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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-04-05, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C I X N o 7 3 L E D E V O I R , L E J E U D I 5 A V R I L 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Winnie entre soleil et ombre.La chronique d\u2019Odile Tremblay.Page B 8 Avis légaux.B 2 Décès.B 4 Météo.B 2 Mots croisés.B 3 Petites annonces .B 4 Sudoku.B 3 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Martin Luther King La justice et la paix en héritage Page B 5 Élections québécoises Le saut en politique d\u2019une femme voilée Page A 3 F A B I E N D E G L I S E U n vent de fraîcheur a soufflé, mais il est bel et bien en train de tomber.Deux ans et demi après son élection, et l\u2019espoir d\u2019une politique étrangère renouvelée au lendemain de la décennie sombre et brutale de l\u2019ère Harper, Justin Trudeau est encore loin du point de rupture annoncé en campagne électorale, estime le chercheur et spécialiste des questions internationales Jocelyn Coulon en évoquant les hésitations et les nombreuses erreurs du premier ministre, dont la dernière en date tient dans l\u2019image persistante d\u2019une famille déguisée en sikh devant le Temple d\u2019or à Amritsar, au Pendjab, lors d\u2019un voyage officiel en Inde.Pis, «sur plusieurs aspects de son programme [\u2026], les décisions s\u2019éloignent à ce point des intentions originelles [sur le main- ESSAI L\u2019égoportrait comme politique internationale Jocelyn Coulon dénonce la vacuité de la diplomatie canadienne sous Justin Trudeau NARINDER NANU AGENCE FRANCE-PRESSE Justin Trudeau a fait parler de lui dans la presse internationale lors de son voyage en Inde, sa propension à porter le costume traditionnel soulevant les moqueries.AVRIL ET SES SURPRISES RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Le printemps a plié bagage mercredi, laissant place aux précipitations de neige et aux vents forts dans plusieurs régions de la province.À Québec, la visibilité était nulle par endroits, forçant la fermeture de certaines portions de routes.Les Montréalais ont, eux, plutôt affronté la pluie et les mares de sloche.Page A 4 M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa D es haut placés du Bloc québécois souhaitent faire table rase et remettre à neuf le parti : nouveau nom, nouveau programme\u2026 et même un nouveau chef.L\u2019idée serait de fonder un nouveau parti indépendantiste sur la scène fédérale, qui rassemblerait tous les militants souverainistes du Québec.La proposition vient de nulle autre que la présidente du Forum jeunesse du parti \u2014 et ancienne proche collaboratrice de la chef.La « refondation du Bloc québécois», présentée dans un document obtenu par Le Devoir, passerait par une «mise à zéro de la plateforme et des statuts » du parti, de même qu\u2019une « course à la chefferie de deux mois».Ce qui implique une démission de Mar tine Ouellet, selon les termes du manifeste préparé par Camille Goyette- Gingras.L\u2019ancienne attachée de presse de Mme Ouellet explique avoir eu envie, avant même que ne frappe la crise qui déchire le Bloc québécois depuis un mois, d\u2019ouvrir le parti aux militants du Parti québécois et de Québec solidaire pour mobiliser tous les indépendantistes sur la scène fédérale.Le conflit interne qui sévit au Bloc, « c\u2019est une occasion de le faire : d\u2019avoir une sortie [de crise] structurante, mais aussi quelque chose qui nous permet d\u2019avoir un regard enthousiasmant vers le futur », affirme-t- elle au Devoir.« Avec le processus de refonda- tion, c\u2019est une occasion d\u2019impliquer des gens qui ne se sentaient pas impliqués avant avec le Bloc.Et de retourner sur de nouvelles bases.» Le lancement d\u2019un « Bloc québécois 2.0 » serait entamé dès le conseil général du 29 avril, auquel Camille Goyette-Gingras compte soumettre sa proposition en débat d\u2019urgence.«Elle va être écrite de façon à ce qu\u2019elle soit recevable », prévient-elle, assurée que son idée sera Mort et résurrection du Bloc Des dirigeants bloquistes proposent leur sortie de crise J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U À Saint-Jérôme, la Société d\u2019histoire de la Ri- vière-du-Nord lance aujourd\u2019hui un manifeste pour mobiliser les Québécois afin de sauvegarder les services d\u2019archives privées, reconnus par le gouvernement mais laissés de plus en plus à eux-mêmes en matière de financement.Intitulé Ensemble, assurons le futur de notre passé, ce texte plaide pour le maintien et la protection dans leur milieu des archives québécoises.« Devant la menace qui pèse sur la survie de plusieurs services d\u2019archives privées agréés du Québec et, par voie de conséquence, sur les richesses collectives qu\u2019ils conservent, protègent et valorisent », les signataires demandent aux différentes instances publiques de voir à «assurer leur maintien, leur accessibilité au public et leur pérennité ».Au nombre des premiers signataires du manifeste, on trouve Gilles Desjardins, le L\u2019histoire populaire finira-t-elle au bac à recyclage?Un manifeste demande un soutien adéquat aux services d\u2019archives privées, gardiens de la mémoire collective des gens ordinaires VOIR PAGE A 8 : BLOC VOIR PAGE A 8 : HISTOIRE Nouvelle plateforme, nouveau nom et, peut-être aussi, nouveau chef VOIR PAGE A 8 : POLITIQUE Vu l\u2019attitude aveugle du gouvernement, nous, les optométristes du Québec avons été contraints à nous retirer de la RAMQ, avec regret.Aujourd\u2019hui, même ce droit nous est refusé.Au lieu de négocier de bonne foi, le ministre achète du temps.Depuis 15 ans, nous demandons une tari?cation juste et raisonnable pour les actes que nous posons.La santé des yeux de tous nous tient à cœur et nous voulons continuer à servir la population, mais à chaque visite d\u2019un patient couvert par la RAMQ, non seulement nous ne couvrons pas nos frais, mais nous perdons de l\u2019argent.À force de nous freiner, le ministre a accéléré notre sortie vers le privé.Sa position sème la confusion chez nos patients et a raison de notre patience.Il est responsable de la situation et de ses répercussions.S\u2019il pense pouvoir faire mieux alors qu\u2019il ouvre ses propres cliniques d\u2019optométrie.Son attitude révèle un sérieux manquedevision.ca L E D E V O I R , L E J E U D I 5 A V R I L 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 L I S A - M A R I E G E R V A I S P our la première fois de son histoire, le Québec pourrait voir une femme voilée se présenter aux élections provinciales d\u2019octobre.La militante féministe Ève Torres vient de déposer sa candidature à l\u2019investiture de Québec solidaire dans la nouvelle circonscription de Mont- Royal\u2013Outremont.Devant la grande fenêtre d\u2019un café de la rue Van Horne, le foulard rose de l\u2019aspirante candidate tranche sur la mocheté de ce balbutiement de printemps.Impossible de le manquer, ce hidjab.Ève Torres en convient, mais elle entend régler la question de sa « diversité » une fois pour toutes.« Je ne fais pas de la polémique, je fais de la politique », dit avec humour cette Franco-Québécoise dans la quarantaine.Et même si « le vivre ensemble, c\u2019est [s]on truc », ne comptez pas sur elle pour débattre uniquement des questions identitaires ou des personnes racisées.« Je ne suis pas une candidate qui porte un foulard et qui forcément doit prendre la parole sur des enjeux d\u2019identité ou des questions religieuses.On a d\u2019autres choses à dire.» À son avis, il serait même « intelligent» d\u2019emmener les gens ailleurs, même si elle sait que ses adversaires joueront cette carte pour la discréditer.«Ce sont des stratégies péquistes, essentiellement, et la CAQ aussi jouera là-dessus, mais [\u2026] c\u2019est assez.Ça suffit, la campagne politique autour de l\u2019identitaire, et c\u2019est ce que j\u2019aime avec Québec solidaire.On y va avec les droits et la justice sociale, avec ce souci que tout le monde fait réellement partie de la société», dit celle qui est coordonnatrice à LaVOIEdesFemmes.L\u2019amour des gens Ces derniers mois, cette mère célibataire de trois enfants est de ceux qui ont fait pression sur le Directeur général des élections pour que soit changé le règlement interdisant à une personne portant un couvre-chef de se porter candidat, ce qui fut fait.Encore au prix de parler du voile qui recouvre ses cheveux.Mais ça, Ève Torres l\u2019a déjà fait plus qu\u2019à son tour.Dans des cégeps, des syndicats ou sous forme d\u2019activités de bibliothèques vivantes : elle a raconté maintes et maintes fois sa vie et ses choix.«Po- sez-moi toutes vos questions ! » qu\u2019elle disait.Les réactions les plus dénuées de jugement lui venaient des enfants dont elle s\u2019occupait durant ses années d\u2019éducatrice et de directrice de centres de la petite enfance (CPE), à Montréal- Nord et à Laval.« Les enfants me disaient : « C\u2019est beau tes cheveux en fleurs » lorsque je portais un foulard fleuri.Ou: «C\u2019est comme un feu d\u2019artifice» quand j\u2019avais un foulard brillant.» Les réactions sont plus mitigées sur le terrain, mais Ève Torres a une arme secrète : elle aime les gens.Pour vrai.Un amour des gens qui lui vient de ses nombreuses années de bénévolat, où elle a milité pour les femmes et la diversité, participé à la mise sur pied des premiers CPE dans Montréal-Nord, organisé des soupers de Noël avec des personnes âgées et des itinérants et des campagnes pour convaincre les minorités visibles à donner du sang.«Aucune discussion n\u2019est impossible », se plaît- elle à répéter, en disant avoir hâte de parler plus amplement avec l\u2019importante communauté hassidique de sa circonscription.Née dans le sud de la France, Ève Torres a grandi en banlieue parisienne avant d\u2019immigrer au Québec il y a 20 ans.C\u2019est ce Québec qui la «passionne» qu\u2019elle veut faire cheminer, au-delà des malaises que peut créer sa «diversité».«Je ne suis pas en colère.Je suis quelqu\u2019un qui est dans la construction.Je fais confiance aux gens», dit celle qui se préoccupe d\u2019éducation et de santé.«J\u2019assume ma pluralité.Je suis Française d\u2019origine espagnole, musulmane, avec une très forte attache à la culture maghrébine, et je suis Québécoise.Il n\u2019y a ni concurrence ni rien qui ne fonctionne pas.C\u2019est ce qui fait ma force.Je suis capable d\u2019assumer mon identité.C\u2019est d\u2019ailleurs ce dont le Québec a besoin.» Le Devoir QUÉBEC SOLIDAIRE Le saut en politique d\u2019une femme voilée Ève Torres veut en découdre avec les péquistes, les caquistes et les libéraux C omme si la prochaine campagne électorale ne s\u2019annonçait pas suf fisam- ment mouvementée, le conseiller de l\u2019arrondissement de Snowdon, Marvin Rotrand, semble vouloir y ajouter du piquant.Depuis l\u2019adoption de la Loi sur la neutralité de l\u2019État et les accommodements religieux dans les organismes publics, les protagonistes du débat sur le port de signes religieux semblaient avoir décidé de suspendre temporairement les hostilités.La vision multiculturaliste du gouvernement Couillard l\u2019a passablement desservi auprès de l\u2019électorat francophone, Jean-François Lisée a dû mettre la pédale douce sur les questions identi- taires pour ne pas mécontenter son caucus et François Legault croit manifestement que la meilleure façon de préserver son avance dans les sondages est de faire le moins de vagues possible.En réclamant que le turban et le hidjab fassent désormais partie du code vestimentaire du Ser vice de police de la Ville de Montréal (SPVM), M.Rotrand risque toutefois de mettre prématurément fin à la trêve.Sans grande surprise, la mairesse Valérie Plante s\u2019est dite «très, très ouverte» à sa proposition.Dans son esprit, sa mise en œuvre contribuerait à la valorisation de la diversité culturelle que préconise le programme de Projet Montréal.Il est vrai que le port du turban ou du hidjab ne semble avoir posé aucun problème de sécurité dans les villes où il a été autorisé, que ce soit à Toronto, Vancouver, Calgary, Edmonton ou New York, pas plus qu\u2019à la Gendarmerie royale du Canada.Si la question de la sécurité a parfois été soulevée, cette considération est relativement secondaire.La question est surtout de savoir dans quelle mesure le caractère laïque de l\u2019État doit se refléter dans l\u2019apparence de ceux qui l\u2019incarnent.Quand M.Rotrand s\u2019était adressé une première fois au SPVM, en 2016, on lui avait répondu qu\u2019il n\u2019existait «ni une politique précise en lien avec le port d\u2019un hidjab, ni un modèle approuvé», mais que la direction était prête à évaluer une éventuelle demande.Elle se disait également ouverte au port du turban, tant que la sécurité de son personnel n\u2019était pas compromise.Les choses en étaient cependant restées là.?Dans son rapport de 2008, la commission Bouchard-Taylor recommandait d\u2019interdire le port de signes religieux dans le cas des agents de l\u2019État qui détiennent un pouvoir de « sanction » ou de « coercition », comme les juges, les procureurs de la Couronne, les policiers et les gardiens de prison.Selon elle, cette position représentait « le meilleur équilibre pour la société québécoise d\u2019aujourd\u2019hui » et correspondait au vœu de la population.Cette recommandation ne s\u2019est toutefois jamais traduite dans une loi.En février 2017, un des deux commissaires, Charles Taylor, s\u2019est ravisé.Contrairement à son collègue Gérard Bouchard, il en est arrivé à la conclusion qu\u2019une telle interdiction aurait pour ef fet « d\u2019exclure les immigrants de certaines zones».Leur rapport avait d\u2019ailleurs reconnu qu\u2019il faudrait prendre en considération l\u2019hypothèse qu\u2019une force policière puisse plus facilement gagner la confiance d\u2019une population diversifiée si elle présentait elle-même une image diversifiée et inclusive.La volte-face de M.Taylor avait eu pour effet de conforter le premier ministre Couillard dans son refus de légiférer en cette matière: «Je suis opposé, nous sommes opposés et nous nous opposerons à toute discrimination vestimentaire.Aucune profession ne devrait empêcher ou bloquer quelqu\u2019un pour une raison vestimentaire, que ce soit une croix, une kippa ou d\u2019autres signes.» ?Dans l\u2019état actuel des choses, le SPVM peut faire comme bon lui semble et la mairesse Plante n\u2019a manifestement pas l\u2019intention de lui dicter une ligne de conduite.La porte-parole péquiste en matière de laïcité, Agnès Maltais, a cependant conseillé au SPVM d\u2019attendre l\u2019élection du 1er octobre prochain avant de s\u2019engager dans cette voie, puisque le prochain gouvernement fixera des «balises nationales » qu\u2019il devra respecter au même titre que tous les services de police du Québec.Mme Maltais a raison : il n\u2019appartient pas à un corps de police, si important soit-il, de dicter les règles qui doivent encadrer la laïcité de l\u2019État.À en croire les sondages, la probabilité que le prochain gouvernement soit formé par le PQ semble plutôt faible, mais la CAQ est sur la même longueur d\u2019onde sur cette question.À l\u2019Assemblée nationale, l\u2019aile parlementaire de Québec solidaire s\u2019est aussi ralliée à la position du rapport Bouchard-Taylor, mais son programme autorise le port de signes religieux pour tous les agents de l\u2019État, «pourvu qu\u2019ils ne servent pas d\u2019instrument de prosélytisme et que le fait de les porter ne constitue pas en soi une rupture avec leur devoir de réserve».Bon nombre de militants partagent sans doute l\u2019enthousiasme de la mai- resse de Montréal pour la diversité policière.Maintenant que l\u2019idée a été relancée, il est difficile d\u2019imaginer qu\u2019on puisse s\u2019abstenir d\u2019en parler jusqu\u2019au 2 octobre.mdavid@ledevoir.com La diversité policière JACQUES NADEAU LE DEVOIR Ève Torres souhaite devenir candidate de Québec solidaire dans Mont-Royal\u2013Outremont lors des élections d\u2019octobre prochain.M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec L a ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, est désormais isolée dans sa volonté de maintenir un délai de poursuite pour les victimes d\u2019agressions sexuelles, puisque l\u2019ensemble des partis d\u2019opposition se sont ligués mercredi pour en réclamer l\u2019abolition.Ce délai, appelé prescription, fait en sorte qu\u2019une victime d\u2019agression sexuelle ne peut poursuivre son agresseur au civil dans un délai excédant 30 ans, à partir du moment où elle prend conscience de l\u2019agression qu\u2019elle a subie.« C\u2019est une honte, et ça doit cesser », a lancé Sébastien Richard, porte-parole des victimes des religieux de la Congrégation de Sainte- Croix.Il a rappelé qu\u2019en moyenne, les membres d\u2019une action collective visant cette congrégation ont mis 43 ans avant d\u2019entamer des procédures judiciaires.« Il y en a qui ont besoin de moins de temps, il y en a qui ont besoin de plus de temps », a-t-il convenu.« Mais en ce moment, il y a un chronomètre.Alors, tu as envie d\u2019affronter ton agresseur ?Dépêche-toi ! » Avec Sébastien Richard, des représentants des trois partis d\u2019opposition à l\u2019Assemblée nationale \u2014 Parti québécois (PQ), Coalition avenir Québec (CAQ) et Québec solidaire \u2014 ont fait pression pour que le gouvernement Couil- lard permette aux victimes d\u2019agressions sexuelles de poursuivre leurs agresseurs au civil, peu impor te le temps écoulé depuis le crime.Une poignée d\u2019organismes venant en aide aux victimes les ont appuyés.« C\u2019est certainement un pas essentiel vers cette espèce de renaissance du lien de confiance, qu\u2019on espère tant, envers le système de justice », a déclaré la députée péquiste Véronique Hivon.Elle a rappelé que les prises de parole du mouvement #MoiAussi ont mis en évidence le temps que peuvent prendre les victimes avant de briser le silence.La demande des divers représentants réunis à Québec est en droite ligne avec un rapport du Protecteur du citoyen qui a réclamé l\u2019an dernier l\u2019abolition du délai de prescription pour les victimes d\u2019agressions sexuelles ou de violence familiale.Elle concorde aussi avec la position du Barreau du Québec, qui a dit souhaiter en décembre que le Code civil soit modifié « afin de prévoir l\u2019imprescriptibilité des actions pour les agressions sexuelles».En mars 2016, la CAQ a déposé un projet de loi visant à rendre imprescriptibles les actions judiciaires pour les victimes d\u2019agression à caractère sexuel.Le gouvernement Couil- lard a jusqu\u2019ici refuser de l\u2019étudier.Pour justifier son approche, la ministre Vallée a rappelé mercredi que le Code civil a été modifié en 2013 afin d\u2019étendre la durée de prescription à 30 ans.«Cette modification présentée par le Parti québécois [\u2026] répond de façon très généreuse aux besoins des victimes, étant le régime de droit civil offrant la plus longue prescription en cette matière», a affirmé son attachée de presse, Isabelle Marier St-Onge.«Si le PQ souhaitait aller au-delà de 30 ans, pourquoi pensez-vous qu\u2019il ne l\u2019a pas fait en 2013?», a-t-elle ajouté.«Qui le gouvernement protège-t-il ?» a répliqué l\u2019avocat et ex-ministre libéral Marc Belle- mare.Comme lui, l\u2019avocat Alain Arsenault a évoqué le «lobby des communautés religieuses», disant voir dans le refus de Québec une crainte de devoir payer des indemnités à un nombre plus élevé de victimes, dont la parole se trouverait libérée.Le délai de prescription au civil, dans les affaires d\u2019agressions sexuelles, a été aboli partout au Canada, sauf au Québec et à l\u2019Île-du- Prince-Édouard, a-t-il rappelé.«Oui, c\u2019est beaucoup d\u2019argent ; oui, c\u2019est beaucoup de victimes.Mais oui, il faut qu\u2019ils [les agresseurs] payent.Et dans la plupart des cas, ils ont l\u2019argent pour payer», a-t-il déclaré.Le Devoir AGRESSIONS SEXUELLES Demande d\u2019abolition du délai de prescription MICHEL DAVID L E D E V O I R , L E J E U D I 5 A V R I L 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 Montréal veut offrir les Bixi dans plus d\u2019arrondissements Les vélos en libre-service Bixi feront leur apparition dans de nouveaux arrondissements de la métropole dans les prochaines années.«L\u2019intention de la Ville d\u2019élargir le réseau et de rendre le Bixi accessible à un maximum de citoyens [\u2026] est claire.Le dossier est en progression et Bixi collabore en ce sens avec l\u2019administration de Mme Plante», a confirmé au Devoir la porte-parole de Bixi-Montréal, Bérengère Thériault.Plus d\u2019informations devraient être rendues publiques prochainement, à l\u2019approche du lancement officiel de la saison 2018 de Bixi, mardi prochain.En 2017, 258 000 personnes ont enfourché un Bixi, pour un total de 4,8 millions de déplacements.Le Devoir La tireuse s\u2019estimait lésée par YouTube Au lendemain de la fusillade au siège social de YouTube, la police californienne concentrait son enquête sur Nasim Najafi Aghdam.Furieuse que You- Tube ait supprimé ses vidéos, la femme de 39 ans a ouvert le feu avec une arme de poing dans les bureaux de l\u2019entreprise.Après avoir blessé trois personnes, dont l\u2019une grièvement, Mme Aghdam s\u2019est suicidée, selon la police.Elle a ouvert le feu au hasard, sans connaître ses victimes.Mme Aghdam était une militante de la cause végéta- lienne, qui a accumulé les griefs contre YouTube.Elle y gérait des chaînes vidéo qui ont été clôturées mardi en raison de «graves violations» des règles de l\u2019entreprise.Mme Aghdam a estimé avoir été injustement privée de revenus liés à la fréquentation de son site.Le père de la tireuse avait signalé sa disparition le 2 avril, prévenant la police qu\u2019elle pourrait s\u2019en prendre à YouTube, qu\u2019elle «haïssait».Agence France-Presse Les avocats de Bissonnette réclament 25 ans Les procureurs Charles-Oliver Gosselin et Jean-Claude Gin- gras comptent réclamer une peine de 25 ans, sans possibilité de libération conditionnelle, pour Alexandre Bisson- nette.L\u2019auteur de la tuerie à la mosquée de Québec a plaidé coupable à six accusations de meurtre au 1er degré et à six accusations de tentative de meurtre la semaine dernière.Il s\u2019expose ainsi à une peine de 150 ans de prison, soit 25 ans pour chaque meurtre.Cette peine équivaudrait à « la peine de mort par incarcération», selon ses avocats.Ils veulent contester la « loi Harper» de 2011 qui a aboli les peines concurrentes.Selon celle-ci, un juge peut ordonner que les peines d\u2019un meurtrier soient purgées consécutivement.Le Devoir Nouvelle vague de demandeurs d\u2019asile Plus de 700 demandeurs d\u2019asile auraient traversé la frontière au Québec de façon irrégulière à partir des États-Unis depuis vendredi.Ils étaient de 120 à 150 à passer quotidiennement du côté canadien durant les quatre jours de la fin de semaine de Pâques, assure Jean- Pierre Fortin, président national du Syndicat des douanes et de l\u2019immigration (SDI).Contrairement aux Haïtiens arrivés massivement à la frontière l\u2019été dernier, ces demandeurs d\u2019asile sont «en grande partie» originaires du Nigeria et ne feraient pas l\u2019objet d\u2019une menace de révocation d\u2019un statut temporaire aux États-Unis.Disant aussi s\u2019attendre à l\u2019arrivée de Salvado- riens au cours des prochaines semaines ou prochains mois, M.Fortin a soutenu que les services frontaliers n\u2019avaient pas les ressources nécessaires pour faire face à la situation.Le premier ministre Justin Trudeau a pourtant affirmé que le système d\u2019immigration canadien demeurait «robuste et sécuritaire».La Presse canadienne GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Le point le plus haut de la plupart des rues est situé au centre de la chaussée, alors que les intersections se retrouvent aux points les plus bas, causant l\u2019accumulation de la neige mouillée.A N D R É A N N E C H E V A L I E R «Q ui peut penser construire une ville comme ça?» C\u2019est en pleine tempête, en observant les difficultés rencontrées sur la rue par une dame âgée, que le chercheur Ernesto Morales a eu un déclic.«Qu\u2019est-ce qu\u2019on peut faire pour améliorer l\u2019accessibilité ?», s\u2019est demandé ce Mexicain, maintenant établi au Québec, qui voyait l\u2019hiver avec un regard neuf.Malgré un sursaut hivernal ces dernières heures dans les conditions météo, le printemps est of ficiellement arrivé, et avec lui, l\u2019espoir de voir disparaître la neige et ses désagréments.La planification pour trouver des solutions ne connaît quant à elle pas de repos saisonnier.M.Morales, professeur au département de réadaptation de la Faculté de médecine de l\u2019Université Laval, planche sur un prototype de « coin de r ue chauffant ».Ce système exploite l\u2019air chaud émanant du système d\u2019égout.Un tuyau relie l\u2019égout à une plaque placée sur le trottoir au coin de la rue, où un serpentin fait circuler la chaleur et fondre la neige à la surface.Le professeur souhaite pouvoir construire et tester son projet cet été, afin qu\u2019il soit prêt pour l\u2019hiver prochain.Patrice Gingras, directeur du génie à la Ville de Trois-Rivières, a confirmé au Devoir que celle-ci serait « très heureuse d\u2019en faire l\u2019essai».Des ajustements et des précisions doivent cependant être apportés pour que la Ville s\u2019engage dans l\u2019aventure.Un problème qu\u2019on ne voit même plus Pour Louis-Michel Fournier, urbaniste à la firme L\u2019Atelier Urbain, les mares de sloche qui se forment aux intersections, entravant les déplacements des piétons, ne retiennent pas assez l\u2019attention quand vient le temps de penser aux espaces publics.« Mettre en scène la problématique, par des interventions temporaires, artistiques ou ludiques, ça pourrait peut-être la révéler, avance- t-il.On ne s\u2019en rend pas compte, on est tellement habitués [de marcher] dans l\u2019eau».«C\u2019est vrai que c\u2019est souvent évacué de la réflexion comme si ce n\u2019était pas un problème, mais c\u2019en est un », admet-il.Et pas seulement pour les piétons.« C\u2019est aussi un enjeu quand on débarque de l\u2019auto.Ça touche tous les usagers, en auto, à vélo, à pied».En plus de créer des obstacles parfois importants et l\u2019inconfort de pieds mouillés, ces mares peuvent causer des ennuis pour la sécurité des usagers les plus vulnérables, soutient Olivier Legault, conseiller en aménagement et urbanisme à Vivre en ville.Selon ce spécialiste des « villes d\u2019hiver », ces entraves peuvent même être préoccupantes au niveau de la santé mentale des usagers des rues, en contribuant à l\u2019isolement social de ceux qui s\u2019empêchent de sortir à cause des désagréments.« On n\u2019est pas au premier hiver avec la sloche, on peut s\u2019imaginer que ça bouge très lentement», remarque Olivier Legault.Utiliser la géométrie L\u2019hiver surligne les défauts de l\u2019espace public, affirme M.Legault.« La source du problème, premièrement, est reliée à une question de géométrie et de drainage », dit-il.La plupart des rues sont ainsi faites que le point le plus haut est situé au centre de la chaussée, et que les intersections se retrouvent à la rencontre des points les plus bas, causant l\u2019accumulation mouillée.Selon M.Legault, les rues à drainage central seraient une bonne solution, mais drastique et encore peu utilisée puisqu\u2019elle nécessite de refaire le système d\u2019égout.Les trottoirs surélevés sont une autre piste, avance-t-il.En troisième option, les saillies de trottoir, qui, sans être un remède optimal, permettent d\u2019éloigner le point le plus bas de la rue du parcours du piéton.« Dans les meilleurs cas de réfection de rue, les gens [maintenant] travaillent ensemble en amont, souligne Louis-Michel Fournier.Je pense qu\u2019il va y avoir moins de problèmes à ce niveau-là, mais ça exige beaucoup de changements dans les pratiques, même au niveau du déneigement.Il faut penser autrement.» Le Devoir URBANISME Marre des mares de sloche La gadoue complique la vie des personnes à mobilité réduite M ark Zuckerberg a assuré mercredi qu\u2019il était toujours la bonne personne pour diriger Facebook, peu après avoir révélé que Cambridge Analytica avait eu accès aux données personnelles de 87 millions de personnes, dont plus de 620 000 Canadiens.Depuis le début du scandale qui a éclaté le mois dernier, il était plutôt question du détournement de renseignements personnels de 50 millions d\u2019Américains par la firme britannique, à des fins politiques.« Je pense que nous aurions dû mieux faire depuis longtemps », a reconnu Mark Zuckerberg lors d\u2019une conférence téléphonique avec des journalistes.Il a aussi promis qu\u2019il irait s\u2019expliquer en personne le 11 avril devant des parlementaires américains.Plus tôt dans la journée, le réseau social avait d\u2019ailleurs annoncé de nouvelles mesures pour rendre les paramètres de confidentialité plus clairs et limiter le par tage de données personnelles.«Il est important de montrer aux gens noir sur blanc comment fonctionnent nos produits, c\u2019est l\u2019une des façons qui permettent aux gens de prendre des décisions éclairées à propos de leur vie privée », a écrit Facebook sur son site.Pas de nouveaux paramètres, mais des outils plus faciles à utiliser et expliqués « dans une langue plus facile à lire», voilà ce que promet le réseau social.Les données personnelles sont au cœur du modèle économique de Facebook, tout comme Twitter ou Google, car elles permettent de cibler au plus près des contenus publicitaires, d\u2019ordre commerciaux ou politiques.C\u2019est par l\u2019entremise d\u2019un questionnaire psychologique auquel ont répondu 270 000 personnes que les données de 87 millions de leurs amis ont été récupérées par Cambridge Analytica en 2014.La société britannique a pu ainsi se constituer une précieuse base de données avant d\u2019être embauchée par l\u2019équipe de campagne du président Donald Trump.Depuis ces révélations, qui font l\u2019objet d\u2019enquêtes et de plaintes des deux côtés de l\u2019Atlantique, le groupe enchaîne communiqués et inter views pour redorer son image, fortement ébranlée par le scandale.Le Canada aussi visé Dans une déclaration publiée mercredi, Facebook a af firmé que les données de 622 161 utilisateurs du réseau social au Canada avaient été obtenues par Cambridge Analytica.Le mois dernier, le commissaire à la vie privée du pays a lancé une enquête afin de déterminer si Facebook avait respecté les lois fédérales sur la vie privée encadrant les entreprises privées.Le ministère des Institutions démocratiques a aussi dit être disposé à raffermir les lois fédérales sur la protection de la vie privée, qui ne s\u2019appliquent pas actuellement aux par tis politiques.Avec La Presse canadienne et l\u2019Agence France-Presse Le Devoir RÉSEAUX SOCIAUX Cambridge Analytica a accédé aux données de 87 millions d\u2019utilisateurs de Facebook M A R C O F O R T I E R L e ministère de la Sécurité publique envisage d\u2019agrandir et de rénover la vieille prison Tanguay, évacuée il y a deux ans après avoir été déclarée insalubre.Le réaménagement de fond en comble de la prison pour femmes fait partie des scénarios considérés par Québec, indiquent nos sources.Les 260 femmes qui étaient détenues à Tanguay ont été transférées en 2016 dans l\u2019établissement Leclerc de Laval, une autre prison, fédérale celle-là, qui avait été fermée pour cause de vétusté.Depuis, le ministère de la Sécurité publique étudie tous les scénarios possibles pour aménager un nouveau centre de détention pour femmes dans la grande région de Montréal.Le ministère a repéré des terrains susceptibles d\u2019accueillir une prison, mais l\u2019endroit le mieux situé reste la vieille Maison Tanguay, dans l\u2019arrondissement d\u2019Ahuntsic-Cartierville, au nord de Montréal.«Pour nous, c\u2019est un emplacement qui a beaucoup de sens», dit Ruth Gagnon, directrice générale de la Société Elizabeth Fry, un organisme communautaire qui aide les femmes incarcérées.Elle fait partie d\u2019un comité mis sur pied par le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, pour recommander des façons d\u2019améliorer l\u2019incarcération des femmes dans la région de Montréal.Ce comité « poursuit activement les travaux visant à proposer un modèle en matière de gestion de l\u2019incarcération qui répond aux besoins spécifiques des femmes à plus long terme et qui servira à soutenir l\u2019élaboration de scénarios préliminaires d\u2019infrastructures carcérales, notamment en ce qui concerne l\u2019avenir de la Maison Tanguay », indique le ministère de la Sécurité publique.Chose certaine, le réaména- gement de la prison Tanguay nécessiterait des travaux majeurs, indiquent nos sources.Le projet «d\u2019agrandissement et de réaménagement de l\u2019établissement de détention Maison Tanguay» figure au Plan québécois des infrastructures 2018-2028 dans la catégorie «en planification », indique le budget du Québec déposé la semaine dernière.Il figure au PQI depuis quatre ans, indique-t-on au ministère de la Sécurité publique.Des femmes vulnérables La Maison Tanguay of fre l\u2019avantage d\u2019être située en plein quartier résidentiel, sur l\u2019île de Montréal et près des transports en commun, note Mme Gagnon.Cette proximité favorise les visites de proches et de membres de la famille des femmes incarcérées.Aussi, les détenues peuvent facilement prendre l\u2019autobus quand elles sortent de la prison les soirs ou les fins de semaine.C\u2019est pas mal plus simple qu\u2019à la prison Leclerc, située en plein champ à Laval.Québec devrait considérer sérieusement de réaménager la vieille prison Tanguay, car l\u2019emplacement semble idéal, indique aussi Catherine Ches- nay, professeure à l\u2019École de travail social de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM).L\u2019accessibilité pour les détenues et leurs proches est un critère crucial à considérer, selon elle.La vaste majorité des femmes incarcérées viennent de milieux pauvres.Souvent, ni elles ni leurs proches n\u2019ont les moyens de se payer une course en taxi, et encore moins une voiture.«En milieu carcéral, il y a une vulnérabilité qui est typique aux femmes», dit Catherine Ches- nay.La majorité des détenues éprouvent des problèmes de santé mentale, d\u2019itinérance ou ont été victimes de violence, explique la spécialiste de la crimi- nalisation des femmes.Elles présentent un faible risque pour la société.Plusieurs se retrouvent au piège des «portes tournantes»: elles passent du temps en liberté, puis retournent en prison pour un délit mineur.Environ le quart des femmes incarcérées purgent une peine discontinue \u2014 durant les fins de semaine \u2014 pour n\u2019avoir pas respecté une ordonnance de probation.Catherine Chesnay dit souhaiter que l\u2019architecture de la nouvelle prison reflète la réalité des détenues et soit propice à la réinser tion \u2014 ou même à l\u2019insertion \u2014 sociale des femmes.Le Devoir SÉCURITÉ PUBLIQUE Québec envisage de rénover la vieille prison Tanguay Un tuyau relie l\u2019égout à une plaque placée sur le trottoir au coin de la rue, où un serpentin fait circuler la chaleur et fondre la neige à la surface VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR La prison Tanguay a été construite en 1964 sur le terrain de la prison de Bordeaux. L E D E V O I R , L E J E U D I 5 A V R I L 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 5 BANC PUBLIC ce soir 19 h 30 Y\u2019A DU MONDE À MESSE demain 21 h telequebec.tv CC PADRAIC RYAN Le réacteur nucléaire de Chalk River est situé sur les berges de la rivière des Outaouais.M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa J ustin Trudeau veut débattre de la rémunération des mères porteuses au Canada.Son cabinet a beau être divisé sur la question, des groupes féministes ont beau se dire fort préoccupés, le premier ministre, lui, estime qu\u2019une réflexion sur le sujet est inévitable.«C\u2019est un enjeu qui est extrêmement impor tant et qui touche plusieurs familles \u2014 que ce soit des familles avec des problèmes de fertilité [\u2026] des couples de même sexe [\u2026] différentes situations.Je pense que c\u2019est une réflexion que nous devons avoir en tant que société », a tranché M.Trudeau mercredi, en reconnaissant que les discussions allaient « certainement susciter de grandes émotions et de fortes opinions».Le député libéral de Montréal Anthony Housefather annonçait, la semaine dernière, qu\u2019il déposera sous peu un projet de loi pour légaliser la rétribution des mères porteuses et des donneurs de sperme ou d\u2019ovules.Depuis, des groupes féministes se sont inquiétés que la rémunération de mères porteuses ne conduise à la mar- chandisation du corps des femmes et que la pratique place les plus vulnérables d\u2019entre elles en position de soumission.« C\u2019est justement au cœur des discussions et des réflexions que nous devons avoir en tant que société », a répliqué le premier ministre aux préoccupations des organisations féministes.« Ce n\u2019est pas une situation facile.C\u2019est une situation complexe.Mais c\u2019est quelque chose sur lequel il va falloir qu\u2019on se penche», a-t-il argué.Cabinet divisé Les femmes ministres du cabinet de Justin Trudeau sont elles-mêmes partagées.Si la ministre de la Condition féminine, Maryam Mon- sef, et celle des Relations Cou- ronne-Autochtones, Carolyn Bennett, n\u2019ont pas d\u2019emblée rejeté l\u2019idée du député House- father, d\u2019autres se sont montrées plus réticentes.La ministre de l\u2019Emploi, Patty Hajdu, et sa collègue au Développement international, Marie-Claude Bibeau, y voient une pente glissante qui pourrait fragiliser davantage les femmes vulnérables.La ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, s\u2019est quant à elle dite « ouver te au principe », mardi, mais a noté du même souf fle qu\u2019il faudrait que « le tout soit bien encadré, qu\u2019il n\u2019y ait pas de dérapage ».La rémunération des mères porteuses et des donneurs de gamètes est interdite au Canada depuis 2004, passible d\u2019une peine de prison pouvant atteindre 10 ans et d\u2019une amende maximale de 500 000$.Si un couple veut avoir recours à une mère por teuse canadienne, il ne peut pas la payer et peut uniquement lui rembourser ses dépenses légitimes.Les couples canadiens peuvent, sinon, passer par les États-Unis pour y trouver une mère porteuse ou un donneur de sperme ou d\u2019ovules.Le président du Conseil du trésor, Scott Brison, et son conjoint ont eu recours à une mère porteuse de Los Angeles pour concevoir leurs jumelles en 2014.Le Devoir RÉMUNÉRATION DES MÈRES PORTEUSES La réflexion est nécessaire, selon Justin Trudeau A L E X A N D R E S H I E L D S M algré les craintes soulevées par des groupes citoyens et autochtones, les Laboratoires nucléaires canadiens viennent d\u2019obtenir le renouvellement du permis d\u2019exploitation du site de Chalk River, en Ontario, pour les dix prochaines années, soit le double de la période de validité maximale habituelle.La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) a décidé d\u2019acquiescer à la demande du consortium qui gère et exploite les Laboratoires nucléaires canadiens (LNC) et le site de Laboratoires de Chalk River.Selon les LNC, un permis d\u2019une décennie était nécessaire pour développer « la stratégie à long terme » de l\u2019entreprise.Les LNC ont ainsi obtenu un permis valide jusqu\u2019en 2028, afin de poursuivre l\u2019exploitation du site situé à 180 kilomètres d\u2019Ottawa, sur les rives de la rivière des Outaouais.Celui-ci compte des installations nucléaires, des laboratoires, des zones de gestion de déchets radioactifs.Au cours de la décennie à venir, il est notamment prévu que le réacteur national de recherche universel, en exploitation depuis plusieurs années, «fera la transition de l\u2019exploitation à l\u2019état d\u2019arrêt sûr.Il sera ensuite préparé pour le déclassement».«Diverses activités de déclassement, de gestion des déchets et de restauration de l\u2019environnement sur le site seront aussi ef fectuées au cours de cette période d\u2019autorisation», a aussi précisé la CCSN, dans sa décision.Le président des LNC, Mark Lesinski, a évidemment salué la décision de la CCSN, tout en assurant que le site de Chalk River est exploité de façon à assurer la « sécurité » des installations et la protection de l\u2019environnement.Risques Le renouvellement du permis, qui fera l\u2019objet d\u2019une « mise à jour de mi-parcours » en 2023 à l\u2019occasion d\u2019une réunion publique de la CCSN, a toutefois été critiqué par des groupes citoyens qui redoutent des impacts environnementaux découlant de l\u2019exploitation du site de Chalk River.« Il existe des risques de pollution bien réels, qui pourraient toucher directement la rivière des Outaouais.Mais malgré les risques, la CCSN a décidé de leur accorder un permis de dix ans, alors que le maximum était auparavant de cinq ans », a déploré le porte-parole du Regroupement pour la sur veillance nucléaire, Gilles Provost.Il a aussi rappelé que c\u2019est sur ce même site de Chalk River que le consortium qui dirige les Laboratoires nucléaires canadiens souhaite construire un site d\u2019enfouissement de déchets radioactifs.Des sols et des matériaux contaminés par la radioactivité depuis des décennies se trouvent déjà en bordure de la rivière des Ou- taouais, et c\u2019est pour en disposer de façon sécuritaire qu\u2019un dépotoir nucléaire doit être construit, selon l\u2019entreprise.Le coût de ce projet situé à la surface du sol, et qui inclut une importante revitalisation des lieux, est estimé à 800 millions.Le bassin de la rivière des Outaouais fournit plusieurs municipalités québécoises en eau potable, dont Montréal.Le Devoir ÉNERGIE NUCLÉAIRE Le permis de Chalk River renouvelé pour une période de dix ans Les groupes citoyens redoutent des impacts environnementaux C\u2019est quelque chose sur lequel il va falloir qu\u2019on se penche Justin Trudeau, premier ministre du Canada « » La guerre commerciale est désormais bien enclenchée entre les États-Unis et le reste du monde, à commencer par la Chine.À cause de l\u2019ampleur du conflit et de ses répercussions en sol américain, le président Trump doit éteindre rapidement les feux qu\u2019il a lui-même allumés dans la cour de ses voisins, le Canada et le Mexique.ontrairement à leur habitude, les autorités chinoises ont répliqué rapidement aux deux salves successives de tarifs tirées par les États- Unis.Deux répliques de la même ampleur totalisant près de 60 milliards en biens importés des États-Unis qui seront frappés d\u2019une surtaxe chinoise de 15 à 25 %, mais dont les conséquences politiques risquent de faire plus de mal à l\u2019électorat de M.Trump qu\u2019à celui du président Xi Jinping.Acier, aluminium, aéronefs, vins, bourbon, noix, soya\u2026 La liste est longue et concerne surtout des États républicains.Même si le Canada n\u2019est pas touché directement par les dernières attaques américaines, plusieurs producteurs agricoles subiront les ef fets des mesures de représailles chinoises.On pense aux producteurs de porc et de céréales, dont les revenus diminueront à cause d\u2019une chute des prix si les Américains inondent les marchés de ce qu\u2019ils ne peuvent plus vendre en Chine.Rappelons que le Canada a aussi subi les foudres protectionnistes du gouvernement Trump dans les secteurs du bois et du papier journal, et qu\u2019il pro?te seulement d\u2019un sursis conditionnel à la signature d\u2019un nouvel accord de libre-échange dans les secteurs de l\u2019acier et de l\u2019aluminium.?De façon paradoxale, il se pourrait que cette guerre entre les États-Unis et la Chine ait un effet positif sur les négociations en cours pour le renouvellement de l\u2019ALENA.L\u2019hypothèse circule depuis quelques jours déjà, malgré les sorties menaçantes du président contre le Mexique et le Canada.C\u2019est que le temps manque d\u2019ici les élections de mi-mandat, en novembre.Pour le moment, il reste bien des points litigieux à discuter, des demandes américaines pour la plupart, comme l\u2019abolition du tribunal indépendant de règlement des dif férends (chapitre XIX) et la gestion de l\u2019offre en agriculture.Compte tenu des effets négatifs de la guerre contre la Chine, il semble que les conseillers du président Trump réalisent l\u2019importance de régler rapidement le dossier de l\u2019ALENA.Il s\u2019agirait toutefois d\u2019un accord de principe dont les nombreux détails resteraient à négocier.Voilà une rare bonne nouvelle dans le chaos indescriptible qui entoure la présidence américaine.Cela dit, il ne faudrait pas que le gouvernement Trudeau accepte n\u2019importe quoi.Dans le dossier de l\u2019automobile, par exemple, Trump a raison de dire que l\u2019ALENA a été rentable pour l\u2019industrie, mais pas pour les ouvriers américains.Ni pour les Canadiens et les Mexicains, faut-il ajouter.Le prochain accord devra contenir des clauses au sujet des conditions minimales de travail pour le Mexique.De même, il faut abolir ou à tout le moins modifier le chapitre 11, qui permet à une entreprise étrangère de poursuivre un gouvernement sous prétexte que celui-ci a adopté des mesures qui nuisent à la rentabilité.Le gouvernement Trump est-il prêt à accepter de telles modifications ?La Chine mérite depuis longtemps d\u2019être rappelée à l\u2019ordre pour ses pratiques déloyales en matière commerciale.Trump a encore raison de critiquer l\u2019obligation faite aux sociétés étrangères de partager leur savoir technologique comme condition pour s\u2019installer en Chine, une pratique interdite par l\u2019OMC.Tous les pays développés ont été victimes, et le sont encore, d\u2019espionnage industriel et de piratage de propriété intellectuelle.Quant à la neutralité des tribunaux chinois, on n\u2019en parle même pas.Tout cela méritait qu\u2019on s\u2019y attaque.Mais pas de la façon guerrière et unilatérale qu\u2019a choisie M.Trump.Au lieu de tirer dans toutes les directions et de frapper les alliés traditionnels des États-Unis au passage, le gouvernement Trump aurait très bien pu élaborer une stratégie commerciale d\u2019avenir en s\u2019appuyant sur ses alliés objectifs que sont l\u2019Union européenne, le Canada, l\u2019Australie et bien d\u2019autres pays victimes d\u2019une Chine hégémonique.Mais non ! Donald Trump disait qu\u2019une guerre commerciale était facile à gagner.Il n\u2019avouera jamais le contraire, mais la réalité le fera peut-être pour lui.L E D E V O I R , L E J E U D I 5 A V R I L 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S De Columbine à Parkland Depuis la tragédie qui a coûté la vie à dix-sept personnes à l\u2019école Parkland, en Floride, en février 2018, la jeunesse américaine s\u2019est mobilisée comme jamais auparavant pour exiger des comptes et des mesures correctives de la part des élus siégeant au Congrès des États-Unis en vue d\u2019un contrôle plus rigoureux des armes à feu et de réduire l\u2019influence politique du National Rifle Association.Or, tout louable et nécessaire que soit ce mouvement de masse sans précédent, il serait surprenant qu\u2019il réussisse à renverser, à lui seul, la vapeur.À l\u2019époque, dans son documentaire os- carisé Bowling for Columbine, Michael Moore avait posé une question fondamentale qui ébauchait la thèse du film, c\u2019est-à- dire : qu\u2019y a-t-il de propre à la société américaine qui pourrait expliquer une telle violence ?Moore s\u2019avançait à suggérer que l\u2019individualisme à tous crins découlant d\u2019une foi aveugle en la liberté débridée serait l\u2019une des causes principales de conditions sociales inégalitaires engendrant les dérives d\u2019esprits égarés, minés par le désespoir.Ce genre de théorie gauchisante n\u2019était, sans grande surprise, pas de nature à émouvoir outre mesure les dirigeants d\u2019un pays où l\u2019accumulation de richesse et la consommation sans borne ont trop souvent fait figure de valeurs dominantes.L I B R E O P I N I O N M I C H E L K E L L Y - G A G N O N Président de l\u2019IEDM La controverse entourant l\u2019obtention par Cambridge Analytica de données privées récoltées de manière possiblement illicite sur Facebook suscite bien des réactions hystériques.Cette firme spécialiste du «microciblage» de population ayant un profil particulier par des publicités sur les réseaux sociaux aurait contribué aux victoires de Donald Trump et du Brexit.Alors que se multiplient les appels à la réglementation, les enquêtes et les demandes de comparution de la part des comités parlementaires et organismes réglementaires canadiens, américains et européens, chez nous, la ministre québécoise responsable de l\u2019Accès à l\u2019information, Kathleen Weil, s\u2019inquiète de voir que «ces informations peuvent être utilisées pour détourner la démocratie ».Un politologue affirmait aussi dans Le Devoir il y a quelques jours que « [q]uand on dresse le profil des électeurs, quand on cible les messages, on atténue l\u2019espace public, on atténue le bien commun.[\u2026] Certains électeurs deviennent plus importants que d\u2019autres, et ça, c\u2019est très problématique en démocratie puisque le vote de chaque citoyen est censé avoir autant d\u2019importance ».Ceux qui connaissent mes positions sur l\u2019importance de la liberté individuelle se doutent bien que la protection de la vie privée me tient à cœur.Mais il faudrait mettre un peu les choses en perspective.S\u2019informer sur le profil des électeurs, avec en plus adresse et numéro de téléphone, et cibler ceux qui ont un potentiel de voter pour vous de façon à « faire sortir le vote », n\u2019a strictement rien de nouveau.C\u2019est ce qu\u2019on appelle le pointage, une technique pratiquée depuis des décennies par tous les partis politiques, qu\u2019on avait l\u2019habitude de faire en personne et avec papier et crayon.Qu\u2019on puisse aujourd\u2019hui faire du pointage, ou du microciblage publicitaire, grâce à des applications et des bases de données informatiques à grande échelle ne change rien au phénomène.L\u2019informatique et le Web multiplient à l\u2019infini ce qu\u2019on peut faire aujourd\u2019hui, dans ce domaine comme dans tous les autres.Influencer les comportements électoraux Je crains que sous prétexte de vouloir protéger la vie privée des citoyens et la démocratie, et de faire échec aux fake news et aux trolls russes, on en vienne à réduire en fait notre liberté de choix et d\u2019opinion.Les réseaux sociaux, et le Web en général, représentent en effet l\u2019une des rares zones où ceux qui ont les opinions les plus variées, y compris des points de vue minoritaires ou politiquement incorrects, peuvent s\u2019exprimer et faire valoir le mérite de leurs arguments.Par ailleurs, la possibilité de récolter des données et de faire microciblage est justement ce qui rend Facebook, Google et d\u2019autres plate- formes offertes gratuitement attrayantes.On ne devrait aucunement se surprendre que ces données soient récoltées non pas uniquement pour nous vendre des chaussures, mais aussi pour influencer nos comportements électoraux.Ces entreprises comptent en effet de nombreux employés et font des profits énormes.Cela crève les yeux que leurs usagers s\u2019engagent à un troc : en échange d\u2019un service non initialement tarifé, ils récoltent des données personnelles.C\u2019est d\u2019ailleurs pour cette raison que je refuse d\u2019être actif sur Facebook.On peut bien vouloir adopter plus de législations, mais à un certain point, il faut aussi responsabiliser la population\u2026 Le père Noël n\u2019existe pas ! Il existe déjà des paramètres pour contrôler le niveau de confidentialité sur ces plateformes.En réaction à la controverse, Facebook a annoncé cette semaine des mesures pour accroître davantage ce contrôle.Les géants du Web ne peuvent l\u2019être devenus, et le rester, que s\u2019ils offrent aux consommateurs ce qu\u2019ils veulent et s\u2019ils gardent leur confiance.Même sans réglementation additionnelle, ils vont s\u2019adapter.Si des contrats ou des lois électorales ont été violés, ou des actes illégaux commis, qu\u2019on sanctionne les coupables.Mais qu\u2019on cesse de considérer les citoyens comme des idiots qui ne savent pas ce qu\u2019ils font lorsqu\u2019ils sont en ligne.Je trouve par ticulièrement ironique que de prétendus défenseurs de la démocratie veuillent nous empêcher de faire nos propres choix et de porter nos propres jugements lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019Internet.Comme le notait fort à propos l\u2019auteur Daniel Tourre dans un excellent texte sur le site français Contrepoints, « [c]e peuple ainsi incapable de discerner le vrai du faux sur son mur Facebook à tel point qu\u2019il faille l\u2019en protéger par des juges ou des technocrates, par quel miracle pourrait-il ensuite être capable de discerner la justesse d\u2019un programme ou les compétences d\u2019un candidat ?».Protéger la vie privée, mais aussi la liberté de décider pour soi-même FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VÉRONIQUE CHAGNON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Aujourd\u2019hui, la légèreté et l\u2019indolence qui sous-tendent une telle mentalité semblent avoir atteint leur paroxysme au vu d\u2019automobilistes distraits par le téléphone cellulaire au volant et des piétons qui demandent presque à se faire frapper par ces derniers, absorbés qu\u2019ils sont par leurs textos tandis qu\u2019ils traversent la rue.Bref, ne serait-il pas temps d\u2019approfondir notre réflexion afin de mieux saisir le continuum de tendances sociales et d\u2019habitudes de vie qui auraient mené à ces manquements et errements et, par voie de conséquence, aux fléaux et aux drames qui nous préoccupent ?Autrement, l\u2019absence de pondération qui entache actuellement nos mœurs et styles de vie pourrait nous être néfaste, car s\u2019il importe de contrôler les armes à feu, notre responsabi l i té première consiste plutôt à exercer un plus grand contrôle sur les impulsions qui nous mènent à surconsommer et à faire un usage peu judicieux d\u2019une technologie qui devrait nous faciliter l\u2019existence, non pas la compromettre.Jean-Charles Merleau Gatineau, le 3 avril 2018 relles ».Je n\u2019ai rien contre le principe, mais pourquoi cette intégration devrait- elle nécessairement passer par le port de signes religieux ?La mairesse parle bien de communautés culturelles, à ne pas confondre avec communautés religieuses.Culture et religion doivent-elles obligatoirement être associées?Pierre Deschênes Montréal, le 3 avril 2018 COMMERCE MONDIAL Trump contre tous C JEAN-ROBERT SANSFAÇON Hidjabs et turbans au SPVM La mairesse Valérie Plante se dit ouverte au port du hidjab et du turban par les membres du SPVM pour favoriser « l\u2019intégration des communautés cultu- La stratégie martiale de Québec solidaire Il y a 21 circonscriptions détenues par le Par ti libéral sur l\u2019île de Montréal, contre seulement quatre par le Par ti québécois, et c\u2019est dans l\u2019une de ces dernières, Rosemont, que Québec solidaire (QS) envoie sa vedette, Vincent Maris- sal, pour affronter le chef péquiste, Jean- François Lisée.Il n\u2019y a plus de doute possible : QS a déclaré la guerre au Parti québécois.Si un doux rêveur idéaliste croyait encore possible une quelconque convergence d\u2019ici les élections entre les deux partis afin de contenir la droite fédéraliste, il peut maintenant se réveiller.J\u2019ai toujours cru que Marissal était anti- péquiste et fédéraliste ; j\u2019en ai la conviction aujourd\u2019hui.Sylvio Le Blanc Montréal, le 1er avril 2018 Si des contrats ou des lois électorales ont été violés, ou des actes illégaux commis, qu\u2019on sanctionne les coupables.Mais qu\u2019on cesse de considérer les citoyens comme des idiots qui ne savent pas ce qu\u2019ils font lorsqu\u2019ils sont en ligne. L E D E V O I R , L E J E U D I 5 A V R I L 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter),Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants),Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatricespublicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).G A Ë T A N L A F R A N C E Professeur émérite, INRS-EMT, UQ es propriétaires de camionnettes, fourgonnettes et autres petits véhicules utilitaires énergivores peuvent dormir tranquilles : Québec ne leur imposera pas de surtaxe en marge de ses efforts pour atteindre ses cibles de réduct ion de gaz à ef fet de ser re (GES).Le premier ministre Philippe Couillard a été clair à ce sujet à l\u2019issue d\u2019une visite industrielle en Montérégie : « Dans ma région, ce sont des agriculteurs et des forestiers.Ce monde-là, ça roule en pick-up », a-t-il déclaré aux journalistes.En 2017, dans le palmarès des véhicules les plus vendus au Canada, les camionnettes pleine grandeur occupent quatre des cinq premières places.Le Ford Série F et le Dodge Ram sont loin devant, en première et deuxième place.Au Québec aussi, le Ford F- 150 domine en tête des ventes.Encore une fois, le malus qui taxe les plus gros véhicules pour subventionner les véhicules moins énergivores (bonus) vient d\u2019être balayé de la main pour deux raisons idéologiques opposées : 1) le pick-up est essentiel pour ceux qui l\u2019achètent ; 2) le bonus ne doit pas ser vir à acheter plus de voitures, même si celles-ci sont électriques.Originaire de la campagne profonde, et non d\u2019Outremont, je me suis questionné sur cet engouement pour le Ford Série F.Chez nous aussi, la marque Ford a été populaire.Au début des années 1950, le petit tracteur Ford gris, acheté en commun, a remplacé les chevaux.C\u2019était une avancée technologique inévitable.Soit, la puissance de 29 HP était un peu limite pour les gros travaux.Les fabricants de tracteurs ont rapidement compris la bonne affaire.Pour vos besoins agricoles, il faut toujours plus gros, même si au fond retourner la terre demande la même énergie de base.Quand mon père a vendu la ferme pour devenir entrepreneur en maçonnerie, naturellement, il s\u2019est tourné vers GM ou Ford.Il avait besoin d\u2019un camion capable de transporter du sable, de la pierre ou de la brique.Or le moteur de notre Ford 150 était moins puissant que celui que ma voisine de banlieue vient d\u2019acheter.Même situation pour mon autre voisin immédiat : il a troqué sa Toyota pour un Dodge Ram.Regardez autour de vous, en banlieue, près de votre résidence secondaire, les voitures standards et les petits VUS ont été remplacés par ces immenses camionnettes, pas faciles à garer, et qui demandent une échelle pour y accéder.L\u2019abandon aussi expéditif du bonus-malus et l\u2019attitude favorable du premier ministre envers les pick-up sont électoralistes, sans fondement pour l\u2019économie des régions.Quand un camion est un outil de travail, l\u2019entrepreneur peut justifier des dépenses auprès du fisc.Pour les autres propriétaires de ces mastodontes, une taxe sur l\u2019achat de leur véhicule n\u2019est que justice écologique.Pour aller dans le bois, pour traîner une motoneige ou une chaloupe, ils peuvent toujours se rabattre sur un véhicule plus petit, qui of fre l\u2019avantage d\u2019être plus confor table, moins encombrant et souvent plus fiable.Pourquoi l\u2019achat d\u2019un Ford Série F est-il justifiable aujourd\u2019hui alors qu\u2019il y a à peine une décennie on s\u2019accommodait d\u2019un 4x4 ordinaire ?Et comment comprendre qu\u2019ailleurs dans le monde une Toyota ou une Nissan remplissent la même fonction, et souvent mieux?Je devine déjà la réplique : « Publicité à l\u2019appui, les amateurs de ces camions clameront qu\u2019ils ont une efficacité énergétique au moins aussi grande que les autres véhicules.» Le premier facteur qui dicte l\u2019efficacité d\u2019un véhicule, c\u2019est le poids.Faites le test avec vos voisins : combien de personnes sont nécessaires pour pousser une Prius C sur 100 mètres comparativement à un Ford SuperDuty, boîte allongée, 4x4, moteur de 6,7 litres?L\u2019obsession des pick-up pleine grandeur S É B A S T I E N P A R E N T Avocat, doctorant en droit du travail et libertés publiques à la Faculté de droit de l\u2019Université de Montréal, chercheur au CRIMT et chargé de cours à Polytechnique Montréal près avoir entamé le remplacement des caissiers et caissières par des bornes automatisées libre-service, Wal-Mart a franchi un pas de plus en annonçant le remerciement des employés atteints d\u2019un handicap, qui bénéficiaient jusque- là d\u2019un programme d\u2019intégration en emploi dans ses succursales participantes au Québec.Le géant du commerce de détail a expliqué froidement et sans trop d\u2019émotivité que sa décision de mettre fin au programme de formation professionnelle de personnes atteintes d\u2019une déficience intellectuelle ou d\u2019un trouble du spectre de l\u2019autisme découlait d\u2019une révision de leurs politiques de même que des changements à la législation, le tout en vue d\u2019atteindre son objectif de « travailler de façon efficace et pertinente».Cesser de recourir à des employés handicapés pour être pertinent, sérieusement?S\u2019il est vrai que les centres locaux de santé et de services sociaux poursuivent un noble objectif en instaurant des plateaux de travail dans certaines succursales de la multinationale, il n\u2019en demeure pas moins que la situation dans laquelle ces bénéficiaires sont placés sur le marché du travail laisse perplexe, sur tout lorsqu\u2019une entreprise décide subrepticement de se départir de cette main-d\u2019œuvre sans raison valable apparente.D\u2019ailleurs, Wal-Mart se garde bien de reconnaître être le véritable employeur des individus touchés par son annonce.Malgré tout, on sait que les participants au programme d\u2019intégration en emploi exécutaient des tâches semblables à celles de leurs collègues et profitables aux détaillants.Sauf erreur, ils portaient même un uniforme de travail ! En outre, il ne s\u2019agissait pas d\u2019une immersion en emploi passagère, car certains y œuvraient depuis plusieurs années, voire des décennies.Difficile donc pour la population de les dif férencier de l\u2019ensemble du personnel, et encore plus de comprendre comment Wal-Mart a pu mettre fin à leur emploi en niant toute responsabilité.La Charte à la rescousse des formes d\u2019emplois atypiques Au-delà des protections offertes par les lois du travail, dont le champ d\u2019application se limite aux travailleurs correspondant à la définition limitative de salarié, il est intéressant de noter que les articles 10 et 16 de la Charte des droits et libertés de la personne interdisent à quiconque de procéder au renvoi d\u2019une personne en se fondant sur son handicap, à moins de démontrer l\u2019existence d\u2019une contrainte excessive.À cet égard, dans l\u2019affaire CDPDJ c.Spa Bro- mont, le Tribunal des droits de la personne concluait que l\u2019interdiction de discrimination en emploi contenue à l\u2019article 16 ne s\u2019appliquait pas uniquement au contrat de travail classique.En effet, constatant que cette disposition fait référence au terme «personne» plutôt qu\u2019à celui de «salarié », le Tribunal est d\u2019avis que « la finalité de la Charte commande donc une analyse assouplie des éléments qui composent la relation d\u2019emploi de sorte que des situations non généralement reconnues comme étant des relations d\u2019emploi au sens du droit du travail, par exemple, pourront, dans un contexte légal ou factuel différent, revêtir les attributs d\u2019une telle relation».Des formes d\u2019emplois atypiques peuvent donc tout de même être assujetties à cette protection, offrant alors un rempart aux personnes discriminées à l\u2019encontre de la rupture injustifiée de leur lien d\u2019emploi.Une rhétorique à bas prix Réagissant aux réactions tumultueuses provoquées par la nouvelle, la multinationale a précisé qu\u2019elle ne congédiait pas ces personnes, qu\u2019elle mettait seulement fin au programme d\u2019intégration en emploi.Sauf que la fin de ce programme vise de facto à cesser de recourir à une main- d\u2019œuvre atteinte de déficience intellectuelle.Le raisonnement apparaît circulaire\u2026 Soulignons que, dans son arrêt Bombardier, la Cour suprême du Canada apporte un éclairage pertinent en expliquant qu\u2019« il n\u2019est pas nécessaire que la personne responsable de la distinction [\u2026] ait fondé sa décision ou son geste uniquement sur le motif prohibé ; il est suffisant qu\u2019elle se soit basée partiellement sur un tel motif ».Autrement dit, il faudrait se demander si la décision de se départir uniquement des personnes handicapées parmi toutes celles qui offraient une prestation de travail dans les établissements de la chaîne est basée partiellement sur leur handicap\u2026 La situation mériterait donc d\u2019être analysée plus à fond sous l\u2019angle du droit à l\u2019égalité garanti par la Charte québécoise.En terminant, rappelons que le plus haut tribunal du pays affirmait l\u2019importance du travail dans notre société en ces mots : « Le travail est l\u2019un des aspects les plus fondamentaux de la vie d\u2019une personne, un moyen [\u2026] de jouer un rôle utile dans la société.L\u2019emploi est une composante essentielle du sens de l\u2019identité d\u2019une personne, de sa valorisation et de son bien-être sur le plan émotionnel.» A fortiori lorsqu\u2019il s\u2019agit de personnes aux prises avec un handicap.Licencier des personnes handicapées, une décision d\u2019affaires légitime ?A N D R É B R A Ë N Professeur émérite, Université d\u2019Ottawa e gouvernement fédéral vise, d\u2019ici 2023, 4,4 % d\u2019immigrants francophones à l\u2019extérieur du Québec.Cette proportion varie selon les époques ; par exemple, elle était de 1,46 % de 2006 à 2011, mais la cible établie par «le cadre stratégique pour favoriser l\u2019émigration au sein des minorités de langue officielle en milieu minoritaire de 2004» était aussi de 4,4%.Ces chif fres qui semblent s\u2019appuyer sur la taille de la francophonie hors Québec n\u2019ont jamais été atteints.De recensement en recensement, on constate sans émoi l\u2019érosion de la francophonie au Canada et aussi au Québec.L\u2019intensité de cette érosion dépend du critère applicable.Est-ce que l\u2019on se réfère au critère de la langue maternelle (première langue apprise et toujours comprise) ?Les chif fres démontrent alors une diminution constante en pourcentage des effectifs francophones au Canada.Ou ren- voie-t-on au critère de la PLOP (première langue officielle parlée)?Ce nouveau critère de Statistique Canada fait alors grimper un tout petit peu les chiffres en faveur du français.Puis, on insistera sur le nombre d\u2019individus bilingues, lequel est en croissance au Canada, sans mentionner qu\u2019il est le fait des francophones eux- mêmes.Depuis l\u2019Acte d\u2019Union de 1840 qui donnait suite au rappor t Durham jusqu\u2019à au- jourd\u2019hui, l\u2019émigration au Canada a toujours profité quasi exclusivement à la communauté anglophone du Canada, et ce, même au Québec, qui peine toujours à atteindre ses objectifs dans ce domaine.Alors, pourquoi ce seuil de 4% et précisément de 4,4 % ?Pourquoi pas 15, 35, 50 % compte tenu du rattrapage à faire?La symbolique rattachée aux langues of fi- cielles au Canada est puissante, mais elle ne se traduit pas nécessairement par un renforcement de la francophonie sur le terrain, bien au contraire, et il reste que les nombres sont le nerf de la guerre dans le domaine linguistique.À l\u2019évidence, la quantité et la qualité des services of ferts à la minorité francophone hors Québec se sont améliorées, même si, inversement, le nombre de francophones diminue.Nombre minimal de francophones Il faut savoir que l\u2019obligation du gouvernement fédéral d\u2019offrir des services en français hors Québec peut dépendre de l\u2019existence d\u2019un nombre minimal de francophones dans une région donnée.À ce jour, et même si les nombres s\u2019érodent, les autorités n\u2019ont pas cessé leur prestation ; mais il reste que la loi est là et qu\u2019elle peut être appliquée.À long terme, si les symboles relatifs aux langues officielles au Canada perdent leur fondement, ils disparaîtront tout simplement.De plus, on peut se demander si les autorités fédérales ont évalué combien d\u2019individus parmi ces 4,4 % vont effectivement s\u2019intégrer à la minorité francophone ?Les nouveaux arrivants choisi- ront-ils plutôt la langue de la majorité ?Au- jourd\u2019hui, l\u2019utilisation du français reste, hors Québec et sauf exception dans certaines régions du Nouveau-Brunswick et de l\u2019Ontario, confiné dans l\u2019espace privé.L\u2019assimilation constitue un phénomène bien réel.Il faut aussi savoir que certaines provinces ont établi leurs propres objectifs en matière d\u2019émigration francophone (5 % en Ontario et 33 % au N.-B.).Tous ces objectifs, encore une fois jamais atteints, visent tout au plus à maintenir la population francophone à son niveau actuel ou à ralentir son déclin et, surtout, à ne pas l\u2019accroître.En quelque sorte, ces chiffres représentent le seuil de tolérance du Canada envers la francophonie hors Québec.Une province peut être réticente à voir ses ef fectifs francophones augmenter même si, par ailleurs, ces derniers lui assurent un réservoir de personnes bilingues.Ces chiffres confirment donc la minorisation perpétuelle que le Canada réserve à sa francophonie, si ce n\u2019est simplement sa disparition à long terme.Pendant ce temps, et à l\u2019inverse, Ottawa prévoit de dépenser de l\u2019argent pour augmenter l\u2019emploi de l\u2019anglais en dehors de Montréal.Il faut bien avouer que la visibilité et l\u2019utilisation de l\u2019anglais dans la région de Montréal se por tent plutôt bien et que les campagnes québécoises restent autant de régions à conquérir\u2026 S\u2019il est vrai que le Canada anglais est indif férent au sort de sa minorité francophone et qu\u2019il appréhende (à tort) la discrimination pouvant résulter de l\u2019établissement de cibles chiffrées en matière d\u2019immigration, il est tout aussi troublant de constater combien les mêmes chiffres laissent insouciant le Québec, pourtant lui aussi affecté par une diminution de la francophonie sur son propre territoire.Peut- être le temps est-il venu de mettre les chiffres à jour et surtout d\u2019en discuter publiquement.Des chiffres qui justement préfigurent l\u2019avenir.Le seuil de tolérance du Canada envers la francophonie hors Québec L A L ISTOCK En 2017, dans le palmarès des véhicules les plus vendus au Canada, les camionnettes pleine grandeur occupent quatre des cinq premières places. L E D E V O I R , L E J E U D I 5 A V R I L 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S tien de la paix, l\u2019aide au développement, les relations avec la Russie, l\u2019attitude dans le conflit is- raélo-palestinien ou le réengagement en Afrique] que le résultat» s\u2019inscrit «dans la continuité de l\u2019ancien gouvernement conservateur» plutôt que dans une vision neuve de la place du Canada dans le monde.Un vide qui risque d\u2019ailleurs de coûter au pays le siège au Conseil de sécurité de l\u2019ONU que convoite le gouvernement de Justin Trudeau pour 2020 afin d\u2019actualiser son slogan «Le Canada est de retour», indique Jocelyn Coulon dans Un selfie avec Justin Trudeau (Québec Amérique), essai percutant sur une diplomatie canadienne qui, à trop chercher l\u2019image, finit par oublier les idées.«Indéniablement, on a bien accueilli l\u2019arrivée de Trudeau au pouvoir un peu partout dans le monde», écrit Jocelyn Coulon, qui a été acteur et témoin de l\u2019élaboration et de la mise en œuvre de la politique étrangère du premier ministre, d\u2019abord au Conseil consultatif du candidat Trudeau, en 2014-2015, puis comme conseiller du ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion de 2015 au début de 2017.«Là où il passe, il laisse une impression de dynamisme, d\u2019ouverture et d\u2019écoute.Sa rhétorique sur la diversité, la tolérance, l\u2019accueil représente une véritable bouffée d\u2019air frais à une époque où les discours de haine et de xénophobie ébranlent les sociétés et favorisent l\u2019émergence de forces populistes.» «Mais dans les rencontres à huis clos, à l\u2019ONU, à l\u2019OTAN, les gens doivent se demander ce que le Canada a désormais à mettre sur la table», poursuit le chercheur et commentateur de l\u2019actualité internationale dans une entrevue accordée mercredi au Devoir.«Parce que, pour le moment, le retour du Canada sur la scène internationale tient bien plus du slogan que de l\u2019action.» Témoignage de l\u2019intérieur, l\u2019essai se veut aussi le « témoignage d\u2019une déception » face à un premier ministre qui, dit Jocelyn Coulon, « ne comprend pas le monde réel », ce qui en fait un leader « indécis et désorienté » sur la plupart des grands dossiers.« Il cède aux groupes de pression, au détriment de l\u2019intérêt national qui demande de développer une vision stratégique afin d\u2019agir à long terme, écrit-il.Les sondages et les médias exercent sur lui plus d\u2019influence que les avis des ambassadeurs et diplomates.» Et ce manque de repère, ces incertitudes sont devenus un frein évident à l\u2019écriture d\u2019une politique internationale permettant au Canada de renouer avec l\u2019Afrique, avec la Russie, de contribuer au développement du reste du monde et d\u2019y maintenir la paix.«Le Canada va devoir convaincre 128 des 192 États membres de l\u2019ONU pour décrocher un des deux sièges qui vont se libérer au Conseil de sécurité, explique Jocelyn Coulon.Sans aller chercher les 54 pays d\u2019Afrique, le plus gros bloc politique au monde, il n\u2019y arrivera pas», laissant ainsi la voie libre à la Norvège et à l\u2019Irlande, également dans la course.«Or, l\u2019empreinte diplomatique du Canada sur ce continent est en train de s\u2019effacer et rien n\u2019est fait pour renverser cette tendance.» Le chercheur note entre autres dans son essai que le Canada compte aujourd\u2019hui 21 représentations diplomatiques sur le continent, soit 19 de moins que la Turquie et une de moins que la Corée du Sud, «un pays qui ne parle ni anglais, ni français», mais qui, autant que la Norvège, consacre plus de 0,7% de son revenu national brut à l\u2019aide publique au développement, soit la recommandation faite par Lester B.Pearson dans les années 1970 et que Justin Trudeau, en campagne électorale, s\u2019était engagé à atteindre.Or, cette aide canadienne est de 0,27%, après avoir été de 0,32% sous le gouvernement Harper.«Les politiciens canadiens doivent aller à la rencontre des Africains s\u2019ils souhaitent que le Canada soit pris au sérieux, écrit-il.Or, en 2016, Justin Trudeau décline une invitation à prononcer un discours lors du sommet des chefs d\u2019État de l\u2019Union africaine de Kigali, au Rwanda».Une erreur étonnante à la lumière des nombreux conseils et documents préparés à son attention pour lui rappeler l\u2019importance de l\u2019Afrique, «une des clés du retour du Canada sur la scène internationale», rappelle Jocelyn Coulon.Les relations avec la Russie tombent dans le même vide, souligne l\u2019expert qui, tout en évaluant la difficulté inhérente à la chose, juge ce rapprochement plus que nécessaire.«La Russie occupe 75% de l\u2019Arctique avec le Canada.Cette région, c\u2019est la prochaine frontière écologique, économique, militaire», qui semble être regardée de loin par un gouvernement trop préoccupé en ce moment par les relations avec le voisin américain, Donald Trump, et ses humeurs changeantes.Or, ce dialogue, de par l\u2019interconnexion entre les deux pays, relève plus de la politique intérieure que d\u2019une politique étrangère qui, elle, pendant ce temps, attend que l\u2019on s\u2019occupe un peu plus sérieusement d\u2019elle.«La participation aux opérations de maintien de la paix de l\u2019ONU [par l\u2019entremise de Casques bleus qui colorent l\u2019identité internationale du Canada] a été un des axes majeurs de la politique étrangère de l\u2019après-guerre», dit Jocelyn Coulon.Aujourd\u2019hui, elle se résume à l\u2019envoi de six hélicoptères comme soutien aérien à la mission de paix des Nations unies au Mali (Minusma) en remplacement des appareils allemands.Le Devoir UN SELFIE AVEC JUSTIN TRUDEAU Jocelyn Coulon, Québec Amérique, Montréal, 2018, 254 pages SUITE DE LA PAGE 1 POLITIQUE scénariste des Pays d\u2019en haut, ainsi que les principaux comédiens de cette série télévisée, dont Antoine Bertrand, qui y incarne le tonitruant curé Labelle, et Paul Doucet, le comédien qui interprète le sulfureux journaliste Arthur Buies.« Quand tu te fermes à la mémoire, quand tu abandonnes les centres d\u2019archives et les savoirs des gens qui les ani - ment, c\u2019est le prélude à la fermeture d\u2019un attachement à la région », dit le scénariste en entrevue.Tous dénoncent « un véritable cercle vicieux où la performance exigée » par le gouvernement «dépend du financement et où le financement est tributaire de la performance », ce qui entraîne, disent-ils, des absurdités.« On demande aux services d\u2019archives d\u2019être plus performants avec peu ou pas de soutien financier.» La moyenne nationale de financement pour les centres d\u2019archives est de 30 150 $.« En raison du sous-financement, plusieurs services d\u2019archives privées devront éventuellement fermer leurs portes.Les archives ne seront plus accessibles dans leur région d\u2019origine, là où elles sont le plus utiles.Si l\u2019on n\u2019agit pas maintenant, c\u2019est la mémoire collective du Québec qui risque de s\u2019éteindre et de tomber dans l\u2019oubli», ajoutent les signataires du manifeste.Les gens ordinaires Auteur des séries télévisées Musée Éden et Les pays d\u2019en haut, féru d\u2019histoire, Gilles Desjardins affirme que ses séries pour la télévision auraient été absolument impensables sans l\u2019apport de fonds d\u2019archives comme ceux que préserve et diffuse la Société d\u2019histoire de la Rivière-du-Nord.«Sans soutien, ils vont fermer, comme bien d\u2019autres! Pourtant, les petits fonds d\u2019archives sont animés par des passionnés qui connaissent leur sujet.C\u2019est par là que tout commence.» L\u2019archiviste et directrice de cette société, Linda Rivest, déplore la situation faite aux centres d\u2019archives malgré des efforts locaux décuplés à la suite des compressions du gouvernement.« Depuis 2014, la Société d\u2019histoire de la Rivière-du-Nord est reconnue par le gouvernement, mais elle ne reçoit aucune enveloppe budgétaire.» Deux personnes y travaillent néanmoins à temps plein, grâce à la multiplication de demandes de soutien pour des projets isolés et particuliers.« On met de côté notre mission, qui est de préserver, acquérir et diffuser, pour se consacrer au financement », explique Mme Rivest au Devoir.«Les décideurs ne peuvent plus rester les bras croisés devant la situation des archives québécoises», plaide-t-elle.Gilles Desjardins n\u2019en revient pas qu\u2019on prête si peu d\u2019attention à l\u2019importance de ces centres qui détiennent les clés du passé québécois.«Les petits fonds, c\u2019est vraiment la base pour notre histoire.Les lettres d\u2019amour, les lettres de tous les jours, les photos et des indices qui permettent d\u2019avoir une idée neuve sur la vie des gens ordinaires, tout cela se trouve dans ces lieux.» Et sans ces lieux, croit le scénariste à succès, «on va se retrouver un jour avec seulement une histoire officielle, celle des grands personnages qui lèguent leurs archives parce qu\u2019ils sont conscients qu\u2019on écrira un jour sur eux.Il nous manquera la vie du monde ordinaire.Au- jourd\u2019hui, quand les gens trouvent des lettres et des photos dans des boîtes à chaussures, jamais ils ne pensent à donner ça aux archives nationales.La seule ouverture vers la conservation de ces trésors pour les générations futures tient à ces petits centres animés par des passionnés.Sinon, ça va aux poubelles !» Et si on jette tout de la vie du monde ordinaire, soutient-il, c\u2019est tout un pan de la richesse d\u2019une collectivité qui sera effacé à jamais.Pour l\u2019historienne Andrée Lévesque, pro- fesseure émérite de l\u2019Université McGill, cette situation faite aux archives « fait partie d\u2019un obscurantisme des pouvoirs en place ».Depuis 2010, Andrée Lévesque dirige les Archives Passe-Mémoire, un centre voué à la collecte et à la conservation des écrits personnels, tels des journaux intimes et de la correspondance.« Les archives nationales ne peuvent pas tout prendre.Ils n\u2019ont pas de place ni le personnel.Il faut savoir qu\u2019eux aussi ont subi des coupes ! Les archivistes là-bas travaillent déjà comme des fous.Aussi les centres d\u2019archives privées ont-ils un rôle important à jouer pour les collectivités.Les gens vont tout jeter si on ne s\u2019en occupe pas.Ces centres jouent un rôle très impor tant », dit l\u2019historienne en entrevue.« Je suis attaché au patrimoine, mais encore plus à la vie des petites gens, explique Gilles Desjardins.Les Laurentides, par exemple, c\u2019est une histoire de courage insensé qui est préservée, en bonne partie, par ces fonds d\u2019archives locaux.» Desjardins parle avec passion de petits trésors qui l\u2019ont aidé à donner un nouveau sens à la vie des gens des Laurentides.« Je pense notamment à une photo exceptionnelle, où on voit le curé Labelle en visite chez des colons de Saint-Jovite.Ils n\u2019ont rien.Les enfants sont pieds nus sur le balcon.Mais ce colon a reproduit l\u2019église de Saint-Jovite et un train, la promesse du train, la promesse de l\u2019avenir.Tout est là ! Eh bien, cette photo, comme bien d\u2019autres, on ne l\u2019aurait pas connue si ce centre d\u2019histoire ne l\u2019avait pas d\u2019abord sauvée.» Jointe par Le Devoir, la présidente du Regroupement des services d\u2019archives, Karine Sa- vary, n\u2019avait pas lu encore le manifeste lancé ce jeudi.Elle se réjouissait néanmoins vivement de voir des initiatives locales être lancées pour résoudre «un vrai problème collectif ».Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 HISTOIRE débattue sur le plancher.Elle s\u2019affaire à récolter suffisamment d\u2019appuis pour que son idée y soit adoptée.« J\u2019ai des appuis assez intéressants », a-t-elle indiqué sans vouloir en dire plus, se disant prise de court par les questions du Devoir au sujet de son initiative, qu\u2019elle croyait encore secrète.En ver tu de la proposition, militants blo- quistes, péquistes, solidaires, de feu Option nationale et les députés démissionnaires du Bloc seraient consultés pour concevoir une nouvelle plateforme pour le nouveau parti.Les indépendantistes toutes couleurs confondues se réuniraient en décembre prochain pour voter les orientations du par ti, lui choisir un nom, de même qu\u2019un nouveau chef.Martine Ouellet serait libre de se présenter à sa propre succession.La vice-présidente du Bloc québécois, Kédina Fleury-Samson, appuie l\u2019idée.« Je vois là une occasion exceptionnelle pour la formation politique de renaître de la situation», dit-elle au sujet de la crise interne qui sévit au parti.Elle affirme y songer elle aussi depuis des mois.« La situation qu\u2019on vit actuellement a accentué cette volonté de renaître, affirme-t-elle au Devoir.Il n\u2019y a aucun intérêt à tout ce qu\u2019on vit, si ce n\u2019est pas pour déboucher sur une proposition plus attrayante pour l\u2019électorat.» Kédina Fleury-Samson s\u2019abstient cependant de se prononcer sur l\u2019avenir de Martine Ouellet à la tête du Bloc, «parce que la situation est délicate et qu\u2019elle commande un minimum de réserve », explique-t-elle.« Jamais je ne vais demander la démission de Mme Ouellet », insiste la vice-présidente du parti, refusant de «personnaliser» les débats.Elle souhaite toujours l\u2019existence d\u2019un parti indépendantiste sur la scène fédérale.Elle évoque même que celui-ci soit présent dans les communautés francophones hors Québec.« Le Bloc, tel qu\u2019on l\u2019a connu jusqu\u2019à maintenant, je crois qu\u2019il est arrivé à la fin d\u2019un cycle de vie.Et qu\u2019il y a lieu à ce moment-ci de passer à un nouveau cycle.» Pas prêts à renier le Bloc Cer tains bloquistes hésitent toutefois à tourner le dos à leur parti.« On ne met pas la hache comme ça dans un parti qui existe encore, si rapidement, sans tout faire pour essayer de le sauver », réagit André Parizeau, président de l\u2019association bloquiste d\u2019Ahunt- sic.« Je me refuse à dire que le Bloc doit disparaître maintenant.» Le président de l\u2019association de Berthier- Maskinongé, Yves Perron, n\u2019est pas convaincu que la solution de Camille Goyette-Gingras et de Kédina Fleury-Samson est nécessaire.« Si elle part, on n\u2019a pas besoin de relancer le parti.On l\u2019a, notre par ti », obser ve-t-il au sujet de Martine Ouellet, qui selon lui perdra le vote de confiance à son endroit.« Mais effectivement, si elle ne part pas, ça peut être une solution », consent-il.Le député démissionnaire Louis Plamondon \u2014 qui a quitté le caucus bloquiste avec six de ses collègues, fin février \u2014 ne veut pas se mêler des débats internes que devront tenir les membres du Bloc.Mais il espère que la question du lancement d\u2019un nouveau Bloc québécois ne se posera pas et que les militants enverront un «signal très clair » à Mme Ouellet en rejetant son leadership.« Son départ réglerait beaucoup de choses», résume-t-il.André Parizeau et Yves Perron font partie de ces vingt-cinq présidents de circonscription qui avaient réclamé la tenue d\u2019un vote de confiance dès ce printemps.La chef a accepté de s\u2019y soumettre en marge d\u2019un référendum avec lequel elle sondera aussi les bloquistes sur la mission première du parti.Le vote de confiance devancé En coulisses, certains manœuvrent pour tenir le vote de confiance lors du conseil général du 29 avril.Le référendum est prévu les 1er et 2 juin.Or, ces bloquistes estiment que Martine Ouellet doit quitter ses fonctions le plus vite possible pour mettre fin à la crise et permettre au Bloc de refaire son image.Les modalités du référendum doivent être fixées au conseil général.Yves Perron et ses collègues tenteront quant à eux d\u2019en éliminer la première question sur le mandat du Bloc québécois.Les appuis à la chef se sont effrités au bureau national du parti.Le président et député Mario Beaulieu lui a retiré son appui, mi-mars.Camille Goyette-Gingras aurait fait de même, en son nom personnel, selon nos informations.Un troisième membre de la direction du parti lui a également demandé de quitter son poste, a confié une source au Devoir.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 BLOC COURTOISIE ANDRÉ BILODEAU Le curé Labelle en visite chez des colons à Saint-Jovite avec une reproduction de l\u2019église du village et du train du nord "]
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