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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-09-29, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CVIII NO 221 / LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2018 / 3,05 $ + TAXES = 3,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM CULTURE La noirceur sous les projecteurs LED 6 INDEX Avis légaux.B6 Carrières .A9 Décès .B6 Édito .B8 Élections .A5 Grille TV .LeD40 Idées.B9 Mots croisés.LeD54 Petites annonces .B7 Sports.A9 Sudoku .LeD54 PHILO Pas de démocratie sans une dose de populisme | B 11 LIRE Conversation avec les nouveaux mâles de la littérature québécoise LED 28 Pour suivre l'actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.Invitée : Dominique Deslandres, historienne Animateur : Éric Bédard, historien Auditorium de la Grande Bibliothèque, 3 octobre 2018, 19h U N E S É R I E D E H U I T G R A N D E S R E N C O N T R E S S U R L A N O U V E L L E - F R A N C E Marie de l\u2019Incarnation (1599-1672) Arrêt sur image Les chefs amorcent samedi la dernière ligne droite qui mène au jour J.C\u2019est donc l\u2019heure de faire le point.Tandis que Brian Myles fait son choix en page éditoriale (B 8), vous, électeurs et électrices, pouvez profiter des dernières heures pour vous faire une tête.Pour vous aider, notre cahier Perspectives spécial élections, où vous retrouvez les bilans de nos caravaniers (B 2 et B 3), la campagne vue par Michel David et Konrad Yakabuski (B 4 et B 5) ainsi que tout ce qu\u2019il faudra surveiller lundi soir.De son côté, Jean-François Nadeau couronne « tanné » mot de la campagne (A 5).Alors, vent de changement sur le Québec ?MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR Le président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), Mgr Lionel Gendron, se dit en faveur de l\u2019abolition du délai de prescription, qui empêche des victimes de prêtres pédophiles de poursuivre des communautés religieuses.« Je suis en communion avec mon pape.Il ne devrait pas y en avoir », a-t-il tranché en entrevue au Devoir, précisant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une position personnelle.L\u2019assemblée plénière annuelle réunissant tous les évêques canadiens s\u2019est tenue cette semaine à Cornwall.Selon Mgr Gendron, bien que le scandale des prêtres pédophiles ait été abordé, la question du délai de prescription a été éludée.« On n\u2019a pas réfléchi là-dessus », a-t-il souligné, ajoutant qu\u2019un comité permanent, créé dans la foulée des mesures adoptées par l\u2019Église au Canada pour prévenir les agressions sexuelles, pourrait se pencher sur cet enjeu.Mgr Lionel Gendron s\u2019est même montré étonné que des représentants de l\u2019Église catholique invoquent ce délai de PRÊTRES ABUSEURS Le temps joue contre les victimes Le président de la Conférence des évêques du Canada est favorable à l\u2019abolition du délai de prescription LISA-MARIE GERVAIS LE DEVOIR « 35 000 » ?« 40 000 » ?« 50 000 » ?La campagne électorale a pris la tournure d\u2019une véritable guerre de chiffres sur la quantité d\u2019immigrants que le Québec devrait accueillir.Un débat que plusieurs considèrent comme stérile et qui camoufle des décennies d\u2019échec des politiques d\u2019immigration.Régionalisation, francisation, intégration.Les partis ont multiplié leurs promesses en immigration autour de ces thèmes pendant la campagne électorale.Mais ils en parlaient déjà il y a plus de trois décennies.En 1990, dans l\u2019Énoncé de politique en matière d\u2019immigration, le gouvernement libéral d\u2019alors soulignait l\u2019importance de préserver le français au Québec et parlait déjà de régionalisation pour soutenir le développement économique et «faciliter l\u2019intégration des nouveaux arrivants».Or, la régionalisation n\u2019a pas fonctionné, la francisation est un échec, comme l\u2019a démontré la vérificatrice générale l\u2019an dernier, et l\u2019intégration des immigrants au marché du travail est toujours un immense défi.En quoi le Québec a-t-il failli?«On ne peut pas dire qu\u2019on a complètement raté l\u2019immigration, mais selon le contexte politique et économique, ça varie entre échecs et succès», soutient Micheline Labelle, sociologue émérite de l\u2019UQAM qui a beaucoup étudié les politiques d\u2019immigration dans une perspective historique.IMMIGRATION Que cache la guerre de chiffres ?VOIR PAGE A 4 : CHIFFRES VOIR PAGE A 4 : VICTIMES ÉLECTIONS 2018 AGENTE OFFICIELLE ROXANNE RINFRET 29 septembre 2018 « En fondant la Coalition Avenir Québec, en novembre 2011, nous rêvions de réunir des gens de tous les talents et de tous les horizons.Nous rêvions de réunir des gens qui, malgré leurs diverses allégeances passées, étaient ouverts à travailler ensemble pour le Québec.Nous pensions et nous pensons toujours que ce n\u2019est que dans les échanges que nous pouvons évoluer et faire évoluer la société.Et c\u2019est ainsi que la Coalition Avenir Québec a pu asseoir à la même table des gens qui partageaient la même ambition : celle de faire plus et de faire mieux pour le Québec et pour tous les Québécois.Aujourd\u2019hui, nous rêvons de mettre en chantier toutes les idées que nous avons eues pour permettre aux Québécois et à leur famille d\u2019aller de l\u2019avant, d\u2019aller plus loin.Nous aspirons à transformer la volonté de changement de la population en un vote de confiance à notre égard.Nous espérons que les Québécois nous portent au pouvoir lundi pour changer les choses en leur nom.Nous souhaitons recevoir le mandat de mettre fin à la corruption et au gaspillage et de diriger un gouvernement plus efficace et plus humain.Aujourd\u2019hui, 65 femmes et 59 hommes de grande valeur sollicitent votre confiance pour vous représenter à l\u2019Assemblée nationale.65 femmes et 59 hommes qui, comme moi, aiment profondément le Québec et qui rêvent de devenir votre gouvernement.Maintenant.» François Legault ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2018 Départs de Montréal.Sunwing distribuera « 6 000 forfaits vacances à 1 295 $ » au niveau national, pour une sélection de destinations, d\u2019hôtels et de dates de départ, jusqu\u2019à épuisement de stock.Tous les prix ci-dessus sont calculés par personne, en occupation double, pour des vacances tout compris de 7 nuitées (sauf indication contraire), puis ils incluent les taxes et les frais de transport.Les sièges au prix affi ché ci-dessus sont sous réserve de disponibilité et leur capacité est contrôlée.Les prix n\u2019incluent pas la contribution des clients au Fonds d\u2019indemnisation des clients des agents de voyages de 1 $ par tranche de 1 000 $ de services achetés.Les vols sont exploités par Sunwing Airlines et TUI Airways.Cette off re peut être modifi ée ou retirée à tout moment sans préavis.Pour plus de renseignements sur la Garantie du meilleur prix, ainsi que pour les modalités et conditions générales, veuillez visiter Sunwing.ca.Titulaire d\u2019un permis du Québec #702928.| 29092018 Pour voir la sélection complète des forfaits vacances à 1 295 $ et pour des astuces sur comment Mieux Voyager, communiquez avec votre agent de voyages ou visitez Sunwing.ca Hôtels en vedette Mieux Voyager pour 1295$ Réservez avant que ces aubaines ne s\u2019envolent! Grâce à notre Garantie du meilleur prix, vous n\u2019aurez pas besoin d\u2019attendre à la dernière minute Mieux Voyager Astuce nº297 1295$ 1295$ Chambre 4, 18 nov.et 2 déc.7 nuits - Tout compris Chambre de luxe 18 nov., 2 et 9 déc.7 nuits - Tout compris Jamaïque Riu Montego Bay Punta Cana, Rép.dom.Grand Memories Punta Cana 1295$ Chambre 8 janv.7 nuits - Tout compris Mazatlan, Mexique Riu Emerald Bay Il ne reste que 6 000 forfaits de vacances exceptionnelles à ce prix.Service primé Garantie du meilleur prix Nous restons à vos côtés à chaque étape de votre voyage Hôtels et excursions les mieux cotés NOUVEAU CETTE ANNÉE E N B R E F Séisme suivi d\u2019un tsunami en Indonésie JAKARTA \u2014 Un puissant séisme qui a secoué vendredi l\u2019Indonésie a provoqué un tsunami qui a fait des dizaines de morts et emporté des maisons dans au moins deux villes.Un responsable des secouristes, Sutopo Purwo Nu- groho, a déclaré à la télévision locale qu\u2019un mur d\u2019eau d\u2019environ trois mètres a frappé la ville de Palu, la capitale de la province centrale du Sulawesi, et Donggala, une ville plus petite.De petits villages côtiers auraient aussi été touchés.La catastrophe a rompu les communications et la tombée de la nuit complique l\u2019évaluation de la situation.Les dirigeants indonésiens avaient lancé une alerte au tsunami immédiatement après la secousse de magnitude 7,5, avant de l\u2019annuler peu de temps après.Le tsunami aurait frappé un peu plus tard.Associated Press Raphaël Lévesque, d\u2019Atalante, contesterait la tenue de son procès Un leader du groupe de droite identi- taire Atalante, Raphaël Lévesque, arrêté pour avoir fait irruption avec d\u2019autres dans les bureaux du média Vice en mai dernier, pourrait contester la tenue de son procès.Il est accusé d\u2019entrée par effraction, de méfait, d\u2019intimidation et de menaces.L\u2019avocat le représentant, Me Jacklin Turcot, a réclamé de la Couronne qu\u2019elle lui remette des éléments de preuve additionnels en prévision de l\u2019enquête préliminaire, dont la date devrait être fixée à la prochaine audience.Me Tur- cot a expliqué que ce n\u2019est que lorsque cette preuve additionnelle aura été reçue et analysée que son client décidera s\u2019il conteste sa citation à procès.La cause de Lévesque a été reportée au 19 octobre.La Presse canadienne Liberté d\u2019information : le Canada se compare à la Bulgarie OTTAWA \u2014 Le Canada a glissé de six places pour se retrouver au 55e rang du classement mondial de la liberté d\u2019information, comme établi par le Centre pour le droit et la démocratie.Il se retrouve maintenant à égalité avec la Bulgarie et l\u2019Uruguay.Le Canada a chuté sur la liste en partie parce que d\u2019autres pays l\u2019ont dépassé en adoptant de meilleures législations, révèle le dernier bulletin.L\u2019Afghanistan, qui s\u2019efforce de reconstruire ses institutions publiques, trône en tête du classement 2018, suivi du Mexique, de la Serbie et du Sri Lanka.Les responsables derrière la liste disent espérer que la « mauvaise performance » du Canada servira de sonnette d\u2019alarme pour inciter Ottawa à améliorer la loi fédérale sur l\u2019accès à l\u2019information.La Presse canadienne Une victime du séisme reçoit des soins.AFP/BNPB JULIE CHARPENTRAT À SAN FRANCISCO AGENCE FRANCE-PRESSE Quelque 50 millions de comptes Facebook ont été piratés en raison d\u2019une faille de sécurité, a révélé vendredi le réseau social, à l\u2019image et aux finances déjà sérieusement ébranlées par plusieurs controverses, en particulier autour de la protection des données personnelles.« La faille a été réparée [jeudi] soir », a indiqué vendredi le patron de Facebook Mark Zuckerberg, qui a personnellement participé à une conférence téléphonique avec des journalistes pour faire le point sur la situation.« Nous ne savons pas si ces comptes ont été utilisés de façon malveillante », a-t-il expliqué, ajoutant que les investigations étaient en cours.« C\u2019est un problème très sérieux », a répété à de nombreuses reprises le jeune p.-d.g., qui avait été critiqué vertement plusieurs fois ces derniers mois pour avoir tardé à réagir lors de crises précédentes.Selon Facebook, « presque 50 millions de comptes ont été touchés directement », c\u2019est-à-dire que les pirates ont pu accéder aux informations figurant sur leur profil (nom, genre, ville\u2026) 50 millions de comptes Facebook piratés grâce au piratage de la fonctionnalité « Voir en tant que », permettant de regarder son propre profil comme si on était un autre utilisateur.Accès sans limites aux données Mark Zuckerberg a expliqué que la faille avait été découverte mardi après que les équipes techniques du groupe eurent remarqué un « pic d\u2019activité » dans les connexions.« Un attaquant a exploité une vulnérabilité technique pour voler des outils d\u2019accès permettant de se loger dans le compte Facebook d\u2019environ 50 millions de comptes », a-t-il indiqué.Ces outils (tokensen anglais) permettent aux usagers de se reconnecter automatiquement à leur compte.À la connaissance de Facebook, les pirates ont pu accéder à des données figurant dans les profils, mais sans que l\u2019on sache ce qu\u2019ils en avaient fait ou comptaient en faire.Facebook a précisé « travailler » avec la police fédérale américaine, le FBI.Les pirates « ont pu utiliser le compte comme s\u2019ils en étaient les titulaires », a relevé Guy Rosen lors de la conférence téléphonique, haut responsable du groupe, responsable de la gestion du produit.« Nous sommes désolés », a-t-il ajouté, précisant ne pas savoir qui était derrière l\u2019attaque.Pour autant, selon les premières constatations du groupe, ils ne se sont pas servis de cette faille pour mettre des publications sur les comptes piratés ni accéder aux messages privés, mais le groupe continue à investiguer.Selon le premier réseau social du monde, les mots de passe n\u2019ont pas été compromis, pas plus que des informations de cartes de crédit.Pour l\u2019heure, Facebook a suspendu la fonctionnalité « Voir en tant que » jusqu\u2019à nouvel ordre et a déconnecté les 50 millions de comptes piratés, conduisant leurs titulaires à devoir se « connecter » à nouveau.Facebook a étendu cette mesure, « par précaution », à 40 millions de comptes supplémentaires, dont la fonctionnalité « Voir en tant que » a été utilisée récemment.Ce piratage «montre une nouvelle fois que nous sommes dans une course à l\u2019arm e m e n t » ave c « d e s a t t a q u e s constantes » destinées à « voler des informations», a dit Mark Zuckerberg, qui a assuré que le groupe devait toujours être «plus proactif» face aux menaces.Nouveaux déboires Ce sont de nouveaux déboires \u2014 dont la gravité reste à déterminer précisément \u2014 pour le premier réseau social du monde et ses plus de 2,2 milliards d\u2019utilisateurs dans le monde.Ces derniers mois, la confiance des utilisateurs a déjà été passablement ébranlée par plusieurs scandales et Facebook traverse la plus grave crise de sa (jeune) histoire.Le groupe est critiqué pour avoir servi de plateforme de manipulation politique, en particulier pendant la campagne présidentielle américaine de 2016, et avoir laissé filer les données de dizaines de millions d\u2019utilisateurs à leur insu vers la firme britannique Cambridge Analytica.Malgré les excuses répétées de son dirigeant, y compris devant le Congrès américain, l\u2019image de Facebook, né en 2004, en est ressortie largement ternie.La confiance des utilisateurs de Facebook a été mise à rude épreuve au cours des derniers mois.ARIF ALI AGENCE FRANCE-PRESSE Nous ne savons pas si ces comptes ont été utilisés de façon malveillante MARK ZUCKERBERG » LEDEVOIR // LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2018 445, rue St-Sulpice, Vieux-Montréal Téléphone : 514 845-4980 Heures d\u2019ouverture : du lundi au vendredi de 10 h 00 à 18 h 00 les samedis et dimanches de 10 h 00 à 16 h 30 Nous tenons en inventaire agendas, papiers Lalo, papier St-Gilles, cartes, plumes et stylos, albums de photos, articles de bureau, sceaux, cires à cacheter.Papeter ie Casse - Noisette ACTUALITÉS A 4 Au fil des ans, le Québec a néanmoins réussi à rapatrier d\u2019importants pouvoirs appartenant au fédéral, notamment celui de sélectionner ses immigrants de la catégorie économique \u2014 ceux de la catégorie réfugiés et réunification familiale relevant toujours d\u2019Ottawa.En 1991, sous les libéraux, l\u2019Accord Canada-Québec relatif à l\u2019immigration, conclu entre Barbara McDougall et Monique Ga- gnon-Tremblay, les deux ministres de l\u2019Immigration, consacrait définitivement ces pouvoirs au Québec par des transferts fédéraux.Problèmes dans la sélection Mais si le Québec a désormais le privilège de sélectionner ses travailleurs qualifiés, encore faut-il que le processus soit adéquat.Anne Bernard, qui a travaillé près de quarante ans dans la fonction publique et qui a terminé sa carrière comme conseillère à la sélection au ministère de l\u2019Immigration, a connu la machine de l\u2019intérieur.Son constat ?Les gouvernements ont tranquillement laissé aller la sélection, sans en corriger réellement les travers.Par exemple, au cours des cinq dernières années, tous les professionnels qui rencontraient les travailleurs qualifiés immigrants en entrevue, afin d\u2019évaluer leur admissibilité, ont été éliminés.Cette étape importante permettait pourtant de « planter le décor » et d\u2019ajuster les attentes des immigrants, dit-elle.De plus, le critère de l\u2019« adaptabilité », qui permettait d\u2019évaluer la connaissance que possédait un immigrant du marché du travail et du Québec, a vu son importance graduellement réduite, pour finalement ne plus valoir aucun point.Immigrer sans parler français Les ratés du processus de sélection ont eu, au fil des ans, des impacts directs sur la francisation.Avant 2011, la grille de sélection accordait des points pour le français, même pour un niveau très sommaire.Cela permettait à l\u2019immigrant de se soumettre à un test avec des questions telles que « comment vous appelez- vous ?», « qu\u2019avez-vous fait en fin de semaine ?», pour obtenir le petit nombre de points qui lui manquait pour se qualifier.« On a fait ça pendant des années, jusqu\u2019à ce que Diane De Courcy [ministre de l\u2019Immigration pendant le gouvernement péquiste de 2012-2014] exige l\u2019atteinte d\u2019au moins un niveau intermédiaire avancé pour pouvoir avoir des points », soutient Mme Bernard.Autre biais de sélection : les domaines de formation.Le Québec produit une liste des emplois en manque de main-d\u2019œuvre, assortis d\u2019un nombre substantiel de points.« C\u2019est ce critère qui vient le plus déjouer le français dans la grille », avance Mme Bernard.Il est donc toujours possible, si notre score est très haut dans les autres critères, de nous qualifier sans avoir besoin de parler la langue de Molière.D\u2019ailleurs, pour les immigrants économiques de la sous-catégorie des « investisseurs », l\u2019exigence de parler le français, ne serait-ce qu\u2019un peu, est encore inexistante.Même chose pour les travailleurs temporaires, régis par Ottawa, qui finissent par échapper à cette exigence.Échec de la régionalisation Quant à la régionalisation, elle est demeurée un vœu pieux.Montréal et sa région accueillent encore au- jourd\u2019hui environ 85 % des immigrants, alors que c\u2019était 87 % il y a trente ans.« Ça n\u2019a jamais marché, même si dans les années 1980-1990, dans tous les énoncés politiques, on parle de la pertinence d\u2019envoyer les immigrants en région », soutient la sociologue Micheline Labelle, connue pour ses positions souverainistes.« S\u2019il n\u2019y avait pas de structures d\u2019accueil suffisantes et de communautés organisées [\u2026] les gens revenaient à Montréal.» Pour Anne Bernard, sans mesures particulières pour les attirer ou les contraindre, les immigrants n\u2019iront pas s\u2019installer en région.Lorsqu\u2019elle les recevait en entrevue, elle constatait effectivement que plusieurs d\u2019entre eux n\u2019avaient pas cette intention.La majorité ne pouvait même pas situer le Québec sur une carte vierge du Canada.« Alors, leur demander de pointer une région\u2026 » Rien pour aider, le gouvernement libéral a fermé ces dernières années tous ses bureaux régionaux d\u2019immigration.Depuis, impossible pour les fonctionnaires du ministère de l\u2019Immigration, désormais centralisé, de savoir ce qui se passe avec l\u2019intégration sur le terrain, avait dénoncé la vérificatrice générale.Le gouvernement Couillard a récemment indiqué qu\u2019il allait les redéployer.Les défis de l\u2019intégration en emploi Un beau principe que celui d\u2019arrimer le domaine d\u2019emploi d\u2019un nouvel arrivant aux besoins des entreprises d\u2019ici, croit Mme Labelle, anciennement titulaire d\u2019une chaire de recherche en immigration à l\u2019Institut d\u2019études internationales de Montréal.Mais face aux besoins criants, le processus d\u2019immigration demeure tellement laborieux.« Ce ne sont pas tous les gouvernements qui ont voulu pratiquer l\u2019emploi réservé, parce que choisir un immigrant pour venir combler un besoin spécifique ne se fait pas en quelques semaines.» La surqualification des immigrants est aussi un problème, car, certes, le Québec a besoin d\u2019ingénieurs et de médecins, mais pas que de ça.Sur le site d\u2019Emploi Québec, la liste des 97 emplois pour lesquels les besoins sont les plus criants en présente un grand nombre qui ne requièrent pas d\u2019études supérieures.« On cherche toujours le fameux soudeur ou le mécanicien en machinerie.Mais ce ne sont pas eux qui postulent.En quatre ans au ministère, si j\u2019en ai rencontré une dizaine, c\u2019est beau.» Par leur nouveau Règlement sur l\u2019immigration entré en vigueur en août dernier, les libéraux ont montré leur intention d\u2019en finir avec ce décalage, notamment en mettant en place un système de déclaration d\u2019intérêts, qui permet désormais une sélection des travailleurs selon les besoins du Québec et non pas selon la règle du «premier arrivé, premier servi».Trop peu trop tard ?Chose certaine : après des décennies de surplace, le nouveau gouvernement devra montrer qu\u2019il sait faire des miracles.Un processus de sélection qui a ses ratés CHIFFRES SUITE DE LA PAGE A 1 Si le Québec a besoin d\u2019ingénieurs et de médecins, beaucoup de postes à pourvoir à l\u2019heure actuelle ne requièrent aucun diplôme d\u2019études supérieures.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Recours difficiles prescription pour couper court aux réclamations.« Ils le font », avance sans détour Me Pierre Boivin, du cabinet Kugler Kandestin, qui a piloté plusieurs actions collectives contre des ordres religieux.« Et c\u2019est souvent le seul argument que les ordres religieux peuvent faire valoir.Ils y tiennent mordicus », poursuit-il.Le Québec et l\u2019Île-du-Prince-Édouard sont les deux seules provinces canadiennes qui n\u2019ont toujours pas aboli le délai de prescription pour les victimes d\u2019agressions sexuelles.Il s\u2019agit en fait d\u2019une demande récurrente des victimes des prêtres pédophiles.Tant le Protecteur du citoyen que le Barreau du Québec le réclament également.La Coalition avenir Québec, le Parti québécois et Québec solidaire appuient cette demande.En avril 2015, Gaétan Bégin, qui affirme avoir été agressé à répétition par un prêtre à Saint-Ludger en Beauce alors qu\u2019il était adolescent, reçoit une réponse à une mise en demeure envoyée au diocèse de Québec pour obtenir une compensation financière.« [\u2026] Il est évident que votre réclamation est irrecevable », peut-on lire dans la missive signée par Me Michel Dupont du cabinet Stein Monast.« D\u2019une part, l\u2019Église catholique n\u2019a pas à répondre, sur le plan juridique, des gestes que vous prêtez au curé [\u2026].D\u2019autre part, et surtout, tout recours basé sur les faits que vous invoquez est depuis longtemps prescrit.» La semaine dernière, en entrevue au Devoir, le cardinal Gérald Cyprien La- croix, archevêque de Québec, assurait que l\u2019Église ne cherche aucunement à étouffer le scandale des prêtres pédophiles.« Je pense qu\u2019il faut vider cet ab- cès-là pour rebâtir avec une plus grande crédibilité et plus de confiance », avait- il déclaré.« Ce que je lui demande, s\u2019il veut vraiment aider les victimes, c\u2019est de faire pression sur le gouvernement pour abolir le délai de prescription », lance au téléphone Gaétan Bégin, la voix écorchée par l\u2019émotion.«Le clergé s\u2019est toujours caché derrière ça », s\u2019indigne l\u2019homme de 78 ans, qui souhaite voir le jour où il pourra enfin poursuivre le diocèse de Québec.Pour Me Boivin, il s\u2019agit d\u2019un discours en double teinte.« Ils disent qu\u2019ils sont ouverts et qu\u2019ils veulent faire amende honorable», avance-t-il.Mais au même moment, l\u2019Église continue d\u2019invoquer le délai de prescription.Selon ce que VICTIMES SUITE DE LA PAGE A 1 rapporte Me Boivin, en novembre prochain, les frères de Sainte-Croix tenteront de faire reconnaître le délai de déchéance devant la Cour suprême du Canada.S\u2019ils obtiennent gain de cause, une victime aurait trois ans après le décès d\u2019un agresseur pour intenter une poursuite, ce qui aurait également comme conséquence de retirer à une victime le droit d\u2019invoquer son impossibilité d\u2019agir plus tôt.«Ça voudrait dire qu\u2019à peu près toutes les victimes ne pourraient plus poursuivre, même une institution qui a commis une faute en cachant [les gestes] d\u2019un prêtre, si ce prêtre est décédé il y a vingt ou trente ans », fait valoir Me Boivin.Abolition dans le droit canon ?Le délai de prescription existe également dans le droit canon.Son abolition était à l\u2019ordre du jour de la Commission pontificale pour la protection des mineurs mise sur pied par le pape François en 2014.Dans un cour- riel transmis au Devoir, la pédopsy- chiatre française Catherine Bonnet, qui siégeait à la Commission jusqu\u2019en février dernier, indique que cette abolition « a été l\u2019une des propositions votées par la première Commission et [\u2026 ] présentées au pape lors de notre dernière plénière en septembre 2017 ».Les instances du Vatican n\u2019auraient toujours pas tranché.Plus de victimes ?Tout porte à croire que la levée du délai de prescription permettrait de chiffrer avec plus de précision l\u2019étendue du scandale au Québec.Bien que l\u2019on sache que des prêtres pédophiles ont sévi au Québec jusqu\u2019à la fin des années 1980, aucune enquête publique n\u2019a été menée pour dresser un portrait exhaustif de la situation.Selon une recension effectuée par Le Devoir, un peu plus de 600 victimes de prêtres pédophiles seraient sorties de l\u2019ombre au Québec.En participant à l\u2019une ou l\u2019autre des actions collectives intentées contre des communautés religieuses, elles auraient permis de pointer environ 134 abuseurs.« Ce n\u2019est que la pointe de l\u2019iceberg.J\u2019en suis convaincu », souffle Me Boivin.Gaétan Bégin se dit également persuadé que beaucoup d\u2019autres victimes accepteraient de sortir de l\u2019ombre si cette barrière juridique tombait.« Quand j\u2019ai brisé le silence, c\u2019est incroyable le nombre de personnes qui m\u2019ont appelé pour me raconter leur histoire », se souvient-il.En Australie, une commission royale d\u2019enquête a statué que 7 % des prêtres avaient commis des abus sexuels sur des enfants.Aux États-Unis, une étude indépendante menée par le John Jay College of Criminal Justice a déterminé que 4 % du clergé américain avait agressé des mineurs.Le Québec comptait plus de 8000 prêtres catholiques au tournant des années 1960.Le délai de prescription représente la période à l\u2019intérieur de laquelle une victime peut intenter une poursuite.En 2013, le Code civil du Québec a été modifié pour faire passer le délai de prescription de trois à trente ans dans le cas, entre autres, d\u2019un préjudice corporel résultant d\u2019une agression à caractère sexuel.Or, cette prolongation ne s\u2019applique pas de manière rétroactive. LEDEVOIR // LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2018 ÉLECTIONS 2018 A 5 JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR oute imitation conséquente de François Legault met désormais l\u2019accent sur ces mots cent fois tombés de sa bouche, sous la forme d\u2019une plainte un peu nasillarde qui clôt souvent ses arguments, même lorsque ceux-ci sont énoncés sommairement : « Les Québécois sont tannés », répète à satiété François Legault.Cette plainte qui tient lieu de constat, Manon Massé l\u2019a reprise en fin de campagne, dans son cas pour se distancer des attaques de ses frères ennemis du Parti québécois : « La population est tannée », a-t-elle lancé.« Être tanné », qu\u2019est-ce que cela veut dire dans un pays où les tanneries, avec leurs tanins toxiques, ont longtemps contaminé rivières et ruisseaux ?En 2015, lors des travaux de réfection de l\u2019échangeur Turcot, quand on a découvert les fondations du vieux village des tanneries de Saint-Henri, on s\u2019est empressé de les raser pour continuer d\u2019oublier les effluves de ce passé qui hante notre présent.Au Moyen Âge, on trouve déjà le mot « tanné » chez Rutebeuf : « Pas besoin de tanin pour me tanner.» En 1755, l\u2019année où la Couronne britannique préside à la déportation des Acadiens, le mot « tanné » est utilisé au pays des érables comme synonyme d\u2019« ennuyé », comme en témoigne le lieutenant Jean-Baptiste d\u2019Aley- rac, alors employé à ménager l\u2019appui des Amérindiens et des Canadiens aux luttes françaises.« Être tanné », le serait-on après tout depuis si longtemps ?En 1930, la Société du parler français au Canada indique que le mot « tanné » était d\u2019usage en Normandie et en Picardie ; qu\u2019ici, il signifie être « fatigué, accablé », « dont la patience est à bout ».Oscar Dunn, dans son glossaire de 1880 consacré au « vocabulaire de locutions vicieuses usitées au Canada », indique pour sa part que « tanner » est à envisager comme un synonyme de « bâdrer », de l\u2019anglais « bother », prononcé avec un accent français.Bâdrer comme dans déranger, embarrasser, ennuyer, gêner, incommoder, fatiguer, importuner.Dunn recommande aussi d\u2019aller voir du côté d\u2019« achaler ».Comme dans être « achalé » par le maintien du Parti libéral au cours des quinze dernières années ?Dans l\u2019introduction qu\u2019il signe au livre de Dunn, Louis Fréchette, moitié peuple, moitié Victor Hugo, affirme qu\u2019une « des causes principales de la conservation » de cette société en Amérique tient à l\u2019« originalité même » et au « cachet particulier » de sa langue.Gilles Duceppe a beau clamer que Manon Massé parle mal, la dame parle tout de même la langue de ses devanciers, dans une société qui n\u2019a jamais trop fait de cas de l\u2019éducation, mais à laquelle on reproche volontiers, de quelques positions en surplomb, d\u2019être restée là où on l\u2019a laissée tomber.À critiquer la forme, doit-on en oublier le fond ?La faute de français ne témoigne pas a priori d\u2019une maladie de l\u2019esprit.Être à ce point tanné, même du mépris, est-ce une faute ?Il s\u2019en est trouvé pour pointer du doigt les accords fautifs de Richard Desjardins ou pour n\u2019entendre dans la langue rocailleuse de Pierre Falardeau que ses jurons.Quand le sage pointe du doigt la lune, l\u2019imbécile regarde le doigt, dit, je crois, un vieux proverbe chinois.Être tanné indique peut-être moins l\u2019envie de tout changer qu\u2019il ne témoigne d\u2019une fatigue lancinante constitutive d\u2019une société qui, à l\u2019occasion, croit hélas pouvoir s\u2019échapper sans effort de sa condition en enfourchant les chevaux du vent.E N B R E F LISA-MARIE GERVAIS LE DEVOIR Malgré l\u2019offensive du Directeur général des élections (DGE) pour inciter les gens à aller voter par anticipation, ce taux est en légère baisse d\u2019environ deux points de pourcentage par rapport aux dernières élections québécoises, en 2014.Ainsi, plus de 1,1 million d\u2019électeurs sont allés aux urnes avant le jour J du 1er octobre, soit 17,93 %, comparativement à 19,27 % en 2014.« Ma réaction à chaud serait que si le vote par anticipation est plus faible, c\u2019est peut-être une indication qu\u2019on aura un taux de participation final plus bas cette fois-ci ou que les gens auront fait leur choix à la dernière minute », juge François Gélineau, doyen et professeur au Département de science politique de l\u2019Université Laval.Mais il appelle à beaucoup de prudence avant de tirer de telles conclusions, car il n\u2019existe nulle part dans le monde de la littérature scientifique prouvant que la popularité du vote par anticipation a une incidence sur le taux de participation global.D\u2019ailleurs, au Québec, la proportion de gens ayant voté par anticipation a toujours eu tendance à augmenter au cours des dernières élections sans jamais influencer le taux global de participation, qui est sensiblement demeuré le même.Il n\u2019y a que l\u2019élection de 2008 qui constitue une cassure dans cette tendance à la hausse, mais cela s\u2019explique : après avoir élu un gouvernement libéral minoritaire en 2007, peu de gens avaient envie de retourner aux urnes, un an plus tard.Changement de mœurs Selon Éric Montigny, professeur adjoint au Département de science politique, la croissance du vote par anticipation \u2014 il est quand même passé de 7,93 % en 2003 à 17,93 % aujourd\u2019hui \u2014 signifie peut-être simplement un changement de mœurs.« Les Québécois, devant un éventail de possibilités de vote, transfèrent leurs habitudes de vie », indique-t-il.Et qui sait, ces nombreuses possibilités de vote par anticipation \u2014 les sept jours où il est possible Le vote par anticipation accuse une légère baisse 17,93 % Il s\u2019agit du pourcentage des électeurs québécois qui ont voté par anticipation, soit 1,1 million de personnes.Ce taux est en baisse par rapport au scrutin de 2014, alors que le taux de vote par anticipation s\u2019est fixé à 19,27 %.E N B R E F Ottawa se chargerait des immigrants en échec Un gouvernement de la Coalition avenir Québec refilerait à Ottawa le coût de services publics auxquels les immigrants qui échoueraient à ses tests de valeurs et de français recourraient.« Ça relève du gouvernement fédéral », a déclaré François Legault vendredi, rappelant que le gouvernement fédéral doit rembourser les dépenses liées à l\u2019accueil des demandeurs d\u2019asile au Québec.La CAQ communiquerait à Ottawa l\u2019identité des personnes auxquelles il refuse d\u2019accorder un certificat de sélection (CSQ) pour motif d\u2019échec à ses tests.Puis, « c\u2019est au gouvernement fédéral de décider : est-ce qu\u2019on les envoie dans une autre province ?Est-ce qu\u2019on les met dans la partie réunification familiale ?» a-t-il demandé au micro du 98,5 FM en matinée.Le Devoir L\u2019environnement avant la dette, tranche le PQ ACTON VALE \u2014 S\u2019il est élu, le PQ propose d\u2019utiliser tous les surplus financiers non prévus pour réduire la « dette environnementale » du Québec en se servant de cet argent pour nettoyer les rivières et les lacs et décontaminer les sols.Quels sont ces surplus « non prévus » ?Il s\u2019agit de ceux qui seraient engrangés dans le cas d\u2019une croissance économique plus forte qu\u2019anticipé, par exemple, a précisé vendredi le chef Jean-François Lisée.Quant aux surplus pouvant être anticipés, ils seront utilisés pour les services à la population.« Je n\u2019ai pas entendu M.Lisée tenir ces propos-là [sur la dette environnementale] durant le débat des chefs et, pourtant, je l\u2019aurais espéré, comme je l\u2019aurais espéré de tout le monde », a commenté Manon Massé, co-porte- parole de Québec solidaire.La Presse canadienne avec Le Devoir René Lévesque, enjeu électoral Pour la troisième journée de suite, péquistes et solidaires ont discuté vendredi pour déterminer qui a le droit de revendiquer l\u2019héritage de René Lé- vesque.La co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé a maintenu que « René Lévesque appartient au peuple québécois » et qu\u2019elle en est l\u2019héritière politique.Le chef péquiste, Jean-François Lisée, a pour sa part salué la sortie de cinq ministres et de deux directeurs de cabinet du gouvernement Lévesque, qui avaient la veille dénoncé un « détournement éhonté de la mémoire » de M.Lé- vesque par Mme Massé.« Je comprends qu\u2019ils soient sensibles à ça », a pour sa part commenté la présidente du Comité des jeunes péquistes, Frédérique St-Jean.« Mais ça me heurte moins », a-t-elle ajouté.Le Devoir L\u2019UPAC ne pourra pas examiner les documents saisis chez Guy Ouellette QUÉBEC \u2014 L\u2019Unité permanente anti- corruption (UPAC) ne pourra pas fouiller les documents qu\u2019elle a saisis dans la résidence et la voiture du député Guy Ouellette le jour de son arrestation, le 25 octobre 2017.Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a annoncé vendredi qu\u2019à la lumière « de nouvelles informations » et de « leurs impacts », il ne permettra pas l\u2019exécution des mandats de perquisition ayant permis à l\u2019UPAC de mettre la main sur le cellulaire et l\u2019ordinateur de Guy Ouellette, entre autres.Le député libéral demandait l\u2019annulation de ces mandats, pour des motifs qui demeurent confidentiels.L\u2019UPAC a dit « prendre acte » de la décision du DPCP.Le Devoir pour QS.Selon Ipsos, 87 % des répondants sont maintenant « plutôt » certains de leur choix.Les chiffres d\u2019Ip- sos sont très semblables à ceux publiés en début de semaine par la même maison : la CAQ et les libéraux avaient alors 30 %, le PQ, 20 % et QS, 16 %.Dans la catégorie du « meilleur premier ministre », François Legault est le choix de 24 % des répondants (hausse de deux points cette semaine) ; Philippe Couillard est encore à 21 % ; Jean-François Lisée a perdu quatre points pour s\u2019établir à 10 %\u2026 exactement au même niveau que Ma- non Massé.L\u2019enquête a été menée du 26 au 28 septembre auprès de 1250 personnes, dont 400 jointes par téléphone (le reste par Internet).Un tel échantillon aurait une marge d\u2019erreur de 3,2 %, dans 19 cas sur 20.Le Devoir Tanné La CAQ est toujours en tête, selon le plus récent sondage Un nouveau sondage Ipsos réalisé pour La Presse et Global News a confirmé vendredi l\u2019avance de la Coalition avenir Québec (CAQ), à trois jours du vote.Les troupes de François Legault sont créditées de 32 % des intentions de vote, un point devant les libéraux.C\u2019est donc une égalité statistique, mais les caquistes dominent largement le vote francophone (38 %, deux fois plus que les libéraux).La firme de sondage estime ainsi que la CAQ est au seuil d\u2019un gouvernement minoritaire\u2026 « mais la lutte est extrêmement serrée ».C\u2019est aussi chaud pour la troisième place.Le Parti québécois se situe à 18 %, à peine deux points devant Québec solidaire.Les deux partis sont pratiquement à égalité également dans le vote francophone, avec 21 % pour le PQ et 19 % Le chef caquiste à Sainte-Claire, jeudi JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Gilles Duceppe a beau clamer que Manon Massé parle mal, la dame parle tout de même la langue de ses devanciers, dans une société qui n\u2019a jamais trop fait de cas de l\u2019éducation LE MOT DE LA CAMPAGNE T de le faire existent depuis longtemps, mais le DGE n\u2019en a fait la promotion que cette année \u2014 permettent peut- être de freiner un déclin, suggère-t-il.M.Montigny fait également remarquer que pour l\u2019une des premières fois, tous les partis semblent avoir compris leur avantage à faire sortir le vote à l\u2019avance, puisque ça diminue leur tâche le jour J.« Avant, c\u2019était surtout le Parti libéral qui faisait sortir le vote d\u2019avance auprès des personnes âgées, mais on voit maintenant que la plupart des partis politiques ont des outils pour faire sortir le vote par anticipation, c\u2019est intégré dans leur stratégie.C\u2019est majeur comme changement.» Champion de l\u2019anticipation Cette année, le vote par anticipation a été le plus populaire dans la région de Québec.Quatre circonscriptions de la capitale nationale dominent le palmarès des plus hauts taux de vote par anticipation, soit Louis-Hébert (29,29 %), Taschereau (27,27 %), Charlesbourg (26,86 %) et Jean-Talon (26,75 %).Lévis est en 6e position avec un taux de 25,82 %.D\u2019autres circonscriptions sont loin des scores de Québec, mais ont augmenté de beaucoup leur taux de vote par anticipation.C\u2019est la circonscription de Jeanne-Mance\u2013Viger qui remporte la palme (passée d\u2019un taux de 15,65 % à 26,75 %), mais trois des six circonscriptions qui ont le plus amélioré leur taux de vote par anticipation sont situées en Gaspésie et dans le Bas- Saint-Laurent.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les Québécois, devant un éventail de possibilités de vote, transfèrent leurs habitudes de vie ÉRIC MONTIGNY » ÉCONOMIE A 6 LEDEVOIR // LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2018 beaux-arts.ca EDWARD BURTYNSKY Mine de charbon n° 1, Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne (détail), 2015.Photo © Edward Burtynsky, avec l\u2019autorisation de la Nicholas Metivier Gallery, Toronto À Ottawa au Musée des beaux-arts du Canada 28.09.2018\u201324.02.2019 EN PARTENARIAT AVEC COMMANDITAIRE PRINCIPAL E DWA R D B U R T Y N S KY , J E N N I F E R B A I C H WA L ET N I C H O L A S D E P E N C I E R GÉRARD BÉRUBÉ LE DEVOIR Le Fonds de solidarité FTQ fait une avancée ambitieuse dans sa stratégie de transition énergétique juste.L\u2019institution québécoise annonce aujourd\u2019hui à ses actionnaires l\u2019adoption d\u2019un plan à quatre volets ayant pour pierre angulaire une réduction d\u2019au moins 25 % de l\u2019empreinte carbone de ses investissements boursiers d\u2019ici 2025.Une cible sera également retenue pour ses placements privés.Les gestionnaires sont nombreux à appliquer des politiques d\u2019investissement responsable quant au défi climatique, mais peu se dotent d\u2019une cible.« Ici, il y a la Caisse de dépôt et nous.Nous sommes une vingtaine dans le monde.» Gaétan Morin parle d\u2019une autre belle vision, après celle ayant mené à la création du Fonds de solidarité FTQ il y a 35 ans.Le président et chef de la direction mise sur le leadership dont dispose le fonds de travailleurs pour avoir de l\u2019influence, faire de la sensibilisation et accroître la cadence de la dé- carbonisation.« Nous sommes assis sur 14,3 milliards de dollars d\u2019actif.Le Fonds se retrouve au centre des parties prenantes que sont les travailleurs, les entreprises, la communauté, les actionnaires et le gouvernement.Pour nos entreprises partenaires, nous disposons d\u2019une proximité avec le conseil d\u2019administration dont peu d\u2019investisseurs bénéficient.On se doit d\u2019utiliser cette position privilégiée au Québec.» Le Fonds de solidarité est engagé dans une stratégie de transition énergétique qui l\u2019a amené à annoncer, l\u2019an dernier, sa sortie du secteur du charbon utilisé à des fins de production d\u2019électricité.Puis à devenir la seule institution canadienne à faire partie d\u2019un comité consultatif mondial sur les enjeux liés à une transition énergétique juste créé à l\u2019initiative de la London School of Economics et de la Harvard Kennedy School.Il franchit une autre étape avec cette annonce, faite samedi aux actionnaires réunis en assemblée générale à Québec, d\u2019un plan à quatre volets visant à réduire l\u2019empreinte carbone de ses investissements, à accompagner les entreprises québécoises dans la transition, à investir dans une économie faible en carbone, et à exercer un leadership en matière de transition énergétique juste.Plus concrètement, le Fonds entend notamment : Exclure le secteur de l\u2019exploration et de l\u2019exploitation des hydrocarbures au Québec de son portefeuille ; Réduire de 25 % d\u2019ici 2025 l\u2019empreinte carbone de ses investissements dans les entreprises cotées en Bourse ; Établir une cible de réduction sur ses investissements dans les entreprises privées d\u2019ici 2019 ; Rendre les activités directes du Fonds carboneutre d\u2019ici mai 2019 ; Créer un programme de compensation volontaire pour les entreprises québécoises par l\u2019intermédiaire de sa filiale forestière Solifor.Gaétan Morin explique.«On exclut de l\u2019exercice les 17 % de notre portefeuille composés d\u2019obligations gouvernementales.Pour leur part, les sociétés inscrites en Bourse accaparent 42 % de notre ÉMISSIONS DE GES Le Fonds de solidarité FTQ vise une empreinte carbone réduite Il veut diminuer les émissions associées à ses investissements boursiers de 25 % d\u2019ici 2025 CO2 par million de dollars investi.L\u2019institution veut abaisser cette intensité à 53,3 tonnes.Le président du Fonds ajoute : « Nous pouvons limiter les tonnes produites, mais aussi accroître les investissements dans des entreprises dites \u201cpropres\u201d.» Il donne l\u2019exemple d\u2019EBI, spécialisée dans le recyclage et le transport des résidus, d\u2019Enerkem, engagée dans la production de biocarburants et de produits chimiques renouvelables, ou même de Pétrole Harnois, qui se déploie autour du concept de centre de distribution multicarburant incluant l\u2019électricité et l\u2019hydrogène.« Il faut beaucoup d\u2019électricité pour produire de l\u2019hydrogène.Or, au Québec, notre électricité est propre », donne-t-il en exemple.Gaétan Morin évoque également Soli- for, qui s\u2019est constitué une importante banque de terres forestières dans la foulée de la Grande Récession et de l\u2019appui du Fonds de solidarité apporté au secteur forestier, alors en difficulté.«Nous sommes le plus grand propriétaire privé de terres forestières avec 200 000 hectares en portefeuille.Ces terres sont de puissants capteurs de CO2.Elles peuvent servir à des entreprises désirant compenser leurs émissions.» Mais Gaétan Morin réitère ses priorités.Face au défi carbone, il faut « réduire avant de compenser ».Au même titre que l\u2019innovation est devenue le point central des stratégies du Fonds de solidarité, « la transition énergétique juste \u2014 pour les travailleurs, pour les entreprises, pour la communauté \u2014 est au cœur de notre mission.Elle est dans notre ADN », souligne-t-il, à larges traits.Gaétan Morin est p.-d.g.du Fonds de solidarité FTQ depuis 2014.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR portefeuille.On peut plus facilement mesurer l\u2019empreinte carbone dans ce segment.Quant aux 41 % retenus par les entreprises privées, nous nous donnons plus de temps, question de nous assurer de la précision de la méthodologie.» Pour ce dernier segment, la comparaison ou les références sont moins évidentes.«La grille utilisée pour l\u2019entreprise en Bourse ne s\u2019applique pas nécessairement à l\u2019entreprise privée.Aussi, l\u2019entreprise manufacturière québécoise émet moins de CO2 qu\u2019ailleurs, ne serait-ce qu\u2019en raison du recours à l\u2019hydroélectricité», illustre-t-il.Il reste que « la grande portion de nos émissions de CO2 se retrouve dans ces 42 % de notre portefeuille ».Ce segment produit 71 tonnes d\u2019équivalent Nous sommes assis sur 14,3 milliards de dollars d\u2019actif.[.] On se doit d\u2019utiliser cette position privilégiée au Québec.GAÉTAN MORIN » LEDEVOIR // LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2018 A 7 ÉCONOMIE L\u2019état des lieux à Montréal n\u2019a rien à voir avec Vancouver, Victoria et Toronto.ISTOCK FRANÇOIS DESJARDINS LE DEVOIR Votre ménage consacre facilement plus de la moitié des revenus à rembourser l\u2019hypothèque, à acquitter les taxes et à payer les factures d\u2019énergie?Vous n\u2019êtes pas seuls.Les coûts liés à l\u2019achat d\u2019une propriété immobilière ont atteint leur plus haut niveau depuis 1990, indique la Banque Royale, selon qui la situation va se détériorer davantage en raison de la hausse des taux d\u2019intérêt.Selon la mesure de l\u2019accessibilité au deuxième trimestre, le coût d\u2019une nouvelle propriété \u2014 versements hypothécaires, taxes et services publics \u2014 représente 53,9 % du revenu moyen des ménages au pays, alors qu\u2019il était de 43,2 % en 2015.La situation au Québec est moins préoccupante : le coût de la propriété représente 44,1 % du revenu d\u2019un ménage, ayant grimpé graduellement depuis quatre ans pour revenir au niveau de 2010.« Au stade actuel du cycle, la force de l\u2019économie montréalaise crée assurément un contexte favorable au marché, a indiqué RBC dans son analyse panca- nadienne.Des problèmes d\u2019accessibilité pourraient toutefois se dessiner à l\u2019horizon.Les coûts de propriété ont monté régulièrement au cours des trois dernières années.» « Si l\u2019écart continue de se creuser par rapport à la moyenne à long terme de 38,6 % [calculée depuis 1985], le con - texte pourrait devenir défavorable pour de plus en plus d\u2019acheteurs », a ajouté la Banque.Cela dit, l\u2019état des lieux à Montréal n\u2019a rien à voir avec Vancouver, Victoria et Toronto, a-t-elle ajouté.À Québec, le marché est relativement stable et l\u2019indice est de 33,1% après avoir affiché une hausse trimestrielle pour la troisième fois seulement en deux ans.La Banque Royale précise dans sa méthodologie que la mesure d\u2019accessibilité repose sur l\u2019hypothèse d\u2019un prêt de 25 ans, à taux fixe, pris pour cinq ans avec une mise de fonds de 25 %.Le marché de l\u2019immobilier a commencé il y a quelques années à digérer de multiples efforts du gouvernement fédéral visant à éviter une surchauffe, particulièrement à Vancouver et à Toronto.De plus, la Banque du Canada a commencé l\u2019an dernier à augmenter son taux directeur, cela ayant un impact direct sur les prêts à taux variable.Les conditions des prêts hypothécaires à taux fixe s\u2019arriment plutôt au marché obligataire à cinq ans.L\u2019effet de la banque centrale La Banque du Canada, qui a annoncé quatre hausses depuis le milieu de 2017, a décidé de maintenir à 1,5% son taux directeur lors de sa réunion du 5 septembre.Plusieurs s\u2019attendent toutefois à ce qu\u2019il donne un nouveau coup de manivelle au mois d\u2019octobre.Son gouverneur, Stephen Poloz, a rappelé jeudi lors d\u2019un discours que l\u2019économie canadienne tourne presque à plein rendement.La banque centrale surveille de près l\u2019inflation et voudra agir avant que l\u2019augmentation des prix ne soit trop forte à son goût.Selon Statistique Canada, l\u2019indice des prix à la consommation a crû de 2,8 % au mois d\u2019août par rapport à l\u2019an dernier, soit bien au-delà de la cible de 2 % préférée par la Banque du Canada.En excluant l\u2019essence, l\u2019inflation était de 2,2 %.Sur la hausse de 100 points de base du taux directeur observée depuis juillet 2017, seulement 32 points ont été ressentis sous forme de taux effectif moyen sur les prêts, a fait remarquer le Mouvement Desjardins jeudi.« La diffusion des hausses de taux d\u2019intérêt directeurs aux taux sur les prêts à la consommation et à l\u2019habitation devrait s\u2019intensifier au cours des prochains mois, d\u2019autant plus que d\u2019autres augmentations des taux d\u2019intérêt directeurs seront vraisemblablement décrétées d\u2019ici 2020.» Selon Desjardins, 65 % de tout le crédit auquel les ménages ont souscrit est constitué de prêts hypothécaires.Ses économistes croient que la Banque du Canada va annoncer une nouvelle hausse du taux directeur en octobre et trois autres d\u2019ici 2020.Parmi les impacts possibles pourraient figurer une diminution du taux d\u2019épargne ou une baisse des dépenses de consommation.CANADA L\u2019accès à la propriété touche un creux La situation québécoise est moins préoccupante, mais pourrait se détériorer FRANÇOIS DESJARDINS LE DEVOIR Les employés syndiqués de la Société des alcools du Québec (SAQ) ont approuvé à 96 % une proposition visant à gonfler leur mandat de grève de 18 nouvelles journées qui pourront être utilisées au moment jugé opportun.Réunis au Stade olympique, les membres du Syndicat des employés de magasins et de bureaux (SEMB), affilié à la CSN, ont voté une banque de six jours de débrayage au mois de juin, mais ont écoulé vendredi leur cinquième journée.« Compte tenu de l\u2019état actuel des négociations, les membres du SEMB envoient un message clair à la SAQ », a indiqué le SEMB dans un bref communiqué annonçant le résultat de l\u2019assemblée générale.« Ils et elles sont prêts et prêtes à aller plus loin dans leurs moyens de pression pour en arriver à une entente juste.» La SAQ avait indiqué en matinée qu\u2019une cinquantaine de succursales demeureraient ouvertes vendredi grâce au personnel cadre pendant la cinquième journée de grève, se disant du coup « désolée de l\u2019impact que cette journée de grève peut avoir sur sa clientèle ».Le SEMB compte environ 5500 membres répartis dans un réseau comptant quelque 400 succursales.Les syndiqués de la SAQ se donnent l\u2019option de 18 jours de grève Ils sont prêts à exercer davantage de pression LEDEVOIR // LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2018 A 8 ÉCONOMIE E N B R E F Postes Canada et le syndicat se rencontrent Les têtes dirigeantes de Postes Canada et du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) doivent se voir en fin de semaine pour déterminer la suite des choses.Selon le STTP, qui affirme n\u2019avoir reçu aucune réponse de la société d\u2019État à sa contre-offre déposée le 14 septembre, son président, Mike Palecek, doit se réunir avec la p.-d.g.par intérim de l\u2019entreprise, Jessica McDonald, « pour voir comment [les parties] pourraient aller de l\u2019avant ».Le syndicat et l\u2019employeur discutent depuis 2017.Les parties ont le droit de déclencher une grève ou un lockout depuis le 26 septembre.Le STTP représente environ 50 000 employés.Le Devoir Shopify investira 500 millions à Toronto OTTAWA \u2014 Shopify a annoncé un investissement qui pourrait atteindre 500 millions au centre-ville de Toronto, ce qui plus que doublera son empreinte dans la ville.La compagnie de commerce électronique installée à Ottawa louera près de 24 000 mètres carrés de locaux au complexe The Well qui sera érigé à l\u2019angle des rues Front West et Spadina.Allied Properties REIT et RioCan REIT sont responsables de ce projet où Shopify s\u2019installera à la mi-2022.La compagnie avait précédemment annoncé qu\u2019elle louerait environ 16 000 mètres carrés de locaux de plus dans ses bureaux torontois de la rue King West, et ce, dès le début de 2019.Shopify avait aussi fait savoir plus tôt cette année qu\u2019elle s\u2019installerait à Los Angeles.La Presse canadienne VOS FINANCES Hausser l\u2019impôt des mieux nantis ne rapporte pas Accroître le taux d\u2019imposition des mieux nantis ne paie pas.Pire, la hausse commandée par la fédéral pour l\u2019année 2016 a créé un trou dans les finances publiques des provinces.La lecture vient d\u2019Alexandre Laurin, directeur de la recherche à l\u2019Institut CD Howe.L\u2019auteur s\u2019est livré à une estimation de l\u2019impact de l\u2019augmentation du taux d\u2019imposition de la tranche de revenu des 200 000 $ et plus au fédéral en 2016.Le taux fédéral pour ce groupe composant le 1 % dans la pyramide des revenus est passé de 29 à 33 %.Les études empiriques le démontrent et les situations observées ailleurs, notamment au Royaume-Uni, le confirment.Cette classe de contribuables dispose de la flexibilité pour ne pas absorber la facture sans broncher.Ils réagissent à une hausse de leur taux d\u2019imposition en réduisant leur revenu imposable, d\u2019une façon ou d\u2019une autre, voire d\u2019une juridiction fiscale à une autre.Cela s\u2019est produit en 2016.L\u2019analyste a également mesuré un effet d\u2019anticipation, nombre de contribuables concernés se versant davantage de dividendes ou d\u2019autres formes de revenu imposable en 2015 afin d\u2019éviter l\u2019augmentation anticipée.L\u2019auteur retient le segment des 250 000 $ et plus de revenu imposable.Il estime que la hausse du taux d\u2019imposition n\u2019a rapporté que le tiers des revenus fiscaux qu\u2019aurait perçus Ottawa si ces contribuables avaient absorbé le choc sans modifier leur comportement.S\u2019inspirant des données préliminaires de l\u2019Agence du revenu du Canada, les contribuables composant cette population du 1 % ont payé 26,3 milliards d\u2019impôt fédéral sur le revenu pour l\u2019année fiscale de 2016, soit 6,8 milliards de moins qu\u2019en 2015, et ce, malgré l\u2019augmentation du taux d\u2019imposition.À titre de comparaison, les revenus, total et d\u2019emploi, déclarés dans la tranche des 100 000 $ à 250 000 $ sont demeurés relativement constants entre 2012 et 2016.Pour le 1 %, ils ont bondi en 2015 pour se replier en 2016.Provinces perdantes Alexandre Laurin en rajoute.Les provinces ont été perdantes dans l\u2019exercice, subissant les contrecoups de ces ajustements des revenus imposables au fédéral sans compensation.Selon ses estimations, la hausse du taux en 2016 a rapporté à Ottawa environ 1,2 milliard de plus, soit loin des 3 milliards qu\u2019elle aurait générés si le 1% n\u2019avait pas modifié son comportement et des 2 milliards comptabilisés par le fédéral dans son budget.Pour les provinces, le coût absorbé sous forme d\u2019impôt sur le revenu des particuliers moindre a été de 1,3 milliard.L\u2019effet net: l\u2019expérience a été globalement déficitaire.L\u2019analyste de l\u2019organisme de réflexion avait averti le gouvernement Marois en 2012.Sa réforme fiscale visant à transférer aux mieux nantis le fardeau de l\u2019abolition de la taxe santé allait créer un trou dans les finances publiques, prévenait-il.« Plus les taux marginaux d\u2019imposition sont élevés, plus les contribuables sont incités à éviter l\u2019impôt de quelque manière que ce soit », soulignait-il.Réduction du travail, migration, désincitatifs à l\u2019investissement, création de fiducie, planification fiscale plus imaginative\u2026 « L\u2019important est de comprendre que les contribuables vont réagir à la hausse en tentant autant que possible de diminuer leur revenu imposable, une réalité maintes fois démontrée dans des études empiriques.» Il reprenait alors les paramètres d\u2019une étude canadienne publiée deux ans plus tôt qui situait le taux de sensibilité à 0,7 pour 1.Dans son analyse publiée jeudi, il retient une «élasticité du revenu imposable» de 0,56.Alexandre Laurin prend soin de préciser que ce coefficient est très sensible et difficile à déterminer.Dans ses scénarios et simulations, il a oscillé entre 0,26 et 0,98.À Ottawa, le coefficient utilisé est de 0,4 alors que des études récentes ont évoqué une élasticité entre 0,62 et 0,72.Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD) a précisé vendredi que son émission 2018 avait été sursous- crite.Au terme de la période de pré- souscription tenue entre le 4 et le 24 septembre dernier, 56 979 personnes ont rempli une demande pour souscrire aux actions totalisant 166,4 millions.Le plafond autorisé est de 140 millions, 5 millions de plus qu\u2019en 2017.Ce faisant, « ce sont 47 901 contribuables québécois, soit 1673 de plus que l\u2019an dernier, qui pourront profiter du crédit d\u2019impôt provincial de 35 % », lit-on dans le communiqué.Ce crédit était de 40 % l\u2019an dernier.La souscription annuelle maximale demeure à 3000 $ par personne et la période de détention minimale des actions est de sept ans.Le processus de sélection aléatoire a eu lieu vendredi.CRCD compte plus de 103 000 actionnaires et son actif net atteint 1,98 milliard.L\u2019institution a réalisé un rendement de 6,4 % en 2017.Sur sept ans, le rendement annuel composé est de 5,2 %, auquel s\u2019ajoute le crédit d\u2019impôt.Une grande nouveauté cette année est l\u2019ajout d\u2019un nouveau crédit d\u2019impôt en contrepartie d\u2019une détention des actions plus lointaine.L\u2019actionnaire détenant ses titres depuis sept ans peut ainsi bénéficier d\u2019un crédit d\u2019impôt de 10%, pouvant aller jusqu\u2019à 1500$, et ce, sans nouvel investissement ni aucune autre incidence fiscale au moment de la conversion pour une période de détention additionnelle de sept ans.CRAIG WONG À OTTAWA LA PRESSE CANADIENNE La vigueur du secteur manufacturier a permis à l\u2019économie canadienne de croître plus rapidement que prévu en juillet, ce qui augmente la probabilité que la Banque du Canada procède à une hausse de son taux d\u2019intérêt directeur le mois prochain.Le PIB réel a augmenté de 0,2 % en juillet, après être resté essentiellement inchangé en juin, a indiqué vendredi Statistique Canada.Les économistes tablaient en moyenne sur une augmentation de 0,1 % en juillet, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon.Stephen Brown, économiste principal pour le Canada chez Capital Economics, a noté que l\u2019économie d\u2019ensemble était en voie d\u2019enregistrer une croissance annualisée d\u2019environ 2 % au deuxième trimestre.« Ce serait plus fort que le 1,5 % attendu par la Banque du Canada dans son rapport sur la politique monétaire de juillet, et c\u2019est une autre raison de s\u2019attendre à ce que la banque relève ses taux d\u2019intérêt le mois prochain », a écrit M.Brown dans un rapport.Ces meilleures données que prévu pour le PIB viennent s\u2019ajouter à d\u2019autres signes de pressions croissantes sur les prix, qui rendent également plus probables des hausses de taux d\u2019intérêt.L\u2019inflation annuelle s\u2019est établie à 2,8 % en août, contre 3 % en juillet, mais elle se situe toujours dans la partie supérieure de la fourchette cible de 1 à 3 % définie par la Banque du Canada.Un taux directeur actuellement à 1,5 % La banque centrale a maintenu son taux directeur inchangé plus tôt en septembre, mais la plupart des économistes s\u2019attendent à ce qu\u2019elle le relève lors de son annonce du 24 octobre.Le taux directeur de la Banque du Canada se situe à 1,5 %, après avoir été haussé à quatre reprises depuis le milieu de l\u2019année dernière.« Dans l\u2019ensemble, l\u2019économie canadienne semble avoir profité d\u2019un élan sous-jacent légèrement meilleur que prévu pendant l\u2019été, et l\u2019impact de la panne de Syncrude n\u2019a pas été aussi important qu\u2019on le craignait », a observé l\u2019économiste en chef de la Banque de Montréal, Doug Porter.« Comme nous l\u2019avions constaté à la suite de la forte hausse de l\u2019indice des prix à la consommation de base de la semaine dernière (2,1 % en moyenne), tout est en place pour une hausse des taux en octobre, à moins d\u2019un choc sur le front de l\u2019ALENA.» La Banque du Canada a indiqué qu\u2019elle surveillait de près les discussions au sujet de l\u2019Accord de libre-échange nord- américain (ALENA) et les autres développements en matière de politique commerciale, qui pourraient nuire à l\u2019économie canadienne.Le gouverneur de la banque, Stephen Poloz, a affirmé que l\u2019incertitude entourant l\u2019ALENA avait entraîné une réduction des investissements des entreprises au Canada.CANADA Légère hausse du PIB en juillet GÉRARD BÉRUBÉ Ottawa affiche un excédent de 4,4 milliards OTTAWA \u2014 Le gouvernement fédéral a affiché vendredi un excédent budgétaire de 4,4 milliards pour les quatre premiers mois de l\u2019exercice 2018- 2019.En comparaison, le gouvernement avait affiché un déficit de 100 millions pour les mois d\u2019avril à juillet de l\u2019an dernier.Le ministre des Finances, Bill Morneau, a prévu dans son budget 2018 qu\u2019Ottawa afficherait un déficit de 18,1 milliards pour l\u2019exercice en cours.Dans la Revue financière publiée vendredi, le ministère des Finances explique que l\u2019amélioration de 2018-2019 est attribuable à une hausse de 7,5 % des revenus, tandis que les charges des programmes ont augmenté de seulement 2,3 %.La Presse canadienne JACQUES NADEAU LE DEVOIR A 9 SPORTS LEDEVOIR // LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2018 Milieu de vie privilégié au cœur de la ville de Québec, l\u2019Université Laval est une grande université complète reconnue pour sa culture de l\u2019excellence en enseignement et en recherche.Valorisant la diversité, l\u2019Université Laval invite toutes les personnes quali?ées à présenter leur candidature, en particulier les femmes, les membres de minorités visibles et ethniques, les autochtones et les personnes handicapées.La priorité sera toutefois accordée aux personnes ayant le statut de citoyen canadien ou de résident permanent.Professeure ou professeur ANALYSE DES POLITIQUES AGRICOLES Faculté des sciences de l\u2019agriculture et de l\u2019alimentation Département d\u2019économie agroalimentaire et des sciences de la consommation Poste régulier à temps complet CLÔTURE DU CONCOURS : 16 novembre 2018 à 16 h ENTRÉE EN FONCTION : À partir du 1er janvier 2019 Informations : www.rh.ulaval.ca/emplois-professeurs CARRIÈRES & PROFESSIONS MICHEL LAMARCHE À BROSSARD LA PRESSE CANADIENNE C\u2019est à croire que la malchance s\u2019acharne sur David Schlemko depuis son arrivée avec le Canadien de Montréal.Alors qu\u2019il connaissait de bons moments depuis l\u2019ouverture du camp d\u2019entraînement, le défenseur a été victime d\u2019une blessure à un genou qui pourrait le tenir à l\u2019écart du jeu pendant six semaines, a annoncé l\u2019entraîneur-chef Claude Julien, vendredi.Lors de son point de presse à Bros- sard, Julien a indiqué que la blessure est survenue pendant le match de mercredi contre les Maple Leafs de Toronto, sans toutefois en préciser les circonstances ni quel genou avait été touché.Ce n\u2019est qu\u2019après la rencontre que Schlemko en aurait vraiment ressenti les conséquences, a ajouté Julien.Schlemko a d\u2019ailleurs joué pendant tout le match face aux Maple Leafs et a même inscrit son seul but du camp d\u2019entraînement, lors d\u2019un avantage numérique à la troisième période.À la veille de sa dernière sortie du calendrier préparatoire, samedi, à Ottawa, le Canadien compte huit défenseurs en santé.La liste inclut Xavier Ouellet et Simon Després, qui ont patiné ensemble vendredi à Brossard et qui devraient affronter les Sénateurs, samedi.« Nous allons devoir nous ajuster.C\u2019est la raison pour laquelle nous ne voulons jamais porter de jugements hâtifs et annoncer que tel joueur demeure ici et qu\u2019un autre ne reste pas avec nous.Il nous reste encore un match préparatoire à jouer, et qui sait ce qui peut arriver.Il n\u2019y aura aucun changement jusqu\u2019à après le match de demain », a déclaré Julien, qui n\u2019a pas dévoilé sa formation en vue de l\u2019affrontement contre les Sénateurs.L\u2019année dernière, Schlemko avait subi une blessure à l\u2019arrière de la main droite dès les premiers moments du camp du Tricolore et avait dû patienter jusqu\u2019au 29 novembre avant de jouer son premier match.Une blessure au haut du corps l\u2019a également tenu à l\u2019écart du jeu en mars.Il n\u2019a finalement disputé que 37 parties et inscrit cinq points, dont un but.L\u2019absence de Schlemko \u2014 qui avait joué avec Jordie Benn mercredi contre les Maple Leafs \u2014 a évidemment mené à des modifications dans la composition des duos défensifs.Au-delà de Benn, qui s\u2019est entraîné auprès de Karl Alzner, Victor Mete a été séparé de Noah Juulsen et a été muté aux côtés de Jeff Petry.Juulsen s\u2019est retrouvé à droite de Mike Reilly.« On change les paires pour le simple fait de les changer, a expliqué Julien devant les membres de la presse.Parfois lors de matchs, tu changes des joueurs ici et là.Une fois que nous aurons notre équipe, nous allons sûrement passer plus de temps à jumeler les joueurs.Et de temps en temps, on HOCKEY David Schlemko mis sur la touche Blessé au genou lors du match contre les Maple Leafs, le défenseur du Canadien pourrait rater six semaines E N B R E F Omnium de Shenzhen : Murray battu par Verdasco Fernando Verdasco est passé en demi-finales de l\u2019Omnium de Shenz- hen en disposant d\u2019Andy Murray 6-4, 6-4.Verdasco, qui a maintenant une fiche de 3-13 contre Murray après avoir remporté leurs deux derniers affrontements, a sauvé cinq des six balles de bris auxquelles il a fait face, en plus de briser le service de son adversaire en trois occasions.Il affrontera dans le carré d\u2019as Yoshihito Ni- shioka, qui a triomphé de Cameron Norrie 7-6 (2), 6-2.Alex De Minaur a quant à lui éliminé la quatrième tête de série, Damir Dzumhur, 6-3, 7-6 (7) et sera opposé à Pierre-Hugues Herbert, qui est venu de l\u2019arrière pour battre Albert Ramos Vinolas 6-7 (6), 7-6 (1), 6-4.Associated Press Harcèlement : Karlsson n\u2019a pas à fournir de preuves TORONTO \u2014 Un juge a rejeté la demande de la fiancée de Mike Hoffman, ancien ailier des Sénateurs d\u2019Ottawa, de voir les preuves relatives aux allégations selon lesquelles elle aurait harcelé en ligne l\u2019épouse de l\u2019ancien capitaine de l\u2019équipe, Erik Karlsson.Melinda Karlsson avait demandé une ordonnance de protection à l\u2019encontre de la fiancée de Hoffman en mai, affirmant que Monika Caryk avait publié plus de 1000 commentaires « négatifs et désobligeants » sur les réseaux sociaux.Karlsson a donné naissance à un enfant mort-né en mars, et elle avait déclaré que son mari et elle étaient l\u2019objet de messages sur le Web.Caryk avait demandé \u2014 en vain \u2014 à un Tribunal de Toronto de voir les éléments de preuve de Karlsson la reliant à ces messages.La Presse canadienne F1 : Hamilton donne le ton pour le GP de Russie SOTCHI \u2014 Lewis Hamilton a imposé son rythme vendredi lors de la deuxième séance d\u2019essais libres en vue du Grand Prix de Russie de Formule 1.Hamilton et son coéquipier chez Mercedes, Valtteri Bottas, se sont révélés plus lents que leur rival Sebastian Vettel (Ferrari) lors de la première séance.Mais ils ont réalisé les chronos les plus rapides lors de la deuxième.Les deux Red Bull de Max Verstappen et Daniel Ricciardo ont suivi.Vettel, sous pression de devancer Hamilton à Sotchi pour réduire son écart sur le Britannique au classement, a été relégué au cinquième rang, à une demi-seconde.Le Québécois Lance Stroll (Williams) a terminé dernier des deux séances, concédant plus de trois secondes à Hamilton en après-midi.Associated Press Verdasco avait également défait Murray lors de l\u2019US Open, en août dernier.ANDRES KUDACKI ASSOCIATED PRESS Schlemko a joué pendant tout le match face à l\u2019équipe torontoise et a même inscrit son seul but du camp d\u2019entraînement.GRAHAM HUGHES LA PRESSE CANADIENNE va tenir compte des équipes que nous allons affronter.» En Mete, Petry retrouvera un défenseur au style assez semblable au sien.« Nous sommes deux joueurs dont le point fort est le coup de patin et qui aiment appuyer l\u2019offensive.Ce qui importe, c\u2019est de bien anticiper les gestes de l\u2019autre, de nous assurer que nous ne sommes pas tous les deux à l\u2019attaque et de bien communiquer », a déclaré Petry.Contre les Maple Leafs mercredi soir, Petry a connu une soirée difficile.Deux mauvais jeux de sa part en début de troisième période, avec un score de 2-2 et alors que le Canadien jouait avec l\u2019avantage d\u2019un homme, ont mené à autant de buts de l\u2019adversaire.Le Canadien s\u2019est éventuellement incliné 5-3.En trois matchs depuis le début du camp, Petry n\u2019a obtenu qu\u2019une mention d\u2019aide et affiche un ratio défensif de moins-5, le pire chez le Canadien à égalité avec Jonathan Drouin.«Je peux certainement améliorer mon jeu, a reconnu l\u2019Américain de 30 ans.Il y a encore un peu de travail à faire et il me reste le dernier match préparatoire pour enlever la rouille et commencer à me sentir à l\u2019aise en vue du début de la saison.» L\u2019année dernière, Schlemko avait subi une blessure à l\u2019arrière de la main droite dès les premiers moments du camp du Tricolore et avait dû patienter jusqu\u2019au 29 novembre avant de jouer son premier match A 10 CULTURE LEDEVOIR // LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2018 MONTRÉAL 514-231-8677 BEACONSFIELD 514-697-9484 LONGUEUIL 450-445-9829 LAVAL 450-627-3716 REPENTIGNY 514-755-8677 QUÉBEC 418-654-8677 LÉVIS 418-654-8677 TROIS-RIVIÈRES 819-696-8677 WEST PALM BEACH 954-573-4004 FORT LAUDERDALE 954-955-8677 Certifié 5 Étoiles® www.universal-blinds.com STORES SUR MESURE Fabriqué au Québec OPAQUES MOTORISATION DISPONIBLE TRANSLUCIDES SOLAIRES Claude Bouchard MEILLEURS PRIX GARANTIS ESTIMATION GRATUITE UNIVERS DU STORE.ca 50% DE RABAIS OU INSTALLATION GRATUITE UNIVERSAL BLINDS 1 855 770-8677 MONTRÉAL \u2022 QUÉBEC \u2022 LÉVIS \u2022 TROIS-RIVIÈRES \u2022 LAVAL \u2022 LONGUEUIL \u2022 REPENTIGNY \u2022 BEACONSFIELD \u2022 BOISBRIAND \u2022 FORT LAUDERDALE \u2022 WEST PALM BEACH 35e SALON DU LIVRE ANCIEN DE MONTRÉAL Livres autographiés - Manuscrits - Autographes Grand choix de livres anciens et rares, illustrés, premières éditions et belles reliures les 29 et 30 septembre 2018 Samedi : 12-18h - Dimanche : 11-17h Université Concordia 1400 boulevard de Maisonneuve Ouest Admission 6,00$ pour les 2 jours CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR Le concert donné jeudi par Rafael Payare à la tête de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal (OSM) pose des questions pertinentes sur le coup de foudre en musique et sur la tempérance dans le processus de sélection d\u2019un nouveau directeur musical.Il ne fait guère de doute, à voir certains visages dans le public, que Rafael Payare fait partie, au même titre que Susanna Mälkki en juillet dernier, des chefs testés dans le cadre de la recherche du nouveau directeur musical de l\u2019OSM.Nous avons titré notre compte rendu, paru sur nos plateformes numériques, « L\u2019OSM transfiguré », en clin d\u2019œil à La nuit transfigurée, l\u2019une des partitions les plus torrides de l\u2019histoire de la musique.L\u2019interprétation de Rafael Payare en fut charnelle, prise à bras-le-corps, comme un flux incessant de lumière à travers des branches balayées par la brise et des âmes irradiées par l\u2019amour.Quand ce chef vénézuélien avait-il donc pu répéter une telle variété de nuances et de strates de textures sonores au cœur d\u2019une action musicale si viscérale?L\u2019OSM, mené par Olivier Thouin dans un jour de gloire, en sortait grandi.À lire les commentaires de certains musiciens sur les réseaux sociaux, vendredi, il était clair que le plaisir sur scène était au diapason de celui des auditeurs.La communion s\u2019est prolongée tout au long une ardente Symphonie héroïque.Le courant observé entre Rafael Payare et les musiciens doit-il changer les plans de l\u2019OSM?Il est tentant pour les orchestres de céder au coup de foudre surtout lorsqu\u2019ils sont pressés par le temps.Après des années de recherches infructueuses, le Toronto Symphony Orchestra n\u2019a mis que six mois à conclure avec Gustavo Gi- meno, nommé directeur musical le 18 septembre dernier, après des débuts fin février.L\u2019OSM, qui se retrouvera sans directeur musical en septembre 2020, semble coincé.Mais à observer la saison 2018-2019 (et de ce que Le Devoir sait de certains projets de l\u2019automne 2019), la stratégie semble être de procéder méthodiquement avec de nombreux essais, quitte à programmer les saisons 2020-2021, voire 2021-2022, sans directeur musical.Le retour de Juraj Val- cuha le 24 octobre et la venue de Fran- çois-Xavier Roth le 31 entrent dans le cadre de ce méticuleux processus.Faut-il le remettre en question à la première occasion ?Le coup de foudre musical n\u2019est pas toujours bon conseiller.Un précédent rocambolesque a marqué la vie musicale du sud-ouest de la France.En 2003, les villes voisines et rivales de Bordeaux et de Toulouse étaient en concurrence pour trouver un successeur à leurs chefs, Hans Graf et Michel Plasson.Le Français Stéphane Denève était pressenti pour les deux postes.Il n\u2019en aura aucun.Le Roumain Ion Marin avait été engagé en toute hâte par Toulouse à la demande des musiciens après une 5e symphonie de Mahler avant qu\u2019à la réflexion les édiles finissent par ne pas apposer leur signature sur le contrat.L\u2019épisode échaudera tout le monde et Toulouse prendra son temps, nommant Tugan Sokhiev premier chef invité en 2005 avant de le confirmer en 2008 au poste de directeur musical.Bordeaux choisira Christian Lauba (2004-2006), un chef compositeur éphémère dont on n\u2019entendit plus parler ensuite, et poursuivra sa plongée dans l\u2019anonymat avec le Canadien Kwamé Ryan entre 2007 et 2013.Avec Tugan Sohkiev, l\u2019Orchestre du Capitole de Toulouse est devenu, dix ans après, l\u2019orchestre français le plus intéressant derrière les grandes phalanges parisiennes.Il ne faut donc pas trop s\u2019emballer, malgré l\u2019indéniable succès du concert de cette semaine, et il paraît dangereux de changer un « plan de match » si minutieusement établi.Payare et les tentations du coup de foudre musical PHILIPPE PAPINEAU LE DEVOIR ENTENTE NETFLIX L\u2019AQPM déplore un manque de productions créées au Canada Netflix dit être « en voie de dépasser le demi-milliard de dollars d\u2019investissements promis » après un an La série Riverdale de Netflix a été tournée à Vancouver, mais c\u2019est une œuvre américaine, souligne la présidente- directrice générale de l\u2019Association québécoise de la production médiatique, Hélène Messier.NETFLIX Au premier anniversaire de l\u2019entente entre le géant Netflix et le Canada, le service de diffusion en ligne a affirmé dans un communiqué qu\u2019il « est en voie de dépasser le demi-milliard de dollars d\u2019investissements promis ».Mais l\u2019Association québécoise de la production médiatique (AQPM) estime que Netflix devrait investir davantage dans des productions issues des créateurs canadiens au lieu de tourner des projets internationaux au pays.La présidente-directrice générale de l\u2019AQPM, Hélène Messier, reste à convaincre quant à l\u2019impact réel de Netflix dans l\u2019industrie d\u2019ici.«On peut se réjouir que Netflix continue de dépenser de l\u2019argent en production au Canada, dit-elle.Mais je dirais qu\u2019il n\u2019y a rien de neuf sous le soleil par rapport à ce qu\u2019ils faisaient déjà.Ce qu\u2019ils doivent faire, c\u2019est investir plus dans des productions originales qui proviennent de créateurs canadiens.» Mme Messier donne l\u2019exemple de la série Riverdale, tournée à Vancouver, mais qui reste une œuvre américaine.« C\u2019est du tournage de service au Canada comme on en fait pour plein de grands studios américains qui viennent tourner à Montréal et dans les autres régions canadiennes.Pour nous, ce qui a un réel impact, c\u2019est de ne pas juste avoir des équipes de techniciens canadiens qui travaillent sur des productions internationales, mais avoir du contenu canadien qui est produit ici.» En septembre dernier, Netflix s\u2019était engagé à créer une maison de production canadienne qui investirait au moins 500 millions de dollars dans des productions locales durant les cinq années suivantes.C\u2019est la Loi sur Investissement Canada qui encadre cette opération.Aucune promesse n\u2019avait été faite sur la part du contenu francophone, mais le géant américain avait promis d\u2019investir une autre enveloppe de 25 millions dans une « stratégie de développement du marché pour le contenu et la production francophone ».Retombées Un an plus tard, l\u2019entreprise qui compte 130 millions d\u2019abonnés dans le monde estime que son investissement « se traduit par des retombées économiques directes, par exemple du travail pour des producteurs, des réalisateurs, des auteurs, des acteurs et des équipes de tournage au Canada ».Concrètement, Netflix a tissé en avril des liens avec l\u2019Institut national de l\u2019image et du son (INIS) en finançant un programme destiné aux communautés autochtones et culturelles.En mai, le diffuseur en ligne a aussi investi dans un programme de perfectionnement en scénarisation de comédie à l\u2019École nationale de l\u2019humour.Puis en juillet, on apprenait que huit humoristes canadiens, dont quatre Québécois, feraient partie d\u2019une série de monologues diffusés sur la plateforme en 2019.« La passion qu\u2019ont ces organisations pour aider à la croissance et à la diversification de la prochaine génération de créateurs canadiens, c\u2019est ce qui nous inspire et nous sommes honorés de soutenir leur développement », lance Netflix dans son communiqué.En entrevue au Globe and Mail vendredi, le vice-président aux acquisitions de contenu de Netflix, Larry Tanz, a déclaré que l\u2019industrie audiovisuelle canadienne s\u2019était rapidement adaptée aux exigences du marché international, et qu\u2019elle allait continuer de jouer un rôle clé dans la stratégie de la compagnie.Netflix paiera la « taxe vidéo » en France L\u2019entreprise américaine Netflix a annoncé vendredi s\u2019être implantée en France en ouvrant un bureau à Paris.Du même coup, le diffuseur en ligne a accepté de verser 2 % de ses revenus générés dans l\u2019Hexagone au Centre national du cinéma et de l\u2019image animée (CNC).La France a adopté l\u2019année dernière un décret forçant les plateformes étrangères à payer une taxe qui, selon le CNC, « va permettre de financer la création selon le modèle de l\u2019exception culturelle française ».Devant des journalistes français, le patron de Netflix a dit que l\u2019entreprise voulait devenir « un bon citoyen européen ».À la lecture de cette déclaration, l\u2019Association québécoise de la production médiatique a dit espérer « que l\u2019entreprise deviendra bientôt aussi un bon citoyen canadien ». Pierre Séguin, agent officiel.Vous voulez l\u2019équipe du cœur et de la raison au gouvernement ?Votez pour ce que vous voulez.Sérieusement. LEDEVOIR // LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2018 ACTUALITÉS A 12 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.E Algorithmes, le profilage électoral Quand les données confondent politique et marketing, qu\u2019il ne s\u2019agit plus de convaincre, mais bien de vendre Adieu projet de société, bonjour clientélisme ?L\u2019usage massif de données et d\u2019algorithmes change radicalement la façon de faire la politique, et peut- être pas pour le mieux.Entrevue.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR JOSH EDELSON AGENCE FRANCE-PRESSE n cette fin de campagne plane une vague impression de promesses faites sur mesure, de clientélisme poussé à l\u2019extrême.L\u2019absence « de projet politique concret » a laissé un arrière-goût à bien des électeurs, désabusés par les solutions à la carte lancées de-ci de-là par les partis.Or, selon Antoinette Rouvroy, chercheuse au Centre de recherche Information, Droit et Société du Namur Digital Institute, de passage pour donner une série de conférences au Québec, il faudra se faire à cette nouvelle ère où les campagnes électorales prendront l\u2019allure de menus de buffet canadien- chinois-italien, sans grands projets communs.C\u2019est que la chercheuse estime que l\u2019usage croissant des algorithmes et des données de masse par les partis politiques transforment aujourd\u2019hui les campagnes électorales en florilège de messages ciblés, décochés à autant de clientèles.« Le besoin pour les candidats de connaître des électeurs et leurs besoins n\u2019est pas nouveau.Mais le recours aux algorithmes qui analysent des quantités massives de données fait qu\u2019au lieu de s\u2019adresser au plus grand nombre et de lancer des propositions, on essaie plutôt de capter des préférences à partir de données personnelles, ça transforme complètement la façon de faire la politique », croit-elle.Peu de candidats sont prêts à se passer de cette nouvelle manne qui les « branche » sur le pouls et les aspirations de l\u2019électeur.Avant, on gouvernait par sondage, maintenant, affirme la chercheuse, on procède par « minage de données » pour faire du profilage électoral.« Cela permet d\u2019anticiper les discours qui auront le plus d\u2019impact.» Profilage électoral Difficile de dire si les partis en lice au Québec s\u2019abreuvent à cette nouvelle manne \u2014 comme ce fut le cas aux États-Unis, où le scandale Cambridge Analytica a révélé au grand jour l\u2019usage sans leur consentement des données de 87 millions d\u2019utilisateurs de Facebook \u2014, mais, chose certaine, la « politique algorithmique » semble avoir le vent dans les voiles un peu partout dans le monde, affirme Mme Rouvroy.En France, dit-elle, le parti d\u2019Emmanuel Macron, la République en marche (REM), s\u2019est servi des données récoltées par 5000 « marcheurs » dépêchés par le parti avec des tablettes numériques auprès de milliers d\u2019électeurs, pour recueillir leurs doléances et souhaits.Des données qui ont ensuite été traitées par une entreprise de big data mandatée pour dresser un « état de la France ».« En fait, on a simplement compilé l\u2019expression de milliers de besoins hy- perindividuels.Ça ouvre la porte à des gestes politiques orientés vers des besoins hyperlocaux, voire domestiques, estime Antoinette Rouvroy.Cette transcription n\u2019est pas neutre, et elle impose ensuite un programme politique qui n\u2019est en fait que la photo d\u2019un état populationnel.» Selon Samuel Cossette, doctorant en communication à l\u2019École des médias de l\u2019UQAM, il est clair que les algorithmes sont devenus un outil essentiel à la communication politique.« Dès qu\u2019on utilise Facebook ou les réseaux sociaux pour visiter les sites Web des partis, dit-il, ces données sont traitées par des algorithmes qui créent des catégories d\u2019électeurs.On se base sur cela pour façonner des messages.» Cette nouvelle donne distord l\u2019action des hommes et femmes politiques, qui se hâtent désormais de répondre aux besoins individualisés, pense Antoinette Rouvroy.Cela les dispense d\u2019avancer de réels projets politiques.L\u2019usage massif de données pour faire du profilage dans les campagnes électorales a aussi pour effet de compartimenter les messages politiques dédiés à des clientèles ciblées, ajoute la chercheuse, sans qu\u2019aucun message cohérent n\u2019émerge pour le plus grand nombre.« En fait, la gouvernance algorithmique pousse les politiciens à réagir à des signaux individuels, qui traduisent l\u2019état des choses, voire un état passé, plutôt que de se projeter dans l\u2019avenir », déplore-t-elle.Pas de démocratie sans débats L\u2019autre revers de la politique rompue aux algorithmes est la disparition du besoin des espaces de discussion publics.« Ces lieux de discussion deviennent désuets puisqu\u2019on se base sur des profils d\u2019électeurs pour jauger l\u2019opinion.Or, dans une démocratie, les vrais espaces de discussion sont essentiels pour être exposés aux opinions des autres et participer aux débats, qui sont le propre de la politique », estime Mme Rouvroy.Aux yeux de la chercheuse, à l\u2019ère du big data, la politique se rapproche parfois davantage du marketing que de la chose politique, en axant son action et ses réactions sur les pulsions exprimées.« Ça ressemble à du marketing qui vise non pas à convaincre avec des arguments rationnels, mais à gagner l\u2019adhésion le plus souvent avec des arguments émotionnels.» D\u2019ailleurs, elle rappelle que les messages les plus influents utilisés sur les réseaux sociaux lors de la campagne présidentielle menée par le clan de Donald Trump sont ceux qui ont fait appel à la peur de l\u2019autre, à la crainte de voir des privilèges de la classe ouvrière blanche s\u2019évaporer au profit des minorités.« L\u2019argument de la peur a toujours été utilisé en campagne électorale, mais il est décuplé par Internet et sa structure de financement qui favorise les messages extrémistes et hautement émotifs.Plus un message frappe, plus il rapporte à ses concepteurs.» Comment lutter contre ce glissement politique ?« Il faut revaloriser la discussion publique.Plusieurs lecteurs sont maintenant isolés derrière leurs écrans, sans être confrontés à d\u2019autres opinions ou à d\u2019autres messages que ceux recrachés à l\u2019infini sur les réseaux sociaux.Nombre d\u2019entre eux sont d\u2019ailleurs partagés ou retweettés par milliers par de simples bots, qui sont des machines », note-t-elle.Cette dérive n\u2019est pas la faute aux algorithmes, souligne l\u2019experte.Les politiques sont plutôt les victimes de leur propre paresse ou de leur propre incapacité à formuler des projets porteurs quand ils sous-traitent leur contenu à ces outils.Antoinette Rouvroy estime que ce n\u2019est pas un hasard si les enjeux environnementaux sont absents des présentes campagnes électorales.Un symptôme de l\u2019incapacité des messages actuels à faire émerger des enjeux collectifs.« Il faut ramener les projets politiques sur la scène publique et transcender la simple gestion des faits du présent.La politique, ce n\u2019est pas de l\u2019optimisation, c\u2019est repenser les choses et débattre du commun.Il faut avoir un langage commun qui dépasse celui des chiffres et des signaux.Il faut retrouver la conscience que nous sommes des citoyens avant d\u2019être des consommateurs ou des utilisateurs.» Il faut ramener les projets politiques sur la scène publique et transcender la simple gestion des faits du présent.La politique, ce n\u2019est pas de l\u2019optimisation, c\u2019est repenser les choses et débattre du commun.ANTOINETTE ROUVROY » "]
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