Le devoir, 25 août 2018, Cahier C
[" Rentrée scolaire LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 AOÛT 2018 CAHIER SPÉCIAL C M A R T I N E L E T A R T E Collaboration spéciale Début juin, les sept projets sélectionnés par le Lab-école ont été annoncés et c\u2019est maintenant le moment de former, pour chacune des écoles, un comité de travail multidisciplinaire afin de créer les milieux scolaires de demain au Québec.Ces écoles viseront un meilleur bien-être des élèves et du personnel scolaire grâce à un environnement physique stimulant qui favorise l\u2019activité physique et une saine alimentation.Le choix des concepts devrait être réalisé en décembre, pour lancer les concours d\u2019architecture au début 2019 et livrer les écoles en 2021.« Lorsque nous nous sommes engagés dans le Lab-école, il était clair que nous ne voulions pas produire un rapport.Nous voulions créer des écoles », affirme Pierre Thibault, architecte et cofondateur du Lab-école avec le chef Ricardo Larrivée et Pierre Lavoie, créateur du Grand Défi Pierre Lavoie et des cubes d\u2019énergie.Issus de disciplines dif férentes, ils ont tous le même constat après avoir visité plusieurs écoles ici et à l\u2019étranger : il y a beaucoup à faire pour améliorer la qualité des milieux scolaires au Québec.Et ils ont reçu un accueil enthousiaste dans les écoles.« Les enseignants se dévouent pour leurs élèves, mais leurs environnements de travail sont vraiment ingrats, af firme Pierre Thibault.Plusieurs avaient même arrêté de rêver parce qu\u2019ils n\u2019entendaient que parler de coupes budgétaires depuis des années.Nous venons de l\u2019extérieur du milieu de l\u2019éducation et nous leur disons que ce qu\u2019ils font est important et que nous les soutiendrons.Ils sont heureux, parce qu\u2019il y a tellement de besoins.Une école bien pensée peut avoir un impact incroyable sur la vie des élèves, des enseignants et de la communauté.» Les incontournables de l\u2019école de demain Le Lab-école, une initiative lancée en novembre dernier, a regardé les données probantes afin de voir les éléments essentiels qui font d\u2019une école un succès.«Par exemple, une étude anglaise montre qu\u2019avec un espace de qualité, qui comprend de la lumière naturelle, une bonne acoustique, une température optimale en classe et une bonne qualité de l\u2019air, le taux de décrochage diminue de 18 % », af firme Pierre Thibault.La cour d\u2019école sera aussi un élément central des écoles du futur.« De l\u2019asphalte et une clôture en broche qui créent de grands îlots de chaleur : la majorité des cours d\u2019école ont l\u2019air de parcs à chiens au Québec alors qu\u2019en Suède, les cours ressemblent à de grands parcs parce qu\u2019on exige un minimum de nature par enfant», explique Pierre Thibault, qui a visité beaucoup d\u2019écoles à l\u2019étranger, notamment avec ses étudiants en architecture de l\u2019Université Laval.Le Lab-école souhaite aussi éviter les modules en plastique où les jeux sont décidés d\u2019avance pour laisser place à des environnements de jeu plus naturels avec des rondins notamment, où les enfants peuvent laisser aller leur créativité.« Pour développer leur littératie physique, les enfants de 0 à 10 ans doivent sauter, culbuter, grimper, lancer des objets», explique Pierre Lavoie.Les jardins communautaires et les serres sont aussi La lumière naturelle ne manque pas dans l\u2019école IKC Zeven Zeeën, à Amsterdam, aux Pays-Bas.MOKE ARCHITECTEN VOIR PAGE C 2 : LAB-ÉCOLE LAB-ÉCOLE Les écoles de demain en pleine élaboration Des classes sans professeur C 2 Élever l\u2019éducation au rang de priorité nationale C 4 R E N T R É E S C O L A I R E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T 2 0 1 8 C 2 des façons de verdir les cours d\u2019école.Les récoltes permettent ensuite de réaliser des projets scolaires liés à la saine alimentation.L\u2019équipe du Lab-école a constaté que certains projets du genre ont déjà été mis en place dans des écoles du Québec, mais elle en voudrait davantage.On rêve aussi de toitures extérieures sous lesquelles les enfants pourront se réfugier en cas de pluie lors des récréations.Ou se protéger du soleil lorsque les enseignants donneront des classes à l\u2019extérieur.Les alentours de l\u2019école seront aussi pensés pour que les enfants puissent marcher ou prendre leur vélo pour aller à l\u2019école.« Les trottoirs près de l\u2019école doivent être déneigés en priorité, les intersections doivent être sécurisées et des pistes cyclables doivent être aménagées afin de créer un environnement favorable aux enfants et c\u2019est la responsabilité des villes, affirme Pierre Lavoie.Sinon, les parents vont reconduire leurs enfants à l\u2019école et c\u2019est un pas vers la sédentarité.» Les comités de travail des sept projets retenus incluront d\u2019ailleurs des représentants de la municipalité, de la commission scolaire, de l\u2019école et de la communauté afin de susciter de réels changements.Par exemple, une première rencontre a été réalisée à Shefford, une municipalité de 7000 habitants près de Granby qui aura avec le Lab- école sa première école primaire.« La municipalité construira une bibliothèque tout près de l\u2019école et aménagera des pistes cyclables, puis le parc national à proximité sera mis à profit, raconte Pierre Lavoie.Le milieu est vraiment mobilisé.» L\u2019heure des choix Les comités de travail pour les sept écoles sont en train d\u2019être créés et l\u2019élaboration des projets se déroulera cet automne.L\u2019équipe du Lab-école proposera des modèles inspirés des meilleurs exemples vus au Québec et ailleurs pour aménager les classes, le gymnase, les vestiaires, la cafétéria, etc.« Les comités feront leurs choix en fonction de la réalité de l\u2019école», affirme Pierre Thibault.Les concours d\u2019architecture devraient être lancés vers le début de 2019.«On veut que plusieurs équipes d\u2019architectes se penchent sur un même projet pour que les comités prennent le temps d\u2019analyser les propositions et que la décision soit prise au printemps», précise M.Thibault.Les nouvelles écoles doivent être livrées en 2021.Le Lab-école fera ensuite le bilan.«On met la barre haute, mais on se donne droit à l\u2019erreur même si c\u2019est certain qu\u2019on fera un bond important par rapport à ce qu\u2019on avait, affirme Pierre Thibault.Certaines écoles fonctionneront sûrement mieux que d\u2019autres, alors on fera une analyse.» Le Lab-école souhaite également pouvoir lancer de nouveaux projets l\u2019an prochain avec des écoles secondaires.« Nous voulons avoir un corpus de 10 à 12 projets réalisés afin de tirer de bonnes conclusions, ajoute M.Thibault.Parce qu\u2019à terme, il faudra que le Québec s\u2019attaque à la transformation de toutes ses écoles.» S U I T E D E L A PAG E C 1 LAB-ÉCOLE D\u2019année en année, l\u2019histoire se répète : la rentrée met en lumière le manque de personnel enseignant.Pourquoi?M A R I E - H É L È N E A L A R I E Collaboration spéciale L\u2019 an dernier, au premier jour d\u2019école à la Commission scolaire de Montréal (CSM), 70 classes se retrouvaient sans t i tu la ire .« Et ce tte année, ça risque d\u2019être encore assez important », est convaincue Catherine Renaud, présidente du CA de l\u2019Alliance des profes- seures et professeurs de Montréal.Pour l\u2019instant, dans les écoles primaires et secondaires, plusieurs postes sont encore à pourvoir.Des postes de professeur titulaire, d\u2019autres en adaptation scolaire, ainsi que dans les classes d\u2019accueil, où il va manquer d\u2019enseignants en soutien linguistique.Le phénomène ne date pas d\u2019hier.« Traditionnellement, il manque d\u2019enseignants en adaptation scolaire parce que les besoins sont criants à la CSM, explique Catherine Renaud.On y trouve de nombreux élèves handicapés ou en difficulté d\u2019adaptation ou d\u2019apprentissage.On parle d\u2019un élève sur cinq au primaire, et le chiffre passe à un sur trois au secondaire, et certains de ces élèves devront être dirigés vers des classes spécialisées.» Depuis quelques années, le phénomène prend de l\u2019ampleur, et principalement au primaire, où l\u2019on manque de titulaires et de professeurs en classes d\u2019accueil.« Les compressions ont joué un rôle im- por tant dans cette pénurie, mais aussi les conditions d\u2019enseignement, qui sont de plus en plus difficiles », se désole la présidente.Cela s\u2019explique selon elle par l\u2019intégration de plus en plus fréquente d\u2019élèves en dif ficulté dans les classes ordinaires : « Il n\u2019est pas rare que, dans une classe ordinaire, plus de la moitié des élèves se trouvent en dif fi- culté, continue Catherine Renaud.Ça représente une surcharge de travail, et on demande aux professeurs de réaliser la tâche presque impossible de faire réussir tous ces élèves dans les délais prévus.» Le phénomène s\u2019explique en partie par la dif ficulté de recruter de nouveaux enseignants.En effet, depuis les cinq dernières années, on constate une baisse du nombre d\u2019inscriptions en faculté d\u2019éducation.La profession n\u2019attire plus comme avant : «Et une fois en poste, ils se heurtent à une dure réalité ! » regrette la présidente.«La rentrée, ce n\u2019est pas jojo pour les professeurs, et il y aura sans doute certains collègues qui seront en congé de maladie », continue Mme Renaud.Elle af firme recevoir régulièrement des appels de détresse de la par t de professeurs pour qui la seule solution est de se mettre en congé de maladie.Si le décrochage des jeunes enseignants est largement documenté, on parle moins souvent de celui des professeurs d\u2019expérience.« On rencontre des professeurs avec cinq, dix, quinze, vingt ans d\u2019expérience qui voient leur situation se dégrader et qui sont témoins du manque de services offerts aux élèves, soulève Mme Renaud.Ils sont placés devant des situations éthiques complexes.Le système est malade et mal financé, et même si on réinvestit ce qui a été coupé, la situation ne reviendra pas à la normale avant 2028, selon les annonces budgétaires du ministère.Il n\u2019y a rien d\u2019encourageant dans tout ça.» D\u2019autres défis de taille La CSM doit aussi faire face à un autre défi : son parc immobilier est dans un état de délabrement parfois avancé.On se souvient que certaines écoles ont même dû être reconstruites et des projets de réhabilitation sont toujours en cours.« S\u2019il y a eu un travail important qui a été fait par la CSM pour déceler les dif férentes sources de problèmes, il faut maintenant obtenir l\u2019argent nécessaire pour intervenir et accomplir les travaux », déclare Catherine Renaud.« On sent que notre travail dans l\u2019école publique est dévalorisé parce que l\u2019école publique elle-même est dévalorisée, conclut Catherine Renaud.Dans l\u2019ombre de la campagne électorale qui s\u2019amorce, aucun parti n\u2019a encore affirmé qu\u2019on doit choisir l\u2019école publique et qu\u2019on doit cesser le financement des écoles privées.Est-ce qu\u2019on va finir par le choisir, ce projet qu\u2019on s\u2019est donné il y a cinquante ans grâce à Paul Gérin-La- joie ?Est-ce qu\u2019on va se l\u2019approprier, ou est-ce qu\u2019on va le laisser aller ?Ça va venir, je l\u2019espère ! » Des classes sans professeur À l\u2019école South Arbour, à Copenhague, au Danemark, la cour forme un « U », est orientée côté soleil et se termine par des gradins qui permettent d\u2019accéder aux classes.JJW-ARCHITECTS Le Lab-école a regardé les données probantes afin de voir les éléments essentiels qui font d\u2019une école un succès Depuis quelques années, le phénomène de classe sans professeur prend de l\u2019ampleur, et principalement au primaire.BERTRAND LANGLOIS AGENCE FRANCE-PRESSE Les 7 projets choisis pour le Lab-école Québec: réhabilitation du site de l\u2019ancienne école Stadacona et agrandissement pour en faire une école primaire.Investissement de 7,7 millions.Rimouski: construction d\u2019une école primaire.Investissement de 17,9 millions.Shefford (secteur est de Granby): construction d\u2019une école primaire.Investissement de 13,2 millions.Montréal : construction d\u2019une école primaire sur le site du pavillon des Sœurs-Grises de l\u2019Université Concordia.Investissement de 4 millions.Maskinongé: agrandissement de l\u2019école primaire Saint-Joseph.Investissement de 6,4 millions.Gatineau: agrandissement de l\u2019école primaire Pierre-Elliott-Trudeau.Investissement de 7,6 millions.Saguenay: transformation des espaces à l\u2019école primaire Antoine-de- Saint-Exupéry.Investissement de 3 millions. R E N T R É E S C O L A I R E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T 2 0 1 8 C 3 L\u2019ÉCOLE SOUS PRESSION, ÇA SUFFIT ! ENGAGEZ-VOUS POUR L\u2019ÉDUCATION ! lacsq.org 1 7 1 8 - 3 1 5 M A R T I N E L E T A R T E Collaboration spéciale L es projets où l\u2019élève prend en main son cheminement scolaire pour réussir commencent à faire leur apparition à l\u2019extérieur du réseau des écoles alternatives.L\u2019objectif : mieux répondre aux besoins de dif férents types d\u2019élèves.Voire de tous les élèves.Cet automne, les parents qui souhaitent inscrire leur enfant en première secondaire au pension- n a t d u S a i n t - N o m - d e - M a r i e (PSNM), dans Outremont, peuvent poser leur candidature pour la formule FLEX.Cette initiative offrira le même projet éducatif et les mêmes enrichissements que l\u2019enseignement ordinaire, mais dans un cadre plus souple où l \u2019élève sera maître de son horaire et de son rythme d\u2019apprentissage.Cet établissement d\u2019enseignement secondaire privé pour filles vise principalement avec ce programme les élèves artistes ou sportives de haut niveau souvent absentes de l\u2019école.Tout comme les élèves douées qui voudraient avancer plus rapidement pour réaliser des projets ou des stages avec des partenaires, comme des universités ou des entreprises.Ou encore, les élèves en dif ficulté qui souhaiteraient intégrer des périodes d\u2019ortho- pédagogie à leur horaire, ou simplement ralentir le rythme.«Des enseignants ont montré une grande motivation à développer cette formule plus flexible, alors nous avons travaillé ensemble pour élaborer ce projet », explique Jes- sika Valence, directrice des services pédagogiques au PSNM.Nouvelles façons d\u2019enseigner, nouveaux locaux L a nouvelle formule entraîne toute une révolution chez les enseignants qui ne sont pas syndiqués au PSNM.Ils sont quatre à se lancer dans l\u2019aventure, épaulés par quelques collègues qui viendront donner différents ateliers.Ils seront à la fois des experts disciplinaires, et pourront enseigner quelques matières, en plus de devenir des tuteurs pour superviser les élèves dans leur planification de la semaine.« Il n\u2019y aura pas de formule toute faite, affirme Jessika Valence.Certains élèves auront besoin d\u2019assister à plusieurs ateliers, d\u2019autres voudront davantage apprendre en réalisant des projets.L\u2019impor tant, ce sera que l\u2019élève démontre qu\u2019il a acquis des compétences.» La formule FLEX a aussi nécessité l\u2019aménagement de nouveaux locaux.Le groupe du projet pilote s\u2019installera dans un espace modula- ble avec tables hautes, bean bags et chaises berçantes, où on peut écrire sur les murs et sur les tables.Les élèves auront aussi accès à un nouveau laboratoire de fabrication numérique équipé notamment d\u2019imprimantes 3D.Au collège Saint-Bernard (CSB), à Drummondville, le virage de l\u2019enseignement personnalisé a été pris il y a 10 ans avec les élèves en dif fi- culté, à la demande des parents.Pour rebâtir l\u2019estime de soi de ces jeunes, une petite équipe d\u2019enseignants partage l\u2019ensemble de la matière et suit les élèves tout au long de leur secondaire en s\u2019adaptant à leur rythme.« Si un élève a eu de la difficulté en fin d\u2019année avec cer taines notions, ou s\u2019il a dû s\u2019absenter, on ne le fera pas reprendre son année, mais l\u2019enseignant reverra cette matière avec lui au début de l\u2019année suivante », explique Dominique Guévin, directeur général du CSB.Un programme prometteur Lancé avec à peine 10 élèves, le programme en accueille maintenant 75 et a une liste d\u2019attente.Avec une légère adaptation, cette formule a commencé à être implantée l\u2019an dernier au premier cycle du secondaire dans les programmes de sports/arts-études.« Les enseignants se rencontrent pour faire leur plan de match de la semaine, puis les élèves créent leur horaire et le font approuver par leur tuteur », détaille Dominique Guévin.Si l\u2019élève n\u2019arrive pas à remplir ses engagements au bout de la semaine, il devra utiliser sa période d\u2019activité du vendredi pour terminer son travail.« Lorsqu\u2019on impose une cadence, l\u2019élève se pose en victime, mais lorsqu\u2019il décide de son horaire, on lui apprend à assumer ses choix, explique M.Guévin.Au début, plusieurs élèves se font retirer leurs activités, mais ils s\u2019arrangent pour que ça n\u2019ar rive plus.Certains n\u2019ont même jamais de devoirs parce qu\u2019ils font tout le travail en classe.» Pour of frir un environnement adapté à cette formule d\u2019enseignement, le CSB a réaménagé une aile de l\u2019école : les pupitres ont été éliminés, les fenêtres ser vent de tableaux, les enseignants sont en mouvement autour des tables de travail collaboratif et autour des stations debout.De grands changements se sont produits aussi dans le travail des enseignants, qui sont syndiqués au CSB.« Il a fallu rouvrir les conventions collectives, explique M.Gué- vin.Le urs périodes réser vées à l\u2019encadrement se passent maintenant en classe.Les enseignants travaillent en collaboration.Ils ont plus de matière à s\u2019approprier, mais i ls ont beaucoup moins d\u2019élèves, alors ils apprennent à mieux les connaître et ils tissent des liens plus riches.Les études prouvent que la qualité de la relation humaine joue un rôle important dans la réussite des élèves.» En mai, le CSB gagnait pour cette initiative le prix Innovation projet éducatif \u2013 secondaire de la Fédération des établissements d\u2019enseignement privés (FEEP).Cette année, le CSB a étendu son système à la moitié des élèves du secondaire.Un projet pilote a même été lancé au primaire et à la maternelle.« Les enseignants sont motivés parce qu\u2019ils voient des gains, explique Dominique Guévin.D\u2019ailleurs, les premiers enseignants à se joindre au projet auraient pu retourner au système ordinaire l\u2019année suivante, mais aucun ne l\u2019a fait.» L\u2019an prochain, toute l\u2019école sera convertie.Le CSB a d\u2019ailleurs procédé à la transformation de sa deuxième aile, qui sera prête dans les prochaines semaines.Au PSNM, un projet d\u2019agrandissement pour donner plus d\u2019ampleur à la formule FLEX pourrait aussi être réalisé dans les prochaines années.« En théorie, la nouvelle formule pourrait s\u2019adresser à tous, affirme Jessika Valence.Ce que nous souhaitons, c \u2019est donner le cadre idéal à nos élèves pour qu\u2019ils deviennent des adultes responsables, dotés d\u2019un jugement critique et d\u2019une grande créativité, capables de collaborer avec des gens et avec des outils.Mais jusqu\u2019où ira-t-on avec cette formule ?Je ne peux pas m\u2019avancer.Nous commençons par travailler au succès du projet pilote.» L\u2019élève maître de ses apprentissages n\u2019est plus réservé à l\u2019école alternative Si l\u2019élève n\u2019arrive pas à remplir ses engagements au bout de la semaine, il devra utiliser sa période d\u2019activité du vendredi pour terminer son travail.COLLÈGE SAINT-BERNARD R E N T R É E S C O L A I R E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T 2 0 1 8 C 4 Ce cahier spécial a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.Pour toute information sur le contenu, vous pouvez contacter Aude Marie Marcoux, directrice des publications spéciales, à amarcoux@ledevoir.com.Pour vos projets de cahier ou toute autre information au sujet de la publicité, contacter iDmedia@ledevoir.com.J E A N - F R A N Ç O I S V E N N E Collaboration spéciale « A vec le retour des surplus budgétaires et l\u2019approche des élections, le gouvernement annonce des réinvestissements dans l\u2019éducation, mais ils ne suffiront pas pour rattraper le retard accumulé pendant quatre années de compressions », lance Sonia Éthier, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).Dans son budget de mars 2018, le gouvernement s\u2019est engagé à ce que la croissance des dépenses en éducation atteigne 3,5% par année.Pour la seule année 2018-2019, la croissance des dépenses de programmes dans ce secteur sera de 5 %.Elle avait atteint 5,4% en 2017-2018, après des années de vaches maigres.Pendant une période d\u2019austérité de quatre ans, le gouvernement libéral a ef fectué des compressions de près d\u2019un milliard de dollars dans les réseaux d\u2019éducation préscolaire, primaire et secondaire, de près de 430 millions de dollars aux niveaux collégial et universitaire et de 350 millions de dollars dans les services à la petite enfance, peut-on lire dans le mémoire prébudgétaire de la CSQ, remis au ministre des Finances du Québec en février 2017.« Ces coupes ont compromis l\u2019égalité des chances pour les jeunes au Québec, en se traduisant par un manque de ressources, du préscolaire jusqu\u2019à la formation professionnelle et l\u2019éducation des adultes », poursuit la présidente.Elle rappelle que bien des écoles manquent de psychologues, d\u2019orthophonistes et d\u2019autres professionnels pour aider les enfants en dif ficulté, de sor te qu\u2019un certain nombre d\u2019entre eux se retrouvent sur des listes d\u2019attente.Selon la CSQ, il est bien que le gouvernement soutienne qu\u2019il faut agir tôt auprès des enfants et miser sur la prévention, mais il devient dif fi- cile d\u2019y arriver lorsque l\u2019on manque de moyens pour les évaluer et intervenir auprès d\u2019eux.Décentralisation budgétaire Plusieurs décisions financières du gouvernement ont compliqué la tâche des écoles au cours des dernières années.Bien sûr, les compressions ont fait mal.La dynamique investissements-compressions-réin- vestissements cause beaucoup d\u2019in- cer titude à cour t terme.Les dirigeants des commissions scolaires et des écoles ne savent pas ce que leur réserveront les budgets d\u2019année en année.« Le secteur de l\u2019éducation a besoin de stabilité financière à long terme», affirme Sonia Éthier.Cependant, d\u2019autres décisions peuvent aussi peser, comme la décentralisation budgétaire.Traditionnellement, les commissions scolaires reçoivent des enveloppes budgétaires réservées à des objectifs et à des services précis.Elles ont l\u2019obligation de répartir ces sommes entre les écoles de manière à favoriser l\u2019égalité des chances.C\u2019est donc dire qu\u2019elles peuvent octroyer plus d\u2019argent pour un service ou un objectif précis à une école qui en éprouve le besoin.Lorsque l\u2019on décentralise les budgets et que l\u2019on envoie l\u2019argent directement dans les écoles, ces dernières doivent se contenter des sommes qui leur sont remises, peu importe leurs besoins.Un enjeu majeur pour la CSQ.Elle craint que certaines écoles dans des milieux défavorisés ne perdent au change.Bonbons politiques La campagne se veut bien sûr une belle occasion de discuter d\u2019éducation, mais elle permet surtout aux partis de courtiser l\u2019électorat en rivalisant de promesses dont on ne sait pas toujours si l\u2019espérance de vie dépassera le jour du vote.Cette année ne semble pas faire exception.Encore dernièrement, la Coalition avenir Québec s\u2019engageait à rétablir un tarif unique de 8,05 $ par jour dans les garderies.Une promesse identique à celle prise par le Parti québécois en janvier dernier.Celui-ci souhaite en plus réduire de moitié ce tarif pour le deuxième enfant et l\u2019abolir à partir du troisième, voire le rendre gratuit pour certains ménages.Des promesses intéressantes pour les familles, mais dont Sonia Éthier se méfie un peu, les qualifiant de « bonbons politiques ».Ce qu\u2019il faut, selon elle, c\u2019est un réinvestissement massif à tous les niveaux de l\u2019éducation, sur plusieurs années, afin de donner aux écoles les moyens de remplir leur mission.Elle souhaite aussi que les professionnels de l\u2019éducation soient réellement consultés et que l\u2019on tienne compte de leur expertise dans les politiques d\u2019éducation.La Centrale rassemble 11 fédérations regroupant 240 syndicats affiliés.Elle fera parvenir à ses quelque 200 000 membres (dont 130 000 environ font par tie du personnel de l\u2019education en 2015) une analyse du bilan des libéraux en éducation, de même que des engagements en éducation et dans les autres services publics présents dans les pla- teformes des partis politiques.« Le prochain gouvernement devra redorer le blason de l\u2019éducation publique au Québec et en faire une priorité non seulement pendant la campagne, mais aussi après son arrivée au pouvoir », soutient Sonia Éthier.CENTRALE DES SYNDICATS DU QUÉBEC Élever l\u2019éducation au rang de priorité nationale Le deuxième rendez-vous des États généraux de l\u2019enseignement supérieur, qui avait lieu en mai dernier, a permis aux principaux acteurs des cégeps et des universités de revisiter cette vision humaniste de l\u2019éducation que tous portent à bout de bras.M A R I E - H É L È N E A L A R I E Collaboration spéciale L e collectif à l\u2019origine des États généraux de l\u2019enseignement supérieur (EGES) regroupe tous les partenaires du milieu.Le projet de ces états généraux a été mis sur pied en 2015 à la demande des membres des syndicats, qui ont ressenti une grande frustration lors de la conclusion du For um sur l\u2019éducation tenu par le Parti québécois.« On est restés sur notre faim à plusieurs égards parce que l\u2019exercice avait été mené de manière collective, mais il était très cour t et très encadré », rappelle Caroline Quesnel, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et d e s e n s e i g n a n t s d u Q u é b e c (FNEEQ).« Lors de consultations, le gouvernement restreint souvent la perspective, ce qui crée un discours ciblé en fonction de ses attentes et non pas en fonction des attentes du milieu.» Pour ces EGES, on a choisi d\u2019y aller par étapes afin de susciter une réflexion dans les rangs et ainsi bâtir un collectif.« C\u2019est une des originalités des EGES ; autour de la table, il y a un collectif composé de tous les intervenants en enseignement supérieur tant au cégep qu\u2019à l\u2019université, des chargés de cours, des professeurs, des employés de soutien, des chercheurs\u2026 et des étudiants », explique Caroline Ques- nel.C\u2019est ainsi que, lors d\u2019un premier rendez-vous à Québec en mai 2017, trois grands thèmes ont émergé, trois grands fils conducteurs qui ressortent comme autant de préoccupations majeures du milieu : le financement, l\u2019administration et la précarité.Ce sont ces thèmes qui ont été abordés lors du deuxième rendez-vous des EGES en mai dernier.Revendications collectives Le financement est toujours au cœur des revendications des partenaires du collectif, et de la FNEEQ en particulier.« On le sait, le réinvestissement consenti par le gouvernement lors du dernier budget n\u2019est pas à la hauteur, ce n\u2019est même pas un rattrapage par rapport à ce qu\u2019on avait il y a cinq ou six ans.Cette perte est très dangereuse puisqu\u2019elle amène les administrations d\u2019université ou de cé- gep à se considérer comme des entités qui doivent générer des revenus.On entre alors dans une logique où l\u2019enseignement est perçu comme une marchandise », déplore Caroline Quesnel.Le collectif revendique un véritable réinvestissement parce que l\u2019enseignement est au centre d\u2019un projet social et que l\u2019école a besoin d\u2019être indépendante pour remplir sa mission qui est de former des individus dans une perspective qui se veut le plus large possible, avec le moins de contraintes et le plus d\u2019humanisme possible.Et c\u2019est, selon Caroline Quesnel, le financement qui permet d\u2019y arriver.La gouvernance, la gestion et la transparence sont d\u2019autres éléments déterminants du projet.« C\u2019est la revendication de tous les acteurs du milieu : avoir son mot à dire, que ce soit dans les CA, dans les conseils d\u2019études ou dans le processus de réflexion, dit la présidente.C\u2019est l\u2019inclusion et la transparence qu\u2019on réclame.» Le troisième thème discuté regroupe les précarités, et on a bien insisté sur le pluriel de ce thème, explique Caroline Quesnel.« On considère ici non seulement les conditions de travail du personnel, mais aussi les conditions d\u2019études des étudiants, puisqu\u2019eux aussi ont à conjuguer plusieurs rôles.» Ces conditions ont un impact direct sur la santé psychologique, et particulièrement sur celle des étudiants puisqu\u2019ils subissent une immense Pour des solutions concrètes en enseignement supérieur Dans son budget 2018, le gouvernement s\u2019est engagé à ce que la croissance des dépenses en éducation atteigne 3,5 % par année.UNSPLASH VO I R PAG E C 6 : S O LU T I O N S « On le sait, le réinvestissement consenti par le gouvernement lors du dernier budget n\u2019est pas à la hauteur, ce n\u2019est même pas un rattrapage par rapport à ce qu\u2019on avait il y a cinq ou six ans » R E N T R É E S C O L A I R E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T 2 0 1 8 C 5 J E A N - F R A N Ç O I S V E N N E Collaboration spéciale A u Québec, un peu plus d\u2019un élève du secondaire sur cinq fréquente une école privée.Or, le financement de ces établissements provient en majeure partie (plus de 70 %) de l\u2019État.En guise de comparaison, l\u2019Ontario et le Nouveau- Brunswick ne financent pas leur réseau privé.Cela fragilise le réseau scolaire public québécois, selon Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l\u2019enseignement (FAE).La FAE, qui représente près de 34 000 enseignantes et enseignants avec ses huit syndicats affiliés, compte bien en faire un enjeu électoral important.« Les écoles privées sélectionnent leurs élèves à l\u2019entrée, contrairement aux écoles publiques, rappelle Sylvain Mallette.Elles n\u2019assument pas la même mission que les écoles publiques, mais siphonnent une part significative du financement de l\u2019État, privant le réseau public de ressources importantes.» Pour l\u2019instant, seul Québec solidaire s\u2019est engagé à éliminer graduellement le financement public du réseau privé.Le Par ti québécois propose de lier une partie du financement à l\u2019accueil d\u2019élèves en difficulté, alors que libéraux et caquistes favorisent le statu quo.Qui dit quoi sur l\u2019éducation ?La FAE met en ligne pour la durée de la campagne électorale un outil pour comparer les positions des partis en éducation, destiné à l\u2019ensemble des Québécois.«L\u2019idée n\u2019est pas de dire aux gens pour quelle formation politique voter, mais simplement de rappeler les enjeux en éducation et les positions des partis à leur égard », précise le président.Il ajoute que la fédération ne donnera pas non plus de consigne de vote à ses membres.La FAE compilera les engagements inscrits sur les plateformes électorales ou annoncés publiquement par les partis.Elle notera aussi le mutisme de certaines formations sur des enjeux liés à l\u2019éducation, puisqu\u2019en politique, le silence parle parfois plus fort que les mots.Le Par ti libéral du Québec se trouve bien sûr dans une situation différente de ses rivaux.Au pouvoir presque sans interruption depuis 2003, il a un long bilan à défendre.La FAE ne se privera pas de rappeler les coupes budgétaires en éducation des années d\u2019austérité ni de dénoncer les lacunes qu\u2019elle perçoit dans la Politique sur la réussite éducative dévoilée en juin 2017 ou le manque de valorisation de l\u2019éducation et du rôle des enseignants.Améliorer les conditions «Nous souhaitons une meilleure reconnaissance de l\u2019expertise des enseignantes et enseignants et une amélioration de leurs conditions d\u2019emploi, notamment sur le plan salarial et au niveau des ressources mises à leur disposition », explique Sylvain Mallette.Il soutient que le gouvernement a manqué à sa promesse de reconnaître l\u2019expertise du corps enseignant et déplore l\u2019absence de mesures concrètes à ce sujet dans la Politique de la réussite éducative.Selon lui, l\u2019approche actuelle infantilise les enseignants en leur prescrivant comment faire leur métier, souvent sans égard au milieu et à la composition des classes dans lesquels ils doivent travailler.Il souhaite moins d\u2019interventions directes du ministère, des commissions scolaires, des directions d\u2019écoles et des conseillers pédagogiques.« Cela ne signifie pas de laisser les enseignantes et enseignants faire tout ce qu\u2019ils veulent à leur gré, précise-t-il.Il y a un programme de formation et des outils ; au-delà de cela, laissons une marge de manœuvre au corps enseignant.» Au Québec, environ un enseignant au primaire et au secondaire sur cinq quitte l\u2019enseignement dans les cinq premières années de sa carrière.Les conditions d\u2019emploi seraient largement en cause, selon la FAE.Les directions d\u2019école et les commissions scolaires composeraient aussi régulièrement des classes compliquées, dans lesquelles beaucoup d\u2019élèves éprouvent des difficultés de diverses natures, sans fournir de ressources suffisantes aux enseignants.Sylvain Mallette déplore aussi que les enseignants québécois soient les moins bien payés au Canada.Selon Statistique Canada, au Québec, en 2014-2015, le salaire d\u2019entrée était de 42 407 $, contre 49 774 $ au Nouveau-Brunswick et 51 263 $ en Ontario.Après dix ans, l\u2019enseignant québécois touchait 61 684 $, contre respectivement 74 053 $ et 94 612 $ pour ses collègues néo-brunswickois et onta- riens.Il faut 15 ans au Québec pour atteindre le plus haut échelon salarial, contre 11 au Nouveau-Bruns- wick et 10 en Ontario.La FAE réussira-t-elle son pari de propulser l\u2019éducation sous les feux de la rampe de la campagne électorale ?« Cinquante ans après l\u2019adoption du Rapport Parent, il faut encore expliquer l\u2019importance de l\u2019école publique au Québec, avance Sylvain Mallette.Ce sujet doit être à l\u2019ordre du jour des Québécois et les partis doivent se prononcer clairement sur lui pendant la campagne.» FÉDÉRATION AUTONOME DE L\u2019ENSEIGNEMENT À la défense de l\u2019école publique M A R I E - H É L È N E A L A R I E Collaboration spéciale C haque année, les étudiants reprennent le chemin de l\u2019école.Mais pour ceux qui ont choisi l\u2019Institut national de l\u2019image et du son (l\u2019INIS), les études sont une pause dans leur vie professionnelle.«Le milieu du cinéma et de la télévision a lui aussi sa rentrée.Cette année, on accueille à l\u2019INIS 20 nouveaux étudiants dans le cadre de nos programmes ordinaires», lance Jean Hamel, directeur des communications de l\u2019Institut.Ces derniers y vont se former en documentaire, en écriture de long métrage, de série de fiction, en média interactif et en jeux vidéo.La moyenne d\u2019âge des étudiants de l\u2019INIS est de 30 ans.«On parle de gens qui ont déjà une formation et de l\u2019expérience pratique à différents titres.À l\u2019INIS, ils développeront de nouvelles compétences et consolideront celles qu\u2019ils ont déjà», explique le directeur.L\u2019offre de l\u2019INIS se divise en trois grandes catégories.Il y a les programmes ordinaires qui offrent des formations d\u2019une durée de six à dix mois.Ce sont des formations à temps plein qui exigent une présence quasi quotidienne et qui impliquent beaucoup d\u2019exercices pratiques et de travaux en équipe.L\u2019Institut dispense aussi une formation professionnelle continue où l\u2019on offre des cours à la carte dont la durée varie d\u2019une journée à six semaines.Et finalement, l\u2019INIS propose des formations sur mesure pour des individus ou des entreprises en fonction de leurs besoins particuliers.Les étudiants de l\u2019INIS proviennent de différents milieux et représentent une vaste diversité professionnelle.«La grande majorité d\u2019entre eux occupent des fonctions dans le domaine de l\u2019audiovisuel, mais il y a aussi des gens qui ne sont pas issus du milieu et qui viennent acquérir de nouvelles compétences», raconte Jean Hamel.On le sait, la vidéo est de plus en plus présente sur le Web.Par exemple, des journalistes peuvent désormais y avoir recours ainsi que des entreprises qui ont des stratégies de placement sur les réseaux sociaux.«Des comédiens, aussi, viennent chercher des formations pour développer leurs propres projets et se mettre en valeur», précise Jean Hamel.Parmi les cours offerts à la carte, il y en a un qui plaît particulièrement aux journalistes: le microprogramme en réalisation documentaire.«En six semaines, on passe à travers toutes les étapes de production documentaire d\u2019un court métrage de huit minutes, de la recherche d\u2019un sujet à l\u2019élaboration d\u2019un scénario, de la manipulation des équipements de prise de vue et de prise de son au montage.C\u2019est une formation qui donne suffisamment de compétences pour pouvoir réaliser des projets modestes», précise Jean Hamel.D\u2019autres microprogrammes se greffent à l\u2019offre de l\u2019INIS.Une formation de 55 heures en production télévisuelle regroupe elle aussi des étudiants d\u2019horizons différents : des recherchistes, des producteurs juniors, des réalisateurs et des scénaristes qui veulent en connaître davantage sur la réalité du monde de la télé.Jean Hamel ajoute fièrement : « Peu importe le programme, ce qu\u2019on veut faire à l\u2019INIS, c\u2019est montrer la réalité du monde professionnel.C\u2019est la grande distinction qu\u2019on peut faire par rapport à d\u2019autres établissements de formation.» Du nouveau en 2019 En avril dernier, on annonçait du nouveau à l\u2019INIS: un programme de formation qui sera spécialement conçu pour répondre aux attentes des communautés autochtones et de la diversité culturelle.Ce programme, qui a obtenu le soutien financier de Netflix, s\u2019inscrit dans la continuité des actions menées par l\u2019INIS au cours des dernières années.Encore en pleine élaboration, ce programme intensif d\u2019une durée de six mois accueillera sa première cohorte composée de neuf étudiants en 2019.«Ce qu\u2019on veut avec ce nouveau programme d\u2019apprentissage c\u2019est lancer un message d\u2019ouverture », explique Jean Hamel, conscient qu\u2019il existe un phénomène d\u2019autocensure empêchant certaines personnes de poser leur candidature à l\u2019Institut.«Parfois, il manque peut-être à certains des éléments qui permettent d\u2019être acceptés dans nos programmes.On ne veut pas lésiner sur le plan de la qualité, mais les critères de sélection tiendront compte de certains des candidats qui auraient auparavant eu du mal à passer au travers du processus», précise-t-il.L\u2019entente avec Netflix inclut également l\u2019octroi de bourses d\u2019études qui permettront aux professionnels émergents des communautés autochtones et de la diversité culturelle d\u2019accéder aux autres programmes offerts par l\u2019Institut.La rentrée du milieu de l\u2019audiovisuel à l\u2019INIS Au Québec, environ un enseignant au primaire et au secondaire sur cinq quitte l\u2019enseignement après cinq ans de carrière.ISTOCK La moyenne d\u2019âge des étudiants de l\u2019INIS est de 30 ans.Ces derniers y vont se former en cinéma, en média interactif et en jeux vidéo. R E N T R É E S C O L A I R E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T 2 0 1 8 C 6 AVEC LE RÉSEAU DE L\u2019UNIVERSITÉ DU QUÉBEC pression qui af fecte leur santé.C\u2019est une pression semblable qui est présente partout dans le monde de l\u2019enseignement, où par définition l\u2019enseignant est soumis à un stress constant.Si le projet des EGES a d\u2019abord pointé des sujets, des préoccupations et des thèmes, lors du deuxième rendez-vous on voulait aller plus loin en soumettant des pistes de solution et en insistant sur des propositions porteuses, sur des éléments à défendre.«En présence de la ministre, des représentants des partis politiques et des représentants patronaux \u2014 avec qui on a souvent des points en commun de revendications \u2014, on a pu transmettre notre message, et ce, au seuil de la campagne électorale », souligne la présidente.« La rentrée va donc se jouer sous l\u2019angle de la campagne.Il a été intéressant de mettre sous les yeux des politiciens des éléments qu\u2019on souhaite voir se refléter un jour dans leurs plateformes électorales.Il est clair que notre rôle est d\u2019exprimer des attentes\u2026 et elles sont grandes ! » S U I T E D E L A PAG E C 4 SOLUTIONS M A R I E F R A D E T T E Collaboration spéciale P arallèlement au système d\u2019éducation traditionnel existe une école singulière sans but lucratif qui permet de rendre l\u2019art accessible à tous.Dirigé par Natasha S.Reid depuis janvier 2017, le Centre des arts visuels, situé rue Victoria à Montréal, of fre un enseignement accessible, basé sur la collectivité et le partage.Fondé en 1946, le Potters\u2019Club, qui prendra en 1969 le nom qu\u2019on lui connaît aujourd\u2019hui, est mené par des femmes qui, dès le départ, ont à cœur de partager leur amour et leur connaissance de l\u2019art dans un esprit de collectivité.Cette mission reste profondément ancrée dans les objectifs du centre, comme le souligne Mme Reid.« On reçoit beaucoup de gens qui sont intéressés par les arts, mais qui ne veulent pas nécessairement aller dans une école structurée comme une université.Nous voulons donner une accessibilité aux arts tout en offrant une éducation de haute qualité.Et surtout, on offre une communauté.C\u2019est un endroit chaleureux, convivial, social, ouvert à tous, qui ne demande d\u2019ailleurs aucun portfolio pour entrer.Notre plus jeune élève a 3 ans et le plus âgé en a 95.» L\u2019accessibilité et la diversité d\u2019approches qu\u2019offre l\u2019école vont au-delà des 300 cours et plus qui sont offer ts dans l\u2019établissement chaque année.En effet, porté par le désir de bâtir une réelle communauté autour de l\u2019art, le centre reste attentif aux besoins des gens de tous âges et de tous horizons.Le programme « Éveil des arts », subventionné par différents organismes, permet ainsi aux professeurs de se déplacer dans les centres communautaires ou les écoles et de donner des ateliers gratuitement.« C\u2019est un programme pour les gens qui ont, par exemple, des difficultés financières, des gens qui vivent de l\u2019exclusion sociale, des aînés à mobilité réduite, etc.On veut donner des cours d\u2019art spécialisés pour les besoins de chaque groupe » explique la directrice.Par exemple, i ls of frent des séances permettant à des enfants et à des personnes âgées de partager un même projet.« Dernièrement, on avait un groupe du Centre des aînés de Pointe-Saint- Charles et une classe de 4e année de l\u2019école Charles-Lemoyne.Ils ont travaillé ensemble sur le thème du jardin.C\u2019est très touchant de voir les relations entre les personnes âgées et les enfants.L\u2019ar t permet de socialiser, d\u2019échanger », explique Mme Reid.Un travail d\u2019équipe Cette approche inclusive trouve écho dans les classes où les enseignants \u2014 tous des artistes contemporains qui ont une pratique active \u2014 veulent d\u2019abord et avant tout créer des liens, aider chacun des élèves, offrir une éducation personnalisée.«Pour ce faire, les groupes sont petits.Ils comptent autour de 15 personnes, maximum.Ainsi, les professeurs ont le temps de s\u2019intéresser aux intérêts des étudiants », explique Natasha Reid.D\u2019ailleurs, aucune note, aucun bulletin n\u2019est remis après les cours.L\u2019évaluation se transforme ici plutôt en période de discussions pendant lesquelles étudiants et maître échangent autour des projets, développent un sens critique, parlent ensemble des résultats obtenus, des processus, des difficultés et des suites.Et si les étudiants veulent pousser leur réflexion, les enseignants peuvent donner des devoirs, mais rien n\u2019est obligatoire.C\u2019est offert à la demande.Véritable travail d\u2019équipe, cette façon de faire non seulement favorise la socialisation et tout ce qui l\u2019entoure, mais encourage à poursuivre.« L\u2019an passé, j\u2019ai suivi un cours d\u2019aquarelle ici.C\u2019était bon de voir comment fonctionne la dynamique dans une classe en tant qu\u2019étudiant.J\u2019ai vu ce que c\u2019était une équipe, une collaboration avec les autres », raconte la directrice, qui s\u2019est d\u2019ailleurs inscrite à un autre cours cet automne.«Le professeur est avant tout un guide qui facilite les échanges dans le cours.Il encourage, motive et conseille.Il n\u2019est pas là pour décider ce qui est bon ou non», ajoute-t-elle.L\u2019idée de développer un sens critique participe nécessairement de cette approche, de cet enseignement sans contrainte.« L\u2019art permet de penser, d\u2019avoir une vision sur la vie.C\u2019est toujours intéressant de découvrir celle des autres.L\u2019art est relié à la vie.L\u2019ar t est la vie », résume Reid.Si la programmation vivante, le dynamisme et l\u2019enthousiasme des professeurs restent des éléments clés pour captiver les étudiants, ce centre, qui combine créativité et esprit communautaire, est pour la directrice un endroit essentiel dans notre société \u2014 en manque de lieu d\u2019échange \u2014 afin de partager, de découvrir et de faciliter l\u2019accessibilité à l\u2019art.L\u2019art pour tous L\u2019accessibilité et la diversité d\u2019approches qu\u2019offre le Centre des arts visuels vont au-delà des 300 cours et plus qui sont offerts dans l\u2019établissement chaque année.MATT AYOTTE La rentrée se jouera sous l\u2019angle de la campagne , affirme Caroline Quesnel, présidente de la FNEEQ.OLIVIER ZUIDA LE DEVOIR "]
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