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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-12-03, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CIX NO 275 / LE LUNDI 3 DÉCEMBRE 2018 / 1,30 $ + TAXES = 1,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM ENVIRONNEMENT Phosphore en excès Un point de saturation a été atteint dans le sol de rivières ALICE ZANETTA LE DEVOIR A u Canada, comme en Chine et aux États-Unis, l\u2019utilisation actuelle du phosphore est tellement massive qu\u2019un point de saturation a été atteint dans le sol de plusieurs rivières.L\u2019élément chimique se répand alors plus facilement dans les différents cours d\u2019eau.Selon des biologistes, il devient urgent d\u2019agir « pour assurer la durabilité de nos ressources en eau ».Une récente étude québécoise publiée dans la revue scientifique Nature Geoscience établit pour la première fois un seuil maximal au-delà duquel le phosphore ne peut plus être contenu dans la terre des bassins-versants.L\u2019élément chimique, non absorbé, remonte alors à la surface et se déverse, en partie, dans de plus grands cours d\u2019eau, comme les fleuves.« Si on considère les taux actuels, ce seuil a été franchi à plusieurs endroits et pourrait être atteint très rapidement ailleurs », prévient d\u2019emblée Jean-Olivier Goyette, doctorant en biologie à l\u2019Université de Montréal.M.Goyette a mené la INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Religion .B6 Société .A5 Sports.B4 Sudoku .B6 Sur la route.B5 ACTUALITÉS Vers une expansion du parc national du Mont-Saint-Bruno ?A 3 SUR LA ROUTE Le Réseau Express Vélo et les défis de la cohabitation B 5 C\u2019est ce matin aux aurores que David Saint-Jacques réalisera son rêve d\u2019enfance de voyager dans l\u2019espace.L\u2019heure de départ de la fusée Soyouz et de ses trois passagers est prévue pour 6h31, heure de Montréal.Les membres de la famille proche de l\u2019astronaute québécois sont sur les lieux, au Kazakhstan, pour regarder le vaisseau prendre son envol.À lire en page A8: un aperçu de la mission en chiffres.KIRILL KUDRYAVTSEV AGENCE FRANCE-PRESSE David Saint-Jacques, du rêve à la réalité MARCO FORTIER LE DEVOIR La vague démographique qui fait déborder les écoles primaires atteint désormais l\u2019enseignement secondaire.Selon ce que Le Devoir a appris, un nombre record d\u2019une trentaine de demandes de construction ou d\u2019agrandissement d\u2019écoles secondaires ont été soumises au gouvernement au cours des derniers mois.Après des années de baisse, la fréquentation des écoles secondaires du Québec a augmenté pour la première fois durant l\u2019année scolaire 2016-2017.Et ça ne fait que commencer.Pas moins de 60 000 élèves supplémentaires viendront gonfler les rangs du secondaire (en français) d\u2019ici 10 ans, selon les prévisions du ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur (MEES).Le nombre d\u2019élèves du réseau public secondaire francophone doit passer de 280 000 à 340 000 d\u2019ici 2029-2030, prévoit le MEES.Cette explosion anticipée de la clientèle au secondaire représente un casse-tête pour les commissions scolaires et pour le ministère, déjà aux prises avec des écoles primaires surpeuplées.«La hausse du nombre d\u2019élèves au secondaire va arriver tellement vite qu\u2019on va se faire prendre les culottes baissées si on ne relève pas le défi tout de suite.À la place du gouvernement, je lancerais un deuxième Lab-école», a réagi Marc- André Carignan, architecte, chroniqueur et auteur du livre Les écoles qu\u2019il nous faut, publié en août dernier.« Le danger, c\u2019est qu\u2019on se retrouve avec des écoles secondaires surpeuplées, sans bibliothèque ou sans local informatique parce qu\u2019on manque de locaux de classe, comme au primaire à l\u2019heure actuelle », ajoute-t-il.L\u2019occasion est belle de renouveler le parc immobilier des écoles secondaires, dont plusieurs ont été construites comme des bunkers bétonnés et sans fenêtres, dans les années 1970.Dans un monde idéal, il faudrait non seulement construire de nouvelles écoles, mais agrandir les bâtiments actuels, ajouter DÉMOGRAPHIE Les écoles secondaires débordent à leur tour VOIR PAGE A 2 : PHOSPHORE Parfois surnommé «Dead Sea of North America», le lac Érié est un exemple probant des conséquences de l\u2019eutrophisation.ANDY MORRISON/THE BLADE/AP MONDE Manifestation des gilets jaunes : dur lendemain d\u2019émeutes à Paris VOIR PAGE A 2 : ÉCOLES ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE LUNDI 3 DÉCEMBRE 2018 La détérioration rapide des rivières inquiète les scientifiques PHOSPHORE SUITE DE LA PAGE A 1 recherche sous la supervision de Roxane Maranger, professeur à l\u2019Université de Montréal, et Elena Bennett, professeure à l\u2019Université McGill.Une fois le phosphore présent dans l\u2019eau, sa forte concentration peut favoriser la prolifération d\u2019algues.À terme, l\u2019accumulation de ces plantes rend l\u2019eau imbuvable et cause des dommages sur la faune aquatique.Un phénomène appelé eutrophisation.« Ce n\u2019est pas immédiat.Mais dans certains affluents du Saint-Laurent, on trouve déjà des indices d\u2019eutrophisation », déplore la chercheuse en biologie Roxane Maranger.Ces rejets chimiques proviennent principalement de l\u2019utilisation excessive des fertilisants agricoles et des eaux usées.Taux 50 fois supérieurs à la limite Le seuil de rétention, estimé à 2 tonnes par kilomètre carré, « s\u2019est révélé sur- prenamment bas », insiste M.Goyette.« Nos bassins les plus affectés [où l\u2019agriculture est plus intensive comme la rivière Yamaska] se situent entre 50 et 100 tonnes accumulées par kilomètre carré », souligne le spécialiste en biologie.Pour déterminer la capacité de rétention du phosphore, les chercheurs ont comparé la quantité accumulée depuis un peu plus d\u2019un siècle dans 23 bassins- versants, qui alimentent le fleuve Saint-Laurent, avec les concentrations de l\u2019élément chimique relevées dans l\u2019eau entre 1985 et 2011.Conséquences durables Un phénomène d\u2019autant plus inquiétant que l\u2019élimination du phosphore \u2014 si les apports cessent immédiatement \u2014 prendrait entre 100 et 2000 ans, selon les conditions du bassin-versant.« Sur la rive nord plus boisée du fleuve Saint-Laurent, [le temps d\u2019élimination varierait] entre 100 et 500 ans, alors que pour les bassins-versants agricoles intensifs de la rive sud, [cela prendrait] entre 1000 et 1500 ans environ », peut-on lire dans le rapport.Le lac Érié, parfois surnommé « Dead Sea of North America » par la communauté scientifique, est un exemple probant des conséquences de l\u2019eutrophisation.À cause des rejets massifs de phosphore par l\u2019agriculture environnante, le lac a connu plusieurs crises qui ont touché les villes voisines.C\u2019est le cas de la ville de Toledo, dans l\u2019Ohio, privée d\u2019eau pendant plusieurs jours en 2014.Des événements météorologiques plus puissants (ouragans et fortes pluies) ainsi que le réchauffement de l\u2019eau dus aux changements climatiques pourraient aussi accélérer le phénomène, explique la chercheuse Roxane Maranger.Phosphore superflu L\u2019utilisation agricole du phosphore est la source principale contribuant à l\u2019eutrophisation des rivières, mais « nous ne souhaitons pas simplement rejeter la faute sur les agriculteurs, précise Jean-Olivier Goyette.Il faut trouver collectivement des solutions ».Mais avant tout, il faut revoir notre utilisation superflue de ce produit, pressent les chercheurs.« En Europe, il y a des mesures plus progressives.Par exemple, les agriculteurs appliquent moins de phosphore et la plante va chercher par elle-même le phosphore dont elle a besoin, puisqu\u2019il est déjà présent dans le sol », détaille M.Goyette.« Réduire cet apport sera bénéfique pour la qualité de l\u2019eau et n\u2019aura pas d\u2019effet néfaste sur le rendement.Plusieurs études le prouvent », soutient le spécialiste en biologie, qui plaide pour que de telles approches soient mises en place rapidement au Canada.Depuis deux ans, la campagne Municipalités alliées contre la violence conjugale a réussi à rassembler 370 municipalités dans 16 régions du Québec.En photo, Chantal Arseneault, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, et Xavier-Antoine Lalande, maire de Saint- Colomban.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR UGO GIGUÈRE LA PRESSE CANADIENNE Offrir un congé de taxes, du transport gratuit, l\u2019accès à des équipements publics : les municipalités peuvent agir concrètement de nombreuses manières pour aider les maisons d\u2019hébergement et contrer la violence conjugale sur leur territoire.Depuis deux ans, la campagne Municipalités alliées contre la violence conjugale a réussi à rassembler 370 municipalités dans 16 régions du Québec.Elles se sont toutes engagées par l\u2019adoption d\u2019une résolution, mais elles sont maintenant appelées à passer à l\u2019action.Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale cherche aussi à rejoindre les autres localités, alors que, selon le décret de population 2018 du ministère des Affaires municipales et de l\u2019Habitation, on compte 1108 villes, villages, municipalités ou cantons au Québec.La présidente du regroupement, Chan- tal Arseneault, souligne que chaque dépense que peut éviter une maison d\u2019hébergement se traduit par des services supplémentaires aux femmes.«Une de nos principales activités, c\u2019est de sensibiliser la population à contrer la violence.Avec les municipalités, ça nous donne une vaste campagne qui vient soutenir le travail des maisons», mentionne Mme Arseneault.Elle plaide aussi pour une plus grande sensibilisation à la violence psychologique et verbale, qui demeure «très tolérée et peu dénoncée» contrairement à la violence physique, qui aujourd\u2019hui est socialement inacceptable.« Quand les femmes arrivent en maison d\u2019hébergement, souvent elles ne savent pas trop si elles ont vécu de la violence psychologique », témoigne Mme Arseneault.Se faire rabaisser, diminuer, inférioriser, tout ça constitue de la violence psychologique, explique-t-elle.Celle qui est coordonnatrice de la Maison l\u2019Esther, à Laval, invite les municipalités à prendre le temps d\u2019échanger avec les maisons d\u2019hébergement sur leur territoire pour discuter des enjeux particuliers de leur localité et mieux prévenir la violence conjugale.Des municipalités proactives Trois maires ont été invités à faire part des gestes entrepris par leur municipalité.À Amos, en Abitibi-Témisca- mingue, on accorde un congé de taxes municipales à la Maison Mikana, qui vient en aide aux femmes victimes de violence.Une aide financière est aussi versée à l\u2019organisme et une table ronde a été organisée pour mieux connaître la problématique et les besoins, a mentionné le maire, Sébastien D\u2019Astous.Sur la Côte-Nord, la Maison des femmes de Baie-Comeau profite aussi d\u2019un congé de taxes municipales.La ville du maire Yves Montigny fournit également un accès gratuit à des locaux, ainsi qu\u2019à des biens et services pour l\u2019organisation d\u2019activités.De plus, les femmes qui séjournent en hébergement d\u2019urgence peuvent laisser gratuitement leur animal domestique au refuge municipal.Dans les Laurentides, la municipalité de Saint-Colomban a aussi mis en place trois mesures précises.D\u2019abord, les frais de transport des victimes entre leur résidence et la maison d\u2019hébergement, située dans la ville voisine, Mira- bel, sont remboursés.Le trajet de 15 à 20 kilomètres peut coûter environ une trentaine de dollars en taxi.« Quand on sait que les femmes victimes de violence peuvent être privées de revenus ou privées de transport, c\u2019était essentiel d\u2019agir en ce sens-là », explique le maire Xavier-An- toine Lalande.De plus, Saint-Colomban a mis sur pied sa propre maison des familles et pris l\u2019initiative de former son personnel et celui de la maison des jeunes à dépister la violence familiale.VIOLENCE CONJUGALE Les villes incitées à agir 60 000 élèves de plus d\u2019ici 10 ans des fenêtres, réaménager les locaux et doter les écoles d\u2019équipements informatiques incontournables.« Si on veut lutter contre le décrochage et améliorer la littératie numérique, il faut transformer nos écoles secondaires, mais la réflexion n\u2019en est pas là dans le milieu de l\u2019éducation », explique Marc-André Carignan.Des règles complexes À ce jour, le MEES et les commissions scolaires sont accaparés par la surpopulation et par la pénurie d\u2019enseignants dans les écoles primaires, a constaté Le Devoir.Les gestionnaires du ministère de l\u2019Éducation ont également le souci d\u2019éviter de construire des écoles secondaires susceptibles de se vider dans 20 ou 25 ans, après l\u2019éventuel essoufflement de la vague démographique.« On excède nos capacités d\u2019accueil dans toutes nos écoles secondaires, sauf dans l\u2019est de notre territoire, mais les réponses du ministère se font attendre », dit Louise Lortie, présidente de la Commission scolaire de Laval (CSL).Elle prévoit une hausse de clientèle de 22 % au secondaire (3150 élèves supplémentaires) d\u2019ici l\u2019année scolaire 2026-2027.La Commission scolaire de Laval demande deux nouvelles écoles secondaires.En attendant, elle doit se débrouiller avec les moyens du bord.Pourquoi ?Parce qu\u2019avant d\u2019autoriser l\u2019ajout d\u2019espaces au secondaire, Québec exige entre autres que les commissions scolaires analysent la capacité d\u2019accueil de toutes leurs écoles, y compris les écoles primaires.Il peut même arriver que le ministère demande la transformation d\u2019une école primaire en école secondaire, indiquent les règles du MEES.Il n\u2019est cependant pas simple de loger des élèves du secondaire dans un bâtiment conçu pour le primaire, indiquent plusieurs sources.Par exemple, les écoles secondaires ont une cafétéria; les écoles primaires n\u2019en ont généralement pas.Les cours d\u2019école, les gymnases, les laboratoires de sciences et autres locaux du primaire sont aussi incompatibles avec l\u2019enseignement secondaire.À l\u2019avenir, les élèves devront aussi s\u2019attendre à passer plus de temps dans l\u2019autobus ou le métro, parce que le concept «d\u2019école de quartier» n\u2019existe pas au secondaire.Selon nos sources, Québec exige que les élèves fréquentent une école secondaire située jusqu\u2019à 20 kilomètres de leur domicile (du moins dans la région de Montréal), de façon à utiliser tous les locaux vacants dans les écoles, avant d\u2019autoriser l\u2019ajout d\u2019espace.Le MEES a confirmé au Devoir qu\u2019une trentaine de demandes de construction ou d\u2019agrandissement d\u2019écoles secondaires ont été soumises en vue du Plan québécois des infrastructures 2019- 2029.«Il s\u2019agit du plus grand nombre de demandes reçues pour ce type de clientèle depuis les dernières années», a précisé Esther Chouinard, porte-parole du MEES.Au moment où ces lignes étaient écrites, le ministère ne pouvait cependant pas répondre à d\u2019autres questions du Devoir.Casse-tête logistique La Commission scolaire de Laval a acquis en 2015 un bâtiment laissé vacant par une société pharmaceutique, rue Cunard, à l\u2019angle des autoroutes 15 et 440.C\u2019est en plein parc industriel.Pas question d\u2019aménager une école secondaire dans un quartier comme celui-là.Pour libérer de l\u2019espace dans ses écoles existantes, la commission scolaire a cependant déménagé des services de francisation des adultes et de formation professionnelle dans ce bâtiment.De son côté, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) s\u2019est fait dire de remplir ses écoles secondaires du centre et du sud de la ville, dont certaines ont un taux d\u2019occupation inférieur à 80 %.« On a quand même des écoles où il reste de la place, mais ça déborde tellement dans d\u2019autres quartiers qu\u2019on a fait beaucoup de représentations auprès du ministère pour tenir compte de la distance à parcourir par nos élèves », dit Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM.Le MEES s\u2019est montré sensible aux arguments de la CSDM et Québec a autorisé au cours des derniers mois la construction d\u2019annexes à trois écoles secondaires (La Voie et Saint-Luc, dans Côte-des-Neiges\u2013Notre-Dame- de-Grâce, et Sophie-Barat, dans Ahuntsic-Cartierville).L\u2019école Joseph- François-Perrault, dans le quartier Saint-Michel, a aussi eu le feu vert pour aménager des locaux de musique, en attendant la confirmation fort attendue d\u2019une salle de concert.La CSDM a soumis en août dernier des demandes de construction ou d\u2019agrandissement de trois autres écoles secondaires.« Je pense qu\u2019il va falloir demander chaque année une ou deux écoles secondaires.À moyen terme, ça ne suffira pas d\u2019utiliser nos espaces vacants dans des écoles existantes », dit Catherine Harel Bourdon.ÉCOLES SUITE DE LA PAGE A 1 L\u2019utilisation agricole du phosphore est la source principale contribuant à l\u2019eutrophisation des rivières Ce n\u2019est pas immédiat.Mais dans certains affluents du Saint- Laurent, on trouve déjà des indices d\u2019eutrophisation.ROXANE MARANGER » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 3 DÉCEMBRE 2018 Faire école V ous semblez tous vous être donné le mot, chers lecteurs, pour me faire part des couleurs de vos humeurs.J\u2019ai plaisir à vous lire.Toujours.Mais c\u2019est à croire que vous prenez, ces jours-ci du moins, les mots de cette chronique pour une rivière propre à noyer le trop-plein de vos chagrins.On peut bien rêver d\u2019un monde meilleur, mais ce ne doit pas être qu\u2019un rêve.«Just Singing a Song Won\u2019t Change the World », rappelle (dans une chanson) Neil Young.Sans être pour autant à son diapason, convenons que François Legault a raison lorsqu\u2019il dit que « c\u2019est par l\u2019éducation que le Québec a réussi à rattraper son retard, dans les années 1960 ».On pourrait cependant disputer le fait que tout le retard, consécutif à des décennies de laxisme, a été comblé depuis.Le nouveau premier ministre, nationaliste à l\u2019ancienne, un peu prompt, selon les canons du genre, à se péter les bretelles, promet d\u2019augmenter, année après année, le financement de l\u2019éducation.Oui, mais à quel point ?Le niveau d\u2019éducation ne saurait progresser dans la durée si pour cela on se contente d\u2019indexer son financement en fonction du coût de la vie ou encore si les investissements sont faits par à-coups.Cette dernière stratégie dite du « stop and go », pratiquée allégrement par les libéraux, confine au fiasco.M.Legault parle d\u2019audace.Le mot lui revient sans cesse à la bouche.Répété à satiété, ce leitmotiv ressemble à une demande à peine voilée pour exiger des enseignants qu\u2019ils déchirent encore leur chemise pour vêtir ceux que ce système sous-financé a laissés nus.Les enseignants ne s\u2019y sont pas trompés, suspectant d\u2019emblée le nouveau premier ministre de fonder son élan sur les freins qui leur sont imposés.Curieusement, le thème de la culture, corollaire à celui de l\u2019éducation, a été pratiquement occulté du discours d\u2019ouverture de cette nouvelle législature.La culture représente « l\u2019âme d\u2019un peuple », quelque chose qui « nous rend fiers », lance en l\u2019air François Legault.Mais sur cet « important moteur économique », pas le début d\u2019une pensée structurée.Rien sur la relation du système social québécois avec la distribution effective des connaissances, des idées, des sensibilités, de la culture.Cela ne va pas plus loin, hélas, que ce discours affecté, tenu en août dernier, dans une capsule électorale intitulée « L\u2019importance de la culture ».François Legault y disait tout au plus que, « grâce aux arts, la vie est plus belle ».Dans cet horizon pour le moins limité de ce que sont les arts, le chef de la CAQ concluait, dans une phrase alambiquée, qu\u2019« il y a une responsabilité de permettre à tous les jeunes de trouver des manières d\u2019apprécier le bonheur que ça peut amener, la culture ».Mais encore ?Au-delà de ces ballons avec lesquels François Legault tente péniblement de jongler, il y a en éducation des problèmes précis à régler.Je n\u2019en nommerai aujourd\u2019hui qu\u2019un seul, majeur, fondamental : celui de l\u2019accès aux écoles, particulièrement dans un cœur urbain comme Montréal.Les écoles débordent, sans parler du fait qu\u2019elles sont en fort mauvais état.Ce trop-plein est sans cesse déversé plus loin, là où le niveau est pourtant déjà à ras bord.À Montréal et dans son pourtour immédiat, nombre d\u2019élèves se retrouvent ainsi ballottés dans des écoles que l\u2019on substitue tant bien que mal à la leur.Alors que l\u2019augmentation du nombre d\u2019élèves devrait être envisagée comme une promesse d\u2019avenir meilleur, elle est vécue, faute de planification et de sens de l\u2019action, sous forme de catastrophe.Pourquoi ?Les terrains pour construire des écoles sont devenus aussi rares que chers.La CSDM a presque tout à fait épuisé ses ressources en la matière, lesquelles n\u2019ont été d\u2019ailleurs, depuis bien des années, que le fait de prélèvements sur ses maigres réserves de pain sec et d\u2019eau claire.Pendant ce temps, les discours pleins d\u2019élans sur la nécessité de faire des efforts et des sacrifices en éducation rendent peu compte de ce problème premier qui est celui de la brique et du mortier.Que faire ?Certes, il n\u2019est pas courant d\u2019aller jusqu\u2019à exproprier pour construire des écoles.Et pourtant, on le fait volontiers pour construire le REM, comme si c\u2019était celui-ci le vrai train de l\u2019avenir ! La Ville de Montréal n\u2019a pas à proprement parler à financer les acquisitions d\u2019une commission scolaire, même si, bien sûr, elle y trouve son intérêt.De son côté, l\u2019État québécois, si on en juge par la vente récente des terrains de l\u2019ancien Hôpital pour enfants de l\u2019arrondissement Ville-Marie à un promoteur, ne semble pas se soucier de la priorité à accorder à la construction d\u2019écoles.Ainsi le ministère de la Santé a vendu tout bonnement son terrain au plus offrant, sans penser plus loin que le bout de son nez.De son côté, la Municipalité n\u2019a pas cru bon de faire alliance avec la commission scolaire en exigeant le fractionnement de l\u2019emplacement.À quand des projets immobiliers où l\u2019école ne sera pas piétinée par des logements à cheval les uns sur les autres ?Il faudrait être créatif.Pourquoi ne pas enfin apprendre à recycler élégamment des bâtiments ?L\u2019ancien hôpital de la Miséricorde par exemple, dans le Centre-Sud.Ces murs ont beau suinter la douleur de générations de filles-mères, ils pourraient faire le bonheur scolaire de tout un quartier.On peut bien rêver d\u2019un système d\u2019éducation meilleur.Mais, comme pour tout le reste, ce ne doit pas être qu\u2019un rêve.Nous avons vite besoin d\u2019écoles.Très vite.JEAN- FRANÇOIS NADEAU On peut bien rêver d\u2019un système d\u2019éducation meilleur.Mais, comme pour tout le reste, ce ne doit pas être qu\u2019un rêve.Nous avons vite besoin d\u2019écoles.Très vite.KARL RETTINO-PARAZELLI LE DEVOIR L\u2019Institut québécois d\u2019intelligence artificielle (Mila) recevra près de la moitié des 30 millions de dollars du gouvernement fédéral destinés à financer une première cohorte de chercheurs spécialisés en intelligence artificielle à travers le pays.L\u2019Institut canadien de recherches avancées (ICRA) doit annoncer lundi que 14 chercheurs affiliés à Mila recevront chacun un million de dollars pour financer leur propre programme de recherche en intelligence artificielle (IA).Ces titulaires d\u2019une chaire de recherche pourront ainsi former et embaucher du personnel ou acheter de l\u2019équipement.Dans le reste du pays, onze titulaires de chaires seront établis au Vector Institute de Toronto et quatre autres seront affiliés à l\u2019Alberta Machine Intelligence Institute d\u2019Edmonton.La liste des titulaires québécois comprend notamment le directeur scientifique de Mila, Yoshua Bengio, le chercheur de Google Brain Hugo Larochelle et la directrice du laboratoire montréa- lais de Facebook en intelligence artificielle, Joëlle Pineau, mais également plusieurs noms moins connus.Parmi les 29 chercheurs sélectionnés, près de la moitié obtiendront leur premier poste universitaire au Canada après avoir passé des années à étudier aux États-Unis, en Chine, en France ou en Iran.Retenir les talents Les titulaires d\u2019une chaire de recherche seront financés par l\u2019entremise de la Stratégie pancanadienne en matière d\u2019intelligence artificielle du gouvernement fédéral.Cette stratégie annoncée dans le budget 2017 est dotée d\u2019une enveloppe totale de 125 millions de dollars, qui est administrée par l\u2019ICRA.Le programme de chaires de recherche a pour but de recruter et de retenir les meilleurs talents en IA au Canada, afin de répondre à la chasse aux cerveaux sur la scène internationale.« Les titulaires d\u2019une chaire [\u2026] formeront l\u2019ossature de recherche d\u2019un écosystème robuste et durable de l\u2019IA qui contribuera au maintien de la position de chef de file du Canada dans le développement et l\u2019application de l\u2019apprentissage automatique», souligne le communiqué officialisant l\u2019annonce, diffusée lundi.Les nouveaux titulaires d\u2019une chaire de recherche se pencheront sur différents sujets, dont le traitement du langage naturel, la reconnaissance des images, l\u2019apprentissage par renforcement et le diagnostic médical.CANADA Montréal reçoit la part du lion en intelligence artificielle L\u2019institut québécois d\u2019IA, Mila, comptera 14 des 29 titulaires de chaires de recherche financés par Ottawa KARL RETTINO-PARAZELLI LE DEVOIR La superficie du parc national du Mont- Saint-Bruno, en Montérégie, pourrait augmenter de moitié grâce à l\u2019annexion d\u2019un ancien champ de tir, situé à proximité, dont le ministère fédéral de la Défense nationale veut se défaire.Les élus de la grande région de Montréal appuient l\u2019idée et demandent à Québec et Ottawa de « conclure rapidement » une entente.Le ministère de la Défense nationale a fait connaître l\u2019an dernier son intention de se départir d\u2019un ancien champ de tir de 4,4 kilomètres carrés situé juste à côté du parc national du Mont-Saint-Bruno, dont la superficie est actuellement de 8,8km2.Le processus officiel de consultation n\u2019a pas encore débuté, mais les élus de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) ont déjà fait leur nid.Le comité exécutif de la CMM, qui regroupe 82 municipalités, a adopté le 4 octobre dernier une résolution demandant au ministre de la Défense nationale du Canada, Harjit Sajjan, et au ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec, Pierre Dufour, de « conclure rapidement une entente » pour intégrer l\u2019ancien champ de tir au parc national.Ils ont notamment fait valoir que les terrains fédéraux « présentent plusieurs milieux naturels d\u2019intérêt », y compris des habitats essentiels pour la rainette faux-grillon de l\u2019Ouest et le ginseng à cinq folioles, qui sont reconnus par la Loi fédérale sur les espèces en péril.Réactions prudentes À Québec comme à Ottawa, on se montre pour l\u2019instant prudent.« Nous procédons actuellement à des évaluations du site de l\u2019ancien champ de tir de Saint-Bruno et à des consultations avec les groupes des Premières Nations et les intervenants afin d\u2019évaluer les possibilités de transferts ou de vente pour cette propriété », se contente de répondre l\u2019attachée de presse du ministre Sajjan, Byrne Furlong.Au cabinet du ministre Dufour, on indique que le dossier est en cours d\u2019analyse et qu\u2019il pourrait faire l\u2019objet de discussions avec des représentants du gouvernement fédéral dans les prochaines semaines.Avant d\u2019envisager une annexion de l\u2019ancien champ de tir au parc national du Mont-Saint-Bruno, le ministère de la Défense doit procéder à une consultation formelle avec tous les groupes intéressés.Selon la politique du Conseil du Trésor, le terrain sera d\u2019abord offert aux groupes des Premières Nations, avant d\u2019être proposé dans l\u2019ordre aux autres ministères fédéraux, aux ministères provinciaux et aux municipalités.« Si ces groupes ne sont pas intéressés à en faire l\u2019acquisition, le terrain sera ensuite disponible sur le marché suivant un processus concurrentiel à travers les services d\u2019un agent immobilier », explique le ministère de la Défense par courriel.Pour la conservation Le maire de Saint-Bruno-de-Montar- ville, Martin Murray, est favorable à l\u2019intégration du terrain au parc national.C\u2019est également le « premier choix » de la mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy, même si celle-ci a déjà évoqué l\u2019idée d\u2019y bâtir un quartier de «démonstration des meilleures pratiques de construction verte ».La porte-parole de la Ville, Mélanie Brisson, précise aujourd\u2019hui que cette idée n\u2019est qu\u2019au stade de la réflexion et qu\u2019« une consultation publique précéderait toute initiative de la Ville ».Les deux communautés mohawks de la grande région de Montréal, Kanesa- take et Kahnawake, n\u2019ont pas répondu à nos demandes concernant leur intérêt pour le terrain fédéral.« L\u2019objectif, c\u2019est que le milieu naturel, qui est très important, soit conservé par Québec ou les Premières Nations et qu\u2019il n\u2019y ait pas de développement immobilier, soutient le coordonnateur du Mouvement ceinture verte, Sylvain Perron.Si le terrain devait être cédé à la Sépaq, ce serait bénéfique pour l\u2019accès à la nature, parce que le parc du Mont- Saint-Bruno est saturé.» MONT SAINT-BRUNO La superficie du parc national pourrait augmenter de moitié Le ministère canadien de la Défense veut se défaire d\u2019un ancien champ de tir Avant d\u2019envisager une annexion de l\u2019ancien champ de tir au parc national du Mont-Saint-Bruno, le ministère de la Défense doit procéder à une consultation officielle avec tous les groupes intéressés.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR LEDEVOIR // LE LUNDI 3 DÉCEMBRE 2018 ACTUALITÉS A 4 Jusqu\u2019à Noël, découvrez chaque jour un mot qui résume l\u2019actualité de l\u2019année et capte l\u2019esprit du temps.3 décembre : dégagisme FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Un vent de changement.La fin de l\u2019alternance.Un raz de marée\u2026 Au lendemain du scrutin provincial, les formules fusent pour qualifier la victoire de la CAQ et l\u2019ascension des 74 députés, principalement des nouveaux venus en politique, que la formation politique nationaliste de droite fait entrer à l\u2019Assemblée nationale.Ici, comme ailleurs, les vieux partis viennent de goûter au dégagisme.Le concept vient de loin, de la Tunisie du Printemps arabe, où il est né sous les « dégage ! » lancés au président Ben Ali par les manifestants.Il est passé par la France pour expliquer la victoire d\u2019Emmanuel Macron, contre la droite et la gauche ou encore par les États- Unis pour mettre un mot sur le spectacle intitulé « Donald Trump contre les élites ».Avant de trouver son incarnation au Québec.On le dit nourri par la perte de confiance dans les institutions publiques.Or, le dégagisme serait aussi alimenté par le populisme anti-sys- tème et par la construction sociale de l\u2019information en ligne qui, confrontés à la réalité et aux faits vérifiés, alimente désormais malentendus et impression de trahisons.La colère le fait ensuite entrer dans des urnes, où, dans de telles circonstances, il risque de durablement s\u2019installer.Avec l\u2019arrivée de François Legault à la tête du Québec, les vieux partis ont goûté au dégagisme.JACQUES NADEAU LE DEVOIR AGENCE FRANCE-PRESSE À WASHINGTON Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé son intention de faire savoir au Congrès qu\u2019il envisageait d\u2019abroger l\u2019Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) dans le but de faire pression sur les législateurs pour qu\u2019ils approuvent la nouvelle entente entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.M.Trump, le premier ministre Justin Trudeau et l\u2019ancien président mexicain Enrique Peña Nieto ont signé le nouvel accord entre les trois pays au début des réunions du G20, vendredi en Argentine.M.Trump était à bord d\u2019Air Force One, de retour de Buenos Aires, lorsqu\u2019il a déclaré qu\u2019il mettrait fin à l\u2019ALENA, ce qui donnerait six mois aux membres du Congrès américain pour approuver l\u2019Accord Canada\u2013États-Unis\u2013Mexique (ACEUM).Changements dans l\u2019ACEUM Une première analyse du libellé définitif du nouvel accord de libre-échange signé vendredi par le Canada permet de découvrir deux changements par rapport au texte initial : le premier pourrait être avantageux pour le secteur automobile ; le second pourrait causer des problèmes en regard du droit du travail.Véhicules et pièces automobiles.Le Canada a signé avec les États-Unis une lettre d\u2019accompagnement sur le secteur automobile.En vertu de cet accord, le Canada pourra exporter sur une base annuelle jusqu\u2019à 2,6 millions de véhicules pour le transport de personnes sans être assujetti aux droits douaniers imposés par les États-Unis.Cette limite se situe bien au-dessus du plafond de 1,8 million de véhicules qui existait jusqu\u2019à maintenant.Toutefois, on ne prévoit pas que le pays puisse atteindre ce quota d\u2019ici au moins 10 ans, puisque la production canadienne est en déclin, tout comme la demande des consommateurs.Orientation sexuelle, identité des genres et droits des travailleurs.Dans une version initiale, les trois pays s\u2019engageaient à mettre en œuvre des politiques afin de protéger les travailleurs contre la discrimination en matière d\u2019emploi fondée sur le sexe, y compris en ce qui concerne le harcèlement sexuel, la grossesse, l\u2019orientation sexuelle, l\u2019identité de genre.La note d\u2019information sommaire parlait même de « nouvelle obligation contraignante et exécutoire ».Le texte final en atténue un peu la portée selon divers analystes.La mention «que [chaque pays] considère appropriées» a été ajoutée.Une note de bas de page reconnaît aussi que «les politiques existantes des agences fédérales des États-Unis concernant l\u2019embauche de travailleurs fédéraux sont suffisantes afin de remplir les obligations prévues au présent article».Celui-ci «ne requiert par conséquent aucune action additionnelle de la part des États-Unis».Un texte toujours controversé Un certain nombre de démocrates au Congrès ont indiqué qu\u2019ils avaient des problèmes avec l\u2019ACEUM dans sa forme actuelle et affirmé qu\u2019il faudrait des mécanismes d\u2019application plus stricts pour les nouvelles règles du travail et des mesures de protection de l\u2019environnement afin de gagner leur soutien.Certains républicains y voient aussi des problèmes : le sénateur de Floride, Marco Rubio, soutient que cet accord procure aux producteurs agri- Trump veut que l\u2019ALENA disparaisse rapidement AMÉLIE BOTTOLLIER-DEPOIS À KATOWICE AGENCE FRANCE-PRESSE Les 200 pays réunis en Pologne pour tenter de mettre en orbite l\u2019accord de Paris doivent « faire beaucoup plus » pour limiter les impacts sans précédent du dérèglement climatique, a plaidé l\u2019ONU dimanche malgré des vents contraires peu propices à une réponse ambitieuse.La 24eConférence de l\u2019ONU sur le climat (COP24) s\u2019est ouverte à Katowice, en pleine région houillère, avec dans tous les esprits l\u2019alerte rouge récemment émise par le GIEC (Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019évolution du climat, qui fait autorité sur ces questions).Désastres météorologiques, incidence sur la santé ou les rendements agricoles, concentrations record de CO2 dans l\u2019atmosphère\u2026 « Les impacts du changement climatique n\u2019ont jamais été aussi graves », a martelé la responsable climat de l\u2019ONU, Patricia Espinosa.Avec l\u2019accord de Paris en 2015, le monde s\u2019est engagé à limiter la hausse de la température à +2 °C par rapport à l\u2019ère préindustrielle et idéalement à +1,5 °C.Le récent rapport du GIEC a souligné la différence « nette » des impacts entre ces deux objectifs, que ce soit sur les vagues de chaleur ou l\u2019augmentation du niveau des mers.« Le monde nous regarde » Pourtant, les engagements pris au- jourd\u2019hui par les signataires de Paris mèneraient à un monde à +3 °C.La planète ayant déjà gagné +1 °C, il faudrait, pour rester sous +1,5 °C, que les émissions de CO2 soient réduites de près de 50 % d\u2019ici à 2030 par rapport à 2010, selon le GIEC.« Le monde nous regarde.[\u2026] Même si l\u2019accord de Paris est un jalon majeur et l\u2019expression de la volonté du monde de lutter contre le changement climatique, cela ne suffit pas », a de son côté déclaré à l\u2019AFP Maria Fernanda Espinosa, la présidente de l\u2019Assemblée générale de l\u2019ONU.« Le genre humain est menacé de disparition, alors nous devons agir d\u2019urgence, maintenant, et avec audace », a-t-elle ajouté.Dans une déclaration inhabituelle, les présidents des quatre précédentes COP, dont le Français Laurent Fabius, qui était à la manœuvre en 2015 pour l\u2019accord de Paris, ont également appelé la communauté internationale à envoyer un « message sans équivoque » sur ses ambitions.Engouement minime Mais les États seront-ils prêts à le faire pendant cette COP24 ?Les membres du G20, à l\u2019exception des États-Unis, ont certes réaffirmé samedi leur soutien à l\u2019accord de Paris.Mais «les étoiles ne sont plus alignées, manifestement», s\u2019inquiète Seyni Nafo, le porte-parole du groupe Afrique, en raison du contexte géopolitique.Ainsi, Donald Trump a répété au G20 son rejet de l\u2019accord de Paris et le futur président brésilien, Jair Bolsonaro, a évoqué une sortie de son pays également du pacte climatique.«Mais pour l\u2019Afrique, quelles que soient les péripéties de la géopolitique, nous n\u2019avons pas le choix.Nous ressentons les impacts du changement climatique tous les jours [\u2026] Nous allons amplifier notre action», a déclaré Seyni Nafo à l\u2019AFP.Le sommet d\u2019une journée, lundi à Katowice, où la présence d\u2019une vingtaine de dirigeants seulement est confirmée, pourrait donner un signe quant aux intentions du reste du monde.Mais malgré le dialogue politique dit de « Talanoa » destiné à évoquer une hausse des ambitions, les observateurs craignent que la plupart des États, encouragés à réviser leurs engagements pour 2020, n\u2019attendent un autre sommet convoqué par le secrétaire général de l\u2019ONU en septembre 2019 à New York pour afficher leurs objectifs.Quant à la Pologne, le pays hôte de la réunion et défenseur acharné de son industrie du charbon, son « principal » objectif est l\u2019adoption du manuel d\u2019utilisation de l\u2019accord de Paris.Comme une loi a besoin d\u2019un décret d\u2019application, l\u2019accord ne pourra libérer son potentiel sans des règles précises, notamment sur la « transparence » (comment les États rendent compte de leurs actions, de leurs financements, de leurs résultats) ou le degré de flexibilité accordé aux pays les plus pauvres.« Il n\u2019y a pas d\u2019accord de Paris sans Katowice », a martelé la présidence polonaise de la COP24.Mais les débats risquent d\u2019être très âpres sur ces sujets délicats, tout comme sur la question des financements Nord-Sud.Les pays développés se sont engagés à porter à 100 milliards de dollars par an d\u2019ici à 2020 leur aide au financement des politiques climatiques des pays en développement.Même si ces flux sont en augmentation selon l\u2019OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), beaucoup de pays du Sud réclament des engagements plus clairs pour que cette promesse soit tenue.D\u2019autant qu\u2019ils sont les plus vulnérables face aux impacts déjà en œuvre du changement climatique.Si on ne parvient pas « à agir maintenant », cela « risque de nous pousser vers un point de non-retour avec des conséquences catastrophiques sur la vie telle que nous la connaissons », a ainsi mis en garde Amjad Abdulla, négociateur pour le groupe des États insulaires.ENVIRONNEMENT COP24 : le monde appelé à faire plus pour limiter les catastrophes climatiques CALENDRIER DE L'AVENT La Chine et les États-Unis concluent une trêve SHANGHAI \u2014 Donald Trump et Xi Jinping se sont mis d\u2019accord samedi sur une trêve dans la guerre commerciale qui menace les économies de leurs pays, mais les analystes soulignent que cette pause ne résout pas encore les problèmes de fond de leur rivalité économique.Aux termes de l\u2019accord conclu samedi pendant le sommet du G20 à Buenos Aires, la Maison-Blanche a annoncé qu\u2019elle allait reporter de 90 jours une hausse des tarifs douaniers sur les importations chinoises.Parallèlement, la Chine s\u2019est engagée à augmenter les importations américaines.La surenchère de droits de douane entre la Chine et les États-Unis depuis le printemps pèse déjà sur la croissance mondiale.Le FMI estime qu\u2019à court terme, le PIB mondial pourrait être réduit de 0,75 % si les tensions commerciales devaient encore s\u2019accroître.Agence France-Presse coles mexicains un avantage injuste qui pourrait mettre les entreprises saisonnières en faillite.Des experts du commerce soupçonnent depuis longtemps que le président Trump, qui a fait des critiques de l\u2019ALENA une pièce maîtresse de son discours politique, pourrait jouer la carte de l\u2019abrogation pour torpiller les détracteurs de la nouvelle entente.Selon un porte-parole de la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, les commentaires du président Trump font partie du processus américain de ratification.«Nous irons de l\u2019avant avec notre propre processus puisque la nouvelle entente a été signée », a dit Adam Austen.Trump, Trudeau et Peña Nieto ont signé le nouvel accord entre les trois pays au début des réunions du G20 Le sommet d\u2019une journée, lundi à Katowice, où la présence d\u2019une vingtaine de dirigeants seulement est confirmée, pourrait donner un signe quant aux intentions du reste du monde SOCIÉTÉ A 5 LEDEVOIR // LE LUNDI 3 DÉCEMBRE 2018 L La French Connection en Ontario Un vent francophile souffle sur la province de Doug Ford L\u2019heure est à la résistance pour les francophones de l\u2019Ontario échaudés par les décisions du gouvernement Ford.Mais si on s\u2019attardait un instant à la francophilie ontarienne pour comprendre comment certaines vieilles tensions et rancœurs s\u2019essoufflent face à la complexité d\u2019un nouveau paysage sociolinguistique ?SYLVIE ST-JACQUES COLLABORATION SPÉCIALE LE DEVOIR e samedi 8 décembre, à Kingston, le théâtre du Centre culturel Frontenac présentera un concert de Noël du trio Barbecue, un ensemble de jazz manouche de Montréal qui se produit en français.Cet hiver, l\u2019humoriste Jean-Mi- chel Anctil se produira sur cette scène, qui programme à l\u2019année du théâtre et des spectacles jeunesse en français.Au centre-ville de Kingston, un restaurant bien en vue tient le deuxième jeudi du mois un 5 à 7 francophone.Il n\u2019est pas rare d\u2019être accueilli par un « Bonjour et bienvenue ! » dans les commerces et lieux touristiques de la ville, ou d\u2019entendre parler français rue Princess ou au bar d\u2019une cidrerie du coin.À l\u2019Université Queen\u2019s, des étudiants créent des groupes de conversation en français, parce que le bilinguisme sera un atout de plus pour lancer leur carrière ou pour avoir accès à certains documents anciens ou à des ouvrages non traduits.Vent francophile Il ne s\u2019agit pas d\u2019un mirage : un vent francophile souffle bel et bien sur le sud de l\u2019Ontario.Selon Chantal Prud\u2019homme, directrice du Centre culturel Frontenac, le tournage à Kingston de La petite séduction, en 2017, pourrait avoir noué l\u2019idylle spontanée entre les Kingstoniens et le français.« Cela a mis Kingston sur la \u201cmappe\u201d ! Les touristes québécois connaissaient déjà Sandbanks, mais désormais, ils découvrent les croisières, le lac Ontario.Cela motive les commerçants de la ville à mieux servir la clientèle francophone.» Depuis qu\u2019elle a élu domicile à Kingston, il y a deux ans, la Québécoise Chantal Prud\u2019homme observe comment cette francophilie influe sur la décision de nombreux parents du coin (francophones et anglophones) d\u2019inscrire leurs enfants à l\u2019école en français.« De plus en plus, les gens cherchent à offrir toutes sortes d\u2019expériences culturelles à leurs jeunes.Ils trouvent ça important de développer le bilin- Une quarantaine de rassemblements se sont tenus en Ontario, samedi, pour dénoncer les compressions du gouvernement Ford dans les services aux francophones.LARS HAGBERG AGENCE FRANCE-PRESSE guisme chez les jeunes qui vont faire la société de demain », exprime celle qui dessert aussi une clientèle d\u2019aînés.Une clientèle qui, par simple esprit de découverte et de curiosité, aime aussi assister à des spectacles en français.Si le Centre Frontenac n\u2019a pas été touché par les politiques de Doug Ford, la directrice témoigne que l\u2019organisme a été atteint « au cœur.» « On se sent visés, parce qu\u2019on reçoit des subventions du Conseil des arts de l\u2019Ontario.Pour l\u2019instant, il n\u2019y a pas eu d\u2019annonce touchant le milieu culturel.Mais on est sur le qui-vive.» Porte ouverte sur le monde « Je suis désolé, j\u2019aurais aimé vous parler en français pour l\u2019entrevue ! » s\u2019excuse John Done, un avocat de Kingston et père de deux adolescents qui ont fréquenté des programmes d\u2019immersion et des écoles francophones de la ville.Marié à une Colombienne, John Done est un grand fervent de l\u2019éducation en français, d\u2019abord parce qu\u2019il se dit privilégié de pouvoir offrir cet accès à une langue seconde à ses filles inscrites à l\u2019école secondaire Marie-Rivier.« S\u2019il existait une école espagnole, c\u2019est là qu\u2019iraient nos filles.J\u2019ai grandi au Manitoba, dans un contexte où on n\u2019entendait personne parler français dans la vie courante, mais on nous forçait à l\u2019apprendre à l\u2019école.La réalité est bien différente aujourd\u2019hui.Nous sommes privilégiés d\u2019avoir ce choix.» Certes, comprendre le français est un atout pour apprécier la dramaturgie de Jean Marc Dalpé ou la poésie de Fran- D\u2019année en année, la clientèle augmente.Plusieurs employeurs paient d\u2019ailleurs des cours de français.CHANTAL HUDON » Le président de l\u2019Assemblée de la francophonie de l\u2019Ontario, Carol Jolin FRED CHARTRAND LA PRESSE CANADIENNE çois Desbiens, mais la langue de Mo- lière a aussi un côté utilitaire, pour des universitaires qui veulent lire Bourdieu ou Foucault dans la langue d\u2019origine, ou des gens d\u2019affaires soucieux de servir leurs clients.Si en septembre dernier, Louis-Pa- trick St-Pierre a eu l\u2019idée de composer un cercle de conversation en français avec ses collègues doctorants de l\u2019Université Queen\u2019s, c\u2019est avant tout parce qu\u2019il a compris que sa langue natale avait une valeur dans le monde professionnel et universitaire.« J\u2019ai un ami qui vient de la région du Bengale en Inde et s\u2019intéresse à l\u2019histoire de la poudre à canon.Il veut avoir accès à certains documents anciens liés à ce domaine de recherche qui sont seulement disponibles en français.Mon ami franco-ontarien, quant à lui, veut perfectionner son français pour améliorer ses perspectives d\u2019emploi alors que, pour mon ami turc, c\u2019est pour des raisons scolaires », raconte ce chercheur originaire de la Gaspésie, qui pense que les vieilles tensions « an- glais-français » s\u2019atténuent dans un contexte de mondialisation.« Il y a toute une diplomatie qui commence à réfléchir sur le rôle de la francophonie comme résistance dans un monde où l\u2019anglais prend toute la place.L\u2019année passée, j\u2019ai participé à un séminaire sur l\u2019histoire et la mémoire de la Commémoration.J\u2019ai rencontré des professeurs et étudiants de Queen\u2019s qui s\u2019étaient fait dire \u201cSpeak White.\u201d Depuis que je suis arrivé ici il y a un an, je n\u2019ai jamais vécu ça.» Langue des arts et des affaires ?À l\u2019instar des Gabrielle Goulet, Brian St- Pierre, Stef Paquette, Andrea Lindsay, Julie Kim, Véronic DiCaire, Improtéine et Damien Robitaille, la chanteuse franco-ontarienne Melissa Ouimet poursuit une carrière dans sa langue natale et recueille la sympathie et l\u2019intérêt des mélomanes bilingues.Ces jours-ci, elle pense aux luttes de son père, «une tête de cochon francophone!» «J\u2019avais 12ans au moment de la bataille de Montfort.Je me souviens de la signification de ces manifs, nos profs nous en parlaient, nous disaient que c\u2019était important», dit la musicienne, aussi bien accueillie dans les provinces anglophones que dans le monde francophone.«La musique, c\u2019est universel, c\u2019est le monde des émotions.» « Je pense que plusieurs anglophones voient une richesse dans la culture franco-ontarienne, qui est très vivante et vibrante.Pour plusieurs d\u2019entre eux, c\u2019est une façon de s\u2019initier au français », estime Chantal Prud\u2019homme.Cela dit, les cours de français pour les adultes de Kingston recrutent de plus en plus de francophones établis en Ontario, qui veulent renouer avec leur langue maternelle, et d\u2019anglophones souhaitant maîtriser le français pour se débrouiller au Québec ou dans les pays de la francophonie.« Un peu comme d\u2019autres apprennent l\u2019italien ou l\u2019espagnol », fait remarquer Chantal Hudon, la directrice générale de la Route du savoir à Kingston.« D\u2019année en année, la clientèle augmente.Plusieurs employeurs paient d\u2019ailleurs des cours de français.C\u2019est un peu le même phénomène que pour les francophones qui s\u2019intéressent à l\u2019anglais pour être polyvalents, converser plus facilement et avancer dans leur profession.» De plus en plus, les gens cherchent à offrir toutes sortes d\u2019expériences culturelles à leurs jeunes.Ils trouvent ça important de développer le bilinguisme chez les jeunes qui vont faire la société de demain.CHANTAL PRUD\u2019HOMME » LEDEVOIR // LE LUNDI 3 DÉCEMBRE 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin eux semaines après le début de la crise entourant les droits linguistiques des Franco-Ontariens, le gouvernement Ford s\u2019enlise pendant que s\u2019organise une riposte d\u2019une ampleur insoupçonnée.« Nous sommes, nous serons ! » Tel est le cri de ralliement des quelque 14 000 personnes qui ont manifesté durant la fin de semaine un peu partout en Ontario, dans l\u2019espoir de convaincre le premier ministre onta- rien, Doug Ford, de faire marche arrière sur l\u2019abolition du Commissariat aux services en français et l\u2019abandon du projet de création de l\u2019Université de l\u2019Ontario français.Ce mouvement, qui trouve aussi un écho dans les autres communautés francophones du Canada, n\u2019est pas près de s\u2019essouffler.Il compte sur des réseaux bien établis, sur l\u2019expertise de l\u2019Assemblée de la francophonie de l\u2019Ontario, sur un vaste courant de sympathie, sur la relance opportune du Programme de contestation judiciaire par le gouvernement Trudeau et sur une figure de proue d\u2019une incontestable dignité en la personne d\u2019Amanda Simard.La députée de Glengarry-Prescott-Russell a claqué la porte du Parti progressiste-conservateur de l\u2019Ontario, jeudi dernier, en déplorant l\u2019absence d\u2019écoute et de compréhension de Doug Ford à l\u2019égard des Franco-Ontariens.La nouvelle députée indépendante le confirme : M.Ford considère les francophones comme n\u2019importe quelle minorité ethnique en Ontario.C\u2019est le cœur du problème, et c\u2019est pourquoi toutes les mesures de compromis proposées par le gouvernement Ford manquent de substance.Les conservateurs ontariens ont proposé d\u2019intégrer les employés du Commissariat au sein du Bureau de l\u2019ombudsman, ce à quoi s\u2019oppose le commissaire, François Boileau.M.Ford a annoncé son intention de créer un poste de conseiller aux affaires francophones intégré à son bureau.Quant à la création de l\u2019Université de l\u2019Ontario français, elle a rejoint le rang des belles promesses et des vœux pieux.Elle sera lancée lorsque les finances publiques seront remises en ordre.Ces propositions ne découlent pas d\u2019un effort de compréhension et d\u2019acceptation des droits linguistiques des Franco-Ontariens.Il s\u2019agit plutôt d\u2019un compromis bancal, dont la finalité ne devrait duper personne.M.Ford cherche à se débarrasser au plus vite d\u2019un problème qui porte ombrage à sa mise à jour économique.Les droits linguistiques des Franco-Ontariens ne sauraient être bafoués, diminués ou transgressés pour des raisons économiques, d\u2019autant plus que ce prétexte est factice.L\u2019abolition du Commissariat aux services en français et l\u2019abandon du projet d\u2019Université de l\u2019Ontario français auront un impact à peu près nul sur l\u2019effort de réduction des dépenses publiques.Amanda Simard a très bien résumé l\u2019enjeu existentiel de cette bataille, dans son allocution de soutien à une motion néo-démocrate d\u2019opposition aux coupes, à Queen\u2019s Park.« Notre langue, c\u2019est au cœur de notre identité.Nous vivons en français.Les générations qui nous ont précédés ont travaillé très fort pour nos acquis et nous sommes constamment forcés de les protéger », a-t-elle dit.C\u2019est le genre de déclaration que l\u2019on attend d\u2019une ministre de la Francophonie, et Mme Simard manifeste d\u2019ailleurs le courage, la fierté et la résilience attendus d\u2019une ministre de la Francophonie en pareilles circonstances.Mais que fait au juste la titulaire du poste, Caroline Mulroney ?Celle-ci s\u2019enfonce de jour en jour.Elle est ministre de la Francophonie ?Qu\u2019elle monte au combat pour les Franco-Ontariens.Même l\u2019Ottawa Citizen, dans un éditorial publié en français, leur a donné son appui.« Les Franco-Ontariens méritent mieux », titrait le Citizen.On ne pourrait si bien dire.YVES LACOURCIÈRE Ingénieur civil, ethnologue et auteur de l\u2019ouvrage Accusé de non-assistance à patrimoine en danger (à compte d\u2019auteur) Ça devait arriver.Des études financées par l\u2019État et les nombreuses destructions et mutilations touchant le patrimoine bâti rapportées semaine après semaine par les médias montrent l\u2019échec de l\u2019État à remplir sa mission de le transmettre aux générations qui nous suivent.Le ministère de la Culture et des Communications, titulaire de notre responsabilité collective de maintenir le visage de notre culture et d\u2019assurer sa pérennité, continue depuis 25 ans à nier son échec, même devant l\u2019insuffisance des résultats obtenus.Tous les mauvais comportements reprochés au ministère et aux municipalités, particulièrement depuis plus de deux décennies, se sont conjugués dans ce cas de figure qu\u2019est la maison Boileau pour former la catastrophe parfaite : la destruction par ordonnance de l\u2019État d\u2019un des plus emblématiques de nos monuments historiques.D\u2019abord, au niveau national.Comment peut-il être qu\u2019un bâtiment de cette importance, tant d\u2019un point de vue patrimonial qu\u2019historique, n\u2019ait pas été classé au plus haut niveau par la Direction générale du patrimoine du ministère ?Comment tant de démarches bénévoles depuis tant d\u2019années ont-elles pu être rejetées ?Cela est difficile à comprendre sans imaginer un aveuglement budgétaire.Ensuite, le niveau municipal.À Chambly, la Ville était propriétaire de ce bâtiment historique qu\u2019elle a laissé se dégrader, alors qu\u2019elle aurait dû le considérer comme un de ses actifs les plus précieux.Elle dit avoir demandé des expertises, qui auraient conclu que la dégradation du bâtiment était irréversible, qu\u2019il n\u2019y avait rien à faire d\u2019autre que de le démolir en raison de « l\u2019extrême dangerosité du lieu ».L\u2019expérience nous apprend qu\u2019il est toujours possible de redonner en grande partie vie à un bâti ancien, peu importe le manque de soin.Ceux qui ont livré cette « expertise » n\u2019avaient vraisemblablement pas la compétence pour statuer sur la vie ou la mort de ce trésor national.«Qui veut noyer son chien dit qu\u2019il a la rage », dit l\u2019adage.[\u2026] Qui plus est, ce geste intolérable de destruction irréversible fut réalisé en catimini, sans que personne ait été informé.Y a-t-il eu un permis de délivré ?Y a-t-il eu des mandats de donnés ?Toute cette façon de faire nous semble aller plus bas que la simple incompétence.Les propriétaires et les promoteurs utilisent souvent la manœuvre de favoriser la dégradation de bâtiments historiques afin d\u2019obtenir le précieux permis de démolition qui leur libérera le terrain sur lequel ils veulent construire.Ce qui était depuis le début le but premier de l\u2019acquisition du bien immobilier.L\u2019épopée d\u2019un héros qui a donné sa vie à sa nation ne peut se terminer avec la fin pitoyable qu\u2019a réservée la municipalité de Chambly au bâti qui rappelait son souvenir.Nous devons faire en sorte que la fin inqualifiable de ce monument historique parmi les plus précieux de notre héritage national soit le dernier d\u2019une longue lignée à tomber de façon irréversible sous le pic du démolisseur.Le bâti traditionnel n\u2019est pas une richesse renouvelable.La fin de la maison Boileau doit nous amener à décider collectivement, une fois pour toutes, que pareil désastre ne se reproduira plus jamais au Québec.L\u2019État du Québec est maintenant dirigé par un gouvernement qui a érigé l\u2019identitaire national au niveau d\u2019un principe d\u2019action.Or, le patrimoine bâti est, après la langue, l\u2019élément le plus important de notre ADN culturel.Les premières réactions de la ministre Nathalie Roy au geste intolérable de la mairie de Chambly permettent d\u2019espérer que le nouveau gouvernement entend appliquer des correctifs aux façons de faire de ceux qui l\u2019ont précédé en matière de sauvegarde du patrimoine bâti.Nous invitons tous ceux qui ont été témoins de la destruction, de la mutilation ou de l\u2019abandon d\u2019un bâti traditionnel, à communiquer leurs témoignages à la ministre de la Culture sous le titre : Plus jamais au Québec.Laxisme à Santé Canada Des reportages de l\u2019émission Enquête révèlent notamment que des Canadiennes ont développé des cancers et d\u2019autres problèmes de santé associés à des implants mammaires approuvés par Santé Canada, certains de ces problèmes étant survenus après l\u2019abandon d\u2019une étude obligatoire en 2006, et ayant été cachés par la suite aux autres porteuses d\u2019implants.Une problématique inquiétante qui révèle de la part de Santé Canada un laxisme totalement irresponsable.Néanmoins, de son côté, la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, affirme faire toujours confiance à Santé Canada, et ce, même après avoir vu les reportages de l\u2019émission Enquête sur les risques associés à plusieurs dispositifs médicaux approuvés par l\u2019agence fédérale, notamment des implants mammaires.À titre d\u2019exemple d\u2019imbroglio, le vendredi 30 novembre, le site Internet de Santé Canada indiquait que 5 cas de lymphome associé aux implants avaient été diagnostiqués au pays, alors que, selon Enquête, au moins 25 Canadiennes ont développé un cancer lié à leurs implants mammaires.La ministre fédérale de la Santé aura beau mettre en place toute une série de mesures visant une plus grande transparence de la part de Santé Canada, le laxisme totalement inacceptable de l\u2019organisme fédéral, notamment lors de l\u2019abandon de l\u2019étude obligatoire en 2006, soulève une problématique inquiétante dont il est aujourd\u2019hui redevable auprès des femmes qui ont vécu des complications des suites de leurs implants mammaires! Henri Marineau Québec, le 2 décembre 2018 La destruction sauvage de la maison Boileau ne doit pas avoir été vaine LIBRE OPINION LETTRES FRANCO-ONTARIENS Ford n\u2019a rien compris CHSLD Maltraitance institutionnelle D ans son rapport annuel d\u2019activités 2017-2018, la protectrice du citoyen, Marie Rinfret, déplore, comme l\u2019avait fait sa prédécesseure, la situation qui prévaut dans de nombreux centres d\u2019hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) où les résidents ne reçoivent pas les soins et les services dont ils ont besoin.Mais alors que Raymonde Saint-Germain critiquait les compressions qui avaient lésé ces personnes vulnérables, Marie Rinfret pointe plutôt vers une organisation déficiente, des ratios, qui ne tiennent pas compte de la lourdeur des cas et la pénurie de personnel.Les compressions aveugles sont peut-être chose du passé, mais l\u2019incurie est aujourd\u2019hui cautionnée par les gestionnaires.On savait déjà que le personnel des CHSLD peinait à suffire à la tâche.Les pingres ratios personnel-résidents entraînent une surcharge de travail qui, elle, accroît l\u2019absentéisme.Ce cercle vicieux est désormais aggravé par la pénurie de main-d\u2019œuvre.Résultat: les équipes de travail sont incomplètes, ce qui commande une réorganisation des soins visant leur réduction.La situation «s\u2019apparente à de la maltraitance» au sens de la Loi visant à lutter contre la maltrai- tance envers les aînés, juge la protectrice du citoyen.Or cette maltraitance est désormais intégrée dans l\u2019organisation des CHSLD, balisée par des pratiques qu\u2019édictent les administrations.L\u2019incapacité de former des équipes complètes est un phénomène tellement fréquent que « des CHSLD ont élaboré des directives écrites guidant les décisions du personnel de soins quant à la réorganisation des tâches et au report ou à l\u2019annulation de certains soins ou services », relève Marie Rinfret, ce qui enfreint la Loi sur les services de santé ainsi que les orientations ministérielles.Parallèlement à cette maltraitance institutionnelle émergent d\u2019autres modèles.Notre journaliste Isabelle Porter rapportait l\u2019expérience d\u2019un CHSLD qui sort de l\u2019ordinaire et dont la ministre Marguerite Blais veut s\u2019inspirer pour l\u2019implantation des futures Maisons des aînés, une promesse caquiste.Un modèle à l\u2019échelle humaine qui requiert du personnel syndiqué une certaine po- lyvalence, mais qui repose aussi sur des ratios beaucoup moins élevés.Le gouvernement Legault projette de récupérer un milliard par an en réduisant l\u2019excessive rémunération des médecins.Nous savons déjà à quoi cet argent peut servir : aux soins et au soutien des personnes vulnérables dans les CHSLD, mais aussi dans les résidences privées et à domicile.D ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu ROBERT DUTRISAC Le fait français est incontournable Le « We will win » de Ronald Caza lors de la manifestation franco-ontarienne a été pour moi comme un réveil nationaliste pour le Canada français d\u2019un océan à l\u2019autre des francophones francophiles, et nos alliés ont démontré dans une atmosphère de fête que le fait français au Canada est maintenant incontournable.Nous devons maintenir la belle solidarité que cette crise linguistique nous a permis d\u2019expérimenter, faire la liste de nos besoins et imposer la suite des choses.Pour ce qui est de Caza, c\u2019est de la graine de grand politicien populiste.Quel discours inspirant pour la jeunesse francophone du pays ! Serge Landry Gatineau, le 2 décembre 2018 BRIAN MYLES A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE LUNDI 3 DÉCEMBRE 2018 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Daniel Breton* Ancien ministre de l\u2019Environnement Récemment, certains articles ont remis en question l\u2019intérêt pour les consommateurs de faire la transition vers les voitures électriques pour des raisons écologiques et de santé, ceux- ci allant même jusqu\u2019à affirmer que les voitures électriques pouvaient s\u2019avérer plus polluantes que les voitures à essence.Or, c\u2019est faux.Étant donné l\u2019importance des enjeux, nous désirons remettre le tout en perspective.Quel que soit le mode de transport terrestre que nous utilisons, qu\u2019il soit électrique, à essence, individuel ou collectif, moins nous roulons, moins nous polluons.Se passer d\u2019une voiture est bien évidemment l\u2019idéal.Mais pour les gens qui ont réellement besoin d\u2019une voiture, mieux vaut alors que celle-ci soit électrique.Climat La crise climatique est l\u2019une des principales raisons pour lesquelles la voiture électrique constitue un choix avantageux.En effet, la première source d\u2019émissions de GES du Québec, de l\u2019Ontario et des États-Unis est maintenant le secteur des transports.Au Québec, celui-ci représentait 43 % des émissions totales de GES en 2016.Pendant que les émissions de GES des autres secteurs (industriel, commercial, des déchets, de l\u2019agriculture, etc.) stagnaient ou diminuaient, les GES des transports routiers québécois augmentaient de 52,3% entre 1990 et 2016.Or le Québec vise une diminution de nos émissions de GES de 20 % d\u2019ici 2020 et de 37,5 % d\u2019ici 2030 par rapport à celles de 1990.Durant un cycle de vie complet, les émissions de GES d\u2019une voiture électrique seront environ 65 % plus basses sur 150 000 km et 80 % plus basses sur 300 000 km au Québec.Dans les régions où la production d\u2019électricité est moins propre, cette différence est moindre, mais n\u2019en demeure pas moins réelle, comme le confirme le département américain de l\u2019Énergie, qui conclut qu\u2019il est préférable de se déplacer en voiture partiellement ou entièrement électrique plutôt qu\u2019en voiture équivalente à essence\u2026 dans 50 États sur 50.Électricité et pétrole La production d\u2019électricité ne cesse de se « verdir » en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde.Si, au Québec, nous en sommes déjà à 99 % d\u2019électricité renouvelable, les émissions de GES de la production d\u2019électricité ont diminué de 54 % dans l\u2019État de New York et de 87 % en Ontario entre 1990 et 2015.En Alberta, le gouvernement prévoit que toutes les centrales au charbon seront fermées d\u2019ici 2030.A contrario, la production pétrolière devient de plus en plus sale.En 2018, près des deux tiers de la production pétrolière canadienne provenaient des sables bitumineux.Aux États-Unis, le pétrole de schiste représentait 51 % de la production totale de pétrole en 2015.Or, ces deux types de pétrole émettent beaucoup plus de GES et de pollution atmosphérique que le pétrole conventionnel\u2026 et leur production est en constante augmentation.En 2017, près de 80 % du pétrole consommé au Québec venait des États-Unis et du Canada\u2026 ce qui se traduit par une part croissante de pétrole non conventionnel dans nos voitures à essence.Pollution atmosphérique et santé Sur le plan de la santé, une analyse environnementale de l\u2019un et l\u2019autre mode (essence et électrique) doit tenir compte de la toxicité humaine et des coûts de santé dus aux polluants émis par les véhicules fossiles.On devrait considérer dans une analyse exhaustive du cycle de vie les coûts et les impacts du véhicule fossile dans une partie importante des 36 milliards de dollars en soins de santé et invalidité au Canada dus à la pollution atmosphérique, laquelle vient majoritairement du transport routier, sans oublier les 21 000 morts prématurées annuelles.Dans les méfaits d\u2019un milieu pollué, particulièrement près des voies routières denses, on relève troubles d\u2019apprentissage et asthme chez les enfants, fibrose pulmonaire, cancer et maladie cardiaque chez les baby- boomers et démence accélérée chez les aînés.Partout où la pollution atmosphérique a diminué, on a invariablement mesuré une baisse des maladies et des décès prématurés.Pour ceux qui ne peuvent se départir d\u2019un véhicule, mieux vaut que celui-ci soit électrique pour cesser de créer du smog.« Métaux rares » On retrouve des métaux dits « rares » dans l\u2019industrie pétrolière, les systèmes antipollution des voitures à essence, de nombreux petits moteurs et appareils électroniques, tels que des lève-glaces, des cellulaires, des ordinateurs et des téléviseurs.Certains moteurs de certains modèles de véhicules électriques en utilisent, mais pas tous.Fait à noter : il n\u2019y a pas de métaux rares dans les batteries des voitures électriques.Cycle de vie et recyclage des batteries Les batteries des voitures électriques sont conçues pour durer très longtemps (de 200 000 à 500 000 km, selon les technologies) et peuvent être ensuite utilisées comme batteries stationnaires dans une deuxième vie.En ce qui concerne leur troisième vie (le recyclage), les choses évoluent rapidement.Prenons comme exemple le consortium composé d\u2019entreprises québécoises et d\u2019Hydro-Québec qui pourra recycler jusqu\u2019à 99 % des composantes de la batterie, dont le lithium, le cobalt et le graphite.Cette longue espérance de vie de la batterie des voitures électriques, couplée à son recyclage, signifie que l\u2019utilisation de ressources minérales ainsi que l\u2019empreinte écologique de la batterie seront bien moindres qu\u2019on l\u2019aurait cru il y a à peine cinq ans.Quant à l\u2019utilisation de métaux controversés, tels que le cobalt, celle-ci est en constante diminution et devrait bientôt être à peu près éliminée.Économie En 2016, le déficit commercial du Québec était de 6,4 milliards\u2026 pendant que nos importations d\u2019hydrocarbures s\u2019élevaient à 7,5 milliards.Ainsi, plus nous diminuerons nos importations d\u2019hydrocarbures pour les remplacer par l\u2019utilisation de notre électricité renouvelable, mieux se portera l\u2019économie du Québec.Nous ne prétendons pas que la voiture électrique est parfaite ou qu\u2019elle représente la solution.Cela dit, elle demeure une des solutions incontournables pour diminuer notre empreinte écologique et améliorer notre santé, en combinaison avec une réelle priorisa- tion du transport collectif (qui sera de plus en plus électrique), du transport actif, du duo covoiturage-autopartage (qui peut très bien être électrique)\u2026 et du télétravail.Il ne faut donc pas opposer la transition vers les véhicules électriques aux autres solutions en matière de mobilité durable.Il faut plutôt les additionner et les combiner intelligemment.* Cette lettre est cosignée par une vingtaine de personnalités, dont on trouvera la liste sur nos plateformes numériques.TRANSPORT La voiture électrique : une partie de la solution Yvan Lamonde Historien à l\u2019Université McGill Le destin incertain de la souveraineté après la défaite du Parti québécois et la recrudescence effervescente de la question du fait francophone en Ontario ont remis en circulation l\u2019idée d\u2019un Canada français et d\u2019une identité cana- dienne-française.On revient avec cette idée comme si elle était porteuse d\u2019une solution identitaire et politique, oubliant qu\u2019elle fut un jour évidée de son contenu historique.Elle le fut en deux étapes principales.À la suite d\u2019abord de l\u2019escalade des crises scolaires et des défaites des minorités catholiques et françaises dans toutes les provinces du Canada, de la liquidation de Riel, de deux conscriptions, avec comme résultante qu\u2019il n\u2019y avait plus, vers 1920, qu\u2019au Québec où une majorité francophone était assurée et assurée d\u2019un avenir.Déjà en 1937 dans Directives, l\u2019abbé Groulx pouvait, devait écrire : « Quand on ne peut tout sauver, on sauve ce que l\u2019on peut.Et rien ne servirait de périr tous ensemble sous prétexte de s\u2019entraider.» Puis en 1964 et 1967, les États généraux du Canada français vinrent ratifier cet état de choses: l\u2019idée et la réalité d\u2019un Canada français construit comme entité composée du Québec et des lieux francophones au Canada moururent devant l\u2019affirmation d\u2019un Québec au destin manifeste.La méprise de voir en l\u2019idée et dans le lexique du Canada français une voie d\u2019avenir réside dans la prétention de trouver et de nommer une nouvelle entité politique recomposée du Québec et des francophonies canadiennes \u2014 le pluriel est crucial pour elles.On peut faire la gageure que la chose n\u2019est pas en soi inconcevable ; il faut simplement savoir ce qu\u2019on dit et savoir ce que l\u2019on nomme.On voit bien, au-delà de quelque par- tisanerie, ce qu\u2019il faudrait oublier et ce qu\u2019il faudrait inventer comme mémoire pour refaire une courtepointe cana- dienne-française.En empruntant cette voie, on risque de se satisfaire d\u2019une identité culturelle en faisant l\u2019économie du projet proprement politique (de pouvoir).Quand on connaît son histoire, cette démarche depuis 1840 revient à poser la question : comment exister sur les plans identitaire ou culturel sans projet d\u2019émancipation politique?L\u2019histoire des idées au Québec, qui rend compte des projets et des politiques de ses citoyens, ne me semble pas pouvoir offrir d\u2019alternative autre que l\u2019indépendance ou la dépendance, obligeant chacune et chacun à nommer le souhaitable et l\u2019acceptable de chaque position.Parler de Canada français, certes, mais avec science et conscience historiques, sans naïveté.Un pas politique, trois pas culturel.Sur quel pied danse- t-on en « callant » le Canada français ?Canadien français, un terme qui peut cacher une méprise On risque de se satisfaire d\u2019une identité culturelle dépourvue d\u2019un projet politique À la suite des élections de mi-mandat, la question se pose : qui est le Parti démocrate ?De nouveau majoritaire à la Chambre des représentants, le prétendu parti populaire se félicite d\u2019avoir repoussé la prise d\u2019étranglement du président voyou sur la Constitution et la démocratie américaine.Nancy Pelosi, chef des démocrates à la Chambre, a claironné le soir du scrutin : « Demain sera un jour nouveau en Amérique.» Les militants démocrates de la télévision Chris Cuomo et Rachel Mad- dow étaient carrément joyeux, et leurs dénonciations de Trump s\u2019affichent de plus en plus confiantes, comme si sa destitution était imminente.En fait, on est toujours dans la pénombre : Trump reste président, les républicains ont élargi leur majorité au Sénat et le pays est divisé entre des camps guerriers plus farouches que jamais.Mais l\u2019ironie d\u2019après-élection la plus aiguë est que le « parti d\u2019opposition » se trouve toujours dirigé par deux oligarques.Le « jour nouveau » est à présent présidé par Pelosi, chef de son caucus depuis 15 ans, et au Sénat par Charles Schumer, depuis 1999 le fidèle serviteur des intérêts de la machine du parti à la Chambre haute.Bref, deux politiciens qu\u2019on peut blâmer, de concert avec le couple Clinton et Barack Obama, pour l\u2019avènement de Donald Trump.Il est vrai que Pelosi a voté en 2002 contre l\u2019invasion de l\u2019Irak et que Schumer, à l\u2019époque représentant à la Chambre depuis New York, a voté contre l\u2019ALENA en 1993.Toutefois, ces gestes d\u2019indépendance sont parmi les très rares occasions où ils ont manifesté un tant soit peu de liberté d\u2019esprit face aux diktats de la faction dominante de leur parti.Interventionnistes militaires et pro-dérèglementation de Wall Street et des grandes banques, Pelosi et Schumer sont tout sauf des réformateurs de gauche.En revanche, dans la sphère qui compte le plus \u2014 le financement des campagnes électorales démocrates par le secteur financier et la Silicon Valley, notamment Facebook \u2014, leur conduite a été impeccable.Il faut espérer que le trio de sénateurs Bernie Sanders, Elizabeth Warren et Sherrod Brown avancera un programme plus équitable pour les ouvriers, qui ont tellement perdu depuis les années 1980, alors que les riches s\u2019enrichissaient davantage, grâce en partie à l\u2019entente cordiale entre deux présidents démocrates et leurs homologues républicains.Cependant, le Parti démocrate constitue un assemblage de baronnies, dont les trois plus importantes \u2014 la Californie, New York et l\u2019Illinois \u2014 tirent les ficelles du travail clientéliste qui alimente les coffres du parti et garantit la réélection de ses adhérents les plus chéris.Avec le déclin dramatique des syndicats \u2014 accéléré par la délocalisation de l\u2019industrie américaine \u2014, l\u2019importance des relations avec le pouvoir financier ne cesse de grandir.L\u2019exemple de New York suffit pour comprendre.Le mois dernier, Amazon, la gigantesque entreprise gérée par l\u2019homme le plus riche du monde, a annoncé l\u2019implantation d\u2019un nouveau bureau satellite à New York, dans le quartier de Long Island City.C\u2019était le résultat d\u2019une prétendue compétition qui a exigé de chaque ville concurrente des contributions financières comme récompense \u2014 réduction d\u2019impôt, investissement dans les infrastructures, formation de cadres payée par des fonds publics, etc.Tout cela formulé dans le plus grand secret, pour que les contribuables ne soient pas mis au courant des dépenses proposées en leur nom.Et voilà qu\u2019on apprend que l\u2019État de New York et la Ville de New York se sont engagés à verser plus de 2 milliards de dollars pour encourager Amazon à s\u2019installer.De mauvaises langues remettent en question la pertinence d\u2019offrir des pots-de-vin à un colosse bourré de fric et qui profiterait d\u2019une main-d\u2019œuvre éduquée déjà bien établie à New York.D\u2019autre part, les riverains de Long Island City, surtout les plus pauvres demeurant dans des logements sociaux, se demandent comment eux, pour la plupart noirs et latinos, pourront obtenir des emplois au salaire annuel de 150 000 $, alors qu\u2019il y a des centaines de milliers de Blancs et d\u2019Asiatiques prêts à s\u2019y mettre.De plus, New York regorge déjà d\u2019humains, de voitures et d\u2019immeubles énormes ; quant au métro et aux écoles, ils sont dans un état catastrophique.Peu importe, disent les barons démocrates, le gouverneur Andrew Cuomo et le maire Bill de Blasio.Frère du journaliste de télévision Chris Cuomo, Andrew ne peut ramper suffisamment devant le p.-d.g.d\u2019Amazon, Jeff Bezos, ayant même lancé à la blague qu\u2019il changerait son nom en « Amazon Cuomo ».Bill de Blasio, un soi-disant progressiste, se dit « pragmatique » dans sa flagornerie.Si pragmatique qu\u2019il pense à sous-traiter la gestion d\u2019un tiers des logements sociaux de la ville \u2014 pour le moment dans un état pitoyable et englués dans un scandale d\u2019étouffement concernant la présence de plomb dans la peinture \u2014 à des propriétaires privés.Peut-être la société immobilière Trump pourrait-elle bénéficier de la largesse du maire démocrate.Pourquoi pas ?C\u2019est un jour nouveau en Amérique.John R.MacArthur est éditeur de Harper\u2019s Magazine.Sa chronique revient le premier lundi de chaque mois.En 2017, près de 80 % du pétrole consommé au Québec venait des États-Unis et du Canada\u2026 ce qui se traduit par une part croissante de pétrole non conventionnel dans nos voitures à essence.Le Parti démocrate constitue un assemblage de baronnies, dont les trois plus importantes \u2014 la Californie, New York et l\u2019Illinois \u2014 tirent les ficelles du travail clientéliste qui alimente les coffres du parti et garantit la réélection de ses adhérents les plus chéris Un jour nouveau ?JOHN R.MACARTHUR LEDEVOIR // LE LUNDI 3 DÉCEMBRE 2018 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.E N B R E F SAQ : une entente de principe conclue samedi Le Syndicat des employés de magasins et de bureaux (SEMB) de la Société des alcools du Québec (SAQ) a annoncé avoir conclu une entente de principe avec la direction de la SAQ.L\u2019information a rapidement été corroborée par la partie patronale.L\u2019accord a été conclu peu avant 8 h, samedi matin.Pour l\u2019instant, la présidente du SEMB, Katia Lelièvre, n\u2019a pas l\u2019intention d\u2019en parler avec les journalistes.Elle ne fera pas de commentaires tant que les membres du syndicat n\u2019auront pas eu l\u2019occasion de se prononcer sur l\u2019entente, une étape qui doit être franchie en janvier.Au total, dix journées de grève ont eu lieu avant que l\u2019accord soit conclu.La Presse canadienne Le milieu communautaire, syndical et étudiant redemande 15 $ l\u2019heure Plus d\u2019une centaine d\u2019organisations communautaires, syndicales et étudiantes reviennent à la charge avec la hausse du salaire minimum à 15 $ l\u2019heure, tout en réclamant le maintien des services publics et un meilleur financement du milieu communautaire.Dans une déclaration commune de quelque 117 signataires dévoilée dimanche, la coalition insiste sur el fait qu\u2019une telle hausse du salaire minimum ne pourrait se faire au détriment du filet social.Plusieurs données confirment que le salaire mininum actuel de 12 $ l\u2019heure est insuffisant pour « permettre à des familles de se sortir de la pauvreté », avance la présidente de la CSQ, Sonia Éthier.La Presse canadienne Le premier ministre Blaine Higgs tente de faire revivre Énergie Est FREDERICTON \u2014 Le nouveau premier ministre du Nouveau-Brunswick tente de faire revivre l\u2019oléoduc Énergie Est, même si le promoteur initial a déclaré que le projet était mort.TransCanada a abandonné le projet de 15,7 milliards de dollars, il y a plus d\u2019un an, après la modification du processus d\u2019évaluation environnementale par l\u2019Office national de l\u2019énergie.Mais le premier ministre Blaine Higgs ainsi que certains autres premiers ministres et politiciens fédéraux tentent de relancer le projet d\u2019oléoduc comme moyen d\u2019acheminer davantage de brut de l\u2019Ouest vers les raffineries de l\u2019est du Canada et de l\u2019exporter vers les marchés étrangers.La Presse canadienne Malgré le décollage raté d\u2019octobre dernier, la confiance de David Saint-Jacques envers l\u2019immense équipe qui assure sa sécurité semble inébranlable.La mission à laquelle participe le Québécois débute aujourd\u2019hui dans les steppes arides du Kazakhstan, d\u2019où une fusée Soyouz décollera en direction de la Station spatiale internationale.Le Devoir vous propose un survol de l\u2019Expédition 58 en quelques chiffres.ASTRONOMIE Bons baisers de Baïkonour L\u2019astronaute David Saint-Jacques file vers l\u2019espace lundi matin pour une mission de plus de six mois à bord de la Station spatiale internationale L\u2019astronaute québécois David Saint-Jacques envoie un baiser lors de la conférence de presse à la base de Baïkonour, au Kazakhstan.KIRILL KUDRYAVTSEV AGENCE FRANCE-PRESSE ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR 6 h 31 Si tout va comme prévu, la fusée Soyouz décollera du cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, à 6 h 31, heure de Montréal.Neuf minutes après le lancement, l\u2019agence spatiale russe saura combien de temps il faudra à la fusée pour rejoindre la Station spatiale internationale (SSI).Dans le scénario idéal, l\u2019appareil piloté par le commandant russe Oleg Kononenko fera quatre fois le tour de la Terre en six heures avant d\u2019atteindre sa destination.Sinon, il devra réaliser 34 orbites en deux jours pour rattraper la SSI, qui file à toute allure dans l\u2019espace.« David est dans un état très calme, il est extrêmement concentré sur l\u2019expérience qui s\u2019en vient et il se considère extrêmement choyé de pouvoir y participer », relatait dimanche après-midi au Devoir Marie-Andrée Malouin, une porte-parole de l\u2019Agence spatiale canadienne.14 Nombre de jours que les trois membres de l\u2019équipage de la fusée, qui compte aussi l\u2019astronaute américaine Anne McClain, ont passé en quarantaine à Baïkonour, avant leur départ.Toutes les précautions sont prises pour éviter qu\u2019un virus monte à bord clandestinement\u2026 Quelques heures avant leur départ, les voyageurs spatiaux ont salué leurs proches, et ont été bénis par un prêtre orthodoxe, à travers une fenêtre.140e Les fusées russes Soyouz en seront à leur 140e mission habitée.Le programme Soyouz (qui signifie « union », en russe) a démarré dans les années 1960 en pleine course à l\u2019espace.Depuis l\u2019abandon des navettes spatiales américaines, en 2011, les fusées Soyouz sont le seul véhicule qui permet de transporter des passagers vers la SSI.Toutefois, cela devrait changer bientôt.Dès l\u2019an prochain, la NASA va confier le transport des astronautes vers la SSI à des entreprises privées.David Saint- Jacques pourrait donc être le dernier Canadien à s\u2019envoler vers l\u2019astre de la nuit à bord d\u2019une Soyouz.8300 km/h La fusée qui transportera le trio atteindra cette vitesse quand le premier étage de la fusée \u2014 composé essentiellement de quatre énormes réacteurs \u2014 aura épuisé ses réserves de kérosène et d\u2019oxygène liquide.Il aura fallu environ deux minutes à la Soyouz pour compléter cette première étape.À ce moment, la fusée sera encore en pleine phase d\u2019ascension.Toutefois, petit à petit, elle adoptera une trajectoire plus horizontale et se mettra en orbite autour de la Terre.L\u2019appareil atteindra finalement une vitesse frôlant les 30 000 km/h afin de s\u2019approcher tout en douceur de la Station spatiale internationale.8e David Saint-Jacques deviendra aujourd\u2019hui le 8e astronaute canadien à aller dans l\u2019espace depuis que l\u2019Agence spatiale canadienne a amorcé son programme, en 1983.Julie Payette, ex- astronaute et maintenant gouverneure générale du Canada, assistera d\u2019ailleurs au décollage à Baïkonour.M.Saint- Jacques a été recruté en 2009 par l\u2019Agence spatiale canadienne pour aller suivre une formation de deux ans à Houston, au Texas.Depuis ce temps, il a participé à plusieurs expéditions de glaciologie, de spéléologie ou de géologie.La mission d\u2019aujourd\u2019hui sera sa première sortie dans l\u2019espace.3000 La SSI effectuera plus de 3000 orbites autour de la Terre pendant les six mois et demi que David Saint-Jacques y vivra.Médecin de bord et copilote, l\u2019homme né à Saint-Lambert en 1970 participera aussi à plusieurs expériences pour évaluer les effets de l\u2019apesanteur sur le corps humain.Son système cardiovasculaire et sa moelle osseuse seront auscultés afin d\u2019évaluer leur état en l\u2019absence de gravité.Une autre expérience menée à bord s\u2019intéressera à la manière dont le cerveau s\u2019y prend pour s\u2019orienter spatialement en l\u2019absence de pesanteur.« On va aussi mettre en application le biomoniteur, qui permettra de prendre des données directes sur la santé des astronautes plutôt que de devoir ramener des échantillons sur Terre », indique Mme Malouin.Ces résultats pourraient servir à préparer un éventuel voyage sur Mars.80 La NASA paie 80 millions $US à l\u2019agence spatiale russe, Roscosmos, pour chaque astronaute qu\u2019elle envoie dans l\u2019espace à bord d\u2019une fusée Soyouz.Les frais sont ensuite partagés entre les différents États qui contribuent à la Station spatiale internationale.En proposant des vols avec des fusées réutilisables, SpaceX et Boeing comptent offrir des prix plus avantageux à la NASA.Les deux firmes se sont engagées auprès de l\u2019agence américaine à organiser six missions habitées vers la SSI d\u2019ici 2024.Le lancement de la fusée, prévu à 6h31, sera diffusé en direct sur toutes les plate- formes numériques du Devoir.Si la fusée emprunte la trajectoire la plus courte vers la SSI, elle devrait arriver à destination vers 14 h 30, heure de Montréal.L\u2019Alberta réduit sa production de pétrole pour contrer le déclin du prix EDMONTON \u2014 La première ministre Rachel Notley a ordonné dimanche une réduction de la production pétrolière dans sa province afin de mettre fin au déclin des prix, qui coûterait environ 80 millions de dollars par jour au Canada.À compter de janvier, la production pétrolière sera réduite de 8,7 %.La production de pétrole brut et de bitume sera réduite de 325 000 barils par jour.Ce chiffre pourrait diminuer au fur et à mesure de l\u2019écoulement des stocks dans les réservoirs.La mesure prendra fin le 31 décembre 2019.Elle sera étendue à l\u2019ensemble des producteurs afin de tenter d\u2019éviter d\u2019importantes pertes d\u2019emplois.La Presse canadienne "]
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