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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-08-20, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CIX NO 187 / LE LUNDI 20 AOÛT 2018 / 1,30 $ + TAXES = 1,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM Quand chacun savait dessiner ses lettres Les polices de caractères ont souvent une histoire étonnante, dans laquelle s\u2019entremêlent enjeux graphiques, économiques et sociopolitiques.Pour mettre le point final à sa série estivale, Le Devoir retrace l\u2019histoire de la disparition des caractères faits main.JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR INDEX Avis légaux.B4 Culture.B7 Décès.B2 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Petites annonces .B2 Sports.B4 Sudoku .B6 MONDE « Retour en Italie » : la chronique de François Brousseau | B 1 Pour suivre l'actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.GUILLAUME LEPAGE LE DEVOIR Le Bloc québécois est déterminé à en finir avec la crise qu\u2019il traverse depuis l\u2019hiver.Le parti remet en question son programme, son image, et même son nom, en plus de devoir se choisir un nouveau chef.Une transformation qui doit se terminer à moins d\u2019un an des prochaines élections fédérales, en octobre 2019.« Ce n\u2019est pas si serré pour partir sur de nouvelles bases.S\u2019il y a une mobilisation dans toutes les circonscriptions, ça ne posera pas de problème », lance au bout du fil l\u2019ancien chef de la formation indépendantiste, Gilles Duceppe.Réunis en conseil général samedi, quelque 200 militants bloquistes ont donné leur aval au « chantier de refondation », proposé par l\u2019aile jeunesse de leur parti, qui doit se mettre en branle cet automne.Si M.Duceppe avoue ne pas se ranger derrière l\u2019idée de changer le nom ou le logo du Bloc, il se dit « favorable » à sa refondation.« Le principal, c\u2019est le contenu, c\u2019est de retrouver un programme de parti cohérent comme celui qu\u2019on avait jusqu\u2019à tant que les décisions de Martine Ouellet changent la donne », dit-il.Si la formation est prête à faire table rase pour mettre le chaotique chapitre de l\u2019ex-chef démissionnaire derrière elle, son orientation indépendantiste et son mandat de défense des intérêts du Québec à Ottawa, eux, ne sont pas négociables.Ces enjeux avaient scindé le parti en deux « clans » cet hiver, initiant un bras de fer entre les partisans de Mme Ouellet et ses détracteurs.« Les gens ont décidé de regarder les choses en profondeur, de tout réanalyser en mettant tout sur la table, note le chef parlementaire du parti, Xavier Barsalou-Duval.C\u2019est une réflexion qui est pertinente.Mais personnellement, je suis très attaché au nom du Bloc québécois.» Un an pour recréer le Bloc Le parti remet en question son programme, son image, et même son nom, en plus de devoir se choisir un nouveau chef Couleurs, paillettes, plumes, drapeaux arc-en-ciel.mais aussi politiciens étaient au rendez-vous dimanche lors du défilé de la Fierté à Montréal.Sous un soleil brûlant, des milliers de personnes ont envahi les rues de la métropole, défilant dans la joie et la bonne humeur.Cet événement annuel constitue aussi l\u2019occasion pour les chefs des partis fédéraux et provinciaux de se mêler au public et d\u2019annoncer leurs priorités pour soutenir la communauté LGBTQ.À LIRE EN PAGE A 3.RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Fierté colorée et politique à Montréal vez-vous déjà dessiné un alphabet ?À l\u2019âge scolaire, les enfants apprennent tout doucement, sous la supervision de leurs professeurs, à tracer leurs lettres sur du papier ligné.De tout temps, on leur a donné pour ce faire des modèles à imiter.Imperceptiblement, chaque génération reproduit un modèle sensiblement commun, si bien qu\u2019il est possible de reconnaître assez vite certaines époques par la simple graphie de certaines lettres.Oui, les formes des lettres nous disent quelque chose d\u2019une époque et de son rapport commun à l\u2019écriture.Cette magie de la lettre, avec ses pleins et ses déliés, certains en auront fait plus tard un vrai métier en embrassant la profession de typographe.Aujourd\u2019hui âgé de 81 ans, le réputé typographe Martin Dufour est toujours au travail dans son atelier où trône une grosse presse Washington de 1834.Au temps où il était élève à l\u2019École des beaux- arts de Montréal, il se souvient avoir appris à dessiner un alphabet de son cru.L\u2019exercice était obligatoire.«J\u2019ai fait deux années à l\u2019École des beaux-arts, avant d\u2019aller étudier à Sir George Williams, où on apprenait aussi cela.» Arthur Gladu, frère du critique d\u2019art Paul Gladu, féru de tradition germanique en imprimerie, lui enseigna la typographie, comme il le fit aussi pour le poète Roland Giguère.« J\u2019avais dessiné un alphabet complet », se souvient pour sa part le caricaturiste Serge Chapleau.« C\u2019était un faux 3D, très moderne, dont les lettres donnaient l\u2019impression de se soulever.J\u2019avais fait une affiche avec ça pour l\u2019Université de Montréal.» Chaque année, une portion des élèves des Beaux-Arts était ainsi appelée à dessiner sa propre police.« C\u2019était un anglophone qui nous enseignait ça.Je ne me souviens plus de son nom, mais je me souviens de la marque de sa voiture HISTOIRE DE POLICES Révolution technologique ou pas, la typographie n\u2019a pas cessé d\u2019être un outil de communication et de distinction.ISTOCK VOIR PAGE A 2: LETTRES SOCIÉTÉ Le code postal comme indicateur de votre santé A 5 ACTUALITÉS Baby-boom chez les rorquals bleus ?|A 8 A VOIR PAGE A 4 : BLOC LIRE AUSSI EN PAGE A 4 : «UNE REFONTE POURRA-T-ELLE SORTIR LE BLOC DE LA CRISE?» ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR// LE LUNDI 20 AOÛT 2018 À LA UNE CN Jean-François Lisée Chef Parti Québécois 17 SEPT.Manon Massé Porte-parole Québec solidaire 19 SEPT.Philippe Couillard Premier ministre du Québec Parti libéral du Québec 18 SEPT.François Legault Chef Coalition Avenir Québec 28 SEPT.Élections provinciales 2018 Assistez aux quatre tribunes électorales de la Chambre avec les chefs des principaux partis en vue du vote du 1er octobre.En collaboration avec : RÉSERVEZ VOTRE PLACE > ccmm.ca/elections2018 Une police à soi LETTRES SUITE DE LA PAGE A 1 et de la fille de la classe avec laquelle il sortait », dit Chapleau en riant.Tout l\u2019arsenal des connaissances en dessin et en typographie était alors mobilisé pour apprendre à dessiner au mieux cet outil de communication qu\u2019est l\u2019alphabet latin.Au Canada, les textes imprimés seront presque toujours portés par des caractères dessinés à l\u2019étranger.Quelques exceptions ici et là, bien sûr.Henri-Paul Bronsard avait par exemple dessiné les titres pour le quotidien Le Jour, se souvient Martin Dufour.« Mais ce n\u2019était pas toute la typographie du journal.» Puis ce cas à peu près unique : le caractère Cartier.Dessiné par Carl Dair en 1967, à l\u2019occasion du centenaire de la loi du parlement à Londres qui tient lieu d\u2019acte constitutionnel à l\u2019Amérique du Nord britannique, le Cartier va être passablement employé puis transposé pour l\u2019informatique.«Mais il y avait des problèmes avec le Cartier au début parce que cette police ne s\u2019adaptait pas dans ses différents styles », explique Martin Dufour.Les élans créatifs de ce type restent très rares.Plus récemment, on a créé au Canada la police Goluska, dessinée en l\u2019honneur du typographe Glenn Goluska, figure légendaire de la typographie qui œuvra longtemps à Montréal, où il est mort en 2011.C\u2019est au milieu des années 1960 que cesse l\u2019enseignement du dessin des polices de caractère à l\u2019École des beaux- arts, explique Serge Chapleau.« Le Le- traset a tué l\u2019apprentissage de la typographie.» Grâce à un transfert à sec d\u2019un caractère couché d\u2019abord sur une feuille transparente, il était soudain possible, sous le simple effet de la pression d\u2019un crayon, de reproduire une lettre sur n\u2019importe quel support.« Des caractères pour le Letraset, il en sortait sans arrêt », dit Martin Du- four.« Tous les textes composés pour les publicités étaient soudain très collés, sans considération pour la vraie dimension de la lettre.Ce fut comme une sorte de révolution.» Fondée à Londres en 1959, la compagnie Letraset développe son activité internationale au début des années 1960.Sa croissance est fulgurante.Ses transferts à sec deviennent très prisés par les créateurs graphiques.D\u2019impo- ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR L\u2019impact des changements climatiques sur la forêt boréale au nord de la province se fera en deux temps : d\u2019abord une accélération de la croissance des arbres, puis un déclin.C\u2019est ce que montre une nouvelle étude québécoise publiée le 10 août dans la revue scientifique Nature Communications.L\u2019accélération de la croissance sera nourrie par un réchauffement dans le nord de la forêt boréale, tandis que le sud (Abitibi, Lac-Saint-Jean, Gaspésie) souffrira d\u2019un manque d\u2019eau.«Le déclin dans le sud ne pourra pas toujours être compensé par une plus forte croissance dans le nord, résume Loïc D\u2019Orange- ville, premier auteur de l\u2019étude et chercheur postdoctoral à l\u2019UQAM.Globalement, le vent va tourner.» Jusqu\u2019à présent, les scientifiques savaient très mal comment les changements climatiques affecteront les principales essences de la forêt boréale (épinette noire, épinette blanche, sapin baumier, pin gris, mélèze, peuplier faux-tremble et bouleau blanc).La courte durée de la saison chaude est actuellement le facteur limitant de la croissance des arbres dans les régions les plus nordiques.Quand le mercure est trop bas, la photosynthèse s\u2019interrompt.De plus, le froid empêche que les sols s\u2019enrichissent.« Les éléments nutritifs dans le sol sont générés par des microorganismes dont l\u2019activité dépend directement de la température », explique M.D\u2019Orangeville.Ainsi, une hausse de la température stimulera la croissance des arbres dans le nord de la zone boréale.À l\u2019opposé, le manque d\u2019eau limitera la croissance dans le sud de la forêt boréale.Les modèles climatiques prévoient une diminution des précipitations au Québec, et les températures plus élevées amplifieront l\u2019évaporation de l\u2019eau au sol et dans les feuillages.« En Alberta, où le climat est beaucoup plus sec qu\u2019au Québec, on voit déjà davantage de mortalité dans les forêts », note M.D\u2019Orangeville.Des données uniques Les conclusions de l\u2019étude s\u2019appuient sur une impressionnante base de données : depuis une quarantaine d\u2019années, des techniciens du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (MFFP) arpentent la forêt boréale pour mesurer le diamètre des arbres, noter les caractéristiques des sols et prélever des échantillons cylindriques (des « carottes ») dans le tronc des arbres.Au fil des décennies, ils en ont extrait plus de 270 000.« C\u2019est une base de données des plus impressionnantes, comme on n\u2019en trouve nulle part ailleurs sur terre», remarque Loïc D\u2019Orangeville, qui indique que des chercheurs des quatre coins du globe veulent maintenant travailler avec la base de données québécoise.En mesurant l\u2019épaisseur des cernes sur chaque carotte, il est possible de déterminer la croissance annuelle de chaque arbre.Toutefois, cette analyse ne peut se faire à l\u2019œil nu.M.D\u2019Oran- geville et ses collègues au MFFP ont donc développé un programme qui procède automatiquement à l\u2019examen avec des photos des carottes.Ces résultats en main, ils ont ensuite mené une analyse statistique afin d\u2019isoler la contribution du climat dans la croissance de chacune des essences.L\u2019âge, la compétition avec le voisinage (qui peut priver l\u2019arbre de soleil ou de nutriments), le type de sol et le diamètre déterminent en grande partie la croissance annuelle d\u2019un arbre, alors que le climat ne compte que pour 10 % de l\u2019équation, explique celui qui deviendra bientôt professeur à l\u2019Université du Nouveau-Brunswick.Une fois les effets de la température et des précipitations isolés, les chercheurs ont extrapolé leurs observations à des scénarios climatiques futurs.Les changements climatiques entraîneront des conséquences secondaires que les estimations des chercheurs ne prennent pas en compte, comme l\u2019intensification des feux de forêt et des épidémies.De prochaines études pourraient s\u2019y attarder, pense M.D\u2019Orangeville.Chose certaine, le climat change beaucoup plus rapidement que la vitesse à laquelle les essences d\u2019arbres du sud \u2014 davantage adaptées à la chaleur \u2014 peuvent se propager vers le nord.« Selon une étude, il faudrait que les arbres montent dix fois plus vite vers le nord pour arriver à suivre la progression du réchauffement », remarque-t-il.CLIMAT La forêt boréale va croître, puis décliner sants catalogues qui s\u2019enrichissent sans arrêt permettent de choisir des caractères de tailles différentes, dans des styles très variés.La compagnie Letraset va propulser à sa façon les lettres de plusieurs typographes, comme celles des fondeurs Martin Wait, Tim Donaldson ou David Quay.Des produits semblables à celui développé par Letraset devinrent vite très populaires dans le monde des arts graphiques.« Tout le monde s\u2019en servait.Sur les gros billboards de Montréal, on a vu alors apparaître des affiches avec des erreurs typographiques énormes ! On n\u2019avait jamais vu d\u2019erreur de ce genre, par exemple des espacements qui n\u2019étaient pas bons.Auparavant, il y avait de gros messieurs qui savaient comment espacer parfaitement un i et un o, qui connaissaient la typographie.C\u2019était un art.» Un langage dans le langage Une police de caractères est un langage dans le langage.La lettre même, dans ses déliés, comme dans ses pleins, affirme une identité et une intensité du langage.Elle parle sans cesse de ses origines et de la sensibilité de son créateur, tout en évoquant autre chose par les mots qu\u2019elle compose.À sa façon, elle fait songer aux accents régionaux : on a beau parler de n\u2019importe quoi, avec l\u2019accent de son pays en bouche, on finit toujours par parler de lui.« Les lettres racontent quelque chose, dit Serge Chapleau.J\u2019adorais ça, la typographie.Les lettres avec serif [empattement], sans serif\u2026 Ah, le caractère Fu- tura ! Au temps du Bauhaus ! C\u2019est magnifique, le Futura ! La typographie, je tripais là-dessus\u2026 Et tout est devenu d\u2019un coup obsolète là-dedans.» Il n\u2019empêche que, révolution technologique ou pas, la typographie n\u2019a pas cessé d\u2019être un outil fondamental de communication et de distinction.Tous les films de Woody Allen utilisent par exemple la fonte Windsor.On l\u2019associe d\u2019emblée à une certaine idée de l\u2019Amérique, mais surtout désormais à Woody Allen lui-même.À la recommandation d\u2019un typographe, Allen n\u2019a pas quitté la police Windsor depuis la sortie du film Annie Hall en 1977.Comme bien d\u2019autres, Chapleau ira parfaire ses connaissances en matière de typographie à l\u2019École des arts graphiques.«On apprenait à utiliser une linotype.Notre professeur était bien fier de montrer qu\u2019on pouvait faire tenir tout le Notre Père sur un bloc de plomb minuscule», grâce à ce gros appareil à clavier qui actionnait une petite fonderie de caractères de plomb enchaînés les uns aux autres.« Toute une prière sur un seul bloc de plomb, c\u2019était une prouesse vraiment inutile et ridicule.Mais j\u2019aimais vraiment la typographie.» La courte durée de la saison chaude est actuellement le facteur limitant de la croissance des forêts dans les régions nordiques.CASEY HORNER UNSPLASH Rectificatifs Une erreur s\u2019est glissée dans le texte «Entre œuvres d\u2019art et usagers pressés, la galerie du métro», publié en page B 5 le vendredi 17 août 2018.Lorsqu\u2019il est question du «grand regret» de Robert Lapalme, il aurait fallu lire: «Et gare à l\u2019artiste qui le défiera avec une œuvre abstraite! C\u2019est pourtant l\u2019exploit que réussit Marcelle Ferron, également signataire du manifeste du Refus global.Son œuvre, une verrière non figurative installée à la station Champ-de-Mars, est un don du gouvernement du Québec.Le \u201cgrand regret\u201d de Robert Lapalme, nous explique Judith, c\u2019est qu\u2019au cœur du projet artistique du métro, une bisbille éclate: de nombreux artistes (dont plusieurs appartenant au mouvement automatiste) reprochent à Lapalme de privilégier des œuvres qui imposent un certain immobilisme et une réflexion.» Contrairement à ce que laissait entendre le texte «La troisième et ultime retraite de Jacques Rougeau», publié en une le samedi 18 août 2018, le lutteur Dynamite Kid n\u2019est pas décédé.Nos excuses.En Alberta, où le climat est beaucoup plus sec qu\u2019au Québec, on voit déjà davantage de mortalité dans les forêts LOÏC D\u2019ORANGEVILLE » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 20 AOÛT 2018 ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR Le défilé de Fierté Montréal, qui avait lieu dimanche après-midi au centre- ville de Montréal, a rassemblé des milliers de spectateurs, mais aussi des dizaines d\u2019élus de toutes allégeances politiques.La question des droits des personnes gaies, lesbiennes, bisexuelles, transgenres ou queers (LGBTQ) ailleurs dans le monde a été particulièrement mise en valeur lors de cette 34e édition de la marche.Kennedy Olango, un militant kenyan des droits LGBTQ ,avait été invité par les organisateurs.Au Kenya, les relations sexuelles entre hommes sont passibles de 14 ans de prison.«Je demande humblement au gouvernement canadien de nous aider, même si ça implique des pourparlers internationaux », implorait M.Olando lors d\u2019une allocution avant la marche.«Le courage avec lequel vous marchez aujourd\u2019hui est une inspiration, un rappel pour nous tous», lui répondait le premier ministre du Canada, Justin Trudeau.«C\u2019est touchant de voir M.Olango parmi nous», remarquait quant à lui le premier ministre du Québec, Philippe Couillard.«Ça nous fait réaliser comment ces droits-là sont précieux et fragiles, et qu\u2019il faut les défendre.» La présence de M.Olango aux festivités à Montréal l\u2019expose à une arrestation potentielle dès son retour chez lui.Son appel à une plus grande implication du Canada sur la scène internationale pour défendre les droits LGBTQ n\u2019est pas sans rappeler la récente confrontation politique entre le Canada et l\u2019Arabie saoudite, survenue après qu\u2019Ottawa eut fait des pressions pour que le royaume arabe libère la militante pour les droits des femmes Samar Badawi, sœur de Raïf Badawi.La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, avait alors déclaré que « le Canada défendra toujours les droits de la personne » à l\u2019international.Gratin québécois À quelques jours du déclenchement de la campagne électorale québécoise, des candidats de tous les partis jouaient du coude pour se faire voir à l\u2019avant du défilé.Rien n\u2019a nui à la bonne humeur, cependant, alors que les candidats riaient ensemble sans égard aux allégeances, et que Manon Massé, la co-porte-pa- role de Québec solidaire, dansait au son de la chanson YMCA.«On va bientôt embarquer dans des autobus avec des couleurs différentes, mais aujourd\u2019hui on est tous d\u2019accord sur une chose: tous les Québécois sont égaux», se réjouissait Philippe Couillard.Il y avait toutefois un absent notable.François Legault, chef de la Coalition avenir Québec, n\u2019était pas sur place, car il participait à des activités préélectorales en Abitibi et en Outaouais.Son parti était toutefois représenté par une dizaine de candidats au défilé, a fait valoir un porte-parole au Devoir.« C\u2019est sûr que M.Legault a moins de choses à dire [sur les enjeux LGBTQ], mais pour moi, c\u2019était indispensable d\u2019être ici », commentait Jean-François Lisée.Le chef du Parti québécois s\u2019est dit fier des contributions passées de son parti à cette cause, notamment la reconnaissance des conjoints de fait de même sexe, et entend continuer à la soutenir s\u2019il devient premier ministre.« Fierté Montréal est la plus grosse fête du genre dans toute la francophonie, et on en est très fiers », soulevait LGBTQ Une Fierté qui veut rayonner au-delà des frontières juste avant le défilé Valérie Plante.La mairesse de Montréal a aussi indiqué que la Ville allait soutenir Fierté Montréal dans sa candidature pour recevoir en 2023 le World Pride \u2014 un grand festival international mettant en valeur la diversité sexuelle et de genre.Comme Mme Plante, Justin Trudeau est lui aussi visiblement à l\u2019aise sur le terrain des enjeux LGBTQ.Celui dont le père a décriminalisé l\u2019homosexualité en 1969 a d\u2019ailleurs été chaleureusement accueilli par les organisateurs de l\u2019événement avant son discours.En novembre dernier, M.Trudeau avait présenté les excuses du gouvernement canadien envers les personnes qui ont été emprisonnées, qui n\u2019ont pu accéder à certains emplois ou qui ont été harcelées en raison de leur orientation sexuelle.En 2016, il avait défendu les droits des personnes LGBTQ devant ses homologues au Sommet de la Francophonie, à Madagascar.Parmi les 80 pays et territoires représentés à cette rencontre, une dizaine de pays africains interdisaient les relations sexuelles entre personnes de même sexe.Comme à chaque année, le défilé de Fierté Montréal a été l\u2019occasion pour la communauté LGBTQ de montrer les différentes facettes qui la composent, dans l\u2019extravagance et la bonne humeur.PHOTOS RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR GIUSEPPE VALIANTE LA PRESSE CANADIENNE Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, n\u2019a même pas essayé de dorer la pilule lorsqu\u2019il a rejeté l\u2019idée de la mairesse de Montréal de construire une nouvelle ligne de métro à Montréal.Valérie Plante a remporté les élections municipales de 2017 portée, en partie, par le projet de la « ligne rose », dont les stations prendraient le nom de femmes et de membres des minorités qui ont contribué à l\u2019essor de la ville.Le Parti libéral, le Parti québécois et Québec solidaire \u2014 les trois partis, contrairement à la CAQ , comptent des élus sur l\u2019île de Montréal \u2014 ont tous appuyé cette idée, même si certains ont reconnu que le projet demeurerait au stade embryonnaire Avec la CAQ au pouvoir, l\u2019île de Montréal pourrait perdre de son influence pendant de nombreuses années, si jamais il se réalise.Mais M.Legault et son parti, plutôt populaire dans les deux couronnes de Montréal, ont fait la fine bouche.« Nous avons conclu que ce n\u2019était pas une priorité », a-t-il déclaré lors du congrès du parti, en mai.Électorat cible La CAQ ne compte pas réellement sur les électeurs de l\u2019île de Montréal pour le porter au pouvoir, le 1er octobre.Même si le parti a des chances dans quelques circonscriptions montréa- laises, sa base véritable se situe à Québec et dans les régions.Montréal, le moteur économique de la province, figurera-t-elle en tête de liste des priorités d\u2019un gouvernement caquiste ?L\u2019île est un bastion libéral.Elle a eu du mal à attirer l\u2019attention du gouvernement lorsque le Parti québécois était au pouvoir, soutient un ancien maire de Westmount, Peter Trent.« J\u2019ai ressenti la différence, a déclaré M.Trent, qui a été maire de West- mount de 1991 à 2002 et de 2009 à l\u2019an dernier.Chaque fois que le PQ était au pouvoir, un vent froid soufflait.» Selon lui, les électeurs sont souvent mieux servis si leur élu est un membre du conseil des ministres.À l\u2019heure actuelle, la majorité des 27 circonscriptions de l\u2019île de Montréal est détenue par le Parti libéral.Plusieurs de ces élus siègent au conseil des ministres de Philippe Couillard.La partie ouest de l\u2019île ne compte pas moins de 11 ministres, dont Carlos Leitão (Robert-Baldwin), Pierre Arcand (Mont- Royal), Martin Coiteux (Nelligan), Geoffrey Kelley (Pointe-Claire) et Dominique François Legault On va bientôt embarquer dans des autobus avec des couleurs différentes, mais aujourd\u2019hui on est tous d\u2019accord sur une chose : tous les Québécois sont égaux PHILIPPE COUILLARD » Anglade (Saint-Henri\u2013 Sainte-Anne).Cette présence importante a sûrement eu une influence sur le projet du train léger sur rail (REM) lancé par la Caisse de dépôt et placement du Québec, dont le réseau traversera bon nombre de ces circonscriptions.De l\u2019aveu même de M.Kelley, « nous voulions nous assurer que les préoccupations dans l\u2019ouest de l\u2019île soient entendues ».Le programme de la CAQ en matière de transport est axé autour de la banlieue, ce qui coïncide, comme par hasard, avec son soutien politique.Le parti s\u2019engage à étendre le REM vers les couronnes du nord et du sud de Montréal et à prolonger ou à élargir certaines autoroutes.Pour ce qui est de Montréal, M.Le- gault s\u2019engage notamment à construire un tramway dans l\u2019est et à prolonger la ligne bleue. LEDEVOIR // LE LUNDI 20 AOÛT 2018 ACTUALITÉS A 4 Offre spéciale! Pro?tez d\u2019un rabais de 15 % à l\u2019achat de billets pour nos événements*.Achetez vos billets : > ccmm.ca/calendrier Cett e o?re se termine le 20 septembre.* Promotion exclusive aux membres de la Chambre.Une ère de renouveau au Bloc BLOC SUITE DE LA PAGE A 1 À partir de la mi-octobre \u2014 une fois les élections provinciales terminées \u2014, colloques régionaux et consultations en ligne seront organisés à travers le Québec pour rameuter les forces indépendantistes.Le chantier culminera par un congrès extraordinaire en janvier (aucune date n\u2019a encore été fixée) pour entériner les propositions.La course à la chefferie sera alors lancée pour se clore avec un scrutin les 8 et 9 mars.Les bloquistes en règle obtiendront un laissez-passer pour livrer leurs idées sur la nouvelle mouture du parti, mais les citoyens souhaitant se joindre à la refondation devront se procurer une carte particulière.La proposition n\u2019est toutefois pas passée comme lettre à la poste samedi, faisant sourciller une partie des délégués.Certains trouvent la démarche « suicidaire » à l\u2019approche des élections fédérales de 2019, craignant même la disparition du Bloc tel qu\u2019ils le connaissent.« On peut s\u2019améliorer, ajouter des annexes à une fondation à bâtir, mais je ne pense pas qu\u2019on doive se redéfinir en entier au risque de ne plus se retrouver », s\u2019inquiète le député de Terre- bonne, Michel Boudrias.Celui qui a réintégré les rangs du Bloc après le départ de Mme Ouellet a néanmoins appuyé le projet samedi, séduit par sa « souplesse ».Main tendue Les artisans de la refondation n\u2019ont pas caché leur volonté de ramener dans le giron de la formation les cinq députés dissidents formant désormais Québec debout.Dans la foulée des déchirements à propos de Martine Ouellet, sept des dix élus siégeant à Ottawa avaient claqué la porte.Depuis, deux ont fait marche arrière \u2014 M.Boudrias et le député de Mirabel, Simon Marcil.« Je veux leur retour, a lancé Mme Goyette-Gingras devant les militants.Je serais extrêmement heureuse de retrouver mes dix députés.» Aux yeux du nouveau président du E N B R E F Trudeau confirmé comme candidat libéral dans Papineau Sans surprise, Justin Trudeau a été investi dimanche comme candidat libéral de la circonscription montréalaise de Papineau en vue des élections fédérales 2019.Réélu en 2011 et en 2015, il représente cette forteresse libérale depuis 2008.Devant ses électeurs, le chef libéral a recommandé aux candidats à la députation de « suivre le modèle de Papineau », les exhortant à rencontrer les gens, frapper aux portes, poser les bonnes questions et écouter les réponses.« C\u2019est en rencontrant les parents [\u2026] que j\u2019ai compris les besoins des familles de la classe moyenne et de celles qui travaillent fort pour en faire partie, dit-il.C\u2019est en jasant avec les retraités [\u2026] que j\u2019ai saisi l\u2019importance de soutenir les aînés.[\u2026].» La Presse canadienne Nicolas Marceau se présente de nouveau dans Rousseau Accompagné d\u2019une dizaine de députés et de candidats péquistes, le chef Jean-François Lisée a assisté dimanche à l\u2019investiture de Nicolas Marceau dans la circonscription de Rousseau.La vice-chef Véronique Hi- von, de même que les députés Catherine Fournier, Sylvain Gaudreault, Alain Therrien, Mathieu Traversy et André Villeneuve étaient notamment présents.Nicolas Marceau, qui a eu une longue réflexion sur son avenir politique, a récemment confirmé qu\u2019il briguera un quatrième mandat.M.Marceau a été élu dans Rousseau en 2009, 2012 et 2014.Il a été ministre des Finances et de l\u2019Économie dans le gouvernement de Pauline Marois.La Presse canadienne Nouvelle-Écosse : des manifestants empêchent un rassemblement de l\u2019extrême droite HALIFAX \u2014 Des protestataires ont empêché dimanche des membres d\u2019une organisation de Calgary ayant des opinions controversées sur l\u2019immigration de manifester, pendant que la police surveillait les deux groupes.Cinq membres de l\u2019Alliance nationale des citoyens (ANC) ont tenté d\u2019organiser un rassemblement à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, mais ils ont rapidement été pris à parti par un groupe comptant de 60 à 80 contre-manifestants.Selon la police, les membres de l\u2019ANC ont quitté le secteur.Les contre-manifestants se sont dispersés peu de temps après.La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Plongé dans une crise politique sans précédent, le Bloc québécois a décidé de se lancer dans une vaste consultation pour refonder et réunifier le parti cet automne.Mais réussira-t-il à se remettre sur pied et à réunir les indépendantistes en partant ainsi sur de nouvelles bases ?Entrevue avec André Lamoureux, politologue et chargé de cours à l\u2019Université du Québec à Montréal.Propos recueillis par Annabelle Caillou.Une refonte pourra-t-elle sortir le Bloc de la crise ?parti, Yves Perron, le projet de refonda- tion est « un gros plus » pour les convaincre de rentrer au bercail.« J\u2019ai beaucoup d\u2019espoir qu\u2019on va finir par travailler ensemble dans le même parti », dit-il en entrevue avec Le Devoir, ajoutant que des discussions se poursuivent.Est-ce que la refondation a été évoquée lors de ces pourparlers?«Je ne veux pas trop embarquer là-dedans, mais le pouls était positif, répond M.Perron.On verra, mais la balle est dans leur camp.» Chez Québec debout, on observe «de loin, sans vouloir s\u2019immiscer», révèle le chef par intérim de la nouvelle formation, Rhéal Fortin.Si le Bloc a intégré dans sa refondation les «quatre mêmes grands objectifs que nous», le député de Rivière-du-Nord ferme pour l\u2019instant la porte à un retour des dissidents.«Au- jourd\u2019hui, la réponse est non.Mais éventuellement, Dieu seul le sait», conclut-il.Pour sa part, Gilles Duceppe espère que la proposition de réunification encouragera les députés à regagner les rangs de leur ancienne formation, puisqu\u2019ils auront désormais le « champ libre pour proposer de modifier le programme comme ils l\u2019entendent ».Unification Mario Beaulieu (l\u2019actuel chef par intérim) a cédé samedi ses fonctions de président du parti à Yves Perron, président de l\u2019association bloquiste dans Berthier-Maskinongé.M.Perron était la figure de proue du mouvement demandant le départ de Martine Ouellet.Gilbert Paquette, un fidèle de l\u2019ancienne chef ayant démissionné en juin, conserve son poste de vice-président.« C\u2019est un pas en avant dans la réunification du Bloc », avait réagi au micro Mario Beaulieu, provoquant une vague d\u2019applaudissements.D\u2019autres détracteurs de l\u2019ancienne chef ont aussi obtenu des postes au sein du Bureau national, sorte de conseil d\u2019administration du parti.Avec Annabelle Caillou et Alexis Riopel Q&R Le projet de réunification adopté samedi est-il suffisant pour sortir le Bloc québécois de la crise dans laquelle il est plongé depuis cet hiver ?Ça laisse de profondes blessures, de telles dissensions, et ça va être difficile de remonter la pente.La division est toujours bien présente entre le Bloc et les députés qui ont quitté le navire pour former Québec debout.À mon avis, plutôt que de partir dans des consultations régionales, ça aurait été plus cohérent de s\u2019asseoir et de discuter avec les députés dissidents pour penser une plateforme commune.C\u2019est ça la réunification.On a deux partis indépendantistes à Ottawa en ce moment et si chacun se présente de son côté aux prochaines élections, ça va juste diviser le vote \u2014 qui va être faible, dissipé, marginal pour les deux formations \u2014 et diviser aussi les militants qui vont finir par abandonner la cause.La crise a déjà grandement fragilisé le lien de confiance entre le parti et la population.Que doit faire le parti pour retrouver sa crédibilité aux yeux de ses militants et de l\u2019ensemble de la société ?Les électeurs ont besoin d\u2019un message fort et clair pour appuyer un parti.C\u2019est naïf de croire qu\u2019en se lançant dans une vaste consultation et des débats aux contours extrêmement flous, le parti va gagner l\u2019adhésion des Québécois.Le citoyen va se demander « il s\u2019en va où ce parti-là ?» Il faut se rappeler que le Bloc québécois a franchi des pas majeurs dans l\u2019histoire en se battant pour des projets importants, qui touchaient le quotidien des Québécois.Et il y a encore de multiples et immenses enjeux à défendre à Ottawa : la question de la légalisation du cannabis, l\u2019ALENA, la défense de la gestion de l\u2019offre, l\u2019immense dossier du chantier maritime de Lévis\u2026 C\u2019est en se battant pour ce type de dossiers, plutôt qu\u2019en se bornant à faire la promotion de l\u2019indépendance, que le Bloc retrouvera sa crédibilité et convaincra les Québécois de gagner ses rangs.Alors qu\u2019on approche à grands pas des élections fédérales de 2019, est-ce une bonne idée de chercher de nouvelles orientations pour le parti ?À un an des élections, on a un parti qui n\u2019a pas de chef et se cherche de nouvelles orientations: ça m\u2019apparaît fort risqué en fait comme pari et peut-être que c\u2019est simplement trop peu trop tard.On ne prépare pas une campagne électorale 10 mois d\u2019avance.Le parti veut lancer des consultations régionales et arriver avec un Congrès en janvier pour adopter \u2014 ou non \u2014 le nouveau projet de refondation.Et c\u2019est seulement après qu\u2019on va chercher un nouveau chef pour mars.C\u2019est oublier l\u2019importance d\u2019un chef de parti dans une telle campagne électorale.Ce n\u2019est pas pour rien qu\u2019on cherche quelqu\u2019un avec du charisme, capable d\u2019attirer les gens, de les séduire.Et tout ça ne se fait pas en quelques mois.Le principal, c'est le contenu, c'est de retrouver un programme de parti cohérent comme celui qu'on avait jusqu'à tant que les décisions de Martine Ouellet change la donne GILLES DUCEPPE » L\u2019ancien chef du Bloc québécois Gilles Duceppe MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR SOCIÉTÉ A 5 LEDEVOIR // LE LUNDI 20 AOÛT 2018 CAMILLE MARTEL LE DEVOIR L\u2019aménagement de nos villes a un impact à long terme sur notre santé.C\u2019est le postulat de base d\u2019une équipe de l\u2019Université de Montréal qui cherche à recruter pas moins de 10 000 personnes pour évaluer leur santé en fonction de leur code postal.« La façon dont nous nous déplaçons et participons à la vie quotidienne influe sur notre risque d\u2019avoir des problèmes de santé, comme les maladies cardiaques, le diabète et certains cancers», indique Yan Kestens, professeur au Département de médecine sociale et préventive l\u2019Université de Montréal.Selon lui, notre code postal est un « puissant indicateur de notre santé » et il entend le démontrer grâce au projet Interact, une recherche pancana- dienne qui étudie l\u2019impact des investissements en infrastructures sur la santé de la population.Quatre villes serviront de « laboratoires vivants » pour les prochaines années : Vancouver, Victoria, Saskatoon et Montréal.« Un nouveau corridor vert sera évalué à Vancouver, tandis qu\u2019à Victoria on veut regarder l\u2019impact d\u2019un réseau de pistes cyclables.À Saskatoon, les chercheurs vont s\u2019intéresser à l\u2019élaboration d\u2019un parcours d\u2019autobus rapide », énumère le professeur Kestens.À Montréal, l\u2019approche est différente, dit-il.«On veut évaluer l\u2019ensemble de la ville, car beaucoup de choses sont en cons tant changement dans la métropole : de nouvelles pistes cyclables, du nouveau mobilier urbain, des arbres, des passages piétonniers, des ruelles, etc.» 10 000 citoyens scientifiques Pour arriver à colliger toutes ces données, l\u2019équipe de Yan Kestens a besoin d\u2019un «gros échantillon» de personnes.«Nous serons en recrutement jusqu\u2019en octobre et ce qu\u2019on veut, c\u2019est recruter 10 000 personnes sur l\u2019île de Montréal, à Laval, à Longueuil et à Brossard.À ce jour, nous en avons déjà près de 1000, donc ça va bien», explique-t-il.Pour faciliter le recrutement, des avis ont été affichés sur les réseaux sociaux et des lettres ont été directement envoyées à des citoyens.«Nous sommes aussi en contact avec les arrondissements et avec des organisations com me Vélo Québec.» L\u2019objectif est de rejoindre des gens de « tous les milieux », notamment des Le code postal, indicateur de votre santé ?Quatre villes du Canada, dont Montréal, serviront de « laboratoires vivants » au cours des prochaines années CAMILLE MARTEL LE DEVOIR Habiter près d\u2019un parc peut encourager la pratique de l\u2019activité physique et, conséquemment, améliorer la santé physique.Mais qu\u2019en est-il de l\u2019impact sur la santé mentale ?Les espaces verts peuvent-ils vraiment apaiser les esprits anxieux ou dépressifs ?Mathieu Philibert et sa collègue Janie Houle, tous deux professeurs à l\u2019UQAM et respectivement géographe de la santé et psychologue communautaire, se penchent présentement sur la question.« Ce qu\u2019on veut, c\u2019est documenter comment l\u2019exposition aux espaces verts influe sur la santé mentale et le bien-être », indique Mathieu Philibert.La collecte de données a eu lieu au début de l\u2019été à l\u2019aide d\u2019un questionnaire en ligne.Des résidents de toutes les villes de 10 000 habitants et plus au Québec ont été sondés : « Au final, nous avons eu environ 2000 participants.C\u2019est intéressant parce qu\u2019on sait que 80 % de la population québécoise demeure en ville », dit-il.Quatre mesures ont été évaluées : les symptômes anxieux, les symptômes dépressifs, le bien-être hédonique (le plaisir) et le bien-être eudémonique (donner un sens à sa vie).Pour mener leur étude, les chercheurs ont dû passer au peigne fin le couvert végétal du Québec urbain : « Cartographier l\u2019ensemble des parcs et de la canopée dans les villes québécoises n\u2019avait encore jamais été fait », explique Mathieu Philibert.« En plus des parcs, nous avons mesuré le couvert végétal des quartiers, donc nous allons associer les réponses des gens avec leur code postal », ajoute-t-il.L\u2019hypothèse de départ des chercheurs était qu\u2019une plus grande exposition aux espaces verts serait associée à une moins grande prévalence de l\u2019anxiété et de la dépression.Bien que les données n\u2019aient pas encore été analysées, une tendance se dégage déjà.« La fréquentation des parcs semble aller de pair avec moins de symptômes dépressifs », note M.Philibert.Mais comment expliquer le fait que la nature adoucit l\u2019esprit ?« C\u2019est peut- être parce que ça fait appel à un besoin naturel, c\u2019est-à-dire celui d\u2019être proche de la nature.Mais dans les faits, des études ont démontré que les espaces verts avaient un éventail d\u2019effets bénéfiques pour la santé en général.» L\u2019étude est pionnière au Québec, puisque la plupart des études sur la santé et l\u2019environnement urbain portent sur la condition physique : « Notre étude est particulière parce qu\u2019elle cible vraiment les espaces verts.D\u2019autres études au Québec ont évalué la santé mentale selon le quartier dans lequel on habite, mais pas nécessairement l\u2019impact de la proximité d\u2019un parc ou du nombre d\u2019arbres dans la rue.» Toutefois, l\u2019équipe de chercheurs veut savoir si c\u2019est l\u2019activité physique, favorisée par la proximité d\u2019un parc, qui a un effet protecteur pour la santé mentale.« Il y a aussi tout l\u2019aspect de la socialisation.Les gens qui sortent dans les parcs sont beaucoup moins isolés, et une plus faible exposition aux espaces verts pourrait augmenter le stress de certaines personnes, selon des études.» Le reste des données sera attentivement décortiqué dans les prochains mois et celles-ci seront classées par ville, mais aussi par profil socio-économique : « On veut aussi voir si le phénomène se manifeste de la même fa ç o n ch e z l e s h o m m e s e t l e s femmes », précise Mathieu Philibert, qui aimerait que son étude fasse en sorte de mieux aiguiller les décideurs publics.« On a des partenariats avec des acteurs du milieu municipal, donc c\u2019est sûr que ce sera très important de partager nos résultats.C\u2019est important de faire la démonstration de ces choses- là, sinon on navigue dans le vide quand on prend des décisions.» Une deuxième vague de collecte de données sera lancée prochainement.L\u2019équipe de recherche compte ainsi aller chercher « de 2000 à 3000 participants de plus », afin d\u2019affiner ses données.« C\u2019est sûr que si tout le Québec participait, je serais bien content », lance à la blague Mathieu Philibert.Les données récoltées seront aussi comparées avec celles de l\u2019Institut national de santé publique sur les troubles de l\u2019humeur.Les parcs, pour s\u2019aérer l\u2019esprit Une étude menée par deux chercheurs de l\u2019UQAM s\u2019intéresse aux bienfaits des espaces verts sur le bien-être des citoyens en milieu urbain La fréquentation des parcs réduirait la prévalence de l\u2019anxiété et de la dépression chez les citoyens urbains ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR À Montréal, les chercheurs veulent évaluer l\u2019ensemble de la ville, car beaucoup de choses y sont en cons tant chan - gement : des nouvelles pistes cyclables, du nouveau mobilier urbain, des arbres, des passages piétonniers, des ruelles\u2026 JACQUES NADEAU LE DEVOIR personnes défavorisées et des personnes âgées.« C\u2019est important pour nous parce que nous voulons aussi recruter des gens qui ne sortent pas souvent pour avoir un portrait plus près de la réalité », fait valoir le professeur.Ceux qui veulent devenir des «citoyens scientifiques» disposent de trois options de participation.«Ils peuvent simplement remplir un ques tionnaire en ligne, télécharger une application sur leur téléphone intelligent ou bien se prêter au jeu en portant un appareil spécial.» Remplir le formulaire prend environ une heure, tandis que l\u2019application enregistre des données pendant 30 jours, comme la position GPS et l\u2019accéléromètre, c\u2019est-à-dire vos déplacements quotidiens à pied.L\u2019appareil spécial, comparable à un téléavertisseur, enregistre la dépense énergétique en plus des autres données recensées par l\u2019application.« Les développements technologiques récents nous permettent de récolter des données individuelles précises », explique Yan Kestens.Une fois les 10 000 participants recrutés, l\u2019équipe de recherche de Yan Kestens compte interroger les participants de nouveau tous les deux ans, et ce, jusqu\u2019en 2021.« On aimerait voir les effets potentiels liés à l\u2019embourgeoisement.Par exemple, on veut voir si les investissements en infrastructure forcent les gens pauvres à déménager », précise le professeur Kestens.Les personnes intéressées peuvent se rendre sur le site Internet d\u2019Interact (equipeinteract.ca/montreal) pour participer à l\u2019étude.Montréal, une ville à la santé « inégale » La Direction régionale de santé publique recense depuis le début des années 1990 des données sur l\u2019espérance de vie à Montréal.Les statistiques varient beaucoup selon les quartiers, comme le montrent celles recueillies entre 2010-2014.Espérance de vie la plus courte : Hochelaga-Maisonneuve: 76,1 ans Pointe-Saint-Charles : 76,8 ans Montréal-Centre-Sud: 77,7 ans Espérance de vie la plus longue : Parc-Extension: 88,1 ans Côte-des-Neiges: 86,8 ans Mont-Royal : 86,4 ans SANTÉ URBAINE eprenant à notre compte une célèbre formule associée aux élections, si la tendance se maintient\u2026 se présenteront au scrutin du 1er octobre prochain presque autant de femmes que d\u2019hommes, un sommet inégalé dans l\u2019histoire politique québécoise.En date de dimanche, les dernières données de la Vigie parité menée par Le Devoir depuis le 8 mars montrent en effet que 45,7 % de candidates défendront les couleurs des quatre principaux partis dans la joute électorale qui commence jeudi.En nombre absolu, c\u2019est un record de tous les temps, et ce, même si toutes les places ne sont pas encore pourvues.Partis politiques, chapeau ! Mettant fin à des décennies d\u2019une culture de recrutement plus portée vers les hommes que les femmes, vous êtes passés de la parole au geste.De tous les obstacles recensés pour expliquer la stagnation qui colore la présence des femmes en politique, c\u2019est le recrutement effectué à la base par les formations qui fut de tout temps considéré comme le maillon le plus faible.Ceci entraînant cela, comment assurer une députation comprenant au moins 40 % de femmes, un pourcentage associé à la zone paritaire, quand dans les faits les partis peinaient lors des derniers tours à présenter au plus 170 femmes sur un bassin de 500 candidats ?Le bond franchi cette année est de l\u2019ordre de l\u2019avancée spectaculaire.En effet, 78 ans après l\u2019obtention du droit de vote pour les femmes, une société qui n\u2019arrive même pas à faire élire un tiers de femmes à l\u2019Assemblée nationale, et qui recule et stagne depuis 15 ans plutôt que d\u2019avancer, ne peut que s\u2019inquiéter.Les débats des deux dernières années sur la question cruciale de la sous-représentation des femmes en politique expliquent sûrement une part du tout récent déblocage.Les partis politiques ont saisi qu\u2019est révolue cette époque où l\u2019on pouvait invoquer le bassin de recrutement pas assez généreux : les femmes sont plus éduquées que jamais \u2014 et que les hommes ! \u2014 et elles abondent dans les sphères menant traditionnellement vers la politique.Ne leur restait qu\u2019à effectuer leur propre changement de culture.En outre, partout sur la planète, la tendance est aux gains des femmes en politique.Début juillet, Souad Abderrahim devenait la première femme à occuper la mairie de Tunis, une victoire symbolique dans un pays où les luttes féministes se mènent dans un environnement islamique réputé conservateur.Aux États-Unis, où le président américain, Donald Trump, multiplie les salves et les grossièretés à l\u2019endroit des femmes en général et de certaines en particulier, la course aux prochaines élections montre qu\u2019un nombre record de femmes ont remporté les primaires, plus spécifiquement dans le camp des démocrates.Cela pourrait changer le paysage de la prochaine course présidentielle.Pour chaque petite victoire, certains reculs agissent toutefois comme des appels à l\u2019éternelle vigilance.En Ontario, le premier ministre conservateur, Doug Ford, a nommé 7 femmes sur son conseil de 21 ministres (33 %), alors que sa prédécesseure libérale, Kathleen Wynne, en comptait 13 sur un conseil de 29 personnes (45 %).Rien n\u2019est gagné.Au Québec, le test de la parité au sein des mises en candidature semble réussi.Nous espérons maintenant que le prochain gouvernement du Québec adoptera le principe de la parité véritable au moment de constituer son Conseil des ministres, ainsi que s\u2019y sont engagés QS, la CAQ et le PQ.Cela est plus que réaliste : en son temps, le premier ministre Jean Charest avait la parité parfaite dans son cercle des ministres.Alors, et alors seulement, commencera l\u2019ultime examen de la parité : que la présence des femmes à l\u2019Assemblée nationale se traduise par des changements dans les politiques publiques en faveur de l\u2019intégration et de l\u2019équité, et ce, par pur respect d\u2019une société diversifiée comptant\u2026 50,6 % de femmes.Les chantiers où les retards s\u2019accumulent sont nombreux : qu\u2019on pense aux dernières données de l\u2019ISQ sur l\u2019équité salariale révélant qu\u2019à profession égale, même dans les métiers et professions traditionnellement féminins, et malgré le fait qu\u2019elles sont plus scolarisées, les femmes empochent un revenu nettement inférieur à celui des hommes.Pour qu\u2019elle ne soit pas que façade, la parité parlementaire devra aussi s\u2019arrimer à une parité dans les fonctions (leader, présidence de commissions, etc.).Elle devrait s\u2019accompagner d\u2019un changement dans la culture politique, plus sensible aux questions de discrimination et de harcèlement, et de conciliation travail-famille.C\u2019est la toute première première ministre du Québec, Pauline Marois, qui appelait récemment à un « basculement » en matière de partage du pouvoir politique, espérant voir autant de femmes que d\u2019hommes diriger le Québec.À trois jours du déclenchement des élections, tous les espoirs sont permis.LEDEVOIR // LE LUNDI 20 AOÛT 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Bernard Saulnier Ingénieur retraité (Institut de recherche d\u2019Hydro-Québec 1978-2006) Réplique à la proposition de MM.Allaire et Nadeau, de l\u2019IGOPP (Le Devoir, 16 août 2018, p.A 7) Votre proposition de gouvernance des investissements en éolien con - cernant le projet Apuiat me semble avoir évacué le fait que, depuis plus de 20ans, le gouvernement du Québec a fait du déploiement de la filière éolienne au Québec un cas de diversification énergétique d\u2019intérêt collectif, ce qui a justifié d\u2019intégrer son déploiement au processus annuel de tarification de l\u2019électricité sous audiences de la Régie de l\u2019énergie.Le déploiement de la filière éolienne au Québec a ainsi été entièrement financé par les abonnés d\u2019Hy- dro-Québec depuis 20ans.Le mécanisme que vous proposez mesemble également préjudiciable à l\u2019évolution du réseau électrique du Québec, compte tenu des acquis de la filière éolienne au Québec telle qu\u2019on peut en apprécier une analyse réalisée par Hydro-Québec en mai 2016 à la demande du gouvernement du Québec (voir Rapport IREQ-2016-0059) Selon l\u2019esprit de la proposition comptable que vous faites dans la section Idées du Devoir, édition du 16 août, si HQ devait tenter de priver le gouvernement de dividendes en raison du coût d\u2019achat de la production d\u2019Apuiat par sa division Production, les abonnés d\u2019Hydro- Québec pourraient tout aussi légitimement exiger qu\u2019HQ-Produc- tion remette au Distributeur les bénéfices annuels de la rente éolienne qu\u2019il capte depuis plusieurs années sur ses exportations grâce à la commercialisation de stocks hydrauliques rendus disponibles précisément par la contribution de l\u2019éolien aux approvisionnements annuels du marché intérieur que le Producteur n\u2019a désormais plus à assurer.Et les montants annuels de la ristourne tarifaire aux abonnés ne sont pas négligeables\u2026 Le Rapport annuel HQ 2017 (RAHQ2017), p.79 de 94, indique que 3508MW de capacité éolienne était en service au Québec en 2016.L\u2019éolien a ainsi livré au moins 10 TWh d\u2019électricité à Hydro-Québec Distribution pour alimenter une partie des besoins du marché intérieur du Québec en 2016.Un volume de stocks hydrauliques équivalent, correspondant précisément à ces 10 TWh éoliens, a ainsi été conservé dans les réservoirs d\u2019Hydro-Québec Production en 2016, conférant au Producteur un potentiel de ventes d\u2019électricité supplémentaire sur les marchés voisins en 2016 (marché de gros, ou marché spot) dont il s\u2019est prévalu.On peut donc considérer en première approximation que 10 TWh du total de 34,4 TWh de ventes nettes à l\u2019exportation du Producteur en 2016, loin de constituer la part des anges, représente bel et bien la part «éolienne» des volumes exportations du producteur, cela correspondant à la réalité physique même de la nouvelle dynamique des mouvements d\u2019énergie dans le système électrique du Québec depuis l\u2019entrée en service de l\u2019éolien au Québec depuis 15 ans.Le bénéfice net déclaré par le Producteur sur son volume total d\u2019exportations en 2016 a été de 2,28 ¢/kWh (RAHQ , p.31 de 94), ce qui permet d\u2019évaluer qu\u2019au moins 200millions des 780millions de bénéfice net déclaré par le Producteur pour ses activités d\u2019exportations en 2016, sont directement tributaires- assimilables aux 10 TWh d\u2019approvisionnements en électricité éolienne livrés en 2016 sur le marché intérieur du Québec par HQ-Distribu- tion.Il me semble qu\u2019une bonne partie de ces 200 millions de bénéfices déclarés du Producteur devraient, en toute équité tarifaire, revenir entièrement aux abonnés d\u2019Hydro-Québec qui financent bon an mal an toute la production éolienne au Québec \u2014 et ne l\u2019oublions pas tous les investissements d\u2019Hy- dro-Québec dans le système électrique du Québec également \u2014 par la tarification de l\u2019électricité, placée sous la juridiction de la Régie.Le hic, c\u2019est que les pouvoirs d\u2019examen que prévoyait la Loi constitutive de la Régie de l\u2019énergie sur les activités du Producteur ont été biffés de la Loi il y a 20 ans (par l\u2019adoption, au bâillon, de la loi 116 de juin 2000).Je pense pour ma part que la solution de gouvernance la plus directe exige de redonner sans délai à la Régie de l\u2019énergie tous les pouvoirs d\u2019examen dont elle a besoin pour faire équitablement et efficacement le travail de réglementation que les citoyens attendent d\u2019elle.Une Régie avec de vraies «dents» demeure encore la première garantie d\u2019une gouvernance équitable et efficace des investissements du secteur de l\u2019électricité au Québec en 2018.Quel parti aura le courage et la volonté politiques de s\u2019engager officiellement à respecter l\u2019esprit du pacte social qui a présidé à l\u2019électrification du Québec au milieu du siècle dernier ?Politique repoussoir Une soirée politique axée sur la génération des 18-35 ans donnait récemment l\u2019occasion aux quatre chefs de partis de réclamer l\u2019implication des jeunes en politique.Mais faire en sorte que les jeunes s\u2019impliquent en politique demande que l\u2019image de la politique et des politiciens soit remise à neuf et offre un vernis de respectabilité qui rejoigne leurs idéaux.Pour la jeunesse, refaire le monde est un objectif noble et sincère qui n\u2019accepte ni le mensonge ni l\u2019opportunisme.Le cirque politique et ses contraintes en rebuteront aussi plus d\u2019un.Et le peu de place et d\u2019influence réelles qui leur seront accordées à l\u2019intérieur de partis menés de mains de fer par des mentors plus âgés fera le reste.Pierre Deschênes Montréal, le 18 août 2018 Et si la Régie retrouvait son pouvoir sur HQ Production ?LIBRE OPINION LETTRES PARITÉ À L\u2019ASSEMBLÉE NATIONALE Vers une avancée spectaculaire R ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu MARIE-ANDRÉE CHOUINARD vre de l\u2019éolien, on a invoqué la nécessité de diversifier les sources d\u2019énergie.Diversifier pourquoi?Rien ne le justifiait.Au royaume de l\u2019hydro-électricité, il était inutile de recourir à d\u2019autres sources d\u2019énergie.Dehors le nucléaire comme on l\u2019a fait avec Gentilly, pas de centrales au gaz ni au charbon.L\u2019éolien oui, mais pour des communautés très isolées, loin des lignes de transport, ou pour des mines du Grand Nord, par exemple.Un des endroits où des éoliennes auraient été pleinement utiles, c\u2019est aux îles de la Madeleine: l\u2019archipel n\u2019est pas desservi par le réseau conventionnel et, c\u2019est bien connu, le vent y est constant toute l\u2019année.Or, une vieille éolienne rouille dans le décor, et ce sera, semble-t-il, le dernier endroit où on en érigera deux nouvelles sous peu.En matière d\u2019énergie, il faut prioriser les options.D\u2019abord, l\u2019économie.L\u2019énergie non produite et non consommée restera toujours la moins chère et la plus écologique.Ensuite, l\u2019hydro-électricité si la ressource eau est disponible: sécuritaire et propre, la moins dommageable à l\u2019environnement.C\u2019est le cas au Québec.Ensuite, le solaire et l\u2019éolien, ou les deux, selon le contexte climatique.Ultimement, les énergies fossiles et le nucléaire.En ayant recours à l\u2019éolien, le Québec a fait fausse route sur toute la ligne, tant du point de vue proprement énergétique, environnemental que social.Bruno Landry Sherbrooke, le 18 août 2018 vant, troublant, incompréhensible.J\u2019ose croire que cela ne reflète pas une indifférence significative d\u2019une proportion importante de nos jeunes, car je compte sur eux pour brasser la cage de tous ceux d\u2019entre nous qui avons la tête dans le sable afin d\u2019exiger de nos politiciens du courage! Hélène Dumais Longueuil, le 18 août 2018 Les jeunes et l\u2019environnement Si l\u2019on se fie à l\u2019article de Guillaume Bourgault-Côté, paru dans Le Devoir du samedi 18 août, faisant état de l\u2019échange entre les quatre chefs des principaux partis politiques du Québec, il semble que les jeunes présents à cet événement organisé par l\u2019INM n\u2019ont pas exprimé d\u2019inquiétude particulière face aux défis environnementaux gigantesques auxquels nous faisons face; déce- Le fiasco de l\u2019éolien Avec le projet parrainé par les In- nus de la Côte-Nord, le dossier de l\u2019éolien refait surface.Il est malheureux que les Innus se retrouvent désormais en plein cœur d\u2019une controverse.Lancée sans grande réflexion et sans véritable analyse quant à sa pertinence chez nous, la filière éolienne n\u2019aurait jamais dû y voir le jour.Notamment dans le sud du territoire, comme c\u2019est le cas.Allez rencontrer les citoyens qui ont des moulins à vent plantés à quelques centaines de mètres derrière leur maison, et vous verrez que l\u2019accueil est loin d\u2019être positif.Le dossier de l\u2019éolien est un fiasco sur toute la ligne.Financier d\u2019abord: il va nous coûter des milliards à terme, comme on le sait avec certitude depuis le rapport de la Vérificatrice générale.Social ensuite: on a érigé ces structures dans les régions habitées, le plus souvent au mépris des citoyens.Sauf de rares exceptions, les retombées économiques sont insignifiantes et les emplois directs rares.À l\u2019origine de la mise en œu- A 7 Trois grands enjeux devraient être abordés durant la campagne, à savoir la protection de l\u2019environnement, une attitude résolue à l\u2019endroit de la criminalité fiscale et un apaisement de la question identitaire.JACQUES NADEAU LE DEVOIR IDÉES LEDEVOIR // LE LUNDI 20 AOÛT 2018 Directeur de l\u2019information par intérim Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Guy Bourgeault Montréal Le Rapport sur les 300 prêtres pédophiles de Philadelphie et leurs victimes ramène une fois encore dans l\u2019actualité une crise de l\u2019Église catho- l iqu e qui ne s emble pas vou loir s\u2019éteindre.Car il y a bien une spécificité catholique des pratiques dénoncées : pratiques de sévices sexuels sur des mineurs par des prêtres, pratiques de « couverture » de ces agissements par les autorités ecclésiastiques.On a mis en cause, tentant de comprendre ce qui s\u2019est passé, le célibat imposé aux prêtres catholiques.Soit.Mais si on peut alors s\u2019attendre à ce qu\u2019il y ait, malgré l\u2019interdit, des rapports sexuels entre adultes consentants \u2014 hétérosexuels ou homosexuels \u2014, ceux qui sont de l\u2019ordre de la pédophilie demeurent à tout le moins étonnants, surtout si on considère leur fréquence.Au point qu\u2019ils ont pu être parfois des pratiques courantes, en tout cas régulières et traversant les années.D\u2019aucuns ont évoqué une vraisemblable immaturité psychosexuelle de prêtres et de religieux entrés trop jeunes dans des séminaires ou autres institutions semblables.Je laisserai les psychologues en juger s\u2019ils pensent devoir le faire.Les propos que je présenterai sont, oserai-je écrire, d\u2019ordre théologique en même temps que sociopolitique.D\u2019ordre théologique : le péché d\u2019impureté, comme j\u2019ai appris dans le petit catéchisme de mon enfance \u2014 et ce péché couvrait un large spectre de gestes et de comportements \u2014, était d\u2019abord une offense à Dieu.À un Dieu qui voit tout, sait tout, etc., et qui est infiniment juste et sévère, mais aussi infiniment bon et qui pardonne tout.Le pécheur n\u2019a qu\u2019à se confesser pour que son âme retrouve sa blancheur, celle de ce savon qui rendait le blanc plus blanc que blanc! Sans doute fallait-il avoir le ferme propos de ne pas recommencer, mais puisque Dieu était infiniment bon\u2026 Je pense qu\u2019on n\u2019a pas mesuré encore l\u2019horreur des tragédies causées, au cours de siècles de son existence, par le confessionnal \u2014 qui, en outre, permettait au confesseur d\u2019entrer Prêtres pédophiles : la justice du confessionnal Simon Langlois Sociologue, professeur émérite de l\u2019Université Laval La presse et les médias constituent le quatrième pouvoir, mais il existe aussi un cinquième pouvoir qui a gagné en importance : le pouvoir social, déjà diagnostiqué par Tocqueville.Le pouvoir social traduit l\u2019émergence d\u2019une opinion dominante susceptible de faire plier les pouvoirs institutionnalisés, notamment le pouvoir politique.Cette opinion dominante émerge de la base et elle se diffuse dans des réseaux sociaux en s\u2019appuyant sur des normes nouvelles ou reconnues désormais comme légitimes.Déclin de l\u2019autorité Le pouvoir social a bénéficié du déclin des formes traditionnelles d\u2019autorité.Déclin, mais non disparition, faut-il le préciser.Nos sociétés démocratiques sont en effet caractérisées par l\u2019affaiblissement des pouvoirs dominants de l\u2019État, des Églises, du père, des patrons, de la police, des propriétaires, des hommes.Les autorités établies doivent désormais composer avec une nouvelle forme de pouvoir qui vient de la base.Les lois du travail, les chartes des droits de la personne, l\u2019avènement du syndicalisme, les lois en faveur de l\u2019équité en matière d\u2019orientations sexuelles ou de rémunérations, mais aussi les avancées de la scolarisation, notamment pour les femmes, et les acquis du développement économique (enrichissement collectif et individuel) ont élargi les espaces de liberté des individus dont les marges de manœuvre se sont accrues.Des actrices d\u2019Hollywood ont fait tomber Harvey Weinstein qui régnait jusqu\u2019alors en maître dans le milieu du cinéma américain.La même chose est arrivée à Gilbert Rozon.La dénonciation de leurs agissements a créé une vague de désapprobation diffusée dans le grand public et sur les réseaux sociaux.Ces dénonciations s\u2019appuient sur des normes qui se sont imposées au fil des années.Ces deux cas renvoient à l\u2019égalité entre les sexes, devenue incompatible avec les effets de la domination masculine.Le pouvoir s\u2019est déplacé du haut vers le bas et le pouvoir social, celui de l\u2019opinion publique, les a emportés.Priorité à l\u2019opinion d\u2019autrui Si les autorités institutionnalisées perdent une part de leur influence, où trouver alors les orientations normatives pour l\u2019action ?Dans l\u2019opinion d\u2019autrui, répond Tocqueville : « Il n\u2019y a pas de si grand philosophe dans le monde qui ne croie un million de choses sur la foi d\u2019autrui » (De la démocratie en Amérique, II, p.433).Il nous est impossible de nous informer sur tout, de tout connaître, et il faut nous fier aux médias, à nos parents, à nos réseaux sociaux, aux livres, à nos amis, à nos maîtres d\u2019école pour répondre à nos questions.Tocqueville ajoute : «\u2026 c\u2019est de plus en plus l\u2019opinion qui mène le monde.» Cette opinion constitue un pouvoir social.Les médias sociaux contribuent à faire du pouvoir social un cinquième pouvoir, maintenant aussi efficace que les quatre autres.Internet lui a en effet donné une forme organisée.Les gens qui sont dans la même situation (âge, classe sociale, groupe ethnoculturel, etc.) trouvent dans leurs réseaux des opinions et même des faits douteux en accord avec ce qu\u2019ils pensent déjà.Par ses tweets, le président Trump a innové en s\u2019adressant directement à sa base.L\u2019expression fake news lui a donné un énorme pouvoir symbolique, car elle a pour effet de discréditer les savoirs fondés et avérés.Il joue la carte du pouvoir social contre le pouvoir de la presse.La crainte de Tocqueville se confirme : l\u2019opinion règne en maître.Pouvoir social et minorités Grâce au pouvoir social, les minorités parviennent aussi à renverser un état de fait qui les désavantageait.Les Autochtones ont été victimes d\u2019exclusion.Leur mobilisation, la scolarisation d\u2019une nouvelle élite et les droits reconnus par les cours de justice ont favorisé l\u2019émergence de nouvelles opinions sur les Premières Nations, d\u2019un nouveau pouvoir social obligeant les pouvoirs établis à changer leur approche.Le pouvoir social contemporain vient en appui aux revendications des Autochtones ou des diverses minorités.Lorsque des artistes noirs ont vigoureusement dénoncé la sous-repré- sentation des gens de couleur dans le spectacle SL?V, en juillet dernier, ils ont fait autorité, ils ont emporté l\u2019adhésion de plusieurs et ils ont paralysé l\u2019action des organisateurs, qui ont annulé le spectacle.Le pouvoir social a eu raison aussi de la pièce Kanata, bien que ses créateurs, Robert Lepage, Michel Nadeau et Ariane Mnouchkine, aient fait preuve d\u2019une grande sensibilité au regard du point de vue autochtone dans leur création.L\u2019action des coproducteurs soutenant financièrement le projet a été paralysée par appréhension du pouvoir social et le spectacle annulé.Bien des gens ont dénoncé ces annulations au nom de la liberté des créateurs.Mais la norme reconnaissant les dominés d\u2019autrefois ainsi que la mauvaise conscience l\u2019ont emporté devant la norme de la liberté de l\u2019artiste.Dans les années 1960, le pouvoir social avait dénoncé l\u2019interdiction par les autorités d\u2019un spectacle africain à la Place des Arts sous prétexte qu\u2019on y voyait des seins dénudés.« Quand ça bouge, c\u2019est obscène », avaient statué les censeurs, provoquant une risée dans l\u2019opinion publique.La liberté des artistes l\u2019avait alors emporté, mais non plus en 2018.Le pouvoir social peut apporter des changements jugés positifs.Ce fut le cas pour l\u2019homosexualité.Mais le pouvoir social est aussi porteur d\u2019effets potentiels inattendus, allant jusqu\u2019à ce que Tocqueville avait nommé la « tyrannie de la minorité ».Comme quoi les bonnes intentions doivent aussi composer avec les conséquences malheureuses qu\u2019elles génèrent de temps à autre, comme l\u2019entrave à la liberté de création.Le cinquième pouvoir et la liberté des créateurs Robert Bernier Physicien, Mirabel Je suis un simple citoyen qui veut voir dans la campagne électorale qui s\u2019amorce une occasion de relancer le Québec sur une bonne voie.Trois grands enjeux : un tournant essentiel pour la protection de l\u2019environnement, une attitude résolue à l\u2019endroit de la criminalité fiscale et un apaisement de la question identitaire.Trois enjeux de l\u2019issue desquels dépendent nombre d\u2019autres.Réglons d\u2019abord la question du référendum.Je remercie M.Lisée d\u2019avoir « mis sa tête sur le billot » en déclarant qu\u2019il n\u2019y aurait pas de référendum dans un premier mandat du PQ.Ce faisant, M.Lisée a dégagé un espace de délibération vital en retirant l\u2019enjeu du référendum du jeu de cartes que M.Couillard se plaisait à manipuler.Et les trois thèmes que j\u2019ai présentés d\u2019entrée de jeu sont d\u2019importance suffisante pour que l\u2019on permette aux Québécois de se prononcer sur eux, évitant ainsi un autre de ces détournements d\u2019élections dont le PLQ a eu la manie depuis Jean Charest.Sur la question de l\u2019environnement, le Québec se gargarise depuis trop longtemps, mais n\u2019a pratiquement aucune réalisation concrète à son actif.Or, l\u2019on sait que la question du changement climatique revêt une importance capitale pour notre avenir : santé, finances publiques et paix sociale.Et que nous devons garder nos gouvernements à l\u2019œil.Il a fallu qu\u2019Alexandre Shields du journal Le Devoir talonne le ministre Moreau pour que celui-ci finisse par garantir que son « gouvernement interdira les forages pétroliers et gaziers dans les cours d\u2019eau du Québec ».La principale recommandation de l\u2019initiative « Le climat, l\u2019État et nous » est de « repenser l\u2019ensemble des institutions et des actions gouvernementales dès la prochaine législature, afin que les défis environnementaux et les engagements en matière de climat soient pris en compte et partie intégrante de la stratégie de transition économique et sociale du Québec.» Sous l\u2019égide de l\u2019INM, un débat se tiendra le 6 septembre lors duquel les représentants des différents partis viendront donner leur réponse aux demandes de l\u2019initiative codirigée par le professeur Normand Mousseau.Je nous exhorte tous à suivre de près cette initiative.Quant aux revenus financiers que l\u2019on nous fait habituellement miroiter, les différentes études montrent que la richesse qui revient directement par des emplois payants est somme toute minime.Le reste part en dividendes aux actionnaires dont on connaît la propension à naviguer en complaisance vers les paradis fiscaux et, surtout, à nous laisser à nous les sols et les eaux contaminés.Retournement discutable Le gouvernement Couillard se vante du retour à l\u2019équilibre budgétaire.Soit.Léguer une dette (écologique ou financière) trop élevée aux générations qui nous suivent est, j\u2019en suis, immoral.Mais la façon dont il a accompli ce retournement est discutable.On connaît les « 10 milliards de solutions » fiscales mises en avant par la « Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics ».Lors de la crise financière de 2007-2008, les États du monde entier ont dû mettre à risque leurs banques nationales pour se porter à la défense d\u2019un secteur financier carrément « criminel ».Nous ne devons plus laisser cela se perpétuer.Il faut lire Paradis fiscaux : la filière canadienne d\u2019Alain Deneault pour saisir l\u2019ampleur du phénomène.Comme contribuable, j\u2019ai de plus en plus l\u2019impression d\u2019être le dernier citron à se laisser (encore) presser.Si tel président de campagne électorale veut crier à la menace « libertarienne », il y a un jeu pour lui ici : appliquer la loi fiscale à chacun, avant que nous ne nous retrouvions devant une mutinerie fiscale.Il en va de notre liberté comme peuple que nos gouvernements se redonnent le pouvoir d\u2019aller chercher l\u2019argent là où il se trouve avant de nous imposer des « austérités » qui ne seraient, dit-on, que des vues de l\u2019esprit.Quant à la question identitaire, il serait bon que l\u2019on cessât de part et d\u2019autre de la « titiller ».Plutôt que de faire peur au monde avec les 200 femmes voilées qu\u2019on recenserait peut-être sur l\u2019ensemble du territoire québécois, l\u2019on devrait s\u2019engager à porter attention enfin à la seule véritable cause d\u2019angoisse existentielle pour les Québécois : le statut de la langue française.Et pour ça, commencer par appliquer la loi 101, notamment l\u2019article 16 de son chapitre IV qui dit que « Dans ses communications écrites avec les autres gouvernements et avec les personnes morales établies au Québec, l\u2019Administration utilise la langue officielle.» On n\u2019a pas à reprocher à des immigrants de ne pas savoir sur quel pied danser quand nos gouvernements ne respectent même pas cette loi fondatrice.Si on veut calmer le débat « identitaire » au Québec, que l\u2019on commence par là.Sur ce, je nous souhaite à tous de « bonnes » élections : autre chose qu\u2019un spectacle, plutôt quelque chose comme un recommencement.Et nous aurons les politiciens que nous mériterons.dans toutes les chambres\u2026 \u2014, mais il ne s\u2019agit pas ici de cela.Est aussi en cause, et on entre ici dans l\u2019ordre sociopolitique, le maintien par l\u2019Église catholique, parfois affiché, parfois discret, d\u2019un système de justice parallèle \u2014 qui fut d\u2019ailleurs, un temps, dominant par rapport au système royal, pensons à l\u2019Inquisition, puis à l\u2019État.Les certificats de baptême ont précédé, chez nous, les actes de naissance qui n\u2019étaient pas obligatoires ; et on a longtemps pensé que le vrai mariage était celui de l\u2019Église et non celui de la mairie \u2014 qui d\u2019ailleurs, jusque dans un Québec relativement récent, n\u2019était pas exigé.Alors, pourquoi pas aussi une justice autonome, parallèle, permettant de régler les problèmes « en Église »\u2026 comme on peut le faire, pour le linge sale, en famille ?Cela, certes, n\u2019explique rien.Et surtout, ne justifie rien.Mais peut aider peut-être à comprendre comment cela a pu être et pourquoi cela a pu durer.ÉLECTIONS 2018 Une élection charnière Je pense qu\u2019on n\u2019a pas mesuré encore l\u2019horreur des tragédies causées, au cours de siècles de son existence, par le confessionnal \u2014 qui, en outre, permettait au confesseur d\u2019entrer dans toutes les chambres\u2026 LEDEVOIR // LE LUNDI 20 AOÛT 2018 ACTUALITÉS A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 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recensés jusqu\u2019ici cette année.Une rare bonne nouvelle pour cette espèce en voie de disparition, même si la situation soulève surtout plusieurs questions pour les scientifiques.Jeudi dernier, René Roy, collaborateur assidu de la Station de recherche des îles Mingan (MICS), a observé sa quatrième « paire » formée d\u2019une mère rorqual bleu et de son baleineau, dans un secteur de la Côte- Nord situé à environ 60 kilomètres en aval de Tadoussac.Une observation qu\u2019il qualifie lui-même d\u2019exceptionnelle.« En 20 ans, je n\u2019en avais observé qu\u2019à deux reprises, soit en 2003 et en 2007 », précise-t-il.Le fondateur du MICS, Richard Sears, juge pour sa part que cette année 2018 est carrément «stupéfiante».Ce scientifique, qui étudie le plus gros animal vivant sur la planète depuis près de 40 ans, rappelle qu\u2019au fil des décennies, à peine 23 baleineaux avaient jusqu\u2019ici été observés dans les eaux du Saint-Laurent.D\u2019ailleurs, pas un seul de ces jeunes géants n\u2019avait été vu depuis 2008.Un signal « très inquiétant », d\u2019autant qu\u2019il existerait à peine 250 individus adultes dans cette population, selon les données publiées récemment par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.« On espérait seulement en voir un pendant une saison, un jour.Ça faisait neuf années que nous n\u2019avions pas vu de jeune.C\u2019est très long.C\u2019est donc très positif, surtout que ce sont des jeunes de femelles qu\u2019on connaît dans certains cas depuis longtemps », souligne M.Sears.ENVIRONNEMENT Baby-boom chez les rorquals bleus du Saint-Laurent ?La très faible reproduction du rorqual bleu inquiète les scientifiques, puisque la population adulte se limite à 250 individus.GREMM La baleine B324, connue depuis 1995, en compagnie de son baleineau RENÉ ROY MICS C\u2019est le cas de Jawbreaker, une femelle connue depuis 1991 et qui est cette année accompagnée d\u2019un baleineau.« On la connaît bien, donc si elle avait eu d\u2019autres veaux, on les aurait vus.» À l\u2019opposé, une autre, cataloguée « B522 » par l\u2019équipe du MICS, est une baleine recensée pour la première fois seulement en 2017.Preuve que les premiers mois peuvent être périlleux, même pour ces énormes mammifères, son jeune porte des marques d\u2019une attaque d\u2019épaulard.Toujours des questions Pour Richard Sears, cette année exceptionnelle est aussi « très intrigante », puisque le précédent « record » annuel de baleineaux bleus était d\u2019à peine trois.La situation soulève donc plusieurs questions, d\u2019autant plus qu\u2019on ne sait pas précisément quand et où naissent les rorquals bleus.C\u2019est à peine si leurs routes migratoires ont été esquissées au fil des décennies, malgré les efforts de recherche au Canada et le long de la côte est américaine.« Peut-être que 2017 était une bonne année d\u2019alimentation pour ces animaux, et donc les femelles étaient suffisamment en forme pour se reproduire.Il faut que les femelles soient en très bon état pour se reproduire, mettre bas et nourrir leur jeune, qui consomme plusieurs centaines de litres de lait par jour », explique Richard Sears.Il est vrai que le jeune rorqual bleu mesure déjà sept mètres à la naissance, après une gestation de 10 à 11 mois.Il engraisse de plus de 160 livres chaque jour et dépasse les 10 mètres au bout d\u2019à peine quelques mois.Pour soutenir cette croissance rapide, la femelle doit puiser dans ses réserves de graisse pour nourrir son baleineau.Réchauffement climatique Pour Véronique Lesage, chercheuse à Pêches et Océans Canada, il importe plus que jamais de poursuivre les travaux de recherche sur cette espèce « en voie de disparition » pour comprendre comment la situation pourrait évoluer au cours des prochaines décennies.Elle rappelle ainsi que chez d\u2019autres espèces de cétacés qui fréquentent le Saint-Laurent, les dernières années ont amené leur lot de mauvaises nouvelles.C\u2019est le cas, notamment, du béluga, qui semble être affecté par le réchauffement qui touche l\u2019écosystème du Saint-Laurent.« Au cours des prochaines années, des espèces pourraient en bénéficier et d\u2019autres pourraient être affectées.Peut-être que la baleine bleue est une grande gagnante des changements climatiques.On ne le sait pas.Pour le savoir, il faudra continuer la recherche sur le taux de gestation chez les femelles bleues dans le Saint-Laurent.» Des projets sont d\u2019ailleurs en cours, en collaboration avec le MICS.En parallèle, Mme Lesage souligne l\u2019importance de mieux comprendre la présence et l\u2019abondance du krill dans le Saint-Laurent.Ce crustacé minuscule, essentiel à l\u2019alimentation de l\u2019imposant rorqual bleu, est de plus en plus convoité dans le monde.La pêche commerciale, en croissance rapide, pourrait un jour cibler le Saint-Laurent.6 C\u2019est le nombre de jeunes rorquals bleus recensés jusqu\u2019ici cette année dans le Saint-Laurent.On n\u2019en avait vu aucun depuis 2008."]
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