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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2018-08-31, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CIX NO 197 / LE VENDREDI 31 AOÛT 2018 / 1,30 $ + TAXES = 1,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM Le rappeur casse le moule Un premier disque solo pour l\u2019ex-Dead Obies Yes McCan PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR INDEX Avis légaux.B8 Culture .B1 Décès .B6 Économie .B5 Éditorial .A8 Élections .A4 Grille TV.B2 Idées.A9 Météo .B9 Monde.A6 Mots croisés.B9 Petites annonces .B6 Sports.B9 Sudoku .B9 ACTUALITÉS Le casse-tête immobilier de la Commission scolaire de Montréal | A 3 ZEITGEIST Petite fin du monde aoûtée.La chronique de Josée Blanchette.| B 10 La musique qui me parle, celle qui reste avec moi, c\u2019est la musique de John Lennon », échappe Yes McCan, qui confie du même souffle avoir passé l\u2019été à réécouter la discographie complète des Beatles.« C\u2019est celle aussi de Bob Marley : ces deux-là sont parvenus à toucher des millions de gens, et pour toujours, et je crois qu\u2019ils y sont parvenus en élaguant leur travail, en allant au cœur des choses », ce qu\u2019a tenté de faire l\u2019ex-Dead Obies avec son premier album solo, OUI (tout, tout, tout, toutttte), qu\u2019il présentera sur scène ce « ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR C\u2019est fait.Les Canadiens seront propriétaires du pipeline Trans Mountain dès vendredi, après avoir versé 4,5 milliards de dollars à la pétrolière texane Kinder Morgan.La transaction, qui ne tient pas compte des coûts d\u2019expansion de l\u2019infrastructure, a été officialisée au moment où la Cour d\u2019appel fédérale annulait jeudi le décret du gouvernement Trudeau autorisant le démarrage du projet d\u2019exportation de pétrole des sables bitumineux.Moins d\u2019une heure après la publication d\u2019un jugement très critique du processus qui a mené à l\u2019approbation de TRANS MOUNTAIN Ottawa mis en échec La Cour d\u2019appel fédérale annule le décret autorisant l\u2019expansion du pipeline, mais le gouvernement réitère son intention de réaliser le projet soir, au Festival de musique émergente d\u2019Abitibi-Témiscamingue.Un curieux objet musical que ce premier album solo.Farci de refrains, de synthés chatoyants, de chansons volages portées par des rythmiques légères et dansantes, avec seules les Money Convos, Slick Rick et Désirée pour le ramener dans le rap plus costaud.De très bonnes \u2014 Forêt, une collaboration avec les Belges Caballero & JeanJass et l\u2019imparable refrain chanté d\u2019Ogee Rod- man des Dead Obies, Over avec son refrain pop qui a fait pourtant sourciller certains fans de la première heure \u2014, d\u2019autres moins convaincantes.VOIR PAGE A 6 : RAPPEUR «Le gros travail a été de mettre les rimes, les références au rap, les lignes intelligentes sur la banquette arrière», dit Yes McCan.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Des autochtones de la côte ouest ont célébré par des chants et des danses leur victoire contre le gouvernement fédéral.DARRYL DYCK LA PRESSE CANADIENNE GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ À SAGUENAY LE DEVOIR Y a-t-il un deux poids deux mesures en matière d\u2019éthique pour François Legault ?Le chef de la CAQ a soutenu jeudi qu\u2019il aurait jugé plus sévèrement le cas de son député Éric Caire s\u2019il avait été au gouvernement, mais que c\u2019est moins grave dans l\u2019opposition.La question des conflits d\u2019intérêts « n\u2019est pas évaluée de la même façon quand on est dans la deuxième opposition que lorsqu\u2019on est au gouvernement, a lancé François Legault à Ri- vière-du-Loup.La question qui se pose, que ce soit un conflit ou une apparence de conflit d\u2019intérêts, c\u2019est : est-ce qu\u2019il y a eu contrepartie ?C\u2019est bien évident que dans l\u2019opposition, c\u2019est plus difficile d\u2019avoir une contrepartie.» Il a ainsi fait valoir qu\u2019il n\u2019y «a pas eu de contrepartie» touchée par Éric Caire dans le dossier en cause \u2014 un prêt personnel de 55 000$ offert par le maire de L\u2019Ancienne-Lorette (une municipalité de la circonscription de M.Caire) au député et à son ex- conjointe.«Il a remboursé [le prêt].Il n\u2019y a pas eu au bout du compte d\u2019avantage financier.C\u2019était le prêt d\u2019un ami à un ami, ce n\u2019était pas de l\u2019argent public», a encore dit M.Legault.Pour la deuxième journée de suite, l\u2019essentiel de la discussion caquiste a tourné autour du dossier de celui qui avait été surnommé le «shérif» de l\u2019éthique à la CAQ.Ses adversaires politiques ont vivement critiqué la réponse de M.Legault, y voyant la preuve de son manque de «boussole éthique».Alors que le ministre libéral Gaétan Barrette se demandait si «on est rendus à demander à l\u2019UPAC» de regarder le dossier, Jean-François Lisée L\u2019éthique à deux vitesses Les conflits d\u2019intérêts doivent être jugés selon qu\u2019on est au gouvernement ou dans l\u2019opposition, plaide le chef de la CAQ l\u2019expansion de Trans Mountain, les actionnaires de Kinder Morgan ont massivement voté pour la vente du projet au gouvernement du Canada.Cela signifie qu\u2019Ottawa devrait prendre officiellement possession du pipeline existant et des infrastructures connexes dès ce vendredi, a souligné le ministre des Finances, Bill Morneau, en conférence de presse.« C\u2019est une bonne décision économique pour les Canadiens », a-t-il insisté, répétant que la construction du nouveau pipeline est « dans l\u2019intérêt national », puisqu\u2019il permettra de « diversifier nos marchés » pour l\u2019exportation de pétrole albertain.Le rachat par l\u2019État coûtera dans un premier temps 4,5 milliards de dollars aux contribuables canadiens.Mais la facture grimpera par la suite, pour atteindre un montant qui n\u2019est toujours pas connu.La première estimation faisait état d\u2019un montant global de 7,4 milliards de dollars, incluant le nouveau pipeline.Mais des documents déposés par Kinder Morgan et rendus publics au début du mois font état d\u2019une facture d\u2019au moins 9,3 milliards.Que se passera-t-il avec les coûts du projet ?« Nous nous engageons à aller de l\u2019avant avec le projet », a simplement répondu jeudi le ministre VOIR PAGE A 3 : ÉCHEC ÉCONOMIE Les derniers instants de la renégo- ciation de l\u2019ALENA B 5 et B 6 VOIR PAGE A 4 : ÉTHIQUE [On parle] d\u2019un député d\u2019expérience, le shérif éthique de la CAQ, qui se met en situation de conflit, et l\u2019aspirant PM ne trouve pas ça grave parce qu\u2019il n\u2019y a pas eu de retour d\u2019ascenseur ?JEAN-FRANCOIS LISÉE » Protégeons notre production locale.Visitez mouvementgo.ca Morneau.Ce dernier a ajouté que le fédéral devait se porter au secours du projet de la multinationale texane, puisque celui-ci était devenu trop risqué « pour une entreprise », en raison des multiples délais et obstacles légaux auxquels fait face ce pipeline.Décret annulé La Cour d\u2019appel fédérale a d\u2019ailleurs reporté jeudi l\u2019éventuelle réalisation du projet défendu depuis des mois par les libéraux de Justin Trudeau.Le tribunal a annulé le décret gouvernemental qui autorisait son démarrage, en plus de demander au gouvernement de refaire ses devoirs sur certains points particulièrement litigieux.Dans sa décision, la Cour conclut en effet qu\u2019Ottawa a omis, à la dernière étape du processus de consultations, « d\u2019engager un véritable dialogue et de se pencher sur les réelles préoccupations des demandeurs autochtones de manière à être en mesure de rechercher des mesures pour y répondre.Il ne s\u2019est pas adéquatement acquitté de son obligation de consulter ».Il s\u2019agit d\u2019ailleurs d\u2019une victoire qui a été saluée par plusieurs Premières Nations de la côte ouest, qui étaient au nombre des plaignants qui avaient déposé une vingtaine de poursuites, en compagnie de groupes écologistes et de municipalités.Le jugement rendu jeudi souligne aussi que l\u2019Office national de l\u2019énergie (ONE), chargé de l\u2019évaluation environnementale du projet, « a commis une erreur cruciale : il a de façon injustifiable défini la portée du projet de manière à ne pas inclure la circulation de navires-citernes connexe au projet ».Cette exclusion signifie que le gouvernement « ne pouvait pas se fonder sur le rapport et les recommandations de l\u2019Office pour évaluer les effets environnementaux du projet et l\u2019intérêt public en général ».Cette composante est pourtant un élément majeur du projet.L\u2019expansion de Trans Mountain ferait passer sa capacité quotidienne de transport de 300 000 barils à 890 000 barils.Pour exporter tout ce pétrole, jusqu\u2019à 34 pétroliers quitteraient chaque mois un port situé à Bur- naby, en banlieue de Vancouver, contre 5 pétroliers actuellement.Une situation qui fait peser des risques environnementaux majeurs sur les côtes de la Colombie-Britannique, selon Victoria.Le gouvernement provincial a d\u2019ailleurs déposé en avril un recours en cour d\u2019appel afin d\u2019obtenir le droit de limiter le transport pétrolier sur son territoire, et donc de bloquer la construction du nouveau pipeline.Projet hypothéqué Réagissant à la décision de la Cour, le chef conservateur Andrew Scheer a accusé Justin Trudeau d\u2019être responsable des déboires de Trans Mountain.Sur Twitter, il a même affirmé que le premier ministre n\u2019avait pas suffisamment défendu « l\u2019énergie la plus propre, la plus éthique et la plus écologique au monde », soit le pétrole des sables bitumineux.M.Trudeau a pour sa part contacté la première ministre de l\u2019Alberta, Rachel Notley, afin de la rassurer sur la suite des choses.Ottawa « veillera à ce que le projet progresse de la bonne façon », a-t-il dit jeudi.Cela n\u2019a toutefois pas empêché cette dernière de retirer l\u2019Alberta, jeudi soir, du Plan de lutte contre les changements climatiques du Canada.Titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l\u2019énergie, Pierre-Olivier Pineau ne partage toutefois pas cet optimisme.« Je ne vois pas dans quelle mesure il pourra être mené à bien.Les opposants sont farouchement contre le projet et vont utiliser toutes les raisons pour faire de l\u2019obstruction.Les délais et l\u2019incertitude sont très coûteux dans ces cas-là, et il est très difficile de voir comment l\u2019agrandissement pourra se concrétiser, surtout d\u2019une manière rentable.» Selon lui, le rachat est également problématique.« Dès que l\u2019idée de racheter le pipeline a été énoncée, il était clair que ça ne serait pas une bonne décision.Le gouvernement n\u2019a pas à intervenir comme promoteur dans ce secteur et doit jouer un rôle d\u2019arbitre neutre.» Mais ce pipeline n\u2019est que le « symptôme d\u2019une dépendance au pétrole, et en rien la cause ».Dans ce contexte, estime-t-il, la consommation ne changera pas, avec ou sans pipeline, et son rejet ne contribuerait en rien à régler la crise climatique.Pour Greenpeace, il est néanmoins temps qu\u2019Ottawa retire son appui à Trans Mountain « et prenne les milliards de dollars publics prévus pour ce projet et les investisse pour accélérer la transition vers une économie basée sur les énergies renouvelables ».ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE VENDREDI 31 AOÛT 2018 MARCO FORTIER LE DEVOIR Croissance record du nombre d\u2019élèves, écoles qui débordent, bâtiments en décrépitude : la plus grande commission scolaire du Québec fait face à des pressions financières et logistiques sans précédent, au moment où ses 113 000 élèves du primaire et du secondaire reviennent sur les bancs d\u2019école.Malgré les réinvestissements récents du gouvernement Couillard, pas moins de 88 % des bâtiments de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) se trouvent toujours dans un « mauvais » ou un « très mauvais » état, révèle le plan directeur d\u2019investissement 2018- 2023, que Le Devoir a obtenu.La gestion des chantiers de rénovation, de construction ou d\u2019agrandissement d\u2019école représente un véritable casse-tête.La CSDM a embauché du personnel supplémentaire et a résolu cette semaine de faire appel, au besoin, à des firmes externes pour l\u2019aider à gérer les chantiers \u2014 notamment les demandes de fonds et de permis.La plus importante commission scolaire du Québec, qui gère un budget de plus de 1 milliard de dollars par année, a approuvé mercredi une série de 17 projets d\u2019agrandissement et de rénovation d\u2019écoles jugés prioritaires.Le coût de ces chantiers est estimé à 229,5 millions.Une liste de 14 nouvelles écoles, associées à de futurs projets immobiliers dans la métropole, vient s\u2019ajouter au document.La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, a lancé un appel aux partis en campagne électorale, lors de la réunion du Conseil des commissaires, mercredi soir.« Le ministère de l\u2019Éducation doit doubler les sommes pour agrandir ou construire des écoles, sinon on ne viendra pas à bout du manque de locaux et du déficit de maintien d\u2019actifs.» Des choix difficiles Il y a urgence d\u2019agir, insiste la CSDM.Le Conseil des commissaires a donné le feu vert à ses gestionnaires pour « mettre en œuvre immédiatement les projets du présent rapport programmés en 2018-2019, dans l\u2019attente de l\u2019autorisation anticipée du MEES » (ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur).La résolution autorise aussi les gestionnaires de la CSDM à réaliser des travaux d\u2019urgence avec l\u2019approbation du comité exécutif.Le déficit d\u2019entretien des bâtiments de la CSDM s\u2019élève à 1,1 milliard de dollars.C\u2019est la somme qu\u2019il faudrait investir pour remettre à niveau les édifices de la commission scolaire, qui ont été mal entretenus durant des décennies.Le plan d\u2019investissement de la CSDM dresse un portrait jugé préoccupant des défis à venir.« Étant donné l\u2019état de vétusté de son parc immobilier et les contraintes financières auxquelles elle fait face chaque année, la CSDM doit faire des choix difficiles au regard de l\u2019investissement, indique le document de 200 pages.Au cours des dix dernières années, au mieux, l\u2019augmentation des investissements a permis de ralentir la détérioration du parc immobilier dans son ensemble.» Les 191 écoles de la CSDM sont généralement surpeuplées.Plusieurs ont sacrifié leur bibliothèque, leur local de Casse-tête immobilier à la CSDM Près de neuf écoles sur dix sont en « mauvais » ou « très mauvais » état service de garde ou d\u2019autres pièces pour loger des classes.La croissance démographique et les nouveaux arrivants, dont des milliers de réfugiés, créent cette surpopulation scolaire, note le document de la CSDM.Au même moment, l\u2019état lamentable des bâtiments force la fermeture temporaire ou la démolition d\u2019écoles.Il Les élèves ont repris le chemin des classes et ils ont parfois la surprise \u2014 comme ici à l\u2019école Saint-Jean-de-Brébeuf, à Rosemont \u2014 de partager l\u2019école avec des ouvriers de la construction chargés de remettre les lieux en meilleur état.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Besoin d\u2019écoles à la CSDM Pour 2018-2019, la CSDM a soumis au ministère de l\u2019Éducation 15 projets d\u2019écoles pour le niveau primaire et trois pour le niveau secondaire.Voici la liste des projets au primaire : Conversion du Centre Lajeunesse en école primaire (Villeray) Agrandissement de l\u2019école Hélène-Boullé (Villeray) Reprise d\u2019espace à l\u2019école Saint-Gabriel-Lalemant, annexe (Villeray) Agrandissement de l\u2019école Sainte-Lucie (Saint-Michel) Construction d\u2019une école sur le terrain de l\u2019école secondaire Marie-Anne (Ahuntsic) Agrandissement du pavillon Saint-Jean-Vianney (Rosemont) Construction d\u2019une école primaire dans le secteur Angus (Rosemont) Conversion du 3100, rue Arcand (Mercier) Agrandissement de l\u2019école de la Petite-Bourgogne (Sud-Ouest) Agrandissement de l\u2019école Les-Enfants-du-Monde (Notre-Dame-de-Grâce) Conversion du 4835, Christophe-Colomb (Plateau-Mont-Royal) Rénovation de l\u2019école Hochelaga, fermée pour cause de moisissures (Hochelaga) Construction d\u2019une école primaire dans Griffintown (Ville-Marie) Agrandissement de l\u2019école Saint-Justin (Tétreaultville) Reprise d\u2019espace au Centre Tétreaultville (Tétreaultville) Ottawa n\u2019a pas vraiment consulté les Autochtones ÉCHEC SUITE DE LA PAGE A 1 faut bien loger ces milliers d\u2019élèves quelque part durant les travaux : les élèves d\u2019une vingtaine d\u2019écoles fréquentent ainsi une autre école ou un autre immeuble, dit « transitoire », pendant que leur école de quartier fait l\u2019objet de travaux.Le problème, c\u2019est que les écoles secondaires, qui avaient assez d\u2019espace pour loger ces élèves déplacés, se remplissent rapidement.Elles peuvent désormais difficilement accueillir des élèves délogés de leur école de quartier.La CSDM a repris une série de bâtiments autrefois « excédentaires », qui étaient loués à des groupes communautaires, pour les transformer à nouveau en écoles.Mais ces bâtiments ont besoin de grands travaux \u2014 qui coûtent cher et prennent du temps.Aux prises avec un manque criant de locaux, la CSDM se tourne vers les bâtiments modulaires aménagés dans les cours de récréation.Elle fait aménager cette année pas moins de 91 classes, 13 autres locaux et 4 blocs sanitaires dans 19 sites \u2014 l\u2019équivalent de cinq écoles, note Catherine Harel Bourdon.Ces « roulottes » temporaires sont conçues pour durer une dizaine d\u2019années, mais celles de l\u2019école des Nations, dans Côte-des-Neiges, sont en place depuis 18 ans.À l\u2019école Saint- Jean-de-Matha, dans le Sud-Ouest, les classes modulaires en sont à leur 17e année.1,1 milliard C\u2019est la somme qu\u2019il faudrait investir pour remettre à niveau les édifices de la CSDM L\u2019expansion de Trans Mountain ferait passer sa capacité quotidienne de transport de 300 000 barils à 890 000 barils.Pour exporter ce pétrole, jusqu\u2019à 34 pétroliers quitteraient chaque mois un port situé à Burnaby, contre 5 pétroliers actuellement. LEDEVOIR // LE VEN ÉLECTI A 4 E N B R E F QS veut protéger 10 % des milieux marins d\u2019ici 2020 RIMOUSKI \u2014 Québec solidaire (QS) s\u2019engage à atteindre l\u2019objectif officiel du Québec en matière de protection des milieux marins d\u2019ici 2020 en préservant 10 % de ceux-ci.« Comme toujours, lorsqu\u2019on parle d\u2019environnement, les libéraux ont de beaux objectifs, mais ils sont incapables de les respecter », a lancé Manon Massé, candidate au poste de première ministre.De passage au Bic, dans l\u2019est du Québec, Mme Massé a soutenu jeudi qu\u2019un gouvernement solidaire fera des aires marines protégées (AMP) une priorité, contrairement aux autres partis.Actuellement, seulement 1,3 % du territoire marin est protégé, a indiqué QS.En juin dernier, Québec a annoncé la protection du Banc-des- Américains, à l\u2019est de la Gaspésie.Cette protection portera à 1,9 % la proportion de territoire protégé.QS Le chef caquiste François Legault aux côtés du producteur maraîcher Ivanhoé Brochu, jeudi, à Saint-Henri, près de la ville de Québec JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE MARCO BÉLAIR-CIRINO À SAINT-GEORGES LE DEVOIR Le chef libéral, Philippe Couillard, promet une augmentation annuelle « stable » et « prévisible » de 4,2 % des dépenses en santé, s\u2019il se voit confier un second mandat.Finies, les années de disette et d\u2019abondance.« Aucune somme supplémentaire n\u2019est prévue pour la rémunération médicale », a-t-il souligné lors d\u2019une conférence de presse à Saint-Georges, jeudi.Il a promis du même souffle de sévir contre les médecins de famille qui ne prennent pas suffisamment de patients en charge.L\u2019aspirante ministre de la Santé Gertrude Bourdon, qui brigue les suffrages sous la bannière du Parti libéral du Québec dans la circonscription de Jean- Lesage, l\u2019accompagnait.Même si elle prônait une hausse de 8 % du budget de la santé, l\u2019ex-p.-d.g.du CHU de Québec affichait un large sourire.« Ce sont de grandes nouvelles pour notre réseau », a-t-elle fait valoir.M.Couillard a dit s\u2019être entendu avec sa candidate vedette pour assurer un financement « prévisible » et « stable » du réseau de la santé.Après s\u2019être envolées à 4,5 % en 2018-2019, les dépenses de programme croîtront de 4,2 %, par année, a-t-il déterminé.Il rehausserait du coup de 0,2 point de pourcentage (de 4,0 % à 4,2 %) la croissance des dépenses de programmes en santé prévue jusqu\u2019ici par le ministre des Finances, Carlos Leitão, pour les quatre prochaines années (de 2019- 2020 à 2022-2023).En somme, 1 milliard de dollars de plus se retrouveraient dans les coffres du ministère de la Santé sur cinq ans.« [Mais la hausse] pourrait être plus importante si la situation économique le permet », a signalé le M.Couillard jeudi.La vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, soulignait, il y a dix jours, que « les prévisions des dépenses de missions [tenaient] compte des principaux coûts nécessaires pour reconduire les activités et les programmes actuels de l\u2019État ».Depuis, le PLQ a fait quelques promesses à l\u2019électorat québécois.Il s\u2019est notamment engagé, jeudi, à investir 200 millions additionnels par année pour procéder à l\u2019embauche de personnel offrant des soins à domicile.Il manque au moins 1000 préposées aux bénéficiaires, a par ailleurs dit Philippe Couillard.Médecins de famille Par ailleurs, le chef libéral s\u2019engage à ce que 900 000 personnes supplémentaires aient un médecin de famille au cours des quatre prochaines années.« Je vais être clair, il ne sera pas question de régler ça à coups de primes », a-t-il averti.Il dit être persuadé que 90 % de la population peut avoir accès à un omnipraticien d\u2019ici 2022 sans pour autant devoir allouer de nouvelles ressources au réseau.« Les conditions de rémunération ont été bonifiées pour les médecins, on le sait, on le sait tous.Il y a assez de médecins pour couvrir les besoins, y compris jusqu\u2019à 90 % », a-t-il déclaré, avant de rappeler un « petit détail qui n\u2019est pas à né- Le PLQ promet un financement « stable » en santé Le chef et l\u2019aspirante ministre Bourdon ont trouvé un compromis sur la croissance des dépenses Le chef libéral, Philippe Couillard, en point de presse jeudi, à Saint-Georges, flanqué de la candidate vedette Gertrude Bourdon JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE LES OBSERVATEURS soutenait que François Legault « est en train de changer la définition de l\u2019éthique ».« [On parle] d\u2019un député d\u2019expérience, le shérif éthique de la CAQ, qui se met en situation de conflit, et l\u2019aspirant PM ne trouve pas ça grave parce qu\u2019il n\u2019y a pas eu de retour d\u2019ascenseur ?[\u2026] C\u2019est inimaginable », juge le chef péquiste.En soirée, M.Legault est sorti d\u2019un événement partisan pour répondre à M.Barrette.« C\u2019est n\u2019importe quoi ! [\u2026 ] Il manque d\u2019attention.La commissaire à l\u2019éthique a regardé tout ça et a dit que c\u2019était correct.» Un député de l\u2019opposition est-il vraiment à l\u2019abri des conflits d\u2019intérêts ?Non, répondent sans hésiter deux experts.« Et c\u2019est pour ça qu\u2019ils sont concernés par le Code de déontologie et d\u2019éthique des membres de l\u2019Assemblée nationale », rappelle Luc Bégin, ancien directeur de l\u2019Institut d\u2019éthique appliquée.Notamment l\u2019article 15, qui dit qu\u2019un « député ne peut se placer dans une situation où son intérêt personnel peut influencer son indépendance de jugement dans l\u2019exercice de sa charge ».Un député est un député C\u2019est d\u2019ailleurs cet article que la commissaire à l\u2019éthique a pointé en avril 2018 quand elle a sommé M.Caire de rembourser le prêt qui le « plaçait dans une situation de conflit d\u2019intérêts potentiel ».« Il y a des différences [entre un député au pouvoir ou dans l\u2019opposition], mais un député est un député, dit M.Bégin.Un député de l\u2019opposition n\u2019est pas sans pouvoir : il peut siéger à des commissions parlementaires, il peut tenter d\u2019infléchir des décisions.Le Devoir s\u2019est tourné vers quatre anciens politiciens de toutes allégeances pour connaître leurs impressions sur la campagne en cours.Aujourd\u2019hui, la sympathisante caquiste de la première heure Anie Samson prend la parole.Propos recueillis par Magdaline Boutros.Après une semaine de campagne, qu\u2019est-ce qui retient le plus votre attention ?\u2019est un véritable festival des promesses.J\u2019ai l\u2019impression que c\u2019est le marchand de sable qui passe.Il faut vraiment s\u2019assurer que toutes ces promesses se concrétisent par la suite.Ce qui m\u2019a particulièrement touché, comme ancienne politicienne, c\u2019est le magasinage.Quand on fait de la politique, c\u2019est parce qu\u2019on a une passion, parce qu\u2019on veut changer les choses.Lorsqu\u2019on choisit d\u2019aller dans un parti, c\u2019est que celui-ci doit représenter nos convictions.Et là, on voit une candidate, Gertrude Bourdon, qui magasine avec le Parti québécois, la Coalition avenir Québec et le Parti libéral du Québec pour choisir celui qui va lui en offrir le plus.C\u2019est le genre d\u2019attitude qui fait augmenter le cynisme des citoyens.Si Justin Trudeau décidait de sacrifier la gestion de l\u2019offre dans le renouvellement de l\u2019ALENA, les partis souve- rainistes pourraient-ils s\u2019en trouver ragaillardis ?Tout le Québec doit se serrer les coudes pour défendre la gestion de l\u2019offre.Jean-François Lisée a eu sa meilleure idée de la semaine en demandant aux autres chefs de mettre de côté leurs désaccords politiques pour créer un réel bouclier pour défendre la gestion de l\u2019offre.Si tous les chefs, en campagne électorale, se mettent ensemble pour dire « nous, c\u2019est sérieux, on veut un Québec fort et la gestion de l\u2019offre est intouchable », alors ça va résonner jusqu\u2019à Ottawa.C\u2019est très noble de leur part de mettre leurs divergences de côté.Tous les partis vont y gagner.Sur quel enjeu aimeriez-vous entendre les chefs ?J\u2019aimerais qu\u2019on me parle de projets qui vont nous emmener plus loin en tant que société.Des projets qui vont réellement changer les choses dans le quotidien des citoyens.Je veux qu\u2019on nous fasse rêver davantage d\u2019un Québec où les possibilités sont là pour tous.Il faut commencer à la base.On se réjouit de promettre à des milliers de Québécois qu\u2019ils pourront dorénavant avoir accès à un médecin de famille.Mais c\u2019est chaque Québécois qui devrait avoir accès à un médecin.Il y a des principes non négociables.Commençons par atteindre le minimum acceptable pour l\u2019ensemble des Québécois.Et après, faites-nous rêver ! Anie Samson a été mairesse de Villeray\u2013Saint-Michel\u2013Parc-Extension de 2006 à 2017 et l\u2019une des signataires du manifeste de la CAQ.Un 3e lien à Québec ?« Oui, bon, peut-être\u2026 » François Legault a voulu passer jeudi un message fort en faveur du troisième lien à Québec, mais la démonstration n\u2019a pas semblé aussi convaincante que souhaité.La caravane ca- quiste s\u2019est arrêtée chez un producteur maraîcher de la circonscription de Bellechasse (détenue par les libéraux, mais où la CAQ a de bonnes chances de l\u2019emporter cette année), qui avait la particularité de devoir aller deux fois par semaine à l\u2019île d\u2019Orléans.L\u2019idée était de montrer qu\u2019avec un troisième lien, ce producteur gagnerait temps et argent.Les trois autobus de la caravane ont donc suivi le camion de livraison d\u2019Ivanhoé Brochu sur le pont Pierre-Laporte (où il y avait un peu de trafic, mais qui fut traversé en une quinzaine de minutes) et jusqu\u2019aux abords du pont de l\u2019île, où M.Legault a dit devant le producteur C ANIE SAMSON gliger » : « Quand le plus de patients.» Le PLQ fixe une n que les médecins de parvenus à inscrire 8 avant le 31 décemb prévoit la « loi 20 ».Le ministre Gaéta la cible au 31 décem cela, tout indique q famille la rateront.dernier, 80 % de la p crite auprès d\u2019un om Afin de remédi M.Couillard a pro quer les pénalités s Le Code de déontologie s\u2019applique à tous ÉTHIQUE SUITE DE LA PAGE A 1 qu\u2019on venait d\u2019avoir la preuve que le troisième lien était essentiel pour son entreprise.Mais une fois seul avec les médias, M.Brochu \u2014 qui se dit favorable au projet \u2014 a expliqué ne pas avoir une opinion tranchée sur la question.« Je suis convaincu qu\u2019il y a un engorgement au pont et qu\u2019il faut faire quelque chose.Mais c\u2019est-tu améliorer le transport en commun ?[\u2026] Le troisième lien, ce qu\u2019il faut, c\u2019est au moins une étude pour savoir ce que ça prend.» Il a raconté avoir été approché par la CAQ dans les derniers jours, et que ceux-ci voulaient absolument une entreprise de Bellechasse \u2014 parce que M.Brochu leur avait recommandé un autre producteur plus affecté par le trafic, mais qui se trouvait plus loin.Et pour finir, il a indiqué aux reporters n\u2019être ni pour ni contre M.Legault\u2026 ou les libéraux.Le Devoir E N B R E F La CAQ souhaite rembourser une partie des lunettes RIVIÈRE-DU-LOUP \u2014 Et si la réussite scolaire et la lutte contre décrochage passaient par\u2026 des lunettes ?C\u2019est ce qu\u2019avance la Coalition avenir Québec (CAQ ) dans un engagement chiffré à 36 millions et qui propose de « rembourser une partie des coûts d\u2019achat de lunettes ou de lentilles cornéennes pour les jeunes de moins de 18 ans ».Le parti rappelle que la RAMQ couvre l\u2019examen de la vue annuel pour les mineurs, mais pas l\u2019achat de verres ou de lentilles.« Il s\u2019agit d\u2019un poste de dépenses non négligeable pour beaucoup de familles », argue-t-on.L\u2019aide d\u2019un gouvernement Legault serait plafonnée à 250 $ tous les deux ans.« Une bonne santé visuelle est essentielle à la réussite scolaire, car trop d\u2019élèves grandissent avec des problèmes de vision sans le savoir », soutient la formation.Le Devoir [Un député] ne devrait jamais faire quelque chose qui va, sans qu\u2019on le sache, lui lier les mains dans une décision qu\u2019il pourrait avoir à prendre.Ça vaut pour tous les députés.L\u2019idée est de garder ses distances.MARTINE VALOIS » DREDI 31 AOÛT 2018 IONS 2018 A 5 La forteresse L orsque Philippe Couillard a présenté sa candidate pour Bourassa-Sauvé le 16 août, le point de presse avait des airs d\u2019adoubement.Paule Robitaille, ex-journaliste et commissaire à la Commission de l\u2019immigration et du statut de réfugié, succédera vraisemblablement à Rita de Santis dans la forteresse libérale réputée pour être inébranlable.La candidate a un profil original, adapté aux défis à relever dans Montréal-Nord, quartier le plus multiculturel et défavorisé de la métropole.L\u2019avance du PLQ est confortable.Rien n\u2019indique un changement de cap draconien.Toutefois, il se passe quelque chose dans Bourassa-Sauvé.Sur le terrain, on entend un contre-rythme difficile à ignorer.Dix ans après les émeutes de Montréal-Nord, et sur fond de discorde entourant la commémoration du décès de Fredy Vil- lanueva, deux jeunes femmes, Julie Séide de la CAQ et Alejandra Zaga Mendez de QS, s\u2019agitent depuis plusieurs semaines.Deux filles « de la place » prêtes à ébranler les certitudes libérales.Du jamais vu dans cette circonscription.Évidemment, ces deux candidates défendent des idées très différentes, à l\u2019image de leur parti.Séide, chimiste de formation, fait du soutien à l\u2019entrepreneuriat local et de la création d\u2019emploi le point focal de sa campagne.Mendez, doctorante en développement durable et militante de longue date, insiste plutôt sur la nécessité de retricoter le filet social pour lutter contre l\u2019exclusion.Mais j\u2019ai été frappée, en les rencontrant, par la vigueur de l\u2019indignation qu\u2019elles partagent, au-delà des lignes partisanes.« On nous tient pour acquis » lance Séide, déplorant que même si le PLQ se présente comme champion de l\u2019immigration, il ne propose pas grand-chose à ceux qui s\u2019installent et vivent à Montréal-Nord.« Ma famille a fait venir sept personnes d\u2019Haïti par le regroupement familial.Les obstacles que rencontrent les immigrants, je les connais.» Les déceptions aussi, lorsqu\u2019on laisse tomber ceux à qui on a fait des promesses, dit-elle.On peut certes critiquer la proposition caquiste de réduire les seuils migratoires pour « mieux » réussir l\u2019intégration.Mais on peut se demander ce qui est réellement offert aux immigrants, particulièrement à Montréal-Nord, alors que les conditions de vie s\u2019y dégradent continuellement.Depuis 2006, l\u2019écart à la moyenne québécoise des revenus s\u2019est creusé et le taux de chômage plafonne, même si on dit que la situation économique du Québec est enviable.« 40 % des travailleurs à Montréal-Nord gagnent moins de 20 000 $ l\u2019an et le tiers des familles sont monoparentales », lance Mendez.« Les gens me disent : \u201cÇa va faire, je ne peux plus vivre comme ça, pourquoi on les laisse faire ?\u201d » Investie depuis avril, Mendez s\u2019active sans relâche.Dans Bourassa-Sauvé, soulignons que la « machine solidaire » est rodée.La mobilisation a été constante depuis la percée réalisée en 2012 par le militant Will Prosper, qui avait alors récolté 12 % des voix.Mais il y a plus : sur le terrain, Mendez est impressionnante.La connexion avec les gens est instantanée, fluide.Alors qu\u2019elle distribue des tracts près de la rue La- pierre, épicentre des émeutes de 2008, une femme de son âge l\u2019apostrophe, un sourire en coin : « T\u2019es une fille d\u2019ici, toi.» « Oui ! Je m\u2019appelle Alejandra, je me présente pour Québec solidaire, j\u2019ai grandi ici pero nací en Perú, y tu de donde eres ?» « Ah ! Salvador.Lâche pas.On en a besoin.» Or, si un désir de renouveau est palpable, le relais vers la représentation politique, lui, achoppe.Qu\u2019est-ce qui bloque ?« Peut-être le fait de ne pas se sentir citoyen, suggère Mendez.L\u2019exclusion, c\u2019est aussi ça.Si on exclut économiquement, l\u2019exclusion sociale et politique suit.» Le sentiment que la politique est nécessairement une chose qu\u2019on subit.Bien sûr, Robitaille se montre sensible à ces considérations : « Je débarque ici, je ne connais pas encore les enjeux par cœur, m\u2019explique-t-elle.Mais j\u2019ai un regard neuf, une distance, et je n\u2019ai pas d\u2019a priori.» Celle qui a voulu faire de la politique avant tout pour aider se dit déterminée à écouter et à défendre les intérêts de Montréal-Nord à Québec, si elle est élue.Aucune raison d\u2019en douter.Mais on ne peut s\u2019empêcher de relever un paradoxe.Si le déracinement n\u2019est pas en soi un défaut chez le politicien, pourquoi les populations les plus exclues semblent-elles vouées à être représentées par des individus dont la légitimité est fonction, précisément, de la distance qu\u2019ils entretiennent par rapport aux milieux marginalisés ?En ce sens, l\u2019image de la « forteresse » ne désigne pas tant le périmètre d\u2019une collectivité que celui du pouvoir lui-même, qui se constitue, justement, à l\u2019exclusion d\u2019autre chose\u2026 Rien n\u2019indique que les murs de la forteresse s\u2019effondrent dans Bourassa-Sauvé.Mais on peut croire, à tout le moins, qu\u2019une porte s\u2019entrouvre.AURÉLIE LANCTÔT À Montréal-Nord, depuis 2006, l\u2019écart à la moyenne québécoise des revenus s\u2019est creusé et le taux de chômage plafonne, même si on dit que la situation économique du Québec est enviable.La péquiste Michelle Blanc présente ses excuses « Je m\u2019en veux en estie ! » La candidate péquiste Michelle Blanc, visée par une mise en demeure après s\u2019en être prise au blogueur et professeur de philosophie Xavier Camus sur les réseaux sociaux, s\u2019est excusée jeudi soir.Sur son compte Twitter, Mme Blanc a fait part de ses excuses, indiquant que ce qu\u2019elle avait publié sur le réseau la veille était « une insinuation fausse sans aucun fondement concernant M.Xavier Camus ».Elle a ajouté qu\u2019elle se rétractait, s\u2019excusant « sincèrement pour le tort que cela aur[ait] causé à M.Camus et ses proches ».Plus tôt dans journée, Xavier Camus avait affirmé avoir envoyé une mise en demeure à la candidate, jugeant les excuses que cette dernière avait formulées en matinée « insuffisantes et incomplètes ».Ces excuses avaient été formulées à la suite de ga- C\u2019est un pouvoir qui existe pour tous les députés.» L\u2019écho est semblable chez Martine Valois.La professeure de droit à l\u2019Université de Montréal dit que lorsqu\u2019on « parle d\u2019éthique et de conflits d\u2019intérêts, il faut garder en tête de ne jamais se placer dans une position où on peut être redevable envers quelqu\u2019un pour des raisons autres que seulement une prise de position politique ».Un député, ajoute-t-elle, « ne devrait jamais faire quelque chose qui va, sans qu\u2019on le sache, lui lier les mains dans une décision qu\u2019il pourrait avoir à prendre.Ça vaut pour tous les députés.L\u2019idée est de garder ses distances ».Mais M.Legault estime qu\u2019Éric Caire est maintenant totalement affranchi du maire de L\u2019Ancienne-Lorette.« À partir du moment où c\u2019est remboursé, je ne vois pas » de traces résiduelles, a-t-il dit.Mais Martine Valois pense pour sa part qu\u2019il « y a toujours un soupçon qui reste », quand des situations de ce type se produisent.Avec intérêts Par ailleurs, M.Legault a indiqué ne pas avoir fait de suivi particulier pour savoir comment son député a remboursé en deux mois \u2014 le délai accordé par la commissaire à l\u2019éthique \u2014 la moitié des 55 000 $ prêtés par le maire Loranger.La CAQ a plus tard précisé que M.Caire a contracté un prêt dans une caisse populaire.Le député et son ex- conjointe ont autrement payé quelque 2000 $ d\u2019intérêts sur le prêt du maire, selon la « quittance générale et finale » du 28 juin 2018.Le prêt de 55 000 $ a été accordé par Émile Loranger pour permettre à l\u2019ex- conjointe de M.Caire d\u2019acheter une maison, dans le contexte de la séparation du couple.Madame était chef de cabinet du maire Loranger.L\u2019offre d\u2019achat sur la maison ayant été faite conjointement, Éric Caire a bénéficié de la moitié du prêtes médecins voient nouvelle cible alors e famille ne sont pas 85 % des Québécois bre 2017, comme le an Barrette a reporté mbre 2018.Malgré que les médecins de En date du 30 juin population était ins- mnipraticien.er à la situation, mis de faire appli- salariales prévues à entend prioriser trois projets d\u2019AMP : l\u2019estuaire du Saint-Laurent, le plateau madelinien et le projet Tawich, à la Baie-James.« Le Parti libéral nous a fait la preuve depuis les 15 dernières années qu\u2019il n\u2019avait pas la volonté politique de le faire.En 2010, il s\u2019était engagé à protéger 10 % de l\u2019estuaire d\u2019ici 2015.Puis 2015 est arrivé et qu\u2019est-ce qu\u2019ils se sont dit ?\u201cOh non, on ne l\u2019a pas fait.Bon, on va changer la date\u201d », a-t-elle ironisé.Mme Massé n\u2019a pas manqué de critiquer également le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ ), qui selon elle n\u2019a pas pris d\u2019engagement concernant les AMP.« M.Legault, même s\u2019il a sa stratégie sur le Grand Saint-Laurent, sur 300 pages de son livre [Cap sur un Québec gagnant], il n\u2019y a pas un endroit où on mentionne l\u2019importance de conserver la biodiversité et de protéger les milieux marins », a-t-elle souligné.Le Devoir la loi controversée dès la fin de l\u2019année.Celles-ci pourraient se traduire par une ponction de 30 % du salaire d\u2019un médecin qui rate complètement la cible.« Dès le moment où on a décidé de surseoir, il y a un plafonnement », a fait remarquer le premier ministre sortant.Mme Bourdon a aussi témoigné de sa volonté de faire « respecter », a-t-elle dit, l\u2019« entente » intervenue entre le gouvernement du Québec et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).« Ça, pour moi, ce n\u2019est pas du tout de la chicane.Ce sont des engagements entre, je dirais, de grandes\u2026 personnes responsables », a-t-elle affirmé.Enfin, l\u2019ex-gestionnaire, qui dit avoir « une main de fer dans un gant de velours », a décidé de ne plus répondre aux questions des journalistes sur le « magasinage » qui a précédé son saut dans l\u2019arène politique.« Je ne répondrai plus à ça.Et ça, c\u2019est ma main de fer », a-t-elle conclus les députés GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ À RIVIÈRE-DU-LOUP LE DEVOIR BOMBARDIER Le profit des patrons choque les chefs, sauf Couillard zouillis publiés par Mme Blanc mercredi soir dans lesquels elle insinuait que le blogueur pourrait être un pédophile.Dans la mise en demeure, la candidate était sommée de se rétracter, de s\u2019excuser et de rectifier publiquement les faits en les présentant comme étant faux et sans fondement dans les 24 heures.Une seconde mise en demeure avait également été envoyée, celle-là au Parti québécois.Le document réclamait que la formation politique enjoigne à sa candidate de se rétracter et de s\u2019excuser.Ce qui, vraisemblablement, n\u2019est pas tombé dans l\u2019oreille d\u2019un sourd.Toujours dans ses gazouillis d\u2019excuses, la candidate dans la circonscription de Mercier, à Montréal, a précisé qu\u2019elle savait « ce que c\u2019est d\u2019être attaquée injustement et personnellement sur les réseaux sociaux », ce qui, selon elle, « aurait dû [la] rendre encore plus vigilante et prudente ».Le Devoir LIRE AUSSI EN PAGE A 8: «INIQUE PARITÉ», L\u2019ÉDITORIAL DE ROBERT DUTRISAC Écrivez-nous ! Vous avez des questions?Nous avons des réponses.Envoyez-nous à l\u2019adresse courriel questions@ledevoir.com vos interrogations sur la campagne électorale, sur ses enjeux, sur les partis ou leur plateforme, et nous répondrons chaque jour à l\u2019une d\u2019entre elles.Les dépenses de programme en santé croîtraient de 4,2 % par année pendant un prochain mandat libéral Le gouvernement Couillard a volé au secours de l\u2019entreprise en 2015, en injectant un milliard de dollars américains dans la poursuite du programme CSeries Le profit de 78 millions que toucheront les hauts dirigeants de Bombardier pour la vente d\u2019une partie de leurs options sur actions est « choquant » et « indécent », selon les trois partis d\u2019opposition à Québec.Philippe Couillard, lui, n\u2019y trouve rien à redire.« Les grandes compagnies mondiales cotées en Bourse ont des pratiques de rémunération qui sont [validées] par le conseil d\u2019administration.C\u2019est comme ça que ça marche », a réagi le chef libéral en point de presse jeudi.François Legault, lui, s\u2019est dit « choqué au plus haut point » devant les médias à Rivière-du-Loup.«On savait que M.Couillard n\u2019était pas un grand négociateur, a-t-il dit.On s\u2019est fait rouler dans la farine par Bombardier en n\u2019investissant pas dans la compagnie mère, et on apprend ce matin que M.Couillard ne s\u2019est pas assuré que les options des dirigeants de Bombardier ne pouvaient pas être exercées à court terme.» Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) estime que Québec aurait pu agir ainsi quand il a fait son investissement de 1,3 milliard dans l\u2019avionneur en 2015.« Ils auraient pu dire qu\u2019aucune option de dirigeant ne sera exerçable avant cinq ans.C\u2019est une mesure qui est utilisée lorsqu\u2019il y a des financements importants », a-t-il dit.« Mais notre mauvais négociateur de premier ministre ne connaissait pas ça et a permis à des gens qui étaient sur le bord de la faillite il n\u2019y a pas longtemps de faire 78 millions de profit en plus de leur salaire ! » Au Parti québécois, Jean-François Lisée a parlé d\u2019un « scandale permanent ».« C\u2019est indécent.[\u2026] Mais dans quel monde vit-on ?» Le chef péquiste n\u2019a toutefois pas voulu dire ce qu\u2019un gouvernement péquiste ferait pour contrer cela, une annonce à cet égard étant prévue pour plus tard pendant la campagne.Au nom de Québec solidaire, le député Gabriel Nadeau-Dubois a pour sa part enregistré une vidéo où il qualifie lui aussi d\u2019« indécence » la situation de Bombardier.Il y rappelle que QS propose une « clause Bombardier », « qui dit que si on met de l\u2019argent public dans une entreprise, les dirigeants ne peuvent pas gagner plus que trente fois le salaire de leur employé le moins bien payé ».C\u2019est Le Journal de Montréal qui révélait jeudi que les dirigeants de Bombardier ont transféré à un courtier en valeurs mobilières de Calgary quelque 30 millions d\u2019options immédiatement exerçables, et cela, dans le but de revendre les actions acquises sur le marché en profitant de la forte hausse du cours de l\u2019action.Le Journal calcule qu\u2019Alain Belle- mare, président et chef de la direction de Bombardier, devrait empocher 18,3 millions de dollars.Avec Marie-Michèle Sioui et Marco Bélair- Cirino ACTUALITÉS A 6 LEDEVOIR // LE VENDREDI 31 AOÛT 2018 À LA UNE CN Jean-François Lisée Chef Parti Québécois 17 SEPT.Manon Massé Porte-parole Québec solidaire 19 SEPT.Philippe Couillard Premier ministre du Québec Parti libéral du Québec 18 SEPT.François Legault Chef Coalition Avenir Québec 28 SEPT.Élections provinciales 2018 LE DÉBAT ÉCONOMIQUE Diffusé en direct sur les ondes de LCN et sur le site Web de TVA Nouvelles dès 18 h 30, le débat économique de la Chambre promet d\u2019alimenter votre réflexion! 11 SEPT.Assistez aux quatre tribunes électorales de la Chambre avec les chefs des principaux partis en vue du vote du 1er octobre.En collaboration avec : RÉSERVEZ VOTRE PLACE > ccmm.ca/elections2018 Le rap devenu pop RAPPEUR SUITE DE LA PAGE A 1 Huit chansons seulement, trente-trois minutes, pas une de plus, avec leurs défauts et leurs qualités.Yes McCan revendique le droit à l\u2019erreur: «Le disque feel complet, même si c\u2019est court et léger.Je l\u2019ai fait écouter, certains l\u2019aiment, d\u2019autres moins\u2026 Je pense que les gens s\u2019attendaient à la compétition de Loud, avec les gros beats, les rimes fines, les figures de style intelligentes,etc.J\u2019ai essayé de faire ça, au début, et ça manquait d\u2019énergie.» À cet égard, Yes McCan suit la tendance lourde du rap à refrains chantés, «le rap devenu pop et les rappeurs, les nouvelles pop stars», observe celui qui affirme vouloir prendre des leçons de chant et de piano.«Vraiment, pour cet album, le gros travail a été de mettre les rimes, les références au rap, les lignes intelligentes sur la banquette arrière.Je n\u2019avais pas besoin de me faire dire par les autres rappeurs que je suis un bon rappeur.J\u2019ai travaillé les mélodies, les refrains, j\u2019ai aussi réalisé que je mecachais derrière le MC d\u2019avant avec ses observations sur la société et le milieu du rap.Je me suis demandé qui j\u2019étais au fond, émotionnellement, qu\u2019est-ce que je veux dire au monde?» La matrice pop de ce premier album s\u2019entendait déjà sur le EP PS.Merci pour le love,paru en mai 2017, mais d\u2019abord sur le EPAir Max des Obies, paru deux mois plus tôt.Une surprise, avec les perles rap-R&B-pop Cruel Summer et Allo Allo : «Quand on a sorti Air Max, ça n\u2019a pas marché, admet le musicien.Sur le Web, la communauté rap nous tombait dessus: \u201cAh, ils ont vendu leur âme!\u201d C\u2019est sûr que ce sont des chansons plus fragiles.On l\u2019a fait parce qu\u2019on avait besoin de le faire, et y a une part de nous qui s\u2019est améliorée en studio, grâce à ça.On a appris à chanter et à faire des mélodies», et c\u2019est cette même volonté que le rappeur insuffle dans OUI.Ça s\u2019entend, ça se sent: le rappeur, découvert par le grand public grâce à son rôle dans la populaire télésérie Fugueuses, cherche à s\u2019évader du moule.«On avait envie de faire plein d\u2019affaires», vasouille-t-il en parlant de son équipe de compositeurs- beatmakers, Ruffsound, Realmind et Yen Dough, et lui.«On a essayé de trouver ce qui marchait, à force de travailler, on est tombés sur des affaires.» Écouter ce que font les autres, voir si ça inspire: «On écoutait Sway Lee, lui chante d\u2019une voix haute, ça, je ne suis pas capable, ça mefragilise.Par contre, quand on écoutait French Montana chanter, lui, ça marche, avec son type de voix».Sur presque une trentaine de chansons, seules ces huit ont été retenues.«Ce n\u2019est pas très contrôlé comme expérience, c\u2019est très \u201claisser-aller\u201d, ça me rappelle l\u2019esprit des années 1960» jusque dans la pochette lookée flower-power.Deux mots revenaient souvent durant notre longue conversation: liberté et fragilité.À propos de son départ des Dead Obies, «je sentais qu\u2019il s\u2019était créé quelque chose dans la dynamique du groupe, comme un pattern.Je m\u2019étais créé un personnage que je n\u2019avais pas la force de briser tout en étant à l\u2019intérieur du groupe.Pour être honnête, c\u2019est mon défaut aussi de ne pas avoir su travailler ça.Je devais partir pour sortir de mes patterns, car je sentais que je n\u2019étais pas aussi bon que je pouvais l\u2019être.» «Pour moi, cet album, c\u2019est un stepping stone, une première étape, poursuit-il.Je ne le vois surtout pas comme un accomplissement \u2014 souvent, on me disait: \u201cHey, tu fais de la musique depuis longtemps, ça doit être ton rêve de sortir enfin ton premier album solo?\u201d Ce à quoi je réponds: \u201cSi c\u2019était vraiment réaliser mon rêve, cet album ne serait pas sorti.J\u2019aurais travaillé encore cinq ans dessus, parce que ç\u2019aurait été trop de pression.\u201d» «J\u2019apprends encore à écrire des chansons.Celles qui sont sur l\u2019album, je les aime, mais ce n\u2019est qu\u2019un début.Je suis inspiré, je veux écrire de plus en plus de chansons, et je sais encore mieux où je veux aller maintenant que ce disque sort.À mon sens, c\u2019est un disque ouvert à plein de possibilités, il va un peu partout sans s\u2019éparpiller, il a un son, un angle, mais y a pas une chanson qui sonne comme une autre sur le disque.J\u2019ai l\u2019impression d\u2019arriver au moment où je pourrai enfin livrer ce que j\u2019ai à donner, musicalement.C\u2019est long, mais pour me consoler, je pense à Bowie, qui a mis trois albums finalement avant de trouver son son, son espace\u2026 Avant, ce n\u2019était qu\u2019un rock singer parmi tant d\u2019autres.» Sur notre site Web, notre première vadrouille au Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue, entre Hubert Lenoir et Pierre Lapointe.À LIRE JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Les enjeux touchant les Autochtones sont quasi absents de la campagne électorale, déplore le Chef de l\u2019Assemblée des Premières Nations Québec- Labrador (APNQL), Ghislain Picard, citant les dossiers de la main-d\u2019œuvre et du cannabis.«Au début de la semaine, on a parlé de la question de la main-d\u2019œuvre.Tous les intervenants que j\u2019ai entendus qui parlaient de la pénurie de la main-d\u2019œuvre avaient comme solution l\u2019immigration.Il n\u2019y a personne qui a osé s\u2019aventurer sur le terrain de la réalité démographique chez nous qui fait en sorte que 55% de notre population est âgée de 25 ans et moins», a expliqué M.Picard jeudi.Le leader autochtone exprimait ses préoccupations à l\u2019issue du Sommet des Premières Nations et des municipalités sur la réconciliation qui s\u2019est tenu jeudi matin à l\u2019hôtel de ville de Montréal.Ghislain Picard avait un message aux partis en campagne électorale: «Si vous parlez de pénurie de main-d\u2019œuvre, arrêtez de vous limiter dans vos solutions.Regardez un peu autour», a-t-il lancé.Selon les données de Statistique Canada, en 2015, le taux de chômage chez les Autochtones du Québec âgés de 25 à 54 ans atteignait près de 11 %, comparativement à 6,5 % pour la population non autochtone.Le cannabis Les autochtones sont mis de côté dans le débat électoral, estime Ghislain Picard.« Malheureusement, ce qu\u2019on constate, c\u2019est que les enjeux autochtones arrivent dans une campagne électorale toujours par défaut.Des fois, c\u2019est un hasard », a-t-il dit.Le dossier de la légalisation du cannabis frustre aussi les Premières Nations, qui disent manquer de moyens pour gérer ce dossier.« Le gouvernement du Québec actuel, comme les partis politiques en présence, devrait être à l\u2019écoute sur le fait qu\u2019on arrive toujours en dernier, qu\u2019on arrive toujours à court lorsqu\u2019il s\u2019agit des Premières Nations.C\u2019est vrai pour plusieurs législations qui existent actuellement.» Il a évoqué le partage des revenus de la taxe sur la vente du cannabis entre le gouvernement fédéral, les provinces et les villes.« Une tarte qui a été coupée en plusieurs morceaux, sauf qu\u2019il n\u2019y a aucun morceau qui revient aux Premières Nations », a-t-il résumé.En matinée, près d\u2019une cinquantaine de maires participaient à une rencontre à huis clos avec des chefs des Premières Nations pour discuter de réconciliation.Le président de l\u2019Union des municipalités du Québec, Alexandre Cusson, et le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Jacques Demers, se sont engagés à sensibiliser les élus aux enjeux autochtones.De son côté, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a évoqué les enjeux de racisme et de discrimination vécus par les Autochtones, notamment par les Inuits.« À Montréal, il y a beaucoup de préjugés envers les Inuits.[\u2026] Il y a une image qui leur colle à la peau, même s\u2019il y a énormément de gens issus des communautés autochtones qui travaillent.Mais on dirait qu\u2019on leur colle à la peau l\u2019étiquette soit d\u2019itinérance ou de personnes qui consomment de la drogue », a relaté la mairesse.Les autochtones subissent aussi de la discrimination dans le domaine du travail et du logement.Valérie Plante a promis que Montréal fera des gestes concrets à cet égard.Les participants au Sommet ont toutefois reconnu avoir manqué de temps pour prendre des engagements plus précis.Ils entendent toutefois poursuivre le dialogue lors d\u2019un autre sommet, qui se tiendra dans la communauté de Wendake l\u2019an prochain.Les Autochtones se sentent exclus du débat électoral Le chef de l\u2019Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard, a mis en relief l\u2019indifférence des politiciens en campagne à l\u2019égard des dossiers qui préoccupent les Autochtones.JACQUES NADEAU LE DEVOIR A 7 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 31 AOÛT 2018 BACHIR EL KHOURY À BEYROUTH AGENCE FRANCE-PRESSE Des pourparlers de la dernière chance sont en cours depuis plusieurs jours pour tenter d\u2019éviter un assaut du régime sur Id- leb, ultime grand bastion rebelle en Syrie, qui pourrait, selon l\u2019ONU, provoquer une nouvelle catastrophe humanitaire.Depuis des semaines, le régime amasse des renforts aux abords d\u2019Idleb, région frontalière de la Turquie, avant une probable offensive qui s\u2019annonce comme l\u2019ultime bataille d\u2019envergure dans le conflit qui déchire le pays depuis 2011.Car Idleb est le dernier grand fief insurgé où ont été envoyés des milliers de rebelles et de djihadistes, à mesure que le régime de Bachar al-Assad, aidé par la Russie, l\u2019Iran et le Hezbollah libanais, reprenait près des deux tiers du territoire.La province est contrôlée à 60 % par les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTC), groupe dominé par l\u2019ex-branche syrienne d\u2019al-Qaïda, ainsi que par des factions rebelles, et les deux camps se livrent à des luttes intestines.Des troupes turques sont aussi stationnées dans la zone, et la Turquie, marraine de certains groupes rebelles, ne veut pas d\u2019assaut, de crainte d\u2019un nouvel afflux de réfugiés vers sa frontière.Mais la Russie « exige une dissolution de HTC pour éviter une offensive d\u2019envergure » à Idleb, a affirmé Rami Abdel Rahmane, le directeur de l\u2019Observatoire syrien des droits de l\u2019homme (OSDH).« Des discussions indirectes sont en cours entre la Turquie et HTC », a-t-il ajouté, précisant que le lancement d\u2019une offensive dépendrait « de l\u2019échec ou du succès des pourparlers ».« Liquider cet abcès » Aucune confirmation de ces discussions n\u2019a pu être obtenue de source turque ou indépendante.Mais le régime et son allié russe ont réitéré jeudi leur détermination à en finir avec HTC.En visite à Moscou, le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem, a rappelé la volonté du régime de « libérer tout le territoire syrien », malgré la menace d\u2019une « agression » occidentale menée par Washington et ses alliés.Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont récemment averti le président Assad qu\u2019ils ne laisseraient pas impunie toute utilisation d\u2019armes chimiques par le régime, en cas d\u2019offensive à Idleb.« Quoi qu\u2019ils fassent, la décision du commandement syrien, c\u2019est la lutte contre le Front al-Nosra à Idleb, quels que soient les sacrifices », a martelé le ministre syrien, utilisant l\u2019ancien nom de l\u2019ex-branche syrienne d\u2019al-Qaïda.Un avis partagé par son homologue russe Sergueï Lavrov : « Il reste encore la tâche de liquider les foyers restants du terrorisme, avant tout, dans la zone de désescalade d\u2019Idleb », a- t-il martelé.Dans de récentes déclarations publiques, HTC avait réfuté toute dissolution, mais laissé la porte ouverte à une solution négociée.« Une dissolution de HTC, si elle devait se produire, est une affaire interne qui doit être discutée par le Conseil consultatif du groupe et non dictée par des parties locales ou étrangères », a affirmé le groupe, en disant qu\u2019il tentait de « trouver une solution » qui protégerait les habitants d\u2019Idleb.Mais l\u2019influence de la Turquie sur HTC est limitée.« Les rapports de la Turquie avec HTC sont compliqués », indique Elizabeth Teoman, analyste à l\u2019Institute for Study of War, en évoquant une forme de « coopération » marquée par de « l\u2019animosité ».« Catastrophe humanitaire » Une offensive contre Idleb pourrait faire jusqu\u2019à 800 000 déplacés parmi les civils, qui vivent déjà dans des conditions précaires, a averti l\u2019ONU.Et le patron de l\u2019ONU, António Gu- terres, a mis en garde contre « les risques croissants d\u2019une catastrophe humanitaire ».La province d\u2019Idleb et les zones insurgées adjacentes accueillent quelque trois millions de personnes, dont la moitié ont fui les combats ailleurs en Syrie où la guerre complexe, aux multiples acteurs locaux, régionaux et internationaux, a fait plus de 350 000 morts en plus de sept ans.En outre, les craintes d\u2019une nouvelle attaque chimique ont été brandies ; les Occidentaux ont mis en garde contre toute attaque du genre par le régime.Les Russes, eux, ont accusé les Occidentaux de « réchauffer activement » le thème d\u2019une « soi-disant attaque chimique » qui sera imputée au régime.SYRIE Ultimes pourparlers pour éviter l\u2019offensive d\u2019Idleb BENI \u2014 L\u2019épidémie du virus Ebola qui sévit dans le nord-est de la République démocratique du Congo a maintenant fait 77 morts.Le Programme alimentaire mondial (PAM) a indiqué dans un communiqué jeudi qu\u2019il « fournit de la nourriture aux malades hospitalisés et aux soignants dans les hôpitaux des villes de Mangina et Beni », dans la province du Nord-Kivu, où cette nouvelle épidémie d\u2019Ebola a été déclarée le 1er août.Dans le territoire de Beni, quelque 4000 personnes reçoivent une ration pour un mois composée de céréales, de haricots, d\u2019huile végétale et de sel iodé.JOHN WESSELS AGENCE FRANCE-PRESSE Ebola en RDC : le bilan grimpe à 77 morts AGENCE FRANCE-PRESSE À SANTIAGO DU CHILI Le Chili compte 82% des glaciers d\u2019Amérique du Sud et ils sont en danger, alertent les scientifiques : outre le changement climatique, les poussières issues de l\u2019activité minière, secteur stratégique, accélèrent leur fonte, menaçant l\u2019une des plus grandes réserves d\u2019eau potable au monde.Si le rapport de cause à effet reste encore difficile à établir, selon Fabrice Lambert, professeur de climatologie à l\u2019Université catholique de Santiago, l\u2019activité minière pourrait représenter une menace pour les 24 114 glaciers que compte le Chili.« La poussière que les mines génèrent peut se déposer sur le glacier.La surface devient alors moins blanche, les particules absorbent l\u2019énergie solaire et entraînent la fonte rapide des glaciers », explique-t-il à l\u2019Agence France- Presse.Il précise que « certains glaciers au Chili se situent aux alentours d\u2019une mine ».Un argument nuancé par Joaquin Vil- larino, président du conseil minier chilien: «Plus de 70% de l\u2019activité minière se développe dans des zones où il n\u2019y a pas de glaciers », assure-t-il à l\u2019AFP.Selon lui, il existe dans la législation actuelle une « certaine protection qui empêche les compagnies minières de nuire aux glaciers ».« Il faut être réaliste, on ne va pas fermer les mines d\u2019ici cinq ans.Il faut trouver un moyen de protéger les glaciers sans détruire l\u2019industrie minière, qui est primordiale pour l\u2019économie du pays », concède le scientifique.Grâce au secteur minier, le Chili est le plus grand producteur mondial de cuivre, avec 5,6 millions de tonnes par an.Au vu de l\u2019urgence de la situation, Pi- lar Moraga, avocate et spécialiste en droit environnemental, montre du doigt l\u2019absence de cadre juridique pouvant protéger tous les glaciers du pays.En 2014, un projet de loi interdisant certaines activités industrielles dangereuses à proximité des glaciers avait été élaboré.Après diverses modifications, le projet a perdu son objectif initial.Jusqu\u2019à ce que le gouvernement du président de droite décide de l\u2019enterrer définitivement, en juin dernier.Absence de cadre juridique Selon le gouvernement, l\u2019action du Service de la biodiversité et des aires sauvages protégées (SBAP), qui protège notamment les parcs nationaux ou les réserves nationales, est suffisante.Une solution qui n\u2019est pas satisfaisante pour les spécialistes car, dans ce pays, les glaciers les plus menacés ne se situent pas dans ces zones surveillées par le SBAP.« Au Chili, 86,4 % des glaciers se trouvent dans des aires protégées.Mais là où les carences d\u2019eau s\u2019intensifient (centre et nord), les glaciers ne sont pas protégés », explique Fabrice Lambert.Le scientifique précise que, dans ces régions, « les projections climatiques annoncent une baisse additionnelle des précipitations de 30 % d\u2019ici à 50 ans ».« Depuis 2005, six ou sept projets de loi visant à protéger spécifiquement les glaciers ont été proposés.Mais à cause du blocage de la part du secteur minier, ils n\u2019ont jamais vu le jour », s\u2019indigne Sara Larrain, directrice de l\u2019ONG Chile sustentable.Pour leur part, les représentants des mines nient toute pression et se félicitent du récent retrait du projet de loi.« Le gouvernement a pris une décision responsable qui avait un coût politique [\u2026] Un choix bien analysé », explique le président du conseil minier chilien.Tout en enterrant, pour l\u2019heure, l\u2019espoir d\u2019une loi spécifique pour la préservation des blocs de glace, Marcela Cubillos, ministre de l\u2019Environnement jusqu\u2019au récent remaniement ministériel d\u2019août, a annoncé la création de commissions régionales composées d\u2019experts afin de trouver « une solution efficace pour protéger les glaciers ».En parallèle, deux projets restent en suspens.D\u2019un côté, la réforme du code des eaux, afin d\u2019interdire « les droits d\u2019approvisionnement en eau des glaciers », dans un pays où les sources hydriques sont privatisées.Et de l\u2019autre, le projet de loi présenté par le député d\u2019opposition Guido Gi- rardi, qui veut accorder aux glaciers le statut de « biens nationaux d\u2019usage public » protégés par le droit, afin de n\u2019y autoriser que des activités touristiques ou scientifiques.La diminution de la surface glaciaire du Chili correspond à la tendance mondiale, selon le service mondial de surveillance des glaciers.Pour l\u2019heure, l\u2019Argentine est le seul pays d\u2019Amérique du Sud et l\u2019un des seuls dans le monde à disposer d\u2019une législation spécifique pour la protection des glaciers.CHILI Face à l\u2019exploitation minière, l\u2019urgence de protéger les glaciers l est franchement étonnant de voir Québec solidaire en campagne électorale défendre l\u2019idée d\u2019offrir la parité aux médecins québécois en matière de rémunération par rapport à leurs confrères ontariens.Certes, la formation politique de gauche, qui s\u2019appuie sur une évaluation de l\u2019Institut de recherche et d\u2019informations socio- économiques (IRIS), estime que la parité correspond à une coupe de 12 %, soit 925 millions.Il y aurait donc des économies à faire.Mais c\u2019est le principe même de cette parité qui est vicié.D\u2019entrée de jeu, il y a lieu de rappeler que cette évaluation est basée sur les données de l\u2019Institut canadien d\u2019information sur la santé (ICIS), ajustées pour tenir compte du coût de la vie.Or tant le Conseil du trésor que les fédérations de médecins estiment que la comparaison souffre de problèmes méthodologiques, que les modes et les sources de rémunération ainsi que les tâches confiées à la profession médicale diffèrent entre le Québec et l\u2019Ontario.C\u2019est pourquoi ils se sont entendus pour mener des études qui devraient conduire à dresser un portrait exact des écarts et déterminer dans quelle mesure, après les hausses \u2014 pharaoniques, diront certains \u2014 consenties par les gouvernements Cha- rest et Couillard depuis dix ans, les médecins québécois sont rémunérés plus grassement.D\u2019autre part, la situation des omnipraticiens et des spécialistes n\u2019est pas la même.S\u2019il ne fait aucun doute que la rémunération des médecins spécialistes québécois a rejoint, voire dépassé, celle de leurs pendants onta- riens, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) avance que le rattrapage n\u2019est pas terminé pour ses membres et que l\u2019État devra casquer davantage.Non sans outrecuidance.Car la question qu\u2019il faut poser, c\u2019est pour quelles raisons les médecins auraient droit à la parité alors que les autres professionnels de la santé en sont privés.Alors que les enseignants, les fonctionnaires, le président d\u2019Hydro- Québec et même le président de la Caisse de dépôt n\u2019y ont pas droit.En 2002, quand le ministre de la Santé, François Legault, a accepté d\u2019envisager d\u2019établir la rémunération des médecins sur le principe de la parité avec l\u2019Ontario, on évaluait l\u2019écart à quelque 20 %.Sur la base de quelques cas isolés, les fédérations de médecins brandissaient la menace d\u2019un exode de médecins.Un exode imaginaire.Et même si d\u2019aventure il s\u2019était modestement matérialisé, il aurait été nettement moins cher \u2014 moins cher que les milliards de plus consentis annuellement à la caste médicale \u2014 de former davantage de médecins ou de délier ses goussets pour la poignée de médecins hyperspécialisés que l\u2019on aurait voulu retenir.Quoi qu\u2019il en soit, c\u2019est à l\u2019État québécois, au nom des contribuables, de négocier la rémunération et les salaires qu\u2019il paie.En fonction de ses moyens.En fonction de ses critères et de ses objectifs.Et un de ses objectifs devrait être de ne pas creuser les inégalités de revenus, de faire en sorte que le Québec demeure une société moins inégalitaire que l\u2019Ontario.En ce sens, il est surprenant que le parti le plus à gauche sur l\u2019échiquier politique au Québec prenne l\u2019Ontario en exemple.Ainsi, redresser les salaires des infirmières doit être envisagé, tout comme celui des enseignants \u2014 Philippe Couillard promet maintenant d\u2019abolir les échelons inférieurs pour les jeunes enseignants et on se demande pourquoi son gouvernement ne l\u2019a pas fait.Mais l\u2019État peut aussi choisir de leur garantir de meilleures conditions de travail, ce que d\u2019aucuns réclament avant tout.Les comparaisons salariales avec l\u2019Ontario peuvent donner certaines indications, mais elles ne doivent pas devenir une référence.L\u2019État québécois doit rester maître de ses choix.À sa décharge, QS, propose de revoir de fond en comble le modèle de rémunération actuel, largement basé sur l\u2019acte médical, pour le remplacer par une forme de rémunération mixte qui combinerait le salaire, la « capitation » (le paiement par patient) et la performance.C\u2019est la voie à suivre.Dans cette campagne électorale, tous les partis promettent de rouvrir les ententes avec les médecins, sauf le Parti libéral et Gertrude Bourdon.QS veut procéder à cette coupe de 12 % dans les 100 premiers jours d\u2019un éventuel mandat.La Coalition avenir Québec et le Parti québécois se donnent un peu plus de temps.Mais il y a loin de la coupe aux lèvres.En forçant la réouverture de l\u2019entente avant son échéance en 2023, le gouvernement s\u2019exposerait à une contestation judiciaire de la part des fédérations de médecins, associée à des moyens de pression.Le mal est fait, du moins jusqu\u2019en 2023, et nous en connaissons les responsables.LEDEVOIR // LE VENDREDI 31 AOÛT 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Michel Leblanc Président et chef de la direction, Chambre de commerce du Montréal métropolitain Les Montréalais ont retrouvé confiance en leur capacité de travailler ensemble et de réussir.Les entreprises sont au rendez-vous et investissent.Le nombre de jeunes qui souhaitent devenir entrepreneurs est en forte hausse.Les investissements publics, notamment dans les infrastructures telles que le REM, le pont Champlain et l\u2019échangeur Turcot, ont des effets directs et indirects importants sur l\u2019économie.De nombreux facteurs expliquent ce dynamisme.Entre autres, le temps est venu de reconnaître la contribution névralgique du Port de Montréal.Le Port de Montréal joue un rôle pivot dans le paysage économique québécois en tant que pilier du développement économique de la métropole.L\u2019augmentation constante de ses activités témoigne d\u2019une solide dynamique de croissance dont les retombées dépassent largement le secteur portuaire et profitent à l\u2019ensemble de la société.Montréal est une ville portuaire.De bourgade sur les rives du Saint- Laurent, elle est devenue un important carrefour commercial où se sont établies des milliers d\u2019entreprises qui ont su tirer directement parti du lien maritime.De là est née la métropole commerçante et industrielle que nous connaissons aujourd\u2019hui.Chaque jour, des milliers de camions porte-conteneurs sortent du port et approvisionnent des dizaines de milliers d\u2019entreprises partout au Québec.Ces activités soutiennent des centaines de milliers d\u2019emplois.Grâce au Port de Montréal, nos entreprises ont accès aux éléments essentiels à leur production.Qui plus est, elles peuvent expédier facilement leurs produits.Une très grande portion de nos exportations vers les marchés internationaux se trouve d\u2019ailleurs dans les conteneurs qui transitent par le port.Ainsi, lorsque le Port annonce une hausse de la capacité de manutention des conteneurs, il faut y voir un signe de vitalité et la promesse d\u2019un dynamisme économique croissant.De classe mondiale Outre les marchandises en provenance ou à destination du Québec, on trouve tout le fret en transit.Le volume total des échanges est colossal : la valeur des marchandises qui passent chaque année par les quais du port de Montréal atteint à 41 milliards de dollars.Dans le jargon, on dit que Montréal est un « port de destination ».Cela signifie qu\u2019on y fait le transbordement et le remplissage complet des navires.À l\u2019évidence, il s\u2019agit là d\u2019un élément clé de l\u2019intérêt pour les transporteurs maritimes.Un port qui permet de décharger et de remplir entièrement les navires garantit les meilleures conditions pour maximiser l\u2019efficacité et la productivité des acteurs de l\u2019industrie.Montréal est également considérée comme l\u2019un des pôles logistiques les plus efficaces au monde.En effet, qu\u2019il s\u2019agisse des deux grandes compagnies de chemin de fer, des centaines d\u2019entreprises de camionnage ou de toutes les entreprises de services en approvisionnement et en entreposage, elle est un véritable écosystème en logistique des transports en provenance du port.Ce pôle logistique regroupe 6300 entreprises et des dizaines de milliers de bons emplois.Ces facteurs, jumelés aux retombées potentielles de l\u2019accord de libre-échange avec l\u2019Europe, expliquent la décision récente de la plus grande ligne maritime au monde, Maersk Line, d\u2019offrir un service transatlantique exclusif vers Montréal.Outre Maersk, de nombreux services réguliers exploités par les plus grandes lignes maritimes au monde sont d\u2019ailleurs connectées au port de Montréal.Un avenir prometteur Sous le leadership exemplaire de sa présidente-directrice générale, Sylvie Vachon, le Port atteint de nouveaux sommets.Outre les volumes records, on assiste à un renouvellement des infrastructures, comme la nouvelle gare maritime qui accueille les grands bateaux de croisière.Le Port va même plus loin.Il y a quelques semaines, il a annoncé une initiative conjointe avec le Fonds de solidarité FTQ , dans le cadre de laquelle 100 millions de dollars seront investis pour attirer et développer des entreprises autour de la chaîne logistique du Port.Ce partenariat, bien arrimé aux grandes priorités des gouvernements du Québec et du Canada, favorisera l\u2019attraction d\u2019entreprises canadiennes et étrangères qui souhaitent s\u2019établir près des installations portuaires de Montréal et de Contrecœur.Un peu plus tôt cette année, Montréal International et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain dévoilaient une analyse démontrant que l\u2019internationalisation des grandes villes haussait le revenu moyen des ménages.Autrement dit, les villes riches sont celles à qui profite un indice de connectivité internationale élevé.Au cœur de cet indice se trouve la présence d\u2019un port de premier plan.Ce port est le nôtre et sa contribution est essentielle à notre richesse collective.Précision au sujet du pont Jacques- Cartier [En réaction à l\u2019article de Jean- François Nadeau publié le jeudi 30 août dans Le Devoir], Les Ponts Jacques Cartier et Champlain incorporée (la Société) souhaite apporter des précisions quant au Contrat 62517 qui a été adjugé le 16 novembre 2016 à la firme CIMA + pour une somme de 653 940$ plus taxes, puisque la Société considère que l\u2019information qui a été transmise dans le cadre de l\u2019accès à l\u2019information a mal été interprétée.En effet, l\u2019article mentionne que la firme Cima + «a reçu 653 940$ plus taxes pour installer cinq entraves, une facture qui comprend aussi une amélioration des garde- corps de la piste multifonction».Dans les faits, le Contrat 62517 était pour des services de consultants, d\u2019études, de conception des dessins et devis pour la réparation et l\u2019amélioration des diverses composantes du pont Jacques-Cartier, notamment les garde-corps, les clôtures dissuasives, les glissières et la dalle de béton du trottoir et de la piste cyclable.Il n\u2019y a pas de coûts distincts pour les différentes études et pour la conception des chicanes.Par ailleurs, l\u2019acquisition et l\u2019installation des chicanes font partie Le Port de Montréal, pilier de la renaissance de Montréal LIBRE OPINION LETTRES RÉMUNÉRATION DES MÉDECINS Inique parité I ÉDITORIAL A 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu coûts globaux exacts de cette opération décriée de toutes parts.Jean-François Nadeau du Contrat 62536 adjugé à Construction Interlag Inc.pour le remplacement et le renforcement des clôtures dissuasives, des garde- corps et autres travaux connexes pour un coût de 60 840$.Nathalie Lessard, directrice des communications, Les Ponts Jacques Cartier et Champlain Montréal, le 30 août 2018 Réplique du journaliste Le Devoir a demandé de vive voix et par écrit à la Société des Ponts Jacques Cartier et Champlain des chiffres précis.Vous avez refusé de nous les donner, nous forçant, dans l\u2019intérêt public, à utiliser la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information afin de les obtenir.L\u2019« acquisition et l\u2019installation » de ces chicanes, lesquelles continuent par ailleurs de représenter des dangers pour les cyclistes selon l\u2019organisme Vélo Québec, ont été commandées à une firme pour 60 840 $.À cela, il faut ajouter la portion des coûts liée à un autre contrat beaucoup plus important, accordé celui-là à la firme CIMA + pour 653 940 $, afin de fournir des études, la conception, les dessins et les devis de ces chicanes vouées à brider la circulation des cyclistes.À la lumière des documents obtenus grâce à la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information, force est de constater que la Société prend beaucoup de temps pour en faire perdre au Devoir, tout en se refusant, encore au- jourd\u2019hui, à révéler au public les ROBERT DUTRISAC Intervenir au mauvais endroit François Legault propose d\u2019abolir 5000 postes dans la fonction publique.Dois-je comprendre que le stéréotype du fonctionnaire qui se «pogne le beigne» ou qui travaille inutilement est en vogue chez les caquistes?Selon M.Legault, cette opération est tout à fait «raisonnable», car elle représente l\u2019abolition de «1% du total des employés».1%, est-ce que ça vaut même la peine d\u2019en parler?Ironiquement, ce pourcentage évoque une autre strate de la population en mesure de faire des sacrifices au profit du bien commun, sans trop se priver.Il m\u2019apparaît tout aussi raisonnable de mettre cette dernière à contribution par une refonte de la fiscalité et en faisant vigoureusement échec à l\u2019évasion fiscale.Les fameux gestionnaires de la CAQ sont des mystificateurs de première classe quand ils ajoutent sans rire que les réductions de personnel se feront «sans diminuer l\u2019offre et la qualité des services aux citoyens».Ce serait du gaspillage de porter au pouvoir un parti aussi irrespectueux envers à la fois les employés de l\u2019État et notre intelligence collective.Christian Roy, Montréal, le 29 août 2018 A 9 LEDEVOIR // LE VENDREDI 31 AOÛT 2018 IDÉES Directeur de l\u2019information par intérim Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet PATRIMOINE Michel Gourd L\u2019Ascension-de-Patapédia Comme le montre l\u2019actuelle profusion d\u2019arrestations de défenseurs des droits de la personne en Arabie saoudite, en Algérie et ailleurs dans le monde, les pays qui y procèdent semblent pouvoir agir en toute impunité.Human Rights Watch et Amnesty International dénoncent actuellement le gouvernement saoudien, qui a demandé la peine de mort contre cinq militants des droits de la personne, dont une femme qui a documenté des manifestations antigouvernementales.« Le reste du monde ne doit pas continuer de détourner le regard pendant que se poursuit cette persécution incessante exercée contre celles et ceux qui défendent les droits de la personne en Arabie saoudite», affirmait récemment la directrice des campagnes pour le Moyen-Orient à Amnesty International, Samah Hadid.En Algérie, Merzoug Touati, qui vient de suspendre une grève de la faim de 38 jours, a pour sa part été condamné à sept ans de prison pour des textes publiés sur Internet qui ne montrent ni incitation à la violence ni appel à la haine selon Amnesty International.Le gouvernement algérien reste sourd aux demandes de libération que lui font plusieurs organismes de la société civile algérienne qui ont organisé de nombreuses manifestations.Des mesures insuffisantes Il est actuellement évident que les mesures de protection des défenseurs des droits de la personne sont insuffisantes dans ces situations.Depuis l\u2019adoption à Paris de la Déclaration universelle des droits de l\u2019homme par l\u2019Assemblée générale des Nations unies en décembre 1948, ses défenseurs sont pourtant centraux à son application.En dénonçant les violations que commettent les pays, ils alertent l\u2019ONU et méritent donc, à ce titre, une protection spéciale.Pour tenter de la leur donner, une Déclaration sur les défenseurs des droits de la personne a donc été adoptée par l\u2019Assemblée générale des Nations unies en 1998.Cette déclaration ne donne cependant pas aux défenseurs de nouveaux droits.Elle tente de faciliter l\u2019application de ceux existant déjà, de créer des synergies sur le plan de la collecte d\u2019informations et d\u2019aider des organisations de défenseurs des droits de la personne.Avoir les outils nécessaires Le Nouveau manuel de protection pour les défenseurs des droits humains, publié par Protection International en 2009, est éloquent à ce sujet.Cette publication soutenue par de nombreux groupes, incluant l\u2019Initiative européenne pour la démocratie et les droits de la personne, montre combien désarmés sont ceux qui défendent ces droits.On y parle de la méthode pour protéger ses sources et ses informations ainsi que des procédures à prendre pour ne pas être arrêté.Le chapitre « Détention, arrestation, enlèvement et capture d\u2019un défenseur » se résume à trouver la manière de ne pas se faire capturer ou d\u2019informer le plus rapidement possible ses proches et organismes de défense des droits de la personne que l\u2019on vient d\u2019être arrêté.Si des mécanismes de protection ont été créés, comme le Rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des défenseurs, le problème fondamental vient de la Déclaration universelle des droits de l\u2019homme elle-même, qui n\u2019a que la valeur d\u2019une proclamation de droits.D\u2019ailleurs, dès son adoption, l\u2019Arabie saoudite contestait l\u2019égalité homme-femme qui y était inscrite.Or, comme l\u2019affirme la ministre suédoise des Affaires étrangères, Margot Walls- tröm, les droits des femmes sont des droits de la personne.Le royaume saoudien et de nombreux autres pays continuent cependant à les violer impunément et à emprisonner ceux qui les dénoncent.En ce début de XXIe siècle, la communauté internationale doit avoir les outils nécessaires pour empêcher les dirigeants de pays de faire de la répression ciblée contre les militants des droits de la personne.L\u2019ONU doit de toute urgence adopter une panoplie de règlements pour empêcher qu\u2019ils soient agressés dans quelque pays que ce soit.Ils sont ceux qui sont sur la ligne de front et doivent se battre pour une charte qui a été dûment adoptée par les Nations unies.Elles devraient leur offrir une protection internationale suffisante pour que tout pays y réfléchisse à deux fois avant de les attaquer.L\u2019Arabie saoudite doit non seulement savoir que ces emprisonnements sont dénoncés par les pays du monde entier qui respectent les droits de la personne, mais aussi qu\u2019il y aura des conséquences internationales à ces actions intolérables.Emprisonner, torturer ou exécuter une personne pour des activités liées à la défense des droits de la personne devrait entraîner une punition internationale si forte que tous les dirigeants de pays n\u2019osent pas le faire.Il faut mieux protéger les défenseurs des droits de la personne Texte collectif* Lettre adressée à Pablo Rodriguez, ministre du Patrimoine canadien et du Multi- culturalisme À la suite de la récente décision de l\u2019honorable juge Manson dans l\u2019affaire Heffel Gallery Limited c.le Procureur général du Canada (2018 CF 605), c\u2019est avec une immense inquiétude pour l\u2019avenir de notre patrimoine canadien que nous faisons appel à vous : les conséquences de ce jugement sont graves.L\u2019interprétation très restrictive de la Loi sur l\u2019exportation et l\u2019importation de biens culturels par la Cour fédérale constitue une menace directe pour l\u2019enrichissement de notre culture canadienne, universaliste et multicultu- relle, car elle ne considère que la dimension strictement canadienne comme étant d\u2019importance nationale.Mais comment bâtir notre patrimoine commun en évaluant de manière très limitative la pertinence d\u2019inclure les maîtres comme Rembrandt ou Chagall ?Les œuvres des artistes d\u2019Afrique, des Amériques ou d\u2019Asie ne seraient pas considérées comme exemplaires de notre histoire collective ?Comment exclure d\u2019emblée les cultures du monde de l\u2019édification de notre société canadienne alors qu\u2019elle se caractérise par sa diversité ?Devons-nous expliquer aux futures générations que les œuvres internationales pourraient être exclues de l\u2019imaginaire canadien ?Une sculpture de Grèce ou d\u2019Égypte ancienne ?Une collection de calligraphies japonaises ou chinoises?Des œuvres contemporaines de Warhol ou de Basq u i at ?C o m m e n t construire un Canada inclusif quand nous refusons \u2014 au plus haut niveau de la nation \u2014 les dons d\u2019œuvres de maîtres universels?Quand nous nous refusons à en protéger désormais l\u2019exportation ?Cette décision a une incidence grave sur la réputation du Canada en tant que société ouverte, alors que nos multiples origines sont notre source de fierté.Selon le recensement national, nos immigrants constituent 21,9 % de notre population.Trois enfants canadiens sur dix sont des immigrants de la deuxième génération.Nos musées doivent exposer le meilleur du patrimoine universel pour tous nos publics canadiens issus \u2014 ou non \u2014 de la diversité.Cette décision met en péril les dons aux institutions canadiennes ayant pour objectif d\u2019enrichir notre culture commune.Rejeter ces œuvres, objets d\u2019art ou artefacts pour la raison qu\u2019ils sont sans lien direct avec l\u2019histoire canadienne impose des restrictions dramatiques à notre patrimoine collectif et décourage nos donateurs potentiels.Nul doute que ces œuvres, objets et artefacts, tant convoités à l\u2019international, iront facilement s\u2019exporter et se vendre ailleurs, ou seront offerts à d\u2019autres musées.En acceptant l\u2019exportation de toutes les œuvres non canadiennes et en refusant de les considérer comme biens d\u2019importance nationale, le Canada perdrait son leadership sur le plan culturel et multiculturel.Plusieurs musées canadiens ne bénéficient d\u2019aucun soutien gouvernemental pour acquérir des œuvres et dépendent presque uniquement de la générosité de donateurs.Ainsi, de nombreuses collections des plus importants musées canadiens se sont bâties grâce à des dons d\u2019œuvres à caractère encyclopédique et international.L\u2019avenir des musées du pays est en jeu Plusieurs musées canadiens ne bénéficient d\u2019aucun soutien gouvernemental pour acquérir des œuvres et dépendent presque uniquement de la générosité de donateurs, soulignent les auteurs.YURI ARCURS GETTY IMAGES Selon l\u2019interprétation du juge Manson, la donation de Kenneth Thomson de sa collection d\u2019objets d\u2019art de la Renaissance à l\u2019Art Gallery of Ontario et celle des tableaux hollandais du XVIIe siècle de Michal Hornstein au Musée des beaux-arts de Montréal \u2014 les deux donations les plus importantes de collections d\u2019œuvres d\u2019art à ce jour dans l\u2019histoire canadienne \u2014 ainsi que la donation de Ben Weider des objets de Napoléon auraient pu être déclinées, engendrant une perte énorme pour notre patrimoine canadien en plus de porter atteinte au paysage culturel canadien.Urgence d\u2019agir Depuis plus de quarante ans, la Loi sur l\u2019exportation et l\u2019importation de biens culturels a permis l\u2019enrichissement de notre patrimoine collectif en plus d\u2019inciter les donateurs à choisir le don plutôt que la vente de leurs œuvres.Cette décision de la Cour fédérale met en péril les incitatifs fiscaux liés à des dons majeurs d\u2019œuvres d\u2019art et, conséquemment, entrave la préservation de la richesse mul- ticulturelle de nos collections.Il est urgent d\u2019agir : déjà, les dons en cours sont bloqués, empêchant nos institutions d\u2019acquérir des œu- vres majeures\u2026 et même provenant de collections canadiennes reconnues.La situation est également alarmante parce que les examens liés aux exportations sont stoppés, risquant d\u2019expulser l\u2019histoire de la culture du monde par-delà nos frontières.Au nom de l\u2019ensemble de nos institutions au service des besoins éducatifs et du vivre-ensemble des Canadiens, nous faisons appel à l\u2019esprit d\u2019ouverture qui forge la réputation d\u2019excellence du Canada dans le monde.Nos héritages universels \u2014 canadiens ou non \u2014 sont aussi précieux que variés.Le Canada n\u2019est pas un îlot culturel : il participe à la culture universelle en la gardant vivante.Nous demandons au gouvernement d\u2019accélérer le processus en appel, car chaque jour compte : la situation est très urgente.* Cette lettre est signée par : Kathleen S.Bartels, directrice, Vancouver Art Gallery ; Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef, Musée des beaux-arts de Montréal ; Stephen D.Borys, directeur général, Winnipeg Art Gallery ; Christiane Germain, présidente, Musée national des beaux-arts du Québec (Québec) ; Stephan F.Jost, directeur Michael et Sonja Koerner, et p.-d.g., Art Gallery of Ontario (Toronto); Stéphan La Roche, directeur général, Musée de la civilisation (Québec); Susanne Sauvage, présidente et chef de la direction, Musée McCord (Montréal); John Zeppetelli, directeur général et conservateur en chef, Musée d\u2019art contemporain (Montréal) Rejeter [d]es œuvres, objets d\u2019art ou artefacts pour la raison qu\u2019ils sont sans lien direct avec l\u2019histoire canadienne impose des restrictions dramatiques à notre patrimoine collectif et décourage nos donateurs potentiels En ce début de XXIe  siècle, la communauté internationale doit avoir les outils nécessaires pour empêcher les dirigeants de pays de faire de la répression ciblée contre les militants des droits de la personne LEDEVOIR // LE VENDREDI 31 AOÛT 2018 ACTUALITÉS A 10 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Renseignements et administration : 514 985-3333 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3360 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.A SANTÉ Cannabis et grossesse : appel à la prudence La consommation de marijuna par les femmes fait courir des risques de dommages neurologiques à leurs fœtus et à leurs enfants allaités ugmentation du comportement agressif, altération du raisonnement, hyper- activité, trouble de l\u2019attention et risque accru de tomber dans la toxicomanie à l\u2019âge adulte.À plus d\u2019un mois de la légalisation du cannabis au pays, le Centre canadien sur les dépendances et l\u2019usage de substances (CCDUS) a appelé jeudi à la multiplication de campagnes d\u2019information afin de sensibiliser les adeptes de cette substance sur les effets possibles du cannabis durant la grossesse et le développement des générations montantes.Selon lui, la fin de l\u2019illégalité qui va toucher le 17 octobre prochain le cannabis dans les cadres récréatifs devrait être appréhendée avec prudence par les femmes enceintes, tout comme par leur entourage et les professionnels de la santé, en raison des nombreux risques que fait planer la marijuana sur le fœ- tus, comme sur le développement des enfants en bas âge, particulièrement ceux allaités par leur mère.En mai dernier, une étude publiée dans le journal Obstetrics & Gynecology a confirmé en effet, une fois de plus, le transfert du tétrahydrocannabinol (THC), le composé psychotrope actif du cannabis, dans le lait maternel de huit femmes ayant participé à une étude préliminaire menée par la Texas Tech University.Le mot « prudence » accompagnait également sa conclusion, qui invitait au passage à poursuivre la recherche scientifique sur le sujet.« Il circule de nombreux renseignements erronés sur le cannabis pendant la grossesse », a indiqué Sarah Konefal, analyste au CCDUS, par voie de communiqué.À titre d\u2019exemple, le produit est souvent convoqué dans les univers numériques comme remède miracle pour soulager les nausées matinales durant les premiers mois de la grossesse, et ce, même si « ces effets n\u2019ont été démontrés par aucune recherche scientifique », insiste le Centre dans la version actualisée d\u2019un document intitulé Dissiper la fumée entourant le cannabis, qu\u2019il a dévoilé jeudi.À l\u2019intérieur, l\u2019organisme, créé par la Parlement pour entretenir la connaissance et le partage d\u2019informations sur «la consommation de substances au Canada», détaille les effets neurocognitifs et comportementaux qui semblent toucher les enfants exposés avant et après la naissance au cannabis.Ces effets vont du trouble de l\u2019attention chez les nourrissons de 18 mois à l\u2019hyperactivité des 3 à 6 ans en passant par l\u2019altération des capacités à lire, de la coordination visuomotrice et l\u2019apparition de symptômes de la dépression et de l\u2019anxiété chez les 9 à 16ans.La consommation fréquente du cannabis pendant la grossesse est associée à un faible poids du nourrisson à la naissance.Entre autres effets secondaires.Phénomène peu documenté Même si la connaissance sur ces effets est encore parcellaire et que la recherche devrait être amplifiée sur ces sujets, indique le CCDUS, le centre invite les Canadiens à rouler (le cannabis) de manière éclairée, et ce, en rappelant que le taux de grossesses imprévues au Canada a été estimé à 61% par la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada en 2016 après un sondage mené auprès de 3200 Canadiennes.Une surprise qui fait augmenter de facto l\u2019exposition prénatale du fœtus à la substance psychotrope.Par ailleurs, la légalisation du cannabis fait poindre un risque élevé de nouvel accident domestique, puisque la présence de la substance, de manière plus assumée dans les environnements familiaux, pourrait faire augmenter le nombre d\u2019intoxications accidentelles d\u2019enfants à cette substance.Le phénomène est encore très peu documenté au Canada.Or, en France, où le cannabis se consomme toujours dans l\u2019illégalité, l\u2019Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé a tiré la sonnette d\u2019alarme cet été après avoir enregistré 194 accidents domestiques du genre entre 2015 et 2017, soit 2,5 fois plus qu\u2019entre 2010 et 2014.FABIEN DEGLISE LE DEVOIR L\u2019usage fréquent du cannabis pendant la grossesse est notamment associé à un faible poids du nourrisson à la naissance.ALFREDO ESTRELLA AGENCE FRANCE-PRESSE 16,9 % Femmes en âge de procréer (de 15 à 44 ans) qui en 2015 ont dit avoir consommé du cannabis dans l\u2019année précédente 4,9 % Femmes enceintes aux États-Unis qui ont avoué consommer du cannabis en 2015 24 % Canadiens de 15 ans et plus consommant chaque jour du cannabis, en 2015 Il circule de nombreux renseignements erronés sur le cannabis pendant la grossesse SARAH KONEFAL » E N B R E F CBC offre des excuses publiques à la députée Christine Moore OTTAWA \u2014 CBC a offert ses excuses à la députée néodémocrate Christine Moore, jeudi, pour avoir failli à respecter l\u2019ensemble de ses standards journalistiques.Le journaliste Neil Macdonald avait révélé en mai que la députée québécoise faisait l\u2019objet d\u2019allégations d\u2019inconduite sexuelle à l\u2019endroit d\u2019un ex-militaire.La députée avait été suspendue de ses fonctions de porte-parole à la Chambre des communes pour son parti.La députée a ensuite été blanchie en juillet par une enquête indépendante demandée par le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jag- meet Singh.Dans un communiqué, CBC reconnaît qu\u2019elle aurait dû donner davantage de temps à Mme Moore pour répondre aux allégations d\u2019inconduite sexuelle soulevées par son journaliste.La Presse canadienne L\u2019Agence des services frontaliers bloquée Les dix portes des bureaux montréalais de l\u2019Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ont été bloquées pendant près de deux heures tôt jeudi matin, empêchant les employés de rentrer au travail.Organisée par les militants de Solidarité sans frontières, un groupe de défense de droits des migrants, cette manifestation d\u2019indignation s\u2019est tenue en mémoire de Bolante Idowu Alo, un ressortissant du Nigeria décédé le 7 août dernier au moment de sa déportation vers son pays d\u2019origine.Sans connaître les raisons exactes de sa mort, les militants accusent les responsables de l\u2019ASFC d\u2019avoir violenté l\u2019homme, qui vivait depuis 13 ans au Canada, dans l\u2019avion qui devait l\u2019expulser et réclame des explications.La police est intervenue pour mettre fin à la manifestation.Aucune arrestation n\u2019a eu lieu.Le Devoir L\u2019hôpital Maisonneuve- Rosemont en cage Un grillage de protection a été ajouté jeudi à la façade du pavillon Maison- neuve de l\u2019hôpital Maisonneuve-Rose- mont, à Montréal.Installés d\u2019urgence, ces dispositifs métalliques devraient permettre d\u2019éviter que des briques et des morceaux de béton s\u2019écrasent sur la tête des passants.Situé dans l\u2019Est de la ville, un secteur qu\u2019il est seul à desservir, le bâtiment a fait l\u2019objet d\u2019analyses de façade il y a quelques semaines.Ces dernières ont révélé d\u2019importantes faiblesses attribuables à l\u2019âge de l\u2019édifice.Le grillage, dont la mise en place pourrait prendre quelques mois, devrait demeurer en place entre 7 et 10 ans, le temps qu\u2019un nouvel hôpital soit construit.À ce sujet, le gouvernement du Québec a annoncé en mars dernier un investissement de 1,8 milliard de dollars pour rénover le complexe hospitalier.Le Devoir Christine Moore SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Sources : Enquête canadienne sur le tabac, l\u2019alcool et les drogues (ECTAD), Substance Abuse and Mental Health Services Administration, 2017 "]
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