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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2019-01-14, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 4 / LE LUNDI 14 JANVIER 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM THÉÂTRE Explorer la colère au féminin Evelyne de la Chenelière signe une nouvelle version de l\u2019Électre de Sophocle, à l\u2019Espace Go MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR H aine, colère, soif de vengeance : Électre incarne des émotions généralement mal vues chez les femmes.Le personnage séduit Evelyne de la Chenelière précisément parce qu\u2019il est mal-aimé.« Je simplifie, mais toutes les actrices rêvent de jouer Antigone ; aucune ne rêve de jouer Électre.Antigone représente une violence qu\u2019on juge pure, qui appartient à la soif d\u2019absolu.Électre nous mène dans des zones plus inconfortables, parce que sa violence est fondée sur beaucoup de haine.Mais je la trouve magnifique parce qu\u2019elle transcende ce ressentiment pour en faire de la révolte.On l\u2019a souvent réduite à une névrosée, aveuglée par une haine pathologique de la mère.Alors qu\u2019elle est beaucoup plus vaste.» Une figure pleine de contradictions, qui s\u2019impose une vie sacrifiée afin de « faire d\u2019elle- même un remords vivant » sous les yeux des assassins de son père.Deux millénaires plus tard, l\u2019auteure de La vie utile juge que la colère féminine est encore perçue différemment.Malgré les progrès de l\u2019éducation persisterait une tendance inconsciente à inciter les petites filles à « être aimables en tout temps.» Chez la femme, on semble encourager une grande maîtrise de soi, un contrôle de INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Religion .B6 Société .A5 Sports.B4 Sudoku .B6 Sur la route.B5 MONDE Trump, l\u2019homme des Russes : la chronique de François Brousseau | B 1 ACTUALITÉS Maison Busteed : de qui relève la protection de la propriété ?| A 4 CHRISTIAN RIOUX À LONDRES LE DEVOIR Dans un effort de dernière minute afin de faire adopter mardi l\u2019accord qu\u2019elle a négocié avec Bruxelles sur la sortie du Royaume-Uni de l\u2019Union européenne, la première ministre britannique, Theresa May, a dit que son rejet serait « une rupture de confiance catastrophique et impardonnable en notre démocratie ».À deux jours du vote fatidique qu\u2019elle a peu de chances de remporter, Theresa May veut mettre les frondeurs de son parti au pied du mur en affirmant que, si son accord n\u2019est pas adopté, il pourrait ne jamais y avoir de Brexit.Un scénario conforté dimanche par les révélations du Times selon lesquelles un groupe de députés conservateurs et travaillistes s\u2019apprêterait, sitôt l\u2019accord rejeté, à proposer une solution destinée à éviter à tout prix une sortie unilatérale de l\u2019Union.Quitte à reporter la date de sortie, prévue le 29 mars prochain, ou même à suspendre la demande de retrait en vertu de l\u2019article 50 de l\u2019Union européenne.Selon le Telegraph, des ministres importants seraient même prêts à discuter avec les travaillistes d\u2019un accord qui maintiendrait une union douanière avec le continent à l\u2019exemple du modèle norvégien.Cherchant désespérément une voie de sortie, la première ministre a même tenté depuis deux jours une ouverture à gauche auprès des syndicats en proposant des garanties protégeant les droits des travailleurs.Cela pourrait lui valoir mardi le soutien de certains députés travaillistes.Mais peu croient qu\u2019ils seront suffisamment nombreux pour compenser les frondeurs conservateurs, dont bon nombre ne craignent plus une sortie unilatérale.Sans compter les unionistes du DUP qui refusent de voir l\u2019Irlande du Nord rester dans le marché européen et traitée différemment du reste du Royaume-Uni en attendant un accord qui pourrait ne jamais venir.Une motion de censure signée Corbyn Pendant ce temps, le chef travailliste, Jeremy Corbyn, a confirmé que, si l\u2019accord était rejeté, il déposerait une motion de censure.« L\u2019accord de Theresa May est un mauvais accord », dit-il.Mais « pour sortir du cul-de-sac de cet accord bâclé, l\u2019élection générale demeure la solution la plus pratique et la plus démocratique », a-t-il déclaré à Wakefield, dans le Yorkshire à 300 kilomètres de Londres.Ceux qui attendaient une légère inflexion du leader travailliste en faveur d\u2019un second référendum auront été déçus.Pas un mot pour soutenir cette solution plébiscitée par les anciens BREXIT Theresa May face au scénario catastrophe La réfugiée saoudienne Rahaf Mohammed al-Qunun a posé les pieds samedi au Canada, où elle s\u2019apprête à commencer une nouvelle vie.Si sa présence au pays a été largement saluée, son arrivée fort médiatisée aux côtés de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, venue elle-même l\u2019accueillir à l\u2019aéroport de Toronto, a fait l\u2019objet de critiques.Page A 3 LARS HAGBERG AGENCE FRANCE-PRESSE Une nouvelle vie au Canada VOIR PAGE A 2 : COLÈRE M A R I E - F R A N C E C O A L L I E R L E D E V O I R VOIR PAGE A 2 : BREXIT SUR LA ROUTE Les familles contraintes à limiter leurs transports | B 5 ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE LUNDI 14 JANVIER 2019 JESSICA NADEAU LE DEVOIR Bien que la vague des gilets jaunes n\u2019ait que « peu de résonance» pour le mouvement syndical québécois, la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) salue le «courage» des manifestants et demande aux gouvernements d\u2019être à l\u2019écoute des « laissés-pour-compte » qui expriment leur révolte face à la montée des inégalités dans le monde.« Ça a peu de résonance [pour le mouvement syndical au Québec], ça a même peu de résonance pour le mouvement syndical français.On a parlé à nos collègues [français] en décembre et même eux en perdent leur latin : c\u2019est un ramassis de toutes sortes de revendications », a répondu Daniel Boyer, président de la FTQ, qui tenait une conférence de presse dimanche matin pour discuter des priorités de la centrale syndicale pour la prochaine année.Mais selon M.Boyer, les revendications des gilets jaunes sont tout à fait légitimes et ont, comme point d\u2019ancrage, un ras-le-bol généralisé.« La montée des inégalités fait en sorte qu\u2019il y a une sorte de révolte par rapport au système économique actuel », affirme-t-il.Et cette insatisfaction ne se limite pas à la France, ajoute-t-il, rappelant que ce sont ces mêmes « laissés-pour-compte » qui ont élu le président américain, Donald Trump.« Ce n\u2019est pas exclu que le mouvement des gilets jaune, fasse du chemin ailleurs aussi.Il est donc important de saisir l\u2019origine de ça, le pourquoi.C\u2019est une frustration des gens.Et on comprend cette frustration-là.» Au Québec et au Canada, le mouvement fait une percée timide.La page Facebook Gilets jaunes Québec compte un peu plus de 2000 membres.« Il faut être solidaires de ces mouve- ments-là parce qu\u2019ici aussi, il faut combattre la montée des inégalités.On dit que le Québec est l\u2019une des sociétés les plus égalitaires, mais on sait qu\u2019il y a encore du travail à faire », estime Daniel Boyer.Salaire minimum Selon la FTQ, la réduction des inégalités passe notamment par l\u2019augmentation du salaire minimum à 15 $, une revendication phare du mouvement syndical qui en fait l\u2019une de « ses plus grandes priorités pour 2019 ».Le contexte de pénurie de main-d\u2019œuvre lui donne par ailleurs une certaine force de levier, reconnaît M.Boyer.« On l\u2019a dit au ministre des Finances [lors d\u2019une rencontre] vendredi dernier : c\u2019est le plus beau moment pour augmenter le salaire minimum à 15 $ pour la simple et bonne raison que la situation économique est intéressante.» La centrale syndicale entend également mettre davantage de pression sur le gouvernement afin d\u2019instaurer un régime public et universel d\u2019assurance médicaments.« Le régime à deux têtes, privé-public, qui a cours au Québec ne répond clairement pas aux besoins actuels et cause des injustices graves à une grande partie de la population.Ce n\u2019est pas normal que près de 9 % de la population ne prenne pas ses médicaments en raison des coûts.» Transition énergétique La FTQ demande également au gouvernement de faire de la lutte contre les changements climatiques une priorité et l\u2019exhorte à se doter d\u2019un plan pour entamer la transition énergétique, afin de minimiser les impacts sur les travailleurs.« Il ne faut pas que les travailleurs fassent les frais de la nouvelle économie, a plaidé Daniel Boyer.On représente des gens dans le pétrole, on sait que ça n\u2019existera plus dans 30 ans, mais c\u2019est maintenant qu\u2019il faut prévoir un plan pour les gens qui travaillent dans les raffineries.» Même chose pour les travailleurs des cimenteries, un secteur qui émet beaucoup de gaz à effet de serre.« Les employés sont conscients qu\u2019ils ne pourront pas continuer à produire du ciment de la façon dont ça se fait actuellement [\u2026] Nos gens sont conscients que ça va arriver et ils ne veulent pas se faire dire une semaine avant : \u201con ferme la shop parce qu\u2019on n\u2019est plus capables de vendre nos affaires, on émet trop de gaz à effet de serre, trouvez-vous une autre job ailleurs\u201d.Non.On sait que ça va arriver et c\u2019est maintenant qu\u2019il faut s\u2019en préoccuper.» En cette année électorale, la FTQ fait des revendications similaires aux partis politiques fédéraux.«Le plus gros reproche qu\u2019on peut faire au gouvernement actuel, c\u2019est d\u2019avoir tenu un discours très environnementaliste lors de la dernière campagne électorale, mais quand tu achètes un pipeline, c\u2019est un petit peu contradictoire.On s\u2019attend à ce que le gouvernement pose des gestes un peu plus concrets que des discours.» TRAVAIL Gilets jaunes: une mise en garde de la FTQ Les gouvernements doivent être à l\u2019écoute des « laissés-pour-compte » victimes des inégalités, dit la centrale syndicale Bras de fer britannique premiers ministres Tony Blair et John Major.Il faut dire que Sheffield n\u2019était peut-être pas l\u2019endroit idéal pour annoncer une telle décision.Dans cet ancien bastion de la sidérurgie où sont arrivés 10 000 Polonais en moins de 10 ans, les électeurs ont voté à 66,4 % pour le Brexit.« Le jour où Corbyn se prononcera en faveur d\u2019un second référendum, il signera son arrêt de mort, dit le polito- logue Stathis Kouvelakis, qui enseigne au King\u2019s College de Londres.Ce sera perçu comme une trahison de la volonté populaire.Ce jour-là, le leader travailliste risque de mécontenter le tiers de son électorat.Son électorat le plus ouvrier.» Comme la plupart des partis sociaux- démocrates européens, le Parti travailliste est aujourd\u2019hui surtout présent dans les grandes villes qui profitent de la mondialisation, explique M.Kouve- lakis.Le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, d\u2019ailleurs chaud partisan d\u2019un second référendum, est le symbole de ces nouvelles élites travaillistes très favorables à l\u2019Europe.Mais une partie des soutiens du parti reste concentrée dans ces anciennes régions ouvrières qui ont massivement voté pour le Brexit.Peut-être parce que, à l\u2019exception de la brève expérience de UKIP et contrairement à ce qui se passe sur le continent, aucun parti populiste n\u2019est encore parvenu à s\u2019imposer durablement en Grande-Bretagne.Un pays coupé en deux Combien de temps Corbyn résistera-t- il à son propre parti ?Selon un sondage YouGov, sept membres sur dix sont favorables à un second référendum.Une solution défendue sur toutes les tribunes par l\u2019ancien premier ministre Tony Blair.« N\u2019oubliez pas que Blair est l\u2019un des hommes politiques les plus détestés de l\u2019histoire du Royaume-Uni, dit M.Kouvelakis.Lors de la publication de ses mémoires, il avait dû annuler sa tournée de signatures à cause des manifestations.» Il faut dire que Corbyn lui-même n\u2019a jamais été très favorable à l\u2019Union européenne.Militant d\u2019extrême gauche, il avait voté contre l\u2019adhésion au Marché commun en 1975 et contre le traité de Maastricht en 1993.Il n\u2019est pas nécessaire d\u2019être un expert pour comprendre que son programme d\u2019investissements massifs dans les services publics n\u2019a rien pour séduire Bruxelles.« De toute façon, rien ne garantit qu\u2019un nouveau référendum ne produirait pas le même résultat que le premier », dit l\u2019historien Ross McKibbin, qui enseigne au St John\u2019s College d\u2019Oxford.Certes, les sondages donnent maintenant une avance aux partisans du « Remain » (54 %).Mais, les enquêtes ne disaient-elles pas exactement la même chose avant la campagne référendaire de 2016 ?Selon l\u2019expert John Curtice, 87 % des électeurs qui ont voté Leave en 2016 n\u2019ont pas changé d\u2019opinion.Et il en va de même de 90 % de ceux qui ont voté Remain.Selon lui, les légers changements que signalent les sondages seraient principalement dus aux réponses des électeurs qui n\u2019auraient pas voté lors du premier référendum.Reste enfin cette question : que vaudrait un second référendum dans lequel le Remain l\u2019emporterait par la même marge que le Leave en 2016 ?À Londres, on est convaincu qu\u2019à moins d\u2019un imprévu, Jeremy Corbyn a toutes les chances de perdre le vote de confiance qu\u2019il s\u2019apprête à réclamer cette semaine.Les dix députés nord-ir- landais du DUP, de qui dépend la courte majorité de Theresa May, ne veulent peut-être rien savoir de son accord, mais ils n\u2019ont pas l\u2019intention de la faire tomber.« Le problème pour Cor- byn, dit M.Kouvelakis, c\u2019est que l\u2019establishment britannique a encore plus peur de voir un gauchiste entrer à Downing Street que de voir le pays se diriger sans accord vers une sortie de l\u2019Union européenne.» Si les échanges se poursuivent entre la première ministre et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, afin d\u2019apporter « des précisions » à l\u2019accord, personne ne s\u2019attend à Londres à de nouvelles concessions d\u2019ici mardi.« Dans le contexte de crise que connaît l\u2019Union, Bruxelles a trop peur que chaque nouvelle concession soit aussitôt réclamée par les autres pays», dit le politologue Simon Griffith, de la London University.Une fois la motion de censure du chef de l\u2019opposition rejetée, les pressions seront très fortes sur ses épaules pour qu\u2019il se prononce pour un second référendum.L\u2019influent journal de gauche The Observer le pressait d\u2019ailleurs dimanche de s\u2019engager dans cette voie s\u2019il voulait éviter la « tragédie » d\u2019une sortie sans accord.« Chez les électeurs travaillistes qui ont voté pour le Brexit, dit M.Kouvela- kis, ce serait perçu comme une trahison.Un geste qui, à terme, donnerait raison aux populistes et leur ouvrirait la porte toute grande.» BREXIT SUITE DE LA PAGE A 1 l\u2019image.« Et extérioriser la colère fait abandonner toute conscience de son image.Cette laideur métamorphose le visage.Pourtant, chez l\u2019homme on ne s\u2019attarde pas à ça.On va plutôt recevoir la puissance, le potentiel de la colère.» La tragédie de Sophocle illustre une violence « qui s\u2019auto-engendre ».Un cycle qui tire son origine « des passions, mais aussi d\u2019une conviction qu\u2019après une injustice, l\u2019ordre du monde va se rétablir par la violence.Mais ce n\u2019est jamais le cas, puisque la vengeance est sans fin ».Électre voue une détestation à sa génitrice, meurtrière de son mari, lui-même châtié pour avoir sacrifié leur fille Iphigénie\u2026 Sa quête vengeresse est-elle justifiée?La pièce ne tranche pas.« C\u2019est ce que j\u2019aime beaucoup de l\u2019approche de So- phocle.C\u2019est l\u2019auteur qui a proposé ce mythe-là avec le plus d\u2019ambiguïté.» Le récit s\u2019achève avant la punition des assassins.L\u2019auteur antique a laissé le soin aux spectateurs de décider entre bien et mal.«C\u2019est à l\u2019image du chemin que faisaient les Grecs à l\u2019époque: avec la naissance de la démocratie, ils devenaient responsables de leur sort, non plus uniquement victimes de la volonté des dieux, de la fatalité.Tout à coup, les voilà forcés de prendre position moralement par rapport à des enjeux, qui deviennent politiques dès lors qu\u2019ils sont présentés à la communauté.» Pressentie par le metteur en scène Serge Denoncourt et l\u2019interprète du rôle- titre, Magalie Lépine-Blondeau, Evelyne de la Chenelière a d\u2019emblée été stimulée par leur invitation à écrire un nouveau texte français d\u2019Électre, plutôt qu\u2019une adaptation.Par ce pari de respecter la structure «et si possible, la pensée, le souffle tragique» de Sophocle.Partant d\u2019une version traduite mot à mot, elle a tenté de «pénétrer la construction grammaticale d\u2019origine, qui révèle beaucoup de choses sur la manière dont les Grecs abordaient le réel.Je crois que ce que j\u2019ai fait se rapproche vraiment de l\u2019exercice de la traduction».Une démarche à l\u2019opposé de l\u2019actualisation.«C\u2019est un acte de foi dans notre capacité de nous identifier à ce qui nous semble étrange aujourd\u2019hui, dans le sens d\u2019étranger à nous.Tant dans les codes tragiques que dans la manière de proférer une langue qui pense [la réalité] autrement.Et je pense que l\u2019expérience ca- thartique peut être plus puissante que dans cet exercice parfois forcé d\u2019une actualisation, où l\u2019on croit que le spectateur a besoin de reconnaître ses [propres] enjeux pour éprouver de l\u2019empathie.» Inutile puisque les figures tragiques grecques sont à l\u2019origine de personnages qui peuplent notre imaginaire.« Et ce que je trouve très beau, c\u2019est qu\u2019il y a une continuité » dans la pièce : Sophocle lui-même puisait dans des mythes passés qui habitaient ses contemporains.«Et il s\u2019adressait à tout le monde, pas seulement aux érudits qui auraient pu comprendre les référents.De la même manière, j\u2019ai conservé toutes les références à la Grèce ancienne, à l\u2019histoire des Atrides.Elles font partie de notre fonds commun.» La dramaturge a aussi vu dans le projet \u2014 le premier des trois dans lesquels cette artiste multidouée est engagée cet hiver, avec la création de Noiret l\u2019interprétation de Scènes de la vie conjugale, tous deux au Quat\u2019Sous \u2014 une occasion de s\u2019interroger sur la tragédie.Notamment sur la représentation du chœur aujourd\u2019hui.Cette entité, «qui est un peu le relais de la pensée de l\u2019auteur, met le spectateur dans une posture très intéressante.Une sorte de recul coïncidant avec la représentation, donc un temps inventé, qui nous arrache temporairement à la plongée dans l\u2019émotion tragique, afin de nous obliger à prendre position».Notre héroïne attend le retour d\u2019un homme, son frère, afin de commettre sa vengeance.Evelyne de la Chenelière admet que c\u2019est troublant chez un personnage qui «transcende sa condition de femme.L\u2019adjectif de courage ne s\u2019accordait même pas au féminin en grec ancien.Lorsque Électre parle d\u2019être courageuse, c\u2019était très original, même dans le vocabulaire.Mais ultimement, c\u2019est Oreste qui lui permet d\u2019accomplir le destin qu\u2019elle s\u2019est imposé.[\u2026] Cela dit, on ne peut pas savoir ce qui se serait passé sans son retour.Je n\u2019ai pas de réponse.Ce qui fait que cette œuvre résonne si longtemps, c\u2019est son impossibilité d\u2019un sens dernier.On ne peut pas conclure.On ne peut que recevoir ce vertige, une spirale sans fin, d\u2019une violence inouïe».Électre Texte de Sophocle, texte français d\u2019Eve- lyne de la Chenelière, mise en scène de Serge Denoncourt, avec Violette Chau- veau, Marie-Pier Labrecque, Caranne Laurent, Vincent Leclerc et Magalie Lé- pine-Blondeau, du 22 janvier au 17 février, à l\u2019Espace GO.COLÈRE SUITE DE LA PAGE A 1 Le paradoxe Electre Theresa May JACK TAYLOR AGENCE FRANCE-PRESSE Jeremy Corbyn OLI SCARFF AGENCE FRANCE-PRESSE ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 14 JANVIER 2019 HISTOIRE Les fours à convictions P olicier, il représentait l\u2019ordre et la loi.Quand on est policier, c\u2019est l\u2019idée.Mais dans son cas, il représentait aussi la foi.Du moins le croyait-il.Il avait foi, celui-là, en d\u2019abracadabrantes théories du complot.Le seul fait qu\u2019elles soient énoncées lui suffisait pour croire en leur vérité.Il croyait, en gros, que des hordes d\u2019étrangers, tapis dans l\u2019ombre, menaçaient une civilisation dont il se prenait pour un parangon.Pour résister, les frontières devaient donc être fermées.L\u2019étanchéité des frontières n\u2019était jamais assez assurée pour ceux qui, comme lui, oubliaient de respirer par le nez pour mieux se faire croire qu\u2019on les étouffait.Cela se passait en 1935, à Ottawa.Avec d\u2019autres, ce policier avait eu l\u2019idée de s\u2019attaquer à une communauté.Les Juifs, croyaient-ils, ourdissaient les pires des complots.Gonflé du sentiment de ce danger fabulé, le policier n\u2019hésitait pas à distribuer du matériel haineux contre les commerçants juifs.Moustache bien garnie, cheveux gris, il avait un front haut et plat qui faisait songer à un panneau-réclame voué à afficher l\u2019étroitesse de ses idées.Ce fiasco en uniforme s\u2019appelait Jean Tissot.Dénoncé puis poursuivi en justice, il finit par être mis à pied, sans qu\u2019il daigne pour autant abandonner son cheval de bataille.Tissot se portera candidat aux élections, soutenu par des militants nationalistes.Il ne sera pas élu, se retrouvera presque à la rue.Pour ne pas en rester là, il deviendra, grâce à ses relations, chef de la police de Rouyn.Je ne peux pas m\u2019empêcher de penser à cette histoire, documentée par l\u2019historien Raymond Ouimet, quand je vois, ces derniers mois, quelques croisés autoproclamés se donner en spectacle sur les réseaux sociaux en éructant leur haine contre des concitoyens de confession musulmane.À Granby, juste avant Noël, un homme a fait tout un battage dans un supermarché parce qu\u2019il a remarqué un comptoir de produits alimentaires halals, comme si cela constituait une nouveauté.« Ça n\u2019a pas vraiment sa place », dé- crète-t-il sur le ton d\u2019un roi des produits surgelés : on est « catholique chrétien ».Tu n\u2019as rien d\u2019autre à faire, lui demande un employé, puisque ça ne t\u2019enlève rien ?Même histoire à Sorel.Un autre individu, après avoir jugé de bon ton de balancer des pièces de viande de porc au milieu des produits halals tout en se filmant, décrète ceci : « Ils aiment ça, nous polluer l\u2019existence, pourquoi pas moi aussi ?» Pour un aussi grand trait de génie, il s\u2019est retrouvé invité à l\u2019antenne d\u2019une radio privée afin de s\u2019expliquer.C\u2019est à croire que, plus que jamais, le jambon se taille une place de choix à la radio.D\u2019où lui viennent ses idées ?Peut- être n\u2019ai-je pas bien saisi, mais il évoquait en vrac Éric Du- haime, Mario Dumont, Djemila Benhabib.Ou est-ce lui qui a mal compris ?Bien sûr qu\u2019il est débile de couper le cou d\u2019animaux en assumant que, le couteau dûment enfoncé dans la gorge, ils se transmuteront soudain à l\u2019entière satisfaction d\u2019une religion.Vous ne voulez pas de religion dans votre assiette ?Remarquez que la majorité des produits usinés que vous mangez, sans pourtant jamais lever le nez dessus, portent tous un sceau kasher pour satisfaire aux exigences juives.Les corn-flakes, le sel, les marinades, le fromage, la crème glacée, vos petits biscuits secs, etc.Mais personne bien sûr ne vous force à en manger, pas plus que les produits halals.Partant de cela, pourquoi voudriez-vous empêcher d\u2019autres gens de se nourrir comme eux l\u2019entendent ?La plus récente crise de panique dont on voit l\u2019écume poindre à la surface de l\u2019actualité tient à la naissance, en Ontario, d\u2019un obscur parti islamique.L\u2019affaire fait les choux gras de commentateurs en quête de tempêtes.Vingt-sept partis officiels sont déjà répertoriés en Ontario.Avez-vous pourtant jamais entendu parler d\u2019autres partis que celui des conservateurs ou des libéraux quand vient le temps d\u2019accéder aux fourneaux du pouvoir ?Le fondateur de ce parti islamiste, Jawed Anwar, attire à lui moins de monde que ne le faisait le Parti de la Loi naturelle lorsque ses militants proposaient le vol yogique comme plate-forme électorale.En Ontario, il existe un parti politique baptisé Go Vegan.Au Québec, on trouve le Parti culinaire.Les deux sont dû- ment reconnus.Pensez-vous, tant qu\u2019à faire, qu\u2019il s\u2019agisse là d\u2019un camouflage pour faire à terme la promotion de l\u2019alimentation halal et d\u2019une lutte contre la civilisation ?Pendant que de beaux esprits invitent à ce que nous nous passionnions pour cette très petite cuisine de la vie politique, les conservateurs de Doug Ford persistent à faire boucherie de l\u2019État avec les outils opérants d\u2019un gouvernement.Et au Nouveau-Brunswick, les députés continuent de braire leurs prières au Parlement.L\u2019historien Georges Duby expliquait que les événements qui défraient la chronique, petits et grands, apparaissent comme l\u2019écume de l\u2019histoire, c\u2019est-à-dire comme des bulles, grosses ou menues selon les cas, qui crèvent en surface, et dont l\u2019éclatement suscite des remous qui se propagent plus ou moins loin dans le temps.Les événements des années 1930, nourris par une haine irrationnelle des Juifs, ont laissé des traces en partie brouillées.Ils permettent néanmoins de nous aider à mieux comprendre comment, quatre-vingt-dix ans plus tard, certains continuent de chercher, au niveau zéro de la pensée, de quoi se rassurer sur leur identité.FLORENCE SARA G.FERRARIS LE DEVOIR Fortement médiatisée, l\u2019arrivée en sol canadien de la jeune ressortissante saoudienne Rahaf Mohammed al-Qunun \u2014 que la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, est elle-même venue accueillir à l\u2019aéroport de Toronto samedi \u2014 a suscité de nombreuses réactions, tant élogieuses que critiques.Et bien qu\u2019il soit encore trop tôt pour évaluer les répercussions à long terme de ce battage médiatique, certains analystes estiment déjà qu\u2019au-delà du geste humanitaire, cela pourrait permettre au gouvernement libéral de gagner des points auprès de la population canadienne en ce début d\u2019année électorale.« C\u2019est une victoire nette pour le gouvernement de Justin Trudeau, souligne le rédacteur en chef du magazine Global Brief et chercheur associé à la chaire Raoul-Dandurand, Irvin Studin.Com- prenez-moi bien, ce n\u2019est pas surprenant de la part du Canada, mais dans une perspective électorale, c\u2019est un geste qui, une fois médiatisé, fait très bien paraître le parti au pouvoir.» « C\u2019est un geste très concret sur le plan humanitaire, renchérit le professeur d\u2019histoire des relations internationales à l\u2019Université de Montréal Samir Saul.[Qui plus est] qui s\u2019inscrit en ligne directe avec l\u2019image que désire projeter le Canada [tant son gouvernement que sa population] sur la scène internationale.En ce sens, il s\u2019agit d\u2019une décision politique à fort impact.» Relations tendues D\u2019autant plus que, selon ce spécialiste du monde arabe, la forte attention médiatique accordée à la jeune réfugiée de 18 ans risque d\u2019envenimer les relations déjà tendues entre le Canada et l\u2019Arabie saoudite.Encore plus si elle persiste au cours des prochains jours.« Si les choses se calment, on pourra reléguer l\u2019événement à la sphère du privé, mais si ça se poursuit \u2014 et c\u2019est mon intuition \u2014, ça revient un peu à jeter de l\u2019huile sur le feu », affirme-t-il.À terme, cela pourrait même, selon lui, inciter Riyad à rompre le contrat d\u2019exportation de blindés de 15 milliards de dollars qui lie toujours les deux États.« Ultimement, c\u2019est peut-être même ce que le gouvernement Trudeau souhaite, avance Samir Saul.Après tout, ce contrat [signé en 2016] est tout ce qu\u2019il reste entre les deux pays et il place le Canada face ses contradictions.Trudeau a été très critiqué, tant sur la scène internationale qu\u2019à l\u2019intérieur du pays, pour cette décision.Après, il ne peut pas rompre ce contrat lui-même, mais il ne serait sans doute pas malheureux qu\u2019il disparaisse.» Un avis que ne partage toutefois pas la conjointe de Raïf Badawi, celle-ci ne craignant pas que les récents événements ne détériorent encore davantage les relations diplomatiques entre les deux pays \u2014 et nuisent par le fait même à la cause de son mari.«Je suis contente pour elle.Je suis vraiment fière du Canada aussi, a indiqué à La Presse canadienne Ensaf Haidar.C\u2019est ça, les pays démocrates.» Parcours Rappelons que Rahaf Mohammed al- Qunun a fui vers la Thaïlande la semaine dernière, disant vouloir échapper à sa famille violente.Elle s\u2019est fait connaître sur les réseaux sociaux grâce à une campagne lancée depuis sa chambre d\u2019hôtel de Bangkok, où elle s\u2019était barricadée.Le mot-clic #SaveRahaf a rapidement fait le tour du monde.Après un branle-bas de combat du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés, le premier ministre Justin Trudeau a finalement annoncé vendredi que le Canada lui ouvrirait ses portes, et elle est arrivée à Toronto le lendemain.Entre-temps, une campagne de so- ciofinancement a été lancée afin de faciliter sa réinstallation en sol canadien.Plus de 10 000 $ avaient déjà été amassés en fin de journée dimanche.Avec La Presse canadienne IMMIGRATION « Une victoire nette pour le gouvernement Trudeau » L\u2019accueil au pays de la réfugiée saoudienne provoque éloges et critiques La jeune réfugiée saoudienne Rahaf Mohammed al-Qunun a été accueillie samedi à l\u2019aéroport de Toronto par la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.CHRIS YOUNG LA PRESSE CANADIENNE LA PRESSE CANADIENNE Yves-François Blanchet deviendra vraisemblablement chef du Bloc québécois mardi, et ce couronnement est souhaitable pour le parti, selon le vétéran député bloquiste Louis Plamondon.La période de candidature prend fin le 15 janvier et l\u2019ancien ministre péquiste n\u2019a toujours pas d\u2019adversaire.En entrevue à La Presse canadienne, Louis Plamondon souligne que les élections générales approchent à grands pas et que le Bloc doit « se mettre à l\u2019ouvrage » rapidement.Il rappelle qu\u2019une course à la direction coûterait plus de 100 000 $ au Bloc, ce qu\u2019il peut difficilement se permettre.« On n\u2019a pas les moyens de gaspiller un tel montant, avec les moyens limités qu\u2019on a », dit le député de Bé- cancour-Nicolet-Saurel.M.Plamondon souligne que le nouveau chef devra entamer dans les plus brefs délais une tournée du Québec pour fouetter les troupes et choisir les candidats pour les élections d\u2019octobre prochain.Louis Plamondon affirme que, de toute façon, Yves-François Blanchet a toutes les qualités voulues et la notoriété nécessaire pour diriger le parti.« On est choyé de l\u2019avoir comme candidat à la chefferie », ajoute-t-il.De plus, selon M.Plamondon, les sondages montrent que M.Blanchet est « extrêmement » bien perçu par la population du Québec.«Pourquoi avoir une lutte à la chefferie et s\u2019embarquer dans d\u2019autres débats?», demande Louis Plamondon.«Il me semble qu\u2019on en a assez eu depuis quelques mois », conclut-il.Un doyen Quant au programme électoral du Bloc québécois, il sera finalisé au prochain congrès de la formation, fin février ou début mars.Louis Plamondon sera de nouveau candidat, pour une 11e élection.S\u2019il est élu et qu\u2019il effectue son mandat, il aura siégé pendant 39 ans.En longévité, il occupera le 3erang de l\u2019histoire à la Chambre des communes, après l\u2019ancien premier ministre conservateur John Diefenbaker et l\u2019ex-ministre libéral Herb Gray.Bloc : Louis Plamondon souhaite le couronnement de François Blanchet JEAN- FRANÇOIS NADEAU À Granby, juste avant Noël, un homme a fait tout un battage dans un supermarché parce qu\u2019il a remarqué un comptoir de produits alimentaires halals, comme si cela constituait une nouveauté.« Ça n\u2019a pas vraiment sa place », décrète-t-il sur le ton d\u2019un roi des produits surgelés. LEDEVOIR // LE LUNDI 14 JANVIER 2019 ACTUALITÉS A 4 Le Devoir numérique en classe Mobile Tablette Ordinateur Profs du Québec, abonnez gratuitement vos étudiants de 4e et 5e secondaire et de niveau collégial au Devoir numérique pour une durée de 15 semaines*.\u2022 Accès illimité à l\u2019application Le Devoir Mobile \u2022 Accès à 100 % du contenu du site Web \u2022 Formule virtuelle et version PDF \u2022 Édition tablette chaque jour \u2022 25 articles gratuits par mois dans les archives * c .oir v e d e l n i a s m è d z ve i r c s n I r 2 e i r v é 5 f e 1 l i t p i r c s n s i e L e s s a l c / m o t au n a n e t s u vo - .9 1 0 t n e n i m r e e t s s n o JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR De quelle compétence relève la maison Busteed, la plus vieille demeure de Gas- pésie, vandalisée à répétition au cours des derniers mois ?Québec ou Ottawa ?La loi du Québec en matière de patrimoine stipule que les bâtiments protégés par l\u2019État en raison de leur intérêt sont de son ressort.Mais la maison Busteed, classée en 1987 par l\u2019État québécois « en raison de sa valeur historique et architecturale importante », a été vendue au gouvernement fédéral, qui l\u2019a cédée en 2012 à la communauté micmaque de Listuguj.Pour cette dernière, la maison rappelle un triste passé.Depuis le milieu du XIXe siècle, les terres jointes à cette maison font en effet l\u2019objet de différends.«La maison Busteed évoque une mémoire douloureuse, d\u2019où leur désintérêt pour la conserver.[\u2026] Un bel exemple qui démontre que le patrimoine renvoie fondamentalement à une question d\u2019identité », explique au Devoir Yves Bergeron, directeur de l\u2019Institut du patrimoine de l\u2019UQAM.« La situation particulière de la maison Busteed, étant désormais située sur des terres de réserve, fait que le gouvernement du Québec n\u2019est pas l\u2019interlocuteur premier dans ce dossier », soutient au Devoir la direction des communications et des affaires publiques du ministère de la Culture du Québec.L\u2019historien Patrice Groulx, spécialiste du patrimoine et des questions mémorielles, observe que le ministère de la Culture a toujours fonctionné à tort de la sorte, c\u2019est-à-dire en adoptant une attitude très défensive, où il abandonne ses prérogatives au gouvernement fédéral.En vertu de la Constitution canadienne, c\u2019est d\u2019Ottawa que relèvent les questions touchant les réserves autochtones, telle la communauté de Listuguj.Pourtant, Stéphanie Palma, responsable des communications à Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada, soutient sans hésiter que l\u2019affaire concerne Québec.Dans une courte réponse écrite adressée au Devoir, son bureau affirme sans hésiter que « cette question relève de la compétence des provinces ».En conséquence, le gouvernement du Québec devrait être en mesure de traiter ce dossier, ajoute-t-elle.Un abandon Retour donc vers Québec : le ministère de la Culture et des Communications a-t-il, oui ou non, compétence pour faire appliquer sa loi sur le patrimoine dans ce cas ?« Au-delà des considérations liées aux champs de compétences fédérales et provinciales, le Ministère privilégie une approche collaboratrice avec la communauté mi\u2019gmaq de Listuguj en tout respect de ses propres champs de compétence.» Mais Québec considère-t-il tout de même avoir pleine compétence pour faire valoir sa loi en matière de patrimoine ?« Nous n\u2019avons pas d\u2019autres précisions à ajouter.» L\u2019historien Patrice Groulx considère que « le gouvernement du Québec devrait fermement exprimer son insatisfaction, sans pour autant attaquer la communauté de Listuguj.C\u2019est vraiment un abandon de ses prérogatives en matière de patrimoine.Le ministère de la Culture a déjà jugé qu\u2019il valait la peine de préserver cette maison.Ce serait un minimum qu\u2019il élève la voix pour le dire ! » L\u2019historien considère par ailleurs que la maison Busteed présente un beau cas du rapport complexe qu\u2019entretiennent les communautés avec la mémoire du lieu qu\u2019elles habitent.« Cette maison n\u2019est pas un isolat.Elle se trouve sur une terre dont le titre de propriété est manifestement usurpé.Je comprends très bien la nation de Lis- tuguj de ne pas y voir quelque chose d\u2019attachant.» Il s\u2019agit en ce sens, croit-il, d\u2019un cadeau empoisonné qu\u2019Ottawa lui a offert.Néanmoins, la maison mérite à son sens d\u2019être conservée pour ses valeurs patrimoniales propres et sa valeur de rappel.« Il y a d\u2019autres exemples où des bâtiments devenus historiques par leur âge, mais qui témoignent d\u2019une domination, sont récupérés et symboliquement réemployés comme témoins de l\u2019oppression, par exemple les demeures d\u2019esclavagistes.La communauté de Listuguj pourrait en profiter.» Les différents acteurs en cause pourraient se rencontrer pour en discuter, croit-il.PATRIMOINE De qui relève la maison Busteed ?Classée en 1987 par Québec, la maison Busteed a été vandalisée à plusieurs reprises depuis qu\u2019elle a été cédée à la communauté micmaque de Listuguj.SOCIÉTÉ HISTORIQUE MACHAULT Le remaniement ministériel à Ottawa s\u2019annonce modeste OTTAWA \u2014 Le remaniement ministériel de lundi à Ottawa devrait être très mineur et comprendre de modestes changements pour combler le vide laissé par le député néoécossais de longue date Scott Brison, qui a annoncé son départ du Conseil du Trésor cette semaine.Ce départ laisse deux espaces vacants au cabinet \u2014 celui d\u2019un siège de la Nouvelle-Écosse et celui de président du Conseil du Trésor.Les noms des députés Bernadette Jordan et Sean Fraser ont été évoqués pour représenter les intérêts des Néo-Écossais.Quant au poste au Conseil du Trésor, le nom de l\u2019actuelle ministre des Services aux Autochtones, Jane Philpott, circulait beaucoup dans les coulisses de la capitale fédérale, dimanche soir.Selon diverses sources, M.Trudeau souhaiterait ne pas trop chambouler son Conseil des ministres.Seulement quelques ministres pourraient changer de poste, dont Seamus O\u2019Reagan (Anciens combattants) et Patty Hajdu (Travail).La Presse canadienne Accident à Ottawa : un expert appelle le BST à participer à l\u2019enquête Un professeur d\u2019ingénierie appelle le Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada à enquêter sur l\u2019accident d\u2019autobus à Ottawa qui a fait trois morts et 23 blessés afin d\u2019empêcher que de tels drames ne se reproduisent.Ahmed Shalaby, du Département de génie civil de l\u2019Université du Manitoba, a fait valoir que l\u2019organisme fédéral devrait être impliqué dans l\u2019enquête sur l\u2019accident mortel pour s\u2019assurer que les conclusions sont rendues publiques et que des recommandations sont formulées pour améliorer la sécurité dans tout le pays.Un autobus urbain à impériale est monté sur le trottoir et a heurté un abribus vendredi après-midi, encastrant profondément la partie supérieure du véhicule et écrasant un certain nombre de sièges.Un hôpital local a indiqué qu\u2019une personne se trouvait encore dans un état critique, que six étaient dans un état grave et quatre dans un état stable.Le Bureau de la sécurité des transports du Canada a confirmé qu\u2019il n\u2019enquêtait pas sur l\u2019accident d\u2019autobus, l\u2019organisme fédéral indépendant ne s\u2019attardant qu\u2019aux événements maritimes, ferroviaires, aériens et de pipelines.La Presse canadienne EN BREF Le gouvernement du Québec devrait fermement exprimer son insatisfaction, sans pour autant attaquer la communauté de Listuguj.C\u2019est vraiment un abandon de ses prérogatives en matière de patrimoine.PATRICE GROULX » SOCIÉTÉ A 5 LEDEVOIR // LE LUNDI 14 JANVIER 2019 Le Costaricain Roberto Quiros, propriétaire de deux véhicules électriques, chargeait l\u2019un d\u2019eux à l\u2019une des bornes du circuit de l\u2019ICE, à San José, le 4 décembre dernier.PHOTOS EZEQUIEL BECERRA AGENCE FRANCE-PRESSE e Costa Rica, qui se vante d\u2019être un champion de l\u2019électricité renouvelable (98,5 % de sa consommation), mais dont les rues sont encombrées de voitures polluantes à essence ou diesel, veut verdir son parc automobile et développer le rail.Pour l\u2019heure, sur 1,4 million de véhicules privés, seules 600 voitures électriques circulent dans ce pays où les automobilistes affectionnent le 4x4 ou le gros pick-up.Mais les experts assurent que la tendance à l\u2019électrique est en train d\u2019émerger.Ces 600 véhicules, c\u2019est déjà le double en un an, et selon une étude de l\u2019Université du Costa Rica, « en cinq ans, nous pourrions avoir 40 000 véhicules électriques » dans le pays, fait valoir Ber- nal Muñoz, directeur pour la mobilité électrique de la compagnie publique d\u2019électricité (ICE).L\u2019ICE, qui détient le monopole de la production et de la distribution électriques, a récemment montré l\u2019exemple en remplaçant une centaine de ses véhicules à moteur thermique par des électriques.Nouveau cap «L\u2019objectif, c\u2019est de démontrer que le véhicule électrique est parfaitement adapté aux conditions du pays, avec sa topographie accidentée, montagneuse », explique Bernal Muñoz à l\u2019AFP.L\u2019administration postale s\u2019est mise dans la roue de l\u2019ICE, en mettant en circulation une trentaine de motos électriques pour ses facteurs.Le cap a été fixé par le nouveau président, Carlos Alvarado, lui-même, dès sa prise de fonction en mai dernier.Il a comparé le défi de la décarbonisation de l\u2019économie du Costa Rica à l\u2019abolition historique de l\u2019armée par ce petit pays centraméricain en 1948.Le Costa Rica a mis à profit les caractéristiques d\u2019un pays tropical montagneux et volcanique, entre éolien, hy- droélectricité, solaire et géothermie.Cela lui permet d\u2019être depuis quatre ans à 1,5 % de l\u2019autosuffisance totale en électricité renouvelable.Ce pays de cinq millions d\u2019habitants, qui veut notamment promouvoir son image de destination touristique verte, est ainsi particulièrement bien placé pour mettre le transport au courant électrique, relève l\u2019économiste Carlos Echeverria, spécialiste de l\u2019énergie pour la Banque interaméricaine pour le développement (BID).Actuellement, le transport compte pour 66 % de la consommation d\u2019hydrocarbures au Costa Rica, et pour 54 % des émissions de CO2 (1,7 tonne de CO2 par an et par habitant entre 2011 et 2015), selon le ministère costaricain de l\u2019Environnement.L\u2019épouse du président Alvarado, Claudia Dobles, a été chargée de superviser la mise en œuvre de cette orientation stratégique.Architecte de formation, la première dame s\u2019est en effet vu confier le dossier de la rénovation urbaine, dont le transport est l\u2019un des gros morceaux.Laboratoire « Le gouvernement veut faire du Costa Rica un laboratoire de la décarbonisa- tion de l\u2019économie et, pour cela, le transport est un enjeu fondamental », souligne M.Echeverria, pour qui le pays centraméricain a conquis une position de chef de file régional pour la mobilité électrique.Pour favoriser la conversion du parc automobile, une loi prévoit désormais des exemptions fiscales pour l\u2019achat de voitures électriques par les particuliers.Des pourparlers sont également en cours avec les entreprises privées de transport routier de passagers pour les inciter à s\u2019équiper en bus électriques.De même, l\u2019État projette de créer une ligne ferroviaire électrifiée pour le transport de passagers entre les principales villes du pays, et une autre pour le fret pour desservir la zone portuaire de Limón (côte caraïbe), principal point de passage pour l\u2019importation et l\u2019exportation de marchandises.Nissan, Hyundai et BMW sont les trois constructeurs automobiles qui proposent des véhicules électriques neufs au Costa Rica, à des prix allant de 30 000$ à 50 000 $.Elles sont souvent hors de portée de la classe moyenne, en dépit des économies en carburant et en maintenance \u2014 environ 130$ par mois, selon un Costaricain converti à la voiture électrique consulté par l\u2019AFP.Aussi les avantages fiscaux ont-ils été étendus à l\u2019achat de véhicules d\u2019occasion, vendus à moitié prix.Mariano Ávalos, un importateur de voitures électriques d\u2019occasion des États-Unis, se frotte les mains.D\u2019un véhicule vendu en cinq mois il y a un an et demi, il est passé à quatre ventes par mois, et table sur une dizaine par mois en 2019.MARCO SIBAJA À SAN JOSÉ AGENCE FRANCE-PRESSE Le Costa Rica veut donner une impulsion à la voiture électrique Le nouveau président, Carlos Alvarado, compte accélérer la décarbonisation de l\u2019économie du pays Bernal Muñoz, directeur pour la mobilité électrique de la compagnie publique d\u2019électricité (ICE), en décembre dernier L 600 C\u2019est le nombre de véhicules électriques qui circulent présentement sur les routes du Costa Rica, sur un total de 1,4 million de véhicules.e Paraguay (sept millions d\u2019habitants) va inaugurer en 2019 un projet de « route verte » de 1000 kilomètres reliant les principales villes du pays et équipée de bornes de recharge capables d\u2019approvisionner les véhicules en à peine vingt minutes.La première borne sera inaugurée en janvier.À terme seront équipées les trois routes reliant la capitale Asunción, Ciudad del Este et Encar- nación, dans le sud du pays, principale région agricole et industrielle du pays.Le réseau de bornes sera alimenté par de l\u2019énergie solaire et hydroélectrique, en particulier grâce au barrage que le Paraguay partage avec le Brésil sur le fleuve Paraná.Le pays compte pour l\u2019heure environ 250 véhicules électriques (contre deux millions de véhicules à moteur à combustion), essentiellement dans la capitale, où sont déjà disponibles des bornes de recharge rapide.Une loi récente abolissant les taxes pour l\u2019importation de véhicules électriques a lancé le marché dans un pays où un plein d\u2019essence coûte 50 $, contre 2,5 $ pour une recharge électrique.Au Chili, le parc de transports publics de Santiago (six millions d\u2019habitants) est en cours de transformation, avec la mise en circulation depuis mi-décembre d\u2019une centaine de bus électriques sur les grandes artères de la ville.Une centaine d\u2019autres seront en circulation dès janvier.Le projet vise le remplacement total de la flotte (plus de 6000 véhicules) à l\u2019horizon 2050.Les nouveaux bus ont une autonomie de 250 km et réduisent le coût d\u2019exploitation de 76 % par rapport aux bus utilisés actuellement dans la capitale, fortement critiqués par les usagers pour leur vétusté, ainsi que pour la pollution et le bruit qu\u2019ils génèrent.Selon le président de la République, Sebastián Piñera, qui a présenté le 13 décembre les nouveaux modèles de bus fabriqués en Chine, ce nouveau parc aidera le Chili à respecter les engagements pris dans le cadre de l\u2019Accord de Paris de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 45 %.Le nouveau système « représentera un pas décisif vers la pleine réalisation de cet objectif et contribuera ainsi à une planète et à un Chili plus propres », a déclaré le chef de l\u2019État.À côté du Costa Rica, champion de l\u2019électricité renouvelable qui cherche à verdir son parc automobile, le Paraguay et le Chili lancent des initiatives pour développer l\u2019usage des véhicules électriques.AGENCE FRANCE-PRESSE À MONTEVIDEO Dans le reste de l\u2019Amérique latine, les véhicules électriques tracent leur route L INA FASSBENDER / DPA / AFP 45 % Dans le cadre de l\u2019Accord de Paris sur le climat, le Chili s\u2019est engagé à réduire de près de moitié ses émissions de gaz à effet de serre. LEDEVOIR // LE LUNDI 14 JANVIER 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin omme le rapportait Le Devoir vendredi, les chercheurs de Pêches et Océans Canada ont produit un avis scientifique sur les impacts de deux projets, celui d\u2019Énergie Saguenay et celui de la mine Arianne Phosphate, qui impliquent la construction de deux ports sur le Sague- nay et qui tripleraient le trafic maritime dans le fjord pour le faire passer de 450 à près de 1300 transits par an.Se conformant à la Loi sur les espèces menacées, le gouvernement Trudeau a conçu un programme de rétablissement du béluga qui prévoit la réduction du bruit dans son habitat.L\u2019espèce, dont il subsiste environ 880 individus dans l\u2019estuaire du Saint-Laurent, est particulièrement sensible au bruit et dépend des sons pour ses fonctions vitales.Or selon les chercheurs, cet accroissement important du trafic maritime ira à l\u2019encontre de ce programme qui vise à préserver des zones peu bruyantes pour la survie de l\u2019espèce.« On ne peut exclure des risques élevés compte tenu de l\u2019état actuel de la population en déclin», écrivent les chercheurs dans leur avis.À première vue, nous voyons mal comment le gouvernement fédéral pourrait respecter la lettre, sinon l\u2019esprit, de cette loi, ainsi que l\u2019avis de ses scientifiques, s\u2019il autorisait un projet majeur comme celui d\u2019Énergie Saguenay.Cette situation illustre de façon éloquente la difficulté de concilier le développement économique lié à de grands projets industriels et la protection de l\u2019environnement et de la biodiversité.Les promoteurs d\u2019Énergie Saguenay, soutenu par des intérêts américains, font miroiter la création de 4000 emplois directs pendant la phase de la construction qui doit s\u2019échelonner jusqu\u2019en 2025, sans compter les quelques milliers d\u2019autres pour la construction du gazoduc de 750km.Entre 250 et 300 emplois permanents en résulteraient, un chiffre modeste par rapport à l\u2019ampleur de l\u2019investissement, mais non négligeable dans une région comme le Saguenay.Le complexe consommerait 555 MW d\u2019électricité, un bloc d\u2019énergie que le gouvernement du Québec lui a déjà réservé, soit l\u2019équivalent de la consommation d\u2019une aluminerie.Compte tenu des surplus d\u2019électricité actuels d\u2019Hydro-Québec, les bénéfices pour la société d\u2019État sont évidents.Outre l\u2019enjeu de la protection de la biodiversité, les évaluations environnementales du projet soulèvent des questions.Les promoteurs vantent les mérites environnementaux du complexe.Le GNL produit serait appelé à remplacer le charbon et le mazout en Europe et en Asie.De plus, le complexe émettrait 80 % moins de gaz à effet de serre (GES) que les installations semblables ailleurs dans le monde.Tout cela est bien beau, mais comme c\u2019est essentiellement du gaz de schiste de l\u2019Ouest canadien qui alimenterait l\u2019usine, les avantages sur le plan environnemental sont loin d\u2019être clairs.En matière d\u2019approbation environnementale, la stratégie des promoteurs consiste à scinder le projet : une première approbation pour le complexe de liquéfaction, d\u2019une part, qui n\u2019aurait pas à tenir compte des émissions en amont, et une deuxième pour le gazoduc.Énergie Saguenay a indiqué qu\u2019elle procéderait « de façon volontaire », c\u2019est-à-dire selon ses termes, à une évaluation globale des émissions de GES en amont et en aval.Même s\u2019il s\u2019agit d\u2019un seul projet qui poursuit une seule et même fin \u2014 l\u2019exportation de GNL de l\u2019Ouest canadien \u2014, le gazoduc et le complexe sont évalués séparément par Ottawa et Québec.Des scientifiques et des groupes environnementaux ont plaidé pour la tenue d\u2019une seule évaluation commune Ottawa-Québec du projet dans son ensemble.Cela tombe sous le sens : pas de complexe, pas de gazoduc; pas de gazoduc, pas de complexe.Tandis que les gouvernements fédéral et québécois poursuivent des objectifs de réduction des GES, il serait odieux qu\u2019un projet de cette envergure ne soit pas évalué de façon systématique, que tous les faits ne soient pas exposés, que toutes les pierres ne soient pas retournées.Il en va du sérieux de leurs engagements en matière de lutte contre les changements climatiques et de protection de la biodiversité.Francine Duperré VILLE DE QUÉBEC Prioriser l\u2019éducation représente un objectif fort louable de la part du gouvernement de M.Legault.Plusieurs changements, dont la construction de nouvelles écoles, le démantèlement des commissions scolaires, l\u2019école obligatoire jusqu\u2019à 18 ans et la maternelle 4ans sont prévus.Un article de Marco Fortier paru dans Le Devoir du 31 décembre 2018 présente l\u2019orientation du ministre de l\u2019Éducation, M.Jean-François Roberge : « On va faire des changements, mais ça va déranger.» Un enjeu majeur a cependant été ignoré par le ministre jusqu\u2019à maintenant, celui du financement des écoles privées.Selon le Conseil supérieur de l\u2019éducation, le système scolaire québécois se révèle le plus inégalitaire au Canada.Dans ce contexte, on est en droit de se demander comment on peut espérer améliorer la réussite scolaire sans aborder cet enjeu crucial.L\u2019Ontario, souvent citée en exemple par la Coalition avenir Québec, n\u2019offre aucun financement aux écoles privées.Chez nos voisins, tous les efforts humains et financiers visent à offrir les meilleures écoles publiques possible dans un réel souci d\u2019équité et d\u2019inclusion.Seulement 5% des élèves du secondaire fréquentent l\u2019école privée en Ontario, comparativement à plus de 20 % au Québec.Les écoles privées québécoises, malgré un financement public important, accueillent majoritairement des élèves provenant de milieu socioé- conomique élevé et font très peu de place aux élèves ayant des difficultés d\u2019apprentissage.L\u2019idée derrière l\u2019arrêt du financement des écoles privées n\u2019est pas de faire économiser de l\u2019argent à l\u2019État, mais plutôt de se concentrer sur le développement d\u2019une école publique égalitaire et performante, en augmentant les chances de réussite du plus grand nombre.Il apparaît injuste que le gouvernement aide des écoles privilégiées auxquelles la majorité des jeunes Québécois n\u2019ont pas accès, leurs parents n\u2019ayant pas les moyens financiers suffisants.Cette situation va à l\u2019encontre de tout principe d\u2019égalité des chances.Marchandisation Certaines écoles publiques offrent des programmes particuliers, l\u2019accessibilité reposant principalement sur la qualité du dossier scolaire des élèves.Ces programmes ont été développés en bonne partie dans le but de concurrencer l\u2019école privée.De nombreux experts se questionnent d\u2019ailleurs sur les effets malsains et la marchandisation de l\u2019éducation découlant de cette concurrence.De leur côté, nos classes publiques ordinaires comptent 20 % d\u2019élèves en difficulté au primaire et 30 % au secondaire.Afin de réaliser un réel changement en éducation au Québec, on doit miser entièrement sur un réseau scolaire public composé d\u2019écoles et de classes hétérogènes, et augmenter les ressources et les services individuels complémentaires pour les élèves ayant des besoins particuliers.Je partage l\u2019opinion de Marie-An- drée Chouinard dans son éditorial du 8janvier, qui suggère de relever le difficile défi de « raffiner davantage notre modèle inclusif ».Qu\u2019un jeune éprouve une difficulté à un moment ou à un autre de son cheminement, ou qu\u2019il ait un talent particulier, il importe que le parcours scolaire public lui offre la souplesse et les ressources nécessaires pour se développer.Le dépistage précoce des difficultés d\u2019apprentissage devrait être orienté vers des mesures d\u2019accompagnement aux enfants et aux familles, en évitant toute forme d\u2019étiquetage et de stigmatisation de la différence.L\u2019accord de ressources supplémentaires aux écoles défavorisées se montre aussi essentiel, il est de notre responsabilité collective de permettre à nos enfants les plus vulnérables d\u2019accéder à la diplomation.Nos enfants, peu importe leur provenance socioéconomique et leur potentiel, pourraient ainsi bénéficier de services éducatifs publics adaptés à leurs besoins, tout en apprenant à s\u2019entraider et à collaborer comme ils auront à le faire plus tard sur le marché du travail.Les choix qu\u2019on privilégie en éducation façonnent en grande partie notre société.J\u2019invite donc le ministre de l\u2019Éducation, M.Jean-François Roberge, à avoir le véritable courage de déranger en mettant fin au financement des écoles privées et en assurant l\u2019égalité des chances en matière d\u2019éducation au Québec.La réussite scolaire requiert qu\u2019on prio- rise un système d\u2019éducation public inclusif, qu\u2019on ajoute du soutien à nos enseignants et qu\u2019on se montre créatif afin de répondre aux besoins particuliers de chacun de nos enfants.Hôpital de Lachute : dissidence d\u2019un défenseur de la langue française Nous apprenons que l\u2019hôpital de Lachute, qui a été rappelé à l\u2019ordre par l\u2019Office de la langue française avec l\u2019appui du premier ministre François Legault, va obtempérer et masquer l\u2019affichage en anglais dans son établissement.Je suis personnellement un grand défenseur de la langue française au Québec et un indépendantiste à la vie à la mort, mais je m\u2019oppose à cette décision.Argenteuil est le coin de mon enfance, car mon grand-père avait un chalet à Carillon et sa maison à Saint-Phi- lippe.C\u2019est une région où 20 % de la population est d\u2019origine anglophone britannique.J\u2019aime y retourner régulièrement y réaliser une forme de pèlerinage à mon enfance.Je pense aux maisons anglaises en brique rouge et à la petite église sans doute protestante sur la route 144 au bord de la Rivière des Outaouais entre Carillon et Grenville sur la Rouge.Je pense aussi aux coins bucoliques au nord de Lachute entre l\u2019Outaouais et les Laurentides, de beaux coins comme Brownsburg, Wentworth ou Gore.La population britannique du coin contribue grandement au cachet de la région depuis des lunes.Cette population, souvent modeste, mérite notre respect et un affichage en anglais plus petit qu\u2019en français dans son hôpital.Le français est loin d\u2019être en péril à Lachute.Occupons- nous donc de Montréal, où la langue française est en péril plutôt que de harceler les gens d\u2019Argen- teuil.Et surtout, ne visons pas à effacer l\u2019histoire au nom d\u2019une pureté retrouvée et à faire de simples citoyens des boucs émissaires de notre frustration linguistique.Yves Chartrand Le 11 janvier 2019 ment fédéral précédent, dans la catégorie des « armes d\u2019épaules » au même titre que les armes de chasse.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on limite à 5 balles le chargeur d\u2019une mitraillette que ce n\u2019est plus une mitraillette.La grande majorité des chasseurs ne se procureront jamais ce type d\u2019armes et sont même contre le fait que leurs marchands essaiment les salons de chasse et pêche pour en faire la promotion.Enfin, je serais curieux de savoir quel est l\u2019input des lobbys pro- armes dans ces campagnes de dénigrement au Québec et au Canada.Darquis Gagné Le 11 janvier 2019 Et le financement des écoles privées ?LIBRE OPINION LETTRES PROJET ÉNERGIE SAGUENAY Milliards et biodiversité C Le projet d\u2019exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) d\u2019Énergie Saguenay, qui, s\u2019il se réalise, s\u2019avérerait le plus important investissement privé de l\u2019histoire du Québec, se fait barrer le chemin par la population de bélugas, cette espèce en voie de disparition.Il apparaît maintenant évident que ce projet de 9,5 milliards, à quoi s\u2019ajoutent les 4,5 milliards requis pour la construction d\u2019un gazoduc qui traverserait le Québec de l\u2019Abitibi au Saguenay, testera la volonté du gouvernement fédéral et de celui du Québec de protéger la biodiversité.ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu Le débat émotif sur les armes à feu Bien honnêtement, je ne comprends pas cette opposition au fait de devoir enregistrer nos armes à feu, comme on doit le faire pour les véhicules, les VTT, les remorques, les motoneiges et même nos vélos et nos chiens dans plusieurs villes, sans parler des drones qui devront l\u2019être bientôt.Il s\u2019agit tout de même d\u2019armes dangereuses.Ce n\u2019est qu\u2019une simple question de devoir citoyen et qui n\u2019a rien à voir avec certains arguments, souvent émotifs, utilisés de part et d\u2019autre du débat.De plus, cet enregistrement est gratuit contrairement à tous les autres et il se fait aisément sur Internet.Je suis d\u2019avis que nos associations de chasse et pêche et certains chroniqueurs de magazines spécialisés devraient plutôt continuer d\u2019insister sur la révision de quelques irritants de la loi provinciale, comme celui relié au transport temporaire de l\u2019arme et cibler le classement discutable de certaines armes interdites pour la chasse et qui se sont retrouvées sous le gouverne- Lettre à Chloé Sainte-Marie Bonjour Madame Sainte-Marie, Je viens de lire votre belle lettre dans Le Devoir, sur la notion d\u2019appropriation.Le piège est dans le mot: appropriation évoque la propriété.Or, je ne suis propriétaire ni de ma langue ni de celle de l\u2019autre, du mohawk, de l\u2019innu ou de l\u2019anglais.Je ne suis pas propriétaire de mes idées ni des vôtres.J\u2019adopte votre idée ou je la vole.Tout dépend de la dose d\u2019orgueil qu\u2019on veut y mettre.Je ne peux à l\u2019évidence devenir propriétaire de l\u2019esclavagisme ou du génocide des autres.Je peux parler de la volonté colonialiste, celle- là est dans mon camp.J\u2019adopte depuis longtemps les mots de Félix, de Clémence et de Richard Desjardins.L\u2019artiste est un passeur, pas un voleur.Luc Panneton Saint-Laurent, le 10 janvier 2019 ROBERT DUTRISAC A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE LUNDI 14 JANVIER 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Premiers pas A u terme de ses 100 premiers jours, on regarde aller le gouvernement Legault comme des parents surveillent les premiers pas de leur progéniture : tantôt encouragés, tantôt craintifs.De façon générale, la démarche n\u2019est pas trop hésitante.Un peu plus de trois mois après les élections générales, c\u2019est presque un sans-faute qu\u2019ont accompli le premier ministre, son entourage et ses ministres.La transition récente a été plus facile que celle vécue sous le Parti québécois en 2012 ou celle du Parti libéral en 2014.Pas mal donc, pour un parti largement constitué de néophytes.Ainsi, la lune de miel pourrait durer, même si certains dossiers risquent de s\u2019envenimer rapidement : Autochtones, environnement et régions, notamment.Avec son ton plutôt bon enfant, son pragmatisme et son franc-parler, le premier ministre semble bien en phase avec les électeurs.Il n\u2019a certes pas l\u2019éloquence de ses mentors, au premier chef celle de Lucien Bouchard.Il s\u2019exprime parfois laborieusement et sa vision n\u2019est pas parfaitement articulée.Mais, heureusement, il n\u2019a pas non plus l\u2019arrogance qu\u2019on percevait chez Philippe Couillard.« On doit éviter de regarder de haut, avec mépris, les inquiétudes légitimes de la population », disait-il lors de son discours d\u2019ouverture.Après des années à se faire sermonner par les libéraux, c\u2019est avec soulagement que les Québécois vivent cette alternance.Le gouvernement de la CAQ n\u2019a pas pour objectif de sortir de la classe canadienne comme le souhaite le PQ , de s\u2019y fondre comme le PLQ ou d\u2019y renverser les pupitres comme QS, mais il veut être le premier de la classe, ce qu\u2019il nous promet pour un de ces jours lointains, lorsque le Québec ne recevra plus de péréquation.Un élève modèle donc, mais qui n\u2019hésite pas à rabrouer le fédéral dans le dossier des trains de VIA ou celui de la santé et des ultimatums de la ministre Petitpas Taylor.Ça ne règle rien sur le fond, mais ça défoule ! C\u2019est ailleurs que ça craint.Notamment à l\u2019égard de certaines de ses promesses électorales, faites parfois à la hâte, dans le seul but de se distinguer des autres partis.Qu\u2019importe si le nombre de 40 000 immigrants à accueillir sort de nulle part : on a dit 40 000 et on y tient.C\u2019est qu\u2019il y a, pour François Legault, quelque chose comme la promesse suprême : la promesse de tenir promesse.Dans le but d\u2019en finir avec le cynisme, la désillusion si bien installée dans le paysage politique depuis 2003.Alors, à ce seuil tu tiendras comme aux Saints Évangiles.Puis, tu iras de l\u2019avant avec le cannabis à 21 ans et le 3e lien à Québec.Amen, sous le crucifix de l\u2019Assemblée nationale, qui n\u2019est d\u2019ailleurs pas près de bouger.Sur la scène internationale, l\u2019entrée de François Legault s\u2019est faite sans heurts, à la faveur d\u2019un sommet de la Francophonie auquel il a décidé, avec raison, de participer en tant que premier ministre désigné en octobre dernier.Pour boucler la boucle, à la suite du départ de Michaëlle Jean et de l\u2019élection de la Rwandaise Louise Mushikiwabo comme secrétaire générale, il lui revient de s\u2019assurer que le Québec obtienne le poste d\u2019administrateur, celui de numéro deux de l\u2019Organisation.Bientôt, il se rendra à Davos discuter avec les maîtres du monde et ensuite, normalement, en France.À l\u2019heure des gilets jaunes, Il sera en bonne position pour expliquer au président Macron qu\u2019il vaut mieux, pour conserver la confiance de ses concitoyens, adopter des politiques publiques destinées à l\u2019ensemble de la population plutôt que de donner le sentiment de gouverner au seul profit des plus fortunés.Une mise en garde s\u2019impose cependant : que la promesse du premier ministre de donner aux relations internationales du Québec un « accent qui va être beaucoup plus commercial pour promouvoir nos exportations » ne se fasse pas au détriment des autres missions.Ce qui signifie assumer, à l\u2019image de tous ses prédécesseurs depuis la Révolution tranquille, la doctrine Gérin-Lajoie concernant le prolongement externe de nos compétences internes.Le Québec a un rôle à jouer sur la scène mondiale, particulièrement en Francophonie et en France, étant donné son statut qui, dans l\u2019un et l\u2019autre cas, dépasse celui d\u2019une simple province.Cette responsabilité inclut certes l\u2019économie, mais aussi l\u2019éducation, l\u2019environnement, la culture, la langue française et, oui, la diplomatie.C\u2019est avec toutes ces dimensions en tête que le premier ministre devrait désigner le prochain délégué général ou la prochaine déléguée générale du Québec dans la Ville Lumière.Certainement pas en ne pensant, par exemple, qu\u2019aux investisseurs de l\u2019émission Dans l\u2019œil du dragon.LOUISE BEAUDOIN Amadou S.Barry Professeur de philosophie Cégep de Saint-Hyacinthe L\u2019avenir des sociétés occidentales serait-il en train de se jouer autour du débat très polarisant sur l\u2019immigration ?Si cette question se pose, c\u2019est parce que nombreux sont les citoyens occidentaux qui se demandent si le flux migratoire ne constitue pas une menace pour la civilisation occidentale.De même, certains intellectuels et hommes politiques estiment que l\u2019immigration massive a un effet de déstabilisation politique et sociale ; en témoigne l\u2019insécurité culturelle que vivent les Occidentaux de souche et la peur exprimée de se retrouver dans quelques années en situation de minorité.Mais il est une autre voix plus confiante.C\u2019est celle qui, partant d\u2019une compréhension dynamique de la culture et de la primauté de la solidarité humaine sur les considérations civilisationnelles, veut relever les nouveaux défis institutionnels et sociaux que pose aux démocraties libérales l\u2019immigration massive.C\u2019est tout le sens des travaux d\u2019auteurs aussi différents qu\u2019Hervé Le Bras, Alain Renaut, Pierre Rosanvallon, Pierre Ma- nent, Charles Taylor, Will Kymlicka, Jür- gen Habermas, et bien d\u2019autres.Mais par-delà la question de savoir si l\u2019immigration massive annoncerait le crépuscule de la civilisation occidentale, il serait intéressant de savoir si les démocraties libérales ont une part de responsabilité dans la misère du monde ?Si oui, est-ce qu\u2019une telle responsabilité ne devrait pas nous obliger à poser la question de la migration massive non pas seulement en termes de destin civilisationnel, mais aussi en termes de justice réparatrice.La misère du monde Si « la misère du monde » frappe à nos portes, c\u2019est à cause de la pauvreté.Sans aucun doute, les démocraties libérales ont réussi ce que la grande majorité des pays n\u2019ont pas réussi à faire, à savoir favoriser l\u2019émergence d\u2019une culture politique qui répond aux besoins élémentaires de la vie humaine.Qu\u2019est-ce qui explique dans les pays pauvres l\u2019absence d\u2019une culture politique favorable à l\u2019épanouissement de la vie humaine ?Il faut saisir la conjonction entre trois dimensions : l\u2019incapacité de l\u2019État dans les pays pauvres, imputable en grande partie aux cultures endogènes et aux manières de gouverner que celles-ci encouragent ; la logique de contrôle et de domination qui guide la politique étrangère des démocraties libérales, logique qui profite largement aux multinationales occidentales comme le révèlent les travaux d\u2019Alain Denault et des philosophes comme Thomas Pogge ; le caractère non contraignant du système international et son incapacité à contrer les injustices qui ont lieu au niveau des relations bilatérales.Comprendre les causes de la pauvreté, c\u2019est tout d\u2019abord considérer pour elle- même la logique inhérente à chaque dimension, et ensuite saisir de quelle manière l\u2019interaction entre ces trois dimensions contribue à élargir les injustices auxquelles sont confrontées les populations des pays pauvres.Suivant cette perspective, l\u2019on pourrait établir que, si la pauvreté est imputable en grande partie aux dynamiques sociales et politiques propres aux pays pauvres, les pays riches, principalement les démocraties libérales, ont une part de responsabilité dans la misère du monde.Or, si l\u2019analyse des relations bilatérales entre pays riches et pays pauvres démontre que les premiers contribuent à la pauvreté des seconds, la question se poserait de savoir si accueillir la « misère du monde » ne pourrait être en quelque sorte une forme de justice réparatrice.La question restera entière de savoir toutefois, si c\u2019est la manière la plus appropriée pour réparer les injustices perpétrées à l\u2019extérieur de nos frontières.Dans tous les cas, la responsabilité causale des démocraties libérales (surtout des grandes puissances) dans le phénomène de l\u2019immigration massive mérite d\u2019être étudiée.Une telle interrogation n\u2019a pas pour objectif de régler la question de la pauvreté par l\u2019ouverture de nos frontières.Elle invite simplement à une forme de cohérence morale, qui consiste, si on ne veut pas accueillir la misère du monde, à ne pas contribuer à sa genèse et à son maintien au travers de notre politique étrangère.Il me semble que, dans l\u2019état actuel du monde, une politique nationale d\u2019immigration devrait inclure une vaste réflexion normative sur la nature des rapports politiques et économiques entre les pays riches et les pauvres nécessaires à la lutte contre la pauvreté mondiale.IMMIGRATION Philippe Constant Docteur en sciences appliquées Île d\u2019Orléans, Québec L\u2019extase du dégoût.C\u2019est le titre que Nancy Huston avait donné au chapitre consacré à Michel Houellebecq dans son Professeurs de désespoir (Actes Sud, 2004).Le phénoménal succès de cet auteur, dont j\u2019avais lu plusieurs ouvrages, échappait à ma compréhension \u2014 jusqu\u2019à il y a peu.Il faut dire que sa récente déclaration d\u2019admiration pour le président Donald Trump dans le magazine américain Harper\u2019s, première étape d\u2019une sortie soigneusement mise en scène de son dernier roman, Sérotonine, n\u2019avait fait que ranimer, pour l\u2019exacerber, le souvenir d\u2019une énigme irrésolue : que diable les gens trou- vaient-ils de si extraordinaire à Houel- lebecq ?Et puis, les éloges avaient aussitôt commencé à pleuvoir : « Depuis vingt ans, on lit Houellebecq pour savoir où on en est », titrait Antoine Compagnon dans Le Monde du 3 janvier 2019, relevant que « c\u2019est ça, la France d\u2019aujourd\u2019hui, le degré zéro de la langue et de la littérature comme parfaite illustration du degré zéro de la société ».Une amère observation qui n\u2019empêcha pas le professeur au Collège de France de prêter à l\u2019auteur des facultés prémonitoires à propos des frères Kouachi ou des gilets jaunes, clôturant son article par un surprenant : « Houel- lebecq n\u2019a rien perdu de son flair.» Était-ce pour mieux se faire pardonner le jugement lapidaire qu\u2019il avait porté sur son style, parlant « d\u2019une langue plate et instrumentale qui aide à la lecture et aux ventes » quelques lignes plus haut ?Tout à coup, tout devenait possible, le meilleur comme le pire, la vulgarité pouvant subitement se muer en qualité.«Houellebecq sublime notre vulgarité», titrait Catherine Millet dans le même numéro du Monde.Même sublimée, cette vulgarité ne reste-t-elle pas de la vulgarité?Pour Bruno Viard, Houellebecq serait «souvent mal compris en raison des fausses pistes auxquelles il expose son lecteur.Derrière l\u2019apparence du pornographe provocateur, on découvre un moraliste possédant une vision historique à long terme».Je ne pouvais me défaire d\u2019un doute : était-il encore possible aujourd\u2019hui de pouvoir vraiment livrer le fond de sa pensée en présence du « phénomène Houellebecq » alors que le monde de l\u2019édition vivait peut-être un séisme comparable à celui de l\u2019industrie du disque il y a dix ans ?Sérotonine, le septième roman de Houellebecq, est un livre magnifique, poursuivait David Caviglioli dans L\u2019Obs du 30 décembre 2018.Une déclaration d\u2019amour heureusement contrebalancée dans le même magazine par Élisabeth Philippe : « L\u2019œuvre houellebec- quienne est une irrésistible agonie dont Sérotonine pourrait bien être le stade terminal.C\u2019est tant mieux.» J\u2019en serais resté là, à parcourir dubitativement les journaux en attendant le prochain Houellebecq, incapable de comprendre l\u2019engouement général \u2014 non sans avoir relevé que Michel Houellebecq a fait partie de la promotion du 1er janvier 2019 de la Légion LITTÉRATURE L\u2019auteur soutient que les pays riches ont une part de responsabilité dans la misère des pays pauvres.Sur cette photo, un camp pour personnes déplacées au Yémen.ESSAH AHMED AGENCE FRANCE-PRESSE d\u2019honneur, aux côtés de l\u2019équipe de France championne du monde de foot \u2014, si un mot ne m\u2019avait soudain donné la réponse à ma lancinante question : Maslow.Oui, le nom de ce psychologue américain connu \u2014 et parfois décrié \u2014 pour sa pyramide des motivations humaines (de la satisfaction des besoins physiologiques élémentaires au besoin d\u2019accomplissement, en passant par celui d\u2019appartenance à un groupe).Pas de doute, Maslow était ce mot que je cherchais, le mot explicatif de son extraordinaire succès : Houel- lebecq flatte notre puissant besoin d\u2019appartenance à un groupe, même si ce groupe est médiocre.Une médiocrité dont nous avons conscience et que nous pourrions pourtant refuser.Mais Houellebecq exclut cette prise de liberté, nous invitant au contraire à cultiver notre indolence et à ne surtout pas changer pour pouvoir continuer à chialer avec\u2026 lui ; après tout, on est si bien ensemble.Qu\u2019on ne s\u2019y trompe pas, Michel Houellebecq est un homme à l\u2019intelligence redoutable.Il a du flair \u2014 mais peut-être pas ces facultés prémonitoires que lui attribuent certains \u2014 pour cerner les failles de l\u2019âme humaine et les faiblesses d\u2019une société où l\u2019individualisme est poussé jusqu\u2019à l\u2019absurde.Là est son territoire d\u2019excellence.Le territoire où il aime se vautrer et se repaître en grattant ses plaies.« L\u2019extase du dégoût », écrivait bien à propos Nancy Huston.Une observation qui nous ramène à notre première question : au final, qu\u2019est-ce qu\u2019un auteur qui mérite notre attention, notre affection ou notre admiration ?Un écrivain qui use de son intelligence pour décrire la médiocrité avec talent ?Ou un écrivain qui nous ouvre l\u2019esprit pour nous aider à nous en extraire ?La réponse à cette question est d\u2019une telle évidence que je me prends à rêver.À rêver que, tous, nous nous levions pour dire, pour crier, pour hurler : Oui, il existe autre chose que ce monde délétère qu\u2019on nous ressasse à longueur de pages faute d\u2019être capable d\u2019en concevoir un autre ! Michel Houellebecq ou l\u2019extase du dégoût Il y a, pour François Legault, quelque chose comme la promesse suprême : la promesse de tenir promesse.Dans le but d\u2019en finir avec le cynisme, la désillusion si bien installée dans le paysage politique depuis 2003.Notre responsabilité face à la misère du monde LEDEVOIR // LE LUNDI 14 JANVIER 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS 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la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.AGENCE FRANCE-PRESSE À PARIS Le grand débat qui sera lancé mardi n\u2019est « ni une élection ni un référendum », a affirmé Emmanuel Macron dans sa « lettre aux Français », en appelant « le plus grand nombre » à y participer.Dans sa longue lettre, dont la publication a été avancée après avoir été rendue publique par des médias dimanche soir malgré l\u2019embargo fixé, le président annonce qu\u2019il «rendra compte directement » de cette consultation, dans le mois qui suivra sa fin, prévue le 15 mars.« J\u2019entends transformer avec vous les colères en solutions », indique-t-il en conclusion de cette lettre, dont il avait annoncé la publication en présentant ses vœux, en pleine crise des « gilets jaunes ».Il propose de baliser le débat avec une série de 35 questions portant sur quatre thèmes déjà fixés comme la démocratie, la transition écologique, la fiscalité ou l\u2019immigration.« Vos propositions permettront donc de bâtir un nouveau contrat pour la nation, de structurer l\u2019action du gouvernement et du Parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international », précise Emmanuel Macron.Parmi ces questions, figurent: «Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité?», «Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ?», «Quelles propositions concrètes feriez- vous pour accélérer notre transition environnementale?», «Faut-il accroître le recours aux référendums ?».Sur l\u2019immigration, Emmanuel Macron demande : « Une fois nos obligations d\u2019asile remplies, souhaitez- vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ?» Impôt sur la fortune Mais, comme l\u2019avaient annoncé plusieurs membres du gouvernement ces derniers jours, le président fixe aussi des lignes rouges.« Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises [\u2026] afin d\u2019encourager l\u2019investissement et faire que le travail paie davantage », sou- ligne-t-il, sans citer nommément l\u2019impôt sur la fortune (ISF), dont le rétablissement est réclamé par de nombreux gilets jaunes.« Nous ne pouvons poursuivre les baisses d\u2019impôt sans baisser le niveau global de notre dépense publique », prévient-il aussi.Macron lance 35 questions aux Français Le président fixe le cadre d\u2019un grand débat de société, qui n\u2019est « ni une élection ni un référendum » AGENCE FRANCE-PRESSE À PARIS Le secrétaire général de l\u2019ONG Reporters sans frontières, Christophe Deloire, a lancé dimanche « un cri d\u2019alarme » après des menaces et des agressions contre plusieurs journalistes lors de manifestations samedi de «gilets jaunes».«Incontestablement, hier [samedi], un cap a été franchi», s\u2019est inquiété Christophe Deloire sur le plateau de BFMTV.« On est devant une situation qui est très grave, qui menace d\u2019empirer», a-t-il ajouté.« Il faut lancer un cri d\u2019alarme au- jourd\u2019hui», a poursuivi le secrétaire général de RSF, demandant aux responsables politiques «qu\u2019ils disent qu\u2019ils réprouvent, qu\u2019ils condamnent» ces actes, « Une situation très grave qui menace d\u2019empirer » Reporters sans frontières lance « un cri d\u2019alarme » après des agressions de journalistes par des manifestants et que «ceux qui ont la parole au nom des gilets jaunes [\u2026] s\u2019en désolidarisent ».Tout en rendant hommage aux « gilets jaunes » « qui essayent de protéger » les journalistes pris à partie et en reconnaissant le droit de critiquer la ligne éditoriale d\u2019un média, il a montré du doigt d\u2019autres manifestants qui « sont dans un chantage antidémocratique inacceptable qui [\u2026] consiste à dire \u201csi vous ne couvrez pas les événe- ments exactement comme on l\u2019entend [\u2026], alors on est en droit de vous molester, de vous tabasser et, disons-le, de vous lyncher\u201d».Samedi, plusieurs journalistes ont été pris à partie ou agressés lors de la couverture de manifestations de « gilets jaunes ».À Rouen, un agent de sécurité qui accompagnait une équipe de LCI a été roué de coups alors qu\u2019il était à terre et a eu le nez fracturé.À Toulon, deux journalistes vidéo de l\u2019AFP ont été menacés alors qu\u2019ils filmaient des échauffourées, avant de trouver refuge dans un restaurant.À Marseille, une journaliste vidéo de France 3 et deux photographes ont été insultés et empêchés de travailler.À Toulouse, une journaliste de La dépêche du Midi, insultée et menacée de viol par des « gilets jaunes » cagoulés, a porté plainte dimanche.Son recours vise des « dégradations volontaires », ses agresseurs ayant endommagé la voiture dans laquelle elle se trouvait, siglée au nom de son journal.À Pau, un journaliste pigiste a reçu un coup de pied à la jambe.Il a indiqué dimanche qu\u2019il allait lui aussi se tourner vers la justice et faire constater sa blessure auprès d\u2019un médecin.« Aucune colère, aucune revendication ne peuvent justifier qu\u2019un journaliste soit blessé ou agressé parce qu\u2019il fait son travail », a dénoncé dimanche la société des journalistes de TF1 en exprimant son soutien à l\u2019équipe de LCI et « à l\u2019ensemble des rédactions concernées ».« Les reporters ne doivent pas être les défouloirs de manifestants irresponsables et haineux.La critique est nécessaire, mais la violence est inexcusable», ajoute la SDJ dans ce communiqué.Dans la nuit de vendredi à samedi, des « gilets jaunes » avaient aussi bloqué le centre d\u2019impression de L\u2019Yonne républicaine et empêché la diffusion de La Voix du Nord.Il ne cite pas, dans sa lettre, les thèmes du mariage pour tous, de l\u2019IVG ou de la peine de mort.Emmanuel Macron doit participer à un premier débat mardi avec des maires à Grand Bourgtheroulde (Eure), puis à un deuxième vendredi à Souillac (Lot), premières étapes d\u2019une série de déplacements en province.Le premier ministre, Édouard Philippe, doit préciser lundi les modalités de ce grand débat, notamment sur son pilotage après la défection de la présidente de la Commission nationale du débat public, Chantal Jouanno, après une polémique sur sa rémunération.Emmanuel Macron a publié sa lettre au lendemain d\u2019un neuvième samedi de mobilisation des gilets jaunes marqué par un regain de mobilisation.CRISE DES GILETS JAUNES D\u2019anciens soldats français ont épinglé leurs médailles militaires sur leurs gilets jaunes avant de se joindre aux manifestations sur les Champs-Élysées, samedi.LUCAS BARIOULET AGENCE FRANCE-PRESSE Plusieurs protestataires un peu partout en France ont affiché leur demande de démission de Macron.RAYMOND ROIG AGENCE FRANCE-PRESSE La police a dû faire face au Mans, samedi, à des barricades enflammées par les gilets jaunes.AGENCE FRANCE-PRESSE Les reporters ne doivent pas être les défouloirs de manifestants irresponsables et haineux CHRISTOPHE DELOIRE » "]
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