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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-05-10, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C I X N o 1 0 3 L E D E V O I R , L E J E U D I 1 0 M A I 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Congrès de l\u2019Acfas.Les activités parascolaires réduisent de 70% les risques de décrochage scolaire.Page A 5 Avis légaux.A 4 Décès.B 6 Météo.B 4 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m P H I L I P P E P A P I N E A U «I ci, un cor r idor sonne mieux qu\u2019un local.» Ce constat pourtant implacable sur la qualité des installations musicales de l\u2019école secondaire de l\u2019Est montréalais Joseph- François-Perrault (JFP) est fait tout en délicatesse par Kaïla Stephanos, une jeune joueuse de flûte traversière de 16 ans.Fière et douée étudiante au programme Arts-études en musique classique, Kaïla n\u2019a d\u2019autre choix que de constater que les installations de cette école réputée pour son enseignement de la musique \u2014 et pour avoir fait naître plusieurs carrières de musiciens \u2014 ne sont pas à la hauteur de ses ambitions.«On n\u2019a pas ce qu\u2019on pourrait avoir et ce qu\u2019on devrait avoir, estime l\u2019élève de 4e secondaire, qui est aussi au Conservatoire ÉCOLE JOSEPH-FRANÇOIS-PERRAULT Le chant du cœur des élèves en musique Donnez-nous une salle de concert qui sonne, des locaux de répétitions qui résonnent VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Éric Levasseur, Kaïla Stephanos et Émilie Laforest partagent un même rêve : que les élèves en musique disposent d\u2019installations adéquates pour pratiquer leur art.LES RÉACTIONS AU DÉSAVEU DE TRUMP ATT KENARE AGENCE FRANCE-PRESSE Les Européens ont repris en main, sans les Américains, les discussions avec Téhéran pour éviter que l\u2019Iran ne relance sa course à la bombe atomique.Dans la capitale iranienne, des citoyens ont manifesté leur colère contre la décision américaine en brûlant le drapeau des États-Unis.Page B 5 M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L e coût moyen d\u2019une chirurgie a bondi de 20 % en cinq ans, passant de quelque 2516,61 $ en 2010-2011 à 3029,92 $ en 2015- 2016, constate-t-on à la lecture du rapport de la vérificatrice générale du Québec dévoilé mercredi.Quelque 635 000 chirurgies ont été ef fec- tuées dans les blocs opératoires du Québec en 2015-2016, comparativement à 602 000 chirurgies en 2010-2011.Il s\u2019agit d\u2019une hausse de 5,5 %.En contrepartie, la rémunération des médecins spécialistes \u2014 chirurgiens, anesthésiologistes et assistants opératoires \u2014 s\u2019élevait à 1,07 milliard en 2015-2016, comparativement à RAPPOR T DE LA VÉRIFICATRICE GÉNÉRALE Barrette placé sur la défensive Le coût moyen des chirurgies a bondi de 20 % ; leur nombre a augmenté de 5,5 % Denis Villeneuve, le cinéaste qui défend les ?lms Page B 8 Penélope Cruz dans l\u2019œil des photographes Page B 8 VOIR PAGE A 8 : CHANT VOIR PAGE A 8 : ACCOMMODEMENTS VOIR PAGE A 8 : BARRETTE M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec P rès de sept mois après l\u2019adoption de la « loi 62 », la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a dévoilé mercredi les lignes directrices visant à «guider » les organismes publics dans le traitement de demandes d\u2019accommodement pour un motif religieux reçues à compter du 1er juillet prochain.Ces lignes directrices ne forment pas un «cadre d\u2019analyse unique», a-t-elle souligné à gros traits en conférence de presse mercredi après- midi.Du coup, chaque demande devra continuer d\u2019être traitée au «cas par cas».Installation d\u2019une vitre givrée dans un gymnase, aménagement d\u2019un lieu de prière dans un établissement public, octroi d\u2019un congé lors d\u2019une fête religieuse, Mme Vallée a refusé d\u2019illustrer l\u2019application des nouvelles lignes directrices au moyen d\u2019exemples de demandes d\u2019accommodement raisonnable ou déraisonnable.« Vous me faites une demande très générale dans un contexte très général.Ce qui est important de bien saisir dans les demandes d\u2019accommodement, c\u2019est que ces demandes-là sont formulées dans un contexte particulier, à un organisme particulier, par une personne particulière », a-t-elle fait valoir à la presse.Chaque demande d\u2019accommodement pour un motif religieux sera «étudiée au cas par cas», et ce, «en fonction du contexte au moment où la demande est formulée », a-t-elle ajouté.Cela dit, un accommodement sera octroyé seulement si une série de conditions prévues par la Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse sont respectées, a expliqué Mme Vallée.Parmi elles : « le demandeur doit croire sincèrement qu\u2019il est obligé de se conformer à cette conviction ACCOMMODEMENT RAISONNABLE La règle du cas par cas s\u2019appliquera Québec publie les lignes directrices devant encadrer les demandes Lire aussi \u203a Le coût de l\u2019éolien.Hydro-Québec a dépensé 2,5 milliards en 10 ans pour répondre à une commande du gouvernement.Page B 1 71e Festival de Cannes L E D E V O I R , L E J E U D I 1 0 M A I 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 2 NOUVEAU BALADO Découvrez «?Le mythe start-up?», notre balado en 6 épisodes, qui suit la vie d\u2019une entreprise étape par étape, avec ses hauts et.ses bas?! Qui n\u2019a pas un jour rêvé de créer sa propre entreprise?LeDevoir.com/balado AUJOURD\u2019HUI Écoutez le deuxième épisode de la série?: Le choix du nom H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa U n député accusé de harcèlement a-t-il le droit de prendre la parole publiquement pour se défendre ou doit- il subir l\u2019opprobre public sans mot dire ?La députée abiti- bienne Christine Moore, accusée d\u2019inconduite sexuelle, a l\u2019intention d\u2019of frir sa version des faits jeudi, mais certains de ses collègues du caucus néodémocrate lui conseillent de se taire.«Pour l\u2019instant, si Mme Moore a quelqu\u2019un à qui parler, ce sera l\u2019enquêteur», lance Robert Aubin, le député et président du caucus québécois du NPD.Le président du caucus national, quoique moins tranché, semble ambivalent.« I l va fal loir qu\u2019elle regarde cela avec [le chef, Jagmeet] Singh, l\u2019enquêteuse ainsi que son avocat », estime Matthew Dubé.Christine Moore s\u2019est fait reprocher par le vétéran Glen Kirkland de l\u2019avoir invité à son bureau après sa comparution en comité parlementaire, en 2013, d\u2019avoir insisté pour qu\u2019il boive du gin malgré qu\u2019il lui ait dit prendre des médicaments et de l\u2019avoir suivi à sa chambre d\u2019hôtel pour y passer la nuit.Mme Moore aurait par la suite envoyé des messages suggestifs au vétéran, se serait invitée à une partie de golf à laquelle il par ticipait et aurait ef fectué une visite-surprise à son domicile après qu\u2019il lui a dit qu\u2019il ne voulait pas de relation avec elle.M.Kirkland a déclaré que la députée «a utilisé sa position d\u2019autorité et de pouvoir pour obtenir ce qu\u2019elle voulait».En coulisse, l\u2019entourage de la députée indique qu\u2019il n\u2019est pas question que ces allégations restent sans réponse publique.La forme de la réponse n\u2019était pas encore déterminée au moment d\u2019écrire ces lignes.Le Globe and Mail a pu brièvement parler avec Mme Moore et elle a indiqué avoir une version des faits « totalement » différente.« Vous verrez qu\u2019il y a des choses qui ne collent pas dans son histoire.» Situations différentes?M.Singh n\u2019a pas voulu interdire cette prise de parole publique, bien qu\u2019il ait expulsé son député Erin Weir la semaine dernière précisément parce qu\u2019il avait réfuté dans les médias une des allégations pesant contre lui.Selon le chef, la situation est dif férente parce que M.Weir a parlé en aval plutôt qu\u2019en amont de l\u2019enquête.«Attaquer une plaignante et ne pas accepter les conclusions d\u2019une enquête indépendante est inacceptable parce que cela ne permet pas de réhabilitation», a expliqué le chef.Erin Weir a fait l\u2019objet d\u2019une enquête après que Christine Moore a soutenu que plusieurs femmes se plaignaient de lui.L\u2019enquête a retenu trois plaintes por tant sur le fait qu\u2019il se tenait trop près des gens auxquels il parlait.La quatrième plainte retenue était liée à un échange musclé qu\u2019il a eu avec une employée politique en 2016.M.Weir a soutenu que c\u2019était lui la victime parce que la femme, en sa qualité d\u2019adjointe du chef Thomas Mulcair, était en position de pouvoir et l\u2019avait empêché de parler au micro pendant un congrès.Et de trois pour Moore C\u2019est la troisième fois que Christine Moore se retrouve mêlée de près ou de loin à une allégation d\u2019inconduite sur la colline du Parlement.Outre l\u2019allégation pesant aujourd\u2019hui contre elle et son accusation visant Erin Weir, elle est à l\u2019origine de l\u2019expulsion de deux députés libéraux en 2014.C\u2019est elle qui avait informé Justin Trudeau de l\u2019inconduite sexuelle de Scott Andrews et du Montréalais Massimo Pa- cetti.À l\u2019époque, son identité avait été protégée parce qu\u2019elle était une des deux victimes.Elle soutenait ne pas avoir explicitement consenti à sa relation sexuelle avec M.Pacetti, bien qu\u2019elle ait reconnu avoir fourni le condom.Son bureau a accepté mercredi de libérer les médias de leur engagement d\u2019anonymat.M.Andrews n\u2019a pas été réélu en 2015 et M.Pacetti a quitté la vie politique.M.Singh estime que les dé- m ê l é s d \u2019 a u j o u r d \u2019 h u i d e Mme Moore ne doivent pas discréditer son témoignage de l\u2019époque.« Il est très important de souligner que ce n\u2019est pas pertinent du tout.Le simple fait qu\u2019une allégation que nous prenons au sérieux fait surface aujourd\u2019hui ne devrait en aucun cas remettre en question la crédibilité des autres allégations.Cela arrive trop souvent aux femmes et ce n\u2019est pas acceptable.» Par ailleurs, le chef n\u2019entend pas essayer de découvrir qui à l\u2019interne connaissait cette histoire sans l\u2019avoir dénoncée de manière proactive.« Ce n\u2019est pas ma priorité maintenant », a-t-il dit.La relation entre Mm e Moore et M.Kirkland avait fait l\u2019objet d\u2019un entrefilet dans le magazine satirique Frank.«Savoir qu\u2019il y a une relation est une chose.Connaître les allégations précises [c\u2019en est une autre].» Le Devoir INCONDUITE SEXUELLE Des collègues découragent Moore de se défendre en public La députée abitibienne du NPD a dit vouloir offrir sa version des faits jeudi A M É L I P I N E D A À quelques mois des élections provinciales, des jeunes de moins de 25 ans n\u2019ont pas l\u2019impression de retrouver les enjeux de leur génération dans le discours des politiciens.« Sensibiliser les jeunes, ce n\u2019est pas juste avec une affiche sur la por te d\u2019une toilette.Il faut que quelqu\u2019un prenne le temps de s\u2019asseoir pour expliquer de quelle façon leur implication peut changer quelque chose dans leur vie», a fait valoir Lysa Bergeron.La femme de 20 ans, qui s\u2019est présentée à la mairie de Notre-Dame-du-Mont-Carmel aux dernières élections municipales, faisait partie des quatre jeunes participants au panel «18 ans en 2018» qui s\u2019est tenu mercredi soir.Organisée par Les amis du Devoir, la rencontre visait à débattre de la façon dont ils entendent exercer leur pouvoir politique.La soirée s\u2019est tenue dans le cadre de la remise des prix du Devoir de la presse étudiante.«Le discours politique n\u2019est pas adapté aux réseaux sociaux et lorsqu\u2019ils essaient de l\u2019adapter, eh bien, on le trouve un peu quétaine.Les politiciens sont un peu dépassés par les enjeux», a souligné pour sa part Ikram Mecheri, cofondatrice de la jeune chambre de commerce algérienne du Canada.Les médias ont également un rôle à jouer pour intéresser les jeunes à l\u2019actualité et les maintenir informés, a rappelé le directeur du Devoir, Brian Myles.« Le grand défi [\u2026] c\u2019est de convaincre votre génération que la véritable valeur de l\u2019information, ce n\u2019est pas dans la gratuité.La véritable valeur de l\u2019information, c\u2019est le prix que le public est prêt à lui accorder », a souligné M.Myles.Les lauréats La soirée s\u2019est terminée en récompensant les meilleures productions dans les cégeps et universités du Québec.Dans la catégorie universitaire, l\u2019équipe de L\u2019Exemplaire de l\u2019Université Laval a reçu le prix Média.Le prix Coup de cœur a été décerné à Shrin- khala Dawadi et Julia Dick du journal The McGill Tribune.Une mention spéciale a également été attribuée à Ève Gau- mond pour son éditorial #Plus- Maintenant publié dans le Journal des étudiants en droit de l\u2019Université Laval.Du côté collégial, le prix Média revient aux journaux La Pige du Cégep de Jon- quière, et Ô Courant, du Cé- gep de Terrebonne.Le prix Coup de cœur est allé à Sachel Cardi-Bissonnette et Mélanie Raymond pour leur enquête- documentaire « Sexe, violence et frais de transaction» publiée dans le Journal À voie autre du Cégep de Sherbrooke.Le Devoir MÉDIAS Les jeunes ne se retrouvent pas dans le discours des politiciens La remise des prix du Devoir de la presse étudiante s\u2019est déroulée mercredi soir G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É Ottawa n\u2019a pas l\u2019intention de financer directement les entreprises de presse qui se transformeront en organismes à but non lucratif (OBNL).La réflexion que mène actuellement le gouvernement fédéral porte plutôt sur la manière de permettre aux médias de toucher des dons privés, a réitéré mercredi le cabinet de la ministre du Patrimoine canadien.Suivant les intentions annoncées dans le dernier budget Morneau, le fédéral a mis sur pied une «petite équipe de hauts fonctionnaires du Patrimoine, des Finances et de l\u2019Agence du revenu du Canada » qui étudie présentement différentes avenues pour aider les médias nationaux.« L\u2019objectif, c\u2019est de permettre les dons privés », disait-on au cabinet au lendemain de l\u2019annonce de la transformation de La Presse en OBNL.Mardi, le président du quotidien numérique, Pierre-Elliott Levasseur, écrivait que la nouvelle structure (chapeautée par une fiducie d\u2019utilité sociale) « ouvrira la porte à l\u2019appui du gouvernement fédéral», en plus de celui de grands donateurs.«Nous souhaitons ardemment que le gouvernement fédéral mette en œuvre, dans les plus brefs délais, son intention exprimée de supporter financièrement les médias écrits.» Le budget comprenait en fait deux mesures pour les médias.La première \u2014 l\u2019octroi d\u2019une somme de 50 millions sur cinq ans \u2014 ne concerne que le « journalisme local dans les communautés mal desservies».La deuxième s\u2019adresse aux médias nationaux, mais demeure à ce stade un projet d\u2019intention.« Le gouvernement étudiera de nouveaux modèles qui autoriseront les dons privés et le soutien philanthropique pour [\u2026] un journalisme fiable, professionnel et à but non lucratif », disait le budget.On ajoutait qu\u2019il « pourrait s\u2019agir de nouveaux moyens, pour les journaux canadiens, d\u2019innover et d\u2019obtenir le statut d\u2019organisme de bienfaisance en tant que fournisseurs de journalisme à but non lucratif».Ce statut a une grande valeur, puisqu\u2019il permet aux organismes de remettre des reçus qui donnent droit à un crédit d\u2019impôt pour don de bienfaisance.La mutation de La Presse s\u2019inscrit donc dans ce contexte.Nul hasard ici : la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, a elle-même confié mardi qu\u2019elle était « en communication avec La Presse depuis plusieurs mois» sur le sujet.Rapport Plus largement, cette question du journalisme à but non lucratif et de la philanthropie avait été abordée dans le rapport Miroir éclaté.Celui-ci a été déposé en janvier 2017 par le groupe de réflexion Forum des politiques publiques, à l\u2019invitation du gouvernement fédéral.L e d o c u m e n t é v o q u a i t «l\u2019émergence croissante de modèles d\u2019organisation à but non lucratif» en dehors du Canada.«Les fondations s\u2019imposent naturellement comme une source de soutien à l\u2019information », mentionnait le rapport en parlant notamment des 2 milliards versés par année aux États-Unis par un millier de fondations.On soulignait aussi que les « contraintes imposées par l\u2019Agence du revenu du Canada en matière d\u2019activité politique ou d\u2019action sociale » rendraient difficile la reprise d\u2019un tel modèle au pays.Mais ce sont ces contraintes qu\u2019Ottawa désire assouplir pour ouvrir la porte au financement philanthropique des médias.Selon le p.-d.g.de Forum des politiques publiques, Ed Greenspon, il ne faut toutefois pas voir « une panacée » dans le modèle philanthropique.«Les organisations de presse ont désespérément besoin de trouver de nouvelles sources de revenus, écrivait-il mercredi au Devoir.Certaines d\u2019entre elles, mais certainement pas toutes, viendront de la philanthropie, et d\u2019autres du gouvernement.Mais ultimement, la plupar t viendront de l\u2019innovation.C\u2019est la seule manière de garder viables ces organismes de presse.» Le Devoir MÉDIAS Le fédéral veut favoriser les dons Ottawa ne financera pas les entreprises qui se transformeront en OBNL ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE La députée abitibienne Christine Moore, à Ottawa CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR « Le discours politique n\u2019est pas adapté aux réseaux sociaux», selon Ikram Mecheri (à gauche), cofondatrice de la jeune chambre de commerce algérienne du Canada.M A R I E V A S T E L L es ex-bloquistes se sont choisi une nouvelle appellation : le futur parti qu\u2019ils promettent de créer se nommera Québec debout.Les sept députés démissionnaires espèrent faire enregistrer leur nom auprès d\u2019Élections Canada d\u2019ici quelques semaines.Ils ont cependant été rapidement pris de court, puisque les noms de domaine quebecdebout.org et quebecdebout.com menaient déjà vers le site Web du Bloc québécois en après-midi.L\u2019équipe de Martine Ouellet a indiqué que l\u2019initiative ne venait ni du parti ni de la chef.Les sites québecdebout.org et québecde- bout.com \u2014 avec accent aigu \u2014 ont quant à eux été réservés par les anciens bloquistes.La mission première de leur nouvelle formation sera la défense des intérêts du Québec.Ils estiment ainsi revenir au mandat originel du Bloc québécois.Mais les démissionnaires ne s\u2019entendent pas sur la place qu\u2019ils feraient, ou non, aux fédéralistes qui voudraient défendre les intérêts du Québec au sein de leur formation.Si la majorité des ex-bloquistes martèlent qu\u2019ils ne les accepteraient pas, l\u2019élu Rhéal Fortin laisse toujours entendre qu\u2019il leur ouvrirait la porte.Le député Michel Boudrias y est allé d\u2019une «mise au point» sur Facebook, en rappelant son militantisme au sein de partis indépendantistes.« JAMAIS je ne souscrirai ou militerai pour un par ti qui ne l\u2019assumerait pas.JAMAIS je n\u2019accepterais qu\u2019on entretienne un flou ou des ambiguïtés sur cette question.» Il n\u2019a pas rappelé Le Devoir mercredi.Le Devoir Bloc : un nouveau parti nommé «Québec debout» L E D E V O I R , L E J E U D I 1 0 M A I 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 Q uand Pierre Karl Péladeau a soudainement quitté la scène et que le référendum a été reporté à ce qui ressemble de plus en plus aux calendes grecques, François Legault a aussitôt senti que la chance avait tourné en sa faveur.Il allait enfin pouvoir échapper à la polarisation autour de la question nationale, qui condamnait son parti à une relative marginalité.Il était cependant conscient que le désir de changement des Québécois avait des limites.Après 15 ans de règne libéral, ils étaient prêts à envisager une solution de remplacement au gouvernement Couillard, mais pas à confier les rênes du pouvoir à une bande d\u2019amateurs.En 2008, Mario Dumont pensait lui aussi que son heure était venue, mais il n\u2019avait pas été en mesure de réunir une équipe suffisamment solide pour convaincre les électeurs de donner une chance à l\u2019ADQ.Le réveil avait été brutal.D\u2019ici le congrès de la fin de mai, la CAQ aura annoncé une soixantaine de candidatures à l\u2019élection du 1er octobre prochain, mais elle est déjà en mesure de pour voir les principaux postes ministériels (Finances, Santé, Éducation, Conseil du trésor, Sécurité publique, Justice).Il serait exagéré de parler d\u2019une nouvelle «équipe du tonnerre », mais M.Legault sera en mesure d\u2019offrir une solution de remplacement tout à fait présentable et possiblement de former un Conseil des ministres paritaire, le cas échéant.Marguerite Blais n\u2019était pas un pilier du gouvernement Charest, mais elle n\u2019en constitue pas moins un ajout précieux.Quand elle était ministre responsable des Aînés, elle se classait systématiquement dans le peloton de tête du baromètre des personnalités politiques.Selon le dernier sondage Léger, 40 % des 55 ans et plus appuient la CAQ.Mme Blais fidélisera cette clientèle, qui saura pouvoir compter sur un dévouement et une détermination qui ne sont plus à démontrer.Plus impor tant encore, elle est perçue comme une progressiste, ce qui est une denrée rare à la CAQ.Quoi qu\u2019on en dise, M.Legault n\u2019est pas lui-même un homme de droite, mais certains de ses députés le sont assurément et ils donnent à son parti une image parfois inquiétante.L\u2019arrivée de Mme Blais vient en quelque sorte équilibrer les choses.?Si le Québec se distingue au Canada et en Amérique du Nord par sa fiscalité à l\u2019européenne et la solidité de son filet social, la foi des Québécois dans les vertus de l\u2019État-providence est sans doute moins absolue qu\u2019on se plaît parfois à le croire.Ils ne sont pas disposés pour autant à renoncer aux acquis de la Révolution tranquille.Libéraux et péquistes répètent à qui veut l\u2019entendre qu\u2019un gouvernement caquiste ramènerait le Québec à l\u2019époque de Duplessis.Les centrales syndicales se sont aussi mises de la partie.Comme si l\u2019austérité de la première moitié de mandat n\u2019avait pas suffi, elles accusent la CAQ de projeter un démantèlement au moins partiel de l\u2019État et la privatisation de certains services publics.« Si on n\u2019est pas capables de casser ce mo- dèle-là, on va tous se faire prendre un par un : les CPE, les psychologues, les professeurs de cégep, les travailleurs des secteurs privés, le monde des régions\u2026 On va se faire prendre un par un et on va se faire planter », lançait le président de la CSN, Jacques Létourneau, en décembre dernier.Comme par hasard, François Legault a décidé de renoncer à son projet de « modernisation » des pratiques syndicales, hérité de l\u2019ADQ, que la CAQ avait défendu durant les campagnes de 2012 et de 2014.« Il faut savoir choisir ses combats», a-t-il expliqué.Il aurait pu ajouter qu\u2019il devient impératif d\u2019arrêter de faire peur au monde.?Dans l\u2019entourage du chef caquiste, on doute toujours que nommer un autre médecin à la Santé soit la meilleure chose à faire après quinze ans de médicalocratie.En recrutant le neurologue Lionel Carmant, qui s\u2019est empressé de faire une profession de foi dans le système public, M.Legault a toutefois envoyé le message qu\u2019il n\u2019est pas question d\u2019instaurer une « médecine à deux vitesses », comme le préconisait l\u2019ADQ.Il y a encore des partisans de la mixité de la pratique médicale au sein de la CAQ, mais M.Legault a tranché ce débat.Pour le moment du moins.Les projets-pilotes de privatisation qu\u2019on avait jadis promis ont disparu du programme.Toutes les mesures proposées s\u2019inscrivent dans le cadre d\u2019un réseau public universel.Qualifier la CAQ de parti d\u2019«extrême droite» comme l\u2019a fait le premier ministre était grossièrement exagéré, pour ne pas dire franchement ridicule.En recrutant l\u2019économiste Youri Chas- sin, dont les positions sont très controversées, M.Legault a néanmoins ajouté à l\u2019inquiétude de ceux qui craignent une «dérive» libertarienne, même s\u2019il semble acquis que M.Chassin n\u2019hériterait ni des Finances ni du Conseil du trésor.Dans cette perspective, Marguerite Blais et sa compassion arrivent à point nommé.Elle est la patte blanche que doit montrer la CAQ.Il serait quand même préférable de lui trouver un peu de compagnie.La patte blanche MICHEL DAVID M A R C O F O R T I E R U n service ultraspécialisé, qui vient en aide aux élèves les plus poqués de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), est condamné à fermer ses portes à cause des nouvelles règles de financement décrétées par Québec.La plus grande commission scolaire du Québec a décidé d\u2019abolir à compter de septembre prochain le service de répit Le Relais, qui accueille temporairement les élèves ayant les plus grandes difficultés.Cette classe hors de l\u2019ordinaire accueille entre 15 et 20 élèves à la fois, qui sont encadrés par trois professionnelles \u2014 une psychoéducatrice, une orthopédagogue et une technicienne en éducation spécialisée.Ces professionnelles, appuyées par leur syndicat, ont livré mercredi un plaidoyer pour la survie de leur service, situé à l\u2019école Henri-Ju- lien dans le quartier Villeray.« Il y aurait lieu de multiplier ce genre de service plutôt que de le fermer », dit au Devoir Michel Mayrand, président du Syndicat des professionnelles et professionnels du milieu de l\u2019éducation de Montréal.Il est venu livrer son message au conseil des commissaires de la CSDM, mercredi soir.Lui et les trois responsables du répit-transit estiment que le service a fait ses preuves depuis sa création il y a une décennie : les trois quarts des élèves qui sont passés par cette classe sont retournés étudier dans leur école ordinaire.Ils viennent au Relais le temps de se remettre sur pied, avec l\u2019aide des intervenantes spécialisées.Sans le répit-transit, la CSDM n\u2019a plus de services à offrir à un élève en « rupture de fonctionnement », ont souligné Patcey Blaney, Ma- rie-Ève Desroches et Marie-Hélène Quintal, responsables du service.«Savez-vous que si un élève est en bris de fonctionnement et qu\u2019il a besoin d\u2019un répit, le seul choix de la CSDM est l\u2019école spécialisée avec les jeunes en trouble grave de comportement ?Nous peinons à garder nos garçons présentant des dif ficultés d\u2019adaptation sur les bancs d\u2019école.Qu\u2019avons- nous à leur offrir ?» Règles de financement La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, a expliqué que la commission scolaire a fait le choix douloureux d\u2019abolir Le Relais à cause de nouvelles règles de financement décrétées par le ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur (MEES).Québec envoie depuis deux ans des sommes directement aux écoles, sans passer par les commissions scolaires.Cette année, 7,4 millions de dollars sont ainsi versés aux 191 écoles de la CSDM.Les écoles ont fait leurs propres choix pour dépenser ces sommes.Et les choix des écoles ne permettent pas de maintenir le répit- transit Le Relais, selon Mme Harel Bourdon.«Auparavant, on avait une certaine souplesse pour nos services globaux.Cette souplesse-là n\u2019est plus là», a-t-elle déploré.La CSDM a réussi à maintenir le financement pour huit équipes de « répit-conseil » qui se rendent dans les classes pour aider les élèves ayant les plus grandes difficultés \u2014 et leurs enseignants.Ces équipes sont formées, selon les besoins, des professionnels suivants : orthopé- dagogue, psychoéducateur, psychologue, ergo- thérapeute, orthophoniste et technicien en éducation spécialisée.Et ça fonctionne, selon la CSDM.« Le répit-conseil est insuffisant.Je ne peux pas croire que la commission scolaire abolit le répit-transit Le Relais.Comment peuvent-ils justifier ça ?C\u2019est une seule question d\u2019équilibre budgétaire sur le dos des élèves les plus vulnérables», dit Catherine Renaud, présidente de l\u2019Alliance des professeures et des professeurs de Montréal.Violaine Cousineau, commissaire indépendante, déplore elle aussi les effets pervers des nouvelles règles de financement édictées par le MEES \u2014 qui envoie des sommes directement aux écoles.La commission scolaire n\u2019a par exemple que 10 bibliothécaires pour 113 000 élèves.Sans surprise, aucune école n\u2019a choisi d\u2019embaucher une bibliothécaire, au moment où les élèves manquent cruellement d\u2019orthophonistes, par exemple.Les 7,4 millions de dollars envoyés par Québec ont néanmoins permis de créer près de 200 postes, a souligné Catherine Harel Bourdon.Cette somme permettra entre autres l\u2019embauche de soixante-dix techniciens en éducation spécialisée, onze orthophonistes, sept préposés aux élèves handicapés, six ergothéra- peutes, deux postes et demi de techniciens en travail social et un poste et demi de conseiller pédagogique.Le Devoir ÉDUCATION Un service pour élèves en difficulté abandonné La CSDM dit fermer Le Relais en raison de nouvelles règles de financement J E S S I C A N A D E A U L es enfants semblent de plus en plus anxieux et mal équipés pour faire face aux petits pépins de la vie, constate la chercheuse Tina Montreuil, de l\u2019Université McGill, qui a développé un projet-pilote dans les écoles primaires afin de mieux outiller les enfants quant à la gestion du stress.« On voit un nombre croissant d\u2019enfants qui ont un trouble dépressif, un trouble anxieux ou une anxiété généralisée », affirme d\u2019emblée la directrice du laboratoire CARE (Childhood Anxiety and Regulation of Emotion) en entrevue au Devoir.Elle constate également que les enfants sont « de moins en moins équipés pour gérer les aléas de la vie et la détresse », notamment en raison du rythme ef fréné de la société et de l\u2019hyperprotection des parents, qui laissent peu de place à l\u2019enfant pour s\u2019épanouir et développer naturellement cette capacité.En parallèle, elle constate qu\u2019« il y a un nombre décroissant de psychologues et de personnes spécialisées en santé mentale dans les écoles», ajoute Mme Montreuil.Ainsi, le programme qu\u2019elle a développé pour aider les enfants à gérer leurs émotions répond à un réel besoin, assure-t-elle.Le projet-pilote a été implanté dans deux écoles privées anglophones et dans une école de la commission scolaire Lester B.Pearson, et suscite un intérêt croissant dans le réseau des écoles publiques, notamment du côté des commissions scolaires francophones.Car si plusieurs programmes existent chez les adolescents \u2014 où les problèmes sont souvent plus criants \u2014, elle a constaté un manque chez les petits du primaire.« Comme psychologue, j\u2019intervenais souvent auprès de grands ados, au moment où les problèmes étaient devenus chroniques, alors qu\u2019on aurait pu agir en prévention bien avant en leur donnant les outils pour mieux gérer leurs émotions à la base.C\u2019est d\u2019ailleurs une particularité bien canadienne, d\u2019intervenir lorsqu\u2019il y a une crise plutôt que de travailler en amont, comme cela se fait en Finlande par exemple.» Yoga et pleine conscience À l\u2019aide de subventions fédérales et québécoises, l\u2019équipe de Tina Montreuil a développé un programme adapté aux enfants de 6 à 12 ans et of fre des ateliers qui s\u2019intègrent dans les cours d\u2019éthique et de culture religieuse.«La première leçon, c\u2019est de montrer aux enfants qu\u2019il y a un lien entre la pensée et l\u2019émotion.On part d\u2019exemples concrets, basés sur des problèmes soulevés dans des groupes de discussion, comme le stress à la veille d\u2019un examen.Il y a plein d\u2019idées associées qui leur viennent en tête: je vais échouer, je ne suis pas bon, mon prof ne m\u2019aimera pas, mes parents vont être déçus, je déteste l\u2019école, etc.Ces idées causent beaucoup d\u2019anxiété de performance.On normalise ces idées-là \u2014 parce que souvent l\u2019enfant a honte et croit qu\u2019il est seul à penser ça \u2014 et on donne des stratégies pour les évacuer.» Elle donne également l\u2019exemple du « bocal magique », fabriqué avec de l\u2019eau et des babioles brillantes.« On agite le bocal pour illustrer le tourbillon des idées dans leur cerveau quand ils sont en état de panique.Ensuite, on dépose le pot et on passe à autre chose.Quand les enfants reviennent, les petits brillants sont au fond du pot.Ça leur fait comprendre que, si on reste calme au lieu de paniquer, nos pensées vont se calmer.» Le programme comprend également des ate- l iers de yoga, des exercices de pleine conscience (midfullness), de respiration profonde et de relaxation.« Oui, ce sont des concepts à la mode de nos jours, mais c\u2019est plus qu\u2019une mode, ce sont des méthodes validées par la science qui devraient devenir des habitudes de vie », soutient la chercheuse.Les données préliminaires récoltées par son équipe semblent valider le modèle.« Les enfants qui ont suivi notre programme semblent vivre moins d\u2019anxiété et avoir fait des acquis sur le plan de la régulation émotionnelle ».Reste à voir si cela se traduira par de meilleurs résultats scolaires.C\u2019est l\u2019hypothèse qu\u2019elle tentera de valider dans les prochains mois.Le Devoir L\u2019anxiété, un mal qui n\u2019épargne pas les enfants Un projet-pilote vise à mieux outiller les élèves du primaire qui souffrent du stress ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les élèves du primaire ont parfois de la dif ficulté à reconnaître et à gérer les stress qu\u2019ils vivent. L E D E V O I R , L E J E U D I 1 0 M A I 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia - tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 15 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 15 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres AVIS Avis est par les présentes donné à Michelle SIMARD, d'adresse inconnue, que Micheline DES- ROSIERS, en son vivant résidant au 199, rue Saint-Pierre, Saint-Constant, Québec, J5A 2N8, est décédée à Saint-Cons- tant le 2 novembre 2017.Aux termes de son testament, la défunte a désigné Michelle SI- MARD, à titre de coliquidatrice remplaçante et a prévu un délai de 30 jours à compter de la connaissance de son décès pour qu'elle fasse connaître son acceptation de la charge.Avis est par les présentes donné à Michelle SIMARD qu'elle bénéficie d'un délai de 30 jours pour faire connaître son acceptation de la charge de coliquidatrice remplaçante à Me Laurent FRÉ- CHETTE, Notaire, au 7160, boulevard Pie-IX, bureau 201, Montréal, Québec, H2A 2G4.Donné ce 3 mai 2018 Laurent FRÉCHETTE, Notaire Des soumissions sont demandées et devront être reçues avant 11 h à la date ci-dessous, au comptoir Accès Ville-Marie situé au 800, boulevard De Maison- neuve Est, 17e étage, Montréal H2L 4L8, pour : Appel d\u2019offres : VMP-18-013 Installation d\u2019une clôture ornementale Parc du Pied-du-Courant Date d\u2019ouverture : 28 mai 2018 Dépôt de garantie : Cautionnement de 10 %.Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 10 mai 2018 par le biais du Système électronique d\u2019appel d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site internet www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Renseignements : Domenico Zambito : vm-appeldoffres@ville.montreal.qc.ca Pour être considérée, toute soumission doit être présentée sur les formulaires préparés à cette fin par l\u2019arrondissement de Ville-Marie et placée dans une enveloppe cachetée portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.L\u2019arrondissement de Ville-Marie ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 10 mai 2018 Le Secrétaire d\u2019arrondissement Me Domenico Zambito APPEL D\u2019OFFRES PUBLIC Des soumissions sont demandées et devront être reçues avant 11 h à la date ci-dessous, au comptoir Accès Ville-Marie situé au 800, boulevard De Maison- neuve Est, 17e étage, Montréal H2L 4L8, pour : Appel d\u2019offres : VMP-18-014 - Travaux de réfection routière de différentes rues de l\u2019arrondissement de Ville-Marie Date d\u2019ouverture : 28 mai 2018 Dépôt de garantie : Cautionnement de 10 %.Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 10 mai 2018 par le biais du Système électronique d\u2019appel d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site internet www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Renseignements : vm-appeldoffres@ville.montreal.qc.ca Pour être considérée, toute soumission doit être présentée sur les formulaires préparés à cette fin par l\u2019arrondissement de Ville-Marie et placée dans une enveloppe cachetée portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.L\u2019arrondissement de Ville-Marie ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 10 mai 2018 Le Secrétaire d\u2019arrondissement Me Domenico Zambito APPEL D\u2019OFFRES PUBLIC Service de la gestion et de la planification immobilière Direction de la gestion des projets immobiliers Des soumissions, sont demandées et devront être reçues, avant 13 h 30, à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l'attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 5932 Descriptif : Conception-construction de l\u2019usine d\u2019assainissement du lixiviat au CESM Date d\u2019ouverture : Le mardi 11 septembre 2018 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 10 mai 2018 sur le SEAO.Visite supervisée des lieux : N/A.ou Oui, obligatoire : Si la visite supervisée des lieux est obligatoire, la date limite pour prendre rendez-vous est le lundi 18 juin 2018 à 15h00, à l\u2019adresse courriel suivante : immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Les visites auront lieu : du 31 mai 2018 au 21 juin 2018 inclusivement, selon l\u2019horaire suivant : 9h00, 11h00 et 13h00.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux au Service du greffe à l'Hôtel de Ville, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelques natures que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 3 mai 2018 Le greffier de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres APPEL D\u2019OFFRES - TRAVAUX DIRECTION DES SERVICES ADMINISTRATIFS ET DU GREFFE DIVISION AMÉNAGEMENT DES PARCS \u2013 ACTIFS IMMOBILIERS Soumission CDN-NDG-18-AOP-DAI-032 Réaménagement et agrandissement du chalet et aménagement d\u2019un jardin communautaire au parc de la Savane L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le vendredi 11 mai 2018 à 11 heures est reportée au vendredi 18 mai 2018 à 11 heures.Les soumissions devront donc être reçues avant 11 heures le vendredi 18 mai 2018 au 5160, boulevard Décarie, bureau 100, (Accès Montréal), rez-de-chaussée, Montréal (Québec), H3X 2H9, à l\u2019attention du secrétaire d\u2019arrondissement.Fait à Montréal, le 10 mai 2018.La secrétaire d\u2019arrondissement substitut, Julie Faraldo-Boulet Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 18-16782 Services professionnels pour la réalisation de mandats d\u2019inspection, d\u2019évaluation, de conception dans le domaine des structures routières et de la voirie L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 8 mai 2018 est reportée au 15 mai 2018 à 13 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 10 mai 2018 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 18-16839 \u2013 ERRATUM Services professionnels Sondage sur la satisfaction des citoyens et des entreprises à l\u2019égard des services municipaux Veuillez prendre note qu\u2019à la suite de l\u2019annonce paru le 7 mai 2018 dans ce journal, la Ville désire vous informer que l\u2019appel d\u2019offres 18-16839 ci-haut décrit, n\u2019est pas encore disponible sur le site SÉAO.Cet appel d\u2019offres sera publié sur le site SÉAO le 14 mai 2018 et la nouvelle date d\u2019ouverture des soumissions est le 31 mai 2018.Fait à Montréal, le 10 mai 2018 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Division projets sécurité publique et EPLV Direction de la gestion et de la planification immobilière Service de la gestion et de la planification immobilière Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : JA-00046-PH2 Descriptif : Réaménagement des serres Louis- Dupire Phase 2 L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le, 22 mai 2018, est reportée au, 24 mai 2018, à 13 h 30, au Service du greffe de la Ville de Montréal, à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6.Fait à Montréal, le 10 mai 2018 Le greffier de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres AVIS public de notification (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à Jay Kumar.de vous présenter au greffe civil du district de Montréal situé au 1, rue Notre-Dame Est à Montréal dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d'instance, avis d'assignation et pièces, l'avis d'exécution et déclaration sous serment qui y ont été laissés à votre attention et qui porte le numéro de cause 500-22-245746-188.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis d'assignation qui l'accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié à la demande d'Olivier Gaucher, huissier, qui a tenté sans succès de vous signifier la demande introductive d'instance et avis d'exécution.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Repentigny, ce 7 mai 2018 Michel Gaucher, Huissier de justice Avis de clôture d'inventaire (art.795, C.c.Q) Prenez avis que, à la suite du décès de Maxime MIMEAULT, en son vivant domicilié au 6370 boulevard Roi-René, Montréal (Anjou), Québec, Canada, H1K 3G3, survenu le vingt-six janvier deux mille dix-huit (26 janvier 2018), un inventaire de ses biens a été dressé par Nancy THERRIEN, liquidatrice, et peut être consulté par les intéressés à l'étude de Notaires Montréal, s.e.n.c.r.l., située au 740, Saint- Maurice, bureau 204, Montréal, Québec H3C 1L5 (514-844-3316 x.709).AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est donné conformément au Code civil du Québec de la clôture de l'inventaire en regard de la succession NORMAND RIENDEAU, en son vivant domicilié au 440 St-Jacques, Gran- by (Québec) J2G 3N8, et décédé le 10 novembre 2017 à Granby.Cet inventaire peut être consulté par toute personne ayant un intérêt, à l'étude de Me YVES BEAUDOIN, notaire, au 5928 Boul Cousineau, bur.3A, Saint- Hubert (Québec) J3Y 7R9.LONGUEUIL, le 7 mai 2018.Me YVES BEAUDOIN, notaire AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Suite au décès de Jean-Marie Pradel LOUIS, survenu le 8 novembre 2017, domicilié au 1855 rue Talleyrand, appartement 105C, Brossard, Qc J4W 2Y9, avis est donné que la clôture d'inventaire des biens du défunt a été faite selon la loi par le liquidateur ad hoc en date du 6 mai 2018 et l'inventaire peut être consulté à l'étude du notaire Michel Bibeau, au 620 De Morta- gne, Boucherville, Qc J4B 8N7.Dans l\u2019affaire de la faillite : Avis est par les présentes donné que la faillite de : 9200-6717 Québec inc.Situé au : 619, Sainte-Catherine, Granby, Québec.J2G 3V1 est survenue le 03-05-2018 et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 23-05-2018 à 10 :00 au bureau du syndic au : 100, rue Principale, Granby, Québec.J2G 2T4 Jean Fortin, Syndics autorisés en Insolvabilité Tél.450-442-3260 JeanFortin.com M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L\u2019 ancienne ministre fédérale qui a conseillé le gouvernement Tr udeau en vue de la légalisation du cannabis estime qu\u2019il serait « paternaliste » d\u2019interdire carrément la culture de la plante à domicile.Dans la mesure où celle-ci sera légale, il n\u2019est pas logique ou même réaliste, selon Anne McLellan, de la prohiber à la maison.Bien qu\u2019Ottawa ait suivi les recommandations de l\u2019ancienne ministre libérale de la Justice et de la Santé, le Québec et le Manitoba souhaitent prohiber la production personnelle de cannabis à domicile.«Si vous légalisez le produit tiré de la plante, voulez-vous bien me dire comment on peut af firmer que vous ne pouvez pas faire pousser la plante?[\u2026] C\u2019est paternaliste.C\u2019est inapplicable», a plaidé Mme McLellan, en marge de sa comparution en comité sénatorial pour discuter de son rapport dont le gouvernement s\u2019est largement inspiré pour rédiger son projet de loi.Ses propos étaient tout aussi tranchés devant le comité.«Le cannabis va être légal.La plante sera légale.Et on permet aux gens, par exemple, de produire leur propre vin ; ils ont le droit de faire pousser leur tabac.Si vous allez vraiment légaliser, est-ce logique d\u2019avoir une prohibition complète pour la culture de ce qui sera maintenant une plante légale qui produira une substance légale ?» a demandé l\u2019ancienne ministre aux sénateurs qui choisiront, fin mai, quels amendements ils apporteront au projet de loi C-45.Friction Québec-Ottawa Le rapport McLellan suggérait notamment d\u2019autoriser la culture d\u2019un maximum de quatre plants par domicile.« En permettant l\u2019accès légal au cannabis à l\u2019échelle nationale au Canada, on s\u2019attend à ce que la demande de cannabis produit illicitement diminue avec le temps», stipulait le document.Le gouvernement de Justin Trudeau a repris cette suggestion.Mais celui de Philippe Couillard s\u2019y oppose catégoriquement.Le ministre québécois des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier, somme Ottawa de permettre à Québec d\u2019interdire la culture à domicile sur son territoire.M.Trudeau a plutôt affirmé qu\u2019il s\u2019attendait « à ce que les gens suivent » la loi fédérale.Plusieurs prédisent que la loi québécoise sera rapidement contestée devant les tribunaux par un citoyen qui voudra faire pousser sa propre marijuana.Peu en feront pousser Mme McLellan estime toutefois que peu de Canadiens se prévaudront réellement de ce droit, lorsqu\u2019il aura été institué.Son collègue Mark A.Ware, qui coprésidait le comité consultatif sur le cannabis, est du même avis.« Choisir de faire pousser votre propre [marijuana] sera une option.Mais cela prendra du temps, ce n\u2019est pas toujours facile à faire, vous ne serez peut-être pas cer tains de la quantité qui sera produite, vous ne saurez certainement pas quel en sera le taux de THC ou de cannabinoïdes », a noté le Dr Ware à sa sortie du comité.« Alors, on s\u2019attend à ce que la majorité des consommateurs de cannabis utilisent un point de vente existant.» Les sénateurs ont surtout insisté, dans leurs questions aux deux experts, sur le niveau de consultation des Premières Nations \u2014 jugé insuffisant \u2014, l\u2019âge minimal de consommation fixé à 18 ans \u2014 jugé trop jeune \u2014 et les peines qui seront réservées aux mineurs en possession de marijuana.Le C- 45 autoriserait la possession de 30 grammes pour les adultes, mais de moins de 5 grammes pour les mineurs (qui ne seraient toutefois pas accusés au criminel).Plusieurs sénateurs se sont dits préoccupés par des limites « inéquitables».Le Devoir CANNABIS Prohiber la culture à domicile est «paternaliste », dit Anne McLellan ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE L\u2019ancienne ministre libérale de la Justice et de la Santé Anne McLellan a conseillé le gouvernement de Justin Trudeau en vue de la légalisation du cannabis.M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec I l faudra le voir pour le croire.Mais d\u2019ici là, tous les partis d\u2019opposition se sont engagés mercredi, signatures à l\u2019appui, à réformer le mode de scrutin s\u2019ils prennent le pouvoir, avec ou sans l\u2019accord des libéraux.Parce que ces derniers ont une fois de plus opposé une fin de non-recevoir à une révision du mode de scrutin, qui permettrait d\u2019instaurer la proportionnelle mixte compensatoire avec listes régionales.Quelque sept élus libéraux se sont déplacés devant les médias pour défendre le statu quo.« Cette proposition nous semble, à première vue, causer un préjudice profond envers les régions du Québec», a déclaré la ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Kathleen Weil.À son avis, une réforme du mode de scrutin «affecterait la stabilité des gouvernements successifs, la représentation des régions et [la reddition de comptes] des députés envers la population».Le ton a changé depuis 2004.À l\u2019époque, le gouvernement libéral de Jean Charest suggérait dans un avant-projet de loi d\u2019instaurer un système de représentation proportionnelle, qui impliquait la réduction du nombre de députés de circonscription à 77 et créait 50 sièges compensatoires pour des députés issus de listes.Les indépendantistes L\u2019adhésion du Parti québécois (PQ) à un projet visant à réviser le mode de scr utin marque aussi un changement de cap.Le parti avait fait disparaître en 2011 cette proposition, incluse dans son programme depuis 1969.La proposition de listes régionalisées et la possibilité « d\u2019additionner tous les députés indépendantistes en 2022, qu\u2019ils soient du Parti québécois ou de Québec solidaire », ont rallié le chef Jean- François Lisée.Son confrère de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a dit voir dans cette réforme un moyen de lutter contre le cynisme.« C\u2019est un bon compromis pour nos régions, c\u2019est un bon compromis pour notre démocratie, c\u2019est un bon compromis pour le Québec », a-t- il résumé.Ni l\u2019un ni l\u2019autre des chefs n\u2019a voulu se prononcer sur sa capacité à œu- vrer au sein d\u2019une coalition PQ-CAQ.Seul Gabriel Na- deau-Dubois, de Québec solidaire, a dit n\u2019avoir «aucune objection à augmenter le nombre de sièges à l\u2019Assemblée nationale» si cela s\u2019avérait nécessaire.À ses côtés, François Legault a levé les yeux au ciel.Ni la CAQ ni le PQ ne souhaitent voir le nombre de députés dépasser les 125.Les partis ne se sont pas arrêtés sur une proportion précise de députés élus et de députés « de liste ».Ils se sont néanmoins engagés à déposer un projet de loi visant à réformer le mode de scrutin « au plus tard le 1er octobre 2019 ».Le Devoir Pacte pour réformer le mode de scrutin Les partis d\u2019opposition à l\u2019Assemblée nationale s\u2019entendent sans les libéraux Le ton a changé depuis 2004.À l\u2019époque, le gouvernement libéral de Jean Charest suggérait dans un avant-projet de loi d\u2019instaurer un système de représentation proportionnelle. J E A N N E C O R R I V E A U Craignant la disparition graduelle des maisons de type «shoebox», l\u2019arrondissement de Rosemont\u2013La Petite-Patrie, à Montréal, a décrété un moratoire sur la transformation et la démolition de ces bâtiments ouvriers en attendant l\u2019adoption d\u2019un encadrement réglementaire qui leur serait spécifique.Au cours des quatre derniers mois, l\u2019arrondissement a reçu sept demandes de démolition pour ces petites maisons datant du début du XXe siècle.L\u2019arrondissement avait fait savoir en février dernier son intention de se doter d\u2019une réglementation pour encadrer la préservation de ces maisons appartenant au patrimoine modeste.L\u2019opération s\u2019est avérée plus complexe que prévu, admet la conseillère du Vieux- Rosemont Christine Gosselin.Lors de l \u2019assemblée du conseil d\u2019arrondissement de Ro- semont\u2013La Petite-Patrie lundi soir, les élus ont donné leur aval à un moratoire s\u2019appliquant à toute nouvelle demande d\u2019agrandissement, de transformation ou de démolition de maisons de type shoebox, et ce, pour une période indéterminée.«Le moratoire n\u2019affecte pas les demandes qui ont été reçues», a précisé Mme Gosselin.«Le cadre réglementaire que nous préparons nous permettra d\u2019être plus exigeants pour les maisons shoebox en bon état ou celles qui ont une belle façade.» L\u2019arrondissement a déjà fait un inventaire des maisons shoebox, qui sont au nombre de 572 sur son territoire, mais il lui faut encore préciser les critères qui seront fixés.Certaines conditions Lundi soir, les élus ont aussi été appelés à se prononcer sur une demande de démolition de l\u2019un de ces bâtiments en mauvais état.La propriétaire, qui habite cette maison de la rue De Nor- manville depuis 30 ans, souhaite en faire une unifamiliale de deux étages.«Je suis une citoyenne.Je ne suis pas un promoteur de condos», a-t-elle expliqué lors de son intervention devant les élus.La démolition avait déjà été autorisée par l\u2019arrondissement il y a quelques mois, mais des citoyens avaient porté le dossier en appel.Lundi, le conseil d\u2019arrondissement a confirmé sa décision initiale, mais a imposé une nouvelle condition, soit que la façade soit préservée et que le deuxième étage soit construit en retrait.«Je pense que c\u2019est un compromis acceptable.Il faut aussi considérer l\u2019aspect humain», indique Christiane Gouin, présidente du conseil d\u2019administration de la Société d\u2019histoire Rose- mont\u2013La Petite-Patrie.«Il ne faut pas pénaliser les propriétaires, mais il faut éviter d\u2019enlever tout le cachet de ces maisons-là.» Selon elle, ce ne sont pas toutes les maisons shoebox qui méritent d\u2019être conservées et elles sont souvent trop petites pour une famille.Mme Gouin salue cependant le moratoire décrété par l\u2019arrondissement.«C\u2019est important de ne pas décider à la pièce du sort de ces maisons», dit-elle.Le Devoir L E D E V O I R , L E J E U D I 1 0 M A I 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 P A U L I N E G R A V E L E n découvrant l\u2019importante activité antimicrobienne de plusieurs composés chimiques extraits du peuplier faux tremble, des chercheurs de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) viennent de trouver une nouvelle façon de revaloriser l\u2019immense quantité de résidus de bois générés par l\u2019industrie forestière.«Le peuplier faux tremble est l\u2019essence d\u2019arbre parmi les feuillus qui est la plus utilisée dans l\u2019industrie forestière au Québec.Il représente à lui seul 8,3% du commerce forestier», souligne d\u2019entrée de jeu l\u2019étudiante Annabelle St-Pierre de l\u2019UQTR, qui présentait hier les résultats de ses recherches dans le cadre du 86e congrès de l\u2019Association francophone pour le savoir (Acfas), qui se déroule cette semaine à Saguenay.Actuellement, les résidus de sciage du peuplier faux tremble, qui sont principalement des écorces, sont envoyés dans une usine de cogénération, où on les brûle pour en tirer de l\u2019énergie sous forme de chaleur et d\u2019électricité.Pour le moment, il s\u2019agit du seul débouché pour ces abondants résidus.Extraction Dans le cadre de sa maîtrise, Annabelle St-Pierre a évalué différentes méthodes permettant d\u2019extraire de ces débris des composés ayant des propriétés biologiques intéressantes, notamment antimicro- biennes et antioxydantes.Dans un premier temps, elle a broyé les écorces de bois afin d\u2019obtenir une matière fine qu\u2019elle a plongée dans un solvant qui a été chauffé.À l\u2019aide de deux méthodes d\u2019extraction dif fé- rentes reposant sur le principe de la macération, elle a ainsi pu tirer un cocktail de molécules chimiques ayant des propriétés antimicro- biennes et antioxydantes.« Nous n\u2019avons donc pas eu besoin de procéder à des traitements chimiques sévères pour extraire ces substances », précise-t-elle.Parmi les substances qu\u2019elle a pu extraire figurent plusieurs composés phénoliques, dont des polyphénols et des flavo- noïdes, ainsi que quelques ter- pénoïdes et alcaloïdes.«Il s\u2019agit de composés organiques qui sont présents dans la plupart des matières d\u2019origine végétale, mais qui se retrouvent en quantités différentes d\u2019une plante à l\u2019autre, d\u2019une essence d\u2019arbre à l\u2019autre», souligne-t-elle.L\u2019étudiante a ensuite mesuré l\u2019activité antimicrobienne des extraits qu\u2019elle avait obtenus par macération avec différents solvants.Elle a alors ob- ser vé que ces extraits inhibaient la prolifération de plusieurs micro-organismes pathogènes, tels que E.coli, S.aureus, C.albican, S.ente- rica, qui sont autant de micro- organismes présents dans les hôpitaux et les usines de production alimentaire.La jeune chercheuse précise que ce sont les extraits recueillis en utilisant de l\u2019eau comme solvant qui présentaient la plus grande activité antimicro- bienne.Ce qui est une bonne nouvelle, car « l\u2019eau rend le procédé encore moins coûteux et moins polluant ».Produits ménagers « Nos extraits pourront servir à préparer des produits désinfectants pouvant être utilisés pour nettoyer des surfaces de production alimentaire et d\u2019hôpitaux.Ces anti- microbiens pourraient aussi être employés comme agents de conservation dans l\u2019industrie alimentaire pour inhiber la prolifération des bactéries.Et les antioxydants que contiennent nos extraits pourraient entrer dans la formulation de cosmétiques destinés à freiner le vieillissement de la peau », fait valoir Mme St- Pierre, dont le projet a été effectué en collaboration avec Forêt Modèle du Lac-Saint- Jean, un organisme qui gère les industries forestières de cette région, et Sani Marc, une entreprise de Victoriaville qui formule des produits de nettoyage utilisés principalement dans l\u2019industrie.Le Devoir Des antimicrobiens dans le bois Michelle Blanc veut être candidate pour le PQ La gestionnaire et spécialiste du commerce électronique Michelle Blanc fait le saut en politique avec le Parti québécois.Elle souhaite briguer l\u2019investiture dans la circonscription de Bertrand, dans les Laurentides, ou de Mercier, en plein cœur de Montréal.«Pour moi, c\u2019est une extraordinaire nouvelle.C\u2019est une femme qui a une énergie folle », s\u2019est réjoui le chef du Parti québécois (PQ), Jean- François Lisée, mercredi.Il a qualifié Michelle Blanc de « femme convaincante », «qui a une connaissance du milieu numérique ».C\u2019est d\u2019ailleurs la Stratégie numérique du gouvernement libéral \u2014 qui équivaut selon elle à «des millions garrochés à gauche et à droite, sans cohérence » \u2014 qui l\u2019a poussée à faire le saut en politique, selon ce qu\u2019elle a écrit sur son blogue.Le Devoir ROSEMONT\u2013LA PETITE-PATRIE Un moratoire décrété sur la démolition des maisons « shoebox » A M É L I P I N E D A U n pompier-enquêteur libéré en janvier dernier d\u2019accusations de corruption portées sans preuve contre lui poursuit la Ville de Montréal pour 125 000 $ en dommages.Luc Désy accuse le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) d\u2019avoir ef fectué une « enquête négligente » et de l\u2019avoir arrêté «sans motifs».L\u2019enquêteur du Service incendie de la Ville de Montréal (SIM) était accusé d\u2019avoir accepté un pot-de-vin en échange de la falsification d\u2019un rapport d\u2019enquête, sous la pression de deux entrepreneurs en construction.Ceux-ci voulaient que le rapport soit favorable à la propriétaire d\u2019un immeuble incendié dans le but d\u2019obtenir des indemnisations d\u2019assurances afin que puisse leur être octroyé un contrat de rénovation.Mais voilà qu\u2019après plus de 30 mois de procédures judiciaires, M.Désy a été libéré de tous les chefs d\u2019accusation portés contre lui en raison de « l\u2019inexistence d\u2019éléments de preuve ».« Il n\u2019y a aucune preuve directe que Luc Désy a convenu d\u2019accepter, par corruption, de l\u2019argent en vue de provoquer ou faciliter la perpétration d\u2019une infraction.La preuve circonstancielle ne permet pas non plus de conclure en ce sens », a conclu la juge Patricia Compagnonne de la Cour du Québec.Le cas de M.Désy est une «aberration», selon son avocat.« Ce qui m\u2019étonne, c\u2019est que, si le Ser vice incendie a eu une crampe au cerveau et n\u2019a pas compris qu\u2019il n\u2019avait rien fait, la police et les procureurs de la Couronne n\u2019ont pas plus réagi en voyant le manque de preuve », déplore Me Alain Arsenault.Dans la poursuite, M.Désy souligne qu\u2019il a lui-même informé ses supérieurs qu\u2019il avait fait l\u2019objet d\u2019une tentative de corruption et qu\u2019il avait refusé l\u2019of fre.D\u2019ailleurs, sou- ligne-t-il, son rapport final sur les causes de l\u2019incendie n\u2019a pas favorisé la propriétaire de l\u2019immeuble en cause.Arrestation humiliante L\u2019avocat rappelle également l\u2019humiliation vécue par M.Désy, qui s\u2019était fait passer les menottes en mai 2015 devant l\u2019école d\u2019un de ses enfants sous le regard de sa conjointe et de plusieurs parents.« Ç\u2019a été une période très dif ficile, tant au point de vue personnel et familial que financier », soutient l\u2019avocat.Le pompier-enquêteur avait été suspendu sans solde à la suite de son arrestation.« Même son syndicat lui a tourné le dos au début.Il a dû se présenter à une assemblée pour s\u2019expliquer devant tout le monde alors que les rumeurs à son sujet ne cessaient de courir», mentionne Me Arsenault.La Ville de Montréal n\u2019a pas souhaité commenter le dossier puisqu\u2019il est judiciarisé.M.Désy a réintégré son poste en janvier dernier.Le Devoir MONTRÉAL Un pompier poursuit la Ville pour une «enquête négligente» I S A B E L L E P O R T E R à Saguenay L es élèves à risque au secondaire ont 70 % moins de chances de décrocher s\u2019ils participent à une activité parascolaire (spor t , théâtre, etc.) de façon continue, révèle une recherche menée dans douze écoles.« Les activités parascolaires of frent d\u2019autres occasions d\u2019être valorisés pour les élèves à risque qui, typiquement, vont être moins valorisés par les notes ou le compor tement », explique Eliane Thouin, étudiante en psychoéducation à l\u2019Université de Montréal, en marge de sa présentation à l\u2019Acfas.« Ça permet aussi à des jeunes plus isolés de se créer un réseau social.» « On parle d\u2019activités qui sont organisées et soutenues dans les écoles : des activités sportives, artistiques, comme le théâtre ou le cinéma, d\u2019autres d\u2019implications sociales, comme Amnistie internationale, des clubs oratoires\u2026 » Pendant trois ans, elle a suivi une cohorte de 545 adolescents majoritairement à risque dans douze écoles de Montréal, de Lanaudière et des Laurentides.Chaque année, les jeunes du groupe répondaient à un questionnaire.Pendant l\u2019étude, le tiers d\u2019entre eux ont abandonné l\u2019école, mais l\u2019équipe dirigée par la professeure Véronique Dupéré les a revus par la suite afin de les sonder à nouveau.C\u2019est en comparant les données des jeunes à risque qui sont restés à l\u2019école et celles de ceux qui ont décroché qu\u2019elle a pu voir que ceux qui avaient une activité parascolaire avaient 70 % moins de chances d\u2019abandonner.Plus d\u2019impact que les amis La recherche a en outre révélé que le fait d\u2019être dans une troupe de théâtre ou une équipe de sport a encore plus d\u2019impact sur le maintien à l\u2019école que la présence d\u2019amis ou l\u2019existence d\u2019une relation significative avec un adulte parmi les membres du personnel.Or, pour que ça marche, l\u2019activité doit être continue, insiste Eliane Thouin.« C\u2019est important parce qu\u2019il y a beaucoup d\u2019élèves dans le réseau public pour qui la participation, c\u2019est vu comme un privilège.Tu peux par ticiper si tu as certaines notes, si tu as un comportement exemplaire\u2026 Si tu commets une faute disciplinaire, tu es retiré de l\u2019activité.Quand on a passé les jeunes en entrevue, ça ressortait beaucoup.» Des recherches antérieures avaient déjà documenté les bienfaits des activités parascolaires sur le développement des adolescents, mais c\u2019est la première fois qu\u2019on mesure l\u2019impact direct de ces loisirs sur le décrochage des jeunes à risque au Québec.Des résultats dont le gouvernement devrait prendre note, dit-elle, en précisant qu\u2019elle a pu obser ver l\u2019impact des coupes sur le parascolaire durant son étude sur le terrain.« Cer taines écoles avaient abandonné en cours d\u2019année la tenue des activités parce qu\u2019il y avait eu des coupes, et c\u2019est ce qu\u2019ils ont enlevé en premier.» Enfin, pour que le parascolaire appor te ses bienfaits, l\u2019école doit le traiter d\u2019emblée comme une manière de lutter contre le décrochage, précise-t- elle.«Il faut solliciter les élèves qui, de prime abord, sont moins portés à participer.» Rappelons que, le 2 mai dernier, une étude révélait que seulement 64 % des jeunes Québécois du réseau public réussissent à obtenir leur diplôme dans les temps requis.Le Devoir Le parascolaire réduit le décrochage Les activités extracurriculaires diminuerait de 70 % les risques d\u2019abandon ISTOCK Les élèves qui pratiquent une activité artistique ou sportive après les cours se sentent plus valorisés.Islam : comment parler des préjugés en classe ?Un jeune chercheur de l\u2019UQTR a constaté que les enseignants étaient souvent mal à l\u2019aise lorsque venait le temps de parler en classe des préjugés à l\u2019endroit des musulmans dans le cadre du cours d\u2019éthique et culture religieuse au secondaire.Après avoir animé une série d\u2019ateliers dans le réseau, il en conclut que les professeurs manquent surtout d\u2019outils et de guides pour bien le faire.Devant d\u2019autres chercheurs intéressés par le domaine, Mathieu Li- zotte a parlé de son expérience avec un guide pédagogique développé par le Centre Justice et Foi à Montréal, « Québécois(e)s, musulman(e)s\u2026 et après ?».« Très rapidement, on a senti qu\u2019il y avait un intérêt d\u2019avoir un outil supplémentaire.On sent parfois qu\u2019il y a un manque de formation sur le terrain », a observé l\u2019étudiant en sciences de l\u2019éducation.86E CONGRÈS DE L\u2019ASSOCIATION FRANCOPHONE POUR LE SAVOIR Il ne faut pas pénaliser les propriétaires, mais il faut éviter d\u2019enlever tout le cachet de ces maisons-là Christiane Gouin, présidente du conseil d\u2019administration de la Société d\u2019histoire Ro- semont\u2013La Petite-Patrie « » es profondes fractures politico-confessionnelles restent entières au Liban à l\u2019issue des législatives de dimanche dernier, les premières à s\u2019y tenir en neuf ans.Qu\u2019une certaine dose de représentation proportionnelle ait été injectée pour la première fois dans le mode de scrutin permettait d\u2019espérer \u2014 de rêver \u2014 que ces lignes de fracture allaient en?n se défaire un peu.Le mouvement éclaté de la société civile, né de la très politique crise du ramassage des déchets en 2015, crise qui fut un puant révélateur de la corruption et de l\u2019incurie de l\u2019État, aura bien réussi à montrer le bout de son nez en faisant élire une députée indépendante, la journaliste de télévision Paula Yacoubian.Une percée dont il ne faut pas sous-estimer la valeur, étant donné la faiblesse de la société civile libanaise.Mais pour l\u2019essentiel, ce scrutin a redessiné sensiblement les mêmes blocages, en plus de les exacerber, pré?gurant à nouveau la formation d\u2019un gouvernement bancal.Grand vainqueur du scrutin, le Hezbollah pro-iranien accroît nettement son in?uence au Parlement.Face à lui, le Courant du futur du premier ministre sortant, Saad Hariri, proche de l\u2019Arabie saoudite, continue de constituer le principal représentant de la communauté sunnite, encore que de manière moins absolue, puisque l\u2019instauration d\u2019une forme de proportionnelle a donné lieu à un éparpillement relatif de son électorat \u2014 ce qui n\u2019est pas sans signaler, du reste, une exaspération à l\u2019égard de M.Hariri \u2014 qui devrait néanmoins devenir à nouveau premier ministre \u2014 pour les accommodements qu\u2019il s\u2019est montré prêt à faire avec le Hezbollah au nom de la stabilité du Liban.Cette stabilité restera précaire.De fait, le Liban est le microcosme des clivages qui déchirent l\u2019ensemble de la région.Entre in- ?uence iranienne et in?uence saoudienne, c\u2019est un petit pays qui, au fond, ne s\u2019appartient pas \u2014 ou, du moins, bien insuf?samment.Les Libanais n\u2019en sont d\u2019ailleurs pas dupes, qui sont allés voter dans une proportion d\u2019à peine 50%.La décision de Donald Trump de retirer les États-Unis de l\u2019accord sur le nucléaire iranien n\u2019arrangera rien.Elle va nécessairement contribuer à aiguiser les tensions entre Riyad et Téhéran.Elle risque aussi d\u2019augmenter les risques d\u2019affrontement militaire entre l\u2019Iran et Israël.Les deux pays se sont dé?és à plusieurs reprises, dernièrement, par tirs de missiles interposés en sol syrien.Qui dit que le Liban ne deviendra pas aussi le terrain de leur affrontement indirect?«Liban égale Hezbollah», a écrit sur Twitter lundi Naftali Bennett, ministre israélien de l\u2019Éducation et chef du parti d\u2019extrême droite Le Foyer juif.Une menace que le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, qui tient M.Trump par le bout du nez, ne se privera sûrement pas de monter en épingle.Un an après la tuerie à la grande mosquée de Québec et plus de 29 ans après celle de Polytechnique, il est encore possible au Canada de posséder légalement des armes d\u2019assaut.Le projet de loi C-71 présenté par le gouvernement Trudeau ne corrige malheureusement pas ce dangereux anachronisme.undi, 79 personnes, dont les blessés et familles des victimes de la tuerie de la grande mosquée de Québec, ont écrit au premier ministre Justin Trudeau pour lui enjoindre d\u2019interdire aux citoyens la possession d\u2019armes d\u2019assaut.En comité parlementaire mardi, le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goo- dale, a entrouvert la porte.Il a dit qu\u2019il serait prêt à examiner une proposition « constructive », mais il préférerait d\u2019abord adopter le projet C-71, autour duquel il y aurait un certain « consensus ».Mais ce projet a aussi soulevé l\u2019ire du lobby des armes à feu et du Parti conservateur.Aller plus loin inquiète donc les libéraux, qui ont payé cher par le passé la mise en place du défunt registre des armes d\u2019épaule.Ceci expliquerait aussi la réponse du premier ministre, qui s\u2019est réfugié derrière une disposition du projet de loi mettant ?n au pouvoir du cabinet d\u2019annuler les décisions de la GRC en matière de classi?cation des armes à feu.Il s\u2019agit toutefois d\u2019une esquive, car si la GRC procède à la classification technique des armes, elle le fait en appliquant les catégories et critères prévus dans le Code criminel.Et ce Code, seuls les élus peuvent le modifier.Il faut donc un projet de loi pour interdire les armes d\u2019assaut.Malheureusement, C-71 n\u2019en souffle mot.Le Code prévoit actuellement trois catégories d\u2019armes à feu : sans restriction, à autorisation restreinte et prohibées.Les critères sont si lâches que certaines armes semi-automatiques sont légales sans restriction au Canada.Elles ne sont donc pas enregistrées, ce qui fait qu\u2019on ignore combien il y en a en circulation.D\u2019autres armes semi-automatiques sont à autorisation restreinte et enregistrées alors que les armes automatiques, elles, sont toutes prohibées.Les armes longues semi-automatiques sont pourtant des armes d\u2019assaut, une expression que le Code criminel n\u2019utilise pas, mais qui désigne couramment les versions civiles d\u2019armes conçues à des ?ns militaires.Du genre de celles, toutes légales, qui ont servi lors des tueries à la grande mosquée de Québec, à Moncton, au collège Dawson et lors de l\u2019attentat du Métropolis.Liée par la classi?cation actuelle, la GRC a même approuvé au printemps 2017, dans la catégorie à autorisation restreinte, deux armes décrites comme des « mitraillettes » par leurs fabricants.Une autre arme semi-automatique a été approuvée sans restriction à cause de\u2026 la longueur du canon.Pourtant, dès 2012, la GRC disait dans une note obtenue par PolySeSouvient qu\u2019une réglementation désuète « posait un risque pour la sécurité publique en permettant que des armes conçues à des ?ns militaires et paramilitaires soient aisément accessibles au public».Une arme à feu devrait être classée en fonction du niveau de risque qu\u2019elle représente, et bien que les armes d\u2019assaut soient rarement utilisées pour commettre des crimes, quand elles le sont, on est généralement face à un carnage.Le ministre Goodale doit corriger cette lacune de C-71, peut- être une des plus sérieuses du projet de loi.Il devrait idéalement l\u2019amender ou enclencher immédiatement la révision de la classi?cation et ?xer une date butoir pour la mettre à jour.Les signataires de la lettre transmise au premier ministre se demandaient si ce silence, au détriment de la sécurité publique, était motivé par la peur qu\u2019inspirait aux députés libéraux une minorité d\u2019amateurs d\u2019armes.Si M.Goodale ne fait rien ou si son patron l\u2019en empêche, les victimes et leurs alliés auront leur réponse.L E D E V O I R , L E J E U D I 1 0 M A I 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Mario Beaulieu, le putschiste Depuis le conseil général du Bloc québécois d\u2019il y a dix jours, le président du parti, Mario Beaulieu, laissait planer le doute eu égard à son avenir au Bloc.Eh bien, c\u2019est maintenant officiel, il demeure au Bloc pour mieux précipiter le départ de la chef Martine Ouellet, qu\u2019il dit responsable de la crise que vit actuellement le Bloc.Et, pour faire taire toutes les rumeurs concernant ses raisons d\u2019une telle décision, M.Beaulieu allègue qu\u2019il est « 100 % en faveur d\u2019une approche proactive à l\u2019indépendance.C\u2019est pour ça [qu\u2019il] a appuyé Martine Ouellet ».Ce qu\u2019il lui reproche aujourd\u2019hui, « c\u2019est la façon dont elle agit en tant que chef».Au moins, les car tes ont l\u2019avantage d\u2019être claires, Mario Beaulieu s\u2019af firme donc comme un putschiste avoué et c\u2019est à ce titre qu\u2019il ne ménagera aucun effort pour arriver à ses fins d\u2019ici au vote de confiance auquel se soumettra Mme Ouel- L I B R E O P I N I O N B E R N A R D L A N D R Y Ancien premier ministre, ancien ministre des Finances et ancien professeur de l\u2019ESG-UQAM A L A I N P A Q U E T Ancien ministre délégué aux Finances et professeur titulaire à l\u2019ESG-UQAM R O S A I R E B E R T R A N D Ancien ministre H U B E R T B E N O I T Ancien député et conseiller en sécurité financière D epuis l\u2019automne, plusieurs voix ont dénoncé et soulevé des préoccupations majeures quant à des pans entiers du projet de loi 141 (PL 141) relatif au secteur financier.Cela concerne tant l\u2019assurance de dommages, l\u2019assurance de personnes que l\u2019épargne collective.Le 7 mai dernier, toutes les associations de consommateurs du Québec, appuyées par plusieurs intervenants indépendants, ont demandé conjointement le retrait du projet de loi 141.Aujourd\u2019hui, de manière totalement non par tisane, mais forts de nos expériences et expertises, nous en appelons solennellement aux parlementaires.Depuis 20 ans, plusieurs lois ont été adoptées et modifiées par différents parlements en établissant un équilibre fondamental permettant la fabrication de produits et de ser vices financiers par des compagnies, et leur distribution par des professionnels.C\u2019est à cette fin que l\u2019Autorité des marchés financiers (AMF) et les organismes d\u2019autoréglementation, telles la Chambre de l\u2019assurance de dommages (ChAD) et la Chambre de la sécurité financière (CSF), se sont vu confier des rôles complémentaires.Le projet de loi 141 rompt cet équilibre et propose un retour en arrière au détriment des épargnants et de la responsabilité des professionnels.Il incarne une tentative de capture réglementaire possiblement à l\u2019avantage des grandes institutions financières.En ouvrant tout grand la distribution sans représentant et par Internet sans les garde-fous adéquats, le projet de loi laissera n\u2019importe qui « conseiller » les consommateurs, sans détenir de certification de l\u2019AMF et sans être responsable de ses gestes.Cela favoriserait d\u2019ailleurs la réduction du nombre de professionnels, avec un impact par ticulièrement marqué en régions.L\u2019expérience a démontré que, sans négliger une sur veillance des compagnies, un encadrement centré en premier lieu sur les personnes physiques est plus ef ficace, car il s\u2019incarne clairement dans la préservation de leur réputation et de leur responsabilité.Pourtant, le déséquilibre découlant du projet de loi repose sur l\u2019écoute privilégiée et la place prépondérante octroyée aux personnes morales pour influencer la réglementation.L\u2019abolition des organismes de protection du public que sont la ChAD et la CSF minerait inévitablement un système assurant présentement de hauts standards de professionnalisme pour les consommateurs.Contrairement aux prétentions du ministère des Finances, nos craintes ne sont pas que des fabulations.En mars dernier, l\u2019Agence de la consommation en matière financière du Canada publiait un rapport très éloquent sur les manquements et les risques constatés dans les pratiques de vente au détail de produits par les institutions financières canadiennes.Au Québec, entre juillet 2017 et avril 2018, le site Internet de l\u2019AMF ne recense pas moins de 16 ententes survenues avec de grandes institutions (dont Chubb, Manufacturers, Aviva, Desjardins Sécurité financière, Industrielle Alliance, Lloyds, etc.) pour des manquements associés aux ventes.Des sanctions administratives leur ont été imposées, mais elles demeurent nettement inférieures aux primes et rémunérations découlant de pratiques inconvenantes.[\u2026] Ce projet de loi mammouth \u2014 contenant 485 pages, 2349 articles, modifiant 60 lois existantes et nécessitant 4653 pages de notes explicatives remises aux membres de la Commission des finances publiques \u2014 est si complexe qu\u2019après dix séances en étude détaillée, seulement 27,7% des articles ont été abordés.À l\u2019évidence, son adoption à la vapeur manquerait non seulement de sérieux, mais il constituerait un déni de démocratie aux conséquences fâcheuses et irréfléchies.[\u2026] Rejetons le projet de loi 141 au nom de la protection des consommateurs FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Chef des technologies SYLVAIN COUTU Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VÉRONIQUE CHAGNON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET let au début de juin.La décision de Mario Beaulieu ajoute, à n\u2019en pas douter, un lourd poids sur les épaules de Martine Ouellet, qui perd un appui majeur dans sa « croisade » pour conserver son titre de chef du Bloc québécois.L\u2019avenir nous dira si M.Beaulieu aura un effet mobilisateur significatif auprès des membres du parti.En attendant, les jeux de coulisse risquent d\u2019être déterminants quant aux suites à donner à la décision du président du parti, un « guerrier » expérimenté qui bénéficie d\u2019un certain prestige auprès des troupes bloquistes ! Henri Marineau Québec, le 9 mai 2018 ARMES D\u2019ASSAUT Fermons la brèche MOYEN-ORIENT Verrouillage libanais L L GUY TAILLEFER MANON CORNELLIER Pas à la hauteur À la suite du récent jugement rendu dans l\u2019af faire du Faubourg Contrecœur, MM.Lisée et Khadir n\u2019ont pas été à la hauteur ; ils ont pris la voie populiste en laissant clairement entendre que, malgré la décision judiciaire, les accusés étaient de fait coupables.La population, grandement influencée par les médias et la commission Charbonneau (un grand spectacle), était venue à la conclusion que les accusés étaient coupables.Comme elle croit maintenant que les Bibeau et Charest ont également commis des actes criminels.Dans toutes ces affaires, les médias ont une grande par t de responsabilité, oubliant que par leurs dires et insinuations, ils portent atteinte à des réputations et ils minent le système de justice.Une émission comme Enquête aurait auprès de la population plus de crédibilité qu\u2019une cour de justice ! Il me semble plus qu\u2019important que les médias fassent leur autocritique en ce domaine.Mais je ne me fais pas ici d\u2019illusions.Quant aux politiciens, ils devraient appuyer sans réserve la mission des tribunaux, soit de défendre la justice et l\u2019État de droit.Et ceci, pour le plus grand bien de notre démocratie.Quant à l\u2019UPAC et au DPCP, ils devraient sérieusement se questionner sur leurs méthodes de travail.Michel Lebel Entrelacs, le 3 mai 2018 L E D E V O I R , L E J E U D I 1 0 M A I 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter),Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants),Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatricespublicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).T H I E R R Y P A U C H A N T Professeur de management éthique à HEC Montréal nfluence politique, abus de confiance, évasion fiscale, Facebook a été récemment for t critiqué.Et pourtant, la comparution de Mark Zuckerberg devant le Congrès américain n\u2019a pas engendré de réglementation.Il s\u2019est excusé et a promis d\u2019autoréguler son entreprise, comme si la main invisible du marché allait régler l\u2019affaire.Et pourtant, plusieurs économistes de renom, dont Joseph Sti- glizt, Augus Deaton et Amartya Sen, ont affirmé que cette main n\u2019existe pas.J\u2019ai voulu aller au bout de cette polémique et j\u2019ai relu l\u2019œuvre entière d\u2019Adam Smith.Elle est composée de cinq ouvrages qui abordent l\u2019économie, b ien sûr, ma is aussi l\u2019éthique, le droit, la science et la littérature.Et quand on relit tout cela, on se rend compte que non seulement la doctrine de la main invisible n\u2019existe pas chez Smith, mais qu\u2019il prend le contre-pied de sa version actuelle.Cette doctrine af firme que les comportements intéressés et rationnels des acteurs engendrent automatiquement la richesse collective, par les mécanismes du marché , des profits et des prix.Cette doctrine est défendue par trois écoles en sciences économiques, formant au- jourd\u2019hui la pensée économique dominante.Par exemple, Paul Samuelson, figure de proue de la théorie économique néoclassique, suggère que la main invisible de l\u2019offre et de la demande sur le marché induit, sauf exception, une « allocation ef fi- cace des ressources ».De même, Milton Friedman, l\u2019un des pères fondateurs du néolibéralisme, affirme que « la seule responsabilité des entreprises [\u2026] est d\u2019accroître leurs profits » et que l\u2019on doit les laisser faire, car la main invisible va, supposément, répartir ces profits de façon équitable.Et Friedrich Hayek, co- fondateur de l\u2019école autrichienne libertarienne, affirme que la «Société ouverte » émerge d\u2019un ordre spontané, fonctionnant comme une main invisible, « les hommes [étant] gouvernés [\u2026] par le signal abstrait des prix».Pourtant, quand on revisite l\u2019œuvre d\u2019Adam Smith, on se rend compte que cette main y est ef fectivement invisible.Dans cette œuvre, Smith n\u2019emploie que trois fois, dans trois livres différents, cette notion.Et quand on divise ces six mots par la totalité de ceux contenus dans cette œuvre \u2014 1,5 million \u2014, on trouve un ratio de 0,000004 %.Ce résultat est surprenant étant donné que nous parlons ici de la doctrine la plus fondamentale dans la pensée économique dominante, une soi-disant « loi » économique ou de la nature, invoquant même parfois la volonté divine.Mais il y a plus.Smith ne connecte qu\u2019une fois la notion de main invisible avec celles du marché, du profit et du prix.Dans sa première mention, il explore la condition humaine durant la préhistoire et l\u2019Antiquité, bien avant qu\u2019un marché économique n\u2019existe.Dans le livre Essays on Philosophical Subject, non traduit en français, il obser ve que nos ancêtres attribuaient souvent aux dieux et aux déesses les événements naturels qu\u2019ils ne pouvaient expliquer.Il juge que les superstitions envers « la main invisible de Jupiter » sont compréhensibles à une époque où la subsistance et la sécurité des personnes n\u2019étaient souvent que peu assurées.Mais il nous met en garde contre l\u2019usage des dogmes et note, avec espoir, le développement de l\u2019approche scientifique.Dans sa seconde mention, Smith explore la condition humaine durant le Moyen Âge et la féodalité.Dans le livre Théorie des sentiments moraux, il met en scène des seigneurs féodaux qui nourrissent leurs vilains pour que ceux-ci entretiennent leur domaine.Mais il conclut que l\u2019époque féodale s\u2019est écroulée à la suite de ses abus envers les personnes et la nature.[\u2026].Ce n\u2019est que dans sa troisième mention, dans La richesse des nations, que Smith connecte la notion de main invisible avec les forces économiques.Smith y explore la condition humaine durant la révolution industrielle.Il note que des marchands préfèrent souvent investir dans leur territoire national, étant donné le risque élevé du commerce international à cette époque.Ces marchands peuvent alors engendrer des cercles vertueux.Mais il note aussi que d\u2019autres engendrent des cercles vicieux en érigeant des monopoles ou en convainquant des politiciens de leur attribuer des avantages indus.Smith conclut alors que le mercantilisme débridé se doit d\u2019être strictement régulé.Cette revisite des écrits d\u2019Adam Smith prend à contre-pied la main invisible de la pensée économique dominante.Smith ne l\u2019a pas introduite comme une théorie, une loi, une doctrine ou un dogme, mais comme une métaphore éducative, relative à trois époques historiques spécifiques et à leurs problématiques.Et il était conscient que les dogmes, les abus envers les personnes et la nature, et le mercantilisme débridé mènent, à terme, à des désastres.J\u2019ai donc intitulé mon essai Manipulés.Se libérer de la main invisible d\u2019Adam Smith (Fides, 2018).Car ce ne sont ni les seules forces du marché ni celles de l\u2019autorégulation qui vont régler l\u2019af faire Facebook et beaucoup d\u2019autres.C\u2019est une volonté politique, sans avantages indus, encouragée par des électeurs.Adam Smith, le père fondateur de l\u2019économie politique, nous avait prévenus.Facebook ne peut compter sur la main invisible d\u2019Adam Smith On ne peut laisser le géant des réseaux sociaux s\u2019auroréguler plus longtemps C H A R L E S - P H I L I P P E C O U R T O I S Professeur d\u2019histoire et auteur de Lionel Groulx.Le penseur le plus influent de l\u2019histoire du Québec (Éditions de l\u2019Homme, 2017).ans Le Devoir d\u2019histoire du 5 mai dernier, Luc Chartrand prétend dresser l\u2019un contre l\u2019autre, dans un collage de clichés et d\u2019amalgames, le frère Ma- rie-V ictorin et Lionel Groulx.Ces deux contemporains seraient emblématiques de deux courants de pensée contemporains, l\u2019un « mondialiste », l\u2019autre « identi- taire», malgré leur nationalisme commun.De tels exercices de catégorisation permettent rarement une analyse et une compréhension fine du passé.Aussi, la présentation de la pensée de Groulx verse vite dans la caricature et les fausses représentations.Groulx et Marie-Victorin ont collaboré à L\u2019Action française et participé tous deux d\u2019un mouvement qui hissa l\u2019Université de Montréal vers l\u2019excellence en recherche, et lancèrent respectivement l\u2019Institut d\u2019histoire de l\u2019Amérique française (IHAF) et l\u2019Association canadienne-française pour l\u2019avancement des sciences (ACFAS).Ils partageaient le désir d\u2019encourager l\u2019émancipation de leurs compatriotes et leur décolonisation.Quant à la question de l\u2019antisémitisme, Luc Chartrand s\u2019appuie sur l\u2019étude discréditée d\u2019Esther Delisle.Groulx ne s\u2019est pas départi des travers de son époque, où une méfiance envers le judaïsme était largement répandue.Mais il rejetait l\u2019antisémitisme et le racisme, qu\u2019il considérait comme contraires au christianisme: «L\u2019antisémitisme non seulement n\u2019est pas une solution chrétienne ; c\u2019est une solution négative et niaise », écrivit-il dans les années 1930.Il ajoutait : «Dans le désarroi où nous sommes, les uns par tent en guerre contre les Juifs, d\u2019autres contre les Anglais.Fausses pistes [\u2026] notre mal n\u2019est pas en dehors de nous, il est en nous.» Alors pourquoi cherche-t-on toujours à faire de Groulx un de ses grands promoteurs dans l\u2019entre-deux-guerres et à le singulariser à cet égard?On avance souvent, en se basant sur son recueil Notre maître le passé, que Groulx était passéiste.Autre cliché.En faisant ainsi référence au passé, Groulx renvoie à l\u2019une des bases de l\u2019histoire : l\u2019histoire d\u2019une collectivité aide à comprendre son présent.Il y ajoutait une conviction propre à son « petit peuple » : son riche passé lui permettait d\u2019envisager un avenir prometteur, à condition de ne pas baisser les bras ni de céder aux pressions assimilatrices du Canada et du continent.« Ils gardent l\u2019avenir, ceux qui gardent l\u2019histoire », écrit-il dans un poème qui se voulait un message d\u2019espoir.Mais n\u2019était-ce point un intellectuel traditionaliste ?Groulx valorisait la transmission d\u2019une tradition nationale, autrement dit d\u2019une culture nationale.Il a toujours été convaincu qu\u2019il fallait moderniser les traditions, faute de quoi, elles seraient vite balayées par l\u2019histoire.Groulx n\u2019était pas en quête d\u2019une reproduction du passé, mais d\u2019une émancipation de la nation.Oui, il souhaitait que la nation renforce ce qu\u2019elle avait de particulier, son caractère ca- nadien-français et catholique, face aux pressions uniformisatrices anglo-saxonnes du Dominion et du continent.Mais il se souciait avant tout des façons de dépasser la survivance pour enfin vivre pleinement comme nation épanouie, participant au concert des nations.L\u2019ouvrage collectif dirigé par Groulx Notre avenir politique fut parmi ses livres les plus influents.Son objet était d\u2019examiner toutes les facettes du problème de l\u2019indépendance du Québec (« l\u2019État français ») et comment la faire advenir dans un futur lointain ou proche, selon les circonstances de la politique internationale (la fin des empires coloniaux).Il fallait rendre l\u2019indépendance plus aisée à réaliser par l\u2019adoption d\u2019une politique nationale à Québec, par l\u2019intervention de l\u2019État, que nécessitaient le nationalisme économique et le développement de la culture et de l\u2019éducation, afin de redonner aux Canadiens français confiance en leur avenir.Groulx y réfute les arguments usuels contre l\u2019indépendance.L\u2019intention des indépendantistes n\u2019était d\u2019isoler la nation, explique-t-il : la chose étant impossible (« Il n\u2019est au pouvoir d\u2019aucun peuple de s\u2019isoler »), mais aussi indésirable, expliquait-il encore en 1936 : « Se refuser à d\u2019autres formes de beauté, de richesses intellectuelles que nationales [\u2026], ce serait s\u2019étioler comme la plante qui épuise son terroir, sans jamais se renouveler.» Ce nationalisme réformateur inspira des partis modernisateurs : l\u2019Action libérale nationale (1934) et le Bloc populaire (1943), dont les dirigeants étaient proches de L\u2019Action nationale.[\u2026] On l\u2019oublie trop souvent, la Révolution tranquille n\u2019est pas qu\u2019un moment de déchristianisation dans l\u2019histoire du Québec, mais aussi un moment d\u2019affirmation nationale.Si Groulx déplorait la première, il se félicitait de voir enfin se réaliser la seconde.C\u2019est pourquoi André Laurendeau, observateur privilégié de la période, écrivit en 1967 : « [\u2026] la Révolution tranquille, ç\u2019a été, pour une large part, l\u2019irruption dans le réel de pensées qu\u2019il entretenait et qu\u2019il claironnait depuis plus d\u2019un tiers de siècle.» Avant la réforme de l\u2019éducation, les débuts de la Révolution tranquille enchantèrent Groulx qui se pinçait de voir le gouvernement de Jean Le- sage reprendre des termes comme « État du Québec» et des propositions comme la nationalisation [\u2026].C\u2019est que l\u2019auteur du programme du Parti libéral, Georges-Émile Lapalme, s\u2019était inspiré directement de Notre avenir politique, comme il l\u2019explique dans ses mémoires.En somme, pour mieux comprendre une œu- vre comme celle de Groulx, mais aussi l\u2019évolution du Québec au XXe siècle, il convient d\u2019éviter les caricatures et les oppositions trop binaires.Lionel Groulx au-delà de la caricature JOSH EDELSON AGENCE FRANCE-PRESSE Ni les seules forces du marché ni celles de l\u2019autorégulation ne vont régler l\u2019affaire Facebook et beaucoup d\u2019autres.C\u2019est une volonté politique, sans avantages indus, encouragée par des électeurs.I Smith ne l\u2019a pas [la main invisible] introduite comme une théorie, une loi, une doctrine ou un dogme, mais comme une métaphore éducative, relative à trois époques historiques spécifiques et à leurs problématiques D WIKICOMMONS Le chanoine dans son bureau de Paris en 1922 L E D E V O I R , L E J E U D I 1 0 M A I 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 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résonne pas.Je préfère largement m\u2019exercer [au Conservatoire], pourtant, je suis à JFP principalement.J\u2019aimerais aimer plus m\u2019exercer ici.» À ses côtés, le directeur de l \u2019Orchestre symphonique JFP, Éric Levasseur, laisse filer un soupir alors que la musicienne et chanteuse Émilie Laforest, du groupe Forêt, opine du bonnet.C\u2019est cette dernière, une ancienne de cette école seconda ire, qu i mettra en scène un grand concer t classique organisé vendredi à la Maison symphonique.En vedette, on remarque une série d\u2019autres anciens de l\u2019établissement, comme Laurence Lafond- Beaulne de Milk & Bone, Martine St-Clair et Dear Cr iminals, en plus de la présence d\u2019Ariane Moffatt et de Pierre Lapointe, dont les musiciens ont presque tous usé les bancs de JFP.La soirée, sous le chapeau de la fondation de l\u2019école, servira à amasser des fonds pour aider à la réalisation d\u2019un vieux rêve de l\u2019école, celui de construire une nouvelle salle de concert de 650 places, équipée de locaux dignes de ce nom pour les répétitions.L\u2019idée, maintenant imbriquée dans un projet d\u2019agrandissement de l\u2019école par la CSDM, date de près de 30 ans, mais elle serait en ce moment sérieusement sur les rails.« Le dossier complet a été reçu le 28 février 2018, a confirmé au Devoir Marie Deschamps, l\u2019attachée de presse du ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx.C\u2019est à ce moment que, pour la première fois, le ministère avait toutes les informations en main pour commencer l\u2019analyse qui est en cours.» Hockey et musique Quelques pas dans l\u2019école située à un jet de pierre du métro Saint-Michel suffisent à saisir que les installations actuelles de JFP ne sont pas adaptées à sa vocation musicale.L\u2019étouffant auditorium de 200 places permet d\u2019accueillir sur scène un maximum de six musiciens, alors que le local principal pour les répétitions ne peut recevoir toute la chorale et l\u2019orchestre.Dans certains cas, c\u2019est dans la cafétéria que la musique se fait.Et le son ?C\u2019est « une espèce de cacophonie », dit Émilie Laforest en nous montrant une captation vidéo prise avec son téléphone, où les élèves se pilent sur les pieds.Est-ce essentiel pour de jeunes apprentis d\u2019avoir des conditions optimales ?« Si on était une équipe de hockey et qu\u2019on jouait dans la gravelle, et si après il fallait mettre des patins et aller jouer sur la patinoire dans un tournoi, ça n\u2019aurait aucun rapport », illustre Éric Levas- seur, ajoutant qu\u2019il est impossible de travailler la finesse du jeu dans les conditions actuelles.Le chef se souvient d\u2019un concert donné il y a trois ans par son orchestre au célèbre Carnegie Hall de New York.Dans l\u2019après-midi, l\u2019orchestre de jeunes musiciens avait eu droit à 20 minutes sur scène pour s\u2019exercer un peu.«On s\u2019installe, on joue notre ouverture, et quand on est sortis, il y avait des élèves qui pleuraient.À cause de la majesté des lieux, mais aussi de plaisir, pour l\u2019acoustique.J\u2019entendais le dernier altiste dans le fond de la section.Je me suis dit que, même si on avait fait le voyage juste pour ces 20 minutes là, pour jouer enfin dans une acoustique qui a du bon sens, ç\u2019aurait valu la peine.» Selon Éric Levasseur, c\u2019est notre rapport à la culture qui est derrière l\u2019interminable aventure de la création d\u2019une salle de concert pour JFP.Et il revient à la comparaison avec les patineurs.«Dans la tête de tout le monde, des politiciens, des gens qui donnent de l\u2019argent, c\u2019est illogique d\u2019avoir un \u201csport-étude hockey\u201d sans aréna, tout le monde comprend ça.Ce que les gens ne comprennent pas, c\u2019est pourquoi ça prend une salle de concert pour des élèves en musique.Parce que les gens ne connaissent pas notre condition et ne connaissent pas quels sont nos besoins.» En Allemagne ou en Italie, croit-il, la question ne se poserait même pas.Sur scène Le concert-bénéfice de vendredi ne suffira pas, bien sûr, à payer la future construction de la salle, mais il va « démontrer qu\u2019on est sérieux », dit Éric Levasseur.Ce sera aussi le début d\u2019une plus vaste campagne de financement, dit Émilie Laforest.« Et c\u2019est aussi un prétexte pour rassembler les anciens, dit-elle.Au concert, il y aura des anciens élèves de JFP qui travaillent à l\u2019éclairage, au son.Tout le house band a étudié ici.Il y en a vraiment un peu partout à Montréal, et ailleurs à l\u2019étranger, assis sur des chaises importantes du milieu culturel.» À la Maison symphonique, il y aura quelque 200 musiciens sur scène, qui oscilleront entre des œuvres classiques et des pièces des invités.Même qu\u2019un des arrangements pour chorale et orchestre a été écrit par un élève de 3e secondaire, avec l \u2019appui de V incent Legault du groupe Dear Criminals.La soirée servira aussi d\u2019émulation pour les apprentis musiciens, croit M.Levasseur, grâce au contact avec les artistes professionnels.Et la future salle de concert aurait un peu le même rôle, ajoute-t-il.« Moi, JFP m\u2019a donné envie de jouer dans l\u2019Orchestre symphonique de Berlin plus tard, confie Kaïla.Et si ici on pouvait jouer dans une salle de concert, ça nous permettrait de mieux progresser et de voir ce que ça donne si un jour on devient musicien professionnel.» Le Devoir LE GRAND CONCERT JFP Vendredi 11 mai à 20h, à la Maison symphonique SUITE DE LA PAGE 1 CHANT ou cette pratique dans le cadre de sa foi».L\u2019accommodement demandé ne doit pas entrer en collision avec, d\u2019une part, le droit à l\u2019égalité entre les femmes et les hommes et, d\u2019autre part, le droit de toute personne d\u2019être traitée sans discrimination.Autrement dit, le droit des autres usagers ou employés de l\u2019organisme assujetti à la «loi 62» de ne pas subir de discrimination fondée sur leur sexe, leur race, leur identité de genre, leur orientation sexuelle ou tout autre motif interdit par la Charte des droits et libertés de la personne doit demeurer intact.Les fonctionnaires devront aussi avoir « en tête les principes de sécurité, de communication et d\u2019identification » lorsqu\u2019ils analyseront les demandes d\u2019accommodement faites par une personne tenant à garder le visage couver t lorsqu\u2019elle reçoit un service public en raison de ses convictions religieuses, a rappelé la ministre de la Justice.«Les demandes d\u2019accommodement pour motif religieux sont déjà traitées dans les organismes en ce moment, à la lumière des règles élaborées au fil du temps par la jurisprudence.[\u2026] La publication des lignes directrices facilitera une meilleure compréhension de la loi, mais aussi, et surtout, une mise en œuvre plus harmonieuse.» Gérard Bouchard et Charles Taylor, qui ont coprésidé la Commission de consultation sur les pratiques d\u2019accommodement reliées aux différences culturelles il y a dix ans, ont mis la main à la pâte, a mentionné Mme Vallée au détour d\u2019une réponse.Un répondant sera désigné dans chaque organisme pour traiter les demandes d\u2019accommodement pour motif religieux.« Ce n\u2019est pas chaque chauffeur, ce n\u2019est pas chaque employé qui est responsable de [traiter] la demande.Ce seront les répondants », a martelé Mme Vallée en conférence de presse.Un demandeur qui essuie un refus pourra interjeter appel devant la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.«Comme c\u2019est le cas actuellement», a précisé Mme Vallée.La sous-ministre à la Justice a transmis mercredi après-midi les lignes directrices à ses homologues dans les autres ministères.Les commissions scolaires, les cégeps, les universités, les municipalités, les sociétés de transport recevront également un exemplaire.Des « formations» y seront organisées prochainement, a indiqué Mme Vallée.Les organismes ont les coudées franches pour rejeter toute demande d\u2019accommodement non raisonnable, selon le gouvernement libéral.En effet, l\u2019accommodement demandé ne doit pas imposer une contrainte excessive à l\u2019organisme visé, c\u2019est-à-dire « nui[re], de façon importante à sa prestation de services, à sa mission [et] à la qualité de ses services».D\u2019ailleurs, le demandeur devra «collabore[r] à la recherche d\u2019une solution satisfaisante et raisonnable», notamment en faisant «des compromis pour limiter les contraintes que sa demande peut causer», peut-on lire sur la fiche d\u2019information produite par le ministère de la Justice.Le coin droit du document est orné d\u2019une fleur de lys formée d\u2019individus, tandis que le coin gauche loge le slogan du gouvernement, « Ensemble\u2026 on agit pour une société juste et équitable ».« Les demandes d\u2019accommodements ont comme objectif d\u2019assurer le respect des droits fondamentaux individuels, d\u2019éviter les situations de discrimination entre les citoyens, elles visent à atteindre l\u2019équité au sein de la société québécoise et non, comme certains le perçoivent, à accorder un traitement de faveur», a souligné Stéphanie Vallée.«Ce ne sont pas toutes les demandes présentées qui constituent une demande d\u2019accommodements, et ce ne sont pas toutes les demandes d\u2019accommodements qui peuvent être accordées», a-t-elle ajouté.Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec ont réagi au quart de tour.Les lignes directrices n\u2019ajoutent rien à la « loi 62», déplore la députée péquiste Agnès Maltais.«Ça [en] laisse encore beaucoup sur les épaules des employés», a-t-elle dit.Selon sa compréhension, les femmes de confession musulmane pourront porter le niqab ou la burka au Québec, «sauf dans le cas où un employé [d\u2019un organisme] \u2014 et c\u2019est là que ça revient sur les épaules de l\u2019employé \u2014 demande une identification pour des raisons de communication ou de sécurité».«Stéphanie Vallée ouvre la porte à un accommodement religieux pour le niqab et la burqa si la croyance est \u201csincère\u201d et elle ajoute encore plus de confusion à sa loi 62.C\u2019était un fouillis, c\u2019est maintenant un foutoir!» a poursuivi la députée ca- quiste Nathalie Roy mercredi après-midi.Elle promet de commenter plus longuement le dossier à l\u2019Assemblée nationale jeudi.La ministre Stéphanie Vallée tâchera de démêler les incompréhensions des partis politiques d\u2019opposition en commission parlementaire d\u2019ici la fin de la session parlementaire, prévue le 15 juin prochain.La totalité de la loi favorisant le respect de la neutralité religieuse \u2014 y compris l\u2019article 10 indiquant qu\u2019une personne offrant ou recevant un service public «doit avoir le visage découvert», qui a été invalidé par la Cour supérieure en décembre dernier \u2014 pourra être appliquée à compter du 1er juillet prochain, est-elle persuadée.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ACCOMMODEMENTS 796 millions en 2010-2011.Il s\u2019agit d\u2019une hausse de 35,2 %.Enfin, les dépenses directes d\u2019établissement atteignaient 847 millions en 2015-2016, par rapport à 719 millions en 2010-2011.Il s\u2019agit d\u2019une hausse de 17,9 %.« La preuve est faite par la vérificatrice générale : donner plus d\u2019argent aux médecins \u2014 la recette du ministre actuel \u2014 n\u2019a pas donné plus de soins aux patients au Québec », a lancé la porte-parole de l\u2019opposition of ficielle en matière de santé, Diane Lamarre, durant la période des questions.Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a rétorqué que l\u2019analyse de la VG, qui couvre les années 2010-2011 à 2015-2016, occulte la période post-rigueur budgétaire.« [Elle] ne prend pas en compte ce qui est arrivé après nos investissements, du Parti libéral, qui ont fait en sorte que 22 000 chirurgies de plus ont été faites [par année depuis] », a-t-il mentionné à moins de cinq mois des élections générales.«Pas de vision» Pourquoi le coût global des chirurgies a-t-il augmenté près de cinq fois plus rapidement que le nombre de chirurgies ?La vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, s\u2019est abstenue de hasarder une explication devant les courrié- ristes parlementaires mercredi.«C\u2019est le ministère qui devrait avoir la réponse », a-t-elle affirmé après le dépôt de son rapport devant l\u2019Assemblée nationale.«On n\u2019a pas eu une réponse claire », a-t-elle ajouté.La VG soutient toutefois que le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) ne dispose «pas de vision globale de la répartition optimale des services chirurgicaux » au Québec.« Une telle vision lui permettrait, entre autres, d \u2019assurer une of fre optimale qui tiendrait compte des besoins en fonction des particularités de chacun des établissements.De plus, le financement des services chirurgicaux ne considère pas suffisamment les besoins de la population et les soins à lui prodiguer ; il est plutôt établi sur une base historique », écrit-elle dans son rapport.Des données «pas fiables» D\u2019autre part, Mme Leclerc jette le doute sur la crédibilité des statistiques sur les délais d\u2019attente en vue d\u2019une chirurgie dif fusées par le MSSS.Celles-ci reposent sur des données jugées «pas fiables», estime-t-elle.Autrement dit, les patients québécois attendent plus longtemps pour une chirurgie que ce qu\u2019indiquent les centres hospitaliers.C\u2019est que le compteur tourne de la signature de la requête opératoire par le chirurgien jusqu\u2019à la réalisation de la chirurgie.Les démarches effectuées auparavant par le patient \u2014 consultations auprès de son médecin de famille, réalisation d\u2019analyses, de tests de laboratoire et d\u2019examens (imagerie médicale, endoscopie, etc.), consultation d\u2019un médecin spécialiste, etc.\u2014 ne sont pas prises en compte.D\u2019autre part, les professionnels de l\u2019Hôpital général juif et de l\u2019Hôpital régional de Saint-Jé- rôme choisissent de « limiter le nombre de patients inscrits sur la liste d\u2019attente s\u2019ils pensent ne pas être en mesure de les opérer dans le temps opératoire alloué aux chirurgiens».D\u2019ailleurs, les membres de l\u2019équipe de la VG ont décelé une « incohérence» dans 55% des cas examinés à l\u2019Hôpital général juif, sis à Montréal.«[La] date de signature par le patient du formulaire de consentement à la chirurgie est antérieure à la date de signature de la requête inscrite dans le système», fait-elle remarquer.Encore hors cible Cela dit, même sous-évaluée, l\u2019attente pour une chirurgie oncologique excède souvent la cible nationale selon laquelle 90 % d\u2019entre elles doivent être réalisées dans les 28 jours et 100 % dans les 56 jours.En 2015-2016, le délai était de moins de 28 jours dans 61 % des cas ; de 29 à 56 jours dans 27 % des cas ; et de plus de 56 jours dans 12 % des cas.« La réalité est que nous avons amélioré la situation dans tous les secteurs parce que nous avons fait les bons gestes », a fait remarquer M.Barrette en chambre.« Lorsqu\u2019une chirurgie est nécessaire, il est important d\u2019y avoir recours au moment opportun pour prévenir la détérioration de l\u2019état de santé du patient.Selon la maladie, de longs délais peuvent augmenter le risque de morbidité et de mortalité, la durée de séjour à l\u2019hôpital et la détresse psychologique.De plus, des coûts peuvent être associés à une chirurgie tardive, tels que ceux liés à des complications postopératoires.Enfin, une chirurgie tardive peut nuire à la qualité de vie du patient et à ses chances de réadaptation», insiste la VG.Qui plus est, Mme Leclerc soutient que les cibles nationales établies par le MSSS « ne tiennent pas compte de l\u2019urgence », dans certains cas, de réaliser une chirurgie non oncologique au détriment d\u2019une chirurgie oncologique.« Que ce soit pour une chirurgie oncologique ou encore pour une chirurgie non oncologique, en raison des conséquences potentielles des délais d\u2019attente pour une chirurgie, la virulence de certaines maladies requiert une intervention plus rapide alors que, dans d\u2019autres situations, l\u2019intervention peut attendre plus longtemps sans causer de préjudices à la santé du patient », précise-t-elle.Enfin, les blocs opératoires de l\u2019Hôpital régional de Saint-Jérôme (Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides) et de l\u2019Hôpital de Chicoutimi (Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean), qui ont reçu la visite de membres de l\u2019équipe de la VG, sont « vétustes ».« [Des] équipements de chirurgie et de stérilisation ayant atteint leur durée de vie utile sont encore utilisés dans ces centres hospitaliers », indique Mme Leclerc.Ce n\u2019est pas tout : dans des « couloirs encombrés », du « matériel stérilisé pouvait croiser du matériel non stérilisé ».Là aussi, des changements doivent être apportés, selon la vérificatrice générale.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 BARRETTE La vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, dévoilera un autre rapport au cours du mois de juin.« On va avoir la Commission de la capitale nationale, la Commission de la construction du Québec.Il va y avoir la deuxième partie du rapport sur la Société québécoise des infrastructures (SQI).Vous vous souviendrez qu\u2019on nous avait demandé d\u2019examiner tous les contrats avec [l\u2019ancien collecteur de fonds du Parti libéral du Québec Marc] Bibeau et [le promoteur George] Gant- cheff.Donc, ça va être là-de- dans.Il va y avoir le dossier de l\u2019AMF et l\u2019UPAC, relativement aux allégations de [Annie] Trudel », a annoncé Mme Leclerc mercredi.« C\u2019est tout, je pense\u2026 Oui, [il y aura aussi] la comptabilisation du REM et les terrains contaminés.Alors, vous voyez, mes équipes travaillent fort ! » Un autre rapport attendu CLÉMENT ALLARD LA PRESSE CANADIENNE La vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, a scruté les données au ministère de la Santé."]
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