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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2019-01-29, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 17 / LE MARDI 29 JANVIER 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM DANSE Chorégraphier John Coltrane Salva Sanchis et Anne Teresa de Keersmaeker réécrivent leur quatuor de 2005, A Love Supreme CATHERINE LALONDE LE DEVOIR S \u2019attaquer en danse au chef-d\u2019œu- vre de John Coltrane, A Love Supreme ?Pour la grande Anne Teresa de Keersmaeker et Salva San- chis, après avoir ensemble travaillé à la chorégraphie Bitches Brew (2003) sur l\u2019album homonyme de Miles Davis, cela allait de soi.Car « à force d\u2019écouter Miles, inévitablement on finit par croiser Coltrane\u2026 », indique M.Sanchis en entrevue.Douze ans plus tard, les coauteurs ont revisité et réécrit la pièce, et la ramènent, cette fois portée par une distribution entièrement masculine.« Je préfère cette version », admet le chorégraphe belge, né en Catalogne.« Peu importe l\u2019intensité qu\u2019on met dans le travail, quelque chose nous échappe quand on est au cœur d\u2019une création, qu\u2019on ne peut voir.Il faut laisser aller.Le temps qui passe donne de la perspective », estime celui qui a aussi signé, seul, Radical Light (2016).La chorégraphie propose un miroir physique de la musique.Chaque danseur incarne un instrument \u2014 l\u2019un le sax, l\u2019autre la basse, etc.(voir encadré).Le mélange entre partition écrite et improvisation se fait de manière similaire en son comme en corps, toujours en relation avec la mélodie.«C\u2019est une combinaison de paramètres très stricts INDEX Avis légaux.A4 Éditorial.A6 Idées.A7 Monde.B1 Décès.B2 Économie.B4 Sports.B6 Météo .B6 Mots croisés.B6 Sudoku .B6 Culture.B7 Grille TV.B7 ACTUALITÉS L\u2019Alliance des professeurs veut réinviter Nadia El-Mabrouk A 3 Au moins 3 personnes ont été tuées et 172 autres blessées quand une tornade a balayé l\u2019est de La Havane pendant la nuit de dimanche à lundi.Des photos mises en ligne par des médias cubains et des résidents montrent des voitures écrasées par des lampadaires et d\u2019autres prisonnières de l\u2019eau à travers la ville.Un météorologue gouvernemental a dit qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une tornade de catégorie F3, accompagnée de vents de 250 km/h à 320 km/h.Selon lui, ce phénomène est inhabituel dans la région de la capitale, où aucune tornade puissante n\u2019avait été vue depuis plusieurs décennies.ADALBERTO ROQUE AGENCE FRANCE-PRESSE La Havane surprise par une tornade mortelle ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR SÉCURITÉ PUBLIQUE Registre des armes : la grogne persiste Seulement 23 % des fusils de chasse ont été enregistrés jusqu\u2019à présent, estime Québec Les changements proposés par la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, n\u2019ont pas eu raison du mouvement actuel d\u2019opposition au registre des armes à feu, en particulier en milieu rural.Seulement une arme sur quatre aurait été enregistrée, estime Québec.« Ce qu\u2019ils ont changé, c\u2019est quand même mineur », note Philip Tétrault, maire de Warden, une municipalité de 364 habitants au nord de Shefford, en Montérégie.« Cet argent-là qu\u2019ils vont dépenser, on devrait mettre ça sur la santé mentale, c\u2019est beaucoup plus là qu\u2019est le problème que sur le fusil en tant que tel.» Le 9 janvier, les élus de Warden ont adopté une résolution pour dénoncer le registre des armes, qui doit entrer en vigueur aujourd\u2019hui.« Un citoyen nous a envoyé un cour- riel pour nous dire que la municipalité de Potton avait fait adopter une résolution là-dessus et il nous demandait de faire la même chose», explique le maire Tétrault.« On l\u2019a mis à l\u2019ordre du jour et les conseillers ont voté pour ça.» À ce jour, 22 municipalités ont fait de même au Bas-Saint-Laurent, en Abitibi, en Estrie, dans Chaudière-Appalaches, dans les Laurentides, sur la Côte-Nord et en Montérégie, en plus des MRC de Pontiac et de Témiscamingue, lesquelles regroupent respectivement 18 et 19 municipalités.«C\u2019est déplorable que ça arrive, Polytechnique puis ces autres places- là, ajoute le maire de Warden.Mais c\u2019est pas parce qu\u2019il y a un registre que VOIR PAGE A 2 : REGISTRE VOIR PAGE A 4 : HUAWEI HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Les doutes ne sont plus permis sur la nature de ce qui est reproché à la dirigeante financière de Huawei, Meng Wanzhou, que le Canada a appréhendée pour les États-Unis et qui en paye depuis le prix politique avec la Chine.Washington a levé le voile lundi sur la liste des 13 accusations pesant contre Mme Meng, l\u2019entreprise qu\u2019elle dirige ainsi que ses entités affiliées.Washington abat ses cartes Le géant chinois Huawei et sa dirigeante financière, Meng Wanzhou, font face à treize accusations criminelles «Les accusations décachetées sont le fruit d\u2019années d\u2019enquête du FBI et de ses partenaires responsables de l\u2019application de la loi», a fait valoir en conférence de presse le directeur du FBI, Christopher Wray.«Dans la poursuite de ses ambitions commerciales, Huawei a eu recours à des pratiques commerciales malhonnêtes qui foulent au pied les principes ayant permis aux entreprises américaines et les États-Unis de prospérer.» On reproche au géant technologique chinois d\u2019avoir menti à propos de ses liens avec une entité affiliée iranienne, Skycom.« Les employés de Huawei auraient dit aux banques que Huawei avait vendu ses intérêts dans Skycom alors que c\u2019était faux.En réalité, Huawei s\u2019était vendu Skycom à elle-même », a renchéri le procureur général des États- Unis, Matthew Whitaker.Ce faisant, les quatre banques qui ont fait affaire avec Huawei ont contrevenu aux sanctions américaines visant l\u2019Iran.M.Whitaker a soutenu que pour une seule banque, les transactions problématiques effectuées au cours des quatre VOIR PAGE A 5 : COLTRANE MONDE Hillary Clinton dans la course présidentielle américaine ?| B 2 A N N E V A N A E R S C H O T Les gens se demandent quand le gouvernement va charger [des taxes] pour les armes qu\u2019ils ont inscrites CLAIRE BOLDUC » ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MARDI 29 JANVIER 2019 Avec l\u2019appui de : INSCRIPTION \u2022 CORIM.QC.CA \u2022 514 340-9622 Louise Lantagne Présidente et chef de la direction, Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) Agilité, créativité et audace dans une industrie culturelle en plein chaos Déjeuner-causerie de la Série Culture présentée par : MARCO FORTIER LE DEVOIR ÉDUCATION Québec veut savoir combien d\u2019enseignants portent des signes religieux choses-là n\u2019arriveront pas.Une arme, on peut en obtenir sur le marché noir, on peut en commander une de l\u2019Ontario qui ne sera pas enregistrée et qu\u2019ils vont nous livrer chez nous.C\u2019est pas le fusil le problème, c\u2019est la personne qui le tient.» Le comté de Potton, en Estrie, avait été le premier à adopter une résolution, le 7 janvier.Le conseiller qui l\u2019a proposée, Bruno Côté, n\u2019a pas non plus été séduit par les assouplissements présentés la semaine dernière par la ministre Guilbault.Jeudi, elle a promis de retirer de la Loi sur l\u2019immatriculation des armes à feu trois irritants administratifs qui étaient dénoncés par la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs du Québec.Or, d\u2019après M.Roy, ces changements ont même accru la colère de certaines personnes.« Ça a juste mis de l\u2019huile sur le feu », dit-il.Le fait d\u2019entendre la ministre leur dire que le gouvernement avait « écouté les gens », pour faire des assouplissements qu\u2019ils considèrent comme des « babioles », dit-il, aurait touché une corde sensible.Il souligne que le premier ministre, François Legault, avait voté pour le registre lors du vote libre sur la loi, l\u2019an dernier.« Arrêtez de nous dire que c\u2019est le registre des libéraux ! » lance-t-il.« La tête de la CAQ voulait le registre et là, on l\u2019impose.C\u2019est ça qui se passe.» « Deux poids, deux mesures » Dans le Témiscamingue aussi, l\u2019insatisfaction perdure.Les récents assouplissements sont « très esthétiques », selon la préfète Claire Bolduc.« C\u2019est clair qu\u2019il y a un malaise et ça va au-delà des chasseurs versus les femmes violentées.Le malaise est aussi en lien avec le territoire ici.C\u2019est un territoire de chasse, un territoire d\u2019agriculture où il y a souvent des loups sur les terrains.Les producteurs d\u2019agneau, par exemple, vont avoir à défendre leurs troupeaux », dit-elle.La MRC du Témiscamingue a, elle aussi, adopté une résolution sur le registre.Or, contrairement à Potton et à Warden, elle ne réclame pas son abolition mais plutôt un moratoire et une consultation élargie sur le sujet.Son libellé demande notamment au gouvernement de considérer « les différences fondamentales entre les milieux ruraux et les milieux urbains en matière de comportements et d\u2019inquiétudes face aux armes à feu ».La préfète, qui elle-même ne chasse pas mais dont le conjoint est un ancien chasseur, explique que la réalité frontalière du Témiscamingue crée une situation de « deux poids, deux mesures ».« Les chasseurs sont limitrophes avec l\u2019Ontario, où il n\u2019y a pas de registre, et il y a beaucoup de pourvoiries.Les Américains, par exemple, arrivent avec leurs propres armes qui ne sont pas enregistrées », mentionne-t-elle.Quand on lui fait remarquer que c\u2019est une réaction très forte, que le registre n\u2019exige au fond qu\u2019une démarche administrative qui n\u2019empêchera personne de pratiquer la chasse ou d\u2019avoir une arme, elle mentionne que les gens craignent également que l\u2019immatriculation mène à l\u2019ajout de taxes.« Les gens se demandent quand le gouvernement va les charger pour les armes qu\u2019ils ont inscrites.» Pas si marginal, selon la FMQ Pendant ce temps sur les réseaux sociaux, le mouvement « Tous contre un registre québécois des armes à feu », dirigé par le militant Guy Morin, enjoint les municipalités et les MRC à le contacter et offre un modèle de résolution anti-registre à télécharger.Parmi les 22 municipalités et les deux MRC qui ont adopté une telle résolution, toutes ne réclament donc pas ouvertement l\u2019abolition du registre.Certaines d\u2019entre elles, comme Baie-Saint- Paul, n\u2019ont pas non plus adopté de résolution à l\u2019unanimité parce que leurs conseillers étaient divisés.Quelle est donc l\u2019importance réelle de ce mouvement quand on sait que le Québec compte pas moins de 1100 municipalités ?Chose certaine, ce n\u2019est pas « marginal », selon le président de la Fédération des municipalités du Québec (FMQ), Jacques Demers.« Au début, on avait l\u2019impression que c\u2019était plutôt une minorité, mais là, ça prend quand même de l\u2019ampleur dans certaines régions et MRC », dit-il.Le sujet a d\u2019ailleurs été abordé lors de la réunion de son exécutif la semaine dernière.« Notre position, c\u2019est de dire aux membres de respecter la loi.En même temps, on demande quand même au gouvernement d\u2019écouter ces régions-là.» Dans ce contexte, le gouvernement de la Coalition avenir Québec pourrait- il faire d\u2019autres ajustements ?« Non », rétorque l\u2019attaché de presse de la ministre Geneviève Guilbault, Jean-François Del Torchio.« On espère que les gens vont continuer à s\u2019enregistrer », dit-il, en soulignant que le ministère a enregistré un nombre record d\u2019armes dans la journée de dimanche.Selon le dernier décompte, 370 264 personnes avaient immatriculé leurs armes, soit 27 905 de plus qu\u2019il y a une semaine et 69 311 de plus que le 6 janvier dernier.Le ministère de la Sécurité publique estime que 23 % des armes ont ainsi été enregistrées, sur un total de 1,6 million d\u2019armes à feu sans restriction immatriculées au Registre canadien des armes à feu avant son abolition en 2012.La rentrée parlementaire s\u2019est amorcée lundi au siège temporaire des Communes, aménagé dans l\u2019édifice de l\u2019ouest du parlement à Ottawa.Bien des députés ont admis devoir recourir aux guides placés à chaque détour pour trouver leur chemin dans le dédale de couloirs et d\u2019escaliers.« Je suis complètement perdu », a lancé en riant le néodémocrate Alexandre Boulerice en s\u2019engouffrant dans la nouvelle Chambre.« Je suis toujours en train de regarder à gauche, à droite, et de me demander si je suis à la bonne place », a admis le libéral David Graham.Le nouveau décor donnera-t-il lieu à des échanges plus musclés ou plus polis ?« Le monde n\u2019a pas changé », a fait remarquer M.Graham.ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Le siège temporaire des Communes Rectificatif La chronique de Jean-Benoît Nadeau intitulée «L\u2019Europe francophone» et publiée lundi en page A 7 attribuait à tort à Jean Dorion la citation suivante : «Faisons l\u2019expérience.Exigeons le français comme critère d\u2019embauche.» Il aurait fallu plutôt lire : «Dans l\u2019annonce de postes, présentons le français comme un \u201c?atout\u201d susceptible de donner des points supplémentaires.» De l\u2019huile jetée sur le feu REGISTRE SUITE DE LA PAGE A 1 Le gouvernement Legault se défend d\u2019avoir demandé aux commissions scolaires de compter les enseignants qui portent des signes religieux dans le but de leur interdire le port de ces symboles dans les écoles.Des hauts fonctionnaires ont demandé de façon informelle à des commissions scolaires si elles connaissent le nombre d\u2019enseignants portant des signes religieux, mais Québec n\u2019a pas l\u2019intention de lancer un grand décompte des croyances des employés de l\u2019État, ont fait valoir lundi des membres influents du gouvernement.« Il y a des commissions scolaires qui ont crié au loup ce matin, mais, dans les faits, on n\u2019a pas demandé de procéder à un grand dénombrement », a dit au Devoir Jean-François Roberge, ministre de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur.On a tout simplement demandé s\u2019ils avaient l\u2019information, s\u2019ils avaient le nombre d\u2019enseignants qui portent des signes religieux.« S\u2019ils l\u2019avaient, on aurait bien aimé avoir l\u2019information, mais s\u2019ils ne l\u2019ont pas, évidemment, ils ne peuvent pas nous dire quelque chose qu\u2019ils ne savent pas.C\u2019est pas plus compliqué que ça », a précisé M.Roberge.Les commissions scolaires, les partis de l\u2019opposition à l\u2019Assemblée nationale et des juristes ont mis en garde le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) contre cette tentative perçue comme visant à amasser de l\u2019information sur les enseignants.Les commissions scolaires ont prévenu qu\u2019elles ne demanderaient « jamais » à leurs employés s\u2019ils portent ou non des signes religieux.Terrain glissant Le gouvernement s\u2019aventurerait en terrain glissant s\u2019il cherchait à dénombrer les enseignants qui affichent des symboles religieux en classe, estime Louis- Philippe Lampron, professeur à la Faculté de droit de l\u2019Université Laval.La Charte des droits et libertés garantit notamment le droit à la vie privée et à la liberté de religion, rappelle-t-il.« Le gouvernement, l\u2019employeur, n\u2019a pas à savoir si je suis croyant ou non croyant », a dit le professeur.Cette controverse illustre la difficulté d\u2019interdire le port de signes religieux à une profession sans uniforme obligatoire, explique Louis-Philippe Lam- pron.La recommandation de la commission Bouchard-Taylor \u2014 interdire les symboles religieux aux agents qui incarnent l\u2019autorité de l\u2019État comme les juges, les policiers ou les procureurs de la Couronne \u2014 est plus simple à appliquer, selon lui : « L\u2019individu qui veut une exemption doit faire valoir ses convictions religieuses.» Le ministre Jean-François Roberge estime que l\u2019interdiction du port de signes religieux chez les enseignants serait plutôt simple à mettre en vigueur.« Si la personne porte un signe, on le voit, c\u2019est tout.Il ne s\u2019agit pas de passer un questionnaire, un formulaire, un sondage.On le voit bien si quelqu\u2019un circule devant nous avec tel ou tel symbole, justement, puisqu\u2019il est visible.Ce n\u2019est pas une question de savoir êtes- vous catholique ou protestant ou juif.» Le cabinet du ministre de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion, Simon Jolin-Barrette, a indiqué que le gouvernement n\u2019a pas déterminé encore s\u2019il étendrait aux enseignants l\u2019interdiction du port de signes religieux.Ni si les employés déjà en poste au moment de l\u2019entrée en vigueur du projet de loi auraient un droit acquis.« Comme [cela a été] mentionné par le premier ministre et le ministre, le gouvernement du Québec est ouvert à la discussion.Nous allons déposer un projet de loi qui reflétera le consensus québécois et qui réglera cet enjeu qui dure déjà depuis trop longtemps », a indiqué au Devoir Marc-André Gosselin, attaché de presse du ministre. ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MARDI 29 JANVIER 2019 Noyer son chien Q uand il était ministre des Finances dans le gouvernement Charest, Yves Séguin avait déjà demandé à son homologue canadien, Ralph Goodale, de confier au Québec la perception de l\u2019impôt fédéral sur le revenu.Il s\u2019était heurté à un mur.Cela lui apparaissait d\u2019une « logique implacable » et il était clair dans son esprit qu\u2019Ottawa s\u2019y opposait pour des raisons d\u2019ordre essentiellement politique.« Le gouvernement fédéral se voit comme l\u2019entité fiscale au Canada, le seul maître d\u2019œuvre », avait-il expliqué dans une entrevue au Devoir.M.Séguin avait de grandes ambitions, héritées de la commission d\u2019enquête qu\u2019il avait présidée sur le déséquilibre fiscal.Il ne voulait pas seulement que le Québec soit le seul collecteur d\u2019impôt sur son territoire, mais aussi que le gouvernement fédéral lui cède l\u2019entièreté des revenus de la TPS.Bien entendu, cela était tout aussi inacceptable aux yeux d\u2019Ottawa.Au printemps dernier, le gouvernement Couillard avait fait mine de reprendre à son compte cette demande, que l\u2019Assemblée nationale avait réitérée à l\u2019unanimité.Carlos Leitão s\u2019était dit prêt à livrer cette « bataille ».À l\u2019approche de l\u2019élection, les libéraux se sentaient obligés de se donner un petit air nationaliste, mais le cœur n\u2019y était pas vraiment.Il est vrai que Jean-François Lisée n\u2019avait rien fait pour les rassurer en déclarant qu\u2019une déclaration de revenus unique gérée par le Québec serait une excellente « bande-annonce pour la souveraineté ».Il aurait voulu s\u2019assurer du refus d\u2019Ottawa qu\u2019il n\u2019aurait pas pu trouver mieux.Si jamais François Legault a réellement cru que Justin Trudeau pourrait accéder à sa demande, il sait maintenant qu\u2019il se trompait lourdement.Il a également compris que la puissante « machine » fédérale n\u2019aura aucun mal à convaincre n\u2019importe quel autre gouvernement que ce serait une très mauvaise idée.Qui veut noyer son chien l\u2019accuse de la rage.Après les pertes d\u2019emplois qui résulteraient d\u2019une déclaration de revenus unique, les précieuses informations dont Ottawa a besoin pour distribuer les prestations aux aînés et aux enfants, on invoque maintenant l\u2019évasion fiscale.Son statut de simple province interdirait au Québec l\u2019accès aux renseignements détenus par les gouvernements étrangers, les États souverains étant seuls habilités à ratifier les traités internationaux.Selon des experts interrogés par Le Devoir, il serait possible de contourner ces difficultés si le gouvernement fédéral désignait officiellement le Québec comme « autorité compétente en matière d\u2019impôt », mais Ottawa s\u2019emploie clairement à trouver des problèmes aux solutions plutôt que l\u2019inverse.Si cela ne suffit pas à discréditer l\u2019idée, on trouvera bien autre chose.La perception de l\u2019impôt fait partie des prérogatives régaliennes auxquelles aucun État souverain n\u2019accepterait de renoncer.D\u2019ailleurs, l\u2019opinion publique au Canada ne le tolérerait sans doute pas, encore moins s\u2019il s\u2019agit d\u2019une demande du Québec.Même si une déclaration unique ne changerait strictement rien au partage des revenus entre les deux ordres de gouvernement, elle pourrait avoir un effet psychologique significatif.À Ottawa, on trouverait sans doute imprudent d\u2019habituer les contribuables québécois à ne payer leurs impôts qu\u2019à Québec.La souveraineté n\u2019est peut-être plus à l\u2019ordre du jour, mais qui peut savoir de quoi l\u2019avenir sera fait ?De toutes les revendications contenues dans le « Nouveau projet pour les nationalistes du Québec », qui tient lieu de politique constitutionnelle au gouvernement Legault, la déclaration de revenus unique était la plus simple à satisfaire.Si cette demande est jugée irrecevable à Ottawa, il y a fort à parier que les autres le seront aussi, qu\u2019il s\u2019agisse des pouvoirs supplémentaires en matière de langue, d\u2019immigration et de culture, du transfert de points d\u2019impôt, de l\u2019encadrement du pouvoir fédéral de dépenser ou simplement de l\u2019abolition de la fonction de lieutenant-gouverneur.En réalité, ce programme n\u2019a pas été conçu pour être réalisé.M.Legault en avait tout simplement assez de se faire constamment reprocher de ne pas avoir de position constitutionnelle.Cela n\u2019a d\u2019ailleurs rien d\u2019exceptionnel : depuis le rejet de l\u2019accord de Charlottetown (1992), les libéraux n\u2019ont jamais pensé un seul instant que leurs propositions pourraient être acceptées.La question constitutionnelle a eu un effet négligeable sur l\u2019élection du 1er octobre dernier.Il est même possible que certains électeurs aient voté pour la CAQ simplement pour entendre parler d\u2019autre chose.M.Legault peut raisonnablement espérer que ce sera la même chose à la prochaine élection et que l\u2019épisode de la déclaration de revenus unique aura été oublié depuis longtemps.Il devra plutôt rendre des comptes sur ses nombreuses promesses en éducation et en santé, en espérant que l\u2019économie tiendra le coup.Dans l\u2019immédiat, il se satisferait volontiers de ce que le gouvernement Trudeau accepte de diminuer temporairement le nombre d\u2019immigrants destinés au Québec dans les catégories qui relèvent de la compétence d\u2019Ottawa.Il ne lui restera qu\u2019à trouver un moyen de se débarrasser du boulet que constitue le test des valeurs.MICHEL DAVID La présence de la conférencière, connue pour ses positions tranchées en faveur de la laïcité, au colloque de l\u2019Alliance qui se déroulera en février, a fait des vagues chez les membres du syndicat.JACQUES NADEAU LE DEVOIR MARCO FORTIER LE DEVOIR La communauté anglophone s\u2019insurge contre la « décision musclée » du ministre de l\u2019Éducation, qui l\u2019oblige à céder une école secondaire de l\u2019ouest de Montréal pour loger des élèves d\u2019écoles francophones qui débordent.Le ministre Jean-François Roberge compte recourir à un pouvoir d\u2019urgence prévu dans la Loi sur l\u2019instruction publique pour forcer la Commission scolaire Lester-B.-Pearson à céder l\u2019école secondaire Riverdale, située à Pierrefonds.Cette école est à moitié vide.Cette décision du ministre permettra de loger 770 élèves francophones de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB), dont les écoles sont surpeuplées.L\u2019Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ) juge « inacceptable » cette méthode, qui « contourne le processus habituel de fermeture d\u2019une école prévue à la Loi sur l\u2019instruction publique ».« Il s\u2019agit d\u2019une atteinte flagrante à l\u2019autonomie locale et aux pouvoirs des commissaires dûment élus de la commission scolaire en matière de gestion et contrôle de notre système scolaire ainsi qu\u2019à nos droits garantis par la Constitution en tant que communauté linguistique en situation minoritaire.C\u2019est inacceptable pour nous», a déclaré le président de l\u2019ACSAQ, Dan Lamoureux.Les deux commissions scolaires de l\u2019ouest de l\u2019île discutent depuis plusieurs mois de solutions pour désengorger les écoles francophones du secteur, rappelle l\u2019ACSAQ.Une fois l\u2019école River- dale cédée, à la rentrée de l\u2019automne 2019, la commission scolaire anglophone aura ainsi libéré 1200 places pour des élèves francophones.Quelque 80 places ont été libérées dès la semaine dernière pour des élèves francophones dans les écoles Riverdale et Lindsay.Situation de crise Le ministre Roberge invite les deux commissions scolaires à poursuivre leurs discussions, car la CSMB « est encore en situation de crise », malgré les efforts consentis par sa voisine anglophone.« C\u2019est possible qu\u2019il y en ait d\u2019autres [écoles à céder] à l\u2019avenir.Je n\u2019ai pas en tête d\u2019autres écoles qui pourraient être cédées, mais il faudra voir s\u2019il y a des écoles presque vides dans un Québec va trop vite, disent les anglophones Le ministre Roberge invoque l\u2019urgence pour accélérer le transfert de l\u2019école Riverdale réseau, alors que tout près il y aurait d\u2019autres écoles qui débordent », a dit le ministre de l\u2019Éducation au Devoir.M.Roberge dit recourir à l\u2019article 477.1.1 de la Loi sur l\u2019instruction publique à cause de l\u2019urgence d\u2019agir pour désengorger les écoles francophones du secteur.« Le rendez-vous à ne pas manquer, c\u2019est la rentrée scolaire de 2019.On n\u2019a pas beaucoup de marge de manœuvre », a-t-il.Les parents anglophones ont le temps d\u2019ici là d\u2019inscrire leurs enfants à d\u2019autres écoles.Il est même possible que les deux commissions scolaires s\u2019entendent avant que le conseil des ministres ne fasse passer le décret forçant la cession de l\u2019école Riverdale \u2014 décret qui est prévu « dans quelques semaines », a indiqué le ministre.L\u2019Association des commissions scolaires anglophones du Québec, qui représente 100 000 élèves répartis dans 340 écoles primaires et secondaires, demande au ministre de reconsidérer sa « décision musclée et superflue ».Pas de dérogation à la loi 101 La Commission scolaire Lester-B.-Pear- son a proposé cinq «solutions potentielles» pour répondre aux besoins des écoles francophones surpeuplées de l\u2019ouest de l\u2019île.L\u2019organisation a par exemple proposé une dérogation à la Charte de la langue française pour scolariser des immigrants dans des écoles anglophones «pour des motifs humanitaires».Une solution inacceptable pour le gouvernement : « Il n\u2019est pas question de déroger à la Charte de la langue française.On a l\u2019intention d\u2019appliquer la loi 101.On pense que la meilleure façon d\u2019accueillir les immigrants et de les franciser, c\u2019est via le réseau francophone.Ça tombe sous le sens », a dit Jean-François Roberge.La perception de l\u2019impôt fait partie des prérogatives régaliennes auxquelles aucun État souverain n\u2019accepterait de renoncer.D\u2019ailleurs, l\u2019opinion publique au Canada ne le tolérerait sans doute pas, encore moins s\u2019il s\u2019agit d\u2019une demande du Québec.MARCO FORTIER LE DEVOIR L\u2019Alliance des professeures et professeurs de Montréal fait volte-face.Piqué au vif par les dénonciations de censure, le syndicat recommande à ses délégués d\u2019inviter de nouveau la professeure Nadia El-Mabrouk à son colloque prévu pour la mi-février, a appris Le Devoir.La présidente de l\u2019Alliance, Catherine Renaud, a convoqué une assemblée extraordinaire des délégués le 4 février pour reconsidérer la décision d\u2019exclure la professeure de l\u2019Université de Montréal.Le conseil d\u2019administration propose de « réintégrer Nadia El-Mabrouk comme conférencière et participante à la table ronde du colloque », indique le message envoyé aux délégués syndicaux lundi en fin de journée.L\u2019Alliance a confirmé au Devoir la convocation d\u2019une assemblée extraordinaire, sans commenter davantage nos informations.«À la suite d\u2019un article de Marco Fortier paru dans Le Devoir et d\u2019une entrevue que j\u2019ai donnée à l\u2019émission de Paul Arcand, vendredi dernier, concernant l\u2019annulation de la conférence de Nadia El-Mabrouk à notre colloque, l\u2019Alliance a reçu de nombreux messages nous accusant notamment de censurer les propos de personnes qui ne partagent pas nos positions, notamment en lien avec la laïcité et le transgenrisme, propos aussi rapportés dans d\u2019autres médias.Devant le flot de commentaires, j\u2019aimerais faire le point », écrit la présidente de l\u2019Alliance à ses délégués.« En raison de cette situation urgente et préoccupante, nous vous interpellons donc à votre tour afin que vous organisiez, cette semaine, une assemblée syndicale dans votre établissement afin de débattre collectivement de ces recommandations.Ces sujets méritent d\u2019être discutés et d\u2019être débattus sainement et respectueusement entre nous, dans nos instances », ajoute Catherine Renaud.Changement de cap Il s\u2019agit d\u2019un revirement majeur pour le syndicat qui représente 34 000 enseignants de la grande région de Montréal.L\u2019Alliance avait d\u2019abord invité Nadia El-Mabrouk à son colloque des 18 et 19 février, qui célébrera le 100ean- niversaire du syndicat.Comme l\u2019a rapporté Le Devoir la semaine dernière, la présence de la conférencière, bien connue pour ses positions tranchées en faveur de la laïcité, a fait des vagues chez les membres du syndicat (qui s\u2019oppose officiellement à l\u2019interdiction du port de signes religieux par les enseignants).À la surprise générale, 24 heures après la publication du programme du colloque, l\u2019assemblée des délégués a voté à la majorité pour « désinviter » la profes- seure de l\u2019Université de Montréal.Sa présence provoquait un « malaise » à cause des sujets « explosifs » qu\u2019elle prévoyait aborder.Appuyée par des enseignants, la pro- fesseure au Département d\u2019informatique de l\u2019UdeM a dénoncé ce qu\u2019elle considère comme de la « censure ».D\u2019autres ont salué le retrait de l\u2019invitation faite à la professeure, surtout à cause de ses positions sur le phénomène trans et sur le cours éthique et culture religieuse (ECR).La professeure a commis un impair impardonnable aux yeux de la communauté trans: dans un texte d\u2019opinion paru dans La Presse +, elle a «mégenré» une personne trans de 14ans qui se considère comme une fille en l\u2019a décrivant comme un garçon.Élyse Bourbeau, déléguée de l\u2019Alliance, a convaincu ses collègues de l\u2019assemblée des délégués de retirer l\u2019invitation à la professeure de l\u2019UdeM.« Ce qu\u2019elle a fait, c\u2019est un acte d\u2019intimidation.Mme El-Mabrouk est profes- seure d\u2019informatique, elle a des opinions sur l\u2019identité des genres, mais elle n\u2019a pas l\u2019expertise pour parler de ça », dit Mme Bourbeau.Nadia El-Mabrouk balaie ces objections et estime avoir la légitimité pour prendre part au débat public.« Une expertise dans un domaine peut se forger de bien des façons, à force de lectures, de réflexions, d\u2019analyses », a-t-elle fait valoir au Devoir.« De plus, s\u2019il n\u2019y avait que les spécialistes d\u2019un domaine précis qui puissent s\u2019exprimer sur un sujet, alors il n\u2019y aurait que les ingénieurs en fracturation hydrologique pour l\u2019exploitation des gaz de schiste ou les ingénieurs des compagnies pétrolières qui pourraient s\u2019exprimer sur la pollution ou l\u2019installation de pipelines ! [\u2026] Le fait d\u2019être professionnellement extérieur à un enjeu social donne d\u2019ailleurs beaucoup plus de liberté pour en parler, sans conflit d\u2019intérêts, loin des paradigmes du moment du milieu académique.Par exemple, les \u201cspécialistes\u201d du cours ECR, ainsi que les facultés de théologie et de sciences religieuses, survivent en grande partie grâce à ce cours.Ce n\u2019est donc pas d\u2019eux qu\u2019on doit s\u2019attendre à une position neutre et objective sur ce cours.» LAÏCITÉ L\u2019Alliance des professeurs veut réinviter Nadia El-Mabrouk LEDEVOIR // LE MARDI 29 JANVIER 2019 ACTUALITÉS A 4 AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES téléphone : 514 985-3452 télécopieur : 514 985-3340 Courriel : avisdev@ledevoir.com AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.AVIS AUX CRÉANCIERS DE LA PREMIÈRE ASSEMBLÉE Dans l\u2019affaire de la faillite de : CLAUDETTE LORTIE AVIS est par les présentes donné que la faillite de Claudette Lortie, domiciliée au 64, rue Thibodeau, Sainte-Agathe-des-Monts, QC J8C 2L9, est survenue le 11 janvier 2019, et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 8 février 2019 à 15h30 au bureau du syndic, au 195, rue Principale Est, Sainte- Agathe, QC.Robert Takash, CIRP, LIT Responsable de l\u2019actif DONNÉ à Montréal, le 28 janvier 2019 1155, boul.René-Lévesque Ouest, 19e étage, Montréal QC H3B 4V2 Tél.: 514 932-4115 Téléc.: 514 932-9195 mnpdettes.ca Des soumissions sont demandées et devront être reçues avant 11 h à la date ci-dessous, au comptoir Accès Ville-Marie situé au 800, boulevard De Mai- sonneuve Est, 17e étage, Montréal H2L 4L8, pour : Appel d\u2019offres : VMP-19-003 Aménagement du parc Des Joyeux-Vikings dans l\u2019arrondissement de Ville-Marie Date d\u2019ouverture : 19 février 2019 Dépôt de garantie : 10% de cautionnement.Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 29 janvier 2019 par le biais du Système électronique d\u2019appel d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec des représentants par téléphone au 1866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site internet www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Renseignements : vm-appeldoffres @ville.montreal.qc.ca Pour être considérée, toute soumission doit être présentée sur les formulaires préparés à cette fin par l\u2019arrondissement de Ville-Marie et placée dans une enveloppe cachetée portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.L\u2019arrondissement de Ville-Marie ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation envers le ou les soumissionnaires.Montréal, 29 janvier 2019 Le Secrétaire d\u2019arrondissement Domenico Zambito, avocat APPEL D\u2019OFFRES PUBLIC AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à : Numéro de dossier Kevin Labelle Ouellet, 8-292, St-Francis, Châteauguay, QC, J6J 1Z2 Mathieu Lévesque, 6405, boul.Laframboise, #5, St-Hyacinthe, J2T 4G8 9020-2177 Québec Inc., 1005, Victor Doré, Beloeil, QC, J3G 0V2 Christian Côté, 1106, avenue Paquette, Saint-Césaire, QC, J0L 1T0 William Arsenault, 525, Larrivée Ouest, #103, St-Hyacinthe, QC, J2S 8C2 Eco Pro-Extermination et Patrick Dumoulin, 79, Onulphe-Peltier, Lavaltrie, QC, J5X 3W9 Chantal La?amme et Jean-Baptiste Léonard, 5670, des Seigneurs Est, St-Hyacinthe,QC, J2R 1N6 Dominic Hogue, 105, Vimy, St-Bruno-de-Montarville, QC J3V 2K9 9216-6644 Québec Inc.(Habitations 3), 212, des Voyageurs, Mont-St-Hilaire, QC, J3H 0H1 Sylvain Frenière, 2145, St-Charles, St-Hyacinthe, QC, J2T 1V3 Annie Lemieux, 450, Impasse Deslandes, La Présentation, QC, J0H 1B0 Multi-Filtres ML Inc., Multi-Pompe R.L.Inc.et Multi-Services Climatisation Chauffage D.R.Inc.206-1310, Gay Lussac, Boucherville, QC, J4B 7G4 750-32-700671-186 750-32-013117-182 750-32-700684-189 750-32-013126-183 750-32-013124-188 750-32-013140-184 750-32-013132-181 750-32-013120-186 750-32-700649-182 750-32-700691-184 750-32-700701-199 750-32-700696-183 de vous présenter au greffe de la Cour du Québec, Division des petites créances, du district Saint-Hyacinthe situé au 1550, Dessaulles, St-Hyacinthe, QC, J2S 2S8 dans les 30 jours a?n de recevoir la demande introductive d\u2019instance en recouvrement d\u2019une petite créance qui y a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l\u2019avis des options qui l\u2019accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié aux termes d\u2019une ordonnance rendue le 22 janvier 2019 par le gref?er dans les dossiers portant les numéros ci-haut mentionnés.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l\u2019exigent.Saint-Hyacinthe, le 22 janvier 2019 (S) Nathalie Lampron, Gref?ère-adjonte de la Cour du Québec 2500, boul.Casavant Ouest, bureau 102, Saint-Hyacinthe, Québec J2S 7R8 T 450 250-0500 F 450 250-0501 langevinsyndic.ca LOUIS LANGEVIN INC.Syndic autorisé en insolvabilité à l\u2019actif de Design Pur Organique inc.Louis Langevin, CPA, CA, CIRP Responsable de l\u2019actif Avis est par les présentes donné que la faillite de Design Pur Organique inc.ayant déjà fait affaires au 1300, rue Mazurette, Montréal, Québec H4H 1H2, a déposé un avis d\u2019intention de faire une proposition le 26 avril 2018 et une proposition le 26 octobre 2018.Lors de la troisième remise de l\u2019assemblée générale des créanciers tenue le 16 janvier 2019, les créanciers ont refusé d\u2019accepter la proposition.Design Pur Organique incest réputée avoir fait cession de ses biens le 16 janvier 2019 et que la première assemblée des créanciers a été tenue le 16 janvier 2019 à 15 h 45 au bureau du syndic, 5600, rue Hochelaga, bureau 200, Montréal, Québec H1N 3L7.Fait à Saint-Hyacinthe, le 21 janvier 2019.Loi sur la faillite et l\u2019insolvabilité Avis de la première assemblée des créanciers Dans l\u2019affaire de la faillite de : DESIGN PUR ORGANIQUE INC.Louis Langevin inc.Syndic autorisé en insolvabilité AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE ( C.c.Q., art.795) Prenez avis que Thérèse LÉTOURNEAU, en son vivant domiciliée au 40, rue Lévis en la ville de Longueuil, province de Québec, J4H 1S5, est décédée à Longueuil, le 26 décembre 2018.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés, au 23, avenue Hébert à Candiac, province de Québec, J5R 2S3.Donné ce 25 janvier 2019.Jean VAILLANCOURT, liquidateur.AVIS DE CLOTURE D'INVENTAIRE Avis est par les présentes donné qu'à la suite du décès de Denise Laberge, survenu le 29 septembre 2018, à Montréal, province de Québec, un inventaire des biens de la défunte a été fait par la liquidatrice Claude Laberge aux termes d'un acte reçu devant Me Christine Lacombe, notaire, le 25 janvier 2019, sous le numéro 20521 de ses minutes.Denise Laber- ge était en son vivant infirmière - ostéopathe et domiciliée au 12-1380 Avenue Bernard Ouest, Outremont, province de Québec, Canada, H2V 1W2.Cet inventaire peut être consulté par les intéressés à l'adresse suivante : Me Christine Lacombe, notaire 405-15, rue Gamelin Gatineau (Québec) J8Y 6N5 819-205-9800 poste 221 clacombe@llassocies.ca DONNÉ A GATINEAU, PROVINCE DE QUÉBEC, CANADA, CE 25 JANVIER 2019 CLAUDE LABERGE LIQUIDATRICE A LA SUCCESSION DE DENISE LABERGE AVIS D'INVENTAIRE Avis est par les présentes donné qu'à la suite du décès de Thérèse Robinson, de son vivant retraitée, domiciliée au 1725 boulevard Gouin Est, Montréal, Québec, H2L 3H6 et survenu le vingt-deux (22) janvier deux mille dix-neuf (2019), un inventaire des biens de la défunte a été fait par les liquidateurs désignés à la succession, madame Céline Camirand et Pierre Camirand, devant Me Chantale Truchon, notaire, et peut être consulté par les intéressés à son bureau situé au 105-348 boulevard Curé- Labelle, Laval, Québec, H7P 2P1.Donné ce 25 janvier 2018 Me Chantale Truchon, notaire CANADA PROVINCE DE QUÉBEC COUR SUPÉRIEURE DISTRICT DE JOLIETTE No : 705-17-008585-182 LA BANQUE TORONTO- DOMINION Demandresse c.ANNIE BOUCHARD Défenderesse Avis public de notification (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à Annie Bouchard de vous présenter au greffe de la Cour supérieure du district judiciaire de Joliette, situé au 200, rue Saint-Marc à Joliette, Québec, J6E 8C2 afin de prendre connaissance du présent préavis d'exercice d'un droit hypothécaire.À défaut d'y remédier, la deman- deresse exercera son droit de vendre l'immeuble sous contrôle de justice.Le présent avis est publié aux termes d'une ordonnance rendue le 23 janvier 2019 par le Greffier adjoint de la Cour supérieure du district de Joliette dans le dossier numéro no 705-17-008585-182.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Repentigny, le 25 janvier 2019 Me Claude Savoie, Ad.E.avocat Avocat de la créancière HÉBERT & ASSOCIÉS, NOTAIRES Avis d'inventaire Avis est par les présentes donné, qu'à la suite du décès de Denis LEGRIS, en son vivant domicilié au 150, rue Roméo-Gaudreault, appartement 210, St-Charles- Borromée, Québec, J6E 0W1, survenu le 1er août 2018, un inventaire des biens du défunt a été fait par le liquidateur successorale, Mme Diane LEGRIS, le 25 janvier 2019, devant Me Sonia BERLATIE, notaire, conformément à la loi.Cet inventaire peut être consulté par les personnes ayant un intérêt dans cette succession, à l'étude de Me Sonia BERLATIE, notaire sise au 10, boulevard Brien, bureau 100, Repenti- gny (Québec) J6A 4R7.Donné ce 25 janvier 2019.Me Sonia BERLATIE, notaire AVIS AUX CRÉANCIERS DE LA PREMIÈRE ASSEMBLÉE Dans l'affaire de la faillite de Solutions Vulcan Wise Inc.Avis est par les présentes donné que la faillite de Solutions Vulcan Wise Incest survenue le 25 janvier 2019, et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 14 février, 2019 à 11h00, au bureau du syndic, 210-5000 Jean-Talon Ouest, Montréal, Québec.DEVLETIAN & ASSOCIÉS INC.Syndic autorisé en insolvabilité Jerry J.Devletian CPA, CA, CIRP, SAI 210-5000 Jean-Talon O., Montréal Québec H4P 1W9 Téléphone: (514) 777-8888 POUR NOUS JOINDRE avisdev@ledevoir.com Tél.: 514-985-3344 // Fax : 514-985-3340 www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services-et-annonces/appels-d-offres HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 16 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 16 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres Appel d\u2019offres Service des infrastructures du réseau routier Direction des infrastructures Appel d\u2019offres # 409511 Travaux d\u2019égout, de conduite d\u2019eau, de voirie et de feux de circulation dans la rue Berri, de la rue Roy à l\u2019avenue Duluth et dans l\u2019avenue Laval, de la rue du Square Saint-Louis à la rue Roy L\u2019ouverture de la soumission prévue pour le 31 janvier 2019 est reportée au 5 février 2019 à 13h30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019Hôtel de ville.Fait à Montréal, le 29 janvier 2019 Le gref?er de la Ville, Yves Saindon, avocat dernières années totalisaient 100 millions de dollars.Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a insisté sur le fait qu\u2019il n\u2019existait aucun motif politique derrière l\u2019affaire.«Ces accusations constituent des actions d\u2019application de la loi et sont totalement distinctes de nos négociations commerciales avec la Chine.» Néanmoins, le directeur du FBI n\u2019a pas manqué de souligner qu\u2019il était risqué de laisser s\u2019incruster aux États- Unis des entreprises aussi fortement infiltrées par des gouvernements de pays ne partageant pas les mêmes valeurs.«L\u2019influence immense qu\u2019a le gouvernement chinois sur des sociétés comme Huawei représente une menace [à la sécurité et à la prospérité des États- Unis]», a dit M.Wray.Permettre à Hua- wei d\u2019accéder au réseau de télécommunications 5G (ce que le Canada n\u2019a pas encore exclu) « donnerait à un gouvernement étranger la capacité de modifier avec malveillance ou de voler des informations, de mener des opérations d\u2019espionnage qui ne seraient pas détectées ou d\u2019exercer des pressions ou du contrôle ».Meng Wanzhou a été arrêtée le 1er décembre par le Canada à la demande des États-Unis qui réclament son extradition.Depuis, les relations diplomatiques entre Ottawa et Pékin sont extrêmement tendues : deux Canadiens ont été arrêtés en Chine, ce que le Canada considère comme des arrestations arbitraires, et un troisième a vu sa peine de 15 ans d\u2019emprisonnement pour trafic de stupéfiants être mutée en peine de mort.Le premier ministre Justin Trudeau a également qualifié cette peine d\u2019arbitraire.La Chine reproche au Canada d\u2019être le valet des États-Unis dans cette affaire et de se laisser manipuler dans un jeu purement politique.Lorsque l\u2019ambassadeur canadien en Chine, John McCallum, a tenté de rassurer un auditoire chinois en faisant valoir que Mme Weng disposait de puissants arguments pour bâtir sa défense, il s\u2019est fait critiquer par les commentateurs canadiens.Lorsqu\u2019il en a remis deux jours plus tard en soutenant que ce « serait bien » si les États-Unis abandonnaient leur demande d\u2019extradition et concluaient une entente avec la Chine, comportant une clause concernant les deux Canadiens emprisonnés, M.Trudeau a demandé et obtenu sa démission.Les responsables américains ayant pris part à la conférence de presse lundi ont pris acte de la collaboration canadienne.«Nous sommes profondément reconnaissants envers le gouvernement du Canada pour son aide et son engagement sans faille envers la règle de droit», a déclaré le procureur général.En coulisses à Ottawa, on souligne «l\u2019importance » de ce commentaire.Les États-Unis ont jusqu\u2019à mercredi, le 30 janvier, pour déposer leurs documents et ainsi faire en sorte que le processus d\u2019extradition suive son cours.Plus tôt dans la journée, le ministre canadien de la Justice, David Lametti, a refusé de commenter l\u2019échéance qui approche, se bornant à rappeler que le Canada a « des obligations en vertu du traité» d\u2019extradition avec les États-Unis et qu\u2019il allait les honorer.Mme Meng a été relâchée à la mi-décembre à Vancouver moyennant une caution de 10 millions de dollars.Elle est soumise à un couvre-feu.Pas d\u2019envoyé spécial La ministre des Affaires mondiales, Chrystia Freeland, n\u2019a pas parlé à son homologue chinois depuis longtemps.Tout au plus a-t-elle discuté « plusieurs fois » avec l\u2019ambassadeur de la Chine en poste au Canada, depuis l\u2019arrestation de Mme Meng.Aucune conversation à propos de cette situation n\u2019a eu lieu sur le plan politique.Le NPD estime qu\u2019il est temps de passer au niveau supérieur.Il faudrait que la ministre Freeland appelle son homologue et que le premier ministre fasse de même, soutient Hélène Laver- dière.« On nous dit tout le temps que M.Trudeau est l\u2019arme ultime [à ne pas utiliser trop tôt dans le processus], mais ce que je ne comprends pas très bien, c\u2019est pourquoi M.Trudeau ne pourrait pas parler aux autorités chinoises à plusieurs reprises.» Mme Laverdière estime, comme d\u2019autres l\u2019ont suggéré, que le Canada devrait dépêcher en Chine un envoyé spécial, « quelqu\u2019un qui est à un niveau assez élevé pour pouvoir prendre le téléphone et appeler le bureau du premier ministre ».En coulisses, on indique que ce scénario n\u2019est pas étudié pour l\u2019instant.La ministre Freeland a expliqué que la démission de M.McCallum était devenue inévitable parce qu\u2019il s\u2019était placé en situation « intenable » en contredisant le gouvernement.Le chef conservateur, Andrew Scheer, a reproché au gouvernement de ne pas l\u2019avoir congédié plus tôt.Les États-Unis ont par ailleurs annoncé lundi une série de 10 autres accusations visant des entités affiliées à Huawei, concernant cette fois avec le vol de secrets commerciaux.JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR MONTRÉAL Des prix gonflés pour agrandir la bibliothèque de Pierrefonds Des sous-traitants étaient obligés de verser une cotisation à un entrepreneur de la Ville, affirme l\u2019inspectrice générale Manipuler un sous- entrepreneur à verser une \u201ccote\u201d pour pouvoir œuvrer dans un projet est déjà inadmissible en soi BRIGITTE BISHOP » La sécurité nationale menacée, dit Washington HUAWEI SUITE DE LA PAGE A 1 L\u2019entrepreneur qui a obtenu le contrat d\u2019agrandissement de la bibliothèque de Pierrefonds a imposé à ses sous- traitants une cotisation de 5 à 15 % chaque fois qu\u2019une directive de changement (ou « extra ») était donnée, a découvert le Bureau de l\u2019inspecteur général (BIG).Le BIG entend transmettre ce dossier à l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC) et à l\u2019Autorité des marchés publics (AMP).Au printemps 2017, l\u2019entreprise Les Constructions Lavacon inc.avait décroché le contrat de 20,4 millions pour l\u2019agrandissement et le réaménage- ment de la bibliothèque de Pierrefonds.Les travaux se sont terminés l\u2019automne dernier.Une trentaine de sous-traitants ont travaillé sur ce projet sous la responsabilité de Lavacon et le BIG en a rencontré dix.Dans le cadre de son enquête, le BIG a constaté que Lavacon exigeait de ses sous-traitants qu\u2019ils prennent l\u2019engagement de lui accorder un rabais (« cote ») de 5 à 15 % chaque fois que des travaux étaient ajoutés au contrat initial.Les sous-traitants envoyaient une soumission à Lavacon, qui leur retournait un bon de commande amputé de la part convenue pour le rabais.Par la suite, Lavacon présentait la facture à la Ville.À titre d\u2019exemple, selon ce que rapporte le BIG, un sous-traitant a fait parvenir à Lavacon une estimation totalisant 13 500 $ pour les travaux requis.Le même jour, Lavacon a soumis à la Ville l\u2019estimation du sous-traitant en ajoutant 12 % de « frais d\u2019administration » au nom de celui-ci pour un total de 15 120 $.Plusieurs des sous-traitants interrogés dans le cadre de cette enquête du BIG ont ainsi admis avoir haussé le prix de leurs estimations afin de tenir compte du rabais.Rencontré par le BIG, le président de Lavacon, Luigi Pallotta, a soutenu que les ententes avec les sous-traitants avaient été conclues de façon volontaire.Manœuvre frauduleuse Le BIG réfute ces affirmations.« Manipuler un sous-entrepreneur à verser une \u201ccote\u201d pour pouvoir œuvrer dans un projet est déjà inadmissible en soi », a écrit l\u2019inspectrice générale Me Brigitte Bishop dans son rapport déposé lundi au conseil municipal.« Les actes de Lavacon ont privé la Ville de Montréal d\u2019obtenir le juste prix.» Les gestes commis par Lavacon constituent une «manœuvre frauduleuse» en vertu du Règlement de gestion contractuelle, souligne Me Bishop en recommandant que l\u2019entreprise soit inscrite dans le Registre des personnes inadmissibles et qu\u2019elle ne puisse obtenir de contrats pour une période de cinq ans.L\u2019inspectrice prône l\u2019adoption de mesures de contrôle supplémentaires dans l\u2019appareil municipal et presse la Ville de mieux outiller ses employés afin qu\u2019ils puissent contrer de tels stratagèmes.Lavacon a répliqué par voie de communiqué en fin d\u2019après-midi lundi et a rejeté les reproches qui lui sont faits.« Le contrat auquel on fait référence n\u2019a aucunement fait l\u2019objet de prix gonflés puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un contrat obtenu et exécuté selon un prix forfaitaire convenu et pour lesquels les suppléments octroyés l\u2019ont été également conformément aux prix forfaitaires négociés », a soutenu l\u2019entreprise, qui compte consulter ses conseillers juridiques et «prendre tous les moyens à sa disposition pour faire valoir ses droits».De son côté, l\u2019administration de Valérie Plante promet de sévir.« C\u2019est exactement le type de comportement qu\u2019on ne veut plus à Montréal », a expliqué la mairesse.« On va mettre en place des moyens de réprimander ou du moins punir cet entrepreneur-là.C\u2019est tout fait inacceptable de voler l\u2019argent des Montréalais comme ça.» Mme Plante a toutefois admis qu\u2019il pourrait être difficile de récupérer l\u2019argent que la Ville aurait payé en trop puisque les travaux à la bibliothèque de Pierrefonds sont terminés.Rencontré par le BIG, le président de Lavacon, Luigi Pallotta, a soutenu que les ententes avec les sous-traitants avaient été conclues de façon volontaire LEDEVOIR // LE MARDI 29 JANVIER 2019 ACTUALITÉS A 5 Une version plus près de la musique et d\u2019une très grande liberté, qui doivent être tenus en même temps.Ce qui est aussi notre façon de comprendre cette musique », précise M.Sanchis.Comment, en 2005, s\u2019était passée la collaboration avec la grande dame belge de la danse qu\u2019est Mme de Keersmaeker (Rain, Once, En attendant, Cesena, etc.) ?« C\u2019est un acte délicat.Toute collaboration est excitante parce qu\u2019elle est aussi dangereuse ; ce que tu peux créer avec quelqu\u2019un d\u2019autre, tu ne peux le faire seul, mais il y a toujours des points de divergence.Ce qui fonctionnait très bien pour Anne Teresa et moi, c\u2019était une division claire des tâches.Elle était responsable des patrons spatiaux, des éléments scénogra- phiques \u2014 de la lumière aux costumes.J\u2019avais de mon côté à générer le vocabulaire et le mouvement, et les stratégies d\u2019improvisation.Ça semble très clivé, mais en avançant, tout devient dialogue \u2014 et nous aimons nous laisser l\u2019un l\u2019autre de l\u2019espace.» La nouvelle version d\u2019A Love Supreme est une réelle réécriture, la chorégraphie ayant subi plusieurs métamorphoses.Des séquences de mouvements ont changé.Les costumes et l\u2019environnement sont passés du tout blanc au tout noir.La pièce a été allongée de 15 minutes.Pourquoi ce besoin d\u2019ajouter de la durée ?Sourire au bout du fil.« C\u2019est un facteur éco- nomico-culturel.En Europe, une chorégraphie de 35 minutes est trop courte, peu importe sa valeur.C\u2019est une réalité, peu importe la force de l\u2019expérience proposée.Nous voulions qu\u2019A Love Supreme se tienne seule, pas en programme double.Alors, nous avons ajouté un début silencieux, qui prépare très bien pour la suite.» La distribution, qui était mixte, est devenue entièrement masculine.« Ça n\u2019a pas été une décision, relève le cochoré- graphe, c\u2019est apparu aux auditions.Étrangement, les danseurs qui s\u2019intéressaient à ces rôles étaient à 80 % des hommes.Nous avons décidé de suivre ça.Ce que ce changement produit, c\u2019est que toute connotation ou lecture d\u2019une possible relation romantique hétérosexuelle a été complètement effacée.Et ce qui reste est beaucoup plus près de la musique même ; plus près de la spiritualité, plus près d\u2019un amour spirituel que romantique ».Une spiritualité qui a été abordée en création en s\u2019inspirant \u2014 largement, pas littéralement du tout, précise M.Sanchis \u2014 de peintures de la Renaissance, particulièrement celles abordant la descente de la croix de Jésus et la Passion.Et physiquement par la verticalité, la conscience du ciel et de l\u2019espace supérieur, par une physicalité assez forte pour entraîner peut-être une extase, et une recherche d\u2019abandon chez les interprètes.« Cette deuxième version reste plus près de la musique ; chorégraphiquement, elle est plus complète et plus sophistiquée », estime Salva Sanchis.À écouter autant qu\u2019à voir, donc.A Love Supreme Chorégraphie de Salva Sanchis et Anne Teresa de Keersmae- ker.Avec José Paulo dos Santos, Bilal El Had, Jason Respilieux, Thomas Vantuycom.Présenté par Danse Danse, à la Place des Arts, du 29 janvier au 2 février.COLTRANE SUITE DE LA PAGE A 1 L\u2019ex-premier ministre Philippe Couillard alors qu\u2019il était en fonction dans son bureau de l\u2019édifice Honoré-Mercier en août dernier CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Moins de 15 jours après avoir perdu le pouvoir, Philippe Couillard a discrètement aménagé un espace de travail, rompant avec la tradition établie par ses prédécesseurs.Contrairement à eux, il a choisi Québec pour abriter son bureau d\u2019ex-premier ministre.Et, de gré ou de force, le Félicinois a opté pour la simplicité.En vertu de la Loi concernant les services dont bénéficie un ancien premier ministre, M.Couillard dispose d\u2019un bureau d\u2019une superficie utilisable d\u2019au plus 100 mètres carrés dans un des immeubles gérés par la Société québécoise des infrastructures (SQI).« Le bureau [de M.Couillard] est occupé depuis le 1er novembre 2018 », indique le ministère du Conseil exécutif (MCE).Au lendemain de sa défaite, Jean Charest avait pour sa part établi ses quartiers au 42e étage du plus haut gratte-ciel de Montréal, soit le 1000, De La Gauchetière.Il s\u2019agit d\u2019une « adresse de prestige » où « le succès [est] écrit dans le ciel », peut-on lire sur le site Web de la tour.Loyer : 8000 $ par mois.Sa successeure, Pauline Marois, avait quant à elle élu domicile dans un bâtiment patrimonial du Vieux-Montréal communément appelé le siège social de la Banque Royale.Loyer : 4000 $ par mois.Transition Le MCE refuse net de dévoiler les adresses physique et électronique du bureau de M.Couillard.« L\u2019emplacement du bureau est confidentiel, pour des motifs de sécurité », indique le responsable des relations avec les médias du MCE, Jean Auclair.Le MCE, qui est le ministère du premier ministre, s\u2019abstient aussi de communiquer le numéro de téléphone ou encore l\u2019adresse électronique du bureau de son ancien patron.« Si toutefois vous souhaitez communiquer avec M.Couillard, nous pourrions lui transmettre votre requête », mentionne poliment M.Auclair.Aux manettes de l\u2019État pendant quatre ans et demi, M.Couillard dispose, en plus d\u2019un espace de travail meublé aux frais de l\u2019État, d\u2019une protection et d\u2019un soutien administratif pendant deux ans.Il peut employer une ou deux personnes de son choix, dont la rémunération annuelle est plafonnée.Le 31e premier ministre du Québec a effectué des dépenses remboursées par l\u2019État totalisant quelque 12 300 $ en date du 4 janvier dernier, selon un document obtenu par Le Devoir en vertu de la Loi d\u2019accès aux documents publics.Le ministère du Conseil exécutif a notamment réglé une note de 3196,95 $ d\u2019Ameublements Tanguay et une autre de 2489,89 $ de Fournitures de bureau Denis.M.Couillard a offert ses meilleurs vœux de bonheur à des proches et des connaissances en leur transmettant une carte de Noël.Une dépense de plus de 2000 $ assumée par l\u2019État québécois.Selon la Loi, ces allocations visent à lui « assurer une transition suivant la cessation de ses anciennes fonctions à ce titre et de lui permettre de répondre aux demandes liées à celles-ci, notamment à des fins éducatives, sociales, documentaires ou historiques ».« [Ces services] ne peuvent être utilisés à des fins personnelles, professionnelles ou partisanes », stipule la Loi concernant les services dont bénéficie un ancien premier ministre.L\u2019ex-premier ministre dispose d\u2019une boîte vocale dont le message d\u2019absence a été enregistré dans les deux langues officielles du Canada ; d\u2019abord en français, puis en anglais, a constaté Le Devoir.Avec Dave Noël Les adresses de Philippe Couillard gardées secrètes Le MCE refuse de dévoiler les adresses physique et électronique du nouveau bureau de l\u2019ex-premier ministre pour des motifs de sécurité Une même adresse Le projet de regrouper à la même adresse à Montréal le bureau de l\u2019actuel premier ministre ainsi que ceux de ses prédécesseurs par souci d\u2019économie a été mis en veilleuse en raison de l\u2019ampleur des travaux de rénovation à réaliser sur le site projeté : celui de l\u2019édifice Gérald-Godin.Des « travaux de restauration », de « mise aux normes » sont nécessaires dans l\u2019édifice patrimonial de la rue McGill.« Il n\u2019y a aucun déménagement du bureau du premier ministre prévu », indique le porte-parole de la SQI, Martin Roy.À l\u2019ONU Philippe Couillard convoite le poste de directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l\u2019environnement (ONU Environnement), a révélé La Presse lundi.Avec l\u2019appui du gouvernement Legault, la diplomatie canadienne s\u2019est rangée derrière sa candidature.L\u2019ONU Environnement promeut des partenariats entre nations permettant « aux peuples d\u2019améliorer leur qualité de vie sans compromettre celle des générations futures ».La distribution, qui était mixte, est devenue entièrement masculine.« Ça n\u2019a pas été une décision, relève le cochorégraphe Salva Sanchis, c\u2019est apparu aux auditions.» ANNE VAN AERSCHOT Coltrane et son disque synthèse Ce qui était au départ un disque de 34 minutes est devenu un mythe, une œuvre phare de la culture américaine, un jalon fondamental de l\u2019histoire du jazz \u2014 et aussi le socle sur lequel s\u2019appuie la ferveur des fidèles de la Saint John Coltrane Church, une église de San Francisco consacrée au pouvoir spirituel de la musique du légendaire saxophoniste décédé en 1967.Cela pour dire l\u2019importance d\u2019A Love Supreme, 54 ans après sa parution.Enregistré avec Elvin Jones à la batterie, Jimmy Garrison à la contrebasse et McCoy Tyner au piano, cette suite divisée en quatre mouvements synthétise chez Coltrane toute une vie de recherche musicale et spirituelle.La forme est à la fois structurée et improvisée, les thèmes sont complexes et limpides.Le quartet joue un jazz modal (introduit par Miles Davis avec Kind of Blue en 1959, c\u2019est essentiellement une façon de jouer avec des gammes autres que les majeures et mineures classiques, ce qui donne une palette de couleurs plus vaste), mais qui annonce déjà l\u2019attrait du free jazz chez Coltrane.Il y plongera pleinement après ce disque pivot, encore résolument moderne \u2014 et profondément puissant.Guillaume Bourgault-Côté LEDEVOIR // LE MARDI 29 JANVIER 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin e gouvernement Trudeau s\u2019oppose à l\u2019instauration d\u2019une déclaration de revenus unique qui serait administrée par Québec, même si le gouvernement Legault lui a transmis une demande formelle en ce sens.Mais voilà qu\u2019après l\u2019enjeu des pertes d\u2019emplois, Ottawa soulève, pour justifier son refus, un argument technique lié à l\u2019évasion fiscale internationale.Le Devoir nous apprenait lundi que le gouvernement Trudeau estime que le Québec ne peut pas mener efficacement la lutte contre l\u2019évasion fiscale parce qu\u2019il n\u2019a pas accès aux renseignements financiers en provenance de l\u2019étranger.Le Canada a signé 30 accords d\u2019échange de renseignements avec d\u2019autres pays ainsi que 93 conventions internationales et seuls trois de ces traités \u2014 signés avec les États-Unis, le Royaume-Uni et l\u2019Allemagne \u2014 permettent formellement au Canada de transmettre les informations reçues aux provinces.D\u2019une façon générale, seul le gouvernement canadien, par l\u2019entremise de l\u2019Agence du revenu du Canada (ARC), peut réclamer des renseignements au sujet de ses ressortissants en vertu de ces accords.Et seuls des pays souverains peuvent ratifier des traités internationaux, a-t-on rappelé.Les fiscalistes interrogés estiment que ces embûches techniques ne représentent pas d\u2019obstacles insurmontables.Mais si, d\u2019aventure, le gouvernement Legault parvenait à obtenir ce qu\u2019il veut, on doit supposer que l\u2019ARC conserverait d\u2019importantes responsabilités quant à l\u2019évasion fiscale imputable à des contribuables québécois.Dans un document intitulé Paradis fiscaux : plan d\u2019action pour assurer l\u2019équité fiscale et commandé en 2017 par le ministre des Finances, Carlos Leitão, le ministère des Finances, avouant son impuissance, avait conclu que le Québec dépendait largement d\u2019Ottawa en la matière.Ce document donnait suite au rapport de la Commission des finances publiques qui avait formulé 38 recommandations pour contrer les stratagèmes fiscaux internationaux, qui entraînent des pertes fiscales de 700 millions par an pour l\u2019État québécois.Le ministère des Finances jugeait que la plupart de ces recommandations étaient inapplicables.Il faut dire qu\u2019après les révélations des Panama Papers et des Bahamas Leaks, dans lesquels figuraient les noms de contribuables canadiens, le travail de l\u2019ARC, qui a constitué une équipe de 600 personnes pour débusquer les fraudes fiscales, notamment celles qui s\u2019appuient sur des comptes à l\u2019étranger, n\u2019a pas conduit à des résultats notables.Mais, selon le directeur de la division des enquêtes criminelles de l\u2019ARC, Stéphane Bonin, cité par Le Journal de Montréal, des perquisitions, accusations et condamnations s\u2019en viennent.Au-delà de ces difficultés d\u2019ordre administratif, l\u2019instauration souhaitable d\u2019une déclaration de revenus unique, gérée par Québec, apparaît fort incertaine.Si le gouvernement Trudeau est réélu, la revendication du gouvernement Legault restera lettre morte.De leur côté, les conservateurs d\u2019Andrew Sheer ont promis de répondre favorablement à cette requête.Mais, à l\u2019instar du Nouveau Parti démocratique, qui, après avoir appuyé cette déclaration de revenus unique, s\u2019est dédit, un gouvernement conservateur sera confronté, lui aussi, à l\u2019épineuse question des emplois.Quelque 5300 personnes travaillent à l\u2019ARC au Québec, dont 1600 à Shawinigan et 1000 à Jonquière, et nombre de ces employés sont affectés à des tâches qui touchent l\u2019ensemble du Canada.L\u2019ironie de la chose, c\u2019est que, si on suit jusqu\u2019au bout le raisonnement du gouvernement Trudeau relatif à l\u2019évasion fiscale, la seule façon pour le Québec de gérer une déclaration de revenus unique, c\u2019est de faire l\u2019indépendance puisque, comme on le souligne, seuls les pays souverains peuvent signer des traités internationaux.Pierre Fortin Professeur émérite d\u2019économie, ESG-UQAM Le professeur Gilles Paquet, de l\u2019Université d\u2019Ottawa, vient de nous quitter pour toujours.La mort de ce scientifique contestataire laisse un grand vide parmi tous les collègues en sciences humaines qui l\u2019ont côtoyé depuis 60 ans.Ma peine de le perdre est grande.Ayant lu à un tout jeune âge l\u2019Histoire économique et sociale du Québec 1760-1850 de Fernand Ouellet, j\u2019ai adhéré au départ à l\u2019image que les littérateurs de son époque ont construite de la société canadienne-française d\u2019autrefois : un peuple empêtré dans une irrationalité aveugle et un conservatisme indécrottable, qu\u2019il fallait sortir au plus tôt de son état d\u2019arriération économique et sociale.Cependant, dans les années 1970, les travaux de Gilles Paquet et de son inséparable collègue Jean-Pierre Wallot, colligés dans leur livre récent Un Québec moderne 1760-1840, m\u2019ont fait découvrir que les habitants canadiens-français n\u2019étaient pas exactement la bande d\u2019arriérés qu\u2019on avait dit.Ces gens avaient des raisons de faire ce qu\u2019ils faisaient.Le devoir des chercheurs était de comprendre cette rationalité avant de juger.Paquet et Wallot ont établi que les habitants maximisaient astucieusement le rendement économique sous les contraintes institutionnelles et géotechniques auxquelles ils étaient confrontés.De plus, ils ont démontré que les Canadiens français ont commencé à entrer dans la modernité dès la fin du XVIIIe siècle, passant de la trappe et de l\u2019agriculture au capitalisme commercial, puis industriel, et luttant pour accéder au parlementarisme responsable.Gilles Paquet et Wallot ont fait la preuve qu\u2019en histoire, comme dans les autres sciences humaines, la minutie quantitative est payante, pourvu que la longue et pénible identification de chacun des arbres ne finisse pas par faire perdre de vue la forêt et sa trame événementielle.J\u2019ai ensuite appris à connaître plus personnellement cet admirable contestataire qu\u2019était Gilles Paquet.Les chercheurs qui font avancer les choses ne sont pas les suivistes qui ajoutent des points- virgules à l\u2019orthodoxie dominante, mais plutôt les contestataires qui, comme lui, mettent en question des pans de l\u2019ordre intellectuel reçu.Son analyse de l\u2019arriération économique présumée des Canadiens français ressort tout particulièrement.Non seulement elle a rejeté la pensée conventionnelle des bien-pensants de l\u2019époque, mais elle a proposé une interprétation alternative cohérente.Capital communautaire Sur le sujet de la croissance économique du Québec au XXe siècle, Paquet s\u2019est surtout appliqué à comprendre la politique économique de Maurice Duplessis et de Jean Lesage.Son pamphlet Oublier la Révolution tranquille n\u2019a pas été tendre pour les artisans et les profiteurs de cette révolution.La thèse qui s\u2019y trouve avancée est qu\u2019en pratiquant la coupe à blanc dans les institutions traditionnelles du Québec, ces gens bien intentionnés ont malheureusement saccagé une partie du capital communautaire que nous avions accumulé depuis deux siècles.Même si ce brûlot n\u2019a pas la solidité du travail scientifique que Paquet a accompli avec Wallot sur la période 1760-1840, il contient néanmoins un élément de vérité sur lequel nous nous devons de réfléchir.Au Canada, Paquet est l\u2019un des premiers économistes à avoir promu l\u2019économie behaviorale, laquelle vise à intégrer en économie les découvertes de la psychologie et de la sociologie.Son insistance sur le rôle économique fondamental de l\u2019identité, des institutions et du capital social a été précoce.Il n\u2019a pas attendu les grands économistes et sociologues contemporains pour le mettre en lumière.Paquet a ardemment défendu l\u2019insertion de l\u2019intellectuel dans la vie publique.En ce domaine, il a montré la voie en s\u2019impliquant plus que tout autre économiste canadien de sa génération dans les corps scientifiques (comme dans l\u2019Association canadienne d\u2019économique et la Société royale du Canada) et dans l\u2019activité médiatique (comme dans son émission hebdomadaire à Radio-Ca- nada).Il fut, à une époque, le Fernand Seguin de l\u2019économie.Il a été une inspiration pour ceux d\u2019entre nous qui cherchent à débarrasser l\u2019analyse économique de ses œillères disciplinaires et à communiquer leurs intuitions de base à un public large.Paquet n\u2019a pas toujours eu raison.Mais même quand il s\u2019est trompé, il l\u2019a fait de la bonne manière, et jamais sur une insignifiance.Il a compris très tôt la mise en garde de son collègue et ami Maurice Bouchard, de l\u2019Université de Montréal : « Attention au conformisme, c\u2019est la plaie de l\u2019Université.» Le conformisme, Paquet l\u2019a combattu sans relâche, avec énergie et perspicacité, souvent avec panache.Puissions-nous être plus nombreux à suivre son exemple.Mobilité réduite hivernale Le sujet de l\u2019heure dans le milieu des associations montréalaises de retraités et des personnes à mobilité réduite: la piètre qualité du déneigement cette année et le nombre de chutes sur les trottoirs sans sable, sans sel, sans gravier.Ceux qui d\u2019aventure ont l\u2019obligation de circuler à pied le font à leurs risques et péril tant les plaques de glace sont nombreuses.Les dénei- geurs ont effectivement ramassé le plus gros de la neige, ils ont tout Le professeur Gilles Paquet, scientifique contestataire LIBRE OPINION LETTRES DÉCLARATION DE REVENUS UNIQUE Embûches à l\u2019horizon PARALYSIE BUDGÉTAIRE Des fissures dans le mur L a paralysie du gouvernement fédéral, d\u2019une durée inégalée dans l\u2019histoire des États-Unis \u2014 35 jours \u2014, a provoqué une contraction du PIB de 11 milliards de dollars américains, selon les services du budget du Congrès.De cette somme, 3 milliards ne seront jamais récupérés.Voilà une illustration concrète de l\u2019effet Trump ! Le président Donald Trump avait promis qu\u2019il ne plierait jamais devant les démocrates, obstiné qu\u2019il est à arracher 5,7 milliards en fonds publics pour ériger son mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.Il sort finalement de l\u2019affrontement perdant sur toute la ligne.La nouvelle présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a eu la main haute sur Donald Trump.Les citoyens n\u2019ont pas été dupes de sa stratégie consistant à blâmer les démocrates pour la paralysie du gouvernement, comme en atteste sa baisse de popularité dans les sondages.Et la base radicale du Parti républicain le considère comme un pleutre pour avoir fléchi.Bien fait pour lui.L\u2019affaire n\u2019est toutefois pas réglée.Le compromis négocié prévoit une nouvelle interruption des activités du gouvernement dans trois semaines, à compter du 15 février, si les démocrates et les républicains n\u2019arrivent pas à s\u2019entendre sur le financement du mur.Les démocrates restent farouchement opposés à cette lubie de barbelés et de béton, mais ils sont d\u2019accord pour investir une somme équivalente dans l\u2019amélioration de la sécurité à la frontière, par l\u2019ajout de drones de surveillance et de patrouilles humaines.Si Trump avait un peu plus de clairvoyance et des conseillers adultes autour de lui, il verrait que cette solution de compromis lui permettrait de sauver son honneur.Il évoque la possibilité de décréter l\u2019état d\u2019urgence à l\u2019expiration du délai, afin de financer la construction du mur à même des fonds destinés aux secours en cas de catastrophes naturelles.Le cas échéant, la paralysie du gouvernement sera éclipsée par une crise constitutionnelle.Les états d\u2019âme d\u2019un président erratique ne devraient pas impressionner les démocrates.Ceux-ci doivent utiliser le poids de leur majorité nouvellement acquise pour exercer une pression constante sur Donald Trump, et le menotter jusqu\u2019aux élections.Donald Trump avait promis de faire payer son mur par les Mexicains, sans succès.Les fonctionnaires fédéraux ont subi son entêtement pendant 35 jours.Voilà maintenant le temps d\u2019exiger qu\u2019il réponde de ses actes devant le Congrès.L ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu bonnement négligé d\u2019enlever celle qui s\u2019était formée en bordure des rues et des trottoirs.Cette neige constitue maintenant un amas de glace important rendant dangereux, voire impossible, le passage de la rue au trottoir.Une simple visite des artères principales et des rues secondaires suffirait à faire la preuve que le changement d\u2019administration municipale n\u2019a pas su régler cet épineux problème de sécurité publique.André Bisaillon, Montréalais retraité à mobilité réduite Le 28 janvier 2019 Bérets jeunes Après les gilets verts, les gilets jaunes, les foulards rouges, pourquoi pas les bérets jeunes?Après tout, il s\u2019agit de leur avenir et le béret est l\u2019un des symboles de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale.C\u2019est aussi le même béret qu\u2019on associe à la lutte de Che Guevara.Alors, les jeunes! Julie Stanton Québec, le 27 janvier 2019 ROBERT DUTRISAC BRIAN MYLES A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MARDI 29 JANVIER 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Délit d\u2019obscurité S aisie de plaintes contestant les politiques de confidentialité et les conditions d\u2019utilisation de Google, la Commission nationale de l\u2019informatique et des libertés (CNIL), l\u2019organisme français chargé d\u2019appliquer le Règlement général européen sur la protection des données personnelles (RGPD), a récemment condamné Google à une sanction record de 50 millions d\u2019euros (75 millions de dollars canadiens environ).Même si elle est susceptible d\u2019être portée en appel, cette décision montre que les États sont en mesure d\u2019infléchir les comportements des géants du Web.Mais surtout, elle passe à côté des vrais enjeux.La CNIL a estimé que l\u2019architecture de l\u2019information mise en place par Google pour obtenir le consentement des inter- nautes aux traitements de leurs données personnelles ne respecte pas le Règlement.Autrement dit, avec des pages Web moins difficiles à trouver et à comprendre, Google pourra continuer à faire ce qu\u2019elle entend avec les masses de données qu\u2019elle exploite ! La CNIL a constaté que les informations devant être communiquées aux individus sont éparpillées.Il y a une pléthore de documents comportant des boutons et des liens qu\u2019il est nécessaire d\u2019activer pour prendre connaissance d\u2019informations complémentaires.Une telle ergonomie oblige l\u2019utilisateur à multiplier les clics et consulter attentivement une grande quantité d\u2019informations pour finir par savoir à quoi il consent.De même, le consentement sur lequel se fonde Google pour les traitements de personnalisation de la publicité n\u2019est pas valablement recueilli.La CNIL écrit que le consentement n\u2019est « spécifique », comme l\u2019exige le RGPD, qu\u2019à la condition qu\u2019il soit donné de manière distincte pour chacune des finalités auxquelles sont destinées les informations.La CNIL condamne donc Google pour manque de transparence et absence de consentement valable pour la personnalisation de la publicité.Portée limitée On ne reproche pas à Google de traiter des masses de données personnelles et d\u2019en tirer de la valeur sans avoir de comptes à rendre.On lui tient plutôt rigueur du caractère obscur des multiples pages Web dans lesquelles les individus sont invités à donner leur consentement ! Car ces législations sur la protection des données personnelles reposent sur la fiction que c\u2019est l\u2019individu qui est maître de « ses » données.C\u2019est à lui qu\u2019il incombe de consentir ou non aux demandes ou aux propositions des offreurs de services en ligne quant à la collecte et aux utilisations des informations personnelles.Cela occulte le fait que nous n\u2019avons pas vraiment le choix d\u2019accepter ou de refuser d\u2019utiliser Google et tous les autres outils connectés.Ce n\u2019est pas tant la donnée d\u2019un individu qui recèle de vrais enjeux, c\u2019est plutôt la massification des données issues des traces d\u2019une multitude d\u2019individus et objets.En tout réalisme, cela ne peut relever que du « consentement » individuel.Pour offrir ces innombrables services « gratuits » à l\u2019usager, les entreprises du Web comme les moteurs de recherche ou les médias sociaux compensent en extrayant la valeur des données collectées de toutes parts.Par exemple en appliquant des procédés analytiques afin de proposer aux annonceurs des publicités ciblées.Il en est de même de plusieurs entreprises proposant des objets connectés.La valeur des données Une fois collectées, avec les consentements adéquats, les données entrent dans les « actifs » de l\u2019entreprise.Réglementer les données comme si c\u2019était principalement une affaire qui ne concerne que l\u2019individu procure une protection factice.Face aux enjeux découlant des pratiques par lesquelles on génère de la valeur à partir des masses de données (big data), il faut encadrer les processus décisionnels alimentés par les données.Par exemple, comment un individu peut-il donner un consentement éclairé qui viserait les innombrables situations dans lesquelles les données seront fondues dans la masse de celles qui seront analysées afin de délivrer des résultats de recherche pertinents en une fraction de seconde ou de fournir en temps réel des informations sur les embouteillages ou les épidémies ?Même si on parvient à forcer Google à visibiliser les explications sur ce qu\u2019il fait des données, il restera à régler les enjeux qui relèvent de la vie collective et non du « consentement » de chaque individu.Par exemple, une personne et ses concitoyens pourraient avoir valablement consenti, mais qu\u2019est-ce qui se passe lorsque les algorithmes qui traitent les masses de données (pourtant obtenues avec le libre consentement) se révèlent faussés ou discriminatoires pour les personnes appartenant à certains groupes ?Voilà une décision qui applique une réglementation postulant que les données qui concernent des populations entières sont une affaire relevant du « consentement » individuel.Pour garantir que le monde connecté fonctionne dans le respect des droits de tous, on ne peut s\u2019en tenir à une approche aussi naïve.PIERRE TRUDEL Johanne St-Amour Féministe et membre de PDF Québec, Québec Selon le journaliste Marco Fortier, du Devoir, l\u2019annulation la semaine dernière de la présence à une table ronde et à une conférence de Nadia El-Ma- brouk par le syndicat de l\u2019Alliance des professeures et professeurs de Montréal ne serait pas due à ses positions sur la laïcité, mais davantage à ses opinions sur le militantisme transgenre.L\u2019invitation à Mme El-Mabrouk, pro- fesseure à l\u2019Université de Montréal, membre du groupe féministe Pour les droits des femmes du Québec (PDF), conférencière et chroniqueuse dans La Presse, avait été faite depuis janvier 2018.Se basant sur un article de Mme El- Mabrouk paru dans La Presse+ le 9 mai dernier intitulé « Idéologie queer la nouvelle religion », Élyse Bourbeau, membre du syndicat, enseignante et femme trans, aurait exprimé fortement et avec colère sa désapprobation lors d\u2019une assemblée des délégués, appuyée par des « alliés », soulignait-elle sur sa page Facebook.Elle affirmait sur cette page, désormais réservée, que Nadia El-Mabrouk était non seulement contre les femmes voilées, mais qu\u2019elle était aussi « transphobe ».Elle énumérait alors une longue liste de doléances, soit que Nadia El-Ma- brouk : « nie la réalité scientifiquement démontrée de l\u2019identité de genre; accuse les personnes trans de nuire au mouvement féministe; mégenrent (sic) plusieurs personnes trans; dénigrent (sic) le mouvement queer ».[.] L\u2019article de Nadia El-Mabrouk était d\u2019une « violence inouïe envers des femmes qui enseignent et qui sont membres de l\u2019Alliance » et Élyse Bour- beau aurait ressenti une « blessure énorme » comme personne trans, enseignante et féministe, écrivait-elle aussi.Telle était la base de ses revendications à son syndicat.Plusieurs féministes dénoncent depuis longtemps les conséquences sur toutes les femmes des revendications du lobby transgenre omniprésent (et omniscient?) : ouverture des dortoirs, vestiaires, toilettes et prisons réservés aux femmes; acceptation des trans dans les compétitions sportives féminines; intégration des femmes trans dans les statistiques concernant les femmes, ce qui fausse certaines réalités; demandes afin qu\u2019on cesse de parler de femmes enceintes, de maternité, de mère, mais plutôt de personnes enceintes; remplacement de femmes menstruées par « menstruateurs », etc.Altération des mots Des féministes britanniques dénoncent, elles, l\u2019altération des mots pour désigner les organes sexuels féminins et les femmes: le Parti vert britannique ne parle plus de « femmes » mais de « non- hommes » et le Musée de la Wellcome Collection, le collège Goldsmiths et l\u2019Université de Londres ont, eux, décidé d\u2019adopter le mot « womxn » dans le but d\u2019inclure les trans ! Nadia El-Mabrouk n\u2019est pas la première féministe à être l\u2019objet de blâmes.Une conférence de Rhéa Jean, docteure en philosophie et féministe, organisée par le collectif Société de l\u2019UQAM en 2016 et intitulée « Sexes, genres et transidentités : réflexions critiques », avait été interrompue à cause de l\u2019agressivité de plusieurs personnes de l\u2019assistance.La conférencière s\u2019était réellement sentie en danger.[.] Ce ne sont que quelques exemples de la dérive qui entoure l\u2019idéologie de l\u2019identité de genre.Est-il permis aujourd\u2019hui de critiquer cette idéologie?Est-il permis aux femmes de se définir elles-mêmes et de dénoncer des menaces à leurs droits?Est-il permis de penser qu\u2019on assiste à une nouvelle tentative patriarcale de reprendre le contrôle sur les femmes et leur corps?L\u2019influent lobby trans est tel qu\u2019il ne demande pas uniquement que leurs droits soient respectés (droits contre la discrimination à l\u2019emploi, au logement, contre la violence physique, le harcèlement, etc.) \u2014 des droits que toutes les féministes appuient sans réserve pour toutes les personnes \u2014, mais il veut changer la réalité en fonction du ressenti de certaines personnes, imposer de nouveaux « droits » et des changements qui touchent les femmes, dont leur identité propre.Pour contrer toute cette censure, cet effacement et même cette agressivité, un groupe a formé le mouvement #WomenStandUp pour rappeler qui sont les femmes : « un être humain de sexe féminin ».On en est rendues là! Ce mouvement est devenu essentiel.Surtout lorsque des féministes influentes comme Françoise David, aussi invitée au colloque de l\u2019Alliance, affirme être contre les positions de Nadia El-Mabrouk sur la laïcité et sur les trans, car c\u2019est une « menace supposée \u2014 mais non avérée \u2014 sur les luttes féministes » ! Surtout lorsqu\u2019on voit des politiques gouvernementales participer à cet effacement des femmes.Le dernier en date est ce changement du ministère de la Condition féminine en ministère des Femmes et de l\u2019Égalité des genres en décembre 2018.[.] Mais oui, malheureusement, le militantisme transgenre (comme le militantisme contre la laïcité) est une menace pour les luttes féministes ET pour les femmes.Voilà pourquoi on doit multiplier les débats, conférences et tables rondes pour aborder, sans faux-fuyant, ces sujets.Est-il permis de critiquer le militantisme transgenre?Normand Baillargeon Philosophe La manière dont est produit le conformisme actuel tient dans une importante mesure au fonctionnement même des médias sociaux, et plus précisément à des biais cognitifs auxquels ils peuvent nous faire succomber.Le point de vue de Deb Roy, un spécialiste américain de la question, est aussi le mien : « Nous nous sommes tous retirés dans des recoins virtuels ultrapartisans, ceci en bonne partie à cause de ces compagnies possédant Internet et les médias sociaux, lesquelles déterminent ce que nous voyons en fonction de ce sur quoi nous avons préalablement cliqué et qui nous redonnent ensuite plus de contenu similaire.En bout de piste, les points de vue opposés aux nôtres sont écartés et nous nous retrouvons uniquement avec du contenu qui renforce ce que nous pensions dès le début.» [\u2026] À cause de nos biais cognitifs, nous tendons à ne plus voir ou entendre que ce qui confirme notre position, et à ne plus voir ni entendre ce qui risquerait de l\u2019infirmer ou de nous amener à la nuancer.Nous tendons à adopter une même solution ou une même réponse face à un problème donné, et à l\u2019appliquer systématiquement [\u2026].Ces effets sont bien documentés et nous font courir un grave danger : celui de devenir aveugles à ce qui pourrait bien ne pas conforter notre point de vue ou notre vision des choses mais serait néanmoins vrai, ou partiellement vrai.Pensez à cette masse d\u2019informations qui passent devant nos yeux et qu\u2019on « ret- weete», republie ou commente, parfois instantanément ou presque.La conversation démocratique est ici autant mise à mal que la pensée critique individuelle.Une étude récente parue dans Nature mettait d\u2019ailleurs en garde contre le fait que le faux, dans ce monde virtuel, se propage plus rapidement que le vrai, toutes catégories d\u2019informations confondues (et plus encore le faux concernant le politique\u2026), et que ce sont les humains, et pas les robots, qui en sont la cause.[\u2026] Je soutiens que la polarisation et la radicalisation sont des effets probables de ces modes de pensée, de discussion et d\u2019interaction et que le conformisme prend alors des formes passablement inédites, et pas seulement par leur ampleur.Théories de l\u2019identité Mais il me semble que, à en rester là, on manque quelque chose d\u2019important qui caractérise le conformisme actuel ; et c\u2019est pour le mettre en évidence que j\u2019avance ma deuxième hypothèse, qui concerne les théories dites de l\u2019identité.[\u2026] Le postmodernisme désigne, comme on le sait, un ensemble de thèses avancées par des auteurs français à partir des années 60 et qui se sont répandues dans les universités, puis ailleurs dans notre culture.[\u2026] S\u2019expriment aussi dans le postmoder- nisme une grande sensibilité envers le langage en tant qu\u2019il déploie le pouvoir; l\u2019idée que les idéaux des Lumières, malgré ce qu\u2019il peut sembler, sont en réalité oppressifs et constituent le masque du colonialisme, du sexisme, du patriarcat, du capitalisme, du racisme et ainsi de suite ; un relativisme des valeurs fondé sur un rejet de l\u2019idée de progrès chère aux Lumières parce qu\u2019elle serait illusoire ; un rejet du libéralisme politique et de sa prétention universelle ; et une prééminence accordée à la subjectivité.Ces idées ont ouvert la voie aux politiques actuelles de l\u2019identité.Elles modifient considérablement les termes dans lesquels se conçoivent et se mènent les luttes sociales et politiques.Là où, au nom d\u2019un universalisme libéral, on réclamait pour l\u2019individu la fin des injustices qu\u2019il subissait par défaut d\u2019étendre à lui ce qu\u2019avance cet universalisme, on en vient à ne considérer l\u2019individu qu\u2019en tant que membre d\u2019un sous-groupe donné, à demander que l\u2019on accorde de la valeur, voire toute la valeur à ce qui caractérise ce groupe et son expérience particulière.[\u2026] Je ne peux pas me risquer ici à soupeser les mérites respectifs de ces deux approches, l\u2019universalisme libéral, largement inspiré des Lumières, et les politiques de l\u2019identité, inspirées du postmodernisme.Mais il me semble clair que les théories de l\u2019identité, en l\u2019absence de critères objectifs de vérité et de valeur, risquent fort de conduire à des discussions très polarisées, où la sensibilité au langage occupe une grande place, et où des accusations de faute morale sur fond de vertu autoproclamée prendront aisément la place des faits et des arguments.Le conformisme actuel ressemble souvent à cela, chacun étant renvoyé à son groupe et sommé de s\u2019y identifier et d\u2019entrer dans la lutte \u2014 à partir d\u2019injonctions morales données comme aussi vertueuses que décisives et de sommations à se taire adressées aux récalcitrants.Les appels à l\u2019émotion, les postures victimaires, l\u2019invocation de l\u2019expérience personnelle, la censure tiennent alors trop souvent lieu d\u2019arguments.Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.MÉDIAS SOCIAUX Un nouveau conformisme Des Idées en revues Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons une version abrégée d\u2019un texte paru dans la revue L\u2019inconvénient, hiver 2018-2019, no 75.Oui, malheureusement, le militantisme transgenre (comme le militantisme contre la laïcité) est une menace pour les luttes féministes ET pour les femmes.Voilà pourquoi on doit multiplier les débats. LEDEVOIR // LE MARDI 29 JANVIER 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.E N B R E F Nouvelle tempête de neige Une autre tempête déferlera sur le Québec, mardi et mercredi, laissant derrière elle d\u2019importantes quantités de neige.Les précipitations devraient débuter tôt mardi matin à Montréal et dans les Lau- rentides, et s\u2019étendre graduellement vers l\u2019Estrie, le Centre-du-Québec, la Mauri- cie, Québec et Chaudière-Appalaches.Selon Environnement Canada, entre 15 et 25 centimètres de neige devraient s\u2019abattre sur ces régions.Les rafales de vent pourraient atteindre 50 km/h, causant de la poudrerie et réduisant considérablement la visibilité sur les routes.Les températures devraient parallèlement grimper, jusqu\u2019à moins 4 degrés, notamment à Montréal.L\u2019heure de pointe du matin ne devrait pas être grandement perturbée, alors que celle de l\u2019après-midi risque de causer de sérieux problèmes aux automobilistes.La Presse canadienne Un coroner scandalisé par un nouveau carambolage sur l\u2019autoroute 40 L\u2019avocat René Duval est scandalisé que les décès d\u2019un père et de sa fille, en 2006, n\u2019aient servi à rien alors qu\u2019un nouveau carambolage monstre a eu lieu au même endroit sur l\u2019autoroute 40, dimanche.Dans une recommandation formulée en novembre 2007, alors qu\u2019il était coroner, Me Duval suggérait au ministère des Transports de planter des arbres du côté nord de l\u2019autoroute 40 à l\u2019endroit exact où a eu lieu l\u2019accident impliquant environ 70 véhicules et causant des blessures à 28 personnes.En février 2006, un homme de 41 ans et sa fille de 9 ans ont perdu la vie à la hauteur du kilomètre 116 de l\u2019autoroute 40, à L\u2019Assomption.Selon le rapport du coroner Duval, «l\u2019apparition d\u2019un voile blanc» aurait entraîné une « visibilité soudainement nulle » en raison de l\u2019absence d\u2019arbres sur un tronçon d\u2019environ 500 mètres.Dans ce carambolage survenu il y a près de 13 ans, 77 véhicules avaient été impliqués.Pour éviter qu\u2019un tel événement ne se reproduise, Me Duval recommandait l\u2019ajout d\u2019arbres du côté nord de l\u2019autoroute 40, entre les kilomètres 116 et 115,5.Il décrivait le rôle de cette barrière naturelle comme un «pare-vent».Dans son rapport, le coroner écrivait: «Tout porte à croire que l\u2019absence d\u2019arbres pour réduire l\u2019intensité des bourrasques est la cause de la visibilité soudainement nulle à l\u2019endroit du carambolage.» Plus d\u2019une décennie plus tard, entre 100 et 150 véhicules ont dû s\u2019immobiliser sur l\u2019autoroute en raison d\u2019un nouvel accident, qui n\u2019a heureusement pas fait de mort.Me Duval était bien au fait que le ministère des Transports n\u2019avait pas suivi sa recommandation puisqu\u2019il emprunte lui-même ce tronçon de l\u2019autoroute 40 Ouest.La Presse canadienne ASSOCIATED PRESS KARL RETTINO-PARAZELLI LE DEVOIR L\u2019inauguration des nouveaux locaux de l\u2019Institut québécois d\u2019intelligence artificielle (Mila), effectuée en grande pompe lundi, annonce un nouveau départ, mais aussi de nouveaux besoins : l\u2019organisation souhaite obtenir plusieurs centaines de millions de dollars supplémentaires de la part de Québec et d\u2019Ottawa pour soutenir sa croissance à long terme.« Ce qu\u2019on a eu dans les dernières années, ça a été des investissements de base, de départ.Ce qui était envisagé, c\u2019était un horizon de trois à cinq ans, ce qui est fantastique.Ça a permis l\u2019essor du Mila, [\u2026] mais ce n\u2019est pas suffisant», a affirmé au Devoir la présidente- directrice générale du Mila, Valérie Pisano, en marge du dévoilement des bureaux du centre de recherche, situés dans le quartier Mile-Ex, à Montréal.Le Mila, qui constitue la pierre angulaire de l\u2019écosystème québécois en intelligence artificielle (IA), s\u2019est vu accorder en 2017 une enveloppe de 80 millions de dollars sur cinq ans de la part de Québec et de 44 millions du gouvernement fédéral, par l\u2019entremise de l\u2019Institut canadien de recherches avancées.À ces sommes s\u2019ajoutent celles, non précisées, du secteur privé.Mais pour permettre à l\u2019organisation de poursuivre sur sa lancée, il lui faudra beaucoup plus d\u2019argent, note Mme Pisano.« Attirer des chercheurs à Montréal en leur disant qu\u2019il nous reste deux ans de financement, ce n\u2019est pas suffisant.Il faut qu\u2019on s\u2019inscrive dans une vision plus large et à plus long terme, dit-elle.On est dans l\u2019ordre des dizaines et des centaines de millions.» Le ministre québécois de l\u2019Économie et de l\u2019Innovation, Pierre Fitzgibbon, qui a pris part à l\u2019inauguration de lundi, se contente pour l\u2019instant d\u2019affirmer que les 80 millions prévus par le précé- dent gouvernement libéral seront bel et bien dépensés.« Nous allons continuer d\u2019investir et nous allons mettre d\u2019autres programmes en place très prochainement », a-t-il répondu en mêlée de presse.Dans son rapport publié en mai dernier, le Comité d\u2019orientation de la grappe en intelligence artificielle, mis sur pied par le gouvernement du Québec, a conclu que « les investissements annoncés ne suffiront pas à positionner le Québec en tant que leader » et qu\u2019une enveloppe additionnelle d\u2019environ 300 millions serait nécessaire, notamment pour pérenniser le Mila.« C\u2019est difficile à croire » Lundi, plus de 200 personnes sont venues assister à l\u2019événement marquant les débuts du Mila au 6666, rue Saint- Urbain, un édifice qui regroupe déjà les plus importantes entreprises de l\u2019écosystème en IA.En déambulant dans les couloirs baignés de lumière qui sentent encore la peinture fraîche, le directeur scientifique de l\u2019institut, Yoshua Bengio, s\u2019est rappelé l\u2019époque où il a fondé le Laboratoire d\u2019informatique des systèmes adaptatifs, qui allait devenir l\u2019ancêtre du Mila.C\u2019était en 1993, « dans un petit local avec deux ou trois étudiants».« C\u2019est difficile à croire, de voir que ça a grossi et grandi comme ça.Ça fait chaud au cœur de voir que ces rêves-là ont été portés par tant de belles personnes dans les dernières années », a- t-il souligné.Vingt-cinq ans plus tard, le Mila regroupe 350 chercheurs \u2014 professeurs et étudiants \u2014, ce qui constitue « la plus forte concentration mondiale de recherche et développement en apprentissage profond et par renforcement ».L\u2019institut est aujourd\u2019hui associé à Nouveaux bureaux, nouveaux besoins Mila, l\u2019Institut québécois d\u2019intelligence artificielle, a besoin de « centaines de millions » de dollars supplémentaires pour soutenir sa croissance l\u2019Université de Montréal et à l\u2019Université McGill, en plus d\u2019être appuyé par Polytechnique Montréal et HEC Montréal.« De mémoire de recteur, c\u2019est du jamais vu, cette intensité de collaboration interinstitutionnelle », a fait remarquer le recteur de l\u2019Université de Montréal, Guy Breton.Attirer les meilleurs Dans les nouveaux locaux, les nombreux sièges vident témoignent d\u2019un des principaux objectifs que le Mila s\u2019est donnés : attirer à Montréal les meilleurs talents dans le domaine de l\u2019apprentissage automatique, afin de favoriser la recherche fondamentale, la formation d\u2019étudiants et le transfert technologique en entreprises.Yoshua Bengio est le directeur scientifique du Mila, dont les locaux ont été inaugurés lundi à Montréal.JACQUES NADEAU LE DEVOIR 350 C\u2019est le nombre de chercheurs \u2014 professeurs et étudiants \u2014 actuellement associés au Mila.Ce nombre pourrait à terme atteindre 500.Il n\u2019y a pas que des membres de l\u2019écosystème en IA qui ont assisté à l\u2019événement de lundi.Le metteur en scène Dominic Champagne, qui a lancé l\u2019automne dernier le Pacte pour la transition, était également présent, pour discuter d\u2019une possible collaboration avec le Mila.Il veut s\u2019associer à l\u2019institut pour développer une « boussole environnementale » qui permettrait de guider les choix environnementaux des citoyens.L\u2019intelligence artificielle permettrait notamment de faciliter l\u2019analyse du cycle de vie des produits ou l\u2019empreinte environnementale de différentes actions.« Avec la qualité du travail qui se fait ici, on espère développer la plus belle synergie possible », a-t-il expliqué.L\u2019IA au service du Pacte pour la transition ?« Pour l\u2019équipe scientifique, c\u2019est la priorité numéro un, souligne Valérie Pisano.C\u2019est de confirmer les prochains trois, cinq, sept professeurs et d\u2019attendre ensuite l\u2019effet cyclique, c\u2019est-à-dire que ces professeurs attireront à leur tour une masse d\u2019étudiants.» À terme, le Mila pourrait accueillir jusqu\u2019à 500 chercheurs, estime la p.-d.g., sans toutefois fixer d\u2019objectif précis.« On n\u2019a pas autant un objectif de croissance en nombre qu\u2019un objectif d\u2019impact », dit-elle.Pour l\u2019instant, près de 700 personnes sont associées au Mila, si on inclut à la fois les chercheurs, les étudiants, les employés, les entreprises en démarrage qui y séjournent et les partenaires industriels.Cette arrivée massive de travailleurs est vue d\u2019un bon œil par le maire de l\u2019arrondissement Rosemont\u2013La Petite- Patrie, François Croteau.« En 2007, il y a eu une délocalisation complète des 3500 emplois de l\u2019industrie du textile qui étaient ici.On s\u2019est retrouvé avec un quartier pratiquement vidé, rappelle-t-il.Il y a maintenant plus d\u2019emplois créés ici qu\u2019il y a eu de postes perdus à l\u2019époque.» « Il faut préserver la couleur du quartier, garder une mixité et permettre aux artistes de continuer à créer ici », ajoute-t-il, en réponse aux craintes récemment exprimées par des occupants d\u2019ateliers d\u2019artistes du secteur."]
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