Le devoir, 23 janvier 2018, Cahier A
[" V O L .C I X N o 1 2 L E D E V O I R , L E M A R D I 2 3 J A N V I E R 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Conquérir la Chine.Le Canada veut accroître sa présence dans quatre secteurs culturels : le cinéma, les jeux vidéo, le design et l\u2019art public.Page B 8 Avis légaux.A 4 Décès.B 6 Météo.B 4 Mots croisés.B 2 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 2 ?w w w .l e d e v o i r .c o m J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U S on travail a permis de légitimer certains usages de la langue au Québec.Le linguiste émérite Jean-Claude Boulanger, à qui l\u2019on doit notamment Le Dictionnaire québécois d\u2019aujourd\u2019hui, est décédé à la suite d\u2019un accident le 19 janvier.Il avait 71 ans.Pour lui, les Québécois n\u2019avaient pas à rougir de leur langue.« Pour le Québec, c\u2019est une figure marquante, cela est certain », dit la linguiste Hélène Cajolet-Laganière.Après avoir travaillé à l\u2019Of fice québécois de la langue française (OQLF), il avait enseigné dans plusieurs universités, au Québec comme à l\u2019étranger.Ses recherches portaient sur l\u2019histoire des dictionnaires et de la lexicographie, sur la norme et la variation du français, sur la formation des mots et sur la dynamique des rapports entre les noms JEAN-CLAUDE BOULANGER, 1946-2018 Le Québec perd un ardent défenseur de sa langue Le linguiste a légitimé les usages de la langue française d\u2019ici JACQUES NADEAU LE DEVOIR ALENA Le Québec se prépare au pire Page B 1 États-Unis Fin de la crise budgétaire Page B 5 MARIO TAMA AGENCE FRANCE-PRESSE Les données recueillies par les projets financés par Ottawa en Arctique étaient utiles à des scientifiques de partout dans le monde.M A R C O F O R T I E R L a pénurie d\u2019enseignants devient tellement critique que la Commission scolaire de Montréal (CSDM) cherche à recruter des suppléants « non légalement qualifiés » pour faire des remplacements de moins de cinq jours.Selon ce que Le Devoir a appris, la plus grande commission scolaire du Québec dit être forcée de recourir à des enseignants sans brevet pour des remplacements de dernière minute dans les écoles primaires et secondaires.L\u2019embauche d\u2019enseignants non légalement qualifiés a commencé discrètement au cours des dernières années, mais prend de l\u2019ampleur à cause de la pénurie de suppléants, indiquent nos sources.« Le problème principal, c\u2019est la suppléance à la journée », confirme Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM.Elle cherche à embaucher en priorité des enseignants brevetés, mais les besoins sont tellement criants que la CSDM ouvre la porte à des candidats sans qualification légale.« La CSDM recherche des suppléantes et suppléants non légalement qualifiés pour des suppléances occasionnelles de moins de 5 jours », indiquait une annonce publiée le 19 décembre dans le site Web de l\u2019organisation.« Il faut qu\u2019ils répondent à nos critères, on ne prend pas n\u2019importe qui », précise Mme Harel Bourdon.Les candidats doivent passer une entrevue, se soumettre à une vérification de leurs antécédents judiciaires et réussir un test de français d\u2019ici le 30 juin 2018, souligne-t-elle.Combien de ces enseignants non qualifiés La CSDM recrute des suppléants «non légalement qualifiés» A L E X A N D R E S H I E L D S D ans une lettre adressée directement au premier ministre Justin Tr udeau, 250 scientifiques provenant de plusieurs pays dénoncent la décision du gouvernement fédéral de ne pas reconduire un important programme de financement de la recherche sur les changements climatiques, l\u2019atmosphère et l\u2019Arctique.Mais Ottawa n\u2019entend pas prolonger cette initiative, qui était dotée d\u2019un budget de 35 millions de dollars sur cinq ans.« Il y a une crise qui menace la recherche climatique et atmosphérique canadienne et qui sera ressentie bien au-delà des frontières du Canada », déplorent d\u2019entrée de jeu les signataires de la lettre rendue publique lundi par l\u2019organisation canadienne de recherche Evidence For Democracy.« Le seul programme de financement au Canada consacré au climat et à l\u2019atmosphère disparaît», ajoutent les scientifiques provenant de plusieurs pays d\u2019Europe, des États-Unis, de l\u2019Australie, de la Nouvelle-Zélande, de l\u2019Argentine, de la Russie, du Japon, d\u2019Indonésie et de Corée du Sud.Une situation qui « met en péril la continuité des données, des collaborations internationales et d\u2019installations uniques de l\u2019Arctique».Ce programme, nommé Recherche sur les changements climatiques et l\u2019atmosphère (RCCA), avait été lancé en 2012 pour une période de cinq ans, avec un budget de 35 millions de dollars.Il a permis de financer sept projets de recherches universitaires dotés d\u2019enveloppes variant entre 3,6 et 5 millions de dollars.Un de ces projets était d\u2019ailleurs piloté depuis l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM).Ces projets scientifiques touchent différents enjeux environnementaux majeurs, dont le recul de la glace de mer en Arctique, mais aussi CLIMAT Ottawa abandonne un programme sur l\u2019Arctique Des scientifiques du monde entier demandent au Canada de rétablir le financement VOIR PAGE A 8 : CSDM VOIR PAGE A 8 : ARCTIQUE VOIR PAGE A 8 : LANGUE La pénurie d\u2019enseignants force la commission scolaire à être moins sélective L I A L É V E S Q U E L es juristes de l\u2019État viennent de perdre une manche devant le tribunal, eux qui voulaient assigner le ministre Carlos Leitão à témoigner dans le cadre de leur plainte pour négociation de mauvaise foi contre Québec.Mais ils ont gagné en partie sur d\u2019autres points quant à la portée de l\u2019immunité parlementaire des députés.La plainte déposée par Les Avocats et notaires de l\u2019État québécois (LANEQ) prend sa source dans la négociation de la convention collective, la grève et le dépôt de la loi spéciale qui a forcé le retour au travail des juristes de l\u2019État, le 28 février dernier.Le syndicat des 1100 juristes de l\u2019État avait déposé une plainte pour manquement à l\u2019obligation de négocier de bonne foi de la part du gouvernement du Québec et de l\u2019Agence de revenu du Québec et comportements d\u2019ingérence de la part du gouvernement.«Le Tribunal considère que le témoignage du ministre n\u2019est pas nécessaire.À ce stade-ci, étant donné qu\u2019il existe d\u2019autres façons de prouver ses déclarations, sa présence apparaît disproportionnée et déraisonnable», écrit le Tribunal administratif du travail dans sa décision.Le tribunal se réserve toutefois le droit de changer d\u2019idée, « advenant un changement de circonstances dans le déroulement de l\u2019audience ».Portée de la protection parlementaire Mais le tribunal a donné raison aux juristes de l\u2019État et a statué que les déclarations du ministre Leitão faites à l\u2019extérieur de l\u2019Assemblée nationale, le 21 novembre, ainsi que le 1er décembre et le 22 décembre 2016, étaient recevables en preuve, qu\u2019elles n\u2019étaient donc pas protégées par l\u2019immunité parlementaire.«Les déclarations privées et publiques du ministre Leitão ont été faites librement en dehors du cadre des délibérations du Parlement et ne sont pas liées à une position gouvernementale annoncée à l\u2019Assemblée nationale», écrit la juge administrative Line Lanseigne.« Retenir la prétention de la Procureure générale signifierait que tout propos tenu par un ministre à l\u2019extérieur du Parlement ayant un quelconque lien, même ténu, avec une position exprimée à l\u2019Assemblée nationale serait protégé par le privilège parlementaire.Cela élargirait de façon indue le privilège à un objectif qu\u2019il ne protège pas et pourrait avoir comme effet de brimer le droit des tiers de faire valoir leur recours », ajoute le tribunal.Toutefois, les déclarations du ministre Leitão, qui a été président du Conseil du trésor durant 14 des 20 semaines de grève, et de son collègue Pierre Moreau faites à l\u2019Assemblée nationale sont protégées par l\u2019immunité parlementaire.Elles ne peuvent donc pas être produites en preuve, a statué le tribunal.«Les extraits du Journal des débats se rapportant aux déclarations du ministre Leitão faites les 3 et 9 novembre 2016 et celles du ministre Moreau faites les 14 et 27 février 2017 sont inadmissibles en preuve.Il en va de même pour toutes les questions portant sur ces déclarations.Ces mesures s\u2019avèrent nécessaires pour protéger l\u2019Assemblée nationale dans l\u2019exécution efficace de ses fonctions délibérantes et législatives », écrit la juge administrative.Sur un autre point, LANEQ voulait également connaître la date à laquelle avait été donné le mandat de rédiger la loi spéciale qui a forcé le retour au travail de ses membres.Le tribunal a jugé « non pertinente pour la solution du présent litige » cette question de la date.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E M A R D I 2 3 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 2 Fondateur, Grameen Bank Muhammad Yunus Prix Nobel de la Paix CORIM.QC.CA \u2022 514 340-9622 Avec l\u2019appui de : Jeudi 1er février 2018 · de midi à 14 h Marriott Château Champlain · 1050 Rue de la Gauchetière Ouest Les entreprises qui transforment le monde Après son allocution, M.Yunus s\u2019entretiendra avec : En association avec : Richard St-Pierre, Président, C2 Montréal Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 I S A B E L L E P O R T E R à Québec L es avocats de l\u2019ex-organisa- teur libéral Marc-Yvan Côté veulent forcer deux journalistes à révéler leurs sources en marge du procès de M.Côté, de Nathalie Normandeau et de leurs coaccusés pour complot, corruption de fonctionnaires et abus de confiance.Les journalistes Marie- Maude Denis, de Radio-Canada, et Louis Lacroix, du groupe Cogeco, devront témoigner lundi après-midi à moins que leurs avocats convainquent le juge du contraire d\u2019ici là.La défense s\u2019intéresse aux sources qui ont alimenté des reportages dif fusés à l\u2019émission Enquête et dans le magazine L\u2019actualité.Tout cela dans le but de démontrer l\u2019existence d\u2019un système organisé de fuites au sein de l\u2019État qui, selon elle, justifie un ar rêt des procédures et l\u2019annulation du procès qui doit débuter le 9 avril.La défense allègue en outre que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) ne prend pas les mesures nécessaires pour faire cesser les fuites journalistiques.Des démarches surveillées de près par Me Sébastien Pierre-Roy, qui représente Ra- dio-Canada dans cette affaire.« On cherche à obtenir de l\u2019information sur une source confidentielle d\u2019une journaliste.Or, depuis la commission Chamberland et l\u2019af faire La- gacé, les journalistes et les organisations de médias font très attention à ces tentatives-là.» Carignan confiant La demande des avocats de Marc-Yvan Côté survient quel - ques mois à peine après l\u2019adoption d\u2019une loi fédérale visant à protéger les sources journalistiques.Or, Me Olivier Desjardins (qui seconde Me Jacques Larochelle dans le dossier) a laissé entendre lundi qu\u2019i l envisageait de contester la constitutionnalité de cette loi.Cela n\u2019étonne pas le sénateur qui l\u2019a écrite, M.Claude Cari- gnan.« Ce n\u2019est pas quelque chose qui me surprend.Mais je suis très confiant de la constitutionnalité du projet de loi sur la protection des sources journalistiques», a-t-il déclaré au Devoir.«Le juge a tous les outils pour équilibrer les intérêts de l\u2019accusé versus ceux de la protection des sources.» À la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), on reproche à l\u2019avocat de M.Côté de mal comprendre le rôle des travailleurs de l\u2019information.«Ce qui me frappe, c\u2019est son interprétation du travail journalistique », a commenté le président de la FPJQ, Stéphane Giroux.« Il dit que les journalistes ne devraient pas avoir le droit de faire leur propre enquête quand une cause est judiciari- sée.Si on prenait ça tel quel, ça reviendrait à dire que dès qu\u2019une personne se fait arrêter, on n\u2019a plus le droit d\u2019en parler.C\u2019est un peu absurde.Les journalistes ne seront pas à la remorque des caprices des avocats.» Selon M.Gi- roux, cela pourrait même créer un précédent.Zambito appelé lui aussi Outre les deux journalistes, la défense veut interroger l\u2019ancien témoin de la commission Charbonneau Lino Zambito, relativement à certaines informations contenues dans son livre Le témoin.Des enquêteurs seraient aussi appelés à témoigner lundi.Autre rebondissement notable dans cette affaire : ce débat sur les fuites médiatiques touche aussi le député Guy Ouellette, arrêté en octobre dernier.Le lien entre les deux affaires est appar u quand le DPCP a voulu démontrer qu\u2019il avait bien agi contre les fuites en présentant certaines informations.L\u2019Assemblée nationale est alors intervenue pour invoquer les privilèges parlementaires et s\u2019opposer à la diffusion de ces informations.Une requête à laquelle s\u2019est joint l\u2019avocat représentant Guy Ouellette, lundi, au palais de justice de Québec.En matinée, le juge André Perreault a décidé que la question des privilèges parlementaires serait débattue le vendredi 26 janvier.Selon l\u2019avocat des médias, Me Pierre-Roy, l\u2019intervention de l \u2019Assemblée nationale dans un procès criminel constitue un véritable précé- dent.« À ma connaissance, c\u2019est la première fois, a déclaré Me Sébastien Pier re- Roy.Je n\u2019ai jamais vu ça ni au Québec ni ailleurs.» Me Pierre-Roy représente également un consortium de médias incluant Radio-Canada, La Presse et Le Devoir.Il est intervenu lundi afin d\u2019empêcher les ordonnances de non-publi- cation dans ce dossier.Un procès qui dérape?Malgré l\u2019accumulation des requêtes, les avocats de la Couronne disent ne pas craindre que le procès dérape.«Tout ça ne met pas en péril la date du début du procès qui est début avril », a commenté l\u2019avocat du DPCP, Robert Rouleau.« On est cer tains que toutes ces requêtes-là peuvent être tranchées à l\u2019intérieur du délai qu\u2019on a pour le faire.» Quant à l\u2019ex-ministre Nathalie Normandeau, il n\u2019en a pas beaucoup été question lundi.Elle n\u2019était d\u2019ailleurs pas présente au palais de justice.Les avocats ont toutefois signalé que la preuve contre elle se basait sur huit subventions en particulier.Dans ses commentaires à cet égard, son avocat, Maxime Roy, a rappelé qu\u2019elle en avait accordé des centaines quand elle était au pouvoir.Rappelons que Nathalie Normandeau, Marc-Yvan Côté et leurs coaccusés, Bruno Lor- tie, François Roussy, France Michaud et Mario Martel, font face à divers chefs de complot, de corr uption de fonctionnaires et d\u2019abus de confiance.Ils ont été arrêtés en même temps au printemps 2016.Avec la collaboration de Marie Vastel et de Marie-Michèle Sioui Le Devoir Deux journalistes appelés à témoigner au procès Normandeau Les avocats de Marc-Yvan Côté veulent forcer Marie-Maude Denis et Louis Lacroix à dévoiler leurs sources JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE La demande des avocats de Marc-Yvan Côté (à droite) survient quel ques mois à peine après l\u2019adoption d\u2019une loi fédérale visant à protéger les sources journalistiques.Juristes de l\u2019État : le tribunal évalue la portée de l\u2019immunité parlementaire Les déclarations privées et publiques du ministre Leitão ont été faites librement en dehors du cadre des délibérations du Parlement Line Lanseigne, juge administrative « » L E D E V O I R , L E M A R D I 2 3 J A N V I E R 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 F rançois Legault avait beau vanter les mérites de son « équipe du changement », il était le premier à savoir que la présence de quelques éléments prometteurs ne suf fisait pas à lui donner l\u2019allure d\u2019une « équipe du tonnerre » capable d\u2019inspirer confiance aux électeurs.Après l\u2019annonce du dépar t de trois poids lourds du PQ, qui semblait marquer la fin d\u2019une époque, le moment était bien choisi pour commencer à faire entrer en scène ceux qui seront chargés de donner une image de compétence à la CAQ.Personne ne voyait dans le député de Lévis, François Paradis, un futur ministre de la Santé.L\u2019ancien animateur de télévision est un bon communicateur et il a joué son rôle de critique à l\u2019Assemblée nationale de façon adéquate, mais les souliers de Gaétan Barrette sont nettement trop grands pour lui.Même si le neuropédiatre Lionel Carmant faisait partie des signataires du manifeste de fondation de la CAQ et que sa compétence professionnelle est reconnue, ce choix n\u2019apparaissait pas évident au départ, dans la mesure où l\u2019entourage du chef caquiste estimait que la population en avait assez du monopole sur le ministère de la Santé que les médecins exercent de façon ininterrompue depuis 15 ans.Le dernier « civil » à l\u2019avoir dirigé était d\u2019ailleurs M.Legault.S\u2019il est vrai que les sondages encourageants des derniers mois facilitent le recrutement de candidats de valeur, encore fal- lait-il trouver quelqu\u2019un capable de donner la réplique à M.Barrette, dont la condescendance envers tous ceux qui ne sont pas médecins confine parfois au mépris.Il lui sera plus dif ficile de traiter un confrère d\u2019ignorant.De son côté, M.Carmant risque moins d\u2019être impressionné par les arguments d\u2019autorité du ministre.Invité d\u2019honneur au caucus présessionnel de la CAQ à Sainte-Adèle, il a lancé ses premières salves.Sans promettre de faire table rase des réformes de M.Barrette, il estime que ce dernier « n\u2019a pas réussi à faire le travail ».En le recr utant, M.Legault a fait d\u2019une pier re deux coups.D\u2019origine haïtienne, M.Carmant apporte une caution appréciable à la CAQ, où les néo-Québécois ne sont pas nombreux.Dans une entrevue à La Presse, il s\u2019est dit en accord avec l\u2019interdiction du port de signes religieux pour les agents de l\u2019État en situation d\u2019autorité, y compris les enseignants, de même qu\u2019avec la baisse des seuils d\u2019immigration que le parti propose.?Trouver un candidat crédible au poste de ministre des Finances était l\u2019autre grande priorité de M.Legault.La CAQ n\u2019avait jamais réussi à remplacer l\u2019ancien député de Lévis, Christian Dubé, qui avait démissionné pour accepter un poste de premier vice-président à la Caisse de dépôt à peine quelques mois après sa réélection en 2014.Pendant un moment M.Legault a vainement caressé l\u2019espoir de le faire revenir en politique, et ses autres tentatives de recruter une personnalité en vue du milieu des affaires ont également échoué.Il a finalement jeté son dévolu sur le trésorier de la Banque Nationale, Éric Girard, qui avait défendu les couleurs du Parti conservateur à l\u2019élection fédérale de 2015.Il n\u2019a aucune expérience parlementaire, mais Carlos Leitão a fait la démonstration que cela n\u2019est pas nécessaire.Le député de Granby, François Bonnardel, avait pris la relève de Christian Dubé comme porte-parole en matière de finances à l\u2019Assemblée nationale, mais il n\u2019a pas le profil pour occuper le poste de ministre.Si la CAQ est appelée à former le gouvernement, il en sera plutôt le leader parlementaire.?S\u2019il est important pour la CAQ de donner des gages de compétence, elle doit aussi se montrer rassurante.Malgré les annonces de réinvestissement que multiplie le gouvernement Couillard, les compressions budgétaires de la première moitié de son mandat ont laissé des souvenirs trop douloureux pour que la CAQ puisse se présenter devant l\u2019électorat en promettant à nouveau un grand nettoyage.Manifestement visé par la nouvelle publicité du PQ, qui demande aux Québécois s\u2019ils souhaitent que l\u2019État soit soumis à « un régime minceur austère » ou qu\u2019il se mette au « gym », M.Legault a affirmé que « tous les services qui sont offerts actuellement continueront de l\u2019être et plus».Celui qu\u2019il destine au ministère de la Santé a fait lui aussi une profession de foi bien sentie dans le système public de santé.« L\u2019important, c\u2019est l\u2019universalité des soins [\u2026] Je ne veux pas plus de privé », a assuré M.Carmant.Il ne reste plus qu\u2019à expliquer comment un gouvernement caquiste pourrait offrir plus de services tout en abaissant substantiellement les impôts.mdavid@ledevoir.com Les recrues de la CAQ MICHEL DAVID M A R C O B É L A I R - C I R I N O à Sainte-Adèle L e chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, promet de redoubler d\u2019efforts afin de recruter des Québécois issus de la diversité culturelle en vue des prochaines élections générales.« Je voudrais que le gouvernement de la CAQ soit le gouvernement de tous les Québécois.Donc, je voudrais que tous les groupes au Québec soient représentés dans notre équipe », a-t-il déclaré en marge du caucus présessionnel de la CAQ, lundi dans les Laurentides.À l\u2019heure actuelle, la CAQ ne comprend aucune minorité visible.À l\u2019exception du député de Drummond\u2013Bois-Francs, Sébastien Schnee- berger, qui est né en Suisse, tous les élus de la CAQ ont grandi au Canada.Le neuropédiatre Lionel Carmant s\u2019est dit lundi disposé à participer aux efforts déployés afin d\u2019accroître les appuis de la CAQ auprès des immigrants, et de leurs enfants.Briguera-t-il les suffrages sous la bannière de la CAQ le 1er octobre prochain ?Le fils d\u2019immigrants haïtiens, qui est « fier d\u2019être québécois et canadien », y songe sérieusement.« J\u2019appuie les idées de la CAQ », a-t-il affirmé, après avoir été interpellé sur la promesse de M.Legault de réviser à la baisse les seuils d\u2019immigration au Québec.Le Dr Carmant s\u2019est dit « déçu » de l\u2019absence d\u2019« amélioration » dans l\u2019accessibilité aux soins de santé malgré les réformes opérées par le ministre libéral Gaétan Barrette depuis le printemps 2014.« Il faut donner à tout le monde l\u2019accès à des soins de qualité au moment approprié.On n\u2019a pas ça au Québec.On n\u2019a pas encore ça.Pourtant, on a tout ce qu\u2019il faut pour le faire », a-t-il déclaré à la presse.« Le secret passe par l\u2019interdisciplinarité.[On] est tous des soignants \u2014 médecins, infirmières, professionnels, pharmaciens\u2026 \u2014 et c\u2019est ensemble qu\u2019on va réussir à améliorer l\u2019accès aux soins», a soutenu l\u2019homme, dont le curriculum vitæ s\u2019étend sur 73 pages.Dépistage et intervention précoce À huit mois et demi des élections générales, M.Legault a chargé M.Carmant de jeter les bases d\u2019un « programme de dépistage précoce et d\u2019inter vention précoce des problèmes de neurodéveloppemment de tous les enfants au Québec » conjointement avec les députés François Paradis, Jean-François Roberge et Geneviève Guilbault.« Combien de fois a-t-on entendu des parents qui soupçonnent des problèmes de développement chez leur enfant de deux ans ou trois ans, et qui sont obligés d\u2019attendre 12 mois, 18 mois, 24 mois pour avoir un diagnostic à l\u2019hôpital?Ça ne s\u2019arrête pas là.Une fois qu\u2019ils ont obtenu le diagnostic, ils doivent ensuite se mettre sur la liste d\u2019attente pour obtenir des services d\u2019orthophonistes et autres.Ça n\u2019a pas de bon sens, en 2018, dans une société civilisée », a-t-il dénoncé.Lionel Carmant, directeur médical du Centre intégré du réseau en neurodéveloppement de l\u2019enfant (CIRENE), propose de dépister les enfants éprouvant des problèmes de neurodéve- loppement et d\u2019intervenir le plus tôt possible auprès d\u2019eux.« Dès qu\u2019un parent, un grand-pa- rent ou un intervenant trouve qu\u2019un enfant a un retard au niveau de son développement, [il faut] qu\u2019on puisse l\u2019identifier, déterminer sa cause et donner l\u2019intervention appropriée au moment approprié », a-t-il fait valoir.Il s\u2019agirait de « la plus grande avancée » en matière d\u2019« accès aux soins [de santé] au Québec depuis la RAMQ », selon le chef du Service de neurologie du CHU Sainte-Justine.François Legault mise sur un dépistage précoce des problèmes de neurodéveloppement, qui sont responsables des troubles d\u2019apprentissage, afin d\u2019accroître le taux de réussite des élèves québécois.Le taux de diplomation dans les écoles secondaires du Québec est de 10 points inférieurs à celui dans les écoles secondaires de l\u2019Ontario, a-t-il fait remarquer lundi.« Ça, ça veut dire des milliers d\u2019enfants qui décrochent, qui n\u2019auront pas les outils pour prendre leur place dans la société pour faire leur contribution.» Les élus caquistes sont rassemblés à Sainte- Adèle, dans les Laurentides, en prévision de la reprise des travaux parlementaires, le 6 février prochain.La CAQ compte y faire le plein de nouveaux élus le 1er octobre prochain.« On veut que les Laurentides deviennent complètement caquistes ! », a lancé M.Legault, résumant ainsi le programme de la CAQ pour les Québécois : une « meilleure qualité de vie », de « meilleurs services » et « plus d\u2019argent dans leur portefeuille ».Le Devoir La CAQ veut mieux représenter le Québec Après avoir recruté le neuropédiatre Lionel Carmant, François Legault dit vouloir plus de candidats issus de la diversité culturelle A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T E n 1918, la Faculté de médecine de l\u2019Université McGill ouvrait ses por tes aux femmes.Mais il aura fallu cent ans pour atteindre la parité au sein de la profession médicale au Québec.Elles comptent maintenant pour 50,1 % des médecins actifs, a annoncé le Collège des médecins (CMQ) lundi dans son traditionnel bilan annuel des effectifs médicaux.La féminisation dans les facultés étant manifeste depuis plusieurs années, l \u2019atteinte est symbolique, puisqu\u2019elle était prévue.Ce qui n\u2019empêche pas le président du CMQ, le Dr Charles Bernard, de s\u2019en réjouir.Pour lui, c\u2019est une «grande nouvelle ».«On a traversé le plafond de verre ! » La féminisation de la profession médicale ne pose pas un problème d\u2019effectifs, comme certains peuvent le soulever, dit-il .« Non, je n\u2019adhère pas à l\u2019idée que ça prend plus de femmes médecins pour faire le même travail en raison, notamment des congés de maternité.Elles font la même charge de travail et, de toute façon, les jeunes hommes médecins aussi veulent avoir accès à des congés de paternité », croit-il.On est loin encore de la parité toutefois au sein des instances qui représentent les médecins.Au CMQ, le conseil d\u2019administration compte par exemple 11 femmes sur 28 postes.«C\u2019est une de mes déceptions; on a travaillé très fort pour approcher de la parité, dit le Dr Bernard.Elles ne se sentent pas encore appelées par les organisations.» Tout de même, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) compte 4 femmes (dont la présidente) et 5 hommes à son conseil d\u2019administration, se trouvant donc en zone de parité.Sur les 35 associations qui sont affiliées à la FMSQ, 8 seulement toutefois sont présidées par des femmes.L\u2019instance administrative de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) compte une femme sur neuf administrateurs.Dans les facultés, 63 % des étudiants en médecine sont des femmes.Davantage de retraites En tenant compte des départs, des décès et des retraites, le Québec comptait au 31 décembre 261 médecins de plus que l\u2019an précédent à pareille date, dont 181 médecins de famille.Il y a plus de retraites qu\u2019il y a quelques années : avec le même nombre de diplômés (environ 800), il y a déjà eu ajout net de 542 médecins en 2012, par exemple.Le CMQ indique que, pour 895 nouveaux médecins en 2017, il y a eu 410 départs (retraite, par exemple), 82 décès, 170 radiations et 7 expirations de permis.C\u2019est la Montérégie qui a un bilan net de nouveaux médecins le plus positif parmi les régions du Québec, avec 27 spécialistes et 31 omnipraticiens en plus par rapport à l\u2019an dernier.La proportion d\u2019omnipraticiens par rapport aux spécialistes reste stable, ces derniers étant toujours plus nombreux.« Ça fait partie de nos objectifs d\u2019avoir plus de médecins de famille, mais ça ne bouge pas vraiment », constate le Dr Bernard.« J\u2019aimerais qu\u2019on parle des grands omnipraticiens comme des grands spécialistes», ajoute-t-il.Le Dr Bernard ne croit pas qu\u2019il soit temps de réduire le nombre d\u2019admissions dans les facultés de médecine, même si les années de pénurie, du moins dans plusieurs spécialités, semblent chose du passé.« On ne voudrait pas revenir à la situation que nous avons vécue.Il y a eu un peu moins d\u2019admissions l\u2019an dernier, mais, selon nous, il ne faut pas continuer dans cette voie-là», dit-il.En septembre, 17 étudiants de moins ont été admis en médecine.Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a indiqué en juillet dernier au Journal de Montréal qu\u2019il comptait poursuivre cette attrition jusqu\u2019à offrir 51 places de moins en 2019.Il se montrait toutefois ouvert à ajuster le tir au besoin.Le Devoir La parité hommes-femmes est atteinte en médecine La première femme a été admise dans une faculté de médecine au Québec il y a cent ans MARCO BÉLAIR-CIRINO LE DEVOIR François Legault et ses députés ont réservé un accueil digne d\u2019un candidat vedette à Lionel Carmant, qui n\u2019a toutefois pas encore confirmé s\u2019il portera les couleurs de la Coalition avenir Québec lors des prochaines élections générales.En recrutant Lionel Carmant, M.Legault a fait d\u2019une pierre deux coups Q uébec \u2014 Le triste anniversaire de la fusillade de la grande mosquée de Québec, lors de laquelle six personnes ont été tuées, sera souligné pendant quatre jours, par une série d\u2019activités, dans la capitale nationale et à Montréal.C\u2019est le 29 janvier 2017 qu\u2019un tireur a pénétré dans la mosquée, pendant la prière.Il a abattu six personnes et fait 19 blessés, dont cinq graves.Les meurtres de ces pères de famille, tous d\u2019une même communauté religieuse, ont marqué les Québécois.Un an plus tard, plusieurs événements auront lieu, le premier étant prévu vendredi prochain : le colloque « Vivre ensemble avec nos dif fé- rences » est organisé par le Centre de prévention contre la radicalisation menant à la violence et sera tenu au Palais Montcalm.Également vendredi, une prière aura lieu à la grande mosquée de Québec, là où s\u2019est produite la fusillade.Elle est ouverte à la communauté musulmane de Québec, mais pourra être visionnée en direct par l\u2019ensemble de la population, soit sur la page Facebook du Centre culturel islamique de Québec ou sur sa page Internet.Un documentaire intitulé Ta dernière marche dans la mosquée sera projeté samedi en début d\u2019après-midi à l\u2019Université Laval.La grande mosquée de Québec tiendra une journée portes ouvertes à cette même date, offrant une visite de l\u2019exposition des messages de sympathie reçus tout au long de l\u2019année et des rencontres avec les familles des défunts et des autres victimes.Dimanche sera un jour de recueil le- ment spirituel en mémoire des victimes, ouver t à tous avec musique et prières de toutes confessions et des témoignages des proches des victimes.Le pavillon de la Jeunesse d\u2019Expo-Cité accueillera l\u2019événement.Et lundi, jour anniversaire de l \u2019attentat, une commémoration citoyenne aura l ieu dans le stat ionnement de l\u2019église Notre-Dame-de-Foy, à quelques pas de la mosquée visée par le tireur.La population est invitée à se rassembler en signe de solidarité et à déposer fleurs et bougies près de la grande mosquée de Québec.À Montréal, plusieurs rassemblements sont organisés dans dif férents quar tiers le 29 janvier prochain, afin de dénoncer l\u2019islamophobie.Les premiers auront lieu à 17 h devant le métro Verdun et devant le métro Mont-Royal.Un autre débutera à 17 h 30 dans le quartier Villeray, devant le métro Jean-Talon.Selon les regroupements de citoyens à l\u2019origine de ces rassemblements, l\u2019attaque de la grande mosquée de Québec n\u2019était pas un événement isolé, « mais le reflet de la montée d\u2019un racisme anti-mu- sulman au Québec ».La Presse canadienne L E D E V O I R , L E M A R D I 2 3 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia - tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.POUR NOUS JOINDRE avisdev@ledevoir.com Tél.: 514-985-3344 // Fax : 514-985-3340 www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services-et-annonces/appels-d-offres HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 15 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 15 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres AVIS PUBLIC est par la présente donné que la Ville de Westmount a reçu une demande pour un permis de démolition et un programme de remplacement pour le bâtiment situé au 4014-4022 rue Ste-Catherine ouest.Tous les documents pertinents concernant cette demande de permis de démolition, incluant les plans, peuvent être consultés au bureau du directeur du Service de l\u2019aménagement urbain, situé au 4333, rue Sherbrooke Ouest à Westmount pendant les heures d\u2019ouverture.Toute personne qui veut s'opposer à la démolition doit, dans les dix (10) jours de la publication du présent avis public, ou à défaut, dans les dix (10) jours qui suivent l'affichage de l'avis sur l'immeuble concerné, faire connaître par écrit son opposition motivée au greffier de la municipalité.De plus, toute personne désirant exprimer son accord à la démolition proposée, doit également le faire, par écrit, à l\u2019intérieur du délai de dix (10) jours, auprès du greffier de la Ville municipalité.Le comité de démolition tiendra une séance publique le 19 février 2018, à 17h00, dans la salle du conseil de l\u2019hôtel de ville, situé au 4333, rue Sherbrooke Ouest à Westmount.DONNÉ A WESTMOUNT, Québec, ce 23e jour de janvier 2018.Le greffier de la Ville, Me Martin St-Jean Ville de Westmount DEMANDE DE DÉMOLITION Services institutionnels Service de la gestion et de la transaction immobilière Catégorie : Travaux Appel d'offres : 5914 Descriptif : CONTRAT DE CONCEPTION, CONSTRUCTION, EXPLOITATION ET ENTRETIEN D\u2019UN CENTRE DE TRAITEMENT DES MATIÈRES ORGANIQUES PAR BIOMÉTHANISATION À MONTRÉAL EST.L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le, 21 février 2018 à 10h30, est reportée au, 18 avril 2018, à 10h30, au service du greffe de la Ville de Montréal, à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6.Fait à Montréal, le 23 janvier 2018 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres AUX PERSONNES HABILES À VOTER AYANT LE DROIT D\u2019ÊTRE INSCRITES SUR LA LISTE RÉFÉRENDAIRE DU SECTEUR CONCERNÉ (ZONES R3-16-01, R2-15-01, R2-17-01, R9-21-01 et C5-20-01) AVIS PUBLIC est donné que : 1.Le conseil municipal a adopté, lors de sa séance ordinaire du 15 janvier 2018, la résolution no.2018-01-016 portant sur les lots 1 580 805 et 1 580 825 du cadastre du Québec sur lesquels est situé l\u2019immeuble portant l\u2019adresse civique 500, avenue Claremont (« l\u2019IMMEUBLE »), en vertu du Règlement sur les projets particuliers de construction, de modification ou d\u2019occupation d\u2019un immeuble (règlement no.1489).2.La résolution no.2018-01-016 consiste à approuver les dérogations suivantes au règlement de zonage : a) permettre, nonobstant les usages permis dans la zone R3-16-01 du plan de zonage de la Ville, un usage de type multifamilial; et b) permettre, nonobstant la hauteur maximale de construction permise dans la zone R3-16-01 du plan de zonage de la Ville, une construction d\u2019une hauteur maximale de 23,47m; 3.Les personnes habiles à voter ayant le droit d\u2019être inscrites sur la liste référendaire du secteur concerné peuvent demander que la résolution no.2018-01-016 fasse l\u2019objet d\u2019un scrutin référendaire en inscrivant leur nom, adresse et qualité, et en apposant leur signature dans le registre ouvert à cette fin.Les conditions pour être une personne habile à voter ayant le droit d\u2019être inscrite sur la liste référendaire de la municipalité peuvent être consultées sur le site Internet de la Ville : https://westmount.org/zone-resident/amenagement-urbain/ppcmoi 4.Le secteur concerné se compose des zones suivantes : R3-16-01, R2-15-01, R2-17-01, R9-21-01 et C5-20-01.Un croquis du secteur se retrouve ci-après : 5.Le registre sera accessible le lundi 29 janvier 2018, de 9h à 19h, dans la salle du conseil de l\u2019hôtel de ville, située au 4333, rue Sherbrooke Ouest, à la Ville de Westmount.Le résultat de la procédure d\u2019enregistrement y sera annoncé à 19h15.6.Le nombre requis de demandes valides pour que la résolution no.2018-01-016 fasse l\u2019objet d\u2019un scrutin référendaire est de 127.Si ce nombre n\u2019est pas atteint, la résolution no.2018-01-016 sera réputée approuvée par les personnes habiles à voter.7.Toute personne intéressée peut consulter ladite résolution à l\u2019hôtel de ville durant les heures normales d\u2019ouverture et pendant les heures d\u2019ouverture du registre.Elle peut également être consultée sur le site Internet de la Ville : https://westmount.org/zone-resident/amenagement-urbain/ppcmoi DONNÉ A WESTMOUNT, Québec, ce 23e jour de janvier 2018.Le greffier de la Ville, Me Martin St-Jean Ville de Westmount RÉSOLUTION NO.2018-01-016 Dans l\u2019affaire de la faillite de: Avis est par les présentes donné que la faillite de : Wilfrid Blanchette, Consultant SST inc.Situé au : 312-3061, rue Édouard-Montpetit, Laval, Qc.H7T 2K8 est survenue le 15-01-2018 et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 30-01-2018 à 09:30 Au bureau du syndic au : 162-1, Place Laval, boul St-Mar- tin Ouest, Laval, Qc.H7N 1A1 Jean Fortin, Syndics autorisés en Insolvabilité Tél.450-442-3260 JeanFortin.com PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Une femme dépose des fleurs devant la grande mosquée de Québec, le lendemain de l\u2019attentat, le 30 janvier 2017.Quatre jours de commémorations pour les victimes de la mosquée de Québec Plusieurs événements auront lieu, le premier étant prévu vendredi prochain Nouvelle maison de naissance à Montréal Une équipe de dix sages- femmes et d\u2019aides natales se consacrera à l\u2019accouchement dans une nouvelle maison de naissance du quartier Ahuntsic à Montréal.Celle-ci sera aménagée au coût de 2,3 millions de dollars dans l\u2019aile C du Centre d\u2019hébergement et de soins de longue durée Louvain, ont annoncé le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, et la ministre de la Culture, Marie Montpetit, qui représente la circonscription de Crémazie.Environ 400 femmes pourront y accoucher chaque année «dans un contexte intime et personnalisé», a affirmé M.Barrette dans un communiqué, et ce, à partir de l\u2019automne 2019.Les 200 sages-femmes du Québec sont sans contrat de travail depuis 2015.Elles réclament une meilleure rémunération, ainsi que des frais de déplacement majorés.Le Regroupement des sages-femmes du Québec plaide aussi pour l\u2019ouverture de davantage de maisons de naissance.Le Devoir S T É P H A N I E M A R I N L es appels pour signaler des crimes et des propos haineux ont monté en flèche au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence dans l\u2019année qui a suivi l\u2019attaque à la mosquée de Québec, a fait savoir le directeur général du centre, qui parle de la tuerie comme d\u2019un «tournant».Herman Deparice-Okomba est toutefois d\u2019avis que cela ne signifie pas qu\u2019il y a une augmentation des crimes et incidents haineux contre les musulmans au Québec.Ni que la situation y est pire qu\u2019ailleurs.Il croit que les citoyens, qui ont vu des personnes tuées sous les balles le 29 janvier 2017, ne veulent pas courir le risque qu\u2019un tel drame se reproduise et rapportent davantage les propos et incidents dirigés vers une communauté en particulier.En chiffres, le résultat est le suivant : le centre rapporte 17 appels en 2015 à ce sujet, 52 en 2016 et 166 en 2017.La majorité d\u2019entre eux ont été faits pour rapporter des menaces contre les musulmans, a précisé M.Deparice-Okomba.«L\u2019attentat de Québec a fait exploser, évidemment, les appels», a-t-il dit.« Il y a eu un avant et un après», a-t-il commenté au sujet de ces signalements qui ont triplé entre 2016 et 2017.«Maintenant, les gens ne tolèrent plus cela.Les gens appellent.Ils ne prennent plus de chances.» Pour lui, si tout ne peut y être relié, « il y a eu quand même un tournant avec l\u2019attentat de Québec».L\u2019an dernier, une quinzaine d\u2019appels ont d\u2019ailleurs été transmis par le centre à la police, a ajouté son directeur général, «parce que pour nous, il y avait un danger pour la société».Le centre est contacté lors - que des gens entendent des propos inquiétants ou voient ce qu\u2019ils considèrent être des menaces contre une communauté ou un groupe.Par exemple, un citoyen inquiet a rapporté récemment un message publié sur Facebook dans lequel son auteur avait écrit : « les musulmans vont commencer l\u2019année [2018] comme ils ont commencé l\u2019an dernier.Je vais m\u2019en occuper».Avant la tuerie à la mosquée, si les gens pouvaient avoir tendance à banaliser ces propos, ou à penser que ce n\u2019était le fait que de quelques «égarés», ce n\u2019est plus le cas maintenant, dit M.Deparice-Okomba.Selon lui, l\u2019augmentation est due à la stratégie de prévention et de communication mise en place depuis trois ans, par laquelle le centre incite les gens à rapporter tous les incidents racistes, homophobes ou antisémites dont ils sont témoins.Le directeur général rappelle toutefois que 85 % des crimes haineux ne sont pas rapportés.Le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence va d\u2019ailleurs bientôt lancer une application mobile permettant aux gens de signaler des propos ou des incidents haineux directement à partir de leur téléphone intelligent.La Presse canadienne Beaucoup plus d\u2019incidents haineux rapportés, selon le Centre de prévention de la radicalisation Le président de la SSJB au PQ?Le président général de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal, Maxime Laporte, a annoncé lundi son intention de briguer l\u2019investiture du Parti québécois (PQ) dans la circonscription de Pointe-aux- Trembles, à Montréal.L\u2019actuelle députée péquiste de Pointe-aux-Trembles, Nicole Léger, a annoncé la semaine dernière qu\u2019elle ne serait pas candidate aux élections d\u2019octobre prochain.Maxime Laporte, qui est âgé de 30 ans, compte présenter au cours de sa campagne un programme comprenant des propositions visant l\u2019amélioration de la qualité de vie des familles et des travailleurs, l\u2019avancement de la justice sociale, de même que des mesures pour l\u2019environnement et le respect de la diversité.Maxime Laporte, qui est avocat, est devenu le 80e président de l\u2019histoire de la SSJB en 2014.La Presse canadienne Mer de Chine : la marée noire s\u2019étend Pékin \u2014 La marée noire provoquée par le naufrage d\u2019un pétrolier iranien entre la Chine et le Japon s\u2019étend rapidement, polluant encore plus une mer de Chine orientale déjà souillée par des décennies de rejets.La nappe d\u2019hydrocarbures a triplé de taille en l\u2019espace de quatre jours, selon des chiffres du gouvernement chinois.Des images prises par satellite ont permis de détecter trois nappes s\u2019étalant au total sur 332km2, a indiqué dimanche soir dans un communiqué l\u2019Administration nationale des océans, qui mercredi avait fait état d\u2019une marée noire de 101km2.Trois navires des garde-côtes étaient sur place dimanche soir pour évaluer la catastrophe écologique, selon ce même organisme.Le Sanchi, qui transportait des condensats, des hydrocarbures légers, a sombré le 14 janvier après avoir brûlé pendant une semaine à la suite d\u2019une collision avec un cargo à environ 300 kilomètres à l\u2019est de Shanghai.Trente-deux marins, dont 30 Iraniens et deux Bangladais, ont péri dans la catastrophe.Seuls trois corps ont été récupérés.Agence France-Presse Vendredi, une prière aura lieu à la grande mosquée de Québec, là où s\u2019est produite la fusillade Maintenant, les gens ne tolèrent plus cela.Les gens appellent.Ils ne prennent plus de chances.Herman Deparice-Okomba « » L E D E V O I R , L E M A R D I 2 3 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 5 JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Ça fait depuis 2009 que les constats n\u2019ont pas été révisés», a af firmé le président du comité exécutif, Benoit Dorais.K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I L es élus municipaux de Montréal qui ont mordu la poussière lors de l\u2019élection du 5 novembre dernier ou qui ont choisi de quitter la politique ne sont pas par tis les mains vides.Au total, près de 4 millions de dollars seront versés à 41 ex-élus, 11 d\u2019entre eux touchant plus de 150 000 $.La liste officielle des indemnités de départ et de transition versées aux élus dont le mandat a pris fin en 2017, que vient de dévoiler la Ville de Montréal, nous apprend que plusieurs politiciens sortants empocheront d\u2019importantes sommes.L\u2019ex-mairesse d\u2019arrondissement de Villeray\u2013Saint-Mi- chel\u2013Parc-Extension, Anie Samson, est celle qui recevra le montant le plus important, et de loin.Elle touchera une indemnité de dépar t de 133 524 $ et une indemnité de transition de 151 190 $, pour un total de 284 714 $.Les indemnités sont calculées en fonction du salaire annuel et du nombre d\u2019années de service.Mme Samson touchera donc des sommes élevées en raison des fonctions qu\u2019elle cumulait au sein de l\u2019administration du maire Coderre et de ses nombreuses années de vie politique.«J\u2019ai passé 23 ans au sein de la Ville de Montréal», avait-elle expliqué en novembre dernier sur les ondes du 98,5 FM, lorsque le Journal de Montréal avait estimé le montant des indemnités de départ et de transition des anciens élus.« Je n\u2019ai pas droit au chômage.C\u2019est du travail sept jours, sept soirs semaine.La vie privée prend le bord.Pendant 23 ans.Ce qui m\u2019est donné, ce n\u2019est pas moi qui l\u2019ai décidé.C\u2019est régi par la loi.» Coderre derrière Chitilian Harout Chitilian, l\u2019ancien vice-président du comité exécutif, empochera 197 634 $, tandis que l\u2019ex-maire Denis Coderre touchera 193 874 $.L\u2019ancien membre du comité exécutif Richard Bergeron (186 537 $) et l\u2019ex-conseiller municipal Jean-Marc Gibeau (184 519 $) tiennent le 4e et le 5e rang.La Loi sur le traitement des élus municipaux prévoit que l\u2019indemnité de départ correspond au salaire moyen d\u2019une période de deux semaines, multiplié par le nombre d\u2019années de ser vice (depuis le 1er janvier 1992).La somme reçue ne peut pas dépasser le salaire annuel de l\u2019année précédant le départ.L\u2019indemnité de transition est pour sa part calculée en multipliant le salaire d\u2019une période de trois mois par le nombre d\u2019années de ser vice.Là encore, elle ne peut pas excéder le montant du salaire annuel de l\u2019ancien élu.Nombreuses controverses Les indemnités de départ et de transition ont fréquemment soulevé la controverse, d\u2019abord parce qu\u2019elles sont versées même si un élu décide de quitter la politique pour prendre sa retraite.C\u2019est par exemple le cas de l\u2019ancien maire de l\u2019arrondissement Ahuntsic-Car- tierville Pierre Gagnier, âgé de 82 ans, qui touchera 150 514 $ après avoir choisi l\u2019automne dernier de mettre fin à son parcours politique.L\u2019indemnité de dépar t de 267 923 $ touchée en 2013 par Michael Applebaum, qui a par la suite été reconnu coupable de cor r uption, a aussi fait grincer des dents.En mai dernier, la Ville de Montréal a entrepris des procédures judiciaires pour recouvrer les quelque 160 000 $ de l\u2019indemnité de transition.Jusqu\u2019à maintenant, l\u2019ancien maire de Montréal a refusé de rembourser cette somme.Le Devoir Quatre millions en indemnités de départ pour les anciens élus montréalais La somme versée à chacun des 41 ex-élus est calculée en fonction du salaire annuel et du nombre d\u2019années de service INFOGRAPHIE LE DEVOIR Les dix indemnités de départ les plus élevées, selon les données de la Ville de Montréal J E A N N E C O R R I V E A U A près les taxes, ce sera bientôt au tour du coût des constats d\u2019infraction de grimper à Montréal.L\u2019administration de Valérie Plante l\u2019a confirmé lundi et espère même aller chercher 30 millions de dollars de plus en revenus avec les contraventions.Projet Montréal avait promis de faire disparaître les bonis remis aux cadres du Ser vice de police de la Ville de Montréal (SPVM) relativement aux contraventions \u2014 que le par ti appelait les « bonis Denis ».Lors de l\u2019assemblée du conseil municipal lundi, l\u2019administration a confir mé que ces quotas n\u2019existaient plus.Un élu d\u2019Ensemble Montréal, Francesco Miele, s\u2019est toutefois étonné que l\u2019administration puisse, malgré la f in des bonis, prévoir des hausses importantes de revenus pour les amendes et les contraventions dans le budget de la Ville.Pour 2018, l\u2019administration anticipe des revenus de 206,6 millions provenant de cette source alors qu\u2019en 2017, elle avait recueilli 176,5 millions, un écar t de quelque 30 millions.Le président du comité exécutif , Benoit Dorais, a reconnu que l\u2019administration comptait revoir à la hausse le montant des constats d\u2019infraction, notamment en matière de stationnement et de circulation.« Ça fait depuis 2009 que les constats n\u2019ont pas été révisés », a-t-il rappelé sans pouvoir préciser l \u2019ampleur des hausses envisagées.« On donne des constats à des gens qui sont en infraction et pour nous, c\u2019est ça qui va compter et non pas de donner des tickets pour donner des tickets», a expliqué M.Dorais.Budget L\u2019opposition a aussi demandé à Valérie Plante de revoir le budget de son administration.Elle suggère l\u2019annulation de la hausse de la taxe d\u2019eau de 1,1 %, ce qui réduirait à 2,2 % la hausse du fardeau fiscal des Montréalais, qui est actuellement de 3,3 % dans le budget de la mairesse.Ensemble Montréal estime que l\u2019administration n\u2019a pas été en mesure d\u2019expliquer de manière convaincante la nécessité d\u2019augmenter cette taxe.Non seulement la mairesse a rejeté la requête, mais elle a accusé les troupes de l\u2019ancien maire Denis Coderre d\u2019avoir « jeté de l\u2019argent par les fenêtres» et d\u2019avoir plongé Montréal dans une situation financière «désastreuse».«Votre indignation aujourd\u2019hui et celle des dernières semaines ne m\u2019impressionnent pas.L\u2019administration dont vous faisiez partie [\u2026] savait depuis juin qu\u2019on s\u2019en allait dans un mur», a dit la mairesse au chef de l\u2019opposition, Lionel Perez, lors d\u2019un vif échange à l\u2019assemblée du conseil municipal lundi.La mairesse a fait valoir que, dans son budget, Montréal avait réservé 73 millions de dollars pour le développement économi - que : «Dans votre administration, c\u2019était des peanuts que vous donniez.» De ces 73 millions, 30 millions sont destinés aux commerçants, a précisé Mme Plante.Dissidence En matinée, malgré la dissidence de l\u2019opposition et celle des maires des villes de banlieue, la Commission des finances a recommandé l\u2019adoption du budget.Le maire de Beaconsfield et représentant des 15 villes liées, Georges Bourelle, a inscrit sa dissidence.« Les maires que nous représentons ont clairement fait comprendre qu\u2019ils n\u2019accepteront jamais un budget d\u2019agglomération qui impose une augmentation moyenne de 5,3% des quotes-par ts de leurs 15 villes», a-t-il expliqué.Pierre Pagé, du groupe citoyen Montréal pour tous, a pressé l\u2019administration Plante- Dorais de reculer au sujet des hausses de taxes.«C\u2019est un appel aux conseillers de la majorité : respectez votre promesse centrale et l\u2019an prochain, présentez d\u2019avance toutes les informations et toutes les augmentations de taxes que vous voudrez», a dit M.Pagé aux membres de la commission.« Ce n\u2019est pas une question de chiffres, c\u2019est une question de lien de confiance.» En soirée, lors de l\u2019assemblée du conseil municipal, un commerçant exaspéré, qui a vu ses taxes passer de 18 900 $ à 47 000 $ entre 2010 et 2017, a demandé à la mairesse si elle offrirait de l\u2019aide aux commerçants en attendant la réforme fiscale promise, d\u2019autant qu\u2019elle n\u2019a pas respecté sa promesse de limiter les hausses de taxes à l\u2019inflation.«Je m\u2019inquiète pour mes employés et mon entreprise», a dit Alain Bourgeois.La mairesse a reconnu que le système de taxation pour les commerçants n\u2019était pas adéquat, mais son administration n\u2019a pas été en mesure de donner d\u2019échéancier pour la réforme.Rappelons que le budget de l\u2019administration sera soumis au vote du conseil municipal mercredi et à celui du conseil d\u2019agglomération le lendemain.Le Devoir MONTRÉAL L\u2019administration Plante haussera le montant des contraventions H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa I l a beau militer pour l\u2019exemption du por t du casque à moto pour les sikhs portant le turban comme lui, Jagmeet Singh ne s\u2019en prévaudrait pas pour autant s\u2019il obtenait gain de cause.Le chef du NPD estime qu\u2019il en va de sa sécurité.Aussi retirera-t-il son turban pour metre un casque lorsqu\u2019il enfourchera une motoneige à Jon- quière cette semaine.Le caucus néodémocrate se réunit à compter d\u2019aujourd\u2019hui et jusqu\u2019à jeudi afin de planifier la rentrée parlementaire.Le nouveau chef veut profiter de son passage au Saguenay pour pratiquer une activité toute québécoise : circuler dans les sous-bois en motoneige.Le port du casque est obligatoire au Québec et il n\u2019est pas question pour M.Singh de contourner la loi pendant sa sor tie d\u2019une demi-heure.« Il va enlever son turban pour mettre un casque », af firme Sarah Andrews, la directrice adjointe des communications au NPD.En fait, M.Singh aurait porté le casque, qu\u2019il soit obligatoire ou pas.« Il fait de la moto et, quand il fait de la moto, il enlève toujours son turban pour mettre son casque, poursuit Mme Andrews.Pour lui, c\u2019est une question de sécurité.Même si l\u2019exemption existait, il por terait quand même le casque.C\u2019est plus l\u2019idée d\u2019offrir le choix personnel [aux autres sikhs de ne pas le porter], mais lui, personnellement, il va porter un casque.» Lorsqu\u2019il était député à Queen\u2019s Park, Jagmeet Singh a déposé à deux reprises un projet de loi dispensant de casque à moto tout sikh ayant « les cheveux, la barbe et les poils non coupés» et portant «habituellement un turban composé d\u2019au moins cinq mètres carrés de tissu ».Il n\u2019a jamais été adopté, la première ministre Kathleen Wynne s\u2019y opposant au nom de la sécurité.Une telle exemption existe en Colombie- Britannique et au Manitoba.Casque et religion ne font pas toujours bon ménage en politique fédérale.En février dernier, le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, qui por te lui aussi le turban sikh, a visité sans casque le site de reconstruction du manège militaire, à Québec.La Commission des normes, de l\u2019équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a contacté la responsable du chantier, l\u2019entreprise Pomer- leau, pour lui rappeler que le por t du casque était obligatoire.La CNESST avait indiqué à La Presse que son intervention n\u2019avait pas de conséquences juridiques directes.Préparer le terrain Selon la députée néodémo- crate de Jonquière, Karine Trudel, la réunion du caucus dans sa ville sera l\u2019occasion d\u2019aborder les enjeux fédéraux touchant de plein fouet sa région.Elle cite entre autres la vétusté des brise-glace.« Rio Tinto Alcan reçoit ici la bauxite par bateau.Si le brise- glace brise, ce sont des cargaisons qui ne sont pas livrées.Ça a un impact économique important.» Mme Trudel reconnaît que la tenue du caucus à Jonquière n\u2019est pas étrangère à la prochaine élection par tielle qui devrait se tenir dans la région dans la foulée du départ-sur- prise, pour raisons personnelles, du député libéral de Chicoutimi-Le Fjord, Denis Lemieux.La date de l\u2019élection n\u2019a pas encore été annoncée.Le Devoir Jagmeet Singh, jamais sans son casque Le chef du NPD retirera son turban pour faire de la motoneige à Jonquière La carte-soleil change de visage La carte d\u2019assurance maladie québécoise revêtira dorénavant un visuel «s\u2019inspirant du permis de conduire».La Régie de l\u2019assurance maladie du Québec (RAMQ) a annoncé lundi la première grande refonte graphique de la carte-soleil depuis 40 ans.L\u2019arrière-plan de la carte sera dorénavant plus pâle, mais «conservera son soleil qui la distingue», selon l\u2019organisme gouvernemental.La photo sera aussi désormais en noir et blanc plutôt qu\u2019en couleur.De nouvelles caractéristiques de sécurité ont été intégrées à la carte, affirme la RAMQ, dont des images visibles sous rayons ultraviolets, tant au recto qu\u2019au verso.Les nouvelles seront distribuées à compter du 24 janvier lors du renouvellement, du remplacement ou de la délivrance d\u2019une nouvelle carte d\u2019assurance maladie.RAMQ 206,6 C\u2019est le montant anticipé, en millions de dollars, des revenus provenant des contraventions en 2018.La Ville a recueilli 176,5 millions de cette manière en 2017.«On donne des constats à des gens qui sont en infraction et pour nous, c\u2019est ça qui va compter et non pas de donner des tickets pour donner des tickets» u lendemain de l\u2019acquittement de Thomas Harding, Richard Labrie et Jean Demaître, la mairesse de Lac- Mégantic, Julie Morin, a bien cerné le malaise suscité par ce procès pour négligence criminelle ayant causé la mort de 47 personnes.«Ce n\u2019est pas juste des hommes qui ont manqué de jugement, c\u2019est le système qui est malade», a-t-elle commenté.Le déraillement d\u2019un convoi de pétrole brut de la Montreal, Maine & Atlantic Railway (MMA), le 6 juillet 2013, ne relève pas de la négligence criminelle.Les Harding, Labrie et De- maître constituaient des cibles faciles pour les enquêteurs.Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a voulu faire sur leur dos le procès de la déréglementation dans le transport ferroviaire.Celui-ci viendra bien assez tôt, lorsque la MMA ou ce qu\u2019il en reste reviendra en cour pour son procès criminel.Dans l\u2019intervalle, le DPCP ferait bien de ne pas porter la cause en appel, et de respecter la décision empreinte de sagesse populaire prise par le jury qui a prononcé l\u2019acquittement des trois employés de la MMA, après neuf journées de délibérations.Certes, le chef du train, Thomas Harding, aurait dû mettre en place davantage de freins sur le convoi, laissé sans surveillance en haut d\u2019une pente.Il en a mis sept, alors qu\u2019un expert de la Couronne a indiqué lors du procès qu\u2019il en fallait le double.Thomas Harding a d\u2019ailleurs l\u2019intention de plaider coupable à des accusations pénales portées contre lui en vertu de la Loi sur la sécurité ferroviaire.On ne pouvait cependant pas reprocher à M.Harding et à ses collègues immédiats le caractère vétuste des équipements de la MMA, les réparations bâclées, l\u2019incendie de la locomotive et la cascade d\u2019événements fortuits qui, additionnés les uns aux autres, ont mené au déraillement et à l\u2019explosion du convoi au centre-ville de Lac-Mégantic.Ils porteront toujours une responsabilité morale pour le décès de 47 personnes, mais leur conduite ne correspondait pas aux critères complexes de la négligence criminelle, soit d\u2019avoir fait preuve d\u2019un comportement qui s\u2019éloigne de façon marquée de celui d\u2019une personne dite «raisonnablement prudente».Un rapport du Bureau de la sécurité des transports du Canada sur la tragédie de Lac-Mégantic a mis en lumière la culture de négligence en matière de sécurité qui prévalait au sein de la MMA.C\u2019est la véritable cause du drame.Cette culture a pu s\u2019épanouir parce qu\u2019Ottawa a cédé à l\u2019appel des sirènes de la déréglementation dans le transport ferroviaire.La Commission d\u2019examen sur la sécurité ferroviaire, dont le rapport est attendu au printemps, peut corriger le tir.Elle se doit de faire passer la sécurité du public avant les intérêts industriels.Comme chaque année à la veille du Sommet économique mondial de Davos, Oxfam publie son état du monde rappelant combien sont profondes les inégalités qui se creusent entre les plus pauvres et les plus riches de la planète.xfam a le tour d\u2019illustrer avec fracas l\u2019existence des inégalités dans le monde.L\u2019an dernier, cette ONG internationale soulignait qu\u2019à eux seuls, les huit hommes les plus riches du palmarès du magazine Forbes, dont Bill Gates, Jeff Bezos et Mark Zuckerberg, détenaient autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale.L\u2019année précédente, on titrait que le 1% le plus riche de la planète possédait autant d\u2019avoirs nets que les 99% restants.Cette année encore, le constat fait image : 82 % des richesses créées l\u2019année dernière à travers le monde ont été accaparés par le 1 % le plus riche, alors que la moitié la plus pauvre de l\u2019humanité n\u2019a rien reçu.Ce n\u2019est pas un hasard si les organisateurs du Sommet économique mondial de Davos, qui invitent chaque année des politiciens, des hommes d\u2019affaires, des intellectuels et des vedettes du monde entier, reconnaissent l\u2019existence de ces inégalités.Une telle rencontre de 2000 individus parmi les plus riches et les plus puissants se doit d\u2019être accompagnée de quelques ateliers à connotation sociale pour éviter le scandale.Reconnaissons pourtant que ce n\u2019est pas d\u2019abord pour s\u2019attaquer à la pauvreté que la vaste majorité de cet aréopage passe quelques jours en janvier dans la station de ski transformée en forteresse pour l\u2019occasion.L\u2019an dernier, le président chinois, Xi Jinping, y était pour vanter les mérites de la mondialisation, du moins la sienne.Cette année, c\u2019est au tour de Donald Trump de débarquer pour défendre son «Amérique d\u2019abord».Notre premier ministre, Justin Trudeau, y sera aussi pour inviter les investisseurs du monde entier à collaborer entre eux et\u2026 à venir faire des affaires chez nous.Car il est d\u2019abord là, l\u2019intérêt de cette grand-messe de Davos : tisser des liens, entretenir ses contacts, faire mousser ses affaires.Le reste est symbolique.Tant mieux si le symbole est positif, mais l\u2019objectif du message de partage de la richesse se limite à rappeler aux plus ambitieux et aux plus pressés qu\u2019ils risquent de se heurter au mur de la révolte s\u2019ils ne tentent pas au moins de comprendre l\u2019intérêt d\u2019une amélioration minimale des conditions de vie des deux tiers de l\u2019humanité.Comme le souligne Winnie Byanyima, directrice générale d\u2019Oxfam International, « il est dif?cile de trouver des responsables politiques et des chefs d\u2019entreprise qui af?rment ne pas s\u2019inquiéter des inégalités.Il est encore plus dif?cile d\u2019en trouver qui prennent des mesures pour les combattre.» À titre d\u2019exemple, ces quelques efforts consentis récemment à la lutte contre l\u2019évasion ?scale dont les résultats tangibles restent à peu près nuls.Même un gouvernement comme celui du Parti libéral du Canada se contente de discourir, sans agir.Et que dire de son obstination à encourager l\u2019invasion des multinationales du Web alors qu\u2019il faudrait, au contraire, tenter d\u2019en tirer le maximum d\u2019avantages pour les Canadiens?Loin d\u2019améliorer la situation, la concurrence de plus en plus vive à laquelle se livrent les pays pour attirer des capitaux les amène à réduire les impôts des plus riches et ceux des sociétés aux dépens de la qualité des ser vices essentiels aux citoyens.Sans être tout à fait pessimiste, avouons que le spectacle de Davos laisse peu d\u2019espoir.L E D E V O I R , L E M A R D I 2 3 J A N V I E R 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Voter, un geste de consommation Même si la grande foire électorale n\u2019est prévue qu\u2019à l\u2019automne prochain, les grandes stratégies publicitaires commencent à se mettre en place pour attirer les consommateurs de la politique.Du côté libéral, on veut nous faire oublier que la date de péremption du parti est dépassée depuis longtemps.En modifiant l\u2019emballage, en utilisant une approche marketing de renouveau, en offrant des rabais, on tente de refaire l\u2019image du parti autour d\u2019un chef qui se veut plus populiste.Finie l\u2019austérité, place à la générosité électoraliste.Première dans les sondages, la CAQ se veut quant à elle un produit de remplacement.Comme son leader parlementaire l\u2019affirmait : «Pourquoi se contenter de la copie libérale alors que vous pouvez obtenir l\u2019originale ?» Si la nouveauté est un puissant levier de vente, encore faut-il que le produit inspire confiance.Comment ce parti peut-il promettre des baisses d\u2019impôt et prétendre maintenir les mêmes services en éducation et en santé?La pilule caquiste dont la concentration néolibérale est plus L I B R E O P I N I O N W I L L I A M A U B É Vice-président clinique et scientifique S I M O N L E M A Y Vice-président communications J E A N - P I E R R E C H A R T R A N D Président Association québécoise des neuropsychologues À la une du 17 janvier 2018, de nombreux médias rapportaient les résultats de Donald Trump à un outil de dépistage cognitif développé à Montréal.La performance du 45e président à ce dépistage cognitif semblait alors suf fire selon plusieurs pour confirmer l\u2019intégrité de sa santé cognitive et, conséquemment, de ses capacités à occuper ses fonctions à la Maison-Blanche.Le MoCA a été validé par plusieurs études scientifiques et s\u2019est montré sensible pour repérer des atteintes des fonctions mentales supérieures comme la mémoire et l\u2019attention, atteintes que l\u2019on retrouve dans diverses maladies liées au vieillissement telles que la maladie d\u2019Alzheimer.Cet outil n\u2019a toutefois pas été conçu pour cerner les contributions de traits de personnalité ou de troubles psychologiques qui peuvent aussi interférer avec le fonctionnement.D\u2019autres nuances s\u2019imposent afin de mieux comprendre la portée et les limites des outils de dépistage cognitif.À titre d\u2019exemple, au Québec, le dépistage est défini comme visant à « départager les personnes qui sont probablement atteintes d\u2019un trouble des personnes qui en sont probablement exemptes » (Projet de loi 21).En aucun cas le résultat à un outil de dépistage ne suf fit, à lui seul, pour conclure à la présence ou l\u2019absence d\u2019un trouble cognitif ou encore à l\u2019atteinte d\u2019une fonction cognitive spécifique (ex.: mémoire, attention).Comme toute forme de dépistage, le but premier est d\u2019orienter les individus vers les services appropriés.Afin de confirmer ou non l\u2019intégrité de fonctions cognitives spécifiques, une évaluation neuropsychologique approfondie, basée sur l\u2019entrevue clinique et sur plusieurs données objectives, est nécessaire.Ce type d\u2019évaluation s\u2019appuie sur des épreuves standardisées et validées auprès de grands échantillons d\u2019individus et permet d\u2019évaluer divers processus cognitifs complexes comme la planification, le jugement et la prise de décision, non ciblés par les outils de dépistage cognitif.La performance de M.Trump à un outil de dépistage rend probable l\u2019absence de trouble cognitif significatif, mais ne permet pas d\u2019éliminer la possibilité d\u2019une problématique neuropsychologique ou de répondre à la question posée dans différents médias à savoir s\u2019il détient ou non les capacités cognitives requises pour être président des États- Unis.Au même titre qu\u2019une évaluation psychiatrique ou psychologique exhaustive serait nécessaire pour se prononcer formellement sur la santé mentale du 45e président américain, une évaluation neuropsycholo- gique complète serait tout autant nécessaire pour se prononcer sur sa santé cognitive globale.Comme dans tous les domaines, c\u2019est une investigation approfondie qui est nécessaire pour répondre à une question particulièrement complexe.Précision clinique En terminant, soulignons que la précision clinique des outils de dépistage cognitif est grandement réduite par leur diffusion publique, et que nous encourageons fortement les médias à ne pas en publier le contenu.Une professionnelle de la santé nous a même rapporté une situation de dépistage où un individu connaissait déjà les mots qu\u2019il devait mémoriser, lus dans les médias cette semaine, invalidant du même coup la passation de l\u2019outil.Le développement d\u2019un outil de dépistage cognitif est fastidieux et coûteux, car il doit faire l\u2019objet d\u2019études de validation poussées.La diffusion de ces outils à grande échelle peut ainsi invalider les résultats et nuire directement à la population.Sur la santé cognitive de Donald Trump FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET forte que celle de son concurrent agirait plus rapidement pour réduire le rôle de l\u2019État.Le consommateur se laissera-t-il berner par ces contradictions qui ouvrent très grandes les portes vers le privé?Si l\u2019original est pire que la copie, peut-on parler vraiment de changement?En ce qui a trait au PQ, que peut nous vendre ce parti ?En se privant de son produit vedette de la souveraineté, le message devra se recentrer autour des avantages pour le consommateur d\u2019acheter sa vision sociale-démocrate.Sa stratégie marketing pourrait se centrer sur la force d\u2019une équipe compétente dont l\u2019expérience gouvernementale a fait ses preuves.Face à ces deux concurrents de droite, son projet de société de centre gauche pourrait être une option valable pour le consommateur qui désire le respect de son identité, de sa langue et d\u2019une vision généreuse du rôle de l\u2019État.Malgré quelques bons coups auprès de certaines populations ciblées, la vision utopique de la société de Québec solidaire constitue son principal handicap pour réussir une percée dans le marché électoral.Si « acheter, c\u2019est voter », voter est de plus un geste de consommation, puisque les partis veulent nous vendre leurs programmes comme s\u2019ils étaient des produits consommables.Marcel Perron Neuville, le 22 janvier 2018 #EtMaintenant, les modérées ! Ouf! Je ne serais pas toute seule à penser que certaines parties du manifeste de Catherine Deneuve et Cie sont intéressantes.En effet, dans Le Devoir, concernant le désormais célèbre texte des Françaises, la chroniqueuse Odile Tremblay soulignait «que tout n\u2019était pas faux dans leur missive».J\u2019ai 53 ans.Suis-je déjà trop vieille pour m\u2019exprimer ?Voilà entre autres ce qu\u2019on a reproché à l\u2019icône du septième art.Bien que je participe souvent à des manifestations visant à dénoncer les injustices subies par les femmes, j\u2019avoue que le statut de victime m\u2019indispose parfois.Tout comme la justice expéditive me procure un fort malaise.Oui, je suis favorable à #MoiAussi, par contre, j\u2019insiste pour que les victimes portent plainte afin qu\u2019une condamnation of ficielle soit prononcée par les tribunaux.Accepterions-nous que notre père, notre frère, notre amoureux, notre fils soit détruit ainsi sur la place publique sans aucune possibilité de se défendre?Finalement, il y a le domaine des arts sur lequel la censure semble s\u2019abattre.Je peins.Je fréquente les musées et je vais au cinéma.En plus de travailler dans une salle de spectacles depuis 20 ans.Vive les arts libres ! Je refuse un paysage culturel qui ressemblerait à une réalisation de l\u2019équipe de\u2026 Passe-Partout ! Modérées du monde entier, exprimez-vous ! Martine Lacroix Montréal, le 19 janvier 2018 INÉGALITÉS SOCIALES La fracture s\u2019accentue TRAGÉDIE DE LAC-MÉGANTIC Les mauvais coupables O A JEAN-ROBERT SANSFAÇON BRIAN MYLES L E D E V O I R , L E M A R D I 2 3 J A N V I E R 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).L a semaine dernière, l\u2019étudiant Vincent Duguay a transmis une mise en demeure à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay enjoignant aux autorités de cesser de confisquer pour une longue période les téléphones cellulaires des étudiants qui contreviennent aux règlements interdisant l\u2019usage de ces dispositifs durant les cours.L\u2019affaire peut sembler futile.Elle vient rappeler que la mise en place des normes régissant l\u2019usage de ces objets techniques d\u2019usage quotidien doit s\u2019appuyer sur une analyse des droits fondamentaux qui sont en cause.Le fait que pratiquement tous les élèves disposent avec leur por table d\u2019une capacité de communiquer réser vée il n\u2019y a pas si longtemps aux puissants médias de masse recèle un potentiel de dérangement.Voilà un objet technique qui a changé notre quotidien, et pas seulement le déroulement des activités scolaires.Pour garantir la sérénité des activités d\u2019apprentissage, le réflexe naturel est souvent de bannir ou de limiter l\u2019usage de l\u2019objet.Réglementer l\u2019usage d\u2019objets aussi polyvalents que les portables requiert des précautions.Priver une personne de son téléphone peut attenter à ses droits fondamentaux.L\u2019obligation de respecter les droits fondamentaux suppose de déterminer, le plus rigoureusement possible, les motifs au nom desquels on impose une interdiction.Pour certains, le portable est plus indispensable qu\u2019un manteau ou des bottes d\u2019hiver.Pour plusieurs, être privé de son portable est vécu comme un deuil.De tels appareils font partie de notre personne.Ils impliquent des enjeux sur le plan de la liberté d\u2019expression, de la vie privée ou du droit à la libre disposition de ses biens.Ces droits sont protégés par des textes qui se situent au-dessus des autres lois.Des réflexes à cultiver Le téléphone « intelligent» procure la capacité de communiquer et de consigner des informations sur la vie et l\u2019intimité de son possesseur ou de son entourage.Il est désormais indispensable pour demeurer en contact avec les proches ou avec les employeurs.C\u2019est un dispositif doté d\u2019applications qui peuvent capter et consigner toutes sortes de données sur notre état physique ou sur notre quotidien.Il pose de réels enjeux de droits fondamentaux ; réglementer un tel objet technique requiert les bons réflexes.Non pas qu\u2019il soit impossible d\u2019imposer toute règle balisant les facultés d\u2019utiliser un téléphone portable.Les motifs pour imposer des interdits de posséder ou d\u2019utiliser un tel appareil ne manquent pas.Il n\u2019y a qu\u2019à penser aux avertissements dans les théâtres de rendre silencieux nos portables afin de ne pas gâcher le travail des artistes et d\u2019empoisonner la soirée de nos voisins.Mais la mise en place de règles doit être précédée d\u2019une analyse des enjeux que pose l\u2019objet que l\u2019on envisage de réglementer.Dans les écoles, plusieurs activités d\u2019apprentissage peuvent être incompatibles avec l\u2019usage de téléphones portables.Mais lorsqu\u2019une autorité scolaire prend la décision de priver un étudiant de son téléphone portable, elle doit s\u2019assurer de pouvoir démontrer que cette mesure est une limite raisonnable et justifiable aux droits fondamentaux.Il faut en effet être en mesure d\u2019expliquer la raison d\u2019être des mesures d\u2019interdiction de même que celle des sanctions qui sont appliquées en cas de contravention.On peut certes concevoir que l\u2019usage d\u2019un portable lors de plusieurs activités pédagogiques peut entraver leur bon déroulement.Les décideurs doivent être prêts à expliquer les risques qu\u2019engendrent la possession ou l\u2019usage de l\u2019ob jet qu\u2019elles décident de prohiber.De même, les sanctions appliquées à ceux qui contreviennent aux interdictions doivent être proportionnées.Plus la sanction est intrusive et entrave les choix des individus, plus il est nécessaire de démontrer qu\u2019elle reflète la gravité de l\u2019infraction et surtout que les limites imposées aux droits ne sont pas démesurées.Bien sûr, il est essentiel de reconnaître aux autorités une marge d\u2019appréciation.Tant que les mesures d\u2019interdiction et les sanctions demeurent dans la fourchette du raisonnable, elles constituent une limite légitime aux droits.Mais les autorités ont plus de chances de convaincre de la raisonnabilité des mesures qu\u2019elles implantent lorsqu\u2019elles prennent soin d\u2019expliquer les risques contre lesquels elles veulent intervenir.La mise en demeure de l\u2019étudiant Vincent Duguay a le mérite de souligner la nécessité de concevoir les règles d\u2019utilisation des objets techniques qui sont d\u2019usage courant en considérant les enjeux qu\u2019ils comportent sur le plan des droits fondamentaux.Cette contestation d\u2019une mesure de confiscation temporaire d\u2019un téléphone vient rappeler que les personnes en situation d\u2019autorité doivent calibrer les interdits et autres règles qui limitent les droits.Leçons d\u2019un téléphone confisqué PIERRE TRUDEL P I E R R E P A G É , J O H A N N E D I O N , L U C I L L E M A L L E T T E , J E A N I E B A U D C H O N Montréal pour tous Lettre adressée à la mairesse de Montréal ontréal pour tous a participé pour une 7e année aux travaux de la Commission des finances relativement au budget 2018.Nous implorons la mairesse et son équipe de ne pas endommager le lien de confiance.Ces travaux ouverts au public permettent de bien entendre et comprendre les données et les arguments des hauts fonctionnaires, des élus de la majorité et de l\u2019opposition.Après une semaine passionnante et éreintante de travail, nous ne sommes pas convaincus de l\u2019effort spécial demandé aux contribuables, en matière de hausses de revenus ni en matière de hausses urgentes de dépenses.Au-delà des sommes d\u2019argent en cause et du bien-fondé de dépenses urgentes à faire, la question plus fondamentale est l \u2019état de confiance des citoyens envers leur administration.La hausse de taxes vient contredire la promesse centrale : ne pas hausser les taxes à un niveau plus élevé que l\u2019inflation.Pire, l\u2019explication non transparente est venue en rajouter : vous avez mal compris notre promesse.Une autre option de communication était possible : nous sommes une nouvelle administration, nous n\u2019avions pas les chif fres exacts auparavant, nous nous excusons de ne pouvoir respecter notre promesse.En l\u2019absence d\u2019une telle explication, une forte déception, constatée auprès de nos concitoyens, a été relevée par les médias.Ce fut une onde de choc vu le capital de sympathie et de confiance que la nouvelle mairesse avait su créer puis développer tout au long de la dernière campagne, avec le sourire.Madame Plante, nous vous implorons de modifier votre budget afin de stopper cette onde de choc et de reprendre une bonne partie de la confiance que vous aviez su si bien gagner.Nous vous implorons de continuer le travail de retis- sage de confiance qui était en marche depuis la fin de l\u2019administration du maire Gérald Tremblay et de ces années troubles de gestion municipale.Vaincre le défaitisme et le cynisme Notre groupe s\u2019est mis sur pied en 2011 afin de lutter contre le défaitisme et le cynisme vifs d\u2019un grand nombre de citoyens.Notre inquiétude était profonde, elle touchait la base de la démocratie et proposait une autre option: tout n\u2019est pas corrompu dans le «royaume» de Montréal ; des instances existent où les citoyens peuvent exprimer leurs préoccupations et leurs propositions de changement.Notre analyse était la suivante : ce sentiment d\u2019impuissance citoyenne face aux institutions manifeste un immense danger, celui de revenir à des politiques populistes et autoritaires, pour ne pas dire de droite ! Dès l\u2019arrivée de l\u2019administration du maire Co- derre, nous avons échangé d\u2019égal à égal avec lui et son administration là-dessus.Nous avions convenu qu\u2019au-delà de nos divergences sur des questions particulières, nous devions lutter ensemble pour améliorer le lien de confiance.Il y eut beaucoup de mesures positives en ce sens : publication et discussion ouver tes de nombreuses données, mise en place du bureau de l\u2019Inspecteur général, correctifs proposés par le Contrôleur général et le Vérificateur général, évaluation du rapport qualité-prix des services municipaux, programme avec Québec pour récupérer les sommes volées par diverses entreprises de génie civil et de construction.Malheureusement, le maire Coderre a emprunté les chemins tortueux de la non-transpa- rence durant la campagne dans plusieurs dossiers, tels que la course de Formule électrique et le parterre du parc Jean-Drapeau.Il l\u2019a payé très cher, puisque bon nombre de citoyens et électeurs n\u2019ont pas fait confiance à ses explications.Par contre, vous avez su donner l\u2019heure juste sur plusieurs dossiers, et la confiance a été acquise avec netteté.Nous étions encouragés, de façon non partisane, par votre intérêt et votre passion communicative pour les Montréalais et leurs affaires, ainsi que par votre volonté ferme de pousser en avant la transparence de l\u2019administration.Nous allions dans le même sens.Nous avons travaillé bénévolement avec ardeur pour accroître la confiance en organisant des assemblées publiques avec le président du comité exécutif, l\u2019inspecteur général, le directeur de l\u2019évaluation foncière où ces responsables municipaux ont présenté d\u2019égal à égal avec les citoyens leurs orientations et leurs décisions.Nous avons constaté que le public était intéressé, nous nous sommes réjouis quand trois grands médias anglophones ont mis en place, en octobre dernier, un vrai débat public qui a suscité une par ticipation dynamique.Nous avons pu observer en direct comment vous, Madame Plante, avez fait progresser votre lien de confiance avec des secteurs et des quartiers que votre parti touchait peu.En révisant votre budget 2018, vous admettrez une erreur et regagnerez une confiance précieuse pour la préparation du budget 2019.Ce sera une occasion en or de présenter à l\u2019avance le portrait d\u2019ensemble des dépenses que vous jugez prioritaires en 2019, celui des revenus nécessaires, dont le volet des taxes foncières, puis vous en discuterez avec les citoyens, quitte à demander et à bien justifier des efforts supplémentaires.Attention au lien de confiance avec les Montréalais E M I L I A N O A R P I N - S I M O N E T T I L\u2019auteur est secrétaire de rédaction de la revue Relations près l\u2019attentat qui a coûté la vie à six de nos concitoyens de confession musulmane, le 29 janvier 2017 à la grande mosquée de Québec, on aurait pu penser qu\u2019on aurait droit à une trêve.Que cette tuerie d\u2019une brutalité insensée aurait marqué un temps d\u2019arrêt dans la « guerre culturelle » qui ne fait que s\u2019exacerber depuis dix ans entre conservateurs identitaires et ce qu\u2019il est de bon ton d\u2019appeler la gauche «diversitaire » ou «mul- ticulturaliste ».Devant l\u2019évidence désormais indéniable que la peur sans cesse attisée de l\u2019étranger \u2014 cristallisé dans la figure du musulman et dans celle du réfugié \u2014 peut mener à la violence, on aurait pu croire qu\u2019un examen de conscience collectif aurait enfin lieu.[\u2026] Après les poignantes cérémonies en l\u2019honneur des victimes, les déclarations contrites des politiciens et les promesses du gouvernement Couillard de lutter « sérieusement » contre le racisme, on y avait presque cru.Donnant suite à la demande d\u2019une coalition de citoyens et de groupes antiracistes réclamant depuis 2016 la tenue d\u2019une commission d\u2019enquête sur le racisme systémique, le gouvernement a même annoncé la tenue d\u2019une consultation sur ce phénomène par lequel des logiques institutionnelles et organisationnelles contribuent à perpétuer des formes d\u2019exclusion, de discrimination et de racisme.Quelle qu\u2019eût été la bonne volonté du Parti libéral du Québec dans ce dossier, toutefois, elle n\u2019a pas résisté bien longtemps aux sirènes de la partisanerie.Sitôt annoncée, la consultation fut décriée par le Parti québécois et la Coalition avenir Québec comme étant une tentative de faire le procès des Québécois \u2014 dont ne feraient visiblement pas par tie ceux et celles qui s\u2019inquiètent de la montée du racisme au Québec.Par ailleurs, immédiatement après sa défaite électorale dans la circonscription de Louis-Hébert, attribuable selon les stratèges libéraux à la tenue de cette consultation, le PLQ a procédé à en diluer la portée.[\u2026] Toute cette affaire aura ainsi démontré l\u2019incapacité de nos élites politiques à répondre avec maturité et courage aux défis du vivre-en- semble pluraliste dans toute sa complexité.D\u2019ailleurs, n\u2019est-ce pas de cette faillite que témoigne la montée inquiétante des manifestations des groupes d\u2019extrême droite af fichant un racisme de plus en plus décomplexé, et leur affrontement avec des groupes antifascistes ?[\u2026] Et n\u2019y a-t-il pas chez ces groupes une tentative de « poursuivre la politique par d\u2019autres moyens » devant l\u2019incapacité de la démocratie libérale à répondre aux logiques de dissolution du lien social et de la souveraineté provoquées par le capitalisme globalisé, logiques par ailleurs aux sources des nombreuses crises et malaises identitaires actuels ?Notre histoire particulière Ces tensions, nous ne sommes en effet pas les seuls à les vivre ; elles participent bel et bien de dynamiques mondiales.Cependant, on le voit bien, certains blocages relèvent de notre histoire particulière.D\u2019une part, cela semble aller de soi, notre statut de nation francophone minoritaire dans un océan anglophone ajoute à l\u2019insécurité identitaire.D\u2019autre part, les discours dominants au Canada anglais [\u2026] nous renvoient sans cesse une image essentialisée du Québec comme étant une contrée atavique- ment raciste : cela n\u2019a rien pour faciliter la prise au sérieux des problèmes liés au racisme au Québec.Enfin, notre mémoire récente du colonialisme anglo-canadien et américain fait en sorte qu\u2019il est dif ficile pour nombre d\u2019entre nous de concevoir qu\u2019ayant été victimes de racisme et de colonialisme, nous soyons capables d\u2019infliger à d\u2019autres le même genre d\u2019oppression.Devant les demandes de justice et d\u2019égalité de la part des personnes racisées et des peuples autochtones, le réflexe de se réfugier dans le rôle de victime prend ainsi trop souvent \u2014 et trop facilement \u2014 le dessus.[\u2026] Certes, la mémoire de notre infériorisation coloniale semble s\u2019être imposée dans le récit national, alimentant des réflexes de repli.Mais de cette mémoire on a tendance à oublier un autre aspect, fondamental, qu\u2019il est urgent de réactiver : c\u2019est en se solidarisant avec les autres colonisés, ces « damnés de la terre », que les Miron, Vallières, Lalonde, Aquin et tant d\u2019autres, s\u2019inspirant des Fanon, Césaire, Carmichael, Memmi, ont pu penser les conditions de la décolonisation et tisser la trame d\u2019une identité québécoise moderne et émancipée.Il faut donc rappeler que ces solidarités sont au cœur de notre identité, afin que le projet indépendantiste renoue avec son souffle de libération et de justice en faisant siennes les luttes, les aspirations et les quêtes de sens de ceux qui, au- jourd\u2019hui, réclament la pleine égalité [\u2026] Pour ce faire, on ne saurait trop insister sur l\u2019importance des af fects, de l\u2019intuition, et la nécessité urgente d\u2019investir et d\u2019habiter ce lieu mouvant où se construisent le sens et donc les identités.L\u2019art, la littérature, la religion et la spiritualité peuvent ici nous porter secours pour explorer et extraire la lumière de ces zones d\u2019ombre de notre conscience individuelle et collective où s\u2019agitent pulsions contradictoires et élans vers l\u2019infini.[\u2026] Il faut de toute urgence savo ir se mettre à l\u2019écoute de l\u2019humanité qui cherche à s\u2019énoncer sous le vacarme des prises de position spectacula ires, dans le brou i l lard de la « guerre culturelle ».[\u2026] Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.Agir en commun à l\u2019heure des fractures identitaires DES IDÉES EN REVUES Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons une version abrégée d\u2019un texte paru dans la revue Relations, janvier- février 2018, no 794.M JACQUES NADEAU LE DEVOIR La mairesse de Montréal, Valérie Plante A L E D E V O I R , L E M A R D I 2 3 J A N V I E R 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S communs et les noms propres.« Il a travaillé dans l\u2019ombre presque toute sa vie, mais il fut un pionnier dans ces domaines », croit Hélène Ca- jolet-Laganière, en soulignant que son apport pour le Québec est majeur.Le linguiste a dirigé la rédaction de plusieurs dictionnaires, notamment le Dictionnaire CEC jeunesse (trois éditions) et surtout les deux éditions du Dictionnaire québécois d\u2019aujourd\u2019hui, à l\u2019enseigne de la maison des dictionnaires Le Robert.« On va se souvenir de lui pour ce Dictionnaire québécois d\u2019aujourd\u2019hui », estime Nadine Vincent, linguiste et professeure de l\u2019Université de Sherbrooke.«Son travail marque un jalon important dans l\u2019histoire de la lexicographie, de l\u2019histoire de la fabrication des dictionnaires.Hors de la France, il n\u2019y a qu\u2019au Québec qu\u2019on fait des dictionnaires complets.Le travail de Jean-Claude Boulanger a légitimé les usages de la langue française au Québec.» Pour Monique Cormier, vice-rectrice aux Affaires internationales et à la Francophonie de l\u2019Université de Montréal, on doit à Jean-Claude Boulanger « une des premières grandes tentatives de description du français québécois».La parution de son Dictionnaire québécois d\u2019au- jourd\u2019hui avec ses 40 000 entrées, un livre présenté par le poète Gilles Vigneault, avait suscité beaucoup de controverses.« Collectivement, cela nous a profité », rappelle-t-elle.Le débat suscité autour de ce dictionnaire « a permis de discuter entre chercheurs du cadre que l\u2019on souhaitait donner à un dictionnaire québécois.Ce dictionnaire a pavé la voie au dictionnaire en ligne Usito, aujourd\u2019hui très populaire.» Jean-Claude Boulanger a aussi été un collaborateur de la première heure du groupe Franqus, qui a donné naissance au dictionnaire Usito, un ouvrage né du désir de combler des lacunes des dictionnaires européens, notamment en ce qui a trait à la description du français en usage au Québec et en Amérique du Nord ainsi qu\u2019à la description du contexte nord-américain.Controverse En 1992, l\u2019Académie des lettres du Québec avait, parmi d\u2019autres, dénoncé ce dictionnaire.Le secrétaire général de l\u2019institution de l\u2019époque, Jean-Pierre Duquette, avait déploré que l\u2019ouvrage, à son sens, «avalise tout un vocabulaire que l\u2019on entend dans les couloirs des écoles et collèges, ou dans la bouche des humoristes de tout poil ».Jean-Claude Boulanger et son équipe de l\u2019Université Laval avaient répliqué.Ils considéraient ces opposants à leurs travaux comme des «colonisés de l\u2019intérieur » et dénonçaient le « terrorisme intellectuel de gens qui défendent un pouvoir et surtout leur propre alignement normatif, sur le seul français de France ».La démarche de Jean-Claude Boulanger se voulait mesurée, dans un effort concerté pour traduire un état des lieux, qu\u2019il plaise ou non.Le Devoir écrivait à l\u2019époque qu\u2019il était certain que les auteurs de ce Dictionnaire avaient «voulu redonner sa légitimité au français québécois».Pour ce faire, quoi «de mieux que d\u2019intégrer les mots québécois à l\u2019ensemble des mots français»?À l\u2019annonce du décès du linguiste, le Centre de recherche interuniversitaire sur le français en usage au Québec, qui regroupe des chercheurs de l \u2019Université de Sherbrooke, de l\u2019Université Laval et des universités du Québec à Trois-Rivières et à Montréal, a rappelé que le professeur Boulanger a eu « le mérite de fa ire progresser la réf lex ion » sur les usages du français, « de soulever des questions, d\u2019amener la collectivité à préciser ses besoins en matière d\u2019ouvrages de référence et, plus largement, à faire connaître ses attentes pour ce qui est de la description d\u2019une norme du français au Québec ».De 1992 à 1997, Jean-Claude Boulanger a collaboré à la préparation d\u2019un dictionnaire bilingue canadien.Il a aussi publié de nombreux articles et des ouvrages sur la lexicographie et sur les dictionnaires.Il a effectué plusieurs séjours de collaboration aux Dictionnaires Le Robert à Paris.Depuis 2006, il participait à la sélection et au traitement des mots québécois intégrés annuellement dans le Petit Larousse illustré.En 2013, il avait été reçu chevalier de l\u2019ordre des Palmes académiques, une distinction remise par le gouvernement français.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 LANGUE seront-ils embauchés ?« On ne le sait pas », dit Catherine Harel Bourdon.La CSDM embauche chaque année comme suppléants à contrat un nombre indéterminé d\u2019étudiants en éducation.La nouveauté, c\u2019est qu\u2019elle accepte désormais les candidats détenant un baccalauréat ou une maîtrise (en mathématiques, en histoire ou en français, par exemple), mais sans aucune formation en enseignement, explique Catherine Harel Bourdon.À bout de souffle Des cadres scolaires d\u2019expérience, joints par Le Devoir, indiquent n\u2019avoir « jamais vu » un tel recours aux enseignants non légalement qualifiés.L\u2019Alliance des professeures et professeurs de Montréal, qui représente 8000 enseignants, estime qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un aveu d\u2019échec.« C\u2019est vraiment dommage qu\u2019on en soit rendus là.La commission scolaire n\u2019a pas travaillé en amont pour prévenir la pénurie », dit Catherine Renaud, présidente du syndicat.Pour elle, la pénurie s\u2019explique facilement : «Il faut trouver des suppléants parce que nos profs sont épuisés.On a aussi un problème de rétention du personnel.La raison numéro un, c\u2019est que nos classes débordent d\u2019élèves en difficulté.» Ce n\u2019est pas si simple, réplique Catherine Ha- rel Bourdon.La CSDM est la commission scolaire qui compte la plus grande proportion de classes spéciales : seulement la moitié des élèves handicapés ou en difficulté d\u2019apprentissage sont en classe ordinaire.Et la pénurie d\u2019enseignants frappe toutes les commissions scolaires \u2014 et tous les secteurs de l\u2019économie québécoise, souligne-t-elle.« On vit presque le plein emploi au Québec.Ce n\u2019est pas propre à la CSDM.Les gens ont l\u2019embarras du choix pour trouver un emploi », dit Catherine Harel Bourdon.Embauches massives La commission scolaire a embauché 472 enseignants (dont une douzaine de retraités rappelés à la rescousse) depuis le 1er juillet dernier, notamment grâce aux investissements annoncés par le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx.C\u2019est presque le double de l\u2019an dernier à la même date \u2014 246 enseignants avaient été embauchés durant la même période.La plus grande commission scolaire du Québec a embauché 950 enseignants l\u2019an dernier.L\u2019objectif cette année est de 1000 embauches, selon Mme Harel Bourdon.La CSDM a quand même des dif ficultés à trouver des suppléants : pas moins de neuf enseignants se sont succédé depuis le mois de septembre dans une classe de maternelle de l\u2019école La Visitation, à Montréal, a rapporté Le Devoir la semaine dernière.Cela crée de gros problèmes pour les enfants et pour les remplaçants : plusieurs élèves deviennent turbulents, perdent leur concentration et font de l\u2019anxiété.Les suppléants n\u2019en peuvent plus, abandonnent et prennent un poste dans une autre école.Il faut trouver quelqu\u2019un d\u2019autre.Étudiantes recherchées Quelque 74 postes d\u2019enseignant, à temps plein ou à temps par tiel, restent à pour voir dans les écoles primaires et secondaires de la CSDM, indique un relevé de la commission scolaire.Pour Catherine Harel Bourdon, la solution à la pénurie de suppléants passe par les étudiantes en éducation.Elle dit souhaiter que les universités adaptent les horaires des cours pour permettre aux étudiantes de travailler le jour en tant que suppléantes.«Le gros problème, c\u2019est que les cours sont de jour, du lundi au vendredi.Ça prendrait des cours la fin de semaine, le soir et durant l\u2019été.Il va falloir développer ça dans les prochaines années.On travaille là-dessus avec les universités.» Il a été impossible, lundi soir, de parler à des doyennes de faculté d\u2019éducation.Mélanie Paré, professeure à la Faculté d\u2019éducation de l\u2019Université de Montréal, a cependant confirmé au Devoir, la semaine dernière, l\u2019intérêt croissant pour le travail des étudiantes : « Les commissions scolaires embauchent nos étudiantes pour faire du remplacement.On a de la dif fi- culté à les retenir pour qu\u2019elles suivent toute leur formation.» Pour devenir enseignant en bonne et due forme, il faut notamment réussir quatre années d\u2019études universitaires en éducation.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CSDM les causes et les impacts des changements climatiques très rapides qui sur viennent dans cette région nordique.Dans le cas du projet piloté depuis l\u2019UQAM, il est notamment question de développer des simulations climatiques et météorologiques, entre autres pour les événe- ments météorologiques extrêmes.Le problème, c\u2019est que le financement du programme RCCA vient à échéance cette année et qu\u2019il n\u2019a pas été renouvelé par Ottawa.Les scientifiques qui interpellent aujourd\u2019hui le premier ministre Trudeau estiment donc que le gouvernement fédéral doit revenir sur sa décision et « réinvestir dans ces projets de recherche qui ont une importance internationale».« Notre climat continue de changer et nous avons besoin d\u2019un investissement continu dans la recherche climatique pour comprendre les causes et les impacts de ces changements, écri- vent-ils dans leur lettre.Dans le contexte des récentes compressions en recherche aux États- Unis, nous souhaitons que le Canada soit un leader international en science climatique.» Mauvaise nouvelle C\u2019est aussi ce que souhaiterait la chercheuse Laxmi Sushama, qui dirigeait le projet mené depuis l\u2019UQAM.« Nous pensions que le programme serait renouvelé, parce qu\u2019il est nécessaire d\u2019obtenir du financement à long terme pour ce genre de projets de recherche, qui prennent du temps à se mettre en place et qui mobilisent beaucoup de scientifiques de plusieurs régions du pays», a-t-elle expliqué au Devoir.Mme Sushama estime aussi que le Canada perd une occasion unique de formation de scientifiques spécialisés sur les enjeux climatiques.« C\u2019était de l\u2019argent très bien investi en recherche, a-t-elle résumé.C\u2019est dommage de voir cela disparaître, alors que les enjeux sont critiques.C\u2019est une mauvaise nouvelle pour la communauté scientifique.» Pour le directeur général du consortium sur la climatologie Ouranos, Alain Bourque, la décision de mettre un terme au programme RCCA est tout simplement incompréhensible.«Le Canada disait qu\u2019avec le gouvernement Trudeau, la science et les changements climatiques étaient de retour.C\u2019était leur message.Mais cette décision va à l\u2019opposé de ce message.Nous allons perdre une grosse capacité de recherche au Canada.On risque aussi de perdre des cer veaux, qui vont par tir du Canada, et aussi des universitaires scientifiques importants», a-t-il déploré lundi, au Devoir.« Cette recherche en amont est fondamentale, a poursu iv i M .Bourque .Le type de science qui est financé par le programme RCCA, c\u2019est le type de science qui se retrouve dans les rapports du Groupe intergouvernemental d\u2019experts sur l\u2019évolution du climat, le GIEC.Je ne vois pas comment le Canada va pouvoir dire qu\u2019il contribue au même niveau qu\u2019avant au GIEC sans le RCCA.Je ne comprends pas.» Ouranos utilise aussi les données scientifiques provenant de ces projets de recherche, notamment pour élaborer des scénarios climatiques et des études d\u2019impacts qui permettent de mieux comprendre comment s\u2019adapter aux changements climatiques.Ottawa dit non Inquiet de la fin du financement du programme RCCA, le directeur général d\u2019Ouranos et Laxmi Sushama ont d\u2019ailleurs interpellé la ministre des Sciences, Kirsty Duncan, ainsi que la ministre de l\u2019Environnement, Catherine McKenna, en vain.« Il est minuit moins une », a réitéré Alain Bourque, lundi.La ministre des Sciences refuse de s\u2019engager à renouveler le financement de ce programme de recherche.«Le budget 2017 a investi 70 millions de dollars supplémentaires dans la recherche sur le climat et nos organismes sub- ventionnaires fédéraux continuent à financer près de 37 millions de dollars chaque année dans la recherche sur le climat », a fait valoir lundi la ministre Duncan, dans une déclaration transmise par courriel.Le fédéral, a-t-elle rappelé, a aussi prolongé le financement d\u2019environ une année pour un des sept projets subventionnés dans le cadre du programme RCCA.Ottawa, a ajouté la ministre, « continuera à appuyer les méthodes nécessaires » pour lutter contre les changements climatiques « et à y investir ».« L\u2019Arctique est, plus que jamais, d\u2019une grande importance à cause du changement climatique et nous travaillons à progresser dans le Cadre stratégique pour l \u2019Arctique, où la science jouera un rôle clé.» Ce « cadre stratégique », actuellement en cours d\u2019élaboration, doit « réorganiser les activités fédérales dans l\u2019Arctique et leur donner de nouvelles priorités », notamment pour la recherche, mais aussi pour le développement économique et celui des infrastructures.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ARCTIQUE ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La présidente de l\u2019Alliance des professeures et des professeurs de Montréal, Catherine Renaud, dit qu\u2019il faut « trouver des suppléants parce que nos profs sont épuisés».Jean-Claude Boulanger Son travail marque un jalon important dans l\u2019histoire de la lexicographie, de l\u2019histoire de la fabrication des dictionnaires Nadine Vincent, linguiste « » "]
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