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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-04-25, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C I X N o 9 0 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 5 A V R I L 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Lassitude in?nie.Avengers : la guerre de l\u2019in?ni induit un état comparable à l\u2019indigestion cinématographique.Page B 8 Avis légaux.B 3 Décès.B 4 Météo.B 4 Mots croisés.B 2 Petites annonces .B 4 Sudoku.B 2 ?w w w .l e d e v o i r .c o m C A T H E R I N E L A L O N D E L a petite-fille de Marc Chagall Meret Meyer, représentante des ayants droit du peintre et vice-présidente du Comité Marc Chagall, regrette vivement la décision du Musée des beaux- arts du Canada (MBAC) de sortir le tableau La tour Eif fel (1929) de sa collection pour le vendre en mai aux enchères chez Christie\u2019s, à New York.Dans une lettre datée du 24 avril, adressée de Paris au directeur du MBAC, Marc Mayer, et dont Le Devoir a obtenu copie, l\u2019héritière du peintre demande au musée d\u2019examiner d\u2019autres solutions avant de mettre en œu- vre « cette décision d\u2019urgence, irrémédiable et lourde de conséquences».La tour Eif fel, écrit Mme Meyer, « met non seulement en exergue une importance picturale et symbolique au sein MUSÉE DES BEAUX-AR TS DU CANADA La prière des héritiers de Chagall Ne vendez pas La tour Eiffel, demande la petite-fille du peintre PHILIPPE HUGUEN AGENCE FRANCE-PRESSE Les sœurs Meret et Bella Meyer, petites-filles du peintre Marc Chagall A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T L\u2019 accord entre Québec et les médecins spécialistes vaut non pas 2 milliards de dollars, comme l\u2019ont annoncé les médias, révèle son analyse, mais plus de 4 milliards de dollars.Pour les omnipraticiens, l\u2019accord contient environ 3 milliards de dollars en diverses mesures.Le Devoir a pu faire ce calcul à partir des ac- cords-cadres intervenus avec les deux fédérations et a fait confirmer le tout par le Conseil du trésor.La Fédération des médecins spécialistes (FMSQ) a aussi confirmé l\u2019interprétation de son accord, tout comme la Fédération des médecins omnipraticiens (FMOQ).Le chercheur Damien Contandriopoulos, qui est professeur à l\u2019Université de Victoria et titulaire de la chaire de recherche Politique, connaissances et santé, a analysé les accords en parallèle.Il publiait en mars une étude sur la rémunération médicale.Il affirme que l\u2019accord-cadre avec les spécialistes aura un ef fet « nocif sur le très long terme ».« L\u2019effectif médical spécialisé va être tellement grand et l\u2019enveloppe, tellement im- por tante que cela deviendra insoluble », constate-t-il, même pour un futur gouvernement qui voudrait renégocier.C\u2019est l\u2019accord de 2007 pour un rattrapage avec les médecins spécialistes du reste du Canada qui a été renégocié cette année.Selon Québec et la FMSQ, aucun argent frais n\u2019a été investi.Les médecins spécialistes ont renoncé à des sommes totalisant 3 milliards de dollars, en plus d\u2019accepter plusieurs modalités pour améliorer l\u2019accès aux soins pour les patients.Origine d\u2019une méprise En sortant d\u2019un huis clos sur l\u2019entente, tenu par le Conseil du trésor le 16 février, les médias, dont Le Devoir, avaient calculé que l\u2019entente avec la FMSQ totalisait 2 milliards de dollars.Le texte de l\u2019accord n\u2019était alors pas disponible, seul un résumé avait été fourni.La mécanique est finalement plus complexe.Lorsque l\u2019accord a été disponible, Le Devoir s\u2019est rendu compte de la méprise.Des questions ont été posées au cabinet du président du Conseil du trésor, Pierre Arcand, et à la FMSQ, fin mars, pour la confirmer.L\u2019attachée de presse de Pierre Arcand a d\u2019abord refusé de répondre, avançant que, puisque les fédérations avaient été interrogées, NÉGOCIATIONS AVEC LES MÉDECINS Une entente de 4 milliards avec les spécialistes C\u2019est deux fois plus que ce que laissaient croire les chiffres véhiculés jusqu\u2019à présent NATHAN DENETTE LA PRESSE CANADIENNE Une femme se recueille près de l\u2019endroit qui a été le théâtre de l\u2019attaque au camion-bélier, lundi.L I S A - M A R I E G E R V A I S à Toronto P endant que le flou persiste sur l\u2019identité des victimes et les motivations du tueur, de nombreux Torontois sont venus se recueillir sur les lieux du drame pour tenter de trouver des réponses et du réconfort au lendemain de l\u2019attaque au camion-bélier.«On est à Toronto, je roule à vélo ici, j\u2019habite juste à côté.Mais pourquoi ?» crie en sanglotant Dana Lepinski, une résidente de Willow- dale, ce quartier de North York très multieth- nique semblable à un petit centre-ville au nord de la métropole.En cette matinée nuageuse, elle est venue se recueillir sur le trottoir près d\u2019un petit parc sur la rue Yonge au coin de Finch Avenue, là où la fourgonnette blanche a entamé sa course folle pour foncer sur des piétons.C\u2019est là qu\u2019ont af flué spontanément les Torontois dans la soirée de lundi après le drame, venant déposer des chandelles, des gerbes de fleurs et écrire des mots de soutien.« Nos prières sont avec vous », « Restons forts, Willowdale », « Avec tout notre amour » étaient quelques-uns des messages écrits au feutre co- Toronto, des lendemains qui pleurent Les citoyens vont se recueillir et cherchent à comprendre ce déferlement de violence L\u2019UPAC restera active durant la prochaine campagne électorale Page A 3 L\u2019étonnante complicité entre Donald Trump et Emmanuel Macron Page B 5 VOIR PAGE A 8 : CHAGALL Lire aussi \u203a Le meurtrier.L\u2019homme pourrait s\u2019être abreuvé à l\u2019idéologie masculiniste.Le moyen.Les tueurs de masse utilisent les méthodes des terroristes.Pages A 4 et A 5 VOIR PAGE A 8 : MÉDECINS VOIR PAGE A 8 : TORONTO L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 5 A V R I L 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 I S A B E L L E P O R T E R à Québec A lexandre Bissonnette a décidé de s\u2019en prendre à une mosquée à cause de la « couleur du temps », a fait valoir mardi un psychiatre au tribunal.« À une autre époque, il aurait ciblé les juifs.» Les préjugés qui circulent sur les musulmans ont fourni au tueur «une justification pour atteindre l\u2019objectif de sa quête», a fait valoir le psychiatre légiste Sylvain Faucher dans son rapport et son témoignage.Mue par une volonté de tuer, cette quête de « pouvoir » est née d\u2019une envie de se venger notamment de l\u2019intimidation qu\u2019il avait vécue jeune, a-t-il expliqué.Elle s\u2019est ensuite nourrie de différentes sources, «que ce soit les idées de l\u2019actuel président américain sur l\u2019immigration, ou les prises de position des médias de droite ou d\u2019extrême droite», a mentionné l\u2019expert.Rappelons qu\u2019après avoir plaidé coupable le 28 mars, Alexandre Bissonnette avait déclaré qu\u2019il n\u2019était « ni un terroriste ni un islamophobe ».Que faut-il donc comprendre de cette affirmation ?a demandé le juge François Huot au Dr Faucher.D\u2019autant plus qu\u2019Alexandre Bissonnette a de la difficulté à tolérer la critique, a répondu le psychiatre.Le meurtrier a dit cela «parce qu\u2019on pouvait le lui reprocher».«Il n\u2019est pas capable de le supporter.» La réhabilitation jugée possible M.Faucher a par ailleurs affirmé qu\u2019une réhabilitation de M.Bissonnette était possible.Un point de vue déjà défendu la veille par son collègue psychologue Marc-André Lamontagne.L\u2019expert s\u2019est toutefois montré prudent et a insisté sur le travail que M.Bissonnette allait d\u2019abord devoir faire sur lui- même.« Le risque de récidive de M.Bissonnette n\u2019est pas particulièrement significatif », a-t-il écrit avant d\u2019ajouter qu\u2019il n\u2019était pas «faible» pour autant.Selon lui, il est plus probable qu\u2019il commette dans le futur une voie de fait qu\u2019un crime grave.En après-midi, la défense a convoqué une autre psychiatre, Marie-Frédérique Allard, qui a elle aussi affirmé qu\u2019une réhabilitation après 25 ans n\u2019était pas impossible.« Souvent, la souffrance est un bon moteur pour changer et ne pas récidiver », a-t-elle notamment souligné.Les inquiétudes manifestées par le criminel à l\u2019endroit de ses parents, et en par ticulier de son père, montrent aussi qu\u2019il est capable d\u2019empathie, a-t-elle fait valoir.La Couronne a demandé à faire voir le meurtrier par un autre exper t, le psychiatre Gilles Chamberland de l\u2019Institut Philippe-Pinel.Ce dernier doit rencontrer Alexandre Bis- sonnette mercredi après-midi et présenter son rapport jeudi.Le Devoir ATTENTAT DE QUÉBEC La mosquée ciblée à cause de la « couleur du temps » Francis Drouin clame son innocence Ottawa \u2014 Le député libéral Francis Drouin soutient que c\u2019est par erreur qu\u2019il a été associé à une allégation d\u2019inconduite sexuelle.Il était présent lorsque les faits allégués se sont produits, dans un bar de Halifax en fin de semaine, mais il n\u2019en est pas responsable, assure-t-il.Alors qu\u2019il se trouvait au zinc pour payer ses consommations, une femme ailleurs dans l\u2019établissement aurait crié que quelqu\u2019un avait touché ses fesses.«Ses commentaires n\u2019étaient clairement pas dirigés vers moi.Je me suis tourné dans la direction opposée du bar et j\u2019ai crié: \u201cSortez cet homme d\u2019ici\u201d pour attirer l\u2019attention sur l\u2019incident allégué», relate le député ontarien dans un communiqué de presse.Plus tard, une femme l\u2019a abordé pour tenter Le maire des Îles-de- la-Madeleine serait candidat du PLQ Québec \u2014 Lors du prochain scrutin, un des candidats vedettes du Parti libéral du Québec (PLQ) serait le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre.M.Lapierre a l\u2019intention de succéder à Germain Chevarie, le député actuel qui a choisi de ne pas se porter candidat pour un autre mandat le 1er octobre.La Presse canadienne J E A N N E C O R R I V E A U L\u2019 administration de Valérie Plante se dit «préoccupée» par l\u2019intention du gouvernement de Philippe Couillard de devancer le remplacement des voitures de métro MR-73 dans le but de sauver des emplois à l\u2019usine de Bombardier à La Po- catière.La Ville de Montréal craint de devoir assumer une facture qu\u2019elle n\u2019avait pas prévue et qui alourdira sa dette.« Bien qu\u2019on soit sensible à la réalité des autres régions [\u2026] les intérêts des Mont- réalais et leur capacité de payer sont très importants », a insisté la mairesse Valérie Plante lorsque questionnée à ce sujet par le maire de l\u2019arrondissement de Saint-Lau- rent, Alan DeSousa, à l\u2019occasion de l\u2019assemblée du conseil municipal mardi.Sauver des emplois En février dernier, le gouvernement de Philippe Couil- lard avait fait savoir qu\u2019il comptait devancer l\u2019achat de trains Azur pour remplacer les vieilles voitures MR-73 de manière à éviter la mise à pied de 300 à 600 employés de l\u2019usine de La Pocatière en raison d\u2019un manque de contrats.Après qu\u2019Alstom eut a n - noncé que les voitures du Réseau express métropolitain (REM) seraient construites en Inde, le premier ministre Couillard s\u2019est rendu à La Po- catière le 13 avril afin de rassurer les travailleurs de Bombardier : Québec allait faire adopter un projet de loi pour prolonger le contrat des voitures Azur du métro \u2014 construites par le consor tium Bombar- dier-Alstom.Or, la Société de transport de Montréal (STM) avait décidé, en 2014, de reporter le remplacement de ses 423 voitures MR-73 pour prolonger de vingt ans leur durée de vie.Aux prises avec une situation financière difficile, la STM estimait que la rénovation de ses voitures coûterait 108 millions, mais que les économies réalisées atteindraient 500 millions.Des négociations sont en cours entre le gouvernement et la Ville de Montréal pour le par tage des coûts pour les nouveaux trains Azur.La Ville pourrait devoir assumer 25 % de la facture, selon le modèle appliqué dans les investissements en transpor t.C\u2019est la part qu\u2019elle avait assumée lors de la première commande de train Azur.Poids financier « C\u2019est sûr que c\u2019est un cadeau intéressant : on se fait donner des wagons neufs », a indiqué le président du comité exécutif, Benoit Dorais.«Mais il ne faut pas que ça se fasse au détriment de la Ville de Montréal et de ses finances.» « Si on renouvelle la flotte des MR-73, ça nous préoccupe parce que ça va augmenter significativement la dette de la Ville de Montréal», a-t-il poursuivi.«Ça ne met pas en péril les finances de la Ville, mais c\u2019est quand même préoccupant.» Montréal a obtenu de Québec du financement pour les 300 autobus promis par Valérie Plante en campagne électorale et pourrait bénéficier d\u2019une aide financière pour la construction de garages qui leur sont destinés.Benoit Dorais a cependant nié que la Ville ait accepté l\u2019achat des trains Azur en échange d\u2019un engagement du gouvernement pour ces autobus.L\u2019arrivée de nouvelles voitures Azur forcera la STM à apporter des modifications à ses équipements.La première commande de 468 voitures Azur avait coûté 1,2 milliard, mais il avait fallu investir 1,2 milliard pour divers éléments comme la modification des ateliers, l\u2019outillage, les pièces de rechange et le rehaussement des quais de certaines stations de métro, a rappelé Amélie Régis, porte-parole de la STM.Le Devoir MONTRÉAL Trains Azur : l\u2019administration Plante préoccupée par la promesse de Québec Chauffeur d\u2019autobus suspendu Le chauffeur d\u2019autobus de la Société de transport de Montréal (STM) qui avait frôlé un cycliste le 11 avril dernier sur la rue Sherbrooke a écopé d\u2019une suspension de cinq jours sans solde.Le Syndicat des chauffeurs d\u2019autobus (SCFP 1983) entend cependant se porter à la défense du chauffeur.Dans une déclaration, son président, Renato Carlone, a plaidé pour de meilleures infrastructures pour les usagers de la route.La vidéo où l\u2019on voyait l\u2019altercation entre les deux protagonistes était devenue virale.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La Société de transport de Montréal avait décidé, en 2014, de reporter le remplacement de ses 423 voitures MR-73 pour prolonger de vingt ans leur durée de vie.Couper le lien d\u2019emploi des employé(e)s en invalidité longue durée, c\u2019est aggraver leur condition, c\u2019est les abandonner à la merci de la compagnie d\u2019assurance, c\u2019est leur faire perdre la couverture de l\u2019assurance collective santé et vie, c\u2019est les condamner à la pauvreté lors de la retraite en les privant de précieuses années de cotisation au régime de retraite de l\u2019Université, c\u2019est compromettre la sécurité ?nancière de leur famille, c\u2019est renier la signature de la convention collective dûment négociée.Êtes-vous d\u2019accord avec ça, Monsieur le Recteur?Il y a quelque chose d\u2019inhumain aux Ressources humaines de l\u2019Université de Montréal.Qu\u2019allez-vous faire, Monsieur le Recteur?«par erreur» de l\u2019associer à l\u2019incident.«Nous lui avons dit qu\u2019elle s\u2019était trompée.» M.Drouin se trouvait à Halifax pour le congrès bisannuel du Parti libéral du Canada.Il a indiqué coopérer «pleinement» avec la police.Le député n\u2019a pas été suspendu du caucus.Le Devoir L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 5 A V R I L 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L e Parti québécois, la Coalition avenir Québec et Québec solidaire s\u2019engagent chacun à déposer un projet visant à instaurer un mode de scrutin proportionnel mixte régional dans les 365 premiers jours suivant une défaite du Parti libéral du Québec.Les trois par tis politiques d\u2019opposition à l\u2019Assemblée nationale ainsi que le Parti vert ont pris cet engagement et d\u2019autres lors d\u2019une réunion sous l\u2019égide du Mouvement Démocratie nouvelle (MDN) à Montréal lundi, a appris Le Devoir.Le chef de la CAQ, François Legault, a promis mardi de procéder à la réforme du mode de scrutin s\u2019il est porté à la tête d\u2019un gouvernement \u2014 minoritaire ou majoritaire \u2014 le 1er octobre prochain.M.Legault se passerait de l\u2019appui du Parti libéral du Québec à l\u2019instauration d\u2019un nouveau mode de scrutin même si celui-ci, souligne-t-il, «va changer la face du Québec ».« Il y aura plus de gouvernements minoritaires.Ça forcera les gouvernements à s\u2019entendre avec un autre parti pour faire avancer cer tains projets de loi », a expliqué le chef ca- quiste dans un impromptu de presse, mardi.Cela dit, la règle du « 50 % plus un» s\u2019appliquera, a-t-il réitéré.« Ce qu\u2019on s\u2019engage à faire, c\u2019est de déposer un projet de loi comme gouvernement la première année.Maintenant, si on a l\u2019accord de trois par tis sur quatre, je pense qu\u2019on va pouvoir procéder », a fait valoir M.Legault.Le PQ et QS sont aussi de cet avis.Au Parti libéral du Québec, on redoute de voir la population québécoise se faire « enfoncer dans la gorge » une réforme « complexe ».« Qu\u2019ad- vient-il de la tradition voulant qu\u2019un consensus émerge entre les partis politiques avant de modifier la Loi électorale ?» demande un membre du gouvernement libéral.Les partenaires du MDN se sont vu remettre un «rapport» de Mireille Tremblay et Jean- Pierre Kingsley, qui ont présidé à la demande du MDN une tournée du Québec « à la recherche d\u2019un consensus pour l\u2019amélioration de notre système électoral au Québec».« [C]haque électrice ou électeur disposerait de deux votes : un premier vote servant à élire une députée ou un député par circonscription puis un second vote servant à choisir un parti.Ce sont les résultats de ce deuxième vote qui détermineraient les propor tions de sièges revenant à chacun des par tis à l\u2019Assemblée nationale », peut-on notamment lire dans le document.« Il y a des modalités à discuter, mais sur le principe, je pense qu\u2019on a un bon accord entre autres avec le PQ et Québec solidaire », a fait valoir M.Legault mardi.« Ça pourrait être en vigueur pour les élect ions de 2022 », a - t - i l ajouté, rappelant que le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) a fixé à deux ans la période indispensable aux préparatifs nécessaires à la préparation d\u2019élections générales de députés locaux et de députés régionaux, sans oublier le redécoupage de la carte électorale.Le Devoir QUÉBEC L\u2019opposition s\u2019engage à réformer le mode de scrutin Les trois partis ont pris un engagement commun lundi M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L e premier ministre Philippe Couillard manifeste des réticences à légiférer afin de contraindre les formations politiques à recruter au moins 40 ou 45 % de femmes en vue des élections générales.Une telle loi entraînerait immanquablement, selon lui, un débat sur la nécessité d\u2019en adopter d\u2019autres pour obliger les partis politiques à avoir dans leurs rangs une certaine proportion de personnes issues des communautés culturelles, de personnes lesbiennes et gaies ou encore de personnes handicapées afin de « refléter la société » québécoise.« Plus on légifère, plus on risque de faire des erreurs.Alors, on va être prudents», a- t-il déclaré en marge de la 3e édition de l\u2019événement « En marche pour la parité » à l\u2019Assemblée nationale mardi.La présidente du Groupe Femmes, Politique et Démocratie (GFPD), Micheline Paradis, lui avait remis \u2014 ainsi qu\u2019à Jean-François Lisée (PQ), François Legault (CAQ) et Amir Khadir (QS) \u2014 une proposition de projet de loi prévoyant l\u2019obligation pour toutes les formations politiques de présenter au moins 40 %, puis 45 % de femmes lors des rendez-vous électoraux.«On va lire le texte et on va en débattre», a dit M.Couillard à la presse.Mais, dans l\u2019hypothèse où une telle loi était adoptée, «qu\u2019est-ce qu\u2019on fait avec la diversité culturelle ?» a demandé le chef du gouvernement.« Est-ce qu\u2019on se donne un objectif également?[Il y a la représentation des] femmes et [des] hommes.Il y a un ensemble d\u2019autres éléments qu\u2019il faut refléter de la société, par exemple les communautés cultu- r e l l e s , l e s o r i e n t a t i o n s sexuelles, les autochtones, les personnes vivant avec un handicap, vous voyez ! C\u2019est pour cela qu\u2019il faut réfléchir comme il le faut», a-t-il fait valoir.M.Couillard n\u2019appuie pas non plus la proposition de bonifier les sommes allouées aux partis politiques qui réussissent à recr uter un nombre équivalent de femmes et d\u2019hommes \u2014 une proposition qui a été soumise par la ministre responsable de la Condition féminine, Hélène David, au caucus libéral, selon l\u2019animateur Bernard Drainville.« Il y a des gens qui résistent beaucoup à cette idée \u2014 je ne parle pas de mon caucus, je parle de la société \u2014 en disant que c\u2019est une façon de monnayer la par ticipation des femmes à la politique », a-t-il mentionné.Est-il vrai que vous avez proposé cette idée-là?a par la suite demandé un reporter à Mme David.« On ne parle pas de ce dont on discute au caucus », s\u2019est empressé de répondre M.Couillard, enlevant les mots de la bouche de sa ministre.Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, s\u2019est pour sa par t engagé à présenter «une loi pour assurer la parité chez les élus de l\u2019Assemblée nationale » s\u2019il est porté au pouvoir le 1er octobre prochain.«La loi va indiquer que ça prend 40 % [de femmes] pour 2022, 45 % [de femmes] pour 2026.[\u2026] Puis, s\u2019il y a des contrevenants à la loi, quelle sera la conséquence: là-dessus, on n\u2019a pas de position aujourd\u2019hui.On est conscient de l\u2019aspect délicat de tout cela dans un processus démocratique.» Le Devoir CANDIDATURES FÉMININES Couillard hésite devant la parité sous la contrainte Légiférer peut être un exercice périlleux, dit le premier ministre M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec L e grand patron de l\u2019Unité permanente anticorrup- tion (UPAC), Rober t Lafre- nière, a af firmé mardi qu\u2019il pourrait procéder à des arrestations pendant la campagne électorale, dans une volte-face à l\u2019image du témoignage parfois contradictoire qu\u2019il a livré à l\u2019Assemblée nationale.Pressé de questions par les élus péquiste et caquiste Stéphane Bergeron et André Spénard, le commissaire Lafre- nière a reconnu avoir «poussé le bouchon un peu loin » lorsqu\u2019il a affirmé l\u2019an dernier qu\u2019il n\u2019y aurait pas d\u2019arrestations ou de perquisitions pendant la campagne devant mener à l\u2019élection d\u2019octobre 2018.« Je n\u2019ai peut-être pas la communication parfaite tout le temps », a-t-il lancé plus tard aux journalistes qui tentaient d\u2019éclaircir ses propos.« Si on est devant une situation où il faut intervenir parce qu\u2019on va perdre des preuves, parce qu\u2019on va avoir un suspect qui est en fuite, parce qu\u2019il faut rencontrer des témoins pour faire débloquer une enquête, on va agir », a-t-il assuré.Son affirmation de l\u2019an dernier au sujet de l\u2019absence d\u2019arrestations en période électorale \u2014 qui tranchait avec ses prétentions voulant qu\u2019il n\u2019en ait « rien à cirer » de « l\u2019agenda politique » \u2014 était justifiée par la crainte que des partis profitent des activités de l\u2019UPAC pour attaquer leurs adversaires, a-t-il expliqué.«Dans le passé, l\u2019UPAC a été utilisée comme outil, comme levier politique par un parti contre un autre parti », a-t-il déclaré.Robert Lafrenière a déclaré qu\u2019au cours des deux dernières campagnes munici - pales, des « individus » ou des « par tis » \u2014 selon les deux versions qu\u2019i l a four nies mardi \u2014 ont tenté de « faire inter venir [l\u2019UPAC] sur un autre par ti , évidemment, pour gagner des points au niveau de la campagne électorale ».L\u2019UPAC a déclenché « deux ou trois enquêtes » de méfaits publics contre ces personnes, mais en dépit de sa volonté d\u2019aller « au fond des choses », elle n\u2019a jamais porté d\u2019accusations.L\u2019enquête Mâchurer Autre volte-face : Robert La- frenière a déclaré que l\u2019enquête sur les fuites médiatiques entourant son opération Mâchurer, qui cible notamment l\u2019ex-premier ministre Jean Charest, est bel et bien active.C\u2019est dans le cadre de cette enquête que l\u2019UPAC a arrêté le député libéral Guy Ouellette, le 25 novembre.En janvier, le grand patron de l\u2019UPAC avait déclaré que des communications avec l\u2019Assemblée nationale au sujet de l\u2019immunité parlementaire empêchaient l\u2019enquête d\u2019aller de l\u2019avant.Une guerre de mots avait alors été déclenchée entre le commissaire et l\u2019institution, cette dernière lui ayant reproché d\u2019utiliser de faux motifs pour justifier la mise sur pause de son travail.Or voilà : l\u2019enquête est bel et bien en cours, depuis un moment que Robert Lafrenière n\u2019a pas voulu préciser.« [En janvier], c\u2019était le cas [l\u2019enquête était s u s p e n d u e ] .M a i s a p r è s consultation avec le DPCP [Directeur des poursuites criminelles et pénales], tout ce qui était hors de portée du privilège parlementaire, c\u2019était clair qu\u2019on pouvait le travailler », a-t-il déclaré.En début de journée, Robert Lafrenière a répondu à une question de Stéphane Berge- ron en affirmant qu\u2019« il n\u2019y a eu aucune écoute électronique sur quelque parlementaire que ce soit ».Sa version a évolué au cours de l \u2019après-midi , lorsque l\u2019élu lui a demandé si d\u2019autres parlementaires, outre Guy Ouellette, faisaient l\u2019objet d\u2019une « attention particulière » de l\u2019UPAC ou était faisait l\u2019objet d\u2019une enquête.« Actuellement ?Je ne suis pas en mesure de vous dire », a répondu le commissaire.« J\u2019ai comme l\u2019impression qu\u2019il y a, ou qu\u2019il y a eu des collègues [faisant l\u2019objet d\u2019une] enquête », a plus tard conclu Stéphane Bergeron.Un autre départ Le passage de Robert Lafre- nière en commission parlementaire a par ailleurs permis d\u2019apprendre que l\u2019UPAC a perdu un deuxième haut gradé.Son directeur des opérations, André Boulanger, « a décidé de retourner à la Sûreté du Québec », a confirmé le commissaire.« Il a fait un travail gigantesque en matière d\u2019enquête dans les cinq années qu\u2019il était là », a-t-il souligné.Selon les informations du Devoir, André Boulanger était for tement critiqué pour son style de gestion.On lui aurait recommandé de quitter l\u2019organisation avant de se soumettre à un comité de sélection qui devait transformer son poste en celui de commissaire associé aux enquêtes.Rober t Lafrenière a aussi perdu, en décembre, son commissaire associé aux vérifications de l\u2019intégrité des entreprises, Marcel Forget.Ce dernier a démissionné après que Le Journal de Montréal eut révélé qu\u2019il aurait vendu des actions sans permis de courtier dans les années 1990 et 2000, ce qu\u2019il a toujours nié.Le ministre de la Sécurité publique, Mar tin Coiteux, a profité du passage de l\u2019UPAC à l\u2019Assemblée nationale pour réitérer sa confiance envers Robert Lafrenière.Le Parti québécois s\u2019est plutôt engagé à le « remercier respectueusement pour ses bons ser vices » s\u2019il prend le pouvoir le 1er octobre.Le Devoir ENQUÊTES L\u2019UPAC restera active durant les élections Robert Lafrenière avait déjà soutenu que son organisation se ferait alors discrète VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR À la rencontre des sans-abri de Montréal La Ville de Montréal a procédé au deuxième dénombrement de sa population itinérante mardi.Pour l\u2019occasion, quelques centaines de bénévoles sont allés à la rencontre des personnes sans-abri dans le but de collecter des données permettant de mieux connaître, comprendre et mesurer l\u2019ampleur du phénomène.L\u2019opération, baptisée Je compte MTL2018, suscite des critiques de la part d\u2019acteurs du milieu communautaire, qui estiment que ce portrait d\u2019une journée n\u2019est pas représentatif de l\u2019ensemble de la situation.Les résultats seront connus dès mercredi.On avait compté 3016 personnes en situation d\u2019itinérance à Montréal lors du premier dénombrement, en 2014.Sur la photo, Marianne Ferron et Megan Cacchiotti en entrevue avec Hugo Gélinas. L E D E V O I R , M E R C R E D I 2 5 A V R I L 2 0 1 8 A 5 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 5 A V R I L 2 0 1 8 A 4 Des centaines de personnes, certaines bouleversées par le drame, se sont recueillies tout au long de la journée de mardi sur la rue Yonge pour y déposer des fleurs et écrire des messages d\u2019espoir.La première ministre de l\u2019Ontario, Kathleen Wynne, et le maire de Toronto, John Tory, se sont aussi présentés sur le lieu de recueillement spontané pour rendre hommage aux victimes.A M É L I P I N E D A U ne publication de l\u2019auteur allégué de l\u2019attaque au ca- mion-bélier, dans les minutes précédant le carnage, suggère qu\u2019il voulait s\u2019en prendre aux femmes.La police de Toronto a refusé de s\u2019avancer sur les motivations d\u2019Alek Minassian, même si elle a laissé entendre une «prédominance féminine » parmi les victimes, dont l\u2019identification des corps pourrait prendre plusieurs jours.« C\u2019est juste de dire [que les victimes] sont majoritairement des femmes », a reconnu en conférence de presse l\u2019enquêteur Graham Gibson.Le sergent-dé- tective n\u2019a toutefois pas précisé le nombre de femmes par rapport au nombre d\u2019hommes impliqués dans la tragédie.M.Gibson n\u2019a également pas voulu s\u2019avancer pour l\u2019instant sur la possibilité qu\u2019Alek Minassian ait délibérément choisi de s\u2019attaquer aux femmes.« Toutes ces choses devront être examinées, et ça se fera d\u2019ici les prochaines semaines.Je ne peux d\u2019aucune façon faire une déclaration générale et catégorique en me basant sur ce genre d\u2019information», a-t-il soutenu.Quelques minutes avant de grimper sur le trottoir de la rue Yonge pour faucher des piétons, Alek Minassian a tenu des propos masculinistes sur les réseaux sociaux.(voir encadré) « La rébellion incel a déjà débuté ! Nous allons renverser les Chads et les Stacys ! Tous saluent le Suprême Gentleman Elliot Rodger ! », a écrit sur Facebook Alek Minassian.Le message et le compte du meurtrier allégué ont depuis été ef facés par le réseau social.Dans son dernier message, Alek Minassian fait référence à Elliot Rodger, l\u2019auteur de la tuerie d\u2019Isla Vista, en Californie.En 2014, Elliot Rodger a tué six personnes et en a blessé sept autres.L\u2019attaque était motivée par sa haine des femmes, disait-il dans une vidéo publiée avant le drame.Elliot Rodger s\u2019est suicidé après l\u2019attaque.Le ter me « incel » est une contraction de « involuntary celibates », désignant des « célibataires involontaires».Les «incels» s\u2019étaient regroupés dans un sous- forum du site Reddit qui a été banni au cours de l\u2019année 2017.Le sergent-détective Gibson a confirmé la mise en ligne d\u2019un message « énigmatique » par l\u2019homme de 25 ans, qui a été accusé mardi matin sous dix chefs de meurtre et treize autres de tentative de meurtre.«[La publication] fait partie de la preuve et de l\u2019enquête», a soutenu l\u2019enquêteur Gibson.Il a par ailleurs insisté sur le fait qu\u2019à l\u2019heure actuelle, aucune hypothèse n\u2019est écartée.Le téléphone cellulaire de l\u2019accusé a été saisi, a- t-il souligné.Quant au véhicule utilisé par Alek Minassian, il a été loué le matin même de l\u2019attaque.Victimes non identifiées L\u2019identification des piétons heurtés à mort par Alek Minas- sian dans sa course folle pourrait prendre plusieurs jours, selon le coroner en chef de l\u2019Ontario.« Il faut que nous soyons certains de l\u2019identité de chaque victime et cela peut prendre beaucoup de temps, et ce temps peut être très frustrant.Lorsque nous avons plusieurs cas, cela devient très compliqué », a déclaré le Dr Dirk Huyer.L\u2019âge des victimes va de la mi- vingtaine à 80 ans, a-t-il ajouté.Des familles ont été informées par le coroner que leur proche pourrait être parmi les victimes, mais rien n\u2019est encore confirmé.« Les gens sont di f férents lorsqu\u2019ils meurent, il y a des blessures, alors nous voulons faire très attention à ce qu\u2019il n\u2019y ait pas de confusion», a-t-il expliqué.Des informations ont toutefois commencé à circuler sur l\u2019identité et l\u2019origine des défunts.Tôt dans la journée, le conseiller municipal Cesar Palacio a dévoilé l\u2019identité d\u2019une victime, lors d\u2019une réunion du conseil à l\u2019hôtel de ville de Toronto.Il s\u2019agit d\u2019Anne Marie D\u2019Amico.Deux ressortissants sud-coréens sont parmi les dix personnes tuées dans l\u2019attaque, selon l\u2019agence de presse Yonhap, qui évoque la possibilité d\u2019une autre victime d\u2019origine sud-coréenne.L\u2019ambassade de la Jordanie à Ottawa af firme que l\u2019un de ses citoyens fait partie des dix personnes tuées dans l\u2019attaque de lundi, sans fournir davantage de détails.Quant aux blessés, cer tains n\u2019ont eu que des éraflures et des ecchymoses, mais d\u2019autres ont été touchés beaucoup plus gravement, a indiqué M.Gibson.Quelques-uns ont déjà reçu leur congé de l\u2019hôpital, mais le ser- gent-détective n\u2019avait pas de chiffre précis, mardi après-midi.La police a revu à la baisse le nombre de blessés, qui est passé de quinze à quatorze.Une simple erreur de décompte, a précisé M.Gibson.Ancien membre des Forces armées Dans sa publication, Alek Mi- nassian écrivait également « Soldat (Recrue) Minassian fantassin 00010, souhaitant parler au Sergent 4chan s\u2019il vous plaît.C23249161 ».Un peu plus tôt, le ministre de la Défense Harjit Saj- jan a confirmé, à Ottawa, que M.Minassian avait été membre des Forces armées canadiennes pendant environ deux mois l\u2019an dernier, du 23 août au 25 octobre 2017.Au cours de cette période, il a suivi une formation de seize jours au camp des recrues, avant de quitter volontairement l\u2019armée.M.Sajjan a assuré que, comme toute recrue, Alek Minassian avait fait l\u2019objet d\u2019un processus de sélection « très rigoureux en matière de sécurité».« Dans ce cas-ci , ça a été fait », a cer tifié le ministre.Il n\u2019a cependant pas précisé \u2014 pour des raisons de « protection de la vie privée » \u2014 si la vérification du dossier de M.Minas- sian avait soulevé de quelconques préoccupations.D\u2019après le site des Forces armées canadiennes, le code 00010 désignerait un fantassin dans les Forces armées canadiennes et le code C23249161 désignerait son numéro de soldat, une information que le ministère de la Défense a refusé de confirmer.Avec l\u2019Agence France-Presse, La Presse canadienne et la collaboration de Marie Vastel et de Guillaume Levasseur Le Devoir Le portrait d\u2019Alek Minassian se dessine Le présumé meurtrier aurait été motivé par une haine des femmes ATTAQUE A TORONTO N I C O L E T H O M P S O N E T A D I N A B R E S G E à Toronto L e président du syndicat des policiers de Toronto af firme que les gestes faits par un agent lors de l\u2019arrestation du suspect de l\u2019attaque à la camionnette, lundi, constituent « un moment lumineux» dans une journée horrible.Mike McCormack, de l\u2019Association des policiers de Toronto, affirme que l\u2019arrestation, dont les images vidéo ont largement circulé sur les réseaux sociaux, a donné une lueur d\u2019espoir à la ville aux prises avec cette tragédie, qui a fait dix morts.«C\u2019est un moment lumineux dans une journée absolument charnière, exécrable et horrible dans la ville de Toronto, a soutenu M.McCor- mack en entrevue téléphonique, mardi.Son comportement aura été le seul [élément] positif à tirer de cette journée.» Des sources policières ont mis un nom sur ce policier devenu un héros national : Ken Lam.Le directeur du Service de police de Toronto, Mark Saunders, a attribué mardi la résolution non violente de cet affrontement à la formation dispensée aux policiers en matière de désescalade des tensions.Le chef Saunders, qui a parlé avec l\u2019agent Lam, a quand même reconnu que le comportement du policier, lundi, avait été « tout à fait remarquable ».Alors que la tension se faisait toujours sentir dans la métropole, mardi, au lendemain de la tragédie, plusieurs utilisateurs des réseaux sociaux ont décrit le policier comme un exemple de retenue face à une terreur abjecte, à la lumière des images de son affrontement avec le présumé conducteur.L\u2019arrestation a eu lieu non loin des trottoirs où un homme conduisant une camionnette a tué dix personnes en plus d\u2019en blesser quatorze autres.Dans l\u2019une des vidéos, on entend un homme demander au policier de le tuer, pointant sa main vers lui à plusieurs reprises, comme s\u2019il dégainait une arme.Le policier refuse de tirer et ordonne au suspect de se coucher par terre.Le suspect dit avoir une arme à feu dans sa poche.«Tire-moi dans la tête», crie-t-il.Tournée de la fenêtre d\u2019un édifice, une autre vidéo semble montrer le suspect reculer, les bras levés, alors que le policier avance vers lui.Le suspect finit par se coucher au sol, et des images tournées depuis la rue montrent le policier s\u2019agenouiller à ses côtés pour lui passer les menottes.Prévenir d\u2019autres victimes «Ça aurait pu se passer d\u2019une façon ou d\u2019une autre.À tout moment, si la menace s\u2019était accentuée, nous aurions pu avoir un résultat différent», a souligné M.McCormack.«Il a réagi à ce qu\u2019il a vu, ce que sa formation lui a enseigné, et nous sommes très fiers de lui.Il a peut-être prévenu d\u2019autres morts.» Le président du syndicat précise par ailleurs que ce policier fait partie des nombreux premiers répondants à s\u2019être précipités vers le danger alors que la camionnette montait sur le trottoir entre l\u2019avenue Finch et l\u2019avenue Sheppard.Des policiers ont poussé des piétons hors de la trajectoire du véhicule, ont effectué des manoeuvres de réanimation et se sont occupés de victimes «mutilées», a mentionné M.McCormack.Même pour des vétérans policiers, a-t-il ajouté, il s\u2019agit de l\u2019un des pires carnages qu\u2019ils aient vus dans leur carrière.M.McCormack a dit avoir communiqué avec le policier Lam, qui serait dépassé par les émotions, mais qui aurait déjà hâte de retourner sur le terrain.« Il s\u2019inquiète davantage des victimes [\u2026] que de ce qu\u2019il a fait.» Selon M.McCormack, le policier devra faire face à l\u2019ampleur de ce qu\u2019il a vécu lorsque l\u2019adrénaline retombera, même si l\u2019agent Lam estime que ses gestes n\u2019avaient «rien d\u2019exceptionnel».Il a confronté un homme accusé d\u2019une attaque qui a tué ou blessé près de vingt-cinq personnes, et le suspect et le policier s\u2019en sont tous les deux sortis indemnes, a rappelé le syndicaliste.« Un adage veut que » les policiers tirent d\u2019abord et posent des questions ensuite », a-t-il dit.Or, très souvent, tout se règle dans le calme.[Les événements de lundi] ont démontré de manière extrêmement claire [\u2026] ce qu\u2019est un policier et ce qu\u2019il fait vraiment.» La Presse canadienne Arrestation du suspect : le policier érigé au rang de héros national Alek Minassian n\u2019était pas connu des services de police.L\u2019attaque ne serait pas liée à la sécurité nationale.La fourgonnette blanche qui lui a servi d\u2019arme a été louée le matin même de l\u2019attaque.Le suspect a publié un message sur Facebook dans les minutes précédant sa course meurtrière.Son téléphone cellulaire a été saisi.Le conducteur allégué a été arrêté seulement sept minutes après la réception du premier appel au 911.Alek Minassian a comparu mardi au palais de Justice de Toronto, sous dix chefs de meurtre et treize de tentative de meurtre.Un 14e chef d\u2019accusation devrait être porté contre lui.Ce qu\u2019on sait de l\u2019enquête I S A B E L L E P A R É E T A M É L I P I N E D A T erroriste, désespéré, tueur fou ?Les dénominati fs s\u2019entremêlent pour décrire l\u2019homme derrière l\u2019attaque au camion bélier qui a coûté la vie à 10 personnes et en a blessé 14 autres à Toronto.Les frontières entre le terrorisme et les tueries de masse se brouillent de plus en plus, af firment plusieurs chercheurs, rendant difficile la prévention de tels gestes violents et radicaux.Tous les experts consultés s\u2019entendent pour dire que l\u2019auteur présumé de l\u2019attaque menée dans la Ville reine ne correspond pas à la définition convenue du terroriste, mais qu\u2019il s\u2019inscrit dans une mouvance de plus en plus fréquente : celle d\u2019individus troublés mentalement qui adoptent et imitent les méthodes de prédilection des groupes terroristes, mais sans être mus par une idéologie.« On voit de plus en plus de ces tueurs de masse qui, progressivement, vont s\u2019identifier à un courant de pensée.Leur idéologie, très floue et superficielle, reste un vernis qui n\u2019a rien ou peu à voir avec des attentats comme ceux de Nice ou de Berlin », affirme Benjamin Ducol, responsable de la recherche au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence de Montréal (CPRMV).« Ce ne sont pas les terroristes qui ont le monopole du moyen à utiliser pour une attaque », ajoute Janine Krieber, professeure à la retraite du Collège militaire royal de Saint-Jean «Contaminé» À la lumière des informations dont on disposait mardi, Alek Minassian, décrit comme un individu asocial ayant tenu des propos masculinistes, serait du lot de cette nouvelle catégorie hybride de tueurs de masse qui finissent par être «contaminés» par les discours et le modus operandi de groupes terroristes.« C\u2019est un ef fet domino du terrorisme et de la violence.Dans les années 1970, les terroristes privilégiaient les prises d\u2019otages et l\u2019on voyait des désaxés qui imitaient leurs façons de faire.Aujourd\u2019hui, les médias de masse et les réseaux sociaux ont accentué ce phénomène d\u2019imitation, de contamination», ajoute ce chercheur du CPRMV.Contrairement aux narcissiques désaxés qui tuent par pure motivation personnelle et esprit de revanche, comme Valery Fabrikant ou Kimveer Gill \u2014 respectivement auteurs de la tuerie de Concordia et de celle du collège Dawson \u2014, ceux qui se situent à mi-chemin du déséquilibre mental et de l\u2019idéologie occupent une place croissante, estime Benjamin Ducol.« Le profil du tueur de Toronto semble s\u2019apparenter à ceux d\u2019Alex Bissonnette à Québec ou même de Marc Lé- pine, tous deux des tueurs de masse mus par de graves problèmes personnels, mais qui ont adhéré plus tard à une logique ou une cause pour justifier leur geste violent et exprimer leur colère », soutient-il.Un entre-deux Ce chercheur du CPRVP observe d\u2019ailleurs un nombre de plus en plus grand d\u2019appels faits pour signaler ce type d\u2019individus aux prises avec des problèmes de santé mentale, mais qui empruntent à une idéologie radicale sans appartenir à une organisation.« Cela relève de la santé mentale plus que de la radicalisation, et ça nous échappe.Ce sont des psychologues et des psychiatres qu\u2019il faut.Or, les ressources manquent pour dépister et aider ces gens », affirme-t-il.David Morin, titulaire, codirecteur de l\u2019Observatoire sur la radicalisation et l \u2019extrémisme violent (OSR), abonde dans ce sens et rappelle que ce n\u2019est pas le moyen qui définit l\u2019acte terroriste, mais plutôt l\u2019intention.« Ce n\u2019est pas moins grave ni moins tragique parce que ce n\u2019est pas un acte terroriste ; mais sans motivations politiques, dit-il, ce n\u2019est pas du terrorisme.» «L\u2019attaque d\u2019hier est un acte de terreur.Mais pour être considéré comme terroriste, l\u2019acte doit avoir été organisé dans le but de déstabiliser un État ou une ville», renchérit d\u2019emblée Mario Berniqué, ancien agent à la Sûreté du Québec.À cet égard, la piste « mas- culiniste » rapidement évoquée dans les médias pour expliquer le drame survenu à Toronto est une erreur, croit David Morin.« À cette étape, il est périlleux d\u2019accoler a posteriori une intention idéologique dans un passage à l\u2019acte.Les ter ro- ristes n\u2019ont pas le monopole des outils meurtriers.Le camion bélier, c\u2019est manifestement l\u2019arme du pauvre qui veut faire le plus de mor ts dans sa propre quête suicidaire », dit-il.Des attaques aux véhicules béliers ont d\u2019ailleurs été faites plus d\u2019une douzaine de fois dans le monde ces dernières années sans que le geste ait un lien avec une idéologie.Mimétisme «Les individus se sont adaptés au fil du temps.Avec les niveaux de sécurité qui ont augmenté pour se procurer des armes comme un fusil ou des explosifs, [les tueurs] prennent ce qui est à leur portée», affirme Janine Krieber, professeure à la retraite du Collège militaire royal de Saint-Jean.«N\u2019importe qui peut louer une voiture», indique cette spécialiste.Ce qui est clair, croit David Morin, c\u2019est que, peu importent leurs motifs, les auteurs d\u2019attaques de masse sont de plus en plus à l\u2019écoute des moyens les plus spectaculaires et les plus efficaces pour obtenir l\u2019attention des médias sur leur acte mortifère.« Ça démontre en tout cas à quel point la logique terroriste a imprégné autant les médias que notre société.» Le Devoir Terroriste, tueur de masse ou les deux?De plus en plus de tueurs de masse s\u2019inspirent des méthodes terroristes C\u2019est un effet domino du terrorisme et de la violence Benjamin Ducol, responsable de la recherche au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence de Montréal « » On doit continuer de réfléchir aux situations changeantes dans lesquelles on se trouve et faire tout ce qu\u2019on peut pour continuer d\u2019assurer la protection des Canadiens Justin Trudeau, premier ministre du Canada « » L\u2019accusé aurait partagé un message sur Facebook quelques instants avant de conduire la camionnette louée [\u2026] Cette publication fait partie de la preuve que nous considérerons dans l\u2019enquête.Graham Gibson, sergent-détective « » Nous avons discuté lors de la réunion de mardi [des ministres du G7 à Toronto] de la planification, de comment nous pouvons déployer des mesures afin de protéger les lieux publics et les soi-disant cibles faciles Ralph Goodale, ministre fédéral de la Sécurité publique « » Je suis très triste pour la ville de Toronto [\u2026] C\u2019est très important pour nous d\u2019être ici ensemble et forts.Tout Toronto est fort maintenant.John Tory, maire de Toronto « » NATHAN DENETTE LA PRESSE CANADIENNE GALIT RODAN LA PRESSE CANADIENNE GALIT RODAN LA PRESSE CANADIENNE GALIT RODAN LA PRESSE CANADIENNE Mark Saunders Réunis en congrès le week-end dernier, les délégués du Parti libéral du Canada ont placé la création d\u2019un régime universel d\u2019assurance médicaments en tête de leurs priorités pour les prochaines années.De là à croire que le Canada rejoindra bientôt le reste des pays développés, nous n\u2019en sommes pas là.ontrairement à tous les pays développés qui ont, comme nous, un régime universel d\u2019assurance maladie, le nôtre exclut la couverture des médicaments en dehors des hôpitaux.Depuis l\u2019adoption de son propre régime d\u2019assurance médicaments, en 1997, Québec oblige tout le monde à participer au régime de son employeur ou à celui de l\u2019État.Contrairement à la croyance populaire, un tel programme existe aussi dans les autres provinces, sous une forme ou l\u2019autre, plus ou moins généreux, mais jamais universel ni gratuit.Contrairement à la croyance populaire, c\u2019est au Québec qu\u2019il en coûte le plus cher au pays pour se procurer des médicaments sur ordonnance quand on additionne le coût des primes annuelles, des franchises et de la coassurance à celui des ordonnances non remboursées: 1495$ par habitant contre 823$ en Ontario et 1135$ en moyenne au Canada.Pas de quoi se vanter! Alors que les médicaments n\u2019occupaient qu\u2019une place secondaire dans le traitement de la plupart des maladies il y a cinquante ans, ils sont aujourd\u2019hui au centre du processus de guérison.Et cela se reflète dans les coûts.L\u2019introduction de nouvelles molécules, de traitements biologiques, oncologiques et de ceux de maladies rares est venue annuler les économies réalisées grâce à la multiplication des génériques.Au Canada, 33,9 milliards ont été consacrés à l\u2019achat de médicaments prescrits en 2017.Bon an mal an, ces dépenses augmentent de plus de 5% par année, soit bien plus vite que l\u2019in?ation.Ce sont donc les travailleurs, les retraités et les employeurs qui assument les coûts, sans lien avec leurs revenus, à l\u2019exception des plus pauvres.Un rapport publié la semaine dernière par le Comité permanent de la santé de la Chambre des communes, à Ottawa, propose rien de moins que d\u2019ajouter la couverture des médicaments prescrits au régime universel d\u2019assurance maladie.Si le gouvernement fédéral donnait suite à cette proposition, il en coûterait au maximum 5 $ pour une ordonnance et personne n\u2019aurait à payer de prime, de coassurance ou de franchise.Toujours selon ce comité de la Chambre contrôlé par les libéraux, c\u2019est à Ottawa qu\u2019il appartient de prendre la direction d\u2019une telle réforme.Une étude effectuée par le bureau du Directeur parlementaire du budget à la demande du comité évalue à quelque 8 milliards l\u2019augmentation des dépenses nécessaire pour créer un tel régime.Pour le NPD, la facture devrait être séparée également entre Ottawa et les provinces, mais comment ?nancer cette dépense en ?n de compte?Par une augmentation des impôts?Lesquels?Il ne fait aucun doute qu\u2019en créant un régime universel d\u2019assurance médicaments, le Canada rattraperait une partie du retard pris sur les autres pays développés.À l\u2019heure actuelle, faute de négocier sérieusement avec les compagnies pharmaceutiques, nous sommes le pays au monde où les médicaments prescrits coûtent le plus cher après les États-Unis et la Suisse.Et ce ne sont pas les assureurs privés qui changeront les choses, eux qui se contentent de faire assumer les augmentations par leurs clients.Cela étant admis, il est dif?cile d\u2019imaginer que le fédéral et les provinces en viennent à s\u2019entendre sur une formule qui respecte leurs compétences respectives tout en garantissant un partage équitable des coûts à long terme.On n\u2019a qu\u2019à se rappeler le refus obstiné d\u2019Ottawa d\u2019assumer la moitié de la hausse réelle des coûts du système de santé pour se convaincre de la résistance des provinces à adhérer à un régime conçu par Ottawa (Phénix).Quant aux assureurs privés, on les voit mal perdre 10 milliards en chiffre d\u2019affaires annuel sans monter aux barricades.En revanche, si les libéraux de Justin Trudeau sont sérieux, pourquoi ne pas mettre quelques milliards supplémentaires par année à la disposition des provinces dans le but spéci?que d\u2019améliorer et d\u2019universaliser leur couverture des médicaments?Au Québec, il serait plus que temps qu\u2019on nous donne accès à un régime d\u2019assurance médicaments digne de ce nom.Malheureusement, il y a fort à craindre que la majestueuse augmentation salariale accordée aux médecins \u2014 qui est détaillée ce matin dans nos pages \u2014 relègue le sort des patients au bas de la liste des priorités pour encore longtemps.L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 5 A V R I L 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Un certain degré de\u2026 responsabilité ?Nous apprenons par une enseignante d\u2019Alexandre Bissonnette qu\u2019il a été chroniquement ridiculisé en classe et intimidé durant son parcours scolaire.Que sont devenus ses tor tionnaires de l\u2019époque, au- jourd\u2019hui confortablement assis devant leur téléviseur à suivre son procès?Se deman- dent-ils s\u2019ils ont contribué d\u2019une certaine façon à la tuerie de la mosquée?Et le milieu scolaire lui-même ?En contribution à l\u2019éducation citoyenne et religieuse, je souhaiterais voir à l\u2019entrée de chaque école une immense affiche qui se lirait ainsi : «Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu\u2019on te fasse et essaie d\u2019aimer ton prochain comme toi-même.» Marcel Boulanger Montréal, le 24 avril 2018 FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VÉRONIQUE CHAGNON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Couillard se protège Lors d\u2019un discours d\u2019une trentaine de minutes devant environ 300 membres de la communauté anglophone réunis dimanche au collège Dawson, le premier ministre Philippe Couillard y est allé d\u2019une charge à fond de train contre le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, attaquant diverses orientations de la CAQ, notamment sa position sur les signes religieux et l\u2019abolition des commissions scolaires, deux débats chers aux anglophones.À mon sens, les derniers sondages qui placent la CAQ en avance dans les intentions de vote des Québécois ont contribué à faire ressortir l\u2019artillerie lourde chez les libéraux, qui ont senti l\u2019urgence de protéger leurs arrières eu égard aux anglophones, notamment de l\u2019île de Montréal, une clientèle traditionnellement libérale, dont une partie commencerait à zieuter du côté de la CAQ\u2026 Pour l\u2019occasion, plusieurs membres de son conseil des ministres étaient présents, dont le ministre des Finances, Carlos Leitão, et la ministre responsable des Relations avec les Québécois d\u2019expression anglophone, Kathleen Weil, le premier ministre profitant de la situation pour louer sa décision de créer le Secrétariat aux relations avec les Québécois d\u2019expression anglaise.À partir du moment où un premier ministre libéral sent le besoin de réchauffer l\u2019ardeur de ses troupes anglophones, une clientèle habituellement «vendue» d\u2019avance au PLQ, force est de constater que Philippe Couillard commence à sentir la soupe chaude même dans son fief anglophone.Henri Marineau Québec, le 24 avril 2018 compte parmi les meilleures solutions aux problèmes environnementaux, dont le réchauffement du climat.L\u2019aide internationale canadienne devrait continuer à la soutenir énergiquement.Pamela Walden-Landry Montréal, le 24 avril 2018 ASSURANCE MÉDICAMENTS Un retard à rattraper C JEAN-ROBERT SANSFAÇON C A R O L I N E M A S S E Enfant de La Miséricorde B E N O I T P I L O N Cinéaste, réalisateur de Nestor et les oubliés S ite d\u2019une valeur patrimoniale exceptionnelle selon Héritage Montréal, l\u2019ancien Hôpital de la Miséricorde, sur le boulevard René-Lé- vesque, est à l\u2019abandon depuis 2012.Le temps a commencé à faire son œuvre sur le fragile bâtiment, suscitant l\u2019inquiétude des résidents du secteur.La Miséricorde est un lieu symbolique et chargé d\u2019émotion, qui a vu des dizaines de milliers de mères célibataires donner naissance à des enfants hors mariage au cours du siècle dernier.Il ne peut en aucun cas être laissé à l\u2019abandon et sa mémoire doit rester vivante à l\u2019intérieur même de son enceinte.Un projet de redéploiement du site, piloté par la coalition Quatuor Quartier latin, se profile à l\u2019horizon.Exposé aux résidents lors d\u2019une assemblée publique le 20 mars dernier, il correspond à la volonté des Sœurs de Miséricorde qui ont souhaité «que les bâtisses servent à des fins humanitaires et sociales» lorsqu\u2019elles ont fait le transfert du site au gouvernement en 1973.Mais dans cette proposition, la mémoire est pour l\u2019instant absente, bien qu\u2019une timide volonté de commémoration soit énoncée.Or, l\u2019histoire du lieu doit être au centre du projet pour assurer sa légitimité.Un projet de réamé- nagement qui n\u2019intégrerait pas un musée \u2014 à la fois sur les mères célibataires, sur les « orphelins » et sur les religieuses \u2014 serait selon nous inacceptable et constituerait un manquement grave à notre devoir de mémoire.Le temps des crèches, des mères célibataires et des «orphelins» Du début du XXe siècle aux années 1970, ce sont près de 250 000 naissances « illégitimes » qui ont marqué le Québec.Dans les années 1950, pour pallier ce phénomène et le « gérer » socialement, il y avait au Québec 16 crèches et 53 orphelinats.C\u2019était donc loin d\u2019être un phénomène isolé.Combien de centaines de milliers de vies broyées par la honte pour ces filles perdues, dépravées, déviantes, déficientes et pour leurs enfants, bâtards, enfants naturels, bientôt «orphelins»?L\u2019époque n\u2019était pas avare de termes méprisants pour chasser les indésirables aux confins de la bonne société.Fondée en 1848 par Rosalie Cadron-Jetté dans le but précis d\u2019accueillir les mères célibataires, la maternité de la Miséricorde fut pendant près de 130 ans un refuge pour des dizaines de milliers d\u2019entre elles venues y accoucher.Pourtant, pour bon nombre de Québécois, le simple nom de la Miséricorde suffisait à évoquer la honte d\u2019une famille et la déchéance de ces filles tombées.Et la grande majorité de ces jeunes mères repartaient seules, la pression sociale les forçant à abandonner leur enfant en adoption ou aux crèches.Au temps des crèches, c\u2019est toute une société qui a failli à son devoir de protection de l\u2019enfance et des plus faibles, stigmatisant les pécheresses avec la complicité des familles, du clergé, des ordres religieux, mais aussi de la classe politique et de l\u2019ensemble de la société civile.Si les orphelins de Duplessis ont obtenu, après de chaudes luttes, un certain dédommagement, les mères célibataires, elles, n\u2019ont jamais rien revendiqué.Trop écrasées par le mépris qui recouvrait leur situation, elles ont bien souvent caché toute leur vie à leurs proches cet épisode douloureux.La Miséricorde est un lieu important pour toutes ces femmes endeuillées par l\u2019abandon quasi systématique (et systémique) de leur enfant et pour tous ces orphelins, dont une bonne partie des orphelins de Duplessis.Ce bâtiment est le dernier témoin d\u2019une page oubliée, cachée, de l\u2019histoire du Québec.Le temps des crèches et des mères célibataires a beau avoir disparu de notre horizon à l\u2019aube de la Révolution tranquille, ses blessures sont encore bien vivantes.La Miséricorde est un lieu hautement identitaire dont la résonance est profonde pour des générations de Québécois.Quand une société a vécu un tel traumatisme, la réparation doit être à la hauteur pour que la guérison puisse s\u2019amorcer.La magnifique chapelle de la Miséricorde doit devenir le symbole de cette réparation.Notre devoir de mémoire ne peut prendre plus belle forme qu\u2019un espace muséal à l\u2019intérieur même des lieux qui ont vu défiler des générations de femmes et d\u2019enfants : un musée qui mettrait en valeur l\u2019expérience vécue par les mères célibataires et leurs « orphelins », mais aussi l\u2019histoire de l\u2019Hôpital de la Miséricorde, des religieuses qui s\u2019y sont dévouées et de toutes ces femmes investies dans les crèches, les œuvres de charité et l\u2019action sociale.2018 marque le 170e anniversaire de la fondation des Sœurs de Miséricorde et de leur œu- vre la plus emblématique.Intégrer un projet de musée au redéploiement du site de la Miséricorde rappellerait de façon claire et forte l\u2019importance de son rôle pendant plus d\u2019un siècle.Il s\u2019agit là d\u2019un rendez-vous essentiel avec notre histoire, que nous ne pouvons manquer sous aucun prétexte.CONSERVATION DU PATRIMOINE Préserver la Miséricorde et la mémoire des filles-mères Vaccination des femmes Jusqu\u2019au 30 avril, c\u2019est la semaine mondiale de la vaccination.Est-ce important en regard des océans réchauffés et infusés de plastique ?En fait, oui.Un palmarès d\u2019efficacité des mesures qui pourraient restaurer le climat a été publié récemment.En tête du palmarès, il y a le changement du réfrigérant dans les frigos et climatiseurs, l\u2019énergie éolienne, la réduction du gaspillage alimentaire, une alimentation plus végétarienne et l\u2019énergie solaire.Mais au premier rang du palmarès est le duo «éducation des filles et planification familiale ».Grâce à ce duo, la population mondiale ralentirait sa croissance et, en 2050, pourrait n\u2019atteindre que (!) 9,7 milliards plutôt que 10,7 milliards, évitant une plus grande pression sur l\u2019environnement.Or le ralentissement est commencé depuis des décennies et on a pu constater que la planification familiale réussit, mais seulement après la baisse de la mortalité des enfants.Jamais avant.En effet, depuis 1990, le nombre de décès d\u2019enfants est passé d\u2019environ 12 à 6 millions par année, une baisse de 6 millions, dont 2 millions sont dus à la vaccination.Et conséquemment, le nombre moyen d\u2019enfants par femme est passé de 6,6 à 2,6.Oui, la vaccination sauve des vies, et combinée avec l\u2019éducation des filles et l\u2019accès à la planification familiale, elle stabilise la population.Ainsi, la vaccination L I B R E O P I N I O N L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 5 A V R I L 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter),Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants),Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatricespublicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).V éritable plaie des temps modernes, le plastique a complètement envahi la planète depuis 60 ans, de la calotte polaire jusqu\u2019à nos propres cellules, rappelait Le Devoir samedi dernier.On parle ici d\u2019un fléau équivalant aux changements climatiques pour la survie humaine.Il s\u2019agit après tout de produits chimiques dérivés du pétrole qui, de plus, ne se décomposent pas en plein air et qu\u2019on ne réussit guère à recycler : 9 % seulement à l\u2019échelle planétaire.Voilà pour la mauvaise nouvelle.La bonne, maintenant.Le plastique faisant désormais partie de nos corps \u2014 l\u2019urine ou le sang de 91% des Canadiens de 7 à 79 ans contient une de ses composantes toxiques, le BPA \u2014, il s\u2019agit donc non seulement d\u2019un problème environnemental mais également de santé.Pourquoi s\u2019en réjouir ?Parce que les problèmes environnementaux, à juger du peu que font nos gouvernements à cet égard, on s\u2019en balance, alors que les problèmes de santé, on s\u2019en occupe la plupart du temps.La santé se retrouve d\u2019ailleurs toujours en haut de liste lorsqu\u2019on sonde la population canadienne sur ses priorités ; l\u2019environnement est toujours loin derrière.Comme le dit l\u2019auteur de Slow Death by Rubber Duck, Rick Smith, « une fois qu\u2019une question devient une préoccupation de santé publique, elle est beaucoup plus susceptible d\u2019être remarquée par les gens, reprise par nos élus et, par conséquent, résolue ».L\u2019auteur et p.-d.g.de l\u2019Institut Broadbent rappelle qu\u2019on s\u2019est réellement préoccupé de la cigarette une fois que la question de la fumée secondaire a réussi à attirer l\u2019attention.À partir du moment «où il s\u2019agissait d\u2019un problème de santé plus large, pas seulement celui du fumeur individuel, le besoin de changer les normes est devenu incontournable pour les compagnies de tabac même les plus récalcitrantes», dit-il.Comment le plastique affecte-t-il votre santé ?En imitant l\u2019estrogène, une hormone féminine, le bisphénol A (BPA) peut dérégler le système endocrinien.Tout indique d\u2019ailleurs qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un facteur important dans les problèmes de fertilité très répandus aujourd\u2019hui.Au Canada, l\u2019infertilité a triplé en 15 ans, passant d\u2019un taux de 5,4 % en 1984 à 15,7 % en 2011.Elle grimpe jusqu\u2019à 20,7 % chez les couples dont les femmes ont de 40 à 44 ans.Mais c\u2019est la fertilité des hommes qui, en fait, inquiète le plus.Le taux de sperme des hommes occidentaux a chuté de façon marquée de 1973 à 2011, passant de 99 millions par millilitre à 47,1 millions, une baisse de 52 %.En bas de 40 millions par millilitre, la reproduction humaine s\u2019avère improbable.«Le nombre de spermatozoïdes, c\u2019est le canari dans la mine », dit l\u2019ex-épidémiologiste en chef des forces armées israéliennes, Hagal Levine, et auteur d\u2019une étude sur le sujet.« Il y a quelque chose de déréglé dans l\u2019environnement », conclut-il.Bien que d\u2019autres facteurs impactent également la fertilité, le tabagisme et l\u2019obésité notamment, une telle dégringolade, aussi largement répandue, indique un facteur extérieur et relativement nouveau.Le futur de la reproduction humaine est en jeu ici, comme le rappelle le Dr Levine, et pourtant, plutôt que de s\u2019atteler à restreindre l\u2019utilisation de produits plast i f iés \u2014 comme v ient de le fa ire la Grande-Bretagne en interdisant les produits de plastique à usage unique \u2014, nous avons droit, encore une fois, aux propos lénifiants du premier ministre Trudeau, « nous sommes consc ients du déf i cons idérable pour les océans\u2026 », sans s\u2019engager dans des actions immédiates pour autant.Comble de l\u2019absurdité, plutôt que de s\u2019attaquer à l\u2019omniprésence du plastique, on s\u2019apprête plutôt à revoir la législation concernant les mères porteuses.Fort de l\u2019appui de couples gais ou infertiles, le député fédéral Anthony Housefather déposera bientôt un projet de loi pour permettre aux femmes de louer leur ventre en échange d\u2019argent \u2014 ce que la loi a toujours interdit jusqu\u2019à maintenant.Une proposition aberrante, disons-le, qui ouvre la por te non seulement à l \u2019explo itat ion de femmes démunies, mais aussi la perversion de la notion même de maternité comme celle d\u2019ailleurs de l\u2019héritage biologique.Cette façon de chercher midi à 14 heures est malheureusement typique de l\u2019attitude qui prévaut en matière d\u2019environnement.Plutôt que d\u2019inciter la population à changer ses habitudes de vie, comme le gros bon sens nous y convie, nos gouvernements s\u2019en remettent plutôt aux dieux de la technologie, peu impor tent les risques, les coûts ou, dans le cas qui nous occupe, le manque flagrant d\u2019éthique.Cherchez l\u2019erreur.fpelletier@ledevoir.com Sur Twitter : @fpelletier1 Le bon, le mauvais et le plastique FRANCINE PELLETIER Y V A N S A M U E L R O C H O N e pro jet de refondation du Bloc québécois, proposé par son For um Jeunesse, se trompe de cible.S\u2019il y a crise au sein du mouvement indépendantiste, ce n\u2019est pas le Bloc qui en est la cause.Il en est plutôt la victime.S\u2019il y a une refondation nécessaire à faire, c\u2019est celle du Parti québécois, qui refuse de faire la promotion de l\u2019indépendance depuis plus de 20 ans.Ce n\u2019est pas le Bloc qui est le navire amiral de l\u2019indépendance, mais le PQ.Il faut aller à la source du problème.Le Bloc n\u2019est qu\u2019une force d\u2019appui au processus d\u2019accession à l\u2019indépendance.C\u2019est au Québec que se fera l\u2019indépendance et qu\u2019on doit se doter d\u2019un parti résolument engagé à faire l\u2019indépendance.Ce projet de refondation est inopportun, car pendant que les militants seront occupés à débattre de structures, ils ne seront pas mobilisés à travailler sur le terrain pour faire la promotion d\u2019un programme indépendantiste.[\u2026] Et pourtant, nous aurons à faire face à une campagne électorale dans un an.Ce n\u2019est pas une refonda- tion qu\u2019il faut au Bloc, mais une reconstruction des associations de circonscription pour combattre efficacement les partis fédéralistes.Certes, nous faisons face aujourd\u2019hui à des divisions internes.Mais peut-on sérieusement soutenir que la création d\u2019un nouveau parti se fera dans l\u2019harmonie ?Si les membres doivent tout reprendre à zéro, cela suscitera encore plus de divisions et d\u2019acrimonie.C\u2019est la meilleure façon de paralyser l\u2019action des indépendantistes pendant des mois, sinon des années.Faire table rase du passé, comme le propose le Forum jeunesse, en jetant aux poubelles les statuts et le programme du Bloc, c\u2019est manquer de respect envers tous les militants qui, dans le passé, congrès après congrès, ont participé à des dizaines de réunions pour élaborer les statuts et le programme du parti.Curieusement, les par tisans de cette refondation ne nous disent même pas en quoi ces statuts et ce programme sont défectueux ou pourquoi il faudrait les changer.Une telle désinvolture envoie le message à ces milliers de militants qu\u2019ils ont perdu leur temps [\u2026].Ce n\u2019est sans doute pas la bonne façon de les mobiliser pour continuer le combat.Ceux qui proposent de refonder le Bloc nous disent que c\u2019est pour être plus rassembleur et ouvrir le parti à tous les indépendantistes.Je ne savais pas que le Bloc était un club fermé, qu\u2019il refusait des personnes venant des dif férents partis indépendantistes.Cette logique est d\u2019autant plus surprenante que le Bloc est le seul parti indépendantiste sur la scène fédérale et que ses instances sont ouvertes à tous ceux et celles qui veulent s\u2019impliquer.[\u2026] Une refondation dysfonctionnelle Les promoteurs de la refondation font valoir qu\u2019il y aura un congrès national auquel tous ceux qui le désirent pourront s\u2019inscrire, le jour même s\u2019ils le veulent, et lors duquel chaque membre disposera du droit de vote.C\u2019est sans doute très généreux, mais peu fonctionnel pour construire un parti politique.Cela risque de se transformer en auberge espagnole où chacun tentera de faire valoir ses vues personnelles [\u2026].Les débats risquent d\u2019être acrimonieux [\u2026].Le congrès d\u2019un parti n\u2019est pas une assemblée générale d\u2019une association ; il doit d isposer d\u2019un pr inc ipe de cohérence qu i agrège les intérêts différents grâce à un mécanisme de filtrage et de sélection des prises de position.Ce projet commun ne résulte pas de l\u2019addition des volontés individuelles mais de leur fusion, ce qui implique des renoncements pour le bien commun.Or, la logique individualiste adoptée par le Forum jeunesse favorise la dissension parce qu\u2019elle exclut tout mécanisme de filtrage des résolutions débattues par le congrès national.Ce modèle « un membre, un vote » même pour les membres spontanés de dernière minute qui n\u2019ont jamais rien fait pour le parti a déjà été expérimenté par Option nationale avec les conséquences désastreuses que l\u2019on connaît.Ce modèle qu\u2019on pourrait qualifier d\u2019anarchiste ou d\u2019anti-structure est dysfonction- nel pour un parti politique, car il rend les associations de circonscription inutiles.Vous n\u2019avez pas besoin de militer dans une circonscription pour faire valoir vos idées et les faire accepter dans les dif férentes instances.Il vous suf fit d\u2019acheter une carte de membre et d\u2019être présent au congrès national.Or, un parti qui ne peut construire d\u2019associations de circonscription devient dysfonctionnel sur le plan électoral.Cela produit curieusement l\u2019effet inverse de la démocratie puisque tout le pouvoir entre les congrès revient à la direction du parti.Enfin, cette logique est antidémocratique car elle avantage ceux qui vivent dans les grandes villes et défavorise ceux qui vivent dans les régions éloignées.Elle légitime l\u2019inégalité de pouvoir selon les lieux de résidence et les moyens financiers.Si le congrès national a lieu à Montréal, il en coûtera 2 $ à un Montréalais pour exercer ses droits démocratiques alors que pour quelqu\u2019un qui vient de Saguenay ou de Gaspé, il pourra lui en coûter 1000 $.Est-ce cette inégalité qu\u2019on veut promouvoir au Bloc ?La refondation du Bloc québécois, un projet vicié M E G U I L L A U M E C L I C H E - R I V A R D * Vice-président de l\u2019Association québécoise des avocats et avocates en droit de l\u2019immigration Chargé de cours à l\u2019Université du Québec à Montréal u cours des derniers mois, la société civile québécoise s\u2019est indignée de cer tains cas d\u2019expulsion qui ont ainsi bénéficié d\u2019une visibilité médiatique importante, mettant par le fait même à l\u2019épreuve le degré d\u2019humanisme et de compassion du gouvernement Trudeau.Or, dans tous ces cas, le gouvernement est plutôt resté silencieux et a ignoré les incommensurables demandes d\u2019annulation ou de suspension de renvois portées par les sociétés civiles et politiques québécoises.En effet, malgré des appuis populaires sans précédent, l\u2019expulsion du Canada de ces enfants, de ces femmes et de ces hommes a été exécutée, démontrant ainsi le grave changement de cap d\u2019un gouvernement qui affichait jusque-là une ouverture marquée devant ces dossiers aux circonstances particulièrement impérieuses.Revenons d\u2019abord sur le cas de Lucy Francineth Granados, mère célibataire de trois enfants ayant résidé au Canada pendant neuf ans et renvoyée du Canada le 13 avril 2018.Cette dernière craignait les menaces d\u2019un gang criminel au Guatemala et espérait voir, avant son dépar t, sa demande de résidence permanente acceptée sur la base de considérations d\u2019ordre humanitaire afin de pouvoir régulariser son statut au pays.Plusieurs groupes de la société civile et des centaines de citoyens avaient sollicité la suspension de son renvoi auprès du gouvernement, mais, malgré une pression médiatique sans précédent, cette demande est malheureusement restée lettre morte.Pensons également à la famille sri lankaise Lawrence expulsée en décembre 2017, qui avait soulevé également un vent de sympathie populaire considérable et qui était considérée comme un modèle d\u2019immigration par le ministre québécois David Heur tel.La jeune Leony Lawrence avait touché le cœur des Québécois par son français impeccable, son parcours scolaire exceptionnel, ainsi que son souhait de devenir médecin onco- logue au Québec.Malgré les demandes en haut lieu, le gouvernement Trudeau est une fois de plus resté de glace devant cette expulsion, qui fut alors décrite comme une véritable gifle du fédéral à l\u2019endroit du Québec.Changement de cap Ces dossiers font état d\u2019un changement de cap récent particulièrement préoccupant de la par t du gouvernement Trudeau, et ce, à l\u2019égard de dossiers impliquant des considérations humanitaires notoires et suscitant des appuis massifs de la part des sociétés civiles et politiques.Dans l\u2019état actuel des choses, le mutisme et le laisser- faire du gouvernement, dans des dossiers où les Québécois réclamaient une inter vention, constituent un changement de ton particulièrement préoccupant et font état d\u2019un profond et nouveau manque d\u2019humanisme et de compassion de sa part.Il faut l\u2019avouer cependant, rares sont les dossiers d\u2019immigration qui provoquent de telles passions populaires et nécessitent autant l\u2019intervention des classes politiques et civiles québécoises.Or, si le gouvernement Trudeau refuse d\u2019intervenir même dans ces cas les plus probants, force est donc de constater qu\u2019il ne peut plus se targuer d\u2019être le porte-étendard de la compassion, de l\u2019humanisme et de l\u2019ouverture envers les plus vulnérables de notre société.Espérons que le gouvernement saura répondre aux prochains appels de la population, qu\u2019il passera de la parole aux actes et que les prochains Lawrence et Granados pourront ainsi compter sur la compassion des Québécois pour demeurer au pays ou, peut- être même, espérons-le, y revenir.*La liste des signataires de ce texte est publiée sur nos plateformes numériques.Grave changement de cap en matière d\u2019expulsions A JACQUES NADEAU LE DEVOIR Des groupes de la société civile et des citoyens avaient sollicité la suspension du renvoi de Lucy Francineth Granados.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Des membres du Bloc québécois menés par la présidente du forum jeunesse, Camille Goyette- Gingras, ont présenté la semaine dernière le projet de «refondation» de la formation politique.S\u2019il y a crise au sein du mouvement indépendantiste, ce n\u2019est pas le Bloc qui en est la cause.Il en est plutôt la victime.« » L L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 5 A V R I L 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S même de l\u2019œuvre de Chagall, mais elle représente une valeur culturelle et historiquement collective pour le Canada.Devenue partie intégrante du patrimoine [\u2026] depuis son acquisition en 1956, grâce à une vente par Pierre Matisse, marchand de Marc Chagall à New York, [au MBAC], à l\u2019époque pour un prix dérisoire, celle-ci témoigne également de son historique de l\u2019après-guerre, de sa valeur culturelle et symbolique ».Rendue publ ique la sema ine der n ière, l\u2019aliénation de cette huile a soulevé de nombreuses critiques, tant chez les spécialistes qu \u2019auprès du public.Le MBAC a suivi les échanges, précisait-il dans une lettre ouverte signée conjointement lundi par la présidente du conseil d\u2019administration Françoise L yon et par M.Mayer.Il y réitérait tout de même son intention d \u2019aliéner et de vendre le tableau.L\u2019argent ainsi acquis permettrait entre autres d\u2019établir « un filet de sécurité financier pour l\u2019achat d\u2019œuvres menacées de quitter le pays », mentionnait le musée.Ce faisant, le tableau d\u2019importance qu\u2019est La tour Eif fel de Chagall quitte, lui, le pays, et est perdu au patrimoine public canadien.«L\u2019on peut pleinement imaginer que [La tour Eif fel], illustrant le rayonnement de la liberté d\u2019expression à travers cette explosion de couleurs lumineuses dont Chagall a bénéficié en France dans les années 1920, ait éveillé, lors de son acquisition [\u2026], des résonances par rapport à la paix internationale retrouvée dans l\u2019après-guerre après 1945 », poursuit la petite- fille du peintre.« Particulièrement heureux de cette coïncidence politique, symbolique et artistique, tous les intervenants » devaient être honorés d\u2019en être témoins, de Chagall au marchand Pierre Matisse, jusqu\u2019au MBAC, estime-t-elle.« Que ce lien n\u2019existe plus ou ne devrait plus exister, au cas où vous deviez maintenir votre décision, nous semble particulièrement grave.Les citoyens du Canada, les visiteurs du musée et les nombreux amateurs d\u2019art étant soudainement et involontairement déconnectés d\u2019une partie de leurs racines culturelles.» Période parisienne L\u2019arrivée à Paris de Chagall en 1923 a marqué pour le peintre la fin d\u2019une décennie de migration et de bouleversement, comme le rappelle la notice de mise en vente de Christie\u2019s, lui apportant enfin un sentiment de sécurité.Un sentiment qui procurera à Chagall un surgissement de créativité.La tour Eif fel, peint en 1929, est une ode à sa femme, Bella, avec qui il avait convolé en 1915.Bella est aussi le nom qui a été légué à la sœur jumelle de Meret Meyer.La seule enfant de Marc Chagall, Ida (1916- 1994), fut l\u2019organisatrice de nombreuses expositions parisiennes des tableaux de son père.Mariée en premières noces au journaliste français et fin connaisseur de l\u2019URSS Michel Gor- dey, c\u2019est avec son deuxième époux, l\u2019historien de l\u2019art Franz Meyer, qu\u2019elle aura trois enfants.Dans sa lettre au MBAC, Mme Meyer se permet d\u2019imaginer que le grand succès de l\u2019exposition Chagall : couleur et musique aura permis « aux Canad iens de prendre davantage conscience des nombreuses clés de lecture qui s\u2019imposent pour déchiffrer toute l\u2019importance d\u2019une belle œuvre ».Rappelons que cette exposition avait attiré en 2017 au Musée des beaux- arts de Montréal (MBAM) quelque 303 000 visiteurs, se classant ainsi en 5e position des expositions les plus visitées de toute l\u2019histoire du musée.La tour Eif fel, estime l\u2019héritière, « devient, comme la plupart des œuvres de Marc Chagall, hors l\u2019enchantement qu\u2019elle nous procure, un messager de tolérance qui nous permet de mieux appréhender le présent et l\u2019avenir ».Si sa réaction est tardive, comme l\u2019admet la représentante des ayants droit, elle ose espérer qu \u2019elle n \u2019est pas trop tard pour fa ire marche arrière.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CHAGALL il n\u2019y avait pas lieu de dédoubler les réponses.Les questions ont finalement été relayées du cabinet vers le Conseil du trésor, qui a répondu à chacune d\u2019entre elles par courriel.Spécialistes : les détails L\u2019accord-cadre avec les médecins spécialistes contient des augmentations récurrentes totalisant 2 milliards de dollars pour la période comprise entre 2015-2016 et 2022-2023.Cela représente un impact annuel de 414,5 millions de dollars de plus, à partir de 2021-2022, qu\u2019au début de l\u2019entente.À cela s\u2019ajoutent près de 700 millions en argent récurrent, pour la même période, afin de rémunérer les nouveaux médecins et d\u2019augmenter les ser vices en fonction de la croissance de la population.Cela représente 2 % par an, ou environ 100 millions.Si la croissance réelle des ser vices médicaux excède 2 %, la FMSQ a accepté de l\u2019assumer en bonne partie à même son enveloppe, une première.Le Conseil du trésor a confirmé ces chiffres, tout comme la FMSQ.Après le 31 mars 2023, la FMSQ devra à nouveau s\u2019asseoir avec le gouvernement pour reconduire ces augmentations.Elle a aussi la possibilité de renégocier avant cette échéance sur la base des conclusions d\u2019une future étude comparant les médecins québécois et leurs homologues du reste du Canada.Le report du paiement des augmentations promises a créé une dette, une somme non récurrente de 1,5 milliard, dont le paiement est étalé jusqu\u2019en 2026-2027.Le total des différentes clauses atteint donc plus de 4 milliards de dollars.La FMSQ a répondu à toutes les questions du Devoir lors de deux entrevues avec son directeur des affaires juridiques et de la négociation, Me Sylvain Bellavance.Pour lui, il est important de comprendre que les sommes serviront, pour la durée de l\u2019entente, « à rémunérer de 1000 à 1200 médecins de plus.» Il a tenu à rappeler que des concessions importantes ont été faites sur l \u2019aspect financier afin de se concentrer sur l\u2019amélioration des conditions de pratique et des soins.Une autre clause de l\u2019accord-cadre précise que l\u2019enveloppe des médecins spécialistes doit passer de 4,5 milliards environ en 2015-2016 à 5,5 milliards en 2022-2023.C\u2019est 1 milliard de plus annuellement, dont environ 60 % pour payer les nouveaux médecins et la croissance de la demande en soins.Cela comprend toutes les sommes citées précédemment.Omnipraticiens: les détails En 2023-2024, il en coûtera 752 millions par an de plus qu\u2019en 2015-2016 pour payer les omnipraticiens.La proportion de cette somme qui servira à payer les nouveaux médecins et à répondre à la croissance de la population est de 55 %, explique la FMOQ.Les différentes clauses valent environ 3 milliards de dollars pour la période 2015-2016 à 2023-2024.Cela comprend 1,36 milliard en augmentations récurrentes (ou 275,5 millions par an à terme) ainsi qu\u2019une augmentation récurrente pour les nouveaux médecins et la croissance de la demande de 2 % par an.Une augmentation récurrente de 62,7 millions par an, ou 2,4 %, sert aussi à réduire l\u2019écart avec les spécialistes.Finalement, une dette non récurrente de 1 milliard doit leur être remboursée.Ces montants ont été confirmés par la FMOQ.Le directeur des af faires économiques à la FMOQ, Denis Blanchette, s\u2019inquiète de l\u2019effet de l\u2019écart important entre la rémunération des spécialistes et des médecins de famille, qui est loin d\u2019être réglé par les plus récents accords.«Les autres provinces ont fait des gestes significatifs pour réduire les tarifs dans certaines spécialités qui ont bénéficié d\u2019améliorations techniques», a-t-il fait valoir en entrevue.En vertu du plus récent accord, une étude sur l\u2019écart de rémunération entre les spécialistes et les omnipraticiens sera réalisée, de même qu\u2019une comparaison entre les omnipraticiens québécois et ontariens.Cette année, 65 postes de résidents en médecine de famille sont restés vacants, contre 4 de spécialistes.Québec affirme qu\u2019en moyenne, les spécialistes ont obtenu une augmentation annuelle de 1,4 % et les omnipraticiens, de 1,8 %.Cela permet au gouvernement de respecter le cadre de 3 % d\u2019augmentation par an qu\u2019il s\u2019était donné pour l\u2019ensemble des médecins.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MÉDECINS loré, aux côtés de messages en coréen, en chinois, en arabe.Mardi, bien que le tronçon de la rue Yonge ait été fermé à la circulation sur près de deux kilomètres presque toute la journée, ils étaient encore nombreux à venir s\u2019y serrer les coudes.Des jeunes, des vieillards, des enfants à la sortie de l\u2019école.Cer taines communautés religieuses sont venues prier sur les lieux, d\u2019autres ouvraient les por tes de leur église aux quidams.Des Torontois de toutes origines sont venus tout au long de la journée, surtout en fin de journée, déposer des fleurs.Beaucoup de fleurs.Un quatuor de violon a adouci le deuil par sa musique.« Je trouve ça émouvant et je suis très touché.Je suis tellement ému de voir ça», a dit Nathan Poon.Le choc Résidente depuis dix ans dans Willowdale, Loma estime l\u2019avoir échappé belle lundi après- midi.Car tous les jours à 13 h, elle déambule le long de la rue Yonge vers le sud, en partant du coin de l\u2019avenue Finch, là où elle habite, jusqu\u2019à Shepard, là où le présumé meur trier s \u2019est rendu à la police.Dans cette pérégrination d\u2019une trentaine de minutes, elle croise des visages connus, salue de la tête les commerçants.Soban café, Café princess, le petit boui-boui coréen.Elle marche normalement sur le trottoir de ces commerces, celui que le conducteur de la fourgonnette a choisi de prendre d\u2019assaut.Lundi, c\u2019était la première journée de «vrai soleil », insiste-t-elle «Tout le monde était dehors, c\u2019était plein».Mais sans aucune raison particulière, elle a simplement décidé d\u2019aller s\u2019entraîner au gym un peu après 13 h.Quelques minutes plus tard, des dizaines de personnes étaient fauchées non loin de là.« C\u2019est sûr que je me dis que ça aurait pu être moi », raconte cette Irakienne d\u2019origine.Plusieurs commerçants interrogés ont dit n\u2019avoir rien vu de la course folle du camion, trop absorbés qu\u2019ils étaient par leurs tâches.Ce n\u2019est que plusieurs minutes plus tard qu\u2019ils ont été alertés par des policiers.Cici Huang, qui travaille chez Beauty Jealousy, dit avoir reçu un appel de son patron.« Je n\u2019avais rien vu de ce qui s\u2019était passé.Mais quand je suis allée sur le trottoir, je ne comprenais rien de ce que je voyais.» Quelques minutes plus tôt, Akeem Herbert sortait pour sa part du magasin Shoppers pour se diriger à la boutique de tatouage où il travaille.Sous ses yeux, des corps à terre, avec des drôles de blessures et beaucoup de sang.Le quadrilatère n\u2019était pas fermé, les policiers commençaient à arriver.«Ça pouvait être une fusillade, mais j\u2019ai d\u2019abord pensé que c\u2019était une manifestation extrême», raconte-t-il.Mais lorsqu\u2019il a vu le regard désespéré d\u2019un premier répondant pratiquer les manœuvres de réanimation cardiaque sur une femme âgée ensanglantée qui gisait par terre, il a compris.«Elle était probablement déjà morte», dit-il, encore sous le choc.Voir l\u2019horreur Margaret Ramesar, elle, a carrément vu le camion passer.Il allait à toute vitesse, avec cette conduite erratique lorsque quelque chose ne va pas.Elle était un peu plus bas, sur Yonge, et quittait le trottoir sans se douter que plusieurs personnes allaient être fauchées par un dangereux camion.« J\u2019ai vu le camion et un gars crier après.Et la police derrière.J\u2019ai pensé que c\u2019était un accident, je me suis réfugiée dans un magasin », a-t-elle dit, avec un cer tain sangfroid.Mais rapidement, au fil de son récit, ses yeux se sont emplis de larmes.« C\u2019était le chaos, les gens hurlaient et couraient.J\u2019ai pensé que c\u2019était une fusillade », a-t-elle sangloté, aux côtés de sa fille qui tentait de la réconforter.«Ce sont\u2026 des vies innocentes.Ces gens-là ont des familles.» Malgré les images d\u2019horreur qui la hantent, Margaret Ramesar a tenu à revenir sur les lieux du drame.«C\u2019est important de revenir, je pense que je fais partie de ça.Et je sens que j\u2019appartiens à ces gens aussi.Ça aurait pu être moi », dit-elle.«Tout ça est tellement triste.» C\u2019est le vacarme des sirènes des policiers et des ambulances qui a attiré Irène et ses collègues à la fenêtre de la tour de bureaux où elle travaillait.Bien malgré elle, elle était aux premières loges de l\u2019horreur, avec vue sur les corps et les piétons affolés.« De la fenêtre, tu pouvais voir le chaos.Les cris, les sirènes des ambulances.J\u2019ai tout entendu, tout vu juste après que le camion est passé », raconte-t-elle.Comme d\u2019autres, elle a senti le besoin de venir se recueillir avec ses collègues, même s\u2019ils ne connaissent pas par ticulièrement de victimes.Et allumer des cierges et écrire de petits mots de solidarité est une façon de faire son deuil, de démontrer sa sympathie.« C\u2019est pour montrer que nos pensées sont pour les victimes», dit-elle, avec une certaine pudeur.Un grand impact Vers midi, Anne Marie d\u2019Amico a été identifiée comme première victime.Loma a pitonné sur son téléphone pour aller chercher sa photo sur Internet.« Regarde, si belle, si jeune », a-t- elle dit émue.Les autres victimes tardent toujours à être identifiées.Que penser du présumé meurtrier, Alek Mi- nassian, contre qui pèsent dix chefs d\u2019accusation pour meurtres et treize, possiblement quatorze, pour tentatives de meurtre?Margaret Ramesar ne sait pas grand-chose de ses motivations.«Je ne vais pas rien dire, car je ne sais rien de lui, mais je pense que c\u2019est quelque chose qu\u2019il avait planifié.Mais tu ne sais jamais ce qui va arriver.C\u2019est quand même triste\u2026 Une personne si jeune.Qu\u2019arrive-t-il avec notre jeunesse?» Pour Dana Lepinski, « un fou, c\u2019est un fou ».Elle ne croit pas que Toronto deviendra une ville moins sécuritaire.« Toronto n\u2019a jamais été une ville très dangereuse.Mais tu ne peux pas prédire ce genre de chose.Tu ne peux pas bannir toutes les voitures, et si un psychopathe veut utiliser une voiture comme une arme, il peut le faire.» Sans dire que cet événement aurait pu être prédit, Akeem, le tatoueur, ne s\u2019en étonne pas.« C\u2019est arrivé partout dans le monde, à Nice, alors je me disais pourquoi pas ici ?» Une question qui a malheureusement trouvé réponse dans une attaque meurtrière qui fera encore parler d\u2019elle.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 TORONTO Pendant ce temps, le Saint Jérôme\u2026 La vente de La tour Eif fel de Marc Chagall devait initialement financer l\u2019achat par le MBAC d\u2019un autre tableau, le Saint Jérôme de Jacques-Louis David.Or, son classement patrimonial décrété lundi en fin de journée par la ministre de la Culture, Marie Montpetit, a changé la donne.En mêlée de presse, mardi, Mme Montpetit a signalé avoir demandé à la Fabrique de la Paroisse Notre- Dame, propriétaire du Saint Jérôme, «de revoir sa démarche.En ce moment, le tableau est exposé au [Musée des beaux-arts de Montréal] et on souhaite que ça demeure de cette façon», a-t-elle précisé.À Ottawa, ce revirement a été bien accueilli par la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly.« J\u2019ai toujours dit que j\u2019espérais que l\u2019œuvre reste au pays», a mentionné la ministre pendant la période des questions.FRED THORNHILL LA PRESSE CANADIENNE Les autorités n\u2019ont voulu courir aucun risque et ont décidé de protéger, à l\u2019aide de gros blocs de ciment, les environs du stade de baseball Rogers, où les Blue Jays disputaient un match contre les Red Sox de Boston, mardi."]
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