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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2019-01-18, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 8 / LE VENDREDI 18 JANVIER 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM Travailler à l\u2019étranger en terrain miné La mort d\u2019un géologue canadien au Burkina Faso est un rappel brutal que le risque zéro n\u2019existe pas FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Après l\u2019enlèvement et la découverte macabre, les interrogations.La sécurité des expatriés travaillant dans des pays à risque peut- elle être réellement assurée ?se demandent plusieurs confrères du géologue canadien Kirk Woodman, assassiné par un groupe armé au Burkina Faso, où il était en mission d\u2019exploration aurifère.«Le travail en zone de risque ne fait pas partie de la formation universitaire d\u2019un géologue, commente Georges Beaudoin, professeur de géologie à l\u2019Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche industrielle CRSNG-Agnico Eagle en exploration minérale.Les grandes compagnies qui envoient des experts sur ces terrains se soucient bien sûr de leur sécurité, en embauchant des gardes armés.Mais le niveau de protection varie beaucoup selon la nature des gardes que l\u2019on embauche.S\u2019il s\u2019agit d\u2019une milice burki- nabée, elle est plus facile à soudoyer et peut se montrer moins motivée en cas d\u2019attaque.Et c\u2019est peut-être ce qui s\u2019est passé ici.» Jeudi, le ministre burkinabé de la Sécurité, Clément Sawadogo, a confirmé que le corps portant des marques de balles retrouvé mercredi soir par des citoyens à une soixantaine de kilomètres de Gorom-Gorom, dans le INDEX Monde.A6 Éditorial .A8 Idées.A9 Culture .B1 Grille TV.B2 Économie.B6 Décès .B6 Avis légaux.B8 Sports.B9 Météo .B9 Mots croisés.B9 Sudoku .B9 Zeitgeist .B10 ACTUALITÉS La Loi sur les Indiens est discriminatoire, selon l\u2019ONU A 3 MONDE L\u2019Union européenne se prépare à un Brexit sans accord A 7 ZEITGEIST La quinquagénaire et le pervers pépère.La chronique de Josée Blanchette.B 10 ACTUALITÉS Faut-il ouvrir la chasse au phoque gris pour sauver la morue ?| A 10 GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Yves-François Blanchet ne manquera pas de défis dans les prochains mois.Mais il y en a un auquel le nouveau chef du Bloc québécois entend s\u2019attaquer prioritairement : la refonte de sa propre image.« Le goon de Pauline Marois, ça colle », constate celui qui promet d\u2019être moins « arrogant ».L\u2019ancien ministre péquiste estime ainsi qu\u2019il s\u2019agit là de son « plus grand défi » immédiat.« J\u2019ai la réputation d\u2019être une personne assez dure, a reconnu M.Blanchet en entretien avec Le Devoir jeudi.J\u2019ai l\u2019air de vouloir manger tout le monde, mais ça ne correspond pas à la réalité.» Yves-François Blanchet remarque que l\u2019étiquette de « goon » qu\u2019on lui accole depuis qu\u2019il a été whip du Parti québécois est « difficile à modifier dans les médias.J\u2019ai l\u2019impression que tous les journaux ont des banques de photos babounes de moi\u2026.J\u2019ai cette image dure qui ne me sert pas, et je veux la casser.Je prétends que ce n\u2019est pas conforme à la réalité.» Le nouveau chef a-t-il d\u2019autres défauts à corriger ?Le successeur de Martine Ouellet n\u2019hésite pas à en avancer quelques-uns : « Je ne suis pas sûr d\u2019être extraordinairement patient », dit-il en utilisant une formulation que plusieurs qualifieraient d\u2019euphémisme.« À Québec, des journalistes avaient développé la capacité de me picosser juste assez pour que je montre les dents.Je vais travailler ma patience », dit-il.BLOC QUÉBÉCOIS Blanchet veut casser son image de « goon » ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Même s\u2019il manque près d\u2019un millier de préposés aux bénéficiaires (PAB) dans le réseau public et que les CHSLD se les arrachent, leurs conditions de travail commencent à peine à s\u2019améliorer.Le Devoir a demandé aux vingt-trois CIUSSS et CISSS du Québec de fournir le nombre de postes vacants chez eux.Treize d\u2019entre eux ont répondu à l\u2019appel et, dans plusieurs cas, la situation est critique.Les données compilées par Le Devoir indiquent qu\u2019il manque au moins 927 préposés dans le réseau public.Les secteurs les plus touchés sont Québec et Montérégie-Ouest, où il manque respectivement 251 et 190 préposés.La situation semble moins critique sur l\u2019île de Montréal (voir encadré), et le CISSS des Laurentides affirme aussi n\u2019avoir aucun poste vacant.Ces données émergent alors que le travail des préposés aux bénéficiaires a de nouveau retenu l\u2019attention cette semaine en raison de nouveaux cas de maltrai- tance dans une résidence privée de Laval rapportés par le réseau TVA.Dans son dernier rapport, le Protecteur du citoyen SANTÉ Pénurie persistante de préposés aux bénéficiaires Marguerite Blais promet d\u2019améliorer les conditions de travail Le premier ministre Justin Trudeau avait invité son homologue québécois, François Legault, à venir le rencontrer à Sherbrooke, où il tenait une rencontre avec les membres de son Conseil des ministres.Le premier ministre québécois en a profité pour réitérer son souhait d\u2019établir une seule déclaration de revenus gérée par le Québec.PAGE A 2 PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Legault réitère ses demandes à Trudeau Entre la carpette et l\u2019arrogance, il doit y avoir un juste milieu YVES-FRANÇOIS BLANCHET » VOIR PAGE A 4 : TRAVAILLER LE BLOC QUÉBÉCOIS TOUJOURS UTILE.L\u2019ÉDITORIAL DE ROBERT DUTRISAC.PAGE A 8 VOIR PAGE A 4 : BLANCHET VOIR PAGE A 5 : PÉNURIE ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE VENDREDI 18 JANVIER 2019 DOSSIER DU SAMEDI Patrimoine en sursis D\u2019un côté, des bâtiments protégés par l\u2019État, mais quasi abandonnés.De l\u2019autre, des propriétaires et des villes aux pouvoirs et savoirs hautement variables en matière de patrimoine : comment faire pour préserver l\u2019héritage immobilier du Québec ?TEXTES JEAN-FRANÇOIS NADEAU JEANNE CORRIVEAU PHOTOS JACQUES NADEAU À LIRE DEMAIN J A C Q U E S N A D E A U HÉLÈNE BUZZETTI À SHERBROOKE LE DEVOIR Le premier ministre François Legault reconnaît que son projet d\u2019instaurer une déclaration de revenus unique gérée par le Québec entraînerait de nombreuses pertes d\u2019emplois dans la province.Mais, selon lui, cela permettrait de dégager des budgets pour en créer d\u2019autres, dans des domaines plus prioritaires, comme l\u2019éducation.M.Legault rencontrait son homologue fédéral en matinée jeudi en marge de la retraite du cabinet de Justin Trudeau à Sherbrooke.Il a réitéré sa demande de fusionner les déclarations de revenus fédérale et provinciale que remplissent chaque année les Québécois.M.Trudeau a fermé la porte à cette idée en mai dernier, rappelant que dans le reste du Canada, où il n\u2019existe qu\u2019une seule déclaration de revenus, celle-ci est gérée par le gouvernement fédéral et non par la province.En outre, Ottawa fait remarquer que l\u2019harmonisation des déclarations de revenus entraînerait des pertes d\u2019emplois.L\u2019Agence du revenu du Canada dit employer 5300 personnes au Québec, en particulier dans des régions où la situation de l\u2019emploi est plus précaire, comme Shawinigan (1360 personnes) et Jonquière (1000).M.Legault a dit jeudi que « c\u2019est certain » qu\u2019il y aurait des pertes d\u2019emplois.« Quand on dit qu\u2019il y a 500 millions de dollars de dédoublement, ce sont essentiellement des emplois », a-t-il déclaré en point de presse après sa rencontre d\u2019une vingtaine de minutes avec M.Trudeau.« Si on a deux groupes d\u2019employés qui font la même chose et qu\u2019on pourrait seulement avoir un groupe d\u2019employés qui fait le travail des deux groupes, cet argent-là pourrait être investi pour créer des emplois, par exemple, en éducation, en innovation, dans des domaines où ce serait productif et efficace.» Le premier ministre a pris soin de rappeler que le seul groupe d\u2019employés qui demeurerait serait celui de Revenu Québec.Mais est-il réaliste de penser que les personnes travaillant à Shawinigan dans le recouvrement fiscal pourraient du jour au lendemain devenir enseignants au primaire, par exemple ?« On a des universités, des collèges, on pourrait investir davantage dans l\u2019éducation et l\u2019innovation », a répondu M.Legault, ajoutant qu'« on pourrait remplacer ces emplois par d\u2019autres emplois qui seraient plus utiles pour les Québécois ».Selon M.Legault, le terrain politique est fertile pour écouter la demande de Québec.« Vous savez qu\u2019Andrew Scheer [le chef du Parti conservateur et adversaire de Justin Trudeau] est d\u2019accord avec la déclaration de revenus unique gérée par le gouvernement du Québec.Il y a une élection fédérale en 2019.Ai-je besoin de vous expliquer ça en détail ?» Le ministre fédéral François-Phi- lippe Champagne, qui représente la circonscription englobant Shawinigan, a invoqué les emplois de l\u2019ARC dans sa région pour expliquer sa tiédeur envers la déclaration de revenus unique.« Vous verrez toujours un ministre comme moi qui vient d\u2019une région défendre des emplois comme ça en région.» IMPÔT Une déclaration unique ferait perdre des emplois François Legault insiste toutefois auprès de Justin Trudeau afin de l\u2019engager dans cette voie Il se dit néanmoins ouvert à toute proposition visant à alléger les obligations administratives des Québécois.Le ministre responsable des relations fédérales-provinciales, Dominic Leblanc, a tenu le même discours.« Si on peut se mettre d\u2019accord avec le gouvernement du Québec de n\u2019importe quelle façon pour alléger ou simplifier les obligations qu\u2019ont les Québécois en matière de déclaration de revenus, on reconnaît que c\u2019est une priorité.Mais on a exprimé des inquiétudes concernant les 5000 Québécois qui travaillent pour l\u2019Agence du revenu du Canada au Québec, dans 14 centres différents, et qui traitent des déclarations de revenus pas uniquement du Québec.» Harmonisation non nécessaire François Legault a par ailleurs soutenu qu\u2019il ne serait pas nécessaire de changer les règles fiscales québécoises pour instaurer une déclaration fiscale unique.Un des arguments contre l\u2019instauration d\u2019une telle déclaration unique est que les règles fiscales au fédéral et au Québec ne sont pas identiques : les paliers d\u2019imposition ne sont pas les mêmes et les crédits d\u2019impôt (pour les frais médicaux, les intérêts sur les prêts étudiants, les cotisations syndicales, les dons ou encore les pompiers volontaires) ne sont pas déductibles dans les mêmes proportions.Ne faire qu\u2019une déclaration impliquerait d\u2019harmoniser toutes ces règles, faisant perdre de l\u2019autonomie fiscale à l\u2019un ou l\u2019autre des paliers gouvernementaux.M.Legault assure que cela n\u2019est pas inéluctable.« Il n\u2019est pas question de forcer ni le gouvernement à Québec ni le gouvernement fédéral à complètement s\u2019harmoniser, soutient M.Legault.On peut très bien avoir une déclaration de revenus où il y a des déductions différentes pour le calcul du revenu imposable à Québec et à Ottawa.» En Ontario, où il existe une déclaration de revenus unique, la déclaration fédérale comprend une annexe pour calculer l\u2019impôt dû à la province qui fait\u2026 quatre pages, auxquelles s\u2019ajoutent des grilles de calcul, exactement comme pour la déclaration distincte du Québec.Et l\u2019immigration Par ailleurs, la rencontre entre M.Le- gault et M.Trudeau a été l\u2019occasion de discuter d\u2019immigration.Le gouvernement du Québec demande une compensation financière bonifiée pour l\u2019accueil des migrants irréguliers au chemin Roxham.Il veut réduire les seuils d\u2019immigration de 20 % en plus d\u2019imposer un test de valeurs aux immigrants économiques et un test de français aux migrants dans la catégorie de la réunification familiale.M.Legault est ressorti de la rencontre avec l\u2019espoir que ces enjeux seront réglés rapidement.« Concernant l\u2019immigration, ce que je comprends, c\u2019est que M.Trudeau est en réflexion, nous dit qu\u2019on devrait avoir bientôt des nouvelles pour baisser temporairement les seuils d\u2019immigration, ajouter des tests de français et des tests de valeurs dans le choix des prochains immigrants.» Le gouvernement de M.Legault planifie une retraite de son propre cabinet dans deux semaines à Gatineau.On espère, en coulisse, que ces questions seront réglées à ce moment.JESSICA NADEAU LE DEVOIR En pleine pénurie de main-d\u2019œuvre, alors que les entreprises cherchent par tous les moyens à attirer des employés, les immigrants font encore face à des « obstacles systémiques » et à de la discrimination dans leur recherche d\u2019emploi, constate une nouvelle étude du Comité consultatif personnes immigrantes (CCPI), rendue publique jeudi.Les chiffres parlent d\u2019eux-mêmes.En février 2018, le taux de chômage chez les personnes nées au Québec était de 5,1 %.Pour les personnes immigrantes arrivées il y a moins de cinq ans, c\u2019est pratiquement le triple, alors que leur taux de chômage frôle les 14 %.« Une amélioration progressive de ce taux est à souligner, notent les auteurs de l\u2019étude, qui se réfèrent aux données de Statistique Canada.En effet, pour l\u2019ensemble de la population immigrante, le taux de chômage diminue avec la durée d\u2019établissement.» Ainsi, le taux de chômage diminue graduellement pour atteindre 6,4 % chez les immigrants reçus depuis plus de 10 ans.La moyenne chez les immigrants se situe à 7,9 %.Le taux de déqualification \u2014 des personnes diplômées qui trouvent un emploi en dessous de leurs compétences \u2014 est également deux fois plus élevé chez les immigrants récents (53 %) en comparaison avec les personnes nées au Québec.« Les personnes immigrantes établies au Québec, tous statuts confondus, représentent un capital humain sous-utilisé.Il est primordial d\u2019intégrer la main-d\u2019œuvre immigrante dans les meilleures conditions le plus rapidement possible et d\u2019améliorer ses conditions d\u2019accès à l\u2019emploi et à son développement », a résumé Nisrin Alyahya, présidente du Comité consultatif personnes immigrantes, qui présentait les résultats de la recherche jeudi.Ce comité, fondé en 2016 sous l\u2019égide de la Commission des partenaires du marché du travail, regroupe autour d\u2019une même table des organismes spécialisés en employabilité des personnes immigrantes, des syndicats, de même que des employeurs, ainsi que le Conseil du patronat du Québec.Au moyen d\u2019une vaste recherche-ac- tion, menée auprès de 200 personnes par la chercheuse de l\u2019INRS Marie- Jeanne Blain, le Comité présente un portrait complet de l\u2019intégration en emploi des personnes immigrantes.Les obstacles sont nombreux et leur cumul vient « freiner l\u2019obtention d\u2019un emploi correspondant aux qualifications des personnes immigrantes », constatent les auteurs.« La discrimination indirecte ou systémique n\u2019est pas intentionnelle, mais les obstacles laissent voir leurs effets, Les immigrants récents peinent à trouver un emploi écrivent-ils.En effet, si des lois condamnent la discrimination à l\u2019embauche, les disparités d\u2019emploi entre les personnes immigrantes et la population québécoise laissent supposer qu\u2019elle existe pourtant.» Selon Mme Alyahya, les employeurs « discriminent involontairement » en ne prenant pas en compte les ajustements qui seraient nécessaires pour donner une chance égale à tout un chacun, puisque le système est basé sur une population homogène.« C\u2019est tout le système qui est à revoir», affirme-t-elle.L\u2019obstacle qui revient le plus souvent, tant chez les employeurs que chez les immigrants, est la reconnaissance des acquis et des compétences.On évoque l\u2019accès aux ordres professionnels et des reconnaissances d\u2019équivalences « qui ne sont pas du tout réalistes par rapport au marché du travail ».Les processus de recrutement et les exigences administratives pour l\u2019embauche sont également mis sous le radar, de même que la question linguistique, qui représente un défi important.« Même une fois un immigrant embauché, le maintien en emploi représente un défi, ajoute Mme Alyahya.La personne obtient un emploi, mais le perd trois ou quatre semaines plus tard parce qu\u2019elle ne comprend pas les codes culturels, ce qu\u2019on appelle le \u201csa- voir-être\u201d en milieu professionnel.» Or, tout n\u2019est pas que négatif, plaide- t-elle, présentant une série de 25 recommandations qui pourront guider les employeurs et les politiciens dans leurs démarches futures.Le Comité mise sur quatre recommandations principales, soit l\u2019accompagnement des personnes immigrantes, la francisation en milieu de travail, l\u2019optimisation des pro - grammes pour intégrer les personnes immigrantes en emploi et la reconnaissance du rôle des organismes en employabilité auprès des personnes immigrantes pour créer des liens avec les employeurs.Justin Trudeau 1,3 million « Le Québec aura besoin de 1,3 million de personnes dans les dix prochaines années pour remplacer des employés ou occuper de nouveaux postes, dont 20 % qui vont être pourvus par l\u2019immigration, dit Audrey Murray, présidente de la Commission des partenaires du marché du travail.Il faut voir là une occasion de poser de nouvelles questions, d\u2019améliorer nos façons de faire pour accueillir ces populations immigrantes et d\u2019induire des changements en profondeur dans tout l\u2019écosystème.» L\u2019agence du revenu du Canada emploi 5300 personnes au Québec ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE VENDREDI 18 JANVIER 2019 « Take back control » « La politique dans ce pays ne sera plus jamais la même ! » C\u2019est à peu de chose près ce que disait le comédien Benedict Cumberbatch dans l\u2019excellent téléfilm The Uncivil War, diffusé il y a une semaine sur la chaîne britannique Channel 4.Le célèbre interprète de Sherlock Holmes y jouait le rôle de Dominic Cummings, le jeune et brillant directeur de la campagne du Leave en 2016.Le scénario avait beau adopter un point de vue nettement favorable au Remain, toute la première partie était une démonstration magistrale des raisons pour lesquelles ceux qui voulaient quitter l\u2019Union européenne l\u2019ont emporté.Les meilleures scènes montrent comment Cummings s\u2019est opposé aux dinosaures conservateurs afin de formuler le slogan qui mena à la victoire.Après de nombreuses hésitations, le voilà qui met enfin le doigt sur les trois mots qui exprimeront la quintessence de cette campagne : « Take back control ! » (reprendre le contrôle).On ne comprend rien au retrait du Royaume-Uni de l\u2019Union européenne si l\u2019on n\u2019a pas compris combien la simplicité de ces quelques mots a exprimé la grogne de ces couches de la population qui ont fait depuis des années les frais de la mondialisation et du rêve néolibéral européen.La chose ne devrait pas être difficile à comprendre pour des Québécois qui ont vibré, à une autre époque, à des mots identiques qui disaient « Maîtres chez nous » ! Dans le discours qu\u2019elle a prononcé mardi à la Chambre des communes, la première ministre Theresa May a bien résumé deux des principales raisons qui ont conduit les Britanniques à choisir de quitter l\u2019Union européenne : la volonté de reprendre le contrôle de leurs frontières (notamment en matière d\u2019immigration) et celle d\u2019en finir avec le diktat de la Cour de justice européenne, dont les pouvoirs supranationaux n\u2019ont jamais été soumis à aucun vote démocratique.On peut reprocher beaucoup de choses à Theresa May, mais il faut saluer la volonté de cette ancienne partisane du Remain de respecter la volonté démocratique exprimée en 2016.D\u2019ailleurs, sur quel écueil l\u2019accord de retrait a-t-il buté sinon sur une question de souveraineté nationale ?On ne connaît pas de pays digne de ce nom qui signerait un traité l\u2019obligeant à accepter indéfiniment l\u2019instauration d\u2019une barrière douanière à l\u2019intérieur de ses propres frontières.Même un illuminé du « postnational » comme Justin Trudeau n\u2019aurait jamais signé un accord avec Donald Trump créant la possibilité d\u2019un contrôle douanier entre l\u2019Alberta et la Co- lombie-Britannique.Or, qu\u2019est-ce que ce backstop sinon un contrôle douanier en pleine mer d\u2019Irlande ! N\u2019eût été l\u2019intransigeance des bureaucrates non élus de Bruxelles, pour qui la souveraineté nationale est un vestige folklorique, l\u2019accord aurait été adopté.Même les plus intransigeants brexiters auraient soutenu l\u2019entente si Bruxelles avait au moins accepté de préciser dans l\u2019accord (et non seulement dans les lettres d\u2019intention) que ce backstop serait temporaire.Mais Theresa May s\u2019est heurtée à une fin de non-recevoir.En pleine crise existentielle, Bruxelles a choisi de ne rien lâcher.C\u2019est ce qu\u2019elle avait déjà fait avec David Cameron en 2015 en lui refusant tout compromis sur la sacro-sainte liberté de circulation des personnes.Sans ce rigorisme doctrinaire, le Brexit ne l\u2019aurait probablement jamais emporté.Mais les dirigeants européens ont visiblement peur que les libertés que réclament les Britanniques donnent des idées à d\u2019autres.On a pourtant tort de penser qu\u2019un retrait unilatéral de l\u2019Union européenne ne représenterait une « catastrophe » économique que pour les Britanniques.À l\u2019aube d\u2019une récession annoncée par tous les économistes et alors que la survie de l\u2019euro est loin d\u2019être assurée, les dommages seraient tout aussi dramatiques, sinon plus, pour l\u2019Union européenne.À 70 jours du départ du Royaume-Uni, et alors que Merkel et Macron semblent tous deux frappés de paralysie politique, on voit mal ce qui pourrait faire bouger les choses.En supprimant toute possibilité d\u2019une sortie unilatérale, comme le souhaitent certains élus, le Royaume-Uni ne ferait que se couper les ailes dans une négociation qui n\u2019est pas terminée, comme l\u2019a admis Angela Merkel.Quant au second référendum, il serait la pire des solutions.Comme l\u2019a répété tant de fois Theresa May, rien ne serait plus dramatique qu\u2019un reniement du référendum de 2016, dont la légitimité ne peut être contestée.Les chiffres trafiqués du Leave valant bien la campagne de terreur du Remain orchestrée de toutes pièces par le Conseil du Trésor aux frais de l\u2019État.Une telle décision ne ferait que conforter le « paternalisme » qui sévit à Bruxelles, pour reprendre la formule polie du philosophe Marcel Gauchet.Ce ne serait pas la première fois que Bruxelles ferait ravaler aux peuples des décisions qui ne lui plaisent pas.Les Irlandais, les Grecs, les Néerlandais et les Français ont déjà goûté à cette médecine et vu leurs référendums passés par pertes et profits.Faudra-t-il ajouter les Britanniques à cette longue liste ?Ce pays a la chance d\u2019être un des rares où les partis populistes n\u2019occupent pas le terrain.Renier le Brexit reviendrait à leur ouvrir toutes grandes les portes.ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR En refusant d\u2019accorder aux femmes autochtones les mêmes droits qu\u2019aux hommes en ce qui concerne la transmission du « statut d\u2019Indien » à leurs descendants, la Loi sur les Indiens du Canada fait preuve de discrimination, estiment les Nations unies.«Cette décision change la donne.Si le gouvernement remplit ses obligations et traite enfin les femmes des Premières Nations sur un pied d\u2019égalité, ce sera un nouveau jour pour nous, pour nos communautés et pour le Canada», a déclaré la Britanno-Colombienne Sharon McI- vor, 70 ans, qui est \u2014 avec son fils Jacop Grismer \u2014 à l\u2019origine de la plainte adressée au Comité des droits de l\u2019homme des Nations unies.Ce dernier a conclu lundi que le Canada était tenu de mettre un terme à ce traitement différencié, dont près de 270 000 femmes des Premières Nations et leurs descendants sont victimes.À l\u2019heure actuelle, les petits-enfants des femmes autochtones ayant épousé un homme non autochtone ne sont pas admissibles au « statut d\u2019Indien » s\u2019ils épousent eux-mêmes une personne non inscrite.Une règle qui ne s\u2019applique toutefois pas aux hommes des Premières Nations.L\u2019histoire de Sharon McIvor illustre bien cette différence de traitement entre les sexes.La grand-mère de Sharon McIvor était autochtone, mais son mari était un non-inscrit.Le statut d\u2019Indien étant déterminé à l\u2019époque sur la base de la lignée masculine, leur fille n\u2019a pu obtenir le statut, et leurs petits-enfants \u2014 Sharon et ses frères \u2014 n\u2019étaient pas non plus admissibles.Si Sharon McIvor a récupéré son statut d\u2019Indien après une modification de la Loi en 1985 et qu\u2019elle peut le transmettre à son fils depuis un autre changement au texte en 2010, elle dénonce désormais le fait que ses petits-enfants, eux, ne pourront l\u2019obtenir à cause de ses choix de vie \u2014 épouser un non-Autochtone.Son frère peut pourtant, de son côté, transmettre ce statut à ses enfants et petits-enfants, la Loi sur les Indiens autorisant les hommes des Premières Nations à transmettre leur statut à leurs descendants, même s\u2019ils se sont mariés avec une personne non autochtone.C\u2019est ce qui a poussé Sharon McIvor à s\u2019adresser à l\u2019ONU, son dernier recours pour faire reconnaître le « statut d\u2019Indien » à ses propres petits-enfants et aux générations futures.Elle espère que la décision du comité poussera le Canada à mettre fin « à cette discrimination dévastatrice ».Changement à venir ?Questionné sur le sujet, le cabinet de la ministre des Relations Couronne-Au- tochtones, Carolyn Bennett, assure considérer l\u2019égalité des sexes comme «un droit de la personne fondamental».Il rappelle que le projet de loi S-3, adopté en décembre 2017, vise justement à «éliminer toute discrimination fondée sur le sexe de la Loi sur les Indiens».La professeure au Département des sciences juridiques de l\u2019UQAM Lucie Lamarche fait toutefois remarquer que plusieurs articles de ce décret ne sont toujours pas entrés en vigueur, notamment en ce qui a trait au statut d\u2019Indien.« Le gouvernement doit d\u2019abord s\u2019entendre avec les conseils de bande, mais plusieurs s\u2019opposent à la loi, de peur de voir leur registre d\u2019inscrits exploser sans avoir assez d\u2019aide d\u2019Ottawa.» Car il n\u2019est pas juste question de changer des textes de loi, des préoccupations économiques entrent aussi en compte, note la professeure.Si le gouvernement élargit les conditions d\u2019admissibilité au statut d\u2019Indien, «il aura une responsabilité financière envers un plus grand nombre d\u2019Autochtones».« Les Autochtones qui vivent dans les réserves \u2014 et hors réserve aussi \u2014 ont de l\u2019aide financière d\u2019Ottawa pour le logement, les services médicaux, l\u2019éducation, etc.Le gouvernement a ce devoir-là et évalue certainement l\u2019impact économique d\u2019un tel changement à la Loi sur les Indiens », souligne Mme Lamarche.La décision de l\u2019ONU semble néanmoins tombée à pic, d\u2019après elle.« Les élections s\u2019en viennent, alors ça pourrait pousser le gouvernement à accélérer le processus.Car c\u2019est de ça qu\u2019il est question, mettre encore un peu plus de pression sur Ottawa et les conseils de bande pour qu\u2019ils s\u2019entendent et que les derniers changements de 2017 à la Loi sur les Indiens s\u2019appliquent enfin », soutient la professeure.DESCENDANCE La Loi sur les Indiens est discriminatoire, selon l\u2019ONU Hommes et femmes autochtones ne sont pas traités également STÉPHANIE MARIN LA PRESSE CANADIENNE Alors que le froid se fait terriblement mordant, ce sont 80 lits de plus qui accueillent depuis deux nuits des personnes sans abri à Montréal, dans un nouveau refuge temporaire.Installé dans un édifice vide faisant partie de ce qui était l\u2019hôpital Royal Victoria au centre-ville de la métropole, le refuge dit « de débordement » permet à ceux qui se sont heurtés à des centres pleins de passer la nuit au chaud.Il sera ouvert jusqu\u2019au 15 avril.Les femmes et les hommes y sont hébergés dans des espaces distincts, et les personnes transgenres choisissent dans quelle section elles veulent dormir.Les lieux sont adaptés aux personnes en fauteuil roulant et peuvent accueillir les itinérants ayant des problèmes de consommation et de santé mentale.De plus, les animaux sont acceptés et peuvent dormir à côté du lit de leurs maîtres, un plus lorsque l\u2019on sait que des sans-abri préféraient passer la nuit dehors par grand froid plutôt que de laisser leur animal seul.Lors de sa première nuit d\u2019activité (de mardi à mercredi), le nouveau refuge hivernal a accueilli 31 personnes, et lors de celle de mercredi à jeudi, alors que le mercure a chuté sous la barre des moins 20 degrés, 62 personnes y ont dormi \u2014 surtout des hommes.L\u2019endroit est un peu plus à l\u2019écart que les secteurs de la ville où les personnes itinérantes se trouvent généralement, mais lorsqu\u2019elles vont chercher une place dans un refuge plein, elles sont amenées au pavillon Ross du Royal Victoria en navette.Ces 80 places s\u2019ajoutent aux 957 déjà disponibles dans plusieurs refuges de la ville, qui sont toutefois souvent à pleine capacité.La ministre de la Santé, Danielle McCann, la mairesse Valérie Plante et Samuel Watts, de la Mission Bon Accueil, ont visité les installations jeudi matin.Le projet a été ficelé en moins de 30 jours, lorsque les besoins se sont fait sentir, s\u2019est réjoui M.Watts.« Personne ne doit être contraint de passer la nuit à l\u2019extérieur par manque de lits, encore moins lors des longs mois d\u2019hiver que l\u2019on connaît, dans le froid et l\u2019insécurité », a déclaré la ministre McCann.Des lits de plus pour les sans-abri Stéphane Houle et Richard Dominique s\u2019occupent de l\u2019entretien dans le nouveau centre d\u2019hébergement de l\u2019ancien Royal Victoria.JAC QUESNADEAU LE DEVOIR CHRISTIAN RIOUX À 70 jours du départ du Royaume-Uni, et alors que Merkel et Macron semblent tous deux frappés de paralysie politique, on voit mal ce qui pourrait faire bouger les choses.270 000 C\u2019est le nombre de femmes autochtones et de leurs descendants victimes de discrimination pour ce qui est de la transmission du « statut d\u2019Indien ». LEDEVOIR // LE VENDREDI 18 JANVIER 2019 ACTUALITÉS A 4 Le Devoir numérique en classe Mobile Tablette Ordinateur Profs du Québec, abonnez gratuitement vos étudiants de 4e et 5e secondaire et de niveau collégial au Devoir numérique pour une durée de 15 semaines*.\u2022 Accès illimité à l\u2019application Le Devoir Mobile \u2022 Accès à 100 % du contenu du site Web \u2022 Formule virtuelle et version PDF \u2022 Édition tablette chaque jour \u2022 25 articles gratuits par mois dans les archives * c .oir v e d e l n i a s m è d z ve i r c s n I r 2 e i r v é 5 f e 1 l i t p i r c s n s i e L e s s a l c / m o t au n a n e t s u vo - .9 1 0 t n e n i m r e e t s s n o nord du pays, était bel et bien celui du géologue originaire d\u2019Halifax Kirk Woodman.L\u2019homme, vice-président de la compagnie de Vancouver Progress Minerals, effectuait de l\u2019exploration sur le site aurifère de Tiabangou, dans l\u2019est du pays, près de la frontière du Niger, un territoire connu pour ses nombreuses attaques de djihadistes.Il a été enlevé mardi, après que ses agents de sécurité ont été neutralisés par un groupe d\u2019hommes armés liés aux radicaux d\u2019Ansaroul Islam.« Une dizaine d\u2019hommes en armes ont regroupé le personnel.Ils ont fouillé le camp de base et enlevé certains ma- gérie près de la frontière du Niger au début des années 2000.« Aujourd\u2019hui, le personnel est plus exposé qu\u2019avant et cela pourrait avoir un impact sur le recrutement.» « Il y a toujours des gens qui sont prêts à prendre plus que risque que d\u2019autres », dit pour sa part Georges Beaudoin, qui a fréquenté il y a dix ans ce coin du globe où déjà « une dégradation des conditions sécuritaires avait été notée par les services de la sécurité » de la mine pour laquelle il travaillait.«Les expatriés sont très bien payés, ce qui aide à accepter les conditions de travail », ajoute-t-il.« Ce n\u2019est pas le premier décès, et ce ne sera pas le dernier », dit M.Audet en rappelant que cette tragédie est aussi le résultat de la demande mondiale en minerai pour mettre sur le marché des produits de consommation en forte demande.« La demande des consommateurs met de la pression sur les minières pour aller chercher ces ressources, dit-il.Les compagnies prennent aujourd\u2019hui de gros risques pour aller chercher des ressources naturelles, des risques environnementaux et des risques pour la sécurité de leurs employés.» « Plus personne ne dit que le Bloc est moribond » BLANCHET SUITE DE LA PAGE A 1 Et puis, il y a le ton de ses interventions.« Je le voyais encore sur les réseaux sociaux [jeudi] matin : je peux être cassant et arrogant, et ce n\u2019est pas une vertu.Je ne veux pas me transformer en carpette.Mais entre la carpette et l\u2019arrogance, il doit y avoir un juste milieu.» S\u2019il fait de ce chantier personnel une priorité, c\u2019est qu\u2019Yves-François Blanchet se dit conscient que personne n\u2019a envie de travailler avec ou de voter pour quelqu\u2019un d\u2019antipathique.« Les gens ne sont pas obligés de voter pour vous.Il faut qu\u2019ils en aient le goût.C\u2019est la même chose pour les bénévoles : ils doivent avoir du plaisir.» Acclamation Seule personne à avoir présenté une candidature valide à la course à la direction du Bloc québécois, M.Blanchet a été élu chef du parti à la première heure, jeudi.Âgé de 53 ans, il est le septième à occuper ces fonctions (après Lucien Bouchard, Michel Gauthier, Gilles Duceppe, Daniel Paillé, Mario Beaulieu et Martine Ouellet).Après le règne tout en turbulences de Mme Ouellet \u2014 implosion du caucus, multiples déchirements publics autour de la personnalité de la chef et de la mission du Bloc \u2014, l\u2019arrivée d\u2019Yves- François Blanchet représente aux yeux du président du parti une « extrêmement bonne nouvelle ».« Juste d\u2019avoir eu six mois sans couverture médiatique négative, c\u2019est très bon, se réjouit Yves Perron.Il était temps que ça arrête.» didatures « surprenantes ».Yves-Fran- çois Blanchet ne se présentera pas à l\u2019élection partielle dans Outremont le 25 février (il lorgne plutôt la Montérégie pour les élections générales), mais il promet d\u2019être «très présent» dans cette campagne.«Plus personne ne dit que le Bloc est moribond, soutient M.Blanchet.Mais il reste du travail à faire.» Après avoir siégé à Québec de 2008 à 2014, Yves-François Blanchet agissait ces dernières années comme commentateur politique à Radio-Canada.Il avait précédemment fait carrière dans le milieu culturel.Yves-François Blanchet a rencontré la presse parlementaire à Ottawa après sa nomination à la tête du Bloc québécois, jeudi.JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE tériels.Ils ont amené avec eux cet expatrié, arrivé au Burkina le 10 janvier », a déclaré M.Sawadogo, cité par l\u2019Agence France-Presse (AFP).« Notre dispositif sécuritaire est en alerte pour rechercher et retrouver ces hommes qui se sont dirigés selon les informations vers la frontière nigérienne ».Pas de risque zéro Pour François Audet, directeur de l\u2019Observatoire canadien sur les crises et l\u2019action humanitaire de l\u2019UQAM, ce dénouement tragique témoigne d\u2019un «kidnapping qui a mal tourné», puisque ces « groupes n\u2019ont pas d\u2019intérêt à abattre un otage qu\u2019ils souhaitent monnayer pour financer leur activité », dit-il.La mort de M.Woodman confirme également l\u2019incapacité pour les expatriés dans cette région du globe de travailler dans un cadre totalement sécuritaire.« Le risque zéro n\u2019existe pas, dit-il.Dans certaines régions de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, on en est même très loin.Ici, nous sommes face à une région très volatile.Il y a des trajectoires qui sont sécuritaires le lundi et qui deviennent extrêmement dangereuses le mardi.Et ce n\u2019est pas en augmentant le nombre de gardes armés autour d\u2019un expatrié que l\u2019on peut empêcher une intervention tactique visant à le kidnapper.» Par voie de communiqué, la compagnie Progress Minerals a dit jeudi avoir « le cœur brisé » après la perte de ce « collègue et ami ».« Kirk était un géologue respecté avec plus de trente ans d\u2019expérience, dont vingt ans passés en Afrique de l\u2019Ouest, a dit Adam Spencer, président de la minière.Mais plus important, Kirk était une personne aimable, un père, un mari dévoué.Il était considéré comme un ami par tous ceux qui le connaissaient.» Pour sa part, la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a condamné « les responsables de ce crime odieux » et indiqué que le Canada allait travailler « avec le gouvernement du Burkina Faso et d\u2019autres partenaires internationaux afin de rechercher les responsables et les traduire en justice ».La pression des consommateurs « Personne ne veut se mettre dans ce genre de situation », a commenté le géologue Michel Lacey, consultant en exploration minière.L\u2019homme a participé à des missions dans le sud de l\u2019Al- Pas de risque zéro TRAVAILLER SUITE DE LA PAGE A 1 Selon M.Perron, le Bloc avait besoin d\u2019un « chef avec de l\u2019envergure, capable d\u2019avoir un esprit de synthèse et de livrer le message.Yves-Fran- çois Blanchet est un communicateur extraordinaire et un indépendantiste convaincu.» Le parti n\u2019aurait-il pas profité de la tenue d\u2019une véritable course au leadership, qui aurait permis de confronter le nouveau chef ?« On vient de gagner beaucoup de temps et de sauver beaucoup d\u2019argent, pense plutôt Yves Perron.Et pour les débats d\u2019idées, nous avons le processus de refondation du parti qui se poursuit.» Pas de crainte À ce sujet, Yves-François Blanchet dit être convaincu que les idées que les militants bloquistes vont soumettre \u2014 le processus se poursuit jusqu\u2019au 11 février, et les propositions seront débattues en congrès le 24 février \u2014 lui conviendront.« Je ne pense pas qu\u2019il va y avoir des affaires capotées avec lesquelles on va dire que ça n\u2019a pas de bon sens, dit-il.Je n\u2019ai pas de crainte de me lever le 25 février bien malheureux avec un programme excentrique.» Officiellement, le Bloc présente l\u2019exercice comme le «plus grand chantier de consultation et de remue-méninges pour un parti politique majeur sur la scène québécoise», un «renouvellement complet du programme et des statuts et règlements du Bloc québécois».Dans les faits, la direction du Bloc a souvent mentionné qu\u2019il n\u2019était pas question de « toucher à l\u2019ADN du parti », notamment sa vocation indépendantiste.« Je ne pense pas qu\u2019on doive présumer d\u2019une réécriture profonde, mais on doit pouvoir l\u2019envisager, pense le nouveau chef.Il n\u2019y a pas d\u2019obligation de tout jeter à la poubelle [pour prouver la pertinence de l\u2019exercice].» M.Blanchet estime tout de même que ce serait une erreur de changer le nom et le logo du parti \u2014 une idée qui a été soulevée.«Cette hypothèse-là ne m\u2019enthousiasme pas.On ne doit pas rebran- der le parti à neuf mois des élections.» Cette échéance électorale guidera ses premières actions, notamment la recherche de financement (le Bloc veut aller chercher près d\u2019un million) et de can- La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland rencontrera cette semaine la famille d\u2019Édith Blais, disparue au Burkina Faso depuis le 15 décembre dernier.« C\u2019est une situation difficile et le gouvernement canadien est très engagé sur le terrain avec les autorités du Burkina Faso », a-t-elle déclaré. LEDEVOIR // LE VENDREDI 18 JANVIER 2019 ACTUALITÉS A 5 BOB WEBER LA PRESSE CANADIENNE Les Canadiens gaspillent plus de nourriture qu\u2019ils n\u2019en consomment.Plus de la moitié de la nourriture produite au Canada est perdue et une cuisine moyenne gaspille des centaines de dollars de produits alimentaires chaque année, révèle une étude que les chercheurs qualifient de « première mondiale en son genre ».L\u2019étude publiée jeudi avait été commandée par l\u2019organisme torontois Second Harvest, qui œuvre à la réduction du gaspillage alimentaire.La recherche, largement financée par la Fondation Walmart, serait la première à mesurer les déchets alimentaires à l\u2019aide de données provenant de l\u2019industrie et d\u2019autres sources, plutôt que des estimations, a soutenu Martin Gooch, de l\u2019entreprise Value Chain Management International, qui a mené l\u2019étude.Value Chain travaille avec les industries de l\u2019agriculture, de l\u2019aquaculture, de la mer et de l\u2019alimentation pour augmenter leur rentabilité.Les auteurs soutiennent que les résultats ont été vérifiés par des experts et croient que leurs chiffres sont « conservateurs ».Des études précédentes suggéraient que les Canadiens gaspillaient près de 400 kilos de nourriture par personne, ce qui en faisait l\u2019un des champions du monde en ce domaine.La nouvelle étude vient ajouter des images à ce chiffre : les pommes pourrissent au sol faute de cueilleurs, les surplus de lait sont détruits, des milliers d\u2019hectares de produits maraîchers sont labourés dans les champs lorsque des commandes sont annulées.L\u2019étude conclut que 58 % de la production alimentaire canadienne est gaspillée.Cela comprend les « déchets inévitables », comme les os d\u2019animaux, mais un gros tiers de ces déchets pourraient être récupérés.L\u2019étude indique que la valeur des seuls produits d\u2019épicerie utilisables qui se retrouvent dans des dépotoirs canadiens ou autres sites d\u2019élimination s\u2019élève à près de 50 milliards : cela représente plus de la moitié de ce que les Canadiens dépensent en nourriture chaque année et suffirait à nourrir chaque Canadien pendant cinq mois.En outre, le rapport indique que les aliments inutilement jetés au Canada produisent plus de 22 millions de tonnes de gaz carbonique, un des responsables des changements climatiques.« Meilleur avant », « infect après » ?Le rapport indique par ailleurs que ce sont les étapes de la transformation et de la fabrication qui sont les plus grandes sources de « déchets évitables », représentant 43 %.Des produits qui ne répondent pas à des normes rigoureuses de classement, des prévisions de marché inexactes et des mesures inefficaces de transformation sont notamment responsables de ce problème.Il en va de même pour les dates de péremption, quand on retire du marché des aliments parfaitement sains.«Meilleur avant ne veut pas dire infect après», a rappelé Lori Nikkel, directrice de Second Harvest.Le gaspillage sévit aussi dans les chaumières canadiennes, qui produiraient 21 % des « déchets évitables ».Cela représente environ 1700 $ par ménage.ÉTUDE Les Canadiens, champions du gaspillage alimentaire Un pas dans la bonne direction PÉNURIE SUITE DE LA PAGE A 1 avait en outre clairement démontré que les personnes hébergées en CHSLD pâtissaient d\u2019un manque de soins en raison du manque de préposés.Appelée à réagir, la ministre responsable des aînés, Marguerite Blais, promet que son gouvernement va agir.« Il y a un budget qui s\u2019en vient, on est très, très conscients que c\u2019est une question majeure, fondamentale.[\u2026] Il va falloir revoir les conditions de travail des préposés aux bénéficiaires.» Le cas de Québec À Québec, la direction du CIUSSS a décidé de prendre les grands moyens pour attirer des travailleurs.«On fait des démarches présentement pour offrir des postes permanents à l\u2019ensemble de nos PAB dès cette année», explique Marleen Cameron, chef de service au recrutement du CIUSSS.«Ils ne seront plus sur appel, ils vont avoir une sécurité d\u2019emploi.» Une mesure d\u2019autant plus intéressante qu\u2019elle ne coûte pas plus cher à l\u2019organisation, dit-elle, parce que « ces gens-là travaillaient déjà ».Les syndicats qui représentent les PAB dans le réseau y voient un pas dans la bonne direction.«C\u2019est intéressant.Ça commence », observe le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS), Jeff Begley.Or ce genre de percée lui semble plutôt marginale.«Les choses sont pires sans cesse.Dans les CHSLD, c\u2019est le désastre.» «Ça va prendre un coup de barre.Les négociations de 2020 [pour le renouvellement des conventions collectives] vont être un tournant », plaide quant à elle Sylvie Nelson, présidente du regroupement des employés de services à la FTQ.À part des réouvertures de conventions collectives dans les coopératives de services à domicile et des réaménage- ments d\u2019horaires dans les résidences privées, elle dit avoir observé peu de progrès dans les conditions de travail des PAB ces derniers mois.Le salaire notamment devra être haussé, selon elle.À cet égard, la ministre responsable des aînés, Marguerite Blais, faisait remarquer jeudi matin en entrevue à Radio- Canada qu\u2019il était troublant qu\u2019un employé de la Société des alcools (SAQ) soit payé 28$ l\u2019heure alors qu\u2019un préposé aux bénéficiaires du public reçoit 21$ l\u2019heure.Le Devoir a aussi constaté que pour attirer et conserver leur personnel, plusieurs CIUSSS et CISSS ont commencé à offrir aux étudiants des formations en milieu de travail (en Abitibi, dans le Bas-Saint-Laurent, la Capitale-Natio- nale, les Laurentides, en Montérégie- Ouest).Jeudi, la ministre Blais a plusieurs fois vanté les mérites de ce type de formation qui inclut des heures en établissement.« Ça fait qu\u2019un étudiant, au bout d\u2019une semaine, sait s\u2019il est fait pour le travail de préposé ou pas.» À certains endroits, comme au CIUSSS de Laval et en Mauricie, les étudiants peuvent travailler comme aides de service pendant leurs études et ont un emploi garanti à la fin du processus (les aides de service sont des préposés qui peuvent faire certaines tâches de base, comme nourrir les résidents, mais ne peuvent pas leur apporter de soins).« La pénurie a fait en sorte qu\u2019on a développé des projets avec le CIUSSS », note le directeur du Centre de formation professionnelle (CFP) Bel-Avenir, en Mauricie, Pierre Laliberté.« Ils sont très recherchés.» Désormais, des formations sont offertes non seulement à Trois-Rivières, mais en région plus éloignée comme à La Tuque.Le hic, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas beaucoup d\u2019étudiants, ajoute-t-il.« Les CFP ont connu une grosse baisse d\u2019inscriptions, fait-il remarquer.On a des places en masse.» Par ailleurs, au moins six CISSS sondés par Le Devoir mentionnent qu\u2019ils recourent déjà aux aides de service pour alléger la tâche des préposés.Le privé face au même mur Aux prises, elles aussi, avec la pénurie, les résidences privées ont quant à elles commencé à augmenter les salaires, qui tournaient traditionnellement autour du salaire minimum.«Maintenant, c\u2019est 13,50$ et il y a des établissements où ça monte à 16 ou 17$ l\u2019heure», note Michel Lemelin, de la Fédération professionnelle des préposés aux bénéficiaires du Québec (FPBQ), un organisme basé à Lévis qui fait la promotion de la profession.Les mieux payés gagnent toujours quatre dollars l\u2019heure de moins que dans le réseau public.Le Regroupement québécois des résidences pour aînés affirme pourtant que le problème de pénurie est « généralisé ».« Les résidences ont de la difficulté à recruter et à conserver leur personnel », explique la directrice générale, Chantal St-Onge.Or selon Michel Lemelin, il faut réfléchir au-delà du salaire.« Ce n\u2019est pas juste le salaire qui compte.» À son avis, il faut surtout tenir compte du fait que de plus en plus de résidences privées accueillent des cas lourds, ce qui n\u2019était pas le cas auparavant.Le salaire, dit-il, devrait suivre en conséquence.« Ce n\u2019est plus le même travail.» Mais comment ?Cela ne relève-t-il pas des négociations avec les syndicats ?À ce sujet, la ministre Marguerite Blais reste vague, mais laisse entendre que le gouvernement pourrait hausser les subventions données à certains établissements privés.Elle dit qu\u2019elle cherche actuellement à savoir si les CHSLD privés « reçoivent un montant suffisant du gouvernement quand ce dernier leur achète des places ».Tandis qu\u2019on s\u2019arrache les PAB aux quatre coins du Québec, le CIUSSS de l\u2019Est-de-l\u2019Île-de-Montréal affiche complet.«Je n\u2019ai pas de problème majeur chez nous», explique le directeur du soutien à l\u2019autonomie du CIUSSS, Claude Riendeau.Une situation enviable découlant d\u2019une proximité de longue date avec le Centre de formation professionnelle qui forme des préposés sur son territoire.Depuis 2010, son équipe rencontre celle de la Commission scolaire de la Pointe-de-l\u2019Île toutes les six semaines.Quand la commission scolaire a manqué de place pour ajouter des élèves, le CIUSSS a notamment constitué des salles de classe dans un de ses CHSLD, poursuit-il.Plus récemment, le CIUSSS a aussi amélioré les conditions de travail des PAB qui travaillent sur appel, et on prévoit désormais de légers surplus d\u2019effectifs à l\u2019horaire (115 %) pour être sûrs de ne pas manquer de bras.Pas de problème au CIUSSS de l\u2019Est-de-l\u2019Île-de-Montréal E N B R E F Le métro de Montréal en partie paralysé La ligne bleue du métro de Montréal a été paralysée sur toute sa longueur, soit entre les stations Snowdon et Saint-Michel, pendant près de quatre heures, jeudi.C\u2019est une panne d\u2019électricité causée par l\u2019incendie de tuyaux souterrains d\u2019Hydro-Québec dans l\u2019arrondissement de Rosemont\u2013La Petite-Patrie qui est à la source de l\u2019interruption, survenue à 12 h 39.Pendant l\u2019intervention des services d\u2019urgence, le courant a été coupé dans le secteur, privant de service quelque 21 000 clients.Hydro-Québec prévoyait le retour complet du courant vers 23 h.La Société de transport de Montréal a reporté trois fois l\u2019heure prévue de reprise du service avant de réalimenter la ligne, vers 16 h 30.Un service spécial de navettes a été déployé.Le Devoir L\u2019ambassadeur canadien en Chine entendu à huis clos par les députés vendredi OTTAWA \u2014 L\u2019ambassadeur du Canada à Pékin, John McCallum, exposera la situation en Chine vendredi matin, mais seule une poignée de députés fédéraux auront le droit de l\u2019entendre.Le Comité parlementaire des affaires étrangères a convenu d\u2019inviter l\u2019ambassadeur pour une séance d\u2019une heure à huis clos, à Ottawa.Les députés conservateurs et néo- démocrate qui siègent au comité ont tenté, en vain, d\u2019obtenir que l\u2019ambassadeur ajoute quelques minutes supplémentaires publiques.«Ça risque d\u2019être intéressant.Mais je pense qu\u2019on aurait pu en faire plus.Et je ne comprends pas pourquoi les libéraux refusent d\u2019avoir, en plus d\u2019une rencontre à huis clos, [\u2026] également une rencontre en public», s\u2019est désolée Hélène Laverdière, jeudi, à la sortie de la réunion du comité.La Presse canadienne Le ministre Lametti ne rouvrira pas de sitôt l\u2019aide médicale à mourir SHERBROOKE \u2014 Le nouveau ministre fédéral de la Justice, le Québécois David Lametti, estime qu\u2019il serait prématuré de modifier la Loi sur l\u2019aide médicale à mourir de manière à en élargir l\u2019accès.Selon lui, c\u2019est dans un souci de compromis que le Parlement a, en 2016, réservé cette procédure aux gens dont la mort est «raisonnablement prévisible», et ce compromis doit être testé encore un peu.«Il est très, très tôt, je crois, pour rouvrir formellement la question, a dit le ministre jeudi.On n\u2019a pas vraiment eu le temps de voir l\u2019impact.» Il dit se rallier à ce compromis même si, à l\u2019époque du vote, il s\u2019y était opposé alors qu\u2019il n\u2019était que député d\u2019arrière-ban.«Nous avons une loi et maintenant je suis procureur général du Canada et je vais défendre la loi», a-t-il dit.Le Devoir PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Meilleur avant ne veut pas dire infect après LORI NIKKEL » A 6 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 18 JANVIER 2019 E N B R E F Silvio Berlusconi sera candidat aux élections européennes ROME \u2014 Silvio Berlusconi, l\u2019éternel revenant de la politique italienne depuis 25 ans, a annoncé jeudi que malgré ses 82 ans et sa baisse dans les sondages, il serait candidat aux élections européennes en mai .« Au bel âge qui est le mien, j\u2019ai décidé par sens des responsabilités d\u2019aller en Europe, où il manque une pensée profonde sur l\u2019avenir du monde », a déclaré l\u2019ancien chef du gouvernement lors d\u2019une réunion de campagne de son parti Forza Italia (FI) pour des élections régionales en Sardaigne.Le magnat des médias avait déjà mené la campagne de FI pour les élections législatives de mars 2018 en Italie.Il n\u2019avait pu lui-même y participer en raison d\u2019une peine d\u2019inéligibilité, désormais terminée, liée à une condamnation pour fraude fiscale.Agence France-Presse France : Benalla, ex- collaborateur de Macron, en garde à vue PARIS \u2014 Six mois après son limogeage, l\u2019ex-collaborateur d\u2019Emmanuel Macron Alexandre Benalla est en garde à vue depuis jeudi matin dans l\u2019enquête sur l\u2019utilisation controversée de passeports diplomatiques.Fin décembre, une enquête avait été ouverte pour «abus de confiance» et «usage sans droit d\u2019un document justificatif d\u2019une qualité professionnelle».Mercredi, elle a été étendue «aux infractions de faux, usage de faux et obtention indue d\u2019un document administratif» après un signalement de la présidence de la République, a précisé le parquet de Paris.Selon le cabinet d\u2019Emmanuel Macron, M.Benalla aurait utilisé «presque une vingtaine de fois» ses passeports diplomatiques après son licenciement, entre le 1er août et le 31 décembre.Agence France-Presse Facebook ferme de « multiples » comptes et pages basés en Russie WASHINGTON \u2014 Facebook a annoncé jeudi qu\u2019il supprimait de «multiples pages, groupes ou comptes» basés en Russie, leur reprochant un «comportement fictif».Le groupe de Mark Zucker- berg a cité deux opérations, l\u2019une active dans une «variété de pays» tandis que l\u2019autre se concentrait sur l\u2019Ukraine.«Nous n\u2019avons pas trouvé de lien entre ces opérations, mais elles ont utilisé des tactiques similaires en créant des réseaux de comptes pour induire les autres en erreur à propos de leur identité et de ce qu\u2019ils faisaient, a précisé sur son blogue Nathaniel Gleicher, à la tête de la cybersécurité du réseau social.Nous travaillons constamment pour détecter et arrêter ce type d\u2019activité, car nous ne voulons pas que nos services puissent être utilisés pour manipuler des gens.» Agence France-Presse Sergio Berlusconi, en Sardaigne FABIO MURRU / ANSA VIA ASSOCIATED PRESS FLORENCE PANOUSSIAN À BOGOTÁ AGENCE FRANCE-PRESSE Un attentat à la voiture piégée a fait 10 morts et 65 blessés jeudi à Bogotá, soit le plus meurtrier en près de seize ans dans la capitale d\u2019une Colombie peinant à mettre fin à plus d\u2019un demi-siè- cle de guerre interne.L\u2019attaque, qui a visé l\u2019école de la police nationale, a été qualifiée de « misérable acte terroriste » par le président de droite Ivan Duque, qui a durci la lutte antidrogue et contre la rébellion de l\u2019ELN (l\u2019Armée de libération nationale).L\u2019auteur présumé de l\u2019attentat a été identifié comme étant José Aldemar Rojas Rodriguez.Il est entré à 9 h 30 dans l\u2019enceinte de l\u2019École des officiers Général Francisco de Paula Santan- der, dans le sud de Bogotá, au volant d\u2019une camionnette grise chargée de 80 kilos de pentolite, un puissant explosif, selon le procureur général Nestor Humberto Martinez.Tout semble indiquer qu\u2019il a été tué dans l\u2019attentat, mais les autorités ne l\u2019ont pas confirmé.Elles n\u2019ont pas précisé non plus s\u2019il était lié à l\u2019un des groupes armés illégaux qui opèrent encore en Colombie, notamment dans le trafic de drogue depuis la paix signée avec l\u2019ex-guérilla FARC en 2016.Selon le dernier bilan communiqué par le ministère de la Défense, l\u2019explosion, survenue à l\u2019issue d\u2019une cérémonie de promotion de jeunes officiers, a fait 10 morts et 65 blessés.Il n\u2019a pas été précisé combien de policiers figuraient parmi les victimes.Il s\u2019agit de l\u2019attaque la plus meurtrière qu\u2019ait subie Bogotá depuis un attentat, également à la voiture piégée et commis alors par les FARC, qui avait fait 36 morts et des dizaines de blessés le 7 février 2003, au Nogal, un club social très exclusif du nord de Bogotá.« Cet acte terroriste démentiel ne restera pas impuni », a assuré jeudi le président Duque.Dénonçant « une attaque contre toute la société », « pas seulement contre nos policiers », il a appelé « les Colombiens à s\u2019unir contre les violents ».Au pouvoir depuis août, ce président de droite a amplifié la lutte contre la drogue dans un pays qui reste le premier producteur mondial de cocaïne et durci les conditions de reprise des négociations de paix avec la guérilla de l\u2019ELN.Le procureur a précisé que le véhicule utilisé avait passé un contrôle technique en juillet dernier dans l\u2019Arauca, un département frontalier du Venezuela, où l\u2019ELN est présente.Avec environ 1800 combattants, l\u2019ELN est considérée comme la dernière guérilla du pays, depuis le désarmement et la transformation en parti politique des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) à la suite de l\u2019accord signé en 2016 avec le précédent gouvernement.COLOMBIE AGENCE FRANCE-PRESSE À WASHINGTON La séparation des enfants migrants de leurs parents a commencé aux États- Unis dès 2017, bien avant de faire scandale, et a concerné « des milliers » de mineurs de plus qu\u2019estimé jusqu\u2019ici, selon un rapport officiel publié jeudi.Faute de base de données centralisée, le nombre d\u2019enfants concernés au total par cette politique reste toutefois « inconnu », selon ce rapport des services de l\u2019inspecteur général du ministère de la Santé.Le gouvernement du président Donald Trump avait décrété au printemps une politique de « tolérance zéro » envers l\u2019immigration illégale qui avait conduit à la séparation de nombreuses familles, suscitant un tollé jusque dans les rangs républicains.En juin, le milliardaire républicain avait ordonné d\u2019y mettre un terme et le 28 juin, un juge avait ordonné de réunir les familles divisées.Les autorités ont ensuite identifié un peu plus de 2700 enfants à réunir avec leurs parents, et la grande majorité d\u2019entre eux les ont bien retrouvés.Mais, selon les auteurs du rapport, les séparations des familles avaient commencé à augmenter dès l\u2019été 2017.«Des milliers d\u2019enfants séparés» étaient passés par les structures dédiées aux mineurs étrangers isolés avant la décision de justice, selon ce rapport.Comme ils n\u2019étaient plus en rétention à la date du 28 juin, ils n\u2019ont jamais été comptabilisés.Quant à ceux qui se trouvaient toujours dans les centres d\u2019accueil à cette date, les autorités ont eu du mal à les recenser.Faute de système centralisé, il leur a fallu se pencher dans 60 bases de données différentes et une première liste contenait 3600 noms, selon ce rapport.Près d\u2019un millier ont été rayés pour arriver à la liste officielle, notamment parce qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019enfants récemment sortis des centres d\u2019accueil, ou parce qu\u2019ils avaient été séparés d\u2019autres membres de leur famille (frère, sœur, oncle\u2026) mais pas de leurs parents.Depuis cet été, l\u2019administration tient mieux ses comptes : 118 enfants, âgés de 1 à 17 ans, ont encore été séparés de leurs parents à la frontière entre juillet et novembre, notamment parce que ces derniers ont été visés par des poursuites criminelles.Le président Trump a fait de la lutte contre l\u2019immigration illégale une de ses priorités mais ses décisions ont rencontré plusieurs oppositions, notamment en justice.Son souhait de voir un mur érigé à la frontière se heurte aujourd\u2019hui au veto de l\u2019opposition démocrate et est responsable du plus long « shutdown » (paralysie partielle des administrations fédérales) de l\u2019histoire américaine.ÉTATS-UNIS lique Jerry Falwell Jr., fervent partisan du magnat new-yorkais.John Gauger, dirigeant d\u2019une petite société et responsable informatique de la Liberty University de Virginie, dirigée par l\u2019évangéliste, a touché cet argent afin de manipuler des sondages en ligne dans le but d\u2019améliorer la visibilité de M.Trump, qui ne devait déclarer sa candidature à l\u2019investiture républicaine pour la présidentielle qu\u2019en juin 2015, selon le WSJ.« Quant à l\u2019article du WSJ sur le trucage des sondages, ce que j\u2019ai fait, je l\u2019ai fait à la demande et pour le seul bénéfice de Donald Trump.Je regrette vraiment ma loyauté aveugle envers un homme qui ne le mérite pas », a tweeté jeudi Michael Cohen, reconnaissant implicitement le paiement.ÉTATS-UNIS Michael Cohen RICHARD DREW ASSOCIATED PRESS AGENCE FRANCE-PRESSE À NEW YORK Une famille est arrêtée par un agent de la douane américaine après avoir tenté d\u2019entrer au pays depuis la ville de Tijuana, au Mexique.GUILLERMO ARIAS AGENCE FRANCE- PRESSE Avant de commencer à purger sa peine de prison en mars, l\u2019ex-avocat, devenu l\u2019un des témoins à charge les plus dangereux pour le président au cœur de plusieurs enquêtes judiciaires, doit témoigner au Congrès américain le 7 février, une audition en commission très attendue par la nouvelle majorité démocrate à la Chambre des représentants.Par ailleurs, l\u2019avocat du président américain, Rudy Giuliani, a soutenu mercredi soir qu\u2019il n\u2019avait « jamais dit qu\u2019il n\u2019y avait pas eu de collusion » entre l\u2019équipe de campagne du candidat républicain en 2016 et la Russie, simplement que Donald Trump lui-même n\u2019était pas impliqué.Répondant à la chaîne CNN, l\u2019ancien maire de New York a précisé qu\u2019il ne savait pas si d\u2019autres au sein de cette campagne avaient travaillé avec la Russie.« Je n\u2019ai jamais dit qu\u2019il n\u2019y avait pas de collusion entre la campagne, ou entre des personnes dans la campagne\u2026 » Interrompu avant de pouvoir finir sa phrase par le journaliste lui précisant que c\u2019était faux, M.Giuliani a poursuivi.« J\u2019ai dit le président des États-Unis.Il n\u2019y a pas une once de preuve que le président des États-Unis a commis le seul crime que vous pouvez commettre là, collaborer avec les Russes pour pirater le DNC », la direction du Parti démocrate américain, a déclaré l\u2019avocat.Un attentat contre une école de police fait 10 morts L\u2019ex-avocat de Trump dit avoir payé pour truquer des sondages Michael Cohen a assuré l\u2019avoir fait en 2015, « à la demande » de l\u2019actuel président américain Séparés, mais jamais recensés Selon un rapport, beaucoup plus d\u2019enfants migrants auraient été écartés de leurs parents depuis 2017 que les estimations jusqu\u2019ici énoncées ne le laissaient croire L\u2019ex-avocat de Donald Trump, Michael Cohen, a reconnu jeudi avoir payé pour truquer des sondages en ligne à l\u2019avantage du milliardaire au début de la campagne présidentielle 2016, assurant l\u2019avoir fait « à la demande » du futur président américain.M.Cohen, condamné en décembre à trois ans de prison pour avoir notamment acheté le silence d\u2019ex-maîtresses présumées de M.Trump en violation des lois sur le financement des campagnes électorales, a réagi par sur Twitter à un article du Wall Street Journal (WSJ) révélant qu\u2019il avait, début 2015, payé plusieurs milliers de dollars à un collaborateur du leader évangé- A 7 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 18 JANVIER 2019 E N B R E F L\u2019Union africaine fait part de « sérieux doutes » sur le résultat électoral en RDC ADDIS ABEBA \u2014 Le président de la Commission de l\u2019Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a reconnu jeudi que des «doutes sérieux» pesaient sur le résultat de l\u2019élection du 30 décembre en République démocratique du Congo (RDC).La commission électorale congolaise a proclamé Félix Tshisekedi vainqueur de la présidentielle avec 38,57% des voix, contre 34,8% pour l\u2019autre opposant, Martin Fayulu.M.Fayulu a dénoncé un «putsch électoral» du président sortant, Joseph Kabila, avec la «complicité» de M.Tshisekedi, et a déposé une action devant la Cour constitutionnelle.Les estimations de M.Fayulu, de l\u2019Église catholique et de médias internationaux à partir de documents qui auraient fuité de la CENI le donnent tous vainqueur avec environ 60% des voix.Agence France-Presse Contestation au Soudan : la police disperse une marche vers la présidence KHARTOUM \u2014 La police soudanaise a dispersé jeudi au gaz lacrymogène des centaines de manifestants qui marchaient vers la présidence en réclamant le départ d\u2019Omar el-Béchir.D\u2019autres rassemblements ont été organisés à Khartoum et ailleurs dans le pays, dans le cadre de ce mouvement déclenché le 19 décembre par une hausse des prix du pain et des médicaments, ainsi que par des pénuries dans ce pays en plein marasme économique.Ces manifestations se sont ensuite transformées en rassemblements quasi quotidiens appelant au départ de M.Béchir, au pouvoir depuis 1989.Depuis le 19 décembre, 24 manifestants ont perdu la vie, selon un bilan officiel.Les ONG Human Rights Watch et Amnesty International parlent d\u2019au moins 40 morts.Agence France-Presse Zimbabwe: le pasteur Mawarire réfute les accusations de «subversion» HARARE \u2014 Le pasteur contestataire zim- babwéen Evan Mawarire a réfuté jeudi devant la justice les accusations de «subversion» pour son soutien à la fronde sociale qui agite le pays.Arrêté mercredi, le pasteur a comparu jeudi devant un tribunal de Harare, accusé «d\u2019incitation à la violence» sur les réseaux sociaux et de «subversion».L\u2019acte d\u2019accusation lui reproche d\u2019avoir publié une vidéo «qui est devenue virale et qui avait pour objectif de saper le gouvernement constitutionnel».«Je n\u2019ai absolument rien fait de ce que l\u2019on me reproche», a plaidé le porte-drapeau de la révolte antigouvernementale de 2016.Le Zimbabwe est le théâtre de violentes manifestations contre la forte hausse des prix des carburants à la pompe décrétée samedi.Agence France-Presse MARINE LAOUCHEZ À BRUXELLES AGENCE FRANCE-PRESSE Le rejet mardi de l\u2019accord de retrait par le Parlement britannique, qui a avivé les craintes d\u2019un Brexit sans accord, a poussé plusieurs États membres à accélérer leurs préparatifs aux changements provoqués par le départ du Royaume-Uni prévu le 29 mars.La Commission européenne, qui presse en outre les États membres à prendre leurs propres mesures au niveau national, a déjà publié 88 notes sectorielles afin de préparer l\u2019Union à un scénario sans accord.Elles concernent notamment les droits des citoyens, les marchés financiers, le trafic aérien, les douanes ou encore le marché du carbone, qui permet de réglementer les émissions de CO2.L\u2019exécutif européen a annoncé après le vote britannique qu\u2019il allait envoyer une équipe dans les 27 capitales européennes pour coordonner ses travaux et ceux des États membres.« On ne laisse rien au hasard », a assuré un porte-parole de la Commission.Irlande Le voisin du Royaume-Uni, avec qui il partage une frontière terrestre, est le plus exposé.L\u2019Irlande a lancé l\u2019embauche de 1000 employés pour les contrôles douaniers et sanitaires.Dans son budget pour 2019, Dublin a mis 1,5 milliard d\u2019euros de côté pour amortir toute onde de choc liée au divorce avec le Royaume-Uni.Une loi spéciale pour contrer les effets d\u2019un « no deal » doit passer devant le Parlement irlandais en mars.Elle se concentrera sur « la protection des citoyens et le soutien à l\u2019économie, aux entreprises et à l\u2019emploi ».Les ports et aéroports font l\u2019objet de mesures spéciales.Ainsi, le port de Dublin a déjà entamé des travaux pour ajouter des quais réservés aux inspections, des places de stationnement pour les camions et des postes de contrôle pour le bétail.France La France a déclenché jeudi son plan « lié à un Brexit sans accord », qui comprend une série de mesures législatives et juridiques.Il s\u2019agit notamment de réglementer le statut des 200 000 Britanniques vivant en France, qui auront 12 mois pour régulariser leur situation, « sous réserve de réciprocité » de la part du Royaume-Uni.Une autre ordonnance permettra la réalisation « en urgence » d\u2019infrastructures nécessaires pour assurer les contrôles aux frontières dès le 29 mars.Paris a également souligné qu\u2019il travaillait activement avec la Commission européenne pour trouver un accord sur la pêche afin de pouvoir rassurer les pê- cheurs qui jettent leurs filets dans les eaux britanniques, très poissonneuses.Pays-Bas Les Pays-Bas sont très exposés en cas de Brexit sans accord, notamment par leurs liens commerciaux via Rotterdam, le plus grand port d\u2019Europe.La Haye a déjà mis 100 millions d\u2019euros de côté pour ses préparatifs, y compris le recrutement de 900 nouveaux douaniers.Le gouvernement néerlandais a annoncé que les quelque 45 000 citoyens britanniques et leurs familles vivant actuellement dans le pays conserveraient leur droit d\u2019y vivre et d\u2019y travailler, y compris en cas de no deal, bénéficiant d\u2019une période de 15 mois pour demander un permis de séjour.Belgique Quelques heures après le vote du Parlement britannique, le premier ministre belge, Charles Michel, assurait que son gouvernement était prêt à soumettre « les textes nécessaires » au Conseil des ministres.La Belgique, très exposée \u2014 elle estime qu\u2019un scénario no deal coûterait annuellement 2,2 milliards d\u2019euros en taxes supplémentaires et plus de 40 000 emplois au pays \u2014, accorde une attention particulière à ses douanes et à ses entreprises.Le pays prévoit par ailleurs de solliciter des fonds européens pour soutenir les entreprises et les régions les plus vulnérables en cas de Brexit dur.Espagne Le gouvernement espagnol prévoit d\u2019adopter en février un plan de mesures destinées à faire face aux conséquences d\u2019une absence d\u2019accord, centré sur « les droits des citoyens, les relations commerciales et les secteurs économiques particulièrement sensibles ».Madrid a évoqué un renforcement des effectifs en matière de contrôles douaniers et l\u2019idée d\u2019un « chèque Brexit » afin d\u2019aider les entreprises.EUROPE Les discussions entre May et l\u2019opposition coincent avant d\u2019avoir commencé Les tractations souhaitées par la première ministre Theresa May avec l\u2019opposition pour parvenir à un consensus sur un accord de Brexit ont abouti jeudi à une impasse, la dirigeante britannique jugeant « impossible » de remplir une condition posée par le Labour.Le chef du parti travailliste, Jeremy Corbyn, a exigé de la chef du gouvernement conservateur qu\u2019elle écarte clairement l\u2019éventualité d\u2019une sortie sans accord de l\u2019Union européenne le 29 mars, avant d\u2019entamer toute discussion.« Impossible », a répondu Theresa May dans un courrier, ceci « n\u2019est pas dans les pouvoirs du gouvernement ».Elle estime qu\u2019il n\u2019existe que «deux manières d\u2019éviter un no deal » : le vote d\u2019un accord au Parlement ou l\u2019« annulation des résultats du référendum » de 2016.Jugeant « injuste » cette dernière option, elle ajoute que seul le Parlement peut empêcher un divorce sans accord.La dirigeante assure néanmoins que sa porte « reste ouverte à une rencontre sans préconditions ».La première ministre doit présenter lundi une solution de rechange.Signe de l\u2019enjeu, elle a annulé sa participation au forum économique mondial de Davos, qui s\u2019ouvre lundi.Les députés britanniques auront la possibilité d\u2019amender ce «plan B».Leurs modifications seront présentées au vote le mardi 29 janvier, à deux mois tout juste de la date prévue du Brexit.À mesure que l\u2019échéance se rapproche, l\u2019hypothèse d\u2019un report du divorce est de plus en plus discutée à Bruxelles, pour éviter le chaos d\u2019une sortie sans accord.Elle a reçu jeudi le soutien du comité parlementaire britannique chargé du Brexit.Mais c\u2019est au gouvernement de Theresa May qu\u2019il revient d\u2019en faire la demande aux 27.« S\u2019ils nous disent que c\u2019est pour organiser de nouvelles élections ou un nouveau référendum, cela ferait partie des motifs acceptables », a estimé un diplomate européen.« Mais il faut que ce soit court, pas plus de quelques semaines.» Le rejet par le Parlement britannique du plan initial d\u2019accord sur le Brexit force les pays voisins à s\u2019adapter sur les aspects économique, sécuritaire et même environnemental.ADRIAN DENNIS AGENCE FRANCE- PRESSE La Russie se rapproche d\u2019une sortie du Conseil de l\u2019Europe MOSCOU \u2014 Les députés russes ont décidé jeudi de prolonger leur boycottage du Conseil de l\u2019Europe entamé depuis la crise ukrainienne, rapprochant Moscou d\u2019une sortie de cette instance qui priverait les Russes d\u2019un accès à la Cour européenne des droits de l\u2019homme.Dans une résolution adoptée à une écrasante majorité, la Douma, Chambre basse du Parlement russe, a reconduit le gel des plus de 30 millions d\u2019euros de contribution au budget du Conseil de l\u2019Europe.Elle décide par ailleurs de ne pas envoyer de délégation lors de la prochaine session de l\u2019Assemblée parlementaire du Conseil de l\u2019Europe (APCE), l\u2019organe consultatif du Conseil de l\u2019Europe, qui commence lundi.Cela signifie que la Russie ne participera pas à l\u2019APCE pour l\u2019ensemble de l\u2019année.Agence France-Presse L\u2019UE se prépare à un Brexit sans accord Après le rejet du plan initial d\u2019entente, la Commission européenne presse les États membres de ne rien laisser au hasard e Bloc québécois a donc un nouveau chef en la personne de Yves-François Blanchet, seul candidat en lice après le désistement d\u2019un candidat putatif, Jean-Jacques Nan- tel.Le parti a ainsi évité une course à la chefferie qu\u2019il n\u2019avait pas les moyens de tenir, qui aurait été aussi futile que néfaste et qui n\u2019aurait rien changé au résultat.Comme cela s\u2019est vu dans le passé, mais sans doute avec plus d\u2019acuité que jamais, la question de la pertinence du Bloc se pose.Le parti, fondé par Lucien Bou- chard sur les cendres de l\u2019accord du lac Meech, dans le but de contribuer à l\u2019accession du Québec à sa souveraineté et d\u2019appuyer le camp du Oui lors d\u2019un référendum, n\u2019a-t-il pas perdu sa raison d\u2019être dans un contexte politique où un tel référendum est renvoyé aux calendes grecques ?Nous croyons que non.Si l\u2019appui à l\u2019indépendance a décliné ces dernières années, il reste que les deux partis souverainistes, le Parti québécois et Québec solidaire, ont récolté ensemble 33 % des votes lors des dernières élections.Si certains, comme l\u2019ex-premier ministre libéral Philippe Couillard, se sont empressés de célébrer avec jubilation l\u2019enterrement de l\u2019option, il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019un mouvement politique qui rassemble toujours le tiers de l\u2019électorat ne peut être ignoré.Et si on apprécie les comparaisons, rappelons que la Coalition avenir Québec et son fédéralisme résigné n\u2019ont obtenu, avec 37 % des voix, que 4 % de plus des suffrages.Certes, le temps n\u2019est pas à la préparation d\u2019un référendum et l\u2019obstination rageuse d\u2019une Martine Ouellet n\u2019y aurait rien pu changer.Mais les Québécois collectivement, du moins les souverainistes ou ceux, nombreux, qui ont renoncé à leur idéal parce qu\u2019ils le croient hors de portée et qui se retrouvent à la CAQ , auraient tort de se priver de cet instrument politique.Les raisons qui fondent le projet indépendantiste n\u2019ont pas disparu et l\u2019évolution politique au Canada pourrait contribuer à les illustrer concrètement.Bref, on ne sait de quoi l\u2019avenir sera fait et cette voix québécoise, qu\u2019incarne le Bloc à Ottawa, pourrait s\u2019avérer utile, voire essentielle.Le Bloc québécois a également un rôle à jouer dans la défense des intérêts du seul État à majorité francophone en Amérique du Nord alors que le poids politique du Québec au sein de la fédération, en raison de facteurs démographiques, mais pas seulement, ne cesse de diminuer.Après l\u2019apathie complaisante du gouvernement Couillard, le gouvernement Legault monte aujourd\u2019hui au créneau pour réclamer d\u2019Ottawa des pouvoirs en matière d\u2019immigration ainsi qu\u2019une déclaration de revenus unique administrée par Québec.Le Bloc peut relayer ces revendications, tout en se portant à la défense de l\u2019interculturalisme et de l\u2019exception culturelle.D\u2019évidence, rien n\u2019est gagné pour le Bloc.Yves-François Blanchet soutient que le parti a refait son unité, condition essentielle pour qu\u2019il évite la disparition.D\u2019ici à l\u2019élection, il devra se remettre en marche.Le mot de la fin \u2014 ou du renouveau \u2014 reviendra aux électeurs québécois.LEDEVOIR // LE VENDREDI 18 JANVIER 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Malika Dehraoui Spécialiste en affaires internationales Le titre est inspiré d\u2019un article rédigé par un journaliste que j\u2019admire et je me permets d\u2019apporter ma réflexion à ce sujet.Les articles pleuvent de partout au sujet du régime saoudien depuis la crise du tweetqui a amené le prince héritier MBS à expulser l\u2019ambassadeur du Canada et à rappeler son propre ambassadeur à Ottawa, depuis l\u2019affaire Khashoggi et, bien évidemment, depuis l\u2019accueil de la jeune réfugiée saoudienne Rahaf Mohammed.On ne peut qu\u2019être d\u2019accord avec une bonne partie de ces articles et saluer la décision de nos leaders politiques d\u2019accorder, rapidement, l\u2019asile politique à la jeune Rahaf Mohammed.Le Canada est un pays qui a toujours été au premier plan pour protéger le droit des femmes et des minorités et nous devons, en tant que société, continuer nos engagements dans ce sens.Cela dit, le Canada ne doit pas être seul à agir.La preuve, c\u2019est la réaction timide et presque inaudible de certains pays européens dans l\u2019affaire Khashoggi.Réactions qui visaient à protéger leurs intérêts en Arabie saoudite, voire surtout à protéger les investissements faits par les Saoudiens dans leurs pays et les lucratifs contrats gagnés par des entreprises européennes dans cette région.Remarquez que je ne cite même pas la position de Trump vis- à-vis des Saoudiens, elle a le mérite d\u2019être claire ! Je n\u2019ai jamais été fan de la diplomatie de défis et je précise que je n\u2019ai pas une quelconque sympathie pour le régime saoudien, qui a tendance à gérer ses relations politiques sur le coup de l\u2019impulsion.Par ailleurs, quelle que soit la couleur du régime, on aurait pu explorer les possibilités de travailler avec des alliés et tenter d\u2019atténuer la crise avec ce pays.Oui, les liens avec l\u2019Arabie saoudite ne sont pas stratégiques pour le Canada, et vice-versa.Il fallait, par ailleurs, garder un certain canal de communication ouvert au nom de ces femmes restées dans ce pays et qui aspirent à plus de liberté, au nom de ces jeunes Saoudiens qui, malgré le fait qu\u2019ils étouffent sous un régime archaïque, tentent quand même de l\u2019améliorer, au nom de la paix que nous cherchons tous dans cette région.Un canal de communication au nom d\u2019un échange constructif pour pousser vers des changements qui viendraient idéalement de l\u2019interne.Échange qui permettrait de parler de notre modèle sans l\u2019imposer.J\u2019ai eu l\u2019occasion de visiter ce pays à quelques reprises et, en tant que femme, je devais m\u2019ajuster à la réalité locale comme je le fais d\u2019ailleurs dans d\u2019autres pays.J\u2019ai eu l\u2019occasion de rencontrer des femmes et des hommes éduqués et diplômés d\u2019universités renommées, des entrepreneurs et des visionnaires qui militent pour des changements de culture et qui tentent de faire évoluer les mentalités.J\u2019ai aussi eu l\u2019occasion de visiter cet endroit morbide où des têtes roulent sous les coups de sabre et qui donne envie de vomir tellement on se sent à l\u2019envers ! On ne peut éprouver de la sympathie pour un tel régime, mais il faut essayer de garder des liens, même imparfaits, pour justement aider à améliorer la situation, offrir un soutien et faire évoluer les mentalités.Il faut continuer à se dresser contre toutes formes de violations commises contre les femmes, contre les membres de la communauté LGBTQ+, contre les opposants politiques, etc.La défense de ces droits exige aussi l\u2019engagement des autres démocraties, qui doivent accompagner le Canada avec la même intensité et non selon la valeur des lucratifs contrats qu\u2019ils veulent protéger pour leurs entreprises et leurs nations ! To be, or not to be Une affaire vraiment anglaise! N\u2019essayez pas de tout comprendre dans les débats actuels sur le Brexit.Les citoyens du Royaume-Uni (?) ne s\u2019y retrouvent pas eux-mêmes, mais ils continuent sans aucun doute de toujours prendre leur thé et de boire de la bière à profusion.Le monde financier de la City semble aussi bien se porter.Sur le sort du Brexit, la confusion semble totale.La première ministre May subit une grande déconfiture sur son projet d\u2019accord de sortie de l\u2019Union européenne, mais paradoxalement elle surmonte de justesse un vote de confiance! Le bal est relancé, mais personne ne sait comment et quand il aboutira.Les 26 autres pays de l\u2019UE ne veulent pas négocier un nouvel accord: ce dernier est à prendre ou à laisser.Mon petit doigt me dit qu\u2019au bout de cet exercice digne de Kafka, il y aura un second référendum, celui-là portant sur l\u2019accord conclu par Mme May ou le choix de demeurer dans l\u2019UE.C\u2019est le peuple qui va finalement trancher et cette fois-ci, les jeunes iront, je pense, massivement voter.Tout ce cirque plutôt inutile est essentiellement dû à l\u2019incompétence des dirigeants politiques britanniques.État voyou, alors on sabre ?LIBRE OPINION LETTRES POLITIQUE FÉDÉRALE Le Bloc québécois toujours utile CANADA-CHINE Le vrai visage de Pékin L epuis l\u2019arrestation à Vancouver, le 1er décembre dernier, de la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei, rien ne va plus entre le Canada et la Chine.Mais si cette crise met Ottawa sur la sellette, elle devrait aussi inquiéter ses alliés.Le Canada a beau avoir répondu à une demande d\u2019extradition américaine, Pékin ne veut rien entendre dans cette affaire.Aucun argument rationnel n\u2019arrive à calmer sa colère, surtout pas ceux invoquant des principes chers à toute démocratie : primauté du droit, indépendance judiciaire, équité procédurale\u2026 La Chine a opté pour l\u2019intimidation et la prise en otages, purement et simplement, de citoyens canadiens.Début décembre, elle en a arrêté deux, Michael Spavor et l\u2019ancien diplomate Michael Kovrig, qu\u2019elle accuse d\u2019atteinte à la sécurité nationale.Lundi, lors d\u2019un procès sommaire, le Canadien Robert Schellenberg a vu sa peine de 15 ans de prison pour trafic de stupéfiants transformée en condamnation à mort.De passage à Repentigny mercredi, la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, n\u2019a pas mâché ses mots.Le comportement de la Chine dans ce dossier est « une menace pour tous les pays », a-t-elle dit.Elle n\u2019exagérait pas.Plusieurs États démocratiques commencent à croire la même chose et ont publiquement offert leur appui au Canada, dont l\u2019Union européenne, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l\u2019Allemagne, l\u2019Australie et l\u2019Argentine.La Chine, qui tient comme à la prunelle de ses yeux à sa réputation à l\u2019étranger, a très mal réagi, son ambassadeur au Canada parlant même de « suprématie blanche ».Il faudrait plutôt parler d\u2019inquiétude profonde de la part de pays qui ne peuvent accepter de renoncer à leurs principes ou qu\u2019on les marchande ou les dilue sous le coup de l\u2019intimidation d\u2019un régime autoritaire, aussi puissant soit-il.La Chine veut visiblement imposer ses vues en faisant peur aux pays qui n\u2019ont pas les reins assez solides pour lui tenir tête.Mais le silence des États face à son comportement ne ferait que l\u2019encourager dans cette veine et, selon un diplomate européen rencontré récemment, bien des capitales, en particulier de pays démocratiques, l\u2019ont vite compris.Le Canada est ici « le canari dans la mine », dit-il, celui qui annonce le traitement qui sera réservé aux autres si la digue cède.La Chine vient de jeter les masques.Elle qui promettait des réformes juridiques et un plus grand respect des droits de la personne en échange de liens économiques plus étroits a su profiter de la convoitise et parfois de la naïveté de bien des pays, y compris le Canada, pour arriver à ses fins.Elle est devenue une puissance économique incontournable, mais sans jeter de lest.Elle est toujours une dictature où la justice rime avec intérêts politiques et économiques, la première servant les seconds quand cela est nécessaire.Le premier ministre Justin Trudeau et la ministre Freeland ont raison de continuer à solliciter des appuis, à suivre les voies diplomatiques tout en défendant fermement l\u2019ordre international et la primauté du droit, une des pierres d\u2019assise de la démocratie.Faire autrement équivaudrait à vendre son âme.D ÉDITORIAL A 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu humanitaire digne de mention.D\u2019autre part, il ne faudrait pas négliger que l\u2019accueil de la jeune Saoudienne vient resserrer un peu plus la tension au sein des liens diplomatiques avec l\u2019Arabie saoudite qui détient déjà prisonniers deux Canadiens, sans compter Raïf Badawi qui est emprisonné depuis 2012.De son côté, Rahaf Mohammed, lors de sa première déclaration publique depuis son arrivée au Canada, a formulé le vœu que d\u2019autres femmes qu\u2019elle aient accès à cette vie libre qu\u2019elle peut désormais entamer au Canada, qui lui a accordé l\u2019asile à la demande des Nations unies.« Aujourd\u2019hui et pour les années à venir, je travaillerai en faveur de la liberté des femmes dans le monde, la même liberté que j\u2019ai vécue le premier jour de mon arrivée au Canada », a-t-elle déclaré.Rahaf Mohammed a vécu la condition misérable réservée aux femmes dans son pays d\u2019origine, où la loi les soumet au contrôle quasi permanent des hommes\u2026 De la sorte, la réfugiée saoudienne ne peut être qu\u2019un atout crédible pour dénoncer l\u2019« esclavage » des femmes aux prises avec la domination des hommes en Arabie saoudite.Henri Marineau Québec, le 16 janvier 2019 Cet épisode dans la construction européenne sera cependant un sérieux avertissement : les dirigeants européens devront être beaucoup plus à l\u2019écoute de leurs concitoyens et l\u2019idée européenne devra être promue avec beaucoup plus de doigté et de vigueur, si on veut qu\u2019elle survive et surtout qu\u2019elle grandisse.De grands et urgents défis pour ces dirigeants sont donc à l\u2019horizon.Cela étant dit, peu importe l\u2019issue du Brexit, les Anglais continueront à boire beaucoup de thé et de bière et à assister à des matchs de cricket, sport qui m\u2019est toujours incompréhensible.Comme la politique britannique ! Ainsi va la fière Albion.Michel Lebel Entrelacs, le 16 janvier 2019 Rahaf Mohammed, la réfugiée On pourra toujours invoquer que le Canada s\u2019est servi de l\u2019arrivée de la jeune réfugiée saoudienne Rahaf Mohammed pour faire de la diplomatie politique et redorer son image eu égard à sa politique inclusive d\u2019immigration, et cela, à quelques mois d\u2019une élection fédérale, il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019en agissant ainsi, le gouvernement canadien accomplit un geste MANON CORNELLIER ROBERT DUTRISAC A 9 IDÉES LEDEVOIR // LE VENDREDI 18 JANVIER 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Faire un peu plus de place pour le vide P our inaugurer l\u2019année 2019, la plateforme Netflix a mis en ligne la série documentaire Tidying Up With Marie Kondo, dans laquelle la conseillère en organisation part à la rencontre d\u2019Américains ordinaires dépassés par les aléas de la vie domestique.Dans chaque épisode, les protagonistes accueillent Kondo et son interprète dans leur logis, partagent brièvement leur histoire, et l\u2019opération grand ménage se met en branle.Au fil du travail, chaque situation révèle ses particularités.La veuve esseulée retrouve sa capacité d\u2019envisager l\u2019avenir en se départant des biens de son mari.Le jeune couple gai voit son mode de vie validé par un milieu familial conservateur grâce à l\u2019organisation impeccable de son appartement.La mère d\u2019une famille contrainte de déménager dans un espace exigu est rassurée dans son rôle de « bâtisseuse de logis » grâce à la méthode Kondo.Le rapport aux possessions matérielles devient ici une métonymie de notre rapport au monde, laissant tendancieusement entendre que le désordre n\u2019est pas qu\u2019un symptôme des problèmes, il en est aussi la cause.Si l\u2019on connaissait déjà Marie Kondo depuis la publication, en 2014, de son livre The Life-Changing Magic of Tidying Up (plus de cinq millions d\u2019exemplaires vendus à ce jour), la série documentaire semble créer un phénomène de masse.Dans l\u2019Ouest canadien et aux États-Unis, on rapportait un volume exceptionnel de dons dans les commerces de seconde main, en ce début d\u2019année.La frénésie s\u2019est aussi emparée des réseaux sociaux.Dans mon fil d\u2019actualité, la fièvre du désencombrement était partout.Des photos de piles gigantesques d\u2019objets divers, de literie, de vêtements, de livres, de vaisselle, puis de commodes parfaitement rangées, avec les petits rouleaux distinctifs de la méthode Marie Kondo.Autant l\u2019admettre, même si j\u2019en ai un peu honte : je n\u2019y ai pas échappé.Je me suis demandé, moi aussi : « Et si je n\u2019étais qu\u2019à \u201cça\u201d, juste \u201cça\u201d, de la sérénité ?» Alors qu\u2019on décrivait récemment les millénariaux comme la « génération burnout », soit une génération tellement rompue à la nécessité d\u2019alimenter obsessionnellement son capital humain que les individus se maintiennent dans un état d\u2019hypervigilance perpétuel, jusqu\u2019à l\u2019épuisement, ce mirage est séduisant.J\u2019ai donc mis, moi aussi, tous les objets de mon tout petit trois et demi dans un grand tas, et j\u2019ai rempli des boîtes de don.Sauf que j\u2019ai vite été envahie par le sentiment d\u2019ajouter bêtement de l\u2019eau au moulin du « tout à l\u2019efficience » qui règne partout.Ou alors étais-je simplement gênée de succomber aux chimères de l\u2019industrie de la croissance personnelle, moi qui d\u2019habitude ai plutôt tendance à m\u2019en moquer ?Ce n\u2019est pas clair.Mais enfin, j\u2019ai été prise d\u2019un terrible coup de déprime.Et si, en cherchant à augmenter mon niveau de sérénité, par l\u2019organisation stricte de mon appartement, j\u2019acceptais en fait, avec beaucoup de naïveté, de me conformer encore plus à l\u2019idéal de l\u2019individu déraciné, dégagé de tout, même de ses possessions intimes, qui se dévoue entièrement à l\u2019efficacité, à la productivité, à la performance ?La méthode Marie Kondo nous promet de nous accompagner dans la quête de la « meilleure version de nous- même », mais les raisons pour lesquelles il faudrait l\u2019entreprendre, cette quête, sinon pour répondre à des aspirations que l\u2019on croit personnelles, mais qui en réalité nous sont imposées, ne sont pas claires.Après tout, le capitalisme néoli- béral n\u2019est pas à court de stratégies : l\u2019écœurement de l\u2019orgie consumériste peut aussi être monnayé et mis au service de la croissance.Allez, tout le monde dans le rang, ceux qui achètent comme ceux qui jettent et trient compulsivement ! Ce sont les deux faces d\u2019une même pulsion que le marché de consommation tente de harnacher.Et à ce titre, la méthode Kondo est parfaite, puisqu\u2019elle ne sous-tend aucun principe moral.Il ne s\u2019agit pas de formuler une critique de la consommation, pour des raisons écologiques, politiques, ou sociales.Il ne s\u2019agit pas non plus de chercher à échapper à l\u2019aliénation et à l\u2019abêtissement ; de chercher à renouer avec l\u2019expérience sensible et signifiante du monde.Non, l\u2019organisation est ici une fin en soi.Vider pour vider ; vider pour mieux remplir.Le début et la fin d\u2019une démarche qui nous mènera au bonheur, mais dans la reproduction du même, et avec le sourire.Je pensais à tout cela en rangeant mes livres préférés et mes petits rouleaux de vêtements.Et en contemplant le vide laissé sur mes étagères et dans mes tiroirs par ma purge Kondo, je me suis demandé s\u2019il ne s\u2019agissait pas en réalité d\u2019une triste métaphore de nos désirs, et peut-être même de toute notre existence.Guillaume Sauvé Professeur invité au Département de science politique de l\u2019Université de Montréal L\u2019image est connue.Elle fait la joie des caricaturistes et inspire les journalistes à travers le monde : Donald Trump serait la marionnette de Vladimir Pou- tine.C\u2019est le propos de François Brous- seau dans sa chronique du Devoir du 14 janvier, où il dépeint le président américain comme « l\u2019homme des Russes ».L\u2019image est frappante, mais elle est trompeuse.Elle procède d\u2019une extrapolation qui prend une volonté d\u2019influence pour de la manipulation et qui voit de la collusion là où il y a convergence d\u2019intérêts.Il me paraît important de déconstruire cette image d\u2019Épinal, non pas pour défendre Trump ou Poutine, qui n\u2019en sortiront pas grandis, mais pour attaquer certains préjugés qui nuisent à la compréhension de la politique russe et américaine.Certes, le Kremlin cherche à influencer la politique américaine dans le but avoué de faire lever les sanctions imposées par les États-Unis et leurs alliés à la suite de l\u2019annexion de la Crimée.Cette volonté d\u2019influence se traduit par des prises de contact formelles et informelles avec le gouvernement Trump, ainsi que par des tentatives d\u2019influence de l\u2019opinion publique américaine, dont le cas le plus spectaculaire est certainement le piratage et la diffusion des cour- riels internes du Parti démocrate pendant la campagne électorale de 2016.Certes, Trump n\u2019est pas insensible à la position de Poutine, avec laquelle il partage un intérêt pour le retrait des États- Unis de son rôle de gendarme du monde.Pour Trump, il s\u2019agit de faire passer l\u2019«Amérique d\u2019abord» et de couper les vivres aux plateformes multilatérales qui, à ses yeux, ne profitent qu\u2019à ses adversaires.Pour Poutine, il s\u2019agit de faire émerger un monde multipolaire où les puissances régionales comme la Russie ne seraient plus soumises aux jugements et sanctions des puissances occidentales coalisées.L\u2019un comme l\u2019autre sont plus à l\u2019aise dans un monde structuré par des accords ponctuels basés sur la connivence entre dirigeants \u2014 les fameux « deals » dont Trump se vante d\u2019être le spécialiste \u2014 plutôt que par le droit international.Ces affinités leur inspirent des rapports cordiaux qui rappellent ceux que Trump entretient avec d\u2019autres dirigeants qui ne se distinguent pas par leur pedigree démocratique, tels que le président israélien et le monarque saoudien.Marionnette de ses fantasmes Mais les services secrets américains, Hillary Clinton et de nombreux journalistes clament de concert que les rapports de Trump et Poutine sont d\u2019une tout autre nature.«L\u2019extraordinaire complaisance» du président américain à l\u2019égard de Moscou, affirme François Brousseau, s\u2019expliquerait sans doute par des «mobiles cachés, inavouables», liés au fait qu\u2019il serait «tenu» par ses interlocuteurs moscovites.Or, en attendant le pot aux roses promis par l\u2019enquête Mueller, il faut reconnaître que la thèse de la manipulation repose sur des éléments parcellaires et peu convaincants.Les services secrets russes détiendraient un enregistrement de Trump se livrant à des pratiques inavouables dans un hôtel moscovite.L\u2019existence d\u2019un tel document est crédible, car cela correspond à l\u2019usage courant en Russie du kompromat (document compromettant) visant à faire chanter ou détruire la crédibilité d\u2019un adversaire politique.Ce qui est beaucoup moins crédible, cependant, c\u2019est que Trump puisse être le moindrement intimidé à l\u2019idée d\u2019être éclaboussé par un énième scandale scabreux alors qu\u2019il s\u2019est déjà vanté en public de ses méthodes de harcèlement sexuel.Par ailleurs, l\u2019acharnement de Trump à dissimuler ses liens avec la Russie et à torpiller l\u2019enquête à ce sujet est évoqué comme un indice de la gravité des actes qu\u2019il dissimule.On peut pourtant imaginer une explication plus simple et peut-être plus triste : Trump n\u2019a aucun souci pour la transparence ni de respect pour les institutions américaines, dont il est prêt à saborder le travail s\u2019il le juge contraire à ses intérêts.Son attitude à l\u2019égard des services de renseignement et des tribunaux dans le cadre de l\u2019enquête sur ses rapports avec la Russie ressemble fort à l\u2019attitude qu\u2019il déploie par ailleurs à l\u2019égard des juges et des représentants du Congrès qui font obstacle à l\u2019adoption de sa politique migratoire.Trump est avant tout la marionnette de ses fantasmes.Ce qui demeure à établir, en somme, c\u2019est le lien de causalité entre la volonté d\u2019influence de Poutine et la politique erratique de Trump, ce qui impliquerait que le premier a les moyens de ses ambitions et que le second n\u2019a pas les moyens d\u2019y résister.En attendant les conclusions du rapport Mueller, il serait donc sage de se garder des conjectures hâtives quant aux formidables pouvoirs que l\u2019on prête communément à la main de Moscou.Trump n\u2019est pas la marionnette de Poutine Yves Prescott L\u2019auteur détient une maîtrise en arts visuels et est l\u2019auteur de nombreux articles portant sur les arts extra-européens La restitution d\u2019œuvres d\u2019art africain est un dossier dans lequel le mot «pillage» se situe à l\u2019épicentre d\u2019un « scandale moral» qui n\u2019est pas sans évoquer les généraux romains paradant vers le Capitole en traînant avec eux les richesses subtilisées à l\u2019ennemi vaincu.Si depuis une dizaine d\u2019années, de nombreux objets réalisés au sud du Sahara ont atteint des sommes considérables lors de ventes publiques à Paris comme à New York, ce phénomène aurait été impossible à prévoir il y a un siècle, surtout qu\u2019il s\u2019agit en grande partie de créations faites de bois, d\u2019argile, de cornes d\u2019antilope, de fibres de raphia et d\u2019alliages cuivreux.On a entre autres accusé les Européens d\u2019avoir constitué leurs collections en « abusant de la naïveté des vendeurs », mais cette opinion nie la réalité d\u2019un continent doué pour le commerce et qui a tôt su implanter des réseaux de vente d\u2019objets destinés aux étrangers de passage, les créations proposées pouvant être authentiques, fantaisistes, voire d\u2019habiles contrefaçons.Il est clair que l\u2019acquisition de ces « souvenirs » permettait aux vendeurs de s\u2019approvisionner en importations prestigieuses pouvant à leur tour être intégrées dans la réalisation d\u2019autres créations artistiques : perles de verre, clous de laiton, pièces de monnaie, etc.Pour mieux saisir le caractère unique de l\u2019art africain, il faut comprendre que la relation à l\u2019objet reste complexe et n\u2019est pas calquée sur les conventions de l\u2019art occidental ; par exemple, certains masques étaient abandonnés en brousse sitôt le rituel terminé, des objets personnels pouvaient être enterrés (ou brûlées) lors de funérailles alors que dans le cas de certains tambours royaux du Cameroun, on les laissait se dégrader comme le corps du souverain défunt auquel il avait jadis appartenu.Les conditions climatiques et la présence de termites ont aussi milité en défaveur de la préservation d\u2019œuvres d\u2019art sur le long terme.De plus, moult artefacts ont été victimes de mouvements messianiques désireux d\u2019imposer un nouvel ordre religieux [\u2026] Si les mouvements religieux, tant messianiques que monothéistes, se sont attaqués aux manifestations de la culture matérielle traditionnelle, plusieurs événements survenus aux XXe et XXIe siècles ont aussi joué un rôle important dans l\u2019appauvrissement du patrimoine ; on n\u2019a qu\u2019à penser aux heures sombres du régime de Sékou Touré en Guinée, à la guerre du Biafra (pendant laquelle la majorité des figures d\u2019ancêtres du Musée d\u2019Oron avaient servi de bois de chauffage aux camps de réfugiés), à l\u2019avenir incertain du Musée national Boganda (fermé à la suite de la guerre civile en République Centrafricaine de 2013-2014) ainsi qu\u2019au « transfert » de pièces vers le Zaïre de Mobutu et dont plus de 25 000 pièces ayant été restituées à l\u2019époque auraient « disparu » de Kinshasa en 2003.Il est certes permis de se demander comment ces objets sans lien avec les racines judéo-chrétiennes de l\u2019Occident auraient pu éveiller tant de convoitise, surtout en l\u2019absence de pierres précieuses et en raison de la rareté relative de l\u2019or \u2014 métal habituellement jugé néfaste sur une grande partie de la masse continentale ; on notera qu\u2019à la création de l\u2019État Ashanti en 1701, toutes les parures royales de ce peuple vénérant ce métal précieux avaient été fondues de manière à ce qu\u2019on le récupère pour produire des œuvres nouvelles en témoignage d\u2019une vigueur créatrice axée sur le temps présent.Parmi les nombreuses doléances formulées par les apologistes de la restitution, on a accusé l\u2019Occident de corrompre les objets africains en les «blanchissant », en les « dénaturant » et en les «décontextualisant»; si tel est le cas, les institutions africaines auront un défi de taille à relever, soit celui de diffuser et de « contextualiser » à partir des musées (appropriation culturelle) des masques sacrés qui, à l\u2019origine, ne devaient être vus ni par les femmes, ni par les enfants, ni par les non-initiés, sans compter d\u2019innombrables sculptures réservées aux sociétés secrètes, de même qu\u2019aux chefs et aux membres de la royauté.On a enfin accusé l\u2019homme blanc d\u2019avoir perverti les objets en les transformant en « biens de consommation » pour individus en mal d\u2019exotisme \u2014 l\u2019authenticité se mesurant selon cette vision par une production faite strictement « par et pour la tribu ».Ironiquement et malgré cette définition étriquée qui suggère une imperméabilité au monde extérieur, les toutes premières œuvres africaines parvenues en Europe au XVIe siècle étaient précisément fabriquées dans une optique commerciale ; ces objets d\u2019ivoire étaient spécialement exécutés par des artistes de la côte de Guinée pour le bon plaisir des monarques de la Renaissance.En conclusion, je me positionne sans réserve du côté de l\u2019œuvre d\u2019art qui, ayant survécu à ce jour, mérite de témoigner du génie créatif des Africains.Ayant été promu au patrimoine de l\u2019Humanité, et ce, pour qu\u2019elle y reste, il importe d\u2019extirper de ce débat des concepts confondant à la fois vengeance et justice.La restitution d\u2019œuvres d\u2019art vers l\u2019Afrique : oui, mais à quel prix ?Donald Trump et Vladimir Poutine BRENDAN SMIALOWSKI AGENCE FRANCE-PRESSE Ce qui demeure à établir, en somme, c\u2019est le lien de causalité entre la volonté d\u2019influence de Poutine et la politique erratique de Trump, ce qui impliquerait que le premier a les moyens de ses ambitions et que le second n\u2019a pas les moyens d\u2019y résister AURÉLIE LANCTÔT Le capitalisme néolibéral n\u2019est pas à court de stratégies : l\u2019écœurement de l\u2019orgie consumériste peut aussi être monnayé et mis au service de la croissance LEDEVOIR// LE VENDREDI 18 JANVIER 2019 ACTUALITÉS A 10 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel 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Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR L e constat scientifique est sans appel : pour éviter la disparition de la morue dans le sud du golfe du Saint-Lau- rent, il faudra réduire considérablement la population de phoques gris qui s\u2019y trouve.Les chasseurs madelinots réclament d\u2019ailleurs depuis plusieurs années un accès à une importante colonie de pinnipèdes qui fréquente l\u2019île Brion, une réserve écologique protégée.Québec dit étudier le dossier, mais refuse de s\u2019avancer.Le phoque gris est une bête imposante qui, à l\u2019âge adulte, peut dépasser les deux mètres de longueur et atteindre un poids de plus de 650 livres.S\u2019il a longtemps été chassé, sa population a connu une croissance marquée au cours des dernières décennies.Elle se situe aujourd\u2019hui à plus de 425 000 bêtes, dont environ 45 000 uniquement dans le golfe du Saint-Laurent.Selon une étude publiée récemment dans NRC Research Press, son abondance est telle que le phoque gris risque d\u2019éradiquer complètement les morues du sud du golfe d\u2019ici trente ans.La disparition de la morue, déjà portée au seuil de l\u2019extinction par la surpêche, « semple probable à moins d\u2019une importante diminution de l\u2019abondance des phoques gris », peut-on lire dans cette étude menée notamment par des chercheurs de Pêches et Océans Canada.Cela signifie que pour sauver cette espèce de poisson, mais aussi éventuellement protéger les stocks d\u2019autres espèces marines, y compris le homard, il faudra augmenter substantiellement la pression de chasse dans le golfe, souligne le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre.« Il faut absolument contrôler le troupeau, qui augmente d\u2019année en année », insiste-t-il.« Le problème, c\u2019est que la chasse au phoque gris est très difficile », souligne Gil Thériault, de l\u2019Association des chasseurs de phoques intra-Québec.Contrairement au phoque du Groenland, qui est abattu sur les glaces qui se forment au large des îles, le phoque gris est essentiellement chassé sur la terre ferme.Mais pour atteindre les animaux, qui se regroupent en petites colonies, les chasseurs madelinots doivent actuellement se rendre jusqu\u2019en Nouvelle-Écosse, en bravant les conditions météorologiques parfois très difficiles du golfe.«On ne peut pas atteindre nos quotas, tellement la chasse est difficile », précise M.Thériault.Alors que les quotas annuels fixés par le fédéral pour l\u2019est du pays avoisinent les 60 000 bêtes, les débarquements de la dernière décennie n\u2019ont jamais dépassé les 2000 bêtes au Québec, selon les données de Pêches et Océans.L\u2019île Brion Pour tenter d\u2019augmenter les prises, mais aussi de réduire la population de phoques gris, la communauté des Îles- de-la-Madeleine demande depuis plusieurs années à avoir accès à l\u2019île Brion, une « réserve écologique » située à seize kilomètres au nord de l\u2019archipel.Il faut dire que chaque année, près de 5000 phoques y reviennent au moment de la mise bas et de l\u2019accouplement.Mais puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un territoire protégé depuis plus de trente ans, toute chasse y est interdite.Des chasseurs ont néanmoins déjà défié l\u2019interdiction, ce qui leur a valu d\u2019être mis à l\u2019amende.Afin de voir si une chasse serait possible sur les plages de ce territoire isolé, le gouvernement a mandaté l\u2019an dernier le Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE) pour qu\u2019il étudie l\u2019idée de modifier les limites de la réserve écologique, afin de permettre la chasse.Le rapport, rendu public le 21 décembre, conclut que l\u2019abattage de phoques « pourrait » être envisagé, mais seulement à la suite d\u2019études qui démontreraient que l\u2019espèce constitue « une menace à l\u2019intégrité écologique » de l\u2019île et que la chasse « permettrait de contrôler la colonie » sans être préjudiciable pour la protection du milieu naturel.Est-ce que le ministre de l\u2019Environnement Benoit Charette compte autoriser la chasse ?« Le ministre prend connaissance de nombreux dossiers, dont celui-là.Pour le moment, il n\u2019a pas l\u2019intention de se prononcer », répond son directeur des communications, Jean-Ber- nard Villemaire.Au cabinet du ministre de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation, André Lamontagne, on précise que Québec a bien l\u2019intention d\u2019appuyer le « développement » du secteur.« L\u2019industrie du phoque est un secteur d\u2019activité important pour les communautés côtières et autochtones des régions maritimes du Québec et sa relance est importante pour le secteur maritime du Québec.Il faut exploiter cette ressource abondante, afin de gérer de façon durable la croissance de ce cheptel et d\u2019appuyer l\u2019économie des régions maritimes », explique son attachée de presse, Laurence Voyzelle.«Nous sommes conscients des inquiétudes concernant l\u2019impact des phoques gris sur les stocks de poissons, comme la morue dans le sud du golfe du Saint- Laurent », soutient pour sa part le ministre de Pêches et Océans, Jonathan Wilkinson.« Un groupe de travail gouvernemental et industriel a été créé pour promouvoir et faire progresser le développement durable et humain de la chasse au phoque gris.» Mode de vie insulaire Pour le maire des Îles, Jonathan La- pierre, il importe de redorer l\u2019image de cette chasse pratiquée par les Madeli- nots, mais aussi des produits du phoque, après des décennies de campagnes virulentes des groupes animalistes.« Les gens connaissent les Îles pour ce qu\u2019elles représentent d\u2019un point de vue touristique.Mais il y a visiblement une méconnaissance des impacts de notre insularité, combinée à un certain isolement.C\u2019est une réalité qui amène un mode de vie différent.La pêche et le tourisme jouent un rôle très important, mais il faut aussi se diversifier en se basant sur les ressources disponibles ici.Et pour cela, le phoque peut jouer un rôle économique important.» 425 000 phoques gris dans l\u2019est du Canada 7,5 millions de phoques du Groenland dans l\u2019Atlantique Nord-Ouest Plus de 500 000 phoques à capuchon au Canada 20 000 à 30 000 phoques communs dans l\u2019est du Canada Populations des espèces de phoques observées dans le Saint-Laurent Source : Pêches et Océans Canada ENVIRONNEMENT Le phoque menace la morue d\u2019extinction La chasse dans la réserve écologique de l\u2019île Brion permettrait de mieux contrôler la population, selon Ottawa Le problème, c\u2019est que la chasse au phoque gris est très difficile GIL THÉRIAULT » ISTOCK "]
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