Le devoir, 25 juillet 2018, Cahier A
[" VOL.CIX NO 165 / LE MERCREDI 25 JUILLET 2018 / 1,30 $ + TAXES = 1,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM CINÉMA Fiction et réalité confondues Avec Le nid, David Paradis lance Pierre-Luc Brillant et Isabelle Blais dans une stimulante allégorie David Paradis présente Le nid mercredi, en première à Fantasia.Pierre-Luc Briand et Isabelle Blais y jouent des conjoints comédiens portant les mêmes noms qu\u2019eux, entre autres mises en abyme.INDEX Avis légaux .B7 Carrières.B5 Culture.B2 Décès .B4 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B2 Idées.A7 Météo .B6 Monde .B7 Mots croisés.B6 Petites annonces .B4 Sports.B6 Sudoku .B6 CULTURE Hannah Gadsby, quand l\u2019humour se libère de la tyrannie du rire | B 1 Les incendies de forêt en Grèce ont déjà fait plus de 70 morts.La vague de chaleur atteint aussi les pays du nord de l\u2019Europe, notamment la Scandinavie, qui doit combattre des incendies.Ces événements sont appelés à se multiplier avec le réchauffement de la planète, selon les experts.À lire en page A 5.ANGELOS TZORTZINIS AGENCE FRANCE-PRESSE La Grèce endeuillée MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR La relâche estivale a été interrompue à Ottawa pour débattre du dossier des migrants.Mais au terme de six heures de rencontre parlementaire, libéraux et partis d\u2019opposition n\u2019avaient offert rien de plus que leurs récriminations respectives des derniers mois.Le gouvernement Trudeau n\u2019avait rien de neuf à annoncer sur la situation à la frontière.Son plan de triage pour soulager le Québec est toujours en veilleuse.Les libéraux avaient promis, mi- avril, de rediriger les migrants qui arrivent en quasi-totalité au Québec vers des villes ontariennes où ils songent à s\u2019installer.Or, trois mois plus tard, le fédéral n\u2019a toujours rien annoncé.Le coupable, plaide-t-il : le nouveau gouvernement conservateur de Doug Ford en Ontario, qui refuse de collaborer en reprochant au fédéral d\u2019être responsable de l\u2019afflux d\u2019arrivées irrégulières à la frontière.Sa ministre de l\u2019Immigration, Lisa Ma- cLeod, a même réclamé un chèque de 200 millions à Ottawa mardi pour éponger la facture.Le projet du gouvernement de Justin Trudeau est donc dans les limbes.« Nous avons besoin que l\u2019Ontario s\u2019asseye avec nous à la table, afin de finali- ser nos plans », a argué le ministre de l\u2019Immigration, Ahmed Hussen, en se disant néanmoins toujours « optimiste » à l\u2019issue de la rencontre du comité parlementaire de l\u2019immigration.Quelques heures plus tôt, son collègue de la Sécurité publique, Ralph Goodale, avait défendu la réponse de son gouvernement à l\u2019arrivée nombreuse de migrants, en martelant qu\u2019il n\u2019existe pas de solution miracle.Conservateurs et néodémocrates ont IMMIGRATION Il n\u2019y a pas de crise, réitère Ottawa La migration irrégulière est un enjeu que doivent gérer les pays partout dans le monde.On ne devrait pas s\u2019étonner que cela concerne aussi le Canada [.] RALPH GOODALE » Pierre-Luc Brillant et Isabelle Blais (ci- contre) dans une scène du film Le nid du réalisateur David Paradis (ci-desus) K-FILMS AMÉRIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Jusqu\u2019où iriez-vous pour sauver votre couple ?Pierre-Luc, comédien de son métier, est prêt à aller très loin.À preuve, il a accepté la demande VOIR PAGE A 4 : FICTION VOIR PAGE A 3 : CRISE ACTUALITÉS Le mur de Trump menace la biodiversisté | A 4 SOUS LE GRAND CHAPITEAU BLANC cavalia.com À L\u2019AFFICHE DÈS AUJOURD\u2019HUI « UN SPECTACLE OÙ CHEVAUX ET HOMMES CAVALENT EN SYMBIOSE» ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MERCREDI 25 JUILLET 2018 Une partie des migrants irréguliers pourront éviter de séjourner dans un centre de détention en attendant qu\u2019on statue sur leur sort.CHARLES KRUPA LA PRESSE CANADIENNE AMÉLI PINEDA LE DEVOIR Les immigrants en situation irrégulière pourront désormais être surveillés dans la collectivité plutôt que d\u2019être incarcérés dans un centre de détention.Le gouvernement fédéral a confirmé mardi la mise en place d\u2019un programme de solutions de rechange afin de réduire le recours à la détention des immigrants.Ce nouveau programme comprend trois nouvelles mesures pour éviter aux personnes immigrantes d\u2019être détenues lorsqu\u2019elles ne représentent pas un risque pour la sécurité publique et qu\u2019elles ne risquent pas de s\u2019évanouir dans la nature.Selon le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, cette initiative permettra à l\u2019Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) de « traiter les personnes dans le système de l\u2019immigration avec dignité [\u2026] tout en tenant compte des exigences de sécurité publique ».Les individus qui se qualifient pour une détention hors les murs pourront être surveillés dans la collectivité grâce à un partenariat entre le gouvernement et trois organismes.On peut notamment penser aux femmes enceintes, aux personnes âgées, aux malades ou encore aux familles.Au Québec, la Société John Howard, dont la mission est de favoriser le traitement juste et humanitaire des personnes incarcérées, s\u2019occupera de cette supervision.« La détention et la garde devraient être utilisées avec retenue en attendant la résolution finale d\u2019un dossier d\u2019immigration.Le programme de surveillance dans la collectivité permettra d\u2019encadrer les personnes immigrantes en s\u2019attaquant aux facteurs sociaux, tels que l\u2019emploi et l\u2019hébergement », souligne Kassandra Roy, coordonnatrice nationale du programme de solution de remplacement à la détention à la Société John Howard.Ottawa estime qu\u2019ensemble, les trois organismes ont la capacité de surveiller jusqu\u2019à 800 personnes dans la collectivité.Parmi les autres mesures, un système de déclaration vocale a été mis en place pour permettre à 10 000 personnes de confirmer leur présence à l\u2019ASFC à des intervalles convenus.Un projet-pilote de surveillance électronique, qui comprendra le port d\u2019un dispositif muni d\u2019un GPS, sera également mené auprès de 20 personnes dans la grande région de Toronto.Jusqu\u2019à présent, les seules autres options dont l\u2019ASFC disposait étaient l\u2019imposition d\u2019un cautionnement et celle de conditions de surveillance.Unité familiale favorisée Ces solutions de rechange favoriseront l\u2019unité familiale en évitant de séparer des enfants de leurs parents ou au contraire de voir des mineurs se retrouver derrière les barreaux aux côtés de leur famille.« Les cas de détention d\u2019enfants sont loin de ce dont on entend parler aux États-Unis, mais il reste que c\u2019est une réalité canadienne aussi.Chaque année, des mineurs se retrouvent dans des centres de surveillance.Le gouvernement vient de faire un pas dans la bonne direction en trouvant d\u2019autres mesures pour éviter ces situations », a souligné Paul Clarke, directeur général d\u2019Action Réfugiés Montréal.L\u2019opposition officielle à Ottawa s\u2019est montrée sceptique quant à l\u2019adoption de ces nouvelles mesures.«Ces changements doivent être apportés de façon à assurer la sécurité des Canadiens.Malheureusement, comme nous l\u2019avons vu par le passé, les libéraux ont un piètre bilan de mise en application appropriée des politiques.Les conservateurs vont s\u2019assurer que c\u2019est fait de manière appropriée et vont demander des comptes aux libéraux si ce n\u2019est pas le cas», a fait valoir Pierre Paul-Hus, porte- parole en matière de sécurité publique pour le Parti conservateur du Canada.En 2016, le gouvernement fédéral a lancé le nouveau Cadre national en matière de détention liée à l\u2019immigration, qui dispose d\u2019un financement de 138 millions de dollars.Un des volets comprend la construction d\u2019un nouveau centre de détention plus spacieux à Laval.L\u2019établissement devrait ouvrir ses portes en 2021.IMMIGRATION Goodale veut réduire le recours à la détention ANDRÉANNE CHEVALIER LE DEVOIR Dans la foulée de la fusillade qui a coûté la vie à une jeune femme et à une enfant à Toronto dimanche soir, le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Ralph Goodale, s\u2019est montré ouvert à de possibles modifications de la législation fédérale sur les armes de poing, tout en prévenant que cela « nécessiterait des changements majeurs du Code criminel ».« La sécurité publique est très importante pour les Canadiens », a déclaré mardi le ministre.M.Goodale a affirmé qu\u2019il considérerait à ce sujet les témoignages et les propositions déjà reçues plus tôt cette année, relativement à l\u2019attentat à la grande mosquée de Québec qui a fait six morts en janvier 2017.Aucune échéance n\u2019était envisagée pour l\u2019instant.En mars, le gouvernement fédéral a présenté le projet de loi C-71 modifiant le contrôle actuel des armes à feu.Dimanche soir, Faisal Hussain, 29 ans, a tué par balles une femme de 18 ans, Reese Fallon, et une fillette de 10 ans, sur l\u2019avenue Danforth à Toronto.Le nom de l\u2019enfant, Julianna Ko- zis, a été rendu public mardi soir.Treize autres personnes ont été blessées, dont certaines sérieusement.Le tueur a été retrouvé mort ; il est impossible de dire pour l\u2019instant s\u2019il s\u2019est suicidé ou s\u2019il a été atteint par les policiers.Selon ses proches, il souffrait de graves problèmes de maladie mentale.Le service de police de Toronto enquête sur les événements, qui ne seraient pas considérés comme une menace à la sécurité nationale.Une cérémonie de recueillement en mémoire des victimes de la fusillade sera tenue mercredi sur l\u2019avenue Danforth.Vote municipal La fusillade de dimanche de même que la vague récente de violences par armes à feu dans la Ville Reine (220 fusillades, qui ont fait 27 victimes depuis le début de l\u2019année) ont recentré l\u2019attention sur la vente et l\u2019achat des armes.«Il y a un problème d\u2019armes.Trop d\u2019armes se retrouvent dans trop de mains et sont utilisées pour commettre des actes terribles», a déclaré le maire John Tory pendant le Conseil de ville, mardi.On ne sait pas comment Faisal Hus- Ottawa ouvert à des modifications à la législation sur les armes de poing Trop d\u2019armes se retrouvent entre de mauvaises mains, dit le maire de Toronto Les causes et les solutions à la violence sont variées, et nous voulons être certains que ce que nous ferons aura des effets BILL BLAIR » sain s\u2019est procuré une arme à feu.Le conseil municipal de Toronto a voté à 41 voix contre 4, mardi, pour inciter les gouvernements fédéral et provincial à interdire la vente d\u2019armes de poing et de munitions pour ces armes dans la ville.Les armes sont de compétence fédérale et la vente des munitions, provinciale.Toronto ne peut pas mettre en place, seule, de telles mesures.Le ministre de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, Bill Blair, a rappelé mardi que des discussions étaient en cours pour savoir comment des criminels violents se procuraient des armes.« Les causes et les solutions à la violence sont variées, et nous voulons être certains que ce que nous ferons aura des effets.» Le nombre d\u2019armes à feu achetées légalement au Canada, et qui sont revendues à des fins criminelles, a considérablement augmenté au cours des dernières années, soutient la police de Toronto.En 2017, environ la moitié des armes à feu provenait du pays, contredisant l\u2019idée que la majorité des armes illégales au Canada proviennent de l\u2019autre côté de la frontière, a expliqué le détective Rob Di Danieli.Les propriétaires légaux d\u2019armes vendraient celles-ci pour faire un profit élevé rapidement.Avec La Presse canadienne Les partis restent sur leurs positions CRISE SUITE DE LA PAGE A 1 passé le reste la journée à reprocher aux libéraux de ne s\u2019être même pas donné la peine d\u2019essayer.« Il y a un défi.Mais ce n\u2019est pas une crise », a insisté le ministre Goodale.« La migration irrégulière est un enjeu que doivent gérer les pays partout dans le monde.On ne devrait pas s\u2019étonner que cela concerne aussi le Canada et on ne devrait pas penser qu\u2019il y a une solution facile à ce problème mondial complexe.» Le mois dernier, la GRC a intercepté 1263 entrées irrégulières au pays (dont 1179 au Québec).Il s\u2019agit du chiffre mensuel le plus bas depuis juin 2017 \u2014 moitié moins qu\u2019au mois d\u2019avril.« La tendance est à la baisse », s\u2019est félicité le ministre Hus- sen, déplorant que les conservateurs exploitent néanmoins selon lui la peur et la division en parlant d\u2019une « crise ».La conservatrice Michelle Rempel a plutôt accusé les libéraux de tenir ce discours pour « tenter de faire taire les critiques de leur approche ratée sur cet enjeu.Les Canadiens ont le droit de comprendre comment M.Trudeau assurera l\u2019intégration à long terme de l\u2019arrivée de migrants illégaux ».Mise en garde Le représentant au Canada du Haut-commissariat de l\u2019ONU pour les réfugiés, Jean-Nicolas Beuze, n\u2019a pas apprécié le discours « dangereux » des conservateurs.« Il faut faire attention à ces discours populistes qui cherchent à gagner des votes à court terme, en qualifiant une situation qui est bien gérée à l\u2019heure actuelle de \u201ccrise\u201d.Il n\u2019y a pas de crise de réfugiés au Canada quand les nombres sont si faibles et que les choses sont bien gérées.» La rencontre parlementaire a d\u2019ailleurs par moments cédé la place à un débat sur l\u2019utilisation de l\u2019expression « migrants illégaux ».Libéraux et néodémocrates ont martelé qu\u2019en vertu de la loi, ces réfugiés ont le droit de réclamer l\u2019asile s\u2019ils sont entrés au pays en évitant un poste frontalier officiel \u2014 ce que permet l\u2019entente sur les tiers pays sûrs avec les États-Unis.Les conservateurs et la ministre ontarienne Lisa MacLeod ont refusé de s\u2019adonner à un « débat sémantique ».Quant aux solutions à l\u2019arrivée de migrants, chaque parti politique est revenu à la charge avec ses demandes des derniers mois.Le jour de la marmotte Les conservateurs ont à nouveau sommé Ottawa d\u2019appliquer l\u2019entente sur les tiers pays sûrs à toute la frontière.Ce qui empêcherait les migrants d\u2019éviter les postes frontaliers pour réclamer l\u2019asile au Canada.Impossible, a rétorqué le ministre Goodale.Il faudrait patrouiller le long des 9000 km de frontière, embaucher des milliers d\u2019agents frontaliers, et que les États-Unis fassent de même si le Canada veut pouvoir y renvoyer les migrants illégitimes.Le ministre a toutefois reconnu ne pas avoir évoqué l\u2019idée avec les Américains.« Ils agissent en se basant sur des hypothèses, quand ils n\u2019ont même pas abordé la question.C\u2019est irresponsable », a reproché Michelle Rempel.La néodémocrate Jenny Kwan a réclamé que l\u2019entente avec les Américains soit suspendue.Celle-ci permet à un réfugié de demander l\u2019asile au Canada seulement s\u2019il évite un poste frontalier, s\u2019il a transité d\u2019abord par les États-Unis \u2014 un pays jugé sécuritaire.Ce n\u2019est plus le cas sous Donald Trump, a martelé Mme Kwan.Le fédéral rétorque qu\u2019un plus grand nombre de migrants se dirigeraient vers le Canada s\u2019il leur était garanti qu\u2019ils pourraient y réclamer l\u2019asile sans condition.Bill Blair malmené Le nouveau ministre de la Sécurité frontalière, Bill Blair, a quant à lui été particulièrement cuisiné par les conservateurs, qui l\u2019ont interrompu sans relâche lors de cette première activité parlementaire.M.Blair a dû défendre son rôle de ministre, lui qui ne sera pas directement à la tête des agences responsables de la frontière ou des demandes d\u2019asile.« Le fait qu\u2019aucune des agences pertinentes ne relève de vous porte à croire que votre nomination était davantage un énoncé politique qu\u2019une décision menée pour des raisons pratiques », lui a lancé le conservateur Pierre Poilievre. LEDEVOIR // LE MERCREDI 25 JUILLET 2018 ACTUALITÉS A 4 Photo : Mathieu Dupuis RÉSERVEZ veloquebecvoyages.com 514 521-8356 | 1 800 567-8356, poste 506 Rimouski La Pocatière Départ Trois-Pistoles Rivière-du-Loup Fleuve Saint-Laurent en partenariat avec Découvrez le Bas-Saint-Laurent à vélo, du 4 au 10 août ! Roulez sur un parcours grandiose dans le Bas-Saint-Laurent, avec le grand air du ?euve qui s\u2019ouvre vers l\u2019Atlantique.Beau parcours, bonne bou?e et le chef Jean Soulard à titre d\u2019ambassadeur de la 25e édition.Voilà une recette gagnante pour des vacances réussies ! Le mur constitue aussi une barrière pour les espèces animales.MATT CLARK PAULINE GRAVEL LE DEVOIR L\u2019érection d\u2019un mur entre les États-Unis et le Mexique n\u2019a pas que des conséquences sur les humains, elle porte aussi atteinte à la biodiversité qui prospère dans les régions qui séparent les deux pays.Elle menace carrément la survie d\u2019espèces animales en voie de disparition et elle compromet les programmes de conservation mis en place par les deux nations depuis plus d\u2019un siècle dans le but de protéger certaines zones frontalières, soulignent des scientifiques états-uniens et mexicains dans un article publié hier dans la revue Bios- cience et qui a reçu le soutien de plus de 2600 scientifiques de 43 pays ayant ajouté leur signature à celle des auteurs.La frontière entre les États-Unis et le Mexique, qui s\u2019étend sur 3200 kilomètres, comprend des habitats aussi divers que des déserts, des forêts, des garrigues, des prairies, des marais d\u2019eau douce et salés.Les chercheurs affirment que la frontière traverse le territoire de 1077 espèces animales (terrestres et aquatiques) et de 420 espèces végétales indigènes, dont 62 espèces considérées comme en danger de disparition, menacées ou vulnérables.Les chercheurs rappellent que la construction du mur et les infrastructures qui y sont associées, telles que les routes, l\u2019éclairage et les bases d\u2019opérations, dégradent les habitats naturels et les fragmentent.Les populations animales se retrouvent ainsi subdivisées en unités plus petites et de ce fait plus vulnérables.« Cette barrière physique les prive de sources de nourriture et d\u2019eau, ainsi que de potentiels partenaires, et elle entrave leur migration annuelle ou saisonnière », précisent-ils.Par exemple, le prolongement du mur entre la Californie et le Mexique empêchera l\u2019accès du mouflon d\u2019Amérique, une espèce menacée, à des points d\u2019eau et à des sites de mise bas.« Si le loup gris mexicain et l\u2019antilope d\u2019Amérique ne peuvent plus traverser la frontière, il ne sera plus possible de rétablir les populations qui avaient disparu récemment ou de soutenir les petites populations existantes ».L\u2019érection du mur réduira aussi substantiellement le territoire des populations états-uniennes de jaguars et d\u2019ocelots, qui seront alors à risque de disparition.Des barrières gêneront également des espèces menacées volant à basse altitude, telles que le papillon à damier Quino et la chevêchette brune.Les chercheurs font remarquer que le mur empêchera certaines populations de migrer vers le nord à mesure que le réchauffement climatique multipliera les épisodes de chaleur et de sécheresse et modifiera ainsi la distribution des ressources.Ils signalent aussi que « les populations fragmentées souffriront d\u2019une perte de diversité génétique et feront ainsi face à un plus grand risque d\u2019extinction ».Les auteurs de l\u2019article exhortent le gouvernement états-unien à respecter les lois fédérales de politique environnementale lors des futurs prolongements, et à ne pas les ignorer comme ce fut le cas à maintes reprises ces dernières années.Ils insistent sur l\u2019importance de prévoir des mesures d\u2019atténuation des dommages, par exemple d\u2019abandonner les barrières physiques dans les zones qui s\u2019avèrent critiques pour les espèces menacées, ou d\u2019acheter des terres afin de remplacer les habitats perdus.Ils demandent que le travail de recherche effectué par les scientifiques américains et mexicains soit facilité et non entravé comme certains l\u2019ont rapporté.ÉTATS-UNIS Le mur de Trump menace la biodiversité Cette barrière physique les prive de sources de nourriture et d\u2019eau, ainsi que de potentiels partenaires, et elle entrave leur migration annuelle ou saisonnière » Les acteurs ont contribué au montage FICTION SUITE DE LA PAGE A 1 pour le moins extrême de son amoureuse Isabelle, également actrice.Ainsi Pierre-Luc consent-il à être enfermé cinq jours dans un espace clos, sans contacts avec le monde extérieur, hormis ceux, journaliers, avec Isabelle par écrans d\u2019ordinateur interposés.Prémisse insolite pour Le nid, dévoilé le 25 juillet à Fantasia où le film a d\u2019ores et déjà remporté le prix Barry Convex de la meilleure production canadienne.Il s\u2019agit du premier long métrage de David Paradis, qui dirige Pierre-Luc Brillant et Isabelle Blais, couple à la ville, dans un exercice de métafiction des plus ludiques.Autofinancé et tourné sur une période de quatorze jours dans le sous-sol délabré d\u2019une église du centre-ville de Montréal, Le nid bénéficie d\u2019un décor lugubre à souhait \u2014 on a l\u2019impression de respirer de l\u2019amiante en regardant le film.« J\u2019ai adapté le scénario au lieu, précise David Paradis.J\u2019ai une fascination pour les sous-sols et pour les huis clos.Le huis clos, c\u2019est peut-être la forme de f i l m q u i i m p l i q u e l e p l u s d e contraintes.Concevoir une intrigue qui se déroulera dans un lieu unique, et m\u2019y tenir, c\u2019était un défi que je voulais relever.» L\u2019endroit revêt en outre une dimension symbolique riche : il est à l\u2019image du cerveau enfiévré de Pierre-Luc.Y aller ou pas Transcendant toute impression de gimmick, David Paradis fait du thème de la création le moteur de son film.Chacun de son côté, Pierre-Luc et Isabelle, les personnages, doivent réaliser des segments de ce qui deviendra un film, projet commun visant à les ressouder.Ce faisant, Pierre-Luc Brillant (C.R.A.Z.Y., La disparition des lucioles) et Isabelle Blais (Borderline, Tadous- sac), les comédiens, plongent en eaux troubles.« David m\u2019a envoyé le scénario, et le côté fable sur la création m\u2019a interpellé, relate Pierre-Luc Brillant, qui cosigne aussi la musique.L\u2019aspect thriller, horreur, qui débouche sur autre chose complètement\u2026 Lorsqu\u2019il a évoqué le rôle féminin, c\u2019est moi qui lui ai suggéré Isabelle, mais je soupçonne qu\u2019il attendait que je lui souffle cette ré- ponse-là puisqu\u2019il savait qu\u2019on est ensemble dans la vie.» « On s\u2019est demandé si on voulait aller là : faire croire, dans une certaine mesure, qu\u2019on joue nos propres rôles, se souvient Isabelle Blais.Pour ma part, j\u2019en suis arrivée à la conclusion que c\u2019était justifié.Que les gens pensent que c\u2019est vrai ou pas vrai, je m\u2019en fiche un peu : Pierre-Luc et moi, on sait ce qu\u2019il en est, et ça me va.Surtout, la métaphore sur l\u2019art, sur le vide que l\u2019art peu combler, ça me semblait prometteur.» D\u2019enchaîner Pierre-Luc Brillant : « Il y a plein d\u2019éléments qui m\u2019ont échappé à la lecture et que j\u2019ai découverts en voyant le film.» De fait, David Paradis empile les couches de sens puis s\u2019amuse à brasser celles-ci de manière à ce qu\u2019on ne sache plus dans quelle réalité on se situe.« Avoir un vrai couple d\u2019acteurs, ça ajoutait une de ces couches ; c\u2019est en soi intéressant parce que tu ne peux pas t\u2019empêcher de te demander ce qui relève de la réalité et ce qui relève de la fiction, puis de la métafiction.Pierre- Luc et Isabelle ont en plus été très impliqués dans le montage.» Voilà qui étonne, en cela que les comédiens sont rarement conviés dans la salle de montage.« C\u2019est le genre de projet dans lequel tu t\u2019investis tellement que tu te sens concerné, responsable, du bon devenir du film.David a eu cette ouverture- là », dit Isabelle, qui lui en sait gré.« C\u2019est l\u2019attitude de quelqu\u2019un qui est en pleine possession de ses moyens, renchérit Pierre-Luc Brillant.Qui a suffisamment confiance en lui pour écouter les propositions.C\u2019était évident au tournage : contrairement à pas mal de réalisateurs débutants, David savait exactement ce qu\u2019il voulait tout en étant très réceptif.» User de faux-semblants Le respect est en l\u2019occurrence mutuel.«Hormis son talent énorme, Pierre-Luc a une face de gars qui se réveille: c\u2019était une qualité parfaite pour le personnage.Et Isabelle! Elle devait jouer face à la caméra, à l\u2019écart.Elle est impressionnante; une machine à émotions.» Avec leur aide, le cinéaste fait graduellement sourdre une ambiguïté en usant de faux-semblants.Pierre-Luc est-il bel et bien un captif consentant ?Isabelle est-elle véritablement celle qui tire les ficelles ?Ces manifestations de plus en plus inquiétantes autour de Pierre-Luc, sont-elles réelles ou des projections de son imagination en proie à la claustrophobie ?Plus Le nid progresse, plus les motifs réels des difficultés conjugales des personnages se précisent\u2026 tout en se complexifiant.Émerge alors un supplément d\u2019âme insoupçonné.Rappel éloquent Chacune leur tour, diverses mystifications narratives ouvrent sur des avenues inattendues une fois exposées comme telles.« Je me suis cassé la tête pour tout ce qui était \u201cindices\u201d : en donner un peu, mais pas trop ; suggérer une chose mais aller ailleurs\u2026 C\u2019est difficile d\u2019en parler sans trop en dire », conclut David Paradis, non sans justesse.À l\u2019affiche le 31 août, Le nid constitue un rappel éloquent qu\u2019en dépit d\u2019une absence de moyens, le cinéma demeure possible dès lors qu\u2019on dispose d\u2019une histoire ingénieuse, et qui plus est d\u2019excellents interprètes.Et ça, ce n\u2019est pas de la fiction, « méta » ou autrement.J\u2019ai une fascination pour les sous-sols et pour les huis clos DAVID PARADIS » LEDEVOIR // LE MERCREDI 25 JUILLET 2018 ACTUALITÉS A 5 Des pompiers tentaient mardi d\u2019éteindre un feu de forêt près du village de Kineta, près d\u2019Athènes, en Grèce.VALERIE GACHE AGENCE FRANCE-PRESSE AMÉLIE BOTTOLIER-DEPOIS À PARIS AGENCE FRANCE-PRESSE La vague de chaleur exceptionnelle que subit l\u2019hémisphère nord, avec son lot d\u2019incendies en Grèce et en Scandi- navie, est appelée à devenir de plus en plus banale avec le réchauffement de la planète, selon les experts.En Grèce, où les incendies ont fait plus de 70 morts selon le dernier bilan, des températures élevées sont habituelles en été.Mais la situation est exceptionnelle pour l\u2019Europe du Nord, où l\u2019Organisation météorologique mondiale (OMM) prévoit des températures supérieures à la normale jusqu\u2019à début août, de l\u2019Irlande aux pays baltes, en passant par la Scandinavie.Les températures ont déjà atteint les 30 °C au niveau du cercle polaire.La Suède notamment, qui a dû faire appel à la solidarité européenne pour lutter contre le feu, connaît le mois de juillet le plus chaud depuis au moins deux siècles et demi.Phénomène extraordinaire aussi au Japon, où les températures ont excédé 35 °C la semaine dernière, faisant 80 morts.La Sibérie a également été touchée, tout comme les États-Unis, avec des températures dépassant 40 °C à Los Angeles début juillet.« Généralement, il y a des vagues de chaleur sur une partie de la planète [\u2026], mais là, la totalité de l\u2019hémisphère Nord a chaud, c\u2019est stupéfiant », explique à l\u2019AFP Anders Levermann, climatologue au Postdam Institute for Climate Impact Research (PIK).Une tendance à long terme « Chaque événement individuel est très difficile à attribuer directement aux activités humaines », explique le climatologue français Jean Jouzel.Mais les récents épisodes « sont compatibles avec les tendances à long terme causées par l\u2019augmentation des concentrations de gaz à effet de serre », estime l\u2019OMM.« Nous aurions de toute façon eu un été chaud et sec, mais, vu que la planète est aujourd\u2019hui un degré plus chaude qu\u2019elle ne l\u2019était il y a 100 ans [la chaleur et la sécheresse] sont pires que ce qu\u2019elles auraient été autrement », a de son côté indiqué Bjørn Samset, du Centre norvégien de recherche sur le climat CICERO, à la chaîne norvégienne NRK.A posteriori, des recherches peuvent être menées pour estimer si un événement aurait pu ne pas se produire sans le changement climatique.Ainsi, en décembre dernier, pour la première fois, une étude publiée dans le Bulletin of the American Meteorological Society concluait que le réchauffement était le seul responsable du record de chaleur global pour 2016 et d\u2019une canicule extrême en Asie.Des événements plus fréquents Mais alors que les trois dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées sur Terre, « la question la plus importante est: \u201cVerrons-nous [ces événe- ments extrêmes] plus souvent si nous ne réduisons pas les émissions de CO?\u201d», insiste auprès de l\u2019AFP Anders Levermann.Et la réponse est « oui ».Selon le rapport du groupe des experts climat de l\u2019ONU (GIEC) de 2012, les modèles « prévoient une intensification lors des prochaines décennies » des épisodes extrêmes.Même si le monde respecte l\u2019Accord de Paris, qui vise à limiter le réchauffement moyen au pire à 2 °C par rapport à l\u2019ère préindustrielle, les sécheresses, canicules, inondations et ouragans risquent de se multiplier, de s\u2019intensifier et de s\u2019étendre à des territoires nouveaux.Selon une étude parue en 2017 dans Nature Climate Change, même en respectant les engagements de Paris, la moitié de la population mondiale sera exposée à des vagues de chaleur meurtrières d\u2019ici 2100, contre environ 30 % aujourd\u2019hui.« Chaque année, nous aurons des températures records qui seront battues, une fois en Russie, l\u2019autre fois en France ou au Japon [\u2026] », souligne Jean Jouzel.Les canicules comme 2003 \u2014 70 000 morts en Europe \u2014 «risquent de devenir la norme après 2050 ou 2060 », poursuit-il.Avec l\u2019air plus chaud et la végétation plus sèche, les incendies sont également appelés à se multiplier.Selon la Commission européenne, 2017 a été l\u2019une des pires années pour les incendies en Europe.Et une étude européenne estime que les surfaces susceptibles de brûler en Europe du Sud pourraient augmenter de 50 % à plus de 100 % au cours du XXIe siècle, selon l\u2019intensité du réchauffement.Des canicules à répétition Le réchauffement climatique amplifie de plus en plus jusqu\u2019à l\u2019extrême les phénomènes de chaleur et de sécheresse WILSON RING À DERBY LINE ASSOCIATED PRESS Alors que le gouvernement Trump veut construire un mur à la frontière sud des États-Unis, certains responsables américains s\u2019inquiètent de plus en plus du nombre de migrants qui entrent clandestinement sur le territoire américain par la frontière nord.Les personnes qui traversent la frontière entre le Québec et le Vermont versent aux passeurs jusqu\u2019à 4000 $US, habituellement payables lorsqu\u2019elles atteignent leur destination américaine, indiquent des responsables et des documents judiciaires.Alors que le nombre d\u2019arrestations à la frontière avec le Canada est minime comparativement à celles qui ont lieu à la frontière sud, les passeurs sont tout aussi sophistiqués.« Ils sont très bien organisés, ils ont étudié la région et ils nous ont surveillés, explique Richard Ross, un agent de la police des frontières des États-Unis.En gros, nous ne traitons pas avec des amateurs, mais avec des professionnels.» Selon les autorités américaines, l\u2019augmentation du nombre de passages clandestins à la frontière nord découle de la relative facilité avec laquelle certains ressortissants étrangers peuvent entrer au Canada, qui n\u2019exige plus de visas pour les Mexicains.Ils mentionnent aussi le fait que la frontière avec le Canada est moins surveillée que la frontière avec le Mexique, par laquelle tentent de passer des milliers de personnes fuyant les violences en Amérique centrale.Dans le secteur de la patrouille frontalière qui couvre 480 kilomètres de frontière avec New York, le Vermont et le New Hampshire, les agents américains ont appréhendé 324 personnes arrivées clandestinement du Canada depuis le 1er octobre 2017, comparativement à 165 pour l\u2019ensemble de l\u2019année 2017.Les statistiques ne montrent aucune augmentation similaire ailleurs le long de la frontière avec le Canada.Le nombre de passages clandestins relevés le long de la frontière nord-est encore faible par rapport à la frontière sud.Les statistiques fédérales américaines montrent que du 1er octobre 2016 au 30 septembre 2017, il y a eu 303 916 arrestations à la frontière américaine avec le Mexique, comparativement à 3027 sur l\u2019ensemble de la frontière nord.Les autorités s\u2019inquiètent Pourtant, certains responsables de l\u2019application de la loi aux États-Unis sont inquiets.« Le nombre d\u2019arrestations illégales d\u2019étrangers à la frontière entre le Vermont et le Canada a explosé », rappelle Christina Nolan, procureure fédérale au Vermont.Une grande partie des entrées clandestines au Vermont semble être concentrée sur un tronçon de 50 kilomètres de la frontière avec le Québec, où l\u2019autoroute 91 atteint la frontière canadienne à Derby Line, à environ 80 kilomètres au sud-est de Montréal.De là, il faut environ six heures de route pour atteindre la ville de New York.Surveiller la frontière à Derby Line est difficile parce que la petite municipalité américaine et la ville voisine de Stanstead au Québec forment une communauté où les maisons et les bâtiments sont coupés en deux par une frontière internationale.La bibliothèque communautaire a été construite intentionnellement à cheval sur la frontière pour servir les citoyens des deux communautés.Les Québécois traversent simplement une frontière internationale délimitée à l\u2019extérieur de la bibliothèque par des pots de pétunias.De temps en temps, des migrants clandestins franchissent la frontière à pied ou en voiture à proximité de la bibliothèque.Au cours des deux derniers mois, des agents du Vermont ont pourchassé des suspects à travers les bois près de Derby Line.Il y a eu des poursuites en voiture et des incidents lors desquels des agents ont perdu de vue des suspects dans les bois, pour les appréhender quelques jours plus tard.« Ils [les migrants clandestins] font un peu comme le long de la frontière sud, ils font une randonnée à pied et ils traversent les hautes herbes, a déclaré M.Ross.C\u2019est quelque chose que j\u2019aurais vu il y a des années quand je travaillais à Harlin- gen, au Texas.» ÉTATS-UNIS Plus de migrants clandestins passent par le Québec Des dizaines de records de température battus au Québec en juillet La chaleur a frappé avec force en juillet, au Québec : les températures enregistrées ont fracassé plusieurs records, et la vague de chaleur a précipité la mort de près d\u2019une centaine de personnes.Le météorologue Steve Boily, d\u2019Environnement Canada, a compilé cinq villes où des records ont été battus le 1er juillet, dont un mercure de 35,1 °C à Huntingdon.Le lendemain, les records se comptaient par dizaines, avec notamment une pointe à 36,1 °C à Terrebonne.À Trois-Pistoles, la température a fait un bond, passant de 14 °C le samedi 30 juin à 32,7 °C le lundi 2 juillet.Le mois de juillet est habituellement le plus chaud, mais les températures les plus élevées sont normalement enregistrées à la fin du mois.Des facteurs humidex très élevés ont aussi été enregistrés \u2014 au-delà de 45 à certains endroits, mais les données d\u2019Environnement Canada ne permettent pas de compiler des records à cet effet.Le Devoir Oksana Chatchko, cofondatrice et ex-membre du groupe féministe des Femen, s\u2019est suicidée dans son appartement à Paris à l\u2019âge de 31 ans, a annoncé mardi Inna Chevtchenko, leader de l\u2019organisation.Exilée en France depuis 2013, la jeune femme avait quitté l\u2019organisation et continuait son travail d\u2019artiste peintre.SERGEI SUPINSKY AGENCE FRANCE-PRESSE Une cofondatrice des Femen se suicide La question la plus importante est : \u201cVerrons-nous [ces événements extrêmes] plus souvent si nous ne réduisons pas les émissions de CO?\u201d Et la réponse est oui.ANDERS LEVERMANN » LIRE AUSSI : LE CAUCHEMAR CLIMATISÉ.LA CHRONIQUE DE FRANCINE PELLETIER EN PAGE A 7. LEDEVOIR // LE MERCREDI 25 JUILLET 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin a plus récente étude de l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) au sujet du Canada pose le bon diagnostic.Mais comme c\u2019est souvent le cas, plusieurs de ses recommandations se heurtent à la position des partis au pouvoir.C\u2019est normal, puisque ce sont les élus qui sont jugés par les électeurs.D\u2019autant que les propositions de l\u2019OCDE sont elles-mêmes issues de conceptions du changement qui ne sont pas neutres.Financée par les 35 pays membres, dont le Canada, les États-Unis et les membres de l\u2019Union européenne, l\u2019OCDE n\u2019inclut ni la Russie ni la Chine pour le moment.Elle n\u2019est pas là pour remettre en cause l\u2019économie de marché et l\u2019ouverture des pays au libre commerce, au contraire.Plutôt libérale dans son approche, elle se définit comme un forum où les gouvernements, membres ou pas, peuvent « partager leurs expériences » et cibler « les meilleures pratiques » en toute matière susceptible de favoriser « une vie meilleure ».D\u2019entrée de jeu, les auteurs de la plus récente étude sur le Canada admettent que le pays « enregistre des scores élevés dans toutes les dimensions de l\u2019indicateur de mieux-être de l\u2019OCDE », en particulier la sécurité personnelle, le bien-être et l\u2019état de santé de ses habitants.Ils constatent que l\u2019économie se porte bien malgré la menace que font peser le marché immobilier et l\u2019incertitude commerciale.Les États-Unis étant un membre influent au sein de l\u2019organisation, on ne parle pas de guerre commerciale, mais de « restrictions aux échanges ».Cela dit, l\u2019étude pointe des problèmes sérieux auxquels on propose des remèdes qui sont loin de faire l\u2019unanimité pour des raisons éminemment politiques, à gauche et à droite.Devant l\u2019écart de revenus plus important que dans la moyenne des pays membres entre les hommes et les femmes, l\u2019étude propose de suivre l\u2019exemple du Québec, qui met l\u2019accent sur une offre de services de garde plus généreuse que dans le reste du Canada.Rien de révolutionnaire, en somme.Pourtant, le financement public des garderies rencontre encore beaucoup d\u2019opposition dans certains coins du Canada et dans certains partis qui préfèrent que les femmes restent à la maison.L\u2019OCDE critique aussi le fait que la vaste majorité des travailleurs prennent leur retraite à 60 ou 65 ans malgré une espérance de vie plus longue de 3,5 années comparativement à il y a trente ans.On se rappellera que c\u2019est le gouvernement Trudeau qui a abrogé la loi adoptée par les conservateurs prévoyant le report à 67 ans de l\u2019admissibilité à la sécurité de la vieillesse.Sachant qu\u2019il serait difficile de revenir sur cette décision, l\u2019OCDE propose plutôt de hausser l\u2019âge de la retraite en fonction de l\u2019espérance de vie à l\u2019avenir.Elle suggère du même souffle de hausser les prestations pour éviter d\u2019appauvrir les retraités, dont les revenus n\u2019augmentent jamais aussi vite que ceux des travailleurs actifs.Deux très bonnes mesures qui devraient être reprises par les partis politiques.Ce qui risque peu de se produire, malheureusement.Au sujet de l\u2019immigration, l\u2019OCDE félicite le Canada pour le nombre élevé de nouveaux arrivants, mais recommande de mettre davantage l\u2019accent sur l\u2019apprentissage de l\u2019une des deux langues officielles et suggère d\u2019accorder la priorité aux candidats qui possèdent déjà une expérience du marché du travail canadien.Deux propositions qui semblent évidentes pour les uns, mais qui sont rejetées par les défenseurs d\u2019une immigration essentiellement humanitaire.En environnement, c\u2019est le retard du Canada dans le dossier du réchauffement climatique qui fait l\u2019objet des remarques les plus acerbes.Car l\u2019OCDE approuve la lutte contre le réchauffement et prêche pour une éco- fiscalité plus offensive.Il va sans dire qu\u2019avec l\u2019élection de Doug Ford en Ontario et la décision du gouvernement Trudeau de devenir propriétaire du pipeline Trans Mountain et d\u2019en doubler la capacité, le Canada s\u2019éloigne de ses propres engagements internationaux.Et pour ce qui est de la fiscalité générale, l\u2019OCDE croit que le Canada doit redevenir plus concurrentiel avec son voisin américain pour favoriser l\u2019investissement et misant davantage sur les taxes à la consommation (TPS) plutôt que sur l\u2019impôt sur le revenu.En revanche, elle rappelle son opposition aux mesures préférentielles à l\u2019égard des PME, mesures qu\u2019elle juge coûteuses, inéquitables et improductives, ce qui est juste.De là à imaginer qu\u2019un gouvernement, quel qu\u2019il soit, bleu, orange, rouge ou marron clair, osera ramener le fardeau fiscal des centaines de milliers de PME au même niveau que celui de la poignée de grandes entreprises, il y a un pas qu\u2019aucun observateur sérieux n\u2019osera franchir.Alexandre Lépine J\u2019aimerais réagir au texte de Samuel Vanasse, président du Conseil jeunesse de la Société Saint-Jean-Bap- tiste, publié le 23 juillet, concernant ma génération, ou notre génération, si vous préférez.Voyez-vous, je ne préfère pas que l\u2019on dise ici «notre génération», mais je parle de la perception de «notre génération» que vous avez.Je tenterai ici de vous expliquer le pourquoi de la chose.Mais, d\u2019entrée de jeu, je vous dirai ceci: «bullshit».Même si j\u2019étais d\u2019accord avec vous sur certains points en début de texte, tout a dégringolé assez rapidement.Le fétichisme de la jeunesse, oui [.].Si c\u2019est jeune, c\u2019est bon, c\u2019est frais et c\u2019est payant même si, parallèlement, c\u2019est désinvolte, naïf et inexpérimenté.À quoi bon, la critique du système établi est souvent payante pour le public.Que des stéréotypes et des représentations, convenons-en.Et puis, c\u2019est parti.Encore une fois, on parle de dépolitisation des jeunes.Ce qui entraîne mon premier «bullshit».Les jeunes sont connectés et intéressés à ce qu\u2019on leur propose.Oui, ils sont moins dans les partis et s\u2019expriment plus par des actions individuelles et collectives, mais peut-on dire qu\u2019ils sont dépolitisés pour autant?Ah ça, non! La majorité de nos partis politiques, vous le notez bien, sont désuets et n\u2019ont rien à offrir, mis à part un certain pédantisme ou une certaine sécurité racoleuse à laquelle certains aiment bien se rattacher.Certains de ma génération croient encore à ces partis.Tant mieux pour eux.Je ne partage pas cet enthousiasme ou cet intérêt, mais bon.C\u2019est leur droit et ils font avancer certains débats ici et là.Rien de mal là, c\u2019est plutôt bénéfique même.Seulement, ce n\u2019est pas le cas de «notre génération», qui préfère débattre hors des sentiers battus.Faisons le bilan de la jeunesse, vou- lez-vous?De toute façon, vous l\u2019avez déjà fait à votre manière.Permettez- moi de reprendre certains extraits de votre argumentaire ici.«Ils sont en grande partie centrés sur eux-mêmes et engourdis par la société de consommation.» Ici, je ne vois qu\u2019une affirmation sortie de je ne sais où.Peut-être de là, d\u2019ici ou de là-bas.Qu\u2019en sais-je?Voyez-vous, lorsque l\u2019on s\u2019intéresse aux études concernant la politisation de nos jeunes, on remarque une désaffectation des partis politiques [.].Penser que vos confrères et consœurs sont engourdis témoigne d\u2019un fort engourdissement de votre pensée.Mais bon, encore une fois, qu\u2019est-ce que j\u2019en sais?Ah oui, là encore m\u2019est venu en tête le mot «bullshit».«En attendant l\u2019indépendance du Québec, nous vivons dans les Résidences Soleil de l\u2019histoire.» Ah.Pourquoi?Voyez-vous, M.Va- nasse, je ne suis pas le plus fervent indépendantiste qui soit.Je crois qu\u2019économiquement on y gagnerait, mais je préfère me battre contre les inégalités sociales auxquelles nous faisons face chaque jour en tant que population, et non en tant que Québécoises et Québécois.Vous estimez que l\u2019indépendance serait notre plus grand baume.D\u2019accord, vous avez droit à votre opinion, mais de là à af- d\u2019attendre d\u2019eux une participation saine à la vie collective.» Faux.D\u2019ailleurs, qu\u2019est-ce qu\u2019une «saine participation» pour vous?Celle qui rejoint votre pensée, peut- être?Je ne sais trop.Encore une fois.Pour ce qui est du reste du texte, j\u2019ai décidé de ne pas le commenter, du fait que nos valeurs et nos idéaux sont très différents, ce qui est selon moi sain et normal.Mais sachez [.] que votre représentation de «notre génération» ne doit pas être interprétée comme vous l\u2019avez fait [.] La majorité d\u2019entre nous, je crois, cherchent à se battre contre les inégalités et demandent des politiques environnementales ainsi que sociales.Et nous agissons en ce sens par nos choix individuels, mais aussi collectifs et associatifs.Continuer à croire à la dépolitisation de la jeunesse sans prendre en compte une politisation autre que celle qui passe par les partis politiques, c\u2019est ce que j\u2019appelle du conservatisme.Vous ne manquez pas de culot en affirmant que nous ne sommes que des acteurs passifs et déconnectés.firmer que nous sommes passifs parce que nous ne vous rejoignons pas sur ce point, cela témoigne encore une fois d\u2019un certain engourdissement ou d\u2019un certain laisser-aller de votre esprit critique.«Ces jeunes deviennent souvent immatures émotionnellement, intriqués dans des perceptions et des illusions de cette société de consommation, englués dans un nihilisme, colonisés par des complexes sociaux qui dépassent souvent leur entendement.» Désolé, mais cela ne veut absolument rien dire.Il serait peut-être plus intéressant de parler des dernières politiques qui sont venues mettre à mal notre système d\u2019éducation public.À ce sujet, laissez-moi vous rappeler que plusieurs mouvements populaires \u2014 dont font partie bon nombre de jeunes et de jeunes adultes \u2014 contestent les politiques d\u2019austérité des dernières décennies, qui ont malmené notre système d\u2019éducation.J\u2019aimerais donc encore une fois dire «bullshit».«On en conviendra, il est difficile La CAQ doit recruter Houda-Pepin Si François Legault et la Coalition avenir Québec veulent avoir une chance de se débarrasser de Gaé- tan Barrette dans La Pinière, je leur conseille de recruter une candidate qui y a été députée pendant presque 20 ans : Fatima Houda-Pepin.Il y a beaucoup de points communs entre cette dernière et le premier.D\u2019abord, les deux sont fédéralistes ; ensuite, ils ont quasiment la même vision sur le sujet qui nous obsède depuis quelque 10 ans, soit depuis la sortie du rapport Bouchard-Taylor sur la gestion de la diversité culturelle et religieuse.Une fois au pouvoir, M.Legault pourrait lui demander de jouer le rôle qu\u2019elle aurait voulu jouer avec les libéraux sur le sujet avant que Philippe Couil- lard ne l\u2019exclue pour cause de mésentente majeure.Mme Houda-Pepin s\u2019est fait battre en 2014 parce qu\u2019elle n\u2019avait pas de bannière, parce que les libéraux avaient le vent en poupe et que M.Barrette détenait un capital de sympathie.Il se pourrait cette fois qu\u2019avec une CAQ en forte progression dans les sondages, avec un ministre de la Santé plus impopulaire que jamais, Mme Houda- Pepin l\u2019emporte le 1er octobre.Sylvio Le Blanc Montréal, le 28 mai 2018 L\u2019affaire Lepage La controverse provoquée par l\u2019absence d\u2019acteurs autochtones dans Kanata, le futur spectacle de Robert Lepage, est dangereuse précisément pour les personnes qui l\u2019attaquent.Alors qu\u2019il serait criminel de se faire passer pour une victime (que ce soit un enfant des Premières Nations, une victime de l\u2019esclavage ou un survivant de l\u2019Holocauste) dans la « vie réelle », il a toujours fait partie de l\u2019acte de création de les incarner.L\u2019Art est artifice et le théâtre est imitation.Toutes les actrices qui ont tenu le rôle d\u2019Anne Franck sur scène n\u2019étaient pas juives et tous les acteurs qui ont tenu celui d\u2019Othello n\u2019étaient pas noirs.Imposer de telles règles en invoquant l\u2019appropriation culturelle revient à limiter l\u2019art à l\u2019autobiographie.Les critiques émises par les soi- disant « voix libérales » nuisent fortement au libéralisme même.En essayant de réduire Robert Lepage au silence, ses critiques donnent des arguments aux idéologues de droite qui désirent que chaque communauté (définies par les hiérarchies au pouvoir) reste dans son propre ghetto et se soumette ainsi à une simple tolérance ou à une prohibition absolue.Si nous exigeons que seules les victimes soient autorisées à parler pour elles-mêmes, nous les enfermons dans un statut permanent de victime sans espoir de libération.Alberto Manguel, directeur de la Bibliothèque nationale de l\u2019Argentine Le 18 juillet 2018 De la supposée dépolitisation des jeunes LIBRE OPINION LETTRES CANADA Dans l\u2019œil de l\u2019OCDE ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu JEAN-ROBERT SANSFAÇON Le défi de Macron Le président Emmanuel Macron, par l\u2019affaire Benalla, a montré qu\u2019il n\u2019était pas invincible, que sa présidence n\u2019était pas toujours réglée au quart de tour.En donnant autant de pouvoir et de privilèges à son garde du corps, qui n\u2019est pas un policier, il a témoigné d\u2019un grave manque de jugement.Plus grave, sur le plan politique, il n\u2019a pas su régler promptement et efficacement cette affaire, somme toute assez banale.Il a laissé aller les choses et c\u2019est devenu une crise, une affaire d\u2019État.Le président connaît une grande chute de popularité.Le lien de confiance avec les Français semble bien avoir disparu.Pourra-t-il refaire ce lien ?C\u2019est le grand défi qui attend Emmanuel Macron.Sa seule carte maintenant sera celle de la franchise et des excuses.Ce ne sera pas facile pour un homme qui se disait « jupitérien ».Pour gagner son pari, son humilité forcée devra cependant être réelle.Michel Lebel Entrelacs, le 24 juillet 2018 L A 7 LEDEVOIR // LE MERCREDI 25 JUILLET 2018 IDÉES Directeur de l\u2019information par intérim Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.FRANCINE PELLETIER Le cauchemar climatisé À la morgue de Montréal, on ne sait plus où mettre les cadavres.La vague de chaleur enregistrée en juillet aurait créé, selon le coroner Jean Brochu, une situation sans précédent.Cinquante-trois morts dans la métropole, 89 pour l\u2019ensemble du Québec, dues non pas à une ni même à deux, mais bien à quatre canicules coup sur coup.Du jamais vu.Les victimes sont des personnes seules, âgées, aux prises avec une maladie ou autre, sans accès à la climatisation.On est loin évidemment des centaines de milliers de morts survenues en Europe à l\u2019été 2003, mais comment s\u2019en consoler alors qu\u2019on se liquéfie sous des températures frôlant (avec l\u2019humidex) les 40 degrés ?J\u2019écris d\u2019ailleurs ces lignes sous un gros ventilateur, un petit linge mouillé drapé sur le cou.Va-t-il falloir que je cède à mon tour, que j\u2019enjambe une fois pour toutes mon aversion pour la réfrigération à gogo, en me pliant à ce que Henry Miller appelait le Air-Conditioned Nightmare, le cauchemar climatisé de l\u2019Amérique ?Le titre du récit de Miller ne ciblait pas en priorité la climatisation, plutôt la vie « ennuyante et monotone » qui sévissait dans la plupart des États américains en 1940.Mais il est difficile de trouver symbole plus fort de la « petite vie » nord-américaine, dull et ronronnante à souhait, que ces grosses caisses en plastique beige qui de plus en plus polluent le regard, les oreilles et l\u2019environnement.Quel objet tiré de nos vies modernes incarne mieux, d\u2019ailleurs, « le confort et l\u2019indifférence » que ces engins du diable qui font un pied de nez aux voisins et un bras d\u2019honneur à l\u2019environnement ?Dominique Rossetti Retraité, ancien diplomate et chef de mission diplomatique Le transfert de l\u2019ambassade des États- Unis de Tel-Aviv à Jérusalem et, très récemment, l\u2019adoption de la nouvelle Loi fondamentale par les députés de la Knesset sont de nouvelles pages au grand livre de l\u2019injustice faite au peuple palestinien.Elles sont pour moi un rappel au devoir d\u2019indignation, n\u2019étant pas un adepte des « ainsi soit-il ».Le texte qui suit est l\u2019expression d\u2019une libre opinion et n\u2019engage d\u2019aucune manière mon ancien employeur, Affaires mondiales Canada.Je me suis souvent demandé quelle aurait été ma réaction face à l\u2019esclavage, à la lutte contre les Amérindiens ou à l\u2019antisémitisme humiliant et destructeur de la Seconde Guerre mondiale.Je crois sincèrement que j\u2019aurais ressenti une grande indignation et que j\u2019aurais probablement tenté, à l\u2019échelle de mes moyens, de lutter contre l\u2019effroyable injustice de cette dénégation de l\u2019autre.La situation des Palestiniens au Moyen-Orient s\u2019inscrit dans cette dynamique.Je ne peux pas et ne veux pas être indifférent à une situation qui est fondamentalement injuste.Je ne peux que m\u2019opposer à ceux ou celles qui soutiennent une politique israélienne discriminatoire et humiliante.Les plus actifs recourent, au Canada, aux États-Unis ou ailleurs, à l\u2019argument de l\u2019antisémitisme pour contrer toute critique de la politique israélienne.Tout ce qui est contre l\u2019État « juif » devient antisémite par une simplification outrancière.On va même jusqu\u2019à qualifier d\u2019antisémites les Palestiniens, alors que, par une ironie de l\u2019histoire, ils font aussi partie de la famille des Sémites.La colonisation des territoires annexés apparaît comme un processus inéluctable.Elle n\u2019a pratiquement jamais cessé, malgré les accords d\u2019Oslo.Il y avait, à la fin des années 1940, un besoin impératif pour le jeune État de réunir les territoires épars que lui avaient accordés les Nations unies pour en faire une entité viable.Aujourd\u2019hui, c\u2019est l\u2019extrême morcellement des territoires palestiniens, sous la poussée de la colonisation israélienne, qui rend ceux-ci invivables.Ces territoires s\u2019apparentent à une forme de « bantoustan », ces régions créées durant la période d\u2019apartheid en Afrique du Sud, réservées aux populations noires, et qui jouissaient à des degrés divers d\u2019une certaine autonomie.Une autre analogie sur l\u2019inexorabilité de la colonisation : les « guerres indiennes » ont pris fin lorsque les colons européens sont parvenus à l\u2019océan Pacifique.On aurait pu voir sur une carte des États-Unis l\u2019avancée inéluctable de la ligne de front, au gré des traités de paix.Aujourd\u2019hui, on qualifierait de terroriste la résistance des tribus indiennes face à la poussée des colons.Les leaders de droite et d\u2019extrême droite qui gouvernent actuellement Israël ont largement « surfé » sur l\u2019islam radical et le terrorisme international pour réprimer toute velléité de résistance et accentuer la colonisation.Ils occultent le fait que la plupart des Palestiniens, y compris les communautés palestiniennes chrétiennes, n\u2019adhèrent pas à un radicalisme violent.Le mur, autre élément d\u2019injustice Le mur dépasse largement la seule fonction sécuritaire, avec, par exemple, de nombreux points d\u2019eau curieusement du « bon côté de la barrière ».On occulte souvent le fait qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un mur d\u2019encerclement et non pas de séparation.On affirme que c\u2019est le droit des Israéliens de se protéger de leurs voisins.En fait, on est de facto CHEZ le voisin et, plus encore, ce voisin ne peut accéder librement à ses autres voisins (Égypte et Jordanie, en l\u2019occurrence).Gaza est le symbole de cet enfermement : même l\u2019accès aux zones de pêche y est fortement restreint.Il est possible, voire très probable, que cette « ghettoïsation » ait été condamnée par ceux qui ont connu pendant la Seconde Guerre mondiale un enfermement discriminatoire.Gaza est une prison à ciel ouvert pour plus de deux millions de personnes.Jérusalem est une ville qui aurait dû garder, comme cela avait été proposé en 1948, son caractère universel.Annexée et colonisée sur la justification de l\u2019Histoire, elle fait l\u2019objet d\u2019une appropriation discutable.Les quelques centaines de juifs du Bronx, qui pourrissent littéralement la vie de milliers de Palestiniens à Hébron, trouveraient farfelue l\u2019idée même de restituer aux Amérindiens leur terre sacrée de l\u2019île de Manhattan.L\u2019ambassadrice américaine, comme généralement le gouvernement israélien, s\u2019offusque de la soi-disant partialité des Nations unies.Mais peut-on imaginer avoir raison quand la presque totalité des nations s\u2019opposent à votre politique ?Cela n\u2019a aucun sens et n\u2019a aucun rapport avec l\u2019antisémitisme.On répète aussi à satiété qu\u2019Israël est la seule vraie démocratie de la région.Cela est vrai, mais la démocratie a ses exigences.Elle appelle à la responsabilité des citoyens.Il apparaît qu\u2019une majorité d\u2019électeurs israéliens a fait le choix d\u2019une politique injuste, qui ne cherche pas à terme la réconciliation.Je suis toujours intimement con vaincu qu\u2019il existe des solutions pratiques et applicables à tous les problèmes de ce conflit.Ces solutions sont connues, mais leur application requiert une vraie volonté politique de régler durablement le conflit.Pour trouver un terrain d\u2019entente, il faut que les deux parties soient placées sur un pied d\u2019égalité.Ce n\u2019est pas le cas.Les Palestiniens ne disposent d\u2019aucun levier, et le levier international, qui pourrait être décisif, s\u2019est avéré à l\u2019usage totalement inopérant.La grande injustice faite au peuple palestinien Nic Payne Montréal Chaque année, l\u2019arrivée des splendides jours d\u2019été, aussi merveilleusement soudains que stupéfiants de brièveté, coïncide avec la réquisition hostile de certains des plus beaux plans d\u2019eau du Québec par l\u2019escouade des moteurs en furie.Rarement petits, parfois moyens, souvent trop gros et très souvent beaucoup trop gros, les engins hurlent, vrombissent, gargouillent, boucanent, suintent, rugissent, pilonnent, sillonnent, zigonnent, zigzaguent, passent, repassent, outrepassent et se surpassent sans répit, garrochant par-dessus bord des gallons de pétrole aussi chèrement payés que rapidement vomis dans la nature.Pendant que les Sea-doo bourdonnent et maringouinnent à temps plein au bord de la plage dans une cacophonie mariant la sableuse à ruban, la fraiseuse du dentiste et la scie à chaîne en perdition, démontrant leur très inspirante adresse aux baigneurs impressionnés qui pataugent dans l\u2019huile, les bateaux- à-vagues \u2014 oui, quelqu\u2019un a eu l\u2019idée d\u2019inventer ces abominables machins faits spécifiquement pour détabarna- quer les berges et le fond des lacs au maximum \u2014 ajoutent une solide dose de top-forty craché assez fort pour que la population environnante ait le privilège d\u2019en comprendre les paroles par-dessus le barda de toutes ces mécaniques.Vous pensiez vous installer au bord de l\u2019eau pour y respirer du bon air, prendre du soleil, vous saouler du son des vagues et de la caresse du vent ?Vous n\u2019êtes que des granoles finis malencontreusement sortis de leurs ponchos des années 1960.Fuck you.Vous vous taperez le nuage de gaz et la foire d\u2019empoigne entre les pistons, les hélices, Despacito et Enter Sandman, ou bien vous retournerez fumer de la camomille dans votre tente en laine bio.Vous aviez l\u2019idée saugrenue de faire du canot, du kayak, ou, summum de la fi- fure, de la voile ?Dans un vortex de monoxyde, de vagues anarchiques, de vacarme et de manœuvres ineptes, on vous écœurera assez pour que vous sortiez de l\u2019eau en courant, vos agrès de hippie sous le bras.Dehors, les fai- seux de macramé et les mangeux de luzerne ! L\u2019avenir appartient au douche- bag mégapétropropulsé équipé pour se rendre à Saint-Malo d\u2019un seul coup de manette et affronter un tsunami en chemin.Si traverser le lac te prend plus de temps qu\u2019avaler une demie-Coors light et ne fait pas déguerpir la faune à des kilomètres à la ronde, tu n\u2019as pas d\u2019affaire là.En ces temps où se préoccuper d\u2019environnement est à la mode, le triste spectacle de ces joyaux de notre territoire transformés en déversoirs à bêtise anti-écologique à ciel ouvert est évidemment plus anachronique que jamais.Mais, plus largement, c\u2019est au nom du civisme et du plus élémentaire bon sens que nous devrions agir pour que soit cultivée et préservée pour tous la possibilité de jouir pleinement des trésors naturels dont nous sommes collectivement fiduciaires.Non, un lac n\u2019est pas une grande flaque qu\u2019on entourera de gazons, de murets et de lampadaires avant de s\u2019y jeter toutes pétarades dehors, ignorant et piétinant bêtement l\u2019inestimable bien-être que nous tendait si gracieusement ce merveilleux milieu naturel.Qui osera, au risque de perdre quel - ques votes, mettre en avant une politique d\u2019utilisation intelligente \u2014 notamment, de motorisation raisonnable \u2014 des cours d\u2019eau du Québec ?Il en est plus que temps.Jours d\u2019été et bêtise aquatique Le triste spectacle de ces joyaux de notre territoire transformés en déversoirs à bêtise anti-écologique à ciel ouvert est plus anachronique que jamais Chantier dans la colonie juive de Ramat Shlomo.La colonisation des territoires annexés n\u2019a pratiquement jamais cessé, malgré les accords d\u2019Oslo.AHMAD GHARABLI AGENCE FRANCE-PRESSE Plutôt que de refroidir les villes qui ont désespérément besoin de fraîcheur, l\u2019utilisation des climatiseurs contribue à les chauffer davantage En 2009, aux États-Unis, près de 90 % des habitations étaient climatisées.Alors imaginez un peu aujourd\u2019hui ! Nos voisins utilisent autant d\u2019électricité pour refroidir leurs maisons que toute l\u2019Afrique pour l\u2019ensemble de ses besoins électriques.Les pays en développement sont de moins en moins en reste, cela dit.En Chine, la climatisation a triplé entre 1997 et 2007.L\u2019expansion faramineuse des classes moyennes en Asie du Sud-Est et ailleurs au tiers monde passe automatiquement par une demande accrue en air conditionné.Longtemps considéré comme le luxe suprême, une « dépendance comparable à celle du crack dans les pays riches », dit un anthropologue anglais, la climatisation représente pour les pays les plus pauvres, qui sont aussi les plus chauds, non seulement un réel besoin, mais une preuve de réussite.Tenez, à Dubai dans les Émirats arabes, un hôtel se vante d\u2019offrir, grâce à un système élaboré de tuyauterie enfouie sous terre, « la seule plage climatisée au monde ».On n\u2019arrête pas le progrès, encore moins l\u2019air réfrigéré aux hydrofluorocarbures (HFC).Un rapport de l\u2019Université Berkley prévoit l\u2019installation de 700 millions climatiseurs d\u2019ici 2030 et 1,6 milliards d\u2019ici 2050, principalement dans les pays en voie de développement.« En termes de consommation d\u2019électricité, c\u2019est l\u2019équivalent d\u2019ajouter plusieurs nouveaux pays sur la planète », dit-on.Avec les conséquences environnementales que l\u2019on sait, bien entendu.Non seulement une consommation accrue d\u2019électricité représente des milliards de tonnes de plus de CO2, le principal gaz à effet de serre, mais les climatiseurs, ces grosses ventouses à hauts décibels, rejettent directement la chaleur dans l\u2019air ambiant.Résultat ?Plutôt que de refroidir les villes qui ont désespérément besoin de fraîcheur, leur utilisation contribue à les chauffer davantage.Le produit réfrigérant, finalement, le HFC, est un gaz à effet de serre « des milliers de fois plus toxique que le dioxyde de carbone ».Bref, le cercle est parfaitement vicieux.On a besoin de plus en plus de climatisation parce qu\u2019il fait de plus en plus chaud.Et il fait de plus en plus chaud, du moins, en partie, parce que de plus en plus de gens exigent la « clim ».Que faire ?Haïr les voisins qui ont la témérité de s\u2019emmurer dans une bulle de froid, sans égard aux autres ou à l\u2019environnement, n\u2019étant tout compte fait pas très utile, il est temps que les gouvernements s\u2019en mêlent.Avec des règles et une supervision plus strictes, il serait possible de remplacer l\u2019hy- drofluorocarbure par un gaz moins toxique, par exemple, ainsi que d\u2019exiger de vraies mesures d\u2019efficacité énergétique et proscrire certains modèles totalement désuets.Il n\u2019est pas dit que les relations entre voisins se porteront mieux, mais l\u2019environnement, lui, assurément.fpelletier@ledevoir.com Sur Twitter : @fpelletier1 LEDEVOIR // LE MERCREDI 25 JUILLET 2018 ACTUALITÉS A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements 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typographique es pays ont des hymnes nationaux, des drapeaux, des devises, des armoiries, pourquoi pas une police de caractères ?Le Canada, lui, s\u2019est trouvé une bonne raison d\u2019en choisir une, pour le 150ean- niversaire de sa fondation, afin de camper en toutes lettres l\u2019ADN de ce pays qui s\u2019étend A mari usque ad mare.En 1967, pour le centenaire de la confédération, le gouvernement canadien avait déjà requis les services du designer Carl Dair pour créer la fonte Cartier, la première en caractères latins à avoir été créée au Canada, tombée depuis en désuétude car jugée trop peu efficace.Cinquante ans plus tard, c\u2019est le designer Raymond Larabie, designer au style futuriste, qui a été choisi pour accoucher d\u2019une griffe typographique capable d\u2019incarner l\u2019âme et l\u2019esprit de plusieurs peuples et de son territoire.Lourde tâche.Comment déterminer la signature typographique d\u2019un pays ?Les États- Unis pourraient revendiquer le Highway Gothic, qui parsème déjà tous les panneaux routiers des routes et autoroutes du pays.La Suède, elle, s\u2019est arrêtée sur le Sweden Sans \u2014 après un concours lancé auprès des designers nationaux \u2014, une fonte minimaliste du plus pur jus, inspirée du design scandinave.Fontes multiculturelles Le Canada, lui, s\u2019est trouvé une raison : le 150e anniversaire de sa fondation, pour se forger une entité typographique.En 2017, il a fait appel à Lara- bie, un designer né à Gatineau qui a lancé sa propre boîte de création typographique après en avoir rêvé depuis l\u2019enfance.« Ma grand-mère me donnait des catalogues de fontes pour jouer et ça m\u2019a tout de suite intéressé.J\u2019ai créé mes premières fontes comme amateur sur un vieux Commodore.Je crée des fontes depuis 1996 et en 2001, j\u2019ai lancé ma propre boîte, Typodermic Fonts », explique le designer, joint au Japon.Plutôt que d\u2019inventer une police de toutes pièces, le Canada a demandé au designer si une de ses fontes les plus populaires, Mesmerize, créée en 2014, pouvait être adaptée pour souligner les 150 ans du Canada.« J\u2019ai pensé, comme il s\u2019agissait d\u2019un cadeau pour le Canada, de faire quelque chose d\u2019inclusif à tous les Canadiens, dit-il.Alors j\u2019ai ajouté aux caractères déjà existants les caractères propres aux langues autochtones.» La fonte « nationale » combine donc les lettres de l\u2019alphabet, ainsi que des caractères syllabiques propres aux dialectes autochtones.La plupart de ces glyphes ont été créés au XIXe siècle par les missionnaires qui côtoyaient notamment les Cris et les Hurons.L\u2019écriture propre au langage inuktitut, très géométrique, est dérivée de celles des Cris.Selon Larabie, la police a été largement utilisée pendant les célébrations du 150e du Canada, et une version remaniée destinée à une mission sur Mars, intitulée Canada 1500, a aussi été rendue accessible dans le domaine public.Un succès, la police canadienne ?Selon certains designers, le choix fait par le Canada est plutôt décevant.« Il ne s\u2019agissait même pas d\u2019une création, mais d\u2019une fonte existante qui a été remaniée à d\u2019autres fins.Quand on invente une fonte, on part d\u2019une idée, des besoins d\u2019une communauté ou d\u2019un client.L\u2019idée d\u2019avoir une fonte nationale n\u2019est pas mauvaise, mais dans le cas du Canada, cela a eu peu d\u2019impact sur les usages », affirme Raphaël Daudelin, designer associé chez Stu- dioFeed et spécialiste du design graphique et de la typographie.Selon ce dernier, seulement 5000 $ des 220 millions investis dans les célébrations ont été attribués au logo de l\u2019événement.Un signe que le design comptait peu ou prou dans la tête des organisateurs.Lettres du futur Reste que Larabie a créé dans sa jeune carrière plus de 600 fontes de styles divers, dont plusieurs d\u2019inspiration futuriste.Après avoir travaillé dans l\u2019industrie du jeu vidéo en Ontario, où il a dessiné les titres de jeux à grand succès, comme Grand Theft Auto et Max Payne, il a développé plusieurs fontes inspirées de l\u2019esthétisme des années 1960 et 1970, du monde informatique et de la science-fiction.À l\u2019époque, le style futuriste, utilisé seulement dans les logos, était aussi dépassé que le style gothique pour les polices de caractères, dit-il.« On vit dans un monde high-tech, rectilinéaire, et mes fontes sont souvent utilisées pour les produits électroniques, alors cela m\u2019a poussé à aller vers ce genre de projets », expliquait-il au magazine How en 2017.« Je suis particulièrement inspirée par des fontes comme Microgamma et ses lettres carrées, qui ont un look ultramoderne, même si elles ont été créées il y a plus de 60 ans ! » explique aujourd\u2019hui le designer, qui s\u2019est aussi spécialisé dans les « stickers ».Sur le tableau de chasse de Larabie, on note la création de la fonte Korataki, créée pour le jeu Mass Effect et télé- chargée 60 millions de fois, et de Cool- vetica, une version remaniée et moins sérieuse de la célèbre Helvetica.Le designer aspire à créer de nouvelles fontes destinées à incarner la vision que se font les humains du futur.« L\u2019incarnation du futur est parfois déformée dans les fontes de science- fiction.On est restés pris avec l\u2019image de Star Trek ou de Blade Runner, il serait peut-être temps de développer de nouvelles visions du futur », ajoutait-il en entrevue avec How.Chose certaine, la future version La- rabie en Canada 150 peut désormais se lire autant en français qu\u2019en anglais ou en Inuktitut.Les polices de caractères ont souvent une histoire étonnante, dans laquelle s\u2019entremêlent enjeux graphiques, économiques et sociopolitiques.Troisième texte de cette série estivale.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Le designer Raymond Larabie a été choisi en 2014 pour accoucher d\u2019une griffe typographique capable d\u2019incarner l\u2019âme canadienne.CHIKAKO LARABIE E N B R E F Les dentistes menacent de se retirer du régime public Les dentistes menacent de se retirer du régime public à la fin du mois d\u2019août si le premier ministre Philippe Couillard ne s\u2019interpose pas entre eux et son ministre de la Santé, Gaétan Barrette, dans les négociations du renouvellement de leur entente.Le président de l\u2019Association des chirurgiens dentistes du Québec, le docteur Serge Langlois, accuse le ministre Barrette de faire de la désinformation et de la provocation.L\u2019Association reproche au ministre de vouloir imposer une baisse de rémunération à ses membres, dont le revenu moyen se situe autour de 180 000$ par année.Le ministre se dit ouvert à la négociation, tout en ajoutant que «la collaboration des deux parties est nécessaire».La Presse canadienne « Les Courageuses » : Gilbert Rozon veut en appeler du jugement Gilbert Rozon veut en appeler du jugement qui a autorisé l\u2019action collective des «Courageuses» contre lui.Le fondateur de Juste pour rire a déposé plus tôt en juillet une demande pour obtenir la permission de la Cour d\u2019appel afin de pouvoir présenter ses arguments \u2014 et faire annuler cette autorisation.Selon lui, il semble que le juge Donald Bisson de la Cour supérieure \u2014 qui a donné son feu vert à l\u2019action \u2014 ait voulu faciliter la dénonciation d\u2019actes d\u2019agression sexuelle.«Un objectif louable, certes, mais étranger aux critères d\u2019autorisation de l\u2019action collective», peut-on notamment lire dans la requête pour permission d\u2019en appeler.La Presse canadienne La RDC annonce la fin de l\u2019épidémie d\u2019Ebola KINSHASA \u2014 Kinshasa a annoncé mardi la fin de la neuvième épidémie de la maladie à virus Ebola sur le sol congolais, pour laquelle le «pire des scénarios» a été évité grâce à une mobilisation rapide et au recours, pour la première fois, à un vaccin contre cette fièvre hémorragique.Cet épisode d\u2019Ebola aura tué 33 personnes pour 54 cas au total.Le bilan final apparaît comme un moindre mal, puisque les autorités congolaises s\u2019étaient préparées avec leurs partenaires «au pire des scénarios» avec cette épidémie qui a touché l\u2019Équateur, à la frontière du Congo-Brazzaville.L\u2019inquiétude a été à son comble lorsque la maladie a gagné dès le 16 mai la capitale provinciale Mbandaka.Agence France-Presse Gaétan Barrette JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE "]
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