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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Le D Magazine
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-01-20, Collections de BAnQ.

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[" Écouter | Voir | Lire | Réf léchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M AG A Z I N E Vivre Le Costa Rica au rythme de ses valeurs Lire Les visages de la rentrée littéraire L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 Opéra JFK face à son destin L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 Opéra de Montréal La figure de JFK revisitée à coups de narcotiques et d\u2019onirisme Danse Odile Tremblay Les flâneurs Musique Arts visuels Cinéma Écrans C U L T U R E V I V R E L I R E 6 5 7 12 14 38 8 4 21 28 22 44 46 48 49 50 52 54 Rentrée littéraire Seize pages à conserver pour mieux s\u2019y retrouver dans les sorties de ce début d\u2019année.Fiction québécoise Fiction française Fiction des Amériques Fiction d\u2019ailleurs Essais Voyage Les écolodges du Costa Rica, une autre façon de voir du pays Tendance Vin Resto Alimentation Santé Jeux SOMMAIRE 26 30 32 Illustration de la une du D : iStock Collage de la une Lire : Marin Blanc C U L T U R E ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR Cette pièce est mythique au sein de la confrérie des acteurs, tout le monde veut la jouer un jour.» Ce sera bientôt chose faite pour Hugues Frenette (le dealer) et Sébastien Ricard (le client), réunis par Brigitte Haentjens pour Dans la solitude des champs de coton.Deux comédiens de grand métier partageant la scène pour la première fois, même s\u2019ils se connaissent depuis la 5e secondaire, lorsque Ricard a intégré l\u2019école Saint-Charles- Garnier.Et qu\u2019il y a vu d\u2019emblée Frenette jouer, dans un spectacle accueillant les nouveaux élèves\u2026 Pour incarner l\u2019intense duel langagier de Bernard-Marie Koltès, qui entrecroise de longs blocs monologués, développer une complicité, une écoute s\u2019appuyant sur un souffle commun, est essentiel.La mystérieuse rencontre, autour d\u2019un désir que l\u2019un proclame vouloir combler, et que l\u2019autre nie avoir, met en jeu une situation simple.Mais où tout l\u2019art de Koltès consiste à dilater le temps, résume Hugues Frenette.« Tous les rapports possibles, toutes les façons d\u2019aborder l\u2019homme sont évoqués.À cer tains moments, on Dans l\u2019arène de Koltès Les comédiens Sébastien Ricard et Hugues Frenette se mesurent au brûlant Dans la solitude des champs de coton Avant de commencer les répétitions du texte, Sébastien Ricard et Hugues Frenette ont fait un atelier de mouvements.Deux semaines d\u2019improvisation pour se familiariser l\u2019un avec l\u2019autre.Un procédé utilisé par Brigitte Haentjens depuis plusieurs années.PEDRO RUIZ LE DEVOIR « | 3 C u l t u r e T h é ât r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 pourrait s\u2019embrasser, à d\u2019autres se tuer.C\u2019est d\u2019une richesse.» À son premier Koltès, le comédien de Québec parle de la découver te d\u2019un auteur majeur dans son cheminement, tant la pièce recèle de significations.Il voit dans cet af frontement « un questionnement des rapports entre hommes qui ne se connaissent pas.Est-ce que l\u2019un doit nécessairement avoir le dessus sur l\u2019autre ?Ou si ça peut juste se conclure par un échange banal, cordial ?» Une langue subvertie Sébastien Ricard souligne la vision inédite de Brigitte Haentjens, qui se colletaille ici au dramaturge français pour la troisième fois.Pour la metteure en scène, la transaction relève « moins d\u2019une rencontre que d\u2019une séparation.Il y a un désespoir dans cette pièce qui ne m\u2019apparaissait pas au dépar t.Et qui grandit dans cette impossibilité d\u2019arriver à négocier quelque chose.Même juste un geste d\u2019amitié.Rien n\u2019est possible et c\u2019est un deuil qui est en train de se faire».Un deuil « tellement souffrant» qu\u2019il mène vers la violence.Et il y a la langue, complexe à se mettre en bouche, mais qui procure une « jouissance presque perverse », dit Hugues Frenette.«Koltès est allé au bout de la langue.Il fait presque de la prestidigitation avec les mots.» Son partenaire, lui, est fasciné par le fait que « le luxe infini de la langue ne ser t pas à éclairer la situation, mais qu\u2019il l\u2019obscurcit de plus en plus.Et l\u2019obscurcissement, c\u2019est ce qui crée l\u2019inévitable af frontement.On s\u2019enfonce davantage dans la noirceur, le flou.Et donc dans l\u2019effroi.La peur de l\u2019autre.Et l\u2019autre, c\u2019est celui qui transforme, qui vient modifier ce qui est en place.Ce refus de l\u2019autre est aussi dans la pièce.» Ce mystère insondable, la musicalité d\u2019une écriture qui réitère des thèmes autour desquels elle brode, Sébastien Ricard l\u2019avait déjà touché, mais dif féremment, avec La nuit juste avant les forêts, son brillant solo en 2010.L\u2019acteur ajoute que la langue koltésienne a la qualité d\u2019être « très subversive ».Koltès a gardé tout le raf finement de l\u2019héritage littéraire français, en y insufflant une «charge nouvelle », en le subver tissant.Dans la solitude\u2026 déploie ainsi un « échange très élevé, quasi philosophique, mais avec une dimension sauvage ».D\u2019où la nécessité de se méfier du lyrisme.« Si on reste juste dans la musique, c\u2019est un piège.Il faut garder cette tension sentie dans l\u2019écriture.» « C\u2019est que la langue devient comme une arme, d\u2019une certaine façon : très difficile à manier et faisant excessivement mal », intervient son comparse de jeu.L\u2019abîme du désir En contrepoint du texte, les deux comédiens ont travaillé à développer un langage corporel non naturaliste.« L\u2019animosité profonde entre ces deux personnages génère un corps différent, explique Ricard.L\u2019idée de l\u2019animalité et de la sauvagerie des rappor ts est par tout dans le sous- texte.» Avant de commencer les répétitions, le duo a donc fait un atelier de mouvements.Deux semaines d\u2019improvisation pour se familiariser l\u2019un avec l\u2019autre.Un procédé utilisé par Brigitte Haentjens depuis plusieurs années, indique son grand complice.« Ce travail sert le spectacle\u2026 Au théâtre, on a trop souvent l\u2019impression que les acteurs jouent tous une partition dif férente.C\u2019est beau d\u2019avoir un esprit de corps.» Tous deux louent d\u2019ailleurs la collaboration avec la metteure en scène.Et surtout sa grande disponibilité, sa capacité à accepter l\u2019apport créatif des interprètes.« Même les acteurs, souvent, ont de la difficulté à accepter ce qu\u2019eux-mêmes font surgir, parce que ça les confronte, c\u2019est insé- curisant, note Sébastien Ricard.Alors qu\u2019elle crée un cadre sécuritaire afin qu\u2019on puisse aller dans ces zones-là.» Reste un élément important à évoquer : le désir, qui parcourt Dans la solitude\u2026 « Comme tout ce qui est dans le texte, on ne va jamais dans l\u2019illustration, répond Hugues Fre- nette.Mais c\u2019est surtout un désir de ne pas être seul, de communiquer, plus que physique.Mais derrière ça, il y a quand même le désir au sens pur : celui de soutirer quelque chose de l\u2019autre, que l\u2019échange se fasse.» Pour Sébastien Ricard, le désir est toujours un élément fondamental au théâtre.Et comme tous les grands auteurs, Koltès porte dans sa pièce une réflexion sur la représentation elle- même.«Les acteurs ont besoin de ce désir, ont besoin d\u2019avoir envie de se voir.Sinon, il manque quelque chose.» L\u2019œuvre met aussi en jeu le désir du public.«Il y a chez les spectateurs une attente qui est abyssale, quand on y pense, s\u2019enflamme le comédien.Pour jouer [le pianiste Glenn] Gould disait qu\u2019il devait combattre ce désir de mort chez les spectateurs.Dans la représentation, il y a une telle attente du public, que ce désir peut être dévorant.» Ici, cette dimension devrait être augmentée, croit-il, par leur proximité avec les spectateurs, dans une Usine C complètement dépouillée, à la scène bifrontale.C\u2019est épeurant, jouer, rappelle Ricard.« Il y a quelque chose de dangereux au théâtre, que moi j\u2019aime beaucoup et qui peut provoquer de grandes choses\u2026» Dans la solitude des champs de coton Texte: Bernard-Marie Koltès.Mise en scène: Brigitte Haentjens.Une création de Sibyllines.À l\u2019Usine C du 23 janvier au 10 février.Koltès est allé au bout de la langue.Il fait presque de la prestidigitation avec les mots.HUGUES FRENETTE » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e D a n s e 4 | ENTREVUE MÉLANIE CARPENTIER COLLABORATRICE LE DEVOIR assant d\u2019une église en Italie à un stationnement souterrain à Montréal, les espaces qu\u2019investit Mélanie Demers avec Icône Pop sont pour le moins insolites.Dans ce court solo performatif présenté dans le cadre de l\u2019événement Résistances plurielles à l\u2019Agora de la danse, la chorégraphe se plaît à brouiller les frontières entre le sacré et le profane tout en proposant un portrait fragmenté et dépouillé des grands archétypes féminins.Réponse à une commande pour un festival italien, Icône Pop est à l\u2019origine une pièce in situ destinée à des lieux sacrés.Accompagnée par la musicienne Mykalle Bielinski, Mélanie Demers a pris comme point de départ une version de Stabat Mater, thème religieux évoquant la douleur de la Vierge Marie ayant inspiré de nombreuses œuvres musicales.« Plus que la douleur d\u2019une mère, cette musique évoque pour moi la souf france de toutes les femmes, affirme la chorégraphe.Au-delà du destin classique d\u2019être mère, il y a tout un éventail de possibilités quant à ce que c\u2019est être femme.» C\u2019est à cette multiplicité, et non à un modèle unique de féminité, qu\u2019elle désirait ouvrir ce thème.Se défaire des apparats «J\u2019ai voulu faire un pont entre les archétypes de la Vierge Marie et de la star de la pop en apparence libérée », explique-t-elle, observant comment les icônes de la pop telles que Beyoncé, Madonna ou encore Britney Spears jouent à détourner les images sacrées.En mêlant l\u2019iconographie religieuse aux postures des égéries populaires, Mélanie Demers se questionne sur la dichotomie tenace de la Madone et de la putain dans l\u2019imaginaire collectif.Dans les produits de la culture populaire, la représentation du corps des femmes reste encore soumise à des carcans dominants.Quand elles sont en apparence maîtres de leur image et de leur sexualisation, dans quelle mesure les femmes parviennent-elles à s\u2019émanciper de certains formatages et de certains dogmes persistants?Et qu\u2019en est- il dans le domaine de la danse, où le corps jeune, mince et athlétique reste encore la grande norme?Rituel pour icône contemporaine Mélanie Demers amène le sacré dans un lieu profane, banal et trivial Dans sa per formance, Demers choisit la forme d\u2019un « strip-tease modeste» et y assume un corps de danseuse peu entraîné.Elle y incarne différents archétypes féminins (Madone, déesse vaudou, Beyoncé), les fait cohabiter et les défait de leurs apparats.«Le fait de se dénuder est souvent encore vu comme quelque chose de dégradant.Pourtant, le rapport à la nudité peut être une forme de puissance, une façon de se révéler à soi- même et aux autres», croit la chorégraphe qui se plaît à naviguer dans des zones où le confort n\u2019est pas assuré.« Peu à peu, on découvre les couches du personnage que j\u2019incarne, qui se présente d\u2019abord de manière très ostentatoire et s\u2019oriente vers une grande forme de simplicité.» Imaginer un temple urbain Les églises et les chapelles aux alentours de l\u2019Agora ayant refusé d\u2019accueillir la pièce, l\u2019idée d\u2019investir l\u2019espace d\u2019un stationnement souterrain s\u2019est donc imposée : « C\u2019est une pièce très low-fi qui est faite pour être en dialogue avec l\u2019espace.J\u2019ai voulu garder l\u2019esprit de la première mouture de la pièce présentée en Italie dans l\u2019église.On n\u2019est pas du tout dans un espace protégé comme au théâtre, avec le quatrième mur et avec l\u2019enrobage technique que sont les lumières.On cherche un lien vraiment plus direct et intime avec le public.» Alors qu\u2019en performant dans les églises, elle amenait le profane dans les espaces sacrés, c\u2019est ici le cheminement inverse qui l\u2019intéresse.« Il n\u2019y a rien de plus laid, de plus glauque et même morbide qu\u2019un stationnement souterrain, et en même temps, c\u2019est un lieu de passage qui fascine et frappe l\u2019imaginaire.Cette fois, il s\u2019agit donc d\u2019amener le sacré dans un lieu profane, banal et trivial», affirme Mélanie Demers qui conçoit Icône Pop comme une forme de rituel contemporain, et imagine l\u2019espace du stationnement comme un temple urbain où se brouillent les frontières entre le sacré et le profane.En parallèle à Icône Pop, les pièces Recurrent Measures de George Sta- mos et Instant Community de Peter Quanz (Montréal Danse) seront à découvrir.Toutes deux imaginent des dispositifs permettant une plus grande proximité avec les danseurs et invitent le spectateur à une nouvelle forme d\u2019engagement.Mélanie Demers imagine l\u2019espace du stationnement, où se tiendra Icône Pop, comme un temple urbain où se brouillent les frontières entre le sacré et le profane.GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Icône Pop À l\u2019Agora de la danse, du 24 au 27 janvier.P Le fait de se dénuder est souvent encore vu comme quelque chose de dégradant.Pourtant, le rapport à la nudité peut être une forme de puissance, une façon de se révéler à soi-même et aux autres.MÉLANIE DEMERS » | 5 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 Pour les blessés de la mémoire Le peuple québécois semble avoir son histoire au travers de la gorge, comme un os de poulet qui refuserait de passer.Quelque chose d\u2019irritant et d\u2019omniprésent, mariant la honte des conquis à la fierté des résilients.Une histoire mal connue, alliée à une quête identitaire jamais liquidée.Témoignent de cette obsession, vague après vague, notre littérature et notre cinématographie, faute d\u2019un choix politique de fermeté.Sur l\u2019onde insaisissable de ce passé, navigue à vue et à boussole l\u2019Hochelaga, terre des âmes de François Girard, d\u2019une envergure inégalée, côté quête des racines.Le film a atterri vendredi sur 34 de nos grands écrans, faible nombre compte tenu de ses ambitions et de son budget (plus de 15 millions de dollars).Il divise la critique et n\u2019a pas été retenu pour l\u2019Oscar du meilleur film en langue étrangère, d\u2019où sans doute cette prudente distribution qui desservira ses visées.Le voici avec son affaissement de terrain comme métaphore du trou de mémoire collectif, où des archéologues puiseront les souvenirs engloutis.On peut prendre Hochelaga, terre des âmes par un bout comme par l\u2019autre, le trouver trop lourd, juger ses dialogues en vieux français en panne de naturel, comme on peut sentir son souffle épique passer.Ou tout à la fois.Personnellement, l\u2019ampleur de sa démarche, avec des segments fantas- més, m\u2019a inspirée.Son souci de réconciliation aussi.Avec ce côté catharsis pour les blessés de la mémoire sur les rives du Saint-Laurent, plusieurs belles images, les incantations du cha- man et les rêves d\u2019un patriote (Sébastien Ricard) pourtant traqué.Sans vrai point de vue, soit, mais avec la générosité et l\u2019amplitude en partage.On manque de productions historiques au Québec, et celles qui gagnent l\u2019écran, de Robe noire à Nou- velle-France, ont tendance à piquer du nez, ratées ou pas.Un genre souvent maudit, comme le «yable » hantant le film La chasse-galerie.Colmater des brèches Conçu dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal, Hochelaga, terre des âmes aura été le principal legs historique de célébrations qui mirent bien peu l\u2019accent sur le passé.Tant de Québécois cherchent pourtant à retrouver leur socle.Or ce film en six langues, dont l\u2019algonquin et le mohawk, qui embrasse à Montréal plusieurs siècles, de 1267 à aujourd\u2019hui, avec ses failles et ses beautés, possède l\u2019immense mérite de sa fouille et de sa fresque éclatée.Tout un défi que celui d\u2019inclure à la fois l\u2019héritage des Premières Nations, celui des francophones depuis Jacques Cartier et celui des anglophones depuis la Conquête, sans acrimonie de ton.Loin des clivages habituels, éclairant les métissages, courants en Nouvelle-France, il y en a pour tout le monde dans ce buffet.Qui trop embrasse mal étreint, peut- on rétorquer en prenant appui sur le proverbe.Mais on a besoin aussi de cette vision panoramique, quitte à y superposer d\u2019autres éclairages.L\u2019école a longtemps mal joué son rôle de passeur chez nous.Aussi les créateurs doivent compenser.D\u2019autres cinéastes gagneraient à suivre les traces de celui du Violon rouge, tirant de nouveaux fils sur la catalogne trouée.L\u2019histoire de ce territoire, utilisée trop souvent comme arme politique par un camp ou l\u2019autre, mérite d\u2019être arpentée en tous sens pour parvenir un jour à débloquer et à trouver son chemin dans la mémoire collective.Depuis le temps qu\u2019elle hante et colore le présent, avec son mal-être, ses débrouillardises, ses accommodements, sa religiosité, ses défaites, ses sursauts, on la voit pointer son nez partout, cette blessure de fierté.L\u2019an dernier, les grognements de La Meute témoignaient de l\u2019impression éternelle qu\u2019ont les Québécois dits de souche d\u2019être floués, cette fois par les immigrés ou même par les Premières Nations.Des communautés ces temps-ci accompagnées, pour réparer un tant soit peu les horreurs du passé ou par souci d\u2019ouverture.Sauf que, parallèlement, l\u2019héritage de souche francophone a peu la cote dans le discours public et auprès des organismes culturels des trois ordres de gouvernement.Ces derniers multiplient les programmes destinés aux nouveaux arrivants et aux autochtones, sans se préoccuper de la culture immatérielle d\u2019ascendance française.Ce serait pourtant tout simple d\u2019ouvrir également la porte à la tradition orale de la fameuse souche, dans les régions et dans les villes, à travers des projets de diverses disciplines artistiques explorant le champ du patrimoine.Le film de François Bouvier sur la Bolduc, avec Debbie Lynch-White, attendu au printemps, colmatera des brèches plus récentes de la mémoire collective.Mais le grand-angle d\u2019Ho- chelaga, terre des âmes nous invite à nous aventurer par-delà les destins individuels dans cette quête identi- taire si douloureuse.«Car c\u2019est bien de la fragilité d\u2019un peuple, d\u2019une nation, qu\u2019il s\u2019agit et, s\u2019il est une chose qui est difficile à regarder, c\u2019est bien la fragilité», écrit Yvan Lamonde dans son essai Un coin dans la mémoire, sur les sources du mécontentement québécois.Odile Tremblay Chronique L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e C l a s s i q u e 6 | ENTREVUE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR omment revisiter une figure telle que celle de John F.Kennedy, décortiquée sans discontinuité jusqu\u2019à la monomanie, sans tomber dans le piège de la redite ?Le compositeur américain David T.Little et le librettiste canadien Royce Vavrek ont choisi d\u2019explorer les heures précédant son assassinat.Ils le font en plongeant dans des zones pour le moins turbulentes alors que, « sous l\u2019égide des Parques, Kennedy et sa femme confrontent leur passé, leur présent et leur futur dans un monde onirique provoqué en partie par la prise de narcotiques».Avec l\u2019opéra JFK, qui se déroule dans la suite présidentielle de l\u2019hôtel Texas à Fort Worth, l\u2019Opéra de Montréal nous revient avec une proposition artistique audacieuse et contemporaine.Fruit d\u2019une collaboration entre l\u2019Opéra de Montréal, le Fort Worth Opera et l\u2019American Lyric Theater, JFK a été créé à Forth Worth en avril 2016.À l\u2019Opéra de Montréal, à partir du samedi 27 janvier, pour quatre représentations, cet ouvrage prend la suite logique de Dead Man Walking, Silent Night, Les feluettes et Another Brick in The Wall dans la promotion de l\u2019art lyrique contemporain.Avec un surplus de surréalisme qui donne à cette production un caractère résolument moderne et hardi, voire totalement décomplexé.Un compositeur venu du rock Le Devoir a voulu en savoir davantage, à la fois auprès du compositeur David T.Little et auprès du librettiste Royce Vavrek, deux créateurs dans la trentaine, sur les motivations qui ont orienté leurs choix.Les pistes étaient en ef fet nombreuses pour traiter un tel sujet.Le tandem Little-Vavrek, qui en est à sa troisième collaboration, s\u2019était fait remarquer à New York avec Dog Days (2009), opéra sur la déchéance d\u2019une famille en temps de crise économique.On y était frappé par le dispositif instrumental, chambriste, moderne, électronique et amplifié, à l\u2019opposé du « grand opéra » qu\u2019est JFK.« J\u2019ai fait beaucoup de choses dans ma vie en matière de musique amplifiée, nous dit David T.Little, notamment du rock.» Dog Days a été inspiré par un groupe de musique de chambre amplifié.«J\u2019y ai trouvé ma sonorité», confie Little.Une recherche sonore, qui gagne même son univers acoustique, à travers sa manière d\u2019orchestrer.S\u2019attaquant à un opéra à grande échelle, David T.Little a changé de méthode.« J\u2019ai beaucoup étudié Puccini et Verdi, et leur manière de composer pour la voix.C\u2019est le grand changement par rapport à Dog Days : la technique de l\u2019écriture vocale pour une échelle plus large.» Le New York Times a écrit à propos de Dog Days que David T.Little «renversait les conventions musicales de l\u2019opéra».S\u2019est-il vraiment assigné une telle tâche?«Quand j\u2019ai commencé à JFK face à son destin L\u2019Opéra de Montréal revisite la figure du président à coups de narcotiques et d\u2019onirisme Choisir un angle de vue n\u2019a pas été chose facile pour traiter le sujet JFK.Les créateurs ont visionné entre autres une vidéo du discours de JFK lors du petit- déjeuner à Forth Worth, précédant l\u2019assassinat.PHOTOS KAREN ALMOND C Le président soignant des douleurs chroniques par des médicaments puissants, l\u2019effet léthargique « pouvait entraîner des rêves intéressants ». composer de l\u2019opéra, il y a 12 ans, je voulais écrire quelque chose que j\u2019aurais envie d\u2019écouter en tant que spectateur.Cela n\u2019a pas changé.Mais c\u2019est vrai que Royce Vavrek et moi souhaitons pousser l\u2019opéra dans ses retranchements, faire évoluer la forme en présentant au spectateur un défi inattendu, différent dans chaque œuvre.Dans Dog Days, c\u2019était un véritable mur du son de 12 minutes à la fin de l\u2019opéra.Dans JFK, c\u2019est dans la manière de raconter l\u2019histoire, très peu linéaire donc très peu conventionnelle.Nous faisons appel aux rêves, au subconscient.Cela nous stimule et c\u2019est au service de l\u2019histoire que nous racontons.» Évidemment, on ne peut pas ne pas songer à l\u2019ombre tutélaire de Nixon en Chine de John Adams.John T.Little pense s\u2019être « totalement détaché d\u2019une comparaison avec une œuvre en particulier ».« Nous composons des opéras sous l\u2019ombre tutélaire de tout ce qui précède.Nixon en Chine fait partie d\u2019une grosse ombre qui comprend Rigoletto et Tosca ! » Et Marilyn, dans tout ça ?Choisir un angle de vue n\u2019a pas été chose facile pour traiter le sujet JFK.«Dans une vidéo du discours de JFK lors du petit-déjeuner à Forth Worth, précédant l\u2019assassinat, on remarque que le commentateur fait mention de l\u2019assassinat du président McKinley en 1901 à Buffalo et qu\u2019un chœur d\u2019enfants chante The Eyes of Texas, dont les paroles résonnent de manière assez terrifiante a posteriori.En voyant cela, j\u2019ai réalisé que ce qui m\u2019intéressait, c\u2019était un récit cosmique de quelque chose de fatal, qui devait arriver pour que le monde tourne une page.L\u2019idée de destin nous a amenés à entrer dans l\u2019univers des rêves», se souvient John T.Little, qui avoue qu\u2019il « a été très dif ficile de trouver la bonne manière de raconter l\u2019histoire».| 7 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 L E S F L Â N E U RS Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine Et si la technologie pouvait nous rendre nos souvenirs?Ils surgiraient sur commande, au milieu d\u2019une pièce, témoignant de nos vigueurs et de nos amours passées\u2026 C\u2019est un peu cette possibilité qu\u2019explore le spectacle Temporel, alliage étonnant entre cirque, théâtre et technologie, à la Place des Arts.Dans l\u2019intimité de la Cinquième Salle, les artistes des 7 doigts Isabelle Chassé et Patrick Léonard côtoient les projections parfaitement intégrées créées par Victor Pilon et Michel Lemieux.Cela donne une très fine réflexion sur la mémoire, sur ce qu\u2019on en jette, sur ce qu\u2019on en garde.Un spectacle tout en poésie et en humour léger.Des souvenirs à fleur de lumière Caroline Montpetit Le cycle Cinémathèque interdite se poursuit, fort du succès que lui font les amateurs de films dits trash et d\u2019exploitation.Ce samedi, on propose deux visions délirantes (et fauchées) de New York avec \u2014 en glorieux doublage français d\u2019époque \u2014 2019 après la chute de New York (2019 \u2013 Dopo la caduta di New York, 1983), de Sergio Martino, et Corps à vidanges (Street Trash, 1987), de Jim Muro.Le premier est un succédané kitsch de Mad Max, le second conte comment une caisse de vin acide fait littéralement fondre les sans-abri.On pourra y voir une allégorie annonciatrice de l\u2019ère Giuliani.New York crade François Lévesque Pour fuir l\u2019insoutenable froid polaire, rien de mieux que d\u2019aller se réfugier à la Cinémathèque québécoise afin de plonger dans l\u2019œuvre lumineuse d\u2019Éric Rohmer, et ainsi se délecter des marivaudages de Pauline à la plage, succomber au Genou de Claire ou au Rayon vert, envier la désinvolture de La collectionneuse, renouer avec Françoise Fabian et Jean-Louis Trintignant dans Ma nuit chez Maud ou avec un tout jeune Fabrice Luchini en Perceval le Gallois.Bref, il existe 1001 raisons de vouloir s\u2019immerger dans cet univers où le verbe est vif, le ton léger et l\u2019esprit fin.Rétrospective Rohmer, virtuose et moderne, jusqu\u2019au 5 février.Rohmer pour contrer l\u2019hiver Manon Dumais C\u2019est à une incursion extraordinaire dans l\u2019effervescence artistique du Montréal des décennies 70 et 80 que nous convie le Musée McCord à travers son exposition de photos de Gabor Szilasi.Jamais ce grand photographe n\u2019eut l\u2019impression de capter l\u2019histoire en croquant la faune des vernissages dans les lieux emblématiques de la métropole.Et pourtant\u2026 Hormis les documentaires de Jacques Giraldeau, ces photos des Molinari, Cohen, Gau- vreau, Ferron, Vaillancourt et compagnie dans leurs jeunes années et en pleines réunions arrosées et discussions enflammées sont parmi les rares témoins de cette époque féconde et explosive.Le Montréal artistique de Szilasi Odile Tremblay Son librettiste Royce Vavrek renchérit : « J\u2019ai travaillé avec mon dramaturge pour faire vivre théâtralement les choses.La nuit avant son assassinat, Kennedy a dormi.Que pouvions-nous faire ?En faisant le récit linéaire des 12 heures avant le drame, ce n\u2019était pas très dynamique.Donc nous avons creusé.» Kennedy soignant des douleurs chroniques par des médicaments puissants, l\u2019ef fet léthargique « pouvait entraîner des rêves intéressants ».Vavrek est donc par ti de cela pour lui « faire revivre des moments : sa rencontre avec Jackie, ses bras de fer avec Krouchtchev, sa relation avec Lyndon Johnson, qui allait devenir président quelques heures plus tard, et celle avec sa sœur lobotomisée, Rosemar y ».« Cela nous a ouver t beaucoup de possibilités narratives », se réjouit-il.S\u2019ajoute à cet univers «un cadre exceptionnel», puisque la suite présidentielle à For th Worth était décorée comme une vraie salle de musée.«Il y avait des tableaux extraordinaires, un Cocteau, un Renoir, qui ajoutent au caractère surréaliste de l\u2019atmosphère.» Quand on lit la liste des protagonistes, on remarque l\u2019absence d\u2019une Marilyn Monroe dans le portrait onirique de JFK.Royce Vavrek se justifie aisément : «Nous en avons beaucoup débattu.Quelqu\u2019un d\u2019autre écrira un opéra sur cela, mais Marilyn ne cadrait pas du tout dans notre projet.Car le fond de notre histoire, c\u2019est un rapprochement entre JFK et Jackie, deux mois après la mort de leur fils Patrick.C\u2019est ce qui brise le cœur du spectateur à la fin de l\u2019opéra.» Parmi les autres personnages importants écartés, « il manque surtout son père et son frère », aux yeux de Royce Vavrek.« Il y a beaucoup de choses intuitives dans les choix faits, car il y a des sujets pour vingt opéras.» D\u2019autres les écriront peut-être.JFK Opéra de David T.Little et Royce Vavrek.Matthew Worth (JFK), Da- niela Mack (Jackie), Daniel Okulich (Lyndon B.Johnson), Talise Trevigne (Clara Harris, femme de ménage et Clotho, agente du destin), Sean Panik- kar (Henry Rath- bone, agent des services secrets, et Lachesis, agent du destin), Cree Carrico (Rosemary Kennedy), Katharine Goeldner (Jacqueline Onassis, le futur de Jacqueline), Casey Finnigan (Nikita Khrouchtchev).OSM, dir.: Steven Osgood.Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts les 27 et 30 janvier et 1er et 3 février à 19h30. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e M u s i q u e 8 | DANCE PUNK The Official Body ?1/2 Shopping, FatCat Records Le trio de joyeux (mais tout de même inquiets de l\u2019état du monde) Londoniens de Shopping offre son troisième opus, à la conjoncture du pop, du post-punk, de l\u2019afrobeat et du Krautrock, avec bien de la cloche à vache, merci.C\u2019est un peu comme si Le Tigre, les Slits, Pylon et Gang of Four, en versions éparpillées, s\u2019étaient rassemblés pour pondre un disque aux sonorités espiègles mais aux thèmes sérieux.Entre le Brexit et l\u2019élection du président américain, les musiciens queer ont pas mal de soucis.Ces éléments rassemblés sont séducteurs : le primitivisme naïf et la spontanéité de ces doux dingues politisés sont une belle enveloppe.Leur univers est bien défini.Le post-punk est souvent de simples reprises remaniées de Joy Division et la couleur de Shopping est une bouffée d\u2019air frais.Mais les 31 minutes passent sans qu\u2019un des airs reste réellement imprimé dans nos tympans.Dommage.En concert le 31 mars au Ritz PDB.Sophie Chartier FOLK EXPÉRIMENTAL Lior Shoov ?Lior Shoov L-A be Des musiques qui jettent ainsi dans une douce et brillante déraison, c\u2019est rare.Voilà l\u2019effet Lior Shoov, artiste et musicienne israélienne désormais installée à Paris \u2014 celle qu\u2019on appellera une révélation de grand chemin.Ce premier album, un petit cirque loufoque et follement envoûtant, porte deux faces: un intérieur absolument libre et sauvage, mélancolique sans l\u2019être, et un extérieur exubérant habillé de mondes à la fois familiers et mystérieux, où mademoiselle chante en trois langues: français, anglais, hébreu (superbe Rega).Sa voix souple mène un train lancé sur cinq, dix rails en même temps \u2014 et la floraison d\u2019instruments (ukulélé, accordéon, violon, kalimba, hang, contrebasse, claquements, souffles, jeux de bouche et quoi encore?) se répond dans un rythme irréprochable.Un grand entonnoir, bref, où Lior Shoov raconte sa vie, ou cinq ans de voyages, avec une sensibilité en tous points lucide.Ses mondes tirent des fils de lumière et on ne s\u2019en lasse pas, tant c\u2019est vivant et vrai.À voir le 17 février au Ministère, à Montréal.Geneviève Tremblay CLASSIQUE Lost Is My Quiet ?Airs et duos.Carolyn Sampson et Iestyn Davies.Bis-2279.Les 22 et 23 décembre derniers, le public de la Maison symphonique de Montréal découvrait, ébahi, la soprano britannique Carolyn Sampson, vedette incontestée du premier Messie de Yannick Nézet-Séguin.Cette voix divine est ici associée avec l\u2019un des grands contre-ténors du moment, Iestyn Davies, dans un programme de duos parsemé de quelques solos essentiels (Music for A While par Davies, If Music Be the Food of Love par Sampson), accompagnés au piano par Joseph Middelton.L\u2019alliance des deux timbres est aussi heureuse que celle, par exemple, de Karina Gauvin et Marie-Nicole Le- mieux.Cette couleur fusionnée, qui s\u2019impose naturellement dans la révision Britten des airs de Purcell, fonctionne de manière surprenante dans Mendelssohn et Schumann, Iestyn Davies colorant son timbre avec grande subtilité, de façon à ne jamais apparaître exotique.Il résulte de l\u2019ensemble une atmosphère de grâce planante et heureuse.Christophe Huss POP A Day With the Homies ?1/2 Panda Bear, Domino Le genre de caprice d\u2019artiste qu\u2019on aime: Noah Lennox, alias Panda Bear, membre d\u2019Animal Collective, lance son nouvel EP A Day With the Homies sur support physique uniquement parce que, justifie-t-il, ces cinq chansons ne sauraient être appréciées autrement.On lui donne raison; renouant avec l\u2019esthétique plus percussive et électro de Panda Bear Meets the Grim Reaper (2015), Lennox déploie ses harmonies vocales à la Beach Boys sur de sourds coups de tambour basse ornés de guitares trafiquées et de synthés acidulés.Or, derrière ces grooves francs évoquant les années 1990 électroniques (sur la face B surtout, le son house de Nod to the Folks, drum and bass sur l\u2019étonnante Sunset), là tout au fond derrières les refrains sucrés et des rythmes charnus, une scène sonore faite de vent qui souffle, d\u2019eau qui coule et autres bruitages d\u2019ambiances meublent l\u2019espace.Une dimension qui, semble croire Lennox, aurait été étouffée dans des écouteurs d\u2019iPhone, mais pas sur microsillon.La chanson plongée dans son décor, coloré et effervescent.Philippe Renaud CHANSON Chroniques et fantaisies ?1/2 Catherine Ringer, Because / Warner C\u2019était dans la pile d\u2019avant les Fêtes, et l\u2019album n\u2019a même pas hurlé : « Tu l\u2019écouuuuutes mon disque, ou je te fais une grosse tête ?» C\u2019est pas trop la manière Catherine Ringer, se laisser ainsi ensevelir.Ou alors si.Maintenant.Dix ans après la mort de son Fred Chi- chin, les disques de la colère et du désespoir ont vécu, et voilà celui du calme, un calme qui n\u2019est pas de la résignation.« Comme le temps s\u2019accélère / Je dois conduire de mieux en mieux », chante-t-elle doucement dans Senior.Si le cha-cha-cha de Como Va balance un peu comme le Marcia Baïla du temps exultant des Rita Mitsouko, la question se pose néanmoins : « Comment ça va mieux ?» Assez bien pour danser.Pas assez pour chasser la présence de l\u2019absent dans Tristessa : « Oh, tristesse de mes nuits / Je chante la plainte du lit où tu as dormi.» La tristesse n\u2019est pas apitoiement, mais vérité bercée par ce disque soul et chaloupé.« Méchamment le temps nous sépare / mais répare aussi ma vie\u2026 » Bien dit.Sylvain Cormier JAZZ A Rift in Decorum (Live at the Village Vanguard) ?Ambrose Akinmusire, Blue Note Sorti quelque part à l\u2019été 2017, ce disque double du brillantissime trompettiste américain Ambrose Akinmusire est de ceux dont les qualités intrinsèques se révèlent d\u2019écoute en écoute : la musique d\u2019Akinmusire \u2014 à la fois exigeante et exaltante \u2014 n\u2019est pas facile à insérer dans un quotidien de vie.Elle demande le temps, la concentration, l\u2019ouverture.Elle se montre parfois dif ficile à assimiler et à approcher.Mais quand ça y est ?Houla ! Ce trompettiste fréquente les extrêmes (dans le ton, dans la vélocité, dans les textures, dans l\u2019énergie, dans la retenue) avec une telle intelligence artistique, une telle puissance\u2026 Ici au centre d\u2019un quartet exceptionnel \u2014 Harris (p), Raghavan (cb), Brown (b) \u2014, Akinmusire présente une série de nouvelles compositions où alternent incandescence post-bop aux accents free et éléments très introspectifs (Moment in Between the Rest, tout en tension et en mystère ambiant).Deux heures de musique d\u2019une rare richesse.Guillaume Bourgault-Côté RÉÉDITION McCartney ?Paul McCartney, MPL / Universal Pendant les Fêtes, j\u2019en profite pour replonger.Immersion dans mes eaux de jouvence.Bain Beatles, ensemble et séparément.Ça adonne qu\u2019Universal m\u2019a envoyé à la mi-décembre le dernier lot des rééditions du catalogue McCartney : Band on the Run, McCartney II, Pipes of Peace\u2026 et celui-ci.Que j\u2019ai réécouté en boucle.L\u2019éponyme.Le tout premier disque en solo, lancé presque en même temps que Let It Be.Coup de grâce pour le groupe, dure période pour Paul.Plusieurs titres de 1968 et 1969 étaient destinés aux Beatles : Every Night, Hot As Sun, Teddy Boy, la merveilleuse Junk.Maybe I\u2019m Amazed devait suivre The Long and Winding Road.Qu\u2019en faire ?Paul se débrouilla fin seul, avec un Studer quatre-pistes et pas d\u2019console, tapi dans la création.C\u2019est encore aujourd\u2019hui un album en forme de question : est-ce que je peux tout seul (avec Linda) ?Oui, il pouvait, et 48 ans plus tard, il peut encore.Paraît qu\u2019entre les spectacles, le svelte septuagénaire enregistre un nouvel album.Sylvain Cormier CLASSIQUE Paul Badura-Skoda ?Schubert : Les sonates pour piano.RCA 12cd 88985395492.Nous avons récemment rendu hommage au pianiste Paul Badura- Skoda à l\u2019occasion de ses 90 ans en présentant un coffret Deutsche Grammophon ressuscitant ses enregistrements de jeunesse méconnus.RCA fait œuvre utile en rééditant cette première intégrale Schubert (au piano moderne) parue en microsillon en 1971.La réédition, scrupuleusement surveillée et pilotée par le pianiste nonagénaire, mais au son souvent sec, inclut les prises alternatives des Sonates D.664, 845, 850, 959 (3e mouvement) et 960.On comprend à la réaudition pourquoi ces versions intransigeantes, qui ne cherchent jamais à flatter, ont été éclipsées dans les années 1970 par celles de « l\u2019autre pianiste » schuber- tien, Alfred Brendel, plus subtil dans la variété de touche.La situation sera assurément inverse si RCA a la bonne idée de rééditer la miraculeuse intégrale Eurodisc (1979- 1981) des sonates de Mozart.Il semble que Sony Autriche ait eu cette bonne idée : une importation serait souhaitée.Christophe Huss | 9 C u l t u r e M u s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 ENTREVUE PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR Ce quatrième album du duo art pop Tune-Yards arrive à point.La semaine durant laquelle les États-Unis soulignèrent le Martin Luther King\u2019s Day, et au moment où la conversation nationale porte sur les commentaires racistes exprimés par son président, l\u2019auteure-compositrice-inter- prète Merrill Garbus et son bassiste de mari Nate Brenner lancent I Can Feel You Creep into My Private Life, un album touchant justement aux thèmes de l\u2019appropriation culturelle et des relations interraciales dans cette Amérique fissurée.Quelques notes de ce qui semble être un mbira (piano à pouces), suivies d\u2019un bruyant rythme techno, en plein cœur de ce nouvel album réfléchi dans ses textes, mais dansant dans ses rythmes influencés par le house et les musiques populaires du continent africain.La chanson s\u2019intitule Colonizer et va comme suit : « I use my white woman\u2019s voice to tell stories of travels with African men / I comb my white woman\u2019s hair with a comb made specifically generally for me / I use my white woman\u2019s voice to tell stories [\u2026] » Les mots de Garbus prennent la forme d\u2019un miroir de sa réalité « de femme blanche privilégiée ».Elle ne dénonce rien, elle se regarde.« En fait, je ne crois même pas qu\u2019il y ait un message dans cette chanson», ex- plique-t-elle depuis Portland, en Oregon, où elle mène sa tournée promotionnelle.« Ces derniers temps, j\u2019ai travaillé sur moi-même, sur mon attitude.Les mots exprimés dans cette chanson constituent ainsi une sorte d\u2019inventaire de mes comportements.Dans ma démarche pour mieux comprendre ce que signifie être blanche et privilégiée dans ce pays, je voulais aller au fond des choses parce qu\u2019il me semble, ces temps-ci, que les gens qui s\u2019imaginent être du bon côté [de la question raciale aux États-Unis] cessent simplement de se questionner.» Réagir à la musique Originaire de la Nouvelle-Angleterre, Merrill Garbus a grandi à New York, lancé sa carrière chez nous, à Montréal, pour enfin s\u2019installer à Oakland.Quatre albums parus sous le nom de scène Tune-Yards, désormais un duo «pour clarifier le rôle de compositeur de Nate », son mari, bassiste formé au jazz.« Moi, je n\u2019ai aucune formation musicale ; c\u2019est l\u2019écart entre nos parcours qui donne l\u2019équilibre au projet musical», estime-t-elle.La femme blanche danse Réflexion sur l\u2019appropriation culturelle, sur fond de pop dansante, avec Merrill Garbus de Tune-Yards Tune-Yards est désormais un duo « pour clarifier le rôle de compositeur de Nate », le mari de Merrill Garbus, bassiste formé au jazz.ELIOT LEE HAZEL Personnelle et engagée, la démarche de Garbus est, sur ce nouvel album, en parfaite continuité avec les préoccupations exprimées sur le pré- cédent disque, Nikki Nack (2014), qui puisait déjà son inspiration dans les rythmes du continent africain et sa diaspora.La grande différence entre cette nouvelle collection de chansons et l\u2019atmosphère de Nikki Nack se trouve dans le net penchant dance et électronique que prend la réalisation, un choix qui s\u2019explique par le boulot de DJ qu\u2019a occupé Garbus ces dernières années.Ce fut une première expérience en tant que DJ et elle a adoré, « mais c\u2019est dif ficile ».Pourquoi avoir accepté ?« Tu veux la réponse plate ?On m\u2019offrait une belle somme pour faire DJ chaque semaine dans ce petit bar près de notre studio, à Oakland\u2026 » L\u2019endroit se nomme The Hatch, un bar-spectacle de quartier, en plein centre-ville.« Parfois c\u2019était vide, trois ou quatre personnes étaient là seulement.Ça m\u2019a permis de faire des erreurs et de m\u2019améliorer.D\u2019autres fois, il y avait un plancher de danse à animer.Ça a été un apprentissage de la musique, mais aussi par rapport à la manière dont les gens réagissent à la musique.» Les soirs où il pleuvait, elle jouait du vieux blues ; quand le plancher se remplissait, elle répondait par des chansons de Drums of Passion (1960), classique du percussionniste Babatunde Olatunji, ou d\u2019Electric Africa (1984), de Manu Dibango.« Je me suis rendu compte que je connaissais mal l\u2019œuvre de Grace Jones.J\u2019ai fini par y plonger\u2026 J\u2019en ai joué beaucoup ! » Sur la question raciale L\u2019expérience acquise derrière les platines a donné une forme rythmique au nouvel album.Par exemple, sur l\u2019apocalyptique premier extrait ABC 123 où elle fait référence aux incendies de forêt en Californie, on reconnaît un motif rythmique d\u2019Afrique du Sud.Sur Nikki Nack, les r ythmes d\u2019Haïti coloraient ses chansons.Malgré ces empr unts assumés, un constat : « Comment se fait-il que, dans mes concer ts, je ne voie que des visages blancs?Si la musique est censée unir le monde, pourquoi est- ce que tout ça me semble encore sé- grégé?Parce que notre musique est influencée par l\u2019Afrique, je crois avoir l\u2019occasion de faire partie de la conversation» sur la question raciale.Au moment de la par ution de Nikki Nack, certains critiques ont accusé Garbus d\u2019appropriation culturelle.La dénonciation paraît un brin injuste : pourquoi elle plus que d\u2019autres musiciens blancs ?« Bien sûr que je fais de l\u2019appropriation culturelle, répond Garbus, mais quasiment tous les musiciens blancs s\u2019approprient aussi la culture musicale des Noirs.Reste que je sentais qu\u2019il était temps pour moi d\u2019avoir cette réflexion, de me demander si, par mon travail, je nuis à la reconnaissance des musiques africaines en m\u2019appropriant les r ythmes de cette culture \u2014 et en gagnant de l\u2019argent pour cela.Il faut se regarder en face et se demander comment on peut progresser et changer notre attitude.Et je ne suis encore qu\u2019au début de ma réflexion.» I Can Feel You Creep into My Private Life Tune-Yards, 4AD L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e M u s i q u e 1 0 | 3 BILLETS POUR 45 $* 1435, rue De Bleury Place-des-Arts Billetterie 514 525-1500 agoradanse.com ENTREVUE PHILIPPE PAPINEAU LE DEVOIR i la vie est un long fleuve tranquille, le dernier disque du vétéran chanteur français Ar thur H, lui, relève de l\u2019aventure.Tissé de 18 chansons personnelles et sinueuses séparées en deux disques, Amour chien fou est une « utopie passéiste », dit le pianiste, parce qu\u2019à l\u2019ère du single et de la playlist, cet album est «un voyage».Voyage, le mot est bien choisi.Sur ce 10e album studio d\u2019Ar thur H, l\u2019homme nous fait bifurquer, pivoter, travailler, nous déstabilise de chanson en chanson, et souvent même à l\u2019intérieur de chacune d\u2019entre elles.On est en transit, bagages en main.Amour chien fou, une utopie d\u2019une autre époque ?C\u2019est ce que lance le fils Higelin.« Un disque, c\u2019est encore une histoire, c\u2019est encore un voyage, c\u2019est encore un film, et c\u2019est pas juste une collection de chansons disparates qu\u2019on va littéralement exploser sur Internet, croit-il.Et c\u2019est pas juste un prétexte à faire des playlists, mais c\u2019est aussi tout simplement un voyage dans les sons, dans les mots.» Le parcours musical a deux escales majeures, aux accents différents.Le premier disque, Amour, est lent, tranquille, «qu\u2019on peut écouter si on a envie d\u2019avoir une atmosphère un peu mystérieuse, un peu chaude», dit Arthur H.Et Chien fou s\u2019en va à l\u2019opposé, dans les rythmes plus rapides, L\u2019« utopie passéiste » d\u2019Arthur H « Un disque, c\u2019est encore une histoire, c\u2019est encore un voyage, c\u2019est encore un film » Sur ce 10e album studio d\u2019Arthur H, l\u2019homme nous fait bifurquer, pivoter, travailler, nous déstabilise de chanson en chanson, et souvent même à l\u2019intérieur de chacune d\u2019entre elles.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR davantage fait pour bouger, fait pour «danser avec son chien, avec ses enfants, son homme, sa femme, avec soi-même!» rigole l\u2019homme à la voix enrouée au bout du fil.Il précise quand même que ces deux disques sont un peu comme le yin et le yang, « il y a un point noir dans le blanc, et un point blanc dans le noir».Hors cadre De ces 18 titres, certains qui durent 3 minutes, d\u2019autres comptent 7, 8, voire 9 minutes, dont cer tains à pentures.Arthur H explique avoir toujours voulu des chansons hors format, hors cadre.« Et c\u2019est vrai que je me suis fait plaisir quand même, je plaide coupable ! Mais c\u2019est nécessaire aujourd\u2019hui, on ne peut pas nier que l\u2019on vit dans une société qui est de plus en plus formatée, étroite.Tout est compressé, tout est serré.Du coup, moi, j\u2019ai envie d\u2019injecter dans la musique de vraies doses de l iber té, pas par obligation, juste pour le plaisir de respirer en fait.» Amour chien fou, ajoute le musicien, n\u2019est pas basé sur la peur, mais sur la confiance.Celle d\u2019essayer, d\u2019explorer, d\u2019être ce qu\u2019on veut être.On peut penser au titre Il/Elle \u2014 « Sois toi-même / Être unique / Homme et femme / Elle est beau / Il est belle» \u2014 ou à Super héros de l\u2019instant zéro.« J\u2019ai l\u2019impression que beaucoup de gens se sentent obligés de se limiter pour correspondre à ce qu\u2019ils croient qu\u2019on attend d\u2019eux.Et ça, ce n\u2019est pas un message de ce disque, pas du tout.C\u2019est vraiment le contraire.» S C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 Une présentation tnm.qc.ca À l\u2019affiche Lyndz Dantiste Assistance à la mise en scène Claude Lemelin Avec Simon Beaulé-Bulman Marie-Eve Beaulieu Carol Bergeron, Benoît Brière Marcelle Hudon, Sébastien René andré robitaille, catherine sénart Tatiana Zinga Botao patrice coquereau David-Alexandre Després NOUVELLE SUPPLÉMENTA IRE ! JEUDI 15 FÉVRIER À 20 H mise en scène Carl Béchard PRÉSENTEMENT AU CINÉMA UN FILM DE FRANÇOIS GIRARD PRODUIT PAR ROGER FRAPPIER SAMIAN VINCENT PEREZ RAOUL TRUJILLO WAHIAKERON GILBERT AVEC LA COLLABORATION DE PRODUIT AVEC LA PARTICIPATION FINANCIÈRE DE « UNE SPLENDEUR INDÉNIABLE.» DENNIS HARVEY, VARIETY « CE QUE J\u2019AI VU SUR CET ÉCRAN M\u2019A COMPLÈTEMENT CHAVIRÉ.» FRANCO NUOVO, ICI RADIO-CANADA « UNE ŒUVRE ESSENTIELLE.» MARIO GIRARD, LA PRESSE HochelagaTerreDesAmes.com Le vrai voyage Au-delà du concept du voyage, on entend concrètement sur quelques- unes de ces nouvelles chansons des sonorités venues d\u2019ailleurs.Arthur H et sa compagne et collaboratrice Léo- nore Mercier ont trotté dans les mois précédant l\u2019enregistrement.« Il se trouve que par une succession de hasards heureux, on s\u2019est retrouvé à pouvoir aller au Mexique et à Bali, et pour avoir un billet vraiment pas cher, on était \u201cobligés\u201d de faire une troisième escale pour avoir accès à un round trip.Et du coup, on a été condamnés à s\u2019ar rêter à Tokyo ! » rigole Arthur H.Si le duo a enregistré un clip au Japon, il a aussi capté des musiques et des sons au Mexique \u2014 Carnaval chaotique pige dans l\u2019enregistrement qu\u2019il a fait d\u2019une fanfare mexicaine \u2014 et à Bali.« Là-bas, on a écumé toutes les cérémonies possibles et imaginables qu\u2019on a eu le privilège de voir.Avec ça on a fait un morceau, Le passage, qui n\u2019est composé que de gongs de Bali, et qui est évidemment très méditatif, spirituel, mystique.» Tournée poétique Avec ces nouvelles chansons en poche, Arthur H commencera une tour née en février, qui le fera d\u2019abord quadriller la France.Si pour son dernier disque les spectacles étaient en formule « groupe rock », Deux chansons expliquées Sous les étoiles de Montréal «Musique hypnotique et le thé trop chaud / Princesse mexicaine au sourire de Mona Lisa / Je te respire et tu m\u2019inspires / Sous les étoiles chez Lhasa.» Arthur H et Lhasa de Sela se sont connus à Montréal il y a plusieurs années, et le Français raconte quelques souvenirs et émotions dans cette chanson.«Il y a des chansons qui littéralement apparaissent devant vous.Et là, ç\u2019a été le cas.Je me suis mis au piano, et j\u2019ai vu apparaître devant moi Montréal la nuit, l\u2019ancien appartement de Lhasa dans le Mile-End, une nuit d\u2019hiver\u2026 Toutes les images sont venues tranquillement les unes derrière les autres.Ce n\u2019est pas une chanson que j\u2019ai choisie, mais c\u2019est une chanson qui m\u2019a choisi.» La boxeuse amoureuse «Boum boum les uppercuts / Percutent son visage / Mais jamais elle ne cesse / De danser de danser.» Arthur H se révèle ici épatant avec une voix haut perchée très émouvante.D\u2019où lui vient cette chanson?Un long silence précède sa réponse.La mélodie le hantait depuis quelques années, et sa compagne a incité le musicien à en faire une chanson.«Et elle m\u2019a dit : pourquoi tu n\u2019écris pas une chanson sur ta mère?Je me suis mis au piano, j\u2019ai pensé à ma mère.Et\u2026 héhé, ma mère n\u2019a jamais fait de match de boxe pour de vrai, mais comme beaucoup de femmes, c\u2019est une vraie boxeuse amoureuse.[\u2026] Les coups, ils ont beau être émotionnels, symboliques, ils n\u2019en sont pas moins réels, c\u2019est des coups au cœur, des coups à l\u2019âme.[\u2026] Mais il y a cette capacité merveilleuse de résilience, de se relever, et finalement de retrouver une forme d\u2019innocence, malgré ce qu\u2019on a vécu.» le chanteur a envie d\u2019une autre énergie pour Amour chien fou.D\u2019une par t, il ne veut pas d\u2019une présence frontale, hiérarchique, et veut être en interactivité à la fois avec les deux musiciens qui l\u2019accompagneront, mais aussi avec la foule.« Et j\u2019ai envie de la poésie low-tech de mes débuts, de quelque chose de l\u2019ordre du spectacle poétique, bordélique, chaotique, avec une façon de mettre en scène la musique.[Les spectacles rock], je l\u2019ai fait, j\u2019ai adoré ça, ça m\u2019a libéré, mais maintenant j\u2019ai envie de retrouver mon ADN théâtral et poétique.» On parie que ce sera\u2026 tout un voyage.Amour chien fou Arthur H, Mystic Rumba/Believe.En magasin le 26 janvier. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 1 2 | SU R L E R A DA R Un philanthrope à la Fonderie Pour un instant, c\u2019est la proposition du collectionneur Guy Rodrigue, l\u2019un des récents mécènes sur qui la Fonderie Darling peut compter pour rendre accessibles aux artistes les ateliers de création situés dans le bâtiment adjacent aux espaces d\u2019exposition.M.Rodrigue a été pendant deux ans le parrain de Yann Pocreau, avec qui, au dire de l\u2019artiste, une relation privilégiée a pris forme, attestant d\u2019un engagement dépassant les strictes affaires.Avec l\u2019exposition de groupe qu\u2019il a sans prétention concoctée, le philanthrope met d\u2019ailleurs en valeur des œuvres de Pocreau avec celles d\u2019autres artistes qu\u2019il affectionne et dont la contribution fut encouragée, dans les dialogues entourant la préparation jusqu\u2019au montage de l\u2019exposition.Parfois inédites, les œuvres rassemblées \u2014 de Jaques Bilo- deau, de Manon de Pauw et de Michel Piquette \u2014 oscillent entre lumière et obscurité, faisant apparition en images ou par des vibrations subtiles sur les corps.L\u2019événement se clôt ce dimanche avec les performances à 15 h de Pierre-Marc Ouellette (danse) et de Maude Veilleux (poésie).Marie-Ève Charron CRITIQUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR Les honneurs d\u2019une exposition itinérante pancanadienne, qui ira même au-delà des frontières (à Paris en 2019), ne font pas de doute : Maria Hupfield est devenue la grande figure de l\u2019art autochtone.À 42 ans, et malgré un historique restreint d\u2019expos individuelles.Lancée en 2017 par le centre The Power Plant, à Toronto, l\u2019exposition Celle qui continue de donner s\u2019arrête à la Galerie de l\u2019UQAM pour la troisième de cinq présentations.Elle n\u2019est pas une rétrospective, mais n\u2019est pas non plus une af faire de choses nouvelles.Avec une quinzaine d\u2019œuvres, elle donne cependant la pleine mesure d\u2019un travail porté par les thèmes de la mémoire, du territoire et de la collectivité, thèmes culturellement autochtones.Issue de l\u2019art de la performance, Maria Hupfield mélange avec naturel différentes formes de représentation.Au cœur de ses vidéos et de ses installations, on retrouve le corps (le sien souvent, mais pas uniquement) et des objets à portée symbolique.Il y est beaucoup question d\u2019interprétation et d\u2019expérience d\u2019un lieu.Les objets, traditionnels ou fabriqués par Hupfield, notamment avec du feutre industriel, sont des êtres en soi.Ils ont le potentiel, dit-elle dans un entretien publié dans le catalogue de l\u2019exposition, « d\u2019acquérir une conscience ».« Quand un objet n\u2019est pas activé, je le considère comme au repos », précise l\u2019artiste d\u2019origine anichinabée.L\u2019expo montée par Carolin Köch- ling, conser vatrice à The Power Plant, regorge d\u2019objets en repos, puis activés en vidéo.À la Galerie de l\u2019UQAM, elle débute par Spirale de clochettes (2015), sorte de châle en feutre, suivie par l\u2019installation Contenir cette force (2013), composée de répliques, en feutre aussi, de sept articles de collègues artistes.L\u2019œuvre titre de l\u2019expo, Celle qui continue de donner (2017) \u2014 traduction du nom anichinabé de la mère de l\u2019artiste \u2014, occupe comme il se doit une place centrale.Il s\u2019agit d\u2019une double projection vidéo pour laquelle Hupfield et des membres de sa famille se donnent en spectacle, autour d\u2019une peinture académique de la maman en question.Les deux écrans se font face, obligeant le visiteur à se placer entre eux, mais leurs images se suivent, comme dans une boucle infinie.Si la signification des danses, chants et gestes filmés peut nous échapper, le respect et la relecture du passé sont palpables.On sent que le propos vise aussi à casser le plafond de verre qu\u2019a longtemps représenté l\u2019art contemporain pour les Premières Nations.Les rituels marquent for tement les œuvres de Maria Hupfield, mais l\u2019artiste évite le cliché folklorique en Maria Hupfield et ses rituels feutrés La Galerie de l\u2019UQAM accueille la première grande exposition de l\u2019artiste ontarienne PHOTOS YANN POCREAU Vue de l\u2019exposition Celle qui continue de donner, de Maria Hupfield, 2017, The Power Plant Contemporary Art Gallery, Toronto.Avec l\u2019aimable permission de l\u2019artiste.TONI HAFKENSCHEID | 1 3 C u l t u r e A r t s v i s u e l s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 CRITIQUE NICOLAS MAVRIKAKIS COLLABORATEUR LE DEVOIR La chorégraphe L ynda Gaudreau nous convie à un autre volet d\u2019une série qu\u2019elle a inaugurée en 2009 et qui s\u2019intitule OUT.Déjà en 2010, dans cette même galerie Leonard et Bina Ellen, elle avait présenté Out of Grace, à la fois «exposition chorégra- phiée et chorégraphie mise en exposition».Des interventions par des artistes en arts visuels \u2014 Alexandre David, Jérôme Fortin, Aude Moreau, Yann Pocreau et Chih-Chien Wang \u2014 entraient alors dans un dialogue évolutif avec des chorégraphies développées par cinq interprètes \u2014 Karina Iraola, Anne Thériault, Émilie Morin, Amélie Bédard-Gagnon et Marilyne St-Sauveur.Revoilà Gaudreau dans la galerie universitaire de Concordia avec une autre création qui porte cette fois le nom de Out of Sight (OoS).La chorégraphe exploratrice et hors norme nous invite à prendre part à une expérience où se rencontrent encore divers univers de création.OoS est une installation participative et hybride à la croisée de la performance, du théâtre, du cinéma, tout en prenant encore aussi par moments les apparences d\u2019une exposition d\u2019ar t plus traditionnelle\u2026 En effet, vous y retrouverez un cer tain nombre d\u2019œuvres tirées de la collection de la galerie Leonard et Bina Ellen, des tableaux de Rita Letendre, Guido Molinari, Ulysse Comtois, Françoise Sullivan, Jean McEwen\u2026 Mais ces œuvres servent ici de matériaux à une expérience interdisciplinaire et intertextuelle complexe et intellectuellement stimulante\u2026 Et la danse dans tout ça ?Une ac- trice-interprète, Karina Iraola \u2014 celle- là même qui participait à Out of Grace \u2014, dans le rôle de K (Kassandra), entraînera le spectateur dans une déambulation orchestrée à travers les diverses salles de la galerie Leonard et Bina Ellen.Il s\u2019agit en fait d\u2019un parcours dans un récit spatialisé dans les diverses salles de cette galerie d\u2019art\u2026 Vous voyagerez ainsi dans les étapes \u2014 remises en scène \u2014 du tournage d\u2019un film réalisé par Gaudreau mais qui aurait été interrompu, et dont on n\u2019aurait que quelques plans, un générique et une bande-annonce\u2026 À ce film, il manquerait encore un début et une fin, des pans entiers du scénario seraient encore à être mis en images.Sur un mur d\u2019une des salles de la galerie, transformées en plateau photo ou en plateau de tournage, le visiteur pourra d\u2019ailleurs voir différents fragments du scénario et des photos des scènes qui restent à réaliser, à développer, scènes où le personnage de K, une espionne, se déplacerait à travers le monde.Agente secrète, elle explorerait en fait la transdisciplinarité de la création ar tistique et de la pensée actuelles en allant à la rencontre de divers individus, dont le philosophe et écrivain transgenre Paul B.Preciado.Ouvrir la galerie au « hors-limite » Comme nous l\u2019a expliqué Gaudreau, avec OoS, elle voulait ainsi amener dans l\u2019espace de la galerie d\u2019art des formes d\u2019expression qui sont habituellement laissées en dehors de celle-ci.D\u2019où l\u2019usage du mot anglais « Out »\u2026 Lorsque Le Devoir est passé expérimenter cette installation, le dispositif n\u2019était pas bien rodé, i l y avait même encore quelques problèmes techniques.Cela donnait à l\u2019ensemble une structure très décousue, au-delà de ce que ce dispositif ouvert souhaite créer.Mais il y a dans cette œuvre expérimentale tous les ingrédients d\u2019une réflexion sur la nature même de l\u2019œuvre d\u2019art.En créant cette pièce expérimentale et évolutive, le but de Gaudreau «n\u2019était pas de montrer un work in progress, non terminé pour l\u2019instant ».Son but « était de montrer une forme en train de se transformer et qui n\u2019atteint jamais un état final ».« Car c\u2019est le temps qui est le propre du chorégraphique », expression artistique qui permet ici de relire d\u2019autres formes de création.Une œuvre qui se veut avant tout une expérience physique et temporelle \u2014 un peu dif férente chaque fois \u2014 et où ce ne serait pas, paradoxalement, le discours qui l\u2019emporterait.Out of Sight De Lynda Gaudreau, à la galerie Leonard et Bina Ellen, Université Concordia, jusqu\u2019au 17 février.Lynda Gaudreau l\u2019exploratrice La chorégraphe fait dialoguer et éclater les pratiques artistiques Extrait d\u2019OoS, une installation participative et hybride à la croisée de la performance, du théâtre, du cinéma, mais en galerie.PAUL LITHERLAND misant davantage sur l\u2019ambiguïté et sur l\u2019appropriation qu\u2019elle-même fait de références non autochtones.Le feutre, si associé à Joseph Beuys, pape de l\u2019ar t contemporain, n\u2019est plus seulement une matière conceptuelle qui évoque la protection.Il a aussi une fonction de détour ne- ment, notamment à l\u2019égard de ces cassettes, chapeau ou autres canot déformés sous ce textile mou, gris et neutre.Couleurs pop dans la petite salle L\u2019autre expo qui inaugure l\u2019année à la Galerie de l \u2019UQAM réunit les images for tes en couleurs pop de Michelle Bui.C\u2019est une belle découverte à laquelle on est conviés, comme seul le dif fuseur universitaire peut faire en exposant des finissants du programme de maîtrise en arts visuels et médiatiques.Dans Pool of Plenty, l\u2019artiste propose un univers à la croisée du naturel et du fabriqué, du réel et de l\u2019imaginaire.Michelle Bui crée des assemblages d\u2019objets qu\u2019elle photographie ensuite dans des mises en scène simples et pourtant hautement théâtrales.Les couleurs en toile de fond et l\u2019éclairage sont for tement mis à contribution.Entre la nature morte et des compositions anthropomorphiques, les images grand format de Bui jouent sur plusieurs plans.La pyramide dans Des poires et des oranges séduit, pendant que les textures indéfinies de Parlor Altar repoussent.Il y a dans cet ensemble de dix œuvres autant de la pub que de l\u2019autel, de la mise en marché de produits impossibles que de la bricole faite à l\u2019ombre des regards.Celle qui continue de donner et Pool of Plenty Respectivement de Maria Hupfield et de Michelle Bui, à la Galerie de l\u2019UQAM (1400, rue Berri), jusqu\u2019au 3 mars.Les rituels marquent fortement les œuvres de Maria Hupfield, mais l\u2019artiste évite le cliché folklorique en misant davantage sur l\u2019ambiguïté et sur l\u2019appropriation qu\u2019elle- même fait de références non autochtones L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a 14 | ENTREVUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR ar un coup de chance autant que de bluf f, Damien Nadeau-Daneau a convaincu l\u2019acteur français Denis Lavant de tourner à Montréal une scène pour son futur film.L\u2019ennui, c\u2019est qu\u2019il y a déjà quelques années de cela et que ledit film, le premier de Damien, gît toujours sur un disque dur en attendant d\u2019être monté.En quête d\u2019une quête pour son antihéros qu\u2019il interprète lui- même, Damien multiplie les rencontres improbables ou banales, celles-ci tour à tour drôles ou em- bar rassantes.C\u2019est là , grosso modo, la prémisse de la comédie dramatique Les scènes for tuites .Guillaume Lamber t y fait ses débuts en tant que réalisateur tout en y tenant le rôle principal.Vous avez dit mise en abyme ?« Je n\u2019avais pas prévu de réaliser un film », avoue d\u2019of fice Guillaume Lamber t, qu\u2019on peut voir dans la série humoristique Like-moi !.Il est aussi le scénariste et l\u2019une des vedettes de la populaire websérie L\u2019âge adulte, réalisée par son complice François Jaros, avec qui il a précédemment collaboré sur le cour t métrage Toutes des connes, gros succès en festivals.« C\u2019est venu à force d\u2019écrire.Réaliser, c\u2019est la suite logique du processus d\u2019écriture ; c\u2019est la seconde écriture.J\u2019avais envie de diriger des acteurs, d\u2019explorer l\u2019écriture dans toute son \u201corganicité\u201d, du scénario au montage.» Comme par enchantement C\u2019est en l\u2019occurrence la fameuse scène avec Denis Lavant, comédien fétiche de Leos Carax (Mauvais sang, Les amants du Pont-Neuf), qui est à l\u2019origine de l\u2019intrigue.« J\u2019ai tour né cette scène-là en 2014.Denis Lavant était de passage ici, au théâtre, et j\u2019y suis allé en me disant que ce serait don\u2019 extraordinaire de le rencontrer.Après le Guillaume Lambert en abyme Ou comment réaliser un premier film portant précisément sur la réalisation d\u2019un premier film Guillaume Lambert fait ses débuts en tant que réalisateur avec Les scènes fortuites, tout en y tenant le rôle principal.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR P | 1 5 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 spectacle, comme par enchantement, il s\u2019est adossé au mur juste à côté de moi.» L\u2019échange se poursuivit autour d\u2019une poutine à La Banquise.Cette nuit-là, Guillaume Lambert pondit une scène pour l\u2019acteur.Puis, les projets se multipliant, la scène demeura orpheline.« J\u2019avais pensé en tirer un cour t métrage inti tulé Pourquoi ?, d\u2019où ce titre pour le film inachevé de Damien dans Les scènes fortuites.» Les années passèrent, et voilà que Téléfilm annonça un nouveau programme pour productions à mi- crobudget.« Tout à coup, c\u2019est devenu clair : avec ces 100 000 $, j\u2019allais raconter l\u2019histoire d\u2019un gars dont le drame est de ne pas avoir une histoire pour finir son film avec Denis Lavant, dont j\u2019ai eu le OK.J\u2019ai construit le scénario à partir de retailles disparates ; des scènes coupées sur d\u2019autres projets, des bouts de sketches, mais pas que ça.Par exemple, durant cette période, je numérisais les VHS que mon père a filmées quand j\u2019étais petit.Mon enfance, c\u2019est mon père avec sa caméra pis ma mère qui crie : \u201cDenis, arrête de filmer !\u201d.Ça me fait tellement rire, et il m\u2019est soudain apparu important d\u2019utiliser ça.J\u2019ai donc intégré des extraits de home movies au film.J\u2019ai mis tout ça ensemble, et le sens a émergé tout seul.» Contrainte créative Son minuscule budget, Guillaume Lambert décida illico d\u2019en faire une arme, lui qui aime par-dessus tout les films produits dans la mouvance «mumblecore» (peu ou pas de moyens, une place à l \u2019 improvisation, des histoires minimalistes axées sur de jeunes gens «sans histoire »\u2026).« Il y a dans ces films une fragilité qui m\u2019émeut.J\u2019espérais qu\u2019en privilégiant une esthétique ar tisanale, j\u2019obtiendrais quelque chose de très intime et authentique.J\u2019aime beaucoup les paradoxes.J\u2019ai horreur de catégoriser les choses et les gens.Ça c\u2019est triste, ça c\u2019est comique, ça c\u2019est vrai, ça c\u2019est faux.J\u2019aime créer le flou, à l\u2019instinct.Je dis souvent que je ne sais pas ce que je veux, mais que je sais ce que je ne veux pas.J \u2019y vais par élimination.Je passe des idées dans un tamis et celles qui sont bonnes ou per ti - nentes restent : telle scène, j\u2019en ai besoin pour telle raison parce que ça amène telle chose à Damien ; telle scène, non, parce Damien a vécu ceci ou cela, et ça le ramènerait en arrière.» L\u2019une des meilleures scènes voit Damien subir deux distributeurs de films d\u2019une hilarante vacuité (sublimes Monia Chokri et Éric Ber- nier).Après une tirade pseudo-intel- lectuelle, la première tranche que le film de Damien manque de « jokes de caca » pour plaire.On est atterré, comme le protagoniste, mais voila t\u2019y pas que Guillaume Lambert place peu après, mine de rien, un tel gag sur le parcours de son personnage.Omniprésent, ce ludisme narratif s\u2019avère assez irrésistible.L\u2019influence de Pérusse L\u2019est également la nar ration de François Pérusse, l\u2019autre « muse » du film qui se fait acteur le temps d\u2019une apparition.« J\u2019entendais sa voix, mais j\u2019ignorais qu\u2019il allait dire oui.Il a lu le scénario et s\u2019est dit très touché que j\u2019aie pensé à lui.Il a aussi apprécié que j\u2019utilise son œuvre [la chanson On déjeunera chez Greenberg] dans un contexte doux-amer.François Pér usse, il nous a enseigné cette structure comique, ce r ythme, ce côté ar tisa- nal, justement : il fait tout, tout seul, dans son studio.» Tout au long de l\u2019entrevue, on écoute Guillaume Lambert enchaîner les anecdotes loufoques survenues en cours de production (l\u2019indescriptible séquence du lutin magicien) et les apartés personnels non moins désopilants (of frir ses services comme sosie de Macaulay Culkin à l\u2019âge de sept ans), et on se dit que, contrairement à son alter ego, lui ne sera jamais en mal d\u2019une histoire à raconter.Les scènes fortuites En salle le 26 janvier J\u2019espérais qu\u2019en privilégiant une esthétique artisanale, j\u2019obtiendrais quelque chose de très intime et authentique.J\u2019aime beaucoup les paradoxes.J\u2019ai horreur de catégoriser les choses et les gens.Ça c\u2019est triste, ça c\u2019est comique, ça c\u2019est vrai, ça c\u2019est faux.J\u2019aime créer le flou, à l\u2019instinct.GUILLAUME LAMBERT » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a 1 6 | CRITIQUE MANON DUMAIS LE DEVOIR Scénariste de La chute de Londres, de Babak Najafi, et d\u2019Un homme à part, de F.Gary Gray, Christian Gudegast se lance maintenant dans la réalisation.Et non sans talent.Cela dit, son premier film, À armes égales, divertissant au demeurant, ne s\u2019inscrira pas sur la liste des grands films de casse.Écrit avec la collaboration de Paul Scheuring, réalisateur du peu inspiré remake de L\u2019expérience d\u2019Oliver Hir- schbiegel, ce drame policier comporte bien des longueurs au cours desquelles Gudegast se plaît à multiplier les coups de feu et les poursuites en auto sans réellement se soucier de la cohérence.Par endroits, les scènes d\u2019action paraissent avoir été montées de façon arbitraire.Tant que c\u2019est bruyant et que la caméra bouge frénétiquement, tout va bien.Il y a tant de coups de feu dans À armes égales que le réalisateur semble vouloir y faire l\u2019apologie du deuxième amendement de la Constitution américaine.Entre les fusillades, il prend bien son temps pour ficeler un récit de braquage digne d\u2019un western classique où il offre une vision violente de l\u2019Amérique d\u2019aujourd\u2019hui.Au cours de l\u2019exercice, il réservera même quelques bonnes surprises.Campé dans un Los Angeles surchauffé, À armes égales met en scène deux clans aux antipodes les uns des autres, mais qui finissent par se ressembler dans leur façon de détourner la loi à leur profit.On saluera d\u2019ailleurs le choix de casting, chaque acteur possédant une gueule de dur à cuire et un physique imposant à souhait.En fait, chaque personnage passerait d\u2019un clan à l\u2019autre qu\u2019on n\u2019y verrait que du feu.Ayant décidé de cambrioler la Réserve fédérale de Los Angeles, où l\u2019on élimine chaque jour 120 millions de dollars, Merrimen (Pablo Schreiber), braqueur arrogant, et sa bande doivent rivaliser de ruse avec Nick Flanagan (Gerard Butler), redoutable shérif, et ses hommes qui les ont à l\u2019œil.Tandis que se prépare le cambriolage, Merrimen et Flanagan se livreront à une guerre de nerfs et d\u2019ego sous forme d\u2019un viril pas de deux \u2014 on remarquera au passage que les femmes, dont l\u2019épouse pleine de ran- cœur et la danseuse aguichante, ont peu à faire dans cet univers peuplé de mâles obsédés par la gâchette.Heureusement qu\u2019arrive en scène Donnie, incarné par le très doué O\u2019Shea Jackson Jr., révélé dans Straight Outta Compton où il incarnait son père, Ice Cube.Barman discret, Donnie travaille dans le club que fréquentent Merri- men et ses acolytes.C\u2019est là que l\u2019y rencontrera Flanagan, qui voudra s\u2019en faire un allié, croyant que ceci lui permettra de déjouer les plans de Merri- men.Presque tout l\u2019intérêt du film repose d\u2019ailleurs sur ce personnage, le seul qui semble habité, qui n\u2019ait pas l\u2019air d\u2019une caricature de malfrat.Tandis que Gerard Butler, sur le mode autoparodique, Maurice Compte et Kaiwi Lyman, du côté de la loi et l\u2019ordre, et Pablo Schreiber, Evan Jones et 50 Cent, du côté des « méchants », joueront des gros bras et multiplieront les mines patibulaires, Christian Gudegast orchestrera un dernier acte haletant et une finale plus que satisfaisante.À armes égales (V.F.de Den of Thieves) ?1/2 Drame policier de Christian Gudegast.Avec Gerard Butler, Pablo Schreiber, O\u2019Shea Jackson Jr., 50 Cent, Evan Jones, Maurice Compte et Kaiwi Lyman.États-Unis, 2018, 240 minutes.Casse à l\u2019américaine Tout le monde tire sur tout ce qui bouge dans le polar À armes égales CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Ils sont originaires du Guatemala, du Honduras et du Salvador, des pays que le président des États-Unis considère de haut, tout en utilisant à leur égard un langage de bas étage.Ces réfugiés économiques, qui traversent par milliers le Mexique pour sortir de leur cauchemar afin de vivre une parcelle du rêve américain, sont conscients de l\u2019ampleur des dangers, certains sachant qu\u2019ils risquent de franchir les frontières de la mort avant celles de la douane.Ces angoisses n\u2019ont pas freiné leur désir de partir, et le cinéaste Hubert Caron-Guay (L\u2019état du moment, L\u2019état des lieux) décrit sobrement leur quête périlleuse dans Destierros, un road-movie documentaire où les quatre principaux arrêts n\u2019ont rien de bucolique.En fait, on ne verra que très peu, ou pas du tout, ces refuges chrétiens ouverts aux migrants tout au long de leur périple au Mexique.Dans le premier d\u2019entre eux, une petite prière apaise les voyageurs anxieux, mais très rapidement l\u2019inquiétude renaît, cer tains refusant d\u2019être séparés pour la nuit, craignant de se perdre au petit matin lors du départ des trains de marchandises.Car tous voyagent dans un dénuement extrême, et dans les pires conditions, affrontant les serpents dans la jungle et, plus effroyable encore, la racaille sur les routes, des gangs qui pratiquent le kidnapping pour exiger des rançons auprès de familles déjà pauvres, ou le viol des rares femmes qui osent entreprendre cette marche éprouvante.Et, telle une complainte, ce son strident pour rappeler le caractère impitoyable de l\u2019aventure, celui des roues des trains sur les voies ferrées qui écorchent les oreilles et glacent le sang, car ces naufragés de la misère qui s\u2019accrochent à ces bouées métalliques risquent gros.Or, ils semblent moins effrayés d\u2019y perdre un bras, une jambe ou la vie que d\u2019être repérés par les escouades de la « migra » mexicaines, ces migrants jugeant les autorités locales de plus en plus zélées, aux effectifs toujours plus imposants.Car pour certains, ce n\u2019est pas leur premier voyage casse-cou, mais tous sentent bien que l\u2019étau se resserre sur eux, entendant distinctement le vacarme idéologique de la campagne présidentielle américaine de 2016.Ce mur entre le Mexique et les États-Unis, idée que plusieurs jugent saugrenue, eux la trouvent terrifiante, d\u2019où cette précipitation à rejoindre le Texas ou l\u2019Arizona, encore là à leurs risques et périls, et leurs jambes à leur cou.Alors que la caméra du documentariste se tient près d\u2019eux, ce n\u2019est jamais pour très longtemps, vivant dans la précipitation du prochain départ et dans la crainte des entraves.D\u2019où ces moments d\u2019une grande puissance émotionnelle où certains se confient, visage au centre de l\u2019écran et halo noir entourant le visage comme pour mieux se concentrer sur l\u2019essentiel : cette douloureuse parole migrante.Sévices corporels dont ils portent les marques, traversées en forêt le ventre vide, angoisses face aux filets des trafiquants d\u2019humains ou des gardiens de frontières, ces visages anonymes se dévoilent en toute simplicité, n\u2019ayant plus rien à perdre en exprimant à voix haute un drame qui se déroule le plus souvent dans le silence et l\u2019indifférence.Destierros ?1/2 Documentaire de Hubert Caron-Guay.Canada, 2017, 92 minutes.Quand on est contraint de prendre un train Du Sud au Nord, des migrants défient tous les obstacles pour quelques miettes d\u2019espoir La caméra du documentariste se tient près des réfugiés.LES FILMS DU 3 MARS/LES FILMS DE L\u2019AUTRE Nick Flanagan (Gerard Butler, à droite) espère se faire un allié de Donnie (O\u2019Shea Jackson Jr.), barman discret qui travaille là où l\u2019ennemi a établi son repaire.VVS FILMS | 17 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Un rai de lumière dorée éclaire le feuillage luxuriant d\u2019arbres dressés aux abords d\u2019un ruisseau.L\u2019image est idyllique, mais voilà qu\u2019un travelling arrière dévoile plutôt une scène de massacre.Poursuivant son mouvement, la caméra révèle la présence d\u2019un prophète : « Grand Esprit , donne-nous la force de refermer ces plaies hurlantes », prie-t-il.Magnifique, la séquence d\u2019ouverture d\u2019Ho- chelaga, terre des âmes annonce, par ledit travelling arrière, ou « retour en arrière », que le film entier sera consacré à l\u2019exploration du passé.Celui de la métropole.De ce prologue campé en 1267, on passe au présent alors qu\u2019un jeune doctorant, Baptiste Asigny (Samian), effectue sa soutenance de thèse.La présentation consiste en une déclinaison de trouvailles archéologiques faites au stade Percival-Molson dans la foulée d\u2019un affaissement de terrain ayant coûté la vie à un joueur.Sis au pied du mont Royal, l\u2019endroit aurait jadis accueilli le mythique vil lage iroquoien d\u2019Hochelaga, siège ultérieur de Montréal.Ancrage narratif À chaque artefact exhumé, une mémoire revisitée : celle d\u2019un trappeur épris d\u2019une « diablesse algonquine », comme la désigne un prêtre en fulminant, celle de patriotes aidés par une riche Anglaise, celle de Jacques Cartier lors de sa rencontre avec le chef Tennawake.Comme dans son précédent long métrage Le violon rouge, François Girard prend un point d\u2019ancrage narratif, ici un lieu plutôt qu\u2019un instrument, autour duquel il déploie plusieurs histoires.Cela, pour mieux n\u2019en raconter qu\u2019une.Film de la quête identitaire, thème fédérateur du cinéma québécois s\u2019il en est, c\u2019est aussi un film de la réconciliation, chaque sous-récit, passé(s) et présent confondus, présentant une situation de métissage, de collaboration, d\u2019ouverture, etc.Et cela, afin que cicatrisent ces «plaies hurlantes».Pertinence et beauté Aidé par Nicolas Bolduc à la photo et Gaétan Huot au montage, François Girard peint là une fresque ambitieuse.Le niveau de jeu n\u2019est certes pas toujours égal et certains développements apparaissent faciles, mais nombre d\u2019idées séduisent.On pense notamment à cette séquence où les morts \u2014 ou âmes \u2014 du film sont aperçus dans les gradins, témoins silencieux d\u2019un présent illuminé par le passé.En entrevue, François Girard a dit espérer qu\u2019Hochelaga, terre des âmes s\u2019inscrira dans la durée.Pour sa beauté et sa pertinence, c\u2019est la grâce qu\u2019on souhaite au film.Hochelaga, terre des âmes ?1/2 Fresque de François Girard.Avec Samian, Gilles Renaud, Raoul Max Trujillo, Emmanuel Schwartz, Sébastien Ricard, Siân Philips, Wahiakeron Gilbert, Vincent Perez.Québec, 2017, 100 minutes.À la lumière du passé Le film sur les origines de Montréal Hochelaga, terre des âmes est d\u2019abord une fresque humaniste CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Lors d\u2019une visite à l\u2019infirmerie pour saluer une dernière fois un compagnon d\u2019armes gravement blessé, le capitaine Joseph J.Blocker lui adresse quelques mots de réconfort aux limites du banal, mais ses larmes de tristesse en disent long sur sa souffrance de se départir de ce soldat afro-américain en qui il voit droiture et courage.La scène aurait aussi fait pleurer John Wayne, mais de rage.Voilà déjà un bon moment que le western se dépouille peu à peu de ses oripeaux machistes et racistes, et Hostiles, du doué Scott Cooper (Crazy Hear t, Black Mass), s\u2019inscrit dans cette généreuse continuité grâce à cette impressionnante galerie de personnages rongés par la culpabilité et le doute.Ce n\u2019était pas tout à fait le carburant du genre à son apogée, mais n\u2019en déplaise aux esprits chagrins, le monde a changé, de même que la façon d\u2019envisager le passé.Qui plus est celui de la fameuse conquête de l\u2019Ouest longtemps dépeinte avec des Amérindiens en ennemis violents, et somme toute accessoires.À ce chapitre, le scénario de Cooper, inspiré d\u2019un texte inédit du scénariste Donald E.Smith (Missing, Patriot Games), pèche par excès de timidité, les Amérindiens étant montrés comme une stricte présence menaçante ou comme une source de bonté aux (rares) répliques à la sagesse convenue.Ce n\u2019est pas de là que ce western crépusculaire et mélancolique tire sa force, alors que le seul véritable cowboy qu\u2019on y croise se fait scalper dans les cinq premières minutes du film.Tout l\u2019espace, allant du Nouveau-Mexique au Montana en traversant le Colorado, est peuplé de soldats plus ou moins névrosés, le plus tourmenté de tous étant Blocker (Christian Bale, incandescent), lui dont on ne compte plus les carnages contre les Amérindiens.En 1892, il croit l\u2019heure de la retraite venue, mais pas avant d\u2019avoir achevé une dernière mission : ramener sur ses ter res Yellow Hawk (Wes Studi), un adversaire impitoyable qu\u2019il a fait prisonnier, une tâche qui dégoûte Blocker, encore hanté par la mort de ses amis aux mains de ce chef cheyenne maintenant rongé par le cancer.Ce périple n\u2019a rien d\u2019un long fleuve tranquille, d\u2019abord perturbé par la rencontre d\u2019une veuve et mère éplorée au milieu de sa maison en ruine\u2026 et des cadavres de ses trois enfants.Une fois ses larmes asséchées, mais si peu, Rosalie (Rosemund Pike, à la fois forte et fragile) s\u2019engage avec Blocker, ses alliés et ses prisonniers sur une route parsemée de dangers, toujours la proie possible des Comanches, eux qui ont massacré la famille de Rosalie, symbole d\u2019une lutte sanguinaire pour un territoire gorgé du sang mêlé des pionniers et des autochtones.La suite s\u2019avère riche en émotions et en brutalité, celle-ci fusant de tous les côtés, entre autres d\u2019un condamné à mort (Ben Foster) miné par une colère prête à éclater à tout moment.Il s\u2019agit là d\u2019une présence furtive parmi d\u2019autres, la mort de héros anonymes s\u2019accumulant tout au long de cette chevauchée parfois frénétique, souvent émouvante, humanisant une période vue trop souvent sous l\u2019angle de l\u2019épopée triomphante.Scott Cooper préfère dégainer avec subtilité, grâce aux magnifiques images de Masanobu Takayanagi (il a signé celles de Spotlight, sorte de western journalistique !) et à la musique atmosphérique de Max Richter.Hostiles ne va pas sceller le retour en force du genre, mais va assurément lui redonner un souffle et une sensibilité que les nostalgiques jugent encore déplacée.Hostiles ?Western de Scott Cooper avec Christian Bale, Rosamund Pike, Wes Studi, Ben Foster.États-Unis, 2017, 134 minutes.Bye bye les vrais cowboys Le machisme et le racisme mis à mal dans ce western crépusculaire et mélancolique Film de la quête identitaire, c\u2019est aussi un film de la réconciliation, chaque sous- récit, passé(s) et présent confondus, présentant une situation de métissage.LES FILMS SÉVILLE La route du capitaine Joseph J.Blocker, avec ses alliés et ses prisonniers, est parsemée de dangers, ceux-ci étant toujours la proie possible des Comanches.ENTRACT FILMS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e 1 8 | Trois affiches tout près d\u2019Ebbing, Missouri (V.F.de Three Billboards Outside Ebbing, Missouri) ?1/2 L\u2019histoire que conte Trois affiches tout près d\u2019Ebbing, Missouri est épouvantable.On y rit pourtant beaucoup.Le film relate la quête d\u2019une femme qui, excédée par l\u2019absence de résultat dans l\u2019enquête sur le meurtre sordide de sa fille, loue trois panneaux publicitaires sur lesquels elle interpelle le shérif local.Action radicale \u2014 et prémisse brillante \u2014 qui a des répercussions inattendues dans la petite communauté peuplée de personnages pétris de contradictions.En verve, Martin McDonagh propose une méditation audacieuse sur la notion de justice, celle que l\u2019on peine davantage à rendre dès lors que la victime est de sexe féminin.Chacun voit ses convictions initiales bouleversées; une prise de conscience pas toujours confortable.Car dans cette tragicomédie remarquablement interprétée, ce n\u2019est pas parce qu\u2019on rit que c\u2019est drôle.François Lévesque cette expédition, flanqué de Rosa- mund Pike, émouvante en veuve et mère éplorée prête à combattre l\u2019ennemi et le désespoir.André Lavoie Les nouveautés sont en rose Le sens de la fête ?Il n\u2019y a aucun mal à s\u2019inspirer des meilleurs, par exemple le tandem Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri.C\u2019est un peu ce qu\u2019ont fait Olivier Nakache et Éric Toledano (Intouchables, Samba) dans cette comédie réjouissante et éblouissante, où la caméra virevolte autour d\u2019une galerie inspirée d\u2019acteurs de tous les âges et de tous les horizons.Nous sommes conviés aux préparatifs d\u2019un grand mariage, dans les coulisses d\u2019une organisation chaotique que Ba- cri, merveilleux grincheux devant l\u2019Éternel, tente de maintenir à flot.Le naufrage apparaît inévitable, et le chemin pour s\u2019y rendre est parsemé de réflexions pas si anodines sur la France d\u2019aujourd\u2019hui, d\u2019acrobaties visuelles et de mille blagues qui font mouche.La comédie française à son meilleur, un pur régal pour l\u2019œil et l\u2019esprit, mais pas nécessairement dans les assiettes! André Lavoie Appelle-moi par ton nom (V.O., s.-t.f.de Call Me by Your Name) ?1/2 En ce mois de juin 1983, Elio, un jeune homme de 17 ans, coule des jours indolents dans la villa italienne de ses parents.Arrive Oliver, un doctorant américain de 24 ans venu assister son père pour l\u2019été.S\u2019engage une valse-séduction sous le regard tour à tour préoccupé et bienveillant des parents d\u2019Elio.Âgé de 21 ans au moment du tournage, Thimo- tée Chalamet est une révélation en Elio, rôle qui appelle à la fois maturité et naïveté.Quant à Armie Hammer, il incarne avec un charisme désinvolte l\u2019objet de son affection.Le film est à l\u2019image du climat italien: langoureux, ensoleillé, et follement romantique.Et comme le disait son réalisateur Luca Guadagnino en entrevue: «Les émois liés à un premier amour, la violence et la pureté des sentiments qu\u2019on vit alors, c\u2019est universel.» À défaut de pouvoir retomber amoureux pour la première fois, on se réjouit à la perspective de revoir son film.François Lévesque Le fil caché (V.F.de Phantom Thread) ?1/2 Habitué de changer de compagne au gré de ses collections, Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis, d\u2019une belle et trop rare intériorité), un couturier célèbre, voit la rigidité de son existence perturbée par une nouvelle muse opiniâtre: Alma (Vicky Krieps, une révélation), aussi narratrice.S\u2019engage une passionnante joute psychologique à laquelle participe la sœur de l\u2019artiste.Porté par une mise en scène élégante et précise, ce huitième film de Paul Thomas Anderson (Magnolia) se prête à maintes interprétations, du drame sentimental à l\u2019étude de mœurs en passant par le thriller psychologique.François Lévesque Labrecque, une caméra pour la mémoire ?1/2 Labrecque, une caméra pour la mémoire de Michel La Veaux (Hôtel La Louisiane) est un précieux document d\u2019histoire et de cinéma.Le cinéaste, lui- même directeur photo avant d\u2019être réalisateur (comme Jean-Claude La- brecque), nous prend par la main pour un bon voyage en images, en paroles, en émotions.Faire le portrait de celui qui a débuté auprès des Groulx (Le chat dans le sac) et Carle (La vie heureuse de Léopold Z.), c\u2019est revenir sur les balbutiements du cinéma québécois, sur son implosion, sur sa portée identitaire.Jérôme Delgado américaine, témoignent du caractère implacable de l\u2019aventure, celle où prendre un train s\u2019avère aussi cruel que de rester chez soi dans la misère.André Lavoie Destierros ?1/2 Il n\u2019y a pas qu\u2019au milieu de la Méditerranée que les dangers sont nombreux pour les migrants.Ceux qui partent du Honduras, du Salvador ou du Guatemala pour se rendre aux États-Unis ou au Canada affrontent des vagues successives de périls: la faim, la soif, les serpents dans la jungle, et que dire de la racaille qui les exploite (sexuellement) et les torture (violemment).Ce périple est décrit dans les mots et sur les visages de ces voyageurs infortunés que le documentariste Hubert Ca- ron-Guay a croisés sur sa route et dans quatre refuges chrétiens du Mexique.Ces haltes, de moins en moins fréquentées à l\u2019approche de la frontière Hochelaga, terre des âmes ?1/2 Dans cette fresque ambitieuse, un jeune archéologue (Samian) croit avoir découvert l\u2019emplacement du mythique village iroquoien d\u2019Hochelaga après un affaissement de terrain au stade Perci- val-Molson, sis au pied du mont Royal.À chaque artefact exhumé, une mémoire revisitée.Comme dans Le violon rouge, François Girard prend un point d\u2019ancrage narratif, ici un lieu plutôt qu\u2019un instrument, autour duquel il déploie plusieurs histoires.Cela, pour mieux n\u2019en raconter qu\u2019une.Film de la quête identitaire, thème fédérateur du cinéma québécois s\u2019il en est, c\u2019est aussi un film de la réconciliation, chaque sous-récit présentant une situation de métissage, de collaboration, d\u2019ouverture, etc.Le niveau de jeu n\u2019est certes pas toujours égal et certains développements apparaissent faciles, mais nombre d\u2019idées séduisent.À terme, beauté et pertinence prévalent.François Lévesque Hostiles ?John Wayne n\u2019en finirait plus de s\u2019indigner devant les transformations sociales et politiques du western.Scott Cooper (Crazy Heart, Black Mass) s\u2019inscrit pourtant dans cette continuité avec Hostiles, montrant des soldats la larme à l\u2019œil, d\u2019autres pleins de remords devant le massacre des Premières Nations et des femmes courageuses capables de prendre les armes.Même si, une fois encore, les personnages amérindiens sont ici en retrait et s\u2019expriment dans un langage empreint d\u2019une sagesse convenue, cette chevauchée parfois frénétique, souvent mélancolique, décrit avec sensibilité les tourments d\u2019un groupe de soldats à la conscience tourmentée.Christian Bale domine sans effort ECLECTIK 2018 Âgés et déjantés Événement multidisciplinaire où l\u2019artiste plus âgé brille de mille feux Animation Kama La Mackerel Shahrzad Arshadi Yvon Dubé Janet Lumb Heather Mah Graziella Malagoni Mikio Owaki Jacqueline van de Geer Ralph Maingrette David Rose Vernissage : 19 janv.\u2013 18 h Performances : 19 + 20 janv.\u2013 20 h 19 + 20 janv.2018 5 1 4 9 8 2 - 3 3 8 6 / m .a .i .q c .c a Pythia, solo de Jacqueline van de Geer (Edgy Redux, 2015) © Valerie Sangin | 19 No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 DU 23 JANVIER AU 10 FÉVRIER 514 521 4493 USINE-C.COM DANS LA S0LITUDE DES CHAMPS DE C0T0N Bernard-Marie KOLTES Brigitte HAENTJENS Hugues FRENETTE Sébastien RICARD - PARTENAIRE PRINCIPAL Dernier arrêt (V.F.de The Commuter) ?1/2 Quatrième collaboration entre l\u2019acteur Liam Neeson et le cinéaste Jaume Col- let-Serra après Unknown, Non-Stop et Run All Night.Cette fois, le tandem a lui aussi compris qu\u2019on prend toujours un train, et le leur file à vive allure, l\u2019aspect science-fiction dans The Commuter pour qui connaît l\u2019état du réseau de transport collectif de New York.Peu importe, l\u2019heure est grave pour ce vendeur d\u2019assurances (Neeson avec une partition routinière) réduit au chômage et sur le chemin du retour dans sa banlieue, forcé de jouer au limier, et au héros viril, pour le compte de malveillants représentés par Vera Farmiga, ici en intrigante hitchcockienne.Avant d\u2019arriver à destination, cet ancien policier aura fait dérailler quelques complots, mais respecté tous les signaux d\u2019une trajectoire narrative sans grandes surprises.André Lavoie Moi, Tonya (V.O., s.-t.f.de I, Tonya) ?1/2 Satire féroce, Moi, Tonya (I, Tonya) revient sur le parcours de la patineuse Tonya Harding.Tombée en disgrâce après que son mari eut commandité une attaque sur sa rivale Nancy Kerri- gan, elle plaida coupable à un chef d\u2019entrave à la justice et fut bannie de la compétition.Basée sur des entrevues contradictoires, cette comédie grinçante passe du faux documentaire à la docufiction, la protagoniste interrompant volontiers l\u2019action pour s\u2019adresser au spectateur.Avec un brio narratif impressionnant, pour ne pas dire aveuglant, le film établit que Harding en bava sa vie durant, mais sut toujours se relever.Maltraitée par sa mère (décapante Allison Janney), battue par son époux, mais championne néanmoins, portée aux nues par des fans adorateurs qui la conspuèrent ensuite avec délectation, la voilà qui reparaît, magie du cinéma aidant, comme une héroïne incomprise.Hilarante sur le coup, la démonstration laisse, une fois dissipée l\u2019ivresse du rire, un brin perplexe.François Lévesque La forme de l\u2019eau (V.F.de The Shape of Water) ?1/2 Magicien de l\u2019image, Guillermo Del Toro réaffirme sa prédilection pour les contes avec cette ode à la diversité.Sur fond de guerre froide dans un Baltimore évoquant Amélie Poulin, cette variation de La belle et la bête place au cœur de son action un couple de marginaux: une jeune femme muette et une créature mi-homme mi-poisson.Elle fait le ménage dans un laboratoire militaire, il y a abouti pour y être disséqué.Se met alors en branle un plan d\u2019évasion auquel seront mêlés une collègue noire, un voisin gai et un espion russe, étranger qui n\u2019est pour une fois pas le méchant.Ce rôle incombe plutôt à un colonel dogmatique.Il est l\u2019incarnation de la peur de l\u2019autre, véritable sujet du film.Certes, on tique devant certaines invraisemblances et l\u2019issue n\u2019est jamais remise en doute (contrairement à celle du Labyrinthe de Pan).Mais n\u2019est-ce pas là le lot des contes?François Lévesque Hostiles, de Scott Cooper ENTRACT FILMS Au revoir là-haut ?Reconnu pour son approche acidulée comme cinéaste (Bernie, 9 mois ferme) et ses choix parfois audacieux comme acteur (La maladie de Sachs, Irréversible), Albert Dupontel a décidé d\u2019être plus rassembleur en s\u2019emparant du prix Goncourt 2013, Au revoir là-haut, de Pierre Lemaître.Dans un style visuel qui rendrait fier Jean-Pierre Jeunet \u2014 sans toutefois l\u2019égaler \u2014, il propose une adaptation parfois flamboyante des lendemains douloureux, mais créatifs, de deux soldats (Dupontel et le remarquable Nahuel Pérez Biscayart) prêts à tout pour sortir de la misère après la Première Guerre mondiale.Au passage, ils vont régler quelques comptes avec des hauts gradés pervers, et des industriels crapuleux, prétexte pour évoquer le destin tragique des gueules cassées et l\u2019arnaque autour des monuments aux morts.Assurément le film le plus ambitieux de Dupontel, mais aussi son plus consensuel.André Lavoie 12 Strong ?1/2 Octobre 2001.L\u2019unité des Forces spéciales de l\u2019armée américaine, menée par le capitaine Mitch Nelson (Chris Hemsworth, solide), débarque en Afghanistan afin d\u2019aider les Afghans à lutter contre les talibans.Porté par un lourd élan de patriotisme, ce drame de guerre manichéen aux airs de déjà-vu a le mérite de raconter une histoire méconnue du grand public.Mais alors qu\u2019il rend hommage aux douze courageux soldats américains, Nicolai Fu- glsig (Exfil, inédit au Québec) néglige les personnages afghans.Manon Dumais Happy End ?Le cinéphile rompu à l\u2019univers clinique de Michael Haneke tiendra pour acquis que le titre Happy End est ironique.En effet, l\u2019auteur de Caché n\u2019est pas friand des dénouements heureux.C\u2019est pourtant ce qu\u2019il offre ici, en cela que les deux personnages principaux, une enfant homicide et son arrière- grand-père en mal d\u2019en finir, obtiennent ce qu\u2019ils désirent à la fin.L\u2019argument: l\u2019implosion d\u2019une riche famille industrielle dont les membres affichent divers niveaux de sociopathologie.Le lieu: un Calais où la crise migratoire est d\u2019autant plus criante qu\u2019elle n\u2019est jamais nommée.Haneke recourt à toutes ses techniques de prédilection, mais son scénario s\u2019avère plus explicite que de coutume; on sent la démonstration.Qui plus est, en tentant de faire naître de l\u2019empathie envers ceux qui n\u2019en éprouvent pas, Haneke ne parvient qu\u2019à susciter l\u2019indifférence.Là réside la véritable ironie de Happy End.François Lévesque À armes égales (V.F.de Den of Thieves) ?1/2 Ayant décidé de cambrioler la Réserve fédérale de Los Angeles, un braqueur (Pablo Schreiber) et sa bande doivent rivaliser de ruse avec un shérif (Gerard Butler) qui les a à l\u2019œil.Il y a tant de coups de feu dans À armes égales que le cinéaste Christian Gudegast semble vouloir faire l\u2019apologie du deuxième amendement de la Constitution américaine.Entre les fusillades, il prend bien son temps pour ficeler un récit de braquage digne d\u2019un western classique où il offre une vision violente de l\u2019Amérique d\u2019aujourd\u2019hui.Manon Dumais Mon amour à jamais (V.F.de Forever My Girl) ?La dépression saisonnière peut aussi être causée par tous ces films qu\u2019on jette en pâture à une période de l\u2019année où les coffres à trésors des distributeurs sont parfois vides.Forever my Girl, dont le titre annonce déjà la catastrophe, est à ranger dans cette catégorie.Romance entre un beau gosse de la chanson et une jolie fleuriste, ou plutôt réconciliations, ça sent fort la tarte aux pommes, surtout dans cette Louisiane rarement aussi aseptisée.C\u2019est tout à fait à l\u2019image de cette bluette sentimentale dont n\u2019aurait même pas voulu Meg Ryan à une époque pas si lointaine.En prime, une apologie du mariage et un avertissement pressant aux stars délinquantes: rentrez à la maison, où vous attendent épouse et enfant, ici une fillette déguisée en marionnette savante de la cinéaste-scénariste.André Lavoie Le Post (V.F.de The Post) ?En 1971, des documents ultrasecrets prouvant que les tenants successifs du pouvoir américain savaient que la guerre du Vietnam était perdue d\u2019avance sont transmis à certains journaux.En pleine crise, le Washington Post bataille pour publier l\u2019histoire après que le gouvernement a bâillonné le New York Times.Propriétaire du journal, Kay Graham essaie pendant ce temps d\u2019imposer son ascendant sur des employés majoritairement mâles et paternalistes.Ici, le passé commente le présent et la guerre que mène le président Trump contre les médias.Conclusion?Un contre-pouvoir journalistique est nécessaire face au pouvoir politique.Le film marque la rencontre au sommet entre Meryl Streep, Tom Hanks et Steven Spielberg.On s\u2019attendait à être transporté par une telle convergence de talents.On ne l\u2019est pas.Tout le monde est irréprochable, mais personne ne se surpasse.La machine ronronne sans jamais vrombir dans un film plus construit que senti.François Lévesque L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a 2 0 | CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR D\u2019emblée, le cinéphile rompu à l\u2019univers clinique de Michael Haneke tiendra pour acquis que le titre Happy End se veut ironique.En effet, le cinéaste deux fois lauréat de la Palme d\u2019or cannoise n\u2019est pas friand des dénouements heureux.Pourtant, les deux personnages principaux obtenant ce qu\u2019ils désirent à la fin, c\u2019est ce qu\u2019il offre ici.De manière typiquement tordue, s\u2019entend.En surface, le film af fiche toutes les caractéristiques techniques inhérentes au cinéma de Haneke : longs plans d\u2019ensemble en apparence anodins à l\u2019intérieur desquels quelque chose de fondamental se trame néanmoins, jeux entre sources d\u2019images (téléphone, télévision\u2026) et points de vue (objectif, subjectif), séquences où les paroles des personnages sont étouffées par le bruit ambiant, etc.Autant d\u2019éléments constitutifs des énigmes cinématographiques que se plaît à soumettre le réalisateur de Caché aux cinéphiles.À ce propos, Happy End, qui n\u2019a pas fait de vagues à Cannes, ce qui est en soi un événement, s\u2019avère moins cr yptique.Ce n\u2019est pas une bonne nouvelle.Implosion familiale On y observe l\u2019implosion d\u2019une riche famille industrielle française (microcosme d\u2019une certaine France) alors que l\u2019entreprise de construction, dont le patriarche (Jean-Louis Trintignant) a confié les destinées à sa fille (Isabelle Huppert), qui vient en retour d\u2019en céder la direction à son fils (Franz Ro- gowski), connaît des difficultés.Une situation qui fait écho à celle vécue par le clan lui-même, rongé de l\u2019intérieur comme naguère ces familles royales rattrapées par la consanguinité.Ainsi découvre-t-on une galerie de monstres diversement sociopathes, de l\u2019arrière-petite-fille qui envoie sa mère à l\u2019hôpital dès le prologue au papi gâteux, en passant par le père de la première auquel elle déclarera savoir qu\u2019il « n\u2019aime personne » : ni sa femme, ni sa maîtresse, ni elle, sa propre fille.On mentionne cette scène car, aussi troublante soit-elle \u2014 et « troubler » en utilisant des enfants et des adolescents est un procédé de manipulation cher à Haneke (Benny\u2019s Video, Funny Games, Le ruban blanc) \u2014, elle constitue le symptôme le plus patent de ce qui cloche dans ce récent opus.Une note discordante S\u2019il est une manie fâcheuse du cinéma contemporain à laquelle Ha- neke n\u2019a jamais souscrit, c\u2019est celle de prendre le spectateur par la main.Ladite scène, justement, explicite ce qui a été jusque-là évoqué.Elle survient vers le début du troisième acte, après qu\u2019on a eu tout loisir d\u2019observer et de décoder cette famille de nantis dénuée d\u2019empathie, tenants du «un pour cent » servis par des domestiques maghrébins, avec en toile de fond un Calais où la crise migratoire est d\u2019autant plus criante qu\u2019elle n\u2019est jamais nommée.C\u2019est une note discordante qui sort le spectateur du film et lui rappelle qu\u2019il assiste à une démonstration.Or on avait compris, parce que Haneke a été, comme il l\u2019est toujours, habile dans ce qu\u2019il a choisi de montrer et de dissimuler, de dire et de taire.Ce faux pas étonne.À l\u2019instar de ce désintérêt pour deux des personnages les plus intrigants : Ja- mila, la cuisinière animée par une détresse lar vée, et son époux Ra- chid, qui semble, lui, avoir intériorisé un sens du devoir confinant à la ser vilité.Hélas, le cinéaste n\u2019a que peu de temps à leur accorder, préférant rester du côté d\u2019une bourgeoisie pas spécialement fascinante.Improbable empathie Les membres de cette dynastie s\u2019imposent, en définitive, comme des figures plus abstraites que complexes (on s\u2019ennuie de La pianiste devant la partition inaboutie d\u2019Huppert).Haneke s\u2019attarde surtout à l\u2019arrière-grand-père et à l\u2019arrière-petite-fille, elle tendance homicide, lui en mal d\u2019en finir.Ils sont faits pour s\u2019entendre.Deux passages, en particulier, visent d\u2019ailleurs à les humaniser: lorsque l\u2019enfant a des larmes de remords et lorsque l\u2019aïeul se confie à elle au sujet de feu son épouse (une filiation avec Amour du même Haneke, avec le même Trintignant, se dessine alors).En vain, puisque dans les deux cas on sent la nécessité dramatique plutôt que la cohérence psychologique.En tentant, si brièvement soit-il, de faire naître de l\u2019empathie envers ceux qui n\u2019en éprouvent pas, le cinéaste ne parvient qu\u2019à susciter l\u2019indifférence.Là réside la véritable ironie de Happy End.Mais peut-être était-ce le but : prouver au public qu\u2019il n\u2019a pas plus de cœur que les personnages ?Quoique ce serait un brin tordu.Même pour Haneke.Happy End ?Drame de Michael Haneke.Avec Fantine Harduin, Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant, Mathieu Kassovitz, Franz Rogowski, Toby Jones.France, Autriche, 2017, 108 minutes.Modérément Haneke Happy End s\u2019avère une offrande mineure pour un cinéaste d\u2019exception On observe l\u2019implosion d\u2019une riche famille industrielle française alors que l\u2019entreprise de construction, dont le patriarche (Jean-Louis Trintignant) a confié les destinées à sa fille (Isabelle Huppert), connaît des difficultés.MÉTROPOLE FILMS Les membres de cette dynastie s\u2019imposent, en définitive, comme des figures plus abstraites que complexes.Le cinéaste s\u2019attarde surtout à l\u2019arrière- grand-père et à l\u2019arrière- petite-fille, elle tendance homicide, lui en mal d\u2019en finir.Ils sont faits pour s\u2019entendre. LI RE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 Décodage Fiction, essai, polar, poésie, jeunesse, bédé : 16 pages à conserver pour s\u2019y retrouver dans les sorties de ce début d\u2019année.Les visages de la rentrée littéraire L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 R e n t r é e l i t t é r a i r e L e s v i s a g e s d e l a f i c t i o n q u é b é c o i s e 2 2 | D\u2019ombre et de lumière Cela faisait bien longtemps que je n\u2019avais pas ouvert L\u2019amélan- chier de Jacques Ferron, publié en 1970, et dont un exemplaire est arrivé il y a quelques jours au bureau.Le conte, magnifique, qui arpente le territoire de l\u2019enfance autant que celui d\u2019un pays à imaginer, va être réédité la semaine prochaine dans la collection « Bibliothèque québécoise », rappelant ainsi ce temps où les peurs, les tensions, les angoisses d\u2019un présent avaient ce pouvoir de mettre la littérature en syntonie avec le rêve et l\u2019espoir.Replonger le nez dans L\u2019amé- lanchier, repartir à la rencontre de Tinaner de Portanqueu, c\u2019est renouer avec un état d\u2019esprit, avec une envie de résister face aux gardiens des statu quo qui asservissent.C\u2019est retrouver aussi la force d\u2019un optimisme dont on se demande où il est passé quand on scrute l\u2019étendue et la diversité des propositions de cette rentrée littéraire hivernale qui s\u2019amorce.Voyez plutôt.Sans doute un peu plus que d\u2019ordinaire, la mort y rôde dans plusieurs fictions d\u2019ici et d\u2019ailleurs, y frappe, y trouble les trajectoires de vie.Les rêves se voient briser par le délire de la finance et par la peur de l\u2019autre.Les traumatismes sont légués en héritage\u2026 Même la saga familiale d\u2019un Paul Auster \u2014 4 3 2 1 (Actes Sud), c\u2019est son titre \u2014 finit par donner le cafard quand on prend conscience, à mi-chemin de cette brique de 1000 pages, que l\u2019Amérique raciste des années 1960 et 1970 qu\u2019il dépeint a des correspondances troublantes avec celle, bien présente, de Donald Trump.La morosité était à fleur de peau.Elle est désormais à fleur de pages, sans pour autant être fatale, à en croire plusieurs essayistes qui, cet hiver, ce printemps, vont nous inviter à nous éloigner du bruit numérique, de l\u2019urgence d\u2019être et de commenter, pour renouer avec le temps de la réflexion.Une prescription salvatrice qui, quand on y pense bien, vise à faire revenir, non pas le rêve et l\u2019espoir qu\u2019un Jacques Ferron métabolisait avec poésie dans sa littérature, mais bien plus la lumière qu\u2019il faut pour recommencer à les voir.Fabien Deglise Responsable du cahier Lire TEXTES : FABIEN DEGLISE LE DEVOIR C\u2019est un cauchemar pour les journalistes, un homme af fable, souriant, plutôt ouvert à la conversation, mais qui au final ne parle pas trop, élude les questions pour ne jamais se dévoiler vraiment, cite pour se cacher derrière les points de vue des autres, les grands de préférence, comme pour s\u2019inscrire sur la même hauteur.Dany Laferrière en dit peu, car il préfère se raconter en l\u2019écrivant dans des livres, dit-il.Une chose qu\u2019il fait depuis plusieurs décennies, mais qu\u2019il va faire cette année pour la première fois depuis qu\u2019il est devenu académicien.Quand ?En avril prochain.Où ?Dans Autopor trait de Paris avec chat (Boréal/Grasset).320 pages pour un roman atypique « calligraphié et dessiné à la main » par l\u2019enfant chéri de Petit-Goâve devenu illustre à Montréal, puis immortel à Paris.Il y a bien pire destin.Il faudrait peut-être replonger dans L\u2019art presque perdu de ne rien faire (Boréal), sorte d\u2019autobiographie par ses idées, pour retrouver les balises sur les chemins de sa création, celles qui mènent sans doute à ce récit tout en texte et en dessins où l\u2019homme promet de se dévoiler par ses lectures, par les écrivains qui convergent et ont convergé un jour vers la V il le lumière, vi l le des lettres, « ville où il y a le plus de livres au monde », écrit-il.« Nous parcourons les rues avec Léon-Paul Fargue et Gérard de Ner- val, résume l \u2019éditeur.À Clichy, Henr y Miller f lotte dans sa baignoire.Place de la Sorbonne, c\u2019est François Villon qui rappe en compagnie de Doc Gynéco et de MC So- laar, tandis qu\u2019au Ritz, John Updike inter viewe Coco Chanel pendant qu\u2019Hemingway se soûle au bar.» Joli programme.Habile conteur ou habile manipulateur ?L\u2019un ne va sans doute pas Dany Laferrière Autoportrait de Paris avec chat : retour à l\u2019essentiel pour l\u2019immortel Suzanne Myre L\u2019allumeuse (Marchand de feuilles).Il y a deux choses que la romancière Suzanne Myre semble manier avec dextérité : l\u2019ironie et les civières.Brancardière à l\u2019hôpital Notre-Dame le jour, auteure de fiction la nuit, elle distille la détresse de l\u2019humanité puisée de son premier monde en récit sensible et en poésie dans le second.Les cœurs blessés, les parents absents, les femmes déterminées, les égocentriques chroniques s\u2019y répandent comme des anticorps dans un système malade et façonnent aussi sa nouvelle création qui sonde la complexité de l\u2019être et de l\u2019avoir en 12 histoires situées \u2014 chose rare \u2014 dans Montréal-Nord.Autour du Dic Ann\u2019s, du boulevard industriel ou de la polyvalente Calixa-Lavallée.Il y a des existences bancales, des maux et des sourires qui se retrouvent ici à la porte d\u2019une autre urgence : celle de vivre.Lynda Dion Grosse (Hamac).En 2015, dans Monstera Deliciosa, la romancière n\u2019a pas hésité à relater une agression conjugale dont elle a été victime un jour, confirmant son aptitude à faire de la littéraire le lieu de dévoilement d\u2019une intimité, sans limite ni retenue, sans peur ni reproche.Oui, l\u2019auteure est entière, sans concession, et c\u2019est qu\u2019elle risque de démontrer une nouvelle fois dans Grosse, roman qui sonde les angoisses de ces femmes dont l\u2019obésité devient une source quotidienne de souffrance.C\u2019est une réflexion sur le corps et ses formes figées et uniques que le groupe impose à toutes, l\u2019autopsie d\u2019un parcours de vie troublé par les apparences et exposé sans pudeur pour faire un pied de nez à tous ceux qui se complaisent dans l\u2019homogénéité du monde.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR ANNICK SAUVÉ | 2 3 R e n t r é e l i t t é r a i r e L e s v i s a g e s d e l a f i c t i o n q u é b é c o i s e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 Dany Laferrière en dit peu, car il préfère se raconter en l\u2019écrivant dans des livres.JOEL SAGET AGENCE FRANCE- PRESSE Éric Mathieu Le goupil (La Mèche).Ce n\u2019est pas une condition sine qua non, mais disons que l\u2019étude et l\u2019enseignement de la linguistique peuvent prédisposer à la construction d\u2019univers romanesques à la langue aussi riche que précise.C\u2019est ce qu\u2019a révélé ce prof de linguistique de l\u2019Université d\u2019Ottawa en 2016 avec un premier roman intitulé Les suicidés d\u2019Eau- Claire, récit bien sombre où les rêves brisés et les remords cohabitaient dans un tout aux effluves aussi toxiques qu\u2019hypnotisants.Les normes et leur rigidité y étaient pointées du doigt, comme elles risquent de l\u2019être à nouveau dans Le goupil, qui suit le parcours d\u2019un être atypique, habité par les mots et la langue, et qui cherche sa place dans un monde qui ne lui en fait pas.Yvon Rivard Le dernier chalet (Leméac).Dans son rôle de romancier, l\u2019essayiste et professeur retraité de littérature, qu\u2019il a enseignée pendant 35 ans à McGill, se fait plutôt rare depuis Le siècle de Jeanne (2005).L\u2019absence n\u2019était que passagère et c\u2019est en se questionnant sur cet état de retrait que l\u2019homme à la plume terriblement lumineuse a décidé de la briser en mars prochain.Son nouveau roman plonge en effet dans le quotidien d\u2019Alexandre, qui s\u2019installe avec Marguerite dans un chalet au bord du fleuve avec la ferme intention d\u2019y « apprendre à mourir, de mourir peu à peu, en écrivant chaque jour ».Un récit où la beauté du Saint-Laurent doit se mettre en harmonie avec celle d\u2019une réflexion sur la nature à donner au reste d\u2019une vie approchant de son crépuscule.sans l\u2019autre chez Dany Laferrière, dont Autoportrait de Paris avec chat promet de transporter aussi le lecteur, immanquablement, à Montréal, la ville qui l\u2019a fait, tout comme à Petit -Goâve, où il rend visite à Legba, « le dieu des écrivains, celui qui sépare le monde visible du monde invisible ».Ce dieu aussi qui, un jour de 1985, a rendu visible Dany Laferrière avec une recette salvatrice pour faire l\u2019amour avec un nègre sans se fatiguer, puis avec son Éro- shima, son Goût des jeunes filles, sa Chronique de la dérive douce, son Énigme du retour.Et ce, dans un tout qui passe par l\u2019inlassable réécriture des grandes questions universelles pour donner cette impression d\u2019intimité, qui laisse une pensée en fragments défier la logique de superficialité et affirme une singularité traversée surtout par les influences de toutes les autres.Depuis 1995 et la publication de Soifs, on sait de quoi la romancière Marie-Claire Blais s\u2019abreuve : l\u2019humanisme, l\u2019hypersensibilité à l\u2019égard de la vie, l\u2019indif férence, la corruption des esprits par ces forces crépusculaires qui cherchent à nous éloigner du beau, de la quiétude, de l\u2019intelligence, de la solidarité.Cela fait plus de 20 ans que la plume de cette romancière au très fort engagement social, Prix Médicis 1966 pour Une saison dans la vie d\u2019Emmanuel, assemble les pièces et les milliers de pages de ce cycle de soifs dans lequel Augustino et le chœur de la destruction (2005), Naissance de Rebecca à l\u2019ère des tourments (2008) ou Le jeune homme sans avenir (2012) trouvent leur place.Pour ne citer qu\u2019eux.En 2015, Le festin au crépuscule laissait présager la conclusion de cette imposante fresque littéraire, de cet ambitieux projet d\u2019autopsie des travers et des affres du présent.Et puis, il y a eu Des chants pour Angel l\u2019an dernier, ramenant le Jeune Homme, blanc, suprémaciste, à la pensée ins- trumentalisée par les discours de haine qui habitent un peu trop le présent, dans une attaque contre une église noire.Et puis, il y a ce mois-ci Une réunion près de la mer (Boréal), ultime œuvre, assure-t-on, qui pose la dernière pierre à cet édifice qui forme désormais un décalogue.Daniel, la figure de l\u2019écrivain, personnage qui inscrit l\u2019individu dans l \u2019universel, est bien sûr là, tout comme Mère, Mélanie ou le petit Vincent, devenu grand, Petites Cendres, et la centaine d\u2019autres personnages rencontrés au fil de l\u2019œuvre, tous reliés entre eux, entre le passé et le présent, entre le drame et l\u2019espoir, pour faire apparaître cette lumière essentielle à la vie.Marie-Claire Blais Une réunion près de la mer : l\u2019édifice Soifs trouve sa dernière pierre La romancière Marie-Claire Blais s\u2019abreuve d\u2019humanisme, d\u2019hypersensibilité à l\u2019égard de la vie, l\u2019indifférence, la corruption des esprits.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR DOMINIQUE SKOLTZ Extrait de Autoportrait de Paris avec chat « Je marche dans Paris mais mon esprit est à Montréal.Nous sommes en 1983 et cela fait sept ans que je travaille comme ouvrier dans des conditions [.] difficiles.» L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 R e n t r é e l i t t é r a i r e L e s v i s a g e s d e l a f i c t i o n q u é b é c o i s e 2 4 | À SU RV E I L L E R AU S S I En janvier Isabelle Jubinville, Cruelle berceuse (Leméac).Les ambivalences maternelles traversent ce récit initiatique dans lequel un enfant sans maman prend la mer vers «un archipel qui se nourrit de garçons à la manière d\u2019une ogresse».En février Catherine Lavarenne (notre photo), Quelques lieux de constance (Héliotrope).Une mère sur le point de mourir.Une fille de retour à Montréal après 20 ans passés aux États-Unis et des souvenirs à revisiter avant d\u2019accepter la fin d\u2019une vie.Gabrielle Filteau-Chiba, Encabanée (XYZ).Il paraît qu\u2019une bibliothèque de poètes est utile pour ne pas perdre le nord.Anouk va en faire l\u2019expérience dans le refuge forestier de Ka- mouraska où elle s\u2019enferme pour se retrouver et revisiter ses racines québécoises.Sylvie Drapeau (notre photo), L\u2019enfer (Leméac).La maladie mentale, celle d\u2019un frère, devient cette matière sombre mise en lumière par la plume douce et élégante de la comédienne, qui poursuit la construction de sa tétralogie familiale composée de Le fleuve et Le ciel pour le moment.En mars Rosalie Roy-Boucher, Alice marche sur Fabrice (Éditions de Ta Mère).C\u2019est un premier roman où le cynisme et l\u2019autodérision, dit-on, prennent le chemin de Compostelle.Alice y marche pour oublier Fabrice et imaginer sa vie autrement et ailleurs.Paul Rousseau, Rut rural (Québec Amérique).Une histoire d\u2019amitiés au masculin, mais surtout de trois durs dévoilant leur tendresse en étant confrontés à la vie, à la mort et à la maladie.Martyne Rondeau (notre photo), Je suivrai tes yeux noirs (Triptyque).Une barmaid de l\u2019aéroport de Montréal rencontre un homme trop jeune pour elle qui a en main un billet pour l\u2019Asie.La suite laisse le fantasme dévoiler son pouvoir de transformation.Magali Sauves (notre photo), 160 rue Saint-Viateur Ouest (Mémoire d\u2019encrier).Une visite inattendue replonge Mathis Blaustein, policier à la Sûreté du Québec, juif hassidique du Mile-End renié par sa communauté, dans l\u2019intimité de son passé.En avril Charles-Philippe Laperrière.Gens du milieu (Le Quartanier).Étrange objet que celui-ci, ni roman, ni recueil de nouvelles, qui expose trente fictions en trente portraits d\u2019hommes et de femmes saisis sur le terrain de leur profession.Thomas, comptable, So- fika, philosophe, Michèle, docteure en médecine.Simon Brousseau (notre photo).Les fins heureuses (Le Cheval d\u2019août).Candeur, cynisme, hasard et abandon balisent l\u2019avancée des personnages composant cet ensemble de nouvelles qui sondent la grandeur et la bêtise d\u2019une humanité aux prises avec des forces qui la dépasse.TEXTES : FABIEN DEGLISE LE DEVOIR La Montréalaise Heather O\u2019Neill, née à Montréal, qui vit à Montréal et qui écrit magnifiquement sur Montréal, est sans doute un des secrets les mieux gardés de la métropole.Pour une des deux moitiés, du moins.Son Daydreams of Angels, devenu La vie rêvée des grille-pain, a fait apparaître l\u2019an dernier cette diplômée de McGill de l\u2019autre côté d\u2019une des deux solitudes, dont on peine encore à croire, dans certains quar tiers de la ville du moins, qu\u2019elles existent encore.La romancière dans la jeune quarantaine a pourtant une plume exquise qui fait revivre la rue Saint-Lau- rent des années 1980 comme nulle autre ou qui expose le référendum de 1995 sous un angle moins improbable, loin des réflexions convenues.Elle manie avec délicatesse l\u2019ombre et la lumière, elle fait passer sa plume dans le sillage des Samuel Beckett, des Jean Genest, avec ce regard minutieux pour la mémoire des lieux et pour la vie des gens qui les ont habités, avec toujours en trame de fond l\u2019amour, l\u2019abandon et une sensualité remarquable.Hôtel Lonely Hearts, à paraître en février chez Alto, vient poursuivre l\u2019écriture d\u2019une œuvre à découvrir qui s\u2019inspire de Montréal pour raconter ses humains.Ici, en plongeant dans le Montréal des années folles.Deux orphelins vont s\u2019aimer, vont espérer au contact de la richesse des autres, de la musique et de la danse, mais vont surtout apprendre que la Grande Dépression n\u2019a pas été terrible que pour les financiers, mais l\u2019a été aussi pour les rêveurs.Heather O\u2019Neill Hôtel Lonely Hearts : raconter le Montréal des années folles La Montréalaise Heather O\u2019Neill est sans doute un des secrets les mieux gardés de la métropole.PEDRO RUIZ LE DEVOIR VALÉRIE LEBRUN SERGE BROUSSEAU ALESSANDRO B.TRIPTYQUE MÉMOIRE D\u2019ENCRIER PEDRO RUIZ LE DEVOIR | 2 5 R e n t r é e l i t t é r a i r e L e s v i s a g e s d e l a p o é s i e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Pierre Morency, le poète qui impose le respect Même les poètes savent s\u2019adonner à l\u2019art du selfie.N\u2019est-ce pas en quelque sorte l\u2019exercice auquel se livre \u2014 de la plus noble des façons \u2014 Pierre Morency lorsqu\u2019il annonce au cœur de Grand fanal (janvier, Boréal) que «dans le noir le plus noir de la nuit la plus noire, il mûrit un chant sans musique»?La lumière se terre partout, répète depuis la parution en 1967 de ses Poèmes de la froide merveille de vivre ce monument des lettres québécoises.Et nous le croyons toujours aujourd\u2019hui, moins par respect pour les aînés que parce que son œuvre constitue une des plus convaincantes preuves de ce qu\u2019il prétend.Elkhanna Talbi, la p\u2019tite nouvelle (qui n\u2019en est pas vraiment une) L\u2019authentique poète doit-elle publier un livre afin d\u2019être reconnue comme telle?Le sombre traditionaliste derrière ces lignes se retiendra d\u2019offrir un «oui» trop péremptoire à cette question, mais ne s\u2019empêchera pas pour autant de se réjouir qu\u2019après le slam, après la scène et après les disques, Queen KA dépose enfin ses mots sur les tablettes des librairies.Demandez Moi, figuier sous la neige (Mémoire d\u2019encrier) d\u2019Elkahna Talbi (son vrai nom) en février à votre fournisseur de poésie préféré.Benoit Jutras, pour qui la poésie n\u2019appartient pas au pouvoir La poésie québécoise contemporaine avait rarement trouvé aussi puissante éloge qu\u2019en octobre 2016.Elle «n\u2019ap- par tient pas au pouvoir, quel qu\u2019il soit, elle n\u2019est pas un hochet qu\u2019on empoigne pour divertir la cour», écrivait alors Benoit Jutras, entre les pages de ce quotidien, afin de pourfendre un sonnet approximatif clamé par Philippe Couillard en Chambre dans l\u2019unique but de railler un adversaire politique.« Il s\u2019agit d\u2019un livre qui mélange les paramètres du poème et du texte théâtral pour rappeler que tout poème demeure un monologue », nous apprend-il aujourd\u2019hui au sujet de Golgotha, son septième titre à paraître (avril, Les Herbes rouges).Golgotha : s\u2019agirait-il du sort que le poète souhaite à notre actuel premier ministre québécois?Catherine Harton, celle qui n\u2019a pas peur des images choquantes En 1969, l\u2019artiste Anselm Kiefer se photographie à plusieurs reprises en faisant le salut nazi.Message à l\u2019humanité : peu impor tent les ef- for ts que vous déployez pour le nier, le nazisme n\u2019est pas complètement mort.Catherine Harton n\u2019a jamais eu peur, elle non plus, des images qui choquent.Avec Géotropisme, elle « poursuit son dialogue avec l\u2019art [amorcé dans Francis Bacon apôtre et Monomanies], en propulsant l\u2019univers de Kiefer sur l\u2019horizon d\u2019un XXIe siècle marqué par la catastrophe écologique et l\u2019entropie idéologique », nous signale l\u2019équipe de Poètes de brousse, chez qui le recueil paraît en mai.Christophe Réhel, le livre de jardinage Avec un don très beat pour trouver le satori au cœur du désespoir, Jean-Christophe Réhel continue de déployer dans La fatigue des fleurs (mai, L\u2019Oie de Cravan), son troisième livre, de longs textes souvent narratifs comme autant de tentatives de mater son angoisse que la beauté se dérobe à lui sans avertissement.Il sait qu\u2019en dépit du terreau aride du quotidien, la poésie lui permettra toujours d\u2019en faire pousser lui-même.Faire pousser la beauté dans le terreau aride du quotidien Lumière sur les visages derrière les recueils de poésie qui éclaireront notre hiver et notre printemps Après le slam, après la scène et après les disques, Queen KA dépose enfin ses mots sur les tablettes des librairies.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Pierre Morency revient avec Grand fanal FRANCIS VACHON LE DEVOIR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 R e n t r é e l i t t é r a i r e L e s v i s a g e s d e l a f i c t i o n f r a n ç a i s e 2 6 | TEXTES : DANIELLE LAURIN COLLABORATRICE LE DEVOIR Couleurs de l\u2019incendie (Albin Michel) de Pierre Lemaitre est sans doute le roman le plus attendu de la rentrée française.Et pour cause: ce deuxième volet d\u2019une trilogie consacrée à l\u2019entre-deux-guerres fait suite à Au revoir là-haut, qui a valu à son auteur le prix Goncourt 2013.Envolé à un million d\u2019exemplaires, le livre a été adapté l\u2019automne dernier au cinéma.Nous sommes en 1927.Soit sept ans après le suicide d\u2019Édouard Péri- court, héros défiguré dans le premier tome, lors de l\u2019horrible boucherie de la Première Guerre mondiale, puis arnaqueur spécialisé dans le trafic de monuments aux morts consacrés aux soldats sacrifiés pour la patrie.Personnage ef facé dans le picaresque et décapant Au revoir là-haut, la sœur de cette gueule cassée, Madeleine Péricourt, devient l\u2019héroïne du deuxième tome.Et quelle héroïne! Pierre Lemaitre en fait l\u2019héritière d\u2019un empire financier à une époque où les femmes n\u2019avaient pas encore le droit de vote et ne pouvaient même pas signer un chèque.Afin de respecter la vérité historique, le romancier a d\u2019ailleurs eu recours à une spécialiste de l\u2019histoire des femmes dans les années 1930.On suit Madeleine Péricourt pendant six ans, sur fond de grande crise économique et de montée du nazisme.Mère d\u2019un garçon devenu Pierre Lemaitre Couleurs de l\u2019incendie : une femme forte face à la crise D I X RO M A N S À SU RV E I L L E R Une vie sans fin (Grasset) : dixième roman de Frédéric Beigbeder, où il est question d\u2019immortalité sur fond d\u2019avancées technologiques.Et vous avez eu beau temps (Seuil): l\u2019auteur de La première gorgée de bière, Philippe Delerm, recense les petites phrases du quotidien lancées sans y penser, mais qui parfois frôlent la perfidie.Microfictions 2018 (Galli- mard) : une brique de plus de 1000 pages signée Régis Jauffret, qui propose 500 courts récits plutôt grinçants nourris du quotidien et de l\u2019air du temps.La punition (Gallimard) : Maroc 1965, près d\u2019une centaine d\u2019étudiants sont placés en détention à la suite de manifestations pacifistes.Leur emprisonnement assorti de mauvais traitements durera 19 mois.Le narrateur qu\u2019incarne le Prix Goncourt Tahar Ben Jelloun est l\u2019un deux.Pactum salis (Finitude) : une histoire d\u2019amitié improbable entre deux hommes aux dif fé- rences marquées, deuxième roman très attendu d\u2019Olivier Bourdeaut, après son enchanteur En attendant Bojangles, écoulé à 500 000 exemplaires.Les spectateurs (POL): l\u2019exil et le secret sont au centre de ce roman de Nathalie Azoulai, lauréate du prix Médicis en 2015 pour Titus n\u2019aimait pas Bérénice.Massif central (L\u2019Olivier) : l\u2019histoire d\u2019un homme en fuite, qui vit dans la crainte d\u2019être tué par l\u2019ami qu\u2019il a trahi.Signé Christian Oster, Prix Médicis pour Mon grand appartement, paru en 1999.Une longue impatience (Notabi- lia) : Gaëlle Josse dresse le portrait d\u2019une femme dévorée par l\u2019attente de son fils de 16 ans, disparu au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.Les bouées jaunes (Stock) : l\u2019ex- directeur des Cahiers du cinéma Serge Toubiana rend hommage à sa compagne morte d\u2019un cancer du poumon à 61 ans, la talentueuse écrivaine Emmanuèle Bernheim.Et moi, je vis toujours (Galli- mard): roman posthume de l\u2019académicien Jean d\u2019Ormesson, mort le 5 décembre dernier.Un voyage dans le temps et dans l\u2019espace, qui se donne à lire comme «une sorte d\u2019autobiographie intellectuelle de l\u2019auteur», selon son éditeur.Delphine de Vigan Les loyautés (JC Lattès).Huitième ouvrage pour Delphine de Vigan, après son succès D\u2019après une histoire vraie, sorte de thriller sur l\u2019écriture à la sauce Stephen King.Adapté récemment au grand écran par Polanski, ce roman était précédé d\u2019un autre succès de librairie, salué par les prix Renaudot et Gon- court des lycéens : Rien ne s\u2019oppose à la nuit, inspiré de sa mère bipolaire qui s\u2019est suicidée.À peine sorti en France, son nouvel opus, Les loyautés est finaliste au Grand Prix RTL-Lire 2018 et se hisse parmi les meilleures ventes.On y entend quatre voix entremêlées.Les voix de personnages fissurés : un presque ado dévasté par la séparation catastrophique de ses parents ; son enseignante qui projette sur lui sa propre enfance maltraitée ; un petit camarade dépassé devant la descente aux enfers de son ami ; une femme angoissée qui découvre que son mari n\u2019est pas l\u2019homme qu\u2019elle croyait.Tous sont confrontés à la question de la loyauté sous une forme ou une autre.Les loyautés ?« Ce sont les tremplins sur lesquels nos forces se déploient et les tranchées dans lesquelles nous enterrons nos rêves », écrit Delphine de Vigan.Guerre et terrorisme Comment réagit une mère quand sa fille est accusée de terrorisme ?Mazarine Pingeot s\u2019inspire de faits réels dans Magda (Julliard).Le poète et journaliste syrien Omar Yous- sef Souleimane se raconte dans Le petit terroriste (Flammarion) : enfance sala- fiste, puis dissidence et fuite en France comme réfugié.Marie Redonnet donne voix à trois êtres malmenés par la guerre dans Trio pour un monde égaré (Le Tripode), tandis que Karim Madani évoque l\u2019attentat du Bataclan dans son roman Animal Boy (Serpent à plumes).LAURENT EMMANUEL AFP Extrait de Couleurs de l\u2019incendie « Madeleine n\u2019était pas naïve au point de croire ce qu\u2019on lui racontait.Intensément malheureuse, elle ne savait quoi penser, qui croire, elle s\u2019agitait [.] glissant d\u2019une idée à l\u2019autre sans logique.» R e n t r é e l i t t é r a i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 Du 8 au 14 janvier 2018 La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est propriétaire du système d\u2019information et d\u2019analyse Gaspard sur les ventes de livres français au Canada.Ce palmarès est extrait de Gaspard et est constitué des relevés de caisse de 260 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Gaspard.© BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite.AUTEUR/ÉDITEUR CLASSEMENT PRÉCÉDENT/ NB DE SEMAINE(S) RANG Palmarès Romans étrangers Lumière noire Lisa Gardner/Albin Michel \u2013/1 Origine Dan Brown/Lattès 2/14 Darker.Cinquante nuances plus sombres par Christian E.L.James/Lattès 1/5 Le Women murder club \u2022 Tome 15 La 15e affaire James Patterson | Maxine Paetro/Lattès \u2013/1 Couleurs de l\u2019incendie Pierre Lemaitre/Albin Michel \u2013/1 Une colonne de feu Ken Follett/Robert Laffont 5/17 Millénium \u2022 Tome 5 La fille qui rendait coup pour coup David Lagercrantz/Actes Sud 3/18 La reine du bal Mary Higgins Clark | Alafair Burke/Albin Michel 4/8 Amélia, un cœur en exil Marie-Bernadette Dupuy/Calmann-Lévy \u2013/1 Double piège Harlan Coben/Belfond 9/10 Essais québécois En as-tu vraiment besoin?Pierre-Yves McSween/Guy Saint-Jean 1/64 Le peuple rieur.Hommage à mes amis Innus Serge Bouchard | Marie-Christine Lévesque/Lux 2/8 Désordonnances Alain Vadeboncoeur/Lux 7/7 Acceptabilité sociale : sans oui, c\u2019est non Pierre Batellier | Marie-Ève Maillé/Écosociété \u2013/1 Lettres à une jeune entrepreneure Alexandre Taillefer | Pierre Cayouette/VLB 6/10 La fin des exils.Résister à l\u2019imposture des peurs Jean-Martin Aussant/Atelier 10 4/8 Les luttes fécondes Catherine Dorion/Atelier 10 \u2013/1 Dans mon livre à moi Olivier Niquet/Duchesne et du rêve 5/10 Bienvenue au pays de la vie ordinaire Mathieu Bélisle/Leméac \u2013/1 Le peuple brisé Alex Caine | François Perreault/Hugo Doc 8/10 Essais étrangers Sapiens.Une brève histoire de l\u2019humanité Yuval Noah Harari/Albin Michel 2/99 Homo deus.Une brève histoire de l\u2019avenir Yuval Noah Harari/Albin Michel 1/18 Le miracle Spinoza Frédéric Lenoir/Fayard 3/8 La vie secrète des arbres Peter Wohlleben/Multimondes 4/42 Dire non ne suffit plus.Contre la stratégie du choc de.Naomi Klein/Lux \u2013/1 Ça s\u2019est passé comme ça Hillary Rodham Clinton/Fayard 5/16 Péché originel Gianluigi Nuzzi/Flammarion \u2013/1 En quête d\u2019alternatives.L\u2019état du monde 2018 Collectif/Découverte \u2013/1 Psychothérapie de Dieu Boris Cyrulnik/Odile Jacob \u2013/1 La part d\u2019ange en nous.Histoire de la violence et de.Steven Pinker/Les Arènes \u2013/1 Romans québécois Il y aura des morts Patrick Senécal/Alire 1/9 Affaires privées Marie Laberge/Québec Amérique 2/11 Une simple histoire d\u2019amour \u2022 Tome 3 Les rafales Louise Tremblay-D\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean 3/8 Manikanetish Naomi Fontaine/Mémoire d\u2019encrier \u2013/1 Le peintre d\u2019aquarelles Michel Tremblay/Leméac 10/10 Avec un grand A Janette Bertrand/Libre Expression 6/10 Maudite Saint-Valentin Cynthia Maréchal/Les Éditeurs réunis \u2013/1 Les 3 p\u2019tits cochons Christian Boivin/ADA 8/3 Blanche Neige L.P.Sicard/ADA 5/3 Les chevaliers d\u2019Antarès \u2022 Tome 8 Porteurs d\u2019espoir Anne Robillard/Wellan 9/2 www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Malavoy Titulaire d\u2019un permis du Québec Pour le goût du voyage et l\u2019apport de connaissance une nouvelle saison commence ! \u2022 MONTRÉAL (1er avril) \u2022 conférence et concert à la Maison symphonique XXe Festival des Orchestres des jeunes du Québec \u2022 QUÉBEC (21 avril) exposition Alberto Giacometti \u2022 PHILADELPHIE (9-14 mai) six jours de découvertes ! \u2022 Opéra Tosca et concert symphonique Yannick et Hélène l\u2019art des musées, l\u2019Institut culinaire d\u2019Amérique, le récit de l\u2019histoire, les jardins Longwood.La brochure 2018 est arrivée ! paraplégique au début du roman, elle s\u2019avère une battante.Après avoir connu la déconfiture financière à la suite d\u2019une machination, elle saura bien prendre sa revanche.Couleurs de l\u2019incendie est une fres - que sociale et historique tout autant qu\u2019une histoire de vengeance et de reconstruction.Tout chaud en librairie, l\u2019ouvrage est en tête du palmarès des ventes en France.La critique s\u2019emballe à propos de ce livre de plus de 500 pages, comparé à un roman-feuilleton à la Alexandre Dumas.Une grande réussite, un roman qu\u2019on dévore, s\u2019entend-on pour dire.On souligne l\u2019ironie de l\u2019auteur, son sens du détail, son talent de conteur.Et la profondeur de ses personnages.Le défi était pourtant de taille pour le romancier de 66 ans.Si les lauréats du Goncourt sont la plupart du temps attendus au tournant, écrire une suite à un roman goncourisé peut s\u2019avérer d\u2019autant plus risqué.Sans compter que Pierre Lemaitre, écrivain tardif formé en psychologie, qui plus est venu du polar, avait surpris tout le monde en s\u2019écartant avec succès du roman de genre au point de décrocher la plus haute distinction littéraire française.Le troisième volet de sa trilogie est prévu pour 2019.Le film Au revoir là- haut, réalisé par Albert Dupontel, est présentement en salle au Québec.Le livre de Pierre Lemaitre est sans doute le roman le plus attendu de la rentrée française.Ce deuxième volet d\u2019une trilogie consacrée à l\u2019entre-deux- guerres fait suite à Au revoir là-haut, qui a valu à son auteur le prix Goncourt 2013.RAULARBOLEDA AFP David Foenkinos Vers la beauté (Gallimard).De son côté, l\u2019auteur à succès de La délicatesse, David Foenkinos, prix Re- naudot et Goncourt des lycéens pour son troublant Charlotte, revient avec Vers la beauté.Il y poursuit son exploration du monde de l\u2019art.Au centre de l\u2019histoire : un professeur d\u2019art spécialiste de Modigliani qui devient gardien au Musée d\u2019Orsay.Refusant tout contact social à la suite d\u2019un traumatisme, il se tourne\u2026 vers la beauté.YOHAN BONNET AFP L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T R e n t r é e l i t t é r a i r e L e s v i s a g e s d e l a f i c t i o n d e s A m é r i q u e s 2 8 | TEXTES : MANON DUMAIS LE DEVOIR En 2012, la critique canadienne s\u2019est entichée du premier roman de Grace O\u2019Connell, Magnified World (Random House Canada).« Une poignante exploration de l\u2019amour, de la tristesse et de la lucidité », a-t-on écrit sur le site CBC Books.« Un premier roman accompli, résolument original », selon le Toronto Star, qui « séduit immédiatement par la force de sa narration », au dire du Globe and Mail.Campé à Toronto, Magnified World s\u2019intéressait au sor t de Maggie, jeune femme tentant de survivre au suicide de sa mère, qui s\u2019est engouffrée dans une rivière, les poches remplies de cristaux de zircon.Après avoir retiré ces minéraux des tablettes du commerce nouvel-âge familial, Maggie perd plusieurs fois connaissance.Craignant de s\u2019enfoncer dans la folie, elle désire se rendre en Amérique du Sud afin de découvrir le passé de sa mère.Alors que ni son père, ni son amoureux, ni son psychiatre ne la comprennent, Maggie reçoit la visite d\u2019un mystérieux client, qui prétend pouvoir soigner ses problèmes de santé.Cette première incursion du côté du roman de Grace O\u2019Connell n\u2019ayant pas été traduite en français, le nom de cette enseignante en création littéraire à l\u2019Université de Toronto demeure à peu près inconnu ici.Auteure d\u2019une dizaine de nouvelles, tour à tour collaboratrice pour The Globe and Mail, The National Post et Elle Canada, chroniqueuse littéraire pour This Magazine, Grace Grace O\u2019Connell Foudroyée : une introspection par le drame À SU RV E I L L E R AU S S I En janvier Reine du thriller psychologique, Lisa Gardner relate dans Lumière noire (Albin Michel) le cauchemar d\u2019une femme de nouveau kidnappée après 472 jours de captivité.Dans le roman social Ceux d\u2019ici (Plon), Jonathan Dee dépeint les désillusions de la classe moyenne.Roman inédit d\u2019Isaac Bashevis Singer (1902-1991), Keila la rouge (Stock) fait revivre la communauté juive polonaise d\u2019avant la guerre.En février Entre Toronto et Londres, la journaliste Leah McLaren a écrit Un mari idéal (Albin Michel), comédie de mœurs sur le couple.Avant de pouvoir découvrir l\u2019a - daptation de Purity, on patientera en lisant Phénomènes naturels (Éditions de l\u2019Olivier), de Jonathan Franzen, où un séisme provoque des répercussions tragi-comiques dans une famille.Si vous avez la phobie des guê - pes, Dévorés (Éditions L\u2019interligne), premier roman de Char - les-Étienne Ferland, n\u2019est peut- être pas pour vous.Dans L\u2019été de la haine (Gallimard), de David Means, un jeune vétéran du Vietnam écrit un roman utopique qui tourne à la dystopie.Publié en 1914, Au pays des riches oisifs (Wombat), de Stephen Lea- cock (1869-1944), a pour théâtre une ville fictive où des notables veulent s\u2019emparer de la fortune collective afin de gouverner le monde.Prix Edgar-Allan-Poe 2015 du meilleur premier roman, Dans la vallée décharnée (Actes Sud), de Tom Bouman, dépeint une Amérique rurale dont la tranquillité est menacée par l\u2019industrie pétrolière.Perles des Amériques Paul Auster.4 3 2 1 (Actes Sud).Voilà sept ans qu\u2019on n\u2019avait pas eu droit à un roman de Paul Aus- ter.Avec son colossal 4 3 2 1 (Actes Sud, fin janvier), l\u2019écrivain de Brooklyn saura sans doute se faire pardonner cette trop longue absence.Brique de plus de mille pages, 4 3 2 1 relate la vie d\u2019Archie Ferguson, né en 1947, à Newark, au New Jersey, d\u2019ascendance juive d\u2019Europe centrale, tout comme Paul Aus- ter.Alors qu\u2019il imagine à cet alter ego quatre destins parallèles dans l\u2019Amérique des années cinquante et soixante, Auster esquisse quatre autoportraits en son jeune temps.Louise Erdrich.LaRose (Albin Michel).Née à Little Falls, au Minnesota, d\u2019un père d\u2019origine allemande et d\u2019une mère ojibwée, Louise Erdrich poursuit son exploration des us et coutumes autochtones dans LaRose (Albin Michel, 17 janvier), qui clôt le cycle incluant La malédiction des colombes (2010) et Dans le silence du vent (2013).Figure de proue de la Renaissance amérindienne, elle y raconte l\u2019impact d\u2019une tradition ancestrale dans deux familles du Dakota du Nord à plus d\u2019un siècle d\u2019écart.Jorge Zepeda Patterson.Milena ou le plus beau fémur du monde (Actes Sud).Fort de ses études à la Sorbonne et de son expérience au quotidien espagnol El País, Jorge Zepeda Patterson est retourné dans son Mexique natal, où il met ses qualités d\u2019essayiste sur la vie politique mexicaine au service de ses fictions.Dans le thriller politique et social Milena ou le plus beau fémur du monde (Actes Sud, janvier), le romancier dénonce le trafic humain au Mexique à travers le drame d\u2019une jeune prostituée croate.Paul Auster JEFF PACHOUD Jonathan Dee PLON | 2 9 R e n t r é e l i t t é r a i r e Po l a r T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR L\u2019auteur à surveiller Ahmed Tiab.Pour donner la mort, tapez 1 (Éditions de l\u2019Aube) est déjà le quatrième livre de ce professeur- musicien de jazz d\u2019origine maghrébine installé dans le sud de la France depuis les années 1990.On le lit pour son style, sa façon très particulière de cadrer ses histoires, sa connaissance profonde des sociétés méditerranéennes et surtout pour ses personnages.Ici, un commissaire de police et son assistant, arabe et gai, tentent de mettre au jour une filière reliée à la mouvance islamiste dans les cités autour de Marseille.Le polar québécois à découvrir Poudreries, le deuxième roman d\u2019Éloïse Simoncelli-Bourque publié chez Fides.L\u2019héroïne de son premier livre (Crachin), la journaliste Élisa Morinelli, mène ici une enquête de fond sur l\u2019industrie pharmaceutique et sera amenée à se pencher aussi sur l\u2019assassinat d\u2019un neuropsychiatre sur venu sur le mont Saint-Bruno.Comment les deux affaires sont-elles liées?Là est la question.Le polar scandinave à ne pas manquer ADN d\u2019Yrsa Sigurdardottir, qui paraît ce mois-ci chez Actes Sud, raconte l\u2019assassinat d\u2019une mère sans histoire devant sa petite fille muette.On connaît déjà l\u2019écriture nerveuse, le penchant pour l\u2019étrange et les situations inextricables de l\u2019auteure qui a cartonné l\u2019an dernier avec le très prenant Piégée chez Métailié.Et aussi parce qu\u2019il n\u2019y a pas qu\u2019Arnaldur In- dridason dans ce coin du globe, et que «ce thriller machiavélique et glaçant » vient tout juste d\u2019être retenu comme meilleur roman policier de l\u2019année au Danemark et en Islande.Le polar étranger attendu Il faudra être patient et attendre jusqu\u2019au printemps pour lire le nouveau thriller de R.J.Ellory, Les fantômes de Manhattan (Sonatine).Au- delà des facéties de l\u2019auteur, l\u2019écriture d\u2019Ellory est toujours une surprise renouvelée et personne ne tisse les histoires comme il sait le faire.Ici, le roman repose sur une libraire new-yorkaise un peu nostalgique qui se voit remettre un manuscrit qui changera le cours de sa vie.L\u2019objet étrange de la rentrée L\u2019été de Katya de Trevanian chez Gallmeister.Pour le style inclassable et l\u2019aura de mystère qui entoure cet écrivain remarquable qui a publié plusieurs livres sous plusieurs pseudonymes avant de dévoiler sa véritable identité ; il serait mort en 1987 puis en 2005.Après Main, qui se passe à Montréal dans les années 1970, cette nouvelle parution est plantée en pleine Belle Époque au Pays basque \u2014 où l\u2019auteur aurait vécu \u2014 et raconte une histoire d\u2019amour illustrant d\u2019abord la diversité de son talent.Des sueurs froides en série Entre corruption, radicalisme et vengeance, portrait-robot d\u2019une nouvelle saison dans le roman noir Grace O\u2019Connell trace le portrait de Vida, trentenaire apparemment sans histoire, qui doit quitter Vancouver pour s\u2019installer New York chez un couple d\u2019amis à cause des frasques de son frère.DANI COUTURE BORÉAL O\u2019Connell publiait un second roman en juin dernier, Be Ready for the Lightning (Random House Canada).À l\u2019instar de Magnified World, Be Ready for the Lightning a été chaleureusement accueilli par la critique canadienne : « un roman d\u2019une beau - té stupéfiante » (Toronto Star), « d\u2019une énergie électrisante » (Quill and Quire), écrit avec un « esprit tranchant et une oreille absolue pour le dialogue » (The Globe and Mail).La bonne nouvelle : Be Ready for the Lightning paraîtra en français ce printemps.Mieux encore, c\u2019est à la dramaturge et romancière Fanny Britt qu\u2019on a confié la traduction.Dans Foudroyée (Boréal, 24 avril), Grace O\u2019Connell trace le portrait de Vida, trentenaire apparemment sans histoire, qui doit quitter Vancouver pour s\u2019installer New York chez un couple d\u2019amis à cause des frasques de son frère.Un jour qu\u2019elle monte dans un bus sur la Cinquième avenue, elle est prise en otage par un voyou non dénué de charme qui vient de tuer le chauf feur d\u2019une balle dans la tête.S\u2019ensuit une longue introspection pour Vida dans cet épisode hautement angoissant de sa vie.Perles des Antilles Yanick Lahens.Douces déroutes (Sabine Wespieser).Lauréate du prix Femina pour Bain de lune (2014), l\u2019écrivaine haïtienne Ya- nick Lahens a bouleversé la scène littéraire avec Failles (2010), où elle décrivait les lendemains du séisme ayant dévasté son pays.Thriller cam pé à Port-au-Prince, son nouveau roman Douces déroutes (Sabine Wespieser, 22 janvier) tourne autour de l\u2019assassinant d\u2019un juge intègre.Kettly Mars.L\u2019ange du patriarche (Mercure de France).Trois ans après Je suis vivant, où elle s\u2019intéressait à une famille bourgeoise bouleversée par le retour d\u2019un fils autiste, la romancière Kettly Mars pose de nouveau son regard lucide sur la société haïtienne dans L\u2019ange du patriarche (Mercure de France, 4 janvier).Cette fois, c\u2019est à travers le prisme du vaudou qu\u2019elle trace un portrait de famille où elle s\u2019interroge sur l\u2019avenir qu\u2019offre Haïti aux jeunes.Yrsa Sigurdardottir possède une écriture nerveuse, un penchant pour l\u2019étrange et les situations inextricables.RAGNAR SIGURJO ?N L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 R e n t r é e l i t t é r a i r e L e s v i s a g e s d e l a f i c t i o n d \u2019a i l l e u r s 3 0 | À SU RV E I L L E R AU S S I En janvier Naomi Alderman.Le pouvoir (Calmann-Lévy), quatrième roman de l\u2019Anglaise Naomi Alderman, intrigue : aux quatre coins du monde, les femmes découvrent qu\u2019elles détiennent le « pouvoir », alors que du bout des doigts elles peuvent infliger douleur fulgurante et mort à volonté.Claire-Louise Bennett.Premier livre de Claire-Louise Bennett, Londonienne installée en Irlande, L\u2019étang (L\u2019Olivier) nous promet une plongée originale et ciselée dans l\u2019infra-ordinaire d\u2019une vie à la campagne.En février Donatella Di Pietrantonio.La revenue (Seuil) de Donatella Di Pie- trantonio a remporté en 2017 le prestigieux prix Campiello (le Goncourt italien).Fernando Pessoa.Trente ans après sa découverte par les lecteurs francophones, une toute nouvelle traduction du Livre de l\u2019intranquillité de Fernando Pessoa trouvera sa place en librairie sous une forme et un titre un peu dif férents : Livre(s) de l\u2019inquiétude (Christian Bourgois).Sayaka Murata.Prix Akutagawa en 2016, Konbini, de Sayaka Mu- rata (Denoël), explore sur un mode trouble et poétique le quotidien d\u2019une vendeuse dans un dépanneur à la japonaise.En mars Jorge Volpi.Le Mexicain Jorge Volpi se fera personnel dans Examen de mon père (Seuil), où il se livre à une dissection de ce grand corps malade qu\u2019est le Mexique.Aharon Appelfeld.Ultime roman de l\u2019écrivain israélien Aharon Ap- pelfeld, décédé le 4 janvier dernier, Des jours d\u2019une stupéfiante clarté (L\u2019Olivier) raconte le voyage d\u2019un rescapé des camps de la mort nazis à travers l\u2019Europe centrale.Mo Yan.Quant à lui, le Chinois Mo Yan, Prix Nobel de littérature 2012, nous offre Chien blanc et balançoire (Seuil), des nouvelles racontant avec cruauté et humour sept souvenirs de jeunesse.TEXTES : CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Le ministère du Bonheur suprême est un retour à la fiction vingt ans après Le dieu des petits riens.Née en 1961, architecte de formation, Arundhati Roy a travaillé comme actrice et scénariste pour le cinéma et la télévision en Inde, avant de connaître un succès tant critique que commercial avec son premier roman, Le dieu des petits riens (Gallimard, 1998), qui lui a valu le prestigieux Booker Prize en 1997 et s\u2019est écoulé à plus de six millions d\u2019exemplaires.Inspiré en grande partie de son enfance au Kerala, une région culturel- lement riche et bigarrée du sud- ouest de la péninsule indienne, le roman racontait l\u2019histoire de deux jumeaux de sept ans qui voyaient leur destin séparé par un événement tragique.Une histoire qui a su envoûter bien des lecteurs, séduits autant par l\u2019imaginaire de l\u2019auteure que par son écriture sensuelle et poétique.Depuis, Arundhati Roy semblait s\u2019être incarnée surtout en fervente militante altermondialiste, enchaînant les textes de combat et les essais sur le capitalisme (Capitalisme : une histoire de fantômes, Gallimard, 2016), la globalisation et la démocratie (La démocratie : notes de campagne, Galli- mard, 2011).Elle a combattu les saccages écologiques et la politique nucléaire du gouvernement indien, pris position en faveur de l\u2019indépendance du Cachemire, a partagé le quotidien de rebelles maoïstes dans la jungle et s\u2019est prononcée contre les dérives du nationalisme hindou.Dans ce pays de 1,2 milliard d\u2019habitants, hanté par ses fantômes autant que par sa démographie, sa parole est courageuse et lui a valu déjà un certain nombre d\u2019ennuis.Vingt ans plus tard, sans surprise, Le ministère du Bonheur suprême (Gallimard) prend la forme d\u2019un véritable événement.Celle que le magazine Time décrivait en 2014 comme la « conscience de l\u2019Inde », la faisant figurer dans sa liste des 100 personnes les plus influentes du monde, nous revient semble-t-il en force.Le ministère du Bonheur suprême raconte la vie d\u2019Anjum, une hermaphrodite qui a élu domicile dans un cimetière où elle a recueilli un bébé.Des vieux quartiers encombrés de Delhi jusqu\u2019aux montagnes du Cachemire, son deuxième roman met en scène des dizaines de personnages dont les destins s\u2019entrecroisent, tout comme s\u2019y mêlent le merveilleux, le tragique et les violences.Avec ses talents de magicienne et de Arundhati Roy Bien malin qui oserait mettre une seule étiquette sur les fictions littéraires venues d\u2019époques, de langues et d\u2019horizons différents à paraître en traduction cet hiver | 3 1 R e n t r é e l i t t é r a i r e L e s v i s a g e s d e l a f i c t i o n d \u2019a i l l e u r s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 UN FILM DE LUCA GUADAGNINO MAINTENANT EN VERSION FRANÇAISE TOUJOURS À L\u2019AFFICHE S.T.F./ S.T.A.S.T.AS.T.F.GAGNANT MEILLEUR FILM DE L\u2019ANNÉE LOS ANGELES FILM CRITICS ASSOCIATION GOTHAM AWARDS 3NOMINATIONS AUX GOLDEN GLOBES® MEILLEUR FILM D R A M E MEILLEUR ACTEUR DRAME \u2022 MEILLEUR ACTEUR DE SOUTIEN HAPPY END MAINTENANT AU CINÉMA V.O.F.V.O.S.T.A.« UN FILM D\u2019UNE LUCIDITÉ TRANQUILLE, JAMAIS SENTENCIEUSE, SUR UNE PERTE DES REPÈRES.» TÉLÉRAMA « UNE CRITIQUE FÉROCE ET FORMIDABLE DE L\u2019ÉPOQUE.» LA PRESSE UN FILM DE MICHAEL HANEKE conteuse, Arundhati Roy y déroule une véritable courtepointe d\u2019histoires et de digressions.Une fresque un peu baroque où l\u2019écrivaine de 56 ans, qui vit aujourd\u2019hui à Delhi, semble renouer de façon magistrale avec la fiction.La romancière sans visage On ne sait toujours pas avec certitude qui se cache sous le pseudonyme d\u2019Elena Ferrante, mais quel lecteur s\u2019en soucie vraiment?Avec L\u2019enfant perdue (Gallimard), l\u2019Italienne nous offre le dernier volet de L\u2019amie prodigieuse, une saga fascinante et addictive qui s\u2019étire sur une soixantaines d\u2019années et s\u2019enroule autour des destins sinueux de deux amies, Elena et Lila, qui ont grandi dans le même quartier pauvre de Naples.Thriller sentimental et psychologique, vaste roman d\u2019apprentissage, mais aussi roman féministe et social, la série de la mystérieuse auteure italienne devrait se conclure, dit-on, en une sorte d\u2019apothéose.Blues, marins et Liban Dans Larmes blanches (JC Lat- tès), son cinquième roman, Hari Kunzru mélange non sans ironie blues et appropriation culturelle.Saga contemporaine d\u2019un clan exubérant d\u2019Islandais qui règne depuis deux siècles sur un petit port de pêche, Les rois d\u2019Islande (Zulma) d\u2019Einar Már Gudmunds- son, convoque des marins, des ministres, des aviateurs, des bandits et des avocats, «et parfois tout cela en même temps».De son côté, le Libanais Elias Khoury revient avec Les enfants du ghetto.Je m\u2019appelle Adam (Actes Sud), une sorte de suite à La porte du soleil, qui racontait à sa manière l\u2019histoire des Palestiniens du Liban depuis 1948.Avec ses talents de magicienne et de conteuse, Arundhati Roy déroule une véritable courtepointe d\u2019histoires et de digressions.MONEY SHARMA AGENCE FRANCE-PRESSE JOHN MACDOUGALL AGENCE FRANCE-PRESSE Juan Marsé Cette putain si distinguée (Christian Bourgois).« Juan Marsé est le plus grand écrivain espagnol vivant», a déjà dit de lui le Portugais António Lobo Antunes \u2014 un écrivain qui n\u2019est lui- même pas d\u2019une importance négligeable dans sa catégorie.L\u2019auteur de Calligraphie des rêves nous revient cet hiver avec Cette putain si distinguée, plongeant encore une fois dans la Barcelone des années franquistes d\u2019après- guerre.À par tir du meurtre d\u2019une prostituée dans un cinéma en 1949 et de l\u2019écrivain engagé trente ans plus tard pour tirer de ce fait divers le scénario d\u2019un film, Marsé se livre à magistrale exploration de la mémoire, toujours brouillée et insaisissable.Elif Shafak Trois filles d\u2019Ève (Flammarion).Écri- vaine turque qui écrit en anglais, sorte d\u2019égérie de l\u2019opposition face à l\u2019intraitable président turc, Recep Tayyip Erdo- gan, Elif Shafak revient avec un 10e roman.L\u2019auteure de La bâtarde d\u2019Istanbul (Phébus, 2007), féministe engagée et cosmopolite installée à Londres dont l\u2019œuvre est traduite en 48 langues, sera au rendez-vous de l\u2019hiver avec Trois filles d\u2019Ève (Flammarion), une satire violente de la bourgeoisie stambouliote.Au cours d\u2019un souper dans une somptueuse villa le long du Bosphore, les convives commentent les événements dramatiques que traverse la Turquie pendant que la narratrice se remémore sa jeunesse vécue dans une société coincée entre tradition et modernité.MYCHELE DANIAU AFP Juan Marsé est le plus grand écrivain espagnol vivant ANTÓNIO LOBO ANTUNES » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 R e n t r é e l i t t é r a i r e L e s v i s a g e s d a n s l e s e s s a i s q u é b é c o i s 32 | TEXTES : FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Quel visage donner au temps, celui de cette réflexion qui disparaît de plus en plus dans l\u2019urgence, dans le cri continuel de nos indignations numériques, dans le culte de l\u2019instant ?Celui de Jérémie McEwen, professeur de philosophie, qui, devant l\u2019hystérie collective, va proposer dans Avant je criais fort (XYZ), à paraître en février, de reprendre quelques questions qui excitent ses contemporains pour les disséquer dans le calme, pour en mesurer les tenants, les aboutissants, la complexité, les contradictions loin des opinions faciles et des raccourcis habituels qu\u2019elles alimentent en ce moment.Guerre.Accommodements religieux.Intelligence artificielle.Mensonge.Pudeur.Ennui.Son terrain réflexif est vaste.L\u2019essai promet de déjouer les commentateurs criards \u2014 les amateurs comme les professionnels \u2014 en faisant un peu moins de bruit qu\u2019eux.Prendre le temps de réfléchir, c\u2019est aussi ce que va chercher à Le temps de la réflexion Et si l\u2019urgence de crier pour commenter était en train de nous faire perdre contact avec les nuances du monde?EMMANUEL DUNAND AGENCE FRANCE-PRESSE À SU RV E I L L E R AU S S I En janvier Robert Dion, Des fictions sans fiction ou le partage du réel (PUM).Quelles sont les modalités du nouveau réalisme de la littérature con - temporaine qui, dans l\u2019esprit d\u2019un temps habité par les reality shows et les confessions en ligne, cherche à atteindre une vérité?Le professeur de littérature pose ici la question.En février Robert Lévesque, Décadrages (Boréal).Soixante textes courts pour savourer la plume du redoutable critique, posée ici sur les films et les cinéastes qui l\u2019ont construit au fil des ans.Raymond Ouimet, Tuxedo Kid (Septentrion).Léo-Rhéal Bertrand était un beau bonhomme, mais aussi un psychopathe manipulateur qu\u2019il a été dangereux de fréquenter.Son destin sombre est éclairé dans cette enquête qui expose la beauté du diable, de 1930 aux années 1990.En mars Paul Cliche, Parcours politique (Varia).Le combat et l\u2019engagement social ont balisé sans relâche la trajectoire singulière de ce militant et politicien qui se raconte et qui raconte l\u2019histoire de la gauche au Québec dans ce récit autobiographique.Geneviève Morand et Nathalie-Ann Roy, Libérer la colère (Remue-Ménage).Après la libération de la parole des femmes sur les agressions et la violence sexuelles, ce livre cherche l\u2019apaisement en libérant la colère.Manuelle Alix-Surprenant et Renaud Vinet-Houle, La couleur de l\u2019adoption (Alias).L\u2019adoption internationale a de nombreux visages, qui eux changent celui de l\u2019identité québécoise.En portraits, en rencontres et en textes, cet essai cherche à en témoigner.En avril Francis Dupuis-Déri, Des hommes en crise (Remue-Ménage).L\u2019émancipation des femmes n\u2019est pas à l\u2019origine du désarroi des hommes, expose l\u2019auteur dans cette autopsie critique du discours de la crise de la masculinité.Valérie Lapointe-Gagnon, Panser le Canada (Boréal).Un retour sur les débats intellectuels qui ont accompagné la commission Laurendeau- Dunton sur le bilinguisme et le biculturalisme il y a 50 ans.Un essai fouillé pour saisir le chemin parcouru depuis.Julia Posca, Le manifeste des parvenus (Lux).Entre satire et analyse, la sociologue passe au crible le discours décomplexé de l\u2019élite québécoise au pouvoir qui rêve d\u2019un Qué- béc fait principalement de rentiers et de patrons.Une utopie pécuniaire sondée dans son absurdité, mais surtout ses nombreuses contradictions.En mai Normand Baillargeon, L\u2019arche de Socrate (M éditeur).Le chat n\u2019est pas bon qu\u2019à émouvoir et à divertir.Il peut aussi faire réfléchir sur la condition humaine, va-t-on découvrir dans ce «petit bestiaire philosophique».La main invisible Pour une main invisible, celle qui influence les marchés, selon Adam Smith, disons qu\u2019elle se fait apparente un peu partout, et pas seulement dans le monde des finances et des af faires.Le dogme, établi au XVIIIe siècle par l\u2019économiste écossais, n\u2019en finit plus de structurer nos sociétés, de nourrir l\u2019individualisme, de justifier le laisser-faire et de nous bercer dans l\u2019illusion d\u2019un bien commun défendu par le capitalisme.Dans Manipulés (Fides), Thierr y Pauchant, qui dirige la Chaire en management éthique des organisations à HEC, redécouvre et revisite l\u2019œu- vre de Smith pour en comprendre les nombreux détournements mis au service sans doute de nos aveuglements et de nos asservissements.Les apothicaires C\u2019est la fatalité du temps qui passe: derrière le tube d\u2019onguent, la boîte d\u2019antibiotiques, le sirop qui décongestionne ou la crème qui aseptise, les hommes et les femmes qui, de la préhistoire à aujourd\u2019hui, ont fait ces découvertes qui soignent ou qui sauvent ont depuis longtemps disparu.Curieuses histoires d\u2019apothicaires (Septentrion), de Gilles Barbeau, ancien doyen de la Faculté de pharmacie de l\u2019Université Laval, va chercher ces oublis pour les ramener au bon souvenir du présent en mars prochain, et ce, en revenant sur les circonstances, sur les individus, sur les anecdotes qui forgent plusieurs grandes découvertes de la pharmacologie, une science exacte qui est aussi le fruit des hasards, des accidents et des innovations par l\u2019erreur.DREW ANGERER GETTY IMAGES/AFP GETTY IMAGES | 3 3 R e n t r é e l i t t é r a i r e L e s v i s a g e s d a n s l e s e s s a i s q u é b é c o i s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 faire Maxime Catellier, poète, romancier et essayiste, dans Le temps présent (Boréal), à paraître en février.Comment ?En laissant son esprit et ses pensées se promener entre Montréal et Rimouski, entre la ruralité et les Maritimes, entre la délicatesse de l\u2019instant et la crispa- t ion de cer tains présents pour mieux saisir les contours de son univers.L\u2019homme s\u2019inquiète du contrôle passif des masses, des relations humaines distantes, de l\u2019aseptisation de nos environnements qui changent subtilement notre rapport aux autres et au monde, au passé à l\u2019avenir, aux migrations, à la pauvreté.C\u2019est le récit d\u2019un espoir en somme qui cultive toutefois la pensée comme une forme d\u2019exil.Prendre le temps de saisir les turbulences de notre temps, c\u2019est aussi ce que propose de faire Gil les Voyer dans Gabriel et le philosophe (Fides), qui sort ce mois-ci.En 24 lettres, « adressées à Gabriel, un jeune adulte tourmenté venu frapper à sa porte », l\u2019homme, directeur des services professionnels et hospitaliers à l\u2019Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke, fait un pied de nez aux raccourcis qui cimentent les réflexions du moment pour prendre le temps de lui parler de la normalité, de l\u2019amour, du bonheur, de l\u2019éthique, de Dieu, de l\u2019art, de la santé, d\u2019autonomie, d\u2019accommodements, d\u2019idéologie ou de fin de vie.Une manière comme une autre d\u2019apprivoiser la sinuosité des chemins où l\u2019humain circule en cherchant trop souvent une topographie linéaire forcément illusoire.Rodolphe Lemieux La fascination pour le Japon ne date pas de vendredi dernier et de la sortie d\u2019un énième épisode dans une interminable série de mangas ! Si le Canada s\u2019est rapproché du pays du Soleil levant, c\u2019est en partie grâce au diplomate canadien Rodolphe Le- mieux, qui, en 1907, à la demande de Wilfrid Laurier, est allé tisser le premier lien diplomatique avec cette société singulière.Dans Un diplomate à la découver te du Japon (Septentrion), René Castonguay va laisser en mars prochain ce premier contact se raconter lui-même en passant par les écrits et les récits de ce bourgeois canadien confronté à un exotisme qu\u2019il ne soupçonnait pas.Maxime Olivier Moutier Il n\u2019est pas seulement capable d\u2019intensité dans la torture de ses introspections.Le romancier manie aussi l\u2019humour, la lucidité, le regard éclairé sur le monde et les choses, et c\u2019est ce que devrait mettre en lumière L\u2019inextinguible (Hamac) en février prochain.À l\u2019origine, cette série d\u2019entretiens menée par Paula Singer avec l\u2019auteur de Risible et noir (1997), Rita tout court (2013) et Journal d\u2019un étudiant en histoire de l\u2019art (2015) devait alimenter le travail universitaire d\u2019une étudiante fascinée par l\u2019auteur et psychanalyste.Mais en laissant son feu intérieur s\u2019embraser, en donnant à sa parole la liberté et la franchise qui sont les siennes, l\u2019homme a fait en sorte que le projet aille finalement, à l\u2019image de sa pensée, un peu plus loin.Roméo Bouchard En 2016, l\u2019infatigable militant pour une ruralité libre, l\u2019indigné constant devant l\u2019exploitation, l\u2019abus, le mépris signait Survivre à l\u2019of fensive des riches (Écosociété), essai à charge contre les absurdités du présent.Deux ans plus tard, c\u2019est par un croisement entre la littérature et la sociologie qu\u2019il revient dans Gens du pays (Écosociété), à paraître en mai, «ouvrage très humain», dit-il, qui dresse le portrait d\u2019une vingtaine de personnages de son village d\u2019adoption, Saint-Germain-de-Kamou- raska, qu\u2019il habite depuis 42 ans.Dépeuplement des régions, métamorphose d\u2019un village sous l\u2019influence des néoruraux, tensions et solidarité doivent habiter ce texte qu\u2019il conçoit comme un cadeau à son village qui fête cette année ses 125 ans.Russell Williams C\u2019est toute l\u2019horreur d\u2019un colonel de l \u2019armée canadienne, honoré, adulé par son environnement, et qui en 2010 a dévoilé la pire face de son humanité, celle du monstre de Tweed \u2014 petite ville de l\u2019Ontario \u2014, celle du violeur, du tueur, du prédateur qu\u2019il a été pendant des années avant de tomber sous le poids de ses propres confessions.N\u2019était-il qu\u2019un esprit malade ?Un cas isolé ?Ou la conséquence d\u2019une construction sociale de l\u2019agression masculine et de la masculinité par les agents de l\u2019État ?L\u2019essayiste Émilie Beauchesne sonde ces questions en mars dans Permis de tuer ?Masculinité, culture du viol et armée (M éditeur).Rodolphe Lemieux a tissé le premier lien diplomatique Canada-Japon.DOMAINE PUBLIC Guerre.Accommodements religieux.Intelligence artificielle.Mensonge.Pudeur.Ennui.Le terrain réflexif de Jérémie McEwen est vaste.Son essai promet de déjouer les commentateurs criards en faisant un peu moins de bruit qu\u2019eux.Maxime Olivier Moutier manie l\u2019humour et la lucidité sur le monde.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Roméo Bouchard, l\u2019infatigable militant pour une ruralité libre FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Un colonel de l\u2019armée canadienne, honoré et adulé, a dévoilé la pire face de son humanité.NATHAN DENETTE PC L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 R e n t r é e l i t t é r a i r e E s s a i s d \u2019a i l l e u r s 3 4 | DIMANCHE 4 FÉVRIER 2018 2105, ch.Ste-Foy, Québec voyages-lambert.com À MONTRÉAL LIEU : AUBERGE UNIVERSEL - 5000, RUE SHERBROOKE EST ENTRÉE LIBRE PRÉSENTATIONS DE NOS CIRCUITS TERRES D\u2019ESPAGNE PAYS DES TROIS CULTURES Du 16 septembre au 7 octobre 2018 AFRIQUE DU SUD VIRÉE INOUBLIABLE CHEZ LA NATION ARC-EN-CIEL Du 13 novembre au 7 décembre 2018 CHYPRE & MALTE Du 29 avril au 15 mai 2018 FRANCE ENTRE HÉRITAGE CULTUREL ET PATRIMOINE VITICOLE Du 30 mai au 16 juin 2018 BUDAPEST - BRATISLAVA VIENNE - PRAGUE Départs : 16 mai & 4 septembre 2018 11h00 11h00 12h45 12h45 14h30 Expérience d'immersion interculturelle Dharamsala (Inde), Madagascar, Pérou, Sénégal et Vietnam.Séjour de 7 semaines COÛT : de 5 195 $ à 6 225 $ (formule « tout inclus ») proposée aux personnes de 50 ans et plus avec hébergement dans une famille et bénévolat Voyages solidaires Pour assister à une séance d'information, téléphonez au 514 325-0150, poste 2039 http://voyagessolidaires.collegemv.qc.ca POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT CONTACTER ÉVELYNE DE VARENNES AU 514 985-3454 BON VOYAGE MICHEL LAPIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR Tandis que Donald Trump tonne contre une critique de sa présidence, Fire and Fury, de Michael Wolff, publiée en anglais (Holt), des essais, cette fois écrits en français ou traduits dans notre langue, pourraient aussi faire des vagues.L\u2019enquête de la rentrée Les hommes du Kremlin, dans le cercle de Vladimir Poutine, succès de librairie du journaliste russe Mikhail Zygar (Cherche midi) constitue, à l\u2019aide d\u2019interviews comme dans l\u2019enquête américaine de Wolff, une histoire critique du pouvoir.Très prisée par une compatriote de Zygar, Svetlana Alexie- vitch, Prix Nobel de littérature et adversaire de Poutine, l\u2019édition originale aurait, selon l\u2019opposition au régime, coûté à l\u2019auteur son poste à la seule chaîne indépendante de télévision d\u2019information de Russie.Le regard lucide à surveiller De son côté, Jean-Pierre Filiu, spécialiste français du monde arabo-musul- man, dans son provocant Généraux, gangsters et jihadistes (La Découverte), lève le voile sur une contre-révolution dans laquelle militaires, criminels et tenants de la guerre sainte s\u2019amalgament pour effacer tout espoir démocratique issu du Printemps arabe de 2010-2012.Une analyse d\u2019une crise du pouvoir dans une société encore plus déchirée que ne le sont celles des États-Unis et de la Russie.La biographie du début d\u2019année Quant à Jürgen Habermas.Une biographie, du sociologue allemand Stefan Müller-Doohm (Gallimard), il met en parallèle la pensée et les interventions du plus célèbre des philosophes allemands vivants.Il traite notamment du patriotisme constitutionnel défendu par Habermas pour construire une Europe ouverte aux minorités musulmanes en son sein.Ce principe s\u2019oppose aux relents de nationalisme et de populisme, honteux retours en arrière.Le mot de l\u2019année Pour lutter contre le gel de la pensée qui menace les quatre coins du monde, il ne faut pas craindre le mot clé de l\u2019avenir de l\u2019humanité: changement.Voilà ce que suppose Thomas C.Durand, écrivain français et docteur en physiologie végétale, dans L\u2019ironie de l\u2019évolution (Seuil) en soutenant que les idées reçues « sont nos ennemis les plus redoutables».Selon Durand, c\u2019est la très lente histoire du cerveau humain qui explique la difficulté d\u2019accepter la théorie de l\u2019évolution.L\u2019objet atypique de la rentrée Français lui aussi, Ivan Jablonka, historien en plus d\u2019être écrivain, montre, en publiant En camping- car (Seuil), autoportrait axé sur les vacances et l\u2019enfance, que l\u2019on peut concilier sciences sociales et création littéraire.Par ses origines, le petit-fils de Juifs polonais exterminés à Auschwitz évoque, de Washington à Moscou, en passant par le monde arabe et la percée en Europe de nationalismes très xénophobes, les dangers que présenteraient les empires plus ou moins assumés, par fois tout simplement rêvés.La menace des empires Entre enquête et regard lucide, les essais d\u2019ailleurs saisissent la complexité du présent Vladimir Poutine et ses amis, ici à la pèche en Sibérie, intéressent le journaliste Mikhail Zygar qui a fait enquête sur Les hommes du Kremlin.ALEXEY NIKOLSKY / SPUTNIK / AGENCE FRANCE-PRESSE Le Français Jean-Pierre Filiu lève le voile sur une contre-révolution dans laquelle militaires, criminels et tenants de la guerre sainte s\u2019amalgament pour effacer tout espoir démocratique issu du Printemps arabe | 3 5 R e n t r é e l i t t é r a i r e Je u n e s s e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 MARIE FRADETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR De l\u2019album au roman pour adolescents, en passant par l\u2019illustrateur qui gagne à être connu et sans oublier le documentaire qui fera tourner les têtes, voici en quelques lettres les incontournables de la rentrée.L\u2019auteur-illustrateur à surveiller Pascale Bonenfant.Cer tains l\u2019ont déjà lue, mais elle reste encore méconnue pour plusieurs.Elle écrit avec poésie, dessine avec minutie et nous avons récemment pu lire sa prose dans Lou, album illustré par Valérie Boivin et par u l\u2019automne passé.Nous la retrouverons ce printemps du côté de l\u2019illustration dans Mais qui fait tout ce bruit ?(Éditions d\u2019Eux), un album écrit par Céline Claire.Son trait délicat, animé, franc et épuré nous invite à plonger dans un univers qui reste assurément touchant.L\u2019album pour tout-petits C\u2019est bien ! C\u2019est af freux ! est de ces albums qui s\u2019use à force d\u2019être lu et relu.Écrite en 1963 par Joan M.Lexau et illustrée par Aliki, l\u2019histoire de ce petit Sanji pris en chasse par un rhinocéros et questionné par un tigre marque les premiers pas d\u2019une nouvelle maison d\u2019édition, Le lièvre de mars, dirigée par Nadine Rober t.Remettant à l\u2019honneur des albums jeunesse épuisés depuis les dernières décennies, Le lièvre de mars se fait gardien et passeur d\u2019un passé littéraire à découvrir.À lire fin janvier.L\u2019album pour les grands Album intriguant que celui des Espagnols Manuel Marsol et Carmen Chica qui paraîtra chez Fourmis rouges en mars.La montagne, c\u2019est l\u2019histoire d\u2019un homme qui s\u2019arrête momentanément le long de la route.La forêt l\u2019appelle, il y entre et y découvre mille et une merveilles.Entre métamorphoses et rencontres improbables, le récit mène le héros vers une réelle communion avec la nature et les esprits.Les couleurs franches et profondes des illustrations nous propulsent dans ce monde parallèle.Le documentaire Après L\u2019Amérique en chemin de fer et le très atypique et fascinant Poissons électriques, les éditions de La Pastèque récidivent du côté du documentaire avec Ours \u2014 brun, blanc, noir, un album écrit et illustré par Pascal Girard.Depuis les origines de l\u2019ours, qui aurait pour ancêtre un certain Ursavus, jusqu\u2019aux dif férentes espèces qui déambulent sur la planète, tout comme celles qui sont menacées, l\u2019ours se fait voir sous toutes ses coutures.Le roman pour adolescents Robert Davidts nous offre Molécule et le fil des événements en 612 pages.On y retrouve une toute petite fille, «si petite que personne n\u2019arrivait à lui donner un âge [\u2026] Au moment des événe- ments, elle mesurait 65cm plus 3 millimètres ».C\u2019est alors qu\u2019elle tombe dans un pays inconnu.La suite de ce roman fantastique, abracadabrant \u2014 comme le définit l\u2019éditeur Soulières \u2014, nous transporte de l\u2019autre côté du miroir.À noter, ce roman devait être illustré par feu Francis Back.Lecture jeunesse en cinq temps À l\u2019orée de la rentrée, plusieurs titres font de l\u2019œil à des lecteurs de tous âges Illustration tirée d\u2019Ours \u2014 brun, blanc, noir, un album écrit et illustré par Pascal Girard.LA PASTÈQUE Détail d\u2019une illustration tirée du livre La montagne FOURMIS ROUGES Baricco en couleurs matinales FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Ce sont des récits croisés, des histoires de nouveaux départs qui prennent forme dans l\u2019intimité, parfois cruelle, de la nuit pour atteindre leur point de dénouement au petit matin.Trois fois dès l\u2019aube du romancier italien Alessandro Baricco, publié en 2015, avait cette lumière fascinante des existences humaines complexes magnifiquement balisées par le monde des lettres.En ce début d\u2019année, sous le titre 3 fois dès l\u2019aube (Fu- turopolis) \u2014 forcément ! \u2014, le bouquin va se mettre en couleurs et en forme dans une adaptation inspirée par l\u2019univers graphique d\u2019Edward Hopper et signée Aude Samama et Denis Lapière.Yves, un gars ben ordinaire Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on en rit que c\u2019est drôle, saut peut-être en compagnie d\u2019Yves, urbain, sympathique dans sa banalité, amusant dans sa conformité, mis au monde par Luc Bossé et Alexandre Simard en 2010 dans Yves, le roi de la cruise (Pow Pow), chroniques sociales d\u2019un jeune homme bien de son temps.Sept ans plus tard, le comique malgré lui prépare son retour en avril prochain dans Yves, fidèle à lui-même (Pow Pow).Désormais, il attire les filles \u2014 ce qu\u2019il ne faisait pas très bien avant.Normal, puisqu\u2019il vit désormais en couple.L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 R e n t r é e l i t t é r a i r e L e s v i s a g e s d e l a b a n d e d e s s i n é e 3 6 | Une zone agricole en bédéreportage Le journaliste indépendant Remy Bourdillon, spécialiste des questions environnementales, et l\u2019illustrateur Pierre-Yves Cezard, qui bosse pour le monde de la communication et de l\u2019édition, ont déjà mis en enquête et en dessin une histoire de reconversion d\u2019un bâtiment industriel.Ce printemps, ils se mettent au vert.Dans Faire campagne (La Pastèque/Atelier 10), ils plongent dans le garde-manger des Québécois où le culte de la productivité et la mainmise d\u2019un syndicat font apparaître des tensions, des paradoxes et des contradictions.Rester sans mots Laisser la ligne claire mettre en lumière seule, sans un mot, la beauté, la sensibilité, l\u2019universalité de la vie.Voilà le projet singulier qui guide depuis des années le dessinateur Nicolas Presl, auteur de Priape (2006), qui réapparaît en cette rentrée hivernale avec Levants (Atrabile).L\u2019œuvre poursuit son incursion dans les cultures du Proche-Orient.Un marchand affable et une femme meurtrie s\u2019y rencontrent et s\u2019y racontent, dans un cadre narratif exigeant et risqué où l\u2019auteur expose une fois de plus une totale maîtrise.ATRABILE LA PASTÈQUE / ATELIER 10 POW POW FUTUROPOLIS DUPUIS Spirou mis en abyme Voilà une bande dessinée complètement méta.Alors que la comédie Les aventures de Spirou et Fantasio se prépare à prendre d\u2019assaut les écrans du 7e art en 2018, sous la réalisation d\u2019Alexandre Coffre, Le triomphe de Zor- glub (Dupuis), lui, propose en février, sur un scénario d\u2019Olivier Bocquet et les dessins de Brice Cossu et Alexis Sentenac, une aventure singulière, pour ne pas dire opportuniste.À l\u2019intérieur: Spirou, l\u2019illustre personnage du 9e art, se retrouve face à un projet de film sur sa vie.Or Fantasio n\u2019arrive pas à décrocher son propre rôle, étant jugé trop vieux pour la chose.Et la suite, entre l\u2019Afrique et la France, prend les tonalités ludiques de circonstance. | 37 T h é ât r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 C U L T U R E ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR n présentant sa saison au Devoir en août dernier, le directeur artistique de La Licorne, Denis Bernard, avait qualifié Chaloupe de rien de moins que « sulfureux ».Dans sa première pièce, Syl- vianne Rivest-Beauséjour explore crûment le désir féminin, d\u2019une manière qu\u2019elle veut positive, ludique, mais pas fleur bleue.Or, même si les auteures sont désormais plus nombreuses à exposer une parole explicite, la comédienne estime que l\u2019expression de la sexualité féminine pose toujours problème.On a beau en consommer, parler «réellement» de sexualité, tous genres confondus, est déjà difficile dans notre société, constate-t-elle.«La femme-ob- jet, on y est habitués.Mais dès qu\u2019une femme exprime sa sexualité, souvent on présente ça sous l\u2019angle d\u2019une problématique, plutôt que comme quelque chose d\u2019épanouissant.Et souvent on le ramène à la victimisation de la femme.Pourquoi ne peut-on pas juste exprimer un désir?» Sans être nécessairement dans les revendications.Pour elle, cette lacune n\u2019est pas anodine.L\u2019entrevue a eu lieu dans la foulée de la controverse entourant la réaction de 100 Françaises au mouvement #MeToo.Un affrontement entre « deux clans féministes, qui veulent chacun que la femme soit libre et forte», juge-t-elle, mais qui le portent d\u2019une manière différente.«Au lieu de travailler ensemble à construire quelque chose, il y a altercation.Alors que, si on travaillait davantage à exprimer notre désir en tant que femme, et à accueillir le désir des femmes, je pense que beaucoup de problèmes s\u2019effaceraient d\u2019eux-mêmes.» On a aussi du mal à dissocier ce désir de la quête amoureuse.Syl- vianne Rivest-Beauséjour regrette que, dans le discours sur la sexualité féminine, « on occulte complètement le rappor t plus pulsionnel ».C\u2019est cette pulsion, dans ce qu\u2019elle a de beau et de touchant, qu\u2019elle veut dépeindre dans Chaloupe.« Il y a des actes sexuels qu\u2019on associe souvent à la pornographie parce qu\u2019ils sont moins romancés.Mais dans la vie, ces actes sont nourris d\u2019émotions \u2014 ce qui ne signifie pas nécessairement de l\u2019amour \u2014, ce n\u2019est pas juste Cet obscur désir féminin Dans son solo Chaloupe, Sylvianne Rivest-Beauséjour traite d\u2019appartenance identitaire à travers une sexualité explicite quelque chose de froid et vide.» Et dans son monologue, « c\u2019est la sexualité qui déclenche les autres questionnements ».Le sexe devient un révélateur de la quête identitaire de la protagoniste.Exilée à Berlin, celle-ci vogue entre deux hommes comme entre deux patries.« J\u2019avais envie de parler de ma génération, que je sens beaucoup dans l\u2019errance.Pour moi, c\u2019est à la fois positif et négatif.Il y a une réelle mixité culturelle partout.» Que veut dire désormais l\u2019appartenance, «concrètement, philosophiquement», lorsqu\u2019on peut vivre n\u2019importe où?interroge-t-elle.«Et pourquoi faut- il absolument appartenir à un lieu?» Ménage à trois linguistique Elle-même était dans la capitale allemande durant l\u2019écriture de Chaloupe.Une ville où elle se sent bien.Pour de multiples raisons, dont l\u2019importance qu\u2019y revêt l\u2019art.«Là-bas, il n\u2019est pas un produit de consommation.» Et c\u2019est parce que sa langue, sa culture lui manquait qu\u2019elle s\u2019est mise à écrire à haute voix.La musicalité qui en a résulté l\u2019a incitée à intégrer des passages en anglais et en allemand à son texte québécois.Ce ménage à trois linguistique traduit l\u2019expatriation de la narratrice et toute la difficulté d\u2019entrer en contact avec les autres.« Il y a aussi comment une langue qu\u2019on ne maîtrise pas peut devenir poétique.Et un outil de communication beaucoup plus direct.» D\u2019où le langage « actif » de la pièce.« L\u2019action est à travers les mots.Un peu se- Sylvianne Rivest-Beausé- jour était dans la capitale allemande durant l\u2019écriture de Chaloupe.Une ville où elle se sent bien.PEDRO RUIZ LE DEVOIR lon le même principe que le slam.» Incluant en parallèle une baladodif- fusion, de courtes vidéos et des li- vres-objets, Chaloupe déploie un projet multidisciplinaire plus vaste sur l\u2019intimité.L\u2019auteure souhaitait jeter des ponts entre des créateurs de cultures et de disciplines différentes.Et retrouver cette qualité de collaboration, d\u2019entraide, qu\u2019elle admire chez ses amis de l\u2019Allemagne de l\u2019Est, les «restants du communisme »\u2026 Le vertige de l\u2019intimité Sylvianne Rivest-Beauséjour, qui a fait des recherches, constate «qu\u2019au théâtre, il n\u2019existe pas de texte vraiment érotisant».«Faire entrer dans un rapport intime toute une salle ensemble, c\u2019est sûr que c\u2019est vertigineux», admet- elle.Et ça engage la question de qui est réellement regardé.«Le spectateur a conscience qu\u2019il y a des gens autour de lui, même s\u2019il n\u2019est pas sur scène.C\u2019est intéressant de jouer avec cette limite.» Mais l\u2019auteure et son metteur en scène, Steve Gagnon, le font «avec finesse plutôt que de façon racoleuse.On n\u2019est pas dans la démonstration».La peur est ailleurs pour l\u2019actrice, qui vit son premier monologue.« Quand j\u2019ai écrit le texte, ce n\u2019était pas du tout mon intention de le jouer ! (rires) » C\u2019est Denis Bernard qui le lui a proposé.« Je suis très pudique, gênée.De por ter seule ce morceau du début à la fin, c\u2019est déjà un immense défi.Pour moi, ça, c\u2019est très impudique, bien plus que de parler de sexualité.» Chaloupe Texte : Sylvianne Rivest-Beausé- jour.Mise en scène: Steve Gagnon.À La Petite Licorne du 22 janvier au 9 février.E L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e Té l év i s i o n 3 8 | GRAND ANGLE MANON DUMAIS LE DEVOIR En 2016, la chaîne CBS annonçait qu\u2019elle ferait revivre La quatrième dimension, populaire série anthologique de science-fiction présentée par Rod Serling dans les années 1960, de façon interactive sur sa plateforme numérique All Access.Tout en respectant l\u2019essence de la série originale, ce reboot, confié aux bons soins de Jordan Peele (Get Out), Simon Kinberg (X-Men: Dark Phoenix) et Marco Ramirez (The Defenders), permettrait aux spectateurs de contrôler le déroulement de l\u2019histoire, à la manière d\u2019un jeu vidéo ou d\u2019un livre dont vous êtes le héros.En attendant que la nouvelle mouture de La quatrième dimension voie le jour, HBO s\u2019apprête à dévoiler la nouvelle série du réalisateur Steven Soderbergh (The Knick) et du scénariste Ed Solomon (Insaisissables), Mosaic.Ce qui rend cette série de six épisodes différente des autres, c\u2019est qu\u2019elle existe déjà sur une application gratuite disponible aux États-Unis permettant au spectateur de naviguer à sa guise parmi les huit heures de vidéo mises à sa disposition.Qui a tué Olivia Lake ?Campé dans une station de ski de l\u2019Utah, Mosaic met en scène Olivia Lake (Sharon Stone, excellente), célèbre romancière et illustratrice jeunesse.Superbe quinquagénaire au caractère bien trempé, Olivia ressent le besoin, au grand dam de son meilleur ami gai JC Schif fer (Paul Reubens, impeccable mais sous-utilisé), de lire le désir dans les yeux des hommes.Et elle paiera très cher puisqu\u2019elle est assassinée la veille du jour de l\u2019An.Qui est le coupable ?Joel Hurley (Garrett Hedlund), aspirant artiste et homme à tout faire qu\u2019Olivia vient de virer?Son amoureux éconduit Eric Neill (Frederick Weller), qui vient de lui avouer qu\u2019il était un «arnacœur» engagé par le mécène Michael O\u2019Connor (James Ransone) et son acolyte Tom Davis (Michael Cer veris) pour la convaincre de leur vendre sa propriété?Après avoir visionné l\u2019épisode d\u2019introduction d\u2019une vingtaine de minutes sur l\u2019application, le spectateur peut décider de suivre un personnage plutôt qu\u2019un autre, par exemple l\u2019agent Nate Henry (Devin Ratray), qui mène l\u2019enquête, ou Petra (Jennifer Ferrin), persuadée de l\u2019innocence de son frère Eric, d\u2019écouter ou non un message laissé sur un répondeur, de consulter ou non un article sur Internet.Ce faisant, le spectateur risque de passer à côté d\u2019un détail important ou de finir dans une impasse, ce qui l\u2019oblige à reprendre le récit du début.L\u2019expérience peut donc se révéler aussi excitante que frustrante.Qu\u2019en est-il de la série diffusée sur HBO ?À l\u2019instar de toutes les séries traditionnelles, elle se laisse regarder passivement.En fait, le seul élément rappelant le plaisir de l\u2019interactivité est la manière dont est conçu le grand succès littéraire d\u2019Olivia.Du téléphone à la télé Ce qu\u2019il y a de remarquable dans ce livre pour enfants d\u2019Olivia, c\u2019est que lu dans un sens, il raconte l\u2019histoire d\u2019une famille d\u2019ours terrorisée par un chasseur, et lu dans l\u2019autre sens, celle d\u2019un chasseur chassé par des ours.Or, selon le regard qui est posé sur Olivia, elle apparaît tantôt telle une cougar assoiffée de Fragments de polar Steven Soderbergh teste les limites de l\u2019interactivité avec la série Mosaic Alpha & Omega : du Web au théâtre Du 24 avril au 19 mai, Espace libre présentera une pièce de théâtre développée par Alexis Martin et Daniel Brière, codirecteurs artistiques du Nouveau Théâtre expérimental, et le zapartiste Christian Vanasse.La particularité de cette œuvre théâtrale, c\u2019est qu\u2019elle aura d\u2019abord pris la forme d\u2019une websérie de huit épisodes à la fin desquels le public sera appelé à choisir notamment les acteurs, les décors et les costumes.Réalisé par Martin Talbot (Les Parent), Alpha & Omega met en scène le directeur artistique du Théâtre Alpha (Daniel Parent), à qui la présidente du C.A.(Anik Lemay) exige de créer une pièce qui plaira au plus grand nombre de spectateurs possible.Cette expérience inédite de théâtre interactif débute sur le site d\u2019Artv le 30 janvier.Superbe quinquagénaire au caractère bien trempé, Olivia Lake (Sharon Stone) ressent le besoin, au grand dam de son meilleur ami gai JC Schiffer (Paul Reubens), de lire le désir dans les yeux des hommes.CLAUDETTE BARIUS HBO Après avoir visionné l\u2019épisode d\u2019introduction d\u2019une vingtaine de minutes sur l\u2019application, le spectateur peut décider de suivre un personnage plutôt qu\u2019un autre | 3 9 C u l t u r e Té l év i s o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 Œuvres interactives Émilie (2013) : Avant de sortir au grand écran, la comédie sentimentale de Guillaume Lonergan mettant en vedette Émilie Bibeau a été une websérie interactive transmédia (téléphonie, messagerie, réseaux sociaux) de Jean- Christophe Yacono développée pour Radio-Canada.Wei or Die (2015) : Fiction créée par Simon Bouisson pour France Télévisions offrant au spectateur la possibilité de suivre les personnages de son choix grâce à différentes caméras.Late Shift (2016) : Long métrage de Tobias Weber produit avec la télévision publique suisse alémanique, Late Shift permet au public de choisir parmi sept fins possibles à l\u2019aide de son téléphone intelligent.Tantale (2016) : Jean-Luc Bideau incarne le président de la République alors qu\u2019il défend la candidature de la France aux JO dans cette fiction de Gilles Porte aux vingt-cinq scénarios et cinq finales possibles.Buddy Thunderstuck : la pile des peut-être (2017) : Dans ce court métrage d\u2019animation de Netflix, l\u2019enfant devient le complice de deux turbulents personnages.L\u2019épopée du chat Potté, prisonnier d\u2019un conte (2017) : Dans ce court métrage d\u2019animation de Netflix, l\u2019enfant incarne le héros félin de Shrek.GRAND ANGLE MANON DUMAIS LE DEVOIR Le 8 janvier dernier, à quelques jours de la première de Face au mur, TVA a annoncé que ce jeu animé par Mari- pier Morin, qui devait être diffusé le mardi à 19h dans un format de 60 minutes dès le 16 janvier, allait être en ondes le jeudi à 19 h 30 dans un format de 90 minutes dès le 18 janvier.« Lorsque le producteur a commencé le montage des émissions, il s\u2019est rendu compte que l\u2019ampleur et la qualité du contenu recueilli ne permettaient pas de limiter celui-ci à 60 minutes.Le mardi ne nous permettait pas de diffuser une émission de 90 minutes.Par contre, nous avions la possibilité de la diffuser le jeudi», a expliqué par écrit Suzane Landry, directrice principale, chaînes et programmation.En changeant de case horaire, Face au mur allait ainsi entrer en compétition avec 1res fois, émission de variétés animée par Véronique Cloutier à 20 h à Radio-Canada.Le 9 janvier, on apprenait que le gala hebdomadaire de Danser pour gagner, animé par Olivier Dion, allait être dif fusé le jeudi à 19 h 30 à V dès le 25 janvier.La compétition s\u2019annonce ainsi impitoyable le jeudi soir.« Les cotes d\u2019écoute jouent beaucoup plus pour les variétés que pour les dramatiques.Les dramatiques sont de plus en plus enregistrées ; on parle de 20 à 45 % d\u2019enregistrement pour les dramatiques, alors que, pour les variétés, c\u2019est 10 %, sauf exception.Dans le cas des variétés, la case horaire joue plus que pour les dramatiques, de là peut-être le mouvement de dernière minute de TVA », a dit Dominique Chaloult, directrice générale de la télévision de Radio- Canada, jointe par téléphone.« Étant donné qu\u2019il y a encore près de 3,5 millions de téléspectateurs qui choisissent d\u2019écouter la télévision en heure de pointe, nous développons une stratégie de programmation qui répond aux attentes des téléspectateurs selon le genre d\u2019émission et l\u2019heure de la journée », affirme Mme Landry.V sort de la danse Le 12 janvier, voilà que V modifie sa programmation du jeudi soir.Le gala hebdomadaire de Danser pour gagner est déplacé le mercredi à 19 h 30.La quotidienne du concours de danse, animée par Julie Ringuette, sera alors diffusée les lundis, mardis et jeudis à 18 h 30, et le mercredi à 19 h.Une stratégie qui donne l\u2019impression que la chaîne rend les armes avant même que se déclenche la guerre des cotes d\u2019écoute du jeudi soir.«D\u2019emblée, nous avions programmé le grand direct de Danser pour gagner le jeudi soir, car on y voyait une contre-offre intéressante à celle des autres réseaux.On constate qu\u2019il y a maintenant beaucoup de trafic le jeudi soir et on doit stratégiquement s\u2019ajuster.Dans l\u2019optique d\u2019offrir la meilleure vitrine aux danseurs et au travail colossal des artisans de cette mégapro- duction, il était judicieux de déplacer notre rendez-vous.On croit beaucoup en la force rassembleuse de cette émission et nous voulons lui donner toutes les chances, avec la meilleure fenêtre de dif fusion où public, annonceurs et artisans seront le mieux servis » a déclaré par écrit Brigitte Vincent, vice-présidente, contenu, de Groupe V Média.Alors que Radio-Canada, TVA et V rendent disponibles en ligne bon nombre de leurs émissions, le concept de bonne ou mauvaise case horaire est-il tombé en désuétude ?« Avec une \u201cémission-événement\u201d comme Danser pour gagner, présentée en direct, le choix de la case horaire est important pour lui assurer le plus grand succès, tant à la télé que sur le Web.D\u2019autant plus que nous invitons le public à voter pour sa prestation préférée.Pour valoriser une telle interaction avec le public, il faut s\u2019assurer de diffuser dans une case horaire de choix.Et pour répondre aux besoins de nos annonceurs, il en va de même.La notion de \u201crendez-vous\u201d demeure donc cruciale dans une programmation et notre offre», explique Brigitte Vincent.« Depuis quatre ans, les stratégies de Québecor Contenu permettent de rejoindre encore plus de consommateurs avec le même contenu en le diffusant sur différentes plateformes, comme le Club Illico ou les chaînes spécialisées du Groupe TVA.Ces consommateurs ont des comportements d\u2019écoute dif férents, certains préfèrent leur rendez-vous quotidien, et d\u2019autres l\u2019écoute en rafale », rapporte Suzane Landry.« Mon premier objectif, quand je choisis une case horaire pour les produits, c\u2019est que ce soit la meilleure case pour que les gens viennent voir l\u2019émission.Je veux qu\u2019elle rejoigne le plus de gens possible », dit Dominique Chaloult.D\u2019un écran à l\u2019autre Bien que les téléspectateurs prennent l\u2019habitude d\u2019enregistrer leurs émissions préférées ou migrent de plus en plus vers les plateformes numériques, la télé traditionnelle ne semble pas sur le point de disparaître.« L\u2019écoute en direct demeure ancrée dans les habitudes de consommation des Québécois [91 % de l\u2019écoute se fait en direct pour TVA].D\u2019ailleurs, tous nos choix de programmation sont faits dans le but de rejoindre le plus grand nombre de téléspectateurs, afin de faire rayonner les contenus des créateurs, tout en choisissant le meilleur créneau horaire possible compte tenu du fait que les revenus publicitaires sont notre principale source de revenus », affirme Suzane Landry.Et il n\u2019y a pas qu\u2019à TVA que la publicité est le nerf de la guerre.«Notre industrie repose en grande partie sur les revenus publicitaires, renchérit Brigitte Vincent, du Groupe V.Ce que nous vendons à nos annonceurs, ce sont des auditoires.On veut donc maximiser la popularité de nos productions, dans lesquelles nous investissons temps et argent.» «À Radio-Canada, les revenus publicitaires, qui représentent 40% des revenus, sont importants, mais je ne fais pas ma programmation en fonction de ceux-ci.Ce ne sont pas que les cotes d\u2019écoute qui nous drivent à Radio- Canada, soutient Dominique Chaloult.Je ne juge pas comment les autres font leur programmation, mais moi, j\u2019essaie vraiment de livrer la meilleure grille possible, la plus diversifiée possible, pour mes téléspectateurs.» Danser pour gagner / Face au mur // 1res fois V, les lundis, mardis et jeudis à 18h30, les mercredis à 19h (quotidienne) et à 19h30 (gala)./ TVA, les jeudis à 19h30.// Radio-Canada, les jeudis à 20h.La fièvre du jeudi soir Radio-Canada et TVA ne badinent pas avec les cotes d\u2019écoute chair masculine fraîche, tantôt comme une proie vulnérable pour jeunes hommes sans scrupule.Alors que l\u2019on découvre la complexité d\u2019Olivia, fascinant personnage s\u2019il en est, à travers les flashbacks dans la série, on imagine sans peine le plaisir d\u2019un spectateur tentant de réunir les morceaux du puzzle dans l\u2019application.Dépour vue de cette dimension ludique, la série Mosaic apparaît comme un thriller bizarrement construit, où les revirements se devinent trop facilement, où certains personnages semblent abandonnés abruptement à leur sort.De nombreux plans trop serrés donnent l\u2019impression que Mosaic semblait n\u2019être destinée qu\u2019à devenir un jeu sur un téléphone intelligent.L\u2019avenir de la télé repose-t-il sur les séries interactives ?Il est encore trop tôt pour poser un verdict.Une chose est sûre, l\u2019expérience télé de Mosaic ne convainc qu\u2019à moitié et ramène constamment sur le tapis une question : pourquoi les créateurs tiennent-ils à laisser les spectateurs tenir les rênes du récit ?On attend toutefois avec impatience ce que réservent les prochains épisodes interactifs de La quatrième dimension.Mosaic HBO, du lundi au vendredi, 20h, épisode final vendredi, 20h50.Super Écran, dès le 4 février.Julie Ringuette et Olivier Dion ÉLISABETH CLOUTIER L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e Salle Fred-Barry DU 16 JANVIER AU 3 FÉVRIER BILLETTERIE 514 253-8974 Avec : Marco Collin, Mohsen El Gharbi, Xavier Huard, Tania Kontoyanni et Soleil Launière De Kevin Loring Traduction et mise en scène : Charles Bender Une création de Menuentakuan En collaboration avec le Teesri Duniya Theatre Le Quatuor selon Ligeti Vendredi 26 janvier 19h30 Conservatoire de Montréal www.quatuormolinari.qc.ca T : 514-527-5515 C H R I S T I A N B A L E D U R É A L I S AT E U R D E C R A Z Y H E A RT V E R S I O N O R I G I N A L E A N G L A I S E « UN DES MEILLEURS FILMS DE L\u2019ANNÉE.» « LE MEILLEUR WESTERN DEPUIS UNFORGIVEN DE CLINT EASTWOOD.» « CHRISTIAN BALE EST STUPÉFIANT.» « ROSAMUND PIKE LIVRE LA MEILLEURE PERFORMANCE DE SA CARRIÈRE.» AU CINÉMA MANON DUMAIS LE DEVOIR Julien Lacroix, aspirant rocker Au dernier Gala Les Olivier, Julien Lacroix, qui s\u2019est fait connaître sur le Web avant de conquérir le public sur scène, a raflé trois prix, dont celui de Découverte de l\u2019année.Dans la série Web Le band et Sébastien, écrite par Isabelle LaPerrière et Coralie LaPer- rière, réalisée par Akim Gagnon, on retrouve l\u2019humoriste à l\u2019énergie débridée en chanteur pop, gagnant de l\u2019émission L\u2019école des idoles.Bien que contraint par son agente (Carla Turcotte) d\u2019enregistrer une chanson de Noël, il forme un band avec son frère batteur (Maxime Desbiens-Trem- blay), un guitariste incompétent (Simon Pigeon) et un bassiste unilingue anglophone (Alexandre Larocque) afin de faire de la musique sérieuse.«Auditivement, du jamais vu !» pré- tend-il.Or, si l\u2019on se fie au premier épisode de cette comédie qui se moque joyeusement des vedettes instantanées, Sébastien a plus de chance de finir has been que rock star.Le band et Sébastien Sur ICI Tou.tv, dès mercredi Jeunesse radicalisée En novembre 2014, à l\u2019instar de plus d\u2019une centaine de Canadiens, une Montréalaise de 19 ans s\u2019envole pour la Syrie afin de grossir les rangs du groupe État islamique.À son arrivée, elle téléphone à sa mère pour lui dire qu\u2019elle vient de commettre une grave erreur.Ignorant ce qui les attendait, la journaliste Michelle Sheppard (Omar Khadr : de l\u2019ombre à la lumière) et le documentariste David York (La guerre de Wiebo) ont accompagné cette femme dans sa périlleuse quête pour retrouver sa fille.The Way Out CBC, dimanche, 21h Vallée a le vent dans les voiles À la récente cérémonie des Golden Globes, on a pu apercevoir le réalisateur Jean-Marc Vallée aux côtés de Nicole Kidman, Reese Witherspoon, Laura Dern et Alexander Skarsgard alors que la série Big Little Lies raflait quatre prix.Le verra-t-on une fois de plus savourer discrètement son triomphe au gala des Screen Actors Guild Awards, animé par Kristen Bell (La reine des neiges), où les quatre acteurs se retrouvent une fois de plus en nomination?Rappelons que Vallée sera producteur exécutif de la seconde saison de Big Little Lies ; Andrea Arnold (Red Road, Fish Tank) le remplacera à la réalisation.The 24th Annual SAG Awards Global, dimanche, 20h SU R VOS ÉC R A N S Visionnement en continu de la semaine Rompu aux seconds rôles, il a d\u2019ailleurs remporté l\u2019Oscar du meilleur acteur de soutien pour sa formidable prestation dans Whiplash en 2015, l\u2019excellent J.K.Simmons brille dans deux rôles de premier plan dans la sombre série à saveur existentielle Counterpart, de Justin Marks (Le livre de la jungle).Modeste et réservé employé de l\u2019ONU basé à Berlin, Howard Silk découvre que ses employeurs cachent un passage menant à une autre dimension.Plus tard, il rencontre son double, plus flamboyant et plus ambitieux que lui, qui provient de cet autre univers.Dès le premier épisode, on se laisse séduire par l\u2019atmosphère tendue, l\u2019esthétique austère et la complexité de l\u2019intrigue.Et, bien sûr, par cette rencontre au sommet entre Simmons et Simmons.Counterpart CraveTV, dès dimanche | 4 1 C u l t u r e É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 SAMEDI FIERRO.L\u2019ÉTÉ DES SECRETS (3) Can.1989.Comédie dramatique d\u2019André Melançon avec Juan de Benedictis, Santiago Gonzalez, Alexandra London- Thompson.- Trois enfants vont passer l\u2019été au ranch de leur grand-père en Argentine.VRAK 10h CONTRE TOI (4) Fr.2010.Drame de Lola Doillon avec Kristin Scott-Thomas, Pio Marmaï, Jean-Philippe Ecoffey.- Des sentiments étranges unissent une obstétricienne et son ravisseur, qui n\u2019est autre que l\u2019époux tourmenté d\u2019une patiente décédée.V 12h30 JAPPELOUP (4) Fr.2012.Drame biographique de Christian Duguay avec Guillaume Canet, Marina Hands, Daniel Auteuil.- L\u2019épopée qui mènera Pierre Durand et son cheval Jappeloup à gagner la médaille d\u2019or de saut aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.TVA 13h45 SOUS LE SOLEIL DE TOSCANE (4) (Under the Tuscan Sun), É.-U.2003.Chronique d\u2019Audrey Wells avec Diane Lane, Sandra Oh, Raoul Bova.- Lors d\u2019un voyage en Italie, une écrivaine américaine divorcée décide d\u2019acheter une villa décrépite pour la rénover et y refaire sa vie.MAX 15h30 NACHO LIBRE (4) É.-U.2006.Comédie de Jared Hess avec Jack Black, Hector Jimenez, Ana de la Reguera.- Un moine cuisinier participe à des combats de lutte afin d\u2019amasser des fonds pour les orphelins vivant dans son monastère.VRAK 16h JUMPER \u2013 FRANCHIR LE TEMPS (5) (Jumper), É.-U.2008.Science-fiction de Doug Liman avec Hayden Christensen, Jamie Bell, Rachel Bilson.- Un jeune homme capable de se téléporter est pourchassé par des agents d\u2019élite chargés d\u2019éliminer au fil des siècles ceux de son espèce.TVA 16h19 FANTASTIQUE MAÎTRE RENARD (4) (Fantastic Mr.Fox), É.-U.2009.Film d\u2019animation de Wes Anderson.- Par ambition, un renard dévalise trois éleveurs de volaille industriels, provoquant de leur part une riposte qui force sa famille et les animaux du voisinage à fuir en lieu sûr.TQ 18h BATAILLE NAVALE (5) (Battleship), É.-U.2012.Science-fiction de Peter Berg avec Taylor Kitsch, Brooklyn Decker, Tadanobu Asano.- Dans l\u2019océan Pacifique, des soldats et des officiers de la marine américaine affrontent de puissants extraterrestres qui se préparent à envahir la planète.TVA 18h30 STAR TREK (4) É.-U.2009.Science-fiction de J.J.Abrams avec Chris Pine, Zachary Quinto, Eric Bana.- Au XXIIIe siècle, le jeune équipage du nouveau vaisseau interstellaire Enterprise tente d\u2019intercepter un Romulien venu du futur qui menace de détruire la Terre et la planète Vulcain.V 18h30 SANS PEUR (3) (Fearless), É.-U.1993.Drame psychologique de Peter Weir avec Jeff Bridges, Rosie Perez, Isabella Rossellini.- Après avoir survécu à un écrasement d\u2019avion, un homme croit qu\u2019il est devenu une sorte d\u2019ange que la mort ne peut plus atteindre.MAX 20h30 NOM DE CODE \u2013 NOVEMBRE (4) (The November Man), É.-U.2014.Drame d\u2019espionnage de Roger Donaldson avec Pierce Brosnan, Olga Kurylenko, Will Patton.- Un ex-agent de la CIA, qui a accepté une mission à Moscou impliquant un ambitieux politicien, est pourchassé par ses anciens collègues quand l\u2019opération vire au bain de sang.TVA 21h CARLOS (3) Fr.2010.Drame biographique d\u2019Olivier Assayas avec Edgar Ramirez, Ahmad Kaabour, Christoph Bach.- La vie du terroriste Ilich Ramirez Sanchez, depuis son implication dans le Front populaire de la libération de la Palestine jusqu\u2019à son arrestation au Soudan en 1994.TFO 21h JOUR DE FORMATION (4) (Training Day), É.-U.2001.Drame policier d\u2019Antoine Fuqua avec Ethan Hawke, Denzel Washington, Scott Glenn.- Un jeune policier de Los Angeles passe un jour de formation avec un détective de l\u2019escouade des narcotiques qui s\u2019avère corrompu.V 21h GET LOW (4) É.-U.2009.Comédie dramatique d\u2019Aaron Schneider avec Robert Duvall, Sissy Spacek, Bill Murray.- Un vieil ermite décide d\u2019organiser ses propres funérailles, afin de connaître l\u2019opinion qu\u2019ont de lui les citoyens de son patelin.TQ 22h GROSSESSE SURPRISE (4) (Knocked Up), É.-U.2007.Comédie de Judd Apatow avec Seth Rogen, Katherine Heigl, Paul Rudd.- Un jeune glandeur tente maladroitement de prendre ses responsabilités auprès d\u2019une journaliste qu\u2019il a mise enceinte lors d\u2019une aventure d\u2019un soir.MP 23h SOUS LE SOLEIL DE TOSCANE Voir samedi, 15h30.MAX 23h DERNIERS GUERRIERS (5) (Last Knights), É.-U.2015.Aventures de Kazuaki Kiriya avec Clive Owen, Aksel Hennie, Morgan Freeman.- Au Moyen Âge, le commandant d\u2019un vénérable seigneur planifie sa vengeance contre le ministre corrompu qui l\u2019a forcé à exécuter son maître.TVA 23h45 LE GENOU DE CLAIRE (3) Fr.1970.Comédie de mœurs d\u2019Éric Rohmer avec Jean-Claude Brialy, Aurora Cornu, Béatrice Romand.- Un diplomate séjourne quelque temps à Annecy avant son mariage.TFO 0h03 LAURIER BLANC (4) (White Oleander), É.-U.2002.Drame psychologique de Peter Kosminsky avec Alison Lohman, Michelle Pfeiffer, Patrick Fugit.- Lorsque sa mère artiste est condamnée pour meurtre, une adolescente de Los Angeles passe d\u2019une famille d\u2019accueil à une autre.VIE 1h POUR RIRE! (5) Fr.1996.Comédie de mœurs de Lucas Belvaux avec Jean- Pierre Léaud, Ornella Muti, Antoine Chappey.- Afin de récupérer sa femme, un cocu fait semblant de sympathiser avec son rival qui ne connaît pas sa véritable identité.TFO 1h51 CAMILLE CLAUDEL (3) Fr.1988.Drame biographique de Bruno Nuytten avec Isabelle Adjani, Gérard Depardieu, Laurent Grévill.- La jeune sculptrice Camille Claudel finit par être détruite par la passion dévorante qu\u2019elle éprouve pour son art et pour Auguste Rodin.RC 2h02 DIMANCHE SI JE RESTE (5) (If I Stay), É.-U.2014.Drame sentimental de R.J.Cutler avec Chloë Grace Moretz, Jamie Blackley, Mireille Enos.- Dans le coma à la suite d\u2019un accident, une jeune violoncelliste, dont l\u2019esprit est conscient, doit décider si elle veut poursuivre sa vie avec son amoureux rocker ou se laisser mourir.TVA 10h FANTASTIQUE MAÎTRE RENARD Voir samedi, 18h.TQ 12h WORLD TRADE CENTER (4) É.-U.2006.Drame d\u2019Oliver Stone avec Nicolas Cage, Michael Pena, Maria Bello.- Lorsque le World Trade Center s\u2019effondre après avoir été percuté par deux avions de ligne, deux policiers se retrouvent coincés sous les décombres.ARTV 12h LE MAÎTRE D\u2019ARMES (4) H.-K.2006.Drame biographique de Ronny Yu avec Jet Li, Dong Yong, Sun Li.- Après une tragédie familiale, un maître d\u2019arts martiaux chinois fonde une fédération sportive et redonne la fierté à son peuple, bafoué par les puissances coloniales.Z 14h PASSIONS TOURMENTÉES (4) (Steel Magnolias), É.-U.1989.Comédie dramatique de Herbert Ross avec Sally Field, Dolly Parton, Shirley MacLaine.- Dans une petite ville, un groupe d\u2019amies se retrouve régulièrement au salon de coiffure de l\u2019une d\u2019elles pour y échanger propos et confidences.V 14h30 CLOCHETTE ET LE SECRET DES FÉES (5) (Secret of the Wings), É.-U.2012.Film d\u2019animation de Peggy Holmes.- Se découvrant une sœur vivant dans un royaume hivernal, une fée de la vallée du printemps brave les interdits et les dangers climatiques pour la retrouver.RC 15h THE TOWN (4) É.-U.2010.Drame policier de Ben Affleck avec Ben Affleck, Rebecca Hall, Jeremy Renner.- À Boston, un cambrioleur noue, sous une fausse identité, une relation amoureuse avec la gérante de la banque qu\u2019il a braquée quelques jours plus tôt avec ses complices.MAX 15h30 LES CHRONIQUES DE NARNIA \u2013 L\u2019ODYSSÉE DU PASSEUR D\u2019AURORE (5) (The Chronicles of Narnia \u2013 The Voyage of the Dawn Treader), G.-B.2010.Drame fantastique de Michael Apted avec Georgie Henley, Skandar Keynes, Will Poulter.- Durant la Deuxième Guerre mondiale, une préadolescente anglaise, son frère et leur cousin sont transportés dans un univers magique où ils vivent de périlleuses aventures.TVA 15h49 MAGIE NOIRE (5) (The Craft), É.-U.1996.Drame fantastique d\u2019Andrew Fleming avec Fairuza Balk, Robin Tunney, Neve Campbell.- Grâce à leurs pouvoirs surnaturels, quatre étudiantes se vengent de leurs camarades d\u2019école qui les ont brimées.V 17h SANS PEUR Voir samedi, 20h30.MAX 17h30 APPARENCES (4) (What Lies Beneath), É.-U.2000.Drame fantastique de Robert Zemeckis avec Michelle Pfeiffer, Harrison Ford, Diana Scarwid.- Témoin de phénomènes bizarres, une femme devient persuadée que la maison qu\u2019elle habite avec son mari est hantée.V 19h SOUS LE SOLEIL DE TOSCANE Voir samedi, 15h30.MAX 20h SAINT LAURENT (3) Fr.2014.Drame biographique de Bertrand Bonello avec Gaspard Ulliel, Jérémie Renier, Louis Garrel.- De 1967 à 1976, la vie professionnelle et personnelle du grand couturier français Yves Saint Laurent.TQ 21h FRISSON DES COLLINES (4) Can.2010.Comédie dramatique de Richard Roy avec Antoine Olivier Pilon, Guillaume Lemay-Thivierge, Evelyne Brochu.- À l\u2019été 1969, un gamin qui vient de perdre son père tente de convaincre l\u2019ami motard du défunt de l\u2019emmener avec lui au festival de Woodstock.ARTV 21h LES AILES DU DÉSIR (1) All.1987.Drame poétique de Wim Wenders avec Bruno Ganz, Solveig Dommartin, Peter Falk.- À Berlin, un ange fasciné par la beauté d\u2019une trapéziste décide de s\u2019incarner pour goûter aux plaisirs de la condition humaine.TFO 21h TRISTAN ET YSEULT (4) (Tristan & Isolde), G.-B.2005.Drame sentimental de Kevin Reynolds avec James Franco, Sophia Myles, Rufus Sewell.- Au début du Moyen Âge, un chevalier anglais et une princesse irlandaise vivent une passion secrète malgré la rivalité qui oppose leurs peuples respectifs.TVA 23h LES LOIS DE L\u2019ATTRACTION (5) (The Rules of Attraction), É.-U.2002.Comédie dramatique de Roger Avary avec James Van Der Beek, Shannyn Sossamon, Ian Somerhalder.- Les comportements amoureux débridés de quelques étudiants d\u2019un collège de la Nouvelle-Angleterre.MP 23h POUR RIRE! Voir samedi, 1h51.TFO 23h05 CONFIDENCES TROP INTIMES (4) Fr.2003.Drame sentimental de Patrice Leconte avec Sandrine Bonnaire, Fabrice Luchini, Michel Duchaussoy.- Une femme instable confie ses problèmes conjugaux à un conseiller fiscal austère qu\u2019elle prend à tort pour son nouveau psychologue.RC 0h23 CARLOS Voir samedi, 21h.TFO 0h58 LUNDI LA RUPTURE (5) (Break-Up, The), É.-U.2006.Comédie sentimentale de Peyton Reed avec Vince Vaughn, Jennifer Aniston, Joey Lauren Adams.- Incapables de décider qui gardera le condo qu\u2019ils ont acheté ensemble, un homme immature et sa conjointe se livrent une véritable guerre des nerfs.TVA 13h GET LOW Voir samedi, 22h.TQ 13h IL NE FAUT PAS MOURIR POUR ÇA (3) Can.1967.Comédie dramatique de Jean-Pierre Lefebvre avec Marcel Sabourin, Suzanne Grossman, Claudine Monfette (Mouffe).- Une journée dans la vie de bohème d\u2019un doux excentrique.TFO 21h LES AILES DU DÉSIR Voir dimanche, 21h.TFO 23h41 UNE SEMAINE AVEC MARILYN (4) (My Week With Marilyn), G.-B.2011.Drame sentimental de Simon Curtis avec Eddie Redmayne, Michelle Williams, Kenneth Branagh.- En 1956, au cours du tournage en Angleterre du film The Prince and the Showgirl de Laurence Olivier, Marilyn Monroe s\u2019épanche auprès d\u2019un jeune assistant qui a su comprendre sa détresse.TVA 0h35 CARLOS Voir samedi, 21h.TFO 1h45 MARDI NOS SOUVENIRS BRÛLÉS (4) (Things We Lost in the Fire), É.-U.2007.Drame sentimental de Susanne Bier avec Halle Berry, Benicio Del Toro, David Duchovny.- Après la mort brutale de son mari, une jeune mère désespérée se rapproche du meilleur ami du défunt, un ex-toxicomane.VIE 13h LE GRAND COUP (5) (Big Game), G.-B.2015.Aventures de Jalmari Helander avec Onni Tommila, Samuel L.Jackson, Ray Stevenson.- En Laponie, un apprenti chasseur vole à la rescousse du président des États-Unis lorsque l\u2019avion qui transportait ce dernier s\u2019écrase à proximité de son campement.MP 16h30 LA PLUS TRISTE MUSIQUE DU MONDE (4) (The Saddest Music in the World), Can.2003.Comédie dramatique de Guy Maddin avec Isabella Rossellini, Mark McKinney, Maria de Medeiros.- En 1933, à Winnipeg, une baronne de la bière lance un concours pour déterminer quelle est la musique la plus triste au monde.TFO 21h IL NE FAUT PAS MOURIR POUR ÇA Voir lundi, 21h.TFO 0h08 LES AILES DU DÉSIR Voir dimanche, 21h.TFO 1h25 MERCREDI BIEN SÛR, PEUT-ÊTRE (4) (Definitely, Maybe), É.-U.2008.Comédie sentimentale d\u2019Adam Brooks avec Ryan Reynolds, Isla Fisher, Abigail Breslin.- Un publicitaire en instance de divorce raconte à sa fille de dix ans les circonstances de son mariage avec son épouse.TVA 13h POTINS DU SUD (5) (Something to Talk About), É.-U.1995.Comédie dramatique de Lasse Hallstrom avec Julia Roberts, Robert Duvall, Gena Rowlands.- Ayant surpris son époux dans les bras d\u2019une autre femme, une jeune mère de famille quitte la maison avec sa fillette et retourne chez ses parents.VIE 13h LES ÂMES VAGABONDES (5) (The Host), É.-U.2013.Science-fiction d\u2019Andrew Niccol avec Saoirse Ronan, Diane Kruger, Jake Abel.- Une jeune fille possédée par une âme extraterrestre convainc cette dernière de s\u2019enfuir dans le désert à la recherche d\u2019une poche de résistants à cette colonisation.MP 16h30 MARY ET MAX (3) (Mary and Max), Aust.2008.Film d\u2019animation d\u2019Adam Elliot.- Une fillette australienne solitaire forge une amitié épistolaire avec un vieux garçon new-yorkais atteint du syndrome d\u2019Asperger.TFO 21h EVENT HORIZON : LE VAISSEAU DE L\u2019AU-DELÀ (5) (Event Horizon), É.-U.1997.Science-fiction de Paul Anderson avec Laurence Fishburne, Sam Neill, Kathleen Quinlan.- En 2047, l\u2019équipage d\u2019un vaisseau retrouve près de Neptune l\u2019épave d\u2019une base spatiale hantée par des pouvoirs maléfiques.Z 23h LA PLUS TRISTE MUSIQUE DU MONDE Voir mardi, 21h.TFO 0h03 MADEMOISELLE JULIE (4) (Miss Julie), Norv.2014.Drame sentimental de Liv Ullmann avec Jessica Chastain, Colin Farrell, Samantha Morton.- Le soir de la Saint-Jean 1890 en Irlande, une jeune aristocrate névrosée entame un jeu de séduction malsain avec le valet de son père.TVA 0h35 IL NE FAUT PAS MOURIR POUR ÇA Voir lundi, 21h.TFO 2h JEUDI HARCELÉS (5) (Lakeview Terrace), É.-U.2008.Thriller de Neil LaBute avec Samuel L.Jackson, Patrick Wilson, Kerry Washington.- Après avoir emménagé dans une banlieue tranquille de Los Angeles, un couple interracial a maille à partir avec son nouveau voisin, un policier veuf afro-américain.TVA 13h DIEU SEUL ME VOIT (4) Fr.1998.Comédie sentimentale de Bruno Podalydès avec Denis Podalydès, Jeanne Balibar, Isabelle Candelier.- Un grand indécis ne sait où donner de la tête entre les trois femmes qu\u2019il fréquente.TFO 21h FRISSON DES COLLINES Voir dimanche, 21h.ARTV 22h CIMETIÈRE VIVANT (5) (Pet Sematary), É.-U.1989.Drame fantastique de Mary Lambert avec Dale Midkiff, Fred Gwynne, Denise Crosby.- Installé aux abords d\u2019un vieux cimetière indien, un médecin fait de macabres expériences lorsqu\u2019il y enterre son fils mort dans un accident.Z 23h MARY ET MAX Voir mercredi, 21h.TFO 0h25 LUCKY LUKE (5) Fr.2009.Comédie dramatique de James Huth avec Jean Dujardin, Daniel Prévost, Alexandra Lamy.- Chargé par le président des États-Unis de pacifier sa ville natale avant l\u2019arrivée du chemin de fer, Lucky Luke se remet en question après avoir accidentellement tué un de ses ennemis.TVA 1h35 LA PLUS TRISTE MUSIQUE DU MONDE Voir mardi, 21h.TFO 2h VENDREDI FRÈRES (4) (Brothers), É.-U.2009.Drame psychologique de Jim Sheridan avec Jake Gyllenhaal, Natalie Portman, Tobey Maguire.- À son retour d\u2019Afghanistan, où il avait été déclaré mort, un capitaine des marines sublime le terrible secret de sa survie en une jalousie maladive envers sa femme et son frère.VIE 13h ANGES ET DÉMONS (4) (Angels & Demons), É.-U.2009.Thriller de Ron Howard avec Tom Hanks, Ayelet Zurer, Ewan McGregor.- Un symbo- logiste de Harvard tente d\u2019empêcher la mise à mort par une société secrète de quatre cardinaux pressentis pour succéder au défunt pape.MAX 20h L\u2019AMOUR L\u2019APRÈS-MIDI (3) Fr.1972.Drame psychologique d\u2019Éric Rohmer avec Bernard Verley, Zouzou, Françoise Verley.- La rencontre d\u2019une ancienne amie permet à un homme de faire une mise au point sur sa vie conjugale.TFO 21h LE SILENCE DES AGNEAUX (3) (The Silence of the Lambs), É.-U.1991.Drame policier de Jonathan Demme avec Jodie Foster, Anthony Hopkins, Scott Glenn.- Une jeune stagiaire du FBI est chargée d\u2019interroger un dangereux meurtrier afin d\u2019obtenir de lui des informations sur un autre tueur recherché par la police.V 21h LE GRAND COUP Voir mardi, 16h30.MP 23h FRISSON DES COLLINES (4) Can.2010.Comédie dramatique de Richard Roy avec Antoine Olivier Pilon, Guillaume Lemay-Thivierge, Evelyne Brochu.- À l\u2019été 1969, un gamin qui vient de perdre son père tente de convaincre l\u2019ami motard du défunt de l\u2019emmener avec lui au festival de Woodstock.RC 23h05 LOIN DU PARADIS (2) (Far From Heaven), É.-U.2002.Drame de mœurs de Todd Haynes avec Julianne Moore, Dennis Quaid, Dennis Hays- bert.- En 1957, une mère de famille bourgeoise qui a surpris son mari avec un autre homme trouve réconfort auprès de son jardinier noir.TQ 23h30 DIEU SEUL ME VOIT Voir jeudi, 21h.TFO 0h10 VOYEZ COMME ILS DANSENT (5) Fr.2011.Drame psychologique de Claude Miller avec Marina Hands, James Thierree, Maya Sansa.- Tandis qu\u2019elle tourne un film sur le train transcanadien, une vidéaste française rencontre une docteure autochtone pour qui son défunt mari artiste l\u2019avait quittée.RC 0h50 FRÈRES (4) (Brothers), É.-U.2009.Drame psychologique de Jim Sheridan avec Jake Gyllenhaal, Natalie Portman, Tobey Maguire.- À son retour d\u2019Afghanistan, où il avait été déclaré mort, un capitaine des marines sublime le terrible secret de sa survie en une jalousie maladive envers sa femme et son frère.VIE 1h Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source Médiafilm L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e Té l év i s i o n 4 2 | 01/21 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte ICI Laflaque Tout le monde en parle 22h20 Journal 22h55 Infoman 23h25 Danse TVA TVA nouvelles VLOG LOL :-) La Magie des Stars À communiquer En tout cas En tout cas TVA nouvelles Cinéma TQ Curieux Bégin Deux hommes en or La cure / Une autre chance SAINT LAURENT (2014) avec Jérémie Renier, Louis Garrel, Gaspard Ulliel.V 17h00 MAGIE NOIRE (1996) APPARENCES (2000) avec Michelle Pfeiffer, Diana Scarwid, Harrison Ford.21h45 GSP: L'ADN d'un champion ICI RDI Enquête Le National Les grands reportages Le Téléjournal Coulisses Coulisses Second Regard Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR On n'est pas couché Tendance 22h45 Échos-L.Journal/ L'invité CANAL D Comédie Club / Pierre Hébert B Docu-D / David et moi Transport Déroute Transports Cauchemar sur l'autoroute L'ombre CANAL VIE Maigrir pour gagner Maux mystères La vie avec des quintuplées Encan et flip au Texas Nate et Jeremiah: designers Décore ta vie RDS Sports 30 LNF Football - Championnat de conférence (D) Images/sec.Sports 30 Hors-jeu 2.0 Curling HISTORIA Récupérateurs Récupérateurs Espions parmi Espions parmi Infiltrateur Infiltrateur Braqueurs Braqueurs Truck non stop Truck non stop Fous bolides ICI ARTV Défier la magie Nouveau Les scandales de la mode Virtuose À COMMUNIQUER Nouveau EXPLORA S'aime chien Curiosités Le refuge de l'espoir Alex+Tyler, éco Sur les routes de la science Stupidité Découverte Sexplora Z Maripier! P.Lemieux Plus dur Prêt sur gage Les hors-la-loi du volant Star Trek: Discovery Garage Comédie Américars SAVOIR Monde Sociologie Planète Terre 10 découvertes FutureMag Électron/ Thèse uniVERT Voir autrement 22h20 Métiers Vues d'UQAM Cinéma québec TFO Subito texto Top!/ Top! Boum, canon Danse rêves Mosquée Citoyen monde LES AILES DU DÉSIR (1987) avec Peter Falk, Bruno Ganz.Cinéma Planète 17h30 Porteurs L'art de la décomposition Soleil, fête et séduction: La folie Ibiza Topoï: L'époque / Start Up La garde rapprochée d'Hitler Les oubliés CBC 17h00 FROZEN (2013) Heartland / Out of the Shadow The Nature of Things CBC Docs POV / The Way Out CBC News: The National CBCNews CTV 15h00 Football 18h40 LNF Football - Championnat NFC (time tentative) (D) The O.T.(D) To Be Announced National News GBL Global News Global National BorderSecur BorderSecur The 24th Annual Screen Actors Guild Awards Madam Secretary / News Cycle Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos Funniest Home Videos Shark Tank Shark Tank News at 11 CBS 15h00 Football Ch.3 News 60 Minutes Wisdom of the Crowd NCIS: Los Angeles / Getaway Madam Secretary / News Cycle 3 News PBS (33) Great British Baking / Bread Masterpiece Classic Masterpiece Classic Midwife UNIS Le p'tit cabaret / Kevin Bazinet À fond de train / Trois-Pistoles Chair de poule Chair de poule Radio enfer Radio enfer Galaxie près Galaxie près Peaky Blinders HBO 17h55 Abortion: Stories Women Tell Risky Drinking 20h55 Gunpowder Divorce Crashing High Main TVA Sports Kevin Raphael RAW Crashed Ice Question tue Le TVA sports Propulsion Hockey / Pha./Was.01/20 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal La Petite Vie En direct de l'univers Deuxième chance Notre vie / Nouveaux horizons Le Téléjournal Info, sexe Dre Grey TVA TVA nouvelles BATAILLE NAVALE (2012) avec Alexander Skarsgard, Liam Neeson, Rihanna.NOM DE CODE: NOVEMBRE (2014) Pierce Brosnan.23h15 TVANou.TQ FANTASTIQUE MAÎTRE RENARD (2009) Shaun- mou.Les francs-tireurs Belle et Bum / Yann Perreau GET LOW (2009) Robert Duvall.V Cinéma STAR TREK (V.F.) (2009) avec Zachary Quinto, Leonard Nimoy, Chris Pine.JOUR DE FORMATION (2001) avec Ethan Hawke, Denzel Washington.ICI RDI La Semaine verte Le National Le National Découverte Le Téléjournal La grande traversée La Facture Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR Vivement dimanche prochain Stars 80 triomphe! Voisins/ Voisins Journal/ L'invité CANAL D Cuban Chrome Mayday Comédie Club / Pierre Hébert B Réal Béland, une autre planète Grand Rire Déroute CANAL VIE À la conquête d'une maison La réno Mini-maisons Petite ville, grandes rénos Marié ou éliminé Conscience morale Cinéma RDS Sports 30 24CH glace Monde sport Championnat Nationaux de patinage Canadien Tire 2018: Gala Sports 30 /21h45 Antichambre 22h45 Sport30 23h15 Sport30 HISTORIA De l'acier et du feu De l'acier et du feu Les armuriers Les armuriers Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Truck non stop ICI ARTV Science illusion Pour l'amour du country Défier la magie Nouveau Sherlock Planète tabloïd EXPLORA Animo Pharmachien Afrique sauvage Solar Impulse, l'impossible tour du monde 21h50 Ailes Détourner Sexplora Secouristes de Z Fous Science Comédie Le web obscur Seul nu / Le roi de la forêt (Alabama) Trop fou pour être vrai?Le trône de fer / Noires ailes, noires nouvelles SAVOIR Révolte 18h50 L'ONU Reportage Géo 19h50 L'ONU Voir autrement 20h50 Métiers Monde Sociologie Face à Face uniVERT TFO Subito texto Top!/ Top! Flip Danse rêves Mosquée Citoyen monde CARLOS (2010) avec Alexander Scheer, Alejandro Arroyo, Édgar Ramírez.Planète L'empire Ottoman Les nouveaux explorateurs Restauration rapide Sublimes bars Panoramas Sous le radar CBC CBCNews Hockey Sat.LNH Hockey / Maple Leafs de Toronto c.Sénateurs d'Ottawa (D) Hockey / Vancouver vs Edmonton (D) CTV CTV News Montreal W5 The Big Bang The Mayor Criminal Minds / True North Cardinal / Terri National News GBL Global News Global National BorderSecur BorderSecur MY BOYFRIENDS' DOGS (2014) Erika Christensen.Mary Kills People / Twin Flames Global News ABC News News at 6:30 Extra Weekend NBA Countdwn NBA Basketball / Warriors de Golden State c.Rockets de Houston (D) News at 11 CBS Ch.3 News Weekend News Ent.Tonight Crimetime Saturday Crimetime Saturday 48 Hours Channel 3 N.PBS (33) Father Brown Time Goes By Appearances Fresh Fields Coupling Masterpiece Classic / Poldark Death in Paradise Austin City UNIS Trait d'humour Les filles de Caleb Mon meilleur ami Peaky Blinders Fortitude Mordu d'éplan HBO Every Brilliant Thing 19h05 Cries From Syria The Deuce / What Kind of Bad?The Deuce / Why Me?The Deuce TVA Sports Avant-match (D) LNH Hockey / Bruins de Boston c.Canadiens de Montréal (D) 21h45 Dave Morissette 22h45 Kevin 23h15 C.Ice S A M E D I L U N D I D I M A N C H E CRITIQUE LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR Pierre Niquet s\u2019était promis un jour de régner en maître sur les eaux du fleuve Saint-Laurent.Aujourd\u2019hui capitaine de l\u2019Océan Pierre Julien, il pilote l\u2019un des appareils au cœur de la sympathique série documentaire Remorqueurs du Saint-Laurent qui fait la part belle à ceux et à celles qui remorquent, escortent, draguent et cabotent, de même qu\u2019à ceux qui réparent et fabriquent ces tocsons des mers.La série débute en croisant des histoires parallèles entre le fleuve, quelques ports et le chantier maritime de L\u2019Isle-aux-Coudres.Si elles sont toutes intéressantes, certaines manquent de contextualisation, ce qui rend le récit décousu par moments.On glane tout de même une foule d\u2019informations, certaines donnant le tournis : chaque année, 120 millions de tonnes de marchandises transitent sur un fleuve qui ne dort jamais.Les images soulignent ici une ligne d\u2019horizon époustouflante, là un fleuve prodigieusement beau.La machine toute de muscles d\u2019acier n\u2019est pas en reste ; elle roule ses mécaniques avec ostentation, qu\u2019elle soit sur le fil de l\u2019eau ou calée au chantier.Mais ce sont ceux qui la manipulent avec grand soin qui gonflent les voiles de cette série un peu monomaniaque.Dur de ne pas fondre quand Martin Barrette, un matelot fraîchement diplômé, cite spontanément Hemingway pour expliquer sa passion pour ce métier d\u2019aventurier, dur mais si vivant.À défaut d\u2019être taillé pour faire de même, on se plie volontiers au plaisir de les regarder se mesurer aux titans des eaux.Remorqueurs du Saint-Laurent Canal D, mercredi, 19h Jouer dans le trafic maritime Tout sur les remorqueurs, ces petits tocsons qui font les quatre temps sur le Saint-Laurent SU R VOS ÉC R A N S Espace-temps Le temps et ses tourments occupent une grande place dans le répertoire du collectif circassien Les 7 doigts, dont le spectacle Temporel, créé avec le duo Lemieux- Pilon, est actuellement à l\u2019affiche à Montréal.Voici une occasion de découvrir une de leurs créations précédentes, Réversible, toujours en tournée à l\u2019étranger, qui explore également le thème du temps.Réversible Artv, lundi, 21h 01/22 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 Lâcher prise Ruptures Les pays d'en haut Le Téléjournal Sports/ Marina TVA TVA nouvelles Le Tricheur Malaises En tout cas L'échappée / Blackout Fugueuse / Cendrillon TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Conseils Génial! Ça vaut le coût Point doc Formule Diaz Like-moi! Mc$ween Dans médias V Souper parfait Guerre clans Rire et délire Rire et délire Ça décolle Scorpion Rire et délire Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 QuestChamp Journal FR Mixeur Champions Dans la tête des SS Ni dieu ni maître Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Transports Enchères Structures / Les ponts oubliés Phénomènes vus de l'espace R.I.S, police scientifique Comédie Club CANAL VIE La belle gang ByeMaison Quoi ton plan?Maigrir pour gagner Marié ou éliminé À la conquête d'une maison La belle gang RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Hors-jeu 2.0 24CH glace LNH Hockey / Sénateurs d'Ottawa c.Wild du Minnesota (D) L'antichambre (D) HISTORIA Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Les Canadiens ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Véronic DiCaire: Grand V Les dieux de la danse Tower of Song / Adam Cohen , Sting.À comm.EXPLORA Hawaï sauvage / Terre de feu Alex+Tyler, éco Afrique sauvage Repères À l'épreuve d'une tribu Rivalité de génies Exploration Z Remorquage Dans l'net Les pires chauffards québécois Star Trek: Discovery Animal Kingdom Arrow / Lian Yu Star Trek: Voy.SAVOIR Face à Face uniVERT Découvertes Santé! Autisme Un grand pas 21h50 De neuf uniVERT Monde Saint-Laurent TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Conseils TFO 24.7 IL NE FAUT PAS MOURIR P.22h20 24.7 22h45 Citoyen 23h15 Conseils Planète L'arche de Norin Femme de Viking Tété ou Dédé?/ Cuba Passion patrimoine Panoramas Faits divers CBC CBCNews On the Money Coronation St.Coronation St.Murdoch Mysteries Frankie Drake / Ghosts CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Lucifer / All About Her The Big Bang The Big Bang The Good Doctor CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight Kevin Can Wait Man Plan Chicago Med The Brave Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition The Bachelor The Good Doctor News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Kevin Can Wait Man Plan Super Donuts 9JKL Scorpion Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Independent Lens / The Force PBS Previews Business UNIS Pense vite! Cracks du lab Voyage Oiseaux Hors circuits À plein gaz Chars Peaky Blinders Canada, nature HBO 17h30 BillMaher 18h35 It's Me 19h15 VICE Mosaic / Meet Olivia Divorce Crashing High Main Fight Game Habla y Vota TVA Sports 17h30 #Lavoie LHJMQ LNH Hockey / Avalanche du Colorado c.Maple Leafs de Toronto (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports LHJMQ CANAL D | 4 3 C u l t u r e Té l év i s i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 01/26 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Virtuose / Maurice Grenier Prière de ne pas Guillemets Magnifiques Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur Ça finit bien la semaine Du talent à revendre La liste noire / L'architecte TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passager Électrons Curieux Bégin Un chef à la cabane Deux hommes en or Like-moi! Belle et Bum / Yann Perreau V Souper parfait Danser gagner L'arbitre SQ 911 LE SILENCE DES AGNEAUX (1991) avec Sir Anthony Hopkins, Jodie Foster.ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands report Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 QuestChamp Journal FR Les flots / Canada - Comox Rendez-vous en Terre inconnue / Clovis Cornillac chez les Miao Champions Au service Journal/ C à dire CANAL D R.I.S, police scientifique En quête de vérité Opération Police Marche à l'ombre Détectives Cauchemar CANAL VIE La vie avec des quintuplées Quoi ton plan?Design V.I.P.Vendre ou rénover au Québec Maigrir pour gagner ByeMaison Chic Shack Chalet RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LAH Hockey / Moose du Manitoba c.Rocket de Laval (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Les montagnards Les montagnards Les montagnards L'acier et feu ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Mission X Dre Grey, leçons d'anatomie La vie secrète de Marilyn Monroe Défier la magie Fatale-Station EXPLORA Curiosités Stupidité Planète techno Pharmachien Exploration glaciale Géants de la construction Sexplora Stupidité Épreuve tribu Z Remorquage Dans l'net Maripier! P.Lemieux Fous Week-end Garage Prêt sur gage SNCTM Banshee (v.f.) SAVOIR Au coeur du cinéma québécois Apostrophes 20h15 Universc Secrets Électron/ Thèse Encore plus FutureMag 10 découvertes Un grand pas TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Danse rêves TFO 24.7 L'AMOUR L'APRÈS-MIDI (1972) Zouzou.22h40 24.7 23h10 Citoyen Planète L'arche de Norin Sous le radar Les porteurs d'espoir Dans l'univers de Christie's Les nouveaux explorateurs Faits divers CBC CBCNews On the Money Rick Mercer Coronation St.marketplace Hello Goodbye the fifth estate CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Blindspot / Technology Wizards Marvel's Agents of S.H.I.E.L.D.Blue Bloods / Peter Fonda CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight Hawaii Five-0 S.W.A.T./ Pamilya Absentia / Comeback Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition Child Support Marvel's Agents of S.H.I.E.L.D.20/20 Local22 News CBS Channel 7 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight MacGyver / Ruler Hawaii Five-0 Blue Bloods / Peter Fonda Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour News Vermont Week Wash.Week Wash.Week Great Performances at the Met / Norma UNIS Pense vite! Bizarroscope Galaxie près Galaxie près Radio enfer Radio enfer Chair de poule Chair de poule Le p'tit cabaret / Ève Landry Mauvaise HBO 17h45 VICE Divorce Crashing Mosaic 20h50 Mosaic TheSmoke Real Time With Bill Maher Strike Back TVA Sports 17h30 #Lavoie #Lavoiedubé LHJMQ Hockey / Phoenix de Sherbrooke c.Blainville-Boisbriand Armada (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports Aréna Esports 01/25 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 Infoman 1res fois / Ricardo Larrivée Enquête Le Téléjournal Sports/ Marina TVA TVA nouvelles Le Tricheur J.E.Face au mur Survivant désigné TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue 100% Animal Génial! Mc$ween La cure / La crise Dans les médias SOS sages-femmes Honorable V Souper parfait Guerre clans Rire et délire Danser pour gagner L'amour est dans le pré Atomes Atomes Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 QuestChamp Journal FR Des chevaux et des femmes Îles.était une fois Mercantour La vie en quatre temps / Cuba Journal/ C à dire CANAL D 17h00 Réal B.Grand Rire Michelle ou la vie sauvage Les dossiers de la NASA Original Sin: Sex / Sex Ed Wars Docu-D / Arbitres CANAL VIE La belle gang La vie avec des quintuplées À la conquête d'une maison Nate et Jeremiah: designers La réno Chic Shack La belle gang RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Hurricanes de la Caroline c.Canadiens de Montréal (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Chasseurs Chasseurs Truck non stop Truck non stop Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Nos ancêtres les extraterrestres Extraterrestres ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Vox Pop Vox Pop Esprit critique Fatale-Station À COMMUNIQUER EXPLORA Petits d'éléphants Animal Fight Club (v.f.) Nature en équilibre Titans des mers Repères Points de repères Z Remorquage Dans l'net Seuls et tout nu Trop fou pour être vrai?Maripier! Comédie Les hors-la-loi du volant Cinéma SAVOIR Santé! Découvertes Un grand pas 19h50 De neuf 21e Siècle Cent regards Sociologie uniVERT Québec monde Planète Terre Révolte TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Flip Motel Monstre Lightning Point TFO 24.7 DIEU SEUL ME VOIT (1998) Isabelle Candelier.TFO 24.7 Planète L'arche de Norin Les nouveaux explorateurs La garde rapprochée d'Hitler Tanks: Dans l'enfer Passion patrimoine Panoramas CBC CBCNews On the Money marketplace Coronation St.Dragons' Den The Secret CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal Grey's Anatomy The Big Bang Young Sheldon Cardinal / Toof How to Get Away With Murder CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight Superstore GoodPlace Great News / Early Retirement Chicago Fire / Slamigan Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition Grey's Anatomy Scandal / Good People How to Get Away With Murder News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight MVP: Most Valuable Performer The Big Bang Young Sheldon S.W.A.T./ Homecoming Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour United We Ski 19h40 Bolton 20h10 Spirit of a Classic Doctor Blake / Against the Odds Scott & Bailey / Change Business UNIS Pense vite! Jenny/ Jenny Chez nous Couleurs locales Voyage Les filles de Caleb Les encanteurs Vu intérieur Goût du pays HBO Cinéma 18h35 POPULATION ZERO (2016) Mosaic / Ilsa From Finland Strike Back 21h50 Strike Back 22h40 Strike Back TVA Sports 17h30 #Lavoie #Lavoiedubé LCH Hockey - Match des meilleurs espoirs Orr c.Cherry (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports Ski Mag 01/24 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 L'Épicerie Les enfants de la télé Cheval-Serpent Le Téléjournal Sports/ Marina TVA TVA nouvelles Le Tricheur Les Gags Oeufs d'or Au secours de Béatrice Prémonitions / La vérité TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Conseils Génial! Format familial Point doc Les francs-tireurs La cure / Une autre chance Chef cabane V Souper parfait Guerre clans APB: Alerte / Pris de vitesse NCIS: Los Angeles / Vengeance Chicago Justice Rire et délire Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 QuestChamp Journal FR Partir Autrement en famille Envoyé spécial Les flots Journal/ C à dire CANAL D Transports 24CH glace Remorqueurs Garage d'élite Alaska: La ruée vers l'or Transport Docu-D / 18 ans et plus Michelle ou la CANAL VIE La belle gang Marié ou éliminé Petite ville, grandes rénos / Mia Vendre ou rénover: chalet Design V.I.P.Mini-maisons La belle gang RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LAH Hockey / Crunch de Syracuse c.Rocket de Laval (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Restauration Restauration Restauration Restauration De l'acier et du feu De l'acier et du feu Les armuriers Les armuriers Braqueurs ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Lumière sur.Pour l'amour du country Outlander: Le chardon et le tartan Virtuose EXPLORA Petits d'éléphants Animo S'aime chien La Semaine verte Nos sens sous influence Au coeur du cerveau Rivalité Z Remorquage Dans l'net Garage Ça passe Science Le web obscur Week-end Fous Silicon Valley Défi limo Cinéma SAVOIR Encore plus Électron/ Thèse Découverte DeNeuf/ Idées FutureMag 10 découvertes Planète Terre Reportage Géo 22h20 L'ONU Santé! Découvertes TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Danse rêves TFO 24.7 MARY ET MAX (2009) 22h35 24.7 23h05 Citoyen Planète L'arche de Norin Quand la bière monte J'ai vu changer la Terre Les cicatrices de la Justice Mém.oubliée Aidez-nous à retrouver Sunil CBC CBCNews On the Money 22 Minutes Coronation St.Burden of Truth / Still Waters The Detectives / Trick or Treat CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The X-Files The Launch Criminal Minds / Cure CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight Mary Kills People / Ride or Die NCIS: Los Angeles Chicago P.D.Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Am.Housewife Modern Family Am.Housewife Match Game News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight The Amazing Race The Amazing Race Criminal Minds / Cure Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Globe Trekker Nature / Animal Misfits Nova Secrets of the Dead Business UNIS Pense vite! Top science Vu intérieur Goût du pays Bouffe en cavale Mon meilleur ami St-Nickel / La Pinata de troie À plein gaz HBO 17h25 I AM HEATH LEDGER Crashing Divorce Mosaic / Zebra - Itis Strike Back 21h50 Strike Back 22h40 Strike Back TVA Sports 17h30 #Lavoie #Lavoiedubé Avant-match LNH Hockey / Maple Leafs de Toronto c.Blackhawks de Chicago (D) D.Morissette 23h15 RAW 01/23 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 La Facture Unité 9 Hubert & Fanny Le Téléjournal Sports/ Marina TVA TVA nouvelles Le Tricheur World of Dance la compétition O' / Flashback L'heure bleue TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Conseils Génial! Cuisine futée, National Geographic SOS sages-femmes La femme honorable Deux hommes V Souper parfait Guerre clans Taxi payant Taxi payant Éternel / Le royaume Le dernier navire Rire et délire Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 QuestChamp Journal FR La quête des vents Apocalypse La vie en quatre temps / Cuba Caïn / L'info à tout prix Journal/ C à dire CANAL D Phénomènes vus de l'espace Pleine tempête Pleine tempête Cauchemar sur l'autoroute Mayday / Désastre à Tenerife Policier criminel Alaska: La ruée CANAL VIE La belle gang Mini-maisons La réno Encan et flip au Texas Vendre ou rénover au Québec Quoi ton plan?Idées-grandeur La belle gang RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Avalanche du Colorado c.Canadiens de Montréal (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Fièvre encans ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Nouveau Nouveau Les 5 prochains Les liens du sang Fatale-Station Sherlock EXPLORA Hawaï à l'état sauvage Le refuge de l'espoir Découverte Quand Homo sapiens Phénomènes Fukushima Z Remorquage Dans l'net Les hors-la-loi du volant Les vampires originels Surnaturel / L'enfant roi Helix (v.f.) / Les racines du mal SNCTM SAVOIR 18h20 L'ONU Reportage Géo 19h20 L'ONU Québec monde CORIM Voir autrement 21h20 Métiers Au coeur du cinéma québécois Vues d'UQAM La bibliothèqye TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Lightning Point Carte de visite 22h40 Visite 23h10 Citoyen Planète L'arche de Norin Les nouveaux explorateurs Une saison chez les ours Sous le radar Côtes d'Europe Pourquoi nous détestent-ils?CBC CBCNews On the Money Unstoppable Coronation St.Rick Mercer 22 Minutes Schitt's Creek Workin' Moms CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Ellen's Game of Games This Is Us Saves the World CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight NCIS / Family Ties Bull / Kill Shot NCIS: New Orleans Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition The Middle Fresh Off-Boat Black-ish Modern Family Saves the World News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight NCIS / Family Ties Bull / Kill Shot NCIS: New Orleans Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Points North Outdoor We'll Meet Again Frontline / Exodus: The Journey Continues Business UNIS Pense vite! À fond de train / Montréal Miss Météo Les encanteurs Chez nous Le souhait d'Augustine Mauvaise Jours/ Finger Oiseaux HBO 17h00 BEWARE THE SLEN.Divorce Crashing Mosaic Strike Back 21h50 Strike Back 22h40 Strike Back TVA Sports 17h30 #Lavoie #Lavoiedubé Avant-match LNH Hockey / Lightning de Tampa Bay c.Predators de Nashville (D) Dave Morissette en direct J E U D I V E N D R E D I M E R C R E D I CRITIQUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Dans trois petites semaines, la frénésie olympique gagnera les ondes de la télévision publique canadienne (et dans une moindre mesure l\u2019antenne de RDS) et fort probablement les téléspectateurs friands de télé sportive, et même ceux qui ne le sont pas normalement.RDI prépare le terrain avec des Grands repor tages en lien avec les Jeux à venir, dont ce bouquet de trois topos, fort éclairants sur divers enjeux olympiques.Le premier reportage, mené par Robert Frosi, propose un récapitulatif étoffé du scandale du dopage «institutionnalisé» qui a mené à l\u2019exclusion de la Russie aux Jeux de Pyeongchang.Grâce aux témoignages de plusieurs acteurs de cette affaire explosive, dont ceux de l\u2019Agence mondiale antidopage, ce résumé d\u2019une quinzaine de minutes saura éclairer ceux qui n\u2019ont pas du tout suivi cette nouvelle qui change la donne pour les Jeux à venir\u2026 Le sujet du deuxième reportage, signé par Diane Sauvé, aurait pu facilement occuper toute l\u2019heure.C\u2019est qu\u2019il aborde l\u2019avenir même du mouvement olympique, miné par le gigantisme des Jeux, le coût exorbitant de ceux-ci pour les gouvernements (et les citoyens) des villes hôtes, et l\u2019impact durable relativement restreint que ces manifestations sportives peuvent avoir sur les régions qui les accueillent.Les exemples désolants des derniers Jeux et les commentaires acerbes ou partagés d\u2019ex-athlètes olympiques longtemps convaincus, tels Jean-Luc Brassard et Catriona Le May Doan, laissent pour le moins songeurs\u2026 Le troisième et dernier reportage est sans doute le moins intéressant et le moins chargé politiquement, puisqu\u2019il est question de l\u2019importance de la nutrition dans la performance des athlètes olympiques.Voilà le genre de topo que l\u2019on risque de voir dans le cadre de la couverture journalistique pendant les Jeux, contrairement aux deux premiers, qui égratignent le mouvement olympique\u2026 De Sotchi à Pyeongchang RDI, jeudi, 20h Macédoine préolympique M A R D I MIKHAIL KLIMENTYEF AGENCE FRANCE-PRESSE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 V I V R E Entre les feuillages verts se dissimulent des maisonnettes colorées et des fleurs resplendissantes à Altamira.ISABELLE MARJORIE TREMBLAY | 4 5 Vi v r e Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 REPORTAGE ISABELLE MARJORIE TREMBLAY COLLABORATRICE LE DEVOIR AU COSTA RICA u-delà des plages idylliques et des forêts denses où s\u2019agite une des plus riches biodiversi- tés au monde, le Costa Rica se distingue par son climat social stable et l\u2019amabilité des ticos.Les hébergements de type écogîtes (ecolodges), avec leur charme rustique et leur taille humaine, permettent aux voyageurs des rencontres exceptionnelles et des sensations fortes à profusion.Fragments d\u2019une escapade en solo, pour découvrir la vraie pura vida.Guayabo Lodge C\u2019était il y a deux ans, le 6 février 2016.Le volcan Turrialba émergeait de son repos et, depuis, il exhale une fumée grise.À partir du petit hôtel Guayabo Lodge, situé sur son versant sud, le splendide volcan inquiète peu ; au contraire, il fascine.Turrialba constitue une toile de fond spectaculaire, telle une massive cheminée, et séduit les visiteurs de la vallée centrale du Costa Rica.L\u2019écogîte de 22 chambres et de 6 suites, niché à 1500 mètres d\u2019altitude, accueille des touristes depuis 15 ans.« J\u2019ai acheté une petite propriété ici, avec l\u2019idée de recevoir trois ou quatre visiteurs, de temps en temps », explique Rossana Lok, anthropologue néerlandaise et propriétaire.« Puis, c\u2019est devenu un projet social et environnemental pour la communauté de Santa Cruz et pour la planète.» Sur ces 10 hectares où le vert domine, des vaches, des chèvres et des chevaux paissent tranquillement au son des cris d\u2019oiseaux tropicaux.La chaîne de montagnes Cerro de la Muerte s\u2019élève au sud; la vallée de Tur- rialba invite à la promenade jusqu\u2019à la puissante rivière Aquiares.Près de 120 espèces d\u2019oiseaux ont été identifiées sur le terrain, entretenu sans pesticide.Bien sûr, le personnel composte, recycle, récupère \u2014 même si ce n\u2019est pas obligatoire au pays! L\u2019emploi de Costa- riciens de la région et l\u2019achat de produits locaux font partie des priorités.Ici, les valeurs ne sont pas que des mots.Elles sont des actions.Que ce soit en transit dans la province de Car- tago, en direction des Caraïbes, ou pour se poser dans un environnement différent de la côte, là où le climat est plus frais, chaque minute passée ici a l\u2019effet d\u2019une cure antistress.À 30 minutes en voiture, alors que derrière chaque virage se pointent des paysages stupéfiants, les activités pullulent: rafting, marche près des volcans ou visite des vestiges archéologiques.Pas de petits singes capucins ou de crocodiles, mais mille autres découvertes, loin du tourisme de masse.Los Campesinos « Tout mon secondaire, j\u2019ai marché seul une heure matin et soir en forêt, pour me rendre à l\u2019école au village voisin.No problema.» C\u2019est de la bouche de Juan Pablo Mora, 24 ans, directeur de l\u2019auberge écotouristique Los Campesinos, qu\u2019émanent ces souvenirs d\u2019enfance singuliers.« Je suis né ici.Je vais mourir ici », ajoute- t-il.En séjournant quelques jours dans la communauté Quebrada Arroyo, avec les iguanes, les toucans, les colonies de fourmis et les papillons colorés, j\u2019ai presque eu envie, moi aussi, d\u2019y passer ma vie.Qu\u2019elle est belle, l\u2019histoire de ce village aux maisonnettes dispersées, ici et là, à l\u2019ombre d\u2019arbres majestueux.Ce sont 60 personnes, 13 familles, qui ont subi durement les contrecoups de la propagation d\u2019un champignon toxique qui foudroya les plantations de vanille et de cacao dont vivait l\u2019ensemble du village en 1995.La polyculture est devenue la solution pour survivre.Et l\u2019entraide, aussi.«Presque tout le monde a ses poules et ses cochons, et cultive une variété d\u2019herbes, de fruits et de légumes, ce qui rend le village autosuffisant.La nature est si généreuse.La nourriture est fraîche!» Et le tourisme a diminué la précarité financière.Plus de 90% de la communauté travaille pour l\u2019écogîte, constitué de 10 cabanes en teck et en cèdre.Il faut aimer un brin l\u2019aventure pour se rendre ici, même si Los Cam- pesinos est à 30km du parc national Manuel Antonio (donc à 1 h 30 de route).Les six derniers kilomètres se dessinent sur une route tortueuse, des ponts étroits, de la boue par moments et, sur tout, une obscurité totale, dès 17h.Mais on vous attend avec un sourire fier et chaleureux.Confort, propreté et WiFi inclus.Plusieurs villageois détiennent une certification de guides pour les activités de plein air.La descente en rappel dans la rivière Savegre fut sans doute le moment le plus intense du périple.Tenue par une corde dans une puissante chute, lâchée dans un bassin grouillant au cœur d\u2019un environnement tropical, j\u2019ai vécu là une expérience inscrite dans mon top 10 ! Asoprola C\u2019est la gorge nouée que Yessica Suarez Chacon, 24 ans, a le courage de parler de son village, Altamira, de la crise vécue, des efforts de la communauté pour s\u2019en sortir et des retombées positives aujourd\u2019hui.« Tout le monde vivait du café.Lors de la crise des années 1990, mon père a dû nous quitter pour aller travailler aux États- Unis.Il est revenu neuf ans plus tard.» Adossé au parc national La Amistad, dans le sud du pays, à 10 km de la frontière du Panama, le site d\u2019hébergement qu\u2019elle gère dans la province de Puntarenas est aussi né d\u2019une initiative communautaire.L\u2019hébergement, d\u2019une dizaine de chambres, modestes mais confor tables, ser t de point d\u2019ancrage aux voyageurs en quête d\u2019authenticité et d\u2019immersion.«Des Québécois sont même déjà venus passer quelques jours dans des familles et ils ont adoré l\u2019expérience», explique Yessica avec enthousiasme.Une visite à pied va droit au cœur tant la gentillesse des Costariciens est sincère.Le petit cultivateur de cacao explique fièrement comment il produit seul son chocolat, de la cueillette à l\u2019emballage.Un autre cueille pour nous des litchis ; puis une adolescente charmante nous présente les chèvres qui permettent une petite production de fromage.Plus de 75% de ce qui est consommé ici est produit localement.Yessica ajoute : «Et le tourisme rural qu\u2019on propose permettra notamment la construction d\u2019une clinique, inexistante pour un village de 350 âmes!» Au fil de la promenade, je m\u2019étonne d\u2019un style architectural fantaisiste.Un arrêt d\u2019autobus, des toilettes publiques, l\u2019accueil de l\u2019auberge et la crémerie du village sont construits en partie avec des pneus et des bouteilles récupérées, et dessinés par Pancho, un artiste du coin.Un style qui mérite ses lettres de noblesse; un village de Schtroumpfs en pleine forêt, c\u2019est unique! «Cela enracine notre identité», ajoute ma guide.Et y déguster une glace produite exclusivement à partir de mangues, de vanille, de cacao frais et de lait tiré de la vache d\u2019à côté n\u2019a pas son pareil.L\u2019auteure était l\u2019invitée de Passion Terre et Village Monde.Elle s\u2019est rendue au Costa Rica avec Sunwing.Le Costa Rica au rythme de ses valeurs Séjourner dans les écogîtes permet de conjuguer échanges culturels et expériences dans la nature Pour réserver Grâce à un partenariat avec l\u2019agence de tourisme durable Passion Terre, Village Monde propose, dès janvier 2018, plus de 300 hébergements dans 34 pays.La nouvelle plateforme Vaolo, lancée en novembre 2017, permet de réserver selon différents critères, que ce soit les intérêts des voyageurs (plein air, culture, etc.) ou encore le niveau de confort recherché (confort, villageois, rustique ou chez l\u2019habitant).Notre collaboratrice descend en rappel une chute de 40 mètres. Los Cam- pesinos plaît aux voyageurs en quête de calme ou\u2026 de sensations fortes.JOSÉ MIGUEL MORA FALLAS A L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 Vi v r e Te n d a n c e 4 6 | REPORTAGE JEAN-BAPTISTE HERVÉ COLLABORATEUR LE DEVOIR ans la salle, les tables et les chaises sont recouver tes d\u2019un tissu d\u2019une couleur rouge criard et les invités arrivent au compte-gouttes.Il est déjà 23 h et les concerts ont débuté.« Les gens agissent comme s\u2019ils étaient encore au pays où les fêtes débutent dans la nuit et se terminent à 6 ou 7 h du matin », nous explique le journaliste Henri Ngaka, lui aussi présent pour l\u2019arrivée des sapeurs.Un véritable sapeur sait se faire attendre et il connaît les codes et les règles de cette société.La S.A.P.E.(Société des ambian- ceurs et des personnes élégantes) est un mouvement culturel né dans les années 1960 au Congo-Brazza- ville, alors que les jeunes étudiants se réappropriaient les habits du colon en les colorant et en les réinterprétant, une manière pour eux de revendiquer l\u2019égalité.C\u2019est avec beaucoup de curiosité que nous nous sommes présenté à cette première soirée de S.A.P.E.mont- réalaise dans une salle communautaire bien connue du quartier Villeray.Sur place, on proposait de bien harmoniser la musique congolaise et ses représentants venus de Paris et de Montréal : Sam Tshintu (un ancien partenaire de scène du géant de la musique congolaise Kof fi Olo- midé), Roi David (un ancien du groupe congolais Wenge Musica Maison Mère) accompagné par le groupe local Les As d\u2019Afrique.Le sapeur Norbat de Paris et plusieurs des plus éminents sapeurs de Montréal complétaient le portrait de cette soirée haute en couleur.Les dandys de l\u2019Afrique La S.A.P.E.est un phénomène international.Aujourd\u2019hui, ses adeptes se retrouvent en République démocratique du Congo, à Paris, à Bruxelles et maintenant à Montréal.La S.A.P.E.est fantaisiste et amuse beaucoup à première vue, mais elle a ses codes et unit ses membres à travers certaines croyances et ses rituels, ainsi qu\u2019une science dénommée la « sapelogie ».Celle-ci fait du vêtement un objet de promotion sociale, de réussite et de langage.Le vêtement des sapeurs est leur façon de s\u2019exprimer La S.A.P.E, de Kinshasa à Montréal D | 47 Vi v r e Te n d an c e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 en société, qui peut être même considéré comme un outil de subversion sociale.À ce propos, le sapeur se rapproche beaucoup du dandy, cet homme excentrique né en Angleterre à la fin du XIXe siècle et qui avait la volonté de rompre avec les règles.Le corps du sapeur devient un outil et une opposition au pouvoir politique congolais corrompu, une sor te de désobéissance civile par le tissu! Marques et prestance du sapeur Les sapeurs sont colorés, excentriques, et portent souvent des vêtements grif fés : Yamamoto, Dolce & Gabbana, Gucci, Jean-Charles de Castelbajac.Ce sont les marques de leur prestance sociale ; chaque sapeur se considère comme LE plus élégant et il n\u2019accepte pas qu\u2019on mette cela en doute.Les sapeurs doivent souvent sacrifier une grande partie de leur qualité de vie pour paraître fringants.Le but est d\u2019être reconnu par le plus grand nombre et, donc, d\u2019être visible.Un sapeur invisible n\u2019est pas un sapeur.Des mocassins Weston en crocodile, la marque de prédilection des sapeurs, se détaillent à presque 4000 $ en magasin.Une veste en soie de Yohji Yamamoto peut se vendre plus de 2000 $.Mais qu\u2019importe, le style et l\u2019élégance l\u2019emportent sur la bourse.La soirée S.A.P.E.et Musique Roi David, un véritable ambianceur de la rumba congolaise qui sait mettre le feu à la piste de danser, raconte : « Chez nous, la sapelogie représente la culture, elle est indissociable de la musique et des belles femmes.La S.A.P.E., c\u2019est aussi l\u2019argent, le mec peut acheter un blouson à 4000 euros et n\u2019avoir absolument rien à manger dans son frigo\u2026 » Puis, c\u2019est la déferlante, deux hom - mes arrivent et détonnent.Il est 1 h du matin, leur arrivée est remarquée, signe ultime que nous som - mes en présence de sapeurs de compétition.Ma Ngadou, en costume trois-pièces bleu de mer, nœud papillon impeccable, por te des lunettes rondes grif fées, chapeau melon, gourmette en or et mallette en cuir de croco, avec évidemment aux pieds des Weston avec des boucles en or.« La première règle de la S.A.P.E., ce sont les couleurs », explique-t-il.À ses côtés, François porte un blazer noir avec nœud papillon à carreaux noir, blanc et orange, un pantalon blanc cassé, des Weston aux pieds et d\u2019élégantes chaussettes de soie verte.Il porte aussi un seul gant de cuir, pour tenir le cigare toute la soirée sans l\u2019allumer, un Montecristo, cela va de soi\u2026 À sa main dénudée, il arbore une immense bague qui représente un tigre qui rugit.« J\u2019ai commencé la S.A.P.E.à quatre ans.C\u2019est mon père qui m\u2019a tout appris », confie-t-il.Sur la piste de danse, la journaliste bien connue des Congolais de Montréal JETAIME Annie Makwa- kala, toute de léopard vêtue, nous crie : « Quand je danse, il ne faut pas m\u2019interrompre ! » La soirée se met en branle avec l\u2019arrivée de ces sapeurs.Tout le monde attend la vedette de la soirée, et l\u2019animateur réchauffe la foule en scandant son nom : « Norbat de Paris ! Norbat de Paris ! Celui qui sait ce qu\u2019il veut ! Norbat Zarathoustra, le summum de la S.A.P.E.! Le feu, c\u2019est le feu!» S.A.P.E.chirurgicale À ce moment de la soirée, tous les néons de la salle ont été allumés à la demande du prophète de la S.A.P.E., car quand un sapeur de son calibre arrive, il faut le voir.Norbat surgit avec un hoodie griffé sur la tête, des lunettes John Richmond sur le nez, en traînant une intrigante valise à roulettes bleue.Il entame une chanson en lip-sync, qui le présente et le vante.Puis, deux danseurs, Benny Gola et F-Mpouki, se joignent à lui.Norbat s\u2019exécute une fois de plus et entonne la chanson Norbat danser.Tout à coup, il se saisit de la valise et en sort un manteau de crocodile en cuir blanc qu\u2019il utilise comme un toréador, en donnant des coups de pied dessus.Plus tard, il rouvre l\u2019intrigante valise et en sor t plusieurs paires de chaussures de luxe, qu\u2019il lance partout dans la salle, et donne des coups de pied aux chaussures et des coups de manteau de cuir.À un moment, il s\u2019éclipse et revient au milieu de ses danseurs avec un journal dans lequel il a fait un trou.Il regarde les spectateurs par le trou, et toute la foule l\u2019entoure et le filme.Le sapeur a frappé.Les 10 commandements de la sapelogie 1.Tu saperas sur terre avec les humains et au ciel avec ton Dieu créateur.2.Tu materas les ngayas (non- connaisseurs), les nbéndés (ignorants), les tindongos (les parleurs sans but) sur terre, sous terre, en mer et dans les cieux.3.Tu honoreras la sapelogie en tout lieu.4.Les voies de la sapelogie sont impénétrables à tout sapelogue ne connaissant pas la règle de trois, la trilogie des couleurs achevées et inachevées.5.Tu ne céderas pas.6.Tu adopteras une hygiène vestimentaire et corporelle très rigoureuse.7.Tu ne seras ni tribaliste, ni nationaliste, ni raciste, ni discriminatoire.8.Tu ne seras pas violent ni insolent.9.Tu obéiras aux préceptes de civilité des sapelogues et au respect des anciens.10.De par ta prière et les 10 commandements, toi, sapelogue, tu coloniseras les peuples sape- phobes.Ô Dieu de la religion, c\u2019est Toi le premier styliste, qui n\u2019a pas voulu voir la nudité de l\u2019homme après qu\u2019il eut péché dans le jardin d\u2019Éden.[.] Ô Père, pardonne à tous ceux qui ne savent pas s\u2019habiller.PRIÈRE DE SAPEUR » Norbat de Paris est l\u2019un des plus connus sur la scène de la S.A.P.E.(Société des ambianceurs et des personnes élégantes).Un mouvement né dans les années 1960 au Congo Brazzaville, alors que les étudiants se seraient réapproprié les habits du colon en les colorant et en les réinterprétant.PHOTOS RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR La S.A.P.E., c\u2019est aussi l\u2019argent, le mec peut acheter un blouson à quatre mille euros et n\u2019avoir absolument rien à manger dans son frigo ROI DAVID » JETAIME Annie Makwakala est une youtubeuse congolaise très connue à Montréal.Norbat et sa valise griffée L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 Vi v r e Vi n 4 8 | Moins de 16 $ Espelt Saulo 2016, Empordà, Espagne (14,65$ \u2013 10856241) Ce rouge est aussi sincère et sympathique que les Catalans eux-mêmes.Avec cette affirmation tranquille qui en garantit l\u2019authenticité.Ce sont de beaux grenaches (et un doigt de carignan) qui font ici la fête à un fruité qui se veut souple, simple et coulant, bref, juteux à souhait.Servir un chouïa frais sur des charcuteries.(5) ?La surprise Au Bon Climat 2016, Pinot Gris & Pinot Blanc, Santa Barbara County, États-Unis (30,25$ \u2013 12510690) Chapeau bien bas à Jim Clendenen pour avoir eu la sensibilité de fusionner terroirs et cépages de la sorte, résumant encore une fois cette synergie voulant que la somme des parties soit bien supérieure à celle de chacun des éléments pris séparément.Lentes à se développer, les flaveurs gonflent ici comme un torrent à la fois fou et discipliné.(5 +) ?© Le blanc Château Coupe Roses Schiste 2016, Languedoc- Roussillon, France (23,20$ \u2013 894519) Le Languedoc et son Roussillon plus à l\u2019ouest me fascinent.Berceau ancien pour des vins brûlants aujourd\u2019hui d\u2019actualité, l\u2019appellation regorge de perles toutes aussi authentiques les unes que les autres.Cette roussanne qui multiplie les épaisseurs minérales étoffe le palais avec substance, grâce à une part de mystère non négligeable.(5 +) ?1/2 © Le rouge Fonte del Re 2016, Lacrima di Morro d\u2019Alba, Marches, Italie (19,70$ \u2013 12883314) Original, dites-vous?Il n\u2019y a que l\u2019Italie pour livrer un type de vin qui mise sur des parfums affriolants de fraise, mais aussi, truc plus rare pour un rouge, sur d\u2019étonnantes nuances de fleurs d\u2019oranger.Un rouge souple, bien frais, à base du cépage lacrima, joliment étoffé, d\u2019une finale ronde et\u2026 sexy ! (5) ?Le bio Les Greilles blanc 2016, Causse Marines, Gaillac, France (24 $ \u2013 860387) Pour le dire simplement, je suis fan de cette maison, et de ce vin ! À la fois ludique et intrigant, ce blanc sec, pas trop costaud mais tout de même substantiel au palais avec ses épaisseurs heureuses de fruits blancs, de résines et d\u2019épices, vous entraîne là où vous n\u2019êtes jamais allé.C\u2019est inspirant, édifiant, d\u2019une vérité qui ne ment pas.(5) ?1/2 (5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans (10+) se conserve dix ans ou plus © devrait séjourner en carafe L E S V I N S D E L A S E M A I N E CRITIQUE JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR Ce sont plus de quatre millions d\u2019hectolitres de vin qu\u2019auraient éclusés les Canadiens d\u2019un océan à l\u2019autre entre 2014 et 2015, selon l\u2019Organisation internationale de la vigne et du vin.Ce qui apparaîtra tout de même comme une peccadille quand l\u2019on pense qu\u2019un million de Romains sifflaient déjà, au Ier siècle après Jé- sus-Christ, près de deux millions d\u2019hectolitres par année ! Toutes propor tions gardées, le pays de Justin n\u2019arrive pas à la cheville des amphores maniées par Caligula, Tibère, Domitien, Trajan, Ha- drien et consorts.Et je ne vous parle pas des 700 tonnes de pot parties en fumée en 2017 dans le « plus planant pays du monde », quantité qui s\u2019inscrira vraisemblablement à la hausse lors des prochaines Statistiques Cannabis Canada en 2018.Je vous tiendrai au courant du dossier.« La cave, c\u2019est ce qui reste quand on a tout bu » Mais certains d\u2019entre vous thésaurisent et ne boivent pas tout.Ils attendent.Ce qui fausse bien évidemment les statistiques.Leur cave à vin devenant une assurance plaisir en plus d\u2019être un judicieux refuge pour placements liquides.Ils n\u2019ont pas tort.Mais il faut faire gaffe ! Primo, ce ne sont pas tous les vins qui peuvent se permettre de se bonifier (lire: accéder à plus de profondeur et de complexité tout en se dotant d\u2019une part de mystère supplémentaire sans affecter l\u2019harmonie d\u2019ensemble, soit, allez, disons, environ 10% de la production mondiale).Secundo, il faut se souvenir qu\u2019à trop vouloir stocker, vous risquez d\u2019être rapidement dépassé par les candidats qui ont «plafonné» et qui, ultimement, transformeront votre cave en cimetière à bouteilles.L\u2019idée est de faire rouler les flacons, entre une cave trop pleine et une autre où il ne reste plus que les murs.Mais voilà, comme la courbe d\u2019évolution d\u2019un vin n\u2019est pas (encore) inscrite sur la contre-étiquette de la bouteille, le flair s\u2019impose alors, sans compter que c\u2019est aussi une affaire de goût.Les vinifications contemporaines sont axées sur des fruités pétant de santé avec des vins destinés à une consommation de courte ou de moyenne durée.Mais une règle sûre demeure: il faut se souvenir qu\u2019il vaut mieux boire ses vins plus jeunes que trop vieux.Comme l\u2019espace est trop restreint pour développer le sujet, voici quelques beaux vins logés dans ce que je pense être (mais je ne suis pas devin!) dans leurs cases de bonification respective.À boire d\u2019ici cinq ans Embocadero 2014, Ribera del Duero, Espagne (16,95$ \u2013 13396286 \u2013 ?1/2 ©).Chiroubles 2016, Pacalet, Bourgogne, France (28,35$ \u2013 12847831 \u2013 ?1/2).Crozes-Her- mitage Cuvée Louis Belle 2013, Domaine Belle, Rhône, France (31,50$ \u2013 917484 \u2013 ?1/2 ©).Champagne Bollinger Spécial Cuvée Brut, France (81,75$ \u2013 384529 \u2013 ?).Se conservera plus de cinq ans Ginéginé 2015, Buil & Giné, Priorat, Espagne (20,80$ \u2013 11337910 \u2013 ?©).Borgo Scopeto 2014, Chianti Classico, Toscane, Italie (21,15$ \u2013 13460647 \u2013 ?©).Château de Cazeneuve Les Calcaires 2015, Pic Saint Loup, France (22,60$ \u2013 881656 \u2013 ?1/2 ©).Quintessence 2015, Château Pesquié, Rhône, France (23,55$ \u2013 969303 \u2013 ?).Château Yvonne 2015, Saumur, Loire, France (29,70$ \u2013 10689665 \u2013 ?1/2 ©).Pomerol 2015, Jean- Pierre Moueix, Bordeaux, France (32,60$ \u2013 739623 \u2013 ?1/2 ©).Prin- cipiano Ferdinando Barolo 2013, Ser- ralunga, Piémont, Italie (44,75$ \u2013 11387301 \u2013 ?1/2 ©).Pernand- Vergelesses 1er Cru En Caradeux 2015, Louis Latour, Borgogne, France (57,25$ \u2013 12760040 \u2013 ?1/2 ©).Se bonifiera au-delà de dix ans Château de la Guimonière 2014, Coteau du Layon 1er Cru Chaume, Loire, France (32,75$ les 500ml \u2013 12718749 \u2013 ?1/2).Big River Zinfandel 2014, Ravenswood, Alexander Valley, États- Unis (45,25$ \u2013 12490385 \u2013 ?©).Poggio Alle Mura 2012, Brunello di Montalcino, Banfi, Toscane, Italie (70$ \u2013 701920 \u2013 ?©).guideaubry@gmail.com Cave à vin ou\u2026 cimetière à bouteilles ?L\u2019idée est de faire rouler les flacons entre une cave trop pleine et une autre où il ne reste plus que les murs.JEAN AUBRY | 4 9 Vi v r e R e s t o L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 CRITIQUE CATHERINE FERLAND COLLABORATRICE LE DEVOIR À QUÉBEC Dans les régions alpines, la grolla est une coupe à boire associée à la convivialité.Sa facture toute simple, en bois, rappelle ses origines modestes.C\u2019est aussi le nom d\u2019un petit resto suisse qui, à défaut de se nicher en montagne, frappe le regard lorsqu\u2019on parvient au sommet d\u2019un bon dénivelé de Québec, la côte d\u2019Abraham.Sa spécialité?La fondue.Avec le curieux hiver que nous avons, cette promesse de cuisine réconfortante suffit à me décider.En route pour La Grolla.Quand les terroirs se rencontrent Le local se veut une évocation des chalets montagnards avec appliques de bois br ut, décos r us- tiques et tissus à carreaux.Et les lieux fleurent bon le fromage.Pour commencer le repas, mon amoureux et moi dévions pour tant un peu de l\u2019héritage helvète et par ta- geons une fondue de Bacchus, dont le riche bouillon, par fumé au vin rouge et où mijotent des champignons sauvages, accueille en frémissant nos fines lanières de bœuf.Pour faire bonne mesure, nous avons cru bon (et bien fait) de faire ajouter une petite assiette de crudités, ce qui nous permet de prolonger le plaisir avec, tour à tour, du brocoli, des champignons, de l\u2019oignon ainsi que des poivrons rouges et verts.La caution santé, quoi.Vous aurez bien sûr reconnu la fondue dite chinoise, dont le principe est ancien mais qu\u2019on ne connaît au Québec que depuis le milieu du XXe siècle.Or, il ne sera pas dit que nous ne mangerons pas de fromage dans un resto suisse ! Faites-moi confiance.On fond pour la fondue Je me suis amusée à réaliser un petit vox-pop auprès de mes proches pour savoir ce qu\u2019ils associent spontanément au terme « fondue ».Parmi les réponses, les mots « chaleur », « partage » et « convivialité » ressortaient du lot.Si elle est indubitablement conviviale, la fondue est pour tant née d\u2019une pratique d\u2019économie domestique : pour valoriser leurs restes de fromage, les paysans les faisaient fondre pour y tremper des bouts du pain de la veille.Cette savoureuse idée s\u2019est propagée dans de nombreuses régions, notamment en zone alpine.On en trouve aujourd\u2019hui de nombreuses variantes en Suisse et dans le nord-est de la France.Désireux de souscrire à la tradition suisse tout en ne dérogeant pas à ses principes locavores, mon homme a choisi\u2026 la fondue Charle- voisienne, faite d\u2019un mélange de La cuisine suisse, simple et conviviale Le local se veut une évocation des chalets montagnards avec appliques de bois brut, décos rustiques et tissus à carreaux.Et les lieux fleurent bon le fromage.RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Hercule et de 1608 de la laiterie Charlevoix.Pendant près d\u2019une heure, il y trempera croûton sur croûton dans un bonheur absolu.Honneur aux appellations suisses Pour ma part, j\u2019ai troqué le caquelon pour le four traditionnel suisse : en ef fet, j\u2019ai opté pour la formule raclette, une autre spécialité où une généreuse par t de fromage \u2014 une A.O.C.suisse commodément nommée Raclette \u2014 est mise à griller\u2026 et à mesure que sa surface exposée au grill devient colorée et croustillante, on la prélève au couteau.Le bœuf séché du canton des Grisons est un parfait accompagnement, avec les pommes de terre grelots (contenues dans un petit sac de jute tout mignon qui les garde chaudes), des marinades et bien sûr du pain.La contrepartie liquide du repas, du début à la fin, est le bien nommé Château de Ripaille : ce vin blanc frais et aromatique est une A.O.C.de Savoie dont les notes chantantes et peu communes sont dues au chasselas, un cépage d\u2019origine suisse.Le compagnon idéal pour tout ce fromage, tant suisse que québécois ! Auriez-vous encore faim, par hasard?Moi pas, mais Dave se laisse tenter par les profiteroles.Avec leur cœur à la crème et leur coulis de vrai chocolat suisse, ils sont délicats mais fort consistants.Une chance qu\u2019on a une «petite marche» à faire pour rentrer! Restaurant La Grolla ?$$$ 815, côte d\u2019Abraham, Québec, 418 529-8107 Les plus: Décor amusant et chaleureux, plats généreux et savoureux.Les moins : Un peu cher, tout de même; la musique lounge américaine à des années-lumière du terroir suisse ou québécois\u2026 Coût pour deux, nourriture seulement, avant taxes: 100$.Coût total pour deux (y compris alcool, taxes et service): 188$.Si elle est indubitablement conviviale, la fondue est pourtant née d\u2019une pratique d\u2019économie domestique L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 Vi v r e A l i m e n t at i o n 5 0 | HÔTEL MANOIR VICTORIA VIEUX-QUÉBEC POUR S\u2019ÉVADER DU QUOTIDIEN Besoin d\u2019un répit après le rush des Fêtes ?Pourquoi ne pas changer d\u2019air et venir vous reposer dans nos toutes nouvelles chambres contemporaines au cœur du Vieux Québec ?Pas de lit à faire, pas de corvée de cuisine non plus ! 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d\u2019entrée de jeu le sociologue de l\u2019alimentation Jean-Pierre Lemasson.On mange couramment des insectes dans une quarantaine de pays à travers le monde \u2014 dans certains pays d\u2019Afrique, on considère d\u2019ailleurs les termites comme un vrai régal \u2014, mais il est évident qu\u2019ils sont loin de susciter une réaction initiale positive en Occident.«Tout ce qui est insecte, chez nous, a tendance à être associé à un monde obscur, à de la vermine, à des maladies possibles et au néfaste.Manger une mouche ou un ver de terre, c\u2019est quelque chose qui paraît répulsif pour la majorité des Occidentaux \u2014 même sous leur forme transformée, puis - qu\u2019il y a un transfert de notre imaginaire négatif, poursuit M.Lemasson.Une des raisons pour cela, c\u2019est que nous vivons dans une société où il y a une abondance de protéines animales.S\u2019il y avait eu plus de rareté, peut-être qu\u2019on se serait mis à goûter les insectes, à les essayer, à les évaluer différemment.» Ce type de dégoût qui varie selon les cultures se retrouve dans notre vision de plusieurs autres aliments : pensons simplement au fait que les Coréens mangent du chien, alors qu\u2019on n\u2019imaginerait jamais faire la même chose en Occident\u2026 La frange qui change Malgré les traditions gastronomiques bien ancrées, des arguments rationnels (environnementaux, par exemple) peu- vent-ils faire changer un régime?«Je suis persuadé que ces arguments rationnels ne touchent qu\u2019une frange très limitée de la population, des gens qui ont une lecture éthique du rapport à l\u2019alimentation.La majorité a plutôt un rapport d\u2019héritage, soit ce qui provient des parents, des traditions, des habitudes de goût», avance le sociologue.«L\u2019 Confiture d\u2019orange et de carotte Je vous donne une recette familiale qui vient de ma grand-mère.À l\u2019ouverture de notre restaurant il y a 28 ans, c\u2019est elle qui venait la faire chez nous avant de nous la donner.Ingrédients 5 oranges 500gr de carottes râpées 500gr de sucre (ou moins, selon votre goût) Une cuillère à café de graines de cardamome 2 c.à soupe d\u2019eau de fleur d\u2019oranger Eau Préparation Prendre le jus des oranges et réserver.Couper l\u2019écorce des oranges en fines lamelles d\u2019environ 1cm de long.Pour enlever l\u2019amertume des peaux des oranges, il faut par trois fois les mettre dans de l\u2019eau froide et porter le tout à ébullition.Jeter l\u2019eau après chaque ébullition et rincer les écorces d\u2019orange.Mélanger les écorces et le sucre avec le jus d\u2019orange et une quantité égale d\u2019eau.Laisser cuire longuement à feu doux, jusqu\u2019à ébullition.Ajouter les carottes et ramener à ébullition.Laisser reposer une nuit.Le lendemain, ajouter la cardamome et l\u2019eau de fleur d\u2019oranger et refaire bouillir.Laisser de nouveau reposer une nuit et refaire bouillir le lendemain.Mettre le tout, encore chaud, dans des pots Mason en les remplissant complètement, et fermer tout de suite.La confiture se conserve très bien, mais il faut la mettre au frigo une fois le pot ouvert.PEDRO RUIZ LE DEVOIR L A R EC E T T E D\u2019H E M É L A P O U R A F Z A L , C H E F D U CA F É BY B LOS | 5 1 Vi v r e A l i m e n t at i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 Ce qui ne les empêche pas de faire quelques pas vers le changement, par exemple en supprimant la viande de leurs assiettes un jour par semaine.«Une fois par semaine, on est rationnel, et le reste du temps on se permet d\u2019être irrationnel, parce que l\u2019alimentation et le goût proviennent beaucoup d\u2019une transmission de l\u2019imaginaire », soutient M.Lemasson.Sur plusieurs années, des changements s\u2019observent quand même, re- marque-t-il.Le fameux chou frisé (kale), qui était perçu comme bon pour les lapins il y a une vingtaine d\u2019années, se retrouve maintenant au McDonald\u2019s.Les sushis font pour leur par t par tie des aliments exotiques qui ont pris une place considérable dans notre alimentation.Insectes et plein air Pourrait-il en être de même des insectes ?Une partie de la population semble déjà intégrer cette frange dont parle M.Lemasson : il s\u2019agit des amateurs de plein air.En effet, c\u2019est principalement dans des magasins comme La Cordée que sont distribués les produits d\u2019uKa protéine, une compagnie qui vend des barres protéinées aux grillons, de la farine de gril lons ainsi que des grillons entiers séchés.«Les gens qui choisissent nos produits mettent la valeur nutritionnelle au premier plan, et l\u2019environnement vient plutôt au deuxième plan », estime Marie-Loup Tremblay, fondatrice et propriétaire de l\u2019entreprise ouverte depuis 2013.« Les barres protéinées fonctionnent bien avec les gens qui font du plein air.La farine de grillon obtient une réponse d\u2019une clientèle plus large, de gens qui veulent introduire un nouvel aliment, un peu comme quand on parlait de protéine de soya il y a quelques années», explique-t-elle.Mme Tremblay affirme que les épiceries indépendantes commencent à s\u2019intéresser davantage aux produits issus des insectes, mais que les grands distributeurs sont encore à l\u2019étape des tests de marché dans quelques quartiers précis.Elle estime quand même que ses produits auront un bel avenir.« La farine risque de se mettre en marché comme des produits qui sont consommés en additifs, dont la graine de chia, tandis que les produits finis [barres, croustilles, cra- quelins] vont se positionner plus comme les sushis.On peut avoir une grande panoplie de produits issus des insectes, tant salés que sucrés : le défi va être de trouver leur place sur les étagères.Le consommateur est plus prêt que ce qu\u2019on pense, c\u2019est l\u2019industrie qui est moins favorable », évalue la femme d\u2019affaires.Quant à savoir si les smoothies aux protéines de grillon se retrouveront en 2018 sur l\u2019ardoise des cafés branchés, les paris sont ouverts : il suffit parfois qu\u2019un établissement ouvre le bal pour qu\u2019une tendance se répande comme une traînée de poudre\u2026 Prêt pas prêt L\u2019été dernier, Marie Marquis, profes- seure titulaire au Département de nutrition de la Faculté de médecine de l\u2019Université de Montréal, a réalisé une collecte de données lors de l\u2019activité Croque-insectes qui se déroulait à l\u2019Insectarium de Montréal.Voici quelques observations qui en sont ressorties\u2026 Les enfants semblent particulièrement ouverts à l\u2019idée de manger des insectes.«Si un ménage se met à ajouter des insectes à son alimentation, il y a fort à parier que les enfants ont un rôle déterminant à y jouer», estime Mme Marquis.71% des gens interrogés voulaient en apprendre davantage sur les bienfaits de la consommation d\u2019insectes ainsi que sur les bénéfices et les risques sur le plan environnemental.10% des gens interrogés étaient catégoriques : ils ne voudraient jamais manger d\u2019insectes, peu importent les bienfaits de ceux-ci.Les vidéos de gens en train de se délecter d\u2019insectes répugnent certains consommateurs.Chez les personnes sondées, 49% ont indiqué avoir visionné ce genre de vidéos par le passé et avoir été dégoûtés, alors que 38% ont dit avoir eu envie de tenter l\u2019expérience à la suite du visionnement.Parmi les choses que les répondants souhaitaient voir arriver le plus tôt possible dans la société, on retrouvait: de la nourriture pour animaux de compagnie à base d\u2019insectes, des repas à base d\u2019insectes dans les menus des restaurants et des camions de rue, ainsi que des émissions de cuisine à la télévision qui montrent comment apprêter des insectes.Grouillant de nutriments Du point de vue nutritionnel, les insectes présentent plusieurs avantages, et pas seulement parce qu\u2019ils contribuent à varier notre alimentation, assure Stéphanie Côté, nutritionniste pour Extenso, le centre de référence sur la nutrition de l\u2019Université de Montréal.« À poids égal, ils comprennent autant de protéines que le bœuf.Ils contiennent aussi de bons gras [comme de l\u2019Omega 3], des fibres alimentaires et du calcium [ce qu\u2019il n\u2019y a pas du tout dans la viande], de la vitamine B12, des minéraux, du fer\u2026 On n\u2019en parle pas pour rien, ça mérite qu\u2019on essaie de changer notre perception ! » dit celle qui croit que le facteur psychologique peut être surmonté.« On en mange déjà, des bi- bittes ! Il n\u2019y a qu\u2019à penser aux escargots, ou encore aux crevettes, qui sont de petites bestioles qui bougent et qui ont plusieurs pattes\u2026 » Mme Côté convient que, pour le moment, il n\u2019est pas aisé de s\u2019approvisionner en insectes, mais que ça devrait venir.«Comme plein d\u2019autres aliments, c\u2019est de moins en moins marginal.Il suffirait qu\u2019une vedette d\u2019Hollywood décide de se mettre à manger des insectes, et ça serait parti\u2026 On ne sait pas ce que ça va être, la bougie d\u2019allumage ! » Des tacos aux grillons réalisés dans le cadre de l\u2019activité Croque-insectes à l\u2019Insectarium de Montréal MATHIEU RIVARD ESPACE POUR LA VIE Nous vivons dans une société où il y a une abondance de protéines animales.S\u2019il y avait eu plus de rareté, peut-être qu\u2019on se serait mis à goûter les insectes, à les évaluer différemment.JEAN-PIERRE LEMASSON » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 Vi v r e S a n t é 52 | LAURIE NOREAU COLLABORATRICE LE DEVOIR Cet hiver, oubliez les classes de yoga chaud à près de 40°C.Ici, la température ambiante passe sous le point de congélation.Ils sont des dizaines à se donner rendez-vous toutes les fins de semaine dans les parcs de Montréal pour adopter la posture du guerrier les deux pieds dans la neige.Le « snowga », comme son nom l\u2019indique, invite les yogis à sortir des studios et à pratiquer leur activité préférée dans un décor hivernal.Il n\u2019y a plus aucune raison de détester l\u2019hiver : l\u2019air pur et frais qui emplit les poumons, les muscles qui se réchauffent tranquillement au rythme des mouvements.D\u2019ailleurs, comment composer avec le froid alors que le yoga exige souplesse et flexibilité ?« On adopte principalement des postures debout pour accélérer la circulation sanguine pour s\u2019assurer de rester bien au chaud.Je demande aux participants d\u2019aller moins loin dans les mouvements.On s\u2019assure que ce soit sécuritaire, tout en gardant un aspect tonique », assure Marie-Ève Bertrand de POP Spirit.Depuis quatre ans, elle et son équipe font sortir les Montréalais de leur chaumière pour venir pratiquer le yoga en plein air tout l\u2019hiver, et ce, gratuitement.Chaleur comprise Ne vous y méprenez pas.Le défi reste de taille, particulièrement sur un couvert neigeux.L\u2019équilibre est mis à rude épreuve alors que le sol est plutôt irrégulier.Le vent peut venir vous fouetter le visage et perturber votre salutation au soleil ou votre posture de l\u2019arbre.C\u2019est pourquoi POP Spirit conseille de laisser son esprit de performance à la maison.«On se prend beaucoup moins au sérieux que dans un cours de yoga plus traditionnel, rassure la professeure de yoga certifiée.On est là pour se faire du bien, pour connecter avec les éléments.On sent toujours une petite frénésie et il y a un véritable aspect ludique.» Le rendez-vous est programmé aux parcs Laurier et La Fontaine chaque fin de semaine.Il faut dire que l\u2019activité attire son lot de curieux.« À l\u2019âge adulte, c\u2019est rare qu\u2019on se roule dans la neige à moins d\u2019avoir des enfants, avance Marie- Ève Bertrand pour expliquer cet engouement.Il y a un certain retour en enfance et ça permet de s\u2019approprier la saison.Les gens nous disent qu\u2019ils ne seraient pas sortis de la maison si ce n\u2019était pas du cours aujourd\u2019hui.» Aux États-Unis, les réseaux sociaux pullulent de skieurs et de planchistes qui effectuent quelques positions de yoga comme échauffement avant de prendre d\u2019assaut les montagnes.L\u2019entreprise POP Spirit a agi comme véritable pionnière de la pratique de ce yoga blanc dans la province.« J\u2019ai vu la photo d\u2019une skieuse du Colorado qui a utilisé le terme \u201csnowga\u201d, explique Marie-Ève Bertrand.Elle faisait une posture de yoga avec ses bottes de snow sur une montagne.Ça a été une évidence pour moi.Je devais partager cette nouvelle mode au Québec.» Dehors, toute l\u2019année La pratique du yoga en extérieur rejoint de plus en plus d\u2019adeptes.Marie-Ève Bertrand est bien placée pour constater cet engouement, elle qui ne possède pas de studio de yoga et offre la majorité de ses cours en plein air.« Une fois que les gens découvrent le \u201csnowga\u201d, ils deviennent accros.Ils voient tout de suite le bien-être que ça leur procure, constate-t-elle.À l\u2019extérieur, on est en immersion.On ressent les sensations du vent, du chaud, du froid.Ça rejoint beaucoup la philosophie du Le yoga tout-terrain Le « snowga », comme son nom l\u2019indique, invite les yogis à sortir des studios et à pratiquer leur activité préférée dans un décor hivernal.PHOTOS POP SPIRIT Vous voulez l\u2019essayer ?Yoga Neige à 10h30 jusqu\u2019au 18 mars, les samedis au parc La Fontaine et les dimanches au parc Laurier.Gratuit.Annulé en cas de pluie.À l\u2019âge adulte, c\u2019est rare qu\u2019on se roule dans la neige à moins d\u2019avoir des enfants.Il y a un certain retour en enfance et ça permet de s\u2019approprier la saison.MARIE-ÈVE BERTRAND » yoga.On exécute des postures, mais ça nécessite aussi une posture intérieure, un alignement du corps et de l\u2019esprit », croit-elle.L\u2019été, le froid constitue un obstacle de moins à la pratique du yoga à l\u2019extérieur.Dès la fonte des neiges, les adeptes émergent des studios ou de leur salon pour profiter des premiers rayons de soleil estivaux.De nombreux parcs au Québec of frent par ailleurs la possibilité de cours en plein air.Ceux qui recherchent un environnement zen et original seront comblés par le SUP yoga, la pratique du yoga sur un surf à pagaie.La session se déroule sur l\u2019eau, au rythme des vagues.Un défi de taille pour les muscles stabilisateurs ! Avant que l\u2019été ne se pointe, le \u201csnowga\u201d permettra peut-être à quelques grincheux d\u2019apprécier la saison hivernale.Marie-Ève Bertrand a remarqué une clientèle bien particulière qui prend part à ses sessions de Yoga Neige : de nouveaux arrivants qui lui confient voir la saison froide sous un autre œil depuis qu\u2019ils ont pris part à son activité.Et il y a toujours quelques touristes qui se joignent au groupe et qui y trouvent un réel plaisir.Marie-Ève Bertrand confie qu\u2019un bon bain chaud au retour de l\u2019activité est une récompense pleinement méritée, mais rappelle que «l\u2019objectif n\u2019est pas de vivre une expérience extrême.C\u2019est pour se faire du bien!» L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 Départ de Groupe Du 08 au 30 Octobre 2018 PAR PERSONNE EN OCCUPATION DOUBLE SUPPLÉMENT OCCUPATION SIMPLE 1699$ LES PLUS DU GROUPE VIP : Petit groupe, maximum 17 personnes Accompagnateur de Montréal Vol international avec Lufthansa & Swiss International Airlines 20 Nuits d\u2019hébergement en hôtels 3*-4*-5* Tous les repas inclus Services d\u2019un guide accompagnateur francophone Permis du Québec MERVEILLES DE L\u2019 INDE DU NORD ET DU RAJASTHAN 5289$ Tél.: 514.844.3616 ou 1 877.887.7843 angie@legroupevip.com Adresse : 2055 rue Peel, Suite 525, Montréal, QC H3A 1V4 Visitez LEGROUPEVIP.COM RABAIS PAIEMENT PAR CHÈQUE -150$ PAR PERS.Voyages Symone Brouty 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com Pour des voyages pas comme les autres DÉJA 23 ANS ! P e r m i s d u Q u é b e c Présentations Conférences Hôtel Ruby Foo\u2019s, 7655 Boulevard Decarie DIMANCHE 21 JANVIER 2018 10h00 Circuit Europe de l\u2019Est, Centrale 24 JRS 11h00 Circuit Portugal, Madère 22 JRS 12h00 Magnifique Égypte Pharaonique 18 JRS 13h00 Les Perles des Balkans 22 JRS 14h00 L\u2019Inde des Grands Empires 29 JRS 15h00 Les Beautés Germaniques 21 JRS 10h00 Angleterre, Écosse, Irlande 22 JRS 11h00 La Magistrale Russie 22 JRS 12h00 Les Splendeurs de l\u2019Italie 22 JRS 13h00 La Grèce et ses îles 22 JRS 14h00 La France et ses richesses 26 JRS 15h00 Circuit Espagne, Portugal 25 JRS QUÉBEC Présentations Conférences Hôtel Sheraton Laval, 2440 Aut.Des Laurentides DIMANCHE 4 FÉVRIER 2018 10h00 Circuit Europe de l\u2019Est, Centrale 24 JRS 11h00 Circuit Portugal, Madère 22 JRS 12h00 Magnifique Égypte Pharaonique 18 JRS 13h00 Les Perles des Balkans 22 JRS 14h00 L\u2019Inde des Grands Empires 29 JRS 15h00 Les Beautés Germaniques 21 JRS 10h00 Angleterre, Écosse, Irlande 22 JRS 11h00 La Magistrale Russie 22 JRS 12h00 Les Splendeurs de l\u2019Italie 22 JRS 13h00 La Grèce et ses îles 22 JRS 14h00 La France et ses richesses 26 JRS 15h00 Circuit Espagne, Portugal 25 JRS Salle 1 Salle 2 Salle 1 : Ste-Dorothée Salle 2 : Laval sur le Lac Réservez vos places ! 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POLOGNE - RÉPUBLIQUE TCHÈQUE - AUTRICHE Du 26 mai au 14 juin 2018 LE PORTUGAL & L\u2019ÎLE DE MADÈRE Du 9 au 26 septembre 2018 11h00 11h00 12h45 12h45 14h30 14h30 POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT CONTACTER ÉVELYNE DE VARENNES AU 514 985-3454 / edevarennes@ledevoir.com BON VOYAGE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 Vi v r e M o t s d e t ê t e 5 4 | GRILLE BLANCHE GRILLE DES FÉRUS SUDOKU MOTS FLÉCHÉS | 5 5 Vi v r e M o t s d e t ê t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 GRILLE INTERMÉDIAIRE LES ANAGRAMMES MOTS CROISÉS DU SAMEDI Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 383 Horizontalement I.Juillettiste.II.Obvie.Radiât.III.Bue.Vaine.Gé.IV.Arthur.Iseut.V.Rotèrent.Léa.VI.Dièse.Ma.VII.Si.Pavanes.VIII.Ri.Taïgas.Rê.IX.Internes.Vin.X.Encrassement.Verticalement 1.Jobarderie.2.Ubu Roi.Inn.3.Ivettes.Tc.4.Li.Hésiter.5.Levure.Ara.6.Are.Pins.7.Tri.Nuages.8.Tanit.Vase.9.Ides.Mas.10.Si.Elan.Ve.11.Tague.Erin.12.Etêtassent.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 384 1.Léger flottement dans l\u2019air.2.Un spécialiste du système.3.Réseau bien organisé.Put n\u2019importe comment.4.Romains de Tivoli.Font à quatre un beau carré.Bien dégagé.5.Galope librement en Amérique.Préposition.6.Vous rendrez.Garnit la corbeille.7.Article.Fou chantant.8.D\u2019un auxiliaire.Monstre qui ne fait qu\u2019illusion.9.Percent la peau.10.Sœur du Soleil et de la Lune.Morceau d\u2019un yen.Forme de pouvoir.11.Travaille à la pièce.Avance à la chaîne.12.Entraînent par la force.I.Risque de vous nouer le ventre.II.Renforcent la résistance de la pièce.Franchit le pas.III.Qu\u2019il faudra rendre un jour.Possessif.Parapha à contresens.IV.Venu d\u2019Allemagne en remplacement.Le Chlore.Négation.V.Frappa comme deux béliers.Défendues et soutenues.VI.Point dans l\u2019eau.Ouverture en façade.VII.Point.Joliment décoré.VIII.Aven du Quercy.Ecrivent l\u2019histoire au jour le jour.Introduit le choix.IX.Bleu et profond comme le lapis-lazuli.Très rigoureux sur la morale.X.Scorpions d\u2019eau douce.Bien en mains.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde CITATION MYSTÉRIEUSE L\u2019INTERVALLE Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre, trouvez les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.Découvrez les mots cachés dans ces anagrammes.J A U G E S O U D E MOTS IMAGES Associez deux mots pour former une expression imagée.COUP BOUCHE TORDRE PASSER RENDRE COUCHER MORDRE SUER CANONS RIRE CÉSAR GOUTTES VIE GRÂCE TABAC TESTAMENT 1.2.3.4.5.6.7.8.SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE GRILLE BLANCHE MOTS FLÉCHÉS SUDOKU : SOLUTION DU DERNIER NUMÉRO GRILLE DES FÉRUS CITATION MYSTÉRIEUSE Quand le sage montre la lune, l\u2019imbécile regarde le doigt.(Lao-Tseu) L\u2019INTERVALLE Siège / Liège / Lieue / Lieux / Vieux LES ANAGRAMMES Dormante - mordante - dameront / habiter - herbait / féconde - défonce / saliver - rivales - virales / invites-investi MOT IMAGE Coup de maître / Sang froid / Mal de vivre / Hors d'œuvre / Mené à la baguette / Tomber en amour / Temps mort / Diable au corps Conception de la grille blanche, de la grille des férus et des mots fléchés : Étienne Hannequart-Ferron.É C P N H A A R É L A E I G A H R C N O B E R N A P T L D S O I R A A 1.3.2.1.3.2.1.2.1.2.1.2.Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite.1 7 1 0 1 7 1 0 1 7 1 0 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 J A N V I E R / 2 0 1 8 Présentée par du 27 février au 10 mars Mise en scène Olivier Kemeid Avec Marie-Thérèse Fortin montage dramaturgique Marie-Thérèse Fortin et Olivier Kemeid équipe de création Véronique Bertrand théâtre du trident trois tristes tigres Virginie Leclerc Lionel Arnould Etienne Boucher Erica Schmitz Florence Cornet stéphane caron Catherine La Frenière coproduction théâtre du nouveau monde Estelle Clareton En écho au spectacle.LES BEAUX ENTRETIENS FAIRE ENTENDRE LA LANGUE DE GABRIELLE ROY, PORTER SA PAROLE Cet entretien avec Marie-Thérèse Fortin, animé par Lorraine Pintal, sera l\u2019occasion de refaire le parcours de cette rencontre au sommet entre une femme de théâtre passionnée et une romancière inclassable.LUNDI 5 MARS de 14 h à 16 h SUR LA SCÈNE DU TNM Réservations : bellessoirees.umontreal.ca Billets aussi disponibles la journée même aux guichets du TNM.tnm.qc.ca Nouvelle et dernière SUPPLÉMENTAIRE Samedi 10 mars à 20 h "]
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