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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-04-18, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C I X N o 8 4 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 8 A V R I L 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Un court métrage québécois à Cannes.Le sujet, de Patrick Bouchard, sera présenté à la Quinzaine des réalisateurs.Page B 8 Avis légaux.A 4 Décès.B 4 Météo.B 6 Mots croisés.A 5 Petites annonces .B 4 Sudoku.A 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m C A R O L I N E M O N T P E T I T à Inukjuak, au Nunavik D ans la toundra arctique, à quelque 150 mètres du village d\u2019Inukjuak, deux petites buttes dans la neige signalent la présence d\u2019un igloo.Avec son toit bien rond formé de blocs de neige étroitement imbriqués les uns dans les autres et son enfilade de pièces intérieures souterraines, c\u2019est une véritable œuvre d\u2019art.En cette semaine de relâche, des enfants s\u2019y rejoignent pour jouer, avant de partir courir à la suite d\u2019un grand lièvre arctique, qui passe tout près.Cet igloo, c\u2019est Charlie Nowkawalk et Lu- cassie Echalook qui l\u2019ont construit.Charlie Nowkawalk est l\u2019un de ceux qui ont fondé Unaaq, l\u2019association d\u2019hommes d\u2019Inukjuak qui se donne pour mission de transmettre le savoir inuit traditionnel aux jeunes.JONGLER ENTRE TRADITION ET MODERNITÉ (2) Reconquérir sa propre culture La transmission du savoir ancestral peut être un remède aux maux de l\u2019âme CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Des hommes d\u2019Inukjuak apprennent aux plus jeunes comment pêcher, chasser et construire un igloo pour se protéger du froid.Pierre Moscovici Où nous conduiront les populistes?Page A 2 Mobilité durable Un plan qui se veut «la Baie-James de notre époque» Page A 3 FRANCIS VACHON LE DEVOIR Mohamed Khabar, 43 ans, n\u2019a pas été en mesure de reprendre son emploi de barbier à la suite des blessures qu\u2019il a subies, étant incapable de rester debout durant de longues périodes.I S A B E L L E P O R T E R à Québec D es proches et des victimes de l\u2019attaque du 29 janvier à la grande mosquée de Québec ont demandé au juge François Huot de faire en sorte qu\u2019Alexandre Bissonnette ne puisse jamais sortir de prison.« Ce dont je me soucie et qui me terrifie le plus, et ce, jusqu\u2019à la fin de mon existence, c\u2019est qu\u2019un jour viendrait où l\u2019on annoncerait qu\u2019[il] puisse voir sa peine allégée ou puisse être libéré, et de ce fait, blanchi de ces atrocités », a déclaré Louiza Mohamed Saïd, la veuve d\u2019Ab- delkrim Hassane, l\u2019un des six hommes tués ce soir-là.« La venue de ce jour serait une seconde mort pour nos victimes et pour ceux qui ont été épargnés.Une mort sans paix pour nos disparus », a ajouté la femme dans une lettre qu\u2019elle a lue devant le juge.M.Hassane était père de trois petites filles, dont la plus jeune avait deux ans lors du drame.Des sanglots dans la voix, Mme Saïd a lancé que sa dernière « n\u2019aura aucun souvenir de son papa».Le juge Huot entend ces jours-ci les témoignages des victimes dans le cadre des observations sur la peine d\u2019Alexandre Bissonnette.Ce dernier ayant plaidé coupable, on sait déjà qu\u2019il subira un minimum de 25 ans de prison.Or le cumul de ses crimes l\u2019expose à une peine pouvant atteindre 150 ans sans possibilité de remise en liberté.Mardi, Mme Saïd n\u2019est pas la seule à avoir demandé au juge d\u2019empêcher que M.Bissonnette puisse un jour sortir de prison.Saïd el-Amari, l\u2019un des blessés qui ont survécu, a fait une demande similaire.« Je suis effrayé à l\u2019idée qu\u2019une telle personne avec un tel esprit tordu se retrouve dans la même société que moi d\u2019ici 25 ans ou se retrouve avec mes enfants.Alors, je vous demande de faire le nécessaire pour que ça n\u2019arrive pas», a-t-il lancé.M.el-Amari a reçu une balle à l\u2019abdomen et ATTENTAT DE QUÉBEC Jamais le tueur ne devrait être libéré Des proches et des victimes réclament une sentence à la hauteur de leur douleur C A T H E R I N E L A L O N D E L a ministre de la Culture Marie Montpetit a entrepris les démarches afin de protéger par classement patrimonial le Saint Jérôme (1779) de Jacques-Louis David, que la Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Québec s\u2019apprête à vendre au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC), le 11 juin.De son côté, le directeur général du MBAC, Marc Mayer, persiste dans son intention d\u2019acquérir pour Ottawa, seul, au prix fort d\u2019un Chagall, sans autres possibilités de partenariats \u2014 ni avec les musées québécois ni avec des mécènes \u2014, cette huile sur toile du peintre officiel de Napoléon.« [L\u2019inter vention de la ministre] est une bonne nouvelle, et si [elle] devient partie prenante, on peut imaginer que le débat va prendre de la hauteur », se réjouit la directrice et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), Nathalie Bondil.Car la démarche de Mme Montpetit, mais seulement si elle est accélérée, pourrait permettre de deux manières différentes de conserver le tableau au Québec.Soit en octroyant 60 jours supplémentaires au Musée de la civilisation \u2014 détenteur d\u2019un premier droit de refus sur toute of fre d\u2019achat pour le David \u2014 et au MBAM pour égaler la mise du MBAC.Soit en permettant à la ministre d\u2019acheter elle-même le tableau, au même prix.« C\u2019est évident, quand on suit le dossier, qu\u2019il y a de véritables questions qui se posent sur les procédures, sur la collégialité.Je trouve très constructif qu\u2019on en discute à un niveau ministériel », poursuit Mme Bondil.Québec veut classer Saint Jérôme bien patrimonial La décision du MBAC de vendre un Chagall pour acquérir le David continue de soulever des questions VOIR PAGE A 8 : CULTURE VOIR PAGE A 8 : CLASSEMENT VOIR PAGE A 8 : ATTENTAT L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 8 A V R I L 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris P ier re Moscovici est un homme droit dans ses bottes.Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires a vécu la crise de l\u2019euro et celle des migrants.Il a vu le Royaume-Uni choisir le Brexit, les Italiens plébisciter les partis eurosceptiques et les pays de l\u2019ancienne Europe de l\u2019Est se détacher lentement de Bruxelles.Pire, l\u2019ancien parti de celui qui a été ministre de l\u2019Économie de François Hollande est aujourd\u2019hui donné pour mort par la majorité des obser va- teurs de la vie politique française.Mais rien n\u2019y fait.Vous n\u2019entendrez pas Pierre Mosco- vici chuchoter le mot «autocritique , qui ne fait pas partie de son vocabulaire.Ce vieil ami du Québec, autrefois proche de Michel Rocard et de Lionel Jospin, donnera mercredi une conférence à l\u2019Université McGill pour le Centre Jean Monnet.Lorsque vient le temps de jeter un regard rétrospectif sur la dernière décennie, tout au plus admet-il que l\u2019Europe et les socialistes auraient pu « mieux expliquer » certaines choses.Mais d\u2019erreurs, il ne sera à peu près jamais question.Selon lui, les causes de la montée du populisme ne sont pas à Bruxelles, elles tiennent essentiellement au nationalisme, dans lequel il ne voit rien de moins qu\u2019«un démon qui travaille de l\u2019intérieur les peuples, leurs cultures, leur conscience».Même chose pour le Brexit, dont la cause ne résiderait que dans « une classe politique et des médias qui ont sans arrêt biberonné l\u2019opinion publique à l\u2019euroscepticisme ».Tout au plus reconnaît-il que l\u2019Union européenne a pu laisser se développer « le sentiment qu\u2019elle n\u2019était pas assez protectrice, pas assez à côté des peuples ».Sur la crise des migrants, il reconnaîtra aussi que « certains pays de la ligne de front, comme la Grèce et l\u2019Italie, se sont sentis un peu seuls».Juste un peu ! Le retour des années 1930 Il faut dire que Pierre Mos- covici est convaincu que le combat qu\u2019il mène à Bruxelles l\u2019oppose à une forme de peste brune qui n\u2019a guère changé depuis 80 ans.C\u2019est ce que laisse entendre le titre de son dernier livre, Dans ce clair-obscur surgissent les monstres (Plon), qui reprend une formule que l\u2019ancien secrétaire du Par ti communiste italien Antonio Gramsci appliquait au fascisme de Mussolini.«Certes, dit-il, il n\u2019y a pas en Europe d\u2019Hitler, le nazisme n\u2019est pas à nos portes et le fascisme ne nous menace pas.» Mais c\u2019est tout comme.« Il y a tout de même la montée du populisme et, si l\u2019on sait comment ça commence, on ne sait pas comment ça finit.» Pour lui, la manière dont le gouvernement polonais traite la justice et dont Victor Orban muselle les médias hongrois indique sans le moindre doute « qu\u2019il y a dans le fond de l\u2019air quelque chose de préoccupant, voire de nauséabond, qui ne doit pas laisser les démocrates et les progressistes indifférents».Pourtant, lorsqu\u2019on l\u2019interroge sur l\u2019emprisonnement des représentants élus du peuple catalan par le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy, Pierre Moscovici n\u2019a rien à redire.« Le problème, c\u2019est qu\u2019en Catalogne, il y a une revendication d\u2019indépendance qui s\u2019est exprimée dans un cadre qui n\u2019est pas constitutionnel, dit-il.Ce qui se passe là-bas doit se débattre dans le cadre de l\u2019ordre constitutionnel espagnol.» Rien dans la répression violente du référendum catalan du 1er octobre dernier et l\u2019emprisonnement des représentants élus du peuple, dit-il, n\u2019entre « en contravention avec les valeurs fondamentales de l\u2019Union européenne ».Ils «n\u2019ont pas compris» Son bilan du Parti socialiste n\u2019est guère plus critique.« Les résultats du quinquennat de François Hollande sont loin d\u2019être infamants, dit-il.Il a modernisé l\u2019économie et la per formance actuelle lui est en partie redevable.Ce président a été actif dans le champ international.Il a été un chef de guerre audacieux et a su faire face au terrorisme avec courage.» Alors, qu\u2019est-ce qui a bien pu clocher ?« Les Français n\u2019ont pas compris où ce gouvernement voulait les entraîner, dit-il.Il aurait fallu expliquer qu\u2019il y aurait un temps pour l\u2019ef fort et un autre pour la répartition.Il y a eu aussi une gouvernance défaillante donnant l\u2019impression d\u2019une insuffisante autorité.» Pierre Moscovici reconnaît que ses anciens électeurs de Montbéliard votent aujourd\u2019hui pour le Front national.Comme la majeure partie de l\u2019ancien électorat ouvrier socialiste.Il faudra donc, dit-il, « réapprendre à leur parler».Alors que circule aussi le nom de l\u2019ancienne ministre de l\u2019Éducation Najat Vallaud Bel- kacem, on prête à Pierre Mos- covici l\u2019intention de briguer la tête de liste des socialistes aux élections européennes de 2019.« Je ne ferme pas les portes, dit-il.Mais se déclarer candidat à un an de ces élections ne serait pas raisonnable.Et puis, j\u2019ai encore beaucoup de choses à faire.» Le commissaire se passionne notamment pour la taxation de l\u2019économie numérique, dont les entreprises ne paient, en moyenne, que 9% d\u2019impôt alors que la moyenne des autres secteurs est de 21%.«Je me sens plus proche de n\u2019importe quel proeuropéen que de n\u2019importe quel nationaliste, dit-il.Je suis infiniment plus proche d\u2019Emmanuel Macron que de Jean-Luc Mélen- chon.Mais ça ne résume pas ma position politique, car je suis un proeuropéen de gauche.» De là à conclure que sa seule conviction profonde est l\u2019Europe\u2026 Le Devoir La montée du populisme inquiète Pierre Moscovici Le commissaire européen ne veut faire son deuil ni de la social-démocratie ni d\u2019une certaine Europe ALBERTO PIZZOLI AGENCE FRANCE-PRESSE Selon Pierre Moscovici, les causes de la montée du populisme ne sont pas à Bruxelles, elles tiennent essentiellement au nationalisme.Il y a dans le fond de l\u2019air quelque chose de préoccupant, voire de nauséabond, qui ne doit pas laisser les démocrates et les progressistes indifférents Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires « » H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L e gouvernement de Justin T r u d e a u n e f a i t p a s confiance à ses éventuels successeurs en matière de torture.Il codifiera dans une loi la directive donnée à ses agences de renseignement leur interdisant d\u2019utiliser des informations obtenues sous la torture, a appris Le Devoir.L\u2019idée est de compliquer la tâche à tout futur premier ministre qui voudrait revenir en arrière.Les libéraux déposeront au cours des prochains jours un amendement à leur projet de loi C-59 sur le ter rorisme pour y ajouter les dispositions sur la tor ture.« Ça formalisera les bonnes pratiques canadiennes », explique le député Michel Picard, qui pilote ce changement.Le Canada s\u2019oppose à la torture depuis longtemps, mais les gouvernements ne se donnent pas tous les mêmes règles lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019utiliser (ou pas) des renseignements provenant de sources étrangères douteuses.Les conser vateurs de Stephen Harper avaient par exemple décrété en 2010 que si les informations portées à l\u2019attention du Canada pouvaient «sauver la vie de Canadiens», il ne fallait pas les écarter.« Ignorer cette information seulement à cause de sa source représenterait un risque inacceptable à la sécurité publique », disait la consigne.De plus, si le Canada estimait qu\u2019il existait un « risque substantiel » que l\u2019information réclamée ou partagée fasse subir à quelqu\u2019un de mauvais traitements, il fallait l\u2019autorisation du sous-ministre pour aller de l\u2019avant.À l\u2019automne 2017, les libéraux ont resserré les normes.En cas de « risque substantiel » de tor ture, les renseignements ne peuvent plus du tout être utilisés.Selon les informations recueillies par Le Devoir, l\u2019amendement libéral instaurera aussi une obligation de rapport annuel public sur la mise en application de la directive.On devrait y retrouver des statistiques sur le nombre de fois où la directive a été appliquée par chacune des six agences visées y étant soumises (Défense nationale, Service canadien du renseignement de sécurité, Gendarmerie royale du Canada, Agence des services frontaliers, Affaires mondiales et Centre de la sécurité des télécommunications).Loi antiterroriste L\u2019amendement, qui sera rendu public au cours des prochains jours, recueille l\u2019appui des libéraux, ce qui en garantit l \u2019adoption.Il fait par tie d\u2019une des quelque 250 modifications proposées au projet de loi C-59.Les néodémocrates veulent par exemple retirer au Service canadien du renseignement de sécur i té (SCRS) son pouvoir de per turbation.Ce pouvoir controversé avait été octroyé aux espions canadiens en 2015 par les conservateurs, et les libéraux, malgré leurs promesses d\u2019adoucissement de la Loi antiterroriste, ne le leur retirent pas avec C-59.Ce pouvoir permet aux espions de s\u2019infiltrer et de faire des gestes \u2014 même illégaux \u2014 pour faire dérailler un plan terroriste.Les policiers disposent déjà de ce pouvoir, mais comme leurs actions mènent au dépôt d\u2019accusations, leurs gestes font l\u2019objet d\u2019un examen par les tribunaux.Ce n\u2019est pas le cas des agents du SCRS, dont les gestes restent dans l\u2019ombre parce qu\u2019ils ne procèdent à aucune arrestation.Le Devoir Ottawa n\u2019acceptera plus jamais les informations obtenues sous la torture Le gouvernement libéral veut donner force de loi à cette directive aux agences canadiennes de renseignement L\u2019idée est de compliquer la tâche à tout futur premier ministre qui voudrait revenir en arrière M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L e Bloc québécois et le NPD somment à leur tour Justin Trudeau d\u2019accorder une citoyenneté honori f ique au blogueur Raïf Badawi, emprisonné en Arabie saoudite depuis six ans, afin de faciliter sa libération.L\u2019épouse de Raïf Badawi, Ensaf Haidar, en avait fait la demande dans une lettre ouverte adressée au premier ministre à la mi-mars.Mais en vain.Le gouvernement libéral n\u2019avait pas octroyé de citoyenneté honorifique à son mari, ni promis d\u2019accélérer sa propre demande de citoyenneté canadienne de même que celles de leurs trois enfants.«Malgré toutes les promesses de M.Trudeau et du gouvernement canadien, il ne s\u2019est rien passé jusqu\u2019à maintenant.J\u2019aimerais bientôt retrouver Raïf», a laissé tomber Mme Haidar, en point de presse au parlement avec la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, et l\u2019ancien chef néodémocrate Thomas Mulcair.« Six ans, ce n\u2019est pas facile pour nous.Six ans, ce n\u2019est pas facile pour mes enfants.» Martine Ouellet et Thomas Mulcair ont repris ses demandes à leur compte, mardi.M.Badawi figure sur une liste de pardon royal et, selon Martine Ouellet, il est coutume d\u2019annoncer ces pardons en marge du ramadan, qui débutera à la mi-mai.Plutôt que de se contenter de «parader» sur la scène internationale, le premier ministre devrait agir dès maintenant, a argué la chef du Bloc.« S\u2019il veut vraiment faire de la vraie action internationale qui fait une différence, eh bien, qu\u2019il fasse tout ce qui est en son possible pour faire libérer Raïf Badawi.» Une citoyenneté honorifique canadienne légitimerait, selon l\u2019opposition, une inter ven- tion du gouvernement canadien pour faire l ibérer M.Badawi.Mais les libéraux ne sont pas du même avis.Le secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères, Omar Algha- bra, a martelé aux Communes que le gouvernement « a soulevé cette af faire à de nombreuses reprises et nous continuerons de le faire».L\u2019octroi d\u2019une citoyenneté honoraire ne changerait cependant rien selon lui au refus du régime saoudien de voir Ottawa intervenir de façon officielle ou même informelle dans le dossier de M.Badawi, qui est citoyen de l\u2019Arabie saoudite.«Compte tenu des circonstances et de notre évaluation de la situation, on n\u2019est pas certains que ce soit la meilleure marche à suivre», a indiqué M.Alghabra.Le Canada n\u2019a accordé que six citoyennetés canadiennes honoraires depuis 1985 \u2014 les cinq dernières depuis 2001 à des personnalités comme Nelson Mandela ou Malala Yousafzai.Les bloquistes ont demandé au ministre de l\u2019Immigration de rencontrer l\u2019épouse de Raïf Ba- dawi, en marge de la période des questions mardi.Le ministre Ahmed Hussen a refusé, s\u2019estimant en situation de conflit d\u2019intérêts étant donné que Mme Haidar attend une réponse du fédéral sur sa propre demande de citoyenneté ainsi que celles de ses trois enfants.Raïf Badawi a été condamné en juin 2012 à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet pour avoir publié des écrits critiquant les dirigeants religieux de l\u2019Arabie saoudite.Il a reçu 50 coups de fouet, mais les séances de flagellation subséquentes ont été suspendues.Le Devoir CITOYENNETÉ Raïf Badawi : Trudeau sommé d\u2019honorer sa promesse Pas d\u2019argent pour Abdelrazik Abousfian Abdelrazik, ce Canadien qui a croupi six ans au Soudan parce que le Canada refusait de lui délivrer son passeport pour rentrer au pays, devra s\u2019adresser aux tribunaux pour obtenir une compensation financière.Le gouvernement du Canada a annulé à la dernière minute les séances de médiation qu\u2019il avait lui-même suggérées pour régler le litige à l\u2019amiable.M.Abdelrazik réclame 27 millions de dollars.Le Canada a versé environ 10,5 millions à chacun des cinq hommes ayant été maltraités à l\u2019étranger sur la foi de renseignements erronés \u2014 Maher Arar, Omar Khadr, Ab- dullah Almalki, Ahmad Abou el-Maati et Muayyed Nured- din.Or, dans ces cinq cas, explique l\u2019avocat de M.Abdelra- zik, Paul Champ, « le Canada avait passivement partagé de l\u2019information, alors qu\u2019ici, le SRCS a demandé au Soudan de l\u2019arrêter et a envoyé des questions à lui poser ».L\u2019ex-minis- tre Lawrence Cannon, qui a refusé de délivrer un passeport jusqu\u2019à ce qu\u2019un tribunal lui ordonne de le faire, est personnellement visé pour 3 millions.Ensaf Haidar Grève de 2 jours dans 61 CPE de Montréal et Laval Les parents de quelque 6000 enfants devront se trouver un plan B mercredi et jeudi puisque les employés de 61 centres de la petite enfance (CPE) de Montréal et Laval seront en débrayage.Les travailleurs reprochent notamment à leurs employeurs, regroupés sous l\u2019Association patronale nationale des CPE (APNCPE), de refuser de reconnaître l\u2019entente nationale conclue en novembre dernier entre la Fédération de la santé et des services sociaux, des associations patronales et le ministère de la Famille.Le Devoir L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 8 A V R I L 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L a Coalition avenir Québec se dit prête à accueillir près du quar t des demandeurs d\u2019asile admis par Ottawa.« Ça peut être moins, mais pas plus que 23 %», a fait valoir le chef ca- quiste, François Legault, à moins de six mois des élections générales.L\u2019élan de générosité de la CAQ a frappé d\u2019étonnement le premier ministre, Philippe Couillard.À ses yeux, le programme de la CAQ sur le sujet a subi un « changement sismique » au cours de la dernière année.«Le collègue se rapproche à une vitesse presque supersonique de notre position.Je suis vraiment content de ça.On va être unis à l\u2019Assemblée, ici, sur cette question.Il dit qu\u2019il faut en accueillir.Énorme progrès, parce que l\u2019an dernier, il ne fallait pas en accueillir un seul, il fallait les retourner, il fallait trouver une façon de s\u2019en débarrasser », a-t-il déclaré en chambre.Le ministre de l\u2019Immigration, David Heurtel, interpellera mercredi son homologue fédéral, Ahmed Hussen, sur le plan d\u2019intervention qu\u2019il déploiera pour «prendre en charge» les personnes qui franchissent la frontière canado-américaine.« Oui, le Québec a des obligations et s\u2019en acquitte, notamment pour des raisons humanitaires.Cependant, et la gestion des frontières et la gestion des demandeurs d\u2019asile sont de juridiction entièrement fédérale », a rappelé M.Couillard mardi.« Il n\u2019est pas question d\u2019en prendre beaucoup plus [des demandeurs d\u2019asile] sans un signal clair du gouvernement fédéral », a fait valoir M.Couillard, rappelant du même souffle que les centres d\u2019hébergement temporaire sis au Québec seront « remplis bientôt [au maximum de leur capacité] ».Tous les partis politiques à l\u2019Assemblée nationale s\u2019entendent là-dessus.La CAQ reproche au gouvernement libéral de « s\u2019[être] réveillé huit mois trop tard».En 2017, le Québec a accueilli pas moins de 25 000 migrants irréguliers, soit la moitié de toutes les entrées de ce type au Canada.Le flux augmente.En effet, plus de 6000 migrants ont traversé la frontière depuis le début de l\u2019année.C\u2019est trois fois plus qu\u2019à la même période en 2017.La CAQ appelle le gouvernement fédéral à répartir équitablement les demandeurs d\u2019asile d\u2019une rive à l\u2019autre du pays, en fonction du poids démographique de chacune des provinces.À l\u2019heure actuelle, le Québec reçoit \u2014 toutes proportions gardées \u2014 deux fois trop de demandeurs d\u2019asile, s\u2019insurge le parti politique de François Legault.« Au lieu de prendre en charge la moitié des réfugiés qui arrivent au Canada, le Québec devrait en prendre environ 23 % [puisque la population québécoise correspond à 23 % de la population canadienne] », a soutenu M.Legault, après avoir reproché à M.Couillard de l\u2019avoir « traité d\u2019à peu près tous les noms possibles » au fils des derniers mois.Les autres pourront être « redirigés » dans le reste du Canada, soutient la CAQ.« Le Québec n\u2019a pas les capacités d\u2019accueillir toute la misère du monde », a souligné l\u2019élue Nathalie Roy.De son côté, le Parti québécois presse Ottawa de suspendre l\u2019Entente sur les tiers pays sûrs.La pression sur le passage Roxham, en Montérégie, s\u2019en trouverait à coup sûr relâchée, est d\u2019avis la députée de Marie-Victorin, Catherine Fournier.Le Devoir MIGRANTS IRRÉGULIERS La CAQ suggère une répartition selon le poids démographique JACQUES NADEAU LE DEVOIR Accompagné de son ministre des Transports, André Fortin, le premier ministre Philippe Couillard a levé le voile sur la Politique de mobilité durable de son gouvernement pour les prochaines années.A L E X A N D R E S H I E L D S À quelques mois des élections provinciales, le premier ministre Philippe Couillard promet de faire de sa Politique de mobilité durable « la Baie-James de notre époque », avec des investissements prévus de 2,9 milliards de dollars d\u2019ici cinq ans, dont une part importante est prévue pour le développement du transport en commun.L\u2019ancien premier ministre Jean Charest avait promis de faire du Plan Nord « la Baie-James » de notre époque et le chef actuel du Parti libéral du Québec a repris l\u2019expression à son compte mardi en dévoilant la Politique de mobilité durable de son gouvernement.Concrètement, une première phase d\u2019investissements est prévue pour la période 2018- 2023.Elle sera assor tie de fonds totalisant 2,9 milliards de « nouveaux investissements » d\u2019ici cinq ans, mais la majorité des objectifs fixés par le gouvernement sont inscrits à l\u2019horizon 2030 (voir notre tableau).Québec ambitionne d\u2019ailleurs de devenir un « leader nord- américain de la mobilité durable et intégrée d\u2019ici 2030 ».Pour y parvenir, la politique annoncée mardi doit permettre d\u2019accroître, chaque année, l\u2019offre de transport en commun de 5%.Et pour «rendre le transport collectif urbain plus attrayant et compétitif», une enveloppe globale de 1,59 milliard de dollars est prévue d\u2019ici cinq ans.Nationalisme économique D\u2019ici 12 ans, le gouvernement évalue aussi que 70 % de la population du Québec devrait avoir accès à «quatre services de mobilité durable ».Cela devrait contribuer à atteindre un autre objectif ambitieux, soit celui de réduire de 20 % les déplacements en « auto solo », mais aussi le « temps de déplacement » moyen des citoyens et les dépenses allouées au transport.L\u2019enjeu climatique est sans surprise inscrit dans la politique libérale, puisque le gouvernement souhaite réduire les émissions de gaz à ef fet de serre du secteur des transpor ts de 37,5 % d\u2019ici 2030 par rapport à 1990.Cela signifie réduire les émissions de près de 50 % par rapport à la situation actuelle, rappelle Équi- terre.Le secteur des transports pèse très lourd dans le bilan des gaz à effet de serre de la province puisqu\u2019il représente 42 % des émissions.Persuadé de voir les Québécois acquérir davantage de voitures électriques ou hybrides rechargeables au cours des prochaines années, Philippe Couillard a dit y voir un geste de « nationalisme économique » puisque l\u2019énergie hydroélectrique est produite au Québec.Le premier ministre a toutefois rejeté de nouveau l\u2019idée de taxer l\u2019achat de véhicules polluants, dans un contexte où les ventes de camions et de véhicules utilitaires sport continuent de gagner en popularité au Québec.« Plus les mesures sont contraignantes, moins elles rallient la population », a répondu M.Couillard au Devoir.À l\u2019heure actuelle, le Québec compte un peu plus de 20 000 voitures électriques, alors que l\u2019objectif du gouvernement est d\u2019atteindre une cible de 100 000 d\u2019ici deux ans.Un objectif hors d\u2019atteinte, selon ce qui se dégage des prévisions du Plan d\u2019action 2013-2020 sur les changements climatiques.La politique présentée mardi a été saluée par des organismes patronaux, mais aussi par des groupes environnementaux comme la Fondation David Suzuki et Équiterre.Selon le directeur principal de l\u2019organisme écologiste, Steven Guilbeault, « la mise en place d\u2019une cible ambitieuse de réduction de ces émissions était indispensable pour que le Québec fournisse sa part dans la lutte contre les changements climatiques ».Du côté de l\u2019Union des municipalités du Québec, on a toutefois plaidé pour une « réforme » du financement du transport en commun.Il faut dire qu\u2019à l\u2019heure actuelle, les municipalités assument une part importante des coûts d\u2019exploitation en transport collectif.Le Devoir Mobilité durable, les ambitions de Philippe Couillard Le premier ministre annonce un plan qui se veut «la Baie-James de notre époque», dit-il Des objectifs Réduction de 20% sur le temps moyen de déplacement entre le domicile et le travail 2016 2030 25,8 min 20,64 min Réduction de 25% des accidents mortels et avec blessés graves 2016 2030 1827 1370 Réduction de 20% des dépenses des ménages allouées au transport 2016 2030 9652$ 7721$ Réduction de 40% de la consommation de pétrole dans le secteur des transports (en milliards de litres) 2013 2030 13,9 8,34 Réduction de 37,5% des GES dans le secteur des transports (en mégatonnes) 1990 2014 2030 28,06 33,28 17,54 M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec L\u2019 entourage du premier ministre a été avisé en décembre d\u2019une plainte pour harcèlement visant le député d\u2019Argenteuil Yves St-De- nis, mais le caucus libéral a attendu la publication médiatique de révélations embarrassantes à son sujet, mardi, pour annoncer son départ.Une employée du Parti libéral du Québec (PLQ) a déclaré au réseau Cogeco que le député St-Denis lui a envoyé des photos sexuellement explicites peu de temps après une conférence téléphonique tenue à l\u2019aube de l\u2019élection d\u2019avril 2014.L\u2019élu d\u2019Argenteuil a confirmé avoir envoyé une photo provenant d\u2019un « film porno», mais a ajouté qu\u2019à son avis, son interlocutrice était « consentante ».Quelques heures plus tard, le caucus libéral a annoncé qu\u2019Yves St-Denis siégerait désormais comme député indépendant.Le principal intéressé n\u2019a pas répondu à la demande d\u2019entrevue du Devoir.Devant les médias, la whip libérale Nicole Ménard a reconnu avoir été informée d\u2019une plainte pour harcèlement le 1er décembre.« Je l\u2019ai guidée à utiliser la politique de harcèlement de l\u2019Assemblée nationale », a-t-elle dit au sujet de la plaignante.Elle n\u2019a pas cru bon de rencontrer le député ciblé par la plainte.« On me fait une plainte à mon bureau [qui est] confidentielle.[J\u2019ai renvoyé] la personne à la politique et ça demeure toujours confidentiel, alors je n\u2019avais pas à intervenir auprès de M.St- Denis», a-t-elle déclaré.Même discours au bureau du premier ministre, où l\u2019on estime que le processus prévu par la politique de gestion et de prévention des situations de harcèlement à l\u2019Assemblée nationale devait suivre son cours avant que l\u2019on intervienne.« Il y a toujours des choses en cours de vérification », a d\u2019ailleurs fait valoir le chef libéral.Silence chez les élues libérales La ministre de la Condition féminine, Hélène David, a aussi dit juger que la whip de son parti avait « fait ce qu\u2019il fallait faire, c\u2019est-à-dire accompagner la plaignante et lui dire tout ce qu\u2019elle pouvait faire pour aller porter plainte ».Au cours des derniers mois, la ministre David a multiplié les sorties médiatiques afin d\u2019encourager les victimes de violence sexuelle à dénoncer leurs agresseurs.Mardi, elle a omis de saluer « le courage » des femmes qui brisent le silence, comme elle l\u2019a fait auparavant.Aucune autre élue libérale n\u2019a souhaité commenter l\u2019affaire.La politique de prévention du harcèlement à l\u2019Assemblée nationale prévoit que le whip du parti auquel adhère un député ciblé par une plainte soit avisé des étapes de cheminement de cette dénonciation si le plaignant est membre du personnel du député.Or, si le plaignant fait partie du personnel administratif, le whip est informé uniquement si la plainte est jugée recevable par l\u2019instance externe chargée de la traiter.L\u2019identité de la femme ayant porté plainte contre Yves St-Denis est inconnue.Sa dénonciation \u2014 doublée d\u2019autres commentaires sur le comportement du député d\u2019Argenteuil \u2014 a néanmoins poussé le PLQ à reporter l\u2019investiture dans cette circonscription des Laurentides.La gestion des libéraux dénoncée En dépit de l\u2019application, par la whip libérale, de la politique de harcèlement dont s\u2019est dotée l\u2019Assemblée nationale en 2015, les partis d\u2019opposition ont dénoncé la gestion de cette affaire par le bureau du premier ministre.« Je pense que le gouvernement libéral se traîne les pieds», a déclaré l\u2019élue solidaire Manon Massé.« Chaque fois qu\u2019il entend, qu\u2019il reçoit soit des plaintes, des demandes, le Parti libéral semble oublier ça jusqu\u2019à tant que ça sorte dans les médias.» Même réaction de la députée péquiste Carole Poirier.«On a attendu que ce soit dans les médias pour [que M.St-Denis] se retire », a-t-elle déclaré.Nathalie Roy, de la Coalition avenir Québec, s\u2019est indignée du comportement de l\u2019élu d\u2019Argenteuil, qu\u2019elle a qualifié de « mononcle macho ».« Ça m\u2019inquiète du jugement du premier ministre, de laisser un individu qui a si peu de jugement en place et d\u2019en faire un cas seulement quand ça sort dans les journaux», a-t-elle ajouté.Yves St-Denis est le troisième élu libéral à être ciblé par des allégations de nature sexuelle.Les députés Gerr y Skalvounos et Pierre Paradis ont été expulsés du caucus libéral après qu\u2019ils eurent été respectivement ci- blés par des plaintes d\u2019agression et d\u2019inconduite sexuelles.Aucune accusation n\u2019a été portée contre eux.Le Devoir Une plainte pour harcèlement embarrasse les libéraux Le gouvernement savait depuis le 1er décembre, mais Yves St-Denis s\u2019est retiré du caucus seulement mardi L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 8 A V R I L 2 0 1 8 A 4 A V I S L É G A U X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S L a s u i t e d e s a v i s s e t r o u v e e n p a g e B 6 AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre con - nais sance de votre annonce et nous signaler immé dia - tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 15 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 15 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres Avis de clôture d'inventaire Prenez avis que Françoise MÉ- NARD, domiciliée au 31011-5500, rue Sherbrooke Est, Montréal (Qc) H1N 5L5, est décédée le 6 février 2018.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi devant témoins et peut être consulté par les intéressés, sur rendez-vous, à l'étude de Me Annie Lépine, notaire, 172 rue Notre-Dame, bur.203, Repentigny (Qc) J6A 2P8.Donné ce 11 avril 2018.Louise MÉNARD, liquidatrice AVIS D\u2019APPEL D\u2019OFFRES DE LOCATION LOCATION D\u2019IMMEUBLE POUR DES BESOINS EN CENTRES D\u2019HÉBERGEMENT ET DE SOINS DE LONGUE DURÉE \u2013 CHSLD 42 LITS, SECTEUR LABELLE (CISSSLAU-CT-AO-20180321) Le Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides, ayant son siège social au 1000, boul.Labelle à Saint-Jérôme (Québec), et ci-après désigné le REQUÉRANT, désire louer un espace d\u2019une superficie minimale de 5564 mètres carrés, pour y exploiter 44 lits de CHSLD à Labelle.Pour toute proposition impliquant un immeuble existant dans lequel sont exploitées des places en CHSLD, celles-ci doivent être vacantes depuis au moins six (6) mois afin d\u2019être conformes.L\u2019espace locatif recherché doit être situé dans le périmètre délimité comme suit: \u2022 Au nord par la prolongation imaginaire du chemin Nantel jusqu\u2019à l\u2019intersection du prolongement imaginaire du chemin du Moulin \u2022 Au sud par la prolongation imaginaire du chemin Baptiste jusqu\u2019au croisement de la route 117.\u2022 A l\u2019ouest par la route 117.\u2022 A l\u2019est par la prolongation imaginaire du chemin du moulin.\u2022 Facilement accessible par une route principale.\u2022 Facilement accessible par un service de transport en commun.L\u2019accessibilité à 50 espaces de stationnement adjacents aux lieux proposés est requise.Cela comprend 5 espaces réservés à l\u2019usage des personnes handicapées, 35 cases pour les employés et 20 cases pour les visiteurs.Toutes les cases indiquées précédemment devront être identifiées et réservées à l\u2019usage exclusif du CISSS des Laurentides.Le proposant devra considérer que le CISSS des Laurentides peut, à ses frais, installer un système d\u2019horodateur permettant de gérer et tarifier ces espaces de stationnement.En aucun cas, le propriétaire des lieux ne bénéficiera des revenus de stationnement générés par les places de stationnement attribuées au CISSS des Laurentides.Toutes les propositions présentées doivent être conformes à la réglementation municipale (zonage et construction) et provinciale (construction) applicables selon les règlements et les codes en vigueur au moment de l\u2019ouverture de la soumission.Le bail est de quinze (15) ans avec renouvellement annuelle automatique, tel que spécifié au bail type du Ministère de la santé et des services sociaux.Les personnes intéressées peuvent se procurer la documentation, sur le site électronique d\u2019appel d\u2019offres SEAO : www.seao.ca.La proposition doit être valide pour une période de cent vingt (120) jours à compter de la date d\u2019ouverture des soumissions.Les soumissions doivent être accompagnées d\u2019un cautionnement de proposition correspondant à dix pourcent (10%) du loyer total pour la première année du bail.Le cautionnement doit être valide jusqu\u2019à la signature du bail.Les soumissions seront reçues, en trois (3) copies conformes (une (1) originale et deux (2) copies) dans une enveloppe cachetée prévue à cet effet, et ouvertes publiquement à la date et à l\u2019endroit suivants : Date : 20 juin 2018 Heure locale en vigueur : 11h00 Endroit : Bureau administratif Adresse : 1000, rue Labelle, porte 3 Ville : Saint-Jérôme (Québec) J7Z 5N6 Téléphone : 450-432-2777 x26043 Demande d\u2019information : Les soumissionnaires qui désirent recevoir de l\u2019information ou des précisions au regard de l\u2019appel d\u2019offres doivent obligatoirement le faire par écrit en communiquant, avec la personne suivante et en prenant soin de mentionner le numéro et le titre du projet : LOCATION D\u2019IMMEUBLE POUR DES BESOINS EN CENTRES D\u2019HÉBERGEMENT ET DE SOINS DE LONGUE DURÉE \u2013 CHSLD 42 LITS, SECTEUR LABELLE (CISSSLAU-CT-AO-20180321) Christian Thibault Agent d\u2019approvisionnement CISSS des Laurentides (450) 432-2777 x26043 Christian.thibault.sommets@ssss.gouv.qc.ca Rencontre d\u2019information : Pendant la période d\u2019appel d\u2019offres, le REQUÉRANT organisera une rencontre d\u2019information au bureau administratif, 1000 rue Labelle, Saint-Jérôme à la porte 3, le mercredi 2 mai à 10h00.Lors de cette rencontre, les représentants du REQUÉRANT répondront aux questions des soumissionnaires.Aucun procès-verbal de cette rencontre d\u2019information obligatoire, ne sera fait, ni remis à aucun moment.Le Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse, ni aucune autre des propositions présentées.Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 18-16634 SP- en architecture et ingénierie pour la conversion du chauffage et la mise aux normes de l\u2019aréna Maurice Richard L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 17 avril 2018 est reportée au 19 avril 2018 à 13 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 18 avril 2018 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 13 h 30 à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Biens et services Appel d\u2019offres : 18-16956 Descriptif : A53-Location des camions pour l`arrondissement du Sud-Ouest Date d\u2019ouverture : 8 mai 2018 Dépôt de garantie : 5% du montant total de la soumission incluant les taxes (cautionnement et/ou chèque visé) Renseignements : Simona Radulescu, agent d\u2019approvisionnement : 514 872-5282 Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 18 avril 2018 Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669- 7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l\u2019Hôtel de ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 18 avril 2018 Le greffier de la Ville Yves Saindon ,avocat Appel d\u2019offres ORDONNANCES Avis est par les présentes donné que les ordonnances ci- après décrites ont été décrétées par le conseil d\u2019arrondissement de Côte-des-Neiges\u2014Notre-Dame-de-Grâce de la Ville de Montréal, lors de sa séance ordinaire tenue le 11 avril 2018.RÈGLEMENT SUR LE BRUIT (R.R.V.M., c.B-3, article 20) Ordonnance OCA18 17013 permettant le bruit d\u2019appareils sonores diffusant à l\u2019extérieur pour la tenue de l\u2019événement « Le Mondial des monstres de Montréal » du 21 au 24 juin 2018 sur l\u2019avenue de Monkland, entre les avenues Girouard et Harvard.Ordonnance OCA18 17015 permettant le bruit d\u2019appareils sonores diffusant à l\u2019extérieur selon les sites et les horaires des événements identifiés au tableau 1.RÈGLEMENT SUR LA CIRCULATION ET LE STATIONNEMENT (R.R.V.M., c.C-4.1, article 3, paragraphe 8 o) Ordonnance OCA18 17012 permettant la fermeture des rues ou le ralentissement de la circulation pour la tenue de l\u2019événement « Le Mondial des monstres de Montréal » du 21 au 24 juin 2018 sur l\u2019avenue de Monkland, entre les avenues Girouard et Harvard.Ordonnance OCA18 17016 permettant la fermeture des rues ou le ralentissement de la circulation selon les sites et les horaires des événements identifiés au tableau 1.Ordonnance OCA18 17014 permettant l\u2019implantation de panneaux d\u2019arrêt en direction ouest sur le boulevard Édouard-Montpetit, à l\u2019intersection de l\u2019avenue Mountain Sights.RÈGLEMENT CONCERNANT LA PAIX ET L\u2019ORDRE SUR LE DOMAINE PUBLIC (R.R.V.M., c.P-1, articles 3 et 8) Ordonnance OCA18 17011 permettant aux commerçants opérant des camions de cuisine de rue, faisant partie de l\u2019Association des restaurateurs de rue du Québec (ARRQ), de vendre de la nourriture et des boissons non alcoolisées pour la tenue de l\u2019événement « Le Mondial des monstres de Montréal » du 21 au 24 juin 2018 sur l\u2019avenue de Monkland, entre les avenues Girouard et Harvard.Ordonnance OCA18 17011 permettant de vendre des articles promotionnels, de la nourriture, et des boissons alcoolisées ou non alcoolisées ainsi que de consommer des boissons alcoolisées pour la tenue de l\u2019événement « Le Mondial des monstres de Montréal » du 21 au 24 juin 2018 sur l\u2019avenue de Monkland, entre les avenues Girouard et Harvard.Ordonnance OCA18 17017 permettant de vendre des articles promotionnels, de la nourriture, et des boissons alcoolisées ou non alcoolisées ainsi que de consommer des boissons alcoolisées selon les sites et les horaires des événements identifiés au tableau 1.Toute personne intéressée pourra obtenir une copie des ordonnances et du tableau 1 au bureau Accès Montréal de Côte-des-Neiges\u2014Notre-Dame-de-Grâce situé au 5160, boulevard Décarie, rez-de-chaussée.Le tableau 1 est également disponible sur le site Internet de l\u2019arrondissement dont l\u2019adresse est : ville.montreal.qc.ca/cdn- ndg, en cliquant sur « Avis publics ».FAIT à Montréal, ce 18 avril 2018.La secrétaire d\u2019arrondissement, Geneviève Reeves, avocate Avis public PROMULGATION PROJET PARTICULIER PP-103 AVIS est par les présentes donné que la résolution approuvant le projet particulier PP-103 ci-après décrit a été adoptée par le conseil d\u2019arrondissement de Côte- des-Neiges\u2014Notre-Dame-de-Grâce, à sa séance ordinaire du 12 mars 2018, est réputée conforme aux objectifs du schéma d\u2019aménagement et de développement et aux dispositions du document complémentaire de l\u2019agglomération de Montréal et est entrée en vigueur le 11 avril 2018 conformément à la loi.RÉSOLUTION CA18 170069: approuvant le projet particulier PP-103 visant à permettre l\u2019usage « carburant » pour la propriété issue de l\u2019unification des propriétés situées aux 5405 et 5431, chemin de la Côte-des-Neiges en vertu du Règlement sur les projets particuliers de construction, de modification ou d\u2019occupation d\u2019un immeuble (RCA02 17017).Toute personne intéressée peut en prendre connaissance au bureau Accès Montréal de Côte-des-Neiges\u2014 Notre-Dame-de-Grâce situé au 5160, boulevard Décarie, rez-de-chaussée.FAIT à Montréal, ce 18 avril 2018.La secrétaire d\u2019arrondissement, Geneviève Reeves Avis public AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (135, 136 et 137 C.p.c.) PAR ORDRE DE L\u2019HUISSIER: Avis est donné IRINA TROUBETSKAIA que la partie demanderesse a déposé au greffe de la Cour du Québec, du district de MONTRÉAL, une demande introductive d'instance.Une copie de cette demande et de I'avis d'assignation ont été laissés à I'intention de la partie défenderesse, au greffe du tribunal, au palais de justice de MONTRÉAL, situé au I RUE NOTRE- DAME EST, MONTRÉAL dans le dossier 500-22- 245241-180.Il est ordonné à la partie défenderesse de se présenter au Palais de justice dans les 30 jours de la présente.A défaut de repondre dans le délai, unjugement par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis dès I'expiration de ce délai et vous pourriez devoir payer les frais de justice.À Montréal, le 16 avril 2018 Sonia Lavoie, huissier de justice Services professionnels_ Service de surveillance, listage et revue de presse Numéro de l\u2019appel d\u2019offres : 1001667 Les documents et conditions de l\u2019appel d\u2019offres seront disponibles incessamment via le site du Système électronique d\u2019appel d\u2019offres : www.seao.ca.Dépôt des soumissions : Pour être validement reçue, toute soumission doit être déposée au siège du Réseau de transport métropolitain, situé au 700, rue de La Gauchetière Ouest, 26ème étage, Montréal (Québec) H3B 5M2, AU PLUS TARD LE MERCREDI 16 MAI 2018 À 10H00.Une ouverture publique des soumissions reçues suivra au même lieu.Le Réseau ne s\u2019engage à accepter aucune des soumissions reçues.Erin Geldard Directrice exécutive Approvisionnement et Gestion immobilière Appel d\u2019offres public Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d'offres : 18-16807 Acquisition d\u2019 équipements et de contrats de support NetApp L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 17 avril 2018 est reportée au 19 avril 2018 à 13 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 18 avril 2018 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres APPEL D\u2019OFFRES PUBLIC No : 1021 Remplacement de la plomberie extérieure à la piscine du parc Ottawa à l\u2019arrondissement de Montréal-Nord.L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 19 avril 2018 est reportée au 26 avril 2018 à onze heures (11h), à la Mairie de l\u2019arrondissement de Montréal-Nord.À Montréal, arrondissement de Montréal-Nord Ce 18 avril 2018 La secrétaire d'arrondissement Marie-Marthe Papineau, avocate Arrondissement de Montréal-Nord Appel d\u2019offres Biens et services \u2013 Acquisition de trois véhicules Mazda CX5 Numéro de l\u2019appel d\u2019offres : 1001723 Les documents et conditions de l\u2019appel d\u2019offres seront disponibles incessamment via le site du Système électronique d\u2019appel d\u2019offres : www.seao.ca.Dépôt des soumissions : Pour être validement reçue, toute soumission doit être déposée au siège du Réseau de transport métropolitain, situé au 700, rue de La Gauchetière Ouest, 26ème étage, Montréal (Québec) H3B 5M2, AU PLUS TARD LE MARDI 8 MAI 2018 À 11H00.Une ouverture publique des soumissions reçues suivra au même lieu.Le Réseau ne s\u2019engage à accepter aucune des soumissions reçues.Erin Geldard Directrice exécutive Approvisionnement et Gestion immobilière Appel d\u2019offres public Avis public ASSEMBLÉE PUBLIQUE DE CONSULTATION Premier projet de résolution CA18 09 0090 adopté en vertu du Règlement sur les projets particuliers de construction, de modification ou d\u2019occupation d\u2019un immeuble (RCA02 09007) À toutes les personnes habiles à voter et susceptibles d\u2019être intéressées par le premier projet de résolution CA18 09 0090 visant à autoriser la transformation et l\u2019agrandissement du bâtiment situé au 9675, avenue Papineau - Lot 2698587 du cadastre du Québec - Zone 1483 (dossier 1180449003).AVIS est par les présentes donné : QUE le conseil d\u2019arrondissement d\u2019Ahuntsic-Cartierville, à la suite de l\u2019adoption à sa séance ordinaire du 9 avril 2018 d\u2019un premier projet de résolution portant le numéro CA18 09 0090, tiendra une assemblée publique de consultation le lundi 30 avril 2018 à compter de 19 heures, à la salle du conseil d\u2019arrondissement sise au 555, rue Chabanel Ouest, bureau 600, Montréal, en conformité avec les dispositions de la Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme (RLRQ, chapitre A-19.1); QUE la résolution projetée vise à accorder, pour l\u2019emplacement identifié comme étant le lot 2698587 du cadastre du Québec et portant le numéro 9675, avenue Papineau, l\u2019autorisation de transformer et d\u2019agrandir le bâtiment existant vers l\u2019arrière, aux conditions énoncées audit projet de résolution, et ce, malgré les articles 22 (construction hors toit), 132.2 (usages prescrits), 571 (stationnement en cour avant), 579 et 579.1 (voie d\u2019accès au stationnement intérieur) et 592 (dégagement minimal du stationnement) du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement d\u2019Ahuntsic-Cartierville (01-274).QUE le premier projet de résolution CA18 09 0090 vise la zone 1483, le tout tel qu\u2019illustré ci-dessous : QU\u2019au cours de cette assemblée publique, la mairesse d\u2019arrondissement (ou un autre membre du conseil d\u2019arrondissement désigné par elle) expliquera le premier projet de résolution ainsi que les conséquences de son adoption et entendra les personnes qui désirent s\u2019exprimer à ce sujet; QUE ce premier projet de résolution contient des dispositions propres à une résolution susceptible d\u2019approbation référendaire; QUE ce premier projet de résolution de même que le plan des zones concernées peuvent être consultés au bureau du secrétaire d\u2019arrondissement, situé au 555, rue Chabanel Ouest, bureau 600, Montréal, du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 12 h et de 13 h à 16 h 30.FAIT à Montréal, le 18 avril 2018.Chantal Châteauvert Secrétaire d\u2019arrondissement ASSEMBLÉE PUBLIQUE DE CONSULTATION Règlement modifiant le règlement d'urbanisme de l'arrondissement de Ville-Marie (01-282) afin de modifier les conditions d'autorisation de l'usage « résidence de tourisme » (dossier 1184869006) AVIS est, par la présente, donné par le soussigné de ce qui suit : 1.Les personnes intéressées de l\u2019arrondissement de Ville-Marie et des arrondissements de Mercier\u2013 Hochelaga-Maisonneuve, du Plateau-Mont-Royal, d\u2019Outremont, de Côte-des-Neiges\u2013Notre-Dame-de- Grâce, de Rosemont-La Petite-Partrie et du Sud- Ouest, demeurant dans une zone contiguë à l\u2019arrondissement de Ville-Marie, sont priées de noter que le conseil d\u2019arrondissement de Ville-Marie a, lors de sa séance tenue le 10 avril 2018, adopté le Règlement modifiant le règlement d'urbanisme de l'arrondissement de Ville-Marie (01-282) afin de revoir les conditions et les critères d'autorisation de l'usage conditionnel « résidence de tourisme ».2.Conformément à la Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme (RLRQ, chapitre A-19.1), ce projet fera l\u2019objet d\u2019une assemblée publique de consultation le 1er mai 2018, à compter de 18 h, à la salle du conseil d\u2019arrondissement située au rez-de-chaussée du 800, boulevard De Maisonneuve Est.3.Ce projet de règlement vise à modifier les conditions d'autorisation de l'usage conditionnel « résidence de tourisme ».Le secteur où seront autorisées les « résidences de tourisme » sera désormais limité à la catégorie d\u2019usages M.9 à l\u2019ouest de la rue Amherst.Ce territoire limité correspond essentiellement aux propriétés situées le long de la rue Saint-Catherine, entre approximativement les rues Guy à l'ouest et la rue Amherst à l'est.De plus, il n\u2019y aurait plus de proportion (% par bâtiment) maximale de résidences de tourisme à respecter au sein d\u2019un même bâtiment puis- qu\u2019un contingentement d\u2019une distance de 150 m entre deux résidences de tourisme serait désormais applicable sur l\u2019ensemble du secteur visé.4.Au cours de cette assemblée, la mairesse d\u2019arrondissement ou tout autre membre désigné du conseil d\u2019arrondissement expliquera le projet ainsi que les conséquences de son adoption et entendra les personnes qui désirent s\u2019exprimer à ce sujet.5.Ce projet contient une disposition propre à un règlement susceptible d\u2019approbation référendaire et vise l\u2019ensemble du territoire de l\u2019arrondissement.6.Une copie de ce projet peut être consultée aux comptoirs Accès Ville-Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est, station de métro Berri-UQÀM, et au rez-de-chaussée du 275, rue Notre-Dame Est, station de métro Champ-de-Mars.Montréal, le 18 avril 2018 Le secrétaire d\u2019arrondissement Domenico Zambito, avocat Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie AVIS PUBLIC P A T R I C E B E R G E R O N à Québec L e premier ministre Philippe Couillard et son ministre Carlos Leitão ont tenté de se montrer rassurants mardi sur les coûts du Réseau express métropolitain (REM), le futur train de banlieue de la Caisse de dépôt dans la région de Montréal.Une dépêche de La Presse canadienne révélait lundi que les contribuables et usagers pourraient payer pas moins de 11,4 milliards sur 20 ans à la Caisse de dépôt pour le service du REM, avec l\u2019indexation de la tarification et la hausse prévue de l\u2019achalandage.L\u2019opposit ion péquiste a dénoncé le REM comme étant « le seul ser vice de transpor t en commun au Québec qui sera privatisé ».La tarification comporte de nombreuses variables inconnues, ce que déplorent les villes de la banlieue métropolitaine, mais ni M.Couillard ni M.Leitão n\u2019ont évoqué de chif fres pour dissiper les craintes.L\u2019usager devrait en principe prendre à sa charge le tiers du prix du service, tandis que les villes doivent assumer 15 % et le gouvernement 85 % du solde restant, mais Québec n\u2019est pas engagé au- delà de 2023-2024, soit l\u2019année de l\u2019entrée en ser vice complète du REM.« Ça veut dire que ce pour- centage-là, qui sera versé par les villes, peut monter de façon ef froyable », a tonné le por te-parole péquiste, Alain Therrien.Redevances C\u2019est l\u2019Autorité régionale de transpor t métropolitain (ARTM) qui devra verser une redevance de 0,72 $ par passager/km à la Caisse de dépôt pour chaque usager du REM et qui devra ensuite répartir la facture entre les municipalités de la région métropolitaine en fonction de leur quote-part.En fonction d\u2019un tableau fourni par une source confidentielle à La Presse canadienne qui comporte l\u2019achalandage prévu par la Caisse et une estimation d\u2019indexation de 2 % par an, les redevances de l\u2019ARTM à la Caisse passent le cap des 500 millions par an en 2028 pour atteindre 726,5 millions par an en 2042, pour un total de 11,4 milliards.Cependant, le ministre des Finances, Carlos Leitão, a appelé l\u2019opposition à la patience sur le contenu des ententes confidentielles du REM, qui devrait être divulgué d\u2019ici à la fin d\u2019avril.« Je demanderais à nos collègues de l\u2019opposition surtout de ne pas reproduire des chif fres qui ne sont pas validés, a-t-il plaidé à la période de questions.Les 11 milliards, ce n\u2019est tout simplement pas un chif fre validé.Ce n\u2019est pas du tout ça.» L\u2019indexation de la tarification du REM est soumise à une formule complexe, qui comprend l\u2019indice d\u2019inflation, mais aussi la variation du panier obligataire et d\u2019autres variables.C\u2019est donc dire que les conditions de financement du projet, les coûts d\u2019emprunt de la Caisse sur le marché pour payer le REM, vont se refléter dans l\u2019indexation de la tarification du REM.En point de presse à Montréal en marge d\u2019une annonce sur la politique de mobilité durable, M.Couillard a af firmé que le REM augmentera de très peu les coûts des services de transport en commun pour les municipalités, sans donner plus de détails.Il a par ailleurs répété l\u2019argument de la Caisse de dépôt, c\u2019est-à-dire que les coûts pour exploiter tous les autres réseaux de transport de 2021 à 2042 s\u2019élèveraient déjà à plus de 81 milliards, alors que le REM est l\u2019équivalent de l\u2019ajout d\u2019un deuxième métro à Montréal.Projet de loi L\u2019opposition a par ailleurs accusé le premier ministre de tenter de « réparer ses erreurs » concernant le REM, parce que la Caisse de dépôt a attribué le contrat du matériel roulant à Alstom, le grand rival de Bombardier, qui fera assembler les trains en Inde, plutôt qu\u2019au Québec.Comme l\u2019avenir de l\u2019usine Bombardier de La Pocatière est en jeu, le gouvernement déposera en ef fet prochainement un projet de loi qui permettra de devancer les commandes du métro de Montréal, afin d\u2019assurer du travail aux 600 employés, sans s\u2019exposer à des poursuites des concurrents du géant ferroviaire.«Le projet de loi va interdire la concurrence », va « exposer le Québec à des poursuites internationales », a déploré en Chambre le chef de l\u2019opposition péquiste, Jean-François Li- sée, qui a toutefois indiqué que sa formation l\u2019appuiera, même si «c\u2019est la pire chose à faire».Selon lui, il aurait fallu obliger la Caisse dans les projets de loi qui ont été adoptés sur le REM à exiger 25 % de contenu local dans ses commandes de trains.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 8 A V R I L 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 5 Complot pour meurtre : Boucher plaide coupable Déjà emprisonné à vie pour le meurtre de deux gardiens de prison, l\u2019ex-chef des Hells Angels au Québec, Maurice «Mom» Boucher, détenu depuis 2002, a reconnu avoir comploté depuis sa cellule entre juillet et novembre 2015 pour faire assassiner une autre figure bien connue du monde interlope, le caïd de la mafia Ray- nald Desjardins.Il reviendra devant le tribunal le 11 mai, au centre judiciaire Gouin, pour les observations sur la peine.La Couronne et la défense ont indiqué qu\u2019elles se sont déjà entendues pour une suggestion commune, sans que celle-ci ait été précisée publiquement.La Presse canadienne Manif étudiante : l\u2019agent de la SQ est suspendu 35 jours Denis Burelle, ce policier de la Sûreté du Québec (SQ) qui avait été blâmé en déontologie pour avoir blessé trois manifestants à Victoriaville en mai 2012, est suspendu sans salaire pour 35 jours.Les événements remontent au 4 mai 2012, lors d\u2019une manifestation étudiante tenue devant l\u2019hôtel Le Victorin à Victoriaville, où le Parti libéral du Québec était réuni en conseil général.Denis Burelle avait alors tiré dix fois en direction des manifestants et avait blessé trois personnes, dont deux gravement au visage.La Presse canadienne Un mort dans un accident d\u2019avion à Philadelphie Philadelphie \u2014 Un enquêteur fédéral a confirmé qu\u2019une personne était morte dans l\u2019incident ayant provoqué l\u2019atterrissage d\u2019urgence d\u2019un avion, à Philadelphie, mardi.Un appareil de Southwest Airlines a dû se poser à l\u2019aéroport de Phila- delphie lorsqu\u2019une partie du moteur et un hublot ont été endommagés.Ni le transporteur ni l\u2019Administration fédérale de l\u2019aviation n\u2019ont expliqué comment l\u2019incident s\u2019était produit.Southwest a précisé que 143 passagers et 5 membres d\u2019équipage se trouvaient à bord du Boeing 737.Associated Press « Onze milliards, ce n\u2019est pas un chiffre validé » Philippe Couillard et Carlos Leitão tentent de se faire rassurants sur la tarification du REM Le ministre des Finances, Carlos Leitão, a appelé l\u2019opposition à la patience sur le contenu des ententes confidentielles du REM P A U L I N E G R A V E L N otre version de la préhistoire est principalement masculine.Les hommes ont développé les techniques de taille de la pierre et de la chasse.Les hommes se sont adonnés à des activités artistiques.Les femmes quant à elles sont invisibles, si ce n\u2019est bien sûr qu\u2019elles ont participé activement à la reproduction de l\u2019espèce! Mais depuis 2003, la philosophe et historienne des sciences Claudine Cohen s\u2019applique à réhabiliter le rôle stratégique des femmes avant l\u2019invention de l\u2019écriture.Les plus récentes décou- ver tes de son enquête sont rassemblées dans un ouvrage intitulé Femmes de la préhistoire, publié aux éditions Be- lin.Mme Cohen, qui est directrice d\u2019études à l\u2019École des hautes études en sciences sociales à Paris, est de passage à Montréal pour donner une conférence à ce sujet au Cœur des sciences de l\u2019UQAM, jeudi 19 avril, à 18h00.En entrevue, Mme Cohen rappelle que les outils taillés dans la pierre, dans des bois d\u2019animaux, dans de l\u2019ivoire, voire les productions ar tistiques, qui constituent l\u2019essentiel de ce qui nous reste de la préhistoire, ont tout naturellement été attribués à des hommes.« On parlait essentiellement de l \u2019action masculine, de l\u2019homme qui taille les outils, qui chasse, qui crée, qui invente des armes.Dans les années 1950 à 1960, les préhistoriens ont construit et formalisé ce modèle de l\u2019homme chasseur qui revenait à dire que toutes les avancées de l\u2019humanité découlaient de la chasse [et donc de l\u2019homme] parce que la chasse oblige à créer des outils, à développer l\u2019intelligence manuelle et intellectuelle, à traquer le gibier et donc à faire preuve de ruse, voire à s\u2019organiser socialement pour chasser et pour par tager le butin.Et quand l\u2019homme revenait au foyer, il rapportait la viande à la femme et la troquait contre ses faveurs sexuelles.» Approche féminine Heureusement, l \u2019émergence des mouvements féministes aux États-Unis dans les années 1960 a permis à des femmes, comme Adrienne Zihlman et Sally Slocum, d\u2019accéder aux professions d\u2019anthropologue et de préhistorienne, lesquelles se sont élevées contre ce modèle stéréotypé et réducteur et se sont intéressées aux activités que p o u v a i e n t p r a t i q u e r l e s femmes préhistoriques.Selon Mm e Cohen, i l est évident que les femmes pouvaient aussi se livrer à des activités de chasse.« Même si elles ne tuaient pas le gibier, elles pouvaient jouer le rôle de rabatteuse pour faire sortir le gibier et le traquer, elles pouvaient ramasser les animaux morts», avance-t- elle, « car ce genre d\u2019activités est pratiqué par les femmes des sociétés actuelles de chasseurs- cueilleurs qui ont un mode de subsistance comparable à celui des hommes préhistoriques».Dans ces mêmes sociétés, les femmes consacrent une grande part de leur temps à la cueillette, ajoute-t-elle.Elles entretiennent une relation très étroite avec la flore, en témoigne leur grande connaissance des plantes comestibles, de celles dotées de vertus médicinales et de celles pouvant servir au tissage ainsi qu\u2019à la fabrication de cordes et de paniers, objets essentiels pour une multitude de tâches.« Les femmes contribuent pour une très grande part à la subsistance du groupe par tous les petits animaux, œufs, coquillages et plantes qu\u2019elles ramassent.La grande chasse existe aussi, et les femmes n\u2019en sont pas forcément exclues, mais elle ne correspond qu\u2019à 30 % de la subsistance.Ce qui ne signifie pas pour autant que les femmes sont valorisées, mais elles jouent un rôle très impor tant dans ces sociétés préhistoriques», précise-t-elle.Mme Cohen va jusqu\u2019à dire que « si ce sont en ef fet les femmes qui cuei l lent les plantes, on peut imaginer que ce sont elles qui sont à l\u2019origine de l\u2019invention de l\u2019agriculture».Contribution des femmes La science de la préhistoire expérimentale, qui consiste notamment à expérimenter la taille de la pierre dans le but de fabriquer des outils, a permis de confirmer que les femmes pouvaient cer taine- ment le faire aussi bien que les hommes puisque « cette activité nécessitait davantage d\u2019habileté manuelle et d\u2019intelligence que de la force pure ».« Parmi les outils qu\u2019on a pu trouver, il y en a beaucoup qui ont été faits pour leur propre usage, soit pour couper des végétaux, pour fabriquer des objets et même pour sculpter des amulettes», croit Mme Cohen.L\u2019art aussi n\u2019était pas l\u2019apanage des hommes.Des statuettes paléolithiques représentant des femmes enceintes ont vraisemblablement été façonnées par des femmes pour servir d\u2019amulettes destinées à protéger leur grossesse, imagine Mme Cohen.Et des études menées sur les empreintes \u2014 positives et négatives \u2014 de mains qui ont été retrouvées sur les parois de grottes [notamment à la grotte du Pech Merle] suggèrent que plusieurs d\u2019entre elles seraient celles de femmes en raison des tailles relatives de l\u2019index et de l\u2019annulaire qui sont typiques d\u2019une femme et non d\u2019un homme.Par ces empreintes, « les femmes ont peut-être apposé une sor te de signature sur cer tains panneaux qu\u2019elles avaient peints.Ces découvertes ouvrent encore une fois la possibilité de penser autrement, et de pas toujours voir l\u2019artiste comme un homme ! » lance cette chercheuse.Le Devoir ARCHÉOLOGIE Le rôle méconnu de la femme préhistorique LIONEL BONAVENTURE AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019art n\u2019était pas l\u2019apanage des hommes.Des études menées sur les empreintes de mains qui ont été retrouvées sur les parois de grottes suggèrent que plusieurs d\u2019entre elles seraient celles de femmes. Higher Loyalty : Truth, Lies and Leadership, récit autobiographique de James Comey, a paru mardi, mais on en connaît déjà la substanti?que moelle depuis la semaine dernière grâce à des copies glissées à l\u2019avance aux médias.Tout le mal que pense l\u2019ex-directeur du FBI de Donald Trump \u2014 président «moralement inapte» à exercer ses fonctions et menteur «au comportement ma?eux» \u2014 a ensuite été étalé dans une entrevue dévastatrice qu\u2019il a accordée, dimanche soir, à George Stephanopoulos de la chaîne ABC.Sans perdre une minute, le Parti républicain a contre-attaqué en mettant en ligne un site Internet nommé, comme il fallait s\u2019y attendre, Lyincomey.com\u2026 Comey contre Trump : la discussion autour d\u2019un président américain a-t-elle jamais volé plus bas?On ne fera certainement pas grief à M.Comey d\u2019épingler M.Trump pour les profondeurs de malhonnêteté et d\u2019ineptie dont il est capable, en même temps qu\u2019il est un peu agaçant de le voir se positionner en champion de la moralité.S\u2019il a su préserver pendant sa carrière une réputation de droiture, il reste que le FBI est loin d\u2019avoir toujours été dans le passé un parangon de probité.«Notre président doit incarner le respect et adhérer aux valeurs qui sont au cœur de notre pays.La plus importante étant la vérité, a déclaré M.Comey sur ABC.Ce président n\u2019est pas capable de le faire.» Mais là encore, c\u2019est oublier que M.Trump, fût-il inimitable en la matière, n\u2019est pas le premier dans l\u2019histoire présidentielle américaine à tordre le cou à la vérité.Limogé il y a un peu moins d\u2019un an, M.Comey paraît vouloir régler des comptes.Il était gendarme, il est devenu militant.Que les démocrates s\u2019emparent de l\u2019une ou l\u2019autre des chambres du Congrès aux élections de mi-mandat de novembre prochain et il devient plus réaliste d\u2019imaginer que M.Trump fera l\u2019objet d\u2019une procédure de destitution.Il était donc fort intéressant d\u2019entendre dimanche soir M.Comey souhaiter que les démocrates évitent la procédure en destitution a?n que les électeurs soient placés devant la responsabilité d\u2019en décider à la présidentielle de 2020.Position judicieuse: il est démocratiquement important que les électeurs puissent en juger par eux-mêmes dans deux ans et demi.M.Comey était, après tout, directeur du FBI lorsque, deux semaines avant la présidentielle de 2016, il a annoncé la réouverture de l\u2019enquête sur l\u2019utilisation par Hillary Clinton d\u2019une adresse électronique personnelle, avant de faire savoir quelques jours plus tard que les nouveaux courriels qui avaient été découverts n\u2019étaient pas pertinents.Sa bévue aura contribué à faire perdre Mme Clinton; le voici qui milite pour la défaite de M.Trump en 2020.Il voudrait se racheter qu\u2019il ne s\u2019y prendrait pas autrement.Ottawa doit donner suite rapidement à l\u2019appel du Québec dans le dossier des demandeurs d\u2019asile.Il en va non seulement de la capacité d\u2019accueil du Québec, mais surtout du sort qui attend ces migrants et même des conséquences sur la vie politique québécoise à quelques mois des élections.u rythme où vont les choses, le Canada de Justin Trudeau poussera des centaines, sinon des milliers de migrants à vivre dans la clandestinité faute d\u2019avoir obtenu le précieux statut de réfugié.Depuis un an, près de 30 000 personnes sont passées par le fameux chemin Roxham, en Montérégie.La plupart des arrivants des dernières semaines semblent venus du Nigeria en passant par les États-Unis, sans qu\u2019on sache qui leur a fait connaître l\u2019existence de ce portail magique où des policiers vous aident à porter vos bagages au lieu de vous matraquer.Pourtant, il y a loin de la coupe aux lèvres.Selon la loi canadienne, il ne devrait pas s\u2019écouler plus de 60 jours entre le moment où un requérant est intercepté et celui où il est entendu par la Commission de l\u2019immigration et du statut de réfugié.Or, l\u2019arriéré dépasse 30 000 cas à l\u2019heure actuelle.Cela signi?e que les demandeurs de 2017 pourraient ne pas être entendus avant deux ans, sans compter les délais d\u2019appel en cas de refus.Dans son dernier budget, Ottawa a ajouté 173 millions pour la sécurité aux frontières et le traitement des demandes.Ce qui a suf?pour faire dire au ministre de l\u2019Immigration Ahmed Hussen qu\u2019«on en fait déjà beaucoup».Beaucoup, peut-être, mais certainement pas assez.De son côté, Québec demande à Ottawa de lui rembourser 148 millions puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un dossier de compétence fédérale exclusive.Et compte tenu du fait que la moitié de tous les demandeurs d\u2019asile arrivent par le Québec, le gouvernement Couillard souhaite qu\u2019Ottawa répartisse les cas de façon plus équitable entre les provinces.Ottawa tient à respecter ses engagements internationaux, et c\u2019est bien qu\u2019il en soit ainsi.Mais l\u2019entrée irrégulière de centaines de migrants par le chemin Roxham ne pourra pas se poursuivre indé?ni- ment si les citoyens ont l\u2019impression que le gouvernement Trudeau a perdu le contrôle.Des quelques dizaines de milliers de demandeurs d\u2019asile, la moitié au moins verront le statut leur être refusé après une attente de deux à trois ans.Années pendant lesquelles ils auront reconstruit leur vie.Tous n\u2019accepteront pas cette décision et certains choisiront la clandestinité.Phénomène pour le moins prévisible qui provoquera des pleurs et des grincements de dents chez les victimes, certes, mais aussi parmi les citoyens canadiens.Il n\u2019y a pas qu\u2019au Québec que les gens sont sensibles aux questions d\u2019immigration.La plupart des pays asiatiques y sont réfractaires, pour ne pas dire fermés.En Europe, le phénomène des migrants a en?ammé les dernières campagnes électorales au point de favoriser partout la montée de l\u2019extrême droite.Quant aux États-Unis\u2026 Le Canada ne fait pas exception, et on aurait tort de minimiser le sentiment d\u2019insécurité qui affecte l\u2019électeur moyen.Ce qui explique les sorties récentes des ministres du gouvernement Couillard, menacés sur leur droite par la CAQ à quelques mois des élections.Contrairement au rêve exprimé par des organisations militantes, le Canada n\u2019est pas un pays sans frontières.Il serait cependant malheureux que des milliers de demandeurs du statut de réfugié en soient réduits un jour au statut de sans-papiers à cause de l\u2019inef?ca- cité d\u2019un gouvernement fédéral d\u2019apparat.L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 8 A V R I L 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S L I B R E O P I N I O N J A C Q U E S B I L O D E A U Conseiller spécial à l\u2019OIF A u moment de quitter mon poste de conseiller spécial de la secrétaire générale, je voudrais faire quelques commentaires concernant la situation actuelle de la Francophonie, tant institutionnelle que politique.Pour juger ainsi cet univers, je me réclame d\u2019une certaine expérience qui m\u2019a mené du Sommet de Québec en 1987 jusqu\u2019à celui d\u2019Antananarivo en 2016.Au cours de ma carrière diplomatique formelle de quarante ans et celle moins formelle de près de dix ans, j\u2019ai pu faire un certain nombre de constats.Ce privilège d\u2019avoir pu être à l\u2019avant- scène de cet univers ouvert et stimulant, je l\u2019ai vécu en ayant le sentiment de travailler au mieux-être d\u2019une communauté que l\u2019histoire m\u2019aura permis d\u2019appuyer.À cet égard, la Francophonie a une courte histoire mais une histoire pleine de sens et de réalisations, dont plusieurs pays et communautés ont bénéficié.Les grandes communautés culturelles se sont constituées en institutions formelles comme le Commonwealth, la Communauté latino-américaine, la Communauté de langue portugaise et, naturellement, la Francophonie, qui est née sous l\u2019impulsion de ses quatre pères fondateurs.Il y a d\u2019abord eu le poète et président sénégalais Léopold Sédar Senghor, ensuite le président Amani Diori du Niger, le président Habib Bourguiba de la Tunisie et enfin le prince Norodom Sihanouk du Cambodge.Depuis lors, c\u2019est-à-dire depuis 1970, la communauté francophone est passée par la naissance de l\u2019ACCT (Agence de coopération culturelle et technique), avec 21 pays membres, et est devenue, depuis 1998, l\u2019Organisation internationale de la Francophonie.Notre grande famille est passée de 21 pays membres à Niamey à 54 pays membres, 4 membres associés et 26 obser vateurs à Antananarivo.C\u2019est dire que parler d\u2019une institution « en déclin » ne m\u2019apparaît pas marqué du sceau de l\u2019objectivité.Me voici maintenant arrivé au terme de cette carrière qui m\u2019a permis de constater que nous, francophones, ne sommes pas seuls.Notre communauté, répartie sur les cinq continents, agit dans de nombreux secteurs de l\u2019activité : l\u2019éducation et la culture, bien sûr, mais aussi l\u2019environnement, l\u2019égalité entre les femmes et les hommes, l\u2019économie et la bonne gouvernance.Ne poussant pas la naïveté jusqu\u2019à essayer de faire croire que tous ces secteurs d\u2019activité sont d\u2019une égale importance et également développés, je peux dire cependant avec certitude que les sphères d\u2019activité recoupent tous les secteurs que le développement sociétal appelle.Langue millénaire Le fait que la Francophonie soit planétaire maintenant démontre qu\u2019un pays comme l\u2019Arménie, qui recevra le prochain sommet à l \u2019automne, obtient, comme il y a quelque temps la Roumanie, une audience planétaire, car il peut dialoguer avec cette communauté guidée par un vouloir commun et une vision du monde.La Francophonie, telle que je la vois, telle que je la ressens, est cet essentiel lien de vie entre ses membres.Je considère que la culture française, devenue francophone avec les manifestations de vie sur l\u2019ensemble de la planète, est un des acquis fondamentaux de cette grande idée qu\u2019une langue millénaire réunit et permet aux pays membres de s\u2019affirmer, collaborer, s\u2019entraider.J\u2019ai été témoin de tout cela, de cette dynamique que plusieurs pays ont pu saisir pour ainsi s\u2019associer à ce grand mouvement contemporain de développement basé sur le lien et les valeurs que notre belle langue procure.L\u2019impulsion que la secrétaire générale Michaëlle Jean a donnée à la Francophonie depuis 2015 est dans la ligne tracée par ses prédécesseurs, Abdou Diouf et Boutros Boutros-Ghali .Elle a la confiance des pays membres et a prouvé qu\u2019elle était une rassembleuse née.La campagne de discrédit dont elle est la victime est totalement injuste et ne peut qu\u2019être mal intentionnée.J\u2019avoue n\u2019avoir jamais vu une telle mise au ban frénétique et mensongère.Michaëlle Jean porte et assure l\u2019organisation depuis son élection avec vigueur.Il suffit de constater la réponse des populations à ses initiatives.Grâce à elle, l\u2019Organisation internationale de la Francophonie est maintenant perçue comme un des grands acteurs de l\u2019activité politique contemporaine.Son partenariat avec les Nations unies et d\u2019autres grandes organisations, ses interventions marquées dans plusieurs régions, permettent de contribuer à l\u2019amélioration des conditions de vie dans plusieurs pays.Je suis par ticulièrement heureux d\u2019avoir pu être associé à cette dynamique, à son implication.La Francophonie est présente et implantée sur tous les continents et exerce une influence dont seraient fiers les pères fondateurs.La Francophonie n\u2019est pas en déclin FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VÉRONIQUE CHAGNON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET RÉFUGIÉS Une ouverture d\u2019apparat DONALD TRUMP Comey en militant A A JEAN-ROBERT SANSFAÇON GUY TAILLEFER Zelig Trudeau C\u2019est en regardant la caricature de Gar- notte du lundi 16 avril que j\u2019ai trouvé un lien.Je me suis rendu compte que le premier ministre canadien, Justin Trudeau, qui aime beaucoup les déguisements, fait la démonstration qu\u2019il agit un peu comme Zelig, le personnage-caméléon d\u2019un vieux film de Woody Allen.N\u2019était le côté caricatural de la chose, ce ne serait qu\u2019un amusement pour la galerie.Le problème réside ailleurs, me semble-t-il.Sur les questions de politique intérieure, notamment sur les questions environnementales, ou encore sur la politique extérieure, il prend des positions qui m\u2019effraient de plus en plus.Il se zéliguifierait à vue d\u2019œil.Au Québec, M.Trudeau, vêtu de son complet bleu, défendra la position des accords de Paris.Le lendemain, il soutiendra avec autant de ferveur le développement de l\u2019extraction des sables bitumineux en Alber ta, tout en arborant une chemise à carreaux et un chapeau de cowboy.À Vancouver, j\u2019imagine M.Trudeau, coif fé d\u2019un chapeau d\u2019Indien, discourir sur les droits des autochtones, comme, entre autres, sur leurs droits territoriaux de bloquer Trans Mountain en Colombie-Britannique.Difficile à suivre, me direz-vous?C\u2019est pareil lorsqu\u2019il s\u2019agit de politique extérieure.Contrairement à son père qui s\u2019était distancié de plusieurs positions du gouvernement Nixon, le fils Trudeau semble conciliant envers le très controversé Donald Trump.Au début de son mandat, cheveux bouclés, il défendait des positions plus progressistes en s\u2019appuyant sur les paroles du président Obama.Maintenant que les républicains sont en place, il faut faire avec eux.Il est à parier que nous ne sortirons pas gagnants de l\u2019ALENA nouveau et que le discours officiel nous présentera ces accords comme une avancée.Sur un autre dossier, il appuie sans réserve les frappes américano- franco-britanniques en Syrie.Même si, sur la scène internationale, ce sont des frappes illégales et possiblement basées sur des informations qui sont en partie tordues.Pourquoi pas une perr uque jaune ?J\u2019ai du mal à trouver que le Canada va dans la bonne direction.Est-ce un pays trop disparate ?Avec des contradictions qui éclatent de plus en plus au grand jour ?Ce qui est loin de me rassurer, c\u2019est qu\u2019avec toutes ces déceptions, le gouvernement Trudeau est en train d\u2019offrir, sur un plateau d\u2019argent, l \u2019occasion aux conservateurs de revenir en force au pouvoir.Et les déguisements du chef libéral, aussi somptueux soient-ils, ne serviront plus à rien.Fernand Doutre Montréal, le 17 avril 2018. L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 8 A V R I L 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter),Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants),Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatricespublicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).E L I Z A B E T H B R A T T O N Étudiante en droit à l\u2019Université d\u2019Ottawa.écemment, la première ministre on- tarienne, Kathleen Wynne, a promis des services de garde gratuits aux parents d\u2019enfants de 2 ans et demi jusqu\u2019à leur entrée à la maternelle.La promesse souligne les obstacles sociétaux et économiques qui contribuent à l\u2019écart entre les sexes quant à la participation au marché du travail à travers le pays.Les femmes au Canada payent une pénalité en devenant mères: une baisse de revenus d\u2019emploi jusqu\u2019à onze ans après la naissance du premier enfant, selon une étude publiée en mars par le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO).Les revenus des pères, par contre, ne subissent pas de baisse à la suite de la naissance de leur premier enfant.Malgré une forte progression de l\u2019emploi des mères pendant les vingt dernières années, les femmes se retirent encore en grand nombre du marché du travail pour élever leurs jeunes enfants.Les mères choisissent l\u2019emploi à temps partiel à un taux sept fois plus élevé que les pères (1,9% comparativement à 13,4%).En lisant ces figures étonnantes, il faut se demander si le choix de travailler à temps partiel constitue vraiment un «choix» ou si c\u2019est plutôt révélateur d\u2019une barrière à laquelle les femmes sur le marché du travail font face.L\u2019écart entre les chiffres chez les parents québécois et les parents du reste du Canada semble nous indiquer une réponse à cet effet.La baisse de revenu des mères québécoises se résorbe en quatre ans et elles ont un taux d\u2019emploi à temps plein plus élevé que les mères des autres provinces.Politique québécoise Pourquoi une différence si marquée?Le Québec a adopté une politique familiale parmi les plus généreuses au monde, avec ses congés de maternité bonifiés et ses services de garde subventionnés, tous deux permettant un meilleur équilibre travail-famille.Le fait qu\u2019un grand segment de notre population ne participe pas au marché du travail aux mêmes taux est au cœur de l\u2019inégalité économique entre les sexes.Le budget fédéral de 2018 accorde une grande importance à l\u2019égalité des sexes et à la lutte contre la discrimination systémique des femmes sur le marché du travail.À cette fin, le gouvernement a introduit la législation sur l\u2019équité salariale pour les secteurs sous réglementation fédérale et l\u2019instauration de cinq semaines de congé parental pour les pères ou les parents non biologiques.Bien que ces efforts démontrent un désir d\u2019encourager le partage des responsabilités parentales, le budget fédéral de 2018 fait obstacle à l\u2019égalité des sexes en n\u2019augmentant pas les dépenses gouvernementales en matière de services de garde d\u2019enfants.Les services de garde d\u2019enfants abordables pourraient être un outil égalisateur qui pourrait accélérer la réintégration des mères au marché du travail.Les services de garde d\u2019enfants constituent un investissement similaire à l\u2019investissement dans l\u2019infrastructure.À titre de comparaison, considérons une nouvelle autoroute.Un besoin de relier les centres de population pour faciliter le mouvement plus ef ficace des biens et des personnes d\u2019une zone à l\u2019autre est ciblé.La construction déclenche une augmentation de l\u2019emploi dans le secteur de la construction, l\u2019autoroute mène à la productivité plus élevée et la création de richesses pour les entreprises rendues plus accessibles aux clients.Les services de garde ont les mêmes bénéfices : l\u2019augmentation d\u2019emploi, la productivité accrue, la création de richesses et plus.En Ontario, le besoin de services de garde d\u2019enfants devient de plus en plus important et les listes d\u2019attentes s\u2019allongent chaque année.À l\u2019heure actuelle, seulement 20% des enfants de 0 à 4 ans bénéficient de services de garde d\u2019enfants réglementés, quoique la demande soit deux fois plus élevée.Ce manquement exacerbe l\u2019écart économique entre les sexes en obligeant les mères, plutôt que les pères, à soit abandonner un emploi rémunéré, soit opter pour un emploi à temps partiel.Il incombe au gouvernement de veiller à ce que les familles aient les bons soutiens pour promouvoir la réintégration des mères au marché du travail et réduire l\u2019écart économique entre les sexes.Investir dans les services de garde d\u2019enfants sera un pied dans la lutte contre les rôles stéréotypés de genre et accroîtra la prospérité nationale et individuelle.SERVICES DE GARDE Réduire la pénalité de la maternité FRANCINE PELLETIER H U B E R T R I O U X Chercheur postdoctoral à l\u2019École nationale d\u2019administration publique Membre du conseil d\u2019administration de CIRIEC- Canada e mois dernier, la vénérable revue L\u2019Action nationale consacrait un numéro spécial à la montée des mouvements nationalistes de droite radicale en Europe occidentale et de l\u2019Est.Quelques mois auparavant, on y publiait un dossier de fond sur la crise catalane, qui perdure et a déjà causé des dommages profonds et irréversibles à la démocratie espagnole et plus largement, européenne.Cette revue aura contribué à l\u2019analyse des dérives qui affectent l\u2019Europe et dont il est urgent de prendre la mesure, à la lumière du contexte mondial.En Catalogne, rappelons-le, des douzaines de simples citoyens, de militants et de dirigeants politiques élus ont été menacés, matraqués, poursuivis, exilés ou carrément écroués depuis octobre dernier, certains risquant jusqu\u2019à 40 ans de prison.L\u2019ultranationalisme autoritaire du Parti populaire espagnol, qui maintient la Catalogne sous tutelle après n\u2019avoir récolté que 4% des suffrages lors des élections régionales de décembre 2017, rappelle désormais l\u2019injustice et la brutalité de l\u2019ère franquiste.Beaucoup de Québécois sont particulièrement sensibles aux malheurs des Catalans.D\u2019autres pourtant y sont totalement indif fé- rents, et d\u2019autres encore sont sympathiques au pouvoir espagnol par légalisme ou par opposition au sécessionnisme.Nul ne peut ignorer, toutefois, qu\u2019à nos propres portes les tendances autoritaires et le nationalisme, notamment économique, du gouvernement américain sont en voie de remodeler les relations et les institutions internationales desquelles le Québec, fondamentalement, dépend.Alors que les États-Unis entament ce virage, l\u2019influence économique, commerciale, diplomatique et militaire de régimes nationalistes et autoritaires tels que la Russie et la Chine, l\u2019une venant de réélire un dirigeant aux ambitions impérialistes et l\u2019autre venant de se donner un président à vie, ne fait que croître.Le retour à un système international véritablement multi- polaire, auquel nous assistons depuis 15 ans, aura jusqu\u2019ici été caractérisé par la montée rapide de l\u2019ultranationalisme et de l\u2019autoritarisme.Les trois plus grandes puissances du monde en sont les locomotives, et les wagons se multiplient.Ne rien attendre de l\u2019Europe Dans la poudrière du Proche et du Moyen- Orient, la lumière du Printemps arabe s\u2019est définitivement éteinte.Pratiquement partout règnent la dictature, la junte militaire, l\u2019autoritarisme ou l\u2019anarchie et le tribalisme.Les quatre grandes puissances de la région, l\u2019Iran, la Turquie, l\u2019Arabie saoudite et Israël, où les natio- nales-théocraties dominent, jouent de leur influence respective pour déstabiliser les autres.En Inde, cinquième économie du monde et puissance nucléaire, le nationalisme hindou de Narendra Modi alimente à nouveau les divisions sectaires qui ont ensanglanté le sous- continent par le passé.Les af frontements au Cachemire avec le Pakistan, autre puissance nucléaire, se multiplient rapidement.La crise en Catalogne aura clairement illustré, par ailleurs, qu\u2019on ne peut plus attendre de l\u2019Europe qu\u2019elle agisse en contrepoids à ces tendances.Un nombre impressionnant de pays membres de l\u2019Union européenne est déjà en train de crouler sous la pression des mouvements nationalistes de droite radicale ou des néofascistes.En Hongrie, 70 % des votants viennent d\u2019appuyer l\u2019autoritarisme de Viktor Orbán et le néofascisme du Jobbik.En Bulgar ie, les Patr iotes un is ultranat ional istes contrôlent la vice-présidence, l\u2019économie, la défense et les politiques démographiques.En Pologne, l\u2019ultraconservatisme catholique de Droit et justice n\u2019a désormais d\u2019égal que le dynamisme du nationalisme radical d\u2019une part croissante de la jeunesse.En Autriche et en Italie, nationalistes et populistes sont désormais aux commandes.En Allemagne, la droite radicale de l\u2019AfD qui domine en ex-RDA est maintenant la deuxième force politique du pays et a fait une entrée fracassante au Bundestag, une première depuis 1945.En France et aux Pays-Bas, la droite nationaliste a fait des progrès considérables et malgré ses déceptions présidentielles récentes, elle continue d\u2019influencer de plus en plus lourdement l\u2019élaboration des politiques en raison de l\u2019écho indéniable de ses idées au sein de l\u2019opinion publique.Au Royaume-Uni, les par tisans du «Brexit dur» mettent en péril les avancées démocratiques énormes réalisées par l\u2019Irlande du Nord et l\u2019Écosse depuis 1998.Jusque dans les pays scandinaves, les nationalismes euroscep- tiques sont aujourd\u2019hui des forces politiques bien établies, comme au Danemark et en Suède, ou sont intégrés aux coalitions gouvernementales, comme en Finlande et en Norvège.Historiquement, la montée en puissance de tels mouvements au sein des démocraties libérales s\u2019est alimentée aux crises économiques, au cynisme politique et à la légitimité charismatique qui en émerge.Considérant les tendances actuelles, la prochaine crise financière, inévitable et que bien des économistes entrevoient déjà, aura des conséquences politiques dévastatrices.La Catalogne, région immensément riche d\u2019une démocratie établie, aura été le canari dans la mine.La démocratie libérale et les équilibres internationaux atteints au cours de la seconde moitié du XXe siècle traversent une crise profonde.La déflagration est inévitable, et les Québécois ne doivent en aucun cas se méprendre quant aux forces en présence.Les nationalismes autoritaires n\u2019ont rien à offrir aux peuples minoritaires.Le canari catalan V A L É R I E B O I S V E N U E Titulaire d\u2019une maîtrise sur le marché de l\u2019art de l\u2019Université de Montréal, travaille dans une galerie d\u2019art spécialisée a vente aux enchères d\u2019un Chagall appartenant à la collection du Musée des beaux-arts du Canada d\u2019Ottawa, dans le but d\u2019acquérir une œuvre de Louis-Joseph David, fait grincer des dents plusieurs professionnels canadiens qui jugent cette décision inacceptable.En effet, la pratique d\u2019aliénation ou de cession d\u2019objets qui permet à un musée de retirer de façon permanente une œuvre de sa collection demeure délicate et controversée, étant donné qu\u2019il n\u2019existe pas de consensus sur la position à adopter.Certains conservateurs, directeurs, artistes ou autres personnes du milieu muséal croient que des aliénations réalisées judicieusement peuvent augmenter la valeur d\u2019une collection, mais que de mauvaises pratiques peuvent, au contraire, affecter l\u2019intégrité de la collection ou de l\u2019établissement.La cession au profit d\u2019une vente sur le marché de l\u2019art est plus courante aux États-Unis, notamment parce que le nombre de musées privés y est plus élevé.David Belligham est historien de l\u2019ar t, auteur et directeur de programme pour la maîtrise en affaires de l\u2019art au Sotheby\u2019s Institute of Art à Londres.Dans son livre Art Business (2008), Belli- gham donne comme exemple le Getty Museum, qui a mis sur le marché vingt-deux toiles de maîtres anciens.Le musée californien a avancé plusieurs raisons pour justifier l\u2019aliénation.D\u2019abord, ces acquisitions récentes furent réalisées davantage avec l\u2019intention de remplir une pièce que pour renforcer l\u2019ensemble de la collection.Deuxièmement, elles ne furent jamais exposées au public.Troisièmement, l\u2019argent de cette vente devait servir à acheter des œuvres de qualité supérieure.Mais Belligham s\u2019oppose au procédé d\u2019aliénation en général et dénonce les arguments du Getty, car une telle pratique, selon lui, laisserait supposer que les objets « indignes» d\u2019être montrés au public, parce qu\u2019ils sont de moindre qualité ou sans importance historique, peuvent être vendus sans respecter les contraintes déontologiques qui s\u2019appliquent pour des objets de plus grande importance.Pratique rare Ainsi, dans l\u2019affaire du Chagall, le musée qui le possède s\u2019est-il posé les bonnes questions ?Dans un premier temps, peut-on penser que le Chagall est (ou n\u2019est pas) à sa place dans un musée dont le mandat se concentre sur l\u2019art canadien et autochtone, l\u2019ar t européen, l\u2019ar t contemporain, la photographie et les estampes de maîtres canadiens et internationaux ?Pour quelles raisons n\u2019a-t-il pas été montré au public régulièrement ?S\u2019agit-il d\u2019une œuvre de qualité remarquable ou, au contraire, si on la compare avec l\u2019ensemble de la production de l\u2019artiste, n\u2019est-elle que de qualité moyenne ?Est-ce que la vente du Chagall permettra d\u2019acheter une œuvre de qualité supérieure ?Est-ce que l\u2019acquisition hypothétique du David viendra renforcer la collection du musée ?En ef fet, la collection doit avoir une cohérence, une ligne directrice.Celle du MBAC est « d\u2019exposer et conserver des œuvres d\u2019une signification extraordinaire, des œuvres qui racontent magnifiquement nos histoires ».Donc, à valeur pécuniaire égale, est-ce que la valeur artistique du David est plus importante ?Quant à la valeur pour la collectivité, les deux œuvres sont-elles comparables ?Bref, est-ce que l\u2019acquisition du Saint Jérôme de David est plus importante que le sacrifice de La tour Ef feil de Chagall ?Les conservateurs du MBAC ont dû peser lourdement le pour et le contre avant de mettre le Chagall en vente, car l\u2019aliénation d\u2019œuvres d\u2019un musée est une pratique habituellement rare : la majorité des conservateurs de musée considèrent comme impensable de se séparer de pièces de leur collection, ceci allant à l\u2019encontre même du rôle d\u2019un musée, soit de conserver.Néanmoins, les musées doivent désormais composer avec leur budget d\u2019acquisition qui demeure stable, voire gelé, tandis que la valeur sur le marché de l\u2019art de maîtres historiques reconnus mondialement décuple rapidement.Pour continuer à enrichir leurs cimaises, ils se retrouvent forcés de prendre ce type de décisions inédites.CHAGALL Le retrait définitif d\u2019un objet d\u2019une collection muséale, une pratique controversée L R LLUIS GENE AGENCE FRANCE-PRESSE Les Catalans sont de nouveau descendus dans les rues de Barcelone cette semaine pour demander la libération des indépendantistes.L La démocratie libérale et les équilibres internationaux atteints au cours de la seconde moitié du XXe siècle traversent une crise profonde « » La chronique sera publiée exceptionnellement jeudi. L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 8 A V R I L 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S L\u2019association Unaaq a vu le jour en 2001, après une vague de suicides: trois jeunes hommes de la communauté d \u2019Inukjuak s\u2019étaient donné la mort en l\u2019espace de quelques mois.«Au moment de ces événements, nous avons eu une réunion dans la communauté pour réfléchir à ce qu\u2019on pouvait faire, raconte Charlie Nowkawalk, l\u2019un des fondateurs d\u2019Unaaq.Plusieurs jeunes gens de la communauté n\u2019avaient pas de compétences en matière de chasse et ne connaissaient pas la culture traditionnelle.Nous croyions que c\u2019était la principale raison pour laquelle ils étaient perdus et se suicidaient.Alors les femmes du village ont convoqué les hommes à ce sujet et leur ont dit : \u201cQue font les hommes ?Qu\u2019est-ce que vous faites au sujet de ces jeunes qui se suicident ?Pourquoi vous n\u2019emmenez pas vos fils à la chasse et à la pêche ?\u201d » se souvient Charlie Nowkawalk.Selon Charlie Nowkawalk, les femmes avaient gardé un certain pouvoir dans la communauté, à travers les cercles de guérison ou les groupes religieux.«Mais chez les hommes, c\u2019était différent.J\u2019ai vu des aînés dont les fils et les filles avaient été enlevés pour être envoyés au pensionnat.Leurs frères et leurs sœurs avaient été déplacés.Leurs chiens avaient été massacrés.Ils ont perdu leurs leaders spirituels depuis longtemps, quand les missionnaires sont arrivés.Il y a eu l\u2019introduction de l\u2019alcool.Les hommes ont perdu beaucoup à travers tout cela.Ils étaient très en colère.Et ils étaient isolés .» Après quelques rencontres, les hommes décident de fonder une association dont les membres emmèneraient régulièrement les jeunes Inuits à la chasse et à la pêche.Les aînés voulaient apprendre aux jeunes comment faire des igloos, les rudiments de la culture traditionnelle.« Les jeunes, ils n\u2019ont pas besoin qu\u2019on leur enseigne tout au mot à mot, poursuit Charlie Nowkawalk.Soit on leur enseigne comment survivre, comment faire un igloo, comment pê- cher quand il fait très froid, ils vont retrouver leur confiance et leur fierté », croit-il.Emmanuel Cyr, un artiste du Cirque du Soleil qui enseigne depuis plusieurs années au Nunavik, confirme que les Inuits apprennent davantage par l \u2019exemple qu \u2019à travers des explications.L\u2019association Unaaq, des hommes d\u2019Inuk- juak, aurait d\u2019ailleurs souhaité obtenir un véritable statut d\u2019école auprès du gouvernement du Québec.« Mais cela a été refusé.Nous sommes devenus une organisation à but non lucratif », relate Charl ie Nowkawalk .L\u2019assoc iat ion compte cependant sur le soutien de Makivik, de l\u2019administration régionale de Kativik, et de la municipalité.Une bourse de 500 000 $ En janvier dernier, Unaaq a reçu un prix au gala Inspiration arctique pour son travail.Le prix était accompagné d \u2019une bourse de 500 000 $.Et depuis quelques années, le taux de suicide a baissé à Inukjuak, sans pourtant disparaître.En 2016, le documentaire Chez les géants, d\u2019Aude Leroux-Lévesque et Sébastien Rist, racontait encore l\u2019histoire de Paulusie Ka- sudluak, un jeune Inuit qui se suicide au cours du film.Et en 2015, dans l\u2019ensemble du Nuna- vik, le taux de suicide était la deuxième cause de mortalité après le cancer.On comptait 11,5 suicides par 10 000 habitants, contre 1,1 suicide par 10 000 habitants pour le reste du Québec.La violence n\u2019a d\u2019ailleurs pas disparu de la communauté d\u2019Inukjuak.Au cours des derniers mois, deux femmes, une mère de famille et une adolescente, ont été assassinées dans le village.Au refuge pour femmes d\u2019Inukjuak, on estime que ce sont davantage les femmes de 40 ou 50 ans qui demandent de l\u2019aide.«Elles viennent ici se réfugier, puis, souvent, elles repartent chez elle, et elles ne nous racontent pas toujours ce qui se passe », raconte une employée du refuge qui ne veut pas être identifiée.« Il y a des cas d\u2019abus et l\u2019alcool n\u2019est pas toujours en cause, poursuit-elle.Mais les hommes ont aussi besoin d\u2019aide.Ils ont les groupes anonymes, ils ont Unaaq, mais ils ont besoin d\u2019aide.» Charlie Nowkawalk dit pour sa part que les hommes d\u2019Unaaq ont préféré agir, en emmenant des jeunes sur le territoire, plutôt que de s\u2019engager dans des rencontres thérapeutiques.«On ne veut pas parler des problèmes sociaux.On veut parler de l\u2019identité culturelle et du rôle des hommes dans la communauté.Si on récupère ce rôle, le reste va suivre », croit-il.Depuis quelques mois, Charlie Mowkawalk a construit une dizaine d\u2019igloos pour la communauté.«Tout le monde me demande des igloos, dit-il.La garderie m\u2019en demande.L\u2019école m\u2019en demande.» «Savoir faire un igloo peut vous sauver la vie si vous êtes perdu sur le territoire », explique Michael Kasudluak, directeur général de l\u2019association Unaaq à Inukjuak.Et effectivement, il arrive encore fréquemment que des Inuits meurent gelés dans la toundra arctique.« On ne retournera pas en arrière, convient Charlie Nowkawalk.Mais la modernité et la tradition doivent se côtoyer.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CULTURE Marie Montpetit a annoncé mardi sur son compte Twitter avoir demandé à son ministère d\u2019évaluer le Saint Jérôme en vue d\u2019un classement patrimonial.Si l\u2019analyse est favorable, la ministre pourra déposer un avis d\u2019intention de classement, qui protégerait alors la toile comme si elle était déjà un objet patrimonial.Ce qui implique que le propriétaire «devrait obtenir l\u2019autorisation de la ministre pour transporter le bien hors Québec».La volonté de la ministre n\u2019a pas ébranlé le MBAC, qui continue de penser que la seule protection valable pour ce Saint Jérôme est entre ses murs.Et seulement les siens.Marc Mayer, directeur général, a confirmé en entrevue au Devoir ne pas envisager une copropriété pour cette toile, refusant dans la foulée les offres publiques lancées par le Musée de la civilisation de Québec et le MBAM de travailler tous trois ensemble à cette acquisition.Le partenariat, croyaient les musées québécois, aurait pu permettre d\u2019annuler la vente de La tour Eif fel (1929) de Marc Chagall, prévue à New York chez Christie\u2019s le 15 mai, cédé par le MBAC pour financer l\u2019acquisition du Saint Jérôme.Mais pour M.Mayer, le David «n\u2019est pas un enfant d\u2019un couple divorcé qui se trimballe entre deux maisons.C\u2019est un tableau fragile, qui a près de 250 ans.Ça coûte extrêmement cher de le transporter, de l\u2019assurer, de réorganiser toute la collection quand le tableau n\u2019est pas là ; on va le faire pour des expositions temporaires, parce qu\u2019il y a du financement à ce mo- ment-là qui rentre.Mais sinon, non.Ce n\u2019est pas logique.C\u2019est rarissime dans le monde de l\u2019art de faire ça.Ce n\u2019est pas normal.» « Le Louvre et le Rijksmuseum sont copropriétaires de Rembrandt, rétorque Mme Bondil, de plus de 250 ans.Ce sont des musées éminents.» M.Mayer refuse d\u2019envisager la possibilité.«On n\u2019est pas un fonds public pour les musées canadiens, on est là pour monter une grande collection publique au Canada pour les Canadiens, on est prêteurs d\u2019environ 800 œu- vres par année, et le David va faire partie de ce groupe d\u2019œuvres qu\u2019on va balader dans les musées canadiens.» Protéger une œuvre protégée Le collectionneur d\u2019art et mécène Bruce Bailey a, par ailleurs, proposé, publiquement dans les pages du National Post, et personnellement par courriel, d\u2019aider le MBAC à trouver du financement pour qu\u2019il puisse annuler la vente du Chagall.Une of fre qui n\u2019intéressait pas M.Mayer.« On ne demande pas aux gens de protéger le Chagall, on demande aux gens de protéger le David ! » a scandé M.Mayer.Pourtant, plusieurs intervenants et observateurs du milieu muséal questionnés par Le Devoir croient qu\u2019il serait encore possible de conserver les deux, quitte à payer la forte commission d\u2019annulation nécessaire.« Comment ?poursuit le directeur.M.Bailey veut le Chagall, il n\u2019a rien dit sur le David.On serait encore dans une situation où on n\u2019a pas de filet de sauvetage au Canada pour empêcher l\u2019exportation de ce trésor.» Mais un achat du Chagall ne pourrait-il pas fournir l\u2019argent de l\u2019acquisition du David ?« Il ne m\u2019a pas proposé d\u2019acheter le Chagall, il a proposé de monter une campagne de financement où il n\u2019a aucune expérience\u2026 » « Je suis préoccupé par trois aspects dif fé- rents », a réagi en bloc M.Bailey, rappelant au passage que sa carrière d\u2019homme d\u2019af faires s\u2019est faite essentiellement en tant que collecteur de fonds en haute finance.« Ce Chagall est de toute évidence une œuvre d\u2019importance, ne serait-ce que parce que Christie\u2019s l\u2019évalue entre 8 et 10 millions.Deuxièmement, je ne crois pas que ce soit dans l\u2019intérêt national de voir le MBAC entrer en compétition avec deux musées québécois pour acquérir un tableau qui est à Québec [pratiquement] depuis 1922, qui a une signification particulière dans l\u2019histoire de Québec et de son église.Je trouve qu\u2019il est surprenant, impoli et contraire à toute collégialité de voir un directeur de musée agir ainsi, sans discuter du sujet avec les autres institutions, sans penser à d\u2019autres solutions\u2026», a indiqué ce donateur régulier du MBAM, aussi contributeur du Musée d\u2019art contemporain de Montréal.Le plus cher « Nous avons 692 œuvres par Chagall », défend M.Mayer, «dont un tableau [Souvenirs de l\u2019enfance] qui est plus important, et celui-là [La tour Eif fel] on ne l\u2019a pas présenté très souvent, il ne nous servait pas.Il n\u2019est pas assez fort au mur dans notre collection, et on a quand même l\u2019espace qu\u2019on a, et on a d\u2019autres œuvres par d\u2019autres artistes à présenter.» N\u2019y aurait-il pas eu lieu de chercher à vendre d\u2019abord le Chagall à un collectionneur privé canadien, puisque La tour Eif fel aurait ainsi quelques chances de redevenir, par un don futur, une part du patrimoine culturel public ?« On a choisi de mettre le Chagall en vente publique pour avoir le plus grand montant de revenus par sa vente.C\u2019est quelque chose qu\u2019on était prêt à faire, prêt à faire le sacrifice.C\u2019est un tableau qui ne ser vait plus », répond M.Mayer.Informé de ces positions, le musée de la Civilisation a réitéré son offre de partenariat pour l\u2019achat du David.«Notre main tendue était une main tendue sincère.Elle le demeure », a répondu le directeur général Stéphan La Roche.Mme Bondil, du MBAM, l\u2019a secondé.« Je crois beaucoup à l\u2019esprit de collaboration, j\u2019y suis vraiment très attachée, notamment parce qu\u2019on partage des missions publiques.Il faut faire preuve d\u2019empathie les uns avec les autres, chercher des solutions originales.Et je crois qu\u2019une institution artistique doit être créative.» avec Dave Noël Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CLASSEMENT une balle au genou quand Alexandre Bisson- nette a ouvert le feu dans la mosquée.Dans son témoignage, ce père de quatre enfants a fondu en larmes en évoquant le meurtre de son ami Azzedine Soufiane, qui a péri en essayant de barrer le chemin à Alexandre Bissonnette.« Il y a toujours ce remords.Est-ce qu\u2019on aurait pu aller l\u2019aider?Ça me ronge toujours.Est-ce qu\u2019on n\u2019aurait pas dû y aller lui donner un coup de main?» À la fin de son témoignage, le juge a cherché à l\u2019apaiser à cet égard.« Vous n\u2019avez absolument aucun remords à éprouver, a-t-il dit.La très grande majorité d\u2019entre nous, nous aurions eu exactement les mêmes réflexes que vous.» Des vies brisées La défense doit présenter au total onze témoins dans le cadre des observations sur la peine .Qu \u2019 il s \u2019agisse de sur vivants ou de proches des victimes, tous avaient beaucoup de choses à dire au juge.Plusieurs lui ont écrit des lettres qu\u2019ils lisent à haute voix devant la cour.Jusqu\u2019à présent, la défense n\u2019a contre-inter- rogé aucun d\u2019entre eux et le juge leur a laissé tout le temps qu\u2019ils souhaitaient pour se vider le cœur.Un exercice « nécessaire » et « primordial » pour le juge François Huot.« Je souhaite que les choses se fassent avec le plus de sérénité possible », a-t-il déclaré à la fin de la journée mardi.« Je ne veux pas non plus bousculer les gens et limiter leur temps d\u2019intervention.» Les témoins qui défilent à la barre relatent l\u2019un après l\u2019autre le quotidien de leurs vies brisées.En matinée, Saïd Akjour, un survivant de 45 ans, a raconté comment le traumatisme de cette soirée le suivait partout.« Moi, le danger, je le vois même ici, même si on est en sécurité.[\u2026] Je fais des scénarios, des scénarios d\u2019intervention.Comment réagir ?Est-ce qu\u2019il y a présence d\u2019enfants ?Comment les protéger ?» Depuis le drame, M.Akjour a vendu sa maison et est présentement en processus de séparation avec sa conjointe.Il a mis dix mois avant de reprendre son travail comme préposé aux bénéficiaires, mais le cœur n\u2019y est plus comme avant et il dit songer à faire autre chose.Quant à son petit garçon de sept ans, il v it auss i avec de nouvelles peurs .« Il me cherche toujours dans la maison même si je suis toujours là.[\u2026] Si j\u2019ai les yeux fermés, il regarde si je respire encore.» Lorsque le juge lui a demandé s\u2019il avait des commentaires à faire sur la peine à donner à Alexandre Bisson- nette, il a rétorqué qu\u2019il faudrait qu\u2019elle « décourage toutes les personnes » qui songeraient à agir de la même manière.«L\u2019effroi et le néant habitent ma vie» Hakim Chambaz n\u2019a pas été atteint par les balles mais il a vu plusieurs de ses amis se faire tuer (il connaissait bien MM.Belka- cemi, Hassane et Tahiti, notamment).« L\u2019effroi et le néant habitent ma vie et continuent à me hanter depuis cet événement tragique », a dit au juge ce fonctionnaire de 55 ans dans une lettre lue devant lui.« Mes frères ont été exécutés froidement et lâchement avec une cruauté délibérée et intentionnelle.» C\u2019est M.Chambaz qu\u2019on voit dans la vidéo des caméras de surveillance attraper une fillette pour la mettre à l\u2019abri.Fille de l\u2019imam Ni- zar Ghali, qui venait d\u2019être atteint par le tireur, la petite « tournait en rond » au milieu de la zone qu\u2019Alexandre Bissonnette ciblait.« Son père était allongé quelque part en avant.Je présume qu\u2019elle voulait [le] rejoindre, a-t-il raconté.Je l\u2019ai tirée vers moi et j\u2019ai fait de mon mieux pour la placer derrière la colonne.» Le dernier témoin de la journée, Mohamed Khabar, 43 ans, a quant à lui été atteint au genou et au pied le soir du 29 janvier.Encore au- jourd\u2019hui, des douleurs chroniques l\u2019empêchent de dormir la nuit et il n\u2019a pas pu reprendre son travail de barbier.« Mon métier demande de rester debout et moi, je n\u2019en suis pas capable à cause des projectiles qui ont laissé des débris dans mon pied.» Comme plusieurs autres, il a profité de son témoignage pour exprimer son désarroi face à ceux qui éprouvent de la peur ou de la haine envers les musulmans.« Il y a des médias qui disent n\u2019importe quoi sur les musulmans et il y a des gens qui les croient ! On veut vivre ensemble avec le monde.On n\u2019a pas quitté le Maroc, fait 8000 km pour venir ici faire du terrorisme ! » a-t-il lancé.Les obser vations sur la peine reprennent mercredi avec cinq autres témoignages présentés par la Couronne.La semaine prochaine, ce sera au tour de la défense de présenter ses arguments.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ATTENTAT MUSÉE DE LA CIVILISATION Détail de l\u2019œuvre Saint Jérôme, dont la tentative d\u2019acquisition par le MBAC soulève une tempête."]
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