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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-01-22, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C I X N o 1 1 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 2 J A N V I E R 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Le Monde \u203a Régression au Brésil.Une chronique de François Brousseau.Page B 1 Société \u203a Cure de jouvence pour saucisses et viandes hachées.Un nouveau procédé permet de prolonger la durée de vie de plusieurs aliments.Page A 5 Avis légaux.B 2 Décès.B 6 Météo.B 4 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m MARCHE DES FEMMES DANIEL LEAL-OLIVAS AGENCE FRANCE-PRESSE Des milliers de personnes ont envahi les rues de plusieurs capitales européennes dimanche, sous des cieux peu cléments, pour défendre les droits des femmes et s\u2019opposer au président américain, Donald Trump, arrivé au pouvoir il y a un an.À Londres, des centaines de femmes et d\u2019hommes se sont réunis devant le 10, Downing Street pour exprimer leur ras-le-bol face au harcèlement sexuel, aux violences et aux discriminations subis par les femmes.Des manifestations similaires s\u2019étaient déroulées la veille dans plusieurs villes nord- américaines, dont Montréal.Les frais accessoires auraient fait place aux frais administratifs Page A 3 Google Arts & Culture Une appli ludique, mais préoccupante Page A 4 Planter des arbres pour compenser la pollution de nos transports a ses limites Page B 5 A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T I nvestir davantage dans des mesures sociales qui luttent contre la pauvreté serait un antidote plus puissant que des hausses répétées des budgets en santé pour améliorer la santé des Canadiens, soutient une étude publiée au- jourd\u2019hui dans le Journal de l\u2019Association médicale canadienne.« Ce qu\u2019on observe, c\u2019est qu\u2019une augmentation des dépenses sociales a un plus grand impact sur la santé que les dépenses dans les systèmes de santé eux-mêmes », explique Daniel Dutton.Chercheur post-doctorant spécialisé en politiques publiques et en économie à l\u2019Université de Calgary, il s\u2019est penché sur 31 ans de dépenses canadiennes sociales ou de santé et leurs effets, soit de 1981 à 2011.Conclusion ?Chaque augmentation de 1 % des dépenses sociales fait reculer de 0,1 % la mor talité prématurée et fait augmenter de 0,01 % l\u2019espérance de vie, conclut-il avec ses collègues qui cosignent l\u2019article.Ils ont analysé les indicateurs que sont l\u2019espérance de vie, la mortalité prématurée et la mortalité infantile pour toutes les provinces, à l\u2019exception de l\u2019Île-du-Prince-Édouard.Ils n\u2019ont pas trouvé d\u2019effets significatifs en ce qui concerne la mortalité infantile.Ils ont mesuré les effets de dépenses telles que les allocations familiales, l\u2019aide sociale ou l\u2019aide au logement, par exemple.Ils ont exclu les dépenses en éducation de leur analyse en raison de la difficulté d\u2019associer ces dernières et leurs effets qui surviennent bien plus tard, souvent, dans la vie.Un moyen de freiner la croissance des dépenses Pendant la période à l\u2019étude, l\u2019incidence de la mortalité prématurée a été divisée par deux, tout comme la mortalité infantile.L\u2019espérance de vie est passée de 78 à 81 ans environ.Les dépenses sociales, la clé pour la santé Les investissements sociaux devraient être davantage privilégiés, selon une étude DENIS POULIN Martine Époque est considérée comme l\u2019une des mères de la danse contemporaine du Québec.C A T H E R I N E L A L O N D E S on nom est méconnu.Elle est pourtant, auprès des Jeanne Renaud et Françoise Sullivan, une des mères de la danse contemporaine d\u2019ici.Et c\u2019est toute une communauté qui est frappée par le deuil à la suite du soudain décès de Martine Époque, le 18 janvier, à 76 ans.La chorégraphe, grande pédagogue, était cofondatrice de l\u2019Agora de la danse, cofondatrice du Département de danse de l\u2019UQAM, mais aussi fondatrice et chorégraphe au Groupe Nouvelle Aire.La scène de la danse contemporaine ne serait pas ce qu\u2019elle est sans son apport, créatif et structurel.« Quand les ar ts au Québec ont vraiment bouillonné, Martine Époque était présente.MAR TINE ÉPOQUE 1942 - 2018 La danse contemporaine en deuil VOIR PAGE A 8 : SANTÉ VOIR PAGE A 8 : DÉCÈS M É L A N I E M A R Q U I S à Ottawa A près avoir sillonné, au cours des deux dernières semaines, le pays pour rencontrer «le Canadien moyen» dans des assemblées citoyennes, Justin Trudeau s\u2019envole vers la Suisse, où il côtoiera les riches et puissants de la planète au Forum économique mondial de Davos.Le premier ministre canadien, qui participe à l\u2019événement pour la seconde fois depuis qu\u2019il a pris le pouvoir, compte y lancer le message que les portes du Canada sont ouvertes aux entreprises intéressées à brasser des affaires, et que le moment est idéal pour investir.Qu\u2019il réponde aux questions de citoyens dans le gymnase d\u2019une école secondaire de Québec ou qu\u2019il s\u2019entretienne avec le 1 % dans une station de spor ts d\u2019hiver huppée des Alpes suisses, Justin Trudeau poursuit toujours le même but, a-t-on argué à son bureau.«L\u2019objectif d\u2019aller rencontrer ces gens influents, c\u2019est justement de tirer des bénéfices pour la classe moyenne.Si une compagnie annonce qu\u2019elle va ouvrir une usine ou son siège social au Canada, ça veut dire des occasions d\u2019emplois pour les Canadiens de la classe moyenne», a-t-on illustré.Il est prévu que le premier ministre profite de cette rencontre pour présenter les orientations du prochain sommet du G7, qui aura lieu en juin dans Charlevoix.Tous les dirigeants du groupe des sept, à l\u2019exception du premier ministre japonais, Shinzo Abe, convergeront d\u2019ailleurs vers Davos afin de prendre part au forum.L\u2019une des pièces maîtresses du programme de Justin Trudeau devrait être le discours qu\u2019il prononcera mardi, a-t-on signalé à son bureau : « Ça va être une occasion de présenter nos priorités internationales et de parler des cinq thèmes du G7 qu\u2019on a déjà dévoilés.Ça va être un moment très important, le discours.» L\u2019ordre du jour du premier ministre sera fort chargé à Da- vos ; il participera à quelques rencontres bilatérales avec des dirigeants politiques, mais il s\u2019assoira surtout avec des chefs de multinationales comme ABB Group, Alibaba, Alphabet/Google, BlackRock, Coca- Cola, DP World, Ericsson, Investor AB, Microsoft, Royal Dutch Shell, Thomson Reuters, UBS et UPS.Et alors que, de l\u2019autre côté de l\u2019Atlantique, se déroulera le sixième cycle de la difficile re- négociation de l\u2019Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), à Montréal, Justin Trudeau participera, mercredi, à une table ronde économique Canada-États-Unis avec des dirigeants d\u2019entreprises.«Exercice marketing» La présence du premier ministre au forum de Davos est un « exercice marketing » qui est « très positif », selon Patrick Leblond, professeur à l\u2019École supérieure d\u2019af faires publiques et internationales de l\u2019Université d\u2019Ottawa.«C\u2019est une occasion pour lui de vendre le Canada et d\u2019indiquer au reste du monde, et certainement aux chefs d\u2019entreprises, que le Canada est un endroit où on peut faire des affaires, investir, même immigrer si on veut », a-t-il exposé en entrevue téléphonique.Il ne faut pas s\u2019attendre à un déluge d\u2019annonces d\u2019investissements dans le cadre du forum, a d\u2019ores et déjà prévenu le bureau de Justin Trudeau.Mais lorsqu\u2019on a demandé au premier ministre ce qu\u2019il comptait tirer de cette présence, il a plaidé que son précédent passage en Suisse avait été payant.« On a vu que ma rencontre à Davos la première année [en 2016] a livré des résultats concrets en matière d\u2019investissements au Canada \u2014 que ce soit GM, que ce soit GE, que ce soit Thomson Reuters, que ce soit des gens de Microsoft qui sont venus investir au Canada», a-t-il illustré.Le 48e Forum économique mondial, dont le thème est « Construire un avenir commun dans un monde fracturé», réunira du 23 au 26 janvier environ 2500 participants d\u2019une centaine de pays, dont environ 70 chefs d\u2019État ou de gouvernement et 38 chefs d\u2019organisations internationales.La Presse canadienne K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I L e Nouveau Parti démocratique du Québec (NPDQ), qui compte prendre part à la prochaine élection provinciale, a maintenant un chef.Raphaël For tin, 37 ans, a été élu dimanche à la tête de la formation politique qui n\u2019aura que quelques mois pour attirer vers elle les fédéralistes de gauche.« L\u2019échéance est cour te, a déclaré le vainqueur devant la cinquantaine de militants réunis dans un centre communautaire de Montréal.Je vais avoir besoin de vous.» M.Fortin a devancé son adversaire, Raymond Côté, en obtenant 62 % des voix.Environ 67 % des quelque 600 membres du NPDQ se sont exprimés.Le nouveau chef de la formation politique travaille depuis douze ans dans le secteur hôtelier et de la restauration.Il a mordu la poussière à deux reprises en tentant de se faire élire comme député lors des élections fédérales de 2008 et 2015.Nouvelle voix Raphaël Fortin veut que le NPDQ devienne le véhicule politique des fédéralistes de gauche et des nombreux électeurs québécois qui ne vont pas voter.« Je pense qu\u2019il y a une place pour être la voix de ces gens-là et parler à cette po- pulation-là.Je faisais partie de ceux qui ne se retrouvaient pas [dans les partis actuels] », dit-il.Lors de la course à la direction, il a notamment proposé de mettre fin graduellement au financement des écoles privées et de modifier la rémunération des médecins pour en faire des salariés.Il a appuyé l\u2019idée du salaire minimum à 15 $ l\u2019heure, tout en privilégiant d\u2019abord l\u2019instauration d\u2019un revenu minimum garanti.« Je ne peux pas m\u2019avancer sur des montants, mais c\u2019est clair que je suis partisan du revenu minimum garanti, a-t-il affirmé dimanche.On va s\u2019atteler à développer une plate- forme qui va expliquer pourquoi ce serait bénéfique pour l\u2019ensemble des Québécois.» À son avis, son parti se distinguera de Québec solidaire, « qui a fait un virage vers la souveraineté » en acceptant de fusionner avec Option nationale.La dif férence était d\u2019ailleurs notable dimanche : les affiches et les chandails des sympathisants étaient mauves plutôt qu\u2019orange, puisque cette couleur associée au NPD fédéral est déjà utilisée par les solidaires.Huiler la machine Pour le NPD Québec, le défi sera maintenant de construire et d\u2019huiler la machine électorale à temps pour l\u2019élection d\u2019octobre 2018.« L\u2019élection d\u2019un nouveau chef est une étape importante dans la vie d\u2019un parti.Parce que, maintenant, on va pouvoir dire que nous avons un visage, que nous avons un nom.On va pouvoir construire à partir de là », soutient le président de la formation politique, Denis Blanchette.La plateforme électorale sera élaborée au cours des prochains mois lors d\u2019un congrès, et le travail commence dès maintenant pour recruter des membres, remplir les cof fres et attirer des candidats.« Nous sommes encore un petit par ti avec des moyens modestes, mais ça ne nous empêche pas de travailler », souligne-t-il, en précisant que le NPDQ garde une « saine distance » avec le grand frère fédéral.« Chacun respecte la cour de l\u2019autre.» Raphaël Fortin a indiqué dimanche qu\u2019il veut présenter le plus de candidats possible aux prochaines élections, mais pas des «poteaux».Le Devoir L E D E V O I R , L E L U N D I 2 2 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Un séjour à Montréal en attendant le printemps Un navire de guerre de la marine américaine passera l\u2019hiver dans le port de Montréal à la suite de l\u2019interruption de son parcours à cause de la glace et du froid.Le USS Little Rock, mis en service à Buffalo le 16 décembre, devait se rendre à son port d\u2019attache à Mayport, en Floride.Le navire de 118 mètres a plutôt été immobilisé à Montréal depuis la veille de Noël en raison de couches de glace particulièrement imposantes.La lieutenante Courtney Hillson a indiqué que la marine américaine avait décidé de laisser le navire en place jusqu\u2019à ce que les conditions hivernales s\u2019améliorent.Bien qu\u2019il n\u2019y ait pas de date de départ prévue, elle a indiqué que la voie maritime du Saint-Laurent est généralement navigable à partir de la mi-mars.Mme Hillson a affirmé que l\u2019équipage se portait bien et s\u2019attarderait aux préparatifs et à la formation en attendant de pouvoir repartir.C A R O L I N E P L A N T E à Pékin L e premier ministre Philippe Couillard n\u2019a toujours pas l\u2019intention d\u2019aborder l\u2019épineux problème des droits de la personne en Chine.Au cours du premier point de presse de sa mission chinoise, dimanche, à Pékin, le premier ministre du Québec a indiqué qu\u2019il ne désirait pas faire « échouer » la mission par des «commentaires mal avisés».La Chine est un pays dirigé par des leaders communistes où les droits civils comme les libertés d\u2019opinion, de la presse et de la conscience sont bafoués.Cette question délicate revient hanter chaque premier ministre québécois ou canadien dès qu\u2019il met le pied en Chine et révèle toujours un malaise sur la conciliation difficile des relations économiques et du principe du respect des droits fondamentaux.«Ce n\u2019est certainement pas le Québec qui va dicter, ou d\u2019autres parties du monde d\u2019ailleurs, qui vont dicter à la Chine, on le voit, la façon dont ils vont se gouverner de façon interne», a déclaré le premier ministre.En 2014, lors de son premier séjour en Chine, M.Couillard était resté silencieux sur la question, tout en promettant qu\u2019il y aurait « d\u2019autres occasions» pour en parler.La première ministre de l\u2019Ontario, Kathleen Wynne, elle, avait soulevé l\u2019enjeu avec le secrétaire du Parti communiste du Jiangsu.A-t-il abordé le sujet avec ses interlocuteurs chinois depuis?«Peut-être, si c\u2019est privé, peut- être, ou non », a-t-il rétorqué, usant de faux-fuyants afin d\u2019éviter de répondre clairement à la question des journalistes.Chose certaine, M.Couillard croit que le progrès social en Chine passera par sa classe moyenne de plus en plus puissante, qui exigera des changements.Trois cents millions de personnes sont considérées comme faisant par tie de la classe moyen ne en Chine, un pouvoir économique si redoutable que le représentant du Québec en Chi ne, Jean-François Lé- pine, n\u2019hésite pas à le qualifier de «démocratie par le bas».« D\u2019après moi, ça va se faire naturellement », a renchéri M.Couillard.D\u2019ici là, le Québec ne peut que montrer l\u2019exemple : « [Les étudiants internationaux au Québec] voient ces différences de sociétés et reviennent chez eux souvent avec l\u2019ambition d\u2019aller dans cette direction aussi», a-t-il analysé.Rapprochement Par ailleurs, M.Couillard s\u2019est dit d\u2019accord avec l\u2019ambassadeur du Canada en Chine, John McCallum, qui affirmait plus tôt en journée que les politiques canadiennes ressemblent actuellement plus à celles de la Chine qu\u2019à celles des États-Unis.Évoquant un tout nouveau contexte géopolitique, M.McCal- lum a vanté le travail de la Chine en matière d\u2019environnement, de lutte contre les changements climatiques et de libre- échange.« Je n\u2019aurais jamais pensé possible au cours de ma vie ce qui est vraiment arrivé au- jourd\u2019hui», a déclaré l\u2019ambassadeur, s\u2019adressant à l\u2019ensemble de la délégation québécoise, soit près de 200 personnes, majoritairement issues du milieu des af faires, mais aussi de l\u2019éducation et de la culture.«C\u2019est probablement le meilleur moment depuis des années et même des décennies où le Canada, le Québec ont l\u2019occasion d\u2019approfondir leurs liens avec la Chine, a-t-il poursuivi.Je dirais que vous avez choisi un bon moment pour venir ici.» Lundi, plusieurs ententes seront signées à Pékin entre des établissements d\u2019enseignement ou des entreprises du Québec et des homologues chinois.Dimanche midi, le premier ministre a lancé sa mission au Carnaval de l\u2019hiver québécois à Pékin, où il en a profité pour effectuer quelques tirs au but en compagnie de jeunes hockeyeurs.Il a aussi assisté à une démonstration de planche à neige par l\u2019athlète québécois de 10 ans Éli Bouchard, véritable vedette en Chine.M.Couillard vantera jusqu\u2019à vendredi en Chine le génie québécois en matière de spor ts d\u2019hiver, de culture et de divertissement.Il espère ainsi intéresser la classe moyenne chinoise et idéalement augmenter les exportations québécoises dans ce pays.La Presse canadienne Couillard refuse d\u2019aborder la question des droits de la personne en Chine ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le nouveau chef Raphaël Fortin (photo) a devancé son adversaire, Raymond Côté, en obtenant 62% des voix.Raphaël Fortin élu chef du NPD Québec La jeune formation politique prendra part aux prochaines élections provinciales Trudeau à Davos pour aider la classe moyenne Le premier ministre participe au Forum économique mondial, cette semaine GRAHAM HUGHES LA PRESSE CANADIENNE Maintenant, on va pouvoir dire que nous avons un visage, que nous avons un nom.On va pouvoir construire à partir de là.Denis Blanchette, président du NPDQ « » L E D E V O I R , L E L U N D I 2 2 J A N V I E R 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 L\u2019 écrivaine Anne Hébert était par son grand-père, qui fut l\u2019architecte du parlement de Québec, une descendante d\u2019Achille Taché, ce seigneur de 26 ans retrouvé sous la neige avec deux balles dans la tête.Le récit de la vie tragique de cet ancêtre violent en amour lui fut transmis par sa famille.Il servit, à la fin des années 1960, de canevas pour l\u2019écriture de ce grand roman qu\u2019est Kamouraska.Au pays de Kamouraska, il y a des mises à mort moins violentes que celle-là, mais non moins dignes d\u2019intérêt.Malheureusement, la littérature n\u2019en soufflera sans doute jamais mot.Début janvier, le Mouvement des caisses Desjardins a ainsi annoncé qu\u2019il fermait les « centres de ser vices » de six des établissements du comté de Kamouraska.Saint-André, Saint-Denis-De La Bouteillerie, Sainte-Louise, Saint-Roch-des-Aulnaies et Kamouraska.Les guichets automatiques de Kamouraska, Mont-Carmel, Saint-Roch-des-Aulnaies et Ri- vière-Ouelle ont déjà été retirés.À Saint-Joseph-de-Kamouraska, le point de ser vice de la caisse avait déjà été fermé en 2016.Dans un esprit communautaire qui présidait de longue date à l\u2019inscription de cette institution dans la vie villageoise, l\u2019administration de la Ville partageait jusque-là une employée avec la Caisse.En 2015, le Mouvement Desjardins avait aussi fermé son antenne de Saint-Athanase de Kamouraska, la Caisse Desjardins dite des Champs et des Bois.Il est intéressant, au passage, de noter que les noms qui ornaient, il n\u2019y a pas si longtemps encore, les dénominations de ces institutions de village sont passées du patronage des saints à celui d\u2019une déification de la nature.Le Mouvement Desjardins semble en tout cas toucher désormais du bois un peu partout.Cela nous donne la caisse des Hauts-Boi- sés, de l\u2019Érable, des Bois-Francs, des Chênes, des Ver ts-Sommets, des Deux-Rivières, du Cœur-des-Vallées\u2026 Rationalisation, fusion, réorganisation, restructuration, plan social : vous pouvez appeler ces fermetures annoncées comme vous voulez.Reste qu\u2019elles sont de l\u2019ordre d\u2019une sentence de mort différée contre des communautés du Ka- mouraska, malgré leur exceptionnelle beauté, leur vitalité culturelle et sociale.On voit tout de suite l\u2019éclair de déception que produisent des décisions pareilles dans le ciel d\u2019un village.Mais comme dans un orage, un décalage se produit avant qu\u2019on entende le vrai boucan social qui s\u2019en suit.En 1936, l\u2019anthropologue américain Horace Miner séjourne pendant près d\u2019un an à Saint- Denis de Kamouraska.Il prend des notes, photographie et tire de l\u2019étude de cette société un livre célèbre, publié trois ans plus tard, lequel ne sera traduit en français qu\u2019après la guerre.En 1949, dix ans après la publication initiale, Miner retourne dans le comté de Kamouraska pour faire le point.Les gens, note-t-il alors entre autres choses, ne fabriquent plus le savon comme avant à la maison, mais en achètent.La suprême propreté du poêle à bois, cœur de la maison d\u2019autrefois, n\u2019apparaît plus tout à fait au cœur de la vie irradiante de ces maisonnées.Beaucoup de choses ont déjà changé.Mais Miner observe que la population a tout de même gardé bien vivant ce sentiment de la proximité et de la collectivité qui assure sa cohésion et sa perpétuation.Dans son livre, Miner parle dans cet esprit de la disparition de la banque au profit de la consolidation d\u2019une institution communautaire sur laquelle s\u2019appuie cette société pour se projeter à la face du monde : la Caisse populaire.Une institution à ce point en phase avec le désir de vivre en commun que la société, ré- vèle-t-il, a veillé à subventionner la Caisse populaire locale, bien consciente qu\u2019un rapport solide à une institution financière n\u2019est pas étranger à sa solidité et à sa persistance.« Depuis 1932, écrit Miner, le gouvernement provincial a subventionné directement la promotion de la Caisse populaire, qui est une association mutuelle d\u2019épargne et de prêts.Cette coopérative est la seule banque installée au- jourd\u2019hui à Saint-Denis, où elle a remplacé la petite entreprise bancaire précédente.» Selon l\u2019exemple offert par cette coopérative, des entreprises se structurent.Ainsi, « la beurrerie locale est aussi devenue une coopérative, propriété des cultivateurs qui naguère vendaient leur crème au propriétaire ».C\u2019est ainsi, par exemple, que ce petit univers rural de Saint-Denis de Kamouraska échappait à la déchéance sociale de la crise économique des années 1930.Mais l\u2019entraide et la mutuali- sation des efforts sont aujourd\u2019hui ravalées derrière l\u2019idée que l\u2019individu et son profit immédiat constituent les seuls royaumes à défendre.Aux quatre coins du Québec, des fermetures comme celles-ci se sont additionnées.Elles ont quelque chose qui touche profondément à la conscience des villages, à l\u2019idée qu\u2019il faille les préser ver contre la destruction d\u2019une expérience humaine commune.En 2016, les excédents du Mouvement Desjardins s\u2019élevaient à 1,7 milliard de dollars.Depuis plusieurs années, ils ont toujours été supérieurs à 1,5 milliard.Trop peu pour maintenir son enracinement local ?Dans la plupart des villages, la fermeture des caisses est en tout cas vécue comme la trahison d\u2019une union historique tacite.Comme le souligne le roman d\u2019Anne Hébert, il y a des histoires d\u2019amour qui font mourir.L\u2019amour à Kamouraska JEAN-FRANÇOIS NADEAU J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U L a bannière de Carillon, qui est à l\u2019origine du drapeau du Québec adopté en 1948, a été classée en tant qu\u2019objet patrimonial en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.La ministre de la Culture et des Communications, Marie Montpetit, l\u2019a fait savoir dimanche à l\u2019occasion de la célébration du jour du Drapeau.Ce drapeau est en fait une reproduction inspirée librement d\u2019un étendard religieux présent lors de la bataille de Fort Carillon qui, en juillet 1758, opposa les soldats français aux forces britanniques à Ticonderoga, aujourd\u2019hui situé dans l\u2019État de New York.Au milieu du XIXe siècle, l\u2019intérêt pour cet étendard est vigoureusement ravivé par un poème d\u2019Octave Crémazie, intitulé Le drapeau de Carillon.Crémazie plaide pour la prise de conscience d\u2019une destinée française en Amérique et pour la défense et l\u2019af firmation des droits de celle-ci.L\u2019intérêt pour le drapeau de Carillon est décuplé par le succès de ce poème populaire.Crémazie va dès lors être considéré comme le poète national.Le monument de bronze que vont lui élever les citoyens par souscription publique au carré Saint-Louis à Montréal évoque d\u2019ailleurs cette adéquation entre le drapeau de Carillon et le poète.Sur une plaque, on lit : « Pour mon drapeau je viens ici mourir.» Ministre de la Culture et des Communications depuis octobre 2017, Marie Montpetit avait écrit publiquement en février de la même année pour qu\u2019on rebaptise le comté de Crémazie, qu\u2019elle représente à l\u2019Assemblée nationale, du nom de Maurice Richard.Le 2 mars 2017, le Directeur général des élections du Québec acceptait sa proposition et ef façait du paysage électoral québécois le nom de Crémazie, premier défenseur du drapeau qui est désormais classé en tant qu\u2019objet patrimonial de grande valeur.En 1902, l\u2019abbé Elphège Filiatrault, curé de la paroisse de Saint-Jude en Montérégie, est pétri comme bien d\u2019autres par cette conscience renouvelée de sa nationalité amorcée par la poussée de Crémazie.L\u2019abbé Filiatrault fait fabriquer un étendard dit de Carillon afin de promouvoir l\u2019adoption d\u2019un tel symbole national.L\u2019Église avait alors rejeté l\u2019usage du drapeau républicain tricolore des patriotes de 1837-1838.Le 26 septembre 1902, l\u2019étendard commandé par l\u2019abbé Filiatrault est hissé au mât de son presbytère.Ce drapeau a été retrouvé en 1955, soit quelques années à peine après que le gouvernement de Maurice Duplessis eut fait adopter un drapeau fleurdelisé qui en est inspiré.Le drapeau est maintenant conservé au Centre d\u2019histoire de Saint-Hyacinthe.Il s\u2019agit d\u2019une pièce de coton imprimée artisanalement.Une croix blanche y est disposée sur un champ azur.Quatre fleurs de lys sont placées près des coins du drapeau et pointent vers le centre.Le Devoir Le drapeau de Carillon classé objet patrimonial Cet étendard issu du Régime français a d\u2019abord été défendu et érigé en symbole patriotique dans un poème d\u2019Octave Crémazie CONRAD POIRIER WIKICOMMONS Des porte-drapeaux brandissant le drapeau de Carillon lors d\u2019un défilé de la Saint-Jean-Baptiste en 1946 K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I D epuis leur abolition il y a un an, les frais accessoires ont pratiquement disparu, mais les frais administratifs ont augmenté et l\u2019af fichage de la tarification dans les cliniques est déficient, constate la clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles.Entre le 29 janvier et le 31 octobre 2017, la clinique communautaire montréalaise a reçu 90 déclarations de patients dans un registre de surveillance des frais accessoires.À partir de cet échantillon, elle observe que la facturation des frais accessoires pour des médicaments ou des actes médicaux couverts par la Régie de l\u2019assurance maladie du Québec (RAMQ) est pratiquement chose du passé, mais qu\u2019en revanche, les frais administratifs réclamés pour remplir des formulaires ou pour obtenir une copie de dossier médical augmentent.Ces frais administratifs ne sont pas couverts par la RAMQ et ne sont donc pas considérés comme des frais accessoires, mais les membres du comité de lutte en santé de la clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles dénoncent néanmoins un «déplacement de la facturation » pour compenser l\u2019entrée en vigueur du règlement abolissant les frais accessoires.Coûts «extrêmes» Ils notent également que plusieurs répondants ont dû payer plus de 500 $ afin de subir différents examens pour le soin des yeux, alors qu\u2019il est selon eux impossible de savoir si ces examens sont véritablement nécessaires.Plutôt que de facturer des gouttes pour les yeux, ce qui est maintenant interdit, les ophtalmologistes semblent donc avoir trouvé une autre manière de générer des revenus, af firme Stéphane Defoy, organisateur communautaire à la clinique de Pointe-Saint-Charles.«Comment se fait-il que, depuis le mois de janvier dernier, plein de tests médicaux pré et postopératoires chez les ophtalmologistes ont surgi, à des coûts extrêmes?On ne peut pas tirer de conclusion, on ne peut que constater, mais c\u2019est étrange», a renchéri dimanche sa collègue Élise- Mercier Gouin lors d\u2019une conférence de presse.Une enquête sur l\u2019affichage de la tarification dans les cliniques publiques à gestion privée a par ailleurs montré que, sur 40 cliniques mont- réalaises visitées, 13 n\u2019af fichaient pas la liste des frais facturés et 17 affichaient des frais qui sont illégaux.Mis au courant de ces résultats, le Collège des médecins du Québec a indiqué le mois dernier qu\u2019il ferait enquête.Barrette satisfait Dimanche, le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette, s\u2019est réjoui que son règlement ait démontré « son ef ficacité » pendant cette année, mais il a rappelé que les frais administratifs ne tombaient pas «sous son autorité ».« Les frais administratifs, ils ont toujours existé, parce que ce ne sont pas des services médicaux.J\u2019ai la responsabilité, moi, de m\u2019assurer que les citoyens du Québec aient accès gratuitement à des services médicaux », a-t-il soutenu en entrevue à La Presse canadienne.Quant aux examens ophtalmiques, le ministre Barrette a tenu à mentionner que « tous les examens nécessaires à la dispensation d\u2019un service » étaient couverts par la RAMQ.« S\u2019il y a des examens qui sont facturés et qui ne sont pas nécessaires, la personne doit en discuter avec son médecin, puisque tout ce qui est nécessaire à la dispensation d\u2019un service est couvert.» Un an plus tard Le gouvernement du Québec a aboli les frais accessoires le 26 janvier 2017.À ce moment, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a annoncé qu\u2019il serait désormais interdit de facturer des frais aux patients pour des services couverts par la RAMQ.« Dès aujourd\u2019hui, seule la carte d\u2019assurance maladie pourra vous être demandée lorsque vous obtenez des ser vices assurés par la RAMQ.Nous effectuons ainsi un pas important pour améliorer l\u2019accès aux soins et aux services de santé », avait-il déclaré.Le Règlement abolissant les frais accessoires n\u2019élimine pas tous les frais.Sur le plan administratif, il est interdit de facturer au patient une ouverture de dossier dans un cabinet de médecins.Des frais peuvent cependant être demandés pour une copie de dossier, une photocopie, une copie de CD, un transfert de dossier ou encore un rapport pour les assurances à la suite d\u2019un examen physique.Le comité de lutte de la clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles souhaite à terme que les patients n\u2019aient jamais à payer pour recevoir un soin de santé.D\u2019ici là, il demande l\u2019abolition des frais pour les formulaires gouvernementaux et réclame que la RAMQ se charge de l\u2019encadrement de la tarification des soins non couverts par l\u2019assurance maladie.Au moment d\u2019écrire ces lignes, la RAMQ n\u2019avait pas réagi aux demandes de la clinique communautaire.Le Devoir SANTÉ Les frais accessoires laissent place aux frais administratifs Une clinique communautaire constate un « déplacement de la facturation » ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les ophtalmologistes semblent avoir trouvé une autre manière de générer des revenus, selon Stéphane Defoy, de la clinique de Pointe-Saint-Charles. L E D E V O I R , L E L U N D I 2 2 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 Profs du Québec, abonnez gratuitement vos étudiants de 4e et 5e secondaire et de niveau collégial au Devoir numérique pour une durée de 15 semaines*.Le Devoir Le Devoir numérique en classe Mobile Tablette Ordinateur Inscrivez-vous dès maintenant au ledevoir.com/classe * Les inscriptions se terminent le 15 février 2018.G I U S E P P E V A L I A N T E Le système de quotas largement décrié pour les con - stats d\u2019infraction à Montréal est éliminé, affirme l\u2019administration montréalaise, tout comme les importantes primes au rendement pour les patrons qui étaient liés à l\u2019atteinte des objectifs par les policiers.Néanmoins, il semble que les automobilistes fautifs ne seront pas épargnés pour autant, car le nouveau budget de la Ville évalue que Montréal recueillera environ 12 millions de plus en revenus provenant des violations des règles de la circulation et du stationnement cette année par rapport à 2017.Le syndicat représentant les policiers, la Fraternité des policiers et policières de Montréal, appelle à la fin des quotas depuis plusieurs années.Mais les administrations municipales précédentes avaient officiellement nié l\u2019existence d\u2019un tel système, et il faisait sur tout l\u2019objet de rumeurs de la part d\u2019automobilistes, qui soupçonnaient les policiers de prendre au piège des gens principalement pour engranger des revenus pour la Ville.Après son arrivée au pouvoir à la suite des élections municipales automnales, la nouvelle administration de Valérie Plante a confirmé que le système existait vraiment.«Pour que les cadres supérieurs du service de police obtiennent des bonis, les policiers plus bas dans l\u2019échelle devaient atteindre un certain nombre de contraventions.Les bonis ont déjà été aussi élevés que 8% du salaire annuel d\u2019un dirigeant», a indiqué récemment en entrevue la conseillère municipale responsable de la sécurité publique, Nathalie Goulet.En 2016, la Ville a payé au total 350 000 $ en primes liées aux amendes infligées aux automobilistes.« Nous ne croyons pas qu\u2019il s\u2019agit de la mission première de la police de coincer les automobilistes et les cyclistes pour des violations au Code de la route.La police continuera de donner des contraventions, mais elles ne seront plus liées à l\u2019évaluation de leurs [patrons]», a confirmé la conseillère municipale.Mme Goulet a dit ignorer à quel niveau se trouvaient les quotas.En 2014, le président du syndicat, Yves Francœur, avait affirmé aux médias que les policiers avaient des quotas fixés entre 16 à 18 contraventions par jour.« Selon le nombre d\u2019employés dans un poste de police, cela équivaut entre 450 à 1500 par mois [par poste]», soutenait- il à ce moment.Selon M.Francœur, des policiers se faisaient dire certains jours de faire fi de la majorité des appels, sauf les plus urgents, pour s\u2019attarder à la remise de contraventions.Le syndicat est demeuré silencieux depuis la décision de la nouvelle administration mont- réalaise.«Nous avons affirmé clairement notre position sur cette question par le passé», a indiqué par courriel le porte-parole de la Fraternité, Martin Desrochers.Revenus des constats En dépit de la fin des quotas, Mme Goulet ne pouvait pas dire précisément pourquoi la Ville anticipe davantage de revenus cette année provenant des constats d\u2019infraction.Un porte- parole de la Ville n\u2019a également pas pu répondre clairement à cette interrogation.«Nous estimons, il sera hautement probable, que les revenus générés par les constats d\u2019infraction au Code de la route et du stationnement [en 2018] reviendront à la normale», a dit Mme Goulet.Par «normale», Mme Goulet fait référence aux années ayant précédé le conflit sur un nouveau contrat de travail et des modifications contestées sur les régimes de retraite.En 2013, la Ville a engrangé près de 173 millions, mais cette somme avait chuté à 161 millions l\u2019année suivante, après que le maire Denis Coderre eut annoncé vouloir réduire les contributions de la Ville dans les régimes de retraite des travailleurs municipaux.Les revenus liés aux contraventions ont continué de décliner au cœur de l\u2019impasse dans les négociations sur un nouveau contrat de travail, atteignant un creux de 147 millions en 2016, avant de remonter à 174 millions en 2017, l\u2019année de la signature d\u2019une nouvelle convention entre la Ville et le corps de police comptant des augmentations de salaire importantes.Le Ser vice de police de la Ville de Montréal n\u2019a pas répondu à une demande pour commenter la fin des quotas.La Presse canadienne Montréal abolit le système de quotas de contraventions CANADIENS DE MONTRÉAL/TWITTER Le Canadien de Montréal a partagé sur Twitter des photos de certains de ses joueurs, dont Brendan Gallagher et Carey Price, soumises à l\u2019algorithme de reconnaissance faciale de l\u2019application Google Arts & Culture.M A R I E - L I S E R O U S S E A U S i vous avez jeté un coup d\u2019œil aux réseaux sociaux au cours de la fin de semaine, il y a de for tes chances que vous ayez vu quelques égopor- traits de vos proches aux côtés de leur sosie artistique, si vous n\u2019en avez pas carrément publié un de vous-même.Cette nouvelle fonctionnalité que permet depuis un mois l\u2019application mobile Google Arts & Culture analyse les données de votre visage et sélectionne parmi quelque 70 000 por traits célèbres celui qui vous ressemble le plus.Cet outil des plus ludiques soulève un véritable engouement chez les internautes, au point où l\u2019application trône au sommet des téléchargements sur appareils mobiles depuis le début de l\u2019année.De nombreuses personnalités publiques et même quelques joueurs du Canadien de Montréal se sont prêtés au jeu au cours des derniers jours.Toutefois, Google Ar ts & Culture suscite également des inquiétudes.Des internautes craignent notamment que le véritable objectif de Google avec cet outil soit de remplir sa base de données de reconnaissance faciale.Le géant du Web s\u2019est montré rassurant.Dans un billet de blogue, il a confirmé que son outil ne conserve les données faciales de ses utilisateurs que le temps de la recherche de tableaux.Or, des spécialistes de l\u2019intelligence ar tificielle sont sceptiques.«Bien sûr, si on s\u2019apercevait que Google ne respecte pas son engagement, on pourrait le poursuivre.Mais quels sont les moyens qu\u2019on a pour savoir s\u2019il garde ou non nos images ?» s\u2019interroge Marie-Jean Meurs, professeure au département d\u2019informatique de l\u2019UQAM.Après tout, ces données sont tout de même enregistrées dans les serveurs de Google au moment de la recherche de tableau, souligne-t-elle.La reconnaissance faciale est une branche de l\u2019intelligence artificielle en pleine expansion.« C\u2019est la prochaine grosse étape dans le domaine », souligne le directeur du Centre de recherche en droit, technologie et société de l\u2019Université d\u2019Ottawa, Florian Martin-Bariteau.Celle-ci comporte des avantages et des inconvénients.Du côté des points positifs, Mme Meurs mentionne la possibilité de reconnaître des personnes disparues ou enlevées, ou encore des criminels.« Il y a des perspectives prometteuses », dit-elle.Par exemple, Facebook fait de la reconnaissance faciale dans le but de reconnaître les usurpateurs d\u2019identité.Par le fait même, le réseau social se construit d\u2019immenses bases de données avec les photos de ses utilisateurs.«Facebook est capable de dire de manière précise si des gens mettent en ligne des photos de vous, sans que vous soyez tagués», précise M.Martin-Bariteau.La reconnaissance faciale peut toutefois entraîner des dérives.Parmi elles, la surveillance citoyenne à la Big Brother, où l\u2019on pourrait en tout temps savoir où vous êtes et ce que vous faites.«Est-ce qu\u2019on va se retrouver avec des images de nous partout, qui déterminent où on est en tout temps?» demande Mme Meurs.En publiant des photos de nous-mêmes sur les réseaux sociaux, nous courons par ailleurs le risque que nos données faciales se retrouvent entre les mains d\u2019applications malveillantes.« Il n\u2019y a pas de danger par ticulier à utiliser Google Arts & Culture, soutient Flo- rian Martin-Bariteau.Le plus dangereux est la deuxième étape, celle du partage sur les réseaux sociaux, où on donne le droit à des applications de faire un peu tout et n\u2019importe quoi avec nos photos.» Selon cet expert, avec sa nouvelle fonctionnalité ultrapopu- laire, Google cherche d\u2019abord et avant tout à faire la démonstration de ses progrès en intelligence ar tificielle.« C\u2019est du branding pour montrer la fiabilité de leur algorithme.» L\u2019intelligence artificielle progresse à un r ythme ef fréné.C\u2019est pourquoi une réflexion de société est de mise, croit Marie- Jean Meurs, qui est membre du groupe Legalia, formé récemment à l\u2019UQAM justement dans le but de réfléchir à cet enjeu.D\u2019ici à ce que des balises soient établies, M.Florian-Bari- teau conseille d\u2019utiliser les réseaux sociaux en employant la bonne vieille règle non officielle qui consiste à ne partager «que ce que vous seriez prêt à montrer à votre grand-mère et à votre futur employeur».Le Devoir Une application amusante, mais préoccupante Très populaire, la nouvelle fonctionnalité de Google Arts & Culture témoigne de la forte progression des technologies de reconnaissance faciale Une application raciste ?Plusieurs personnes racisées ont accusé l\u2019outil de reconnaissance faciale de Google Arts & Culture de discrimination.Des personnes à la peau noire ont notamment été associées à des peintures d\u2019esclaves.La base de données de quelque 70 000 œuvres de l\u2019application est principalement composée de tableaux historiques européens, reflétant les stéréotypes d\u2019autres époques.Or, Google aurait dû s\u2019assurer en amont que sa technologie «soit implantée dans un contexte de diversité», soutient la spécialiste en intelligence artificielle Marie-Jean Meurs.«Google a des ressources pour déployer un outil extraordinaire, il n\u2019a donc aucune excuse pour ne pas s\u2019assurer qu\u2019il respecte l\u2019éthique», argue-t-elle, soulignant que la diversité fait partie des apprentissages qu\u2019il faut inculquer aux algorithmes. L E D E V O I R , L E L U N D I 2 2 J A N V I E R 2 0 1 8 SOCIETE A 5 I S A B E L L E P A R É E t si les saucisses fraîches pouvaient se garder jusqu\u2019à 100 jours, les délicats fromages cottage ou ricotta tenir le coup jusqu\u2019à un an, et la viande hachée se préser ver jusqu\u2019à 30 jours sans perdre un iota de sa fraîcheur?La gestion de bien des réfrigérateurs abonnés aux aliments flétris et condamnés à la poubelle s\u2019en trouverait sûrement bouleversée.C\u2019est le pari que font les promoteurs d\u2019une nouvelle technologie récemment testée au Québec qui permet de prolonger, voire tripler la durée de vie de plusieurs aliments frais, cuits ou transformés.Mis au point au Centre de développement bioa- limentaire du Québec (CDBQ) de Rimouski, et soutenu par RECYC-QUÉBEC dans le cadre du Projet 9 destiné à contrer le gaspillage alimentaire, ce processus de conservation par très haute pression hydrostatique fait lentement son entrée sur les tablettes de plusieurs épiceries.Une redécouverte Le procédé approuvé par Santé Canada en 2016 consiste à éliminer les bactéries présentes dans les aliments grâce à la mise sous forte pression de produits scellés dans des emballages souples, plongés sous l\u2019eau pendant quelques minutes.L\u2019effet de la pression hydrostatique sur les bactéries a été découvert au Japon à la fin du XIXe siècle, mais ce n\u2019est qu\u2019au tournant des années 1990 que cette technologie a fait son entrée dans l\u2019industrie alimentaire.Les procédés actuels reproduisent en usine une pression équivalant à 6000 fois celle rencontrée dans les abysses les plus profonds des océans.«Le but ultime, c\u2019est de fragiliser les cellules des bactéries qui finissent par se développer au fil du temps et corrompre les aliments », soutient Stéphane Carrier, directeur général de l\u2019entreprise Natur-l-XTD, la seule au Québec à détenir ces équipements onéreux pour traiter ainsi les aliments.Des tests réalisés au Centre de développement bioalimen- taire du Québec ont permis de constater qu\u2019une fois soumis à ce procédé, les viandes cuites, tout comme les jambons tranchés, la pancetta et le salami, pouvaient se conser ver jusqu\u2019à 120 jours sans perdre de leur qualité nutritive, de leur goût ou de leur texture.Des fromages frais, comme la ricotta ou le fromage cottage, une fois bien scellés, pourraient quant à eux demeurer comestibles jusqu\u2019à près d\u2019un an.«Les jus frais non pasteurisés, qui ont normalement des durées de vie de trois ou quatre jours, peuvent maintenant se conserver jusqu\u2019à 45 à 60 jours », affirme le directeur de l\u2019usine située à Saint-Hyacinthe, qui a déjà conclu des ententes avec plusieurs joueurs importants de l\u2019industrie alimentaire.Un important producteur de jus frais basé à Toronto a même récemment déménagé ses pénates dans la ville maskoutaine pour profiter pleinement de cette nouvelle technologie qui permettra de faciliter la distribution de ses produits au Canada.Une cure de jouvence Plusieurs entreprises et fabricants espèrent ainsi prolonger la vie de leurs produits sur les tablettes, changer leurs modes de production et limiter leurs pertes.Selon le CDBQ, dans le seul secteur des viandes cuites, environ 7 à 8% des produits offerts sur les tablettes sont perdus en magasin.L\u2019organisme RECYC-QUÉBEC, qui a investi 400 000$ dans le développement de ce procédé, y voit quant à lui l\u2019occasion de lutter contre le gaspillage alimentaire, qui entraîne la perte de 40% de la totalité des aliments produits au Canada, à un moment où à un autre de leur cheminement jusqu\u2019à l\u2019assiette du consommateur.« Le développement de ce type de technologies permet de réduire les rejets de viandes fraîches en épicerie et chez les consommateurs», affirme Sophie Langlois-Blouin, vice-présidente à la performance des opérations chez RECYC-QUÉBEC.Le CDBQ a reçu le mandat de soutenir et d\u2019informer les entreprises qui souhaitent adopter ce procédé novateur, mais aussi d\u2019optimiser le poids des portions de viandes fraîches à emballer pour éviter au maximum le gaspillage alimentaire.Un logo, marqué d\u2019une goutte d\u2019eau bleue, permet aux consommateurs de reconnaître les produits qui ont bénéficié de cette cure de jouvence signée HPP (pour hy- droprocédé de protection) Plus que les viandes Si le procédé a d\u2019abord été utilisé pour conser ver les viandes cuites, dont les pertes sont plus onéreuses, il se prête à de nombreux autres produits frais, notamment les viandes et poissons crus, les pâtes à pain et à pizza fraîches, ainsi que certains fruits et légumes qui évitent ainsi l\u2019oxydation.« L\u2019élan est aux produits frais, notamment aux purées de houmous, d\u2019avocats, mais ce sont des produits qui s\u2019oxydent rapidement », affirme M.Carrier.Si on a vu récemment se multiplier sur les rayons les sachets de guacamoles et de salsas fraîches, c\u2019est notamment grâce à l\u2019usage de ce procédé par de grands producteurs américains qui se sont installés à proximité des usines de traitement par HPP, situées dans le sud du pays.Certains fruits et légumes, notamment les légumes racines, pourraient jouir de ce traitement, mais pas les légumes feuillus ou délicats, trop fragiles pour supporter la pression exercée lors de ce procédé.Plusieurs producteurs locaux pourraient profiter de cette nouvelle façon de faire, qui permet d\u2019allonger la durée de vie de leurs produits et de mieux répartir leur production dans l\u2019année.« Nos clients sont sur tout des compagnies de transformation alimentaire du Québec, mais aussi de l\u2019Ontario.Nous recevons un à deux camions par semaine remplis de produits provenant de Gaspé- sie et des îles de la Madeleine, prêts à remplir les rayons des épiceries.Avec ce procédé, ces producteurs peuvent élargir leurs marchés », soutient Stéphane Carrier.Un des avantages collatéraux de cette technologie consiste aussi à éliminer les risques associés aux pathogènes dangereux, qui sont à la source de fréquents rappels de produits alimentaires, notamment dans le secteur des viandes, sans avoir recours à la stérilisation ni à l\u2019ajout d\u2019agents de conservation artificiels.Obstacle psychologique Reste que ces durées de vie interminables af fichées sur certains produits pourraient être drôlement accueillies par les consommateurs.Ceux-ci fe- ront-ils confiance à des saucisses restées sur les tablettes pendant 100 jours ou à du bœuf haché jugé propre à la consommation après un mois?Psychologiquement, la longévité n\u2019est pas toujours synonyme de fraîcheur pour le commun des mortels.Pour cette raison, plusieurs fabricants préfèrent pour l\u2019instant ne pas indiquer que leurs produits sont promis à une longue conser vation, même si c\u2019est le cas.Pour des motifs purement commerciaux, on préfère attendre que l\u2019idée de ces aliments à longue conservation fasse son chemin dans l\u2019esprit des clients.Nutritifs?Selon la nutritionniste Catherine Lefebvre, les aliments ainsi dotés de dates de péremption lointaines s\u2019avèrent intéressants puisque la pression, contrairement à la chaleur ou à la stérilisation, n\u2019altère pas le contenu nutritionnel des aliments.« Si en plus, ça peut faire en sor te de réduire l\u2019ajout d\u2019additifs et d\u2019agents de conservation dans certains aliments, ce serait positif.Car tous les aliments destinés au prêt-à-manger en sont bondés ! » lance-t-elle.Elle s\u2019inquiète toutefois du recours accru aux emballages plastiques que pourrait entraîner l\u2019adoption à large échelle de ce processus de conservation.« Ce ne serait pas génial sur le plan environnemental de tenter de régler un problème, dit-elle, en en créant un autre.» Enfin, la lutte contre le gaspillage alimentaire ne passe pas que par l\u2019achat de produits spécifiques, croit Catherine Lefebvre, mais par l\u2019adoption de toute une série de gestes et de nouvelles habitudes de gestion du réfrigérateur de tout un chacun.Le Devoir Cure de jouvence pour saucisses et viandes hachées Un nouveau procédé permet de prolonger la durée de vie de plusieurs aliments C\u2019 est de l\u2019eau « non filtrée, non traitée, non stérilisée».Appelée aussi «eau crue» (raw water), vendue 37$ pour un contenant de 9 litres dans une boutique de San Francisco.Et pour la modique somme de 15 $, vous avez droit à un deuxième remplissage.Tous les médecins et tous les experts en santé publique horrifiés par cette «mode» y voient un exemple comme quoi le «retour à la nature» a le dos large.Mais dans cette boutique de San Francisco, selon un reportage du New York Times publié le 29 décembre, cette «marque d\u2019eau» est si populaire que, souvent, il n\u2019en reste plus sur les tablettes.Pour ses défenseurs, cette eau «crue» a pour avantage d\u2019être non seulement sans fluor, mais de ne pas être passée par les systèmes de filtration des villes qui en retireraient prétendument des «minéraux bénéfiques».Obession de la santé Ils en ont aussi contre l\u2019eau embouteillée, pas tant pour le plastique des bouteilles que pour le traitement qu\u2019elle subit avant d\u2019être mise en bouteille, qui en retirerait « les algues », tuant du coup des «bactéries probiotiques».En fait, à travers leurs sites, on retrouve généralement le concept selon lequel «traiter l\u2019eau, c\u2019est la tuer».Le blogueur David Gorski, dont le blogue Science-Based Medicine pour fend pseudosciences et pseudo-médecines, se sent obligé de rappeler que « le choléra, le giardia intestinal, la dysenterie et une grande variété de maladies de l\u2019eau, bloquées par des techniques de filtration modernes, sont toutes des maladies très, très naturelles ».Il y voit le même type d\u2019arguments utilisés il y a quelques années en faveur du « lait cru » : selon ses défenseurs, la pasteurisation, technique utilisée pour réduire les risques de transmission de maladies, enlèverait du lait des bactéries bénéfiques et réduirait sa valeur nutritive.«Personnellement, je me suis toujours demandé si ces mêmes personnes mangeaient aussi du porc et du poulet sans les cuire.» Le reportage du Times inscrit cette tendance dans un mouvement plus large, celui de vouloir récolter son eau soi-même.Des compagnies aux noms évocateurs \u2014 Live Water, Zero Mass Water \u2014 ont surgi ces dernières années pour livrer ce type d\u2019eau à domicile ou pour offrir de l\u2019équipement permettant aux résidants de «collecter l\u2019eau dans l\u2019air».L\u2019une des machines, qui coûte 4500$ \u2014 installation comprise \u2014, permettrait de recueillir 10 litres d\u2019eau par jour \u2014 selon le taux d\u2019humidité dans l\u2019air.Sauf que comme cette eau, entre sa collecte dans l\u2019air et le robinet, est filtrée et passe à travers une «cartouche» qui lui ajoute différents «minéraux» \u2014 selon ce qu\u2019explique le site des fabricants de l\u2019appareil \u2014, on peut difficilement la qualifier de «naturelle».Il y a de toute façon un débat parmi les entrepreneurs sur la façon dont il faudrait appeler leur eau : le terme « raw », en anglais, ne désigne pas seulement quelque chose de pur, mais quelque chose qui n\u2019a pas été cuit, ce qui n\u2019est pas vraiment le message qu\u2019ils souhaitent envoyer.Parmi les propositions : « unprocessed water», qui pourrait se traduire en français par « eau non traitée », mais qui éveille davantage d\u2019échos en anglais, en référence au mouvement pour l\u2019«unprocessed food».Agence Science-Presse Un verre d\u2019eau crue, s\u2019il vous plaît Des médecins et des experts en santé publique sont horrifiés par cette mode ISTOCK Pour ses défenseurs, l\u2019eau « crue » a pour avantage de ne pas être passée par les systèmes de filtration des villes qui en retireraient prétendument des «minéraux bénéfiques».JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Les consommateurs feront-ils confiance à du bœuf haché jugé propre à la consommation après un mois ?Psychologiquement, la longévité n\u2019est pas toujours synonyme de fraîcheur pour le commun des mortels.NATUR-L-XTD C\u2019est cette machine qui réalise le processus de conservation par très haute pression hydrostatique à Saint-Hyacinthe.37 $ Le prix de vente d\u2019un contenant de 9 litres d\u2019 «eau crue» dans une boutique de San Francisco. uelques centaines de Rohingyas de l\u2019immense camp de réfugiés de Cox\u2019s Bazar ont manifesté vendredi dernier contre l\u2019accord de rapatriement conclu par le Bangladesh et le Myanmar.Et pour cause : c\u2019est un accord bancal qui ne résout rien.Pire, il vise à renvoyer les réfugiés musulmans à la prison à ciel ouvert qu\u2019ils ont fuie pour échapper à la campagne de nettoyage ethnique lancée par l\u2019armée myanmaraise en août dernier.L\u2019entente prévoit le retour sur «d\u2019ici deux ans» dans l\u2019État Ra- khine des 650 000 Rohingyas (dont plus de la moitié sont des enfants) qui ont fui les massacres et les viols.Mais elle ne s\u2019attaque ni à l\u2019enjeu central de la citoyenneté des Rohingyas, dont ils sont privés depuis 1982, ni à celui du respect de leurs droits fondamentaux dans un pays à façade vaguement démocratique qui leur interdit depuis 2015 de se déplacer librement, d\u2019étudier ou d\u2019exercer certains métiers.Le tiers du millier de villages rohingyas a été partiellement ou entièrement incendié, selon Human Rights Watch.Ces villages seront-ils reconstruits?Leurs terres leur seront-elles rendues?Les agences humanitaires auront-elles en?n accès au Rakhine?On n\u2019en sait rien.Les autorités du Myanmar ont d\u2019autre part indiqué qu\u2019elles n\u2019accepteront que les réfugiés capables de faire la preuve qu\u2019ils habitaient le pays avant août 2017.C\u2019est assez cynique.Les Ro- hingyas étant par dé?nition apatrides, la grande majorité d\u2019entre eux sont donc sans papiers.Ce qui revient à dire que peu pourront rentrer par les voies of?cielles, si tant est qu\u2019ils veuillent retourner dans cet enfer.Pour ceux qui rentreront, l\u2019accord prévoit dans un premier temps la construction de 625 résidences capables d\u2019abriter 30 000 personnes\u2026 Mieux vaut, dans ces conditions, « un camp de réfugiés au Bangladesh qu\u2019un camp de concentration en Birmanie », a réagi un militant rohingya, cité par Libération.Sans compter qu\u2019au quotidien, ceux et celles qui rentreront en vertu de cet accord ne seront sûrement pas accueillis par une majorité bouddhiste devenue tout à coup plus ouverte à une minorité musulmane qu\u2019on lui a montré depuis toujours à haïr.Il est entendu que, s\u2019il n\u2019y a pas une véritable volonté de les intégrer, ils resteront les parias qu\u2019ils ont toujours été.Cet accord est boiteux parce qu\u2019il a été négocié en dehors de toute participation internationale.Il n\u2019y a que la Chine qui se soit intéressée à la négociation, l\u2019essentiel étant pour elle de protéger ses immenses intérêts économiques dans l\u2019État Rakhine \u2014 sous la forme d\u2019un port en eau profonde et d\u2019un oléoduc transportant vers le Yunnan le pétrole venu du Moyen-Orient.La défense des droits des Rohingyas?Elle s\u2019en moque complètement.Le printemps dernier, Justin Trudeau n\u2019avait pas attendu de lire la Politique d\u2019af firmation du Québec présentée par Philippe Couillard pour rejeter laconiquement tout changement à la Constitution.Lors d\u2019une assemblée publique jeudi à Québec, le premier ministre canadien a fait part de certaines des raisons qui justifiaient son refus.Il a ainsi exposé les faiblesses de la démarche de son homologue québécois.ans cet exercice qui tient autant du débat politique que des relations publiques, Justin Trudeau, en bras de chemise, excelle.Ils étaient quelque 900 personnes à participer à cette assemblée, où le premier ministre s\u2019est prêté au jeu des questions et réponses.Et une de ces questions portait sur la possibilité d\u2019ouvrir la Constitution canadienne pour réparer les torts causés au Québec par la modi?cation constitutionnelle de 1982.Justin Trudeau a expliqué que toute négociation constitutionnelle est à repousser, sauf si «tout est à la veille de briser» dans la fédération.Et si c\u2019est sans «but précis et urgent», si ce n\u2019est «qu\u2019à des ?ns politiques», pour le «symbolisme», le premier ministre «préfère ne pas embarquer», a-t-il dit.Dans sa démarche velléitaire de voir le Québec signer la Constitution, Philippe Couillard s\u2019en est tenu passivement à réclamer les cinq conditions de l\u2019accord du lac Meech.En un certain sens, Trudeau n\u2019a pas tort de dire qu\u2019inscrire ces conditions dans la Constitution revêt un caractère symbolique.Le Québec, par exemple, a obtenu des pouvoirs accrus en matière d\u2019immigration grâce à des ententes administratives.Le fédéral n\u2019a pas abandonné son pouvoir de dépenser dans des champs de compétence du Québec, mais il a considérablement tempéré ses ardeurs et il accepte souvent de respecter les priorités québécoises.À l\u2019époque de Meech, c\u2019était un des arguments de Brian Mulroney pour convaincre le Canada anglais que l\u2019accord, de nature essentiellement symbolique, ne changeait rien à la réalité.Robert Bourassa prétendait le contraire, lui qui, à partir de ce minimum, voulait aller plus loin.Voilà un bel exemple de ces ententes équivoques qui, pour être acceptables, doivent signi?er deux choses différentes au Québec et dans le ROC.Or, pour que la reconnaissance du Québec en tant que nation ne soit pas que symbolique, des changements profonds devraient être apportés à cette confédération qui n\u2019en est pas une et dont la structure repose sur un calque du cadre colonial.C\u2019est ce que Claude Ryan avait proposé quand il était chef du Parti libéral.C\u2019est ce que Philippe Couillard se refuse à faire, cherchant plutôt le moyen de rendre les Québécois plus canadiens et se félicitant de tout progrès en ce sens.Justin Trudeau n\u2019envisagerait d\u2019accéder aux timides demandes symboliques de son homologue québécois que si le Canada était sur le point d\u2019éclater, c\u2019est-à-dire si le mouvement indépendantiste représentait une menace réelle et qu\u2019un référendum se présentait à l\u2019horizon.Là encore, Philippe Couillard, qui se tire dans le pied, ne cesse de se réjouir de la tiédeur des Québécois à l\u2019égard de la souveraineté, reprenant, dans des termes ?euris, la thèse du «plus meilleur pays au monde» de Jean Chrétien.Dans ce contexte, on ne peut s\u2019étonner que la démarche d\u2019affirmation du premier ministre québécois ait été reçue avec une bienveillante indifférence au Canada anglais, d\u2019autant que Philippe Couillard l\u2019assure qu\u2019il n\u2019y a absolument rien à craindre de ce «peuple heureux» que sont les Québécois.On ne peut s\u2019attendre à de grandes avancées avec un général sans arme, sans rapport de force et sans véritable cause.L E D E V O I R , L E L U N D I 2 2 J A N V I E R 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Réflexion sur les médias québécois De plus en plus, on se rend compte que les médias québécois ont des difficultés à respecter leurs obligations financières et que cela les contraint à réduire leur personnel et les autres dépenses.Cela a pour conséquence de réduire les ressources pour faire du vrai journalisme et présenter des articles ou des recherches qui pour- L I B R E O P I N I O N J A D E C O U L O M B E Ex-directrice des ressources humaines C her boys\u2019 club, depuis plusieurs semaines déjà, chaque jour apporte une nouvelle dénonciation de harcèlement sexuel, de gestes inappropriés ou d\u2019abus de pouvoir.Le monde artistique est celui qui a surtout été touché jusqu\u2019à maintenant.Sans lien direct avec le mouvement #metoo mais tout de même avec un timing «assez pas pire» merci, Florent Francœur, ancien président de l\u2019Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, a été radié à vie pour des gestes inacceptables commis contre ses propres employées.Et malgré ce courant fort où les femmes peuvent enfin prendre la parole, dénoncer, rejeter les comportements n\u2019ayant pas de sens, tenter de réparer des blessures importantes, dire haut et fort qu\u2019assez c\u2019est assez, personne du milieu des affaires ne s\u2019est encore levé pour encourager nos employées de tout niveau à dire que ça suffit.Pourquoi ?Parce que nous sommes principalement gérés par des boys \u2019 clubs.Et à toi, cher boys\u2019 club, je veux te dire ceci.Quand tu m\u2019as demandé de montrer mes seins de façon insistante en échange du mot de passe du serveur dont j\u2019avais pourtant besoin, tu m\u2019as humiliée.Quand tu m\u2019as forcée à licencier une employée féminine compétente plutôt qu\u2019une autre moins expérimentée mais qui avait « un esti de beau décolleté », tu as outrepassé ton pouvoir de gestion, mais aussi le gros bon sens.Quand tu acceptes uniquement la séduction comme moyen d\u2019influence des femmes qui t\u2019entourent, cadres et non cadres, tu méprises leurs compétences et leur talent.Quand tu m\u2019as traitée de pr ude ou « d\u2019esti de coincée » quand je t\u2019ai signifié que tes jokes de foufounes et tes références incessantes à caractère sexuel me rendaient mal à l\u2019aise et n\u2019avaient pas leur place dans nos discussions, tu as rejeté mon jugement et mon droit à un milieu de travail sain.Quand, dans ma fonction de gestionnaire des ressources humaines, tu m\u2019as empêchée d\u2019aller au fond de dossiers qui sentaient le harcèlement sexuel à plein nez, tu m\u2019as fait manquer à mon devoir professionnel et tu as brisé la confiance que ces femmes pouvaient avoir envers la fonction, chez vous et ailleurs.Je suis quand même choyée, cher boys\u2019 club, j\u2019ai quand même eu l\u2019occasion d\u2019œu- vrer pour des gestionnaires formidables au cours de ma carrière.J\u2019ai eu la possibilité d\u2019enquêter dans des dossiers de harcèlement sexuel et de faire cesser ces comportements au sein d\u2019entreprises qui comprenaient que des jokes de saucisses, de sous-marins ou des demandes sournoises de bisous dans le backstore, ça ne tenait pas la route.J\u2019ai eu le privilège immense de ne jamais perdre mon emploi pour une raison d\u2019abus de pouvoir.Cela ne veut pas dire, cher boys\u2019 club, que tu ne m\u2019as pas écorchée maintes fois, tant en début de carrière que dans des rôles de direction.Et ce que je tiens à te dire au- jourd\u2019hui, c\u2019est que ton règne achève, cher boys\u2019 club.Ces femmes que tu manipules, que tu humilies, dont tu abuses, je les crois.Et je les invite à se lever à leur tour et à dire qu\u2019assez c\u2019est assez.Mesdames, la parole est à vous.Et je ne suis pas la seule qui vous écoute en ce moment.La fin du boys\u2019 club FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Les deux Corées se parlent Il est rafraîchissant de lire l\u2019éditorial de Guy Taillefer dans Le Devoir du 18 janvier 2018, au sujet du sommet de Vancouver sur la Corée du Nord.Je suis d\u2019accord avec ce qu\u2019il écrit : « C\u2019est avant tout à l\u2019éclaircie intercoréenne que la diplomatie canadienne devrait consacrer ses efforts.» Le sommet de Vancouver ne me semble pas pertinent.Pourquoi ?C\u2019est qu\u2019en épousant le militarisme véhiculé par la présidence américaine, on oublie une chose fondamentale.C\u2019est que les populations ne sont pas monolithiques et il n\u2019est pas dit que les Coréens du Nord se retrouvent dans les positions de leur leader.Pas plus que celles des États-Unis.POLITIQUE D\u2019AFFIRMATION DU QUÉBEC Trudeau devant un général sans arme ROHINGYAS Prison à ciel ouvert D Q GUY TAILLEFER ROBERT DUTRISAC Et les gens d\u2019ici acceptent-ils tous les paroles militaristes que l\u2019on entend, justifiant l\u2019approche de force américaine ?Les sociétés évoluent par des avancées et des ressacs.Et les leaders autocrates ne représentent pas les sentiments de tous leurs concitoyens, ni le sens de l\u2019évolution de leur société.Qui fréquente des Coréens sait que l\u2019aspiration à la réunification est vivante dans la population et depuis longtemps.C\u2019est mon cas, et depuis longtemps.J\u2019ai souvent ressenti chez eux cette douleur de la séparation et l\u2019espoir de changements.La construction de la paix est le fait de la volonté des humains qui y travaillent de toutes leurs forces.La contribution des artistes est précieuse, car elle y apporte la créativité essentielle à la vie.Les Jeux olympiques et paralympiques canalisent tant de ressources financières, d\u2019organisations et rassemblent des athlètes de tous les pays, dont ceux de la République de Corée et ceux de la République populaire démocratique de Corée.Aussi, en ce temps de trêve, pensons plutôt à ce que représentent les patineurs artistiques de la Corée du Nord entraînés par le Québécois Bruno Marcotte et sa sœur, la chorégraphe Julie Marcotte, et laissons-nous bercer par la musique de notre Ginette Reno nationale qui accompagne leurs pas avec : « Je ne suis qu\u2019une chanson\u2026 » et avec « Un peu plus haut, un peu plus loin».Gaëtane Gascon Gatineau, le 19 janvier 2018 raient instruire et bien renseigner les lecteurs.On sait qu\u2019une des causes principales est la réduction des revenus de la publicité qui malheureusement se tourne de plus en plus vers Facebook et Google.Devant ce fait qui semble irréversible, ne serait-il pas approprié que les gouvernements municipaux, provinciaux et fédéral ne placent plus aucune publicité dans les médias sociaux, mais concentrent tout leur budget publicitaire dans les médias plus traditionnels ?Au lieu de subventions et de prêts, ces budgets de publicité seraient sûrement salutaires et contribueraient à nourrir nos industries d\u2019ici.Jacques Malo Le 20 janvier 2018 Couture, l\u2019archevêque Maurice Couture est le premier archevêque de Québec parmi tous les successeurs du cardinal Taschereau à ne pas avoir été nommé cardinal après avoir été à la tête de ce diocèse pendant douze ans.Même ses successeurs l\u2019ont été.Il est la seule exception.Il y a de quoi s\u2019interroger, pour ne pas dire plus.Cet ami des pauvres était-il trop près du peuple, dont il se faisait l\u2019écho ?Son indépendance d\u2019esprit agaçait-elle les autorités romaines?A-t-il pris des initiatives qui ont dérangé ?Ainsi, il a autorisé la confession collective en plus de la confession auriculaire dans son diocèse.Son successeur, devenu cardinal, s\u2019est empressé de mettre fin à cette expérience.Finalement, Maurice sera resté Excellence.Il ne sera jamais devenu Éminence.Il est maintenant Sa Sainteté au ciel.Robert Auclair, camarade de classe Québec, le 21 janvier 2018 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 2 J A N V I E R 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).M A T T H E W K A N D R A C H Président de CASE (Consumer Action for a Strong Economy), organisme américain de défense des consommateurs es démarches du géant américain Boeing pour acquérir la brésilienne Embraer sont la plus récente preuve, et peut- être la plus révélatrice, que Boeing se soucie peu des voyageurs.Si la Commission du commerce international des États-Unis (ITC) ne s\u2019oppose pas aux manigances de Boeing, cela aura des effets néfastes sur les innovations et les améliorations futures du secteur aéronautique commercial.La tactique de Boeing est maintenant claire.Premièrement : empêcher les biréacteurs C Series de Bombardier d\u2019accéder au marché américain avec une plainte sans fondement alléguant que le programme C Series nuira injustement aux ventes de Boeing 737.Deuxièmement : acquérir Embraer, qui produit effectivement un avion rivalisant avec les avions C Series.Et troisièmement : profiter d\u2019un monopole de la vente des monocou- loirs de plus petite taille.Si le plan de Boeing réussit, ce sera un désastre pour les consommateurs, y compris les consommateurs américains.Rappelons les faits : au printemps dernier, Boeing avait demandé à l\u2019ITC d\u2019enquêter pour savoir si Bombardier a vendu 75 avions C Series à Delta à un prix si bas que cela lui aurait été impossible sans soutien gouvernemental.Comme c\u2019est généralement le cas lorsque les entreprises américaines présentent une pétition au gouvernement américain, l\u2019ITC s\u2019est d\u2019abord rangée du côté de Boeing.Ensuite, le département américain du Commerce a recommandé des droits d\u2019importation de près de 300% sur les avions C Series, des droits assez élevés pour saborder l\u2019accord avec Delta et mettre fin à l\u2019émergence de Bombardier comme producteur d\u2019avions de nouvelle génération sur un segment abandonné par Boeing il y a des années.L\u2019ITC rendra sa décision finale ce mois-ci quant à savoir si Boeing a réellement subi un préjudice (perdu des ventes) à cause des avions C Series.Pendant des mois, de nombreux acteurs de l\u2019industrie ont remis en question la logique de la plainte de Boeing.L\u2019affirmation de Boeing selon laquelle il est menacé par Bombardier est sapée par le simple fait qu\u2019il ne fabrique pas d\u2019avion rivalisant directement avec les avions C Series.Intérêts commerciaux En fait, Boeing a abandonné ce marché il y a des années.Boeing n\u2019a pas proposé un de ses avions à Delta simplement parce qu\u2019il n\u2019en avait pas à lui of frir ; et même si cela avait été le cas, son carnet de commandes étant sur vendu, il n\u2019aurait pas pu respecter le calendrier souhaité par Delta.Il est devenu évident que Boeing essaie de protéger ses propres intérêts commerciaux sans égard pour les voyageurs.Limiter le choix des transporteurs aériens, c\u2019est les obliger à exploiter des appareils trop gros et moins ef fi- caces sur certaines liaisons.Les coûts seraient transférés aux consommateurs sur le prix du billet, ou pis encore, aux transporteurs qui risquent d\u2019offrir moins de courts vols directs.Les actions de Boeing sont hostiles à l\u2019innovation et aux principes de la concurrence bénéficiant à tous les consommateurs.Les avions C Series de Bombardier sont idéalement dimensionnés pour maximiser l\u2019ef ficacité sur des liaisons régionales de nombreux transpor teurs.Ils sont plus économes en carburant, plus silencieux et plus spacieux que les avions comparables.Ils offrent aussi plus de place pour les bagages.Toutefois, une expérience de vol plus agréable, plus de liaisons offertes et des billets moins chers pour les voyageurs ne pèsent pas lourd face à l\u2019obsession de Boeing, qui veut garder le marché américain pour lui seul.En bref, Boeing courtisait tranquillement Embraer tout en demandant au gouvernement américain d\u2019imposer des droits exorbitants\u2026 sur le seul concurrent d\u2019Embraer.Lorsqu\u2019une multinationale américaine de plusieurs milliards de dollars tente d\u2019étouffer la concurrence par un usage cynique des lois commerciales et l\u2019acquisition de rivaux potentiels pour conserver sa part du marché américain et maximiser ses profits, les consommateurs des États-Unis et d\u2019ailleurs sont malheureusement perdants.Il est temps de dire à Boeing de respecter les règles au lieu d\u2019essayer de les manipuler.Ce texte a d\u2019abord été publié le 12 janvier 2018 en version anglaise par Morning Consult.BOEING Sans considération pour les voyageurs Les dernières manœuvres du fabricant contre Bombardier ne peuvent que causer des préjudices aux consommateurs M A R C O L A V E R D I È R E Avocat, chercheur associé de la Chaire de recherche du Canada sur la culture collaborative en droit et politiques de la santé de l\u2019Université de Montréal, enseignant au programme de maîtrise en droit et politiques de la santé de l\u2019Université de Sherbrooke et directeur général d\u2019un ordre professionnel actualité récente relative à des inconduites sexuelles de certaines personnalités publiques génère, à raison, une réflexion sur le traitement réservé à ces affaires par notre système de justice.Comme le relatait Le Devoir la semaine dernière, dans le cas de la justice disciplinaire applicable aux médecins, psychologues et autres professionnels, on commence d\u2019ailleurs à observer l\u2019effet de la loi 11, adoptée par l\u2019Assemblée nationale en juin dernier, suivant laquelle des sanctions nettement plus sévères sont maintenant imposées.Or, à cet égard, on peut estimer qu\u2019il reste certains progrès à réaliser, notamment en ce qui concerne l\u2019indemnisation des victimes et, plus particulièrement, la question des frais de thérapie.Ainsi, un jugement rendu récemment au Nouveau-Brunswick (Shannon c.Association canadienne de protection médicale, 2017 NBCA 17) illustre bien les limites de l\u2019assurance responsabilité professionnelle dans le cas de l\u2019inconduite sexuelle.Dans cette affaire, qui aurait bien pu se dérouler au Québec, l\u2019infraction était clairement établie, mais le médecin coupable s\u2019étant enfui à l\u2019étranger, la victime s\u2019est vu refuser une indemnisation en raison du caractère volontaire de l\u2019infraction.Le problème est ainsi que, en matière d\u2019assurance responsabilité professionnelle, plusieurs exclusions généralement admises font en sorte que certaines fautes qui relèvent de la conduite délibérée des assurés ne sont pas couvertes.Cette réalité est fort compréhensible quand les seuls enjeux en cause sont ceux de la protection du patrimoine de l\u2019assuré.Pour le dire simplement, l\u2019assurance responsabilité n\u2019a pas pour vocation d\u2019encourager le crime! Cela dit, l\u2019exigence posée par les ordres professionnels selon laquelle leurs membres doivent détenir une couverture d\u2019assurance responsabilité professionnelle n\u2019a évidemment pas pour but de protéger le patrimoine de ces professionnels.Il s\u2019agit plutôt d\u2019assurer la protection du public, en faisant en sorte que les victimes d\u2019une faute professionnelle puissent être indemnisées, sans égard à la situation financière du professionnel en cause ou à la possibilité de faire exécuter un jugement contre lui.L\u2019affaire Shannon révèle ainsi un problème d\u2019arrimage entre, d\u2019une part, ce qu\u2019on pourrait appeler une certaine logique assurancielle et, d\u2018autre part, la logique de protection du public.Des solutions à considérer Ne pourrait-on pas ici envisager que, au même titre que pour les préjudices résultant de fautes commises sous l\u2019influence de l\u2019alcool ou de drogues, les exclusions prévues par les contrats d\u2019assurance responsabilité professionnelle ne soient pas opposables aux victimes d\u2019inconduite sexuelle, mais uniquement aux professionnels fautifs ?Il en résulterait que les victimes bénéficieraient ainsi de la protection prévue, alors que les professionnels pourraient, eux, se voir refuser le bénéfice de cette protection et avoir à rembourser l\u2019assureur qui aurait été tenu de verser l\u2019indemnisation.Bien sûr, d\u2019autres solutions pourraient être considérées, en fonction par exemple de ce qui est déjà prévu pour l\u2019indemnisation des victimes d\u2019actes criminels ou, dans le cas des médecins, en réal- louant certaines sommes actuellement versées par l\u2019État aux fins du remboursement des primes d\u2019assurance responsabilité vers un fonds réservé à l\u2019indemnisation des victimes.Dans cette même perspective, on pourrait aussi envisager la constitution d\u2019un programme de remboursement des frais de thérapie pour les victimes, accessible avant même l\u2019issue du processus disciplinaire, comme on l\u2019a fait en Ontario en 2017, suivant les recommandations formulées par un groupe d\u2019étude ministériel qui avait réalisé une analyse exhaustive de la question de l\u2019inconduite sexuelle chez les professionnels de la santé.Bref, voilà certaines des questions qui devraient être traitées dans le cadre les travaux déjà annoncés par les autorités gouvernementales québécoises, en vue de compléter les mesures incluses dans la loi 11 adoptée au printemps dernier.Le rehaussement des sanctions qui résulte des nouvelles dispositions ainsi adoptées indique une volonté claire de s\u2019attaquer au problème, mais dans l\u2019intérêt des victimes, il faut aller au- delà de la répression, notamment en garantissant réellement l\u2019indemnisation du préjudice subi.INCONDUITE SEXUELLE DES PROFESSIONNELS Veiller à l\u2019indemnisation des victimes NELSON ALMEIDA AGENCE FRANCE-PRESSE Au printemps, Boeing a demandé à la Commission du commerce international des États-Unis d\u2019enquêter pour savoir si Bombardier avait vendu 75 avions C Series à Delta à un prix si bas que cela lui aurait été impossible sans soutien gouvernemental, ce qui a mené à une recommandation d\u2019établir les droits d\u2019importation de près de 300% sur les avions C Series.TIMOTHY A.CLARY AGENCE FRANCE-PRESSE Les exclusions prévues par les contrats d\u2019assurance responsabilité professionnelle ne devraient pas être opposables aux victimes.L\u2019 L L E D E V O I R , L E L U N D I 2 2 J A N V I E R 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Tout le monde, pratiquement, chorégraphes comme interprètes, venait de passer par sa compagnie », explique l\u2019historien de la danse Philip Szporer.«Je crois, objectivement, que le Groupe Nouvelle Aire a donné des racines et permis l\u2019éclosion ce qu\u2019on voit aujourd\u2019hui sur scène.Sa compagnie offrait un lieu non seulement d\u2019enseignement, mais de ressourcement artistique.» Formidable incubateur Fondée en 1968, un an après l\u2019arrivée de Martine Époque, née dans le sud de la France, au Québec d\u2019abord pour enseigner la rythmique (Dalcroze) et la danse à l\u2019Université de Montréal, la compagnie verra passer Louise Lecavalier, Daniel Léveillé, Daniel Soulières, Paul- André Fortier, Édouard Lock, Louise Bédard, Ginette Laurin, Michèle Febvre\u2026 Et bien d\u2019autres, qui brilleront sur scène, comme créateurs ou comme pédagogues.Et qui brillent encore.« La plupart des grands noms qui ont placé le Québec sur l\u2019échiquier chorégraphique international ont fait leurs armes dans le formidable incubateur du Groupe Nouvelle Aire», rappelle la directrice du Regroupement québécois de la Danse, Fabienne Cabado.«Le paysage chorégraphique [à l\u2019arrivée de Martine Époque au Québec] me paraît, alors, quasi désertique et désespérant», écrivait Magdeleine Yer- lès en introduction du livre de Mme Époque, Le Groupe Nouvelle Aire (PUQ, 1991).«Martine y verra l\u2019inverse, soit l\u2019immensité de l\u2019espace culturel à occuper.» Nouvelle Aire est la troisième compagnie de danse du Québec, après les Grands Ballets Canadiens de Ludmilla Chiriaef f et le Groupe de la Place Royale fondé par Renaud et Peter Boneham.« Mar tine Époque, c \u2019était un rire, un soleil », se rappelle la danseuse étoile et chorégraphe Louise Lecavalier, qui a suivi, à 15 ans, des cours à Nouvelle Aire, avant de devenir apprentie, puis d\u2019intégrer à 19 ans la compagnie pour quelques années.« Martine a su réunir tellement de gens d if férents .Aujourd \u2019hu i , je vois que, comme artistes, on s \u2019agg lut ine souvent à des gens qu i pensent comme nous.Elle ne faisait pas ça.Elle inv ita it ple in de gens avec des backgrounds dif fé- rents.Elle laissait la place à tout le monde pour que chacun puisse faire ses créations.Ce n\u2019est pas peureux, ni protectionniste.Elle n\u2019avait pas de parti pris esthétique.» C\u2019est aussi le souvenir de Fred Gravel, chorégraphe d\u2019une génération, plus jeune, qui aura été l\u2019étudiant de Martine Époque, puis son assistant de recherche, avant d\u2019enseigner, quand elle se retirera de l\u2019UQAM, le cours de création chorégraphique qu\u2019elle donnait.« Elle a été un appui à ma carrière, m\u2019a fait travailler, m\u2019a donné de la job, de l\u2019expé- r ience .Elle est venue vo ir mes shows, elle restait plo- guée.Elle m\u2019a fait comprendre que c\u2019est pas parce qu\u2019on ne s\u2019entend pas esthétiquement qu\u2019on ne peut pas travailler ensemble.Elle embarquait les gens dans son buzz, elle ar r iva it à former des teams, à créer des par tages.Elle avait une dévotion pour la recherche.Et pour la mu- s ique », se rappelle-t - i l , de Banff, juste avant une représentation de Some Hope for the Bastards.« Son impor tance vient du fait qu\u2019elle a su donner aux autres la place pour créer », poursuit Philip Szporer, aussi professeur à Concord ia, « pour qu \u2019ils se forgent une identité, une signature distinctive.C\u2019est fondamental pour une communauté comme la nôtre.Comme c\u2019est fondamental d\u2019avoir su monter un endroit de recherche, dynamique, plein d\u2019ef ferves- cence, à un moment clé ».La danse à l\u2019université En 1980, Mar tine Époque entre à l\u2019UQAM comme profes- seure, dans ce qui s\u2019appelle alors le Regroupement théâtre et danse.Elle œuvrera, avec Michèle Febvre, Sylvie Pinard et Iro Tembeck, à la fondation du Dépar tement de danse (1985), qu\u2019elle dirigera pendant plus d\u2019une décennie, rappelle Manon Levac.« Ce n\u2019est pas rien.Faire entrer la danse à l\u2019Université, c\u2019était vraiment quelque chose », souligne la danseuse et actuelle directrice du Département.Mme Époque y a enseigné la rythmique, son répertoire, a composé pour les étudiants.« C\u2019était une bonne pédagogue, très érudite, avec une grande culture musicale.Elle était excellente pour enseigner la création chorégraphique, avec sa « boîte chorégraphique», une boîte à outils pour composer.Elle a toujours été excellente pour structurer, systématiser.» Martine Époque est aussi du noyau de fondateurs de l\u2019Agora de la danse.« Il fallait trouver de l\u2019espace pour les locaux du nouveau département», se rappelle Florence Junca-Adenot, « et on s \u2019est demandé comment on pouvait en profiter pour donner un boost pour que la danse contemporaine se développe activement ».Comme le Département ne pouvait utiliser toute l\u2019ancienne Palestre Nationale, naît l \u2019idée de l \u2019Agora, « pour rapprocher l\u2019université du monde professionnel, créer un lieu de diffusion pour tout le milieu, et encourager la création.Martine a dit \u201cc \u2019est super.On monte ça\u201d », se remémore la présidente de l\u2019Agora.Il y aura cette année 27 ans de ça.Dès 1990, Mme Époque travaille à mixer les nouvelles technologies à ses chorégraphies, en intégrant des images 2D et 3D.Elle pense une danse sans corps, filmée (Coda, avec Denis Poulin), ou NoBody danse, un Sacre du printemps 3D stéréoscopique en infochoré- graphie de par ticules pour l\u2019écran, les deux avec son conjoint et partenaire, Denis Poulin, artiste du vidéo et de la danse.En 1999, ils fondent ensemble le labo LARTech.Le prix Denise-Pelletier avait été remis en 1994 à Mme Époque pour l\u2019ensemble de son œuvre et pour son apport aux arts vivants du Québec.« Mar tine Époque a aussi œuvré au développement de la discipline par son implication remarquable dans la formation professionnelle », poursuit Fa- bienne Cabado, «et par ses recherches et expérimentations précoces dans le champ de la vidéodanse et des technologies numériques.Avec son décès, c\u2019est tout un pan de l\u2019histoire de la danse qui disparaît».Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 DÉCÈS DENIS POULIN Scène de la chorégraphie Magnificat, en 1972 Le style d\u2019Époque Manon Levac, qui a fait partie du Groupe Nouvelle Aire, a dansé 18 chorégraphies de Martine Époque, surtout parmi les premières œuvres.«Elle a été, toute une période, dans une sorte d\u2019abstraction, où elle travaillait un mouvement clair, géométrique, des ensembles, des dispositions de groupe», dit-elle, nommant Diallèle (1975) et Ami- boïsme (1970).«Elle a laissé ça pour une narration, presque de la danse-théâtre, avec des arguments même et des réponses.» Puis, petit à petit, la technologie est entrée dans son travail, la vidéo.«Comme interprète, j\u2019ai énormément appris sur le rapport au temps avec elle, sur la clarté, la précision et le contrôle.C\u2019était une personne très cérébrale et très sensible à la fois.Une figure maternelle pour moi.Et pour plusieurs personnes, je le sais.» Pendant ce temps, les dépenses sociales du pays sont passées de 770 $ par habitant par année à 970 $, une augmentation de 25 %.Dans le même inter valle, les dépenses en soins de santé ont doublé, passant de 2000 à 4000 $ par année par personne.Mais selon l\u2019analyse statistique, ce sont les plus modestes investissements sociaux qui ont eu le plus d\u2019impacts positifs sur les indicateurs de santé.Une question de ratio Faut-il donc cesser de dépenser pour notre système de santé ?La question fait rire Daniel Dutton.« C\u2019est une question de ratio.Bien sûr, il ne faut pas arrêter de financer le système de santé.Mais y lancer toujours de plus en plus d\u2019argent, ce n\u2019est pas clair non plus que cela a un effet positif sur la santé de la population.De petites augmentations dans les ser vices sociaux ont un plus grand impact.» Le ratio idéal ?On l\u2019ignore, parce que personne n\u2019a jamais « trop» dépensé en matière sociale, constate-t-il.« Personne ne s\u2019est rendu à un point où on ne voit plus d\u2019effet positif.Ce sont toujours de petites augmentations dans les dépenses, et elles ont un effet.» Pour la Dre Marie-France Raynault, qui n\u2019a pas participé à l\u2019étude, il est clair que les investissements sociaux qui contribuent à faire reculer la pauvreté ont un effet, ensuite, sur la santé et l\u2019espérance de vie.La chef du Département de santé publique et médecine préventive du CHUM explique que c\u2019est entre autres cet effet qui semble se matérialiser dans les résultats de cette étude.L\u2019écar t dans l\u2019espérance de vie d\u2019une personne entre un quartier favorisé et défavorisé est encore de plusieurs années au Canada.L\u2019écart est de 9 ans entre certains quartiers montréalais.Dif ficile à «vendre» Comme le veut l\u2019adage, mieux vaut prévenir que guérir.«C\u2019est amusant de constater que les gens semblent savoir intuitivement que c\u2019est plus efficace», dit Daniel Dutton, mais dans le débat public, autour d\u2019élections par exemple, on va plutôt parler de «nombre de lits dans les hôpitaux et des négociations avec les médecins quand on parle d\u2019investissements pour la santé».«Le message concernant les déterminants sociaux de la santé passe mal, constate aussi la Dre Raynault.La prévention est réduite à sa portion individuelle, soit faire du sport et manger des légumes.» Une chose semble claire pour M.Dutton, « si un gouvernement veut freiner la croissance des coûts de santé tout en améliorant la santé de sa population, une redistribution de l\u2019argent vers les services sociaux peut fonctionner.Il y a des gains même avec des investissements modestes ».À notre demande, il a obser vé ses graphiques pour le Québec en particulier.Il remarque que les dépenses sociales ont augmenté au-delà de la moyenne canadienne pendant la période à l\u2019étude.« Pendant ce temps, l\u2019espérance de vie est devenue l\u2019une des meilleures au pays, dans le top 3.» Les dépenses des gouvernements ne sont pas les seuls moteurs de la croissance de l\u2019espérance de vie ou du recul de la mortalité prématurée, précise Daniel Dutton.On doit l\u2019amélioration des trente dernières années à des variables comme la qualité des aliments disponibles, la sécurité publique et le niveau de vie et d\u2019emploi, par exemple.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SANTÉ V I C K Y F R A G A S S O - M A R Q U I S À la veille du Forum économique de Davos, Oxfam exhorte les dirigeants du monde et les chefs d\u2019entreprise à s\u2019attaquer à la « crise mondiale » des inégalités, qui continuent de s\u2019aggraver dans plusieurs pays, dont le Canada, selon un nouveau rapport de l\u2019organisme.Dans un long document publié dimanche soir, quelques jours avant l\u2019ouverture de cette rencontre internationale, Oxfam constate que, l\u2019année dernière, les mieux nantis se sont encore enrichis, alors que la situation a stagné pour les 50 % les plus pauvres.Depuis 25 ans, les 10 % les plus pauvres dans le monde ont vu leurs salaires croître de seulement trois dollars.Selon le rapport, le nombre de milliardaires a connu une augmentation historique en 2017 \u2014 c\u2019est comme si un nouveau milliardaire était apparu tous les deux jours pendant l\u2019année.Parmi ces milliardaires, neuf sur dix sont des hommes, souligne Oxfam, qui rappelle la nécessité de lutter pour l \u2019égalité entre les hommes et les femmes, par rapport au salaire, mais aussi aux conditions de travail.L\u2019organisme souligne que les femmes sont surreprésentées dans les emplois précaires et moins bien rémunérés.«Partout dans le monde, les normes sociales, les comportements et les croyances dévaluent le statut et les compétences des femmes, justifient les violences et la discrimination à leur encontre et dictent les emplois qu\u2019elles peuvent ou ne peuvent pas occuper », écrit-on dans le rapport.Le Canada aussi visé Les pays riches, dont le Canada, ne font pas exception, même si ce phénomène est moins prononcé que dans les pays en voie de développement, a expliqué Brittany Lambert, analyste des politiques sur les droits des femmes chez Oxfam Canada.« Les inégalités au Canada croissent chaque année.On a 39 milliardaires cette année, comparativement à 15 en 2000.Et pourtant, les salaires des plus pauvres n\u2019ont pas augmenté au même niveau que la richesse des plus riches », a-t-elle expliqué lors d\u2019une entrevue téléphonique, vendredi.«Dans la dernière année, les fortunes des milliardaires canadiens ont augmenté de 28 milliards de dollars.Cet argent-là, c\u2019est suffisant pour payer des services de garde universels pour toutes les familles au Canada et à relever 4,9 millions de Canadiens au-dessus du seuil de pauvreté.» Ce ne serait pas rose du côté des conditions de travail, non plus.Dans le cadre de son enquête, Oxfam a interrogé notamment des membres de personnel hôtelier du Canada, « qui [ont] signalé des cas réguliers d\u2019agressions ou de harcèlement sexuels perpétrés par des clients masculins».Une employée d \u2019entretien de Toronto a confié à l\u2019organisme que le harcèlement sexuel survenait quotidiennement dans son hôtel.Appel à l\u2019action Oxfam soutient que les gouvernements et les entreprises n\u2019en font pas encore assez pour mieux redistribuer les revenus.L\u2019organisme suggère d\u2019assurer un salaire minimum décent aux employés et de lutter contre les paradis fiscaux pour s\u2019assurer que les mieux nantis paient leur juste part d\u2019impôts.Selon une analyse de l\u2019économiste Gabriel Zucman pour le rapport d\u2019Oxfam, le 1 % les plus riches du monde évitent de payer l\u2019équivalent de 200 milliards de dollars $US en impôts.«On peut en faire bien plus en utilisant la fiscalité pour redistribuer les retombées disproportionnées dont profitent actuellement les plus riches.La fiscalité des personnes et des entreprises fortunées devrait être renforcée, et elles ne doivent plus avoir le loisir d\u2019éviter de payer les impôts dont elles sont redevables », écrit l\u2019organisme dans son rapport.Britanny Lambert espère que le premier ministre canadien, Justin Trudeau, fera des propositions progressistes au forum de Davos, face à un Donald Trump qui ne tient pas parole lorsqu\u2019il dit aider la classe moyenne, selon elle.«On espère que notre premier ministre va se démarquer et prendre des positions progressistes, qui encouragent des politiques qui vont améliorer l\u2019égalité entre les hommes et les femmes et les riches et les pauvres», a-t-elle soutenu.La Presse canadienne L\u2019«élite économique» de plus en plus nantie Le nombre de milliardaires a connu une augmentation historique en 2017 39 Nombre de milliardaires canadiens.Le pays en comptait 15 en 2000.JOSHUA LOTT/GETTY IMAGES/AGENCE FRANCE-PRESSE Les investissements sociaux qui contribuent à faire reculer la pauvreté ont ensuite un ef fet sur la santé et l\u2019espérance de vie."]
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