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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Le D Magazine
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-02-23, Collections de BAnQ.

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[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 Lire Marie-Andrée Gill immortalise un amour impossible Vivre Yelapa à des années-lumière de Puerto Vallarta Passe-Partout Classiques remixés pour poussinots d\u2019aujourd\u2019hui \u2019ambitieux projet réunit trois compagnies théâtrales, deux langues et des ar tistes issus de deux nations.Au départ, il y a eu une initiative du National Theatre of Scotland, qui a convié à Glasgow, durant le référendum de 2014, des artistes écossais, québécois et catalans \u2014 qui finalement n\u2019ont pas participé au spectacle qui en est résulté \u2014 à réfléchir sur le concept de souveraineté.Dans l\u2019espoir qu\u2019à travers ce par tage, on puisse peut-être « sortir de nos schémas particuliers comme nations et pouvoir regarder les choses autrement », résume l\u2019un des invités, le metteur en scène Patrice Dubois.Et ces peuples ont beau avoir tous deux vécu des référendums sur l\u2019indépendance, leurs parcours divergents.« Le mouvement indépendantiste est beaucoup plus présent en Écosse qu\u2019il ne l\u2019est ici maintenant », constate Fletcher Mathers, l\u2019une des deux interprètes écossaises, dans la langue de Sean Connery.Et c\u2019est devenu un mouvement « populaire qui essaie de se distancier du gouvernement » et rallie des gens de dif férents partis politiques.Au contraire, elle sent l\u2019«urgence» retombée ici.Elle demande à ses collègues L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 Écrans Passe-Partout, des classiques remixés pour poussinots d\u2019aujourd\u2019hui.Scènes Odile Tremblay Cinéma Danse Arts visuels Médias Musique Écrans et grilles télé C U L T U R E V I V R E L I R E 6 5 8 16 20 38 18 14 4 26 27 32 28 42 44 46 52 54 56 58 Entrevue Marie-Andrée Gill immortalise un amour impossible dans Chauffer le dehors.Véronique Côté Critiques Poésie Fiction Louis Cornellier Biographie Voyage Le village de Yelapa, à des années-lumière de Puerto Vallarta.Tourisme Société Resto Bière Vin Jeux SOMMAIRE 30 35 36 Photo de la une du D : Télé-Québec Photo de la une Lire : Sophie Gagnon-Bergeron C U L T U R E ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR Renouer avec l\u2019espoir politique par le théâtre Création québéco-écossaise, Première neige / First Snow explore les notions de souveraineté et de projet commun Le metteur en scène Patrice Dubois, la comédienne écossaise Fletcher Mathers et l\u2019auteur Philippe Ducros VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR L dans un monde où les frontières s\u2019ouvrent.On ne peut plus penser ce projet d\u2019indépendance comme un projet isolé.Quand on relit la déclaration des patriotes en 1837 \u2014 et on l\u2019a mise dans le show \u2014, elle était inclusive, avec ce côté international.» Selon l\u2019auteur Philippe Ducros, la formule en « miroir » du projet leur permet de « dépasser les lieux communs et d\u2019aller vers des enjeux un peu plus cruciaux ».De réfléchir au rêve d\u2019un projet commun.«Comment une nation doit-elle s\u2019approprier l\u2019Histoire dans son côté mythologique, fictif, pour arriver à créer un mouvement, un sentiment d\u2019unité ?Est-ce que l\u2019espoir politique est encore possible à notre époque ?Comment le générer dans la population, lorsque tout ce qu\u2019on t\u2019incite à faire, c\u2019est de t\u2019occuper de ton régime de retraite et de ton individualisme ?D\u2019après moi, c\u2019est ça le cœur de la pièce.C\u2019est basé beaucoup sur la déception que nous avons vécue en 1995.» Créé au Fringe d\u2019Édimbourg avant sa présentation au Quat\u2019Sous, Première neige/First Snow ne se veut pas un manifeste pro-indépendance \u2014 la question s\u2019est posée puisque le National Theatre of Scotland est tenu à la neutralité \u2014, plutôt une interrogation sur cette possibilité de créer un projet civique collectif.Le dramaturge croit qu\u2019il faut aborder la question de la souveraineté d\u2019une nouvelle manière.Notamment en termes de contrôle et de protection de notre territoire.« Il y a les enjeux actuels du réchauffement climatique.On n\u2019a pas le pouvoir sur où on va driller un port au Québec, parce que les voies maritimes sont [de compétence] fédérale.On peut donc sortir le pipeline à Cacouna ! Il y a des éléments à réactualiser dans le discours, ce qui était très présent chez les Écossais.» Écriture en trio Écrite avec Davey Anderson et Linda McLean, des auteurs aux styles différents qui ne parlent pas français, et à partir de deux continents, la pièce a nécessité un long processus.Avec beaucoup de voyages et de conversations sur Skype.« À cer tains moments, ce travail a pu être frustrant et un peu désespérant, raconte Philippe Ducros.Mais j\u2019en suis extrêmement fier : j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019on a réussi à pondre un projet où l\u2019on se retrouve tous amalgamés, et que ce sont nos forces qui sont ressorties.Au bout du compte, je crois que si ça fonctionne, c\u2019est parce que le contenu reflète le propos.Le fait qu\u2019on ait eu toutes ces discussions-là, c\u2019est de ça qu\u2019on parle dans le show.» L\u2019équipe s\u2019est d\u2019abord appuyée sur une recherche historique et sociologique.Ils ont notamment rencontré le sociologue Gilles Gagné, qui leur a expliqué la « différence entre société et communauté ».Et que « le mouvement identitaire québécois est basé sur la communauté.La paroisse ! La société [réunit plutôt] des gens venus de plein d\u2019endroits, aux points de vue différents, qui doivent [s\u2019entendre pour choisir] dans quelle direction le bateau rame.Dans la structure du projet, on s\u2019est retrouvés à faire la même chose ».La pièce reproduit cette situation d\u2019individus très dif férents qui partagent un même espace, via le microcosme de la famille.En quête d\u2019émancipation personnelle, une femme (Isabelle Vincent) réunit sa smala, éparpillée et très hétérogène, dans la maison matrimoniale.« On part beaucoup de concepts, d\u2019idées, mais le spectacle est finalement très touchant, estime son coauteur.On parle de trajectoires humaines, de désir de se rencontrer et d\u2019avancer.» Qui parle ?Première neige, qui met en vedette une distribution avec «des héritages culturels très différents» et présente une pluralité d\u2019opinions politiques, est aussi basée sur des sessions d\u2019improvisation avec les interprètes.«On s\u2019est rendu compte que ce qu\u2019on pouvait inventer était généralement moins intéressant que ce qui sortait des comédiens parlant directement, explique Philippe Ducros.La pièce a deux axes : la fiction et la non-fiction.Les acteurs interrompent la représentation pour parler de leur vécu.» Le spectacle brouille la ligne entre personnage et interprète : qui parle?« C\u2019est une expérience incroyablement personnelle pour nous, rap- por te Fletcher Mathers.On parle tous de choses personnelles.À partir des questions posées par les auteurs, on a discuté de souveraineté, d\u2019amour, de famille\u2026 » S\u2019il eût paru impensable, autrefois, de créer une pièce traitant de souveraineté à moitié en anglais (avec sur- titres), Patrice Dubois estime que les barrières, nées de nos blessures avec le Rest of Canada, «ne sont plus valables ».Les créateurs souhaiteraient d\u2019ailleurs présenter leur show dans des théâtres anglophones d\u2019ici.« Pour nous, il y a quelque chose de très important dans cette rencontre, dans ce choc des idées qu\u2019on crée.On pense que ça peut être le début d\u2019une \u201créconciliation\u201d avec des scènes où on n\u2019aurait jamais pensé pouvoir aller.Surtout avec ce sujet en mains.Mais ce sujet, au sens où on l\u2019entend, il est universel.» Première neige / First Snow Texte : Davey Anderson, Philippe Ducros, Linda McLean.Mise en scène: Patrice Dubois.Avec François Bernier, Marilyn Castonguay, Guillermina Kerwin, Thierry Mabonga, Fletcher Mathers, Harry Standjofski, Isabelle Vincent.Un spectacle du PÀP, des productions Hôtel-Motel et du National Theatre of Scotland.Au Théâtre de Quat\u2019Sous du 26 février au 23 mars.| 3 T h é ât r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 P h o t o : G u i l l a u m e C a r b o n n e a u présenté par BILLETTERIE 514 526-6582 | theatreprospero.com Texte : Emmanuelle Jimenez Avec : Gabrielle Marion-Rivard, Marilyn Perreault et Olivier Rousseau Du 19 février au 9 mars 2019 Un spectacle de danse-théâtre de Menka Nagrani CENDRES québécois si c\u2019est à cause de Justin Trudeau\u2026 Comment en ef fet dé- gringole-t-on du vote si serré de 1995 à aujourd\u2019hui, où il « semble presque ne plus y avoir de mouvement indépendantiste » ?« Vous avez besoin de quelque chose comme le Brexit », lance-t-elle en riant, qualifiant la sortie du Royaume-Uni de l\u2019Europe de leur « meilleure chance » pour un prochain scrutin.Patrice Dubois, lui, a été marqué par les différentes origines de ces notions (distinctes) de souveraineté ou d\u2019indépendance.«Pour nous, historiquement, ça s\u2019est fait par la langue, par un combat contre Ottawa.Et là, on ne peut plus envisager les choses sous l\u2019angle du \u201cméchant Anglais\u201d, À certains moments, ce travail a pu être frustrant et un peu désespérant.Mais j\u2019en suis extrêmement fier : j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019on a réussi à pondre un projet où l\u2019on se retrouve tous amalgamés, et que ce sont nos forces qui sont ressorties.Au bout du compte, je crois que si ça fonctionne, c\u2019est parce que le contenu reflète le propos.Le fait qu\u2019on ait eu toutes ces discussions-là, c\u2019est de ça qu\u2019on parle dans le show.PHILIPPE DUCROS » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e S c è n e 4 | ENTREVUE CHRISTIAN SAINT-PIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR Marie-Josée Lord et Éric-Emmanuel Schmitt dans l\u2019atelier de Bizet « Carmen, c\u2019était de la dynamite en 1875 et c\u2019est toujours de la dynamite aujourd\u2019hui » Le spectacle musical met en vedette son auteur, Éric-Emmanuel Schmitt (dans le rôle du narrateur, mais aussi dans celui de Bizet), et, pour interpréter le personnage de Carmen, nulle autre que la divine soprano Marie-Josée Lord.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR assionné de musique classique, Éric-Emmanuel Schmitt parvient à la rendre accessible, à en faire valoir, comme il le dit lui-même, « le caractère essentiel à toutes vies spirituelles ».Après avoir déclaré son amour à Mozart, à Chopin et à Beethoven, l\u2019écrivain, fasciné par les œuvres aussi bien que par leurs auteurs et leurs contextes de création, rend hommage au destin paradoxal de Georges Bizet dans un concer t-lecture donné à l \u2019Opéra Bastille en 2012.C\u2019est à partir de ce texte que Lorraine Pintal met en scène Le mystère Carmen, un spectacle qui sera présenté au TNM avant de parcourir le Québec.Quand l\u2019Opéra de Paris lui a donné car te blanche, l\u2019écrivain a spontanément jeté son dévolu sur le compositeur de Carmen.«Bizet est un inconnu célèbre, estime Schmitt.C\u2019est un homme au destin tragique, mort à 36 ans, quelques semaines après la création de son chef-d\u2019œuvre, l\u2019un des opéras les plus joués dans le monde, en pensant qu\u2019il avait fait un bide.J\u2019ai eu envie de mener une enquête sur le compositeur, sur son trajet incroyable, celui d\u2019un génie contrarié par son carriérisme et par son époque, un artiste qui n\u2019a connu que l\u2019échec.Je l\u2019ai fait pour essayer de comprendre comment il en est arrivé à cette fin curieuse, si difficile à expliquer.Imaginez ce que serait la musique française si Bizet avait vécu jusqu\u2019à 60 ans.On aurait un Verdi, un Wagner, ce serait l\u2019équivalent, ce serait aussi géant que ça.» Enquête sur un inconnu célèbre Entre le destin du compositeur et celui de son héroïne, un personnage féminin des plus subversifs, Schmitt s\u2019assure de démontrer les ressemblances, ce qu\u2019il considère comme « une grande proximité ».« Carmen est le seul \u201csurhomme\u201d nietzschéen de l\u2019histoire de la littérature, estime- t-il.Elle vit totalement dans l\u2019instant.Elle est hors cadre, entièrement débarrassée du passé et sans aucune anxiété par rappor t à l\u2019avenir.Solaire, elle se consume à chaque instant de sa vie et jusqu\u2019à la mort : \u201cJamais Carmen ne cédera ! Libre elle est née et libre elle mourra !\u201d Il n\u2019y a pas plus beau que la mort de Carmen, parce que c\u2019est une mort voulue : \u201cFrappe-moi donc ou laisse-moi P | 5 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 L\u2019Academy of Motion Picture Arts and Science a les baguettes en l\u2019air.À l\u2019âge vénérable de 91 ans, son désarroi paraît presque indécent.Vire d\u2019un bord, vire de l\u2019autre en quête d\u2019un auditoire qui s\u2019effiloche devant ses Oscar \u2014 la dernière édition si peu suivie l\u2019a prouvé.Et comment faire briller cette étoile comme en son âge d\u2019or révolu?Les Oscar, c\u2019est le symbole du cinéma américain, mais aussi mondial, côté faste.Or, quand un symbole vacille, c\u2019est signe que tout le milieu derrière vit sa crise existentielle.On a vu l\u2019Academy ces derniers mois glisser sur tant de peaux de banane, essayer ceci et cela, rajuster des tirs, avancer, reculer, perplexe, apeurée.Rien pour inciter les téléspectateurs à suivre en foule son gala dimanche soir.Devant ces shows de paillettes, d\u2019art, de divertissement et d\u2019ego, le public aime les gagnants, les dieux de l\u2019Olympe hollywoodien.Pas des organisateurs en sauve-qui-peut.Or, sans maître de cérémonie depuis que Kevin Hart a retiré ses billes, signe des temps, pour cause d\u2019anciens propos homophobes dont il s\u2019était déjà excusé, il manque une figure de proue à greffer à cette édition des Oscar.Tant mieux peut-être.Des présentateurs de trophées pourront ainsi se relayer pour lancer des gags dans la diversité des voix, sur gala écourté, mais c\u2019est un risque à prendre.Hollywood peine à trouver des ambassadeurs sans taches sur ses collines olé olé, sauf que dans les meilleurs crus \u2014 Ellen DeGeneres en 2007 \u2014, une prestation d\u2019animation réussie peut vraiment accroître l\u2019audience télé.Le projet d\u2019une nouvelle catégorie consacrée aux films populaires s\u2019est écroulé sous les huées, celui, plus récent, de présenter les Oscar de la caméra, du montage, des maquillages et coiffures et du court métrage de fiction (où concourent les films québécois Fauve et Marguerite) durant les pauses publicitaires (toujours pour écourter le gala) a fait hurler acteurs et cinéastes, qui y voyaient avec raison une gifle au nez d\u2019artistes et d\u2019artisans essentiels.Rétractation, cinq jours plus tard.Scusez, pardon\u2026 Le mois dernier, des vedettes s\u2019étaient fait conseiller par l\u2019Academy de se réserver pour les Oscar en évitant d\u2019autres galas de cinéma; tentative d\u2019intimidation vertement critiquée par la guilde des acteurs de l\u2019écran.Des Oscar en crise existentielle ODILE TREMBLAY Les tiraillements du cinéma Le milieu du cinéma a changé de physionomie et sa messe annuelle reflète ses tiraillements.Les grands écrans, sous la concurrence des plateformes numériques, perdent du prestige.Roma d\u2019Alfonzo Cuarón, grand favori de la cuvée des Oscar, est un rejeton Netflix, quoique sorti dans plusieurs salles pour se positionner lors des remises de prix.Mais les frontières se brouillent.Les gens se font leur cinéma sur Facebook.Devenus vedettes de leur propre vie, ils fantasment moins fort sur les stars officielles descendues de Malibu.D\u2019autant moins que leurs superhéros de prédilection tendent à prendre la forme de créatures numériques, qui ne foulent guère les tapis rouges.Et qui ne risquent pas de sauter sur les jeunes acteurs et actrices, ironiseront certains.Car les scandales sexuels à la Weinstein, Spacey, Hoffman contribuent à ternir l\u2019aura du gala des stars.Quand les choses se morpionnent à l\u2019Academy, des problématiques récurrentes gagnent en intensité.Air connu : aux nominations des Oscar, des poulains de tête, garants de qualité, sont jugés trop sophistiqués pour le grand public.Tel l\u2019an dernier The Shape of Water de Guillermo del Toro, ou en 2017 Moonlight de Barry Jenkins.Cette fois, le Roma de Cua- rón en noir et blanc, tourné au Mexique en espagnol, au rythme lent, sans musique, suscite l\u2019admiration de la critique, sans se voir plébiscité au bout du compte.Gageons que les admirateurs de Trump ne voient guère d\u2019un bon œil la prédominance d\u2019un film aussi «chicano» sur leur fête «America First».Les Oscar cette année rameutent pourtant des candidats populaires à sa sélection: Black Panther, Green Book, A Star Is Born, etc., sans soulever la ferveur collective pour autant.D\u2019autant moins que les cérémonies pré-Oscar : Golden Globes, Screen Actors Guild, Grammy, BAFTA britanniques et autres Critics\u2019 Choice Movie Awards, ont déjà célébré dans l\u2019ordre ou le désordre à peu près les mêmes films, de nouveau sur les rangs dimanche: Roma, A Star Is Born, Bohemian Rhapsody, Green Book, The Favourite.Leur présence se fait lassante et répétitive pour les vedettes en tenue de soirée comme pour le public.Il y a trop de galas de cinéma, et Hollywood peut-il encore se le permettre?Le groupe Queen aura beau chanter au Dolby Theater, Lady Gaga et Bradley Cooper donner de la voix de concert, il souffle sur ces 91es Oscar un vent de fin d\u2019époque plus mélancolique que festif.Hélas! Car c\u2019est le cinéma qui se cherche à travers son gala emblématique.Une diva pas comme les autres En 15 ans, Marie-Josée Lord s\u2019est taillé une place de choix dans le milieu de la musique classique, tout comme dans le cœur des Québécois.Avec ses spectacles solos, souvent accompagnés d\u2019un album, la soprano évolue à sa manière.«Dans le monde de l\u2019opéra, j\u2019ai appris de bonnes choses et j\u2019ai constaté des choses décevantes, explique-t-elle.Il a fallu que je détermine où je voulais aller, le chemin que je souhaitais emprunter, ce que je comptais en retirer.Vous savez, quand on ne prend pas ces décisions, d\u2019autres les prennent à notre place.» Pour être heureuse, être en paix avec elle-même, la soprano a fui « les règlements et les clauses bizarres» : «Sinon l\u2019artiste n\u2019a plus sa raison d\u2019être.Tu deviens comme un mime, tu mimes quelque chose qui a existé dans le passé.Amalgame de tous les arts, l\u2019opéra me passionne parce qu\u2019il me donne une liberté que je ne trouvais pas comme pianiste.Cette liberté, je l\u2019obtiens avec les mots, avec les gestes, avec la musique, en me tenant loin des règles et des conventions.Je ne pense pas que je suis une rebelle, je crois tout simplement que je suis une artiste définie.» passer.\u201d J\u2019estime que peu à peu, Bizet est devenu son héroïne, qu\u2019il a fini par adopter sa force morale, son indépendance, son absence totale de compromis, qu\u2019il est en quelque sorte allé la rejoindre.» Transmettre la musique Le spectacle musical met en vedette son auteur (dans le rôle du narrateur, mais aussi dans celui de Bizet), le pianiste Dominic Boulianne, le ténor Jean-Michel Richer et, pour interpréter le personnage d\u2019abord imaginé par Prosper Mérimée, mais également façonné par Célestine Galli- Marié, la mezzo-soprano française qui créa le rôle de Carmen, nulle autre que la divine soprano Marie-Jo- sée Lord.« Il y a des personnages qu\u2019on ne cesse jamais de vouloir incarner, explique-t-elle.Parce que ce sont des femmes qui ont une intensité, un caractère, une histoire qui donnent envie de s\u2019impliquer, d\u2019embrasser et de défendre le rôle.En ce qui me concerne, Carmen a toujours été l\u2019un de ceux-là.» C\u2019est après avoir vu Éric-Emmanuel Schmitt jouer Ibrahim et les fleurs du Coran sur la scène du TNM que Ma- rie-Josée Lord a été convaincue de prendre par t au Mystère Carmen.«Son approche me rejoint beaucoup, explique-t-elle.Ça ressemble à ma manière de présenter les concerts, de faire expérimenter la musique classique au grand public, de la transmettre aux gens de sor te qu\u2019ils puissent recevoir les œuvres, qu\u2019i ls ne se sentent pas exclus.Faire découvrir l\u2019opéra Carmen par l\u2019histoire de Bizet, je trouve ça tout aussi sublime que passionnant.» Le narrateur du spectacle va jusqu\u2019à af firmer que la musique de Carmen est si belle qu\u2019elle aurait pu être l\u2019œuvre de Mozart, que le livret de Meillac et Halévy est si inspiré qu\u2019il aurait pu être écrit par Nietzsche : « Selon moi, c\u2019est Mozart, le Mozart de Don Giovanni, qui est revenu sur terre pour composer cette musique claire, gaie, pure, vitale.Quant au livret, il a été rédigé par un contemporain que Bizet ne connaît pas, mais qui va bientôt l\u2019adorer : le philosophe Frédéric Nietzsche.» Une manière de dire que les créateurs ont été touchés par la grâce.« Avant Carmen, précise Schmitt, il y a ce qu\u2019on pourrait appeler des pépites dans la musique de Bizet.Il y en a dans La jolie fille de Perth, dans Les pêcheurs de perles, dans les Variations chromatiques et dans les mélodies, notamment les Adieux de l\u2019hôtesse arabe.Ces morceaux, on les fait entendre dans le spectacle, on n\u2019hésite pas à entraîner le public dans l\u2019atelier du chef-d\u2019œuvre.» Oiseau rebelle En 1875, le personnage de Carmen \u2014 bohémienne rebelle, femme libre, independante et sensuelle \u2014 a été très mal reçu.«Le scandale a été total, rappelle Schmitt.La revue de presse du spectacle, c\u2019est une anthologie de la connerie! Les critiques ont d\u2019abord été choqués par la femme, amorale selon les critères de l\u2019époque, surtout pour le public de l\u2019Opéra Comique, friand d\u2019amour bourgeois.» «Carmen, c\u2019est un personnage complètement anachronique, intervient Marie-Josée Lord.Tout comme Bizet d\u2019ailleurs, certainement en avance sur son temps.» Heureusement, plusieurs grands compositeurs d\u2019alors, comme Brahms et Tchaïkovski, ont soutenu l\u2019œuvre, ce qui lui a of fer t la renommée que l\u2019on sait, cette gloire que Bizet n\u2019aura jamais connue.« Carmen, c\u2019était de la dynamite en 1875 et c\u2019est toujours de la dynamite aujourd\u2019hui », conclut Schmitt.Le mystère Carmen Texte: Éric-Emmanuel Schmitt.Mise en scène: Lorraine Pintal.Une coproduction du Théâtre du Nouveau Monde et de Didier Morissonneau.Au TNM du 26 février au 16 mars, puis en tournée au Québec du 19 avril au 15 mai.Carmen, c\u2019est un personnage complètement anachronique.Tout comme Bizet d\u2019ailleurs, certainement en avance sur son temps.MARIE-JOSÉE LORD » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e É c r a n s 6 | Inuit Songs II Lundi 25 février Cathédrale Christ Church Rencontre inusitée entre chant de gorge inuit et musique contemporaine Un projet de Gordon Williamson (compositeur) avec le Neue Vocalsolisten (Allemagne), Lisa-Louise Ittukallak et Winnie Ittukallak (Nunavik) Festival international - festivalmnm.ca ENTREVUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Quand Télé-Québec a annoncé en grande pompe qu\u2019elle avait commandé une relecture de son plus gros succès jeunesse, plusieurs ont dénoncé ce manque d\u2019originalité, d\u2019audace et de confiance envers les créateurs d\u2019aujourd\u2019hui alors que d\u2019autres y ont vu une occasion de mettre en contact leurs jeunes enfants avec un univers qui les ont fait grandir, rire et rêver.Près d\u2019un an et demi plus tard, le Passe-Partout nouveau arrive en ondes dans sa case horaire d\u2019antan, accompagné d\u2019un battage publicitaire et entouré d\u2019un mystère, avouons-le, un peu artificiel.Télé-Québec a été chiche d\u2019informations et de détails sur cette relecture attendue et a refusé de montrer des épisodes, ou même de courts extraits, au Devoir.La chaîne a toutefois accepté de fournir les scénarios de quelques épisodes nouveaux et leur équivalent « original » de la fin des années 1970, afin de pouvoir discuter avec l\u2019auteure-coordonnatrice et productrice au contenu de la production actuelle, Sophie Legault.Un exercice très révélateur.Toujours utile La psychologue de formation, spécialisée en petite enfance, et scénariste en télé jeunesse depuis plus de 20 ans (Cornemuse, Toc Toc Toc, Classiques remixés pour poussinots d\u2019aujourd\u2019hui Comment refait-on Passe-Partout ?Comparaison entre les scénarios d\u2019hier et ceux de 2019 avec sa chef d\u2019orchestre.Mon amie Bulle) se réjouit de ce retour permettant qu\u2019on s\u2019adresse «enfin» aux tout-petits, les enfants de 3 à 5 ans, qui, à son avis, ont été un peu délaissés à la télé québécoise.La dernière production d\u2019ici qui s\u2019adressait expressément à eux, 1,2,3\u2026 Géant !, s\u2019est terminée en 2013.Sophie Legault fait un parallèle entre notre production télévisée et nos efforts en prévention et en intervention précoce auprès de ces derniers, évoquant tour à tour l\u2019« ébullition dans les années 1970 \u2014 où on s\u2019est dit qu\u2019on pouvait vraiment aider les enfants à avoir de meilleurs résultats à l\u2019école » \u2014, le rapport Un Québec fou de ses enfants, le développement des services de garde publics, puis la multiplication des garderies privées, dont la qualité est variable.À cette équation s\u2019ajoutent les futures maternelles 4 ans annoncées récemment par le gouvernement actuel.Rappelons qu\u2019à l\u2019origine, le Passe- Partout de 1970 avait été coproduit par le ministère de l\u2019Éducation, qui n\u2019avait alors pas les moyens de son ambition d\u2019instaurer des maternelles sur tout le territoire québécois.L\u2019au- teure coordonnatrice de la nouvelle mouture de l\u2019émission estime que celle-ci, dont l\u2019objectif est de soutenir l\u2019acquisition de compétences af fec- tives, sociales, émotives, motrices, langagières et cognitives, a toujours son utilité puisqu\u2019elle « s\u2019inscrit dans un ensemble de mesures » pour stimuler les jeunes enfants.Rebrasser une formule gagnante Sophie Legault et son équipe d\u2019auteurs (Mélissa Veilleux, Annie Lan- glois et Simon Boulerice) ont d\u2019abord décidé de «prendre leurs distances » par rappor t à l \u2019œuvre originale avant de se lancer dans l\u2019écriture du premier scénario.Elle évoque en entrevue des rencontres réunissant des spécialistes de la petite enfance (un psychologue, une enseignante au préscolaire et un certain Camil Bouchard) auxquelles participait son équipe scénaristique.« Je me suis dit qu\u2019il fallait que tout le monde soit là pour que tout le monde comprenne les choses de la même façon.» En a émergé un document sur les connaissances actuelles en neurosciences et en matière de prévention chez les tout-petits, sur tout ce qui a changé dans ce domaine en 40 ans.« À partir de ça, on a pu dresser le portrait de ce que serait notre Passe-Partout.» Est-ce que les enfants embarqueront dans cette version mise au goût du jour de l\u2019émission fétiche d\u2019une génération ?PHOTOS TÉLÉ-QUÉBEC | 7 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 L E S F L Â N E U RS Après avoir vu Roma, impossible de ne pas retourner à deux autres œuvres elles aussi en noir et blanc, elles aussi consacrées à une observation large et pourtant si fine de la condition humaine: Embrace of the Serpent (2015), film à la charge mystique qui montrait le choc des civilisations en Amazonie, et le travail du photojournaliste Sebas- tião Salgado, qui passa 40 ans à documenter la vie de gens multiples, leur identité, leur terre dans la moitié des pays du monde.Roma apparaît ainsi un rappel: que l\u2019absence de couleurs crée une distance telle avec le sujet qu\u2019il en devient non seulement magnifié, mais paradoxalement universel.Roma ou l\u2019esthétique de l\u2019universel L\u2019aventure des cabinets de curiosité, qui épataient les visiteurs des collectionneurs aristocratiques européens entre le XVIe et le XIXe siècle, se voit transplantée au musée Pointe-à-Callière sous le titre Dans la chambre des merveilles.Surtout tiré du Musée des Confluences à Lyon, avec des prêts québécois et canadiens, les crânes, squelettes, oiseaux exotiques empaillés, coquillages, carapaces de tatou y côtoient de vrais trésors : armures japonaises, talismans de Madagascar et parures de plumes d\u2019aras des autochtones de l\u2019Amazonie.Au temps où des pans entiers du monde demeuraient mal connus, ces cabinets étaient et demeurent une porte ouverte sur le rêve.Poésie insolite des cabinets de curiosité Alliant savamment la peinture sociale, le drame familial et les codes du cinéma d\u2019épouvante, le plus récent film de Denis Côté est certainement à inscrire dans le «Répertoire des grands films québécois».Afin de prolonger le plaisir que procure cette hypnotique œuvre, où le cinéaste propose une réflexion sur l\u2019identité, l\u2019altérité et le repli sur soi, pourquoi ne pas plonger, si cela n\u2019a déjà été fait, là où elle puise sa source, c\u2019est-à-dire en savourant le roman de Laurence Olivier, Répertoire des villes disparues, paru en 2015 aux Herbes rouges.L\u2019auteur-dessinateur belge Pascal Lemaître propose aux Éditions de l\u2019Aube une collection de petits livres où il répond, par le tracé en noir et blanc de ses crayons, à des textes es- sayistiques.Son dernier opus, Entre vos mains, revisite le discours de réception de Toni Morrison pour son prix Nobel (1993).Quelques pages courtes mais lumineuses sur l\u2019importance du langage.Lemaître traduit ensuite le texte, par sa calligraphie et son média, en une soixantaine d\u2019illustrations.La forme est inusitée et sensible, et le voyage touchant.Coup de crayon de Pascal Lemaître Du livre à l\u2019écran CATHERINE LALONDE MANON DUMAIS ODILE TREMBLAY GENEVIÈVE TREMBLAY VALÉRIAN MAZA- TAUD LE DEVOIR Mme Legault considère que les trois éléments fondamentaux de l\u2019«ADN» de Passe-Partout ont été préservés dans la nouvelle version : l\u2019authenticité («Passe-Partout ne parle pas aux enfants de quatre ans comme s\u2019ils étaient des bébés»), la folie ou le côté absurde, un aspect surtout exploré par les trois fantaisistes, et la vision « naïve » des enfants, portée par les marionnettes Cannelle, Pruneau et leurs amis.«C\u2019est comme si cet ADN, on le tenait dans un écrin, puis on le protégeait.Parce qu\u2019on ne veut pas toucher à ça.» Elle a donc visionné les 125 premiers épisodes de la série (plutôt que de travailler avec les scénarios) pour guider son équipe en donnant des indications sur comment chacune des scènes des épisodes pouvait être resserrée, répartie en plusieurs segments ou carrément retirée des épisodes.Et on constate de nombreuses dif férences en consultant en parallèle les deux versions d\u2019un même épisode.« C\u2019est sûr qu\u2019on a réduit la longueur des segments, d\u2019expliquer Mme Legault, mais ce n\u2019était pas tant parce que les enfants d\u2019aujourd\u2019hui sont moins attentifs, mais parce qu\u2019il y avait vraiment des longueurs.[\u2026] On sait maintenant que ce n\u2019est pas tant la vitesse qui est importante dans un segment [\u2026] que la nécessité de stimuler la curiosité.Donc, on peut le faire en montrant quelque chose de très lent, pourvu qu\u2019on garde l\u2019intérêt, qu\u2019on soit capable de captiver.» Changement de valeurs Quant aux scènes et passages retirés des épisodes ou considérablement modifiés, l\u2019auteure évoque surtout « les changements dans nos valeurs sociales» pour les motiver.Ainsi, dans l\u2019épisode sur le hockey, Passe-Montagne, qui faisait jadis une crise à Passe-Partout parce qu\u2019elle était bonne à ce sport et qu\u2019elle était une fille, s\u2019énerve maintenant parce qu\u2019elle ne le pratique pas souvent.Dans une scène de confidence de Passe-Partout où elle dénonçait le fait de jeter certaines choses, comme une boîte de conserve, on la voyait jeter son cœur de pomme dans l\u2019herbe du même parc quelques instants plus tard en disant qu\u2019on pouvait faire un tel geste\u2026 «On ne ferait plus ça aujourd\u2019hui à l\u2019écran», dit Sophie Legault.Ce serait aussi le cas d\u2019une scène où on voyait Fardoche saisir un cochon par l\u2019oreille et la queue pour le déposer dans son camion : « Le cochon hurlait ! Peut-être que ça existe encore, mais ça ne passerait plus à la télévision.» Dans d\u2019autres cas, les scènes originales qui partaient d\u2019une bonne intention, mais transmettaient un message confus ou incohérent , ont subi quelques changements ou sont passées à la trappe.Les vieux poussi- nots se rappelleront le moment où André (personnage ami des Passe qui ne figure pas dans la nouvelle version) tapissait de papier un mur entier de la maison de Grand-Mère en oubliant qu\u2019il s\u2019y trouvait une porte\u2026 pour finalement tout enlever.« Il sortait plein de papiers qu\u2019il gaspillait à l\u2019écran pour montrer qu\u2019il ne faut pas gaspiller.» Passe-Montagne prend son relais et réutilise la précieuse ressource pour la fabrication d\u2019une murale.Autre exemple de scène qui ratait sa cible « louable » et qui cette fois disparaît : celle où Cannelle et Pruneau jouaient aux parents avec leurs poupées et les battaient avec ferveur parce qu\u2019elles étaient « désobéissantes ».Leur père, Perlin, intervenait en leur proposant de chanter plutôt une berceuse pour qu\u2019ils se calment.« L\u2019objectif était de montrer que, s\u2019il y a des parents négligents, d\u2019autres sont bons et tendres, d\u2019expliquer l\u2019auteure.Mais la scène ne fonctionnait pas parce qu\u2019on se souvenait bien plus des enfants qui tapaient\u2026» Au rayon des autres « innovations» que l\u2019on a pu constater, Grand-Mère (Danielle Proulx) raconte désormais aux tout-petits des histoires originales plutôt que les contes traditionnels, l\u2019éducatrice en garderie Carmine est devenue l\u2019éducateur Virgule («On trouvait ça l\u2019fun d\u2019avoir un éducateur, confie Mme Legault.C\u2019est vrai que c\u2019est rare, mais les enfants aiment ça ») et Alakazou est désormais un personnage d\u2019animation que les marionnettes regardent sur une tablette, modernité oblige.Est-ce que les enfants embarqueront dans cette version mise au goût du jour de l\u2019émission fétiche d\u2019une génération précédente?Une étude commandée par la production pour laquelle des groupes tests ont regardé des épisodes de la version originale, puis quelques mois plus tard des scènes de la nouvelle mouture, laisse croire que cette mission risque de s\u2019accomplir.Les réactions des enfants sondés étaient très positives à l\u2019égard des épisodes originaux, mais encore plus concluantes dans le cas de la relecture.Sophie Le- gault concède que les poussinots d\u2019antan auront peut-être un « choc » à l\u2019écoute de cette version, mais elle précise avec raison qu\u2019ils le font «pour les tout-petits de quatre ans».«Et ce qu\u2019on voit, c\u2019est qu\u2019ils aiment ça.» Rappelons qu\u2019à l\u2019origine, le Passe-Partout de 1970 avait été coproduit par le ministère de l\u2019Éducation.Passe-Partout Télé-Québec, du lundi au vendredi, 18h, rediffusion le lendemain à 7h33.Trois épisodes par semaine en primeur sur le portail Coucou (telequebec.tv) les vendredis (et le 25 février à 18h30).Sophie Legault considère que les trois éléments fondamentaux de l\u2019« ADN » de Passe- Partout ont été préservés dans la nouvelle version L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e R e n d e z -vo u s Q u é b e c c i n é m a 8 | Paul Barbeau, immortalité tardive Le producteur devenu réalisateur présente aux RVQC son second film, À nous l\u2019éternité ntoine, 20 ans, travaille dans le restaurant du Vieux-Québec de sa mère.Cuisinier doué, il rêve de plus, de mieux, de cette grande école à Paris.Résolu à réussir tout seul, le voici donc embauché comme soudeur dans une petite ville en périphérie de Portneuf, avec pour but de mettre des sous de côté.Mais il y a son meilleur ami qui, depuis Montréal, lui enjoint de gagner la métropole avec promesse de succès.Et il y a sur tout Sarah, dont Antoine s\u2019est épris, et Léa, la sœur de celle-ci, qui ne lui est pas indifférente.Tellement de choix, si peu de certitudes\u2026 Hésitant, Antoine ne réalise pas qu\u2019il a la vie devant lui.Présenté aux Rendez-vous Québec cinéma, À nous l\u2019éternité est l\u2019œuvre d\u2019un auteur, Paul Barbeau, qui s\u2019est lui-même retrouvé à la croisée des chemins.En effet, après s\u2019être établi une solide réputation de producteur avec des films aussi variés que Jo pour Jonathan, de Maxime Giroux, Avant que mon cœur bascule, de Sébastien Rose, Autrui, de Micheline Lanctôt, ou encore Roméo Onze, d\u2019Ivan Grbo- vic, Paul Barbeau est passé à la réalisation en 2012 avec Après la neige.« C\u2019est un film très \u201cméta\u201d, qui met en scène un producteur contraint de fermer sa boîte et qui entreprend de réaliser un film, une situation que je venais de vivre, mais ce n\u2019est pas autobiographique pour autant.Je souhaitais sur tout parler de l\u2019importance de faire des films, du geste créateur.Mais mon jeu avec les codes a peut-être été mal perçu », hasarde Paul Barbeau, qui avoue avoir été échaudé.De telle sorte que, pour ce second film, il a opté pour la pure fiction.« Je désirais faire un film romantique contemporain, pour les adolescents, avec une profondeur, et sans clichés par rapport aux millénariaux.À la base, je savais que je voulais raconter le récit initiatique d\u2019un jeune homme à qui s\u2019of frent plein d\u2019avenues.Et tranquillement, il y en a une qui s\u2019impose davantage à lui.» Immortaliser des moments S\u2019il explique avoir fait le genre de film qu\u2019il aurait lui-même aimé voir à l\u2019adolescence, Paul Barbeau précise n\u2019en avoir pas moins puisé dans son expérience subséquente de parent pendant l\u2019écriture.« Antoine est sous-estimé et il se sous-estime.C\u2019est que parfois, par amour et par volonté de protéger nos enfants, on leur impose un cadre trop réducteur par rappor t à leur potentiel.» ENTREVUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR A À nous l\u2019éternité est présenté samedi 23 février aux RVQC et devrait prendre l\u2019affiche à une date ultérieure. C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 27 et 28 février à 20 h Palais Montcalm - Maison de la musique 3 mars à 19 h 30 Maison symphonique de Montréal Jonathan Cohen chef Avec le chœur La Chapelle de Québec JONATHAN COHEN ET LA CRÉATION DE HAYDN © Atwood Photographie PARTENAIRE DE SAISON À MONTRÉAL 418 641-6040 | 1 877 641-6040 514 842-2112 | 1 866 842-2112 PARTENAIRE DE SAISON À QUÉBEC Tout du long, Antoine prendra conscience des contours dudit cadre pour mieux, à terme, s\u2019en affranchir, et enfin déterminer la direction qu\u2019il entend donner à son existence.Or, fait étonnant, ce n\u2019est pas le personnage d\u2019Antoine qui a d\u2019abord pris forme, mais celui de Léa, la sœur de Sarah qu\u2019on devine amoureuse du premier.« Il faut savoir que Léa Jaouich, qui joue Léa, est ma belle-fille dans la vie.Je trouve qu\u2019elle est une magnifique comédienne et je tenais à lui écrire un beau rôle.La genèse véritable est là.» Ensuite, seulement, a commencé à émerger ce protagoniste que Paul Barbeau n\u2019a fini de visualiser qu\u2019après avoir jeté son dévolu sur Antoine Desrochers qui, à l\u2019instar de Léa Jaouich, a dès lors prêté son prénom à son personnage en un autre « clin d\u2019œil méta ».Rebelote avec Sarah Mottet, qui est venue compléter le triangle amoureux.Au sujet de la nature « romantique » du projet, d\u2019ailleurs, Paul Barbeau explique : « J\u2019aime l\u2019idée d\u2019immortaliser des moments.Léa avait 16 ans lors du tournage, Antoine, 19, et Sarah en avait 20.C\u2019est un peu ça, le titre À nous l\u2019éternité, en ce sens que j\u2019ai espoir que certaines scènes restent ; qu\u2019on les reverra dans 15 ou 20 ans avec ces trois beaux jeunes-là qui auront alors encore 16, 19 et 20 ans\u2026 Et puis, il y a des films qui doivent mûrir pour trouver leur chemin, et je pense que c\u2019en est un.» En se remémorant une séquence montrant Antoine et Léa à vélo, Paul Barbeau s\u2019émeut.Un état qui perdure lorsqu\u2019il confie : « En revoyant le film, il y a certains plans où je retrouve Antoine Desrochers adolescent, puis d\u2019autres, juste après, où il dégage une aura d\u2019adulte.Ce passage de l\u2019un à l\u2019autre est intangible, et je suis tellement heureux d\u2019avoir pu le capter.» D\u2019autres destins Comme Après la neige, À nous l\u2019éternité fut tourné de façon indépendante, Paul Barbeau y ayant investi ses économies sans retirer de cachet.Les acteurs, eux aussi, ont participé à titre gracieux pour ce scénario, pour ces rôles.« On a répété en amont, et le tournage d\u2019une vingtaine de jours a été planifié en fonction des disponibilités de chacun.On était une équipe minimale : souvent, c\u2019était juste moi, Christophe [Dalpé, directeur photo] et un des comédiens.La postpro- duction s\u2019est faite dans la cuisine de mon monteur [Laurent Bernier], avec son chat qui marchait sur le clavier de l\u2019ordinateur\u2026 » La maison de Donnacona que Léa et Sarah partagent avec leur mère dans le film est en outre la propriété des grands-parents maternels de Paul Barbeau, qui est né à Québec, a grandi à Montréal, mais a des racines dans le comté de Por tneuf.D\u2019où ces trois lieux entre lesquels Antoine se sent, un temps, écartelé.Mais alors, pas si « pure fiction » que cela, le film ?La remarque amuse Paul Barbeau.« Un des aspects que j\u2019aime du cinéma, c\u2019est que tu peux tricher ta vie, refaire ta vie en retournant en arrière.Imaginer d\u2019autres destins.» Et c\u2019est ainsi qu\u2019à l\u2019image de son jeune héros, Paul Barbeau a trouvé, la maturité venue dans son cas, sa propre voie.Parce qu\u2019il est des gens, comme des films, «qui doivent mûrir pour trouver leur chemin».Antoine, 20 ans, travaille dans le restaurant du Vieux-Québec de sa mère.Il y a aussi Sarah, dont Antoine s\u2019est épris, et Léa, la sœur de celle-ci, qui ne lui est pas indifférente.ÉVA-MAUDE TC FAIRMOUNT FILMS Je désirais faire un film romantique contemporain, pour les adolescents, avec une profondeur, et sans clichés par rapport aux milléna- riaux.À la base, je savais que je voulais raconter le récit initiatique d\u2019un jeune homme à qui s\u2019offrent plein d\u2019avenues.PAUL BARBEAU » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 1 0 | CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR À première vue, Mathieu est un jeune délinquant de la banlieue parisienne dont l\u2019existence se résume à monter puis à exécuter différents vols avec ses potes.Or, Mathieu a un secret : il est un virtuose du piano.C\u2019est une rencontre for tuite avec un vieux maestro, tout gamin, qui lui permit autrefois de développer ce talent.Hélas, au décès de son bienfaiteur, Mathieu fut stoppé dans son élan, sa mère célibataire ne disposant pas des ressources nécessaires au plein épanouissement de ses aptitudes remarquables.Puis, voilà qu\u2019un second caprice du destin place sur la route de Mathieu un personnage susceptible de changer le cours de son destin.Il s\u2019agit de Pierre Geithner, responsable du Département de piano au Conservatoire de musique.C\u2019est par un hasard pour le moins providentiel, c\u2019est-à-dire très lourdement arrangé avec le gars des vues, que Pierre «découvre » Mathieu au tout début du film Au bout des doigts.Dans la séquence d\u2019ouverture, en effet, Mathieu joue sur un piano public de la gare du Nord, l\u2019air habité, le doigté véloce, sous le regard ébahi de Pierre.Mathieu étant recherché par la police, il s\u2019ensuit une poursuite effrénée qui retarde temporairement l\u2019inévitable, à savoir l\u2019entrée du prodige au Conservatoire.C\u2019est en l\u2019occurrence par une entourloupette juridique orchestrée par Pierre, après que Mathieu eut finalement été arrêté lors d\u2019un cambriolage raté, que ce dernier se voit contraint d\u2019aller grossir les rangs du vénérable établissement.Le petit génie saura-t-il s\u2019ouvrir aux bons conseils professoraux ou restera-t-il sur son quant-à-soi ?Multipliant les situations prévisibles tout en n\u2019étant jamais terriblement crédible, le scénario de ce drame musical s\u2019avère curieusement plat.Ainsi retrouve-t-on sans surprise au sein d\u2019un programme plus convenu que classique un concours de musique où le héros doute de pouvoir briller, et une charmante consœur étudiante en guise d\u2019enjeu romantique, entre autres passages obligés.Plusieurs éléments, à commencer par les origines modestes de Mathieu et sa relation passant de la méfiance au respect envers Pierre, font songer au Destin de Will Hunting (Good Will Hunting), de Gus Van Sant.L\u2019influence a beau être revendiquée, la comparaison n\u2019est pas à l\u2019avantage d\u2019Au bout des doigts.Approche besogneuse À la mise en scène, on décèle un goût de l\u2019élégance chez Ludovic Bernard, mais son approche demeure somme toute besogneuse, avec une surabondance de mouvements de caméra et de coupes qui empêchent tout instant de grâce de se développer.La direction d\u2019acteurs est en outre problématique, le réalisateur tirant une interprétation tout d\u2019un bloc de Jules Benchetrit.Excellents comédiens coincés avec des partitions ar- chétypales, Lambert Wilson, en figure paternelle de substitution, et Kristin Scott Thomas, en profes- seure cassante mais bon cœur au fond, confèrent un supplément d\u2019âme à l\u2019ensemble.Et il y a la musique, fort belle, de Liszt et de Rachmaninov notamment, mais nul besoin d\u2019en passer par ce film pour en jouir.?Drame musical de Ludovic Bernard.Avec Jules Benchetrit, Lambert Wilson, Kristin Scott Thomas, Karidja Touré.France, 2018, 105 minutes.Rien de prodigieux Cette histoire d\u2019un jeune prodige du piano issu d\u2019un milieu pauvre joue de maints clichés Multipliant les situations prévisibles tout en n\u2019étant jamais terriblement crédible, le scénario de ce drame musical s\u2019avère curieusement plat.TVA FILMS Juliette Binoche joue le rôle d\u2019une actrice qui entretient une liaison avec un écrivain, celui-ci publié par son mari, directeur d\u2019une maison d\u2019édition.AD VITAM CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Au début de Doubles vies, Alain, le directeur d\u2019une prestigieuse maison d\u2019édition, reçoit Léonard, un auteur qu\u2019il publie depuis des années.D\u2019emblée, ils débattent de l\u2019époque et de la place qu\u2019y occupe l\u2019écriture, Léonard se désolant de ce que celle-ci soit dévaluée, Alain soutenant le contraire.Léonard en remet : « M\u2019enfin, quatre lignes sur Twitter, c\u2019est pas\u2026 » Et Alain d\u2019asséner : «Oui, pourquoi pas?C\u2019est comme sous l\u2019Ancien Régime.On se répète les bons mots.Je trouve ça très français.Y\u2019a rien de nouveau là-dedans.» Tout le film d\u2019Olivier As- sayas est encapsulé dans cette séquence d\u2019ouver ture, Doubles vies consistant en une suite d\u2019échanges à propos de l\u2019avenir du monde littéraire, mais plus largement du mot consigné, de l\u2019information, de l\u2019idée, entre nostalgie de ce qui fut et incertitude quant au futur numérique.Ah, un détail : Léonard s\u2019adonne exclusivement à l\u2019autofiction en utilisant sa vie sentimentale comme matériau de travail.Or il se trouve qu\u2019il entretient depuis quelques années une liaison avec Selena, la conjointe actrice d\u2019Alain.Alain qui, pas en reste, vit de son côté une histoire avec Laure, la jeune responsable du virage numérique de sa boîte.Laure est elle-même en couple, ou l\u2019était, avec une autre femme.Sans oublier Valérie, la compagne de Léonard, assistante parlementaire engagée et seule âme fidèle de la ménagerie.C\u2019est d\u2019ailleurs là une belle ironie, dans la mesure où le seul personnage à ne pas dissimuler une «double vie» œuvre dans un domaine que tous les autres dénigrent pour son hypocrisie.Structure répétitive Au sujet des personnages, justement, ils s\u2019avèrent tous, initialement du moins, intéressants.Dotés d\u2019une profondeur appréciable, ils sont en outre incarnés par des comédiens épatants et très à l\u2019aise avec le verbe abondant.Hélas, la structure du film est si répétitive qu\u2019on en vient à se lasser d\u2019eux.Ainsi, bloc narratif après bloc narratif, on se rencontre, on s\u2019assoit et on devise.À chaque séquence son sous-thème quasi surligné.C\u2019est, cela dit, loin d\u2019être inintéressant, d\u2019autant que les répliques savoureuses ne manquent pas.Malheureusement, le dialogue incessant donne plus souvent l\u2019impression d\u2019un cinéaste qui pontifie par la bouche de ses interprètes, avec énonciation puis explication : un personnage évoque l\u2019ère de la «post-vérité», un autre précise que cela consiste à « permettre aux gens de vivre dans un univers fictif en fonction de leurs préjugés ».Merci d\u2019éclairer la plèbe cinéphile.Binoche en actrice Quant aux aventures extraconjugales de ce groupe d\u2019intellectuels nantis, elles se révèlent assez convenues.Néanmoins, il faut leur reconnaître une fonction narrative essentielle, puisqu\u2019elles sont ce qui empêche Doubles vies de devenir un aride film à thèse.Fidèle à ses habitudes, Assayas glisse çà et là des éléments de mise en abîme, notamment avec la profession de Selena, ce qui lui permet de critiquer la télévision et les séries.Hormis que là encore on devine un peu trop le cinéaste qui passe son message, le spectacle de Juliette Bi- noche jouant chez lui une actrice convoque le souvenir de Sils Maria, voire celui de Rendez-vous, ce dernier film réalisé par André Téchiné mais écrit par Assayas.Dans les deux cas, c\u2019est au détriment de ce film-ci.Conclusion ?De la même manière qu\u2019Alain doute qu\u2019un agrégat de tweets et de textos, si ludiques soient- ils, puisse équivaloir à un manuscrit, on se demandera si une collection de réflexions, si érudites soient-elles, peut avoir valeur de scénario.Doubles vies ?1/2 Comédie de mœurs d\u2019Olivier Assayas.Avec Guillaume Canet, Juliette Binoche, Vincent Macaigne, Christa Théret, Nora Hamzawi.France, 2019, 108 minutes.On jase\u2026 Olivier Assayas s\u2019intéresse à un milieu littéraire qui se délite sur fond d\u2019infidélités en série | 1 1 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 avec ERIC-EMMANUEL SCHMITT NARRATEUR MARIE-JOSÉE LORD SOPRANO JEAN-MICHEL RICHER TÉNOR DOMINIC BOULIANNE PIANISTE Production Théâtre du Nouveau Monde et Didier Morissonneau LE MYSTÈRE CARMEN Un spectacle musical D\u2019ERIC-EMMANUEL SCHMITT \u2014 MISE EN SCÈNE LORRAINE PINTAL Dès le 26 février TNM.QC.CA En écho au spectacle.LES BEAUX ENTRETIENS sur la scène du TNM Mardi 12 mars de 14 h à 16 h Animation Lorraine Pintal Invité Eric-Emmanuel Schmitt RÉSERVATIONS BELLESSOIREES.UMONTREAL.CA CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Asghar Farhadi existait déjà dans le paysage cinéma avant Une séparation, mais le succès international de ce film a donné à ce cinéaste iranien des liber tés créatrices qui lui ont permis de sortir de son pays.Et il n\u2019avait pas joué au simple touriste dans Le passé, tourné en France et en français, tandis que la pièce Mort d\u2019un commis-voyageur, d\u2019Arthur Miller, ne semblait pas incongrue dans Le client, qui se déroulait dans le Téhéran d\u2019aujourd\u2019hui.Avec Tout le monde le sait, on le retrouve cette fois en Espagne, dans un petit village pittoresque où les ragots et les rivalités souterraines font partie intégrante de la dynamique locale, mais tout cela semble s\u2019évaporer à la perspective d\u2019un mariage haut en couleur.C\u2019est aussi le retour de Laura (Penélope Cruz, superbe mère courage), depuis longtemps installée en Argentine avec ses deux enfants, dont Irene, sa fille adolescente, et son mari Alejandro (Ricardo Darín, solide dans un rôle ingrat) resté là-bas pour des questions d\u2019affaires.Son arrivée provoque une euphorie digne des films de Robert Altman, avec toute une galerie de personnages tourbillonnant autour d\u2019elle, un clan familial élargi.Justement, en périphérie, il y a Paco (Javier Bardem, incandescent), un vigneron autrefois l\u2019amoureux de Laura, qui exploite une terre ayant appar tenu à la famille de son ancienne flamme, une acquisition qui n\u2019a jamais semblé au goût de tous.Au cours de la réception, survoltée, une panne d\u2019électricité ne modifie en rien l\u2019atmosphère euphorique, mais c\u2019est à ce moment qu\u2019Irene disparaît.Un coup fumeux de cette fille espiègle et amoureuse d\u2019un garçon des environs ?Peu à peu, l\u2019af faire a toutes les allures d\u2019un kidnapping : serait-il la machination d\u2019une bande de malfaiteurs, ou plutôt un traquenard orchestré par cer tains membres de cette famille ?Tout le monde semble suspect, à commencer par Alejandro, dont l\u2019absence lui donne des airs coupables, et plus encore lorsque l\u2019on découvre qu\u2019il n\u2019est pas tout à fait l\u2019homme prospère que tous envient en silence.Les secrets dans les films d\u2019Asghar Farhadi, c\u2019est ce qui tapisse toutes ses intrigues savamment ficelées, regorgeant autant de rebondissements que de non-dits.Car si ses héros et ses héroïnes sont souvent bavards et volontaires \u2014 pas étonnant que la caméra soit si agile et virevoltante, ici contrôlée par le directeur photo José Luis Alcaine, un complice de Pedro Almo- dóvar, rien de moins \u2014, ils affichent une intensité qui contribue largement au magnétisme de ses propositions.Le titre du film évoque lui aussi la question des secrets, ceux très mal gardés et qui nourrissent les enjeux de ce drame pouvant à tout moment basculer dans les remous du thriller psychologique.En ce sens, ce n\u2019est pas la plus grande réussite de Fa- rhadi, lui qui a brillamment su nous tenir en haleine devant un couple en instance de divorce (Une séparation) ou face aux lendemains douloureux d\u2019une femme violemment agressée sans raison apparente (Le client).Dans Tout le monde le sait, les nombreux personnages qui traversent l\u2019écran s\u2019embrouillent parfois dans leurs mensonges, et nous avec eux, moins coupables de cet enlèvement que de fautes souvent anciennes et qui empoisonnent leur présent.En matière de poison dif fus intoxiquant les relations humaines, Asghar Farhadi s\u2019y connaît, et depuis longtemps, peu impor te la langue ou le pays.Tout le monde le sait (V.F.de Todos lo saben) ?1/2 Drame d\u2019Asghar Farhadi.Avec Penélope Cruz, Javier Bardem, Ricardo Darín, Barbara Lennie.Espagne\u2013 France\u2013Italie, 2018, 132 minutes.Un mariage et un enlèvement Peu importe la langue ou le pays, le cinéaste iranien Asghar Farhadi explore de vastes territoires Laura (Penélope Cruz), depuis longtemps installée en Argentine avec ses deux enfants et son mari, revient dans la famille en Espagne.MEMENTO FILMS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e 1 2 | Les nouveautés sont en rose Roma ?Chef-d\u2019œuvre d\u2019Alfonso Cuarón que ce retour à son enfance au début des années 1970, en banlieue cossue de Mexico.À travers l\u2019admirable portrait de Cleo (Yalitza Aparicio), servante et ange d\u2019une famille en éclatement, c\u2019est l\u2019âme du Mexique qui vibre et respire dans ce film contemplatif et immersif.Les images en noir et blanc sublimes, les cadrages artistiques, somptueusement filmés, sans musique, et une caméra 65 mm qui embrasse à la fois les détails intimes et la violence du pays, la sensibilité et la force du film en font une œuvre d\u2019anthologie.Odile Tremblay Une affaire de famille (V.O., s.-t.f.) ?Lauréat de la Palme d\u2019or, Une affaire de famille marque un nouveau sommet pour l\u2019auteur des déjà exceptionnels Nobody Knows et Still Walking, Hiro- kazu Kore-eda.On y suit le quotidien ardu de la famille Shibata, qui joint les deux bouts en recourant à divers larcins et dont l\u2019équilibre précaire est compromis lorsque le père et la mère recueillent une fillette abandonnée dans le froid.Kore-eda, malgré une empathie évidente envers ses personnages, ne minimise jamais l\u2019ampleur des dilemmes moraux en présence, non plus qu\u2019il ne se montre complaisant par rapport aux failles du couple, qui n\u2019en est dès lors que plus poignant, que plus humain.Porté par une poésie visuelle sur laquelle l\u2019adversité n\u2019a aucune prise, c\u2019est là un film qui reste.On l\u2019emporte avec soi, en pensées, y revenant inopinément\u2026 On sent des larmes monter alors que défilent en boucle des scènes si justes qu\u2019elles semblent avoir été arrachées au réel.François Lévesque Une colonie ?1/2 L\u2019enfance semble un pays que Geneviève Dulude-De Celles (Bienvenue à F.L.) se plaît à ratisser, sans compter celui de son enfance, la région de So- rel-Tracy, avec cette campagne marquée aussi par l\u2019industrialisation.Ces paysages, la jeune Mylia (Émilie Bierre) semble les observer avec détachement, voire avec ennui, tout le contraire de sa cadette (Irlande Côté), vraie boule d\u2019énergie.À la faveur de l\u2019arrivée de Mylia, protégée de loin par les adultes, dans une nouvelle école, c\u2019est aussi de nouveaux horizons qui s\u2019ouvrent devant elle, des découvertes parfois douloureuses.Une œuvre délicate, sensible, sur ces passages entre deux âges, transitions aussi douloureuses qu\u2019interminables, mais essentielles pour atteindre une assurance nécessaire.C\u2019est l\u2019une des belles leçons d\u2019Une colonie.André Lavoie Capharnaüm (V.O., s.-t.f.) ?1/2 À la mort de sa petite sœur vendue à un voisin par ses parents, Zain, un enfant des rues, intente un procès à ceux-ci.Son grief : qu\u2019ils l\u2019aient mise au monde.En dépit de l\u2019intelligence de la réalisation de Nadine Labaki, qui privilégie une caméra en phase avec Zain, c\u2019est-à-dire sur le qui-vive et à hauteur d\u2019enfant, Capharnaüm ne fonctionnerait pas sans Zain al-Rafeea.Un réfugié syrien dans la vraie vie, il confère au jeune héros une vérité de chaque instant.La plupart des interprètes sont des non-professionnels comme lui.Justement, l\u2019authenticité douloureuse qui émane de la distribution pallie en partie le manque de fluidité d\u2019un récit sincère mais ponctué, hélas, de trop nombreux points d\u2019orgue émotionnels.À terme, le film a valeur de plaidoyer adressé à un monde en perte d\u2019humanité, une exhortation à chérir davantage ce qu\u2019il a de plus précieux: ses enfants.Car il est des richesses qui ne devraient jamais être monnayées.François Lévesque La grande noirceur ?Après avoir fui la conscription, un Québécois errant, imitateur de Chaplin de son métier, vit des pérégrinations calamiteuses dans l\u2019Ouest américain.Le passé indéterminé campe d\u2019office l\u2019action en contrées où le surréalisme couve sous l\u2019apparente familiarité.On est à la lisière du fantastique.Jumelé à un habillage sonore entêtant, le récit minimaliste favorise un état de transe.Transcendant un budget malingre, le cinéaste Maxime Giroux crée un éblouissant album en mouvement où chaque plan se révèle plus envoûtant que le précédent.Une facture exquise tenant lieu d\u2019écrin tellement séduisant qu\u2019on est saisi, effet de contraste, par la laideur humaine qui grouille en son sein : celle à laquelle est confronté le héros (un Martin Du- breuil touchant d\u2019intériorité).C\u2019est effrayant, drôle parfois, unique en somme, et à voir sur grand écran.François Lévesque Edmond ?Scénario devenu pièce de théâtre pour redevenir scénario, tout cela grâce à son succès sur les planches.L\u2019histoire de cette création du dramaturge et acteur Alexis Michalik en est une de ténacité, tout comme celle entourant Cyrano de Bergerac, d\u2019Edmond Rostand, dont il s\u2019inspire avec humour, et un maximum de libertés.Dans ce Paris de la Belle Époque récréé en République tchèque, le jeune Rostand doit livrer rapidement une pièce pas encore écrite, fabriquée dans la précipitation et une multitude de quiproquos dignes\u2026 de Georges Feydeau, son grand rival de l\u2019époque.Superbe fantaisie qui s\u2019inspire (timidement) du style Jean-Pierre Jeunet et qui évoque l\u2019hilarant Bullets Over Broadway de Woody Allen, Edmond propose un hommage au théâtre d\u2019une belle virtuosité, fourmillant d\u2019acteurs dévoués et inspirés, dont Olivier Gourmet en premier Cyrano.Ni plus ni moins qu\u2019une tourbillonnante fête foraine des vers, des mots d\u2019esprit et des répliques mordantes.André Lavoie Répertoire des villes disparues ?Peu après le suicide d\u2019un jeune homme, les habitants d\u2019un village en proie à la morosité et à l\u2019exode voient surgir de-ci de-là des morts d\u2019hier et de naguère.Or, le proverbial «Autre» n\u2019étant pas forcément le bienvenu en ces contrées ne comptant que 215 âmes, faut-il s\u2019étonner de ce que ce sont les défunts qui reparaissent pour peupler le hameau, faute d\u2019un afflux nécessaire de vivants?On l\u2019aura compris, c\u2019est sur le Québec actuel que médite Denis Côté par le jeu de l\u2019allégorie.Jamais accusateur ni moralisateur, le cinéaste offre un microcosme diversifié dans ses réactions face à l\u2019inconnu que représentent ces nouveaux venus en réalité anciens.Une pluralité, donc, qui refuse le manichéisme, à l\u2019image d\u2019un film qui esquive toute classification.Sur pellicule 16mm non lavée, Côté forge une ambiance de froide désolation.Chargé d\u2019une morne poésie, son film s\u2019incruste dans l\u2019esprit, à l\u2019instar de ces trépassés qui refusent de s\u2019en aller.François Lévesque Arctique (V.F.de Arctic) ?1/2 Un des aspects distinctifs de ce drame de survie est que l\u2019on y fait fi de toute entrée en matière.Lorsqu\u2019on aperçoit le protagoniste, seul survivant d\u2019un écrasement dé- duit-on a posteriori, ce dernier en est à creuser un SOS géant dans le sol couvert de neige d\u2019une contrée nordique non identifiée.En une poignée de scènes brèves exemptes de dialogue, le réalisateur Joe Penna campe personnage et contexte avec une précision assez remarquable.Habitant chaque scène avec une autorité tranquille, Mads Mikkelsen offre une performance d\u2019une grande richesse dramatique en dépit de ce qu\u2019il est privé, ou presque, de parole.La seconde partie consiste en un périple difficile, et un tantinet longuet, sur fond de panorama magnifique, mais sans pitié.Un périple, qui plus est, dont on ne parvient pas à prédire si l\u2019issue sera heureuse ou malheureuse.À l\u2019instar de l\u2019absence de préambule, cette incertitude distingue elle aussi Arctique de ses prédécesseurs.François Lévesque Pupille ?1/2 À travers le parcours d\u2019un nourrisson, de sa naissance jusqu\u2019à son arrivée dans les bras de sa mère adoptive, la cinéaste Jeanne Herry cienne flamme (Javier Bardem), mais derrière leurs sourires se camouflent de cruelles vérités enfouies.Ce n\u2019est pas le plus grand film de son auteur, mais avec la complicité de José Luis Alcaine, un directeur photo associé à Pedro Almodóvar, il sait nous happer dans un autre de ses univers où les non-dits sont cruels, et les faux pas parfois fatals.André Lavoie explore l\u2019entièreté d\u2019un processus marqué par les actions de maintes intervenantes, car elles sont ici presque exclusivement femmes, chacune un personnage à développer : la mère étudiante qui accouche sous X, la « recueillante » qui l\u2019accompagne dès après, l\u2019assistante sociale qui évalue une candidate en parentalité divorcée, la travailleuse sociale qui confie le poupon à un assistant familial\u2026 Tous les interprètes sont d\u2019une justesse absolue.La réalisation dénuée d\u2019afféterie engendre quant à elle une impression d\u2019authenticité quasi permanente.Très fouillé, le scénario emprunte la même avenue à tendance naturaliste.Une propension au didactisme, hélas, heurte parfois le flot narratif, voire émotionnel.Au final néanmoins, Pupille demeure une œuvre profondément humaine et touchante.François Lévesque Tout le monde le sait (V.F.de Todos lo saben) ?1/2 Ce qui se passe entre hommes et femmes dans les films du cinéaste iranien Asghar Farhadi (Une séparation, Le client) relève tout autant du mystère, de l\u2019angoisse que du suspense; le quotidien y est parfois vertigineux et dangereux.Après la France (Le passé), le voilà qu\u2019il débarque en Espagne dans un petit village charmant qui recèle bien des secrets et des frustrations.Elles vont d\u2019ailleurs éclater au grand jour après le kidnapping de la fille de Laura (Penélope Cruz), revenue au pays pour le mariage de sa sœur, elle qui habite en Argentine avec un homme d\u2019affaires.C\u2019est aussi l\u2019occasion de renouer avec une an- Tout le monde le sait, drame du cinéaste iranien Asghar Farhadi MEMENTO FILMS C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 MARIE CHOUINARD JÉRÔME BOSCH : LE JARDIN DES DÉLICES Compagnie Marie Chouinard Danse 28 FÉV à 20 h MAISON DES ARTS DE LAVAL BILLETTERIE 450 667-2040 RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX 450 662-4440 maisondesarts.laval.ca 1395, boul.de la Concorde O.Montmorency Suivez-nous © S y l v i e - A n n P a r é CHORÉGRAPHIE Marie Chouinard INTERPRÈTES SUR LA PHOTO Carol Prieur, Morgane Le Tiec, Valeria Galluccio, Leon Kupferschmid, Sacha Ouellette-Deguire, Paige Culley, Megan Walbaum, Lucy M.May, Scott McCabe Au bout des doigts ?Un prodige du piano issu de la banlieue parisienne, freiné jadis dans son élan par le décès de son bienfaiteur et tenté depuis par la délinquance, se voit offrir une seconde chance lorsqu\u2019un responsable du Conservatoire fait en sorte qu\u2019il purge sa peine de travaux communautaires sous sa tutelle.À la fois prévisible et jamais très crédible, ce drame musical multiplie les lieux communs.À maints égards et à dessein, semble-t-il, le scénario fait songer à celui du Destin de Will Hunting (Good Will Hunting), la musique se substituant aux mathématiques.La comparaison n\u2019est pas à l\u2019avantage de ce film-ci.La réalisation s\u2019avère besogneuse, avec une surabondance de mouvements de caméra et de coupes empêchant tout instant de grâce de se développer.Dans le rôle principal, Jules Benche- trit manque de nuance face aux talentueux Lambert Wilson et Kristin Scott Thomas qui, eux, et en dépit de partitions archétypales, parviennent à rehausser l\u2019ensemble.François Lévesque Doubles vies ?1/2 Sous couvert de raconter les infidélités d\u2019une ménagerie d\u2019intellectuels aisés, Olivier Assayas interroge l\u2019avenir du monde littéraire, du mot, de l\u2019idée, entre nostalgie de ce qui fut et incertitude quant au futur numérique.Les personnages, incarnés par d\u2019excellents comédiens, possèdent une profondeur appréciable.Or, la structure est si répétitive qu\u2019on en vient à se lasser d\u2019eux.Ainsi, bloc narratif après bloc narratif, on se rencontre, on s\u2019assoit et on devise.À chaque séquence son sous-thème quasiment surligné.C\u2019est néanmoins loin d\u2019être inintéressant, d\u2019autant que les répliques savoureuses ne manquent pas.Incessant, le dialogue donne hélas trop souvent l\u2019impression d\u2019un cinéaste qui pontifie par la bouche de ses interprètes.Conclusion?De la même manière que cet éditeur doute qu\u2019un agrégat de tweets équivaille à un manuscrit, on se demandera si cette collection de réflexions a valeur de scénario.François Lévesque La saveur des Ramen ?1/2 Plusieurs cinéastes asiatiques ont bon goût, surtout en matière de cuisine.Il en va de même pour Eric Khoo, originaire de Singapour, lui aussi fasciné par l\u2019art de la table et la nourriture comme élément fédérateur, voire ingrédient essentiel à la résolution de conflits.Les chicanes familiales sont au cœur de ce film qui allie plusieurs cultures, dont celles du Japon, et prennent parfois leur source jusque dans la Deuxième Guerre mondiale.Tout cela baigne dans un climat vaporeux, plein de bons sentiments, et une maîtrise visuelle de cette gastronomie locale qui fait souvent saliver.C\u2019est la plus grande force de ce film marqué par une évidente mélancolie, où les personnages avancent presque toujours à pas feutrés.Et souvent des épices sous la main.André Lavoie Alita.L\u2019ange conquérant (V.F.de Alita : Battle Angel) ?1/2 Dans un futur lointain, le docteur en cybernétique Ido (Christoph Waltz) fait la découverte dans un dépotoir d\u2019Alita (Rosa Salazar), une jeune cyborg qui n\u2019a plus aucun souvenir de son identité.Au fil du temps, confrontée aux forces obscures qui menacent la ville, elle découvre qu\u2019elle possède des talents de combattante exceptionnels.Malgré des prouesses techniques et visuelles stupéfiantes, Alita: Battle Angel, long métrage réalisé par Robert Rodriguez et scénarisé par James Cameron, ne parvient pas à racheter un scénario mille fois rabattu qui paraîtra souvent confus aux néophytes.Anne-Frédérique Hébert-Dolbec Astérix et le secret de la potion magique ?Peu importe sa forme (bande dessinée, film d\u2019animation ou en prises de vue réelles), le plaisir est toujours au rendezvous devant les aventures d\u2019Astérix et Obélix.Certains albums des célèbres René Goscinny et Albert Uderzo sont tout aussi mémorables, quelques films (dont celui d\u2019Alain Chabat, Mission: Cléopâtre) se revoient inlassablement.Après Le domaine des dieux (2014), Alexandre Astier et Louis Clichy reprennent leurs pinceaux (numériques) pour une aventure originale\u2026 mais pas tant que cela.Car malgré cette quête pour un aspirant druide destiné à remplacer un jour Panoramix, le parcours est bien balisé, avec des figures récurrentes et leurs postures familières.On s\u2019arrime aussi à l\u2019air du temps, parfois avec humour, parfois dans un fracas plus inutile qu\u2019assourdissant.Bref, pas vraiment de secrets ni de mystères, mais de bonnes pincées de plaisir.André Lavoie Troisièmes noces ?1/2 La cohabitation entre un citoyen privilégié et une personne sans statut a donné lieu à quelques films charmants (Green Card, de Peter Weir, Les noces de papier, de Michel Brault), et le troisième du cinéaste belge David Lambert (Hors les murs, Je suis à toi) s\u2019inscrit dans cette lignée.Il tente également de se faire léger, mais le naturel revient vite au galop, nettement plus à l\u2019aise à décrire les états d\u2019âme d\u2019un misanthrope (Bouli Lanners) en deuil de son conjoint que ses démêlées avec une jeune réfugiée congolaise (Rachel Mwanza, candide, mais sans grand timing comique) pour un éventuel mariage blanc.Les choses prennent une tournure plus coquine et plus complexe à l\u2019arrivée d\u2019un homme qui se présente comme le frère de la future mariée.Entre sourires et petites larmes, une chronique un peu anodine de la vie conjugale à l\u2019ère des migrants et des sans-papiers.André Lavoie igure de référence de la danse moderne au Canada, Peggy Baker pose depuis plusieurs décennies le dialogue corps-instrument à l\u2019avant- scène.Mais bien que la musique occupe une place de choix dans son travail, c\u2019est avant tout par les mots que la créatrice trouve une porte d\u2019entrée vers la création.Née de l\u2019alchimie artistique qui lie la chorégraphe chevronnée à la musicienne de la scène rock alternative Sarah Neufeld, Who We Are in the Dark n\u2019échappe pas à ce procédé.La pièce pour sept danseurs a trouvé son point d\u2019origine dans un texte composé par la violoniste membre du groupe Arcade Fire.« Il y a trois ans, j\u2019ai approché Sarah à l\u2019occasion de ma dernière performance scénique, explique la danseuse sexagénaire.Comme tout au long de ma carrière solo, j\u2019ai surtout travaillé avec des compositeurs de musique classique, j\u2019avais envie de faire quelque chose de complètement différent pour mon retour sur scène.L\u2019idée m\u2019est donc venue de travailler avec une personne plus jeune issue de la scène rock.» Cette première collaboration en 2015 sur le solo Fractured Black a permis à la musicienne d\u2019apprivoiser le jeu et la composition pour la danse.Fascinée par les paroles écrites par Sarah Neufeld qui touchaient à l\u2019obscurité et à l\u2019identité des êtres, la chorégraphe a voulu creuser ce motif dans une pièce d\u2019envergure.« Je n\u2019ai pas voulu entreprendre la création par la musique.Comme point d\u2019entrée, j\u2019uti- L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e D a n s e 14 | ENTREVUE MÉLANIE CARPENTIER COLLABORATRICE LE DEVOIR Jusqu\u2019aux tréfonds de l\u2019inconscient avec la chorégraphe Peggy Baker La chorégraphe torontoise poursuit son dialogue corps-instrument avec deux musiciens de la scène indie rock Se rattachant à l\u2019obscurité, les thèmes du deuil, de la cruauté et du chaos traversent la pièce Who We Are in the Dark.JEREMY MIMNAGH F | 1 5 C u l t u r e D an s e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 PLUSIEURS REPRÉSENTATIONS DÉJÀ COMPLÈTES.FAITES VITE! lise plutôt des textes : des poèmes, de la prose, de la philosophie et même, dans ce cas précis, de la psychologie.J\u2019ai donc collecté une panoplie de citations de différents auteurs qui se sont intéressés au thème de l\u2019obscurité, puis j\u2019ai utilisé les mots comme base à la matière chorégraphique en travaillant avec leurs significations et leurs sons, mais aussi par association.» Après que Peggy Baker eut trouvé une structure chorégraphique solide avec ses danseurs, la violoniste est entrée dans le processus de création en studio avec le batteur Jeremy Gara.La présence des deux musiciens sur scène implique une relation singulière aux danseurs : « Ils ne sont pas des personnages dans cette chorégraphie et n\u2019interagissent pas directement avec les danseurs, mais leur performance fait partie de l\u2019ensemble.Chacun travaille à un haut niveau d\u2019exécution dans la forme.Sarah, particulièrement, entre parfois dans l\u2019espace des danseurs, les observe de près et lit leurs corps tout du long de la performance.» Entre deuil et lumière Se rattachant à l\u2019obscurité, les thèmes du deuil, de la cruauté et du chaos traversent la pièce.En contrepoint, l \u2019ar t is te a misé également sur « l\u2019intimité, la contemplation, le secret, la confusion, la perplexité et l\u2019inconscient ».« Il y a aussi l\u2019idée de l\u2019univers comme événement cata- clysmique émergeant de la noirceur.Aussi, le fait que chacun de nous arrive dans le monde depuis l\u2019obscurité du ventre de nos mères.Ce n\u2019est pas seulement le noir absolu.Je m\u2019en suis remise à toute une gradation de l\u2019obscurité, en me centrant surtout sur le rêve et l\u2019inconscient.» De cette recherche développée sur trois ans et demi résulte une pièce dense très écrite et dont le sous-texte permet de raccorder les dif férents éléments avec fluidité.À la musique et à la danse s\u2019ajoute aussi une part importante d\u2019arts visuels, car, pour sa scénographie, Mme Baker a intégré les toiles suspendues de l\u2019ar tiste montréalais John Heward, un de ses amis de longue date décédé en novembre dernier : « J\u2019ai eu la chance de rencontrer John dans les années 1980 par l\u2019entremise de la chorégraphe Linda Rabin.J\u2019ai toujours été très sensible à son travail , car i l y a quelque chose de très physique et de très cru dans ses œuvres.Il travaillait avec de grands morceaux de toiles détériorées et du revêtement de fibre de verre, et intervenait sur ces surfaces très inusitées de manière immédiate à grands coups de pinceau avec des gestes très amples.Il suspendait les canevas, les faisait pivoter, les raccordait et par fois même les endommageait.Laissées libres dans l\u2019espace, sans cadres, on peut voir comment la gravité joue sur ces toiles.» Les canevas, méticuleusement choisis avec John Heward de son vivant et adaptés à l\u2019échelle de la scène, représentent pour la chorégraphe le point culminant de la danse d\u2019un point de vue visuel : « Je trouve ces œuvres à la fois mystérieuses et tragiques.Je les vois comme les fantômes d\u2019une peinture.Elles ont une vie physique à elles seules et viennent interrompre ce qui se déroule dans l\u2019espace alors que les danseurs ont le choix de passer à côté d\u2019elles ou bien même de les déchirer.» Peggy Baker regrette profondément que l\u2019artiste visuel n\u2019ait pas pu voir l\u2019aboutissement de sa pièce avant son décès et se sent très privilégiée de pouvoir amener son travail dans un théâtre : « Pour cette création, il m\u2019a accordé toute sa confiance et je prends cette confiance absolument à cœur.Nous dédions entièrement cette pièce à sa mémoire, » conclut-elle.Who We Are in the Dark Chorégraphie : Peggy Baker.Avec Sarah Fregeau, Mairi Greig, Kate Holden, Benjamin Kamino, Sahara Morimoto, David Norsworthy, Jarrett Siddall.Musique live : Sarah Neufeld et Jeremy Garra.Présentée par Danse Danse.Au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts du 27 février au 2 mars.Je n\u2019ai pas voulu entreprendre la création par la musique.Comme point d\u2019entrée, j\u2019utilise plutôt des textes : des poèmes, de la prose, de la philosophie et même, dans ce cas précis, de la psychologie.PEGGY BAKER » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e M a n i f d \u2019a r t 9 1 6 | CRITIQUE JÉRÔME DELGADO LE DEVOIR Selon l\u2019approche du commissaire Jonathan Watkins, et selon la poésie qu\u2019il emprunte à Leonard Cohen, nous sommes des êtres infimes et pourtant influents sur la nature gigantesque et grandiose.Ces rapports d\u2019échelle et de force teintent la Manif d\u2019art 9 et son intitulé, « Si petits entre les étoiles, si grands contre le ciel ».Dans cette biennale caractérisée par l\u2019opposition entre un vaste ensemble et des menus solos, un bon nombre d\u2019œuvres jongle avec les jeux d\u2019échelle.Notamment au Musée nat ional des beaux-ar ts du Québec (MNBAQ), qui accueille pour la deuxième fois, comme en 2017, l\u2019exposition centrale.En guise d\u2019introduction, il ne pouvait y avoir mieux que le travail de Daniel Corbeil.L\u2019installation Cité laboratoire (2012-2018) est à la fois une immense maquette et un monde miniature, personnages lilliputiens inclus.Outre un collage de dessins, l\u2019œuvre prend l\u2019apparence d\u2019une tour d\u2019habitation en totale autarcie, avec sa « production d\u2019algues pour l\u2019alimentation » et ses marais « pour la filtration et la purification des eaux grises ».Il y a chez Corbeil, comme chez plusieurs de la vingtaine d\u2019artistes réunis au MNBAQ, un mélange d\u2019art d\u2019anticipation et de pragmatisme scientifique.Les « utopies réalisables » sont peut-être notre dernier espoir, vu l\u2019état de la planète.Si la manière Corbeil est jouissive, ou bon enfant, ce n\u2019est pas le cas du morceau livré en fin de parcours.Imposante par sa taille, par le nombre de ses pièces et par son propos, Systemus postnaturalis (2016-2017), du Tchèque Krištof Kintera, configure une ville avec des déchets technologiques.Il n\u2019y a que du matériel rejeté et obsolète dans cette installation vaguement sonore et cinétique.Obsolète, selon la société versée dans la performance dernier cri.Parce que chez Kintera, chaque fil et chaque commutateur semblent (encore) utiles.Le commentaire écologiste de Kin- tera est indéniable.En porte-à-faux du gaspillage, sa montagne d\u2019ordures reprend vie, dotée même d\u2019une force esthétique \u2014 une beauté, disons.Pourtant, devant son apparence d\u2019île flottante, il est impossible de chasser cette image de matériel plastique qui dérive, en abondance, dans les mers du monde.Merveilleuse distance Planète à la dérive, Manif alarmiste ?Pas tellement, même que la teneur sombre y est rare.Outre Kintera et sa pollution issue de la surconsommation, il n\u2019y aurait dans cette zone que Caroline Gagné, auteure d\u2019une installation vidéo et sonore sur la fonte des glaces.Encore que Le bruit des icebergs (2017), sous son éclat de lumière, le son apaisant de gouttes d\u2019eau et la lenteur des images, a quelque chose de réconfortant.Les apparences sont trompeuses et tout dépend du point de vue.L\u2019artiste de Québec le suggère subtilement, à travers notamment une paroi translucide qui altère, ou renverse, l\u2019image du bloc de glace.Notre émerveillement de la nature s\u2019appuie en partie sur un rapport de distance.L\u2019iceberg fascine tant que son inquiétante fonte se déroule sous d\u2019autres cieux.Près de l\u2019œuvre de Caroline Gagné, l\u2019installation en instruments d\u2019observation intitulée Aphélie 1 (2016), de Patrick Bernatchez, et les sculptures chamanistes en os de baleine de Ma- nasie Akpaliapik rendent compte de l\u2019intérêt de l\u2019humain pour le lointain et le mystique.Chaque fragment de ces œuvres insiste sur la multiplicité de regards et des points de vue.La nature, dans ces cas comme dans d\u2019autres \u2014 la photographie de Michael Flomen ou la peinture et la céramique de Fanny Mesnard \u2014, inspire de fabuleuses interprétations.Que l\u2019idée soit d\u2019évoquer un écosystème méconnu (Flomen) ou la notion de paradis perdu (Mesnard), les artistes saluent la richesse de ce que la planète a à offrir.Se réconcilier Le ton de Watkins n\u2019est pas teinté du pessimisme habituel dès qu\u2019on aborde la question environnementale.Contrairement au film-expo An- thropocène du trio Jennifer Baichwal- Edward Burtynsky-Nicholas de Pen- cier, la Manif 9 suscite de l\u2019espoir.L\u2019expo centrale ne nie pas le danger qui nous guette, à l\u2019instar de ce qu\u2019évoquent Corbeil, Kintera, Gagné, Mesnard\u2026 L\u2019humain peut cependant encore changer la donne.Dans une sorte de réponse à An- thropocène, l\u2019Argentin Tomás Sara- ceno propose Aérocène, projet qui se décline sous plusieurs formes comme autant d\u2019utopies réalisables.Place à l\u2019ère de la « réconciliation» et de la « relation symbiotique » avec la Terre.Pour y arriver, Saraceno travaille avec d\u2019autres artistes et des chercheurs.Parmi leurs inventions : un ballon gonflé d\u2019air, soulevé par le soleil et porté par le vent.Le résultat, au musée, se traduit par la présence de l\u2019objet, dégonflé \u2014 la preuve qu\u2019il existe! \u2014, une ambiance sonore et des images à couper le souffle.La nature émer veille encore, certes.Mais pour combien de temps?Même réelle et réalisable, l\u2019utopie sera- t-elle autre chose qu\u2019une chimère?Manif d\u2019art 9 \u2013 La biennale de Québec Au Pavillon Pierre Lassonde du MNBAQ, du 16 février au 21 avril Le salut par les utopies réalisables La Manif d\u2019art version muséale redonne même vie aux objets obsolètes Krištof Kintera, Systemus postnaturalis, 2016-2017 IDRA LABRIE | 17 C u l t u r e M a n i f d \u2019a r t 9 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 CRITIQUE NICOLAS MAVRIKAKIS COLLABORATEUR LE DEVOIR À QUÉBEC Exception faite de quelques bémols, la 9e Manif d\u2019art \u2013 La biennale de Québec est un grand succès.Le titre \u2014 «Si petits entre les étoiles, si grands contre le ciel» \u2014 pouvait sembler un peu fourre-tout.En fin de compte, cette phrase poétique tirée d\u2019une chanson de Leonard Cohen permet à la fois de traiter des rapports philosophiques de l\u2019être humain avec l\u2019univers, du sens de la vie, mais aussi de questions générationnelles majeures comme la transmission du patrimoine culturel ou écologique\u2026 Une expo qui semble nous demander, , comme le célèbre tableau de Paul Gauguin: d\u2019où venons-nous ?Que sommes- nous?Où allons-nous?Certes, toutes les œuvres n\u2019évitent pas les clichés inhérents à ce type de sujet.Pour parler du désastre environnemental que notre monde a élaboré, quelques pièces mettent en scène d\u2019une manière un peu littérale l\u2019accumulation d\u2019objets de notre monde capitaliste gaspilleur.C\u2019est le cas de Krištof Kintera au Musée national des beaux-arts du Québec mais aussi de Mathieu Fecteau, Pascale LeBlanc Lavigne et Fred Lebrasseur à l\u2019Œil de Poisson.Cela dit, dans les solos en galeries et dans les espaces publics, des œuvres se démarquent.Solos Dans les galeries, une des pièces les plus remarquables est sans nul doute celle d\u2019Oliver Beer, jeune créateur de 34 ans.L\u2019œuvre s\u2019intitule Reanimation (Baloo Stripped Bare), titre que l\u2019on peut traduire, en conservant son lien avec Marcel Duchamp, par Réanimation (Baloo mis à nu)\u2026 Dans ce qui ressemble à un film d\u2019animation, l\u2019ar tiste anglais met en scène 2500 dessins réalisés par des enfants de 13 ans et moins.Ces dessins reprennent un extrait du célèbre film Le livre de la Jungle que Wolfgang Reitherman fit pour Disney en 1967.Lentement, les dessins presque abstraits des plus jeunes enfants laissent place aux croquis mieux articulés des plus vieux.Accompagnée par la chanson About Une manif manifestement réussie Bien présente en galeries et dans l\u2019espace public, la Biennale de Québec fait mouche Photo du haut : vue de l\u2019installation Reanimation (Baloo Stripped Bare) d\u2019Oliver Beer à la Galerie des arts visuels, à Québec.En bas : un amateur d\u2019art écoute l\u2019œuvre sonore Lowlands (2010) de Susan Philipsz, au lieu historique national des Fortifications-de-Québec.PHOTOS RENAUD PHILIPPE Today du groupe The National, cette œuvre traite du rapport à la nature que les adultes ont longtemps inculqué aux enfants.Comme nous le rappelle Michelle Drapeau, commissaire adjointe à la Manif, ce film véhicule entre autres l\u2019idée que l\u2019humain est supérieur à l\u2019animal et à la nature, mais pose aussi un regard colonialiste et empreint de racisme envers la culture africaine-américaine et les Noirs\u2026 Une œuvre touchante et intelligente.Il faudra surveiller ce jeune artiste.Dans Driftless, Felipe Castelblanco parle quant à lui de notre rapport aux frontières.Il s\u2019agit d\u2019une vidéo dévoilant une performance qu\u2019il a réalisée sur plusieurs années sur différentes étendues d\u2019eau (à Venise, à Sydney, à Lofoten en Norvège, à Québec\u2026).Sur une embarcation de fortune peu stable, il a parcouru ces lieux, nous rappelant avec force les ef frayants trajets de bien des migrants, parfois abandonnés à la noyade.On ira aussi regarder Living with Contradiction de Nadia Myre, installation vidéo qui donne à voir une conversation filmée entre des artistes d\u2019origine autochtone.Ils y traitent entre autres des rapports des musées aux objets, en par ticulier ceux de la culture amérindienne.David Garneau y explique comment le savoir por té par les objets réside plus dans le travail des créateurs que dans l\u2019objet conservé au musée.Art public Le volet art public de cette biennale est aussi très réussi.En particulier, vous devrez aller écouter l\u2019œuvre sonore Lowlands de Susan Philipsz, lauréate du prix Turner en 2010.Cette œuvre est installée dans la cour du lieu historique national des Fortifications-de-Québec.Rien que le dispositif mérite une visite.Lorsque vous déambulez dans cette cour remplie de neige, des capteurs de mouvements enclenchent sur des haut- parleurs des pièces vocales fantomatiques.C\u2019est la voix de Philipsz qui entonne des chants, des complaintes de marins écossais narrant des adieux dus à des noyades ou à des disparitions.Une œuvre qui donne le sentiment que des lieux peuvent avoir une âme.Reanimation (Baloo Stripped Bare) D\u2019Oliver Beer, Galerie des arts visuels, jusqu\u2019au 31 mars Driftless De Felipe Castelblanco, La Bande Vidéo, jusqu\u2019au 21 avril Living with Contradiction De Nadia Myre, Le Lieu, jusqu\u2019au 7 avril Lowlands De Susan Philipsz, lieu historique national des Fortifications-de-Québec, jusqu\u2019au 21 avril L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e I l s fo n t l e s m é d i a s 1 8 | www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec le Club Voyage Malavoy Titulaire d\u2019un permis du Québec OTTAWA 7 avril SOREL 2 juin PORTLAND 23-26 juillet De la musique et bien d\u2019autres plaisirs\u2026 Concert des PETITS CHANTEURS DE VIENNE quelques places encore disponibles Piano-violon, Beethoven à la Maison de la musique CHARLES RICHARD-HAMELIN et ANDREW WAN La Flûte enchantée au Festival d\u2019opéra du Maine Histoire, littérature, musées et bord de mer ! ENTREVUE PHILIPPE PAPINEAU LE DEVOIR e format balado est encore jeune, mais l\u2019humoriste et chroniqueur Fred Savard, en quête d\u2019un rôle d\u2019animateur et d\u2019un projet à son image, a décidé de plonger dans une aventure audio totalement indépendante, où il mènera une revue de l\u2019actualité satirique avec plusieurs collaborateurs.En général, l\u2019ancien des Zapar- tistes ne manque pas d\u2019aplomb dans son travail.Mais s\u2019il affiche une certaine assurance en parlant de La ba- lado de Fred Savard, à naître le jeudi 28 février, on sent tout de même le Rosemontois sur une corde un peu plus raide que d\u2019habitude.Quelque chose comme le prix à payer \u2014 dans tous les sens du terme \u2014 pour avoir les coudées totalement franches.« Là je me lève le matin et j\u2019ai un petit nœud d\u2019anxiété dans le ventre, parce que ça s\u2019en vient vite.Ma tête me dit : \u201cCriss t\u2019aurais pas dû, c\u2019est trop inconfortable\u201d, mais mes tripes me disent : \u201cNon, t\u2019es rendu là, et on va le créer\u201d ».Fred Savard terminait ces jours-ci les enregistrements de l\u2019émission Cette année-là, à Télé-Québec, où il est chroniqueur.On l\u2019entend aussi parler de musique à ICI Première chez Rebecca Makonnen, et il a récemment décroché une chronique « culture et société » avec Biz sur les ondes de TVA Sports, à l\u2019émission de Jean-Charles Lajoie.Mais c\u2019est surtout ses récentes années de radio à l\u2019émission La soirée est (encore) jeune qui ont porté Savard auprès du public.Et qui ont fait qu\u2019il était « rendu là».« Quand je suis parti de La soirée, c\u2019était pour faire d\u2019autres affaires, je me trouvais un peu prisonnier du concept, et j\u2019avais fait le tour de ce que j\u2019avais à dire.Et je voulais animer, je trouvais que c\u2019était la prochaine étape.» Il a bien approché Radio-Canada à ce sujet, mais il a senti que la direction de la radio ne souhaitait pas lui confier un micro de cette façon.Tranquillement, l\u2019idée d\u2019un balado s\u2019est donc mise à germer.Avec à la clé une liber té de propos et un contrôle du processus.L\u2019abus d\u2019intermédiaires, très peu pour Savard, comprend-on.«J\u2019ai même pas eu envie de pitcher le projet à Radio-Canada, je savais que ça prendrait 15 réunions pour comprendre ce que je veux faire, illustre Savard.Et vu que c\u2019est une revue de l\u2019actualité satirique et humoristique, on touche à l\u2019information et aux variétés, et à Radio-Canada ç\u2019aurait été compliqué\u2026 Il y a des forces quand on est une grosse boîte, mais je trouvais qu\u2019il y avait un côté radio de brousse avec le podcast qui me plaisait.» Choc des idées La balado de Fred Savard, chapeauté par la boîte Transistor, sera enregistré devant public à MaBrasserie, une coopérative brassicole qui peut accueillir un public de tous âges, ce qui était cher aux yeux du gaillard à la voix éclatante.Un noyau de chroniqueurs reviendra à chaque épisode, mais la grande tablée sera à géométrie variable.Parmi les collaborateurs, on note entre autres la critique de cinéma Hélène Faradji, la chroniqueuse Manal Drissi, le rédacteur en chef du Voir Simon Jodoin, l\u2019humoriste Colin Boudrias et Godefroy Laurendeau, un ami de longue date de Savard et aussi le petit-fils d\u2019André Laurendeau.« Je ne veux pas que ce soit un balado à gauche, bébête, avec ce petit ton là bien-pensant, lance Fred Savard.Je veux qu\u2019il y ait un choc des idées.Avec de l\u2019humour satirique, oui, mais avant tout je Un balado à son image Fred Savard lance un projet indépendant où se mêlent actualité et satire L C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 de Wolfgang Amadeus Mozart présentent l\u2019Orchestre de l\u2019Université de Montréal L\u2019Atelier d\u2019opéra et DIRECTION MUSICALE Jean-François Rivest MISE EN SCÈNE Claude Poissant musique.umontreal.ca musiqueumontreal.tuxedobillet.com 28 février, 1er, 2 et 3 mars 2019 Salle Claude-Champagne Les petits curieux Découverte étonnante d\u2019un site archéologique Pour les curieux de 5 à 75 ans ! Horaire - Semaine de la relâche scolaire 2, 3 + 5 au 10 mars 2019: 11 h à 16 h Visites guidées du site patrimonial Accès illimité au Musée, incluant les audioguides Famille (2 adultes, 5 personnes) 30 $ Au cœur du quartier historique de Montréal 400 rue Saint-Paul Est, Vieux-Montréal Metro Champ-de-Mars 514 282-8670 poste 221 marguerite-bourgeoys.com En général, l\u2019ancien des Zapartistes ne manque pas d\u2019aplomb dans son travail.Mais s\u2019il affiche une certaine assurance en parlant de La balado de Fred Savard, à naître jeudi, on sent tout de même le Rosemontois sur une corde un peu plus raide que d\u2019habitude.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR veux que ce soit une revue de l\u2019actualité que je souhaite rigoureuse.» La production hebdomadaire compte rebondir sur le travail des grands médias, et proposera de se pencher entre autres sur des sujets « plus arides », de dire l\u2019animateur.« Mais l\u2019humour va être le lubrifiant qui va nous mener là.Moi, en tout cas, c\u2019est mon souhait.Et ça ne sera pas \u201cune ligne un punch\u201d, c\u2019est ce que je trouvais plate à La soirée, dès qu\u2019on était dans quelque chose de plus sérieux, il fallait une blague pour détendre l\u2019atmosphère.» Dépendant de fortune Le financement du projet, c\u2019est là où le bât blesse.En préférant créer le balado en dehors des grands réseaux \u2014 Qub radio a même fait des approches \u2014, Fred Savard savait pertinemment que l\u2019argent serait un enjeu majeur.Tout de même, une campagne de sociofinancement lui a permis de recueillir quelque 30 000 $, 20 % de plus que son objectif initial.L\u2019argent servira principalement à ce que le produit sonore soit fait de manière professionnelle.« J\u2019étais prêt à sor tir des REER pour ça.Je suis sérieux», lance celui qui a jonglé avec l\u2019idée de prendre une année sabbatique pour monter le projet.Mais c\u2019est donc sur les dons qu\u2019il base son modèle d\u2019af faires, confiant entre autres que le public qui le suivait à La soirée est (encore) jeune consentira à financer le balado.« Ça s\u2019appelle La balado de Fred Savard, pour le référencement ça va être plus simple, mais ça reste une gang de gars et de filles qui font un balado, avec multiples tons donc multiples publics, et c\u2019est ce qui va nous permettre de fleurir.» Reste que cette indépendance d\u2019esprit qui double cette dépendance de for tune plaît beaucoup à Fred Sa- vard, qui pourra ainsi ne pas avoir peur de mordre la main qui le nourrit.Il donne l\u2019exemple du film de 1976 Parlez-nous d\u2019amour, de Jean- Claude Lord, qui frappait fort dans le monde du showbiz.« Aujourd\u2019hui, on ne serait plus capable de faire ça.Moi, si, financièrement, je pouvais m\u2019appuyer sur les donateurs, ben oui je pourrais aller dans cette direction-là bien plus.J\u2019ai 47 ans, je ne croule pas sous les offres radios pour animer, et éventuellement je pourrais foncer.Pas rentrer dedans pour rentrer dedans, mais des fois, je trouve que le milieu est trop petit, trop tourné vers lui- même pour être capable de se critiquer dans une émission d\u2019humour.» Les coudées franches, n\u2019est-ce pas?Abonnez-vous à notre infolettre matinale.Du lundi au samedi, découvrez l\u2019essentiel de l\u2019actualité.LeDevoir.com/infolettre our sa première mise en scène d\u2019un grand opéra du répertoire, Claude Poissant se mesurera à Così fan tutte de Mozar t, qui prend l\u2019af fiche à l\u2019Université de Montréal à partir de jeudi pour quatre soirées.« Au théâtre, je suis la locomotive, celui que l\u2019on suit aveuglément.À l\u2019opéra, j\u2019ai un rôle différent puisqu\u2019il y a un chef d\u2019orchestre », constate Claude Poissant, plongé dans le travail de répétition pour Così fan tutte à l\u2019Université de Montréal (UdeM).Le metteur en scène, qui avoue honnêtement ne pas lire la musique, mais compenser cette lacune grâce à un entourage dévoué, n\u2019en est pas réellement à son tout premier contact avec des chanteurs : « J\u2019ai collaboré avec Pauline Vaillancour t chez Chants libres il y a une douzaine d\u2019années pour la création d\u2019un opéra sur un texte de Wajdi Moua- wad.» Mais là, c\u2019est tout autre chose : un opéra majeur du répertoire.Le temps venu Après l\u2019expérience avec Chants libres, Claude Poissant a eu des demandes, mais l\u2019expérience n\u2019eut pas de lendemains : « L\u2019atelier lyrique de l\u2019Opéra de Montréal et Chantal Lam- ber t m\u2019ont sollicité plusieurs fois, mais j\u2019ai dû décliner faute de temps.» Parmi les projets ainsi avor tés, Claude Poissant avoue un regret particulier pour La voix humaine de Poulenc.« Mais là, j\u2019ai pu insérer Così fan tutte dans mon horaire et j\u2019ai plongé : le temps était venu de faire un opéra.» Parmi les motifs d\u2019acceptation, il y avait aussi le cadre estudiantin : « Cela permet de bénéficier de davantage de temps pour travailler avec les chanteurs et d\u2019installer un climat afin que les objectifs soient atteints.» Quels objectifs ?« Faire passer cette tromperie avec finesse et délicatesse et se poser les bonnes questions sur ce que l\u2019on chante.» La tromperie est le cœur d\u2019une trame imaginée par Lorenzo da Ponte et mise en musique par Mozart.Don Alfonso, un philosophe qui ironise sur la fidélité des femmes, veut prouver à Ferrando et à Gu- glielmo, deux jeunes militaires, que leurs fiancées, Dorabella et Fiordi- ligi, sont capables d\u2019aller courir le guilledou avec le premier venu en vingt-quatre heures.Répondant à un faux ordre de mobilisation, Ferrando et Guglielmo partent à la guerre pour revenir déguisés en Albanais, prétendument amis d\u2019Alfonso, chacun ayant pour mission de séduire la fiancée de l\u2019autre.Despina, la femme de chambre, de mèche avec Alfonso, tentera de lever les ultimes réticences de ses maîtresses en leur conseillant de profiter de l\u2019absence de leurs amoureux.Le piège se refermant avec ef fi- cacité, la farce cruelle d\u2019Alfonso ira jusqu\u2019à une fausse cérémonie de mariage avant le retour inopiné des hommes sous leur vraie identité, mais dans un champ de r uines émotionnel.Mozart et Marivaux Claude Poissant a raison de décoder Così fan tutte sous l \u2019angle de la cruauté.« Il y a un discours riche dans Così fan tutte, en apparence très léger mais qui possède beaucoup de profondeur.J\u2019ai monté beaucoup de Marivaux.Ce ne sont pas des œu- vres tragiques.Cependant, en apparence, il y a une légèreté consciente, une naïveté voulue, alors que ce sont des histoires cruelles où des personnages éprouvent le plaisir du danger et se prennent à leur propre piège.» Claude Poissant a-t-il voulu étudier le regard d\u2019autres metteurs en scène, ENTREVUE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e C l a s s i q u e 2 0 | Claude Poissant et la fausse légèreté de Mozart Claude Poissant insiste beaucoup sur l\u2019interaction avec ce qu\u2019on aurait envie d\u2019appeler son matériau.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR P tels Patrice Chéreau ou Michael Haneke, sur cette œuvre ?« C\u2019est formidable de voir d\u2019autres metteurs en scène proposer et réussir des choses.J\u2019ai notamment regardé le travail d\u2019Ursel et de Karl-Ernst Herr- mann filmé à Salzbourg en 2006.Ensuite, j\u2019accepte d\u2019y aller à ma manière, de retourner à mon contexte avec une lecture simple et assez classique pour ne pas donner aux chanteurs autre chose à jouer que ce qu\u2019ils reçoivent au départ et de pousser en profondeur les sujets qu\u2019ils connaissent.» Claude Poissant insiste beaucoup sur l\u2019interaction avec ce qu\u2019on aurait envie d\u2019appeler son matériau.« Je travaille de la même manière qu\u2019en théâtre, mais avec des contraintes dif férentes, à par tir des acquis de mon passé, sans essayer d\u2019inventer, et en suivant les chanteurs dans leur démarche.» Il insiste beaucoup sur la «complicité qui se crée».Cette complicité permet de «pousser en profondeur», selon ses termes, « par exemple la désillusion de Don Alfonso ».La désillusion vue par les jeunes.« C\u2019est un univers que ces jeunes côtoient.Ce qui m\u2019intéresse, c\u2019est comment eux comprennent cela et vont aller en profondeur dans ces personnages.C\u2019est ce que j\u2019ai travaillé.» Lorsqu\u2019on entend le metteur en scène parler de « délicatesse de l\u2019interprétation » et de « volonté de travailler dans un espace précis », on sent que l\u2019heure ne sera pas à la distraction et aux fioritures rococo.Pas question de situer l\u2019action à l\u2019époque de Mozart : «Nous avons la contrainte d\u2019un petit espace avec 16 pieds de profondeur.Pour accueillir un espace complexe, si on veut être dans l\u2019époque et que l\u2019on veut être précis, cela prend des budgets.» Le cadre sera donc « contemporain influencé par le classique ».Les costumes pourront être « datés de 1980 à 2019 » : « Je ne voulais pas quelque chose de trop déterminé dans le temps, car je craignais de devoir fouiller un sujet précis qui ne m\u2019intéressait pas.De plus, en partant d\u2019une ère plus contemporaine, on peut faire en sor te que les artistes soient touchés plus vivement par le sujet et qu\u2019ils le rendent avec plus d\u2019incarnation.» L\u2019attrait de l\u2019étranger Ce que Claude Poissant a également trouvé dans Così fan tutte , c\u2019est « une ode à l\u2019attrait de l\u2019étranger » : « L\u2019attirance que l\u2019on a envers l\u2019étranger, mais aussi la peur que l\u2019on a de l\u2019autre.En fait, c\u2019est un dilemme de notre nature humaine, qui fait que l\u2019inconnu nous effraie et nous attise, mais que l\u2019inconnu est souvent plus connu qu\u2019on le pense.Il est intéressant de voir cette pensée-là évoluer dans l\u2019espace scénique.J\u2019ai vu des mises en scène de Così fan tutte dans lesquelles les sœurs ne sont pas dupes des déguisements.Je n\u2019ai pas du tout voulu aller dans cette direction-là, car il y a une naïveté nécessaire en amour que je ne voulais pas laisser de côté.» Pour ces représentations, Claude Poissant avoue n\u2019avoir pas été dérangé par le r ythme de Mozar t, tempo imposé \u2014 et donc cadre d\u2019action théâtrale imposé \u2014 qui perturbe souvent les metteurs en scène de théâtre lors de leurs premiers contacts avec l\u2019opéra.Restera à voir comment seront gérés par Jean-François Rivest et Claude Poissant les silences, que Michael Haneke a osé démultiplier.Car, comme on le sait depuis Sacha Guitry : le silence qui suit Mozart, c\u2019est encore du Mozart ! «Ô privilège du génie», ajoutait Guitry ! Così fan tutte Opéra de Wolfgang Amadeus Mozart par l\u2019Atelier d\u2019opéra et l\u2019Orchestre de l\u2019Université de Montréal.Direction musicale : Jean-François Rivest.Mise en scène: Claude Poissant.Scénographie : Carl Pelletier.Costumes: Elen Ewing.Maquillages et coiffures : Pierre Lafontaine.Éclairages : Alexandre Pilon-Guay.Jeudi 28 février, vendredi 1er et samedi 2 mars à 19h30.Dimanche 3 mars à 15h à la salle Claude-Champagne.| 2 1 C u l t u r e C l a s s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 Félicitations aux lauréats Prix HOMMAGE Hélène Blackburn Prix DIFFUSEUR + Ville de Notre-Dame-des-Prairies Prix TOURNÉE + Agence Station bleue Prix PARTENARIAT + Coup de cœur francophone + Centre culturel et Faculté d\u2019éducation de l\u2019Université de Sherbrooke Prix RECONNAISSANCE Pierre Larivière Concerts de la semaine Barbe-Bleue.Yannick Nézet- Séguin abordera le chef-d\u2019œuvre de Béla Bartók, l\u2019opéra Le château de Barbe-Bleue présenté en version de concert lors d\u2019une unique soirée, le 1er mars à la Maison symphonique de Montréal.Michèle Losier et John Relyea seront Judith et Barbe-bleue.En complément de programme, l\u2019Adagio pour cordes de Barber et le Concerto pour violon no 1 de Bartók, interprété par Kerson Leong.Vendredi 1er mars à 19 h 30, Maison symphonique de Montréal.La création.La Chapelle de Québec sera dirigée par Jonathan Cohen pour la première Création de Haydn des Violons du Roy, qui ont choisi en solistes Anna Lucia Richter, Allan Clayton et Thomas E.Bauer.Âgée de 29 ans, Anna Lucia Richter est une vedette montante de la scène internationale, au point d\u2019avoir chanté les Knaben Wunder- horn de Mahler avec Christian Gerhaher au Festival de Lucerne sous la direction de Bernard Haitink! Mercredi 27 et jeudi 28 février à 20h, Palais Montcalm de Québec.Dimanche 3 mars à 19h30 à la Maison symphonique de Montréal. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e M u s i q u e 2 2 | Présenté par IL ÉTAIT UNE FOIS.Dimanche 10 mars 11 h QUATUOR I GIARDINI Jeanne Crousaud, soprano Caroline Meng, mezzo-soprano Retrouvez Cendrillon, Le Petit Chaperon rouge et Ali Baba dans ce spectacle pour tous.APRÈS UN RÊVE Dimanche 10 mars 14 h Emmanuel Bertrand, violoncelle Pascal Amoyel, piano DUPARC, FAURÉ, ONSLOW et SAINT-SAËNS Ce duo d\u2019exception est de retour à la salle Bourgie ! sallebourgie.ca Arte Musica présente 18 19 Salle Bourgie CLAIR DE LUNE Vendredi 8 mars 19 h 30 LES VIOLONS DU ROY Mathieu Lussier, chef Jean-François Lapointe, baryton Valérie Milot, harpe CAPLET, DEBUSSY, FAURÉ, HAHN, MASSENET, RAVEL et SAINT-SAËNS VOTEZ POUR MOI ! Samedi 9 mars 20 h LA CLIQUE DES LUNAISIENS Lara Neumann, soprano Ingird Perruche, soprano Arnaud Marzorati, baryton Un spectacle divertissant d\u2019airs d\u2019opérettes à saveur politique.Après Paris et Berlin, Montréal reçoit le FESTIVAL PALAZZETTO BRU ZANE du 8 au 10 mars L\u2019assurance trouvée d\u2019Emilie Kahn La harpiste livre un deuxième disque à saveur pop et électronique où elle estime avoir trouvé sa voie Emilie Kahn, qui fêtait cette semaine ses 28 ans, trouve que cette récente période de sa vie l\u2019a beaucoup fait grandir.Comme adulte, et comme créatrice aussi.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR milie Kahn ne veut pas exagérer la situation, mais l\u2019aventure de son premier disque lancé sous le nom d\u2019Emilie & Ogden \u2014 Ogden, c\u2019est le nom de sa harpe \u2014 n\u2019a pas été un long fleuve tranquille.Sur fond de rupture, il y avait les doutes, les remises en question, certaines tournées difficiles.Plein de magnifiques moments aussi, mais une petite amertume flottait.Revoilà la musicienne devant nous le cœur léger, tout de lilas vêtue, ragaillardie en quelque sorte.Qu\u2019est- ce qui explique ce pivot ?« Juste vieillir ?Je ne sais pas.Je suis juste mieux avec moi-même maintenant qu\u2019il y a trois ans.» Kahn, qui fêtait cette semaine ses 28 ans, trouve que cette récente période de sa vie l\u2019a beaucoup fait grandir.Comme adulte, et comme créatrice aussi.« Je pense que ça m\u2019a pris ce temps-là pour trouver ma voix d\u2019artiste, et je pense que c\u2019est un peu pour ça que ça me faisait du bien de ENTREVUE PHILIPPE PAPINEAU LE DEVOIR E C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 E n p a r t e n a r i a t a v e c INFOS + BILLETS \u203a QUEBECCINEMA.CA 20 FÉVRIER AU 2 MARS 2019 DOCUMENTAIRE ENSEMBLE JEAN-NICOLAS ORHON JEUDI 28 FÉVRIER \u203a 20 H 45 Cinéma Cineplex Odeon En présence du réalisateur DOCUMENTAIRE PAULINE JULIEN, INTIME ET POLITIQUE PASCALE FERLAND MARDI 26 FÉVRIER \u203a 18 H 30 Cinéma Cineplex Odeon En présence de la réalisatrice CINÉ-CONCERT Des histoires inventées JEAN-MARC E.ROY LUNDI 25 FÉVRIER \u203a 21 H 00 Cinémathèque québécoise En présence du réalisateur et d\u2019André Forcier Musique originale en direct FICTION IMPETUS JENNIFER ALLEYN SAMEDI 23 FÉVRIER \u203a 20 H 45 Cinéma Cineplex Odeon En présence de la réalisatrice et de Pascale Bussières, comédienne CULTE EN SALLE Bureau des festivals et des événements culturels Outremont [HULLU] BLICK THÉÂTRE (FRANCE) Billetterie : 514 495-9944 festival.casteliers.ca A R T A R T H A R T H U R B B B U R B U R R A M A R A M A R A M A R A M R A M O O O changer de nom d\u2019artiste, de ne plus avoir un nom de scène», lance-t-elle.Ogden la harpe est bien là sur ce nouveau disque intitulé Outro, mais le tout est signé Emilie Kahn.Assumée, quoi.«Et je me suis rendu compte que j\u2019étais une songwriter qui joue de la harpe et pas nécessairement une harpiste.Et je ne sentais plus le besoin de mettre la harpe en avant du projet.» L\u2019intrigant instrument joue sur Outro un rôle différent, croit Kahn.«Sur les anciennes pièces, je sentais davantage le besoin de montrer toutes les choses que je pouvais faire à la harpe, et aussi de faire quelque chose de différent à chaque chanson.Et j\u2019ai un peu replacé ça aussi, l\u2019accent était plus sur la chanson en soi.» Nouveau visage Outro adopte aussi une approche sonore bien différente de celle de son prédécesseur, 10 000, plus folk-rock.Le nouveau Kahn est baigné de sonorités électroniques et de rythmiques synthétiques, et pourrait être quelque chose comme le cousin de la fesse gauche du dernier disque du duo Milk & Bone.Ces univers sont pourtant assez lointains de l\u2019ADN musical du réalisateur d\u2019Outro, le chanteur de Plants and Animals War ren Spicer.Le disque est d\u2019abord né de sessions plutôt acoustiques harpe-guitare entre Kahn et Spicer.Mais après une session où les deux ont joué le titre Island, Spicer s\u2019est amusé en l\u2019absence d\u2019Emilie à ajouter du synthétiseur et des échantillons de batterie.« Et c\u2019est cette toune-là qui a influencé le reste du processus.On a continué à jouer en acoustique, mais on a compris qu\u2019on allait vers ça, explique la chanteuse.C\u2019était beaucoup d\u2019expérimentation pour lui, et moi j\u2019avais plein de références, de trucs pop et R&B, je lui montrais tout le temps des sons.» Le polyvalent musicien et réalisateur Philippe Brault, qui a entre autres travaillé avec Pierre Lapointe et Koriass, est aussi venu ajouter sa touche sur quelques pièces.Assumer sa pop intérieure Dans sa nouvelle approche tout assumée, Emilie Kahn explique aussi avoir embrassé son amour et son talent pour la composition de pièces plus accrocheuses.« Je me suis rendu compte que j\u2019adore ça et que je ne veux plus avoir peur de ça, laisse filer Kahn en souriant.J\u2019avais des aspirations basées sur mes idoles indies de jeunesse et je me voyais me créer à leur image, mettons.Et quand je travaillais des tounes et j\u2019avais de la misère, j\u2019essayais trop de faire des chansons cool, moody, et alternatives.» Outro est donc plus pop, mais pas vraiment plus «commercial», si l\u2019on peut dire.Les refrains sont forts et les pièces misent sur un je-ne-sais-quoi qui fait office de velcro pour les oreilles.Amour et tristesse Reste le fond, les mots, où Kahn révèle aussi son évolution émotive.Il y a à la base une rupture douloureuse, du genre qui fait mal comme si l\u2019amour ne reviendrait jamais, mais le regard de l\u2019auteure-compositrice- interprète se modifie au fil des titres.« Quand tu es jeune, tu vis des émotions très fortes, et être amoureux, c\u2019est l\u2019affaire la plus importante au monde, et ça te consume complètement, explique Emilie Kahn.Et je pense que durant la période où je travaillais sur cet album-là, je suis sortie de ça dans ma vie, c\u2019est un peu tout le voyage de l\u2019album, du début à la fin.» Sur la dernière pièce, Seeking, la musicienne jette en quelque sorte un regard en arrière avec une lettre d\u2019excuse à l\u2019ancienne flamme.«Mais c\u2019est aussi une nostalgie pour cette époque-là en même temps, de vouloir revivre ces émotions-là.» C\u2019est triste de n\u2019être plus triste sans vous, comme disait l\u2019autre.Outro Emilie Kahn, Secret City Records L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e D i s q u e 2 4 | SYNTHPOP A Skeleton ?1/2 Ben Shemie, Hands In the Dark Records Dès les premières notes cérémo- niales d\u2019orgue synthé (First) de cette occulte messe galactique, la descente (ou l\u2019ascension) vers un purgatoire métaphorique et virtuel est amorcée.Avec A Skeleton, le chanteur et guitariste de la formation Suuns propose une première tentative en solo.Au milieu d\u2019un dédale de froids corridors où résonnent une synthwave crue et une pop expérimentale à forte dose d\u2019auto-tune, le chanteur se fait cyborg : homme-ma- chine en symbiose avec les ondulations soniques générées par des claviers d\u2019âge vénérable.Capté en une seule prise et sans réenregistrement (un genre d\u2019Arche russe de la musique électro), A Skeleton est une œuvre certes cérébrale, mais aussi instinctive, qui n\u2019est pas sans rappeler ce que fait Shemie avec son groupe, le rock en moins (A Skeleton, Arms Down).Mais ce délire de vieux synthés s\u2019apprivoise : c\u2019est quelque part entre la seconde et la troisième écoute que l\u2019on commence à planer.Sophie Chartier CLASSIQUE Light Eternal ?Musique chorale de Lauridsen, Chœur de chambre d\u2019Europe, Nicol Matt, DG 483 5058 Consécration pour l\u2019un des chefs de file de la nouvelle musique chorale que cette entrée au catalogue Deutsche Grammophon à travers une anthologie généreuse et bien composée.Le CD, rempli au maximum de sa capacité (80 minutes), n\u2019a pas permis, hélas, de loger en entier l\u2019une des œuvres les plus emblématiques de Lauridsen, Les chansons des roses, sur des textes de Rainer Maria Rilke.Seules la 1re et la 5e et dernière (le fameux «Dirait-on») y figurent.Sauf que dans le cycle «Dirait- on» se pose sur, la 4e chanson, «Rose complète», ce qui est moins le cas de «En une seule fleur».On retrouve certains intervalles dans l\u2019une des deux premières mondiales, Ya ères mia sur un texte de Pablo Neruda.Prayer est l\u2019autre première, et quatre nocturnes, une rareté.Programme incontournable donc pour ce chantre d\u2019un simple mysticisme planant d\u2019une efficacité redoutable.L\u2019autre anthologie majeure du catalogue (Polyphony chez Hyperion) recoupe ce programme pour Lux aeterna et O Magnum mysterium, ce qui, vu la beauté des œuvres, n\u2019est pas un drame.Christophe Huss POP Beat My Distance ?1/2 Anemone, Luminelle Coïncidence : alors que Stereolab annonçait sa première tournée en dix ans (le 1er octobre, au théâtre Corona), l\u2019étiquette Luminelle lance le premier album d\u2019Anemone, quartet montréalais s\u2019articulant autour de la voix douce de la compositrice Chloé Soldevila, sorte de Laetitia Sadier des temps modernes.Le spectre de la pop des années 1960 plane sur les neuf chansons de ce bref et agréable Beat My Distance, mais là où Stereo- lab défrichait de nouvelles terres musicales, Anemone se contente de les revisiter en dansant.On Your Own, Daffodils et Memory Lane nous transportent d\u2019abord sur un petit nuage, de douces et vaguement mélancoliques pépites pop, mais c\u2019est lorsque la section rythmique prend le détour disco-funk qu\u2019Anemone trouve sa vitesse de croisière : Sunshine (Back to the Start) et She\u2019s the One s\u2019avèrent irrésistibles et éloignent le son du groupe des expériences sonores de Stereolab pour plutôt se rapprocher de la pop candide de The Cardigans.Le genre de disque qui annonce le printemps.Philippe Renaud EXPÉRIMENTAL Solitude ?1/2 King Midas Sound, Cosmo Rhythmatic Il y avait bien sûr quelque chose de malicieux à lancer un disque pareil le jour de la Saint-Valentin.Solitude, qu\u2019il s\u2019appelle, le quatrième album du duo King Midas Sound : le désespoir, l\u2019amertume, le rejet, les regrets et la colère qui accompagnent parfois une rupture amoureuse.Après trois fascinants albums de dub électronique bruitiste, le vétéran compo- siteur-producteur Kevin Martin ne conserve des racines jamaïcaines de son projet originel que la saveur de l\u2019accent de son acolyte, le dub poet Roger Robinson, alors qu\u2019il met en scène ses récitations, réflexions et cris d\u2019alarme dans des orchestrations pratiquement dénuées de rythmes.De denses et précises nappes atmosphériques viennent plutôt appuyer, à leur savante manière, le thème de ce disque poisseux, parfois même toxique, comme sur la malsaine Who.Un disque- concept qui ne s\u2019écoute pas à la légère : la voix de Robinson, posée mais inquiétante, requiert toute notre attention, et Martin élabore un décor sonore pour nous y inviter.Philippe Renaud DREAM FOLK Quiet Signs ?Jessica Pratt, City Slang Quiets Signs est ce petit vent qui donne la chair de poule à la fin de l\u2019été, la musique-volute qui précède l\u2019arrivée des étoiles.Quatre ans après le déjà remarquable On Your Own Love Again, ce troisième album de Jessica Pratt fait de se perdre une chose majestueuse.La musicienne américaine a toujours sa voix puérile où traîne une certaine fatigue nasillarde, mais son monde lyrique est plus rêveur, plus spirituel, peut-être plus noir aussi, entre chamber folk et dream folk.Toute la magie de Jessica Pratt tient dans son interprétation retenue, vocale comme instrumentale, qui donne l\u2019impression de naviguer le cœur en avant dans une brume chaude et sèche.À sa guitare acoustique s\u2019ajoutent ici un piano (ésotérique sur Opening Night) et une flûte (en solo tournoyant sur Fare Thee Well), brèves irruptions qu\u2019on pourrait avoir imaginées.Mais Crossing, avec ses spirales et ses croisements, est le point culminant de l\u2019album: c\u2019est la rencontre entre l\u2019intérieur gravissime de Jessica Pratt et son extérieur maniéré, terriblement libre.Geneviève Tremblay ROCK L\u2019éternel retour ?1/2 Barrdo, Poulet Neige Barrdo?Un fou.Ou un génie, le jury délibère toujours.C\u2019est moins apparent sur la première moitié de son grandiloquent nouvel album, L\u2019Éternel retour, où ritournelles folk et irradiantes chansons pop-rock exposent d\u2019abord son flair pour les refrains accrocheurs.Ensuite, ça dérape: à la mi- album, l\u2019auteur-compositeur-interprète (Pierre Alexandre, membre de Lac Es- tion et de Fuudge) assomme avec le mantra Tôt ou tard, neuf orchestrales minutes, la chorale, la section de cuivres, les violons, tout le monde est convié, là où y\u2019a de la gêne, y\u2019a pas de plaisir.Deux chansons plus loin, l\u2019austère groove rock donnant son titre à l\u2019album s\u2019étire pendant plus de onze minutes.Les sept minutes de Ça y est auraient pu figurer sur L\u2019Heptade, et sur Elle qui suit, il nous refait Hey Jude avec la voix des hymnes nationaux au hockey qui gueule au fond de la cuisine.Quatorze chansons, 70 minutes d\u2019un mélange étonnamment cohérent de prog, de folk, de rock, ce disque est magnifiquement imparfait, façon Father John Misty sur Pure Comedy.Le disque-ovni québécois de l\u2019hiver.Philippe Renaud JAZZ The Gleaners ?Larry Grenadier, ECM Les albums de contrebasse solo ne sont pas fréquents, mais plusieurs dizaines de musiciens ont néanmoins emboîté le pas au Journal Violone de Barre Philips, paru en 1968.On doit à l\u2019étiquette allemande ECM une part importante de ce catalogue niché (Vitous, Holland), notamment End to End, de Philips (2018) et ce magnifique The Gleaners, que Larry Grenadier a fait paraître la semaine dernière.Un disque d\u2019une remarquable profondeur : dans le son immensément riche, généreux et chaleureux de l\u2019instrument ; dans la prise de son extrêmement précise, toutes textures mises en valeur ; dans le choix du répertoire, avec un Grenadier glanant entre compositions et reprises pour évoquer au passage plusieurs influences \u2014 Pettiford, Coltrane, Motian, Gershwin, Davis, LaFaro, Brown, Mingus, Gomez.En pizzicato ou à l\u2019archet, le contrebassiste du Brad Mehldau Trio rappelle partout combien son instrument est un univers de subtilités, majestueux, lyrique\u2026 et complet, bien au-delà de toute image austère.Guillaume Bourgault-Côté CLASSIQUE Enchanted Isle ?1/2 Voces8, Decca, 483 4670 L\u2019ensemble Voces8 est ce groupe vocal de huit chanteurs qui avait subjugué les auditeurs du festival Musiques et autres mondes d\u2019Ottawa et des Concerts Lachine en 2015, au point de pulvériser tous les records de ventes de CD à l\u2019issue de concerts.Au fil des parutions de disques (Lux, Eventide, Winter), Voces 8 occupe le créneau décrit dans le cas de la musique de Lauridsen: celle d\u2019une musique chorale moderne, aisément dé- codable, à effet «planant» ou apaisant.Par rapport au CD Lauridsen, aux racines clairement classiques, Enchanted Isle est un projet de «crossover», ce dont atteste immédiatement une prise de son plus colorée et enrobée, légèrement pop.Mais le niveau vocal et la qualité du projet sont irréprochables, qui fait se succéder May It Be du Seigneur des anneaux et l\u2019Agnus Dei composé sur l\u2019Adagio de Samuel Barber, ou des œuvres nouvelles de Thomas Adès ou John Tave- ner et des chants traditionnels comme Danny Boy ou The Parting Glass dans d\u2019excellents arrangements réalisés sur mesure.Christophe Huss L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 LI RE Marie-Andrée Gill Prendre le temps de bien souffrir Essai Guy Rocher par-delà le rapport Parent Il y a quelque chose de quétaine dans ce livre-là », lance avec beaucoup d\u2019autodérision Marie- Andrée Gill.« Ben, ce n\u2019est pas que quétaine, mon livre, mais l\u2019amour, oui, c\u2019est quétaine.C\u2019est quétaine quand on devient gaga de quelqu\u2019un d\u2019autre, mais je voulais aller à fond là-dedans, décrire ce qui se passe quand on devient un peu fou.» Il n\u2019y a rien de quétaine, en tout cas, dans la langue de Chauf fer le dehors, même s\u2019il n\u2019y a pas plus compréhensible que l\u2019appréhension de son au- teure, que cette crainte de s\u2019être montrée trop toute nue entre les pages de ce troisième recueil.C\u2019est que ces poèmes n\u2019ont pas d\u2019abord été écrits dans l\u2019objectif de composer un livre, mais plutôt à l\u2019intention de celui qui, à l\u2019instar de Kevin Costner en son temps, danse non pas avec les loups, mais avec les motoneiges.Celui à qui elle avoue : « T\u2019es la talle d\u2019épinettes noires / qui brûle mon cœur full de super ».Ils avaient pour chambre de motel des lits de sapinage, peur de la réaction atomique de leurs corps s\u2019ils se croisaient par hasard au dépanneur, se savaient condamnés d\u2019avance.«On a assez joué au docteur / direct dans le multicolore / de chacun de nos bleus », écrit la poète de 32 ans, qui mettra tout en place afin que les frissons survivent à leur mort annoncée et que ne s\u2019ef facent pas les traces de ses mains à lui sur son corps à elle.« Où habiter sinon dans le rappel de moments fous et la possibilité qu\u2019ils se reproduisent ?» « Quand tu ne peux plus vivre quelque chose, tu t\u2019amanches pour que ça dure le plus longtemps possible, et le meilleur moyen pour que ça dure, c\u2019est de l\u2019écrire ! » explique au bout du téléphone, depuis son appartement de L\u2019Anse-Saint-Jean dans le Bas-Saguenay, celle qui signait Béante en 2012 et Frayer en 2015.Elle savait pertinemment qu\u2019elle avait déjà sur vécu à bien pire que ce chagrin aussi interminable que l\u2019hiver, mais la douleur d\u2019un amour puissant comme c\u2019est pas possible, devenu amour impossible, ça saisit chaque fois.« Dans notre ère super- dépressive, j\u2019avais peur que mes poèmes soient trop dépressifs, puis en y réfléchissant, je me suis dit L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 L i r e Po é s i e 2 6 | ENTREVUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Prendre le temps de bien souffrir La poète Marie-Andrée Gill immortalise un amour impossible dans Chauffer le dehors Les poèmes de Marie-Andrée Gill n\u2019ont pas d\u2019abord été écrits dans l\u2019objectif de composer un livre, mais plutôt à l\u2019intention de celui qui, à l\u2019instar de Kevin Costner en son temps, danse non pas avec les loups, mais avec les motoneiges.SOPHIE GAGNON- BERGERON « qu\u2019au contraire, il faut prendre le temps d\u2019exister avec sa souffrance, il faut rentrer directement dedans.J\u2019ai une amie l\u2019autre fois qui me disait : tant qu\u2019à souffrir, faudrait apprendre à bien souffrir.» Bien souffrir ?« Bien souffrir, pour moi, c\u2019est écrire en tordant la guenille, jusqu\u2019à tant qu\u2019il n\u2019en reste plus beaucoup.Et c\u2019est aussi apprendre à remercier la personne avec qui on a souffert.» Elle s\u2019interrompt, étouffe un rire, redoute probablement de passer pour plus sage qu\u2019elle ne l\u2019est en réalité.« Ben disons que cette gratitude-là, c\u2019est la direction dans laquelle j\u2019essaie d\u2019aller ! » Merci les bélugas Ça s\u2019entend parfaitement, et très rapidement.La voix de Marie-Andrée Gill s\u2019apaise d\u2019un coup, son débit ralentit, lorsqu\u2019elle évoque ce que la nature \u2014 cabane dans le bois, balades en ski de fond, tente plantée au bord du fjord du Saguenay \u2014 tempère en elle.«Ma réponse se trouve toujours là, confie-t-elle.Quand je m\u2019intègre dans le paysage et que je redeviens rien, quand je me rends compte que je suis toute petite, ça me fait tellement de bien.Aussitôt que je vais m\u2019allumer un petit feu dans la neige, je recommence à aller mieux.» C\u2019est d\u2019ailleurs grâce à ceux qui chantent dans le fjord qu\u2019elle entendra enfin, dans la noirceur, le murmure d\u2019une promesse de guérison.Elle marchait dans la neige jusqu\u2019aux genoux depuis trop longtemps.« Durant la nuit, aucun vent », se souvient-elle dans un des passages plus narratifs de Chauffer le dehors.«Je me fais réveiller par le souffle tranquille d\u2019un troupeau de bélugas.Leur respiration est une berceuse nouvelle, un mélange d\u2019immensité et de grâce, et ce qu\u2019on ressent exactement : une gratitude étincelante, le mot merci en néon qui flashe en haut de mes cheveux.» Tu crois qu\u2019ils tentaient de te dire quelque chose, ces bélugas ?« En tout cas, ils m\u2019ont fait brailler ! C\u2019était comme un cadeau.Quand on ne va pas bien et qu\u2019on est attentif aux signes, on a l\u2019impression que tout nous parle.Tu poses une question, puis il y a une grosse bourrasque de vent et tu penses que ça veut dire quelque chose.Et même si ça ne veut rien dire, c\u2019est le fun d\u2019aller se trouver des réponses là-dedans, de s\u2019en inventer dans la magie de ces ha- sards-là.Les bélugas, c\u2019était comme s\u2019ils me disaient : \u201cÇa va bien aller.\u201d» L\u2019universalité de la peine d\u2019amour Elle est Pekuakamishkueu (ilnue du Lac-Saint-Jean), a grandi dans la communauté de Mashteuiatsh, mais il n\u2019y a pourtant rien d\u2019«ostensiblement autochtone» dans Chauffer le dehors.Ce sont les mots sans doute maladroits que l\u2019on emploie, parce qu\u2019on soupçonne que Marie-Andrée Gill a quelque chose à dire sur les a priori associés à l\u2019écriture d\u2019une « icône de la poésie autochtone québécoise contemporaine» (dixit la biographie de son éditeur).Intuition qui se confirme.«Il y a un drôle d\u2019horizon d\u2019attente pour la littérature autochtone, ob- ser ve-t-elle.Le monde s\u2019attend à quoi ?Qu\u2019on parle d\u2019aigles pis de loups tout le temps ?Une personne autochtone peut vivre une peine d\u2019amour sans parler de ses ancêtres.Je trouve ça super important de parler de notre héritage, oui, mais je ne suis pas juste ça.J\u2019écris avec mes valeurs, avec un humour qui vient de ma culture, mais je suis aussi une fille de 32 ans qui vit les choses comme la plupart de ses semblables.» « L\u2019amour c\u2019est une forêt vierge / pis une coupe à blanc / dans la même phrase»: on ne fait pas plus universel.| 2 7 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 Enfances féroces Il y a des époques de ma vie que je revisite rarement.Et au cœur même de ces périodes, il y a des lieux plus repliés que d\u2019autres sur eux-mêmes.J\u2019ai eu deux enfances distinctes.L\u2019une, lumineuse et sereine, s\u2019est façonnée au creux de ma famille : elle se déployait dans les framboisiers derrière la maison magique, au milieu des pervenches et des «bambous» du parc en face, sur le territoire enchanté du chalet au bord du lac adoré.C\u2019est cette enfance que je convoque à tout bout de champ.Je l\u2019ai gardée toute proche.Je chéris ses lueurs, ses présages, l\u2019amour clair dont elle était baignée.Mon autre enfance, beaucoup plus âpre, infiniment moins accueillante, s\u2019est jouée dans les classes primaires, la cour d\u2019école, au milieu des autres enfants.Ce qui se passait là, c\u2019était vraiment, comme on dit, une autre game.Moments fragiles Je parle très peu, même à mes proches, de ces moments fragiles, de ces récréations passées à me chercher une cachette où l\u2019on ne remarquerait pas que je ne jouais avec personne (un coin de mur de briques, fixer le sol, rester sans bouger), de ces fins de cours où je courais chez moi par le chemin le plus discret, de mon être abattu d\u2019être pris pour cible sans comprendre ce que je pouvais bien faire de mal à ces filles super, que j\u2019aurais tant voulues pour amies.Je ne parle jamais, surtout, de cette fois effrayante où S.m\u2019avait dit : «T\u2019as la yeule en sang après l\u2019école.» Mes intimidatrices, les cousins de Set une quantité suffocante de curieux m\u2019avaient alors acculée contre une clôture métallique et, sans me blesser physiquement, tel que la menace le laissait entrevoir, ils m\u2019avaient fait répéter à haute voix, en criant, des insultes de leur cru destinées à moi-même.Je faisais semblant que tout ce cirque ne m\u2019atteignait pas, mais je m\u2019exécutais cependant, terrorisée à l\u2019idée que cette sinistre humiliation ne leur suffise plus, et que mes cruelles consœurs me fassent mal pour de bon.Ce soir- là, ma gueule est restée intacte, mais la mésaventure m\u2019a bien laissée le cœur en sang.Dans Ouvrir son cœur (Le Quartanier), Alexie Morin remonte le fil de semblables épreuves, avec courage et lucidité, dans un effort absolument sans complaisance pour désentortiller les nœuds de l\u2019enfance intimidée, VÉRONIQUE CÔTÉ de l\u2019adolescence féroce.Au contraire de moi, qui n\u2019y replonge plus jamais (à quoi bon), elle fonce tête première dans cette matière ligneuse et inhospitalière pour se l\u2019expliquer, pour la refondre au feu bouillant de la littérature.« J\u2019ignore que ce qui est devenu vrai en premier [\u2026].Peu importe la séquence exacte ; c\u2019est devenu la réalité, c\u2019est devenu la réalité inextricable [\u2026].» Malgré la mise en garde de Morin à ses lecteurs («Qui se reconnaîtrait dans ce livre se tromperait ») et malgré ma tentative de rester à distance confortable de la dissection méticuleuse de l\u2019auteure, j\u2019ai été happée par des bouffées de souvenirs dont je ne me savais plus habitée.J\u2019étais une enfant curieuse, sans aucun doute socialement maladroite, assoiffée d\u2019apprendre.Je parlais beaucoup.Je posais des tonnes de questions, et je répondais à celle du professeur en oubliant de lever la main (trop contente de savoir la réponse).J\u2019adorais l\u2019école.On me reprochait mon ardeur en classe, mes lunettes, ma joie, mes excellentes notes et mon manque d\u2019habiletés sportives.Par-dessus tout, on me traitait de «pense-bonne », le déshonneur suprême.«L\u2019amour de la lecture rendait suspect.Un vocabulaire diversifié, les grands mots, ne pouvait servir qu\u2019à se penser bonne.» Il y aurait beaucoup à dire sur tout ce qui nous traverse pendant cette lecture, beaucoup plus que ce que cet espace permet.Le texte est riche et complexe, la descente en soi est totale.«Plus je remonte loin dans le temps, plus brutes sont les émotions.À la fin, elles se résument à la peur de disparaître, et à la peur d\u2019être abandonnée.» Ouvrir son cœur Je souhaitais parler, dans le cadre de cette chronique, de tout ce dont on discute si farouchement ces jours-ci, les fameuses maternelles 4 ans, le chemin parcouru jusqu\u2019aux CPE, les troubles d\u2019apprentissage de plus en plus fréquents de nos enfants, les diagnostics et les traitements, la détresse des parents, la fatigue des profs.Puis j\u2019ai lu Ouvrir son cœur, toute la brutalité de l\u2019enfance m\u2019est remontée à la gorge, et je n\u2019ai plus su quoi raconter en dehors de cette part vertigineuse et souterraine de moi, de nous.Au bout de nos enfances, ne reste que le cœur, justement.L\u2019artiste que je suis, l\u2019écrivaine qu\u2019est Alexie Morin, elles se sont forgées dans les méandres de ces anciens parcours guerriers, dépourvus de tendresse, sans pitié.Je me demande souvent ce qui arriverait si on imaginait avec plus d\u2019acuité ce que les autres ont dû traverser avant de se retrouver face à nous.J\u2019ose espérer que nous serions capables de plus de douceur les uns pour les autres.Chauffer le dehors Marie-Andrée Gill, La Peuplade, Chicoutimi, 2019, 104 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 L i r e 2 8 | RÉCIT Être du monde ?Maryse Rouy, Druide, Montréal, 2019, 190 pages Elle affiche une trentaine de romans à son actif, mais Maryse Rouy s\u2019est concentrée cette fois sur un récit qui raconte la maladie de sa mère, atteinte de la sclérose latérale amyo- trophique, et les longs mois à l\u2019accompagner dans sa dégénérescence.Période durant laquelle les étapes de la douleur se succèdent, impitoyables, d\u2019un côté comme de l\u2019autre, autant pour le cœur que pour le corps.D\u2019abord devant le refus de vieillir et la peur de la mort comme bien des aînés le vivent, puis devant les décisions déchirantes à prendre lorsqu\u2019on est confronté à la per te graduelle d\u2019autonomie et de lucidité d\u2019un être cher.À commencer par la nécessité de l\u2019arracher à son milieu de vie, souvent installé depuis des décennies, et de lui dénicher une place qui lui convient en maison de retraite.Une période de proche aidance, aussi, où chaque instant est accaparé par le stress, l\u2019inquiétude de voir sa mère chuter, s\u2019étouffer ou, dans ce cas-ci, de trouver les moyens pour comprendre cette personne qui a perdu petit à petit l\u2019usage de la parole.Tout cela sur fond de culpabilité quand sur viennent les très rares phases de « liber té » des aidants, accordés par quelque petit plaisir de l\u2019existence.Les lecteurs qui ont vécu ce genre de situations avec un proche trouveront dans le livre de Maryse Rouy un calque plus ou moins fidèle de leur propre expérience.Les autres y verront assurément matière à compassion.La vie à bord Mais l\u2019un des attraits de ce récit réside également dans les séquences décrivant la vie à bord d\u2019un cargo qui sillonne l\u2019Atlantique, sur lequel l\u2019au- teure s\u2019est embarquée pour livrer cette histoire dans le but explicite d\u2019en faire une thérapie individuelle, et son deuil.Sa cabine deviendra ainsi un repaire d\u2019écriture, une solitude ponctuée de moments passés avec l\u2019équipage et les passagers.Même si Être du monde se lit un peu comme un roman, on ne peut s\u2019empêcher de penser : vivement le retour de Maryse Rouy à la fiction.Diane Précourt Le cargo de la délivrance CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Après avoir quitté l\u2019Argentine avec l\u2019intention de ne plus jamais y revenir, bien déterminée à tourner le dos à un pays en crise et à fuir un amour maternel un peu cannibale, une jeune femme avance sur la corde raide.«Maman attend le moment idéal pour m\u2019obliger à revenir auprès d\u2019elle, pour que nous nous desséchions ensemble, à l\u2019intérieur de sa maison parfaite.» Avec une précision mécanique où elle dissèque une histoire d\u2019immigration malheureuse, Paula Porroni, Argentine née en 1977 qui vit au- jourd\u2019hui à Londres après des études à Cambridge, a construit avec Bonne élève, son premier roman, un univers qui par moments pourra faire penser à celui d\u2019Elfriede Jelinek.Après des études en histoire de l\u2019art dans une prestigieuse université britannique, la narratrice de Bonne élève, n\u2019ayant pas trouvé de travail dans son pays, est de retour en Angleterre.Puisant dans l\u2019héritage laissé par son père, dont les réserves s\u2019épuisent aussi vite que la patience maternelle, pour cette fille unique, ce séjour à l\u2019étranger est à ses yeux \u2014 et à ceux de sa mère, dont elle ne se prive pas d\u2019utiliser à distance la carte de crédit \u2014 celui de la dernière chance.Dans ce récit tendu, qui nous prend à la gorge, palpitent la hantise de l\u2019échec et la haine de soi.« Je ne sais pas vivre dans l\u2019erreur », avoue la jeune femme.Peut-être même, comme beaucoup d\u2019entre nous, ne sait-elle pas vivre du tout.Et tout comme elle s\u2019enlise dans son expérience d\u2019immigration ratée, la jeune femme s\u2019enfonce dans la peau des aiguilles brûlantes, elle se mutile avec à la fois le désir de se punir, de s\u2019infliger de la douleur et de se réveiller d\u2019un cauchemar.De la même façon qu\u2019elle court chaque soir pour se faire plus mal encore, pour ne pas grossir ou pour se fatiguer, «même si le soir je n\u2019ai jamais sommeil», dira-t-elle.Une université de troisième ordre du nord de l\u2019Angleterre, qui accepte de lui offrir une bourse pour un projet de doctorat qu\u2019elle entend consacrer aux natures mortes d\u2019une peintre et entomologiste allemande du XVIIe siècle, est peut-être son unique porte de sortie pour la sauver.Mais de pension terne en chambre miteuse, d\u2019une chambre d\u2019amis \u2014 amis qui l\u2019utilisent ou qu\u2019elle-même utilise \u2014 à une colocation sans partage, d\u2019une rencontre sexuelle un peu malsaine à une autre, la narratrice de Bonne élève dégringole les marches de l\u2019escalier social en se rapprochant un peu plus chaque fois du désespoir et de Buenos Aires.Tout cela, ce court roman qui évolue au bord d\u2019un gouf fre profond, Paula Porroni le décline en une narration à la première personne qui nous installe dans un présent anxiogène où affleurent en permanence, avec les surprises et les chocs, la violence des rapports humains et une solitude insondable.Une nature morte Avec une froide précision, Paula Porroni raconte dans un premier roman une expérience d\u2019immigration sans espoir Le roman de Paula Porroni se décline en une narration à la première personne qui nous installe dans un présent anxiogène.FELIPE ARMSTRONG Bonne élève ?Paula Porroni, traduit de l\u2019espagnol par Marianne Millon, Noir sur Blanc, coll.«Notabilia», Paris, 2019, 160 pages | 2 9 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR La biographie est un art, il ne faut pas en douter.«Nous exigeons d\u2019elle les scrupules de la science et les enchantements de l\u2019art, la vérité sensible du roman et les savants mensonges de l\u2019histoire, écrivait le romancier et biographe André Maurois.Il faut, pour doser cet instable mélange, beaucoup de prudence et de tact.» C\u2019est un peu la méthode de Dominique Bona, et Maurois fait d\u2019ailleurs partie de ses influences.Elle l\u2019expose dans Mes vies secrètes, livre de confidences où la romancière (Malika, Le manuscrit de Port-Ébène) et biographe née en 1953 nous ouvre ses livres, nous en racontant « le pourquoi et le comment ».Une fascinante plongée dans les souvenirs, les amorces, la méthode, les découvertes et les rencontres qui ont ponctué son travail de biographe.À ses yeux, la biographie ser t à « rendre la vie à des personnages du passé », à des femmes et à des hommes que le temps avait fini par figer ou par éloigner.Et sans rejeter les exhaustives biographies «à l\u2019américaine », l\u2019écrivaine se revendique d\u2019une famille de biographes plus « littéraires » : François Mauriac, André Maurois, Henri Troyat, Stefan Zweig.Des biographes qu\u2019elle a souvent lus «en cachette » à l\u2019université, où la curiosité pour la vie des écrivains était mal vue à l\u2019époque.Chez la plupart des sujets qu\u2019elle a choisis, la littérature se confond avec la vie.À commencer par Romain Gary, à qui Dominique Bona a consacré sa toute première biographie en 1987, écrivain lui-même hautement romanesque et amateur de jeux de pistes.À Salzbourg, sur les traces de Stefan Zweig, elle explique qu\u2019elle cherchait à éclaircir un mystère, à voir apparaître le rugueux sous le lisse.Ses portraits de femmes fortes (Berthe Morisot, Colette) ou ef facées par l\u2019histoire officielle (les sœurs Héré- dia, Clara Malraux) répondent à une même nécessité : rendre visible les passions qui palpitent dans l\u2019ombre, comprendre chez ces êtres le moteur de la vie et de la création.Oui, parfois, le biographe est un voyeur et « la biographie un rideau qui s\u2019écarte », c\u2019est la découverte du grand amour «secret, érotique et tragique \u2014 trois qualités irrésistibles » de Paul Valéry qui est à la source de Je suis fou de toi en 2014.Le roman s\u2019oppose-t-il à la biographie ?Cer tainement pas : tous les deux doivent carburer à l\u2019empathie.Une osmose qui est manifeste lorsqu\u2019on lit le portrait touchant que Dominique Bona fait de Simone Gal- limard, sa première éditrice au Mercure de France, ou le récit qu\u2019elle fait de sa rencontre avec Michel Mohrt, à qui elle a succédé quelques années plus tard à l\u2019Académie française.La biographie, lui avait un jour soufflé un François Nourissier en fin de parcours, «c\u2019est par là que vous nous livrez les secrets de votre cœur\u2026» Entre les lignes La biographe et romancière française Dominique Bona nous ouvre ses livres Dominique Bona présente une fascinante plongée dans les souvenirs, les amorces, la méthode, les découvertes et les rencontres qui ont ponctué son travail de biographe.KENZO TRIBOUILLARD AGENCE FRANCE-PRESSE Mes vies secrètes ?Dominique Bona, Gallimard, Paris, 2019, 322 pages RÉCIT Crac ?Jean Rolin, P.O.L., Paris, 2019, 192 pages « Entre Lawrence et moi, il y a au moins ceci de commun qu\u2019à un peu plus d\u2019un demi-siècle de distance, nous avons passé l\u2019un et l\u2019autre une partie de notre enfance à Dinard.» Il n\u2019en fallait pas plus pour lancer Jean Rolin au Moyen-Orient sur les traces de Lawrence d\u2019Arabie, le mythique auteur des Sept piliers de la sagesse.Mais le Lawrence de 1909, «celui qui voyage à travers la Syrie et la Palestine à pied, armé du guide Baedeker et d\u2019un pistolet Mauser ».Une « marche prodigieuse » de 1800 kilomètres à travers le Moyen- Orient pour visiter les châteaux construits par les croisés et nourrir sa thèse de fin d\u2019études à Oxford.Écrivain vagabond, reporter, lauréat du prix Médicis en 1996 pour L\u2019Organisation, moins romancier que son frère Olivier Rolin, il y a longtemps que Rolin nous fait le récit informé et minutieux de ses déambulations.Entre pèlerinage littéraire, journalisme et tourisme extrême, Crac avance à coups d\u2019allers-retours entre les livres, la correspondance de Lawrence et la propre présence de l\u2019auteur sur le terrain au cours de l\u2019automne 2017.Cela en quelques voyages faits entre le Liban, la Jordanie et la Syrie, alors qu\u2019il visitait en touriste \u2014 mais surtout en écrivain \u2014, avec chauf feur et interprète, quelques sites libérés par le régime de Bachar al-Assad.Ses pas vont le mener jusqu\u2019au fameux Crac des Chevaliers (d\u2019où le titre du livre), une for teresse construite par l\u2019ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem de 1142 à 1271, mer veille que T.E.Lawrence présentait dans une lettre à sa mère comme le « plus beau des châteaux du monde ».Souvent escor té, comme Lawrence lui-même en son temps, par des militaires syriens, croisant bien sûr des moukhabarat \u2014 les membres de la police secrète du régime \u2014, l\u2019auteur du Traquet kurde émaille son récit d\u2019observations ornithologiques et accumule comme d\u2019habitude les digressions.Un récit sans tension où seuls l\u2019ironie légère et l\u2019art de voir de Jean Rolin nous sauvent d\u2019un ennui presque complet.Christian Desmeules Dans les pas de Lawrence d\u2019Arabie Chez la plupart des sujets qu\u2019elle a choisis, la littérature se confond avec la vie.À commencer par Romain Gary, à qui Dominique Bona a consacré sa toute première biographie en 1987. ans une taverne coin Saint-Hubert et Rachel Est, Jean-Marc Desgent pointe au mur une photo de Mohamed Ali, sous laquelle il prendra la pose un peu plus tard.Fan de boxe, le poète ?Oui, et pas juste un peu, pas juste pour se donner un genre.Si bien que la conversation, qui devait porter sur son plus récent livre, Misère et dialogue des bêtes, s\u2019amorce par une anecdote proprement incroyable : il y a quelques années, Jean- Marc Desgent avait, avec le réalisateur Marc-André Forcier, le projet d\u2019un moyen métrage qui l\u2019aurait opposé, lors d\u2019un authentique combat, à l\u2019ancien champion Stéphane Ouellet.Concept : une rencontre entre les câbles, avec gants et protecteur buccal, entre un poète amateur (Ouellet) et un boxeur amateur (Desgent), sur une sur face rappelant la page blanche, où tout peut survenir.« Marc-André voulait que je puisse durer au moins un round, trois minutes, et je me suis entraîné pour vrai pendant un an au club Champions », raconte l\u2019écrivain aujourd\u2019hui âgé de 67 ans, comme s\u2019il n\u2019y avait rien d\u2019anormal à ce qu\u2019un lauréat d\u2019un Prix littéraire du Gouverneur général (pour Vingtièmes siècles, en 2005) eut accepté d\u2019aller se faire défoncer la gueule au nom du cinéma par un athlète de haut niveau.Plate conclusion : leur incapacité à retrouver le pugiliste déchu fera tomber leurs plans à l \u2019eau.« Il m\u2019aurait frappé, mais j\u2019aurais pu regarder de proche \u2014 pas longtemps ! \u2014 un champion à l\u2019œuvre.» Fou, Jean-Marc Desgent ?Disons plutôt qu\u2019il ne sait que tout donner.À ses chums cinéastes comme à ses textes.« J\u2019en parlais à des amis il n\u2019y a pas longtemps : depuis la fin de l\u2019écriture de ce dernier livre, je suis en convalescence.Quand je finis, j\u2019ai une espèce de tombée d\u2019adrénaline.Je peux travailler douze heures par jour, être complètement obsédé par l\u2019écriture, puis à un moment donné, je tombe knock-out.J\u2019ai tout fait pour changer de méthode d\u2019écriture, pour que ce soit moins souffrant, mais je ne suis pas capable.» Grandeur et misère de tout Misère et dialogue des bêtes, Jean- Marc Desgent en a, en quelque sorte, amorcé l\u2019écriture au début des années 1980, alors qu\u2019il habitait un chalet « très isolé » dans une montagne de Sutton, et rédigeait des articles pour le Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec.« [J]\u2019ai vécu apeuré et extasié / ça ne s\u2019oublie pas les langues / du visible ou autres secousses / les mouvements du monde / les images qui tonnent c\u2019est ce qui reste », écrit-il dans la première page de ce vingt-deuxième livre, rare poème en vers d\u2019un recueil à la fois bestiaire et méditation, émerveillements et désolations.Dit très (trop) simplement : c\u2019est l\u2019histoire d\u2019un homme qui aura eu pendant quelques saisons un loup comme compagnon de marche dans le bois, une histoire véridique que son auteur ne présente pas du tout comme une banale fable sur la dangerosité de la bête, ou comme une tout aussi banale allégorie de la cruauté de l\u2019humain.« Tout ce que je dis là-dedans par rappor t aux bêtes est autobiographique : le loup, c\u2019est vrai, le lynx, c\u2019est vrai, le chevreuil, c\u2019est vrai, oui, même si ce que j\u2019en fais n\u2019a rien à voir avec du naturalisme.Les animaux ne représentent pas notre bêtise, non.» Il sourit.« Tu sais ce qu\u2019on dit : les bêtes sont des bêtes, mais la bêtise nous appartient.» Pas d\u2019idéalisation ni de condamnation de la nature, donc, encore moins d\u2019anthropomorphisme, chez celui qui rappelle que le premier poème qu\u2019il publiait en France, dans une revue, il y a longtemps, s\u2019intitulait L\u2019antilope assassine aussi.Langue brisée « Quand tu marches à côté d\u2019un loup comme je l\u2019ai fait, t\u2019as peur, mais à un moment donné, tu lui parles au loup, parce que ça fait deux heures que t\u2019es à côté.Et ça devient weird.C\u2019est tellement accaparant, vivre au milieu des animaux.T\u2019es toujours en train d\u2019être à l\u2019extérieur de toi, puis tu prends conscience que t\u2019es pas le centre de l\u2019univers, que t\u2019en fais par tie.Mais ça veut dire quoi, en faire par tie ?Ça veut dire être aussi chien que l\u2019univers, et aussi cool que l\u2019univers.» Parce que selon le poète, aussi anthropologue, la nature est amorale.« La nature, pour nous, est vache, mais la nature est juste nature.On a tellement de difficultés avec cette no- tion-là, parce qu\u2019on a tout moralisé, tout idéologisé.Et si l\u2019ar tiste a un rôle, c\u2019est dans cette démonstration de la grandeur et de la misère de tout.L\u2019artiste se tient là, au centre de la grandeur et de la misère de tout.» Dislocations, ruptures, phrases disjointes : Jean-Marc Desgent « gibelotte » (son choix de verbe) une langue volontairement brisée, dit-il, où prospère l\u2019horreur, mais qui ressemble trop au souffle humain pour qu\u2019on ne l\u2019associe qu\u2019à la mort.« Dans notre univers où on ne trouve pas de vraie logique, de logique continue, comment tu veux que j\u2019écrive une phrase qui n\u2019est pas toujours en train de se briser ?demande- L i r e Po é s i e 3 0 | L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T ENTREVUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Desgent et le loup Conversation sur la boxe, l\u2019amoralité de la nature et la poésie avec Jean-Marc Desgent, autour de son recueil Misère et dialogue des bêtes D Extrait de Misère et dialogue des bêtes «J\u2019avance à grands pas je souris en marchant une tête m\u2019est arrivée m\u2019arrive un loup qui attend la fin du monde il peut s\u2019il le veut m\u2019avaler il désire un regard il meurt vieux comme moi étranger à chaque arbre il y en a toujours au moins un sans feuille j\u2019apprends les disparus par contritions l\u2019abandon l\u2019effrité lui si proche il devient mon loup quotidiennement je monte avec lui un escalier invisible on ne s\u2019en va pas nous nous approchons l\u2019un de l\u2019un le mur dans le torse il vient il va à l\u2019affaissement secret.» t-il.Il y a plein de phrases que je ne comprends pas dans mes livres, mais je sais qu\u2019elles provoquent des images.Dans Vingtièmes siècles, quand j\u2019écris \u201cIl y avait des corps qu\u2019on calculait à l\u2019envers parce qu\u2019ils étaient retournés dans leur propre crâne\u201d, veux-tu ben me dire ce que ça signifie ?J\u2019en ai aucune idée ! Mais je sais que dans le contexte d\u2019un charnier [dont parle ce poème], le lecteur peut être touché.» Il ne croit pas à l\u2019ar t qui propose une réflexion, mais plutôt à l\u2019« intensité » d\u2019une œuvre qui secoue, foudroie.« La langue, dans ce qu\u2019elle a d\u2019ouvertures, de potentiels, me permet de faire vivre quelque chose aux lecteurs.Ma job, ce n\u2019est pas de décrire un charnier, c\u2019est de le faire vivre.Je ne pense pas que l\u2019ar t réfléchisse, non, mais le \u201couache !\u201d qu\u2019on lâche en lisant une phrase, c\u2019est peut- être la première manifestation d\u2019un début de réflexion sur la violence des êtres humains.» | 3 1 T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 Jean-Marc Desgent ne croit pas à l\u2019art qui propose une réflexion, mais plutôt à l\u2019« intensité » d\u2019une œuvre qui secoue, foudroie.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Misère et dialogue des bêtes Jean-Marc Desgent, Poètes de brousse, Montréal, 2019, 56 pages Tu sais ce qu\u2019on dit : les bêtes sont des bêtes, mais la bêtise nous appartient JEAN-MARC DESGENT » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 L i r e F i c t i o n 32 | 28 FÉVRIER AU 3MARS 2019 PALAIS DES CONGRÈS DE GATINEAU CRITIQUE ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR Nino dans la nuit est le roman d\u2019une jeunesse marginale et désabusée, celle qui prend aujourd\u2019hui d\u2019assaut les r ues de Paris pour protester contre le mensonge dans lequel baigne son époque.Prisonnière d\u2019une précarité faite de promesses brisées, elle est en sédition avec un système qui valorise l\u2019anxiété et la culpabilité qui entourent la performance et l\u2019ambition, au détriment du bien-être et de la réalisation de soi.Rédigé à quatre mains par le jeune auteur Simon Johannin et sa femme Capucine, ce récit à la plume fulgurante et tranchante offre une voix à une frange invisible de la société, celle qu\u2019on regarde avec mépris, si seulement on la regarde, ne dressant qu\u2019une sourde oreille à ses désillusions et ses suffocations, sceptiques devant ce que ces gens ont à offrir et leur refus de rentrer dans le rang.Petits boulots et trafics Après avoir échoué au test de dépistage de la Légion étrangère, branche de l\u2019armée où achoppent ceux qui n\u2019ont plus d\u2019options, Nino cumule les petits boulots et les trafics en tout genre pour payer le minuscule appartement de banlieue au plancher troué qu\u2019il par tage avec Lale, la femme de sa vie, celle pour qui il doit à tout prix éviter de sombrer dans l\u2019accablement.« Je nous sens perdus mais pas franchement préoccupés de l\u2019être, difficile de voir l\u2019avenir autrement quand on a jamais pu vraiment le deviner, alors on s\u2019en occupe pas pour l\u2019instant, on gère une merde à la fois.» Nuit après nuit, les deux amants noient leur désenchantement dans la fête et l\u2019oubli, à grands coups de rasades d\u2019alcool, de mégots abandonnés sur un coin de table, d\u2019herbe pla- nante, de pilules de kétamine et autres drogues partagées à la lueur des stroboscopes et la sueur des corps collés sur les pistes de danse.Simon et Capucine Johannin esquissent une fresque nocturne d\u2019une grande beauté qui transporte le lecteur dans le chaos poétique des souterrains de Paris, cet espace dans lequel ce qui échoue au regard du jour peut finalement prendre vie.Des soirées étourdissantes aux festins glanés dans les poubelles, les personnes ne s\u2019interrompent qu\u2019avec l\u2019aube lasse, rappel affligeant des barrières qui se dressent quotidiennement sur leur passage.Pari audacieux À travers le destin passionnant de personnages d\u2019une authenticité déconcertante et une histoire d\u2019amour d\u2019une pureté qui frôle le désespoir, les auteurs atténuent les différences et les frontières qui se dressent entre les classes, les générations, les cultures, l\u2019origine, les orientations et les parcours en amenant les protagonistes à redéfinir le succès et à trouver leur voie.Ils font ainsi le pari audacieux d\u2019ébranler une à une les certitudes, de forcer une remise en question, et font doucement émerger un sentiment de révolte où les mots performance, réussite, famille, prospérité, liberté et égalité sont relégués au panier des promesses déchues, laissant ainsi la voie libre à la création de sa propre destinée.Un roman d\u2019une douloureuse lucidité.Les promesses brisées du capitalisme Une fresque nocturne d\u2019une grande beauté qui transporte le lecteur dans le chaos poétique des souterrains de Paris Rédigé par le jeune auteur Simon Johannin et sa femme Capucine, ce récit à la plume fulgurante et tranchante offre une voix à une frange invisible de la société, celle qu\u2019on regarde avec mépris, si seulement on la regarde.HÉLÈNE TCHEN CARDENAS Nino dans la nuit ?Simon et Capucine Johannin, Allia, Paris, 2019, 286 pages | 3 3 L i r e F i c t i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 CRITIQUE MARIE FRADETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR Une oie et son frère habitent une petite ferme dans laquelle dindons, moutons et chien se partagent l\u2019espace et l\u2019amitié.Ainsi, dans ce coin paisible à l\u2019abri de toute hostilité, la ménagerie se laisse porter par le temps qui passe, insouciante.Mais dans cet îlot rural, les deux anatidés échangent mille et une discussions autour de l\u2019existence.L\u2019amour, la mort, le bonheur, la peine, la solitude, l\u2019être humain et ses comportements passent sous la loupe des deux lurons qui ont beaucoup à dire.Fidèle à ses habitudes, l\u2019auteur belge Bart Moeyaert explore les travers de l\u2019humain, se questionne sur la vie et ses alentours dans L\u2019oie et son frère, ce recueil de 45 fables.Tenues à bout de bec par les oies, les histoires nous plongent tour à tour au cœur d\u2019un quotidien qui est tout sauf banal.Devant ce paillasson tout fraîchement acheté par la fermière et sur lequel on peut lire « bienvenue », le chien exprime sa satisfaction.Mais les oies en ont vu d\u2019autres et considèrent ce mot, placé ainsi devant la porte, comme tout à fait stupide.Devant l\u2019étonnement du canidé, elles expliquent alors la part sombre de l\u2019invitation.Le Destin, la Mort, le Vide, le Diable et autres bestioles se sentent nécessairement tous aussi concernés par l\u2019hospitalité.Alors, «va vite t\u2019allonger à ton aise [sur le paillasson] disent l\u2019oie et son frère au chien.S\u2019il te plaît !».Que le mot disparaisse.Dans la courte fable intitulée « La cousine », ce même chien prend conscience de sa solitude.Car, au milieu de ces congénères en couple \u2014 oies, dindons, moutons \u2014, il n\u2019est, pour sa part, qu\u2019«un chien à lui tout seul».Ce sentiment d\u2019abandon est aussi ressenti par le frère de l\u2019oie lorsqu\u2019il réalise l\u2019ampleur du gouffre contenu dans un banal «dors bien».Malgré la présence de l\u2019autre à ses côtés, le sommeil enferme chacun dans sa solitude.Tout sauf bête Sous une apparente simplici té, por tées par un ton candide et humoristique, les courtes histoires de Moeyaert s\u2019offrent comme autant de réflexions à haute teneur philosophique.D\u2019ailleurs associée à la bêtise dans les proverbes et l\u2019imaginaire collectif, l\u2019oie retrouve ici ses lettres de noblesse.Car c\u2019est bien une des forces de l\u2019auteur de La création que de renverser les idées reçues et faire voir le monde autrement.Ici, l\u2019oie réfléchit, questionne, surprend ses interlocuteurs.Tout à la fois pragmatique, sensible, pleine de sollicitude, de compassion, d\u2019aplomb, elle fouille le quotidien dans ce qu\u2019il a de plus banal et l\u2019élève à un niveau supérieur.Quelques illustrations signées Gerda Dendooven appuient cette apparente légèreté.Le trait naïf se marie à l\u2019absurde, invitant l\u2019œil à s\u2019arrêter sur chacune des scènes qui racontent un moment de l\u2019histoire et remet le réel en question tout autant que le texte.Dans la lignée des fables animalières \u2014 La Fontaine en tête \u2014, L\u2019oie et son frère est une œuvre ouverte, libre de carcans, de stéréotypes, qui a pour bienfait de bousculer l\u2019être humain dans ses a priori et ses certitudes.Fameux.Mine de rien Deux oies se questionnent sur le monde dans un recueil de fables comico-philosophiques L\u2019oie et son frère bouscule l\u2019être humain dans ses a priori et ses certitudes.GERDA DENDOOVEN LA JOIE DE LIRE L\u2019oie et son frère ?1/2 Bart Moeyaert et Gerda Dendooven, traduit du néerlan dais par Daniel Cunin, La joie de lire, Genève, 2019, 156 pages CRITIQUE ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR Avec son premier roman, Sirena Selena, la poète et romancière portori- caine Mayra Santos-Febres s\u2019est imposée comme une voix engagée, féministe et anticolonialiste, défenderesse des plus démunis, de la différence, de l\u2019anticonformisme.Sa seconde offrande, La maîtresse de Carlos Gardel, récit d\u2019émancipation ensorcelant et sensuel, se situe dans la même lignée, laissant entrevoir, derrière la passion d\u2019une jeune femme qui goûte pour la première fois à l\u2019envoûtement du désir, les injustices, les inégalités et les tensions qui divisent la société portoricaine de l\u2019entre-deux-guerres.Dans la campagne qui l\u2019a vue grandir, Micaela, héritière de la famille de guérisseuses la plus illustre de l\u2019île, attend patiemment la mort, se remémorant avec une douce nostalgie dépouillée de regrets les 27 jours les plus déterminants de sa vie.En 1930, alors jeune fille, élève infirmière silencieuse et appliquée, elle nourrit le rêve d\u2019entrer à l\u2019École de médecine tropicale, ambition sur laquelle peu de femmes à la peau brune ont le privilège de fantasmer.Elle se rappelle surtout ses bras, les bras de Carlos Gardel, irrésistible roi du tango argentin, qui, le temps d\u2019une fugue enchantée, de quelques jours grisants, lui permet d\u2019entrevoir les plaisirs de la féminité et éveille en elle un abandon, un érotisme et des désirs insoupçonnés.La maîtresse de Carlos Gardel aurait pu n\u2019être que la simple histoire d\u2019une passion torride et éphémère, teintée des couleurs chaudes de l\u2019exotisme et de l\u2019étrangeté de l\u2019inconnu.Or, à travers le destin ensorcelant et déchirant d\u2019une femme, Mayra Santos-Febres raconte celui de tout un pays : de la ségrégation muette, de la misère omniprésente qui justifie la prise en charge des dispensaires par des programmes américains, des tensions qui sévissent entre la rationalité scientifique des géants occidentaux et le savoir ancestral cantonné à la sorcellerie par une élite fourbe qui en convoite les secrets.Car, bien qu\u2019avide d\u2019apprendre, Micaela hésite à franchir le pas vers la science qui la détournerait à tout jamais de la voie tracée par ses ancêtres.Ses mentors américains lui promettent une bourse d\u2019études, en échange du secret de sa grand- mère, Mano Santa, et de son cœur- de-vent, remède botanique aux vertus exceptionnelles qui renferme la clé de la régulation des naissances pour lequel les femmes por tori- caines serviront de cobayes au reste du monde.La plume de Santos-Febres transporte le lecteur dans un univers pigmenté d\u2019un réalisme magique qu\u2019il doit lui-même déchiffrer, et qui sert particulièrement bien l\u2019animisme duquel elle gratifie la nature et ses vertus triomphantes.L\u2019écrivaine par vient à y jongler admirablement avec les contrastes stupéfiants que présentent le train de vie faste et doré d\u2019une icône internationale, et le dénuement et la détresse qui abondent dans les rues de Porto Rico, semant des pistes de réflexion lucides, essentielles et fragmentaires sur les ravages du colonialisme et l\u2019importance du vivre- ensemble.Amour et sorcellerie À travers la passion torride et éphémère d\u2019une jeune femme, Mayra Santos-Febres évoque le destin de tout un pays : Porto Rico La plume de Mayra Santos-Febres transporte le lecteur dans un univers pigmenté d\u2019un réalisme magique qu\u2019il doit lui-même déchiffrer.ZULMA La maîtresse de Carlos Gardel ?1/2 Mayra Santos- Febres, traduit de l\u2019espagnol par François-Michel Durazzo, Zulma, Paris, 2019, 320 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 L i r e F i c t i o n 3 4 | CRITIQUE FRANÇOIS LEMAY COLLABORATEUR LE DEVOIR Terry Maitland est le résident idéal des villes moyennes américaines.Entraîneur de l\u2019équipe locale de baseball et bon père d\u2019une famille unie, l\u2019homme voit sa vie basculer lorsque la police locale l\u2019arrête devant des centaines de spectateurs venus applaudir un match important.Ce qu\u2019on lui reproche ?D\u2019avoir violé, mutilé et assassiné un garçon de 11 ans.Un cas apparemment facile pour le policier enquêteur Ralph Anderson: des témoins oculaires ont vu Maitland avec le garçon sur la scène de crime, qu\u2019il a laissée souillée d\u2019empreintes digitales et d\u2019ADN.Le problème avec ce scénario ?Maitland n\u2019était pas à Flint City (une ville fictive que Stephen King situe en Oklahoma) au moment du crime, et son alibi se tient.Voilà le point de départ de L\u2019outsider, le plus récent roman de King et, pour les habitués de l\u2019auteur, vous vous doutez bien que cela ne demeurera pas aussi simple.Ce fait divers, aussi monstrueux soit-il, sert de catalyseur à une histoire dont le moteur pourrait finir par surchauffer, n\u2019était le fait que l\u2019auteur possède, encore et toujours, cette grande maîtrise du détail narratif qui sert de lubrifiant à récit.Le genre de détail qui engendre chez le lecteur assidu un air de déjà lu aussi rassurant qu\u2019un plat ré- confor tant, alors que King aborde encore une fois le questionnement que l\u2019on retrouve à la racine de plusieurs de ses romans : qu\u2019est-ce que le mal et de quoi se nourrit-il ?En ce sens, on aurait envie de dresser un parallèle avec Ted Bundy: autoportrait d\u2019un tueur, série documentaire présentement dif fusée sur Netflix, dans laquelle on tente, entre autres choses, de déchif frer le processus, inné ou acquis, de la monstruosité humaine.Dans L\u2019outsider, on a affaire à un Ted Bundy que l\u2019on aurait croisé avec le diabolique Bob du Twin Peaks de David Lynch, le mal incarné qui se nourrit de la souffrance d\u2019autrui.Pour son roman, King est allé fouiller dans la mythologie mexicaine, ce qui, en cette ère d\u2019obsession murale et de peur irrationnelle d\u2019être envahie par des bad hombre que l\u2019on retrouve chez un cer tain président américain, est tout à fait dans l\u2019air du temps.D\u2019ailleurs, King fait partie des détracteurs très audibles du 45e président, ce qui risque de donner une lecture dif férente à l\u2019œuvre qu\u2019il aura produite durant cette période particulière.En outre, il faut voir ce texte comme un long fondu enchaîné entre le genre policier (pensez ici à Mr.Mercedes, paru en 2014 et dont l\u2019univers croise celui de L\u2019outsider, on n\u2019en dit pas plus) et le surnaturel pur et dur duquel il ne s\u2019est jamais vraiment éloigné.Au bout du compte, on a affaire à un roman qui se classe quand même dans le tiers supérieur de l\u2019œuvre d\u2019un Stephen King qui manque peut-être un peu de souffle vers la fin, et qui cède encore à la tentation de tout expliquer, pour que L\u2019outsider fasse vraiment partie de ses meilleurs.Et qui laisse le lecteur sur cette impression qu\u2019un roman purement policier lui aurait probablement permis d\u2019aborder les mêmes enjeux.Mais c\u2019est de Stephen King qu\u2019on parle ici\u2026 Porter le mal en soi(t) Stephen King relate un fait divers monstrueux sous la forme d\u2019un drame policier teinté de surnaturel Stephen King fait partie des détracteurs très audibles du 45e président des États-Unis, ce qui risque de donner une lecture différente à l\u2019œuvre.EDUARDO ISLAS L\u2019outsider ?Stephen King, traduit de l\u2019anglais par Jean Esch, Albin Michel, Paris, 2019, 615 pages CRITIQUE MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR Bien avant la saga des gilets jaunes, on savait déjà que la contestation fait partie de l\u2019ADN des Français.De jacqueries en soulèvements, de révoltes en révolutions diverses, ils ont de tout temps, collectivement et viscéralement, pris une sorte de malin plaisir à rejeter l\u2019autorité.Ce gros roman situé au printemps de 1871 \u2014 et qui raconte avec force détails sanglants les dix derniers jours de la Commune de Paris \u2014 est l\u2019illustration probante de l\u2019horreur sur laquelle peut déboucher cette « tendance ».Sous les décombres Le jeudi 18 mai, alors que «les Versaillais» préparent l\u2019assaut final en massant des canons aux portes de Paris, les fédérés de la Commune érigent encore des barricades à travers la ville : le désordre se sent un peu partout.Sans vér i tables chefs , à par t quelques généraux ayant combattu les Prussiens qui assiègent aussi la ville, les soldats sont de plus en plus démoralisés.Le rêve de liberté commence à s\u2019effriter sous les boulets, la mitraille et la poussière des immeubles écroulés.Mais la vie continue malgré cette pression constante des boulets de canon qui sèment partout la désolation et la ruine ; c\u2019est dans ce contexte qu\u2019apparaît un personnage glauque, Pujols.Balafré, sans scr upule, il sème la mort à coup de couteau et de fusil et enlève sous les yeux de tout le monde, avec l\u2019aide d\u2019un cocher et de son fiacre, des jeunes filles qu\u2019il déshumanisera sans scrupule.Parmi ses victimes, une jeune femme, Caroline, sera bientôt ensevelie dans la cave d\u2019un bâtiment à demi écroulé.Et bientôt un commissaire de police communard se mettra à sa recherche.C\u2019est cette enquête au milieu du brasier qui sert à la fois de prétexte et de titre à cette sanglante fresque historique.Le lecteur pourra ainsi suivre l\u2019action sous trois angles différents ; celui de l\u2019enquête du commissaire Roques, celui du «méchant» Pujols et de son complice et enfin d\u2019un groupe de trois soldats dont l\u2019un, Nicolas, est l\u2019amoureux de la Caroline ensevelie.On réalisera toutefois bien vite que la véritable histoire qu\u2019on nous raconte ici est celle, toute de sang et de fureur, de la fin du soulèvement utopique que fut la Commune.Ici, tous les communards sont des héros ou, au pire, de pauvres bougres, alors que les Versaillais sans exception sont tous des salauds.L\u2019écriture d\u2019Hervé Le Corre sert bien son propos: sans trop de nuances, colorée, rutilante, parfois ronflante, elle s\u2019acharne à décrire les combats violents qui ont mis fin à la douloureuse aventure une barricade à la fois, un coin de rue après l\u2019autre.Pas moyen d\u2019y échapper : on assiste tout au long à une boucherie sans fin, malodorante, faite de cadavres déchiquetés, de poussière, de sang et d\u2019égouts crevés tout autant que d\u2019espoirs déçus.Soyez prévenu.Dans le désordre et le sang Un enlèvement sordide sur un inimaginable fond de violence à Paris, pendant la Commune La véritable histoire que raconte ici Hervé Le Corre est celle, toute de sang et de fureur, de la fin du soulèvement utopique que fut la Commune.PHILIPPE MATSAS LEEMAGE Dans l\u2019ombre du brasier ?1/2 Hervé Le Corre Rivages / Noir, Paris, 2019, 492 pages | 3 5 L i r e E s s a i L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 Besoin de classique La mort de Claude Gingras, en décembre 2018, a marqué la fin d\u2019une époque.Pendant des décennies, jusqu\u2019à sa retraite en 2015, le journaliste de La Presse incarnait la critique musicale haut de gamme.La musique classique, dans les journaux québécois, c\u2019était d\u2019abord lui.Exigeant jusqu\u2019au purisme et souvent grincheux, Gingras, dans des textes au style limpide et tranchant, voire sec, donnait à la grande musique une voix avisée dans l\u2019espace public.La Presse ne l\u2019a pas officiellement remplacé et n\u2019a donc plus de critique de musique classique attitré.Au- jourd\u2019hui, dans l\u2019univers médiatique québécois, hormis les sites spécialisés, il ne reste qu\u2019un seul vrai critique du genre.Il s\u2019agit de l\u2019excellent Christophe Huss, du Devoir, un remarquable puits de science musicale, fin connaisseur de la tradition et styliste raffiné.Le Devoir peut évidemment s\u2019enorgueillir de compter un tel collaborateur dans ses rangs.Toutefois, le fait qu\u2019il soit le seul vrai critique spécialisé en la matière dans les grands médias québécois témoigne d\u2019inquiétante façon du recul de la place accordée à la musique classique dans notre société.Serions-nous devenus incapables d\u2019apprécier la grande musique ?Quand Céline Dion et le rap ne laissent presque plus de place à Bach et à Chopin dans la presse, peut-on vraiment parler de progrès culturel ?Il y a de la bonne musique pop et de la grande chanson française.Le classique, pour autant, reste dans une classe à part, pour des raisons de profondeur, de tradition et de richesse artistique.En entrevue, les artistes pop sont rarement transcendants.Cela s\u2019explique.Leur art, par essence, a quelque chose de foncièrement idio- syncrasique qui les cantonne dans l\u2019univers de la subjectivité quotidienne.En revanche, les artistes du classique s\u2019inscrivent obligatoirement dans la grande tradition.Quand Marc-André Hamelin joue Beethoven ou en parle, son intériorité d\u2019interprète entre en dialogue avec un monde culturel d\u2019une prodigieuse richesse qui le tire vers le haut.Le classique, c\u2019est sa force, n\u2019est pas que beau ; il force à une sortie de soi pour aller vers la grandeur afin d\u2019ennoblir notre intériorité.La mitraillette de Gould Critique expérimenté de musique rock et pop au Toronto Star, le septuagénaire Peter Goddard, après des LOUIS CORNELLIER livres sur Springsteen, les Stones et Sinatra, tâte de la musique classique dans Gould le magnifique (Varia, 2018, 256 pages).Pour un amateur de rock, le célèbre pianiste canadien est un personnage en or puisqu\u2019il s\u2019est comporté comme un rockeur vedette sa vie durant, grâce à son sens de la théâtralité et à son «habileté à jouer avec la célébrité ».Goddard le traite comme tel dans ce portrait vif et sensible, mais par moments décousu.La vie de Glenn Gould (1932-1982) est épique.Destiné au génie par sa mère pianiste dès sa conception, l\u2019enfant a l\u2019oreille absolue et devient un soliste de concert à 13 ans.Son enregistrement des Variations Goldberg de Bach, en 1955, le transforme en vedette internationale.Le virtuose a du style : il joue sur une chaise de bois trop basse, fabriquée par son père, qui lui place le nez à la hauteur du clavier, il fredonne en jouant les maîtres et, surtout, il use, écrit Goddard, d\u2019une « technique mitraillette » époustouflante.La première interprétation des Goldberg que j\u2019ai entendue, à 20 ans, était la sienne.J\u2019ai toujours eu de la difficulté, ensuite, à en apprécier vraiment une autre, même si j\u2019aime bien la version du pianiste québécois David Jalbert.Celle de Gould fait 38 minutes et celle de Jalbert, le double! Ça donne une idée des jeux de tempo (il accélérait Bach, mais ralentissait Brahms) auxquels aimait se livrer Gould, pour le meilleur et pour le pire.La vraie grandeur Si j\u2019aime son jeu dans les Goldberg, sa main gauche, en revanche, me stresse dans le Prélude de la Suite anglaise no 2 du même Bach, que je préfère, de loin, dans l\u2019interprétation de l\u2019Américain Murray Pe- rahia.La richesse de la musique classique est là : dans l\u2019histoire, dans les comparaisons, dans les nuances qu\u2019elle permet d\u2019évoquer et que les critiques savants, comme Gingras et Huss, nous aident à comprendre.Goddard parle, évidemment, des multiples lubies de Gould, de ses douleurs chroniques, de sa consommation frénétique de médicaments et de sa passion pour les animaux.On comprend toutefois, grâce à cet essai, que c\u2019est dans son rapport à la musique classique que le génie canadien trouve sa vraie grandeur.Avec Gould, Bach n\u2019est jamais loin.L\u2019art transcende l\u2019artiste.Quand le pianiste français Alexandre Tharaud raconte sa vie de soliste dans Montrez- moi vos mains (Points, 2018), on comprend aussi qu\u2019il voyage avec Ravel et Rachmaninov, son «dieu», dit-il.Ça donne du champ.Dans la presse québécoise, Le Devoir, grâce à Christophe Huss, reste le seul gardien expert de ce monde précieux.CRITIQUE CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Lorsque le gouvernement du Québec a envoyé un émissaire dans le nord du Québec pour la première fois, en 1964, les Inuits se passaient de sa présence depuis plus de 50 ans.C\u2019était l\u2019époque du slogan « Maîtres chez nous », du gouver nement Lesage, por té dans le Nord par le ministre des Ressources naturelles de l\u2019époque, René Lévesque.Zebedee Nungak, dont l\u2019essai Contre le colonialisme dopé aux stéroïdes vient d\u2019être traduit aux Éditions du Boréal, avait alors 13 ans.Onze ans plus tard, Nungak était l\u2019un des signataires de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, laquelle allait modifier substantiellement la vie des Inuits et des Cris du Nunavik pour toujours.La charte royale Comme le relate Nungak, le premier « acte colonial » à avoir régi les terres ancestrales inuites dans ce qui est aujourd\u2019hui le Canada est la charte royale octroyée par Charles II d\u2019Angleterre en 1670 ; 342 ans plus tard, le Canada transférait au Québec les terres ancestrales des Inuits, par une loi communément appelée Loi sur l\u2019extension des frontières du Québec.Or, jusqu\u2019en cette année 1964, le Québec avait été totalement absent du Nord québécois, qui allait devenir le Nunavik, argue M.Nungak.Québec a même contesté en Cour suprême, en 1939, sa responsabilité d\u2019of frir des ser vices aux Autochtones.Et il a gagné.Toute cette gestion du territoire réalisée par des gouvernements lointains et peu soucieux de ses habitants s\u2019est, par ailleurs, faite sans aucune consultation des Inuits concernés.C\u2019est donc un récit teinté d\u2019amertume que celui livré ici par Zebedee Nungak.Son livre met notamment en avant le fait que les Inuits ont d\u2019abord dû contester en cour le projet de développement de la Baie-James pour obtenir la moindre voix au chapitre dans ces développements.C\u2019était un combat de David contre Goliath, relève-t-il.En 1973, le juge Alber t Malouf ordonne, dans un jugement, l\u2019ar rêt des travaux de constr uction de barrages hydroélectriques à la Baie-James.Même si ce jugement a été immédiatement annulé par d\u2019autres tribunaux, les Cris et les Inuits y avaient gagné un précieux pouvoir de négociations.« La première leçon, c\u2019était que le territoire envahi massivement par le projet de la Baie-James était en fait habité par des gens», écrit-il.Mais l\u2019amer tume de Nungak ne tient pas à la seule présomption conquérante du gouvernement du Québec envers les habitants du Nord.Elle est aussi liée au fait que la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, qu\u2019il a signée en 1975, a profondément divisé les Inuits.Trois communautés inuites, celles de Pivurnituk, d\u2019Ivujivik et une partie de celle de Salluit, se sont fermement opposées à la signature de l\u2019entente et ont refusé de s\u2019y soumettre.Les Naamasanngituit (dissidents) s\u2019opposaient surtout à la cession et à l\u2019extinction des droits des Inuits inhérentes à l\u2019entente et à la petitesse des terres concédées aux Autochtones.« [Une par tie de la population inuite] était très mécontente qu\u2019il n\u2019y ait pas de gouvernement autonome pour le territoire », ajoute Nungak.Presque 45 ans plus tard, le témoignage de Zebedee Nungak a des accents de regrets quant à la signature de la Convention.Au risque d\u2019être ébranlés dans leurs propres sentiments identitaires, les non-Autoch- tones s\u2019y enrichiront d\u2019un regard inuit sur le Québec d\u2019au-delà du 55e parallèle.Maîtres chez nous Un regard inuit teinté d\u2019amertume sur la Convention de la Baie-James et du Nord québécois Jusqu\u2019en 1964, le Québec a été totalement absent du Nord québécois, qui allait devenir le Nunavik, selon Zebedee Nungak.INSTITUT CULTUREL AVATAG Contre le colonialisme dopé aux stéroïdes ?1/2 Zebedee Nungak, traduit de l\u2019anglais par Juliana Léveillé- Trudel, Boréal, Montréal, 2019, 192 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 L i r e B i o g r ap h i e 3 6 | CRITIQUE MICHEL LAPIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR Au Québec, les laïcistes doivent rester patients.Créée en 1961, la commission chargée de moderniser l\u2019enseignement et de le démocratiser ne fut qu\u2019un premier pas timide vers cette laïcisation dont on parle tant aujourd\u2019hui.Son président, Mgr Alphonse-Marie Parent, vice-recteur de l\u2019Université Laval, inaugura en soutane les travaux en récitant le Notre Père aux côtés, notamment, d\u2019une sœur voilée à l\u2019impressionnante cornette et du sociologue Guy Rocher.Ce dernier, rattaché à l\u2019Université de Montréal, incarne le plus la modernité dans un aréopage réunissant, avec Mg r Parent et sœur Marie- Laurent de Rome (Ghislaine Roquet), du collège Basile-Moreau, Gérard Fi- lion, directeur du Devoir, Paul La- rocque, secrétaire adjoint d\u2019Alcan, David Munroe, de l\u2019Université McGill, John McIlhone, de la Commission des écoles catholiques de Montréal, et Jeanne Lapointe, de l\u2019Université Laval.La commission tentera d\u2019améliorer le triste sort du Québec, province la moins scolarisée du Canada.Le journaliste et ancien député péquiste Pierre Duchesne consacre au nonagénaire Guy Rocher, né à Ber- thierville en 1924, un imposant ouvrage avec l\u2019aimable participation du sociologue lui-même.Il nous signale toutefois que cette première biographie n\u2019est pas « autorisée », c\u2019est-à- dire que Rocher ne l\u2019a pas lue et corrigée avant l\u2019impression.À titre de chercheur indépendant, Duchesne nous en présente donc le premier tome traitant des années 1924 à 1963 et s\u2019intitulant Voir \u2013 juger \u2013 agir.Les collèges classiques Ces trois verbes forment la devise de la Jeunesse étudiante catholique (JEC), association modérément progressiste dans le contexte de l\u2019époque, où Rocher militera dès ses études classiques au Collège de L\u2019Assomption jusqu\u2019à en devenir le président pour tout le Canada.Suivant les traces de certains de ses ascendants paternels et maternels attirés par les professions libérales, l\u2019adolescent fréquente cet établissement élitiste, même si son père l\u2019avait rejeté en préférant, pour devenir ingénieur, une formation plus scientifique.Voie royale vers l\u2019université, les collèges classiques, axés sur l\u2019étude du latin et du grec ancien, n\u2019atteignent qu\u2019une infime minorité.À la suite du rapport Parent (1963-1964) soumis au gouvernement québécois par la commission dont Rocher fera partie, ils feront place aux polyvalentes et aux cé- geps pour répandre un enseignement plus diversifié, plus accessible financièrement à l\u2019ensemble de la population.Pourtant, le sociologue partisan des changements n\u2019est pas révolté contre l\u2019ancien système.Duchesne a le souci capital de montrer que l\u2019attitude réfléchie de Rocher, homme rieur et doué de beaucoup d\u2019entregent, reflète plutôt une lente évolution.D\u2019abord, l\u2019enfant de huit ans se retrouve orphelin à la suite de la mort de son père, victime d\u2019un cancer de l\u2019estomac en 1932, à l\u2019âge de 39 ans.Pensionnaire à Montréal chez les Sœurs de la Providence, puis élève des prêtres séculiers du Collège de L\u2019Assomption, « le catholicisme dans lequel il baigne ne l\u2019agresse nullement », résume son biographe en s\u2019inspirant de ses confidences pour conclure : « La vie du Christ l\u2019inspire.» Expliquant son état d\u2019esprit d\u2019alors et celui de ses condisciples, Rocher avoue : « J\u2019étais un homme de droite socialement et religieusement parlant.Nous étions franquistes, pé- tainistes, catholico-nationalistes assez près de l\u2019Action française.» Mais un prêtre du collège l\u2019initie à la JEC, mouvement implanté au Québec en 1935 et où l\u2019on perçoit déjà une certaine gauche catholique.Il reconnaît y avoir découvert qu\u2019« il ne faut pas seulement être éduqué à l\u2019autorité, il faut aussi être éduqué à la liberté ».Au terme de ses études classiques, en 1943, Rocher, attiré par la vie religieuse, commence son noviciat chez les Dominicains, mais il a tôt fait d\u2019abandonner, car il déplore parmi eux « l\u2019absence de liberté ».Il préfère, rappellera-t-il, devenir « un laïc fort actif au sein de l\u2019Église».Un homme nouveau Il prend la tête de la fédération jéciste de Montréal et on lui offre la présidence nationale du mouvement en 1946.Ce qui lui permet de participer à des congrès d\u2019étudiants en Europe et d\u2019apprendre que, pour les jécistes français, Pétain est un traître.À Paris, il rencontre Emmanuel Mounier, directeur de la revue Esprit, organe intellectuel des catholiques progressistes qui sont heureux de découvrir qu\u2019avec des gens comme lui, le Québec se libère de l\u2019obscurantisme.Revenu au pays, Rocher apparaît comme un homme nouveau, un catholique qui s\u2019interroge profondément.Il livre au biographe un constat lourd de sens : « Le problème de foi commençait à se poser pour moi et autour de moi.» Riche de faits révélateurs, le livre de Duchesne brille surtout par la présence d\u2019un drame personnel et collectif qui s\u2019y trouve en filigrane et qui dépasse le rapport Parent : l\u2019entrée du Québec dans la crise de la civilisation occidentale.Guy Rocher par-delà le rapport Parent La biographie du sociologue révèle une lente évolution parallèle à celle du Québec Guy Rocher et Pierre Duchesne lors du 63e Congrès de la CSN en mai 2011 au Palais des congrès de Montréal SIMON VILLENEUVE WIKICOMMONS Guy Rocher Tome 1 (1924-1963) Voir \u2013 juger \u2013 agir ?Pierre Duchesne, Québec Amérique, Montréal, 2019, 464 pages | 37 Jaz z L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 C U L T U R E BILLET SERGE TRUFFAUT COLLABORATEUR LE DEVOIR L\u2019année écoulée et la présente auront été celles des grandes découvertes.Si énormes qu\u2019elles doivent être comparées à celles de Christophe Colomb et de Vasco de Gama, et à elles seules.Oui et oui.On exagère?Jamais ! Toujours est-il qu\u2019après la publication au cours des derniers mois des inédits de Bill Evans, John Coltrane et Thelo- nious Monk, on nous propose ceux de Charles Mingus, le Falstaf f du jazz.Le titre ?Mingus \u2013 Jazz in Detroit.Un coffret de cinq disques parus sur étiquette Strata East.Pour dire les choses telles qu\u2019elles furent et demeurent, avec Duke Ellington et Monk, Mingus aura été le fort en thème, là où les autres étaient et restent des forts en version.Là où ces derniers inclinaient vers l\u2019improvisation, Maître Charles composait, composait.Il était obsédé par l\u2019écriture.Connaissant son parcours, on pourrait même dire qu\u2019il était habité par l\u2019idée même de l\u2019écriture.Cela fut le fruit, si l\u2019on peut dire, d\u2019une énorme frustration: lui, le fou de Stravinsky, avait été écarté du philharmonique de Los Angeles.La cause ?La couleur de peau.Évidemment.De cet af front, Mingus retirera une cer titude qui était également une ambition : il allait composer des canons qui supporteraient la comparaison avec n\u2019impor te qui.Il y est parvenu.Même que l\u2019on peut avancer que lui, l\u2019auteur d\u2019une autobiographie intitulée Moins qu\u2019un chien, a été l\u2019un des plus grands compositeurs du XXe siècle, toutes catégories confondues.Le Jazz in Detroit qu\u2019on présente aujourd\u2019hui n\u2019est que ça : des compositions signées Mingus, à une exception, le C Jam Blues de son idole Ellington.Le tout a été enregistré lors des années sombres de l\u2019histoire du jazz, soit celles qui vont, grosso modo, du milieu des années 1960 à celui de la décennie suivante.Plus exactement, ce jazz à Detroit a été enregistré le 13 février 1973 par la station de radio locale WDET FM.Le lieu?Le Strata Concert Gallery.À l\u2019époque, le signataire de Remember Rockefeller at Attica était plongé dans la reconstruction de sa formation.Le saxophoniste Booker Ervin venait de décéder, le pianiste Jaki Byard s\u2019était tourné vers l\u2019enseignement, l\u2019autre pianiste, Horace Parlan, s\u2019était exilé en Europe, le batteur Dannie Richmond encaissait les espèces sonnantes en accompagnant Joe Cocker, Elton John et consorts.Bref, ce 13 février, John Stubblefield était au ténor, l\u2019inconnu Joe Gardner à la trompette, Roy Brooks à la batterie.S\u2019ajoutait à ces derniers le pianiste le plus sous-estimé qui soit : Don Pullen, celui qui a fait l\u2019alchimie du gospel avec l\u2019avant-garde, celui qui fait passer Keith Jarrett, Fred Hersch et autres avocats du jazz bien lisse pour d\u2019aimables scouts.À ce que l\u2019on sache, ces cinq disques, dont une entrevue avec Roy Brooks, s\u2019avèrent le seul enregistrement de ce quintet.Le programme ?Il est fait de quelques-unes des pièces les plus célèbres de Mingus.On pense notamment à Pithecanthropus Erectus, Peggy\u2019s Blue Skylight, Celia, ainsi qu\u2019à un morceau jamais mis sur ruban par Mingus et qui est un hommage à Dizzy Gillespie : Dizzy Profile.Le résultat est à la hauteur de notre homme : é-n-o-r-m-e.C\u2019est un jazz plein de fougue, de passion, avec ici et là un soupçon de révolte.En d\u2019autres mots, rien n\u2019est plus ardent que le jazz de Maître Mingus.Le géant Mingus se manifeste à nouveau La passion du Falstaff du jazz concentrée dans un coffret de cinq disques fougueux En spectacle cette semaine Gros programme au Dièse onze Live Jazz Bar samedi soir.À compter de 18h, la suave Susie Arioli déroulera les grandes heures du « jazz-swing-blues» accompagnée d\u2019un pianiste, d\u2019un contrebassiste et d\u2019un guitariste.Après quoi, à 22h, l\u2019excellent ténor Joel Miller occupera la scène à la tête d\u2019un quartet qui comprend notamment André White au piano.Entrée 8$.?514 223-3543.Charles Mingus en prestation à New York, en juillet 1976 TOM MARCELLO WEBSTER CC L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e É c r a n s 3 8 | SAMEDI LE BON CÔTÉ DES CHOSES (3) (Silver Linings Playbook), É.-U.2012.Comédie dramatique de David O.Russell avec Bradley Cooper, Jennifer Lawrence, Robert De Niro.- Un enseignant bipolaire récemment sorti de l\u2019hôpital psychiatrique fait la connaissance d\u2019une jeune veuve à l\u2019équilibre mental fragile déterminée à le conquérir.ARTV 12h MINDING THE GAP (3) É.-U.2018.Documentaire de Bing Liu.- Sur une période de douze ans, le réalisateur filme deux amis qui, comme lui, fuient un milieu familial toxique en laissant libre cours à leur passion pour le skateboard.PBS (WETK) 12h RAPIDES ET DANGEREUX 3 (5) (The Fast and the Furious: Tokyo Drift), É.-U.2006.Thriller de Justin Lin avec Lucas Black, Bow Wow, Nathalie Kelley.- Forcé d\u2019aller vivre avec son père à Tokyo, un jeune délinquant habile au volant est initié à l\u2019univers clandestin et survolté des courses urbaines japonaises.TVA 13h45 LA COULEUR DE L\u2019ARGENT (3) (The Color of Money), É.-U.1986.Drame de mœurs de Martin Scorsese avec Paul Newman, Tom Cruise, Mary Elizabeth Mas- trantonio.- Un ancien champion de billard devient le gérant d\u2019une recrue au style flamboyant, auquel il montre également ses trucs pour arnaquer les joueurs naïfs.Z 14h UNE NUIT À NEW YORK (4) (Nick and Norah\u2019s Infinite Playlist), É.-U.2008.Comédie sentimentale de Peter Sollett avec Michael Cera, Kat Dennings, Alexis Dziena.- Un amoureux largué se lance avec une inconnue dans une folle virée nocturne, en quête d\u2019indices devant les conduire à l\u2019endroit où le groupe de l\u2019heure se produira avant l\u2019aube.V 14h TRUMBO (5) É.-U.2015.Drame biographique de Jay Roach avec Bryan Cranston, Diane Lane, Louis C.K.- Dans les années 1940 et 1950, le combat du scénariste hollywoodien Dalton Trumbo, mis sur la liste noire en raison de ses sympathies communistes.ARTV 14h15 LE DERNIER ESSAI (5) (The Longest Yard), É.-U.2005.Comédie sportive de Peter Segal avec Adam Sandler, Chris Rock, Burt Reynolds.- Un ex- footballeur envoyé derrière les barreaux recrute des bagnards pour affronter l\u2019équipe des gardiens de son pénitencier.TVA 15h47 HISTOIRE DE DAUPHIN (4) (Dolphin Tale), É.-U.2011.Drame de Charles Martin Smith avec Nathan Gamble, Harry Connick Jr., Cozi Zuehlsdorff.- Pour qu\u2019un dauphin ayant eu la queue amputée puisse retourner nager en mer, un garçon de 11 ans persuade un médecin de l\u2019armée de créer une prothèse spéciale pour le mammifère.V 16h DRAGONS 2 (4) (How to Train Your Dragon 2), É.-U.2014.Film d\u2019animation de Dean DeBlois.- Un jeune viking, qui a appris aux habitants de son village à vivre en harmonie avec les dragons, combat un terrible chasseur capable de contrôler ces bêtes à des fins maléfiques.TQ 18h FISTON (5) Fr.2014.Comédie de Pascal Bourdiaux avec Kev Adams, Franck Dubosc, Nora Arnezeder.- Afin d\u2019attirer l\u2019attention d\u2019une camarade de classe, un lycéen timide demande l\u2019aide d\u2019un écrivain qui, 20 ans auparavant, a séduit la mère de la jeune fille.ARTV 20h L\u2019ARME FATALE (4) (Lethal Weapon), É.-U.1987.Drame policier de Richard Donner avec Mel Gibson, Danny Glover, Gary Busey.- Sa fille ayant été enlevée par des trafiquants de drogue, un policier et son collègue se lancent à sa rescousse au péril de leur vie.MAX 20h MINDING THE GAP Voir samedi, 12h.PBS (WETK) 20h LE SABRE DU DRAGON (5) Chin.2015.Film d\u2019arts martiaux de Daniel Lee avec Jackie Chan, John Cusack, Adrien Brody.- En 48 av.J.-C., une troupe d\u2019élite chinoise en disgrâce et une légion romaine ayant déserté s\u2019allient face à l\u2019armée d\u2019un consul désirant contrôler la Route de la soie.TVA 20h45 MESURES EXTRÊMES (5) (Extreme Measures), É.-U.1996.Drame policier de Michael Apted avec Hugh Grant, Gene Hackman, Sarah Jessica Parker.- À New York, un docteur enquête sur un collègue réputé qui se sert de cobayes humains pour faire avancer ses recherches.V 20h45 AVANT QUE MON CŒUR BASCULE (5) Can.2012.Drame de Sébastien Rose avec Clémence Dufresne-Deslières, Sophie Lorain, Sébastien Ricard.- Une adolescente ayant sans le vouloir provoqué la mort de l\u2019automobiliste qu\u2019elle détroussait s\u2019immisce incognito dans la vie de la conjointe de ce dernier.TFO 21h LES CHARIOTS DE FEU (3) (Chariots of Fire), G.-B.1981.Drame sportif de Hugh Hudson avec Ben Cross, Ian Charleson, Ian Holm.- Un étudiant juif et un futur missionnaire s\u2019entraînent à la course pour des motivations différentes.TQ 22h JUMEAUX (5) (Twins), É.-U.1988.Comédie d\u2019Ivan Reitman avec Arnold Schwarzenegger, Danny DeVito, Kelly Preston.- Un colosse part à la recherche de sa mère, entraînant avec lui son frère jumeau, un petit escroc qui ne lui ressemble pas du tout.MAX 22h30 LE BON CÔTÉ DES CHOSES Voir samedi, 12h.ARTV 23h10 LES FEMMES DE SES RÊVES (4) (The Heartbreak Kid), É.-U.2007.Comédie sentimentale de Bobby Farrelly avec Ben Stiller, Malin Akerman, Michelle Monaghan.- Se découvrant mal marié, un quadragénaire flirte avec une autre femme durant son voyage de noces au Mexique.TVA 23h15 LA BOUM (4) Fr.1980.Comédie de mœurs de Claude Pinoteau avec Claude Brasseur, Brigitte Fossey, Sophie Marceau.- Les premières amours d\u2019une adolescente dont les parents sont en brouille.TFO 23h34 AVANT QUE MON CŒUR BASCULE Voir samedi, 21h.TFO 1h30 DIMANCHE DRAGONS 2 Voir samedi, 18h.TQ 12h MENTALITÉ DANGEREUSE (5) (Dangerous Minds), É.-U.1995.Drame social de John N.Smith avec Michelle Pfeiffer, George Dzundza, Wade Dominguez.- Une ancienne militaire enseigne l\u2019anglais à des étudiants issus d\u2019un milieu social défavorisé.MP 13h CLASSES VACANCES (5) (Summer School), É.-U.1987.Comédie de Carl Reiner avec Mark Harmon, Kirstie Alley, Robin Thomas.- Un professeur d\u2019éducation physique est chargé de donner des cours de rattrapage en anglais à de jeunes cancres durant les vacances d\u2019été.Z 14h LA MALÉDICTION DE LA PANTHÈRE ROSE (4) (Revenge of the Pink Panther), G.-B.1978.Comédie policière de Blake Edwards avec Peter Sellers, Dyan Cannon, Herbert Lom.- Le représentant français d\u2019un syndicat du crime veut se valoriser en assassinant l\u2019inspecteur Clouseau.V 14h CENDRILLON (4) (Cinderella), É.-U.2015.Conte fantastique de Kenneth Branagh avec Lily James, Cate Blanchett, Richard Madden.- À la mort de son père, une orpheline découvre le vrai visage de sa belle-mère, qui la réduit au rôle de servante et lui interdit d\u2019assister au bal donné par le prince.RC 15h L\u2019ARME FATALE Voir samedi, 20h.MAX 15h30 LE DRAGON DES MERS.LA DERNIÈRE LÉGENDE (4) (The Water Horse \u2013 Legend of the Deep), É.-U.2007.Drame fantastique de Jay Russell avec Alex Etel, Emily Watson, Ben Chaplin.- Pendant la Deuxième Guerre mondiale en Écosse, un garçon solitaire fait la découverte d\u2019un œuf qui contient un dragon dont il se fait le protecteur.TVA 16h04 À LA POURSUITE D\u2019OCTOBRE ROUGE (4) (The Hunt for Red October), É.-U.1990.Drame d\u2019espionnage de John McTiernan avec Sean Connery, Alec Baldwin, Scott Glenn.- Le commandant d\u2019un sous-marin soviétique qui met le cap vers les États-Unis pour passer à l\u2019Ouest éveille ainsi l\u2019inquiétude des Américains qui ne connaissent pas ses intentions.V 16h15 JUMEAUX Voir samedi, 22h30.MAX 18h OPÉRATION SWORDFISH (5) (Swordfish), É.-U.2001.Thriller de Dominic Sena avec John Travolta, Hugh Jackman, Halle Berry.- Un jeune pirate de l\u2019informatique se compromet dans une dangereuse escroquerie montée par un criminel mégalomane.V 19h15 LA CUISINE DE STELLA (5) (Cooking With Stella), Can.2009.Comédie dramatique de Dilip Mehta avec Seema Biswas, Don McKellar, Lisa Ray.- À New Delhi, une cuisinière malhonnête employée à l\u2019ambassade du Canada voit ses habitudes bousculées par l\u2019arrivée de ses nouveaux patrons.ARTV 20h LA BOUM Voir samedi, 23h34.TFO 21h CARTEL (4) (Blow), É.-U.2001.Drame biographique de Ted Demme avec Johnny Depp, Jordi Molla, Penélope Cruz.- Durant les années 1970 et 1980, l\u2019ascension fulgurante puis la descente aux enfers d\u2019un trafiquant américain de cocaïne.V 21h15 L\u2019ARTISTE (3) (Artist, The), Fr.2011.Comédie dramatique de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin, Bérénice Bejo, John Goodman.- Au début du cinéma parlant, un très populaire acteur de films muets tombe dans l\u2019oubli pendant qu\u2019une de ses fans devenue actrice connaît la gloire.TQ 22h30 MILLÉNIUM.LES HOMMES QUI N\u2019AIMAIENT PAS LES FEMMES (4) (The Girl with the Dragon Tattoo), É.-U.2011.Thriller de David Fincher avec Daniel Craig, Rooney Mara, Christopher Plummer.- Un journaliste en disgrâce et une pirate informatique au lourd passé font équipe afin d\u2019identifier le meurtrier de la nièce d\u2019un vieil industriel.TVA 22h45 TRUMBO Voir samedi, 14h15.ARTV 23h MINDING THE GAP Voir samedi, 12h.PBS (WCFE) 23h AIMER, BOIRE ET CHANTER (4) Fr.2013.Comédie d\u2019Alain Resnais avec Sabine Azéma, Hippolyte Girardot, Caroline Sihol.- Trois femmes de la campagne anglaise mettent leurs mariages en péril en se laissant séduire par un ami commun, condamné par la maladie.TFO 0h LES BÊTES DU SUD SAUVAGE (3) (Beasts of the Southern Wild), É.-U.2012.Drame de Benh Zeitlin avec Quvenzhane Wallis, Dwight Henry, Levy Easterly.- Les expériences d\u2019une fillette qui vit seule avec son père, alcoolique et malade du cœur, dans une baraque déglinguée sur une île quasi sauvage des bayous de la Louisiane.RC 0h25 LUNDI LE JOUR DE LA MARMOTTE (3) (Groundhog Day), É.-U.1993.Comédie fantaisiste d\u2019Harold Ramis avec Bill Murray, Andie MacDowell, Chris Elliott.- Venu couvrir le Jour de la marmotte dans la petite ville de Punxsatawney, un météorologue désabusé revit sans cesse la même journée de mille et une façons différentes.TVA 13h MÖBIUS (4) Fr.2013.Drame d\u2019espionnage d\u2019Éric Rochant avec Jean Dujardin, Cécile de France, Tim Roth.- À Monaco, un agent des services secrets russes tombe follement amoureux de l\u2019analyste financière qui doit l\u2019aider à piéger un oligarque.TV5 13h LES LUMIÈRES DE L\u2019AURORE (5) (Northern Lights), É.-U.2009.Drame sentimental de Mike Robe avec Eddie Cibrian, LeAnn Rimes, Greg Lawson.- Le nouveau chef de police d\u2019un village de l\u2019Alaska tente d\u2019élucider le meurtre survenu quinze ans plus tôt du père d\u2019une jeune pilote qui l\u2019assiste dans son enquête.V 14h30 LA BOUM 2 (4) Fr.1982.Comédie de mœurs de Claude Pinoteau avec Sophie Marceau, Brigitte Fossey, Claude Brasseur.- L\u2019idylle d\u2019une adolescente ne va pas sans quelques soubresauts alors que parallèlement l\u2019union de ses parents subit une petite crise.TFO 21h ELDORADO (4) Can.1995.Étude de mœurs de Charles Binamé avec Pascale Bussières, Robert Brouillette, James Hyndman.- À Montréal, en plein été, les destins de divers personnages dans la vingtaine s\u2019entrecroisent.TFO 0h L\u2019HERMINE (3) Fr.2015.Comédie dramatique de Christian Vincent avec Fabrice Luchini, Sidse Babett Knudsen, Chloé Berthier.- Parmi les membres du jury d\u2019un procès pour infanticide, un président de cour d\u2019assises retrouve l\u2019anesthésiste d\u2019origine danoise dont il était tombé amoureux six ans plus tôt.TVA 0h35 MARDI PROFESSION: HÔTESSE DE L\u2019AIR (5) (View from the Top), É.-U.2003.Comédie de Bruno Bar- reto avec Gwyneth Paltrow, Mark Ruffalo, Mike Myers.- Une jeune femme poursuit sans relâche son rêve de devenir une hôtesse de l\u2019air de prestige.VIE 13h ELDORADO Voir lundi, minuit.TFO 21h ERREUR DE LA BANQUE EN VOTRE FAVEUR (5) Fr.2009.Comédie de Gérard Bitton avec Gérard Lanvin, Jean-Pierre Darroussin, Philippe Magnan.- Un quinquagénaire qui rêve d\u2019ouvrir un restaurant utilise des informations confidentielles pour jouer ses économies à la Bourse.TFO 0h EN ATTENDANT (5) (Laggies), É.-U.2014.Drame de Lynn Shelton avec Keira Knightley, Chloë Grace Moretz, Sam Rockwell.- Décontenancée par la demande en mariage de son fiancé, une trentenaire immature ayant besoin de faire le point trouve refuge chez une adolescente vivant seule avec son père divorcé.TVA 0h35 MERCREDI L\u2019ÉCHANGE (4) (The Switch), É.-U.2010.Comédie sentimentale de Josh Gordon avec Jason Bateman, Jennifer Aniston, Patrick Wilson.- Dans un moment d\u2019ivresse dont il a tout oublié, un conseiller financier a substitué son sperme à celui du géniteur que sa meilleure amie avait choisi.TVA 13h ERREUR DE LA BANQUE EN VOTRE FAVEUR Voir mardi, minuit.TFO 21h VERTIGE (5) Fr.2009.Thriller d\u2019Abel Ferry avec Fanny Valette, Johan Libéreau, Raphaël Lenglet.- Cinq amis français en vacances dans les Balkans sont pris en chasse par un ermite meurtrier alors qu\u2019ils font une randonnée dans un sentier d\u2019escalade.TFO 0h PEOPLE\u2019S REPUBLIC OF DESIRE (3) Chin.2018.Documentaire de Hao Wu.- Portrait de deux Chinois dans la vingtaine qui gagnent de fortes sommes en diffusant en continu leur vie quotidienne sur Internet.PBS (WETK) 0h JEUDI LA DERNIÈRE CHANCE D\u2019HARVEY (4) (Last Chance Harvey), É.-U.2008.Comédie dramatique de Joel Hopkins avec Dustin Hoffman, Emma Thompson, Eileen Atkins.- À Londres, une fonctionnaire anglaise et un compositeur américain se lient d\u2019amitié après que ce dernier eut déserté la noce de sa fille.VIE 13h PEOPLE\u2019S REPUBLIC OF DESIRE Voir mercredi, minuit.PBS (WETK) 14h CET ÉTÉ-LÀ (4) (The Way, Way Back), É.-U.2012.Comédie dramatique de Nat Faxon avec Liam James, Sam Rockwell, Steve Carell.- Forcé de passer ses vacances d\u2019été en compagnie des membres de sa famille dysfonctionnelle, un adolescent introverti se lie d\u2019amitié avec un employé fantasque d\u2019un parc aquatique.MP 21h I\u2019M NOT THERE.LES VIES DE BOB DYLAN (2) (I\u2019m Not There), É.-U.2007.Film d\u2019essai de Todd Haynes.- La vie, la carrière et les tourments de Bob Dylan, à travers les différentes facettes de l\u2019homme.TFO 21h LA CUISINE DE STELLA Voir dimanche, 20h.ARTV 23h LE RAID 2.LA VENGEANCE (4) (The Raid 2), Indo.2014.Drame policier de Gareth Evans avec Iko Uwais, Arifin Putra, Tio Pakusodewo.- Sa vie et celle de sa famille étant en danger, un jeune flic de Jakarta est contraint d\u2019infiltrer une organisation criminelle autour de laquelle gravite un policier corrompu.TVA 23h35 I\u2019M NOT THERE.LES VIES DE BOB DYLAN Voir jeudi, 21h.TFO 1h30 VENDREDI LE GRAND MIRACLE (4) (Big Miracle), É.-U.2012.Comédie dramatique de Ken Kwapis avec John Krasinski, Drew Barrymore, Kristen Bell.- En octobre 1988 en Alaska, les efforts d\u2019un journaliste et d\u2019une militante de Greenpeace pour sauver trois baleines prisonnières des glaces.TVA 13h CET ÉTÉ-LÀ Voir jeudi, 21h.MP 17h PORTRAIT CRACHÉ D\u2019UNE FAMILLE MODÈLE (4) (Parenthood), É.-U.1989.Comédie dramatique de Ron Howard avec Steve Martin, Mary Steenburgen, Dianne Wiest.- Les divers problèmes que rencontrent les membres d\u2019une même famille à élever leurs enfants.MAX 20h L\u2019ARMÉE DES OMBRES (3) Fr.1969.Drame de guerre de Jean-Pierre Melville avec Lino Ventura, Paul Meurisse, Simone Signoret.- Les exploits d\u2019un chef de la Résistance française.TFO 21h DALLAS BUYERS CLUB (3) É.-U.2013.Drame biographique de Jean-Marc Vallée avec Matthew McConaughey, Jared Leto, Jennifer Garner.- En 1986 au Texas, un électricien homophobe atteint du sida vend à la communauté gaie des médicaments non approuvés aux États- Unis, avec l\u2019aide d\u2019un travesti toxicomane.ARTV 23h LA CUISINE DE STELLA Voir dimanche, 20h.RC 23h06 SAVEURS INDIENNES (3) Ind.2013.Drame sentimental de Ritesh Batra avec Irrfan Khan, Nimrat Kaur, Nawazuddin Siddiqui.- À Bombay, une erreur de livraison de boîte à lunch provoque un échange de lettres de plus en plus intime entre une mère mal mariée et un comptable veuf.TQ 23h30 SECRET D\u2019ÉTAT (4) (Kill the Messenger), É.-U.2014.Thriller de Michael Cuesta avec Jeremy Renner, Rosemarie DeWitt, Mary Elizabeth Win- stead.- En 1996, un journaliste révèle l\u2019implication de la CIA dans le trafic de cocaïne organisé dans les années 1980 par les Contras pour financer leur lutte contre les sandinistes.TVA 23h35 DOLORES (3) É.-U.2017.Documentaire de Peter Bratt.- Portrait de Dolo-rès Huerta, cofondatrice du premier syndicat d\u2019agriculteurs américains dans les années 1950, injustement reléguée dans l\u2019ombre au profit de son collègue César Chavez.PBS (WETK) 0h CAMILLE CLAUDEL (3) Fr.1988.Drame biographique de Bruno Nuytten avec Isa-belle Adjani, Gérard Depardieu, Laurent Grévill.- La jeune sculpteure Camille Claudel finit par être détruite par la passion dévorante qu\u2019elle éprouve pour son art et pour Auguste Rodin.TFO 0h19 TAIS-TOI! (5) Fr.2003.Comédie policière de Francis Veber avec Gérard Depardieu, Jean Reno, Jean-Pierre Malo.- Un tueur assoiffé de vengeance s\u2019évade de prison en compagnie d\u2019un imbécile heureux fort comme un bœuf, qui veut être son ami.RC 1h06 LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable | 3 9 C u l t u r e É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 S I PE T I TS E N T R E LE S E TO I LE S MANIF D\u2019ART 9 \u2014 LA BIENNALE DE QUÉBEC 16 FÉVRIER \u2014 21 AVRIL 2019 JONATHAN WATKINS \u2014 COMMISSAIRE INTERNATIONAL MANIFDART .ORG \u2014 RÉALISÉE EN COLLABORATION AVEC \u2018STORIES OF THE STREET\u2019 BY LEONARD COHEN.COPYRIGHT © 1993, LEONARD COHEN, USED BY PERMISSION OF THE WYLIE AGENCY (UK) LIMITED AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Adieu, amie imaginaire ! Dans un monde où la Régie de l\u2019accompagnement invisible du Québec alloue aux enfants qui en ont besoin un «ami imaginaire » jusqu\u2019au moment où ils arrivent à vivre sans, Nathaniel (Julien Carpentier-Roberge), 17 ans, vit difficilement la «séparation» de son accompagnatrice invisible qui œuvrait à ses côtés depuis son plus jeune âge, l\u2019Amélie du titre (Marie-Ève Milot), dont il est amoureux.Il se voit octroyer un nouvel ami imaginaire (Didier Lucien) moins séduisant mais enthousiaste à le sortir de son marasme.Et c\u2019est à ce moment que les choses s\u2019enveniment dangereusement\u2026 Cette comédie en six épisodes, délicieusement absurde et franchement rigolote, s\u2019adresse aux adolescents mais devrait également plaire à bien des adultes, qui s\u2019ennuient de leur ami imaginaire, ou non.La performance habitée et complice de l\u2019ensemble de la distribution, avec un Didier Lucien au sommet de sa forme comique, donne à lui seul le goût de regarder cette courte série au complet.Et puis Amélie est partie\u2026 Unis.ca, dès jeudi SU R VOS ÉC R A N S \u2013 RU P T U R E S D I F F I C I L E S E T AU T R E S FA N TÔ M E S Abandonner à l\u2019apogée Selon le titre d\u2019un roman de Frédéric Beigbeder, l\u2019amour dure trois ans.Les protagonistes de cette websérie à l\u2019humour absurde (encore !) élèvent ce titre au rang de théorie qu\u2019ils appliquent à leur propre existence conjugale en décidant de se séparer le jour de leur troisième anniversaire de couple, alors qu\u2019ils sont encore très amoureux et attendent même un enfant, essentiellement pour s\u2019éviter une rupture douloureuse.Ils font appel à une firme spécialisée dans les séparations prématurées pour réaliser leur projet.Léane Labrèche-Dor et Mickaël Gouin, qui sont également les créateurs de cette websérie, incarnent à merveille ce couple au bord de l\u2019implosion artificielle, dans un registre décalé qui leur va à merveille.Malgré l\u2019originalité de la proposition, on a du mal à adhérer à cette créaton dont le ton et la dégaine absurdes font parfois un peu trop penser à L\u2019âge adulte, une autre websérie de Tou.tv.La règle de 3 Véro.tv et Tou.tv Extra, dès vendredi Un deuil au nord La CBC a maintenant son équivalent de Tou.tv et propose une première série dramatique d\u2019abord diffusée sur cette plateforme, pour ensuite aboutir sur sa chaîne traditionnelle.Il s\u2019agit d\u2019un drame d\u2019aventures sur fond de deuil familial.Un homme (William Baldwin) dont l\u2019épouse et mère de ses enfants est récemment décédée décide de retourner avec sa famille dans son coin de pays, au nord du Nord, pour vivre son deuil et diriger le service local de recherche et sauvetage.Pour l\u2019originalité, on devra repasser.Northern Rescue CBC Gem, dès vendredi Trois ans après sa disparition Une femme (Kate Beckinsale) qui a perdu son mari trois ans plus tôt dans un accident d\u2019avion au Congo voit son existence bouleversée quand elle reconnaît son défunt époux dans des images récentes d\u2019un reportage télé tourné dans ce pays et décide de partir à sa recherche.C\u2019est la prémisse de ce thriller en huit épisodes, une autre coproduction d\u2019un grand réseau britannique (cette fois ITV) et du géant de la distribution en ligne.The Widow Amazon Prime Video, dès vendredi L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e Té l év i s i o n 4 0 | 02/25 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Lâcher prise Une autre histoire Les pays d'en haut Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Un zoo pas En tout cas L'échappée Les invisibles TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Ça vaut le coût Format familial Cette année-là L'heure grave Mc$ween Dans médias V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Mets-y le Maître du chantier L'Open Mic Scorpion / La bourse ou la vie Rire et délire Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Quinoa, prenez-en de la graine! Monuments sacrés Apocalypse / Délivrance La vie en quatre temps / Bénin Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Enchères Enchères Structures abandonnées À la recherche de.Erreurs de génie Australie: Ruée CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Vendre ou rénover Vancouver?Joue Docteur Dévisagés Dre Boutons / Le kyste persiste SPCA en action SPCA en action ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Devils du New Jersey (D) L'antichambre (D) Sports 30 Canadien HISTORIA Infiltrateur Infiltrateur Chasseurs Chasseurs La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Extraterrestres / Les réplicants Artéfacts ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran Pour l'amour du country Johnny Cash concert Les musiques de Patrick Virtuose EXPLORA Le refuge de l'espoir Aventures sauvages / Indonésie S'aime chien Repères Photographes Photographes Rivalité de génies Était humanité Z Recherche stupéfiant Américars: Rapides et musclés Les hors-la-loi du volant Garage d'élite Milot Land Arrow / Perpétuité ST: Discovery SAVOIR En mouvement 18h55 Prof Réparer nature 19h50 Prof Nomade mers Le grand 15 ans terreur 21h55 Prof Dactylo Publications Semaine Verte TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Métiers/ Métiers Amélie Les sapiens Conseils LA BOUM 2 (1982) Claude Brasseur.22h50 Top! Top!/23h20 Flip Planète 17h30 V.Fair La couleur de la justice Le voyageur de l'art Or maison Histoire opéra Ghost Chasers (v.f.) C'est vrai CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.Coronation St.Murdoch Mysteries Coroner / Bridges CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Big Bang The Big Bang Magnum P.I.The Good Doctor / Believe CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Neighborhood Man Plan Schooled Will & Grace Bull / Forfeiture Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Bachelor The Good Doctor / Believe News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Neighborhood Man Plan Magnum P.I.Bull / Forfeiture News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Antiques Roadshow Independent Lens / People's Republic of Desire UNIS Cochon dingue Pas plus bêtes Tournée générale Hooké Les encanteurs L'Acadie des frontières Hors série Liberté Chez nous HBO1 18h15 JANE FONDA IN FIVE ACTS (2018) Last Week Crashing High Main True Detective / Now Am Found Thrones TVA Sports 17h00 JiC Avant-match LNH Hockey / Kings de Los Angeles c.Lightning de Tampa Bay (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports 02/24 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte ICI Laflaque Tout le monde en parle 22h20 Journal 22h50 Sports 22h55 Infoman TVA TVA nouvelles VLOG La Voix / Les Auditions à l'aveugle 21h15 La vraie nature 22h15 TVANou.22h45 MILLÉNIUM: LES HO.TQ Les francs-tireurs Deux hommes en or L'écran roi M'entends-tu?L'heure est grave L'ARTISTE (2011) V 16h15 À LA POURSUITE D'O.19h15 OPÉRATION SWORDFISH (2001) John Travolta.21h15 CARTEL (2001) avec Penélope Cruz, Johnny Depp, Franka Potente.ICI RDI Le Téléjournal 24/60 Le National Découverte Le Téléjournal Les coulisses du pouvoir Le National Semaine Verte TV5 Saison au zoo Journal FR On n'est pas couché Mixeur / Château Frontenac Journal/ L'invité CANAL D Les héros du feu Mayday / L'avion perdu Cauchemar sur l'autoroute O.J.Simpson Kardashian: L'homme À la recherche CANAL VIE Vendre ou rénover au Québec Les naufragés de l'amour Quintuplées / Le Noël cajun Joue Docteur Dévisagés Dre Boutons Le Club Mel RDS Sports 30 Sports 30 ATP Tennis - Tournoi de Rio Finale Gymnastique / LSU vs Alabama Sports 30 Sports 30 HISTORIA Artéfacts sous la loupe Miracles décodés Nos ancêtres les extraterrestres La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Chasseurs ICI ARTV C'est juste de la TV Les dieux de la danse LA CUISINE DE STELLA (2009) avec Don McKellar, Lisa Ray.Les Borgia / La mort du Prince Cinéma EXPLORA S'aime chien Curiosités Animo Les Poilus Gros labo Planète techno Quand Homo sapiens Découverte L'empreinte Z Ultime défi ninja BattleBots: Combats de robots Talk show Roast Battle Seuls et tout nus XL Pinel Maripier! Expédition SAVOIR Semaine Verte Capsule/ Nature Arrêt monde Publications De garde 24/7 L'ONU/ L'ONU 36.9° Santé! Malaria Business 23h10 Routes TFO Top!/ S.O.S.! Amélie Conseils Subito texto Les sapiens Les sapiens LA BOUM (1980) / Sophie Marceau 22h50 Top! Top!/ Flip Planète 17h30Robinson Saoud, la dynastie de l'or noir Planète Chefs Choc continents / L'Australie Champs de bataille / Le chemin des dames Béjart, l'âme CBC When Calls the Heart JFL: Gags THE BOURNE SUPREMACY (2004) avec Franka Potente, Brian Cox, Matt Damon.CBC News: The National CBCNews CTV 17h30 eTalk Oscars: Red Carpet The 91st Annual Academy Awards National News GBL Global News Global National Security Security The Blacklist The Blacklist / Minister D Chicago Med Global News ABC News Oscars: Red Carpet The 91st Annual Academy Awards News CBS Ch.3 News Weekend News 60 Minutes God Friended Me NCIS: Los Angeles Madam Secretary News PBS (33) In Tune: The Ben Tucker Story Great British Baking / Puddings Masterpiece Classic Masterpiece Classic Masterpiece Classic Midwife UNIS Les encanteurs Les Newbies Le p'tit cabaret / Raffy Degrassi Degrassi Radio enfer Radio enfer Le Loup-garou Le Loup-garou Le punch HBO1 17h00 Lights 18h40 WISHFUL DRINKING (2010) Real Time With Bill Maher True Detective / Now Am Found Crashing High Main Last Week TVA Sports 17h30 LHJMQ Le TVA sports LNH Hockey / Flames de Calgary c.Sénateurs d'Ottawa (D) RAW Le TVA sports CollXtion 02/23 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal La Petite Vie En direct de l'univers Deuxième chance Notre vie / Déjà vu Le Téléjournal Les grands reportages TVA TVA nouvelles LES 2 DE PIQUE (2016) avec Johnny Knoxville, Jackie Chan.20h45 LE SABRE DU DRAGON (2015) Jackie Chan.22h45 TVANou.Cinéma TQ DRAGONS 2 (2014) Barababo Cette année-là Belle et Bum LES CHARIOTS DE FEU (1981) Ben Cross.V Cinéma LES TORTUES NINJA (2014) avec Will Arnett, Megan Fox.20h45 MESURES EXTRÊMES (1996) avec Gene Hackman, Sarah Jessica Parker, Hugh Grant.ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Enquête Le Téléjournal Second Regard Le Téléjournal Le National Grands rep.TV5 Saison au zoo Journal FR Vivement dimanche! Les plus grands magiciens du monde Une chanson, une histoire Journal/ L'invité CANAL D Enchères Enchères Douanes Douanes Harceleurs de stars / Madonna Madame Lebrun Comédie Club / Peter Macleod Les Recrues CANAL VIE SPCA en action SPCA en action Cauchemar Palm Springs Mini-maisons sur mesure Taxi au-delà Mariages Catastrophe 22h35 Ouvrez Quintuplées RDS CH Express Curling - Tournoi des coeurs Éliminatoires (D) Sports 30 /21h45 Antichambre 22h45 Sport30 Sports 30 HISTORIA Le lot du diable Poirier enquête Poirier enquête Infiltrateur Infiltrateur Hitler déclassifié Hitler déclassifié A$ de brocante ICI ARTV Pour emporter / Luc Dionne Pour l'amour du country FISTON (2013) avec Franck Dubosc, Kev Adams.Outlander / Dette d'honneur Cinéma EXPLORA Animo Pharmachien Le refuge de l'espoir L'empreinte 21h35 Outback Rêver le futur Stupidité Z Fallait pas essayer Rapide et mill Déroute Rat rods de Vegas Ultime défi ninja Le web obscur Maripier! Le trône de fer SAVOIR Nomade mers Au coeur du cinéma québécois Connaissance Ombre doute 20h50 Métiers Ombre doute 21h50 Métiers Mémoires Cégeps en spectacle TFO Top!/ S.O.S.! Amélie Flip Subito texto Les sapiens Les sapiens AVANT QUE MON COEUR BASCULE (2012) Top!/ Top! 23h05 Flip Planète Planète Chefs / Colombie Choc continents / L'Afrique Sur les toits des villes / Rome Nos 5 Sens La route de la Kalachnikov CBC CBCNews Hockey Sat.LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Maple Leafs de Toronto (D) Hockey / Anaheim vs Edmonton (D) CTV CTV News Montreal W5 The Launch / I Got You Carter / Harley's Got a Gun Cardinal / Mama National News GBL Global News Global National Security Security Ransom / Black Dolphin Mary Kills People Remedy Global News ABC News News at 6:30 Extra Weekend NBA Countdwn NBA Basketball / Rockets de Houston c.Warriors de Golden State (D) News CBS Ch.3 News Weekend News Ent.Tonight Ransom / Black Dolphin 48 Hours 48 Hours News PBS (33) Father Brown Time Goes By Appearances Rev.Upstart Crow Doc Martin / Accidental Hero Death in Paradise Austin City UNIS Hôpital vétérinaire Liberté Écrivain public Mauvais karma Mauvais karma CAP TOURMENTE (1993) avec Elise Guilbault, Roy Dupuis.L'espionne HBO1 18h20 NIGHTINGALE (2015) David Oyelowo.19h45 THE WIZARD OF LIES (2017) avec Michelle Pfeiffer, Robert De Niro.O.G.(2018) Jeffrey Wright.TVA Sports Avant-match (D) LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Maple Leafs de Toronto (D) 21h45 Dave Morissette D.Morissette Le TVA sports S A M E D I L U N D I D I M A N C H E CRITIQUE LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR Louis T.a le chic pour quadriller un sujet, le décortiquant jusqu\u2019à l\u2019obsession dans ses capsules Vérités & conséquences, méthode qui fait des merveilles dans le pénétrant documentaire Apprenti autiste.Guidé par un souci de clarté exemplaire, l\u2019humoriste part de son diagnostic de syndrome d\u2019Asperger pour sonder les mystères du trouble du spectre de l\u2019autisme (TSA) au moyen d\u2019un savant mélange de faits pointus et d\u2019observation distanciées qui font mouche à tout coup.À la caméra, Gabriel Allard-Gagnon tient le gouvernail avec aplomb, se moulant à la personnalité rationnelle de son guide atypique à la gamme émotive rappelant la palette de couleurs d\u2019un daltonien.«Les Asperger comme moi [ne] ressentent pas plus de sept [émotions]», dira-t-il.Et ils en usent mollement, se résumant souvent à «sept nuances de bof», ajoutera-t-il.Paradoxalement, la quête de Louis T.suscite, chez qui la partage et la regarde, de vrais transports.C\u2019est que derrière s\u2019agitent des humains dont la différence prend soudain un sens.L\u2019équilibre entre l\u2019intime et la science est idéal.Pudiques, les segments avec sa conjointe, sa mère et son fils sont touchants, idem pour ces moments partagés avec des autistes de différents niveaux, tous très justes.À l\u2019autre bout du spectre, inter venants médicaux et scientifiques éclairent sa quête avec une remarquable efficacité.Apprenti autiste offre ainsi de la haute voltige intellectuelle sans jamais forcer, ouvrant à une réflexion de fond qui se poursuivra immédiatement après, aux Francs-tireurs, en compagnie de Guylaine Guay, Patricia Paquin et Sophie Prégent, mères d\u2019enfants touchés par un TSA.Apprenti autiste Télé-Québec, mercredi, 20h; en reprise jeudi, 14h et le 3 mars, 20h Autistique- ment parlant Louis T.démystifie l\u2019autisme à coups de faits pointus et d\u2019observation distanciées SU R VOS ÉC R A N S Une icône américaine Les Hot Wheels ont fait rêver des générations de jeunes qui les ont collectionnées et mises à l\u2019épreuve.Ces voitures-jouets nées en 1968 étaient en quelque sorte la riposte d\u2019Elliot Handler, cofondateur de Mattel, à son épouse, Ruth, dont la poupée Barbie avait rapidement percolé auprès de la jeunesse nord-américaine.Ensemble, ils mettront au point une gamme de voitures miniatures déclinée en 16 modèles qui vont connaître un succès retentissant.Un demi-siècle et des milliers de réinter- prétations plus tard, Historia revient avec enthousiasme (à défaut de réel sens critique) sur la trajectoire de cette marque iconique dont les modèles \u2014 existants et imaginaires \u2014 ont toujours une place dans un nombre incalculable de foyers.50 ans de Hot Wheels Historia, jeudi, 22h TÉLÉ-QUÉBEC | 4 1 C u l t u r e Té l év i s i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 M A R D I 03/01 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Au suivant Prière de ne pas Guillemets Les Poilus Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur Ça finit bien la semaine Du talent à revendre La liste noire / Ian Garvey TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Encore plus De garde 24/7 / La garde Un chef à la cabane Deux hommes en or M'entends-tu?Belle et Bum V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire Huissiers Les effaceurs Haute sécurité Code 111 Gotham / À chacun sa vérité Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR Nus et cullotés / Caraïbes Nordik / Canada: Yellowknife Échappées belles / Madagascar, luxuriante et généreuse Journal/ C à dire CANAL D Australie: La ruée vers l'or Amour fatal En prison Patrouille Les pires prisons du monde Craindre son voisin Outback CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Mariages Design V.I.P.Vendre ou rénover au Québec Naufragés de l'amour / En mer Joue Docteur Dévisagés ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Rangers de New York (D) L'antichambre (D) Sports 30 Canadien HISTORIA Traqueurs De père en fils Marins d'eau douce Les montagnards Les montagnards Les montagnards Le lot du diable ICI ARTV Moi et l'autre Moi et l'autre Dre Grey, leçons d'anatomie Pour emporter / Marc Labrèche C'est juste de la TV L'effet Wow Cinéma EXPLORA Curiosités Recyclage Planète techno Pharmachien Pharmachien Les Poilus Cobaye Cobaye Stupidité Stupidité Cerveau Z Expédition extrême Week-end Garage d'élite Américars: Rapides et musclés Les hors-la-loi du volant Infiltration Maripier! Cinéma SAVOIR UN/ Prof L'écran roi 19h25 Prof Santé! Autisme Routes science 21h20 Prof Encore plus Électron/ Prof La recherche En mouvement TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Subito texto C'est WOW Doc/ Je dors Mosquée L'ARMÉE DES OMBRES (1969) avec Paul Meurisse, Lino Ventura.Planète Si l'évolution / Le vol Expédition Bornéo Ghost Chasers (v.f.) / Ardennes De scènes en cimes Planète Chefs / Colombie Continents CBC CBCNews JFL: Gags Schitt's Creek Coronation St.marketplace Stats of Life CBC Docs POV CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Goldbergs The Big Bang Am.Housewife Kids-Alright Blue Bloods / Mind Games CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight MacGyver Hawaii Five-0 / Ka'owili'oka'i Chicago Med Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Fresh Off-Boat Speechless 20/20 20/20 News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight MacGyver Hawaii Five-0 / Ka'owili'oka'i Blue Bloods / Mind Games News PBS (33) PBS NewsHour News Vermont Week Wash.Week Firing Line American Masters / Holly Near MAKERS Amanpour & C UNIS À fond de train / Miramichi Degrassi Degrassi Radio enfer Radio enfer Le Loup-garou Le Loup-garou Les Newbies Le punch Les encanteurs HBO1 17h20 TO BE ANNOUNCED 20h10 TO BE ANNOUNCED Bill Maher TBA Strike Back TVA Sports 17h00 JiC LHJMQ LHJMQ Hockey / Voltigeurs de Drummondville c.Huskies de Rouyn Noranda (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports 02/28 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Infoman 1res fois / Bianca Gervais Enquête Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur LOL :-) La Dérape Le bon docteur J.E.Tu ne m'as pas TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Passager Génial! Mc$ween De garde 24/7 / La garde Dans les médias House of Cards / Effet domino Apprenti aut V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire L'amour est dans le pré L'Open Mic Chicago Police Rire et délire Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Ouragan / Prévoir l'imprévisible L'enquête de ma vie Criminels 2.0 Munch / Meurtre 2.0 Journal/ C à dire CANAL D Cauchemar sur l'autoroute Routiers de l'Outback Les héros du feu Harceleurs de stars Docu-D CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?La vie avec des quintuplées SPCA en action SPCA en action Catastrophe 21h40 Ouvrez Cauchemar Palm Springs ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Oilers d'Edmonton c.Sénateurs d'Ottawa (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA De l'acier et du feu / Le pandat Mordus Mordus Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides 50 ans de Hot Wheels Traqueurs ICI ARTV 17h30 L'appel L'appel du coeur Moi et l'autre Esprit critique Conséquences Conséquences Cinéma EXPLORA Animal Fight Club (v.f.) Aventures sauvages / Australie Impact jeux vidéo Mars / Croisée des chemins Repères Internet / Gardiens de la toile Z Recherche stupéfiant Seuls et tout nus XL BattleBots: Combats de robots Talk show Roast Battle Star Trek: Discovery DAREDEVIL SAVOIR 18h20 Prof Ombre doute 19h20 Prof Semaine Verte Fabrique/ Nature Publications Dactylo 15 ans terreur 22h25 Prof Arrêt monde Réparer nature TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! 19h05 Flip Amélie Les sapiens Motel Monstre I'M NOT THERE: LES VIES DE BOB DYLAN Top!/ Top! Flip Planète Le voyageur de l'art Or maison Facebook & moi Histoire de l'Amérique Si l'évolution / La peau Fourmis CBC CBCNews JFL: Gags Schitt's Creek Coronation St.Dragons' Den Workin' Moms Little Dog CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Big Bang Young Sheldon Cardinal / Helen Law & Order: S.V.U.CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight The Titan Games Schooled Will & Grace S.W.A.T./ S.O.S.Global News ABC News News Local 22 News Hidden History Grey's Anatomy Million Little Thing / Goodbye How to Get Away With Murder News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight The Big Bang Young Sheldon Mom Fam S.W.A.T./ S.O.S.News PBS (33) PBS NewsHour If Stone Could Speak Engelbert Humperdinck in Hawaii (My Music) Gospel of Elvis Amanpour & C UNIS Cochon dingue Échappe Fous animaux Hôpital vétérinaire Chez nous Liberté Écrivain public Web Thérapie Balade Tor.Peaky Blinders HBO1 17h25 CLEAR HISTORY 19h10 MY DINNER WITH HERVÉ (2018) Peter Dinklage.Last Week THE CHANGELING (1979) George C.Scott.Cinéma TVA Sports 17h00 JiC Avant-match LNH Hockey / Lightning de Tampa Bay c.Bruins de Boston (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports 02/27 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 L'Épicerie Les enfants de la télé Cheval-Serpent Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Oeufs d'or La Voix: Extra Lâchés lousses Victor Lessard TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Format familial Apprenti autiste Les francs-tireurs M'entends-tu?Kebec De garde 24/7 V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire Phil s'invite L'Open Mic SEAL Team / À distance Rire et délire Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Nordik / Argentine: Bariloche Envoyé spécial Enfants prodiges / Irlande Journal/ C à dire CANAL D Structures abandonnées Les Recrues Les Recrues Australie: La ruée vers l'or À la poursuite du trésor inca Vie de chantier Comédie Club CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Amour aveugle Taxi au-delà Naufragés de l'amour / En mer Vendre ou rénover Vancouver?Design V.I.P.À vos marques ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Hors-jeu 2.0 ATP Tennis - Championnat Dubai L'antichambre (D) Sports 30 Images/sec.HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Les armuriers Les armuriers De l'acier et du feu De l'acier et du feu De l'acier et du feu / Le pandat Rois scrap ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran / Conseil de famille Moi et l'autre Blanche Blanche Blanche Blanche EXPLORA Animo Alex+Tyler, éco Aventures sauvages / Mexique La Semaine verte Pharmachien Pharmachien Demain, tous crétins?Rivalité Z Recherche stupéfiant Ultime défi ninja Expédition extrême Week-end Déroute Les Riders Maripier! Prêt sur gage SAVOIR Encore plus Between Pages Rature et lit Connaissance La bibliothèque de.Arrêt monde Publications Semaine Verte Prof/ Prof Montcalm.TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Métiers/ Métiers Amélie Les sapiens Citoyen monde ERREUR DE LA BANQUE EN VOTRE FAVEUR Top!/ Top! 23h10 Flip Planète Sur les toits des villes / Rome Nos 5 Sens Vanity Fair Confidential Le retour des pirates Cannabis CBC CBCNews JFL: Gags Schitt's Creek Coronation St.Burden of Truth Unspeakable CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Launch Grey's Anatomy Whiskey Cavalier / Pilot CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Survivor: Edge of Extinction Chicago Fire Chicago P.D.Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Schooled Modern Family Single Parents Whiskey Cavalier / Pilot News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Survivor: Edge of Extinction The World's Best Criminal Minds / The Tall Man News PBS (33) PBS NewsHour Crossroads Outdoor Nature / Yosemite Nova / Humans: Miracle Species Amanpour & C UNIS Cochon dingue Jenny/ Jenny Les encanteurs Web Thérapie Les Newbies Le punch Mauvais karma Mauvais karma Tournée générale Vétérinaire HBO1 17h35 Ebola Spielberg True Detective / Now Am Found Crashing High Main Thrones TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Oilers d'Edmonton c.Maple Leafs de Toronto (D) D.Morissette 22h15 RAW 23h15 TVA sp.02/26 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 La Facture Unité 9 5e rang Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur World of Dance la compétition O' / Ma cabane au Canada L'heure bleue TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Kebec Point doc SOS sages-femmes L'heure grave Format familial Deux hommes V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Taxi payant Je suis chef L'Open Mic NCIS: Los Angeles / Vendetta Rire et délire Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Enfants prodiges / Irlande La vie en quatre temps / Bénin Dans la tête de./ Un touriste Caïn / Une histoire de famille Journal/ C à dire CANAL D À la recherche de.Train d'enfer Cauchemar sur l'autoroute Mayday / Attitude mortelle Routiers de l'Outback Mme Lebrun CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Palm Springs Cauchemar Mini-maisons sur mesure Vendre ou rénover au Québec Taxi au-delà Mariages ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Red Wings de Détroit (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Miracles décodés Hitler déclassifié Hitler déclassifié Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran Quelle famille! Appelez mon agent Appelez mon agent / ASK Outlander 23h10 Borgia EXPLORA Îles de beauté / Les Philippines Aventures sauvages / Guyane Découverte Mégastructures nazies Rêver le futur Magie cosmos Z Recherche stupéfiant Face Off / Tapi dans l'ombre Les vampires originels Surnaturel The Strain / Fluide mortel Le trône de fer SAVOIR 18h25 Prof Santé! Autisme Mémoires/ Prof CORIM Routes science 21h20 Prof Découverte Science/ Prof Électron/ Prof uniVERT TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Métiers/ Métiers Amélie Les sapiens C'est WOW ELDORADO (1995) Pascale Bussières.22h50 Top! Top!/ Flip Planète Dans la tête d'un animal Éoliennes: la bataille du vent Si l'évolution / Le vol Expédition Bornéo Nous demain Toits des villes CBC CBCNews JFL: Gags Schitt's Creek Coronation St.Kim's 22 Minutes Schitt's Creek Cavendish CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang World of Dance The Rookie / Plain Clothes Day CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight NCIS / Crossing the Line FBI / Scorched Earth NCIS: New Orleans Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Am.Housewife Kids-Alright Black-ish Splitting Up The Rookie / Plain Clothes Day News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight NCIS / Crossing the Line FBI / Scorched Earth NCIS: New Orleans News PBS (33) PBS NewsHour Bardo: Night Bardo: Night Bardo: Night Bardo: Night American Experience Frontline / Right to Fail Amanpour & C UNIS Cochon dingue Ouache/ Ouache Écrivain public Vu intérieur 2 TEMPS, 3 MOUVEMENTS (2014) Aure Atika.Ciné tout court Hooké HBO1 17h40 OCTAVIO IS DEAD 19h10 Breslin and Hamill: Deadline Artists The Emperor's Last Week Crashing High Main Thrones TVA Sports 17h00 JiC D.Morissette RUSH (V.F.) (2013) avec Chris Hemsworth, Olivia Wilde, Daniel Brühl.Dave Morissette en direct Le TVA sports J E U D I V E N D R E D I M E R C R E D I CRITIQUE LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR Conséquences est une minisérie québéco-acadienne ancrée dans les beautés du Nouveau-Br unswick, mais portée par une vague mondiale, celle du mouvement #MoiAussi.Résolument social, cet angle d\u2019attaque aux accents politiques tranche fortement avec les images d\u2019Épinal ou de dépression économique qui font la signature habituelle de ces coproductions.Et c\u2019est tant mieux.L\u2019auteure Gracia Couturier (la romancière derrière Chacal, mon frère) y raconte comment un viol viendra déchirer deux familles jusqu\u2019alors tissées serrées.Sa plume est vive et précise, on sent \u2014 et on salue ! \u2014 le sérieux de sa démarche que Radio- Canada encadre en ligne au moyen de capsules alliant témoignages et éclairages, notamment sur la notion très délicate du consentement.Ce qui n\u2019empêche pas un certain didactisme de pointer çà et là, spécialement quand l\u2019une des mères, une psychologue, enfonce le clou à coups de sentences jargonneuses trop appuyées.La caméra respire la maîtrise d\u2019une Lyne Charlebois (Borderline au cinéma, Toute la vérité à la télé) en contrôle : les plans sont variés, le rythme est bon, le jeu est bien cadré (chapeau aux vieux routiers, dont Paul Doucet et Hélène Florent, comme aux recr ues, dont Félix Basque et Maude Cyr-Deschênes), malgré quelques seconds rôles plus faibles.L\u2019habillage musical est délicat et personnel, à l\u2019image de l\u2019auteure- compositrice-interprète Viviane Au- det qui le signe avec Alexis Martin et Robin Joël-Cool.Présenté à raison de deux épisodes à la fois, Conséquences ouvre d\u2019intéressantes perspectives.Conséquences Artv, jeudi, 21h ; à ICI Télé, mardi, 20h, dès le 23 avril Une vague nommée #MoiAussi Comment un viol viendra déchirer deux familles jusqu\u2019alors tissées serrées ARTV elapa n\u2019est accessible que par la mer.Les bateaux-taxis longent la sauvage côte sud de la Bahía de Banderas, croisent éventuellement des baleines, qui frayent par centaines dans ce coin du Pacifique, et, au détour d\u2019une pointe rocheuse, arrivent en vue de Yelapa, spectaculaire : une profonde baie bordée de monts verdoyants, une plage blonde frangée de palmiers, une vingtaine de pangas colorées ballottées par la houle, un village qui s\u2019étend vers les hauteurs et, dans le ciel, le bal des frégates et des pélicans.En débarquant, on a l\u2019agréable impression d\u2019arriver sur une île, avec ce r ythme toujours un degré plus calme que sur le continent.L\u2019absence de voitures doit aider.Aucune route ne reliant Yelapa au reste du monde, le quai est le centre névralgique du village d\u2019un millier d\u2019habitants qui se connaissent tous.C\u2019est un avantage appréciable quand on cherche où loger.Plus rapide qu\u2019un algorithme de réservation en ligne, le capitaine du bateau-taxi m\u2019indique une maison vers le fond du bourg.Alicia loue à l\u2019occasion l\u2019étage de sa casa, un studio largement ouver t sur la nature avec, à l\u2019image de la plupart des habitations du coin, la moustiquaire du lit pour seul mur.En bande-son, le murmure de la rivière et les rires des enfants de la famille.Ce village de pêcheurs accueille des touristes depuis des lustres.Dans les années 1960, Bob Dylan, Dennis Hopper et d\u2019autres artistes naviguant à contre-courant venaient s\u2019y ressourcer.Ils furent imités par bon nombre de gringos envoûtés par ce lieu simple, plus proche de la nature que du mercantilisme.L\u2019électricité n\u2019est arrivée qu\u2019en 2001 et aucun distributeur d\u2019argent n\u2019est encore installé.On compte les boutiques sur les doigts d\u2019une main, y compris les deux épiceries qui n\u2019ont rien pour encourager la surconsommation.« C\u2019est pourtant bien le tourisme qui fait tourner l\u2019économie locale », m\u2019explique Wim, un Belge à l\u2019éternel sourire, établi ici depuis 2006.Mais un tourisme au développement contrôlé, qu\u2019on pourrait aisément qualifier de durable.Depuis sa première visite en 1996, Wim a vu des pêcheurs délaisser les filets et une poignée de quads faire une br uyante apparition, mais la communauté veille à conserver son paisible mode de vie.Pour ce faire, elle s\u2019appuie sur son statut de comunidad indigena, qui l\u2019autorise à gérer son territoire d\u2019une manière autonome, un accord qui remonte à 1581 ! Les terres de la municipalité sont la propriété de la collectivité, et aucun terrain ne peut être vendu à des étrangers.Pas le genre d\u2019endroit où l\u2019on verra pousser une franchise internationale de sitôt.« Et puis, Yelapa ne convient pas à tout le monde », ajoute Wim.Éloge de la lenteur C\u2019est vrai.Se faire réveiller à l\u2019aube par le chant des coqs, découvrir des insectes inconnus dans la salle de bains, vivre un tant soit peu coupé du monde et de sa constante animation pourrait en rebuter quelques-uns.Ceux-ci viennent généralement s\u2019allonger trois ou quatre heures sur le sable ou à l\u2019ombre des palapas des restaurants de la plage, avant de retourner festoyer à Puerto Vallarta en fin d\u2019après-midi.Les autres, s\u2019installant pour plusieurs jours, peuvent programmer leur baignade de manière à éviter cette (relative) affluence, sans pour autant manquer le passage des pie ladies.Ces pâtissières locales sont les seules vendeuses à arpenter la L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 V I V R E REPORTAGE RODOLPHE LASNES À YELAPA, MEXIQUE COLLABORATEUR LE DEVOIR Yelapa à des années- lumière de Puerto Vallarta Bien qu\u2019à seulement 45 minutes en bateau de la célèbre station balnéaire mexicaine, le village vit loin du tourisme de masse Y plage, et la réputation de leurs gâteaux maison (citron meringué, banane et noix de coco) dépasse largement les limites du village.On l\u2019aura compris, c\u2019est en séjournant à Yelapa qu\u2019on découvre son vrai visage.On calque vite son pas sur celui des mulets qui transportent encore une grande partie des marchandises et quelques touristes.On marche ainsi beaucoup, à travers le petit labyrinthe des ruelles pavées qui serpentent dans le bourg, sur les chemins de terre qui longent la rivière\u2026 Mais on marche lentement et avec l\u2019air un peu béat, il faut l\u2019avouer, en faisant maintes pauses pour humer au passage les hibiscus et les bougainvilliers, admirer la baie.Ou encore, prendre un verre chez Micheladas Vicky.Cocktail typiquement mexicain Autour de ce comptoir ouvert sur la rue bat le cœur du village.Les miche- ladas sont la spécialité maison, un cocktail typiquement mexicain mélangeant bière, jus de citron, Clamato et sauces épicées, avec crevettes et légumes frais en option.Assis sur le muret face au bar, on en déguste un en obser vant la vie couler doucement : les enfants qui rentrent de l\u2019école, un pêcheur, un thon sur l\u2019épaule, un convoi de mulets\u2026 Tout en hésitant entre les diverses occupations qui pourraient combler cette journée : une longue promenade menant à la Cascada la Catedral, une autre nettement plus cour te jusqu\u2019à la chute se jetant dans un bassin d\u2019eau fraîche en haut du village, une séance de yoga ou, pourquoi pas, un vol en parapente (la seule activité forte en adrénaline du coin).On peut aussi se contenter d\u2019une sieste, en rêvant de pouvoir prolonger son séjour à Yelapa, savourer encore cette douceur de vivre qui ne s\u2019of fre qu\u2019aux visiteurs prenant le temps de la cueillir.L\u2019auteur était au Mexique pour la rédaction du guide Ulysse Explorez Puerto Vallarta et Guadalajara.| 4 3 Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 En vrac S\u2019y rendre Des vols directs vers Puerto Vallarta sont assurés par Air Canada et Air Transat au départ de Montréal.Sunwing et Air Transat offrent des départs de Québec.Il faut ensuite prendre un bateau-taxi depuis le quai de Playa los Muertos (25$ aller-retour, jusqu\u2019à 8 départs quotidiens en haute saison) ou depuis le village de Boca de Tomatlán, situé à 30 minutes de bus de Puerto Vallarta (12$ aller-retour, départs réguliers en toute saison).Se loger Les réservations sont conseillées en haute saison (décembre à avril).On trouve sur les sites de réservation une bonne sélection de logements à louer (de la hutte à la villa de luxe) à des tarifs avantageux pour les séjours prolongés.Le village compte aussi une dizaine d\u2019hôtels allant du moyen au haut de gamme.Deux bonnes adresses : Miramar : appartements bien équipés surplombant la baie (à partir de 85$).Vereda Palapa: splendides villas de style palapa (toit en feuilles de palmiers) ouvertes sur la nature et en retrait du village (à partir de 100$).Manger Café Bahía: pour un petit-déjeuner sain et copieux sur une jolie terrasse face au quai du village.Taquería Los Abuelos: un resto qui propose de succulents tacos aux fruits de mer.Pratique Il n\u2019y a aucun distributeur d\u2019argent sur place et la plupart des établissements n\u2019acceptent pas les cartes bancaires, alors n\u2019oubliez pas de faire le plein de billets à Puerto Vallarta.Ci-dessus : la baie de Yelapa côté village.Ci-contre : un décor de rue.PHOTOS RODOLPHE LASNES REPORTAGE MIRIANE DEMERS-LEMAY À MOOSE JAW COLLABORATRICE LE DEVOIR En tant que contrebandiers d\u2019alcool, vous pourrez acheter ici.» Notre guide, coiffée d\u2019une plume et vêtue d\u2019une robe des années folles, nous entraîne dans un bar clandestin reconstitué de la période de la prohibition.Dans un coin, un musicien joue des airs de jazz au piano.Dans l\u2019autre, un homme est af falé sur une chaise, un verre vide à la main.De là, nous entrons dans le « bureau» et la «chambre» d\u2019Al Capone.C\u2019est que, selon les rumeurs, le célèbre gangster aurait séjourné ici pour fuir la justice américaine.Nous sommes à Moose Jaw, une petite ville de la Saskatchewan située en bordure de la Transcanadienne.Si la ville respire la tranquillité, ce ne fut pas toujours le cas.Dans les années 1920, la ville était surnommée «The Little Chicago», ou encore « le quartier chaud» des Prairies.Les activités illicites, comme la prostitution, la fabrication illégale d\u2019alcool et les jeux de hasard, y prospéraient.La raison : son monde souterrain.Notre guide pousse une porte dissimulée derrière des vestons et nous indique des escaliers.Nous descendons sous la surface du sol.Sous L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 Vi v r e To u r i s m e 4 4 | Al Capone, présent en Saskatchewan ?C\u2019est ce qu\u2019indiquent plusieurs sources, qui affirment que le célèbre gangster aurait profité du monde souterrain de la ville de Moose Jaw pour échapper à la justice américaine.Aujourd\u2019hui, cette facette méconnue de l\u2019histoire canadienne passe de l\u2019ombre à la lumière.À la poursuite d\u2019Al Capone en Saskatchewan La ville de Moose Jaw mise sur son passé sulfureux pour attirer les touristes Ci-contre : une murale d\u2019Al Capone.En bas : la ville de Moose Jaw dans les années 1920.MIRIANE DEMERS-LEMAY / MOOSE JAW PUBLIC LIBRARY ARCHIVES Viv r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 Pour annoncer dans ce regroupement.Contacter la publicité au 514 985-3454 HÉBERGEMENT EN RÉGIONS VIEUX-QUÉBEC ESCAPADE au cœur du Vieux-Québec 44, Côte du Palais Vieux-Québec (Québec) G1R 4H8 TARIFS À PARTIR DE : PAR NUIT, EN OCCUPATION DOUBLE, PLUS TAXES.155$ é n n o i s s a p s an s i t ar t e s teur c u d o r p s e d r te i s i v e d s s e h c i a r r à l e t û o , g x u a c o s l f e h s c e t d n e l a t u e av S t i a f r o e f , l s e l x Î u r a u o j é e s r t o e v s d r o L a r pa om c n i mer en e g a y o v n u r u o p , e l a vi vi on c d e n i s i u c e eus our v a s a l , x eu eur l a ch l i ue c ac \u2019 l t n a m r a h c re t o N .l a ré t on M à t emen u q r ba em e p z l e t t e s m u o , v A M T s C e r è i s i o r s C e c l e v A m ê nt m a v s a e l s Î e z l e r nt o c n e R .s t t e o n i l e d a r m i o r r e u t e r l i r v u o c é a d r e s f u o v s r .e l b e anc i b am e un t e s e l Î s e t rome p s u o v e g pa i u q é e r t o s v è s d e l x Î u d a e i r e v i r r y a \u2019 e d Pratique Visiter les tunnels L\u2019entreprise Les Tunnels de Moose Jaw offre des visites guidées animées en anglais plusieurs fois par jour (environ 50 minutes).Les deux circuits sont complémentaires.Adulte : 16$ pour une visite et 27$ pour les deux visites.Quoi faire à Moose Jaw Après avoir visité les tunnels, pourquoi ne pas aller faire une saucette dans l\u2019un des divers spas de Moose Jaw?L\u2019été, il est également agréable de parcourir le centre- ville à pied.Près de cinquante murales représentent des moments de l\u2019histoire et du développement de la ville.On peut obtenir un dépliant sur le circuit des murales au bureau de l\u2019Office du tourisme.Sur ce circuit, prendre le temps de traverser le sympathique Crescent Park, près du centre-ville.Des Chinois persécutés Une deuxième visite guidée permet de découvrir une autre facette de l\u2019histoire des tunnels de Moose Jaw.Avant la prohibition, les tunnels ont servi de logements et de lieux de travail à des Chinois persécutés et sans travail, après l\u2019arrêt de la construction du chemin de fer.Des centaines de travailleurs auraient ainsi été employés pour laver du linge dans des conditions de travail déplorables pour des buanderies de Moose Jaw.L\u2019histoire au service du tourisme Aujourd\u2019hui, l\u2019histoire des tunnels est mise en valeur par l\u2019industrie touristique locale.L\u2019entreprise Les Tunnels de Moose Jaw affirme attirer près de 100 000 visiteurs par année.Outre les tunnels, la ville est également réputée pour ses différents spas.L\u2019été, il est parfois possible d\u2019y observer des numéros de voltige aérienne des Snowbirds, dont la base d\u2019entraînement se situe à proximité.Enfin, Moose Jaw a récemment fait les grands titres de publications internationales, telle The Guardian, pour sa dispute avec la Norvège : toutes deux disent posséder la statue d\u2019original la plus haute du monde.Mais c\u2019est sur son passé mafieux que mise la ville pour attirer davantage de touristes.Au cours du prochain mois, Moose Jaw accolera à son nom le slogan de « la ville la plus notoire du Canada», en référence à sa réputation lors des années folles.«Nous voulons que Moose Jaw se démarque, explique la directrice de Tourism Moose Jaw, Jacki L\u2019Heureux-Mason.Et cela nous donnera l\u2019occasion de présenter notre histoire plus fidèlement.» les rues du centre-ville, dif férentes salles sont connectées par des tunnels.Dans une salle, on trouve un appareil pour espionner les conversations téléphoniques.Dans une autre, on découvre des barils pour la fabrication d\u2019alcool et une table de poker.Originellement construits par des ingénieurs hydrauliques, ces tunnels furent rapidement utilisés pour dissimuler des activités peu recommandables, avec la complicité de la police locale.« La police à l\u2019époque était très corrompue.Dans un cas, sept policiers ont été accusés dans une histoire de vol », explique Kelly Carty, directrice de la distribution des comédiens pour les tunnels de Moose Jaw.«Les gens ne veulent pas croire que nous avons été un quartier chaud.Ils préfèrent le nier.Mais ça s\u2019est passé.Tout cela est bien documenté.» C\u2019est dans ce contexte qu\u2019Al Capone aurait peut-être séjourné en Saskatchewan.À l\u2019époque, Chicago et Moose Jaw étaient directement connectées par la ligne de chemin de fer Soo Line.Il n\u2019existe pas de preuve matérielle de cette supposée visite, aucune photo, aucun registre d\u2019hôtel.Un manque de preuves qui a été critiqué par des sceptiques.Selon Kelly Carty, cette absence de preuves matérielles s\u2019explique toutefois par la nécessité, pour l\u2019homme en fuite, de ne laisser aucune trace.L\u2019entreprise Les Tunnels se base sur des témoignages de cer tains résidents de la ville.À l\u2019époque, un barbier lui aurait coupé les cheveux, un médecin aurait été amené à son chevet les yeux bandés, une enfant utilisée comme « messagère » dans les tunnels affirme l\u2019avoir vu.La nièce d\u2019Al Capone, Deirdre Marie Capone, affirme aussi que le gangster a bien séjourné à Moose Jaw.Elle a d\u2019ailleurs visité la ville et ses tunnels dans le cadre du tournage de son documentaire Finding Al.«Elle m\u2019a dit qu\u2019Al Capone nommait le Canada le «pays de Dieu» pour la qualité de son whisky et son degré de corruption», révèle Kelly Carty.Abonnez-vous à notre infolettre matinale.Du lundi au samedi, découvrez l\u2019essentiel de l\u2019actualité.LeDevoir.com/infolettre L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 Vi v r e S o c i é t é 4 6 | REPORTAGE KATIA TOBAR LE DEVOIR lusieurs centaines d\u2019années.C\u2019est le temps que prendra votre t-shirt synthétique préféré à se décomposer s\u2019il finit dans un centre d\u2019enfouissement.Il pourrait pourtant être sauvé, avoir une deuxième vie dans une nouvelle garde-robe ici au Québec, ou être expor té quelque part en Afrique, où il sera revendu dans un marché.Il pourrait aussi finir dans le laboratoire du scientifique québécois spécialisé en biologie moléculaire David Dussault et être dévoré par des champignons\u2026 Selon Recyc-Québec, « 3 % des matières résiduelles éliminées par les ménages [québécois] sont des produits de textile ou d\u2019habillement.Cela équivaut à 12 kg par personne et par année ou à un peu plus de 95 000 tonnes générées ».Face à ce constat, la solution la plus populaire est celle de la récupération.L\u2019« âge des ténèbres » C\u2019est le mandat que s\u2019est donné l\u2019organisme Le Support en organisant des collectes à domicile de dons de vêtements afin de les revendre à des chaînes de friperies pour financer la Société québécoise de la déficience intellectuelle.En plus de 30 ans d\u2019existence, ce modèle d\u2019af faires a permis au Support de reverser plus de 22 millions de dollars.« Ça fait beaucoup de t-shirts par année», se félicite Alain Mongrain, directeur administratif de l\u2019organisme.Pourtant, il observe que « l\u2019âge d\u2019or de la récupération des vêtements» est terminé.« On est plus aujourd\u2019hui dans un âge des ténèbres», se désole- t-il.Car malgré les presque 100 appels par jour auxquels répondent les employés du Support, M.Mongrain affirme que les volumes collectés ont diminué de moitié dans les dernières années.Il explique cette baisse par les réglementations de plusieurs arrondissements montréalais qui encadrent l\u2019installation des boîtes de dons dans le domaine public, ou l\u2019interdisent totalement pour éviter les nuisances urbaines.Ainsi sur les 500 boîtes installées par Le Support, il n\u2019en reste aujourd\u2019hui qu\u2019environ 200.Ceci laisse présager des jours plus sombres pour l\u2019organisme, et pour toute l\u2019industrie de récupération des textiles.«Quand il n\u2019y a pas de boîtes [de dons], les gens jettent et cela fait gonfler les sites d\u2019enfouissement municipaux.Ils ne feront pas 38 coins de rue pour porter leurs vêtements dans un centre de tri », constate M.Mongrain.Une consommation qui augmente Un constat qui pourrait bien s\u2019aggraver avec l\u2019émergence du phénomène de la fast fashion.Un rapport de 2017 de la Fondation Ellen MacArthur indique que la product ion Du prêt-à-porter au prêt-à-récupérer À l\u2019ère de la fast fashion, comment désengorger les sites d\u2019enfouissement ?Le centre de récupération du textile Certex estime récupérer plus de 6000 tonnes de matière textile chaque année.Sur ces 6000 tonnes, beaucoup finiront sur le marché des vêtements de seconde main au Québec ou en Afrique.PHOTOS VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR P mondiale de textiles a doublé au cours des 15 dernières années.Dans la province, Recyc-Québec obser ve « une hausse de 17 % des importations pour l\u2019industrie textile » entre 2011 et 2015.Face à cette consommation ef frénée, c\u2019est une course pour désengorger les sites d\u2019enfouissement qui se joue.«Chaque seconde [dans le monde], l\u2019équivalent d\u2019un camion de poubelle de textiles est enfoui ou brûlé.Une valeur estimée à 500 milliards de dollars est perdue chaque année à cause de vêtements peu portés et rarement recyclés.Si rien ne change, le secteur de la mode utilisera un quart du budget carbone mondial d\u2019ici 2050 », ajoute le rappor t de la Fondation Ellen MacArthur.L\u2019Afrique ferme ses frontières À Montréal, le centre de récupération du textile Certex estime récupérer plus de 6000 tonnes de matière textile chaque année.Sur ces 6000 tonnes, beaucoup finiront sur le marché des vêtements de seconde main au Québec ou en Afrique.Mais environ 600 tonnes de textiles non valorisa- bles, qui n\u2019auront pas trouvé preneur, finiront dans les sites d\u2019enfouissement, estime le directeur général de l\u2019organisme, Stéphane Guérard.Un volume qui pourrait augmenter avec la fermeture des frontières de nombreux pays d\u2019Afrique soucieux d\u2019encourager les industries du textile locales.« C\u2019est juste une question de temps avant que l\u2019Afrique ferme ses por tes.Ils en ont marre d\u2019être la poubelle du reste du monde », souligne M.Guérard.Au Rwanda par | 47 Vi v r e S o c i é t é L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 exemple, le président, Paul Kagame, avait annoncé en 2016 l\u2019instauration de « taxes d\u2019importation sur les vêtements et les chaussures de seconde main provenant principalement d\u2019Europe et d\u2019Amérique du Nord », rapportait alors le magazine Le Point.Le Kenya, la Tanzanie, l\u2019Ouganda et le Burundi tentent également de donner un nouveau souffle à leurs industries du textile en encourageant la fabrication locale dans le but de « bannir totalement les fripes ».Face à cette réalité, les centres d\u2019enfouissement québécois pourraient rapidement déborder.Et en ouvrir de nouveaux pourrait être mal vu par la population, constate Stéphane Guérard, qui insiste sur l\u2019urgence de la situation.Il faut trouver une solution pour recycler les textiles, «mais il est difficile de recycler dans une industrie [locale] qui n\u2019existe plus».Recycler ou digérer Le filateur québécois FilSpec a développé une stratégie de récupération et de remise en circulation des matières avec les marchés européens et asiatiques.«On n\u2019attend pas qu\u2019une infrastructure de transformation soit créée ici, on va le faire là où ça se fait», explique Dominique Quintal, associé de l\u2019entreprise.Il observe que, dans la mise en place d\u2019une économie circulaire, le principal défi consiste à changer le comportement des consommateurs.«Il faut changer nos mentalités et nos habitudes de consommation» pour arrêter d\u2019associer les vêtements de seconde main à une mauvaise qualité.Chez Certex, on mise sur la science pour désengorger les centres d\u2019enfouissement.L\u2019organisme travaille avec le chercheur de postdoctorat spécialisé en mycologie David Dus- sault sur une méthode de décomposition des vêtements qui sort de l\u2019ordinaire : dégrader les textiles en les offrant comme repas à du mycélium, le système racinaire des champignons.Le processus à l\u2019étude est assez efficace et sa durée dépend de la matière et des espèces utilisées.«Les champignons sont les grands décomposeurs de la nature, explique M.Dussault.Ils ont le pouvoir de dégrader des fibres synthétiques issues de l\u2019industrie pétrochimique.» Une fois la digestion terminée, on obtient une substance blanchâtre ou jaunâtre, biodégradable, qui peut être à son tour utilisée afin de décontaminer les sols et les eaux.Autre technologie à l\u2019étude pour recycler les vêtements : la pyrolyse, c\u2019est-à-dire la décomposition chimique des textiles par la chaleur.La condensation de la vapeur permettrait d\u2019obtenir une huile qui pourrait être utilisée dans la peinture ou les cosmétiques.Si ces technologies sont prometteuses, un défi demeure: développer un modèle d\u2019affaires viable et «accrocher les marchés», indique M.Guérard.Mais pour tous les intervenants, la solution la plus radicale est la prise de conscience des consommateurs et la réduction de la consommation de textiles neufs.Un changement de compor tement qui forcerait les grandes enseignes à réduire leur production pour que l\u2019industrie entre en décroissance.«Le point de réversibilité, on l\u2019a dépassé.On doit gérer les conséquences maintenant.Le système capitaliste est obligé de se redessiner s\u2019il veut survivre», s\u2019exclame Stéphane Guérard, en ajoutant une note d\u2019espoir : «L\u2019humanité a ceci de particulier que quand elle est au bord du gouffre, elle réagit très vite.» En réponse à la fast fashion, la marque nor végienne Carlings vient d\u2019ailleurs de lancer une collection de vêtements vir tuels vendus sur Instagram\u2026 Une solution pour les acheteurs compulsifs?Le recyclage valorisant (ou upcycling) Le recyclage est au cœur du processus de création des designers québécois, pour des raisons d\u2019abord économiques, et de plus en plus écologiques.C\u2019est ce qu\u2019observe Emanuela Lolli, présidente de Fashion Preview : « Les pièces uniques sont réinterprétées, on lave, on froisse, on transforme des jeans en shorts.» C\u2019est du recyclage valorisant, un recyclage mis au service de l\u2019art qui augmente la valeur du produit de départ.Une méthode utilisée par Daniel Beaudet, créateur de la marque récemment disparue Leinad, qui réutilisait ses tissus d\u2019une saison à l\u2019autre en les teintant et achetait des lots d\u2019échantillonnage des grandes marques et des surplus de stock.« J\u2019aimais bien l\u2019idée de sauver des matières qui étaient vouées à l\u2019oubli », confie-t-il, ajoutant pallier ainsi un « sentiment de culpabilité ».« Le monde n\u2019a pas vraiment besoin de mes vêtements, donc il faut essayer de produire avec conscience.» L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 BON VOYAGE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC LE DÉPARTEMENT DE PUBLICITÉ AU 514 985-3399 / publicite@ledevoir.com CIRCUIT EN RUSSIE - DÉPART GARANTI 6 nuits à Moscou 4*, 1 nuit dans l\u2019Anneau d\u2019Or 3*, 6 nuits à St-Petersbourg 4* DU 25 JUILLET AU 8 AOÛT 2019 ACCOMPAGNÉ - Maximum de 24 personnes 5 695$ PRIX PAR PERSONNE - occupation double 1 500$ de supplément - occupation simple INCLUANT : Avion - Hôtels de localisation centrale - Train de jour entre Moscou et St-Petersbourg - 28 repas - Excursions - Musées - Spectacles et frais d\u2019entrées - Guide francophone - Pourboires guide et chauffeur - Non-inclus : Visa - Certains repas - Assurances *Pour tous les détails : info@collectionneursdevoyages.com Tél.: 514 730 9293 / 819 446 5893 FABULEUSE CROISIÈRE en petit groupe accompagné PLACES LIMITÉES DE SYDNEY (AUSTRALIE) À AUCKLAND (NOUVELLE-ZÉLANDE) Du 23 février au 9 mars 2020 À PARTIR DE 5 599 $ / pers.en occ.double 12 ports d\u2019escale Possibilité de prolonger par un circuit terrestre inédit et excusif D é t e n t e u r d \u2019 u n p e r m i s d u Q u é b e c 2105, ch.Ste-Foy, Québec 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LES DÉTAILS ET PRIX DE CE PROGRAMME: 1 888 475-9992 Accompagné et guidé par l\u2019expert de l\u2019Italie, Fernando Spatolisano Du 4 au 19 mai 2019 DÉPART GARANTI Courriel : angie@legroupevip.com Tél.: 514.844.3616 ou 1 877.887.7843 sans frais Adresse : 2055 rue Peel, Suite 525, Montréal (QC).Suivez-nous sur Facebook www.facebook.com/legroupevip LEGROUPEVIP.COM permis du Québec LES CHARMES DE L\u2019INDE DU NORD ET DU RAJASTHAN Comprend : Ne comprend pas : INDE DÉPART DE GROUPE 2019 5 649 $ par personne en occupation double T Vârânasî et Vârânasî /Delhi francophone tout au long du circuit Accompagnateur de Montréal le programme 3 repas par jour Hôtels catégorie 3* 4* 5* ol international Montréal/Delhi/Montréal avec British Air V Circuit de 21 nuits, limité à 17 passagers axes locales ols domestiques en classe économique Khajurâho/ V Billet de train d\u2019Agra à Jhansi vice d\u2019un chauffeur avec véhicule climatisé Ser ous les transferts requis durant l\u2019itiné T axes aériennes d T ways Guide accompagnateur Visites et frais d\u2019entrées selon raire 21 nuits d\u2019hébergement e 750 $ 450 472-7112 ACHE -EUST SAINT 514 389-7777 AHUNTSIC 514 593-1010 ROSEMONT Pourboires aux guides, chauffeurs et personnel hôtelier vices non mentionnés dans le programme, T Frais de visa pour l\u2019Inde, Ser , Frai V , Assurances voyage, Contribution FICA outes les dépenses personne s pour cameras photos et vidéos à certains sites lles, Boissons lors des repas .com .voyagesmalavoy www Q u é b e c d u d u p e r m i s u n d \u2019 D é t e n t e u r M A R I E - H É L È N E A L A R I E Collaboration spéciale E lles sont tentantes, ces maisons préfabriquées, avec leur allure contemporaine et leur coût abordable.Et il n\u2019est pas rare de voir des auto- constructeurs se tourner vers celles-ci quand vient le temps de bâtir une habitation à l\u2019extérieur de la ville.Mais au- jourd\u2019hui, nombreux sont les acheteurs qui recherchent des maisons saines, écologiques et écoénergé- tiques sans pour autant sacrifier une architecture ni un design innovants.Écohabitation est un organisme indépendant qui accompagne les particuliers \u2014 et les professionnels \u2014 dans la réalisation de leur projet de construction durable.Après s\u2019être lancé en 2015 dans la construction de la maison Edelweiss à Wakefield, qui allait devenir la première unifami- liale certifiée LEED V4 Platine au Canada, l\u2019organisme recevait régulièrement des demandes pour les plans de la construction.Du préfabriqué nordique C\u2019est donc tout naturellement qu\u2019est venue l\u2019idée d\u2019offrir à sa clientèle des plans et des kits conçus par des architectes et parfaitement adaptés au climat québécois.Mais la volonté première était surtout « de donner accès à l\u2019habitation écologique à un prix abordable et comparable à d\u2019autres maisons préfabriquées.On voulait que les maisons soient belles et qu\u2019elles représentent notre nordi- cité », lance Camille Ouellette, chargée de projet chez Écohabitation.L\u2019organisme met en valeur le travail des architectes québécois tout en démocratisant l\u2019accès à des habitations où le design est mis en avant.Lancés le 4 février dernier, les premiers kits sont déjà disponibles, dont ceux de la firme Para-sol architecture en collaboration avec Développement et Bâtiment Pré-Fab inc.Et c\u2019est bien ici le concept des kits écohabitation : « On a voulu jumeler un architecte et un constructeur afin qu\u2019ils développent et intègrent les bonnes pratiques de la construction écologique à leurs plans », explique la chargée de projet.Tous les kits visent la certification LEED.Si ce type de construction existe déjà au Québec, Écohabitation y « apporte le volet architecture et design qui bonifie la maison préfabriquée de base », ajoute-t-elle.Ici, toujours dans le but de simplifier le processus, Écohabitation a voulu que les clients ne fassent af faire qu\u2019avec un seul inter venant, et ce L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 S ECT I O N S P ÉC I A L E HABITAT | 4 9 Elles sont belles et très tendance, abordables et surtout écologiques.Les maisons d\u2019architecte en kit d\u2019Écohabitation font leur entrée sur le marché des maisons préfabriquées.Quand préfabriqué rime avec «maison d\u2019architecte» « On a voulu jumeler un architecte et un constructeur afin qu\u2019ils développent et intègrent les bonnes pratiques de la construction écologique à leurs plans » Le cabine écologique Refuge S400 de Para-sol PARA-SOL VOIR PAGE 50 : PRÉFABRIQUÉ sera le constructeur.« Notre rôle dans ce projet est de faire of fice d\u2019intermédiaire, de fédérer les professionnels et de faire en sorte que l\u2019architecte et l\u2019usine travaillent ensemble à mettre sur pied des plans et de nous les soumettre », précise Camille Ouellette.Simplifier la maison écologique David Giraldeau, architecte et designer industriel, est cofondateur avec Alexandre Guilbeault de la firme Para-sol.Ils ont immédiatement été séduits par le projet d\u2019Éco- Habitation : « Depuis qu\u2019on a fondé notre entreprise, on a toujours mis de l \u2019avant l \u2019 idée de p lans dé jà conçus clés en main », raconte David Giraldeau pour qui la conception d\u2019une maison écologique n\u2019apportait pas vraiment de contraintes supplémentaires : « Il est possible de rendre une maison écologique tout simplement en changeant les c o m p o s a n t e s d e c e r t a i n s é l é - ments », ajoute-t-il.Par exemple, dans une construction traditionnelle, l\u2019épaisseur des murs sera de 12 pouces, alors que dans le modèle Éco-Habitat S1600, les murs mieux isolés font 18 pouces.Les fenêtres possèdent du triple vitrage au lieu de la norme qui demande un double vitrage.«Ce ne sont pas des contraintes difficiles à intégrer», affirme l\u2019architecte.Ici, la fenestration côté sud est maximale pour permettre au soleil de réchauffer l\u2019espace en hiver, alors que des brise-soleil procurent une certaine fraîcheur durant l\u2019été.Dans les prochains mois, d\u2019autres kits seront mis sur le marché : un duo L.McComber et Énergéco avec une habitation multilogements, le Studio MMA et Batiment Pré-Fab inc.proposeront l\u2019Abri, une maison de campagne à plusieurs variantes et Mar yse Leduc collaborera avec Adam Lumber inc.Pour of frir une maison classique.On retrouvera Para-sol cette fois en compagnie d\u2019Énergéco pour le Refuge S400 avec son design compact.L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 S ECT I O N S P ÉC I A L E HABITAT 5 0 | SUITE DE L A PAGE 49 PRÉFABRIQUÉ Tout sur le préfabriqué Si les maisons préfabriquées font jaser, elles font aussi naître des craintes, ou à tout le moins, certains questionnements.Voici quelques réponses à nos interrogations : Maisons traditionnelles ou préfabriquées, quelle est la différence ?La réalité, c\u2019est qu\u2019aujourd\u2019hui, la majorité des maisons possèdent des éléments préfabriqués qui seront assemblés sur place.Il existe deux types de constructions préfabriquées : la modulaire, qui est complètement construite en usine et qu\u2019on achemine sur le site où seront achevées les finitions intérieures, et l\u2019autre type, constitué de panneaux et d\u2019une charpente, qui sera assemblé sur place.Les coûts d\u2019une maison préfabriquée Conçues pour la classe moyenne, les maisons écologiques d\u2019Éco-Habitation se veulent abordables.Difficile toutefois de donner des prix avec précision puisque chaque projet pourra refléter les choix des acheteurs en matière de finitions, d\u2019implantation et d\u2019aménagement.Toutefois, le prix au pied carré du modèle Éco-Habitat S1600 tourne autour de 180$.Un prix tout à fait abordable quand on considère que ce même pied carré dans une maison d\u2019architecte traditionnelle peut atteindre les 300$.De plus, comme elle est écoénergétique, à long terme la maison sera peu coûteuse à entretenir.À qui s\u2019adresse le concept ?Les kits sont destinés aux particuliers.La maison pourra être livrée clés en main, mais un autoconstructeur pourrait choisir d\u2019entreprendre lui- même la finition intérieure.Cette section spéciale a été produite par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.La rédaction du Devoir n\u2019a pas pris part à la production de ces contenus Vues de la résidence unifamiliale Éco-Habitat S1600 de Para-sol PARA-SOL Vivre le solstice tous les jours Une nouvelle tour verra le jour à proximité du Centre Bell pour une livraison prévue en 2021.Les travaux se mettront en branle le printemps prochain.Solstice Montréal s\u2019ajoutera alors aux trois tours des Canadiens, à L\u2019Avenue, aux deux Roccabella, ainsi qu\u2019à un autre projet en préparation, Centracon- dos.Entre fleuve et montagne, ce complexe offrira quarante-quatre étages d\u2019espaces de vie lumineux destinés aux fervents d\u2019urbanité.Cet ensemble exceptionnel de luxueux condominiums du studio à l\u2019appartement de trois chambres fermées se trouve à proximité des artères commerciales et proposera des boutiques en son sein.Les heureux propriétaires auront accès à de multiples services et autres aires communes, parmi lesquelles une piscine intérieure avec spa thermal, des salles d\u2019entraînement et de yoga, un centre d\u2019affaires et un salon des propriétaires.Les occupants pourront aussi avoir accès à un cellier privé.Habitez Rosemont, vivez le parc ! Situés au cœur de Rosemont, les condos Aera offrent un accès privilégié à un environnement à la fois urbain et naturel.Vivre dans Rosemont, c\u2019est en effet choisir un mode de vie dynamique et à proximité de tous les services.Mais choisir les condos Aera et leur cour intérieure, c\u2019est vivre dans le prolongement du parc Rosemont sur lequel certains logements ont vue.L\u2019union de ces espaces verts permettra aux résidents de profiter pleinement de la nature, selon le promoteur.L\u2019architecture d\u2019Aera a d\u2019ailleurs été pensée afin d\u2019offrir une magnifique vue sur la cour.Aera propose des appartements d\u2019une, deux ou trois chambres à l\u2019angle des rues d\u2019Iberville et Dandurand.Comptoirs en quartz, grands balcons, climatiseur mural et échangeur d\u2019air, espace de rangement, acoustique optimisée, stationnement pour vélos sécurisé\u2026 tout cela à quelques pas des boutiques et autres restaurants de la promenade Masson.De nouveaux projets en bref H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 PRENEZ RENDEZ-VOUS DÈS MAINTENANT ! RESTER PROPRIÉTAIRE MÊME À LA RETRAITE.PUBLIREPORTAGE SÉLECTION PANORAMA Rester propriétaire même à la retraite Les avantages d\u2019être propriétaire, les services en plus.Le nouveau complexe lavallois pour retraités Sélection Panorama offre la possibilité d\u2019acheter l\u2019un des quarante-huit appartements mis à la vente, tout en pro?tant des facilités offertes par la vie en résidence de luxe pour retraités.Les avantages d\u2019être propriétaire, les services en plus.d\u2019ingénierie, et bois en ers dans quartz en toirs Gascon, précise Martin et extérieur au sel, salle de conditionnement physique, bain de salles les - planch des cuisine, la - régional ecteur dir , salle de quilles, cinéma mai dans tous les appartements, son, - elié à du person r - s\u2019installer dans un complexe pour r Qui a dit que quitter son domicile pour ente étages \u2014 la plus haute ne de tr ble moder sur le lac des Deux Montagnes, et au nor ue au sud sur le mont Royal et les mon V eusement la lumièr génér - etraités ainsi aménagées telles que le Sky lobby au De nombr «Un animateur est présent quotidienne sera construite dès cet été, permettant aux piste cyclable passera pr - d, - e, et les logements es communes sont euses air ochainement entr logements beaux de et nier der habité depuis l\u2019été Le complexe est - e le e encor estent r 32 unités de soins, mais aussi 48 logements près des grands axes r \u2014 est situé dans le secteur Sainte-Dor es outiers et de centr othée - 100 selectionr al, Qc v , La oie v , rue Étienne-La e ait etr om \u2022 1 844 26 c .3-6218 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 Vi v r e R e s t o 52 | CRITIQUE JEAN-PHILIPPE TASTET COLLABORATEUR LE DEVOIR D ans son édition du 14 septembre 2001, trois jours donc après la catastrophe, afin de remonter le moral de ses lecteurs Le Devoir disait de cette petite maison et de son chef girondin: « Au Margaux, tout est préparé avec soin, simplicité et avec un cer tain bonheur.Les clients apprécient.» Presque deux décennies plus tard, on pourrait dire la même chose, Le Margaux de 2019 ayant gardé les mêmes qualités et en ayant même ajouté quelques-unes.Parmi les qualités conservées, le chef Jérôme Chatenet, toujours au poste avec autant de talent et de modestie ; parmi les nouvelles, le sous- chef, Javier Acosta Perelman.Le soir de ma visite, incognito en compagnie de mon ami Ron Davis, le chef était absent, retenu au lit par un méchant tour de reins.J\u2019aime bien quand les chefs sont retenus lorsque je passe critiquer; ça me permet de voir comment ils ont prévu leurs arrières.Le travail de M.Acosta Perelman ce soir-là aura été digne d\u2019éloges.Pas la moindre fausse note, pas trop de ceci, assez de cela, une bien belle soirée.L\u2019ancien Margaux, pour ceux qui s\u2019en souviennent, occupait un petit local rue Villeneuve ; il en fut chassé par un propriétaire un peu trop gourmand.Le « nouveau » Margaux s\u2019est installé avenue du Parc juste au sud de l\u2019avenue Laurier.Discret, presque effacé, un peu comme le patron qui laisse tous les feux de la rampe à son épouse, Corinne Cauhapé, Béarnaise comme la sauce de Patricia.Je passe L\u2019art girondin de briller en discrétion Au Margaux, on goûte une cuisine très soignée, sans sparages gastronomiques devant Le Margaux quotidiennement depuis une douzaine d\u2019années en me disant que je devrais aller voir et goûter afin de vous en parler.Parlons-en donc.Un joli décor, soigné sans extravagance, un fond musical qui reste un fond, un service attentif et attentionné et une cuisine parfaite pour ces repas où l\u2019on n\u2019a pas nécessairement envie de «sparages» gastronomiques.On goûte ici une cuisine très soignée, sautillante juste ce qu\u2019il faut pour se hisser un cran au-dessus du registre bourgeois français.Le chef vient de Margaux, coquette bourgade de Nouvelle-Aquitaine surtout connue pour ses vignobles.Sa cuisine des premiers jours était très teintée de ses origines.Les années ont passé et, dans les poêlons, le côté bourgeoisie bordelaise a laissé un peu de place à de beaux accents québécois.Un amuse-bouche fort en champignons et légèrement crémé, oignons, poireaux, et fond blanc de volaille discret.Les bouches sont effectivement amusées.Une soupe à l\u2019oignon parfaitement gratinée, soupçon de vin blanc et jolie présence de laurier et de thym frais.Les croûtons essayaient de sor tir de la mini-soupière ; le très généreux gratin veillait.En plus de la croûte dorée formée à la surface du bol ou de la soupière, la qualité d\u2019une soupe à l\u2019oignon se juge à la qualité du bouillon dans lequel baignent les croûtons.Dans ce cas-ci, les effluves présageaient de belles cuillerées.Les bons présages se sont avérés.Une trilogie d\u2019escargots, à l\u2019ail, en tempura et infusés à la badiane.Dans le premier cas, beaucoup d\u2019ail, comme il se doit, et un trait de cognac comme en Aquitaine.Dans le dernier cas, un plaisir de thym et de badiane.Le tempura ne laisse pas un souvenir impérissable.Au moment des plats principaux, j\u2019ai perdu mon ami trompettiste, tout à son onglet albertain grillé, accompagné d\u2019échalotes revenues dans le beurre, de belles frites et d\u2019une petite salade verte.Ma côte de veau de lait avait été, elle, léguée par un bovin de chez nous.Une gigantesque côte de veau (j\u2019ai compris un peu tard que 350 g équivalaient à un peu plus de 12 onces) parfaitement rôtie et cuite selon ma demande.En plus d\u2019une irrésistible sauce au porto, elle était accompagnée de délicieuses pommes paillasson, d\u2019une poêlée de chanterelles en tube et d\u2019un tout aussi savoureux mélange de céleri- rave, de courge Butternut, de champignons et de quelques grains de raisin rouge (sans doute pour donner bonne conscience).Les desserts ne passeront pas eux non plus à la postérité et ne devraient en rien refréner votre intention de vous asseoir à cette table, tranquille, soignée et globalement exquise.Le Margaux ?1/2 $$$ 1/2 5058, avenue du Parc, Montréal, ?514 448-1598 Ouvert à midi du mardi au vendredi et en soirée du mercredi au samedi.Table d\u2019hôte du midi de 20,95$ à 27,95$.En soirée, entrées de 5,95$ à 25,95$ pour une trilogie de foie gras ; plats principaux de 25,95$ à 39,95$ pour une gigantesque côte de veau de lait aux champignons ; assiette de fromages à 14,95 $ et trois desserts à 9,95 $.Notre souper aura coûté, avant taxes et pourboire, 124,95$.On suppose que le 0,95$ est très prisé en comptabilité margalaise\u2026 Comme les assiettes sont délicieuses, vous voudrez certainement apporter une de vos belles bouteilles.Le Mar- gaux fournit l\u2019eau du robinet pour trois fois rien.| 5 3 Vi v r e R e c e t t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 Velouté de topinambour 1 oignon, émincé 500g de topinambour, émincé Ail, thym, laurier 50g de crème liquide 250g de fond blanc de volaille 25g de beurre Huile d\u2019olive Faire suer l\u2019oignon et le topinambour avec l\u2019ail, le thym et le laurier jusqu\u2019à obtenir une légère coloration.Mouiller avec la crème et le fond blanc.Cuire à feux doux.Mixer en montant avec le beurre, puis passer au chinois étamine.Au moment de servir, servir avec un siphon gazé avec 2 cartouches.Pleurotes 200g de pleurotes 20g d\u2019échalote, ciselée Faire sauter les pleurotes dans l\u2019huile d\u2019olive.Ajouter les échalotes ciselées lorsque commence la coloration des champignons.Terminer par une noix de beurre.Croûton de pain 1 gros pain de campagne 50g de beurre clarifié Trancher le pain finement.Tailler à l\u2019emporte-pièce diamètre 60 et humecter de beurre clarifié fondu.Cuire entre 2 plaques avec du beurre clarifié.Cuisson: 175 °C de 7 à 10 minutes.Jus de viande à la truffe 15g de truffe 20cl de jus de viande Hacher la truffe et l\u2019ajouter au jus de viande.Jaune d\u2019œuf mariné 2 jaunes d\u2019œufs 600g de gros sel 400g de sucre Faire mariner les jaunes d\u2019œufs pendant 72 heures avec le mélange de sel et de sucre.Sécher au four à 80 °C pendant 3 heures.Au moment de servir, passer à la râpe fine.Cuisson des œufs 4 œufs 1 c à soupe de vinaigre Faire bouillir de l\u2019eau dans une casserole et y ajouter une cuillère à soupe de vinaigre.Pendant ce temps, casser un des œufs dans un petit bol afin qu\u2019il soit prêt à mettre dans l\u2019eau lorsque celle-ci atteindra la bonne température.À ébullition, réduire le feu.Tremper le bol contenant l\u2019œuf dans l\u2019eau et laisser cuire celui-ci pendant quelques instants avant de le glisser complètement dans l\u2019eau.Cuire 2 minutes environ, jusqu\u2019à ce que le blanc soit coagulé.Renouveler l\u2019opération pour tous les œufs.Olivier Perret est chef du Renoir à l\u2019hôtel Sofitel de Montréal.L A R EC E T T E D U C H E F O L I V I E R P E R R E T Œuf poché, velouté de topinambour, pleurotes, croûton de pain, jus de viande truffé Pour 4 portions LE RENOIR En 2001, Le Devoir écrivait : « Au Margaux, tout est préparé avec soin, simplicité et avec un certain bonheur.» Le resto de 2019 a gardé les mêmes qualités et en a même ajouté quelques-unes.PHOTOS CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR ssisterions-nous à une nouvelle tendance brassicole au Québec ?La mi- crobrasserie de Boucherville L\u2019Appât du grain a vraisemblablement ouvert les vannes en décembre dernier avec sa IPA du Norway, suivie des micro- brasseries Épitaphe et Champ libre \u2014 en collaboration avec Boréale \u2014 qui ont proposé ces dernières semaines leurs propres india pale ales ayant toutes en commun d\u2019avoir été brassées avec une souche de levure originaire de la Nor vège appelée « kveik », dont les propriétés gustatives singulières inspirent les brasseurs artisanaux.Larvikite «Il y a des tendances dans le marché qui finissent par influencer les brasseurs», dit Jan-Philippe Barbeau, fondateur de la microbrasserie Épitaphe, brasseur en chef chez Lagabière et, par ailleurs, créateur de la recette de la fameuse scotch ale au miel Mac Kroken Flower, l\u2019un des premiers classiques de la bière québécoise.« Je pense que tous les brasseurs lisent les mêmes blogues pour s\u2019informer \u2014 ce n\u2019est pas pour rien que tout le monde s\u2019est mis à brasser des NEIPA et que les Brut IPA font leur apparition en même temps au Québec, et aujourd\u2019hui les kveiks.» Ainsi, Barbeau donne tout le crédit au biérologue, conférencier et auteur d\u2019ouvrages sur la bière Martin Thibault (lescoureursdesboires.com) pour avoir amassé et partagé l\u2019information sur ces bières fermières norvégiennes, brassées avec les kveiks depuis des siècles.«C\u2019est lui qui a fait découvrir ces levures, ici et en Amérique du Nord», un type de levure saccharomyces qu\u2019on pourrait apparenter aux levures à ales, mais qui présentent des caractéristiques très différentes.«Ces levures ont des vies vraiment bizarres, elles défient les lois du maintien en condition de laboratoires des levures traditionnelles, c\u2019est spécial.» Thibault en a rapporté de ses expéditions en Norvège pour les confier à des laboratoires, lesquels ont pu cultiver et rendre disponibles aux brasseurs ces formidables petits organismes vivants.Car, précise Barbeau, « kveik désigne un ensemble de levures de cette région, qui servent aux Norvégiens à brasser des bières plus maltées, aromatisées aux épices.Mais on est en Amérique du Nord et, ici, on apprécie les IPA très fruitées.On jase beaucoup ces temps-ci en Amérique du Nord de ces levures nor végiennes par ticulières.On se rend compte qu\u2019elles sont vraiment intéressantes ; elles donnent des résultats goûteux, sont plus fermières, plus r ustiques.Elles sont rapides à travailler et, on ne se le cachera pas, elles pardonnent beaucoup les erreurs que les brasseurs peuvent faire durant le processus de brassage ».L\u2019objectif que Jan-Philippe Barbeau avait en tête en concevant la recette de la Larvikite, c\u2019est d\u2019utiliser le potentiel gustatif du kveik au maximum.«C\u2019est une levure [qui génère des saveurs] sucrées et d\u2019agrumes.Le truc était d\u2019utiliser des houblons qui allaient rehausser ces caractères.L\u2019objectif était de brasser une «bombe de houblons» dégageant des saveurs d\u2019orange, de mandarine, de tangerine.» REPORTAGE PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 Vi v r e B i è r e 5 4 | Grand circuit de L\u2019Espagne et du Portugal \u2013 25 jrs 2 départs : 11 mai et 22 septembre Circuit 7jrs au Portugal, Lisbonne 3nts, Madrid 3nts, Cordoue 2nts, Séville 2nts, Grenade 2nts, Barcelone 3nts et autres villes visitées.46 repas, guides locaux francophones, toutes les visites incluses Grand tour du Portugal & ile de Madère \u2013 22 jrs Départ 25 septembre - Circuit de Qualité Porto 3nts, Vallés du Douro, Coimbra 2nts, Fatima, Evora 2nts, Faro 2nts, île de Madère 4nts, Lisbonne 4nts, 50 repas, plusieurs dégustations, visites incluses AGENCE SPÉCIALISÉE MAROC Maroc: Montagne du Rif ,Villes impériales et Grand Sud 14 au 29 sept.2019 14 nuits / 15 jours Petit groupe privé (12 personnes maximum) Tél.: 450-984-2585 www.experienceberberetours.com No permis de l\u2019OPC : 702865 BON VOYAGE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT APPELEZ AU 514 985-3399 oyages Symone Br V outy E D S A P 0-0 5 00 6 1 8 ceptions : Culture, Histoire & Petit x Des voyages d\u2019e Pour des voyages pas comme les autres 2 2 nts.nne Ruatta, docteure en lettre classique et spécialiste en histoire ancienne.Stéphanie\u2013A me M o i t p e c x e \u2019 d s e g a y o v s e D U Z A U G S I UTE CH lt a 6 jrs.S T ES U O RD O N DU T DESER , n y r d a M o t r e u P , s t n 3 RES I A S O BUEN a P & e n i t n e g r A e d n a r G a L .com y y g 424 www s Gro .vo a esbrout n t e e r i o t s i H \u2019 l t e e r u t l u C a l r u s s é x a s n i s e t i s i v t e s é e r t n e s e l , s a p e r 4 5 agne des 7 couleurs, Grandes S hi, Mont a Purmamaca, Cac LUX E D E R E I S OI CR .w e l re T , e t a f a l a C l E u a er 1 t r a p é D s r j 1 2 \u2013 e i n o g a t es up P e r m i s d u Q u é b e c .r a p s é é r c s u l c lines.a dans les glaciers 3nts.E e r b m e v o n 1 2 ! S E S I R P R U S S E S I A V U A M visites incluses , epas 9 r 3 Athènes 3nts , s r j 5 e r è i s i o r C ephallonie K rgina, Météores, e , V 2nts lonique a hess T & séjours iles ioniennes Circuit terrestre, Croisière 6 places : 8 mai et 11 septembre 2 départs ésors de la Grèce \u2013 20 jrs r Les T , outes les entrée T v s e r t u a t e Dublin 2nts h C & 2nts Killarney , Lake District, Edimbourg 2nts Île Man e c u a * 3 t e * 4 s l e t ô H : 11 mai et 5 septembre 2 départs trimoine Royaume-Uni & Irlande a P visites incluses , s .epas 6 r 5 , s e é t i s i v s e l l i , s t n a é G s e d e é s s u a , s nt 3 , 4nts , Londres e l l i v - e r t n 24 jrs \u2013 Au goût de la Norvège Les propriétés gustatives singulières du kveik inspirent nos brasseurs artisanaux La Cuvée d\u2019hiver Ces deux IPA au kveik, ainsi que plus d\u2019une centaine d\u2019autres brassins québécois et d\u2019ailleurs, seront offerts en dégustation lors de la septième édition de La Cuvée, qui se tiendra à compter du 28 février prochain dans l\u2019ancienne église Saint-Joseph de la Petite- Bourgogne, aujourd\u2019hui convertie en espace événementiel (Le Salon 1861).Réponse artisanale et hivernale au Mondial de la bière, La Cuvée met d\u2019abord en vedette les produits locaux, bières, vins, cidres et alcools de distilleries, ainsi qu\u2019une sélection de bières internationales élaborée par l\u2019Agence Vitriol (Anchorage Brewing Co., Brouwerij de Ranke, Brouwerij Boon).En plus des brassins spéciaux (dont la mythique Péché Mortel, bourbon de Dieu du ciel !), bouffe et musique live agrémenteront les froides soirées jusqu\u2019au 2 mars.Au 550 de la rue Richmond.A Avec sa robe orange foncée trouble et sa belle mousse grasse, la Lar vikite pourrait passer comme une version rustique de la NEIPA.Titrant 6 % d\u2019alcool, cette bière a été brassée « avec une quantité immodérée de houblons, du Mandarina Bavaria, du Hallertau blanc et une touche de Citra », sur une base de malt pâle d\u2019orge, de blé malté et d\u2019avoine en flocons.« J\u2019avais pas mal l\u2019impression que ça allait donner une bière qui ressemblait à une NEIPA, mais sans que c\u2019en soit une.Je cherchais une saveur plutôt qu\u2019un style : cette levure m\u2019offrait un éventail de saveurs après fermentation, et j\u2019ai choisi mes houblons en fonction de ça.Une bière qui goûte vraiment \u201corangée\u201d .» Nordicité En plus de leurs attributs gustatifs, les kveiks possèdent des propriétés rendant leur utilisation très intéressante aux yeux des brasseurs, explique Alex Ganivet-Boileau, brasseur en chef de la jeune Brasserie & distillerie Champ libre, autrefois brasseur en chef aux Trois Mousquetaires.« C\u2019est du jamais vu, dit-il tout emballé.Normalement, pour une levure à ale, on maintient généralement la température de fermentation autour de 22 ou 23 degrés ; certaines levures belges peuvent aller plus haut sans développer des saveurs qu\u2019on ne veut pas avoir dans une bière.[\u2026] Dans le cas de cette levure norvégienne, elle peut tolérer jusqu\u2019à 40 °C et elle ne développera pas d\u2019esters [des composantes aromatiques], pas très intéressantes.Ça fermente proprement, avec un beau côté de fr uits confits \u2014 un peu comme une marmelade d\u2019orange.» « Or, pour une microbrasserie établie dans une région chaude, au sud des États-Unis disons, ça représente des économies considérables pour ce qui est de l\u2019électricité nécessaire à la réfrigération, fait remarquer le brasseur.De plus, le processus de fermentation avec ces levures est très rapide : 72 heures.Souvent, les levures [à ale traditionnelles] peuvent mettre de sept à huit jours pour faire leur travail.Ça veut dire qu\u2019une même cuve peut servir plus souvent pour le brassage, ce qui rend l\u2019installation beaucoup plus rentable.» C\u2019est Gabriel Dulong, maître- brasseur chez Boréale, qui a soumis l\u2019idée d\u2019une recette à base de levure kveik à son collègue Alex.Leur Nor- dicité, IPA fermière à 6% d\u2019alcool, est légèrement trouble, blonde tirant sur le jaune, et dégage des arômes sucrés d\u2019agrumes avec une finale juste assez sèche.À l\u2019assemblage de houblons Chinook et Citra, les deux hommes ont infusé la bière avec un bouquet de branches de genévrier « qui pousse ici sur notre terre, parce qu\u2019on prévoit de distiller bientôt notre propre gin», précise le brasseur.Une recette de vin d\u2019orge fermenté au kveik mûrit présentement dans les fûts de chêne de Champ libre et devrait apparaître sur les tablettes vers la fin du mois de mars.| 5 5 Vi v r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 L E S A P P L I CAT I O N S D E L A S E M A I N E Lassé de Netflix ?L\u2019expérience est trop commune: on s\u2019installe bien au chaud sous une couverture, on allume la télé\u2026 et on ne trouve rien à regarder sur Netflix.Si vous avez l\u2019impression d\u2019avoir déjà tout vu, voici deux options pour calmer vos envies de vi- sionnage en rafale.Pour les cinéphiles Films cultes, cinéma indépendant, grands classiques : Mubi promet de divertir les cinéphiles en misant sur la qualité de son catalogue plutôt que sur sa quantité.À titre de comparaison, Netflix offre plusieurs milliers de vidéos à la demande.L\u2019application Mubi, elle, n\u2019offre que 30 films.Son catalogue reste pourtant en constante évolution.Chaque jour, un nouveau chef-d\u2019œuvre, ou du moins un film intéressant, apparaît sur son fil.Ceux-ci ne sont ensuite disponibles que pour un mois.Il faut payer un abonnement pour profiter de Mubi, mais un essai gratuit est offert.Mubi Mubi inc., offert pour iOS et Android Regard queer Sur Revry, ce sont les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, queer, non binaires, fluides et autres qui sont à l\u2019honneur.Le service de vidéo à la demande, qui est gratuit pour ceux et celles qui accepteront d\u2019avoir leur écoute interrompue par des publicités, offre un éventail de films indépendants, de documentaires, de séries télévisées et même de balados, tous à la sauce queer.Si certaines séries télé offertes par Revry, comme la britannique Queer as Folks, commencent à avoir de l\u2019âge, l\u2019application offre aussi ses propres té- léromans inédits.Revry Revry inc., offert pour iOS et Android Olivier Sylvestre OLIVIER SYLVESTRE LE DEVOIR Les kveiks sont un type de levure saccharomyces qu\u2019on pourrait apparenter aux levures à ales, mais qui présentent des caractéristiques très différentes.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Je pense que tous les brasseurs lisent les mêmes blogues pour s\u2019informer.Ce n\u2019est pas pour rien que tout le monde s\u2019est mis à brasser des NEIPA et que les Brut IPA font leur apparition en même temps au Québec, et aujourd\u2019hui les kveiks.JAN-PHILIPPE BARBEAU » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 Vi v r e Vi n 5 6 | Moins de 16 $ Chenin Blanc 2018, La Capra, Fairview, Afrique du Sud (13,95$ \u2014 13574821) Ce chenin blanc «sauvignonne » tant il joue, du moins sur le plan olfactif, ses notes anisées où fenouil et basilic rivalisent de fraîcheur et d\u2019entrain.Pour le reste, le fruité s\u2019articule autour d\u2019une sève vivace avec ses quelques rondeurs avant de terminer sur une finale où l\u2019amertume pointe son nez.C\u2019est simple, droit, fort amical.(5) ?La surprise Cognac Augier L\u2019Océanique 2015, Charentes, France (99$ \u2014 13484737) Trois cognacs de la maison Augier (la plus ancienne maison de cognac, 1643) sont offerts sur le marché, soit cet Océanique aux nuances salines de salicorne, Le Sauvage (99 $ \u2014 13483822), plus personnalisé et puissant, et Le Singulier 2015 (109 $ \u2014 13484745), au relief unique, fortement personnalisé par ses lies fines.Lequel choisir ?Procédez par étapes ! ?Le blanc La Voûte 2017, Touraine Chenonceaux, Joël Delaunay, Loire, France (22$ \u2014 13900956) Il y a ici comme une intrigue de château, dans ce coin de pays où rois et princes de tous acabits rivalisaient de panache en leurs demeures.Le sauvignon s\u2019y dévoile avec moins d\u2019esbroufe que d\u2019habitude, offrant en contrepartie une épaisseur et une tension inhabituelles.Un blanc qui aimera les huîtres grasses et autres petits chèvres affinés.(5+) © ?Le rouge Saint-Nicolas-de-Bourgeuil 2016, Laurent Mabileau, Loire, France (20,55$ \u2014 873000) Vous voilà dans un film de Claude Sautet où Piccoli, Montand, Depardieu et, bien sûr, Romy Schneider éclusent dans des verres ballons des flacons entiers de ce cabernet franc tout beau, tout bon.Un esprit canaille, une ambiance bon enfant articulée autour d\u2019un rouge souple et léger, framboisé et fort attachant.Pas mal sur le fromage La Sauvagine.(5) ?Le bio Madiran Vieilles Vignes 2015, Domaine Labranche Laffont, Sud-Ouest, France (27,60$ \u2014 914192) Les quantités se font rares, mais cette cuvée marquée par le tannat pur mérite que l\u2019on sorte les crocs pour en apprécier la fibre bien serrée.Rassurez-vous toutefois, même si la bête porte une griffe terroir bien sentie, Christine Dupuy ne se permettrait pas d\u2019en grossir exagérément les traits.C\u2019est coloré, vivant, mûr, homogène, de belle longueur.(5+) © ?1/2 (5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans (10+) se conserve dix ans ou plus © devrait séjourner en carafe L E S V I N S D E L A S E M A I N E BILLET JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR Qu\u2019auraient imaginé les Étrusques, déjà habiles à manier la vigne et la tonnellerie, s\u2019ils avaient eu sous les doigts nos réseaux sociaux actuels pour promouvoir à l\u2019étranger le vin qu\u2019ils exportaient déjà en 480 av.J.-C.?À défaut de pouvoir s\u2019imposer sur le plan militaire face aux armées de César, ce peuple belliqueux lui aurait en revanche infligé un solide pied de nez en l\u2019emportant ne serait-ce que sur le plan de la balance commerciale! L\u2019Étrurie d\u2019hier devenue la Toscane d\u2019aujourd\u2019hui carbure visiblement, selon les dernières études menées par la Fondazione Sistema Toscana en collaboration avec Travel Appeal, à un taux de satisfaction inégalée de 95,5%, selon les quelque 41 000 communications vir tuelles dif fusées dans le monde.Le réseau Instagram demeurant l\u2019outil le plus utilisé par les in- fluenceurs de tous acabits.Les trois appellations s\u2019illustrant au podium de la popularité numérique?Les Chianti DOCG, Brunello di Mon- talcino et Bolgheri DOC.Les talonnent de près Rosso di Montalcino et une nouvelle venue, DOC Orcia (limitrophe au Brunello), ainsi que, surprise de taille, Vernaccia di San Gimi- gnano, sur laquelle nous reviendrons plus en détail la semaine prochaine.Si une image suffit à faire vendre, mille clics en centuplent la performance, sachant qu\u2019aucune région, même la Toscane, n\u2019a le luxe aujourd\u2019hui de se reposer sur ses lauriers en ce qui a trait à sa propre visibilité.La «bête» a faim et il faut la nourrir ! Ces statistiques étaient révélées à la presse la semaine dernière lors de l\u2019édition annuelle Anteprima 2019, où les appellations Chianti, Vernaccia di San Gimignano, Brunello di Montal- cino et Vino Nobile di Montepul- ciano étaient à l\u2019honneur.Tenez, seulement que pour l\u2019événement Chianti Classico Collection, près de 200 maisons viticoles proposaient aux quelque 250 journalistes (dont votre humble serviteur) venus d\u2019une trentaine de pays plus de 9000 bouteilles à palper du palais.Je vous laisse imaginer la pluie de clics dégoulinant sur le parapluie médiatique ! Un plumage à la hauteur du ramage Je l\u2019avoue moi-même d\u2019emblée : je n\u2019ai pas été aspiré par le vortex numérique en question, n\u2019étant moi- même qu\u2019un nouveau-né en matière de réseau social.Trop occupé en cela à décortiquer, par la dégustation, les nuances de style et de personnalité que le grand sangiovese pouvait s\u2019adjoindre, non seulement en simple appellation chianti, mais aussi par l \u2019entremise des nombreuses communes où il s\u2019exprime, qu\u2019elles se nomment Aretini, Fioren- tini, Senesi, Pisane, Montalbano, Montesper toli ou encore, Rufina.Des nuances certes subtiles, mais tout de même vérifiables.Et là, je ne vous parle pas du DOCG Morellino di Scansano, tout au sud, où le sangiovese, sur sous-sols légers et filtrants, sculpte en rondeur et en fluidité des rouges qui n\u2019ont strictement rien à voir avec ceux situés au cœur historique du Chianti Classico, qu\u2019ils soient de Greve, de Radda ou encore, de Castellina.Je retiens ici, pour leur élégance et leur cohérence fruitée, les maisons Montero, Poggio Trevalle, Poggio Brigante, Fattoria le Pupille, Val di Toro et autre Fattoria Mantellassi.Quant au cœur même du grand chianti, le ramage du grand coq noir vaut bien l\u2019éclat de son plumage avec ces incontournables maisons que sont Castellare, La Castellina, Cas- tello di Ama, Badia a Coltibuono, Car- pineta Fontalpino, Castello di Volpaia, Fèlsina, Gagliole et Le Filigare, sans oublier le profond et racé sangiovese de la Fattoria San Giusto a Renten- nano.Des styles qui démontrent que le grand sangiovese s\u2019illustre avec détail, subtilité, sophistication et pertinence, même (et surtout) s\u2019il est vinifié en monocépage.Ce qui n\u2019empêche pas le célèbre coq noir d\u2019être aussi délicieux\u2026 en coq au vin ! guideaubry@gmail.com L\u2019Anteprima 2019 La Toscane à l\u2019heure des réseaux sociaux Le célèbre coq noir du Chianti Classico est aussi délicieux en coq au vin.À base de san- giovese, tout naturellement ! ANTEPRIMA | 57 Vi v r e S an t é L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 CATHERINE LEFEBVRE COLLABORATRICE LE DEVOIR À l\u2019occasion du Mois du cœur, la Fondation des maladies du cœur et de l\u2019AVC présente son plus récent bulletin à propos des liens de plus en plus serrés entre la santé cardiovas- culaire et cognitive.D\u2019entrée de jeu, on y note que les maladies du cœur sont la deuxième cause de décès au pays, selon les données de 2016 de Statistique Canada.Lorsqu\u2019elles sont combinées aux maladies cardiovasculaires et au diabète, elles se rapprochent d\u2019autant plus du nombre de décès causés par le cancer, la principale cause de décès au Canada.Dans son dernier bulletin, intitulé (Dé)connexions : Des liens insoupçonnés posent un risque, la Fondation des maladies du cœur et de l\u2019AVC s\u2019intéresse particulièrement aux plus récentes données probantes sur les liens entre les maladies cardiovascu- laires (MCV) \u2014 l \u2019ensemble des anomalies pouvant affecter le cœur et les vaisseaux sanguins \u2014, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et les maladies cognitives d\u2019origine vasculaire \u2014 dégénérescence causée par des anomalies aux vaisseaux sanguins du cerveau causant un déclin de l\u2019état cognitif pouvant aller de la perte de concentration à la démence.Selon les données les plus récentes de la Société Alzheimer du Canada, 564 000 Canadiens étaient atteints de troubles cognitifs en 2011, la maladie d\u2019Alzheimer étant la forme la plus répandue parmi ceux- ci.Elle estime aussi que, d\u2019ici 15 ans, 937 000 personnes en seront atteintes.De son côté, l\u2019analyse de la Fondation des maladies du cœur et de l\u2019AVC révèle que les MCV, les AVC et les maladies cognitives d\u2019origine vasculaire sont reliés de plusieurs façons.« La découver te la plus surprenante est que les personnes avec une maladie du cœur présentent un risque très accru de souf frir d\u2019une dégénérescence cognitive \u2014 et possiblement de démence \u2014 à cause d\u2019une maladie vasculaire sous-jacente, indique Yves Savoie, chef de la direction nationale de Cœur + AVC par voie de communiqué.Les maladies vasculaires sont encore plus interre- liées que nous ne le pensions, ce qui laisse entrevoir un problème encore plus grave et alarmant pour la majorité de la population, puisque 90 % d\u2019entre nous vivent avec un risque de maladie cardiovasculaire.» En ef fet, 9 Canadiens sur 10 vivent avec au moins un facteur de risque de maladies cardiovasculaires.Ce faisant, lorsque nous vivons avec une des trois conditions ment ionnées précédemment, nous sommes exposés à un plus grand risque de subir un problème (cardiaque ou cognitif) vasculaire secondaire.Le bulletin précise que « les individus ayant subi un AVC présentent 2,2 fois plus de risques de développer une maladie cognitive d\u2019origine vasculaire et 30 % de ceux qui vivront une récidive d\u2019AVC sont susceptibles de développer ce genre de trouble cognitif.À l\u2019inverse, les gens atteints d\u2019une maladie cognitive d\u2019origine vasculaire ont 68 % plus de risques de subir un AVC mortel.» Par ailleurs, bien que les femmes soient en quelque sorte protégées des maladies cardiovasculaires et des AVC à un plus jeune âge, elles sont d\u2019autant plus sujettes à souffrir de ces problèmes de santé à partir de la ménopause et les répercussions sont parfois même accentuées.Du cœur à la tête Les liens se resserrent entre les maladies cardiovasculaires, les AVC et les maladies cognitives d\u2019origine vasculaire Neuf Canadiens sur dix vivent avec au moins un facteur de risque de maladies car- diovasculaires.ISTOCK Par exemple, les AVC sont plus souvent mortels chez les femmes, et deux fois plus de femmes que d\u2019hommes sont décédées en raison d\u2019une maladie cognitive d\u2019origine vasculaire en 2016.Repenser le système de santé Manifestement, ces maladies sont reliées.Mais le système de santé actuel est plutôt conçu pour traiter une maladie à la fois.Cette façon de faire retarde la prise en charge, le diagnostic et donc le traitement d\u2019autres maladies, qui continuent alors d\u2019évoluer.«Les patients qui sont aux prises avec ces affections se sentent dépassés, et le système de santé est surchargé.La situation ne peut pas durer, et elle ne fait qu\u2019empirer à mesure que la population vieillit et que les maladies se manifestent plus tôt chez les personnes atteintes», ajoute M.Savoie.En effet, les maladies cardiaques, cérébrales ou cognitives sont responsables de plus de 10 % des hospitalisations au Canada, et 20 % des patients qui en sont atteints sont réadmis une deuxième ou une troisième fois pour un nouveau problème connexe.Et ces hospitalisations représentent des coûts directs (soins médicaux) et indirects (perte de revenu reliée à une incapacité ou un décès prématuré) importants pour les contribuables.En additionnant ces frais pour les maladies cardiovas- culaires (21,2 milliards), les accidents vasculaires cérébraux (3,6 milliards) et la démence (33 milliards), cela totalise 57,8 milliards de dollars par année.La prévention au cœur des solutions La bonne nouvelle dans tout cela est que l\u2019adoption d\u2019un mode de vie sain permettrait de prévenir jusqu\u2019à 80 % des décès prématurés causés par les maladies du cœur et l\u2019AVC.De plus, la plupart des facteurs de risque de ces maladies sont modifiables : l\u2019obésité, le diabète de type de 2, l\u2019hypertension artérielle, le taux élevé de cholestérol sanguin, la sédentarité, le tabagisme, le stress et la surconsommation d\u2019alcool.Nous pouvons donc commencer par ceci : Adopter une alimentation qui s\u2019inspire davantage de la diète méditerranéenne ou du Guide alimentaire canadien, en misant plus souvent sur les végétaux et en évitant le plus possible les aliments ultra-transformés et les boissons sucrées ; Bouger quotidiennement, de manière à éviter la sédentarité ; Cesser de fumer ; Trouver des façons de diminuer les sources de stress et apprendre à gérer son niveau de stress (ex.: sport, méditation, relaxation).Si notre environnement n\u2019est pas toujours favorable aux saines habitudes de vie, gageons que la publication du nouveau Guide alimentaire canadien insufflera un vent de changement dans les institutions et facilitera ainsi l\u2019adoption d\u2019un mode de vie qui encourage la santé de toute la population. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 Vi v r e M o t s d e t ê t e 5 8 | SUDOKU GRILLE DES FÉRUS MOTS FLÉCHÉS GRILLE BLANCHE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com | 5 9 Vi v r e M o t s d e t ê t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 GRILLE INTERMÉDIAIRE LES ANAGRAMMES Découvrez les mots cachés dans ces anagrammes.1.2.DRUTIOL A 1.2.GALONTES 1.2.NSTIÉBEO 1.2.SOLDÉMIE 1.2.ÉPSIR ASE 1767 Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 439 Horizontalement I.Photocopieur.II.Lamanage.Csa.III.Ere.Turner.IV.Inra.Séduite.V.Natives.Etat.VI.Tiaré.Ps.Ga.VII.Es.Erdre.Des.VIII.Allô.Spots.IX.Poilantes.Té.X.Silencieuses.Verticalement 1.Plein-temps.2.Harnais.Oi.3.Omerta.Ail.4.Ta.Airelle.5.Ont.Verlan.6.Cause.Donc.7.Ogres.Ti.8.Pend.Pesée.9.Eues.Psu.10.Ecrit.Do.11.Us.Tagette.12.Rapetassés.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 440 1.Ecureuils et porteurs de cornes.2.En dehors de chez elles.3.Attaquer en bordure.Passe par Berne.4.Elle ne peut être que belle.Sur la rampe.5.Point dans l\u2019eau.Demanda avec déférence.6.Fournisseurs de noix parfumées.7.Vérifie mesures et quantités.Ferme au sud de la Loire.8.Lettres pour une distribution locale.Pourra donc satisfaire un besoin.9.Refus chez Obama.Anneau marin.10.Loua sans réserve.A régler avant de partir.11.Pour ne pas s\u2019encroûter.12.Ne faisait attention à rien.I.Même en poudre il ne fera pas beaucoup d\u2019effet.II.Toujours fraîche quand on s\u2019en sert.L\u2019une se jette dans la Manche, l\u2019autre dans la Moselle.III.Feule en Sibérie.Aux quatre coins du monde quand ça va mal.IV.En feu.Vient du mont Lozère.V.Dessous de table.En bonne place dans la crèche.VI.Est utile.Bien raides.Grande réunion.VII.Sortie du chaos.Rebelle en tête.Se lance.VIII.En attendant une meilleure situation.A mené Clovis sur les fonts.Voyelles.IX.Etoiles des mers.Possessif.X.Pousse à faire toujours mieux.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde MOTS CROISÉS DU SAMEDI CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE SUDOKU : SOLUTION DU PROBLÈME D\u2019HIER GRILLE BLANCHE CITATION MYSTÉRIEUSE Je ne tiens pas la couronne de mes pères mais de la volonté de la nation qui me l\u2019a donnée.(Napoléon 1er) MOTS ENCHAÎNÉS MOTS FLÉCHÉS GRILLE DES FÉRUS L\u2019INTERVALLE NUIRE NOIRE FOIRE FORE FORCE LES ANAGRAMMES \u2022 BALANCES / BANCALES \u2022 ABRÉGEAI / BÉGAIERA \u2022 CANICHES / CHICANES \u2022 AGRÉMENT / ÉMARGENT \u2022 RACLURES / CRURALES / RACLEURS JEUX 1766 1767 1767 Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre à chaque étape (changement, ajout ou retrait d\u2019une lettre), trouvez les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.Formez une chaîne de mots à partir des trois dernières lettres de chaque mot et à l\u2019aide des définitions.Les noms propres sont permis et les accents peuvent changer.Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite.1767 1.Catégorique et sans équivoque 2.Combiner 3.Quand ça dégoûte 4.Tout petit contenant de lait 5.Le gratin, quoi! 6.Pulsion de mort, en psychanalyse 7.Ce bienheureux peut évoquer le Chianti et les paysages harmonieux 8.Pour l\u2019apéro 9.Approximation (locution) 10.Ce qui reste \u2022 PÉRIMER \u2022 MERCENAIRES \u2022 RESTAURANT \u2022 ANTAN \u2022 TANTINET \u2022 NETTOYAGE \u2022 AGENCER \u2022 CERNER \u2022 NERVOSITÉ \u2022 ITÉRATION PÉRIMÉ R AIDE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R 3. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 3 E T D I M A N C H E 2 4 F É V R I E R / 2 0 1 9 K e n t M o n k m a n , L e s p a p a s , 2 0 1 6 .C o l l e c t i o n d e C h r i s t i n e A r m s t r o n g e t I r f h a n R a w j i .KENT MONKMAN Exposition jusqu\u2019au 5 mai Cette exposition itinérante a été produite par l\u2019Art Museum de l\u2019Université de Toronto en partenariat avec le Musée d\u2019art du Centre de la Confédération, Charlottetown, et a été réalisée en partie grâce au gouvernement du Canada, au Conseil des arts du Canada et au Conseil des arts de l\u2019Ontario.Commanditaire principal : Fondation Donald R.Sobey "]
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