Le devoir, 26 février 2018, Cahier A
[" V O L .C I X N o 4 1 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 6 F É V R I E R 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Sports \u203a Le Canadien de Montréal envoie Tomas Plekanec à Toronto.Page B 4 Monde \u203a Le retour de la momie.Une chronique de François Brousseau.Page B 1 Avis légaux.B 6 Décès.A 4 Météo.B 6 Mots croisés.B 5 Petites annonces .A 4 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m PYEONGCHANG 2018 MARTIN BERNETTI AGENCE FRANCE-PRESSE La cérémonie de clôture des JO s\u2019est déroulée dimanche dans une ambiance festive, avec l\u2019extinction de la vasque au stade de Pyeongchang, en Corée du Sud.Prochain rendez-vous olympique hivernal?Pékin, en 2022.Notre compte rendu de l\u2019événement et le bilan des médailles canadiennes en page B 4.S T É P H A N E B A I L L A R G E O N L e mouvement de dénonciation des agressions et des inconduites sexuelles au sein des ONG prend de l\u2019ampleur.Après les accusations et les soupçons concernant Oxfam, Save the Children, World Vision, Médecins sans frontières et Mercy Corps, c\u2019est maintenant au tour de la Croix-Rouge de passer aux honteux aveux.Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé ce week-end avoir congédié, depuis 2015, 21 employés qui avaient payé des services sexuels lors de mission à l\u2019étranger.Les contrats de deux autres personnes suspectées d\u2019inconduites n\u2019ont pas été renouvelés.La Croix-Rouge canadienne avait devancé le CICR la semaine dernière en révélant deux cas, dont un d\u2019« agression sexuelle de nature criminelle ».Avec ses révélations il y a deux semaines, Oxfam Grande-Bretagne semble avoir déclenché ce que cer tains appellent déjà le mouvement #MeToo de l\u2019humanitaire.L\u2019organisme mène des enquêtes au sujet d\u2019au moins 26 cas présumés d\u2019 inconduites sexuelles en Haïti.« Avec le mouvement #MeToo, il y a une réaction forte dans le monde entier vis-à-vis des agressions sexuelles », commente l\u2019avocate américaine Sienna Merope-Synge de l\u2019Institute for Justice and Democracy in Haiti, jointe à New York la semaine dernière.« J\u2019espère que les retombées seront positives dans le secteur de l\u2019aide internationale.J\u2019espère que les organisations concernées seront plus transparentes et honnêtes, et pas seulement Oxfam, qui n\u2019est que la pointe de l\u2019iceberg.» Le mouvement #MeToo rattrape les ONG humanitaires Les accusations ciblant Oxfam en Haïti ne seraient que « la pointe de l\u2019iceberg», et la Croix-Rouge s\u2019ajoute à la liste G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É L e troisième budget Morneau doit être l\u2019occasion pour le gouvernement Trudeau de corriger le tir par rapport au traitement fiscal réservé aux géants américains du Web, dit la ministre québécoise de la Culture, Marie Montpetit.«On voit le budget comme une occasion pour le fédéral de répondre à cette question du dossier des plateformes étrangères », a indiqué la ministre vendredi en entretien avec Le Devoir.« Elles doivent être assujetties aux mêmes règles fiscales que les plateformes canadiennes», a réitéré Mme Montpetit, qui reprend ainsi un combat porté par son prédécesseur, Luc Fortin.À la veille de la présentation du budget fédéral, la sortie de la ministre rappelle que le dossier représente toujours une pomme de discorde impor tante entre Ottawa et Québec.BUDGET FÉDÉRAL Québec espère une volte-face fiscale La ministre Montpetit plaide pour qu\u2019Ottawa applique aux géants du Web les taxes à la consommation Sports d\u2019hiver Alerte aux commotions cérébrales Page B 3 Transport Mieux intégrer les bornes de recharge Page B 5 C H R I S P I Z Z E L L O / I N V I S I O N / A P Les Rendez-vous Québec Cinéma ont réussi à arracher Denis Villeneuve à l\u2019écriture de son adaptation du roman Dune, le temps d\u2019une leçon de maître très courue.F R A N Ç O I S L É V E S Q U E A ccueil de rock star pour Denis Villeneuve dimanche dans un théâtre Maisonneuve bondé.Durant près de deux heures, la causerie animée par Marie-Louise Arsenault a permis une exploration en profondeur tant du parcours que du processus créatif du réalisateur de Blade Runner 2049, en lice le 4 mars pour cinq Oscar.Généreux dans ses réponses et humble comme pas un, Villeneuve s\u2019est plusieurs fois Intime et spectaculaire Denis Villeneuve s\u2019est prêté au jeu de la leçon de maître sur la scène de la Place des Arts VOIR PAGE A 8 : VILLENEUVE VOIR PAGE A 8 : ONG VOIR PAGE A 8 : BUDGET Monsieur le ministre des Finances, Depuis près de 20 ans, la Chambre de l\u2019assurance de dommages (ChAD) a comme seule mission la protection du public en matière d\u2019assurance automobile, habitation, entreprise et responsabilité civile ainsi qu\u2019en expertise en règlement de sinistres.Elle encadre de façon préventive et discipline la pratique de plus de 15 000 professionnels : agents et courtiers en assurance de dommages qui conseillent les consommateurs à cet égard et experts en sinistre qui les accompagnent à la suite d\u2019un sinistre.L\u2019assurance de dommages est jugée complexe et abstraite par une majorité de Québécois.Elle requiert ainsi des conseils de professionnels prévention, l\u2019inspection, la formation continue et l\u2019accompagnement spécialisé effectués par la ChAD, les Québécois sont mieux protégés face à d\u2019éventuels manquements de ces professionnels.Aujourd\u2019hui, avec la révision entre autres de la Loi sur la distribution de , c\u2019est non seulement la survie de la ChAD et le modèle d\u2019encadrement actuel qui sont menacés, mais surtout, la protection du public.Pourquoi amputer un système d\u2019encadrement reconnu et éprouvé ?Pourquoi éliminer la compétence, la spécialisation et la prévention d\u2019un organisme qui a fait ses preuves en matière de protection du public et que seule la ChAD peut incarner ?La protection du public sera toujours notre priorité.Il ne faut pas revenir 20 ans en arrière.C\u2019est pourquoi nous vous demandons de renoncer à l\u2019abolition de la ChAD, un organisme voué à la protection des Québécois depuis 1999.Pour en savoir, consultez chad.ca/projetdeloi Un projet de loi qui met à risque la protection du public.Présidente du conseil d\u2019administration de la ChAD Diane Beaudry, CPA, CA, IAS.A, administratrice indépendante Présidente-directrice générale de la ChAD Maya Raic, MBA, M.Sc.pol., Adm.A. L E D E V O I R , L E L U N D I 2 6 F É V R I E R 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 F allait-il que Valérie Plante soit élue pour que le gouvernement québécois con - vienne, comme il vient de le faire, qu\u2019une des priorités des politiques «régionales» d\u2019ici 2022 doit être de favoriser l\u2019efficacité de la mobilité collective?Le gouvernement Couillard ajoute en tout cas à sa «stratégie gouvernementale» en la matière le fait que la «création d\u2019une nouvelle ligne de métro» s\u2019impose comme une priorité pour échapper à la thrombose.Une façon de parler, sans la nommer, de la ligne rose.Et dire que ce projet était un objet de risée de tout côté il n\u2019y a pas si longtemps! Est-ce bien là une preuve qu\u2019il n\u2019est peut-être pas si difficile après tout d\u2019élargir notre imaginaire social et politique?Mme Plante en était encore à se pincer pour s\u2019assurer qu\u2019elle avait bien gagné que le premier ministre Couillard lui empruntait déjà son sourire, afin de dire à son tour qu\u2019un train digne de ce nom constituerait une bonne idée à mettre en avant entre Montréal et Québec.Certains virent dans ce sourire emprunté se dessiner le grand train électoral.Mais comme tous les trains en ce pays, celui-ci n\u2019a pas tardé à s\u2019arrêter : on n\u2019en entend déjà plus parler.Pas plus qu\u2019on n\u2019entend parler d\u2019un horizon pour voir se réaliser la promesse de relancer la liaison ferroviaire avec la Gaspésie.En mai dernier, le gouvernement québécois avait annoncé qu\u2019il consacrerait 100 millions de dollars à la réfection du réseau ferroviaire gaspésien.Sans vouloir préciser un échéancier, il s\u2019est même empressé de douter que le train puisse à nouveau rouler ne serait-ce que jusqu\u2019à Gaspé d\u2019ici trois ans.Selon le député de Bonaventure, il n\u2019y a pas 4 millions encore qui ont été investis.C\u2019est le pétrin à grande vitesse.L\u2019État québécois s\u2019était porté acquéreur du vieux réseau de rails gaspésien en 2015, après que les affaires des entreprises ferroviaires qui y présidaient n\u2019eurent cessé de dérailler.Quand le gouvernement songe aujourd\u2019hui au train en Gaspé- sie, ce n\u2019est pas tant dans un dessein de mobilité collective que pour transporter plus de ciment depuis le controversé projet de Port-Daniel.Or en raison du très mauvais état du réseau, le transport de ciment fait l\u2019objet de nouvelles restrictions: pas plus de dix wagons par semaine alors qu\u2019on en espérait au minimum quatre fois plus.Pas de train en Gaspésie.Pas d\u2019autoroute non plus.L\u2019avion y coûte plus cher que le prix d\u2019un voyage dans les Bermudes\u2026 Il arrive qu\u2019il faille intervenir au nom de la préservation de la société plutôt que des colonnes chiffrées.En Gaspésie, il faut dire qu\u2019on a toujours tardé à favoriser le train.D\u2019abord à cause de la morue.Au temps où ce poisson commençait à être apprécié pour sa fraîcheur, la Gaspésie continuait de le saler, comme les pêcheurs basques le préparaient déjà sur la même grave au XVIe siècle.Je me souviens, tout petit, avoir vu en Gaspésie de vieux séchoirs à poissons qui étaient encore en fonction.On les appelait des «vigneaux».On vient d\u2019un pays de matelots lorsqu\u2019on s\u2019appelle Vigneault.Les pêcheurs gaspésiens étaient accablés par les dettes.Dans une de ses chansons en forme de conte, Gilles Vigneault rappelle la condition de ces pêcheurs en sublimant la réalité de leur exploitation dans la liberté prise par Berlu, son personnage, devant l\u2019appel du large.Pour partir, il faut à Berlu des denrées et de l\u2019équipement.Le marchand lui fait crédit.«Berlu, tu me paieras quand?», demande le marchand.«Je te paierai dans une semaine/Qui fait partie de l\u2019an prochain.» Mais pour payer le marchand, quand il n\u2019y avait eu que «du méchant temps», tous les Berlu devaient se saigner à blanc: «Tu prendras ma maison, ma femme/Et deux ou trois de mes enfants.» Le poisson était vendu au marchand, à des conditions que celui-ci fixait seul.La vente ne parvenait jamais à payer la vie à crédit du pêcheur, lequel entrait alors dans la spirale de l\u2019endettement.Le marchand était bientôt en mesure de saisir.Le marchand William Hyman, moins riche que son confrère Charles Robin, n\u2019avait investi pratiquement aucun capital pour se lancer dans les affaires.À sa mort en 1882, il possédait des établissements de pêche à Cap-à-l\u2019Ours, à Cap-des-Ro- siers, à Rivière-au-Renard, à Grande-Grave, des quais, des entrepôts, des magasins, un hôtel, des terrains ainsi qu\u2019une résidence à Montréal, où il avait l\u2019habitude de passer l\u2019hiver tandis que, guettant la mer, les pêcheurs attendaient la prochaine saison dans l\u2019horizon de leur misère.Ce n\u2019est pas par esprit de tradition ou de résignation qu\u2019on continua si longtemps en Gaspésie de pêcher la morue à la voile et à la rame pour ensuite la saler, mais bien parce que ce type de pêche profitait à une structure digne d\u2019un régime féodal.Pendant ce temps, les Européens et les Américains vinrent pêcher gaiement au large, avec de gros bateaux à moteur dont les cales étaient réfrigérées.Le gouvernement fédéral finança le transport ferroviaire du poisson frais, mais depuis Halifax.Le train n\u2019arriva à Gaspé qu\u2019en 1911 et plus tard ailleurs.Il avait manqué le bateau.La morue était devenue dure comme le ciment.Et à force de ne jamais se donner les moyens de casser cette vieille spirale de la pauvreté, la facture sociale est demeurée salée.Manquer le bateau JEAN-FRANÇOIS NADEAU CHRIS YOUNG LA PRESSE CANADIENNE Bill Morneau a présenté ses nouvelles chaussures, conçues en Alberta et fabriquées au Mexique, à une classe du primaire de Toronto, jeudi.P A T R I C E B E R G E R O N à Québec L e gouvernement fédéral doit en faire plus pour l\u2019électrification des transports au Québec.C\u2019est ce que réclame l\u2019opposition péquiste à la veille du dépôt du budget du gouvernement Trudeau prévu mardi.Dans un document obtenu par La Presse canadienne dimanche, le Par ti québécois (PQ) énonce certaines des revendications qu\u2019il adressera au fédéral au cours d\u2019une conférence de presse prévue lundi avec le porte-parole du parti en matière de finances, Nicolas Marceau.Traditionnellement, les partis d\u2019opposition fédéraux dressent une liste d\u2019épicerie pendant la période de confection du budget, mais il arrive que les partis représentés à l\u2019Assemblée nationale formulent aussi leurs demandes à Ottawa.Le PQ exige que le gouvernement Trudeau mette en place un rabais pour l\u2019achat de véhicules électriques, à l\u2019instar de ce que fait déjà le Québec.La formation souverainiste réclame également «la juste part du Québec» des fonds fédéraux visant l\u2019installation de bornes électriques de recharge rapide, en fonction de la proportion des ventes de voitures électriques faites au Canada.Le PQ fait valoir que seulement 9% du financement fédéral des bornes revient au Québec, alors que pratiquement la moitié des ventes d\u2019autos électriques sont au Québec.Il souligne aussi que l\u2019Assemblée nationale a adopté une motion en novembre dernier demandant au gouvernement fédéral «une part des investissements du programme d\u2019installation de bornes de recharge rapide pour véhicules électriques égale à la part québécoise des ventes de véhicules électriques au Canada».Enfin, l\u2019opposition officielle péquiste exige «la juste part du Québec» pour le Fonds fédéral d\u2019innovation du secteur automobile (FISA).Le Québec n\u2019a pas reçu un sou de ce programme qui est allé à 100 % à l\u2019Ontario, soit 570 millions à ce jour sur un total prévu de 1,25 milliard d\u2019ici 2021, dénonce le PQ.Le parti demande des modifications aux modalités du FISA « pour les adapter aux entreprises inno- vantes du Québec».Le parti de Jean-François Lisée conclut que «le Québec est très mal servi par le gouvernement fédéral en électrification des transports» et que le gouvernement Couillard a échoué à défendre les intérêts du Québec en matière d\u2019électrification des transports.Réduction des GES L\u2019électrification des transports est un des volets importants des stratégies de réduction des gaz à effet de serre (GES) des gouvernements, car les transports constituent une part importante des émissions de GES des États signataires de l\u2019accord de Paris sur les changements climatiques.En 2017, l\u2019Ontario a ravi pour la première fois au Québec le titre de la province où il s\u2019est vendu le plus de véhicules électriques.Selon les données compilées par Fleet Carma, 7477 véhicules hybrides rechargeables et entièrement électriques ont été vendus en Ontario, comparativement à 7149 véhicules au Québec.Ce sont les rabais plus généreux offerts par l\u2019Ontario (jusqu\u2019à 14 000$) et l\u2019installation d\u2019un plus grand nombre de stations de recharge qui ont aidé la province à effectuer son rattrapage.Le Québec compte toujours le pourcentage le plus élevé de véhicules électriques vendus, soit 2,2 % de tous les véhicules pour l\u2019année, suivi de la Colombie-Britannique à 1,9 % et de l\u2019Ontario à 1,6 %.Le Québec a mis en place la seule loi au Canada qui exigera l\u2019atteinte d\u2019un certain seuil de ventes pour les véhicules électriques à compter de l\u2019année-modèle 2018.Les ventes de véhicules électriques devront atteindre cette année 3,5% des ventes de véhicules légers, une cible qui augmentera progressivement jusqu\u2019à 15,5% en 2025.Au total, un nombre record de 18 564 véhicules électriques ont été vendus au Canada l\u2019an dernier, un chiffre en hausse de 68% par rapport à 2016.Près de 48 000 véhicules électriques sillonnaient les routes du Canada l\u2019an dernier, alors qu\u2019on en comptait 29 000 en 2016.La Presse canadienne Le PQ exige qu\u2019Ottawa en fasse davantage pour l\u2019électrification des transports au Québec É R I C D E S R O S I E R S L a difficile renégociation de l\u2019ALENA et ses impacts économiques occuperont les pensées du ministre canadien des Finances, Bill Morneau, lorsqu\u2019il dévoilera le prochain budget du gouvernement fédéral mardi.Fidèle à la tradition, Bill Morneau s\u2019est acheté une nouvelle paire de chaussures pour la présentation de son budget et est allé, la semaine dernière, la montrer à une classe du primaire de Toronto ainsi qu\u2019aux photographes de presse invités pour l\u2019occasion.Signe des temps, lesdites chaussures ont été conçues en Alberta, mais fabriquées au Mexique, pour rappeler l\u2019importance de l\u2019intégration économique nord-américaine.L\u2019extrême tension de la renégociation de l\u2019Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui a entamé, dimanche, à Mexico, sa 7e réunion de discussions en sept mois entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, mais aussi la multiplication des menaces et attaques protectionnistes de Washington contre le Canada dans le bois d\u2019œuvre, le papier journal, l\u2019aéronautique, l\u2019acier, l\u2019aluminium ou encore les panneaux solaires, en a amené plusieurs à presser le gouvernement libéral d\u2019en profiter pour présenter une réponse ciblée et immédiate.Des associations industrielles, le Parti conservateur et certains économistes voudraient notamment qu\u2019il réduise les impôts des entreprises, comme vient de le faire Washington, et qu\u2019il revienne sans délai à l\u2019équilibre budgétaire pour disposer de la marge de manœuvre budgétaire nécessaire si les choses devaient tourner mal.Déjà, la Banque du Canada prévoit que l\u2019incertitude entourant le sort de l\u2019ALENA provoquera une baisse de l\u2019investissement des entreprises, et l\u2019on rapporte que certaines d\u2019entre elles ont choisi de s\u2019installer aux États-Unis plutôt qu\u2019au Canada pour ne pas être prises du mauvais côté de la frontière en cas de retour des barrières commerciales.Au cours des dernières semaines, le ministre Morneau a répété qu\u2019il entendait plutôt privilégier des mesures visant à accroître la résilience de l\u2019économie à long terme.Son budget doit notamment préciser son plan de match pour des investissements dans une série de secteurs allant des sciences fondamentales aux personnes à très faibles revenus, en passant par la protection de l\u2019environnement et l\u2019aide à l\u2019adaptation des travailleurs aux changements économiques.Son gouvernement a aussi accéléré la recherche d\u2019autres débouchés commerciaux, avec l\u2019entrée en vigueur, cet automne, d\u2019un traité de libre-échange avec l\u2019Europe, la récente conclusion d\u2019une nouvelle version du Partenariat trans- pacifique, et des projets notamment du côté de la Chine, de l\u2019Inde et du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay).Les sujets qui fâchent La réunion de négociations de l\u2019ALENA dans la capitale mexicaine doit se poursuivre jusqu\u2019au 5 mars.Comme les fois précédentes, il y sera question d\u2019enjeux qualifiés par les parties de plus techniques, comme les télécommunications, les barrières techniques au commerce et le commerce électronique.Mais comme plusieurs des questions techniques sont maintenant réglées, on pourrait rapidement arriver aux questions les plus litigieuses presque toutes soulevées par Washington, a expliqué à l\u2019Agence France-Presse dimanche le ministre mexicain de l\u2019Économie, Ildefonso Guajardo.La première sur la liste devrait être la demande de Washington en matière de règles d\u2019origine dans l\u2019automobile visant non seulement à augmenter le contenu nord-américain minimum des véhicules pour qu\u2019ils soient exemptés de tarifs commerciaux, mais aussi à exiger un contenu minimum provenant des États-Unis.Complètement opposé à cette idée de contenu minimum réservé à un pays, le Canada précisera plutôt sa contre-proposition faite le mois dernier à Montréal de changement de mode de calcul qui protégerait mieux la place des entreprises nord-américaines de l\u2019automobile dans les technologies de l\u2019avenir.Le Mexique pourrait ouvrir la porte, quant à lui, à un relèvement du seuil minimum nord-américain.Accusé de présenter des exigences excessives seulement pour avoir l\u2019excuse de conclure à l\u2019échec de l\u2019exercice, le camp américain demande aussi, l\u2019élimination ou la neutralisation des mécanismes de règlement des différends, un resserrement de l\u2019accès au marché des contrats publics américain, la fin automatique de l\u2019entente au bout de cinq ans, à moins que les trois pays ne conviennent chaque fois de la renouveler et l\u2019abolition du système canadien de gestion de l\u2019offre en agriculture.M.Couillard va à Washington À Washington vendredi et samedi pour rencontrer les gouverneurs des États américains, le premier ministre québécois, Philippe Couil- lard, et son homologue ontarienne, Kathleen Wynne, ont dit avoir bon espoir que les alliés politiques et économiques américains de l\u2019ALENA sauront ultimement faire entendre leur voix à la Maison-Blanche.Philippe Couil- lard a affirmé que, dans toutes ses visites officielles aux États-Unis, il n\u2019a jamais rencontré un seul gouverneur, un seul maire de grande ville, qui ne soit un partisan de l\u2019accord commercial.Une 8e réunion de négociation de l\u2019ALENA a été prévue à l\u2019agenda dans environ un mois à Washington.Le président américain, Donald Trump, a maintes fois menacé de sortir son pays du « pire accord commercial jamais conclu».Il s\u2019est néanmoins montré disposé, au début de l\u2019année, à ce que les discussions se prolongent encore, de manière notamment à laisser passer les élections générales mexicaines, cet été, ainsi que les élections américaines de mi-mandat, cet automne.Avec La Presse canadienne Le Devoir L\u2019ombre de la renégociation de l\u2019ALENA planera sur le budget Morneau BUDGET FÉDÉRAL 2018 Le transport collectif doit constituer une priorité pour casser la spirale de la pauvreté L E D E V O I R , L E L U N D I 2 6 F É V R I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 L E S P E T I T E S A N N O N C E S Courriel : petitesannonces@ledevoir.com Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.LASALLE - 275 LACHARITÉ 4 1/2 chauffé, 2e étage, pas balc., cuisine rénovée, pas d'animaux, non-fumeur.Enquête de crédit.875 $ 514-365-0749 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER PROVENCE Vallée du Rhône Maison de village dans le quartier médiéval de Nyons.2 c.c.2 s.de b.Toute équipée.Terrasse ensoleillée.Internet.www.bonnevisite.ca/nyons mariehalarie@gmail.com 819-300-1330 *Librairie Bonheur d'Occasion* achète à domicile livres de qualité en tout genre.514 914-2142 www.bonheurdoccasion.com 170 HORS FRONTIÈRES EUROPE À LOUER 307 LIVRES ET DISQUES VOTRE ORDINATEUR B0GUE OU RALENTIT ?Mise à jour et réparation P.C., Mac et portables.10 ans d'exp.Service à domicile.514 573-7039 Julien 515 INFORMATIQUE ET BUREAUTIQUE Promotion spéciale Petites annonces Pour les annonces textes de 5 lignes et moins 7 jours de parution 100$ ou 4 samedis consécutifs 100$ Pour information Téléphone : 514 985-3322 Courriel : petitesannonces@ledevoir.com CAMELOTS RECHERCHÉS Les sous-distr ibuteurs de Messageries Dynamiques sont présentement à la recherche de personnes de con?ance a?n de combler plusieurs postes de camelots pour livrer le journal Le Devoir et autres publications.TOUTES RÉGIONS DU QUÉBEC Doit être axé sur le service à la clientèle, doit posséder une voiture et doit être disponible pour travailler de nuit entre 3h am et 8h am.Les personnes intéressées doivent appeler au numéro suivant : 1-800-361-5699 POSTE 4205 OUTREMONT 445 boul.St-Joseph Ouest, près Laurier Immeuble béton, 2 ascenseurs Chauffé, eau chaude et électroménagers inclus.Nouvelles fenêtres.Garage intérieur : 125 $/mois SURINTENDANT 514-276-5949 4½ (Petit) 1 350 $/mois 4½ (Grand) 1 750 $/mois 5½ (Grand) 2 325 $/mois 450 EMPLOIS DIVERS 450 EMPLOIS DIVERS \u2022 Avis de décès \u2022 Faire-part \u2022 Remerciements \u2022 Condoléances \u2022 Anniversaires \u2022 Hommage \u2022 In memoriam l e i r o m é M e L 1855, rue Du Havre, bureau 107 Montréal, Qc, H2K 2X4 Télé: 514 525-1149 Téléc.: 514 525-7999 necrologie@lememoriel.com Communiquez avec Le Mémoriel pour publier : Vote de grève à l\u2019usine Molson de Montréal Les 550 employés de l\u2019usine Molson de la rue Notre-Dame à Montréal ont rejeté de peu les dernières offres que leur présentaient leurs patrons et accordé à leur syndicat le mandat de déclencher une grève si nécessaire.Adopté dimanche dans une proportion de 87 %, le mandat de grève à l\u2019usine d\u2019embouteillage et de livraison a été décidé dans la foulée d\u2019un rejet des dernières propositions patronales lors d\u2019un vote beaucoup plus serré de 52 %.Portant sur un ensemble d\u2019enjeux dont le régime de retraite, les assurances collectives, la sous-traitance et les salaires, les négociations avaient fait l\u2019objet, il y a deux semaines, d\u2019une autre offre patronale, qui avait été rejetée celle-là à 57 %.Le Devoir L A U R E N N E E R G A A R D à Washington I l est extraordinaire de voir des octogénaires et même des nonagénaires avoir la même mémoire que des gens beaucoup plus jeunes, et les scientifiques peuvent maintenant jeter un coup d\u2019œil à l\u2019intérieur du cerveau de ces « super aînés» pour tenter de percer leurs secrets.Ces recherches découlent des tentatives pour le moment décevantes de trouver de nouveaux médicaments pour prévenir et combattre la maladie d\u2019Alzheimer.Au lieu de ça, «pourquoi est-ce qu\u2019on n\u2019essaie pas de comprendre ce qu\u2019on doit faire pour maximiser notre mémoire?» demande la neuroscien- tifique Emily Rogalski, qui dirige une étude sur les super aînés à l\u2019Université Northwestern.Des portions du cerveau rétrécissent avec l\u2019âge, ce qui explique pourquoi la majorité des gens perdent un peu de mémoire en vieillissant, même s\u2019ils évitent des problèmes comme la maladie d\u2019Alzheimer.On sait maintenant que le cerveau des super aînés rétrécit plus lentement que celui des autres.L\u2019autopsie des premiers super aînés décédés depuis le début de l\u2019étude démontre qu\u2019ils ont nettement plus d\u2019un certain type de cellules nerveuses dans une région reculée du cerveau cruciale à l\u2019attention, a dit Mme Rogalski lors d\u2019une rencontre récente de l\u2019Association américaine pour l\u2019avancement des sciences (AAAS).Ces aînés ne sont pas seulement « une curiosité ou une rareté », prévient la neuroscienti- fique Molly Wagster, de l\u2019Institut national sur le vieillissement, qui finance en partie cette étude.« On peut potentiellement en apprendre beaucoup et s\u2019en servir pour aider tout le monde, même ceux qui semblent se diriger vers une maladie neurodégénérative », a-t-elle dit.Qu\u2019est-ce qui fait un super aîné?Un cerveau jeune dans un corps âgé d\u2019au moins 80 ans.L\u2019équipe de Mme Rogalski a fait passer des tests à plus d\u2019un millier de personnes qui se croyaient qualifiées, mais seulement 5% d\u2019entre elles ont été retenues.Le principal test de mémoire consistait à écouter l\u2019énumération de 15 mots sans lien entre eux, pour en réciter au moins neuf 30 minutes plus tard.C\u2019est la norme pour un quinquagénaire, mais l\u2019octogénaire moyen n\u2019en retient que cinq.Certains super aînés les ont tous nommés.Un facteur responsable?« Ça ne veut pas dire que je suis plus intelligent », a dit le super aîné William Gurolnick, qui aura bientôt 87 ans et qui participe à l\u2019étude depuis deux ans.Il ne peut pas non plus attribuer tout ça à son code génétique : son père a commencé à souffrir de la maladie d\u2019Alzheimer avant d\u2019avoir eu 60 ans.Il croit plutôt que son agenda chargé est responsable de sa mémoire exceptionnelle: il fait du vélo, il joue au tennis et au volleyball aquatique, il fréquente des amis et il s\u2019implique auprès d\u2019une association d\u2019hommes dont il est le fondateur.« Je pense absolument que c\u2019est un facteur critique pour garder toute sa tête », a-t-il dit au lendemain de sa partie de cartes mensuelle.Les super aînés de Mme Rogalski sont habituellement des gens extrovertis qui disposent de réseaux sociaux robustes.Ils proviennent autrement de toutes les sphères de la société, ce qui complique l\u2019identification d\u2019un facteur unique pour expliquer leur cerveau remarquable.Certains sont allés à l\u2019université et d\u2019autres pas; certains ont un QI élevé, d\u2019autres un QI moyen.Mme Rogalski compte parmi ses participants des gens qui ont subi des traumatismes indescriptibles, notamment des survivants de l\u2019Holocauste; des fanatiques de la santé physique et des fumeurs; des gens qui ne consomment aucun alcool et d\u2019autres qui prennent un martini chaque soir.Mais c\u2019est au plus profond du cerveau qu\u2019elle découvre des signes qui démontrent que les super aînés semblent mieux résister que les autres aux assauts du temps.Cortex plus épais Les premiers examens ont révélé que le cortex des super aînés \u2014 une couche extérieure du cerveau essentielle à la mémoire \u2014 est plus épais que la normale pour leur âge.Il ressemble davantage au cortex en santé de quinquagénaires et de sexagénaires.On ne sait pas si les super aînés sont nés comme ça.Mais Mme Rogalski et son équipe ont trouvé une autre explication possible: le cortex des super aînés rétrécit plus lentement.Sur une période de 18 mois, l\u2019octogénaire moyen perdait deux fois plus de cortex.Un autre indice: creux dans le cerveau, une région importante pour l\u2019attention est aussi plus costaude.Des autopsies ont révélé que cette région regorge de «neurones de von Economo», un type de cellule nerveuse encore mal compris, mais qui jouerait un rôle dans le traitement social et la conscience de l\u2019environnement.Les super aînés disposaient de quatre ou cinq fois plus de ces neurones que l\u2019octogénaire moyen, a dit Mme Rogalski \u2014 soit même plus que le jeune adulte moyen.Mme Rogalski a aussi trouvé différents signes de maladie d\u2019Alzheimer dans les cerveaux de ses super aînés.Les chercheurs veulent maintenant savoir comment ces aînés échappent aux ravages de la maladie.«Ils vivent longtemps et bien, a-t-elle dit.Est-ce qu\u2019il y aurait des choses modifiables qu\u2019on pourrait identifier aujourd\u2019hui, dans notre vie de tous les jours, [pour faire de même]?» Associated Press SCIENCE Vieux corps, jeune cerveau : quel est le secret des «super aînés»?TERESA CRAWFORD ASSOCIATED PRESS William Gurolnick, qui aura bientôt 87 ans et qui participe à l\u2019étude depuis deux ans, croit que son agenda chargé est responsable de sa mémoire exceptionnelle.R O B L E V E R à Washington P our toute personne cherchant à s\u2019informer gratuitement sur Internet, la quête est de plus en plus ardue.Les restrictions croissantes sur les contenus en ligne ont dopé les abonnements numériques de nombreux médias, tandis que l\u2019accès payant se multiplie.« Il y a une tendance qui se dessine clairement de gens qui commencent à payer pour accéder à au moins une source d\u2019information», constate Rebecca Lieb, spécialiste des médias numériques chez Kaleido Insights.Selon elle, les consommateurs ont pris conscience de la valeur du journalisme d\u2019investigation en particulier, les rendant plus disposés à payer pour en profiter.Une autre hypothèse avancée est la numérisation de la vie quotidienne.«Les services comme Netflix et Spotify ont aidé les gens à prendre l\u2019habitude de payer le contenu numérique auquel ils avaient accès autrefois gratuitement », avance Damian Radcliffe, professeur de journalisme à l\u2019université de l\u2019Oregon et membre du Centre pour le journalisme numérique de l\u2019université Columbia à New York.« Les gens reconnaissent que, si vous appréciez le journalisme, notamment dans le climat politique actuel, vous devez payer pour en profiter », ajoute-t-il L\u2019année dernière, une étude de l\u2019institut de recherche Media Insight Project avait révélé que 53 % des Américains avaient acheté au moins un abonnement à un média.Et, selon une enquête de l\u2019université britannique d\u2019Oxford, deux tiers des journaux européens utilisent un modèle payant.Les journaux cherchant à opérer la transition du papier au numérique ont des difficultés à compenser la perte de revenus publicitaires, bouée de sauvetage depuis longtemps pour de nombreuses publications.Ils sont incapables de concurrencer des géants comme Google et Facebook pour la publicité en ligne.« Pour les grands groupes de médias, qu\u2019ils soient régionaux ou nationaux, [s\u2019ils] veulent une grande équipe de journalistes, le revenu provenant des lecteurs doit être leur première source » de financement, aver tit Ken Doctor, consultant spécialisé dans le secteur des médias.Le New York Times compte plus de 2,6 millions d\u2019abonnés en ligne payants et ses souscriptions numériques ont représenté 60 % de son chif fre d\u2019affaires en 2017.Même son de cloche du côté du Washington Post, qui a déclaré l\u2019an dernier avoir franchi la barre du million d\u2019abonnés en ligne.Sans surprise, ces deux grands quotidiens américains ont renforcé leur «mur payant», en limitant le nombre d\u2019articles accessibles gratuitement sur leur site.Des initiatives similaires ont été mises en place par le Boston Globe, le Los Angeles Times et d\u2019autres.Les magazines New Yorker et Wired ont introduit de nouveaux modèles payants limitant les contenus gratuits.Mais « des médias locaux plus petits pourraient trouver plus dif ficile de faire valoir leur position à leurs lecteurs, et i ls ont une quantité inférieure de clients », selon M.Radcliffe.Accès simplifié aux paywalls Autre changement important : les géants Facebook et Google ont récemment accepté de simplifier l\u2019accès aux paywalls des médias.«Cela signifie que [les plate- formes en ligne] essayent de travailler pour et non contre les publications de manière passive», estime Mme Lieb.«C\u2019est important parce que les [moteurs de] recherche et les [réseaux] sociaux sont la façon dont les gens découvrent les informations à l\u2019ère numérique».Selon une étude de l\u2019organisation Digital Content Next, les médias ne génèrent qu\u2019environ 5% de leurs revenus numériques avec ces géants d\u2019Internet alors que ces derniers représentent 30% des contenus visionnés.«Le contenu derrière un pay- wall ne se dif fuse pas de manière virale », note Mme Lieb, tout en admettant que des exclusivités peuvent toujours entraîner un grand débat public.Les analystes estiment en revanche que l\u2019accès payant aux contenus des journaux pourrait accroître le «fossé numérique».Avec davantage d\u2019informations glissées derrière un pay- wall, « cer taines personnes pourraient ne pas être en mesure d\u2019accéder à un contenu important».Selon M.Radcliffe, «il y a un risque que ces publics n\u2019aient pas accès à un éventail d\u2019informations et de journalisme dont ils ont besoin pour rester informés dans l\u2019époque actuelle».Agence France-Presse S\u2019informer gratuitement sur le Web se complique Vu leur popularité, des grands médias américains privilégient les contenus payants Nadeau-Dubois respecte la décision d\u2019Aussant Gabriel Nadeau-Dubois ne cache pas que Québec solidaire a eu des discussions avec Jean-Martin Aussant afin que celui-ci soit candidat pour ce parti aux prochaines élections générales.Le co- porte-parole de Québec solidaire et député de Gouin dit toutefois respecter la décision de M.Aussant de revenir au Parti québécois.M.Nadeau-Dubois n\u2019est pas surpris, expliquant que le PQ est « la famille politique naturelle » de Jean-Martin Aus- sant, « son port d\u2019attache » avant de fonder Option nationale il y a quelques années.Gabriel Nadeau-Dubois dit conserver « son respect et son affection » pour Jean- Martin Aussant.M.Nadeau- Dubois et Jean-Martin Aus- sant avaient effectué ensemble une tournée de consultation sur l\u2019avenir du Québec à l\u2019automne 2016, après avoir créé le mouvement « Faut qu\u2019on se parle ».La Presse canadienne Manifestation pour la démission de Gaétan Barrette Plus d\u2019un millier de personnes ont manifesté samedi dans les rues de Montréal pour réclamer la démission « urgente » du ministre de la Santé, Gaétan Barrette.La marche, qui était organisée par Québec solidaire, a rassemblé plusieurs militants du parti, mais aussi des citoyens qui contestent les réformes mises en place par M.Barrette depuis qu\u2019il est en poste, en 2014.Les manifestants, dans une ambiance festive, scandaient des slogans tels que : « Dehors Barrette » et « Solidaires pour la santé, pour une vraie égalité ».Les marcheurs ont fourmillé dans les rues du Quartier latin jusqu\u2019au bureau du premier ministre Philippe Couillard au centre-ville, où ils ont remis symboliquement une copie de la pétition réclamant la démission de M.Barrette, qui, selon les organisateurs, avait récolté environ 54 000 signatures.La Presse canadienne Les gens reconnaissent que, si vous appréciez le journalisme, notamment dans le climat politique actuel, vous devez payer pour en profiter Damian Radcliffe « » Le New York Times compte plus de 2,6 millions d\u2019abonnés en ligne payants C A R O L I N E P L A N T E à Québec L e Québec fait avancer les droits de la personne en Chine, en of frant une formation à des juges chinois.La plus grande université du Québec of fre aux juges chinois de venir étudier les fondements du droit québécois, c\u2019est-à-dire la combinaison de common law et de droit civil, et l\u2019administration de la justice.La formation des juges a ainsi permis de rendre les tribunaux en Chine plus transparents.Le Québec est un « superbe laboratoire », a af firmé d\u2019emblée le vice-recteur aux affaires internationales de l\u2019Université de Montréal, Guy Le- febvre.L\u2019établissement entretient des liens avec la Chine, un pays de tradition civiliste, depuis 20 ans.Province disposant d\u2019un code civil, fondé sur le Code Napoléon français, et presque exclusivement en relation avec des pays sous la common law, le Québec ser t en quelque sor te de modèle pour la Chine, croit-il.« Quand ils rédigent, par exemple, une loi sur les valeurs mobilières, qui est plus d\u2019origine anglo-saxonne, nous, on est capables de dire comment on réussit à travailler dans ces systèmes-là », a affirmé M.Lefebvre en entrevue téléphonique.Alors que la Chine procède à une refonte majeure de son système législatif, et pourrait bientôt introduire des procès avec jur y, le Québec continue d\u2019initier des juges chinois à son système juridique et leur of fre des stages à la cour et en cabinet, « en ne disant pas que [son] modèle est meilleur ».Selon M.Lefebvre, il y a quelque chose d\u2019admirable dans le modèle millénaire chinois, où « le collectif est plus important que l\u2019individu », et où la recherche de compromis est préférable à l\u2019affrontement au tribunal.Or, il était nécessaire pour eux d\u2019améliorer leurs règles, notamment en matière d\u2019expropriation et de propriété intellectuelle, ce qu\u2019ils ont fait, et le Québec y a participé, s\u2019est-il félicité.Évolution de la société Les familles expropriées en raison d\u2019immenses chantiers de construction sont dorénavant mieux indemnisées.La Chine, championne mondiale de la contrefaçon, se préparerait également à insérer les grands principes de la propriété intellectuelle dans son Code civil.Elle s\u2019intéresse aussi à l\u2019aide juridique.« Si c\u2019est adopté par la Chine, on dira qu\u2019on aura permis à la société d\u2019évoluer, a expliqué M.Lefebvre.C\u2019est comme ça qu\u2019on contribue lentement, modestement, mais à long terme à changer les choses.» Lorsque les Chinois viennent étudier au Québec, ajoute le vice-recteur, ils s\u2019intéressent aux questions de mariage gai, de liberté de presse et de lutte contre la corruption.Certains ont suivi les travaux de la commission Charbonneau.L\u2019Université de Montréal voit aujourd\u2019hui plusieurs de ses diplômés occuper des postes prestigieux en Chine, notamment à l\u2019École nationale de la magistrature.En janvier dernier, le recteur de l\u2019université, Guy Breton, a été reçu par le président de la Cour suprême de Chine, Zhou Qiang.Ils ont abordé la question de l\u2019utilisation de l\u2019intelligence artificielle dans les tribunaux.Agir pour le changement Lors de sa mission en Chine le mois dernier, le premier ministre Philippe Couillard s\u2019était fait critiquer pour ne pas avoir abordé l\u2019enjeu des droits de la personne avec ses interlocuteurs.« Pour les Chinois, c\u2019est beaucoup plus efficace de travailler dans l\u2019action que d\u2019insulter les gens sur la place publique», s\u2019était-il défendu.Le représentant du Québec en Chine, Jean-François Lé- pine, avait corroboré les dires du premier ministre, expliquant que « c\u2019est dans l\u2019action que l\u2019on juge ce que l\u2019on fait ».« Vous posez toujours la question des droits de l\u2019homme en Chine et tout ça, et ce que l\u2019on fait, c\u2019est probablement le plus bel exemple de l \u2019 influence que les Québécois ont eue pour faire évoluer la question des droits de l\u2019homme en Chine, a-t-il af firmé plus tard en entrevue téléphonique à La Presse canadienne.On a contribué à rendre les tribunaux mieux formés, plus transparents.» Les deux hommes ont dit prévoir des bouleversements en Chine grâce à l\u2019émergence de la classe moyenne, qui a un « pouvoir redoutable », selon M.Lépine.« Ici, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, il y a une démocratie par le bas, il y a une pression à laquelle le gouvernement doit répondre de façon extrêmement importante », a-t-il affirmé.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E L U N D I 2 6 F É V R I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Le système juridique québécois, une inspiration pour les juges chinois Depuis plusieurs années, des magistrats de Chine, pays de tradition civiliste, viennent faire des stages au Québec T éhéran \u2014 Un ex-ministre iranien des Renseignements a critiqué dimanche la gestion de l\u2019affaire de la mort en prison d\u2019un écologiste irano-canadien accusé d\u2019espionnage, réclamant que le dossier soit traité par un «service compétent ».Les propos d\u2019Ali Younessi constituent une rare illustration de la guerre feutrée entre les différents services de renseignement iraniens, qui agissent de manière indépendante les uns des autres.À la tête du ministère des Renseignements dans le gouvernement du président réformateur Mohammad Khatami entre 2000 et 2005, l\u2019ancien ministre était interrogé par le quotidien gouvernemental Iran sur la mort en détention de Kavous Seyed Emami.Cet écologiste de 63 ans est mort en prison ce mois- ci après avoir été arrêté en janvier avec sept autres membres de son ONG sous des accusations d\u2019«espionnage ».« Ce dossier doit être remis au ministère des Renseignements pour poursuivre l\u2019enquête », a déclaré M.You- nessi, actuellement assistant spécial du président Hassan Rohani pour les af faires des minorités religieuses.« Car dans [\u2026] les conditions actuelles, même si les personnes arrêtées sont ef fectivement condamnées pour espionnage, il sera dif ficile de convaincre l\u2019opinion publique », a-t-il ajouté.M.Younessi n\u2019a pas précisé quel ser vice était à l\u2019origine des arrestations des écologistes, mais les Gardiens de la révolution, l\u2019armée d\u2019élite du pays, possèdent leurs propres services de renseignements, qui agissent de manière indépendante du gouvernement.Zahra Kazemi Les autorités ont af firmé que Kavous Seyed Emami s\u2019était suicidé en prison, mais des membres de sa famille ont mis en doute cette version, indiquant par ailleurs qu\u2019ils ont été menacés par les services de sécurité.M.Younessi a comparé cette af faire au dossier de Zahra Kazemi, une photographe irano-canadienne morte en prison en juillet 2003 dans des circonstances controversées.Elle avait été arrêtée pour avoir pris des photos de la prison d\u2019Evine, dans le nord de Téhéran.« Le procureur de l\u2019époque insistait pour dire qu\u2019elle était une espionne », selon M.You- nessi, faisant référence à Saïd Mortazavi, condamné l\u2019an dernier à un an de prison dans une autre af faire concernant des manifestants morts en prison en 2009.« Nous avons confié la mission à deux experts du contre-espionnage du ministère d\u2019interroger cette femme dans un hôtel et ils avaient conclu qu\u2019elle n\u2019était pas une espionne», a-t-il affirmé.Ignorant cet avis, M.Mor tazavi avait remis le dossier à la police, a-t-il poursuivi.Selon M.Younessi, Mme Kazemi, alors âgée de 54 ans, est morte à la suite d\u2019une hémorragie provoquée lors d\u2019incidents pendant son arrestation.Cette version va cependant à l\u2019encontre de celle du gouvernement réformateur de l\u2019époque, qui avait affirmé que c\u2019était en prison qu\u2019elle avait été frappée \u2014 un point de vue partagé par sa famille et son avocat soutenant qu\u2019elle avait été torturée et agressée sexuellement.La justice avait pour sa part affirmé dans un premier temps qu\u2019elle était morte d\u2019un accident vasculaire cérébral et, plus tard, qu\u2019elle s\u2019était blessée lors d\u2019une chute.Un agent des renseignements accusé de son meurtre avait été acquitté en 2005.Selon M.Younessi, la gestion de cette affaire avait nui à la réputation de l\u2019Iran sur la scène internationale.« Pour avoir mal réagi, avec obstination, et pour avoir [\u2026] politisé l \u2019af faire, la République islamique s\u2019est imposé un lourd coût politique », a-t-il indiqué.Cette af faire a dégradé les relations entre le Canada et l\u2019Iran pendant des années.Agence France-Presse Un ex-ministre iranien critique la gestion du cas Emami par les autorités Kavous Seyed Emami «C\u2019est comme ça qu\u2019on contribue lentement, modestement, mais à long terme à changer les choses [en Chine]» GREG BAKER AGENCE FRANCE-PRESSE Les familles chinoises expropriées en raison d\u2019immenses chantiers de construction sont dorénavant mieux indemnisées, et le Québec a quelque chose à voir dans ce changement, selon Guy Lefebvre, vice-recteur aux af faires internationales de l\u2019Université de Montréal.A M Y S M A R T G E M M A K A R S T E N S - S M I T H à Surrey, en Colombie-Britannique L\u2019 homme par qui la controverse frappa Justin Trudeau en Inde dit avoir tissé des liens d\u2019amitié avec le premier ministre et compte garder ses distances pour éviter de l\u2019embarrasser encore plus.Mais le cabinet du premier ministre soutient que les déclarations de Jaspal Atwal, reconnu coupable de tentative de meurtre en 1986, ne sont pas crédibles, surtout celle où l\u2019individu prétend être un ami de Justin Trudeau.M.Atwal a été interviewé par La Presse canadienne dans la foulée du tumultueux séjour de M.Trudeau en Inde.Le premier ministre est revenu dimanche au pays.Jaspal Atwal dit avoir reçu directement du haut-commissariat du Canada en Inde son invitation pour la réception de M.Trudeau.Le député libéral Randeep Sarai a cer tifié dans un communiqué que c\u2019était lui, et lui seul, qui avait ajouté le nom de M.Atwal sur la liste des invités.Il a présenté des excuses pour avoir exercé un piètre jugement à cette occasion.Dimanche, une source gouvernementale bien placée a déclaré que le haut-commissariat avait lancé cer taines invitations après avoir reçu des recommandations de tierces personnes, dont plusieurs députés comme M.Sarai.M.Atwal dit connaître M.Trudeau depuis plusieurs années.En 2008 ou en 2009, lors d\u2019une visite de M.Trudeau en Colombie-Britannique, tous deux auraient eu une conversation dans le Hummer d\u2019Atwal, selon les dires de l\u2019individu.«On se connaît tous les deux.Il connaît mon nom.S\u2019il me voit, il s\u2019approchera et m\u2019apostrophera d\u2019un \u201cHey Jas, comment vas- tu?\u201d Nous avons une bonne relation.Je n\u2019y vois aucun problème, a-t-il raconté.Et là, c\u2019est : \u201cOh! Jaspal n\u2019est pas censé être ici\u201d, et ainsi de suite.Cela m\u2019a étonné.» Un porte-parole de M.Trudeau, Cameron Ahmad, a déclaré que le premier ministre et M.Atwal n\u2019étaient pas des amis.« Ce n\u2019est pas vrai », a-t-il affirmé.Au sujet de la prétendue conversation dans le Hummer, M.Ahmad a dit ne pas savoir à quoi M.Atwal faisait référence avant de réitérer que les deux hommes n\u2019étaient pas des amis.M.Atwal a aussi dit qu\u2019il n\u2019était pas membre du Parti libéral et qu\u2019il avait aidé des politiciens de plusieurs partis, autant sur la scène fédérale que provinciale.Il a raconté qu\u2019il s\u2019était rendu la semaine dernière en Inde pour des raisons personnelles.Il s\u2019est demandé pourquoi M.Sarai devrait être le seul à porter le blâme pour l\u2019invitation qu\u2019il a reçue pour la réception.« Je ne sais pas pourquoi il en prend la responsabilité.Il n\u2019a rien à voir là-dedans, a-t-il souligné.Le haut-commissariat, c\u2019est lui qui m\u2019a remis l\u2019invitation.Tous les noms sont vérifiés par le SCRS et la GRC.» M.Ahmad remet en cause la version de M.Atwal.« Je vais revenir sur ce qu\u2019a déclaré le premier ministre à deux reprises sur cette question », a-t-il dit, parlant notamment des excuses présentées par le député.Jaspal Atwal a été reconnu coupable d\u2019avoir tenté de tuer le ministre indien Malkiat Singh Sidhu lors d\u2019une visite de ce dernier sur l\u2019île de Vancouver en 1986.Il nie avoir fait partie de la Fédération internationale des jeunes sikhs, une organisation terroriste interdite au Canada et en Inde, comme l\u2019ont relaté de nombreux médias.Aujourd\u2019hui, il dit ne plus appuyer les organisations prônant l\u2019indépendance du Khalistan.La Presse canadienne Jaspal Atwal prétend être un ami de Justin Trudeau Reconnu coupable de tentative de meurtre, il avait été invité à une réception avec le premier ministre en Inde On se connaît tous les deux.[Justin Trudeau] connaît mon nom.S\u2019il me voit, il s\u2019approchera et m\u2019apostrophera d\u2019un \u201cHey Jas, comment vas-tu ?\u201d Jaspal Atwal « » ors de son élection, le premier ministre Philippe Couil- lard promettait de faire de son gouvernement le plus transparent de l\u2019histoire du Québec.Quatre ans plus tard, la réforme de la loi sur l\u2019accès à l\u2019information reste à l\u2019état de vœux pieux.La nouvelle ministre responsable du dossier, Kathleen Weil, promet une «grande réforme» de la loi.Comme l\u2019ont fait ses prédécesseurs, Jean-Marc Fournier et Rita de Santis, elle promet mer et monde.Les ?liales des sociétés d\u2019État seront assujetties à la loi ; les ministres et leur personnel politique perdront le pouvoir d\u2019examiner les demandes faites par les journalistes, a?n de dissiper les soupçons d\u2019ingérence politique dans le traitement des demandes; la réforme visera à instaurer «une culture de transparence et d\u2019ouverture» au sein de l\u2019appareil étatique.En théorie, voilà autant de nouvelles prometteuses, qui annoncent des lendemains glorieux pour la démocratie québécoise.En pratique, per- mettez-nous de douter du sérieux de la démarche libérale, à sept mois de l\u2019échéance électorale, et avec une quarantaine de journées de travail restantes à l\u2019Assemblée nationale.Entre le boom suscité par la déclaration initiale du premier ministre Couillard et l\u2019écho de la réforme promise par Mme Weil, le délai est passablement inquiétant.Pour l\u2019heure, le seul projet de loi déposé par la ministre Weil vise à empêcher la transmission de tout mémoire adressé au Conseil des ministres avant l\u2019expiration du délai de 25 ans.Ce délai est trop élevé pour les exigences de la gouvernance moderne.Il devrait être ramené à dix ou quinze ans, ce qui permettrait d\u2019accroître la transparence du gouvernement sans porter ombrage aux délibérations ministérielles.L\u2019urgence vient du fait que le journaliste Daniel Tremblay a remporté, en décembre dernier, une victoire importante en Cour d\u2019appel, a?n d\u2019obtenir accès à des m émoires du Conseil des ministres sur l\u2019indemnisation des orphelins de Duplessis.La loi est ainsi faite que la communication d\u2019un ministre à un autre est con?dentielle.Mais la communication d\u2019un ministre à plusieurs personnes en même temps ne l\u2019est pas, ce que reconnaît la Cour d\u2019appel dans sa décision.Mme Weil s\u2019inquiète de cette brèche sur la con?dentialité des délibérations du Conseil des ministres, qui est nécessaire au bon fonctionnement des institutions démocratiques.Elle évoque au passage le risque que les fabricants de tabac utilisent le précédent engendré par la décision de la Cour d\u2019appel pour entraver une poursuite en recouvrement de 60 milliards de dollars intentée par Québec.Cet alarmisme n\u2019est pas justi?é.Les débats au conseil restent secrets malgré la décision de la Cour d\u2019appel.Le gouvernement Couillard utilise cette décision comme un prétexte pour élargir la portée de cet « espace de sérénité » entre les ministres et les fonctionnaires, qui était si cher à l\u2019ancien porteur du dossier de l\u2019accès à l\u2019information, Jean-Marc Fournier.Le projet de loi de la ministre Weil, lancé à la hâte dans un climat de fausse urgence, risque fort de recouvrir l\u2019action gouvernementale d\u2019une chape de plomb.C\u2019est tout à fait le contraire d\u2019une réforme axée sur la recherche de l\u2019intérêt public.Jeudi prochain, Caroline Maynard remplacera Suzanne Le- gault à la tête du Commissariat à l\u2019information.Juriste émérite, elle arrive à ce poste sans expérience en ce domaine et alors que le gouvernement pousse son projet de réforme de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information (LAI).es mérites de Mme Maynard ne sont pas mis en doute, mais elle devra mettre les bouchées doubles pour prendre le relais de Mme Legault.Cette dernière, qui a bataillé ferme sous les conservateurs, estime que le gouvernement Trudeau ne respecte pas toutes ses promesses en matière d\u2019accès à l\u2019information.La refonte de la LAI, présentée le 19 juin dernier, est la première réforme de cette importance en 34 ans.Malgré cela, le gouvernement n\u2019a pas cru bon de consulter la commissaire, et le projet de loi C-58, actuellement à l\u2019étude au Sénat, est un «pur produit de la bureaucratie » et un « recul » pour le droit d\u2019accès à l\u2019information, a souvent dit Mme Legault.Des amendements ont été apportés aux Communes, mais les problèmes recensés n\u2019ont pas tous été corrigés.Les bureaux du premier ministre et des ministres, par exemple, ne seront toujours pas assujettis à l\u2019ensemble de la loi, alors que c\u2019était une promesse électorale.On a seulement rendu obligatoire la divulgation proactive de documents déjà fréquemment obtenus en ver tu de la LAI.Le commissaire aura en?n le pouvoir d\u2019ordonner la divulgation de documents, mais la Cour fédérale sera le seul recours d\u2019un ministère mécontent, ce qui peut prendre des années.Préoccupés, des sénateurs promettent de regarder le projet de loi à la loupe.Soucieux de se démarquer du gouvernement Harper, Justin Trudeau avait fait de la transparence un thème important de sa campagne de 2015.La refonte de la LAI en était une promesse phare.Il est allé de l\u2019avant, mais en se ménageant des portes de sortie.Après plus de deux ans au pouvoir, son bilan en matière de transparence est en demi-teinte.Confronté à la réalité du pouvoir, il adopte graduellement une posture défensive.Même le directeur parlementaire du budget et le véri?cateur général y ont goûté, devant étaler leurs dif?cultés sur la place publique pour avoir accès à certaines données.En revanche, les libéraux ont tenu parole à l\u2019endroit des scien- ti?ques fédéraux.Ils leur ont redonné leur liberté de parole dès la première réunion du cabinet en novembre 2015, et ce droit a été inscrit dans les conventions collectives signées depuis.Le gouvernement devra cependant rappeler à l\u2019ordre certains gestionnaires, qui résistent à respecter sa volonté.Un sondage Environics, réalisé pour l\u2019Institut professionnel de la fonction publique et dévoilé la semaine dernière, révèle que 53 % des scien- ti?ques fédéraux se disent toujours incapables de discuter librement de leurs travaux avec la presse, certains en ayant même été empêchés.Il y a quand même un progrès puisque, en 2013, 90 % se disaient muselés.Rendre des comptes est pourtant un devoir a?n de permettre aux citoyens de faire des choix et de porter des jugements informés.C\u2019est une nécessité démocratique qui passe, entre autres choses, par un solide régime d\u2019accès à l\u2019information, la liberté de parole des scienti?ques et la circulation des données.L E D E V O I R , L E L U N D I 2 6 F É V R I E R 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S La tare de l\u2019analphabétisme Récemment, dans Le Devoir, le hasard a voulu que je tombe dans l\u2019ordre chronologique sur deux chroniques qui m\u2019ont laissé pantois quant au niveau de préparation intellectuelle des Québécois voulant devenir des actifs importants de la quatrième révolution industrielle.Le journaliste économique Gérard Bérubé, dans le «Le Québec en déficit de littératie», a écrit qu\u2019une for te proportion de Québécois, pouvant atteindre 47 à 53% bon an mal an depuis 1989, sont incapables de bien comprendre ce qu\u2019ils lisent, malgré un niveau de difficulté considéré comme moyen par les spécialistes.De son côté, l\u2019éditorialiste Robert Dutri- sac, dans « La réussite à tout prix », écrit qu\u2019il existerait dans certaines commissions scolaires une tendance à faire passer à tout prix les élèves normalement en situation d\u2019échec en gonflant leur note de passage.L I B R E O P I N I O N P I E R R E D E M O N T V A L O N Candidat à la maîtrise en science politique de l\u2019Université de Montréal L e Musée canadien de l\u2019histoire à Gati- neau présente jusqu\u2019au 6 avril 2018 une exposition sur DreamWorks Animation, studio d\u2019animation hollywoodien à l\u2019origine des films d\u2019animation Shrek, Kung Fu Panda, Dragons ou Madasgascar.Selon la directrice des expositions et du service aux visiteurs, Chantale Amyot, proposer une exposition de la sorte s\u2019inscrit dans l\u2019optique d\u2019attirer une nouvelle clientèle.Or, le Musée canadien de l\u2019histoire est déjà l\u2019institution muséale la plus visitée au Canada, avec 1,7 million de visiteurs pour l\u2019année 2016-2017.La mesure de succès du Musée est visiblement l\u2019achalandage: plus une exposition est visitée, plus elle est couronnée de succès.Augmenter le nombre de visiteurs devient alors une fin en soi.Mais à quel coût?D\u2019une part, 1,3 million de dollars ont été déboursés par le Musée pour acquérir l\u2019exposition, conçue par l\u2019Australian Center for the Moving Image, un musée situé à Melbourne, en Australie.Aucune expertise canadienne, aucun savoir canadien n\u2019a été utilisé pour réaliser l\u2019exposition.Pire, l\u2019équipe responsable du commissariat au Musée n\u2019a même pas pris la peine de souligner le travail de Dean De- Blois, un illustrateur originaire d\u2019Aylmer, en Outaouais, qui a réalisé le film Dragons pour le studio DreamWorks Animation.Aucun effort n\u2019a été fourni par le Musée pour régionaliser le contenu.Comble d\u2019ironie, cette exposition con - stitue une formidable largesse envers l\u2019entreprise qui possède la marque de commerce exposée.Non content d\u2019offrir une visibilité extraordinaire à la marque de commerce auprès de milliers de familles canadiennes, le Musée canadien de l\u2019histoire paye pour offrir cette visibilité.C\u2019est le monde à l\u2019envers : le Musée débourse des fonds pour se faire commanditer par une entreprise, dans ce cas-ci Comcast, conglomérat américain d\u2019entreprises médiatiques et propriétaire du studio d\u2019animation.Auparavant, Hot Wheels L\u2019exposition est la seconde du genre pro - posée par le Musée.De septembre 2017 à janvier 2018, le Musée a présenté une exposition sur la marque de jouet Hot Wheels, propriété de l\u2019entreprise américaine Mattel, second fabricant de jouets mondial.Acquise toute faite, l\u2019exposition ne présentait aucun contenu canadien tout en offrant une visibilité considérable à une marque de commerce.Au cours de l\u2019exposition, familles et touristes en visite dans la région de la Capi- tale-Nationale pourront découvrir les étapes de la création des personnages, scénarios et univers des différents films d\u2019animation du studio DreamWorks.Elle met en scène croquis, esquisses, objets et dessins en rapport avec les films d\u2019animation du studio.Selon la Loi sur le Musée canadien de l\u2019histoire, le mandat de l\u2019institution mu- séale fédérale est « d\u2019accroître la connaissance, la compréhension et le degré d\u2019appréciation des Canadiens à l\u2019égard d\u2019évé- nements, d\u2019expériences, de personnes et d\u2019objets qui incarnent l\u2019histoire et l\u2019identité canadiennes, qu\u2019ils ont façonnées, ainsi que de les sensibiliser à l\u2019histoire du monde et aux autres cultures».L\u2019exposition sur DreamWorks Animation n\u2019incarne en rien l\u2019histoire et l\u2019identité canadiennes.Elle sensibilise certainement les visiteurs à l\u2019industrie culturelle de notre voisin du sud.Shrek et Fiona, Alex le lion et Gloria l\u2019hippopotame ou Po le panda incarnent-ils l\u2019histoire et l\u2019identité canadiennes?Avec des expositions de la sorte, le musée dénature sa raison d\u2019être : partager l\u2019histoire et l\u2019identité du Canada.Alors que Patrimoine Canada vient de doter le gouvernement fédéral d\u2019une politique culturelle à l\u2019ensemble du pays, Canada créatif, il est navrant de voir que l\u2019institution culturelle phare de l\u2019histoire et de l\u2019identité canadiennes paye pour mettre en avant DreamWorks Animation et Hot Wheels au détriment des créations culturelles du Canada.L\u2019histoire et l\u2019identité canadiennes sont- elles à ce point vides et insipides que nous n\u2019ayons aucune imagination pour présenter des expositions destinées au grand public ?Sommes-nous obligés de nous tourner vers la production culturelle de pays étrangers ?Le Canada possède les talents pour que nous puissions réaliser nous-mêmes des expositions sur des créateurs canadiens.Jusqu\u2019à quel point un musée peut-il sacrifier son mandat pour attirer des visiteurs?Cette course folle aux visiteurs vient au détriment de la qualité et de la pertinence des expositions présentées.En accueillant des expositions comme celle-ci, le Musée canadien de l\u2019histoire se tire dans le pied.Les Canadiens méritent mieux.Le Musée canadien de l\u2019histoire se transforme en succursale d\u2019Hollywood FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Les 59 et 58 % seraient automatiquement relevés à 60 % et il y aurait un bulletin dit modifié juste ce qu\u2019il faut pour leur faire réussir leur secondaire.Comment ne pas faire un lien entre ces deux situations for t désolantes ?« Au XXIe siècle, les nouvelles compétences qui s\u2019appuient sur le sens critique, entre autres, sont nécessaires», a dit le nouveau directeur général du cégep de Chicoutimi, André Gobeil.Sans aucun doute, mais encore faut-il développer les compétences nécessaires en littératie pour y arriver.Dans le futur, peu importe le niveau d\u2019intelligence artificielle développée par des humains à la tête bien constituée, l\u2019analphabétisme fonctionnel, s\u2019il n\u2019est pas pris rapidement à bras- le-corps, va demeurer la bête noire de celles et ceux qui en sont affectés et une faute grave pour les autres qui l\u2019encouragent, ou tout simplement qui l\u2019ignorent.Marcel Lapointe Jonquière, le 24 février 2018 TRANSPARENCE GOUVERNEMENTALE Bilan en demi-teinte ACCÈS À L\u2019INFORMATION De reculs en retards L L MANON CORNELLIER BRIAN MYLES Des contrats pour sauver Bombardier Sauver des emplois ! Est-ce là le nouveau maître mot de l\u2019entreprise pour camoufler son inef ficacité opérationnelle dans les contrats gouvernementaux ?Les ratés d\u2019exécution de Bombardier à Toronto et New York ne semblent pourtant pas avoir nui à la distribution des primes de performance de la direction.En sommes-nous donc rendus chez Bombardier au même chantage que celui qu\u2019a exercé la Davie Shipbuilding pendant des décennies pour camoufler son incapacité de revoir ses processus d\u2019affaires et d\u2019exiger que le contribuable assume la survie ?Ne resterait plus qu\u2019à nommer Gaétan Barrette ministre de l\u2019Industrie\u2026 Robert Beauchemin Lachine, le 25 février 2018 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 6 F É V R I E R 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).F R A N Ç O I S A U B R Y Professeur, département de travail social, UQO e Québec connaît actuellement un important besoin de main-d\u2019œuvre de préposées aux bénéficiaires dans le réseau de la santé et de services sociaux.Consécutivement au Forum sur les bonnes pratiques en CHSLD organisé par le ministère de la Santé et des Services sociaux en octobre 2016, le ministre Gaétan Barrette avait débloqué une enveloppe financière pour le recrutement de personnel, notamment préposé, pour travailler dans les CHSLD.Néanmoins, force est de constater la dif ficulté pour les gestionnaires des organisations CISSS et CIUSSS à attirer et retenir du personnel préposé.Certains gestionnaires sont même incités à mettre en pratique des stratégies novatrices mais contestables : le CIUSSS de la Mauricie-et- du-Centre-du-Québec, par exemple, a choisi récemment de proposer à des préposées enceintes en retrait préventif de revenir travailler dans les installations de l\u2019organisation.Dans ce contexte, il est nécessaire de s\u2019interroger sur les raisons du manque d\u2019attrait actuel du métier de préposée.Le ministre Barrette a ciblé deux causes principales.La première ci- blerait la « réussite économique » du Québec, qui conduirait une majorité d\u2019éventuels employés à choisir d\u2019autres voies professionnelles plus valorisantes.La seconde por terait sur « l\u2019image négative du métier que les médias contribuent à maintenir » en mettant en lumière les faits de maltraitance voire de violence envers les aînés, ainsi que l\u2019épuisement des préposées et infirmières travaillant dans ces organisations (comme le récent témoignage de l\u2019infirmière Émilie Ricard).De tels arguments économiques et médiatiques tendent à n\u2019octroyer aucune responsabilité au ministère de la Santé et des Services sociaux concernant l\u2019attraction et la rétention de ce personnel.La réalité du «plancher » est bien dif férente.Les préposées subissent de nombreuses difficultés organisationnelles et professionnelles qui contribuent à rendre ce métier peu attirant.Forte précarité Ainsi, les préposées, très majoritairement des femmes (à 80 % environ), subissent tout d\u2019abord une forte précarité.Une très grande ma jorité des préposées sont recr utées en « temps partiel occasionnel », c\u2019est-à-dire « sur appel », et doivent donc subir une disponibilité et flexibilité constante entre quarts de travail (jour, soir, nuit) et milieu de travail (centres hospitaliers, CHSLD, etc.).Les données du ministère précisent même que deux tiers des préposés n\u2019ont pas de postes après leur première année d\u2019embauche .Ainsi , même dans un contexte de pénurie de main-d\u2019œuvre, la très grande majorité des préposées obtiennent un emploi précaire.Les données statistiques prouvent qu\u2019une telle situation de précarité peut avoir une incidence sur le choix de quitter le métier, puisque le taux de rétention est très faible : 38 % d\u2019une cohorte annuelle demeureront préposées cinq ans après leur première intégration.La plupart des préposées démissionnaires auront choisi de devenir infirmière auxiliaire ou infirmière, donc de ne pas quitter le réseau.Le salaire est aussi un enjeu significatif pour les préposées.Pour l\u2019exercice 2017-2018, leur salaire oscille entre 19,47 $ et 21,37 $ l\u2019heure.Au-delà de la relative faiblesse du salaire, l\u2019enjeu concerne surtout la progression salariale.En effet les préposées ne cumulent que cinq échelons d\u2019ancienneté, contrairement aux infirmières auxiliaires, par exemple, qui en comptent dix, et bientôt douze à compter de l\u2019exercice 2018-2019.Les préposées forment aussi la catégorie professionnelle la plus fragilisée en matière de santé au travail.Dans le réseau de la santé et des services sociaux, ce sont principalement elles qui subissent des blessures.Globalement, les ratios d\u2019assurance salaire et d\u2019accident de travail des préposées sont les plus importants dans le réseau.Notons aussi l\u2019importance de certains critères relatifs à l\u2019activité et l\u2019organisation du travail.Au Québec, la très grande majorité des préposées travaillent en CHSLD.Les résidents sont intégrés sur la base d\u2019une forte perte d\u2019autonomie fonctionnelle.En ce sens, le métier de préposée, au-delà de l\u2019image de métier « relationnel» qui demeure, est un métier physique: il faut réaliser un ensemble d\u2019activités auprès des résidents (déplacement des résidents, bains, toilettes, etc.) à un rythme soutenu.Les rythmes de travail sont intenses, surtout durant les quarts de travail du jour et du soir.Il faut savoir gérer les crises et paniques de certains résidents qui souffrent de problèmes cognitifs ; cer taines préposées sont même agressées (coups de poing, crachats, etc.) par des résidents violents ou confus.À ce titre, les ratios résidents/préposé sont contestables.Ceux-ci, certes variables d\u2019une organisation à une autre, provoquent néanmoins une charge de travail conséquente pour ce personnel, et ce, surtout lorsque certains collègues absents ne sont pas remplacés.Ainsi, l\u2019attraction et la rétention du personnel préposé au Québec ne sont pas, selon nous, des enjeux uniquement médiatiques ou macroéco- nomiques.Le ministère a toute latitude pour décider de réduire la précarité des nouveaux employés, d\u2019améliorer la progression salariale, ou encore de diminuer la charge de travail par un ratio raisonnable.Le ministre a rencontré la FIQ récemment pour développer des projets pilotes visant à réduire le ratio des infirmières.Les préposées, qui ne sont ni représentées ni défendues par un ordre professionnel, seront- elles les oubliées de la négociation?Les raisons du manque d\u2019attrait du métier de préposée aux bénéficiaires A lors qu\u2019on se prépare à fêter la Journée internationale de la francophonie le 20 mars, cer tains se demandent : « À quoi ça sert ?» Si on prend un peu de recul au-delà des problèmes particuliers du français au Québec et au Canada, on constate que jamais il n\u2019y a eu autant de parlants-français dans le monde dans autant de pays.Mais il y a autre chose encore.Le 20 mars, nous célébrons un temps formidable dans l\u2019histoire de la langue : le moment de sa grande chance historique.Car nous vivons à une époque charnière, celle où a surgi une appellation commune, fédératrice, qui dit ce qu\u2019il y a de commun entre tous les parlants- français : ils sont francophones.C\u2019est une chose rare de voir une culture changer de nature : cela arrive une fois tous les cinq ou six siècles environ.À un moment donné de son histoire, le latin est devenu du roman.Puis le roman est devenu du françois.Et maintenant voici qu\u2019émerge l\u2019étiquette francophone, qui rebrasse les cartes et qui change la donne à nouveau.Le mot est apparu vers 1886 sous la plume du géographe français Onésime Reclus, qui travaillait à une représentation du monde selon les langues plutôt que les « races» ou les religions.(Du coup, il a aussi inventé anglophone, germa- nophone, hispanophone, arabophone \u2014 alouette !) Le concept est tombé dans l\u2019oubli.Jusqu\u2019en 1962, lorsque Léopold Sédar Senghor, le président-poète du Sénégal nouvellement indépendant, l\u2019a sorti des boules à mites.En quelques années, le terme est devenu courant parmi tous les francophones parce qu\u2019il avait son utilité : celle de désigner tous ceux qui parlent le français, qu\u2019ils soient français ou non.Une vision nouvelle Le mot francophone est un mot puissant, un changement de paradigme.Cer taines personnes, par une sor te de myopie mentale, s\u2019obsèdent à y voir un sens néocolonial, mais c\u2019est bien parce que la francophonie les dépasse \u2014 dans tous les sens du mot, dont ils ne saisissent pas les ramifications nouvelles.Certes, il arrive que des empires se rebaptisent par calcul politique.Les Anglais du XVIIe siècle, ayant avalé les royaumes d\u2019Écosse et d\u2019Irlande, ont voulu dorer la pilule en se désignant comme Britanniques, ce qui se voulait plus inclusif.Les Castillans, pour les mêmes raisons, se sont déclarés espagnols, tout en poussant le bouchon plus loin: les Espagnols parlent espagnol, alors que les Britanniques ne parlent pas le britannique.(La polémique castillan/espagnol est encore vive dans le monde hispanique.) La grande différence philosophique entre francophone et britannique ou espagnol, c\u2019est que ce mot a été voulu par tous les francophones, avant les instances officielles et avant les Français eux- mêmes (de Gaulle lui-même ne l\u2019aimait pas).Le mot francophone est d\u2019une autre essence puisqu\u2019il est survenu spontanément, de la périphérie plutôt que du centre.D\u2019ailleurs, même les instances institutionnelles de la francophonie ont refusé ce mot jusqu\u2019à la fin des années 1990.Certains s\u2019indignent que le mot francophone revête une multiplicité de sens parfois contradictoires qui varient selon les pays.Chez les Français, le terme désigne avant tout les autres plutôt qu\u2019eux-mêmes.Les Québécois, eux, se désignent spontanément comme francophones : une identité qu\u2019ils veulent inclusive, quoiqu\u2019ils répugnent à admettre qu\u2019un anglophone parlant français puisse être francophone.Chez les Belges, on retrouve un complexe similaire à l\u2019égard des Flamands.Ailleurs, c\u2019est encore autre chose.Les Algériens, par exemple, se disent francophones, mais refusent d\u2019adhérer à la francophonie officielle.Les autres Africains, eux, sont francophones sans complexes, mais il existe des nuances importantes d\u2019un pays à l\u2019autre.Les controverses nationales sur le sens du mot francophone seront toujours là, quand bien même on inventerait une formulation nouvelle, comme francité, littérature-monde ou parlant- français.Ces écarts ne sont pas propres au mot francophone: ils découlent du fait de parler une langue internationale.Après tout, des mots aussi simples que fleuve, verglas ou baobab, dont la définition est pourtant très nette, revêtent un sens particulier dans chaque pays du fait de son histoire.Pourquoi en irait-il autrement de francophone?D\u2019autant que le mot décrit aussi une grande idée, comme chrétien, européen ou américain, à laquelle chacun attribue son sens.Francophone, c\u2019est au fond le mot d\u2019une civilisation qui se définit par sa langue.On ne peut pas reprocher à 67 millions de Français d\u2019être d\u2019abord français avant d\u2019avoir la fibre francophone.Mais le fait est que, par tout ailleurs dans le monde, plus de 200 millions de parlants- français qui n\u2019ont aucune fibre française se revendiquent d\u2019une langue et \u2014 et parfois d\u2019une culture \u2014 dans laquelle ils ont investi personnellement ou collectivement.C\u2019est très fort, la francophonie, et c\u2019est ce que nous célébrerons le 20 mars.Francophone de nom JEAN-BENOÎT NADEAU P A T R I C K B A R N A R D Membre du conseil de la Coalition verte à Montréal e projet du Réseau électrique métropolitain (REM) promu par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) se métamorphose devant nos yeux et devient « le Réseau express métropolitain, », mais il est toujours aussi mauvais pour l\u2019environnement et pour nos espaces naturels.Le REM pose un grand danger environnemental pour deux raisons : le cadre mal formé du projet et l\u2019étalement urbain qui en résultera.Dans son rapport du 20 janvier 2017, le Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE) concluait que des questions essentielles au sujet du REM restaient sans réponse « notamment sur les aspects financiers, écologiques, de justification en matière de fréquentations, d\u2019impact sur l\u2019aménagement du territoire et de gouvernance ».La conclusion du BAPE soulignait aussi que la documentation incomplète de la CDPQ « de même que la stratégie du promoteur selon laquelle il serait dans un processus \u201cd\u2019optimisation continue\u201d quant à l\u2019élaboration de son projet ne respectent pas l\u2019esprit et la lettre des principes participation et engagement et accès au savoir ».Néanmoins, le chef de la CDPQ, M.Michael Sabia, continue à parler fièrement de « l\u2019ingénierie en continu » et de « ce travail par itération ».Sa créature reste cependant déséquilibrée et contradictoire.Malheureusement, ce projet de 6,3 milliards de dollars, comme le Stade olympique, est un exemple classique de surinvestissement, où l\u2019on dépense beaucoup trop d\u2019argent public sans rapport aux besoins réels de la population.Les exemples des besoins négligés sont multiples.Le REM ne sert pas l\u2019est de Montréal, où l\u2019urgence du transpor t collectif est la plus grande.Le réseau est axé sur l\u2019automobile, avec d\u2019énormes stationnements « incitatifs » et beaucoup de travailleurs et travailleuses modestes ne seront pas ses clients.Sur le plan technique, le REM demeure incompatible au système de transport existant et la filiale de la Caisse, CDPQ Infra, a choisi la technologie « Skytrain », de loin la plus dispendieuse.Cela nécessite aussi une énorme quantité de béton pour construire les structures élevées, ce qui produira des GES néfastes.La Loi 38 de 2015 dictait que la Caisse «peut fixer des tarifs pour l\u2019utilisation de l\u2019infrastructure de transport collectif concernée» et a même envisagé les stipulations pour « tout acquéreur subséquent», comme si le REM est un super-pro- duit à vendre, ici et ailleurs.La Loi de 2016 sur l\u2019Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) indique au contraire que «L\u2019Autorité a compétence exclusive pour établir, selon les différents critères qu\u2019elle détermine, le cadre tarifaire».Qui dirige?CDPQ Infra ou l\u2019ARTM?Quand on examine la loi 137 concernant le Réseau électrique métropolitain (du 27 septembre 2017), on est frappé par le poids de la Caisse vis-à-vis de l\u2019ARTM.Il en va de même pour la Communauté métropolitaine de Montréal et les municipalités.Dans les cas d\u2019expropriation, le «droit » de la Caisse et de CDPQ Infra « ne peut être contesté ».Aussi, les modalités de la contrac- tualisation entre la CDPQ et l\u2019ARTM «n\u2019ont pas à être approuvées par la Communauté métropolitaine de Montréal ».Quant aux municipalités et aux «diverses dispositions concernant la fiscalité municipale», le REM «et son exploitant n\u2019y sont pas assujettis».Malgré le pouvoir évident de la Caisse, le REM sera très nettement déficitaire, comme tous les projets de rail en Amérique du Nord.La Caisse attend cependant un profit de 9 % sur ses investissements.Cela est la mathématique de l\u2019impossible.Seule une promotion immobilière massive peut générer cet argent, et Michael Sabia a évoqué une ruée vers l\u2019or du REM en parlant « des investissements de près de 5 milliards attendus le long de son tracé ».Justement, le « tracé » du REM traverse ou menace des espaces ver ts et naturels d\u2019une grande valeur écologique : les terres agricoles sur la Rive-Sud, les marais dans l\u2019arrondissement de Saint-Laurent, les bois et les prairies humides dans l\u2019Ouest-de-l\u2019Île.C\u2019est peu connu, mais Montréal est le champion canadien de l\u2019étalement urbain.Depuis 1951, le niveau d\u2019étalement à Montréal s\u2019est multiplié par 26 ! Chaque personne dans les banlieues avec sa maison, son automobile et sa parcelle de gazon exerce une pression énorme sur le peu d\u2019espaces naturels qui restent.Le REM va encore intensifier ce très mauvais paradigme.Le REM, c\u2019est le développement non durable par excellence.Le REM, toujours mauvais pour l\u2019environnement ISTOCK Les données du ministère précisent que deux tiers des préposées n\u2019ont pas de postes après leur première année d\u2019embauche.Ainsi, même dans un contexte de pénurie de main-d\u2019œuvre, la très grande majorité des préposées obtiennent un emploi précaire.L Le ministère a toute latitude pour décider de réduire la précarité des nouveaux employés, d\u2019améliorer la progression salariale, ou encore de diminuer la charge de travail par un ratio raisonnable L CAISSE DE DÉPÔT ET PLACEMENT DU QUÉBEC Le REM ne sert pas l\u2019est de Montréal, où l\u2019urgence du transport collectif est la plus grande. L E D E V O I R , L E L U N D I 2 6 F É V R I E R 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S La politologue et travailleuse sociale Athena R.Kolbe va encore plus loin.« Pour ceux d\u2019entre nous qui vivent ou travaillent en Haïti, cette triste histoire d \u2019agressions n\u2019est même pas une nouvelle, dit-elle en entrevue au Devoir.Tout le monde connaissait le cas d\u2019Oxfam.Ce n\u2019est même pas une histoire limitée dans le temps après le tremblement de terre.» Mme Kolbe a été jointe à l\u2019Université de Caroline du Nord, où elle enseigne.Elle détient deux doctorats (en travail social et en sciences politiques) basés sur du travail de terrain réalisé en Haïti, où elle passe la moitié de chaque année depuis plus de deux décennies.Elle a beaucoup publié sur l\u2019exploitation sexuelle dans ce pays, qu\u2019elle considère comme son deuxième chez-elle.Des ONG sans code Le gouvernement haïtien a ouvert sa propre enquête et a suspendu vendredi les activités de la section britannique d\u2019Oxfam pour deux mois.Des milliers de donateurs ont interrompu leurs versements à la suite des récentes révélations.Oxfam Québec dit avoir découvert trois cas d\u2019inconduites en dix ans de ses employés en mission.Là aussi, on craint l\u2019assèchement des dons.La professeure Kolbe demande d\u2019élargir encore plus la perspective.« Les étrangers viennent en Haïti pour exploiter les Haïtiens depuis longtemps, dit-elle.L\u2019exploitation sexuelle de ces gens est un problème persistant.Et il ne faut pas seulement blâmer les ONG.L\u2019exploitation sexuelle se fait par des soldats étrangers, des employés des Nations unies, des missionnaires.» La chercheuse universitaire a fa it ses devo irs .Elle a consulté les sites Internet de 273 organ isat ions human i - taires présentes en Haïti en 2017.Dans le lot, cinq, et seulement c inq, af f ichent « quelque par t quelque chose » sur leur site qui ressemble à une politique concernant la protection des enfants, une politique pour prévenir l\u2019exploitation sexuelle et les abus.Elle ajoute toutefois que les ONG ont parfois des politiques sans les diffuser.« Plusieurs organisations ne comprennent pas l\u2019importance de poser des balises, dit-elle.Elles vont dire que tout le monde sait qu\u2019il ne faut pas avoir de rapports sexuels avec des enfants.D\u2019accord, mais des cas douteux émergent partout.Aux États-Unis et au Canada, il est illégal pour un travailleur social ou un psychologue d \u2019avoir des rappor ts sexuels avec une cliente, alors qu\u2019en Haïti, il est courant de voir des professionnels étrangers adopter des compor te- ments qui ne seraient pas acceptables dans leur pays.» Elle-même dit avoir observé des cas semblables, qui sont souvent discutés entre expatriés.« Il y a un continuum de problèmes, qui vont de la pédophilie ou du viol, condamnés par tous, jusqu\u2019à des zones grises.» La professeure Kolbe est même capable de résumer les transformations de la prostitution en Haïti.Le coup d\u2019État du 29 février 2004 a eu comme conséquence de déployer quelque 5000 civils et mili - taires d\u2019une force de paix (la MINUSTAH) qui ont introduit de nouvelles pratiques sexuelles dans le milieu de la prostitution.Les travailleurs humanitaires arrivés en masse après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 ont pris le relais des Casques bleus comme clients des prostitués.«Dans la culture haïtienne, la prostitution est vue comme une activité amorale, dit la travailleuse sociale.Entretenir une maîtresse, c\u2019est autre chose.En vingt ans, j\u2019ai vu la nature de la prostitution changer.Les Casques bleus ont étendu le marché de la prostitution et changé les pratiques plus à risque.Quand les humanitaires sont arrivés, ils ont exploité cette infrastructure transformée entre 2004 et 2010.» L\u2019immunité de l\u2019ONU L\u2019organisme de l \u2019avocate Sienna Merope-Synge représente notamment dix femmes mises enceintes par des Casques bleus arrivés dans le pays après le coup d\u2019État de 2004.Elles sont à la recherche des pères de leurs enfants et ont été déboutées en Cour fédérale américaine pour raison d\u2019immunité juridique des travailleurs onusiens.Les employés des Nations unies ont fait l\u2019objet de quelque 2000 allégations de crimes sexuels dans le monde depuis 2005.«Haïti est le pays qui a le plus haut taux d\u2019abus sexuels de Casques bleus dans le monde, selon les statistiques officielles des Nations unies, qui minimisent le problème réel parce que les femmes n\u2019osent même plus porter plainte», dit Me Merope-Synge dans un excellent français.«Et quand on essaie de porter plainte, on se heurte à des murs.Le refus d\u2019assumer les responsabilités ne concerne d\u2019ailleurs pas que les abus sexuels.Les Casques bleus ont répandu le choléra en Haïti et l\u2019ONU, qui a reconnu sa faute, n\u2019honore pas du tout ses obligations et refuse toujours de payer des dédommagements.» L\u2019impunité La militante des droits de la personne ajoute que les enquêtes internes, quand il s\u2019en trouve, ne suf fisent absolument pas.Dans les faits, les ONG comme les Églises gèrent les accusations à l \u2019 interne, peuvent, au mieux, renvoyer les fautifs, alors qu\u2019il faudrait les poursuivre et les condamner le cas échéant.« Les expatriés se comportent comme s\u2019ils étaient au- dessus des lois, et les organisations qui les emploient traitent les violations criminelles du droit comme des questions de politique interne, dit-elle.Il faut donc changer cette culture : ceux qui sont responsables doivent subir les conséquences de leurs gestes.» Dans ce contexte d\u2019exploitation généralisée, Mmes Kolbe et Merope-Synge en viennent même à féliciter Oxfam Grande- Bretagne, qui ose entreprendre des actions et dénoncer les agresseurs dans ses rangs.«Oxfam a un gros, gros problème de culture d\u2019organisation, mais elle fait les plus grands ef for ts du secteur et prend ses responsabilités», dit l\u2019avocate.« Des dizaines d\u2019autres organisations sont aussi mauvaises ou pires encore, et personne n\u2019en parle », ajoute la professeure.Rien qu\u2019en 2016, Save the Children GB a révélé 193 cas d\u2019inconduite avec des enfants ayant mené à une vingtaine d \u2019enquêtes et à 11 licenciements.Un rapport interne met en garde contre l\u2019infiltration de « prédateurs masculins » qui s\u2019engageraient dans l\u2019humanitaire pour commettre des agressions.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ONG Pour ceux d\u2019entre nous qui vivent ou travaillent en Haïti, cette triste histoire d\u2019agressions n\u2019est même pas une nouvelle La politologue et travailleuse sociale Athena R.Kolbe « » excusé en craignant d\u2019ennuyer le public.Lequel lui a systématiquement répondu par des applaudissements nourris et des cris d\u2019enthousiasme.« Il faut savoir que l\u2019événement devait se tenir dans une petite salle devant 80 ou 100 personnes », a indiqué Denis Villeneuve, sourire en coin, à l\u2019assistance de 1400 personnes.La demande a en effet été telle qu\u2019on a dû réquisitionner la Place des Arts, où s\u2019est déroulée une discussion passionnante ponctuée de constats et d\u2019anecdotes mémorables.Premiers chocs En maintes occasions, le cinéaste a rendu hommage à des collaborateurs passés et présents, notamment aux directeurs photo André Turpin et Roger Deakins.« Comme réalisateur, tu développes une intimité avec le directeur photo.C\u2019est comme une danse.Un langage se développe, une complicité dans le regard.C\u2019est difficile à expliquer\u2026 C\u2019est une des choses qui me touchent le plus, au cinéma : cette idée que des gens vont entrer en symbiose et faire de la poésie ensemble.» En amont, Denis Villeneuve est revenu sur son premier choc de cinéma : Rencontre du troisième type (Close Encounter of the Third Kind), de Steven Spielberg.C\u2019est en voyant cette saga de science-fiction racontée à travers le regard d\u2019un homme ordinaire qu\u2019il dit avoir compris ce qu\u2019était un metteur en scène de cinéma.On pense à L\u2019arrivée (Arrival), où une invasion extraterrestre est relatée du seul point de vue d\u2019une linguiste, et on remonte ainsi aux origines de ce beau paradoxe entre la vastitude du canevas et l\u2019intimité du regard qui caractérise le travail de Villeneuve.Appréhender la réalité D\u2019autres moments charnières l\u2019ont marqué, notamment à l\u2019école.«Dernièrement, j\u2019écoutais un discours de Rid- ley Scott [honoré aux BAFTA] et il disait que si on réglait les problèmes en éducation, on résoudrait probablement beaucoup de problèmes dans la société en général.Au sujet des professeurs, des maîtres, j\u2019avais un intérêt pour les sciences, mais j\u2019ai eu un éveil assez précoce pour le cinéma.Au secondaire, un enseignant, Roger Young, nous montrait des making-of de films, les premiers que j\u2019ai vus.Ça m\u2019a mis en relation avec la fabrication d\u2019un film.Il nous a présenté une tonne de courts métrages de l\u2019ONF.» Parmi les autres épisodes phares de sa vie, Denis Villeneuve a réitéré l\u2019importance qu\u2019a eue pour lui, et continue d\u2019avoir, l\u2019émission La course Europe-Asie, en 1990-1991.Après avoir appris à réfléchir le cinéma et à manier une caméra, la Course lui a enseigné «à appréhender la réalité».Le tournant Incendies Une réalité à laquelle il n \u2019est revenu « s\u2019abreuver », pour reprendre son expression, qu\u2019avec Incendies, qu\u2019il définit comme un tournant.«En terminant mon deuxième film, Maelström, j\u2019ai compris que je ne savais pas vraiment faire du cinéma.J\u2019étais capable de faire des belles images, mais sur le plan de la mise en scène, il y avait beaucoup d\u2019expression et un manque de communication [\u2026].Je me suis rendu compte qu\u2019en écriture, j\u2019avais besoin d\u2019un coup de main.» Entrée en scène de Valérie Beaugrand-Cham- pagne, conseillère à la scénarisation émérite.« Elle m\u2019a aidé dans le développement des personnages, que ce soit dans les scènes ou par rapport à leur arc complet.J\u2019ai appris à écrire avec Valérie et avec le matériel de Wajdi [Mouawad, auteur de la pièce].Avec Incendies, c\u2019était la première fois où j\u2019avais l\u2019impression de me mettre en retrait, avec une caméra qui était uniquement au service de l\u2019histoire.» Les bonnes idées Une autre frustration professionnelle évoquée se rapporte à la direction d\u2019acteurs, en cela que Villeneuve a longtemps eu l\u2019impression de passer à côté d\u2019une expérience privilégiée.Son film Ennemi (Enemy) a été créé dans cette optique, comme un laboratoire expérimental de direction d\u2019acteurs, avec la complicité de Jake Gyllenhaal, qu\u2019il retrouva aussitôt après pour Prisonniers (Prisoners).Encore par rapport à la relation avec les interprètes, le cinéaste a souligné qu\u2019il se devait d\u2019être à leur écoute et d\u2019avoir l\u2019humilité d\u2019intégrer leurs idées lorsque celles-ci s\u2019avéraient meilleures que les siennes.En guise d\u2019exemple, il a présenté la scène finale de Sicario en détaillant en quoi elle divergeait de celle du scénario (involontairement glauque), et comment c\u2019est finalement Benicio Del Toro qui lui a suggéré une autre fin.Villeneuve a réécrit la scène avec Del Toro, l\u2019actrice Emily Blunt et le directeur photo Roger Deakins.Fascinant, que de revoir cette séquence à la lumière des motifs ayant poussé le cinéaste à en changer autant la teneur.Sensibilité québécoise Au passage, Villeneuve a confirmé choisir ses projets américains en sachant qu\u2019on lui laissera ce genre de marge de manœuvre.Ainsi remanie- t-il toujours les scénarios afin de tisser un lien, incapable qu\u2019il est de réaliser de simples commandes, quel que soit le budget.Est-ce à dire qu\u2019on l\u2019a définitivement perdu au profit d\u2019Hollywood où il ne cesse de briller ?« Ma sensibilité est québécoise.Mon regard a été forgé par des gens d\u2019ici », a-t-il rappelé en cours d\u2019entretien.«J\u2019ai fait neuf longs métrages et un seul parle du Québec, Polytechnique.Je sens que ma carrière va être un long voyage pour revenir ici.» À terme, cette leçon de maître s\u2019est révélée un moment privilégié, et qui plus est d\u2019une étonnante proximité considérant la taille de la salle.En vérité, intimité et grand déploiement ne pouvaient que bien s \u2019accorder avec Denis Villeneuve.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 VILLENEUVE Mme Montpetit déplore notamment que sa collègue du fédéral, Mélanie Joly, n\u2019ait jamais répondu à une lettre envoyée peu après son entrée en fonction, à la mi-octobre (le bureau de Mme Joly n\u2019était pas disponible pour faire des commentaires dimanche).« J\u2019ai réitéré notre position par rapport à la taxation et j\u2019ai demandé d\u2019avoir accès à l\u2019entente signée avec Netflix [un investissement de 500 mil - l ions sur 5 ans en product ion] .Je n \u2019a i pas eu de ré - ponse, et c\u2019est pour ça qu\u2019on a décidé d\u2019aller de l\u2019avant.» Elle fait référence à la décision annoncée (mais pas encore entrée en vigueur) de Québec d \u2019obliger les plate- formes étrangères à percevoir la TVQ sur les produits qu\u2019ils of frent \u2014 notamment les abonnements au ser vice de vidéo Netflix.Le gouvernement fédéral ne veut pour sa part rien savoir d\u2019une obligation de percept ion des taxes à la consommation sur ce type de services.L\u2019argument of ficiel est qu \u2019Ottawa ne veut pas « augmenter le fardeau fiscal de la classe moyenne ».L\u2019automne dernier, plusieurs personnes ont dénoncé ce qu\u2019elles estiment être un manque d\u2019équité fiscale envers les plateformes canadiennes, qui doivent pour leur part facturer ces mêmes taxes à leurs clients.Mme Montpetit sou- ha ita it par a i l leurs aussi que le budget fédéral permette d\u2019annoncer une aide aux médias canadiens qui traversent une importante crise.« Je l\u2019ai dit et je le redis : le fédéral do it appor ter sa contribution pour maintenir ces piliers de notre démocratie.» Québec a quant à lui octroyé quelque 36 mi l l ions dans son dernier budget.Le Devoir annonçait samedi (après l\u2019entrevue avec Marie Montpet it) que le budget Morneau inclurait deux mesures pour la presse : une aide de 50 millions pour sou- ten ir le jour nal isme local dans des communautés mal desser vies, et la promesse d\u2019explorer des manières de favoriser la philanthropie et les dons privés pour le journalisme professionnel à but non lucratif.Les attentes du milieu Les préoccupations de la ministre Montpetit par rap- por t au budget fédéral ressemblent passablement à celles exprimées par le milieu culturel québéco is .Plusieurs intervenants interrogés par Le Devoir jeudi et vendredi disaient ainsi s\u2019attendre à peu de grands investissements, puisque l\u2019essentiel de l\u2019effort fédéral en culture a été fait par le budget 2016 \u2014 Ottawa s\u2019engageait à investir 1,8 milliard en cinq ans.Il y a aussi que le gros du projet de politique culturelle canadienne présenté en septembre prendra forme quand Ottawa aura terminé les immenses chantiers qu\u2019il a lancés en marge : la révision des lois sur la radiodiffusion, les télécommunications et le droit d\u2019auteur, de même que celle du mandat du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).Néanmoins, certains rendezvous sont attendus dans le budget de mardi, relève Hélène Messier, porte-parole de la Coalition pour la culture et les médias (qui regroupe une quarantaine d\u2019organismes provinciaux et nationaux).«On s\u2019attend bien sûr à une continuité des engagements pris en 2016», dit-elle en évoquant le doublement prévu du budget du Conseil des arts du Canada (CAC) d\u2019ici 2020- 2021.« Mais dans Canada créatif [nom officiel du document présenté par Mme Joly l\u2019automne dernier], la ministre avait annoncé l\u2019augmentation du financement du Fonds des médias du Canada (FMC), sans jamais confirmer de montant», rappelle Mme Messier.Pour pallier la baisse de la contribution des câblodistribu- teurs au FMC, Ottawa a en effet promis de «maintenir» la valeur du fonds\u2026 sans préciser quel serait le montant à maintenir.Le FMC vaut aujourd\u2019hui 350 millions, soit 50 millions de moins qu\u2019il y a trois ans.«On aimerait bien que sa valeur soit fixée au niveau de 2015-2016, soit 375 millions», souligne Hélène Messier.Celle-ci plaide également pour des « investissements suffisants pour accompagner les médias dans la transition numérique»\u2026 et pour que «le premier ministre Trudeau et le ministre Morneau [Finances] voient la lumière» dans le dossier de la taxation des géants du Web.Tout au CAC En regardant la manière dont Ottawa a choisi de réinvestir en culture \u2014 essentiellement par une bonification majeure des fonds alloués au Conseil des arts et à Radio-Canada \u2014, le coprésident du Conseil québécois du théâtre (CQT), David Lavoie, remarque « qu\u2019il reste peu de marge de manœuvre pour des initiatives que Mélanie Joly pourrait vouloir pousser».«On a tout misé sur deux institutions.Mais ça veut dire que tout doit se jouer par le CAC: le soutien aux festivals ou à l\u2019exportation, la question du numérique\u2026 Au moins, le CAC a la marge de manœuvre pour orienter la suite des choses.» Directrice générale de l\u2019Association québécoise de l\u2019industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ), Solange Drouin rappelle que «c\u2019est une partie de la communauté culturelle qui est au Conseil des arts».Une façon de dire qu\u2019il y a une vie en dehors du CAC\u2026 et des besoins également.Durant les consultations pré- budgétaires, l\u2019ADISQ a d\u2019ailleurs demandé un réinvestissement de 8 millions dans le Fonds de la musique du Canada \u2014 argent qu\u2019on aimerait voir destiné aux entreprises.« Le budget est le même depuis 15 ans alors que notre monde a complètement changé», fait valoir Mme Drouin.«On a entendu la ministre dire qu\u2019elle comprenait l\u2019anxiété du milieu de la télévision et du cinéma : il serait de bon ton qu\u2019elle fasse un pas vers le milieu de la musique.» Sinon, les regards du milieu seront beaucoup tournés vers le budget provincial en mars : c\u2019est autour de cet événement que sera dévoilé le plan d\u2019action rattaché au projet de politique culturelle québécoise, confirme la ministre Montpetit.Et là, les attentes seront franchement grandes.«Tout le monde s\u2019attend à un gouvernement plus généreux pour la culture, ajoute Hélène Messier.Il y a une situation unique : on s\u2019en va en élections, il y a le plan d\u2019action de la politique culturelle\u2026 et il y a des surplus.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 BUDGET Lire aussi \u203a ALENA.L\u2019ombre de la renégociation planera sur le budget Morneau.Page A 3 En complément Collaboratrice de longue date de Denis Villeneuve, la chef costumière Renée April offrira à son tour une leçon de maître dans le cadre des RVQC, ce lundi 26 février à la Cinémathèque.Renée April a créé les costumes pour des films aussi variés que Le violon rouge et Blade Runner 2049.Sachant que les comédiens disent souvent qu\u2019ils trouvent leur personnage en revêtant son costume, il sera intéressant d\u2019entendre celle qui conçoit ces écrins qui sont beaucoup plus que de simples vêtements.Marie Montpetit "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.