Le devoir, 7 avril 2018, Le D Magazine
[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E Lire Andrée A.Michaud aux frontières de l\u2019identité Vivre L\u2019envoûtante Provence de Van Gogh et Cézanne L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 Raimund Hoghe Le corps comme paysage L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 Entrevue Le chorégraphe Raimund Hoghe lie grande histoire et souvenir intime.Cinéma Odile Tremblay Les flâneurs Musique Arts visuels Écrans C U L T U R E V I V R E L I R E 12 5 6 20 38 14 4 28 32 22 44 46 48 50 53 54 Entrevue Balade aux frontières de l\u2019identité avec Andrée A.Michaud.Entrevue May Telmissany Critiques Essai Louis Cornellier Voyage Arles et Aix-en-Provence, là où le temps s\u2019arrête, dans la lumière.Alimentation Santé Resto Vin Jeux SOMMAIRE 29 34 35 C U L T U R E ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR lexia Bürger sort enfin de l\u2019ombre.La créatrice a évolué au fil de nombreuses collaborations avec d\u2019autres ar tistes, notamment Olivier Choi- nière (Polyglotte, Mommy\u2026), mais « sans jamais avoir officiellement la responsabilité qui va avec le fait de signer un texte ou une mise en scène ».Pendant longtemps, elle était très heureuse de ne pas assumer cette charge.Mais avec l\u2019expérience vient l\u2019envie d\u2019avoir « le dernier mot » sur les décisions ar tis- tiques.La jeune femme, qui a monté Les barbelés d\u2019Annick Lefebvre au Théâtre de la Colline, à Paris, l\u2019automne dernier, s\u2019apprête ainsi à lancer sa première pièce en solo, Les Hardings.« C\u2019est un sujet qui m\u2019a hantée.Donc le désir d\u2019y entrer était plus grand que la peur.» La cocréatrice d\u2019Alfred a été marquée par l\u2019arrestation de Thomas Harding, le chef de train qui a subi un procès pour négligence criminelle dans la catastrophe de Lac- Mégantic.Inspirée par sa façon d\u2019accepter sa part de responsabilité (il a toujours reconnu « qu\u2019il n\u2019avait pas mis assez de freins à main »), elle jugeait pourtant très hypocrite qu\u2019il soit seul à être mis en accusation [avec deux autres employés] dans la mort de 47 personnes.Thomas Harding et ses doubles La dramaturge Alexia Bürger explore la notion de responsabilité à partir de la tragédie de Lac-Mégantic Photo de la une du D : Rosa-Frank.com Photo de la une Lire : Annick Sauvé Le Devoir Au-delà de la responsabilité juridique, Alexia Bürger s\u2019intéresse à la responsabilité individuelle et collective qu\u2019on porte dans les systèmes en place.PHOTOS VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR A avait déjà assuré plusieurs fois des pétrolières, des ferroviaires».Et un écrivain anglais, qui avait écrit sur la responsabilité, en racontant la capture par son oncle d\u2019un nazi, commandant d\u2019Auschwitz (Hanns et Rudolf).Elle a ensuite découvert qu\u2019il avait perdu un fils dans un accident de vélo, causé par un problème de\u2026 freins.Ces thèmes du deuil et du choc post-traumatique ont révélé le lien intime qu\u2019entretenait Alexia Bürger avec cette matière.« Je ne sens pas le besoin d\u2019en parler, parce que je le fais à travers la pièce, mais ce sentiment de responsabilité face à la mort de quelqu\u2019un \u2014 même si ce n\u2019est pas de notre faute \u2014 m\u2019a beaucoup habitée dans ma vie personnelle.» L\u2019auteure a rencontré le Harding britannique, qui lui a donné la permission de puiser ce qu\u2019elle voulait dans sa vie.Elle a croisé brièvement le chef de train (qui lui a dit qu\u2019il viendrait voir le spectacle\u2026) et a communiqué régulièrement avec son avocat.Mais ses contacts avec le troisième Harding se sont limités à un coup de fil, histoire de conserver sa liberté d\u2019inventer.«Mais j\u2019ai lu beaucoup sur un assureur qui a écrit Le prix d\u2019un homme et qui s\u2019est questionné sur la valeur de la vie humaine.Ça m\u2019a introduit au concept de \u201cdisposition à payer\u201d.Une méthode utilisée au gouvernement lorsqu\u2019il doit décider où investir quand l\u2019argent est limité.» Une démarche basée sur un calcul du prix de nos vies.Cette logique de marché a renvoyé la créatrice au drame de Mégantic : «Pour qu\u2019il y ait eu laxisme au niveau gouvernemental, il faut que les enjeux économiques aient pris le dessus sur les enjeux humains, en fin de compte.» Fiction et réel Bouclée à chaud, Les Hardings a beaucoup emprunté au procès, qui s\u2019est soldé fin janvier par un verdict de non-culpabilité.Mélangeant fiction et faits, sa pièce engage la propre responsabilité d\u2019Alexia Bürger face à son matériau réel.L\u2019explorer à travers des « zones très personnelles » a été sa façon d\u2019aborder son sujet avec respect.« J\u2019ai cherché quel écho la vie de chaque Thomas Harding avait sur moi.» Elle était toutefois consciente qu\u2019il était délicat de parler de l\u2019«accident » (une catastrophe trop prévisible pour mériter ce terme, juge-t-elle).« Je ne me serais jamais donné le droit d\u2019écrire une pièce sur Mégantic.Je ne voulais sur tout pas parler à la place de ses habitants.Je donne mon point de vue.» Interprétée par une distribution aux styles contrastés (Bruno Marcil, Patrice Dubois et Martin Drainville), la pièce évite aussi l\u2019appropriation trop directe des trois vrais Thomas Harding.«On joue beaucoup sur l\u2019ambiguïté entre les personnages et les acteurs.C\u2019est intéressant, parce que c\u2019est une matière flexible.Et pour moi, accuser cette convention était aussi une manière d\u2019être respectueuse, de ne pas stigmatiser les personnes.» Les Hardings Texte et mise en scène d\u2019Alexia Bürger, au Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui, du 10 avril au 5 mai «C\u2019est un homme qui a commis une erreur humaine dans un système où les normes sont extrêmement laxistes», explique Alexia Bürger, rencontrée quelques jours avant l\u2019annonce qu\u2019il n\u2019y aura pas de procès criminel contre la compagnie en faillite, la Montreal Maine and Atlantic.«J\u2019ai eu le sentiment d\u2019un homme ordinaire, dans le sens noble du terme, qui payait pour un système.Et le fait qu\u2019un homme ordinaire puisse faire exploser une ville à cause d\u2019un geste qu\u2019il n\u2019a pas posé, ça m\u2019obsédait: on se sent toujours très impuissant par rappor t au cours du monde.Mais ne pas être officiellement responsable, ça ne veut pas dire qu\u2019on n\u2019a pas de prise sur les choses.» Au-delà de la responsabilité juridique, elle s\u2019intéresse à la responsabilité individuelle et collective qu\u2019on porte dans les systèmes en place.Ce convoi de pétrole qui a déraillé est devenu pour elle une métaphore d\u2019une structure plus vaste: «Le train du capitalisme, du monde dans lequel je vis et auquel je participe chaque jour.Lequel peut nous sauter au visage.Je me questionne souvent sur mon pouvoir par rapport à ces systèmes.Ce n\u2019est pas moi qui les ai créés, mais que puis- je faire pour les arrêter à temps, avant qu\u2019ils crashent?» Trio d\u2019homonymes Avec la tragédie de juillet 2013 pour toile de fond, Les Hardings orchestre un dialogue fictif entre trois personnages basés sur des hommes réels.En ef fectuant des recherches sur Thomas Harding, la dramaturge a en effet vite découvert des homonymes.Dont deux offraient des échos avec son sujet : un banquier américain «qui | 3 T h é ât r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 le NTE et URBANIA présentent 514 521-4191 \u2014 1 945, RUE FULLUM, MONTRÉAL \u2014 NTE.QC.CA 24 -> 19 avril mai SPECTACLE INTERACTIF ! UNE CRÉATION DE DANIEL BRIÈRE, ALEXIS MARTIN ET CHRISTIAN VANASSE AVEC PETER BATAKLIEV, CHRISTOPHE PAYEUR, DOMINIQUE PÉTIN, JADE-M RIUKA ROBITAILLE ET VICTOR TRELLES-TURGEON Je ne sens pas le besoin d\u2019en parler, parce que je le fais à travers la pièce, mais ce sentiment de responsabilité face à la mort de quelqu\u2019un \u2014 même si ce n\u2019est pas de notre faute \u2014 m\u2019a beaucoup habitée dans ma vie personnelle ALEXIA BÜRGER » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a 4 | ENTREVUE ODILE TREMBLAY LE DEVOIR u commencement, il y eut en 1960 le roman mi-autobiographique mi-fan- tasmé de Romain Gary, premiers pas du célèbre écrivain qui y évoquait son enfance et sa jeunesse à l\u2019ombre d\u2019une mère courage.Dix ans plus tard, Jules Dassin en tira un film avec sa muse et épouse Melina Mer- couri.À Montréal, on avait pu voir en 2006 son adaptation théâtrale par le regretté André Melançon mettant en scène Andrée Lachapelle à Espace Go.En France également, la dramaturgie s\u2019était emparée de cette histoire de passion maternelle ; chaque incarnation ressuscitant l\u2019ouvrage dont les exemplaires s\u2019arrachaient comme des pains chauds.Le voici de retour en librairie, après seconde naissance à l\u2019écran.La promesse de l\u2019aube est arrivée au cinéaste Éric Barbier chargée d\u2019une mythologie à glorifier autant qu\u2019à secouer.« Avec l\u2019amour maternel, la vie vous fait, à l\u2019aube, une promesse qu\u2019elle ne tient jamais », écrivait l\u2019auteur diplomate.En fait, c\u2019est son fils, Diego Gary, qui, lors de la libération des droits du livre, désira sa réadaptation au cinéma.De fil en aiguille, les producteurs ont soumis le projet à Éric Barbier, cinéaste français du Brasier et du Serpent, lequel s\u2019est replongé dans l\u2019œuvre de Romain Gary.Rappelons que l\u2019écrivain avait publié des romans sous son nom et sous le pseudonyme Émile Ajar, dédoublement qui, fait unique dans les annales littéraires, lui valut deux fois le Goncourt.« J\u2019avais lu en mon adolescence ses deux prix Goncourt : Les racines du ciel et La vie devant soi, évoque Éric Barbier.Aussi La promesse de l\u2019aube, qui m\u2019avait particulièrement touché.Entre-temps, devenu père et le relisant, ce thème du fils qui veut venger sa mère humiliée m\u2019a sauté aux yeux.Gary possède une dette envers cette femme.Le genre de dette qu\u2019on garde toujours.J\u2019adore la scène où il veut refiler sa mère au personnage joué par Jean-Pierre Dar- roussin.C\u2019est de cette dette-là, qu\u2019il cherche à se débarrasser.» Éric Barbier dans la cosmogonie de Romain Gary Le cinéaste nous plonge dans les rets d\u2019une passion mère-fils en adaptant La promesse de l\u2019aube La promesse de l\u2019aube, avec beaucoup d\u2019humour, s\u2019articule autour du lien entre cette Polonaise née au bas de l\u2019échelle et son fils unique qu\u2019elle rêve ambassadeur de France et écrivain célèbre \u2014 vœux qu\u2019il exaucera.Le film s\u2019attarde aussi aux années de la Dernière Guerre, quand Gar y était aviateur pour l\u2019armée française et correspondait avec sa mère demeurée à Nice.«Le film de Jules Dassin se concentrait surtout sur le personnage de la mère, dont il a fait une actrice en Russie, rappelle Éric Barbier, explorant tout le côté sombre de La promesse de l\u2019aube.Je suis demeuré plus fidèle à l\u2019esprit du livre.Romain Gary était sorti furieux de la projection du film de Dassin, que j\u2019ai expédié dans un coin éloigné de mon esprit.» Burlesque et picaresque Le cinéaste avait fait deux films avec Yvan Attal, acteur-réalisateur, époux de Charlotte Gainsbourg.« Quand elle a su que j\u2019allais adapter La promesse, elle a dit : \u201cÇa ressemble à l\u2019histoire de mes grands-parents.J\u2019aimerais jouer le rôle.\u201d Son père, Serge, était fils de juifs d\u2019origine russe.Charlotte estimait ne pas avoir le physique du personnage.Les femmes étaient plus lourdes à l\u2019époque.Elle s\u2019est mis un faux ventre, des cuisses, s\u2019est ajouté des formes, mais l\u2019intensité y est.Elle a travaillé comme une malade pour parler polonais avec une actrice qui l\u2019entraînait.Aux dires des connaisseurs, son accent est indéfinissable.» L\u2019interprète de Nymphomaniac donne la réplique à Pierre Niney (Yves Saint-Laurent), moins viril que Gary, au détriment des scènes où il joue les tombeurs.« J\u2019avais besoin d\u2019un acteur capable d\u2019aborder les registres comiques et dramatiques, explique le cinéaste.Le film commence quand il a 18 ans.Il peut avoir l\u2019air très jeune si vous le rasez et bien vieillir ensuite.Pierre s\u2019est beaucoup impliqué, d\u2019autant plus que la mort de sa propre mère l\u2019avait profondément touché.» Quant au reste, le cinéaste précise avoir traité le roman\u2026 comme un roman.« Déjà que 50 % du livre était inventé.Jamais n\u2019ai- je prétendu faire un biopic de la vie de Romain Gary.D\u2019ailleurs, je m\u2019adresse avant tout à des gens qui n\u2019ont pas lu son livre.Le fi lm est sor ti en France en novembre dernier et la plupar t des spectateurs découvraient cet univers.» Éric Barbier estime que son travail consistait surtout à raconter une histoire sans trop s\u2019épivarder.« La Pierre Niney et Charlotte Gainsbourg se donnent la réplique dans La promesse de l\u2019aube.AZ FILMS A Je suis demeuré plus fidèle à l\u2019esprit du livre.Romain Gary était sorti furieux de la projection du film de Dassin, que j\u2019ai expédié dans un coin éloigné de mon esprit.ÉRIC BARBIER » WIKICOMMONS | 5 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 Entre vague et vertu Nul n\u2019est contre la vertu.Il a beau remettre en question des points et des virgules depuis dix jours, le milieu des arts et lettres pourrait difficilement reprocher au dernier budget Leitão d\u2019avoir haussé de 11% le portefeuille de la Culture.On a tant imploré l\u2019État québécois de miser sur l\u2019âme de la collectivité dans sa différence à préserver.Déploiement des services à travers les régions du Québec, injection massive aux goussets du CALQ et de la SODEC, arrimage accru des arts et de l\u2019enseignement : la ministre de la Culture, Marie Montpetit, parlait de budget historique.Soit ! Reste à voir ce qu\u2019il y aura à boire et à manger dans la future politique culturelle, dévoilée au cours des prochaines semaines, avec 539 millions sur cinq ans dévolus à sa mise en branle.Le gouvernement libéral risque de se voir balayé aux prochaines élections d\u2019octobre.Et comme la plupart des artistes ne votent pas rouge, chacun retient son souffle, sans trop savoir à quelle sauce demain sera mangé.Par-dessus le marché, cette poli- tique-là, pilotée en amont par trois ministres successifs, surviendra à un moment charnière pour un secteur en évanescence.Tant de points d\u2019interrogation se posent ici comme dans tout l\u2019Occident sur la définition d\u2019une culture nationale, à l\u2019heure de la dérive des continents sur Toile.Le premier plan d\u2019urgence est de mieux déployer nos œuvres à travers l\u2019espace numérique, oui, mais quoi mettre dedans?À quelle auge se nourrissent les cultures québécoise, française, espagnole ou tutti quanti quand la vague anglo- saxonne balaie toutes les plages et quand les écrans de dimensions diverses s\u2019affichent en théâtres d\u2019élection pour spectateurs esseulés?Le précieux legs du passé, berceau de la culture générale, s\u2019est évanoui au profit de connaissances à la carte \u2014 à chacun les siennes \u2014 sans socle pour y greffer des actions collectives.Une culture nationale se nourrit aussi de connaissances accumulées depuis la nuit des temps sur la chaîne de l\u2019humanité, altérée désormais comme la biodiversité.Faute de valorisation de bas en haut et d\u2019un désir d\u2019engranger des savoirs pour apprendre à mieux vivre et à mieux penser, plusieurs traduisent le mot «culture » par «divertissement ».Un pas derrière, un pas devant Les défis d\u2019une nouvelle politique culturelle sont énormes, à la fois mondiaux et ancrés dans la situation particulière de francophones d\u2019Amérique.Nos racines en la matière sont plus minces qu\u2019en Europe aux acquis millénaires, mais moins qu\u2019au Canada anglais, à la culture noyée par l\u2019afflux des productions du voisin sous langue commune.Timide rempart désormais que celui de la langue dans nos sociétés mul- ticulturelles, enrichies d\u2019apports multiples.Menacé de l\u2019intérieur par la médiocratie ambiante faute de maîtriser ce français qu\u2019on défend, et de l\u2019extérieur par le bombardement nourri de l\u2019offre anglo-saxonne assiégeant tous les fiefs, bonjour l\u2019ambiance! Chose certaine, la perspective d\u2019attendre encore 25 ans avant d\u2019accoucher d\u2019une énième politique culturelle est inimaginable.Le temps s\u2019est accéléré.Tout doit s\u2019ajuster d\u2019heure en heure aux mutations en cours.Retour à une autre ère géologique.En 1992, quand la ministre Liza Frulla avait rendu publique la précédente politique culturelle du Québec, les nouvelles technologies n\u2019avaient pas encore révolutionné le jeu.Le Conseil des arts et des lettres du Québec naissait sur son terreau.L\u2019usage du français vacillait côté pratiques artistiques de la génération X, comme il l\u2019avait fait 20 ans plus tôt dans les rangs des baby-boomers.L\u2019objectif de valoriser cette langue comme véhicule culturel se heurtait à une mondialisation qui n\u2019est pas née d\u2019hier, mais a pris depuis le mors aux dents.La politique de 1992 visait à proposer une vie artistique à l\u2019ensemble des Québécois.On salue des acquis comme la création de la Grande Bibliothèque et le développement d\u2019un tissu muséal de haut niveau.Des avenues se sont ouvertes, d\u2019autres fermées: le cinéma d\u2019auteur a perdu des plumes, l\u2019humour accapare les arts de la scène, la lecture ratisse vers le bas, tandis que les plateformes électroniques modifient la donne entière.L\u2019enseignement des arts à l\u2019école fut et demeure une peau de chagrin.L\u2019appui à la création et au développement des industries culturelles aura pris dans cette politique le pas sur la diffusion, demeurée le maillon faible de l\u2019édifice.À l\u2019époque, la ministre Liza Frulla avait tenté en vain d\u2019obtenir le transfert de la portion québécoise des programmes fédéraux en matière culturelle.26 ans plus tard, il nous faut encore sauter à cloche-pied entre les deux ordres de gouvernement dans un secteur sensible, où tenir en main les manettes de contrôle s\u2019imposerait.On n\u2019en est pas à une contorsion près, me direz-vous.Prenez la taxe à imposer aux usagers de Netflix et consorts : Québec veut bien, Ottawa résiste.Là comme en toutes choses, l\u2019éternel grand écart entre les juridictions n\u2019aide ni vous ni moi à nous y retrouver.Odile Tremblay Chronique promesse de l\u2019aube est un incroyable roman d\u2019aventures, burlesque, picaresque, une comédie tissée d\u2019une extraordinaire énergie.Je voulais demeurer proche de Gary.D\u2019où cette voix hors champ énonçant des phrases du livre.La difficulté fut de choisir, tellement la trame était riche.Gary avait une capacité d\u2019invention sidérante.J\u2019ai dû resserrer la matière, me concentrer sur le rapport mère-fils en écartant de nombreuses lignes de fuite, enlever le bloc de Varsovie pour faire passer les personnages de Vilnius à Nice.Bien des scènes de guerre ont sauté.» Les lecteurs du roman avaient été frappés par l\u2019histoire des lettres que la mère de Gary lui écrivait avant de mourir, expédiées régulièrement au fils de façon posthume par un tiers, afin de lui insuffler du courage durant ses combats d\u2019aviateur sans qu\u2019il se sache orphelin.L\u2019épisode demeure dans le film.« Gary avait inventé ça, affirme Éric Barbier.C\u2019est sans doute lui qui avait écrit à l\u2019avance des lettres envoyées à sa mère pendant ses combats.Il y a dans son œuvre tellement de zones d\u2019ombre\u2026 » Cet entretien a été effectué à Paris dans le cadre des Rendez-vous d\u2019Unifrance.La promesse de l\u2019aube, avec beaucoup d\u2019humour, s\u2019articule autour du lien entre cette Polonaise née au bas de l\u2019échelle et son fils unique qu\u2019elle rêve ambassadeur de France et écrivain célèbre \u2014 vœux qu\u2019il exaucera L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e 6 | L E S F L Â N E U RS Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine Il y a dans les mots-tempêtes de Fanny Britt une force foudroyante, des images féroces et des idées lapidaires.Pourtant, il y a aussi de la mesure dans ses écrits aux calculs érudits capables de réunir tous les pôles.Leméac publie ces jours-ci sa sombre et fort belle pièce Hurlevents montée en février au théâtre Denise-Pel- letier.Hanté par l\u2019esprit tourmenté et romantique du roman d\u2019Emily Brontë, le désarroi amoureux s\u2019y incarne dans un présent post-#MoiAussi avec une finesse et une intelligence confondantes.Rarement aura-t-on plongé dans une radiographie aussi juste de cette époque.À mettre entre toutes les mains sans hésitation.Extralucide Fanny Britt Louise-Maude Rioux Soucy À vos services de télé sur demande! Présenté récemment à Showtime et à The Movie Network, le documentaire Word Is Bond s\u2019attarde aux paroles dans le monde du rap.Le réalisateur Sacha Jenkins connaît bien son sujet, lui qui a beaucoup écrit comme journaliste sur la scène hip-hop.Au fil de nombreuses entrevues avec des artistes, le film propose un regard à la fois historique et actuel sur le rapport des rappeurs aux mots et à leur puissance, sur leur importance dans cette forme d\u2019art.À l\u2019écran, la crème du hip-hop apparaît, du vétéran Rakim au bouillant Anderson .Paak.Le juste mot Philippe Papineau Habitué des dilemmes moraux impossibles à résoudre, le romancier russe Dostoïevski revient sur la scène du TNM, plus d\u2019un siècle après sa mort, avec un Idiot décapé, modernisé, qué- bécisé même, par le texte d\u2019Étienne Lepage.Bonté, jalousie, cupidité, humiliation, les sentiments s\u2019y succèdent sans fard, comme des blessures millénaires.Auréolé de sa blondeur, Renaud La- celle-Bourdon, en prince Mychkine, plane sur l\u2019assemblée de personnages convoqués sur scène avec une candeur inaltérée et nécessaire.Est-ce un saint, est-ce un idiot ?La mise en scène légère de Catherine Vidal souligne, subtilement, l\u2019humour, l\u2019ironie, la férocité et l\u2019ambition de ce grand classique.Une féroce candeur Caroline Montpetit Le plus important corpus des œuvres picturales de Gilles Carle réuni à ce jour est présenté au public jusqu\u2019au 13 avril dans les vastes locaux de l\u2019Arsenal de la rue William à Griffintown.400 dessins et acryliques remplis d\u2019humour du cinéaste de La vraie nature de Bernadette sont exposés sur le thème Partage et héritage.La marraine de l\u2019événement est bien sûr Chloé Sainte-Marie, muse et ange de l\u2019artiste.Le 12 avril à 19 h, l\u2019inoubliable Vie heureuse de Léopold Z (1965) de Carle, restauré par Éléphant, sera projeté en prime.Gilles Carle retrouvé Odile Tremblay Entre pédophilie au féminin et syndrome de Stockholm, les deux frères Carlos et Jason Sanchez étaient conscients des écueils potentiels pour leur premier long métrage.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Plonger en eaux troubles Carlos et Jason Sanchez abordent le sujet délicat de l\u2019agression sexuelle au féminin dans Emprise | 7 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 RDV_ART ET POLITIQUE #2 | USINE C « CORPS EN TRANSMUTATION » 14 AVRIL - 13H30 - ANIMÉ PAR ANGELA KONRAD CLASSE DE MAÎTRE | USINE C 18 AVRIL - 17H30 - AVEC RAIMUND HOGUE ENTREVUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR aura, 28 ans, travaille pour la compagnie d\u2019entretien ménager de son père.Dans l\u2019une des maisons qu\u2019elle fréquente, elle remarque Eva, 16 ans, assise à son piano, l\u2019air habité.Lors de ses visites subséquentes, Laura voit la tension monter entre la maîtresse de céans et sa fille.Un jour où le désarroi d\u2019Eva est à son comble, Laura lui propose de venir passer du temps chez elle.Eva ignore alors qu\u2019elle s\u2019apprête à troquer une prison pour une autre, car sous couvert de sollicitude, Laura n\u2019a fait, des semaines durant, que l\u2019encercler comme un oiseau de proie.Sujet délicat que celui du film Emprise, de Carlos et Jason Sanchez.Entre pédophilie au féminin et syndrome de Stockholm, les deux frères étaient conscients des écueils potentiels.« À l\u2019origine du projet, il y a tous ces articles et reportages à propos d\u2019hommes ayant gardé captives des adolescentes ou des jeunes femmes pendant des années.En Europe, aux États-Unis\u2026 il y a eu une période où on entendait beaucoup de ces histoires », relate Jason Sanchez.Dans ces faits divers sordides, un aspect surprenant \u2014 et souvent récurrent \u2014 les intrigua.« Dans plusieurs cas, les victimes ont eu des occasions de s\u2019enfuir ou d\u2019accéder à un téléphone, mais y ont renoncé.C\u2019est comme si une \u201claisse invisible\u201d les en empêchait.Et c\u2019est cet aspect précis qu\u2019on a voulu aborder », complète Carlos Sanchez.C\u2019est dire que les deux frères, qui sont à la base des photographes émérites, n\u2019ont pas choisi un sujet facile pour leur premier film, qu\u2019est Emprise (V.F.de Allure, auparavant A Worthy Companion).Hasard déterminent Amorcée il y a quelques années déjà, leur réflexion les incita d\u2019abord à écrire le récit d\u2019un homme qui séquestre une jeune fille.Or, au même moment, de nombreux films au thème similaire commencèrent à apparaître.« L\u2019intérêt pour notre scénario a baissé et plus un seul acteur ne voulait y toucher; il y avait trop eu de tels films, se souvient Jason Sanchez.Puis un jour, notre agente de casting à Los Angeles nous a lancé en blaguant à moitié que ce serait pas mal plus facile à caster si le personnage était une femme.Pour nous, ç\u2019a été le déclic.» Carlos et Jason Sanchez ont alors songé à ces affaires d\u2019enseignantes qui abusent d\u2019un élève adolescent sans toutefois vouloir aller dans cette direction.Ils ont plutôt choisi de garder le cas de figure d\u2019une adolescente prise, désormais, sous la coupe d\u2019une femme.Le film détaille les rouages de la manipulation, avec l\u2019adulte qui s\u2019insinue graduellement dans l\u2019intimité de sa proie, avec qui elle développe une complicité et partage des secrets afin de gagner sa confiance.Adulte qui, plus tard, essaie de justifier l\u2019injustifiable tout en se faisant croire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019amour.La prédatrice Fort d\u2019une approche qui mise sur la suggestion plutôt que la démonstration, Emprise est tout sauf un film d\u2019exploitation.La qualité des deux performances principale est, en outre, remarquable.Eva est interprétée par la Canadienne Julia Sarah Stone (série The Killing), 18 ans au moment du tournage.Evan Rachel Wood, dont la popularité explosa pendant le tournage grâce au succès de la série Westworld sur HBO, incarne pour sa part Laura, la prédatrice au passé trouble.«Il y a des scènes pas évidentes, et notre priorité était de fournir un environnement émotionnellement sécuritaire aux comédiennes.L\u2019équipe était largement féminine et c\u2019était un plus», indique à cet égard Carlos Sanchez.La présence de la directrice photo Sara Mishara (Continental : un film sans fusil, Félix et Meira) compta ainsi beaucoup pour Evan Rachel Wood, qui vécut des moments de grande vulnérabilité.Le personnage de cette der nière, Laura, est en l\u2019occurrence la protagoniste ; c\u2019est son point de vue qui est prééminent.Là encore, les deux frères n\u2019ont pas cherché à se simplifier la vie.Jason Sanchez acquiesce : « C\u2019est certain que c\u2019est plus courant d\u2019épouser le point de vue de la victime, comme dans Room, par exemple.Pour le spectateur, c\u2019est plus naturel de vouloir suivre la victime qui s\u2019en sor t que d\u2019être forcé de partager la perspective du bourreau.Mais justement, ce challenge-là nous intéressait : qu\u2019est-ce qui se passe dans la tête de la personne ?» Hiatus auto-imposé Cela constituait un angle plus original pour traiter du sujet, de renchérir Carlos Sanchez.« Lorsqu\u2019on a pris la décision de faire du personnage de l\u2019agresseur une femme, on a demandé à la production de tout arrêter pendant un an.On voulait vraiment réécrire le scénario dans cette optique-là et pas juste prendre celui qu\u2019on avait en changeant le sexe du personnage.On avait fait de longues recherches et on en a fait d\u2019autres.Les agresseurs ont souvent été agressés eux-mêmes, et l\u2019idée n\u2019était pas d\u2019excuser les gestes de Laura, mais il importait de lui donner un background crédible.» Un « background » qui fournit des clés pour comprendre ce qu\u2019elle est devenue.Sur ce point également, les coréalisateurs préfèrent l\u2019évocation subtile, le sous-entendu aux lourdes explications livrées par le biais du dialogue.Ce procédé-là, les Sanchez savaient d\u2019office qu\u2019ils voulaient l\u2019éviter.Quant à tout ce qui a changé en cours de route, ils s\u2019avouent surpris, mais heureux.« On doit rester ouverts.Il ne faut pas avoir peur de laisser évoluer un sujet.» Ou avoir peur d\u2019un sujet, point.Emprise prendra l\u2019affiche le 13 avril.Il y a des scènes pas évidentes, et notre priorité était de fournir un environnement émotionnellement sécuritaire aux comédiennes.L\u2019équipe était largement féminine et c\u2019était un plus.CARLOS SANCHEZ » L Evan Rachel Wood incarne Laura, la prédatrice au passé trouble.SAMUEL GOLDWYN FILMS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a 8 | CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Dans un futur proche, métropoles, villages et hameaux sont laissés à l\u2019abandon.Au premier abord, tout n\u2019est que décrépitude silencieuse.Puis, voici que des ombres se profilent le long des rues déser tes, silhouettes inquiètes, à l\u2019af fût.C\u2019est que, depuis quelques années, des extraterrestres dotés d\u2019une ouïe surdéveloppée ont décimé l\u2019humanité en attaquant au son.Les membres de la famille Abbott comptent parmi les sur vivants.Retranchés dans leur ferme, ils ont jusqu\u2019ici réussi à éluder les créatures aveugles mais redoutables.Dans Un coin tranquille, sensation à SxSW, le moindre sursaut peut être fatal.La menace y est constante et immédiate, les Abbott perdant un des leurs dès l\u2019ouverture.Chacun éprouve sa part d\u2019accablement et de culpabilité : la mère Evelyn, le père Lee, le fils Marcus et la fille Regan, cette dernière sourde de naissance, ce qui fait en sorte que les Abbott peuvent communiquer entre eux en langue des signes (une idée bien exploitée dans le contexte).Mais alors qu\u2019Evelyn est sur le point d\u2019accoucher et que Lee est parti secourir leur progéniture intrépide, les envahisseurs commencent à cerner les bâtiments\u2026 De Spielberg à Shyamalan D\u2019entrée de jeu, on ne peut s\u2019empêcher de penser au film de M.Night Shyamalan Signes (Signs), avec Mel Gibson en chef de clan assailli par des petits bonshommes venus d\u2019ailleurs tout aussi dangereux avec, là encore, une toile de fond agricole.Il s\u2019agit toutefois de similitudes superficielles : Un coin tranquille (V.F.de A Quiet Place) tient du film d\u2019horreur en montagnes russes tandis que Signes est plutôt un suspense à combustion lente qui explose au troisième acte.En elle-même, la prémisse de ce film, écrit, réalisé et interprété par John Krasinski (Jim dans The Office), est fort originale.Un coin tranquille multiplie les moments de tension, celle-ci rehaussée par le fait que les personnages ne doivent pas émettre un son.Entre autres exemples, imaginez marcher sur un vieux clou sans pouvoir pousser un cri de douleur, au risque de voir surgir une mante religieuse géante vaguement humanoïde.Dans sa manière d\u2019introduire ces monstres maraudeurs, Krasinski souscrit à l\u2019école de Spielberg qui, dans Les dents de la mer (Jaws), prenait son temps pour dévoiler le requin, jouant d\u2019abord de suggestions, puis de gros plans ne montrant que des parties de la bête, avant de l\u2019exhiber pour un impact maximal.La formule réussit assez à cette variation rurale.Paroles en trop Hélas, et il est impossible de ne pas relever l\u2019ironie pour un film propulsé par un impératif de silence, tout s\u2019effondre lors des passages dialogués.Truffés de clichés et de répliques tire-larmes, les échanges non seulement diluent la tension, ils confèrent une dimension idéalisée, artificielle, à la cellule familiale.Pas fou, Krasinski s\u2019est écrit un rôle de saint père, à la fois protecteur, pourvoyeur et figure sacrificielle ultime.Il n\u2019a cependant pas négligé sa conjointe à la ville, Emily Blunt, qui offre une interprétation finement modulée.Leur jeu atténue certaines ficelles narratives très apparentes, surtout quand le film prend une tangente mélodramatique, au mitan, avant d\u2019opérer un virage vers l\u2019action.Limites du concept En guise de trame, l\u2019auteur offre davantage une succession d\u2019af fronte- ments horrifiques qu\u2019un récit cohésif.Qui plus est, la découver te « à moins une » du point faible des prédateurs par les personnages \u2014 les spectateurs en ont, eux, été informés longtemps auparavant \u2014 relève un peu du deus ex machina.On se demande aussi, en amont, comment les Abbott ont pu éviter d\u2019être assiégés et pillés par d\u2019autres survivants affamés, ou pourquoi l\u2019électricité fonctionne toujours, pour le compte.À terme, les amateurs de frissons tentés par le concept risquent d\u2019être déçus par l\u2019exécution.Au moins pour- ront-ils sursauter en toute quiétude.Un coin tranquille ?Drame d\u2019horreur de John Krasinski.Avec Emily Blunt, John Krasinski, Millicent Simmonds, Noah Jupe.États-Unis, 2018, 95 minutes.Un coin tranquille à hurler Le film de John Krasinski met en vedette des créatures qui attaquent au son Emily Blunt, ici aux côtés de Milicent Simmonds, offre une interprétation finement modulée.PARAMOUNT PICTURES Hélas, et il est impossible de ne pas relever l\u2019ironie pour un film propulsé par un impératif de silence, tout s\u2019effondre lors des passages dialogués d \u2019a p r è s l e r o m a n d e avec Paul Ahma rani, Frédéric Blanc hette, Evelyne Br ochu, Henri Chassé Francis Ducharme, r enaud lacelle-bourd on, Simon Lacroix Dominique Lecle rc, Macha Limonchik , Paul Savoie, David S trasbourg, Rebecca Vachon Assistance à la mise en scène et régie Alexandra Sutto une création de Étienne Lepage et Catherine Vid al tnm.qc.ca Supplémentaires ! mar 17 avril à 19 h 30 mer 18 avril à 20 h à l\u2019affiche [\u2026] texte très vif et plein d\u2019humour [\u2026] un premier rendez-vous au TNM réussi pour le jeune duo Lepage-Vidal\u2026 \u2014 Voir.ca \u2026tous exceptionnels sur scène\u2026 mise en scène colorée, inventive, dynamique, fascinante\u2026 \u2014 Dessine-moi un dimanche, ICI Première Les débuts de Catherine Vidal au TNM avec L\u2019idiot éblouissent [\u2026] \u2014 Le Devoir Cette adaptation représente un travail colossal, admirable.\u2014 La Presse+ | 9 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Un des moments les plus émouvants de La Bolduc, hommage signé François Bouvier (Histoires d\u2019hiver, Paul à Québec), illustre la fragilité de cette artiste simple et courageuse (Debbie Lynch-White), portée par son public sur une scène improvisée, entonnant avec elle une de ses chansons les plus célèbres.Manière éloquente d\u2019illustrer l\u2019impact de ses ritournelles en apparence faciles et pourtant en symbiose avec ceux et celles à qui elles étaient destinées.Certaines ont traversé le temps, d\u2019autres sont devenues des vers d\u2019oreille pendant les Fêtes.Ses succès, et quelques photos d\u2019une Mary Travers bien en chair et souriante, voilà ce qui semblait constituer l\u2019essentiel de son héritage culturel, celui d\u2019une observatrice de la misère des années 1930, mais aussi d\u2019un quotidien enjoué sous le regard de cette Gaspésienne qui trouvera son salut, et sa voix, à Montréal.Ce savant mélange de racines irlandaises, de talents musicaux et surtout d\u2019ingéniosité la transformera en héroïne populaire, et plus tard en martyr, parcours exemplaire pour les meilleurs biopics.Toute cette matière, ancrée dans le paysage du Canada français (familles nombreuses, domination de l\u2019Église catholique, marginalisation économique), se concentre dans La Bolduc avec une inévitable précipitation, faisant table rase de son enfance gas- pésienne pour se concentrer sur la période montréalaise.Celle-ci est dominée par son union, longtemps toxique, avec Édouard Bolduc (Émile Proulx-Cloutier), incarnation de l\u2019homme émasculé devant une épouse volontaire, prête à tout, même à devenir parolière de chansons si cela peut éloigner les siens de l\u2019indigence.Le scénariste Frédéric Ouellet (Grande Ourse.La clé des possibles) insiste sur ce trait de caractère, ses aspirations artistiques étant sans cesse justifiées par la dureté implacable d\u2019une époque qui la pousse sur scène ou en studio, rarement par narcissisme ou par élan créatif.À ce choix narratif, pleinement justifié, se superpose un discours féministe quelque peu plaqué, et pas seulement parce qu\u2019il fait se croiser la figure emblématique de Thérèse Casgrain (Mylène Mackay), opposé bourgeois et élégant de cette femme du peuple qu\u2019était La Bolduc, et celle de Mary Travers.Ses affrontements avec sa fille aînée Denise (jouée en deux temps par Laurence Des- chênes et Rose-Marie Perreault), rêvant elle aussi d\u2019une carrière artistique, narratrice occasionnelle de cette tranche de vie, symbolisent la mesure de leurs aspirations parfois brutalement contenues.Celle qui turlutait mieux que personne, qui a enfilé les succès dont certains semblent inusables (La bastringue, Dans le temps du jour de l\u2019an, Ça va venir, découragez-vous pas), n\u2019en demandait sans doute pas tant, emprisonnée dans une dynamique familiale quelque peu mortifère, entre ses multiples fausses couches et un conjoint alcoolique à l\u2019orgueil blessé.Ce n\u2019est pas là qu\u2019excelle François Bouvier, cherchant à condenser l\u2019essentiel d\u2019une vie mouvementée, ce qui donne par fois à penser que le projet aurait gagné en amplitude dramatique s\u2019il avait fait l\u2019objet d\u2019une série télévisée.Sur grand écran, cette figure singulière l\u2019habite complètement lorsqu\u2019elle exerce son art, les théâtres baignés d\u2019une lumière chaude donnant un bel éclat à son interprète, Debbie Lynch-White trouvant ici un rôle qui lui va comme un gant, en totale harmonie avec la bonhomie du personnage, mais aussi avec sa dimension tragique.Elle rejoint ainsi le panthéon cinématographique de ces héros canadiens-français (Maurice Richard, Alys Roby, Louis Cyr) à qui l\u2019on insuffle une modernité dont parfois ils ignoraient tout.La Bolduc ?1/2 Drame biographique de François Bouvier.Avec Debbie Lynch-White, Émile Proulx-Cloutier, Rose-Marie Perreault, Laurence Deschênes.Québec, 2018, 103 minutes.La turlute des années dures De Mary Travers à La Bolduc, une chanteuse d\u2019autrefois transformée en héroïne d\u2019aujourd\u2019hui Debbie Lynch-White trouve ici un rôle qui lui va comme un gant, en harmonie avec la bonhomie du personnage, mais aussi avec sa dimension tragique.LES FILMS SÉVILLE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e 1 0 | Les nouveautés sont en rose par les malheurs, rattrapés par un présent agité (dont celui de jeunes migrants risquant leur vie sur la Méditerranée), défendus par sa belle ribambelle d\u2019acteurs que l\u2019on aime tant, Ariane Ascaride au premier chef, ici en actrice endeuillée et distante.André Lavoie La villa ?Après quelques détours, certains plus heureux que d\u2019autres, Robert Guédi- guian (Marius et Jeannette, Les neiges du Kilimandjaro) revient à sa petite musique marseillaise, celle qui l\u2019a fait connaître et avec laquelle il excelle.Portrait de famille hautement dysfonc- tionnelle (ne le sont-elles pas toutes?), réunion obligée autour d\u2019un père gravement malade, il s\u2019agit surtout d\u2019une radiographie mélancolique d\u2019une France en transformation, bazardant toujours plus son passé.Les personnages du cinéaste ressemblent une fois encore à des résistants, écorchés Isle of Dogs ?1/2 Wes Anderson pratique-t-il l\u2019animation en dilettante?Officiellement, oui, puisqu\u2019il s\u2019agit de son deuxième long métrage, après Fantastic Mr.Fox, à s\u2019aventurer sur ce territoire.En pratique, non, tant son cinéma ressemble à un formidable puzzle de techniques, avec des personnages résolument bé- déesques.Les chiens sont cette fois les grandes vedettes de cette étonnante fantaisie aux accents japonais, où l\u2019on reconnaît ses images comme autant de fresques avec ces figures figées dans le paysage, toutes pleines d\u2019humour, d\u2019insolence et d\u2019esprit (parfois de bottine).Nourri d\u2019un futurisme nippon sorti de la télé des années 1970, le cinéaste puise aussi dans les films de samouraïs et sa cinéphilie américaine (bonjour Citizen Kane) pour concocter une histoire déjantée où propagande, survie et complots en tous genres se mélangent.Comme à l\u2019habitude, sa grande famille d\u2019acteurs fabuleux (Frances McDormand, Bill Murray, Edward Norton, etc.) répond à l\u2019appel, et fait merveille.André Lavoie cette besogneuse dévouée, et pas très diplomate!, avec son imposante fratrie.En filigrane, avec de petites trouvailles visuelles et la voix de Muriel Dutil, choix judicieux pour incarner l\u2019archétype de la matriarche canadienne-fran- çaise, c\u2019est à la fois l\u2019histoire du Québec et celle de Giguère qui s\u2019entremêlent avec délicatesse.La même qui parcourt tous ses films (Oscar Thiffault, Le roi du drum, Le mystère Macpherson) depuis tant d\u2019années.André Lavoie étrangers dicter le cours des choses.Marchand va le faire en revenant à l\u2019essentiel, aux traditions paysannes, celles d\u2019avant les pesticides, un choix courageux mis à rude épreuve en 2016 devant une nature déchaînée et déréglée.C\u2019est d\u2019abord l\u2019histoire d\u2019un succès pas ordinaire, mais surtout le récit d\u2019un homme passionné dont l\u2019ambition dévorante ne broie jamais les autres ni la terre.André Lavoie Les lettres de ma mère ?Il y a quelque chose d\u2019émouvant, mais aussi d\u2019impudique, à parcourir la correspondance de quelqu\u2019un d\u2019autre, surtout lorsqu\u2019il s\u2019agit de sa mère.Celle de Serge Giguère, 15e enfant d\u2019unGeral- dine Viswanathane famille qui en compte 16!, a écrit avec générosité et franchise à l\u2019un de ses fils destiné à la prêtrise.Le cinéaste a mis la main sur cette précieuse correspondance, très éloquente sur la vie des femmes au tournant des années 1950, et surtout révélatrice des rapports complexes de Foxtrot ?Jamais tendre ou complaisant à l\u2019égard de son pays, le cinéaste israélien Samuel Maoz n\u2019affiche pas non plus un esprit revanchard.Après Lebanon, c\u2019est encore plus vrai dans ce second long métrage exécuté de main de maître, un triptyque étonnant et émouvant, un brin surréaliste, radiographiant les tourments d\u2019une société à travers une famille endeuillée\u2026 un temps seulement.Car le jeune soldat qu\u2019on croyait mort, fils d\u2019un couple à la dérive, a été confondu avec un autre.L\u2019imbroglio devient ainsi le prétexte à une croisade pour sa sécurité, mais aussi une dangereuse introspection pour des personnages rongés par les regrets, la culpabilité, ou tout simplement l\u2019ennui au milieu d\u2019un espace désertique.Une brillante allégorie politique portée par de grands acteurs, dont le solide Lior Ashkenazi, figure incontournable du cinéma israélien.André Lavoie Grand cru ?1/2 Les grands amateurs de bons vins le connaissent depuis longtemps, mais tous les autres auraient intérêt à en savoir plus sur le parcours singulier de Pascal Marchand.Devenir un vigneron pour un Lavallois ressemble déjà à un petit exploit, mais s\u2019établir dans la mythique région de Bourgogne en France pour concocter d\u2019excellents crus dont la qualité est partout célébrée, voilà qui est exceptionnel.Au début des années 1980, cet «aspirant poète» ne se doutait pas qu\u2019en faisant les vendanges, il y trouverait sa vocation, s\u2019intégrant à un monde empreint de traditions, peu porté à laisser les La Bolduc ?1/2 Mary Travers est passablement moins connue que La Bolduc: la première, fière Gaspésienne aux racines irlandaises, femme au foyer, mère souvent endeuillée, fut toujours éclipsée par la seconde, une des premières grandes vedettes de la chanson d\u2019ici.Ces deux facettes sont réunies grâce à François Bouvier (Histoires d\u2019hiver, Paul à Québec), transformant cette observatrice de la misère des années 1930 en véritable héroïne féministe, même si l\u2019interprète de La bastringue dictait surtout sa conduite, et ses ambitions artistiques, par pur instinct de survie, pour elle et sa famille.Cet aspect quelque peu plaqué d\u2019une biographie qui couvre principalement ses années conjugales, de gloire et de déchéance physique à cause de la maladie laisse voir une femme de tête autant que de cœur.Son talent, que plusieurs ont longtemps jugé de haut, éclate le temps de quelques scènes magnifiques, et d\u2019autres émouvantes, laissant poindre celui de Debbie Lynch-White dans un rôle qui lui va comme un gant.André Lavoie Blockers (V.F.de Bloqueurs) ?Le bal des finissants: plusieurs adolescents célèbrent la fin d\u2019une étape importante, et d\u2019autres le début d\u2019une grande délivrance! La scénariste de Pitch Perfect et de la série 30 Rock, Kay Cannon, pour la première fois derrière la caméra, fait de l\u2019événement un immense moment de pure rigolade irrévérencieuse.Car un trio de parents dominé par l\u2019excellente Leslie Mann s\u2019inquiète d\u2019apprendre que leurs filles adorées, amies depuis l\u2019enfance, ont choisi ce moment festif pour perdre leur virginité.En bons parents hélicoptères, ils vont surveiller de près leur progéniture, une escapade nocturne au pays des angoisses familiales, des valeurs maritales et des mystères de la sexualité.Le tout livré avec une abondance de fluides douteux, de pirouettes rocambolesques (bonjour The Fast & The Furious) et de situations cocasses qui dépassent parfois en audace Bridesmaids : personne ne croyait la chose possible.André Lavoie La mort de Staline (V.F.de The Death of Stalin) ?La mort de Staline brode des faits «alternatifs» (c\u2019est de circonstance) autour de la course à la succession du célèbre tyran dans une URSS angoissée et paranoïaque.Inspiré par une bande dessinée de Fabien Nury et Thierry Robin, le film d\u2019Armando Ian- nucci s\u2019inscrit dans la continuité de l\u2019œuvre de ce brillant satiriste politique (Veep) qui n\u2019a pas son pareil pour mettre en place et en scène les fourberies des gros comme des petits joueurs de la classe politique.Caste privilégiée qu\u2019il n\u2019épargne pas, ses personnages étant en effet mesquins, pleutres et incompétents.Ici, l\u2019humour noir domine, car sous la surface désinvolte couve une gravité, pour ne pas dire une horreur, certaine.Cela, afin de rappeler non seulement que le pouvoir corrompt, mais qu\u2019il est des êtres à qui l\u2019on ne devrait jamais le confier.Échos contemporains?François Lévesque Player One (V.F.de Ready Player One) ?En 2044, la surpopulation sont telles que l\u2019humanité vit dans des bidonvilles.Pour s\u2019évader, les gens passent leur temps dans l\u2019Oasis, un univers virtuel foisonnant.Avant sa mort, le créateur de l\u2019Oasis y a caché un jeu de pistes à l\u2019issue duquel le vainqueur en héritera.Une vile corporation cherche à se l\u2019approprier, cela, alors que Wade commence à percer ses mystères dont le créateur, ayant grandi dans les années 1980, a truffé l\u2019environnement numérique de références au cinéma de cette décennie.Devant le ludique et captivant Ready Player One, un constant: Spielberg a eu du plaisir à tourner ce film.Mine de rien, on a du mal à se rappeler quand on a ressenti cela devant une de ses productions récentes.Ce qui n\u2019enlève rien à leurs mérites techniques ou dramatuGeraldine Viswana- thanrgiques.Il est plutôt question d\u2019une qualité insaisissable, que l\u2019on détecte parce que ce plaisir du réalisateur de E.T.est contagieux.François Lévesque Pour vivre ici ?1/2 Jamais on ne reprochera à Bernard Émond (La neuvaine, La donation) son manque de cohérence.Toute son œu- Louise Lecavalier.Sur son cheval de feu ?1/2 Quiconque a vu danser Louise Lecavalier n\u2019a pu qu\u2019être ébloui par sa présence magnétique, par sa musicalité frénétique et par sa grâce atypique.La danseuse et chorégraphe fait l\u2019objet d\u2019un hommage explorant la richesse et la complexité de son art.Avec une touchante modestie, l\u2019ex-muse d\u2019Édouard Lock et danseuse étoile de La La La Human Steps livre les moments forts et difficiles de sa carrière dans ce superbe portrait de Raymond St-Jean.Si ses propos, jumelés à ceux d\u2019amis danseurs, dont ceux, émouvants, de Marc Béland, séduisent par leur chaleureuse simplicité, c\u2019est lorsque que la caméra de Jean-François Lord met en lumière la danse que le film prend tout son sens.Par sa mise en scène favorisant les plans larges, les ralentis judicieux et mouvements subtils de caméra, le directeur photo révèle la finesse et la fulgurance de la gestuelle de cette artiste incomparable tout en en préservant le mystère.Fascinant.Manon Dumais Bloqueurs (V.F.de Blockers), de Kay Cannon UNIVERSAL C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 Sur place : une heure avant le concert Salon Ovale, le Ritz-Carlton Montréal 1228, Sherbrooke Ouest Montréal H3G 1H6 LE MENTOR ET L\u2019APPRENTI PETIT DEJEUNER 10 h 11 h CONCERT Le Ritz-Carlton Montréal ADULTES : 25 $ : 10 $ (tout inclus) PETITS DÉJEUNERS ET CONCERTS RENDEZ-VOUS AU RITZ ! RICHARD RAYMOND, SARAH OULOUSIAN, pianos DIMANCHE CHRISTOPHER HALL, clarinettiste et humoriste, QUATUOR ANDARA DIMANCHE 15 AVRIL festivalmontreal.org 514 489-7444 DENIS BROTT, , violoncelles, , violon et alto, , violon DIMANCHE L\u2019Orchestre de l\u2019Université de Montréal sous la direction de JEAN-FRANÇOIS RIVEST RÉVOLUTION Œuvres de Proko?ev, Chostakovitch et Ichmouratov Samedi 14 avril, 19 h 30 \u2013 Salle Claude-Champagne admission.com musique.umontreal.ca Panthère noire (V.F.de Black Panther) ?1/2 Après une dizaine d\u2019années d\u2019une quasi-hégémonie du film de superhé- ros, Hollywood se décide enfin à donner la vedette à un superhéros noir dans Panthère noire (Black Panther), production par surcroît écrite et réalisée par des Noirs.Réalisé avec savoir- faire par Ryan Coogler (Creed), le film s\u2019en tient à un récit classique d\u2019apprentissage alors que le protagoniste doit sortir de l\u2019ombre de son défunt père afin d\u2019atteindre son plein potentiel.Cette absence d\u2019audace narrative est atténuée par d\u2019heureux clins d\u2019œil, un rythme enlevé ainsi qu\u2019une direction artistique et des costumes fabuleux.Dans le rôle-titre, Chadwick Boseman est crédible et attachant.Il est entouré d\u2019une galerie d\u2019actrices formidables dont on célébrera la présence tout en se désolant de la minceur de leurs partitions.Un succès garanti, le film devrait favoriser une diversité accrue dans ce genre très populaire.À quand un superhéros gai au cinéma?François Lévesque vre est imprégnée d\u2019ascétisme et de pessimisme, mais aussi de culture religieuse, de littérature, et d\u2019admiration devant l\u2019immensité de la nature, sans compter son amour de la ruralité.Tout cela s\u2019enchevêtre dans ce récit d\u2019une mort, et d\u2019une résurrection, autour d\u2019une femme (Élise Guilbault, fidélité à Émond dans la continuité) dont le conjoint s\u2019éteint subitement, loin de tout.Cette absence pousse la veuve à quitter Baie-Comeau pour renouer avec ses deux enfants établis à Montréal, et à reprendre la route pour renouer avec son enfance, vécue dans le nord de l\u2019Ontario.Un émouvant périple de la mémoire, celle d\u2019une âme éplorée, mais aussi d\u2019un peuple aux traditions effritées, conduisant à une renaissance en rien spectaculaire, mais en totale harmonie avec la démarche exigeante, et lumineuse, de son auteur.André Lavoie Marvin ou la belle éducation ?Libre adaptation d\u2019En finir avec Eddy Bellegueule, roman autobiographique d\u2019Édouard Louis, ce drame d\u2019Anne Fontaine (Innocentes) esquisse le portrait d\u2019un aspirant acteur, Martin Clément (Finnegan Oddfield), né Marvin Bijou (Jules Porier).Si le jeu des deux acteurs force l\u2019admiration, la mise en scène de ce récit initiatique conventionnel s\u2019acharne à illustrer à gros traits la pauvreté, l\u2019ignorance et la violence du milieu dont est issu le personnage.Si certains passages se révèlent d\u2019une insoutenable cruauté, le tout se termine néanmoins sur une lueur d\u2019espoir.Manon Dumais au courant par inadvertance, un camarade de classe décide de le faire chanter.Présenté comme la première comédie romantique gaie pour adolescents produite par Hollywood (bien après les percées du cinéma indépendant), Avec amour, Simon est dans cette niche précise, oui, un film précurseur.Ça n\u2019en fait pas un grand film.Une réalisation générique et un désir net de ne pas choquer se traduisent par un manque de mordant.Dans cet uni- vers-là, un enjeu comme l\u2019intimidation est vite réglé et la violence ho- mophobe n\u2019existe pas.Idem pour les réactions des proches, idéales, voire idéalisées.Cela étant, dans un pays où le président a démantelé différentes politiques visant à contrer la discrimination envers la communauté LGBTQ, un film comme celui- ci fait œuvre utile.Qui plus est, le récit est attendrissant, drôle, et les jeunes interprètes sont formidables.François Lévesque Un coin tranquille ?Dotés d\u2019une ouïe surdéveloppée, des extraterrestres attaquent les humains au son.Retranchés dans leur ferme, les Abbott ont réussi à éluder les créatures aveugles mais redoutables.Or, alors que la mère va accoucher et que le père est allé secourir leurs deux enfants, les monstres cernent les bâtiments.Prémisse originale pour ce film écrit, réalisé et joué par John Krasinski qui, pas fou, s\u2019est donné un rôle de saint père un brin appuyé, sans toutefois négliger sa conjointe à la ville, Emily Blunt, qui offre une interprétation finement modulée.Riche en moments d\u2019autant plus tendus que le moindre bruit peut être fatal, le film s\u2019effondre, ô ironie, à chaque réplique parlée.En guise de trame, Krasinski offre davantage une succession d\u2019affrontements horrifiques qu\u2019un récit cohésif.À terme, les amateurs de frissons tentés par le concept risquent d\u2019être déçus par l\u2019exécution.Au moins pourront-ils sursauter en toute quiétude.François Lévesque Avec amour, Simon (V.F.de Love, Simon) ?Simon, 17 ans, cache un secret à sa famille et à ses amis : il est gai.Mis Chien de garde ?Ce premier long métrage de la jeune Sophie Dupuis, sans révolutionner le genre du noyau familial incestueux et étouffant (présent aussi dans ses courts métrages), possède une pulsation urbaine doublée d\u2019un mystère.La réalisatrice pose ici un regard fort et une caméra de proximité sur des personnages en perdition et un quartier (Verdun) transformé en zone rouge dont la musique scande la violence.Malgré une distribution inégale, Chien de garde repose sur les jeux remarquables d\u2019un trio d\u2019acteurs : Théodore Pellerin, Maude Guérin et Paul Ahmarani.Très dur, par-delà un certain humour féroce et une lumière finale, le film s\u2019adresse aux spectateurs aux nerfs solides.Odile Tremblay ENTREVUE CATHERINE LALONDE LE DEVOIR Je veux que des corps différents puissent exister, des corps mutilés, des corps déformés», écrit le chorégraphe allemand Raimund Hoghe, marqué par un physique qui défie l\u2019idée conventionnelle de la beauté.« Je ne prétends pas qu\u2019il est formidable d\u2019être bossu, mais je dis aussi que je ne suis pas un vilain petit canard et que je ne veux pas qu\u2019on me traite comme un personnage de conte ou comme un freak.» Danseur, chorégraphe et penseur brillant \u2014 ex-journaliste au Die Zeit allemand, ex-dramaturge de Pina Bausch (1980 à 1990) \u2014, Raimund Hoghe, hanté par l\u2019injonction de Pasolini à « jeter son corps dans la bataille», revient le faire à Montréal.Et se met en scène deux fois plutôt qu\u2019une, dans Pas de deux \u2014 un duo, forcément \u2014 et dans l\u2019octette La valse.Né en 1949 à Wuppertal, dans les plaies de l\u2019Allemagne post-Deuxième Guerre mondiale qui déteindront sur son imaginaire, Raimund Hoghe n\u2019a commencé à chorégraphier qu\u2019en 1989, et à danser qu\u2019en 1992.Il a 43 ans.«J\u2019ai déjà été, adolescent, sur scène», explique-t-il en anglais en entrevue au Devoir.«J\u2019étais figurant.Je suis devenu journaliste et, comme journaliste, j\u2019ai écrit sur Pina Bausch et je suis devenu son dramaturge, et quand je suis parti, j\u2019ai fait une chorégraphie.Et dans ce solo, Verdi Prati (1992), je me tenais en arrière-scène; on m\u2019a dit que c\u2019était intéressant.Deux ans plus tard, j\u2019ai composé ce premier solo, pour moi-même, Meinwärts», sur le ténor juif Joseph Schmidt, qui a fui les nazis à travers l\u2019Europe pour mourir en 1942 dans un camp en Suisse.«En même temps [autour de 1992], plusieurs personnes mourraient du sida, des écrivains, des artistes.Je voulais dire quelque chose de l\u2019histoire allemande, mais aussi de ces gens.» Car M.Hoghe lie dans ses œuvres le collectif et le personnel, la grande histoire et le souvenir intime.«Je voulais le dire avec mon corps, et je ne pouvais demander à aucun autre danseur de parler de l\u2019histoire allemande.Je devais le faire moi-même.Alors, je suis monté sur scène.Pour exprimer.Avec mon corps, mon type de corps, qui n\u2019aurait pas survécu aux camps de concentration.Comme ceux des homosexuels et des handicapés.» Les valses passé-présent Dans Pas de deux, Hoghe joue une fois de plus sur le cliché \u2014 comme il l\u2019a fait dans Boléro variations et Swan Lake, 4 Acts, vus en 2008 au Festival TransAmériques.Sur les façons de le détourner, ces pas de deux étant une convention ballettique, aussi presque amoureuse et morale.L\u2019artiste y explore les différences et ressemblances entre deux êtres, lui- même et Takashi Ueno.Un Européen, un Japonais.Un plus âgé.Deux parcours, deux cultures.Et des corps, aussi, des corps différents.La valse, portée par la musique de Ravel, aborde la réalité des réfugiés et de la crise des migrants.Ici, comme dans toutes ses pièces, les danseurs de Hoghe viennent de par- L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e D a n s e 1 2 | AGORA DE LA DANSE 1435, rue De Bleury, Montréal Place-des-Arts Dans Pas de deux, Raimund Hoghe explore les différences et ressemblances entre deux êtres, lui-même et Takashi Ueno.ROSA-FRANK.COM Raimund Hoghe, le corps comme paysage Ou comment le chorégraphe, danseur et penseur allemand lie grande histoire et souvenir intime Écrire avec des corps «Pendant plusieurs années, j\u2019ai écrit avec des mots.Le corps derrière les mots était invisible.Maintenant, j\u2019écris avec des corps \u2014 avec mon corps et les corps des danseurs.Écrire avec des mots ou écrire avec des corps \u2014 finalement, il n\u2019y a pour moi pas de différence entre les deux.Seulement que le corps de l\u2019auteur est visible sur scène et part de l\u2019écriture.Les mots ne sont pas seuls pour écrire un texte.Les corps aussi racontent une histoire.» Raimund Hoghe dans une traduction libre de Writing with Words and Bodies « tout\u2026 sauf d\u2019Allemagne.L\u2019inspiration a surgi encore de l\u2019actualité, d\u2019une grande sensibilité aux minorités, aux injustices sociales.Mais pas seulement puisque le chorégraphe aime osciller entre passé et présent.« La valse parle aussi de comment c\u2019était après les camps de concentration.Il faut revisiter l\u2019histoire allemande, et ce qui se passe avec les réfugiés.Il ne faut pas oublier l\u2019histoire.Comment les familles ont été séparées.C\u2019est semblable à ce qu\u2019on fait aujourd\u2019hui avec les réfugiés, quand on leur dit \u201ctu vas aller là, là ou là\u201d, ou \u201ctu retournes dans ton pays\u201d.C\u2019est choquant de voir les | 1 3 C u l t u r e D an s e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 TRANSMUTATIONS: RÉALITÉ, CORPS, VÉRITÉ CONFÉRENCE / DÉBAT ANIMÉE PAR ANGELA KONRAD PRÉSENTEUR PRINCIPAL #2 - SAMEDI 14 AVRIL - 13H30 CORPS EN TRANSMUTATION QU\u2019EST-CE QUE LE SUJET ?SUBJECTIVITÉ, SENSATION, SEXUALITÉ.AVEC: BERNARD ANDRIEU; philosophe, professeur à l\u2019Université de Paris Descartes CÉLINE LAFONTAINE; sociologue, professeure au département de sociologie, UdeM DENISE MEDICO; sexologue, professeure au département de sexologie, UQAM ENTRÉE LIBRE, PLACES LIMITÉES INSCRIVEZ VOUS > USINE-C.COM | 514 521.4493 LES RDV_ ART ET POLITIQUE Tous dignes de vivre «Je suis Allemand.Je me réfère à l\u2019histoire de l\u2019Allemagne.Je trouve important de rappeler comment le régime nazi traitait les gens et les corps.Je pose la question du combien et du comment, dans le troisième Reich, l\u2019exclusion fut possible, et celle du combien et du comment elle l\u2019est toujours.Qu\u2019est-ce qui se passe aujourd\u2019hui avec nos corps?Comment peut-on décider de ce qui est \u201cdigne d\u2019être vécu\u201d et \u201cnon digne d\u2019être vécu\u201d ?On peut avorter d\u2019un enfant avec un fort handicap au sixième ou septième mois de la grossesse.L\u2019histoire allemande connaît la sélection des êtres humains qui ne correspondaient pas aux critères de la normalité.Qu\u2019on n\u2019oublie pas à quoi cela a mené.C\u2019est pourquoi il est important de lutter toujours afin que ces corps différents soient présents, dans la rue et sur le plateau.» Raimund Hoghe dans Jeter son corps dans la bataille mêmes problèmes et les mêmes arguments qu\u2019il y a 50 ou 60 ans.» L\u2019ar t peut-il y changer quelque chose?«Non.Mais on peut au moins se sentir moins solitaire.Savoir qu\u2019on est conscient, ensemble, de ce qui se répète.Résister.Trouver de la force dans la musique.Quand je lis les nouvelles ou que je vois M.Trump agir, je deviens très déprimé, et j\u2019ai très peur.Qu\u2019une seule personne puisse défaire, à ce niveau, tant de progrès, c\u2019est terrible.C\u2019est une situation terrible, celle d\u2019aujourd\u2019hui, je crois.» Les liens avec le politique apparaissent parfois, presque par magie, surprenant au détour le créateur.« À la fin de La valse, il y a cette chanson très connue d\u2019Audrey Hepburn, Moon River, que je voulais là pour faire une fin très douce.J\u2019ai récemment découvert, par hasard, qu\u2019elle a fait partie de la résistance aux Pays-Bas quand elle était enfant, à 12 ans.Elle cachait des messages dans ses souliers et les passait sous le nez des nazis.Plus tard, elle a voulu être ballerine, elle dansait mais sans musique, pour que les occupants ne réalisent pas que c\u2019était une danse.J\u2019ai été très surpris de trouver ce lien avec le thème de La valse \u2014 et avec la danse, aussi.» Le corps comme paysage Raimund Hoghe ne cesse de citer et reciter ses inspirations, ces artistes qui le poussent à repousser les frontières.« Un jour, l\u2019acteur et auteur Peter Radtke, handicapé par la maladie des os de verre, m\u2019a dit en interview : \u201cOn va au théâtre pour regarder et non pour détourner les yeux.\u201d C\u2019est par leur travail que des gens comme lui m\u2019ont encouragé à me présenter sur le plateau, à exposer mon corps », écrit encore M.Hoghe dans Jeter son corps dans la bataille.Il égrènera comme des perles intimes en cours d\u2019entrevue les noms de Leonard Bernstein, Joséphine Baker, Peggy Lee, Dalida, Édith Piaf, et surtout, il renommera Kazuo Ohno, père du butoh et mentor mental.Les deux spectacles qu\u2019on pourra voir là sont longs, respectivement deux et trois heures.M.Hoghe ne travaille pas la durée, dit-il.«J\u2019ai besoin de tout ce temps pour exprimer ce que j\u2019ai à exprimer.» La longueur naît aussi du fait qu\u2019il se refuse à couper la musique qu\u2019il utilise.«La valse de Ravel fait 15 minutes.On en passe une version piano, et une version pour orchestre.Avec quelques chansons, voilà, j\u2019ai déjà une heure.Mais je ne cherche pas à rendre le passage temps difficile pour le public \u2014 certains spectateurs sont très reconnaissants d\u2019avoir davantage d\u2019espace pour sentir et penser.» «On ne peut pas dire que la mer est belle et que les montagnes sont hideuses », écrit encore Raimund Hoghe dans Jeter son corps dans la bataille.« Il y a la montagne et il y a la mer.Nous ne voulons pas que les montagnes disparaissent, nous ne voulons non plus que la terre soit plate.On peut comparer les corps humains à des paysages.Il faut faire attention et aux corps et aux paysages.» Pas de deux / La valse De Raimund Hoghe.Avec Raimund Hoghe, Takashi Ueno, à l\u2019Usine C, les 10 et 11 avril./ De Raimund Hoghe.Avec Raimund Hoghe, Marion Balles- ter, Matthieu Barbin, Ji Hye Chung, Emmanuel Eggermont, Luca Giacomo Schulte, Takashi Ueno, Ornella Balestra, à l\u2019Usine C, les 13 et 14 avril.Projections des films Der Buckel.Autoportrait le 28 mars, 19h; Cartes postales et Si je meurs laissez le balcon ouvert, le 5 avril, 19h, au Goethe Institut.Un jour, l\u2019acteur et auteur Peter Radtke, handicapé par la maladie des os de verre, m\u2019a dit en interview : \u201cOn va au théâtre pour regarder et non pour détourner les yeux.\u201d RAIMUND HOGHE » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e M u s i q u e 14 | ENTREVUE SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR as même pas posé LA question, j\u2019avoue que je suis un peu déçu\u2026 » se lamente Rick Hawor th, non moins pince- sans-rire parce qu\u2019il est as guitariste.« J\u2019avais la réponse toute prête.» Ah ben oui, c\u2019est vrai.Le nom.Pourquoi M.Chandler ?« Tu veux la vraie réponse ou la réponse du jour ?» Mario Légaré, Sylvain Clavette, Rick et Ian Kelly pouf fent d\u2019un grand rire groupé dans la loge de la salle Jean- Pierre Houde du centre culturel Va- nier, à Châteauguay.Je comprends que c\u2019est un nom surgi de nulle part et qu\u2019à chaque entrevue, Rick a pour ambition d\u2019inventer une anecdote extravagante quant à son origine.M.Chandler, par M.Chandler.Cet album pas ordinaire, expérience pareille à nulle autre, ne peut pas se résumer à une simple collaboration entre Ian Kelly et le Magneto Trio.Ça ne peut pas non plus exister sous la signature Magneto Trio featuring Ian Kelly, d\u2019autant que les textes d\u2019Ian Kelly sont tous en français \u2014 une première pour lui.Ce disque est une création sans équivalent, un nouvel être vivant, qui méritait un nom en soi.Pourquoi M.Chandler?Pourquoi pas! Rick dénonce Ian : «C\u2019est lui le coupable ! » Ian Kelly rigole sous sa casquette : « On était à Sainte-Thérèse pour une présentation de programmation.Deux chansons par artiste, pour donner une idée.J\u2019étais en coulisse quand le tour du Magneto Trio est venu.Je me suis mis à chanter sur leur musique instr umentale.Spontanément.» Mario Légaré en place une de son cru : « C\u2019est ça, dis donc qu\u2019il manquait de quoi ! » Vétérans excités comme des enfants Franche rigolade.On a cette drôle d\u2019impression d\u2019avoir affaire en même temps à des vétérans et à un groupe de grands enfants surexcités.Les six albums de Kelly, les deux Magneto, sans compter la pleine rangée de discothèque que rempliraient les joyeux travaux de messieurs Légaré, Ha- worth et Clavette, ensemble, séparément et au service d\u2019autrui (d\u2019Octobre au Flybin Band de Michel Rivard), ça fait beaucoup de musique.Et pourtant, rien de semblable n\u2019avait été À la rencontre de M.Chandler Les champions musiciens du Magnéto Trio et l\u2019auteur-compositeur-interprète Ian Kelly tentent une expérience de chimie amusante M. Chandler, par M. Chandler.Cet album pas ordinaire, expérience pareille à nulle autre, ne peut pas se résumer à une simple collaboration entre Ian Kelly et le Magneto Trio.Ça ne peut pas non plus exister sous la signature Magneto Trio featuring Ian Kelly.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR tenté par aucun de ces boulimiques.« Au début, je pensais chanter des mélodies sur vos tounes existantes, avoue Ian aux compères, qui s\u2019en étonnent.Une fois qu\u2019ils sont arrivés avec leur stock dans mon studio à Morin-Heights, Rick a dit : \u201cJ\u2019ai un riff\u2026\u201d et c\u2019est parti de là.» Le Rick en question sourit, goguenard : «Le premier jour, y a trois tounes qui sont sorties\u2026» Mario : «Ça a été presque instantané.» Sylvain : « Nous autres, on a jammé comme on jamme, Ian s\u2019est greffé tout naturellement\u2026» Et M.Chandler s\u2019est mis à exister.« En quatre rencontres, on avait quinze chansons», calcule Ian.«C\u2019est le projet le moins prémédité de ma vie », se réjouit Rick Haworth.S\u2019il aime jouer, trouver des rif fs et des sons de guitare, se réécouter l\u2019embête.Mario et Sylvain sont pareils, et Ian aussi : à leur degré d\u2019expertise, ils trouvent leur bonheur dans ce qui se passe en jouant.« Je pense qu\u2019on est meilleurs quand on pense pas trop», déduit Mario.Sylvain : « Quand on joue, entre Mario et moi, c\u2019est quasiment de la télépathie.Mieux que ça : on devine là où l\u2019autre va aller.» Pour Ian, l\u2019aventure a commencé vingt ans plus tôt.« Quand j\u2019étais le gars de ménage au Spectrum et qu\u2019il y avait les enregistrements de l\u2019émission Studio TV5, vous étiez le house band.Je cirais le plancher pendant que vous répétiez, et je vous écoutais, vous aviez déjà votre souplesse, votre manière de jouer ensemble, de créer des ambiances.» Le mot est lâché : ambiances.«C\u2019est vraiment ça le trip du Magneto Trio, souligne Rick.On s\u2019est donné le droit de planer comme on aime.Et là, on a voulu voir si ça pouvait donner des chansons.» Des accompagnateurs n\u2019accompagnant pas N\u2019y avait-il pas le risque de redevenir des accompagnateurs dès qu\u2019Ian s\u2019en mêlerait ?«Fallait en être conscients, acquiesce Rick.La tendance à glisser dans notre peau de sidemans est tellement forte ! » Quand on écoute, on mesure : tout le défi consistait à résister à la flybinisation du Magneto Trio.« Avec Ian, de préciser Sylvain, notre travail c\u2019était justement de rester en avant avec lui.Glisser dans le rôle de sidemans, c\u2019est notre zone de confor t, et notre intention avec M.Chandler, c\u2019est assumer notre position.» Rick renchérit : « Le pire, c\u2019est prendre la pose pour les sessions de photos, c\u2019est comme un toucher de la prostate.» Tout le monde rit très fort.« Je n\u2019en suis pas encore là », nuance Ian.« T\u2019es ben chanceux», lui lance Mario.Dans le livret, le dessin du personnage de Mr.Chandler fait très Humpty Dumpty, mais en caleçon blanc.Ce n\u2019est pas un hasard.«Ça va être beau en T-shirt», s\u2019exclame Rick.Ian en rajoute : «C\u2019est avec le merch [les produits dérivés] qu\u2019on va faire de l\u2019argent !» Fou rire collectif, les gars s\u2019écroulent les uns sur les autres.Mario porte le coup de grâce: «On est comme les Grateful Dead et on n\u2019a même pas besoin de drogue\u2026» «T\u2019 M.Chandler M.Chandler, Sunset Hill / Outside | 1 5 C u l t u r e D i s q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 PSYCH POST-PUNK Beyond XXXL ?1/2 Freak Heat Waves, Telephone Explosion / Atelier Ciseaux À l\u2019académie du bizarre, les deux Montréalais de Freak Heat Waves sont premiers de classe.Leur fusion de post-punk galactique, de krau- trock glauque et de synth-pop maladif a tout pour faire hausser les sourcils de l\u2019auditeur agréablement surpris.La façon dont le groupe arrive à unir de façon (semi) harmonieuse toutes les idées absurdes qui lui passent par la tête relève de l\u2019exploit.Pensez à Ariel Pink (Self Vortex, Bad Mutation) qui aurait un enfant gonflé aux stéroïdes avec John Maus (Moved You Right), de qui les gars de Soft Hair seraient nommés parrains (Sell a Line).Et disons que cet enfant écouterait des bandes originales de vieux films de science-fiction pour s\u2019endormir\u2026 Guitare détraquée, drum machine lourd, voix de baryton blasé : est-ce qu\u2019on décerne des médailles pour ceux qui transforment des attributs ordinaires en ensorcelante traversée psychotro- nique ?Sur la scène de la Casa del Popolo le 13 avril.Sophie Chartier CLASSIQUE Louis Couperin ?1/2 Suites pour clavier, Pavel Kolesnikov (piano).Hyperion CDA 68224 Une sélection de Mazurkas de Chopin, le précédent CD du pianiste sibérien Pavel Kolesnikov, vainqueur du concours Honens en 2012, avait été l\u2019une des vedettes de notre recensement des 10 meilleurs disques de l\u2019année 2016.Son nouvel opus achève de nous convaincre que Ko- lesnikov est un artiste à suivre absolument.Ce n\u2019est pas la première fois que l\u2019on joue Couperin au piano (Alexandre Tharaud l\u2019a fait avec son album Tic, Toc, Choc).Kolesnikov le fait, sur un Yamaha CFX, mu par une véritable quête sonore pour utiliser la vocalité de l\u2019instrument allié à sa percussivité.Au sein du manuscrit de Bauyn, qui compile par tonalités les danses laissées par Louis Couperin, Kolesnikov agence lui-même trois suites (ré mineur, sol mineur et la majeur), auxquelles il ajoute cinq pièces, dont le fameux Tombeau de Mr.de Blancrocher et une pavane dans la rare et tragique tonalité de fa dièse mineur.Comme celui des Mazurkas, ce disque très personnel, qui en dit long sur un artiste attachant, est un parcours fascinant.Christophe Huss ÉLECTRONIQUE There\u2019s Always More at the Store ?Project Pablo, Technicolour Le producteur house montréalais Patrick Holland, alias Project Pablo, est sur une lancée: cinq parutions déjà depuis un an.Six mois après l\u2019énergique Hope You\u2019re Well paru chez Technicolour (sous-étiquette de Ninja Tune), il récidive avec un mini-album plus nuancé et transcendant.On reconnaît l\u2019humour du musicien dans la ritournelle effervescente de Napoletana, or la plus sérieuse Remind Me Tomorrow donne le ton au EP, ses riches motifs rythmiques posés sur une basse house sourde déroulant le tapis pour les violons synthétiques disco.Passé la brève composition pour piano (Last Day), on goûte à la crème: l\u2019atmosphère dub de Less and Less plantée par l\u2019écho du synthétiseur, auquel s\u2019accrochent un breakbeat aérien et un piano électrique doucement jazzé.En finale, la longue et magnifique I Heard You Breathing au tempo plus soutenu, une construction rythmique fine comme de la dentelle, introspective et dansante comme savent aussi en pondre DJ Koze ou Four Tet.Elle sera assurément de la sélection du DJ, qui visitera le Datcha, à Montréal, le 29 avril.Philippe Renaud CLASSIQUE EXPÉRIMENTAL Englabörn & Variations ?Jóhann Jóhannsson, Deutsche Grammophon Voilà un chant du cygne d\u2019une beauté douloureuse.Peu avant sa mort subite, le 9 février dernier, le compositeur islandais Jóhann Jóhannsson avait achevé une relecture de son tout premier album, Englabörn (2002) \u2014 un versant approfondi de sa musique composée pour la pièce de théâtre éponyme de Hávar Sigurjónsson.Sur ce nouvel album double figurent les pièces originales rematricées et 11 ré- interprétations d\u2019artistes choisis et guidés par Jóhannsson, dont l\u2019ensemble Theater of Voices (superbe Ég heyrði allt án þess að hlusta), le pianiste Víkingur Ólafsson et le duo A Winged Victory for the Sullen.Ces Variations forment un univers plus ample, plus aérien qui adoucit le tragique si minutieux de Jóhannsson, sans toutefois dénaturer ses paradoxes.Il faut écouter ceci comme un legs: Jóhannsson savait opposer, avec une clairvoyance exceptionnelle, ce qui fait l\u2019inquiétude et l\u2019espérance.Comme un orage qui gronderait sans éclater, sachant que la beauté se cache dans ses épais replis \u2014 et que nous le savons.Pareil talent nous manquera.Geneviève Tremblay CHANSON INDIE Premier juin ?1/2 Lydia Képinski, Chivi Chivi Fascinante, déconcertante, émouvante, grinçante, épatante, énervante : elle est tout et son contraire, Lydia Képinski, on le sait depuis Granby et surtout depuis sa victoire aux Francouvertes.Son EP déjà déjanté promettait du front encore plus frontal au premier album.C\u2019est le cas, et pas tout à fait : peut- être s\u2019attendait-on tellement à l\u2019étonnement qu\u2019on s\u2019étonne de ne pas être plus étonné.Quand ça explose au milieu de la chanson d\u2019ouverture, c\u2019est bien plus beau que bizarre : ce blitz d\u2019harmonies et de claviers submerge sans noyer.Il n\u2019y a rien de vraiment étrange, rien de banal non plus dans la chanson-titre : on dirait bien que Lydia s\u2019est trouvé un fil d\u2019équilibriste sur lequel avancer sans tomber : «Ce que je n\u2019ai pas fait je vais le faire / Car si j\u2019avais tout vécu / Sans doute je me serais pendue ».C\u2019est dansant dans 360 jours, pas dansable dans l\u2019onirique Belmont, modulé à l\u2019extrême dans Pie-IX, mais pas inaccessible pour autant.Une aventure, oui.Risquée ?Pas tant.Et tant mieux.Sylvain Cormier POP-JAZZ Come Fall ?Ellen Doty, Alma Records On dépouille ! Le clip vidéo qui accompagne la chanson September Song illustre dans son introduction le processus de création du projet : les musiciens du studio quittent un à un le champ de la caméra pour ne laisser qu\u2019un rare duo piano-batte- rie (en plus de la voix délicate de Doty).Cette architecture instrumentale sera la seule utilisée sur le disque, et\u2026 bonne idée.Doty a commencé le travail en format plus large, comme sur son premier album, pour réaliser qu\u2019il manquait quelque chose.On postulera qu\u2019il manquait de personnalité \u2014 et qu\u2019elle l\u2019a trouvée en duo.Car à défaut d\u2019une profonde originalité, il y a là une signature.L\u2019auteure-com- positrice canadienne navigue dans un univers pop-jazz teinté de soul et d\u2019indie folk, de chansons bien écrites et de mélodies fortes \u2014 qui n\u2019évitent toutefois pas toujours la facilité.On appréciera davantage Doty dans certains univers enrobés de mystère et portés par une rythmique en contrepoint.À la Casa Del Popolo le 17 avril.Guillaume Bourgault-Côté CHANSON POP-ÉLECTRO Neon ?Cats on Trees, Tôt ou tard En cette ère de minialbums, de constant et obligatoire rafraîchissement des listes d\u2019écoute, les cinq ans d\u2019intervalle entre ce Neon et le premier album plébiscité de Cats on Trees (quelque 220 000 albums homologués) ont creusé un grand trou dans lequel le doute s\u2019est fatalement installé pour le duo toulou- sain.Et si le fol engouement pour Sirens Call avait été un rêve, un leurre ?Pas facile de faire descendre les chats apeurés de l\u2019arbre.Le fait est qu\u2019il y a l\u2019empreinte d\u2019un traumatisme dans le timbre de Nina Goern, dès Keep on Dancing : on se trémousse encore, mais pour tromper l\u2019angoisse qui taraude.Les mélodies et les arrangements y gagnent en gravité, c\u2019est la récompense : Yohan Hennequin et Nina ont vieilli vite, mais bien.On s\u2019attache surtout aux chansons tristes : la ballade Blue, la sombre Smile.Ça confère de la crédibilité à cette sorte de pop électro dont les textes en anglais demeurent décidément au ras des pâquerettes : la justesse d\u2019émotion, ça compte.Sylvain Cormier CLASSIQUE Michael Daugherty ?1/2 Orchestre d\u2019Albany, David Alan Miller, Naxos, 8.559807 L\u2019Américain Michael Daugherty, né en 1954, s\u2019intéresse aux atmosphères du monde contemporain.Ce nouveau CD Naxos, enregistré par un orchestre un peu « gris », titre sur Dreama- chine, un concerto pour percussion et orchestre écrit pour et créé par Evelyn Glennie, qui se veut un «hommage aux inventeurs qui ont créé des machines réelles et fantastiques».Moderne, efficace, pragmatique: la recette Daugherty fonctionne à plein et il ne manque plus que le film pour illustrer la panoplie infinie d\u2019effets sonores qui captent l\u2019attention de l\u2019auditeur.Daugherty est pragmatique, car il réconcilie la création avec les lambeaux de curiosité qui restent aux mélomanes des sociétés symphoniques et enrichit le répertoire des concertos pour percussion avec une œuvre qui frise les 35 minutes comme un concerto pour piano de Beeetho- ven.Le CD comprend aussi un très charmeur concerto pour flûte et orchestre de chambre et un concerto pour tuba fort convaincant pour un instrument a priori rétif.Là aussi, des ajouts de répertoire bien malins.Christophe Huss Bruckner en concert Kent Nagano dirige la 7e Symphonie, à la Maison symphonique de Montréal, les 11 et 14 avril à 20h.Bruckner au disque Les 9 symphonies Yannick Nézet-Séguin, Orchestre Métropolitain, Atma, 10CD, ACD2 2451 Les symphonies complètes Gerd Schaller, Philharmonie Festiva, Profil- Haenssler, 18CD, PH17024 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e C l a s s i q u e 1 6 | ÉCLAIRAGE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR vons-nous une perspective déformée de la musique de Bruckner ?Le regard des publics à diverses époques a tant varié que chercher sa vérité, c\u2019est un peu vouloir remplir le tonneau des Danaïdes.L\u2019intégrale des symphonies de Bruckner par Yannick Nézet-Séguin, of fer te à un pr ix déf iant toute concurrence, a attiré l\u2019attention sur ce compositeur des vastes espaces.Les cathédrales br ucknériennes sont si grandes que dans certaines interprétations, dont celle de Kent Nagano, le seul mouvement lent de la 8e Symphonie de Bruckner est plus long que la 5e Symphonie de Beethoven au grand complet.Kent Nagano, qui a également enregistré Bruckner à plusieurs reprises, dirigera cette semaine à l\u2019OSM la 7e Symphonie, œuvre sur laquelle les interprètes ont radicalement évolué ces dernières décennies.Bruckner victime du temps Ne pas aimer la musique de Bruckner n\u2019est pas une tare.La méfiance fut d\u2019ailleurs très largement de mise en France, où public et critique affichèrent une franche hostilité à l \u2019égard d\u2019une musique « cyclopéenne » (qualificatif de Bernard Ga- voty) jusque dans les années 1960.Un lent virage ne se fit qu\u2019avec la présentation de la 8e Symphonie par Herbert von Karajan à la cathédrale de Chartres et la création française, par Eugen Jochum, de la 5e Symphonie, en\u2026 octobre 1969 ! Mais cette méfiance est-elle vraiment plus condamnable que la déformation qui eut cours dans la sphère germanique, où le génie radical de Bruckner fut, au fond, tout aussi incompris ?Créateur dévot , le « Ménestrel de Dieu » était certes le compositeur des grandes architectures symphoniques, mais aussi un compositeur des aspérités.Ses premiers admirateurs et interprètes, qui eurent pour nom Schalk (deux frères) et Löwe, prirent ces aspérités pour des maladresses et les gommèrent pour faire rentrer Bruckner dans un moule wagnérien.Alors qu\u2019il était, harmoniquement, en avance sur son temps, Bruckner était alors considéré comme un brave homme un peu gauche qu\u2019il fallait «aider», retoucher, voire réorchestrer.Anton Bruckner, le curieux destin du Ménestrel de Dieu Le chef Kent Nagano dirige cette semaine la 7e Symphonie du compositeur énigmatique Des partitions tripatouillées furent jouées jusque dans les années 1930 ou 1940, voire après, par le célèbre Hans Knappertsbusch qui ne voulut jamais se remettre en question.On doit aux musicologues Rober t Haas (1886-1960) et Leopold Nowak (1904-1991) d\u2019avoir révélé et édité telle quelle la musique de Br uckner.La 9e Symphonie telle qu\u2019écrite par Bruckner en 1894 n\u2019a été jouée en fait pour la première fois qu\u2019en 1932 par le chef Siegmund von Hausegger, qui créa ensuite, en 1935, la « vraie » 5e Symphonie, 57 ans après sa conception en 1878.Bruckner, témoin de notre temps La 7e Symphonie, la plus lyrique, la plus chantante des symphonies de Bruckner, choisie par Kent Nagano, est, parmi les neuf symphonies d\u2019Anton Bruckner, la plus typique d\u2019un autre phénomène : celui d\u2019une étonnante évolution interprétative au fil du temps.La manière dont les Le buste de Bruckner, à Vienne ISTOCK A interprètes respirent et chantent Bruckner a changé.Les chefs sur- jouent-ils aujourd\u2019hui le gigantisme et le mysticisme d\u2019Anton Bruckner ?Se regardent-ils jouer de la musique en grands épanchements au lieu de la prendre à bras-le-corps?Le premier mouvement, en particulier, est énigmatique.En étudiant de manière approfondie les enregistrements et bandes de concerts publiés dans les 40 années suivant les gravures d\u2019Oskar Fried en 1924 et Jascha Horenstein en 1928, nous voyons clairement que la durée moyenne d\u2019exécution était alors en moyenne de l\u2019ordre de 18 minutes et 30 secondes.La respiration induite (en musique, on appelle cela l\u2019ago- gique) concorde for t logiquement avec l\u2019indication allegro moderato.Très rares sont les interprètes des 40 dernières années qui descendent en dessous de 20 ou 21 minutes dans le même mouvement ! En 2009, à Montréal, Kent Nagano était à 23 minutes et, sur son CD, Yannick Nézet- Séguin en prend 22.Sans faire de la « musicologie au chronomètre », le rapport entre les deux premiers volets de l\u2019œuvre s\u2019en trouve complètement changé puisque la dif férence avec le « très solennel et très lent » qui suit est estompée, et on a l\u2019impression d\u2019avoir une symphonie qui débute par mouvements « lents».Bruckner deviendrait-il, malgré lui, le reflet d\u2019une époque à la recherche de plus de spiritualité ?Le pourquoi et le comment d\u2019une dérive aussi marquée restent une vraie énigme.Peut-être, dans un monde tendu, sommes-nous alors à la veille d\u2019un retour à un Bruckner plus incarné et sanguin ?Dans l\u2019atelier du compositeur Retrouver une cer taine « vérité » brucknérienne ne passe pas forcément par une interprétation dif fé- rente de par titions connues, mais aussi par le recours à des partitions rares nouvellement reconstituées.Bruckner, qui, toute sa vie durant, a eu du mal à faire jouer ses œuvres, a accepté de les retravailler dans l\u2019espoir de les faire exécuter.Mais quelles étaient ses vraies volontés ?Plusieurs musicologues partent désormais à la source de son inspiration.Kent Nagano est sensible à cette approche qui a enregistré la version originale (1873) de la 3e Symphonie, mais aussi des 4e et 8e .Yannick Nézet -Séguin a opéré le même choix pour la 3e Symphonie.Un chef se distingue aujourd\u2019hui en recherchant et en enregistrant ces par titions rares, des versions princeps ou intermédiaires.Son nom est Gerd Schaller et son entreprise sérieuse, réunie en cof fret début mars, permet de découvrir le jet initial (1866) de la 1re Symphonie, les éditions du très sérieux musicologue William Carragan des Symphonies no 2 (la fin dif fère positivement) et no 3 (1874, version originale de 1873, retravaillée), la 4e dans deux moutures, dont l\u2019une avec finale alternatif (Volksfest-Finale).Les 5e, 6e et 7e n\u2019offrant pas d\u2019alternatives par ticulières, les explorations de Schaller reprennent dans la 8e, avec une version intermédiaire de 1888 (un adagio dif férent) et deux versions de la 9e Symphonie proposant des reconstructions du finale par Carragan et par Schaller.Ce coffret, qui s\u2019adresse évidemment aux amoureux spécialistes du compositeur, montre que l\u2019exploration n\u2019en est pas achevée.De tous ces travaux la version Carragan de la 2e Symphonie, aussi adoptée par Herbert Blomstedt, est à mes yeux l\u2019avancée la plus essentielle dans la connaissance du compositeur.| 17 C u l t u r e C l a s s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 Concerts de la semaine Rachel Barton Pine.Le Ladies\u2019 Morning Musical Club accueille une violoniste américaine haute en couleur, habituée de Montréal, où elle a déjà joué les Caprices de Paganini et les Sonates et Partitas de Bach.Barton Pine a choisi un programme original avec, autour des Sonate à Kreutzer de Beethoven et 3e Sonate de Brahms, une sonate du Chevalier de Saint-George, né esclave en Guadeloupe, et une suite de William Grant Still, compositeur et premier musicien noir à diriger un orchestre symphonique aux États-Unis.Dimanche 8 avril à 15h30, à la salle Pollack.Boris Begelman.Arion Orchestre Baroque accueille pour la première fois le violoniste baroque d\u2019origine russe Boris Begelman dans un programme de concertos : Concertos pour violon seul de Vivaldi et de Bach (BWV 1041), Concerto pour 2 flûtes de Quantz, Concerto pour 3 violons TWV 53:F1 de Telemann et œuvres orchestrales de Bres- cianello et de Haendel.Begelman se produira pour la première fois au Canada.Mercredi 11 avril à 19 h, vendredi 13 à 20 h, samedi 14 à 16 h et dimanche 15 à 14 h, à la salle Bourgie.Bruckner, qui, toute sa vie durant, a eu du mal à faire jouer ses œuvres, a accepté de les retravailler dans l\u2019espoir de les faire exécuter L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e M u s i q u e 1 8 | GRAND ANGLE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR ls ont vieilli, pris un peu de ventre, perdu quelques cheveux.Des années de musique lourde ont irrémédiablement creusé des cernes sous leurs yeux, mais quelque 250 grisonnants métalleux lancent quand même leurs bras dans les airs pendant que Rick Hughes, chanteur de Sword, atteint les notes les plus aiguës d\u2019Evil Spell, défiante déflagration concluant l\u2019album Metalized (1986).« Les gens qui aiment le métal, vous avez le cœur gros de même», lance le pimpant quinquagénaire, la main ouver te, avant d\u2019attaquer un dernier rappel.Nous sommes en septembre 2017, au Quartier de Lune, un bar du quartier Limoilou à Québec, lors du deuxième concert marquant la résurrection du groupe dont la feuille de route compte des tournées en première partie de Motörhead ou Metallica.Mike Laroque échange de son côté les poing-à-poing avec les fans aux premiers rangs.Sur son visage : un sourire tranchant avec la studieuse baboune qu\u2019il affichait jadis.Le bassiste, seul membre du quatuor à avoir abandonné la carrière rock après sa dissolution au tournant des décennies 1980 et 1990, travaille aujourd\u2019hui dans le monde des véhicules récréotouristiques.Les métalleux ont du cœur, oui, mais aussi le sens de l\u2019histoire et de la mémoire.En plus de Sword, qui renaît enfin à Montréal le 13 avril au Club Soda, deux formations cultes partagent l\u2019affiche, ce soir au National, d\u2019un voyage dans les années 1980.D\u2019abord Insane, un des rares véritables exemples de hair métal québécois, dont le seul et unique album à la pochette digne d\u2019une fête costumée, Strip Tease (1987), fleure bon l\u2019abus de fixatif.Puis D.D.T., le «premier groupe de heavy métal moderne québécois », selon L\u2019évolution du métal québécois, encyclopédie publiée en 2013 par Félix B.Desfossés.« Je préciserais que c\u2019est le premier groupe avec une intention métal assumée, signale le journaliste.Avant D.D.T., il y avait de la musique métallique, mais ceux qui la créaient n\u2019étaient pas conscients du fait que leur musique s\u2019inscrivait dans une culture, un mouvement.Le groupe Apocalypse disait par exemple faire du power rock, alors que les gars de D.D.T., eux, savaient ce qu\u2019ils faisaient.» L\u2019obscurité garante d\u2019authenticité Pantalons de cuir, chaînes, ceintures et bracelets cloutés : les frères Pierre, Paul et François Tougas semblent effectivement savoir ce qu\u2019ils font sur leurs premières photos promotionnelles de D.D.T., n\u2019ayant rien à envier aux looks sadomasochistes de leurs héros, les géants anglais Judas Priest.«Je me souviens de me promener dans la rue et de me faire regarder comme un extraterrestre», lance François, chanteur du quintette fondé à Magog en 1979, aujourd\u2019hui peintre de décors sur des plateaux de cinéma.«C\u2019était ça, le fun, se faire regarder croche», ajoute Pierre en rigolant.«On sortait en gang dans les bars avec sur le dos la même chose qu\u2019on avait sur scène!» Les hommes en noir récolteront de nombreux sourcils froncés, non seulement dans la rue, mais aussi auprès d\u2019une industrie ignorant tout du métal.Ils devront eux-mêmes enregistrer et distribuer leur unique album officiel, le EP Let the Screw\u2026 Turn You On! (1984), en empruntant 5000 $ à leur père, l\u2019écrivain Gérald Tougas.Dans les clubs de la province, D.D.T.est présenté comme un « orchestre de rock», même s\u2019il joue à un «volume exécrable», aligne sur scène les mannequins décapités et glisse parmi les reprises obligatoires de Led Zeppelin ou d\u2019Aerosmith au moins 40% de titres originaux très abrasifs.«Personne ici ne savait d\u2019où ça venait, ce qu\u2019on faisait ! Les compagnies de disques cherchaient encore les émules de Beau Dommage et d\u2019Harmonium.» La résurrection des pionniers du métal québécois Des groupes fondateurs remontent sur scène ; gros plan sur une culture qui a le sens de la mémoire et de l\u2019histoire À gauche : les frères Pierre, Paul et François Tougas sont toujours de la formation D.D.T.qui s\u2019est enrichie de Philippe, fils de Pierre, et de Nicholas Wells.À droite : D.D.Ten spectacle en 1983.PHOTOS CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR ET ARCHIVES D.D.T.I C u l t u r e SALLE PRINCIPALE DU 10 AVRIL AU 5 MAI 2018 TEXTE ET MISE EN SCÈNE ALEXIA BÜRGER INTERPRÉTATION MARTIN DRAINVILLE, PATRICE DUBOIS, BRUNO MARCIL LES HARDINGS UNE CRÉATION DU PARTENAIRES DE SAISON DESIGN GAUTHIER PHOTOGRAPHIE CHRISTIANBLAIS.COM RELATIONS DE PRESSE KARINE COUSINEAU COMMUNICATIONS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 Comment, alors, expliquer qu\u2019un groupe relativement obscur à son époque soit aujourd\u2019hui le sujet d\u2019un culte?«Internet !» lance Félix B.Des- fossés.«Le monde du métal, c\u2019est au- jourd\u2019hui un monde de geeks qui veulent tout savoir et tout entendre, et Internet permet de partager toutes ces connaissances super rapidement.Il y a aussi une quête d\u2019authenticité derrière ce désir de déterrer les groupes les plus oubliés, parce que, si tu n\u2019as pas vendu d\u2019albums outre mesure, c\u2019est peut-être signe que t\u2019as fait les choses à ta manière.» L\u2019influence internationale du métal québécois Bien avant que le Web devienne vastement accessible, la communauté métal s\u2019était imaginé sa propre toile par le truchement du tape trading (l\u2019échange de cassettes), un réseau unissant des milliers de mélomanes troquant par la poste des enregistrements souvent rudimentaires de leur propre groupe.«C\u2019est la raison pour laquelle des Scandinaves ou des Européens connaissent des vieux groupes de métal québécois qui ne sont pourtant pas sortis d\u2019ici.Les réputations se sont construites par ces échanges-là», explique Félix B.Desfossés.Philippe Tougas, 26 ans, compte parmi les fans qui s\u2019arrachent au- jourd\u2019hui ces objets de collection.Le guitariste des formations First Fragment et Chthe\u2019ilist prend d\u2019ailleurs la relève de Denis Côté, membre fondateur de D.D.T., aux côtés de son paternel et de ses oncles.«Les millénariaux ont découvert qu\u2019il y avait quelque chose qui existait avant qu\u2019ils naissent et que ça a influencé ce qu\u2019ils écoutent au- jourd\u2019hui», lance Pierre Tougas, 58 ans, question de taquiner son fils ainsi que Nicholas Wells, jeune batteur complétant l\u2019alignement actuel de D.D.T.L\u2019atomisation du marché de la musique en des centaines de niches profite donc aux pionniers du métal québécois : l\u2019étiquette californienne Nuclear War Now ! a consacré toute une série à la réédition sur vinyle de démos des années 1980, alors que la montréalaise Return to Analog mettait récemment en marché des disques d\u2019Insane et de D.D.T.Sword était de son côté invité en septembre au Harder Than Steel Festival, à Dittigheim en Allemagne, et travaille actuellement à un nouvel album, en mettant à jour de vieilles idées de chansons datant de sa première époque, confie le guitariste Mike Plant.Le respecté label new- yorkais Combat Records y apposera son sceau d\u2019approbation.Fiers de leur progéniture, les pères de notre musique lourde ?« Le problème, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas de vraie bonne place pour jouer à Montréal, regrette Pierre Tougas.Un petit stage comme celui des Foufounes électriques, avec les drums des quatre bands dans un coin que doit surveiller un gars pour ne pas qu\u2019ils se fassent voler, ce n\u2019est pas digne des groupes de calibre international qui jouent là.Il y a tellement de bons musiciens dans la niche métal extrême et death métal présentement.J\u2019oserais dire qu\u2019aucun autre genre musical au Québec ne produit autant de virtuoses.» Insane + D.D.T.En spectacle au National le 7 avril Sword En spectacle au Club Soda le 13 avril L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 2 0 | CRITIQUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR Ce n\u2019est pas la première fois que science et art sont rapprochés, mais dans la nouvelle exposition du Centre canadien d\u2019architecture (CCA), il est davantage question d\u2019influence implicite que d\u2019une mutuelle collaboration entre architectes et scientifiques.Et les jumelages sont pour le moins étonnants.Intitulée Culte du labo.Une histoire non conformiste des rapports entre la science et l\u2019architecture, l\u2019expo montre, à coups d\u2019objets inusités, de dessins, de photos et d\u2019extraits de vieux films, que les influences peuvent être réciproques.Autant les architectes puisent leurs idées chez les scientifiques, autant ces derniers basent leurs recherches sur des concepts architecturaux.Culte du labo défend l\u2019idée que, depuis Diderot et son Encyclopédie (dont le précieux exemplaire du CCA est exposé en préambule), le laboratoire est vénéré au point où tout ce qui en ressort prend le statut de grande vérité.La recherche du commissaire invité, Evangelos Kotsioris, s\u2019est concentrée sur la fin du XIXe siècle et le XXe siècle, desquels il a extrait plusieurs cas qui lui font qualifier le laboratoire de «dogme irréfutable».Les époques changent, mais l\u2019autorité du labo semble tenir la route.Ne parle-t-on pas du laboratoire de création comme d\u2019une indispensable pla- teforme pour lancer des idées ?Si l\u2019expo ne révèle pas de cas récents, c\u2019est qu\u2019Evangelos Kotsioris, bénéficiaire du programme « commissaire émergent » du CCA, avait d\u2019abord comme objet de plonger dans les archives de l\u2019établissement montréalais.Des idées testées il y a plus de cent ans ne semblent pas avoir vieilli.Vers 1915, le chronocyclographe du couple d\u2019ingénieurs Frank et Lillian Gilbreth leur permet d\u2019étudier le «mouvement humain» avec finalité d\u2019arriver à une meilleure gestion de l\u2019usine.Maximiser un espace de travail et minimiser les déplacements, afin d\u2019être plus productifs : n\u2019est-ce pas ce qui fait le succès du mobilier IKEA?En 1927, l\u2019architecte autrichienne Margarete Schütte-Lihotzky a en tout cas élaboré à partir de ce principe la « cuisine de Francfor t », censée « alléger » les tâches domestiques des femmes.Moins marcher pour s\u2019occuper à la fois de la cuisson et du service, mais aussi du repassage.Les archives exposées livrent parfois d\u2019étonnantes grandes vérités\u2026 Culte du labo exploite elle aussi à merveille l\u2019espace exigu qu\u2019on lui a réser vé \u2014 la Salle octogonale.Le visiteur, non plus, ne marchera pas beaucoup et partira la tête pleine.L\u2019expo se divise en six sections, ou six petits modules où sont jumelés les laboratoires des uns et des autres.Outre l\u2019étude sur le mouvement, le commissaire new-yorkais et historien de l\u2019architecture aborde les thèmes de la perception, de la résistance de l\u2019air, de l\u2019expérimentation animale (de vrais et de faux rats), de l\u2019intelligence artificielle et de la surveillance.Dans ce dernier cas hyperactuel, on nous en présente un des années 1940.Il s\u2019agit des recherches sur le développement des bébés que faisait avec des caméras le psychologue Arnold Gesell.Son laboratoire : un observatoire cinématographique en forme de dôme, digne de ceux de Buckminster Fuller.L\u2019exposition se base sur une série de va-et-vient.À la base, il y a celui entre deux disciplines, l\u2019architecture et la science, qui amène un dialogue entre la collection du CCA et des collections scientifiques, dont celles d\u2019établissements d\u2019enseignement ou d\u2019institutions telles que la Municipal Art Society of New York ou le musée George Eastman de Rochester.En salle, tout ceci se concrétise sur des allées et venues entre les archives et la projection d\u2019images, entre les objets éprouvés en laboratoire et la démonstration dans les documents filmés et enfin, entre ces historiques expérimentations et celles réalisées pour les besoins de l\u2019expo et manifestes sur l\u2019écran.Chose rare expérimentée au CCA: l\u2019expo se poursuit et conclut dans la librairie attenante à la Salle octogonale.Une sélection de livres autour de la question du laboratoire est proposée, dont, évidemment, la plus récente réédition de l\u2019Encyclopédie de Diderot.Culte du labo.Une histoire non conformiste des rapports entre la science et l\u2019architecture Centre canadien d\u2019architecture (1920, rue Baile), jusqu\u2019au 2 septembre La vérité des rats de laboratoire Une exposition du Centre canadien d\u2019architecture montre comment les scientifiques et les architectes vénèrent le laboratoire SU R L E R A DA R Forster, humaniste monumental Les superlatifs abondent pour décrire l\u2019architecture de Forster + Partners, la firme du Britannique Norman Forster.Le siège de la Commerzbank, emblème de Francfort, a été le plus haut gratte-ciel d\u2019Europe lors de son inauguration en 1997.Le viaduc de Millau, dans le Sud-Ouest français, possède les plus hauts pylônes du monde parmi d\u2019autres records.L\u2019aéroport de Pékin est le plus grand de tous.Ces œuvres et toutes celles réalisées souvent en acier et en verre depuis 1967 n\u2019aspirent pas à la grandiloquence, mais respirent un grand humanisme et un respect environnemental.C\u2019est le propos que défend l\u2019exposition Pour les gens.Pour la Terre au Centre de design de l\u2019UQAM, jusqu\u2019au 15 avril.Cette architecture n\u2019est pas sobre \u2014 pensons à la tour radiale de Londres, qualifiée de «cornichon».Mais derrière les formes élancées ou les coques, il y a chez Forster un souci pour des œuvres écoresponsables.L\u2019ancien assistant de Buckminster Fuller a conçu un des premiers toits verts en 1975, et sa transformation du Reichtag allemand produit plus d\u2019énergie qu\u2019il n\u2019en consomme.L\u2019expo présente douze cas, dont celui en cours de réalisation : le nouvel aéroport de Mexico, un projet d\u2019envergure monumentale, mais qui réduira les distances de marche.Jérôme Delgado En haut : Claude Shannon, Labyrinthe Theseus, 1950-1952.En bas : vue de l\u2019installation dans la Salle octogonale du CCA.MIT MUSEUM, MICHAEL CARDINALI / CCA MICHEL BRUNELLE LI RE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 Essai Les mémoires politiques de Paul Cliche, militant de l\u2019ombre Entrevue Andrée A.Michaud aux frontières de l\u2019identité L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 L i r e S a l o n i n t e r n at i o n a l d u l i v r e d e Q u é b e c 2 2 | Le Salon international du livre de Québec en cinq temps Se déroule du 11 au 15 avril 2018 au Centre des congrès de Québec sur le boulevard René-Lévesque Est.Éric-Emmanuel Schmitt en est le président d\u2019honneur, aux côtés des invités d\u2019honneur : Carolyn Chouinard, Naomi Fontaine, Andrée A.Michaud, Katherine Pancol et Normand Baillargeon.1225 auteurs d\u2019ici et d\u2019ailleurs vont y converger dont Douglas Kennedy, Joël Dicker, Dany Laferrière, Catherine Mavrikakis, Bryan Perro, Kim Thúy, David Turgeon, François Gravel, Alex A., Maxime Raymond-Bock, Michel Rabagliati, Catherine Lalonde, Kevin Lambert, Stéphane Larue, Thierry Watine\u2026 entre autres.Plusieurs prix littéraires vont y être remis, dont le Prix littéraire des collégiens, le Prix du livre politique de l\u2019Assemblée nationale du Québec, le prix Qué- bec-France Marie-Claire Blais et le prix Adrienne-Choquette (de la nouvelle).Québec, la Muse, le festival littéraire du salon, va proposer plusieurs spectacles multidisciplinaires mettant la littérature en vedette, dont un alliant le jazz et la poésie.ENTREVUE DANIELLE LAURIN COLLABORATRICE LE DEVOIR À PARIS out aurait été différent si\u2026 On pourrait résumer ainsi l\u2019obsession de l\u2019écrivain américain Douglas Kennedy pour la place du hasard dans nos vies.Ce qui ne l\u2019empêche pas de clamer : « Le malheur est un choix, j\u2019en suis persuadé.» Avec La symphonie du hasard, une fresque sociale et politique en trois tomes qui nous plonge au cœur des années 1970 par le biais d\u2019une famille américaine en conflit, le romancier à succès de 63 ans revisite ses jeunes années.Mais en se mettant dans la peau d\u2019une femme.C\u2019est un procédé qu\u2019il a souvent utilisé dans ses romans précédents.Tout est parti de sa mère, du besoin qu\u2019il avait de la comprendre, lui a dit une psy un jour.«J\u2019ai eu une mère très difficile, qui avait des problèmes», glisse- t-il dans un excellent français.Il explique que sa mère était quelqu\u2019un d\u2019éduqué, d\u2019intelligent, mais sans identité propre.« Comme beaucoup de femmes de sa génération, elle est tombée enceinte et s\u2019est retrouvée avec un enfant, moi, et ça, c\u2019était le début de la fin.Elle est devenue femme au foyer.Non pas à cause de ça, mais grâce à ça, je suis devenu très féministe très tôt.» Douglas Kennedy et la lecture de l\u2019aléatoire Dans La symphonie du hasard, le romancier américain revisite ses jeunes années et le vertige de ses choix T Avec La symphonie du hasard, le romancier de 63 ans revisite ses jeunes années.JOËL SAGET AGENCE FRANCE-PRESSE Si quelqu\u2019un me dit qu\u2019il est stable et qu\u2019il a un équilibre total, je pense à un scientologue ou à quelque chose comme ça\u2026 Ça n\u2019existe pas, tout le monde est névrotique.Mais il y a des degrés.DOUGLAS KENNEDY » À travers les souvenirs d\u2019Alice, on est confrontés au racisme, au sexisme, à l\u2019homo- phobie et à l\u2019antisémitisme aux États-Unis SILQ Dany Laferrière ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR | 2 3 L i r e S a l o n i n t e r n at i o n a l d u l i v r e d e Q u é b e c Nous sommes attablés au café du mythique Hôtel du Nord, en bordure du canal Saint-Mar tin à Paris .L\u2019auteur de L\u2019homme qui voulait vivre sa vie, un mordu de cinéma dont plusieurs romans ont été adaptés au grand écran, est un habitué de ce lieu immortalisé par un film de Marcel Carné.Il a son appartement pas trop loin, mais garde sa maison dans le Maine.Constamment pris de bougeotte, ce divorcé père de deux enfants a aussi de multiples pied-à-terre, à Berlin, à Londres\u2026 et à Montréal, où il a vécu cinq ans en couple avec une psychologue canadienne.«Toutes les femmes de ma vie ont été des femmes professionnelles, et l\u2019indépendance et l\u2019intelligence sont très importantes pour moi.L\u2019idée de contrôler quelqu\u2019un d\u2019autre, ce qui est un grand thème de plusieurs mariages, ce n\u2019est pas mon truc.» La narratrice de sa trilogie, dont le premier volet est paru l\u2019automne dernier et le deuxième sortira le 12 avril au Québec, est éditrice à New York.Au moment où s\u2019ouvre l\u2019action, dans les années 1980, Alice Burns se rend visiter l\u2019un de ses frères en prison.Elle en vient à voir avec des yeux neufs son passé adolescent, sa vie familiale d\u2019autrefois, après que son frère lui confie un terrible secret.« Toutes les familles sont des sociétés secrètes», écrit d\u2019entrée de jeu Douglas Kennedy, qui va être de passage au Salon international du livre de Québec la semaine prochaine.De la même façon, il avance que tout le monde a des comportements pathologiques et contradictoires.« C\u2019est la condition humaine.Si quelqu\u2019un me dit qu\u2019il est stable et qu\u2019il a un équilibre total, je pense à un scientologue ou à quelque chose comme ça\u2026 Ça n\u2019existe pas, tout le monde est névrotique.Mais il y a des degrés.» Plus ça change\u2026 À travers les souvenirs d\u2019Alice qui nous ramènent aux années 1970, on est confrontés au racisme, au sexisme, à l\u2019homophobie et à l\u2019antisémitisme aux États-Unis.Les choses ont changé, heureusement, constate le romancier.Mais pas autant qu\u2019il le souhaiterait.« Mon pays a élu un homme qui est au-delà du misogyne, qui a abusé des femmes, et qui a eu des aventures avec des stars de porno.Chapeau ! Quelle source de fierté pour nous ! » Sans oublier l\u2019af faire Weinstein, bien sûr.«C\u2019est quelqu\u2019un d\u2019horrible, ce violeur de femme.Mais je suis sûr que le mouvement #MeToo n\u2019a pas seulement commencé à cause de Weinstein, mais aussi à cause de Trump.Du fait qu\u2019il a battu la première femme blanche aux États- Unis, et que c\u2019était le triomphe des hommes blancs\u2026 comme du temps de la génération de mes parents.» Il raconte qu\u2019un jour, son père lui a dit : « Tu sais pourquoi on a ne va jamais élire une femme comme présidente ?Imagine, elle aura les codes nucléaires quand elle a ses règles.» Douglas Kennedy avait 16 ans.« Plus de 40 ans plus tard, déplore-t- il, on a Trump : c\u2019est exactement la même chose.» Jeux de miroir On assiste dans les deux premiers tomes de La symphonie du hasard aux bouleversements politiques des années 1970 non seulement aux États-Unis (guerre du Vietnam, arrivée de Nixon au pouvoir puis Watergate), mais aussi en Irlande (attentats terroristes) et au Chili (coup d\u2019État contre Allende).S\u2019entremêlent ainsi la petite et la grande histoire, par effet de miroir : conflits internationaux versus conflits familiaux.Comme l\u2019auteur, Alice est née à New York, d\u2019une mère juive dépressive et d\u2019un père catholique irlandais strict mais grand amateur de femmes.Et comme l\u2019auteur, elle a grandi auprès de parents éternellement en guerre.« Quand j\u2019ai eu connaissance du fait que j\u2019étais au milieu d\u2019un mariage très raté, j\u2019avais 8 ans ou 9 ans, et j\u2019ai commencé à tout observer tout le temps autour de moi », précise Douglas Kennedy.Comme lui, Alice a fréquenté un collège du Maine, avant de poursuivre pendant un an ses études à Dublin, soucieuse de rompre avec son destin, ou plutôt de s\u2019en construire un.Commence alors une vie de bohème, où les rencontres se multiplient.« Tout ce qui m\u2019arrivait était-il simplement le fr uit des circonstances, se demande Alice, ou avais- je, par le biais de mes choix et de mes actions, un certain degré d\u2019incidence sur le cours des choses ?» Trop heureuse de s\u2019éloigner de son milieu familial toxique, la jeune fille mal dans sa peau n\u2019en demeure pas moins marquée par les siens.Elle finira par découvrir, outre le secret de son frère Adam, bien d\u2019autres non-dits familiaux.Entre autres celui-ci : son père, propriétaire d\u2019une mine au Chili, ami de Pinochet, est aussi agent de la CIA.Tout comme c\u2019était le cas pour le père de l\u2019écrivain.« Alice Burns, c\u2019est moi », pourrait dire Douglas Kennedy.Ou presque.Car il s\u2019est aussi inspiré de sa fille dans la jeune vingtaine.« Comme toutes les ados un peu intéressantes et différentes, elle a eu beaucoup de problèmes avec les autres filles.J\u2019en ai discuté avec elle pendant toute son adolescence.J\u2019avais vécu la même merde.Je n\u2019étais pas sportif, alors que ça comptait beaucoup à cette époque.J\u2019étais toujours derrière un livre, parlant de cinéma tout le temps, de musique classique, de jazz\u2026 C\u2019est dur d\u2019être dif férent quand on est jeune.Mais grâce à ça, je suis devenu romancier.» La symphonie du hasard Tome 2 Douglas Kennedy, traduit de l\u2019anglais par Chloé Royer, Belfond, Paris, 2018, 336 pages En librairie le 12 avril Savoir ce que l\u2019on veut, selon Douglas Kennedy Après son année d\u2019études à Dublin au milieu des années 1970, Douglas Kennedy est rentré aux États-Unis, a travaillé un temps comme régisseur de théâtre, puis est retourné vivre en Irlande pendant une dizaine d\u2019années.Il a œuvré dans le milieu du théâtre à nouveau, puis il s\u2019est mis à l\u2019écriture, la nuit, tout en gagnant sa vie comme journaliste indépendant.« Mon père ne m\u2019a jamais donné un sou, et je ne lui en ai jamais demandé », précise-t-il.Il commence par des pièces de théâtre pour la radio.Puis rédige des récits de voyage.Son premier roman paraît en 1994.Mais c\u2019est avec son deuxième, L\u2019homme qui voulait vivre sa vie, qu\u2019il connaît le succès quatre ans plus tard : traduit en 16 langues, le livre se vendra à un million d\u2019exemplaires dans le monde.Dans la foulée de ce succès, un soir, il discute avec son père âgé.Qui se fâche.«Je venais de signer un immense contrat d\u2019édition, et il était très mal à l\u2019aise.Il a commencé à se plaindre de ma mère.Je lui ai dit : \u201cMais papa tu as 70 ans maintenant, qu\u2019est-ce que tu veux?\u201d» Son père s\u2019est alors mis à rêver : une petite maison dans le Maine, au bord de la mer, un petit bateau, un 4X4\u2026 peut-être un contrat d\u2019enseignement, et une petite amie, dans la cinquantaine, calme et stable.Le fils a répliqué que tout cela était encore possible.Que son père n\u2019avait qu\u2019à vendre la maison familiale de New York, donner la part qui revient à sa femme et recommencer sa vie.La réaction du paternel : « Il a pris ma main et il a essayé de me casser les doigts.Il est devenu furieux.Parce que j\u2019ai décrit une vie qui était possible, juste à côté.» Il y a les hasards, qui peuvent changer une vie.«Montrez-moi une vie sans hasards», insiste Douglas Kennedy.Mais ensuite, il y a les choix qu\u2019on fait, dit-il.«Qu\u2019est-ce qu\u2019on veut?C\u2019est une question immense.C\u2019est la question la plus hallucinante, la plus vertigineuse qu\u2019on puisse poser.» L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 L i r e S a l o n i n t e r n at i o n a l d u l i v r e d e Q u é b e c 2 4 | CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Après Extraits du carnet d\u2019observation de la femme et ¡Ubre! (Leméac, 2008 et 2011), Rodolphe Lasnes, aujourd\u2019hui basé à Montréal mais né en France en 1971, poursuit une œuvre décidément marquée par l\u2019imaginaire.Paco Fater, le narrateur principal de son troisième roman, Pinsonia (1500-2011), est un jeune journaliste désabusé, chargé des notices nécrologiques dans un tabloïd de Villa Nova, la capitale de la minuscule république de Pinsonia, au nord du Brésil.« Chaque ville a son odeur.Celle de Villa Nova, c\u2019est marée basse, moisissure et feux de poubelles.» À l\u2019automne 2011, après la mort violente et suspecte de Wesley Re- belo, Paco va découvrir que son ami travaillait à un documentaire-choc déboulonnant certaines vérités inventées de ce pays où pullulent les « banques nébuleuses, les casinos, les avocats et les bordels » et dirigé par un «gouvernement mythomane».Rodolphe Lasnes s\u2019appuie ici en bonne partie sur l\u2019histoire réelle de la république de Counani, proclamée en 1886 par un trio d\u2019aventuriers français sans scrupule.Entre l\u2019utopie et le canular, ce bout de terre contesté situé à la lisière du Brésil et de la Guyane française aura tenu bon jusqu\u2019en 1912.De la découverte réelle de l\u2019Amazone en 1500 par Vicente Yáñez Rodolphe Lasnes ou l\u2019invention des tropiques Pinsonia (1500-2011) se joue des mythes fondateurs d\u2019une petite république imaginaire d\u2019Amérique du Sud Pinsonia (1500-2011) ?Rodolphe Lasnes, Leméac, Montréal, 2018, 240 pages Rodolphe Lasnes arrive à construire un univers parfaitement maîtrisé, à la fois proche de et plus ambitieux que ¡Ubre !.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR CRITIQUE FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Au royaume de la littérature des bons sentiments, Éric-Emmanuel Schmitt mérite sans l\u2019ombre d\u2019un doute le titre de prince charmant.L\u2019art du conte initiatique, aux accents saint-exupériens, aux tonalités psycho pop et à la lisibilité élémentaire, l\u2019homme, président d\u2019honneur du Salon international du livre de Québec cette année, il maîtrise, comme dirait l\u2019autre, ou comme diraient ceux et celles qui ont lu par le passé Oscar et la dame rose (2002), Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran (2001), La femme au miroir (2011), Odette Toulemonde et autres histoires (2006) ou encore La vengeance du pardon (2017), recueil de nouvelles sortis à temps à l\u2019automne pour la Salon du livre de Montréal.Pas de surprise donc dans Madame Pylinska et le secret de Chopin, roman très cour t dont l\u2019oppor tu- nisme vient lustrer l\u2019image bienveillante et sensible du romancier populaire en racontant ici l\u2019étrange relation d\u2019un jeune Parisien avec sa prof de piano, sur fond de musique classique.Éric-Emmanuel s\u2019y met en scène comme personnage principal au contact d\u2019une certaine Madame Pylinska, débarquée à Paris de sa Pologne natale avec dans ses bagages un charme rugueux slave et des méthodes d\u2019enseignement tenant sans doute un peu plus de la poésie enfantine que de la musicologie.Pour amener son élève à appréhender l\u2019œuvre du compositeur franco- polonais, elle va l\u2019envoyer au jardin du Luxembourg pour récolter la rosée du matin sur des fleurs, écouter le son du vent dans les branches d\u2019arbre ou observer les ondes sur l\u2019eau calme du bassin de la fontaine.Soyons honnêtes : la chose aurait pu être le prélude à la contemplation naïve des images tracées dans un ciel bleu par des nuages ! Mais heureusement, Éric-Emmanuel Schmitt épargne à ses lecteurs cette autre facilité.Aimer en inscrivant sa vie et son rapport au monde sur les partitions des grands compositeurs.Vivre en se mettant en syntonie avec leurs compositions.Le secret de Chopin, on s\u2019en doute, n\u2019est pas à aller chercher très loin dans ce roman qui appelle à une suspension temporaire de ses mécanismes de défense intellectuelle pour être pleinement apprécié.La fulgurance tient ici dans le temps de lecture plus que dans la profondeur du propos.Gentillet ?Velouté ?Douillet ?Le récit est tout ça à la fois en convoquant la figure d\u2019une tante sympathique, des commentaires sur la vie des chats, en parlant d\u2019amour impossible et de maladie incurable et en laissant au final échapper une mélodie trop facilement perceptible qui n\u2019est pas sans rappeler celle émanant des programmations de radios classiques commerciales.Oui, Éric-Em- manuel Schmitt, en prince des bons sentiments, est au sommet de sa forme.Et à ce r ythme-là, il est en chemin pour être couronné roi.Musique classique et bons sentiments Éric-Emmanuel Schmitt poursuit sa réflexion naïve sur la vie et l\u2019amour L\u2019écrivain se met en scène comme personnage principal au contact d\u2019une certaine Madame Pylinska, débarquée à Paris de sa Pologne natale.JOËL SAGET AGENCE FRANCE-PRESSE Madame Pylinska et le secret de Chopin ?Éric-Emmanuel Schmitt, Albin Michel, Paris, 2018, 124 pages L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 Essais étrangers Le feu et la fureur.Trump à la Maison Blanche Michael Wolff/Robert Laffont 1/4 Le miracle Spinoza Frédéric Lenoir/Fayard 2/19 Sapiens.Une brève histoire de l\u2019humanité Yuval Noah Harari/Albin Michel 3/110 Homo deus.Une brève histoire de l\u2019avenir Yuval Noah Harari/Albin Michel 4/29 Histoire de la sexualité \u2022 Tome 4 Les aveux de la chair Michel Foucault/Gallimard 7/2 La vie secrète des arbres Peter Wohlleben/Multimondes 5/53 Holocauste.Une nouvelle histoire Laurence Rees/Albin Michel 6/2 Face à l\u2019anthropocène.Le capitalisme fossile et la crise du.Ian Angus/Écosociété \u2013/1 Utopia XXI Aymeric Caron/Flammarion 8/2 Tueurs en série Charlotte Greig/Broquet \u2013/1 Essais québécois En as-tu vraiment besoin?Pierre-Yves McSween/Guy Saint-Jean 1/75 Discours de réception du prix Nobel Jean Barbe/Leméac 4/3 Le peuple rieur.Hommage à mes amis Innus Serge Bouchard | Marie-Christine Lévesque/Lux 3/19 Un Québec libre est un Québec qui sait lire et écrire Sébastien Proulx/Septentrion 2/5 Le vivre ensemble n\u2019est pas un rince-bouche Rachida Azdouz/Édito \u2013/1 Douze ans en France Mélikah Abdelmoumen/VLB \u2013/1 Avant je criais fort Jérémie McEwen/XYZ \u2013/1 Lettres biologiques.Recherches sur la sexualité humaine frère Marie-Victorin/Boréal 7/7 Le banc du temps qui passe.Méditations cosmiques Hubert Reeves/Seuil 10/2 Le totalitarisme pervers d\u2019une multinationale au pouvoir Alain Deneault/Écosociété 6/3 Romans étrangers La disparition de Stephanie Mailer Joël Dicker/Fallois 1/2 Sleeping beauties Stephen King | Owen King/Albin Michel 2/3 Origine Dan Brown/Lattès 4/25 La femme à la fenêtre A.J.Finn/Presses de la Cité 6/6 Lumière noire Lisa Gardner/Albin Michel 3/12 La disparue de la cabine n° 10 Ruth Ware/Fleuve 5/6 L\u2019amie prodigieuse \u2022 Tome 4 L\u2019enfant perdue Elena Ferrante/Gallimard 7/4 Couleurs de l\u2019incendie Pierre Lemaitre/Albin Michel 9/12 Une colonne de feu Ken Follett/Robert Laffont 10/2 Dark web Dean Ray Koontz/Archipel \u2013/1 Romans québécois Yamaska, Julie Anne Boyer | Dominique Drouin/Homme \u2013/1 Yamaska, Hélène Anne Boyer | Dominique Drouin/Homme \u2013/1 Le gazon.plus vert de l\u2019autre côté de la clôture?Amélie Dubois/Les Éditeurs réunis 1/2 Yamaska, Réjanne Anne Boyer | Dominique Drouin/Homme \u2013/1 Deux coups de pied de trop Guillaume Morrissette/Guy Saint-Jean \u2013/1 Au chant des marées \u2022 Tome 2 La vie sur l\u2019Île Verte France Lorrain/Guy Saint-Jean 2/4 Les chevaliers d\u2019Antarès \u2022 Tome 9 Justiciers Anne Robillard/Wellan 4/7 Histoires de gars P.Senécal | S.Lafrance | J.Du Temple/Goélette 3/2 Le temps de le dire \u2022 Tome 3 Les années fastes Michel Langlois/Hurtubise 5/4 Il y aura des morts Patrick Senécal/Alire 6/20 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 Du 26 mars au 1er avril 2018 La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est propriétaire du système d\u2019information et d\u2019analyse Gaspard sur les ventes de livres français au Canada.Ce palmarès est extrait de Gaspard et est constitué des relevés de caisse de 260 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Gaspard.© BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite.AUTEUR/ÉDITEUR CLASSEMENT PRÉCÉDENT/ NB DE SEMAINE(S) RANG Palmarès 15 e édition FINALISTES É LA REMISE DU P le vendredi 13 a Scène des Rend Salon internation DITION 2018 RIX aura lieu vril 201 // 8 13 h ez-vous littéraires al du livre de Je Roy Je De b Ab Au g Sté an-Philippe Baril Guéra al // Les éditions d Ta e Mère an-François Caron ois debout // La Peuplade la Farhoud rand soleil cachez vos ?lles // phane Larue rd VLB Québec, Centre d prixlitterairedes es congrès collegiens.ca Le p Au Le c longeur // Le Quartanier drée Wilhelmy orps des bêtes // Leméac FICTION Corps ?1/2 Sous la direction de Chloé Savoie- Bernard, Triptyque, Montréal, 2018, 150 pages Des femmes savantes, le premier recueil de nouvelles de Chloé Savoie- Bernard, était déjà peuplé de personnages refusant que leur corps les définisse.Rien de surprenant donc que l \u2019écrivaine s\u2019avoue au- jourd\u2019hui obsédée par les corps dans le liminaire de ce collectif réunissant des fictions de treize écrivains (Catherine Mavrikakis, Carole David, Anne-Renée Caillé) et d\u2019un chanteur (Philémon Cimon qui, comme il l\u2019a souvent fait sur disque, frémit en contemplant la beauté du monde).Les mystères d\u2019un corps préservant jalousement ses secrets, bien qu\u2019on y soit chaque jour emprisonné, tentent d\u2019être percés par Mar tine Delvaux, inquiète des secousses que son cœur brisé impose jusque dans sa chair, ou par Maxime Raymond- Bock, réfléchissant au corps qui consigne par fois le souvenir des pires tragédies.Alice Michaud-Lapointe peine pour sa part à soigner son hypocondrie et se « demande encore comment on apprend à faire confiance à son corps, à ne pas douter de lui, à ne pas croire que ses dessins sont impénétrables, parfois néfastes », un texte nommant avec une ver tigi- neuse justesse l\u2019angoisse du corps qui semble faire à sa tête.Le corps est aussi le lieu de la violence symbolique chez Marilou Craft, qui donne à voir tous les af- f l igeants messages l ib idineux d\u2019hommes envisageant leur sexualité comme d\u2019autres préparent un safari, ou chez Katia Belkhodja, qui se réjouit de mettre au monde un garçon.Bravo à Kevin Lambert qui, faut le faire, vomit l\u2019hétéronormativité avec autant de provocante perversité que dans son explosif roman Tu aimeras ce que tu as tué.Impitoyables et irrévérencieux, plusieurs de ces textes récusent le personnage de fiction comme outil littéraire principal (sur tout chez Maude Veilleux), au profit d\u2019une écriture de l\u2019intime multipliant les vérités, plutôt que d\u2019en imposer une seule.Interroger son propre corps, avant de s\u2019imaginer dans celui des autres, est ici un nécessaire exercice d\u2019humilité.Dominic Tardif Apprivoiser son corps Pinzón, qui avait été l\u2019un des lieutenants de Christophe Colomb, en passant par les négociations entourant le traité d\u2019Utrecht en 1713, jusqu\u2019à la désintégration de Cou- nani, le roman fait alterner la quête un peu hallucinée de Paco Fater avec le scénario d\u2019un film hagiographique conçu à la gloire des « créateurs » de cet Eldorado de pacotille.On y suit de près dans Villa Nova les zigzags du narrateur, fan de Sonic Youth toujours vêtu de noir, ses nuits humides et alcoolisées, et on y sent l\u2019angoisse qui monte peu à peu jusqu\u2019à déborder, tandis que gronde une révolte sociale dont les fondements sont peut-être aussi toc que les mythes nationaux.Sans en avoir l\u2019air, le récit de Pinso- nia (1500-2011) se situe au confluent parfait de deux mouvements qui l\u2019irriguent.D\u2019un côté, on y découvre, dans l\u2019ordre, le destin d\u2019explorateurs et de conquérants, de petits escrocs et de mythomanes qui ont convergé vers les promesses de l\u2019Amazonie.De l\u2019autre, s\u2019y dessine comme une flèche le désir de fuite et d\u2019ailleurs de Paco, qui rêve de s\u2019exiler pour de bon à New York.Mélangeant roman noir, récit historique et uchronie tropicale, à coups de détails criants de vérité et d\u2019habile fumisterie, Rodolphe Lasnes arrive à construire un univers parfaitement maîtrisé, à la fois proche de et plus ambitieux que ¡Ubre !.Le genre confinant un peu aux clichés \u2014 l\u2019alcool, la moiteur, la corruption, les femmes \u2014, l\u2019issue pourra peut-être toutefois sembler prévisible.Mais la voix est juste et la feinte est au rendez-vous. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 L i r e S a l o n i n t e r n at i o n a l d u l i v r e d e Q u é b e c 2 6 | CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR « L\u2019amour n\u2019est pas le contraire de la haine, écrit Georges Perros dans ses Papiers collés, c\u2019est sa sublimation.» Un verdict qui pourrait peut-être s\u2019appliquer à l\u2019histoire de Jean-Loup et d\u2019Hortense.Dans leur vieil âge, des années après leur naufrage conjugal, ces deux personnages se racontent à tour de rôle dans Le pélican et le labyrinthe, troisième collaboration de Hans-Jürgen Greif et Guy Boivin après La bonbonnière et Le temps figé (L\u2019instant même, 2007 et 2012).Homme solitaire et fuyant, Jean- Loup Grozinski a quitté à 21 ans la France de l\u2019après-guerre sans un regard pour sa famille.Il s\u2019installera d\u2019abord à Montréal, avant de devenir bibliothécaire spécialisé en histoire de l\u2019art à l\u2019Université Laval.Au tournant des années 1970, il fera la rencontre d\u2019Hor tense Guimond, une puéricultrice qui adore les enfants et qui souhaite elle-même en avoir au moins une demi-douzaine.Décrivant leur bonheur furtif, la rapide dégradation de leur couple et leurs querelles incessantes, la succession des grossesses et leur divorce par ticulièrement houleux, même violent, Le pélican et le labyrinthe dessine le portrait gris de ce couple mal assorti, hanté par le spectre de la maladie mentale.Alors que lui est un solitaire, pris dans le labyrinthe de désirs contradictoires et d\u2019une impossibilité à communiquer (« J\u2019avance dans la vie à la manière d\u2019un somnambule, je cherche ma voie dans le noir »), elle est consumée jusqu\u2019à la folie par son instinct maternel.«Ma vraie et seule profession a été d\u2019être mère pélican.Avec ce que j\u2019ai encaissé comme coups, j\u2019ai trop de plomb dans les ailes pour voler.» Ces deux vies vont se déployer sous nos yeux, enveloppées par la lourdeur et la monotonie d\u2019une chape de plomb, avant que, des années plus tard, la mort accidentelle d\u2019un de leurs enfants vienne sceller à jamais leur mésentente.Elle dira de lui, sans jamais laisser faiblir sa hargne: «Il était coupable d\u2019être vivant alors que mon fils était mort.Sa vie à lui, j\u2019aurais voulu la détruire.Le briser une fois pour toutes.Casser son maudit orgueil.» Mais derrière la chronique de la misère domestique et sexuelle de leur couple, le véritable malheur est ailleurs.Les auteurs ensevelissent leur roman sous une avalanche de détails qui sont parfois à la limite de l\u2019insignifiance \u2014 faisant fi du « show, don\u2019t tell» cher à Hemingway.D\u2019une manière clinique et sans âme, Hans-Jürgen Greif et Guy Boivin déroulent donc le fil de ces deux existences qui, sans être tout à fait banales, parviennent à nous écraser sans nous intéresser vraiment.Loin de l\u2019ironie acérée de La bonbonnière, le roman cette fois ne se démarque ni par l\u2019écriture ni par l\u2019histoire qu\u2019il raconte.Deux vies face à des vents contraires Hans-Jürgen Greif et Guy Boivin racontent à froid la désintégration d\u2019un couple mal assorti Le pélican et le labyrinthe ?Hans-Jürgen Greif et Guy Boivin, L\u2019instant même, Longueuil, 2018, 254 pages CRITIQUE FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Il y a la redondance didactique et celle qui sert de remplissage.L\u2019une vise à faciliter l\u2019apprentissage de concepts, l\u2019assimilation de contenus, l\u2019appréhension d\u2019une certaine complexité.L\u2019autre, exploitée par les télé- romans de bas étage \u2014 comme ceux situés à Santa Barbara ou dans un General Hospital \u2014, les émissions spécialisées dans la vidéo de gens qui se pètent la gueule ou les musicographies d\u2019artistes qui, après la pause, sombrent dans l\u2019enfer de l\u2019alcool, tend à étirer la sauce pour soutenir l\u2019attention sur un contenu qui en a sans doute moins qu\u2019il n\u2019en annonce.Et le romancier suisse Joël Dicker maîtrise visiblement très bien les deux.Avaler les 636 pages de La disparition de Stephanie Mailer, sa dernière création, attendue trois ans après Le livre des Baltimore et six ans après La vérité sur l\u2019affaire Harry Quebert, fiction qui a fait entrer le jeune auteur de 33 ans dans la cour des grands, suffit pour s\u2019en convaincre.L\u2019intrigue s\u2019y étire au rythme d\u2019une horlogerie narrative plutôt grossière dont les ficelles, les petits ressorts et les gros rouages n\u2019ont été que très peu dissimulés.Le tout forme une œuvre qui radote en expliquant trop et qui racole plus qu\u2019elle n\u2019accroche.Dommage! Car le décor est sympathique: les Hamptons, cette région côtière à l\u2019est de New York où Stephanie Mailer, 32 ans, journaliste à Orphea, petite ville riche et lettrée, disparaît en 2014, à quelques jours de l\u2019ouverture du festival de théâtre.Elle enquêtait sur un quadruple meurtre survenu 20 ans plus tôt.Les victimes?Le maire de la ville, Joseph Gordon, sa femme Leslie, leur fils Arthur, abattus dans la maison familiale.Une passante s\u2019étant trouvée au mauvais moment devant la résidence de l\u2019élu au moment du drame s\u2019ajoute à la liste.C\u2019était le soir de la première édition du festival, le 30 juillet 1994.L\u2019homme arrêté pour ce crime n\u2019était pas le bon, selon la journaliste.Mais s\u2019approcher un peu trop de la vérité peut être fatal.Erreur sur la personne.Messages énigmatiques laissant entendre que la vérité, justement, est ailleurs.Indices sortant de l\u2019ombre comme par magie.Tout est là, bien fixé et sans cesse éclairé par les va-et-vient entre 1994, l\u2019année des meurtres, et 2014, l\u2019année de la disparition de Stephanie, posé sur un canevas qui tient toutefois bien plus de la peinture à numéros que de l\u2019acte littéraire fort, original et surprenant.Une toile aux contours prévisibles où la redite et l\u2019accompagnement du lecteur dans cette architecture du mal aux fondations simplistes font perdre très vite l\u2019intérêt, y compris sur les rares ingrédients amusants qui entrent dans la recette.On note ici la présence d\u2019un ex-chef de police devenu dramaturge, à l\u2019ego démesuré, ou la relation adultère et trouble d\u2019un directeur de revue littéraire new-yorkaise avec une jeune collaboratrice.Et du coup, s\u2019il devait y avoir une vérité sur La disparition de Stephanie Mailer, c\u2019est bien que la redondance, aussi utile puisse-t-elle être, finit toujours un peu par devenir lassante.Les Hamptons de Joël Dicker La disparition de Stephanie Mailer se perd dans un récit qui radote pour racoler L\u2019intrigue du romancier suisse tourne, comme une horlogerie à la mécanique grossière, autour d\u2019un quadruple meurtre et d\u2019une journaliste qui s\u2019évapore.VALERY WALLACE STUDIO CYAN La disparition de Stephanie Mailer ?1/2 Joël Dicker, Éditions de Fallois, Paris, 2018, 636 pages Le pélican et le labyrinthe est la troisième collaboration de Hans-Jürgen Greif et Guy Boivin après La bonbonnière et Le temps figé.RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR | 2 7 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 Eric-Emmanuel SCHMITT Président d\u2019honneur Dédicaces MERCREDI 11 AVRIL De 16 h 30 à 17 h 30 JEUDI 12 AVRIL De 19 h 00 à 20 h 00 VENDREDI 13 AVRIL De 12 h 30 à 13 h 30 De 18 h 00 à 19 h 30 SAMEDI 14 AVRIL De 10 h 30 à 11 h 30 De 15 h 00 à 16 h 00 DIMANCHE 15 AVRIL De 11 h 00 à 12 h 00 De 14 h 00 à 15 h 00 Albin Michel Salon international du livre de Québec PHOTO AUTEUR © STÉPHANE DE BOURGIES Katherine PANCOL Invitée d\u2019honneur Dédicaces SAMEDI 14 AVRIL VENDREDI 13 AVRIL De 18 h 30 à 19 h 30 SAMEDI 14 AVRIL De 11 h 30 à 12 h 30 De 14 h 00 à 15 h 30 PHOTO AUTEURE © SYLVIE LANCRENON I ILLUSTRATION DE LA COUVERTURE © LAURENT NICOLAS STAND 202 AUTOBIOGRAPHIE Lettres à une jeune gymnaste ?1/2 Nadia Comaneci, traduit de l\u2019anglais par Camille Pichard, Talent Sport, 2018, 214 pages Tout le monde se souvient de la première note parfaite de l\u2019histoire olympique inscrite à Montréal en 1976 par une Roumaine de 14 ans, jusque-là inconnue, nommée Nadia Comaneci.Ce qui s\u2019est évaporé de certaines mémoires, c\u2019est la singularité de cette gymnaste, dont le parcours a été façonné par le contexte politique et économique d\u2019une Roumanie sous l\u2019emprise de la dictature.Dans Lettres à une jeune gymnaste, Comaneci prend la plume pour décrire l\u2019avant et l\u2019après- Montréal.Le récit, personnel, permet de vivre de l\u2019intérieur les événements marquants de la vie de l\u2019athlète, mais il offre surtout à Comaneci l\u2019occasion d\u2019aborder des épisodes controversés de sa carrière, comme sa relation avec son entraîneur, sa présumée tentative de suicide et ses premiers pas aux États-Unis.Difficile toutefois de croire que ces passages destinés à faire taire les rumeurs du passé ont de quoi intéresser la jeune gymnaste d\u2019aujourd\u2019hui, à qui elle dit pourtant s\u2019adresser.Karl Rettino-Parazelli ALBUM JEUNESSE Le lion blanc ?Jim Helmore et Richard Jones, traduit de l\u2019anglais par Nadine Robert et Mathieu Lavoie, Comme des géants, Montréal, 2018, 48 pages Caro emménage dans une nouvelle maison avec sa maman où les portes, les murs, les planchers et les plafonds sont blancs.Dans ce désert immaculé, elle se sent bien seule, jusqu\u2019à ce qu\u2019un lion, tout aussi blanc que le décor, surgisse de nulle part.S\u2019installe alors une douce amitié permettant à la fillette d\u2019apprivoiser l\u2019inconnu.Le thème de l\u2019adaptation, finement mis en scène ici grâce au texte simple et aux dialogues brefs de Jim Helmore, est soutenu par un graphisme évocateur.L\u2019apparition progressive de couleurs sur les murs de la maison tend à faire disparaître le félin, témoignant ainsi de l\u2019ouverture de Caro sur le monde qui l\u2019entoure.Le trait délicat de Richard Jones offre par ailleurs une ambiance qui reflète le quotidien de l\u2019héroïne : des chaussettes oubliées sur un bout de tapis, des figurines posées sur le rebord d\u2019une fenêtre, des traces de peinture tombée sur le plancher, comme autant de détails suggérant le bien-être grandissant de la petite.Du joli.Marie Fradette ESSAI De l\u2019amour et de l\u2019audace ?Adrien Rannaud, Les Presses de l\u2019Université de Montréal, Montréal, 2018, 333 pages Entre 1900 et 1939, en parallèle avec des gains sociaux tels que le droit de vote et le droit de disposer de leur salaire, les femmes font une entrée fracassante en littérature au Québec.Loin de se soucier des conventions, elles bouleversent les attentes et créent un imaginaire qui leur est propre autour de l\u2019amour et de la désillusion, ouvrant ainsi la voie aux générations subséquentes.À travers les parcours de trois écrivaines aujourd\u2019hui tombées dans l\u2019oubli, Jovette-Alice Bernier, Éva Sénécal et Michelle Le Normand, et des hommes qui leur ont tendu la main, Adrien Rannaud, docteur en études littéraires à l\u2019Université Laval, décortique le discours féminin de l\u2019époque et offre une perspective historique sur la construction sociale d\u2019un statut d\u2019écrivaine.Malgré un ton académique, le chercheur parvient à vulgariser les choix, les enjeux et les préoccupations de ces pionnières fascinantes et assoit leur influence dans la littérature contemporaine.Anne-Frédérique Hébert-Dolbec POÉSIE Bagages, mon histoire ?Poèmes de jeunes immigrants illustrés par Rogé, Éditions de la Bagnole, Montréal, 2018, 36 pages Parce que la générosité de Simon Boulerice est aussi grande que celle de son œuvre foisonnante, l\u2019écrivain offre depuis des années le cadeau de la poésie aux nouveaux arrivants de l\u2019école Paul-Gérin-Lajoie-d\u2019Outremont, lors d\u2019ateliers d\u2019écriture.Il allait de soi que Rogé puise dans cette masse de textes signés par des adolescents \u2014 certains déjà entendus dans le documentaire Bagages de Paul Tom et Mélissa Lefebvre \u2014 afin d\u2019imaginer le quatrième tome de sa série de portraits à l\u2019huile accompagnant des poèmes d\u2019écoliers.La dignité trouve entre les pages de ce splendide album 15 visages, dont l\u2019illustrateur traduit l\u2019irrévocable sagesse, douloureusement acquise, sans pour autant gommer l\u2019enfance qui, malgré la dureté du monde, refuse de s\u2019éteindre dans leurs yeux.«J\u2019ai jeté mes douze ans / Mes vieux souvenirs, / Mes vieux amis, mon vieux pays / Mon cocon, le nœud de ma vie», se rappelle Dohee Kim, venue de Corée du Sud.Bouleversant.Dominic Tardif L i r e S a l o n i n t e r n at i o n a l d u l i v r e d e Q u é b e c L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E L i r e S a l o n i n t e r n at i o n a l d u l i v r e d e Q u é b e c 2 8 | ENTREVUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR À SAINT-SÉBASTIEN-DE-FRONTENAC ù sommes-nous au juste ?À une petite heure de Saint- Georges, à une très grosse heure de Sherbrooke, à une demi-heure de Lac- Mégantic, d\u2019accord, mais où sommes- nous exactement?«Quand j\u2019étais petite, ici, on disait qu\u2019on était en Haute- Beauce », lance Andrée A.Michaud sur le balcon de sa maison discrètement juchée derrière quelques arbres, au bord de la route 263, à l\u2019aube de Saint-Sébastien-de-Frontenac, son village natal appartenant aujourd\u2019hui à la région administrative de l\u2019Estrie.«On est ici, en fait, dans une région écartée des autres, une région périphérique, à la limite de plusieurs autres régions.Ça a créé chez moi un petit problème d\u2019appartenance.Qui suis-je : Canto- naise (comme dans Cantons-de-l\u2019Est) ou Beauceronne?» Andrée A.Michaud est une Sébas- tiennaise, sommes-nous tenté de trancher, tant Saint-Sébastien-de- Frontenac occupe une place majeure dans l\u2019imaginaire de l\u2019auteure de Mirror Lake et de Bondrée (bientôt traduit en allemand et en espagnol).« Pendant toutes ces années, chaque fois que je rendais visite à ma mère, j\u2019allais marcher avec mon frère sur la track ou dans le 4 », dira-t-elle plus tard à table, au sujet du pays de son enfance, où elle est revenue s\u2019installer il y a cinq ans « parce que le contact avec la nature a profondément défini [sa] façon de percevoir le monde ».Une région qu\u2019elle devrait connaître aussi bien qu\u2019un roman dont elle aurait trop souvent parlé, mais qui révèle encore parfois son inquiétante Aux frontières de l\u2019identité avec Andrée A.Michaud Visite à la campagne chez la plus philosophe des auteures québécoises de polars étrangeté.« C\u2019est rare, quand je vais marcher, que je me demande où je suis rendue, mais il arrive que des bruits me fassent retourner à la maison.Des fois, je me dis : \u201cO.K., là, t\u2019es rendue un peu trop loin\u201d », raconte la jeune sexagénaire, en pointant le bois qui se dessine derrière la vitre de la porte-fenêtre où les coccinelles pullulent ces jours-ci.On aura compris qu\u2019il arrive que le profil d\u2019un ours surprenne pendant sa promenade l\u2019excursionniste téméraire lorsqu\u2019elle arpente le chemin de la Languette, pas loin.« Pour moi, la forêt, c\u2019est le lieu idéal en littérature, un lieu qui peut susciter toutes sortes d\u2019émotions », explique-t-elle, alors que nous lui faisons remarquer à quel point il est étonnant qu\u2019un territoire aussi lumineux, en ce jeudi après-midi de printemps tardif, devienne en fiction le terreau de l\u2019angoisse qui étreint la poitrine, comme c\u2019est le cas dans Routes secondaires, son plus récent roman.Dominou, son chat émacié, grimpe sur la table et toise le journaliste d\u2019un regard lui intimant de bien traiter sa maîtresse.« Si plusieurs de mes romans se déroulent en forêt, c\u2019est parce que la forêt crée une ambiance par ticulière qu\u2019on peut associer à la peur ou à l \u2019 inconnu.On ne connaît jamais complètement la forêt.» Tout menace constamment de Andrée A.Michaud est une Sébastiennaise, sommes-nous tenté de trancher, tant Saint-Sébastien-de-Fro ANNICK SAUVÉ LE DEVOIR révéler son revers funeste ou désastreux, a souvent écrit, de différentes manières, Andrée A.Michaud, depuis trente ans.Nous voici à l\u2019étage de sa chaleureuse maison, dans la bibliothèque de son conjoint (tout simplement nommé P.dans Routes secondaires), une pièce aux murs aussi courbés par les milliers de livres qui s\u2019y accrochent qu\u2019un arbre sous l\u2019averse.«Le plafond va finir par s\u2019écrouler», s\u2019inquiète Andrée.Réponse rassurante de P.: «Mur porteur.» Qui suis-je ?Fast forward une heure plus tard, alors qu\u2019Andrée A.Michaud of fre son regard le plus mystérieux à l\u2019objectif de la photographe.«Est-ce bien moi ?» demande-t-elle en jetant un œil à son visage voilé de fumée de cigarette, dans le petit écran de l\u2019appareil numérique.« Oui, oui, c\u2019est vous », lui répond très pragmatique- ment la collègue.Mais comment en être complètement sûre ?« Si je vais au dépanneur ou à la quincaillerie, il y a des gens qui me reconnaissent et je ne sais pas qui c\u2019est pantoute », confiait-elle tantôt au sujet de son retour dans la région après plusieurs années d\u2019exil citadin, une phrase qui demeurerait banale si Routes secondaires (Québec Amérique, 2017) ne décrivait pas l\u2019identité de l\u2019écrivaine comme une constr uction poreuse, r isquant Si plusieurs de mes romans se déroulent en forêt, c\u2019est parce que la forêt crée une ambiance particulière qu\u2019on peut associer à la peur ou à l\u2019inconnu.On ne connaît jamais complètement la forêt.ANDRÉE A.MICHAUD » O Les routes secondaires Andrée A.Michaud, Québec Amérique, Montréal, 2017, 248 pages Bondrée Andrée A.Michaud, Nomades, Montréal, 2015, 368 pages Mirror Lake Andrée A.Michaud, Nomades, Montréal, 2013, 368 pages | 2 9 T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 Le roman de l\u2019inadaptation Une pile de livres s\u2019est formée au cours des deux derniers mois sur ma table de nuit.Je constate en parcourant les titres que les nouveautés francophones en Ontario sont peu nombreuses.Je sors du tas Le Goupil d\u2019Éric Mathieu (La Mèche 2018), que j\u2019ai lu en manuscrit voilà plusieurs mois et dont j\u2019avais oublié les détails.Mon désir d\u2019évasion à l\u2019orée du printemps me rappelle que ce thème est exploré à merveille dans le roman ; je décide de le relire.De ma fenêtre qui donne sur le bois avoisinant, je vois les arbres dégarnis par de longs mois d\u2019hiver, l\u2019eau ridée de la rivière Rideau, le gazon régénéré.Je contemple la possibilité d\u2019une évasion par bateau ou par vélo.Mais le froid me rappelle à l\u2019ordre.Me fait patienter.Le récit du Goupil se situe entre la libération de la France en 1945 et la mort de Kennedy en 1963.Dans un village perdu de la campagne française naît un bébé surnaturel «au teint bistre et aux oreilles décollées» qu\u2019on surnomme le Goupil.Émile Claudel est doué pour le langage, un vrai «moulin à paroles» ; il parle et pense déjà au berceau.Cependant, son physique dérange.Comparé à une châtaigne séchée, il passe son enfance en vagabond, ignoré par son père, détesté par sa mère, réprimandé par son voisin et rejeté par tout le monde, à l\u2019exception de Max, son ami parisien, avec qui il passe les vacances d\u2019été.Cet enfant renard, mi-Jésus mi-Sa- tan, épie, guette, se cache, surprend, et ne cesse de s\u2019inventer.Sa mère aigrie le place dans une maison d\u2019orphelins de laquelle il réussit à s\u2019échapper.De village en village, il travaille comme assistant d\u2019un magicien, retourne à la maison d\u2019orphelins, se fait adopter par une nouvelle famille, apprend le métier d\u2019électricien et finit par se réconcilier avec sa mère.Inadapté, fauve, né dans le supplice et l\u2019incompréhension, Émile parvient à s\u2019en sortir au bout de 18 ans d\u2019errance.Entre-temps, avec son penchant naturel pour le macabre, il veille sur plusieurs morts, fait partir le feu dans une grange, explore sa sexualité dans les champs ou dans les roulottes de cirque, passe ses nuits dans des grottes et récolte des histoires insolites sur son chemin.À coup de fugues et d\u2019égarements, il affine ses sens et développe son goût pour le jeu et la magie.Mais il n\u2019avance jamais seul.Car dans cet univers féerique et sombre, il rencontre des personnages flamboyants, des monstres et des âmes sœurs, des filles aux lèvres douces et des prostituées abîmées, un jardinier méchant et un voisin vampirique, un enfant sauvage et un prestidigitateur décadent.Tous tournent dans son orbite.Tous, même le père rêvé.On dirait que l\u2019errance originelle est instiguée moins par le désir d\u2019évasion que par la perte du père, et avec lui des repères de soi.Émile est convaincu que son vrai père est un soldat américain, un étranger dont sa mère était éprise à la veille de la Libération.S\u2019agit-il d\u2019un hasard que le livre soit dédié au père alors que le père du roman s\u2019efface au profit de la recherche inaboutie du père rêvé ?Clore le roman sur la mort de Kennedy, n\u2019est-ce pas une référence directe à la mort du père rêvé ?Une libération, en quelque sorte ?Quelle que soit la réponse, le lecteur reste à la fois proche et loin de la figure paternelle.Au fur et à mesure qu\u2019Émile se sédentarise, sa métamorphose d\u2019enfant inadapté en jeune homme lucide s\u2019accompagne d\u2019un affranchissement de la figure du père et d\u2019une réconciliation avec la mère repentie.Roman savant La campagne dans toute sa complexité et toute sa splendeur se lit dans ce beau roman.Et pourtant, le roman se présente aussi comme un roman savant.On y retrouve les traces des Mille et une nuits, avec des voix narratives multiples, des citations, de la poésie, et des dizaines de segments qui font éclater la linéarité du récit maître.Sous les traits de l\u2019inadaptation et de la recherche du père s\u2019amorce un dialogue intertex- tuel entre les personnages limites : l\u2019Émile du Goupil rencontre la Béré- nice de L\u2019avalée des avalés de Réjean Ducharme et le Grenouille du Parfum de Patrick Süskind.On retiendrait également la ressemblance structurelle entre l\u2019Émile ou De l\u2019éducation de J.-J.Rousseau et Le Goupil, construit en quatre parties, de la naissance à la puberté en passant par l\u2019âge de la nature et l\u2019âge de la force.Mais au-delà de la création savante, Éric Mathieu trace à main levée le portrait d\u2019un personnage attachant et expose la réalité crue d\u2019une campagne en mouvement.Le Goupil réinscrit le passage douloureux de l\u2019enfance à l\u2019âge adulte dans le cadre périphérique des provinces françaises pour enchanter son lecteur, non pour l\u2019éduquer, pour rendre hommage à la perte, non aux retrouvailles, pour célébrer l\u2019inadaptation et dénoncer le conformisme.Et c\u2019est bien là que l\u2019inadaptation prend son plein sens positif et combatif.May Telmissany Chronique ontenac occupe une place majeure dans l\u2019imaginaire de l\u2019auteure.constamment d\u2019être phagocytée par l\u2019identité de ses personnages.Les villageois, au dépanneur, reconnaî- traient-ils plutôt Heather, élusive figure centrale de Routes secondaires ?« Je trouve toujours ça drôle d\u2019entendre des écrivains dire : \u201cCe sont mes personnages qui me guident\u201d », note l\u2019invitée d\u2019honneur du Salon international du livre de Québec cette année, en évoquant ce polar autofic- tif, une enquête portant non pas sur un meurtre, mais sur le sujet du livre en chantier d\u2019une romancière un peu coucou, sorte de thriller métaphysique s\u2019amusant à miner les idées reçues sur la création et la littérature de genre.«On a toujours le choix de décider que, même si le personnage semble vouloir aller par là, c\u2019est plutôt par là que nous on veut aller.» Pourtant, Routes secondaires joue souvent à laisser entendre le contraire, grâce au personnage d\u2019Heather, double de l\u2019écrivaine, qui la mène par le bout du nez.La littérature entretiendrait des desseins qui nous dépassent ?« C\u2019est le tort que j\u2019ai moi-même, en tant que lectrice, d\u2019associer cer tains personnages à leurs auteurs.Quand je lis Richard Ford, pour moi, son personnage de Richard Bascombe, c\u2019est lui, alors que je suis sûre que je me trompe, mais c\u2019est plus fort que moi.On est très conscients que c\u2019est de la fiction, mais on veut y croire.» Chercher la vérité et la justesse Sur une petite table, à côté du bureau sur lequel écrit Andrée A.Michaud : une édition de poche de L\u2019étreinte des vents, un récit de la poète Hélène Do- rion.Dans sa bibliothèque, encore plus de livres de poésie : presque tous ceux de Roger Des Roches, de Renaud Longchamps et d\u2019Élise Turcotte, mais aussi ceux des plus jeunes Michaël Trahan et Benoit Jutras.« Les poètes sont souvent étonnés quand je leur dis dans les salons du livre que j\u2019ai lu leur recueil ! » Étonnés, ah oui ?La poésie et le polar tel que le conçoit Andrée A.Michaud n\u2019ont-ils pas en commun de se mesurer courageusement à de grandes questions, en sachant pertinemment que les réponses trouvées demeureront fragmentaires?«Disons que la justesse de l\u2019énoncé est très importante pour moi.Si je veux écrire telle chose de telle manière, je vais me casser la tête longtemps.J\u2019avais un voisin en ville qui me disait : \u201cMadame Michaud, je vous entends écrire.\u201d Je répétais mes phrases à voix haute, pour le rythme.Il y a une époque où j\u2019écrivais quasiment des alexandrins.Je me disais: \u201cIl manque un mot ici, il y a une syllabe de trop là.\u201d Ça devenait un peu obsessionnel.» Voilà un autre avantage de la vie à Saint-Sébastien-de-Frontenac, que de pouvoir y gueuler ses livres sans craindre d\u2019importuner tout le quartier. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 L i r e S a l o n i n t e r n at i o n a l d u l i v r e d e Q u é b e c 3 0 | ENTREVUE MANON DUMAIS LE DEVOIR e nature mélancolique, Christian Giguère ne se sent bien nulle part.Né d\u2019un père franco- québécois et d\u2019une mère anglophone, il grandit dans l\u2019est de Montréal où, intello et timide, il observe avec attention les jeunes de son âge qui font du sport, fument du pot ou ont une sexualité précoce.«Quand j\u2019étais jeune, mon père me parlait du centre Paul-Sauvé, de Régis Lévesque ; la boxe meublait mon imaginaire, Stéphane Ouellette, qu\u2019on appelait \u201cle poète\u201d, qui citait Jim Morrison avant ses combats, c\u2019était une de mes idoles.Pendant un bout de temps, je trouvais que les Québécois qui n\u2019avaient pas beaucoup d\u2019éducation pouvaient se manifester par la boxe.C\u2019est pour ça que je parle de boxe dans mon roman.» À 18 ans, alors qu\u2019il vit seul dans un petit appartement de Montréal-Nord, il lit Bukowski, dont il admire « la sincérité des mots», et parcourt des kilomètres en transport en commun afin de louer des cassettes de la série Twin Peaks à la Boîte noire.Cette obsession pour Lynch, il la partage avec l\u2019héroïne de son premier roman, La disparition de Kat Vandale, escorte et pornstar de Saint-Hubert qui se la joue Laura Palmer.« Ce que j\u2019aime de David Lynch, qui a de grandes préoccupations métaphysiques, c\u2019est qu\u2019il ancre ses récits dans le trash de la culture populaire », explique ce professeur d\u2019anglais et de littérature.C\u2019est à cette époque sombre de son existence que lui vient l\u2019envie de devenir romancier.Or, lorsqu\u2019il entre à l\u2019Université de Montréal pour étudier en lettres françaises, il est complexé par la qualité de son français et par son manque de culture.Ce sentiment d\u2019imposteur le suivra assez longtemps pour freiner ses ambitions littéraires.La poésie des bas-fonds Enseignant la théorie littéraire et les grands classiques, Christian Giguère profite de ses étés pour dévorer les romans de Dennis Lehane et de Richard Price.C\u2019est donc tout naturellement qu\u2019il s\u2019est tourné vers le polar.Si le romancier coule des jours tranquilles avec sa petite famille sur la Rive-Sud de Montréal, il n\u2019a certes pas oublié l\u2019Est qui l\u2019a vu naître et en lequel il a trouvé un terreau fertile.« Je voulais créer des personnages dif férents, donner une perspective dif férente.Il y a beaucoup de romans sur le Mile-End, sur le Plateau, alors je me disais que je pouvais parler de l\u2019est de Montréal.Je voulais parler du rapport qu\u2019ont ces gens-là au territoire, de ce que ça veut dire être né dans l\u2019est de Montréal.» Nostalgique de son quartier d\u2019enfance, où il retourne fréquemment afin de ne pas oublier d\u2019où il vient, Christian Giguère n\u2019a pas voulu embellir la réalité, mais plutôt faire ressortir la poésie là où d\u2019autres voient laideur et décadence tout en demeurant fidèle aux différentes parlures de l\u2019est de Montréal, tant celles des Italiens, des Haïtiens que des Québécois.« Je ne savais pas trop comment m\u2019y prendre au niveau de l\u2019action.Je voulais écrire une espèce de Tandis que j\u2019agonise de William Faulkner avec plusieurs voix, une voix par chapitre.Il y a un côté très vernaculaire dans ce que je fais.J\u2019aime écrire comment les gens parlent.» En plongeant dans l\u2019univers de Kat Vandale, avec ses danseuses, ses dealers et ses pimps \u2014 on y rencontre aussi des membres de gangs de rue, des mafieux et des politiciens corrompus \u2014, on ne peut s\u2019empêcher de penser à la série Fugueuse, de Michelle Allen : « La sexualité telle qu\u2019on la vit à Montréal s\u2019inscrit vraiment dans une culture montréa- laise dont on parle peu.Les salons de massage, quand t\u2019es dans l\u2019Est, c\u2019est une manière de gagner ta vie.» « Je voulais raconter cette histoire avec des personnages féminins ; j\u2019ai beaucoup pensé à la manière dont ma sœur et ses amies voyaient la vie à l\u2019époque.C\u2019est un roman qui essaye de montrer les problèmes du patriarcat.Au fond, c\u2019est une histoire très humaniste », conclut Christian Giguère, qui explorera dans son prochain polar Coteau-Rouge, quartier de Longueuil cher à André Forcier, cinéaste qu\u2019il admire « parce qu\u2019il n\u2019a pas délaissé cette idée-là de la mythologie populaire ».Il était une fois dans l\u2019Est Dans son premier roman, Christian Giguère explore le côté glauque de Rivière-des-Prairies La misère prend par fois des formes étonnantes.Dans cette triste histoire de vengeance mettant en scène le milieu des danseuses à 10$, des escortes et des actrices pornos, elle endosse même celle de l\u2019affranchissement des tabous\u2026 Au centre de la toile, Kat Vandale, star du porno issue d\u2019un milieu bourgeois conser vateur, apparaît comme une sorte de comète incandescente.Aussi ambitieuse et décidée que belle et cultivée, elle a réussi à séduire des chefs de gang et des politiciens véreux, qui sont prêts à tout pour assurer son bonheur.Mais voilà qu\u2019une sordide vidéo se met à circuler sur les réseaux sociaux et que ce fragile équilibre s\u2019écroule en mettant en danger toute une foule de personnages « importants ».Et tout à coup, on constate que Kat Vandale s\u2019est évaporée.Tout le monde se lance à sa recherche; les policiers, les Italiens, les Haïtiens et ses rares amis.Même le lecteur la perdra en cours de route et se mettra à faire des conjectures sur son sort\u2026 jusqu\u2019à ce qu\u2019on la retrouve.On ne vous dira évidemment pas comment ni dans quel état, sinon que le récit de Christian Giguère prend, dès la disparition de Kat Vandale, l\u2019allure d\u2019un conte moral.Certains personnages y sont fort bien esquissés, d\u2019autres à peine effleurés, mais partout transpire le malheur, la superficialité et la fausse aisance de tous ceux qui se définissent à par tir des apparences et de l\u2019illusion du pouvoir.L\u2019écriture de Giguère est intéressante lorsque surgissent, parmi les pistes qui s\u2019entrecroisent, ses réflexions sur la vie en général et la littérature en particulier.Sa peinture des différents milieux que fréquente son héroïne est souvent fort juste, même s\u2019il arrive parfois qu\u2019il frôle la caricature.Une seule fausse note: l\u2019intrigue trop lourde, trop touffue et souvent empêtrée dans des détails inutiles.Mais ne chipotons pas : pour un premier livre, c\u2019est très réussi.Michel Bélair Mourir à tout prix CRITIQUE La disparition de Kat Vandale ?Christian Giguère, Héliotrope Noir, Montréal, 2018, 210 pages Nostalgique de son quartier d\u2019enfance, où il retourne fréquemment afin de ne pas oublier d\u2019où il vient, Christian Giguère n\u2019a pas voulu embellir la réalité, mais plutôt faire ressortir la poésie là où d\u2019autres voient laideur et décadence.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR D | 3 1 L i r e S a l o n i n t e r n at i o n a l d u l i v r e d e Q u é b e c L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 ! !\" #$%&%'()*&+& !\" # ,)+#\"-#.$ % & & & \"'( ) * ' CRITIQUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Si la désintoxication est un processus physique, elle est aussi un discours auquel adhérer.Un discours évinçant les nuances, parce qu\u2019il n\u2019y a pas plus doué qu\u2019une personne dépendante pour transformer un bémol en permission de se défoncer la gueule à nouveau.« Tu te méfies quand on t\u2019expose tout ça comme s\u2019il s\u2019agissait des Évangiles.Nombreux sont les patients qui semblent avoir besoin d\u2019y croire et qui considèrent que les préceptes des AA fournissent une réponse adéquate à n\u2019importe quelle situation de l\u2019existence », écrit Jeanne Dompierre dans Dopamine, son premier roman, entièrement narré à la deuxième personne.Une jeune femme est déposée par sa bourgeoise de mère devant un centre de thérapie, afin de se «défucker».Le verbe, suave, est ici employé afin de décrire ce marathon consistant à semer le «monstre» de la cocaïne, refuge de choix de ceux qui préfèrent au cauchemar du réel, la brève euphorie des rêves artificiels.D\u2019abord rétive, la patiente anorexique et borderline apprend lentement à moins vénérer sa mélancolie et à avaler les anesthésiantes pilules qu\u2019on lui tend.«C\u2019est à croire que les thérapeutes ont fini par te cheviller les douze étapes des Alcooliques anonymes dans le subconscient », s\u2019étonne-t-elle un jour, en constatant à quel point il vaut mieux par fois souscrire à des discours tronqués que de se claquemurer dans une révolte de poudre.Comme un rat dans une cage Roman au ton très près du journal intime, et paradoxalement trop pudique pour que nous ayons la réelle impression de complètement mesurer la violence de ce qui harasse son personnage principal, Dopamine gagne en épaisseur lorsque Jeanne Dompierre (aucun lien de parenté avec Stéphane, son directeur littéraire) rompt le huis clos du centre de thérapie.En visite chez sa grand-mère, cette fille de riches n\u2019est soudainement plus qu\u2019une rebelle sans cause, mais la dépositaire d\u2019un rapport trouble au bonheur, hérité du père.La critique du vocabulaire de la dépendance et de l\u2019ubiquitaire mot « consommation » à laquelle se livre en filigrane l\u2019auteure suggère qu\u2019il est possible de se laisser aider sans embrasser éternellement les dogmes sur lesquels mêmes les thérapies fructueuses reposent.La gravité de son sujet trouve une salutaire dose d\u2019oxygène dans l\u2019humour noir qu\u2019affectionne sa narratrice sans prénom, fan de Smashing Pumpkins et The Cure prise comme un rat dans une cage.« Il y a des opportunités qui se perdent », note-t-elle au moment où l\u2019infirmière complimente la beauté de ses veines, regrettant de n\u2019avoir jamais senti l\u2019appel des aiguilles.« Tu te promets de retrouver la force de mourir avant de devenir éteinte, crayeuse et pathétique.C\u2019est la première véritable résolution que tu prends depuis ton arrivée ici », ob- servera-t-elle éventuellement face à une intervenante grise et amorphe, exemple parfait de ce en quoi elle ne veut pas se transformer lorsqu\u2019elle sera libérée.Les motifs n\u2019ont pas toujours d\u2019abord à être nobles pour que l\u2019espoir renaisse chez le dépendant.Le monstre dans le nez Jeanne Dompierre raconte la désintox d\u2019une jeune femme souhaitant se défucker Dopamine ?Jeanne Dompierre, Québec Amérique, Montréal, 2018, 160 pages Dopamine gagne en épaisseur lorsque Jeanne Dompierre rompt le huis clos du centre de thérapie.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 L i r e S a l o n i n t e r n at i o n a l d u l i v r e d e Q u é b e c 32 | POUR ANNONCER : 514 985-3454 À TABLE LA SAUVAGINE GIBIER ET CUISINE DU MARCHÉ | 115 ST -PAUL EST 514 861-3210 SOLMAR GASTRONOMIE PORTUGAISE VOUS TRANSPORTE AUX RUES D\u2019ALFAMA SPECTACLE DE FADO VENDREDI - SAMEDI | 111 ST -PAUL EST 514 861-4562 EST.1972 EST.1984 FAIRE AIMER L\u2019HISTOIRE Jacques Mathieu et Denis Vaugeois en compagnie de JACQUES LACOURSIÈRE s e p t e n t r i o n .q c .c a LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR « Un écrivain ne témoigne que de lui-même et ce témoignage doit être écouté plutôt que jugé d\u2019avance », disait Richard Millet en évoquant les frasques de Peter Handke dans Désenchantement de la littérature (Gallimard, 2007).Auteur de nombreux romans, de nouvelles et d\u2019essais, une étiquette de pestiféré lui colle à la peau depuis la publication en 2012 de son Éloge littéraire d\u2019Anders Breivik, où il exposait ses positions controversées sur l\u2019immigration et le multiculturalisme, sur la langue et la religion.Une sorte de suicide social qui lui a vite valu de se faire montrer la porte du comité de lecture des éditions Gallimard.La trajectoire de l\u2019écrivain, né en 1953, semble répondre à une logique de radicalisation amorcée de longue date, comme en fait foi son Journal (1971-1994), tome 1, où la cohérence nous frappe à chaque page.Critique intransigeant, styliste classique, homme au bonheur malaisé et « hanté par l \u2019échec » qui paraît étranger à la complaisance, l\u2019écrivain, entre le courage et l\u2019inconscience, y témoigne surtout de sa foi absolue en la littérature.Atermoiements amoureux et érotiques, petites épiphanies, crises littéraires (« L\u2019œuvre à faire se nourrit du désespoir qu\u2019elle engendre.»), angoisse généralisée traversent les La condition littéraire Richard Millet laisse l\u2019angoisse traverser ses pages et ses années Journal (1971-1994) Tome 1 ?Richard Millet, Léo Scheer, Paris, 2018, 400 pages Dans son livre, Richard Millet se montre un ami éclairé et sensible du Québec.GILBERT PONS pages et les années, alors qu\u2019on peut y croiser aussi bien Louis-René des Forêts que Pascal Quignard et Paul Otchakovsky-Laurens, qui sera son premier éditeur.L\u2019écrivain ne dit pas tout, bien sûr, ayant choisi notamment d\u2019occulter la réalité de ses « séjours guerriers » au Liban au milieu des années 1970.L\u2019auteur de Lauve le pur et du Sentiment de la langue est un dia- riste parfois réticent, à l\u2019évidence, mais aussi un por traitiste féroce : « Jean d\u2019Ormesson : de la littérature pour épouses de notaires, rédigée par un campagnol chaussé de talons hauts.» Mais, début juillet 1990, après deux tentatives de suicide rapprochées, Millet débarque à Montréal afin de s\u2019immerger dans « le singulier bruissement du français québécois ».Piloté par Gaston Miron, qui va l\u2019entraîner sur les routes du Québec au volant de sa Renault 5, il reçoit une « leçon d\u2019antiséparatisme » de Jean Basile, rencontre René Derouin, Pierre Morency, Jacques Brault et Pierre Perrault (« homme au verbe péremptoire et parfois amer»).Sous l\u2019anecdote, Millet se montre un ami éclairé et sensible du Québec.« Il y a ici des hommes qui se nomment Brindamour, Beausoleil, Lamon- tagne, Latulipe (sic)», écrit-il, frissonnant aux échos anciens d\u2019une France qui lui semble désormais révolue.Car depuis longtemps, Richard Millet sait être un « réprouvé » et la littérature est pour lui à la fois la forme et l\u2019accomplissement de la solitude.Son Journal est ainsi la fine membrane d\u2019une osmose particulièrement rare entre la vie et la littérature \u2014 témoignage beaucoup trop rare pour être boudé.En 1981, avant même d\u2019avoir publié son premier livre, l\u2019écrivain posait en quelque sor te les jalons sa propre condition littéraire : « On n\u2019écrit pas pour être aimé mais pour être jugé.Et passer son temps à faire appel de ce jugement.» | 3 3 L i r e S a l o n i n t e r n at i o n a l d u l i v r e d e Q u é b e c L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 CRITIQUE MARIE FRADETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR Le jet privé qui devait mener Jared Fre- drickson à Yellowknife s\u2019écrase dans une forêt, quelque part en Alberta.À peine blessé, mais en état de choc, l\u2019adolescent est secouru par Kyle, un jeune autochtone de la nation crie qui l\u2019assure que des secours sont en route.Sans égard pour ce bon samaritain, le fils de millionnaire croit qu\u2019il pourra tout régler avec son téléphone intelligent.Il lui suffit de monter sur la colline la plus près pour accéder à un réseau et ainsi se sortir du pétrin.Mais Kyle est formel: «On ne monte pas sur cette colline.Ni les Cris ni personne d\u2019autre.On ne va pas là-haut.» Territoire du Wîhtiko \u2014 cette bête légendaire anthropophage, symbole du Mal dans plusieurs nations autochtones \u2014, la montagne devient ainsi le lieu d\u2019épouvante dans lequel évoluent les deux héros de La colline, tout dernier roman de l\u2019Albertaine Karen Bass.Mais bien plus qu\u2019un simple décor, la colline se fait personnage et participe de la traversée de Kyle et Jared.Omniprésente, semblable à un spectre, elle « les regarde de travers», les domine, attend «à la façon d\u2019une bête traîtresse à laquelle il ne [faut] surtout jamais tourner le dos », raconte le narrateur.Torturés par la faim et la fatigue, incessamment pourchassés par le Wîhtiko, sanguinaire et maître des lieux, le Cri et le moniyaw apprennent ainsi, et un peu malgré eux, à se connaître et surtout à confronter leurs différences.Véritable plongée au cœur des croyances autochtones, le roman explore avec un souci du détail l\u2019univers mythologique grâce à une mise en scène soignée de croyances cries, de personnages bienfaiteurs, dont Wesakechak, un énigmatique guerrier protecteur.Si l\u2019écrasement d\u2019avion semble réellement vécu par Jared, la ligne de partage entre l\u2019univers de la légende et la réalité bascule au moment où les deux personnages arrivent dans la montagne.De là-haut, l\u2019avion n\u2019est plus visible.Disparu.Comme si les personnages venaient de franchir la porte d\u2019un autre monde, celui des esprits, peut-être.Ils auront à ce moment-là la désagréable impression d\u2019être « prisonnier d\u2019un rêve», dira Jared.L\u2019écriture de Bass \u2014 et la rigoureuse traduction de Lori Saint-Martin et Paul Gagné \u2014 contribue à entretenir l\u2019atmosphère étrange qui plane au-dessus de ce lieu maudit, à nourrir l\u2019angoisse qui habite les personnages et, par ricochet, le lecteur.Le brouillard ambiant qui enveloppe le paysage, la présence d\u2019ombres qui, tels des spectres, surprennent les héros à tout moment, la fumée venue d\u2019incendies de forêt, tout participe ici à camper un décor onirique, un monde parallèle, dont le réel semble constamment brouillé.La douleur ressentie par les protagonistes, la soif et le grondement incessant de leur estomac causé par la faim témoignent d\u2019un senti véritable.Il en va de même pour les odeurs nauséeuses diffusées par le Wîhtiko ou par le sang d\u2019animaux déchiquetés par la bête mythologique.Tout nous ramène à un réel palpable.Bass explore la culture crie en saupoudrant le texte de mots issus de la langue autochtone, ce qui ajoute à la richesse de ce suspense haletant, dont on ne revient pas tout à fait.Voyage au pays de Windigo Karen Bass investit l\u2019univers de la légende autochtone dans un suspense enlevant L\u2019écriture de Karen Bass contribue à entretenir une atmosphère étrange.ELLEN BIRKHAHN La colline ?Karen Bass, traduit de l\u2019anglais par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Québec Amérique, Montréal, 2018, 392 pages NON-FICTION L\u2019insidieuse invasion Observations sur l\u2019anglicisation ?1/2 Michel Rondeau, Somme Toute, Montréal, 2018, 348 pages Deux mondes, deux conceptions de l\u2019anglicisme.Alors qu\u2019en France, la contamination de la langue française par l\u2019anglais est nimbée «d\u2019une aura de prestige », ici, ce serait « l\u2019ignorance et la pauvreté» qui faciliteraient la prolifération d\u2019un vocabulaire étranger anglo-saxon et des calques malfaisants qui en découlent dans le français quotidien, estime l\u2019essayiste Michel Rondeau.Et cette équation laisse forcément poindre le pire.« Malgré la réforme scolaire effectuée à la suite du rapport de la commission Parent, écrit-il, [\u2026] en 2016 [\u2026], le pourcentage d\u2019analphabètes fonctionnels chez les Québécois de 16 à 65 ans est de l\u2019ordre de 53 % et parmi eux près de 20 % ne savent ni lire et écrire.Une large proportion de la population continue donc de vivre dans une forme de culture orale du français et demeure ainsi encore très vulnérable à l\u2019anglicisation.» Le mal serait d\u2019ailleurs bien avancé, juge dans ce premier essai, au croisement du carnet, du documentaire et du pamphlet, ce concepteur publicitaire amoureux des mots et de la précision de la langue en détaillant les boutures de l\u2019anglais dans le patrimoine français du Québec, en mots \u2014 hip, hot, rough, tough, check, swing, twist et des centaines d\u2019autres \u2014 et en expressions ou concepts calqués et détournés par la langue du conquérant, puis du voisin proche.Les visibles et ceux qui le sont moins.Car l\u2019anglicisation du français parlé au Québec est surtout insidieuse, es- time-t-il dans une démonstration où l\u2019illustration occupe une place plus importante que l\u2019analyse.Une analyse, du reste, simple et impressionniste, qui, dans la dernière partie de ce livre, s\u2019inquiète beaucoup d\u2019une langue qui, en s\u2019invitant dans une autre, impose aussi sa façon de voir et de nommer le monde.Et cette uniformisation nous englue « dans le blob du consensus mou et de la médiocrité docile», résume-t-il.En français.Fabien Deglise Le grand piège de l\u2019anglicisation FICTION Certains souvenirs ?Judith Hermann, traduit de l\u2019allemand par Dominique Autrand, Albin Michel, Paris, 2018, 179 pages Judith Hermann s\u2019intéresse à l\u2019imperceptible magie de l\u2019instant présent, à la subtilité des moments décisifs qui chamboulent l\u2019existence sans laisser de traces.Ses nouvelles, inversement à la plupart de ses contemporains, ne surprennent pas avec un élément déclencheur ou un quiproquo inattendu, et ne se concluent jamais sur un deus ex machina désorientant.Entre ses mains, la banalité devient un magistral instigateur de créativité.Certains souvenirs réunit 17 récits qui s\u2019attardent à un moment en apparence anodin dans la vie de protagonistes dont le passé et l\u2019origine demeurent inconnus ou implicites : des enfants déchargent un camion dans une ferme, un couple adopte un bambin alors qu\u2019un autre, en voyage à Odessa, cherche une chambre pour la nuit, deux femmes se retrouvent après des années sans contact.Avec une acuité et une empathie curieuse, Hermann explore la complexité et la labilité des relations humaines.À travers les non-dits et une touche de mélancolie, elle raconte le potentiel d\u2019une rencontre, la puissance d\u2019un regard, la nature insaisissable de l\u2019amour et l\u2019ef fet destructeur du temps.Le recueil, plutôt inégal, dégage peu d\u2019émotions et suscite par moments une impression de monotonie et de redondance.Chaque nouvelle est un point de suspension en soi, sans passé et sans avenir, qui renferme son lot d\u2019incertitudes et laisse au lecteur le soin de s\u2019interroger et d\u2019imaginer le dénouement.Alors que cer tains personnages imprègnent l\u2019esprit, plusieurs ne retiennent guère l\u2019attention et sont vite oubliés.On referme Certains souvenirs avec une impression d\u2019incomplétude, comme si on avait échoué à en décoder les silences et à en révéler les mystères, comme si, tel que le temps, il avait filé entre nos doigts sans qu\u2019on puisse en saisir l\u2019entièreté.Comme quoi l\u2019essentiel est ineffable et exige de regarder un peu plus loin que le bout de son nez.Anne-Frédérique Hébert-Dolbec Le charme de la banalité L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 L i r e S a l o n i n t e r n at i o n a l d u l i v r e d e Q u é b e c 3 4 | PUQ.CA Plus de 1 500 livres à feuilleter On a tous besoin de savoir POUR AGIR Les PUQ seront au Salon international du livre de Québec du 11 au 15 avril 2018 Venez découvrir la nouveauté en recherche! Presses de l\u2019Université du Québec KIOSQUE 87 On a tous besoin de savoir POUR AGIR Venez découvrir la nouveauté en recherche! Presses de l\u2019Université du Québec KIOSQUE 87 Un produit singulier de l\u2019histoire politique Paul Cliche, ce grand militant de l\u2019ombre, se met en lumière dans une passionnante autobiographie CRITIQUE MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR En bordure d\u2019un parc, au milieu du secteur cossu de Harlem, une femme obser ve le quar tier de sa fenêtre.Elle s\u2019imagine tous les petits drames quotidiens, vrais ou faux, que vivent ses voisins : répartition des tâches, disputes, infidélités.Pour mieux voir, elle se ser t même par fois du téléobjectif de son appareil photo.Avec elle, on apprendra peu à peu à connaître les familles qui l\u2019entourent et surtout l\u2019une d\u2019elles : les Russell.Mais c\u2019est d\u2019abord elle, Anna Fox, que l\u2019on connaît chaque jour un peu plus à travers son regard ; on comprend rapidement qu\u2019elle ne va pas très bien.On sait qu\u2019elle est psychologue, qu\u2019elle prend des tonnes de médicaments et qu\u2019elle boit beaucoup trop.Agoraphobe emmurée chez elle, elle passe l\u2019essentiel de ses journées à siphonner des bouteilles de merlot, à reluquer les maisons voisines et à se repasser, DVD après DVD, des classiques noir et blanc du cinéma américain.Comme si elle tentait de meubler sa solitude, elle est en contact presque constant avec son mari et sa fille\u2026 qui l\u2019ont quittée depuis peu.Anna qui ne sort jamais se liera toutefois d\u2019amitié avec l\u2019épouse Russell, Jane, et le fils, Ethan, qui viennent la visiter ; avec eux, elle semble s\u2019ouvrir un peu à la réalité.Jusqu\u2019au jour où elle assiste au meurtre de Jane alors qu\u2019elle espionne à la fenêtre.Le précipice s\u2019ouvre devant elle lorsqu\u2019elle prévient la police\u2026 qui lui prouve plutôt que la Jane Russell qu\u2019elle connaît n\u2019existe pas.Panique.Re-merlot.Anna est persuadée d\u2019avoir vu ce qu\u2019elle a vu mais auprès de la police, des voisins et même du lecteur, elle apparaît de plus en plus comme une femme dés- œuvrée, malheureuse et un peu folle criblée par le déni de la disparition de ses proches.Sauf que rien n\u2019est jamais aussi simple qu\u2019il y paraît dans la vie et que l\u2019on assistera plutôt à un revirement complet de la situation au dernier moment.Il y a surtout que tout au long, le lecteur est piégé ; jamais on ne parvient à se faire une idée claire du personnage d\u2019Anna.Cette femme qui se cache derrière l\u2019alcool et des répliques célèbres de l\u2019âge d\u2019or du cinéma américain pour échapper à la réalité parvient en fait à leurrer tous ceux qui l\u2019approchent, y compris elle-même dans ses élans de lucidité.Personnage aussi attachant que déroutant porté par une écriture méthodique et précise, Anna Fox séduit tout autant par ses faiblesses que par sa résilience : c\u2019est une fois poussée dans ses derniers retranchements qu\u2019elle se révélera à elle-même\u2026 et au lecteur médusé.Il n\u2019est donc certainement pas anodin que le nom de A.J.Finn soit une fausse identité cachant en fait un journaliste, éditeur à ses heures, du nom de Daniel Mallory.Son premier roman tout en trompe-l\u2019œil déjà publié dans une quarantaine de pays laisse à tout le moins présager des choses intéressantes.La vie des autres A.J.Finn signe un thriller déroutant sur fond de résilience insoupçonnée La femme à la fenêtre ?1/2 A.J.Finn, traduit de l\u2019anglais par Isabelle Maillet, Presses de la Cité, Paris 2018, 521 pages CRITIQUE MICHEL LAPIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR En 2001, le journaliste et syndicaliste Paul Cliche, Beauceron puis Montréalais d\u2019adoption, danse une gigue dans la rue en plein Plateau Mont-Royal.Il est fier d\u2019avoir provoqué la défaite du candidat péquiste Claudel Toussaint en se présentant dans Mercier au nom de la gauche et de l\u2019indépendantisme véritables, même s\u2019il a ainsi fait gagner la candidate libérale, Nathalie Rochefor t ! Reste que son ami Paul Cliche est né en 1935 à Saint-Joseph- de-Beauce au sein d\u2019une famille de tradition authentiquement rouge, clan marqué par les libéraux de 1867 qui, fidèles à Papineau, s\u2019étaient opposés à la Confédération.JACQUES NADEAU LE DEVOIR A.J.Finn PRESSES DE LA CITÉ | 3 5 L i r e S a l o n i n t e r n at i o n a l d u l i v r e d e Q u é b e c L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 Le malaise québécois Il y a des livres que l\u2019on sait importants, mais dont on a conscience qu\u2019ils nous dépassent.C\u2019est le cas, en ce qui me concerne, de l\u2019essai Le Canadien français et son double (Boréal, 2018), de Jean Bouthillette.Il s\u2019agit du seul livre de ce journaliste, mort en 2015.D\u2019abord publié en 1972, il a été réédité trois fois depuis.Mathieu Bock-Côté le considère comme «un des rares vrais chefs- d\u2019œuvre de notre littérature politique ».Pierre Vadeboncœur, en 1972, le présentait déjà comme un classique.En 1979, au moment de la première réédition, le critique, toujours aussi enthousiaste, écrivait qu\u2019il « s\u2019agit probablement de l\u2019essai le plus pénétrant, le plus concis et en même temps le plus dramatique qu\u2019on ait jamais écrit sur l\u2019aliénation psychologique (et politique) des Canadiens français».Le livre, il est vrai, saisit.Son incipit donne le ton : « Dans le silence tumultueux d\u2019une âme collective en proie à un indicible malaise, c\u2019est de toutes parts que nous, Canadiens français, sommes cernés.» Pour tracer son portrait du colonisé, Bou- thillette use d\u2019une prose d\u2019une extrême densité, poétique, voire apho- ristique, qui donne une puissante gravité à son propos.On ne parle pas d\u2019un peuple torturé par une « sournoise tentation de la mort » sans accents tragiques.J\u2019avais déjà lu ce livre deux fois, dans les dernières années.Je l\u2019ai encore lu et relu, pour m\u2019imprégner de sa substance.«Livre exigeant, difficile, mais clair », écrivait Vadebon- cœur.Sa clarté, pourtant, ne s\u2019impose pas.Inspiré par les idées marxistes, décolonisatrices et existentialistes qui avaient cours dans les années 1960, Bouthillette envoûte son lecteur, mais le fait travailler.«Le Canadien français, écrit-il, est un homme qui a deux ombres.Et c\u2019est en vain que nous feignons d\u2019y échapper : l\u2019ombre anglaise nous accompagne toujours et partout.Et dans cette ombre nous devenons ombre.» L\u2019histoire, ici comme ailleurs, est déterminante.Nous étions des Canadiens en voie de nous distinguer de notre source française.«Brisure », la Conquête de 1760 «nous met brutalement au monde comme peuple distinct », mais elle nous condamne, du même coup, au statut de vaincus.Nous naissons donc privés de la maîtrise de nous-mêmes, déjà en danger d\u2019assimilation.Nous naissons colonisés.Nous savons, toutefois, que nous ne sommes pas anglais.La Confédération de 1867, continue Bouthillette, vient brouiller cette conscience.Sur le plan juridique, elle crée une citoyenneté canadienne unique, «un grand pays où il n\u2019y a plus ni vainqueur ni vaincu», et reconnaît deux langues, deux cultures, deux peuples, ira-t-on jusqu\u2019à dire.Hors du Québec, cependant, cette construction théorique se heurte au mur de la réalité.«Et la citoyenneté, abstraite en théorie, renvoie en pratique au visage anglais partout au Canada et à un visage français jumelé au visage anglais au Québec, explique l\u2019essayiste.[\u2026] Ce pays est donc anglais, avec exception non française mais bilingue \u2014 au sens de binational \u2014 au Québec.» Les Canadiens de langue anglaise sont partout chez eux en ce pays, mais les Canadiens français se retrouvent confinés à un Québec bilingue, où ils doivent souvent parler anglais pour gagner leur vie.Notre particularité française, «qui nous empêche d\u2019être Canadiens tout court », devient un boulet.Deux idéologies Après 1760, explique Bouthillette, nous sommes des colonisés en lutte contre l\u2019occupant.Après 1867, ce refus, «n\u2019ayant plus de raison d\u2019être puisque l\u2019Anglais nous faisait son semblable et son égal », prend la forme d\u2019une « résistance souterraine ».Pour surmonter cette «histoire humiliée », les Canadiens français choisissent le repli national, « le refuge du passé consolateur», le nationalisme de survivance.Après la Deuxième Guerre mondiale, devant le relatif échec de cette idéologie étriquée, un «pancanadia- nisme » chantant les vertus de l\u2019universalisme abstrait à la Trudeau prend le relais.Du repli sur soi, note Bouthillette, on passe au refus de soi.Nos deux idéologies traditionnelles partagent un sentiment de culpabilité.L\u2019une, le patriotisme de repli, «nous interdit d\u2019épouser le monde pour ne pas quitter notre mère \u2014 la matrie » ; l\u2019autre, l\u2019universalisme abstrait, «nous commande de la tuer pour épouser le monde ».Le livre a presque 50 ans, mais on ne le dirait pas.« L\u2019appartenance à un peuple n\u2019est pas de soi une fermeture au monde, concluait Bouthillette.[\u2026] Se dire homme tout court n\u2019est jamais qu\u2019un raccourci : l\u2019homme enraciné concrètement dans sa liberté se situe de plain-pied dans l\u2019universel ; l\u2019asservi en est coupé.» Bouthillette voyait dans l\u2019adoption du nom « Québécois » le début d\u2019une reconquête.En 1997, dans une lettre à Serge Cantin, il constatait toutefois que nous n\u2019en avions pas fini avec la tentation de la mort.Louis Cornellier Chronique l\u2019écrivain Jacques Ferron l\u2019avait déjà sacré « le plus sérieux des Cliche »\u2026 Né en 1935 à Saint-Joseph-de-Beauce au sein d\u2019une famille de tradition authentiquement rouge, clan marqué par les libéraux de 1867 qui, fidèles à Papineau, s\u2019étaient opposés à la Confédération, Cliche est le produit singulier de l\u2019histoire politique, surtout dans une région aussi conser vatrice que la Beauce, où les progressistes, comme lui, formaient une minorité, petite mais opiniâtre.Ferron, beau-frère du juge Rober t Cliche, ce cousin de Paul, surnommait son ami, plus à gauche que le magistrat, «le Bœuf» du clan.Dans sa passionnante autobiographie Un militant qui n\u2019a jamais lâché, Paul Cliche confirme en mille détails, par une « chronique de la gauche politique au Québec de 1950 à aujourd\u2019hui», le jugement de l\u2019écrivain.On y apprend que l\u2019audace et le flair du candidat en 2001 dans Mercier ont ouvert la voie à Amir Khadir, qui, bien qu\u2019il soit né à l\u2019étranger, représentera le Plateau Mont-Royal à partir de 2008 avec une ferveur progressiste et indépendantiste que, dès 1980, le Parti québécois avait de plus en plus perdue.Voilà la conviction de Cliche que partageait son grand ami et mentor depuis 1958, le syndicaliste tonitruant Michel Chartrand, que l\u2019au- tobiographe aimait comme son propre père.Pas étonnant que Khadir, qui a pu le premier, grâce au militantisme contagieux du Beauceron passionné de stratégie, imposer Québec solidaire sur la scène électorale, signe la préface enthousiaste du livre.Son parti, qui compte maintenant trois députés à l\u2019Assemblée nationale, est l\u2019aboutissement des multiples rêves et tentatives de Cliche.Le Beauceron, conseiller municipal du Rassemblement des citoyens de Montréal de 1974 à 1978 pour lutter contre le conservatisme du maire Jean Drapeau, avait toujours été proche de ce qui bougeait le plus dans notre gauche.N\u2019avait-il pas reçu en 1966 un appel à l\u2019aide du révolutionnaire Pierre Vallières, alors en prison à New York après avoir manifesté devant l\u2019ONU pour que le monde reconnaisse la situation coloniale du Québec?Préférant patience et sagesse politiques aux outrances momentanées de Vallières, Cliche célèbre au- jourd\u2019hui l\u2019arrivée à Québec solidaire de Gabriel Nadeau-Dubois, figure de proue du Printemps érable de 2012 et mobilisateur de milliers de nouveaux membres.Ce qu\u2019il appelle le « choc générationnel » inspirerait, à coup sûr, la plus endiablée des gigues.Un militant qui n\u2019a jamais lâché Chronique de la gauche politique au Québec de 1950 à aujourd\u2019hui ?Paul Cliche, Varia, Montréal, 2018, 436 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 Vendredi : 17 h 30 à 18 h 30 Samedi : 10 h à 11 h LINDA AMYOT Le garçon aux chiens Roman jeunesse © J a c q u e s F r e n e t t e Samedi : 18 h à 19 h Dimanche : 13 h 30 à 14 h 30 SYLVIE DRAPEAU L\u2019enfer Roman © A n g e l o B a r s e t t i Samedi : 13 h à 14 h Dimanche : 11 h 30 à 12 h 30 JEAN-FRANÇOIS BEAUCHEMIN J\u2019attends Joséphine Roman © M a n o n D e s R u i s s e a u x Vendredi : 19 h 30 à 21 h Samedi : Table ronde « La place de la littérature en éducation » : 18 h 30 à 19 h 25 (Scène des Rendez-vous littéraires) Table ronde « La littérature québécoise voyage » : 19 h 30 à 20 h 25 (Scène des Rendez-vous littéraires) Séance de dédicaces : 20 h 30 à 21 h Dimanche : Prescriptions littéraires en collaboration avec l\u2019Association des libraires du Québec : 11 h à 12 h (Stand # 365, la Maison des libraires) Séance de dédicaces : 12 h 30 à 13 h 30 BIZ La chaleur des mammifères Roman © J e a n - Y v e s F r é c h e t t e Samedi : 17 h à 18 h Jeudi : 18 h 30 à 19 h 30 Vendredi : 18 h 30 à 19 h 30 Samedi : 11 h à 12 h MARILYSE HAMELIN ANDRÉ HAMEL Mourir d\u2019oubli Chroniques de la grand\u2019rue et des alentours Roman Maternité, la face cachée du sexisme Plaidoyer pour l\u2019égalité parentale Essai © P h i l i p p e B o i s v e r t © S t é p h a n e D a o u s t Jeudi : 16 h 30 à 18 h vendredi : 16 h à 17 h 30 Samedi : 16 h à 17 h Dimanche : 14 h 30 à 15 h 30 ISABELLE JUBINVILLE Cruelle berceuse Roman © A u d r é e W i l h e l m y Samedi : 15 h à 16 h Dimanche : 9 h 30 à 10 h 30 RODOLPHE LASNES Pinsonia (1500-2011) Roman © S e r g e D u c h e s n e Samedi : 14 h à 15 h Dimanche : 15 h 30 à 16 h 30 Vendredi : 15 h à 17 h YVON RIVARD AUDRÉE WILHELMY Le dernier chalet Roman Le corps des bêtes Roman © D o m i n i q u e T .S k o l t z © J e a n - F r a n ç o i s P a g a / G r a s s e t SALON INTERNATIONAL DU LIVRE DE QUÉBEC 2018 LEMÉAC ÉDITEUR | SÉANCES DE DÉDICACES ET ANIMATIONS 11 AU 15 AVRIL STAND 149 Samedi : 12 h à 13 h Dimanche : 10 h 30 à 11 h 30 MICHEL CORMIER Les révolutions inachevées Essai © A n n e B e r n i e r | 37 A r t s v i s u e l s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 C U L T U R E CRITIQUE MARIE-ÈVE CHARRON COLLABORATRICE LE DEVOIR Il est rendu banal que les choses les plus intimes de la vie soient rendues publiques et par tagées sans vergogne.Le travail de Daniel Barrow, que présente le Centre Clark dans une exposition qui se termine au- jourd\u2019hui, fait œuvre de résistance face à ce phénomène.La facture faussement surannée de sa production n\u2019est qu\u2019un des facteurs octroyant à l\u2019ensemble un ton de la confidence qui dispose à accueillir la gravité du propos et son ancrage bien personnel à l\u2019artiste.D\u2019adoption montréalaise, le Mani- tobain d\u2019origine a fait des apparitions rares ces dernières années, dont la plus récente, datait de 2017, à la Galerie 3 de Québec, qui le représente.L\u2019actuelle exposition propose des œuvres inédites, des sculptures murales proches du cabinet de curiosités.Elles engagent sur des voies nouvelles la pratique en dessin pour laquelle l\u2019artiste s\u2019est démarqué il y a environ 10 ans, de concer t avec quelques congénères des Prairies.Fait lauréat du prestigieux prix pancanadien Sobey en 2010, Barrow a été découvert par le public mont- réalais lors de performances au Musée d\u2019art contemporain de Montréal et à la galerie SBC.L\u2019artiste devenait le narrateur en direct de récits fantastiques, un brin scabreux et lubriques, qui évoluaient au son de sa voix ou de fragments d\u2019image sur acétates glissés sur un rétroprojecteur.Chez Clark, le conteur est toujours présent et les amorces d\u2019histoires pullulent.Récits intimes Le tout se présente sous des dehors polis empruntés au style victorien.La joliesse des motifs décoratifs va de pair avec la délicatesse des finis, parfois satinés, qui accumulent les détails ouvragés en épousant la forme de jeux pour enfant, tels les avions en car ton assemblés et les poupées de papier avec tous les articles de leur garde-robe.Plusieurs allusions aux contes de fées ponctuent les œuvres avec des silhouettes de personnage coif fé d\u2019un fichu et de miroirs tendus.La combinaison des deux agit d\u2019ailleurs comme interface, séparant le public d\u2019une cache, depuis laquelle l\u2019ar tiste a sporadiquement brandi des marionnettes pendant l\u2019exposition.Attractif et interpellant, le travail invite à le fouiller du regard.Les sculptures murales en forme d\u2019escalier en pyramide et les dessins sur papier sont d\u2019ailleurs évocateurs des surfaces choisies pour s\u2019exposer au Le monde secret de Daniel Barrow La nouvelle production de l\u2019artiste allie le dessin à la sculpture Ci-dessus : The Descent, à droite : Mirror, de Daniel Barrow, 2018 PAUL LITHERLAND grand jour, comme les présentoirs de vitrine ou les façades de temples recouverts de hiéroglyphes.Cette propension à étaler, voire à parader, est simultanément refrénée par une retenue qui fait la force indéniable de ce travail où les tensions se multiplient finement.La charge décorative dévoile peu à peu son contenu encodé, souvent très intime, de scènes de sexualité, de phobies ou d\u2019obsessions inavouables.Plusieurs images sont des métaphores de l\u2019inconscient dont le verrou est désamorcé ; portes de garde-robe entrebâillées, mécanismes ouverts et récurrence maniaque d\u2019un motif suggèrent en autant de façons la délivrance de réalités latentes.Ailleurs, des socles se transforment en refuge à souris où des pièges les attendent.Avec sa palette de pastel, l\u2019ensemble est doucereux, mais les rehauts acidulés et un voile terne appor tent quelque chose de grinçant et de sale.Ambiguïté La propreté, voulue et projetée, s\u2019impose comme un leitmotiv de cette production avec le motif du rouleau de papier de toilette qui renvoie à des gestes de préférence gardés pour soi, dans l\u2019intimité de son hygiène corporelle.Or, le papier en rouleau, sous des apparences parfois de gracieux rubans et de tapis, devient le précieux support à des poèmes et à des slogans à saveur revendicatrice.Toutes les surfaces sont d\u2019ailleurs susceptibles de porter des messages à lire, comme la tapisserie et sa discrète répétition de « xy » ou la porte en miniature d\u2019une sculpture arborant « Protect Trans Youth ».En filigrane, le non-binarisme caractérise profondément le travail de l\u2019artiste qui détourne les dispositifs et les conditionnements sociaux qui préconisent l\u2019inverse.Dans une vidéo parodiant les produits miracles vendus à la télévision, Barrow imagine un saint Dominic ayant la forme d\u2019un crayon magique qui corrige la langue, éclaire le monde de sa lumière ou masse le cou.Les correcteurs de conscience et les «dicteurs» de comportements semblent autant relever de la religion, des jeux pour enfants, de la publicité que de la technologie.L\u2019artiste se joue aussi des conventions artistiques.Au dessin, qu\u2019il a souvent pratiqué hors cadre, il donne maintenant des allures de sculptures.Cette ambiguïté recherchée entre les disciplines artistiques est résumée dans un étrange objet sculpté qui a la forme d\u2019un pied et qui range nettement des ar ticles pour créer pinceaux, crayons et pastilles de couleurs.Entre usage et création, l\u2019œuvre renvoie au faire de l\u2019artiste et à la discipline cachée de sa pratique.C\u2019est l\u2019assise singulière d\u2019un travail d\u2019une grande sensibilité.At First I Thought It Was a Mannequin De Daniel Barrow, au Centre Clark, 5455, avenue de Gaspé, local 11, à Montréal, jusqu\u2019au 7 avril L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e É c r a n s 3 8 | ENTREVUE MANON DUMAIS LE DEVOIR es allégations d\u2019inconduites sexuelles sur dif fé- rents plateaux au cours des vingt dernières années pesant contre lui, le réalisateur Sylvain Archambault (Les pays d\u2019en haut, Cheval-Serpent) annonçait en novembre dernier qu\u2019il n\u2019allait pas terminer le tournage de la quatrième saison de Mensonges.Trois semaines plus tard, Francis Leclerc reprenait le flambeau, permettant ainsi à la série de Gilles Desjardins (Musée Éden, Les pays d\u2019en haut) de revenir sur les ondes d\u2019Addiktv le 11 avril, comme prévu.«On a eu une semaine et demie de retard, d\u2019arrêt en fait, mais après, on est retombés sur nos pattes », confirme la productrice Sophie Deschênes de Sovimage.C\u2019est ainsi qu\u2019on retrouve au générique des premiers des dix épisodes de Mensonges 4 le nom des deux réalisateurs.«Quand je suis arrivé, Sylvain avait déjà commencé le travail; pour les maniaques de chiffres, j\u2019ai fait 27 jours de tournage sur 48, explique Francis Leclerc.Ce n\u2019est pas de la coréalisation puisqu\u2019on ne s\u2019est pas consultés ; j\u2019ai donc regardé ce qui avait déjà été tourné.J\u2019aime ce que Sylvain fait, mais il y a certaines scènes que je n\u2019aurais pas tournées de même.» Du même souffle, le réalisateur affirme qu\u2019il a accepté de mener la série à terme, d\u2019en assumer la postproduc- tion, pour les acteurs.Ayant travaillé avec Fanny Mallette dans Une jeune fille à la fenêtre et Nos étés, avec Sylvain Marcel dans Marche à l\u2019ombre et avec Mélissa Désormeaux-Poulin dans Les rescapés et Mon meilleur ami, Leclerc avait l\u2019impression de se retrouver en famille: «Ils me l\u2019ont rendu facile, ils connaissent tellement leurs personnages.Il fallait juste décoder les scénarios, aller plus loin avec eux.Ce qui était le fun, c\u2019était d\u2019arriver quatre ans plus tard, donc de les aider à mettre leur cerveau à plus quatre.» Nouvelles tactiques Quatre ans ont ainsi passé dans la vie des personnages de Mensonges.Julie Beauchemin (Fanny Mallette) dirige l\u2019escouade Catharsis spécialisée dans les enquêtes de type Mr.Big, technique créée à Vancouver par la GRC au début des années 1990 consistant à piéger des criminels à l\u2019aide de scénarios.Travaillant à la protection des diplomates à Ottawa, Maxime Mo- relli (Éric Bruneau) accepte d\u2019aider Julie dans une enquête dans l\u2019espoir de rencontrer leur fille Florence.Promu chef de l\u2019escouade des homicides, Bob Crépault (Sylvain Marcel) est las de se faire damer le pion par l\u2019escouade Catharsis.Sortant de prison, Carla Morelli (Mélissa Dés- ormeaux-Poulin) demande à Bob, marié à Cindy (Olivia Palacci), avec qui il a eu des jumeaux, de lui faire un enfant.La sœur de Maxime mettra aussi à profit ses talents d\u2019actrice pour l\u2019escouade de Julie.« Je crois beaucoup à la capacité d\u2019ancrer une fiction dans la réalité, confie le scénariste Gilles Desjardins.Dans le dernier épisode de la troisième saison, on fabrique une enquête de type Mr.Big pour la première fois ; c\u2019est un peu patenté, un peu amateur.Je voulais qu\u2019ils puissent faire de véritables enquêtes Mr.Big.Or, ça prend une certaine expertise, un certain temps, et il y avait aussi le fait que Carla était en prison.Tout ça mis ensemble, j\u2019ai trouvé que c\u2019était très logique et intéressant de passer quatre années, d\u2019avoir les mêmes personnages avec de nouveaux événements dans leur vie, de nouveaux types d\u2019enquêtes.» Contrairement aux saisons précédentes, la quatrième saison de Mensonges sera axée sur une seule grande enquête : mettre la main au collet d\u2019un dangereux copycat, c\u2019est-à- dire un tueur en série imitant les méthodes de différents assassins.Julie et ses enquêteurs, Tom (Louis-Phi- lippe Dandenault), Hugo (Patrick Drolet) et Khadjia (Lamia Benha- cine), devront entre-temps piéger ces assassins afin de les disculper des meurtres commis par le criminel copieur.Entrera en scène avec éclat un nouveau personnage qui prendra de l\u2019importance au fil des épisodes, Louis Carrière (Claude Legault), qui compte récupérer les 50 millions de dollars qu\u2019il a perdus après avoir croupi dix ans en prison.« Je trouvais que c\u2019était un plus sur toute la ligne, dit l\u2019auteur à propos de la nouvelle structure dramatique.Je n\u2019avais pas envie de refaire la même chose.Même s\u2019il y a énormément de ressources dans le huis clos, dans l\u2019interrogatoire, il demeure qu\u2019à la troisième saison, j\u2019ai été happé par ce type d\u2019enquête là, par l\u2019idée de faire des mises en scène où les enquêteurs se déguisent.» Alors qu\u2019ils seront amenés à jouer dif férents rôles, les enquêteurs devront jouer avec les émotions des criminels, ce qui entraînera certaines conséquences dans leurs relations personnelles, notamment entre Julie et Maxime : «Le titre Mensonges n\u2019aura jamais été aussi vrai », avance Francis Leclerc.« La caractéristique de ces opéra- tions-là, c\u2019est des opérations psychologiques qui sont aussi d\u2019une grande cruauté.Ils vont très, très loin dans la manipulation.Souvent, ils frôlent l\u2019illégalité », conclut l\u2019auteur, qui dévoile être en discussion pour une cinquième saison.Mensonges 4 Addiktv, mercredi, 21h Jeux de rôles La quatrième saison de Mensonges fabrique une enquête de type Mr.Big pour la première fois Fanny Mallette, Éric Bruneau et Gabriel Arcand sont de retour pour une quatrième saison de Mensonges, reprise à la réalisation par Francis Leclerc.SERGE GAUVIN D [Les acteurs] me l\u2019ont rendu facile, ils connaissent tellement leurs personnages.Il fallait juste décoder les scénarios, aller plus loin avec eux.Ce qui était le fun, c\u2019était d\u2019arriver quatre ans plus tard, donc de les aider à mettre leur cerveau à plus quatre.FRANCIS LECLERC » | 3 9 C u l t u r e É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 SÉRIE ÉLECTRO : 7e ÉDITION DE SOUFFLES ET DE MACHINES III 17 ET 18 AVRIL 2018 À 20 H AMPHITHÉÂTRE DU GESÙ \u2014 RENCONTRES INCENDIAIRES 17 AVRIL 2018 À 19 H E N T R É E L I B R E QUASAR4.COM Dans le cadre du Printemps numérique 2018 CRITIQUE MANON DUMAIS LE DEVOIR En septembre 1968, la chaîne américaine CBS mettait fin brutalement aux aventures comico-spatiales de la famille Robinson après trois saisons.Fait étonnant, Perdus dans l\u2019espace, série kitsch d\u2019Irwin Allen, attirait à l\u2019époque plus de spectateurs que la série culte de Gene Roddenberry, Star Trek, diffusée à CBS de 1966 à 1969.Au fil des saisons, au grand dam des bonzes de CBS, Perdus dans l\u2019espace comptait de plus en plus d\u2019enfants parmi ses admirateurs, tandis que Star Trek attirait davantage les fans sérieux de science-fiction.Il faut dire que, dès sa deuxième saison, la série prit un virage plus comique, ce qui déplaisait de plus en plus à June Lockhart et à Guy Williams, qui incarnaient Maureen et John Robinson, les parents de cette famille partie fonder une colonie dans l\u2019espace en 1997.Alors que Star Trek a connu avec succès diverses incarnations au cinéma et à la télévision, Perdus dans l\u2019espace a mordu la poussière au cours des dernières décennies.Alors que l\u2019adaptation désolante au cinéma de Stephen Hopkins en 1998 ne connaît pas de suite, la série passe tout près de renaître de ses cendres en 2004.Or, l\u2019émission pilote, réalisée par John Woo, ne sera jamais diffusée.Cinquante ans après la fin de la série originale et vingt ans après ses mésaventures au cinéma, la famille Robinson repart à la conquête d\u2019un monde meilleur, en 2048, sur la plate- forme Netflix.D\u2019entrée de jeu, les nostalgiques de la série auront remarqué que cette nouvelle mouture ne comprend ni costumes aux couleurs criardes ni décors en carton- pâte.De fait, les décors et les paysages sont à couper le souffle et les divers vaisseaux spatiaux, drôlement plus convaincants.Famille recomposée Autres temps, autres mœurs, les Robinson n\u2019of frent plus l\u2019image d\u2019une famille par faite.John (Toby Stephens) et Maureen (Molly Parker) ne forment plus un couple.Issue du premier mariage de Maureen, Penny (Mina Sundwall), qui est métisse, attise la jalousie de Judy (Taylor Russell), qui lui envie ses grandes capacités intellectuelles.S\u2019étant lié d\u2019amitié avec un robot polymorphe, qui ne ressemble en rien à celui de la série originale, le petit Will (Maxwell Jenkins) ne se montre pas toujours à la hauteur de la mission.Quant à Don West (Ignacio Serricchio), autrefois le chevalier de Judy, il revient sous les traits d\u2019un contrebandier ayant un faible pour le whisky.Et le docteur Smith dans tout ça ?Il est devenu une criminelle spécialisée dans le vol d\u2019identité qui se fait passer pour une psychologue.Pour incarner l\u2019excentrique fourbe, on retrouve Parker Posey, ex-reine du cinéma indépendant, qui succède à Jonathan Harris, qui damait le pion à tous dans la série originale, et à Gary Oldman, cabotin flamboyant au grand écran.Si d\u2019emblée ce personnage s\u2019avère de loin le plus intéressant, on regrette assez tôt que les auteurs Matt Sazama et Burk Sharpless ne l\u2019exploitent davantage.D\u2019ailleurs, les scénaristes, à qui l\u2019on doit les plus que navrants Power Rangers et Gods of Egypt, semblent avoir bien du mal à développer les intrigues et à étoffer leurs personnages.Certes, le premier épisode comporte quelques scènes haletantes, mais en fin de compte, on nous sert un mélodrame familial ponctué de chamailles entre adolescentes, de dialogues de sourds entre adultes aveuglés par leurs propres ambitions et des angoisses d\u2019un gamin précoce sur fond de charabia scientifique.Tout compte fait, peu nous chaut de savoir si les Robinson et autres colons seront perdus à jamais dans l\u2019espace tant la tension s\u2019étiole d\u2019une scène à l\u2019autre.Et loin de nous l\u2019envie de les suivre pendant trois saisons.Perdus dans l\u2019espace (V.F.de Lost in Space) Netflix, dès vendredi Les Robinson à la reconquête d\u2019un monde meilleur Perdus dans l\u2019espace, la populaire série kitsch des années 1960, fait peau neuve sur Netflix Autres temps, autres mœurs, les Robinson n\u2019offrent plus l\u2019image d\u2019une famille parfaite.NETFLIX « U N E I N C U R S I O N P RO F O N D É M E N T H U M A I N E D U M É T I E R D E V I G N E RO N .» Jean Aubry, Le Devoir À L \u2019 A F F I C H E ! KFilmsAmerique k?lmsamerique.com Mettant en vedette le vigneron PA S C A L M A RC H A N D G R A N D C R U L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e É c r a n s 4 0 | SAMEDI LE PETIT CHAMP (4) (The Sandlot), É.-U.1993.Comédie fantaisiste de David Mickey Evans avec Tom Guiry, Mike Vitar, Patrick Renna.- Des gamins tentent par divers stratagèmes de récupérer une balle autographiée par Babe Ruth que l\u2019un d\u2019eux a frappée jusque dans la cour d\u2019un voisin inquiétant.VRAK 10h CAMILLE REDOUBLE (4) Fr.2012.Comédie fantaisiste de Noémie Lvovsky avec Noémie Lvovsky, Samir Guesmi, Judith Chemla.- Le soir du 31 décembre 2007, une actrice de série Z, qui vient de se faire larguer par son mari, se retrouve magiquement transportée en 1985, à l\u2019époque où elle a rencontré ce dernier.ARTV 13h UN ANGE DÉNOMMÉ WANDA (3) (A Fish Called Wanda), G.-B.1988.Comédie policière de Charles Crichton avec John Cleese, Jamie Lee Curtis, Kevin Kline.- Une jeune cambrioleuse séduit l\u2019avocat d\u2019un de ses complices qui a été arrêté après avoir caché le butin d\u2019un vol de diamants.V 14h15 LE RÉSEAU SOCIAL (2) (The Social Network), É.-U.2010.Drame biographique de David Fincher avec Jesse Eisenberg, Andrew Garfield, Justin Timberlake.- Les circonstances et la controverse ayant entouré la création de Facebook par Mark Zuckerberg, un étudiant de Harvard.TVA 15h30 ROMY ET MICHELE, REINES DE LA SOIRÉE (4) (Romy and Michele\u2019s High School Reunion), É.-U.1997.Comédie de David Mirkin avec Mira Sorvino, Lisa Kudrow, Janeane Garofalo.- Deux copines un peu paumées font croire qu\u2019elles mènent la grande vie afin de bien paraître lors d\u2019une réunion d\u2019anciens de leur école.MAX 15h30 L\u2019EXTRAVAGANT VOYAGE DU JEUNE ET PRODIGIEUX T.S.SPIVET (4) (Young and Prodigious T.S.Spivet, The), Fr.2013.Comédie dramatique de Jean-Pierre Jeunet avec Kyle Catlett, Helena Bonham-Carter, Judy Davis.- Inventeur d\u2019une machine révolutionnaire, un gamin du Montana embarque clandestinement sur un train de marchandises en direction de Washington, où il doit recevoir un prix prestigieux.TQ 18h JACK LE CHASSEUR DE GÉANTS (4) (Jack the Giant Slayer), É.-U.2013.Drame fantastique de Bryan Singer avec Nicholas Hoult, Eleanor Tomlinson, Ewan Mc- Gregor.- Un jeune paysan part avec les hommes du roi secourir la fille de ce dernier, gardée captive par des géants vivant dans une contrée suspendue au sommet d\u2019un arbre gigantesque.TVA 18h30 LES LARMES DU SOLEIL (5) (Tears of the Sun), É.-U.2003.Drame de guerre d\u2019Antoine Fuqua avec Bruce Willis, Monica Bellucci, Cole Hauser.- Au Nigeria, à la suite d\u2019un coup d\u2019État, des soldats d\u2019élite américains escortent dans la jungle une femme médecin et des villageois menacés par des rebelles.V 20h30 R.E.D.(4) (RED), É.-U.2010.Comédie d\u2019espionnage de Robert Schwen- tke avec Bruce Willis, Mary-Louise Parker, John Malkovich.- Des agents de la CIA à la retraite découvrent que des ex-confrères cherchent à effacer toute trace d\u2019une mission catastrophique réalisée jadis au Guatemala.TVA 20h45 ATTILA MARCEL (4) Fr.2013.Comédie fantaisiste de Sylvain Chomet avec Guillaume Gouix, Anne Le Ny, Bernadette Lafont.- Grâce aux pouvoirs magiques de la tisane d\u2019une voisine musicothérapeute, un pianiste muet fait remonter à sa mémoire les traumatismes de son enfance.ARTV 21h APRÈS LA NOCE (3) (Efter Brylluppet), Dan.2006.Drame de Susanne Bier avec Mads Mikkelsen, Rolf Lassgard, Sidse Babett Knudsen.- Lors du mariage d\u2019une jeune fille, un homme reconnaît en la mère de la mariée son ex-petite amie qu\u2019il n\u2019avait pas revue depuis 20 ans.TFO 21h AVATAR (4) É.-U.2009.Science-fiction de James Cameron avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver.- Un ex-soldat à la solde d\u2019une compagnie minière infiltre la peuplade autochtone d\u2019une planète lointaine grâce à une mutation qui lui a donné une apparence identique à la leur.TQ 21h01 ROMY ET MICHELE, REINES DE LA SOIRÉE Voir samedi, 15h30.MAX 23h LE FESTIN DE BABETTE (3) Dan.1987.Comédie dramatique de Gabriel Axel avec Stéphane Audran, Brigitte Federspiel, Bodil Kjer.- Dans un village danois, une servante française consacre l\u2019argent qu\u2019elle a gagné à la loterie à préparer un festin pour ses patronnes.TFO 23h02 300 \u2013 LA NAISSANCE D\u2019UN EMPIRE (5) (300 \u2013 Rise of an Empire), É.-U.2014.Drame de guerre de Noam Murro avec Sullivan Stapleton, Eva Green, Lena Headey.- Dans une Grèce désunie, le général Themistocle dirige l\u2019assaut contre les troupes de l\u2019envahisseur perse, dirigées par la vengeresse Artémise.TVA 23h30 TEN (3) Iran.2002.Drame d\u2019Abbas Kiarostami avec Mania Akbari, Amin Maher, Roya Arabshahi.- Une femme divorcée discute à bord de son auto avec son jeune fils, qui lui adresse toutes sortes de reproches, ainsi qu\u2019avec diverses passagères.TFO 0h48 THE SWEET HEREAFTER (3) Can.1996.Drame psychologique d\u2019Atom Egoyan avec Ian Holm, Sarah Polley, Bruce Greenwood.- Un avocat tente de convaincre les parents des victimes d\u2019une tragédie routière de participer à un recours collectif.CBC 1h30 LE ROYAUME (5) (The Kingdom), É.-U.2007.Thriller de Peter Berg avec Jamie Foxx, Ashraf Barhoum, Chris Cooper.- Quatre agents du FBI se rendent en Arabie Saoudite pour traquer les auteurs d\u2019un attentat ayant causé la mort de centaines d\u2019Américains travaillant dans l\u2019industrie du pétrole.TVA 1h30 DIMANCHE ST-VINCENT (4) (St.Vincent), É.-U.2014.Comédie de Theodore Melfi avec Bill Murray, Jaeden Lieberher, Melissa McCarthy.- Un vieil ivrogne de Brooklyn propose à sa voisine, une mère célibataire accaparée par son travail, de s\u2019occuper de son enfant après l\u2019école.TVA 10h L\u2019EXTRAVAGANT VOYAGE DU JEUNE ET PRODIGIEUX T.S.SPIVET Voir samedi, 18h.TQ 12h LE BON CÔTÉ DES CHOSES (3) (Silver Linings Playbook), É.-U.2012.Comédie dramatique de David O.Russell avec Bradley Cooper, Jennifer Lawrence, Robert De Niro.- Un enseignant bipolaire récemment sorti de l\u2019hôpital psychiatrique fait la connaissance d\u2019une jeune veuve à l\u2019équilibre mental fragile déterminée à le conquérir.ARTV 12h MARÉE ROUGE (4) (Crimson Tide), É.-U.1995.Drame de guerre de Tony Scott avec Denzel Washington, Gene Hackman, George Dzundza.- Le capitaine d\u2019un sous-marin et son lieutenant s\u2019engagent dans un duel d\u2019autorité dont l\u2019enjeu est le déclenchement d\u2019un holocauste nucléaire.V 14h30 SANS PEUR (3) (Fearless), É.-U.1993.Drame psychologique de Peter Weir avec Jeff Bridges, Rosie Perez, Isabella Rossellini.- Après avoir survécu à un écrasement d\u2019avion, un homme croit qu\u2019il est devenu une sorte d\u2019ange que la mort ne peut plus atteindre.MAX 15h30 MATILDA (3) É.-U.1996.Comédie fantaisiste de Danny DeVito avec Danny DeVito, Mara Wilson, Rhea Perlman.- Les tribulations d\u2019une fillette prodige qui est envoyée par ses parents bébêtes dans une école dirigée par une tortionnaire.TVA 16h15 THE BUDDHA (4) É.-U.2010.Documentaire de David Grubin.- La vie et les enseignements du prince Siddharta Gautama, fondateur de la religion bouddhiste.PBS (WETK) 17h LA VIE SECRÈTE DE WALTER MITTY (4) (The Secret Life of Walter Mitty), É.-U.2013.Comédie sentimentale de Ben Stiller avec Ben Stiller, Kristen Wiig, Adam Scott.- Un recherchiste timoré, sujet à des rêveries héroïques, se lance dans une périlleuse aventure à travers le monde pour sauver son emploi.V 17h BIRDMAN OU (LES VERTUS INSOUPÇONNÉES DE L\u2019IGNORANCE) (2) (Birdman or (The Unexpected Virtue of Ignorance)), É.-U.2014.Comédie dramatique de Alejandro Gonzalez Inarritu avec Michael Keaton, Emma Stone, Edward Norton.- À trois jours de la première de sa pièce sur Broadway, un acteur déchu de Hollywood sombre dans une grave crise existentielle.V 19h30 ROMY ET MICHELE, REINES DE LA SOIRÉE Voir samedi, 15h30.MAX 20h30 CABOTINS (4) Can.2010.Comédie dramatique d\u2019Alain DesRochers avec Rémy Girard, Pierre-François Legendre, Marie-Ève Milot.- Afin d\u2019éviter la ruine, un comédien de variétés rouvre son théâtre d\u2019été en reformant son ancienne troupe, à laquelle se joint son fils mal aimé.ARTV 21h LES TÉMOINS (3) Fr.2006.Drame de mœurs d\u2019André Téchiné avec Emma- nuelle Béart, Sami Bouajila, Michel Blanc.- En 1984, l\u2019existence d\u2019un policier marié à une écrivaine est chamboulée par un jeune provincial.TFO 21h LE BAISER DU BARBU (5) Can.2009.Comédie sentimentale d\u2019Yves Pelletier avec David Savard, Isabelle Blais, Ricardo Trogi.- En se faisant pousser une barbe, un acteur obtient du succès dans tout ce qu\u2019il entreprend, sauf qu\u2019il provoque une allergie chez sa compagne anxieuse.TQ 21h30 VINCENT, FRANÇOIS, PAUL ET LES AUTRES (3) Fr.1974.Chronique de Claude Sautet avec Yves Montand, Michel Piccoli, Serge Reggiani.- La vie et les problèmes d\u2019un petit groupe de bons amis qui se retrouvent souvent en famille.TFO 22h51 LA TUNIQUE (5) (The Robe), É.-U.1953.Drame biblique de Henry Koster avec Richard Burton, Jean Simmons, Victor Mature.- Les tribulations d\u2019un officier romain qui a gagné aux dés la tunique du Christ lors de la crucifixion.RC 0h23 APRÈS LA NOCE Voir samedi, 21h.TFO 0h43 LES PETITS MOUCHOIRS (4) Fr.2010.Comédie dramatique de Guillaume Canet avec François Cluzet, Marion Cotillard, Benoît Magimel.- Alors qu\u2019un des leurs est à l\u2019hôpital à la suite d\u2019un accident de moto, un groupe de trentenaires parisiens décide malgré tout de partir en vacances au bord de la mer.TQ 1h16 LUNDI MÉCHANTE SOIRÉE! (4) (Date Night), É.-U.2010.Comédie sentimentale de Shawn Levy avec Tina Fey, Steve Carell, Mark Wahlberg.- S\u2019étant fait passer pour d\u2019autres afin d\u2019obtenir une table dans un restaurant chic de New York, un couple sans histoire est pris en chasse par des malfaiteurs.VIE 13h ROMÉO ET JULIETTE (4) (William Shakespeare\u2019s Romeo & Juliet), É.-U.1996.Drame de Baz Luhrmann avec Leonardo DiCaprio, Claire Danes, John Leguizamo.- Dans une grande ville industrielle, deux jeunes issus de familles riches et rivales s\u2019éprennent l\u2019un de l\u2019autre.TQ 21h MAMMUTH (3) Fr.2010.Comédie dramatique de Gustave Kervern avec Gérard Depardieu, Yolande Moreau, Isabelle Adjani.- Un retraité enfourche sa moto afin d\u2019aller quérir un peu partout en province les papiers administratifs qui lui donneront accès à sa pension.TFO 21h THE INVISIBLE NATION (4) (Le peuple invisible), Can.2007.Documentaire de Richard Desjardins.- L\u2019histoire déchirante des Algonquins, nation autochtone disséminée dans une dizaine de réserves à travers l\u2019Abitibi-Témiscamingue.PBS (WETK) 21h ESCOUADE D\u2019ÉLITE \u2013 L\u2019ENNEMI AUX PORTES (4) Br.2010.Drame policier de José Padilha avec Wagner Moura, Irandhir Santos, Sandro Rocha.- À Rio de Janeiro, le capitaine d\u2019une force spéciale luttant contre le crime organisé découvre que celui-ci est intimement lié au pouvoir policier et politique.TVA 23h35 LES 4 SOLDATS (4) Can.2013.Drame de Robert Morin avec Camille Mongeau, Christian de la Cortina, Antoine Bertrand.- Dans un pays ravagé par une guerre civile opposant l\u2019armée des possédants et les troupes rebelles issues de la misère, une amitié se crée entre quatre soldats cantonnés dans un bois.ARTV 0h LES TÉMOINS Voir dimanche, 21h.TFO 0h05 APRÈS LA NOCE Voir samedi, 21h.TFO 1h59 MARDI JOHNNY ENGLISH RENAÎT (5) (Johnny English Reborn), G.-B.2011.Comédie d\u2019espionnage de Oliver Parker avec Rowan Atkinson, Daniel Kaluuya, Rosamund Pike.- Un agent secret britannique est chargé de déjouer un complot assassin contre le premier ministre de la Chine, ourdi par des agents de la CIA, du KGB et du MI7.TVA 13h VALSE AVEC BACHIR (2) (Waltz With Bashir), Isr.2008.Film d\u2019animation d\u2019Ari Folman.- Un cinéaste israélien, qui n\u2019a aucun souvenir de son passé de soldat au Liban dans les années 1980, part à la recherche de ceux qu\u2019il a côtoyés durant cette guerre.TFO 21h LE BON CÔTÉ DES CHOSES Voir dimanche, 12h.ARTV 23h MAMMUTH Voir lundi, 21h.TFO 0h06 ATANARJUAT \u2013 THE FAST RUNNER (3) (Atanarjuat \u2013 L\u2019homme rapide), Can.2001.Conte de Zacharias Kunuk avec Natar Ungalaaq, Peter Henry Arnatsiaq, Sylvia Ivalu.- Dans une communauté inuit, un chasseur entre en conflit avec le fils du chef, dont la famille est frappée par un mauvais sort.CBC 1h LES TÉMOINS Voir dimanche, 21h.TFO 1h39 MERCREDI JOHN TUCKER DOIT MOURIR (5) (John Tucker Must Die), É.-U.2006.Comédie sentimentale de Betty Thomas avec Brittany Snow, Jesse Metcalfe, Sophia Bush.- Les trois ex-copines d\u2019un coureur de jupons conspirent avec une nouvelle camarade de classe afin que celle-ci lui brise le cœur.TVA 13h NOS ÉTOILES CONTRAIRES (4) (Fault in Our Stars, The), É.-U.2014.Drame sentimental de Josh Boone avec Shailene Woodley, Ansel Elgort, Willem Dafoe.- À l\u2019occasion d\u2019une réunion d\u2019un groupe de soutien pour jeunes cancéreux, une adolescente solitaire tombe amoureuse d\u2019un garçon de son âge, amputé d\u2019une jambe.MP 16h30 LE BAL DU MONSTRE (3) (Monster\u2019s Ball), É.-U.2001.Drame de Marc Forster avec Billy Bob Thornton, Halle Berry, Heath Ledger.- Un ancien gardien de prison s\u2019éprend de la veuve d\u2019un détenu qu\u2019il a accompagné dans le couloir de la mort.TQ 21h L\u2019HOMME SANS PASSÉ (3) Fin.2002.Comédie dramatique d\u2019Aki Kaurismaki avec Juhani Niemela, Markku Peltola, Kati Outinen.- Devenu amnésique après avoir été battu et dévalisé par des voyous, un homme est recueilli et soigné par des gens démunis.TFO 21h VALSE AVEC BACHIR Voir mardi, 21h.TFO 0h08 MAMMUTH Voir lundi, 21h.TFO 1h40 ROMÉO ET JULIETTE Voir lundi, 21h.TQ 2h11 JEUDI VOICI POLLY (5) (Along Came Polly), É.-U.2004.Comédie sentimentale de John Hamburg avec Ben Stiller, Jennifer Aniston, Philip Seymour Hoffman.- Effrayé par le risque, un assureur tombe pourtant amoureux d\u2019une ancienne camarade de classe au tempérament excentrique.TVA 13h SUPERMALADES (4) (Superbad), É.-U.2007.Comédie de Greg Mottola avec Jonah Hill, Michael Cera, Christopher Mintz-Plasse.- Trois adolescents puceaux tentent de se procurer de l\u2019alcool pour impressionner des filles de leur école.MP 16h30 VOL SOUS HAUTE PRESSION (4) (Red Eye), É.-U.2005.Thriller de Wes Craven avec Rachel McAdams, Cillian Murphy, Brian Cox.- Sur le vol Dallas-Miami, un passager prend discrètement en otage sa voisine de siège pour l\u2019obliger à participer à un attentat contre un politicien.TQ 21h LE PACHA (4) Fr.1968.Drame policier de Georges Lautner avec Jean Gabin, Dany Carrel, André Pousse.- Un commissaire de police tend un piège à l\u2019assassin d\u2019un de ses inspecteurs.TFO 21h CABOTINS Voir dimanche, 21h.ARTV 22h LES BEATLES \u2013 LES ANNÉES DE TOURNÉE (4) (Beatles \u2013 Eight Days a Week \u2013 The Touring Years, The), É.-U.2016.Documentaire de Ron Howard.- De 1962 à 1966, les Beatles produisent huit albums et deux films, tout en enchaînant les tournées mondiales de plus en plus éprouvantes.CD 22h L\u2019HOMME SANS PASSÉ Voir mercredi, 21h.TFO 23h55 DE L\u2019EAU POUR LES ÉLÉPHANTS (4) (Water for Elephants), É.-U.2011.Drame de Francis Lawrence avec Robert Pattinson, Reese Witherspoon, Christoph Waltz.- Durant la Grande Dépression, un jeune vétérinaire joint une troupe de cirque ambulante et tombe amoureux de l\u2019écuyère, par ailleurs épouse du directeur.RC 0h35 SNOWPIERCER \u2013 LE TRANSPERCE-NEIGE (3) (Snowpiercer), Cor.S.2013.Science-fiction de Bong Joon-ho avec Chris Evans, Song Kang-ho, Tilda Swinton.- Durant une nouvelle ère glaciaire, les survivants de l\u2019humanité s\u2019affrontent à bord d\u2019un super-train, où un leader charismatique mène la révolte des opprimés contre le pouvoir.TVA 1h35 VALSE AVEC BACHIR Voir mardi, 21h.TFO 01h35 VENDREDI AFFLICTION (4) É.-U.1997.Drame psychologique de Paul Schrader avec Nick Nolte, James Coburn, Sissy Spacek.- Divers incidents plongent l\u2019unique policier d\u2019une petite ville dans une situation de crise familiale et professionnelle.VIE 13h 10 ON TEN (4) Fr.2004.Documentaire d\u2019Abbas Kiarostami.- Le cinéaste iranien Abbas Kiarostami médite sur l\u2019état du cinéma et son processus créatif.TFO 21h ST-HENRI THE 26TH OF AUGUST (4) (St-Henri le 26 août), Can.2010.Documentaire de Shannon Walsh.- Regard sur le quartier ouvrier montréalais de Saint- Henri et ses habitants, le jour de la rentrée des classes.PBS (WETK) 21h30 CABOTINS Voir dimanche, 21h.RC 23h05 COLLISION (5) (Intersections), Fr.2012.Drame de David Marconi avec Roschdy Zem, Frank Grillo, Jaimie Alexander.- Dans le désert marocain, les conséquences d\u2019un accident de la route sur diverses personnes, dont une riche Américaine qui complotait avec son amant le meurtre de son nouveau mari.TVA 23h35 GUERRIER (3) (Warrior), É.-U.2011.Drame sportif de Gavin O\u2019Connor avec Tom Hardy, Joel Edgerton, Nick Nolte.- En froid depuis plusieurs années, deux frères sont appelés à s\u2019affronter lors d\u2019un championnat d\u2019arts martiaux mixtes.TVA 23h35 LE PACHA Voir jeudi, 21h.TFO 23h57 L\u2019EXPRESS DE MINUIT (4) (Midnight Express), G.-B.1978.Thriller d\u2019Alan Parker avec Brad Davis, John Hurt, Randy Quaid.- Enfermé dans une prison turque pour trafic de drogue, un jeune Américain subit de pénibles épreuves tout en cherchant à s\u2019évader.RC 1h05 LA MÉMOIRE DANS LA PEAU (4) (The Bourne Identity), É.-U.2002.Drame d\u2019espionnage de Doug Liman avec Matt Damon, Franka Potente, Chris Cooper.- Un homme amnésique découvre qu\u2019il est un tueur travaillant pour la CIA et que ses supérieurs veulent sa peau.TVA 1h35 L\u2019HOMME SANS PASSÉ Voir mercredi, 21h.TFO 1h36 LE BON CÔTÉ DES CHOSES Voir dimanche, 12h.ARTV 2h LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable | 4 1 C u l t u r e É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 Partenaires publics En vente aussi à osm.ca 514 842-9951 En vente maintenant 85e SAISON 18 -19 OUVERTURE de la 85e SAISON 6 ET 8 SEPTEMBRE LE SACRE DU PRINTEMPS DE STRAVINSKY ET LE BOLÉRO DE RAVEL Kent Nagano inaugure la 85e saison de l\u2019OSM avec deux chefs-d\u2019œuvre qui ont marqué l\u2019histoire de l\u2019orchestre.semaine LE 7e ART et BRAHMS 7 AU 10 FÉVRIER Une programmation festive et originale de quatre concerts en quatre jours présentant l\u2019intégrale des symphonies de Brahms, des concertos de maîtres et des courts-métrages, le tout articulé autour du cycle des saisons.16 AU 18 AVRIL Sous la direction des réputés chefs Bernard Labadie et Hervé Niquet, l\u2019OSM présente plusieurs œuvres sublimes de Mozart, dont Une petite musique de nuit et son fameux Requiem.rendez-vous MOZART 29 ET 31 MAI, 1er JUIN L\u2019OSM rend un vibrant hommage à Berlioz avec la Symphonie fantastique \u2013 une œuvre essentielle du répertoire.La pièce sera précédée de Lélio, monodrame lyrique mettant en vedette le brillant acteur français Lambert Wilson.HOMMAGE à BERLIOZ Partenaire de saison LES MOMENTS FORTS ABONNEZ-VOUS ! 4 concerts ou + vous séduisent ?Composez votre série de concerts selon votre horaire et vos goûts avec l\u2019abonnement à la carte, et obtenez jusqu\u2019à 20 % de réduction ! VENEZ voir la MUSIQUE clôture de saison MANON DUMAIS LE DEVOIR Artistes mécanos Mécaniciens de formation, Matt Dalpé et Junior Bourget ne trouvaient plus leur compte dans la mécanique.Partageant une passion pour la fabrication de meubles, ils ont fondé ensemble l\u2019entreprise Magasin général Varennes, où ils proposent aux commerces et aux individus des meubles originaux faits de bois et de métal.Dans le premier épisode, on suit les deux fabricants de meubles alors qu\u2019ils doivent créer une cuisine extérieure et un cellier pour un restaurant.Ce faisant, ils découvrent que malgré leur talent et leur bonne volonté, ils ont encore quelques croûtes à manger.Une série documentaire sympathique mettant en scène deux entrepreneurs au franc-parler.Magasin général Varennes Z, mercredi, 20h30 Femmes fatales Brillante agente du MI5, Eve Po- lastri (Sandra Oh, qui mettait du piquant dans la larmoyante série Dre Grey, leçons d\u2019anatomie) est lasse du travail de bureau que lui proposent les services secrets britanniques.Sa vie change du tout au tout lorsqu\u2019elle se trouve dans la mire d\u2019une tueuse à gages qui ne rate jamais sa cible, l\u2019insensible Vilanelle (Judy Comer), qu\u2019elle doit traquer.Série réalisée par Jon East (Maigret et son mort), Damon Thomas (Penny Dreadful) et Harry Bradbeer (Dickensian), Killing Eve promet de nous tenir en haleine durant les huit épisodes que dure l\u2019impitoyable jeu du chat et de la souris inspiré des romans de Luke Jennings.Killing Eve BBC America, dimanche, 20h Un dernier tour de piste En septembre dernier, Rick Mercer a annoncé qu\u2019après 15 saisons, totalisant 277 épisodes, il mettait fin à The Rick Mercer Report.Avec This Hour Has 22 minutes, Talking to Americans et Made in Canada, l\u2019humoriste terre-neuvien de 49 ans, souvent comparé à Jean-René Dufort (Info- man) par sa manière de s\u2019en prendre aux politiciens, s\u2019est imposé dans le paysage télévisuel canadien avec son humour incisif, son esprit satirique et ses cinglants monologues livrés face à la caméra.The Rick Mercer Report CBC, mardi, 20h SU R VOS ÉC R A N S \u2013 SU R L E S T R AC E S D E J E U N E S E N T R E P R E N E U RS Le visionnement en continu de la semaine Lauréat du Prix de la mise en scène pour Kinatay, qui nous transportait dans les bas-fonds de Manille, au Festival de Cannes en 2009, le cinéaste Brillante Mendoza a l\u2019honneur de signer la première série philippine de Netflix, AMO.Alors que le gouvernement lutte contre la drogue, Joseph (Vince Rillon), élève du secondaire, voit son commerce illicite prendre de l\u2019expansion pendant que son oncle policier (Derek Ramsay) tire profit de la corruption.La série de 13 épisodes s\u2019inspire de la violente lutte antidrogue du controversé président Rodrigo Duterte, laquelle aurait fait 20 000 morts.En 2016, Mendoza, réputé pour son style cru et réaliste, affirmait soutenir Duterte.AMO Netflix, dès lundi L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e Té l év i s i o n 4 2 | 04/09 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Gars, fille District 31 Lâcher prise Ruptures À communiquer Le Téléjournal Les Bougon Entrée Prin.TVA TVA nouvelles Le Tricheur La Voix: Extra Coeur et bras Ma maison bien-aimée Chicago Fire: Caserne 51 TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Subito texto Génial! Mc$ween National Geographic ROMÉO ET JULIETTE (1996) Leonardo DiCaprio.23h10 Messe V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire Mets-y le Ça décolle Scorpion / Les naufragés Le show de Rousseau Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Mixeur Champions Les châteaux de France Les bombes / Partie 1 Un village français / Le carnet Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Enchères Enchères Secrets souterrains Phénomènes vus de l'espace R.I.S, police scientifique Grand Rire CANAL VIE La belle gang ByeMaison Quoi ton plan?Une vie de géant Survivre / Ty et Mahogany Proprio Proprio La belle gang RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° LMB Baseball / Brewers de Milwaukee c.Cardinals de St.Louis (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Boardwalk ICI ARTV Le temps d'une paix À la valdrague À la valdrague Les dieux de la danse Ariane Moffatt Homme qui.Entrevues EXPLORA L'odyssée des primates Alex+Tyler, éco Les îles Canaries Repères Homo sapiens Étincelles de génie Au-delà fiction Z Remorquage Dans l'net Les pires chauffards québécois Sleepy Hollow Animal Kingdom The Leftovers (v.f.) Star Trek: Voy.SAVOIR Face à Face uniVERT Découvertes Santé! Autisme Un grand pas 21h50 De neuf uniVERT Monde Saint-Laurent TFO Amélie Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Conseils Carte de visite MAMMUTH (2010) Gérard Depardieu.22h35 Visite 23h05 Citoyen Planète Forces spéciales Namibie Big Bang Trésors volés Tété ou Dédé?/ Argentine Vu sur terre / Égypte Arts backstage CBC CBCNews On the Money Coronation St.Coronation St.Hello Goodbye Hello Goodbye Winnipeg Comedy Festival CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Voice / The Knockouts, Part Three The Crossing CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Kevin Can Wait Man Plan Big Brother Canada Ransom / Three Wishes Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition American Idol / Top 24 Celebrity Duets The Crossing News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Kevin Can Wait Man Plan Super Donuts Biblically Scorpion / Kenny and the Jet Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Antiques Roadshow Independent Lens Business UNIS Pense vite! Cochon dingue Mauvais karma Mauvais karma Trait d'humour Canada, plus grand que nature Peaky Blinders Hooké HBO 17h50 Latin Explosion Silicon Valley Barry RECOUNT (2008) avec John Hurt, Laura Dern, Kevin Spacey.Here and Now / Dream Logic Last Week TVA Sports Jays Début MLB Le top LNH À comm.À communiquer Dave Morissette en direct 04/08 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte ICI Laflaque Tout le monde en parle 22h20 Journal 22h55 Infoman 23h25 Danse TVA TVA nouvelles VLOG La Voix / Chants de bataille 21h15 La vraie nature 22h15 Obèse 22h45 TVANou.23h15 Filles TQ Microphone Mc$ween Banc public Y'a du monde à messe LE BAISER DU BARBU (2010) David Savard.Chroniqu V 17h00 LA VIE SECRÈTE DE WALTER MITTY BIRDMAN OU (LES VERTUS INSOUPÇONNÉES DE L'IGNORANCE) (2014) UN MARIAGE SANS FIN (2015) ICI RDI Enquête Le National RDI économie Le Téléjournal Les coulisses du pouvoir Second Regard Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR On n'est pas couché Champion 22h45 Échos-L.Journal/ L'invité CANAL D Grand Rire en Belgique Docu-D / Sur les traces d'Amelia Earhart Déroute Enchères Cauchemar sur l'autoroute Motard espion CANAL VIE Une vie de géant J'aurais donc dû, docteur! La vie avec des quintuplées Encan et flip au Texas À vos marques À vos marques Décore ta vie RDS 14h00 Golf - Tournoi des maîtres (D) Sports 30 LMB Baseball / Mets de New York c.Washington Nationals (D) Sports 30 HISTORIA Récupérateurs Récupérateurs La justice dans le sang La justice dans le sang Poirier enquête Poirier enquête Détroit / Prise deux Fous bolides ICI ARTV Gala des Zapettes d'Or Crescendo CABOTINS (2010) avec Pierre-François Legendre, Rémy Girard.Juste du web EXPLORA S'aime chien Curiosités Le refuge de l'espoir Alex+Tyler, éco Prouesses d'ingénierie Planète techno Découverte Sexplora Z Maripier! P.Lemieux En prison Prêt sur gage Les hors-la-loi du volant Sleepy Hollow Lizard Lick T'es pas game Américars SAVOIR Monde Dactylo Planète Terre MTL innovante FutureMag Électron/ Thèse uniVERT Étudiants voyageurs Connaissance L'inis reçoit TFO Subito texto Top!/ Top! Boum, canon Danse rêves Mosquée Citoyen monde LES TÉMOINS (2007) Michel Blanc.22h50 VINCENT, FRANÇOIS,.Planète 17h30 So Fr.Paris grouille-t-il?Je suis amoureuse d'un condamné Orchestre Berlin 1885, le partage de l'Afrique Les oubliés CBC 17h00 MULAN (1998) Heartland / Naming Day The Nature of Things CBC Docs POV CBC News: The National CBCNews CTV 14h00 Golf (D) The Big Bang The Big Bang Lucifer / The Sin Bin The Detail Deception / Masking National News GBL Global News Global National Best of Border TheSimpsons Instinct / I Heart New York NCIS: Los Angeles / Vendetta Timeless Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos American Idol / Top 24 Solos Deception / Masking News at 11 CBS 14h00 Golf (D) 60 Minutes Instinct / I Heart New York NCIS: Los Angeles / Vendetta Madam Secretary / Phase Two 3 News PBS (33) The Coroner A Place to Call Home Call the Midwife Masterpiece Classic / Unforgotten Last Tango in Halifax UNIS Bouffe en cavale Les fermiers / Le printemps Chair de poule Chair de poule Radio enfer Radio enfer Galaxie près Galaxie près Peaky Blinders HBO 18h05 War Dog: Best Friend 19h15 PATERNO (2018) avec Al Pacino, Riley Keough.Here and Now / Dream Logic Silicon Valley Barry Last Week TVA Sports Le TVA sports Gala des rondelles d'or RAW Boxe Simon Kean c.Ignacio Esparza Le TVA sports LMB Baseball 04/07 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal La Petite Vie En direct de l'univers Deuxième chance Notre vie Le Téléjournal Info, sexe Dre Grey TVA TVA nouvelles JACK LE CHASSEUR DE GÉANTS (2013) Nicholas Hoult.20h45 R.E.D.(V.F.) (2010) avec Mary-Louise Parker, Bruce Willis.TVA nouvelles TQ L'EXTRAVAGANT VOYAGE DU JEUNE ET PRODIGIEUX T.S.Microphone AVATAR (V.F) (2009) avec Zoe Saldana, Sigourney Weaver, Sam Worthington.V Cinéma UNE BELLE JOURNÉE POUR CREVER (2013) Bruce Willis.LES LARMES DU SOLEIL (2003) avec Monica Bellucci, Cole Hauser, Bruce Willis.Punch ICI RDI La Semaine verte Le National Le National Découverte Le Téléjournal Les grands reportages La Facture Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR Vivement dimanche prochain Les plus grands magiciens du monde La vie secrète des chansons Journal/ L'invité CANAL D Déroute Garage d'élite Mayday Grand Rire en Belgique Festival Grand Rire Galas ComediHa! 2015 Déroute CANAL VIE Proprio Proprio Mini-maisons Mini-maisons De taudis à logis Survivre / Cleburn et April The Affair (v.f.) Cinéma RDS 15h00 Golf (D) 24CH glace Images/sec.UFC UFC 223 Combats préliminaires (D) L'antichambre Boxe HISTORIA De l'acier et du feu / Le pata De l'acier et du feu Aux armes! Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Détroit ICI ARTV 17h00 Gala des Zapettes d'Or Pour l'amour du country La soirée est (encore) jeune ATTILA MARCEL (2013) avec Anne Le Ny, Guillaume Gouix.Entrevues EXPLORA Animo Pharmachien Suprême animal OGM: Mensonges et vérités Cerveau Sexplora Légendes Z Milot Land Blood Brothers T'es pas game Wasteland Seuls et tout nu Robot Wars Six / Mémoires de Navy SEAL En prison SAVOIR Culture information Reportage Géo 19h50 L'ONU Étudiants voyageurs Monde Dactylo Face à Face uniVERT TFO Subito texto Top!/ Top! Flip Danse rêves Mosquée Citoyen monde APRÈS LA NOCE (2006) avec Rolf Lassgard, Mads Mikkelsen.Cinéma Planète Une martyre iranienne Les routes du crime Les ambassadrices de l'espoir Vu sur terre Gr.réalisateurs Namibie Big Bang CBC CBCNews Hockey Sat.LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Maple Leafs de Toronto (D) Hockey / Vancouver vs Edmonton (D) CTV 15h00 Golf (D) W5 TO BE ANNOUNCED The Detail National News GBL Global News Global National Best of Border Best of Border Ransom / Three Wishes Private Eyes / The PI Code Emergency Emergency Global News ABC News News at 6:30 Extra Weekend NBA Countdwn NBA Basketball / Rockets de Houston c.Thunder de Oklahoma City (D) News at 11 CBS 15h00 Golf (D) Ch.3 News Outdoor A.Ransom / Three Wishes NCIS / Exit Strategy 48 Hours Channel 3 N.PBS (33) Father Brown Time Goes By Appearances French Fields Want My Wife The Doctor Blake Mysteries Death in Paradise Austin City UNIS Hooké Filles de moto Blanche Double identité Peaky Blinders Martin sur la route Tudors HBO Cinéma 18h40 Neil Patrick Harris: Circus Awesomeus PATERNO (2018) avec Al Pacino, Riley Keough.21h45 Bill Maher 22h45 VICE TVA Sports Avant-match (D) LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Maple Leafs de Toronto (D) 21h45 Dave Morissette Boxe (D) S A M E D I L U N D I D I M A N C H E CRITIQUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR On aurait aimé aimer ça.Pour vrai.Parce que les coproductions Québec- Acadie récentes (Le clan, Le siège) ont montré un potentiel intéressant pour la fiction francophone dans les Maritimes.Parce que l\u2019on souhaite que les francophones d\u2019Atlantique, encerclés par la culture anglophone, aient une télévision qui leur ressemble un peu plus, de temps en temps\u2026 La comédie de situation À la val- drague (qui signifie «en ruine») laissait présager qu\u2019on s\u2019y approchait, du moins sur papier.Le rendu à l\u2019écran ne s\u2019avère guère convaincant.La comédienne Patricia Léger signe les textes et tient le premier rôle de cette série en huit épisodes qui raconte le retour rocambolesque au bercail de Rita, une voyageuse d\u2019âge mûr de passage dans son Saint-Prospère natal, qui n\u2019a de prospère que le nom.Elle finira par s\u2019y accrocher les pieds en acquérant « par accident » l\u2019église et le presbytère vendus à l\u2019encan, tentant de développer une offre touristique dans cette région qui en a bien besoin.Les amours contrariés de jeunesse et les chicanes qui en résultent, les vieilles amitiés renouées et les rencontres rigolotes avec des Québécois de passage ponctuent cette comédie rarement drôle, qui manque de r ythme et dont le jeu dépareillé agace souvent.Certaines thématiques abordées en filigrane, comme la dévitalisation rurale et ses conséquences, peuvent très bien être abordées sur une note comique.Encore faut-il trouver le bon ton.Le décor magnifique du sud-est du Nouveau-Brunswick, au bord de la rivière Petitcodiac, adoucit les angles de ce projet télévisuel rempli de bonnes intentions.À noter qu\u2019Artv diffuse la série à coups de deux épisodes chaque soir.Radio-Canada la diffusera à son tour en juin.À la valdrague Artv, de lundi à jeudi, dès 19h Pas encore ça\u2026 À la valdrague, première comédie de situation acadienne, rate un peu sa cible SU R VOS ÉC R A N S Le vieil homme et le scandale Les amateurs de football universitaire américain se souviennent sans doute de l\u2019affaire Sandusky en 2011, du nom de l\u2019ex- coordonnateur de la défense de la puissante équipe de Penn State, ayant à sa tête alors depuis plus d\u2019un demi-siècle l\u2019indélo- geable Joe Paterno.Jerry Sandusky avait alors dû faire face à des allégations d\u2019abus et de viols d\u2019enfants et sera plus tard reconnu coupable de ces crimes.Ce téléfilm de Barry Levinson (Rain Man) raconte les semaines qui ont précédé la révélation de ce scandale du point de vue de Paterno, interprété par Al Pacino.Paterno HBO Canada, samedi, 20h ARTV | 4 3 C u l t u r e Té l év i s i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 04/13 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Virtuose Prière de ne pas Guillemets Magnifiques Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur Du talent à revendre LE TOMBEAU (2013) Sylvester Stallone.TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passager Format familial Cuisine futée, Cuisine futée, Un chef à la cabane Y'a du monde à messe Banc public Microphone V Souper parfait Souper parfait L'arbitre SQ 911 UN HOMME DANGEREUX (2009) Steven Seagal.Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National TV5 17h50Champion Journal FR Rega 1414: les secours arrivent Le plein de sensations / Chicago Sexe autour du monde / France Journal/ C à dire CANAL D R.I.S, police scientifique Amour fatal / Duval Case Opération Police Motard espion Délateurs / Patrick Hénault Frontières CANAL VIE Accouchements extrêmes Quoi ton plan?Design V.I.P.Vendre ou rénover au Québec Une vie de géant ByeMaison Pro du patio Vendre rénover RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LAH Hockey / Marlies de Toronto c.Rocket de Laval (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Les montagnards Les montagnards Les montagnards L'acier et feu ICI ARTV Le temps d'une paix Mission X / Frapper fort Dre Grey, leçons d'anatomie Les pays d'en haut Les pays d'en haut Faits Divers EXPLORA Curiosités Recyclage Planète techno Pharmachien Au-delà de la science-fiction Concevoir l'impossible Sexplora Gagner Homo sapiens Z Remorquage Dans l'net Maripier! P.Lemieux Milot Land Week-end Lizard Lick Prêt sur gage Infiltration Banshee (v.f.) SAVOIR Au coeur du cinéma québécois Apostrophes 20h15 Universc Secrets Électron/ Thèse Encore plus FutureMag 10 découvertes Un grand pas TFO Amélie Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Danse rêves Carte de visite 10 on Ten 22h25 Carte de visite Citoyen monde Planète Les nouveaux explorateurs Namibie Big Bang So France J'ai vu changer la Terre Devoir d'enquête Tété ou Dédé?CBC CBCNews On the Money LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang To Be Announced Marvel's Agents of S.H.I.E.L.D.Blue Bloods / Risk Management CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight MacGyver Hawaii Five-0 Madam Secretary / Phase Two Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition Once Upon a Time / Chosen Marvel's Agents of S.H.I.E.L.D.20/20 News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight MacGyver Hawaii Five-0 Blue Bloods / Risk Management Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour News Vermont Week Wash.Week In Principle Soundbreaking Soundbreaking Business UNIS Pense vite! Cochon dingue Galaxie près Galaxie près Radio enfer Radio enfer Chair de poule Chair de poule Mauvais karma Mauvais karma L'écorce HBO 17h50 Neil Patrick Harris 19h10 REGRESSION (2015) avec Emma Watson, Ethan Hawke.Silicon Valley Barry Real Time With Bill Maher Rellik TVA Sports 17h30 #Lavoie #Lavoiedubé À comm.À communiquer Le TVA sports À communiquer 04/12 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 Infoman 1res fois Enquête Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Les petits doués CHARLIE ST.CLOUD (V.F.) (2010) Zac Efron.TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Subito texto Génial! Banc public Microphone VOL SOUS HAUTE PRESSION (2005) 22h35 Les francs-tireurs V Souper parfait Souper parfait Imposteurs Chicago Police L'amour est dans le pré Le show de Rousseau Atomes ICI RDI Le National 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National TV5 17h50Champion Journal FR La dernière harde Des racines et des ailes / À travers les pays de Savoie Terres d'exploration Journal/ C à dire CANAL D Galas ComediHa! 2015 Docteur Jeff Les dossiers de la NASA Hantise / Fantômes du passé Docu-D / Les Beatles: Les années de tournée CANAL VIE La belle gang Accouchements extrêmes Proprio Proprio À vos marques À vos marques Mini-maisons Pro du patio La belle gang RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° L'histoire L'histoire Docu-D / Arbitres L'antichambre (D) Sports 30 Sports 30 HISTORIA Rois scrap Rois scrap Détroit: bêtes d'acier Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Nos ancêtres les extraterrestres Extraterrestres ICI ARTV Le temps d'une paix À la valdrague À la valdrague Hubert & Fanny Faits Divers CABOTINS (2010) Rémy Girard.EXPLORA Fabuleux pigeons Animal Fight Club (v.f.) Océania Structures à hauts risques Repères La magie du cosmos Z Remorquage Dans l'net Seuls et tout nu / Île San Jose Robot Wars Maripier! T'es pas game Les hors-la-loi du volant Cinéma SAVOIR Santé! Découvertes Un grand pas 19h50 De neuf 21e Siècle Cent regards Sociologie uniVERT Québec monde Planète Terre Révolte TFO Amélie Top!/ Top! Flip Motel Monstre Lightning Point Carte de visite LE PACHA (1968) 22h25 Carte de visite 22h55 Citoyen Planète NouveauxExplorateurs / Inde Les routes du crime Exil: Enquête sur un mythe Tété ou Dédé?/ Argentine Vu sur terre CBC CBCNews On the Money LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal Grey's Anatomy The Big Bang Young Sheldon Station 19 Criminal Minds CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Big Brother Canada Chicago Fire S.W.A.T./ Armory Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition Grey's Anatomy Station 19 Scandal / Standing in the Sun News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight The Big Bang Young Sheldon Mom Life in Pieces S.W.A.T./ Armory Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour MON QUEBEC: WHERE I'M FROM The New York Cantors Mindfulness Goes Mainstream Business UNIS Pense vite! Cochon dingue Couleurs locales Les fermiers Blanche Constellation franco / Dieppe Dynamos HBO 17h25 NOTES FROM THE FIE.Last Week State of Play Here and Now / Dream Logic Westworld / Trompe L'Oeil Westworld / Trace Decay Silicon Valley TVA Sports 17h30 #Lavoie L'Impact Loterie LHJMQ À communiquer Dave Morissette en direct Le TVA sports 04/11 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 L'Épicerie Les enfants de la télé À communiquer Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Campagne Oeufs d'or Malaises Boomerang Esprits criminels / Sous la peau TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Subito texto Génial! Mc$ween Point doc LE BAL DU MONSTRE (2001) Halle Berry.di Stasio V Souper parfait Souper parfait Lucifer / Au commencement.NCIS: Los Angeles / Double jeu Chicago Justice Le show de Rousseau Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National TV5 17h50Champion Journal FR Partir Autrement en famille Envoyé spécial Opérations spéciales Journal/ C à dire CANAL D Enchères 24CH glace Déroute Garage d'élite Australie: La ruée / Jackpot Frontières / Boulet de canon Docu-D / Le Titanic dévoilé Docteur Jeff CANAL VIE La belle gang Survivre / Ty et Mahogany De taudis à logis Vendre ou rénover / Coorparoo Design V.I.P.Mini-maisons La belle gang RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Le sommet 24CH glace Images/sec.25 ans d'émotions L'antichambre (D) Sports 30 En route 2018 HISTORIA L'atelier de restauration L'atelier de restauration De l'acier et du feu De l'acier et du feu Aux armes! Poirier enquête ICI ARTV Le temps d'une paix À la valdrague À la valdrague Pour l'amour du country Olivier Mozart jungle 22h35 Mozart dans la jungle EXPLORA L'odyssée des primates Animo S'aime chien La Semaine verte Immortalité, dernière frontière Vaincre l'Alzheimer?Étincelles Z Remorquage Dans l'net Lizard Lick Ça passe Blood Brothers Varennes Week-end Milot Land Silicon Valley Démolition Cinéma SAVOIR Encore plus Électron/ Thèse Découverte DeNeuf/ Idées FutureMag 10 découvertes Planète Terre Reportage Géo 22h20 L'ONU Santé! Découvertes TFO Amélie Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Danse rêves Carte de visite L'HOMME SANS PASSÉ (2002) Kati Outinen.22h35 Visite 23h10 Citoyen Planète Les nouveaux explorateurs Namibie Big Bang Les routes du crime Faites entrer l'accusé D'où je viens CBC CBCNews On the Money LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Criminal Mind / All You Can Eat Law & Order: S.V.U.Designated Survivor / Overkill CTV National GBL Global National Global News Big Brother Canada Survivor: Ghost Island SEAL Team / Credible Threat Chicago P.D.Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Alex, Inc.Modern Family Am.Housewife Designated Survivor / Overkill News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Survivor: Ghost Island SEAL Team / Credible Threat Criminal Mind / All You Can Eat Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Seeing Canada Yankee Nature Nova GI Jews: Jewish Amer Business UNIS Pense vite! Cochon dingue Guides d'aventures Filles de moto Hooké Double identité Les fermiers / Le printemps Canada, nature HBO Cinéma Andre the Giant TIG NOTARO: BOYISH GIRL I.Silicon Valley Barry Last Week State-Play All Def Comedy TVA Sports #Lavoiedubé À comm.À communiquer D.Morissette 22h45 RAW 04/10 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 La Facture Unité 9 Hubert & Fanny Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Ninja Warrior: Le parcours ultime / Qualifications à San Antonio L'arme fatale TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Subito texto Génial! Mc$ween National Geographic Poldark / Un noël à Trenwith Chroniques du crime américain Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Taxi payant Taxi payant Une place à prendre Le dernier navire Le show de Rousseau Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National TV5 17h50Champion Journal FR Dans la tête des tueurs Terres d'exploration Sexe autour du monde / France Tandem Journal/ C à dire CANAL D Phénomènes vus de l'espace Nature sauvage / Lindsey Vonn Cauchemar sur l'autoroute Mayday / Livraison fatale Fugitifs Australie: Ruée CANAL VIE La belle gang Mini-maisons Mini-maisons Encan et flip au Texas Vendre ou rénover au Québec Quoi ton plan?Idées-grandeur La belle gang RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° LMB Baseball (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Fièvre encans ICI ARTV Le temps d'une paix À la valdrague À la valdrague Créateur d'illusions Hubert & Fanny Faits Divers Cinéma EXPLORA L'odyssée des primates Le refuge de l'espoir Découverte La valse des continents Aliens: Premier / L'escalade Concevoir Z Remorquage Dans l'net Les hors-la-loi du volant Training Day Penny Dreadful / Petit scorpion The Strain / Les intrus Infiltration SAVOIR 18h20 L'ONU Reportage Géo 19h20 L'ONU Québec monde CORIM Voir autrement 21h20 Métiers Au coeur du cinéma québécois Vues d'UQAM La bibliothèqye TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Lightning Point Carte de visite VALSE AVEC BASHIR (2008) 22h35 Visite 23h05 Citoyen Planète Forces spéciales Devoir d'enquête L'invasion des crocodiles Namibie Big Bang Le Yukon à la rame Jets privés CBC CBCNews On the Money Hello Goodbye Coronation St.The Rick Mercer Report Schitt's Creek Workin' Moms CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Roseanne The Big Bang MasterChef Canada For the People CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight NCIS: New Orleans Rise / We've All Got Our Junk Chicago Med / Devil in Disguise Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition Roseanne The Middle Black-ish Splitting Up For the People News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight NCIS Elton John / John Batiste , Neil Patrick Harris.Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Points North Outdoor Secrets of the Dead American Experience Frontline / Trump's Takeover Business UNIS Pense vite! Cochon dingue Être bête Ça va brasser! LE PIÈGE AMÉRICAIN (2008) avec Colm Feore, Rémy Girard.L'écorce Pamplemo Filles de moto HBO 17h30 KING IN THE WILDERNESS (2018) 19h25 Traffic Last Week State of Play Here and Now / Dream Logic Andre the Giant TVA Sports 17h30 #Lavoie #Lavoiedubé À comm.À communiquer Dave Morissette en direct Le TVA sports M A R D I J E U D I V E N D R E D I M E R C R E D I RDI CRITIQUE ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Son histoire est encore largement méconnue et le temps qui passe et nous éloigne de la Deuxième Guerre mondiale ne fait rien pour arranger les choses.Le soldat québécois Léo Major est pourtant une figure historique pour certains.Il existe même une ville où une avenue porte son nom, où on lui rend hommage chaque année et où ses exploits sont enseignés à l\u2019école.Où ça?À Zwolle, aux Pays-Bas.Dans cette ville de 50 000 habitants, le soldat Major est carrément présenté comme «le libérateur».Rien de moins.Il faut dire qu\u2019il est parvenu, à lui seul, à libérer la ville des dernières troupes allemandes, en avril 1945.Un exploit improbable puisque ce soldat envoyé en éclaireur réussit tout simplement à convaincre les Allemands de quitter la ville.Une mission accomplie en solitaire qui a permis d\u2019éviter de recourir à des bombardements destructeurs, mais aussi d\u2019épargner des vies civiles.Pour ajouter au surréalisme du parcours de Léo Major durant la Seconde Guerre mondiale, il faut aussi rappeler que ce soldat débarqué à Juno Beach, en juin 1944, a pris à lui seul un bunker allemand, a perdu un œil au combat, a sauté sur une mine qui l\u2019a grièvement blessé et a, chaque fois, refusé d\u2019être renvoyé au Canada.Tout cela pour un homme qui, par ailleurs, s\u2019était porté volontaire pour aller au front.Ironie de l\u2019histoire, déplore Alain Stanké dans le documentaire Léo Major, le fantôme borgne, une seule petite pierre à son nom rappelle au Québec l\u2019existence de ce soldat demeuré par ailleurs très humble quant à ses exploits de guerre.Léo Major, le fantôme borgne RDI, vendredi, 20h L\u2019improbable épopée Un documentaire retrace le parcours du soldat « libérateur » Léo Major L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 V I V R E Aix-en-Provence est raffinée et colorée.Sa vieille ville est parsemée de fontaines, d\u2019hôtels particuliers (près de 200) et de bâtiments aux devantures roses, jaunes et terreuses, qui s\u2019accordent à merveille avec les couleurs de la garrigue environnante.PHOTOS GABRIEL ANCTIL Envoûtante Provence | 4 5 Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 REPORTAGE GABRIEL ANCTIL COLLABORATEUR LE DEVOIR À ARLES e que les journées sont douces en Provence ! Les pieds qui flottent dans la Méditerranée, les lèvres qui trempent dans un Ricard bien anisé.On se laisse aller au farniente, et la sieste est une tentation permanente.On a même par fois l\u2019impression que le temps s\u2019est arrêté.Mais une fois les batteries bien rechargées, le visiteur curieux qui plongera dans le pays de Fanny, Marius et César réalisera l\u2019immense richesse de son offre culinaire, culturelle et historique.Facilement accessibles à partir de Marseille, Arles et Aix-en- Provence représentent des destinations remplies de surprises, qui éveilleront autant votre esprit que vos sens.Arles, des taureaux à Van Gogh À une heure de train de Marseille, couchée sur les bords du Rhône depuis plus de 2000 ans, Arles cache derrière ses ruelles sinueuses et ses places conviviales un passé glorieux.En effet, en 49 av.J.-C., alors que Marseille prend le parti de Pompée contre Jules César, Arles soutient ce dernier.Victorieux, il récompensera la ville en commandant la construction de nombreux bâtiments monumentaux, qui s\u2019étalera sur plusieurs siècles.Certains de ceux-ci sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l\u2019UNESCO et témoignent encore aujourd\u2019hui de cet âge d\u2019or.Il est ainsi possible de visiter le théâtre antique, les bains romains, les crypto- portiques, les sarcophages et surtout le majestueux amphithéâtre, édifié à la fin du Ier siècle, qui pouvait accueillir plus de 20 000 spectateurs survoltés, venus assister aux sanglants combats de fauves et de gladiateurs.Très bien conservées, les arènes accueillent aujourd\u2019hui des jeux de taureaux, extrêmement populaires dans la région.Courses camarguaises et corridas attirent les gens par milliers et sont au cœur d\u2019une culture unique en France, aux effluves hispaniques.Les présentations aux accents provençaux, les costumes traditionnels, l\u2019enthousiasme de la foule, qui encourage ou chahute ses héros, font de ces jeux des événements colorés, qui permettent à l\u2019étranger de mieux s\u2019immerger dans la culture locale.Pablo Picasso lui-même, grand passionné de corrida, fut à une certaine époque un spectateur régulier de ces affrontements entre hommes et bêtes, qui captivent les Arlésiens depuis près de deux cents ans.Lumière unique et oreille coupée T ranspor tant sur les routes de France son chevalet et ses pinceaux, c\u2019est à Arles, en 1888, que Vincent Van Gogh trouva enfin la lumière la plus pure qui soit.Inspiré par la richesse des couleurs et la nature de la région, il créera plus de 300 œu- vres en l\u2019espace d\u2019à peine 15 mois.Ce riche séjour en Provence sera un tournant important dans la carrière du peintre néerlandais, qui y peindra de nombreux chefs-d\u2019œuvre, dont La nuit étoilée sur le Rhône, Terrasse de café le soir ou encore sa série Les tournesols.Un circuit piétonnier propose de visualiser les lieux qu\u2019a immortalisés le célèbre peintre.Des panneaux explicatifs permettent même de comparer ses peintures avec la réalité qui l\u2019a inspiré.Ce fructueux séjour se terminera malheureusement très mal pour le bouillant Vincent qui, après une altercation avec son ami Gauguin, venu le visiter, sera pris d\u2019une crise de folie au cours de laquelle il se coupera l\u2019oreille avec un rasoir.Excédées par le comportement pour le moins imprévisible de l\u2019artiste à la chevelure rousse, les autorités arlé- siennes décidèrent d\u2019envoyer Van Gogh retrouver ses esprits à l\u2019asile, où il continuera de peindre, malgré une santé mentale fragile.Aujourd\u2019hui, Arles est considérée comme l\u2019une des villes les plus dynamiques du sud de la France, culturel- lement.Elle multiplie les événe- ments d\u2019avant-garde, dont les Rencontres de la photographie d\u2019Arles, une des manifestations les plus importantes du genre au monde, qui auront lieu cette année, du 2 juillet au 23 septembre.Aix-en-Provence, capitale de la fierté provençale À peine une trentaine de kilomètres séparent Marseille d\u2019Aix-en-Provence, mais le visiteur aura la curieuse impression de changer d\u2019univers.La grande ville est bavarde, bruyante et populeuse.La seconde est plus petite, raf finée et colorée.Sa vieille ville est parsemée de fontaines, d\u2019hôtels par ticuliers (près de deux cents) et de bâtiments aux devantures roses, jaunes et terreuses, qui s\u2019accordent à merveille avec les couleurs de la garrigue environnante.Les noms de certaines rues y sont écrits autant en français qu\u2019en provençal, ce qui plairait assurément à l\u2019écrivain de langue provençale Frédéric Mistral, qui a étudié à Aix-en- Provence et a milité, sa vie durant, pour la sauvegarde de cette langue millénaire, aujourd\u2019hui en déclin.Ses poèmes, ses écrits et le dictionnaire de provençal-français qu\u2019il a rédigés lui ont même valu, en 1904, le prestigieux prix Nobel de littérature.La promenade y est très agréable et l\u2019on a presque l\u2019impression de déambuler dans une toile de Cézanne, enfant chéri du pays, dont une grande statue orne la place centrale.Un magnifique circuit permet d\u2019ailleurs de visiter de nombreux lieux qu\u2019a fréquentés le peintre du Midi, dont sa maison de naissance, son dernier atelier et le cimetière où il fut inhumé.Pour les plus sportifs, l\u2019expérience cézannienne suprême consiste à gravir la montagne Sainte- Victoire, à 17 km de la ville, qui offre une vue splendide sur les environs.Sa forme triangulaire apparaît sur pas moins d\u2019une soixantaine de toiles du maître, qui en a fait son sujet de En vrac Pour les ornithologues, direction l\u2019étang de Vaccarès, à une vingtaine de kilomètres d\u2019Arles.Véritable paradis pour les oiseaux, dont on a dénombré jusqu\u2019à 283 espèces, il attire l\u2019été des milliers de flamants roses, qui s\u2019y reproduisent.Pour manger les meilleurs calissons d\u2019Aix-en-Provence, rendez-vous à la Maison Brémond, dont la recette est restée la même depuis sa fondation, en 1830: un mélange de melons confits et d\u2019amandes de Provence posé sur une feuille de pain azyme et couvert d\u2019une fine couche de glaçage royal.À s\u2019en lé- cher les babines ! Pour vous immerger dans l\u2019imaginaire provençal avant votre départ (ou en restant à votre domicile), lisez les Souvenirs d\u2019enfance de Marcel Pagnol.Quatre délicieux romans (La gloire de mon père, Le château de ma mère, Le temps des secrets, Le temps des amours) qui plongent le lecteur dans la Provence du début du XXe siècle, avec tendresse et humour.Magie de l\u2019enfance et expressions provençales sont au rendez-vous.D\u2019excellentes adaptations cinématographiques des deux premiers romans ont d\u2019ailleurs été réalisées par Yves Robert, en 1990.C Cézanne, l\u2019enfant chéri du pays, dont une grande statue orne la place centrale d\u2019Aix-en-Provence.Le café Van Gogh, à Arles, a été immortalisé dans la toile Terrasse de café le soir.prédilection, peignant ses traits sous une grande variété de robes de lumières et de couleurs.L\u2019amateur de peinture qui n\u2019en aura pas encore assez pourra se rendre au Musée Granet, qui possède une dizaine de tableaux de Cézanne, en plus d\u2019une impressionnante collection qui parcourt les grandes époques de l\u2019histoire de l\u2019ar t, de la Grèce antique jusqu\u2019à nos jours.C\u2019est un ancien directeur de ce même musée, Henri Pontier, qui avait déclaré en 1900 : «Moi vivant, aucun Cézanne n\u2019entrera au musée.» Comme quoi le précurseur du cubisme n\u2019aura été véritablement reconnu dans sa ville natale qu\u2019une fois mort et enterré.Goûts et odeurs de la garrigue Un voyage en Provence serait bien sûr incomplet sans en goûter et en boire les produits du pays.Du calisson, pâtisserie aixoise à base de pâte d\u2019amandes, aux poissons pê- chés le jour même, des champignons sauvages jusqu\u2019aux célèbres herbes de Provence, vous trouverez tout ce que vous cherchez dans l\u2019un des nombreux et sympathiques marchés disséminés un peu partout dans la ville.Certains sont permanents, d\u2019autres n\u2019étalent leurs marchandises que quelques jours par semaine.Une seule garantie : leurs couleurs et leurs odeurs sauront ensorceler vos sens, qui y trouveront une raison supplémentaire de ne plus vouloir quitter cette magnifique région. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 Vi v r e A l i m e n t at i o n 4 6 | HÔTEL MANOIR VICTORIA VIEUX-QUÉBEC Hôtel Manoir Victoria Vieux-Québec Avril\u2026c\u2019est exquis à Québec! Vous aimez bien manger, découvrir la richesse du terroir québécois?L\u2019événement Québec Exquis vous comblera.Du 17 au 29 avril prochain, saisissez l\u2019occasion de venir savourer des menus dégustation créatifs offerts par 25 chefs et 25 artisans dans autant de restaurants de Québec.Dans ce cadre gastronomique, l\u2019Hôtel Manoir Victoria vous propose son Forfait Québec Exquis pour deux personnes, incluant la chambre pour une nuit, le souper Québec Exquis concocté par le Chef Arnaud Marchand du réputé restaurant Chez Boulay-bistro boréal, le petit déjeuner à La Table du Manoir et les frais de service sur les repas, à partir de 295 $ plus taxes.Vous apprécierez l\u2019emplacement stratégique de cet hôtel historique niché au cœur du Vieux-Québec, son service chaleureux et attentionné, ses chambres entièrement rénovées, sa piscine intérieure et le SPA du Manoir offrant huit salles de traitement santé-beauté pour votre détente.Réservez votre forfait en ligne dès maintenant www.manoir-victoria.com ou appelez-nous au 1-800-463-6283 POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT CONTACTER ÉVELYNE DE VARENNES AU 514 985-3454 HÉBERGEMENT EN RÉGIONS GRAND ANGLE ALLISON VAN RASSEL COLLABORATRICE LE DEVOIR À QUÉBEC Il est 14h à la ferme Finca Salaca, située à 1800 mètres d\u2019altitude dans la région de Zarcero, au Costa Rica.Le seul bruit que l\u2019on entend est celui de grains de café qui s\u2019entrechoquent.Son râteau de bois entre les mains, Gregorio remue des grains de café qui sèchent sur les nattes de filet suspendues qu\u2019on nomme « lits africains ».Un geste qu\u2019il fait plusieurs fois par jour afin d\u2019assurer une harmonie dans la fermentation et empêcher que les grains ne figent ensemble.Les grains de café sont si collants qu\u2019on pourrait croire qu\u2019ils ont été imbibés de miel.Il s\u2019agit là de la méthode honey.Direction Val-d\u2019Or En février dernier, près d\u2019une douzaine de torréfacteurs artisans propriétaires de cafés indépendants d\u2019un peu partout au Québec ont visité des fermes de café au Costa Rica.Dans le groupe, des torréfactrices de Sainte-Anne-des- Monts, Trois-Rivières, Beauport, Ri- mouski et Val-d\u2019Or, la ville où Sophie Dallaire torréfie du café depuis plus de 20 ans à la Maison du café l\u2019Armorique.«Tant que je vais pouvoir visiter des pays producteurs de café, je vais le faire, car j\u2019apprends chaque fois», raconte Sophie.Chaque pays a sa méthode et ses façons de faire.«J\u2019ai visité le Guatemala l\u2019année dernière et j\u2019ai vu qu\u2019ils utilisent pas mal plus d\u2019eau qu\u2019ici pour transformer le café», pour- suit-elle avec surprise.«En général, au Québec, les gens ne sont pas habitués à boire des cafés de qualité.Il y a encore beaucoup d\u2019éducation à faire, surtout parce que ce café-là est vu comme dispendieux.Une fois que tu goûtes à la beauté de ça, tu ne veux plus redescendre.» Derrière elle, des grains de café sont en train de fermenter avec leur mucilage, une partie transparente et sucrée de la cerise de café située directement sous la pelure du fruit.Une fois les cerises mûres cueillies à la main, elles sont lavées et entraînées par la gravité dans un appareil qui ne décortique que la peau du fruit.Les grains visqueux fermentent et sèchent au soleil pour une période pouvant atteindre 20 jours selon la température.Pendant cette fermentation, le sucre naturel contenu dans le mucilage de la cerise de café caramélise au soleil et se faufile délicatement jusqu\u2019à l\u2019intérieur du grain de café.Plus la quantité de mucilage laissé sur le grain est importante, et plus il passera de temps au soleil, plus la couleur du grain sera foncée allant du jaune, au rouge et au noir.Un café nommé Honey Du Costa Rica au Québec, un café d\u2019exception Gregorio brasse les grains de café pour éviter qu\u2019ils ne figent ensemble.PHOTOS ALLISON VAN RASSEL Il y a beaucoup d\u2019éducation à faire, surtout parce que [le café de qualité] est vu comme dispendieux.Une fois que tu goûtes à la beauté de ça, tu ne veux plus redescendre.SOPHIE DALLAIRE » | 47 Vi v r e R e c e t t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 Petit lexique du café Troisième vague: Un mouvement de consommation de café venu de la côte ouest américaine qui considère le café comme un produit d\u2019exception au même titre que le vin.Barista: Un terme italien pour définir le métier de celui ou celle qui prépare et sert le café.Café de spécialité: Un café ayant obtenu une note supérieure à 80 sur une échelle de 100 points.Ce processus de classement est appelé cupping.Q grader: Un goûteur de café détenant une certification octroyée par Specialty Coffee Association (SCA), la plus grande association de commerce du café au monde.Cette certification est utile, voire nécessaire, pour l\u2019achat de café, la sélection des profils de rôtissage, les méthodes de production et transformation, la compréhension de l\u2019origine du café, les subtilités du terroir, les variétés, etc.Ce sont en quelque sorte des sommeliers du café.Cupping: Une séance de dégustation de café durant laquelle des gestes bien précis sont effectués afin de déterminer la qualité du café.Chaque tasse est analysée et notée selon une grille d\u2019évaluation de la Specialty Coffee Association (SCA), la plus grande association de commerce du café au monde.Lit africain : Des nattes de filet suspendues permettant au grain de sécher par le haut et par le bas.Chemex: Un mot qui fait référence au procédé comme à l\u2019objet créé par le designer Peter Schlumbohm en 1941.Le Chemex sert à la préparation du café ou l\u2019extraction se fait simplement par gravité.V60: Un équipement de type cafetière manuelle utilisé dans la préparation du café où l\u2019extraction se fait simplement par gravité.Cet instrument en forme de V avec un angle de 60° fut créé par le fabricant de verrerie japonais Hario.Le V60 est un instrument fort apprécié dans le mouvement slow coffee.Prendre le temps Ce procédé demande du temps, des installations adéquates et de la main- d\u2019œuvre pour remuer les grains de café.En résulte un café fruité, naturellement sucré et beaucoup moins acide que la méthode naturelle, où l\u2019entièreté de la cerise est conservée autour du grain lors de la fermentation.Cette façon de transformer le grain a été développée au Costa Rica d\u2019une part par des fermiers soucieux de réduire leur consommation d\u2019eau et, d\u2019autre part, par le gouvernement du Costa Rica qui, par la présence de l\u2019Institut du café, contrôle toutes les activités de l\u2019industrie du café du pays.Une méthode appréciée de la « troisième vague » Le procédé de transformation du café honey est complexe, mais de plus en plus répandu auprès des petits fermiers producteurs de café de spécialité un peu par tout dans le monde.En résulte un grain de café f in beaucoup plus riche en arômes fr uités.Cette qualité de produit assure un meilleur prix au fermier, partout dans le monde.«La plus belle façon de goûter aux nuances de ce procédé, c\u2019est en Che- mex[cafetière en verre]», précise Si- mon-Louis Brosseau propriétaire des cafés Paquebot et copropriétaire de l\u2019entreprise de torréfaction Zab, à Montréal.En plus, il y a comme un aspect vraiment zen autour de la technique de préparation de ton café et le contrôle de ton infusion.» La méthode honey est plus écologique et plaît davantage aux adeptes de la « troisième vague » de café, un mouvement de consommation qui prône le commerce direct, équitable et durable du grain à la tasse.Ce mouvement est bien en vie au Québec, à un point tel que, selon les données de l\u2019entreprise d\u2019exportation de café Sustainable Trading Company basée à San José, au Costa Rica, il se consomme au Québec presque autant de café de spécialité de procédé honey qu\u2019à Seattle dans l\u2019État de Washington, où est né le mouvement « troisième vague ».Des torréfacteurs québécois en visite à la Finca Salaca, au Costa Rica, en compagnie de ses deux femmes propriétaires.L A R EC E T T E D E L A C H E F K I M B E R LY L A L LO UZ Gâteau au fromage aux baies d\u2019açaï Donne 12 portions (verrines, tasses ou petits pots Mason) Ingrédients 1 tasse de chapelure de biscuits Graham 1/8 de tasse de beurre (ou de margarine) fondu 2 tasses de fromage à la crème léger, à la température ambiante Le jus de 1 citron Le zeste d\u2019un demi-citron 1/2 boîte (150 ml) de lait concentré sucré 1 c.à soupe de poudre d\u2019açaï (idéalement sans gluten) Les grains d\u2019une pomme grenade 1/2 tasse d\u2019éclats de fèves de cacao Préparation Préchauffer le four à 375 °F (190 °C).Avec les mains, mélanger le beurre fondu et la chapelure de biscuits Graham, puis étaler sur une plaque à pâtisserie antiadhésive.Cuire au four de 5 à 8 minutes, jusqu\u2019à ce que le mélange soit bien doré.Dans un mélangeur, mettre le fromage à la crème, le jus et le zeste de citron et le lait concentré, puis mélanger jusqu\u2019à ce que la préparation soit onctueuse et légère.Ajouter la poudre d\u2019açaï et mélanger jusqu\u2019à l\u2019obtention d\u2019une texture homogène.À l\u2019aide d\u2019une spatule en caoutchouc, verser le mélange dans une poche à douille ou dans un grand sac refermable dont l\u2019un des coins a été coupé.Déposer, dans le fond d\u2019une verrine, d\u2019une tasse ou d\u2019un pot Mason, quelques cuillerées du mélange de biscuits Graham, puis garnir d\u2019une couche de 3 à 4cm du mélange à gâteau.Parsemer de grains de grenade.Ajouter une autre couche de biscuits, puis garnir à nouveau du mélange à gâteau.Parsemer de graines de grenade, puis d\u2019éclats de fèves de cacao.Couvrir et réfrigérer au moins 30 minutes (ou toute la nuit).Servir et déguster! KIMBERLY LALLOUZ L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 Vi v r e S a n t é 4 8 | GRAND ANGLE LAURIE NOREAU COLLABORATRICE LE DEVOIR ongtemps ignorées des études cliniques, les femmes sont maintenant incluses régulièrement dans les recherches.Les chercheurs réalisent toutefois l\u2019écart qui subsiste entre leurs connaissances du corps des femmes et leurs connaissances du corps des hommes.« Au début, ce n\u2019était pas mal intentionné que les femmes soient exclues des études.C\u2019était pour les protéger », rappelle Cara Tannen- baum, professeure à la Faculté de médecine de l\u2019Université de Montréal et directrice scientifique de l\u2019Institut de la santé des femmes et des hommes.En ef fet, les années 1960 sont marquées par la catastrophe de la thalidomide, un médicament administré aux femmes enceintes qui a entraîné de graves malformations chez les nouveau-nés.Dès lors, les femmes seront exclues des essais cliniques pour des raisons de sécurité et les résultats obtenus chez les hommes seront extrapolés chez les femmes.Les tests sur les animaux n\u2019impliquaient eux aussi que des mâles.Quand les femelles ont commencé à être incluses, cer tains médicaments fonctionnant chez les mâles s\u2019avéraient sans effet pour elles ou entraînaient de dangereux ef fets Deux sexes, deux mesures dans la recherche en santé ?Encore aujourd\u2019hui, les deux tiers des études cliniques sur les maladies du cœur portent sur les hommes uniquement.Il y a toutefois beaucoup d\u2019amélioration, tient à nuancer Cara Tannen- baum.La majorité des études font maintenant place aux femmes.ÉRIC CABANIS AGENCE FRANCE-PRESSE L Il n\u2019y a pas que les médicaments qui sont développés à partir des modèles masculins.Les méthodes de diagnostic aussi. | 4 9 Vi v r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 L E S A P P L I CAT I O N S D E L A S E M A I N E Scrapbooking virtuel Le scrapbooking a connu ses beaux jours il y a quelques années, alors qu\u2019on bricolait des albums souvenirs en superposant des papiers de couleur, des photos, des illustrations et de petits messages.L\u2019application Unfold propose quelque chose de semblable, mais directement sur le téléphone (et avec une esthétique plus minimaliste).L\u2019interface très simple et intuitive permet d\u2019organiser ses photos préférées en petits albums.Sur chaque page, on peut disposer une ou plusieurs photos, ainsi que du texte, puis té- lécharger les albums sur notre appareil.L\u2019application est gratuite, mais pour 1$ on peut acheter un groupe de modèles de pages plus stylisés.Pour le moment, Unfold est disponible seulement pour les appareils Apple.Unfold \u2013 Story Creator Moonlab Gérer son équipe amateur comme un pro Les ligues de sport amateur sont souvent synonymes de problèmes d\u2019absentéisme; Sporteo est un outil conçu pour éviter aux gérants d\u2019équipe de passer des heures au téléphone pour trouver un gardien de but prêt à remplacer à la dernière minute.Cette application québécoise permet d\u2019établir un calendrier des matchs, une liste de joueurs et une liste de remplaçants, qui reçoivent une notification automatiquement lorsque leur présence est requise à une partie.Les joueurs orphelins peuvent aussi utiliser Sporteo pour trouver une équipe sportive à proximité de chez eux.Les options sont nombreuses: hockey, soccer, football, frisbee, volleyball (et même quid- dich) font partie des sports recensés par l\u2019application.Une excuse de moins pour ne pas bouger! Sporteo Flash Romeo Inc.Camille Dauphinais-Pelletier FLASH ROMEO secondaires.Dès lors, la communauté médicale a commencé à se poser de sérieuses questions.Comment s\u2019expliquent ces dif fé- rences entre les sexes?La principale distinction est hormonale, alors que plusieurs changements surviennent au cours de la vie des femmes, notamment la grossesse et la ménopause.De plus, les deux sexes métabolisent différemment certains médicaments.C\u2019est le cas du somnifère Zolpidem.Ce médicament s\u2019élimine plus lentement dans le corps des femmes.«Si un homme et une femme prennent la même dose, le lendemain matin, il restera une quantité de médicament 45% plus élevée chez la femme.Ça a un effet sur le cerveau et la concentration», note Cara Tannenbaum.Santé Canada recommande maintenant de prescrire la moitié de la dose de Zolpidem aux femmes.Le cœur des femmes, cet oublié L\u2019écart entre les connaissances que les chercheurs ont du corps des femmes et celles qu\u2019ils ont du corps des hommes est par ticulièrement vrai en ce qui concerne le cœur.La Fondation des maladies du cœur et de l\u2019AVC s\u2019est d\u2019ailleurs donné pour mandat de briser ce plafond de verre qui subsiste sur la santé cardiaque des femmes, à laquelle on commence à peine à s\u2019intéresser.Plusieurs décennies de recherche sépareraient les données que l \u2019on Votre médicament a-t-il été testé sur des femmes ?Au Canada, rien n\u2019oblige les compagnies pharmaceutiques à indiquer les résultats et les effets d\u2019un médicament sur les femmes.« Il faut poser la question aux médecins et aux pharmaciens», croit la docteure Tannenbaum.« Ils ne connaîtront peut-être pas la réponse, mais cela peut créer un effet boule de neige.Les médecins vont devoir demander aux compagnies pharmaceutiques d\u2019être transparentes pour qu\u2019ils puissent répondre aux patients.» possède sur le cœur des hommes par rapport à celui des femmes.Il n\u2019y a pas que les médicaments qui sont développés à partir des modèles masculins.Les méthodes de diagnostic aussi.« On a découvert une nouvelle maladie coronarienne qui est plus fréquente chez les femmes.Avec les modes de diagnostic actuels, qui sont basés sur le modèle masculin, on n\u2019arrivait pas à voir cette maladie.C\u2019est grâce aux nouvelles approches qu\u2019on a réussi à observer cette dysfonction », raconte Louise Pilote, directrice de la Division de médecine générale interne au CUSM et professeure de médecine à l\u2019Université McGill.Encore aujourd\u2019hui, les deux tiers des études cliniques sur les maladies du cœur portent sur les hommes uniquement.Il y a toutefois beaucoup d\u2019amélioration, tient à nuancer Cara Tannenbaum.La majorité des études font maintenant place aux femmes.Mais rares sont celles qui établissent les comparaisons entre les sexes.« Si tous les participants d\u2019une étude ont vu une amélioration de 20 % de leur tension artérielle après avoir pris un médicament, on ne sait pas si les hommes ont eu une amélioration de 30 % et les femmes seulement 10 %.Peut-être que les femmes ont eu deux fois plus d\u2019ef fets secondaires aussi, remarque la docteure Tannen- baum.Il y a très peu de chercheurs qui font cette analyse actuellement.» Et le genre, dans tout ça ?Il n\u2019y a pas que le sexe qui influencerait l\u2019état de santé.Le genre serait aussi une donnée à intégrer dans les recherches.Alors que le sexe d\u2019une personne est déterminé par ses caractéristiques biologiques, le genre est attribuable aux comportements et aux rôles considérés comme masculins ou féminins dans une société.La distinction entre les deux termes reste toutefois floue, même pour les chercheurs, remarque Louise Pilote.Cette dernière a mené une étude en 2016 auprès de patients ayant subi un accident cardiaque.Le risque de subir une deuxième attaque s\u2019est révélé être une question de genre, indépendamment du sexe de l\u2019individu.Les patients ayant des traits traditionnellement attribués aux femmes, par exemple qui passent beaucoup de temps à prendre soin des enfants, avaient plus de risques d\u2019avoir une autre attaque dans la prochaine année que ceux aux traits considérés comme plus masculins.La cause : l\u2019anxiété, estime Louise Pilote.« Une femme ou un homme qui vient d\u2019avoir un infarctus, qui est jeune, qui a plusieurs responsabilités à la maison et qui doit s\u2019occuper des enfants peut vivre plus d\u2019anxiété.Le taux de cortisol \u2014 l\u2019hormone du stress \u2014 augmente et peut avoir un effet sur la santé », explique-t-elle.D\u2019autres études sont menées ailleurs dans le monde pour déterminer si le genre peut avoir une influence sur d\u2019autres maladies.« Idéalement, toutes les recherches tiendraient compte du sexe et du genre des participants», affirme Cara Tannenbaum. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 Vi v r e R e s t o 5 0 | CRITIQUE JEAN-PHILIPPE TASTET COLLABORATEUR LE DEVOIR Cette critique aurait pu s\u2019intituler « Ceci, n\u2019est pas un lapin ! » ou mieux encore « Ceci n\u2019est pas un bar à vins ».Du lapin, il ne reste en ef fet que la saucisse au menu et du bar à vins, disons que \u2014 même quand le choix de bouteilles est exceptionnel comme ici et que les étiquettes sont hilarantes \u2014 lorsque les assiettes sont aussi délicieuses, ça ne s\u2019appelle plus un bar à vins.Marc-Olivier Frappier et Vanya Fi- lipovic sont les stars de la maison.Le premier prépare une cuisine hors pair, la seconde déniche des bouteilles formidables.La chef Jessica Noël complète la constellation.Toutes les personnes en salle et aux casseroles méritent des éloges pour leur travail impeccable.Et la table, comment est-el le, demanderez-vous, ne voulant pas vous fier uniquement aux files d\u2019attente qui se succèdent à la porte de Mon lapin depuis son ouverture début mars ?Dire que c\u2019est bon serait un euphémisme ; sur la douzaine de plats essayés le soir de notre visite, pas un faux pas, peut-être la pincée de sel un peu lourde sur un ou deux, mais des oh ! et des ah ! de surprise et de délectation.Sacrifice et bombance Mon lapin est un lieu de perdition où la cuisine et la boisson s\u2019allient pour faire ressortir de vous toute la déraison qui s\u2019y trouve.Personne ne résiste ; en fin de repas, j\u2019ai vu deux lapins en chocolat sautiller jusqu \u2019à une t ab le où s \u2019 é ta ien t succédé de nombreux plats.Miss Béar na i se e t son mer ve i l l eux époux s\u2019étaient joints à Mme B.pour ce sacrifice d\u2019un soir.Le sacrifice s\u2019est rapidement transformé en bombance.Vanya a lancé les folies en versant quelques bulles venues de Touraine.Le reste de la soirée est resté dans le déraisonnable délicieux.Une vingtaine de plats originaux pour la plupart et composés avec une extrême délicatesse.Ce soir-là, il y avait du crabe, prédécoupé et accompagné d\u2019aïoli et d\u2019un surprenant beurre infusé à la brioche.Il y avait également les premiers pétoncles présentés en bouchées rehaussées d\u2019un beurre de champignons et de champignons crus.Bonheur ! Sur un lit de roquette et d\u2019oseille en purée, des bourgots accompagnés de quelques dés de pomme de terre marinée.Sur le tout, en couette dodue, de succulentes tranches de fromage de tête fait maison.Une assiettée de haricots verts à peine saisis, relevés de caviar de truite, une autre de salade rose (!) couronnée de copeaux de foie gras, une autre encore avec une superbe brochette de grosses bouchées de betteraves rouges saupoudrées d\u2019un tartare d\u2019algues surprenant et présentée avec une petite pyramide de raifort râpé.Seul léger bémol, on perd malheureusement les oursins dans l\u2019omelette, iode et œufs faisant rarement bon ménage.On se rattrapera avec cette salivante assiette de saucisse de lapin, feuilles de pourpier, moutarde aux carottes et jus de lapin brioché.Le merveilleux a une fois encore saucé avec ses doigts pour manifester sa totale approbation.Des desser ts arrivent alors que l\u2019on baigne déjà dans une sorte de béatitude.À signaler, un gâteau particulièrement succulent : étagé de gâteau de sarrasin, miel de sarrasin, f romage blanc, g laçage crème fraîche et chips de doigts de dame.Mon lapin est tenu par des gens d\u2019une grande générosité.Vous apprécierez sans aucun doute la foule de Clapier 5 étoiles dans la Petite-Italie Mon lapin est un lieu de perdition où la cuisine et la boisson s\u2019allient pour faire ressortir de vous toute la déraison qui s\u2019y trouve.PHOTOS VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Viv r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 Expérience d'immersion interculturelle Dharamsala (Inde), Madagascar, Pérou, Sénégal et Vietnam.Séjour de 7 semaines COÛT : de 5 195 $ à 6 225 $ (formule « tout inclus ») proposée aux personnes de 50 ans et plus avec hébergement dans une famille et bénévolat Voyages solidaires Pour assister à une séance d'information, téléphonez au 514 325-0150, poste 2039 http://voyagessolidaires.collegemv.qc.ca POURBOIRES PRÉPAYÉS GRATUITS \u2013 valeur maximale de 9 200 $US SOINS MÉDICAUX À BORD GRATUITS INTERNET ILLIMITÉ GRATUIT SERVICE DE BUANDERIE GRATUIT ÉVÉNEMENTS EXCLUSIFS DANS LES PORTS D\u2019ESCALE GRATUITS FORFAIT VISA GRATUIT LIVRAISON DES BAGAGES GRATUITE SÉJOUR D\u2019UNE NUITÉE DANS UN HÔTEL DE LUXE AVANT LA CROISIÈRE GRATUIT TRANSFERTS ALLER-RETOUR GRATUITS FORFAIT PRESTIGE* EXCLUSIF Plus une prime au choix: GRATUIT - jusqu\u2019à 78 excursions terrestres GRATUIT - Forfait breuvages GRATUIT - crédit à bord maximal de 7 800 $US Les primes s\u2019appliquent à une cabine et peuvent varier selon la durée de l\u2019itinéraire TARIFS DE LA CROISIÈRE 2 POUR 1 Vol aller-retour en PREMIÈRE CLASSE* Rabais maximal de 70 % LES TARIFS DE L\u2019OFFRE SPÉCIALE POURRAIENT ÊTRE MODIFIÉS LE 1ER OCTOBRE 2018 AUTOUR DU MONDE EN 180 JOURS MIAMI-SAN FRANCISCO 8 JANVIER 2020 | 180 JOURS *Visitez OceaniaCruises.com/terms pour plus de détails.MAR184080 CONTACTEZ INFO@COLLECTIONNEURSDEVOYAGES.COM OU 514 730 9293 Voyages Symone Brouty 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com Pour des voyages pas comme les autres DÉJA 24 ANS ! Une présentation claire de nos circuits qui font toute la différence ! Pas de kilométrage inutile, NOUS PRENONS LE TEMPS DE VISITER.Culture, Histoire, Petit groupe, Nous couchons à l\u2019intérieur des villes.Meilleur rapport qualité prix sur le marché pour des circuits exclusifs à VSB ! PRÉSENTATIONS CONFÉRENCES : MONTRÉAL DIMANCHE 8 AVRIL : Hôtel Ruby Foo\u2019s 2655 Boul.Décarie.QUÉBEC SAMEDI 7 AVRIL : Hôtel Plaza, 3031 Boul.Laurier LA FRANCE ET SES RICHESSES \u2013 26 JRS Départ 8 sept.(5 places disponibles) Hôtels 4* et 3* au Centre-Ville, 46 repas, Vol Air France.Toutes les entrées et visites incluses, dégustations, guides locaux.Le plus complet des circuits sur le marché ! GRAND TOUR D\u2019ESPAGNE ET PORTUGAL \u2013 25 JRS Départ 22 sept.(8 places disponibles) Hôtels 4* et 3* au Centre-Ville, 46 repas, vol.Toutes les entrées et visites incluses, dégustation et Spectacles.Guides locaux, écouteurs durant tout le circuit.GRAND CIRCUIT D\u2019EUROPE DE L\u2019EST \u2013 24 JRS Départ 10 sept.(5 places disponibles) Prague 4 nts, Berlin 3 nts, Varsovie 2 nts, Cracovie 3 nts, Vienne 3 nts, Salzbourg 2 nts et autres villes visitées.Hôtels 4* et 3* au Centre-Ville, 44 repas, vol.Toutes les entrées et visites incluses.LES PERLES DES BALKANS \u2013 20 JRS Départ 10 sept.(6 places disponibles) Slovénie, Croatie, Monténégro, Bosnie, Hôtels 4* au Centre-Ville, 49 repas, vol.Toutes les entrées et visites incluses, Dégustations, Croisière, guides francophones.ANGLETERRE, ÉCOSSE, IRLANDE \u2013 23 JRS Départ 5 sept.(6 places disponibles) Hôtels 4* et 3* au Centre-Ville, Londres 4 nts, Édimbourg 3 nt, Dublin 2 nts et autres villes visitées, 57 repas, vol.Toutes les entrées et visites incluses, Dégustations, Spectacles, et plus encore\u2026.LES SPLENDEURS DE L\u2019ITALIE \u2013 22 JRS Départ 9 & 23 sept.(Places limitées) Hôtels 4* et 3* au Centre-Ville, 3 nts Venise, 3 nts Florence, 2 nts Bologne, 3 nts Golfe Sorentine, 4 nts Rome et autres villes visitées.47 repas, vol, entrées et visites incluses.P e r m i s d u Q u é b e c POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT CONTACTER ÉVELYNE DE VARENNES AU 514 985-3454 / edevarennes@ledevoir.com BON VOYAGE petits détails qui en attestent.Ce beurre par exemple \u2014 développé par le chef en collaboration avec l\u2019Université Laval \u2014 à base d\u2019une très bonne huile de canola vierge pressée à froid du Québec (bio).Des gens généreux, talentueux et créatifs.Avec sa proverbiale humilité, David McMillan, gourou de la maison et légende vivante de la scène gastronomique montréalaise, québécoise, canadienne, mondiale, tenait ce soir-là fort aimablement la porte à la clientèle.De très nombreux fans se sont émus de pouvoir frôler quelques fugaces instants son illustre personne.On le remerciera d\u2019avoir donné à Mon lapin ce décor distinctif qui fait la marque Joe Beef, Liverpool House et Vin papillon.Aux murs, toiles de Peter Hoffer et cie ainsi qu\u2019une très belle sculpture de Mathieu Gaudet, à qui l\u2019on doit bars, tables et tout ce qui est en bois aux quatre établissements de la McMillanie.Mon lapin ?$$$ 1/2 150, rue Saint-Zotique Est.Pas de réservation \u2014 Ouvert dès 17 h, du mardi au samedi.Au menu, une vingtaine de plats en portions à partager de 10 $ à 22 $.Côté divertissements liquides, nous avons connu des joies indescriptibles avec plusieurs verres versés par madame Filipovic ; notamment des bulles étonnantes venues de Touraine (Pet\u2019 Sec, Les Capriades, 2016) et un encore plus surprenant rouge australien, délicat, rieur, taquin (Vin de sofa, Gentle Folk, 2016).Vanya vous expliquera tout ça et plus encore, car affinités.De cette superbe carte des vins, l\u2019expert mondial M.Aubry dit : « Brodée avec beaucoup de savoir-être et une bonne dose d\u2019amour, cette carte coule avec une rare fluidité entre des vins plus digestes encore.Racontée par le petit personnel de l\u2019endroit, je me doute que l\u2019aventure sera encore plus belle ! » Sur la douzaine de plats essayés le soir de notre visite, pas un faux pas. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 WWW.ROUTESDUMONDE.COM \u2022 514-842-1888 CONSULTEZ NOTRE SITE POUR TOUTES LES DATES DE DÉPARTS Inde Sacrée 13 OCT AU 03 NOV 2018 Rajasan & Benares 24 NOV AU 14 DÉC 2018 Inde du Sud 24 NOV AU 14 DÉC 2018 3 CIRCUITS EN PETITS GROUPES UNIQUES EN INDE.Hâte au printemps?PROFITEZ-EN pour vous amuser n s e o * Par personne.Chambre d'hôtel en occupation quadruple.Toutes taxes incluses.Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyage FICAV de 1 $ par tranche de 1000 $ en sus.Prix valide pour tous les départs en 2018.Permis du Québec (702378).Inclus : autocar grand tourisme, hôtels 3,5 étoiles (ou plus), petits déjeuners, guides accompagnateurs francophones.beltour.ca 514 336-0033 ou 1 866 235-8687 NEW YORK, 3 ou 4 jours Fête des Patriotes, vendredi 18 et samedi 19 mai, à partir de 225 $* BOSTON et les châteaux de la Nouvelle-Angleterre, 3 jours Départs : 4 mai et 1er juin, à partir de 299 $* vous amène ailleurs.Voyages Symone Brouty 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com Pour des voyages pas comme les autres DÉJA 24 ANS ! P e r m i s d u Q u é b e c LA GRÈCE ET SES ÎLES \u2013 22 JRS Départ 15 septembre Hôtels 4* et 3* au Centre-Ville, 46 repas, Vols.Toutes les entrées et visites incluses, Découverte des plus hauts lieux culturels de la Grèce incluant les Météores et des îles grecques, 3 nts Corfou, 3 nts Athènes, 2 nts Mykonos, 2 nts Santorin, 2 nts Crète, 2 nts Rhodes.MAGNIFIQUE ÉGYPTE PHARAONIQUE \u2013 18 JRS Nouveau Départ 7 novembre (6 places disponibles) Départ 12 novembre COMPLET ! Mme Marie-Pierre Ruatta vous invite à sa conférence Égypte 2018 & 2019 Circuit Exclusif à l\u2019agence.À visualiser son circuit et croisière GRANDE ARGENTINE & PATAGONIE \u2013 21 JRS Départ : 3 novembre (7 places disponibles) Buenos Aires (5nts) Péninsule de Valdès, Croisière de luxe dans les glaciers Salta (3nts) Circuit 5 jrs désert du Nord-Ouest, Cafayate, Puerto Iguazu (2nts) Vol Air Canada, 46 repas, hôtels 4* Une présentation claire de nos circuits qui font toute la différence ! Pas de kilométrage inutile, NOUS PRENONS LE TEMPS DE VISITER Culture, histoire, petit groupe, Nous couchons à l\u2019intérieur des villes.L\u2019INDE DES GRANDS EMPIRES - 29 JRS Du Nord au sud Départ 3 novembre (6 places disponibles) Un Circuit maison mêlant tradition &culture.Toutes les entrées, visites exclusives.Tous les repas sans exception.Guides francophones, vols intérieurs, hôtels 5* durant ce circuit.LES GRANDS LACS BERLIN L\u2019ÉTÉ LE MAROC circuit culturel L\u2019ESSENTIEL DE L\u2019INDE L\u2019INDE DU SUD, YOGA ET MÉDITATION NOS DÉPARTS DE GROUPES 2018 Réserver au 514.351.5814 v o y a g e r a v e c y v e s p e t i t .c o m du tion à 18?h?30 a sent é Pr DIMANCHE 8 AVRIL 2018 2105, ch.Ste-Foy, Québec voyages-lambert.com À MONTRÉAL LIEU : AUBERGE UNIVERSEL - 5000, RUE SHERBROOKE EST ENTRÉE LIBRE PRÉSENTATIONS DE NOS CIRCUITS DE L\u2019ANCIENNE PERSE À L\u2019IRAN D\u2019AUJOURD\u2019HUI LES HAUTS-LIEUX DE L´IRAN DÉVOILÉS Départs : 7 & 28 octobre 2018 LE NICARAGUA TERRE DE LACS ET DE VOLCANS, MOSAÏQUE DE CULTURES ET DE TRADITIONS Du 14 janvier au 4 février 2019 SICILE & ITALIE DU SUD ESCALE AUX ÎLES ÉOLIENNES Départs : 7 octobre 2018 & 7 avril 2019 AFRIQUE DU SUD VIRÉE INOUBLIABLE CHEZ LA NATION ARC-EN-CIEL Départs : 13 novembre 2018 & 13 mars 2019 L\u2019AUTRE ITALIE Du 9 au 28 octobre 2018 11h00 11h00 12h45 12h45 14h30 Circuit exclusif accompagné et guidé par Georges Caron Pour votre confort, 27 voyageu rs dans un autocar de luxe de 5 6 passagers ! Du 27 juin au 12 juillet 2018 Un magni?que voyage de 15 jours incluant tous les incontournables: Whistler, Victoria, Vancouver, Kelowna, Banff, Jasper, Edmonton, Calgary et son Stampede ! POUR LES DÉTAILS ET PRIX DE CE PROGRAMME: www.louisedrouin.com 1 888 475-9992 Le voyage le plus complet sur le marché québécois! OUEST CANADIEN & Stampede de Calgary P P P P P P P P P P P e r m P e r m P P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P P e r m P e r m P e r P e r m P P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m e r m e e e e r m r r m r m r r r r r m m m m m m m m i s i s i s i i i i s i s i s d i i s i s i s i s i s i i i i s i s i i i i s i i s i s s s s s s s d s s d s s s d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u Q u u u Q u u u Q u Q u Q u Q Q u Q u Q u Q Q u Q Q Q Q u Q u Q Q u Q u Q Q Q Q Q Q Q u Q u Q Q u Q u Q u Q u Q u Q u Q Q u Q Q Q u Q Q u u u u u u u u u u u é b e c é b e c é b e é é b e c é b e é b e c é b e é b e c é é b e c é b e é b e é b e c é b e c é b e c é b e c é b e é b e é b e c é b e c é b e é b é b e c é b e c é b e é b e c é é é b e c é b e c é b e é é b e c é é b e c é b e é b é é b e c é é b é é b e c é b é b é é é é b é b é é é b e c é b e é b e c é b e c é b e é b é b é b e c é b é b e c é b e c b b e c b b b e b e c b b b e c b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b e c b b b e c b e b b b b e c b b b e c b e c b b b b b e b b b b b b e c b e c b b b e c b e c b b e c b b e c b e c b b b e c b e c b b e c e c e c e c e c e c e c e c e c e e e c e e e e c e e c e e e c e c e c e c e e c e e e e e c e e e e e e c c c c c c c c c POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT CONTACTER ÉVELYNE DE VARENNES AU 514 985-3454 / edevarennes@ledevoir.com BON VOYAGE | 5 3 Vi v r e Vi n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 CRITIQUE JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR L\u2019essentiel des vins que nous dégustons sont traités de façon à ce que l\u2019apport en oxygène pour les concevoir ait été judicieusement ménagé.Le milieu «réducteur» en bouteille leur assurant ultérieurement le lent développement des parfums comme des saveurs que nous leur connaissons.Ici, «l\u2019oxygène est l\u2019ennemi du vin».Dans le meilleur des cas, 10, 15 ou 20 ans de bouteille invitent le fruité originel à s\u2019ouvrir sur une patine de flaveurs tertiaires plus détaillées encore.D\u2019autres types de vin, à l\u2019opposé, qu\u2019ils soient chauffés, mutés et longuement soumis au contact de l\u2019air en barrique, en foudre ou en dame- jeanne entreposée dans des conditions extrêmes, trouvent dans l\u2019apport d\u2019oxygène matière à s\u2019accomplir pleinement.Ici, «c\u2019est l\u2019oxygène qui fait le vin ».Nous sommes dans ce que l\u2019homme de science conçoit comme étant un milieu «oxydatif».Avec une saturation en oxygène qui donne naissance à ces aldéhydes reconnaissables entre autres par ces parfums de noix, de caramel ou de pommes blettes.La mise en bouteille stoppe et emprisonne alors toute évolution aromatique et gustative ultérieure.C\u2019est à ces derniers que se sont frottés, avec un intérêt manifeste, les Amis du vin du Devoir dernièrement.Une fascinante immersion dans un univers tout aussi mystérieux qu\u2019il est complexe à décrire.Une plongée parfois abyssale de profondeur, où les amers jouent un rôle de premier plan.Quelques mots sur chacun d\u2019eux.Château Musar Blanc 2008, Gaston Hochar, Liban (47,75 $ \u2013 13391371).La patine oxydative fine se fraie ici un chemin discrètement.Cire, miel, cumin et nuances résinées portent un ensemble à la fois vivace, rond et d\u2019une appréciable longueur.Assemblage très original composé des cépages obaideh et merwah.(5 +) ?1/2 © Moyenne du groupe : ?Ramato Pinot Grigio 2014, Channing Daughters, Long Island, États-Unis (30 $ \u2013 n.d.).Les 16 jours de macération fournissent à ce vin orange une touche cuivrée (ramato) sur une base très légèrement oxydative où pomme mûre et épices dominent.Déroutant, certes, mais vaut le détour.(5 +) ?Moyenne du groupe : ?1/2 Domaine Philippe Vandelle Vin Jaune, L\u2019Étoile 2009, Jura, France (59 $ \u2013 10887400).Ce « jaune » élevé sous voile pour un minimum de 75 mois est évidemment incontournable.Très sec, salin même, ce blanc sec offre vivacité, puissance et expression avec ses nuances de cédrats confits, de figue sèche, de tire éponge et de brou de noix.Coq au vin et ses morilles ?(10 +) ?1/2 Moyenne du groupe : ?1/2 Puerto Fino, Lustau, Xérès, Espagne (22 $ \u2013 115683347).Ce palomino très sec et vibrant, aux flaveurs de pomme verte et de citron, a divisé le groupe ici.Une gloire aux amers, pourtant, ici des plus remarquables, à petit prix.?Moyenne du groupe : ?Madère Leaccocks\u2019s 5 ans Dry Ser- cial, Portugal (27, 50 $ \u2013 10896664).L\u2019impression d\u2019une mistelle à base de calvados tant l\u2019expression fruitée, saline et très fraîche domine.Amplitude et rondeur sur une finale épicée.?Moyenne du groupe : ?1/2 Madère Broadbent 10 ans Sercial, Portugal (104 $ \u2013 n.d.).Le célèbre auteur britannique donne son nom à cette cuvée de haut niveau, à la fois douce et vivace, profonde, minérale et intense.Longue finale développée sur le pruneau sec.?Moyenne du groupe : ?Porto Tawny 20 ans, Sandeman, Douro, Portugal (59,75 $ \u2013 13559655).N\u2019a pas la précision incisive du Taylor 20 ans, mais il régale par ses saveurs suaves, au goût de crayon, de cèdre, de noix et de clémentine séchée.Servir frais.?1/2 Moyenne du groupe : ?1/2 Vecchio Samperi, Marco de Bartoli, Sicile, Italie (96 $ \u2013 13217102).La solera opérée sur le cépage grillo pendant une vingtaine d\u2019années livre un vin aux mille facettes oxydatives, avec un goût profond et salin de châtaigne, de noix et de carvi.Quelque douze grammes de sucre au litre, mais une expression verticale unique.Longueur d\u2019anthologie.Top ! ?1/2 Moyenne du groupe : ?guideaubry@gmail.com Merveilles oxydatives Moins de 16 $ Réserve de Bonpas 2016, Côtes-du-Rhône, France (13,65$ \u2013 12383352) Votre barbecue a quelques impatiences dans la région du tison ?Ne le faites pas languir plus avant et servez à peine rafraîchi ce rouge de soleil et d\u2019épices, au fruité généreux et à l\u2019humeur chaude et puissante, sur vos premières grillades de saison.Un vin droit et intègre qui livre la marchandise avec brio.(5) ?1/2 La surprise Merlot 2014, Peter Franus, Napa Valley, États-Unis (52$ \u2013 13601420) Il en reste peu, mais l\u2019aventure est belle! Doit-on pour autant rapprocher ce merlot d\u2019un grand cru de Pomerol?La tentation est forte même si cette cuvée californienne le talonne au plus près.Couleur, sève, texture et élégance sont en tous points conformes aux paramètres requis pour le vin d\u2019exception.Très difficile ici de résister.(10+) © ?Le blanc Chardonnay Tawse 2015, Péninsule du Niagara, Ontario, Canada (19,95$ \u2013 11039736) Le généreux fruité ne se fait pas attendre avec ses nuances de pêche blanche tout juste relevées d\u2019une exquise touche boisée.Un blanc sec et franc de goût qui offre volume, texture et fraîcheur sur un ensemble léger, harmonieux, d\u2019une persistance appréciable.Pas mal sur un BLT ou une salade de poulet.(5) ?1/2 Le rouge Terres d\u2019épices 2014, Domaine de Grange- neuve, Grignan-les-Adhémar, Rhône, France (24,55$ \u2013 13470239) Dans ce coin de pays de roches, entre Mon- télimar et Orange, syrahs et grenaches puisent, entre les anfractuosités froides du minéral et le dôme solaire qui les recouvre, matière à juguler leurs ardeurs en livrant un rouge plein, fruité et à l\u2019ensemble structuré.Confection et authenticité.(5+) © ?Le bio Beau bonhomme 2016, Jumilla, Espagne (13,70$ \u2013 13284313) Pour la nuance, on repassera, mais il y a tout de même ici matière à largement régaler avec ce vin élaboré à base de mourvè- dre.Essentiellement vinifié pour arrondir les angles et assouplir le gaillard, ce rouge est une proposition très honnête, colorée et substantielle, idéale sur les côtes de porc grillées avec touche barbecue.(5) ?(5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans (10+) se conserve dix ans ou plus © devrait séjourner en carafe L E S V I N S D E L A S E M A I N E Qu\u2019ils soient chauffés, mutés et longuement soumis au contact de l\u2019air en barrique, en foudre ou en dame-jeanne entreposée dans des conditions extrêmes, les vins oxydatifs trouvent dans l\u2019apport d\u2019oxygène matière à s\u2019accomplir pleinement.JEAN AUBRY L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 Vi v r e M o t s d e t ê t e 5 4 | GRILLE BLANCHE GRILLE DES FÉRUS SUDOKU MOTS FLÉCHÉS | 5 5 Vi v r e M o t s d e t ê t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 GRILLE INTERMÉDIAIRE LES ANAGRAMMES MOTS CROISÉS DU SAMEDI Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 394 Horizontalement I.Postillonner.II.Accotoir.Ane.III.Nuitamment.IV.Ile.Epi.Aa.V.Quel.Etablie.VI.Us.Assagi.Sr.VII.Pmu.Tassés.VIII.Relirait.Râ.IX.Doué.Mohican.X.Entraînement.Verticalement 1.Paniquarde.2.Oculus.Eon.3.Sciée.Plut.4.Toi.Lamier.5.Itae (étai).Sûr.6.Lompes.Ami.7.Limitation.8.Ore.Agathe.9.Nabis.Im.10.Natal.Ce.11.En.Iseran.12.Renversant.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 395 1.Facilite la croissance.2.Se penche sur le système.3.Fait mâle.4.On y récolte prunes et chasselas.Allemand qui se jette en mer du Nord.5.Article.Fidèle du Monde.6.A crié comme un aigle.Encadrent le slalom.7.Sanction universitaire.Fait des longueurs.8.Parfuma à la badiane.Fausse mer en voie de disparition.9.Ne devraient pas lâcher.Convient.10.Dans l\u2019entreprise.Doublé chez les filles.Porteur de pommes.11.Accord au Sud.Masse de globules rouges.12.Un bel âge chez certains de nos voisins.I.Remet les compteurs à zéro.II.Lourd manteau.Compositeur et violoniste roumain.III.A charge d\u2019âmes.Maintient et contient les formes.IV.Drôle de pistolet.Structure d\u2019entreprise.Dans les comptes de l\u2019entreprise.V.Dégluti dans la descente.Difficile de s\u2019y retrouver dans tout cet attirail.VI.Pour les grands de Bourgogne.Fait son choix.VII.A la bonne heure.Petit modèle chez Fidel et Raul.Note.VIII.En mer entre Grèce et Turquie.En droit.Difficile à effacer.IX.Sur scène avec Bertolt.Possessif.Zinc.X.Très proche du modèle.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde CITATION MYSTÉRIEUSE L\u2019INTERVALLE Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre à chaque mot (incluant l\u2019ajout ou le retrait d\u2019une lettre), trouver les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.Découvrez les mots cachés dans ces anagrammes.R A M E B R U I T MOTS IMAGES Associez deux mots pour former une expression imagée.CHAT CURIEUX FORT AVOIR MUET FIÈVRE TRAITER GLISSER CHIEN GORGE CAFARD COULEUVRE BELETTE CARPE BŒUF CHEVAL 1.2.3.4.5.6.7.8.SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE GRILLE BLANCHE MOTS FLÉCHÉS SUDOKU : SOLUTION DU DERNIER NUMÉRO GRILLE DES FÉRUS CITATION MYSTÉRIEUSE J'ai accroché mon cerveau au portemanteau puis je suis sorti et j'ai fait la promenade parfaite.(Christian Bobin) L\u2019INTERVALLE SIÈGE / LIÈGE / LIEUE / LIEUX / VIEUX LES ANAGRAMMES Matinées / Aisément / Étamines \u2014 Massaient / Aimassent / Essaimant / Satanisme \u2014 Daronne / Adonner / Donnera / Redonna \u2014 Drapons / Pardons / Pondras \u2014 Rainettes / Astreinte / Restaient MOT IMAGE Fin des haricots / Gagner de l'oseille / Faire le poireau / Pois chiche dans la tête Être aux petits oignons / Chou blanc / Carottes sont cuites / Bout de chou Conception de la grille blanche, de la grille des férus et des mots fléchés : Étienne Hannequart-Ferron.SSRIOU EOUAIRRNTS AEOTNRC MREA NGREAO 1.3.2.1.3.2.1.3.4.2.1.3.4.2.1.2.1 7 2 1 Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite.1 7 2 1 1 7 2 1 1 7 1 1 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 A V R I L / 2 0 1 8 6 & 9 Tao Ye Beijing Danse + Théâtre Du 23 mai au 7 juin 2018 fta.ca 514 844 3822 À l\u2019avant-garde depuis toujours BETROFFENHEIT Crystal Pite + Jonathon Young Vancouver 25 spectacles Billets et forfaits en vente maintenant LA NUIT DES TAUPES Philippe Quesne Nanterre UNTIL OUR HEARTS STOP Meg Stuart Bruxelles + Berlin « Un moment de pure joie collective » Libération TITANS Euripides Laskaridis Athènes TOM NA FAZENDA Michel Marc Bouchard + Rodrigo Portella Rio de Janeiro Aussi au #FTA2018 Matthew Barney + Valdimar Jóhannsson + Erna Ómarsdóttir Evelyne de la Chenelière + Marie Brassard Jefta van Dinther Réjean Ducharme + Martin Faucher Paul-André Fortier + Étienne Lepage Lara Kramer Benoît Lachambre + Sophie Corriveau Daniel Léveillé Jean-Sébastien Lourdais J-F Nadeau + Stéfan Boucher Robyn Orlin Gabino Rodríguez Gurshad Shaheman Shakespeare + Ivo van Hove Système Kangourou Anne Thériault Sarah Vanhee \u201cUniquely memorable\u201d Critical Dance « Un véritable enchantement » Sceneweb.fr « On tombe sous le charme.» IO Gazette « Incontournable et palpitant » Teatro em Cena « Un chef-d\u2019œuvre » Dansercanalhistorique.fr "]
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