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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2019-01-21, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 10 / LE LUNDI 21 JANVIER 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM HUMOUR Pourquoi Simon Leblanc rit-il de toutes ses blagues ?DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR C \u2019est sa marque de commerce, c\u2019est ce qui le rend charmant, mais c\u2019est aussi ce que lui reproche parfois la critique.Sur scène, Simon Leblanc rit systématiquement de toutes, toutes, toutes ses blagues, un tic derrière lequel le cynique ne peut que soupçonner une ruse lui permettant de gonfler artificiellement l\u2019hilarité de son public.« La raison pour laquelle je ris, c\u2019est parce que je trouve ça drôle », plaide pourtant le trentenaire au visage de gamin, qui remportait en 2017 l\u2019Olivier d\u2019Auteur de l\u2019année (avec son collègue Olivier Thivierge), même s\u2019il ne couche jamais ses monologues sur papier.Résultat : impossible pour lui de se représenter mentalement son texte.« Ça fait déjà plus de deux cents fois que je fais Malade [son second spectacle] et si tu me demandais, là, de t\u2019en citer un bout, j\u2019aurais de la difficulté.Ce qui arrive, c\u2019est que je monte sur scène, je fais la première blague et ça me met en déséquilibre, puis je réalise rapidement que\u2026 ben que je suis en train de faire un show ! L\u2019histoire me revient, je m\u2019en souviens à mesure que je la joue et, quand je ris, c\u2019est parce que je suis surpris : \"Ah ouain ! Ben oui ! Cette blague-là !\" Ce serait peut-être mieux sans mes rires, mais l\u2019effort que je déploierais pour les inhiber.je penserais juste à ça ! » Difficile de ne pas aussi entendre dans ces rires l\u2019effarement d\u2019un gars qui n\u2019en revient juste pas INDEX Société.A5 Éditorial.A6 Idées.A7 Monde.B1 Avis légaux .B2 Sports.B4 Décès .B4 Sur la route.B5 Religion .B6 Météo .B6 Mots croisés.B6 Sudoku .B6 Culture.B7 Grille TV.B7 CULTURE Sylvie Vartan en entrevue : Avec toi.un hommage chanté à Johnny Hallyday | B 8 CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT À PARIS LE DEVOIR QUÉBEC-FRANCE Legault veut davantage d\u2019immigrants français Une vingtaine de centimètres de neige sont tombés sur la métropole dimanche, et davantage encore dans certaines régions du Québec, au cours d\u2019une tempête de neige des plus glaciales.Les importantes chutes de neige, combinées aux forts vents, ont rendu les conditions routières éprouvantes et entraîné l\u2019annulation ou le report de nombreux vols.PAGE A 2 MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Une tempête de neige glaciale Alors qu\u2019il amorçait sa première visite officielle en France, le premier ministre du Québec a déclaré que, même s\u2019il avait l\u2019intention de réduire les quotas d\u2019immigration, il souhaitait attirer encore plus d\u2019immigrants français au Québec.François Legault a fait cette déclaration au Devoir au premier jour de sa visite en France à l\u2019occasion de laquelle il rencontrera lundi le président, Emmanuel Macron, et le premier ministre, Édouard Philippe.Pour le premier ministre, il est clair que la réduction des quotas d\u2019immigration ne doit pas nuire à l\u2019immigration en provenance de la France.Au contraire, dit-il.«Actuellement, il y a beaucoup trop d\u2019immigrants au Québec qui ne sont pas qualifiés ou qui ne parlent pas français, dit le premier ministre.Donc, des Français, on en prendrait plus.De même que des Européens.» François Legault rappelle son « inquiétude » de constater que, l\u2019an dernier, 53 % des immigrants accueillis au Québec ne parlaient pas français.Avec l\u2019immigration française, dit-il, il n\u2019y a généralement ni problème de qualification ni problème de langue.C\u2019est aussi pour recruter du personnel qualifié que l\u2019Union des municipalités du Québec participait la semaine dernière au grand Salon du travail et de la mobilité professionnelle à la grande halle de La Villette à Paris.On l\u2019aura compris, c\u2019est une visite surtout économique qu\u2019entend mener le premier ministre québécois en France, durant laquelle il doit d\u2019ailleurs rencontrer une douzaine de dirigeants de grandes entreprises françaises afin de les convaincre d\u2019accroître leurs investissements au Québec.Le premier ministre est d\u2019ailleurs accompagné du ministre de l\u2019Économie et de l\u2019Innovation, Pierre Fitzgibbon, ainsi que de la ministre des Relations internationales Nadine Girault.« Ma priorité est économique, dit-il.Je ne veux rien soustraire [dans la relation France-Québec].Mais je pense qu\u2019on peut en faire plus en économie en augmentant les exportations.[\u2026] Je veux aussi augmenter les investissements des entreprises françaises au Québec, même si je comprends que M.Macron veut le contraire.» François Legault n\u2019hésite pas à qualifier de « ridicule » le chiffre des exportations québécoises en France, qui ne représente que « trois jours sur une année » comparativement aux exportations en direction des États-Unis.Il dit vouloir « doubler » les échanges économiques.« Il est plus que temps que VOIR PAGE A 2 : IMMIGRANTS ACTUALITÉS Des espèces menacées dans le corridor à l\u2019étude du gazoduc menant au projet Énergie Saguenay | A 3 Simon Leblanc a remporté en 2017 l\u2019Olivier de l\u2019auteur de l\u2019année (avec son collègue Olivier Thivierge).MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR VOIR PAGE A 4 : BLAGUES ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR// LE LUNDI 21 JANVIER 2019 Pour voir la liste complète des hôtels et pour des astuces sur comment Mieux Voyager, communiquez avec votre agent de voyages ou visitez Sunwing.ca 895$ Chambre supérieure 1, 3, 5, 6 et 7 févr.7 nuits - Tout compris Varadero, Mexique Occidental Arenas Blancas Commodités destinées aux familles Mieux Voyager Réservez d'ici le 25 janv.On dit que la mi-janvier est la période la plus triste de l\u2019année.Échappez aux blues de l\u2019hiver et envolez-vous vers le soleil avec ces incroyables aubaines! jusqu'à Économisez 40% Service primé Garantie du meilleur prix Nous restons à vos côtés à chaque étape de votre voyage Hôtels et excursions les mieux cotés Échappez aux blues de l\u2019hiver et envolez-vous vers le soleil, la plage et le beau temps en réservant des vacances tropicales! Mieux Voyager Astuce no512 aux blues de l\u2019hiver Échappez Départs de Montréal.Le solde « Échappez aux blues de l\u2019hiver » est une promotion d\u2019une durée limitée, jusqu\u2019à épuisement des stocks, applicable à une sélection de forfaits et de dates de départ.Tous les prix ci-dessus sont calculés par personne, en occupation double pour des vacances tout compris de 7 nuitées (sauf indication contraire), puis ils incluent les taxes et les frais de transport.Les économies allant jusqu\u2019à 40 % sont calculées en comparant le prix actuel à celui publié à l\u2019origine, puis elles sont applicables au Melody Maker Cancun au Mexique, pour des départs ayant lieu les 18, 19 et 25 février 2019.Les sièges sont sous réserve de disponibilité et leur capacité est contrôlée.Les vols sont exploités par Sunwing Airlines et TUI Airways.La taxe locale payable au départ de certaines destinations est en sus (Panama 15 $ US).« ACHETEZ UN SIÈGE ET OBTENEZ UN RABAIS DE 50 % SUR LE 2e » est une o?re d\u2019une durée limitée s\u2019appliquant aux nouvelles réservations de vols vers la Floride.La capacité de l\u2019o?re est contrôlée.Cette o?re s\u2019applique uniquement aux vols aller-retour et aux vols aller simple pour deux passagers qui voyagent ensemble avec Sunwing Airlines.Les économies de 50 % sont appliquées au tarif de base, avant les taxes et elles sont re?étées dans le prix a?ché.Un minimum de 2 passagers par réservation est requis.Cette o?re ne s\u2019applique pas aux réservations de groupe.Cette o?re ne peut être combinée à aucune autre promotion.Ces o?res sont sous réserve de disponibilité ou peuvent être retirées en tout temps sans préavis.Pour plus de renseignements sur la Garantie du meilleur prix, ainsi que pour les modalités et conditions générales, veuillez visiter Sunwing.ca.Titulaire d\u2019un permis du Québec n°702928.| 21012019 Réservez d\u2019ici le 25 janv.Achetez 1 siège et obtenez le 2e à de rabais 50% sur le tarif de base avant les taxes Solde ensoleillé! vols hebdomadaires vers Miami Hôtel en vedette 1395$ Chambre vue cour 22 févr., 15 et 22 mars 7 nuits - Tout compris Panama Riu Playa Blanca Situé une plage au sable doré 1495$ Chambre 11, 12 et 13 févr.7 nuits - Tout compris Riviera Maya, Mexique Riu Yucatan Élégante oasis au bord de la mer Mazatlán, Mexique El Cid Castilla Beach Tout compris LA PRESSE CANADIENNE L\u2019intense dépression qui a traversé tous les secteurs au sud du fleuve Saint-Lau- rent, dimanche, a laissé derrière elle d\u2019importantes quantités de neige.Une vingtaine de centimètres sont tombés sur Montréal et Québec, une trentaine en Estrie et en Beauce, et plus de 50 centimètres en Gaspésie, où des avertissements de blizzard étaient en vigueur dimanche.Les vents ont provoqué de la poudrerie, ce qui a réduit considérablement la visibilité sur les routes.En début d\u2019après-midi dimanche, celle-ci demeurait nulle dans certains secteurs des grandes régions de Montréal et de Québec, ainsi qu\u2019à proximité de la frontière américaine.Au poste frontalier de Lacolle, les autorités de l\u2019État de New York ont interdit, dimanche, le passage des camions et des autobus.Des tronçons de l\u2019autoroute 20 et de la route 132 à l\u2019est de Lévis ont été complètement fermés à la circulation en cours de journée dimanche.Le ministère des Transports a fait état de plusieurs traversiers inopérants, notamment entre Matane et Baie-Co- meau ainsi qu\u2019entre Québec et Lévis.Preuve des conditions difficiles, le ministère a invité dimanche les automobilistes qui devaient prendre la route à s\u2019assurer d\u2019être équipés d\u2019une trousse de secours et à faire preuve de patience envers les véhicules d\u2019entretien hivernal.Routes et aéroports La Sûreté du Québec avait lancé un appel à la prudence, dimanche, recommandant aux automobilistes de s\u2019assurer que les vitres, le toit, le capot, les rétroviseurs et les phares de leur véhicule étaient bien dégagés.Des dizaines de sorties de route et des collisions ont été répertoriées sur le territoire québécois.En fin de soirée, la Sûreté du Québec ne déplorait aucun blessé grave.Du côté de la métropole, la Société de transport de Montréal (STM) dit avoir dérouté huit lignes d\u2019autobus en raison de la fermeture des côtes Rid- gewood, du Beaver Hall et Victoria.Des retards ont été signalés dimanche et d\u2019autres sont à prévoir lundi.La STM a averti qu\u2019il pourrait être impossible de déployer la rampe aux arrêts de bus pour les personnes se déplaçant en fauteuil roulant.La Ville de Montréal amorcera son opération de chargement de la neige lundi soir.À l\u2019aéroport Montréal-Trudeau, plus d\u2019une centaine de vols ont été annulés ou reportés au courant de la journée de dimanche.Marie-Claude Desgagnés, porte-parole d\u2019Aéroports de Montréal, explique que la vaste majorité des vols retardés ou annulés sont des vols intérieurs ou à destination du nord-est des États-Unis.« On recommande à tous les passagers, avant de se rendre à l\u2019aéroport, de vérifier auprès de leur compagnie aérienne si leur vol est annulé ou retardé », souligne-t-elle.À l\u2019aéroport international Jean-Le- sage de Québec, les retards ont principalement été occasionnés par les mauvaises conditions météorologiques dans les autres destinations.« Nos pistes sont restées opérationnelles toute la journée, mentionne Laurianne Lapierre, conseillère aux communications.En raison de ce qui se passe dans les autres aéroports, il y a des vols qui ont dû être annulés ou encore retardés.» Une combinaison rare Selon le météorologue Alexandre Parent, d\u2019Environnement Canada, cette combinaison « neige, froid et vents » se produit rarement au Québec.Il note que le mercure grimpe habituellement lors de tempêtes de neige, ce qui n\u2019est pas le cas actuellement.Ce froid extrême persistera d\u2019ailleurs jusqu\u2019à mercredi.Quant aux précipitations, elles se déplaceront graduellement vers l\u2019est.Avec Le Devoir MÉTÉO Vents, neige et froid à l\u2019assaut du Québec Une rencontre avec Macron IMMIGRANTS SUITE DE LA PAGE A 1 l\u2019on diversifie nos exportations, dit-il.Nos entreprises n\u2019ont pas le réflexe d\u2019exporter en Europe.Il va falloir changer ça.» Le premier ministre entend notamment augmenter le nombre d\u2019agents commerciaux de la Délégation générale du Québec à Paris.Il compte aussi, en réorganisant Investissement Québec, mieux arrimer le travail de cette agence à celui de la Caisse de dépôt et des délégations à l\u2019étranger.Entre Matignon et l\u2019Élysée, François Legault se rendra au siège de L\u2019Oréal rencontrer son p.-d.g., Jean-Paul Agon.La multinationale des produits de beauté compte déjà 1474 employés au Québec et une usine à Saint-Laurent.Immédiatement après, il s\u2019entretiendra avec le p.-d.g.du groupe agroa- limentaire Fleury Michon, Régis Lebrun, qui emploie 350 personnes à Rigaud.Lundi soir, il mangera avec une demi-douzaine de dirigeants d\u2019entreprises inscrites à la Bourse de Paris, dont David Layani, fondateur du groupe Onepoint, spécialiste de la transformation numérique des entreprises, et Jean- Laurent Bonnafé, directeur général de la grande banque BNP-Paribas.Le volet politique de cette première visite à l\u2019étranger sera pour sa part plus classique.Lundi midi, François Legault aura un repas privé avec le président Emmanuel Macron.Pour le reste, il rencontrera le premier ministre, Édouard Philippe, et les présidents du Sénat, Gérard Larcher, et de l\u2019Assemblée nationale, Richard Ferrand.Il n\u2019y aura ni conférence de presse commune avec le premier ministre français, ni signature d\u2019ententes, ni non plus de rencontre avec les leaders des partis politiques, comme avaient l\u2019habitude de le faire certains de ses prédécesseurs.« C\u2019est déjà beau que, dans le contexte des gilets jaunes, on nous accorde tout ce temps », dit-on dans l\u2019entourage du premier ministre.Des gilets jaunes au Québec ?François Legault ne manquera d\u2019ailleurs pas de s\u2019informer au passage sur la révolte des gilets jaunes qui secoue la France depuis maintenant deux mois.Selon lui, « la crise des gilets jaunes montre qu\u2019il y a une limite à ce qu\u2019on peut demander au contribuable.Il y a toujours un risque qu\u2019on dépasse cette limite et qu\u2019il y ait une révolte ».Il rappelle qu\u2019en campagne, la CAQ proposait de « remettre de l\u2019argent dans le portefeuille » des classes moyennes.« Quand je vois ce qui se passe en France, je me rends compte que c\u2019est important.» François Legault n\u2019hésite d\u2019ailleurs pas à comparer la taxe sur le carbone que cherche à imposer Justin Trudeau aux provinces à celle sur le diesel qui a déclenché la révolte des gilets jaunes.« M.Trudeau essaie de mettre une taxe punitive qui n\u2019est pas nécessaire au Québec, dit-il, parce qu\u2019on a déjà la bourse du carbone.» Encore peu connu en France, François Legault donnera des entrevues aux quotidiens L\u2019Opinion et Le Monde ainsi qu\u2019à la chaîne francophone TV5 Monde.Dimanche, il en a profité pour échanger avec l\u2019académicien québéco-haïtien Danny Laferrière.Cette rencontre en compagnie de la déléguée générale du Québec à Paris, Line Beauchamp, s\u2019est tenue aux café Les deux magots, lieu symbolique bien qu\u2019un peu défraîchi du passé littéraire français.Plus tôt, en cette veille du Jour du drapeau, le premier ministre s\u2019était rendu sur la place du Québec, au cœur de Saint- Germain-des-Prés, où comme à l\u2019habitude dans ce genre d\u2019occasion, les couleurs du Québec étaient à l\u2019honneur.Une vingtaine de centimètres de neige sont tombés sur la métropole dimanche.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Selon François Legault, la crise des gilets jaunes « montre qu\u2019il y a une limite à ce qu\u2019on peut demander au contribuable » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 21 JANVIER 2019 Le Rembrandt à la fourrure L e long voyage qu\u2019il a entrepris l\u2019a beaucoup changé.Gustave Flaubert a pris du poids.Ses cheveux sont tombés.Il a soudain la tête d\u2019une grosse citrouille.En 1851, après s\u2019être arrêté un peu partout au Moyen- Orient, l\u2019écrivain se trouve en Italie.Il écrit à sa mère, comme à son habitude, ainsi qu\u2019à quelques-uns de ses amis.Depuis Naples, il envoie une lettre à Camille Rogier, peintre, illustrateur, viveur.Il lui dit que sa libido le dévore.« C\u2019est peut-être le voisinage du Vésuve qui me chauffe le cul.» Sans la moindre gêne, il lui parle en détail d\u2019une maladie vénérienne qui ronge son sexe.Quand ses démons sexuels s\u2019apaisent un peu, l\u2019écrivain se rend volontiers contempler des œuvres d\u2019art.Il profite des antiquités et de la vaste galerie de tableaux de la collection du prince de Salerne.L\u2019argent du prince, métamorphosé en œuvres d\u2019art, lui permet d\u2019apprécier en particulier un tableau de Rembrandt, un de ses fameux autoportraits énigmatiques nimbés de lumière chaude.Flaubert écrit : « La contemplation de ce portrait m\u2019a fait du bien à la santé.En revenant, je m\u2019en sentais dans les cuisses des muscles d\u2019acier et j\u2019étais léger comme un oiseau.» Il reparlera de ce tableau à une autre occasion pour en dire ceci : « C\u2019est plein d\u2019une grande et forte manière et comme sculpté dans la couleur.» Un Rembrandt n\u2019est pas qu\u2019une affaire sentimentale.Ses tableaux se trouvent au cœur des collections des puissants depuis longtemps.Du vivant du peintre, ses œuvres appartiennent déjà au roi d\u2019Angleterre, Charles II, au cardinal de Richelieu, à des collectionneurs privés fortunés, comme le Sicilien Antonio Ruffo.Pour posséder un Rembrandt, il faut pouvoir y mettre le prix.Les riches ont eu de tout temps le chic de la peinture quand vient le temps de donner une couche de vernis aux illusions qu\u2019ils prêtent à la grandeur de leur vie.En 2016, un marchand d\u2019art hollandais de 39 ans, Jan Six, fils de la bourgeoisie de son pays et ancien employé de la maison d\u2019enchères Sotheby\u2019s, se rend à Londres pour acquérir, dans une vente, un tableau.Il croit deviner qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un Rembrandt, attribué à tort à ses élèves.Le tableau lui est adjugé pour 225 000 $.Deux ans plus tard, restaurations, analyses historiques, rayons X et infrarouges paraissent lui donner raison.L\u2019œuvre vient d\u2019être mise en vente pour 1000 fois plus que son prix d\u2019achat.Mis à part quelques restaurations mineures, il s\u2019agit pourtant bien du même tableau qu\u2019auparavant.Pour un monde qui ignore désormais la valeur d\u2019à peu près tout, l\u2019art reste apparemment la seule façon de sortir son argent du coffre-fort en le maquillant pour lui donner ainsi des allures de supplément d\u2019âme.Cela apparaît encore plus éclatant, il est vrai, dans l\u2019univers de l\u2019art contemporain.Depuis le XIXe siècle, ce Rembrandt à l\u2019identité oubliée se trouvait dans la famille de Sir Richard Neave.Ce baronnet avait beaucoup profité de la vente d\u2019ailerons de baleines, de peaux d\u2019orignaux, de plumes d\u2019oies blanches mouchetées de sang ainsi que de fourrures de castors.Entre 1802 et 1808, Neave était, entre autres choses, un des neuf gouverneurs de la Compagnie de la Baie d\u2019Hudson.Les villes de Winnipeg, de Calgary et d\u2019Edmonton seront d\u2019abord des comptoirs de cette compagnie.Elle finira par vendre les vastes territoires qui les accompagnent pour que le gouvernement canadien y fonde de nouvelles provinces.En échange de couteaux, de billes de verre, d\u2019aiguilles de fer, de couvertures grises et de fusils à poudre noire, la Compagnie de la Baie d\u2019Hudson fait main basse sur la chasse des Amérindiens et des Canadiens.Elle presse le pays comme un citron, laissant geler sur place l\u2019amertume, emportant avec elle les sucres.Sa fortune, Neave l\u2019a acquise grâce au trafic des peaux de bêtes de l\u2019Amérique septentrionale, mais aussi aux Antilles, grâce à la traite des Noirs.À l\u2019abolition de l\u2019esclavage dans l\u2019Empire britannique, pour compenser les pertes familiales causées par cette émancipation, son fils reçoit un important dédommagement financier.Son petit-fils, déjà assis sur une fortune appréciable, deviendra gouverneur de la Banque d\u2019Angleterre.De père en fils, les Neave vont en venir à représenter une importante dynastie politique et financière.Assassiné en 1979 dans un attentat à la bombe, le député conservateur Airey Neave, un des fidèles supporters de Margaret Thatcher, était de cette famille.L\u2019acquisition d\u2019œuvres d\u2019art sert beaucoup, dans ces milieux, à produire une jolie diversion pour aider à faire oublier un instant que le paradis des riches, toujours bordé de fourrures, est financé par l\u2019enfer des pauvres.Comme au temps du massacre des animaux et de la traite des Noirs, le bonheur des peuples continue au fond à passer derrière la grande toile colorée, où se cachent des multinationales et leurs patrons.L\u2019ordre du jour n\u2019a pas beaucoup varié.Au quotidien, on se le fait rappeler assez crûment.Par exemple, par ce directeur d\u2019une succursale de Desjardins à Québec qui, au moment de condamner à la fermeture le guichet automatique de l\u2019Institut de réadaptation en déficience physique, affirme sans sourciller que « la Caisse, dans sa mission, ce n\u2019est pas écrit que la clientèle vulnérable doit être servie ».Faut-il rappeler que Desjardins a réalisé des surplus de 2,15 milliards de dollars en 2017 ?La vérité en peinture est que, pour ces gens-là, seul compte de voir à presser le citron.Voilà le triste tableau.JEAN- FRANÇOIS NADEAU Comme au temps du massacre des animaux et de la traite des Noirs, le bonheur des peuples continue au fond à passer derrière la grande toile colorée, où se cachent des multinationales et leurs patrons ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Le corridor à l\u2019étude pour la construction du gazoduc de 750 kilomètres qui transportera du gaz naturel de l\u2019Alberta jusqu\u2019à la future usine de liquéfaction d\u2019Énergie Saguenay traverse l\u2019habitat de plusieurs espèces menacées ou vulnérables, indiquent les données scientifiques gouvernementales obtenues par Le Devoir.Les documents produits par le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), une unité intégrée au ministère de l\u2019Environnement, obtenus à la suite de demandes répétées sur une période de sept semaines, indiquent que le corridor à l\u2019étude pour la construction du gazoduc, de l\u2019Abitibi au Saguenay, traverse l\u2019habitat d\u2019« espèces fauniques en situation précaire », donc « menacées ou vulnérables ou susceptibles d\u2019être ainsi désignées » en vertu de la législation québécoise.La liste fournie compte 17 espèces, dont le carcajou et la tortue mouchetée, toutes deux désignées comme étant « en voie de disparition » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.On y note aussi, entre autres, la présence du râle jaune, une espèce d\u2019oiseau « menacée », et celle de trois espèces de chauve-souris.Un total de 18 espèces floristiques en situation précaire sont également présentes dans le couloir ciblé pour la construction du gazoduc.Le CDPNQ précise toutefois que ces listes ne constituent pas un bilan « définitif » des espèces en situation précaire sur ce territoire.« D\u2019autres espèces en péril dont les occurrences n\u2019ont pas été répertoriées pourraient se retrouver dans la zone d\u2019étude », affirme aussi le biologiste Alain Bran- chaud, directeur de la Société pour la nature et les parcs du Canada, section Québec.Selon lui, il existe toutefois peu de mesures en place présentement pour assurer la protection des « habitats » des espèces menacées dans le corridor, en dehors des aires protégées.Il souligne ainsi qu\u2019« aucun habitat essentiel » n\u2019est désigné et formellement protégé par le gouvernement fédéral.Atténuer les impacts Puisque la localisation précise des milieux naturels fréquentés par les espèces menacées est de nature confidentielle, il n\u2019est pas possible de savoir à l\u2019heure actuelle où se trouvent les principaux enjeux de conservation.L\u2019entreprise Gazoduq promet cependant de mener des travaux de recherche « sur le terrain » au cours des prochains mois afin de documenter précisément la présence des espèces menacées ou vulnérables, dans le cadre de la réalisation de l\u2019étude d\u2019impact de ce projet de 4,5 milliards de dollars.« Déjà, avec notre corridor, on a fait des efforts pour éviter l\u2019aire de répartition du caribou forestier, les aires protégées et les projets d\u2019aires protégées.Évidemment, avec un corridor de 30 à 60 km de largeur, il en demeure.Mais il est certain que notre tracé va éviter les aires protégées et les projets d\u2019aires protégées.Notre objectif est aussi d\u2019éviter au maximum les zones écologiques sensibles, comme celles où il y aurait des espèces menacées.C\u2019est notre objectif de les éviter le plus possible », explique Marie- Christine Demers, directrice aux affaires publiques chez Gazoduq.La construction impliquera en outre plusieurs « franchissements de cours d\u2019eau ».Le corridor à l\u2019étude englobe en effet plus de 20 400 km de cours d\u2019eau.« Les meilleures techniques de l\u2019industrie » seront utilisées pour les franchissements de cours d\u2019eau et de milieux humides, souligne Mme Demers.Une analyse confidentielle commandée par l\u2019entreprise GNL Québec a révélé que l\u2019appui des Québécois à un projet de gazoduc est faible le long du tracé proposé, et donc qu\u2019« il y a du travail à faire » pour les convaincre d\u2019accepter un tel projet.La décision sur la construction revient cependant au gouvernement fédéral.Longues démarches L\u2019obtention des données du CDPNQ a nécessité sept semaines de démarches auprès du ministère de l\u2019Environnement, qui a finalement transmis les informations demandées le vendredi 18 janvier en après-midi.Celles-ci ont donc été envoyées la journée même où se terminait la période de consultation publique au cours de laquelle tout citoyen ou tout groupe pouvait transmettre au ministère « ses observations sur les enjeux que l\u2019étude d\u2019impact du projet devrait aborder ».Les deux documents officiels transmis au Devoir, et produits en réponse à une demande envoyée le 30 novembre, sont pourtant datés du 11 et du 13 décembre.Ces dates sont cohérentes avec l\u2019accusé de réception du CDPNQ, qui avait indiqué le 3 décembre qu\u2019il avait « comme objectif de donner suite aux demandes reçues par courriel dans les meilleurs délais [2 à 20 jours ouvrables] ».Un groupe environnemental qui a fait la même demande, à la même période, a d\u2019ailleurs reçu les informations réclamées dans un délai de deux jours.Un porte-parole du ministère a toutefois indiqué vendredi qu\u2019il venait de recevoir l\u2019« OK des autorités du ministère » pour la transmission des informations.Il a évoqué le caractère délicat des données demandées pour justifier le délai de réponse.BIODIVERSITÉ Des espèces menacées sur la route d\u2019un futur gazoduc Les documents produits par le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec indiquent que le corridor à l\u2019étude pour la construction du gazoduc traverse l\u2019habitat d\u2019« espèces fauniques en situation précaire », dont celui du carcajou.ISTOCK CARTOGRAPHIE LE DEVOIR Une analyse confidentielle commandée par l\u2019entreprise GNL Québec a révélé que l\u2019appui des Québécois à un projet de gazoduc est faible le long du tracé proposé, et donc qu\u2019« il y a du travail à faire » pour les convaincre d\u2019accepter un tel projet.La décision sur la construction revient cependant au gouvernement fédéral. LEDEVOIR // LE LUNDI 21 JANVIER 2019 ACTUALITÉS A 4 Travailler l\u2019humour avec acharnement du succès qu\u2019il parvient à récolter malgré une visibilité médiatique homéopathique, du moins si on la compare à celle de certains de ses collègues.Tout court, son premier spectacle, et Malade, qu\u2019il présentera devant les médias mardi soir à Montréal, ont tous les deux franchi le cap des 100 000 billets vendus, et placent donc Simon Leblanc parmi les humoristes les plus populaires au Québec, ce qui ne l\u2019empêche étonnement pas de se promener en anonyme (ou presque) dans la rue.Une posture de rêve pour ce Gaspésien d\u2019origine, fils unique d\u2019un fonctionnaire de la SAAQ et d\u2019une travailleuse sociale, qui confie en murmurant, comme s\u2019il avouait un secret qui pourrait le mener à l\u2019échafaud: «Je ne me sens pas pantoute comme un artiste.» C\u2019est-à-dire ?« C\u2019est-à-dire que, pour moi, c\u2019est vraiment un métier, l\u2019humour, un métier plein de répétitions et de bûchage.Je n\u2019ai pas cette sensibilité mythique de l\u2019artiste qui entre en connexion avec une force supérieure.Je n\u2019ai jamais de flashs géniaux ! Je ne fais que travailler avec acharnement sur quelques blagounettes.» Après avoir étudié les sciences au cé- gep, Simon Leblanc s\u2019inscrit en psychologie de la communication à l\u2019UQAM et peine rapidement à se reconnaître dans la féconde insouciance de ses collègues, capables d\u2019attendre que la bonne idée vienne à eux, plutôt que de la pourchasser.L\u2019improvisation lui permettra de tromper son ennui, jusqu\u2019à ce que son entraîneur, Richardson Zéphir, lui suggère de tenter sa chance en stand-up.Le laboratoire d\u2019une soirée d\u2019humour lui offre, dès sa première fois au Pub Saint-Ci- boire en octobre 2009, ce cadre expérimental, semblable à celui de la science, qui lui manquait tant.Essayer puis se tromper, réessayer, puis parvenir à générer des rires : c\u2019est aujourd\u2019hui tout ce qui lui importe, tout ce qui l\u2019obsède.Malade se promènera partout au Québec au moins jusqu\u2019en décembre prochain, mais son créateur amorçait déjà cet été le rodage d\u2019un troisième spectacle, et pas dans les conditions princières que vous imaginez : Simon Leblanc demande à son équipe de distribuer les billets de ces performances très intimes à des gens qui ne pourraient l\u2019identifier même si leur vie en dépendait.Transportons-nous dans un petit bar de la rue De Bleury.« Ben c\u2019est ça, l\u2019autre fois, je commence mon show de rodage avec un passage sur le suicide auquel j\u2019avais mal réfléchi.J\u2019ai commencé en disant que j\u2019étais en faveur du suicide et je le voyais ben que, même si c\u2019était de l\u2019ironie, ça n\u2019avait pas d\u2019allure, ça ne passait pas.Ils étaient dix dans la salle et il y a une table de quatre en avant qui s\u2019est mise à brailler après cinq minutes ! Ça m\u2019a pris une heure et quart avant de revenir dans une zone plus confortable, c\u2019était tough, tough, tough, mais c\u2019est en passant à travers ces épreuves-là que tu restes bon.» Pas d\u2019humour sans adversité?«Disons que j\u2019ai le luxe de choisir mon adversité\u2026 et que je m\u2019en inflige beaucoup.» L\u2019humour scatologique, un art comme un autre Simon Leblanc a la tête d\u2019un intello, mais ses blagues empruntent largement aux pages les plus rabelaisiennes du dictionnaire.Comment faire autrement avec un récit comme celui autour duquel s\u2019amorce Malade, chronique sans détour ni euphémisme de ses problèmes de santé (maladie de Crohn avec spondylarthrite ankylosante) ouvrant la porte à une foison de références aux fonctions les moins nobles du corps.C\u2019est un art moins facile à maîtriser qu\u2019on le dit que celui de la blague scatologique, souligne le comique au- jourd\u2019hui pétant (!) de santé.Parce qu\u2019au-delà du tabou (très relatif ) que brise celui qui place ses intestins sous les projecteurs, c\u2019est la vulnérabilité qu\u2019appellent ces sujets qui alimente surtout le rire.« Quand j\u2019écoute du stand-up, ce que je veux, c\u2019est vivre une émotion, que ce soit vulgaire ou pas.Mais il faut que ce soit incarné ! Des jokes de marde, dans la bouche de Seinfeld, personne n\u2019aimerait ça.Il faut qu\u2019on sente que ça part d\u2019une préoccupation réelle.En fait, ce n\u2019est pas la marde qui me fait rire, c\u2019est ce que j\u2019ai vécu, et ça s\u2019adonne que j\u2019ai vécu plus d\u2019expériences de marde que la moyenne, et je ne vois pas pourquoi j\u2019en aurais honte.» Simon Leblanc - Malade Les 21 et 22 janvier à la Cinquième salle de la Place des Arts En tournée partout au Québec jusqu\u2019en décembre BLAGUES SUITE DE LA PAGE A 1 MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR Les 10 députés du Bloc québécois seront candidats à l\u2019élection fédérale du 21 octobre.En entrevue au Devoir dimanche, le nouveau chef de la formation indépendantiste, Yves-François Blanchet, a confirmé que l\u2019ensemble de la députation bloquiste sollicitera un nouveau mandat.Les derniers mois ont été éprouvants pour les députés bloquistes.En février dernier, sept d\u2019entre eux avaient claqué la porte du parti alors dirigé par Martine Ouellet, ce qui avait plongé le Bloc québécois dans une profonde crise interne.Les sept dissidents sont finalement rentrés au bercail dans la foulée de la démission de Martine Ouellet, défaite lors d\u2019un vote de confiance en juin dernier.Le vent a tourné depuis, assure celui qui a été couronné chef du parti jeudi dernier.« Le caucus est parfaitement fonctionnel, affirme Yves-François Blanchet.Cette crise-là, elle est passée, elle est finie et tout le monde regarde dans la bonne direction.» M.Blanchet avance même qu\u2019un « momentum » serait perceptible au sein des rangs bloquistes.En décembre, le parti a recueilli 300 000 $, son mois le plus fructueux depuis la campagne de 2015.« Le Bloc sortait tout juste de la crise, n\u2019avait pas encore de chef et a recueilli 300 000 $ en plein mois de décembre.Il s\u2019est passé quelque chose de positif à l\u2019intérieur des instances, on sent clairement un momentum à l\u2019intérieur du Bloc.» « Notre travail, et j\u2019en prends la responsabilité, c\u2019est de porter et de partager cet enthousiasme avec les Québécois », lance l\u2019homme de 53 ans.Un éveil Selon le politicien, le Bloc québécois, dont l\u2019éloge funèbre a été maintes fois prononcé, bénéficie en quelque sorte d\u2019un « éveil » né de la débâcle du Parti québécois lors de la dernière élection provinciale.« Au lendemain du 1er octobre, les souverainistes \u2014 qui représentent encore le tiers du vote au Québec \u2014 ont bien réalisé que si le Bloc était écrasé à la prochaine élection fédérale, c\u2019est l\u2019idée même de la souveraineté qui allait beaucoup souffrir.Et ça, je pense que ça a été une sorte d\u2019électrochoc.» Grâce à cet élan, Yves-François Blanchet dit avoir bon espoir de recruter des candidats de qualité pour représenter le Bloc québécois dans les 78 circonscriptions fédérales du Québec en vue de l\u2019élection générale du 21 octobre.Déjà cette semaine, le parti annoncera qui défendra les couleurs du Bloc québécois lors de l\u2019élection partielle du 25 février dans la circonscription d\u2019Ou- tremont.« C\u2019est une candidature de très haute qualité qui va surprendre tout le monde », promet Yves-François Blanchet.Celui qui a été ministre de l\u2019Environnement au sein du gouvernement pé- Les 10 députés du Bloc se représenteront Selon Yves-François Blanchet, le parti bénéficie en quelque sorte d\u2019un « éveil » né de la débâcle du PQ quiste de Pauline Marois fera de l\u2019environnement un des thèmes centraux de la campagne bloquiste.Un thème qui sera imbriqué dans ceux de la souveraineté et de l\u2019économie, une sorte de triumvirat duquel naîtra un nouveau modèle écologique québécois.Yves- François Blanchet estime que ce modèle, qu\u2019il souhaite développer, est « totalement incompatible avec les politiques du gouvernement fédéral », rappelant au passage l\u2019achat de l\u2019oléoduc Trans Mountain par le gouvernement libéral.Le bal des investitures À neuf mois du vote, le Bloc québécois a investi dimanche son premier candidat.Des dizaines de militants ont bravé la tempête pour assister à Boucherville à l\u2019assemblée d\u2019investiture de Xavier Barsalou-Duval, qui tentera de se faire réélire dans la circonscription de Pierre-Boucher\u2013Les Patriotes\u2013 Verchères.« On a commencé un travail dans la circonscription qui doit être terminé, notamment dans les dossiers de la réglementation du trafic sur la rivière Richelieu et de l\u2019érosion des berges du fleuve Saint-Laurent », clame le jeune papa.Cet ancien enseignant au collégial, qui se dit très présent auprès de ses commettants, se définit d\u2019abord et avant tout comme un indépendantiste.« Tant que le Québec ne sera pas un pays, ça va être nécessaire pour moi de continuer mon action politique », insiste-t-il.Ce n\u2019est pas la marde qui me fait rire, c\u2019est ce que j\u2019ai vécu, et ça s\u2019adonne que j\u2019ai vécu plus d\u2019expériences de marde que la moyenne, et je ne vois pas pourquoi j\u2019en aurais honte SIMON LEBLANC » Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet (à droite), a investi dimanche, son premier candidat, Xavier Barsalou-Duval (à gauche), pour une réélection dans la circonscription de Pierre-Boucher\u2013 Les Patriotes\u2013 Verchères.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR ozanne Hird, 67 ans, est emballée par le casque de réalité virtuelle qu\u2019elle a testé dans les allées du Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas : « C\u2019est génial, j\u2019ai vu l\u2019opéra de Sydney et les pyramides d\u2019Égypte ! » Appareils d\u2019audition, bracelets qui mesurent les battements cardiaques, dispositifs antichute, consultations médicales virtuelles, pilulier connecté\u2026 Le CES fourmille d\u2019inventions destinées aux personnes âgées pour les aider à rester autonomes le plus longtemps possible : le vieillissement de la population offre un marché gigantesque au secteur technologique.La plateforme de réalité virtuelle Alcove VR testée par Rozanne Hird peut contrôler plusieurs casques, donc « tout un groupe de gens peuvent voir les pyramides, interagir et ne pas être isolés », poursuit, tout sourire, la sexagénaire, qui enseigne l\u2019informatique aux seniors en Arizona depuis 26 ans.Cela « permet de lutter contre l\u2019isolement social » qui touche fréquemment les personnes âgées, confirme Nigel Smith, chargé de l\u2019Innovation Labs au sein de l\u2019Association américaine des retraités AARP (38 millions de membres), venue présenter au CES des produits de haute technologie destinés aux seniors, dont Alcove VR.« N\u2019ayez pas peur ! » « Les changements démographiques sont énormes et ça s\u2019accélère : chaque jour, plus de 10 000 personnes attei- SOCIÉTÉ A 5 LEDEVOIR // LE LUNDI 21 JANVIER 2019 Chaque début d\u2019année, la planète technologique converge vers Las Vegas.Cette année, de plus en plus de compagnies convoitent le très lucratif marché du « troisième âge », avec comme atout l\u2019intelligence artificielle et les objets connectés pour contrer les accidents et la perte d\u2019autonomie.JULIE CHARPENTRAT À LAS VEGAS AGENCE FRANCE-PRESSE III TECHNOLOGIE La santé des aînés intéresse les géants de la technologie Si la foule était de tous âges la semaine dernière au Consumer Electronics Show de Las Vegas, les produits destinés aux personnes âgées abondaient.PHOTOS ROBYN BECK AGENCE FRANCE-PRESSE R Les changements démographiques sont énormes et ça s\u2019accélère : chaque jour, plus de 10 000 personnes atteignent l\u2019âge de 65 ans aux États-Unis NIGEL SMITH » proches s\u2019il détecte un problème, explique Paige Baeder, de la start-up Pillo Health, qui dit avoir écoulé 2500 appareils en quelques semaines.Entre 2000 et 2050, la proportion de la population mondiale de plus de 60 ans sera passée d\u2019environ 11 % à 22 %, soit de 605 millions à deux milliards de personnes, selon l\u2019Organisation mondiale de la Santé.Quant aux 80 ans ou plus, ils devraient presque quadrupler pour atteindre 395 millions en 2050.À la clé notamment, un marché des aînés, surnommé « silver économie », promis à une croissance exponentielle.Les chaussures antichute L\u2019entreprise française E-vone présente au CES « la première chaussure connectée à détection de chute » qui « alerte automatiquement sa famille, ses aidants, pour pouvoir venir chercher le plus rapidement possible » la personne grâce à un système d\u2019alerte localisé par GPS, explique Franck Chérel, président d\u2019E-vone.Une fois l\u2019alerte donnée, la chaussure vibre pour informer l\u2019usager tombé au sol.« À l\u2019intérieur, il y a des capteurs qui vont monitorer en permanence l\u2019activité de la personne, et l\u2019algorithme est capable de détecter s\u2019il y a quelque chose d\u2019anormal » grâce à l\u2019intelligence artificielle qui peut détecter une accélération ou une rotation inhabituelles, poursuit M.Chérel, qui propose pantoufles, chaussures de sport et chaussures de ville.Quant à l\u2019américain InControl Medical, son appareil de musculation localisée doit « guérir l\u2019incontinence urinaire et fécale en renforçant le plancher pelvien et en apaisant le muscle détrusor », situé sur la paroi de la vessie.Mais les outils technologiques destinés à cette population se heurtent à certains obstacles, comme leur coût.S\u2019il faut compter par exemple 500 $ américains (environ 665 $ canadiens) et un abonnement de 40 $ (53 $) par mois pour le Pillo, Nigel Smith de l\u2019AARP pense néanmoins que le souci du coût de la technologie va « se résoudre de lui-même » à mesure que les gens l\u2019adopteront, le marché de masse permettant à l\u2019industrie de réduire ses prix.Quant à la méfiance des plus âgés envers la technologie, il souligne qu\u2019elle est moins grande qu\u2019on ne le pense.« Le taux d\u2019adoption de la technologie chez les plus de 50 ans, par exemple concernant les tablettes, est meilleur que ce qu\u2019on pensait.Donc nous avons l\u2019espoir que tous les nouveaux objets, qui les perturbent un peu, seront eux aussi adoptés », assure-t-il, ajoutant que les plus jeunes peuvent aider leurs grands-parents à se familiariser avec la technologie.Aux aînés auxquels elle enseigne l\u2019informatique, Rozanne Hird conseille ceci : « N\u2019ayez pas peur, ne soyez pas intimidés ! Voyez ça comme de nouveaux jouets ! » Le pilulier Pillo délivre à heure fixe les médicaments à prendre.E N B R E F nue dans le rapport précédent, cinq ans plus tôt.Pour les humains qui vivent sur la terre ferme, c\u2019est une bonne et une mauvaise nouvelle.La bonne: les océans nous épargnent ainsi une bonne partie du réchauffement planétaire.La mauvaise: on approche de leur point de saturation.Selon l\u2019analyse parue dans la revue Science, 2018 a même été l\u2019année la plus chaude pour les océans, battant le record de 2017, qui battait le record de 2016.Ce n\u2019est pas moins de 93% de la chaleur excédentaire qui est absorbée par les océans.Mais la difficulté pour les scientifiques a toujours été de mesurer l\u2019impact sur la température à différentes profondeurs.Il se trouve aussi que savoir de combien la température a augmenté à la surface, à 100 mètres et à 1000 mètres, ne relève pas juste de la curiosité scientifique: c\u2019est le meilleur indicateur qu\u2019on puisse avoir de la capacité d\u2019absorption des océans et de la possibilité qu\u2019on approche de leur point de saturation.Cette augmentation de la chaleur a un impact dévastateur sur certains écosystèmes marins, et elle signifie une hausse du niveau des océans.Agence Science-Presse L\u2019inquiétant déclin des monarques se poursuit La population de papillons monarques en Californie était, en novembre 2018, de 86 % inférieure à celle du mois de novembre de l\u2019année précédente.Les résultats sont encore préliminaires : la compilation de données devrait être terminée à la fin de ce mois-ci.Ces chiffres proviennent d\u2019une initiative citoyenne, le Western Monarch Count : chaque année en novembre, des milliers de bénévoles « recensent » les monarques dans leur cour, leur parc ou leur bois.Cela représentait un total de près de 150 000 papillons l\u2019an dernier, contre à peine plus de 20 000 cette année.Ce papillon dit « de l\u2019ouest » fait sa pause hivernale, entre autres sur la côte californienne, approximativement d\u2019octobre à mars, avant de reprendre sa route vers le Mexique.Les experts s\u2019attendaient à ce que ce soit une mauvaise année, écrivait en novembre la biologiste Stephanie McKnight : aux quatre coins de l\u2019Amérique du Nord, les rapports font état de papillons arrivés plus tard que prévu, et en moins grand nombre.Depuis les années 1980, leurs habitats rétrécissent, au point qu\u2019un peu partout sur le continent, et jusqu\u2019à l\u2019Insectarium de Montréal, des programmes incitent désormais les populations locales à planter des asclépiades \u2014 la seule plante sur laquelle ces papillons vont pondre leurs œufs.En attendant, on ignore si le déclin californien s\u2019appliquera aussi aux papillons dits « de l\u2019est », mais on avait déjà des indications, l\u2019an dernier à pareille date, que les papillons arrivés au Mexique étaient, eux, moins nombreux : le Fonds mondial pour la nature parlait alors d\u2019un recul de 15 % de la superficie de zones forestières occupées par les monarques dans le centre du pays, ou 16 millions de papillons de moins.Lorsqu\u2019ils sortent de leur hibernation mexicaine en mars, les monarques reprennent la route vers le nord, pour une migration de 5000 kilomètres.Agence Science-Presse Le mystère du trop-plein de chaleur des océans Il y a longtemps qu\u2019on sait que les océans absorbent le gros du trop-plein de chaleur qui résulte de l\u2019effet de serre créé par nos activités.Mais la difficulté a toujours été de mesurer l\u2019impact, en degrés Celsius, de cette absorption \u2014 une mesure pourtant fondamentale pour prévoir l\u2019avenir.Or, plus la technologie se raffine et plus le total grimpe.Ainsi, les océans se réchaufferaient 40% plus vite que la valeur «prudente» qui avait été retenue comme estimation dans le dernier rapport du GIEC \u2014 valeur qui, elle-même, était plus élevée que celle qui avait été rete- EMILY IRVING-SWIFT AGENCE FRANCE-PRESSE gnent l\u2019âge de 65 ans » aux États-Unis, dit Nigel Smith, notant tous les « défis et possibilités » que cela entraîne.« L\u2019intelligence artificielle et les objets connectés ont une utilité très concrète », assure-t-il.L\u2019Innovation Labs a aussi investi dans Pillo, un pilulier intelligent aux yeux ronds qui délivre à heure fixe, dans un petit pot, les médicaments à prendre, entre autres fonctionnalités.Muni d\u2019une caméra à reconnaissance faciale, il reconnaît le patient et peut envoyer une alerte sur le téléphone de ses LEDEVOIR // LE LUNDI 21 JANVIER 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin ieux vaut ne plus calculer le nombre de complaintes lancinantes jouées sur toutes les gammes pour déplorer que les soins aux aînés soient, au Québec, synonymes de manque de ressources et devenus, tragiquement pour tous ceux qui se destinent à un séjour en CHSLD faute de mieux, le reflet triste d\u2019un manque d\u2019humanité\u2026 institutionnalisé.Voilà des décennies que les médias reprennent le refrain des soins de base non prodigués aux aînés, des conditions dégradantes dans lesquelles le troisième âge coule ses dernières années, totalement dépourvues de la douceur sereine espérée en fin de vie.Les dernières révélations fournies la semaine dernière par le réseau TVA \u2014 dans un CHSLD de Laval, des cas de maltraitance auraient placé les bénéficiaires et leur famille dans des conditions inacceptables \u2014 ont indigné la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais.« Ça n\u2019a pas de sens ! », martèle-t-elle.Aucun sens ne réside dans ces récits d\u2019horreur.Mais c\u2019est surtout dans leur reprise constante que le contresens le plus odieux se joue.L\u2019histoire se souvient-elle du cas malheureux du CHSLD Saint-Charles- Borromée, à Montréal ?Dans les années 1990, une action collective avait été intentée contre cette résidence précisément pour dénoncer des cas de négligence dans les soins de santé, d\u2019hygiène, de prise de médicaments et d\u2019alimentation.Refrain connu ?Depuis, à combien de prises de conscience collective avons-nous eu droit, sur le thème de l\u2019inacceptable et du jamais plus ?Le Vérificateur général a déjà conçu des chapitres entiers sur le manque de ressources dans les services destinés aux personnes âgées.Le Protecteur du citoyen, dans son dernier rapport annuel d\u2019activités, a souligné des errements menant à une situation qui « s\u2019apparente à de la maltraitance ».La Commission des droits de la personne s\u2019est maintes fois prononcée sur les droits bafoués du troisième âge.Une requête d\u2019action collective déposée en juillet dernier par le Conseil pour la protection des malades vise la dénonciation de tous les traitements inacceptables soufferts dans l\u2019anonymat et la peur.Nous avons d\u2019ailleurs désormais une Loi visant à contrer la maltraitance envers les aînés \u2014 dont tout un pan concerne la négligence.Les constats entourant les trous béants dans les soins à domicile et le soutien aux proches aidants sont connus.Le diagnostic est établi, les lois existent \u2014 même si elles pourraient gagner encore en mordant.La ministre en poste, Marguerite Blais, est non seulement convaincue, compétente et déterminée, mais elle dispose d\u2019un atout précieux : un premier ministre qui a fait de l\u2019amélioration des conditions de vie des aînés sa troisième priorité après l\u2019éducation et l\u2019économie.Que nous faut-il encore ?Du personnel.Des infirmières, des préposés aux bénéficiaires.Des conditions de travail alléchantes.De la souplesse dans l\u2019alliage formation-travail.On avait beau avoir prédit depuis longtemps les effets du vieillissement de la population et de la pénurie de main-d\u2019œuvre, voilà que dans le champ des soins de santé et des services sociaux, ces deux prédictions frappent simultanément, ne laissant place à rien d\u2019autre qu\u2019au chaos.Des syndicats parlent désormais de « maltraitance organisationnelle » ; des établissements pondent des directives prévoyant l\u2019impossibilité de donner un bain par semaine, de changer une couche d\u2019incontinence au moment où cela devrait être fait.La pénurie de personnel a donné lieu à une forme d\u2019abandon de l\u2019essentiel désormais institutionnalisé.Le tout en totale contravention aux lois en place.Notre journaliste Isabelle Porter rapportait la semaine dernière l\u2019immense difficulté de recrutement de personnel dans les CHSLD, notamment chez les préposés aux bénéficiaires.Un retard de 1000 préposés dans les 13 CIUSSS et CISSS du Québec qui ont répondu à l\u2019appel du Devoir (sur 23) traduit bien les obstacles auxquels se heurtent les établissements dans leur recherche d\u2019employés.D\u2019heureuses initiatives ont montré que le rapprochement entre les centres de formation et les établissements fonctionne.La prochaine négociation devra inévitablement compter sur l\u2019amélioration des conditions de travail.Les pénuries de personnel n\u2019expliquent pas tout, et l\u2019organisation des soins et services doit aussi être revue, en accord avec l\u2019urgence de la situation, même s\u2019il faut enclencher un changement de culture.Une chose est certaine : il n\u2019est socialement plus possible de sacrifier tout un pan de la population à la détresse et au désenchantement.Claude Vaillancourt Écrivain, président d\u2019ATTAC-Québec Le Forum économique mondial de Davos (qui commence mardi) fait face à certaines difficultés depuis quelques années.Le système qu\u2019il défend avec enthousiasme depuis sa création en 1971 connaît des ratés, qu\u2019il est d\u2019ailleurs le premier à admettre.La collaboration idéalisée entre le public et le privé qu\u2019il a toujours défendue montre aujourd\u2019hui ses limites.Ce forum, étant tout de même un lieu où l\u2019on réfléchit, n\u2019est cependant pas à court d\u2019analyses et de solutions.Son fondateur, Klaus Schwab, défend une vision cohérente du monde d\u2019aujourd\u2019hui qui s\u2019expose en deux volets.L\u2019année dernière, il mettait l\u2019accent sur ce qu\u2019il nommait la 4e révolution industrielle, que nous traverserions présentement.La numérisation de données gigantesques, l\u2019hyperdé- veloppement de l\u2019intelligence artificielle, les bouleversements provoqués par la virtualisation ont changé en profondeur nos sociétés, notre vie professionnelle comme notre vie intime.À cette 4e révolution industrielle correspond une mondialisation 4.0, un thème qui sera abordé prioritairement cette année.La première mondialisation se situait avant la Première Guerre mondiale, la seconde pendant les trente glorieuses, avec le modèle d\u2019économie mixte, et la troisième correspond au développement du néoli- béralisme à partir des années 1980.La quatrième est profondément marquée par les transformations conséquentes des nouveaux développements technologiques.Mais comme nous y entrons, elle semble pour le moment assez difficile à définir.Dans un manifeste défendu par Klaus Schwab, la mondialisation 4.0 se ramène plutôt à une série de bonnes intentions.Personne ne peut être contre elles.Plus spécifiquement, il est difficile de s\u2019opposer à celle qui résume toutes les autres, soit la volonté d\u2019entreprendre un « dialogue global » sur des sujets fondamentaux comme la technologie, la cybersécurité, le système monétaire, les politiques en matière de technologie.Seulement, le Forum de Davos est toujours aussi mal placé pour parler de dialogue, alors que ses invités sont triés sur le volet, que les gens d\u2019affaires représentent un participant sur deux, que l\u2019événement se déroule dans un lieu coûteux et très peu accessible.Tout cela alors que la présence d\u2019une seule langue, l\u2019anglais, écrase toutes les autres.Présence des GAFA Certains des problèmes évidents, reliés à cette éventuelle mondialisation 4.0, sont absents dans la réflexion de Schwab, ou à peine abordés.Par exemple, la présence monstrueuse des GAFA, qui dominent comme jamais des secteurs de l\u2019économie et sont possesseurs de quantité invraisemblables de données tout en devenant \u2014 pour certaines d\u2019entre elles \u2014 les véhicules idéaux pour la transmission de fausses informations.Ou les gouvernements populistes de droite qui se refusent à tout véritable dialogue, élus par des populations frustrées par Netflix sensible ?Imaginons un instant que M.Netflix ait perdu sa mère, son fils, sa sœur, dans un incendie tragique s\u2019étant produit dans sa propre ville.Imaginons un instant que des images montrant les maisons en feu où brûlent « en direct » ses proches, et une quarantaine d\u2019autres concitoyens de sa propre ville, circulent maintenant dans deux productions « à succès » de divertissement.Imaginons que les artisans de ces productions se disent « sensibles » au drame vécu par M.Netflix, par sa famille, et par celui de la communauté où il réside, mais que ces artisans maintiennent tout de même la diffusion de ces images « sensationnelles » pour le divertissement de spectateurs du monde entier.De quelles sensations, et surtout de quelle sensibilité parle-t- on ici, quand on sait que les scènes auxquelles on est exposé dans ces productions sont réelles ?Il n\u2019y manque que l\u2019odeur des corps carbonisés.En plus de la douleur qu\u2019il doit ressentir, imaginons la réaction sociale et d\u2019affaires de M.Netflix, lui-même grand producteur dont les moyens de désapprobation sont mille fois plus grands que ceux d\u2019une petite communauté ?Je souhaite que les réseaux sociaux, dont je ne fais malheureusement pas partie cette fois-ci, « s\u2019enflamment » sur cette affaire, même s\u2019il est trop tard pour Lac-Mégantic; son âme est déjà morte, le feu l\u2019a détruite.Marc Bellefleur, natif de Lac-Mégantic Le 20 janvier 2019 Davos, les pièges de la mondialisation 4.0 LIBRE OPINION LETTRES AÎNÉS Le coup de barre M ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu partage qu\u2019elles détiennent?C\u2019est le pari que semble tenir le Forum économique de Davos.C\u2019est aussi celui de nos gouvernements qui, dans les derniers accords commerciaux qu\u2019ils ont négociés, rendent de plus en plus difficile la réglementation du commerce international.Le pari est donc que les entreprises sauront s\u2019autoréglemen- ter, choisir des comportements qui iront dans le sens du bien commun, ne serait-ce que parce qu\u2019elles pourront ainsi réaliser d\u2019importants profits.Mais le risque est considérable pour l\u2019ensemble de la société.À très peu de moments, les entreprises ont montré qu\u2019elles ont à cœur les intérêts collectifs et qu\u2019elles les défendent de façon volontaire.L\u2019expérience indique que seules de solides réglementations les dirigent vers la bonne voie.Les rencontres à huis clos entre gens d\u2019affaires et politiciens, dans les salons feutrés de Davos, ne favoriseront pas une distance nécessaire pour permettre aux gouvernements d\u2019adopter une position d\u2019autorité.les politiques prônées par Davos.À commencer par celui de Donald Trump, un des grands absents de ce forum.Par contre, le problème du réchauffement climatique est clairement reconnu par les organisateurs du Forum, qui s\u2019appuient, comme il se doit, sur le dernier rapport du GIEC.Mais la transition « systémique » doit se faire par un grand partenariat public-privé, alors que les grandes entreprises deviendront des leaders incontournables.On donne comme exemple une alliance de chefs d\u2019entreprise qui, entre autres intentions, se sont engagés à réduire leurs émissions de CO2 de 9 %.Certes, cette collaboration d\u2019entreprises, dont certaines très polluantes (dans le domaine de l\u2019ingénierie ou de l\u2019alimentation par exemple), est appréciable.Mais elle nous questionne aussi sur un aspect important de la transition écologique : celle-ci pourra-t-elle se faire en maintenant les mêmes hiérarchies, en permettant aux immenses entreprises transnationales de conserver le pouvoir sans MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Ruines patrimoniales Mon ancêtre se nomme Nicolas Petit, dit Beauchemin.Il est arrivé au pays en 1649 et s\u2019est établi à Trois-Rivières.Ses descendants ont essaimé ici et là en Nouvelle-France.L\u2019un d\u2019eux, Joseph Beauchemin, agriculteur, a construit à Varennes en 1750 une belle maison de pierre considérée à présent comme la maison ancestrale des Beauche- min.Le ministère des Affaires culturelles l\u2019avait classée en 1984.J\u2019ai vu pour la dernière fois la maison Beauchemin en 2003.Elle était dans un état assez pitoyable, mais possédait encore un toit et on pouvait penser qu\u2019une fois restaurée, elle redeviendrait habitable.Deux ans plus tard, on l\u2019incendiait.Samedi, le 19 janvier dernier, Le Devoir nous la montrait dans son état actuel : quelques pans de murs et deux pignons dressés misérablement vers le ciel.Le tout clôturé.La désolation, quoi.Une désolation classée s\u2019harmonisant parfaitement avec le paysage industriel qui lui sert à présent d\u2019écrin.La maison Beauchemin appartient maintenant à une compagnie pétrochimique de Calgary, qui a miséricordieusement installé des bâches sur ses restes.On ignore ce qu\u2019elle en fera par la suite.Mais il est assez facile de le deviner.Je demeure à Longueuil, non loin de Varennes.Je m\u2019en veux beaucoup et je ressens même de la honte de n\u2019avoir rien tenté pour sauver cette maison au moment où on pouvait encore le faire.Son classement m\u2019avait un peu berné.La Loi sur les biens culturels, dans ses dispositions actuelles, est une loi d\u2019eunuque qui voudrait fonder une grande famille patrimoniale.Une forte impression de rond-de-cuir endormi s\u2019en dégage.Plusieurs s\u2019inquiètent autant pour cette loi que pour les biens qu\u2019elle est censée protéger.Si Nathalie Roy, ministre de la Culture et des Communications, est vraiment sérieuse, elle a du pain sur la planche.De grâce, Madame, n\u2019attendez pas qu\u2019il soit moisi.Yves Beauchemin, écrivain et ex-pré- sident de l\u2019Association des résidants et résidantes du Vieux-Longueuil Le 20 janvier 2019 A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE LUNDI 21 JANVIER 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Michel Crête Biologiste retraité Les projections démographiques de l\u2019ONU prévoient que la population mondiale comptera environ 10 milliards de personnes en 2050.Nous sommes cependant déjà assez nombreux pour que nos activités bouleversent l\u2019atmosphère et détruisent les écosystèmes, à ce point que nous observons une extinction massive des espèces avec qui nous partageons la planète.La Terre serait vieille de 4,5 milliards d\u2019années et la vie y serait apparue environ 500 millions d\u2019années plus tard.Les plus anciens représentants connus de notre genre, Homo, remontent à 2,4 millions d\u2019années, et ceux de notre espèce Homo sapiens, à 300 000 années, une fraction infinitésimale de l\u2019histoire de la vie sur Terre.Nous aurions été environ 200 millions d\u2019humains au temps de l\u2019Empire romain, 750 millions à l\u2019aube de la révolution industrielle et maintenant 7,6 milliards : il s\u2019agit d\u2019une croissance exponentielle qui pourrait se stabiliser autour de 11 milliards de personnes en 2100 selon le scénario médian de l\u2019ONU.C\u2019est dire qu\u2019en peu de temps, en termes géologiques, nous avons connu un tel succès démographique que maintenant nos activités perturbent autant l\u2019atmosphère que les milieux terrestres et aquatiques.Et, ces dérangements seraient décuplés si tous les humains d\u2019aujourd\u2019hui possédaient le même train de vie que nous, Nord-Américains.Pourtant, même dans la situation actuelle, nous peinons à régler le problème le plus urgent à résoudre, celui de l\u2019émission des gaz à effet de serre ; il semble déjà utopique que l\u2019on puisse limiter la hausse de la température à 1,5 °C.Pourquoi ce succès ?Que s\u2019est-il passé pour que la population humaine s\u2019emballe ?Depuis que nos ancêtres ont quitté leur vie de cueilleurs-chasseurs pour devenir sédentaires, nos effectifs ont progressivement augmenté malgré une mortalité périnatale relativement élevée et une espérance de vie assez courte.Cependant, la médecine moderne a fait en sorte que le taux de survie des nouveau-nés et des adultes a augmenté de façon spectaculaire : la médecine moderne, au sens large, qui inclut une meilleure alimentation, représente ainsi le facteur central expliquant la ENVIRONNEMENT La décroissance ordonnée des effectifs humains est-elle possible ?Georgia Vrakas Psychologue et psychoéducatrice, professeure agrégée au Département de psychoéducation, UQTR Je me trouve aujourd\u2019hui à rédiger une réponse au texte « Des patients atteints de troubles mentaux devraient-ils eux aussi avoir droit à l\u2019aide à mourir ?» du 15 janvier, car pour diverses raisons il m\u2019a beaucoup interpellée.D\u2019ailleurs, je suis d\u2019accord avec les arguments de Mmes Hetherington et Fecteau qui ont publié une réponse à ce sujet dans Le Devoir du 17 janvier.Je suis d\u2019avis que ce sujet est très délicat et complexe.Il demande une réflexion sociétale très approfondie.Mais tout d\u2019abord, il faudrait une discussion réunissant les acteurs spécialistes de la question : chercheurs et intervenants en santé mentale et ceux en soins de fin de vie, sans oublier les groupes de personnes souffrant de troubles mentaux eux-mêmes.Le texte qui suit reflète mon opinion personnelle en tant que psychologue et professeure en psychoéducation se spécialisant en santé mentale et en prévention du suicide.Nous n\u2019avons pas assez investi dans la recherche sur la santé et la maladie mentale (concernant les diagnostics et les traitements) comparativement aux maladies physiques.La recherche actuelle indique que généralement le traitement optimal inclut la médication (selon le trouble et sa sévérité) et la thérapie.Cependant, ici au Québec, l\u2019accessibilité à la psychothérapie est limitée.Les listes d\u2019attente sont longues pour consulter un ou une psychologue dans le réseau de la santé et des services sociaux et il faut payer pour consulter dans le secteur privé.Fort heureusement, il existe des organismes communautaires en santé mentale qui font un excellent travail (qui devraient être mieux financés et mieux connus du public).L\u2019accès aux psychiatres est aussi très difficile.N\u2019oublions pas que ce sont eux les spécialistes des traitements pharmacologiques dans ce domaine, quoique heureusement les médecins de famille (pour ceux qui en ont) peuvent être habilités dans ce domaine.En comparaison, les traitements pour les maladies physiques (par exemple : le cancer) sont accessibles à tous dans notre système public (je conviens que tout n\u2019est pas parfait non plus dans ce domaine-là).Distorsions cognitives En ce qui concerne la promotion et la prévention en santé mentale, on a pu constater dans les dernières années que ce n\u2019est pas la priorité du gouvernement.Or, on sait qu\u2019en investissant dans ces domaines nous contribuons à améliorer la santé mentale de la population et ainsi on économise de l\u2019argent et on sauve des vies (voire le travail fait par les Centres de prévention du suicide de la province et l\u2019Association québécoise de prévention du suicide).Dans le domaine des maladies physiques, nous avons souvent accès aux technologies de pointe pour les diagnostiquer.Cela n\u2019est pas le cas en santé mentale, où l\u2019on se base majoritairement sur la description des symptômes par la personne pour nous permettre de poser un diagnostic.Mieux diagnostiquer signifie mieux traiter la personne.N\u2019oublions pas aussi qu\u2019une personne souffrant de maladie mentale (par exemple : la dépression) peut être aux prises avec des distorsions cognitives (pensées irrationnelles) qui pourraient bel et bien affecter sa capacité de prendre des décisions qu\u2019elles soient anodines ou très importantes ; telle la décision de rester en vie ou bien de mourir.Il y aussi la stigmatisation.Malgré les campagnes de sensibilisation gouvernementales dans le passé, malgré les initiatives (par exemple : Bell Cause pour la Cause, la Semaine de prévention du suicide, etc.), la stigmatisation entourant la maladie est toujours bien ancrée dans notre société.Cela peut avoir un effet sur la recherche d\u2019aide et même sur la volonté de vivre avec une maladie mentale.Finalement en tant que psychologue, j\u2019ai travaillé avec des personnes souffrant de divers troubles de santé mentale.Je vous dirai que, dans mon expérience clinique, nous réussissons, la plupart du temps, à trouver au moins un moment d\u2019espoir, une raison de rester en vie, une raison de vivre.Oui, je sais que ce n\u2019est pas le cas pour tout le monde, mais il reste qu\u2019il peut toujours y avoir de l\u2019espoir.Le gouvernement doit agir dès maintenant et investir concrètement dans : La recherche en santé mentale pour améliorer le diagnostic et les traitements pour les différentes maladies mentales ; L\u2019accessibilité aux traitements psychologiques et psychiatriques pour tous ; L\u2019augmentation des ressources locales et de proximité en santé mentale (y compris l\u2019augmentation du financement des organismes communautaires en santé mentale) ; Les programmes de prévention et de promotion en santé mentale ; Les campagnes de sensibilisation sur la santé et la maladie mentale pour augmenter la demande d\u2019aide et réduire la stigmatisation auprès de la population générale et de milieux spécifiques, comme au travail ou à l\u2019école.Considérant où l\u2019on est rendu au- jourd\u2019hui et tout le travail qu\u2019il reste à faire (et qu\u2019il est très possible de faire avec la volonté et l\u2019aide concrète du gouvernement) sur les plans de la recherche, du diagnostic, des traitements de la promotion et de la prévention, il serait éthiquement irresponsable d\u2019ouvrir l\u2019aide médicale à mourir aux patients psychiatriques.Le rétablissement en santé mentale est un processus propre à chacun qui est souvent non linéaire, parfois très long.Cela peut demander un travail de longue haleine de la part de la personne atteinte.Donnons-lui les ressources nécessaires pour se reconstruire et de vivre dans la dignité.AIDE MÉDICALE À MOURIR Investir en santé mentale pour vivre dans la dignité Nous aurions été environ 200 millions d\u2019humains au temps de l\u2019Empire romain, 750 millions à l\u2019aube de la révolution industrielle et maintenant 7,6 milliards.ALFREDO ESTRELLA AGENCE FRANCE-PRESSE croissance récente de nos effectifs.En Europe et en Amérique du Nord, une réduction du taux de fertilité a contrebalancé la longévité accrue, de sorte que les effectifs humains sont maintenant stables, voire en déclin (abstraction faite de l\u2019immigration), mais ailleurs sur la planète, la vigueur démographique demeure forte.Pour restreindre l\u2019augmentation de la température terrestre à 1,5 °C, la science nous trace la voie : réduire considérablement l\u2019utilisation des énergies fossiles, mais aussi diminuer la consommation de protéines animales, génératrices de gaz à effet de serre.Certains prônent également la consommation d\u2019insectes, le végétalisme et la stérilité volontaire pour arriver à cette fin.Mais ces changements ne régleraient en rien l\u2019autre grand problème que nous affrontons, celui de la destruction des écosystèmes et l\u2019extinction des espèces.Nous connaissons moins bien la conséquence de la perte de biodiver- sité, mais ce facteur importe aussi : l\u2019écologie nous apprend que des points de bascule peuvent se produire dans des écosystèmes déréglés.La solution de ces deux grands problèmes contemporains serait beaucoup plus facile si nous planifiions dès maintenant la décroissance ordonnée des effectifs humains.Celle-ci passerait nécessairement par une réduction de la fécondité, mais aussi par une remise en question du rôle de la médecine dans nos sociétés, notamment en fin de vie.Certains ont envisagé cette avenue mais, de façon générale, il s\u2019agit d\u2019une option taboue.Une solution possible ?Malgré une implacable logique \u2014 moins nous sommes, moins nous polluons, moins d\u2019espace nous occupons \u2014, il y a très peu de chances que nous adoptions, pour l\u2019ensemble de la planète, une politique de réduction des effectifs humains à court ou moyen terme.Cette idée se butera à des dogmes, en premier lieu celui de l\u2019économie : il faut que le PIB croisse, il faut maintenir les emplois actuels, il faut augmenter l\u2019immigration pour pourvoir les postes vacants, etc.Elle se butera aussi à des raisons humaines : cela va à l\u2019encontre de nos pulsions les plus fortes \u2014 nous reproduire, choisir le moindre effort, refuser la mort, etc.\u2013 et à nos croyances religieuses.Enfin, notre organisation politique, sans gouvernance multinationale, où les intérêts nationaux s\u2019entrechoquent, rendra impossible une telle orientation.Les suites de l\u2019Accord de Paris en témoignent éloquemment.Si nous changeons le nom de l\u2019espèce et que nous présentons la courbe des effectifs humains à un spécialiste de la démographie animale, il conclura rapidement qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une éruption et que cette croissance va se terminer par un effondrement des effectifs quand la compétition pour les ressources deviendra suffisamment forte.Par exemple, le troupeau de caribou de la rivière George, dans le nord du Québec, comptait près d\u2019un million d\u2019individus, il y a une vingtaine d\u2019années, mais ses effectifs sont maintenant réduits à quelques milliers.Les exemples d\u2019éruption foisonnent en écologie animale et se terminent rarement par des atterrissages en douceur.Vivant de plus en plus en ville, déconnectés de la nature, certains se pensent désormais de purs esprits, à en juger par leurs préoccupations métaphysiques : par exemple, formulaires non genrés, appropriation culturelle, etc.Une chose demeure cependant: nous sommes des mammifères, des animaux.Et si nous sommes incapables d\u2019utiliser notre intelligence pour aller au-devant des coups, la nature imposera ses lois, et celles-ci seront impitoyables.Certains ont envisagé l\u2019avenue de la décrois - sance des effectifs humains, mais de façon générale, il s\u2019agit d\u2019une option taboue Dans mon expérience clinique, nous réussissons, la plupart du temps, à trouver au moins un moment d\u2019espoir, une raison de rester en vie, une raison de vivre LEDEVOIR // LE LUNDI 21 JANVIER 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Grâce à de nombreux testicules obtenus dans une clinique de changement de sexe de Montréal, des chercheurs de l\u2019Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) ont pu découvrir que le VIH trouvait refuge dans ces organes où, étrangement, le système immunitaire le laisse en paix.Par cet accès unique au monde à des spécimens testiculaires, l\u2019équipe de scientifiques a pu étudier finement ce traitement de faveur qu\u2019accorde le système immunitaire aux virus et imaginer comment il faudrait intervenir pour tuer les virus tapis dans les testicules.Même lorsqu\u2019il est devenu indétecta- ble dans le sang d\u2019une personne recevant une trithérapie, le VIH y réapparaît et y prospère à nouveau lorsque le traitement est interrompu.Cette résurgence est attribuable aux virus qui s\u2019étaient réfugiés dans certains organes, tels que le cerveau, les yeux et les testicules, qui constituent de véritables sanctuaires anatomiques puisqu\u2019ils sont isolés du reste du corps et du sang par une barrière physique.Les virus trouvent un repaire tranquille dans ces organes non seulement en raison de cette barrière, mais aussi parce que «le système immunitaire n\u2019y fonctionne pas de la même manière qu\u2019ailleurs dans le corps», souligne Jean-Pierre Routy, clinicien et chercheur à l\u2019IR-CUSM.Dans les testicules, l\u2019immunité a prévu des stratégies pour épargner les spermatozoïdes, qui sont pourtant considérés comme des corps étrangers étant donné qu\u2019ils ne sont produits qu\u2019à partir de l\u2019adolescence.«Le système immunitaire distingue dès la naissance le soi du non- soi.Les spermatozoïdes sont considérés comme du non-soi parce qu\u2019ils n\u2019apparaissent qu\u2019à l\u2019âge de 12 ou 13 ans.Il faut donc qu\u2019il y ait un système qui fera en sorte qu\u2019ils seront protégés», explique le chercheur.« De la même façon, dans l\u2019utérus de la femme enceinte, le bébé qui ne porte que la moitié des gènes de la mère, est d\u2019un point de vue immunitaire du non- soi, il s\u2019entoure donc d\u2019un système de protection pour que l\u2019immunité ne le rejette pas.Il y a néanmoins de 20 à 30 % des stérilités de la femme qui sont dues au fait que le corps rejette le bébé, qu\u2019il considère comme un corps étranger au premier trimestre.» Zika et Ebola Ce « privilège immunitaire » qui est offert aux spermatozoïdes dans les testicules peut également bénéficier à de réels envahisseurs étrangers, tels que des virus, dont le VIH, mais aussi les virus Ebola et Zika.« On s\u2019est aperçus que les personnes qui avaient été infectées par le Zika ou l\u2019Ebola pouvaient être guéries complètement, ce qui est confirmé par les prises de sang, mais qu\u2019elles pouvaient toujours transmet- STÉPHANE FOUCART LE MONDE Pourquoi de telles divergences dans les expertises sur la dangerosité du glypho- sate ?La revue Environmental Sciences Europe a publié, lundi 14 janvier, une étude des plus éclairantes sur les raisons du désaccord entre le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et l\u2019Agence américaine de protection de l\u2019environnement (EPA).Le célèbre herbicide est en effet génotoxique et «can- cérogène probable » pour la première et\u2026 rien de tout cela pour l\u2019autre.Ancien professeur à la Washington State University, Charles Benbrook a limité son analyse à la génotoxicité, c\u2019est-à-dire la faculté d\u2019une substance à endommager l\u2019ADN, l\u2019un des mécanismes responsables de la cancéroge- nèse.L\u2019auteur a inventorié et classé les centaines d\u2019études prises en compte par l\u2019une et l\u2019autre des deux organisations pour mener leur expertise.Son inventaire montre, pour la première fois de manière chiffrée, la profondeur du hiatus entre les résultats des études indépendantes publiées dans les revues scientifiques et les tests régle- Glyphosate : pourquoi la cacophonie persiste sur l\u2019herbicide controversé Selon un inventaire inédit, presque aucune étude de l\u2019industrie ne trouve d\u2019effet génotoxique au glyphosate, au contraire des travaux indépendants mentaires confidentiels, fournis par les industriels aux autorités.Dans son évaluation de 2016, l\u2019EPA a pris en compte 52 tests de génotoxicité réalisés par les industriels sur le gly- phosate pur et 5 2 études indépendantes publiées dans la littérature scientifique, également sur le principe actif non mélangé.Un seul test industriel, soit 2 % de ce corpus, indique une génotoxicité du produit ; tous les autres sont négatifs.À l\u2019inverse, 67 % des études publiées montrent une géno- toxicité de la molécule controversée.Contrôle de qualité inédit De même, l\u2019agence américaine a considéré 43 tests fournis par l\u2019industrie sur des herbicides commerciaux contenant du glyphosate et 49 études publiées portant aussi sur des formulations commerciales.Résultat : aucun des tests industriels ne trouve de génotoxicité de ces produits à base de glyphosate, tandis que 75 % des études publiées mettent en évidence l\u2019effet recherché.Or, dans son analyse, l\u2019EPA \u2014 comme les autres agences réglementaires \u2014 donne plus de poids aux tests industriels, d\u2019où sa conclusion : le glyphosate ne serait pas génotoxique.Au contraire, le CIRC n\u2019inclut dans son expertise que les travaux publiés.L\u2019organisme onusien installé à Lyon a ainsi examiné 118 études publiées sur la génotoxicité du glyphosate pur, de ses formulations commerciales et de son principal produit de dégradation (appelé AMPA).Parmi ces travaux, dont 51 ont été pris en compte par l\u2019EPA, 83 \u2014 soit 70 % \u2014 mettent en évidence une génotoxicité.Avant publication, l\u2019étude de M.Ben- brook a subi un contrôle qualité inédit.Au lieu des deux à quatre expertises préalables requises, le manuscrit est passé entre les mains de dix experts anonymes, «tous spécialistes reconnus de génotoxicité et de l\u2019évaluation des risques des pesticides », écrivent les deux rédacteurs en chef de la revue dans leur éditorial.Ce luxe de précautions tient à la nature explosive du débat, mais aussi aux conflits d\u2019intérêts de l\u2019auteur, aujourd\u2019hui l\u2019un des experts assistant des plaignants en procès contre Monsanto, dans l\u2019une des poursuites contre la société outre-Atlantique.Ce texte a été originellement publié sur lemonde.fr le 15 janvier.tre sexuellement le virus six mois plus tard, d\u2019où les recommandations d\u2019attendre au moins six mois lorsqu\u2019on revient d\u2019un pays endémique avant de concevoir », rappelle le Dr Routy.L\u2019équipe du Dr Routy tente donc de mettre en lumière ces systèmes de tolérance qui prévalent dans les testicules et qui en font un sanctuaire anatomique pour les virus et les spermatozoïdes.Les chercheurs ont ainsi découvert que le testicule fait appel aux deux mêmes stratégies qu\u2019utilisent les tumeurs cancéreuses pour bloquer les attaques immunitaires qui seraient dirigées contre elles.«La nature fonctionne toujours un peu de la même façon quand il faut ralentir l\u2019immunité», souligne-t-il.Paralyser les cellules immunitaires Pour ne pas être tuées par le système immunitaire, les cellules tumorales s\u2019entourent notamment de PD-L1 (Programmed death-ligand 1) qui, en se liant aux récepteurs PD-1 situés à la surface des lymphocytes T, rend inactives ces cellules immunitaires qui ne peuvent plus reconnaître et attaquer la tumeur.Une immunothérapie du cancer consiste justement à administrer des anticorps dirigés contre le PD-L1 afin d\u2019empêcher les cellules cancéreuses d\u2019inactiver les lymphocytes T.De la même manière, les spermatozoïdes et les virus qui se sont retranchés dans les testicules se couvrent de PD-L1, qui paralyse les cellules immunitaires qui s\u2019approchent d\u2019eux.Toutes ces nouvelles connaissances qui constituent des pistes pour éliminer les virus cachés dans ces organes sanctuaires ont été rendues possibles grâce à une précieuse collaboration avec le Centre métropolitain de chirurgie (CMC) de Montréal, où, chaque semaine, près de cinq interventions chirurgicales sont effectuées sur des personnes désirant passer du statut anatomique masculin à celui de femme.Grâce au consentement des personnes auxquelles on excise les testicules, l\u2019équipe du Dr Routy a pu bénéficier de 120 testicules, dont certains étaient infectés par le VIH, pour son étude.Les autres laboratoires de recherche du monde peinent à obtenir de tels organes puisqu\u2019ils n\u2019ont accès qu\u2019aux testicules provenant de personnes en bonne santé décédées accidentellement qui ont fait don de tous leurs organes.« Et ils ne reçoivent ces tissus que 12 à 24 heures après le décès tandis que, pour notre part, les échantillons nous sont acheminés dès que l\u2019opération a été effectuée.On a donc des tissus très frais, qui permettent des analyses beaucoup plus fines des cellules immunitaires et du virus que lorsque le tissu est resté 24 heures au frigo et en partie à la température ambiante », fait remarquer le Dr Routy avant d\u2019ajouter que son équipe utilise « ce dont les personnes ne veulent plus pour faire avancer la science dans l\u2019intérêt général de la communauté ».Des testicules au secours de la science Les organes recueillis dans une clinique de changement de sexe de Montréal ont permis à des scientifiques de découvrir que le VIH pouvait y prospérer sans être inquiété par le système immunitaire JOSH EDELSON AGENCE FRANCE-PRESSE 70 % C\u2019est la part des études publiées et examinées par le CIRC qui mettent en évidence une génotoxicité.Les spermatozoïdes sont considérés comme du non-soi parce qu\u2019ils n\u2019apparaissent qu\u2019à l\u2019âge de 12 ou 13 ans.Il faut donc qu\u2019il y ait un système qui fera en sorte qu\u2019ils seront protégés.JEAN-PIERRE ROUTY » "]
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