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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-11-03, Collections de BAnQ.

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[" Portrait de Dohee Kim, originaire de la Corée du Sud, étudiant maintenant à l'école secondaire Paul-Gérin- Lajoie-d'Outremont, à Montréal.La jeune fille fait partie des adolescents qui ont pris la plume dans l'album Bagages mon histoire, album de poèmes de jeunes immigrants illustrés par Rogé.Voir page C 5.ILLUSTRATION ROGÉ Un enfant à la fois Solidarité internationale CAHIER SPÉCIAL C LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 NOVEMBRE 2018 L\u2019éducation, indispensable pour construire une société solidaire, juste et durable : c\u2019est le grand thème autour duquel s\u2019articulent les 22es Journées québécoises de la solidarité internationale, qui auront lieu du 7 au 18 novembre.Pour l\u2019occasion, Le Devoir explore la question et ce qui se fait, ici et ailleurs, pour développer et maintenant un monde meilleur.Après s\u2019être intéressées au rôle des médias dans la compréhension des problématiques mondiales et à la culture comme outil d\u2019influence l\u2019an dernier, les Journées québécoises de la solidarité internationale (JQSI) se penchent cette année sur la question suivante: quel rôle joue le système scolaire québécois dans la construction d\u2019une citoyenneté mondiale?A L I C E M A R I E T T E Collaboration spéciale «L\u2019éducation donne les clés de compréhension pour s\u2019épanouir, agir, remettre en question des dogmes\u2026 affirme Marie Brodeur Gélinas, coordonnatrice des Journées québécoises de la solidarité internationale (JQSI).Mais à quel point est-elle capable de développer ce potentiel dans la situation actuelle?» Car si l\u2019éducation comporte un fort potentiel transformateur, il existe des obstacles.« À la base même du système, des inégalités sont maintenues, par exemple avec le système à trois vitesses privé, public et entre publics », explique la coordinatrice.Elle note en outre une discrimination systémique envers les jeunes en situation de handicap, les filles ou encore les personnes racisées.«Par exemple, chez nous, les jeunes autochtones ne se reconnaissent pas dans les programmes scolaires où leur histoire est évacuée.Il reste du chemin pour que l\u2019école soit vraiment un outil de transformation sociale », pense-t-elle.En plus des activités des 12 programmations régionales des JQSI, la population est invitée à une action citoyenne.Sur la plateforme web des JQSI, il est possible d\u2019interpeller le nouveau ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, en lui envoyant symboliquement un bulletin qui évalue le système scolaire québécois.L\u2019éducation, vecteur de transformation sociale S O L I D A R I T É I N T E R N A T I O N A L E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 N O V E M B R E 2 0 1 8 C 2 Réalise un stage professionnel subventionné de 6 mois à l\u2019international ! PROFILS RECHERCHÉS PLUSIEURS MANDATS DE STAGES DÉPART PRÉVU POUR FÉVRIER 2019 · DATE LIMITE : 4 NOVEMBRE 2018 Pérou · Honduras · Haïti · Sénégal · Burkina Faso Gestion de projet Égalité femmes et hommes Suivi-évaluation Administration et finances Environnement Communication et marketing SUCO.ORG/emploi RÉALISÉ AVEC L\u2019APPUI FINANCIER DU GOUVERNEMENT DU CANADA ACCORDÉ PAR L\u2019ENTREMISE D\u2019AFFAIRES MONDIALES CANADA.S I M O N V A N V L I E T Collaboration spéciale G estionnaire d\u2019intervention rapide à la Croix-Rouge canadienne, Jean-Baptiste Lacombe a effectué des missions dans divers pays d\u2019Afrique, d\u2019Asie et du Moyen-Orient aux prises avec des crises humanitaires ou des conflits armés.Dans la plupart des zones de guerre qu\u2019il a visitées, il a constaté une « destruction des infrastructures» d\u2019éducation.Une telle destruction est particulièrement notable dans la bande de Gaza, où plusieurs bâtiments scolaires ont été ciblés par des bombardements depuis le regain d\u2019intensité du conflit israélo-palestinien, en 2014.Caroline Dauber, coordonnatrice de terrain pour le projet d\u2019éducation inclusive d\u2019Humanité et Inclusion (HI), qui vise à améliorer l\u2019accès des enfants handicapés aux services d\u2019éducation dans la bande de Gaza, souligne que l\u2019escalade de violence à laquelle on assiste depuis le mois de mars dernier a des « impacts importants sur la vie quotidienne » dans le territoire palestinien occupé, notamment en matière d\u2019éducation.L\u2019éducation comme besoin vital Un enseignant impliqué dans le programme de HI à Gaza, qui a demandé l\u2019anonymat par peur de représailles, souligne que Gaza est plongé dans le noir 18 heures sur 24 depuis la fermeture de l\u2019unique centrale électrique sur le territoire, en février 2018.À ce manque chronique d\u2019électricité s\u2019ajoute un manque criant de ressources pédagogiques pour les enseignants et de ressources de soutien pour les élèves handicapés ou ceux qui vivent de la « détresse psychologique » en raison de l\u2019insécurité permanente et de la violence quasi journalière.Malgré cette dure réalité, l\u2019éducation demeure perçue comme un besoin « vital » chez les Ga- zaouis, assure notre source.Même aux prises avec un conflit meurtrier, les populations civiles voient dans l\u2019éducation une occasion « d\u2019améliorer leurs opportunités futures », observe Caroline Dauber.Jean-Baptiste Lacombe fait le même constat : « Les gens voient vraiment la corrélation entre les études et le niveau de vie futur », explique-t-il.À l\u2019école des réfugiés Pour les personnes qui ont réussi à échapper à la guerre ou qui ont été forcées de la fuir, l\u2019enjeu de l\u2019accès à l\u2019éducation se transpose dans les camps de réfugiés, où se posent d\u2019autres défis.Aux millions de réfugiés Palestiniens qui vivent dans les camps en Jordanie ou au Liban, parfois depuis des décennies, se sont ajoutés ces dernières années des millions de réfugiés Syriens qui ont pris la route de l\u2019exil au Moyen-Orient depuis le début de conflit armé, en 2011.Un trait commun de ces populations réfugiées est leur haut degré de scolarisation.On compte en Palestine une population « très éduquée », souligne en effet Caroline Dauber.En Syrie, « le niveau d\u2019éducation était très, très élevé », note pour sa part Jean-Baptiste La- combe.Or, l\u2019accès à l\u2019éducation supérieure est particulièrement limité dans les camps de réfugiés qui n\u2019offrent généralement pas non plus de lieux de pratique pour les formations professionnelles qui nécessitent des stages.À la pénurie de ressources pédagogiques s\u2019ajoute aussi la difficulté de recruter des enseignants qui peuvent travailler dans les camps ou qui maîtrisent la langue des réfugiés.Jean-Baptiste Lacombe cite à cet égard le cas des Rohingyas du Myanmar (ancienne Birmanie) qui n\u2019ont pas accès à l\u2019éducation dans leur langue dans les camps qu\u2019il a visités au Bangladesh.En plus de soutenir le développement de services d\u2019éducation de base pour les réfugiés, les organisations internationales doivent aussi parfois développer des programmes d\u2019éducation ciblée sur des enjeux particuliers à une zone à risque.Humanité et Inclusion, qui œuvre depuis plus de 30 ans auprès des réfugiés myan- marais établis en Thaïlande, a par exemple développé un programme d\u2019éducation au danger des mines dans les zones frontalières lourdement minées.De l\u2019école à la guerre La violence et l\u2019insécurité quotidiennes dans les zones de crise font de l\u2019éducation l\u2019une des principales victimes collatérales des guerres et des conflits modernes.Khaled, un jeune syrien, habite dans un camp de réfugiés près de la frontière est du Liban avec la Syrie dans la vallée de la Beqaa.Il fut photographié la première fois en 2015 (photo de gauche), seul et en retrait aux abords de son camp.Le photographe l'a retrouvé deux ans plus tard, dans le même camp, avec sa mère et son père.En raison de sa condition, Khaled est muni d\u2019un tuyau qui évacue le surplus d\u2019eau qui s'accumule dans sa tête.Il aurait besoin de traitements plus poussés, mais son père ne peut pas se permettre de quitter le camp pour habiter ailleurs.Le photographe Frédéric Séguin est allé à la rencontre de jeunes réfugiés syriens vivant dans des camps au nord du Liban, dans la vallée de Beqaa en 2015 et 2017.Entre ses voyages, leur situation « n\u2019a pas bougé ou évolué, remarque-t-il.Il est particulièrement difficile pour toutes ces familles très pauvres d'amasser assez d\u2019argent pour en sortir.» PHOTOS FRÉDÉRIC SÉGUIN Gazal, enfant syrienne, fut photographiée en 2015 (photo de gauche) dans son camp de la région de l\u2019Akkar, où elle vivait toujours en 2017 (photo de droite) avec sa mère et sa plus jeune sœur.En deux ans, sa situation n\u2019avait en rien changé.La jeune fille allait régulièrement suivre des cours dans une école de fortune mise sur pied par une ONG internationale, mais l\u2019éducation offerte n'était évidemment pas suffisante, note le photographe. S O L I D A R I T É I N T E R N A T I O N A L E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 N O V E M B R E 2 0 1 8 C 3 Manger local nous grandit Créole haïtien UPA Développement international Depuis le début de l\u2019appui d\u2019UPA Développement international en 2013, c\u2019est plus de 45 000 repas qui ont été servis aux enfants et plus de 4 500 kg de produits agricoles locaux qui ont été transformés en menus nutritifs.Faites un don | upadi-agri.org Une image vaut mille mots R E N A U D P H I L I P P E Collaboration spéciale Q uelques coups de crayon et quelques éclats de rouge.Tout le monde essaie de mettre des mots ou des images, journalistes, politiques, photographes, humanitaires ; et toute l\u2019absurdité s\u2019exprime dans le silence d\u2019un enfant de 10 ans.Juste quelques coups de crayon et quelques éclats de rouge.Mohammad Rahim, 10 ans, Ro- hingya réfugié au Bangladesh.Un rare lieu de répit au sein des méga- poles de réfugiés que sont les camps de Kutupalong et Balukhali, dans un « Child Safe Space » implanté par l\u2019ONG SOS Children\u2019s Village.Une feuille blanche et un crayon, un dessin qui ne finit plus de se construire, où chaque coup de crayon recrache un souvenir, vécu ou collectivement par tagé.Son père mor t sous ses yeux, tombé sous les balles des militaires myanmarais.Les femmes du village, enfermées et violées durant des heures.Sa maison qui brûle, comme son village, comme les corps d\u2019enfants sur la route de l\u2019exil.Une rivière qui prend la forme d\u2019un monstre aux dents acérées.Et de l\u2019autre côté de la rive le Bangladesh, terre d\u2019accueil.Là où il n\u2019y a plus d\u2019espace pour dessiner l\u2019avenir.Et tout redevient normal, du moins en apparence.Le camp ressemble à un gigantesque bidonville, le quotidien retrouve son rythme, celui des distributions alimentaires, les médias désertent, il n\u2019y a plus de nouvelles.Sauf que dans cette longue errance dont personne n\u2019est en mesure de prédire la fin, le comment et le quand, des générations d\u2019enfants porteront les stigmates de l\u2019indifférence de l\u2019humanité.L\u2019importance de la solidarité internationale \u2014 et l\u2019impact d\u2019un manque de solidarité \u2014, le photojour- naliste Renaud Philippe en a été témoin à plusieurs reprises.Revenant tout juste d\u2019un deuxième séjour au Bangladesh, il partage avec Le Devoir l\u2019histoire de sa rencontre avec un jeune réfugié rohingya de 10 ans, rencontré dans un « Child Safe Space », un lieu de répit pour contrer le grave manque d\u2019accès à l\u2019éducation des Rohingyas, mis en place par l\u2019ONG SOS Children\u2019s Village.Depuis 2012, en Birmanie, il leur était interdit d\u2019étudier après les classes élémentaires.Maintenant en terre d\u2019accueil, l\u2019éducation n\u2019est pas une possibilité.Ci-dessus, dessin de Mohammad Rahim, 10 ans.Souvenir du Myanmar et de la fuite vers le Bangladesh.Ci-dessous, le camp Balukhali, dans lequel vit Mohammad.PHOTOS RENEAUD PHILIPPE Cofondatrice de Québec inclusif, un mouvement qui s\u2019efforce d\u2019unir les citoyens de la province contre le racisme et l\u2019exclusion sociale, Émilie Nicolas milite pour une société plus ouverte et plus inclusive depuis une bonne douzaine d\u2019années.À l\u2019invitation d\u2019Oxfam- Québec, elle offrira tout le mois de novembre une conférence gratuite dans les cégeps et universités de la province pour sensibiliser les jeunes à l\u2019enjeu de la parité dans les lieux décisionnels.E M I L I E C O R R I V E A U Collaboration spéciale C\u2019 est dans le cadre de la campagne «C\u2019est pour elles aussi» que Mme Nicolas présentera sa conférence.Orchestrée par Oxfam- Québec, celle-ci offre une tribune à de jeunes leaders d\u2019ici et d\u2019ailleurs.Elle leur permet non seulement de témoigner des défis qu\u2019ils ont vécus, mais surtout, de partager des solutions pour qu\u2019hommes et femmes exercent leur pouvoir à parts égales.Mme Nicolas profitera de cette plateforme pour mettre en lumière les défis qui attendent les jeunes femmes dans les milieux militants.«De ma perspective à moi, quand les jeunes tentent de s\u2019impliquer, que soit au niveau local ou dans les associations étudiantes, ils se retrouvent vite confrontés à des obstacles plus ou moins nommés, plus ou moins tabous, qui font en sorte que c\u2019est plus facile pour certaines personnes de s\u2019impliquer que d\u2019autres, indique-t-elle.Souvent, les jeunes femmes sont placées dans des positions où elles doivent soit arrêter de s\u2019impliquer, soit accepter des comportements inacceptables.C\u2019est une réalité à laquelle j\u2019ai été confrontée et qui est vécue par plusieurs.» En levant le voile sur ces questions, Mme Nicolas espère ouvrir un dialogue constructif et inciter les jeunes femmes à s\u2019engager davantage dans la défense des causes qui les inspirent.« J\u2019espère les motiver à être plus actives dans les lieux de pouvoir et à militer pour augmenter la parité et les perspectives féministes dans les lieux décisionnels», commente-t-elle.En tant que femme noire militante, elle se réjouit de pouvoir constituer un modèle positif pour les étudiantes.« Je fais juste être qui je suis, mais je sais que ma visibilité peut permettre d\u2019inspirer d\u2019autres personnes à s\u2019imaginer ailleurs, à s\u2019imaginer plus haut ou à s\u2019imaginer dire ce qu\u2019elles pensent dans les médias.Et ça, ça me touche beaucoup ! » Mue par son vécu Le militantisme d\u2019Émilie Nicolas trouve racine dans sa jeunesse.Née à Gatineau à la fin des années 1980, elle a grandi à Lévis, tout près de Québec.À l\u2019époque où elle fréquentait l\u2019école primaire, le taux de population issue de l\u2019immigration avoisinait tout juste les 2 % dans la région.Adolescente, elle s\u2019est plusieurs fois sentie ostracisée en raison de la couleur de sa peau.« Les radios privées tenaient beaucoup de discours haineux, se sou- vient-elle.C\u2019était devenu une forme de norme dans les médias là-bas.Ce contexte-là a fait que j\u2019ai été consciente très jeune de l\u2019impact du discours public sur les interactions quotidiennes.Après des déclarations faites par des animateurs à la radio, j\u2019ai vu le regard que les gens posaient sur moi changer alors que je marchais dans la r ue.Ça m\u2019a beaucoup marquée.» C\u2019est au cégep que Mme Nicolas a commencé à s\u2019impliquer auprès d\u2019organisations prônant la diversité et l\u2019inclusion afin de lutter contre les préjugés.Alors, la question des accommodements raisonnables était sur toutes les tribunes et la commission Bou- chard-Taylor battait son plein.«C\u2019était une période très chargée, se remémore Mme Nicolas.Je sentais que même si moi je ne me mêlais pas de politique, la politique était déjà en train de me définir.» Mue par cette puissante sensation, Mme Nicolas a cofondé le regroupement Québec inclusif.En publiant un manifeste dénonçant la charte des valeurs québécoises, ce dernier a joué un rôle significatif dans le débat de société de 2013 entourant la question.Dans la foulée, elle a également participé à la mise sur pied d\u2019une coalition québécoise en faveur de l\u2019égalité et contre le racisme systémique.Sur la bonne voie D\u2019après Mme Nicolas, les débats publics des dernières années ont beaucoup contribué à l\u2019avancement de la société québécoise en matière de diversité, d\u2019inclusion et d\u2019équité.Si elle estime qu\u2019un cer tain travail reste à faire sur le plan législatif, elle considère que la conscientisation demeure la priorité.«Il y a de plus en plus de gens qui se disent en faveur d\u2019une société plus diversifiée, plus inclusive et plus équitable, mais qui ne se voient pas nécessairement aller dans leurs réflexes, dans leurs façons d\u2019agir, re- lève-t-elle.Par exemple, il y a des gens qui en théorie sont pour l\u2019égalité hommes-femmes, mais qui dans les faits reproduisent un ensemble de comportements qui mènent à des iniquités.Ce que ça veut dire, c\u2019est qu\u2019il reste de la déconstruction à faire dans la culture, dans les réflexes.» Encouragée par l\u2019ouverture et la sensibilité dont les jeunes Québécois font preuve à l\u2019égard des causes qu\u2019elle défend, Mme Nicolas se dit confiante en l\u2019avenir.«La génération qui monte me donne espoir, assure-t-elle.Je pense qu\u2019on va gagner à moyen terme; la seule question, c\u2019est quand!» S O L I D A R I T É I N T E R N A T I O N A L E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 N O V E M B R E 2 0 1 8 C 4 POUR PLUS D\u2019INFORMATIONS SUR LA PROGRAMMATION JQSI.QC.CA @JQSI2018 GRAND PANEL STÉPHANIE DEMERS professeure, Université du Québec en Outaouais DIANA POTES militante féministe en éducation populaire en Colombie GINA THÉSÉE professeure, Université du Québec à Montréal NICOLE O\u2019BOMSAWIN enseignante et anthropologue Abénakis L\u2019école dans le monde et le monde dans la classe Quelle éducation pour quelle citoyenneté mondiale?Animation : RÉGINALD FLEURY conseiller pédagogique à la Commission scolaire de Montréal Bâtiment 7 : 1900, rue Le Ber, Montréal, H3K 2A5 Charlevoix, ligne verte et après 57 16 NOVEMBRE DE 19H À 21H Q 1 8 - 1 0 - 1 3 © M e r e t M o n d e SANS Émilie Nicolas GUILLAUME LEVASSEUR « La génération qui monte me donne espoir.Je pense qu\u2019on va gagner à moyen terme.» Militer pour que chacun ait sa place Et si la parité dans les lieux décisionnels devenait une réalité ?Portrait d\u2019Antonio Donkov (Bulgarie) ILLUSTRATIONS ROGÉ Que retenez-vous de votre expérience avec ces jeunes?S.B.Ils m\u2019ont transformé, ces jeunes-là.Ils m\u2019ont ému, de par leur générosité et leur ouverture.Je n\u2019ai jamais vu tant de ferveur à fouiller dans le dictionnaire, à débusquer le mot se rapprochant le plus près de leur vécu.R.G.Les jeunes migrants que j\u2019ai rencontrés ont été secoués dans leurs repères et leur identité.Ils laissent des membres de leurs familles et des amis derrière eux.Mais au lieu d\u2019une tristesse, j\u2019ai plutôt été saisi par leur force et leur courage.Je les sens pleins d\u2019espoir face aux nouvelles possibilités qui se présentent à eux.Ils sont beaux et inspirants.Comment définiriez-vous ce qu\u2019est l\u2019immigration aujourd\u2019hui?S.B.Je citerais simplement un des jeunes poètes originaires de l\u2019Uruguay, Hernan Farina Forster : « J\u2019ai gagné le futur / J\u2019ai perdu le passé ».Quels mots ou couleurs choisiriez- vous pour décrire la réalité que ces jeunes vous ont racontée?S.B.Leur identité multiple.C\u2019est ce qui ressort le plus.Mon amie Kim Thuy avait une image tellement éloquente à ce propos.Elle af firmait que ces jeunes ne sont pas 40 % ceci et 60 % cela, ou entre 30 % et 70 % ceci\u2026 Ils sont 100 % québécois et 100 % autre.Leur identité multiple atteint le 200 %.Ils sont riches de deux cultures, et non pas déchirés entre deux cultures.Que pouvons-nous apprendre de ces jeunes?S.B.C\u2019est un mot bien à la mode, qui peut sembler galvaudé, mais je considère qu\u2019il leur va bien : la résilience.Pour moi, c\u2019est ce qu\u2019ils m\u2019offrent : une perpétuelle leçon de résilience.R.G.Je pense que nous avons besoin d\u2019entendre parler d\u2019immigration à travers la voix des jeunes.Ça nous fait sortir des grands discours sur ce sujet.Leurs mots nous sortent de nos habitudes rationnelles et nous plongent dans quelque chose de personnel et d\u2019humaniste.Que voudriez-vous que les lecteurs retirent de Bagages mon histoire?S.B.Que ces jeunes immigrants viennent enrichir le Québec.R.G.Ce livre est pour moi une pause à travers le tumulte du quotidien, pour nous faire découvrir la beauté de l\u2019autre.Propos recueillis par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir S O L I D A R I T É I N T E R N A T I O N A L E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 N O V E M B R E 2 0 1 8 C 5 15 poèmes, 15 visages.Autant de perches tendues pour saisir la réalité d\u2019adolescents débarqués à Montréal en provenance des quatre coins du monde.Dans Bagages mon histoire, l\u2019auteur Simon Boulerice a donné la plume à de jeunes nouveaux arrivants lors d\u2019ateliers d\u2019écriture à l\u2019école Paul-Gérin-Lajoie-d\u2019Outremont, tandis que l\u2019illustrateur Rogé Girard a immortalisé leurs traits dans une série de portraits à l\u2019huile.Par leurs mots et leurs regards, l\u2019album publié aux Éditions de La Bagnole raconte le déracinement, le renouveau et la recherche de repères.Entretien avec Simon Boulerice et Rogé Girard.Bagages, leurs histoires Portrait de Mayya-Lika Kokina (Ukraine) Il y a des gens à côté de moi C\u2019est réconfortant Comme un chocolat brûlant L\u2019Iran est loin de moi Je ne le contemple Que sur la carte du monde Au fond c\u2019est proche Je suis à une grandeur de main De mon pays natal Kourosh Mohammadzadeh (Iran) J\u2019ai jeté mes douze ans Mes vieux souvenirs Mes vieux amis, mon vieux pays Mon cocon, le nœud de ma vie J\u2019ai de nouveaux ans Maintenant, j\u2019avance En fendant ma chrysalide Dohee Kim (Corée du Sud) Poèmes tirés de Bagages mon histoire S O L I D A R I T É I N T E R N A T I O N A L E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 N O V E M B R E 2 0 1 8 C 6 Chaque minute, 31 personnes sont forcées de fuir leur foyer.Il est temps d\u2019agir! En solidarité avec les 68,5 millions d\u2019enfants, de femmes et d\u2019hommes qui ont dû fuir leur foyer à cause de la guerre, des désastres naturels, de la pauvreté extrême ou des mégaprojets de développement, rejoignez-nous : e Marchez et amassez des fonds.e Signez notre carte d\u2019action.e Donnez ! POUR AGIR OU FAIRE UN DON: 1888234-8533 | DEVP.ORG J E A N - F R A N Ç O I S V E N N E Collaboration spéciale D epuis l\u2019an 2000, l\u2019Aide internationale pour l\u2019enfance (AIPE) lutte contre le travail des enfants et leur exploitation.L\u2019organisme mène plusieurs projets en Inde, en Thaïlande et en Haïti.« Le manque d\u2019accès à l\u2019éducation et la pauvreté, généralement liés, sont les plus grandes causes de l\u2019exploitation des enfants dans le monde, rappelle Éloïse Savoie, directrice générale de l\u2019AIPE.L\u2019éducation constitue le meilleur moyen de contrer cette exploitation.» De trop nombreux enfants doivent souvent prendre le chemin des champs ou de l\u2019usine, plutôt que ce- L\u2019éducation pour combattre le travail des enfants lui de l\u2019école, parce que leurs parents sont trop pauvres pour se passer de leur salaire.L\u2019AIPE cherche à briser ce cercle vicieux en soutenant financièrement les familles, afin que les enfants reçoivent une éducation.Ils organisent aussi des écoles dans cer tains bidonvilles, afin d\u2019accueillir les enfants qui traînent dans les rues et de les aider à récupérer le retard d\u2019apprentissage qu\u2019ils ont accumulé.« Les projets s\u2019adaptent toujours aux besoins des communautés locales », souligne Mme Savoie.Elle constate que les enfants des individus qui ont été aidés lorsqu\u2019ils étaient jeunes courent moins de risques de se voir privés d\u2019accès à l\u2019éducation.On peut donc bel et bien briser le cercle vicieux.Toutefois, ces enjeux demeurent méconnus au Québec et de nombreux clichés persistent.Par exemple, l\u2019image d\u2019enfants travaillant dans des usines de textiles s\u2019impose en premier à l \u2019espri t des gens lorsqu\u2019ils pensent au travail des enfants.Or, sept enfants sur dix tra- vai l lent dans l \u2019agriculture, les pêches ou l\u2019élevage.Du labeur dangereux et pénible, effectué dans des conditions généralement misérables.Les enfants manient des outils dangereux comme des machettes et des produits chimiques, sans protection.Mal nourris, ils se retrouvent souvent déshydratés après de longues heures passées à travailler sous un soleil de plomb, dans des postures difficiles.Mobiliser les Québécois Toute cette souf france pour produire café, thé, cacao et autres pro- du i ts que nous consommons .« Nous ne voulons pas payer plus et les grandes multinationales ne souhaitent pas faire moins de profits, donc au bout du compte les travailleurs écopent, surtout les enfants, qui ne coûtent presque rien à employer », indique Mme Savoie.Loin de jouer la carte de la culpabilisation, elle veut surtout éduquer, sensibiliser et mobiliser les Québécois sur ces enjeux.« Il faut que les Québécois comprennent pourquoi ces enfants travaillent et le rôle qu\u2019ils peuvent jouer, au Québec, pour contrer ce fléau», avance-t-elle.Les Québécois peuvent agir en tant que consommateurs, notamment en s\u2019assurant de choisir des produits équitables, de consommer local et d\u2019éviter la surconsommation.Ils peuvent aussi se faire entendre en tant que citoyens, en faisant pression sur leurs gouvernements et sur les commerçants, en signant des pétitions, en relayant les informations sur ce sujet sur les médias sociaux, en s\u2019engageant dans des projets visant l\u2019accès à l\u2019éducation ou la lutte contre l\u2019exploitation des enfants, etc.L\u2019AIPE mène chaque année de nombreux projets dans les écoles, comme des ateliers ou conférences au primaire et au secondaire.Elle forme des comités de jeunes dans certaines écoles secondaires, dont l\u2019objectif est de proposer des activités de sensibilisation aux droits des enfants dans le monde.Elle organise aussi auprès des adultes des tables rondes, des projections de documentaires, des expositions photographiques et autres rassemblements.« Le but n\u2019est pas seulement d\u2019informer, mais de mobiliser les gens, soutient Mme Savoie.En général, nous constatons qu\u2019ils sont très ouverts et interpellés par ce sujet, toutefois, il est un peu plus difficile de les mettre en action.» Pourtant, souligne-t-elle, les actions ont des effets concrets.Dans dix villages où l\u2019AIPE mène des projets, les mariages précoces, auparavant très courants, ont pratiquement disparu et l\u2019éducation des enfants est devenue la norme.« Le changement est possible, mais c\u2019est toujours un objectif à long terme », conclut la directrice générale.De jeunes Afghans travaillent à tisser des tapis destinés à l\u2019exportation.AREF KARIMI AGENCE FRANCE-PRESSE « Nous ne voulons pas payer plus et les grandes multinationales ne souhaitent pas faire moins de profits, donc au bout du compte les travailleurs écopent, surtout les enfants, qui ne coûtent presque rien à employer » S O L I D A R I T É I N T E R N A T I O N A L E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 N O V E M B R E 2 0 1 8 C 7 Quitter le confort de son foyer québécois pour travailler un an en Haïti, grâce au programme de volontariat de SUCO.Marilyne et Étienne, un jeune couple dans la trentaine, l\u2019ont fait.Une expérience qui a changé leur vie.Changer le monde et le sien en même temps R A P H A Ë L L E C O R B E I L Collaboration spéciale M arilyne et Étienne se rencontrent en 2014, alors qu\u2019ils travaillent pour le même cabinet comptable.Lui est à Shawinigan, elle est basée à Trois-Rivières.C\u2019est lors d\u2019une formation à Québec que le courant passe entre les deux.Ils se découvrent une même passion pour le voyage et l\u2019aventure.« Je savais que je voulais travailler en développement international, se souvient Marilyne.Je lui ai confié que mon rêve était de partir un an quelque part pour vivre une expérience complètement dif férente.Il m\u2019a répondu que lui aussi.» Quelques années plus tard, ils entendent parler de l\u2019organisme SUCO.Dans le cadr e du Pr o - gramme de coopération volontaire (PCV) financé par Af faires mondiales Canada, SUCO accompagne des organismes partenaires à l\u2019international pour renforcer les capacités locales.Au début de l\u2019année 2017, SUCO affiche deux mandats en comptabilité pour coopérer en Haïti, en collaboration avec l\u2019Organisation des paysans actifs pour le développement de Lamontagne, petit village situé en zone rurale.L\u2019objectif du mandat : par tager son exper tise comptable et former des jeunes en entrepreneuriat afin de dynamiser la région.Le couple y voit une occasion unique de partir ensemble, en plus de mobiliser leurs compétences dans une région en besoin.Mari- lyne annonce à son employeur qu\u2019elle ne renouvellera pas son contrat, tandis qu\u2019Étienne quitte son emploi.Les deux s\u2019envolent pour Haïti en juillet.Accompagner de jeunes entrepreneurs À Lamontagne, sous le soleil tapant d\u2019Haïti et dans une chaleur épaisse, le couple doit rapidement s\u2019adapter à son nouvel environnement.Plusieurs enfants errent dans les rues ; ils ne vont pas à l\u2019école.Marilyne et Étienne évaluent les besoins et mettent sur pied une « faculté en administration des affaires et en entrepreneuriat ».L\u2019idée est d\u2019offrir des outils de base pour monter un projet ou se trouver un emploi, par exemple rédiger un CV à l\u2019ordinateur, faire un budget, développer un système de factures.« Les habitants de Lamontagne sont très attachés à leur milieu, mais ils sont souvent obligés de s\u2019installer en ville pour travailler, explique Étienne.On voulait les aider à développer de petits commerces chez eux, par exemple un magasin of frant un ser vice d\u2019impression pour qu\u2019ils n\u2019aient pas à se rendre jusqu\u2019à la ville voisine pour faire imprimer leurs documents.» Si au début le couple fait face à une certaine méfiance de la part de la communauté, une vingtaine de jeunes, âgés de 18 à 35 ans, s\u2019inscrivent bientôt à la formation.« Ces jeunes, autant les garçons que les filles, sont des leaders dans leur communauté.Ils ont beaucoup d\u2019idées, beaucoup d\u2019énergie, il manquait juste un petit déclic pour les propulser », soutient Étienne.Faire face aux imprévus Les trois premiers mois, Marilyne et Étienne résident dans le village même, dans une maison étroite d\u2019une pièce, sans eau courante ni électricité.Ce qui rend la préparation des cours difficile.Ils déménagent alors dans la ville voisine, Jacmel, à 45 minutes de moto sur un chemin de terre.Ils s\u2019inscrivent aussi rapidement à des cours de créole.« C\u2019est important, quand on fait un mandat comme ça, de parler la langue des personnes avec qui on interagit.Ça nous a aidés à nous intégrer », souligne Étienne.« Il faut décanter un peu ce qu\u2019on vient de vivre.On va prendre le temps, on va réfléchir, mais je pense qu\u2019on va repartir.» Si au début le couple fait face à une certaine méfiance de la part de la communauté, une vingtaine de jeunes, âgés de 18 à 35 ans, s\u2019inscrivent bientôt à la formation.SUCO VOIR PAGE C 8 : RETOUR M A R I E - H É L È N E A L A R I E Collaboration spéciale U n discours polarisé entretient les préjugés envers les migrants.« Il est rare que les citoyens aient accès à un discours et à une discussion raisonnables sur la question, et c\u2019est cette lacune que notre organisme veut combler », déclare Élisabeth Desgranges, animatrice pour la région de l\u2019Est-du-Québec chez Développement et Paix.« Dans le contexte mondial actuel où on assiste à la montée de groupes identitaires et où certaines voix portent davantage, il existe aussi une contrepartie où des gens se prononcent pour l\u2019accueil des migrants », ajoute- t-elle en soulignant qu\u2019on entend beaucoup parler des Syriens ou des Rohingyas, mais moins des autres migrants forcés qui eux, sont obligés de migrer à l\u2019intérieur même de leur pays et qui ne demanderont jamais de statut de réfugiés : « les causes profondes de ces migrations ne sont pas toujours la guerre ou la répression, mais parfois les grands projets de développement ou les changements climatiques, et on tente d\u2019appor ter aussi cette vision élargie du problème », précise l\u2019animatrice.Pour se faire entendre, Développement et Paix a choisi les campagnes de sensibilisation, dont des capsules vidéos.«Nous sommes présents sur les réseaux sociaux et nos 10 000 membres canadiens participent à des ateliers où ils trouvent des outils pour aborder le sujet dans leur milieu», explique Élisabeth Desgranges.5 mythes sur la crise migratoire MYTHE 1 Le Canada accueille trop de réfugiés En 2016, le Canada a accueilli l\u2019équivalent de (soit 58 435 personnes) des 3,4 millions de nouvelles personnes réfugiées dans le monde.MYTHE 5 Les personnes réfugiées fuient une situation temporaire Les deux tiers des personnes réfugiées passent plus de 5 ans en exil.MYTHE 2 Les pays du Nord accueillent la majorité des personnes réfugiées des personnes réfugiées se trouvent dans les pays les plus pauvres de la planète.MYTHE 4 Les réfugiés menacent l\u2019identité culturelle et les valeurs canadiennes Plus d\u2019un Canadien sur cinq est né à l\u2019étranger, soit plus de 7,5 millions de personnes en 2016.MYTHE 3 Les personnes réfugiées vivent toutes dans des camps vivent en hébergement autonome (souvent en ville).vivent dans des camps de réfugiés.vivent dans des camps indépendants (non gérés par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés), dans des centres collectifs ou sont en déplacement.SOURCE : DÉVELOPPEMENT ET PAIX S O L I D A R I T É I N T E R N A T I O N A L E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 N O V E M B R E 2 0 1 8 C 8 Ce cahier spécial a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.Pour toute information sur le contenu, vous pouvez contacter Aude Marie Marcoux, directrice des publications spéciales, à amarcoux@ledevoir.com.Pour vos projets de cahier ou toute autre information au sujet de la publicité, contacter iDmedia@ledevoir.com.En collaboration avec Au rythme actuel, la parité entre les femmes et les hommes ne sera pas atteinte avant l\u2019année 2186\u2026 CONFÉRENCES gratuites Vous enseignez ou étudiez au cégep ou à l\u2019université?Réservez notre conférencière Émilie Nicolas : Par téléphone : 514 905-1072 Par courriel : campus.oxfamqc@oxfam.org Détails : www.oxfam.qc.ca/pour-elles-aussi DEVENEZ VOLONTAIRE ET FAITES UNE DIFFÉRENCE ! PARTAGEZ VOS CONNAISSANCES ET CONTRIBUEZ À UN MONDE PLUS ÉGALITAIRE Le programme Uniterra béné?cie de l\u2019appui ?nancier du gouvernement du Canada, par l\u2019entremise d\u2019Affaires mondiales Canada.PRÈS DE 200 MANDATS VOUS ATTENDENT SUR UNITERRA.CA © MICHEL HUNEAULT © MICHEL HUNEAULT © DILIP CHINNAKONDA À par tir de Jacmel, i ls peuvent construire le contenu des cours une semaine à l \u2019 avance.Mais chaque jour amène son lot d\u2019imprévus.Les temps de pluie, par exemple, rendent impossible le voyage sur le chemin boueux qui mène à Lamontagne.Marilyne et Étienne doivent alors contacter les élèves un par un pour les prévenir que le cours est reporté.À Lamontagne, on compte souvent sur le bouche-à-oreille : la plupart des téléphones cellulaires ne sont pas chargés, faute d\u2019électricité.Au terme de cette année de formation, les élèves organisent une cérémonie de remise des di - plômes, avec une messe, des discours de remerciement et une grande fête, préparant eux-mêmes leur budget et amassant les fonds nécessaires.Un grand événement pour la communauté, auquel 400 personnes participent.Depuis, des diplômés de la faculté ont également mis sur pied un festival annuel de trois jours pour permettre aux talents de la communauté de se faire connaître.Deux jeunes ont également trouvé un emploi.Retour au bercail Après une année riche en émotions, le retour au Québec fut dif ficile, confie Marilyne.« Le contact humain est très impor tant là-bas.Quand on allait faire notre marché, les gens nous saluaient.Et surtout, notre travail avait un sens.Les gens se montraient très reconnaissants, et ça, ça n\u2019a pas de prix.» Revenus cet été, Marilyne et Étienne ont rapidement retrouvé un emploi et repris le r ythme effréné du mode de vie occidental.Ils constatent chaque jour le décalage entre leur vie quotidienne ici par rappor t à leur vie à Lamont a g n e .« M o n e n t o u r a g e c e s temps-ci se cherche un costume d\u2019Halloween, alors que là-bas on se demande si on va manger le lendemain », dit-elle.Ils se trouvent chanceux d\u2019être ensemble pour vivre cette transition.« Partir en couple nous a permis de nous soutenir, de vivre l\u2019expérience à fond.Et de pouvoir en reparler aujourd\u2019hui.Je crois que notre couple en est ressor ti plus fort », rapporte Étienne.Ces deux jeunes passionnés pro- jettent-ils de repartir ?« Il faut décanter un peu ce qu\u2019on vient de vivre.On va prendre le temps, on va réfléchir, mais je pense qu\u2019on va repartir », conclut Marilyne.SUITE DE L A PAGE C 7 RETOUR De nouvelles perspectives « Mon entourage ces temps- ci se cherche un costume d\u2019Halloween, alors que là- bas on se demande si on va manger le lendemain » Marilyne et Étienne SUCO "]
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