Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Le D Magazine
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (4)

Références

Le devoir, 2019-02-09, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 Lire Éric Vuillard et les poussières de l\u2019Histoire Vivre L\u2019East End mal aimé de Londres Denis Côté Les deuils identitaires L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 Entrevue avec Denis Côté L\u2019état du Québec actuel l\u2019a conduit à adapter Répertoire des villes disparues.Grand angle Danse Cinéma Arts visuels Musique Jazz Écrans et grilles télé C U L T U R E V I V R E L I R E 8 68 18 35 36 16 4 24 33 26 25 42 44 46 48 50 51 53 54 Entrevue L\u2019écrivain français Éric Vuillard et les poussières de l\u2019Histoire.Maya Ombasic Fiction Essai Louis Cornellier Trente ans après la fatwa contre Salman Rushdie Voyage Déambulation dans l\u2019East End, quartier mal aimé de Londres.Société Escapade Resto Alimentation Bière Vin Jeux SOMMAIRE 32 34 Photo de la une du D : Valérian Mazataud Le Devoir Photo de la une Lire : Joël Saget Agence France-Presse C U L T U R E ENTREVUE CHRISTIAN SAINT-PIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR Survivre à la mort d\u2019un enfant Les personnages de Sandrine Bisson et de Rose-Anne Déry affrontent la mort pour mieux embrasser la vie omment retrouver sa place dans le monde \u2014 en tant qu\u2019homme, en tant que femme, en tant que couple \u2014 après la mort de son enfant ?Dans Le terrier, pièce qui est sur le point de prendre l\u2019affiche chez Duceppe dans une mise en scène de Jean-Simon Traversy, l\u2019Américain David Lindsay- Abaire pose cette question avec autant de pertinence que de sensibilité, dans un remarquable équilibre de sourires et de larmes, un portrait de famille d\u2019une admirable complexité.Créé à New York en 2006, Rabbit Hole a valu un prix Pulitzer à son auteur en 2007, puis a été adapté au cinéma en 2010 par John Cameron Mitchell, avec Nicole Kidman et Aaron Eckhart dans les rôles principaux.En 2016, Rose-Anne Déry et André- Luc Tessier demandaient à Yves Morin de traduire le texte, fondaient la compagnie Tableau Noir et produisaient la pièce à la salle Fred-Barry du théâtre Denise-Pelletier.« Ce qui nous a impressionnés, se souvient la comédienne, plus encore que la gravité ou la profondeur du sujet, c\u2019est la manière franche, courageuse, simple et directe avec laquelle tout cela est abordé.Les personnages sont touchants parce qu\u2019ils ne sont pas dépourvus d\u2019humour.Leurs relations sont émouvantes parce qu\u2019elles ne s\u2019enlisent jamais dans le mélodrame.» Cette qualité, cette sor te de dépouillement, Rose-Anne Déry nous assure qu\u2019el le sera toujours au rendez-vous sur la grande scène Ça se discute Pour nourrir la discussion autour de ce sujet crucial et délicat, Duceppe organise un échange public en marge des représentations du Terrier.Comment survivre au deuil d\u2019un enfant?Comment soutenir des parents endeuillés?Quels effets le deuil d\u2019un enfant peut-il avoir sur la relation des parents?Quelle place doit-on laisser aux souvenirs?Ce sont quelques- unes des questions qui seront abordées le 15 février, à compter de 17h.Prendont part à cet événement : Pierre Bruneau et Ginette St-Cyr, qui ont perdu leur fils Charles en 1988, Hélène Lévesque et Michèle Viau-Chagnon, de l\u2019organisme Phare enfants et famille, et Johanne de Montigny, psychologue.Animée par Denis Lévesque, la discussion est présentée gratuitement.Réservations obligatoires.C du théâtre Jean-Duceppe : « Il y a eu quelques ajustements techniques en ce qui concerne le jeu aussi bien que la scénographie, mais rien de plus.Nous tenions tous à préser ver ce que nous considérons être la nature profonde de l\u2019œuvre.» Quand la pièce commence, il y a huit mois que Becca et Louis ont perdu Danny, leur fils unique âgé de quatreans, après qu\u2019il a été heurté par une voiture.À sa première lecture du texte, Sandrine Bisson, qui incarne la mère endeuillée, se souvient avoir été prise à la gorge.«À la deuxième page, je braillais déjà, avoue-t-elle.Mon premier défi, comme actrice, c\u2019est donc de ne pas pleurer.Je dois être au plus près de ce que Becca traverse, comprendre son effondrement, mais tout en parvenant à m\u2019extraire de son trouble, à aller au-dessus de sa peine, à rester en marge de sa douleur.» Le deuxième défi, explique la comédienne, c\u2019est d\u2019incarner le personnage en respectant une espèce de nudité, une retenue dictée par l\u2019auteur \u2014 dans une lettre qui accompagne son texte, Lindsay-Abaire demande expressément que Becca ne verse des larmes qu\u2019une seule fois pendant la représentation \u2014, mais aussi par le metteur en scène, qui préconise un type de jeu plus sobre que ce que l\u2019ampleur du drame pourrait inspirer à d\u2019autres.« Je dois faire pleinement confiance aux mots, précise Bisson, mais également au calme, à l\u2019intériorité, voire au silence.» Puis elle ajoute tout en riant : «En ce qui me concerne, disons que c\u2019est une sorte de contre-emploi.» Surmonter le deuil Chacun des cinq personnages de la pièce surmonte le deuil comme il peut, entreprend à sa manière un patient processus vers la résilience.Alors que Becca souhaite effacer tout ce qui lui rappelle son garçon, qu\u2019elle opte de plus en plus souvent pour la réclusion, son mari Louis (Frédéric Blanchette) refoule sa tristesse et sa colère.Autour d\u2019eux, il y a la sœur de Becca (Rose-Anne Déry), enceinte, sa mère (Pierrette Robitaille), et même l\u2019adolescent impliqué dans le fatal accident (André-Luc Tessier), qui viendra à sa façon mettre un baume sur les plaies de Becca.Devant tant d\u2019humanité, pareil mélange de souf france et de réconciliation, | 3 T h é ât r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 Les comédiennes Rose-Anne Déry et Sandrine Bisson jouent des sœurs dans la pièce Le terrier.L\u2019une est enceinte, l\u2019autre vient de perdre son enfant qui était âgé de quatre ans.Toutes deux vivent le deuil de manière différente.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR À la deuxième page, je braillais déjà.Mon premier défi, comme actrice, c\u2019est donc de ne pas pleurer.Je dois être au plus près de ce que Becca traverse, comprendre son effondrement, mais tout en parvenant à m\u2019extraire de son trouble, à aller au-dessus de sa peine, à rester en marge de sa douleur.SANDRINE BISSON » de rage et de pardon, véritables montagnes r usses, le spectateur n\u2019a d\u2019autre choix que l\u2019empathie.« La progression des parents fait du bien, explique Déry.On les voit venir de loin, cheminer sur plusieurs mois afin d\u2019atteindre un peu d\u2019apaisement, une sorte de lumière.À vrai dire, la pièce expose à une panoplie de façons de traverser le deuil.Je pense que ça donne aux gens la permission de vivre ça à leur manière.» Sandrine Bisson déplore le fait que la mort soit encore à ce point taboue à notre époque et dans notre société : «Alors que le deuil est universel, que tout le monde va y être confronté un jour ou l\u2019autre, on n\u2019en parle pour ainsi dire jamais.» En ce sens, le spectacle joue un rôle non négligeable.« J\u2019ai reçu des courriels de gens qui ont vécu des histoires semblables à celle des personnages, nous apprend Dér y.Ils m\u2019écrivent que la pièce leur a fait du bien, qu\u2019elle a canalisé quelque chose, autrement dit qu\u2019une certaine catharsis a opéré.Plus que de donner un sens à la mort, l\u2019important, comme nous l\u2019expliquait la psychologue que nous avons invité à nous rencontrer, c\u2019est de redonner un sens à la vie après que la mort soit survenue, en somme de retrouver un sens que l\u2019on croyait perdu.» Bisson ajoute : « La psychologue nous a aussi dit qu\u2019il était essentiel de réaliser ce qui nous a été donné par le passage de l\u2019être dispar u.Qu\u2019est-ce qu\u2019il nous a appris ?Qu\u2019est- ce qu\u2019il nous a légué ?Qu\u2019est-ce qui fait qu\u2019on va continuer à vivre avec lui à l\u2019intérieur de nous?» Le terrier Texte : David Lindsay-Abaire.Traduction: Yves Morin.Mise en scène: Jean-Simon Traversy.Au théâtre Jean-Duceppe du 13 février au 23 mars. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e 3 1 e C o n fé r e n c e d e l a Fo l k A l l i a n c e I n t e r n a t i o n a l 4 | 11 SPECTACLES GRATUITS OUVERTS AU PUBLIC LE GRAND RENDEZ-VOUS DES ARTS DE LA SCÈNE associationrideau.ca GRAND ANGLE PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR compter de mercredi, Montréal se transformera en capitale des folklores musicaux du monde.Pour la seconde fois seulement en 31 ans, l\u2019organisation Folk Alliance International tiendra sa conférence annuelle à l\u2019hôtel Fair- mont Le Reine Élizabeth, le plus grand marché de la scène folk et des musiques traditionnelles au monde.Pendant cinq jours, environ 3000 délégués de 35 pays, artistes, diffuseurs et représentants des plus grands festivals brasseront des affaires et discuteront des enjeux propres à cette scène musicale qui entrevoit son avenir avec optimisme \u2014 à condition de pouvoir donner une nouvelle définition de ce qu\u2019est, au juste, la musique folk.La première fois que le groupe trad Le Vent du nord a participé à la conférence de la Folk Alliance International (FIA), elle avait lieu à Nashville en 2003, raconte le chanteur et vielleur Nicolas Boulerice : « Je me souviens, on n\u2019était pas particulièrement fiers de nous parce qu\u2019on n\u2019avait pas donné un bon spectacle durant les showcases.Par contre, ça avait viré en party après, dans la chambre d\u2019hôtel.On avait fait chanter et danser le monde jusqu\u2019à 5h du matin.Et étrangement, ça a ouvert énormément de portes au groupe, alors que sur le coup, on se disait : \u201cMon Dieu, qu\u2019est- ce qu\u2019on vient de faire là?\u201d» C\u2019est la marque distinctive de la conférence de la FIA : les contacts se créent et les af faires se concluent après le coucher du soleil, et dans la bonne humeur autant que possible.Alors que la conférence RIDEAU \u2014 qui se présente comme « le plus im- por tant rendez-vous francophone des ar ts de la scène en Amérique pour favoriser la rencontre entre œu- vre et public» \u2014 ayant lieu à Québec du 17 au 21 février propose des showcases dans différentes salles de la capitale, toute la conférence folk se déroule dans un même hôtel ; les showcases officiels sont présentés sur des scènes aménagées dans les salles de bal, mais une multitude de concerts informels ont ensuite lieu dans les chambres et les suites, jusqu\u2019aux petites heures du matin.Trois étages complets de l\u2019hôtel seront réquisitionnés par la conférence: «Cette manière de faire maximise les échanges entre délégués, estime Aen- gus Finnan, directeur de Folk Alliance International.Dans telle chambre, on peut entendre des violoneux scandinaves, puis dans la chambre d\u2019en face, que du blues du Delta.Ça favorise les échanges, car pour plusieurs musiciens, il y a autant à gagner en forgeant des relations entre musiciens que de conclure une occasion d\u2019affaires.» Ils seront encore quelques centaines d\u2019artistes d\u2019ici et d\u2019ailleurs à tenter le coup comme le Vent du Nord encore cette année \u2014 leur boîte de productions de spectacles, La Compagnie du Nord, a d\u2019ailleurs réservé sa chambre, transformée en cabaret, pour faire découvrir plusieurs artistes trad aux membres de l\u2019industrie.Une large délégation d\u2019artistes du Québec et du Canada sera représentée au congrès, dont Beyries, De Temps Antan, l\u2019ensemble Perséïdes, le Yves Lambert Trio, mais aussi des artistes aux racines plantées sur d\u2019autres continents musicaux, Pierre Kwenders, Vox Sambou, Mehdi Cayenne ou encore Nomadic Massive.À bras ouverts Le Vent du Nord, qui avait été retenu par le jury en 2003 pour faire l\u2019af fiche des concer ts of ficiels, a aussi rempor té la distinction du « Band of the Conference » cette an- née-là.Les musiciens du groupe reconnaissent que leur participation à l\u2019événement leur a ouvert les portes Conseil de famille pour le folk Singularité et résilience seront les maîtres mots à Montréal, qui accueille le plus grand marché en la matière Jordan Officer, Beyries et Vox Sambou font partie de la délégation d\u2019artistes du Québec présents à la conférence.CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR / VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR / ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR À | 5 C u l t u r e M u s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 Jan Martens Belgique + Pays-Bas Ode to the Attempt + BIS 20 ?22 FÉV | 20h 514.521.4493 usine-c.com © P h i l e D e p r e z ç © A r n e H a u g e Simon Mayer Autriche Sons of Sissy 10 + 11 AVR | 20h Duo Danse de ce qu\u2019ils désignent comme « la grande famille folk ».Cet esprit de famille permet à la conférence de la FIA de se distancer de l\u2019autre grand rassemblement mondial du marché des musiques traditionnelles et métissées, le WO- MEX (World Music Expo), allemand, qui se tient en octobre.«WOMEX se concentre beaucoup sur [les musiques d\u2019ailleurs, principalement d\u2019Afrique], alors que la conférence de la FIA se tient plus près des musiques folk traditionnelles \u2014 ce qu\u2019on appelle ici du trad, les musiques celtiques, les musiques de la tradition des singers-songwriters », compare Déborah Cognet, gestionnaire de projet de Mundial Montréal.«À l\u2019origine, l\u2019Alliance a été fondée pour préserver et présenter les musiques traditionnelles, explique son directeur, Aengus Finnan.Nous sommes réputés pour la conférence qu\u2019on présente chaque hiver, mais c\u2019est autant une célébration de la famille qu\u2019une conférence d\u2019af faires \u2014 d\u2019ailleurs, pour les artistes qui participent pour la première fois à la conférence, c\u2019est un peu comme se présenter à la famille et comprendre comment fonctionnent ses réseaux.» « Ce milieu-là, c\u2019est un milieu de rencontres et de partages », abonde Nicolas Boulerice, qui ajoute qu\u2019être accueilli dans cette famille ouvre les portes sur l\u2019important réseau de festivals folk.Ceux-ci, une soixantaine ayant lieu durant les beaux mois d\u2019été, sont essentiellement concentrés aux États-Unis et au Canada, des rassemblements d\u2019envergure tels que le Northwest Folklife de Seattle (le plus important, 250 000 spectateurs), le Lowell Folk Festival (plus de 100 000), le San Francisco Folk Festival (70 000 spectateurs), le Kerrville Folk Festival au Texas (plus de 30 000) ou encore le Newport Folk Festival (10 000), rendu célèbre par l\u2019épisode de « l\u2019électrification» de Bob Dylan, en 1965.Le folk nouveau Or, presque un demi-siècle après l\u2019af front de Dylan, la communauté folk nord-américaine se retrouve à nouveau à la croisée des chemins.La réflexion sur ce que doit être le folklore et sur la mission de l\u2019association est déjà bien entamée ; jusqu\u2019en 2008, la FIA s\u2019appelait d\u2019ailleurs la Nor th American Folk Music and Dance Alliance.« Avec le changement de nom, nous reconnaissions d\u2019une part que l\u2019intérêt pour ces musiques était présent ailleurs qu\u2019en Amérique, mais notre plan était aussi d\u2019évoluer dans notre compréhension des musiques traditionnelles en favorisant la diversité et l\u2019inclusion, explique Finnan.Il nous faut reconnaître que la musique traditionnelle en Estonie, c\u2019est encore de la musique traditionnelle.Le folklore italien, c\u2019est aussi une forme de folk music.La folk music n\u2019est pas un terme exclusif aux musiques de racines nord-américaines, or c\u2019est à travers ce prisme qu\u2019on l\u2019a généralement entendue, et ce, depuis l\u2019époque ou les artistes folk étaient au sommet des palmarès, pensons à Dylan, Joan Baez, Peter, Paul & Mary, Joni Mitchell, etc.[\u2026] Le folk, c\u2019est la musique du peuple, quelle que soit son origine.» « Auparavant [le circuit des festivals folk] gardait vivant l\u2019esprit hippie des années 1960 et 1970.Or, ces événements se transforment », note Sébastien Nasra, fondateur de Mun- dial Montréal et M pour Montréal, qui présentera des artistes aux racines musicales africaines, cari- béennes et afro-latines dans la suite qu\u2019il a réservée à l\u2019hôtel.« S\u2019ouvrir sur le monde, c\u2019était la chose à faire, autrement je ne suis pas certain que la FAI serait demeurée pertinente pendant encore longtemps.» Conséquemment, Folk Alliance International a cultivé ses relations avec certaines régions du continent européen, où le folk « à l \u2019américaine » résonne, comme l\u2019Irlande, le Royaume-Uni et les pays scandinaves.Reste ensuite à faire entrer les folklores d\u2019ailleurs dans la grande famille des festivals américains.« C\u2019est notre responsabilité d\u2019ouvrir nos portes aux autres traditions, aux autres familles, estime Aengus Finnan.Ces autres folklores sont compatibles avec le circuit folk américain, mais leur inclusion n\u2019est pas encore la norme [aux États-Unis], alors qu\u2019au Canada, l\u2019approche est nettement plus ouverte et diversifiée sur le plan des festivals, plus plusieurs raisons : la composition du tissu social, les mentalités plus ou- ver tes ou encore les modèles de subventions qui encouragent ce genre d\u2019ouverture.La scène des folk fests aux États-Unis demeure très orientée vers le travail des singers- songwriters et la tradition américaine du folk.» Optimisme Le développement du marché des musiques de racines passe toutefois par cette ouverture aux autres folklores, estime Sébastien Nasra : « J\u2019ai impression que cette scène est en croissance.La dimension musique enregistrée de cette scène est probablement marginale, mais sur la dimension spectacles, les plus grands festivals ont leur scènes consacrées [aux musiques d\u2019ailleurs et métissées], et leur place gagne en importance.» Pour Déborah Cognet, cet engouement pour la musique des musiciens folk, trad et autres déclinaisons des musiques de racines s\u2019explique par la singularité de leurs propositions.« Comparativement aux artistes pop, ces artistes-là n\u2019ont pas qu\u2019un message à livrer, mais aussi une histoire à raconter.Ils montent sur scène, ils ont leur identité propre en lien avec leurs origines culturelles qui justifie le propos, les chansons, la manière avec laquelle ils les chantent.» Aengus Finnan considère aussi que l\u2019industrie des folklores musicaux «est en très bonne santé, ce qui ne veut pas nécessairement dire que c\u2019est facile d\u2019en vivre.Souvent, ces artistes vivent en marge de la grande industrie musicale populaire.Or, c\u2019est une industrie qui travaille à partir de sa base [\u201con grassroots level\u201d] depuis des décennies.C\u2019est une scène qui a grandi en travaillant et en faisant des af faires sur la route, un concert, une ville, un festival à la fois.Notre industrie est incroyablement résiliente, pleine de ressources, très entrepreneuriale.C\u2019est une vraie communauté ».La chanteuse de Nomadic Massive, Meryem Saci, et David Myles ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR / MAT DUNLAP ODILE TREMBLAY FAIT RELÂCHE CETTE SEMAINE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e D a n s e 6 | P h o t o : G u i l l a u m e C a r b o n n e a u BILLETTERIE 514 526-6582 | theatreprospero.com présenté par Texte : Emmanuelle Jimenez Avec : Gabrielle Marion-Rivard, Marilyn Perreault et Olivier Rousseau Du 19 février au 9 mars 2019 Un spectacle de danse-théâtre de Menka Nagrani CENDRES ENTREVUE NAYLA NAFOUAL COLLABORATRICE LE DEVOIR L\u2019histoire est écrite par ceux qui dominent le monde.On n\u2019apprend pas à l\u2019école que 1,4 million de ressortissants de l\u2019Inde ont dû combattre pour l\u2019Empire britannique pendant la Première Guerre mondiale.En prenant connaissance de leur sort, je me suis senti trahi par l\u2019histoire », indique le chorégraphe Akram Khan.Dans son solo XENOS, il donne corps à l\u2019un de ces soldats, un danseur de kathak jeté dans l\u2019enfer des tranchées.Akram Khan a toujours aimé conter des histoires dans ses créations.Mais depuis la naissance de ses enfants, il s\u2019attache à incarner les trajectoires des oubliés de l\u2019histoire : «En venant au monde, mes enfants m\u2019ont aussi donné naissance: on comprend qu\u2019on n\u2019est pas le centre du monde, on prend la mesure de son altérité.» De Prométhée au soldat inconnu De concer t avec la dramaturge australo-britannique Ruth Little et l\u2019auteur dramatique canadien Jordan Tannahill, Akram Khan explore dans Akram Khan donne corps aux damnés de la terre Dans son ultime solo dansé, le chorégraphe raconte l\u2019épuisement mental et physique des corps en guerre » | 7 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 L E S F L  N E U RS Qui a dit que trop, c\u2019était comme pas assez?Certainement pas Claude Cobra, leader de Bleu Jeans Bleu et roi tout de denim vêtu de la démesure, pour qui même les sujets les plus banals méritent leurs odes exagérément enflammées.Les compagnons du pantalon délavé délaissent le country parodique rigolo, mais un peu facile, de leurs débuts sur un troisième album suavement intitulé Perfecto, et singent avec la déférence qu\u2019appelle un pastiche convaincant les genres \u2014 disco, rap, hard ou yacht rock \u2014 qu\u2019ils gratinent généreusement.Une chanson sur le bowling vous aura rarement procuré autant de frissons.Le parfait perfecto Le soir de ses 36 ans, une conceptrice de jeux vidéo meurt en se faisant heurter par un taxi.Oh miracle! La revoilà quelques secondes plus tard dans l\u2019appartement où se déroule la fête.Quittant de nouveau les lieux, elle meurt encore.Et puis ça recommence\u2026 Conçue par Natasha Lyonne, truculente en femme cynique prisonnière d\u2019une fatale boucle spatio-temporelle, Amy Poehler et Leslie Headland, Poupée russe (Russian Doll) est une comédie de huit épisodes montée au scalpel où suspense, humour noir et observations sur le destin forment un cocktail jubilatoire.À dévorer sur Netflix! La mort lui va si bien Une colonie, premier long métrage pétri de sensibilité de Geneviève Dulude- De Celles, primé dans plusieurs festivals canadiens, est présenté à la Berli- nale, mais les Québécois peuvent le voir en salle.Et bien que l\u2019avenue du récit initiatique soit depuis longtemps balisée au cinéma, ce film sur le passage à la vie adulte d\u2019une jeune fille dans sa petite ville près d\u2019Odanak, auprès d\u2019un ami autochtone et d\u2019une sœur enfant adorable, dégage une vraie lumière.Son naturel et sa poésie, la grâce de ses jeunes interprètes, la finesse de la caméra et la vérité de la démarche d\u2019au- teure nous hantent longtemps.Impossible de ne pas craquer en regardant Fauve de Jérémy Comte, prodigieux court à l\u2019atmosphère délétère et à la poésie douloureuse.Cela après avoir souri, soupiré, pesté et tremblé devant le jeu de pouvoir puéril dans lequel s\u2019enfoncent deux jeunes garçons livrés à eux-mêmes sur le site d\u2019une mine à ciel ouvert.Les acteurs Félix Grenier et Alexandre Perreault jouent les coqs comme les bêtes blessées avec un aplomb remarquable.Prix spécial du jury à Sundance, Fauve est à voir sur Vimeo en prévision des Oscar, où il n\u2019a pas usurpé sa place parmi les finalistes du meilleur court de fiction.Fauve, l\u2019arrache-cœur Poétique et lumineuse Colonie LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY ODILE TREMBLAY MANON DUMAIS DOMINIC TARDIF XENOS le sacrifice des cipayes, ces Indiens de l\u2019époque coloniale contraints de s\u2019enrôler dans une armée occidentale : « Un grand nombre d\u2019entre eux n\u2019étaient pas soldats, beaucoup travaillaient la terre.Certains étaient danseurs à la cour du Nawab [souverain indien].Soudain, ils se sont retrouvés plongés dans la guerre sur une terre étrangère et sont devenus eux-mêmes xenos [étranger, en grec].» Plus précisément, le solo dépeint le traumatisme psychique et physique qui fut celui de ces soldats : « Toute la pièce est ancrée dans le concept d\u2019obusite [shell-shock] », précise Akram Khan.Le terme aujourd\u2019hui inusité d\u2019obusite concernait tous les combattants de la Grande Guerre.Mais dans le cas des cipayes, le sacrifice des survivants tomba en outre dans l\u2019oubli, aussi bien au Royaume- Uni qu\u2019en Inde.Quant aux personnes qui laissèrent leur vie dans le conflit, la plupart de leurs corps ne furent jamais rapatriés.Au départ, l\u2019idée était d\u2019explorer la mythologie grecque et, en particulier, le mythe de Prométhée : « L\u2019histoire de Prométhée était le cœur de la pièce.Peu à peu, c\u2019est devenu une métaphore dans le périple de ce soldat.Prométhée représente l\u2019empathie, le sacrifice, le don de soi\u2026 Les actes mêmes du soldat indien nous rappellent que nous avons tous en nous, en permanence, quelque chose de Prométhée.» Un danseur dans les tranchées Dans XENOS, Akram Khan incarne un personnage proche de lui : «Je suis un danseur indien classique à la cour du Nawab.La pièce débute par une sorte de souvenir, de rêve.Je me rappelle d\u2019où je viens, de comment je dansais, avant d\u2019être avalé par la guerre.» La scénographie (Mirella Weingar- ten et, à l\u2019éclairage, Michael Hulls) propose d\u2019ailleurs une immersion dans une tranchée : « La scénographie est une sor te d\u2019installation.C\u2019est quelque chose de très visuel, comme un tableau de Rothko dans les tons rouges ou un volcan », poursuit Akram Khan.Un concert de musique classique indienne, interprété sur scène par le percussionniste B.C.Manjunath et la vocaliste Aditya Prakash, ouvre la création.Le chorégraphe a également fait appel à la bassiste Nina Harries, à la saxophoniste Tamar Osborn, à la violoniste Clarice Rarity ainsi qu\u2019au compositeur Vincenzo Lamagna, avec qui il avait déjà collaboré à l\u2019occasion de deux créations (Giselle et Until the Lions) : «On voulait créer un paysage sonore qui reflète ce que se remémore le soldat, qui puise aussi bien dans la culture indienne que dans la culture occidentale.» Ainsi, la trame sonore comprend notamment des morceaux de musique indienne, un chant de guerre datant de la Première Guerre mondiale et le Requiem de Mozart.Tout au long du solo, on entend en voix hors champ le texte écrit par Jordan Tannahill.« Jordan est un auteur incroyable, qui comprend Dans son solo XENOS, le chorégraphe et interprète Akram Khan donne corps à un soldat, un danseur de kathak jeté dans l\u2019enfer des tranchées de la Première Guerre mondiale.TRISTRAM KENTON parfaitement le théâtre.Il a d\u2019abord écrit de nombreuses pages, puis s\u2019est attaché à épurer progressivement le texte pour que ce soit le mouvement qui raconte l\u2019histoire.» Car si Akram Khan s\u2019est adjoint une équipe de choc, les divers éléments de XENOS sont là pour soutenir le langage chorégraphique.Celui- ci se nourrit du kathak cher au chorégraphe, cette danse originaire du nord de l\u2019Inde toute en pieds martelés, spirales, mudras (gestes des mains) et arrêts secs.La gestuelle est très pollinisée par la danse contemporaine et par d\u2019autres univers innervant ce qu\u2019on appelle du travail d\u2019état : « Le kathak, ce sont mes racines, mais j\u2019ai aussi un corps et un vocabulaire contemporains.En grandissant, j \u2019a imais beaucoup Charlie Chaplin, Buster Keaton, Fred Astaire, Michael Jackson\u2026 Et tout ça est dans mon corps.Dans XENOS, il y a des moments théâtraux qui sont un peu chaplinesques.» La danse, vecteur d\u2019empathie La gestuelle est également imprégnée par l\u2019intention de laisser affleurer l\u2019épuisement mental et physique des corps en guerre : « Après avoir passé tellement de temps dans la boue des tranchées, dans un froid perçant, avec des provisions très maigres, vous êtes peu à peu dépouillés de toute énergie, de tout espoir\u2026 L\u2019idée était d\u2019incarner physiquement cette vulnérabilité.Mes collaborateurs et moi-même souhaitions aboutir à quelque chose où je ne serais plus Akram Khan le danseur, mais un corps brisé.» Mais XENOS est aussi une remise en question de la montée de la peur de l\u2019autre : « C\u2019est une réaction à ce qui nous arrive aujourd\u2019hui en tant que sociétés et civilisation.On assiste à des phénomènes similaires à ceux ont marqué les débuts de la Première et de la Seconde Guerre mondiale.» Le chorégraphe considère ainsi que l\u2019ar t peut éveiller l\u2019empathie : « Le langage du corps est la manière la plus directe et sincère de communiquer des choses.En général, l\u2019art of fre un espace de réflexion et de provocation.Par exemple, plusieurs artistes visuels créent des œuvres qui incarnent la compassion et l\u2019humilité.Pour ma part, je solliciterai toujours le corps.» En tournée pendant deux ans, XE- NOS sera le dernier solo créé et interprété par le chorégraphe, qui rapproche la grande fatigue des soldats des traces laissées par la vie : « Les ef fets du temps qui passe dans les tranchées, c\u2019est un peu comme dans la vie, dit le chorégraphe, amusé.Au fur et à mesure que je prends de l\u2019âge, je me rends compte que je reçois beaucoup, mais que je perds aussi beaucoup : des proches, de la mémoire, une certaine aisance dans le corps [\u2026] Danser me manquera, mais pas la douleur qui vient avec.» Akram Kahn continuera de créer.Il prépare actuellement une pièce de groupe sur la justice environnementale.D\u2019autres histoires, d\u2019autres «damnés de la terre ».XENOS Directeur, chorégraphe et interprète : Akram Khan.Au théâtre Maisonneuve du 13 au 16 février.Un atelier de danse tout public aura lieu samedi 16 février à 11h avec Mavin Khoo, directeur des répétitions de l\u2019Akram Khan Company.En venant au monde, mes enfants m\u2019ont aussi donné naissance : on comprend qu\u2019on n\u2019est pas le centre du monde, on prend la mesure de son altérité AKRAM KHAN » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 8 | ENTREVUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Les deuils identitaires C\u2019est l\u2019état du Québec actuel qui a conduit Denis Côté à adapter Répertoire des villes disparues Au premier plan : Diane Lavallée et Larissa Corriveau.En arrière-plan : Rachel Graton, Denis Côté et Robert Naylor.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR l est une scène emblématique qui survient peu après le début de Répertoire des villes disparues.À Saint-Irénée-les-Neiges, un tout jeune homme vient de se suicider.Des années que l\u2019humeur est à la morosité, à l\u2019exode.Ladite séquence se déroule dans le bureau de la mai- resse, qui accueille avec une animosité à peine dissimulée une psychologue dépêchée par le comté.« Ici, on s\u2019arrange entre nous autres », tranche la première.En prenant congé, la seconde remarque : « Je doute que le repli soit une bonne solution.» Un détail : la visiteuse porte le voile, et Saint-Iréné- les-Neiges est une communauté tout de blanc tissée.Et de fait, tout du long, Denis Côté explore cette notion de « repli », identitaire surtout.Cela, par le jeu de la métaphore, puisqu\u2019en ce village, on est tellement accroché au passé que les morts en sont à revenir parmi les vivants.Étrange, déroutant, stimulant : ce ne sont là que quelques-uns des qualificatifs pour décrire Répertoire des villes disparues, très librement adapté du recueil de Laurence Olivier.Récit choral méditatif infusé de surnaturel, ce nouvel opus du prolifique mais non moins exigeant cinéaste exsude une beauté austère, une poésie aussi, qui transcende la grisaille hivernale qui lui sert d\u2019écrin.« Mes premières notes pour ce projet-là, je les ai prises dans la foulée des événements du chemin Roxham, avec ces migrants fuyant les États-Unis\u2026 Une poignée de Haïtiens qui arrivaient et c\u2019était la panique.J\u2019étais pas super fier de mon Québec.Je n\u2019avais pas honte, mais je trouvais que ça faisait petit cirque.Surtout, je trouvais fascinant d\u2019observer les mécanismes de la peur dans un pays aussi riche que le nôtre.Trois cents Haïtiens débarquent et ça y est : on va tout perdre ! Bref, il y avait cette préoccupation, au départ », confie Denis Côté.Les visages du deuil En parallèle, de Carcasses à Boris sans Béatrice en passant par Curling, son cinéma étant si volontiers imprégné de fulgurances insolites, il en I | 9 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 FANNY ET ALEXANDRE DENISE-PELLETIER.QC.CA THÉÂTRE DENISE-PELLETIER DE INGMAR BERGMAN TRADUCTION LUCIE ALBERTINI CARL GUSTAV BJURSTRÖM MISE EN SCÈNE ET ADAPTATION FÉLIX-ANTOINE BOUTIN SOPHIE CADIEUX JUSQU\u2019AU 23 FÉVRIER LA PUISSANTE ALLÉGORIE D'INGMAR BERGMAN N\u2019A PAS PRIS UNE RIDE.\u2013 LE DEVOIR UNE INVITATION AU VOYAGE, UN ÉCRIN POUR RÉCHAUFFER L\u2019ÂME HUMAINE (.) UNE ODE AU THÉÂTRE.\u2013 LA PRESSE UN HOMMAGE À L\u2019ART, AU POUVOIR DE L\u2019IMAGINATION AU SERVICE DE LA RÉBELLION.\u2013 VOIR était plusieurs à s\u2019enquérir de ce qu\u2019il réaliserait ou non un jour un film d\u2019horreur.Lors du dénouement de Vic + Flo ont vu un ours, on s\u2019en approchait d\u2019ailleurs.« J\u2019éprouvais ce désir- là, mais sans vouloir aborder l\u2019épouvante de manière explicite.Et pendant que je réfléchissais simultanément à ça et au concept de xénophobie ordinaire, on m\u2019a mis le recueil de Laurence entre les mains.C\u2019est une poésie complètement éclatée\u2026 Il n\u2019y avait pas là tant un film que des impressions, une étincelle.» Et Denis Côté de contacter la poétesse en lui expliquant qu\u2019i l était possible que ne subsiste de son œuvre originale qu\u2019un titre, des noms et des ambiances.Marché conclu.À partir d\u2019une préoccupation, d\u2019un désir et d\u2019impressions, donc, le cinéaste s\u2019attela à l\u2019écriture d\u2019un scénario qui inscrit ce dernier long métrage dans la veine plus narrative d\u2019une filmographie alternant de telles propositions avec d\u2019autres plus ouvertement expérimentales.On suit dans Répertoire des villes disparues maints destins croisés, dont ceux des membres de la famille du défunt : son frère (Robert Nay- lor), sa mère (Josée Deschênes), son père (Jean-Michel Anctil).Autour d\u2019eux gravitent amis (Rémi Goulet), couples jeunes (Rachel Graton, Hubert Proulx) ou retraités (Jocelyne Zucco, Normand Carrière), madame la mairesse (Diane Lavallée) et autres accointances un brin perturbées (Larissa Corriveau).Perturbées puisque, on l\u2019évoquait, à Saint-Irénés-les-Neiges, on voit de plus en plus souvent poindre les silhouettes d\u2019habitants décédés il y a peu ou depuis longtemps.Simon est du nombre.«C\u2019est un film sur les différents visages du deuil : celui qui frappe la famille de Simon, et le frère, la mère et le père le vivent différemment, mais aussi, plus largement, celui auquel on doit faire face comme société, par rapport à un certain Québec fantasmé.» Denis Côté le précise, cet aspect court en filigrane.N\u2019y sera sensible que celui qui le souhaite.Brillante dichotomie Au fait, ces manifestations sont- elles des spectres, ou s\u2019agit-il de mor ts-vivants ?« Faire un film de zombies ne m\u2019intéressait pas ; je les vois comme de nouveaux arrivants.» La dichotomie est brillante, puisque ces nouveaux ar rivants qui mettent une partie de la population en émoi sont en réalité liés au territoire.Autrement dit, i ls ne sont pas comme les gens du cr u, cer tes, mais ils n\u2019en sont pas moins « à leur place », eux aussi.« Ces nouveaux ar rivants sont une représentation de la différence qui arrive dans une population de 200 Blancs.Et chaque personnage doit se positionner par rappor t à cette dif férence.Il y a cette famille qui est plongée dans son drame et qui s\u2019en fout, il y a ce couple de baby- boomers inquiets et un peu comiques \u2014 la petite xénophobie, La Meute \u2014, puis il y a ce couple plus jeune, qui lui représente davantage la désintégration du tissu rural\u2026 » « Tout ça dans le cadre d\u2019un film qui parle de notre résistance collective au changement, de la peur de l \u2019Autre, mais qui n\u2019accuse personne.Je voulais éviter d\u2019être explicite.Et ça se passe dans un village pour des raisons esthétiques : je ne pointe pas du doigt les ruraux, car les mêmes comportements sont ob- ser vables chez les citadins.Je tenais d\u2019abord et avant tout à ce que ce soit allusif.» Une trame métissée Une approche que Denis Côté a pour le compte appl iquée à la scène décrite en introduction, et dans laquelle il voit un côté pince- sans-rire.« J\u2019aime comment la mairesse demande son nom à la psychologue en la tutoyant : c\u2019est une petite condescendance révélatrice.» Toutefois, prend soin de relever le cinéaste, ce personnage de la psychologue voilée fait partie de la solution, plus tard, lorsque le nombre d\u2019apparitions se met à exploser.De la même manière, lors d\u2019une errance nocturne, la mère endeuillée aboutit dans la carrière où travaillait son fils.Elle y recueille un camionneur noir qui mentionne « ne pas être du coin ».C\u2019est à cet inconnu qu\u2019elle s\u2019ouvrira pour la première fois, amorçant ainsi un processus de guérison.Ni la couleur de la peau du bon samaritain ni sa réplique ne sont anodines.Elles participent à cette trame que Denis Côté s\u2019applique à métisser, subtilement.Un message de solidarité « Le constat est positif : si on se met tous ensemble pour préserver le territoire, il y a peut-être de l\u2019espoir.Sinon, il n\u2019en restera justement plus que la mémoire.Il y a un message\u2026 ça fait drôle de m\u2019entendre dire un mot comme celui-là\u2026 » hésite soudain Denis Côté.« Mais, coudonc, c\u2019est bel et bien le cas : il y a un message, à la fin, de solidarité.» Que l\u2019on se rassure, le cinéaste n\u2019a pas succombé aux conventions pour autant avec cette récente offrande.Ce serait le cas qu\u2019il ne s\u2019agirait pas d\u2019un film de Denis Côté.Étrange, déroutant, stimulant : Répertoire des villes disparues est tout cela, oui.Une liste de qualificatifs à laquelle on ajoutera : prégnant.Car ce sont là des images et un propos qui restent, à l\u2019instar de ces arrivants pas si nouveaux.Présenté en compétition officielle au Festival international du film de Berlin le 11 février, Répertoire des villes disparues prend l\u2019affiche le 15.Mes premières notes pour ce projet-là, je les ai prises dans la foulée des événements du chemin Roxham, avec ces migrants fuyant les États-Unis\u2026 Une poignée d\u2019Haïtiens qui arrivaient et c\u2019était la panique.J\u2019étais pas super fier de mon Québec.Je n\u2019avais pas honte, mais je trouvais que ça faisait petit cirque.Surtout, je trouvais fascinant d\u2019observer les mécanismes de la peur dans un pays aussi riche que le nôtre.DENIS CÔTÉ » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 1 0 | Le beau retour d\u2019Élodie Bouchez L\u2019actrice incarne une mère adoptive pleine de lumière dans Pupille de Jeanne Herry a faisait un bail qu\u2019elle avait disparu du paysage.Au cours de la décennie 1990, Élodie Bouchez, visage solaire du cinéma d\u2019auteur français, brillait de tous ses feux.Si ses débuts dans Stan the Flasher de Serge Gainsbourg avaient été remarqués, c\u2019est en 1994 avec Les roseaux sauvages d\u2019André Téchiné, magnifique film d\u2019apprentissage sur fond de guerre d\u2019Algérie, qui lui avait valu le César du meilleur espoir féminin, qu\u2019elle avait imposé son énergie et sa charge.Quatre ans plus tard, La vie rêvée des anges d\u2019Éric Zonca, troublant double portrait de jeunes filles en quête d\u2019elles-mêmes, lui valait une riche moisson de lauriers avec sa comparse Natacha Régnier, tant à Cannes qu\u2019aux César et aux Prix du cinéma européen.Élodie Bouchez aura tenu des petits rôles au cours de la décennie 2000 dans des séries américaines, sans percer vraiment, avant un retour assez discret sur les écrans français, drames et comédies, et une présence au théâtre.Mais on souhaitait retrouver en pleine lumière son profil ardent et fragile, au bord de tous les possibles, demeuré unique dans le cinéma français.Ç « S\u2019il y avait d\u2019autres occasions aux États-Unis, ça m\u2019intéresserait, mais j \u2019aime avant tout le cinéma français, confiait-elle en entrevue à Paris.J\u2019y ai été un tel visage de jeunesse entre 20 et 35 ans\u2026 Il y a un moment où tu ne peux plus correspondre à cette image-là, même en conservant quelque chose de juvénile.J\u2019ai traversé des moments de flottement avant mes rôles de femme.Ma chance aura été d\u2019avoir participé au départ à des films forts et impor tants, mais j\u2019espérais depuis des années un nouveau beau rôle et il est arrivé.Ça valait le coup d\u2019attendre.Il faut y croire.» Elle avait raison.La voici en nomi- ENTREVUE ODILE TREMBLAY À PARIS LE DEVOIR C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 « Bouleversante pièce [\u2026] Le terrier est une vraie réussite.Sandrine Bisson est solide, elle serre les dents, mais elle menace à tout instant de voler en éclats.Frédéric Blanchette est tout aussi impressionnant.Pierrette Robitaille est parfaite.\u2013 Christian Saint-Pierre, Le Devoir » t h e a t r e l a l i c o r n e .c o m p r o d u c t i o n TEXTE Jean Marc Dalpé MISE EN SCÈNE Fernand Rainville AVEC David Boutin Marie-Thérèse Fortin Alice Pascual Dominique Quesnel Hamidou Savadogo DU 15 JANVIER AU 23 FÉVRIER CONCEPTION Jean Gaudreau, Larsen Lupin, André Rioux, Patricia Ruel et Mireille Vachon « On a droit à un immense duel de titans (\u2026).Ça vaut la peine d\u2019aller voir ça.» - Le 15-18, ICI Radio-Canada P remière « Une mise en scène gigantesque et somptueuse s\u2019accroche avec élégance dans l\u2019espace scénique.» - Revu e Séquences « Dominique Quesnel et Marie-Thérèse Fortin br illent dans cette nouvelle pièce de Jean Marc Dalpé, qui pose un r egard franc sur la transmission, l\u2019identité et le pouvoir destructeur du testament.» - Journal Métro Pupille a du succès en France depuis sa sortie le 5 décembre et Élodie Bouchez voit un peu le film comme un tremplin éventuel vers de nouveaux types de rôles pour elle au cinéma.ANNE-CHRISTINE POUJOULAT AGENCE FRANCE-PRESSE Tout était dans le scénario.J\u2019ai su instinctivement en le lisant que le rôle était dans mes cordes, que j\u2019étais prête pour ce personnage en sauts d\u2019obstacles.Chaque scène est chargée de sens.Les enjeux abordés demeurent importants du début à la fin.ÉLODIE BOUCHEZ » nation aux César pour un film sept fois cité.Et la Presse étrangère à Paris lui a décerné le Lumière de la meilleure actrice.Un tremplin L\u2019actrice tient l\u2019affiche dans l\u2019excellent Pupille de Jeanne Herry, aux côtés de Gilles Lellouche et de Sandrine Kiber- lain, une histoire tout en finesse sur l\u2019adoption sous X (quand la mère biologique a deux mois pour revenir sur sa décision d\u2019abandonner son enfant).Alors que Lellouche et Kiberlain incarnent des travailleurs de l\u2019aide sociale de bonne volonté, Élodie Bouchez, tout en élan de générosité, entre dans la peau d\u2019Alice, une célibataire en mal d\u2019enfant appelée à devenir la nouvelle mère du poupon.De l\u2019accouchement à la famille reconstituée, Pupille s\u2019attarde à la complexité du processus d\u2019adoption, se penchant sur le lien af fectif que le personnage de Gilles Lellouche développe avec le petit Théo.On découvre cet acteur soudain tendre et vulnérable, aux antipodes des rôles de machos qui lui échoient souvent.L\u2019actrice avait aimé Elle l\u2019adore, le premier long métrage de Jeanne Herry (fille de Miou-Miou et de Julien Clerc), comédie sur une fan d\u2019un chanteur célèbre.Elle croyait en son univers et plongea avec joie à ses côtés dans Pupille.« Ce film ouvre une brèche sur l\u2019adoption d\u2019enfants par des célibataires, qui commence à se frayer son chemin en France, dit-elle.Tout était dans le scénario.J\u2019ai su instinctivement en le lisant que le rôle était dans mes cordes, que j\u2019étais prête pour ce personnage en sauts d\u2019obstacles.Chaque scène est chargée de sens.Les enjeux abordés demeurent impor tants du début à la fin.C\u2019est l\u2019humanité qui me fait vibrer dans la vie comme au cinéma.Celle de ce personnage m\u2019a transportée.Alice est quelqu\u2019un avec des failles et une souf france qui chemina longtemps avant de trouver cette lumière intérieure.» Élodie Bouchez a aimé travailler dans une œuvre chorale où plusieurs rôles souvent en gros plans sont importants.« On n\u2019y suit pas une personne, mais chacun représente les étapes d\u2019un processus vital.» La c inéaste n \u2019avai t pas voulu confronter le bébé à des scènes chargées émotivement.«Quand la parole était trop forte, on prenait une poupée.C\u2019était un bon bébé, avec qui je parlais beaucoup, et on ne voulait pas avoir l\u2019impression d\u2019exploiter une toute petite personne en évoquant devant elle une condition d\u2019enfant abandonné.» Pupille a du succès en France depuis sa sortie le 5 décembre et Élodie Bouchez voit un peu le film comme un tremplin éventuel vers de nouveaux types de rôles pour elle au cinéma.Elle assume ses choix de carrière: «J\u2019ai préféré parfois me cantonner à de petits rôles, de simples apparitions dans des films qui m\u2019intéressaient, plutôt que d\u2019accepter des propositions qui m\u2019auraient rendue malheureuse.Et j\u2019aurai du moins réussi à ne pas me perdre.C\u2019est beaucoup!» conclut-elle.Cet entretien a été effectué à Paris dans le cadre des Rendez-vous d\u2019Unifrance.Pupille sort en salle le 15 février. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 1 2 | CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Ceux et celles que le théâtre ennuie n\u2019y ont pour la plupart jamais mis les pieds, ou bien rarement, et encore moins savouré cet immense privilège d\u2019observer le climat parfois angoissé des répétitions, la fébrilité des soirs de première et la mécanique survoltée derrière les rideaux.Edmond, d\u2019Alexis Michalik, vous of fre tout cela, en abondance, sans compter les beautés du Paris de la Belle Époque, récréées à Prague et à Karlovy Vary en République tchèque.Ce qui se déploie sous nos yeux dans un flamboyant brouhaha, c\u2019est la mise au monde laborieuse de Cyrano de Bergerac, le chef-d\u2019œuvre d\u2019Edmond Rostand, l\u2019arbre gigantesque cachant une forêt dénudée puisque depuis 1897, cette pièce éclipse les autres labeurs de son auteur.Alexis Michalik s\u2019est (beaucoup) amusé à revisiter la genèse ef fervescente de ce monument de la dramaturgie française, injectant à tous ses personnages une par t de doute sur la validité, et la qualité, de l\u2019entreprise, offrant ainsi une bonne dose d\u2019hystérie collective, et dont sa caméra baladeuse est sans cesse le témoin.Il y a un peu de Woody Allen dans son approche, celui de Bullets Over Broadway, qu\u2019il s\u2019agisse du dramaturge inquiet, des financiers véreux imposant des actrices de second plan, des divas qui n\u2019ont jamais trop de loges pour y remiser leur ego, etc.Et comme dans cet hommage aux splendeurs et misères du théâtre new-yorkais, Edmond met en relief son caractère ar tisanal (par fois même broche à foin), ses hiérarchies dignes d\u2019une monarchie (avant que sa suprématie ne soit détrônée par l\u2019arrivée du cinéma), et bien sûr ses intrigues sentimentales, carburant essentiel pour l\u2019inspiration, à l\u2019écriture comme sur scène.D\u2019abord créée sur les planches par nécessité économique puisque personne ne voulait de son scénario, le film qu\u2019en a finalement tiré Alexis Michalik a profité de son aura de succès à la scène.Il s\u2019est ainsi permis de petites fantaisies visuelles à la Avoir du flair Derrière la création de Cyrano de Bergerac, un formidable brouhaha dans les coulisses CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Lorsqu\u2019on habite une ville de montagne ensevelie sous un blanc manteau la moitié de l\u2019année, un homme comme Nelson Coxman est important.En effet, il est le conducteur de la déneigeuse qui assure le maintien d\u2019un lien physique avec le reste de la civilisation.Nelson a tout : il est très amoureux de sa femme Grace et il entretient une relation complice avec leur fils Kyle, qui travaille à l\u2019aéroport local.Mais voilà qu\u2019un soir, Kyle est assassiné par les sbires d\u2019un trafiquant de drogue pour des motifs voués à demeurer nébuleux, entre autres inconsistances narratives.En moins de temps qu\u2019il en faut pour dire « deuil », Nelson entreprend de remonter jusqu\u2019au baron en semant la mort à chaque échelon.Mettant en vedette Liam Neeson, empêtré en ce moment dans des propos jugés racistes, Poursuite de sang froid (Cold Pursuit) se veut un mélange de thriller et de comédie noire.L\u2019ennui est que le résultat n\u2019est ni très stressant ni très drôle.Mal modulées, les deux approches se cannibalisent.Prenez le méchant, Viking (Tom Ba- teman).Le type est une caricature grotesque cumulant les mauvaises décisions.Il n\u2019est pas menaçant.Par conséquent, on ne craint jamais pour le héros: exit le suspense.Même avec l\u2019ajout tardif d\u2019une faction criminelle concurrente menée par le chef White La vie malheureuse de Nelson C.Le Norvégien Hans Petter Moland refait son propre film avec un Liam Neeson qui se répète aussi Savourer le privilège d\u2019observer le climat parfois angoissé des répétitions, la fébrilité des soirs de première et la mécanique survoltée derrière les rideaux de théâtre, Edmond offre tout cela.AZ FILMS Jean-Pierre Jeunet, celui d\u2019Amélie Poulain, s\u2019offrant aussi un narrateur doublé d\u2019un brillant motivateur, Honoré (Jean-Michel Martial), dont la voix magnifique n\u2019a rien à envier à celle d\u2019André Dussollier.Sa présence rassurante contraste avec la frénésie ambiante, qu\u2019elle soit refoulée pour le jeune Rostand (Thomas Solivérès, très juste en écrivain appliqué et vertueux), tonitruante pour le tout premier Cyrano, Constant Coquelin (Olivier Gourmet, qui s\u2019amuse ferme), et libidineuse pour celui qui sert d\u2019inspiration au bellâtre niais Christian, Léonidas (Tom Leeb).Si certains personnages féminins ne bénéficient que de la part congrue dans cette gigantesque fête foraine du vers, du verbe et de l\u2019envolée dramatique \u2014 tout particulièrement celui d\u2019Alice, l\u2019épouse bienveillante de Bull (Tom Jackson), l\u2019absence d\u2019un vrai antagoniste se fait sentir.Quant à l\u2019humour, il se résume à une volonté d\u2019extravagance dans la violence (Tarantino 101), ainsi qu\u2019à des références culturelles relevant davantage du name-dropping scéna- ristique que de la vraisemblance.À titre d\u2019exemple, Viking ordonne à son garçon victime d\u2019intimidation de lire Sa Majesté des mouches pour y puiser la solution à ses problèmes.La compréhension erronée du père est censée être le gag de la scène.Or, son palace ne contenant pas l\u2019ombre d\u2019un bouquin et ses propos Liam Neeson utilise sa haute stature pour composer une machine humaine déterminée et peu loquace dans cet hybride entre thriller et comédie noire.ENTRACT FILMS Edmond ?Comédie d\u2019Alexis Michalik.Avec Thomas Solivérès, Olivier Gourmet, Tom Leeb, Lucie Boujenah.France, 2018, 110 minutes. C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 GRANMA.TROMBONES DE LA HAVANE Rimini Protokoll Berlin Une palpitante traversée de Cuba par les maîtres du théâtre documentaire KALAKUTA REPUBLIK Serge Aimé Coulibaly Bobo-Dioulasso + Bruxelles Sept danseurs ahurissants en hommage au musicien africain de génie Fela Kuti CONSTITUONS ! Christian Lapointe Un ambitieux exercice démocratique, le théâtre comme agora civique UNFOLD I 7 PERSPECTIVES Danièle Desnoyers Une création toute en ?nesse et d\u2019une furieuse énergie 514 844 3822 1 866 984 3822 fta.ca Réservez maintenant ! SOIFS MATÉRIAUX Marie-Claire Blais + Stéphanie Jasmin + Denis Marleau Une envergure exceptionnelle.28 comédiens et musiciens Rostand \u2014, d\u2019autres font de leur présence un feu d\u2019artifice.C\u2019est tout autant le cas de Mathilde Seigner, pas tout à fait le profil de la grande actrice de théâtre de répertoire, servant à merveille la figure de Maria Legault, la première Roxane, que de Clémentine Célarié, qui, bien sûr, en fait des tonnes en Sarah Bernhardt.Et on en redemande.Ce magnif ique hommage à la puissance évocatrice du théâtre ne rivalise jamais avec le brio de François Truffaut (Le dernier métro) ou les fulgurances de Baz Luhrmann (Moulin Rouge), mais ce Edmond a du flair : celui de plaire avec drôlerie, intelligence, virtuosité, et une agitation par fois digne d\u2019un\u2026 Georges Feydeau, grand rival de Rostand à l\u2019époque.Comme quoi tout est dans tout, même sur les planches.trahissant souvent une complète incurie, on ne croit pas un instant qu\u2019il ait pu lire, même mal, William Golding.C\u2019est un détail, mais il est révélateur d\u2019une absence de rigueur dans la construction des personnages.Et de l\u2019intrigue, pour le compte.De fait, celle-ci est cousue de fils plus blancs que le panorama glacé.Le fils de Nelson est mort d\u2019une sur- dose d\u2019héroïne qu\u2019on lui a injectée dans la fesse et bien que ses bras ne montrent aucune marque ancienne ou récente, légiste et policiers n\u2019y voient rien de suspect\u2026 Un truand raccompagne en solo l\u2019inconnu baraqué qu\u2019est Nelson dans un stationnement sous-terrain providentiellement désert\u2026 Un second est immobilisé dans son véhicule en plein jour sur une route où Nelson et lui sont seuls, comme par hasard, bis, alors que la déneigeuse est suivie par un cortège de voitures le reste du temps\u2026 Remake et redite Oui, mais il faut prendre l\u2019histoire avec un grain de sel, objectera-t-on en brandissant de nouveau la carte de la comédie noire comme s\u2019 i l s\u2019agissait d\u2019une fin en soi.À ce propos, tous les acteurs n\u2019ont pas reçu le mémo : cer tains jouent sourire en coin face à des par tenaires optant pour le premier degré.C\u2019est le cas de Liam Neeson.Sauf pour une poignée de scènes attendrissantes avec le fils de Viking, Neeson utilise sa haute stature pour composer une machine humaine déterminée et peu loquace, son fonds de commerce développé dans la série de films L\u2019enlèvement (Taken) et répété dans Sans arrêt (Non-Stop) et Dernier arrêt (The Commuter).Quoique la redite est peut-être de mise puisque Poursuite de sang froid est un remake du film nor végien Kraftidioten (In Order of Disappearance), par son réalisateur original de surcroît, Hans Petter Moland, ici technicien adéquat.Kraftidioten était plus ouvertement loufoque, et le jeu de Stellan Skarsgard en père vengeur plus en phase avec les ruptures de ton.Un rendez-vous hollywoodien manqué, en somme.Ah, et pour ceux qui seraient appâtés par la présence de l\u2019excellente Laura Dern, elle a hérité de la partition non définie de l\u2019épouse vite éjectée du récit.Dans les circonstances, c\u2019est ce qui pouvait arriver de mieux à la comédienne.Poursuite de sang froid (V.F.de Cold Pursuit) ?1/2 Thriller de Hans Petter Moland.Avec Liam Neeson, Tom Bateman, William Forsythe, Emmy Rossum, Julia Jones, Laura Dern.États-Unis, 2018, 118 minutes. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e 14 | Les nouveautés sont en rose Roma ?Chef-d\u2019œuvre d\u2019Alfonso Cuarón que ce retour à son enfance au début des années 1970, en banlieue cossue de Mexico.À travers l\u2019admirable portrait de Cleo (Yalitza Aparicio), servante et ange d\u2019une famille en éclatement, c\u2019est l\u2019âme du Mexique qui vibre et respire dans ce film contemplatif et immersif.Les images en noir et blanc sublimes, les cadrages artistiques, somptueusement filmés, sans musique, et une caméra 65 mm qui embrasse à la fois les détails intimes et la violence du pays, la sensibilité et la force du film en font une œuvre d\u2019anthologie.Odile Tremblay Une affaire de famille (V.O., s.-t.f.) ?Lauréat de la Palme d\u2019or, Une affaire de famille marque un nouveau sommet pour l\u2019auteur des déjà exceptionnels Nobody Knows et Still Walking, Hiro- kazu Kore-eda.On y suit le quotidien ardu de la famille Shibata, qui joint les deux bouts en recourant à divers larcins et dont l\u2019équilibre précaire est compromis lorsque le père et la mère recueillent une fillette abandonnée dans le froid.Kore-eda, malgré une empathie évidente envers ses personnages, ne minimise jamais l\u2019ampleur des dilemmes moraux en présence, non plus qu\u2019il ne se montre complaisant par rapport aux failles du couple, qui n\u2019en est dès lors que plus poignant, que plus humain.Porté par une poésie visuelle sur laquelle l\u2019adversité n\u2019a aucune prise, c\u2019est là un film qui reste.On l\u2019emporte avec soi, en pensées, y revenant inopinément\u2026 On sent des larmes monter alors que défilent en boucle des scènes si justes qu\u2019elles semblent avoir été arrachées au réel.François Lévesque Une colonie ?1/2 L\u2019enfance semble un pays que Geneviève Dulude-De Celles (Bienvenue à F.L.) se plaît à ratisser, sans compter celui de son enfance, la région de So- rel-Tracy, avec cette campagne marquée aussi par l\u2019industrialisation.Ces paysages, la jeune Mylia (Émilie Bierre) semble les observer avec détachement, voire avec ennui, tout le contraire de sa cadette (Irlande Côté), vraie boule d\u2019énergie.À la faveur de l\u2019arrivée de Mylia, protégée de loin par les adultes, dans une nouvelle école, c\u2019est aussi de nouveaux horizons qui s\u2019ouvrent devant elle, des découvertes parfois douloureuses.Une œuvre délicate, sensible, sur ces passages entre deux âges, transitions aussi douloureuses qu\u2019interminables, mais essentielles pour atteindre une assurance nécessaire.C\u2019est l\u2019une des belles leçons d\u2019Une colonie.André Lavoie Avec un sourire, la révolution ! ?1/2 Après Le peuple interdit, Alexandre Chartrand n\u2019avait pas l\u2019intention d\u2019abandonner les Catalans à leur sort, surtout à un des moments les plus importants de leur histoire.Mais leur désir d\u2019indépendance s\u2019est vite heurté au mur de l\u2019autoritarisme du gouvernement espagnol.De Madrid, par la voix du président Mariano Rajoy, le référendum du 1er octobre 2017 fut jugé inconstitutionnel, autorisant ainsi tous les coups bas et quelques coups de matraque.Dans ce deuxième chapitre documentaire, le cinéaste s\u2019est placé à la fois au cœur de ce tumulte et aux côtés de quelques protagonistes, tous catalans, prônant une indépendance vibrante, joyeuse, pacifique.Au fil des jours, l\u2019euphorie laisse la place à la gravité, installant un suspense dont nous connaissons l\u2019issue, mais qui donne encore froid dans le dos: le bruit des bottes pour contrer le pouvoir des urnes.André Lavoie Impetus ?1/2 Dans ses précédents documentaires, dont L\u2019atelier de mon père, Jennifer Al- leyn explorait les mécanismes de la création.Or, après s\u2019être penchée sur les démarches d\u2019autres artistes, voici que la cinéaste met la sienne à nu.Cela, alors qu\u2019elle vit une profonde remise en question.D\u2019où le titre Impetus, qui signifie «force d\u2019impulsion», «élan».Car c\u2019est dans l\u2019expectative de cet état que se trouvent les personnes réelles et imaginaires qui se côtoient dans un film unique où Jennifer Al- leyn, en une forme de déconstructi- visme cinématographique, désigne les artifices du cinéma pour mieux leur renouveler son amour.Ici, la cinéaste ouvre ni plus ni moins son intimité d\u2019artiste, avec toute la vulnérabilité que cela suppose.Pour le compte, ce à quoi on assiste dans cet enchevêtrement audacieux de documentaire et de fiction n\u2019est pas tant l\u2019émergence d\u2019un second souffle qu\u2019une renaissance.C\u2019est dire qu\u2019outre qu\u2019il intrigue, stimule et fascine, Impetus émeut.François Lévesque Destroyer (V.O.) ?1/2 Afin de régler ses comptes avec un truand qui refait surface après des années de silence, la détective Erin Bell remonte le fil d\u2019un passé trouble.Filmée sans fard ni filtre, Nicole Kidman, hormis le fait qu\u2019elle fait acte de réalisme dramatique, paraît ici adresser un doigt d\u2019honneur à quiconque songerait à se formaliser de ses choix.Car elle ne renie pas pour autant sa part glamour, des retours en arrière la montrant comme on est habitués de la voir.Elle est tout cela, semble-t-elle dire par- delà la fiction, et ça ne regarde qu\u2019elle.Cette affirmation de soi est en l\u2019occurrence l\u2019un des thèmes principaux du film de Karyn Kusama, dont le sous- texte s\u2019avère aussi passionnant que l\u2019intrigue.Outre l\u2019apparence de la star, on a volontiers relevé qu\u2019elle joue une héroïne «antipathique».Là encore, ce qui est banal avec un acteur a toujours l\u2019heur d\u2019étonner avec une actrice.Or, à l\u2019issue de ces deux heures dans la vie d\u2019Erin, on objectera qu\u2019elle est, au contraire, profondément sympathique.Mais peut-être pas selon les standards établis.Lire: masculins.Et c\u2019est aussi ça, le sujet de ce film brillant.François Lévesque Capharnaüm (V.O., s.-t.f.) ?1/2 À la mort de sa petite sœur vendue à un voisin par ses parents, Zain, un enfant des rues, intente un procès à ceux- ci.Son grief: qu\u2019ils l\u2019aient mise au monde.En dépit de l\u2019intelligence de la réalisation de Nadine Labaki, qui privilégie une caméra en phase avec Zain, c\u2019est-à-dire sur le qui-vive et à hauteur La grande noirceur ?Après avoir fui la conscription, un Québécois errant, imitateur de Chaplin de son métier, vit des pérégrinations calamiteuses dans l\u2019Ouest américain.Le passé indéterminé campe d\u2019office l\u2019action en contrées où le surréalisme couve sous l\u2019apparente familiarité.On est à la lisière du fantastique.Jumelé à un habillage sonore entêtant, le récit minimaliste favorise un état de transe.Transcendant un budget malingre, le cinéaste Maxime Giroux crée un éblouissant album en mouvement où chaque plan se révèle plus envoûtant que le précédent.Une facture exquise tenant lieu d\u2019écrin tellement séduisant qu\u2019on est saisi, effet de contraste, par la laideur humaine qui grouille en son sein: celle à laquelle est confronté le héros (un Martin Dubreuil touchant d\u2019intériorité).C\u2019est effrayant, drôle parfois, unique en somme, et à voir sur grand écran.François Lévesque Edmond, comédie d\u2019Alexis Michalik AZ FILMS prix du meilleur premier long métrage canadien au TIFF, Katherine Jerkovic propose ici une œuvre d\u2019une infinie délicatesse et d\u2019une infinie pudeur.Cela, en phase avec ses deux émouvantes protagonistes, femmes issues de générations et de milieux distincts qui s\u2019apprivoisent pour mieux se redécouvrir.Il se dégage de ce film minimaliste une harmonie heureuse entre le fond et la forme, la langueur du climat seyant merveilleusement au rythme méditatif de l\u2019œuvre.François Lévesque style de Power Paola se révèle en l\u2019occurrence aussi efficace dans le registre dramatique que comique, avec ce trait en apparence naïf, épuré, et pourtant richement évocateur.La réalisation de Santiago Caicedo souscrit à la même dynamique, c\u2019est-à-dire que sous des dehors minimalistes couve une grande virtuosité.François Lévesque Edmond ?Scénario devenu pièce de théâtre pour redevenir scénario, tout cela grâce à son succès sur les planches.L\u2019histoire de cette création du dramaturge et acteur Alexis Michalik en est une de ténacité, tout comme celle entourant Cyrano de Bergerac, d\u2019Edmond Rostand, dont il s\u2019inspire avec humour, et un maximum de libertés.Dans ce Paris de la Belle Époque récréé en République tchèque, le jeune Rostand doit livrer rapidement une pièce pas encore écrite, fabriquée dans la précipitation et une multitude de quiproquos dignes\u2026 de Georges Feydeau, son grand rival de l\u2019époque.Superbe fantaisie qui s\u2019inspire (timidement) du style Jean-Pierre Jeunet et qui évoque l\u2019hilarant Bullets Over Broadway de Woody Allen, Edmond propose un hommage au théâtre d\u2019une belle virtuosité, fourmillant d\u2019acteurs dévoués et inspirés, dont Olivier Gourmet en premier Cyrano.Ni plus ni moins qu\u2019une tourbillonnante fête foraine des vers, des mots d\u2019esprit et des répliques mordantes.André Lavoie Les routes en février ?1/2 Son sac sur le dos, Sarah a quitté Montréal afin de rendre visite à sa grand-mère Magda en Uruguay.Il s\u2019agit de retrouvailles douces-amères.En effet, le père de Sarah, ce fils dont Magda a espéré en vain le retour, vient de mourir.Si c\u2019est là le principal motif de son voyage, Sarah n\u2019en est pas moins mûre pour un temps d\u2019arrêt.Dans la quiétude de ce village reculé, la jeune femme trouvera un contexte de réflexion idéal.Aussi peu loquace que démonstrative, mais aimante néanmoins, Magda, de son côté, s\u2019inquiète de l\u2019apparente indolence de sa petite-fille.Lauréate du Virus tropical ?L\u2019artiste Power Paola collabore à cette adaptation du premier de ses cinq romans (autobio)graphiques.On l\u2019y suit de sa conception insolite jusqu\u2019à ses 18 ans, accent étant mis sur les relations entre ses deux sœurs aînées, leur mère, et elle.Si différentes soient-elles, ces femmes ont l\u2019art de se solidariser lors des épreuves.La manière subtile de célébrer sans appuyer ce pouvoir de résilience s\u2019avère l\u2019un des aspects les plus émouvants de cette chronique douce-amère.Le C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 DE JASMINE DUBÉ Le Téléjournal de Radio-Canada - Le Journal de Québec Œ U V R E O R I G I N A L E : D A N I E L B U T C H E R - P H O T O : M A R C G I B E R T / A D E C O M .C A festival.casteliers.ca Bureau des festivals et des événements culturels Outremont Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ U V Œ V R Œ U V Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ U Œ U V R Œ Œ Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ U V Œ Œ U Œ Œ U V R Œ Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ Œ U V R Œ U V R Œ U V Œ U V R Œ U Œ U V R Œ U V R Œ U V Œ U V Œ Œ Œ Œ U Œ U V R Œ Œ U V R Œ Œ U V R Œ U V R Œ Œ U V R Œ Œ U V Œ U Œ Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ Œ U V Œ Œ Œ Œ U V R Œ U V R Œ Œ U V R Œ Œ Œ Œ U V R Œ Œ Œ Œ Œ Œ U V R Œ U V R Œ U V R Œ U V R U V R U V R U V R U V R U V R U U V R U U U U V R U V R U U U V R U V R U U V R U U U V R U V V V V R V R V V V V R R R R R R R R R E O R E O R E O E O R E O R E O R E O E O R E O R E O E O R E O R E O R E O R E O R E O R E O R E O R E O E O R E O R E O R E E E E O E E O E O R E O R E E O R E O R E O R E O R E O E O R E O R E O R E E O R E O R E O E O E O R E O R E O R E O E O E O R E O R E O R E O R O R O O R O R O R O R O R O R O O O R O R O R O R O R O O R O O O R O O R O R O R O R R R R R R R R R R R R R R R R R R R R R R R R R R I G I N I G I N I G I N I G I N I G I N I G I I G I N I G I G I G I N I G I N I G I N I G I N I G I N I G I G I N I G I I G I N I G I N I G I N I G I G I N I G I N I G I I G I N I G I N I G I N I G I N I G I N G I N G I N G I N G I N G G I N G I N G I N G I N G G I N G G I N G I N G I N G I N G G I N G I N G I N G G I G I N G G G I N G I N G G G I N G I N G I N G I G G I N G G G G I N G I G I N G I N G G G G I N G I N I N I N I N I N I N N N N N N N A L E A L E A L E A L E A L A L E A L E A A L E A L E A L E A L A L E A L A L E A L E A L E A L E A L E A L E A L E A L E A A L E A L A L E A L E A L E A L E A L E A L E A L E A L E A A A A L E A L E A L E A L A L E A L E A L E A L A L E A A A L A A A A L E A L A L E A L E A L A L A A L E A L E A L E A L A L E A L E A A L E A A A L E L L E L L E L E L L L L L E L L L E E E E E E : D A : D A : D A : D A : D A : D A : D A : D A : D A : D A : D A : D A : D A : D A : : D A A : : D A : D A : D A : D A : D A : : : D A : D A : : D A D A D A D A D A D A D A D A D A D A D A D A D D A D A D A D A D A D A D A D A D D A D A D A D D D D A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A N I E L N I E L N I N I E L N I E L N I E L N I E L N I E L N I E L N I E L N I E N I E L N I E L N I E L N N I E L N I E L N I E L N I E L N I E N I E L N I E L N I E L N I E L N I E L N I E N N I E L N I E L N I E L N I E N I E L N I N N I E N I E N I E N N N N I E L N I E L N I N I E L N I E N I E N I E L N I E L N N I E L N N I E L N I E L N I E L N I E L N I N N I E L N I N I E L N I E N I E L N I E L I I E I E L I E L I E L I E I E L I E I I E L I I I E L I E L I E L I I E L E L E E E E E E L E L E L E L E L E L E E E L L L L L L L L B U T B U T B U T B U T B U T B U T B U T B U T B U T B U T B U T B U T B U T B U T B U B U B U T B U B U B U T B U T B U T B U T B U T B U T B U B U T B U B U T B U T B U T B U T B U T B U T B U B U B U T B U T B U T B U B U B U T B U T B U T B U T B U T B U T B U T B U B U B U B U T B U B U T B U T B U B B U B B U T B B B U B U U T U T U T U T U U U U U U U U U U U U T T T T T T T T T T T T T T T T T T T C H E R C H E R C H E R C H E R C H E R C H E R C H E R C H E R C H E R C H E R C H E R C H E R C H E R C H E R C H E R C H E C H E R C H E R C H E R C H E R C H E R C C C H E R C H E R C H E R C H E R C H E R C C H E R C H E R C C H E R C H E R C H E R C H E R C H C H E R C H E R C H E R C H E R C H E C H E R C H E R C H E R C C H E C H E R C H C H E R C C C H E R C H E R C H E C H C H E R C H E C C H E C H E R C H E R C H C H C H E R C H E R C H E R C H E R C H E C H E R C H E R C C C H E C H E C H E R C H E R C H E R C C H H E R H H H E R H H E H H H E R H H E H E R H H H H E H H H H H H H E R H E R H E R H H E R H H H H E H E R H E R H E E E E E E E R R R R R R R R R R R - P - P - P - P - P - P - P - P - P - P - P - P - P - P - P - P - P - P - P - P - P P - P - P - P - P - P - P - P - P - P - P - P - P - P - P - P - P - P P P P P P P P P P P P P P P P P P P P P P P P P P P P P P P P P P P P H O T O H H O T O H O T O H O T O H O T O H O T O H O T H O T O H O T O H H O T H O T O H O T H O T O H O T O H O T O H O T O H O H O T O H O T O H O T H O T O H O T O H O T O H O T O H O T O H O T O H O T O H H H O T O H O T O H O T O H O T O H O T O H O T O H O T O H O T O H H O H O T O H O T O H O T O H H O T O H O T O H O H O H O T O H H H H O T O H O T H H O T O H O T O H O T H H O H H H H O T O H H H H O T O H O T O H H O T O O T O O T O O O T O O T O O O O T O O T O O O T O O O O T O O T O O O T O O T O O O T O T O O T O O T O O O O T O O T O T O T T T T T O T O O O O O O O O O O O O : M : M : M : M : M : M : M : M : M : M : M : M : M : M : M : M : M : M : M : M : M : M : M : : M : M : M : M : M : M : M : M : M : M : M : M : M : : M : : : M : M : M : : : M M M M M M M M M M M M M M M M M A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A R C A A R C A R C A R C A R A A R C A R C A A A R C A R C R R C R C R C R C R C R C R R R R C R R R R R R C R C R C R C R C R R C R C R R R R R R R R C C C C C C C C C C C C C C C C C C C C C C C C C C G I B E G I B E G I B E G I B E G I B E G I B E G I B E G I B E G I B E G I B E G I B E G I B E G I B E G I G I B E G I B E G I B E G I B E G I G I B E G I G I B G I B G I B E G I B E G I B E G G I B G G I B E G I B E G I B E G G I B E G I B E G I B E G I B E G I B G I B E G G I B E G G G I B E G I B E G G I B E G I B E G I B E G I B E G I B E G I B E G I B E G I B E G I B E G I B E G I B E G I G I B E G G I B E G G I B E G I B E G I B E I B E I I I I I I B E B B E B B B E B E B B E B E E E E E E E E E R T R T / R T R R T R T / R T R T / R T / R T / R T / R T / R T / R T / R T / R T / R T / R T / R T / R T / / R T / R T / R R T / R T R R R T / R T R T / R T R T / R T / R T / R T R T / R T / R T R T / R T R T / R T / R T / R T / R T / R T R T R T / R T / R T R T / R T / R T R R T / R T R T / R R T R R T R T R T T / T T T T T T T T T / T / T T T T T / T T / / / / / / / / / / / A D E A D A D E A D E A D E A D E A D E A D A D E A D E A D E A D E A D E A D E A D E A A D E A D E A D E A D E A D E A A D E A A D E A D E A A D E A D E A D E A D E A D E A D E A A D A A D A D E A A D A D E A D E A D E A A A D E A D E A A D E A A A D E A D E A A A A A D A D E A A D E A D E A D E A D E A A D E A A D E A D E A D E A A D A D E A D E A D E A D A D A A A A D E A D A A D A D A D E A D A A D D D E D D D E D D E D E D D D D E D D D D D D D D D D D E D D E D D E D D D D D D D D D D D E E E E E E E C O M .C O M .C O M .C O M .C O M .C O M C O M C O M C O M C O M C O M .C O M C O M C O M .C O M C O M .C O M C C O M .C O M .C O M C C O M C O M .C C O M C C O M C C C O M .C O M .C O M C O M C O C O M .C O M .C O M .C O M C O M C O M C O M C O M C O M C O M C C C O C O M .C C C O M C O M C O M C O M .C C C O C O M C O M C O M C O C O M C C O M .C C C O M C O M C O M C O M .C O M C C C C C O M C O C O C O M .O M O O M O M .O M O O M O M O M O M O M O M O M O M O O M M M M M M M M M M M M M M M M M M M M M M M M M M M M M M M M C C A C A C A C A C C A C A C A C A C A C A C C C C A C A C A C A C C A C C C C A C A C A C C A C A C A C A C A C A C A C C C C A C C A C C A C C C C A C A C A C A C A C A C A C A C C C C A C A C C A C A C A C C A C A C A C A C A C C C A C A C C A C A C A C A C A C A C A C C A C A C A C A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A Billetterie : 514 495-9944 Merveilles des mers (V.F.de Wonders of the Sea) ?1/2 Toutes sortes de choses se retrouvent au fond des mers, même la voix d\u2019Arnold Schwarzenegger.Producteur de ce documentaire haut en couleur où plane l\u2019ombre du célèbre explorateur Jean-Jacques Cousteau, fièrement représenté par sa descendance, il en assure la narration, une première pour cet acteur transformé en politicien.Le résultat aligne une multitude de splendeurs sous-marines, des îles Fidji aux côtes de la Californie, en passant par le Mexique et les Bahamas, mais côté contenu, la pêche se révèle moins miraculeuse.Dans un souci de familiarité, à la voix du célèbre Terminator (oui, il lance la fameuse réplique qui a défini toute sa carrière!) s\u2019ajoutent celles du fils Cousteau et de ses deux enfants, recréant une dynamique familiale totalement artificielle, élément qui devrait sombrer dans l\u2019abîme pour laisser toute la place à ces merveilles.André Lavoie Hale County this Morning, this Evening ?1/2 Avant d\u2019être photographe, RaMell Ross était professeur de\u2026 basketball.Cette passion prend beaucoup de place dans son premier documentaire, une symphonie visuelle débridée sur une ville qu\u2019il connaît bien, Hale County en Alabama, là où il a enseigné pendant quelques années.La complicité est évidente avec ses personnages, des gens qui oublient sa caméra \u2014 au point même de s\u2019en foutre complètement.Portrait intimiste, poétique et sinueux de la réalité afro-amé- ricaine captant par bribes, en accéléré ou sous des angles incongrus un milieu accablé par la chaleur, mais aussi la misère.Jamais fataliste, le cinéaste se plaît à observer des jeunes en action, dont un particulièrement athlétique, croyant trouver son salut grâce à un ballon.L\u2019Amérique dans toute sa simplicité, ici jamais tonitruante.André Lavoie Les noces de papier, de Michel Brault), et le troisième du cinéaste belge David Lambert (Hors les murs, Je suis à toi) s\u2019inscrit dans cette lignée.Il tente également de se faire léger, mais le naturel revient vite au galop, nettement plus à l\u2019aise à décrire les états d\u2019âme d\u2019un misanthrope (Bouli Lanners) en deuil de son conjoint que ses démêlées avec une jeune réfugiée congolaise (Rachel Mwanza, candide, mais sans grand timing comique) pour un éventuel mariage blanc.Les choses prennent une tournure plus coquine et plus complexe à l\u2019arrivée d\u2019un homme qui se présente comme le frère de la future mariée.Entre sourires et petites larmes, une chronique un peu anodine de la vie conjugale à l\u2019ère des migrants et des sans-papiers.André Lavoie d\u2019enfant, Capharnaüm ne fonctionnerait pas sans Zain al-Rafeea.Un réfugié syrien dans la vraie vie, il confère au jeune héros une vérité de chaque instant.La plupart des interprètes sont des non-professionnels comme lui.Justement, l\u2019authenticité douloureuse qui émane de la distribution pallie en partie le manque de fluidité d\u2019un récit sincère mais ponctué, hélas, de trop nombreux points d\u2019orgue émotionnels.À terme, le film a valeur de plaidoyer adressé à un monde en perte d\u2019humanité, une exhortation à chérir davantage ce qu\u2019il a de plus précieux: ses enfants.Car il est des richesses qui ne devraient jamais être monnayées.François Lévesque Poursuite de sang-froid (V.F.de Cold Pursuit) ?1/2 Après que son fils a été tué par les sbires d\u2019un gros trafiquant, un conducteur de déneigeuse remonte jusqu\u2019audit baron en semant la mort à chaque échelon.L\u2019ennui avec ce mélange de thriller et de comédie noire est que le résultat n\u2019est ni très stressant ni très drôle.Mal modulées, les deux approches se cannibalisent.L\u2019antagoniste n\u2019est en outre guère menaçant, de telle sorte qu\u2019on ne craint jamais pour le héros.En père vengeur, Liam Neeson joue encore une machine humaine déterminée et peu loquace, son fonds de commerce depuis L\u2019enlèvement (Taken).Quoique la redite soit peut-être de mise puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un remake d\u2019un film norvégien par son réalisateur original, Hans Petter Moland, ici technicien adéquat mais directeur d\u2019acteurs défaillant.Ah, et pour qui serait appâté par la présence de l\u2019excellente Laura Dern, elle est vite éjectée du récit.Dans les circonstances, c\u2019est ce qui pouvait lui arriver de mieux.François Lévesque Troisièmes noces ?1/2 La cohabitation entre un citoyen privilégié et une personne sans statut a donné lieu à quelques films charmants (Green Card, de Peter Weir, Lola et ses frères ?L\u2019acteur Jean-Paul Rouve se révèle parfois cabotin et tapageur, mais le cinéaste, qui ne dédaigne pas l\u2019humour, se plaît aussi à embrasser une certaine gravité.Les deux tons se chevauchent dans son nouveau film, de nouveau scénarisé avec la complicité de l\u2019écrivain David Foenkinos après Les souvenirs.Encore une fois, une histoire de famille, et de fraternité parfois douloureuse, entre une jeune avocate, un opticien et un expert en démolition.Leur complicité semble (à peu près) parfaite au cimetière devant la tombe de leurs parents, mais les rivalités, les secrets et les mauvaises manies refont vite surface.À la faveur d\u2019intrigues sentimentales et de déboires professionnels, ce clan pourrait bien se rapprocher, ou éclater.Rouve ne lésine pas sur les bonnes répliques, les quiproquos amusants, mais ne craint pas non plus la lourdeur des symboles.André Lavoie L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 1 6 | F Ê T E R | M A N G E R | C R É E R LE CRITIQUE CUISINÉ PRÉSENTÉ PAR LA Avec : Jean-Philippe Tastet, Marie-Fleur Saint-Pierre 28 février, 19 h 30 \u2022 L\u2019Astral TOUS LES D É TAI L S : M O N T R E A L E N LU M I E R E .CO M GRANDS PARTENAIRES 21 FÉVRIER AU 3 MARS 2019 | 20e ÉDITION LE 5 À 8 DU VERNOIS ! Au Petit Extra LE FEU ET LA ROCHE Nom Nom Cantine APÉRITIF SUISSE AU VIN JAUNE Espace bar de l\u2019ITHQ LUSTUCRU PRÉSENTE LA MAISON BOLÉ Bistro Lustucru FONDUE AUX FROMAGES D\u2019ICI Auberge Saint-Gabriel SOUPER SOUPER SOUPER APÉRO CONFÉRENCE APÉRO CRITIQUE NICOLAS MAVRIKAKIS COLLABORATEUR LE DEVOIR Voilà une œuvre qui pourra avoir l\u2019air nostalgique.Mais la chose est-elle si simple ?Cette tristesse semble s\u2019énoncer en premier lieu dans les matériaux et même le dispositif scénique utilisés par Olya Zarapina.L\u2019artiste exhibe une technologie d\u2019un passé récent qui paraîtra désuète pour certains, voire totalement mystérieuse pour les plus jeunes.Au centre de cette installation, ce qui ressemble à une pellicule de cinéma est posé sur toute sa longueur sur une sorte de table, qui est en fait une ancienne porte accordéon d\u2019ascenseur.Cette pellicule, très lentement, circule en boucle, projetée sur un panneau.En fait, il s\u2019agit d\u2019une pellicule photo utilisée d\u2019une manière inventive.Grâce à un ancien appareil analogique, Zarapina a pris des photos, mais à chaque image prise, elle a un peu rembobiné sa pellicule afin de ne pas avoir de coupure entre les poses.Après quelques essais et erreurs, l\u2019artiste a finalement obtenu un immense panorama, de quelques mètres de long, qui s\u2019étale sur cinq pellicules mises bout à bout.Ce panorama est projeté en continu sur un écran sans avoir besoin de la mécanique complexe du projecteur de film.Le résultat se révèle comme un renouvellement original de la technologie ancienne, plus qu\u2019une énième et triste réitération de celle-ci.L\u2019artiste parle de son travail comme étant une forme de « photographie élargie », comme on parlait autrefois de cinéma élargi (expanded cinema).Le sujet traité dans cette œuvre et la manière de l\u2019aborder participent à cette mémoire réinventée, à ce mélange de temporalités entre ancien et nouveau.Dans une curieuse mise en abyme, ce « film » met en scène les dif férents étages de l\u2019édifice le Belgo, lieu incontournable de l\u2019art au Québec, immeuble de la rue Sainte- Catherine où le public se presse, en particulier les samedis, dans le but de voir de l\u2019art contemporain dans des centres d\u2019artistes et des galeries.Ce lieu semblera ici ancien, la couleur souvent ocre de l\u2019image et ses contours flous \u2014 obtenus par la vieille lentille d\u2019un projecteur soviétique réutilisée \u2014 ajoutant un look suranné à l\u2019ensemble.On dirait un ancien film remontré après des années d\u2019oubli et dont les couleurs se seraient un peu ternies.Pour compléter ce portrait du Belgo, Zarapina a surimposé sur la pellicule des noms de galeries et de commerces aujourd\u2019hui fermés ou ayant déménagé, mais qui ont pourtant fait la réputation de cet immeuble : Op- tica, Joyce Yahouda, SAS, Nicolas Rober t, René Blouin, Dominique Bouffard, Mistral\u2026 et j\u2019en passe ! Un malin hasard voulut que la galerie Trois Points en soit à son dernier jour de fonctionnement l\u2019une des journées où l\u2019ar tiste « tourna » son film.On notera aussi que le magasin Fabricville et le resto Piz Pistol firent partie de ce paysage culturel hétéroclite.Tout cela amplifie l\u2019atmosphère triste de l\u2019ensemble\u2026 Le Belgo ne serait-il plus ce qu\u2019il était ?Cette installation est-elle donc comme une forme de nostalgie culturelle ?À moins que ce ne soit la culture qui soit toujours un peu affaire de nostalgie dans notre culture populaire qui a encore bien du mal avec le contemporain.Rappelons que ce sont Les fantômes du Belgo Olya Zarapina revisite un édifice marquant pour l\u2019histoire de l\u2019art contemporain au Québec Ce qui est plus fascinant dans cette œuvre est sa résistance à l\u2019image.Plongée dans la pénombre, avec son image évanescente, cette œuvre s\u2019avère des plus difficiles à photographier, à documenter par l\u2019image, à regarder même. | 17 C u l t u r e A r t s v i s u e l s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 Cette exposition itinérante a été produite par l\u2019Art Museum de l\u2019Université de Toronto en partenariat avec le Musée d\u2019art du Centre de la Confédération, Charlottetown, et a été réalisée en partie grâce au gouvernement du Canada, au Conseil des arts du Canada et au Conseil des arts de l\u2019Ontario.Commanditaire principal : Fondation Donald R.Sobey Kent Monkman, Les papas, 2016.Collection de Christine Armstrong et Irfhan Rawji.Chantal Boulanger et René Blouin qui, en septembre 1986, furent les premiers à ouvrir des galeries d\u2019art au 5e étage de cet édifice.Installés à côté de fabriques de fourrures, ils lancèrent cet immeuble dans le monde des ar ts, lieu qui attira par la suite un nombre important de galeries.Cela en fit le lieu qu\u2019il fallait voir pour savoir ce qui se faisait au Québec.Et de nos jours ?On pourrait plutôt percevoir cette œuvre comme une consécration de ce lieu qui, avec sa dizaine de galeries d\u2019art contemporain, est toujours très actif.Jusqu\u2019au jour où un promoteur immobilier voudra en faire un immeuble à condos.En fin de compte, ce qui est encore plus fascinant dans cette œuvre est sa résistance à l\u2019image.Plongée dans la pénombre, avec son image évanescente, cette œuvre s\u2019avère des plus dif ficiles à photographier, à documenter par l \u2019 image, à regarder même.On scrute l\u2019image pour se repérer.On essaie de se retrouver, alors qu\u2019on est soi-même dans le même immeuble.La photographie y défie la photographie.Un rappel que l\u2019art \u2014 même ancien \u2014 est toujours un dialogue avec le moment présent, dans un va-et-vient avec un moment présent toujours aussi fragile cultu- rellement, aussi fragile qu\u2019il l\u2019a été.H3B 1A2 : 2019.TBD D\u2019Olya Zarapina.Au Centre des arts actuels Skol, jusqu\u2019au 16 février.SU R L E R A DA R Sensible glaneuse Ses tableaux portés par de sombres et imposants personnages avaient peut-être eu raison d\u2019elle, tant on était sans nouvelles de Stéphanie Béliveau.L\u2019explication: Le soin des choses, projet d\u2019une ampleur considérable, développé depuis huit ans.L\u2019artiste signe en force son retour avec un doublé livre-exposition, appuyée par l\u2019historienne de l\u2019art Thérèse St-Gelais.Le soin des choses, ce sont des dessins, des photos et une importante cueillette d\u2019objets trouvés sur les battures du Saint-Laurent.Selon une démarche que la professeure St-Gelais associe au «souci, voire à la volonté de prendre soin de l\u2019autre [\u2026], qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019êtres ou d\u2019éléments de la nature», l\u2019artiste s\u2019approprie avec brio la figure de la glaneuse.Jérôme Delgado Le soin des choses De Stéphanie Béli- veau.À la Maison de la culture Côte-des-Neiges, jusqu\u2019au 17 février et au Noroît, Montréal, 2018, 258 pages.Vue de l\u2019installation H3B 1A2 : 2019.TBD d\u2019Olya Zarapina chez Skol GUY L\u2019HEUREUX L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e M u s i q u e 1 8 | Présenté par VIENNE ET PARIS 1900 Mercredi 27 février 19 h 30 Dong-Suk Kang, violon Charles Richard-Hamelin, piano SCHOENBERG La Nuit trans?gurée, op.4 CHAUSSON Concert pour piano, violon et quatuor à cordes, op.21 Deux chefs-d\u2019œuvre de la musique de chambre ! QUATUOR CHIAROSCURO KRISTIAN BEZUIDENHOUT, piano Érard Jeudi 7 mars 19 h 30 BEETHOVEN Quatuor à cordes nº 7 MENDELSSOHN Trois fantaisie ou caprices MENDELSSOHN Liede ohne worte SCHUMANN Quintette pour piano et cordes, op.44 Les instruments d\u2019époque seront à l\u2019honneur dans cet élégant programme de musique de chambre.sallebourgie.ca Arte Musica présente 18 19 Salle Bourgie LL?R WILLIAMS piano Mercredi 20 février 19 h 30 FAURÉ, LISZT, RAVEL et WAGNER Le pianiste gallois interprète des transcriptions d\u2019airs d\u2019opéra (Vaisseau fantôme, Tannhaüser et Tristan et Isolde) de Wagner par Liszt.CANTATES DE BACH Samedi 23 février 15 h Dimanche 24 février 14 h Studio de Musique Ancienne de Montréal Andrew McAnerney, chef J.S.BACH Cantates BWV 59, 126 et 197 ENTREVUE SYLVAIN CORMIER COLLABORATEUR LE DEVOIR n mai de l\u2019an dernier, après la finale des Francou- vertes, j\u2019écrivais que j\u2019avais « hâte à l\u2019album».À Granby, déjà, c\u2019était écrit sans que je l\u2019écrive, Lou-Adriane Cas- sidy allait se rendre loin aux Francou- vertes.Et rendue là, tout en elle annonçait le meilleur de la suite du monde: cette voix qui ne cachait rien, les «répits et explosions» dans les arrangements, les pickings à l\u2019électrique, «belles modulations servant des mélodies abouties».Beau commencement que cette deuxième place.Commencement ?Comment ça, commencement ?Et La voix là- dedans?Ah oui, La voix.Il se trouve que je ne savais pas qu\u2019avant Granby, Lou-Adriane a été la protégée d\u2019Éric Lapointe à La voix.« Tant mieux ! » lance-t-elle en rigolant de très bon cœur.« C\u2019est vraiment drôle.Quasiment toute mon équipe de maintenant, c\u2019est pareil, ils ne m\u2019avaient pas vue avant.» Avant la fin, quoi.La fin du premier commencement.Fin d\u2019un monde traversé pour ne plus y revenir.Vous aurez compris que j\u2019en rajoute exprès, parce que le premier album de Lou-Adriane Cassidy s\u2019intitule C\u2019est la fin du monde à tous les jours.À tous égards, on peut donc dire qu\u2019elle commence par la fin.«Je suis vraiment contente d\u2019avoir fait La voix, c\u2019était vraiment riche d\u2019enseignements, et ça a permis plein de rencontres vraiment importantes pour amorcer mon projet.Le plus beau, je trouve, c\u2019est que ça ne m\u2019a pas étampée pour l\u2019éternité.Quand on me découvre avec l\u2019album, on comprend que le show-business comme on le pratique à La voix, c\u2019est pas un monde auquel j\u2019appartiens.Je le savais, mais là c\u2019est encore plus évident.» Le compas à la bonne place Clarté limpide.Dès la chanson-titre (écrite avec Stéphanie Boulay), cela s\u2019entend dans l\u2019espace qui est laissé : ce piano tout seul avec la basse au pic, ça définit une manière.En faire le moins possible pour laisser la place à cette voix nue, jamais réverbérée.La même basse au pic, avec la Lou-Adriane Cassidy commence par la fin Un premier album très abouti vient célébrer les 21 ans d\u2019une chanteuse aguerrie E C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 Lou-Adriane Cassidy se regarde et s\u2019analyse avec aisance, avoue sans gêne qu\u2019elle est très influencée par Louis-Jean Cormier et que c\u2019est peut-être un peu trop manifeste.Un trop qui n\u2019est pas de trop, justement.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR batterie, lance la pièce suivante, Poussière : les cordes se déploient seulement au refrain, au moment idoine.Par fait calibrage.Lou- Adriane, qui a coréalisé l\u2019album avec Simon Pedneault (as guitariste et complice des Louis-Jean Cormier, Tire le coyote), a le compas qui ne bouge pas trop : elle sait ce qu\u2019elle fait, où elle va, ce qu\u2019elle veut.Les versions des chansons dévoilées aux Francouver tes (voir les clips sur YouTube) ressemblent assez à leurs variantes enregistrées.« J\u2019ai toujours su que j\u2019allais pas me noyer dans les artifices.C\u2019est mon bagage de base, la chanson, inévitablement.» Oui, inévitablement.Entendez : Lou-Adriane est une Cassidy à prénom composé, comme sa mère.Oui, c\u2019est elle, toute petite dans un chandail trop grand pour elle, à côté de Paule-Andrée Cassidy sur la pochette de l\u2019album Méli-mélodies, florilège du répertoire de Boby Lapointe paru en 1999.Dans le livret, Lou est mentionnée parmi les musiciens.Sa contribution : « Muse et\u2026 balbutiements.» On ne peut pas avoir grandi au milieu des chansons d\u2019une au- teure-compositrice-interprète aussi rigoureusement hors modes sans en garder l\u2019essentiel, à savoir que c\u2019est l\u2019essentiel qui compte.« J\u2019ai pas été longtemps \u201cla fille de\u201d.Passer par La voix, c\u2019était radicalement différent de son parcours à long terme, toujours vécu dans une certaine marge.J\u2019ai vu de l\u2019intérieur son monde, celui de mon père qui est musicien aussi, et le monde de La voix, et puis le monde des Francouvertes.» Libre comme une choriste d\u2019Hubert Lenoir Elle a les 21 ans aguerris, Lou-Adriane Cassidy.Se regarde et s\u2019analyse avec aisance, avoue sans gêne qu\u2019elle est très influencée par Louis- Jean Cormier et que c\u2019est peut-être un peu trop manifeste.Un trop qui n\u2019est pas de trop, justement.« J\u2019aime ça que ça module entre le presque rien et le très plein, oui ça vient de là, Louis-Jean a laissé des traces.Dans Respiration, ma première chanson, c\u2019est quasiment trop, mais j\u2019accepte ça très bien.» Lou-Adriane est la somme et la décantation d\u2019influences nommées et assumées.« On ne sort pas de nulle part.Je me sens surtout chanceuse de pouvoir marier tous ces mondes dans ce que je fais.» Ce qu\u2019elle fait ?De la chanson lucide, sans illusions mais pas sans espoir (sauf dans la terrible Ce qu\u2019il reste).Tire le coyote, Philémon Cimon, le pianiste Vincent Gagnon, Stéphanie Boulay ont fourni du matériel exceptionnel, mais sur mesure : quand on sait qui on est, les collaborateurs ont les bons paramètres.« En même temps, quand je travaille comme choriste avec Hubert Lenoir, je suis complètement autre chose, et pourtant c\u2019est encore moi.Je pense que je me fais confiance, et cette confiance me rend libre.Là, il y a l\u2019album.La suite, je l\u2019ignore, et j\u2019aime ça comme ça.» Des points d\u2019arrivée en forme de points de départ.Lou-Adriane Cas- sidy bâtit un nouveau monde à tous les jours.C\u2019est la fin du monde à tous les jours Lou-Adriane Cassidy, Grosse Boîte En même temps, quand je travaille comme choriste avec Hubert Lenoir, je suis complètement autre chose, et pourtant c\u2019est encore moi.Je pense que je me fais confiance, et cette confiance me rend libre.Là, il y a l\u2019album.La suite, je l\u2019ignore, et j\u2019aime ça comme ça.LOU-ADRIANE CASSIDY » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e C l a s s i q u e 2 0 | MONTRÉAL DU 13 AU 27 FÉVRIER 2019 À l\u2019Atrium de l\u2019édi?ce Wilder \u2014 Espace danse | 1435, rue de Bleury, Montréal parlemoidamour.impatients.ca | 514 265-2698 | entrée libre Exposition-encan au pro?t de l\u2019organisme Les Impatients Plus de 300 œuvres d\u2019Impatients, d\u2019artistes professionnels et des dons de collectionneurs Fondation Phila Œ u v r e : J u l i e B é l a n d , 2 0 1 7 , C o l l e c t i o n L e s I m p a t i e n t s CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR Jordi Savall est de retour au Québec.Il visitera Montréal la fin de semaine prochaine et Québec le 19 février.Au programme de ces concerts qui affichent complet la musique de Tous les matins du monde, son plus grand succès médiatique et discographique, qui engendra il y a 28 ans un intérêt renouvelé pour la viole de gambe.En 1997, six ans après le f i lm d\u2019Alain Corneau, Jordi Savall, qui enregistrait pour Astrée-Auvidis, eut une idée visionnaire : créer sa propre étiquette de disques.Il fut en cela un pionnier qui inspira des orchestres (le Symphonique de Londres en premier) et, une dizaine d\u2019années plus tard, des collègues tels John Eliot Gardiner ou Philippe Herreweghe.L\u2019avance prise par Jordi Savall et son éthique de travail en tant qu\u2019éditeur restent déterminantes.Ses objets discographiques sont parmi les plus beaux, sinon les plus beaux du marché, avec des albums cartonnés et des livrets copieux sur papier glacé.Sur le plan technique, Savall a adopté d\u2019emblée la technologie DSD (Direct Stream Digital), qui lui permet de publier ses albums en SACD (Super Audio CD) reproductibles à la fois en qualité CD stéréo ou SACD multica- nal.Les enregistrements réalisés par Manuel Mohino dans des endroits scrupuleusement choisis (abbaye de Fontfroide, Collégiale de Cardona, chapelle royale de Versailles) sont de véritables « disques de démonstration » qui permettent notamment de scruter le détail et la profondeur des systèmes de reproduction sonores.Faire revivre le passé Dès l\u2019an 2000, inspiré par une phrase d\u2019Elias Canetti \u2014 «La musique est la vraie histoire vivante de l\u2019humanité » \u2014, Jordi Savall a cherché à combiner projets musicaux et regard historique.«C\u2019est devenu mon inspiration dans tout ce que je fais », confiait le musicien au Devoir en 2017.«Carlos V, lumières et ombres à l\u2019époque de Charles-Quint » était, en 2000, le premier pas dans cette direction.Ces recherches se sont intensifiées pour donner naissance à des projets thématiques sous forme de luxueux livres comprenant des disques.C\u2019est avec ces concepts historico-musi- caux que Savall était venu nous visiter en février 2017 (Venise millénaire) et en novembre 2017 (Les routes de l\u2019esclavage).Depuis cette dernière visite, le catalogue Alia Vox de Jordi Savall s\u2019est enrichi de neuf parutions.Celles-ci se répartissent en trois catégories : les livres-disques, les nouveautés et Jordi Savall en neuf nouveautés Le Catalan, qui s\u2019apprête à visiter Québec et Montréal, est un éditeur de disques très actif l\u2019intégration au catalogue Alia Vox des anciens enregistrements Astrée (collection «Alia Vox Héritage »).On remarque en premier lieu les deux livres nouvellement parus.Le premier est Venise millénaire 700- 1797, programme présenté il y a deux ans à Montréal.Le disque fait naître les mêmes sensations qu\u2019au concert, soit une véritable fascination s\u2019étiolant légèrement en fin de parcours.La section consacrée au XVIIIe siècle en est le point faible, notamment pour les prestations chantées.Mais le projet reste unique, nourrissant et fascinant.Parution la plus récente, Ibn Battuta le voyageur de l\u2019Islam (1304-1377) retrace musicalement les périples d\u2019un érudit marocain du XIVe siècle, infatigable voyageur, qui, allant en pèlerinage à La Mecque, a fini par visiter l\u2019Afrique du Nord, l\u2019Égypte, la Palest ine, la Syrie , la Perse, l\u2019Irak, l\u2019Afrique, le Golfe, l\u2019Inde, les Maldives, Ceylan et la Chine.Cet incroyable périple est un prétexte pour une « fresque à la fois littéraire, historique, géographique et musicale » (dixit Savall) qui fascinera ceux qui suivent le musicien dans son exploration des musiques de traditions.À travers les voyages d\u2019Ibn Battuta, nous découvrons une mosaïque d\u2019une remarquable diversité, où dominent musiques arabes et indiennes.Le l ivre se compose de deux CD enregistrés en deux occasions : le premier à Abou Dhabi avec une excellente narration anglaise, le second, en français, marque le retour de Ba- kary Sangaré, le conteur chuintant des Routes de l\u2019esclavage.L\u2019avance prise par Jordi Savall et son éthique de travail en tant qu\u2019éditeur restent déterminantes.Ses objets discographiques sont parmi les plus beaux, sinon les plus beaux du marché, avec des albums cartonnés et des livrets copieux sur papier glacé.TERESA LLORDES C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 27 et 28 février à 20 h Palais Montcalm - Maison de la musique 3 mars à 19 h 30 Maison symphonique de Montréal Jonathan Cohen chef Avec le chœur La Chapelle de Québec JONATHAN COHEN ET LA CRÉATION DE HAYDN © Atwood Photographie PARTENAIRE DE SAISON À MONTRÉAL 418 641-6040 | 1 877 641-6040 514 842-2112 | 1 866 842-2112 PARTENAIRE DE SAISON À QUÉBEC « UN FILM PARFAIT » René Homier-Roy, Culture club « UN TRÈS BEAU FILM » Georges Privet, Médium Large « ***1/2 » Marc-André Lussier, La Presse UN FILM DE GENEVIÈVE DULUDE-DE CELLES FUNFILM DISTRIBUTION PRÉSENTE UNE PRODUCTION COLONELLE FILMS AVEC ÉMILIE BIERRE IRLANDE CÔTÉ JACOB WHITEDUCK-LAVOIE ROBIN AUBERT NOÉMIE GODIN-VIGNEAU VERSION ORIGINALE AVEC SOUS-TITRE ANGLAIS DU MUSÉE VERSION ORIGINALE AVEC SOUS-TITRE ANGLAIS MODERNE Versant classique Les mélomanes plus « classiques » seront heureux de voir la collection « Héritage » enrichie de deux titres emblématiques du catalogue de Jordi Savall illuminés par un rematri- çage DSD multicanal parfait.Il s\u2019agit des Cantigas de Santa Maria d\u2019Alphonse X le Sage (1993) et des Nations de François Couperin (1983).Ce dernier enregistrement est réalisé autour d\u2019une équipe de rêve avec, entre autres, Monica Huggett et Chiara Banchini aux violons, Ton Koopman au clavecin, Hopkinson Smith au théorbe.Deux références, aujourd\u2019hui comme hier.Les cinq parutions restantes sont des nouveautés.La plus immédiatement accessible et enthousiasmante pour un large public, Terpsichore, une «apothéose de la danse baroque», a été commentée ici fin décembre.C\u2019est un incontournable du catalogue de Jordi Savall, au même titre que La Folia ou Ostinato.Le titre qui prépare idéalement aux concerts à venir au Québec est Musica Nova.Harmonie des nations (1500-1700).Le programme, européen (Italie, Angleterre, Allemagne, France, Espagne), explore la naissance et l \u2019essor de la viole de gambe et du consort de viole dans la musique.C\u2019est évidemment moins exubérant que Terpsichore, mais d\u2019une profonde beauté.Petit saut en arrière, mais magie identique, avec Henricus Isaac Nell tempo di Lorenzo de\u2019 Medici & Maximilian I (1450-1519).Il s\u2019agit une anthologie d\u2019œuvres de Heinrich Isaac, un compositeur flamand.Si ce nom vous dit quelque chose, c\u2019est parce qu\u2019Isaac est l\u2019auteur du fascinant For- tuna desperata qui ouvrait le disque sur Charles Quint en 2000.Même niveau musical référentiel que Terpsichore et Musica Nova, mais pour un disque à dominante vocale très marqué XVe siècle, avec ses couleurs de cornets, chalémies et sacqueboutes.Le programme In Excelsis Deo.Au temps de la guerre de Succession d\u2019Espagne nous fait faire un bond de deux siècles, avec deux messes de 1702 (Missa Scala Aretina de Francesc Valls) et 1704 (Messe à deux chœurs et deux orchestres de Henry Desmarest), la partie espagnole étant augmentée de quelques musiques catalanes, dont un très émouvant arrangement du Cant dels Aucells, sommet de cette parution.Le volet catalan et la Messe de Desmarest constituent les deux atouts majeurs du double album un peu en retrait des trois autres.Le panorama est complété par une parution plus exotique qui se range dans la lignée du baroque sud-américain explorée ces trois dernières décennies, notamment par Gabriel Gar- rido pour K.617.Bailar Cantando Fiesta Mestiza en El Peru [Codex Trujillo, ca.1780], cela veut dire « Danser en chantant pendant une fête métisse au Pérou», le Codex Trujillo rassemblant des chants et danses péruviennes de la fin du XVIIe siècle.Ce disque enrichit celui des Folias Criol- las d\u2019il y a quinze ans et révèle des atmosphères parfois inattendues, notamment la plage 13, El Chimo, une procession lancinante.Un ultime mot sur la disponibilité des disques.Le marché canadien semble approvisionné d\u2019une part par Pelléas, au Québec, qui importe les titres en les regroupant, et d\u2019autre part par PIAS aux États-Unis, qui les diffuse au fur et à mesure de leur parution internationale.Tous les disques commentés ici sont parus accessibles, certains en magasin, certains sur des plateformes de vente habituelles.Concerts de la semaine Musique chorale.Le concert intitulé Ballade à la lune, du Grand Chœur de McGill, dirigé par les étudiants en direction chorale de l\u2019École de musique Schulich, présente l\u2019intérêt de faire entendre, entre autres, des œuvres de trois phares de la «nouvelle musique chorale»: Eric Whitacre, Ola Gjeilo et Morten Lauridsen.L\u2019occasion est rare.Mercredi 13 février à 19h30, à la salle Pollack.Les Boréades.Moment fort pour Les Boréades, qui accueillent mercredi le grand hautboïste baroque Alfredo Bernardini dans un programme intimiste germanique composé d\u2019œuvres de Georg Philipp Telemann, Johann Friedrich Fasch (Quadro pour flûte à bec, hautbois, violon et basse continue en si bémol majeur), Johann Gottlieb Janitsch, Christoph Schaffrath et Johann Phi- lipp Kirnberger.Mercredi 13 février à 19h30, à la salle du Conservatoire de musique de Montréal. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e D i s q u e 2 2 | CLASSIQUE Inspirations ?1/2 Mélisande McNabney (clavecin), ATMA, ACD2 2780 À voir ou à entendre moult commentaires empressés avant même sa sortie, ce CD semble avoir suscité un engouement inhabituel au Québec pour le clavecin.Il est vrai que l\u2019artiste a de quoi engendrer la curiosité: 3e Prix à Bruges en 2015, elle est la fille d\u2019Isolde Lagacée, directrice de la salle Bourgie, descendante d\u2019une lignée de musiciens, ses grands-parents étant Mireille et Bernard Lagacé, et sa tante Geneviève Soly.Le programme attire l\u2019oreille par deux superbes plages uniques: des transcriptions de «Tendre amour» des Indes galantes et de l\u2019air de la Folie de Platée de Rameau.Elles permettent au CD de se distinguer par rapport aux enregistrements dominants de Christophe Rousset (Decca 2000 et 2001), foisonnants et mobiles, à l\u2019inimitable et impérieux raptus (Passacaille d\u2019Armide de Lully, Chaconne D\u2019Anglebert, 5e Suite de Forqueray).Le geste vif et un accord instrumental plus bas de Rousset se distinguent de la démarche creusée de la Québécoise, accentuée par une captation proche dans ce beau CD, personnel et réfléchi.Christophe Huss SURF ROCK/POWER POP After Dark ?1/2 Pale Lips, Gods candy records Dieu nous garde d\u2019injurier le rock\u2019n\u2019roll qui fait «ouh-ihh-ouh».Ah, vraiment, c\u2019était bien, le temps des Ramones ! Mais une fois que les doux dingues de Hunx & His Punx ou Shannon and the Clams eurent poussé l\u2019esthétique Chuck Berry- rencontre-les-New-York-Dolls à son paroxysme, créant ainsi nécessairement un précédent, que faire ?Dans son second disque intitulé After Dark, un hommage ludique à la vie nocturne, aux garçons et à l\u2019ésotérisme, le quatuor de Montréal Pale Lips refuse de laisser aller l\u2019attachant combo fait de chants rapides, de rimes faciles («boy» et « toy») et de guitare rockabilly.Chouette décharge d\u2019énergie, certes, surtout dans cette façon frontale d\u2019aborder une structure rock\u2019n\u2019roll assez classique.Mais After Dark se déploie dans un registre trop contenu, se heurtant aux limites d\u2019une recette prédéfinie par les canons (depuis longtemps disparus) d\u2019un genre que d\u2019autres ont maintes et maintes fois déconstruit déjà.Sophie Chartier JAZZ POP Montréal ?1/2 Elizabeth Shepherd, Pinwheel Music Il y a ici autant d\u2019angles de vue sur Montréal qu\u2019il y a de chansons : la trame narrative de ce sixième album de l\u2019auteure-compositrice-interprète Elizabeth Shepherd suit le fil d\u2019entretiens qu\u2019elle a eus avec des Montréa- lais rencontrés au hasard des jours.Anecdotes et fragments de vie ancrent ainsi ce projet au cœur de la ville, révèlent de petites histoires (bilingues) cachées dans la grande.Voilà pour les mots.Musicalement, la chanteuse et claviériste poursuit son travail d\u2019exploration d\u2019un jazz- pop aérien, soutenu par des grooves délicats, un fin travail d\u2019arrangement, un solide groupe (notamment Rémi-Jean LeBlanc et Jacques Kuba- Séguin), des harmonies riches.L\u2019art de Shepherd est fait de subtilité, de précision, d\u2019exploration : Montréal souligne tout cela, sans redite nulle part.En spectacle (avec le matériel vidéo qui accompagne le projet) samedi au Ministère (Montréal) et le 19 février à Québec.Guillaume Bourgault-Côté FOLK EXPÉRIMENTAL Nighttime Birds and Morning Stars ?1/2 Sarah Louise, Thrill Jockey Ceci n\u2019est certainement pas une musique terrestre.Nighttime Birds and Morning Stars est plutôt l\u2019étonnant voyage spirituel de la guitariste américaine Sarah Louise, grande fresque stellaire qui n\u2019a rien à voir avec ses albums précédents.Son folk des Appalaches n\u2019est plus qu\u2019un vague souvenir ; la musicienne fait ici une expérience glissante aux attributs new age et psychédéliques, où perce la lumière faiblarde d\u2019un lointain cosmos.Voyez: sa guitare acoustique à 12 cordes a été rangée au profit d\u2019une guitare électrique imprévisible et de manipulations synthétiques d\u2019intensité variable \u2014 les essais sonores génèrent des grincements, des filets incantatoires, des courants rapides comme une rivière au printemps.Sur Rime, on croirait même entendre (fugitive illusion) le son étouffé d\u2019un ga- melan, cet orchestre indonésien de percussions.Dépaysant, assurément.Et sa voix: comme un ange qui évacuerait sa douleur.Toute l\u2019étrangeté de cet album lui confère, à terme, une beauté paradoxale \u2014 car on flotte, toute structure ayant disparu.Geneviève Tremblay CLASSIQUE Memory ?Hélène Grimaud, DG B0029051-02 Le parcours discographique d\u2019Hélène Grimaud est décidément en dents de scie et les déceptions commencent à prendre le pas sur les révélations.Nous avions écouté Memory il y a un mois avant de laisser reposer le CD en nous disant «ce n\u2019est pas possible que ce soit aussi mauvais».Eh bien, si ! En gros, c\u2019est comme un disque de verre, cristallisé autour d\u2019aigus qui tournoient dans l\u2019ambiance «piano lounge» d\u2019une salle vitrée.On n\u2019imaginait même pas que des gens enregistraient comme ça chez DG\u2026 Dans ce salon, ou ce bar (en réalité, une église!), Hélène Grimaud pianote des choses, on ne sait trop pourquoi.Debussy succède à Silvestrov et prélude à Satie.Puis apparaît du Chopin.Debussy est fort anecdotique, notamment La plus que lente.Mais le supplice de la goutte d\u2019eau atteint son comble dans la 1re Gnossienne de Sa- tie, où un rubato étrange fait que maintes notes appogiaturées sont jouées juste un peu après le temps, donnant une sensation de roulis.La chose trouve son triste pendant dans la Mazurka op.17 n°4 de Chopin.Christophe Huss HIP-HOP 23 + ?1/2 Nate Husser, Cult Nation Avec 23 +, le rappeur de la Petite- Bourgogne Nate Husser (The Posterz) boucle une trilogie inspirée par son parcours du combattant de rappeur anglo- québécois, entamée l\u2019été dernier avec Minus 23 et poursuivie en octobre avec °6.Ce nouvel EP de trois chansons, le meilleur de la série, sera ainsi considéré dans son ensemble: plus raffiné que les deux autres, qui ont toutefois chacun le mérite de lui permettre de faire l\u2019étalage de son impressionnant talent d\u2019interprète.Les trois nouvelles, réalisées par le compositeur Heartflelt (Tim Buron), amènent le MC à se retrancher dans des ambiances tamisées évoquant Project_001, la meilleure de son premier EP.La voix superbement polyvalente de Husser transmet l\u2019urgence sur How You Feel, puis un désespoir certain sur l\u2019enfumée Tunnel Vision.Trois titres sur lesquels Husser nourrit sa créativité et sa prosodie agile sur des rythmes se démarquant des productions des précédents chapitres, le dynamique °6 et sa fameuse Roofies, à l\u2019imparable refrain accompagné de guitare électrique et les grooves trap plus conservateurs de Minus 23.Philippe Renaud NÉOCLASSIQUE Encores 2 ?Nils Frahm, Erased Tapes Fidèle à sa promesse, Nils Frahm continue de livrer au compte-gouttes les replis de son studio berlinois.Huit mois après Encores 1, voici enfin Encores 2, avant-dernier de trois microal- bums qui rassemblent, en petites bulles cohérentes, le matériel créé dans le sillage d\u2019All Melody.Cette fois, le compositeur allemand dévoile le flanc ambient de ses travaux \u2014 les mélodies, douces, se superposent ici à un canevas granuleux plein d\u2019échos.Une subtile gradation de sens fait bel effet: Sweet Little Lie opère en boucles méditatives, forte d\u2019un piano aux arpèges séduisants; A Walking Embrace montre un visage plus grave, avec un dessin de cordes en arrière-plan; Talisman lâche enfin un souffle pompeux digne d\u2019une musique de film avant de céder sa place à Spells, longue piste qui ferme l\u2019album, comme le faisait Harmonium in the Well sur Encores 1 : de manière spectaculaire, avec 12 minutes de voyage cosmique aux synthétiseurs, sans temps mort, où des chants choraux font figure de hurlements divins.Vraiment, Nils Frahm est un spécialiste de l\u2019état second.Geneviève Tremblay AVANT-GARDE\u2013POP Buoys ?Panda Bear, Domino Recordings Alors que l\u2019on souligne le 10e anniversaire de la parution de Merriweather Post Pavillon, pinacle de la pop expérimentale contemporaine et chef- d\u2019œuvre de l\u2019Animal Collective, Noah Lennox (Panda Bear), l\u2019un de ses membres fondateurs, lance un sixième album solo marqué par un sentiment de dépouillement qu\u2019on ne lui connaissait pas.C\u2019est peut-être dans l\u2019air de Lisbonne, où réside aujourd\u2019hui l\u2019Américain, les neuf chansons de Buoys suivent toutes la même recette: un accord de guitare acoustique, quelques oripeaux électroniques et psychédéliques, sa voix passée à travers différents effets de studio, parfois une rythmique piton- née à la sauvette, histoire de ne pas briser l\u2019élan de ses douces mélodies.Auparavant friand de textures riches, d\u2019orchestrations complexes et d\u2019harmonies évasives, Lennox présente ici un disque léger comme une brise de bord de mer, serein, introspectif et joli, mais un peu mince sur le plan des idées, sinon pour la superbe complainte folk Inner Monologue à laquelle contribuent le DJ et producteur chilien Lizz et l\u2019excellent chanteur R&B portugais Dino D\u2019Santiago.Philippe Renaud L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 LI RE Entrevue Éric Vuillard et les poussières de l\u2019Histoire Jonas Fortier et Manuel Mineau La poésie n'a pas à être triste L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 L i r e F i c t i o n 2 4 | ENTREVUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR our Éric Vuillard, l\u2019Histoire est une sorte de vis sans fin, un grand livre ouvert à toutes les pages, une sor te d\u2019éternel bégaiement.L\u2019écrivain français renoue avec sa manière dans La guerre des pauvres, un très court récit au souf fle puissant qui nous plonge dans le sud de l\u2019Allemagne en 1524, alors que, sous la conduite du théologien Thomas Müntzer, des armées de « pauvres » se soulèvent.Pourquoi se noyer dans la fiction quand c\u2019est la réalité qui commande ?«Ce n\u2019est pas la composante fiction- nelle qui est au cœur du roman, estime Éric Vuillard, au bout du fil.Lorsque Zola écrit Germinal, par exemple, ce n\u2019est pas pour écrire une belle histoire, fantaisiste, intéressante ou imaginative.C\u2019est pour essayer de nous raconter le plus fidèlement possible la vie des mineurs, qui s\u2019articule chez lui [autour d\u2019]une enquête sérieuse, sur le terrain, mais aussi de lectures nombreuses.C\u2019est même la naissance des sciences humaines, au fond.Et donc je pense que la littérature, à l\u2019inverse de ce qu\u2019on croit, est tournée vers la réalité.» Et comme lecteur, Éric Vuillard préfère pour sa part lire un essai qui lui raconte comment les multinationales accaparent les richesses plutôt que d\u2019avoir une fiction qui invente une réunion qui n\u2019a jamais eu lieu entre hommes d\u2019affaires.L\u2019histoire sans fin La guerre des pauvres, le 10e livre de l\u2019écrivain français né à Lyon en 1968, prend place dans une œuvre dont la cohérence s\u2019impose à chaque nouveau jalon.Car depuis Conquistadors (2009) et Congo (2012), en passant par Tristesse de la terre (2014) et 14 Juillet (2016), Éric Vuillard \u2014 qui est aussi scénariste et réalisateur \u2014 poursuit sa relecture à la fois minutieuse et engagée de l\u2019Histoire.Les soubresauts de la Révolution française, la chute de l\u2019Empire inca, les premiers pas du reality show avec Buffalo Bill, chaque fois le regard de l\u2019écrivain est à la fois panoramique et personnel, toujours un peu cinématographique.En une série d\u2019instantanés \u2014 comme nul autre, l\u2019écrivain sait que « la vérité est dispersée dans toute sorte de poussière » \u2014, L\u2019ordre du jour, pour lequel il s\u2019est vu attribuer le très convoité prix Goncour t en 2017, proposait une incursion dans les coulisses d\u2019une Allemagne lancée à toute vitesse sur le chemin de la dictature juste avant la Seconde Guerre mondiale.«Le cinéma, continue Éric Vuillard, nous a appris en littérature que la composition n\u2019était pas seulement un problème rhétorique, comme on voulait nous le faire croire depuis Aristote.Le montage, c\u2019est une tout autre idée que la composition.C\u2019est l\u2019idée que quand on met deux images côte à côte et puis qu\u2019on en ajoute une troisième juste derrière, eh bien, la signification des deux précédentes est changée.Et ça, c\u2019est beaucoup plus fin, beaucoup plus subtil.Et je crois qu\u2019en retour, la littérature a beaucoup appris de ça.Moi, quand je construis un texte, c\u2019est une chose que j\u2019ai à l\u2019esprit.» Le sujet du livre n\u2019est pas théologique.On n\u2019y discute pas du sexe des anges.Et de toute façon, écrit-il, « les querelles sur l\u2019au-delà portent en réalité sur les choses de ce monde».Démonstration ciselée sur la permanence des injustices sociales, les 80 pages de La guerre des pauvres font écho à l\u2019actualité, à travers notamment le mouvement des gilets jaunes qui secoue la France.« Les Éric Vuillard et les poussières de l\u2019Histoire L\u2019écrivain français consacre un court récit au soulèvement de « l\u2019homme ordinaire » dans l\u2019Allemagne de 1524 Éric Vuillard publie un livre au souffle puissant qui nous plonge dans une époque où des armées de « pauvres » s\u2019insurgent sous la conduite du théologien Thomas Müntzer.MELANIA AVANZATO P | 2 5 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 Vigilance et clarté Porter les cheveux longs pour toutes les femmes rasées et tuées dans les camps de concentration.Souffrir de l\u2019holocauste des animaux.Et ne pas s\u2019empêcher de dénoncer l\u2019hypocrisie et la propension au mal de l\u2019espèce la plus cruelle : la nôtre.La plus cruelle parce que la seule capable de tuer gratuitement et par plaisir.Trois temps, un seul mouvement : plonger au cœur de l\u2019obscurité pour redonner à la vie ce que notre espèce lui a injustement enlevé, c\u2019est-à-dire le sens, la nécessité et la beauté.Si l\u2019animal nous échappe précisément parce qu\u2019il est autre et qu\u2019en plus nous avons cette fâcheuse tendance à vouloir assujettir l\u2019inconnu pour le dominer, c\u2019est précisément à l\u2019ombre des modes d\u2019être qui nous échappent que nous avons la possibilité de grandir en humanité.Tel est le pari du dernier livre de Claire Varin, Animalis (Leméac).Si «les animaux incarnent ce qu\u2019il y a de plus sauvagement naturel et beau en nous, et qui fait peur», il faut les aimer «précisément parce qu\u2019ils ne savent pas mentir ni être intentionnellement cruels».L\u2019intuition est de taille : il y a en nous des paysages authentiques, beaux et sauvages, que notre cruauté, notamment celle que nous faisons subir aux animaux, nous empêche de voir.Mais comment la voir, la beauté du monde et la nôtre, si nous carburons à la violence et à la cruauté?Au commencement, il y a toujours une rencontre bouleversante qui vient renverser l\u2019ordre établi, comme dans le mythe.Pour l\u2019écrivaine et essayiste lavaloise, ça sera le Brésil et l\u2019intrusion dans un terreiro, centre de pratique du vaudou afro-brésilien où, lors d\u2019une cérémonie qu\u2019elle range parmi ses «expériences anthropologiques», sans doute pour se déculpabiliser, elle assistera au massacre des animaux sacrifiés.Elle n\u2019oubliera pas de sitôt la tête et le cou cassé d\u2019une poule, ni le regard docile d\u2019une chèvre qu\u2019on égoutte de son sang.Puis viendra la rencontre littéraire avec la grande écrivaine brésilienne Clarise Lispec- tor, à qui Claire Varin vouera un véritable culte, pour qui elle apprendra le portugais pour mieux la lire, en plus de devenir fin connaisseur de son œuvre, mais aussi de ses élans mystiques qui la mettront sur la piste de l\u2019idée panthéiste selon laquelle tout est dans le tout.Tout est dans le tout, oui, y compris notre cruauté, qu\u2019il faut pourtant bien regarder en face pour mieux la dénoncer.En Asie, des chiens sont MAYA OMBASIC électrocutés, suspendus vivants et battus parce qu\u2019un taux d\u2019adrénaline élevé rendrait la viande plus succulente.En Occident, des porcelets sont castrés sans anesthésie, des poussins mâles sont passés vivants dans la broyeuse, des lapins sont écorchés, des vaches sont criblées de balles, des oies sont plumées vivantes, sans oublier le carnage des dauphins au Japon, qu\u2019on fait passer pour du thon dans des assiettes de sushi au Royaume-Uni\u2026 Le cœur se soulève et crève à la lecture d\u2019Animalis, peut-être justement parce qu\u2019on comprend, dès les premières pages, que tout est dans le tout et que notre espèce n\u2019est aucunement en face, mais plutôt dans le monde.Est dans le monde aussi la grande dialectique contradictoire de la vie elle-même : «que l\u2019approche de quoi que ce soit s\u2019effectue progressivement et péniblement, et passe même par le contraire de ce dont on va s\u2019approcher ».Après tant de carnages et de mal gratuit, où est la beauté du monde et de notre part de mystère promise au début du livre?Précisément dans ce premier constat indispensable et incontournable de notre cruauté.La lumière entre là où il y a une craque, disait Leonard Cohen, mais aussi Jacques Lus- seyran, que Claire Varin lit avec assiduité, notamment pour se servir de ses écrits comme de remparts contre les peurs qui obscurcissent le monde.Lui qui a connu la cécité à huit ans mais aussi les camps de concentration parlera de cette lumière interne seule capable d\u2019éclairer son obscurité et celle du monde.Mais elle se dévoile seulement lorsque notre vigilance est intensifiée, vigilance face à la souffrance des êtres, de tous les êtres vivants, pour entendre ensuite la poétique du monde, celle qui murmure que les choses et les êtres jettent, sans faire de bruits, leurs poids dans notre direction pour aller vers une perception unique.Rares sont les livres qui creusent aussi profondément et sans complaisance notre besoin d\u2019injecter du sens dans le monde et qui nous apprennent comment aimer l\u2019obscurité et notre part animale.«Clairvoyante à l\u2019ombre de la contradiction, j\u2019accueille aussi, aux jours ensoleillés, la lumière dans les feuilles des arbres, que je regarde en contre-plongée.» Malgré la laideur du monde, Claire Varin travaille à éclaircir plutôt qu\u2019à noircir, faculté sans doute héritée de son père, Roger Varin, éclaireur lui aussi à une époque révolue et à qui l\u2019écrivaine avait consacré un livre, Un prince incognito (Fides).Ce grand défenseur de la culture et de ses institutions avait lui aussi travaillé depuis l\u2019ombre en plein régime duplessiste pour laisser derrière lui un Québec un peu plus éclairé.Dans la bataille contre l\u2019obscurité, tel père telle fille.exaspérés sont ainsi, écrit-il encore, ils jaillissent un beau jour de la tête des peuples comme les fantômes sortent des murs.» « Je crois qu\u2019on écrit toujours l\u2019Histoire à partir du présent, explique- t-il en entrevue.Sinon, ça n\u2019aurait pas plus d\u2019intérêt que les pierres ou la géologie.On est lié à elle, d\u2019une certaine façon.Et si on est lié à elle, c\u2019est parce que lorsqu\u2019on l\u2019étudie ou qu\u2019on la raconte, on le fait à partir du présent.Si vous voulez, c\u2019est moins que les épisodes historiques nous apprendraient quelque chose sur le présent que l\u2019inverse.Et dans un sens, c\u2019est le mouvement des gilets jaunes en France qui nous apprend quelque chose sur les soulèvements du passé.» «Au fond, poursuit-il, j\u2019ai écrit ce livre comme une histoire qui n\u2019est pas terminée.La plupart du temps, un romancier ou un historien connaît la fin de son histoire et il l\u2019écrit sous ce re- gistre-là \u2014 ce qui évidemment engage toute une manière d\u2019écrire.Or, moi, en l\u2019écrivant, j\u2019ai eu tout à coup le sentiment que je l\u2019écrivais comme si cette histoire n\u2019était pas terminée.L\u2019histoire au long cours à laquelle appartient cet épisode du soulèvement de \u201cl\u2019homme ordinaire\u201d, comme on l\u2019appelle en allemand, c\u2019est l\u2019histoire au fond de l\u2019émancipation des peuples.» « Ça appartient à cette histoire-là.Dans un contexte particulier et dans l\u2019ambiance très spéciale qui est celle de la Réforme protestante, saturée par les idées religieuses, mais enfin on voit que tout le discours qui est tenu par Müntzer et par les théologiens sur les inégalités, sur les injustices fiscales, c\u2019est au fond un discours qui n\u2019est pas sans parenté avec d\u2019autres discours, dont aujourd\u2019hui celui qui est tenu en France par les gilets jaunes.C\u2019est une histoire au long cours.» « Les mots sont une autre convulsion des choses», écrit Éric Vuillard.Et l\u2019Histoire, servie par une mécanique de l\u2019ombre, est un moteur qui par fois s\u2019emballe.C\u2019est déjà écrit quelque part.La guerre des pauvres Éric Vuillard, Actes Sud, Arles, 2019, 80 pages Je pense que la littérature, à l\u2019inverse de ce qu\u2019on croit, est tournée vers la réalité ÉRIC VUILLARD » CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR De 1965 jusqu\u2019à son dernier souffle en 1995, L\u2019air du lac nous raconte le parcours de Joseph Bouchard, f i ls d\u2019un arpenteur-géomètre et d\u2019une maîtresse d\u2019école du Lac- Saint-Jean, qui deviendra avocat d\u2019af faires dans un cabinet de Chi- coutimi \u2014 après avoir renoncé à devenir prêtre, n\u2019ayant ni la foi ni la vocation.« Joseph ne partageait pas la vision misérabiliste de beaucoup de ses compatriotes qui se résignaient à être nés \u201cpour un p\u2019tit pain\u201d.Joseph, lui, voulait posséder une boulangerie.» Et la boulangerie, on va la lui donner, après qu\u2019il fut tombé chastement amoureux de l\u2019épouse cancéreuse d\u2019un puissant collègue.Jacky Stewar t, née Jacqueline Tremblay, va donner des cours d\u2019anglais au jeune avocat et l\u2019initier à la littérature anglaise.« Pour des centaines de personnes que la richesse avilissait, en les rendant de plus en plus cupides, et qui se retrouvaient finalement dominées par ce qu\u2019elles possédaient, il en était d\u2019autres qui savaient mettre leurs biens au service de la grandeur humaine.Ils cultivaient les idéaux ayant fait rêver l\u2019être humain depuis toujours.» Impossible de « rester insensible à tant de richesses concentrées dans un seul être », surtout lorsqu\u2019il s\u2019exprime avec l\u2019accent britannique.En mourant quelques mois plus tard, au milieu des années 1970, la femme va lui léguer d\u2019un coup de baguette magique les dix millions de dollars qu\u2019elle venait de recevoir de son mari, lui-même emporté par une maladie fulgurante.Entre Chicoutimi, Montréal et un intermède à Paris, vers la fin du roman \u2014 saupoudré de commentaires anglophiles et fédéralistes \u2014, le protagoniste sans grande consistance s\u2019interroge sur le sens qu\u2019il devrait donner à sa vie.Bien entendu, Joseph Bouchard va finir par connaître sa petite épiphanie : il va utiliser la fortune qui lui a été léguée afin de constituer une fondation qui va distribuer des bourses d\u2019études à de jeunes Autochtones de la région, devenant « une sor te de saint V incent de Paul sans dieu ».De quoi donner raison à un proverbe tibétain selon lequel l\u2019aumône serait la meilleure des richesses.Robert Maltais, qui en est à son sixième livre pour adultes depuis Les larmes d\u2019Adam (Québec Amérique, 2004), signe ici un récit traînant et platement linéaire, vieillot sans même être classique, qui aborde sans grande finesse quelques enjeux existentiels \u2014 la foi, le sens de la vie.Mais dès les premières pages de L\u2019air du lac, c\u2019est surtout l\u2019absence d\u2019écriture qui crève les yeux : les phrases se suivent, tièdes, sans audace et sans ardeur.« Cet auteur écrit comme on respire », nous explique l\u2019éditeur.On le croit sur parole.Mais peut-être lui faudrait-il respirer un peu plus lentement.L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 L i r e F i c t i o n 2 6 | CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Sans emploi depuis six mois, petite rousse un peu paumée avec une allure de «tortue trop maigre» qui fait tourner les têtes, façon pendant féminin de l\u2019acteur Steve Buscemi, avec son bac en littérature qui ne lui sert à rien, Jeandeleine semble faire du surplace.Il y a quelques années, la jeune femme s\u2019est fait «voler » son prénom «ridiculement unique » par la SQ, qui l\u2019a attribué à une jeune et célèbre hackeuse dont elle souhaitait préserver l\u2019anonymat \u2014 dans le cadre d\u2019une opération pour hameçonner des cyberpédophiles.Racontant sa propre histoire à la 3e personne du pluriel, à coups de «on» et de «nous», la narratrice de Vos voix ne nous atteindront plus, le roman de Julien Guy-Béland, va rapidement voir son quotidien perturbé.Elle aperçoit un homme déguisé en cheval.Elle reçoit des appels répétés de la Californie.Avant de découvrir le beagle aveugle d\u2019une voisine crucifié à l\u2019envers sur un mur de son appartement.Même Quelqu\u2019un, son chum de Saint-Bruno-de-Montarville, est victime du même châtiment.On semble la prendre pour cible d\u2019une vengeance particulièrement aveugle.En panique, « loque damnée », terrifiée à l\u2019idée qu\u2019on l\u2019accuse de meurtre, elle accepte le billet d\u2019avion que lui achète un homme qui, en la prenant pour son homonyme hackeuse, souhaite la faire venir à Los Angeles pour lui confier une mission.Vous suivez?À Los Angeles, une fois les présentations faites et le malentendu approfondi, la cavale de la protagoniste se poursuit à pied et en Uber, dans des ruelles ou des soirées.Mais les choses se compliquent un peu plus, comme si c\u2019était possible.Citant peut-être Kerouac en le corrigeant, elle philosophe: «Parfois, la vie est dommage.» Et dans pareil cas, il ne reste qu\u2019une chose à faire : « crissement prendre le maquis encore plus ».Se faire oublier.« On pense Mexique.On pense : se payer un petit char cash, le conduire à Las Cruces question de fourrer tout potentiel suiveux, le brûler dans un parking isolé, pis traverser la frontière à pied à l\u2019ouest d\u2019El Paso, quitte à se faire gunner.» Mais la réalité qu\u2019elle tente de fuir va finir par la rattraper.Né en 1989, Julien Guy-Béland signe ici un premier roman qui ressemble à un exercice de mixologie hors norme qui le situe quelque part entre les rêveries glauques et labyrinthiques d\u2019un William S.Burroughs et l\u2019univers de David Lynch, à coups de logique narrative tordue et d\u2019étranges apparitions.Jazzé de franglais de banlieue et de références culturelles qui l\u2019enferment un peu dans son époque instantanée, Vos voix ne nous atteindront plus est un roman noir 2.0 à l\u2019atmosphère gluante et pauvre en oxygène.Une sorte de cauchemar éveillé qui déboule à fond de train, qui séduit davantage par la forme que par le fond \u2014 plutôt mince \u2014 et qui s\u2019éteint doucement « entre le béton râpeux de Mulholland Drive pis les creux de ciels noirs qui séparent les étoiles».L\u2019art de la fugue Un roman noir 2.0 à l\u2019atmosphère gluante et pauvre en oxygène Julien Guy-Béland signe ici un premier roman qui ressemble à un exercice de mixologie hors norme.SANDRA LACHANCE Vos voix ne nous atteindront plus ?Julien Guy-Béland Héliotrope, Montréal, 2019, 198 pages Respirer sous l\u2019eau Robert Maltais signe un sixième roman maladroit et vaguement existentialiste Robert Maltais signe un récit traînant et platement linéaire.JULIEN FAUGÈRE L\u2019air du lac ?1/2 Robert Maltais, Druide, Montréal, 2019, 224 pages | 2 7 L i r e F i c t i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 Librairie indépendante de quartier 2653 Masson, Montréal, Qc 514 849-3585 apeau Sylvie Dr ec v causerie a , La terre $ 5 : suggérée Contribution credi 13 février 19 Mer her auc Sophie F Animation h LE DÉSERT Olivier Sylvestre CRITIQUE ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR Avec La terre, Sylvie Drapeau pose la pièce finale de sa tétralogie, première aventure littéraire amorcée en 2015 où elle remonte le fil de ses blessures et de ses deuils, évoquant la résilience et la puissance fragile des liens d\u2019une famille mise devant l\u2019adversité.Après avoir évoqué la noyade de son frère aîné, le décès de sa mère et la chute tragique de son benjamin dans le gouf fre de la maladie mentale, la comédienne s\u2019immerge cette fois dans sa propre tourmente, et raconte avec une transparence et une vulnérabilité dignes de son incomparable présence sur scène l\u2019épuisement foudroyant l\u2019ayant terrassée et empêchée de monter sur les planches durant plusieurs mois.La voix vibrante, la douceur et la luminosité qui émanaient des trois œuvres précédentes, Le fleuve, Le ciel et L\u2019enfer, se rencontrent de nouveau dans ce chapitre final, ainsi que la plume lucide et intime qui chuchote la douleur et l\u2019espoir sur le ton de la confidence.Encore une fois, c\u2019est en mettant à nu la par t la plus intime d\u2019elle- même que l\u2019écrivaine parvient à incarner une certaine universalité et une humanité magnifiée par un style dépouillé et authentique.La meute \u2014 sobriquet affectueux dont l\u2019auteure af fuble ses frères et sœurs \u2014 est de nouveau secouée par la tragédie.Alors que la narratrice s\u2019effondre dans l\u2019accablement, sa grande sœur Suzanne est terrassée par un feu d\u2019artifice de vaisseaux sanguins qui plongent son cerveau dans l\u2019inanité.Pendant que la seconde se meurt, la première reprend goût à la vie, comme si la force de l\u2019une s\u2019écoulait désormais dans les veines de l\u2019autre.Malgré le voile de brume et de chagrin et le long processus de deuil qui habitent le roman, les éclaircies, ces parcelles de lumière qui reflètent la sublimité de l\u2019espoir, sont d\u2019une force imposante et surprenante.L\u2019 impression d\u2019 inachèvement laissée par cette trop brève lecture s \u2019estompe graduel lement pour laisser place à la douce étreinte des mots.L\u2019âme de Sylvie Drapeau L\u2019actrice et romancière met un point final à sa tétralogie sur le deuil et la force de vivre La comédienne Sylvie Drapeau s\u2019immerge cette fois dans sa propre tourmente et raconte l\u2019épuisement foudroyant l\u2019ayant terrassée et empêchée de monter sur les planches durant plusieurs mois.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La terre ?Sylvie Drapeau, Leméac, Montréal, 2019, 104 pages Extrait de La terre « Il a cru à toutes les tragédies, mon corps.Les vraies et les fictives! Un malentendu entre lui et moi.La tragédie des personnages se superpose à celles de la vie ordinaire, qui n\u2019a rien d\u2019ordinaire, si tu veux mon avis.Choisir d\u2019être actrice, c\u2019était choisir d\u2019entrer dans la lumière, pourtant.Le tragique me traverse, comme le fleuve traverse la terre qui nous a vues naître.[\u2026] L\u2019acteur doit descendre au fond du gouffre et revenir avec une part d\u2019obscurité pour lui faire rencontrer la lumière.Je suis une arracheuse d\u2019ombre, mais je dois apprendre à calmer les ardeurs de la vaillante, car on ne peut faire ce travail sans retourner dans ses propres ténèbres.Enfin, je n\u2019ai jamais su faire autrement.» l s\u2019appelle Jacques-Brigitte Custo.Il s\u2019appelle Brigitte Jacusto.Il s\u2019appelle Joni Jacusto.Il s\u2019appelle Jonas Fortier.Il aime (visiblement) beaucoup les pseudonymes, il a 26 ans et a déjà signé (ou cosigné) sept livres, imprimés à la mitaine, sous un ou l\u2019autre de ces alias.Il existe des librairies à Montréal dont les l ibraires vous forceront avec autant d\u2019ardeur qu\u2019un vendeur de chaussures qui a bu trop de boissons énergisantes à acheter les recueils trop confidentiellement tirés de l\u2019homme à la clé dans l\u2019oreille.Jonas For tier semble avoir par faite- ment compris comment souf fler dans les voiles de son mythe, en ayant l\u2019air de se la couler douce sur la proue.Que sa poésie soit enfin disponible au plus grand nombre grâce à L\u2019Oie de Cravan, chez qui il lance Chansons transparentes, son premier livre sous son vrai nom, est digne d\u2019une fête.Il fallait se douter que ça ne se passerait pas comme prévu.Plan initial : réunir Jonas Fortier, Manuel Mineau (alias Aura Fallu) et Toino Dumas (alias Antoine Dumas) afin de jaser de la coopérative d\u2019édition En jachère (autour de laquelle ils ont tous gravité), de la grève étudiante de 2012 et de cet ingrédient principal de leur poésie respective qu\u2019est le désir de transformer la vie ou, du moins, de se risquer à ce que les mots disent sans rougir tout le vaillant espoir qu\u2019ils fondent en elle.À peine rentrée du Vermont, où elle étudie désormais l\u2019herboristerie, Toino Dumas (Au monde inventaire, animamulière) se décommandera à quelques heures de l\u2019entrevue.Il se serait agi de qui que ce soit d\u2019autre que nous aurions fait une scène, mais se mettre en colère contre une poète, c\u2019est bien connu, est un des premiers signes de démence précoce.Les gars sont allés prendre des photos au sixième étage de l\u2019immeuble où loge Le Devoir , une vaste pièce bétonnée qui semble avoir été spécialement conçue pour tirer le portrait à des poètes.Ils sont revenus s\u2019asseoir et ont bien voulu tenter d\u2019expliquer pourquoi ils aimaient autant brouiller les pistes en se dissimulant sous les masques d\u2019autant de pseudonymes.Fortier : « Je pense que c\u2019est le fun de jouer avec son identité.Il y a de la poésie dans le livre et, dans la vraie vie, il y a tout un roman qui se crée autour de ta poésie.Tu racontes une histoire de plus avec tous ces noms- là.» Il faut impérativement jeter un œil sur YouTube aux bandes annonces loufoco-surréalistes que Jonas Fortier a tournées pour deux de ses précédentes parutions et dans lesquelles il devient un\u2026 océanographe (alors qu\u2019il n\u2019a pas du tout l\u2019air d\u2019un océanographe).Mineau : «C\u2019est aussi que ces livres- là, on les faisait d\u2019abord pour les amis, pour la vie autour de nous.Et puis, je pense que c\u2019est en multipliant les mythes autour d\u2019une personne que ce mythe devient ir récupérable.Les pseudos, ça te rappelle aussi que tu fais ça d\u2019abord pour avoir du fun.» Il racontera plus tard que Noyade, le recueil qu\u2019il lançait en 2016 chez L\u2019Oie de Cravan sous le nom Aura Fallu, a presque été publié contre son gré.C\u2019est une amie, à qui il avait offert des poèmes pour son anniversaire, qui les constitua en manuscrit et les soumit à l\u2019éditeur.Il était une fois la Jachère Si Manuel Mineau parle au « on » en désignant certains des livres pourtant signés par son ami Jonas Fortier, c\u2019est parce que plusieurs d\u2019entre eux sont parus à l\u2019enseigne de la défunte Coopérative d\u2019édition En jachère.Fondée en 2011 par une partie de la cohorte d\u2019étudiants en création littéraire du Cégep du Vieux-Montréal dont faisait partie Jonas Fortier, elle rameutera dans son orbite plusieurs amis de la poésie, dont Toino Dumas et Manuel Mineau, pour le plaisir de fabriquer des livres eux-mêmes et de gagner leur autonomie.Les membres de la coopérative traîneront dès 2013 à La Passe, ce lieu de rassemblement et d\u2019échanges animé (entre autres) par Manuel Mineau, jadis sis dans la Médiathèque littéraire Gaëtan Dostie, au cœur de ce bâtiment patrimonial de la rue Saint-Dominique dont ils ont été évincés en 2016.Ils se font alors la main à l\u2019édition artisanale grâce aux équipements du Musée de l\u2019imprimerie du Québec, entreposés ENTREVUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR L i r e Po é s i e 2 8 | L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T La poésie n\u2019a pas à être triste Avant que la poésie de Jonas Fortier soit disponible au plus grand nombre grâce à Chansons transparentes, une nébuleuse de jeunes esprits libres avaient choisi de tout faire par eux-mêmes Manuel Mineau et Jonas Fortier sont allé des poètes.Puis ils ont tenté d\u2019explique MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Le printemps qui se poursuit Nous voulions leur parler de la grève étudiante de 2012, parce que le communiqué de presse qui accompagne Chansons transparentes évoque ces événements lors desquels ils ont milité ensemble.Eux n\u2019en avaient pas tellement envie.«D\u2019un point de vue personnel, c\u2019est clair qu\u2019on a tous vécu des choses incroyables qui nous ont changés, observe Jonas Fortier.Mais la grève était à peine terminée qu\u2019elle était déjà devenue un événement historique, elle faisait partie de l\u2019histoire, comme s\u2019il fallait tout de suite la rendre inoffensive, alors que les gens qui ont fait la grève sont encore là.Ils sont beaucoup présentement dans les mouvements de solidarité à la résistance autochtone.J\u2019aime mieux parler des communautés, des amitiés qui perdurent, des gens qui sont encore là, que de toujours parler au passé de la grève de 2012.» I Même si je ne crois pas particulièrement en Dieu, chaque fois que je lis saint Augustin ou Thérèse d\u2019Avila, je suis toujours ému par la façon dont ils expriment leur amour pour la vie, qui chez eux se figure par Dieu.Il y a quelque chose dans leur tête qui leur permet de voir souvent des choses nouvelles.JONAS FORTIER » | 2 9 D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 és prendre des photos au sixième étage de l\u2019immeuble où loge Le Devoir, une vaste pièce bétonnée qui semble avoir été spécialement conçue pour tirer le portrait à er pourquoi ils aiment autant brouiller les pistes en se dissimulant sous les masques de pseudonymes.sur place.Bien que La Passe n\u2019existe plus, Manuel Mineau travaille toujours à mettre au monde des livres ; le pré- cédent recueil de Jonas Fortier, La mer n\u2019est pas l\u2019eau, est d\u2019ailleurs paru chez AURA, la petite maison de Manu.Écrivons-le sans modération : il y avait longtemps que d\u2019aussi beaux livres n\u2019avaient pas été publiés au Québec de façon à ce point confidentielle.Réjouissons-nous que la poésie de Jonas Fortier puisse enfin trouver plus de lumière grâce à une maison (petite, mais dont les titres sont bien distribués) comme L\u2019Oie de Cravan.Il y a de la révolte dans les poèmes de Jonas Fortier, mais jamais assez de colère pour qu\u2019il laisse la laideur entamer sa joie d\u2019être là et de respirer à pleins poumons.Ses poèmes racontent l\u2019incessant apprentissage de l\u2019émerveillement, nourri par le kaléidoscope des mots finement choisis qu\u2019il place entre ses yeux grands ouverts et ce monde à réenchanter.Son intransigeance allègre est à la fois celle du funambule et celle du yogi, qui ne peuvent tous deux se permettre de ne pas être complètement éveillés.Jonas Fortier nous apprend à désirer.Voir une chose nouvelle Apprendre à désirer, c\u2019est d\u2019ailleurs le titre du poème de la page 41 de Chansons transparentes : « tout le respect qu\u2019on lui porte / nous apprend que la vie se compose d\u2019échos / sur une île entourée de mouvements / je m\u2019étends sur la terre ou peut-être sur l\u2019eau / en buvant rapidement la nuit passe au bord du feu / puis je m\u2019engage dans le matin / et nage ».S\u2019étonnera-t-on que Jonas Fortier voue une admiration particulière aux poètes mystiques ?Oui, quand même un peu, parce qu\u2019il a après tout seulement 26 ans, mais pas tant que ça non plus.« Même si je ne crois pas par ticulièrement en Dieu, chaque fois que je lis saint Augustin ou Thérèse d\u2019Avila, je suis toujours ému par la façon dont i ls expriment leur amour pour la vie, qui chez eux se figure par Dieu.Il y a quelque chose dans leur tête qui leur permet de voir souvent des choses nouvelles.Et quand un poème me surprend, me déroute, me fait voir une chose nouvelle, il y a des chances que je trouve ça bon.» « T\u2019es pas obligé d\u2019être triste pour écrire de la poésie ! lance Mineau.C\u2019est ce qui m\u2019a enlevé le goût d\u2019aller dans les micros ouver ts.Après un bout, c \u2019est toujours la même souffrance.» Fortier : « Ça me rappelle Renato, un de nos amis qui est toujours d\u2019une grande éloquence.Il m\u2019avait dit après une lecture dans le parking de La Passe : \u201cTu as su saisir le rythme de notre joie.\u201d » Chansons transparentes Jonas Fortier, L\u2019Oie de Cravan, Montréal, 2019, 76 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 L i r e 3 0 | ROMAN BIOGRAPHIQUE La joie discrète d\u2019Alan Turing ?Jacques Marchand, Québec Amérique, Montréal, 2019, 432 pages L\u2019adolescent lunatique, ef facé, débraillé, au comportement très diffé- rent des jeunes de son âge, faisait le désespoir de ses parents, en particulier de sa mère.Quant à ses camarades, ils le considéraient au mieux comme un inadapté, au pire comme un demeuré.C\u2019est que le cerveau bouillonnant d\u2019Alan Turing nourrissait bien d\u2019autres préoccupations que son image sociale, lui, le génie à la curiosité sans bor nes pour qui la logique mathématique pouvait s\u2019appliquer à tout.Obnubilé par la conception d\u2019une machine à calculer universelle, le jeune scientifique avait notamment réussi, pendant la Seconde Guerre mondiale, à décrypter les codes de communication entre Hitler et son équipe du régime nazi, pour le compte des services secrets britanniques.Le roman biographique de Jacques Marchand, La joie discrète d\u2019Alan Turing, met le lecteur sur la piste intime de cet être intrigant, imprévisible, fuyant, capable aussi d\u2019humour à ses heures, dont les travaux ser virent plus tard de base théorique à la création des premiers ordinateurs.Et de ce que lui appelait « l\u2019intelligence mécanisée», aujourd\u2019hui baptisée « intelligence artificielle».Le livre présente en alternance les réflexions de Turing sur sa vie personnelle et professionnelle, avec moult tribulations à la clé, puis le récit d\u2019un narrateur en quête des lieux où a vécu le scientifique doublé d\u2019une sensibilité artistique.Et d\u2019une certaine naïveté.Ainsi, une fois révélée au grand jour l\u2019homosexualité de cet éminent personnage, puis les « accusations » dans la foulée, il se fera plus transparent que nécessaire dans sa déposition.Turing le paiera très cher, de son corps, de son âme, de sa science : nous sommes à la fin des années 1940.En Grande-Bretagne, un pays déjà en retard sur d\u2019autres à ce chapitre.Puis la mor t du génie, elle, reste encore énigmatique, tout comme le fut sa vie.Voilà un roman biographique, cer tes, mais aussi social et historique.Avec une pointe technologique, le tout dans un style fluide.Diane Précourt Un homme d\u2019exception BANDE DESSINÉE Champignac : Enigma ?1/2 David Etien et les BeKa, Dupuis, Paris, 2019, 62 planches On l\u2019a connu en 1951 : cette année-là, sous la plume déjà experte de Fran- quin, le groom Spirou, son écureuil Spip et son copain farfelu Fantasio rencontraient un drôle de savant moustachu qui, dans son château, à par tir d\u2019extraits de champignons, concoctait des mixtures aux propriétés stupéfiantes.Du X1 au X5 en passant par le métamol, ses trouvailles nous épatent depuis : je vous invite à tout relire chez Dupuis.Mais quelle avait été la vie de Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas, comte de Champignac, avant ?On le savait veuf, mais de qui ?David Etien et le couple BeKa (Caroline Roque et Bertrand Escaich) ont retrouvé le jeune Pacôme en 1940, évincé de son château réquisitionné par l\u2019occupant nazi, traversant la Manche pour coltiner son génie à d\u2019autres génies dans un but crucial pour la suite de la guerre : le décodage de la machine Enigma.Rien de moins.À Bletchley Park, il fait équipe avec un certain Alan Turing, pionnier des machines à calculer, et la tout aussi géniale Blair MacKenzie, polyglotte autodidacte et championne de\u2026 mots croisés.Réussi- ront-ils à percer l\u2019énigme d\u2019Enigma ?Pacôme apprendra-t-il à danser grâce à miss Blair ?Quelle est la formule mathématique de l\u2019amour, au fait ?Ce premier de deux épisodes d\u2019Enigma, qui répond à plusieurs de ces questions (mais pas toutes), ravit, enchante et passionne.C\u2019est un miracle de finesse narrative : pas facile à expliquer, tous ces rotors et machins ! C\u2019est aussi une merveille de poésie champêtre à la sauce (aux champignons) Champignac, idéalement servie par un graphisme virtuose et virevoltant.Et c\u2019est un rendez-vous avec l\u2019histoire : on y croise Churchill, Ian Fleming\u2026 «Sabre de bois ! Quelle incroyable journée j\u2019ai passée ! » se dit Pacôme.Indeed.Sylvain Cormier Guerre, idylle et maths CRITIQUE ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR « Personne ne bouge » : l\u2019incipit de Bacchantes, dernier roman de Céline Minard, donne le ton.Après s\u2019être frottée au western (Faillir être flingué), à la fresque médiévale (Bastard Battle), à la science-fiction (Le dernier monde) et à l\u2019aventure de survie (Le grand jeu), l\u2019écrivaine française revisite, triture et pastiche cette fois les codes du film de braquage.Avec l\u2019irrévérence, l\u2019imprévisibilité et la cadence à la fois mesurée et explosive d\u2019un Tarantino, Minard esquisse une galerie de personnages burlesques et subversifs dont l\u2019univers déjanté, insaisissable et cynique laisse présager des intrigues et des menaces denses et surprenantes.Alors qu\u2019un typhon menace la baie de Hong Kong, trois braqueuses à l\u2019allure excentrique s\u2019introduisent par ef fraction dans la cave à vin la plus sécurisée du monde.Installés dans d\u2019anciens bunkers de l\u2019armée britannique, les grands crus d\u2019une valeur de 350 millions de dollars confiés aux bons soins d\u2019Ethan Coet- zer, ancien diplomate sud-africain, pourraient partir en fumée.Trois questions énigmatiques Dans ce huis clos débridé mené par l\u2019urgence, la brigade policière de Jackie Tran assiste, impuissante, aux jeux impitoyables et énigmatiques des trois bacchantes enivrées par l\u2019euphorie de leur numéro : la «Clown», l\u2019acrobate au nez rouge, la «Brune», la séductrice, et la «Bombe», redoutable artificière, se délectent des bouteilles les plus divines et improvisent un salon de quilles, lançant la destruction des précieux trésors viticoles.Mené par une construction contemporaine de l\u2019hexamètre de Quintilien, le récit écarte l\u2019analyse psychologique et le féminisme que pourrait laisser supposer son titre au profit de l\u2019action et de la recherche de motifs, offrant plus d\u2019illusions et de spéculations que de réponses aux trois questions empiriques sur lesquelles repose l\u2019intrigue.« Pour la brigade d\u2019intervention, la plus importante est \u201ccomment\u201d.Pour Jackie et le négociateur, c\u2019est \u201cqui\u201d.Pour Ethan Coetzer, c\u2019est \u201cpourquoi\u201d.Mais pour tous, elles sont intimement et différemment liées.Chacun pense à part soi qu\u2019une seule réponse suf firait à résoudre la situation, mais aucun d\u2019entre eux n\u2019a le début d\u2019une piste.» Minard crée un espace littéraire unique où les multiples points de vue s\u2019échangent sans crier gare, abandonnant souvent le lecteur pantois et confus dans ce suspense performatif qui ne fournit jamais de réponses.À l\u2019image du spectacle circassien que concoctent les trois forcenées au cœur du récit, l\u2019auteure jongle avec les références et les mises en abymes, d\u2019Homère à Euripide, en passant par Reservoir Dog.Or, le caractère imagé, éruptif et éminemment cinématographique de ce roman d\u2019à peine cent pages offre un résultat expéditif et performatif qui se lit aussi vivement qu\u2019il s\u2019oublie, dont on retiendra surtout la rigueur et les acrobaties stylistiques.L\u2019euphorie de l\u2019illégalité Céline Minard revisite les codes du film de braquage dans un roman dont on retiendra surtout la rigueur et les acrobaties stylistiques Céline Minard crée un espace littéraire unique où les multiples points de vue s\u2019échangent sans crier gare.JOËL SAGET AGENCE FRANCE-PRESSE Bacchantes ?Céline Minard, Rivages, Paris, 2019, 106 pages L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 T O P O T O P H O T O P H O A U T E U R A © P H I L I P C O L I P C N R A D O O T O P H O T O P H A U T E U R A © P H I L I P C O N R A D PHOTOGRAPHIE Les photos d\u2019Anny ?Anny Duperey, Seuil, Paris, 2019, 192 pages On l\u2019a connue d\u2019abord comme actrice, puis comme romancière.Dans son nouveau récit Les photos d\u2019Anny, la principale intéressée dévoile une nouvelle facette de sa personne : Anny la photographe, qui se montre plutôt talentueuse \u2014 mais surtout infiniment intime.Anny Duperey retrace donc son histoire d\u2019amour avec la photographie en mots et en images.D\u2019abord, elle nous raconte les débuts d\u2019un parcours incer tain, la rencontre surprise qui mène à l\u2019achat de son premier \u2014 et jusqu\u2019à ce jour son seul \u2014 appareil et l\u2019incertitude avec laquelle elle se lance dans ce nouveau loisir, tout à fait étranger.Puis, plus on avance, plus l\u2019émotion prend le dessus sur les faits.On ne nous décrit plus seulement comment se fait le tirage photographique, étape par étape, dans le laboratoire que la comédienne bricole dans sa salle de bains.À travers les chapitres, les mots se font de moins en moins techniques pour devenir beaucoup plus évocateurs.On nous dévoile des rencontres.Des moments brefs, mais percutants.Des por traits, des natures mortes.Les clichés, intercalés soigneusement à travers les pages, seraient presque anodins s\u2019il n\u2019y avait pas ces souvenirs écrits enchanteurs qui les accompagnent.Fille de deux photographes, et orpheline dès ses huit ans à la suite d\u2019un accident où elle retrouve ses parents asphyxiés, Anny Duperey avait déjà raconté son deuil douloureux dans son autobiographie, Le voile noir.Toutefois, il lui est impossible de ne pas en faire mention dans ce récit, revisitant encore une fois les photos de son père, les comparant avec les siennes, dans un court chapitre presque poétique.Les photos d\u2019Anny, avec ses images argentiques monochromes et son écriture toute simple et intime, s\u2019avère une lecture, peut-être pas remarquable ni exceptionnelle, mais certainement mémorable et, assurément, touchante.Sarah Boumedda Souvenirs monochromes BANDE DESSINÉE Nestor Burma, t.12 : Corrida aux Champs-Élysées ?Nicolas Barral, d\u2019après Léo Malet et Tardi, Casterman «Fleuve noir», Paris, 2019, 96 pages Tout un cinéma, que le cinoche de Nestor Burma, le privé qui ne se prive pas.Macchabée de starlette sans avenir dans le cof fre, cadavre d\u2019ancienne starlette dont le retour a mal tourné, trafiquants de coco en voie de décomposition plus ou moins avancée, voilà le lot de notre détective de choc.Il y en a à tous les détours du 8e arrondissement, dans le polar de la série des Nouveaux mystères de Paris que commit en 1956 l\u2019auteur anar Léo Malet.Comment rendre en bande dessinée ce « travelling mené tambour battant dans une atmosphère satinée » ?C\u2019est ce que réussit admirablement Nicolas Barral.Un fortiche.Oui, une épée.Un as, quoi.Car il s\u2019agit non seulement de transposer du Malet, ce génial bavard qui faisait inlassablement causer intérieurement son Nestor, mais également de respecter l\u2019esprit, sinon le trait, du tout aussi génial Tardi, premier à tâter du Burma en bédé.Barral y arrive magnifiquement : le grand exploit de sa Corrida est la mise en couleurs.Mesurez : Malet écrivait en noir, blanc et gris, Tardi assombrissait le tout avec force crachins, bruines et brouillards.Noircir plus noir avec du vert pelouse, du bleu ciel et du jaune chemise d\u2019été ?Faut le faire.On pense à Plein soleil, le film de René Clément : on s\u2019y tr ucide aussi en technicolor.Plaisir ajouté pour le cinéphile, Barral a affublé les seconds rôles et figurants de tronches inoubliables du cinéma de papa : ici un Rober t Dalban en parfait larbin, là un Gert Fröbe en idéal méchant (Auric Gold- finfer dans le plus fameux James Bond), et ainsi de suite.Jusqu\u2019à notre Nestor perdu dans ses pensées qui va jusqu\u2019à croiser le couple Bel- mondo-Seberg d\u2019À bout de souffle sur les Champs-Élysées.Jouissif.Sylvain Cormier Morts en technicolor L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 L i r e 32 | CRITIQUE MARIE FRADETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR «Si je ne connais rien au hockey, / Je ne suis qu\u2019un amateur./ Mais si j\u2019en suis passionné, / J\u2019en suis un grand amateur./ Il faudrait se brancher !» Même chose « quand quelqu\u2019un me donne son appui, / Je le remercie./ Mais quand mon patron me congédie, / On dit qu\u2019il me remercie./ Il faudrait se faire une idée!» Dans une suite de plus de 25 poèmes, le très prolifique et polyvalent François Gravel nous livre une réflexion haute en couleur sur la langue française et ses caprices.Tout fraîchement lauréat du prix Raymond-Plante \u2014 of fer t à un citoyen qui contribue au rayonnement de la littérature jeunesse et de la lecture \u2014, l\u2019auteur de la série Klonk explore dans Branchez-vous ! et autres poèmes biscornus les excentricités du français, ses incohérences et ses fantaisies.Prouvant avec une force vive qu\u2019il n\u2019a pas la langue dans sa poche, Gravel décortique, scrute, manipule les expressions, les accords, les rimes et les mots usuels.Pourquoi, par exemple, disposer d\u2019une grande fortune exprime la richesse, mais qu\u2019un abri de fortune renvoie à un simple petit baraquement ?Les homophones occupent bien sûr une place de choix dans cette présentation.En tête, ce Monsieur le comte qui compte ses contes tandis que le maire va vers la mer avec la mère.À l\u2019instar d\u2019Yvon Des- champs, il réfléchit d\u2019ailleurs poétiquement à l\u2019orthographe des mots foi, foie et fois en les employant tous dans une même courte strophe.Si, dans les premiers vers du recueil, Gravel joue sur les mots, il plonge ensuite dans les profondeurs de la langue, valse avec le passé simple, raconte, sous forme de rimes toujours, La Fontaine et ses fables, se questionne sur l\u2019inversion des pronoms \u2014 où vis-je, où vais-je ?\u2014 et pose quelques colles au lecteur.Il souligne l\u2019abondance de mots qui riment avec passion, mais qu\u2019en est-il de triomphe?Pas si simple.Pour y arriver, il faut être malin, car, dit-il, « ce mot ne rime à rien ».Puis viennent des textes bilingues où l\u2019auteur s\u2019amuse à faire rimer l\u2019anglais et le français dans une ronde loufoque.Ainsi, beautiful et maboul, baby et garderie, automn et podium s\u2019unissent, ici et là, pour la beauté des sonorités.Ces petits poèmes étonnants sont accompagnés d\u2019illustrations qui non seulement ajoutent à la richesse de l\u2019ensemble, mais font écho aux mots de Gravel.Dans un style figuratif, l\u2019artiste Laurent Pinabel évoque l\u2019essence du propos avec grâce et intelligence.Par exemple, alors que les verbes s\u2019affrontent dans une joute littéraire énergique \u2014 chacun assurant être le plus important \u2014, le roi de cœur, personnifié, pointe son épée vers le texte et demande de cesser ces arguties, car le verbe aimer est de loin le plus convoité.Illustrées entièrement en trois tons \u2014 noir, rouge et blanc \u2014, les scènes mettent en lumière la force des poèmes tout en invitant le lecteur à prolonger sa réflexion.Bien qu\u2019elles se lisent en complémentarité avec les mots, chacune des illustrations fait sens et assure une narration autonome.Recueil poétique, condensé de jeux de mots et autres fantaisies littéraires, cet ouvrage est tout compte fait une ode à la langue, à son évolution et, sans aucun doute, une façon de ne pas l\u2019oublier.Tourner sa langue sept fois François Gravel fouille les fantaisies du français dans un recueil poético-humoristique François Gravel livre une réflexion sur la langue française et ses caprices.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Branchez-vous ! et autres poèmes biscornus ?François Gravel et Laurent Pinabel, 400 coups, Montréal, 2019, 56 pages CRITIQUE MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR La Californie est un monde à part, on le sait : le style de vie, la bouffe, le climat, tout concourt à en faire une entité particulière sur le continent américain.Mais quand il s\u2019agit de camoufler un meurtre ou de faire accuser un faux coupable, alors là, Californie ou non, tous les moyens sont bons.Et cette histoire écrite à quatre mains est d\u2019abord celle d\u2019un rare honnête homme qui a le courage de remonter le courant pour que justice soit faite.Une denrée plutôt rare Clay Edison travaille comme enquêteur au Bureau du coroner du comté d\u2019Alameda, qui englobe la vi l le d\u2019Oakland en Californie.Il s\u2019apprête à conclure à une mort naturelle après l\u2019examen de la maison où un ancien professeur de Berkeley a été retrouvé mor t\u2026 lorsque la fille du défunt, Tatiana, éveille le doute dans son esprit.Elle lui parle de deux autres morts reliés plus ou moins directement aux travaux du défunt, le professeur Walter Rennert.Il n\u2019en fallait pas plus pour le lancer sur la piste.D\u2019autant plus qu\u2019Edison est loin d\u2019être indifférent aux yeux verts de ladite Tatiana.Il se met donc à fouiller créativement dans les archives du comté et découvre une sorte de panier de crabes : une étude rapidement abandonnée menée à l\u2019université au début du millénaire par une équipe du professeur Rennert, un meurtre sordide, un décès suspect et, surtout, une enquête bâclée.Tout pour y regarder de plus près\u2026 Le narrateur du récit endosse le personnage de Clay Edison, ce qui nous permet de découvrir une sorte d\u2019Américain lambda-classe moyenne- fin XXe siècle qui serait passé par l\u2019université en route vers une carrière de joueur de basket professionnel jusqu\u2019à ce que, un soir de championnat national, un ménisque tordu le force à changer de voie.Edison est un honnête homme, lucide, intelligent et rapide à saisir les enjeux, ce qui est une denrée plutôt rare parmi les héros que nous proposent habituellement les auteurs de polar américains.Il devra se montrer acharné avant de réussir à déterrer un par un les indices qui l\u2019amèneront à faire la lumière sur une série d\u2019événements découlant tous de la fameuse étude \u2014 l\u2019influence des jeux vidéo sur la violence des jeunes \u2014 qui avait mené au meurtre d\u2019une assistante de recherche par un des participants.Avec lui, on découvrira surtout à quel point, sous la pression, les enquêteurs de l\u2019époque sont vraiment passés très vite aux conclusions en accusant du crime un jeune Noir un peu «absent»: Julian Triplett.Même en se mettant à dos la moitié du Bureau, sans compter Tatiana et une foule d\u2019autres intervenants, Clay Edison parviendra à faire triompher la vérité.L\u2019histoire est passionnante, avouons- le, une des meilleures que les Keller- man, père et fils, aient jamais concoctées ensemble.L\u2019écriture fluide, la connaissance profonde du contexte et le personnage d\u2019un cool exemplaire de Clay Edison, tout cela prend l\u2019allure d\u2019une sorte de documentaire califor- nien sur la persévérance.Rare pour un polar, quand même.Un mort peut en cacher un autre Une enquête fouillée dans le milieu hautement compétitif des universités américaines Jonathan et Jesse Kellerman publient l\u2019histoire d\u2019un rare honnête homme qui a le courage de remonter le courant pour que justice soit faite.JOAN ALLEND Exhumation ?Jonathan et Jesse Kellerman, traduit de l\u2019anglais par Julie Sibony, Seuil, Paris, 2018, 391 pages | 3 3 L i r e E s s a i L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 Thériault pour la nation La chanson Imagine (1971), de John Lennon, fait encore rêver.Elle est vue comme la description d\u2019un monde idéal, dans lequel les êtres humains vivraient en paix parce qu\u2019il n\u2019y aurait plus de pays ni de religions.Cette ballade me donne pourtant l\u2019impression d\u2019une œuvre écrite par un Justin Trudeau qui viendrait d\u2019en fumer du bon.S\u2019il avait pris le temps de rédiger un couplet supplémentaire, Lennon nous aurait-il suggéré, en anglais, d\u2019imaginer un monde parlant enfin une langue unique?Imagine, au fond, est une sorte d\u2019hymne cosmopolite qui chante l\u2019humanité réconciliée avec elle- même moyennant l\u2019abandon de ses particularismes.Il s\u2019agit d\u2019une vieille utopie.Le cynique Diogène, avant Jésus-Christ, se disait déjà citoyen du monde et les stoïciens, après lui, feront de même en se réclamant de l\u2019universelle raison.À la fin du XXe siècle, après la chute du mur de Berlin, cette utopie revient en vogue, avec les idées, notamment, de justice internationale, de société civile mondiale (altermon- dialisme) et du pluralisme identitaire (multiculturalisme).Certains penseurs rêvent même d\u2019une gouvernance mondiale rationnelle.Modernité et identité Le sociologue Joseph Yvon Thé- riault, professeur à l\u2019UQAM, vient jeter un pavé dans la mare des rêveurs.«Le projet cosmopolitique est- il démocratiquement possible ?» de- mande-t-il dans Sept leçons sur le cosmopolitisme (Québec Amérique, 2019, 232 pages), un remarquable essai dont je ne peux donner ici qu\u2019une idée de la richesse et du brio.L\u2019idéal de la démocratie, explique Thériault, repose sur «un ordre du monde régi par la volonté raisonnée des hommes réunis en cité ».Le cosmopolitisme souhaite faire du monde cette cité.C\u2019est la nation, pourtant, qui s\u2019imposera, au XIXe siècle, comme « la forme politique de la modernité », avant d\u2019être contestée à la fin du XXe siècle.On invoque alors « la porosité des multiples souverainetés de l\u2019État-na- tion» sur les plans économique, juridique et culturel.Les identités sont de moins en moins nationales, dit-on, et de plus en plus individuelles.Si d\u2019aucuns s\u2019en réjouissent, d\u2019autres, comme Thériault, s\u2019en inquiètent, pour des raisons démocratiques.La modernité, note le sociologue, chérit l\u2019être humain rationnel et universel.Elle exprimera pourtant son LOUIS CORNELLIER désir démocratique par la nation, toujours particulière.Cette «affinité élective» s\u2019explique.Rationaliste, la modernité se caractérise par son esprit scientifique et sa défense des droits de la personne.Or, continue Thériault, « les humains sont des êtres culturels », et leur attachement à la nation vient corriger l\u2019abstraction inhérente à la modernité.Pour tenir, de plus, une société a besoin d\u2019un sens de la solidarité culturelle et sociale, ce que lui donne le cadre national.La démocratie, enfin, repose sur la délibération citoyenne, grandement facilitée par une langue partagée.La nation, conclut donc Thé- riault, est la forme de communauté politique qui a permis de combiner le besoin de liberté et le besoin d\u2019identité.Par conséquent, on peut penser que l\u2019abandon du cadre national comme lieu de la démocratie nous prépare à «un monde régi à l\u2019échelle de l\u2019humanité par le droit, le marché et la technique» ou nous mène sur la voie de garage d\u2019une «contre-démocratie» radicale et sans projet.Fluidité et populisme Qu\u2019en est-il, par ailleurs, du cosmopolitisme culturel, qui serait, dit-on, un fait ?Ne nous répète-t-on pas à satiété que les identités sont devenues fluides, métissées, volontairement choisies, que nous sommes tous des migrants et que la diversité est progressiste alors que l\u2019appartenance nationale est rétrograde ?Thériault cite l\u2019anthropologue Dominique Legros, de l\u2019Université Concordia, qui évalue à 0,45 % de la population mondiale les migrants volontaires, qualifiés, multilingues et à l\u2019identité fluide.Ce n\u2019est donc pas «ainsi que les hommes vivent » en général.Aussi, le mépris qu\u2019on réserve à ceux qui n\u2019adhèrent pas à l\u2019idéologie du cosmopolitisme culturel apparaît comme une des causes évidentes de la maladroite réaction populiste.Joseph Yvon Thériault consacre sa dernière leçon au Canada, qui aime se présenter comme un pays multiculturel et postnational.Pour le sociologue, ce Canada libre- échangiste, cosmopolite et chartiste rejetant l\u2019idée d\u2019intention nationale au profit d\u2019une gouvernance juridique mène à un refus de la politique démocratique, celle d\u2019un «peuple souverain délibérant en lui-même pour exercer une action consciente sur le monde ».D\u2019origine acadienne, Thériault continue de rêver à un «Canada multinational », reconnaissant aux «peuples fondateurs» et aux Premières Nations leur droit de cultiver des «conceptions différentes de l\u2019appartenance au monde » dans leur agir politique.En constatant l\u2019impopularité de son rêve, il signe un essai de qualité supérieure.CRITIQUE MICHEL LAPIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR Il fallait être Inuit pour proclamer à la face de l\u2019univers que « l\u2019Arctique est le baromètre de la santé de la planète » et que l\u2019empoisonner, « c\u2019est nous empoisonner tous ».Il fallait même être femme pour établir que les Inuits sont « des sentinelles postées au sommet du monde » afin de nous aver tir de la menace du réchauffement climatique en revendiquant « le droit au froid », selon le titre du livre de Sheila Watt-Cloutier, qui y révèle que « la glace est la vie ».Née en 1953 à Kuujjuaq, dans le nord du Québec, la militante se réclame de Rachel Carson (1907-1964), biologiste et écologiste américaine qui, dans Silent Spring (1962), que l\u2019on a comparé pour l\u2019importance historique à De l\u2019origine des espèces (1859) de Dar win, s\u2019inquiéta de la pollution que les pesticides infligent à l\u2019écosystème.Plus tard, les scientifiques conclurent que les pesticides et d\u2019autres contaminants ne s\u2019évaporent pas à cause du froid, si bien que l\u2019Arctique en accumule démesurément en provenance d\u2019ailleurs.Inuite, mais en partie de souche européenne, Sheila Watt-Cloutier a fondé un foyer avec son ex-mari, le Québécois Denis Cloutier, et a été des années présidente de la section canadienne du Conseil circumpolaire inuit.C\u2019est d\u2019ailleurs Lisa Koperqua- luk, vice-présidente actuelle de cette section de l\u2019organisation non gouvernementale qui représente les Inuits du Canada, de l\u2019Alaska, du Groenland et de la Sibérie, qui a préfacé son ouvrage.Surtout anglophone, Sheila Watt- Cloutier a dû, signale-t-elle dans son autobiographie doublée d\u2019un essai, se « réapproprier » sa langue ancestrale, l\u2019inuktitut, toujours vivante au sein du peuple dont elle a embrassé la cause.Pour elle, l\u2019écologie du globe est un défi culturel et intime.En tant que femme, elle souffre de voir que dans l\u2019Arctique les polluants non évaporés transmis par les mers du monde font de la région polaire un monstrueux grossissement de la tragédie planétaire.Ils y souillent l\u2019être humain et la faune, s\u2019insinuent même, précise l\u2019essayiste avec éloquence, « dans le lait maternel des mères inuites allaitantes et dans le sang du cordon ombilical des enfants inuits».Le désastre Cette concentration polaire des polluants, associée à la misère des Inuits, qui, rappelle Sheila Watt- Cloutier, « présentent le plus haut taux de suicide en Amérique du Nord », n\u2019est que le complément logique du réchauffement planétaire, réalité concrète pour les habitants de l\u2019Arctique, dont le mode de vie s\u2019en trouve bouleversé.Mais le désastre, remarque-t-elle, n\u2019est encore qu\u2019«une abstraction pour une grande partie de la population mondiale ».Voilà le manque de clairvoyance que la sage et tenace Sheila de la banquise fondante tente désespérément de dissiper en exhortant à l\u2019action les maîtres de l\u2019économie planétaire.Sauver l\u2019Arctique pour la planète Pour Sheila Watt-Cloutier, l\u2019état du pôle Nord annonce le désastre écologique mondial Sheila Watt-Cloutier a dû se réapproprier sa langue ancestrale, l\u2019inuktitut.CHRIS WINDEYER LA PRESSE CANADIENNE Le droit au froid ?1/2 Sheila Watt-Cloutier, traduit de l\u2019anglais par Gérald Baril, Écosociété, Montréal, 2019, 360 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 L i r e 3 4 | STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR \u2019est bien connu, le t emps f a i t toute la dif fé- rence entre un drame et une comédie.Alors, à l\u2019approche du 30e anniversaire de la fatwa (condamnation réclamant son exécution) lancée contre lui par le régime des ayatollahs iranien, le 14 février 1989, le romancier Salman Rushdie a pu oser participer à la dernière et ultime saison (la neuvième) de la populaire série comique Curb Your Enthusiasm (HBO) de Larry David.Rushdie y joue son propre rôle, comme le veut le modèle narratif de cette fiction autoréférentielle.Le romancier y est appelé en renfort psychologique par Larry David, frappé lui aussi par une fatwa, dans son cas parce qu\u2019il a écrit une opérette comique inspirée de la vie de Rushdie intitulée Fatwa! The Musical.Les deux créateurs finissent par se rencontrer au troisième épisode.Sal- man Rushdie (que David veut appeler Salmon) explique qu\u2019il a mis des années à comprendre que la fatwa, bien qu\u2019« épeurante et abasourdissante », appor te en même temps l\u2019avantage de l\u2019attrait de la dangerosité.« Vous êtes un homme dangereux, dit-il.Il y a des femmes très belles qui sont attirées par cette condition.Ce n\u2019est pas tant la fatwa que la menace qui vous enveloppe qui devient attirante.» Peut-être, mais la sentence et la menace de mort persistent toujours, réplique David.«Yes, but fu\u2026 it ! » répond l\u2019auteur, qui entraîne son nouveau protégé dans un resto chic pour démontrer sa théorie de l\u2019attraction dangereuse menant au « fatwa sex».Bon.Ce n\u2019est toujours que de l\u2019humour potache.On peut tout de même apprécier la formidable capacité d\u2019au- todérision de cet écrivain surdoué vivant sous une incessante menace de mort depuis près de 11 000 jours, soit quelque 263000 heures.L\u2019Iran maintient sa menace et la prime au meurtre de l\u2019apostat serait maintenant d\u2019environ 5 millions de dollars.Le nom de Salman Rushdie figurait aussi sur une liste de personnalités à abattre de l\u2019organisation terroriste islamiste al-Qaïda diffusée au début de la décennie.Blasphèmes et censures « J\u2019ai été extrêmement choqué à l\u2019époque par la condamnation iranienne de Salman Rushdie, que je connaissais comme auteur », dit le professeur de droit Julius Grey, avocat bien connu pour sa défense de la liber té d\u2019expression mais aussi grand lecteur qui chronique régulièrement à l\u2019émission littéraire Plus on est de fous, plus on lit ! (Radio-Canada Première).«Depuis, j\u2019ai vu que ça se passe souvent puisque bien d\u2019autres œuvres ont été attaquées.» À preuve, l \u2019 infâme tableau de chasse d\u2019al-Qaïda comprenait aussi les noms du caricaturiste Lars Vilks et de trois autres employés du journal danois Jyllands-Posten qui avait déclenché un autre choc fondamental après avoir publié en septembre 2005 des dessins de Mahomet.Stéphane Charbonnier (le dessinateur Charb) avait ensuite été ajouté à la liste létale.Il est décédé dans l\u2019attaque contre Charlie Hebdo en même temps que 11 autres collaborateurs, le 7 janvier 2015.Le cinéaste néerlandais Theo van Gogh a été assassiné en 2004 parce qu\u2019il venait de tourner un documentaire avec des musulmanes se libérant des diktats misogynes d\u2019un certain islam.Me Grey connaît ces cas, mais en cite d\u2019autres pour bien faire comprendre que, selon lui, le problème de la censure s\u2019est généralisé dans nos sociétés.« Beaucoup de féministes diraient que D.H.Lawrence n\u2019a plus sa place.Est-ce que Gone with the Wind est encore acceptable ?Nous vivons dans une société qui n \u2019est plus vraiment dévouée à la liberté.Il y a peut-être une idéologie d\u2019égalité, mais cette idéologie s\u2019exprime surtout à travers les lobbys qui peuvent attaquer les œuvres littéraires, les articles de presse, quiconque émet une opinion.Au point où les gens n\u2019osent plus se prononcer contre certaines positions.» Julius Grey enchaîne autour de l\u2019idée du blasphème et de l\u2019offense.« Une des idées fortes de l\u2019époque est qu\u2019on n\u2019a pas le droit d\u2019offenser quelqu\u2019un.C\u2019est faux.La liberté de parole inclut le droit pour l\u2019un de dire des choses choquantes pour l\u2019autre.Il n\u2019y a pas d\u2019obligation de dire que votre religion est belle, que vos opinions politiques sont bonnes, que votre culture est magnifique.Au contraire, on a le droit d\u2019attaquer et de critiquer toutes ces réalités.J\u2019aimerais tellement que l\u2019on cesse d\u2019utiliser le terme \u201cinapproprié\u201d.C\u2019est la pire expression.On peut maintenant détruire la carrière de quelqu\u2019un pour un mot jugé inapproprié.» Cet impératif catégorique fait de la censure \u2014 qui s\u2019attaque tant aux chefs-d\u2019œuvre (comme Madame Bovary) qu\u2019aux créations médiocres (comme une blague de mauvais goût) \u2014 l\u2019ennemi à abattre dans une société radicalement ouverte.«On ne doit pas juger de la qualité devant les tribunaux, dit l\u2019avocat.Dans nos sociétés, le danger de censure ne vient plus de l\u2019État, même si l\u2019État ne défend pas suf fisamment les gens congédiés pour leurs propos.Le danger vient de la rectitude politique qui impose le silence sur certains sujets.Les gens ont maintenant beaucoup plus peur d\u2019être considérés comme ridicules que d\u2019être punis.» Le versant satanique Censures et blasphèmes, 30 ans après la fatwa contre Salman Rushdie Le romancier Salman Rushdie a pu oser participer à l\u2019ultime saison de la populaire série comique Curb Your Enthusiasm de Larry David.JOËL SAGET AGENCE FRANCE-PRESSE C | 3 5 Jaz z L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 C U L T U R E BILLET SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Le 1er juillet 1989 au théâtre Port-Royal, dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal pour être encore plus précis, le saxophoniste alto Frank Morgan et le pianiste George Cables occupaient la scène.Leur prestation fut enregistrée.Et voilà qu\u2019une trentaine d\u2019années plus tard, les agitateurs de l\u2019excellente étiquette new-yorkaise High Note ont décidé de restaurer les bandes conservées et de les publier.Le titre?Montreal Memories.En fait de souvenirs, on devrait parler d\u2019exercices de style déclinés ce soir- là afin de mettre en relief les grandes heures du be-bop tel que conçu par Charlie Parker, Dizzy Gillespie et The- lonious Monk.Le programme détaillé est d\u2019ailleurs éloquent: Now\u2019s the Time, Confirmation, \u2018Round Midnight, A Night in Tunisia, plus des compositions originales de Cables.Cela étant, il faut s\u2019arrêter et souligner une\u2026 obsession! C\u2019est bien simple, du milieu des années 1950 à celui des années 1980, Morgan, qui fut le protégé de Parker, a passé en bonne par tie son temps derrière les barreaux pour cause de consommation d\u2019héroïne.À la prison de San Quentin, il devait croiser le chemin du saxophoniste Art Pepper.Dans divers entretiens, Morgan et Pepper ont confié qu\u2019« en dedans », ils devinrent obsédés par le calme, la douceur et le disque bien nommé Ballads de John Coltrane.L\u2019un comme l\u2019autre rêvaient de jouer à deux, et seulement à deux.Chronologiquement, Pepper fut le premier à signer un album en duo, avec\u2026 George Cables ! De ce dernier, on retiendra avant tout qu\u2019il est la définition présente du «piano classique » dans le jazz.En d\u2019autres mots, il est l\u2019héritier de Tommy Flanagan et de Hank Jones.Cela rappelé, ajoutons que Morgan et Cables avaient enregistré quatre duos trois jours seulement avant leur spectacle à Montréal, parus sur l\u2019album Mood Indigo.Autrement dit, ils étaient fin prêts pour Montréal.Ce soir-là, ce 1er juillet, nos deux artistes ont livré une définition de l\u2019élégance musicale.Seul hic : les producteurs de ce Montreal Memories assurent avoir restauré les bandes.Et alors ?On a beau être la personnification de la nullité technologique, il ne nous a pas échappé qu\u2019ici et là il y a présence de trémolos.Bref, de l\u2019eau dans le gaz du son.Ces souvenirs montréalais mis à part, on tient mordicus à vous suggérer dix fois plutôt qu\u2019une de lancer une OPA au plus vite sur Sound of Redemption, qui devrait faire le bonheur des amateurs de jazz, mais aussi des amateurs de romans policiers et de documentaires.Car Sound of Redemption est cela.Quoi?Un docu.Voici de quoi il s\u2019agit.L\u2019écrivain Michael Connelly, le « géniteur » du détective Harry Bosch, est un fou de jazz.Tous ceux qui ont lu ses romans savent qu\u2019il aime particulièrement Pepper et\u2026 Morgan.Et alors ?Il y a quelques années de cela, Connelly a décidé de produire, avec le soutien de son éditeur français Robert Pépin, un «docu» consacré à Morgan.Sorti en 2016, ce film est admirable.P.-S.Les aléas de la distribution étant ce qu\u2019ils sont, on a commandé ce CD chez Amazon et non directement chez High Note.La raison en est toute simple : l\u2019expérience nous a appris que, pour ce qui est du service, cette étiquette est\u2026 comment dire ?Dans les «vaps».Le jazz de chambre selon Morgan et Cables Quand High Note restaure les bandes d\u2019un concert montréalais et publie Montreal Memories À signaler Dans le cadre du 70e anniversaire de l\u2019étiquette Prestige, Craft Recordings, une filiale du groupe Concord, va mettre en marché un coffret de cinq disques proposant toutes les pièces que John Coltrane enregistra pour cette étiquette en 1958.La date de sortie?Le 29 mars.De George Cables, on retiendra avant tout qu\u2019il est la définition présente du « piano classique » dans le jazz.En d\u2019autres mots, il est l\u2019héritier de Tommy Flanagan et de Hank Jones.ALAIN NAHIGAN L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e É c r a n s 3 6 | Festival international / festivalmnm.ca HoMa Grand concert avec 24 instruments à vent spatialisés, orgue et percussions Jeu.21.02.2019 - 19h30 Église Saint-Jean-Baptiste 30$/25$/20$ - festivalmnm.ca Walter Boudreau et Samy Moussa (direction) Jean-Willy Kunz (orgue) Ensemble de la SMCQ Quasar \u2013 quatuor de saxophones Œuvres de Michel Gonneville, Samy Moussa, Jean-François Laporte et György Ligeti.Le festival MNM remercie ses nombreux partenaires ?nanciers.Une production SMCQ CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR S\u2019il est une chose que l\u2019immensément talentueux Steven Soderbergh a prouvée avec son avant-dernier film, Dérangée (Unsane), ou le cauchemar d\u2019une jeune femme internée, c\u2019est que réaliser un thriller horrifique efficace n\u2019est pas à la portée de tous les cinéastes.Même de la sienne.De cette proposition malavisée se dégageait néanmoins un élément prometteur, soit le fait que Soderbergh l\u2019avait entièrement filmée au moyen d\u2019un iPhone7.Rebelote avec High Flying Bird, avec cette fois un résultat beaucoup plus concluant.Campé dans l\u2019univers du basketball, un rappel de l\u2019éclectisme absolu de Soderbergh eu égard aux toiles de fond qu\u2019il choisit, le film bénéficie d\u2019un scénario brillamment observé et dialogué signé Tarell Alvin McCraney.L\u2019intrigue s\u2019ar ticule autour du personnage de Ray (épatant André Holland).Il est l\u2019agent d\u2019un joueur doué venant tout juste d\u2019être repêché par une équipe de New York.L\u2019ennui est que la ligue est en lockout.Et tandis qu\u2019ils renégocient les lucratifs contrats de diffusion de matchs, les propriétaires, surnommés les «White Boys», accentuent la pression économique sur les joueurs et les agences afin d\u2019avoir à partager une part aussi petite que possible du butin.Le fin stratège Dans High Flying Bird, Steven Soderbergh et Tarell Alvin McCraney s\u2019intéressent au basketball pour mieux parler de racisme L\u2019intrigue s\u2019articule autour du personnage de Ray (André Holland).Il est l\u2019agent d\u2019un joueur de basketball doué venant tout juste d\u2019être repêché par une équipe.PHOTOS NETFLIX Dynamique récurrente Ray comprend tout cela, et mieux encore qu\u2019on le croit.En effet, Ray est un autre héros «soderberghien» à la Danny Ocean et à la Jimmy Logan, c\u2019est-à-dire un protagoniste roublard qui a commencé à ourdir un coup fumant avant même le début du film.Sans surprise, le cinéaste démontre une aisance totale à tricoter puis à détricoter cette nouvelle trame où une stratégie apparente en cache une plus vaste encore.Or, cette dynamique récurrente se révèle particulièrement jouissive parce qu\u2019elle se déploie ici en un écho direct au propos qui se trouve au cœur du scénario de Tarell Alvin McCraney.Ce nom vous est familier?Normal: McCraney est l\u2019auteur de la pièce In Moonlight Black Boys Look Blue, chronique d\u2019un jeune Noir gai, de l\u2019enfance au jeune âge adulte, qu\u2019il a coadaptée pour le cinéma sous le titre Moonlight, avec le succès que l\u2019on sait.En filigrane, le dramaturge y dénonçait la pauvreté endémique dans laquelle la société confine trop souvent sa communauté, avec pour conséquence des cercles vicieux de consommation et de violence.High Flying Bird change cer tes de décor, le monde du basketball Les acteurs Melvin Gregg et Zazie Beetz L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 prixOpus.qc.ca LE CONSEIL QUÉBÉCOIS DE LA MUSIQUE FÉLICITE LES LAURÉATS DES PRIX OPUS 2017-2018 CONCERT DE L\u2019ANNÉE \u2013 MONTRÉAL 1 Le Conseil des arts de Montréal remettait 3000 $ au récipiendaire de ce prix.SAVM 20e saison / Hors-Série, Gerald Finley, baryton-basse et Michael McMahon, piano, Société d\u2019art vocal de Montréal, 6 mai 2018 CONCERT DE L\u2019ANNÉE \u2013 QUÉBEC 2 García Alarcón, concertos pour deux siècles, Les Violons du Roy, Leonardo García Alarcón, chef, 15 février 2018 CONCERT DE L\u2019ANNÉE \u2013 RÉGIONS 3 La Fabrique culturelle off rait au récipiendaire de ce prix l\u2019enregistrement d\u2019une capsule à diff user sur la plateforme culturelle web de Télé-Québec.Wan & Richard-Hamelin : sonates de Beethoven vol.1, Andrew Wan, violon, Charles Richard-Hamelin, piano, Festival Orford Musique, 3 août 2018 CONCERT DE L\u2019ANNÉE \u2013 MUSIQUES MÉDIÉVALE, DE LA RENAISSANCE, BAROQUE 4 Vénus et Adonis, Chœur et ensemble Clavecin en concert, Luc Beauséjour, chef, Nathalie Paulin, soprano, Marc Boucher, baryton, Marie-Nathalie Lacoursière, mise en scène et chorégraphies,10 mars 2018 CONCERT DE L\u2019ANNÉE \u2013 MUSIQUES CLASSIQUE, ROMANTIQUE, POSTROMANTIQUE, IMPRESSIONNISTE 5 SAVM 20e saison / Hors-Série, Gerald Finley, baryton-basse et Michael McMahon, piano, Société d\u2019art vocal de Montréal, 6 mai 2018 CONCERT DE L\u2019ANNÉE \u2013 MUSIQUES MODERNE, CONTEMPORAINE 6 Le Quatuor selon Ligeti, Quatuor Molinari, 26 janvier 2018 CONCERT DE L\u2019ANNÉE \u2013 MUSIQUES ACTUELLE, ÉLECTROACOUSTIQUE 7 Canot-camping, expédition #9, Ensemble SuperMusique, Jean Derome, chef, Productions SuperMusique, 10 mai 2018 CONCERT DE L\u2019ANNÉE \u2013 JAZZ 8 Number 9, François Bourassa Quartet, François Bourassa, chef, FAM Group, Festival international de jazz de Montréal, 3 juillet 2018 CONCERT DE L\u2019ANNÉE \u2013 MUSIQUES DU MONDE 9 Mundial Tour, Kleztory, Airat Ichmouratov, chef, 5 et 17 novembre 2017, 3, 10 et 22 février 2018 CONCERT DE L\u2019ANNÉE \u2013 MUSIQUE TRADITIONNELLE QUÉBÉCOISE 10 Nouveau prix remis conjointement avec le Conseil québécois du patrimoine vivant Avant l\u2019orage, Genticorum et invités spéciaux, Festival Mémoire et Racines, 28 juillet 2018 CRÉATION DE L\u2019ANNÉE 11 À chaque ventre son monstre, Gabriel Dharmoo, À chaque ventre son monstre, Ensemble Paramirabo, 13 avril 2018 CONCERT DE L\u2019ANNÉE \u2013 RÉPERTOIRES MULTIPLES 12 Exubérance et nostalgie, Valérie Milot, harpe, Angela Park, piano, Sharon Wei, alto, Antoine Bareil, Élise Lavoie, Elissa Lee, violons, James Darling, Rachel Mercer, Stéphane Tétreault, violoncelles, Société des Concerts Bic St-Fabien, 11 août 2018 PRODUCTION DE L\u2019ANNÉE \u2013 JEUNE PUBLIC 13 Le ministère de la Culture et des Communications du Québec remettait 5000 $ au récipiendaire de ce prix.Ensemble, à tout coup !, Orchestre symphonique de Montréal et TORQ, Quatuor de percussions, Adam Johnson, chef, Patrice Bélanger, animateur, du 29 janvier au 1er février 2018 ALBUM DE L\u2019ANNÉE \u2013 MUSIQUES MÉDIÉVALE, DE LA RENAISSANCE, BAROQUE 14 John Dowland : Lachrimae, Les Voix Humaines, Nigel North, ATMA Classique ALBUM DE L\u2019ANNÉE \u2013 MUSIQUES CLASSIQUE, ROMANTIQUE, POSTROMANTIQUE, IMPRESSIONNISTE 15 Fauré : Intégrale des mélodies pour voix et piano, Hélène Guilmette, Julie Boulianne, Antonio Figueroa, Marc Boucher, Olivier Godin, ATMA Classique ALBUM DE L\u2019ANNÉE \u2013 MUSIQUES MODERNE, CONTEMPORAINE 16 Stravinski-Proko?ev, David Jalbert, ATMA Classique ALBUM DE L\u2019ANNÉE \u2013 MUSIQUES ACTUELLE, ÉLECTROACOUSTIQUE 17 Résistances, Ensemble SuperMusique, Jean Derome, DAME / Ambiances Magnétiques ALBUM DE L\u2019ANNÉE \u2013 JAZZ 18 Number 9, François Bourassa Quartet, Eff endi Records ALBUM DE L\u2019ANNÉE \u2013 MUSIQUES DU MONDE ET MUSIQUE TRADITIONNELLE QUÉBÉCOISE 19 Saimaniq, OktoÉcho, Katia Makdissi-Warren, Cross Current Music ARTICLE DE L\u2019ANNÉE 20 « La création d\u2019Another Brick in the Wall \u2013 L\u2019opéra de Julien Bilodeau.Les diff érents enjeux du crossover entre opéra et rock », Danick Trottier, Revue musicale OICRM, vol.4, no 2, 2017 PRIX HOMMAGE 21 GILBERT PATENAUDE COMPOSITRICE DE L\u2019ANNÉE 22 Le Conseil des arts et des lettres du Québec remettait 10 000 $ à la récipiendaire de ce prix.NICOLE LIZÉE DÉCOUVERTE DE L\u2019ANNÉE 23 É.T.É \u2013 Le boire des minuits INCLUSION ET DIVERSITÉ MONTRÉAL 24 Nouveau prix remis conjointement avec le Conseil des arts de Montréal qui remettait 3000 $ au récipiendaire de ce prix.CENTRE DES MUSICIENS DU MONDE DIFFUSEUR SPÉCIALISÉ DE L\u2019ANNÉE 25 DOMAINE FORGET DE CHARLEVOIX \u2013 40e anniversaire DIFFUSEUR PLURIDISCIPLINAIRE DE L\u2019ANNÉE 26 DIFFUSIONS DE LA COULISSE DIRECTEUR ARTISTIQUE DE L\u2019ANNÉE 27 PAUL FORTIN \u2013 Domaine Forget de Charlevoix ÉVÉNEMENT MUSICAL DE L\u2019ANNÉE 28 SVADBA D\u2019ANA SOKOLOVIC Atelier lyrique de l\u2019Opéra de Montréal INTERPRÈTE DE L\u2019ANNÉE 29 Le Conseil des arts du Canada remettait 5000 $ au récipiendaire de ce prix.CHARLES RICHARD-HAMELIN RAYONNEMENT À L\u2019ÉTRANGER 30 ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN \u2013 Tournée européenne 2017 8 15 9 10 11 12 13 14 2 3 1 5 4 6 7 16 17 18 19 20 21 26 27 29 28 30 25 22 23 24 CRÉDITS PHOTOS : 2 ©Marc Giguère / 3 ©Elizabeth Delage / 7 ©Céline Côté / 8 ©Mathieu Rivard / 10 ©Guy Tremblay / 11 ©Antoine Bordeleau, VOIR / 22 ©Murray Lightburn / 25 ©Sylvain Foster-Go-Xplore / 27 ©Theorem Production / 28 ©Yves Renaud / 29 ©Élizabeth Delage / 30 ©Pascal Amos Rest professionnel n\u2019en étant pas un de dénuement, mais la question des iniquités sociales est toujours là.De manière précise, le film aborde, pour mieux le déconstruire, l\u2019enjeu du racisme institutionnel.Une scène où deux joueurs noirs s\u2019affrontent dans le gymnase d\u2019une école du Bronx malgré le lockout et une autre où deux décideurs blancs devisent au sommet d\u2019un immeuble luxueux sur le meilleur moyen de garder le contrôle de la situation sont éloquentes tant en forme qu\u2019en substance.« Les Blancs ont créé un jeu au- dessus du jeu : ils ont trouvé le moyen de nous dominer dans un spor t où nous sommes meilleurs qu\u2019eux », résume un vieil entraîneur à Ray.Et il est là, ledit propos.Esprit iconoclaste En jouant de ruse et de finesse, c\u2019est cette industrie majoritairement possédée par des Blancs mais qui ne pourrait exister sans le talent des Noirs que Ray va déstabiliser (sans rien dévoiler, on dira simplement que cela a à voir avec les médias traditionnels et les nouvelles plate- formes).Sus à l\u2019ordre établi.Derrière son iPhone7, avec lequel il compose des plans d\u2019une congruence admirable, multipliant les cadres à l\u2019intérieur de cadres, Steven Soder- bergh semble vouloir servir la même médecine iconoclaste à Hollywood, à ses bonzes ne jurant que par les su- perhéros et les blockbusters.Homme- orchestre aux maints pseudonymes, il produit, tourne, assure la direction photo et monte ses films.Faut-il s\u2019étonner qu\u2019il eût proposé ce plus récent à Netflix, qui, justement, pour le meilleur ou pour le pire selon où l\u2019on se situe, change présentement le paradigme classique ?Héros antithétique Un pied de nez qu\u2019incarne en l\u2019occurrence admirablement le personnage de Ray, l\u2019antithèse complète du plus célèbre agent sportif du cinéma américain : Jerry Maguire.Hormis le fait que Ray est noir et qu\u2019il évolue à l\u2019avant et non au second plan narratif, sa motivation ultime à lui ne s\u2019avère pas l\u2019amour d\u2019une femme, mais celui du jeu (fait intéressant : on laisse planer l\u2019ambiguïté sur son orientation sexuelle).Ray, qui assume en outre son ambition plutôt qu\u2019il s\u2019en excuse au terme d\u2019une prise de conscience bien-pensante.D\u2019ailleurs, l\u2019utilisation d\u2019extraits d\u2019entrevues avec de vrais basketteurs, dont les paroles annoncent avec une ironie délicieuse la teneur de l\u2019action à venir, participe du même refus de céder à la guimauve habituelle.Ces petits éléments subversifs qu\u2019intègre Tarell Alvin McCraney dans son scénario sont ce qui distingue et élève ce nouveau cru de Steven Soderbergh, l\u2019un de ses meilleurs.High Flying Bird ?Drame de Steven Soderbergh.Avec André Holland, Zazie Beetz, Melvin Gregg, Sonja Sohn, Bill Duke.États-Unis, 2019, 90 minutes. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e É c r a n s 3 8 | SAMEDI GAZON MAUDIT (4) Fr.1994.Comédie sentimentale de Josiane Balasko avec Josiane Balasko, Victoria Abril, Alain Chabat.- Mécontente des nombreuses absences de son mari, une mère de famille se laisse séduire par une lesbienne qui s\u2019installe chez elle.ARTV 12h RAPIDES ET DANGEREUX (5) (The Fast and the Furious), É.-U.2001.Drame policier de Rob Cohen avec Paul Walker, Vin Diesel, Jordana Brewster.- Un jeune policier s\u2019immisce incognito parmi des amateurs de courses automobiles soupçonnés d\u2019activités criminelles.TVA 13h45 ANACONDA, LE PRÉDATEUR (5) (Anaconda), É.-U.1997.Drame d\u2019horreur de Luis Llosa avec Jennifer Lopez, Jon Voight, Ice Cube.- Dans la jungle amazo- nienne, une équipe de cinéastes tombe sous la coupe d\u2019un aventurier qui tente de capturer un anaconda géant.Z 14h LA PETITE HISTOIRE DU PLAISIR (5) (Hysteria), G.-B.2011.Comédie sentimentale de Tanya Wexler avec Hugh Dancy, Maggie Gyllenhaal, Jonathan Pryce.- Dans les années 1870 à Londres, un médecin employé dans le cabinet d\u2019un spécialiste de l\u2019hystérie développe le prototype de ce qui deviendra le vibrateur.ARTV 14h CŒUR ET TRIO (4) (Some Kind of Wonderful), É.-U.1987.Comédie sentimentale d\u2019Howard Deutch avec Eric Stoltz, Mary Stuart Masterson, Lea Thompson.- Amoureux d\u2019une camarade de classe, un élève du secondaire s\u2019engage dans des frais exceptionnels pour sortir avec elle.V 14h ÇA VA FAIRE BOOM (5) (Here Comes the Boom), É.-U.2012.Comédie de Frank Coraci avec Kevin James, Salma Hayek, Henry Winkler.- Un enseignant blasé tente de sauver le département de musique de son école en participant à des combats d\u2019arts martiaux mixtes.TVA 15h51 DU SOLEIL PLEIN LA TÊTE (3) (Eternal Sunshine of the Spotless Mind), É.-U.2004.Comédie fantaisiste de Michel Gondry avec Jim Carrey, Kate Winslet, Kirsten Dunst.- Un homme se soumet à un lavage de cerveau afin d\u2019effacer de sa mémoire toute trace de son ex-compagne qui a subi la même opération.VRAK 16h PÉNÉLOPE (5) (Penelope), G.-B.2006.Conte de Mark Palansky avec Christina Ricci, James McAvoy, Catherine O\u2019Hara.- Une jeune aristocrate affublée d\u2019un nez de cochon en raison d\u2019une malédiction s\u2019éprend d\u2019un parieur fauché.TQ 18h THOR.UN MONDE OBSCUR (4) (Thor \u2013 The Dark World), É.-U.2013.Drame fantastique d\u2019Alan Taylor avec Chris Hemsworth, Natalie Portman, Christopher Eccleston.- Un dieu nordique venu d\u2019une planète éloignée vole au secours de son amie astrophysicienne qui a été exposée à une antimatière puissante convoitée par un seigneur maléfique.TVA 18h30 M.HOLMES (4) (Mr.Holmes), G.-B.2015.Drame de Bill Condon avec Ian McKellen, Laura Linney, Milo Parker.- Au soir de sa vie, le détective Sherlock Holmes, en proie à des pertes de mémoire, forge une amitié inattendue avec le petit garçon de sa bonne.ARTV 20h WON\u2019T YOU BE MY NEIGHBOR?(4) É.-U.2018.Documentaire de Morgan Neville.- Portrait de Fred Rogers, animateur de télévision, qui initia des générations d\u2019enfants aux vertus de la bonne entente et de l\u2019ouverture sur le monde.PBS (WCFE) 20h DONNEUR ANONYME (5) (Delivery Man), É.-U.2013.Comédie dramatique de Ken Scott avec Vince Vaughn, Cobie Smulders, Chris Pratt.- Un ex-don- neur de sperme immature apprend que 142 de ses 533 enfants biologiques veulent connaître son identité.MAX 20h HÔTEL DU NORD (2) Fr.1938.Drame sentimental de Marcel Carné avec Louis Jouvet, Arletty, Jean-Pierre Aumont.- Deux amoureux ont décidé de se suicider dans un petit hôtel parisien.TFO 21h PROPOSITION INDÉCENTE (5) (Indecent Proposal), É.-U.1993.Drame sentimental d\u2019Adrian Lyne avec Demi Moore, Woody Harrelson, Robert Redford.- Un milliardaire offre un million de dollars à une jeune femme mariée en échange d\u2019une nuit d\u2019amour.V 21h15 LES YEUX GRAND FERMÉS (2) (Eyes Wide Shut), É.-U.1999.Drame psychologique de Stanley Kubrick avec Tom Cruise, Nicole Kidman, Sydney Pollack.- Deux époux new-yorkais fortunés vivent des aventures sexuelles, réelles ou rêvées, qui déstabilisent leur union.TQ 22h GAZON MAUDIT Voir samedi, 12h.ARTV 23h10 LA MORT DANS LA PEAU (4) (The Bourne Supremacy), É.-U.2004.Drame d\u2019espionnage de Paul Greengrass avec Matt Damon, Joan Allen, Brian Cox.- Un ex-assassin de la CIA devenu amnésique est faussement accusé par ses anciens patrons d\u2019avoir tué deux de leurs espions à Berlin.TVA 23h15 LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT (2) Fr.1967.Comédie musicale de Jacques Demy avec Catherine Deneuve, Françoise Dorléac, Gene Kelly.- Deux sœurs jumelles font la conquête d\u2019un jeune marin et d\u2019un musicien américain.TFO 23h33 PEUR GRISE (5) (The Grey), É.-U.2012.Aventures de Joe Carnahan avec Liam Neeson, Dallas Roberts, Dermot Mulroney.- En Alaska, l\u2019avion d\u2019un groupe de travailleurs d\u2019une raffinerie de pétrole s\u2019écrase en plein cœur du territoire d\u2019une meute de loups.TVA 1h15 HÔTEL DU NORD Voir samedi, 21h.TFO 1h38 DIMANCHE MES GARÇONS SONT DE RETOUR (4) (The Boys Are Back), Aust.2009.Drame psychologique de Scott Hicks avec Clive Owen, George Mackay, Nicholas McAnulty.- Un journaliste veuf élevant seul son gamin de six ans voit son épreuve parentale se corser lorsqu\u2019un autre fils, né d\u2019un précédent mariage, s\u2019installe chez lui.TVA 10h THE LEGEND OF BILLIE JEAN (4) É.-U.1985.Comédie dramatique de Matthew Robbins avec Helen Slater, Keith Gordon, Richard Bradford.- Ayant eu maille à partir avec des voyous, une adolescente se voit obligée de fuir mais devient vite populaire lorsque la télévision commente l\u2019incident.VRAK 10h PÉNÉLOPE Voir samedi, 18h.TQ 12h MACGRUBER (4) É.-U.2010.Comédie de Jorma Taccone avec Will Forte, Kristen Wiig, Val Kilmer.- Un ex-agent des services secrets américains reprend du service après que son ennemi juré se fut emparé d\u2019un missile nucléaire.Z 14h ANGRY BIRDS LE FILM (5) (The Angry Birds Movie), É.-U.2016.Film d\u2019animation de Clay Kaytis.- Sur une île peuplée d\u2019oiseaux incapables de voler, un cardinal colérique mène la riposte contre des cochons soi- disant venus en amis, qui ont volé tous leurs œufs.TVA 14h15 LE BON DINOSAURE (4) (The Good Dinosaur), É.-U.2015.Film d\u2019animation de Peter Sohn.- Brusquement séparé des siens en pleine forêt, un jeune dinosaure chétif et peureux obtient l\u2019aide d\u2019un garçon sauvage pour retrouver son chemin.RC 15h THE LEGEND OF SARILA (4) (La légende de Sarila), Can.2013.Film d\u2019animation de Nancy Florence Savard.- Trois jeunes Inuits partent à la recherche d\u2019une oasis légendaire afin de secourir leur village frappé par la famine.CBC 16h ASTÉRIX.LE DOMAINE DES DIEUX (4) Fr.2014.Film d\u2019animation d\u2019Alexandre Astier.- Pour en finir avec les irréductibles Gaulois, César entreprend de les assimiler, en faisant construire aux abords de leur village un complexe résidentiel destiné aux citoyens de Rome.TVA 16h20 P.S.JE T\u2019AIME (5) (P.S.I Love You), É.-U.2007.Drame sentimental de Richard LaGravenese avec Hilary Swank, Gerard Butler, Kathy Bates.- Une jeune New-Yorkaise reçoit de son mari récemment décédé des lettres lui indiquant la marche à suivre pour passer à travers son deuil.V 18h18 JULIE ET JULIA (5) (Julie & Julia), É.-U.2009.Drame biographique de Nora Ephron avec Amy Adams, Meryl Streep, Stanley Tucci.- Une New-Yorkaise démoralisée se met au défi de réaliser en 365 jours les 524 recettes contenues dans le best-seller de son idole Julia Child.MAX 19h30 1987 (4) Can.2013.Comédie de Ricardo Trogi avec Jean-Carl Boucher, Claudio Colangelo, Sandrine Bisson.- L\u2019été précédant son entrée au cégep, un adolescent entreprend d\u2019amasser la somme nécessaire pour ouvrir une discothèque destinée aux mineurs comme lui.ARTV 20h JANE (4) É.-U.2017.Documentaire de Brett Morgen.- Jane Goodall commente des images tournées dans les années 1960 par son conjoint, Hugo van Lawick, illustrant son travail de pionnière dans l\u2019étude du comportement des chimpanzés.CD 21h LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT Voir samedi, 23h33.TFO 21h GROSSESSE SURPRISE (4) (Knocked Up), É.-U.2007.Comédie de Judd Apatow avec Seth Rogen, Katherine Heigl, Paul Rudd.- Un jeune glandeur tente maladroitement de prendre ses responsabilités auprès d\u2019une journaliste qu\u2019il a mise enceinte lors d\u2019une aventure d\u2019un soir.V 21h02 UNE AUTRE VIE (4) Fr.2013.Drame sentimental d\u2019Emmanuel Mouret avec Jasmine Trinca, JoeyStarr, Virginie Ledoyen.- Une pianiste classique voit sa liaison et ses projets d\u2019avenir avec un électricien compromis par les manigances de l\u2019épouse de ce dernier.TQ 22h30 CRIMSON PEAK (4) É.-U.2015.Drame d\u2019horreur de Guillermo Del Toro avec Mia Wasikowska, Tom Hiddleston, Jessica Chastain.- Nouvellement mariée à un baronet anglais désargenté, une héritière américaine vit des expériences inquiétantes dans le manoir familial, dirigé d\u2019une main de fer par sa belle-sœur.TVA 22h45 LA PETITE HISTOIRE DU PLAISIR Voir samedi, 14h.ARTV 23h APRÈS MAI (4) Fr.2012.Drame d\u2019Olivier Assayas avec Clément Métayer, Lola Créton, Félix Armand.- Au début des années 1970 en France, les espoirs et les désillusions d\u2019un aspirant artiste et de ses copains de lycée.TFO 0h10 GLORY (3) É.-U.1989.Drame historique d\u2019Edward Zwick avec Matthew Broderick, Denzel Washington, Morgan Freeman.- Durant la guerre de Sécession, un jeune officier nordiste revendique les mêmes droits pour les soldats noirs volontaires qui forment son régiment.RC 0h25 LUNDI WHOSE STREETS?(4) É.-U.2017.Documentaire de Sabaah Folayan.- En 2014, la mort d\u2019un adolescent afro-américain désarmé, abattu par un policier de race blanche, déclenche une émeute à Ferguson, au Missouri.PBS (WETK) 10h SHERLOCK HOLMES.LE SIGNE DES QUATRE (5) (The Sign of Four), Can.2001.Drame policier de Rodney Gibbons avec Matt Frewer, Kenneth Welsh, Sophie Lorain.- Une jeune femme obtient l\u2019aide du détective Sherlock Holmes pour éclaircir le mystère entourant la disparition de son père.VIE 13h HYPER AGENT AMÉRICAIN (4) (American Ultra), É.-U.2015.Comédie de Nima Nourizadeh avec Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Topher Grace.- Un commis phobique et grand consommateur de marijuana découvre qu\u2019il est en vérité le prototype désactivé d\u2019une manufacture d\u2019hyper-agents meurtriers commanditée par la CIA.MP 21h APRÈS MAI Voir dimanche, 0h10.TFO 21h LA TÊTE EN FRICHE (4) Fr.2010.Comédie dramatique de Jean Becker avec Gérard Depardieu, Gisèle Casadesus, Anne Le Guernec.- Un maraîcher inculte s\u2019éveille au plaisir des mots au contact d\u2019une vieille dame qui lui lit chaque jour des romans de grands écrivains.TFO 0h01 PLAN PARFAIT (4) (Thin Ice), É.-U.2011.Comédie dramatique de Jill Sprecher avec Greg Kinnear, Alan Arkin, Billy Crudup.- Alors qu\u2019il tente de dérober à un vieux fermier un violon d\u2019une grande valeur, un agent d\u2019assurances malhonnête et fauché voit son plan mal tourner.TVA 0h35 APRÈS MAI Voir dimanche, 0h10.TFO 1h30 MARDI JANE Voir dimanche, 21h.CD 10h LES MYSTÈRES DE L\u2019OUEST (5) (Wild Wild West), É.-U.1999.Comédie fantaisiste de Barry Sonnenfeld avec Will Smith, Kevin Kline, Kenneth Branagh.- En 1869, deux agents fédéraux affrontent un mégalomane sudiste qui veut anéantir les États-Unis.TVA 13h MÉCHANTE SOIRÉE! (4) (Date Night), É.-U.2010.Comédie sentimentale de Shawn Levy avec Tina Fey, Steve Carell, Mark Wahlberg.- S\u2019étant fait passer pour d\u2019autres afin d\u2019obtenir une table dans un restaurant chic de New York, un couple sans histoire est pris en chasse par des malfaiteurs.VIE 13h HYPER AGENT AMÉRICAIN Voir lundi, 21h.MP 17h MAGIE NOIRE (5) (The Craft), É.-U.1996.Drame fantastique d\u2019Andrew Fleming avec Fairuza Balk, Robin Tunney, Neve Campbell.- Grâce à leurs pouvoirs surnaturels, quatre étudiantes se vengent de leurs camarades d\u2019école qui les ont brimées.MP 21h LA TÊTE EN FRICHE Voir lundi, 0h01.TFO 21h LA TOURNEUSE DE PAGES (3) Fr.2006.Thriller de Denis Dercourt avec Déborah François, Catherine Frot, Pascal Greggory.- Une jeune femme devient tourneuse de pages pour la célèbre concertiste qui, par sa désinvolture dix ans plus tôt, l\u2019a décidée à renoncer à une carrière de pianiste.TFO 23h30 MADEMOISELLE JULIE (4) (Miss Julie), Norv.2014.Drame sentimental de Liv Ullmann avec Jessica Chastain, Colin Farrell, Samantha Morton.- Le soir de la Saint-Jean 1890 en Irlande, une jeune aristocrate névrosée entame un jeu de séduction malsain avec le valet de son père.TVA 0h35 LA TÊTE EN FRICHE Voir lundi, 0h01.TFO 0h MERCREDI LES JUMEAUX (4) (The Skeleton Twins), É.-U.2014.Comédie dramatique de Craig Johnson avec Bill Hader, Kristen Wiig, Luke Wilson.- Après une tentative de suicide, un acteur raté de Los Angeles accepte d\u2019aller vivre chez sa sœur jumelle à New York, bien qu\u2019ils étaient brouillés depuis 10 ans.TVA 13h FLOWER ET GARNET (4) (Flower and Garnet), Can.2002.Drame psychologique de Keith Behrman avec Callum Keith Rennie, Jane McGregor, Colin Roberts.- Blessée par l\u2019indifférence de son père veuf, une adolescente faisant figure de mère auprès de son jeune frère quitte le foyer familial.VIE 13h LA TOURNEUSE DE PAGES Voir mardi, 23h30.TFO 21h NOTRE PETITE SŒUR (4) (Umimachi Diary), Jap.2015.Drame d\u2019Hirokazu Kore-eda avec Haruka Ayase, Masami Nagasawa, Kaho.- À l\u2019enterrement de leur père, trois femmes aux tempéraments opposés font la connaissance de leur charmante demi-sœur.TFO 23h30 JE SUIS SAM (5) (I Am Sam), É.-U.2001.Drame social de Jessie Nelson avec Sean Penn, Michelle Pfeiffer, Dakota Fanning.- Pour récupérer la garde de sa fille de sept ans placée en famille d\u2019accueil, un déficient mental obtient l\u2019aide d\u2019une avocate efficace mais névrosée.TVA 0h35 JEUDI HALE COUNTY THIS MORNING, THIS EVENING (3) É.-U.2018.Documentaire de RaMell Ross.- Sur une période de près de cinq ans, le réalisateur a capté divers instants de la vie d\u2019Afro-Américains d\u2019une petite ville de l\u2019Alabama.PBS (WETK) 14h QUEST (3) É.-U.2017.Documentaire de Jonathan Olshefski.- Dix ans dans la vie d\u2019une famille afro-américaine d\u2019un quartier défavorisé de Philadelphie, qui opère un studio d\u2019enregistrement dans son sous-sol.PBS (WETK) 15h30 LE CŒUR A SES RAISONS (3) Isr.2012.Drame de Rama Burshtein avec Hadas Yaron, Yiftach Klein, Irit Sheleg.- Une jeune femme issue de la communauté hassidique de Tel-Aviv subit la pression de sa mère afin qu\u2019elle épouse son beau-frère endeuillé.TFO 21h INFECTÉS (4) (Carriers), É.-U.2009.Thriller d\u2019Alex Pastor avec Lou Taylor Pucci, Chris Pine, Piper Perabo.- Sur une plage du Texas, le combat pour la survie de quatre jeunes rescapés d\u2019une pandémie de grippe.Z 23h NOCES (4) Bel.2016.Drame de Stephan Streker avec Lina El Arabi, Sébastien Houbani, Babak Karimi.- Éprise de liberté, une Bel- go-Pakistanaise de 18 ans s\u2019oppose au mariage arrangé que lui imposent ses parents, sa sœur aînée et son grand frère.TFO 23h30 LE CŒUR A SES RAISONS Voir jeudi, 21h.TFO 1h15 VENDREDI MARIE REINE D\u2019ÉCOSSE (4) (Mary Queen of Scots), Suis.2013.Drame historique de Thomas Imbach avec Camille Rutherford, Aneurin Barnard, Sean Biggerstaff.- Les amours malheureuses et les déconvenues politiques de la reine d\u2019Écosse Marie Stuart, qui disputa à sa cousine Élisabeth la couronne d\u2019Angleterre, avec des conséquences tragiques.TFO 21h ENTRETIEN AVEC UN TUEUR (4) (Dear Mr.Gacy), Can.2010.Drame psychologique de Sveto- zar Ristovski avec Jesse Moss, William Forsythe, Emma Lahana.- Une relation malsaine et ambiguë se tisse entre un étudiant en criminologie et un célèbre tueur en série condamné à mort pour les meurtres de trente-trois hommes et garçons.Z 23h PARTIE DE PÊCHE AU YÉMEN (5) (Salmon Fishing In the Yemen), G.-B.2011.Comédie sentimentale de Lasse Hallstrom avec Ewan McGregor, Emily Blunt, Kristin Scott Thomas.- La consultante d\u2019un sheik visionnaire fait équipe avec un expert en pêcherie anglais pour créer en plein désert du Yémen un site de pêche à la mouche.ARTV 23h 1987 Voir dimanche, 20h.RC 23h06 LA GRANDE BEAUTÉ (3) It.2013.Comédie dramatique de Paolo Sorrentino avec Toni Servillo, Carlo Verdone, Sabrina Ferilli.- Un journaliste vieillissant, qui appartient à l\u2019élite culturelle romaine, prend soudainement conscience de la vacuité de son existence.TQ 23h30 LE CADEAU (4) (The Gift), É.-U.2015.Thriller de Joel Edgerton avec Jason Bateman, Rebecca Hall, Joel Edgerton.- À peine installé à Los Angeles avec sa femme, un homme rencontre par hasard une vieille connaissance qui s\u2019immisce graduellement dans leur vie, avec des conséquences inquiétantes.TVA 23h35 M (4) Fr.2017.Drame de Sara Forestier avec Sara Forestier, Re- douanne Harjane, Jean-Pierre Léaud.- Une étudiante timide s\u2019éprend d\u2019un mauvais garçon séduisant, qui lui cache par tous les moyens qu\u2019il ne sait ni lire ni écrire.TFO 0h LA VÉRITABLE PRECIOUS JONES (3) (Precious: Based on the Novel Push by Sapphire), É.-U.2008.Drame de mœurs de Lee Daniels avec Gabourey Sidibe, Mo\u2019nique, Paula Patton.- Une adolescente obèse et abusée par ses parents développe auprès d\u2019une institutrice dévouée le sens de la parole et le courage de s\u2019affirmer.RC 0h52 MARIE REINE D\u2019ÉCOSSE Voir vendredi, 21h.TFO 2h LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable | 3 9 C u l t u r e É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 LES VARIATIONS ENIGMA et LE CONCERTO POUR VIOLON DE MENDELSSOHN MERCREDI / 20 FÉVRIER 2019 / 20 H GRAND THÉÂTRE DE QUÉBEC OSQ.ORG 418 643 8131 Un Stradivarius à l\u2019Orchestre Roman Simovic, premier violon du Philharmonique de Londres.Bramwell Tovey, un chef dont la réputation dépasse toutes les frontières.AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Dans l\u2019univers de Stephen King Lancée l\u2019été dernier sur Hulu (et sur CraveTv au Canada), cette série d\u2019anthologie d\u2019horreur inspirée de personnages et décors familiers de l\u2019œuvre de Stephen King a divisé la critique, mais semble avoir trouvé son public, puisqu\u2019elle a été très rapidement reconduite pour une deuxième saison.Produite par le maître de l\u2019horreur et omniprésent J.J.Abrams, cette histoire originale, plantée dans la fictive mais mythique petite ville du Maine du titre, nous ramène dans les murs de la prison de Shawshank, à la suite du suicide de son directeur sortant.Un «détenu» anonyme est découvert dans une aile désaffectée de l\u2019établissement, ce qui ramènera au bercail un avocat originaire du coin.La distribution somptueuse, la mise en scène dans le ton «horrifique » et le suspense efficace en font une série agréable, pas très originale, mais qui vaut tout de même le détour.Castle Rock, V.F.Addik, lundi, 22h SU R VOS ÉC R A N S \u2013 FA I TS D I V E RS « E XT R AO R D I N A I R E S » E T S C I E N C E S P O U R TO U T E S Le visionnement en continu À la veille de la première de son nouveau spectacle au Centre Bell, la populaire chanteuse Marie-Mai est au centre de cette websérie documentaire en six épisodes dans laquelle elle souhaite montrer qu\u2019elle a changé, qu\u2019elle «a pris les rênes de sa carrière ».On la suit dans ses trépidantes activités professionnelles, de Toronto à la télé en Europe en studio, et dans sa vie personnelle, durant les mois précédant ce grand retour sur scène après un hiatus de quelques années.Les fans y trouveront sans doute leur compte.Un épisode sera mis en ligne chaque semaine.Marie-Mai : ma façon d\u2019exister Véro.tv et Tou.tv Extra, dès jeudi Au-delà des blagues faciles Les séries documentaires « true crime» se suivent et ne se ressemblent pas, et sont d\u2019intérêt variable.Celle-ci revisite en quatre épisodes l\u2019affaire Lorena Bobbitt, cette Américaine qui est devenue célèbre en 1993 pour avoir coupé le pénis de son mari durant son sommeil.La série produite par le réalisateur Jordan Peele (Get Out) va au-delà de la couverture médiatique de l\u2019époque et des blagues de mauvais goût qui l\u2019ont accompagnée pour se concentrer sur la violence psychologique, physique et sexuelle dont était victime la «coupable».Lorena Amazon Prime Video, vendredi Sciences au féminin Pour souligner la Journée internationale des femmes et des filles de science, qui ne forment qu\u2019à peine un tiers des chercheurs sur la planète, la chaîne scientifique d\u2019ici propose deux documentaires qui abordent à leur façon ce vaste thème.Le premier dresse un portrait d\u2019une grande spécialiste du cerveau, la docteure Marian Diamond, tandis que le second se penche sur les obstacles que doivent affronter les scientifiques canadiennes pour poursuivre leur carrière, et les mesures mises en place les y aider.Mon histoire d\u2019amour avec le cerveau Femmes de sciences Explora, lundi, dès 21h L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e Té l év i s i o n 4 0 | 02/11 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Lâcher prise Une autre histoire Les pays d'en haut Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Un zoo pas En tout cas L'échappée Les invisibles / La famille TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Cochon dingue Génial! Ça vaut le coût Point doc Cette année-là L'heure grave Mc$ween Dans médias V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Mets-y le Maître du chantier L'Open Mic Scorpion Rire et délire Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal de 13h In Situ Le tombeau perdu de Néfertiti Apocalypse / Enfer La vie en quatre temps / Liban Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Enchères Enchères Structures / Idées de grandeur Nyiragongo, volcan Erreurs de génie Alaska: La ruée CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Vendre ou rénover?Joue Docteur Dévisagés Dre Boutons Bienvenue dans notre zoo ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° ATP Tennis - Tournoi ABN AMRO L'antichambre (D) Sports 30 Sports 30 HISTORIA Confessions Hells Chasseurs Chasseurs La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Nos ancêtres les extraterrestres Artéfacts ICI ARTV 17h30 Temps Le temps d'une paix Pour l'amour du country Pôle Sud 21h40 100% Révélations Virtuose EXPLORA Le refuge de l'espoir Des îles / Nées du feu S'aime chien Villes Mon histoire d'amour 21h55 Femmes de science Était humanité Z Les stupéfiants / Revisité Américars: Rapides et musclés Les hors-la-loi du volant Garage d'élite Milot Land Arrow / Faites entrer l'accusé ST: Discovery SAVOIR En mouvement 18h50 Métiers Uranium 19h55 Réchauff Nomade mers Découvertes Hollywood 21h50 VOD Dactylo Publications Semaine Verte TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Métiers/ Métiers Amélie Les sapiens Conseils APRÈS MAI (2012) avec André Marcon, Clément Métayer.Top!/ Top! Planète Faites entrer l'accusé / Le mystère de Hassel: L'affaire Kolber Insulare: Sicile Or maison Histoire opéra Ghost Chasers (v.f.) / Hastings C'est vrai CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.Coronation St.Murdoch Mysteries Coroner / Confetti Heart CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Resident Law & Order: S.V.U.The Good Doctor CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Neighborhood Man Plan Big Brother: Celebrity Edition Bull / Leave it All Behind Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Bachelor The Good Doctor News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Neighborhood Man Plan Big Brother: Celebrity Edition Bull / Leave it All Behind News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Antiques Roadshow Independent Lens UNIS Cochon dingue Pas plus bêtes Tournée générale Hooké Les encanteurs Correspondant Nord Hors série Liberté Chez nous HBO1 17h50 Student Athlete 19h20 MARY AND MARTHA (2013) Sam Claflin.Crashing High Main True Detective Thrones TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Penguins de Pittsburgh c.Flyers de Philadelphie (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports Red Bull 02/10 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte ICI Laflaque Tout le monde en parle 22h20 Journal 22h50 Sports 22h55 Infoman TVA TVA nouvelles VLOG La Voix / Les Auditions à l'aveugle 21h15 La vraie nature 22h15 TVANou.22h45 CRIMSON PEAK (V.F.) TQ Les francs-tireurs Deux hommes en or Les grands documentaires M'entends-tu?L'heure est grave UNE AUTRE VIE (2013) V 18h20 P.S.JE T'AIME (2007) avec Gerard Butler, Lisa Kudrow, Hilary Swank.GROSSESSE SURPRISE (2007) avec Katherine Heigl, Paul Rudd, Seth Rogen.ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Découverte Le Téléjournal Les coulisses du pouvoir Le National Semaine Verte TV5 Saison au zoo Journal de 13h On n'est pas couché Mixeur / Prince de Galles Journal/ L\u2019invité CANAL D Les héros du feu Mayday / Terreur en Égypte Le convoi de l'extrême Docu-D / Jane La face cachée CANAL VIE Vendre ou rénover au Québec Naufragés de l'amour / Curacao La vie avec des quintuplées Joue Docteur Dévisagés Dre Boutons Le Club Mel RDS 15h00 Golf Sports 30 Sports 30 Rallye NASCAR Course automobile - Advance Auto Parts Clash Sports 30 Sports 30 Panorama HISTORIA Artéfacts sous la loupe Miracles décodés Nos ancêtres les extraterrestres La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Chasseurs ICI ARTV C'est juste de la TV Les dieux de la danse 1987 (2014) avec Sandrine Bisson, Jean-Carl Boucher.Les Borgia Cinéma EXPLORA S'aime chien Curiosités Animo Les Poilus Gros labo Planète techno Merveilles de la nature Découverte Sexe: Science Z Ultime défi ninja BattleBots: Combats de robots Talk show Roast Battle Seuls et tout nus XL Pinel Maripier! Expédition SAVOIR Semaine Verte 18h40 Savoir Arrêt monde Publications De garde 24/7 Capsule 36.9° TDAH Cancer 22h55 Électron Routes science TFO Top!/ S.O.S.! Amélie Conseils Subito texto Les sapiens Les sapiens LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT (1966) Catherine Deneuve.23h15 Top! Planète Histoire opéra La Grande Guerre Planète Chefs Nous demain Champs de bataille Devoir d'enquête CBC When Calls the Heart Heartland / Change of Heart And Then There Were None CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal The Thank You Canada Tour / Patrick Chan , Meagan Duhamel.Shark Tank / Bethenny Frankel Criminal Minds National News GBL Global News Global National Security Security 9-1-1 / Stuck NCIS: Los Angeles / Forasteira Ransom / Semaphore Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos Funniest Home Videos Shark Tank / Bethenny Frankel Shark Tank News CBS 15h00 Golf Ch.3 News Grammy Red Carpet Live The 61st Annual Grammy Awards / Camila Cabello , Cardi B.PBS (33) The Dictator's Playbook Great British Baking / Desserts Masterpiece Classic Masterpiece Classic Margaret: The Rebel Princess Midwife UNIS Les encanteurs Les Newbies Le p'tit cabaret / 2 Frères Degrassi Degrassi Radio enfer Radio enfer Le Loup-garou Le Loup-garou Le punch HBO1 18h05 Rock and Roll Hall of Fame / 2018 Induction Ceremony True Detective Crashing HighMain Strike Back TVA Sports Le TVA sports Avant-match LNH Hockey / Maple Leafs de Toronto c.Rangers de New York (D) RAW Le TVA sports LNH Hockey 02/09 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal La Petite Vie En direct de l'univers Deuxième chance Notre vie / Conseils de père Le Téléjournal Hymne migratoire TVA TVA nouvelles THOR: UN MONDE OBSCUR (2013) Chris Hemsworth.20h45 LE MÉCANO: RÉSURRECTION (2016) Jason Statham.22h45 TVANou.Cinéma TQ PÉNÉLOPE (2006) Christina Ricci.19h40 Mada Cette année-là Belle et Bum LES YEUX GRANDS FERMÉS (1999) V Cinéma LA SAINT-VALENTIN (2010) avec Bradley Cooper, Ashton Kutcher, Julia Roberts.21h15 PROPOSITION INDÉCENTE (1993) avec Woody Harrelson, Demi Moore.ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Enquête Le Téléjournal Second Regard Le Téléjournal Le National Grands rep.TV5 Saison au zoo Journal de 13h Vivement dimanche! 20h15 Coups de coeur / Laurent Voulzy, Hugues Aufray / Hugues Aufray Voisins/ Voisins Journal/ L\u2019invité CANAL D Enchères Enchères Douanes Douanes Riches et coupables Madame Lebrun Comédie Club / Pierre Hébert A Les Recrues CANAL VIE Bienvenue dans notre zoo Cauchemar Palm Springs Mini-maisons sur mesure Taxi au-delà Mariages Mosaic Quintuplées RDS Sports 30 CH Express (D) Images/sec.Championnat Nationaux de patinage Canadien Tire 2019: Gala Sports 30 /21h45 Antichambre 22h45 Sport30 23h15 Images HISTORIA Le lot du diable Poirier enquête Poirier enquête Confessions Hells Hitler déclassifié Hitler déclassifié / Le tunnel A$ de brocante ICI ARTV Pour emporter Pour l'amour du country M.HOLMES (2015) avec Laura Linney, Ian McKellan.Outlander Cinéma EXPLORA Animo Pharmachien Le refuge de l'espoir Sexe: Les dessous de la science Rêver le futur Stupidité Z Fallait pas essayer Rapide et mill Déroute Rat rods de Vegas Ultime défi ninja Le web obscur Maripier! Le trône de fer SAVOIR Nomade mers Au coeur du cinéma québécois Connaissance Ombre doute 20h50 Nature L'ombre d'un doute Mémoires Festifilm / Grande finale 2018 TFO Top!/ S.O.S.! Amélie Flip Subito texto Les sapiens Les sapiens HÔTEL DU NORD (1938) Louis Jouvet.Top!/ Top! 23h05 Flip Planète 17h30 Chefs Plus près des étoiles Sur les toits des villes / Tokyo Nos 5 Sens Toscane secrète CBC CBCNews Hockey Sat.LNH Hockey / Maple Leafs de Toronto c.Canadiens de Montréal (D) Hockey / Calgary vs Vancouver (D) CTV CTV News Montreal W5 The Launch / Hope Carter Cardinal / Jack National News GBL Global News Global National Security Security Private Eyes Mary Kills People / Bloody Mary Remedy / Life in Technicolour Global News ABC News News at 6:30 Extra NBA Countdwn NBA Basketball / Thunder de Oklahoma City c.Rockets de Houston (D) News CBS Ch.3 News Weekend News Ent.Tonight Pre-game AAF Football (D) News PBS (33) Father Brown Time Goes By Appearances Won't You Be My Neighbor?Death in Paradise Austin City UNIS Hôpital vétérinaire Liberté Écrivain public Mauvais karma Mauvais karma LA SACRÉE (2011) avec Geneviève Bilodeau, Marc Marans.L'espionne HBO1 16h50 Lights U2: Innocence + Experience Live in Paris BEHIND THE CANDELABRA (2013) Matt Damon.I Be Knowin' TVA Sports Avant-match (D) LNH Hockey / Maple Leafs de Toronto c.Canadiens de Montréal (D) 21h45 Dave Morissette 22h45 Red Bull Signature (D) S A M E D I L U N D I D I M A N C H E CRITIQUE LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR L\u2019hybridité de Pôle Sud, documentaire filmique d\u2019abord présenté à la scène dans le giron d\u2019Espace libre, inverse ses pôles alors que le spectacle imaginé par Anaïs Barbeau- Lavalette et Émile Proulx-Cloutier passe à l\u2019écran d\u2019Artv.Une mutation naturelle, qui ne dépare en rien cet objet profondément désarmant embelli par la puissance d\u2019une parole spontanée donnée en toute confiance.Pôle Sud raconte le Centre-Sud en instantanés, à travers les confidences de huit humains magnifiques qui ont accepté de s\u2019ouvrir au micro d\u2019Anaïs.De ces 40 heures d\u2019abandon, Émile a tiré le suc sur scène.Les huit voix habitent un plateau que leurs corps animent en parallèle, enveloppés par des habillages sonores subtils et des jeux d\u2019éclairage qui encadrent et découpent le spectacle comme le ferait une caméra.Cet état de présence authentique était l\u2019une des grandes forces de Pôle Sud au théâtre.Si cette grâce se perd à l\u2019écran, on gagne autre chose dans l\u2019adaptation cinématographique délicate de Mathieu Vachon.En s\u2019immisçant dans les coulisses de la production, c\u2019est la profondeur des liens tissés au fil du temps qui émeut le plus.«Parle trois heures de ta vie à Anaïs, pis dis-y de faire un film de 10 minutes avec ça, pis tu vas voir, ça va être bon», résume Serge pour expliquer la confiance aveugle avec laquelle il a plongé dans l\u2019aventure.Dans le fond, son assertion éclaire parfaitement d\u2019où Pôle Sud tire une part de sa magie : de la qualité même de son écoute porteuse de poésie.Pôle Sud Artv, lundi, 20h30 Un Centre- Sud intime et poétique Pôle Sud raconte le quartier à travers les confidences de huit anonymes magnifiques SU R VOS ÉC R A N S Journées d\u2019Amérique Pendant cinq ans, le cinéaste et photographe RaMell Ross a accumulé près de 1300 heures de tournage dans la petite ville de Hale County en Alabama.De cette incursion, il a tiré le documentaire Hale County This Morning, This Evening, incursion poétique et sinueuse dans la réalité afro-américaine.En nomination aux Oscar, le film (toujours en salle, notamment au Cinéma Moderne) est diffusé à PBS, permettant au plus grand nombre de plonger dans ce bel objet contemplatif, jamais complaisant, où le quotidien, entre sport et éducation, joie et désespoir, est cerné tel un album photo hypersensible.Hale County This Morning, This Evening PBS, lundi, 22h ARTV | 4 1 C u l t u r e Té l év i s i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 02/15 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Au suivant Prière de ne pas Guillemets Les Poilus Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur Ça finit bien la semaine Du talent à revendre La liste noire TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Encore plus De garde 24/7 / De nuit Un chef à la cabane Deux hommes en or M'entends-tu?Belle et Bum V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire Huissiers Les effaceurs Haute sécurité Code 111 Gotham Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands report Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal de 13h Nus et cullotés / Objectif Irlande Les flots Échappées belles / Finistère, entre terre et mer Journal/ C à dire CANAL D Alaska: La ruée vers l'or Douanes En prison Patrouille Les pires prisons du monde Craindre son voisin Outback CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Mariages Design V.I.P.Vendre ou rénover au Québec Naufragés de l'amour / Bonaire Joue Docteur Dévisagés ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° ATP Tennis - Tournoi ABN AMRO L'antichambre (D) Sports 30 Hors-jeu 2.0 HISTORIA Traqueurs De père en fils Marins d'eau douce Les montagnards Les montagnards Les montagnards Le lot du diable ICI ARTV Moi et l'autre Mr Bean Dre Grey, leçons d'anatomie Pour emporter C'est juste de la TV L'effet Wow Cinéma EXPLORA Curiosités Recyclage Planète techno Pharmachien Gros labo Les Poilus La magie du cosmos Stupidité Stupidité Cerveau Z Expédition extrême Week-end Garage d'élite Américars: Rapides et musclés Les hors-la-loi du volant Infiltration Maripier! Cinéma SAVOIR L'ONU/ L\u2019ONU Cancer 19h25 Dis-moi 36.9° 10 découvertes Routes science 21h20 Capsule Encore plus Électron FutureMag En mouvement TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Subito texto C'est WOW Doc junior Mosquée MARIE REINE D'ÉCOSSE (2013) Camille Rutherford.Top!/ Top! Planète Si l'évolution / La sexualité Les aliens de la mer blanche Ghost Chasers (v.f.) C'est vrai docteur Planète Chefs Près étoiles CBC CBCNews JFL: Gags Schitt's Creek Coronation St.marketplace Stats of Life CBC Docs POV / Catwalk CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Blindspot Am.Housewife Kids-Alright Blue Bloods / 21 Feet CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight MacGyver Hawaii Five-0 The Blacklist / General Shiro Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Fresh Off-Boat Speechless 20/20 20/20 News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight MacGyver Hawaii Five-0 Blue Bloods / 21 Feet News PBS (33) PBS NewsHour News Vermont This Week Wash.Week Great Performances Amanpour & C UNIS À fond de train / Montmagny Degrassi Degrassi Radio enfer Radio enfer Le Loup-garou Le Loup-garou Les Newbies Le punch Les encanteurs HBO1 17h00 BEWARE THE SLENDERMAN (2016) Andre the Giant The Ties That Bind Real Time With Bill Maher Strike Back TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Rangers de New York c.Sabres de Buffalo (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports WTA Tennis 02/14 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Infoman 1res fois Enquête Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur LOL :-) La Dérape Le bon docteur J.E.Tu ne m'as pas TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Passager Génial! Mc$ween De garde 24/7 / De nuit Dans les médias House of Cards (v.f.) Dictature V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire L'amour est dans le pré L'Open Mic Chicago Police / Viral Rire et délire Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal de 13h Un souffle pour l'Arctique L'enquête de ma vie Démineurs / En zone de conflits Munch / Mère courage Journal/ C à dire CANAL D Le convoi de l'extrême Routiers de l'Outback Les héros du feu Riches et coupables Docu-D / Expédition Atlantide CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Quintuplées / Vive le vent Notre zoo / C'est la fête au zoo Mosaic Cauchemar Palm Springs ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hors-jeu 2.0 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Predators de Nashville (D) L'antichambre (D) HISTORIA De l'acier et du feu Les moteurs Les moteurs Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Détroit: bêtes d'acier Traqueurs ICI ARTV 17h30 L'appel L'appel du coeur Mr Bean Esprit critique Appelez mon agent Appelez mon agent 1987 EXPLORA Animal Fight Club / Le littoral Passions animales L'histoire minéraux Mars / Action Repères Internet / Branché sur l'avenir Z Les stupéfiants Seuls et tout nus XL BattleBots: Combats de robots Talk show Roast Battle Star Trek: Discovery INFECTÉS SAVOIR 17h30 Ombre Ombre doute 19h20 1763 Semaine Verte Capsule/ Nature Publications Dactylo Hollywood 22h20 VOD Arrêt monde Uranium TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Flip Amélie Les sapiens Motel Monstre LE COEUR A SES RAISONS (2012) Top!/ Top! Flip Planète Insulare: Sicile Topoï: L'époque Saoud, la dynastie de l'or noir Champs de bataille / Un siècle de technologie Si l'évolution / Les mâchoires CBC CBCNews JFL: Gags Schitt's Creek Coronation St.Dragons' Den Workin' Moms Little Dog CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Big Bang Young Sheldon Cardinal / Lemur Law & Order: S.V.U./ Brothel CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight The Titan Games / Trials Seven Schooled Will & Grace S.W.A.T./ Fallen Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Grey's Anatomy Million Little Thing / The Rock How to Get Away With Murder News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight The Big Bang Young Sheldon Mom Fam S.W.A.T./ Fallen News PBS (33) PBS NewsHour Meet-Makers Steves' Europe Victoria and Albert: The Wedding Victoria and Albert Rick Steves' Amanpour & C UNIS Cochon dingue Échappe Fous animaux Hôpital vétérinaire Chez nous Liberté Écrivain public Web Thérapie Balade Tor.Peaky Blinders HBO1 Cinéma Swiped: Hooking Up in the Digital Age Rosie O'Donnell Game of Thrones True Blood / Run 22h55 Insecure TVA Sports 17h00 JiC RAW Red Bull Signature Series - Crashed Ice ABC de.Le top LNH Dave Morissette en direct 02/13 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 L'Épicerie Les enfants de la télé Cheval-Serpent Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Oeufs d'or La Voix: Extra Lâchés lousses Victor Lessard TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Cochon dingue Génial! Format familial Point doc Les francs-tireurs M'entends-tu?Kebec De garde 24/7 V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire Phil s'invite L'Open Mic SEAL Team / Esprits vengeurs Rire et délire Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal de 13h Les flots Envoyé spécial Enfants prodiges / Thaïlande Journal/ C à dire CANAL D Structures / Idées de grandeur Les Recrues Les Recrues Alaska: La ruée vers l'or À la poursuite du trésor inca Vie de chantier CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Amour aveugle Taxi au-delà Naufragés de l'amour / Bonaire Vendre ou rénover Vancouver?Design V.I.P.À vos marques ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° ATP Tennis - Tournoi ABN AMRO L'antichambre (D) Sports 30 Images/sec.HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Prêt au combat Prêt au combat De l'acier et du feu / Le klewang De l'acier et du feu De l'acier et du feu Rois scrap ICI ARTV 17h30 Temps Le temps d'une paix Moi et l'autre Les filles de Caleb Les filles de Caleb Les filles de Caleb Filles de Caleb EXPLORA Animo Alex+Tyler, éco Des îles La Semaine verte Gros labo Pharmachien Les codes du désir Science Z Les stupéfiants Ultime défi ninja Expédition extrême Week-end Déroute Fous Maripier! Prêt sur gage SAVOIR Encore plus Between Pages Rature et lit Connaissance Cinéma québecois / Pierre Even Arrêt monde Publications Semaine Verte Capsule/ Nature Montcalm.TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Métiers/ Métiers Amélie Les sapiens Citoyen monde LA TOURNEUSE DE PAGES 22h25 Top! 22h35 Top! /22h50 Flip Planète Toits des villes / Los Angeles Nos 5 Sens Vanity Fair Confidential Faites entrer l'accusé / Liaisons fatales Éoliennes CBC CBCNews JFL: Gags Schitt's Creek Coronation St.Burden of Truth Unspeakable CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Launch Grey's Anatomy Match Game CTV National GBL Global National Global News Chicago P.D./ Ties That Bind Chicago Med Big Brother: Celebrity Edition Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Schooled Modern Family Single Parents Match Game News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight The World's Best Big Brother: Celebrity Edition News PBS (33) PBS NewsHour Crossroads Outdoor Nature Nova / Rise of the Rockets Dictator's Playbook / Idi Amin Amanpour & C UNIS Cochon dingue Jenny/ Jenny Les encanteurs Web Thérapie Les Newbies Le punch Mauvais karma Mauvais karma Tournée générale Vétérinaire HBO1 18h10 Outside the Bubble 19h10 PATERNO (2018) avec Al Pacino, Riley Keough.True Detective Crashing High Main Thrones TVA Sports 17h00 JiC Top 25 insolite Avant-match LNH Hockey / Oilers d'Edmonton c.Penguins de Pittsburgh (D) D.Morissette 23h15 RAW 02/12 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 La Facture Unité 9 5e rang Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur World of Dance la compétition O' / Une question d'honneur L'heure bleue TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Cochon dingue Génial! Kebec Point doc SOS sages-femmes / Adoption L'heure grave Format familial Deux hommes V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Taxi payant Je suis chef L'Open Mic NCIS: Los Angeles Rire et délire Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal de 13h Enfants prodiges / Thaïlande La vie en quatre temps / Liban Dans la tête de./ Un rebelle Caïn / Sur les quais Journal/ C à dire CANAL D Nyiragongo, volcan Train d'enfer Le convoi de l'extrême Mayday / Discussions mortelles Routiers de l'Outback Mme Lebrun CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Palm Springs Cauchemar Mini-maisons sur mesure Vendre ou rénover au Québec Taxi au-delà Mariages ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Hurricanes de la Caroline c.Sénateurs d'Ottawa (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Miracles décodés Hitler déclassifié Hitler déclassifié / Le tunnel Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars ICI ARTV 17h30 Temps Le temps d'une paix Quelle famille! Appelez mon agent Appelez mon agent Outlander 23h10 Borgia EXPLORA Hawaï à l'état sauvage Des îles Découverte Mégastructures nazies Rêver le futur Magie cosmos Z Les stupéfiants / Spécial Reddit Face Off / Le souffle du dragon Les vampires originels Surnaturel / La faille Après l'Apocalypse Le trône de fer SAVOIR 18h25 Dis-moi 36.9° 10 découvertes La boîte noire CORIM Routes science Science Découverte 22h10 Savoir Électron uniVERT TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Métiers/ Métiers Amélie Les sapiens C'est WOW LA TÊTE EN FRICHE (2010) 22h20 Top! Vraiment top! /22h50 Flip Planète Vanity Fair Confidential La Reine Bicyclette Si l'évolution / La sexualité Les aliens de la mer blanche Chocolat Poulain Les Robinsons CBC CBCNews JFL: Gags Schitt's Creek Coronation St.Kim's 22 Minutes Schitt's Creek Cavendish CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Ellen's Game of Games This Is Us / Bethany Clarke The Rookie / Heartbreak CTV National GBL Global National Global News NCIS: New Orleans NCIS / Once Upon a Tim FBI New Amsterdam Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Am.Housewife Kids-Alright Black-ish Splitting Up The Rookie / Heartbreak News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight NCIS / Once Upon a Tim FBI NCIS: New Orleans News PBS (33) PBS NewsHour Born to Expl Yankee Finding Your Roots American Experience Frontline / The Abortion Divide Amanpour & C UNIS Cochon dingue Ouache/ Ouache Écrivain public Vu intérieur CE QU'IL NE FAUT PAS DIRE (2015) Annick Fontaine.Ciné tout court Hooké HBO1 17h45 Mommy Dead 19h10 BACKSTABBING FOR BEGINNERS (2018) Theo James.Amanda Seales: I Be Knowin' Crashing High Main Thrones TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Blackhawks de Chicago c.Bruins de Boston (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports Dans le ring J E U D I V E N D R E D I M E R C R E D I CRITIQUE LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR «Aucun individu n\u2019est plus fort que la collectivité.» Le slogan derrière l\u2019académie fondée par sir Reginald Har- greeves pour ses sept enfants adoptés s\u2019inscrit en contradiction parfaite avec la réalité sur laquelle s\u2019ouvre The Umbrella Academy.L\u2019adaptation de la bédé primée de Gerard Way et Gabriel Bá par Netflix structure l\u2019essentiel de sa trame narrative sur les fractures qui séparent cette famille aux pouvoirs extraordinaires forcée de se ressouder à la mort du patriarche.Déjà, dans les pages, les dysfonctions familiales l\u2019emportaient sur les prouesses de cette cohorte née le même jour d\u2019un phénomène inexpliqué.À l\u2019écran, leur inadéquation avec le monde et leur incapacité à s\u2019entendre paraissent décuplées, non sans rappeler un certain Wes Andersen, la tendresse en moins.La facture visuelle développée par Steve Black- man n\u2019a pas l\u2019unité de la bédé, hélas, mais elle réserve des plans spectaculaires, comme ces scènes aux tons de rouge, de jaune et de vert magnifiées par des jeux d\u2019ombres tout droit sortis d\u2019une toile de Hopper.L\u2019esprit bédé reste palpable à travers l\u2019enchaînement des plans, très variés, et la narration ponctuée d\u2019arrêts sur image, dont certains épatent, comme ce plan en découpe du manoir qui les a vus grandir, alors que les enfants devenus adultes se mettent à danser dans leur chambre respective, liés par le même tube : I Think We\u2019re Alone Now.Tout ce travail formel ne rachète cependant qu\u2019en partie l\u2019irritant d\u2019une scénarisation poussive, que la richesse de l\u2019univers aurait commandée plus inspirée.The Umbrella Academy Netflix, dès le 15 février Les uns contre les autres Les dysfonctions familiales au cœur de The Umbrella Academy NETFLIX l faut montrer patte blanche pour que le gardien ouvre la grille donnant accès à la cour intérieure du vieil entrepôt.Le Jamboree, qui y voisine avec un studio de danse et des ateliers d\u2019artistes, est joliment décoré avec des vieilleries.L\u2019hiver, on y gèle carrément.Heureusement, l\u2019atmosphère se réchauffe à mesure que les clients s\u2019entassent et boivent du vin ou de la bière (à la bouteille), et que les musiciens avancent dans leur prestation.Certains soirs, les pièces sont mélancoliques et envoûtantes, évoquant un Londres hors du temps.La plupart des clients s\u2019assoient par terre parce que les fauteuils dépareillés se comptent sur les doigts des deux mains.Quand la musique est dansante, ils se lèvent et ceux qui bougent moins se tiennent près du bar.Le Jamboree se spécialise dans les différentes déclinaisons du jazz, servies dans une forme pure ou fusionnées avec d\u2019autres genres.La clientèle est surtout constituée de jeunes hipsters sympathiques et cultivés, manifestement heureux dans la vie.Bienvenue aux dames À quinze minutes de marche en direction est, une tout autre clientèle fréquente le Manor Arms : la cinquantaine ou la soixantaine bien sonnée, presque juste des hommes en semaine, mais plusieurs femmes du vendredi au dimanche quand des musiciens viennent animer l\u2019endroit, interprétant avec beaucoup d\u2019entrain et de talent des succès de la pop et surtout du rock de diverses époques.Ici, on est entre gens de la classe ouvrière qui ressemblent aux personnages des téléséries populaires britanniques.On y parle avec le même accent magnifique, à cette différence près que les conversations sont joyeusement ponctuées de jurons qui commencent par la lettre « f»\u2026 Le Manor Arms est un vieux pub typique qui a survécu au blitz et qui se trouve coincé au milieu de HLM construits après la Seconde Guerre mondiale, dans un quartier populaire de l\u2019est de Londres.À deux kilomètres au nord, le Palm Tree, tout aussi traditionnel, se tient debout, seul, au milieu d\u2019un parc linéaire.Tout le reste du secteur a été rasé par les bombes de la Luftwaffe, qui visaient des réservoirs L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 V I V R E REPORTAGE CLAUDE LÉVESQUE À LONDRES COLLABORATEUR LE DEVOIR L\u2019East End mal aimé de Londres Déambulation dans un quartier ayant survécu aux périodes les plus mouvementées de l\u2019Histoire I | 4 3 Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 de gaz et qui avaient aussi pour but de tuer et de terrifier les civils.« Je suppose que les aviateurs allemands voulaient se garder quelques endroits pour aller boire après avoir envahi l\u2019Angleterre », plaisante Alf, le proprio, qui a connu cette époque quand il était jeune enfant.Il devient vite sérieux, se demandant : « Comment a-t-on pu être aussi inhumain?» Depuis des décennies, Alf et son épouse Val accueillent les clients dans un décor superbe qui paraît tout droit sorti d\u2019un film d\u2019époque.Ils n\u2019acceptent que l\u2019argent comptant.La caisse enregistreuse est assez vieille pour être dotée d\u2019un compartiment pour les shillings.Riche en histoire L\u2019East End a reçu sur la tête une bonne moitié des bombes déversées sur Londres pendant le blitz en 1941 et 1942, puis sa part des fusées V1 et V2 en 1944 et 1945.Alors que la solution finale était en marche en Allemagne, un de ces engins a tué d\u2019un seul coup 130 familles juives à Stepney en mars 1945.Plus de 20 000 Londoniens sont morts pendant cette période.Plus d\u2019un million se sont retrouvés sans logement.On a peut-être abusé du style dit brutaliste dans la reconstruction d\u2019après-guerre, mais les logements sociaux construits à cette époque ont eu le mérite d\u2019exister.On tend au- jourd\u2019hui à les privatiser ou à les remplacer par des appartements de luxe destinés à des investisseurs étrangers.Les berges de la Tamise, où se trouvait autrefois le port, sont en train de s\u2019embourgeoiser.Des mondes et des mondes se côtoient à Londres, parfois se rencontrent, par fois pas.L\u2019East End à lui seul en contient plusieurs.C\u2019est un lieu, un état d\u2019esprit et une culture.C\u2019est aussi une réputation, qui a toujours été mauvaise, mais qui l\u2019est un tout petit peu moins aujourd\u2019hui.Son histoire a été marquée au coin de la tragédie.Il a subi de plein fouet la peste et le choléra, Jack l\u2019Éventreur et d\u2019autres criminels légendaires y ont sévi, il a vu se dérouler des batailles de rue entre communistes et fascistes dans les années 1930 et entre skinheads et gens de couleur un demi-siècle plus tard.L\u2019East End correspond à l\u2019arrondissement de Tower Hamlets, qui s\u2019étire le long de la Tamise entre la Tour de Londres et l\u2019embouchure de la rivière Lea (ou Lee), sur environ trois milles de large.Il englobe d\u2019anciens quartiers dont les noms sont plus connus : Whitechapel, Bethnal Green, Limehouse, Poplar.Il a accueilli plusieurs vagues d\u2019immigrants : huguenots français, juifs d\u2019Espagne et d\u2019Europe de l\u2019Est, Scandinaves, Chinois, Africains et Antillais.Ce sont les Bangladais qui forment aujourd\u2019hui le principal groupe immigré à Tower Hamlets, comptant pour environ 32 % de la population.L\u2019arrivée de gens venus du nord-est de l\u2019Inde remonte au XIXe siècle, mais le mouvement s\u2019est accentué au cours des années 1970.C\u2019est dans l\u2019East End que les non- musulmans seraient interdits de séjour, selon Britain First.Les tweets publiés par ce groupe raciste ont été relayés fin 2017 par l\u2019inef fable Donald Trump, ce qui avait déclenché un incident diplomatique.Ayant vécu dans ce quartier pendant plus de trois mois, je peux vous assurer que les Blancs d\u2019origine britannique s\u2019entendent plutôt bien avec les immigrants venus d\u2019Asie, d\u2019Afrique et des Amériques.On est loin de l\u2019époque où les skinheads manipulés pas l \u2019extrême droite « cassaient du Paki ».« Les jeunes immigrants parlent souvent l\u2019anglais mieux que les Britanniques de souche », constate Brian Freen, bénévole au Ragged School Museum.Cet établissement organise à l\u2019intention des enfants du quar tier des «cours» reproduisant ceux qui étaient dispensés à l\u2019époque victorienne.La Ragged School avait été fondée en 1867 par Thomas Bernardo, un philanthrope populaire mais controversé.Plusieurs anciennes organisations caritatives sont encore à l\u2019œuvre dans l\u2019est de Londres.La Fondation royale de St.Katharine, par exemple, a ouvert un sympathique café dans une paire de yourtes et formé une oasis urbaine où divers services sont offerts, à un jet de pierre des arches du chemin de fer surélevé.L\u2019arrondissement a créé en 2002 le réseau des Idea Stores, parce que les bibliothèques étaient désuètes et peu fréquentées.Situées aux quatre coins de Tower Hamlets et proposant des formations à une clientèle plutôt défavorisée, celles-ci fonctionnent aujourd\u2019hui à plein régime.«Les visites ont quadruplé depuis les débuts », se réjouit Sergio Dogliani, chef adjoint des Idea Stores.Quartier des affaires Au bout de l\u2019East End se dressent les gratte-ciel de Canary Wharf.Un long entrepôt qui date de l\u2019époque victorienne les sépare des logements sociaux du quartier Poplar, situé juste au nord.Les édifices por tent les noms de HSBC, Citi, J.P.Morgan, Barclays.Canary Wharf constitue le deuxième ventricule du cœur financier de Londres après la City, à laquelle il est relié par un train léger et une navette fluviale.En suivant le bord de l\u2019eau jusqu\u2019au bout de l\u2019Isle of Dogs, qui est en réalité une péninsule formée par un méandre de la Tamise, on arrive en face de la coquette ville de Greenwich et de l\u2019Observatoire éponyme.Un tunnel pour piétons permet de s\u2019y rendre.Qu\u2019on travaille dans une tour d\u2019acier et de verre à Canary Wharf ou qu\u2019on habite un HLM à Poplar, on se trouve donc à la longitude zéro : aussi bien dire au début et à la fin du monde\u2026 À droite : le quartier Whitechapel À gauche : les gratte-ciel de Canary Wharf PHOTOS CLAUDE LÉVESQUE n quart de siècle que Pablo Escobar a été liquidé.Une photo célèbre des policiers enchantés de l\u2019escouade tactique Search Block, accroupis près de leur gibier sur un toit de Medellín, a immortalisé la chasse à l\u2019homme.Vingt-cinq ans après, la Colombie en général et Medellín en particulier voudraient bien pouvoir effacer la réputation que leur a faite l\u2019insigne nar- cotrafiquant.Et y travaillent au demeurant avec une belle détermination.À la faveur d\u2019une diminution de la criminalité depuis à peu près dix ans et de la paix résultant des accords de 2016 avec la vieille guérilla des FARC, le pays vit une flambée touristique qui ne réchauffe pas seulement le portefeuille, mais aussi le cœur des Colombiens, heureux d\u2019avoir de la visite après toutes ces décennies de troubles.Ce qui n\u2019exclut pas qu\u2019en réalité, le cartel de Medellín puis celui de Cali ayant été démantelés, la Colombie demeure le plus grand producteur mondial de cocaïne.Et que la paix reste fragile, comme en fait foi l\u2019attentat à la voiture piégée qui a fait dix morts à l\u2019École de la police nationale le 17 janvier dernier.La mémoire n\u2019est pas une science exacte, et l\u2019histoire est un matériau hautement manipulable.Passez par les anciens quartiers généraux de la police à Bogotá, transformés en musée, et l\u2019of ficier qui joue le guide n\u2019aura en tout cas que de bons mots pour la lutte menée par les autorités contre le cartel de Medell ín qui ter rorisa le pays de 1984 à 1993, comme s\u2019il n\u2019arrivait jamais que les bons et les méchants soient du pareil au même et qu\u2019il soit crédible que Pablo ait réussi à développer sa multinationale de la cocaïne sans avoir à en soudoyer deux ou trois parmi lesdites autorités.Passage obligé « L\u2019oubli était la seule réalité démocratique en Colombie : il englobait tout le monde, bons et méchants, assassins et héros, comme la neige dans la nouvel le de Joyce, qui tombe sur tous de manière égale », écrit Juan Gabriel Vásquez dans son bref et excellent roman intitulé Les réputations (2013).Nati, la jeune diplômée en droit qui trouve plus payant de raconter Medellín en promenant des touristes dans ses rues que d\u2019aller défendre des causes au palais de justice \u2014 et qui la raconte avec virtuosité \u2014, voudrait bien elle aussi oublier, elle qui, enfant, a vu autour d\u2019elle et jusque sur le pas de la maison familiale le sang répandu par ce psychopathe L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 Vi v r e S o c i é t é 4 4 | REPORTAGE GUY TAILLEFER À MEDELLÍN COLLABORATEUR LE DEVOIR Medellín, laboratoire d\u2019urbanisme social Une ville colombienne qui efface de façon innovante les traces de Pablo Escobar À la faveur d\u2019une diminution de la criminalité et de la paix résultant des accords de 2016 avec la vieille guérilla des FARC, le pays vit une flambée touristique qui réchauffe le portefeuille, mais aussi le cœur des Colombiens, heureux d\u2019avoir de la visite après des décennies de troubles.PHOTOS SYLVIE PEPIN U Medellín a réussi à passer à autre chose, si bien qu\u2019il est absurde d\u2019aller en Colombie sans passer par là | 4 5 Vi v r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 L E S A P P L I CAT I O N S D E L A S E M A I N E Deux jeux pour les amateurs de chatons Je ne m\u2019en cacherai pas: je préfère les chats aux chiens.Mais garder un de ces agents du chaos à la maison, c\u2019est une autre affaire.Ces deux jeux permettent d\u2019en avoir autant que l\u2019on souhaite, sans problème, dans le fond de notre poche.Des chatons qui collectionnent Imaginez hériter d\u2019une maison vide.Normalement, vous feriez les magasins pour dénicher les tables, chaises et appareils électroménagers nécessaires pour en faire un nid douillet, non?Pas dans Klepto- Chats 2, où une foule de petits chatons kleptomanes capables de traverser les dimensions meubleront votre demeure\u2026 pour le meilleur et pour le pire.À chacun de leurs voyages, on ne se pose qu\u2019une question : que rapporteront-ils cette fois-ci?KleptoChats 2 HyperBeard Games, offert pour iOS et Android Collectionneurs de chatons Il y a plus d\u2019une quarantaine de chatons différents à dénicher dans le jeu Neko Atsume.Pour attirer ces grands voyageurs des ruelles dans votre cour, déposez-y un plat de nourriture et quelques jouets.Revenez à l\u2019application un peu plus tard, et vous tomberez peut-être sur un nouveau compagnon avec qui jouer.Le concept est un peu ridicule, mais, pour ceux qui ont l\u2019âme d\u2019un collectionneur, l\u2019offre peut facilement devenir alléchante.Neko Atsume Hit-Point Co., offert pour iOS et Android Olivier Sylvestre OLIVIER SYLVESTRE dont elle ne veut même pas prononcer le nom.Pas tant oublier, en fait, que passer à autre chose.Ce qui fait que, comme bon nombre de Colombiens, Nati rage à l\u2019idée qu\u2019Escobar conserve une aura de Robin des Bois auprès de certains, que des fleurs fraîches soient déposées sur sa tombe et que des agences touristiques organisent pour les visiteurs étrangers de voyeurs et complaisants « Escobar tours ».Elle rage à l\u2019idée que le fait d\u2019avoir financé la construction de maisons dans un quartier pauvre puisse faire oublier les 38 000 meurtres dont il est tenu responsable.De fait, Medellín a réussi à passer à autre chose \u2014 tant et si bien qu\u2019il est absurde d\u2019aller en Colombie sans passer par Medellín.Le grand symbole de sa sortie de crise est ce métro inauguré en 1995 et qui traverse du nord au sud cette ville de 2,5 millions d\u2019habitants, encastrée entre des sommets andins dans une étroite vallée pentue.Salutaire initiative de planification urbaine : les Paisas, comme on appelle les habitants de la ville, ont une identité forte \u2014 aiment d\u2019ailleurs à cultiver un cer tain mépris pour la capitale et ses Bogotanos \u2014 et le métro entretenu comme un sou neuf est leur fierté.En 2004, arrive à la mairie Sergio Fajardo, journaliste et mathématicien.Le genre d\u2019homme politique, champion de l\u2019« urbanisme social », qu\u2019on voudrait pouvoir cloner.C\u2019est sous son impulsion qu\u2019est créé le Metrocable, un système de télécabines qui complète les lignes de métro en ouvrant l\u2019accès aux quartiers pauvres qui tapissent le flanc de montagnes (Caracas, sous feu Hugo Chávez, a installé à son tour son premier Metrocable en 2009).S\u2019en est suivie, projet non moins pertinent, la construction d\u2019une dizaine d\u2019escaliers mécaniques dans le quar tier contigu de la Comuna 13, considéré à une époque comme le barrio pauvre « le plus violent du monde », tant il était un concentré guerroyant de guérilleros, de narcotrafiquants et de paramilitaires.Autre lieu emblématique de ce renouveau : la Biblioteca España, maison de la culture à l\u2019architecture spectaculaire inaugurée en 2007 sous M.Fajardo à Santo Domingo, un quar tier de montagne qui a lui aussi été ravagé par les violences des années 1980 et 1990.La bibliothèque est accessible par sauts de puce en métro et en Metrocable.Panacée sociale à la violence et à l\u2019inégalité ?Que nenni ! Medellín, comme toutes les grandes villes d\u2019Amérique latine, reste dangereuse, surtout le soir tombé.(Le soir venu, le touriste retourne à sa chambre et regarde Narcos, la fameuse série de Netflix.) N\u2019empêche qu\u2019à se balader l\u2019après-midi dans la Comuna 13, on comprend vite que cet élan d\u2019« urbanisme social » a eu le mérite de désenclaver les quartiers pauvres et de contribuer à briser leur état d\u2019exclusion.Qu\u2019en serait-il de la Colombie si ce Fajardo, qui s\u2019est présenté à la présidentielle d\u2019août dernier en politicien centriste, avait été élu ?Mais c\u2019est le candidat de la droite dure Ivan Duque qui l\u2019a empor té, émule de l\u2019ex-président Álvaro Uribe, lui aussi Paisa de Medellín, un homme encore loin d\u2019être impopulaire auprès des Colombiens pour la politique militaire de la mano dura qu\u2019il a appliquée contre les FARC.Pourquoi n\u2019est-on plus accro à la Colombie ?est le titre d\u2019un essai publié en 2017 aux éditions Hikari.Nous n\u2019en recommandons pas la lecture, tant son auteur est férocement pro-Uribe et anti-gauche.Nous répondrons cependant que l\u2019expérience colombienne mérite certainement qu\u2019on développe pour elle une saine dépendance.« Nous avons si longtemps vécu en guerre, nous disait un jeune Colombien croisé dans les environs de Manizales.Il faut apprendre à vivre en paix.» L\u2019oubli était la seule réalité démocratique en Colombie : il englobait tout le monde, bons et méchants, assassins et héros, comme la neige dans la nouvelle de Joyce, qui tombe sur tous de manière égale JUAN GABRIEL VÁSQUEZ » akefield baigne dans un esprit un peu grano chic qui n\u2019est pas sans rappeler cer taines petites villes très « marché fermier » du Vermont.Au supermarché du village, on trouve une vaste sélection de bières artisanales aux noms fantaisistes et des fromages de chèvre locaux.Des cafés chaleureux, une formidable boulangerie, quelques tables pas piquées des vers, de jolies boutiques et des antiquaires, une agréable promenade au bord de la rivière La Pêche qui mène vers un impressionnant pont couvert\u2026 L\u2019endroit combine art de vivre et sérénité rurale.À 30 kilomètres de Gatineau, cette localité bien vivante fondée en 1830 par des immigrants écossais et irlandais promet donc un week-end hivernal des plus agréables.Certes, depuis quelques années, la région a gagné la faveur d\u2019une nouvelle vague de visiteurs, avec la conversion de son vieux moulin à farine construit en 1838 en spa qui propose de bénéfiques massages et bains chauds et glacés, de même qu\u2019une cuisine québécoise et un hébergement dont on dit le plus grand bien.La vie d\u2019hôtel, ça ne se refuse pas, mais il n\u2019y a pas que ça dans la vie.Tant qu\u2019à franchir les deux heures et demie de route qui séparent cette région outaouaise de Montréal, on peut aussi découvrir Wakefield façon « Airbnb », en étirant le temps pour un lunch au bord du feu au Café Molo suivi d\u2019une petite par tie d\u2019échecs, ou en se payant une petite promenade du côté du pont couvert, rebâti grâce à l\u2019effort bénévole d\u2019un groupe de locaux après qu\u2019un incendie l\u2019eut ravagé en 1984.La vue porte à être contemplatif, sur le bord de la rivière La Pêche, déployant une rare tranquillité hivernale magnifiée par un doux paysage blanc.L\u2019hiver, évidemment, c\u2019est aussi fait pour jouer dehors.Et la proximité du parc de la Gatineau (bonjour ski de fond, bonjour raquettes !) et du mont Edelweiss est à elle seule REPORTAGE SYLVIE ST-JACQUES COLLABORATRICE LE DEVOIR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 Vi v r e E s c ap a d e 4 6 | L\u2019hiver brille sur Wakefield À 30 kilomètres de Gatineau se trouve l\u2019endroit idéal pour se réconcilier avec février W un argument pour attirer les amateurs de plein air du côté de l\u2019Ou- taouais.Mais il se trouve que, lors de notre visite, nous étions tous surtout des amateurs de patinage.Bien fait pour nous : le féerique sentier glacé en forêt du Lac-des-Loups, à 25 kilomètres au nord-ouest de Wa- kefield, propose une sortie tonique en plein air originale et amusante ! Pour la Saint-Valentin, quoi de plus romantique que de glisser, main dans la main, sur des pistes bordées d\u2019arbres couverts de blanc, portés par le vigoureux son du swish de la lame qui grafigne le sol glacé ?Le sentier du Lac-des-Loups propose trois kilomètres de patinage facilement praticables.De retour au village, un peu de magasinage et de plaisirs gourmands nous attendaient.S\u2019est imposée une escale à la boulangerie Wakefield Bakery (dans la rue principale), pour attraper une miche de pain au levain et quelques savoureux croissants ou pâtisseries du jour.Tout l\u2019Outaouais gourmand raffole de la cuisine du Hibou, resto convivial à la déco pimpante, dont le menu se promène agilement entre le classique fish and chips, l\u2019audacieuse poutine façon « poulet au beurre » et une variation du Gombo louisianais sur le thème du canard confit.Notre tablée s\u2019est bien régalée avec quelques tacos de poisson accompagnés d\u2019une Boréale bien fraîche.Tant qu\u2019à flâner sur le chemin Riverside \u2014 la Main de Wakefield \u2014, nous avons admiré les jolies pièces de déco, de jeux et d\u2019artisanats à la boutique La Tortue et terminé la journée au bar du Kaffe 1870.La page Facebook de ce sympathique pub nous apprend d\u2019ailleurs qu\u2019on y tient des soirées Ra- men, « Open Mike », jeux de société et autres activités pas plates pour égayer l\u2019hiver.Prendre l\u2019Outaouais en hors piste et découvrir Wakefield, c\u2019est assurément un très bon plan pour se réconcilier avec février.Viv r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 Les Trésors de la Grèce \u2013 20 jrs Départ 8 mai au 27 mai 6 places Circuit terrestre, Croisière & séjours iles ioniennes Thessalonique 2nts, Vergina, Météores, Kephallonie Croisière 5 jrs, Athènes 3nts, 39 repas, visites incluses Magistrale Russie \u2013 21jrs et ses villes d\u2019arts Départ 8 mai au 28 mai 4 places Moscou 5nts, Anneau d\u2019Or 5jrs, St-Petersbourg 4nts, Tous les repas (60 au total), Croisière 6nts, toutes les entrées et visites incluses, Vol Air France Voyages Symone Brouty 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com Pour des voyages pas comme les autres Des voyages d\u2019exceptions : Culture, Histoire & Petits Groupes DÉJA 24 ANS ! PRÉSENTATIONS CONFÉRENCES DIMANCHE 10 FÉVRIER Hôtel Ruby Foo\u2019s 7655 Boulevard Décarie Des voyages d\u2019exceptions axés sur la Culture et l\u2019Histoire et créés par Mme Stéphanie\u2013Anne Ruatta, docteure en lettre classique et spécialiste en histoire ancienne.P e r m i s d u Q u é b e c PAS DE MAUVAISES SURPRISES ! Salle 1 Salle 2 10H00 Europe Centrale \u2013 24jrs 10h00 Espagne & Portugal \u2013 25jrs 11h00 Argentine, Patagonie \u2013 20jrs 11h00 Trésors de Grèce \u2013 20jrs 12h30 Perles des Balkans \u2013 20jrs 12h30 Angleterre Ecosse Irlande \u2013 23jrs 13h30 Égypte Pharaonique \u2013 19jrs 13h30 Russie &villes d\u2019arts \u2013 21jrs * Par personne.Chambre d'hôtel en occupation quadruple.Toutes taxes Incluses.Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyage FICAV inclus.Prix valide pour tous les départs en 2019.Permis du Québec (702378).www.beltour.ca 19 et 20 avril À partir de La parade de Pâques CHICAGO Vivez la parade de Pâques sur la 5e Avenue à New York! Voyez aussi Harlem, Greenwich Village et Wall Street.Un séjour de 3 ou 4 jours.514 336-0033 / 1 866 235-8687 La parade de la Saint-Patrick 225 $* Départs : 14 mars À partir de 589 $* Départ : vous amène ailleurs.Pour la Saint-Patrick, la rivière Chicago devient vert émeraude.Un rituel magique! Inclus : autocar grand tourisme, hôtels 3,5 étoiles (ou plus), petits déjeuners, guides accompagnateurs francophones et circuits captivants.P h o t o : j k b AGENCE DE VOYAGES POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC LE DÉPARTEMENT DE PUBLICITÉ AU 514 985-3399 / publicite@ledevoir.com BON VOYAGE AGENCE SPÉCIALISÉE MAROC Maroc : Marrakech et désert Circuit de 8 jours / 7 nuits avec 20 repas Hébergements et excursions incluses.1 899 $ (ne comprend pas les vols internationaux) Départ privé En presque tout inclus Tél.: 450-984-2585 www.experienceberberetours.com No permis de l\u2019OPC : 702865 Wakefield combine art de vivre et sérénité rurale.PHOTOS SYLVIE ST-JACQUES L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 Vi v r e R e c e t t e 4 8 | L A R EC E T T E D U C H E F M I C H A E L TOZ Z I Œuf cocotte à l\u2019italienne Pour 4 portions Cette recette simple et goûteuse est parfaite pour recevoir vos amis lors d\u2019un brunch.Elle s\u2019accompagne bien de plusieurs mimosas ! Ingrédients 1 oignon, haché finement 1/2 bulbe de fenouil, haché finement 2 c.à soupe d\u2019huile d\u2019olive 2 gousses d\u2019ail, hachées finement 1 boîte de 796ml (28 oz) de tomates entières, écrasées à la main 1/4 c.à thé de flocons de piment fort 4 œufs 2 c.à soupe de persil plat 2 oignons verts, ciselés 1/2 tasse de fromage mozzarella di bufala défait en morceaux Quelques tranches de pain de campagne grillées et frottées à l\u2019ail Sel et poivre Préparation Préchauffer le four à 175 °C (350 °F).Dans une grande poêle, attendrir l\u2019oignon et le fenouil dans l\u2019huile.Ajouter l\u2019ail et cuire 1 minute.Ajouter les tomates et le piment.Porter à ébullition.Saler et poivrer.Laisser mijoter environ 20 minutes ou jusqu\u2019à ce que la sauce épaississe.À l\u2019aide d\u2019une cuillère, transférer le mélange dans quatre ramequins individuels et creuser un puits dans la sauce tomate.Casser les œufs et en déposer un dans chaque puits.Laisser mijoter doucement au four de 7 à 8 minutes ou jusqu\u2019à ce que le blanc des œufs soit cuit.Parsemer de persil et d\u2019oignon vert ainsi que de quelques morceaux de mozzarella.Servir avec des tranches de pain grillé.Michael Tozzi est chef du Dandy, au 244, rue Saint-Jacques, dans le Vieux-Montréal.MICHAEL TOZZI CRITIQUE JEAN-PHILIPPE TASTET COLLABORATEUR LE DEVOIR Par fois, le hasard fait les choses vraiment bien et mon karma me réconcilie momentanément avec la vie de critique errant.Ce jour-là, j\u2019errai en Mauricie, le mercure hésitait entre -25 et -30 et moi j\u2019hésitais entre pleurer et me rouler en boule dans un banc de neige.C\u2019est là qu\u2019est apparu Poivre noir, joli restaurant de Trois-Rivières.Poivre noir n\u2019est pas seulement un joli restaurant, c\u2019est un très bon restaurant.Le décor, puisqu\u2019il faut en parler, est charmant, mais la partie la plus impressionnante n\u2019a rien à voir avec l\u2019intérieur.En effet, le fleuve est là sous les fenêtres, majestueux, puissant, intemporel.Confortablement installés à table, on ne peut qu\u2019être admiratifs devant cette beauté solennelle.Bien sûr, ce midi-là, il charriait tant de glace qu\u2019il semblait n\u2019être qu\u2019un long tapis se déroulant au ralenti.On imagine que, au retour des beaux jours, cette immense terrasse qui ressemble au pont de 1re classe d\u2019un paquebot doit être très achalandée.Une excuse pour que je revienne à Trois-Rivières.Il est 13 h et quelques tables sont occupées dans cette grande salle ; un groupe de joyeuses clientes venues célébrer l \u2019anniversaire de l\u2019une d\u2019elles, un trio d\u2019hommes d\u2019affaires qui parlent tout en finissant scrupuleusement leurs assiettes et deux ou trois autres tablées d\u2019où proviennent des échos guillerets.À midi, Poivre noir propose une table d\u2019hôte avec un choix de trois entrées, de trois plats principaux (24, 25 ou 28 $) et un dessert (4 $).Pour celles et ceux qui prévoient le luxe d\u2019une petite sieste, verre de vin blanc ou rouge à 6,50 $.Pendant que sous les fenêtres l\u2019immense tapis de glace glisse tranquillement, un amuse-bouche très soigné arrive, présage de belles assiettes.Le Une vraie belle table Poivre noir est un joli resto de Trois-Rivières où l\u2019on propose des produits d\u2019ici La cuisse de canard confite partageait l\u2019assiette avec la version trifluvienne du colcannon cher au cœur et à l\u2019estomac des Irlandais ; ici pomme de terre, choux et lardons de sanglier.JEAN-PHILIPPE TASTET Une divine assiette de short ribs, généreuse portion de haut de côte de bœuf déposée sur une polenta crémeuse, poêlée d\u2019endives, tomates confites et oignon cipollini.JEAN-PHILIPPE TASTET | 4 9 Vi v r e R e s t o L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 Pour annoncer dans ce regroupement.Contacter la publicité au 514 985-3454 HÉBERGEMENT EN RÉGIONS VIEUX-QUÉBEC ESCAPADE au cœur du Vieux-Québec 44, Côte du Palais Vieux-Québec (Québec) G1R 4H8 TARIFS À PARTIR DE : PAR NUIT, EN OCCUPATION DOUBLE, PLUS TAXES.155$ tartare de truite arc-en-ciel est très finement coupé, endimanché d\u2019un mélange de crème sure, de moutarde forte et de chair de mûre, le tout chapeauté de quelques lamelles de tortillas de maïs.Cette bolinette est judicieusement accompagnée de deux autres, huile d\u2019olive dans l\u2019une et dukkah (voir encadré) dans l\u2019autre.Une bouchée de pain frais (et passé au four) trempé dans l\u2019huile d\u2019olive puis dans le dukkah, une bouchée de tartare et le plaisir est si parfait que ça pourrait s\u2019arrêter là.Suit un velouté de courge Butternut délicatement relevé de cari, d\u2019une touche d\u2019érable et accompagné de crème fleurette à la ciboulette et de crumble de pain (un peu superflu dans ce dernier cas, selon moi).En face du velouté, une assiette de bouchées de ris de veau au cœur très tendre et croustillantes, car frites avec discernement, laquées aux 5 épices et au miel, oignons doux et choux de Bruxelles caramélisés.En bordure d\u2019assiette, comme une frise printanière, une poudre de petits pois verts.Deuxième entrée, toujours dans le registre impeccable.En plats principaux, une cuisse de canard confite partageait l\u2019assiette avec la version trifluvienne du col- cannon cher au cœur et à l\u2019estomac des Irlandais ; ici pomme de terre, choux et lardons de sanglier.Pour égayer le tout, quelques baguettes de salsifis et de courgettes grillés, de mini croustilles de topinambour et un peu de chimichurri.Et enfin, une divine assiette de short ribs, généreuse portion de haut de côte de bœuf déposée sur une polenta crémeuse, poêlée d\u2019endives, tomates confites et oignon cipollini.La glace de viande à la tomate fumée ajoutait une note particulièrement intéressante et qui justifiait que l\u2019on se rue voracement sur l\u2019assiette.Il y avait un petit dessert dont je n\u2019ai gardé qu\u2019un vague souvenir, ce qui m\u2019arrive souvent quand le reste du repas est fantastique\u2026 Interrogé sur l\u2019origine des produits utilisés dans ces assiettes, le chef a précisé : « courge Butternut du marché de Nicolet, miel de la miellerie Miel des 3-Rivières, lardons de sanglier de la Ferme le rieur Sanglier à Yamachiche et bœuf wagyu du Ranch Kreepes à East- Broughton en Beauce.» Tous ces détails ont quelque chose de rassurant, « Made in chez nous » étant pour ce qui se trouve dans nos assiettes toujours mieux que « Made à l\u2019autre bout du monde ».José Pierre Durand, chef et propriétaire de ce Poivre noir, propose une cuisine savoureuse et intrigante.Intrigante et impressionnante parce que l\u2019on est quand même loin des grands centres d\u2019approvisionnement.Briller à New York, à Toronto ou à Montréal est une chose.Être tout aussi lumineux à Trois-Rivières ou au Bic est une tout autre histoire.On ne peut qu\u2019être impressionné et admiratif lorsque l\u2019on tombe sur des tables comme ce Poivre noir.Poivre noir ?$$$ 1300, rue du Fleuve, Trois-Rivières ?819 378-5772 Ouvert à midi du mercredi au vendredi et en soirée, du mardi au samedi.Un bonheur ne venant jamais seul, ce superbe repas de midi avec café et maints verres d\u2019eau a coûté 63,50$ pour deux.La maison dispose d\u2019une carte des vins plantureuse avec de très belles bouteilles dans toutes les catégories.Quelques bouteilles de bulles à prix raisonnables la rendent encore plus attrayante.Félicitations à Karl Villeneuve, sommelier de la maison pour son travail intelligent.Post-scriptum qui n\u2019a rien à voir, mais quand même un peu, à bien y réfléchir : en repartant, avant de braver la tempête et la poudrerie de la 40, j\u2019ai trébuché à la Chocolaterie Samson.Nancy Samson possède toutes les qualités d\u2019une excellente chocolatière : gourmande, curieuse, inventive et généreuse.Ambassadrice de la prestigieuse maison Cacao Barry, elle propose dans sa jolie boutique une superbe panoplie de tentations toutes plus irrésistibles les unes que les autres.Je vous mets au défi d\u2019entrer ici et de ne pas pécher.Chocolaterie Samson 1066, rue Champflour, Trois-Rivières ?819 379-2644 En haut : l\u2019assiette de bouchées de ris de veau au cœur très tendre et croustillantes, laquées aux 5 épices et au miel, oignons doux et choux de Bruxelles caramélisés.En bas : José Pierre Durand, chef et propriétaire de ce Poivre noir, propose une cuisine savoureuse et intrigante.JEAN-PHILIPPE TASTET / POIVRE NOIR Abonnez-vous à notre infolettre matinale.Du lundi au samedi, découvrez l\u2019essentiel de l\u2019actualité.LeDevoir.com/infolettre L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 Vi v r e A l i m e n t at i o n 5 0 | La Scandinavie triomphe au Bocuse d\u2019Or 2019 L\u2019équipe canadienne se démarque aussi dans ce concours d\u2019envergure Cela fait deux années consécutives que l\u2019équipe danoise remporte l\u2019or.C\u2019est le lauréat du Bocuse d\u2019Or 2011, Rasmus Kofoed, qui a entraîné l\u2019équipe de cette année, menée par le chef Kenneth Toft-Hansen et le commis Christian Wellendorf.JEAN-PHILIPPE KSIAZK AGENCE FRANCE-PRESSE REPORTAGE CATHERINE LEFEBVRE À LYON COLLABORATRICE LE DEVOIR C\u2019est dans le cadre du Salon international de la restauration, de l\u2019hôtellerie et de l\u2019alimentation que les chefs des 24 pays qualifiés ont participé à la grande finale du Bocuse d\u2019Or, où le Danemark, la Suède et la Norvège ont respectivement récolté l\u2019or, l\u2019argent et le bronze.Le concours de renommée internationale a été créé par le regretté Paul Bocuse, dont l\u2019établissement l\u2019Auberge du Pont de Collonges a trois étoiles Michelin depuis 1965, un record qu\u2019aucun autre établissement n\u2019a égalé.Les prix Bocuse d\u2019Or récompensent depuis 1987 les chefs les plus prometteurs dans le monde.Parmi les 60 pays qui posent leur candidature, les 24 meilleurs seulement pourront participer à la compétition, qui se déroule tous les deux ans.Chaque équipe, formée d\u2019un chef et d\u2019un commis, doit respecter la thématique de l\u2019édition en plus d\u2019une longue liste de critères, notamment le goût, la présentation, la spécificité et l\u2019originalité géographiques, en plus de la technique et de la propreté du plan de travail.Les équipes sont jugées par les plus grandes pointures de la gastronomie dans le monde.En cinq heures trente-cinq, chaque équipe doit cuisiner deux services \u2014 à l\u2019assiette et au plateau \u2014, en fonction de la thématique choisie.Cette année, le thème de l\u2019assiette était une chartreuse de légumes aux coquillages \u2014 un gâteau étagé de légumes et de mousseline de fruits de mer, recouvert de légumes.Le plat, composé uniquement de légumes à l\u2019origine, pour convenir à la diète végétarienne des moines de l\u2019ordre des Chartreux, rend aussi hommage à feu Joël Robuchon, qui a su moderniser les grands classiques de la cuisine française tout au long de sa carrière.Le plateau, lui, rendait hommage à nul autre que Paul Bocuse: un carré de veau et des abats rôtis, de manière à juger la technique de rôtissage des chefs participants.Devant ces défis et la horde de spectateurs, les chefs semblaient étonnamment en parfaite maîtrise de la situation.L\u2019impressionnante équipe canadienne À côté des Scandinaves et des Français, qui ont l\u2019habitude de monter sur le podium au Bocuse d\u2019Or, la performance de l\u2019équipe canadienne est certainement digne de mention.Chef et enseignant au collège George Brown à Toronto, Trevor Ritchie a choisi Jenna Reich comme commis, l\u2019une des quatre femmes seulement occupant ce rôle parmi les 24 équipes.Âgée de seulement 21 ans, cette ex-ballerine, formée en pâtisserie, travaille avec précision et finesse : « Je l\u2019ai observée cuisiner et elle était très appliquée, raconte Trevor Rit- chie.Elle n\u2019avait aussi pas encore les mauvais plis que cer tains peuvent prendre rapidement dans le métier.C\u2019est pour cela que je l\u2019ai choisie.» À leur station, Ritchie et Reich avaient l\u2019air décontractés, comme s\u2019ils connaissaient la chorégraphie par cœur.De fait, depuis le dévoilement des thèmes du concours et l\u2019élaboration de leur menu, ils ont répété celui- ci au complet une douzaine de fois.Par contre, cela faisait presque deux ans qu\u2019ils étaient à la recherche des meilleurs ingrédients pour créer les accompagnements et des bons outils de cuisine pour réaliser ces derniers.Après un nombre incalculable d\u2019heures de recherche et de tests, Trevor Ritchie et Jenna Reich ont concocté un menu mettant à l\u2019avant- plan la richesse du terroir canadien.Pour l\u2019assiette, ils ont présenté une chartreuse aux légumes racines d\u2019hiver intitulée Quand la rondelle touche la glace (When the Puck Hits the Ice), faisant évidemment référence à notre sport national.Pour mettre en valeur les ingrédients d\u2019ici, la chartreuse était une interprétation du pain bannique, à base de riz sauvage et de pommes de terre, alors que le veau était cuisiné avec de l\u2019amélan- chier, du genévrier et du raifort.En guise d\u2019accompagnement, l\u2019équipe canadienne a préparé, entre autres, des betteraves marinées avec une garniture au vin de glace, raifort et vinaigre d\u2019érable pour représenter les aurores boréales, ainsi qu\u2019une fine purée de panais posée sur un craque- lin de noisettes et de champignons, ornée de croustilles de panais rôti et de fleur de pommier, le tout inséré dans ce qui ressemble au filet d\u2019un bâton de crosse.Et la liste continue, pour la dizaine d\u2019accompagnements au total.Tout cela avec un budget de moins de 200 000$.Il est à noter que le budget de plusieurs autres équipes est de plus d\u2019un million de dollars.De l\u2019importance d\u2019investir en culture culinaire En regardant les résultats du Bocuse d\u2019Or depuis 1987, on constate que les Scandinaves se démarquent en matière de gastronomie.Cela fait d\u2019ailleurs deux années consécutives que l\u2019équipe danoise remporte l\u2019or.C\u2019est justement le lauréat du Bocuse d\u2019Or de l\u2019édition 2011, Rasmus Kofoed, qui a entraîné l\u2019équipe de cette année, menée par le chef Kenneth Toft-Han- sen et le commis Christian Wellen- dorf \u2014 gagnant du Prix du meilleur commis.Il faut savoir que Rasmus Kofoed a aussi remporté l\u2019argent et le bronze aux éditions 2007 et 2005, respectivement, un exploit dans l\u2019histoire du Bocuse d\u2019Or.Au-delà du talent, est-ce que le budget des équipes peut expliquer les victoires répétées des Scandinaves et des Français dans ce concours?Pas forcément.Les États-Unis y investissent plus de 2 millions de dollars et leur équipe a terminé 9e cette année, alors qu\u2019elle a remporté l\u2019or en 2017.Toutefois, comme dans le sport, l\u2019investissement permet aux athlètes de s\u2019entraîner le mieux possible pour la compétition.De la même façon, comme l\u2019investissement en culture contribue, notamment, à faire rayonner nos artistes à l\u2019international, la logique devrait être la même dans le domaine de la culture culinaire.D\u2019autant plus qu\u2019avec la popularité de l\u2019agrotourisme, il y a fort à parier que le retour sur investissement serait plutôt rapide.Notre journaliste était l\u2019invitée d\u2019Atout France, d\u2019Air Canada et de Rail Europe.Les 29 et 30 janvier derniers à Lyon, en France, avait lieu l\u2019édition 2019 du Bocuse d\u2019Or, l\u2019équivalent des Jeux olympiques de la gastronomie.Parmi les 24 pays participants, le Canada a terminé au 13e rang.Retour sur ce grand événement qui promeut le meilleur de la culture culinaire de chacun.Cette année, le thème de l\u2019assiette était une chartreuse de légumes aux coquillages | 5 1 Vi v r e B i è r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 REPORTAGE PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR L\u2019Auberge Sutton Brouërie et la microbrasserie des Beaux-Prés ne connaissent pas de saison mor te.Judicieusement situées à proximité de deux montagnes de ski, les deux brasseries artisanales profitent des neiges tombées en abondance depuis le début de l\u2019hiver, lesquelles attirent les skieurs qui, après y avoir goûté, profitent à leur tour d\u2019une bonne bière locale d\u2019après-ski.Hiver comme été, la bière coule à flots aux pieds des pentes douces ; voici les recettes des deux brasseurs professionnels et skieurs amateurs.La Sutton-Ik Depuis son inauguration il y a quatre ans, l\u2019Auberge Sutton Broüerie, située à 5 km du mont Sutton, imprègne ses recettes de l\u2019ambiance champêtre du coin.« Chez nous, c\u2019est aussi occupé l\u2019hiver que l\u2019été », assure l\u2019ar tisan-brasseur Patrick Roy, qui brasse une Brune Alpine et une pale ale nommée Trail à Brett, un clin d\u2019œil aux sentiers de vélo de montagne de la région.« Beaucoup de monde visite le coin l\u2019été ; on y fait du cyclisme, du vélo de montagne, de la randonnée.Mais l\u2019hiver, grâce au ski, il y a énormément de monde.Étant moi-même un skieur, je suis au paradis ! » Sa bière de prédilection pour savourer l\u2019après-ski ?«La Sutton-Ik, qui est très populaire », assure-t-il.Une scintillante india pale ale que l\u2019on déguste sur place à l\u2019auberge, que l\u2019on achète en bouteille chez les détaillants spécialisés et à l\u2019occasion au chalet du Mont Sutton \u2014 son nom, Sutton-Ik, est d\u2019ailleurs emprunté à celui d\u2019une des pistes de la montagne voisine, une piste classée «difficile » qui défile sous un des télésièges.«C\u2019est une bière rafraîchissante \u2014 en vérité, toutes les bonnes india pale ales devraient être rafraîchissantes, estime Patrick Roy.La nôtre affiche un bon caractère aromatique, un côté boisé, une bonne amertume, avec une légère touche de conifères et de fruits tropicaux.» Son india pale ale, l\u2019une de ses plus récentes recettes, est généreuse en houblons : Mozaic, Simcoe, Eldorado, Chinook, Columbus, Amarillo, infusés dans un second houblonnage à froid (dry hop).Le brasseur utilise également un malt pâle canadien, auquel il ajoute un soupçon d\u2019avoine: « Ça donne un côté velouté, soyeux, en bouche.» Malgré ses 6,6 % d\u2019alcool, Patrick Roy insiste, sa Sutton-Ik est une vraie bière de soif : «Elle fait 6,6 % d\u2019alcool, Bières d\u2019après-ski Hiver comme été, la bière coule à flots aux pieds des pentes douces En haut : la Mestachibo, une pale ale houblonnée à froid affichant 5,5 % d\u2019alcool, de la microbrasserie des Beaux-Prés.À gauche : l\u2019artisan- brasseur Patrick Roy qui brasse une Brune Alpine, une pale ale nommée Trail à Brett et la Sutton-Ik.PHOTOS MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR mais ça ne paraît pas.C\u2019est une bière sèche comme la majorité de nos bières, puisqu\u2019on utilise principalement les [levures sauvages] brettanomyces.Donc, après la fermentation, il ne reste pas beaucoup de sucres résiduels.» En vérité, Roy et ses collègues brasseurs ne travaillent qu\u2019avec les levures brettanomyces.« Je n\u2019aime pas les bières sucrées, je les préfère sèches, comme les saisons belges.Avec les bretts, je peux créer n\u2019importe quelle bière, mais le profil de ces levures apporte des saveurs différentes aux styles de bière que nous brassons.» La Mestachibo Vétéran de la scène brassicole québécoise et ancien actionnaire de la microbrasserie Dieu du ciel !, Luc Boivin cherchait un chalet dans la région de la capitale pour se rapprocher de ses enfants et de la nature qu\u2019il affectionne.« À un moment donné, je me suis demandé où on pouvait prendre une bière dans le coin.Il n\u2019y avait aucun endroit intéressant.C\u2019est comme ça que j\u2019ai eu l\u2019idée », en 2010, d\u2019ouvrir une brasserie sur la route 138, le long du fleuve, «avec vue sur l\u2019île d\u2019Orléans et une belle terrasse l\u2019été.On a choisi cet emplacement justement parce qu\u2019on est sur la route de Québec, si bien qu\u2019on attire autant la clientèle du mont Sainte-Anne que celle du Massif», à Petite-Rivière-Saint-François.« On est entre les deux!» Ainsi, le brasseur de 27 ans de métier a vendu ses parts dans la micro de Saint-Jérôme pour ouvrir la Micro- brasserie des Beaux-Prés, située à moins de 10km du mont Sainte-Anne.«Ça m\u2019a fait un pincement au cœur de quitter Dieu du ciel !, mais je n\u2019ai aucun regret.[Mon épouse et moi] sommes des sportifs.J\u2019habite Saint- Ferréol-les-Neiges, et on peut pratiquer tous les sports aux alentours : le ski alpin, le ski de fond \u2014 on a le plus beau centre de ski de fond de l\u2019est de l\u2019Amérique ici, à Saint-Ferréol, là où Alex Harvey s\u2019entraîne.» Sa bière de soif idéale pour clore une journée d\u2019efforts sur les pentes?La Mestachibo, une pale ale houblonnée à froid af fichant 5,5 % d\u2019alcool.« Tu sais, quand t\u2019as soif et que tu veux une bière qui goûte quelque chose, pas une simple bière blonde ?Une bière ambrée, avec un peu plus de malts et de houblons, c\u2019est la recette que j\u2019ai créée », et qui porte le nom d\u2019un sentier provincial passant au bout de sa rue.« En langue huronne, m\u2019a-t-on dit, le mot signifie : \u201clà où la rivière coule\u201d, raconte le brasseur.Il s\u2019agit d\u2019un sentier de 12 km qui part de la montagne, passe par la chute Jean- Larose, jusqu\u2019à l\u2019église.Il longe un canyon, le long de la rivière.Quand t\u2019es là, tu oublies que le monde existe, tu te sens ailleurs sur la planète.C\u2019est un très beau sentier, qu\u2019on peut parcourir en raquettes l\u2019hiver.» À l\u2019honneur dans sa pale ale, les arômes des houblons employés, du Magnum allemand, du Cascade américain, puis son semblable, le Centennial, celui-là ajouté au houblonnage à froid à la toute fin de la fermentation, «pour le côté aromatique, sans insister sur l\u2019amertume », note le brasseur.Du malt pâle d\u2019orge, un peu de malt caramel lui donnant sa teinte ambrée, une touche de blé « pour lui donner une bonne tenue de mousse » et une bonne levure à ale anglaise assurent le succès de cette pale ale auprès de sa clientèle locale et de ceux qui viennent skier dans la région.Pour y goûter, il faut s\u2019arrêter à la brasserie, ou chercher les détaillants spécialisés du secteur \u2014 la micro- brasserie des Beaux-Prés commercialise ses recettes dans des cruchons de 950 ml et occasionnellement en bouteilles.«Ma philosophie, c\u2019est de rester local, assure le brasseur.Je suis comme un boulanger ici : je fais du pain liquide, que les gens viennent boire chez nous, et il y en a un peu en vente aux alentours.» Depuis la fondation de la brasserie, sa Mestachibo demeure l\u2019une des recettes favorites de sa clientèle.« Pour moi, une pale ale est réussie lorsqu\u2019elle est bien ronde et qu\u2019elle offre une belle finale d\u2019agrumes, dit Luc Boivin.L\u2019autre élément qui m\u2019indique qu\u2019une bière est réussie, c\u2019est lorsque j\u2019observe les gens qui y goûtent pour la première fois.J\u2019aime épier leur réaction.» L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 BON VOYAGE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC LE DÉPARTEMENT DE PUBLICITÉ AU 514 985-3399 / publicite@ledevoir.com Voyages Symone Brouty 1 800 650 0424 www.voyagesbrouuty.com Pour des voyages pas comme les autres : Culture, Histoire & Petits Groupes ceptions axés sur la Culture, et crées par Mme Stéphanie Anne Ruatta, docteure en lettre classiques et spécialiste en histoire ancienne.NOS SUPERS PROMOTIONS DÉPARTS PRINTEMPS / AUTOMNE RÉSEVEZ AVANT LE 28 FÉVRIER & OBTENEZ JUSQU À 800$ PAR COUPLE Meilleur rapport qualité prix sur le marché pour des circuits exclusifs à VSB où vous prenez le temps de visiter .Toutes les entrées, visites sont incluses Grande Argentine Patagonie& Iguazu 20jrs Sud et Sicile 22jrs Splendeurs de l Italie 20jrs Grand Tour du Portugal et Madère 22jrs Les Perles des Balkans 20jrs Circuit Europe de L Est & Centrale 24jrs 21jrs Circuit Espagne & Portugal 25jrs La France et ses richesses 24jrs Inde des Grands Empires 29jrs 10710$ -300$ = 10410$ 7249$ - 400$ = 6849$ 6654$ - 400$ = 6254$ 6845$ - 350$ = 6495$ 6584$ - 400$ = 6184$ 7295$ - 300$ = 6995$ 8480$ - 300$ = 8140$ 7850$ - 350$ = 7500$ 8262$ - 400$ = 7862$ 8920$ - 300$ = 8620$ Magnifique Egypte Pharaonique 19jrs 7990$ - 350$ = 7440$ PAS DE MAUVAISES SURPRISES ! CONFÉRENCES VOYAGES Réserver au 514-351-5814 À travers le Désert d\u2019Atacama, du 23 novembre au 13 décembre 2019 Dimanche, 10 février à 10?h?30 avec Yves Petit Marcher aux Îles de la Madeleine (groupes exclusifs) Mercredi, 13 février à 18?h?30 avec Jean-Yves Cloutier Hawaii, du 14 au 29 mars 2020 Mercredi, 20 février à 18?h?30 avec Yves Petit Disney World et ses croisières Mercredi, 27 février à 18h30 avec Vacances Air Canada Ouest Canadien du 13 au 27 septembre 2019 Mercredi, 13 mars à 18h30 avec Groupe Voyages Québec Italie du Sud et la Sicile   Mercredi, 27 mars à 18h30 avec Expertours Lieu: Librairie Raffin Place Versailles, Montréal 2105, ch.Ste-Foy, Québec voyages-lambert.com À MONTRÉAL LIEU : AUBERGE UNIVERSEL - 5000, RUE SHERBROOKE EST ENTRÉE LIBRE PRÉSENTATIONS DE NOS CIRCUITS DIMANCHE 10 FÉVRIER 2019 DERNIÈRE CHANCE ÉTHIOPIE, AU TEMPS DU TIMKAT Du 9 janvier au 1 février 2020 SICILE & ITALIE DU SUD ESCALE AUX ÎLES ÉOLIENNES Départs : 14 avril et 6 octobre 2019 NOUVELLE-ZÉLANDE & AUSTRALIE Départs : 15 novembre 2019 & 20 février 2020 TERRES D'ESPAGNE, PAYS DES TROIS CULTURES Du 15 septembre au 6 octobre 2019 CROISIÈRE SUR LE DANUBE Du 11 au 29 mai 2019 10h30 10h30 12h00 12h00 13h45 RÉUNION - MAURICE - SEYCHELLES LES PERLES DE L'OCÉAN INDIEN Du 14 avril au 5 mai 2019 PLACES 4 CIRCUIT EN RUSSIE - DÉPART GARANTI 6 nuits à Moscou 4*, 1 nuit dans l\u2019Anneau d\u2019Or 3*, 6 nuits à St-Petersbourg 4* DU 25 JUILLET AU 8 AOÛT 2019 ACCOMPAGNÉ - Maximum de 24 personnes 5 695$ PRIX PAR PERSONNE - occupation double 1 500$ de supplément - occupation simple www.voyagesmalavoy.com INCLUANT : Avion - Hôtels de localisation centrale - Train de jour entre Moscou et St-Petersbourg - 28 repas - Excursions - Musées - Spectacles et frais d\u2019entrées - Guide francophone Circuit détente en Italie VENISE, TOSCANE ET ROME Vols directs Montréal/Venise et Rome/Montréal Ce circuit détente vous permettra de découvrir toute la région de la Vénétie, beautés de Rome.POUR TOUS LES DÉTAILS ET PRIX DE CE PROGRAMME: 1 888 475-9992 Accompagné et guidé par l\u2019expert de l\u2019Italie, Fernando Spatolisano Du 4 au 19 mai 2019 DÉPART GARANTI Courriel : angie@legroupevip.com Tél.: 514.844.3616 ou 1 877.887.7843 sans frais Adresse : 2055 rue Peel, Suite 525, Montréal (QC).Suivez-nous sur Facebook www.facebook.com/legroupevip LEGROUPEVIP.COM permis du Québec LES CHARMES DE L\u2019INDE DU NORD ET DU RAJASTHAN Comprend : Ne comprend pas : INDE DÉPART DE GROUPE 2019 5 649 $ par personne en occupation double a T Vârânasî et Vârânasî /Delhi francophone tout au long du circuit Accompagnateur de Montréal le programme 3 repas par jour Hôtels catégorie 3* 4* 5* ol international Montréal/Delhi/Montréal avec British Air V Circuit de 21 nuits, limité à 17 passagers xes locales ols domestiques en classe économique Khajurâho/ V Billet de train d\u2019Agra à Jhansi vice d\u2019un chauffeur avec véhicule climatisé Ser ous les transferts requis durant l\u2019itiné T axes aériennes de T ways Guide accompagnateur Visites et frais d\u2019entrées selon raire 21 nuits d\u2019hébergement 750 $ Pourboires aux guides, chauffeurs et personnel hôtelier vices non mentionnés dans le programme, T Frais de visa pour l\u2019Inde, Ser , Frais V , Assurances voyage, Contribution FICA outes les dépenses personnel pour cameras photos et vidéos à certains sites les, Boissons lors des repas 514 389-7777 AHUNTSIC 514 593-1010 ROSEMONT 450 472-7112 ACHE -EUST SAINT ON S RADIS | 5 3 Vi v r e Vi n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 Moins de 16 $ Conde Valdemar Blanco 2017, Rioja, Espagne (15,45$ \u2014 13385309) Une hirondelle ne fait peut-être pas le printemps, mais un blanc sec qui s\u2019offre une telle paire d\u2019ailes aromatiques évoquant la fleur d\u2019oranger demeure tout de même plus évocateur qu\u2019un hiver qui ne sent que la neige.C\u2019est léger, vivant, de belle intensité, avec ce qu\u2019il faut de magie et de caractère pour survivre jusqu\u2019au printemps.(5) ?1/2 La surprise 1938 Depuis, un esprit d\u2019exception 2016, Puisseguin Saint-Émilion, Bordeaux, France (26,50$ \u2014 11655601) Certains bouderont les vins de coopérative parce que l\u2019image passéiste d\u2019une production à vau-l\u2019eau leur colle encore à la peau.C\u2019est loin d\u2019être le cas ici, et cette cuvée en est la preuve! Les arômes discrets sont fins, offrant un fruité de belle maturité, des tanins soyeux sur une trame séduisante et de longueur plus qu\u2019appréciable.(5+) © ?1/2 Le blanc Sauvignon blanc 2018, Villa Maria, Nouvelle- Zélande (17,60$ \u2014 11974951) Sur les petites fritures comme sur les ce- viches péruviens, ce blanc sec d\u2019une extraordinaire portée aromatique devrait faciliter chez vous à la fois le plaisir et le mécanisme de déglutition tant il ruisselle simplement.Citron, mangue, kiwi, kaki et compagnie, tout y est concilié pour une envolée lyrique aux antipodes ! (5) ?1/2 Le rouge Pittacum 2012, Bierzo, Espagne (21,10$ \u2014 10860881) Avec ces vieilles vignes du cépage mencia dont la profondeur de la robe et des fla- veurs étonnent, on a l\u2019impression que ce rouge est destiné à se bonifier au compte- gouttes.Six ans de bouteille, il est vrai, mais avec un fruité juvénile à ce point soutenu qu\u2019on en perd ses bretelles.La sève est riche, puissante, moelleuse, fraîche et anisée.Étonnant ! (5+) © ?1/2 Le bio Mil Historias de Alto Landon 2016, Garnacha, Manchuela, Espagne (17,85$ \u2014 13794111) Voilà tout de même de quoi prendre des couleurs en ce mois de février bien pâlot ! Mais voilà aussi de quoi réjouir un palais en mal de petits fruits noirs d\u2019été, car il y en a ici à vous engourdir les amygdales ! Cette garnacha surprend par son intensité, sa densité, sa gourmandise, sa fraîcheur, son corps et son équilibre.Hautement recommandable ! (5+) © ?(5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans (10+) se conserve dix ans ou plus © devrait séjourner en carafe L E S V I N S D E L A S E M A I N E BILLET JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR Pas de chronique de vin aujourd\u2019hui.Pourquoi y aurait-il d\u2019ailleurs une chronique avant le 28 février prochain alors qu\u2019il est vociféré dans le réseau social actuel que nous vivons, vous et moi, un formidable mois sans la moindre goutte d\u2019alcool?«Hein, ça la fout mal votre chronique de pinard quand il y a 28 jours d\u2019abstinence ! » me lançait à la blague un Français de France accoudé au bar d\u2019un chic bistrot du Plateau la semaine dernière.Ça la fout mal l\u2019ami, lui dis-je entre deux gorgées bien tassées d\u2019une Dub- bel aux fleurs de sureau de la micro- brasserie Au Frontibus, une «bière rusée gaspésienne» qui ruse elle-même d\u2019imagination pour vous mettre sournoisement en piste pour une deuxième bouteille.Mais voilà, tout amateur de vin qui se respecte ne boit qu\u2019une bière, une seule, mais la bonne, après sa journée de «goulot» au travail.Le type en question semblait tout de même surpris que je lui apprenne que je rédigeais incontestablement la chronique la plus dangereuse de tout Le Devoir ! Dangereuse oui, car qui, des sports comme à l\u2019éditorial, en passant par les sections livre, cinéma, théâtre, musique, arts visuels, voyage, zeitgeist et autres, doit se coltiner chaque semaine à cette molécule mortelle qui est celle de l\u2019alcool?Faudra bien un jour que j\u2019informe Brian Myles de la pénibilité de mon devoir! Mortelle, la molécule, vous avez bien lu.Le corps scientifique au grand complet, ainsi que mon propre père médecin, qui m\u2019initiait pourtant au Vosne-Romanée 1er cru «Aux Mal- consor ts » 1961 de chez Cathiard- Molinier à l\u2019âge de 12 ans, sont impitoyables sur le sujet : l\u2019alcool tue.Les Grecs anciens, qui se réunissaient lors de symposiums pour prendre les décisions éclairées pour la cité sous le couvert de libations particulièrement dionysiaques, auraient dû se méfier.Ils en sont morts aussi.Il faut bien quelqu\u2019un pour faire le boulot, dirait le sacristain en éclusant en cachette des burettes gorgées de vin doux de Chypre.« Épidémie de moraline ?» La fonction crée l\u2019organe, c\u2019est bien connu.Mon organe à moi, c\u2019est le foie.Pas celui en tranches minces sauté aux petits oignons et accompagné (déglacé), en blanc, de la superbe cuvée Terre du Lias 2016 de Julien Mareschal au Domaine de la Borde en Arbois Pupillin (42,50$ \u2014 12886494 \u2013 (10+) © ?) ou, en rouge, du Pinot noir 2017 Saint Clair de Nouvelle-Zélande (23,95$ \u2013 10826543 \u2013 (5) © ?), non.Quoique\u2026 Le vrai foie, celui qui joue avec le feu, mais autrement.Cette grosse glande à deux lobes située près du poumon droit et du cœur, un organe laborieux et silencieux qui travaille dans l\u2019ombre, loin du tumulte dont il fait pour tant l\u2019objet avec ce mois «Zéro alcool» que nous traversons.Pourquoi soudainement s\u2019y intéresser une fois par année ?N\u2019y aurait-il pas là comme un relent de maccar- thysme, une «épidémie de moraline» comme le soulignait Christian Rioux sur un autre sujet de société dans l\u2019édition du 1er février dernier?Avec une SAQ qui génère plus de trois milliards de beaux dollars de vente nets annuellement, il n\u2019y a que les autruches qui prennent un coup à ce compte-là! Soyons sérieux.À ce verre à moitié vide que revendique une cer taine forme d\u2019hygiénisme des temps modernes, j\u2019incline pour ce verre à moitié plein qui, loin des modes, des chapelles, des courants et des idéologies, confère ce degré de civilisation qui fait de moi l\u2019homme que je suis.Un homme responsable?Trop cliché.Plutôt, un homme de mesure, simplement.À chacun sa tasse de thé.Mais sans le moindre nuage de lait.Le peintre des nuits folles parisiennes Henri de Toulouse-Lautrec ne s\u2019y était pas trompé à l\u2019époque : « Je boirai du lait quand les vaches brouteront du raisin ! » Un mal pour un bien, car le mouvement végane actuel trouvait là son premier adepte ! La semaine prochaine: Châteauneuf- du-Pape! guideaubry@gmail.com Quand la fonction crée l\u2019organe Réflexions d\u2019un amoureux du vin sur le foie et la morale en ce mois « Zéro alcool » « N\u2019écoutez pas les médecins, faites comme eux, buvez ! » JEAN AUBRY L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 Vi v r e M o t s d e t ê t e 5 4 | SUDOKU GRILLE DES FÉRUS MOTS FLÉCHÉS GRILLE BLANCHE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com | 5 5 Vi v r e M o t s d e t ê t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 GRILLE INTERMÉDIAIRE LES ANAGRAMMES Découvrez les mots cachés dans ces anagrammes.1.2.SOL AIRMEL 1.2.TRIPER ASAI 1.2.SCIENPAT 1.2.PÈR AMES 1.2.CLITENAR A 1765 Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 437 Horizontalement I.Manipulation.II.Odonate.Alma.III.Louât.Gag.Or.IV.Lues.Benêt.V.Eb.Store.Ira.VI.Témoin.Sénat.VII.Ourdissoir.VIII.Etuve.Ses.Ni.IX.Reliure.Avec.X.Extériorisée.Verticalement 1.Molletière.2.Adoube.Tex.3.Noue.Moult.4.Inassouvie.5.Pat.Tireur.6.Ut.Bond.Rit.7.Léger.Iseo.8.Anesse.9.Tage.Essai.10.Il.Tino.Vs.11.Omo.Rainée.12.Narratrice.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 438 1.Font de jolis revers.2.Permet de trouver la bonne direction.3.Bien en cour.Equipe tous les foyers ou presque.Possessif.4.Petites touffes en forêt.Part en éclats.5.Entendre comme avant.Crétinisé.6.Sortent à chaque tour.Mises dans l\u2019embarras.7.S\u2019impose pour atteindre la perfection.8.Pointe au sommet.Belle Espagnole.9.Mou mais plutôt agréable.Fut capable.10.Rendez-vous hebdomadaire pour madame.Marqua en surface.11.Affluent de la Loire.Accord au Nord.12.Equipée pour faire son trou.I.Tendre approche amoureuse.II.Humaine à condition de ne pas la répéter.Lisse et brillante.III.Le titane.Chercher la petite bête un peu partout.IV.Des points pour ne pas se perdre.Dressé.V.Dans les petites mesures.Avance à belles dents.Dans la corbeille.VI.Ouverture de gamme.Structure d\u2019entreprise.Introduire.VII.Facilite le passage.Principe fondamental.VIII.Policier italien devenu homme de main.Sans se faire prendre il doit récolter un maximum.IX.Le feu en plein ventre.Rapproche les deux bouts.X.Tendre et romanesque.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde MOTS CROISÉS DU SAMEDI CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE SUDOKU : SOLUTION DU PROBLÈME D\u2019HIER GRILLE BLANCHE CITATION MYSTÉRIEUSE Un sourire coûte moins cher que l\u2019électricité, mais donne autant de lumière.Abbé Pierre MOTS ENCHAÎNÉS MOTS FLÉCHÉS GRILLE DES FÉRUS L\u2019INTERVALLE MENUS MENS GENS GÈNES GÉNIES LES ANAGRAMMES \u2022 ÉCOUTERAI / ÉCŒURAIT \u2022 QUARTILES / RELIQUATS \u2022 TEMPORISER / TROMPERIES \u2022 TAURIDES / TRADUISE \u2022 AIMERONS / ROMAINES / MORAINES JEUX 1764 1765 1765 Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre à chaque étape (changement, ajout ou retrait d\u2019une lettre), trouvez les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.Formez une chaîne de mots à partir des trois dernières lettres de chaque mot et à l\u2019aide des définitions.Les noms propres sont permis et les accents peuvent changer.Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite.1765 1.Partage le même maître 2.Pleuvoir mais pas trop 3.Polyester 4.Donner une forme harmonieuse 5.Chapeau souple et plat 6.Gros toutou 7.De vive voix 8.Entaille au visage 9.Frangin 10.Encore plus gros toutou \u2022 ENJEU \u2022 JEUN \u2022 EUNUQUE \u2022 QU\u2019EN-DIRA-T-ON \u2022 TONIC \u2022 NICOTINE \u2022 INESPÉRÉS \u2022 RESSURGIR \u2022 GIROFLE \u2022 FLEUVE VERSE CHÈVRE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R 3. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 F É V R I E R / 2 0 1 9 "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.