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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-03-01, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C I X N o 4 4 L E D E V O I R , L E J E U D I 1 E R M A R S 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Mackjoffatt sur scène.Après un premier disque, le frère d\u2019Ariane Moffatt s\u2019amène au Lion d\u2019Or.Page B 8 Culture \u203a En effeuillant les marguerites.La chronique d\u2019Odile Tremblay.Page B 8 Avis légaux.B 2 Décès.B 4 Météo.B 6 Mots croisés.B 6 Petites annonces .B 4 Sudoku.A 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m VOIR PAGE A 8 : ITALIE Ristigouche La Ville obtient justice contre la pétrolière Gastem Page A 2 Destitution Le juge Girouard sauvé pour une question linguistique?Page A 2 PARKLAND RETOUR À L\u2019ÉCOLE MIKE STOCKER/SOUTH FLORIDA SUN-SENTINEL/AFP Les élèves de l\u2019école Marjory Stoneman Douglas, à Parkland en Floride, ont repris le chemin des classes mercredi, deux semaines après la fusillade meurtrière.Les étudiants ont notamment été accueillis par une haie d\u2019honneur formée de policiers de la municipalité.Page B 5 H É L È N E B U Z Z E T T I M A R I E V A S T E L Correspondantes parlementaires à Ottawa A ussi inopiné qu\u2019il puisse paraître, l\u2019éclatement retentissant du Bloc québécois résulte de tensions qui remontent à bien avant l\u2019arrivée de Martine Ouellet.Il découle de la prise de contrôle des instances du parti par les émules «purs et durs» de Mario Beaulieu, estiment plusieurs anciens bloquistes interrogés par Le Devoir.Certains craignent maintenant que la même dynamique soit à l\u2019œuvre au Parti québécois, avec l\u2019af frontement Maxime La- porte\u2013Jean-Martin Aussant à l\u2019investiture dans Pointe-aux-Trembles.En juin 2014, Mario Beaulieu est élu chef du Bloc québécois en promettant qu\u2019il mènera une « campagne permanente à l\u2019indépendance ».Pas question pour lui de poursuivre l\u2019œuvre de ses prédécesseurs en se portant simplement à la défense des intérêts du Québec à Ottawa.Aussi choque-t-il plusieurs anciens, Gilles Du- ceppe en tête, lorsqu\u2019il lance dans son discours de victoire que « le temps de l\u2019attente et du défaitisme est terminé ».À peine deux mois plus tard, deux des quatre BLOC QUÉBÉCOIS Le choc de visions opposées Les « défenseurs des intérêts du Québec » se sont effacés devant les « purs et durs » de l\u2019indépendance, selon d\u2019anciens députés A M É L I P I N E D A Le fondateur de Juste pour rire, Gilbert Ro- zon, veut faire supprimer les termes «prédateur sexuel» et «viol» de la demande d\u2019autorisation d\u2019exercer une action collective d\u2019un regroupement de présumées victimes.Il soutient que ceux-ci font référence à des actes criminels sur lesquels la chambre civile ne peut se prononcer.L\u2019ancien producteur demande à faire radier certaines allégations, qu\u2019il qualifie de « calomnieuses », de « diffamatoires » et de « non pertinentes », contenues dans la demande du groupe Les Courageuses, peut-on lire dans un document déposé à la cour et dont Le Devoir a obtenu copie.Il souligne que la requête des Courageuses est une affaire de matière civile devant la Cour supérieure.L\u2019ancien magnat de l\u2019humour demande donc le retrait de passages qui, dit-il, relèvent de manquements au Code criminel.« La Cour supérieure siégeant en matière civile n\u2019a pas juridiction pour décider si les actes reprochés constituent ou non des manquements au Code criminel », explique-t-il.ACTION COLLECTIVE Rozon riposte au recours des Courageuses Le fondateur de Juste pour rire demande de radier les termes «prédateur sexuel» et «viol» de la requête Lire aussi \u203a Martine Ouellet doit partir Gilles Duceppe prend position.Page A 3 Le malheur des uns.La chronique de Michel David.Page A 3 Le mauvais capitaine L\u2019éditorial de Manon Cornellier.Page A 6 VOIR PAGE A 8 : BLOC Les Italiens sont appelés aux urnes dimanche, le 4 mars, pour choisir un nouveau gouvernement.Notre collaborateur fait le point dans une série de trois tex- tesque nous publierons jusqu\u2019à samedi.ÉLECTIONS EN ITALIE L\u2019immigration au cœur des débats Le pays a dû affronter sans l\u2019aide de l\u2019Europe la pire crise migratoire de son histoire ANDREAS SOLARO AGENCE FRANCE-PRESSE Un migrant parmi les centaines de milliers qui sont arrivés sur le territoire italien au cours des dernières années.C H R I S T I A N R I O U X à Rome L a plupart d\u2019entre eux n\u2019avaient jamais vu de neige.Lorsqu\u2019ils se sont levés lundi, le terrain vague en bordure d\u2019autoroute où ils plantent leurs tentes depuis des mois était d\u2019un blanc immaculé.Ce matin, entre une trentaine d\u2019abris de fortune, des Maliens font un feu en plein air avec des madriers récupérés aux alentours.Les autres se pressent devant une cabane pour obtenir des vêtements chauds et un thé brûlant.Ici, on se re- VOIR PAGE A 8 : ROZON L E D E V O I R , L E J E U D I 1 E R M A R S 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 2 JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Selon un juriste, la décision de la Cour supérieure donne des munitions aux 335 municipalités qui demandent à la ministre de l\u2019Environnement Isabelle Melançon de leur accorder une dérogation au Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection.A L E X A N D R E S H I E L D S L a Cour supérieure a rejeté mercredi la poursuite intentée par la pétrolière Gas- tem contre la municipalité de Ristigouche-Par tie-Sud-Est, après l\u2019adoption d\u2019un règlement pour protéger sa source d\u2019eau potable.Cette décision devrait constituer un argument majeur pour les 335 municipalités qui veulent adopter des règles similaires, malgré le refus du gouvernement Couillard.Dans un jugement très sévère à l\u2019endroit de l\u2019entreprise Gastem, dirigée par l\u2019ancien ministre libéral Raymond Savoie, la juge Nicole Tremblay conclut que la petite municipalité gaspésienne était en droit d\u2019adopter en 2013 un règlement pour protéger l\u2019eau potable de ses citoyens.« Loin d\u2019être adopté de façon intempestive et précipitée, le règlement résulte d\u2019un travail sérieux afin de répondre aux préoccupations et aux revendications des citoyens de Ristigouche », écrit-elle dans son jugement, rendu ce mercredi.Celui-ci fixe une distance de deux kilomètres entre un forage et une source d\u2019eau.La juge Tremblay donne aussi des munitions aux municipalités.« Les municipalités sont reconnues comme palier gouvernemental et doivent assumer leurs responsabilités dans la protection de l\u2019environnement sur leur territoire en respect du principe de la sub- sidiarité », souligne-t-elle.Qui plus est, la pétrolière Gastem n\u2019a jamais pu présenter une « preuve tangible » que la municipalité aurait subi une « influence des environnementalistes ».Pire, le Tribunal conclut que « Gastem a abusé des procédures légales».En plus de rejeter la poursuite de Gastem, la Cour ordonne à l\u2019entreprise de verser plus de 154 000$ «à titre d\u2019honoraires professionnels et débours», et ce, dans les 30 jours.Gastem devra également verser 10 000 $ pour rembourser une partie des frais assumés dans le cadre de la campagne de sociofinancement lancée pour payer les frais juridiques de la municipalité de 160 habitants.Dans le cadre de sa poursuite intentée en 2013, Gastem réclamait plus d\u2019un million de dollars à Ristigouche-Partie- Sud-Est, une somme très importante pour une municipalité dont le budget annuel avoisine les 275 000 $.Gastem, qui pourrait porter la cause en appel, n\u2019a pas répondu aux demandes du Devoir mercredi.Soulagement Le maire de la municipalité, François Boulay, a accueilli le jugement « avec soulagement et satisfaction».«La raison et le droit ont prévalu aujourd\u2019hui.Nous sommes soulagés que notre droit à protéger notre eau potable soit enfin reconnu », a souligné M.Boulay au cours d\u2019une conférence téléphonique.Dans son jugement de seize pages, a-t-il ajouté, «la juge note entre autres que l\u2019intérêt public, le bien-être collectif d\u2019une communauté et la sécurité des citoyens doivent être soupesés dans tous les projets introduits dans une communauté».L\u2019Union des municipalités du Québec a aussi salué la décision du Tribunal mercredi.Même son de cloche à la Fédération québécoise des municipalités (FQM).«C\u2019est un très bon jugement pour les municipalités du Québec, car il réitère leur pouvoir et leur devoir d\u2019intervenir en ce qui concerne la protection de l\u2019environnement.Le tribunal reconnaît les municipalités comme des acteurs en cette matière au même titre que les autres ordres de gouvernement », a déclaré le président de la FQM, Jacques Demers.335 municipalités Pour le juriste Richard Lan- gelier, qui connaît bien le dossier, ce jugement donne par ailleurs des munitions aux 335 municipalités qui demandent à la ministre de l\u2019Environnement Isabelle Melançon de leur accorder une dérogation au Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection.Elles souhaitent en fait adopter des règles similaires à celles de Ristigouche, ce qui bloquerait aux pétrolières et aux gazières l\u2019accès à des portions importantes du territoire.« Ce jugement n\u2019oblige pas directement le gouver ne- ment à accorder la dérogation demandée, mais il démontre qu\u2019en faisant cette demande, les municipalités ne font qu\u2019exercer leurs compétences, qu\u2019elles ont par faite- ment le droit de le faire et qu\u2019elles ne peuvent être poursuivies pour cela», explique-t-il.Plusieurs de ces municipalités doivent d\u2019ailleurs se réunir en mars pour étudier la possibilité de recourir aux tribunaux contre le gouvernement, qui leur refuse la dérogation.Ces municipalités, qui représentent plus de quatre millions de Québécois, pourraient même réclamer la fin des projets d\u2019énergies fossiles.Le cabinet de la ministre Me- lançon n\u2019a pas souhaité commenter le dossier des demandes de dérogations mercredi, disant «analyser» le jugement.Du côté du ministre de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau, on a dit que «le gouvernement a tout mis en œuvre pour s\u2019assurer d\u2019établir un cadre réglementaire adapté au développement et à la mise en valeur de cette filière énergétique au Québec de manière à favoriser l\u2019acceptabilité sociale des projets dans les communautés d\u2019accueil ainsi que la protection des biens, des personnes et de l\u2019environnement».Le ministre Moreau a également indiqué que les règlements de mise en œuvre de la future Loi sur les hydrocarbures font toujours l\u2019objet d\u2019une analyse.Ces règlements devraient ouvrir la por te à la fractura- tion hydraulique.À l\u2019heure actuelle, 304 permis d\u2019exploration sont en vigueur, pour une super ficie de plus de 53 225 km2 de territoire.Le Devoir ENVIRONNEMENT Une victoire pour les municipalités La justice rejette la poursuite de Gastem contre Ristigouche-Partie-Sud-Est M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec T rois juges du Conseil canadien de la magistrature (CCM) demandent que le processus de destitution du juge québécois Michel Girouard soit abandonné, puisque des magistrats de ce même conseil \u2014 des unilingues anglophones \u2014 ont basé leur décision sur des documents « en français seulement».Ces trois juges, dont deux ne comprennent pas le français, estiment que le juge Girouard n\u2019a pas eu droit à une audience équitable devant le CCM, puisqu\u2019un «nombre significatif des membres du Conseil [\u2026] ne parlent pas ni ne comprennent la langue française».C\u2019est ce Conseil qui a recommandé, la semaine dernière, que Michel Girouard soit destitué en raison de son implication présumée dans une transaction de cocaïne.«Celui qui rend une décision à partir d\u2019un dossier doit pouvoir comprendre le dossier qui lui est soumis [et] doit être capable de lire ce dossier », ont écrit les juges David D.Smith, Lawrence O\u2019Neil et B.Richard Bell.Ils ont enregistré leur dissidence en marge de la décision du CCM, qui a conclu, à vingt juges contre trois, que le juge Girouard «est inapte à remplir utilement ses fonctions».L\u2019af faire remonte à 2010.Deux semaines avant d\u2019être nommé à la Cour supérieure du Québec, Michel Girouard apparaît sur une vidéo.Il est face à l\u2019un de ses clients \u2014 qui sera plus tard reconnu coupable de trafic de drogue et de gangstérisme \u2014 et échange de l\u2019argent contre un petit paquet.Deux comités d\u2019enquête mis sur pied par le CCM se sont penchés sur les événe- ments, avant de soumettre des conclusions défavorables au juge Girouard.4000 pages non traduites Or, une partie des documents qui ont été soumis au CCM n\u2019a pas été traduite du français vers l\u2019anglais.En tout, 4000 pages de notes sténographiques relatant les quatorze jours d\u2019audience du premier comité d\u2019enquête, de même que la transcription des huit jours de témoignages devant le second comité d\u2019enquête n\u2019ont pas été traduites.« De toute évidence, le dossier disponible aux membres unilingues anglophones du Conseil était différent de celui disponible aux membres bilingues », ont ainsi relevé les juges dissidents.Par conséquent, « le droit du juge Girouard à une audience équitable n\u2019a pas été respecté », « l\u2019opinion majoritaire ne devrait pas être maintenue » et « les procédures devraient être abandonnées », écrivent-ils.Dans sa décision majoritaire, le CCM assure plutôt que tous ses membres avaient accès aux « aspects per ti- nents » du dossier dans les deux langues.«Le Conseil n\u2019entend aucun témoin et ne considère aucune nouvelle preuve.Un examen convenable n\u2019exige pas que les membres lisent chaque page de la transcription des travaux d\u2019un comité d\u2019enquête.Si cela était nécessaire dans chaque affaire semblable, toutes les cours d\u2019appel du Canada seraient paralysées», écrivent les juges.Et les droits linguistiques?Pierre Foucher, professeur titulaire à la Faculté de droit de l\u2019Université d\u2019Ottawa, rappelle que la jurispr udence tend à démontrer qu\u2019il n\u2019est pas nécessaire, pour des décideurs comme les membres du CCM, d\u2019avoir accès à l\u2019ensemble de la preuve.« À moins que ça ait vraiment causé une injustice démontrable, le fait d\u2019avoir juste des résumés est suffisant pour le décideur administratif », affirme-t-il.Comme lui, son collègue François Larocque relève le choix des juges dissidents d\u2019en faire une affaire d\u2019équité procédurale.« Les juges de la dissidence ont dit : attention, on ne prend pas position à savoir si les droits linguistiques du juge Gi- rouard ont été violés ou si les exigences de la loi ou de la Char te ont été respectées », note ce dernier, aussi professeur à l\u2019Université d\u2019Ottawa.Pourtant, « il y aurait peut- être un argument à faire au sens où les tribunaux administratifs fédéraux, comme le CCM, sont soumis à la Loi sur les langues of ficielles.Et d\u2019après la loi, les juges qui président les auditions doivent être capables de comprendre et de parler les deux langues of fi- cielles», souligne le professeur Foucher.Chose cer taine, la dissidence fournit des munitions au juge Girouard \u2014 qui peut contester la décision du CCM \u2014 et à la ministre fédérale de la Justice, qui peut saisir la Chambre des communes afin qu\u2019elle confirme sa destitution, qui devrait ensuite être entérinée par le Sénat.« D\u2019un point de vue politique, le gouvernement Trudeau aurait avantage à ne pas accepter la recommandation du CCM, puisqu\u2019elle va à l\u2019encontre des valeurs de la Charte canadienne des droits et liber tés et que l\u2019accepter pourrait avoir un effet négatif sur l\u2019appui des francophones au Parti libéral du Canada », croit Emmanuelle Richez, de l\u2019Université de Windsor.« Cette dissidence donne sans aucun doute lieu à des arguments qui pourraient nourrir une contestation de la part du juge Girouard », poursuit Yves Goguen, de l\u2019Université de Moncton.À l\u2019instar des juges dissidents, il estime qu\u2019« il y a sans doute des questions à soulever à l\u2019égard de l\u2019équité procédurale ».Le Devoir JUSTICE Des juges dissidents devant des documents « en français seulement » G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É L\u2019 ancienne directrice générale de la télévision de Ra- dio-Canada, Louise Lantagne, a été nommée mercredi à la tête de la SODEC (Société des entreprises culturelles du Québec).Elle remplace Monique Simard, dont le mandat s\u2019est terminé au début de l\u2019année.Mme Lantagne devient ainsi présidente et chef de la direction de ce qui est une des plus importantes institutions culturelles au Québec.« Son parcours professionnel, sa vaste expérience et sa compréhension des réalités du milieu culturel québécois seront des atouts impor tants dont la SODEC pourra bénéficier dans la réalisation de son mandat, a soutenu la ministre de la Culture, Marie Montpe- tit.Je suis persuadée que l\u2019arrivée de Mme Lantagne au sein de la SODEC aura un effet positif pour chacun des domaines d\u2019intervention qui sont sous sa responsabilité.» Vice-présidente fiction, long métrage et documentaire à la boîte de production Attraction Images depuis octobre 2014, Louise Lantagne a surtout été associée à Radio-Canada au cours de sa carrière.Elle avait été nommée chef des longs métrages canadiens en 1999, puis directrice du secteur des dramatiques et des longs métrages, avant de devenir directrice générale de la radio en janvier 2007.Entre 2008 et 2014, elle fut responsable de l\u2019ensemble de la programmation de la télévision générale.Ce sera un deuxième passage à la SODEC pour Mme Lan- tagne, où elle avait été chargée de projets et chef de l\u2019équipe contenu entre 1991 et 1999.Elle est diplômée en littérature et en droit.Large vision Le président du conseil d\u2019administration de la SODEC, Pierre Laporte, avait indiqué au Devoir au début du mois que le comité de sélection cherchait « une personne qui a une très belle connaissance du milieu culturel, qui peut avoir des opinions par rapport à la refonte de la Loi sur la SODEC ou sur la politique culturelle, quelqu\u2019un qui comprend les enjeux dans l\u2019ensemble des secteurs d\u2019activités, mais qui a aussi un bon sens des affaires».La SODEC est partenaire du Fonds d\u2019investissement de la culture et des communications, de même que du Fonds Capital Culture Québec.Sa mission est de «promouvoir et de soutenir l\u2019implantation et le développement des entreprises culturelles».La création de la SODEC date de 1995, mais l\u2019organisme existe depuis 1978 sous d\u2019autres noms.Le Devoir Louise Lantagne dirigera la SODEC L\u2019ancienne d.g.de la télé de Radio-Canada prend la succession de Monique Simard Nous sommes soulagés que notre droit à protéger notre eau potable soit en?n reconnu François Boulay, maire de Ristigouche-Partie-Sud-Est « » ATTRACTION IMAGES Louise Lantagne devient présidente et chef de la direction de la SODEC, en remplacement de Monique Simard. L E D E V O I R , L E J E U D I 1 E R M A R S 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 F rançois Legault avait déjà tout lieu de se féliciter d\u2019avoir réussi à recruter la mai- resse de l\u2019arrondissement de Rivière- des-Prairies\u2013Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, pour défendre les couleurs de la CAQ dans la seule circonscription de l\u2019île de Montréal où elle a une chance de l\u2019emporter à l\u2019élection du 1er octobre prochain, mais la guerre fratricide qui vient d\u2019éclater au sein du mouvement souverainiste, aussi bien au Bloc québécois qu\u2019au Parti québécois, doit le porter au comble de la joie.Il est vrai que le débat sur le rôle que le Bloc doit jouer à Ottawa est antérieur à l\u2019arrivée de Martine Ouellet, mais la députée de Vachon a fait depuis longtemps la preuve qu\u2019elle croyait toujours dur comme fer être la seule à avoir le pas.Après les injures dont elle les avait abreuvés durant la course à la succession de Pierre Karl Péladeau, ses collègues péquistes avaient poussé un soupir de soulagement quand elle avait décidé de sauter dans l\u2019arène fédérale, mais la rapidité avec laquelle elle a réussi à faire éclater son nouveau parti n\u2019en demeure pas moins impressionnante.Qui plus est, elle semble déterminée à en raser les derniers vestiges.Le PQ avait déjà suffisamment de difficulté à se refaire une santé sans que la plus grave crise de l\u2019histoire du Bloc vienne polluer la course à l\u2019investiture dans Pointe-aux-Trembles, qui réunit tous les ingrédients d\u2019un autre de ces psychodrames dont il a le secret et dont les conséquences pourraient être incalculables.?Il fallait mal connaître Maxime Laporte pour penser qu\u2019il accepterait de s\u2019ef facer devant Jean-Martin Aussant.Si les qualités intellectuelles et la force de conviction de l\u2019ancien chef d\u2019Option nationale sont largement reconnues, le jeune président de la Société Saint-Jean-Bap- tiste est ce qu\u2019on appelle un « battant », qui a une pugnacité hors du commun.Les militants péquistes de Pointe-aux-Trem- bles auront à faire un choix déchirant.Peu importe les bonnes relations personnelles que les deux hommes peuvent entretenir, ce fameux choc des idées d\u2019où est censée jaillir la lumière risque plutôt de semer l\u2019amertume et la division.Que deux candidats de cette qualité en soient réduits à s\u2019arracher la même circonscription montréalaise démontre à quel point ce qui a été son berceau est devenu une terre inhospitalière pour le PQ.Depuis la fondation du parti, son histoire est jalonnée par les chicanes entre impatients et pragmatiques, mais les deux protagonistes font partie de ceux qui n\u2019étaient pas d\u2019accord avec le report du référendum à un hypothétique deuxième mandat.M.Aussant s\u2019est officiellement rallié à la position officielle du parti, mais tout le monde sait ce qu\u2019il en pense réellement, même si certains lui reprochent son ralliement stratégique, comme en témoigne la lettre d\u2019une militante amèrement déçue que Le Devoir a publiée mercredi.Paradoxalement, le mouton noir qui avait démissionné avec fracas en juin 2011, en vitupérant Pauline Marois et l\u2019ensemble de la députation péquiste, fait aujourd\u2019hui figure de candidat de l\u2019establishment.Les «purs et durs» qui forment la garde prétorienne de Martine Ouellet, menés par le député de Pointe-de-l\u2019Île, Mario Beaulieu, appuient activement la candidature de M.La- porte, qui deviendrait en quelque sorte leur nouveau représentant au sein du PQ, en prévision du débat sur l\u2019échéancier référendaire qui reprendra inévitablement au lendemain de l\u2019élection du 1er octobre.Ce qui se passe actuellement au Bloc ne donne pas l\u2019impression que l\u2019unité fait partie de leurs priorités.?François Legault ne souhaite certainement pas devenir le premier à diriger un gouvernement qui ne compterait aucun ministre représentant une circonscription de Montréal.Même Duplessis avait toujours réussi à faire élire un ou deux députés sur l\u2019île.Depuis quelque temps, les stratèges caquistes laissaient entendre qu\u2019ils avaient réussi à recruter un(e) candidat(e) vedette qui allait changer la donne dans Pointe-aux-Trembles, où la CAQ avait terminé deuxième avec 24% des voix en 2014, plus de 5000 voix derrière Nicole Léger.Chantal Rouleau en a la capacité.Malgré la vague qui a porté Valérie Plante à l\u2019hôtel de ville, elle a été réélue sous les couleurs d\u2019Équipe Co- derre avec 57 % des voix dans son arrondissement de Rivière-des\u2013Prairies\u2013Pointe-aux-Trem- bles et il est certain que la CAQ mettra à sa disposition le maximum de moyens.Les électeurs de Pointe-aux-Trembles peuvent également avoir l\u2019assurance qu\u2019elle occuperait une place importante dans un gouvernement Le- gault.Après avoir perdu son siège au comité exécutif, ce serait une douce vengeance pour Mme Rouleau d\u2019être nommée ministre des Affaires municipales, responsable de la Métropole.mdavid@ledevoir.com Le malheur des uns\u2026 MICHEL DAVID M A R I E V A S T E L H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondantes parlementaires à Ottawa L es appels au départ de Martine Ouellet à la tête du Bloc québécois se multiplient.Après la démission de sept des dix députés \u2014 qui sont partis en dénonçant son leadership et la direction dans laquelle elle souhaite mener le parti \u2014, c\u2019était au tour de Gilles Duceppe et d\u2019autres anciens bloquistes de réclamer la démission de la chef.Martine Ouellet persiste toutefois et reste en selle.Tour à tour, d\u2019anciens gros joueurs blo- quistes joints par Le Devoir avaient du mal à s\u2019expliquer la crise qui secoue leur formation politique.Mais aussi la décision de Martine Ouellet de ne pas en quitter la direction, après le désaveu de la majorité du caucus bloquiste mercredi.«Un chef qui se voit contesté par 70 % du caucus devrait comprendre le message.Moi, être là, je comprendrais que je n\u2019y ai plus ma place », a déclaré Gilles Duceppe.« Elle a beau penser qu\u2019elle a raison, quand vous êtes seul à avoir raison et que personne ne s\u2019en aperçoit, il y a un problème.» M.Duceppe estime, comme son ex-collègue Pierre Paquette, que Mme Ouellet devrait jeter l\u2019éponge.« C\u2019est dommage qu\u2019elle s\u2019acharne à vouloir rester à la direction.Il y a beaucoup de monde qui serait parti pour moins que ça », a observé M.Paquette.L\u2019ancien chef Daniel Paillé remarque que trois députés ont beau continuer d\u2019appuyer Mme Ouellet, le nouveau groupe d\u2019indépendants \u2014 deux fois plus nombreux \u2014 suivra désormais la gouverne d\u2019un autre chef pour défendre les idées politiques bloquistes.«70 % du caucus va s\u2019élire un nouveau chef.C\u2019est beaucoup, 70 % du caucus », a-t-il dit.Les larmes aux yeux, la gorge nouée, sept députés bloquistes annonçaient quelques heures plus tôt qu\u2019ils quittaient en bloc leur caucus.Cette nouvelle crise intestine, entre le camp de Martine Ouellet et les sept élus dissidents, couvait depuis des mois.Mais elle a éclaté au grand jour dimanche avec la démission de Gabriel Ste-Marie de son poste de leader parlementaire.Le «groupe des sept » envisageait deux solutions : le départ de Martine Ouellet ou le leur.Ils ont choisi de partir à l\u2019issue d\u2019une rencontre du caucus qui a duré une demi-heure.Une paix impossible «Les divergences que nous avons avec notre chef sont malheureusement trop grandes pour qu\u2019une paix durable soit envisageable », a tranché le doyen et cofondateur du Bloc, Louis Pla- mondon, la voix tremblante sous l\u2019émotion.Tous les bloquistes consultés mercredi notaient d\u2019ailleurs que son départ était d\u2019autant plus important qu\u2019il est de la lutte indépendantiste à Ottawa depuis les tout débuts, il y a 30 ans.« C\u2019est dur.On a tout essayé depuis un an.C\u2019est le cœur meur tri qu\u2019on sor t au- jourd\u2019hui », s\u2019est désolé le député Luc Thériault.Le climat de travail était une «confrontation hebdomadaire» avec la chef « intransigeante», selon eux.«C\u2019est la soumission ou \u201cle cause toujours mon lapin\u201d», a raconté Gabriel Ste-Marie.Au cœur du débat : l\u2019orientation du Bloc québécois.Le camp de Martine Ouellet milite pour que le parti défende avant tout l\u2019indépendance du Québec à Ottawa.Celui des dissidents prône la tradition, établie sous Gilles Duceppe, d\u2019une défense des intérêts du Québec qui démontrera le bien-fondé de la souveraineté.«Oui, il y a la défense des intérêts du Québec qu\u2019on va poursuivre.Mais il y a aussi la préparation de l\u2019indépendance.Et pour moi, c\u2019était essentiel », continuait de mar teler Mar tine Ouellet après le départ des députés, en disant que la porte leur restait malgré tout ouverte.La chef a proposé une médiation pour améliorer le fonctionnement de l\u2019équipe.«Mais malheureusement, il n\u2019y a pas vraiment eu de discussion», a-t-elle indiqué, en se disant «déçue, parce qu\u2019on a une responsabilité» envers le parti, ses membres et le mouvement indépendantiste.« Quand il y a des problèmes de cet ordre, c\u2019est là qu\u2019on voit ceux qui mettent la cause de l\u2019avant avant leur propre personne », a commenté Gilles Duceppe.Quatre des sept démissionnaires avaient appuyé Mme Ouellet, qui a été élue par acclamation l\u2019an dernier.En fin de journée, l\u2019un d\u2019eux avait perdu l\u2019accès à la liste des membres de sa circonscription, bloqué par les instances du parti.La fin du Bloc?Pierre Paquette refuse de croire à l\u2019implosion du Bloc, dont il demeure membre.« Si le ménage n\u2019est pas fait avant quelques mois avant l\u2019élection, ça va créer une impression d\u2019amateurisme qui ne sera pas attirante pour l\u2019électorat », prévient-il cependant.Idem pour des aspirants-candidats aux élections de 2019, craint l\u2019ancien député d\u2019Abitibi Marc Lemay, qui n\u2019est «pas certain qu\u2019il y aura beaucoup de monde qui va lever la main pour se présenter pour le Bloc québécois dans la situation actuelle ».Pour sur vivre, le par ti doit revenir à son mandat précédent, à son avis.« S\u2019il ne revient pas à la défense des intérêts du Québec, c\u2019est clair, clair, clair que c\u2019est fini.» Le Devoir BLOC QUÉBÉCOIS Martine Ouellet doit partir, dit Gilles Duceppe L\u2019ancien chef se range derrière les députés qui ont démissionné du caucus M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec Elle aura eu «le vent de face» jusqu\u2019à la toute fin.La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a annoncé mercredi son intention de quitter la vie politique dans une pièce sans fenêtres de l\u2019Assemblée nationale, loin de ses militants.« Ce n\u2019était pas comme ça que j\u2019avais prévu de le faire.J\u2019aurais aimé ça être capable de vous convier en Haute-Gatineau pour annoncer le tout », a-t-elle admis aux journalistes réunis pour l\u2019entendre confirmer la nouvelle, parue dans les médias mardi matin.Par souci de se « réapproprier [sa] vie personnelle et [sa] vie familiale », l\u2019élue libérale ne sollicitera pas de nouveau mandat à l\u2019aube de l\u2019élection d\u2019octobre 2018.« J\u2019ai besoin de temps avec mon monde », a-t-elle affirmé.Stéphanie Vallée a été élue une première fois en 2007 dans Gatineau, une forteresse libérale depuis 1962.Elle a fait son entrée au Conseil des ministres en avril 2014 pour y entamer un mandat, à la tête du ministère de la Justice, qui n\u2019aura pas été de tout repos.Sa gestion du projet de loi 62, sur la neutralité religieuse de l\u2019État, a été hasardeuse.Ses explications sur l\u2019application de la loi lui ont valu des critiques pour outrage au Parlement, ce dont la présidence de l\u2019Assemblée nationale l\u2019a blanchie, non sans lui reprocher ses déclarations « imprécises» et «mal préparées».La ministre s\u2019est aussi embourbée \u2014 et contredit \u2014 lors d\u2019explications sur l\u2019application de la loi dans les autobus.« On a malheureusement, peut-être, abordé ce débat-là collectivement de la mauvaise façon», a-t-elle reconnu mercredi.«Mais ce n\u2019est pas les vents de face qui m\u2019amènent au- jourd\u2019hui à vous confirmer que je ne me représenterai pas en octobre, a-t-elle aussi assuré.Ce n\u2019est pas ça parce que, des vents de face, je suis capable d\u2019en prendre.» Égalitaire plutôt que féministe Elle est «capable d\u2019en prendre», et elle y a été confrontée.En 2016, elle a emboîté le pas à sa successeure au poste de ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault, en se disant «égalitaire», pour mieux refuser l\u2019étiquette de «féministe».L\u2019année suivante, elle a dû s\u2019excuser publiquement d\u2019avoir joué au jeu Bubble Crush pendant l\u2019étude de la loi spéciale pour forcer le retour au travail des juristes de l\u2019État.Un mois plus tard, elle s\u2019est retrouvée à jongler avec la nouvelle prise de position de la procureure générale du Québec, qui a fait une volte-face complète sur les conséquences juridiques du mariage religieux.Au printemps dernier, les coups durs sont venus de l\u2019interne.Selon le journal Le Droit, des militants libéraux de sa circonscription, insatisfaits de son travail sur le terrain, ont alors commencé à manigancer pour la pousser vers la sortie.«Faire de la politique, c\u2019est vivre avec la controverse.Faire de la politique, c\u2019est parfois pousser des dossiers qui ne sont pas nécessairement toujours populaires», a répondu Stéphanie Vallée mercredi quand on lui a rappelé les événements.Au détour d\u2019une phrase, elle a évoqué les difficultés de sa vie personnelle; une vie qu\u2019elle partage avec l\u2019animateur de radio Roch Cholette, boycotté par plusieurs élus de Gatineau, dont le maire, parce qu\u2019il «déforme les faits, invente des scandales, propage de fausses nouvelles».La ministre a aussi tenu à défendre ses collègues libéraux \u2014 Gaétan Barrette, Carlos Lei- tão et Philippe Couillard \u2014, qu\u2019elle estime «malmenés» sur la place publique.«Mme Vallée a été très dévouée.[\u2026] C\u2019est vraiment un modèle d\u2019implication politique pour les femmes qui veulent se lancer en politique », a commenté sa collègue, la ministre Hélène David.«Mme Vallée a eu des dossiers extrêmement difficiles à piloter, elle l\u2019a fait très bien et je pense qu\u2019elle peut partir la tête très haute », a ajouté le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.Avec Dave Noël Le Devoir La ministre Stéphanie Vallée quittera la vie politique JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Stéphanie Vallée PEDRO RUIZ LE DEVOIR Martine Ouellet dit ne pas avoir l\u2019intention de démissionner de son poste de chef du Bloc québécois.Son caucus est passé soudainement de dix à trois députés mercredi, sept députés refusant désormais de servir sous sa houlette.Ce fameux choc des idées d\u2019où est censée jaillir la lumière risque plutôt de semer l\u2019amertume et la division L E D E V O I R , L E J E U D I 1 E R M A R S 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 Jeudi 21 h Partenaire média: CE SOIR ÉRIC BÉDARD CHARLES-PHILIPPE COURTOIS ET FRANÇOIS-OLIVIER DORAIS TÉMOIGNENT DE L\u2019IMPORTANCE DE L\u2019OUVRAGE HISTOIRE DU CANADA FRANÇAIS.Dactylo Photo:?Fondation Lionel-Groulx A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T Q uébec a décidé d\u2019empêcher les optométristes de se désaf filier du régime public, ce à quoi ces derniers ripostent en entamant des démarches judiciaires.Par arrêté ministériel mercredi, le ministre de la Santé et des Services sociaux Gaé- tan Bar rette a suspendu la possibilité pour les optomé- tristes de devenir non participants au régime public, et ce, pour deux ans.Dans l \u2019ar rêté publié dans la Gazette of ficielle, le ministre évoque « l\u2019urgence de procéder » pour justifier sa décision.Mécontents de l\u2019offre qualifiée de « dérisoire » de Québec, 90 % des 1265 membres de l\u2019Association des optométristes du Québec (AOQ) ont voté pour se désaf fi- lier, ce qui aurait été ef fectif le 10 mars.Cela aurait touché un grand nombre de Québécois : selon l\u2019Institut de la statistique du Québec, il y a 1,7 million de jeunes de moins de 18 ans au Québec et 1,5 million d\u2019aînés de plus de 65 ans.Le ministre utilise les pouvoirs qui lui sont conférés par la Loi sur l\u2019assurance maladie.Cette dernière stipule qu\u2019il peut empêcher des professionnels de la santé de quitter le régime public lorsque « la qualité ou la suffisance des services médicaux» seraient affectées.En guise de réplique, l\u2019AOQ a déposé devant la Cour supérieure une demande de pourvoi en contrôle judiciaire, a-t- elle fait savoir par voix de communiqué.Elle demande que soit invalidé l\u2019arrêté ministériel.Négociations L\u2019AOQ ne reconnaît pas le droit du gouvernement de les forcer à œuvrer dans le régime public, estimant que l\u2019article de la loi évoqué par le ministre Gaétan Barrette pour leur forcer la main ne concerne que les médecins.«Si le gouvernement ne veut pas payer pour nos services, la moindre des choses, c\u2019est de laisser les op- tométristes partir», a fait savoir la direc- tr ice générale de l\u2019AOQ au Devoir en entrevue.La Cour pourrait entendre le dossier vers la fin mars, si les délais sont respectés, selon cette dernière.Les négociations sont toujours dans l\u2019impasse par ailleurs, affirme l\u2019AOQ, malgré le fa i t que deux rencontres aient eu lieu.Elles achoppent sur la rémunération des optométristes par la RAMQ lorsqu\u2019ils soignent les personnes de moins de 18 ans et plus de 65 ans et cer taines autres personnes admissibles à la couver ture publique.Selon l\u2019AOQ, un patient du régime public est vu à per te par les optométristes.Du côté du cabinet de Gaé- tan Barrette, on affirmait mercredi après-midi que les négociations se poursuivaient.Le Devoir SANTÉ Les optométristes forcés à rester dans le régime public P A U L I N E G R A V E L P armi les multiples bactéries qui colonisent en permanence notre peau, une souche particulière de Staphylococcus epidermidis nous protégerait du cancer de la peau, a découvert une équipe de chercheurs de l\u2019Université de Californie à San Diego.Et autre bonne nouvelle, cette souche bactérienne est présente sur la peau d\u2019environ 80 % des humains.Dans un article publié dans la dernière édition de Science Advances, ces chercheurs affirment avoir cerné le composé chimique, le 6-N-hydro- xyaminopurine (6-HAP), que produisent les bactéries de cette souche spécifique et qui leur confère la capacité d\u2019inhiber la prolifération des cellules cancéreuses.« Seules les cellules tumorales croissant anormalement semblent être sensibles à cette molécule, qui n\u2019endommage pas les cellules normales de la peau, car ces dernières expriment une enzyme capable de désactiver le 6-HAP », précise le Dr Richard Gallo, professeur au Département de dermatologie à la UC San Diego School of Medicine, et auteur principal de l\u2019article.Quand les chercheurs ont injecté le 6-HAP par voie intraveineuse, toutes les 48 heures pendant deux semaines, à des souris auxquelles on avait gref fé des cellules de mélanome à croissance rapide, ils ont observé une réduction de plus de 60 % de la taille des tumeurs.De plus, le 6-HAP n\u2019a pas semblé présenter d\u2019effets toxiques.Effet sur le cancer Dans une deuxième expérience, les chercheurs ont exposé des souris glabres à des rayons ultraviolets dans le but d\u2019induire des cancers de la peau.Sur la peau de la moitié de ces souris, ils ont appliqué des bactéries de la souche S.epi- dermidis produisant du 6-HAP qui a réduit considérablement l\u2019incidence et le nombre de tumeurs, tandis que sur l\u2019autre moitié, ils ont introduit une autre souche S.epidermidis ne produisant pas de 6-HAP qui n\u2019a pas empêché la formation de nombreuses tumeurs.Dans les deux cas, les bactéries avaient pénétré dans le derme, la couche intermédiaire de la peau qui est située sous l\u2019épiderme.En plus de ces expériences chez l\u2019animal, « nous avons aussi montré dans des milieux de culture que le 6-HAP peut inhiber la croissance de cellules de carcinome [l\u2019autre principal type de cancer de la peau avec le mélanome] et de lignées cellulaires de leucémie.Le 6-HAP semble avoir un effet généralisé sur le cancer et non seulement sur le cancer de la peau», affirme le Dr Gallo.« Les bactéries présentes sur la peau semblent avoir des ef fets protecteurs.De nombreuses études ont montré que certaines de ces souches bactériennes produisent des antibiotiques qui tuent d\u2019autres bactéries qui pourraient causer des infections », ajoute le chercheur.Son équipe a publié l\u2019an dernier dans Science Translatio- nal Medicine des résultats indiquant que l\u2019application de diverses souches de staphylocoques produisant un antibiotique naturel, dont des souches de S.epidermidis et de S.hominis, sur la peau de personnes infectées par le S.aureus avait permis de réduire ef ficacement la présence de ces bactéries indésirables.«Comme les bactéries vivant dans l\u2019intestin affectent la santé humaine, on peut imaginer qu\u2019il en est de même de celles colonisant la peau.Nous disposons de données préliminaires qui laissent penser que les bactéries vivant sur la peau pourraient affecter d\u2019autres aspects de la santé humaine que les maladies de la peau, dont le système immunitaire, le système nerveux et le système endocrinien», avance le spécialiste.Dès la naissance Les chercheurs croient que les humains acquièrent ces souches bactériennes au début de leur vie.« Le premier environnement auquel le bébé est exposé est le canal génital de la mère », fait remarquer le Dr Gallo avant de préciser que les bactéries sur la peau des bébés nés par voie naturelle sont différentes de celles présentes sur celle de bébés nés par césarienne.Le microbiome de la peau dont la composition varie d\u2019une partie du corps à l\u2019autre peut se modifier au cours de la vie.« Les maladies peuvent induire des changements, certains styles de vie peuvent aussi l\u2019af fecter.La sécrétion d\u2019hormones à partir de la puberté induit également d\u2019im- por tants changements », in- dique-t-il.« D\u2019après plusieurs études, un lavage régulier des mains et une hygiène régulière du corps par douche ou bain n\u2019affectent pas significativement les bactéries vivant sur notre peau, car elles sont protégées dans le creux des follicules pileux», souligne le Dr Gallo, qui mène présentement une étude clinique visant à éprouver l\u2019utilisation de bactéries pour traiter l\u2019eczéma.Le Devoir MÉDECINE Une bactérie contre le cancer de la peau Cette souche bactérienne est présente sur la peau d\u2019environ 80 % des humains DRS.GALLO AND NAKATSUJI, DERMATOLOGY, UC SAN DIEGO Certaines bactéries habitant sur la peau humaine produisent une molécule qui inhibe la croissance des cellules cancéreuses.Baisse de salaires : Barrette met les médecins au défi Le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette, met au défi les médecins qui le souhaitent de renoncer à leurs augmentations de salaire.Il doute que cela aboutisse, parce que seulement une minorité sont vraiment prêts à une telle concession.«Si les médecins collectivement sentent aujourd\u2019hui un malaise moral face à cette situation-là au point de virer leur position de bord, je peux vous garantir que je vais l\u2019utiliser ailleurs», a-t-il déclaré mercredi alors que les journalistes lui demandaient de réagir à la sortie du Regroupement des médecins omnipraticiens pour une médecine engagée (ROME).Mardi, le ROME proposait de soumettre les hausses consenties aux médecins à un nouveau vote pour les allouer plutôt à l\u2019amélioration du système de santé.Le Devoir J E S S I C A N A D E A U L es quelque 400 élèves qui n\u2019ont pas d\u2019école dans leur quartier Peter-McGill au cen- tre-ville de Montréal devront patienter encore.Le projet d\u2019école primaire, qui devait être incorporée dans le nouveau complexe immobilier en construction, n\u2019est plus dans les plans du promoteur qui vient de mettre un terme aux négociations.« Malheureusement, c\u2019est un rendez-vous manqué », tranche Serge Goulet, président de Devimco Immobilier.Pourtant, le projet d\u2019inclure une école primaire sur le site de l\u2019ancien hôpital pour enfants de Montréal était en négociation depuis plus de deux ans.Et le promoteur af firme qu\u2019il était très emballé par l\u2019idée d\u2019être «le premier » à inclure une école primaire dans un projet immobilier d\u2019une telle ampleur en plein centre-ville de Montréal.C\u2019est d\u2019ailleurs un point qui a été évoqué lors des consultations à l\u2019Office de consultation publique de Montréal, qui se disait favorable à la construction d\u2019une école sur le site qui accueillera des tours à condos de 20 et 30 étages, des appartements locatifs, des logements sociaux pour des familles et même un centre communautaire.Besoins des nouvelles familles La construction d\u2019une école primaire aurait pu répondre aux besoins de toutes ces nouvelles familles, mais également des enfants du quartier, qui doivent se rendre en autobus dans les écoles des quartiers avoisinants.La commission scolaire estime qu\u2019il manque l\u2019équivalent de 37 classes dans ce secteur.Alors, la possibilité de faire construire une école par le promoteur Devimco au sein même de son complexe et de devenir locataire dans une formule d\u2019emphytéose était une occasion que la CSDM ne souhaitait pas laisser passer.Une dernière rencontre a eu lieu la semaine dernière entre le promoteur, la CSDM, le ministère de l\u2019Éducation et la Ville de Montréal.«Le promoteur nous a dit que 80% de ses condos étaient vendus et qu\u2019il n\u2019y avait donc plus de place pour une école primaire, déplore la commissaire de Ville-Marie, Stéphanie Bel- lenger-Heng.Il nous a dit qu\u2019on avait mis trop de temps, mais depuis le début, on a toujours dit qu\u2019on avait besoin de temps pour avoir l\u2019aval du ministère et pour les règles budgétaires.» Elle avait toujours espoir d\u2019un «geste d\u2019ouverture » de la part du promoteur lorsque Le Devoir lui a parlé en après- midi mercredi.Mais en soirée, le prési - dent de Devimco a clairement af firmé au Devoir qu\u2019il avait fait une croix sur le projet .La rencontre de la semaine dernière était, selon lui, un « post-mortem ».« Je comprends que c\u2019est long, car ce sont trois entités assez complexes et il y a un nouveau modèle à créer de A à Z, explique le promoteur Serge Goulet.Mais pour mener un projet immobilier, comme pour tout projet, ça prend des échéanciers, et on en a donné plusieurs.On a attendu, et longtemps.Mais on ne peut pas discuter de ça pendant cinq ans.Le dernier échéancier qu\u2019on leur a donné, in ex- tremis, on leur a demandé une entente signée pour la fin de l\u2019année 2017.Il n\u2019y en a pas eu.On a commencé à construire au retour des vacances.» Selon lui, même si une proposition formelle était présentée demain matin, il est trop tard.«Les délais sont passés», répète-t-il.Le Devoir Un projet d\u2019école primaire au centre-ville abandonné Le promoteur Devimco jette le blâme sur la CSDM, la Ville de Montréal et le ministère de l\u2019Éducation L\u2019Association des optométristes du Québec ne reconnaît pas le droit du gouvernement de les forcer à œuvrer dans le régime public C\u2019est un rendez-vous manqué Serge Goulet, président de Devimco Immobilier « » Sandra Perron est devenue en 1992 la première femme des Forces armées canadiennes (FAC) à intégrer des unités de combat.Mais pendant sa car rière de treize ans, le sexisme rampant et la violence ont laissé des cicatrices indélébiles sur son âme et son corps.Récit d\u2019une battante.I S A B E L L E P A R É J amais Sandra Perron, capitaine des Forces armées déployée en Croatie et en Bosnie, n\u2019aurait pensé que ses pires ennemis se trouveraient un jour du même côté de la ligne de front qu\u2019elle.Au cours de sa carrière, elle sera violée, battue, humiliée par certains de ses collègues, et même harcelée par la police militaire, raconte-t- elle dans le récit de sa vie passée au sein des Forces armées canadiennes, intitulé Seule au front.Sandra Perron était seule au front quand elle a décidé, à la fin des années 1980, qu\u2019elle rejoindrait les FAC pour réaliser son rêve d\u2019intégrer un jour les unités de combat, tout par ticulière- ment l\u2019unité aéroportée.Ce qu\u2019elle ignorait, c\u2019est qu\u2019elle resterait seule, pendant toutes ses années, à tenter de percer la bulle d\u2019un monde d\u2019hommes, réfractaire à la présence des femmes.Viol et violences Fille de militaire, élevée sur une base de l\u2019armée canadienne, sa vision idéale de l\u2019armée, symbole de loyauté et d\u2019intégrité, sera rapidement ébranlée.Victime d\u2019un viol par un autre étudiant pendant ses études à la fin des années 1980, elle tait le tout et subit un avortement en secret, par crainte de voir sa carrière compromise.Seule femme parmi une meute d\u2019aspirants of ficiers, Sandra joue les « Rambo » pour être acceptée de ses pairs et encaisse les sarcasmes constants de certains collègues durant sa formation à la base militaire de Gage- town au Nouveau-Brunswick.Lors d\u2019un exercice de combat, sans être aver tie, elle se retrouve attachée mains liées, yeux bandés en plein hiver à un arbre, en chaussettes.Pendant quatre heures, sans voir ses agresseurs, elle sera battue, giflée au visage pour « tester » sa résistance, lors d\u2019une prise de prisonniers simulée.Elle vivra une fausse exécution sommaire.Une enquête interne sera déclenchée contre son gré par l\u2019armée sur ce dérapage, mais les supérieurs impliqués seront lavés de tous blâmes.«Pour moi, c\u2019était normal d\u2019encaisser des coups quand on veut aller à la guerre ! » Elle garde aujourd\u2019hui des séquelles de cette nuit d\u2019enfer.Ses pieds bleus et gonflés par le gel à l\u2019époque ne peuvent plus suppor ter aucune exposition au froid.« Mes pieds sont finis », confie Sandra, aujourd\u2019hui dans la jeune cinquantaine.Même après avoir quitté l\u2019armée en 1996, elle n\u2019a jamais dénoncé ses agresseurs, ou voulu intenter de poursuites pour blessures physiques, dit-elle.« Je ne voulais pas devenir le visage de l\u2019abus, être une victime.Je voulais être vue comme une soldate.» À part ses pieds enflés, ses parents ne sauront rien de ce qu\u2019elle a dû endurer avant d\u2019être intégrée au sein du Royal 22e régiment, un milieu encore gangrené par la culture machiste.Humiliée Traitée de « feinte-à-seins », de «sniper snatch», la tête plongée dans une cuvette de toilette, elle est privée d\u2019informations cruciales et voit son matériel saboté par certains collègues pendant sa formation au combat.Certains l\u2019attachent même à la tourelle d\u2019un véhicule blindé pour la faire échouer lors d\u2019un exercice sur le terrain.Elle restera au sein des Forces, malgré tout.Une officière modèle, imperturbable.Pourquoi?« J\u2019aimais les manœuvres.Pour moi, le reste, c\u2019était du bruit de fond.J\u2019avais toujours espoir d\u2019être acceptée par le groupe.L\u2019exclusion au quotidien, pour moi, c\u2019était bien pire que les cas d\u2019agression », confie-t-elle.Elle devient en 1992 première femme combattante du Royal 22e régiment, envoyée en mission en Bosnie, puis en Croatie, où, comme capitaine formée au maniement des missiles TOW, elle commande un peloton antichar.À son retour, malgré son grade, on oppose un non catégorique à sa demande d\u2019intégration au régiment aéroporté.La coupe était pleine.Voyant son rêve lui filer entre les doigts, elle quitte les FAC en 1996, la mort dans l\u2019âme.Elle avait évité les mines en Croatie, mais ne pouvait rien contre celles que continuaient de poser ses supérieurs masculins sur son chemin.«Ils me faisaient marcher à quatre pattes, lance-t-elle, mais moi, je voulais courir!» Le corps n\u2019oublie pas Sandra Perron a refait sa vie, adopté des enfants et fait une belle carrière chez GM et Bombardier.Mais en 2014, son passé est revenu la hanter.Après avoir couché sur papier son récit autobiographique, elle a craqué.« Je me suis retrouvée en petite boule à l\u2019hôpital, aux prises avec un épisode de syndrome de stress post-traumatique.Ma tê te ava i t oubl ié les épreuves, mais pas mon corps», dit celle qui travaille toujours à s\u2019en remettre.Même si elle garde de précieux souvenirs des moments vécus dans l\u2019armée avec des « alliés fidèles », elle reconnaît aujourd\u2019hui son erreur et encourage les femmes à dénoncer le harcèlement.Briser le silence plus tôt aurait peut-être évité à d\u2019autres femmes militaires d\u2019être harcelées à leur tour, regrette-t-elle.Sandra Perron, qui se dit toujours très « loyale » envers l\u2019armée, n\u2019entend pas se joindre aux actions collectives intentées au nom de centaines d\u2019ex-femmes militaires réclamant un milliard du gouvernement fédéral pour avoir omis de les protéger du harcèlement sexuel qui régnait dans les rangs.Plus besoin, dit-elle.En avril 2017, son livre en anglais a été lancé en présence de plusieurs hauts gradés des FAC.Un sous-ministre de la Défense, informé de son état de santé, lui a même dit : « On ne vous laissera pas tomber une deuxième fois.» «Après la sortie de mon livre, j\u2019ai reçu des lettres d\u2019excuses de la part de collègues qui m\u2019ont harcelée, même de mes pires détracteurs.Pour moi, cela a eu plus de valeur que la meilleure des compensations», sourit l\u2019ex- capitaine.De grandes victoires, gagnées cette fois sur son propre champ de bataille.Le Devoir SEULE AU FRONT Un témoignage de la première officière de l\u2019infanterie canadienne Sandra Perron Québec Amérique, 2017 L E D E V O I R , L E J E U D I 1 E R M A R S 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Sandra Perron avait décidé à la fin des années 1980 de rejoindre l\u2019armée pour réaliser son rêve d\u2019intégrer un jour les unités de combat, tout particulièrement l\u2019unité aéroportée.Seule au front, blessée au combat Viol, harcèlement et violence : le parcours difficile de la première femme dans l\u2019infanterie canadienne Je ne voulais pas devenir le visage de l\u2019abus, être une victime.Je voulais être vue comme une soldate.Sandra Perron, ancienne capitaine des Forces canadiennes « » L I S A - M A R I E G E R V A I S A voir plus d\u2019amis québécois n\u2019est pas garant d\u2019une intégration réussie.Par contre, il semblerait que le contraire, avoir peu d\u2019amis au sein de la société d\u2019accueil, est signe de davantage de discrimination et d\u2019une moins bonne intégration.C\u2019est ce que révèlent les résultats préliminaires d\u2019une étude menée par Marina Dou- cerain, professeure au Département de psychologie de l\u2019UQAM, qui s\u2019est intéressée au rôle que joue le réseau social (famille, amis et autres relations interpersonnelles) chez les nouveaux arrivants d\u2019origine maghrébine.Dans cette recherche financée par le Fonds de recherche du Québec \u2013 Société et culture, quelque 50 Maghrébins, presque à parité hommes- femmes, ont eu à répondre à un questionnaire permettant de dresser le portrait de leur réseau social \u2014 qui sont les personnes de ce réseau, quelle langue parlent-ils, etc.\u2014 et d\u2019évaluer leur sentiment d\u2019intégration.Mais avant toute chose, la chercheuse s\u2019est penchée sur un facteur non pas psychologique, mais plutôt biologique qui jouerait un rôle certain dans l\u2019intégration d\u2019un immigrant : l\u2019arythmie respiratoire sinusale, soit la variation de la fréquence cardiaque pendant un cycle de respiration.O r , f a i t étonnant, la r echer che en psychologie culturelle et sociale associe ce trait phys io logique à une plus grande facilité à s\u2019engager socialement, à détecter les émotions et\u2026 à s\u2019intégrer à la société.«C\u2019est un trait physiologique qui nous aide à bien naviguer dans les interactions sociales», a indiqué Mme Doucerain, également directrice du Laboratoire Culture, Identité et Langue.Plus cette arythmie est prononcée et plus grande est la capacité d\u2019adaptation à la «vie canadienne».Une corrélation que la chercheuse a encore une fois confirmée dans ces récentes observations des Maghrébins.«On réplique exactement ce qu\u2019on avait trouvé en 2016», dit- elle, parlant de travaux auxquels elle a collaboré et qui ont été publiés dans le Journal of Cross- Cultural Psychology.«Les gens qui ont une plus grande arythmie sont ceux qui se disaient plus intégrés à la société.» Un réseau équilibré Sur le plan social, la chercheuse observe qu\u2019il n\u2019y a pas de relation directe entre le grand nombre d\u2019amis ou de collègues québécois que peut avoir un immigrant et son intégration.Mais lorsque ce dernier a peu d\u2019amis du Québec ou que son réseau social est mal équilibré, il semble vivre davantage de discrimination.Autre fait à souligner: les personnes qui viennent d\u2019autres cultures, pas juste la maghrébine, ont un grand rôle à jouer, a remarqué Mme Doucerain.«C\u2019est plus important que le nombre de Canadiens ou de Québécois qu\u2019un immigrant a dans son groupe d\u2019amis.» Au bout du compte, un réseau social équilibré semble être la clé pour se sentir bien et intégré là où on vit.La chercheuse est en recrutement auprès de la communauté maghrébine de Montréal pour au moins doubler son échantillon.Elle souhaite notamment étudier les relations qu\u2019ont les membres d\u2019un réseau social entre eux, et l\u2019importance de chacune de ces personnes, pour en observer l\u2019impact sur l\u2019intégration d\u2019un immigrant.Le Devoir SOCIÉTÉ Les Maghrébins sous la loupe d\u2019une chercheuse Des signaux des premières étoiles de l\u2019univers détectés Paris \u2014 Des astronomes sont parvenus à détecter pour la première fois des signaux liés à l\u2019apparition des premières étoiles il y a 13,6 milliards d\u2019années, peu après la naissance de l\u2019univers, selon une étude qui a suscité mercredi l\u2019effervescence de la communauté scientifique.La découverte, annoncée dans la revue Nature, demande toutefois encore à être confirmée par d\u2019autres équipes et d\u2019autres instruments plus puissants.La communauté des astrophysiciens a été surprise par l\u2019intensité des signaux observés, car cela laisse supposer que l\u2019univers s\u2019est refroidi plus vite qu\u2019on ne le pensait.Cela pourrait conduire à revoir les modèles cosmologiques et peut-être permettre de mieux comprendre la mystérieuse matière noire, invisible pour les télescopes, mais qui compose plus du quart de l\u2019univers.Agence France-Presse Les risques des «néonics » pour les abeilles confirmés Bruxelles \u2014 L\u2019Agence européenne pour la sécurité des aliments, l\u2019Efsa, a confirmé mercredi le risque pour les abeilles posé par trois néonico- tinoïdes actuellement soumis à des restrictions d\u2019usage dans l\u2019UE, dans un rapport attendu de longue date.Cet avis a immédiatement déclenché chez les défenseurs de l\u2019environnement des appels à une interdiction encore plus stricte, voire totale.L\u2019avenir de ces trois pesticides néonicotinoïdes, substances neurotoxiques qui s\u2019attaquent au système nerveux des insectes, est en suspens dans l\u2019Union européenne depuis 2013 après une première évaluation de l\u2019agence scientifique.Agence France-Presse Au moins 35 ans de prison pour Hudon-Barbeau Benjamin Hudon-Barbeau, l\u2019homme connu au Québec pour sa spectaculaire évasion de prison en hélicoptère, a été condamné à une peine rarement vue: pour avoir commandité deux meurtres et deux tentatives de meurtre, il a écopé de la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 35 ans.Dans son jugement, la juge France Charbonneau de la Cour supérieure a souligné que les perspectives de réhabilitation de l\u2019homme à court, moyen et même long terme sont «quasi inexistantes».Il y a un risque de récidive très important, note-t- elle, ajoutant que l\u2019homme était motivé par «un désir de vengeance et l\u2019appât du gain».La Presse canadienne Plus cette arythmie est prononcée et plus grande est la capacité d\u2019adaptation à la « vie canadienne » l est arrivé à la présidence en 2012 sur la promesse de replacer la Chine au centre des affaires du monde.Xi Jinping se sera employé à partir de là à concentrer le pouvoir entre ses seules mains, comme avant lui seul Mao avait réussi à le faire.État, parti, armée, économie\u2026 Plus rien n\u2019échappe au contrôle de cet homme de 69 ans, recon?rmé dans ses fonctions en octobre dernier pour un second mandat de cinq ans à l\u2019issue du congrès du Parti communiste chinois, lequel avait entériné en grande pompe son «socialisme à la chinoise de la nouvelle ère ».Dans ce contexte, l\u2019abrogation annoncée dimanche de la limite constitutionnelle des deux mandats présidentiels ne représente en fait que l\u2019aboutissement logique d\u2019un processus de consolidation du pouvoir par lequel M.Xi a passé les six dernières années à s\u2019installer méthodiquement au centre du centre.Avec musellement à la clé de l\u2019opposition sous toutes ses formes.Quelque autoritaire qu\u2019ait toujours été le système politique chinois à par ti unique, il avait au moins reposé à par tir des années 1990, avec l\u2019arrivée au pouvoir du président Jiang Zeming, sur un régime de normes institutionnelles, dont les principales ont été la limite de deux mandats \u2014 pour éviter le retour d\u2019une dictature personnalisée à la Mao \u2014 et l\u2019exercice du pouvoir fondé sur le consensus et une certaine collégialité.Beaucoup ont nourri l\u2019espoir que cette dynamique augurait une Chine encline à élargir les libertés et à se constituer en État de droit.Au lieu de quoi, la Chine semble maintenant entrer, sous la gouverne d\u2019un président qui s\u2019y voit à vie, dans un cycle à outrance d\u2019arbitraire, d\u2019impunité et de dictature personnalisée.Rien qui vaille pour la dissidence.En même temps que pari risqué pour l\u2019« empereur Xi », disent des sinologues, comme il se trouve au fond à saboter les règles de gouvernance consen- suelle qui ont rendu le système autoritaire chinois si résilient.M.Xi ne concentre pas aujourd\u2019hui le pouvoir sans avoir fait le vide autour de lui dans les factions rivales au sein du parti.Que, par exemple, faiblisse radicalement l\u2019économie de consommation dont béné?cie aujourd\u2019hui une grande partie des Chinois, et c\u2019est la seule légitimité de cet État-président qui écopera.Vu sous cet angle, l\u2019homme se fragilise.Qui sait donc quelles conséquences il pourrait en découler ?Pour l\u2019heure, Xi Jinping s\u2019inscrit dans le prolongement de ce sale phénomène de régression ultra-autoritaire dont Vladimir Poutine en Russie et Recep Tayyip Erdogan en Turquie sont les ?gures de proue.Un phénomène contagieux que l\u2019élection de Donald Trump aggrave.Fut un temps où les manœuvres de M.Xi auraient été vivement critiquées dans les capitales occidentales, à défaut d\u2019être accompagnées de mesures concrètes d\u2019obstruction.Qu\u2019il y ait silence de mort aujourd\u2019hui est bien le signe que nos démocraties manquent particulièrement de tonus et que nos gouvernements, y compris celui du Canada, sont prêts à toutes les complaisances au nom du développement de leurs relations commerciales avec Pékin.Le Bloc québécois n\u2019a plus que trois députés aux Communes, les sept autres ayant décidé de quitter le caucus pour protester contre les manières et les positions de leur chef, Martine Ouellet.Cette dernière s\u2019accroche.Elle devrait plutôt se remettre en question.ès son premier discours comme chef du Bloc québécois, Mar tine Ouellet avait semé la grogne en prenant les vétérans du parti à rebrousse-poil, prenant de haut leur approche pendant les 25 années précédentes.Mercredi, sept des dix députés du Bloc, dont quatre anciens partisans de Mme Ouellet et le doyen et fondateur du par ti Louis Plamondon, lui ont retiré leur confiance et ont quitté le caucus pour former un nouveau groupe de députés indépendants aux Communes.Le choix ne fut pas facile, et M.Plamondon était fortement ému en faisant une déclaration au nom de ses collègues.Que cet homme affable et accommodant en soit rendu là en dit beaucoup sur les problèmes de leadership de Martine Ouellet et son incapacité à faire des compromis et à travailler en équipe.Cette crise était prévisible, puisque l\u2019insatisfaction ne cesse de faire surface depuis un an.La démission dimanche du leader parlementaire Gabriel Sainte-Marie, un des premiers partisans de Mme Ouellet, a con?rmé que les choses n\u2019ont fait que s\u2019envenimer.Le sor t du Bloc risque de se jouer au cours des prochains mois si la dissension perdure, et le mouvement souverainiste devrait s\u2019en inquiéter.Ce parti n\u2019a pas été créé pour rien et sa raison d\u2019être a toujours sa pertinence, malgré le passage des années.Le Bloc est là pour of frir au Québec une voix distincte à Ottawa et donner aux souverainistes l\u2019assurance qu\u2019il n\u2019y aura pas que des fédéralistes québécois en poste aux Communes pour parler au nom du Québec au lendemain d\u2019une éventuelle victoire du Oui.C\u2019était la préoccupation première des pères du Bloc qui ont vécu le rapatriement de la Constitution en 1982.L\u2019intransigeance de Mme Ouellet n\u2019a pas aidé ses relations avec ses députés, mais le problème est plus profond.C\u2019est la dé?ni- tion même de la mission du Bloc qui déchire les troupes.Pour Mme Ouellet, le Bloc est un outil de promotion de l\u2019indépendance et rien d\u2019autre.Pour les députés démissionnaires, la mission du parti est double, et ce, depuis sa fondation : représenter les Québécois et défendre leurs intérêts à Ottawa d\u2019une part et, de l\u2019autre, faire la promotion de l\u2019indépendance.La première sert, selon eux, à démontrer la nécessité de la seconde, sans avoir à toujours souligner cette conclusion à gros traits.La course à la direction n\u2019a pas permis de régler ce conflit, Mme Ouellet ayant été élue par acclamation.Elle est loin de ses troupes, ce qui n\u2019arrange rien.Elle siège toujours à Québec.Elle ne maîtrise pas les dossiers fédéraux, mais doute souvent du jugement de la plupart de ses députés sur ce front.Elle n\u2019en a que pour la promotion de l\u2019indépendance et af fiche une incompréhension du rôle du Bloc.De toute évidence, elle loge à la mauvaise adresse et, à moins de changer radicalement de cap, elle devrait démissionner.Surtout si elle se soucie de la pérennité du Bloc.L E D E V O I R , L E J E U D I 1 E R M A R S 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Retour québécois sur Pyeongchang Le rideau est tombé sur les Jeux de Pyeongchang et les bilans se sont multipliés dans les médias québécois.Mais personne n\u2019a souligné le fait que la Norvège, impressionnante première au classement olympique avec 39 médailles, loin devant l\u2019Allemagne (83 millions d\u2019habitants) et le Canada (36 millions d\u2019habitants), est une ancienne province de Suède qui s\u2019en est séparée par référendum en 1905.À l\u2019époque, les Norvégiens se sont fait dire que s\u2019ils votaient « oui », la Nor vège indépendante s\u2019exposait à l\u2019effondrement économique et au chaos social.Je soupçonne que ce prospère petit pays nordique de 5 millions d\u2019habitants ne regrette pas son choix.Et qui oserait dire aujourd\u2019hui que le peuple norvégien n\u2019existe pas, comme le pense encore une majorité de Canadiens anglais à propos du peuple québécois?Il faut aussi noter qu\u2019en excluant les médailles des équipes féminine et masculine de hockey, 12 des 27 autres médailles canadiennes ont été rempor tées par des athlètes québécois.Ainsi, le Québec a produit 44% des médailles canadiennes, soit le L I B R E O P I N I O N T E X T E C O L L E C T I F Lettre adressée au premier ministre Philippe Couillard Au cours des dernières années, nous avons tous eu la chance, pour ne pas dire le privilège, de recevoir une décoration de votre part, de celle du ministre de la Culture et des Communications ou encore de celle de la ministre des Relations internationales et de la Francophonie.Chaque fois, nous nous sommes fait dire que le Québec nous était reconnaissant parce que nous avions contribué à accroître son rayonnement sur la scène internationale.Certains d\u2019entre nous ont même été qualifiés «d\u2019ambassadeurs culturels» du Québec.Jusqu\u2019à tout récemment, nous n\u2019avions aucune raison de douter de la sincérité de ce témoignage de reconnaissance.Ce n\u2019est toutefois plus le cas depuis que nous savons que le Conseil du trésor, appuyé visiblement par le ministère des Relations internationales et de la Francophonie, a de nouveau jugé bon de réduire la subvention qui est accordée à l\u2019Association internationale des études québécoises et de l\u2019obliger à s\u2019autofinancer à plus ou moins brève échéance.Comment peut-on prétendre être reconnaissant envers certains des membres de cette association, comme c\u2019est notre cas, et faire montre d\u2019autant d\u2019ingratitude envers tous ses membres qui pourtant sont aussi méritants que nous ?Il s\u2019agit là d\u2019un paradoxe qui nous laisse perplexes, découragés, et même, pour certains d\u2019entre nous, amers.Comme le déclarait récemment Richard Prieur, le directeur général de l\u2019Association nationale des éditeurs (ANEL), « cet organisme à but non lucratif fort estimé a contribué à faire connaître plusieurs écri- vaines et écrivains d\u2019ici sur la scène internationale.Couper ses ressources financières, c\u2019est hypothéquer sérieusement le rayonnement de notre littérature à un moment où elle est fortement recherchée sur la scène internationale ».Pour sa par t, dans un ar ticle récent par u dans La Presse, l\u2019éminent historien et sociologue Gérard Bouchard a qualifié l\u2019AIEQ de «formidable vitrine de la culture et de l\u2019ensemble de la société québécoise à l\u2019étranger, en même temps qu\u2019un instrument d\u2019animation exemplaire ».Nous sommes témoins de la justesse de ces remarques, parce que nous avons consacré notre temps et notre expertise à faire rayonner le Québec dans nos pays respectifs.Nous vous demandons donc, avec insistance, de tout mettre en œuvre pour que cette décision de priver l\u2019AIEQ de ressources, qui lui sont indispensables pour pouvoir continuer à faire rayonner le Québec sur la scène internationale, soit annulée.Nous vous demandons également de faire en sorte que cette association puisse à l\u2019avenir bénéficier d\u2019un financement plus important que celui qui lui est accordé présentement et que, par surcroît, elle puisse jouir de l\u2019autonomie de gestion qu\u2019il lui faut pour remplir sa mission avec encore plus d\u2019efficacité.Convaincus que vous comprendrez l\u2019urgence et l\u2019importance de ne pas nous décevoir en nous manifestant à nouveau votre gratitude, à travers les gestes concrets que vous poserez pour faire en sorte que l\u2019AIEQ et les membres de son réseau puissent obtenir un soutien à la hauteur de leur mérite, nous vous prions, Monsieur le Premier Ministre, d\u2019agréer l\u2019expression de notre considération.Zila Bernd, Brésil, Ordre national du Québec; Peter Klaus, Allemagne, Ordre national du Québec; Ingo Kolbloom, Allemagne, Ordre national du Québec et Ordre des francophones d\u2019Amérique; Rachel Killick, Royaume-Uni, Ordre des francophones d\u2019Amérique; Marie-Christine Koop, États-Unis, Ordre des francophones d\u2019Amérique; Ursula Mathis Moser, Autriche, Ordre des francophones d\u2019Amérique; David Parris, Irlande, Ordre des francophones d\u2019Amérique; Françoise Tétu de Labsade, France, Ordre des francophones d\u2019Amérique; Milena Santoro, États- Unis, médaille du 50e du MRIF; Françoise Sule, Suède, médaille du 50e du MRIF L\u2019AIEQ est indispensable pour faire rayonner le Québec sur la scène internationale FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET double de sa part de 22% de la population de l\u2019ensemble du Canada.Les Québécois sont-ils donc deux fois meilleurs que les Canadiens anglais en sports d\u2019hiver ?La question est posée.Et puisqu\u2019on est dans les chiffres, laissons la conclusion au regretté poète québécois Gaston Miron, qui lançait jadis une petite phrase que ne renieraient pas les Norvégiens: «On ne peut pas être 25% de quelqu\u2019un d\u2019autre.» Christian Gagnon Montréal, le 28 février 2018 magogie.» Nul ne peut contredire ce besoin pressant et croissant à vitesse grand V.Peut-être avons-nous devant nous l\u2019embryon d\u2019un véritable projet de société ; en faire une priorité nationale comme le propose monsieur Proulx m\u2019apparaît à la fois pertinent, concret et focalisé.De plus, il concerne l\u2019ensemble de notre population et en ce sens pourrait être mobilisateur; nous avons besoin de convoquer la population autour d\u2019un projet de société emballant.S\u2019il permet de rejoindre non seulement les meilleurs de la classe, mais aussi les plus lents, s\u2019il ajoute professionnels, orthophonistes, psychologues, psycho-éduca- teurs pour former de véritables équipes capables d\u2019affronter les exigences tellement fortes de l\u2019éducation de jeunes d\u2019horizons tellement disparates, s\u2019il résulte en une amélioration des conditions d\u2019embauche et de salaire de cette gamme de professionnels, alors oui, mobilisons les Québécois et les Québécoises autour d\u2019un tel projet.Assurons aux enseignants, à leurs syndicats, aux commissions scolaires et aux parents l\u2019occasion d\u2019exposer clairement et publiquement leurs attentes, leurs peurs, leurs réticences et leurs suggestions.Pierre Giguère Québec, le 27 février 2018 BLOC QUÉBÉCOIS Le mauvais capitaine XI JINPING Au centre du centre D I GUY TAILLEFER MANON CORNELLIER Profession: enseignant On apprend que le ministre de l\u2019Éducation Sébastien Proulx propose une vaste réflexion pour valoriser la profession d\u2019enseignant, «l\u2019emploi le plus important dans une société», clame-t-il.Il envisage une série de mesures pour proposer ce métier à l\u2019élite intellectuelle.Bien sûr, on a déjà entendu des propos du genre.Bien sûr, des réformes en éducation, sur tout dans les approches d\u2019éducation, on en a vu plus d\u2019une, au point d\u2019en être saturé.Mais j\u2019avoue que le ton m\u2019apparaît différent.Citons entre autres : «Le ministre décrit la lecture et la culture comme des tremplins vers la formation de citoyens libres, capables de résister à la dé- L E D E V O I R , L E J E U D I 1 E R M A R S 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).J O C E L Y N E R O B E R T Sexologue et auteure de sept livres sur le développement psycho-sexuel et affectif de l\u2019enfant e suis inquiète.Ce que j\u2019entends et lis dans les médias, la tendance actuelle, me porte à croire que les cours d\u2019éducation à la sexualité risquent bien de porter surtout sur les aspects négatifs de la sexualité : agressions, homophobie, exploitation, machisme, violence, sexisme, dangers\u2026 Un rappel.Lorsqu\u2019on s\u2019est mis à ne plus parler que des dangers, des risques, des maladies et du sida dans les années 1985-1990, au détriment des aspects positifs de l\u2019expression sexuelle, on a fait peur aux jeunes.On les a dégoûtés à un point tel qu\u2019ils n\u2019avaient même plus envie de nous entendre en parler, plus envie de se protéger.Ce sont les prémisses de la sexualité qui les intéressaient.Pas les méfaits, les dangers, les maladies et la mort.Ce sont les prémisses de la sexualité qui les intéressent toujours.Et c\u2019est à la condition expresse de mettre l\u2019accent sur l\u2019enseignement de ces prémisses qu\u2019on agira sur les conséquences néfastes, fâcheuses et destructives de la sexualité.Pour qu\u2019une éducation à la sexualité soit efficace, il faut : D\u2019abord la situer dans une perspective déve- loppementale, c\u2019est-à-dire dans une perspective de croissance et d\u2019enrichissement.Ensuite dans un contexte culturel et social élargissant la dimension biologique.Il faut parler des beautés de la sexualité : la fierté d\u2019être fille ou garçon, la connaissance de soi, l\u2019estime de soi, l\u2019attrait, l\u2019émotion, la solidarité, le respect, le désir, le plaisir et le droit au plaisir, la responsabilité, la liberté, le partage, l\u2019affection, les sentiments\u2026 Il faut non pas se contenter de transmettre des connaissances, mais pouvoir aider l\u2019enfant à intégrer ces informations dans sa personnalité, dans sa manière d\u2019être, dans son fonctionnement, de sorte qu\u2019il, elle, acquiert du pouvoir sur sa vie.Il faut ancrer cet enseignement dans des valeurs humanistes et universelles transcendant les religions : respect de soi et d\u2019autrui, égalité, responsabilité, dignité.Et je m\u2019arrête, pour rester dans le contexte de cette courte lettre.Une sexualité saine Hélas, l\u2019éducation à la sexualité sera encore une fois un coup d\u2019épée dans l\u2019eau si elle n\u2019est pas abordée dans sa globalité.De même qu\u2019un enfant ne saurait se protéger des abus sexuels s\u2019il n\u2019a pas compris d\u2019abord et avant tout ce qu\u2019est une sexualité saine, nos jeunes ne sauront se prémunir contre les agressions ou se prémunir de devenir agresseurs si on ne leur a pas d\u2019abord appris, sereinement et avec aplomb, ce que sont le consentement, l\u2019attirance, le désir, l\u2019égalité, la dignité, la réciprocité\u2026 Forte de plus de trente ans d\u2019intervention en éducation à la sexualité, et m\u2019appuyant sur des dizaines de milliers de commentaires, de témoignages et de confidences de jeunes de tous âges, je demande au ministre de l\u2019Éducation, monsieur Sébastien Proulx, et au législateur : D\u2019inclure au menu scolaire obligatoire un vrai et complet programme d\u2019éducation à la sexualité, à l\u2019affectivité et à l\u2019égalité depuis le préscolaire jusqu\u2019à la fin du secondaire.De confier l\u2019enseignement de cette matière cruciale, visant le savoir-être, à des personnes compétentes possédant la formation universitaire, les connaissances, l\u2019aisance, l\u2019aplomb pédagogique et l\u2019aptitude à ne pas se laisser déstabiliser ou angoisser par des situations qui rendraient toute personne non habilitée mal à l\u2019aise et inefficace.Je le fais au nom des dizaines de milliers d\u2019enfants et d\u2019adolescents, ainsi que de leurs parents, souvent de bonne foi mais dépassés, que j\u2019ai croisés sur ma route professionnelle.Aussi au nom des enseignants déjà débordés, croulant sous le poids de leurs innombrables fonct ions, qu i ne demandent pas mieux que d\u2019être relevés de cette charge supplémentaire.Qui, à part l\u2019école, peut rivaliser avec le modèle ambiant prédominant, lequel transmet à nos jeunes le message pervers d\u2019une sexualité de consommation, d\u2019objectivation et de domination ?Seul le milieu scolaire peut accomplir ce nécessaire suivi éducatif, uni - forme, accessible à tous et toutes, tout au long des douze années de leur formation scolaire primaire et secondaire.Il est urgent que notre société prenne ses responsabilités à ce chapitre.Pour vrai.Le retour de l\u2019éducation à la sexualité à l\u2019école a été réclamé depuis des années par le biais d\u2019innombrables pétitions et par à peu près tous les acteurs de la communauté.Il ne suffit pas de le ramener en contexte électoral.La volonté politique doit se manifester avec cohérence et doit mettre en place tous les moyens et toutes les ressources nécessaires pour que soit opération- nalisé et mené à terme efficacement ce nécessaire programme.Autrement, il sera encore une fois laissé à la discrétion de chaque école, improvisé, à la pièce et à la petite semaine.L\u2019éducation à la sexualité doit être abordée dans sa globalité A N D R É E F O R T I N N I C O L E B A R C L A Y L O R R A I N E D U C H E S N E - N O I S E U X M O N I Q U E P R O U L X Citoyennes de Montréal Lettre à la mairesse Valérie Plante otre administration propose dès ce printemps un projet pilote qui verra à ne plus permettre le transit automobile dans le parc du Mont-Royal en créant une « zone tampon » au centre du parc à laquelle seuls piétons et cyclistes auront accès.En somme, un automobiliste pourra accéder au parc soit par l\u2019ouest, soit par l\u2019est, mais ne pourra en aucun cas le traverser.Il est prévu que les transpor ts en commun soient plus nombreux et que les places de stationnement soient limitées.Une solution moderne axée sur la mobilité active, le droit des cyclistes et celui des piétons.De nom - breux citoyens se sont opposés au projet suggérant plutôt des façons de réduire la vitesse automobile sur le mont Royal et de rendre ainsi le transit moins attrayant pour gens affairés.La position de votre administration est restée ferme.Après tout, la résistance au changement est bien connue, comme vous le rappelez si bien.Mais pour être moderne, votre projet ne doit-il pas prendre en compte la réalité démographique de notre ville ?À Montréal, près de 20 % des personnes sont âgées de plus de 65 ans, et cela ira en s\u2019accroissant.Plusieurs aînés restent très «mobiles», mais peut-être moins «actifs» au sens où l\u2019on peut l\u2019entendre .Pour plusieurs Montréalais âgés, traverser à pied la « zone tampon » du parc du Mont-Royal s\u2019avérera dif ficile.Pour d\u2019autres, prendre un bus pour s\u2019y rendre, une solution impossible.Pour d\u2019autres, enfin, être privés du plaisir contemplatif de traverser le parc en voiture, une véritable tristesse\u2026 Une administration municipale responsable et axée sur l\u2019avenir doit tout mettre en œuvre pour que les résidents aînés restent des citoyens à par t ent ière, et le plus en forme et actifs que possible.Cela passe par le droit de fréquenter le magnifique parc du Mont-Royal à la manière qui convient le mieux à leur situation.C\u2019est pourquoi nous plaidons pour préserver le transit automobile dans le parc.Pour éviter l\u2019utilisation de la voie Camillien-Houde comme une autoroute urbaine, nous proposons d\u2019interdire le transit automob i le aux heures de pointe.Nous suggérons également de réduire la vitesse automobile dans le parc en modifiant l\u2019aménagement routier.À cet égard, les célèbres lacets de Lombard Sreet de San Francisco paraissent inspi - rants.Et s\u2019il fallait que le transit automobile soit carrément interdit dans le parc, il nous paraît alors indispensable que les limites des accès est et ouest se côtoient, de sor te que le lac des Castors soit facilement accessible aux automobilistes qui vivent de part et d\u2019autre du parc.Enfin, de façon à préserver la sécurité des piétons, des limites de vitesse doivent être imposées aux cyclistes.Entre le moment où l\u2019on devient un aîné et celui où l\u2019on devient candidat à une résidence en CHSLD, il y a une « zone tampon » qu\u2019il convient de protéger.Une administration moderne et responsable comme la vôtre ne peut l\u2019ignorer.C\u2019est à cette condition que Montréal restera une ville où il fait bon vieillir.PARC DU MONT-ROYAL Fait-il bon vieillir à Montréal ?D E N I S M O N I È R E Politologue et essayiste omment expliquer qu\u2019un parti qui vient de faire une des meilleures cam - pagnes de financement des dernières années et qui maintient un haut niveau de soutien dans l\u2019opinion publique vive une crise interne qui amène sept députés à s\u2019en dissocier ?Certains se réfugient derrière l\u2019argument facile du manque de leadership de sa chef.Mais de mon point de vue, cette crise s\u2019enracine dans l\u2019histoire du Bloc et reflète ses ambiguïtés idéologiques.Comme toutes les crises, celle-ci sera salutaire dans la mesure où elle clarifiera la mission du Bloc.Fondé dans le contexte de l\u2019échec du référendum de 1980 et de l\u2019accord du lac Meech, ce parti s\u2019était fixé pour mission de défendre les intérêts du Québec et de contester la légitimité du fédéralisme canadien.Il devait occuper la scène fédérale pour équilibrer le rapport de force entre le Québec et le Canada en empêchant les députés qui représentent le Canada au Québec de se servir de leur pouvoir pour combattre l\u2019émancipation politique du Québec comme cela s\u2019était produit au référendum de 1980 .Les élus du Bloc devaient défendre les intérêts du Québec en attendant que les Québécois choisissent de se donner un pays.Cette ambition n\u2019étant plus à l\u2019ordre du jour depuis le début du XXIe siècle, le Bloc a dû se redéfinir.Sous la direction de Gilles Duceppe, son action s\u2019est éloignée de la logique de libération nationale et s\u2019est recyclée dans le nationalisme minoritaire et la défense des intérêts à cour t terme de groupes particuliers de la société québécoise.Au lieu d\u2019être une force politique au service de la promotion de l\u2019indépendance, le Bloc est devenu une force de pression au service du changement social dans les limites imposées par le régime fédéral.En raison de ce positionnement, il n\u2019est pas étonnant qu\u2019en 2011, les Québécois aient cru que le NPD serait plus ef fi- cace dans la promotion des intérêts sectoriels puisqu\u2019il pourrait exercer le pouvoir.Défendre les intérêts du Québec à Ottawa avait un sens tant et aussi longtemps que l\u2019opt ion de l \u2019 indépendance était à l\u2019ordre du jour, mais à partir du moment où le parti frère provincial se limitait à vouloir gérer une province, l \u2019ut i l ité du Bloc perda it de son sens.C \u2019est le message clair que les Québécois ont envoyé en 2011.Une vocation Depuis, le Bloc se cherche une vocation.Que veut dire défendre les intérêts du Québec alors que les fédéralistes canadiens dominent l\u2019espace public et que les souverainistes ne veulent plus défendre leur option?Cela condamne les députés du Bloc à se mettre à la remorque des événements, à n\u2019avoir aucune initiative et à accepter les termes du débat posés par ses adversaires.Au lieu de continuer à faire comme avant et de jouer à l\u2019autruche en pensant que la donne n\u2019a pas changé, certains dirigeants du Bloc tentent de redéfinir sa mission pour le sortir des ornières du nationalisme et en faire une force active au service de l\u2019accession à l\u2019indépendance.L\u2019arrivée de Mar tine Ouellet à la direction de ce parti a concrétisé cette réorientation et a cristallisé forcément les oppositions de ceux qui creusent les mêmes sillons jusqu\u2019à l\u2019épuisement final.Le Bloc a besoin d\u2019un nouveau souffle, d\u2019un nouvel horizon, et ce nouveau carburant qui peut lui donner une erre d\u2019aller, c\u2019est de tenir un discours qui fait la critique du régime et qui explique aux Québécois ce que l\u2019indépendance et la récupération de tous les pouvoirs permettra de faire.Le Bloc doit être combatif et non pas défensif.Il ne s\u2019agit plus de servir de signal d\u2019alarme aux politiciens canadiens pour leur dire qu\u2019il ne faut pas aller trop loin, ou comment il faudrait faire pour satisfaire les intérêts du Québec ; cette stratégie est dépassée et néfaste parce qu\u2019elle ne réussit qu\u2019à légitimer le régime canadien aux yeux des Québécois.Servir les intérêts du Québec dans le contexte actuel ne peut signifier que le rôle du Bloc servira à minimiser les pertes, à proposer des accommodements, des réformes ou des ajustements aux politiques fédérales pour répondre aux intérêts des groupes d\u2019intérêt.Cette logique d\u2019action ne peut avoir comme effet que de faire accepter le Canada comme gestionnaire du bien-être des Québécois, et de ce fait nier la nécessité de l\u2019indépendance.Les tensions que vit le Bloc québécois en ce moment découlent de cette contradiction que représente la défense des intérêts du Québec à Ottawa alors qu\u2019à Québec, i l y absence de force politique active en faveur de l\u2019indépendance.Le Bloc vit le conflit entre la logique nationaliste qui mène à l\u2019intégration au système canad ien et la logique de l\u2019émancipation nationale.Le Bloc ne pourra survivre qu\u2019en choisissant de se mettre au service de l\u2019intérêt national, c\u2019est-à-dire de la défense et de l\u2019illustration du projet d\u2019indépendance.Son programme doit servir à penser ce que sera le Québec indépendant, à montrer aux Québécois comment les fonctions régaliennes de l\u2019État canadien seront exercées dans le Québec indépendant, ce qui n\u2019empêche pas de prendre position sur les enjeux à court terme.Il s\u2019agit de recali- brer le discours sur l\u2019objectif fondamental pour mieux faire avancer le projet de pays.Que deviendra le Bloc québécois ?PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Martine Ouellet lors de son arrivée à la direction du Bloc québécois MARC BRUXELLE GETTY IMAGES Pour plusieurs Montréalais âgés, l\u2019accès au mont Royal deviendrait dif ficile si le projet de l\u2019administration Plante était appliqué.J C V L E D E V O I R , L E J E U D I 1 E R M A R S 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Rectificatif L\u2019usine de papier Rolland n\u2019appartient plus à Cascades, contrairement à ce qui était écrit dans l\u2019article «Une rareté du papier au Québec affecte des éditeurs d\u2019ici» de Catherine Lalonde publié mercredi.Rolland a été acquise en 2014 par l\u2019américain H.I.G.Capital.députés bloquistes \u2014 André Bellavance et Jean-François Fortin \u2014 claquent la porte parce qu\u2019ils ne se reconnaissent pas dans cette nouvelle direction.M.Fortin fondera même un nouveau parti, Forces et Démocratie.Devant la catastrophe électorale annoncée par les sondages, Mario Beaulieu rappellera finalement en renfort Gilles Duceppe deux mois avant le début de la campagne.« Mario Beaulieu a apporté un changement assez fondamental à la définition du Bloc, note l\u2019ex-député saguenéen Robert Bouchard.Il a choisi de faire la promotion de la souveraineté et de l\u2019indépendance du Québec alors que le Bloc, dans le temps où j\u2019étais député, était voué à la défense des intérêts du Québec, des dossiers régionaux et des consensus de l\u2019Assemblée nationale.» M.Beaulieu n\u2019est plus le chef du Bloc, mais il en est encore le président et il exerce, selon M.Bouchard, un fort ascendant.« Mario Beaulieu est arrivé avec un réseau assez puissant, ce qui fait de lui une personnalité qui a un certain impact sur le parti.» Aussi, quand est venu le temps de lui choisir un successeur, M.Beaulieu a activé son réseau pour privilégier une candidate \u2014 Martine Ouellet \u2014 aussi pressée que lui sur la question de l\u2019indépendance.« Les dés ont été pipés dès le départ.Il a amené son monde quand il était chef et il voulait quelqu\u2019un qui paraissait intransigeant sur la question du Québec.Martine, pour Mario, représentait ça », analyse l\u2019ex-dé- puté Pierre Paquette.Jean-François Fortin, aujourd\u2019hui maire de Sainte-Flavie et professeur de sciences politiques au cégep de Rimouski, estime lui aussi que le groupe de Mario Beaulieu est « très bien organisé ».« Ils ont été en mesure de faire élire Martine Ouellet en étant capables de précipiter la course, croit-il.Le groupe n\u2019est pas majoritaire, mais il contrôle les instances.» Par exemple, le Forum jeunesse du parti est présidé par Camille Goyette-Gingras, qui était jusqu\u2019à tout récemment l\u2019attachée de presse de Martine Ouellet.Plusieurs personnes interrogées par Le Devoir ont vu comme une «mission commandée » la déclaration publique diffusée mercredi matin par le Forum reprochant aux sept députés dissidents leur « entêtement à ne pas vouloir bouger des positions qu\u2019ils ont depuis des années».Martine Ouellet a justement martelé cette semaine qu\u2019elle avait été «élue» chef et qu\u2019à ce titre, sa préférence pour faire du Bloc québécois un outil de promotion de l\u2019indépendance avait été avalisée par les membres.En réalité, Mme Ouellet a été choisie par acclamation.Ce «couronnement», estime Robert Bouchard, n\u2019a pas permis de tenir un vrai débat sur la mission que devrait se donner le Bloc.«Depuis l\u2019arrivée de Mario Beaulieu, le débat n\u2019a pas été tranché.» Mario Beaulieu estime que ses détracteurs sont « mauvais joueurs ».« Je ne vois pas en quoi je noyaute de quelque façon que ce soit.Je suis très présent dans les instances, je le suis depuis 25 ans.Et tout le monde peut faire la même chose.Tous les gens qui ont des opinions différentes ont le droit de se faire élire et ont un droit de vote égal.Quand ce sont des indépendantistes assumés, ils noyautent, mais quand ce sont des gens qui sont pour une approche plus attentiste, ce n\u2019est pas noyauter.C\u2019est deux poids, deux mesures.» Les absents ont toujours tort Plusieurs anciens députés bloquistes notent que cette prise de contrôle par les purs et durs n\u2019a été rendue possible qu\u2019à cause de la défection des éléments moins pressés.«Mario Beau- lieu a vendu des cartes de membre et ceux qui avaient appuyé une vision différente sont partis par attrition », constate l\u2019ancien chef Daniel Paillé.Lui-même admet qu\u2019il n\u2019est même plus membre de la formation qu\u2019il a dirigée.« Ma carte a expiré et personne ne m\u2019a rappelé pour la renouveler.C\u2019est un signal.» L\u2019ex-député Nicolas Dufour estime que la situation est paradoxalement à l\u2019image de la ferveur indépendantiste fléchissante des Québécois.« C\u2019est le reflet du désintéressement des Québécois pour la cause souverainiste.[\u2026] À la fin, les seuls militants qui sont restés au Bloc québécois étaient les plus purs et durs et les plus indépendantistes.» Pierre Paquette abonde, mais estime que la crise actuelle pourrait rameuter des militants plus modérés.« On appelle ça voter avec ses pieds.Comme ils ne se sentent pas à l\u2019aise, ils désertent certaines instances.Mais peut-être que, justement, cette crise va provoquer une forme de mobilisation à l\u2019interne.Pour que les gens qui appuient les orientations des sept députés démissionnaires se remobilisent pour être présents dans les instances.» Selon Daniel Paillé, ce sont les mêmes éléments qui sont à l\u2019œuvre ces jours-ci sur la scène provinciale dans la circonscription de Pointe- aux-Trembles.Maxime Laporte veut porter les couleurs du Parti québécois dans ce bastion sou- verainiste.Les militants de la circonscription devront choisir entre lui et Jean-Martin Aussant, qui fait un retour au PQ.M.Laporte a succédé à Mario Beaulieu comme président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.Certains le présentent comme son «dauphin».La circonscription de Pointe-aux-Trembles se superpose, au fédéral, à Pointe-de-l\u2019Île, la circonscription de M.Beaulieu.«C\u2019est le même groupe qui soutient Laporte, indique M.Paillé.Jean-Martin Aussant prend un grand risque, car il pourrait se faire planter.» Une autre source confirme au Devoir qu\u2019elle a vu aux événements de Maxime La- porte les mêmes organisateurs qui avaient été vus dans l\u2019entourage de M.Beaulieu en 2014.M.Paillé explique d\u2019ailleurs qu\u2019au Bloc québécois, les problèmes dans la pointe de l\u2019île montréalaise ont débuté dès 2011, quand Gilles Duceppe avait voulu y présenter le transfuge néodémocrate Jean-Claude Rocheleau.Selon M.Paillé, c\u2019est le même groupe qui a contrecarré ce plan et fait perdre l\u2019investiture à M.Ro- cheleau au profit de Ginette Beaudry\u2026 qui a été emportée par la vague orange.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 BLOC Le regroupement Les Courageuses a été créé à la suite des révélations du Devoir et du 98,5 FM à propos d\u2019allégations d\u2019inconduite sexuelle de la part de M.Rozon sur neuf femmes.Dans une demande d\u2019action collective déposée à la fin de novembre, Les Courageuses lui réclament des millions de dollars en indemnisation.Cette démarche constitue un cas unique au Québec.Si l\u2019action collective est autorisée, ce serait la première fois qu\u2019un groupe de femmes s\u2019unit pour viser une seule et même personne.Les Courageuses attendent toujours qu\u2019un juge décide si le recours peut ou non aller de l\u2019avant.L\u2019ancien magnat de l\u2019humour avait annoncé qu\u2019il contesterait l\u2019action du groupe, ce qu\u2019il fait actuellement.Le 8 février dernier, lors de sa première apparition publique suivant les révélations, M.Ro- zon a nié les gestes qui lui sont reprochés.« Je n\u2019ai jamais fait l\u2019amour à quelqu\u2019un si une personne a dit non, jamais », avait-il lancé à une journaliste de TVA Nouvelles.Actuellement, aucune accusation n\u2019a été portée contre lui.Passages «non pertinents» M.Rozon veut faire disparaître un passage où le regroupement indique qu'« il mérite la qualification de prédateur sexuel ».Il estime également que le terme « viol », employé par Les Courageuses en parlant des agressions subies par certaines femmes, doit être retiré.Il argue que Les Courageuses ne se basent sur aucune condamnation pour utiliser ces termes qui renvoient à des «actes criminels».M.Rozon demande aussi la modification de deux paragraphes où on aborde une accusation d\u2019agression sexuelle sur une femme de 19 ans à laquelle il a plaidé coupable en 1998.Il souhaite également qu\u2019on supprime la partie où on allègue qu\u2019il a « aussi [été accusé] de voies de fait et de séquestration sur une autre femme de 31 ans », ainsi que celle où on prétend que la Couronne « a retiré les accusations de séquestration et de voies de fait ».L\u2019homme d\u2019affaires croit aussi que le passage rapportant l\u2019ouverture d\u2019une enquête sur lui en octobre 2017 n\u2019est pas «pertinent».«Outre l\u2019accusation pour laquelle le défendeur a été absolu inconditionnellement [\u2026], la deman- deresse n\u2019allègue aucune autre condamnation contre le défendeur, se limitant à référer de façon générale à des actes criminels comme le \u201cviol\u201d à la notion de \u201cprédateur sexuel\u201d, à des accusations retirées ou à une enquête n\u2019ayant pas eu de suite», lit-on dans le document.Selon Me Michel Rocheleau, avocat spécialisé en litige civil, il sera difficile de forcer Les Courageuses à radier certains de ces termes, puisqu\u2019ils sont au cœur de ce qui est reproché à M.Rozon.« Il ne faut pas oublier qu\u2019on peut poursuivre au civil pour des gestes qui appartiennent au droit criminel », note Me Rocheleau.Il rappelle que la dif férence entre l\u2019avenue criminelle et civile est que la première vise à « punir » l\u2019agresseur, tandis que la deuxième vise à indemniser la victime pour les dommages matériels ou moraux.Dans un recours civil, rappelle Me Roche- leau, la victime n\u2019aura pas « à prouver hors de tout doute raisonnable » la culpabilité de l\u2019agresseur.On parle plutôt d\u2019« une preuve par prépondérance », c\u2019est-à-dire que la victime devra convaincre le juge que l\u2019existence du fait est plus probable que son inexistence.« Le juge doit être convaincu à 50 % + 1 », résume l\u2019avocat.Par ailleurs, les demandes pour radiation d\u2019allégations sont prévues dans les démarches d\u2019action collective, elles sont toutefois généralement déposées une fois que l\u2019action a été autorisée.Le fondateur de Juste pour rire a aussi déposé une demande pour interroger pendant 90 minutes la comédienne Patricia Tulasne, qui souhaite être la représentante du groupe.M.Rozon veut enfin déposer une copie de l\u2019entrevue télévisée donnée le 19 octobre 2017 par Mme Tulasne à Radio-Canada : « Le Demandeur souhaite démontrer que la demande contient plusieurs allégations inexactes ou erronées qui doivent être complétées ou rectifiées afin que cette Cour bénéficie d\u2019un tableau factuel adéquat.» S\u2019il est autorisé, l\u2019interrogatoire de Mme Tu- lasne por tera sur « les circonstances et le contexte entourant sa relation avec le défendeur », sur « l\u2019historique du dévoilement de l\u2019agression sexuelle alléguée, du dommage subi et des démarches entreprises», sur « l\u2019existence même d\u2019un groupe ainsi que la composition de celui-ci » et sur « les informations concernant l\u2019habilité de la demanderesse d\u2019agir à titre de représentante du groupe proposé».À noter que les requêtes d\u2019interrogatoire font partie du processus normal dans ce type de dossier au civil.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ROZON groupe par ethnies.Les Érythréens le long du mur, les Ghanéens un peu plus lo in, les Kurdes au milieu et l\u2019Afrique francophone en face.« Fallait bien un Québécois pour nous amener toute cette neige ! Rome n\u2019avait pas vu ça depuis six ans », me lance Andrea Costa.Depuis plusieurs années, ce grand gaillard qui restaure des vitraux quitte ses églises quelques heures par semaine pour offrir son aide aux migrants de ce camp de fortune installé à deux pas de la seconde gare de la capitale, Tiburtina.Ici, sous le parrainage de l\u2019ONG Baobab, se regroupent des migrants qui refusent de demander le statut de réfugié en Italie ou dont la demande a été rejetée.Des jeunes comme Tesfit, un Éthiopien de 25 ans qui souhaite partir en France.Comme Alim, qui vient de Macédoine où il dit avoir été persécuté parce qu\u2019il est homosexuel.Ou encore Koulibaly, un Malien de 40 ans qui ne veut pas dire pourquoi il a quitté son pays et qui en est à sa troisième traversée.La plupart n\u2019ont guère de chance d\u2019entrer dans les structures d\u2019accueil que l\u2019Italie a mises sur pied et auxquelles elle consacre d\u2019importantes ressources.Jeunes pour la plupart, « ils ont souvent été envoyés par leur famille sans autre but que de tenter leur chance en Europe », reconnaît Andrea Costa.D\u2019autres ont de graves problèmes psychiatriques.Au plus fort de la crise, en 2015, 800 personnes s\u2019entassaient sur ce terrain vague.Il n\u2019en reste plus qu\u2019une petite centaine depuis que les flux qui traversent la Méditerranée ont diminué.La surenchère Si le nombre de migrants qui débarquent en Italie a baissé, cela n\u2019empêche pas l\u2019immigration d\u2019être au cœur de cette campagne électorale.Entre les déclarations incendiaires de l\u2019ancien premier ministre Silvio Berlusconi, qui promet d\u2019expulser 600 000 personnes, la « tolérance zéro» prônée par le leader de la Ligue du Nord, Matteo Salvini, et ceux qui, à gauche, surnomment l\u2019actuel ministre de l\u2019Intérieur, Marco Minniti, « Monsieur Antimigrants », la polémique ne dérougit pas.Elle a surtout été relancée il y a quatre semaines par la fusillade qui a fait six morts à Macerata, dans l\u2019est du pays.Un attentat dont le principal suspect, Luca Traini, disait vouloir venger l\u2019assassinat d\u2019une fille de 18 ans attribué à un sans-papiers.Or Luca Traini était un ancien candidat de la Ligue du Nord aux élections communales.À Rome, après l\u2019attentat, des néofascistes ont poussé la provocation jusqu\u2019à déployer une banderole en son honneur.Pourquoi une telle surenchère ?Ferruccio Pastore, directeur du Forum international et européen de recherche sur les migrations, possède sa petite idée.« Comme, avec la nouvelle loi électorale, aucun parti ne risque de l\u2019emporter clairement et que tout se décidera après le vote lors de la formation d\u2019une coalition, il est facile de faire des promesses qu\u2019on n\u2019aura pas à tenir ou que l\u2019on pourra facilement enterrer.» Le sénateur démocrate Luigi Manconi a calculé que, pour expulser 600 000 personnes au r ythme de 200 par jour, il faudrait presque 15 ans ! Sans compter que cela coûterait des milliards.Loin des déclarations sulfureuses de la droite ou de la gauche, Pastore estime que, compte tenu des circonstances dif ficiles qu\u2019a connues l\u2019Italie, « elle a réagi à cette crise de manière exemplaire avec un mélange de sangfroid et de préoccupations humanitaires».Il faut savoir que, depuis 2011, le nombre d\u2019arrivées en Italie a été multiplié par quatre.Elles atteignaient encore 180 000 en 2016 et 110 000 en 2017.Tout cela dans un pays qui n\u2019avait pratiquement aucune structure d\u2019accueil puisqu\u2019il avait depuis toujours été un pays d\u2019émigration.Or, la crise migratoire est arrivée au plus mauvais moment, alors que le pays connaissait un chômage de masse après la crise financière de 2008.Des efforts exceptionnels « Dans n\u2019importe quel pays, ce mélange de chômage et d\u2019arrivée massive de migrants illégaux aurait été explosif, explique Pastore.Même l\u2019Union européenne le reconnaît au- jourd\u2019hui, l\u2019Italie a fait des ef forts exceptionnels.» Une commune italienne sur deux disposerait dorénavant d\u2019une structure d\u2019accueil.Plus de 1300 d\u2019entre elles (sur 7900) participent au programme SPRAR qui offre aux réfugiés un minimum de six mois d\u2019hébergement dans des appartements supervisés où ils peuvent apprendre l\u2019italien et commencer à s\u2019intégrer.Contrairement à ce qui s\u2019est passé à Cona (au sud de Venise) et à Prenestina (à l\u2019ouest de Rome) où d\u2019énormes centres d\u2019accueil ont provoqué des manifestations de rejet, «nous favorisons de petits groupes d\u2019une vingtaine de personnes qui sont ainsi mieux à même de s\u2019intégrer », dit Emanuele Petrella.Ces groupes doivent être dispersés sur tout le territoire pour ne pas créer de choc, dit-il.L\u2019homme dirige l\u2019un de ces appartements dans le petit quartier Espero, au nord de Rome.Le programme, géré par la coopérative Idea Prisma 82, permet d\u2019accueillir trois familles venues d\u2019Arménie, du Nigeria et du Congo.Mais l\u2019immigration a aussi ses revers.« À la faveur de la crise, des réseaux mafieux se sont emparés d\u2019une partie non négligeable de cette immigration illégale qui vient servir de petites mains à la Mafia et à la Camorra », dit Alberto Castelvecchi, qui enseigne à l\u2019Université Luiss de Rome.Malheureusement, dit-il, on parle plus de ces réseaux criminels que de la majorité des étrangers qui s\u2019intègrent plutôt bien.Mais l\u2019inquiétude est réelle.Selon lui, même si l\u2019immigration n\u2019avait jamais été perçue comme un problème en Italie, on commence à voir apparaître des ghettos ethniques dans les banlieues de Naples et de Milan.«Pour nous, c\u2019est un phénomène totalement nouveau mais qui pourrait devenir inquiétant», dit-il.Des accords contestés Depuis peu, le gouvernement démocrate de Paolo Gentiloni a déployé des militaires en Libye et au Niger afin d\u2019aider ces pays à combattre les réseaux de passeurs.Le ministre de l\u2019Intérieur, Marco Minniti, a aussi limité les possibilités d\u2019appel pour les demandeurs qui se voient refuser le statut de réfugié.Ces mesures ont été sévèrement critiquées par une partie de la gauche et au sein même du Parti démocrate.Mais force est de constater qu\u2019elles sont largement plébiscitées par la population, dit Ferru- cio Pastore.Selon les sondages, plus du tiers des électeurs réclament même des mesures plus énergiques.Selon le chercheur, ce genre d\u2019ententes avec les régimes africains existait à l\u2019époque de Ka- dhafi même si, alors, on n\u2019en parlait pas.Mais ce que l\u2019Italie ne semble pas sur le point de pardonner, dit-il, c\u2019est l\u2019impuissance de l\u2019Europe.« Non seulement l\u2019Europe ne nous a pas aidés, mais la France et l\u2019Autriche ont fermé leurs frontières, dit-il.Nous sommes devenus un État tampon, pour ne pas dire la poubelle de l\u2019Europe, pour tous les migrants dont personne ne voulait.» On ne se surprendra pas que cette élection soit aussi le théâtre d\u2019une montée sans précédent de l\u2019euroscepticisme.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ITALIE SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Le doyen des députés du Bloc québécois, Louis Plamondon, a pris le micro le premier pour annoncer que sept députés du groupe parlementaire avaient décidé de quitter la chef Martine Ouellet.Cette dernière ne dirige plus qu\u2019une équipe de trois députés."]
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