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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-03-08, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 50 / LE VENDREDI 8 MARS 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM Voter et s\u2019émanciper Au Québec, les femmes ont dû lutter pendant près d\u2019un siècle pour pouvoir retourner aux urnes, rappelle l\u2019historienne Denyse Baillargeon JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR R épublicain, le chef patriote Louis-Jo- seph Papineau se prononce contre le droit de vote accordé aux femmes jusqu\u2019aux années 1830.Il dit : « Quant à l\u2019usage de faire voter les femmes, il est juste de le détruire.» Un réactionnaire, ce Papineau ?Mais non.Inspiré par la générosité des idées de Jean-Jacques Rousseau, il en adopte aussi les travers, montre Denyse Baillargeon dans Repenser la nation, l\u2019histoire la plus complète publiée à ce jour pour qui souhaite comprendre l\u2019histoire du suffrage féminin au Québec.Au XIXe siècle, une conception masculine de la citoyenneté devient plus que jamais le propre des démocraties.Tout comme les révolutionnaires français ou anglais, les patriotes de 1837-1838 vont considérer que le droit de vote est à réserver aux hommes, au prétexte que ce sont eux qui assurent la défense du bien commun.Ils croient volontiers que la maternité et l\u2019éducation sont les premiers devoirs des femmes et que, conséquemment, leur contribution à la nation les confine à la sphère privée.Très avancés sur bien des tableaux sociaux, les patriotes tournent néanmoins le dos à la représentation des femmes, et cela, au nom même de leur idéal républicain, dans l\u2019état d\u2019esprit qui gouverne alors les consciences tumultueuses de ces révolutionnaires.Quelques années plus tôt, rappelle Denyse Baillargeon, cette opposition au droit de vote des femmes ne constitue pas un point de vue commun aux patriotes, mais bien à leurs opposants.Ce n\u2019est que graduellement que cette idée de l\u2019exclusion des femmes, défendue d\u2019abord par des Torys impérialistes, va se généraliser.En 1832, durant une élection partielle âprement disputée, on voit désormais cette position se cristalliser : la présence des femmes au bureau de scrutin est plus contestée que jamais.L\u2019idée que seuls les hommes ont les capacités de développer et d\u2019affirmer des convictions politiques s\u2019affirme.Deux ans plus tard, les députés de l\u2019Assemblée, tous des hommes, adoptent une première loi excluant les femmes du vote.Pourtant, rappelle l\u2019historienne, le vote des femmes était à majorité favorable aux patriotes.Ce ne sont donc pas des motifs électoralistes qui INDEX Avis légaux.B8 Culture .B1 Décès .A4 Économie.B6 Éditorial .A8 Grille TV.B2 Idées.A9 Météo .B9 Monde.A6 Mots croisés.B9 Sports.B9 Sudoku .B9 CINÉMA Hommage à la monteuse Ziva Postec B 3 MONDE Une peine de 47 mois de prison pour Paul Manafort A 7 ZEITGEIST Des aventurières aux pays des montagnes B 10 Pour suivre l'actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.Les suffragettes québécoises vont se rendre à 15 reprises au parlement à Québec, entre 1922 et 1940, afin de militer pour l\u2019obtention du droit de vote des femmes.Ici à l\u2019une de ces occasions, par un hiver des années 1920, on voit Idola Saint-Jean, Antoinette Mercure et Nora Sampson de l\u2019Alliance canadienne pour le vote des femmes du Québec.COLLECTION ALAIN GARIÉPY, ASSEMBLÉE NATIONALE DU QUÉBEC HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Justin Trudeau regrette peut-être l\u2019« érosion de confiance » entre son bureau et son ancienne ministre de la Justice révélée pendant l\u2019affaire SNC-Lava- lin, mais il ne regrette pas les interventions qui ont été faites par lui ou son entourage en faveur du géant québécois.Elles étaient nécessaires pour préserver des emplois.Et il laisse entendre que Jody Wilson-Raybould n\u2019était tout simplement pas disposée à les entendre.« Il y avait effectivement une différence de perspectives», a reconnu jeudi M.Trudeau au cours d\u2019une conférence de presse se voulant sa réplique à toute l\u2019affaire qui secoue son gouvernement.« On considérait que Mme Wilson- Raybould était toujours disposée à considérer de nouveaux facteurs dans cette décision.On apprend maintenant que non seulement elle n\u2019était pas ouverte à ça, mais elle considérait que AFFAIRE SNC-LAVALIN « Ça fait partie de notre job » Justin Trudeau regrette l\u2019« érosion de confiance » entre son bureau et Jody Wilson-Raybould, mais pas les interventions en faveur du géant québécois chaque fois qu\u2019on lui en parlait, c\u2019était inapproprié.Pour moi et mon équipe, continuer à parler d\u2019un enjeu aussi important, ça fait partie de notre job.» Les témoignages en comité parlementaire mercredi ont permis d\u2019apprendre que Mme Wilson-Raybould s\u2019est décidée en sept jours à ne pas intervenir pour ordonner à la directrice des poursuites pénales (DPP) de négocier un accord de poursuite suspendue (APS).Était-il acceptable que sa ministre se ferme si rapidement dans le processus ?M.Trudeau a refusé de répondre, plaidant que des causes impliquant SNC-Lavalin étaient devant les tribunaux.« Ce serait inapproprié pour moi de partager mon opinion là-dessus.» Sur le fond, M.Trudeau estime que son gouvernement avait raison de revenir à la charge dans ce dossier en raison des milliers d\u2019emplois en jeu.Il estime ne pas avoir été malhonnête lorsqu\u2019il a qualifié de « fausses » les allégations contenues dans l\u2019article du Globe and Mail à Justin Trudeau JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE KARL RETTINO-PARAZELLI LE DEVOIR JUSTICE Action collective autorisée contre des sites de réservation hôtelière La Cour supérieure du Québec vient d\u2019autoriser une action collective qui pourrait permettre à des centaines de milliers de Québécois d\u2019être dédommagés après avoir payé des frais hôteliers obligatoires dissimulés sur des sites de réservation comme Expedia.ca.Dans une décision rendue mardi, la juge Chantal Lamarche a autorisé la demande d\u2019action collective déposée il y a un peu plus d\u2019un an par Dany Lus- sier.Celui-ci a fait valoir qu\u2019il a dû acquitter des frais hôteliers obligatoires lors de la réservation d\u2019un forfait de quatre nuits à Las Vegas sur le site Ex- pedia.ca en janvier 2017, et que ces frais n\u2019étaient pas inclus dans le prix total affiché au départ.Il a soutenu que l\u2019existence de ces frais obligatoires mal affichés lors du processus de réservation contrevient à différents articles de la Loi sur la protection du consommateur (LPC) et du Règlement sur les agents de voyages.Concrètement, M.Lussier affirme avoir dû payer des frais obligatoires de 29,48 $US par nuitée qui ne sont apparus qu\u2019à la toute fin du processus de réservation, en petits caractères.Il estime donc que le site Expedia.ca contient des informations « fausses » et « trompeuses », alors que la LPC VOIR PAGE A 2 : CRISE VOIR PAGE A 2 : ACTION VOIR PAGE A 4 : FEMMES ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE VENDREDI 8 MARS 2019 DOSSIER DU SAMEDI Serait-ce le mal de l\u2019heure chez les jeunes ?La proportion d\u2019élèves du secondaire qui se disent anxieux a presque doublé en six ans, de 9 % à 17 %.Et tant le système scolaire que les parents se demandent comment y répondre.TEXTES MARCO FORTIER PHOTOS VALÉRIAN MAZATAUD À LIRE DEMAIN V A L É R I A N M A Z A T A U D Scheer et Singh réclament une rencontre d\u2019urgence du Comité permanent de la justice CRISE SUITE DE LA PAGE A 1 l\u2019origine de toute cette affaire.« Il n\u2019y a jamais eu de pression inappropriée.» Et comment explique-t-il le fait d\u2019avoir rappelé à sa ministre qu\u2019il était le député de Papineau?«Ce commentaire n\u2019était pas de nature partisane.C\u2019est notre travail en tant que parlementaires de défendre les intérêts des communautés qui nous élisent pour les représenter.» Le chef conservateur, Andrew Scheer, qui demande la démission de M.Trudeau dans cette affaire, a remis en question l\u2019argument des 9000 emplois mis en avant par le premier ministre.Selon lui, il n\u2019existe aucune analyse « pour soutenir l\u2019affirmation que des emplois seront perdus ».« Cette interférence n\u2019avait rien à voir avec les emplois.Il s\u2019agissait de protéger une société bien branchée ayant des liens avec le Parti libéral et disposant d\u2019une armée de lobbyistes.» Le bloquiste Gabriel Ste-Marie s\u2019insurge de cette surdité des autres partis d\u2019opposition.« C\u2019est là qu\u2019on voit que tant les néodémocrates que les conservateurs tapent sur les libéraux juste pour faire des gains politiques, mais on ne sent pas que la protection des emplois et du siège social les intéresse.» Sur Twitter, le chef néodémocrate, Jagmeet Singh, a soutenu que « les Canadiens ont perdu confiance » et déploré que M.Trudeau ait tenté de discréditer Mme Wilson-Raybould.Conservateurs et néodémocrates se sont en outre alliés pour réclamer une rencontre d\u2019urgence du Comité permanent de la justice d\u2019ici cinq jours, afin d\u2019y discuter de la possibilité de réinviter l\u2019ancienne ministre à comparaître.Des regrets Le premier ministre a par ailleurs promis d\u2019apprendre de tout cet épisode.Le gouvernement sollicitera l\u2019avis d\u2019experts sur plusieurs enjeux, notamment le double rôle qu\u2019occupent les ministres de la Justice canadiens en agissant aussi comme procureur général.Un avis sera aussi sollicité concernant « les politiques et les pratiques opération- Frais cachés : des centaines de milliers de Québécois pourraient être dédommagés prévoit que « le prix annoncé [par un commerçant, un fabricant ou un publicitaire] doit comprendre le total des sommes que le consommateur devra débourser pour l\u2019obtention du bien ou du service ».Cause défendable La juge Lamarche considère que les arguments avancés par M.Lussier sont défendables et elle lui permet donc d\u2019exercer une action collective au nom de tous les consommateurs québécois qui ont effectué une réservation hôtelière par l\u2019entremise des sites Expe- dia.ca, Hotels.com ou Travelocity.ca « et qui ont dû obligatoirement débourser, pour pouvoir bénéficier de leur réservation, un montant supplémentaire au prix total affiché au moment de la réservation, depuis le 10 janvier 2015 ».Selon les avocats du cabinet Kugler Kandestin qui représentent le demandeur, l\u2019action collective pourrait toucher des « dizaines, voire des centaines de milliers de consommateurs ».Seuls les sites de réservation visés connaissent le nombre exact de clients concernés.Lors de leurs représentations, les sites de réservation ont fait valoir que l\u2019action collective n\u2019est pas défendable parce que les frais obligatoires apparaissent à un moment ou à un autre lors de la transaction.Ils ont également soutenu que la Loi sur la protection du consommateur interdit à un commerçant « d\u2019exiger » un prix supérieur à celui qui est annoncé.Or, les frais en question sont exigés par les hôtels, et non par les sites transactionnels, ont-ils plaidé.«Ce sera au juge saisi du fond de décider, à la lumière de l\u2019ensemble des faits qui auront été prouvés, si l\u2019argument soulevé par les défenderesses voulant qu\u2019elles ne violent pas [un des articles de la LPC] parce que les frais hôteliers ne sont pas exigés par elles doit prévaloir», note la juge Lamarche.Procès attendu La demande d\u2019action collective devrait maintenant faire l\u2019objet d\u2019un procès pour qu\u2019un juge puisse se pencher sur différentes questions de droit et déterminer, s\u2019il y a lieu, le montant des indemnités à verser aux consommateurs.En vertu de la décision de la juge Lamarche, Dany Lussier pourra réclamer des dommages correspondant à la somme des frais hôteliers obligatoires payés depuis le 10 janvier 2015 et des dommages punitifs.Me Pierre Boivin, l\u2019un des procureurs représentant M.Lussier, souhaite aller en procès «le plus vite possible», «peut- être d\u2019ici un an ou deux».Il se pourrait également que l\u2019action collective fasse l\u2019objet d\u2019un règlement à l\u2019amiable.À ce stade-ci, il n\u2019est donc pas certain que les consommateurs qui ont utilisé les sites de réservation visés obtiendront une indemnité, mais Me Boivin « a très bon espoir que les consommateurs vont être dédommagés au bout du compte ».« Ce que je retiens de la décision du juge, c\u2019est que les manières de procéder [des sites visés] sont problématiques et qu\u2019elles méritent un procès, dit-il.Ça va donner la chance aux consommateurs québécois d\u2019obtenir un jugement au mérite sur le commerce en ligne, particulièrement dans le domaine du voyage.» À son avis, le jugement final dans ce dossier pourrait avoir un impact plus général sur le commerce en ligne au Québec et le respect des lois québécoises par des compagnies étrangères faisant affaire dans la province.Appel envisagé « Nous sommes évidemment déçus du jugement d\u2019autorisation et évaluons la possibilité de présenter une demande pour permission d\u2019en appeler », a réagi par courriel l\u2019une des avocates de la défense, Me Margaret Weltrowska.Elle insiste cependant sur le fait que l\u2019autorisation d\u2019une action collective ne signifie pas que l\u2019affaire est réglée sur le fond.« Ce n\u2019est qu\u2019une fois l\u2019action autorisée que les défenderesses peuvent faire valoir leurs moyens de défense.Or, nous estimons que nous avons d\u2019excellents arguments en défense et comptons les présenter lors d\u2019un débat au mérite, le cas échéant », écrit-elle.Si le jugement sur le fond devait donner raison à Dany Lussier, tous les Québécois concernés par l\u2019action collective y seraient automatiquement inscrits et pourraient ensuite décider de s\u2019en exclure, s\u2019ils le souhaitent.nelles du conseil des ministres, de la fonction publique et du personnel politique sur des questions juridiques et de façon plus générale ».M.Trudeau a en outre reconnu qu\u2019il avait visiblement mal jaugé les sentiments de son ancienne ministre dans toute cette affaire.« Ce qui est devenu clair, c\u2019est que la confiance s\u2019est érodée entre mon bureau \u2014 plus précisément mon ancien secrétaire principal [Gerald Butts] \u2014 et l\u2019ancienne ministre de la Justice et pro- cureure générale.Je n\u2019étais pas au courant de cette érosion de confiance.En tant que premier ministre et chef du conseil des ministres, j\u2019aurais dû l\u2019être.» Le premier ministre a laissé entendre que ses deux ministres démissionnaires pourront rester au sein du caucus.« Mme Wilson-Raybould et la Dre [Jane] Philpott ont toutes deux indiqué qu\u2019elles désiraient continuer d\u2019être membres du caucus libéral, ce qui veut dire qu\u2019elles croient encore fondamentalement en notre programme.» Et à ceux qui trouvent qu\u2019il ne fait peut-être pas preuve d\u2019assez de poigne, M.Trudeau a ceci à dire : « Il y a plusieurs styles de leadership.Une des théories est que les leaders les plus efficaces sont ceux qui privilégient l\u2019affrontement et qui sont durs à l\u2019excès.Ce n\u2019est pas ce que je crois.Je crois que le leadership, c\u2019est une affaire d\u2019écoute, d\u2019apprentissage et de compassion.» La députée Celina Caesar-Chavannes ne partage pas cette impression que son chef a de lui-même.Sur son compte Twitter, elle a repris cette citation de M.Trudeau et y a joint ceci : « Je suis venue te voir.Deux fois.Tu te souviens de ta réaction ?» La députée libérale avait appuyé chacune des deux ministres après leur démission respective.Elle a annoncé qu\u2019elle ne serait pas candidate cet automne.Elle n\u2019a pas répondu à l\u2019appel du Devoir.Genèse d\u2019un mois de scandale L\u2019ex-ministre de la Justice, Jody Wilson- Raybould, a accusé le premier ministre et son entourage la semaine dernière de lui avoir fait subir des pressions indues et répétées, dans le but de la convaincre d\u2019intervenir pour négocier un accord de réparation avec SNC-Lavalin.Gerald Butts a nié cette version des faits, mercredi, martelant que ses collègues et lui-même avaient simplement tenté de convaincre Mme Wilson- Raybould de solliciter un avis juridique externe pour l\u2019aider à prendre une décision finale.SNC-Lavalin fait face à des accusations de fraude et de corruption.La DPP a annoncé, le 4 septembre dernier, qu\u2019elle ne négocierait pas d\u2019APS \u2014 ce qui lui aurait permis d\u2019éviter une condamnation en échange d\u2019un aveu de culpabilité et d\u2019une amende salée.Mme Wilson-Raybould a démissionné du cabinet il y a trois semaines.Son amie et collègue Jane Philpott lui a emboîté le pas lundi.Avec Marie Vastel Justin Trudeau a reconnu qu\u2019il avait visiblement mal jaugé les sentiments de l\u2019ancienne ministre Jody Wilson- Raybould dans l\u2019affaire SNC-Lavalin.FRED CHARTRAND LA PRESSE CANADIENNE ACTION SUITE DE LA PAGE A 1 CHRISTIAN RIOUX LA CHRONIQUE DE CHRISTIAN RIOUX FAIT RELÂCHE CETTE SEMAINE ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE VENDREDI 8 MARS 2019 MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR Une série de moyens de pression sont adoptés par les étudiants au doctorat en psychologie de plusieurs universités québécoises afin de dénoncer le manque de bourses pour le programme d\u2019internat.Des journées de grève ont été votées à l\u2019Université Laval, à l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières et à l\u2019Université de Sherbrooke, rapporte la Fédération des doctorantes et doctorants en psychologie du Québec (FIDEP).La FIDEP organisera d\u2019ailleurs une manifestation le 20 mars devant l\u2019Assemblée nationale.ÉDUCATION Grève des doctorants en psychologie Les étudiants revendiquent une bonification du programme d\u2019internat GUILLAUME LEPAGE LE DEVOIR En plus de la suspension provisoire du directeur général de la Sûreté du Québec, Martin Prud\u2019homme, deux policiers de la SQ ont été affectés à des tâches administratives, le temps que le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) fasse la lumière sur les fuites médiatiques à l\u2019UPAC et l\u2019arrestation du député Guy Ouellette.Les deux policiers en question sont André Boulanger et Caroline Grenier-Lafontaine.M.Boulanger a été directeur des opérations de l\u2019Unité permanente anticorruption sous le commissaire Robert Lafrenière, avant de démissionner en avril 2018.Il est ensuite retourné à la SQ.Mme Grenier-Lafontaine a quant à elle été partie prenante de l\u2019enquête menant à l\u2019arrestation de Guy Ouellette, en octobre 2017.La raison exacte de leur mutation à des tâches administratives demeure mystérieuse.La Sûreté du Québec s\u2019est refusée à tout commentaire sur le dossier, jeudi.Tout comme le cabinet de la ministre de la Sécurité publique et le Bureau des enquêtes indépendantes.Mercredi, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a annoncé que Martin Prud\u2019homme était relevé de ses fonctions, visé par « une allégation relative à des infractions criminelles ».La nature de l\u2019allégation et la période concernée n\u2019ont pas été précisées par Québec.Mme Guilbault n\u2019a pas non plus indiqué si les faits allégués concernent les fonctions professionnelles ou la vie privée de M.Prud\u2019homme.Réactions de l\u2019opposition L\u2019enquête a été confiée au BEI, dont le mandat est notamment de faire la lumière sur « toute allégation relative à une infraction criminelle commise par un policier ».L\u2019ex-numéro un du plus important corps policier de la province a été rencontré mercredi, mais il n\u2019a pas été arrêté et ne fait face à aucune accusation.Si la décision et la rapidité d\u2019exécution du gouvernement ont été saluées par Christine St-Pierre, la porte-parole libérale en matière de sécurité publique a demandé à ce que «la lumière soit faite rapidement».«On parle d\u2019un homme dont la crédibilité était sans tache, de quelqu\u2019un qui avait le qualificatif de \u201csu- per-policier\u201d, a-t-elle déclaré jeudi matin au micro de Radio-Ca- nada.Il faut que les choses soient éclaircies très rapidement.» De son côté, le Parti québécois n\u2019a pas souhaité s\u2019exprimer.« L\u2019enquête est en cours et on n\u2019a pas plus d\u2019informations que le public », a fait savoir un porte-parole du parti.Le directeur adjoint de la SQ, Mario Bouchard, assurera l\u2019intérim durant l\u2019enquête du BEI, a en outre fait savoir mercredi la ministre Guilbault.Avec Marco Bélair-Cirino Deux autre policiers de la SQ affectés à des tâches administratives ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR Facebook emboîte le pas à Pinterest et YouTube et compte à son tour lutter contre les messages de désinformation sur les vaccins, qui circulent en abondance sur sa plateforme.Le réseau social en a fait l\u2019annonce jeudi par voie de communiqué.Il s\u2019est ainsi engagé à réduire la portée des groupes et des pages qui propagent des informations erronées sur le sujet dans le « fil d\u2019informations » et dans le fil de « recherches » des abonnés.Ils ne seront plus visibles dans les recommandations faites par Facebook ou dans la fenêtre de recherche de la plateforme.Les publicités anti-vaccins seront également rejetées.« Pour les comptes d\u2019annonces qui continuent de violer nos règles, nous pourrons prendre d\u2019autres mesures, telles que la désactiva- tion du compte », précise Monika Bickert, responsable de la Global Policy Management.Elle ajoute que le réseau cherche actuellement des façons de faire contrepoids à ces fausses nouvelles en présentant aux abonnés qui tomberaient dessus des informations pédagogiques et justes sur les vaccins.Le mois dernier, Pinterest et YouTube avaient annoncé des mesures similaires.Sous pression Il faut dire que les réseaux sociaux sont particulièrement montrés du doigt ces derniers temps, accusés de donner un coup de pouce aux anti-vaccins en laissant leurs fausses nouvelles être partagées librement sur leur plateforme.Car pendant ce temps, les épidémies de rougeole, par exemple, continuent d\u2019éclater dans le monde.L\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS) et l\u2019Unicef ont d\u2019ailleurs tiré la sonnette d\u2019alarme en février, déplorant que des informations fausses sur le vaccin qui permet d\u2019éviter d\u2019attraper cette maladie grave et très contagieuse soient autant diffusées dans les pays développés.« Même si les médias traditionnels diffusent la bonne information, des groupes se forment sur les réseaux sociaux pour les contredire, des blogueurs et des activistes y trouvent une voix pour partager leur opinion anti-vac- cin », déplore le titulaire de la chaire de MÉDIAS Lutte contre la désinformation ou guerre de relations publiques ?À son tour, Facebook veut mettre fin aux messages anti-vaccins recherche Bell Globemedia sur le journalisme scientifique, Jean-Marc Fleury, qui se réjouit de la décision de Facebook.La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec voit aussi d\u2019un bon œil cette décision, assurant que « moins il y aura d\u2019exposition pour la désinformation, basée trop souvent sur l\u2019ignorance et des préjugés non fondés scientifiquement, mieux ce sera ».Relations publiques De son côté, le professeur de communication sociale et publique à l\u2019UQAM Alexandre Coutant se montre plutôt sceptique.Il trouve que cette prise de conscience des géants du Web arrive un peu tard et se questionne sur l\u2019incidence réelle de leurs actions.«Les fausses informations ne sont pas arrivées avec Facebook, il y aura toujours les discussions autour d\u2019un café les dimanches en famille, où quelqu\u2019un ressortira ses remèdes alternatifs et ses critiques de l\u2019industrie pharmaceutique.» L\u2019annonce de Facebook n\u2019est qu\u2019une « guerre de relations publiques » avec les autres plateformes.À ses yeux, ajouter un filtre permet au réseau social de ne pas se positionner concrètement sur cet enjeu et de ne pas avoir à engager des personnes capables d\u2019évaluer la qualité de l\u2019information.« Facebook s\u2019appuie sur l\u2019algorithme, c\u2019est ça le problème, car il est incapable de capter ce qui est vrai ou faux.» Un avis partagé par Jonathan Roberge, chercheur à l\u2019Institut national de la recherche scientifique (INRS), qui s\u2019inquiète surtout de voir Facebook « être capable de jouer sur les grands paramètres ou mesures de la visibilité en ligne».« L\u2019autorégulation des plateformes est logiquement et pratiquement risquée.[Mais] si les gouvernements ne veulent pas davantage intervenir, qui alors pourra faire pression sur ceux qui doivent faire pression ?» s\u2019inter- roge-t-il, lançant la balle du côté des gouvernements.L\u2019Association des étudiant(e)s aux cycles supérieurs en psychologie de l\u2019Université Laval a également adopté une résolution en faveur d\u2019un boycottage de « l\u2019appariement des stages de l\u2019année 2019-2020 et de l\u2019internat de 2020-2021 jusqu\u2019à la résolution du conflit ».Des assemblées générales se tiendront dans d\u2019autres campus dans les prochains jours, indique la FIDEP, afin de déterminer si des moyens de pression seront adoptés.Selon la FIDEP, lors de la prochaine année universitaire, des dizaines d\u2019internes en psychologie seront privés de la bourse de 25 000 $ promise par Québec.Ces étudiants au doctorat effectueront pourtant le même internat obligatoire de 1600 heures que leurs collègues qui recevront la bourse.Le programme est en quelque sorte « victime de son succès », explique Nick Corri- veau-Lecavalier, responsable des communications pour la FIDEP.Estimés dépassés Après que les étudiants ont déployé une série de moyens de pression en 2016-2017, le gouvernement Couillard avait promis, à compter de 2017, d\u2019offrir 250 bourses de 25 000 $ par année aux étudiants au doctorat en psychologie qui font leur internat dans le secteur public ou parapublic.Avant cela, les étudiants qui effectuaient leur internat dans le réseau public ne recevaient aucun dédommagement.Ils effectuent pourtant 80 % de la tâche d\u2019un psychologue, estime la FIDEP.Or, la demande pour le programme de bourses dépasse les estimations réalisées à l\u2019époque par Québec et les universités.« Il y a beaucoup plus d\u2019internes qui vont vers le réseau public, ce qui était d\u2019ailleurs un des objectifs de ce programme », pointe M.Corriveau- Lecavalier.Pour que tous les internes soient traités équitablement, la FIDEP réclame du gouvernement qu\u2019il octroie un nombre supplémentaire de bourses.Interrogé à ce sujet, Francis Bou- chard, attaché de presse du ministre de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, indique que le ministre s\u2019est « engagé à présenter des scénarios d\u2019ici la fin du mois d\u2019avril ».Il assure également que ce « programme sera revu dans le cadre de nos travaux actuels sur la compensation et l\u2019encadrement des stages ».La Voie lactée, notre galaxie, pèserait environ 1,5 milliard de milliards de masses solaires selon des données combinées de la mission Gaia de l\u2019Agence spatiale européenne (ESA) et du télescope spatial Hubble.Les astronomes cherchent toujours à définir la masse de la Voie lactée, les précédentes estimations variant de 500 milliards à 3 milliards de milliards de fois la masse du Soleil.Pour tenter de mieux évaluer cette masse, des astronomes ont combiné les données récoltées par le télescope spatial européen Gaia mis en orbite par l\u2019Agence spatiale européenne en 2013 et par le célèbre Hubble.Ils ont mesuré la vitesse d\u2019amas globulaires, de denses regroupements d\u2019étoiles qui orbitent autour de la galaxie à des distances énormes.TRAVIS HEYING THE WICHITA EAGLE/ASSOCIATED PRESS Le poids de la Voie lactée Monika Bickert, responsable de la Global Policy Management chez Facebook CHIP SOMODEVILLA GETTY IMAGES/AGENCE FRANCE-PRESSE Selon la FIDEP, lors de la prochaine année universitaire, des dizaines d\u2019internes en psychologie seront privés de la bourse de 25 000 $ promise par Québec LEDEVOIR // LE VENDREDI 8 MARS 2019 ACTUALITÉS A 4 MARLÈNE THOMAS LIBÉRATION Les femmes représentent plus de la moitié de l\u2019humanité.Pourtant, du téléphone portable au gilet pare-balles en passant par les toilettes, les objets du quotidien ont pour la plupart été conçus et réfléchis en se basant sur des normes masculines.C\u2019est le constat que dresse la journaliste britannique Caroline Criado-Pe- rez.Pendant trois ans, elle a récolté des données permettant de mettre en évidence que les femmes sont rendues « invisibles » dans la conception des objets.Une enquête retranscrite dans l\u2019ouvrage Invisible Women.Exposing Data Bias in a World Designed for Men, paru au Royaume-Uni le 7 mars.Un extrait publié dans le Guardian, le samedi 23 février, met en lumière certains exemples où les femmes ont été oubliées, les obligeant à s\u2019adapter ou les mettant même dans des situations dangereuses.Comme le montre une étude sur les risques d\u2019exposition aux radiations nucléaires citée par l\u2019au- teure : les femmes sont plus menacées, les normes de référence ayant été établies pour un homme blanc de 25- 30 ans pesant 70 kilos.La fausse équité des toilettes Premier exemple assez évident : les toilettes.Quelle femme n\u2019a pas connu ce moment rageant lors d\u2019un concert, quand, soumise à une envie pressante, elle se retrouvait face à une file d\u2019attente s\u2019étendant jusque dans le couloir ?D\u2019autant plus insupportable que chez les hommes règnent calme et plénitude.La journaliste précise qu\u2019il existe autant de toilettes pour hommes que pour femmes, la division des surfaces au sol à 50-50 ayant été réglementée par les plombiers.Un partage équitable qui ne règle rien ici.« Le nombre de personnes pouvant se soulager en même temps est beaucoup plus élevé par mètre carré d\u2019espace au sol dans les toilettes pour hommes » grâce à la présence de cabines et d\u2019urinoirs.Si les femmes doivent patienter plus longtemps, ce n\u2019est pas non plus parce qu\u2019elles sont plus nombreuses, mais parce qu\u2019elles mettent 2,3 fois plus de temps que les hommes à uriner.En outre, elles peuvent avoir besoin d\u2019aller plus souvent aux toilettes dans diverses situations : grossesse, changement des protections périodiques\u2026 sans compter que ce sont souvent elles qui accompagnent les enfants aux toilettes.Des particularités ignorées.Téléphones pour grandes mains Du côté des outils numériques, le constat n\u2019est pas plus reluisant.Compagnon de la plupart des femmes comme des hommes, le téléphone intelligent a aujourd\u2019hui une taille moyenne de 5 1/2 pouces (environ 14 cm) « pour que l\u2019homme moyen puisse utiliser son appareil d\u2019une manière assez confortable d\u2019une main ».Là encore, on fait peu de cas des mains en moyenne plus petites des femmes.Et ça ne s\u2019arrête pas là.La reconnaissance vocale pèche aussi.En 2016, Rachael Tatman, chercheuse en linguistique à l\u2019Université de Washington, a découvert que les logiciels de reconnaissance vocale de Google avaient 70 % plus de chances de reconnaître avec précision le langage masculin.Danger, matériel inadapté Ces lacunes vont bien au-delà de l\u2019inconfort.Exemple parlant: le matériel de chantier est lui aussi conçu autour du corps de l\u2019homme.Les vêtements professionnels \u2014 harnais, lunettes de protection, masques anti-poussière, etc.\u2014 ne sont pas adaptés à la morphologie des femmes.Ces dernières ne profitent donc pas des mêmes conditions de sécurité.Taille des briques, des outils à mains ou des sacs de ciment sont eux aussi identiques, ne facilitant pas la tâche des femmes devant les utiliser.Caroline Criado-Perez rapporte aussi un cas tragique où ce matériel inadapté a été fatal à une policière britannique.En 1997, elle a été poignardée et assassinée alors qu\u2019elle pénétrait dans un appartement à l\u2019aide d\u2019un bélier hydraulique.Gênée par son gilet pare-balles, elle l\u2019avait enlevé pour utiliser le bélier.Autre cas : une policière a dû en 1999 subir une réduction mammaire à cause des effets du port de son gilet.Malgré les plaintes déposées depuis vingt ans, les choses ont peu évolué.Beaucoup se plaignent du manque de place pour les seins, qui en plus de l\u2019inconfort, fait remonter le gilet, laissant les femmes sans protection au niveau du ventre.Des voitures pour hommes Cette invisibilisation s\u2019étend jusqu\u2019aux dispositifs de sécurité des voitures.Moins souvent impliquées dans les accidents, les femmes ont toutefois 47 % de risques supplémentaires d\u2019être sérieusement blessées lorsque cela arrive, 71 % d\u2019être légèrement blessées et 17 % de plus de mourir, rapporte la journaliste.« Et tout cela a à voir avec la conception de la voiture.» Au niveau international, en effet, la plupart des mannequins utilisés pour les tests d\u2019impact sont encore moulés sur le corps d\u2019un homme de 1,70 m et 76 kilos.Ce n\u2019est qu\u2019en 2011 que les États-Unis ont introduit des mannequins féminins dans les tests de collision, quand un test réglementaire l\u2019exige dans l\u2019Union européenne.Mais des lacunes persistent : le mannequin n\u2019est utilisé que sur le siège passager, ce qui ne permet pas de savoir la manière dont une conductrice serait touchée.D\u2019autant plus que les femmes ne sont souvent pas positionnées de la même manière en raison de leur taille, en moyenne plus petite.Caroline Criado-Perez ajoute : « C\u2019est juste un mannequin masculin réduit.[\u2026] Mais les femmes ne sont pas des hommes réduits.Nous avons une distribution de masse musculaire différente.Nous avons une densité osseuse inférieure.Il existe des différences dans l\u2019espacement des vertèbres.Même notre corps est différent.Et ces différences sont toutes cruciales en ce qui concerne le taux de blessures dans les accidents de la route.» Comme le note la journaliste, il serait enfin temps de concevoir du matériel pensé pour les femmes.DESIGN Les femmes dangereusement oubliées dans la conception des objets du quotidien Ce n\u2019est qu\u2019en 2011 que les États-Unis introduisent des mannequins féminins dans les tests de collision, quand un test réglementaire l\u2019exige dans l\u2019Union européenne.Mais des lacunes persistent : le mannequin n\u2019est utilisé que sur le siège passager, ce qui ne permet pas de savoir la manière dont une conductrice serait touchée.BERTRAND GUAY AGENCE FRANCE-PRESSE Une première femme siège à Québec, en 1961 FEMMES SUITE DE LA PAGE A 1 soutiennent cet interdit, mais bien une nouvelle conception de la société, plus largement partagée qu\u2019on ne pourrait le croire a priori.Qu\u2019en pensent les femmes elles- mêmes?Passionnée d\u2019idées politiques, éduquée, épistolière remarquable, Julie Bru- neau ne fait aucune allusion à cette question dans ses discussions avec son mari, Louis-Joseph Papineau.L\u2019opposition au vote des femmes ne semble pas trouver spécialement d\u2019opposantes.« Il semblerait donc, écrit Bail- largeon, que les femmes partagent l\u2019idéologie des sphères séparées qui est alors en voie de s\u2019imposer et qui les tient en haute estime dans la mesure où elles acceptent le nouveau partage des rôles et des fonctions.» En 1849, dans l\u2019indifférence ou, du moins, dans le silence, le suffrage féminin est formellement interdit.Quel est ce « nouveau » partage de tâches qui conduit à cette suppression du vote ?Pour les femmes, du moins pour les propriétaires et les veuves, c\u2019est-à-dire selon une conception du monde où la démocratie sert d\u2019abord à promouvoir les intérêts des possédants, le vote avait été accordé depuis 1791.À la fin du XIXe siècle, la présence massive des femmes dans les institutions d\u2019intérêt public est incontestable.Elles sont présentes dans des œuvres d\u2019éducation, de soins, de charité.Cette présence va favoriser la naissance de ce qu\u2019on va appeler « le mouvement des femmes ».À un esprit de bienfaisance pétri par des considérations religieuses va succéder une volonté de s\u2019attaquer à la source des problèmes sociaux, dans une vision plus ouvertement politique.En vertu de leurs interventions dans la sphère publique, au nom de cette volonté de réforme sociale qui les anime, les femmes vont s\u2019attribuer un statut de citoyenne qui débouche sur des revendications électorales.Municipal et éducation Les premières luttes pour le suffrage féminin s\u2019engagent à l\u2019échelle municipale et scolaire.Comme l\u2019éducation est un domaine étroitement associé aux femmes, plusieurs voudront se faire élire dans les conseils scolaires où tout, en vérité, dépend déjà d\u2019elles.Denyse Baillargeon dissipe un a priori selon lequel le clergé catholique se montre forcément opposé au suffrage féminin, du moins en politique municipale.Par peur d\u2019une trop grande influence des anglophones, le clergé soutient, en certains cas, le vote des femmes.La lutte pour le suffrage universel débute dans les années 1910.Forte d\u2019un succès sur la scène fédérale pendant la Grande Guerre, elle se poursuit dans les années 1920, jusqu\u2019à l\u2019obtention du droit de vote au Québec en 1940.Mais elle se poursuit bien au-delà en ce qui concerne la représentation effective, entre autres pour les femmes autochtones, auxquelles Denyse Baillargeon consacre des passages éclairants.« Le rouge de l\u2019humiliation » Les suffragistes vont devoir longtemps ronger leur impatience.« Nous avons senti le rouge de l\u2019humiliation nous monter au front en mesurant l\u2019injustice qui nous met, en présence de toutes les autres provinces [\u2026], dans un tel état d\u2019infériorité », affirme l\u2019écrivaine Gaé- tane de Montreuil en 1928.Un des opposants les plus notables au vote des femmes ?Henri Bourassa, le fondateur du Devoir, petit-fils de Papineau, mais animé par des idées sociales ultramontaines qui sont étrangères à son illustre aïeul.Reste que pour les femmes, en regard du vote, le résultat demeure le même\u2026 Comment expliquer l\u2019opposition au vote chez les femmes elles-mêmes ?L\u2019émancipation, les sociologues le savent, se structure souvent dans des sphères hétérogènes où ceux qui sont appelés à en profiter le plus comptent au nombre de ceux qui en sont le moins conscients.Sans compter que « les autorités politiques et religieuses au Québec considèrent que le barrage opposé à cette demande [pour le vote des femmes] constitue un autre moyen d\u2019affirmer la différence, sinon la supériorité, du peuple canadien-français »\u2026 En 1940, Le Devoir propose même la tenue d\u2019un référendum québécois sur le droit de vote des femmes, convaincu qu\u2019une majorité d\u2019entre elles le refuseront ! Ce référendum n\u2019aura jamais lieu.Grâce à l\u2019adoption d\u2019une loi par le gouvernement d\u2019Adélard Godbout, les femmes voteront.Mais après ?Dans ce livre-synthèse incontournable pour qui s\u2019intéresse à la vie sociale et politique, Denyse Baillargeon rappelle qu\u2019il faut attendre 1961 pour qu\u2019une première femme, Marie-Claire Kirkland, siège à Québec.En 2019, la parité n\u2019est pas encore chose acquise.Cette question de la parité, rappelle d\u2019ailleurs l\u2019historienne, pose la question de savoir si les femmes font, ou non, de la politique de manière différente des hommes.«Il semble bien difficile de l\u2019affirmer», observe-t-elle.L\u2019égalité, n\u2019est-ce pas aussi le droit de pouvoir faire «aussi pire» que les autres?Repenser la nation L\u2019histoire du suffrage féminin au Québec ?1/2 Denyse Baillar- geon, Éditions du Remue-Ménage, Montréal, 2019, 235 pages LEDEVOIR // LE VENDREDI 8 MARS 2019 ACTUALITÉS A 5 MAGISTRALE RUSSIE ET SES VILLES D\u2019ARTS \u2013 22 JRS 2 ANNULATIONS BON PRIX * Petit groupe! Départ 8 mai (garanti) Voyage UNIQUE.Découvertes INÉDITES ! Les seuls à offrir un circuit authentique de la Russie avec un panorama complet de l\u2019Anneau d\u2019Or (5 jrs): la région de tous les Tsars et des plus beaux villages de Russie, en plus de Saint-Pétersbourg (4jrs) en hôtel 5*, Moscou (5jrs) en hôtel 4*, 6 jrs en Croisière 5* sur la Volga et la Neva, Spectacles, Conférences, Concerts russes, Cours de langues et de danses, Toutes les entrées et visites incluses, Spectacles polyphoniques, Dégustations, Guide-accompagnateur francophone, 59 repas, Service audio, tous les hôtels dans les centres-villes historique et plusieurs autres extras\u2026.TRÉSORS DE GRÈCE \u2013 20 JRS 2 ANNULATIONS BON PRIX Départ 8 mai Accompagné par Françoise Gil Prestations inégalées pour ce circuit terrestre et croisière dans les îles grecs très complet ! Hôtels au coeur des villes, Thessalonique (2 nts), Séjour île de Képhalonie (4nts), Athènes (3 nts), Mykonos, Patmos, Rhodes, Santorin, Crète, Kusadasi, 39 repas, Spectacles, Toutes les entrées et visites incluses, Guides francophones, et plusieurs autres extras\u2026.ESPAGNE & PORTUGAL \u2013 25 JRS Départ : 11 mai 2 ANNULATIONS BON PRIX La meilleur façon de visiter ces deux pays ! Profitez d\u2019être au coeur des villes et prenez le temps de découvrir la culture et les traditions de la péninsule ibérique ! 46 repas, Vins inclus, Hôtels au coeur des villes, Lisbonne (3nts), Madrid (3nts), Cordoue (2nts), Séville (2nts), Grenade (2nts), Barcelone (3nts) et autres villes visitées, Toutes les entrées et visites incluses, Guides locaux et Accompagnateur, Spectacles Dégustations et plusieurs autres extras\u2026 POUR DES VOYAGES PAS COMME LES AUTRES Voyages Symone Brouty Pour des voyages pas comme les autres 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com DÉJA 24 ANS ! 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remettre ma démission.Il mere- cevra dans quelques jours», a annoncé à la presse l\u2019archevêque de Lyon (centre- est), le visage grave, après avoir affirmé «prendre acte de la décision du tribunal», dont il va faire appel.La présidente du tribunal, Brigitte Vernay, l\u2019a déclaré « coupable » de ses silences sur les agressions pédophiles commises sur des scouts avant 1991 par le père Bernard Preynat, dont il fut prévenu par une victime en 2014.Mgr Philippe Barbarin, 68 ans, est le plus haut prélat de l\u2019Église catholique en France.Cardinal, il est l\u2019archevêque de Lyon, qui fut le premier siège épiscopal de France, et « primat des Gaules », un titre datant du XIe siècle.Avant lui, deux évêques avaient été condamnés en France pour des faits similaires, en 2001 et en 2018.La condamnation des silences du cardinal survient après un sommet inédit, fin février, de la hiérarchie de l\u2019Église catholique à Rome, où le pape François a promis « une lutte à tous les niveaux » contre la pédophilie.Les révélations de scandales se multiplient dans le monde: en Australie, le cardinal George Pell, un des plus proches conseillers du pape, a été condamné pour viol sur mineur, et aux États-Unis, l\u2019ex-cardinal Theodore McCarrick a été défroqué à la mi-février après des accusations d\u2019agressions sexuelles.« Choix en conscience » Le jugement reproche au cardinal Barba- rin d\u2019avoir «fait le choix en conscience» de ne rien dire aux autorités judiciaires «pour préserver l\u2019institution à laquelle il appartient».«En voulant éviter le scandale [\u2026] Philippe Barbarin a préféré prendre le risque d\u2019empêcher la découverte de très nombreuses victimes d\u2019abus sexuels par la justice, et d\u2019interdire l\u2019expression de leur douleur».Ses avocats ont immédiatement annoncé qu\u2019ils feraient appel.« La motivation du tribunal ne me convainc pas », a expliqué Jean-Félix Luciani, en relevant qu\u2019il « était difficile pour le tribunal de résister à une telle pression avec des documentaires, un film [sur cette affaire]\u2026 Ça pose de vraies questions sur le respect de la justice.» À l\u2019audience, la procureure Charlotte Trabut n\u2019avait pas requis de peine à l\u2019encontre de Mgr Barbarin et de cinq anciens membres du diocèse poursuivis avec lui, conformément à la décision initiale du parquet de classer l\u2019affaire.Les autres prévenus n\u2019ont pas été condamnés, le tribunal considérant que les faits n\u2019étaient pas constitués pour quatre d\u2019entre eux et prescrits pour le dernier.« L\u2019Église n\u2019est plus une forteresse.C\u2019est devenu une institution comme les autres », avec « des responsabilités », a déclaré jeudi Jean-Pierre Denis, rédacteur en chef de l\u2019hebdomadaire catholique La Vie.Selon lui, « l\u2019institution épiscopale est complètement à terre » et l\u2019Église paie « une facture lourde », celle « d\u2019un énorme retard de 20 ans » sur la gestion des affaires de pédophilie.« Quelque chose d\u2019important se passe », « l\u2019étau se resserre », a pour sa part estimé Christine Pedotti, directrice de la publication Témoignage chrétien, qui avait appelé en septembre à la création en France d\u2019une commission d\u2019enquête parlementaire sur les crimes de pédophilie commis par le clergé.Devant la cathédrale de Lyon, ville où subsiste une réelle ferveur catholique, Geneviève, 67 ans, passe avec sa fille et sa petite-fille et leur parle justement de l\u2019affaire.« On a été vraiment choqués par ce qu\u2019il [Barbarin] a fait.Et puis, il s\u2019en référait toujours à Dieu.Mais il y a quand même des choses qui dépendent de la justice », estime-t-elle, interrogée par l\u2019AFP.« Il aurait dû dénoncer », affirme aussi une ex-enseignante de 73 ans.« Il y a des enfants qui ont besoin d\u2019être secourus, protégés.Et si à 11 h un enfant vient vous parler de ça, à 11 h 10 vous faites le signalement », poursuit-elle.Mais pour Anaïs, 35 ans, venue prier à la cathédrale, « tout est bon pour salir l\u2019Église, pour la casser.Alors que des affaires de pédophilie dans l\u2019Éducation nationale, on sait bien que ça existe », lâche-t-elle.François Devaux, cofondateur de l\u2019association française de victimes « La Parole libérée », qui a soutenu la procédure, a salué, lui, « une grande victoire pour la protection de l\u2019enfance ».Quant à la démission annoncée de Mgr Barbarin, il juge qu\u2019elle arrive « trop tard pour l\u2019Église » : « La décision aurait dû être prise depuis très longtemps.C\u2019est le pape qui aurait dû la prendre.» FRANCE Le cardinal Barbarin va donner sa démission au pape François L\u2019homme d\u2019Église a été condamné pour non-dénonciation d\u2019agressions sexuelles SANTÉ Les vapoteurs souffrent plus souvent de maladies cardiaques Le cardinal Barbarin à son arrivée au tribunal de Lyon, jeudi JEFF PACHOUD AGENCE FRANCE-PRESSE AGENCE FRANCE-PRESSE À WASHINGTON Les vapoteurs souffrent plus souvent de maladies cardiaques que les non-vapo- teurs, selon une grande étude préliminaire dévoilée jeudi aux États-Unis et qui n\u2019établit pas de lien de cause à effet.L\u2019étude des effets des cigarettes électroniques est relativement récente, car elles sont apparues dans la dernière décennie.Aux États-Unis, leur essor rapide a déclenché la panique chez les autorités sanitaires.Dans les écoles secondaires, le nombre d\u2019élèves vapo- tant a augmenté de 78 % en 2018 par rapport à 2017.Les cigarettes électroniques ne contiennent pas de nombreuses substances cancérigènes présentes dans les cigarettes classiques, mais des chercheurs et experts de santé publique s\u2019interrogent sur les éventuelles conséquences du chauffage à haute température des produits contenus dans les cartouches liquides, au-delà des pouvoirs addictifs connus de la nicotine.Dans cette étude, qui sera présentée la semaine prochaine à une réunion du Collège américain de cardiologie, les La condamnation des silences du cardinal survient après un sommet inédit, fin février, de la hiérarchie de l\u2019Église catholique à Rome, où le pape François a promis « une lutte à tous les niveaux » contre la pédophilie 78 % Pourcentage d\u2019augmentation d\u2019élèves vapotant en 2018 par rapport à 2017 Le chauffeur d\u2019un camion-citerne transportant quelque 11 000 litres de propane a été tué après que son véhicule s\u2019est renversé sur l\u2019autoroute 15 vers 10h30 jeudi.Pour une raison encore inconnue, l\u2019homme de 42 ans a heurté de plein fouet l\u2019atténuateur d\u2019impact à la pointe de la bretelle de sortie du boulevard De La Vérendrye.Les pompiers ont dû utiliser les pinces de désincarcération pour extirper le conducteur de l\u2019habitacle, où il est resté emprisonné pendant plusieurs heures.Son décès a été constaté sur place.Un important tronçon de l\u2019autoroute 15 était toujours fermé à la circulation dans les deux directions au moment où ces lignes étaient écrites, compliquant le retour à la maison de dizaines de milliers d\u2019automobilistes.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Un accident fait un mort à Montréal chercheurs ont exploité les questionnaires de près de 100 000 personnes auprès des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) en 2014, 2016 et 2017.Le taux de crises cardiaques était supérieur de 34 % chez les vapoteurs, comparé aux non-vapoteurs, en corrigeant par les facteurs de risque de l\u2019âge, du sexe, de l\u2019indice de masse corporelle, du cholestérol, de la tension artérielle et de l\u2019historique de tabagisme.Pour les maladies artérielles, la hausse était de 25 % ; pour la dépression et l\u2019anxiété, de 55 %.« Jusqu\u2019à présent, nous savions peu de choses sur les événements cardio- vasculaires liés à l\u2019utilisation des cigarettes électroniques », dit le médecin Mohinder Vindhyal, professeur à l\u2019Université du Kansas et auteur principal de l\u2019étude.« Ces données doivent être un signal d\u2019alarme et déclencher des actes et une prise de conscience sur le danger des cigarettes électroniques.» Les données montrent aussi que le risque chez les fumeurs de tabac, comparativement aux non-fumeurs, était encore plus élevé.Ce genre d\u2019études est purement d\u2019observation et ne prouve pas que le vapo- tage déclenche les maladies cardiovas- culaires ; les chercheurs n\u2019avancent d\u2019ailleurs pas de mécanisme biologique.D\u2019autres études, suivant des va- poteurs sur une longue durée, seront nécessaires pour y parvenir.Ces données doivent être un signal d\u2019alarme et déclencher des actes et une prise de conscience sur le danger des cigarettes électroniques MOHINDER VINDHYAL » A 6 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 8 MARS 2019 AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à : Numéro de dossier Geneviève Lemay f.a.s.n.MAJUSCULE-LA-BOÎTE, 735 W-McMaster, McMasterville,Qc.J3G 6V8 CONSTRUCTION PRO-CONFORT INC., 6075 boul.des Mille-Îles, Laval, Qc.H78 1A7 PISCINE FREDEAU INC., 3128 Ch.de la Rivière-Cachée,# 4 Richère Reumont, 421-A, 67e Avenue, Laval, Qc.H7V 2M2 CONSTRUCTION PRO-CONFORT INC., 6075 boul.des Mille-Îles, Laval, Qc.H78 1A7 540-32-701910-182 540-32-701870-188 540-32-030814-188 540-32-031101-197 540-32-031017-187 de vous présenter au greffe de la Cour du Québec, Division des petites créances, du district de Laval situé au 2800, boul.Saint-Martin Ouest, Laval (Qc) H7T 2S9 dans les 30 jours a?n de recevoir la demande introductive d\u2019Instance en recouvrement d\u2019une petite créance qui y a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai Indiqué dans l\u2019avis des options qui l\u2019accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de Justice.Le présent avis est publié aux termes d\u2019une ordonnance rendue le 27 février 2019 par le gref?er dans les dossiers portant les numéros ci-haut mentionnés.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l\u2019exigent.À Laval, le 06 mars 2019 Lilia ldricean-Vasilica, Gref?ère-adjointe de la Cour du Québec AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE AVIS est par les présentes donné que, suite au décès de Gisèle PRATTE, en son vivant domiciliée au 10365 rue Parthenais, en la ville de Montréal, province de Québec, H2B 2L8, survenu à Montréal, province de Québec, le quatorze octobre deux mille dix-huit (14-10-2018), un inventaire des biens de la défunte a été fait par Josée BAZI- NET, Lucie BAZINET et Richard BAZINET, les liquidateur de la succession de feue Gisèle PRATTE, vingt- cinq février deux mille dix- neuf (25-02-2019), devant Me Charles CHARETTE, NOTAIRE, 1599 rue Fleury Est, Montréal (Québec) H2C 1S7, le tout conformément à la Loi.Cet inventaire peut être consulté par les intéressés, à l'étude de Me Charles CHARETTE, NOTAIRE, 1599 rue Fleury Est, à Montréal (Québec) H2C 1S7.Montréal, le 5 mars 2019 Me Charles CHARETTE, notaire AVIS public de notification (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à Les Héritiers et légataire de Feu Marc Chaput de vous présenter au greffe civil du district de Joliette situé au 200, St-Marc à Joliette dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d'instance en délaissement forcé et prise en paiement, avis d'assignation et liste des pièces, qui y ont été laissés à votre attention et qui porte le numéro de cause 705-17-008729-194.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis d'assignation qui l'accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié à la demande de Julie Côté, huissier, qui a tenté sans succès de vous signifier la demande introductive d'instance.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Repentigny, ce 4 mars 2019 Michel Gaucher, Huissier de justice AVIS LÉGAUX AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis que Thérèse LEMOINE, en son vivant domiciliée au 301-1000, Chemin des Patriotes à Sorel-Tracy, (Québec), J3P 2M2 est décédée à Sorel- Tracy, le 4 mars 2018.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés, sur rendez-vous, auprès de Me Luce Jacob, notaire, au 288, boulevard Fiset à Sorel-Tracy (Québec), J3P 3R1.Donné à Sorel-Tracy, ce 5 mars 2019.Luce Jacob, notaire AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis que Jeannine Foucault, en son vivant domiciliée au 180, rue du Marquis à Sorel-Tracy, (Québec), J3R 2T2 est décédée à Sorel-Tracy, le 7 août 2018.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés, sur rendez-vous, auprès de Me Luce Jacob, notaire, au 288, boulevard Fiset à So- rel-Tracy (Québec), J3P 3R1.Donné à Sorel-Tracy, ce 6 mars 2019.Luce Jacob, notaire AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est par les présentes donné qu'à la suite du décès Fernand Desrosiers, en son vivant domicilié au 452-100 Grande-Allée Est, Québec (Québec) G1R 5N2, survenu le 24 octobre 2018, un inventaire des biens du défunt a été préparé par les coliquidateurs de la succession, soit la Société de Fiducie privée MD et Jean Desrosiers, le 5 mars 2019, conformément à la loi.Cet inventaire peut être consulté par les intéressés, au bureau de la Société de Fiducie privée MD a/s de Me Anne Pinsonnault, notaire, 1150 - 2820 boulevard Laurier, Québec (Québec) G1V 0C1 Donné à Québec, ce 5 mars 2019 Société de Fiducie privée MD, liquidatrice de la succession AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (C.c.Q., art.795, al.2) Prenez avis que Nicole Thibault en son vivant domiciliée au 194 Springfield, Greenfield Park, est décédée à Montréal, province de Québec, le 8 juillet 2018.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Isabelle Garneau, notaire, au 3964, Saint-Jacques, Montréal Québec H4C 1H8, sur rendez-vous.Fait ce 6 mars 2019, à Montréal.Me Isabelle Garneau, notaire DÉCLARATION D'INTENTION DE DISSOLUTION Prenez avis que la personne morale FESTIVAL ORGUE ET COULEURS ayant son siège au: 1645 Avenue Desjardins, Montréal (Québec), H1V 2G7 .A l'intention de demander sa dissolution au Registraire des entreprises et, à cet effet, produit la présente déclaration requise par les dispositions de l'article 42 de la Loi sur la publicité légale des entreprises.Donné à Montréal, ce 1er mars 2019 Marc-André HARNOIS Président AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.HEURES DE TOMBÉE Avis légaux et appels d\u2019offres Les réservations doivent être faites avant 15 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : réservations avant 15 h le vendredi avisdev@ledevoir.com // Tél.: 514-985-3344 // Fax : 514-985-3340 S u i t e d e s a v i s d e l a p a g e B 8 Depuis mi-décembre, la vague de contestation contre le pouvoir en place est violemment réprimée.En parallèle, des « miliciens de l\u2019ombre » infiltrent la population pour traquer les voix dissidentes, arrêter et torturer les opposants.JOSÉPHINE ABDELRAHMAN ENVOYÉE SPÉCIALE À KHARTOUM LIBÉRATION La vie bat son plein dans les rues de Khartoum.Sous un soleil de plomb qui n\u2019offre aucun répit aux 5 millions d\u2019habitants de la capitale soudanaise, la ville grouille de monde.Assis sur de petits tabourets, certains sirotent leur boisson, protégés de la chaleur par les tôles en acier des abris des vendeuses de thé, pendant que d\u2019autres, accroupis en ligne sur le trottoir, attendent patiemment leur tour aux distributeurs automatiques des banques, en manque de liquidités.Dans le centre-ville de Khartoum, pas un seul graffiti à l\u2019encontre du régime d\u2019Omar el- Béchir ne laisse deviner la grogne populaire qui agite le pays depuis la mi-décembre.Ce n\u2019est qu\u2019une fois à l\u2019abri des regards que les langues se délient.«Tas- gut buss !» («le renversement, c\u2019est tout!»), lâche en arabe un commerçant en levant l\u2019index et le majeur de sa main droite, après avoir sympathisé pendant quelques minutes avec un groupe de clients.«Le régime doit tomber, pour- suit-il.J\u2019ai été arrêté et brutalement tabassé, c\u2019est\u2026» «Taisez-vous.Nous ne sommes pas seuls», marmonne subitement une cliente alors qu\u2019un homme en djellaba blanche fait son entrée dans le magasin.Les sourires se crispent dans un échange de salutations.«Vous avez raison, on ne sait jamais à qui on a affaire, soupire le vendeur, une fois l\u2019inconnu reparti, en ramassant les échantillons d\u2019épices déposés sur son comptoir.Un mot de trop et c\u2019est fini, on disparaît!» Parallèlement au mouvement de contestation contre le régime islamiste au pouvoir depuis le coup d\u2019État de 1989, un climat de méfiance généralisée s\u2019est installé dans le pays.En marge de la répression massive des manifestations, qui a déjà coûté la vie à plus de 50 personnes selon Human Rights Watch (HRW) depuis le 19 décembre, un activiste dénonce, sous couvert d\u2019anonymat, le déploiement de brigades spéciales à travers le pays pour faire taire les voix dissidentes.« Tout le monde se fait arrêter, dit-il.C\u2019est une véritable chasse aux sorcières.Quand le gouvernement ne nous tire pas dessus à balles réelles, il fait appel à des agents qui s\u2019infiltrent discrètement pour arrêter les opposants en masse.» Fantômes À Khartoum, on appelle ces agents les «miliciens de l\u2019ombre».Ils sont liés aux puissants et redoutés services de renseignement et de sécurité soudanais (Niss), mais personne ne connaît leur véritable identité.Contrairement à leur mode opératoire: habillés en civil, ils se fondent dans la population pour repérer les dissidents, avant de les tabasser et de les conduire de force dans des prisons clandestines, appelées les «maisons fantômes».«Ce sont des centres de torture secrets, témoigne Suleyman, 22 ans, ancien détenu et professeur à l\u2019Université de Khartoum.Le gouvernement loue des SOUDAN « Un mot de trop et c\u2019est fini, on disparaît » maisons vides à travers le pays pour y interroger ses prisonniers et leur infliger d\u2019atroces souffrances.Les baux de location sont généralement courts, entre cinq et dix jours, pour rester discrets et désorienter les détenus.» Parmi les sévices rapportés reviennent systématiquement les coups de fouet, la privation de sommeil, les positions humiliantes ainsi que parfois l\u2019électrocution, les brûlures, la suffocation par l\u2019eau et le viol.«Ils ont recours à des pratiques cruelles et dégradantes, dont notre culture ne nous autorise pas à parler.C\u2019est la tactique du régime pour museler l\u2019opposition», ajoute Ibrahim, 41 ans, un autre professeur d\u2019université proche de l\u2019Association des professionnels soudanais (APS), fer de lance de la contestation.Les violences sont telles que certains prisonniers, comme Ahmed al-Kheir, un enseignant arrêté le 31 janvier dans l\u2019État de Kassala, dans l\u2019est du pays, meurent de leurs blessures au cours de l\u2019incarcération.«Ce qui se passe là-bas est horrible, poursuit Ibrahim, qui a été arrêté quarante-huit heures en janvier à Khartoum.J\u2019ai vu des enfants en pleurs en train de se faire massacrer.Ils étaient forcés de réciter des slogans de soutien à Omar el-Bé- chir.» D\u2019après lui, les miliciens de l\u2019ombre suivent un protocole millimétré: après la torture interviendrait une longue phase d\u2019interrogatoire que le professeur assimile à un lavage de cerveau.«Ils nous font du chantage et nous chuchotent à l\u2019oreille que des gens veulent détruire le pays en nous tambourinant des idées racistes.Leur objectif, c\u2019est de tourner les différentes tribus soudanaises les unes contre les autres et de nous intimider.» La méthode ferait ses preuves.D\u2019après plusieurs activistes, certains anciens dissidents seraient à la botte du régime depuis leur sortie de détention.La peur et la suspicion ont ainsi progressivement envahi les rues de Khartoum.Horizon À quelques mètres du palais présidentiel, à proximité duquel il est interdit de se promener à pied, un groupe d\u2019amis s\u2019apprête à embarquer sur un bateau de croisière sur le Nil.« Bienvenue sur le bateau de la liberté! Vous pouvez dire ce que bon vous semble ici, ce n\u2019est plus le Soudan», plaisante le responsable de la traversée avant de se raviser.«Asseyez- vous, dépêchez-vous, ils nous regardent.» Au loin, deux hommes en costumes beiges soigneusement repassés, juchés sur un scooter à l\u2019arrêt, observent l\u2019horizon sans ciller.Les passagers se dévisagent sans broncher puis s\u2019exécutent.«Il n\u2019y a pas de surprise, c\u2019est un régime totalitaire.Le gouvernement est arrivé à la tête du pays par la force il y a trente ans.Comme dans toute dictature, son pouvoir repose sur l\u2019oppression», résume Sa- dek al-Mahdi, ancien premier ministre évincé du pouvoir en 1989 et leader du parti d\u2019opposition Al-Oumma.D\u2019après lui, les déclarations conciliantes d\u2019Omar el-Béchir relatives à la liberté d\u2019expression au Soudan, au sommet de l\u2019Union africaine qui s\u2019est tenu en Ethiopie en janvier, sont un leurre pour resserrer l\u2019étau sur la population.«Nous sommes tous dans le même bateau», ironise un croi- siériste.«Mais nous ne perdons pas espoir, nous avons une expression au Soudan qui dit que la mort d\u2019un groupe est un mariage.Si une personne a un accident, c\u2019est malencontreux, mais si plusieurs personnes ont le même accident, c\u2019est ridiculement évident», glisse-t-il, dans l\u2019espoir que les multiples violations des droits de l\u2019homme commises en toute impunité par Omar el-Béchir \u2014 déjà recherché pour «crimes contre l\u2019humanité», «crimes de guerre» et «génocide» au Darfour par la Cour pénale internationale \u2014 finissent par attirer l\u2019attention de la communauté internationale.Le 22 février, le président de 75 ans a déclaré l\u2019état d\u2019urgence pour un an sur toute l\u2019étendue du territoire.Des tribunaux spéciaux ont été instaurés, le moindre rassemblement est désormais interdit, le nombre d\u2019arrestations s\u2019est envolé.Malgré tout, des centaines de Soudanais ont continué à défiler.AGENCE FRANCE-PRESSE À ALGER Le président algérien, Abdelaziz Bou- teflika, a mis en garde contre une possible « infiltration » de la contestation, susceptible de provoquer le « chaos », à la veille de nouvelles manifestations qui s\u2019annoncent importantes contre sa candidature à un 5e mandat.Dans un message publié par l\u2019agence de presse officielle APS, le président Boute- flika salue d\u2019abord la «maturité» de ceux qui manifestent depuis le 22février en Algérie pour «exprimer pacifiquement leurs opinions», sans jamais évoquer le mot d\u2019ordre principal: le rejet de sa candidature à l\u2019élection présidentielle.Il appelle ensuite « à la vigilance et à la prudence quant à une éventuelle infiltration de cette expression pacifique par une quelconque partie insidieuse, de l\u2019intérieur ou de l\u2019extérieur, qui pourrait [\u2026] susciter la \u201cFitna\u201d [discorde] et provoquer le chaos ».Faisant face, depuis qu\u2019il a annoncé sa candidature, à une contestation inédite depuis qu\u2019il a été élu pour la première fois en 1999, M.Bouteflika n\u2019a pas expliqué qui était susceptible d\u2019être cette « partie insidieuse ».Réfutant toute « logique d\u2019intimidation » dans ses propos, le chef de l\u2019État algérien a exhorté ses concitoyens, « et en premier lieu les mères, à veiller à la préservation de l\u2019Algérie, en général, et de ses enfants en particulier », en rappelant la « tragédie nationale » de la décennie de guerre civile (1992-2002).Il a également évoqué les crises provoquées par le terrorisme dans les pays alentour, dénoncé les «haineux à l\u2019étranger» qui «regrettent» que l\u2019Algérie n\u2019ait pas été touchée par «la déferlante du Printemps arabe», des «cercles» qui, selon lui, «n\u2019ont jamais cessé de conspirer contre notre pays».Jeudi, la contestation s\u2019est poursuivie, notamment dans la capitale, où les manifestations, officiellement interdites depuis 2001, sont désormais quasi quotidiennes.Un millier d\u2019avocats du barreau d\u2019Alger se sont rassemblés devant le siège du Conseil constitutionnel qui étudie, depuis le 4 mars, les dossiers de candidature à la présidentielle, réclamant qu\u2019il invalide celle du chef de l\u2019État.«Nous demandons au Conseil constitutionnel d\u2019assumer ses responsabilités [\u2026] cette candidature est irrecevable », a expliqué à l\u2019AFP Me Ahmed Dahim, membre du Conseil de l\u2019ordre des avocats d\u2019Alger, alors que ses confrères scandaient « Non au 5emandat ! ».Le Conseil constitutionnel doit statuer sur les candidatures avant le 14 mars.M.Bouteflika a perdu au cours des 24 dernières heures le soutien, qui lui est habituellement acquis, des trois importantes associations liées à la guerre d\u2019indépendance dont il est un ancien combattant, selon des communiqués publiés dans les médias locaux.Plusieurs dizaines de journalistes se sont également rassemblés sur la Place de la Liberté de la Presse, dans le centre d\u2019Alger, pour protester à nouveau contre les « pressions » exercées selon eux par leur hiérarchie dans leur couverture du mouvement de contestation.Sur les réseaux sociaux, le mot-clic «#Mouvement_du_8mars » appelle à une mobilisation massive vendredi.Âgé de 82 ans, M.Bouteflika est affaibli par les séquelles d\u2019un AVC, qui l\u2019ont empêché depuis 2013 de s\u2019adresser de vive voix à ses concitoyens et ont rendu rares ses apparitions publiques.Il est officiellement hospitalisé à Genève [en Suisse] pour des examens médicaux et son retour n\u2019avait toujours pas été annoncé jeudi soir, mais son directeur de campagne s\u2019est voulu rassurant.ALGÉRIE Face à la contestation, Bouteflika agite le spectre de la guerre civile Le mot-clic «#Mouvement_du_8mars » appelle à une mobilisation massive vendredi Un manifestant pendant un rassemblement anti- gouvernement à Khartoum, en février STRINGER AGENCE FRANCE-PRESSE Jeudi, la contestation s\u2019est poursuivie, notamment dans la capitale, Alger, où les manifestations, officiellement interdites depuis 2001, sont désormais quasi quotidiennes J\u2019ai vu des enfants en pleurs en train de se faire massacrer.Ils étaient forcés de réciter des slogans de soutien à Omar el-Béchir.IBRAHIM » A 7 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 8 MARS 2019 E N B R E F Oriol Junqueras candidat à la présidence de la Commission européenne BRUXELLES \u2014 L\u2019ancien vice-président indépendantiste catalan Oriol Jun- queras, en détention provisoire en Espagne et principal accusé au procès sur la tentative de sécession de 2017, a été désigné jeudi chef de file des partis régionalistes européens pour les élections européennes de fin mai, a annoncé le parti Gauche républicaine de Catalogne (ERC).L\u2019ERC est l\u2019un des 45 partis de l\u2019Alliance libre européenne, qui regroupe des formations régionalistes et indépendantistes et compte une dizaine de députés au Parlement européen.Les candidats en tête de liste pour le scrutin européen sont pressentis pour présider la Commission européenne, en remplacement de Jean-Claude Juncker.Agence France-Presse Syrie : des réfugiés demandent à la CPI une procédure contre Assad LONDRES \u2014 Un groupe de réfugiés syriens a appelé jeudi la Cour pénale internationale (CPI) à déclencher une procédure contre le régime de Bachar al-Assad pour crimes contre l\u2019humanité commis pendant la guerre en Syrie.Un dossier contre le président syrien a été déposé devant la CPI par des avocats britanniques représentant 28 Syriens réfugiés en Jordanie.Si la Syrie n\u2019est pas signataire du Statut de Rome, traité fondateur de la CPI, la Jordanie l\u2019est, ont souligné les avocats, en s\u2019appuyant sur une récente décision de la Cour internationale.Les avocats des réfugiés syriens ont indiqué que leur dossier concernait des pratiques de torture, viols, mais aussi des attaques chimiques et des disparitions.Agence France-Presse Italie : Berlusconi visé par une nouvelle enquête pour corruption ROME \u2014 L\u2019ancien chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi est visé par une nouvelle enquête pour corruption, les magistrats le soupçonnant d\u2019avoir acheté une décision judiciaire favorable à sa cause, rapportent les médias.Selon La Repubblica, la décision «suspecte» remonte à mars 2016, quand le Conseil d\u2019État a annulé une décision d\u2019un tribunal administratif qui lui avait imposé de vendre des actions qu\u2019il détenait dans la banque Mediola- num, conformément à une requête de la Banque d\u2019Italie.Selon l\u2019agence de presse AGI, trois autres personnes sont visées dans cette enquête, dont le juge du Conseil d\u2019État qui a préparé la décision favorable à M.Berlusconi, un avocat et un ancien fonctionnaire du siège de la présidence du gouvernement.Agence France-Presse CHARLOTTE PLANTIVE À WASHINGTON AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, a été condamné jeudi à près de quatre ans de prison pour des fraudes fiscale et bancaire débusquées dans le cadre de la tentaculaire enquête russe.L\u2019ancien lobbyiste de 69 ans écope d\u2019une peine nettement inférieure aux recommandations du ministère de la Justice, qui avait suggéré d\u2019imposer entre 19 et 24 ans de prison.Paul Manafort a « commis des délits graves », a déclaré le juge T.S.Ellis, qui a fixé la sentence de 47 mois dans un tribunal fédéral d\u2019Alexandria (en Virginie), en banlieue de Washington.Prenant en compte la jurisprudence « remarquablement légère » dans les affaires de fraude fiscale, le magistrat a justifié son apparente clémence par son désir « d\u2019éviter des disparités » avec d\u2019autres dossiers similaires.« Ce que vous avez vu aujourd\u2019hui confirme ce que nous disons depuis le premier jour : il n\u2019y a absolument aucune preuve d\u2019une collusion entre Paul Manafort et le gouvernement russe », a déclaré à la sortie du tribunal Kevin Downing, l\u2019avocat du condamné.L\u2019équipe du procureur spécial Robert Mueller, chargé d\u2019établir s\u2019il y a eu collusion entre Moscou et l\u2019équipe de campagne de Donald Trump lors de la présidentielle de 2016, n\u2019a pas commenté une décision qui va largement en deçà de ses préconisations.Il avait demandé une peine significative en relevant que Paul Manafort avait « tenté de reporter sa faute sur les autres », n\u2019avait pas exprimé de remords et avait continué à mentir.Même s\u2019il s\u2019en sort relativement bien, Paul Manafort n\u2019en a pas fini avec la justice : poursuivi devant un tribunal de Washington dans un dossier parallèle, il sera fixé mercredi sur sa seconde peine.Le procureur Mueller s\u2019est naturellement intéressé à Paul Manafort, qui a dirigé pendant deux mois la campagne du candidat républicain, mais a aussi au cours de sa carrière entretenu des relations d\u2019affaires avec des Ukrainiens proches de Moscou.Dans le cadre de son enquête, l\u2019ancien chef du FBI a découvert que Paul Manafort avait, avant 2016, dissimulé au fisc plus de 55 millions de dollars sur une trentaine de comptes à l\u2019étranger.Il a également établi que le consultant avait trompé des banques sur ses finances pour obtenir des prêts.Ce sont ces fraudes qui ont été jugées cet été à Alexandria devant un jury populaire qui l\u2019avait reconnu coupable de huit chefs d\u2019inculpation.Les audiences, arides, avaient été pimentées par les révélations sur les goûts de luxe de l\u2019ancien lobbyiste \u2014 il a un jour déboursé 15 000 $ pour une veste en peau d\u2019autruche et fait tailler un bosquet en forme de son initiale «M».Jeudi, l\u2019élégant homme de réseau n\u2019était plus que l\u2019ombre de lui-même.Affaibli par la goutte et la détention, il est apparu en fauteuil roulant et tenue verte de prisonnier, incapable de se lever devant le juge.« Ma vie professionnelle et financière est en ruines.Je ressens de la peine et de la honte », a-t-il déclaré, expliquant avoir eu « le temps de réfléchir » depuis son arrestation.« Je sais que c\u2019est ma conduite qui m\u2019a mené ici », a-t-il ajouté, sans aller jusqu\u2019à s\u2019excuser.Dans le cadre de ses investigations, le procureur Mueller a aussi démontré que ÉTATS-UNIS Paul Manafort condamné à 47 mois de prison Les procureurs avaient suggéré d\u2019imposer de 19 à 24 ans à l\u2019ancien directeur de campagne de Donald Trump Paul Manafort avait dissimulé ses activités de conseil pour l\u2019ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch, soutenu par Moscou, en infraction des règles encadrant les activités de lobbying.C\u2019est ce volet qui fait l\u2019objet d\u2019une procédure distincte devant un tribunal fédéral de Washington.Dans ce dossier, M.Manafort a accepté en septembre de plaider coupable et de coopérer avec Robert Mueller dans l\u2019espoir d\u2019une peine amoindrie.Mais selon la justice, il n\u2019a pas tenu ses engagements et a continué à mentir aux enquêteurs, notamment sur ses liens avec un ancien associé, Konstantin Ki- limnik, soupçonné par les États-Unis d\u2019être lié aux services de renseignement russes.Il lui aurait notamment transmis des sondages électoraux pendant la campagne présidentielle.La juge Amy Berman Jackson dira mercredi si ses mensonges méritent une peine plus lourde.S\u2019il écopait d\u2019une sentence sévère, il lui resterait un espoir : Donald Trump a fait savoir qu\u2019il n\u2019excluait pas de lui accorder une grâce présidentielle.En novembre, le milliardaire républicain avait loué le «courage» de son ancien directeur de campagne, l\u2019un des rares selon lui à résister aux pressions de Robert Mueller, qu\u2019il accuse de mener une injuste «chasse aux sorcières».AGENCE FRANCE-PRESSE À WASHINGTON Les autorités américaines ont créé une base de données secrète sur les journalistes et les militants humanitaires qui ont suivi une caravane de migrants d\u2019Amérique centrale qui avait tenté de pénétrer aux États-Unis depuis le Mexique l\u2019an dernier, a rapporté le groupe de télévision NBC.Dans certains cas, les autorités ont même divulgué leurs passeports pour des signalements, a indiqué NBC 7, une MIGRANTS Des journalistes et militants humanitaires fichés par les États-Unis chaîne locale du groupe, citant des documents obtenus auprès d\u2019une source du ministère de l\u2019Intérieur qui a demandé à ne pas être nommée.Ces documents recensent des personnes qui devaient être contrôlées à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, selon cette source.Parmi les individus fichés par la police des frontières figurent dix journalistes, dont sept de nationalité nord-américaine, un avocat américain et quarante- sept personnes originaires des États- Unis ou d\u2019autres pays qui sont qualifiées d\u2019organisateurs, d\u2019instigateurs ou dont les rôles sont « inconnus ».La liste comprend des partisans d\u2019associations de défense des migrants comme Border Angels (Les Anges de la frontière) et Pueblo Sin Fronteras (Peuple sans frontières), a précisé NBC 7.Non seulement des individus ont été signalés pour qu\u2019ils soient contrôlés, mais des dossiers ont également été constitués sur chacune des personnes fichées, a affirmé la source du ministère de l\u2019Intérieur.«Nous sommes une agence d\u2019enquêtes criminelles, pas une agence de renseignement.Nous ne pouvons pas monter des dossiers sur des gens.Or, ils montent des dossiers.C\u2019est un abus [du rôle des agents frontaliers]», a-t-elle déploré auprès de NBC 7.Interrogé par la chaîne de télévision, un porte-parole du Service des douanes et de protection des frontières a refusé de confirmer ou de démentir la validité des documents présentés par NBC 7.Des caravanes de migrants partent régulièrement d\u2019Amérique centrale vers les États-Unis, malgré les efforts du gouvernement Trump pour endiguer l\u2019immigration clandestine.Cachemire indien : le Pakistan annonce plus de 120 arrestations ISLAMABAD \u2014 Le ministère de l\u2019Intérieur pakistanais a annoncé jeudi avoir procédé à l\u2019arrestation de 121 extrémistes présumés, après l\u2019attentat du 14 février au Cachemire indien.Les gouvernements provinciaux ont pris le contrôle de plus de 200 madrasas (écoles coraniques) et écoles ordinaires, ainsi que de 163 dispensaires gérés par des organisations considérées comme extrémistes, indique-t-il dans un communiqué.D\u2019après un responsable gouvernemental, l\u2019une des cibles des autorités est le Jaish-e-Mohammad (JeM), basé au Pakistan.Le second groupe visé est le Jamaat-ud-Dawa (JuD), accusé par l\u2019Inde et les États-Unis d\u2019être responsable des attentats de Bombay en 2008, qui avaient fait 166 morts.Agence France-Presse Ils suivaient une caravane qui a tenté d\u2019entrer aux États- Unis par le Mexique Jeudi, Paul Manafort est apparu en fauteuil roulant et tenue verte de prisonnier, incapable de se lever devant le juge.DANA VERKOUTEREN ASSOCIATED PRESS \u2019an dernier, à pareille date, il n\u2019y en avait que pour Justin Trudeau le chantre du féminisme, le héraut de la défense des droits des femmes, l\u2019apôtre de la parité dans son Conseil des ministres.Dans la foulée d\u2019une année marquée par les accomplissements canons du mouvement #MoiAussi, notre premier ministre à la chemise rose défiait toute comparaison avec le Barbe-Bleue de la Maison-Blanche, Donald Trump traînant dans son sillage 19 allégations d\u2019inconduite sexuelle à l\u2019endroit de femmes.Les crises politiques, dont on sait maintenant qu\u2019elles peuvent bouleverser de manière assez radicale le cours des choses, causent-elles non seulement l\u2019émoi mais aussi l\u2019amnésie ?A-t-on déjà oublié la Loi sur l\u2019équité salariale, le ministère des Femmes et de l\u2019Égalité des genres et le projet de loi sur la réduction de la pauvreté, toutes mesures trudeauistes dont un des objectifs est de redorer la situation des femmes ?Pour les partis d\u2019opposition, qui se déchaînent ces jours-ci sur l\u2019antiféminisme de M.Trudeau, ces actions n\u2019ont plus de valeur.La ferveur et l\u2019opportunisme qui caractérisent une période préélectorale ne justifient pas les amalgames douteux comme ceux qui ont été faits dernièrement ; par exemple, oser la comparaison entre l\u2019accueil que fit Justin Trudeau de la version des faits de l\u2019ex- procureure générale Jody Wilson-Raybould et le mouvement #MoiAussi de dénonciation des agressions sexuelles\u2026 Les départs fracassants de deux ministres poids lourds de l\u2019équipe libérale, Mme Wilson-Raybould d\u2019abord, Jane Philpott ensuite, auront donc porté la sphère politico-journalistique à plus d\u2019une analyse sur le thème « les femmes en politique, comment font-elles autrement ?».Mais à force de vouloir tout décortiquer par la lorgnette du genre \u2014 femmes de principes, femmes d\u2019intégrité, femmes solidaires, femmes au-dessus de la partisanerie \u2014, on a fini par instrumentaliser ces femmes, jouant sur la ligne sombre du mépris et de la condescendance.Pas du joli.Disons les choses simplement, sans étiquette de genre : deux ministres, femmes en l\u2019occurrence, ont été emportées dans ce qu\u2019on appelle platement et simplement une crise politique.Elles ont réagi, comme des hommes l\u2019auraient fait aussi, pareillement ou autrement, sans que pour ceux-là, parions- le, on se fût mis à décliner leurs moindres faits et gestes en fonction de leur sexe.La lutte pour l\u2019égalité, c\u2019est aussi cela: cesser de braquer les projecteurs sur les politiciennes en associant ce qu\u2019elles ont fait, dit ou décidé au seul fait qu\u2019elles sont des femmes! Le résultat peut vite devenir contraire à l\u2019intention.Croyant s\u2019ériger en fervents défenseurs des droits des femmes, il s\u2019en trouve plusieurs pour sombrer tête première dans une arrogance bien mal venue.Bien qu\u2019il y ait des limites à tout vouloir expliquer par le genre, cela ne dispense pas de tendre encore davantage à l\u2019égalité, notamment en luttant contre la sous-représentation des femmes en politique.L\u2019occasion est belle, en vue de l\u2019élection du 21 octobre 2019, de tendre vers la « zone paritaire » lors de la présentation des candidatures par les principaux partis politiques.Fort de l\u2019expérience menée avec succès lors de la dernière élection québécoise, Le Devoir lance en cette Journée internationale des droits des femmes une Vigie parité qui scrutera les avancées fédérales en la matière.Le Canada fait figure de cancre avec son 63erang mondial.Au Québec, où le dernier scrutin a permis d\u2019atteindre le pourcentage record de 47 % de candidates et de 42% d\u2019élues, des données records, les attentes seront grandes.En 2015, le chef du PLC s\u2019était engagé à former un Conseil des ministres paritaire ; cette promesse s\u2019est concrétisée en première historique.26 % de femmes avaient alors été élues à travers le Canada, alors qu\u2019on ne comptait que 33% de candidates dans les différents partis (20% au PCC, 28% au Bloc, 31% au PLC, 40% au Parti vert et 43% au NPD).Ces chiffres témoignent de l\u2019ampleur du travail qui reste à accomplir pour qu\u2019on puisse même évoquer une parité digne de ce nom.Des indices encourageants laissent croire que ce scrutin sera plus « féminin» que jamais, certains partis ayant inscrit à leurs règles la nécessité de mettre les bouchées doubles pour trouver de futures politiciennes.À sept mois du vote, des partis qui accusaient un gênant retard en 2015 ont déjà dépassé leurs anciens scores \u2014 comme les conservateurs d\u2019Andrew Scheer, si prompts ces jours-ci à déchirer la chemise rose de M.Trudeau sur l\u2019autel du féminisme.LEDEVOIR // LE VENDREDI 8 MARS 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Marion Buller Michèle Audette Commissaire en chef et commissaire, Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, au nom des commissaires Le 8 mars, des femmes de toutes les régions du globe imaginent des façons originales de souligner leurs réalisations et de promouvoir un monde plus équitable dans lequel les filles du monde entier pourront s\u2019épanouir et réaliser leur plein potentiel.Cette année, le thème privilégié de la Journée internationale des droits des femmes est l\u2019appel à l\u2019action pour accélérer la réalisation des objectifs d\u2019équilibre entre les sexes.Nous souscrivons entièrement à l\u2019objectif de cette journée mondiale que l\u2019on célèbre depuis 1911, soit depuis plus d\u2019un siècle : améliorer la situation sociale, économique, culturelle et politique des femmes.Cependant, nous ne pouvons pas tendre à l\u2019égalité tant que nous n\u2019aurons pas reconnu et tenté d\u2019éliminer la violence que vivent trop de femmes et de filles.Des rapports de l\u2019Organisation mondiale de la santé indiquent qu\u2019au cours de leur vie, 35 % des femmes dans le monde sont victimes de violence physique ou sexuelle, et ce chiffre ne représente que les cas de violence signalés.Une autre réalité inacceptable est qu\u2019ici même, au Canada, les femmes et les filles autochtones sont douze fois plus susceptibles d\u2019être victimes de violence que les femmes non autochtones.La Gendarmerie royale du Canada a dénombré plus de 1200 femmes et filles autochtones portées disparues ou assassinées entre 1980 et 2012, et ce nombre continue d\u2019augmenter.En effet, la collecte de données est incomplète et signifie que la réalité est bien pire encore.Ces femmes et ces filles \u2014 des mères, des tantes, des sœurs, des nièces \u2014 ne sont plus.Leurs rêves, leurs talents, leurs aptitudes ne se concrétiseront jamais, et cela, c\u2019est une perte incommensurable non seulement pour ces familles, mais pour nous tous.Aujourd\u2019hui, nous utilisons l\u2019expression « équilibre entre les sexes », mais compre- nons-nous ce qu\u2019elle signifie vraiment ?Créer l\u2019équilibre, c\u2019est créer et maintenir un réseau de relations saines, fondées sur le respect mutuel.Rapport attendu L\u2019Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées soumettra son rapport final au plus tard le 30 avril 2019.Partout au pays, 2386 personnes ont participé au processus de consignation de la vérité.Les preuves et les recommandations seront fondées sur les centaines d\u2019heures de témoignages déchirants que les familles, les experts et les gardiens du savoir traditionnel ont généreusement livrés.Un merci sincère à toutes celles et tous ceux qui sont venus livrer leur témoignage.Ces femmes, ces hommes et ces familles qui les ont appuyés méritent toute notre reconnaissance et notre soutien.Aujourd\u2019hui est le premier jour du Canada de demain.On ne peut pas changer le passé, mais on peut travailler ensemble à modeler un avenir meilleur.Soyons tous porteurs et porteuses d\u2019un souffle rassembleur pour offrir au Canada de demain le cadeau de sa diversité par les forces unies de toutes ses communautés.Aujourd\u2019hui sera aussi pour nous l\u2019occasion de souligner l\u2019extraordinaire résilience des femmes, des filles et des personnes 2SLGBTQQIA autochtones lorsqu\u2019il s\u2019agit de défendre leurs droits et de tracer une route pour l\u2019avenir, une route que nous devons tous emprunter ensemble dès aujourd\u2019hui.Malaise, animosité, haine des francos ?C\u2019est une question que je me pose de plus en plus souvent face à un des deux autres peuples fondateurs du pays qu\u2019on appelle le Canada.Je me sens, comme francophone, très souvent incompris, isolé, bafoué par la majorité anglophone.Et beaucoup de nouveaux Canadiens adoptent cette mentalité de la majorité.De là à vouloir un pays afin de pouvoir exercer un contrôle complet de nos institutions, afin que le gouvernement québécois puisse gouverner en prenant des décisions éclairées sans devoir se mettre continuellement à genoux et tendre la main pour obtenir l\u2019aumône de «nos bons amis» d\u2019Ottawa.Alors que la loi le permettait, comment se fait-il que l\u2019ancienne ministre de la Justice, au fédéral, n\u2019ait voulu qu\u2019aller en procès contre SNC-Lavalin, plutôt que d\u2019utiliser la clause autorisant une entente à l\u2019amiable?Pour faire disparaître un fleuron de l\u2019économie québécoise?Son refus est un témoignage éloquent de l\u2019attitude des anglophones envers le Québec! Quand cesserons-nous de courber l\u2019échine et nous assumerons-nous comme peuple dans un pays qui grandira, enfin, selon nos aspirations?Malheureusement, nous avons cessé de rêver.Nous préférons tendre la main pour recueillir quelques miettes.Philippe Roy Gatineau, le 7 mars 2019 N\u2019oublions pas les femmes autochtones LIBRE OPINION LETTRES FÉMINISME La chemise rose L ÉDITORIAL A 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Une autre réalité inacceptable est qu\u2019ici même, au Canada, les femmes et les filles autochtones sont douze fois plus susceptibles d\u2019être victimes de violence que les femmes non autochtones Comprendre à 64 % Sitôt le dernier rapport du Conseil supérieur de l\u2019éducation déposé le 27 février dernier, sitôt il était envoyé à la déchiqueteuse par le ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge.Il est vrai que le sujet de l\u2019évaluation des apprentissages suscite depuis toujours les passions et les braquages, mais pourquoi rejeter du revers de la main une proposition qui est pourtant tout à fait en phase avec les programmes actuels ?Car que propose en fait le CSE dans son rapport concernant l\u2019évaluation et les bulletins ?De façon générale, le Conseil recommande de revenir à ce qui était pertinent et logique de faire lorsque la Réforme (ou Renouveau pédagogique) a été mise en place au début des années 2000, c\u2019est-à-dire une évaluation crité- riée, fondée sur des indices précis et détaillés, plutôt qu\u2019une évaluation chiffrée.Parce qu\u2019en effet, dans une logique de développement de compétences, que veulent dire des pourcentages ?Que disent 62 % ou 87 % à un élève \u2014 et à ses parents, ceux pour qui sont d\u2019abord produits les bulletins \u2014 quant à sa maîtrise en lecture, en écriture, en communication orale ?Est-ce que cela le renseigne sur ses forces et ses faiblesses ?Que nous apprennent ces chiffres sur ce qu\u2019il comprend et ne comprend pas ?Peut-on être compétent à 62 % ou à 87 % ?Ceux qui poussent des cris d\u2019orfraie en enjoignant de façon méprisante aux membres du CSE de « retourner dans leur tanière », prétendant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une « lubie », devraient s\u2019interroger sur la véritable portée des notes et des moyennes sur l\u2019apprentissage des élèves et sur leur motivation à se rendre en classe.Comme le mentionne le CSE dans son rapport, les notes « contribuent à véhiculer une vision techniciste et comptable de l\u2019évaluation » et les moyennes ne servent qu\u2019à comparer les élèves entre eux, sans informer qui que ce soit sur ce qu\u2019il y a à améliorer, à conserver, à retravailler ou à ne pas répéter.Qui plus est, cette course aux notes \u2014 et aux évaluations \u2014 fait en sorte que l\u2019enseignement se fait trop souvent en fonction de l\u2019examen à venir plutôt qu\u2019en fonction des apprentissages à effectuer.En somme, les élèves travaillent pour avoir de bonnes notes aux évaluations, avec toute l\u2019anxiété que cela implique, plutôt que pour apprendre.On perd ici de vue le but premier de l\u2019école et les finalités de l\u2019évaluation.« La scolarité devrait être vue comme un marathon à terminer et non comme un sprint à remporter », mentionne le CSE dans son rapport.M.Roberge, comme ceux qui tirent à boulets rouges sur les membres du CSE, devrait savoir le reconnaître.Véronique Déméo Coulombe, enseignante au secondaire et maman d\u2019une enfant au primaire Suzanne Richard, chargée de cours à la formation des maîtres et à la formation continue Le 4 mars 2019 La lutte pour l\u2019égalité, c\u2019est aussi cela : cesser de braquer les projecteurs sur les politiciennes en associant ce qu\u2019elles ont fait, dit ou décidé au seul fait qu\u2019elles sont des femmes ! A 9 IDÉES LEDEVOIR // LE VENDREDI 8 MARS 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Le moment de l\u2019invisible P our son premier numéro de 2019, l\u2019édition mexicaine du magazine Vogue présentait en couverture un portrait de Yalitza Apari- cio, la protagoniste du film déjà culte d\u2019Alfonso Cuarón Roma, qui retrace la vie de Cleo, une travailleuse domestique de Mexico, dans les années 1970.Aparicio, devenue la première femme autochtone nommée pour l\u2019Oscar de la meilleure actrice, le dit sans détour : le cinéma, c\u2019est un accident de parcours.Pour cette enseignante de 25 ans ayant, comme Cleo, travaillé comme nounou, cuisinière, femme de chambre, c\u2019était une occasion de rembourser rapidement une dette d\u2019études.Aparicio confie ne jamais s\u2019être sentie interpellée par le cinéma, puisqu\u2019elle n\u2019y voyait pas de filles et de femmes comme elle, sauf dans des rôles mineurs, silencieux.Roma, en revanche, braque les projecteurs sur les coulisses de la vie, sur « l\u2019envers du travail », pour reprendre l\u2019expression de la sociologue Rolande Pinard, qui intitule ainsi un ouvrage paru récemment.Et quelle tribune pour faire apparaître l\u2019invisible : Hollywood et le monde entier ! C\u2019est peut- être ce qui explique l\u2019onde de choc provoquée par le film.Cette fiction, comme les œuvres d\u2019art n\u2019émergent jamais dans un vide social, s\u2019est fait le relais d\u2019une lutte, celle-là bien réelle, qui prend racine dans les marges, et ne cesse de prendre de la vigueur.Après avoir embrassé les mirages du féminisme de chambres de commerce, serions-nous à l\u2019aube d\u2019un « moment de l\u2019invisible » dans la lutte pour l\u2019égalité entre les sexes ?Il faut dire qu\u2019à ce chapitre, on avait drôlement échappé le ballon.Comme l\u2019expliquent Camille Robert et Louise Toupin dans un article paru dans À Babord !, la question du travail invisible a été délaissée lorsque les femmes ont intégré massivement le marché de l\u2019emploi, dans les années 1980.On présumait que l\u2019occupation des femmes hors du logis finirait bien par équilibrer les choses, et au vocabulaire du travail domestique s\u2019est substitué celui de la conciliation travail-famille, qui gomme le caractère genré.Pourtant, tout ce qui relève du soin, aux enfants ou aux personnes vulnérables, de l\u2019entretien des lieux qu\u2019on habite, de l\u2019éducation des petits, on le sait, demeure l\u2019affaire des femmes.Et si, soudain, ce travail invisible ne l\u2019est plus, c\u2019est parce qu\u2019il y a crise.Trente années de néolibé- ralisme ont détruit les institutions qui soulageaient les femmes du fardeau domestique, et la précarisation générale de l\u2019emploi à l\u2019échelle mondiale ne cesse d\u2019aggraver le problème.L\u2019Organisation internationale du travail (OIT) évalue qu\u2019en 2018, 61 % de la population mondiale occupait un emploi informel, c\u2019est-à-dire un emploi échappant à toute protection sociale, et cette proportion tend à croître.Le travail domestique représente une part importante du secteur informel, tant dans les sociétés riches que dans celles en voie de développement, et, sans surprise, on y retrouve surtout des femmes.En combinant cela avec la crise des institutions du « care » au Nord, on a créé la tempête parfaite.Dans les économies développées, le recours au travail domestique est (re)devenu essentiel à l\u2019autonomie des femmes, qui trouvent au Sud des travailleuses à employer, lesquelles ne bénéficient d\u2019aucune protection contre l\u2019exploitation.Or cette « chaîne globale du soin » prend une importance telle qu\u2019on peut sans doute parler du care comme d\u2019une ressource extraite au Sud, au même titre que le minerai ou, à l\u2019ère de « l\u2019économie du savoir », l\u2019expertise.Mais travaille-t-on vraiment à l\u2019égalité en ne faisant que sous-traiter le travail invisible, sans le partager ni même le reconnaître ?Emilie Nicolas le remarquait jeudi dans ces pages : facile, pour monsieur et madame Tout-le-Monde, d\u2019ignorer celles qui se trouvent tout au bout de cette chaîne du soin.Pourtant, cette question est centrale à la condition féminine, c\u2019est le berceau de la division sexuelle du travail.En ce sens, politiser son inscription dans l\u2019économie peut créer un pont entre les marges et le centre.Ce n\u2019est d\u2019ailleurs pas qu\u2019un enjeu féministe, c\u2019est beaucoup plus large que ça.Dans un entretien accordé au journaliste Ezra Klein en 2017, Ai-jen Poo, la directrice de la National Domestic Workers Alliance, aux États-Unis, soulignait qu\u2019on situe les « emplois d\u2019avenir » dans le secteur des technologies, sans jamais dire qu\u2019en fait, c\u2019est surtout le travail lié au soin d\u2019autrui qui survivra aux transformations prochaines de l\u2019emploi.Ce travail ne peut pas être avalé par le « progrès », puisque les sociétés capitalistes en dépendent absolument : c\u2019est celui qui rend tous les autres possibles.Et à l\u2019heure de l\u2019effondrement climatique, comment faire reposer l\u2019emploi sur la croissance économique infinie ?Ne faut-il pas plutôt investir les formes de liens sociaux, et de travail, qui allient solidarité et frugalité ?On touche là au potentiel révolutionnaire de ce « moment de l\u2019invisible ».Il impose un changement radical de perspective : qu\u2019arrive-t-il si l\u2019on appréhende le monde du point de vue de la reproduction de la vie humaine ?Marlihan Lopez Vice-présidente de la Fédération des femmes du Québec Nous venons de clore l\u2019édition 28 du Mois de l\u2019histoire des Noirs, Voix d\u2019émancipation, qui célébrait la contribution des femmes noires à la société québécoise.Dans ce mois de mars, dédié aux femmes, nous devons nous interroger sur les expériences des femmes noires au sein du mouvement des femmes au Québec.Dans un contexte d\u2019effacement continu de la contribution des femmes noires aux luttes féministes, quel prix ont-elles dû payer pour lever et porter ces voix émancipatrices au sein d\u2019un mouvement qui continue à centrer les expériences des femmes majoritaires et une «féminité» blanche qui se veut universelle.Il est vrai que le sexisme et la misogynie façonnent les expériences de TOUTES les femmes.Or, les femmes noires font également face à une misogynie qui se conjugue avec le racisme et reproduit des représentations négatives et nuisibles à leur égard.Il ne s\u2019agit pas de vouloir présenter une image homogène et universelle de la femme noire qui existe et résiste de façons très diverses.Il s\u2019agit plutôt de nommer les stéréotypes qui continuent à être véhiculés à leur égard et qui sont également présents dans les milieux féministes non mixtes (réservés aux femmes).Historiquement, les femmes noires ont été représentées comme étant des femmes fortes, agressives, intimidantes.Dans un contexte où nos sociétés occidentales valorisent, élèvent et protègent la «féminité» comme étant blanche, vulnérable et fragile, les femmes noires se placent en dichotomie en transgressant ces catégorisations réservées aux femmes majoritaires.Comment cette dichotomie se reflète-t-elle dans un contexte de conflits et de tensions dans des espaces féministes non mixtes où la femme noire perd droit à ce «nous les femmes» et assume le rôle d\u2019agresseur?Quand les femmes dénoncent le sexisme présent dans les milieux mixtes, elles sont perçues comme étant hystériques ou trop sensibles, tandis que quand il s\u2019agit de dénoncer le racisme présent dans des milieux des femmes non mixtes, les femmes noires sont perçues comme étant menaçantes et intimidantes.Les milieux de travail et de militance féministes non mixtes devraient être un refuge contre le sexisme et l\u2019oppression auxquels font face les femmes dans des contextes mixtes.Or, pour beaucoup de femmes noires, ces lieux d\u2019implication militante et de travail constituent souvent des espaces non sécuritaires où leurs voix revendicatrices peuvent être considérées comme étant trop agressives et dangereuses.Vouloir parler du racisme et de suprématie blanche équivaut à diviser, voire diluer le mouvement.En tant que femmes, si l\u2019on veut faire partie de la sororité universelle, on nous impose de prioriser les luttes « rassembleuses » qui centrent les expériences des femmes majoritaires.Il ne s\u2019agit pas de ségréguer le mouvement, car la ségrégation de facto a toujours été présente, dans un contexte où les femmes noires demeurent sous-représentées dans les lieux décisionnels et absentes dans les débats féministes importants.Il est fort probable que beaucoup de femmes ne se retrouvent pas dans ce texte.Il y aura ceux et celles qui dénonceront ce texte comme étant divisoire et identitaire.Ce n\u2019est pas grave.Ce texte s\u2019adresse aux femmes noires qui se sentent souvent exclues d\u2019un mouvement qui veut universaliser les expériences des femmes et taire leurs voix émancipatrices sous le prétexte de ne pas causer de division.Un mouvement où le discours dominant nous met encore en position de tutelle, où nous avons seulement le droit d\u2019exister en tant que sujets passifs quand il s\u2019agit d\u2019être sauvées par le féminisme universel.La mobilisation féministe restera morcelée tant que le féminisme institutionnel continuera à taire et à faire taire les voix émancipatrices qui dénoncent la suprématie blanche et la colonisation.Si l\u2019on veut bâtir des solidarités entre mouvements féministes, il faut renoncer à une vision universaliste et hégémonique de la « féminité » et du « féminisme blanc » et accueillir le potentiel d\u2019un féminisme pluriel, déco- lonial, antiraciste et émancipateur.Notre colère est émancipatrice Véronique De Sève Vice-présidente de la CSN Quel ne fut pas mon étonnement lorsque, lundi dernier, j\u2019ai entendu l\u2019animateur de radio d\u2019une émission matinale se poser la question suivante : le 8 mars, est-ce la Journée internationale des femmes ou de LA femme ?Encore cette éternelle interrogation! me suis-je écriée en moi-même.Le pluriel a toujours été de mise pour parler de la Journée internationale des femmes.Il vise à souligner la diversité, et non un soi-disant idéal féminin incarné dans un singulier, ma foi, bien réducteur.Cette année, le Collectif 8 mars a pris l\u2019initiative d\u2019ajouter la notion des droits des femmes au nom de cette journée, qui devient ainsi la Journée internationale des droits des femmes.Je m\u2019en réjouis.Bien sûr, je n\u2019en veux pas à cet animateur de ne pas avoir été mis au courant de ce changement.Mais de grâce, prenons donc enfin note, collectivement, du nom exact de cette journée.Un mot change tout Les femmes ne parlent pas d\u2019une seule et même voix, tout comme les hommes, d\u2019ailleurs ! Elles sont plurielles et chacune d\u2019entre elles, unique, représente un individu à part entière.Elles n\u2019ont pas les mêmes idées et ne vivent pas les mêmes réalités quotidiennes.Elles ont des parcours différents, rencontrent des difficultés qui leur sont propres.Elles sont grandes, petites, rousses, brunettes, filiformes ou tout en rondeurs.Certaines se disent féministes, d\u2019autres préfèrent le terme humaniste ; d\u2019autres encore refusent toute étiquette.Les femmes ne forment pas un bloc monolithique ! Pour cette raison, j\u2019ai toujours repris les personnes qui parlent de la Journée de la femme et défendu l\u2019appellation Journée internationale DES femmes, pour bien représenter notre grande diversité.Le 8 mars n\u2019est pas une journée comme les autres : parler des droits des femmes, c\u2019est refléter la vraie nature de ce dont il s\u2019agit.C\u2019est donner à cette journée la perspective militante et féministe qu\u2019elle doit avoir.C\u2019est aussi une occasion pour dénoncer les nombreuses discriminations, inégalités et violences envers les femmes et souligner le chemin parcouru.Le mythe de l\u2019égalité déjà atteinte est tenace ! L\u2019égalité de droit est certes atteinte, mais tant s\u2019en faut dans les faits.Revendiquons ! Nous devons en convenir: en 2019, les hommes assument de plus en plus de responsabilités familiales.Or, les femmes sont encore majoritairement celles qui supportent la charge mentale et qui jonglent avec les différentes sphères de la conciliation famille-travail.Moins nombreuses dans les lieux décisionnels, elles ne sont toujours pas parvenues à briser le plafond de verre, et ce, même si elles détiennent autant de compétences que leurs confrères.Les femmes subissent encore trop de violence au travail et dans l\u2019espace public, et le harcèlement sexuel est le lot quotidien de plusieurs d\u2019entre elles.Les écarts salariaux entre les femmes et les hommes subsistent, malgré les luttes passées pour l\u2019équité salariale.La pauvreté et la précarité demeurent aussi de réels enjeux pour elles.Et ce ne sont là que quelques exemples d\u2019inégalités inadmissibles à leur égard.J\u2019aimerais que les politiques gouvernementales apportent des changements concrets pour une réelle égalité entre les femmes et les hommes, et entre les femmes elles-mêmes.Depuis l\u2019élection de la CAQ, deux ministres se sont succédé à la Condition féminine.Pourtant, nous ne savons toujours pas ce que compte faire ce gouvernement pour enfin atteindre l\u2019égalité que nous demandons depuis si longtemps.La Journée internationale des droits des femmes 2019 doit être festive et refléter la solidarité qui nous lie, toutes et tous.Mais surtout, elle doit être l\u2019occasion de nous rappeler qu\u2019il reste encore de nombreuses luttes à mener et qu\u2019il faut, ensemble, se donner les moyens de les conduire à terme.Bon 8 mars ! La Journée de la femme n\u2019existe pas JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES Les femmes ne parlent pas d\u2019une seule et même voix, tout comme les hommes.KIVILCIM PINAR GETTY IMAGES AURÉLIE LANCTÔT LEDEVOIR // LE VENDREDI 8 MARS 2019 ACTUALITÉS A 10 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 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\u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.Le Devoir relance en ce 8 mars la Vigie parité, un projet qui durera jusqu\u2019au début de la campagne électorale.Il mesurera régulièrement le pourcentage de candidates investies dans chaque parti en vue des prochaines élections.GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Le cabinet 50-50 de Justin Trudeau donne peut-être l\u2019image d\u2019un Canada qui aurait atteint la parité politique.Sauf que la réalité des chiffres indique autre chose : avec un quart des parlementaires qui sont des femmes au gouvernement fédéral, le pays se situe au 63erang mondial en la matière.La campagne électorale qui se profile permettra-t-elle au Canada de suivre l\u2019exemple tracé par le Québec l\u2019automne dernier ?« C\u2019est ce qu\u2019on espère, dit Thérèse Mailloux, présidente du conseil d\u2019administration du Groupe Femmes, Politique et Démocratie (GFPD).Mais le Canada part de plus loin que le Québec, et ça évolue très lentement au fédéral.Le Canada reste globalement un mauvais élève en matière de parité.» Les données de l\u2019Union interparlementaire \u2014 qui compare la représentativité des femmes dans 193 parlements \u2014 placent le Canada derrière plusieurs démocraties douteuses.N\u2019empêche que les 26,9 % de femmes élues en 2015 (88 députées) représentaient un record canadien.Elles étaient 20 % en 2000, et moins de 10 % en 1984.Depuis l\u2019élection d\u2019Agnes Macphail en 1921 (elle siégera 19 ans à Ottawa, dont 14 en tant qu\u2019unique femme élue au Parlement), les députées sont certes de plus en plus nombreuses au fil des élections.Mais le GFPD calcule qu\u2019au rythme actuel de croissance, il faudrait attendre encore 105 ans (ou 27 élections) avant d\u2019avoir un Parlement paritaire.Or, la recette du progrès est connue \u2014 et pratiquement mathématique : il faut plus de candidates pour avoir plus d\u2019élues (et, bien sûr, offrir aux femmes des circonscriptions où elles ont une chance de l\u2019emporter\u2026).Le Québec en a donné un exemple concret lors de la dernière campagne provinciale.Avec un bassin record de 47 % de candidates, les électeurs ont composé une Assemblée nationale au- dessus du seuil de la parité (41,6 % d\u2019élues).C\u2019est la première juridiction canadienne à atteindre ce palier symbolique, note le groupe À voix égales/Equal Voice.« L\u2019Ontario et la Colombie-Britannique sont aussi très proches, ajoute Thérèse Mailloux.On parle ici des trois provinces les plus populeuses du pays, ça envoie un signe encourageant.» Pour mesurer la progression: les élections québécoises de 2014 avaient mené à l\u2019élection de 29,6 % de femmes.Un peu plus du tiers des candidats des quatre principaux partis étaient des femmes lors de ce scrutin.Au fédéral, les élections de 2015 ont mené à l\u2019élection de 26 % de femmes, alors que le bassin de candidats des quatre grands partis (libéraux, conservateurs, néodémocrates et verts) était composé d\u2019exactement un tiers de femmes.Le Bloc québécois avait pour sa part 28 % de candidates.Quels efforts ?Ce sont les néodémocrates (43 % de candidates) et les verts (40 %) qui ont fait il y a quatre ans les efforts les plus probants pour recruter des femmes.Les libéraux de Justin Trudeau (31 %) et les conservateurs (moins de 20 %) avaient quant à eux fait reculer la moyenne.Quels efforts seront faits en 2019 pour améliorer ces performances ?Interrogés dans les derniers jours par Le Devoir, tous les partis ont eu la même POLITIQUE L\u2019heure de la parité a-t-elle sonné à Ottawa ?Le pays est à la traîne en matière de représentativité féminine Le premier ministre Justin Trudeau et ses ministres lors de leur arrivée au Parlement le 4 novembre 2015 JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE 0 % 10 % 20 % 30 % 1930 1940 1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010 Données Bibliothèque du Parlement Infographie Le Devoir Proportion de députées à la Chambre des communes Élections générales de 1921 à 2015 40 % 50 % réponse : il est difficile de viser un objectif précis, puisque ce sont ultimement les membres des associations de circonscriptions qui élisent leur candidat.« Nous n\u2019avons pas de contrôle sur le résultat final », souligne un organisateur conservateur.Malgré cela, le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti vert du Canada (PVC) ont tous deux l\u2019objectif officiel d\u2019avoir au moins 50 % de candidates à travers les 338 circonscriptions du pays.Au Parti libéral du Canada (PLC), qui propose à tous ses députés actuels d\u2019être candidats de nouveau et sans investiture (à condition que leur association de circonscription ait rempli des objectifs d\u2019engagement communautaire), on veut forcer les circonscriptions orphelines à faire un réel effort de recrutement.« Pour qu\u2019une assemblée d\u2019investiture puisse être convoquée, l\u2019association de circonscription doit être en mesure de documenter sa recherche approfondie de candidates potentielles et d\u2019autres candidats de la diversité », indique le PLC sur son site Internet.Le nouveau chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, dit pour sa part avoir « exprimé clairement et avec insistance sa volonté que le Bloc atteigne la zone paritaire [40 %] dans les candidatures ».Il a « donné le mandat au parti de se montrer proactif » pour y arriver.Pour Thérèse Mailloux, il est important que « les partis comprennent qu\u2019il est totalement possible de concilier démocratie locale [les investitures décidées par les membres] et parité \u2014 ou zone paritaire ».Le Parti populaire du Canada n\u2019aura toutefois pas cette préoccupation.Le porte-parole de Maxime Ber- nier, Martin Masse, indiquait la semaine dernière que les popularistes n\u2019ont « aucune mesure pour [atteindre la parité dans les candidatures].On est en train de se structurer, mais il y a aussi qu\u2019on n\u2019embarque pas dans le jeu de \u201cil faut des quotas de chaque groupe d\u2019intérêt\u201d.On est tous Canadiens, quel que soit le groupe, et on vise le maximum de candidatures pour être le plus représentatif possible du Canada ».Ce sont les néodémocra tes (43 % de candidates) et les verts (40 %) qui ont fait il y a quatre ans les efforts les plus probants pour recruter des femmes.Les libéraux de Justin Trudeau (31 %) et les conservateurs (moins de 20 %) avaient quant à eux fait reculer la moyenne.26,9% Le pourcentage de femmes qui ont été élues aux élections fédérales de 2015 "]
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