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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Le D Magazine
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-02-17, Collections de BAnQ.

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[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E Vivre À l\u2019ombre du Machu Picchu Lire Le Montréal fantasmé de Heather O\u2019Neill L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 Musique Dumas face A, face B L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 Entrevue Tout se tient et s\u2019équilibre dans Nos idéaux, le nouveau Dumas.Odile Tremblay Les flâneurs Musique Scène Arts visuels Cinéma Télévision et grilles C U L T U R E V I V R E L I R E 4 66 16 18 38 14 5 30 32 28 26 46 48 50 53 54 57 54 Entrevue Heather O\u2019Neill face à la beauté triste du Montréal des années 1920.Entrevue avec Omar Youssef Souleimane Critiques Louis Hamelin Louis Cornellier Maxime Catellier et Robert Lévesque en duo Voyage Découvrir les vallées péruviennes à l\u2019ombre du Machu Picchu.Escapade Alimentation Santé Vin Resto Jeux SOMMAIRE 31 36 C U L T U R E GRAND ANGLE CHLOÉ GAGNÉ DION COLLABORATRICE LE DEVOIR l y a quelque chose d\u2019immédiat, de viscéral, avec le son qui suscite l\u2019intérêt de certains créateurs de théâtre ces temps-ci.Dans son livre La haine de la musique, l\u2019écrivain Pascal Quignard écrit : « Il n\u2019y a pas d\u2019étanchéité de soi à l\u2019égard du sonore.Le son touche illico le corps comme si le corps devant le son se présentait plus que nu : dépour vu de peau.» L\u2019auteur et metteur en scène Olivier Choinière semble être d\u2019accord avec lui : « Le son et la musique s\u2019adressent à une autre dimension de l\u2019être humain que les paroles.Je considère tout de même que les mots peuvent être des musiques, des effets sonores qui nous touchent et nous transforment.Mais c\u2019est plus flagrant avec le son.On s\u2019adresse beaucoup moins à l\u2019intellect et plus au corps.» Comme c\u2019est le cas avec les pièces récentes de Choinière (Manifeste de la Jeune-Fille, Ennemi public, Chante Écrire pour la scène avec le son La curiosité va s\u2019accroissant pour cet élément invisible qui façonne le théâtre en visant d\u2019abord le corps I Photo de la une du D : Annik MH de Carufel Le Devoir Photo de la une Lire : Annik MH de Carufel Le Devoir | 3 S c è n e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 avec moi), sa prochaine création ne raconte pas tout à fait une histoire.Elle cherche plutôt à activer une réflexion, même un débat, chez les spectateurs.Et comme dans ses autres spectacles, cela ne se fait pas qu\u2019avec des paroles.« Je crois que c\u2019est important d\u2019importer le son et l\u2019impact du son au théâtre pour être vraiment multidimensionnel, d\u2019ouvrir la réflexion pour que ça ne se passe pas que dans la tête, mais aussi dans les tripes.» La vérité et le death metal Intitulée Jean dit, la pièce, qui sera présentée au Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui, s\u2019intéresse à une cer taine soif de vérité.L\u2019auteur s\u2019éloigne de la fable politique qui était à l\u2019origine du spectacle et bifurque vers une autre forme.« Il y avait des moments où la parole n\u2019appartenait pas à un personnage.C\u2019était quelque chose de l\u2019ordre du cri, du hurlement qui apparaissait s a n s q u \u2019 o n s a c h e q u i p a r l a i t .Comme si les grandes vérités du spectacle étaient énoncées par une voix de death metal.» Choinière met alors sur pied un groupe de musiciens (appelé Jean Death pour Le death metal agit à la fois comme repoussoir et comme quelque chose qui encercle.Je l\u2019utilise pour faire basculer les personnages vers une perte de repères, et pour tenter de brasser notre côté intellectuel, rationnel, logique.OLIVIER CHOINIÈRE » Pour l\u2019auteur et metteur en scène Olivier Choinière, le son et la musique s\u2019adressent à une autre dimension de l\u2019être humain que les paroles.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR l\u2019occasion) qui rejoint la distribution sur scène.Au fil des répétitions, Choinière et son équipe trouvent de plus en plus de liens forts entre la question de la vérité et la forme qu\u2019ils emploient pour en parler.« I l doit y avoir quelque chose dans la radicalité du chant crié qui est du bord de la vérité.Le death metal est une musique crue, hardcore, sans concessions, et sans masques.» Conscient qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un style rébarbatif ou trop rentre-dedans pour cer tains, Choinière embrasse la double fonction de cette musique dans Jean dit.« Le death metal agit à la fois comme repoussoir et comme quelque chose qui encercle.Je l\u2019utilise pour faire basculer les personnages vers une perte de repères et pour tenter de brasser notre côté intellectuel, rationnel, logique.» De la narration musicale à l\u2019écriture sonore À propos de ses autres spectacles, Choinière note qu\u2019il arrive à comprendre la forme d\u2019une pièce à partir du moment où il en saisit le beat.« Manifeste de la Jeune-Fille, c\u2019est constr uit avec des solos, des refrains, des couplets.C\u2019est aussi le cas d\u2019Ennemi public.» Dans cette pièce où tous parlent en même temps, « la saturation des mots devient alors une sor te de musique qui permet au sujet de la pièce de se révéler.» Et qu\u2019en est-il de l\u2019écriture sonore ?De manière intuitive, la conceptrice sonore et chargée de cours Nancy Tobin estime qu\u2019il y a un engouement dans l\u2019air par rapport à son domaine : « On dirait que les ar tistes sont davantage intéressés par le fait qu\u2019on peut véritablement écrire pour la scène avec le son.» Interrogée à ce sujet, la doctorante Maude B.Lafrance avance que les ar tistes peuvent avoir tendance à doubler le visuel avec le sonore plutôt que d\u2019en profiter pour énoncer quelque chose de dif fé- rent.Elle convoque les réflexions du compositeur et théoricien Michel Chion.Dans ses écrits sur le cinéma, le chercheur français souligne que le son peut carrément raconter autre chose que l\u2019image afin d\u2019établir de riches dialogues avec elle.Lafrance rappelle que cela s\u2019applique aux arts vivants.On peut notamment le ressentir dans les tableaux scéniques du metteur en scène italien Romeo Castellucci, dont elle a exploré la dimension sonore durant sa maîtrise.L\u2019un des écueils du travail du son reste la difficulté d\u2019en discuter.« Les images se lisent mieux et demeurent sur scène, remarque-t-elle, alors que les sons nous traversent, passent et ne restent pas.» Même employer un vocabulaire musical s\u2019avère limité.« Ça serait comme analyser un texte uniquement par le prisme de la grammaire.» Les conversations tournent plutôt autour de textures et de matières, se construisent à partir d\u2019impressions, de sensations et de souvenirs.L\u2019écriture sonore peut charger énormément un spectacle.Elle est susceptible de nous af fecter grandement, sans qu\u2019on puisse toujours se l\u2019expliquer.C\u2019est insaisissable.« Le théâtre, dit la doctorante, c\u2019est en grande partie une atmosphère, quelque chose qui enveloppe.Et le travail du son participe à cela.» Jean dit Texte et mise en scène: Olivier Choinière.Au Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui du 20 février au 17 mars.Tous les sons enregistrables Les instruments de la conceptrice sonore Nancy Tobin, ce sont les consoles, les microphones, les haut-parleurs, et l\u2019acoustique des théâtres.Elle établit certaines contraintes avec les metteurs en scène et chorégraphes avec qui elle collabore, puis profite de ces terrains de jeu pour aborder ses créations de manière totale.«C\u2019est toujours dans le processus que les idées viennent.Il faut que ça fasse partie de quelque chose de physique, de vécu.Un peu comme un sculpteur qui travaille sa matière, il faut toucher la nôtre et comprendre comment elle réagit.» Selon son approche, «un son pertinent dans une création théâtrale, c\u2019est un son inaudible, non tapageur.» Depuis 2011, elle enseigne sa pratique à l\u2019UQAM, et continue sur la voie de la transmission en lançant ce printemps un premier guide de la conception sonore à partir de son mémoire de maîtrise.Elle poursuit également ses collaborations avec son propre vocabulaire, soit « tous les sons enregistrables».JASON BAHR AGENCE FRANCE-PRESSE SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR l a apporté la première gravure de Nos idéaux, son nouvel album.Entre les acétates, par le petit trou du 33 tours, on distingue le métal.C\u2019est lourd.Il n\u2019y a pas d\u2019étiquette.Un grand A d\u2019un bord, un grand B de l\u2019autre, tracés à la main.« Mon premier vinyle ! » s\u2019exclame Steve Dumas, me tendant l\u2019objet : le sillon frais gravé tourne dans ses yeux ronds.L\u2019enthousiasme de son «oui !» à la proposition de se rencontrer dans mon sous-sol, et donc de se rendre à six kilomètres de la frontière canado-améri- caine, quand même une trotte dans un horaire de promo, c\u2019est surtout pour ça.Pour l\u2019amour des vinyles.Pour communier vinyles.Pour partager l\u2019envoûtement quasi hypnotique procuré par cet objet pas dématérialisé du tout: la preuve, ça remplit la place.Dans le récent documentaire de Christian Lalumière intitulé Le retour du vinyle, nous témoignons tous deux, parmi d\u2019autres inconditionnels: «J\u2019aurais voulu que ce soit une série, qu\u2019il y ait au moins une émission complète tournée ici », me dit-il en promenant son regard d\u2019étagère en étagère.«Et comment tu les classes ?» « Je pourrais voir ton Vox Populi des Sinners?» C\u2019est lui qui pose les questions.Et Nos idéaux là-dedans ?C\u2019est ma question, cette fois.Il rit de son très identifiable rire, façon alpiniste en pleine ivresse des sommets, lève la tête, embrasse la section des bandes sonores originales.Et il reprend.« Sais-tu si ça a existé en vinyle, la bande sonore de Dirty Harry ?» Ça doit être le grand idéal parmi les idéaux, son Graal.Musique fabuleuse de Lalo Schifrin.Non, je n\u2019ai pas l\u2019article sous la main, hélas.Non, L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e M u s i q u e 4 | Dumas nous revient avec un album nourri par l\u2019ingestion de vinyles de toutes sortes, mais aussi par les questions pas toujours digestes à l\u2019aube de la quarantaine.Entrevue dans le sous-sol.Dumas, face A, face B Mélodies, ambiances, voix et textes, tout se tient et s\u2019équilibre dans Nos idéaux I je n\u2019ai jamais vu ça nulle par t.Je note : mission Lalo.Et Nos idéaux là-dedans ?Je précise : l\u2019album.Son album.Il me parle d\u2019abord\u2026 de la version vinyle.«Les premiers test pressings, ça sonne tellement ! » Ça fait partie des idéaux de tout musicien, de tout auteur-composi- teur-interprète: que l\u2019on ne perde rien dans le processus, que la félicité en studio soit la félicité partout.«Je pense que le vinyle ajoute quelque chose.» Le livret sépare les chansons en page A, page B.Peu importe le format, c\u2019est conçu pour le vinyle.« J\u2019ai fait attention que ça ne dure pas trop longtemps, pour que le sillon soit large.C\u2019est une bonne contrainte, je trouve: en 36 minutes, tu vas à l\u2019essentiel.» Pas d\u2019électro qui tienne sans mélodies C\u2019est le cas ici : toutes les chansons se tiennent, cela s\u2019entend.Je veux dire que cela s\u2019entend encore plus que les arrangements électro-pop des réalisateurs Gus Van Go et Wer- ner F (avec les gars du groupe Like- minds).Ils sont pourtant très réussis, à la fois minimalistes et complexes, ces claviers.De l\u2019impressionnisme en musique : des touches de Wurlitzer, de Micromoog, de Mini- korg, d\u2019Optigan, de Mellotron, de Logan String Melody II, entre autres.« C\u2019est quand même un retour à la chanson chanson, pour moi.Les mélodies ont été composées à la guitare acoustique, et les textes sont le résultat d\u2019une longue partie de ping-pong avec Jonathan.» Jonathan Harnois, le parolier, l \u2019auteur de Je voudrais me déposer la tête .« Les démos étaient vraiment tout nus.» « Mon premier but, c\u2019était pas de faire un album.C\u2019était de préparer mon show solo, avec un certain nombre de nouvelles chansons.Le destin de l\u2019album s\u2019est joué quand Gus Van Go s\u2019en est mêlé [l\u2019ancien de Me, Mom and Morgentaler, faut-il rappeler, récent collaborateur du tandem ontarien Whitehorse].Et lui, s\u2019il n\u2019y a pas une vraie toune, ça ne l\u2019intéresse pas.J\u2019ai compris ça vite.» L\u2019idéal recherché : oui, des ambiances ; oui, que ça se danse ; oui, du groove ; mais la voix et le texte pas du tout noyés dans l\u2019ensemble.Pas seulement une suite de phonèmes caressants, ce qui a été souvent la manière Dumas.On n\u2019a pas toujours compris de quoi il parlait : sous l\u2019empire d\u2019un riff, de quelques notes en boucle, le propos semblait parfois secondaire. | 5 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 Entre l\u2019utopie et la dystopie Ça se passe à l\u2019Arsenal art contemporain, immense bâtiment des anciens chantiers navals de la Canada Marine Works à Griffintown, un de ces cadres industriels où la résonance des œuvres paraît amplifiée, comme dans un temple.Sauf que le spectacle Utopie(s) de Hanna Abd El Nour ne fait écho là-bas, signe des temps, qu\u2019à des pas de femmes.Quinze artistes féminines de toutes disciplines nous y ramènent au débat de l\u2019heure, qui s\u2019enflamme et s\u2019essouffle, entre pas de travers et rêves de libération.Jusqu\u2019au 10 mars, Utopie(s), happening sur des figures du passé de l\u2019Amérique, se déploie en dix fresques, abordant la colère, la résistance, etc.Le tableau principal du samedi dure douze heures, mais seuls de plus braves que moi s\u2019y aventurent.Mardi soir, j\u2019ai assisté au segment sur la solitude, renvoyant chacune des artistes en piste, danseuses, chanteuses, musiciennes, à sa propre bulle.La cohorte de performeuses à travers cet espace immense s\u2019agitait çà et là sous des grondements de tonnerre en fond sonore.Des accents du violon de Kristin Molnar se dégageait une sorte d\u2019hypnose, de transe parfois lassante, parfois obscure, qui poussait le bouchon de ces rêves féminins.Comme dans la vraie vie.Car comment ne pas projeter sur ces utopies-là les nôtres, à coups de reculs et d\u2019avancées?Zone de turbulence La scène est un miroir du réel.Cette sensation de se retrouver sur la crête d\u2019une vague qui propulse des gens et en engloutit d\u2019autres, en un même rugissement.Incroyable zone de turbulence que celle des derniers mois, ayant vu les sphères de pouvoir basculer, avec coups et blessures! L\u2019utopie d\u2019un monde égalitaire s\u2019y mêle à la dystopie du tribunal des médias sociaux.Tous ces certificats de bonne conduite requis pour exercer une fonction publique évoquent les diktats de Big Brother et nous effraient, mais, en se libérant, la parole des femmes ouvre des sentiers d\u2019avenir.Sur la Toile, dans les médias et dans la rue, je vois des observateurs ronger leur frein en attendant la fin de l\u2019orage, convaincus que #MoiAussi et les autres mouvements du genre seront un feu de paille.Erreur! Weinstein et même Trump furent de simples déclencheurs d\u2019un raz de marée qui les dépasse.Et si le succès de ces revendications féminines reposait surtout sur des données démographiques?Les vieux moules d\u2019oppression furent forgés à des époques où les femmes étaient reléguées aux zones d\u2019ombre.Plus elles occupent les sphères d\u2019influence sur la place publique, moins ces cadres se montrent adaptés aux réalités contemporaines.À croire qu\u2019on a atteint soudain un point de débâcle.La présence massive des femmes dans l\u2019arène professionnelle rend les injustices (des salaires moindres) et les agressions physiques et psychologiques plus difficiles à justifier qu\u2019avant.Les armes de la violence et de la manipulation ne font plus force de loi.Faudra s\u2019asseoir ensemble, et faire preuve d\u2019écoute, avec appel à transformer les institutions, le système judiciaire, les rapports humains.Reste l\u2019horizon du partage.Utopie, là aussi?Certes, mais pourquoi pas?Chaque bouleversement de société suscite son poids de dérives et de pots cassés.Reste que mieux vaut tâcher de voir les pièges à ses pieds afin de les éviter en se servant de sa tête pour avancer.Cette façon qu\u2019ont les uns et les unes de présenter un seul côté de la médaille\u2026 On peut déplorer ceci et cela du mouvement #MoiAussi tout en saisissant du même souffle la légitimité du combat des femmes, auquel se colle celui de plusieurs minorités.Traquer uniquement les effets pervers de ces revendications, c\u2019est nier le cœur du problème.Oui, les lynchages sans procès font peur; oui, l\u2019hystérie s\u2019en mêle; oui, des hommes, artistes ou pas, se voient effacés de la voie publique sur un clic de souris, avant d\u2019avoir croisé la moindre toge.Mais ce mépris accumulé, ces viols, ces meurtres domestiques, ces doubles standards salariaux, les femmes en ont vraiment plein le dos.Avec raison.Autant le crier dix fois plutôt qu\u2019une.J\u2019entends par ailleurs des voix féministes inviter au révisionnisme d\u2019œuvres d\u2019art, miroir du machisme de leurs auteurs.Alerte ! L\u2019art témoigne des mentalités des créateurs, avec les préjugés et les éclairs de leur temps.Perdre cette empreinte serait se condamner au brouillard.Allons donc attaquer l\u2019héritage culturel des peuples et des siècles, comme sous la Chine de Mao! Surtout à une époque populiste comme la nôtre, quand le legs culturel en question prend l\u2019eau de toutes parts.Le vrai danger, c\u2019est l\u2019amnésie.De grâce, n\u2019en jetez plus.L\u2019art, à son meilleur, transcende aussi la main des créateurs.D\u2019où son pouvoir sur les esprits.On appelle au règne du bon sens, par effet de balancier.Et à conserver nos énergies pour construire un avenir meilleur.Le pouvoir, entre les mains de l\u2019homme blanc depuis des lunes et des lunes, devra se partager, de bon ou de mauvais gré, dans nos sociétés bariolées.Autant s\u2019élancer sur cette voie du bon pied.Odile Tremblay Chronique L\u2019idéal recherché : oui, des ambiances ; oui, que ça se danse ; oui, du groove ; mais la voix et le texte pas du tout noyés dans l\u2019ensemble.Pas seulement une suite de phonèmes caressants, ce qui a été souvent la manière Dumas.Annik MH de Carufel Le Devoir Nos idéaux ?Dumas, La Tribu Des questions, des questions Mais un album intitulé Nos idéaux por te du sens avant même qu\u2019on l\u2019écoute.La question est posée d\u2019emblée : qu\u2019en est-il de nos idéaux ?Comme dirait Daniel Boucher : sommes-nous devenus c\u2019que nous avons voulu ?« En oubliant mes idéaux / J\u2019ai bâti ma propre cage », chante Dumas dans la chanson-titre.« La nuit tombe sur la mer de tes idéaux», résonne en écho La chance, plus loin sur l\u2019album.L\u2019expression «effet domino» est également récurrente.Entendre : les choix que l\u2019on fait ne sont pas sans ef fets.Conséquences en chaîne.« Jonathan a vraiment été un fin analyste : il a décodé mes états d\u2019âme, situé où j\u2019en étais, traduit ce que je vivais en bonnes lignes de chansons.S\u2019il y a de la clarté dans Mes idéaux, c\u2019est beaucoup grâce à lui.De la même façon que s\u2019il y a un son spécial à l\u2019album, c\u2019est beaucoup à cause de Gus et son collaborateur Warner F.J\u2019ai été compris ! » Rire de vainqueur d\u2019Everest.Ça reste du Steve Dumas.On est entraînés dans le mouvement, portés par le groove.La chanson qui s\u2019appelle Électrique est un bain de sons dans lequel on flotte.Bleu clair avance comme une chanson de Bowie au temps de Heroes, inexorablement.À l\u2019est d\u2019Eden aligne les questions comme David Byrne et ses Talking Heads dans Once in a Lifetime.Nourri de vinyles, le gars assume ses références, et ses questions existentielles sont universelles.« À l\u2019aube de la quarantaine [il a 38 ans], ton idée de l\u2019originalité absolue change.Tu changes, et le personnage que tu proposes, sur disque et sur scène, change aussi.Tout est plus conscient.Tu te regardes, tu t\u2019évalues.Qu\u2019est-ce que j\u2019ai appor té, qu\u2019est-ce que je vais laisser ?Je me rends compte que j\u2019ai eu des périodes.Une période de succès assez intense dans la vingtaine, et puis une période de flottement, et puis une période de recherche, dans ma vie personnelle et dans la musique.» Dans Le déserteur de Fort Alamo, une chanson à propos de son père absent, il chante : « Je ne sais pas vraiment où j\u2019irai / À quoi bon le savoir?» La chanson qui suit, La fin du désert, dernière de l\u2019album, relance l\u2019espoir : «N\u2019oublie pas qu\u2019il n\u2019est jamais trop tard\u2026» « Cet album, c\u2019est un peu beaucoup une discussion avec celui que j\u2019étais au début, quand je sortais de Granby [lauréat de l\u2019édition 1999 du concours], avec celui que j\u2019étais au plus fort des succès, avec celui que je suis maintenant, avec celui que je voudrais être.» Il ajoute : « J\u2019ai pas de réponses, mais ça discute for t ! Et quand ça discute trop fort, j\u2019écoute des vinyles\u2026 » Assez parlé.On se lève, il va examiner de plus près la collection.Ici l\u2019étage les Beatles, là les Sinatra, en dessous la case Ventures.L\u2019allée des albums québécois.Deux acétates avec di f férents mixages de la chanson The Look of Love, versions Nanette Workman.« Je peux-tu rester une couple de semaines ?» Idéalement, oui. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e 6 | L E S F L Â N E U RS Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine Le chemin des Passes-Dangereuses, créé il y a 20 ans chez Duceppe, est sans conteste l\u2019une des pièces les plus fortes de Michel Marc Bouchard (Les feluettes, Tom à la ferme).Coincés par un accident sur une route secondaire où leur père périt jadis, trois frères affrontent le déni qui les mine.Le regard tour à tour acéré et aimant que pose le dramaturge sur ces trois frérots dépareillés, pour autant de visions du Québec, n\u2019a, dans le texte richement évocateur, rien perdu de son acuité.Sachant cela, on a hâte de découvrir ce nouvel écrin que lui a conçu la metteure en scène Martine Beaulne, toujours chez Duceppe.Jusqu\u2019au 24 mars.La fratrie a 20 ans François Lévesque Au plus fort de la guerre, l\u2019ennemi de- meure-t-il un homme?C\u2019est cette terrible question que pose l\u2019installation Ennemi, de Karim Ben Khelifa, présentée au Centre Phi.Muni de lunettes Oculus, on y rencontre, en trois dimensions, des combattants de camps opposés dans les conflits du Congo, du Salvador et de la Palestine, que Ben Khelifa a interrogés pour nous.Qu\u2019ils proviennent d\u2019un côté ou de l\u2019autre des opposants, les combattants se présentent ici dans toute leur humanité, avec leurs rêves, leurs désespoirs, leur instinct de survie.Une expérience saisissante qui touche l\u2019essence de l\u2019absurdité de la guerre et de sa mécanique infernale.Conversation avec l\u2019ennemi Caroline Montpetit Selon les deux joueurs d\u2019expérience du rap québécois Seba (ancien Gatineau et Cargo Culte) et Horg, «si tu faisais du bike avec une carte de base dans ta roue», t\u2019es vintage à l\u2019os.Vintage à l\u2019os, c\u2019est là le nom d\u2019une des chansons de leur disque Grosso-Modo, paru vendredi.Le vidéoclip de cette chanson a été repris et trafiqué par Karlof Galvosky, musicien et employé de l\u2019étiquette de Seba et Horg.Le résultat est rempli d\u2019images rétro illustrant les multiples détails qui ont forgé la jeunesse des vieux trentenaires et des quaran- tenaires.Déjà, le clip cumule plus de 1,2 million de vues sur Facebook.Qui ici dit encore Berri-de-Montigny?Êtes-vous vintage à l\u2019os ?Lire en rafale les œuvres du Prix Nobel de littérature 2017, Kazuo Ishiguro, peut créer une dépendance.D\u2019un livre à l\u2019autre, au Japon, en Angleterre (ses deux patries) à Shanghai ou ailleurs, il pose la même interrogation fine sur la place de chacun au monde, celle qu\u2019il croit avoir et la Grande Histoire balayant les destins.Sur petite note de nostalgie et de rendez-vous manqués.Un artiste du monde flottant, abordant le Japon d\u2019avant-guerre face au vent des modernités, et Les vestiges du jour (porté à l\u2019écran par James Ivory) sont quelques perles à son admirable collier.Plonger dans l\u2019œuvre de Kazuo Ishiguro Odile Tremblay Philippe Papineau Chanter les auteurs-compositeurs, c\u2019est aussi de la création, qu\u2019on se le dise.Elles seront quatre à l\u2019affirmer haut et fort le 24 février à l\u2019Outremont.Entrevue avec Luce Dufault.Profession : interprètes Marie-Michèle Desrosiers, Marie-Élaine Thibert, Martine St-Clair et Luce Dufault, la force des voix conjuguées ENTREVUE SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR uce Dufault me gratifie d\u2019un sourire qui en dit à peu près aussi long que le fameux rouleau de papier sur lequel Jack Kerouac écrivit, d\u2019une traite, son roman Sur la route.Et puis, à voix basse, elle se rapproche et laisse glisser : « Oui, ça arrive au bon moment\u2026 » La tournée du spectacle Entre vous et nous, qui réunit quatre interprètes majeures \u2014 et un sacré nombre de leurs succès \u2014, cartonne depuis le jour d\u2019envoi du Luce Dufault a chanté moins souvent ces dernières années.Elle ne se gêne pas pour le dire.« C\u2019est niaiseux, c\u2019est cave, mais quand tu montes pas assez souvent sur scène, tu te demandes si t\u2019es toujours capable, si t\u2019as encore une place\u2026 » PHOTOS ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le plaisir qu\u2019on a, c\u2019est juste de chanter ensemble, c\u2019est de créer quelque chose avec les chansons.Interpréter, on dirait que le monde a oublié, c\u2019est de la création.LUCE DUFAULT » L | 7 C u l t u r e M u s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 La bonne idée de Montréal en lumière Elles sont partout, les interprètes, dans la programmation du festival Montréal en lumière.En plus d\u2019Entre vous et nous, on compte au moins quatre rendez-vous donnant à l\u2019interprétation la part belle.Marie Denise Pelletier offrira le spectacle de son fort bel album- hommage Léveillée entre Claude et moi, le 22 février au théâtre Ou- tremont.Il y aura l\u2019essentiel : le piano de Benoît Sarrasin, un peu de cordes, cuivres et vents, une voix, un répertoire.Karen Young et Coral Egan présenteront le spectacle Mère et fille au Gesù le 23 février : à leurs propres chansons se marieront des trouvailles forcément étonnantes, qu\u2019elles interpréteront en étonnants entrelacs harmoniques.Andrea Lindsay reprendra le spectacle de l\u2019album Entre le jazz et la java, le 1er mars au théâtre Outre- mont : le choix des titres (français, québécois, américains) est jouissif, et les rendus, comme l\u2019instrumentation, du plus grand tact.Isabelle Boulay proposera En vérité, en première montréalaise au théâtre Maisonneuve de la PdA le 1er mars: l\u2019interprétation est son grand art, ses présentations soignées, et invariablement, les chansons qu\u2019elle choisit racontent une histoire.La sienne.Marie Denise Pelletier forts de nos carrières.Mais la business de la musique étant devenue ce qu\u2019elle est devenue, ces lieux faits pour la chanson sont dorénavant hors de portée pour chacune d\u2019entre nous\u2026 à moins de nous allier ! » La riche idée.« Qui n\u2019est pas mon idée, s\u2019empresse-t-elle de préciser.Mais c\u2019est tellement logique : si on veut avoir autre chose que des humoristes dans les meilleures places, ça prend des shows à plusieurs têtes d\u2019affiche : fallait y penser ! » L\u2019exceptionnelle interprète a chanté moins souvent ces dernières années.Luce ne se gêne pas pour le dire.Depuis 27 ans que je la connais, la langue de bois, elle en fait des copeaux.« C\u2019est niaiseux, c\u2019est cave, mais quand tu montes pas assez souvent sur scène, tu te demandes si t\u2019es toujours capable, si t\u2019as encore une place\u2026 » Quand les spectacles s\u2019espacent, et quand s\u2019étire l\u2019intervalle entre les nouveaux albums, un doute assez insidieux s\u2019installe pour les interprètes, malgré les succès et la fidélité du public.« Tu vois, là, j\u2019ai un nouvel album en chantier, depuis des mois.J\u2019accumule des chansons, j\u2019essaie de composer des musiques, Richard [Séguin] arrête pas de m\u2019envoyer des textes\u2026 Mais je doute.Ça prend un album pour que t\u2019existes, que tu puisses faire des shows, mais ça revient cher la carte de visite.Plus ça va, honnêtement, plus j\u2019ai peur de me péter la gueule\u2026 » La belle occasion À quatre, fortes d\u2019une trentaine de spectacles déjà prévus (jusqu\u2019en 2019, et les confirmations affluent), le doute s\u2019évanouit.«Dès que je me retrouve dans un show collectif pour une toune, je suis heureuse : imagine un trip comme celui-là, eh ! C\u2019est des voix, des filles-là ! Et c\u2019est capable d\u2019harmoniser ! » Comprenez qu\u2019il ne s\u2019agira pas de juxtaposer quatre blocs, comme autant de mini-spectacles.«Vraiment pas! On est ensemble sur scène au moins pendant 50% du spectacle.On fait des harmonies à trois pendant qu\u2019une chante la mélodie, à d\u2019autres moments c\u2019est les quatre en harmonies.On en profite, pas à peu près.T\u2019aurais dû nous voir répéter, autour du piano chez Marie-Michèle\u2026» Imaginez une Mar tine St-Clair choriste de Luce, et la réciproque.« On a demandé à Edith Myers [coach vocal] d\u2019arranger ça, toutes les filles chantaient des backs tout le temps, tellement c\u2019est le fun.Même moi dans Soirs de scotch, je chantais l\u2019harmonie, j\u2019avais oublié la mélodie de base, ça a pris Marie-Élaine pour me le faire remarquer ! » Elle éclate d\u2019un bon rire.«C\u2019est fou\u2026 » « Le plaisir qu\u2019on a, c\u2019est juste de chanter ensemble, c\u2019est de créer quelque chose avec les chansons.Interpréter, on dirait que le monde a oublié, c\u2019est de la création.» On disait il y a longtemps : telle chanteuse va créer pour vous ce soir les nouveautés du répertoire de tel auteur et de tel compositeur.C\u2019était un métier célébré.Profession : interprète.Les concours d\u2019amateurs à grand spectacle de la télé ont-ils dévalué le travail des interprètes professionnels ?« On a tendance à en faire l\u2019enfant pauvre de la chanson.Pourquoi ?C\u2019est quoi d\u2019autre que de l\u2019interprétation, la plupart des concerts classiques ?Quand c\u2019est bon, une chanson, tu la recrées à ta manière.Parce la version par l\u2019auteur-compo- siteur-interprète est considérée comme la vraie, on ne devrait plus y toucher ?Ça c\u2019est de l\u2019élitisme, et ça me fatigue.» L\u2019ironie frappe : dans les émissions de télé, les rares fois où peuvent se produire des auteurs-compositeurs- interprètes, on leur demande de faire des versions de classiques du rock\u2026 «C\u2019est plein de contradictions\u2026 » « Faut être fière d\u2019être interprète, continue-t-elle sur sa lancée.L\u2019intention du spectacle Entre vous et nous, c\u2019est de montrer qu\u2019on a une place.Que l\u2019interprétation a sa place.Si ça peut donner le goût à des auteurs et à des compositeurs de nous proposer des chansons, nous on sait qu\u2019on peut les porter, les faire lever.Et à quatre, laisse-moi te dire que ça lève pas mal haut ! » Entre vous et nous Marie-Élaine Thibert, Marie-Michèle Desrosiers, Martine St-Clair et Luce Dufault en spectacle au théâtre Outremont le 24 février, dans le cadre de Montréal en lumière, et en tournée québécoise jusqu\u2019en 2019.communiqué l\u2019annonçant.Les diffuseurs ont vite compris que la formule était gagnante : Marie-Michèle Des- rosiers, Marie-Élaine Thibert, Martine St-Clair et Luce Dufault ensemble, la force conjuguée de leurs voix et de leurs répertoires, ça remplit de belles salles.« Il y a beaucoup de très belles salles de spectacle au Québec, où nous avons toutes chanté, dans les meilleures conditions, aux moments L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e C l a s s i q u e 8 | ENTREVUE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR un des plus éminents pianistes de la planète revient à Montréal pour la première fois après 26 ans d\u2019oubli, alors même qu\u2019il envisage d\u2019abandonner son instrument.Et il le fait pour jouer sous la direction d\u2019un chef, exercice que, de son propre aveu, il ne pratique qu\u2019une fois par an ! En voyant Christian Zacharias soliste du 1er Concer to de Beethoven sous la direct ion d\u2019Edo de Waart, la semaine prochaine à l\u2019Orchestre symphonique de Montréal (OSM), nous n\u2019en croyions pas nos yeux.Zacharias en solo, dirigé par un autre, alors qu\u2019il est lui-même chef d\u2019orchestre ?Nous n\u2019avions même pas idée que le musicien allemand, né en Inde il y a 67 ans, directeur musical de l\u2019Orchestre de chambre de Lausanne pendant 13 ans, se pliait encore à ce type d\u2019exercice.« Si vous regardez mon calendrier, je joue avec un autre chef une fois par an, au maximum, et quand le chef est un ami ! » confirme- t-il au Devoir.Le poids des traditions Christian Zacharias ne sait pas vraiment comment il se retrouve à Montréal dans cette position, lui qui a joué ce même 1er Concerto de Beethoven en dirigeant du piano le très huppé Orchestre de Paris récemment.« Par fois, les circonstances qui mènent à un concert m\u2019échappent totalement.Mais Edo De Waart est celui qui m\u2019a introduit aux États- Unis.Il a dirigé mes débuts au Symphonique de Boston en 1979 et nous avons joué les concer tos de Beethoven en Australie », nous confie le pianiste.Si Zacharias a accepté ce concert, c\u2019est pour retrouver cet ami et mentor, mais aussi dans le but avoué de « renouveler le contact » avec Montréal et « revenir ensuite comme chef d\u2019orchestre ».Ce serait sans doute une bonne idée, car le musicien allemand a assurément bien plus d\u2019expériences probantes en la matière qu\u2019Itzhak Perlman, Maxim Venge- rov, Nikolaj Znaider et Joshua Bell réunis \u2014 tous pour tant engagés sans coup férir par l\u2019OSM ces dernières saisons.Si un musicien tel que Christian Zacharias devient chef, ce n\u2019est pas parce que ses moyens déclinent, mais parce que sa réflexion musicale dépasse souvent celle de son partenaire au pupitre.On se souvent ainsi de la radicalité de son 2e mouvement du concerto «Empereur» de Beethoven, abordé alla breve (plus allant), comme exigé par le compositeur, une volonté ignorée par la tradition.Autant se diriger soi-même plutôt que de se retrouver avec des chefs qui n\u2019admettront pas de se remettre en cause.« Ce fut aussi une raison pour ne plus travailler avec certains chefs, avoue Zacharias.Je me suis parfois senti comme un traître à la musique en cédant.Alors j\u2019insistais : \u201cBeethoven a écrit alla breve.\u201d Un jour, un chef m\u2019a répondu : \u201cEst-ce que je peux faire la fin en 8 ?\u201d, ce qui voulait dire \u201ctais-toi !\u201d.» La réflexion de Christian Zacha- rias va désormais plus loin : toute sa carrière de pianiste est en jeu.« Les récitals sont très rares désormais aussi.Quand vous dirigez, le plus difficile est de travailler le piano régulièrement et de garder le niveau.Parce que j\u2019ai quand même eu un certain niveau et je veux le garder jusqu\u2019au moment où je dirai \u201clà, c\u2019est trop\u201d ».Il n\u2019a pas fixé ce moment, mais oui, Christian Zacharias nous le révèle : « Je pense à ar rêter le piano : j\u2019ai 67 ans.Brendel a arrêté à 72 ans.C\u2019est important de faire les choses par soi-même, de toucher, de jouer les notes.Mais la discipline, le travail me pèsent de plus en plus.» Pour l\u2019heure, il va jouer Bach pour la première fois en public.« Une suite de Bach, le matin, c\u2019est un exercice pour les doigts, mais aussi pour le mental.Dans mon prochain récital, je vais coupler trois sonates de Haydn, la Suite française no 5 en sol majeur, la seule que j\u2019aime, et la Par tita no 3 en la mineur, BWV 827 .» Il ne touchera jamais aux Variations Goldberg.Christian Zacharias, l\u2019invité inattendu Conversation avec le pianiste qui passera par Montréal après 26 ans d\u2019absence Si un musicien tel que Christian Zacharias devient chef, ce n\u2019est pas parce que ses moyens déclinent, mais parce que sa réflexion musicale dépasse souvent celle de son partenaire au pupitre.MICHAEL KESSLER L\u2019 | 9 C u l t u r e C l a s s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 Les billets s\u2019envolent r apidement.Faites vite ! Concerts de la semaine Alexandre Tharaud.Le plus québécois des pianistes français revient dans sa «seconde patrie» avec un récital.Sa présence s\u2019inscrit entre Philippe Cassard et Jean-Efflam Ba- vouzet dans le florilège de pianistes français de haut vol en visite à la salle Bourgie cette saison.Son programme comprend les Cinq morceaux de fantaisie op.3 de Rach- maninov, une transcription de l\u2019Adagietto de la 5e Symphonie de Mahler, sept sonates de Scarlatti et Miroirs de Ravel.Mardi 20 février à 19h30, à la salle Bourgie.Marianne Fiset.Grand objet de saine curiosité musicale: la soprano originaire de Québec chante dans sa ville avec l\u2019OSQ sous la direction de Fabien Gabel les fabuleux Quatre derniers lieder de Richard Strauss et la Première Symphonie, dite «Titan», de Mahler.Ce programme, donné avec la participation des étudiants du Conservatoire de musique de Québec et de la Faculté de musique de l\u2019Université Laval, sera dédié à François Morel, récemment disparu.Son œuvre Antiphonie a été ajoutée au programme.Mercredi 21 février à 20h et jeudi 22 février à 10h30, à la salle Louis-Fréchette à Québec.Invité privilégié Aujourd\u2019hui, c\u2019est la direction d\u2019orchestre qui stimule vraiment le musicien, par exemple ce petit cycle avec l\u2019Orchestre national de Lille lors duquel il a dirigé en quatre soirées toutes les symphonies, les concertos et quelques ouvertures de Robert Schumann.Zacharias, qui n\u2019a plus d\u2019orchestre à lui, a été premier chef invité à Göteborg.Il l\u2019est désormais à Madrid.« Je préfère avoir des relations avec un orchestre, mais les responsabilités qui vont avec le poste de directeur musical, par exemple des questions d\u2019administration et de psychologie avec les musiciens.Si vous venez trois semaines par saison en tant que premier chef invité, vous pouvez forger des relations et faire en sor te que quelque chose reste.C\u2019est mon rêve dans les années qui viennent d\u2019avoir deux ou trois orchestres qui m\u2019accueillent trois fois par an.» Christian Zacharias fut un musicien très apprécié du grand chef allemand Günter Wand.« Je dirige de plus en plus Bruckner, en association avec des concertos de Mozart.Ce sont des programmes que nous faisions avec Günter Wand.» Assister aux répétitions de Wand était un enseignement majeur pour Za- charias, mais c\u2019est un autre grand brucknérien qui lui a donné le vi- r us de la direction d\u2019orchestre : « Sergiu Celibidache m\u2019a invité en 1976 à jouer le Concer to en sol de Ravel.C\u2019est la première fois où j\u2019ai assisté à la répétition d\u2019un grand chef et cela a semé une graine pour le futur\u2026 » De Günter Wand, Christian Za- charias a retenu une leçon : la primauté de la construction.« Wand croyait en l\u2019architecture.Il ne se tirait pas d\u2019un problème par un petit accelerando arbitraire.Beaucoup de br ucknériens, sans changer le texte, changent d\u2019attitude, ajoutant ici ou là du pathos.Günter Wand, même dans Mozar t, sans être rigide, semblait être exact tout en faisant évoluer doucement et logiquement sa pulsation.Günter Wand, ce ne sont pas des moments ici ou là.C\u2019est une construction continuelle.» Bref, tout le contraire de la large majorité des vedettes du jour, genre Simon Rattle ou Andris Nelsons.Si Christian Zacharias a retenu cette leçon et parvient à l\u2019appliquer, espérons le revoir bientôt ici dans son nouveau rôle.Christian Zacharias Beethoven: Concerto pour piano no 1.+ Vivier : Zipangu.Mozart : Symphonie no 40.Maison symphonique de Montréal.Mercredi 21 et samedi 24 février à 20h.Dimanche 25 février à 14h30.À écouter.Mozart : Concertos pour piano (2e enregistrement, MDG).Schubert : Sonates (EMI/Warner).Scarlatti : Sonates (EMI/Warner).Parfois, les circonstances qui mènent à un concert m\u2019échappent totalement.Mais Edo De Waart est celui qui m\u2019a introduit aux États-Unis.Il a dirigé mes débuts au Symphonique de Boston en 1979 et nous avons joué les concertos de Beethoven en Australie.CHRISTIAN ZACHARIAS » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e M u s i q u e 1 0 | BILLET SERGE TRUFFAUT COLLABORATEUR LE DEVOIR ui dit février dit mois de la glace, du grésil et autres agressions météorologiques, mais dit surtout et avant tout le Mois de l\u2019histoire des Noirs.Tout logiquement, si l\u2019on ose dire, on vous propose aujourd\u2019hui de délier les principales conséquences découlant des al- lers-retours ef fectués par certains des grands du jazz entre l\u2019Amérique et l\u2019Afrique, soit ce continent que Dizzy Gillespie avait baptisé Mama Africa, la mère nourricière, lors de l\u2019enregistrement du dynamique Sweet Low Sweet Cadillac sur étiquette Impulse ! Le premier effet boomerang notable entre les deux rives de l\u2019Atlantique fut signé par Duke Ellington, petit-fils d\u2019esclaves, lors de son long séjour au Cotton Club de New York à la fin des années 1920 et au début des années 1930.L\u2019effet en question, Edward de son prénom l\u2019avait ciselé à l\u2019aune de la dignité de l\u2019être humain dit de couleur, d\u2019abord, et de sa fier té ensuite.Trois compositions sont emblématiques de cette époque : Creole Love Call, Black and Tan Fantasy et Caravan qui sont présentes sur The Okeh Ellington 1927-1930, publié par Columbia/Sony.Plus tard, Ellington va écrire toute une suite sur le sujet baptisée Black, Brown & Beige parue sur étiquette Bluebird sous le titre The 1944-1946 Band Recordings.Puis, en 1971, il composera, il enregistrera ce qui est pour nous le sommet de sa longue recherche sur l\u2019africanité : The Afro- Eurasian Eclipse sur Fantasy.Ce qu\u2019il espérait alors, soit un dépassement des clivages raciaux, le refus constant du repli sur soi ou, en d\u2019autres mots, du nationalisme, ainsi qu\u2019il l\u2019expliqua, s\u2019est récemment et encore une fois fracassé sur les décombres du racisme institutionnalisé, ainsi qu\u2019en témoigne l\u2019émergence de l\u2019organisation Black Lives Matter, dont le nom commande en soi mille et une interrogations.Après Ellington, deux artistes vont se distinguer dès les années 1950 en allant à la source de ce voyage aussi culturel et politique que géographique.Ils s\u2019appellent Randy Weston et Art Blakey.Le premier, pianiste, compositeur et avocat de la cause noire, va étudier à fond les musiques, les r ythmes divers de l\u2019Afrique ainsi que son Histoire (avec un grand H) avec un soin si méticuleux qu\u2019il va produire après 40 ans d\u2019études ce qui n\u2019est rien de moins qu\u2019un des 20 meilleurs albums de l\u2019histoire du jazz : The Spirits of Our Ancestors sur étiquette Verve.Art Blakey ?Après avoir répondu avec d\u2019autres, dont Horace Silver, au jazz West-Coast en s\u2019appliquant à la gestation du hard bop, dans les années 1950, Blakey va étudier sur place les r ythmes de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest en s\u2019attardant particulièrement au Nigeria.En 1962, il va réaliser ce qui reste, sur le flanc des percussions, l\u2019étalon du genre : The African Beat publié en 1962 sur Blue Note.Ce disque a été fait avec l\u2019apport de sept percussionnistes africains.Weston, Blakey et, dans une moindre mesure, John Coltrane et Charles Mingus, vont inf luencer, voire convaincre des plus jeunes à creuser le sillon africain.Parmi ces derniers, on retient les incontournables suivants : The Castles of Ghana du clarinettiste John Carter sur Gramavision et Dogon A.D.du saxophoniste Julius Hemphill, qui, il faut le préciser, est fort mal distribué.Cela est d\u2019autant plus dommage qu\u2019Hemphill symbolise avec The Art Ensemble of Chicago cette impression de l\u2019africanité sur le corps du jazz.En plus d\u2019avoir fondé The Black Artists Group de Saint-Louis, au milieu des années 1960, et le World Saxophone Quartet, Hemphill était un érudit pour tout ce qui a trait à l\u2019empire Dogon.Et maintenant , le sommet du genre : Urban Bushmen sur ECM par l\u2019une des dix meilleures formations de l\u2019Histoire : The Art Ensemble of Chicago.On le répète : c\u2019est un chef-d\u2019œuvre\u2026 d\u2019africanité.Un mois idéal pour revisiter l\u2019histoire du jazz Duke Ellington au théâtre Olympia de Paris, en 1958 ASSOCIATED PRESS/HERMAN LEONARD PHOTOGRAPHY, LLC., CTSIMAGES Concerts de la semaine Alarie-Roney-Di Lauro.Ce samedi soir, le Centre culturel de Belœil présente un trio qui se conjugue avec la finesse ou la grâce, c\u2019est au choix.Un trio à l\u2019architecture musicale peu courante : Frédéric Alarie est à la contrebasse, John Roney au piano et Ron Di Lauro à la trompette.Ensemble, ces messieurs vont délier les grands moments musicaux de Chet Baker.Le spectacle débute à 20h.Laura Anglade.À l\u2019affiche de Biddle\u2019s, la chanteuse Laura Anglade sera accompagnée du guitariste Sam Kirmayer et du contrebassiste Mike de Masi.On dit de cette chanteuse qu\u2019elle poursuit le travail accompli par Helen Merrill et Julie London.Au programme: des standards du jazz.Le spectacle commence à 19h30 ce samedi.Q | 1 1 C u l t u r e D i s q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 JAZZ Live in Europe ?Melody Gardot, Decca Records Commençons par la pochette : pourquoi ?Pourquoi donc Melody Gardot nue, dos à la caméra mais face à une salle vide, sinon pour nous resservir les clichés de la chanteuse jazz sensuelle ?Parce qu\u2019elle se met à nu quand elle chante en public ?En matière de métaphorse, on a vu plus subtil.Mais il n\u2019y a pas que ce choix qui étonne dans ce Live in Europe constitué d\u2019extraits de spectacles présentés entre 2012 et 2016.Il y a aussi l\u2019idée de ce collage que Gardot associe à une carte postale, où la «recherche de la perfection [n\u2019a] rien à voir ».Prises individuellement, les chansons \u2014 surtout les plus intimes (Our Love Is Easy, My One and Only Thrill) \u2014 ont toutes les qualités qui ont rendu Gardot si populaire (ce vibrato qui glisse à fleur de peau).Mais collectivement, elles arrivent mal à composer un corpus cohérent, tant on se promène d\u2019un style à l\u2019autre.Il y a ça avec les cartes postales : on reste généralement en surface.Guillaume Bourgault-Côté CLASSIQUE Frank Peter Zimmermann ?Concertos pour violon de Bach.Haenssler HC 17046.Heureusement, je ne suis pas un tronc d\u2019arbre, parce que je suis scié par Frank Peter Zimmermann.Le violoniste allemand me communique le sentiment de respirer exactement le même air au même endroit et me fait penser à cette phrase de Leonardo García Alarcón dans Le Devoir de samedi dernier, à propos du Concerto en ré de Stravinski : «J\u2019espère qu\u2019on va pouvoir faire la version que j\u2019entends à l\u2019intérieur de ma tête.» Chaque nuance, chaque appui, chaque ornementation, chaque phrasé des concertos de Bach de Frank Peter Zimmermann sont comme la concrétisation sonore d\u2019un idéal que je ne pensais jamais voir accompli.Il y a évidemment eu d\u2019autres versions des Concertos pour violon de Bach, référentielles (Mullova) ou plus personnelles (Mutter, Radulovic).Mais c\u2019étaient des « interprétations», alors que Zimmermann, comme dans Mozart, «délivre une parole» et ne fait, au fond, que respirer la musique.Christophe Huss POP Little Dark Age ?MGMT, Columbia «Get ready to have some fun ! » lance une voix féminine durant les premières mesures de She Works Out to Much, la chanson qui ouvre le quatrième album du groupe brooklynois MGMT.Préparez-vous surtout à être surpris : toute une mutation esthétique pour ces trublions psyché- rock, qui changent de décennie de référence en enrobant leurs refrains de parures synth-pop.L\u2019extrait Me and Michael, ballade pop aigre- douce animée par une basse pointilleuse et une batterie typiquement années 1980, très bonne au demeurant, passerait même pour une composition oubliée de A-Ha ! Little Dark Age se veut une réflexion sur notre époque (glauque), avec des textes existentiels (la colérique When You Die, obsession pour le téléphone portable sur TSLAMP) portés par des airs accrocheurs et une réalisation soignée signée Patrick Wimber- ley (Chairlift) et Dave Fridmann (Mercury Rev).Les compositions ne sont pas toutes également raffinées, mais l\u2019ensemble s\u2019écoute fluide- ment, avec intérêt et étonnement.Philippe Renaud CLASSIQUE Evgueni Sudbin ?Concertos nos 2 et 3 de Rachma- ninov.BBC Symphony Orchestra, Sakari Oramo.BIS SACD 2338.Ce disque avait été vendu à la Maison symphonique de Montréal avant sa sortie officielle, lorsque Evgueni Sudbin avait remplacé Mikhaïl Pletnev dans le 2e Concerto de Rach- maninov en janvier.Le voilà disponible partout, ce qui ravira tous ceux qui ont découvert ce pianiste fin, précis et élégant, notamment lors du récital qu\u2019il donna entre les concerts orchestraux.Sudbin, vedette pianistique de BIS, avait commencé à enregistrer Rachmaninov à Singapour avec Lan Shui.Il parachève son cycle avec Oramo à Londres dans une entente parfaite, ce qui était loin d\u2019être le cas avec le chef choisi par l\u2019OSM.Le 2e Concerto, rempli d\u2019élans, voire de foucades, est proche de celui de Zoltán Kocsis.Le «Rach 3» est beaucoup plus fin, transparent, presque léger.De toute évidence, gentleman Sudbin veut enlever de la massivité à Rachmaninov au profit de l\u2019agilité et de la distinction.Oramo accompagne ce choix tout en subtilité.Christophe Huss COUNTRY Rule 62 ?Whitney Rose, Six Shooter Records Ce n\u2019était pas pour rien que Whitney Rose chantait avant les Mavericks à L\u2019Astral en décembre dernier, comprends-je maintenant que j\u2019ai son album en main (et dans les oreilles, pour longtemps) : c\u2019est un peu beaucoup les Mavericks qui l\u2019accompagnent sur disque.Ce sont ses chansons à elle, qui tiennent debout toutes seules, mais la batterie de Paul Deakin, et surtout l\u2019apport majeur du formidable Raul Malo, qui chante les harmonies, joue partout des guitares jouissivement twangy et réalise ce quatrième album de la chanteuse de l\u2019Île-du-Prince-Édouard, éloigne avantageusement l\u2019album de l\u2019usine à corned beef nashvillienne.Du goût, de l\u2019audace, le sens de la tradition et la part tex-mex, voilà ce qu\u2019apportent nos chers aguerris aux airs doux de Whitney.Better to my Baby mêle le country au son des « girl groups », Arizona est du pur « Bakersfield Sound » (bondissant et joyeux).Et j\u2019élis Wake me in the Morning chanson de route des chansons de route.Aucun hiver ne peut résister à ça.Sylvain Cormier SOUL Nameless ?1/2 Dominique Fils-Aimé, Ensoul Records Dominique Fils-Aimé est une ancienne candidate de La voix.Depuis sa participation en 2015, l\u2019artiste à la voix charnelle a visiblement fait un impressionnant travail d\u2019introspection.Qui suis-je, où vais-je, d\u2019où viens-je?Nameless est une tentative de réponse à ces questions, surtout la dernière.La Montréalaise va puiser dans la riche histoire de l\u2019identité noire, abordant tant l\u2019héritage du blues (les chants d\u2019esclaves) que les plus grandes voix noires.Elle y fait une reprise un peu sage de la toujours poignante Strange Fruits.Et que dire de l\u2019élégante pièce Rise, hommage au poème Still I Rise, de Maya Angelou?Tout ça aurait pu emprisonner Fils-Aimé dans un corpus, mais au contraire, elle a su créer une ambiance soul sans fla-fla, à la fois étreinte (Sleepy, Rise) et piège de tension inquiétante (Unstated).Une belle proposition en ce Mois de l\u2019histoire des Noirs.À entendre de vive voix, le 28 mars au Centre Phi.Sophie Chartier BANDE ORIGINALE DE FILM Black Panther : The Album ?1/2 Artistes variés, Top Dawg / Interscope La portée symbolique de la dernière superproduction des studios Marvel n\u2019aura échappé à personne: superhé- ros noir, Black Panther règne sur une nation africaine présentée comme la plus technologiquement avancée de la planète.Le studio ne pouvait trouver meilleur directeur artistique que l\u2019engagé Kendrick Lamar pour participer et donner souffle et pertinence à sa bande sonore originale, à laquelle collaborent SZA, The Weeknd, James Blake et, à raison, plusieurs brillants talents sud-africains.La chanteuse Babes Wo- dumo pose sa voix sur la rythmique kwaito de Redemption, la meilleure de l\u2019album; en duo avec Vince Staples, la rappeuse Yugen Blakrok apparaît trop brièvement sur la percutante Opps.Sur la doucereuse Seasons, la voix soul déchirée du chanteur Sjava envoûte.Dans cet ensemble farci de références au film qui l\u2019a inspiré, la banale rythmique trap de X apparaît comme une concession aux tendances sur la planète rap, mais Saudi, MC originaire de Soweto, y brille aux côtés de 2 Chains et ScHoolboy Q.Voilà une bande vraiment originale et exemplaire.Philippe Renaud BANDE ORIGINALE DE FILM The Phantom Thread ?Jonny Greenwood, Nonesuch Il vient un moment, dans The Phantom Thread, où l\u2019on constate avec un léger malaise que la musique ne s\u2019arrête pratiquement jamais.Cet effet de plus en plus invasif et oppressant \u2014 au même titre que la relation entre Alma et Reynolds \u2014 montre tout le talent de Jonny Greenwood (Radiohead) pour exprimer l\u2019étroitesse du lien narratif entre un film et sa musique.Cette quatrième collaboration du musicien britannique avec Paul Thomas Anderson, nommée aux prochains Oscar, exploite ainsi, beau paradoxe, le faste du Londres de l\u2019après-guerre en même temps qu\u2019une tension psychologique en pleine flambée.Aux pièces orchestrales (superbe House of Woodcock) répondent des expérimentations dissonantes où les instruments, surexploités, crient dans toute leur amplitude \u2014 ces cordes pincées, frappées, vibrées ! Déclinée en quatre versions, la pièce-titre évolue jusqu\u2019à devenir tordue, ritournelle obsédante aussi réussie que l\u2019angoissante The Hem.On a compris : entre folie, douceur et acharnement, il n\u2019y a qu\u2019un pas.Geneviève Tremblay L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e M u s i q u e 1 2 | UNE PRÉSENTATION LEÇON DE CINÉMA Alanis Obomsawin LA VOIX DE LA RÉSISTANCE SAMEDI 24 FÉVRIER \u203a 15 H 00 Cinémathèque québécoise \u203a salle Hydro-Québec OUR PEOPLE WILL BE HEALED ALANIS OBOMSAWIN VENDREDI 23 FÉVRIER \u203a 19 H 30 Cinémathèque québécoise \u203a salle Hydro-Québec Présenté par LA PETITE FILLE QUI AIMAIT TROP LES ALLUMETTES SIMON LAVOIE SAMEDI 24 FÉVRIER \u203a 20 H 45 Cineplex Quartier Latin \u203a salle 12 Présenté par A GREAT DAY IN PARIS MICHKA SAÄL VENDREDI 23 FÉVRIER \u203a 18 H 30 Cineplex Quartier Latin \u203a salle 13 PRÉVENTE PASSEPORTS | CARNETS | BILLETS QUEBECCINEMA.CA ENTREVUE CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR i elle n\u2019avait pas découvert le chant au début de la vingtaine, Marie-Josée Lord aurait pu être criminologue, psychologue ou psychiatre.«Quelque chose qui joue dans le cerveau des gens », dit-elle.Pour la soprano, le chant est d\u2019abord communication.Et l\u2019opéra, une façon d\u2019allier le théâtre, la musique et la littérature.En entrevue, Marie-Josée Lord parle comme si on la connaissait depuis toujours, rieuse, expansive, généreuse de ses mots comme de sa voix.Le 27 février, elle reprendra son spectacle Femmes, accompagnée de l\u2019Orchestre symphonique de Laval.Elle a tiré de ce spectacle, qui L\u2019opéra comme cri du cœur Avec Femmes, la soprano Marie-Josée Lord entend porter l\u2019émotion au plus loin, jusqu\u2019au bord des larmes Dans sa première forme, le spectacle Femmes présentait Marie-Josée Lord accompagnée d\u2019un trio.Elle se réjouit de le faire désormais avec orchestre.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR S | 1 3 C u l t u r e M u s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 Angèle Dubeau Alan Côté Village en chanson de Petite-Vallée Diffuseur Partenariat Tournée Théâtre de la Ville Village en chanson de Petite-Vallée Théâtre Bouches Décousues LES LAURÉATS DES 2018 propose de grands airs féminins de l\u2019opéra, un disque qui sort cette semaine chez Atma.Lorsqu\u2019elle a conçu ce spectacle, Marie-Josée Lord souhaitait convoquer, à travers ces airs, les grands moments de la vie d\u2019une femme : la vie, l\u2019amour, la vieillesse, la mort.« Pendant que j\u2019aborde ces quatre thèmes, je présente les airs d\u2019opéra qui parlent de ce sujet-là.Donc, cela me permet de présenter le personnage, l\u2019état d\u2019âme du personnage, pour que le public puisse mieux écouter, mieux recevoir les airs.Je présente le contexte, le personnage, ce qu\u2019elle est en train de vivre pour que, vraiment, les gens puissent s\u2019identifier et être dans un état plus réceptif.Souvent, les gens qui ont vu le concert vont prendre l\u2019album.Ils ont tout reçu pour pouvoir bien écouter l\u2019album.» Ces héroïnes des grands opéras, c\u2019est par exemple Violetta dans La Traviata de Verdi, cour tisane malade, qui vit l\u2019amour réciproque à la fin de sa vie.C\u2019est la Thaïs de Massenet, inquiète de son visage vieillissant, ou Suor Angelica, de Puccini, mère au cœur brisé d\u2019un enfant mor t, ou Aida, qui doit chanter contre son peuple.S\u2019arrêter à la limite Quand on lui demande à laquelle de ces héroïnes elle s\u2019identifie le plus, Marie-Josée Lord choisit Violetta, de La Traviata, qui signifie « femme perdue » en italien.« Je trouve que c\u2019est un personnage qui est intemporel, c\u2019est-à-dire qu\u2019elle traverse les années et les époques sans être dénaturée.Dans le cas d\u2019autres personnages d\u2019opéra, ils étaient crédibles au moment où l\u2019opéra a été écrit, mais quand on redécouvre le personnage en 2018, on aurait envie de changer de grands bouts de texte», dit-elle.Violetta, cette femme qui cherche à oublier la maladie en faisant la fête mais qui est fragil isée par l\u2019amour, lui apparaît dans toute sa « vraie détresse, sa vraie peine ».« Elle expérimente les deux tranchants de l\u2019amour, quelque chose qui te rend for t, mais qui te rend aussi très vulnérable », dit-elle.La voix chaude de soprano de Ma- rie-Josée Lord sert bien la tragédie des personnages.On sent d\u2019ailleurs toute son émotion lorsqu\u2019elle chante Senza Mamma, le chant de Suor Angelica, dans l\u2019opéra du même nom de Puccini.«La vie et la mort sont un peu voisines, dit-elle.Elles se tiennent par la main.Quand une femme met un enfant au monde, c\u2019est tellement grand, tellement miraculeux, tellement surnaturel.Elle peut laisser sa vie pour donner la vie.Suor Angelica n\u2019a d\u2019ailleurs pas toujours été religieuse.Née dans une famille noble, elle a eu, par amour, un enfant hors mariage, dont elle doit se séparer, alors qu\u2019elle est obligée de prendre le chemin du couvent.Elle apprendra ensuite que son enfant est mort.Or, sa force de résilience, c\u2019est de savoir qu\u2019elle a mis au monde un enfant, un enfant qui est à elle, qu\u2019elle aime et qui l\u2019aime », raconte Marie-Josée Lord.Lorsqu\u2019elle chante, la soprano doit savoir porter l\u2019émotion au plus loin, jusqu\u2019au bord des larmes, sans pourtant interférer avec son instrument.«Il faut savoir s\u2019arrêter à la limite pour être capable de rendre.Mais les gens du public pleurent, eux», dit-elle.Suer sa vie Dans sa première forme, le spectacle Femmes présentait Marie-Josée Lord accompagnée d\u2019un trio.Elle se réjouit de le faire désormais avec orchestre.« L\u2019orchestre, c\u2019est une masse, un vent.C\u2019est comme une puissance qui te propulse », dit-elle.Avant de découvrir le chant, dans une autre vie, Marie-Josée était pianiste.C\u2019est en assistant à une répétition des Noces de Figaro qu\u2019elle a un coup de foudre pour cette forme d\u2019art.« L\u2019opéra, c\u2019est du théâtre chanté, dit-elle.Ce que j\u2019ai beaucoup aimé dans cet art, c\u2019est que c\u2019est un amalgame de tous les arts.Je me retrouvais en tant que musicienne, en tant qu\u2019actrice.Je me retrouvais en tant qu\u2019amoureuse de la parole et des mots.J\u2019avais tout ce qu\u2019il me fallait dans cet art.» En spectacle, elle dit donner tout ce qu\u2019elle a.L\u2019art lyrique demande à la fois de la force, une extrême capacité de concentration et de l\u2019expression.«Je sue ma vie», dit-elle en riant.Marie-Josée Lord convient d\u2019ailleurs que le monde opératique n\u2019est pas un univers facile.C\u2019est un milieu restreint et élitiste, « extrêmement conservateur », où le poids des traditions est énorme.Aussi, il n\u2019est pas facile d\u2019y faire son chemin, qui plus est lorsqu\u2019on a la peau noire.« Les traditions priment souvent l\u2019ar t même », dit-elle.C\u2019est aussi un milieu qui vit ses difficultés.« Le cinéma a remplacé l\u2019opéra, dit-elle.Les gens qui écrivaient pour l\u2019opéra autrefois écrivent pour le cinéma aujourd\u2019hui.» La chanteuse n\u2019a cependant pas fini de nous dévoiler ses talents.Elle travaille présentement à la rédaction d\u2019un livre sur le chant.«J\u2019ai envie de communiquer avec les gens de ce qu\u2019est le parcours d\u2019une chanteuse.De leur parler de cet instrument que tout le monde a.Tout le monde a une voix, on ne chante pas tous, mais on a tous la voix.On l\u2019utilise pour crier, pour communiquer.Le premier instrument de communication, c\u2019est la voix.On l\u2019utilise quand on vient au monde.» Elle a plus d\u2019un projet dans son sac.Et parle aussi d\u2019une participation possible en télévision, sans en dévoiler plus.Femmes Marie-Josée Lord avec l\u2019Orchestre symphonique de Laval, sous la direction d\u2019Alain Trudel, Atma Classique.Aussi en spectacle au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts le 17 février. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e D a n s e 14 | GRAND ANGLE CATHERINE LALONDE LE DEVOIR anseuse, chorégraphe, pédagogue, pionnière, Martha Graham (1894-1991) fut la mère de la danse moderne américaine.En connectant le mouvement \u2014 stylisé par des lignes et angles archiclairs, presque cartésiens \u2014 au flux et reflux de la respiration, en l\u2019ancrant dans le bassin, Graham a révolutionné la danse.Son vocabulaire clair facilitait la communication des émotions et la théâtralité.Ses personnages de femmes puissants, à la sexualité assumée, étaient novateurs.Sa compagnie travaille désormais à conserver non seulement le répertoire, mais aussi l\u2019esprit de l\u2019ar tiste vivaces et vivants.Mais peut-on, artiste, rester d\u2019avant-garde (presque) cent ans durant ?« Martha Graham était radicale, elle faisait des révolutions», explique en entrevue téléphonique Janet Eil- ber, directrice artistique de la compagnie au sein de laquelle elle a d\u2019abord dansé durant dix ans.« Je tente de la suivre sur ces traces-là, en travaillant avec les créateurs, en commandant des œuvres à ceux qui repoussent les frontières aujourd\u2019hui.La seule manière de poursuivre, c\u2019est de continuer à questionner les œuvres, de les faire revivre.» Pour la troisième fois de passage à Montréal \u2014 les précédentes venues étaient en 1985 et 1989 \u2014, la compagnie dansera un programme balançant entre le passé et le présent.«L\u2019esprit de Martha était si contemporain, si futuriste, c\u2019est la chose la plus importante à conserver, à tenter de suivre.Alors nous expérimentons de nouvelles manières de faire, par le commissariat \u2014 sur Instagram, les réseaux sociaux, notre chaîne YouTube, avec les ar tistes qui travaillent le numérique, la vidéo, avec un prochain partenariat ar tistique avec Google, par exemple\u2026 » Ce balancier dans le temps, la compagnie le pense désormais un peu comme si elle était un musée, explique Mme Eilber.Les pièces de réper toire, les classiques de Graham, sont comme le cœur de la collection, « l\u2019exposition permanente ».On pourra voir ainsi Ekstasis (1933), réimaginée à partir de la documentation visuelle par la danseuse Virginie Mécène.Une pièce engendrée par un «cycle de distorsions» physique.Aussi, Chronicle, une des rares pièces politiques de Graham.Une chorégraphie pensée après «que Graham eut refusé l\u2019invitation des nazis à aller à danser à leurs Jeux olympiques», en 1936, rappelle Mme Eilber, en réponse.« L\u2019invitation était signée par Rudolf von Laban, président de la Deut- sches Tanzbühne, par le président du comité organisateur des XIes Jeux olympiques et par le Reichsminister für Volksaufklärung und Propaganda \u2014 le docteur Joseph Goebbels [\u2026], écrit Mar tha Grahm dans sa Mémoire de la danse (Actes sud, 1992).Je répondis : \u201cIl me paraît impossible de danser en Allemagne actuellement.Tant d\u2019artistes que je respecte et admire ont été persécutés, privés du droit de travailler pour des raisons ridicules et insatisfaisantes, que je considérerais comme inadmissible de m\u2019identifier, en acceptant cette invitation, au régime qui a permis de telles choses.\u201d » La pièce, anti-fascisme, anti-op- pression, sera livrée par une distribution entièrement féminine de 12 interprètes.À l\u2019époque de la création, la compagnie ne compte encore que des femmes.Les hommes s\u2019y joindront, et pour de bon, dès 1938.« La conversation sociale des derniers mois à partir de #MoiAussi, sur la parole des femmes, leur puissance, alors qu\u2019on était en pleine répétition de Chronicle, nous a indiqué à quel point la pièce reste pertinente malgré le changement de contexte », illustre Mme Eilber.Autour de ces morceaux de mémoire se greffent des créations, « de nouvelles pièces qui mettent les classiques en relief, alors que les chorégraphies de Graham vont leur donner de la perspective ».L\u2019exercice peut s\u2019ar ticuler autour d\u2019un thème, tel « Sacré ou profane ?».Sidi Larbi Cherkaoui s\u2019y colle, et on pourra voir son Mosaic.« Je voulais Ci-dessus : Ekstasis interprété par la danseuse PeiJu Chien-Pott.À droite : Chronicle.Page de droite en haut : Mosaic, avec Abdiel Jacobsen et Xin Ying.PHOTOS BRIGID PIERCE PHOTOGRAPHY Le legs radical de Martha Graham La mère de la danse moderne était une révolutionnaire artistique.Comment faire vivre aujourd\u2019hui son esprit ?D présenter le travail plus rituel de Graham.Et Sidi Larbi travaille aussi ce contraste avec le profane dans ses pièces.Les styles sont différents, les problématiques similaires.» Le programme est complété par trois variations autour de Lamentation, solo de 1930 archétypal du travail de Graham (voir encadré).Depuis 2007, la compagnie invite des créateurs à composer une interprétation, très libre, de ce solo (10 heures de répétition maximum ; avec de la musique du domaine public ou du silence ; des costumes et éclairages simples).Quatorze œuvres dérivées ont ainsi vu le jour, et on pourra voir celles de Doug Varone, d\u2019Aszure Barton et de Lary Keigwin.« Mar tha a vécu si longtemps [presque cent ans], elle a côtoyé si longtemps les danseurs, la compagnie, sa propre technique.Elle a vu plein de changements survenir, des évolutions : les jambes monter de plus en plus, les sauts aussi de plus en plus hauts.Elle les a intégrés à ses pièces et à la technique.» Donnant ainsi une permission, presque, sinon un exemple, de jouer avec son matériel ?Oui, répond Mme Eilber, puisque c\u2019est la manière de le garder vivant.Une technique qui génère force et émotions Martha Graham aura déployé toute une technique de danse, très codifiée, avec ses principes, son vocabulaire gestuel, sa philosophie.Une technique intégrée au cursus des apprentis professionnels de l\u2019École de danse de Québec en 1992, et retirée il y a quatre ou cinq ans, rappelle l\u2019enseignante Michelle Cormier.« Avec le Toronto Dance Theatre, on enseignant le \u201cGraham canadien\u201d, remanié par David Earle, qui a étudié directement avec Graham, mais qui en faisait quelque chose de plus senti, organique, respiré dans la texture.» Dans les années 1990, poursuit la prof, les attentes envers les danseurs contemporains étaient précises.«Le danseur devait avoir l\u2019air de celui de Cunningham, de Limon ou de Graham.Maintenant, il doit être capable de tout faire, du ballet au hip- hop.On s\u2019est rendu compte qu\u2019avec le Graham, on formait de super techniciens, mais dans un genre trop stylé, trop codifié, et qu\u2019il fallait miser davantage sur l\u2019adaptabilité pour répondre au marché de la danse actuelle.» Comment décrire la technique en quelques mots ?« Le tronc y est moteur de tout mouvement », explique Janet Eilder, de la compagnie Martha Graham.Le mouvement est ancré dans le bassin : contraction et release sont deux concepts clés, des positions qui « ne sont pas des poses », peut-on lire dans Mémoire de la danse, de Graham, « mais des mouvements du dos liés à la respiration profonde : le release à l\u2019inspiration, la contraction à l\u2019expiration ».Tout mouvement naissait d\u2019une de ces phases.Par ailleurs, les gestes Graham sont larges, restent spectaculaires, fort imprégnés encore des codes du ballet.La technique « génère l\u2019endurance », assure Mme Eilder, « vous rend très fort, et communique très bien les émotions ».Pour Michelle Cormier, la technique permet d\u2019apprendre à jouer avec l\u2019énergie du centre de gravité \u2014 « très bas, dans le bassin, et les contractions et release permettent de connecter le plancher pelvien et l\u2019énergie sexuelle féminine à celle du reste du corps ».« C\u2019est long à comprendre, il faut y plonger trois ou quatre ans pour y arriver, mais quand tu sais comment démarrer tes mouvements de là, c\u2019est magique ! Tu deviens fort, capable de faire des prouesses techniques.» C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 Présentée par Mise en scène Olivier Kemeid Avec Marie-Thérèse Fortin montage dramaturgique Marie-Thérèse Fortin et Olivier Kemeid théâtre du trident trois tristes tigres coproduction théâtre du nouveau monde En écho au spectacle.LES BEAUX ENTRETIENS FAIRE ENTENDRE LA LANGUE DE GABRIELLE ROY, PORTER SA PAROLE Cet entretien avec Marie-Thérèse Fortin, animé par Lorraine Pintal, sera l\u2019occasion de refaire le parcours de cette rencontre au sommet entre une femme de théâtre passionnée et une romancière inclassable.LUNDI 5 MARS DE 14 H À 16 H SUR LA SCÈNE DU TNM Réservations : bellessoirees.umontreal.ca Billets aussi disponibles la journée même aux guichets du TNM.12 représentations seulement ! tnm.qc.ca dès le 27 février L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e LUDOVIC BERTHILLOT YAÏTE RUIZ SYLVIO ARRIOLA DAVID LA HAYE ALEXANDER GUERRERO avec LUDOVIC BERTHILLOT YAïTE RUIZ SYLVIO ARRIOLA DAVID LA HAYE ALEXANDER GUERRERO et RICHARD JUTRAS distribution des rôles GABRIELLE TOUGAS-FRÉCHETTE conception artistique JOËLLE PÉLOQUIN costumes GABRIELLE TOUGAS-FRÉCHETTE montage MATHIEU GRONDIN pieuvre, prothèses et maquillage, effets spéciaux BRUNO GATIEN images JOHN LONDONO son JEAN-SÉBASTIEN BEAUDOIN-GAGNON conception sonore SYLVAIN BELLEMARRE mixage HANS LAITRES scénario IAN LAGARDE production GABRIELLE TOUGAS-FRÉCHETTE et MÉNAÏC RAOUL production exécutive JASMYRH LEMOINE un film de IAN LAGARDE LUDOVIC BERTHILLOT YAÏTE RUIZ SYLVIO ARRIOLA DAVID LA HAYE ALEXANDER GUERRERO VOYELLES FILMS ET FUNFILM DISTRIBUTION PRÉSENTENT LE MEILLEUR DES SEJOURS UN FILM DE IAN LAGARDE ALL YOU CAN EAT BO DDHA « QUELQUE CHOSE QUI S\u2019APPARENTE À UN PAYSAGE ONIRIQUE TROPICAL »\u2014 HOLLYWOOD REPORTER « LE FILM QUÉBÉCOIS LE PLUS ÉTRANGE DE L\u2019ANNÉE » \u2014 MÉTRO MONTRÉAL « SURRÉALISTE, DÉCADENT, NOUS RÉJOUIT PAR SA GRANDE LIBERTÉ » \u2014 VOIR.CA EN SALLE LE 16 FÉVRIER 6 NOMINATIONS En attente de classement de la Régie CRITIQUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR Exposition essentiellement chronologique, couvrant quatre décennies entre les premiers pas cubistes de l\u2019artiste et sa monumentalité tardive, la rétrospective Alberto Giacometti ne manque pas de surprendre.Ici un regroupement inattendu, là un document inusité, et de manière générale, un parcours d\u2019une rare intensité proposé par le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ).La première surprise est de taille.Annoncée comme la plus vaste, forte d\u2019une centaine de sculptures, d\u2019une cinquantaine de peintures et d\u2019un nombre important de dessins et d\u2019archives, la rétrospective est portée par des salles aérées et dynamiques, sans qu\u2019on ait l\u2019impression d\u2019avoir été privé d\u2019une pièce majeure.Un Giacometti d\u2019une grande intensité L\u2019exposition du MNBAQ offre beaucoup tout en restant aérée et dynamique Tout au long de l\u2019exposition, des personnages actifs en voisinent d\u2019autres, statiques, représentés de manière frontale.PHOTOS IDRA LABRIE | 17 C u l t u r e A r t s v i s u e l s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 Dans le pire des cas, la section axée sur le portrait apparaîtra peut-être répétitive.Il faut dire que des têtes et des bustes, Giacometti en a fait toute sa vie.Malgré tout, sectionnée en sous-thèmes \u2014 les Diego d\u2019abord, les Annette après, le couple Sartre-Beau- voir isolé ou l\u2019enfilade d\u2019amis célèbres en peinture \u2014, cette avant-dernière salle se prend assez facilement.La thèse de la commissaire de l\u2019expo et directrice de la Fondation Giacometti, Catherine Grenier, repose sur l\u2019hypothèse que l\u2019ar tiste n\u2019est connu que comme sculpteur et que par ses frêles et longues figures.S\u2019il est impossible de valider ce qui n\u2019est peut-être qu\u2019un préjugé, il faut reconnaître que sa mission ne s\u2019est pas traduite en un cours d\u2019histoire de l\u2019art.Il est vrai, l\u2019universalité des thèmes de Giacometti (l\u2019humanité, en premier lieu), l\u2019évidence de sa sensibilité pour la matière (notamment dans la trace de ses doigts) et même le caractère presque ludique des objets surréalistes les plus violents (Pointe à l\u2019œil, 1931-1932) ont tout pour interpeller rapidement.Cette exposition Alber to Giacometti célèbre avant tout un ar tiste qui a suivi sa voie, au-delà ou en dépit des courants de son époque.De là la cohérence et le déroulement facile à suivre de l\u2019expo.Des femmes et des hommes D\u2019une salle à l\u2019autre, le visiteur a rendez-vous avec la quête humaniste de l\u2019artiste et a droit à des face-à-face avec des pièces maîtresses, synthèses de ses réflexions esthétiques.Issue d\u2019un éveil pour l\u2019Antiquité et de la fréquentation du mouvement cubiste, Femme cuillère (1927) ouvre ainsi la marche avec force.Ce plâtre résume bien Giacometti, lui qui ne cessera de penser le rapport de la sculpture au plan.Le mouvement, ou une allusion à celui-ci, magnifiée en fin de parcours avec Homme qui marche I (1960), est un autre trait de la signature Giacometti .Ça se retrouve dès l\u2019époque surréaliste, avec Femme qui marche I (1932), sorte de Vénus universelle, sans tête ni bras, mais aussi avec les sculptures plus symboliques, dont Boule suspendue (1930-1931), chef-d\u2019œuvre de tension.Tout au long de l\u2019exposition, des personnages actifs en voisinent d\u2019autres, statiques, représentés de manière frontale, comme si Giacometti avait constamment été déchiré par ses deux manières de voir la vie.Obsédé par la question de la représentation, Giacometti était pris par la «contradiction entre sa recherche de ressemblance et son intérêt plus conceptuel pour la figure humaine», écrit Mathilde Lecuyer-Maillé, attachée de conservation à la Fondation Giacometti, dans le catalogue de l\u2019expo.Le jeu d\u2019échelles, qui se manifeste notamment avec les minuscules pièces des années 1940, est aussi sujet en peinture.Les très verticales huiles Deux femmes debout et une figurine dans une cage (vers 1950) et Grand nu (vers 1961) en sont de bons exemples.Scénographie risquée On ne peut passer sous silence la scénographie de Jean Hazel, designer principal du MNBAQ.C\u2019est tout un défi de mettre en espace la sculpture, surtout quand son auteur joue autant avec le socle.Giacometti s\u2019en sert pour mettre en scène, sur une scène, sa version de la réalité.Le voilà à son tour mis en scène.Parfois simple plateforme, parfois véritable table, le dispositif de présentation est prolongé au sol par des planches aux formes irrégulières.Un jeu risqué : davantage que rampe, cet élément a un effet repoussoir qui indispose plus qu\u2019il agrémente la visite.Il faut néanmoins reconnaître que ce mobilier contribue judicieusement à l\u2019aspect théâtral de l\u2019exposition.Et il permet aux sculptures, rarement imposantes par leur taille, de ne pas se perdre dans l\u2019immensité des salles du pavillon Lassonde.Alberto Giacometti Au Musée national des beaux-arts du Québec jusqu\u2019au 13 mai.SU R L E R A DA R Géométries mouvantes Artistes de la mouvance cinétique et sonore, Catherine Bé- chard et Sabin Hudon fabriquent depuis vingt ans des machines qui expriment, comme ils disent, «notre expérience du monde ».Leur plus récente exposition réunit trois œuvres qui revisitent l\u2019abstraction géométrique et jouent sur notre compréhension de l\u2019espace, du temps et de la relation entre les objets.En d\u2019autres mots, les œuvres murales du duo donnent vie à la peinture des Malevitch et autres Mondrian qui suggérait déjà mouvement et occupation d\u2019un territoire.Équerres transparentes, tiges de couleur et autres matériaux s\u2019animent dans deux des installations qui dessinent et redessi- nent de nouvelles images.Des fils électriques, des sources de lumière et des surfaces planes participent aussi aux compositions.Aucun ensemble n\u2019est fixe, tout oscille entre le réel et l\u2019illusoire.Y compris à l\u2019écoute de la plus grande et seule œu- vre sonore, Oscillations du quotidien I, dont la trame brouille davantage l\u2019expérience.Jérôme Delgado Ni tout à fait mêmes, ni tout à fait autres À la Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal jusqu\u2019au 25 février.CATHERINE BÉCHARD L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a 1 8 | ENTREVUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR l y eut d\u2019abord cette vision d\u2019une femme qui marchait, marchait.Où allait-elle ?D\u2019où venait-elle ?En répondant à ces deux questions, Bernard Émond put répondre à une troisième, à savoir qui était-elle, cette marcheuse ?La femme se rapprochant, le cinéaste entrevit ses traits : ceux d\u2019Élise Guilbault.Elle incarne Monique, héroïne en proie au deuil de son mari, qui marche de la sorte « pour ne pas tomber ».Ses pérégrinations la mèneront de Baie-Comeau à Montréal, puis jusqu\u2019au nord de l\u2019Ontario.Dévoilé ce samedi en ouverture des Rendez-vous de Québec Cinéma, Pour vivre ici marque la quatrième collaboration entre Bernard Émond et Élise Guilbault.«J\u2019avais très envie de tourner un film en hiver à Baie-Comeau, parce que c\u2019est magnifique, explique d\u2019emblée le réalisateur.Filmer le traversier à la brunante, c\u2019est prenant.Souvent, c\u2019est un lieu qui va m\u2019inspirer une histoire.Baie-Comeau, j\u2019y avais donné une conférence, et on m\u2019avait dit alors : \u201cVous savez, Baie-Comeau, c\u2019est une ville de passage.On ne meurt pas ici.\u201d» Sur cent personnes dans la salle, moins d\u2019une dizaine étaient nées sur la Côte-Nord.Et dès lors que Monique se manifesta, c\u2019est une vie à Baie-Comeau qui prit forme autour d\u2019elle ; ce mari décédé là, justement.« La première séquence qu\u2019on a tour née est cel le du rêve, lors - qu\u2019Élise progresse dans la neige, de Émond et Guilbault au temps de l\u2019espérance Le cinéaste retrouve l\u2019actrice pour une quatrième et mémorable fois avec Pour vivre ici Élise Guilbault sous le regard de Bernard Émond.Rarement a-t-on vu une caméra aimer et comprendre le visage d\u2019une actrice à un tel degré.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR I | 19 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 17.18 ARTE MUSICA PRÉSENTE Présenté par SALLEBOURGIE.CA 514-285-2000 Concert en lien avec l\u2019exposition NAPOLÉON VENDREDI 23 FÉVRIER, 18 h 30 Daniel Propper, piano L\u2019Écho des batailles Daniel Propper est un spécialiste de la musique de l\u2019époque napoléonienne.Son disque L\u2019Écho des batailles a été récompensé par la Fondation Napoléon.CANTATES DE BACH SAMEDI 24 FÉVRIER, 15 h DIMANCHE 25 FÉVRIER, 14 h Ensemble Stradivaria Daniel Cuiller, direction et violon J.S.BACH Cantates BWV 85, 163, 179, 202 L\u2019Ensemble français interprète le répertoire Baroque en respectant l\u2019exigence historique.LA PASSION DE JEANNE D\u2019ARC MARDI 27 FÉVRIER, 19 h 30 The Orlando Consort Ciné-concert avec la projection du ?lm muet La Passion de Jeanne d\u2019Arc (1928) de Carl Dreyer.L\u2019ensemble vocal anglais interprète en direct des œuvres composées durant la courte vie de Jeanne d\u2019arc (1412-1431).Une expérience extraordinaire ! Concerts présentés dans le cadre de Montréal en Lumière 2018 dos.Il faisait \u201332 °C, on gelait.Puis on a fait ce gros plan d\u2019elle avec Jean- Pierre [St-Louis, le directeur photo].Élise avait ses belles joues roses et cette expression de bonheur et de paix\u2026 c\u2019était exactement ce que je cherchais, ce que j\u2019espérais.Et je me suis dit que tout irait bien.Ç\u2019a été un film comme ça.» Quand « être » suffit À cet égard, rarement a-t-on vu une caméra aimer et comprendre à ce point le visage d\u2019une actrice.« Quand je me retrouve avec Bernard, j\u2019accepte d\u2019entrer dans son monde particulier où j\u2019ai l\u2019impression de faire quelque chose qui a une \u201csignifiance\u201d, confie Élise Guilbault.J\u2019accepte aussi de m\u2019abandonner, mais dans un cadre très serré.Je suis surexpressive et bavarde, et ce que Bernard me demande, c\u2019est un dépouillement, une retenue ; c\u2019est de la dentelle et non de la grosse maille.Exprimer la souf france sans la démontrer, c\u2019est aussi difficile que grisant.Je deviens complètement investie.Juste \u201cêtre\u201d, vraiment \u201cêtre\u201d, dans le vent glacial de Baie-Comeau, c\u2019est très\u2026 satisfaisant.C\u2019est suffisant.» Après un silence, la comédienne ajoute, songeuse : «Peut-être que ce n\u2019est pas si aux antipodes de ce que je suis, cette retenue, puisque Bernard me dit toujours: \u201cCe qui m\u2019intéresse, c\u2019est toi; c\u2019est d\u2019aller jusqu\u2019à ton âme.\u201d» Élise Guilbault ne lui livre rien de moins que cela, chaque fois.Une belle rencontre Ainsi, après Paulette en pleine déchéance dans La femme qui boit et Jeanne perdue dans La neuvaine, puis retrouvée dans La donation, voici Monique désemparée.«Quand on a fait La femme qui boit, on s\u2019est laissés en se disant que ça avait été une belle rencontre, se souvient Élise Guilbault.Plus tard, Bernard m\u2019a raconté qu\u2019il était allé à Sainte-Anne-de-Beaupré et qu\u2019il était passé par cette allée au bout de laquelle il y avait un bloc de ciment.Il a spontanément imaginé une femme désespérée qui se serait tenue là, une femme que je pourrais jouer : Jeanne.Plus tard encore, pendant la tournée des festivals avec La neuvaine, on jasait et il m\u2019a expliqué que Jeanne n\u2019avait pas encore vécu tout ce qu\u2019elle avait à vivre.D\u2019où notre troisième collaboration, La donation.» Comme ses prédécesseures, la protagoniste de Pour vivre ici est frappée par le drame.En quête de repères, elle cherche du côté de ses enfants (Danny Gilmore, Marie Bernier), tous deux installés dans la métropole, la prospérité stressée.Le contact est plus aisé avec Adhita (Amena Ahmad), sa belle-fille, et surtout avec Sylvie (Sophie Desmarais), jadis fiancée de François, ce fils décédé.«Je suis hanté par Voyage à Tokyo, d\u2019Ozu, et ça depuis des années », confie Bernard Émond qui, avec cette figure du parent parti de loin pour aller rendre visite à une progéniture affairée, rend hommage au maître.Ce qui a disparu En remontant \u2014 littéralement \u2014 les chemins de son passé, Monique est confrontée à tout ce qui a disparu, outre son époux : une proximité avec ses enfants, l\u2019église de son village natal, la ferme de ses grands-parents\u2026 « Il y a un vrai questionnement existentiel, note Élise Guilbault.Qui suis-je, où vais-je, qu\u2019est-ce que je regrette, qu\u2019est-ce que j\u2019assume\u2026?» Et Bernard Émond de renchérir : «Monique ne trouve pas ses réponses auprès de ses enfants, alors elle pousse plus loin, dans sa propre enfance, mais les réponses ne sont pas davantage là.Sauf qu\u2019à travers ce périple-là, elle trouve quelque chose.Pas ce qu\u2019elle croyait chercher, mais quelque chose de précieux néanmoins.Pasolini a écrit: \u201cJe pleure un monde mort, mais moi qui le pleure, je ne suis pas mort.\u201d Tout le film tient dans cette phrase.On ne peut pas revivre le passé, mais on continue de le porter en soi.» Ces beautés-là Oui, bien des choses ont disparu et d\u2019autres encore disparaîtront, inéluctablement, comprend Monique.Ce faisant, toutefois, elle prend la pleine mesure des beautés qui subsistent : une complicité avec ses brus, la chaleur humaine qui règne en ces terres de sa prime jeunesse, la majesté du fleuve\u2026 « J\u2019arrive à l\u2019âge où l\u2019espérance est une nécessité, conf ie Ber nard Émond.L\u2019état du monde est af fli- geant.Le monde que j\u2019ai connu s\u2019en va tandis que celui dans lequel grandit ma petite-fille m\u2019est étranger, ce qui ne nous empêche pas de partager un lien privilégié.Un lien reste toujours une possibilité.Des choses que j\u2019ai aimées s\u2019évanouissent, mais j\u2019ai besoin de croire que d\u2019autres choses, de belles choses, vont perdurer.C\u2019est un acte de foi de ma part.Ce film est un acte de foi.» En cela, Pour vivre ici se révèle l\u2019œu- vre la plus lumineuse de Bernard Émond, au propre et au figuré.Le film baigne dans la lumière: celle du soleil qui se reflète sur la neige autant que celle qui émane du regard d\u2019Élise Guilbault.Un regard à ranger parmi ces «belles choses» qui vont perdurer.Pour vivre ici prend l \u2019af f iche le 23 février.Je suis surexpressive et bavarde, et ce que Bernard me demande, c\u2019est un dépouillement, une retenue ; c\u2019est de la dentelle et non de la grosse maille.Exprimer la souffrance sans la démontrer, c\u2019est aussi difficile que grisant.Je deviens complètement investie.Juste \u201cêtre\u201d, vraiment \u201cêtre\u201d, dans le vent glacial de Baie-Comeau, c\u2019est très\u2026 satisfaisant.C\u2019est suffisant.ÉLISE GUILBAULT » Pasolini a écrit : \u201cJe pleure un monde mort, mais moi qui le pleure, je ne suis pas mort.\u201d Tout le film tient dans cette phrase.On ne peut pas revivre le passé, mais on continue de le porter en soi.BERNARD ÉMOND » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a 2 0 | CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Tout comme dans Tadoussac, de Martin Laroche, Les faux tatouages présente un moment d\u2019une grande puissance émotionnelle où l\u2019appareil téléphonique constitue le point d\u2019ancrage entre deux protagonistes que tout semble séparer, dont la distance.Pas question de révéler de quoi il en retourne exactement dans ce premier long métrage de fiction signé Pascal Plante, mais dans les deux films, l\u2019objet jette des ponts entre les solitudes et panse, un peu, les blessures du passé.D\u2019une manière subtile, il est question de culpabilité, et de pardon, dans ce drame qui se donne parfois les allures d\u2019une légère romance de fin d\u2019été, une histoire d\u2019un soir s\u2019étirant à coups d\u2019instants euphoriques ou de rendez-vous manqués.Elle est aussi ponctuée de silences embarrassés, mais sur tout de musiques de tous les styles (punk, rock, folk, classique, pop, etc.) qui donnent aux personnages une belle étoffe psychologique.Ce tandem pas toujours bien accordé s\u2019est rencontré dans un restaurant sans âme du centre-ville de Montréal, et à deux pas d\u2019une salle de spectacle après un concert endiablé, leurs tatouages, résolument éphémères, devenant un prétexte à amorcer la conversation.Rien de tout cela n\u2019aurait été possible sans l\u2019aplomb de Mag (Rose-Marie Perreault, d\u2019un naturel confondant), abordant le timoré Théo (Anthony Therrien, tout de rage contenue) dans ce lieu trop éclairé, révélant le malaise du garçon envers tout ce qui l\u2019entoure.Dans ce contexte, celui qui vient tout juste d\u2019avoir 18 ans \u2014 esseulé le jour de son anniversaire\u2026 \u2014 accepte, comme à contrecœur, son invitation à passer la nuit chez elle, lancée sans ambages, ce qui n\u2019est pas sans déstabiliser cet être opaque, morose, mystérieux.Pourquoi une telle méfiance?Théo traîne son spleen jusqu\u2019au fin fond de sa banlieue, mais se déleste peu à peu de ses idées noires auprès de celle qui par tage avec lui plus d\u2019une passion, mais pas forcément les mêmes goûts musicaux.La perspective de le voir quitter la ville dans deux semaines ne freine pas l\u2019enthousiasme de Mag à poursuivre cette relation particulière.Son départ pour La Pocatière chez sa sœur aînée, Théo a du mal à en verbaliser la finalité, comme tout le reste d\u2019ailleurs\u2026 Ce sont pourtant ces zones d\u2019ombres qui donnent au film toute sa force, épousant totalement l\u2019enferme- ment émotionnel de ce jeune homme qui cause peu, sourit à peine, sauf lorsqu\u2019il se laisse aller à sa créativité de dessinateur, sur la peau ou sur un mur, ou de musicien plutôt paralysé par un trop grand désir de perfection.Ce n\u2019est d\u2019ailleurs pas ce qui explique sa timidité maladive, le scénario refusant d\u2019illustrer de manière éloquente les démons qui assaillent cette figure masculine très représentative dans le paysage cinématographique québécois.Chronique d\u2019une liaison à la fin annoncée, elle aborde, en façade, l\u2019amour au temps du numérique et des gadgets électroniques (lorsque Théo surprend Mag un livre à la main, il observe la chose comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un artefact d\u2019un autre temps), mais décrit surtout le douloureux processus conduisant à la rédemption.Les faux tatouages dévoile ainsi la vraie nature d\u2019une âme blessée, et à quel point la musique peut la guérir.Les faux tatouages ?1/2 Drame de Pascal Plante.Avec Anthony Therrien, Rose-Marie Perreault, Brigitte Poupart, Nicole Sylvie Lagarde.Québec, 2017, 87 minutes.La mélodie de la rédemption Quand un garçon timoré cherche son salut entre le hasard, l\u2019amour et la musique CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Il arrive souvent qu\u2019au décès d\u2019une personne ayant refait sa vie, l\u2019ancienne et la nouvelle famille s\u2019affrontent.Entre la progéniture issue d\u2019une première union et celle née d\u2019une seconde, les conflits potentiels sont nombreux, à l\u2019instar des chicanes entre partenaires numéro un, deux, etc.Le niveau d\u2019acrimonie, le cas échéant, variera.Dans le film Une femme fantastique, il atteint des sommets alors qu\u2019après la mort de son conjoint, Marina fait face à l\u2019hostilité de l\u2019ex- femme et du fils du défunt.Ces derniers, à l\u2019évidence, voudraient la voir disparaître.C\u2019est que Marina est une femme trans, et cela, ça ne passe pas.Auteur du mer veilleux Gloria, dans lequel une femme approchant la soixantaine réapprend à aimer et sur tout à s\u2019aimer, Sebastian Lelio crée avec Une femme fantastique une autre héroïne mémorable.Elle l\u2019est d\u2019autant plus que, comme sa prédecesseure, Marina est le genre de figures habituellement confinées aux marges dans un cinéma traditionnel lent à se départir de ses ornières de genres et d\u2019identités.Forme en phase Primé à la Berlinale, le scénario co- écrit par Lelio et Gonzalo Maza est très habile dans sa présentation patiente du couple : Orlando, celui qui va mourir, et Marina, celle qui lui survivra.Il est de 30 ans son aîné, mais la profondeur et la sincérité de leur amour ne fait pas de doute, en témoignent ces regards complices et ces silences dont l\u2019un et l\u2019autre des amants devinent la teneur.Lorsqu\u2019une rupture d\u2019anévrisme frappe Orlando, une mauvaise chute cause des ecchymoses sur son corps, marques sur lesquelles l\u2019hôpital, la police et, surtout, l\u2019ex-femme et le fils du mort jetteront leur dévolu et leurs regards soupçonneux.Dans leurs yeux à tous, on peut lire méfiance et dégoût.Éplorée, Marina est donc forcée de s\u2019extraire de la torpeur engendrée par le choc.La soupçonne-t-on vraiment de meurtre ?Ou ne s\u2019agit-il là que d\u2019une excuse pour s\u2019acharner sur elle, incarnation d\u2019une différence honnie?En la tenant loin des obsèques, on ne cherche pas tant à nier sa réalité que celle de sa relation avec Orlando.Des enjeux que le film développe avec subtilité.Lelio traduit la nature insidieuse des insinuations et non- dits au moyen d\u2019une mise en scène qui, pour un temps, se referme sur la protagoniste dont l \u2019existence même semble gêner.Or, un certain style, un certain panache prévalent.Ceci, en phase avec le tempérament affirmé de Marina, femme colorée, femme de beauté.Lumière prégnante Dans l\u2019adversité, Marina se tient debout, réfute et s\u2019obstine.Devant sa sincérité absolue, la mesquinerie ambiante n\u2019apparaît que plus évidente.Isolée mais pas seule, elle continue de s\u2019adonner à sa passion pour le chant.Elle y met son âme et le reste.Tout ce que la laideur du monde ne peut lui enlever.Actrice trans dotée d\u2019une voix prodigieuse, Daniela Vega irradie.Témoin de ce parcours inspirant et lumineux malgré des zones d\u2019ombres, le spectateur est invité à méditer sur ses propres réflexes, sur ses propres idées reçues.Et ce portrait de femme de s\u2019imprimer durablement dans l\u2019esprit, Marina n\u2019étant pas femme à se laisser abattre, encore moins à accepter de disparaître.Une femme fantastique (V.O., s.-t.f.et V.O., s.-t.a.de A Fantastic Woman) ?Drame de Sebastian Lelio.Avec Daniela Vega, Francisco Reyes, Luis Gnecco, Aline Küppenheim.Chili, 2017, 104 minutes.Le chant de la douleur L\u2019héroïne du film Une femme fantastique mérite amplement le qualificatif en question Orlando, celui qui va mourir, et Marina, celle qui lui survivra.Il est de 30 ans son aîné, mais la profondeur et la sincérité de leur amour ne fait pas de doute.MÉTROPOLE FILMS Mag (Rose-Marie Perreault, d\u2019un naturel confondant) et Théo (Anthony Therrien, tout de rage contenue) forment un tandem pas toujours bien accordé.NEMESIS FILMS C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 L\u2019Atelier d\u2019opéra et l\u2019Orchestre de Benjamin Britten Salle Claude-Champagne \u2013 19 h 30 musique.umontreal.ca 1er, 2, 3 mars 2018 DIRECTION MUSICALE Jean-François Rivest - MISE EN SCÈNE Oriol Tomas de l\u2019Université de Montréal présentent AUDITIONS 11 à 19 ans 25 FÉVRIER 2 0 1 8 PORTES OUVERTES 18 FÉVRIER 2 0 1 8 w w w .e s b q .c a - THE GUARDIAN « UN FILM FANTASTIQUE.» - THE NEW YORK TIMES « UN FILM EXTRAORDINAIRE.C\u2019EST TRANSCENDANT.» - NATIONAL POST « FASCINANT ET HYPNOTIQUE.» - LES INROCKUPTIBLES MAINTENANT AU CINÉMA UNE FEMME FANTASTIQUE UN FILM DE SEBASTIÁN LELIO OSCARS® N O M I N A T I O N M E I L L E U R F I L M É T R A N G E R GOLDEN GLOBES® N O M I N A T I O N M E I L L E U R F I L M É T R A N G E R CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Sur une île tropicale anonyme, le personnel d\u2019un complexe hôtelier se prépare à accueillir un nouvel arrivage de touristes.Le ton obséquieux, le maître d\u2019hôtel répète sa litanie de bienvenue.L\u2019exercice terminé, ses traits reprennent un air impassible.Ou vaguement inquiétant ?Dernier à descendre du car de visiteurs, Mike, la ventripotence déprimée, se distingue d\u2019of fice de la horde en mal de bronzage.Derrière sa mine larguée et son prénom banal, un mystère sommeille.En ce contexte prosaïque de « tout-inclus », All You Can Eat Bouddha exsude un charme surréaliste inattendu.Tour à tour envoûtant et frustrant, à dessein, ce premier long métrage de fiction de Ian Lagarde annonce de belles et bonnes choses.Réalisateur de plusieurs cour ts métrages, La- garde est en outre un directeur de la photo émérite.Il a notamment signé celle de Vic + Flo ont vu un ours de Denis Côté et, bien que leurs deux intrigues n\u2019eussent rien à voir l\u2019une avec l\u2019autre, All You Can Eat Bouddha partage avec ce film un décalage par rapport au réel où sourd une tension indicible.Déité désignée De fait, on sent que quelque chose se trame, à l\u2019hôtel Palacio.Pourquoi cette femme de chambre fixe-t-elle l\u2019océan étale, comme dans l\u2019expectative ?Que veut dire le gérant lorsqu\u2019il évoque cette rumeur de « nouvelle administration » ?Sur tout, pour quelle raison Mike paraît-il agoniser alors qu\u2019il passe le plus clair de son temps à s\u2019empiffrer au buffet ?Mike qui, d\u2019un murmure, d\u2019un geste, s\u2019avère capable d\u2019accomplir des miracles, mettant tout un chacun en pâmoison.Déité désignée, Mike mange, mange et mange encore entre deux prodiges, lui-même semblant attendre quelque chose.La mort ?La vie éternelle ?Autour de lui, le Palacio cède à la décrépitude.Et Mike d\u2019enfourner avec un appétit égal des denrées désormais faisandées.Comme une transe All You Can Eat Bouddha, le titre est éloquent, se veut, entre autres pistes de lectures une allégorie d\u2019un monde qui court à sa perte ad infinitum, avec à chaque ère ou « administration », un «buffet » de divinités de pacotille.Le film distille avec patience sa charge hypnotique.Tout en langueurs et en zooms lancinants, la mise en scène forge une atmosphère énigmatique prenante.La déclinaison en des variations subtiles de certaines images, voire leur répétition tels des motifs, induit presque une transe.En dépit d\u2019un tout petit budget, Ian Lagarde insuffle ambition et audace à sa proposition.Avec une assurance visuelle qui force souvent l\u2019admiration, le cinéaste multiplie les passages insolites et les séquences à teneur ambiguë.De prime abord insaisissable, et sans doute davantage destiné aux cinéphiles avertis, son All You Can Eat Bouddha se révèle, à terme, étrangement fascinant.Comme Mike.All You Can Eat Bouddha (V.O.F.) ?Drame surréaliste de Ian Lagarde.Avec Ludovic Berthillot, Yaïté Ruiz, David La Haye, Sylvio Arriola, Richard Jutras.Québec, 2017, 85 minutes.Dieu à volonté All You Can Eat Bouddha cultive mystères et allégories en formule tout-inclus All You Can Eat Bouddha, le titre est éloquent, se veut, entre autres pistes de lectures une allégorie d\u2019un monde qui court à sa perte ad infinitum.FUNFILM L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e 2 2 | Les nouveautés sont en rose All You Can Eat Bouddha (V.O.F.) ?Dans un complexe hôtelier tropical, un touriste mystérieux s\u2019empiffre et accomplit des miracles, mettant en pâmoison employés et clients.Alors que la décrépitude gagne l\u2019établissement en attente d\u2019une nouvelle administration, l\u2019homme agonise mais continue obstinément à manger.Attend-il la mort?Ou la transcendance?En dépit d\u2019un petit budget, Ian Lagarde insuffle ambition et panache à une proposition qui se veut, entre autres pistes de lecture, une allégorie d\u2019un monde qui court à sa perte ad infinitum, avec à chaque ère ou «administration», un «buffet » de divinités de pacotille.Le film distille avec patience sa charge hypnotique.Tout en langueurs et en zooms lancinants, la mise en scène forge une atmosphère énigmatique prenante.La déclinaison en des variations subtiles de certaines images, voire leur répétition tels des motifs, induit presque une transe.François Lévesque Une femme fantastique (V.O., s.-t.f.et V.O., s.-t.a.de A Fantastic Woman) ?Auteur du merveilleux Gloria, Sebastian Lelio crée avec Une femme fantastique une autre héroïne mémorable: Marina, une jeune femme trans qui, à la suite du décès accidentel de son conjoint plus âgé, doit composer avec la méfiance des autorités et surtout avec la rancœur et la violence de l\u2019ex-femme et du fils du défunt.Des enjeux que le film développe avec subtilité.Pour un temps, Lelio traduit la nature insidieuse des situations au moyen d\u2019une mise en scène qui se referme sur la protagoniste dont l\u2019existence même semble gêner.Or, un certain panache visuel prévaut.Ceci, en phase avec le tempérament affirmé de Marina, femme colorée, femme de beauté.Isolée, elle continue de s\u2019adonner à sa passion pour le chant, y mettant son âme et le reste.Tout ce que la laideur du monde ne peut lui enlever.Actrice trans dotée d\u2019une voix prodigieuse, Daniela Vega transcende son rôle et contribue à rendre ce film très, très spécial.François Lévesque Cro Man (V.F.de Early Man) ?Pas besoin d\u2019être un inconditionnel du ballon rond pour rigoler devant la nouvelle fantaisie préhistorique de Nick Park, le grand manitou de l\u2019animation en stop-motion.Le créateur de Wallace & Gromit a imaginé les origines du foot en les mêlant à celles de la préhistoire, amusante variation des Pierrafeu où des hommes des cavernes affrontent ceux déjà accros aux vertus du Panthère noire (V.F.de Black Panther) ?1/2 Après une dizaine d\u2019années d\u2019une quasi-hégémonie du film de superhé- ros, Hollywood se décide enfin à donner la vedette à un superhéros noir dans Panthère noire (Black Panther), production par surcroît écrite et réalisée par des Noirs.Réalisé avec savoir- faire par Ryan Coogler (Creed), le film s\u2019en tient à un récit classique d\u2019apprentissage alors que le protagoniste doit sortir de l\u2019ombre de son défunt père afin d\u2019atteindre son plein potentiel.Cette absence d\u2019audace narrative est atténuée par d\u2019heureux clins d\u2019œil, un rythme enlevé ainsi qu\u2019une direction artistique et des costumes fabuleux.Dans le rôle-titre, Chadwick Boseman est crédible et attachant.Il est entouré d\u2019une galerie d\u2019actrices formidables dont on célébrera la présence tout en se désolant de la minceur de leurs partitions.Un succès garanti, le film devrait favoriser une diversité accrue Film Stars Don\u2019t Die in Liverpool ?1/2 Jadis lauréate d\u2019un Oscar, Gloria Grahame, 57 ans, en est réduite à courir le cachet sur les planches.Lorsqu\u2019elle s\u2019effondre, on contacte Peter Turner, comédien de 28 ans avec qui elle vécut quelques années auparavant une folle passion.Entre l\u2019hier romantique et l\u2019au- jourd\u2019hui douloureux, cette adaptation des mémoires de Peter Turner ménage des moments d\u2019humour salvateurs en plus de réserver d\u2019excellents numéros d\u2019acteurs.Loin du cliché usuel de la vedette déchue, Annette Bening compose une femme pétrie de contradictions, émouvante et forte; complexe, en somme.Plutôt que d\u2019essayer de cacher ses moyens limités, le film met en exergue les artifices du cinéma: apparences trompeuses pour gloire éphémère.En filigrane, on commente le traitement cruel réservé aux actrices de tempérament quand elles avancent en âge.Sachant cela, on ne peut que se réjouir de retrouver Annette Bening, 59 ans, dans ce film aussi sympathique à ses rides qu\u2019à son talent.François Lévesque Les faux tatouages ?1/2 La musique adoucit les mœurs, mais elle soigne aussi les blessures de l\u2019âme.Pour son premier long métrage de fiction, Pascal Plante en fait une émouvante démonstration, observant l\u2019amour et le hasard unir une fille à la belle légèreté (Rose-Marie Perreault) à un garçon (Anthony Therrien) rongé par le doute, et en proie à ses nombreux démons.Ils ne seront pas tous illustrés de façon explicite dans cette chronique d\u2019une romance éphémère, à l\u2019image de leurs tatouages et ponctuée de musiques de tous les styles, des plus féroces aux plus mélancoliques.En somme, le récit d\u2019une rédemption, sans tambour ni trompette, ou si peu.André Lavoie 24 Davids ?Pas à proprement parler une cinéaste «onéfienne» \u2014 un concept à jamais disparu \u2014, Céline Baril a tout de même pu bénéficier du programme de résidence de l\u2019Office national du film pour signer ce magnifique travelogue, escapade sur trois continents et au grand pays des rêves, des idées et des théories.À partir d\u2019un prétexte que certains jugeront saugrenu \u2014 aller à la rencontre de gens prénommés David \u2014, la cinéaste déploie une constellation de réflexions sur les mécanismes de l\u2019univers et ceux qui règlent, ou ravagent, notre humanité.Les informations factuelles sont réduites au minimum, mais sa démarche singulière occupe une place légitime, rendant séduisante cette succession d\u2019entretiens avec des esprits brillants, indignés, singuliers, le tout enrobé d\u2019images splendides et d\u2019un habillage musical au pouvoir hypnotique.André Lavoie autres.À partir de films de famille et de témoignages poignants de sa fratrie montréalaise, Kalina Bertin se livre à une véritable radiographie psychologique doublée d\u2019une fascinante enquête aux ramifications criminelles.André Lavoie dans ce genre très populaire.À quand un superhéros gai au cinéma?François Lévesque Manic ?Son père fut longtemps pour elle un mystère, mais il a suffi d\u2019une banale découverte sur le passé de cet homme pour qu\u2019elle amorce sa propre quête de vérité.Ses recherches lui apparaissaient fondamentales pour comprendre la fragilité psychologique de son frère et de sa sœur, mais la cinéaste ignorait que cette aventure la conduirait aussi loin qu\u2019à Hawaï et en Thaïlande.Or ce n\u2019était rien en comparaison de toutes les frasques de ce gourou aux identités multiples, aux femmes nombreuses, lui qui compte au moins 15 enfants, dont plusieurs ignorent l\u2019existence des dans les pays marqués par le catholicisme.La très jeune héroïne du second long métrage du cinéaste co- lombien Jose Luis Rugeles est enceinte, et devra entreprendre une fuite dans la jungle avec l\u2019enfant d\u2019une camarade et d\u2019un haut dirigeant d\u2019un commando semblable aux Forces armées révolutionnaires de Colombie \u2014 ici jamais clairement identifié.Cette mission, d\u2019une cruelle ironie pour une organisation qui impose aux femmes l\u2019avortement, comportera son lot de périls, faisant grandir davantage cette enfant soldate âgée de 13 ans, au visage souvent impassible.On perçoit tout de même son désarroi grâce à la ferveur de son interprète, Karen Torres, accompagnée par un cinéaste soucieux d\u2019authenticité, à l\u2019indignation jamais tapageuse.André Lavoie Alias Maria ?1/2 Le prénom Maria possède une immense charge symbolique, surtout Hochelaga, terre des âmes ?1/2 Dans cette fresque ambitieuse, un jeune archéologue (Samian) croit avoir découvert l\u2019emplacement du mythique village iroquoien d\u2019Hochelaga après un affaissement de terrain au pied du mont Royal.À chaque artefact exhumé, une mémoire revisitée.Comme dans Le violon rouge, François Girard prend un point d\u2019ancrage narratif, ici un lieu plutôt qu\u2019un instrument, autour duquel il déploie plusieurs histoires.Cela, pour mieux n\u2019en raconter qu\u2019une.Film de la quête identitaire, thème fédérateur du cinéma québécois s\u2019il en est, c\u2019est aussi un film de la réconciliation, chaque sous-récit présentant une situation de métissage, de collaboration, d\u2019ouverture, etc.Le niveau de jeu n\u2019est certes pas toujours égal et certains développements apparaissent faciles, mais nombre d\u2019idées séduisent.À terme, beauté et pertinence prévalent.François Lévesque L\u2019insulte (V.F.de Hakaret) ?1/2 À Beyrouth, une dispute entre un Libanais chrétien (Adel Karam) et un réfugié palestinien (Kamel El Basha, prix du meilleur acteur à la Mostra) divise bientôt le pays lorsque le premier intente un procès au second.Drame judiciaire prenant raconté à hauteur d\u2019homme, L\u2019insulte, de Ziad Doueiri (West Beyrouth), livre un portrait dénué de parti pris d\u2019un pays marqué à jamais par la guerre et les conflits sans issue où le dialogue est malgré tout possible.Artificiel mais captivant.Manon Dumais Panthère noire (V.F.de Black Panther), de Ryan Coogler BUENA VISTA | 2 3 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 Danse + Théâtre Du 23 mai au 7 juin 2018 514 844 3822 1 866 984 3822 fta.ca À l\u2019avant-garde depuis toujours BETROFFENHEIT Crystal Pite + Jonathon Young Vancouver Une incroyable décharge électrique KINGS OF WAR Shakespeare + Ivo van Hove Amsterdam Une redoutable machine théâtrale Un événement ! 6 & 9 Tao Ye Beijing Un rituel sacré et envoûtant Spectacle d\u2019ouverture Aussi au #FTA2018 LA VIE UTILE Evelyne de la Chenelière + Marie Brassard SOLO 70 Paul-André Fortier + Étienne Lepage Réservez maintenant ! LA NUIT DES TAUPES Philippe Quesne Nanterre Un improbable théâtre de l\u2019underground Spectacle de clôture Certains de mes amis ?Dans son dernier film, Catherine Martin apparaît tout aussi fidèle à ses amis qu\u2019à sa démarche exigeante, ascétique, peu importe qu\u2019elle aborde la fiction ou le documentaire.À ces gens qui illuminent son existence, elle pose sur eux un regard bienveillant, dépourvu d\u2019artifices, et même de références biographiques, ce qui nous aurait permis de mieux saisir la portée de leurs liens, une absence volontaire parfois frustrante.À tour de rôle, François, Marie, Hugo et les autres se présentent avec humilité devant sa caméra, observés dans leur quotidien pétri de quête artistique, de recherche scientifique ou de reconquête de soi-même après de graves problèmes de santé.Cette émouvante succession de tableaux, et la caméra fixe est là pour nous le rappeler, laisse voir et entendre des êtres d\u2019une grande intériorité, sans doute heureux de ne pas tout révéler\u2026 André Lavoie La confession ?Longtemps après le roman de Béatrix Beck publié en 1952 et l\u2019adaptation signée Jean-Pierre Melville avec Jean- Paul Belmondo et Emmanuelle Riva en 1961, Nicolas Boukhrief (Le convoyeur, Made in France) revisite cette (très) pudique histoire d\u2019amour entre un prêtre et une communiste athée.Quelques mois avant la fin de la Deuxième Guerre mondiale dans un petit village français, Barny (Marine Vacth), une belle postière, confronte le nouveau curé de la paroisse (Romain Duris): leurs joutes verbales camouflent d\u2019autres sentiments, mais dans le tumulte et la morale de l\u2019époque, l\u2019heure est à l\u2019extrême discrétion, même entre eux.Une méditation sur la foi et l\u2019amour qui ne manque pas de pertinence, mais une approche si dépouillée qu\u2019elle en devient austère, cachant le feu du désir sous ces cendres théologiques.André Lavoie Lola Pater ?Fanny Ardant en transsexuelle?Il n\u2019y a que ceux qui ne l\u2019ont pas vue dans Pédale douce, Huit femmes, ou plus récemment Les beaux jours pour croire l\u2019actrice emprisonnée dans son image de star.Le cinéaste Nadir Moknèche (Délice Paloma, Goodbye Morocco) l\u2019a quelque peu transformée pour défendre cet homme devenu femme, et qui se considère toujours le père d\u2019un fils qu\u2019il aurait abandonné.À la mort de sa mère, Zino (Tewfik Jallab) recherche Farid, mais c\u2019est Lola qu\u2019il trouvera, découverte bouleversante.Le cinéaste ajoute à cette quête des éléments délicats, dont le passé sanglant de l\u2019Algérie et les impératifs de la religion musulmane, mais tout est vite balayé sous les étoffes et le mascara, concentrant son attention sur la dimension intime de ces retrouvailles incongrues.André Lavoie Prendre le large ?Après la délocalisation de l\u2019usine où elle travaille depuis toujours, Édith, 45 ans, part à Tanger où l\u2019attend un poste moins cher payé.Dans sa peinture du milieu ouvrier, le film s\u2019avère un brin manichéen, mais le scénario coécrit par le réalisateur Gaël Morel (Après lui) et l\u2019écrivain marocain Rachid O.s\u2019attarde en réalité assez peu à cet aspect, préférant observer Édith alors qu\u2019elle tisse des liens d\u2019amitié avec la propriétaire de l\u2019hôtel où elle loge ainsi qu\u2019avec le fils de celle-ci.Cette complicité avec le jeune homme est un baume puisqu\u2019Édith a quitté son propre fils sur un froid dont elle ne comprend pas la nature.Sur ce point, le film ne convainc guère, la relation mère-fils apparaissant plus écrite qu\u2019incarnée.D\u2019ailleurs, le conflit est résolu de manière trop facile lors d\u2019un troisième acte \u2014 le plus faible \u2014 truffé de développements précipités.Mais il y a Sandrine Bonnaire, inspirée.Il y a ce sourire-là.François Lévesque bronze.Tout cela prend la forme d\u2019une rivalité digne d\u2019une Coupe du monde (la prochaine édition est pour bientôt, et le film tient visiblement à en profiter\u2026), avec de charmants clins d\u2019œil sur l\u2019obsession quasi religieuse autour de ce sport.Mais pour atteindre un niveau de perfection digne de Chicken Run, il faudra encore attendre.André Lavoie Le Post (V.F.de The Post) ?En 1971, des documents ultrasecrets prouvant que les tenants successifs du pouvoir américain savaient que la guerre du Vietnam était perdue d\u2019avance sont transmis à certains journaux.En pleine crise, le Washington Post bataille pour publier l\u2019histoire après que le gouvernement a bâillonné le New York Times.Propriétaire du journal, Kay Graham essaie pendant ce temps d\u2019imposer son ascendant sur des employés majoritairement mâles et paternalistes.Ici, le passé commente le présent et la guerre que mène le président Trump contre les médias.Conclusion?Un contre-pouvoir journalistique est nécessaire face au pouvoir politique.Le film marque la rencontre au sommet entre Meryl Streep, Tom Hanks et Steven Spielberg.On s\u2019attendait à être transporté par une telle convergence de talents.On ne l\u2019est pas.Tout le monde est irréprochable, mais personne ne se surpasse.La machine ronronne sans jamais vrombir dans un film plus construit que senti.François Lévesque L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a 2 4 | ENTREVUE ODILE TREMBLAY LE DEVOIR n les rencontrait au TIFF de Toronto, où Les gardiennes était présenté en première mondiale.Le cinéaste des Hommes et des dieux brûlait de réaliser un film de femmes, après plusieurs chassés- croisés masculins.Féministe, celui- ci.Les inégalités salariales entre les sexes lui semblent ahurissantes.La sor tie des Gardiennes au Québec tombe pile avec les débats sur les relations entre les sexes à remodeler.Nathalie Baye avait déjà tourné avec lui dans Selon Matthieu en 2000, puis avait eu un rôle plus important, cinq ans plus tard, dans Le petit lieutenant.La voici cette fois en mère de sa propre fille Laura Smet, qu\u2019elle a eue avec Johnny Hallyday.Toutes deux s\u2019étaient déjà retrouvées à l\u2019affiche d\u2019un épisode de la série Dix pour cent (intitulée Appelez mon agent au Québec), mais dans un film, jamais auparavant.Nul besoin pour elles d\u2019imaginer en amont du tournage un lien de filiation, il existait déjà.« J\u2019aime énormément jouer avec Laura, lance Nathalie Baye.Et sur ce plateau parfois, de professionnelle à professionnelle, je me disais : Le film de femmes de Xavier Beauvois Quand Nathalie Baye joue avec sa fille Laura Smet dans Les gardiennes Nathalie Baye et Laura Smet s\u2019étaient déjà retrouvées à l\u2019affiche d\u2019un épisode d\u2019une série télé, mais dans un film, jamais auparavant.Nul besoin pour elles d\u2019imaginer en amont du tournage un lien de filiation, il existait déjà.MK2 MILE END \u201cC\u2019est drôle que ce soit ma fille.\u201d » « Comme sa mère, Laura Smet est capable de se transformer à volonté, déclare le cinéaste français.Nathalie m\u2019a dit : \u201cTu veux tourner avec des femmes ?Parce que ça va te prendre des couilles.\u201d Les gardiennes rend hommage aux femmes qui faisaient rouler le pays durant la guer re.Au retour des hommes, elles sont retournées au placard.» Nathalie Baye se fait souvent demander si elle préfère être dirigée par un homme ou par une femme.«Mais le vrai enjeu est d\u2019être dirigé par un cinéaste acteur ou non-acteur, pré- cise-t-elle ici.Les deux Xavier [Dolan et Beauvois] sont des interprètes et ils comprennent notre position.Ils sont du bâtiment, comme on dit.Sinon, je fais partie de ces actrices qui continuent à travailler après 50 ans et je mesure ma chance.» Au duo mère-fille se rattache la troisième pointe du triangle : une servante et victime sacrificielle incarnée par l\u2019étonnante et magnifique Iris Bry (une non-profession- nelle, découverte par hasard) sous le soleil du Limousin.Avec des scènes qui évoquent les peintures de Millet et un climat qui rappelle ici et là Le retour de Martin Guerre.Le plus dif ficile pour les actrices fut d\u2019apprendre les gestes de l\u2019agriculture, couper le blé à la faucille, rentrer le foin.Pour ses cadrages, Beauvois demandait à sa directrice photo, Caroline Champetier, de penser western, un genre qui lui plaît, hors des circuits urbains aussi.Les bocages du Limousin Le film, une adaptation du roman d\u2019Ernest Pérochon, est situé en pleine Grande Guerre et un peu au- delà, avec action de 1914 à 1919, dans une campagne sans hommes.Les soldats combattants des tranchées reviennent les jours de permission puis repartent au front, des soldats allemands s\u2019arrêtent et tournent autour des fermières.Les femmes, ici sous la férule d\u2019Hortense (Nathalie Baye), attelées aux durs travaux des champs, ont pris le relais des hommes pour garder la terre fertile.Goncourisé en 1920 pour Nêne, auteur des Gardiennes quatre ans plus tard, cet écrivain fut plutôt oublié depuis.« La productrice Sylvie Pialat m\u2019avait conseillé Les gardiennes, explique Xavier Beauvois.Son grand- père agriculteur n\u2019avait pas de livres chez lui, seulement ceux de Pérochon.Elle connaissait bien son œuvre.» «J\u2019habite dans une ferme du Limousin, précise le cinéaste, que la vie parisienne insupportait.J\u2019ai un âne, des poules.Il y reste des petits champs, des bocages.On a transplanté le film là-bas.Nathalie avait eu une maison dans la région et se sentait en terrain connu.Comme dans Des hommes et des dieux, l\u2019espace naturel était primordial et dégageait des ondes impossibles à reproduire en studio.» Beauvois, acteur et scénariste de renom, est retourné, pour son sept ième long métrage, à l \u2019ère des commencements : première adaptation littéraire, premier tournage en numérique, première production d\u2019époque aussi.Tout cela mis à sa main, en changeant des lieux, en coupant des personnages, en s\u2019appropriant l\u2019univers de ces femmes qui découvrent des relations de pouvoir inédites, dont elles abusent parfois, à l\u2019instar des hommes.« Truffaut disait : \u201cLe tournage est une critique d\u2019un scénario, le montage, une critique du tournage.\u201d À la fin, on se retrouve loin du roman à sa source, auquel Les gardiennes est à la fois fidèle et infidèle.Je préfère toujours ne pas réaliser le film que j\u2019ai en tête, mais être épaté par les interprètes.J\u2019écoute les acteurs.» Un des clous du film est Gilbert Bonneau, qui joue le frère impotent de la matriarche Hortense, ancien agriculteur avec une tête, un type, un bagout, autodidacte héritant de son premier rôle à 79 ans et crevant l\u2019écran.« Il n\u2019était jamais sor ti du rayon de sa ferme, sauf pour une manifestation d\u2019agriculteurs.J\u2019ai changé le scénario pour lui donner plus d\u2019espace, explique Beauvois.Il était sensationnel dès les premiers essais.Le film en a fait la star de son village.» Sortie en salle le 23 février À la fin, on se retrouve loin du roman à sa source, auquel Les gardiennes est à la fois fidèle et infidèle.Je préfère toujours ne pas réaliser le film que j\u2019ai en tête, mais être épaté par les interprètes.J\u2019écoute les acteurs.XAVIER BEAUVOIS » O LI RE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 Entrevue Le parcours du repentant selon Omar Youssef Souleimane Heather O\u2019Neill Une romance montréalaise sans morale L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 L i r e No n - f i c t i o n 2 6 | ENTREVUE DANIELLE LAURIN COLLABORATRICE LE DEVOIR À PARIS e terrorisme, la violence et les mauvais traitements envers les femmes sont présents dans le Coran.À mon avis, un vrai musulman qui croit en Allah, qui croit le Coran, et qui dit qu\u2019il ne croit pas au djihad, c\u2019est comme si on disait de Marine Le Pen qu\u2019elle ne croit pas au Front national, qu\u2019elle n\u2019est pas d\u2019extrême droite.» Omar Youssef Souleimane, journaliste et poète syrien réfugié en France, se permet de critiquer ouvertement la religion dont il est issu : « Je ne dis rien contre l\u2019islam, c\u2019est l\u2019islam qui parle contre lui-même », se défend cet athée âgé de 30 ans qui a grandi dans une famille musulmane très pieuse, salafiste.« Il suffit de lire le Coran, insiste-t-il en sirotant son café dans un bistro parisien.Des versets du Coran disent très clairement qu\u2019il faut faire triompher l\u2019islam jusqu\u2019à la fin du monde.» Pour lui, quand les imams des pays arabes ou autres soutiennent qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019appel au djihad dans le Coran, ils font du maquillage.« Ils maquillent l\u2019islam.Mais malheureusement, l\u2019islam est vraiment une créature très moche.Même si on le maquille pendant un siècle, il ne sera jamais joli.» Lui-même rêvait, adolescent, de former une cellule terroriste à la solde d\u2019Oussama Ben Laden.Le petit terroriste, c\u2019est le titre du récit autobiographique qu\u2019il publie ces jours-ci, son premier livre en prose après quelques recueils de poésie.Et le premier ouvrage qu\u2019il rédige directement en français.Une nouvelle vie Il y raconte son parcours depuis les quatre années qu\u2019il a passées en Arabie saoudite avec sa famille, de 1999 et 2004.«Mes parents avaient décidé de déménager là-bas pour vivre selon les préceptes de la religion», précise- t-il, tout en indiquant que, tous deux dentistes, ils avaient trouvé à Riyad des contrats de travail lucratifs.Ses parents venaient de se remettre ensemble après plusieurs années de séparation.Le jeune Omar, élevé avec son frère aîné par ses grands- parents, se réjouissait à l\u2019idée de commencer une nouvelle vie avec sa famille.« C\u2019était un grand rêve pour moi de retrouver mes parents, glisse-t-il.Mais ce rêve est devenu un cauchemar.» À la maison, le père dévot se montre dur, dominateur.Pas de communication possible.À l\u2019école coranique, mais aussi dans la rue, l\u2019adolescent est ostracisé, victime de harcèlement, de racisme, parce qu\u2019étranger.La violence sexuelle fait partie du lot.« Je voulais me venger de cette société dans laquelle je vivais, parce que personne ne me protégeait », explique l\u2019auteur.« Finalement, j\u2019ai trouvé Oussama ben Laden », ajoute-t-il.C\u2019était en 2001, au lendemain des attentats du 11 Septembre à New York.Ben Laden était considéré par tout le monde autour de lui, y compris par sa famille, comme un héros.« C\u2019était un héros qui allait sauver le monde arabe, sauver les enfants en Palestine du plus grand ennemi qui s\u2019appelle Israël, et des États-Unis parce qu\u2019ils soutenaient Israël.» Le jeune Omar, 14 ans, se met alors en tête de créer un groupe de djihadistes à l\u2019école.« Je voulais faire al-Qaïda en Arabie saoudite.Mais je n\u2019étais pas un vrai terroriste, j\u2019étais un adolescent qui essaie de donner un sens à son existence dans ce monde.» Un pèlerinage ubuesque à La Mecque avec son père et son frère l\u2019année suivante, au milieu d\u2019une foule hystérique, va tout changer.«Je trouvais que c\u2019était n\u2019importe quoi, je n\u2019ai pas trouvé Allah, là-bas.» Doutes et interdits Au retour, il lit et relit le Coran, animé de doutes.Ces doutes, alimentés par sa sexualité naissante bafouée par les interdits coraniques, mais aussi nourris par ses lectures de documents critiques envers l\u2019islam sur Internet, vont avoir raison de sa foi.Il s\u2019imprègne de poésie, dont celle de Paul Éluard, alors qu\u2019il ne connaît que quelques mots de français.Et il rédige ses premiers poèmes.Quand il retourne en Syrie avec sa famille, il se sent étranger.À sa famille, à ses amis d\u2019autrefois, à son pays.« C\u2019était comme un deuxième exil », dit-il.À 18 ans, il révèle à ses proches qu\u2019il est devenu athée.Sa mère finit par l\u2019accepter, son père le renie.Omar quitte le foyer familial près de Damas, s\u2019inscrit en littérature à Homs, autre ville syrienne.« C\u2019était mon troisième exil.» Privé de ressources financières pour la première fois de sa vie, il travaille comme journaliste pour divers médias syriens et arabes.En mars 2011, dans la foulée du printemps arabe, il prend part aux manifestations de Damas.Puis aux suivantes.Il tourne des images pour des chaînes de télévision étrangères.« Je filmais les victimes tuées par le régime lors des manifestations, raconte Omar Youssef Souleimane.Le régime était au courant, les services secrets me cherchaient.Vers la fin de 2011, ils sont allés au village de mon père et ils l\u2019ont frappé.Ça m\u2019a beaucoup touché.Heureusement que je n\u2019étais pas là-bas, s\u2019ils m\u2019avaient trouvé, c\u2019était fini : plusieurs journalistes arrêtés étaient torturés en prison, puis tués.» Le journaliste en herbe a vécu dans la clandestinité pendant trois mois en Syrie.Puis il est passé en Jordanie, d\u2019abord dans un camp de réfugiés, avant de demander l\u2019asile politique à l\u2019ambassade de France, qui l\u2019a exfiltré à Paris en 2012.Liberté, j\u2019écris ton nom Depuis, il n\u2019a cessé de revendiquer son droit de critiquer ouvertement l\u2019islam.Au risque de sa vie, comme c\u2019est le cas pour plusieurs musulmans d\u2019origine, tel le journaliste et écrivain algérien Kamel Daoud.Omar Youssef Souleimane convient qu\u2019il reçoit des insultes et des menaces sur les réseaux sociaux.«Mais je trouve ça normal, parce que la haine ou les ennemis font partie de ce monde où on vit.Sauf que je ne ressens pas ça comme des menaces ou de la haine contre moi, parce que mon existence, c\u2019est l\u2019écriture.» Depuis qu\u2019il a publié son premier livre de poésie à 19 ans, c\u2019est toute sa vie.« L\u2019impor tant pour moi, c\u2019est de pouvoir dire que ce que je veux dire.Et si je meurs à cause de ça, j\u2019aurai vraiment vécu comme je le voulais, c\u2019est-à-dire complètement libre.» Paul Éluard concluait ainsi son poème Liber té, écrit en 1942 alors que la France était sous occupation allemande : « Et par le pouvoir d\u2019un mot/Je recommence ma vie/Je suis né pour te connaître/Pour te nommer//Liberté.» La soif de liber té.C\u2019est ce qui anime Omar Youssef Souleimane.Pour le reste, conclut-il : « Je n\u2019ai pas peur des menaces.» Un petit terroriste déradicalisé par la poésie de Paul Éluard Omar Youssef Souleimane raconte la haine et le pouvoir des mots qui l\u2019en ont éloigné Depuis qu\u2019Omar Youssef Souleimane a publié son premier livre de poésie à l\u2019âge de 19 ans, l\u2019écriture est toute son existence.CLAUDE GASSIAN FLAMMARION «L Je ne dis rien contre l\u2019islam, c\u2019est l\u2019islam qui parle contre lui-même.Il suffit de lire le Coran.Des versets du Coran disent très clairement qu\u2019il faut faire triompher l\u2019islam jusqu\u2019à la fin du monde.OMAR YOUSSEF SOULEIMANE » | 2 7 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 ET NOUS NE PARLERONS PLUS D\u2019HIER July Giguère Roman « Deux narrations se croisent dans ce lorsqu\u2019elle était enfant, qui tente de se remémorer son père, maintenant exclu de sa vie, et celle de ce père lorsqu\u2019il était adolescent vivant sur lumineuse sur ce qui rapproche et éloigne les êtres.» Alexandra Mignault, « L\u2019écriture de Giguère a des accents poétiques, elle qui a d\u2019abord fait paraître un recueil de poèmes en 2010 à L\u2019Hexagone.Une part d\u2019onirisme est également présente dans ces réminiscences morcelées et abstraites.L\u2019impression de brouille les limites de la réalité.» Isabelle Beaulieu, Il a cru au Mal, à la diabolisa- tion de l\u2019autre et à la violence punitive.Il a vibré pour le dji- had, s\u2019est perdu dans les pages du Coran, mais il s\u2019en est sorti, au contact des Lettres, mais aussi de la langue française, qu\u2019il utilise désormais, depuis la France où il habite, pour raconter ce parcours singulier, celui d\u2019un repentant.Récit simple d\u2019une enfance complexe, placée entre l\u2019exil, les dogmes religieux et l\u2019aveuglement, Le petit terroriste raconte surtout, avec une écriture sensible, teintée d\u2019une étonnante poésie, la mécanique de la haine ordinaire et l\u2019espoir de pouvoir toujours s\u2019en sortir.« Je me suis regardé dans le miroir brisé : j\u2019y ai retrouvé un visage familier, celui qui était le mien à mon arrivée en Arabie saoudite quatre ans auparavant.Mes yeux étaient limpides, vides de croyances et prêts à accueillir le monde tel qu\u2019il était », écrit Omar Youssef Souleimane, le petit Omar, comme on l\u2019appelait dans sa jeunesse, devenu «le petit terroriste» après avoir découvert le salafisme à l\u2019adolescence.Avec ses parents, il avait alors fui la Syrie, où il est né en 1987, pour le royaume saoudien.C\u2019est sur cette terre d\u2019accueil qu\u2019il a exploré une des facettes les plus sombres de sa personnalité.Un humour fin et une réflexion limpide sur l\u2019asservissement dans le confort des croyances balisent ce témoignage qui, loin de la complaisance et des préjugés habituels, laisse un regard oscillant entre l\u2019intérieur et l\u2019extérieur se poser sur la radicalisation.Un double point de vue sur les choses qui donne toute sa force et son rythme à ce journal, à cet arpentage des distances entre deux civilisations, à ce voyage au cœur de clivages qu\u2019Omar Youssef Souleimane arrive ici magnifiquement à rapprocher.Fabien Deglise Le parcours du repentant Le petit terroriste ?Omar Youssef Souleimane, Flammarion, Paris, 2018, 220 pages.En librairie le 22 février L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 L i r e F i c t i o n 2 8 | Quelques lieux de Constance ?1/2 Catherine Lavarenne, Héliotrope, Montréal, 2018, 168 pages CRITIQUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR « Il n\u2019est pas trop tard pour apprendre à distinguer la liberté de l\u2019art de la fuite, se dit-elle en éteignant les lumières.» Elle, c\u2019est Constance, et cette pensée tient sans doute davantage du vœu que de la conviction profonde, même s\u2019il est plus que temps que cet inapaisable appel de l\u2019ailleurs cesse de la tarauder.Prendre l\u2019avion comme un taxi pendant vingt ans, ça finit par user.Quelques lieux de Constance, premier livre de la Montréalaise Catherine Lavarenne, tient tout entier dans sa couverture et dans sa mosaïque de car tes postales, au cœur de laquelle s\u2019ancre et se dissout à la fois l\u2019identité de son personnage-titre, qui ne sait vivre qu\u2019en s\u2019esquivant.Que les contours de cette musicienne rapatriée au chevet de sa mère mourante demeurent longtemps flous aux yeux du lecteur tombe ainsi sous le sens.De quel instrument joue-t- elle ?A-t-elle un amoureux ?Pourquoi se montre-t-elle si distante ?Même son entourage semble avoir renoncé à percer son mystère.Ce que l\u2019on sait : son frère n\u2019est pas son frère biologique et sa fugue, enfant, pendant un voyage scolaire à Boston, aura ir rémédiablement transformé la vie de sa famille.Mais pourquoi peine-t-elle autant à apposer sa signature sur le papier qui permettrait au corps médical de débrancher sa maman?Mystère encore.À quoi tiennent les rappor ts de bienveillance tissant la toile de cette abstraction communément appelée société?Sur quoi repose une relation parent-enfant ?L\u2019ADN ou l\u2019amour ?Ces questions graves, bien qu\u2019elles semblent chères à Catherine Lava- renne, n\u2019apparaîtront comme telles que dans la deuxième partie, plus lyrique, de Quelques lieux de Constance, salvateur miroir de tous les éléments mis en place, plutôt banalement, au cours des chapitres précédents.C\u2019est lorsqu\u2019elle s\u2019accroche à cette Madame Padoie, une étrangère con - fuse qu\u2019elle croisera à l\u2019hôpital, ou lorsque les circonstances de son adoption seront évoquées, que Cons - tance s\u2019incarnera réellement.Ce que souhaite nous dire l\u2019auteure se révélera aussi plus clairement, mais avec un peu de retard.Comme c\u2019est le cas de beaucoup de brefs romans québécois paraissant ces jours-ci , les défauts de Quelques lieux de Constance tiennent donc moins à la réelle qualité de son texte qu\u2019au genre dans lequel il aspire à s\u2019inscrire.Avec ses personnages rapidement esquissés, ses nombreuses ell ipses et une conclusion au ton cousin de celui d\u2019une chute, cette histoire semble souvent flotter à l\u2019intérieur de vêtements trop amples pour elle, alors que le genre de la nouvelle tolère par exemple davantage que des fils demeurent en suspens.« Les déménagements devenaient de plus en plus faciles, puisqu\u2019elles avaient de moins en moins de boîtes à transporter », souligne la narratrice de Catherine Lavarenne en racontant l\u2019enfance précaire de Constance.Sa conclusion aussi lumineuse que douce-amère rappelle au contraire qu\u2019il est plus aisé de s\u2019envoler pour qui sait placer une part de l\u2019affection de ses proches dans ses valises.L\u2019autre femme qui fuit Quelques lieux de Constance sonde la réelle nature des liens filiaux La Montréalaise Catherine Lavarenne signe son premier livre.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Courtepointe ?1/2 Theresa Kishkan, traduit de l\u2019anglais par Annie Pronovost, Marchand de feuilles, Montréal, 2018, 211 pages CRITIQUE MANON DUMAIS LE DEVOIR Alors qu\u2019elle faisait des recherches sur sa grand-mère, née en Moravie, la romancière Theresa Kishkan a découvert l\u2019histoire des Roms de République tchèque et de Slovaquie.Lui est alors venue l\u2019idée de s\u2019inspirer de sa propre histoire, de celle de son père, issu de la diaspora de l\u2019Europe centrale, et de la culture rom pour créer de toutes pièces le récit d\u2019une jeune Canadienne fascinée par les origines tsiganes de sa grand-mère, Courtepointe.D\u2019ailleurs, ce roman, campé sur l\u2019île de Victoria dans les années 1970 et conçu en courts chapitres, ne saurait porter titre plus juste, plus approprié.De fait, l\u2019héroïne de Courtepointe, qui déteste son prénom peu usuel, Patrin, son patronyme slave, Szkandery, et son teint de gitane, se dévoile par bribes en effectuant des allers-retours dans le temps.Dans ses souvenirs livrés en délicats fragments impressionnistes revit la figure de son père énigmatique disparu avec le secret de ses origines : « J\u2019aurais voulu lui crier : \u201cComment saurais-je qui je suis si je ne sais pas qui tu étais ?\u201d Mais je sais qu\u2019il aurait simplement détourné la tête à cette idée, et ma mère se serait mise en colère contre moi pour l\u2019avoir contrarié.» Employée dans une librairie d\u2019occasion, célibataire, solitaire, Patrin est une déception aux yeux de ses parents.Deux éléments viendront perturber sa morne existence et lui donneront la force d\u2019aller à la culture rom dont l\u2019a privée son père et du même coup de s\u2019émanciper : une cour tepointe héritée de sa grand- mère tsigane et la poésie.Sur la route des Roms Theresa Kishkan puise dans le folklore tsigane pour tisser un roman initiatique L\u2019auteure tisse le récit initiatique d\u2019une jeune fille qui s\u2019ouvre sur le monde.ALEXANDRA BOLDUC | 2 9 L i r e F i c t i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 Roman David Pace mène en apparence une existence réussie, conjuguant une brillante carrière universitaire et une famille idéale.Mais en réalité, il n\u2019est qu\u2019un imposteur au comporte - ment social et conjugal odieux, dont la réputation n\u2019est due qu\u2019au travail des autres.Quand un rare trouble du sommeil vient l\u2019affecter, le tissu de mensonges de sa vie commence à s\u2019effriter.« FICTION QUÉBÉCOISE Cruelle berceuse ?Isabelle Jubinville, Leméac, Montréal, 2018, 120 pages Quelque part, une mère raconte une histoire à son petit garçon de six ans, sous la forme d\u2019une berceuse sophistiquée.Une histoire où des ouvrières d\u2019une usine de préservatifs, violées par des marins allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, prennent en main leur destin sans hommes et décident de rendre des coups.À l\u2019âge de quinze ans, en 1958, Tod \u2014 qui signifie « mort », en allemand \u2014 sera repêché par une sorte de navire-pirate et son équipage de femmes vengeresses.Des femmes en marge qui exploitent et muti lent les garçons orphelins qu\u2019elles trouvent.Cette histoire complexe de vengeance féministe et de cr uauté renversée, Isabelle Jubinville la campe dans un drôle de monde post-apocalyptique, en un lieu indéfini, quelque par t entre le nord et le sud, l\u2019ouest et l\u2019est.On y retrouve des cimetières marins, des plantations d\u2019hévéas, un sous-marin fantôme, un peu de cannibalisme.On y lira une sorte d\u2019allégorie diffuse, où la mer et les mères, en réalité, en viennent à dévorer tout ce qu\u2019elles bercent : « Mon pauvre fils ! La mer étouffe avec ses grands bras les garçons et c\u2019est pour ça que les mamans n\u2019aiment pas qu\u2019ils l\u2019approchent.» Telle une mère qui cherche à effrayer son enfant pour mieux le garder près d\u2019elle.Premier roman d\u2019Isabelle Jubin- ville, née en 1975 à Shawbridge, Cruelle berceuse est structuré en 19 chapitres, qu\u2019on nous présente plutôt comme des « chants ».Dans une langue recherchée \u2014 quel enfant de six ans comprend des mots comme « pupulement », « lamaneur » ou « céruléen » ?\u2014, l\u2019auteure a construit un univers maritime à l\u2019exotisme flou et bigarré, aussi difficile à saisir qu\u2019une poignée de varech.Et sous les ar tifices, malgré quelques images intéressantes, le roman porte surtout la marque de l\u2019effort et de la fabrication.Christian Desmeules Le petit homme et la mer FICTION QUÉBÉCOISE Henri de ses décors ?1/2 Laurance Ouellet Tremblay, La Peuplade, Chicoutimi, 2018, 96 pages Que se passe-t - i l entre les deux oreilles des marginaux ?La poète Laurance Ouellet Tremblay (Était une bête, Salut loup !) esquisse dans Henri de ses décors une ensorcelante réponse camouflant sous le vénéneux babil de son narrateur aussi aimable qu\u2019insupportable une invitation à l\u2019empathie.Créateur des décors et des costumes d\u2019une compagnie de théâtre, Henri trimballe partout en ville un chariot, qu\u2019il remplit des journaux d\u2019hier cueillis chez de généreux marchands, matière première de ses œuvres.Voilà pour l\u2019anecdote, qui importe assez peu, tant ce bref récit n\u2019est qu\u2019un prétexte permettant à son au- teure de donner corps au fascinant monologue intérieur d\u2019un homme pour qui le langage tient à la fois de l\u2019arme avec laquelle se faire violence et de la bouée lui permettant de s\u2019accrocher au monde, qui le rejette.«Voyez-moi en format réduit, perché sur votre épaule, petit oiseau teigneux bien décidé à vous faire peser le poids de son malaise », suggère ce perdant par fois magnifique, mais aussi parfois parfaitement mesquin, généreux parano au grand cœur et à l\u2019esprit constamment agité.Un trou dans la tête Bien qu\u2019il s\u2019agisse du premier texte de prose narrative de Laurance Ouellet Tremblay, cet exercice dif ficile- ment définissable demeure le livre d\u2019une poète élaborant des images ver tigineuses, capables de longtemps vous troubler.Obser vez un peu Henri se forer la caboche à l\u2019aide d\u2019une petite cuillère à pamplemous - se, après qu\u2019une collègue lui eut intimé de se «creuser la tête ».En refusant d\u2019idéaliser ou de gommer cet écart séparant son personnage principal de ce qu\u2019il conviendrait d\u2019appeler la réalité, Henri de ses décors propose un contre-discours profondément littéraire à celui, lénifiant, des campagnes de sensibilisation laissant entendre que toute forme d\u2019aliénation ou de maladie mentale se soigne.La folie est un état parfois irrémédiable et fécond, dont la complexité ne saurait être réduite à des slogans ou à des diagnostics.Dominic Tardif Dans la tête d\u2019un décorateur Portant l\u2019odeur de fumée rassurante qui flottait chez sa grand-mère, l\u2019étoffe laineuse deviendra pour Patrin le fil rouge la reliant au passé ancestral.Tandis qu\u2019elle s\u2019initie au langage poétique, Patrin trouvera sa principale inspiration dans cette courtepointe, imaginant sa conception, jusqu\u2019à ce qu\u2019elle découvre que cette vieille couverture qu\u2019elle reprise minutieusement est elle-même poésie.«Je me suis rendu compte que les feuilles en loden formaient un motif.Elles n\u2019étaient pas disposées au hasard, même si l\u2019œil cherchait une certaine géométrie alors que ce motif tenait à autre chose.J\u2019ai esquissé un petit croquis pour essayer de comprendre le dessin.Un croquis, un poème: une ballade dans l\u2019obscurité.» Mieux encore, cette courtepointe s\u2019avérera la clé dans sa patiente quête des origines : « Tu sais quoi ?Ce n\u2019était pas une question, mais l\u2019expression d\u2019une découver te.Je pense que cette courtepointe est une carte », lui dira Jan, aspirant poète d\u2019origine tchèque.Sensuel récit initiatique Alors que son héroïne se love dans ses souvenirs, transforme le réel en poésie, décrypte les secrets que recèle la cour tepointe, Theresa Kishkan tisse soigneusement le sensuel récit initiatique d\u2019une jeu - ne f i l le naïve qui s \u2019ouvre sur le monde en découvrant les horreurs de la guer re et le sort tragique des Roms au gré d\u2019un voyage derrière le rideau de fer.Des éclats de souvenirs de Patrin, tantôt douloureux, tantôt heureux, lesquels épousent les méandres complexes d\u2019une pensée en ébullition, la romancière tire un portrait nuancé d\u2019une artiste en devenir, doublé d\u2019un récit émouvant sur la filiation et sur le devoir de mémoire. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T L i r e F i c t i o n q u é b é c o i s e 3 0 ENTREVUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR ans la Main, mes enfants, je crois bien que je détesterais Montréal», fait dire Jean Basile à l\u2019un de ses personnages dans La jument des Mongols.C\u2019était en 1964.Rencontrée dans un café du boulevard Saint-Laurent, Heather O\u2019Neill nous revient avec une histoire mélancolique qui mélange la détresse et l\u2019enchantement, où orphelins, enfants poètes, bandits, héroïnomanes, pianistes de cinéma muet, clowns et prostituées s\u2019arrangent et se mélangent dans le chaud Montréal des années 1920 et de la Grande Dépression.Artère nord-sud vitale où circulent les cultures, les langues et les automobiles, la Main, comme on l\u2019appelait, est une frontière plus poreuse qu\u2019autrefois.Une frontière qui est peut-être même aujourd\u2019hui en train de s\u2019ef facer à l\u2019heure où la nostalgie a peut-être déjà sonné.Qui, par exemple, se souvient du magasin Warshaw, à deux pas d\u2019ici?Née dans la métropole en 1973, Heather O\u2019Neill, elle, s\u2019en souvient.Et plus encore, l\u2019écrivaine se souvient aussi de ce qu\u2019elle n\u2019a pas connu.Car nous sommes en plein cœur du quartier où elle a grandi.Celui où son père, né dans une petite maison rue Coloniale, à l\u2019angle de l\u2019avenue des Pins, a fait les 100 coups.C\u2019est sa ville, son quartier, son inspiration.Et rien ne lui semble plus naturel que d\u2019y inscrire les histoires qu\u2019elle invente ou qu\u2019elle transforme.Montréal, « ville de péchés » Son père, qui l\u2019a élevée tout seul, était un formidable conteur, se souvient-elle en français.Il lui a en quelque sorte transmis le virus de l\u2019exagération et de la fiction.«Il était né en 1927 et avait travaillé étant jeune pour des gangsters.Il m\u2019a raconté toutes ses histoires et ses mythologies de Montréal pendant les années 1930 et 1940.Pour lui, c\u2019étaient les plus belles années de sa vie.J\u2019adorais ces histoires-là et j\u2019ai toujours eu le goût d\u2019écrire un roman qui se passerait à cette époque.» Heather O\u2019Neill, qui s\u2019est beaucoup documentée sur l\u2019époque, s\u2019est aussi simplement inspirée de ces histoires et de son quartier, en y ajoutant sa propre touche de réalisme magique.«On a toujours cette idée que notre histoire, à Montréal, est un peu \u201ccorrompue\u201d.C\u2019est une ville de péchés.On a comme une nostalgie de la boue ici et une affection pour les enfants un peu sauvages et la vie bohème.Pour ça, et parce que la vie y est bon marché, Montréal est une bonne ville pour écrire des romans», croit-elle.À la source de l\u2019écriture du roman, l\u2019écrivaine cite en vrac l\u2019écriture érotique d\u2019Anaïs Nin, un peu de Dickens, les films de Chaplin, Une saison dans la vie d\u2019Emmanuel de Marie-Claire Blais (« un texte qui m\u2019a marquée quand j\u2019étais jeune»), Gertrude Stein (« pour la façon de jouer avec les phrases cour tes »), la commedia dell\u2019arte, le théâtre de Molière et les contes pour enfants d\u2019Eugène Ionesco qu\u2019elle lisait à sa fille.Un roman féministe Le mélange très particulier de conte pervers pour enfants et de réalisme teinté d\u2019un peu de fantastique est typique, elle l\u2019avoue, de sa manière d\u2019écrire.«Je joue toujours avec la noirceur et avec la clarté.J\u2019ai une manière de créer des situations violentes ou difficiles, mais je le fais avec une certaine innocence et de jolis mots.C\u2019est une façon d\u2019attirer le lecteur.» Peut- être aussi pour lui faire avaler la pilule amère des drames qu\u2019elle élabore.«Chaque jour, une personne est témoin de six miracles en moyenne, confie le narrateur du roman.Ce n\u2019est pas que nous ne croyons pas aux miracles \u2014 nous ne croyons simplement pas que les miracles sont des miracles.Il y a tant de miracles partout autour de nous.» Ce penchant pour les miracles invisibles et la fantaisie du quotidien, il lui vient de sa mère.« C\u2019est comme ça que j\u2019ai toujours vu la vie, poursuit- elle, et c\u2019est ce que j\u2019ai voulu capturer dans ma littérature.Dans la vie, je trouve que tout est magique et que Le Montréal fantasmé d\u2019Heather O\u2019Neill Hôtel Lonely Hearts explore la beauté triste du red light des années 1920 et 1930 «S | 3 1 D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 Une grippe d\u2019hommes Fin janvier, tout juste capable de me traîner jusqu\u2019au fauteuil, j\u2019ai écoulé une journée de grippe carabinée en lisant En avoir ou pas dans l\u2019édition de la Pléiade et dans une de ces inénarrables traductions franco- françaises dont nous devenons malgré nous les réviseurs étonnés.Dans celle-ci, Georges Duhamel s\u2019obstinait à qualifier de «chaloupe » un bateau de 12 mètres.Mon incapacité temporaire, sans aller jusqu\u2019à me qualifier pour une prestation d\u2019invalidité de ma compagnie d\u2019assurances, m\u2019offrait ce rare loisir : plonger dans un roman d\u2019Hemingway que je n\u2019avais jamais lu.Les Keys de Floride, la pêche au gros et les petits trafics : je découvrais le Gulf Stream sauvage des années 1930 et ses marlins noirs d\u2019un quart de tonne avec le même ravissement que le type qui tombe, dans sa cave, sur un bordeaux à 25$ dont il avait complètement oublié l\u2019existence.Un plaisir délicieusement coupable Sans compter que lire Hemingway au- jourd\u2019hui, dans ce climat moral de bien-pensance toute-puissante et de puritanisation de la culture \u2014 Jutra, Kevin Spacey, Woody Allen\u2026 à quand le tour des écrivains?\u2014, prend l\u2019allure d\u2019un plaisir délicieusement coupable.Une femme de la haute, devant son miroir, dans un yacht amarré à un débarcadère de la marina de Key West: «Mieux vous traitez un homme et plus vous lui montrez que vous l\u2019aimez, plus vite il se lasse de vous.Je suppose que ceux qui valent quelque chose sont faits pour avoir un tas de femmes, mais c\u2019est terriblement épuisant de vouloir être un tas de femmes à soi toute seule, et puis ensuite quelqu\u2019un de pas compliqué s\u2019amène et l\u2019enlève quand il en a assez de ça.Je suppose qu\u2019on finit toutes par devenir des putains, mais à qui la faute?Ce sont les putains qui ont la bonne place et qui se paient le plus de bon temps\u2026» Je peux difficilement lire ce monologue intérieur sans un sourire en coin, en me rappelant d\u2019abord à quel point les personnages de femmes d\u2019Hemingway sont, la plupart du temps, pauvrement esquissés, unidimensionnels \u2014 il était nettement plus à l\u2019aise avec un espadon de 150 kilos au bout de la ligne \u2014, mais aussi en songeant qu\u2019il se serait trouvé, dit-on, quelque part au sein du fascinant n\u2019importe-quoïsme des réseaux sociaux, quelqu\u2019un pour reprocher à Catherine Deneuve d\u2019avoir fait l\u2019apologie de la prostitution dans Belle de jour, comme si, sacrebleu, elle n\u2019y était pas une actrice payée pour faire son métier, jouer un rôle ! Le machisme d\u2019Hemingway n\u2019invalide pas plus son art incomparable de narrer une histoire et la révolution qu\u2019il a opérée dans la prose anglaise que l\u2019antisémitisme de Céline n\u2019invalide Le voyage au bout de la nuit.Intelligence dissociative J\u2019ai évoqué, dans une autre chronique, la forme de dissociation morale qui me permet d\u2019être en même temps ce lecteur tripant sur les récits de chasse aux fauves de Papa Hem et ce citoyen criant au meurtre quand un dentiste du Minnesota abat un lion à la frontière du Zimbabwe.Je suis aussi un bon pacifiste qui raffole des ouvrages sur la guerre.C\u2019est cette forme d\u2019intelligence dissociative me paraissant inhérente à l\u2019acte même de la lecture qu\u2019un Gallimard donne l\u2019impression d\u2019ignorer lorsque, devant la perspective d\u2019un lynchage médiatique par les gardiens du temple, il retire son projet de publication des fameux pamphlets céliniens, comme s\u2019il nous jugeait d\u2019avance, en tant que lecteurs, incapables de distinguer le génie littéraire de la crapule cohabitant à l\u2019intérieur du même homme.La conception que se fait de la lecture cette nouvelle majorité morale est, au fond, assez semblable à celle des fondamentalistes religieux de tous poils, pour qui la vérité se trouve, non dans la conscience du lecteur, mais dans le sens littéral du Livre.De toute manière, En avoir ou pas m\u2019a aidé à surmonter la grippe.Dans sa correspondance, on apprend qu\u2019Hemingway a pris, en une seule journée de juillet 1933, sept espadons, dont un faisait plus de 200 kilos.Moi qui, à la notable exception d\u2019une carpe allemande de neuf kilos ferrée par la queue dans la rivière des Prairies, n\u2019ai jamais dépassé le stade de l\u2019achigan à petite bouche empalé au Rappala, je devrais sans doute être jaloux.Il pourrait aussi m\u2019arriver de penser que chasser le grizzly dans les Rocheuses doit être plus excitant qu\u2019éloigner les écureuils de la mangeoire des oiseaux.Mais je n\u2019aime pas tuer.J\u2019aime lire.Or, c\u2019est une période de l\u2019année où les bouquins se font rares dans ma boîte aux lettres et je n\u2019avais toujours pas de sujet sous la main pour ma prochaine chronique.Pas grave.Je suis allé m\u2019écraser devant un épisode de Bloodline avec ma blonde.Oui, encore les Keys\u2026 Et dans la vie de Kevin, les choses sont loin de s\u2019arranger.À un moment donné, il emmène des trafiquants de drogue cubains à la pêche et ils ferrent un marlin, un gros.Et devinez quoi ?Ils se mettent à parler d\u2019Hemingway\u2026 On dirait que c\u2019est plus fort que nous.Louis Hamelin Chronique tous les objets, même, sont vivants\u2026» Après avoir été maîtresse d\u2019un riche propriétaire de bordels anglophone et actrice de cinéma porno, à une époque où la vie était particulièrement dif ficile pour les femmes, Rose va choisir de prendre elle-même le contrôle de cette violence.«Le corps d\u2019une jeune fille est le lieu le plus dangereux du monde, car c\u2019est là que la violence risque le plus de s\u2019exercer.» Roman féministe, Hôtel Lonely Hearts?Oui, sans hésitation, reconnaît l\u2019auteure.«C\u2019est comme si le personnage de Rose avait pris le contrôle de sa propre vie pendant que j\u2019écrivais le roman.Elle était plus agressive et dominante que ce que j\u2019avais imaginé au début.C\u2019est elle qui a comme pris le stylo et qui a écrit sa propre histoire.» Une histoire qui balance sans cesse entre le rose et le noir.«J\u2019ai un peu l\u2019impression que Rose est une sorte de croisement entre un gangster et Simone de Beauvoir», lâche-t-elle en riant.Pour Heather O\u2019Neill, la Main, c\u2019est sa ville, son quartier, son inspiration.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR «La tristesse possède toutes sortes de vérités qui vous permettent d\u2019éprouver de la joie.» Plongée fan- tasmée dans le Montréal des années 1920 et 1930, son red light et ses bas-fonds, Hôtel Lonely Hearts, le 3e roman de la Montréalaise Heather O\u2019Neill est l\u2019histoire déchirante et mélancolique d\u2019un duo d\u2019orphelins éprouvés par la vie \u2014 et par les sévices que leur ont fait subir les religieuses.Lui est un prodige instantané du piano, elle a un talent inouï pour la danse et la pantomime.Rose et Pierrot feront le serment de se marier plus tard et de créer un cirque, amorçant une longue histoire d\u2019amour impossible à la façon d\u2019une course à obstacles.Nul doute que l\u2019auteure possède une voix singulière et qu\u2019elle a une obsession pour les personnages d\u2019adolescents et les récits d\u2019apprentissage \u2014 comme en font foi ses deux premiers romans.Un conte immoral à la beauté triste et tragique.Christian Desmeules Romance sans morale CRITIQUE Hôtel Lonely Hearts ?1/2 Heather O\u2019Neill, traduit par Dominique Fortier, Alto, Québec, 2018, 545 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 L i r e 32 | Relire notre passé En 2016, le film Chasse-galerie : la légende, écrit par Guillaume Vigneault et réalisé par Jean-Philippe Duval, m\u2019a déçu.Je l\u2019ai trouvé maladroit, surtout sur le plan formel.Son traitement du merveilleux \u2014 le canot vole, ne l\u2019oublions pas \u2014 ne dépasse jamais le factice et ses personnages, pourtant plongés au cœur de situations troublantes, nous restent indifférents.Je n\u2019ai pas aimé le film, donc, mais je salue malgré tout son existence.Une culture vivante doit savoir, en effet, reprendre et revisi- ter les légendes qui la fondent, quitte à manquer son coup à l\u2019occasion.La règle vaut aussi pour les grands textes de notre littérature.Nos classiques doivent être respectés, évidemment, et il nous revient, en tant que lecteurs, d\u2019en retrouver, à chaque époque, la force et l\u2019actualité.Ces vieux livres parlent encore à qui sait lire.Or, les classiques sont aussi faits pour être bousculés, revus, voire détournés.Ils sont assez robustes pour qu\u2019on se permette de les revisiter, même avec audace, sans les tuer.Un Séraphin trop noir C\u2019est le pari que font l\u2019auteur Gilles Desjardins et le réalisateur Sylvain Archambault avec la série télé Les pays d\u2019en haut.Encore une fois, j\u2019aime l\u2019idée.Je tiens Un homme et son péché (1933), le roman original de Claude- Henri Grignon, et Les belles histoires des pays d\u2019en haut (1956-1970), le télé- roman du même auteur qui en est issu, pour de purs chefs-d\u2019œuvre.On ne peut que se réjouir du fait que des créateurs d\u2019aujourd\u2019hui souhaitent replonger dans ce riche univers pour en extraire de nouveaux trésors.Le résultat, toutefois, là aussi, déçoit.Léchée et hyperviolente, la nouvelle série se caractérise par son ton sensationnaliste.Les critiques à ce sujet n\u2019ont pas manqué.Les défenseurs de la série ont répliqué en affirmant que cette nouvelle version télé est plus fidèle au roman original et à la dure réalité campagnarde de l\u2019époque en cause.Une relecture du roman de Grignon ne confirme pas la thèse de la fidélité à l\u2019œuvre originale.Dans Un homme et son péché, Donalda a les cheveux noirs, Séraphin est « toujours frais rasé » et Alexis est un homme jovial, père de huit enfants.Ce sont, il est vrai, des détails.Qu\u2019en est-il du reste ?Dans le roman, l\u2019avarice rend Séraphin «méchant et cruel», mais c\u2019est là son seul péché, qui finit d\u2019ailleurs par le rendre fou.Dans la série, l\u2019avare devient un enragé du pouvoir, doté de presque tous les péchés.Le roman, de plus, ne parle jamais d\u2019armes à feu, alors que la série en regorge.Peut-on croire que présenter les pays d\u2019en haut de la fin du XIXe siècle en western noir, avec fusillade dans la rue principale de Sainte- Adèle, témoigne d\u2019une fidélité à la réalité de l\u2019époque ?La campagne québécoise de ce temps n\u2019accueil- lait-elle, comme le suggère la série, que des idiots et des lâches ou des fourbes ?Les Laurentides du siècle de Séraphin n\u2019étaient certes pas le lieu que de « belles histoires », mais, même dans la misère, de l\u2019air y passait.Dans la série, on étouffe tout le temps, avec pour résultat que cette nouvelle version écrase le classique dont elle s\u2019inspire pour se satisfaire, au nom d\u2019une prétendue lucidité, de noircir le passé québécois.La série a des qualités artistiques et peut captiver, mais elle offre une relecture frustrante de l\u2019œuvre de Grignon.La Scouine au présent Avec La Scouine (La Peuplade, 2018, 136 pages), une réécriture du roman du même nom publié par Albert La- berge en 1918, le jeune romancier Gabriel Marcoux-Chabot vise-t-il plus juste?Le roman de Laberge, dont l\u2019action se déroule elle aussi à la fin du XIXe siècle, est un classique de «l\u2019anti- terroir».Les personnages d\u2019habitants qu\u2019on y trouve sont laids, mesquins et dégénérés.Inspiré par Zola et Maupassant, le romancier brille par son style sobre et chirurgical, mâtiné d\u2019envolées lyriques lugubres.Son réalisme revendiqué cache peut-être, au fond, comme le note Marc Blondin dans une analyse du roman, son mépris personnel pour le mode de vie paysan.Marcoux-Chabot paraphrase l\u2019œu- vre de Laberge.Il reprend certains passages tels quels, utilise la narration au présent plutôt qu\u2019au passé simple, modifie la chronologie des événements, reprend les mêmes personnages, mais attribue aux uns des actions posées par les autres dans le roman de Laberge et se sert de son interprétation de l\u2019œuvre de son prédécesseur pour donner un tour psychologique original à la sienne.Chez Marcoux-Chabot, des désirs incestueux et homosexuels s\u2019ajoutent au portrait d\u2019ensemble sans le dénaturer, et le tout reste au plus près de l\u2019œuvre originale, témoignant ainsi d\u2019un respect littéraire en forme d\u2019hommage délicatement audacieux.Le jeune écrivain renouvelle le classique en l\u2019aimant.Son roman n\u2019a pas le charme centenaire de l\u2019ancien, mais il en dit la force qui perdure.On peut parler d\u2019une réussite.Louis Cornellier Chronique Généraux, gangsters et jihadistes Histoire de la contre-révolution arabe ?1/2 Jean-Pierre Filiu, La Découverte, 2018, 320 pages CRITIQUE MICHEL LAPIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR « Les jihadistes sont les enfants des dictatures, pas des révolutions.» Cette phrase provocante de l\u2019écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud, Jean-Pierre Filiu, spécialiste français en histoire du Moyen-Orient, la met en exergue de son livre Généraux, gangsters et jihadistes qu\u2019il consacre à « la contre-révolution » qui a, ex- plique-t-il, étouf fé le démocratique Printemps arabe de 2010-2012 au profit des mamelouks actuels, groupes de combattants et véritable pouvoir de l\u2019ombre.Pour saisir toute la portée de l\u2019essai de Filiu, il faut plonger dans plusieurs siècles de l\u2019histoire du monde musulman.Lorsque l\u2019érudit conceptualise le casse-tête sociopolitique d\u2019aujourd\u2019hui pour faire comprendre une situation que même des observateurs chevronnés trouvent obscure, il se réfère aux mamelouks, soldats dans une milice d\u2019élite formée, du XIIIe au XVIe siècle, d\u2019esclaves blancs non arabes prêts à contester le pouvoir des souverains arabes qu\u2019ils servaient en Égypte et en Syrie.Il fait un lien lumineux entre les mamelouks de jadis et ceux de maintenant, essentiellement arabes.« Je trace un parallèle entre leur légitimité dérivée d\u2019un \u201ccalife\u201d à leur merci et celle tirée par les mamelouks contemporains des votes \u201cpopulaires\u201d tenus sous la loi martiale.» La Nahda, renaissance arabe de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, a suscité une modernisation intellectuelle en Égypte qui s\u2019est ensuite répandue au Liban, en Syrie et ailleurs dans l\u2019Empire ottoman.Deux idéologies d\u2019État, souligne Fi- liu, l\u2019ont combattue.La première, le kémalisme, instauré par Mustafa Kemal (1881-1938), le «père des Turcs», modernisa seulement la Turquie, musulmane mais non arabe, sur les ruines de l\u2019Empire ottoman.Cependant, comme le précise Filiu, la disparition de cet empire, « loin d\u2019avoir favorisé la libération des Arabes, avait aggravé leur subordination à l\u2019impérialisme occidental».La seconde, le wahhabisme, mouvement arabo-musulman antimo- derne, remonte au XVIIIe siècle.Ibn Saoud (aussi orthographié Séoud) l\u2019imposa au Royaume d\u2019Arabie saoudite qu\u2019il fonda en 1932, fort d\u2019une alliance avec les États-Unis, attirés par la richesse pétrolière du pays.Beaucoup plus vigoureux actuellement que le kémalisme, sa victime et celle des autres variantes de l\u2019islamisme radical et belliqueux, il compose souvent avec ce que Filiu appelle les « dynamiques mafieuses », comme en Égypte, au Yémen ou en Syrie.L\u2019essayiste signale même que des contrebandiers liés aux djihadistes du groupe État islamique vendaient, en toute impunité, des hydrocarbures au gouvernement syrien que ce milieu rebelle souhaitait renverser.Le clairvoyant Filiu conclut que l\u2019indescriptible panier de crabes de la contre-révolution arabe fait, parmi les peuples en question, de la cause la plus urgente, celle des Palestiniens, la plus oubliée.Peut-on mieux résumer l\u2019obscure tragédie arabe ?Le drame arabe démasqué Jean-Pierre Filiu débroussaille l\u2019Islam pour mieux cerner l\u2019esprit de la contre-révolution Pour saisir toute la portée de l\u2019essai de Jean-Pierre Filiu, il faut plonger dans plusieurs siècles de l\u2019histoire du monde musulman.OZAN KOSE AGENCE FRANCE-PRESSE L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Malavoy Titulaire d\u2019un permis du Québec 1er avril MONTRÉAL - MATINÉE MUSICALE D\u2019ENVERGURE ! Huit orchestres symphoniques, quatre chefs réputés et des œuvres de Smetana, Schubert, Liszt\u2026 21 avril ALBERTO GIACOMETTI au musée à Québec Il reste encore des places 9-14 mai PHILADELPHIE - ses musées, ses musiques, son histoire, son architecture et ses jardins\u2026 Détail du voyage sur demande 9 juin OTTAWA - Les trésors impressionnistes 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 Du 5 au 11 février 2018 La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est propriétaire du système d\u2019information et d\u2019analyse Gaspard sur les ventes de livres français au Canada.Ce palmarès est extrait de Gaspard et est constitué des relevés de caisse de 260 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Gaspard.© BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite.AUTEUR/ÉDITEUR CLASSEMENT PRÉCÉDENT/ NB DE SEMAINE(S) RANG Palmarès Romans étrangers Lumière noire Lisa Gardner/Albin Michel 1/5 Origine Dan Brown/Lattès 5/18 Abigaël, messagère des anges \u2022 Tome 3 Marie-Bernadette Dupuy/JCL 2/4 Darker.Cinquante nuances plus sombres par Christian E.L.James/Lattès 6/9 Couleurs de l\u2019incendie Pierre Lemaitre/Albin Michel 3/5 L\u2019amie prodigieuse \u2022 Tome 4 L\u2019enfant perdue Elena Ferrante/Gallimard 4/4 Le Women murder club \u2022 Tome 15 La 15e affaire James Patterson | Maxine Paetro/Lattès 7/5 Une colonne de feu Ken Follett/Robert Laffont 8/21 Et moi, je vis toujours Jean d\u2019Ormesson/Gallimard \u2013/1 Toute la vérité Karen Cleveland/Robert Laffont \u2013/1 Essais québécois En as-tu vraiment besoin?Pierre-Yves McSween/Guy Saint-Jean 1/68 Le banc du temps qui passe.Méditations cosmiques Hubert Reeves/Seuil 7/4 Palestine.Le fardeau de l\u2019espoir Pleine lune/Collectif \u2013/1 Le peuple rieur.Hommage à mes amis Innus Serge Bouchard | Marie-Christine Lévesque/Lux 2/12 Les batailles d\u2019Internet.Assauts et résistances à l\u2019ère.Philippe de Grosbois/Écosociété 8/2 Le totalitarisme pervers d une multinationale au pouvoir Alain Deneault/Écosociété 6/2 Ce qu\u2019on ne vous dit pas sur le changement climatique Gilles Brien/Homme 3/2 Désordonnances Alain Vadeboncoeur/Lux 4/11 La fin des exils.Résister à l\u2019imposture des peurs Jean-Martin Aussant/Atelier 10 5/12 10 Lettres à une jeune entrepreneure Alexandre Taillefer | Pierre Cayouette/VLB 10/3 Essais étrangers Sapiens.Une brève histoire de l\u2019humanité Yuval Noah Harari/Albin Michel 1/103 Homo deus.Une brève histoire de l\u2019avenir Yuval Noah Harari/Albin Michel 2/22 Le miracle Spinoza Frédéric Lenoir/Fayard 3/12 Tueurs en série Charlotte Greig/Broquet 4/4 La vie secrète des arbres Peter Wohlleben/Multimondes 6/46 Habiter le monde.Essai de politique relationnelle Felwine Sarr/Mémoire d\u2019encrier 7/2 La tentation du bien est beaucoup plus dangereuse.Boris Cyrulnik | Tzvetan Todorov/Aube \u2013/1 Un bruit de balançoire Christian Bobin/Iconoclaste \u2013/1 Dire non ne suffit plus.Contre la stratégie du choc de.Naomi Klein/Lux 9/3 10 Utopia XXI Aymeric Caron/Flammarion 5/4 Romans québécois Il y aura des morts Patrick Senécal/Alire 2/13 Affaires privées Marie Laberge/Québec Amérique 1/15 L\u2019enfer Sylvie Drapeau/Leméac \u2013/1 L\u2019héritage du clan Moreau \u2022 Tome 1 Hector Colette Major-McGraw/Guy Saint-Jean 5/4 La veuve de Labelle Lucy-France Dutremble/Guy Saint-Jean 3/3 Maudite Saint-Valentin Cynthia Maréchal/Les Éditeurs réunis 7/5 On flushe.pis on recommence! (en pratique) Marie-Millie Dessureault/Mortagne \u2013/1 Une simple histoire d\u2019amour \u2022 Tome 3 Les rafales Louise Tremblay-D\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean 4/12 Sur le quai des gares Pascal Cloutier/JCL 6/2 Red Light \u2022 Tome 3 Le sentier des bêtes Marie-Ève Bourassa/VLB \u2013/1 Manipulés Se libérer de la main invisible d\u2019Adam Smith ?1/2 Thierry C.Pauchant, Fides, Montréal, 2018, 268 pages CRITIQUE ULYSSE BERGERON COLLABORATEUR LE DEVOIR Oubliez la pensée d\u2019Adam Smith simplifiée par vos cours d\u2019introduction à l\u2019économie au cégep.Le philosophe écossais n\u2019est pas plus le père du lais- ser-faire libertarien ou du néolibéra- lisme que les écrits de Marx ne justifient les dérapages du stalinisme.Dans Manipulés.Se libérer de la main invis ib le d \u2019Adam Smith , Thierry C.Pauchant le rappelle.Le professeur de HEC Montréal redonne à ce philosophe britannique du XVIIIe siècle ce qui lui appartient : une pensée pragmatique et humaniste, qui inscrit l\u2019économie dans une quête de bien-être commun.Pour ce faire, Pauchant s\u2019attarde à « la main invisible» dans l\u2019œuvre du père de l\u2019économie politique, une notion «pratiquement invisible» dans l\u2019ensemble de ses écrits.Le philosophe «ne mentionne cette notion que trois fois dans son œuvre, soit un total de six mots, alors que celle-ci en compte plus d\u2019un million et demi!» écrit-il.Comment la pensée de Smith fut- elle pervertie au cours des trois derniers siècles ?Tout débute lors de la Révolution française.Edmund Burke, un néoconservateur britannique, dénature le sens de ses écrits pour défendre ses positions proaristocratie.Les analyses économiques sont dès lors dissociées de ses analyses sociales si présentes dans son œuvre.Dans l\u2019entre-deux-guerres, c\u2019est au tour de penseurs libertariens et néo- libéraux \u2014 Hayek, Friedman, Lippmann \u2014 d\u2019interpréter librement les analyses du philosophe.La métaphore de la « main invisible » devient alors le symbole d\u2019un laisser-faire économique, voire l\u2019équivalent d\u2019une loi divine des marchés.Le mal est fait ! Exit, la subtilité, la complexité et la quête du bien commun.Smith devient une caricature de cette «main invisible».Pourtant, rappelle Pauchant, Smith ne s\u2019est jamais opposé à l\u2019inter ventionnisme de l\u2019État.Loin de là.Il estime que les gouvernements doivent intervenir dans la fixation des prix des produits de première nécessité, dans le secteur bancaire, et surtout qu\u2019ils doivent promouvoir l\u2019éducation pour tous.À l\u2019heure de la polarisation des opinions, Thierry C.Pauchant rappelle avec raison la nécessité de revisiter la pensée teintée de subtilité d\u2019Adam Smith afin de considérer l\u2019économie pour ce qu\u2019elle doit être : un outil de compréhension sociale.Car en mettant l\u2019accent sur les mécanismes du marché, la science économique a fini par être enseignée comme une doctrine.« De nouveau, il nous faut arrêter d\u2019enseigner cette doctrine dans nos écoles et nos universités, incluant ma propre institution, HEC Montréal », écrit-il.Dans un essai qu\u2019il signe alors qu\u2019il est étudiant, Adam Smith résume ainsi le rôle du philosophe : « La philosophie est la science des principes de liaison des choses.[\u2026] En exposant les chaînes invisibles qui relient des objets isolés, elle s\u2019efforce de mettre de l\u2019ordre dans ce chaos d\u2019apparences discordantes.» La quête de connaissance doit s\u2019appuyer sur des théories perfectibles plutôt que sur des doctrines qui, refermées sur elles-mêmes, deviennent des dogmes.Une quête de connaissance empreinte d\u2019humilité pour regarder «derrière le rideau de scène» du théâtre de la vie, soutient Smith.Un gant sur la main invisible d\u2019Adam Smith Thierry C.Pauchant réhabilite une pensée économique trop souvent réduite à une caricature L\u2019économie est un outil de compréhension sociale, plaide Adam Smith.DREW ANGERER AGENCE FRANCE-PRESSE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 L i r e F i c t i o n 3 4 | Pactum salis ?Olivier Bourdeaut, Finitude, Bordeaux, 2018, 253 pages CRITIQUE ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR Les attentes étaient élevées pour le deuxième roman d\u2019Oliver Bourdeaut après le succès éclatant de son En attendant Bojangles, écoulé à plus de 500 000 exemplaires, lauréat de multiples prix littéraires, adapté au théâtre, en bande dessinée et bientôt sur les écrans.Bien que Pactum salis soit de facture plus classique, les amoureux de l\u2019œuvre reconnaîtront avec joie les personnages flamboyants et les rebondissements déconcertants chers à l\u2019auteur.Le récit s\u2019ouvre sur la découverte d\u2019un cadavre, échoué dans le décor pittoresque des marais salants de Guérande, aux pays de la Loire.Dans une atmosphère de polar, Bourdeaut, en véritable virtuose du quiproquo, ne cesse de changer de direction, entraînant le lecteur dans les situations les plus inattendues.Jean, Parisien, a quitté son appartement, la technologie et l\u2019humanité entière pour se dévouer entièrement à la culture du sel.Michel, promoteur immobilier, s\u2019accorde des vacances à La Baule pour savourer son succès à grand coup de champagne et d\u2019excès.On peine par moments à s\u2019attacher à ces personnages à la limite du grossier, ces mâles alpha dont l\u2019ego démesuré n\u2019a d\u2019égal que leur obstination à vivre selon des modèles de société, l\u2019un, la réclusion, l\u2019autre, l\u2019abondance, dans lesquels ils se sentent uniques et accomplis, mais qui ne par viennent qu\u2019à les couvrir de ridicule.Ces deux hommes que rien n\u2019unit, sauf peut-être leur penchant affirmé pour la bouteille, partageront leur quotidien durant une semaine mouvementée.Leur fascination réciproque donnera naissance à une amitié vacillante, sans cesse ébranlée par la culpabilité, la jalousie, les erreurs répétées, les cuites regrettables et les envies de meurtre \u2014 une relation en pleine contradiction avec le titre du livre, « Pacte de sel », qui fait référence à une amitié qui, comme le sel, serait inaltérable.Olivier Bourdeaut ne se complaît toutefois pas dans les situations clownesques qu\u2019il met en scène.À petites doses, il expose les travers d\u2019un monde moderne étouf fé par un individualisme exacerbé et un prétendu progrès.« Il s\u2019était dit qu\u2019en Californie des ingénieurs vous suggéraient de remplacer votre cer veau par un boîtier rectangulaire.Parce qu\u2019il lui semblait que, ces der nières années, le sens du mot progrès évoluait étrangement vers une forme de régression, que ce terme était de plus en plus dévoyé à force d\u2019ê - tre ér ucté à longueur d\u2019incantations, il s\u2019était mis à douter de son essence originelle.» Pactum salis est l\u2019équivalent littéraire du film popcorn.Bien que le récit s\u2019enlise à quelques reprises dans des clichés d\u2019une efficacité relative, il tient en haleine le lecteur jusqu\u2019à la fin, pressé de découvrir l\u2019issue de la relation tumultueuse entre les deux protagonistes et l\u2019identité du mystérieux cadavre introduit en début de roman.Ce second roman ne marquera pas autant les esprits que le précédent, mais il offre un moment de pur divertissement et un répit fort bienvenu dans la banalité du quotidien.Deux hommes unis par la bouteille Placé au cœur des marais salants de Guérande, le roman d\u2019Olivier Bourdeaut manque un peu de sel L\u2019auteur nous revient deux ans après son livre En attendant Bojangles.ALAIN JOCARD AGENCE FRANCE-PRESSE CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Nous plongeant d\u2019abord dans le New York des hipsters, le cinquième roman d\u2019Hari Kunzru (L\u2019illusionniste, Dieu sans les hommes), né à Londres en 1969 d\u2019un père indien et d\u2019une mère anglaise, bascule peu à peu dans la fable sombre \u2014 et toujours actuelle \u2014 de la question raciale aux États-Unis.Seth, le nar rateur de Larmes blanches, a fait la rencontre de Carter dans une université de la Nouvelle-An- gleterre.Blond avec des dreadlocks, issu d\u2019une riche famille qui contrôle un petit empire carcéral aux États-Unis, ce dernier possède la meilleure collection de vinyles, les meilleures drogues, il avait fait de la randonnée dans les montagnes du Népal et surfé en Namibie.Et pour Carter, la cause est sans appel, la meilleure musique venait du passé et avait été faite par les Noirs.Point à la ligne.R & B, afrobeat des années 1970, dub jamaïcain.À ses yeux, cette musique était tout simplement plus intense et plus «authentique» que tout ce que faisaient les Blancs.À leur sor tie de l\u2019université, les deux amis devenus colocataires vont s\u2019installer à New York et créer un studio spécialisé dans le son vintage, tournant le dos par idéologie et purisme aux ordinateurs en produisant quelques bands de hip-pop.Tombé par hasard sur un chanteur qu\u2019il enregistre à son insu dans un parc, Seth déploie ses talents de bidouilleur en créant de toutes pièces un faux blues d\u2019un cer tain Charlie Shaw, chanteur et guitariste de blues.Un enregistrement \u2014 une pure illusion \u2014 qu\u2019ils vont diffuser sur les réseaux sociaux, où il sera vite jugé comme particulièrement « authentique », circa 1938, par un certain nombre d\u2019amateurs de blues.«Trois minutes de noirceur relâchées dans le monde.» Avec ce qui n \u2019étai t au dépar t qu\u2019une sorte de canular pour happy few, Larmes blanches va basculer dans une étrange zone de turbulence lorsqu\u2019un vieux collectionneur prétend avoir connu Charlie Shaw, à Jackson dans le Mississippi.Dès lors, le roman va se transformer en une histoire de vengeance et de mauvais karma familial, où sont en cause profits privés et exploitation de la misère publique.Avant de glisser vers le paranormal et d\u2019aborder la question de l\u2019appropriation culturelle \u2014 lorsqu\u2019un individu d\u2019une culture dite dominante s\u2019approprie et reproduit les codes d\u2019une culture minoritaire, scrupules dont l\u2019écrivain, pour notre plus grand bonheur, ne s\u2019embarrasse pas.Seth va ainsi découvrir qu\u2019il n\u2019existe pas de frontière nette entre la vie et la mort.On plonge avec lui dans le Mississippi, en prison, dans la réalité des Noirs américains à l\u2019heure de la ségrégation.On peut, nous dit-il, ne pas croire à la couleur de la peau, mais en prison, que l\u2019on soit en 1950 ou en 2018, la couleur de la peau croit en vous\u2026 Avec une certaine maîtrise, et malgré un récit qui s\u2019enlise un peu à mi- chemin, Hari Kunzru poursuit son exploration des zones grises et poreuses qui sont à la lisière des cultures et des identités.Tout comme dans L\u2019illusionniste, roman picaresque dans lequel un jeune Indien métissé prenait l\u2019identité d\u2019un jeune Anglais « pure laine » avant de s\u2019embarquer pour l\u2019Angleterre, Kunzru y déploie avec précision son art de l\u2019ironie.Une sombre histoire de blues Hari Kunzru transforme un canular musical en voyage au bout de l\u2019enfer Le Britannique Hari Kunzru poursuit son exploration des zones grises et poreuses qui sont à la lisière des cultures et des identités.BRYAN BEDDER GETTY IMAGES / AGENCE FRANCE-PRESSE Larmes blanches ?1/2 Hari Kunzru, traduit de l\u2019anglais par Marie-Hélène Dumas, JC Lattès, Paris, 2018, 300 pages L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 Aki Shimazaki « Atsuko et Mitsuo, un couple marié avec deux enfants, partagent un quotidien paisible, en apparence idyllique, sur la ferme qu\u2019Atsuko a héritée - trouvailles inattendues avec son ancienne amie Fukiko, qu\u2019elle n\u2019a pas vue depuis plus de 20 ans, viennent semer le doute dans son existence.Avec la même douceur que l\u2019Islandaise Auður Ava Ólafsdóttir, Aki Shimazaki aborde des thématiques semblables à celles que l\u2019on retrouve dans les ro- qui restent à faire, elle dépeint l\u2019existence comme un champ de bambous qu\u2019il faut sans cesse entretenir et défricher, au risque de le voir dépérir.Un roman qui se lit comme une méditation sensuelle au pays du Soleil levant.» Laila Maalouf, © D .R .Débâcle ?1/2 Lize Spit, traduit du néerlandais par Emmanuelle Tardif, Actes Sud, Arles, 2018, 432 pages CRITIQUE YANNICK MARCOUX COLLABORATEUR LE DEVOIR On l\u2019a entendu plusieurs fois au cours des derniers mois, cette douleur que des femmes avaient enfouie, comme un secret, et qu\u2019elles révélaient enfin, libérée de la honte, avec l\u2019espoir de mettre fin au statu quo du silence, à l\u2019hégémonie de la peur.C\u2019est la douleur de #MoiAussi, mais c\u2019est aussi sa force de dire que porte Eva, narratrice du premier roman de Lize Spit.Immense succès de librairie à sa parution en Flandre en 2015, Débâcle, au- jourd\u2019hui traduit en français, nous plonge au cœur d\u2019une bourgade belge où un jeu d\u2019enfants s\u2019apprête à glisser dans une cruauté adulte.Eva n\u2019a pas eu une enfance facile, aux côtés de sa sœur Tessie, anorexique, et de son frère Jolan, dont le jumeau est mort à la naissance.Souvent abandonnée par ses parents, elle développe une maturité précoce et souf fre en silence.« Il n\u2019y a personne à la maison.Papa est parti travailler, Jolan a encore disparu dans les champs et il ne reste de maman que ce qu\u2019elle ne peut pas effacer à coups de somnifères », expose la voix du roman, dont le titre original, Het Smelt, veut dire « tout fond ».Elle trouve du réconfort dans l\u2019amitié de Pim et Laurens, avec qui elle forme « les trois mousquetaires », seuls enfants du village, nés en 1988.Mais tout bascule à l\u2019adolescence, lorsque le charisme de Pim les convainc de se prêter à un jeu: faire se déshabiller devant eux \u2014 ou les forcer à des actes sexuels \u2014 certaines filles du village.Celles-ci doivent résoudre une énigme et, à chaque erreur, retirer un vêtement.Les garçons nomment Eva arbitre du jeu, mais c\u2019est une position de kapo, où elle est victime et bourreau par soumission, rôle dont elle cherche, en vain, à se libérer: «Moi, je sers d\u2019appât, je ne participe pas en tant qu\u2019Eva, mais parce que je suis une fille et que ma présence rassure les autres filles.» La situation s\u2019embourbe et la blesse de façon irréparable.Treize ans plus tard, elle cherche néanmoins vengeance, en revenant au village avec un plan dont elle dicte cette fois les règles.Manifestement curieuse des êtres, des tensions et de la tendresse qui les lient les uns aux autres, l\u2019auteure flamande inscrit son histoire dans une fresque sociale qu\u2019elle dépeint avec une rare justesse.Ses observations des natures complexes de nos sociétés nous apparaissent ainsi avec simplicité, comme seule la vérité peut l\u2019être.Alimenté par la violence et tourmenté par les épreuves, le récit fait la part dure à l\u2019espoir.Il reste pourtant que cette tragédie intime a une portée retentissante.Universelle.Cri désespéré, Débâcle est une rébellion contre le pouvoir discrétionnaire et doit être entendu comme la revendication d\u2019une existence libre pour les femmes, plus seulement reléguées à n\u2019«être là que pour ne pas faire défaut».La chronique macabre de Lize Spit Phénomène littéraire belge, Débâcle porte le cri désespéré de l\u2019oppression subie par les femmes Née en 1988, Lize Spit a étudié en cinéma et enseigne l\u2019écriture de scénario.ROOS PIERSON / DAS MAG / AGENCE FRANCE-PRESSE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 L i r e E s s a i 3 6 | ENTREVUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Comment prendre la parole dans une société qui a le dégoût du sens?» demande le poète et romancier Maxime Catellier dans Le temps présent, essai paraissant à l\u2019enseigne de la collection Liberté grande, dirigée par Robert Lévesque.«Quels sont les lieux où peut s\u2019exercer aujourd\u2019hui une parole critique qui puisse être entendue dans le vacarme général, autrement qu\u2019en prêtant l\u2019oreille aux voix parallèles qui hantent les coulisses du spectacle?» ajoute-t-il plus loin, entre les pages de ce livre hurlant contre la muzak qui tapisse notre époque.Nous avons réuni autour d\u2019un thé l\u2019écrivain originaire de Rimouski et le mythique ancien critique de théâtre au Devoir (aussi de Rimouski), qui lance ces jours-ci Décadrages, recueil de souvenirs sur le cinéma.Conversation sur l\u2019érosion du discours critique et l\u2019aplanissement des voix discordantes.Vous écrivez, Maxime, que vous aspirez en tant qu\u2019écrivain à faire violence à la langue.Ce désir ne semble pas vastement répandu en littérature québécoise contemporaine.Pourquoi?Maxime Catellier.L\u2019appel de la nor- mativité est extrêmement puissant.Dès que tu te mets à écrire apparaît au-dessus de ta tête le « lecteur moyen », cette bestiole qui n\u2019existe pas, et tu te dis : « Je veux que le lecteur moyen me comprenne.» C\u2019est là qu\u2019arrive la tentation du sujet-verbe- complément.Les éditeurs aussi exercent cette censure-là : « Ah, telle phrase est un peu alambiquée, tu devrais l\u2019éclaircir.» En tant qu\u2019écrivain, il faut se faire violence, pour faire violence à la langue.La littérature, ce n\u2019est pas un mode d\u2019emploi, c\u2019est une aventure.Tous les écrivains naviguent entre lisibilité et illisibilité.Robert Lévesque.Les jeunes n\u2019ont pas assez lu Thomas Bernhard [écrivain autrichien].Si tous les écrivains pensaient de leur pays ce que Thomas Bernhard pense du sien [beaucoup, beaucoup de mal], on aurait une littérature radicalement plus forte.En attendant, on a une littérature qui sert à distraire, à quelques exceptions près.Vous semblez, Maxime, résister dans Le temps présent à votre propension pour la nostalgie, sans toujours tout à fait y parvenir.Avoir des enfants, enseigner dans un cégep, renoncer à la vie d\u2019errance qui a été la vôtre, est-ce céder au conformisme?MC.C\u2019est évident que si je revois le jeune moi de 17 ans, qui part sur le Maxime Catellier et Robert Lévesque en duo Les deux auteurs s\u2019inquiètent de l\u2019érosion du discours critique et de l\u2019aplanissement des voix discordantes «L\u2019appel à la normativité est puissant», dit l\u2019un.«Les jeunes n\u2019ont pas assez lu Bernhard», ajoute l\u2019autre.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR « Le temps présent Maxime Catellier, Boréal, Montréal, 2018, 144 pages pouce avec son ami Christophe et une édition de Rimbaud en po che pour faire le tour de la Gaspésie, on est très loin de ma situation actuelle de prof de littérature [à Valleyfield] et de père d\u2019un petit gars de deux ans.RL.Est-ce qu\u2019il y a quelque chose de plus beau que d\u2019avoir un petit gars de deux ans?MC.Non ! Ce qui nous ramène à la réalité, comme les enfants, c\u2019est souvent aussi ce qui nous en sort le mieux.Jamais mon petit gars ne me tire vers le bas.Quand il dit « wow » en regardant la neige qui tombe, il me rappelle à moi aussi que je devrais dire « wow » devant la neige qui tombe.Pour éviter de baigner dans la nostalgie et de toujours chercher ce qu\u2019on a perdu, il faut donc procéder à certaines ruptures et laisser derrière quelques espérances de jeunesse, pour en trouver des nouvelles.Ce que vous venez de dire, Robert, au sujet des enfants qui vous émerveillent, pourrait étonner ceux qui ne connaissent que votre réputation de critique théâtral sans pitié.À quoi tient ce malentendu?RL.Pourtant, je vous assure que je suis un être humain et on n\u2019est pas un être humain si on n\u2019est pas émerveillé par un enfant de deux ans.Si j\u2019ai été très dur, c\u2019est parce que j\u2019avais la passion du théâtre.Quand je me faisais offrir de la merde, je le disais.Mais j\u2019étais aussi bien placé pour le dire quand on m\u2019offrait une fleur.MC.Au Québec, on ne s\u2019enthousiasme pas et on ne colère pas.Vous écrivez, Maxime, ne jamais exiger qu\u2019un livre vous offre la clé de quoi que ce soit.Est-ce difficile en tant que lecteur de ne pas tomber dans ce piège?RL.Kundera disait qu\u2019un roman réussi est un roman impossible à résumer.C\u2019est vrai, à moins d\u2019avoir du génie, comme le critique Angelo Rinaldi, qui avait résumé À la recherche du temps perdu en une phrase: «Un festin de nuit où la mort passe les plats.» MC.Les livres qui pognent beaucoup aujourd\u2019hui abordent souvent tel problème de société très réel.On parle de l\u2019émotion que ça nous fait vivre.Les gens veulent se reconnaître dans ce qu\u2019ils lisent, et la critique verse souvent dans ce genre de lectures, alors que j\u2019attends de la littérature qu\u2019elle me sorte de moi.Vos livres ont en commun une forme de pensée qui se laisse porter par son propre courant, dans la grande tradition de l\u2019essai littéraire.J\u2019insiste sur « littéraire», parce que le mot «essai» est au Québec un joyeux fourre-tout.RL.J\u2019ai fait ma spécialité de la digression.J\u2019écris quelque chose et, en l\u2019écrivant, un mot me donne une idée, je tourne, je reviens.Je procède à sauts et à gambades, comme dirait Montaigne.C\u2019est ce qu\u2019on appelle écrire en prenant son temps.Tu pars pour écrire quelque chose et tu finis par écrire autre chose.C\u2019est ça l\u2019essai : réfléchir avec un souffle.MC.C\u2019est la beauté de la pensée.Si t\u2019essaies de la forcer à passer par un chemin, elle va mourir d\u2019elle-même.En tant qu\u2019écrivain, il faut se faire violence, pour faire violence à la langue.La littérature, ce n\u2019est pas un mode d\u2019emploi, c\u2019est une aventure.Tous les écrivains naviguent entre lisibilité et illisibilité.MAXIME CATELLIER » Décadrages Robert Lévesque, Boréal, Montréal, 2018, 240 pages | 37 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 A r t s v i s u e l s C U L T U R E CRITIQUE NICOLAS MAVRIKAKIS COLLABORATEUR LE DEVOIR Bien des théoriciens ont établi de sérieux parallèles entre l\u2019histoire de l\u2019art et les enquêtes policières.C\u2019est la lecture qu\u2019ont entre autres développée Edgar Wind et Enrico Castel- nuovo.Cer tains ont même décrit l\u2019histoire de l\u2019art comme une esthétique de la trace ou de l\u2019indice.Cette comparaison intéressante laisse pourtant en suspens une question inquiétante : en art, qui a commis le « crime » ou le « délit » sur lequel l\u2019historien enquête ?L\u2019artiste ?Ces liens entre ar t, histoire de l\u2019art, enquêtes et méfaits ont été mis en scène dans la démarche de l\u2019artiste Natascha Niederstrass depuis plusieurs années.En 2011, dans une série intitulée L\u2019af faire de Camden Town, Niederstrass s\u2019appropriait par la photo des tableaux et dessins de Walter Sickert, artiste qui avait recréé, vingt ans après les faits, des scènes de meurtres commis par le tristement célèbre Jack l\u2019Éventreur.Sicker t semblait être très bien informé\u2026 Trop ?Était-il un proche du tueur ?Se pourrait-il même qu\u2019il ait été le célèbre assassin ?C\u2019est l\u2019hypothèse que l\u2019auteure Patricia Cornwell soutint dans son livre Portrait of a Killer en 2002.Ses œuvres seraient alors comme des indices qu\u2019il aurait laissés pour la postérité.Tout est alors dit sur la nature que l\u2019on prête à l\u2019image \u2014 qu\u2019elle soit De l\u2019assassinat comme un des beaux-arts Chez Circa, Natascha Niederstrass recrée une scène qui pourrait avoir été celle d\u2019un meurtre Vue de l\u2019installation de Natascha Niederstrass chez Circa art actuel PHOTOS DPM La rupture comme récit littéraire On profitera de cette visite à Circa pour visiter la non moins troublante expo de Yannick De Serre, Tergiverser vers le vide.Celui-ci a demandé à des proches de lui écrire une hypothétique lettre d\u2019adieu.Le résultat s\u2019incarne dans une installation où on retrouve entre autres un sécateur, un exemplaire du livre Notre cœur de Guy de Maupassant abandonné sur le sol, mais aussi des lettres paradoxalement très belles.peinture, photographie ou de toute autre essence.Dans cette œuvre, Niederstrass soulignait comment l\u2019image est un outil permettant de mieux comprendre le monde et les limites du regard et des images pour analyser le réel.Portrait de l\u2019artiste en assassin Cette fois-ci, Niederstrass se penche sur le dossier Marcel Duchamp.Inventeur du ready-made, serait-il lui aussi à placer dans la catégorie des tueurs en série?Pour certains, il aurait tué en art toute notion de savoir- faire afin de donner naissance à l\u2019art conceptuel qui n\u2019a même pas besoin d\u2019être réalisé, qui peut n\u2019être qu\u2019une pensée.Un crime par fait, sans aucune trace, sans que la main de l\u2019artiste laisse des empreintes?Duchamp joua d\u2019ailleurs souvent sur son statut de « criminel » ar tistique.En 1923, il fabriqua même une fausse affiche \u2014 Wanted $2000 Reward \u2014 le représentant en fugitif dont la tête aurait été mise à prix\u2026 Niederstrass revient sur la dernière œuvre de Duchamp, intitulée Étant donnés : 1° la chute d\u2019eau, 2° le gaz d\u2019éclairage, véritable énigme qu\u2019il élabora durant vingt ans, entre 1946 et 1966.Dans cette installation posthume \u2014 visible de nos jours au Philadelphia Museum of Ar t \u2014, Duchamp donne à voir une femme nue (morte ?), au mont de Vénus sans poil, qui semble abandonnée dans un terrain vague.Dans son installation fragmentée en deux (découpée en deux ?), Niederstrass fait un lien entre cette œuvre énigmatique, troublant testament ar tistique, et le meurtre d\u2019Elizabeth Short survenu en 1947 en Californie.Le corps de cette starlette surnommée Black Dahlia (son histoire donna naissance à un film de Brian de Palma portant ce même nom) fut retrouvé nu, sans poil, dans un terrain vague\u2026 Duchamp se serait-il inspiré de ce meurtre ?Si oui, pourquoi ?Voilà le mystère devant lequel Niederstrass nous place.Cette œuvre cache peut-être en fait un autre meur tre, celui-ci symbolique, d\u2019une amie de Duchamp, la baronne Elsa von Freytag-Loringhoven, qui est cer tainement la véritable créatrice du ready-made Fontaine (1917), urinoir que Duchamp se serait approprié par la suite.Cette femme, que Duchamp a montrée dans un film se rasant le pubis, est morte en 1927 à cause d\u2019un bec de gaz défectueux, laissant peut-être au père du ready-made la possibilité de récupérer Fontaine \u2014 sorte de chute d\u2019eau \u2014 comme étant son invention.Duchamp ne disait- il pas qu\u2019un ready-made pouvait être fait à partir de n\u2019importe quoi, même à partir de l\u2019œuvre d\u2019un autre ar tiste ?L\u2019 installation Étant donnés serait alors une confession posthume cryptée.Cela nous change de l\u2019idée que c\u2019est le critique qui tient le rôle de l\u2019assassin dans le milieu de l\u2019art ! Behind Closed Doors : Body of Evidence (version française) Natascha Niederstrass.Circa art actuel jusqu\u2019au 10 mars. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e MICHEL CAMPEAU Avant le numérique Exposition de photographies JUSQU\u2019AU 6 MAI 2018 SEULEMENT GRAND ANGLE MANON DUMAIS ET AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Si Télé-Québec n\u2019existait pas, est-ce qu\u2019il faudrait l\u2019inventer ?Et si on pensait à l\u2019inventer, quel serait le mandat qu\u2019on lui donnerait ?Est-ce qu\u2019on reviendrait à ce genre de mandat original ?» demande Yves Lever, historien, auteur et critique de cinéma, à propos de cette chaîne à vocation éducative apparue en 1968, 23 ans après l\u2019adoption de la loi pour sa création.Et si Télé-Québec trahissait sa vocation d\u2019origine, aurait-elle encore sa raison d\u2019être ?aurions- nous envie d\u2019ajouter.«À l\u2019époque, Radio-Québec avait le droit d\u2019avoir une antenne à condition que ce soit à caractère éducatif puisque l\u2019éducation relevait des provinces.Il suf firait aujourd\u2019hui que Télé-Québec ne fasse plus d\u2019émissions éducatives, que quelqu\u2019un aille au CR TC démontrer que son antenne lui a été accordée pour sa mission éducative, que la chaîne perdrait son antenne », croit l\u2019écrivain, animateur et journaliste Gilles Gougeon.Mission éducative En août 1968, lorsque Gilles Gou- geon devient le 30e employé embauché par Radio-Québec, il n\u2019a que 25 ans, mais déjà 10 ans d\u2019expérience comme reporter à la radio de Radio- Canada \u2014 « je suis devenu journaliste pour payer mes études ».Avec Jeannette Biondi, le jeune journaliste se voit confier la mission d\u2019animer la première émission de Radio-Québec, En montant la rivière.Constituée de 26 demi-heures, cette émission créée par Jacques Lacoursière sur l\u2019histoire du Québec et du Canada s\u2019adressait aux élèves de 4e secondaire.Or, Radio-Québec ne possédant pas encore d\u2019antenne, avec l\u2019aide du ministère de l\u2019Éducation, la chaîne a acheté du temps d\u2019antenne pendant 26 semaines sur des postes de radio privée couvrant le ter ritoire du Québec afin que l\u2019émission soit dif fusée chaque mardi après-midi.« On n\u2019avait pas du tout l\u2019impression d\u2019être des pionniers, se souvient Gilles Gougeon.On trouvait ça normal qu\u2019on offre à des jeunes de faire des choses qui cassaient le moule de ce que la génération précédente avait fait.On n\u2019avait pas de stress, on avait du plaisir.N\u2019oubliez pas qu\u2019en 1968, Cinquante ans à penser le Québec Devant l\u2019abondance de chaînes spécialisées, Télé-Québec a-t-elle toujours sa raison d\u2019être ?Les 50 ans à l\u2019écran Les Appendices font un re-retour avec un faux documentaire intitulé 50 ans de télé et de Québec, dans lequel ils s\u2019en donnent à cœur joie pour parodier des émissions phares de la chaîne.Jeudi, 20h et à lafabri- queculturelle.tv dès maintenant.Formule Diaz se penche sur 50 ans de culture québécoise en compagnie d\u2019artistes emblématiques, dont Louise Lecavalier et Marc-André Coallier.Lundi, 21h.Électrons libres suit ce modèle en s\u2019intéressant aux découvertes scientifiques les plus marquantes du dernier demi-siècle.Vendredi, 18h30.Ça vaut le coût y consacrera ses quatre derniers épisodes de la saison.Lundi, à partir du 26 février, 19h.Dans les médias abordera l\u2019anniversaire par les images qui ont marqué notre imaginaire.Jeudi 1er mars, 21h.Format familial se penchera pour sur l\u2019évolution des mentalités au Québec.Mercredi 28 février, 20h.Les francs-tireurs se livreront au même exercice en décortiquant 50 ans de vie sociale et politique québécoise.Mercredi 28 février, 21h.Le retour des vedettes Des émissions feront la part belle aux anciennes têtes d\u2019affiche de la chaîne.Ainsi, le quiz Génial jumellera ses concurrents avec des vedettes d\u2019anciennes émissions jeunesse, dont Mariloup Wolfe et Jacques L\u2019Heureux (du 26 février au 8 mars, 19h).Deux hommes en or accueille Claire Lamarche (vendredi 2 mars, 21h), tandis que Curieux Bégin recevra à sa table Claude Saucier et Janette Bertrand, avec l\u2019inoubliable Violette au service (vendredi 16 mars, 19h).Finalement, notre Janette nationale sera l\u2019invitée de Guylaine Tremblay pour une édition spéciale de Banc public toute consacrée aux 50 ans de la chaîne publique québécoise à la fin avril.« | 3 9 C u l t u r e Té l év i s i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 Ces oubliées qui ont fait école En 50 ans, la chaîne publique québécoise a diffusé des émissions qui ont marqué les esprits et leur époque, et d\u2019autres que la mémoire collective a un peu laissées de côté.Florilège des plus pertinentes oubliées.Keith Spicer reçoit.Le tout premier talk-show de Radio-Québec a pris l\u2019antenne en 1978.Cette série d\u2019entretiens était animée par le premier commissaire aux langues officielles du Canada, qui venait alors tout juste de terminer son mandat, le communicateur Keith Spicer.Il occupera la présidence du CRTC dans les années 1990.Variétés aux Floralies.Avant les désormais mythiques Beau et chaud et Station-Soleil, il y eut Fleur de macadam.Radio-Québec propose à l\u2019été 1980 une émission de variétés et d\u2019actualité estivale, tournée aux Floralies de Montréal et animée par la journaliste Marie-Hélène Poirier et le créateur de la chanson du même titre, Jean-Pierre Ferland.Radio-service.Toujours en 1980, on nous propose un magazine quotidien de services, une émission de radio présentée à la télévision intitulée très justement N\u2019ajustez pas votre appareil animée par Claude Saucier.La formule de l\u2019émission, la radio en moins, sera reprise pour Téléservice dès 1982 et fera école, avec le même animateur et plusieurs collaborateurs de la première aventure.Coproduction historique.En 1982, Radio-Québec diffuse une série dramatique adaptée du Canard de bois de Louis Caron.Les fils de la liberté est une coproduction France-Québec qui relate en six épisodes le destin d\u2019un patriote durant la rébellion de 1837, le fringant Hyacinthe Bellerose, incarné par Charles Binamé.La chaîne donnera à nouveau dans la coproduction à grand déploiement avec les séries Le Matou (1987) et Mourir d\u2019amour (1994).Précurseur d\u2019un genre «voyeur».Les téléréalités de rencontre ou compétitives ont envahi les ondes québécoises au début des années 2000.Avant cela, en 1995, Radio-Québec, à la veille de devenir Télé-Québec, propose une téléréalité qui relève plus du documentaire que du genre télévisuel voyeur.Pignon sur rue donnait à voir le quotidien d\u2019une demi-douzaine de jeunes adultes choisis pour vivre l\u2019expérience de colocation sous l\u2019œil vigilant des caméras.Sur le plateau de Station- Soleil, l\u2019émission de variétés animée par Jean-Pierre Ferland dans les années 1980.PHOTOS SOURCE TÉLÉ-QUÉBEC on donnait énormément d\u2019espace aux jeunes.Il suffisait d\u2019exprimer notre volonté de faire quelque chose pour qu\u2019on nous ouvre les portes ; on nous faisait confiance.On ne se demandait pas si on allait bousculer Ra- dio-Canada ni Télé-Métropole, on n\u2019était pas en compétition avec eux.On se disait qu\u2019on allait faire quelque chose de nouveau.» C\u2019est d\u2019ailleurs parce que Radio- Québec incarnait la nouveauté qu\u2019elle a permis au jeune journaliste de vivre un moment mémorable en compagnie de John Lennon alors qu\u2019il travaillait sur une émission consacrée à l\u2019histoire mondiale de la musique (laquelle n\u2019a jamais vu le jour).«On était des centaines de journalistes et de groupies.À un moment donné, quelqu\u2019un a dit : \u201cEverybody out, except Radio-Québec !\u201d On est tombé sur le cul ! Personne ne savait ce qu\u2019était Radio-Québec en 1969 parce qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019antenne ni d\u2019existence visuelle.Je suis resté seul avec John Lennon, Yoko Ono, le réalisateur et le preneur de son.J\u2019ai passé une demi-heure au lit avec John Lennon pour parler de ses influences musicales.Il nous avait accueillis parce qu\u2019on était une radio éducative», raconte celui que l\u2019on retrouvera dix ans plus tard à Studio 1 et à L\u2019objectif.Bâtir une institution Au cours de son histoire, Radio-Qué- bec a connu des périodes mouvementées.Ainsi, en 1983, Radio-Qué- bec voit sa tentative d\u2019élargir le volet information échouer.En 1986, le rapport Gobeil remet en question l\u2019avenir de cette chaîne éducative, culturelle et régionalisée.Des compressions budgétaires de 8 millions de dollars du gouvernement entraînent la mise à pied d\u2019une centaine d\u2019employés et la fermeture des bureaux régionaux.Et pour tant , Radio - Québec, qui allait devenir Télé-Qué- bec en 1996, dif fuse des émissions qui feront date.« On a envie de regarder une chaîne de télé quand elle of fre un ser vice dif férent des autres.Dans ses dif férences, l\u2019aspect éducatif a souvent été très important et Radio- Québec a bien réussi avec certains points, croit Yves Lever.Pensons à Téléservice, animé par Claude Saucier, où on parlait de consommation, à Droit de parole, où Anne-Marie Dussault abordait des sujets d\u2019actualité, à Parler pour parler où Janette Bertrand traitait de sujets de société.Les émissions pour enfants, dont Passe-Partout, y ont aussi été très importantes.On y a diffusé beaucoup le cinéma québécois et des séries remarquables d\u2019un point de vue éducatif et historique comme Bombardier, Simonne et Chartrand.» Malgré les difficultés financières et des cotes d\u2019écoute qui ne fracassent pas de records, Télé-Québec est demeurée fidèle au poste en demeurant fidèle à sa vocation d\u2019origine, allant même jusqu\u2019à imposer son sceau de qualité hors de son antenne.« De la même façon que Radio- Canada a homogénéisé la langue dans les années 1950, il y a eu une homogénéisation qui s\u2019est faite quant à la qualité des émissions pour enfants grâce à Radio-Québec, note Gilles Gougeon.Les gens se sont habitués à Télé-Qué- bec ; mes petits-enfants regardent beaucoup Télé-Québec.Au bout de 50 ans, c\u2019est une institution, qui sera toujours fragile financièrement.» « Je pense que la télévision publique a la qualité de son défaut, ajoute M.Gougeon à propos de l\u2019avenir précaire de la télévision traditionnelle.C\u2019est une télévision qui est discrète, mais qui risque de passer sous le radar de ceux qui veulent aller chercher l\u2019argent en télévision pour l\u2019apporter sur les plateformes numériques.Ceux qui vont évoluer vont survivre, mais ceux qui s\u2019accrochent au passé ne sur vivront pas longtemps dans un contexte mondial comme ça.» Devant l\u2019abondance des chaînes spécialisées (Artv, RDI, VRAK), Télé- Québec a-t-elle toujours sa raison d\u2019être ?Demeure-t-elle pour aussi pertinente ?Si Gilles Gougeon croit en la qualité et en l\u2019intelligence de l\u2019of fre télévisuelle pour les enfants de la génération Passe-Partout, Yves Lever se fait plus pessimiste.« J\u2019ai de la difficulté à penser qu\u2019il faille absolument conser ver Télé- Québec, parce que je ne sais pas si cette chaîne présente actuellement une quantité suffisante d\u2019émissions originales que personne d\u2019autre ne présente, affirme l\u2019historien.Si Télé- Québec n\u2019existait pas, personne ne voudrait l\u2019inventer.Si elle disparaît, il n\u2019y a pas beaucoup de gens qui vont pleurer parce que ce même produit, on le retrouve ailleurs, avec les mêmes personnes.» Un extrait de l\u2019émission de services N\u2019ajustez pas votre appareil L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e É c r a n 4 0 | CRITIQUE MANON DUMAIS LE DEVOIR Scénariste, réalisatrice et productrice, la Torontoise Veena Sud a de la suite dans les idées.Après The Killing (2000), adaptation d\u2019une série danoise por tant sur l\u2019enquête du meurtre d\u2019une fille de 17 ans retrouvée dans le cof fre d\u2019une voiture, et le long métrage The Salton Sea (2016), où une conductrice coupable d\u2019un délit de fuite est victime de chantage de la par t d\u2019un auto-stoppeur, elle emprunte au cinéma russe une choquante histoire de délit de fuite.S\u2019inspirant du film Mayor (2013), de Youri Bykov, Veena Sud transpose l \u2019act ion à Jersey City et y ajoute une touche d\u2019actualité.Mi- drame policier, mi-drame judiciaire, la série Seven Seconds n\u2019est pas toujours des plus subtiles, mais ré- ser ve son lot de surprises en offrant une radiographie br ute de l\u2019Amérique au temps du mouvement Black Lives Matter (La vie des Noirs compte).Pressé de se rendre à l\u2019hôpital où sa femme (Michelle Veintimilla) est sur le point d\u2019accoucher, Peter Ja- blonski (Beau Knapp), policier de race blanche, percute un garçon de 15 ans afro-américain.Affolé, il appelle en renfort son supérieur immédiat, Mike Diangelo (David Lyons).Avec la complicité de deux autres confrères, Felix Osorio (Raúl Castillo) et Gar y Wilcox (Patrick Mur ney), Jablonski et Diangelo font disparaître les preuves incrimi- nantes et laissent pour mort le jeune garçon.Ce que les quatre policiers ignorent, c\u2019est que Nadine (Nadia Alexander), héroïnomane en fugue, a tout vu.Après avoir passé douze heures inconscient dans un fossé enneigé, Brenton Butler est enfin transporté à l\u2019hôpital.Il perd la vie deux jours plus tard.Un tandem d\u2019antihéros Outrés, inconsolables, assoif fés de justice, les parents de l\u2019adolescent, La- trice (Regina King) et Isaiah (Russell Hornsby), veulent connaître le ou les coupables de l\u2019accident.Entrent alors en scène l\u2019avocate afro-américaine Du sang sur la neige Le mouvement Black Lives Matter inspire à Veena Sud, créatrice la série The Killing, une série percutante Mi-drame policier, mi-drame judiciaire, la série Seven Seconds n\u2019est pas toujours des plus subtiles, mais réserve son lot de surprises en offrant une radiographie brute de l\u2019Amérique.PHOTOS NETFLIX Dans sa volonté de dénoncer sans fard la brutalité policière, la série ramène en mémoire des événements récents. | 4 1 C u l t u r e É c r an L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 Au fil des dix épisodes de Seven Seconds, Veena Sud et son bataillon de scénaristes s\u2019appliquent à illustrer les tensions raciales régnant aux États-Unis, le racisme systémique des forces policières \u2014 Diangelo compare les jeunes délinquants de race noire à des animaux \u2014 et le manque de subjectivité des médias KJ Harper (Clare-Hope Ashitey) et l\u2019enquêteur caucasien Joe Rinaldi (Michael Mosley).Or ni l\u2019un ni l\u2019autre n\u2019ont l\u2019étoffe d\u2019un héros : la première accuse un penchant pour les soirées de karaoké arrosées au gin; le second est la risée de ses collègues en raison des aventures extraconjugales de son ex-femme, également policière.Au fil des dix épisodes de Seven Seconds, Veena Sud et son bataillon de scénaristes s\u2019appliquent à illustrer les tensions raciales régnant aux États-Unis, le racisme systémique des forces policières \u2014 Diangelo compare les jeunes délinquants de race noire à des animaux \u2014 et le manque de subjectivité des médias.Sous prétexte qu\u2019il a déjà été arrêté pour possession de deux joints, le jeune Butler est présenté dans les médias comme un membre en règle d\u2019un gang de rue.D\u2019actualité Alors que les parents de la victime, l\u2019avocate et son compère enquêteur sont dépeints avec un certain souci d\u2019authenticité, on ne saurait en dire autant des quatre policiers corrompus.Certes, Jablonski, qui était au volant, est rongé par le remords et Osorio souffre des blagues racistes de ses confrères, mais tous les quatre ne sont pas très loin du cliché voulant que les policiers soient des brutes épaisses qui tirent ou frappent avant de réfléchir.On sent également que les scénaristes n\u2019ont pas souhaité rendre leurs épouses, victimes collatérales des agissements du quatuor, des plus sympathiques.Heureusement, arrive du côté des accusés une redoutable avocate (Gretchen Moll), qui voit clair dans le jeu de tous et qui sait que tous ne sont pas égaux devant la justice.Si Seven Seconds compor te des longueurs (par fois l\u2019enquête piétine autant que celle sur le meurtre de Nadine Legrand dans District 31), néglige certains détails (on règle trop vite le sort de la fugueuse Nadine), en souligne d\u2019autres au crayon gras (la détresse de la mère), cela ne l\u2019empêche toutefois pas de s\u2019avérer captivante, percutante et riche en émotions.Dans sa volonté de dénoncer sans fard la brutalité policière, la série ramène en mémoire des événements récents et rappelle que les jeunes hommes noirs sont plus à risque de mourir sous les balles des policiers que tout autre groupe aux États- Unis.Ponctuée d\u2019images qui frappent l\u2019imaginaire, telle cette scène de l\u2019avocate découvrant la neige ensanglantée où gisait la victime, Seven Seconds propose en prime une finale qui laissera plus d\u2019un spectateur pétrifié sur son siège.Seven Seconds Netflix, dès vendredi L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e É c r a n s 4 2 | SAMEDI BOIRE ET DÉBOIRES (4) (Blind Date), É.-U.1987.Comédie de Blake Edwards avec Bruce Willis, Kim Basinger, John Larroquette.- Les mésaventures d\u2019un analyste financier qui a eu la malencontreuse idée de se faire accompagner à une réception par une charmante jeune femme qui ne supporte pas l\u2019alcool.V 8h DO NOT RESIST (4) É.-U.2016.Documentaire de Craig Atkinson.- Regard sur la militarisation croissante des forces de police américaines, et sur la tendance du gouvernement à transformer en guerriers hostiles ceux qui devraient protéger la population.PBS (WETK) 12h UNE ÉDUCATION (3) (An Education), G.-B.2009.Comédie dramatique de Lone Scherfig avec Carey Mulligan, Peter Sarsgaard, Alfred Molina.- À Londres en 1962, une adolescente rêveuse et francophile s\u2019éprend d\u2019un trentenaire sophistiqué mais malhonnête, qui lui fait miroiter un mariage heureux.ARTV 13h LA VENGEANCE DANS LA PEAU (3) (The Bourne Ultimatum), É.-U.2007.Drame d\u2019espionnage de Paul Greengrass avec Matt Damon, Joan Allen, David Strathairn.- En cherchant à découvrir sa véritable identité, un ex-tueur de la CIA souffrant d\u2019amnésie menace de révéler des secrets d\u2019État compromettants.TVA 13h45 EDDIE THE EAGLE (4) G.-B.2016.Drame sportif de Dexter Fletcher avec Taron Egerton, Hugh Jackman, Jo Hartley.- Malgré ses talents limités en saut à ski, un Anglais candide réalise son rêve olympique en participant aux Jeux de Calgary en 1988.CTV 14h FEMMES DE RÊVE (5) (Beautiful Girls), É.-U.1996.Comédie dramatique de Ted Demme avec Timothy Hutton, Matt Dillon, Michael Rapaport.- Un jeune pianiste retrouve ses amis à l\u2019occasion d\u2019une réunion d\u2019anciens élèves.MAX 15h30 LE RÈGNE DU FEU (4) (Reign of Fire), É.-U.2002.Drame fantastique de Rob Bowman avec Christian Bale, Matthew McConaughey, Izabella Scorupco.- Dans un futur post-apocalyptique, des humains réfugiés dans un château fort sont en proie aux attaques de dragons.MP 16h FUGITIVE (5) (Survivor), É.-U.2015.Thriller de James McTeigue avec Milla Jovovich, Pierce Brosnan, Dylan McDermott.- En poste à Londres, une agente spéciale du gouvernement américain est pourchassée par un tueur anglais, complice d\u2019un chimiste roumain qui projette un attentat terroriste à New York.TVA 16h04 ESPIONS EN HERBE 2.L\u2019ÎLE DES RÊVES ENVOLÉS (4) (Spy Kids 2: The Island of Lost Dreams), É.-U.2002.Comédie fantaisiste de Robert Rodriguez avec Alexa Vega, Daryl Sabara, Antonio Banderas.- Faisant partie d\u2019une élite juvénile d\u2019espions américains, deux enfants se rendent sur une île secrète pour récupérer une invention diabolique.TQ 18h KINGSMAN.SERVICES SECRETS (4) (Kingsman \u2013 The Secret Service), G.-B.2014.Comédie d\u2019espionnage de Matthew Vaughn avec Colin Firth, Taron Egerton, Samuel L.Jackson.- Un espion à l\u2019emploi d\u2019une agence ultra-secrète, recrute un jeune homme rustre mais prometteur, au moment où un génie de l\u2019informatique menace l\u2019avenir du monde libre.V 18h30 DO NOT RESIST Voir samedi, 12h.PBS (WETK) 20h L\u2019AMOUR À LA UNE (5) (The Lost Valentine), É.-U.2011.Drame sentimental de Darnell Martin avec Jennifer Love Hewitt, Betty White, Billy Magnussen.- Une journaliste de la télévision est chargée de convaincre une vieille dame dont le mari est disparu à la guerre en 1944 de venir en ondes raconter son histoire.MAX 20h30 MAD MAX.LA ROUTE DU CHAOS (3) (Mad Max \u2013 Fury Road), Aust.2015.Aventures de George Miller avec Charlize Theron, Tom Hardy, Nicholas Hoult.- Dans un monde post-apocalyptique, un ex-policier de la route forge une alliance avec une aventurière, qui a kidnappé les cinq épouses d\u2019un despote cruel, vieux et laid.TVA 20h45 BALLE DE MATCH (3) (Match Point), G.-B.2005.Drame de mœurs de Woody Allen avec Jonathan Rhys Meyers, Scarlett Johansson, Emily Mortimer.- Un professeur de tennis d\u2019origine modeste, marié à la fille d\u2019un riche homme d\u2019affaires londonien, s\u2019engage dans une liaison passionnée avec une Américaine.ARTV 21h EN CHAIR ET EN OS (4) Esp.1997.Drame de mœurs de Pedro Almodóvar avec Javier Bardem, Liberto Rabal, Francesca Neri.- Un ancien détenu retrouve le policier qu\u2019il a rendu paraplégique ainsi que l\u2019épouse de celui-ci dont il a toujours été amoureux.TFO 21h LENDEMAIN DE VEILLE 3 (5) (The Hangover Part III), É.-U.2013.Comédie de Todd Phillips avec Zach Galifianakis, Bradley Cooper, Ken Jeong.- En route pour l\u2019Arizona, quatre amis sont contraints par un gangster de retrouver la trace d\u2019un Chinois de leur connaissance, qui lui a volé une cargaison d\u2019or.V 21h15 FOR AHKEEM (3) É.-U.2017.Documentaire de Jeremy S.Levine.- Les efforts d\u2019une adolescente noire du Missouri pour terminer ses études secondaires et élever son fils, malgré le dossier criminel et le futur incertain du père de ce dernier.PBS (WETK) 21h30 ADVENTURELAND (4) É.-U.2009.Comédie de Greg Mottola avec Jesse Eisen- berg, Kristen Stewart, Martin Starr.- À l\u2019été 1987, un étudiant timide décroche un boulot dans un parc d\u2019attractions, où il s\u2019éprend d\u2019une fille délurée qui a une liaison avec le concierge de l\u2019endroit.VRAK 22h LA COULEUR POURPRE (3) (The Color Purple), É.-U.1985.Drame de mœurs de Steven Spielberg avec Whoopi Goldberg, Margaret Avery, Danny Glover.- Les tribulations d\u2019une jeune Noire livrée en mariage à un fermier veuf qui la traite en servante.TQ 22h FEMMES DE RÊVE Voir samedi, 15h30.MAX 22h30 DEAD MAN (3) É.-U.1995.Western de Jim Jarmusch avec Johnny Depp, Gary Farmer, Lance Henriksen.- Gravement blessé, un hors- la-loi traqué reçoit l\u2019aide d\u2019un Amérindien érudit.TFO 22h43 RUSH (4) É.-U.2013.Drame sportif de Ron Howard avec Daniel Brühl, Chris Hemsworth, Alexandra Maria Lara.- La rivalité légendaire qui a opposé l\u2019Autrichien Niki Lauda et l\u2019Anglais James Hunt durant la saison 1976 de Formule 1.TVA 23h45 REMORQUES (4) Fr.1942.Drame psychologique de Jean Grémillon avec Jean Gabin, Michèle Morgan, Madeleine Renaud.- Le capitaine d\u2019un petit navire dont l\u2019épouse est malade s\u2019éprend d\u2019une autre femme.TFO 0h48 DIMANCHE FOR AHKEEM Voir samedi, 21h30.PBS (WETK) 9h 42 \u2013 L\u2019HISTOIRE DE JACKIE ROBINSON (5) (42), É.-U.2013.Drame historique de Brian Helgeland avec Chadwick Boseman, Harrison Ford, Nicole Beharie.- En 1947, le propriétaire des Dodgers de Brooklyn, signe un contrat avec Jackie Robinson, faisant de lui le premier joueur noir de la Ligue majeure de baseball.TVA 10h LE RÈGNE DU FEU Voir samedi, 16h.MP 11h ESPIONS EN HERBE 2.L\u2019ÎLE DES RÊVES ENVOLÉS Voir samedi, 18h.TQ 12h L\u2019AVARE (4) Fr.1980.Comédie de Louis de Funès avec Louis de Funès, Michel Galabru, Claude Gensac.- Un avare est aux prises avec les gens de son entourage qu\u2019il veut mener à sa guise.ARTV 12h IMPOSTURE (5) Fr.2015.Thriller de Julien Despaux avec Laura Smet, Alexia Barlier, Pierre Perrier.- À la mort de sa mère au Canada, une infirmière française apprend avec stupeur que son père est toujours vivant et qu\u2019une jeune femme se fait passer pour elle auprès de lui.TV5 13h LE MAÎTRE DU TAI-CHI (5) (Man of Tai Chi), É.-U.2013.Film d\u2019arts martiaux de Keanu Reeves avec Tiger Hu Chen, Keanu Reeves, Karen Mok.- Afin de sauver le temple de son maître, un jeune adepte de tai-chi accepte de participer à des combats clandestins contre divers experts en arts martiaux.Z 14h J.EDGAR (4) É.-U.2011.Drame biographique de Clint Eastwood avec Leonardo DiCaprio, Armie Hammer, Naomi Watts.- La vie et la carrière de l\u2019ancien directeur général du FBI J.Edgar Hoover, qui fut de 1924 à 1972 ans le visage de la loi et l\u2019ordre aux États-Unis.V 14h30 LES AVENTURES DE TINTIN (4) (The Adventures of Tintin), É.-U.2011.Film d\u2019animation de Steven Spielberg.- Après avoir acheté une maquette d\u2019un navire du XVIIe siècle, un reporter intrépide est entraîné dans une étonnante chasse au trésor.TVA 15h45 L\u2019AMOUR À LA UNE Voir samedi, 20h30.MAX 18h FEMMES DE RÊVE Voir samedi, 15h30.MAX 20h SWEET HOME ALABAMA (5) É.-U.2002.Comédie sentimentale d\u2019Andy Tennant avec Reese Witherspoon, Josh Lucas, Patrick Dempsey.- Fiancée au fils de la mairesse de New York, une jeune designer de mode doit se rendre dans son Alabama natal pour divorcer de son premier mari.V 20h VÉNUS NOIRE (3) Fr.2009.Drame historique d\u2019Abdellatif Kechiche avec Yahima Torres, Andre Jacobs, Olivier Gourmet.- Au début du XIXe siècle, une Africaine au postérieur surdimensionné est exhibée comme une bête de foire à Londres et à Paris, pour ensuite subir les examens d\u2019un anatomiste français.TQ 21h MOLIÈRE (4) Fr.2006.Comédie dramatique de Laurent Tirard avec Romain Duris, Fabrice Luchini, Laura Morante.- En 1644, le jeune Molière est engagé par un riche marchand marié qui désire apprendre l\u2019art dramatique pour mieux séduire une marquise.ARTV 21h DE PLEIN FOUET (3) All.2003.Drame de mœurs de Fatih Akin avec Birol Ünel, Sibel Kekilli, Catrin Striebeck.- Deux Allemands d\u2019origine turque blessés par la vie se marient sans réellement s\u2019aimer pour tenter de changer leur destin respectif.TFO 21h TI-CUL TOUGAS (4) Can.1975.Comédie de mœurs de Jean-Guy Noël avec Claude Maher, Micheline Lanctôt, Suzanne Garceau.- Réfugiés aux îles de la Madeleine avec de l\u2019argent volé, un musicien et son amie préparent leur fuite en Californie.TFO 23h04 HUGO (3) É.-U.2011.Aventures de Martin Scorsese avec Asa Butter- field, Chloë Grace Moretz, Ben Kingsley.- Un orphelin vivant incognito dans une grande gare parisienne découvre que le vieux marchand de jouets de l\u2019endroit n\u2019est autre que l\u2019ancien roi du cinéma muet Georges Méliès.TVA 23h15 EN CHAIR ET EN OS Voir samedi, 21h.TFO 0h33 LUNDI THE BLACK PANTHERS: VANGUARD OF THE REVOLUTION (4) É.-U.2015.Documentaire de Stanley Nelson.- L\u2019histoire du mouvement des Black Panthers, créé en 1966 en Californie par des activistes radicaux noirs, dans le but de mettre fin à la ségrégation et à la violence policière.PBS (WETK) 10h L\u2019HISTOIRE DE HANK WILLIAMS (4) (The Last Ride), É.-U.2012.Drame biographique de Harry Thomason avec Henry Thomas, Jesse James, Fred Dalton Thompson.- En 1952, une amitié inattendue se forme entre le chanteur Hank Williams, au soir de sa vie, et le jeune mécanicien chargé de lui servir temporairement de chauffeur.TVA 13h SANS RÉPIT (4) (Restless), É.-U.2011.Drame psychologique de Gus Van Sant avec Mia Wasikowska, Henry Hopper, Ryo Kase.- Un adolescent orphelin aux idées morbides s\u2019éprend d\u2019une jeune fille dont les jours sont comptés.TQ 13h MOLIÈRE Voir dimanche, 21h.ARTV 21h PAPA À LA CHASSE AUX LAGOPÈDES (3) Can.2008.Comédie de Robert Morin avec François Papineau, Georges Aubin, Ben Gibson.- Un fraudeur fuit vers le Grand Nord où l\u2019attend un avion qui le conduira aux Bahamas, tout en se filmant pour laisser un témoignage à ses deux filles chéries.TFO 21h DE PLEIN FOUET Voir dimanche, 21h.TFO 0h PIÈCE MONTÉE (5) Fr.2009.Comédie de Denys Granier-Deferre avec Jérémie Renier, Clémence Poésy, Danielle Darrieux.- Les déboires sentimentaux des membres de deux familles bourgeoises au cours d\u2019une noce célébrée dans un château à la campagne.TVA 0h35 MARDI BUREAU DE CONTRÔLE (4) (The Adjustment Bureau), É.-U.2010.Science-fiction de George Nolfi avec Matt Damon, Emily Blunt, Anthony Mackie.- Un politicien se met à dos des agents du Destin qui l\u2019empêchent de poursuivre son idylle avec une danseuse de ballet.TVA 13h PATER (4) Fr.2011.Comédie dramatique d\u2019Alain Cavalier avec Vincent Lindon, Alain Cavalier, Bernard Bureau.- Un cinéaste et un acteur se prêtent à un jeu de rôle dans lequel ils campent respectivement le président et le premier ministre français.TFO 21h OUTBREAK: ANATOMY OF A PLAGUE (4) Can.2010.Docu-fiction de Jefferson Lewis.- Divers spécialistes s\u2019interrogent sur la capacité qu\u2019ont les institutions gouvernementales et médicales actuelles d\u2019empêcher le déclenchement d\u2019une épidémie de variole à Montréal.PBS (WETK) 21h30 L\u2019AVARE Voir dimanche, 12h.ARTV 23h PAPA À LA CHASSE AUX LAGOPÈDES Voir lundi, 21h.TFO 0h15 BÉBÉ ENTRE AMIS (5) (Expecting), É.-U.2013.Comédie de Jessie McCormack avec Michelle Monaghan, Radha Mitchell, Jon Dore.- Enceinte à la suite d\u2019une aventure d\u2019un soir, une femme irresponsable propose de donner son bébé à naître à sa meilleure amie, qui n\u2019a pas réussi à avoir d\u2019enfants avec son conjoint.TVA 0h35 DE PLEIN FOUET Voir dimanche, 21h.TFO 1h49 MERCREDI DEUX SEMAINES D\u2019AVIS (5) (Two Weeks Notice), É.-U.2002.Comédie sentimentale de Marc Lawrence avec Sandra Bullock, Hugh Grant, Alicia Witt.- Malgré ses convictions de militante de gauche, une avocate devient l\u2019assistante personnelle d\u2019un playboy millionnaire.TVA 13h UN AMOUR INFINI (4) (Endless Love), É.-U.1981.Drame psychologique de Franco Zeffirelli avec Martin Hewitt, Brooke Shields, Shirley Knight.- Follement épris de la sœur de son meilleur ami, un adolescent entame avec elle une relation amoureuse, toutefois compromise par l\u2019intransigeance du père de la jeune fille.VIE 13h COURT (3) Ind.2014.Drame social de Chaitanya Tamhane avec Vira Sathidar, Vivek Gomber, Geetanjali Kulkarni.- À Mumbai, un vieux chanteur folk est accusé d\u2019avoir poussé au suicide un employé d\u2019une entreprise d\u2019assainissement.TFO 21h PATER Voir mardi, 21h.TFO 0h26 SUBLIMES CRÉATURES (4) (Beautiful Creatures), É.-U.2013.Drame fantastique de Richard LaGravenese avec Alden Ehrenreich, Alice Englert, Jeremy Irons.- Dans un bled de la Caroline du Sud, un adolescent s\u2019éprend de la nouvelle élève de son école, qui s\u2019avère être une ensorceleuse.TVA 0h35 JEUDI HIVER NOMADE (3) Suis.2012.Documentaire de Manuel von Stürler.- Un berger de la Suisse romande et sa jeune assistante parcourent plus de 600 kilomètres à pied pour la transhumance hivernale de leur troupeau de 800 moutons.TV5 9h30 MONSIEUR MÉTÉO (4) (The Weather Man), É.-U.2004.Comédie dramatique de Gore Verbinski avec Nicolas Cage, Michael Caine, Hope Davis.- Un présentateur météo récemment divorcé tente de mettre de l\u2019ordre dans sa vie personnelle.TVA 13h 8 MILE (3) É.-U.2002.Drame de mœurs de Curtis Hanson avec Eminem, Kim Basinger, Brittany Murphy.- Vivant dans un quartier pauvre de Detroit, un jeune ouvrier blanc aspire à devenir une vedette de la musique hip-hop.MP 16h30 UNE PRINCESSE SUR LA GLACE (5) (Ice Princess), É.-U.2005.Drame sportif de Tim Fywell avec Michelle Trachtenberg, Joan Cusack, Kim Cattrall.- Au risque de décevoir sa mère, une adolescente douée pour les sciences réalise son rêve de faire carrière en patinage artistique.MP 21h AIMER, BOIRE ET CHANTER (4) Fr.2013.Comédie d\u2019Alain Resnais avec Sabine Azéma, Hippolyte Girardot, Caroline Sihol.- Trois femmes de la campagne anglaise mettent leurs mariages en péril en se laissant séduire par un ami commun, condamné par la maladie.TFO 21h ST-HENRI THE 26TH OF AUGUST (4) (St-Henri le 26 août), Can.2010.Documentaire de Shannon Walsh.- Regard sur le quartier ouvrier mon- tréalais de Saint-Henri et ses habitants, le jour de la rentrée des classes.PBS (WETK) 21h30 MOLIÈRE Voir dimanche, 21h.ARTV 22h LE CERCLE 2 (5) (The Ring Two), É.-U.2005.Drame d\u2019horreur d\u2019Hideo Nakata avec Naomi Watts, David Dorfman, Simon Baker.- Une journaliste cherche à sauver son petit garçon qui est possédé par l\u2019esprit d\u2019une fillette morte dans des circonstances horribles.Z 23h COURT Voir mercredi, 21h.TFO 0h20 MOLIÈRE Voir dimanche, 21h.ARTV 1h30 VENDREDI MOLIÈRE Voir dimanche, 21h.ARTV 10h 8 MILE Voir jeudi, 16h30.MP 12h REVANCHE (5) (Revenge), É.-U.1989.Drame de mœurs de Tony Scott avec Kevin Costner, Anthony Quinn, Madeleine Stowe.- Après avoir découvert que sa femme le trompe avec un jeune pilote, un riche propriétaire mexicain exerce une dure vengeance contre eux.MAX 20h VIC + FLO ONT VU UN OURS (3) Can.2013.Drame de Denis Côté avec Pierrette Robitaille, Romane Bohringer, Marc-André Grondin.- En libération conditionnelle, une sexagénaire bourrue s\u2019établit dans l\u2019ancienne cabane à sucre familiale, où la rejoint l\u2019amante française qu\u2019elle a connue en prison.TFO 21h XXX (5) É.-U.2002.Drame d\u2019espionnage de Rob Cohen avec Vin Diesel, Asia Argento, Marton Csokas.- Un criminel casse-cou est forcé par les services secrets américains d\u2019infiltrer à Prague un gang d\u2019anarchistes russes ayant conçu une redoutable arme chimique.V 21h BARBARA (3) All.2012.Drame de Christian Petzold avec Nina Hoss, Ronald Zehrfeld, Jasna Fritzi Bauer.- En 1980, une pédiatre de Berlin-Est, fraîchement mutée en province pour avoir signifié son intention de passer à l\u2019Ouest, résiste aux avances de son nouveau chef, dont elle se méfie.TQ 23h30 PEUR GRISE (5) (The Grey), É.-U.2012.Aventures de Joe Carnahan avec Liam Neeson, Dallas Roberts, Dermot Mulroney.- En Alaska, l\u2019avion d\u2019un groupe de travailleurs d\u2019une raffinerie de pétrole s\u2019écrase en plein cœur du territoire d\u2019une meute de loups.TVA 23h35 AIMER, BOIRE ET CHANTER Voir jeudi, 21h.TFO 0h05 L\u2019AVARE Voir dimanche, 12h.ARTV 1h30 COURT Voir mercredi, 21h.TFO 1h56 LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 MANON DUMAIS LE DEVOIR Unique en son genre Documentaire de Rowan Deacon produit pour la BBC, The Last Rhino met en scène Sudan, le dernier mâle rhinocéros blanc du Nord.À moitié aveugle, âgé de 43 ans, Sudan est surveillé 24 heures sur 24, sept jours par semaine par une armée de gardiens dans la réserve naturelle d\u2019Ol Pejata, au Kenya.Afin d\u2019éviter l\u2019extinction de sa sous-espèce et de sensibiliser 140 pays à sa condition, on a créé en mai dernier un profil Tinder, populaire application de rencontres, pour Sudan.Oui, vous avez bien lu.Nature : The Last Rhino PBS, mercredi, 20h SU R VOS ÉC R A N S \u2014 Q I E N P É R I L Le visionnement en continu de la semaine Inconsolable depuis la mort de Ned Stark dans Game of Thrones ?Retrouvez alors Sean Bean dans les deux premières saisons de la série britannique The Frankenstein Chronicles, où il incarne un inspecteur enquêtant sur différents crimes commis dans le Londres de 1827 grouillant d\u2019opiomanes, de prostituées et de malfrats.Ses recherches le mèneront sur les traces d\u2019un scientifique fou qui tente de réanimer les morts en rapiéçant des morceaux de cadavres\u2026 comme dans le roman de Mary Shelley (Anna Maxwell Martin).Une série créée par Barry Langford, qui devrait séduire les amateurs d\u2019horreur gothique, où l\u2019on retrouve Vanessa Kirby, l\u2019interprète de la princesse Margaret dans The Crown.The Frankenstein Chronicles Netflix, dès mardi Bienvenue en Idiocratie Avec les décennies, l\u2019être humain serait de plus en plus idiot.On devra alors faire le deuil de l\u2019ambition de mettre au monde de petits Einstein, Mozart ou Marie Curie.Du moins c\u2019est ce qu\u2019affirment les chercheurs scientifiques dans Demain, tous crétins?, documentaire réalisé pour la chaîne Arte par Sylvie Gilman et Thierry De Lestrade.La raison?Nous baignons dans une «soupe chimique», laquelle bouleverse le fonctionnement de la glande thyroïde.Les conséquences?Les scientifiques notent que les cas d\u2019autisme, de TDAH et de difficultés d\u2019apprentissage ne cessent d\u2019augmenter, tandis que les capacités intellectuelles baissent.Que faire pour contrer l\u2019inertie des hautes instances?Le secret serait dans l\u2019iode\u2026 Un documentaire-choc à voir, histoire de se coucher moins niaiseux.Demain, tous crétins ?Explora, mercredi, 21h Un héros très discret Après s\u2019être cassé les dents avec War- craft, navrante adaptation du célèbre jeu vidéo, Duncan Jones revient à ce qu\u2019il sait faire de mieux: de la science- fiction indépendante.«Suite spirituelle» de Moon, campée dans un Berlin futuriste, c\u2019est le réalisateur lui- même qui le dit, Mute met en vedette Alexander Skargard dans le rôle d\u2019un barman muet depuis l\u2019enfance qui part à la recherche de sa petite amie (Seyneb Saleh) et qui tombe sur deux chirurgiens américains peu fréquentables (Paul Rudd et Justin Théroux).Avis aux fans de Moon : Sam Rockwell y reprend son rôle de Sam Bell.Mute Netflix, dès vendredi L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e Té l év i s i o n 4 4 | 02/18 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang 2018 (D) TVA TVA nouvelles VLOG La Voix 21h15 La vraie nature 22h15 Obèse 22h45 TVANou.Cinéma TQ Curieux Bégin Deux hommes en or La cure / Continuer VÉNUS NOIRE (2009) avec Andre Jacobs, Olivier Gourmet, Yahima Torres.V 17h30 AMOURS TROUBLES (2003) Ben Affleck.SWEET HOME ALABAMA (2002) Reese Witherspoon.22h15 PRISE EN OTAGE (2014) Diane Neal.ICI RDI Le Téléjournal Le National RDI économie Le Téléjournal Tout le monde Le Téléjournal Isabelle Richer Semaine Verte TV5 Saison au zoo Journal FR On n'est pas couché Tendance 22h45 Échos-L.Journal/ L\u2019invité CANAL D Comédie Club Docu-D / Comment Playboy a changé le monde Déroute Transports Cauchemar sur l'autoroute L'ombre CANAL VIE Maigrir pour gagner Maux mystères La vie avec des quintuplées Encan et flip au Texas Nate et Jeremiah: designers Décore ta vie RDS 15h00 Golf Sports 30 Images/sec.Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang 2018 - Snowboard (F) Big air (D) Sports 30 Sports 30 HISTORIA Récupérateurs Récupérateurs Confessions Hells Shotgun Ménard Braqueurs Braqueurs Légendes Légendes Fous bolides ICI ARTV C'est juste de la TV La soirée est (encore) jeune Virtuose / Florence Laurain MOLIÈRE (2006) avec Ludivine Sagnier, Romain Duris.Juste du web EXPLORA S'aime chien Curiosités Le refuge de l'espoir Alex+Tyler, éco Sur les routes de la science Planète techno Découverte Sexplora Z Maripier! P.Lemieux Plus dur Prêt sur gage Les hors-la-loi du volant Sleepy Hollow / Les témoins Garage Comédie Américars SAVOIR Monde Sociologie Planète Terre 10 découvertes FutureMag Électron/ Thèse uniVERT Voir autrement 22h20 Métiers Vues d'UQAM Cinéma québec TFO Subito texto Top!/ Top! Boum, canon Danse rêves Mosquée Citoyen monde DE PLEIN FOUET (2004) Cinéma Planète 17h30 Porteurs Comme une traînée de poudre Marie-Antoinette, la véritable histoire Topoï: L'époque La garde rapprochée d'Hitler Tanks: L'enfer CBC PyeongChang 2018 Winter Olympics - Curling (W) Canada vs.Japan, Figure Skating, Ice Hockey (D) CTV CTV News Montreal The Big Bang The Big Bang Match Game / Jack McBrayer The Amazing Race Shark Tank National News GBL 15h00 Golf Global National BorderSecur BorderSecur Big Brother: Celebrity Edition 9-1-1 / Next of Kin NCIS: Los Angeles / Crazy Train Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos Celebrity Family Feud Celebrity Family Feud Shark Tank News at 11 CBS 15h00 Golf Weekend News 60 Minutes Big Brother: Celebrity Edition NCIS: Los Angeles / Plain Sight Madam Secretary 3 News PBS (33) Great British Baking / Desserts A Place to Call Home Masterpiece Classic Masterpiece Classic Secrets of the Tower of London Midwife UNIS Le p'tit cabaret À fond de train Chair de poule Chair de poule Radio enfer Radio enfer Galaxie près Galaxie près Peaky Blinders HBO 17h45 Happening MAUDIE (2016) Here and Now / It's Coming Divorce Crashing Last Week TVA Sports 16h00 Hockey Le TVA sports Kevin Raphael RAW Boxe Le TVA sports Crashed Ice Hockey / Pha./N.Y.R.02/17 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang 2018 (D) TVA TVA nouvelles PIXELS (V.F.) (2015) avec Kevin James, Adam Sandler.20h45 MAD MAX: LA ROUTE DU CHAOS (2015) Tom Hardy.23h15 TVANou.TQ ESPIONS EN HERBE 2: L'ÎLE DES RÊVES ENVOLÉS (2002) Les francs-tireurs Belle et Bum LA COULEUR POURPRE (1985) V Cinéma KINGSMAN: SERVICES SECRETS (2014) avec Taron Egerton, Colin Firth.21h15 LENDEMAIN DE VEILLE 3 (2013) avec Zach Galifianakis, Bradley Cooper.ICI RDI La Semaine verte Le National Le National La grande traversée Le Téléjournal Tout le monde Le Téléjournal National hebdo Reportages TV5 Saison au zoo Journal FR La vie secrète des chansons 52e Gala de l'Union des artistes 22h50 Voisins Journal/ L\u2019invité CANAL D Remorqueurs Garage d'élite Mayday / Approche dangereuse Comédie Club Festival Grand Rire Fabien Cloutier: Cranbourne Déroute CANAL VIE À la conquête d'une maison La réno Mini-maisons Petite ville, grandes rénos Marié ou éliminé Conscience morale Cinéma RDS Sports 30 24CH glace Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang 2018 - Curling (H) (D) L'antichambre Olympiques HISTORIA De l'acier et du feu De l'acier et du feu Aux armes! Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Légendes ICI ARTV Info, sexe PaparaGilles Pour l'amour du country La soirée est (encore) jeune BALLE DE MATCH (2005) avec Jonathan Rhys-Meyers, Scarlett Johansson.EXPLORA Animo Pharmachien Afrique sauvage L'ORQUE TUEUSE (2013) 21h45 Vu ciel Détourner Sexplora Secouristes de Z Fous Science Comédie Le web obscur Seuls et tout nu Trop fou pour être vrai?Le trône de fer / L'Ascension SAVOIR Révolte 18h50 L'ONU Reportage Géo 19h50 L'ONU Voir autrement 20h50 Métiers Monde Sociologie Face à Face uniVERT TFO Subito texto Top!/ Top! Flip Danse rêves Mosquée Citoyen monde EN CHAIR ET EN OS (1997) Liberto Rabal.22h45 DEAD MAN (1996) Planète Tanks: Dans l'enfer J'ai vu changer la Terre Les ambassadrices de l'espoir Côtes d'Europe Panoramas Namibie Big Bang CBC CBC News PyeongChang 2018 Winter Olympics - Curling (M) Canada vs.Switzerland, Freestyle Skiing (W) Slopestyle Final, Alpine Skiing (W) Super-G Final (D) CTV CTV News Montreal W5 / TBA/ Giants of Africa GARAGE SALE MYSTERY: MURDER BY TEXT (2017) Criminal Minds / Keeper National News GBL 16h00 PGA Golf (D) Global News Security MOMMY'S LITTLE GIRL (2016) Fiona Gubelman.Private Eyes / Partners in Crime Global News ABC News News at 6:30 Extra Weekend The Middle The Middle Black-ish Black-ish 20/20 News at 11 CBS 16h00 PGA Golf (D) Ch.3 News Outdoor A.MacGyver / DIY or Die NCIS: New Orleans 48 Hours Channel 3 N.PBS (33) Father Brown Time Goes By Appearances French Fields Coupling Masterpiece Classic / Poldark Death in Paradise Partie 2 de 2 Austin City UNIS Trait d'humour Les filles de Caleb Captive Peaky Blinders Fortitude Traces Maria HBO 17h40 Baltimore Rising 19h15 Brillo Box (3 Cents Off) 2 Dope Queens Crashing Crashing Crashing Crashing Crashing TVA Sports Avant-match (D) LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Golden Knights de Vegas (D) 21h45 Dave Morissette 22h45 Kevin 23h15 Boxe S A M E D I L U N D I D I M A N C H E CRITIQUE LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR Bâtie entre ciel et mer, l\u2019abbaye du Mont-Saint-Michel a étalé sa magnificence dans une orgie d\u2019images qui se sont déployées sur tous les supports à travers toutes les époques.Banalisé jusqu\u2019à l\u2019usure, ce joyau normand vieux de 15 siècles trouve dans la caméra de Marc Jampolsky un œil neuf autant qu\u2019une oreille attentive au fil d\u2019une enquête architecturale rigoureuse.Dans Mont-Saint-Michel, le labyrinthe de l\u2019archange, historiens et archéologues se pressent au chevet de ce bâtiment polymorphe qui, comme une poupée gigogne, s\u2019est construit et reconstruit sur lui-même au fil du temps et des hoquets de l\u2019histoire.En leur compagnie, on pénètre dans ses multiples salles, certaines interdites au public, comme on traverserait les années, jusqu\u2019à son cœur médiéval.Exigeant et verbeux, le documentaire d\u2019une heure et demie est dense, suivant une logique policière lui permettant d\u2019aligner ses ressorts avec un sens cer tain du théâtre.Il n\u2019en reste pas moins captivant, allégé par des photos aériennes époustouflantes, des animations habiles et des modélisations 3D clarissimes qui mettent en contexte les richesses de cette énigme architecturale.Bercé par les marées les plus fortes d\u2019Europe, le joyau qui s\u2019y dévoile prend des couleurs d\u2019une réjouissante complexité narrative.Pour qui a joué du coude pour se frayer un chemin dans les sentiers bondés de l\u2019îlot rocheux, le contraste est frappant.Et ne manque surtout pas de sel.Mont-Saint-Michel, le labyrinthe de l\u2019archange Lundi, TV5, 20h Les mystères d\u2019un vaisseau de pierres Marc Jampolsky raconte une enquête captivante dans les entrailles du Mont-Saint-Michel SU R VOS ÉC R A N S Lanceurs d\u2019alerte, première mouture Ce documentaire réalisé par Johanna Hamilton, produit entre autres par Laura Poitras (Citizenfour), relate le cambriolage des bureaux du FBI à Media, en Pennsylvanie, en mars 1971 par huit activistes, qui y dérobent des documents mettant en lumière un programme secret de surveillance organisé par John Edgar Hoover.Ces militants, qui ne seront jamais arrêtés pour leur crime, feront parvenir ces documents à de grands journaux, qui les rendront publics.Ils racontent cette aventure dans ce film qui alterne images d\u2019archives et reconstitutions.1971 Planète +, jeudi, 20h 02/19 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang 2018 (D) TVA TVA nouvelles Le Tricheur La Voix: Extra En tout cas L'échappée / Parfum de femme Fugueuse / Bouton panique TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Conseils Génial! Ça vaut le coût Point doc / Bébés à la carte Formule Diaz Like-moi! Mc$ween Dans médias V Souper parfait Danser gagner Rire et délire Mets-y le Ça décolle Scorpion / Dans sa bulle Danser gagner Atomes Guerre clans ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Mixeur Champions Mont Saint-Michel: Le labyrinthe de l'archange 21h40 Itineris Tanks: Dans l'enfer Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Transports Enchères Naissance d'un océan Phénomènes vus de l'espace R.I.S, police scientifique Comédie Club CANAL VIE La belle gang ByeMaison Quoi ton plan?Maigrir pour gagner Marié ou éliminé À la conquête d'une maison La belle gang RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Hors-jeu 2.0 24CH glace LNH Hockey / Sénateurs d'Ottawa c.Predators de Nashville (D) L'antichambre (D) HISTORIA Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Boardwalk ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Info, sexe PaparaGilles Les dieux de la danse MOLIÈRE (2006) avec Ludivine Sagnier, Romain Duris.Esprit critique EXPLORA Coeur de la nature / Les plaines Alex+Tyler, éco Afrique sauvage: L'aventure Repères À l'épreuve d'une tribu Rivalité de génies Exploration Z Remorquage Dans l'net Les pires chauffards québécois Sleepy Hollow / Les témoins Animal Kingdom The Leftovers (v.f.) Star Trek: Voy.SAVOIR Face à Face uniVERT Découvertes Santé! Autisme Un grand pas 21h50 De neuf uniVERT Monde Saint-Laurent TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Conseils Carte de visite PAPA À LA CHASSE AUX LAGOPÈDES (2008) 22h35 Visite 23h05 Citoyen Planète Bons baisers de l'île Maurice Sous le radar Tété ou Dédé?/ Éthiopie Un guerrier légendaire Panoramas CBC CBCNews Coronation St.PyeongChang 2018 Winter Olympics - Freestyle Skiing (W) Halfpipe Final, Ice Hockey (D) CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Lucifer The Amazing Race Partie 1 de 2 The Good Doctor / 22 Steps CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight Big Brother: Celebrity Edition NCIS: New Orleans Private Eyes Global News ABC News at 6 News Local 22 News Destination The Bachelor The Good Doctor / 22 Steps News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Big Brother: Celebrity Edition Super Donuts 9JKL Scorpion Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Independent Lens POV / All the Difference UNIS Pense vite! Cracks du lab Voyage Oiseaux Hors circuits À plein gaz Chars Peaky Blinders Canada, nature HBO 17h55 LIKE.SHARE.FOLLOW (2016) Last Week Newspaperman Here and Now / It's Coming Divorce Crashing TVA Sports 17h30 #Lavoie LHJMQ À communiquer Dave Morissette en direct Le TVA sports LHJMQ TV5 | 4 5 C u l t u r e Té l év i s i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 02/23 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang 2018 (D) TVA TVA nouvelles Le Tricheur Ça finit bien la semaine Du talent à revendre La liste noire / Philomena TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passager Électrons Curieux Bégin Un chef à la cabane Deux hommes en or Like-moi! Belle et Bum V Souper parfait Détestables L'arbitre SQ 911 XXX (2002) avec Samuel L.Jackson, Asia Argento, Vin Diesel.ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands report Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR Les flots / Floride - Sud Le plein / Le Grand Canyon, Disneyland Paris, la Tomatina Champions 22h25 Service Journal/ C à dire CANAL D R.I.S, police scientifique En quête de vérité Opération Police Marche à l'ombre Détectives Frontières CANAL VIE La vie avec des quintuplées Quoi ton plan?Design V.I.P.Vendre ou rénover au Québec Maigrir pour gagner ByeMaison Chic Shack Chalet RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Images/sec.Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang 2018 - Bobsleigh, Snowboard (H et F) slalom géant parallèle (D) HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Les montagnards / La blessure Les montagnards Les montagnards L'acier et feu ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Mission X / L'enfer c'est ici Ils étaient dix Info, sexe PaparaGilles C'est juste de la TV Fatale-Station EXPLORA Curiosités Recyclage Planète techno Pharmachien Reconstruire l'histoire Concevoir l'impossible Sexplora Gagner Épreuve tribu Z Remorquage Dans l'net Maripier! P.Lemieux Milot Land Week-end Garage Prêt sur gage SNCTM Banshee (v.f.) SAVOIR Au coeur du cinéma québécois Apostrophes 20h15 Universc Secrets Électron/ Thèse Encore plus FutureMag 10 découvertes Un grand pas TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Danse rêves TFO 24.7 VIC + FLO ONT VU UN OURS (2013) Pierrette Robitaille.23h05 Citoyen Planète NouveauxExplorateurs / Maroc Namibie Big Bang Les porteurs d'espoir L'imposteur de l'affaire Maddie J'ai vu changer la Terre Lumière crue CBC CBCNews Coronation St.PyeongChang 2018 Winter Olympics - Snowboarding (W) Big Air Final (D) CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Shark Tank The Amazing Race Blue Bloods / The Forgotten CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight Big Brother: Celebrity Edition Private Eyes / Family Jewels Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition A BUG'S LIFE (1998) avec Voix de Kevin Spacey, Dave Foley.20/20 News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Big Brother: Celebrity Edition Blue Bloods / The Forgotten Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour News Vermont Week Wash.Week #MeToo, Now Great Performances Business UNIS Pense vite! Bizarroscope Galaxie près Galaxie près Radio enfer Radio enfer Chair de poule Chair de poule Le p'tit cabaret / Yann Perreault Richard/ Nonna HBO 16h10 RACE Class Divide 19h50 Last Wk 20h20 TOTEM (2017) avec Ahna O'Reilly, Kerris Dorsey.Pete Holmes Strike Back TVA Sports 17h30 #Lavoie Avant-match À communiquer Dave Morissette en direct Le TVA sports Le top LNH 02/22 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang 2018 (D) TVA TVA nouvelles Le Tricheur J.E.Face au mur / Ernest et Dave Survivant désigné TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue 100% Animal Génial! Mc$ween Les Appendices Dans les médias SOS sages-femmes Honorable V Souper parfait Danser gagner APB: Alerte / Le goût du risque NCIS: Los Angeles L'amour est dans le pré Atomes Atomes Guerre clans ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR Mammifères marins Îles.était une fois Tous en Seine La vie / Cambodge Journal/ C à dire CANAL D Festival Grand Rire Michelle ou la vie sauvage Les dossiers de la NASA Hantise / Cauchemar réel Docu-D / Vieux CANAL VIE La belle gang La vie avec des quintuplées À la conquête d'une maison Nate et Jeremiah: designers La réno Chic Shack La belle gang RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Rangers de New York c.Canadiens de Montréal (D) L'antichambre (D) Olympiques HISTORIA Chasseurs Chasseurs Légendes Légendes Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Nos ancêtres les extraterrestres Extraterrestres ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Info, sexe PaparaGilles Esprit critique Fatale-Station MOLIÈRE (2006) Romain Duris.EXPLORA L'homme au coeur de la nature Animal Fight Club (v.f.) Nature en équilibre / Fundy Aéroport aux rayons X Repères Un film, une histoire / Titanic Z Remorquage Dans l'net Seuls et tout nu Robot Wars Maripier! Comédie Les hors-la-loi du volant LE CERCLE 2 SAVOIR Santé! Découvertes Un grand pas 19h50 De neuf 21e Siècle Cent regards Sociologie uniVERT Québec monde Planète Terre Révolte TFO Amélie Top!/ Top! Flip Motel Monstre Lightning Point AIMER, BOIRE ET CHANTER (2014) Sabine Azéma.23h20 Citoyen Planète Antarctique le pôle sauvage J'ai vu changer la Terre 1971 (2014) Folie macarons Un guerrier légendaire CBC CBCNews Coronation St.PyeongChang 2018 Winter Olympics - Snowboarding (W) Big Air Final, Alpine Skiing, Figure Skating, Freestyle Skiing (W) Cross Final (D) CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Big Bang Young Sheldon The Amazing Race Criminal Minds CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight THE BOURNE LEGACY (2012) avec Rachel Weisz, Edward Norton, Jeremy Renner.Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition The Bachelor Winter Games The Bachelor Winter Games News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight The Big Bang Young Sheldon Mom Life in Pieces S.W.A.T./ K-Town / MC Lyte Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Shadows Fall North The Doctor Blake Mysteries Rebecca UNIS Pense vite! Jenny/ Jenny Chez nous Couleurs locales Voyage Les filles de Caleb Les encanteurs Vu intérieur Goût du pays HBO 18h20 Meth Storm Real Time With Bill Maher Insecure Insecure 22h10 Here and Now 23h15 Brillo TVA Sports 17h30 #Lavoie Avant-match À communiquer Dave Morissette en direct Le TVA sports Chassomaniak 02/21 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang 2018 (D) TVA TVA nouvelles Le Tricheur Refuge animal Oeufs d'or Au secours de Béatrice Prémonitions / Le transfert TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Conseils Génial! Format familial Point doc Les francs-tireurs La cure / Continuer Chef cabane V Souper parfait Rire et délire Danser gagner Danser pour gagner / Le direct Chicago Justice Danser gagner Atomes Guerre clans ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR Partir Autrement en famille Cellule de crise Challenge Les flots Journal/ C à dire CANAL D Transports 24CH glace Remorqueurs Garage d'élite Australie: La ruée vers l'or Frontières / Les loups Docu-D Michelle ou la CANAL VIE La belle gang Marié ou éliminé Petite ville, grandes rénos The Launch (v.f.) Design V.I.P.Mini-maisons La belle gang RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang 2018 - Curling (D) HISTORIA Restauration Restauration Restauration Restauration De l'acier et du feu De l'acier et du feu Aux armes! Braqueurs ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Lumière sur./ Michel Girouard Pour l'amour du country Outlander: Le chardon et le tartan Virtuose / Florence Laurain EXPLORA Coeur de la nature / Les océans Animo S'aime chien La Semaine verte Demain, tous crétins?La fabrique du cerveau Rivalité Z Remorquage Dans l'net Garage Ça passe Science Le web obscur Week-end Milot Land Silicon Valley Défi limo Cinéma SAVOIR Encore plus Électron/ Thèse Découverte DeNeuf/ Idées FutureMag 10 découvertes Planète Terre Reportage Géo 22h20 L'ONU Santé! Découvertes TFO Amélie Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Danse rêves TFO 24.7 COURT (2014) avec Vivek Gomber, Pradeep Joshi, Usha Bane.TFO 24.7 Planète Abysse, voyage Namibie Big Bang J'ai vu changer la Terre Les cicatrices de la Justice Prud'hommes CBC CBCNews Coronation St.PyeongChang 2018 Winter Olympics - Alpine Skiing (W) Downhill Final, Freestyle Skiing (M) Cross Final, Ice Hockey (W) Gold Medal (D) CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Big Bang The Big Bang The Launch / Just Launched Match Game / Horatio Sanz CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight Big Brother: Celebrity Edition 9-1-1 / Pilot Private Eyes / Disappearing Act Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Speechless Modern Family Am.Housewife Match Game / Horatio Sanz News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Big Brother: Celebrity Edition The Amazing Race Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Globe Trekker Nature / The Last Rhino Nova Impossible Builds Business UNIS Pense vite! Top science Vu intérieur Goût du pays Bouffe en cavale / Veau Captive Vertige À plein gaz HBO Cinéma Real Time With Bill Maher Last Week Divorce Crashing Insecure Insecure 22h05 Insecure 22h35 Eagles of Death TVA Sports 17h30 #Lavoiedubé À communiquer D.Morissette 22h15 RAW 23h15 Kevin 02/20 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang 2018 (D) TVA TVA nouvelles Le Tricheur World of Dance la compétition O' / En chute libre L'heure bleue TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Conseils Génial! Cuisine futée, National Geographic SOS sages-femmes La femme honorable Deux hommes V Souper parfait Danser gagner Taxi payant Taxi payant Éternel / Droit dans le mur Le dernier navire / Extraction Danser gagner Atomes Guerre clans ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR 19h05 La quête des vents Apocalypse: Hitler / La menace La vie / Cambodge Caïn / Western Journal/ C à dire CANAL D Phénomènes vus de l'espace Pleine tempête Pleine tempête Cauchemar sur l'autoroute Mayday / Meurtre dans le ciel Fugitifs Australie: Ruée CANAL VIE La belle gang Mini-maisons La réno Encan et flip au Texas Vendre ou rénover au Québec Quoi ton plan?Idées-grandeur La belle gang RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Flyers de Philadelphie (D) L'antichambre (D) PyeongChang 2018 (D) HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Fièvre encans ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix La soirée est (encore) jeune Info, sexe PaparaGilles Le directeur de nuit Fatale-Station L'AVARE EXPLORA Coeur de la nature / Les forêts Le refuge de l'espoir Découverte La valse des continents Aliens: Premier / Le message Construction Z Remorquage Dans l'net Les hors-la-loi du volant Les vampires originels Surnaturel / L'autre monde The Strain / Le septième être SAVOIR 18h20 L'ONU Reportage Géo 19h20 L'ONU Québec monde CORIM Voir autrement 21h20 Métiers Au coeur du cinéma québécois Vues d'UQAM La bibliothèqye TFO Amélie Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Lightning Point Carte de visite PATER (2011) Vincent Lindon.22h45 Visite 23h15 Citoyen Planète À côté, dans nos forêts J'ai vu changer la Terre Géants des profondeurs Namibie Big Bang Séances CBC CBCNews Coronation St.PyeongChang 2018 Winter Olympics - Ice Hockey (M) Quarter-final, Curling (D) CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Match Game / Sam Richardson The Amazing Race Partie 2 de 2 Saves the World / Old Friends CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight The Wall / Jeff and Jamie NCIS / Willoughby Private Eyes / I Do, I Do Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition The Bachelor Winter Games Saves the World / Old Friends News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight NCIS / Fake It 'Til You Make It Bull NCIS: New Orleans / The Asset Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Points North Outdoor We'll Meet Again Frontline / Bitter Rivals: Iran and Saudi Arabia Partie 1 de 2 Business UNIS Pense vite! À fond de train / Smithers Miss Météo Les encanteurs Chez nous Asiemut Richard/ Nonna Machine/ Vole Oiseaux HBO 17h55 Baltimore Rising Crashing Last Week Divorce Insecure Insecure 22h05 Insecure 22h35 I Can Be Here and Now TVA Sports 17h30 #Lavoie Avant-match To Be Announced Dave Morissette en direct Le TVA sports Kevin Raphael J E U D I V E N D R E D I M E R C R E D I M A R D I SÉRIES+ AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Quelques jours après la diffusion du dernier épisode du formidable drame judiciaire et politique Une femme exemplaire (The Good Wife) en mai 2016, le réseau CBS annonçait avoir commandé à ses créateurs, Robert et Michelle King, une série dérivée centrée sur le personnage de Diane Lockart, la men- tore d\u2019Alicia Florrick, une baby-boo- mer progressiste et féministe convaincue et convaincante, merveilleusement incarnée par Christina Baranski.La diffusion devait démarrer sur la plateforme en ligne payante de CBS en mai 2017, mais elle fut devancée en février, quelques semaines après l\u2019assermentation de Donald Trump.Heureuse décision, car c\u2019est durant cet événement mémorable que se passe la scène d\u2019ouverture, où l\u2019on voit l\u2019héroïne complètement dégoûtée devant son écran de télé\u2026 Tellement que la redoutable avocate décide alors de prendre sa retraite.Elle devra toutefois se raviser quand elle perd toutes ses économies investies dans des fonds gérés par un proche, qui se fait arrêter pour un scandale financier à la Madoff.Persona non grata dans son ancien cabinet et même ailleurs, elle se fait recruter par une firme menée par des Afro-Américains, qu\u2019elle affrontait jusqu\u2019à tout récemment dans une affaire de violence policière contre un Noir.Elle se retrouve ainsi du côté de la clôture qui est plus en accord avec ses propres valeurs\u2026 Une lutte exemplaire poursuit dans la même veine que sa prédecesseure, autant dans la forme que dans l\u2019exploration intelligente des enjeux sociaux et politiques actuels, surtout en cette ère politique américaine nouvelle : discrimination raciale, harcèlement sexuel, inégalités sociales\u2026 Les King ne réinventent pas leur roue scénaristique, et on ne peut pas vraiment s\u2019en plaindre.Pour une fois.Une lutte exemplaire Séries+, jeudi, 21h Continuer le combat La série dérivée d\u2019Une femme exemplaire reste fidèle à l\u2019originale en ce début d\u2019ère Trump L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 V I V R E Autre site fascinant dans la Vallée sacrée, les Salines de Maras qui fournissent depuis 4000 ans le sel indispensable à la conservation des aliments, puisé dans une myriade de lagunes.PHOTOS HÉLÈNE CLÉMENT À 33 km au nord-ouest de Cusco, entre Pisac et Ollantaytambo, s\u2019étend la Vallée sacrée, haut lieu de l\u2019agriculture péruvienne.Les terres y sont si fertiles qu\u2019il y pousse mille légumes, dont la papa ou pomme de terre.Une biodiversité que les Incas exploitèrent dans d\u2019inouïs laboratoires de recherches à flanc de montagne.REPORTAGE HÉLÈNE CLÉMENT COLLABORATRICE LE DEVOIR DANS LA VALLÉE SACRÉE DE L\u2019URUBAMBA e Pérou n\u2019était pas sur ma liste des voyages à faire à tout prix avant de mourir.J\u2019avais d\u2019autres priorités et, peut-être inconsciemment, une petite réserve fondée sur le motif de l\u2019intense exploitation touristique du célébrissime Machu Picchu \u2014 classé au patrimoine de l\u2019UNESCO, devenu au fil du temps une grosse machine à faire de l\u2019argent.L\u2019idée aussi d\u2019essuyer un possible mal de l\u2019altitude dans la ville de Cusco, à 3400 m d\u2019altitude, le point d\u2019arrivée des touristes en route vers le Machu Picchu, ne m\u2019émoustillait pas trop.Ni de faire la queue pour monter dans le train jusqu\u2019à Aguas Calientes, le village au pied du fameux site, et de là une autre interminable queue pour prendre le bus qui mène au lieu, et une autre encore à la guérite d\u2019accès au sommet.Ouf ! Coq-à-l\u2019âne, face au flux croissant de visiteurs qui foulent ce site, l\u2019État pér uvien, en concer tat ion avec l\u2019UNESCO, a instauré un quota de visiteurs.Un maximum de 2500 par jour.En haute saison donc, mieux vaut réserver sa visite bien à l\u2019avance.Et voilà que l\u2019occasion d\u2019un voyage dans la Vallée sacrée des Incas se présente! Un itinéraire «National Geographic Journeys» par G Adventures, un forfaitiste reconnu pour ses expéditions responsables.Avec promesse d\u2019un voyage en petit groupe, de guides locaux, de visite de communautés rurales, et, bien sûr, n\u2019étant pas plus catholique que le pape, de celle du Machu Picchu.Il faut bien reconnaître d\u2019ailleurs qu\u2019aucune photo ne peut rendre compte de la magie des lieux.La vallée péruvienne de l\u2019Urubamba, royaume de la pomme de terre L En outre, jamais je n\u2019oublierai ce moment où, le souffle déjà court, j\u2019ai aperçu les murs titanesques de la célèbre cité inca entourée d\u2019étonnantes terrasses agricoles et ornementales, bâties au sommet d\u2019une crête rocheuse couverte de végétation tropicale et surplombant le fougueux rio Urubamba, couleur chocolat, coulant vers l\u2019Amazonie.Huit jours d\u2019un itinéraire qui allait conduire notre groupe de huit personnes dans la légendaire vallée, entre Pisac et Ollantaytambo, pour y découvrir d\u2019autres sites archéologiques incas moins fréquentés que le Machu Picchu, mais tout aussi grandioses.Dans l\u2019ombre du Machu Picchu En se promenant dans ce haut lieu généreux, dominé par les glaciers, on reste bouche bée en observant les montagnes couvertes de terrasses aux airs d\u2019amphithéâtre gréco-romain.Elles illustrent bien l\u2019ingéniosité dont faisait preuve cette civilisation.Les Incas y ont expérimenté différentes plantations, dont la pomme de terre et le maïs.Une vallée si fertile que les Espagnols la qualifièrent de «Valle Sagrado».Les esprits incas semblent d\u2019ailleurs toujours veiller le long du rio Urubamba qui la sillonne et où l\u2019on cultive maïs noirs, roses ou jaunes, quinoa et kiwicha, tomates, courges haricots, herbes aromatiques\u2026 Une abondance de produits due à la terre volcanique et au climat humide, bien visible tant au marché central San Pedro, à Cusco, que dans les marchés des villages de Pisac et d\u2019Ollantay- tambo \u2014 deux sites archéologiques incas spectaculaires à flanc de montagne à ne surtout pas manquer.À 70km de Cusco, le site de Moray, laboratoire de recherches agronomiques à ciel ouvert sous les Incas, fascine non pas pour sa coquetterie, mais pour son histoire.Trois grands puits en terrasses circulaires auraient été util isés avant l\u2019apogée de l\u2019Empire inca.Le plus grand mesure environ 36 m de profondeur et 220 mètres de long.Sur chaque étage créateur de microclimat, tapissé de cailloux de sable et de terre fertile, ils ont provoqué la mutation de plants créant des centaines de variétés nouvelles.« Les Incas ont constr uit cette structure circulaire en terrasses de façon à y reproduire une vingtaine de microclimats », explique Gerson, notre guide.Chaque étage, haut d\u2019environ deux mètres, of frait un environnement climatique différent et servait à cultiver différentes plantes \u2014 de basse et de haute altitude \u2014 de manière expérimentale.« Et pour faire le reste du travail, ils avaient développé un brillant système de réseaux d\u2019irrigation de la terre, à partir de l\u2019eau qui coulait du sommet des montagnes.» Autre site fascinant dans la Vallée sacrée, les salines de Maras, qui fournissent depuis 4000 ans le sel indispensable à la conservation des aliments, puisé dans une myriade de lagunes dont chacune est exploitée par une famille de la petite ville de Maras.Quand on passe du temps dans la «Valle Sagrado», on s\u2019aperçoit que les Quechuas n\u2019ont jamais coupé le lien avec la pachamama (la terre mère), si chère aux Incas.Il reste quelque chose d\u2019autrefois dans la façon de vivre, une transmission d\u2019éléments ancestraux que l\u2019on retrouve au Parque de la papa, à 3700m d\u2019altitude.Être « dans les patates » Le minibus grimpe toujours et toujours plus haut sur des chemins sinueux.C\u2019est la chanson El Condor Pasa tournant en boucle dans nos têtes, un peu verts et un peu étourdis que nous débarquons au Parc de la pomme de terre.Nous sommes accueillis amicalement par la communauté Pampallacta \u2014 qui s\u2019empresse de nous offrir une petite infusion de feuilles de coca, afin de requinquer notre système digestif fragilisé.Mais là, pour s\u2019accoutumer au soroche, le mal des hauteurs, ça prendrait la feuille au complet.Et faire comme les coqueros, la mastiquer pour jouir de ses effets.| 47 Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 À propos de G Adventures, National Geographic et Planeterra Né en 1990, le voyagiste, basé à Toronto, pratique un tourisme intégré, qui permet le contact avec les populations locales dans un but de préservation du patrimoine culturel et de l\u2019environnement, mais aussi d\u2019amélioration des conditions de vie des habitants.Honoré depuis quelques années par National Geographic Adventure, G Adventures a ajouté à son programme, en 2016, des itinéraires «National Geographic Journeys» qui proposent des voyages en petits groupes, des interactions avec des experts locaux (historiens, biologistes, photographes, moines, cuisiniers\u2026), la participation à des conférences, des visites de communautés rurales ainsi que de refuges animaliers.Également créateur de la fondation Planeterra, le forfaitiste gère aujourd\u2019hui plus de 30 projets à caractère social à travers le monde.L\u2019organisation à but non lucratif Planeterra s\u2019est fixé pour missions d\u2019améliorer les conditions de vie des humains et des animaux dans les destinations touristiques, et de promouvoir la protection de l\u2019environnement.De cette volonté est née une offre de voyage unique alliant expériences authentiques et engagement social dans le cadre de projets d\u2019aide dans les pays où la compagnie voyage.planeterra.org G Adventures propose cette année au Pérou plus de 24 circuits classiques ainsi qu\u2019un circuit de 11 jours signé «National Geographic Journeys» qui sera offert entre les mois de novembre 2018 et février 2019 à partir de 3999 $.À savoir De décembre à mai, Air Canada Rouge offre deux vols semaine Montréal-Lima sans escale.Le vol dure 8h30 et part les mardis et les samedis à 17h15.Le Machu Picchu se visite en train, en trek ou à pied.Voici un petit guide pour apprendre à visiter le plus grand symbole de la civilisation inca et éviter les mauvaises surprises.voyageperou.info/guide- machu-picchu-infos-pratiques Quoi qu\u2019il en soit, nous voilà au Parque de la papa, dans une vallée isolée de la région de Cusco, où six communautés quechuas ont mis en commun leurs terres et placé les variétés locales de pommes de terre au cœur de leur projet de développement.Les agriculteurs de ce parc voué à la conser vation des variétés indigènes de pommes de terre andines cultivent plus de 1600 variétés entre 2000 et 5000 m d\u2019altitude.«L\u2019objectif est double sur cet espace de 10 000 hectares : assurer des ressources aux communautés fragilisées par le changement climatique et créer une aire de protection de la biodiver- sité », explique Nasario, notre hôte.«Si plusieurs variétés continuent de pousser sur ces terres, d\u2019autres ont retrouvé le sol qui les ont vues naître, grâce au soutien du Centre international de la pomme de terre, une banque génétique située à Lima.» « Depuis quelques années, les cultures ont gagné 300 m en altitude à cause du changement climatique », précise Nasario.« Les températures augmentent, ce qui favorise les attaques de ravageurs, et la pomme de terre a besoin de froid pour germer.» Pour la conser vation, on déshydratera la pomme de terre durant la saison froide en la laissant geler la nuit sur des couvertures, puis en la vidant plusieurs fois de son eau.Tout cela donnant faim, place à la dégustation du tubercule aux formes et aux couleurs multiples, au restaurant communautaire Parwa, dans le village Huchy Qosco, «petit Cusco» en Quechua.Ouvert en 2013 grâce au voya- giste G Adventures et à sa fondation Planeterra ainsi qu\u2019au Fonds d\u2019investissement multilatéral, le restaurant, géré par les habitants de ce village de 70 familles, a donné naissance à un programme «de la ferme à la table», dont les profits sont réinvestis dans des projets sociaux tels que santé, éducation, nutrition et services de base essentiels, ainsi que dans ce restaurant qui favorise les produits locaux.Ci-contre : sourires au marché coloré d\u2019Ollantay- tambo.Ci-dessous : l\u2019abondance en fruits et légumes de la Vallée sacrée et du Pérou au marché central San Pedro, à Cusco. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 Vi v r e E s c ap a d e 4 8 | NATHALIE SCHNEIDER COLLABORATRICE LE DEVOIR epuis l\u2019apparition massive de la formule du prêt-à-camper, de drôles de cabanes n\u2019ont cessé de se propager dans toutes les régions du Québec.Cer taines misent sur la proximité des éléments naturels \u2014 forêt, rivière, cime des arbres, ciel étoilé \u2014 pour faire vivre aux villégiateurs une expérience immersive inoubliable.Voici quelques suggestions d\u2019hébergements « nature », plus proches du camping que du chalet, pour retomber amoureux de l\u2019hiver.Laurentides « Quand les enfants débarquent de leur auto, cellulaire à la main, je n\u2019y vais pas par quatre chemins, je leur dis : \u201cIci, les appareils électroniques sont interdits !\u201d explique le coloré Keith Kübeck, fondateur de Chimo refuges, à Saint-Sauveur.Au début, ça les déstabilise, évidemment, mais dès qu\u2019ils aperçoivent le parcours d\u2019hébertisme, ils oublient le reste.» Cette histoire de cabanes dans les arbres lui trotte dans la tête depuis 30 ans, bien avant que tout le monde se mette à en remplir les forêts du Québec! Le petit gars du pays a exaucé son rêve: ouvrir grandes les portes de sa forêt intacte et amener les visiteurs à se reconnecter avec les bruits de la nature.Comme dans la cabane Stella, aux allures de «tente d\u2019Indiens» construite sur pilotis autour d\u2019un arbre mature qui le traverse de part en part.Info: Service de transport des bagages inclus.Capacité : 4 personnes.Tarif pour une nuit: 162 $, bois de chauffage et douches compris.chimorefuges.com Cantons-de-l\u2019Est «Pour la construction du dernier éco- gîte, j\u2019ai coupé seulement trois arbres sur mon terrain, explique Stephan Adam, propriétaire des Côteaux Mis- sisquoi, à Saint-Étienne-de-Bolton.Ça faisait plus de vingt ans qu\u2019on n\u2019avait pas touché à ces 70 hectares Des nuits à coucher dehors La meilleure façon de vous rapprocher de l\u2019hiver ?Passer la nuit dans un hébergement rustique qui vous connecte aux éléments extérieurs.de forêt.» Le point for t de ces hébergements forestiers ?Un con tact intime avec les éléments, mais aussi un souci pointilleux d\u2019intégration environnementale.Comme pour La Mésange, un éco- gîte avec un large vitrage sur deux façades et un aménagement intérieur rudimentaire où rien ne manque : une chambre fermée, une mezzanine avec deux couchages, un divan-lit et une toilette extérieure à compost.Le refuge a été construit avec des matériaux naturels prélevés sur place, pas de teinture ni de Gyproc, et une isolation à la laine de roche.Autour : vue sur le ruisseau, sur les pins centenaires et sur le coucher de soleil au-dessus de la montagne.Les Sentiers de l\u2019Estrie sont à deux pas.Info : Accueil personnalisé.Capacité : 6 personnes.Tarif pour une nuit : 140$, bois de chauffage et éclairage solaire compris.coteauxmissisquoi.com Région de Québec Les igloos de l\u2019auberge du P\u2019tit Bonheur sont plutôt des quinzies, des abris creusés dans la neige où l\u2019on s\u2019emmitoufle dans un sac de couchage -40 degrés, sur un matelas de sol de 2,5 pouces.« À l\u2019intérieur, une température moyenne de -6 degrés, selon les conditions, soutient Antoine Simard, propriétaire de l\u2019auberge située sur l\u2019île d\u2019Orléans.Et si le baromètre descend trop bas, une chambre chauffée est à disposition des visiteurs pour terminer la nuit ! » D Vue de l\u2019écogîte La Mésange au domaine Les Côteaux Missisquoi PHOTOS LES CÔTEAUX MISSISQUOI Quand les enfants débarquent de leur auto, cellulaire à la main, je n\u2019y vais pas par quatre chemins, je leur dis : ici, les appareils électroniques sont interdits ! KEITH KÜBECK » Mais, en général, avec un pyjama chaud et une bouteille de deux litres d\u2019eau chaude en guise de bouillotte, la nuit est très confortable.Selon le propriétaire, 95 % des clients sont d\u2019origine étrangère, Européens pour la plupart.« On a tous creusé notre propre quinzie dans notre cour d\u2019école, étant jeunes, explique Antoine Simard.Pour les Québécois, ce n\u2019est pas très exotique, pourtant c\u2019est une expérience grisante.» Autour, on peut partir en raquettes (40 km de sentiers) ou en traîneau à chiens ; l\u2019auberge possède un chenil de 200 huskies.Info : Tout l\u2019équipement est fourni (y compris le sac de couchage).Chambre chauf fée avec douche disponible en tout temps.Tarif pour une nuit : 47 $.leptitbonheur.com Mauricie « Deux options pour camper dans le parc régional de la Rivière-Gen- tilly, explique Marc Joseph, son directeur : une section pour les véhicules de type Safaris Condo et une autre, sans ser vices, pour les inconditionnels du camping d\u2019hiver qui possèdent leur propre équipement.» Les sites sont éparpillés près de la rivière au creux d\u2019une forêt de conifères.Même si l\u2019activité n\u2019est offerte que durant les fins de semaine, il est peu probable d\u2019être dérangé par la présence de voisins, que ce soit près, ou loin, des sanitaires.Autour : 17 km de sentiers tapés pour le fatbike et un terrain fait pour le ski Hok (ou ski-raquette).« Notre préoccupation : donner à notre clientèle les meilleures conditions possible grâce aux nouvelles technologies de damage qui voient le jour », explique le passionné directeur du parc.Info : Une dizaine d\u2019emplacements sont accessibles durant la fin de semaine.Tarif pour une nuit : 43 $ (46 $ avec services).Une tarification forfaitaire incluant l\u2019hébergement et la location d\u2019équipement peut être offerte aux groupes.rivieregentilly.com Lanaudière Dormir dans une bulle de plastique végétal transparente et chauf fée, sous le ciel étoilé, et connectée à une cabine comprenant une mini-cuisine et une salle de bain : c\u2019est l\u2019invitation que vous lancent Les Pieds sur terre, à Saint-Calixte.« Nous sommes installés dans une forêt mature, et tout est of fer t pour plaire autant aux adultes qu\u2019aux enfants : ferme d\u2019animaux et permaculture sur place », explique le fondateur de l\u2019entreprise Stanislas Balzotti.Un succès foudroyant depuis sa création.Info : Ser vice de transpor t des bagages inclus.Capacité : deux adultes et deux enfants.Tarif pour une nuit : 160 $ pour deux personnes.heberge- mentlespiedssurterre.com Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean À Aventuraid-Parc Mahikan, à Gi- rardville, on ne fait pas juste dormir en tente prospecteur, on vit une expérience immersive avec les loups en pleine forêt.« Nous avons une quarantaine de loups nés en captivité, explique le propriétaire de l\u2019entreprise, Gilles Granal.Cette proximité nous permet de démystifier cet animal mythique auprès du public.» Des visites contact avec cer tains loups sont au programme, selon un protocole de sécurité très strict.« Par fois, les loups peuvent être turbulents, se dresser les deux pattes avant sur un visiteur, ce qui peut être très intimidant.Une raison pour laquelle cette activité est réservée aux adultes », explique Gilles Granal.Vous endormir en pleine forêt dans le hurlement des loups, avouez que vous en rêviez ! Info : Des séjours de longue durée permettent de jumeler l\u2019observation des loups au traîneau à chiens et à d\u2019autres activités.Tarif pour une nuit : 95 $ pour deux personnes.Vi- si te contact en enclos : 65 $ par personne.aventuraid.qc.ca | 4 9 Vi v r e E s c ap a d e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 HÔTEL MANOIR VICTORIA VIEUX-QUÉBEC Profitez de la Relâche scolaire pour vous offrir une escapade hivernale au cœur du Vieux Québec à bon prix ! 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PHOTOS ALLISON VAN RASSEL REPORTAGE ALLISON VAN RASSEL COLLABORATRICE LE DEVOIR ikyum Kim est née à Séoul, en Corée du Sud, dans les années 1960.Détentrice d\u2019un doctorat en musique de l \u2019Université de Los An- geles, elle a joué de la harpe pour de grands orchestres, dont ceux de New York et de Paris.À l\u2019été de l\u2019an 2000, accompagnée de ses deux enfants, elle quitte Paris pour s\u2019établir à Montréal.« Peu de temps après mon arrivée, j\u2019ai ouvert un salon de thé au centre-ville de Montréal où je servais aussi des bouchées de mon pays, raconte Mikyum Kim.Après six ans, j\u2019ai vendu, car je travaillais trop.Je ne pouvais plus bouger mes bras tellement je cuisinais tout le temps, raconte-t-elle.Mais, à ne rien faire, j\u2019avais tout autant mal aux bras », poursuit celle qui possède désormais deux restaurants de cuisine coréenne à Montréal, nommés Omma.Transmission maternelle Chez Omma, qui signifie « maman » en coréen, la chef Kim propose un hommage à sa mère patr ie .Sa grand-mère habitait dans le palais Gyeongbok, à Séoul, aux côtés de son mari qui travaillait pour le gouvernement.« Elle [y] a appris des recettes traditionnelles coréennes qui ont été transmises à ma mère, puis à moi, raconte la chef Kim.À La cuisine coréenne est colorée et parfumée.Les légumes, les piments et la fermentation en sont des alliés indispensables.Chef et propriétaire des restaurants Omma à Montréal, Mikyum Kim fait vibrer la métropole grâce à l\u2019harmonie des arômes d\u2019une cuisine coréenne traditionnelle légèrement adaptée au palais des Québécois.M | 5 1 Vi v r e R e c e t t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 Cinq ingrédients coréens à intégrer à votre cuisine Kimchi: plusieurs épiceries et restaurants asiatiques fabriquent leur propre kimchi.La chef Mikyum Kim recommande toutefois de faire son propre kimchi à la maison à partir de chou nappa, une excellente façon de s\u2019initier à la fermentation.Gojuchang: une épaisse pâte de piments fermentés.Mi- kyum Kim utilise le gojuchang pour faire la sauce d\u2019accompagnement pour le bibimbap, les tartares et des plats de viande mijotée.Doenjang: une épaisse pâte de fèves de soja fermentées semblable au miso japonais, mais plus prononcée au goût.Il existe plusieurs variétés, dont certaines avec des ajouts de saveurs, ce que la chef ne recommande pas.Poudre de piment: ce piment broyé finement, qui ne change pas la texture du mélange auquel il est ajouté,est parfait pour les vinaigrettes, les marinades et le kimchi.La poudre de piment est utilisée pour fabriquer le gojuchang.Feuilles de sésame fraîches: elles sont appréciées dans le bulgogi, un barbecue coréen, ou marinées avec de l\u2019ail, de la poudre de piment et de l\u2019huile de sésame.La chef Kim utilise les feuilles de sésame fraîches avec le tartare de saumon, y ajoutant ainsi une légère touche de fraîcheur anisée.L\u2019été, on peut facilement trouver ces feuilles dans les marchés de légumes asiatiques, mais l\u2019hiver elles sont offertes seulement en importation.L A R EC E T T E D U C H E F M I C H A E L TOZ Z I Pappardelles au ragoût de bœuf Cette recette italienne classique me rappelle la cuisine réconfortante de ma grand-mère Carmen.L\u2019ajout des petits pois et du persil donne une certaine fraîcheur à un plat plutôt roboratif.Pour 4 portions Ingrédients 800g de viande de bœuf à braiser, coupée en cubes de 3cm 2 c.à table d\u2019huile d\u2019olive 1 oignon espagnol, pelé et finement haché 3 gousses d\u2019ail, finement hachées 1/2 tasse de vin rouge 400g de tomates en boîte, concassées 2 tasses de bouillon de poulet 400g de pappardelles 2 c.à table d\u2019huile d\u2019olive Sel et poivre du moulin 1 tasse de petits pois surgelés, blanchis 2 c.à table de persil italien haché Préparation Préchauffer le four à 300°F.Dans une grande poêle antiadhésive, dorer la viande dans l\u2019huile à feu élevé.Saler et poivrer.Réserver sur une assiette.Dans la même poêle à feu moyen-élevé, dorer l\u2019oignon et l\u2019ail.Déglacer avec le vin.Ajouter les tomates concassées puis le bouillon.Remettre la viande et porter à ébullition.Couvrir et cuire au four 3 heures ou jusqu\u2019à ce que la viande se défasse à la fourchette.Retirer du four.Dégraisser la viande au besoin, assaisonner et réserver.Dans une casserole d\u2019eau bouillante salée, cuire les pâtes al dente.Prélever 250ml (1 tasse) d\u2019eau de cuisson et égoutter les pâtes.Huiler les pâtes et les remettre dans la casserole.Ajouter du ragoût et mélanger.Ajouter un peu d\u2019eau de cuisson pour délayer le ragoût au besoin.Dresser dans un bol et garnir de petits pois, de persil italien et de poivre moulu.MICHAEL TOZZI mesure que je vieillissais, je réalisais l\u2019importance des connaissances que je possédais.» Mikyum Kim développe alors un grand désir de partager les parfums de la cuisine de son pays natal, telles l\u2019audace du piment, l\u2019amertume du soja et l\u2019acidité de la fermentation, la technique de transformation la plus utilisée en cuisine coréenne.La fermentation transforme le chou en kimchi, la pâte de soja en doenjang et la pâte de piment en gochujang.Ces trois ingrédients sont au cœur de la cuisine coréenne.« La fermentation est la reine de la cuisine coréenne.Longtemps, nous n\u2019avions pas de frigo et nous voulions garder notre nourriture longtemps.Maintenant, nous découvrons, avec la science de la nutrition, que nos techniques sont bonnes pour le cœur », explique Mikyum Kim.Bien qu\u2019un nombre limité d\u2019études cliniques sur les aliments fermentés ait été effectué, il existe en effet des preuves scientifiques que ces aliments of frent des bienfaits pour la santé, au-delà de plusieurs matières premières alimentaires.Incontournables condiments Le kimchi est le condiment le plus connu de la cuisine coréenne.La chef Kim le concocte à par tir du chou nappa et du radis chinois, auxquels elle ajoute de la poudre de p iment , du se l e t du sucre .Lors de la fermentation, l \u2019acide lactique des bactéries produit une saveur acidulée qui s\u2019apparente à celle de la choucroute.Popularisé en Amérique du Nord en 2012 par le chef David Chang (du restaurant Momofuku) lors de son passage à l \u2019émission The Mind of a Che f , sur les ondes de PBS, le kimchi est par la suite devenu un condiment très populaire.Chez Omma, le kimchi est fait maison et servi en accompagnement avec du riz, dans une soupe ou à l\u2019intérieur du bibimbap.Véritable vedette de l\u2019heure de la cuisine coréenne, le bibimbap est un repas passe-partout composé d\u2019un bol de riz auquel on ajoute des légumes marinés et dif férents aliments sur lesquels on dépose un œuf cru.Une façon de faire qui rappelle les fameux « touski » des familles québécoises ! La chef Kim sert, en accompagnement du bibimbap, une sauce piquante fabriquée à par tir de goju- chang (une pâte de piments fermentés).Traditionnellement, cette sauce est incorporée directement dans le bol, mais cette omission est volontaire de la part de la chef, qui avoue que le palais des Québécois n\u2019est pas accoutumé à une si grande vague de chaleur coréenne.« Je veux faire de la bonne cuisine coréenne à l\u2019image de mon pays, poursuit-elle, mais je veux aussi que les gens d\u2019ici l\u2019apprécient.» Le kimchi est le condiment le plus connu de la cuisine coréenne.La chef Kim le concocte à partir du chou nappa et du radis chinois, auxquels elle ajoute de la poudre de piment, du sel et du sucre. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 Voyage Régence inc.organise un voyage en Champagne accompagné de Monsieur Bulles Du 4 au 14 avril 2018 portion terrestre : 4 979 $ portion aérienne : 2 315 $ classe premium sur Air Canada Prix : Venez vivre une expérience ! 1410, rue Stanley, suite 409, Montréal (QC) H3A 1P8 514-284-3366 7, Place du Commerce, suite 105, Île-des-Sœurs/Verdun (QC) H3E 2B5 514-761-5561 voyageregence.com Expérience d'immersion interculturelle Dharamsala (Inde), Madagascar, Pérou, Sénégal et Vietnam.Séjour de 7 semaines COÛT : de 5 195 $ à 6 225 $ (formule « tout inclus ») proposée aux personnes de 50 ans et plus avec hébergement dans une famille et bénévolat Voyages solidaires Pour assister à une séance d'information, téléphonez au 514 325-0150, poste 2039 http://voyagessolidaires.collegemv.qc.ca info@collectionneursdevoyages.com Tél.: 514 730-9293 DÉTENTEUR D\u2019UN PERMIS DU QUÉBEC Des croisières pour le voyageur solo! 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C\u2019est à lui qu\u2019on doit notre humeur, notre concentration, notre créativité et notre confiance en nous-mêmes.Cela fait plusieurs années que l\u2019on vante les vertus de la pratique du yoga et de la méditation, entre autres pour réduire le stress et améliorer nos facultés mentales et créatives.Il était à prévoir que l\u2019industrie axée sur le mieux-être emboîte le pas.» Alors, une petite pilule ou une petite médit\u2019 ?| 5 3 Vi v r e S an t é L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 GRAND ANGLE JOËLLE CURRAT COLLABORATRICE LE DEVOIR Qui n\u2019a pas déjà fait usage de stimulants lors d\u2019un examen ou d\u2019un mandat professionnel exigeant ?De la caféine à la nicotine, en passant par les boissons énergisantes, le recours à ces substances est chose courante.On assiste depuis quelques années à un nouveau phénomène : prendre des médicaments \u2014 Ritalin, Adde- rall, Alertec \u2014 pour augmenter ses capacités cognitives.Appelés « smart drugs », ces médicaments ont été conçus à l\u2019origine pour soigner des troubles tels que l\u2019hyperactivité ou la narcolepsie.Les substances nootro- piques sont aujourd\u2019hui de plus en plus prisées par des adultes en bonne santé.Selon les statistiques disponibles, entre 5 et 35 % des étudiants de cer taines universités américaines avaleraient ces pilules.Dangereuses, les smart drugs ?Johanne Collin, professeure titulaire à la Faculté de pharmacie de l\u2019Université de Montréal et directrice du MEOS, a publié une étude au sujet des avantages et des inconvénients de la prise de ces médicaments dans le but de stimuler les facultés cérébrales.Cer tains spécialistes de la bioéthique prônent l \u2019usage des smar t drugs en invoquant le libre choix et l\u2019égalité des chances.Ils sont convaincus que, dans un cadre réglementé, la prise de ces médicaments profiterait non seulement à l\u2019individu, mais aussi à l\u2019ensemble de la collectivité.Les opposants à l\u2019utilisation de ces substances indiquent, quant à eux, que leur ef f icacité sur des personnes ne souf frant d\u2019aucune maladie n\u2019est pas encore établie.Ils sont, par ailleurs, en possession de données probantes au sujet de leurs ef fets secondaires : vertiges, somnolence, maux de tête, nausées, troubles de la vision, problèmes gastriques et cardiaques, éruptions cutanées, hallucinations, etc.La question reste ouver te : les smar t drugs permettent-elles d\u2019être davantage soi-même et de développer tout son potentiel ou servent-elles en premier lieu à booster les profits de l\u2019industrie pharmaceutique et la culture de la performance ?Une solution naturelle Et s\u2019il existait une autre voie, plus naturelle, qui nous permettrait d\u2019améliorer nos facultés mentales en douceur, en toute légalité et sans effets indésirables ?Parmi les noo- tropes impulsant une amélioration des fonctions cognitives qui ne présentent pas ou peu d\u2019ef fets nocifs Stimuler son cerveau avec des nootropes Pour améliorer sa concentration et son acuité mentale, il existe des solutions naturelles « C\u2019est le cerveau qui mène le bal ! C\u2019est à lui qu\u2019on doit notre humeur, notre concentration, notre créativité et notre confiance en nous-mêmes », explique le psychiatre américain Drew Ramsey de l\u2019Université Columbia.ARCHIVES LE DEVOIR Quelques nootropes naturels Gingko biloba: les effets des feuilles de cet arbre originaire de Chine sur l\u2019organisme sont nombreux: activité antioxydante, augmentation du débit sanguin notamment cérébral, potentialisation des neurotransmetteurs et modulation du métabolisme du glucose.Ginseng: cette plante vivace, dont on compte environ dix espèces, est recommandée en cas de fatigue générale, physique ou intellectuelle.Depuis des millénaires, les médecines traditionnelles chinoises, japonaises et coréennes l\u2019utilisent pour ses effets toniques et aphrodisiaques.Centella asiatica ou Gotu kola: cette plante herbacée est utilisée dans la médecine ayurvédique et la médecine traditionnelle chinoise.En plus de ses effets nootropiques, on lui attribue les vertus de réduire l\u2019hypertension, d\u2019apaiser les démangeaisons et d\u2019adoucir les brûlures.Rhodiola: cette plante qui pousse dans les régions froides et montagneuses telles que l\u2019Arctique et les montagnes Rocheuses est reconnue pour améliorer l\u2019humeur.Des études démontrent également qu\u2019elle améliore les performances physique et mentale, et réduit la fatigue.Une population vieillissante, des marchés de plus en plus compétitifs et le culte de la performance représenteraient les causes principales de la demande accrue pour les nootropes L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 Vi v r e Vi n 5 4 | Moins de 16 $ Vega 2016, Rioja, Espagne (10,65$ \u2013 12699197) Vous aurez tout le loisir de servir à peine rafraîchi ce rouge sec conçu, vinifié et embouteillé pour en faire jaillir le généreux fruité.Un rouge bien enveloppé et doté d\u2019une solide structure tout de même, et qui, à ce prix, est une redoutable affaire.Saucissons et fromages affinés seront ici de très plausibles partenaires ! (5) © ?1/2 La surprise Coyam 2013, Emiliana, Chili (29,95$ \u2013 13476139) L\u2019assemblage comporte ni plus ni moins que sept cépages ici fusionnés pour décupler les possibilités de vieillissement prolongé en bouteille.Du sérieux, que ce bio dont la base de syrah s\u2019amplifie sous des carmenères qui s\u2019imposent rapidement en jetant de solides bases fruitées et tanniques.Attendre.(5+) © ?1/2 Le blanc Signos de Origen 2016, Emiliana, Chili (22$ \u2013 11639037) Il se détache de ce blanc issu de l\u2019agriculture biologique un équilibre mais aussi une précision du fruité des plus exemplaires.Une solide base de chardonnay où se greffent avec aisance et complémentarité des cépages rhodaniens qui nuancent et portent les flaveurs avec beaucoup de style et de longueur.À découvrir ! (5) ?1/2 Le rouge Shiraz 2015, Killerman\u2019s Run, Kilikanoon, Australie (21,95$ \u2013 10758350) Je conserve un bon souvenir de la Clare Valley australienne, paysage bucolique mais aussi sauvage, empreint de mille parfums riches en nuances.Cette syrah vous y emmène, sous un soleil saturé, levant les herbes sèches, les baies noires et la réglisse comme des lapins agiles détalant droit devant.C\u2019est plein, riche, corsé.(5+) © ?Le bio Château Puy-Landry 2015, Côtes de Castillon, Bordeaux (15,25$ \u2013 852129) Il y a du merlot et du beau dans ce cadeau bien emballé que nous offre ici Régis Moro.Arômes nets et subtils de fruits et bouche émancipée, souple, fraîche, suffisamment construite.Le tout livré avec autant d\u2019amabilité que de palatabilité.Simplement du pur bonheur.Côte de porc grillée ?(5) ?1/2 (5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans (10+) se conserve dix ans ou plus © devrait séjourner en carafe L E S V I N S D E L A S E M A I N E CRITIQUE JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR Selon une étude menée par Cornelius van Leewen et Christian Seely, le coût moyen de production d\u2019une bouteille de bordeaux (en fonction de la densité de plantation, des rendements, des coûts viticoles, du foncier, etc.) avoisinerait les 4euros (6,10$).Pas de quoi fouetter un chat ni bâtonner des lies fines.Comment se fait-il alors, par exemple, que le Pavillon Rouge, second vin de Château Margaux, soit vendu chez nous 45 fois plus cher que ce même coût moyen?La faute au négoce?À Robert Parker?À l\u2019inflation?À la cupidité des hommes?Bien sûr, comme en Bourgogne, nous orbitons là avec cet exemple parmi l\u2019élite de la production.S\u2019il demeure que le vignoble girondin, avec plus de 110 000 hectares, compte de beaux bordeaux sympathiques à prix tout de même très corrects dans 90% des cas, il demeure qu\u2019ici, plus qu\u2019ailleurs, viticulture et finance couchent dans le même lit.Avec d\u2019ambitieux rêves à la clé.Cela étant, j\u2019aime boire du bordeaux.Visiblement, les Amis du vin du Devoir aussi.Pour preuve, ces quelques flacons commentés.Domaine de Chevalier Blanc 2011, Pessac-Léognan (138,75$ \u2013 11750819).Chevalier blanc est la 8e merveille du monde.On y perçoit le chant des anges derrière des sauvignons devenus trompettistes célestes.La sève est fine, dense, vivace et ascensionnelle, déployant une palette de fruits blancs, de miel, de menthe, d\u2019ambre et de vanille à vous faire confesser vos péchés les plus nobles.Finale d\u2019anthologie.Grand vin qui pourra tenir.(10+) © ?1/2.Moyenne du groupe : ?.Château le Puy 2014, Côtes de Francs (28,45 $ \u2013 709469).Jamais d\u2019esbroufe, toujours à sa place, patiemment enraciné dans l\u2019âme de son terroir et de la famille Amoreau qui veille sur sa destinée : voilà le Puy.Tous les parfums, toutes les saveurs et textures d\u2019un vin vivant, bien frais, se resserrant sur une longue finale minérale de graphite.Bel avenir ! (10+) © ?1/2.Moyenne du groupe : ?.Château Ferrière 2014, Margaux (62,50 $ \u2013 13368040).L\u2019un de mes margaux préférés.Des cabernets glorieux pour un ensemble qui allie clarté, force et élégance.Racé.(10+) © ?.Moyenne du groupe : ?.Château les Ormes 2014, Saint-Julien (45,50$ \u2013 13496931).Coloré et profond, bien que fermé pour le moment, avec des tanins fins, au relief ruisselant comme des cailloux en bouche.Classe et harmonie.(5+) © ?1/2.Moyenne du groupe: ?.Château d\u2019Ardennes 2009, Graves (32,50 $ \u2013 869933).Avec ses sensuels par fums de moka et ses tanins abondants, gras et fondants, ce petit bijou régale et transporte\u2026 maintenant ! (5) ?1/2.Moyenne du groupe : ?.Château Samion 2015, Lalande-de- Pomerol (53 $ \u2013 I.P.514 288-9009).Toute la sensibilité et la sobriété de Jean-Claude Berrouet (Petrus) transpire ici dans ce rouge droit et exemplaire mais aussi exigeant, avec une précision fruitée toute diabolique.Gagne en ampleur et en intensité, révélant au compte-gouttes l\u2019assise minérale du terroir.Superbe ! (10+) © ?.Moyenne du groupe : ?.Château Tour des Gendres, La Gloire de mon Père 2015, Côtes de Bergerac (25,20$ \u2013 10268887).Ce rouge bio de Luc de Conti fait la barbe à bon nombre de bordeaux plus prétentieux.L\u2019approche est franche, précise, avec un fruité éclatant, tonique et abondant.Touche droit au but ! (5+) © ?.Moyenne du groupe: ?.Château Tour des Termes 2014, Saint-Estèphe (38,25 $ \u2013 13496957).L\u2019empreinte est moderne, la structure, classique, intégrée, et le fruité est d\u2019une superbe luminosité.De beaux jours devant lui ! Attendre.(10+) © ?.Moyenne du groupe : ?1/2.guideaubry@gmail.com Vous boudez encore Bordeaux ?Il demeure que dans le vignoble girondin, plus qu\u2019ailleurs, viticulture et finance couchent dans le même lit.JEAN AUBRY Comment se fait-il, par exemple, que le Pavillon Rouge, second vin de Château Margaux, soit vendu chez nous 45 fois plus cher que le coût moyen de production ? | 5 5 Vi v r e B i è r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR Envie d\u2019une bière qui réconforte l\u2019hiver ?Faisant fi des tendances en bières artisanales portées vers les arômes rafraîchissants des houblons (IPA, NEIPA et cie) et les stimulantes expériences avec les levures sauvages, penchons-nous sur un style classique et chaleureux, idéal pour contrer les froideurs de février : la double, une tradition belge centenaire développée par les moines trappistes.En voici deux interprétations réussies, créées par des brasseurs québécois d\u2019expérience.Microbrasserie de Charlevoix « Je suis fou de bières belges ! » abonde Nicolas Marrant, brasseur depuis 2001 à la Microbrasserie de Charlevoix.Ch\u2019ti d\u2019origine, il a pris racine à Baie-Saint-Paul pour développer ses bières auprès de la micro, réputée pour ses bières de styles belge et anglais, qui célébrera son 20e anniversaire en juillet.« Je viens d\u2019un milieu ouvrier, j\u2019ai connu mes parents et mes grands-parents buvant de la bière.Petit, le dimanche avec mon grand-père, j\u2019allais toujours en Belgique en acheter, parce que là-bas le dimanche, les magasins ne ferment pas ! » C\u2019est tout naturellement qu\u2019il allait s\u2019atteler à une recette de double, bière brune aux arômes de caramel et de subtiles épices, plutôt forte en alcool (généralement entre 6 et 8 %), brassée depuis des siècles en Belgique, où on l\u2019appelle aussi « dub- bel ».Pour en percer les secrets, il a fait un stage à la Brasserie de Brune- haut, dans la ville du même nom, située à une quarantaine de minutes de Lille : «Je n\u2019ai pas menti ; dès mon arrivée, je leur ai dit : je suis venu voir comment vous faites votre double parce que je l\u2019adore !» En comparaison avec d\u2019autres bières foncées et bien alcoolisées (bock allemande, por ter baltique, scotch ale, etc.), la double tend à présenter une texture plus légère et des arômes portés vers le caramel, estime le brasseur.« Le secret d\u2019une bonne double, c\u2019est avant tout le sirop de sucre candi», ce type de sucre prisé par les confiseurs belges fabriqué à partir de la betterave à sucre.Pour brasser la Dominus Vobiscum Double, Nicolas Marrant importe son sucre candi directement d\u2019un fournisseur en Belgique ; arrivé en cristaux, il est ensuite chauffé en sirop, ce qui lui donne une couleur distinctive : «En Belgique, pour brasser la double, on utilise le malt, blond ou ambré, mais c\u2019est l\u2019ajout de sirop de candi qui lui donnera sa couleur.Par ailleurs, le sirop de candi n\u2019a pas ce goût un peu métallique que peut avoir la mélasse du sucre de canne qu\u2019on trouve ici.» La double brassée par Marrant se distingue d\u2019abord par le goût typique de la souche de levure utilisée par la brasserie, mais aussi par ses saveurs d\u2019épices plus prononcées, «plus que les doubles des brasseries des abbayes de Chimay, Rochefort ou Westmalle », cette dernière étant considérée comme le berceau de la double que l\u2019on déguste aujourd\u2019hui et depuis plus de 150 ans.«Eux s\u2019appuieront presque uniquement sur les arômes épicés provoqués par la levure, ou encore vont utiliser une ou deux épices durant le brassage, mais en très petite quantité.Nous, quand on l\u2019a sortie au début, elle avait beaucoup plus d\u2019épices» et d\u2019aromates intégrés au brassage, comme la coriandre, l\u2019écorce d\u2019orange ou la racine de réglisse.« Je la trouve au- jourd\u2019hui mieux dosée.» «Ma blonde m\u2019a mis à la raquette, on en fait au mont Grand-Fonds, confie le brasseur.Quand tu fais ton 12km et que t\u2019as sué un bon coup, tu mérites ta bière.Une bonne double à déguster au coin du foyer, ça fait du bien!» Microbrasserie du Lac-Saint-Jean Cap sur Saint-Gédéon, aux abords du lac Saint-Jean, pour goûter la Gros Mollet, généreuse double élaborée par le brasseur et cofondateur Marc Gagnon.Il a eu le béguin pour ce style lors d\u2019un séjour en Belgique en 2004.« Je fabriquais déjà des vins de fruits à la maison, ça m\u2019a donné envie de brasser.» Sa Gros Mollet fut l\u2019une des premières recettes offertes par la brasserie lors de son ouverture à l\u2019été 2007.« À l\u2019époque, des doubles, y\u2019en avait pas beaucoup sur le marché \u2014 curieusement, y\u2019en a toujours assez peu\u2026 » Onze ans plus tard, la Gros Mollet \u2014 l\u2019originale, la version vieillie en fûts de bourbon et l\u2019édition Gros Mollet 10 en format 1,5 l \u2014 compte pour plus du tiers des ventes de la Micro- brasserie du Lac.«Ce qui est surprenant, c\u2019est qu\u2019on en vend autant l\u2019été que l\u2019hiver.Quand on achète cette bière, on s\u2019attend à goûter à un style classique.C\u2019est une bière assez facile d\u2019approche tout en étant savoureuse et relevée.Ce qui la distingue, ce sont ses saveurs de caramel, je pense.Nous, on l\u2019aime pas trop sucrée, mais elle l\u2019est certainement plus que ce qui est tendance ces temps-ci dans le monde des bières.» Nouvelle méthode Lui aussi utilisait du sucre candi importé, mais un souci d\u2019approvisionnement lui a fait développer une nouvelle méthode : « On fabrique un sirop à mi-chemin entre un candi et un caramel qui est difficile à imiter par d\u2019autres brasseurs, ça rend notre bière plus unique.» Il transforme lui- même son sucre de canne, qu\u2019il colo- rise grâce à une longue ébullition.« Lorsqu\u2019on a agrandi notre salle de brassage en 2015, on s\u2019est fait faire un équipement spécialement pour fabriquer notre caramel.» Le profil gustatif de la double, malté et caramélisé, n\u2019est pas propice à la mise en valeur du houblon ; Gagnon utilise des houblons nobles européens, principalement le Strisselspalt, « un houblon alsacien utilisé plutôt comme aromatisant que comme amérisant, ce qui me permet d\u2019en mettre une bonne quantité dans la recette sans que l\u2019amertume se développe trop.Ce houblon va chercher une complexité de parfums, au final moins prononcés que ce qu\u2019on recherche auprès des houblons américains, disons».Enfin, si vous passez par la métropole jeudi prochain, Marc Gagnon passera la soirée au pub Pit Caribou, rue Rachel, qui mettra à la disposition de la Microbrasserie du Lac-Saint- Jean ses vingt de lignes de fûts (on appelle cela un « tap takover»).Au moins deux variétés inédites de la Gros Mollet seront offertes : l\u2019une vieillie en fûts de scotch et l\u2019autre parfumée à une variété de poivre exotique.La double, tradition centenaire, l\u2019antigel des amateurs de bière Deux microbrasseurs québécois proposent des interprétations de la double.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 Si vs alez loin.WWW.ROUTESDUMONDE.COM \u2022 514-842-1888 CONSULTEZ NOTRE SITE POUR TOUTES LES DATES DE DÉPART Inde Sacrée 13 OCT AU 03 NOV 2018 Rajasan & Benares 24 NOV AU 14 DÉC 2018 Inde du Sud 24 NOV AU 14 DÉC 2018 3 CIRCUITS EN PETITS GROUPES UNIQUES EN INDE.CIRCUITS ACCOMPAGNÉS EN EUROPE 3 magni?ques départs GARANT IS au printemps POUR LES DÉTAILS ET PRIX DE CES PROGRAMMES: www.louisedrouin.com 1 888 475-9992 GRAND TOUR DU PORTUGAL 12 au 27 avril 2018, acc.et guidé par Patrick Simard CROATIE & PAYS DES BALKANS 17 avril au 6 mai 2018, accompagné par Pascale Reid BEAUTÉS DE LA GRÈCE ET DE SES ÎLES EN FLEURS 6 au 21 mai 2018, accompagné par Martine Bélanger P e r m P e r m P e r m P e P e r e r m e e m m i s d i s d i s i s d i s d d d d d d d d d d d d d d d u Q u u Q u Q u u u é b e c é b e c Envie de changer de décor?PARTEZ à New York ou à Boston n s e o *Par personne.Chambre d'hôtel en occupation quadruple.Toutes taxes incluses.Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyage FICAV de 1 $ par tranche de 1000 $ en sus.Prix valide pour tous les départs en 2018.Permis du Québec (702378).Inclus : autocar grand tourisme, hôtels 3,5 étoiles (ou plus), petits déjeuners, guides accompagnateurs francophones.beltour.ca 514 336-0033 ou 1 866 235-8687 NEW YORK, Départs à partir de 205 $* départs : 2, 3, 9, 16 et 23 mars Vendredi 30 mars, à partir de 225 $* Samedi 31 mars, à partir de 279 $* Pâques Vendredi 30 mars, à partir de 389 $* Pâques BOSTON, à partir de 389 $* départ : 14 avril vous amène ailleurs.DIMANCHE 18 FÉVRIER 2018 2105, ch.Ste-Foy, Québec voyages-lambert.com À MONTRÉAL LIEU : AUBERGE UNIVERSEL - 5000, RUE SHERBROOKE EST ENTRÉE LIBRE PRÉSENTATIONS DE NOS CIRCUITS L\u2019AUTRE PÉROU Du 15 septembre au 3 octobre 2018 BALKANS AUX MULTIPLES FACETTES SERBIE, KOSOVO, MACÉDOINE, ALBANIE, MONTÉNÉGRO & BOSNIE-HERZÉGOVINE Du 10 au 30 septembre 2018 AFRIQUE DU SUD ENTRE NATURE ET CULTURE Du 9 au 30 octobre 2018 AMAZONIE & NORD DU BRÉSIL Du 13 au 29 novembre 2018 DE L\u2019ANCIENNE PERSE À L\u2019IRAN.LES HAUTS-LIEUX DE L\u2019IRAN DÉVOILÉS Départs : 7 octobre & 28 octobre 2018 SPLENDEURS DE LA CÔTE ADRIATIQUE CROATIE - BOSNIE-HERZÉGOVINE - MONTÉNÉGRO Départs : 13 mai & 11 octobre 2018 11h00 11h00 12h45 12h45 14h30 14h30 Voyages Symone Brouty Pour des voyages pas comme les autres ! 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com DÉJA 23 ANS ! P e r m i s d u Q u é b e c ESPAGNE & Portugal \u2013 25 JRS DÉPART : 22 SEPT.2018 La meilleur façon de visiter ces deux pays ! Profitez d\u2019être au cœur des villes et prenez le temps de découvrir la culture et les traditions de la péninsule ibérique ! 46 repas, Vins inclus, Hôtels au cœur des villes, Toutes les entrées et visites incluses, Guides locaux et Accompagnateur, Spectacles Dégustations et plusieurs autres extra.SPLENDEURS DE L\u2019ITALIE \u2013 22 JRS Départs 2018 : 10,17 mai, sept.& oct.Circuit qui existe depuis 20 ans ! Le circuit le plus complet, le plus compétitif et le plus qualitatif : Très copié, mais jamais égalé ! Hôtels au cœur des villes, 47 repas, Toutes les entrées et visites incluses, Soirées-Spectacles, Dégustations et Spécialités locales, Guides locaux, Écouteurs et plusieurs autres extras.LA FRANCE ET SES RICHESSES \u2013 26 JRS Départ 2018 : 8 septembre.Petit Groupe et attention personnalisée ! 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Prestations inégalées pour un programme unique ! 57 repas, Hôtels dans le centre historique, toutes les entrées et visites incluses, Guides locaux et Accompagnateur, Spectacles, Dégustations et plusieurs autres extras.PRIX EXTRAORDINAIRE \u2013 POUR DES VOYAGES EXTRAORDINAIRES Départ de Groupe Du 08 au 30 Octobre 2018 PAR PERSONNE EN OCCUPATION DOUBLE SUPPLÉMENT OCCUPATION SIMPLE 1699$ LES PLUS DU GROUPE VIP : Petit groupe, maximum 17 personnes Accompagnateur de Montréal Vol international avec Lufthansa & Swiss International Airlines 20 Nuits d\u2019hébergement en hôtels 3*-4*-5* Tous les repas inclus Services d\u2019un guide accompagnateur francophone Permis du Québec MERVEILLES DE L\u2019 INDE DU NORD ET DU RAJASTHAN 5289$ Tél.: 514.844.3616 ou 1 877.887.7843 angie@legroupevip.com Adresse : 2055 rue Peel, Suite 525, Montréal, QC H3A 1V4 Visitez LEGROUPEVIP.COM RABAIS PAIEMENT PAR CHÈQUE -150$ PAR PERS.POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT CONTACTER ÉVELYNE DE VARENNES AU 514 985-3454 / edevarennes@ledevoir.com BON VOYAGE | 57 Vi v r e R e s t o L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 CRITIQUE CATHERINE FERLAND COLLABORATRICE LE DEVOIR À QUÉBEC Un bon moment s\u2019était écoulé depuis ma dernière expédition de « cru ».Souhaitant une soirée en toute simplicité, mon complice et moi avons décidé d\u2019aller manger au Nihon Sushi.Ce resto du secteur Sainte- Foy offre le service de livraison en plus d\u2019opérer une salle à manger d\u2019une trentaine de places.L\u2019intérieur est plus fonctionnel que cossu, mais c\u2019était attendu, alors on ne se formalisera aucunement du manque de décoration, comptant sur la qualité des plats pour égayer notre soirée.En guise d\u2019apéro, mon homme a opté pour le Samourai, composé de saké, de liqueur de litchi, de vodka et de jus de canneberge.Mon Tokyo Lemon, un cocktail à base de vodka, de triple sec, de limonade et de jus de citron, plaît beaucoup à mes papilles par son attaque acidulée.Restons zen Comme c\u2019est souvent le cas dans les restaurants asiatiques, on a opté pour une succession de quelques mets.Nous sirotons nos cocktails en attendant.Longtemps.Après une attente infructueuse de 50 minutes, et surtout en constatant que des clients arrivés après nous sont déjà servis, nous finissons par interpeller un serveur\u2026 qui apporte vite fait les premiers plats, sans explication.Enfin, je peux apaiser ma faim avec la soupe miso, honnête sans être transcendante, mais ô combien bienvenue.Les légumes tempura de Dave (courgette et patate douce), accompagnés d\u2019une mayonnaise épicée, remplissent bien leur mission.La caution végétale est sauve.Bestiaire fantastique Pour la suite des choses, mon compagnon a choisi les hosomakis akita, une préparation assez classique à base de saumon épicé, ainsi que les makis dits du Dragon, renversés et flambés.Ici, on a affaire à une composition de saumon, patate douce tempura, laitue, mangue et won ton frite.De minces tranches d\u2019escolier coiffent le tout : fait à noter, ce poisson cause par fois des ennuis digestifs à certaines personnes\u2026 j\u2019apprendrai d\u2019ailleurs, dans les heures suivantes, que c\u2019est mon cas ! D\u2019ici là, je savoure mes propres plats.Ma salade de thon tataki se décline en fines tranches de poisson mariné et saisi à la flamme, déposées sur une délicieuse salade panachée de concombre, de jul iennes de pomme verte, de betterave et de carottes, de morceaux de mangue et de quartiers d\u2019orange, le tout parsemé Entre l\u2019anguille et l\u2019edamame Ce restaurant, situé dans le secteur Sainte-Foy à Québec, offre le service de livraison en plus d\u2019opérer une salle à manger d\u2019une trentaine de places.PHOTOS FRANCIS VACHON LE DEVOIR Nihon Sushi ?1/2 $$ 1971, rue de Bergerville, Québec, 418 687-2229 Les plus : la plupart des plats sont très bien réussis.Chouettes cocktails.Les moins : service irrégulier et désorganisé lors de notre passage.Coût pour deux, nourriture seulement, avant taxes : 52$.Coût total pour deux (incluant l\u2019alcool, les taxes et le service) : 91$.de tobiko (œufs de poisson volant), de graines de sésame et de pistaches grillées.Je savoure aussi quelques nigiris à l\u2019anguille grillée, un poisson autrefois très apprécié par les Québécois, mais qui se fait aujourd\u2019hui rarissime sur les menus.L\u2019assiette carrée aux délicats motifs orientaux ajoute au plaisir.Un plat manque à l\u2019appel, alors je me résous à réclamer mes sashimis.Encore une fois, aucun éclaircissement n\u2019est fourni sur cet «oubli».Le gravlax de saumon s\u2019accorde très bien avec les edamames, la coriandre ciselée et le zigzag de sauce tzatziki, ce qui me console un peu.À l\u2019ombre du poirier Nous finissons par des desserts qui, je l\u2019apprendrai au moment de régler la note, ne nous ont pas été facturés «vu que le service a pris du temps ».De vous à moi, j\u2019aurais préféré qu\u2019on m\u2019of fre une explication pendant le repas plutôt qu\u2019un rabais après celui- ci.La franchise m\u2019apparaît la meilleure façon de témoigner de la considération envers la clientèle, sans compter qu\u2019on est toujours mieux disposé à la tolérance quand on est prévenu, il me semble.En tout bien tout honneur, je ne ferai donc que mentionner le granité à la poire et la coupe glacée à la vanille ornée d\u2019un Oreo frit (vous avez bien lu) qui ont conclu ce repas.Une expérience qui, plutôt réussie sur le plan culinaire, s\u2019est avérée vexante sur le plan du service.Espérons que ce ne soit pas la norme au Nihon.Une expérience qui, plutôt réussie sur le plan culinaire, s\u2019est avérée vexante sur le plan du service.Espérons que ce ne soit pas la norme au Nihon. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 Vi v r e Je u x d e m o t s 5 8 | GRILLE BLANCHE GRILLE DES FÉRUS SUDOKU MOTS FLÉCHÉS Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com | 5 9 Vi v r e Je u x d e m o t s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 GRILLE INTERMÉDIAIRE LES ANAGRAMMES MOTS CROISÉS DU SAMEDI Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 387 Horizontalement I.Magouilleuse.II.Abrupte.Sen.III.Saut.Egaient.IV.Siéra.Ar.Rer.V.As.Emblavage.VI.Csa.Irisé.Am.VII.Rabe.Ase.Pli.VIII.Ebaubie.Pe.IX.Ultra.Russie.X.Réservations.Verticalement 1.Massacreur.2.Abaissable.3.Crue.Abats.4.Outre.Eure.5.Up.Ami.Bar.6.Ite.Brai.7.Légalisera.8.Arasé.Ut.9.Vé.Psi.10.Usera.Peso.11.Sénégal.In.12.Entremises.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 388 1.N\u2019a pas d\u2019équipe derrière lui.2.Est passé de trop d\u2019eau à trop de vin.A l\u2019intention de blesser.3.Sa jument est verte et son chat perché.Réponse référendaire.4.Consentirent.5.Bien perçus.Vieux ruminant.Doublé romain.6.Impérissable.Le technétium.7.Pas très fin chez les jeunes.Jeune propos.8.Personnel.Fait bien mauvais ménage.9.Réduit les défenses.Mit en place.10.Colora délicatement.Zone d\u2019échanges.Doublé romain.11.Point stratégique.Partir à l\u2019aventure.12.Chaleureuse prise de contact.I.Que de fautes et d\u2019erreurs elle nous fait faire.II.Occupée de l\u2019intérieur.Pour une petite sortie dans l\u2019espace.III.Se prend pour un mec du milieu.Bave n\u2019importe comment.IV.En règle.Délicatement coloré.Le francium.V.Se rend.Pas bien maligne.VI.Vous transformera en citron.Nourriture à l\u2019étable.VII.Roule au hasard sur la piste.Reparties pour un tour.VIII.Délivre ses secrets tour après tour.Facilite les efforts de traction.Convient.IX.A disparu à l\u2019arrivée des plastiques.Convient.X.Comme un disque un peu bombé.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde CITATION MYSTÉRIEUSE L\u2019INTERVALLE Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre, trouvez les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.Découvrez les mots cachés dans ces anagrammes.M O R T E L G O U R D E MOTS IMAGES Associez deux mots pour former une expression imagée.SAVOIR BAISER NEZ LOUP CHIEN POUR MOURIR CANARD VOLÉ FUSIL ENNUI BOITEUX FAIRE MER CONTRE FIN 1.2.3.4.5.6.7.8.SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE GRILLE BLANCHE MOTS FLÉCHÉS SUDOKU : SOLUTION DU DERNIER NUMÉRO GRILLE DES FÉRUS CITATION MYSTÉRIEUSE La valeur d'un homme tient dans sa capacité à donner et non dans sa capacité à recevoir.(Albert Einstein) L\u2019INTERVALLE POIVRÉ / POIRÉ / MOIRÉ / MIRÉ / MARE LES ANAGRAMMES CRAME - CRÉMA / AMER - ARME / ÉTIOLÉ - ÉTOILÉ / ÉMOUSSAS - MAOUSSES / BAQUER - BARQUE - BRAQUE MOT IMAGE VIE À TRÉPAS / POINT À LA LIGNE / RÈGNE DE LA TERREUR / RETOUR AUX SOURCES / COURTE VUE / VER D'OREILLE / SAUF-CONDUIT / GESTION DE CRISE Conception de la grille blanche, de la grille des férus et des mots fléchés : Étienne Hannequart-Ferron.E A I S G S O I T R S O M A I R R D FA A A A L L I E N C 1.3.4.2.1.3.2.1.2.1.2.1.2.Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite.1 7 1 4 1 7 1 4 1 7 1 4 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 F É V R I E R / 2 0 1 8 "]
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