil des ans sont venues plusieurs générations de Portugais qui ont métamorphosé ce petit commerce de quartier en une belle grande épicerie.Choix de produits de très grande qualité, miel (venu du rucher sur le toit), cafés torréfiés sur place, truffe et autres gâteries ; variété impressionnante de fromages et de charcuteries.On comprend pourquoi cette maison incontournable de la Main fait aujourd\u2019hui partie du patrimoine de Montréal.À midi, les affamés du quartier viennent chercher un sandwich, les uns dévorent sur place et prennent un café en commentant l\u2019actualité, les autres repartent au bureau en courant faire l\u2019envie de leurs collègues.La vieille Europe, 3855, boulevard Saint-Laurent, ?514 842-5773.Ouvert tous les jours depuis 21 900 jours.Le tofu d\u2019or L\u2019Association végétarienne de Montréal organise cet événement joliment baptisé Le tofu d\u2019or et tout aussi agréablement qualifié d\u2019« anticompétition culinaire 100 % végétale de Montréal ».Tout anticompétition qu\u2019il soit, ce tofu-ci propose de voter pour le meilleur des cinq chefs participants à la soirée.Au cours de ce cocktail-bénéfice, on pourra déguster une quinzaine de bouchées 100 % végétales, trois boissons, des surprises et plus encore.Cette soirée du Tofu d\u2019or allie gastronomie et philanthropie : les profits de l\u2019événement iront à l\u2019AVM et 30 % seront reversés aux refuges pour animaux SAFE et RR afin de les soutenir dans leur mission.En rendant hommage à ce bloc protéiné mythique, l\u2019AVM veut prouver, avec ou sans tofu, que la gastronomie végétale est colorée, variée et savoureuse ! Plus d\u2019information sur cette soirée à l\u2019adresse tofudor.ca.Cette anticompétition aura lieu à l\u2019Écomusée du fier monde, 2050, rue Amherst \u2014 jeudi 25 avril de 18 h30 à 21 h \u2014 45 $ ou 55 $.Jean-Philippe Tastet e lait de vache a de la féroce compétition.Sur les tablettes des supermarchés, il doit maintenant jouer du coude avec des boissons végétales faites à partir d\u2019amandes, de soya, d\u2019avoine ou de riz, pour ne nommer que celles-là.En croyant remplacer le lait d\u2019origine animale, faisons- nous fausse route ?Le choix est vaste, mais les pièges sont aussi nombreux.Si les gens souffrant d\u2019intolérance au lactose et d\u2019allergies aux produits laitiers ont été les premiers adeptes des boissons à base de plantes, la popularité des diètes végétales les a propulsées vers de nouveaux sommets.Aux États-Unis, les ventes de boissons remplaçant le lait ont atteint les six milliards en 2017, et la tendance ne semble pas près de s\u2019essouffler.Cependant, les boissons végétales peuvent-elles être considérées comme des subst i tus d irects des la i ts d\u2019origine animale ?Après avoir analysé plusieurs études publiées sur le sujet, l\u2019Université de Guelph en Ontario fait une mise en garde.En y apposant le terme « lait », cela donnerait aux consommateurs la fausse impression qu\u2019ils obtiennent les mêmes nutriments qu\u2019en consommant le lait provenant de la vache.Dans l\u2019Union européenne, la loi interdit d\u2019af fubler ces boissons du terme «lait», ce mot étant strictement réservé aux boissons issues du processus de lactation des mammifères.En ce qui concerne les valeurs nutritionnelles, tous les substituts de lait ne sont pas égaux et certains choix s\u2019avèrent plus judicieux que d\u2019autres.« Pour l \u2019 instant, la boisson de soya est la boisson végétale qui a la qualité nutritionnelle la plus élevée et celle qui ressemble le plus au lait.C\u2019est donc un bon substitut au lait de vache », mentionne Amélie Charest, nutritionniste et coordonnatrice de la Chaire de nutrition à l\u2019Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF) à l\u2019Université Laval.C\u2019est la conclusion à laquelle beaucoup d\u2019études scientifiques sont arrivées, dont l\u2019une me- L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 Vi v r e S a n t é 4 8 | REPORTAGE LAURIE NOREAU COLLABORATRICE LE DEVOIR Le lait dans tous ses états Les boissons végétales sont-elles aussi bonnes pour la santé ?En ce qui concerne les valeurs nutritionnelles, certains choix s\u2019avèrent plus judicieux que d\u2019autres.ISTOCK L L E S A P P L I CAT I O N S D E L A S E M A I N E Passer à l\u2019autre niveau Influenceur?Micro-influenceur?Ou simplement aficionado d\u2019Insta- gram?Nous voilà à un point où chacun peut devenir sa propre marque sur les réseaux sociaux.Ces deux applications nous aideront à « instagrammer» comme un pro.Un éditeur photo professionnel Rivaliser avec Adobe Photoshop pour une fraction du prix, est-ce possible?Pixelmator pour iOS s\u2019en approche.L\u2019application permet de retoucher des images, soit en ajustant son exposition ou en gommant un défaut avec son remplissage intelligent.Pixelmator supporte même des calques, des modes de transparence et le format de fichiers PSD de Photoshop.Pour les utilisateurs d\u2019iPad, l\u2019application se marie très bien à l\u2019Apple Pencil.Pixelmator pour iOS Pixelmator, offerte sur iOS seulement Design complexe sur le pouce L\u2019application Over ressemble un peu à Canva, dont on vous a déjà parlé précédemment.Over, en revanche, se concentre sur la création de publications visuelles lé- chées pour les réseaux sociaux au lieu de tenter d\u2019être un outil de design touche-à-tout.Résultat, l\u2019interface est ici beaucoup plus épurée et simple d\u2019utilisation sur un téléphone intelligent.Il ne suffit que de choisir un modèle et d\u2019y ajouter ses propres images et textes.Certains modèles de publications sont gratuits, d\u2019autres payants.Over Edit & Add Text to Photos Over, offerte sur iOS et Android Olivier Sylvestre OLIVIER SYLVESTRE LE DEVOIR Viv r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 AGENCE SPÉCIALISÉE MAROC Tél.: 450-984-2585 www.experienceberberetours.com No permis de l\u2019OPC : 702865 Offre du printemps Réservez-tôt pour obtenir un rabais de 100 $ par dossier Nous sommes spécialistes Maroc - Circuit 19 juin au 2 juillet 2019 - Circuit 22 octobre au 3 novembre 2019 *Pour tous les détails : info@collectionneursdevoyages.com Tél.: 514 730 9293 / 819 446 5893 LE PORTUGAL EN FAMILLE D é t e n t e u r d \u2019 u n p e r m i s d u Q u é b e c DU 30 JUILLET AU 10 AOÛT 2019 Voyage de groupe accompagné par Sohie Reis, de BB Jetlag, LE site de référence des parents voyageurs Les points forts?:  u n p e r m i s d u Q u é b e c D é t e n t e u r d \u2019 POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC LE DÉPARTEMENT DE PUBLICITÉ AU 514 985-3399 / publicite@ledevoir.com BON VOYAGE V OYA G E Z L \u2019 E S P R I T L I B R E EUROCAR TT \u2013 CITROËN & DS AUTOMOBILES +1 (888) 285-8384 .www.eurocartt.com 4017 rue Saint-Denis, Montréal (Québec) Canada H2W 2M4 Tél.+1 (514) 274-4449 | Fax.+1 (514) 274-1344 * M i n i m u m 1 8 a n s , c e r t a i n e s c o n d i t i o n s s \u2019 a p p l i q u e n t .L\u2019ACHAT-RACHAT CITROËN LOCATION DE VOITURE NEUVE ENTRE 21 ET 175 JOURS Véhicule neuf GPS intégré sur toute la gamme 2019 Kilométrage illimité Assurance multirisque sans franchise (bris de glace, pneus, etc.) Possibilité de prendre et remettre votre véhicule dans des pays différents Formule « Clés en main » : Aucuns frais cachés et aucune charge à destination Assistance 24 h/24 et 7 j/7 Plus de 40 pays couverts Aucuns frais « Jeune Conducteur » ou « Conducteur Additionnel »* Service dédié & réservation effectuée entièrement à Montréal EN AVRIL ÉCONOMISEZ JUSQU\u2019À 200 $ sur les modèles automatiques ! Les Producteurs de lait prônent le libre choix Depuis 20 ans, on observe une baisse constante d\u2019environ 1 % par année en ce qui concerne la consommation de lait de vache au Québec, qui est passé de 92 litres à 70 litres par habitant.« Il y a quelques années, les consommateurs avaient moins d\u2019options à mettre dans leur panier d\u2019épicerie.Avec cette multiplication des options, c\u2019est normal qu\u2019il y ait ce mouvement », constate Julie Gélinas, directrice marketing pour les Producteurs de lait du Québec.Dans leur dernière campagne publicitaire, on y voit un consommateur qui avoue préférer sa boisson aux amandes, ce à quoi on lui répond : on respecte ça.Un discours cohérent avec l\u2019approche privilégiée par la fédération.«Le mot-clé, c\u2019est vraiment le libre choix, reconnaît Julie Gélinas.On ne force personne à boire du lait.On s\u2019intéresse surtout à ceux qu\u2019on appelle les lacto-sceptiques ou les lacto-méfiants.On veut corriger les mauvaises perceptions ou la fausse information qui est véhiculée sur le lait », soutient-elle.née à l\u2019Université McGill l\u2019an dernier.Si le lait de vache demeure le plus nutritif, la boisson de soya se classe bon deuxième et se distingue nettement des autres boissons végétales.Les boissons de coco, de riz ou d\u2019avoine ne doivent pas pour autant être évacuées de notre garde-manger.« Ça peut mettre de la variété dans notre alimentation, comme on varie les fruits que l\u2019on consomme.Ils ont chacun leurs nutriments, assure Amélie Charest.Toutefois, la teneur en protéines des boissons végétales autres que celles de soya est relativement négligeable.Si on a l\u2019impression qu\u2019on remplace un verre de lait, on fait fausse route », prévient-elle.Sources de protéines En effet, alors que les laits de vache et de soya offrent huit grammes de protéines par tasse, la boisson d\u2019amandes n\u2019offre qu\u2019un maigre gramme.Si l\u2019on souhaite un petit-déjeuner nourrissant, il faudra donc y jumeler une autre source de protéines.Quant aux vitamines et minéraux, la loi oblige les producteurs à enrichir la boisson de soya afin d\u2019éviter les risques de carences chez les végétariens.Elle contient entre autres de la vitamine B12, une vitamine d\u2019origine animale exclusivement et qui se retrouve donc sous forme d\u2019enrichissement dans la boisson de soya.La Société canadienne de pédiatrie et les diététistes du Canada incitent d\u2019ailleurs les parents à faire preuve de prudence en ce qui concerne les boissons végétales autres que celles de soya, qu\u2019ils servent à leurs enfants.« Dans bien des cas, les parents ne réalisent pas que certaines boissons à base de plantes ne sont pas enrichies de minéraux ou de vitamines.Ces produits ont une faible teneur en nutriments, à l\u2019exception des glucides.Le sucre En fa i t , le sucre est souvent le deuxième ingrédient de ces boissons après l\u2019eau », remarque Catherine Pound, pédiatre et porte-parole de la Société canadienne de pédiatrie.Le nouveau Guide alimentaire canadien abonde dans le même sens.Tandis qu\u2019il encourage l\u2019ajout d\u2019aliments protéinés d\u2019origine végétale, on remarque que les seules boissons qui se trouvent sur la liste de recommandations sont les boissons de soya enrichies sans sucre ajouté.« Parfois, on a un faux sentiment de sécurité quand on prend un produit végétarien ou végétalien en l\u2019associant automatiquement à un aliment santé.On peut y trouver le meilleur comme le pire », note Amé- lie Charest, mettant en garde contre les boissons végétales très sucrées ou riches en gras.Un dernier conseil en ce qui concerne la disponibilité des nutriments : comme il s\u2019agit souvent de calcium enrichi dans les boissons végétales, ce dernier a tendance à se déposer au fond du contenant.Il est donc for tement recommandé de brasser le carton de lait pour disperser le calcium.Cette étape n\u2019est pas nécessaire pour le lait d\u2019origine animale puisqu\u2019il y est en émulsion.Parfois, on a un faux sentiment de sécurité quand on prend un produit végétarien ou végétalien en l\u2019associant automatiquement à un aliment santé.On peut y trouver le meilleur comme le pire.AMÉLIE CHAREST » REPORTAGE MIRIANE DEMERS-LEMAY À BERLIN COLLABORATRICE LE DEVOIR Détruite par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, puis divisée par le rideau de fer, la ville de Berlin ne cesse de se reconstruire.Des espaces verts couvrent les vestiges de la guerre, tandis que ses espaces urbains se réinventent avec les principes du développement durable.Visite en deux temps de cette ville verte d\u2019Europe.« C\u2019est incroyable ! » s\u2019exclame la Berlinoise Anette Becker, en levant les yeux vers une immense structure digne d\u2019un film de science-fiction.La visiteuse, qui a appris l\u2019existence du lieu le matin même, s\u2019est empressée de venir observer le singulier endroit.Des tours coiffées de dômes géodésiques blancs percent le couvert forestier.Cette ancienne station d\u2019espionnage américaine était utilisée pour capter les communications du bloc de l\u2019Est pendant la guerre froide.La station trône au sommet d\u2019une colline entourée de forêts de pins qui s\u2019étendent jusqu\u2019au centre de la ville.Mais cette colline n\u2019a rien de naturel.Elle est, tout comme les ruines de la station, l\u2019un des nombreux legs de l\u2019histoire tourmentée de Berlin.Tout comme près d\u2019une dizaine de «Schuttberg» de la ville, Teufelsberg a été construite à partir des débris de bâtiments détruits pendant les bombardements de la Seconde Guerre mondiale.« Ma mère a été bénévole pour aider à la reconstruction de la ville, révèle Anette Becker.Ils récupéraient les débris les plus intéressants pour la reconstruction.Les débris irrécupérables étaient entassés pour créer ces collines.» Musée à ciel ouvert En cette journée fraîche de printemps, plusieurs dizaines de Berli- nois et de touristes européens déambulent sur le site, pourtant hors des sentiers battus.« On voit tout le monde prendre des photos pour leur profil Instagram, observe un autre visiteur.C\u2019est quelque chose de diffé- rent, de fantastique.» De fait, Teufelsberg n\u2019est pas seulement un lieu riche en histoire, c\u2019est aussi un véritable musée d\u2019art à ciel ouvert.Les murs de béton sont recouverts de murales aux couleurs flamboyantes.Plusieurs artistes y œuvrent plusieurs jours par semaine sur le site, comme l\u2019artiste Vincent Schulz.« Des gens viennent de par tout dans le monde\u2026 Ce sont d\u2019excellents échanges », dit-il en dévoilant ses œuvres inspirées de la station d\u2019espionnage.Les ar tistes de passage, quant à eux, sont invités à enrichir l\u2019exposition.Bienfaits de l\u2019eau de pluie Direction le centre de la ville, à quelques kilomètres à peine.Le quartier Postdamer Platz offre un panorama contrastant avec ses édifices modernes et ses centres commerciaux.Le quartier n\u2019en est pas à sa première vie.Postdamer Platz constituait l\u2019un des principaux cœurs de la ville.Le quartier est ensuite devenu un no man\u2019s land, traversé par le mur de Berlin et sa zone mortelle.Après la chute du Mur, la reconstruction du quartier a fait l\u2019objet de nombreuses critiques pour l\u2019oubli de son héritage architectural.Cependant, ses mesures écologiques font école.Les matériaux ont été sélectionnés afin de réduire l\u2019empreinte énergétique des bâtiments.De plus, un système élaboré de collecte d\u2019eau de pluie alimente le quartier en eau grise.L\u2019eau collectée sur les toits des édifices est canalisée vers des citernes souterraines et des bassins au niveau du sol.L\u2019eau collectée est utilisée pour les toilettes, l\u2019irrigation de la végétation du quartier et les systèmes d\u2019extinction des incendies.Le système de collecte d\u2019eau de pluie est si ef ficace que le quartier est pris en exemple dans de nombreux livres et ar ticles sur l\u2019urbanisme durable.L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 Vi v r e S o c i é t é 5 0 | Berlin, l\u2019art de se reconstruire Marquée par la guerre, cette ville verte d\u2019Europe ne cesse de se réinventer Infos pratiques Pour se rendre au Teufelsberg, descendre à la station de train Grunewald.De multiples sentiers dans la forêt conduisent au sommet de la colline.Le site est ouvert tous les jours de la semaine à partir de 10h.L\u2019entrée coûte 5euros.Des visites guidées ont lieu une fois par jour du vendredi au dimanche.L\u2019intérieur de la station d\u2019espionnage était temporairement fermé lors de notre visite, mais il est habituellement possible de monter au sommet des tours.Il est également possible de se promener sur d\u2019autres schuttberg de la ville.Les collines du parc Friedrichshain, par exemple, offrent un excellent point de vue sur le centre de la ville.De son côté, le parc public Humboldthain recouvre des bunkers qui abritent aujourd\u2019hui l\u2019un des plus importants lieux d\u2019hivernage des chauves-souris de la ville.Le quartier Postdamer Platz est situé tout près de plusieurs attractions phares de Berlin, comme les portes de Brandebourg et le mémorial juif.Dans le quartier, prenez le temps d\u2019admirer le dôme du centre Sony, ainsi que les façades rococo de l\u2019ancien Grand Hôtel Esplanade, un lieu réputé de la ville pendant les années 1920.Des collines nées de la destruction Au lendemain de la guerre, plusieurs villes allemandes sont détruites.Des milliers de citoyens mettent alors la main à la pâte pour nettoyer et reconstruire les édifices détruits.Dans plusieurs endroits, comme à Berlin-Ouest, des montagnes de gravats sont créées et végétalisées.En raison du nombre élevé d\u2019hommes morts à la guerre et faits prisonniers, ce sont surtout des femmes, surnommées « les femmes des ruines», qui prennent part aux travaux.L\u2019architecture du centre Sony, au sein du Postdamer Platz, constitue un aimant pour les visiteurs.MIRIANE DEMERS-LEMAY | 5 1 Vi v r e B i è r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 REPORTAGE PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR Il ne suf fit plus d\u2019attendre le beau temps, il faut maintenant le conjurer.Nettoyons balcons, cours et terrasses et appelons le printemps en se versant deux bières goûteuses et désaltérantes inspirées des traditions allemandes : La Pilsner Lager de la brasserie ar tisanale Maltstrom de Notre-Dame-des-Prairies, dans La- naudière, et L\u2019Envolée de la toute jeune Gallicus, une brasserie artisanale de Gatineau.Pilsner Lager «On l\u2019a vu arriver à la fin de l\u2019été dernier : y\u2019a un engouement ici pour les pilsners et les lagers en général.Et moi, ça fait mon affaire ! » dit Michaël Fiset, maître brasseur et copropriétaire de Maltstrom, qui depuis son ouverture en 2016 ne fait que ça, des bières lagers, qui demandent plus de temps de fabrication que les ales.« En fondant la brasserie, le but était de ne pas nous lier les mains d\u2019un point de vue d\u2019entrepreneur \u2014 c\u2019est-à-dire ne pas se forcer à brasser des bières le plus rapidement possible, et en plus gros volume possible, pour être capables de payer nos fins de mois.» Avec l\u2019espoir des journées chaudes à l\u2019horizon, les habitudes de consommation des amateurs de bières devraient retourner vers ces recettes plus légères, subtiles et faciles à boire : « Côté \u201cpintabilité\u201d, comme on dit, les lagers sont sur la coche, estime Fiset.C\u2019est entre autres parce que la texture des lagers ne vient pas des sucres résiduels ; nous, on travaille nos bières en décoction \u2014 une technique traditionnelle de brassage allemande-, ça donne des bières riches en texture sans qu\u2019elles soient lourdes.» Très peu de brasseries québécoises travaillent la lager en décoction, une méthode qui implique plusieurs étapes au moment de l\u2019empâ- tage, alors qu\u2019une partie du moût est menée à ébullition, puis remise dans sa cuve, haussant ainsi graduellement la température des grains.À cet effet, Fiset emploie surtout un malt dit pilsner bohémien, «moins transformé » que d\u2019autres variétés.«Lorsqu\u2019on s\u2019amuse à faire les décoctions, on veut qu\u2019il reste dans le grain des protéines qui n\u2019ont pas été transformées lors du maltage ; c\u2019est ce qui va nous permettre d\u2019atteindre le goût recherché en jouant avec les paliers de température.» Car l\u2019un des secrets d\u2019une bonne pilsner réside justement dans cet équilibre des saveurs, celles des céréales, des houblons et de la levure.Le brasseur juge qu\u2019avec sa Pilsner Lager à 4,5 % d\u2019alcool, «on est arrivés à un bel équilibre entre une bière de soif et une bière goûteuse.C\u2019est ce sur quoi on travaille le plus : l\u2019équilibre de nos produits, goûteux mais agréable, dans le sens d\u2019accessible.C\u2019est une bonne bière de tous les jours, mais qui en même temps me procure du plaisir.» Pour cette recette, trois variétés de houblons sont mises à contribution : le Haller tau, le Saaz \u2014 deux houblons dits « nobles » \u2014 et le méconnu Riwaka, une variété déclinée à par tir du Saaz et originaire de la Nouvelle-Zélande.«C\u2019est un houblon qui conserve le caractère des houblons nobles allemands ou tchèques \u2014 son côté épicé, un peu ver t \u2014, mais dans une version légèrement fruitée, presque tropicale.» Un côté fruité, insiste Michaël Fiset, qu\u2019on ne retrouve pas traditionnellement dans les pilsners bavaroises, d\u2019où la mention «Non traditionnelle» sur la canette.«Même que, selon les juges internationaux [du monde de la bière], le goût fruité dans une pilsner est un défaut, souvent de fermentation.» Chez Maltstrom, « on a tendance à s\u2019inspirer des traditions plutôt que d\u2019essayer de reproduire les recettes, explique le brasseur.On ne veut pas trop s\u2019enfarger dans les fleurs du tapis en voulant recréer le plus fidèlement possible un style.Notre bière n\u2019est vraiment pas une pils- ner tchèque, ou une pilsner de Prague ou style Dortmund; c\u2019est une libre interprétation du style.On s\u2019inspire en restant respectueux des traditions», dont celle de désaltérer avec goût.L\u2019Envolée Le brasseur et fondateur de Galli- cus, Samy Missaoui, est originaire du sud de la France, où le rosé et le pastis ont plutôt la faveur.« Ça fait sept ans que je suis ici, c\u2019est là que j\u2019ai découvert les microbrasseries, raconte-t-il.Je me suis fait offrir un kit de brassage [maison], et j\u2019ai vraiment aimé ça.J\u2019aime aussi cuisiner \u2014 la cuisine et la brasserie ne sont pas si éloignées\u2026 » De fil en aiguille, son expérience en gestion de projet, dont il se désintéressait, a fini par trouver son sens dans son rêve de fonder sa microbras- serie, dans une région, l\u2019Outaouais, jusqu\u2019alors mal desservie en bières artisanales locales.Après être retourné en France pour obtenir un diplôme universitaire d\u2019opérateur de brasserie de l\u2019Université de La Rochelle, il est revenu dans sa région d\u2019adoption pour plancher sur son projet.Gallicus a of ficiellement ouver t le 23 février dernier avec quatre recettes embouteillées, dont celle de L\u2019Envolée, une hopfenkölsch \u2014 une kölsh, style traditionnel originaire de Cologne, houblonnée \u2014 titrant 4,9 % d\u2019alcool.Brassée depuis plus de mille ans, la kölsh a ceci de particulier qu\u2019elle est brassée à l\u2019aide d\u2019une levure à ale, donc à fermentation haute, mais ensuite conditionnée à plus basse température, comme une lager « pour vraiment l\u2019affiner.Il y a un renouveau pour les bières plus légères, moins lourdes dans les houblons et les types de malts utilisés.Beaucoup, aujourd\u2019hui, s\u2019essaient à faire des pils et des pilsners ; pour moi, le but du jeu en brassant une ale est d\u2019of frir quelque chose de différent ».Le brasseur insiste aussi sur le caractère libre de sa recette de kölsh houblonnée, en parlant comme d\u2019une « interprétation libre » : « À cause de la Reinheitsgebot [la loi de 1516 sur la pureté de la bière], les brasseurs allemands font des bières de manière très stricte, avec précision sur le type de malt ou la méthode de brassage.Je ne pouvais pas aller dans cette direction, donc c\u2019est ma version de cette recette, légèrement moins maltée que ce que quelqu\u2019un connaissant bien le style attendrait.» Par ailleurs, l\u2019appellation « kölsh » est contrôlée en Europe.Af firmer que son interprétation est libre « est une manière d\u2019être honnête et de respecter, de loin, cette AOC.Et puis, j\u2019ai décidé de me faire plaisir en mettant un peu plus de houblon \u2014 pas trop, juste un peu plus durant l\u2019ébullition, histoire de lui donner un côté plus européen, très herbacé, très épicé, des houblons nobles».Deux principaux houblons façonnent les subtiles saveurs de L\u2019Envolée, houblons rehaussés par l\u2019utilisation d\u2019une levure à ale allemande: les houblons Saaz et Triple Pearl, «un houblon encore assez rare, né d\u2019un croisement de variétés hérité du Perle allemand que je trouve chez la houblonnière Lupuline », dans la région de l\u2019Outaouais.« Il donne un petit côté fruité au croisement de la pêche et de l\u2019orange, qui se marie bien avec le profil gustatif de la kölsh, sa levure aussi donnant normalement un petit côté fruité, juste assez présent.» D\u2019un jaune à peine voilé, L\u2019Envolée donne envie d\u2019ouvrir les fenêtres pour aérer la pièce dès la première gorgée.«C\u2019était le but, justement, commente le brasseur.C\u2019est aussi une bière d\u2019appel pour tous les gens qui n\u2019osent pas aller vers la bière de microbrasserie.J\u2019ai beaucoup de clients, des buveurs de blonde commerciale, qui ont apprécié.C\u2019est une sorte d\u2019approche douce vers le monde de la bière artisanale.» Des bières printanières Avec l\u2019arrivée de la saison chaude, la bière se la joue à l\u2019allemande La Pilsner Lager de la brasserie Maltstrom, à Notre-Dame-des-Prairies, et L\u2019Envolée de la brasserie Gallicus, à Gatineau.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Avec l\u2019espoir des journées estivales à l\u2019horizon, les habitudes de consommation des amateurs de bières devraient retourner vers des recettes plus légères, subtiles et faciles à boire L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 BON VOYAGE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC LE DÉPARTEMENT DE PUBLICITÉ AU 514 985-3399 / publicite@ledevoir.com RADISSON GROUPES EXCLUSIFS LES GRANDS LACS D\u2019AMÉRIQUE DU NORD Du 26 août au 9 septembre 2019 2 places disponibles! L\u2019ALSACE (groupe 8 personnes) Du 6 au 19 septembre 2019 Présentation, mercredi 15 mai à 18h30 LA CORSE (groupe 8 personnes) Du 19 septembre au 3 octobre 2019 Présentation, mercredi 22 mai à 18h30 À TRAVERS LE DÉSERT D\u2019ATACAMA (Argentine et Chili du nord) Du 23 novembre au 12 décembre 2019 Présentation, mercredi 1er mai à 18h30 SÉJOUR DÉTENTE AU COSTA RICA Du 7 au 17 décembre 2019 NOÊL DANS LES ROCHEUSES Du 18 au 26 décembre 2019 AVEC Serge Fréchette AVEC Lily Champagne AVEC Serge Fréchette AVEC Yves Petit AVEC Yves Petit AVEC Yves Petit 514 351-5814 450 581-8080 PRÉSENTATIONS À LA LIBRAIRIE RAFFIN PLACE VERSAILLES S.V.P.CONFIRMER VOTRE PRÉSENCE DISPONIBLE DANS TOUTES LES BONNES LIBRAIRIES WASHINGTON * Par personne.Chambre d'hôtel en occupation quadruple.Toutes taxes incluses.Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyage FICAV inclus.Prix valide pour tous les départs en 2019.Permis du Québec (702378).www.beltour.ca 514 336-0033 / 1 866 235-8687 vous amène ailleurs.AGENCE DE VOYAGES Inclus : autocar grand tourisme, hôtels 3,5 étoiles (ou plus), petits déjeuners, guides accompagnateurs francophones et circuits captivants.Art, culture et science se mêlent dans un décor néoclassique impressionnant.Imposante d\u2019histoire, Washington vous fera voyager de Abraham Lincoln jusqu\u2019au futur.Imposante d\u2019histoire P h o t o : D a v i d s 2 0 0 1 Départs : 16 mai, 20 juin, 11 et 25 juillet À partir de 349 $* 4 JOURS Départs : 29 mai, 26 juin, 17 et 31 juillet CHICAGO 6 JOURS À partir de 589 $* Fête des Patriotes Départs : 17 et 18 mai À partir de 225 $* NEW YORK 2105, ch.Ste-Foy, Québec voyages-lambert.com À MONTRÉAL LIEU : HÔTEL UNIVERSEL - 5000, RUE SHERBROOKE EST ENTRÉE LIBRE PRÉSENTATIONS DE NOS CIRCUITS DIMANCHE 28 AVRIL 2019 DERNIÈRES PLACES SUR CE CIRCUIT NOUVELLE-ZÉLANDE & AUSTRALIE Départs : 15 novembre 2019 & 20 févier 2020 GRAND TOUR DES ÎLES BRITANNIQUES Du 6 au 30 septembre 2019 SPLENDEURS DE LA CÔTE ADRIATIQUE CROATIE - BOSNIE-HERZÉGOVINE - MONTÉNÉGRO Du 6 au 24 octobre 2019 VIETNAM & CAMBODGE CROISIÈRE AU FIL DU MÉKONG Départs : 1er novembre 2019 & 10 janvier 2020 AFRIQUE DU SUD ENTRE NATURE ET CULTURE Du 16 octobre au 6 novembre 2019 10h30 12h30 12h30 14h15 14h15 ROUMANIE & BULGARIE Du 11 mai au 2 juin 2019 PLACES 2 Courriel : angie@legroupevip.com Tél.: 514.844.3616 ou 1 877.887.7843 sans frais Adresse : 2055 rue Peel, Suite 525, Montréal (QC).Suivez-nous sur Facebook www.facebook.com/legroupevip LEGROUPEVIP.COM permis du Québec LES CHARMES DE L\u2019INDE DU NORD ET DU RAJASTHAN Comprend : Ne comprend pas : INDE DÉPART DE GROUPE 2019 5 449 $ par personne en occupation double 5 649 $ Tarif Promotionnel par personne si réservé avant le 30 avril et payé par chèque.200 $ de rabais du 2 au 9 septembre 2019 (8 jours) Pour les amateurs de F1 et de l\u2019Italie ! Départ garanti et accompagné par un expert de la F1 Grand Prix d\u2019Italie ÉLUE Meilleure agence spécialisée au Québec louisedrouin.com POUR LES DÉTAILS ET PRIX DE CE PROGRAMME : 1 888 475-9992 P e r m i s d u Q u é b e c Un voyage mémorable qui vous fera vivre la passion des Italiens pour la Formule 1.En plus d\u2019assister avec d\u2019excellentes places aux séances d\u2019essais libres, aux quali?cations et au Grand Prix, vous découvrirez les villes de Venise, de Vérone et de Milan.Partagez cette expérience unique avec ceux que vous aimez ! P e r m i s d u Q u u é b e c ol international Montréal/Delhi/Montréal avec British Air V Circuit de 21 nuits, limité à 17 passagers axes aériennes de T ways 750 $ en classe économique Khajurâho/Vârânasî et Vârânasî /Delhi Guide accompagnateur francophone tout au long du circuit climatisé Visites et frais d\u2019entrées selon le programme Hôtels catégorie 3* 4* 5* 21 nuits d\u2019hébergement Pourboires aux guides, chauffeurs et personnel hôtelier vices non mentionnés dans le programme, T Frais de visa pour l\u2019Inde, Ser axes locales T Billet de train d\u2019Agra à Jhansi vice d\u2019un chauffeur avec véhicule Ser Accompagnateur de Montréal ous les tra T 3 repas par jour , Frais V , Assurances voyage, Contribution FICA outes les dépenses personnel ols domestiques V nsferts requis durant l\u2019itinéraire pour cameras photos et vidéos à certains sites les, Boissons lors des repas | 5 3 Vi v r e Vi n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 Moins de 16 $ Sonovino Rosso, VCE, Italie (7,50$ \u2013 13996804) Le multiculturalisme à la sauce bachique ?Ce Vin de la Communauté européenne (VCE) en est l\u2019exemple parfait.La fusion des identités y est totale et les accents nivelés à l\u2019intérieur sont d\u2019un consensus irréprochable.So, no vino ?Au contraire ! C\u2019est net, sec, frais, souple et léger, sans vices ni vertus.Servir frais sur tout ce qui vous tombe sur la main.(5) ?La surprise Plantation Rhum Xaymaca Special Dry, Pierre Ferrand, Jamaïque (37$ \u2013 13903719) Voilà un autre petit bijou signé par la maison française Pierre Ferrand à partir d\u2019un prélèvement de rhums distillés en pot still et élevé sur place, en Jamaïque environ deux ans (fûts bourbons), avant de parfaire son «éducation» en France pendant une autre année en fûts cognaçais.Épices et ananas mûrs sur bouche ample, moelleuse, saline en finale.?Le blanc William Blanc 2018, Vignoble Rivière du Chêne, Québec (15,25$ \u2013 744169) Imaginez un chardonnay du Mâconnais qui s\u2019enticherait d\u2019une viura espagnole du côté de Saint-Eustache au Québec et vous dégagez déjà des pistes de familiarité.Le fruité y est ample et arrondi sur une bouche à la fois fluide et balisée par des notes citronnées qu\u2019une amertume légère ponctue en finale.Vous avez soif à l\u2019été ?(5) ?1/2 Le rouge Morgon «Corcelette» 2017, Domaine des Marrans, Beaujolais, France (24,85$ \u2013 12956237) Au moment d\u2019écrire ces lignes, un ami dont je tairai le nom, pour éviter que sa perversion pour le gamay de cru ne soit étalée au grand jour, allait remiser une caisse de ce vin en cave pour assouvir son fantasme.Il a raison! À ce prix, magnifique à tous points de vue.Couleur, densité, intensité fruitée, vivacité, et un sens du terroir affirmé.(10+) © ?1/2 Le bio Monterustico 2016, G.D.Vajra, Piémont, Italie (22,75$ \u2013 13798189) Le style de la maison G.D.Vajra se manifeste ici une fois de plus en signant une cuvée où l\u2019acidité assure l\u2019ossature du vin.Dolcetto, barbera et nebbiolo s\u2019y motivent en générant une acuité parfaite qui s\u2019inté- gre à l\u2019ensemble en relançant une trame tannique fine qui ne manque pas de maturité.Un régal ! (5) © ?(5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans (10+) se conserve dix ans ou plus © devrait séjourner en carafe L E S V I N S D E L A S E M A I N E BILLET JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR La lente évaporation de l\u2019alcool diffusée au fil des ans dans des chais intemporels et citée poétiquement comme étant « la part des anges » me laisse tout de même dubitatif.Ces séraphins, chérubins et autres trônes célestes qui inhalent gracieusement l\u2019équivalent de 22 millions de bouteilles de cognac par an (2% de la production) se soucient-ils à leur tour au paradis du sort de l\u2019être humain réduit sur terre à vivre avec le fait que « le fort est cher mais que la chair est faible»?Il n\u2019y a pas de justice.Non, tout compte fait, les anges n\u2019auront pas ma part ! Je vous dis ça tout de même sans un millilitre de méchanceté.Ces créatures purement spirituelles sont, après tout, les mieux disposées à reconnaître le génie de l\u2019homme condamné ici-bas à distiller les meilleurs spiritueux qui soient.Ne serait- ce que pour s\u2019élever à hauteur d\u2019ange.Une consolation qui en vaut une autre.Les anges sont venus à ma rencontre cette semaine, me gratifiant d\u2019une part d\u2019eau-de-vie à vous rapprocher du p\u2019tit Jésus en culotte de velours.Son nom ?Hennessy Master Blender\u2019s Selection No 3 (13859720).Fréquenter l\u2019élite ailée a tout de même un coût : 180$.Je dois avouer ici que si le «fort» est cher, la chair de poule est forte et le frisson garanti.J\u2019ajouterais même qu\u2019il est paradisiaque, le frisson! Le passage du flambeau J\u2019ai toujours soutenu que le bon cognac comptait pour être l\u2019une des assises civilisationnelles de l\u2019homme, de son goût pour la beauté et de sa quête perpétuelle d\u2019un raffinement toujours poussé plus avant.Une incarnation que réalise aujourd\u2019hui Renaud Fil- lioux de Gironde, 8e génération de maître assembleur (ou parfumeur selon l\u2019angle où l\u2019on se place) chez Hennessy, dans la foulée de son oncle Yann Fillioux qui, après un demi-siècle de loyaux services, passait le flambeau à son neveu.Une transmission arti- sane forte inscrite dans l\u2019ADN familial.Dire que l\u2019homme a du nez serait réducteur.Il serait plus juste de dire que ses « nez » sont pluriels et voltigent au-dessus de plusieurs mill iers d\u2019échantillons par an, forts de quelque 350 000 barriques et de vénérables cognacs de plus de 200 ans d\u2019âge.Sans compter sur les distillats de l\u2019année.L\u2019homme est aussi le gardien du temple Hennessy, imprimant et reliant dans le temps, tel un chaînon dans sa continuité, l\u2019empreinte olfactive et gustative de la célèbre maison cognaçaise.Affirmer que j\u2019ai du respect pour le monsieur relève de l\u2019euphémisme.Ce Master Blender\u2019s Selection No 3, donc.Il est inscrit sur l\u2019étiquette du chic f lacon \u2014 à vous confondre d\u2019ailleurs, une élégante croyant avoir affaire à la sensualité capiteuse de son No 5 de Chanel, mais qui, après mûre réflexion, troquerait l\u2019un pour l\u2019autre sans hésitation.Bref, il est inscrit qu\u2019il s\u2019agit d\u2019« une création personnelle issue d\u2019un lot unique, jamais répliquée ».Essayons d\u2019y boire clair.Aux éditions précédentes, soit les Master Blender\u2019s Selection No 1 et No 2, orchestrées celles-là par Yann Fillioux, Renaud se fait peintre d\u2019arômes et de goûts par l\u2019entremise d\u2019une palette variée d\u2019eaux-de-vie méticuleusement sélectionnées au chai pour satisfaire son tableau final.Et là, nous sommes moins dans la peinture à numéros que dans le tracé d\u2019une esquisse aux formes mouvantes, innovantes et chatoyantes.La connaissance de l\u2019homme du patrimoine immémorial de la maison est ici un atout.L\u2019unicité de l\u2019œuvre qui en découle devenant alors par essence inimitable.Ma propre mère, qui aura bientôt 90 piges et que je ravitaille en cognac depuis des lustres, est demeurée pour sa part assise entre deux anges lors de la dégustation de cette première sélection du maître assembleur Renaud.Pour ma part, une sensation immédiate de bonheur.Le violoncelle gonfle ici un fond sonore rapidement gagné par des tonalités fruitées plus aiguës, le tout vibrant sous l\u2019archet d\u2019un violon épicé allongeant le mystère et invitant la profondeur à plus de nuances encore.Dernière impression: a-t-on voulu plaire ici à une nouvelle génération de consommateurs?Demandez cela à ma mère ! Grand cognac, tout simplement ?.Les anges n\u2019auront pas ma part ! Cette semaine, savourons une eau-de-vie à nous rapprocher du p\u2019tit Jésus en culotte de velours Cette grande eau-de-vie trouvera à intéresser une nouvelle génération de consommateurs sans toutefois faire fuir les amateurs éclairés, au contraire ! JEAN AUBRY guideaubry @gmail.com L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 Vi v r e M o t s d e t ê t e 5 4 | SUDOKU GRILLE DES FÉRUS MOTS FLÉCHÉS GRILLE BLANCHE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com | 5 5 Vi v r e M o t s d e t ê t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 GRILLE INTERMÉDIAIRE Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement Solution du n° 447 MOTS CROISÉS DU SAMEDI CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE SUDOKU : SOLUTION DU PROBLÈME D\u2019HIER CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Épreuve de révision Antidote |   O I R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V e à h c u a e g a d r i l e i s u n q o i t a t i e c n u r e m r o e à f r è i n a m e , d s a u b s d e s a c s e s l n a e d l l i r a g e l d us s s e d - u a s ne n o ol c s e s l n a s d e u n e t n o c s e r t t le s le z e lac P 75 7 1 .r e g n a h c t n e v eu p ts n e c c a e r p o r s p m o s n e .L s n o i t i n i f é d e m u q a h e c s d e r t t e s l e r è i n r e d s à p t o e m e d n î a h e c n z u e m r o F O C H A I N E É D I T I O N D U D E V A N S L A P R U T I O N P U B L I É E D O L S .e t i ro d I I I s e t l s e i m r e t p n o s s s e e d d i a \u2019 t à l t e o s i o r s t e r d i t r a 75 7 1 I I I 6 7 5 4 3 2 1 2 1 1 1 0 1 9 8 a c e l t d n e m e v u o M .6 s age r o \u2019 d s r i o s i t e x p u r a u e t p n o F .5 e ncl O .4 m o c c a \u2019 e l t a v a r a c L .3 a , m s e r i o , n s e t r e V .2 n o ign M .1 IX IV X I I V I V V V e u q i c a r o h e t g a s e s l t n a f n s e t t n e v u o e s n g a p s e n i a c ro I I I e é u q a h e à c r t t e e l l u e e s n u \u2019 u q e i n r e e d t l r e e i m e r e p e l r t n E t p n e m o t m r u o n c U 0.1 s a g e s V a e L d n e p r s a i v l E \u2019 i d u l e C .9 u e r u o m e a r u a t n e C .8 l e p i h c ar d an r g a s i a s f e u q c e r s g e l Î 7.II I o C .m t î a s m e f a R e l g è e n a f n A s o r r N o t t e M i s u C o j n o S e n o P p u e e a l n V .I t e l l i a d o p e B t u o j , a t n e m e g n a h c e ( p a t t n a e g n a h e c n n t e , e t o r m 75 7 1 r i m r o r d u o s r i to t ro s t e e l t e r i n a j é e D x d n u \u2019 e d i t r a t p n II e r f f u o G .9 .e g r a l a e s s e r d .7 .e r r e T g n i r u h T d e n n o b 5 .e s a c c o a t e r B n e e h c n e p n a d t e m s e l r u o p s è r t s a p e m ê M .1 r a B z e h c 1 .e r u i c s h l e L .I I .s i o b - s u o s n e n o i t p u r r r e b m o t a s s i a L .s e v è l é s e s t e e r .I .e é d é M e r v i u s r u o p e m n o i t a t s e f i n a M .e i n o m é r é c a l .V I .e n g a p m a c n e t e l i F .e n i t .n a t s h k a s a K e l t e e n i h C a l e .V .r u e d n o f o r p n e e g a y .r e u q o r c à e l l e B .e t î o b n e e u q .n o s i a i l a l e r u s s A .I V .n o i t c n s e l r a p t i u r t é d t u f e r i p m s é p u o c é D .I I V .r e m a l e d s e l .e r i o s i v o r p t r o p p u S .s e r è i n e t i t e p s è r T .f i s s e s s o P .é t i n i f f A t n a v a e r i l t u a f l i \u2019 u q e t s i L .X I .X .e i o r T e d i o R .e r v i u s r u t t fl a l s n a D .n o s i a i l a l e r u s s A .0 1 .u e i D .é t é i c o s n e t i V u a é n o G .t e m m o s u e S .8 .e g a s s a p u a e s i r P a l e d t e l e i C u d t n a f n E .e n E .6 .e l g è R .e c n a t s i A .t û o g é d e d e u q r a M .e n n o b a l t â h c r e h C .e n g e l l e B .4 .s e l u c i t r a p s e l r u s e S .s p a r d x u a e b e d s s u o N .3 .s t r o p s n a r t s o r g e l b a s n e p s i d n I .2 .n i o l t n o r i \u2019 n s e l l e , s e é g a n é m s n a u Q .2 1 .s a t n e i r O .O k c a s u f e R .s é s o p p o s t n i o P .1 d l d t i a , m s i m r e t p n o s s t n e c c s a e L v u o r , t ) e r t t e e l n u \u2019 t d i a r t e u r o E E T T O R C C OU D H i r o I e H .O e r g A V .r a E o s u c O u s s T a s s a u a e a c e f f .e r p o r m p o n n u c u s a i .s e r i a i d é m r e t n s i t o s m e z l e IV II II IX t n e m e l a t n o z .e t n a i m A .I I .t n e m e s s i n n .s e s è i D .r u e t a g i v a N .I I I .I V .e n i a v u e N .l l I .I V .a é l A .e l u o P .V .r e n n .X .n o S .s e n è b E .o D .s é g A .e r r e T .2 1 a r g E .0 1 .s é g a s U e u n é g n I u e l e v i N d n a H .1 a c i t r e V .s n a B .s i c o r s e e e s u e p m o p p o r p u o c .e é t i u p u D e p p i l i h P .s n o i r .n o D .e n A .r N .1 1 .a S .a n i .s e n A .u o M .9 .s é l o v n E .8 .t e S .7 .i n A .s e s a t S .6 .a E .5 .s b u l C .s i a N .4 .s e s .3 .s O .l i a m - E .2 .t r o p s i t n e m e l s .r e m a e n e a n e v s r e p e m iè 2 a t s i a r d r e p p e nn e i onn l h t a t e h l\u2019 e s t d n a o av é d i e v s i r p e a r t l n e i a d n e t t a m r i ff a n u c u \u2019a D .t u a n s o e s s d r o e l n g i l h c u a d g e i e p e l u q it a m i t s e t r a p u l a p L 3 o n .e lac onf c e r t t ê i a v e e d t u a a f i l .S r e c n o n o r e p s e r t u a \u2019 .D e r i a r t n o e c t l n e i a a é l s r e av r t t i a a av i e L e d , é m r i T O M 8 4 4 ° N E M È L B O R P S É S I O R C S Philippe Dupuis est également l\u2019auteur Monde oisés du des mots-cr ser é s r oit ous dr .T ormatique inc 9 Druide inf 01 © 2 .e d u t é \u2019 é à l r c a s n o c u g n i t s n e m é l p m o n c u \u2019 é d n g a p m o c c a m i t r a p u l a p l m o n o r e p \u2014 L que r a m e R o i t i s o n p e e l b i s s o i p , s e r ff i h e c s l è r p a u e n r c e g é r b r a u o \u2014 P e m iè 2 * n o t n , e e 2 .n o l h t a t p e n h à u n hlo t a pt e h * n o t n , e e n n ie n o l h at t p e h .e t u a a f l t e j u e s c l e e av d r o c c a \u2019 s i f n o C \u2014 é m r i f n o c * n o t n , e e mé r i nf co n .i n o r \u2014 p n cu u a D\u2019 * n o t n , e s n ucu a \u2019 D .l u e e s i o l p m e \u2019 n l d o n a u q r e e v \u2014 L t i a m i t s *e n o t n , e nt ie a m i t s e s.é v s e p m e n t o e s t d r a p u l a p L : e l p m e x r?; e e i l t s l e i \u2019 t s n e m e l u e r s e i l u g n i e s e l s o p .) t n a s o p x e e ( r u e i r é p u n s i r u l u p a es u  o ( e e  t u o j n a , o l a n i d r l o a r é m e p i c i t r a i p u e q m m e .F .f \u2014 n e n n e ni e tr ê c e é av oy l p m é e s s a e p p i c i t r a , p e é rm u - s e u q l e u ] Q u n e t u o S u [ ] o x u e i V .[ l .p f é d s p r u o j u o , t t r a p u l a p L c e e av d r o c c a \u2019 e s b ançais.erbe fr v o Pr a par la f en v \u2019 s e par la por entr Quand la pauvr ANCHE BL GRILLE 4 7 17 X JEU t s ) l e , .s n l e i r u l CHÉS FLÉ S T MO .e enêtr amour \u2019 , l te eté US FÉR DES GRILLE MANIE MA MA MAR BA X GINEU OLÉA \u2022 TIOLE BES \u2022 CERBES A \u2022 CE A INÉFFIC \u2022 ARDINE S \u2022 AR CÉS \u2022 CES OUR S RES \u2022 IRES \u2022 AIRE CUL VERNA \u2022 HIVER \u2022 GIE GE GE E RG L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 A V R I L / 2 0 1 9 PASSEPORT POUR L\u2019UNIVERS A ÉTÉ DÉVELOPPÉ PAR L\u2019AMERICAN MUSEUM OF NATURAL HISTORY, NEW YORK (AMNH.ORG) EN COLLABORATION AVEC LA NATIONAL AERONAUTICS AND SPACE ADMINISTRATION (NASA).PLANÉTARIUM RIO TINTO ALCAN NARRATION: ANNE DORVAL espacepourlavie.ca VIAU "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.