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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2019-03-28, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 67 / LE JEUDI 28 MARS 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM Deux poids, deux mesures Mickaël Bergeron raconte la violence banalisée que subissent au quotidien les personnes grosses DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Pas « personnes obèses », pas « personnes en situation de surpoids », encore moins « personne souffrant d\u2019embonpoint ».Le journaliste Mickaël Bergeron choisit d\u2019arracher des mains et de la bouche de ceux qui l\u2019ont chargé de venin le mot « gros ».Il était plus que temps de leur reprendre ce qui lui appartient en propre.« Cette réappropriation n\u2019efface pas les nombreuses cicatrices liées à toutes les fois où ce mot a servi à me ridiculiser, à m\u2019insulter, à me diminuer», écrit-il dans le second chapitre de son essai La vie en gros.Regard sur la société et le poids, «mais il y a un certain plaisir à faire un pied de nez à ces personnes qui l\u2019emploient comme une injure».« Le seul bémol que j\u2019apporterais, c\u2019est que je sais qu\u2019il y a des personnes grosses qui sont encore insultées par ce mot », précise-t-il en entrevue.Il aurait évidemment horreur de les blesser.« Mais j\u2019encourage les gens à l\u2019employer, parce que tout le vocabulaire autour du poids est négatif.Le mot qui est le plus neutre, c\u2019est gros, parce qu\u2019il est, à la base, simplement descriptif.» À la fois pamphlet contre la grossophobie, plaidoyer pour la diversité corporelle, journal du dégoût de soi d\u2019un trentenaire n\u2019ayant jamais vraiment connu la minceur et inventaire des préjugés INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .B4 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Sports.B6 Sudoku .B6 ACTUALITÉS Le Québec a besoin des autres provinces pour faire sécession, dit Ottawa | A 3 CULTURE Au secours de l\u2019art vivant.La chronique d\u2019Odile Tremblay.B 8 ACTUALITÉS Pédophilie : l\u2019archevêque de Montréal lance une enquête sur les dégâts causés par des prêtres de son diocèse | A 2 Mickaël Bergeron s\u2019en prend à la grossophobie.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR VOIR PAGE A 4 : POIDS MARCO FORTIER LE DEVOIR ÉDUCATION L\u2019école à la maison sera plus encadrée MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Le premier ministre François Legault « lance un appel au calme » en prévision de la reprise du débat sur la laïcité, avec le dépôt d\u2019un projet de loi aussi attendu que controversé.Il a mis en garde mercredi les membres du groupe parlementaire de la Coalition avenir Québec contre tout « dérapage » verbal durant l\u2019étude du projet de loi sur la laïcité de l\u2019État.« J\u2019ai bien dit à mes députés, à mes ministres : il faut garder un ton respectueux avec nos adversaires.Il faut être capable de ne pas avoir de dérapage, de ne pas être hargneux, de ne pas être arrogant.Il faut effectivement créer le moins de division possible », a affirmé M.Legault à la presse.Fort de l\u2019appui d\u2019une majorité de la population, le chef de gouvernement nationaliste proposera à son tour jeudi de circonscrire la laïcité de l\u2019État québécois.Il compte ainsi réussir là où ses prédécesseurs Philippe Couillard, Pauline Marois et Jean Charest ont échoué : « tourner la page » de la « crise des accommodements raisonnables », qui attise les tensions depuis une douzaine d\u2019années.« Moi, mon objectif, c\u2019est de rassembler le plus possible les Québécois », a-t-il déclaré à la veille du projet de loi sur la laïcité de l\u2019État.Genèse du projet de loi caquiste.2 mars 2006 La Cour suprême autorise le port du kirpan à un élève sikh de la Commission scolaire Marguerite- Bourgeoys, à Montréal.C\u2019est à ce moment que la crise des accommodements raisonnables éclate, selon la commission Bouchard-Taylor.LAÏCITÉ Legault lance un appel au calme La première ministre britannique, Theresa May, s\u2019est engagée à quitter ses fonctions si les députés adoptent enfin l\u2019accord de retrait qu\u2019elle a négocié avec l\u2019Union européenne.Mme May dit ne pas vouloir être un obstacle au Brexit.PAGE B 1 ADRIAN DENNIS AGENCE FRANCE-PRESSE Le sacrifice de Theresa May LA TEMPÊTE.LA CHRONIQUE DE MICHEL DAVID.PAGE A 3 QUAND LAÏCITÉ FAIT LOIS.PAGE A 8 VOIR PAGE A 8 : LEGAULT Les parents de quelque 5200 enfants qui font l\u2019école à la maison devront se plier à des règles plus sévères à compter de l\u2019automne prochain.Élargissement des matières à enseigner, examens ministériels obligatoires, visite des élèves par des contrôleurs de l\u2019État : Québec se donne les moyens d\u2019éviter que des enfants soient privés du droit à l\u2019éducation jusqu\u2019à l\u2019âge de 16 ans.Selon ce que Le Devoir a appris, à peine 81 des 5189 demandes d\u2019enseignement à la maison (1,6 %) faites par des parents pour l\u2019année scolaire 2018- 2019 ont été jugées non conformes, ce qui soulève la crainte que l\u2019école à la maison devienne un « bar ouvert ».Plus de 5000 élèves sont tout de même désormais inscrits comme étant scolarisés à la maison et font en théorie l\u2019objet d\u2019une surveillance \u2014 même imparfaite, souligne-t-on à Québec.Dans les faits, l\u2019encadrement de l\u2019école à la maison reste problématique pour des centaines ou des milliers d\u2019enfants, estime le ministre de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur, Jean-François Roberge.Il avait critiqué sévèrement le projet de loi 144, adopté l\u2019an dernier par le gouvernement Couillard.Le ministre Roberge a annoncé mercredi des corrections à ce qu\u2019il considérait comme des lacunes majeures de cette loi visant à encadrer l\u2019enseignement à la maison et les écoles illégales.Selon nos sources, les nouvelles règles mises en place à la rentrée de septembre dernier, en vertu du projet de loi 144, laissent échapper des centaines d\u2019enfants Des centaines d\u2019enfants, peut-être même des milliers souffrent d\u2019une scolarisation déficiente, selon le ministère VOIR PAGE A 4 : ÉCOLE EXIGENCES ESSENTIELLES.L\u2019ÉDITORIAL DE ROBERT DUTRISAC.PAGE A 6 ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE JEUDI 28 MARS 2019 MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR Québec salue l\u2019initiative de plusieurs diocèses québécois de lancer un audit externe afin de déterminer l\u2019étendue des cas d\u2019agressions sexuelles commises par des prêtres.Mais cet élan, amorcé par Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal, ne semble pas atteindre les communautés religieuses, où la majorité des agressions connues à ce jour ont été perpétrées.En matinée mercredi, les diocèses de Joliette, Montréal, Saint-Jean-Longueuil, Saint-Jérôme et Valleyfield annonçaient avoir mandaté la juge à la retraite Anne- Marie Trahan pour fouiller leurs archives et établir un portrait statistique des cas d\u2019agressions.Au fil de la journée, plusieurs autres diocèses ont fait part de leur intention d\u2019emboîter le pas.C\u2019est notamment le cas des diocèses de Québec, Mont-Lau- rier, Rouyn-Noranda, Amos, Gatineau, Rimouski, Baie-Comeau et Gaspé.Les congrégations et ordres religieux auxquels Le Devoir a réussi à parler, mercredi, saluent l\u2019initiative de l\u2019archevêché de Montréal, mais n\u2019entendent pas l\u2019imiter.« Ça rentre dans le mouvement lancé par le synode à Rome, où les religieux sont appelés à faire la transparence dans leurs dossiers.J\u2019encourage cela », a dit le frère Gérard Bachand, à la tête des Maristes du Canada.Mais comme d\u2019autres, il ne voit pas la nécessité de lancer une telle enquête dans sa congrégation.Ces dernières années, des actions collectives ont été intentées contre plusieurs communautés religieuses, que ce soit les Frères de Sainte-Croix, les Rédemptoristes ou les Clercs de Saint- Viateur, entre autres, pour des sévices commis sur des mineurs dans des écoles, des pensionnats ou des instituts de santé.Un effort humble L\u2019enquête de l\u2019ex-juge Trahan, qui débutera en septembre, tentera de lever le voile sur les agressions sexuelles commises sur des mineurs de 1950 à nos jours, dans les cinq diocèses qui ont lancé la démarche.L\u2019archidiocèse de Montréal dit s\u2019attendre à ce que l\u2019enquête dure de 18 à 24 mois.Un rapport statistique permettant de chiffrer le nombre de victimes et de prêtres agresseurs sera rendu public.Mgr Lépine assure qu\u2019Anne-Marie Tra- han aura carte blanche.«Elle aura accès à l\u2019ensemble des archives.Elle va décider de sa méthode et de son approche.» Cet exercice doit être vu comme «un effort humble» pour «réécouter les victimes depuis 1950», explique Mgr Lépine.L\u2019ensemble des dossiers de prêtres seront revus afin de vérifier si certaines allégations n\u2019ont pas été prises au sérieux.Impossible toutefois pour l\u2019instant de savoir si les dossiers des prêtres sont intacts.« Au moment où je vous parle, je ne suis pas en mesure de répondre à cette question-là, mentionne Mgr Lé- pine.Mme Trahan va regarder toutes les possibilités.On lui demande de faire la vérité sur nos dossiers, peu importe l\u2019endroit où ça va nous conduire.» Pas d\u2019enquête publique Cet exercice parcellaire ne permettra pas de connaître de manière exhaustive le nombre de victimes québécoises et le nombre de prêtres agresseurs qui ont sévi dans la province.La ministre de la Justice, Sonia LeBel, s\u2019est tout de même dite satisfaite de l\u2019annonce de cet audit.« On ne peut pas faire autrement qu\u2019applaudir à ce genre d\u2019initiative », a-t-elle déclaré à Québec.La ministre LeBel a du même souffle fermé la porte, du moins pour l\u2019instant, à la tenue d\u2019un plus vaste exercice public.« Il y a des initiatives, on va voir ce qui va découler de ça.Une commission d\u2019enquête, c\u2019est une grosse machine et AGRESSIONS SEXUELLES Plusieurs diocèses emboîtent le pas à l\u2019initiative de Mgr Lépine ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR Désorientée après avoir consommé une grande quantité de boisson sucrée alcoolisée, Athéna Gervais est morte noyée, conclut le rapport du coroner Martin Larocque.« Athéna Gervais est décédée dans deux pieds d\u2019eau.C\u2019était hautement accessible pour elle de se sortir de là.On voit que l\u2019effet du calage [d\u2019alcool] a eu des répercussions fatales sur [sa vie] », a indiqué Me Larocque mercredi matin en rendant public son rapport.La jeune fille de 14 ans a été retrouvée sans vie dans un ruisseau derrière son école secondaire à Laval en mars 2018.Le jour de sa mort, le 26 février, elle avait bu avec des amis trois canettes de 568 ml de FCKDUP \u2014 une boisson sucrée d\u2019une teneur en alcool de 11,9 % désormais interdite \u2014 en 35 minutes.Soit l\u2019équivalent de douze verres de vin, selon les calculs du coroner.La jeune fille était toutefois la principale consommatrice, considérant la quantité d\u2019alcool retrouvée dans son corps.Les analyses toxicologiques ont montré une concentration sanguine d\u2019éthanol de 192 mg/100 ml, plus du double de la limite permise pour conduire une voiture.De quoi désorienter sérieusement l\u2019adolescente, dont les « fonctions cognitives ont été à ce point perturbées que cela a entraîné son décès [par noyade] », précise Me Larocque, qui met aussi en cause l\u2019hypothermie.«Il faut retenir du décès d\u2019Athéna qu\u2019il est impératif qu\u2019un ensemble de mesures soient adoptées pour prévenir les dangers inhérents à la consommation excessive d\u2019alcool chez les jeunes », a-t- il déclaré, notant que les cas d\u2019intoxications aiguës à l\u2019alcool et aux boissons sucrées alcoolisées chez les 14-24 ans sont « une problématique de santé publique réelle et préoccupante ».Et les fabricants de boissons sucrées alcoolisées ont leur part de responsabilité, dit-il, puisque leurs produits s\u2019adressent principalement aux jeunes.Que ce soit la grande quantité de sucre qui masque le goût et les effets de l\u2019alcool, les publicités colorées aux slogans « cool », le prix d\u2019achat ou encore l\u2019accessibilité dans les dépanneurs et épiceries : « l\u2019ensemble de ces facteurs banalise les dangers réels » de ce type de boisson, selon lui.« Est-ce que Athéna aurait pris 12 verres de vin en 35 minutes ?La réponse est non.» Un avis partagé par le père de l\u2019adolescente, Alain Gervais, qui s\u2019est dit surpris de la quantité d\u2019alcool consommée par sa fille.« Ça goûte le punch, le jus.Ça ne goûte pas [l\u2019alcool], c\u2019est hypocrite comme boisson.» Recommandations Afin qu\u2019aucune autre tragédie ne survienne, le coroner recommande à Santé Canada de limiter la teneur en alcool dans les boissons sucrées alcoolisées à celle d\u2019une consommation standard et non à une et demie comme dans le projet de réglementation actuel.Il conseille aussi d\u2019établir des normes de commercialisation, pour que leur emballage soit plus neutre et que ces produits ne soient pas positionnés de « façon stratégique » dans les commerces.Il parle même d\u2019interdire la vente de ceux dont le nom ou l\u2019image banalise la consommation d\u2019alcool.Enfin, le gouvernement devrait revoir les règles sur la publicité pour qu\u2019elles s\u2019appliquent également au contenu diffusé sur Internet et sur les réseaux sociaux, où les jeunes sont très présents.Contacté par le Devoir, l\u2019organisme fédéral dit examiner « attentivement le rapport du coroner et [qu\u2019il prendra] en considération ses recommandations au fur et à mesure que se finalise [la] réglementation ».De son côté, l\u2019organisme Éduc\u2019alcool a appuyé les recommandations du coroner, mais aurait souhaité qu\u2019il aille plus loin.« Ces boissons ne devraient pas se retrouver dans un dépanneur, mais être vendues essentiellement à la Société des alcools du Québec [SAQ]», juge son directeur général, Hubert Sacy.Le coroner dépose son rapport sur la mort d\u2019Athéna Gervais AMÉLI PINEDA LE DEVOIR Accusé d\u2019agression sexuelle, de harcèlement et de séquestration, l\u2019ancien animateur Éric Salvail subira son enquête préliminaire cet automne.Les audiences ont été fixées au 30 septembre, ainsi qu\u2019aux 1er et 2 octobre.L\u2019animateur de 49 ans, qui était absent lors de la brève audience mercredi, devra dorénavant être présent lors des futures procédures au palais de justice de Montréal.« L\u2019enquête préliminaire a un rôle exploratoire pour connaître la preuve qui sous-tend les accusations », a indiqué la procureure de la Couronne, MeAmé- lie Rivard.Au total, cinq témoins devraient être entendus, dont la victime alléguée, Donald Duguay.L\u2019identité des autres témoins a été protégée par une ordonnance de non-publication.D\u2019ailleurs, la plus grande partie de l\u2019enquête préliminaire sera consacrée au contre-interrogatoire de M.Duguay.La défense entend le questionner pendant deux jours tandis que son témoignage devrait se faire en une heure et demie.«J\u2019insiste, c\u2019est vraiment nécessaire», a soutenu MeMichel Massicotte, qui re- JUSTICE Éric Salvail subira son enquête préliminaire cet automne Mgr Lépine assure qu\u2019Anne- Marie Trahan, la juge à la retraite mandatée pour fouiller les archives et établir un portrait statistique des cas d\u2019agressions, aura carte blanche.JACQUES NADEAU LE DEVOIR présente M.Salvail.C\u2019est que la juge Nathalie Fafard s\u2019est étonnée de la durée de celui-ci.« Vous êtes certain ?C\u2019est long », a-t-elle souligné.Dans les derniers jours, M.Duguay a levé le voile sur son identité.Il a accordé plusieurs entrevues dans les médias.Sans donner de détails sur son agression, il a raconté que celle-ci s\u2019est produite alors qu\u2019il travaillait au service du courrier de Radio-Canada avec M.Salvail.La plainte de M.Duguay est la seule qui a été retenue par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) contre M.Salvail.L\u2019ancien animateur avait été arrêté le 15 janvier pour répondre à des accusations concernant des événements qui se seraient déroulés entre le 1er avril et le 30 novembre 1993.M.Salvail ne conteste pas sa citation à procès.Son avocat a indiqué que pour l\u2019instant, il souhaite subir un procès devant juge et jury.À l\u2019automne 2017, M.Salvail avait brusquement quitté la sphère médiatique québécoise après des allégations d\u2019inconduite sexuelle révélées par La Presse+ dans la foulée du mouvement de dénonciation #MoiAussi.ça coûte beaucoup de sous.» Sébastien Richard, porte-parole des victimes des religieux de Sainte-Croix, a salué l\u2019engagement « sincère et cohérent » de Mgr Lépine.Il regrette toutefois que la démarche soit menée à huis clos.« Un exercice public aurait eu un impact plus significatif pour les victimes », en les incitant à briser le silence, a-t-il souligné.La démarche de Mgr Lépine est toutefois loin de convaincre Carlo Tarini, du Comité des victimes de prêtres.« C\u2019est une enquête maison, une enquête bonbon, avec une juge choisie par la personne dont les agissements vont faire l\u2019objet d\u2019une enquête », s\u2019indigne-t-il.Anne-Marie Trahan, ex-juge de la Cour supérieure, est une catholique pratiquante, membre de l\u2019Ordre de Malte.« Ça ne peut pas être une opération vérité si ce n\u2019est pas une enquête indépendante menée par des autorités civiles », fait valoir M.Tarini.Dossiers des prêtres Des enquêtes menées ailleurs dans le monde ont permis de démontrer que les dossiers que l\u2019Église conserve sur ses prêtres recèlent parfois des informations permettant d\u2019établir des cas d\u2019agressions.Certains dossiers ont toutefois été détruits.D\u2019autres sont silencieux sur les cas d\u2019agressions.C\u2019est notamment le cas au diocèse de Chicoutimi, explique Me Estelle Tremblay.Bien que l\u2019abbé Paul-André Harvey ait admis en cour avoir agressé au moins 39 victimes, son dossier ne révèle rien sur les agressions.« Ça a été établi devant la cour », mentionne Me Tremblay, qui représente le diocèse.« Dans notre situation, la recherche dans les archives ne serait pas probante pour témoigner du passé.» Avec Alexis Riopel L\u2019enquête préliminaire a un rôle exploratoire pour connaître la preuve qui sous- tend les accusations AMÉLIE RIVARD » PRÊTRES ABUSEURS : LES PAS FEUTRÉS, UN ÉDITORIAL DE MARIE-ANDRÉE CHOUINARD EN PAGE A 6 ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE JEUDI 28 MARS 2019 L a chronique publiée par la CBC qui a provoqué la fureur du chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, n\u2019était qu\u2019un aperçu de la tempête que le projet de loi sur la laïcité du gouvernement Legault va déclencher au Canada anglais.Le lien que Robyn Urback a établi avec le massacre de Christchurch s\u2019inscrit dans une longue tradition de « Quebec bashing » dans la presse anglophone, qui s\u2019enrichit chaque fois que le Québec cherche à affirmer sa différence d\u2019une manière ou d\u2019une autre.Dans le même esprit, Jan Wong, du Globe and Mail, avait vu dans la fusillade du collège Dawson le résultat de la loi 101 et de l\u2019aliénation ressentie par les non-francophones, dont l\u2019auteur de la tuerie, dans une société qui n\u2019en avait que pour les « pure laine ».De nouvelles pièces d\u2019anthologie sont à prévoir au cours des prochaines semaines.Non seulement le gouvernement du Québec s\u2019apprête-t-il à interdire le port de signes religieux aux agents de l\u2019État en position d\u2019autorité, mais il aura l\u2019immoralité de soustraire son projet de loi aux dispositions de la sacro-sainte Charte des droits et libertés, comme le gouvernement Bourassa l\u2019avait fait en 1988 pour maintenir la règle de l\u2019unilinguisme français dans l\u2019affichage commercial malgré un jugement de la Cour suprême.L\u2019indignation sera à son comble d\u2019un océan à l\u2019autre.Si l\u2019évocation de la « notwithstanding clause » \u2014 la disposition de dérogation \u2014 provoque immanquablement une crise d\u2019urticaire au Canada anglais, il faudrait se souvenir que le Québec n\u2019a rien à voir avec son inclusion dans la Charte, qui a été enchâssée dans la Constitution sans son consentement par le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau.Ce sont les provinces anglophones, notamment celles de l\u2019Ouest, de même que le Parlement britannique qui l\u2019ont exigée pour donner leur accord au rapatriement de 1982.Tout le monde, y compris les avocats du gouvernement, convient qu\u2019une interdiction même limitée du port de signes religieux, assortie ou non d\u2019une clause dite « grand-père » protégeant les droits acquis, contrevient aussi bien à la Charte québécoise qu\u2019à la Charte canadienne des droits et libertés.Même l\u2019obligation de donner et de recevoir les services publics à visage découvert, comme le stipulait la loi 62 du gouvernement Couillard, ne passerait pas le test des tribunaux.La question n\u2019est donc pas de savoir si le gouvernement Legault peut légalement déroger aux dispositions des chartes, afin d\u2019échapper aux contestations judiciaires, mais plutôt s\u2019il est moralement autorisé à le faire.On aura compris qu\u2019aux yeux du Canada anglais, il ne l\u2019est pas.Et qu\u2019il ne le sera jamais.Au Québec aussi on s\u2019inquiète.Dans une entrevue à La Presse, le président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), Philippe-André Tessier, a prévenu le gouvernement que c\u2019est là «un geste sérieux qui doit être entrepris avec la plus grande circonspection».« Avant de déroger aux droits et libertés contenus dans la Charte, il est essentiel que le législateur évalue l\u2019objectif qu\u2019il poursuit.Pour la Commission, bien que ce pouvoir soit prévu à la Charte, ce sont des circonstances exceptionnelles qui devraient justifier l\u2019utilisation de la disposition dérogatoire », a-t-il expliqué.De toute évidence, la nécessité de protéger l\u2019identité et les valeurs québécoises, invoquée par le premier ministre Le- gault, ne constitue pas une circonstance exceptionnelle aux yeux de la Commission, et l\u2019interdiction des signes religieux ne serait pas considérée par les tribunaux comme une restriction raisonnable qui se justifie dans une société libre et démocratique, comme le permet l\u2019article 1 de la Charte.La disposition de dérogation a cependant été incluse précisément pour laisser aux élus du peuple la possibilité de déterminer les orientations que doit prendre une société, plutôt que de donner carte blanche à des juges nommés selon le bon plaisir d\u2019un gouvernement.Depuis 1982, les promoteurs de la disposition de dérogation ont cependant été victimes d\u2019une campagne de culpabilisation dont le succès a été tel qu\u2019ils n\u2019ont plus osé la défendre.C\u2019est seulement 17 ans après son enchâssement qu\u2019un de ceux-là, l\u2019ancien premier ministre de la Saskatchewan Allan Blakeney, avait déclaré dans une entrevue au National Post qu\u2019il faudrait l\u2019utiliser plus souvent afin de « créer une tension créatrice entre les législatures et les tribunaux, quand ces derniers s\u2019aventurent dans leurs champs de compétence traditionnels ».Dans la même entrevue, son collègue albertain, Peter Lou- gheed, qui avait également fait de l\u2019inclusion de la disposition de dérogation une condition de son appui au rapatriement de la Constitution, disait que les gouvernements ne devraient pas hésiter à l\u2019utiliser afin d\u2019établir « la préséance des élus sur des juges nommés ».On peut être d\u2019avis que le gouvernement Legault va trop loin dans l\u2019interdiction des signes religieux, notamment en l\u2019étendant aux enseignants, mais il a la légitimité requise pour définir les règles du vivre-ensemble au sein de la société québécoise.Il va sans doute venter fort au cours des prochaines semaines, mais la tempête finit toujours par passer.La tempête MICHEL DAVID La disposition de dérogation a été incluse précisément pour laisser aux élus du peuple la possibilité de déterminer les orientations que doit prendre une société, plutôt que de donner carte blanche à des juges nommés selon le bon plaisir d\u2019un gouvernement MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Un mémoire du gouvernement fédéral sur la loi 99 déposé en anglais à la Cour d\u2019appel du Québec a soulevé la colère des indépendantistes, mercredi.Ses avocats soutiennent que le Québec ne pourrait se séparer du Canada unilatéralement sans l\u2019accord des autres provinces, puisque la sécession exigerait une modification de la Constitution canadienne.Ils avaient déjà plaidé cet argument en Cour supérieure, mais la juge Claude Dallaire l\u2019avait rejeté il y a près d\u2019un an.Dans la capitale fédérale, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a accusé Ottawa de vouloir «mettre la souveraineté du Québec sous tutelle» tandis qu\u2019à l\u2019Assemblée nationale, le Parti québécois (PQ) estimait qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une «provocation pure et simple».« Le premier ministre du Québec doit réaffirmer haut et fort les prérogatives, les droits et tous les principes qu\u2019on a mis dans la loi 99 et il doit le faire très rapidement, et c\u2019est l\u2019Assemblée nationale au complet qui doit le faire parce que c\u2019est une question profondément liée à qui nous sommes comme peuple et comme nation, et on ne peut pas permettre au Canada d\u2019envoyer un signal aussi méprisant, aussi provocant à l\u2019égard du Québec », a affirmé la députée Véronique Hivon en entrevue à La Presse canadienne.Le chef intérimaire péquiste, Pascal Bérubé, entend déposer une motion à l\u2019Assemblée nationale jeudi pour « dénoncer la tentative du Canada de brimer le droit inaliénable du peuple québécois de choisir librement » son statut politique.Il espère obtenir l\u2019appui de tous les partis.«Le jour où nous voudrons décider de notre avenir par nous-mêmes, nous n\u2019aurons de permission à demander à personne, a soutenu pour sa part le porte-parole de Québec solidaire en matière de souveraineté, Sol Zanetti.La démocratie québécoise prime les lois constitutionnelles canadiennes.» Autonomie La loi 99 sur l\u2019autodétermination du Québec avait été adoptée en 2000, sous le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard, en guise de réplique à la loi sur la clarté, pour accorder aux Québécois le droit de décider seuls s\u2019ils veulent se séparer du Canada.« Sur le principe, oui, je pense que le Québec peut faire valoir une certaine autonomie, a réagi la ministre de la Justice, Sonia LeBel, en précisant qu\u2019elle ne pouvait commenter le dossier de façon plus approfondie dans l\u2019immédiat.Je pense que le Québec peut prendre ses propres décisions.» Ottawa fait plutôt valoir qu\u2019un changement constitutionnel serait nécessaire pour concrétiser la sécession du Québec, ce qui signifierait qu\u2019il faudrait soit un appui unanime des dix provinces et du Parlement canadien, soit celui de sept provinces représentant au moins 50% de la population, selon la Société Saint-Jean- Baptiste de Montréal (SSJB).La SSJB fait le lien avec la Catalogne, dont la déclaration d\u2019indépendance est jugée illégale par le gouvernement espagnol.Elle soupçonne le premier ministre Justin Trudeau de vouloir s\u2019inspirer de l\u2019Espagne pour rendre l\u2019indépendance du Québec impossible.Elle dénonce également le fait que le mémoire ait été soumis « in English only », mais la ministre LeBel ne s\u2019en est pas formalisée.« Au Québec, on peut plaider dans la langue de notre choix, a-t-elle réagi.C\u2019est ce que les tribunaux ont décidé.C\u2019est dans la Constitution.» «On peut penser que ça aurait été aimable de la part d\u2019Ottawa de déposer un mémoire au moins bilingue devant la Cour d\u2019appel du Québec, la réponse est oui, mais si vous parlez si juridiquement, ils avaient le droit de le faire, la réponse est oui également», a-t-elle continué.La loi 99 se voulait une réponse à la loi fédérale sur la clarté, qui avait été adoptée sous le gouvernement de Jean Chrétien cinq ans après le référendum de 1995.Québec réaffirmait alors qu\u2019il suffit de 50 % des suffrages plus une voix pour décider de l\u2019issue d\u2019un référendum.La juge Claude Dallaire de la Cour supérieure a déterminé en avril 2018 que cette législation passe le test de la Constitution.L\u2019ancien chef du Parti égalité, Keith Henderson, tente de la faire invalider depuis 2001.Avec La Presse canadienne JUSTICE « Souveraineté sous tutelle » Les prétentions d\u2019Ottawa voulant que la sécession du Québec soit impossible sans l\u2019accord des autres provinces ulcèrent les indépendantistes GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Plus de transparence, une gouvernance renforcée et une gestion plus rigoureuse : Ottawa souhaite une « réforme » de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie (OIF) d\u2019ici deux ans.Et ce sera là le cœur du mandat de Catherine Cano, nouvelle numéro 2 de l\u2019organisation.« À l\u2019aube du 50e de l\u2019OIF, le Canada veut qu\u2019on se penche sur une réforme de l\u2019organisation, qu\u2019on trouve des façons d\u2019agir avec une plus grande transparence et efficacité, et qu\u2019on renforce sa gouvernance, a énuméré mercredi Mélanie Joly, ministre responsable de la Francophonie.Le poste d\u2019administratrice [qu\u2019occupera Mme Cano à compter d\u2019avril] s\u2019inscrit dans cette volonté d\u2019améliorer à long terme l\u2019OIF.» Ottawa veut une réforme de l\u2019OIF Catherine Cano a pour mandat de revoir la gestion de l\u2019organisation La ministre québécoise des Relations internationales et de la Francophonie, Nadine Girault, pense de même.« Mme Cano est une gestionnaire de carrière qui sera à un poste-clé essentiel pour assurer une gestion rigoureuse et transparente de l\u2019organisation », a-t-elle souligné devant un parterre d\u2019intervenants de la Francophonie réunis à Montréal pour souligner la nomination de Catherine Cano.L\u2019ancienne cadre de Radio-Canada et grande patronne de la chaîne CPAC a elle aussi mis en avant le fait que son « mandat sera dévoué à exercer la plus grande rigueur pour assurer une saine gestion » de l\u2019OIF.« Mon objectif est d\u2019utiliser chaque dollar pour qu\u2019il soit investi dans des programmes importants » qui auront de l\u2019impact pour renforcer la francophonie, a-t-elle affirmé.Pas de critique contre Michaëlle Jean Tout cela est dit dans un contexte connu : celui du règne controversé de Michaëlle Jean comme secrétaire générale de l\u2019OIF (2015-2019).Le mandat de Mme Jean a été émaillé de polémiques sur des dépenses jugées excessives.Québec et Ottawa se sont notamment opposés à l\u2019été 2017 à un projet défendu par Mme Jean, dont la gestion n\u2019était pas assez « efficiente et transparente » aux yeux des deux gouvernements.Mercredi, les trois femmes ont soigneusement évité les critiques directes envers Michaëlle Jean.Mélanie Joly a mis en relief le fait que Mme Jean a beaucoup fait pour l\u2019égalité entre les hommes et les femmes et la promotion de la démocratie dans certains pays.Catherine Cano a pour sa part mentionné qu\u2019elle n\u2019a «pas de commentaire à faire sur son règne autre que: des choses ont été faites».Selon elles, il ne faut pas voir dans les demandes de réforme une manière de se distancer de Mme Jean, dont la candidature à un deuxième mandat avait initialement été soutenue par Québec et Ottawa.«Ce qu\u2019on voit à l\u2019OIF, on le voit aussi à l\u2019ONU, a dit Mélanie Joly.Il y a une demande de la part de tous les États membres d\u2019avoir accès à plus de transparence et d\u2019avoir les meilleurs processus de gestion » possible.« C\u2019est une évolution normale, et l\u2019OIF ne fait pas exception», a renchéri Nadine Girault.Mme Cano a été choisie mardi comme administratrice par la nouvelle secrétaire générale de l\u2019OIF, la Rwandaise Louise Mushikiwabo.GETTY IMAGES On ne peut pas permettre au Canada d\u2019envoyer un signal aussi méprisant, aussi provocant à l\u2019égard du Québec VÉRONIQUE HIVON » LEDEVOIR // LE JEUDI 28 MARS 2019 ACTUALITÉS A 4 Le bon et le mauvais gros POIDS SUITE DE LA PAGE A 1 qui suivent les personnes grosses, La vie en gros est en son cœur le récit d\u2019un paradoxe : celui d\u2019une existence à la fois vécue dans l\u2019invisibilité et dans l\u2019impossibilité d\u2019échapper au regard d\u2019autrui.N\u2019être que très rarement objet de désir, mais être toisé par la caissière d\u2019un dépanneur où l\u2019on a été délégué par les amis pour acheter des croustilles et des boissons gazeuses.«J\u2019ai longtemps pensé que c\u2019était moi, le problème, et que tant que je ne perdrais pas de poids, je ne pourrais pas faire autre chose dans la vie, que je ne pourrais pas développer une carrière», confie celui qui œuvre dans la salle de rédaction du Soleil et qui tient une chronique dans Voir.«Je pensais que j\u2019étais un fardeau pour mes amis, même s\u2019ils ne m\u2019ont jamais fait sentir comme ça.Ça a été là toute ma vie et ça revient encore parfois.Pas à temps plein, mais il y a des événe- ments qui font remonter ça à la surface.Il y a tellement eu d\u2019occasions où j\u2019ai eu l\u2019impression que je ne valais rien, que j\u2019ai fini par intérioriser [cette haine].» Il était une fois un homme de 36ans qui aimerait se voir davantage dans le miroir que lui tendent les médias et la culture populaire, mais qui aimerait aussi qu\u2019on cesse enfin de rire sans vergogne de ceux qui se sentent déjà de trop.Mickaël Ber- geron soupire lorsque nous lui décrivons la parodie de Gaétan Barrette en pachyderme éternellement à bout de souffle que propose une émission de radio satirique qu\u2019il ne connaissait pas.«Je pense qu\u2019on peut rire de tout, je pense qu\u2019il y a de bonnes blagues à faire sur le poids de manière générale, mais le bruit d\u2019un éléphant ou d\u2019un camion qui recule, c\u2019est tellement usé.On dirait qu\u2019on pense que c\u2019est en humiliant un gros qu\u2019on va le pousser à se prendre en main.Ça arrive tellement souvent qu\u2019on dénigre des gros devant moi sans penser que je pourrais me sentir visé.C\u2019est comme si on faisait des blagues d\u2019un racisme incroyable devant des Noirs en pensant les faire rire.» Comme il existe dans l\u2019imaginaire populaire un bon pauvre et un mauvais pauvre (le premier est une victime du sort, l\u2019autre un tire-au-flanc chronique), il y aurait aussi dans l\u2019imaginaire populaire un bon et un mauvais gros.Le premier passe ses journées au gym et n\u2019avale que des bok choy vapeur; le second se gave de hot-dogs derrière son ordinateur.Au cœur d\u2019une époque proclamant que le pouvoir loge entièrement dans le vouloir, la personne grosse n\u2019aurait qu\u2019à fournir les efforts nécessaires pour maigrir.«On est dans une société où il faut être performant en tout, rappelle Mickaël Bergeron.Cette idée très néolibérale qui veut qu\u2019on récolte ce que l\u2019on sème, elle joue sur le regard qu\u2019on pose sur les gros, alors qu\u2019il y a des mécanismes qui font que des gens s\u2019en sortent mieux que d\u2019autres, il y a des mécanismes qui privilégient certaines tranches de la population.Les structures sociales jouent sur le poids.La lutte contre la grossophobie, c\u2019est sûr que ça s\u2019inscrit à contre-courant d\u2019une société qui pense qu\u2019on est tous complètement responsables de tout ce qui nous arrive.» Entre des chapitres très quotidiens dressant la liste des écueils que rencontrent les personnes grosses qui souhaitent dénicher des vêtements minimale- ment élégants convenant à leur corps, le journaliste martèle à grand renfort de statistiques et d\u2019études qu\u2019une personne grosse n\u2019est pas forcément malade, et que la mesure de son tour de taille ne dit pas tout au sujet de son état de santé.Le dédain qu\u2019affichent certains médecins assimilant tous les bobos que vit une personne grosse à sa corpulence compose d\u2019ailleurs certains des passages les plus troublants de La vie en gros.Toutefois, ce sont les confidences très intimes que déballe le diariste au sujet de son désir que des mains affectueuses se déposent sur sa poitrine qui témoignent avec le plus de dureté de la violence de cette très stricte, et hégémonique, conception de la beauté que cimentent les magazines, la mode ou Instagram.« C\u2019est l\u2019un des impacts du poids dont on n\u2019ose pas parler, parce que ça peut être vu comme humiliant.Tu sais, c\u2019est un des trucs les plus gênants qu\u2019on puisse dire devant une autre personne, qu\u2019on ne reçoit jamais d\u2019amour parce qu\u2019on est gros.» La honte devrait pourtant reposer sur les épaules de ce monde qui ne voit la beauté que là où on lui dit qu\u2019elle se trouve.La vie en gros Regard sur la société et le poids Mickaël Bergeron, Somme toute, Montréal, 2018, 248 pages De plus, les chargés de suivi du MEES ou des commissions scolaires devront aussi avoir accès aux enfants \u2014 en personne \u2014 pour s\u2019assurer qu\u2019ils connaissent bel et bien la matière.Le gouvernement a aussi entrepris de croiser les données du ministère de l\u2019Éducation et de la Régie de l\u2019assurance maladie du Québec, « afin de détecter de potentiels enfants ne respectant pas leur obligation de scolarisation.L\u2019exercice est d\u2019ailleurs en cours en ce moment.Il revêt une importance particulière, sachant que des milliers d\u2019enfants pourraient être dans cette situation inacceptable, selon les estimations fournies à mon ministère par différents experts et intervenants », a précisé le ministre.M.Roberge s\u2019est défendu de cibler les écoles religieuses, notamment juives, qui ont été ciblées dans le passé (à tort ou à raison) pour leur manque de respect du régime pédagogique québécois.« Ces gens-là respectent les obligations, scolarisent leurs enfants, leurs enfants sont diplômés, ils prennent leur place dans la société québécoise, puis je veux faire attention de ne pas alimenter des préjugés.C\u2019est extrêmement important de marcher sur la ligne ici, puis de ne pas alimenter des préjugés contre diverses communautés », a déclaré le ministre.L\u2019Association éducative juive pour l\u2019enseignement à la maison, qui regroupe les parents de 2000 enfants, s\u2019interroge néanmoins sur l\u2019intention du gouvernement.«Les écoles illégales, ça n\u2019existe pas, ça n\u2019existe plus du moins dans notre communauté», a réagi Jacob Maman, directeur de l\u2019Association.Les vérifications du ministère indiquent bel et bien que la communauté juive se conforme aux objectifs de la loi, a révélé Le Devoir en juin dernier.Après deux ans de scolarisation à la maison, un premier groupe d\u2019enfants de la communauté hassidique a passé avec succès les examens de fin d\u2019année de la Commission scolaire English- Montréal.Les résultats sont encourageants, mais ils confirment qu\u2019il reste encore beaucoup de chemin à faire, selon les leaders de la communauté.« On est un peu surpris du timing de l\u2019annonce du ministre aujourd\u2019hui, dit Jacob Maman.On est en plein milieu d\u2019une année scolaire.On s\u2019est pliés au projet de loi 144, tout semble bien se passer, et on nous revient avec un nouveau règlement.C\u2019est un peu choquant, pour nous.» L\u2019évaluation des compétences développées par les enfants scolarisés à la maison semble rencontrer des problèmes.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Ajout de cours obligatoires ÉCOLE SUITE DE LA PAGE A 1 non en personne.Les agents de suivi chargés de veiller au respect de la loi sont habitués à se faire raccrocher au nez par des parents.Et jusqu\u2019à récemment, le mot d\u2019ordre était d\u2019éviter de transférer des cas problématiques au Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) pour ne pas effaroucher les parents \u2014 le but étant d\u2019éviter que des enfants disparaissent dans la nature, hors de l\u2019écran radar de l\u2019État.Depuis le 28 janvier 2019, de nouvelles dispositions encadrant la collaboration entre les commissions scolaires et le DPJ ont cependant été mises en vigueur, a souligné le ministre Roberge.Reddition de comptes Le ministre a décidé que les parents devront rendre des comptes de façon plus claire.Le Devoir a pu consulter une série de projets d\u2019apprentissage rédigés par des parents qui font l\u2019école à la maison.Certains sont bourrés de fautes d\u2019orthographe ou de syntaxe.D\u2019autres tiennent en une page écrite à la main.Et lorsque des parents se font demander comment ils estiment la progression scolaire de leur enfant, la réponse tient parfois en un mot : « Oui.» « Le cadre législatif mis en place par nos prédécesseurs demeure largement insuffisant pour garantir que tous les enfants recevant l\u2019enseignement à la maison ont accès à une formation de qualité », a dit le ministre Jean-François Roberge à l\u2019Assemblée nationale.Il compte ajouter des cours obligatoires pour que les enfants voient l\u2019ensemble du programme de français, de mathématiques, de sciences, d\u2019histoire et de géographie.Les évaluations ministérielles seront aussi obligatoires.81 C\u2019est le nombre de demandes jugées non conformes sur un total de 5189, ce qui laisse croire à un certain laxisme. LEDEVOIR // LE JEUDI 28 MARS 2019 ACTUALITÉS A 5 A-T-ON VRAIMENT L\u2019INTENTION DE SORTIR LA CÔTE-NORD DE SON ENCLAVEMENT, DE SON ISOLEMENT?CHEFS AUTOCHTONES DE LA CÔTE-NORD Bryan Mark Chef du Conseil des Innus de Unamen Shipu Tshani Ambroise Chef du Conseil de la nation Innu de Matimekush-Lac John Ghislain Picard Chef de l\u2019Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador Denis Mestenapéo Chef du Conseil des Innus de Pakua Shipu Jean-Charles Piétacho Chef du Conseil des Innus de Ekuanitshit Martin Dufour Chef du Conseil de la Première Nation des Innus Essipit Mike McKenzie Chef d\u2019Innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam René Simon Chef du Conseil des Innus de Pessamit Rodrigue Wapistan Chef du Conseil des Montagnais de Nutashkuan PRÉFETS DE L\u2019ASSEMBLÉE DES MRC DE LA CÔTE-NORD AUTRES MAIRES Marcel Furlong Préfet de la MRC de Manicouagan Yves Montigny Maire de Baie-Comeau Alain Thibault Maire de Port-Cartier Pierre Cormier Maire de Havre-St-Pierre Luc Noël Préfet MRC de Minganie Randy Jones Préfet de la MRC du Golfe-du-St-Laurent Maire de Gros-Mécatina Réjean Porlier Préfet de la MRC de Sept-Rivières Délégué de l\u2019Assemblée des MRC de la Côte-Nord - Maire de Sept-Îles Martin St-Laurent Préfet MRC de Caniapiscau Maire de Fermont Micheline Anctil Préfet de la MRC La Haute-Côte-Nord Mairesse de Forestville N ous apprenions récemment que la Côte-Nord venait d\u2019inscrire à son palmarès une bien triste statistique : pour une cinquième année consécutive, sa démographie est en baisse, passant sous la barre des 92 000 habitants, et ce, malgré une tendance opposée dans les communautés autochtones de la région.Comment se fait-il que le deuxième plus grand territoire du Québec, avec ses 236 000 km2, riche de ses innombra bles ressources naturelles et de ses communautés ?ères et résilientes, s\u2019enfonce dans cette tendance, alors qu\u2019il a tant à offrir?Nous, élus nord-côtiers, chefs autochtones, maires et mairesses, connaissons pourtant les solutions mais, sommes de plus en plus convaincus que le principal obstacle est un manque de volonté politique.En effet, pourquoi sortir d\u2019un modèle dans lequel tout le Québec tire avantage d\u2019une région dont le poids politique est négligeable?Car c\u2019est bien de cela qu\u2019il s\u2019agit! S\u2019est-on déjà demandé d\u2019où provenait l\u2019énergie qui permet au gouvernement du Québec, par le biais de sa société d\u2019état Hydro-Québec, d\u2019engranger, année après année, tous ces milliards de dollars?La réponse : 40 % de l\u2019énergie qui alimente tout le Québec est produit sur la Côte-Nord ou transite par notre territoire! Dommage qu\u2019on n\u2019ait pas songé à étendre la nationalisation à un réseau routier digne de ce nom pour favoriser l\u2019accès à ce grand territoire, à un plus large éventail de formations universitaires pour garder nos jeunes, ou encore, à un réseau de télécommunication ?able et étendu (car il n\u2019y a pas qu\u2019aux Îles-de-la-Madeleine où il n\u2019y a pas encore de redondance en cas de panne).La Côte-Nord contribue au PIB du Québec dans une pro portion correspondant au double de sa population.Alors pourquoi doit-on quémander depuis tout ce temps un simple retour d\u2019ascenseur pour en?n compléter par les deux extrémités la route 138, le seul et minimaliste lien routier qui nous unit?Pourquoi ne pas en?n fournir à la Côte-Nord son principal outil de développement, soit l\u2019accès au territoire?Pourquoi l\u2019empêcher de se propulser au 21e siècle comme l\u2019ensemble des régions du Québec, de sortir ses communautés de l\u2019isolement, d\u2019instaurer des liens commerciaux avec Terre-Neuve et le Labrador?Poser la question, c\u2019est y répondre.On semble avoir peu d\u2019intérêt pour notre coin de pays, et encore moins de vision, et pourtant, on y pige allègrement! Les mésaventures du traversier F.-A.-Gauthier reliant les deux rives du Saint-Laurent en disent long sur la position qu\u2019occupe notre région dans l\u2019échelle des priorités gouvernementales.À titre d\u2019exemple, en juillet 2018, alors qu\u2019elle sentait sa desserte vulnérable, la Société des traversiers du Québec recommandait l\u2019acquisition d\u2019un bateau de relève pour sa ?otte, laquelle recommandation a été refusée! On connait la suite.En novembre 2018, répondant à une suggestion du précédent gouvernement québécois, une large délégation de préfets, chefs autochtones et maires de toute la région s\u2019est rendue à Ottawa pour solliciter l\u2019engagement du gouvernement fédéral dans le projet d\u2019achèvement de la route 138.L\u2019accueil a été très positif et le message clair : « Si Québec priorise, nous serons au rendez-vous! » En janvier dernier, le ministre fédéral de l\u2019Infrastructure et des Collectivités, M. François- Philippe Champagne, s\u2019est déplacé à Sept-Îles, comme promis, pour participer à une rencontre historique où l\u2019attendait la plus large coalition régionale jamais vue.Sans compter la présence de maires du Labrador qui, eux-aussi, espèrent le désenclavement.Le ministre Champagne y a réitéré son message : « Québec doit prioriser, et nous serons là ».Au lendemain de cette rencontre, nous écrivions au premier ministre du Québec, M.François Legault, au ministre des Transports, M.François Bonnardel, ainsi qu\u2019au ministre responsable de la Côte-Nord, M.Jonatan Julien, réclamant dans les meilleurs délais une rencontre pour faire le point sur les travaux à compléter et connaître les intentions du gouvernement dans le dossier.À ce jour, cette rencontre n\u2019a toujours pas été plani?ée.Nous misions pourtant beaucoup sur le nouveau gouvernement qui martelait, en campagne électorale, être le gouvernement des régions.Est-ce que ce gouvernement des régions entend la Côte-Nord, alors que celle-ci n\u2019a jamais été autant mobilisée pour contrer son enclavement, principal obstacle à son développement?Depuis, des appuis non négligeables nous sont parvenus, notamment des membres de l\u2019Union des municipalités du Québec et de la Fédération québécoise des municipalités, qui soutiennent leurs collègues de la Côte-Nord dans leur demande au gouvernement.Les élus et chefs de la Côte-Nord n\u2019attendent rien de moins qu\u2019un échéancier réaliste, mais ambitieux, pour terminer la route 138 d\u2019ici cinq à sept ans, ainsi qu\u2019une stratégie digne de ce nom pour renverser la tendance démographique de notre magni?que région.L\u2019approche « kilomètre par kilomètre », tenant la population en haleine d\u2019une élection à l\u2019autre, n\u2019est plus une option.L\u2019échec des dernières années est indéniable et les perspectives, peu reluisantes\u2026 Chose certaine, nous n\u2019attendrons plus passivement qu\u2019un gouvernement se décide à nous considérer pour ce que nous sommes : des Québécois et des Québécoises qui estiment avoir droit aux mêmes avantages et à un avenir tout aussi prometteur que celui auquel aspire le reste du Québec.Nous n\u2019assisterons plus, impassibles, à notre marginalisation et à notre extinction lente et sournoise.En ce jeudi 28 mars, une large délégation nord-côtière de chefs autochtones, de maires et de mairesses se présentera à l\u2019Assemblée nationale a?n de savoir qui s\u2019intéresse à la Côte-Nord?Qui s\u2019intéresse suf?samment à notre belle et grande région pour prendre des engagements fermes et concrets pour sortir des communautés de l\u2019isolement, alors que le transport et le ravitaillement maritimes sont de plus en plus incertains; pour pro?ter de cet important chantier a?n de former la main-d\u2019œuvre autochtone, dans un contexte où le taux de chômage dans les communautés est très élevé et que les besoins en main-d\u2019œuvre dans la région sont grandissants; pour redé?nir le réseau de transport de l\u2019Est du Canada, ouvrant la voie à des échanges commerciaux avec Terre-Neuve et le Labrador; et, ?nalement, pour assurer une occupation durable et dynamique du territoire, au lieu de continuellement réagir en situation de crise\u2026?Que voilà de belles propositions pour tout gouvernement progressiste et visionnaire.Il y a un prix à payer, bien sûr, mais c\u2019est ce qu\u2019en économie on appelle\u2026 UN INVESTISSEMENT! Bisbille autour de la nomination du commissaire à l\u2019UPAC Le gouvernement Legault veut décider qui dirigera l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC), craint le Parti québécois après la publication des amendements effectués au projet de loi 1.La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a retiré du projet de loi portant sur les nominations nécessitant l\u2019appui des deux tiers des élus de l\u2019Assemblée nationale l\u2019obligation de publier un nouvel appel de candidatures au poste de commissaire de l\u2019UPAC lorsque moins de trois candidatures ont été reçues.L\u2019élue n\u2019a pas écarté la possibilité que son gouvernement ne propose qu\u2019un seul candidat aux parlementaires.Le chef parlementaire du PQ, Pascal Bérubé, a demandé: «Est-ce que la ministre a déjà fait un choix et a quelqu\u2019un en tête?» Le Devoir Wilson-Raybould nie avoir parlé aux médias OTTAWA \u2014 L\u2019ancienne ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould nie être la source anonyme à l\u2019origine de l\u2019histoire du Globe and Mail ayant donné naissance à l\u2019affaire SNC-Lavalin.Elle affirme aussi ne pas être responsable des récentes fuites à propos de son désaccord avec le premier ministre en ce qui concerne une nomination à la Cour suprême du Canada.« Je n\u2019ai pas été, comme certains l\u2019ont laissé entendre, la source d\u2019aucune de ces histoires et je n\u2019ai pas autorisé qui que ce soit à parler en mon nom », a indiqué par écrit Mme Wilson-Raybould.Au réseau CBC, elle a ajouté qu\u2019« il en va de même pour tous les autres reportages, y compris celui du 7 février ».C\u2019est à cette date que le Globe and Mail a publié le reportage qui occupe Ottawa depuis maintenant sept semaines.Le Devoir EN BREF PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Selon Transplant Québec, de plus en plus de donneurs d\u2019organes sont des personnes ayant demandé l\u2019aide médicale à mourir.En 2018, elles étaient une quinzaine sur 164 donneurs.De plus, le nombre de personnes ayant été présentées à Transplant Québec comme de potentiels donneurs d\u2019organes par les 80 centres hospitaliers du Québec a bondi de 14 % en 2018 comparativement à 2017, confirmant ainsi une croissance continue depuis 2011.Néanmoins, on peut encore faire mieux, puisque le don d\u2019organes est deux fois plus populaire à Philadelphie qu\u2019au Québec.« Pour les personnes qui demandent l\u2019aide médicale à mourir, ce geste [le don d\u2019organes] aide à trouver un sens à sa situation et à sa décision », affirme Louis Beaulieu, directeur général de Transplant Québec, l\u2019organisme qui coordonne le processus de don d\u2019organes dans la province.Les quinze personnes qui en 2018 ont offert leurs organes souffraient d\u2019une maladie neu- rodégénérative, comme la sclérose latérale amyotrophique.Leurs dons ont permis d\u2019effectuer des transplantations sur une trentaine de personnes.Le don d\u2019organes est également de plus en plus fréquent chez les personnes qui sont victimes d\u2019un arrêt cardiaque.Ces dernières représentent au- jourd\u2019hui près du quart des donneurs d\u2019organes.« Il y a une décision qui est prise par la famille d\u2019abandonner les mesures de maintien des fonctions vitales, dont la ventilation, quand le pronostic est très sombre et qu\u2019on prévoit la mort du patient dans les jours qui viennent.On attend qu\u2019il y ait un arrêt cardiaque et respiratoire de plus de cinq minutes qui confirme le décès, lequel devra ensuite être statué par deux médecins qui ne doivent être liés ni au prélèvement ni à la transplantation », précise M.Beaulieu.Cette nouvelle possibilité compense le fait qu\u2019on réchappe un plus grand nombre de personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral (AVC).« On dispose de nouveaux médicaments et on intervient plus rapidement lors d\u2019une hémorragie cérébrale pour réduire la pression à l\u2019intérieur de la boîte crânienne afin que le cerveau ne soit pas trop comprimé.Comme on traite mieux les AVC, il y a moins de gens qui sont susceptibles de se retrouver en situation de mort cérébrale.C\u2019est une bonne nouvelle en soi, mais ça a un impact sur les dons », fait remarquer M.Beaulieu.Peu d\u2019élus En 2018, sur 755 signalements de donneurs potentiels, 164 ont été retenus et leurs organes ont servi à sauver des vies.Les autres ont été abandonnés pour des raisons diverses, comme le fait que le donneur était atteint d\u2019un sérieux problème de santé ou qu\u2019il pouvait transmettre une maladie non traitable au receveur.« On commence néanmoins à faire des transplantations d\u2019organes provenant de personnes ayant l\u2019hépatite C, car on peut désormais traiter cette maladie et la guérir.» Les délais de conservation des organes avant la transplantation sont extrêmement courts (sept heures pour un cœur, douze à dix-huit heures pour un rein), car les organes se détériorent très vite sans irrigation sanguine.Par contre, les tissus humains tels que la cornée, la peau, les valves cardiaques et les tendons peuvent être prélevés jusqu\u2019à 24 heures après l\u2019arrêt de toute respiration et circulation, et la plupart, sauf la cornée, peuvent être conservés dans des banques.SANTÉ Quand l\u2019aide médicale à mourir redonne la vie « Si un patient subit un important dommage cérébral qui le contraint à être sous ventilateur parce que son cerveau ne fonctionne plus, ce patient devrait nous être confié, car il se trouve dans une situation de mort imminente.Nous devons investir dans la formation du personnel des urgences et des unités de soins intensifs pour qu\u2019il ait bien en tête les critères [définissant] un donneur potentiel.Parce que chaque fois qu\u2019on manque un donneur, ça prend cent décès de plus pour en trouver un autre, et la vie de huit personnes aurait pu être sauvée», affirme le directeur général.« Les professionnels de la santé ne doivent pas empêcher une famille de considérer cette question même si elle semble très affligée.Car pour plusieurs familles, et c\u2019est encore plus vrai quand elles ont face à la perte d\u2019un tout-petit, le don d\u2019organes contribue en général à un meilleur deuil, parce que ça aide à donner du sens à une situation qui leur apparaît insensée », dit-il avant de rappeler qu\u2019une personne décédée peut fournir deux poumons, un foie qui peut être séparé en deux, deux reins, un cœur et un pancréas, qui pourront servir à huit transplantations.Et c\u2019est sans compter que l\u2019on commence à faire des transplantations faciales, d\u2019utérus, de bras et d\u2019intestin\u2026 Comment signifier que l\u2019on désire donner nos organes à notre mort ?Idéalement, on le fait en s\u2019inscrivant à un ou aux deux registres qui existent au Québec, celui de la Chambre des notaires et celui de la Régie de l\u2019assurance maladie du Québec (RAMQ).« S\u2019inscrire directement à un registre est préférable au formulaire fourni lors du renouvellement de la carte d\u2019assurance maladie, car l\u2019inscription y est [définitive, mais peut être résiliée] et le personnel autorisé peut y avoir accès », souligne M.Beaulieu.JACQUES NADEAU LE DEVOIR e ministre de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, a rendu public un nouveau règlement sur l\u2019enseignement à la maison afin d\u2019éviter que ce choix légitime que font un petit nombre de parents au Québec ne devienne une licence pour priver des enfants de l\u2019éducation à laquelle ils ont droit.Comme le rapporte Le Devoir dans sa présente édition, l\u2019encadrement prévu par voie de règlement à la suite de l\u2019adoption, à l\u2019automne 2017, du projet de loi 144 sous le gouvernement libéral présente de nombreuses lacunes.Il appert que le ministère est incapable de s\u2019assurer que les enfants qui font leur école à la maison reçoivent un enseignement adéquat.Qui plus est, certains parents rétifs refusent de collaborer.Le règlement régissant l\u2019école à la maison que le ministre libéral, Sébastien Proulx, a mis en vigueur l\u2019an dernier impose aux parents des exigences nettement insuffisantes sous prétexte de leur accorder toute la souplesse qu\u2019ils souhaitent.Les parents n\u2019ont pas à fournir un enseignement équivalent à celui de l\u2019école.Ils peuvent se contenter de n\u2019enseigner que les langues et les mathématiques, en omettant l\u2019histoire, la géographie et, surtout, les sciences, dont le savoir peut contrevenir à certaines croyances religieuses.Les enfants n\u2019ont pas à subir d\u2019examens.Leurs parents n\u2019ont qu\u2019à présenter un « portfolio » montrant les progrès de leur enfant, sans que la présence de celui-ci soit requise.On n\u2019a donc aucun moyen de savoir si c\u2019est l\u2019enfant qui est l\u2019auteur du portfolio.On ne peut pas évaluer de visu si l\u2019élève présente des retards de développement ou éprouve des difficultés d\u2019apprentissage.Au moment de la publication du règlement, la Coalition avenir Québec, le Parti québécois et Québec solidaire avaient dénoncé le « laxisme » du gouvernement libéral.Les partis d\u2019opposition avaient parfaitement raison.Jean-François Roberge vient corriger la situation pour la prochaine année scolaire.Ainsi, le ministre exigera un nouveau « contenu minimal d\u2019apprentissage » qui comprendra, outre les langues et les mathématiques, les sciences et les technologies ainsi que l\u2019univers social, c\u2019est-à-dire l\u2019histoire et la géographie.L\u2019enfant devra être présent lors des rencontres avec la commission scolaire assurant le suivi des apprentissages.Enfin, l\u2019enfant devra passer les examens du ministère pour chacun des trois cycles d\u2019enseignement, c\u2019est-à-dire en quatrième et sixième années du primaire et en quatrième année du secondaire.Bientôt, avec le croisement des données des commissions scolaires et de la Régie de l\u2019assurance-maladie du Québec que permet désormais la loi, le gouvernement saura combien d\u2019enfants non déclarés se retrouvent à la maison et qui ils sont.Il n\u2019y a donc plus lieu de craindre que ces enfants disparaissent dans la nature, comme c\u2019était le cas auparavant.À l\u2019intérieur des cycles, le parent qui enseigne à sa progéniture pourra couvrir la matière comme bon lui semble.Selon le ministre, les modifications qu\u2019il propose « respectent pleinement la souplesse inhérente à cette forme d\u2019enseignement ».On peut douter toutefois que les parents qui avaient loué la souplesse du règlement libéral \u2014 et vilipendé les partis d\u2019opposition qui le critiquaient \u2014 se montrent enthousiastes à l\u2019idée de préparer leurs enfants aux trois épreuves du ministère.C\u2019est certes une contrainte, mais il est difficile de concevoir un autre moyen de s\u2019assurer que ces enfants \u2014 on en compte quelque 5000 à l\u2019heure actuelle \u2014 puissent intégrer un jour le système scolaire et poursuivre, s\u2019ils le désirent, des études supérieures.LEDEVOIR // LE JEUDI 28 MARS 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Raymond Laprée Auteur de La sagesse des 9-12 ans Monsieur le Premier Ministre Legault, Depuis que vous avez stabilisé votre concept du port des signes religieux, vous avez mis sur le même pied les gardiens de prison, les policiers, les juges et les enseignants.Certains commentaires publiés dans les colonnes d\u2019opinion des journaux vous ont rappelé avec intelligence que l\u2019autorité n\u2019était pas un concept univoque.On peut présider une cour de justice et imposer une amende, un emprisonnement, même en certains pays la peine de mort.Le policier peut vous interdire de reprendre la route avec votre véhicule et même vous priver de votre liberté en vous gardant « au poste » pendant une certaine durée, en évoquant tel article du Code civil ; il en a l\u2019autorité.Dans ces deux cas, la liberté civile est en cause.Par ailleurs, on dit du professionnel très compétent qu\u2019il « fait autorité » parmi ses pairs ; et un dirigeant d\u2019entreprise exerce une autorité hiérarchique à l\u2019égard des subalternes qui ont accepté de livrer certains résultats.Ici, le haut savoir ou bien la convention sociale donnent au mot « autorité » une ascendance « morale » influençant le comportement des autres.Il y a aussi l\u2019autorité des parents qui fixent l\u2019heure du dodo ou de la rentrée en soirée, ou encore le comportement à tenir entre les membres de la famille.C\u2019est en quelque sorte une mission sociale qui s\u2019accompagne d\u2019un haut degré d\u2019affection inextricablement liée à chaque geste d\u2019autorité si l\u2019on veut qu\u2019il soit réussi.On parle alors d\u2019éducation familiale.L\u2019école en est le prolongement, et les enseignants savent bien que le savoir qu\u2019ils ont mission de transmettre passera d\u2019autant mieux s\u2019ils cultivent les bonnes relations avec leurs élèves ; du même type que celles que doivent entretenir les parents envers leurs enfants.C\u2019est une notion élémentaire en pédagogie.Toutes ces distinctions ont été portées à votre attention depuis des mois.Néanmoins, vous avez persisté à confondre ces distinctions fondamentales concernant les détenteurs d\u2019autorité, assimilant les enseignants à des gardiens de prison et à des juges de cours civile ou criminelle.Vous bafouez ainsi la très délicate notion d\u2019éducation en contribuant, de surplus, à voir en chaque enfant un être potentiellement déviant sur lequel on doit exercer une surveillance judiciaire et punitive pouvant le priver de sa liberté.En continuant de mêler les cartes du concept d\u2019autorité, vous maintenez l\u2019idée d\u2019écoles-prisons et vous planifiez que les enseignants en soient les geôliers.Même avec la distinction de dernière heure que vous avez laissé couler dans les médias, à savoir que seuls les directeurs ou directrices d\u2019écoles seraient contraints à n\u2019afficher aucun signe religieux et que les enseignants déjà en service bénéficieraient d\u2019une clause de droits acquis (mais les futurs enseignants seraient obligés à cette contrainte d\u2019« autorité » \u2014 bel illogisme), vous transformez votre vision de « prisons scolaires » en « écoles de réforme » ou en « centres de réadaptation » ; rien de moins.Vous avez déjà été ministre de l\u2019Éducation ! Au moins, sacrifiez une heure de vos parties de tennis et lisez quelques chapitres du livre de votre ministre actuel de l\u2019Éducation.Vous verrez qu\u2019il a une idée plus noble de l\u2019enseignant, en tant que modèle ou mentor des jeunes.C\u2019est par l\u2019attachement que cette relation prend forme, non par la coercition.D\u2019ailleurs, pourquoi le ministre Roberge est-il aussi silencieux sur cette question alors que tout au long de ses 20 chapitres, il s\u2019émerveille de la relation privilégiée qui se développe entre un enseignant et son élève ?Ce me semble à lui bien plus qu\u2019à moi de vous rappeler cela.Une absurdité On s\u2019étonnait hier sur les ondes de ce que le projet de loi annoncé sur la laïcité et les signes religieux ne s\u2019applique pas aux établissements privés d\u2019enseignement.On y voyait un manque de cohérence.Dans la mesure où bon nombre d\u2019écoles privées sont confessionnelles : catholiques, juives, musulmanes et autres, cela est pourtant parfaitement légitime et pertinent.Le préambule de la Loi sur le ministère de l\u2019Éducation de 1964 et la Charte québécoise des droits et libertés (art.41) reconnaissent spécifiquement le droit des parents ou des groupes d\u2019ouvrir et de maintenir de telles écoles.Ces dispositions visent précisément à répondre aux convictions religieuses des parents et à ces derniers de respecter leur droit d\u2019éduquer leurs enfants conformément à ces mêmes convictions.On le fait d\u2019ailleurs en conformité au droit international.Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et Les écoles-prisons de François Legault LIBRE OPINION LETTRES ÉCOLE À LA MAISON Exigences essentielles PRÊTRES ABUSEURS Les pas feutrés L Il faut aller là.» C\u2019est l\u2019archevêque de Montréal, Christian Lépine, qui, dans une entrevue accordée à La Presse, exprime sa décision d\u2019ouvrir les archives des diocèses depuis 1950 pour dénombrer de potentiels cas d\u2019abus commis par des prêtres.« Aller là », c\u2019est accepter de découvrir un double pot aux roses : non seulement les noms de potentiels ecclésiastiques indignes, mais aussi les opérations de couverture effectuées par les autorités au fil des ans.On ne peut s\u2019opposer à cet exercice d\u2019ouverture.Il s\u2019agit indéniablement d\u2019un pas dans la bonne direction : que plusieurs diocèses décident collectivement de pointer les coupables permettra de défricher le terrain et offre enfin au Québec un embryon d\u2019enquête.Il était temps ! On peut prédire d\u2019ores et déjà que l\u2019étape de l\u2019examen approfondi sera suivie par celle du diagnostic sombre : dans toutes les nations qui ont eu le courage de l\u2019auto-examen, ce fut ainsi.Il n\u2019y a pas de raison que le Québec échappe à ce scénario.Encore faut-il que l\u2019enquête creuse là où elle le doit.Si positif soit le signal envoyé par les diocèses, l\u2019exercice entrepris présente des faiblesses qui le minent.Tant sur le fond que sur la forme, les risques sont élevés que cette opération rate la cible.D\u2019abord, le dénombrement ne ciblera pas le moins du monde les congrégations religieuses, là où pourtant la plupart des abus ont été commis et contre lesquelles les actions collectives sont dirigées.Ensuite, cette enquête interne n\u2019aura jamais, malgré toute la bonne foi qu\u2019y mettront ses auteurs, l\u2019indépendance que revêtirait une authentique enquête policière.Le fait que la juge Anne-Marie Trahan, retraitée de la Cour supérieure et choisie pour mener cette enquête, soit membre de l\u2019Ordre de Malte soulève des questions sur son impartialité.Enfin, si des dossiers problématiques sont trouvés, quelle garantie les victimes ont-elles qu\u2019un suivi diligent succédera à l\u2019opération repérage ?Les autorités religieuses ont fort à faire pour déconstruire des décennies d\u2019immobilisme.Les schèmes du déni et de l\u2019aveuglement volontaire ne sont pas aisés à détruire, et même lorsqu\u2019il y a un passage à l\u2019acte, il est trop timide ou encore mal ficelé.La dernière démonstration fut servie des hauteurs du Vatican, où un sommet portant sur les viols commis par des prêtres n\u2019a pas permis d\u2019aboutir à des actions très concrètes destinées à soutenir les victimes.C\u2019est la loi des pas feutrés là où les pas de géant seraient de mise.« ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu pour autant affirmer la pertinence de la loi projetée.Cela reste à débattre.Jean-Pierre Proulx, journaliste et professeur retraité Montréal, le 26 mars 2019 culturels édicte en effet que « [les] États partis au présent Pacte s\u2019engagent à respecter la liberté des parents et, le cas échéant, des tuteurs légaux, de choisir pour leurs enfants des établissements autres que ceux des pouvoirs publics [\u2026], et de faire assurer l\u2019éducation religieuse et morale de leurs enfants, conformément à leurs propres convictions ».Au surplus, dans un récent jugement sur les orientations du cours ECR à l\u2019école Loyola, la Cour suprême a estimé qu\u2019un établissement catholique pouvait le faire dans une perspective catholique malgré les orientations laïques de ce cours.Ce qui serait incohérent serait donc d\u2019interdire à un enseignant juif de porter une kippa, à une enseignante musulmane de se couvrir d\u2019un voile, ou d\u2019une religieuse catholique de porter son costume dans des écoles de leur confession respective.A contrario, dans la mesure où une école privée n\u2019aurait aucune orientation ni aucun statut confessionnel et serait donc laïque, les dispositions de la loi sur la laïcité pourraient sans doute s\u2019y appliquer.Faire ces distinctions n\u2019est pas Les règles du jeu\u2026 Pour la deuxième fois, le gouvernement Legault modifie les règles dans un but de modernité.Dans le domaine de l\u2019immigration, il jette au panier toutes les anciennes demandes reçues.Résultat : des dizaines de milliers de personnes lésées avec tous les efforts et dépenses encourues pour venir chez nous.Puis il remet cela une fois de plus : du revers de la main, il supprime sans avis les permis de taxi pour offrir à de puissantes multinationales un marché libre de transport privé.Alors que dire de ces doubles victimes sinon qu\u2019ils ont suivi la loi existante, et que dire d\u2019un gouvernement qui la modifie selon son bon plaisir sans égard aux drames humains qu\u2019ils suscitent ?Déjà bien installé dans sa tour d\u2019ivoire, c\u2019est comme s\u2019il avait d\u2019autres chats à fouetter ! Gérard Vincent Chertsey, le 27 mars 2019 MARIE-ANDRÉE CHOUINARD ROBERT DUTRISAC Il appert que le ministère est incapable de s\u2019assurer que les enfants qui font leur école à la maison reçoivent un enseignement adéquat A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE JEUDI 28 MARS 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Pierre Bosset Avocat et professeur au Département des sciences juridiques de l\u2019UQAM Les juristes et les justiciables attachent une très grande importance à l\u2019indépendance du pouvoir judiciaire, comme l\u2019ont rappelé mardi dans Le Devoir Rim Gtari et Rachad Antonius.Les composantes essentielles de cette indépendance \u2014 l\u2019inamovibilité, la sécurité financière, l\u2019indépendance institutionnelle du tribunal \u2014 sont bien connues depuis l\u2019arrêt Valente de la Cour suprême (1985).La légitimité du pouvoir judiciaire repose également sur une dimension symbolique.Métaphoriquement, la figure de la Justice tenant les plateaux d\u2019une balance, ses yeux voilés d\u2019un bandeau, illustre avec éloquence cette dimension symbolique, à laquelle on peut aussi rattacher le port de la toge judiciaire, censée rappeler aux justiciables, comme l\u2019a souligné Antoine Gara- pon, l\u2019existence de la loi tout en revêtant le juge de son autorité.Une loi interdisant aux juges de porter des signes vestimentaires religieux, appelée de leurs vœux par Gtari et Antonius, se heurterait à des obstacles de divers ordres, notamment le principe de la séparation des pouvoirs, lequel comporte des garanties relatives à l\u2019indépendance du pouvoir judiciaire.Nous nous en tiendrons ici à un élément tout aussi important : la présomption d\u2019impartialité des juges.Comme le rappelait la Cour suprême en 1997 dans l\u2019arrêt S.(R.D.), maintenir l\u2019apparence d\u2019impartialité de la justice aux yeux d\u2019un observateur renseigné et raisonnable s\u2019avère beaucoup plus difficile dans une société multicul- turelle qu\u2019elle ne le serait dans une société homogène.Néanmoins, soulignait la Cour dans cet arrêt, « [r]ester neutre pour le juge ce n\u2019est pas faire abstraction de toute l\u2019expérience de la vie à laquelle il doit peut-être son aptitude à arbitrer les litiges ».En effet, écrivait-elle : « Tout être humain est le produit de son expérience sociale, de son éducation et de ses contacts avec ceux et celles qui partagent le monde avec nous.Un juge qui n\u2019aurait pas connu ces expériences passées \u2014 à supposer que cela soit possible \u2014 manquerait probablement des qualités humaines dont a besoin un juge.» En l\u2019occurrence, le droit d\u2019être jugé par un tribunal impartial suppose non seulement que le juge soit équitable, mais qu\u2019il paraisse l\u2019être.Gtari et Antonius n\u2019ont pas tort de le souligner.Malheureusement, ils font bien peu de cas de la façon dont le droit aborde cette question.La jurisprudence en matière d\u2019image d\u2019impartialité de la magistrature est abondante.On peut en dégager les cinq principes suivants.1.Les juges bénéficient d\u2019une présomption d\u2019impartialité: arrêt S.(R.D.).S\u2019étant engagés par serment à administrer la justice avec intégrité, ils sont «tenus pour avoir une conscience et une discipline intellectuelle et être capables de trancher équitablement un litige à la lumière de ses circonstances propres».2.S\u2019il y a une crainte raisonnable de partialité du juge, elle doit être le fait d\u2019une personne bien renseignée : arrêt Committee for Justice and Liberty (1978).Cette personne doit être sensible à l\u2019ampleur du racisme ou des préjugés dans une collectivité donnée.Elle doit être au courant des traditions historiques d\u2019impartialité et d\u2019intégrité de la magistrature (arrêt S.(R.D.)).3.Une crainte raisonnable de partialité est fonction des faits de l\u2019espèce.En effet, un juge n\u2019est pas partial à tous égards et dans l\u2019absolu, il l\u2019est uniquement par rapport aux parties ou aux enjeux d\u2019une cause : arrêts S.(R.D.) et Valente.4.« [L]a véritable impartialité n\u2019exige pas que le juge n\u2019ait ni sympathie ni opinion.Elle exige que le juge soit libre d\u2019accueillir et d\u2019utiliser différents points de vue en gardant un esprit ouvert » : arrêt Valente.5.Le fardeau d\u2019établir la partialité du juge incombe à la personne qui en allègue l\u2019existence.Un simple soupçon de partialité ne suffit pas : arrêt S.(R.D.).En somme, l\u2019apparence de partialité ou d\u2019impartialité du juge ne dépend pas en soi des caractéristiques personnelles ou de l\u2019expérience de vie du juge, mais bien de son attitude par rapport aux parties ou aux enjeux d\u2019une cause.Cette attitude sera biaisée ou non par son expérience de vie ou par ses caractéristiques personnelles ; mais la partialité d\u2019un juge ne se présume pas.Dans l\u2019arrêt S.(R.D.), la Cour suprême rappelait, par exemple, qu\u2019il n\u2019est pas plus probable qu\u2019un juge noir soit prévenu en faveur des justiciables noirs que le juge blanc le soit en faveur des justiciables blancs.Tous les juges, rap- pelle-t-elle, doivent jouir de la même présomption d\u2019impartialité, quelle que soit leur race, couleur, religion ou origine nationale.En dernière analyse, il est fort douteux que le seul fait qu\u2019un juge porte un signe vestimentaire religieux suffise à renverser la présomption d\u2019impartialité dont il bénéficie dans l\u2019ensemble de ses fonctions.Cette présomption repose sur les engagements solennels que le juge a pris en prêtant serment.Elle constitue l\u2019un des fondements de notre système judiciaire.Il est préférable en pareilles matières de faire d\u2019abord appel au sens de la déontologie du juge, en lui laissant le soin de déterminer d\u2019abord, en son âme et conscience (on nous pardonnera la terminologie d\u2019inspiration religieuse!) s\u2019il doit se récuser ou non dans une cause précise.Et faut-il rappeler que le Code de procédure civile et les règles de la Common Law prévoient, depuis fort longtemps déjà, la possibilité, pour toute partie à un litige, de demander la récusation d\u2019un juge soupçonné de partialité?L\u2019impartialité n\u2019est pas qu\u2019affaire de vêtements Jacques Béland Enseignant à la retraite À force d\u2019attaque constante contre notre mémoire identitaire en tant que peuple et non pas contre ce que nous sommes devenus maintenant : un peuple ne se reconnaissant à peine que par cette langue qui nous fait tant honneur, mais que nous laissons impassiblement jour après jour disparaître; décidément, je suis devenu de cette race qui, assurément, a appris à mourir.Remarquez que ces attaques contre le crucifix ne viennent pas surtout de la part de nouveaux arrivants ou de membres de communautés culturelles venant enrichir la nôtre, celle de souche.Non, et nul besoin pour cela, nous le faisons nous-mêmes, et ce, de la même manière que, politiquement, nous l\u2019avons fait lorsque certains personnages tristement célèbres provenant de nos berceaux ont pourfendu et fait échouer un accord déjà signé entre toutes nos entités politiques provinciales en vue d\u2019une vie ensemble encore mieux et durable dans l\u2019honneur et l\u2019enthousiasme qu\u2019un premier ministre du Canada a voulu un jour proposer et que l\u2019histoire jugera en son temps comme le meilleur premier ministre que nous avons eu jusqu\u2019à ce jour dans toute notre histoire.Pauvre Québec, je te regarde à travers ce que tu es devenu et je ne me reconnais plus, car trop de fois, tu ne t\u2019es pas souvenu de celle qui a allaité tes premiers jours, malgré le fait qu\u2019elle aussi t\u2019a trahi en t\u2019abandonnant lorsque tu ne marchais encore qu\u2019à peine.Et ce Québec aujourd\u2019hui de la laïcité qui ne comprend rien à mon discours, car trop aveuglé de se vouloir juste parmi tous ceux et celles qui maintenant nous composent.J\u2019entends toujours, provenant de ce qu\u2019il me reste encore de mon for intérieur, cette lamentation colérique « Vous êtes pas écœurés de mourir bande de caves ?», mots du poète québécois Claude Péloquin qu\u2019a osé ajouter sur la si célèbre murale du Grand Théâtre de Québec l\u2019artiste sculpteur québécois d\u2019origine catalane Jordi Bonet.Pourquoi s\u2019acharner à ne plus voir ce que nous avons été ?Tasnim Rekik Candidate à la maîtrise au Département de science politique de l\u2019Université de Montréal Alors que le débat sur les signes religieux surgit à nouveau dans l\u2019espace public, on a eu droit à d\u2019innombrables prises de parole sur le voile.Encore une fois, on l\u2019associe surtout aux pires dérives islamistes de quelques pays musulmans.Évidemment, ce sont des réalités qui doivent être exposées et dénoncées.Cependant, lorsque ces récits prennent toute la place, on se convainc que le voile ne peut signifier qu\u2019un moyen de contrôle du corps de la femme.Et cela est d\u2019autant plus vrai lorsque même la ministre responsable de la Condition féminine, pour qui le voile incarne l\u2019« oppression des femmes », se joint à ce discours.Encore une fois, on renvoie la situation des musulmanes voilées au Québec à celles de l\u2019Arabie saoudite, de l\u2019Iran ou de l\u2019Algérie des années 1990.Encore une fois, une seule réalité est mise en avant, soit celle de la femme qui a été contrainte de le porter.Et qu\u2019en est-il de celle qui lutte ici comme ailleurs contre ceux qui veulent le lui enlever ?Aussi surprenant que cela puisse paraître, c\u2019est aussi une réalité ! Loin de vouloir discréditer le vécu de certaines femmes, je pense qu\u2019il est temps d\u2019exposer d\u2019autres récits à propos du voile.Je vous fais part du mien.Celui qui a fait en sorte que je naisse ici, au Québec, que je sois Québécoise, musulmane portant le voile.Comme plusieurs autres Québécoises d\u2019origine nord-africaine, mes parents ont fui leur pays, la Tunisie, pour pouvoir pratiquer librement leur religion.Avant le Printemps arabe, la Tunisie était une dictature qui se voulait laïque.Les femmes qui portaient le voile, les hommes qui faisaient pousser leur barbe, les musulmans qui restaient un peu plus longtemps à la mosquée ou qui organisaient des assises spirituelles ; tous ces Tunisiens musulmans étaient extrêmement réprimés.Et c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire : on parle de viols, de tortures et d\u2019emprisonnement perpétrés par les autorités sur des citoyens qui ont simplement voulu pratiquer leur religion.Et cela s\u2019appliquait aussi aux femmes qui voulaient porter le voile.Ainsi, plusieurs Tunisiens ont dû quitter leur pays et leurs familles pour échapper aux sentences.Ma mère me raconte comment elle ainsi que ses amies ont dû faire face non seulement aux autorités, mais aussi à leur propre famille pour porter le voile, tant la peur avait gagné les foyers.Ce sont surtout ces récits qui ont marqué ma vie.Ces scènes de mes vacances en Tunisie où je visualise ma mère se faire constamment harceler et arrêter, toujours à cause de son voile.C\u2019est de me souvenir de ce jour où j\u2019ai vu mon père complètement anéanti et impuissant parce qu\u2019on lui interdisait de retourner dans son pays alors qu\u2019on y enterrait sa propre mère.Mon père qui était autrefois un peu plus musulman qu\u2019il ne fallait.Alors non, être musulman dans un pays musulman ne représente pas toujours ce qui se passe en Arabie saoudite ou ce qui s\u2019est passé en Algérie.Au final, les musulmans insoumis à l\u2019autorité dictatoriale seront toujours pris pour cible.Et les femmes, les premières.Ainsi donc, mon récit s\u2019ajoute aux autres, et j\u2019insiste pour qu\u2019on les valide tous.Je tiens à ce qu\u2019on reconnaisse que des femmes ont été persécutées pour ne pas avoir voulu porter le voile, et que d\u2019autres ont été persécutées pour l\u2019avoir porté.Alors, la question qui se pose est : contre qui devons-nous nous retourner ?N\u2019est- ce pas contre ces mêmes personnes qui veulent imposer leur façon de vivre à des femmes ?Force est de constater que la manière dont le débat actuel sur la laïcité et le port des signes religieux se déroule me rappelle inévitablement le féminisme tunisien hérité de l\u2019époque coloniale.La France ainsi que le monde occidental considéraient la Tunisie comme un modèle en matière de droits des femmes.En réalité, ce féminisme d\u2019État a été ins- trumentalisé pour asseoir un pouvoir despotique au nom de la lutte contre l\u2019islamisme, faisant dissimuler à travers un écran de fumée toute une série de graves atteintes aux droits de la personne, surtout ceux des femmes voilées.Et c\u2019est ce qui risque de se produire au Québec si on admet des violations de droits de la personne au nom de la laïcité.Pour moi, le danger réside à ce niveau ; lorsqu\u2019on cherche à n\u2019admettre qu\u2019une seule version de l\u2019islam et du féminisme.C\u2019est aussi d\u2019en arriver, comme ce fut le cas récemment, à faire des parallèles douteux entre le voile et l\u2019étoile jaune par exemple, et de tenir pour acquis que toutes les musulmanes les appuient.En imposant leur vision du voile comme « une erreur d\u2019interprétation », ces femmes rejettent tous les autres courants féministes qui se valent autant.On assiste à ce que j\u2019appelle du « feminismplai- ning », une sorte de « mansplaining » de féministe à féministe.Afin d\u2019avoir un portrait plus complet de la signification du voile chez les musulmanes, il est désormais nécessaire d\u2019invisibili- ser ces femmes dans le débat actuel.Parce que mon récit, c\u2019est aussi le récit d\u2019autres Québécoises.Un autre récit sur le voile LE QUÉBEC ET LA LAÏCITÉ Le crucifix trône toujours à l\u2019Assemblée nationale.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Enlever le crucifix signifierait que nous n\u2019aurions plus de passé en tant que peuple, et il est bon que tous ceux et celles qui arrivent sur notre terre sachent et respectent les idéaux qu\u2019ont portés les fondateurs et fondatrices de notre nation L\u2019apparence de partialité ou d\u2019impartialité du juge ne dépend pas en soi des caractéristiques personnelles ou de l\u2019expérience de vie du juge, mais bien de son attitude par rapport aux parties ou aux enjeux d\u2019une cause Mais comprenez donc, une fois pour toutes, vous tous qui me lisez, que ce n\u2019est pas une contradiction à votre noble intention que nous soyons tous égaux que de vouloir sauvegarder Celui qui a été l\u2019inspiration première de tous ces arrivants de la contrée de nos origines, qui ont voulu faire naître une terre nouvelle pour cette France porteuse encore en son sein d\u2019aventuriers et d\u2019idéalistes spirituels assez forts pour convaincre le roi de venir ici y planter une croix.Non, personne ne viendra enlever cette croix que nos ancêtres ont plantée et ce n\u2019est pas en raison de notre foi inexistante pour plusieurs de ce que nous sommes devenus ou d\u2019une religion, ou même encore en raison du passage de l\u2019un de nos premiers ministres de notre histoire, qui l\u2019a accrochée là au-dessus de celui qui préside à nos destinées nationales, que nous demandons cette interdiction, mais bien plutôt par respect et au nom de l\u2019histoire envers ceux et celles qui, un jour, ont quitté courageusement leur pays pour venir fonder ici une nouvelle France au nom de leur foi, sans laquelle personne autrement que ceux dévoués à des fins commerciales ou politiques n\u2019auraient plus improbablement qu\u2019autrement osé venir ici s\u2019établir.Non, ce n\u2019est pas en raison de ce que nous sommes devenus à ce jour que je m\u2019oppose au retrait de ce crucifix en notre illustre assemblée, mais bien en raison même de notre devise nationale, laquelle nous commande de toujours nous souvenir et au nom du pourquoi nous existons encore aujourd\u2019hui, et ce, sans rapport à notre foi ou à l\u2019absence de celle-ci en nos vies.Enlever le crucifix signifierait que nous n\u2019aurions plus de passé en tant que peuple, et il est bon que tous ceux et celles qui arrivent sur notre terre sachent et respectent les idéaux qu\u2019ont portés les fondateurs et fondatrices de notre nation, et ce, peu importe les différences qu\u2019un jour nous porterons par rapport à ce que nous avons pu être dans notre passé. LEDEVOIR // LE JEUDI 28 MARS 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.L Quand laïcité fait lois Petit tour du monde d\u2019un grand principe e Québec réaffirme sa laïcité en ce jour solennel, mais la laïcité, qu\u2019est-ce que c\u2019est ?« Ce n\u2019est pas une opinion mais la possibilité d\u2019en avoir une », résume joliment un document de l\u2019Observatoire de la laïcité de France, organisme- conseil du gouvernement depuis 2013.Le rapporteur général, Nicolas Cadène, joint à Paris, reprend et complète la formule synthétique.« On peut définir la laïcité ainsi, mais ce n\u2019est pas que ça, dit-il.La laïcité, c\u2019est le principe qui permet, vis-à-vis des convictions, la déclinaison des valeurs de la République française: liberté, égalité et fraternité.C\u2019est d\u2019abord la liberté de conscience et la liberté d\u2019exprimer ses convictions, religieuses ou non, dans le respect de l\u2019ordre public.C\u2019est ensuite l\u2019égalité de tous devant la loi et l\u2019administration publique, quelles que soient leurs convictions ou leur religion.Tout cela concourt finalement à la citoyenneté commune, à la fraternité.» Micheline Milot, professeure de sociologie de l\u2019UQAM, spécialiste du sujet de l\u2019heure, explique que cette idée très moderne remonte aux penseurs libéraux anglais du XVIIe siècle, notamment John Locke (1632-1704), qui voulait détacher le monde politique de la religion.L\u2019État de droit et des libertés individuelles s\u2019est ensuite construit autour de ce concept fondamental de la modernité.Seulement, il y a la manière.Ou plutôt plusieurs manières de mettre en pratique cette position théorique.« La laïcité est un projet politique avant d\u2019être un projet social, explique la professeure Milot.Avec ce principe, l\u2019État s\u2019émancipe de la tutelle du religieux pour confectionner des lois valables pour tous les citoyens.Il peut donc Le projet de loi sur la laïcité est déposé jeudi à l\u2019Assemblée nationale.D\u2019où vient ce principe ?Comment s\u2019est-il appliqué dans le monde ?Et quel est le modèle suivi ici ?STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Selon Micheline Milot, sociologue des questions religieuses, ce qui tente de se faire au Québec actuellement semble copier ce qui s\u2019est passé il y a plus d\u2019un siècle en France.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Sortir de la crise des accommodements raisonnables LEGAULT SUITE DE LA PAGE A 1 7 novembre 2006 Une congrégation juive orthodoxe est irritée par la vue de femmes en tenue sportive qui s\u2019entraînent dans un YMCA de Montréal.Elle demande \u2014 et obtient \u2014 l\u2019installation de vitres « givrées » dans la salle d\u2019entraînement.25 janvier 2007 Le conseil municipal d\u2019Hérouxville, en Mauricie, adopte un « code de vie », qui prévoit notamment l\u2019interdiction de la lapidation et de l\u2019excision des femmes.« La situation d\u2019Hé- rouxville est un cas isolé et demeurera un cas isolé », a dit le premier ministre Jean Charest, rappelant que la lapidation est déjà interdite au pays.19 mars 2007 Un reportage sur une cabane à sucre de Mont-Saint-Gré- goire où l\u2019on offre de la soupe aux pois sans porc à la clientèle musulmane est diffusé.10 septembre 2007 Le premier ministre Jean Charest confie à Charles Taylor et Gérard Bouchard la tâche de coprésider la commission d\u2019enquête sur les pratiques d\u2019accommodements.« Je crois dans la diversité qui enrichit notre identité, mais je dénonce le zèle religieux qui l\u2019appauvrit », a déclaré M.Charest en Chambre.22 Mai 2008 Après un an et demi de travaux, le sociologue Gérard Bouchard et le philosophe Charles Taylor préconisent l\u2019interdiction des signes religieux aux agents de l\u2019État exerçant un pouvoir de coercition, entre autres choses.24 mars 2010 La ministre libérale Kathleen Weil dépose le projet de loi 94 à l\u2019Assemblée nationale.Celui-ci prescrit que tout employé de l\u2019État et toute personne qui reçoit des services publics doivent avoir le visage découvert.Après s\u2019être enlisé en commission parlementaire, le projet de loi meurt au feuilleton.9 février 2011 L\u2019Assemblée nationale se prononce à l\u2019unanimité contre le port du kirpan dans le parlement.1er octobre 2013 Après avoir arraché leur t-shirt, deux membres des Femen dénoncent la présence du crucifix du haut des estrades du Salon bleu.La période de questions de l\u2019Assemblée nationale est interrompue.7 novembre 2013 Le ministre péquiste Bernard Drainville dépose le projet de loi 60.La « Charte des valeurs québécoises » prévoit l\u2019interdiction de signes religieux ostensibles aux nouveaux employés des secteurs public et parapublic.Aux yeux de M.Le- gault, le projet de loi 60 est « trop radical ».« Je ne crois pas, moi, que les Québécois, par exemple, souhaiteraient qu\u2019une infirmière ou une employée de bureau n\u2019ait pas le droit de porter une croix à son cou », soutient- il.La charte meurt au feuilleton quatre mois plus tard avec le déclenchement des élections générales.14 février 2017 Volte-face.Charles Taylor tente de dissuader les élus de légiférer pour interdire le port de signes religieux ostensibles aux employés de l\u2019État en position de coercition.Le contexte sociopolitique n\u2019est plus le même depuis l\u2019attentat commis à la grande mosquée de Québec, estime-t-il.18 octobre 2017 La ministre libérale Stéphanie Vallée fait adopter le projet de loi sur la neutralité religieuse de l\u2019État.L\u2019application de l\u2019article 10 de la « loi 62 » prévoyant qu\u2019une personne offrant ou recevant un service public « doit avoir le visage découvert » est suspendue dans la foulée d\u2019une contestation judiciaire.Août 2018 François Legault, qui s\u2019est fait reprocher à plus d\u2019une reprise de souffler sur les braises de l\u2019intolérance par Philippe Couillard, promet de légiférer dès la première année d\u2019un gouvernement caquiste pour renforcer la laïcité de l\u2019État québécois.François Legault a invité mercredi la classe politique à sortir de la crise des accommodements raisonnables en se ralliant au projet de loi de « compromis » rédigé par le ministre Simon Jo- lin-Barrette.Selon nos informations, celui-ci prévoira notamment une interdiction du port de signes religieux pour les agents de l\u2019État en position de coercition \u2014 policiers, constables spéciaux, gardes du corps, procureurs, juges, gardiens de prison \u2014 ainsi que les directeurs et les enseignants des écoles primaires et secondaires publiques.«Ça n\u2019a pas été réglé depuis douze ans, maintenant.J\u2019aimerais qu\u2019on tourne la page et qu\u2019on parle de santé, d\u2019éducation, d\u2019économie», a-t-il fait valoir.«Donc, j\u2019aimerais que ce soit réglé pour l\u2019été.» Avec Dave Noël y avoir une laïcité sans sécularisation forte.C\u2019est le cas en Uruguay et au Mexique au XIXe siècle et en Turquie au XXe siècle.En France, en 1905, quand a été adoptée la loi de la séparation de l\u2019Église et de l\u2019État, la société n\u2019était pas très sécularisée.» E pluribus unum La mise en œuvre dépend souvent de l\u2019emprise historique de la religion dans une société donnée.Les exemples les plus radicaux viennent des régimes totalitaires, comme l\u2019URSS.La laïcisation de l\u2019État turc sous Ataturk et celle de la France en 1905 ont aussi été assez brutales et radicales.Le Nouveau Monde n\u2019a pas connu les alliances fortes des pouvoirs temporels et spirituels qui ont façonné l\u2019Europe.À tout prendre, la professeure Milot cite les États-Unis comme modèle paradoxalement le plus strict de laïcité.La Constitution des États-Unis adoptée en 1788 déploie une politique agnostique.Son premier amendement dit que « le congrès n\u2019adoptera aucune loi relative à l\u2019établissement d\u2019une religion ».Elle demeure pourtant omniprésente dans cette république dont la devise sur la monnaie annonce « In God We Trust » depuis les années 1950 (en pleine guerre froide).Mais le plus souvent, la religion s\u2019y affirme comme « déisme institutionnel » (souligné par Mme Milot), comme une sorte de socle spirituel commun et consolateur, libre à chacun d\u2019interpréter à sa guise le God Bless America ! « La laïcité américaine correspond à l\u2019idée de Locke, dit la sociologue du politico-religieux.L\u2019État américain s\u2019est séparé des normes religieuses et les citoyens sont libres d\u2019exprimer leurs différentes convictions, y compris les fonctionnaires.En France, on parle plutôt d\u2019un système de religions quasi établies puisque l\u2019État les reconnaît, a nationalisé les églises et les cathédrales, subventionne les écoles confessionnelles à un très haut pourcentage qui serait absolument inacceptable aux États-Unis.» Neutre et impartial Le rapporteur de l\u2019Observatoire explique autrement la position de la République française.« Quand vous êtes fonctionnaire pour une municipalité ou une région, vous ne vous représentez pas vous-même, vous représentez cette administration, dit M.Ca- dène.Vous êtes donc soumis à la neutralité comme l\u2019administration.» La règle s\u2019applique partout, dans les tribunaux, les bibliothèques municipales, les crèches, les corps policiers, les hôpitaux ou les écoles publiques.Depuis 2008, une nouvelle disposition demande aux élèves des établissements primaires et secondaires d\u2019être discrets avec leurs signes religieux.Une petite étoile de David, oui ; une kippa, non.«On considère que les élèves doivent apprendre les bases du savoir sans pression extérieure et doivent pouvoir se forger librement des opinions et un esprit critique, explique M.Cadène.Après, une fois majeurs, une fois à l\u2019université, ils font ce qu\u2019ils veulent, même porter un signe religieux ostensible.» Le Québec semble sur le point de suivre en partie cette vieille voie française.Micheline Milot parle d\u2019une décision « anachronique », qui va vraisemblablement nécessiter l\u2019utilisation de la disposition de dérogation pour soustraire la loi sur la laïcité de l\u2019épreuve de la Charte.« Ce qui tente de se faire au Québec actuellement semble copier ce qui s\u2019est passé il y a plus d\u2019un siècle en France, dit-elle.Il y avait nécessité à l\u2019époque.Un État est quand même maintenant responsable d\u2019expliquer pourquoi il est inacceptable qu\u2019un citoyen exprime ses convictions.En quoi cela est-il nocif dans un État de droit dans lequel les libertés sont reconnues constitutionnellement ?» LE QUÉBEC ET LA LAÏCITÉ La laïcité est un projet politique avant d\u2019être un projet social.Avec ce principe, l\u2019État s\u2019émancipe de la tutelle du religieux pour confectionner des lois valables pour tous les citoyens.MICHELINE MILOT » JACQUES NADEAU LE DEVOIR Ça n\u2019a pas été réglé depuis douze ans, maintenant.J\u2019aimerais qu\u2019on tourne la page et qu\u2019on parle de santé, d\u2019éducation, d\u2019économie.FRANÇOIS LEGAULT » "]
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