Le devoir, 22 décembre 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I I N o 2 9 2 L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 2 D É C E M B R E 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a L\u2019ONU condamne les États-Unis.Le Canada s\u2019abstient de s\u2019exprimer lors du vote sur le déménagement de l\u2019ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.Page A 2 Avis légaux.B 8 Décès.B 6 Météo.B 9 Mots croisés.B 9 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 9 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Charles Dutoit visé par des allégations d\u2019inconduite sexuelle Page A 3 Zeitgeist Lettre au barbu qui mange trop de biscuits Page B 10 J É R Ô M E D E L G A D O P ar instinct, sans programme, hors des champs de bataille.Charles-Frédérick Ouellet n\u2019est pas un photographe militant auteur d\u2019images-réclames.L\u2019argentique et le noir et blanc, il les a adoptés sans par ti pris.Le numérique et la couleur viendront en leur temps.Sa seule cause serait celle de la poésie.Mais l\u2019homme à la voix douce ne monte pas aux barricades.Il laisse parler ses images.Avec raison : elles résonnent avec force, longtemps.LE NAUFRAGE Clichés poétiques Le Saint-Laurent vu par le photographe Charles-Frédérick Ouellet CHARLES-FRÉDÉRICK OUELLET/ÉDITIONS DU RENARD Charles-Frédérick Ouellet a d\u2019abord tourné son objectif vers les pêcheurs avant de regarder au-delà, vers l\u2019environnement qui les entoure.C H R I S T I A N R I O U X à Barcelone M adrid a perdu son pari une fois de plus.En mettant la Catalogne en tutelle et en imposant des élections anticipées, le président espagnol, Mariano Rajoy, espérait ébranler la faible majorité des indépendantistes catalans.Avec une participation historique de 82 %, cette majorité en Chambre a été facilement reconduite à l\u2019occasion de ces élections menées depuis un mois dans des conditions rarement vues en Europe.La défaite est double pour Mariano Rajoy puisque son parti, le Partido Popular, arrive bon dernier en Catalogne.Mais c\u2019est le parti unioniste Ciutadans, dirigé par la jeune Inés Arrimadas, qui devient le premier parti de Catalogne, devançant celui de Carles Puigdemont, Junts per Catalu- nya (JxCat).Malgré ses 37 députés, Ciuta- dans ne pourra cependant pas former de gouvernement, le bloc unioniste étant nettement minoritaire.La victoire de Puigdemont De Bruxelles, où il est en exil, Carles Puigde- mont en a appelé directement à Mariano Rajoy et à l\u2019Europe.«La République catalane a gagné sur la monarchie qui nous impose l\u2019article 155 [qui met la Catalogne en tutelle], a-t-il déclaré.[\u2026] Il faut une rectification et la restitution de la démocratie et du gouvernement légitime.La solution de Mariano Rajoy ne marche pas, l\u2019Europe doit en prendre note.[\u2026] Elle doit savoir qu\u2019aucune solution ne marchera si on ne prend pas en compte le peuple catalan.[\u2026] Dès demain matin, l\u2019ar ticle 155 doit être levé, les CATALOGNE Majorité indépendantiste confirmée Dure défaite pour Rajoy, qui espérait briser l\u2019élan souverainiste «L a république catalane a vaincu la monarchie du 155.» C\u2019est par ces mots que Carles Puigdemont, le président renversé et en « exil auto-infligé » à Bruxelles, a commenté hier les résultats des élections en Catalogne.Des élections forcées, issues de la dissolution, le 27 octobre dernier, du gouvernement indépendantiste de Barcelone.Lorsque, à la suite du référendum illégal du 1er octobre et de la proclamation d\u2019indépendance (immédiatement suspendue) du 26, Madrid a sorti des boules à mites l\u2019article 155 de la Constitution espagnole, on avait alors parlé d\u2019« arme atomique ».Dissolution du gouvernement régional, mise sous tutelle directe des ministères, des services catalans, etc.Sur le coup, on avait imaginé le pire, à l\u2019image de la période la plus noire du fran- quisme lointain (1939-1975), qui était brutalement et foncièrement anti-catalan.On pressentait des purges généralisées, à tous les étages et pas seulement au sommet, une tutelle prolongée, l\u2019occupation dans les rues, la Guardia Civil omniprésente, des manifestations réprimées\u2026 D\u2019ailleurs, une telle approche « épuratrice », dans sa version la plus lourde, la plus intransigeante, était effectivement réclamée, à Madrid, par la droite radicale du Parti populaire (PP) du premier ministre, Mariano Rajoy\u2026 mais aussi par un parti « centriste », nommé Ciudadanos (« Citoyens », ou Ciutadans en catalan), parti centriste, mais également centralisateur et radicalement anti-indépendantiste.?Mais M.Rajoy, soudain colombe parmi les faucons, a fait le pari inverse d\u2019une résolution rapide, avec l\u2019application d\u2019une version « légère » de l\u2019article 155.En d\u2019autres termes : on dissout, mais on convoque immédiatement des élections, où tous les partis pourront concourir, même les af freux.Madrid inter viendra le moins possible.Il y aura cer tes eu quelques arrestations, dont celle du vice-président Oriol Junqueras, et puis ces accusations risibles de « sédition », et la fuite un peu théâtrale de Puigdemont en Belgique\u2026 Mais rien qui puisse s\u2019apparenter à un martyre.Malgré les mots de l\u2019ex-président en exil, ce n\u2019était pas tout à fait le franquisme.Non, M.Rajoy a parié sur une espèce d\u2019«auto- correction» politique de la Catalogne.Dans son rêve fou, les Catalans, après un bon coup de règle Le pari perdu de Rajoy FRANÇOIS BROUSSEAU VOIR PAGE A 10 : CLICHÉS EMILIO MORENATTI ASSOCIATED PRESS Des indépendantistes catalans célèbrent la victoire de leur option aux élections régionales imposées par Madrid.VOIR PAGE A 10 : MAJORITÉ VOIR PAGE A 10 : PARI L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 2 D É C E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 UN, DEUX, GRATUIT Achetez deux appareils et le 3e est gratuit.Obtenez un rabais maximal de 11 586$* * Sur marques et modèles sélectionnés.Le rabais s\u2019applique sur le prix régulier.Promotion non jumelable.Malgré le soin apporté à la préparation, des 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Micro- nésie, Nauru, Palaos et les îles Marshall), que 35 se sont abstenus et que 21 n\u2019ont pas voté.Avant la mise aux voix de la résolution, l\u2019ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, s\u2019était présentée devant l\u2019Assemblée générale pour déconseiller aux autres États membres d\u2019infliger ce camouflet au gouvernement Trump.« Les États-Unis se souviendront de cette journée où ils ont été mis à l\u2019index et attaqués à l\u2019Assemblée générale pour le simple fait d\u2019avoir exercé leur droit en tant que nation souveraine», a-t-elle pesté.«Nous nous en souviendrons lorsqu\u2019on nous demandera, encore une fois, de faire la plus importante contribution mondiale aux Nations unies», a menacé la représentante américaine.Le Canada, qui convoite un siège au Conseil de sécurité des Nations unies, a choisi de ne pas prendre position dans l\u2019enceinte onusienne.À l\u2019issue du vote, l\u2019ambassadeur canadien aux Nations unies, Marc-André Blanchard, a pris la parole pour expliquer la décision d\u2019Ottawa.« Nous sommes déçus que cette résolution soit unilatérale et ne fasse pas avancer la paix à laquelle nous aspirons ; c\u2019est pourquoi nous nous sommes abstenus de voter aujourd\u2019hui sur la résolution», a-t-il expliqué.« La question du statut de Jér usalem ne peut être réglée que dans le cadre d\u2019un règlement global du conflit israélo-palestinien », a indiqué M.Blanchard.Le gouvernement Trudeau a jusqu\u2019à présent timidement réprouvé la décision du président américain, Donald Trump, de reconnaître Jér usalem comme capitale d\u2019Israël et d\u2019y déménager plus tard l\u2019ambassade des États-Unis, qui a actuellement pignon sur rue à Tel-Aviv.Un peu plus tôt cette semaine, à l\u2019issue d\u2019une rencontre bilatérale avec son homologue américain, Rex Tillerson, la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, avait refusé de dénoncer explicitement la position des États-Unis.Lorsqu\u2019on lui avait signalé que la position canadienne sur la question était floue, elle n\u2019avait pas voulu la clarifier davantage.«Le Canada et les États-Unis ont des positions diverses», s\u2019était contentée d\u2019of frir comme réponse la diplomate en chef du Canada aux côtés du secrétaire d\u2019État américain dans le foyer de la Chambre des communes à Ottawa, mardi.« Nous avons toujours des discussions candides et directes», avait-elle ajouté.Le Canada a été « timoré» Selon la députée néodémo- crate Hélène Laverdière, la décision du Canada de s\u2019abstenir est « peut-être un peu moins pire » que celle d\u2019enregistrer des votes qui placent « souvent» le Canada «tout seul avec les États-Unis, Israël et une couple de petits pays » sur les questions du Proche-Orient.En revanche, « l\u2019impression que ça va laisser à plusieurs pays est celle que le Canada ne s\u2019est pas levé, que le Canada a été timoré », a-t-elle laissé tomber en entrevue à La Presse canadienne.« Et je pense que ça va handicaper la candidature du Canada pour un siège au Conseil de sécurité », a indiqué l\u2019élue montréalaise.Car si les libéraux continuent la « tradition de vote » des conservateurs sur la question israélo-palestinienne, ils risquent de « continuer à avoir l\u2019air un peu le chien de poche des États-Unis » et de s\u2019aliéner ainsi un bloc de pays, dont ses alliés européens, croit Mme Laverdière.Le Parti conservateur n\u2019avait pas encore communiqué sa réaction à l\u2019abstention canadienne au moment de publier ces lignes, jeudi en fin d\u2019après- midi.La formation promettait, il y a deux semaines, de formuler une prise de position claire et limpide à la décision de Donald Trump.Au Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA), on aurait « préféré » voir le Canada enregistrer un vote contre la résolution.Cela aurait permis d\u2019envoyer un signal clair qu\u2019Ottawa « rejette les efforts continus visant à se servir des Nations unies comme une plate- forme pour attaquer, délégiti- mer, dénigrer et isoler Israël», a déclaré par voie de communiqué le président de l\u2019organisation, David Cape.Si le vote de l\u2019Assemblée générale constitue une « victoire substantielle» pour les Palestiniens, ces derniers « s\u2019attendaient à plus», a déclaré en entrevue Sami Aoun, professeur à l\u2019École de politique appliquée de l\u2019Université de Sherbrooke.Le refus de 35 pays de se prononcer, conjugué au fait que 21 autres nations n\u2019ont pas pris part au scrutin, les a cependant privés d\u2019un gain encore plus substantiel \u2014 en plus de prouver à quel point il y avait « un embarras» autour de cette résolution, a noté le politologue.La Presse canadienne Le Canada s\u2019abstient de réprimander les États-Unis Les Nations unies condamnent la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d\u2019Israël EDUARDO MUNOZ ALVAREZ AGENCE FRANCE-PRESSE La délégation palestinienne à l\u2019ONU se réjouit de la résolution, approuvée par une large majorité de pays, condamnant la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme la capitale d\u2019Israël.L\u2019impression que ça va laisser à plusieurs pays est celle que le Canada ne s\u2019est pas levé, que le Canada a été timoré Hélène Laverdière, porte-parole de l'opposition néo-démocrate en matière d'Affaires étrangères « » L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 2 D É C E M B R E 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 ANNICK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le chef d\u2019orchestre Charles Dutoit avait renoué avec l\u2019OSM en 2016 à l\u2019occasion de deux concerts.G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É J E S S I C A N A D E A U Tout en refusant de commenter les allégations d\u2019agressions sexuelles qui visent son ancien directeur musical, la direction de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal (OSM) a indiqué jeudi qu\u2019elle n\u2019exclut pas de fouiller son passé pour voir si des situations semblables ont pu survenir lors du long règne de Charles Dutoit.«La direction actuelle [la directrice générale, Madeleine Careau, est en poste depuis 2000] n\u2019a jamais été saisie de plaintes ou de témoignages concernant des inconduites sexuelles de la part de M.Dutoit auprès de musiciennes de l\u2019OSM», a indiqué au Devoir la chef des relations publiques de l\u2019OSM, Pascale Ouimet.Mais, à la suite des allégations rapportées jeudi par l\u2019Associated Press (AP), l\u2019institution « ne ferme pas la porte à une vérification de cas d\u2019inconduites ou de harcèlement concernant les musiciennes de l\u2019OSM sous la direction artistique de M.Dutoit», a ajouté Mme Ouimet.Cette dernière a aussi précisé que, si « la convention collective des musiciens prévoit déjà des mesures anti-harcèlement, il n\u2019est pas exclu qu\u2019une politique formelle élargie soit élaborée».Autrement, l\u2019OSM a fait valoir que «les allégations se rapportent à des événements qui se sont produits à l\u2019extérieur de l\u2019OSM: il ne serait pas opportun pour nous de les commenter».«Nos pensées accompagnent les femmes qui ont courageusement livré ces témoignages publiés au- jourd\u2019hui», a ajouté la responsable des relations publiques.Des demandes d\u2019entrevues à Lucien Bouchard (président du conseil d\u2019administration depuis 2004 et ami personnel de M.Dutoit) et à Jacques Laurent (président du conseil d\u2019administration entre 2000 et 2004) sont restées sans réponses jeudi.Quant à l\u2019ancienne ministre Michelle Cour- chesne, qui a été directrice générale de l\u2019OSM entre 1995 et 2000, elle a fait savoir qu\u2019elle ne voulait pas commenter.Charles Dutoit n\u2019a pu être joint.Relations difficiles Nommé en 1977 et réputé avoir une emprise absolue sur l\u2019OSM, M.Dutoit a quitté l\u2019institution en avril 2002 au terme de plusieurs années de conflit avec les musiciens et dans la foulée d\u2019accusations de harcèlement psychologique.La Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ \u2014 le syndicat des musiciens de l\u2019orchestre) avait publié peu avant sa démission fracassante un communiqué évoquant «de très sérieuses plaintes de la part de nombreux musiciens de l\u2019OSM qui ont enduré sans mot dire des années d\u2019exactions psychologiques et verbales».Le conflit a laissé des traces.Quand Charles Dutoit est revenu diriger l\u2019OSM pour deux concerts au printemps 2016, la direction de l\u2019orchestre a permis aux musiciens qui le souhaitaient de ne pas y participer et d\u2019être néanmoins payés.Six d\u2019entre eux ont choisi cette option.Les gestes allégués de Charles Dutoit ont été vivement condamnés par la Guilde, jeudi.«Monsieur Dutoit ayant travaillé près d\u2019un quart de siècle à Montréal et surtout à l\u2019OSM, nous sommes extrêmement préoccupés par la situation et condamnons avec virulence ce type de comportement abject», a déclaré son président, Luc Fortin.À Montréal, l\u2019administration Plante envisage de retirer à Charles Dutoit la médaille de l\u2019Ordre de Montréal, qui lui a été décernée l\u2019an dernier.«Si les allégations se confirment, nous devrons lui retirer cette reconnaissance», a confirmé au Devoir le directeur des communications de Projet Montréal, Marc-André Viau.Les révélations de l\u2019AP ont par ailleurs ramené la journaliste Natasha Gauthier plus de 20 ans en arrière.Alors jeune critique de musique classique, elle avait reçu en 1995 la commande de faire un grand portrait de l\u2019OSM et de son chef à travers une série d\u2019entrevues dans le cadre d\u2019une tournée.«Déjà, il y avait des rumeurs sur lui, alors j\u2019espérais également aborder cet angle-là pour montrer l\u2019envers du décor», raconte-t-elle au Devoir.Sa première rencontre avec le maestro a eu lieu dans sa loge, juste avant un spectacle à La- naudière.Natasha Gauthier avait alors 24 ans.« J\u2019arrive là avec mon calepin et mon enregistreuse.Tout de suite, il me demande si je suis mariée ou si j\u2019ai un petit copain.Puis, il s\u2019affale sur son divan comme un chat.Je commence l\u2019entrevue, mais il se penche vers moi, il m\u2019enlève mon calepin et mon crayon et dit : \u201cC\u2019est moi qui pose les questions\u201d.Il met sa main sur mon genou, il me prend la main, il ne me lâche pas.À un moment donné, je lui reprends mon calepin \u2013 j\u2019étais assez irritée \u2013 et je lui dis: \u201cM.Dutoit, moi, je suis ici pour travailler.Et vous?\u201d Il n\u2019a pas aimé ça, il est devenu un peu bougon.» Une fois le concert commencé, la journaliste a posé des questions aux gens d\u2019arrière-scène.«Je me demandais: s\u2019il est comme ça avec une journaliste alors qu\u2019il y a une enregistreuse sur la table, comment est-il avec les femmes qui dépendent de lui pour leur carrière, pour leur chèque de paye?» À l\u2019entracte, on est venu la chercher.« On me reconduit à sa loge, il est furieux, il me dit: \u201cOn me dit que vous posez des questions impertinentes au sujet de ma vie privée.Tout est fini, je ne veux plus parler, sortez de ma loge, tout est annulé.\u201d» Dans son article, paru dans L\u2019actualité en 1995, elle avait incorporé des passages sur les inconduites du maestro à son égard: des musiciennes l\u2019ont remerciée de l\u2019avoir fait.Avec Marie-Lise Rousseau Le Devoir L\u2019OSM pourrait scruter les années Dutoit J O C E L Y N G E C K E R à San Francisco Trois chanteuses d\u2019opéra et une musicienne soutiennent que le chef d\u2019orchestre Charles Dutoit les a agressées sexuellement, entre 1985 et 2010.Ces femmes af firment que l\u2019ancien directeur musical de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal (OSM) les a retenues contre leur gré, s\u2019est collé contre elles, qu\u2019il leur a parfois enfoncé sa langue dans la bouche et que, dans un cas, il a mis la main de l\u2019une d\u2019elles dans son pantalon.Lors d\u2019entretiens séparés avec l\u2019Associated Press, ces femmes ont relaté en détail les gestes que le chef d\u2019orchestre aurait commis à leur endroit entre 1985 et 2010.Les comportements reprochés auraient eu lieu dans une voiture en mouvement, dans une chambre d\u2019hôtel qu\u2019occupait M.Dutoit, dans sa loge, dans un ascenseur et même dans la pénombre des coulisses.Les femmes accusent l\u2019actuel chef d\u2019orchestre principal de l\u2019Orchestre philharmonique royal de Londres, âgé de 81 ans, d\u2019inconduite sexuelle en marge de répétitions et de concer ts dans cinq villes \u2014 Chicago, Los Angeles, Minneapolis, Philadel- phie et Saratoga Springs, dans l\u2019État de New York.« Il m\u2019a poussée contre un mur, il a plongé ma main dans son pantalon et il a enfoncé sa langue dans ma bouche », a raconté la mezzo-soprano à la retraite Paula Rasmussen.L\u2019incident se serait produit dans la loge de M.Dutoit à l\u2019Opéra de Los Angeles en septembre 1991.M.Dutoit, qui est aussi le chef lauréat de l\u2019Orchestre de Philadelphie et le chef d\u2019orchestre émérite de l\u2019Orchestre symphonique de la NHK de Tokyo, n\u2019a pas répondu aux multiples demandes de commentaires formulées à son bureau de l\u2019Orchestre philharmonique royal de Londres et à son bureau de Montréal.Le Royal Philharmonic de Londres a répondu que M.Du- toit est actuellement en vacances, mais que les courriels de l\u2019Associated Press lui ont été transmis.L\u2019orchestre londonien, qui accueille Charles Dutoit pour une trentaine de concerts chaque année, soutient «n\u2019avoir jamais reçu de plaintes ou d\u2019allégations de comportement inapproprié » liées au chef.La philharmonique rappelle qu\u2019« elle prend très au sérieux sa responsabilité de maintenir un environnement de travail sécuritaire».L\u2019Orchestre de Philadelphie s\u2019est pour sa part dit « horrifié d\u2019apprendre ces accusations profondément troublantes » au sujet de celui qui y avait le statut de chef lauréat.« Nous n\u2019avions aucune connaissance de ces allégations », est-il écrit dans le communiqué envoyé au Devoir jeudi.L\u2019Orchestre précise n\u2019avoir aucun engagement futur avec M.Dutoit.L\u2019Orchestre symphonique de Boston a annoncé, par communiqué, qu\u2019il mettait fin à ses collaborations avec le chef d\u2019orchestre qui a été régulièrement invité à diriger ses musiciens depuis 1981.Au cours de sa longue carrière, Charles Dutoit a aussi dirigé les orchestres de Paris et de Montréal, et il a parcouru la planète à titre de chef invité.Il doit diriger l\u2019Orchestre philharmonique de New York le mois prochain, pendant quatre journées consacrées à Ravel, l\u2019une de ses spécialités.La peur de porter plainte Les quatre femmes affirment que le chef d\u2019orchestre suisse les a attirées dans un endroit isolé sous prétexte de discuter ou de répéter, ou qu\u2019il a profité d\u2019un moment où elles étaient seules avec lui pour les agresser.Les femmes ont toutes dit avoir résisté et fui.L\u2019Associated Press a communiqué avec des amis et collègues de ces femmes, qui ont confirmé avoir été informés de leurs expériences à ce moment.Les femmes ont expliqué ne jamais avoir déposé de plainte formelle parce qu\u2019elles étaient jeunes et que M.Dutoit était le «maestro».Elles ont été encouragées à parler aujourd\u2019hui par toutes ces femmes qui ont dénoncé récemment les inconduites sexuelles d\u2019hommes puissants dans d\u2019autres secteurs.Le Metropolitan Opera a suspendu le chef James Levine plus tôt ce mois-ci, dans la foulée d\u2019allégations d\u2019inconduite sexuelle.La cantatrice Rasmussen a soutenu que M.Dutoit l\u2019avait fréquemment invitée dans sa loge après l\u2019agression, mais qu\u2019elle n\u2019y est plus jamais allée seule.Le baryton John Atkins, qui faisait par tie de la distribution, a raconté avoir monté la garde pour elle après l\u2019incident, « en tant que \u201ctémoin\u201d, à défaut d\u2019un meilleur mot».M.Atkins dit se souvenir du regard impitoyable de M.Dutoit.« Il me regardait comme pour dire : \u201cQu\u2019est-ce que tu fais là ?\u201d Et moi, mon regard lui disait : \u201cTu sais très bien pourquoi je suis là.\u201d» La soprano Sylvia McNair, qui a remporté deux prix Grammy, soutient que M.Dutoit «a essayé d\u2019avoir une relation » avec elle dans un hôtel du Minnesota en mars 1985, après une répétition avec l\u2019Orchestre du Minnesota.«Dès que nous avons été seuls dans l\u2019ascenseur, Charles Dutoit m\u2019a plaquée contre le mur et il a monté son genou entre mes jambes, et il se pressait contre moi, a raconté la chanteuse, qui avait 28 ans à l\u2019époque et qui en a 61 aujourd\u2019hui.J\u2019ai réussi à le repousser et, à ce mo- ment-là, les portes se sont ouvertes.Je me souviens avoir dit : \u201cÇa suffit!\u201d Et je me suis enfuie.» Mme McNair a ensuite chanté avec plusieurs des grands orchestres et des principales maisons d\u2019opéra du monde, et elle dit ne pas avoir été traumatisée par le comportement de M.Du- toit il y a 32 ans.« Mais ce qu\u2019il a fait est mal », a-t-elle souligné.Deux autres femmes dénoncent le maestro Les deux autres femmes qui prétendent avoir été agressées par Charles Dutoit, en 2006, ne veulent pas être identifiées par crainte du pouvoir dont jouit toujours le chef d\u2019orchestre.L\u2019une d\u2019elles était une musicienne de 24 ans au sein de l\u2019Orchestre de Chicago quand M.Dutoit est ar rivé comme chef invité en 2006.Elle raconte qu\u2019il l\u2019a invitée au restaurant, mais qu\u2019il a ensuite déplacé l\u2019invitation à sa chambre d\u2019hôtel, où il l\u2019a agressée.« Il se plaquait contre moi, il essayait de m\u2019embrasser, il tenait mon corps, il pressait son corps contre moi, a-t-elle dit.J\u2019ai absolument dit non, je l\u2019ai repoussé, et je suis allée de l\u2019autre côté de la pièce.» L\u2019autre femme, une soprano, raconte que M.Dutoit l\u2019a agressée quelques mois plus tard, alors qu\u2019elle chantait avec l\u2019Orchestre de Philadelphie à Sara- toga Springs.Après une répétition, dit-elle, M.Dutoit a convoqué une réunion dans sa loge.Une fois les autres sortis, elle soutient que M.Dutoit a agrippé ses poignets et qu\u2019il s\u2019est plaqué contre elle.Il aurait empoigné ses seins à deux reprises, selon elle \u2014 une fois dans une voiture et une fois derrière le rideau, tout juste avant l\u2019entrée en scène.Quatre ans plus tard, quand la soprano a de nouveau chanté avec M.Dutoit à Philadelphie, elle soutient qu\u2019il l\u2019a plaquée contre un mur et qu\u2019il l\u2019a embrassée de force.« Il n\u2019y a rien qui cloche chez lui en tant que musicien, a dit la femme.Mais on a toléré qu\u2019il se comporte en prédateur loin de la scène.» Avec Le Devoir Associated Press Charles Dutoit visé par des allégations d\u2019inconduite sexuelle Quatre femmes racontent avoir été agressées par le chef d\u2019orchestre Il n\u2019y a rien qui cloche chez lui en tant que musicien.Mais on a toléré qu\u2019il se comporte en prédateur loin de la scène.« » A L E K S A N D R A S A G A N à Vancouver L e stratagème de fixation des prix du pain qui a récemment éclaté au grand jour, après 14 années d\u2019existence, ne surprend pas les experts, qui préviennent que ce genre de pratique est à la fois courante et alléchante à travers le pays.Les bénéfices que les compagnies peuvent en retirer, di- sent-ils, pèsent nettement plus lourds que les pénalités dont elles pourraient écoper et que la per te de confiance des consommateurs.Les géants George Weston et Compagnies Loblaw ont reconnu mardi avoir participé à un tel stratagème entre la fin de 2001 et le début de 2015.Ils prétendent avoir averti le Bureau de la concurrence lorsqu\u2019ils ont découvert l\u2019existence de ces manœuvres, en retour d\u2019une immunité qui leur permet d\u2019échapper à d\u2019éventuelles accusations criminelles et autres pénalités.Selon des documents déposés en cour, l\u2019agence fédérale enquête aussi sur une possible par ticipation de Canada Bread, Walmart, Sobeys, Metro et T igre géant, en plus « d\u2019autres personnes connues et inconnues ».On ne dispose que de peu de détails concernant l\u2019enquête et aucune accusation criminelle n\u2019a encore été por tée.Plusieurs de ces compagnies ont dit croire qu\u2019elles et leurs employés n\u2019ont pas enfreint la loi et ajouté qu\u2019elles collaborent pleinement avec l\u2019enquête.« Les stratagèmes de fixation des prix sont en fait très courants », a dit Jim Brander, un professeur de l\u2019Université de la Colombie-Britannique.Pour les épiciers, dont les marges sont très minces, une hausse même modeste des prix peut générer des profits importants, explique-t-il.Entre 2001 et 2015, l\u2019indice des prix à la consommation (IPC) pour le pain et les produits semblables a bondi de 96%, selon Statistique Canada.En comparaison, pendant la même période, l\u2019IPC pour tous les aliments achetés en épicerie a progressé de 45%.Amendes et prison Historiquement, les amendes dont risquaient d\u2019écoper les compagnies étaient insignifiantes comparativement aux profits qu\u2019elles pouvaient engranger, a dit M.Brander, donc la menace de pénalités n\u2019avait pas un grand effet dissuasif.Les pénalités pour complot \u2014 qui englobent les stratagèmes de fixation des prix \u2014 prévoient des amendes qui peuvent atteindre 25 millions et jusqu\u2019à 14 ans de prison, voire les deux.Les pénalités précédentes étaient de 10 millions et 5 ans.Les accusations portées récemment par le Bureau de la concurrence relativement à un stratagème de fixation dans l\u2019industrie du chocolat ont été abandonnées.Plusieurs individus ont aussi été accusés et mis à l\u2019amende pour avoir participé à un cartel des prix de l\u2019essence au Québec.Le fait que les principales épiceries du Canada aient pu passer sous le radar pendant 15 ans démontre à quel point il est difficile de repérer de tels stratagèmes, remarque Fred Lazar, un enseignant de l\u2019Université York.« Le Bureau de la concurrence a besoin de les prendre en flagrant délit, a-t-il dit.Une note interne, une lettre, quelque chose dans un ordinateur qui indiquerait essentiellement: \u201cOui, vous savez, mon concurrent et moi coopérons et nous gonflons les prix.\u201d » Sans ça, ajoute-t-il, l\u2019agence fédérale peine à prouver qu\u2019il y a collusion.Le Bureau de la concurrence a publié des extraits de conversations enregistrées lors de son enquête sur les prix de l\u2019essence au Québec.On entend clairement un des participants dire à un autre que le prix passera à 95,4¢ le litre à 10h.Peu de concurrence Les détaillants éclaboussés par la nouvelle affaire ont probablement choisi de manipuler le prix du pain, au lieu de celui d\u2019un autre produit, en raison du faible nombre de joueurs, selon M.Lazar.Le Canada ne compte que quelques grossistes du pain, comme la division de boulangerie de George Weston et Canada Bread, et seulement une poignée d\u2019épiceries d\u2019envergure nationale.«S\u2019il y avait dix ou vingt fournisseurs qui approvisionnaient tous ces supermarchés, le risque de collusion serait beaucoup moindre », a dit M.Lazar.Il estime qu\u2019il est peu probable qu\u2019un tel stratagème touche le prix d\u2019autres produits, puisque les domaines sont rares où on retrouve si peu de fournisseurs, dont un qui est la propriété de la société mère d\u2019un titan comme Loblaw.George Weston et Loblaw se disent persuadées qu\u2019aucune entente du genre ne touche d\u2019autres produits.Il est aussi peu probable de voir les consommateurs déserter les compagnies concernées, selon M.Brander, puisque les consommateurs ont la mémoire courte.La manière dont les compagnies gèrent la situation pourrait même rehausser la confiance de leurs clients, croit-il.Loblaw et George Weston affirment avoir informé le Bureau de la concurrence dès qu\u2019ils ont découvert le stratagème, et Lo- blaw offre aux clients admissibles une carte-cadeau de 25 $ en indemnisation.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 2 D É C E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 Chers abonnés, chers lecteurs Veuillez prendre note de l\u2019horaire du service à la clientèle pour le temps des fêtes : 25 \u2013 26 décembre / 1er \u2013 2 janvier : fermé Sinon, le service sera ouvert comme à l\u2019habitude du lundi au vendredi entre 7 h 30 et 16 h 30.1 800 463-7559 Joyeuses fêtes à tous ! Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 P A U L I N E G R A V E L M aintes personnes obèses et diabétiques tentent de perdre du poids en s\u2019imposant une diète réduite en calories, mais une telle démarche est si difficile que la plupart ne réussissent pas à maintenir ce nouveau régime alimentaire.Une nouvelle étude publiée dans The Journal of Physiology a montré que réduire la consommation de cer tains acides aminés, ces briques qui composent les protéines, permet de perdre du poids et d\u2019améliorer le contrôle de la glycémie chez des souris devenues obèses et diabétiques en raison de leur mauvaise alimentation.Les chercheurs avaient déjà remarqué que la quantité d\u2019acides aminés à chaîne ramifiée (AACR) \u2014 leucine, isoleu- cine et valine \u2014 était plus élevée dans le sang des humains et des rongeurs obèses et résistants à l\u2019insuline.Dans une première étude, ils ont démontré que réduire les niveaux de ces acides aminés dans la diète de jeunes souris en croissance avait des effets bénéfiques sur leur santé métabolique, puisque cela améliorait leur tolérance au glucose et préservait leur sensibilité à l\u2019insuline, tout en ralentissant l\u2019accumulation de tissus adipeux.Cette fois, les chercheurs ont montré qu\u2019un régime pauvre en AACR pouvait aussi rétablir la santé métabolique de souris devenues obèses et diabétiques en raison d\u2019une diète occidentale très calorique, car les souris retrouvaient un poids normal et un meilleur contrôle de leur glycémie, et ce, sans restriction calorique.Plus étonnant encore, les mêmes ef fets bénéfiques se manifestaient chez les souris ayant maintenu une mauvaise alimentation riche en calories, en protéines, en gras et en sucres, mais dont le contenu en AACR était diminué.Plus que nécessaire N\u2019est-il pas dangereux de réduire les acides aminés « essentiels» de la diète ?«En effet, on ne peut pas les éliminer complètement, car ils sont essentiels », répond l\u2019auteur principal de l\u2019étude, Dudley Lamming, de l\u2019Université du Wisconsin à Madison.Les chercheurs ont réduit le contenu en AACR de la diète des souris de 67%, «ce qui demeure suf fisamment nutritif pour des souris ».« Nos chercheurs en diététique estiment qu\u2019étant donné le surpoids moyen des Américains, ceux-ci mangent probablement de trois à quatre fois plus d\u2019AACR que nécessaire, ce qui veut dire que l\u2019on pourrait réduire ces nutriments considérablement dans une diète proposée à des humains», affirme le scientifique.« Il est très difficile pour les gens d\u2019adopter de profondes modifications à leur régime alimentaire et sur tout de les maintenir.De plus petites modifications, telles que la réduction des AACR, seraient plus efficaces pour réduire le diabète et l\u2019obésité», croit-il.« Permettre à des humains de continuer leur diète occidentale peu saine tout en réduisant la quantité d\u2019AACR qu\u2019ils ingurgitent sera probablement plus difficile [que chez les souris], car presque tous les aliments que nous consommons contiennent une cer taine quantité d\u2019AACR.Il sera donc assez difficile de réduire sa consommation d\u2019AACR tout en continuant de manger normalement.» « Dans le futur, il serait intéressant de mettre au point des aliments fonctionnels qui ne contiendraient aucun AACR, poursuit M.Lamming.Mais simplement réduire sa consommation de protéines serait bénéfique, car des études ont montré qu\u2019un régime pauvre en protéines permet de perdre du poids, et ce, même en consommant la même quantité de calories, voire en gardant une diète riche en sucres et en gras.» De la dinde L\u2019an dernier, les chercheurs ont soumis des hommes en surpoids à une diète faible en protéines pendant six semaines.Ces individus ont ainsi perdu six livres au cours de ces six semaines, ce qui suggère qu\u2019une telle diète pourrait s\u2019avérer efficace aussi chez l\u2019humain.Pour Noël, tout le monde peut être rassuré, car la dinde est riche en protéines, mais elle contient proportionnellement peu d\u2019acides aminés à chaîne ramifiée.Le Devoir MÉDECINE Perdre du poids en évitant certains acides aminés DOUG IVES LA PRESSE CANADIENNE Les géants George Weston et Compagnies Loblaw ont reconnu mardi avoir participé à un stratagème de fixation des prix entre la fin de 2001 et le début de 2015.CONSOMMATION La fixation des prix serait chose courante Les compagnies en retirent des bénéfices sans encourir de grands risques, selon des experts S\u2019il y avait dix ou vingt fournisseurs [de pain] qui approvisionnaient tous ces supermarchés, le risque de collusion serait beaucoup moindre Fred Lazar, enseignant de l\u2019Université York « » T A N I A L E E à Melbourne U n Australien de 32 ans d\u2019origine afghane a foncé délibérément jeudi avec sa voiture sur une foule de piétons à Melbourne, deuxième ville d\u2019Australie, blessant 19 personnes.La police ne retient à ce stade aucun lien avec le terrorisme.Des témoins ont raconté comment des passants avaient été projetés par l\u2019impact avec le véhicule, qui ne montrait aucun signe de vouloir s\u2019arrêter alors qu\u2019il « fauchait tout le monde».Le drame est sur venu peu après 16h30, heure locale, à un carrefour très fréquenté du centre de Melbourne, dans le sud-est de l\u2019Australie.La police a arrêté le conducteur, qui était connu des services de police pour des délits routiers et des «agressions mineures».Il avait également des problèmes mentaux et de consommation de stupéfiants.Agence France-Presse AUSTRALIE Dix-neuf blessés dans une attaque à la voiture-bélier H ydro-Québec a obtenu jeudi les autorisations nécessaires du gouvernement Couillard pour son projet de ligne de transport Northern Pass vers l\u2019État américain du New Hampshire.Le mois dernier, la société d\u2019État avait proposé une nouvelle mouture de son projet en acceptant d\u2019enfouir une section de sa ligne dans le secteur de la forêt Hereford.La coalition SOS mont Hereford, qui regroupe Nature Québec, le Conseil régional de l\u2019environnement de l\u2019Estrie, Corridor appalachien et le Réseau de milieux naturels protégés, faisait pression sur Hydro- Québec afin qu\u2019elle change son fusil d\u2019épaule.Cette coalition estimait que le tracé aérien qui était initialement retenu par la société pour le Northern Pass traversait l\u2019«un des derniers massifs forestiers protégés » dans le sud du Québec, situé près des villages d\u2019East Hereford et de Saint-Herménégilde, en Estrie.La por tion sud de la ligne Québec-New Hampshire , longue d\u2019environ 18 kilomètres, constitue la portion québécoise du projet.Elle était au cœur d\u2019une controverse puisqu\u2019elle doit traverser un massif forestier protégé couvrant une superficie de 53km carrés.La ligne de transport d\u2019environ 80 kilomètres se prolongera jusqu\u2019aux États-Unis afin de raccorder le poste des Cantons, situé à Val-Joli, au poste de Franklin, dans le sud du New Hampshire.Pour le président-directeur général d\u2019Hydro-Québec, Éric Mar tel, l \u2019annonce de jeudi constitue une étape importante étant donné que la société d\u2019État et ses partenaires américains détiennent les «autorisations clés» pour mener à bien le projet.La partie québécoise du projet Northern Pass \u2014 dont la mise en service est prévue en 2020 \u2014 est évaluée à près de 620 millions de dollars, une facture qui devrait grimper d\u2019environ 60 millions en raison de l\u2019enfouissement d\u2019une partie de la ligne de transport.Puisque la ligne de transport est financée à même les revenus générés par les exportations, les coûts supplémentaires ne se refléteront pas sur les tarifs des clients québécois d\u2019Hydro-Québec.Le Northern Pass est l\u2019un des scénarios proposés par la société d\u2019État dans le cadre d\u2019un important appel d\u2019offres au Massachusetts pour un contrat d\u2019approvisionnement d\u2019une durée de 20 ans qui pour rait générer des centaines de millions de dollars en revenus.La Presse canadienne VENTE D\u2019ÉLECTRICITÉ Hydro-Québec obtient le feu vert pour Northern Pass L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 2 D É C E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 À LIRE DEMAIN CONTE DE NOËL Le sexe des anges En ce soir de décembre, on n\u2019entend que le bruit des sou?euses qui avalent la neige.Soudain, un cri déchire la nuit.« Joe ! » Demain, Le Devoir vous o?re son conte de Noël.TEXTE CAROLINE MONTPETIT PHOTOS JACQUES NADEAU L es loups chassent en meute.Lorsque l\u2019un d\u2019eux flaire une piste, c\u2019est tout le groupe qui se met en branle.L\u2019odeur du sang avive les sens de chacun de ses membres.Dès que la proie est en vue, ils ne la quittent plus des yeux.Tout l\u2019art de la traque consiste à s\u2019approcher sans être vu et à encercler sa victime.Puis, il faut la pousser à la faute en la harcelant.Lorsqu\u2019un des membres de la meute porte enfin le coup fatal, c\u2019est tout le groupe qui se rue sur elle.Si les loups ont pratiquement disparu en Europe occidentale, ils pullulent ces jours- ci sur Internet.La chasse en meute y est même devenue un des principaux passe-temps de cette belle et grande «communauté» dite «numérique».La chasse numérique diffère très peu de cel le que pratiquent les loups.Dans les pays anglo-saxons, on la nomme « name and shame », ce que l\u2019on pourrait traduire par « nommer et couvrir de honte ».Elle consiste à livrer à la vindicte populaire celui qui s\u2019écarte un peu trop de la pratique, de la morale et de la pensée du jour.C\u2019est parfois pour le mieux, lorsqu\u2019on attrape au passage un véritable criminel qui sera jugé en bonne et due forme.Mais c\u2019est généralement pour le pire, car des proies auront été jugées avant de subir un procès qui souvent ne viendra jamais.En démocratie, la justice parallèle n\u2019est jamais un bienfait.Il y a quelques années encore, on s\u2019of fusquait de ces tactiques pratiquées par les pires tabloïds britanniques.Elles sont aujourd\u2019hui devenues la règle jusque dans la presse dite de qualité et les télévisions publiques.Même la France laïque, longtemps rétive à ce moralisme rampant pratiqué dans les pays puritains, n\u2019est plus épargnée.En moins de deux semaines, on a vu un humoriste (Tex) être congédié sur- le-champ après 17 ans de bons ser vices pour une blague certes plus que douteuse.Le philosophe Alain Finkiel- kraut a été soumis à une «bastonnade médiatique », selon les mots de Michel Onfray, pour avoir osé constater une évidence, à savoir que les populations issues de l\u2019immigration étaient absentes de l\u2019hommage rendu à Johnny Hally- day \u2014 aurait-il fallu se taire ?De simples r umeurs col- por tées et ampli f iées par Twitter ont forcé le report de l\u2019important procès pour viol de l\u2019ancien secrétaire d\u2019État Georges Tron.Même Miss France a été victime d\u2019une cabale antiraciste pour avoir vanté la « crinière de lionne » d\u2019une consœur.Dans tous ces cas, la meute salivait en attendant l\u2019« autocritique », comme à la belle époque de la Révolution culturelle maoïste.?Le regretté philosophe René Girard avait depuis longtemps théorisé cette propension de nos sociétés païennes à chercher des boucs émissaires afin d\u2019expier leurs fautes et ressouder périodiquement le corps social.Il avait montré comment le « désir mimétique » ancré au fond de chacun pouvait conduire à une violence tout aussi « mimétique » et bestiale.Sans cette réflexion anthropologique profonde, on ne peut expliquer ces scènes de sauvagerie collectives qui s\u2019emparent périodiquement des sociétés dans des périodes troubles.Mais jamais René Girard n\u2019aurait pu imaginer l\u2019ampleur que prendrait la fureur des foules anonymes à l\u2019ère du numérique.Le chroniqueur Vincent Tremolet de Villers évoquait récemment le « pilori numérique » pour qualifier cet espace de non-droit où l\u2019insulte, les menaces de mort et la diffamation sont tolérées comme si de rien n\u2019était.Encore qu\u2019au Moyen Âge, le pilori était toujours précédé d\u2019un procès au moins formel.Hier comme aujourd\u2019hui, le résultat de ces lynchages consiste la plupart du temps à accentuer le conformisme ambiant.Avoir des opinions dissidentes dans le monde numérique, c\u2019est un peu comme traverser un terrain vague dans le film American Sniper de Clint Eastwood.On ne sait pas quel tireur embusqué vous logera une balle dans la tête.On imagine que c\u2019est en connaissance de cause que Cha- math Palihapitiya, un ancien dirigeant de Facebook, accusait récemment la bête qu\u2019il a contribué à mettre au monde de «déchirer le tissu social» en poussant chacun à renoncer à son « indépendance intellectuelle ».L\u2019ancien président de la multinationale, Sean Parker, a lui aussi dénoncé une « boucle infinie de validation sociale » qui change « votre relation avec la société ».Sans tomber dans le com- plotisme, il est dif ficile de ne pas reconnaître la justesse des propos de l\u2019ancien informaticien Tristan Harris, qui a travaillé chez Google sur une technologie qui, dit-il, « pirate l\u2019esprit des gens » et accapare « notre attention, notre temps, nos choix».Le grand Soljenitsyne n\u2019aurait pas pu imaginer lui non plus les extraordinaires moyens techniques que ces réseaux dits « sociaux » donneraient à la rumeur publique lorsque, dans son célèbre discours de Harvard, il s\u2019opposait dès 1978 au « droit de tout savoir » même le plus sordide et le plus insignifiant.À ce droit, il en opposait un autre : « Le droit qu\u2019a l\u2019homme de ne pas savoir, de ne pas encombrer son âme créée par Dieu avec des ragots, des bavardages, des futilités.» Et le Prix Nobel de conclure: « On nous enlève ce que nous avons de plus précieux : notre vie intérieure.» À méditer longuement au pied du sapin de Noël\u2026 La Meute CHRISTIAN RIOUX à Paris M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec L e président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Fran- cœur, n\u2019a «pas du tout » l\u2019intention de s\u2019excuser pour ses allégations de fraude et de trafic d\u2019influence, pas plus qu\u2019il ne regrette des les avoir lancées sur la place publique.«Je ne renierai pas mes allégations.Mes sources sont crédibles.C\u2019était mon devoir de faire ce que j\u2019ai fait», a-t-il martelé jeudi, dans une entrevue accordée au 98,5 FM.«Malheureusement, aujourd\u2019hui, on est obligé de faire quoi pour que ça avance ?On est obligé d\u2019aller dans les médias.» Le chef syndical sortait de son mutisme, deux jours après qu\u2019une enquête menée par cinq corps policiers eut conclu qu\u2019« aucune preuve » ne permettait d\u2019étayer ses prétentions sur la fermeture prématurée d\u2019une enquête en raison de pressions politiques.Le 27 avril, au micro de l\u2019animateur Paul Arcand, Yves Francœur avait déclaré qu\u2019une enquête sur «des modifications législatives en retour de contributions au Parti libéral » avait été bloquée en haut lieu parce qu\u2019elle visait deux élus libéraux \u2014 dont un siégeait toujours à l\u2019Assemblée nationale.«Ce dossier-là, si ce [n\u2019était] pas deux élus libéraux, les accusations [seraient] déjà déposées à la Cour», avait-il déclaré.L\u2019af faire avait éclaboussé l\u2019ex-ministre libéral Raymond Bachand et le leader actuel du gouvernement, Jean-Marc Fournier, de même que le directeur du Service de police de la Ville de Québec et ex-directeur des enquêtes de la commission Charbonneau, Robert Pigeon.Les deux premiers étaient montrés du doigt parce qu\u2019ils auraient été visés par l\u2019enquête criminelle \u2014 qui impliquait de la filature et de l\u2019écoute électronique, selon Yves Francœur \u2014, tandis que le dernier était mis en cause pour avoir prétendument fait avorter l\u2019affaire.Mardi, l\u2019équipe policière mixte est arrivée «à la conclusion qu\u2019aucune preuve ne démontre quelque fraude ou trafic d\u2019influence».«En conséquence, il n\u2019existe pas de motifs raisonnables de croire qu\u2019une infraction criminelle a été commise par quiconque », a-t-elle statué.Un dossier à suivre?Mais ce n\u2019est peut-être pas la fin de l\u2019histoire, selon ce qu\u2019a déclaré Yves Francœur.« Qu\u2019est-ce qui dit ce qui va survenir dans le futur ?Il y a des choses que j\u2019ai avancées sur la base \u2014 je le répète \u2014 de sources crédibles qui sont peut-être dans des enquêtes déjà en cours», a-t-il insisté.«Il y a un fondement certain», a-t- il aussi attesté.Il a cependant reconnu ne pas avoir eu accès à un rapport électronique et refusé de dire s\u2019il avait consulté quelque document de preuve que ce soit.Le chef syndical a tout de même dit avoir basé ses allégations sur les informations détenues par six sources provenant de milieux différents.«Et selon moi, certaines de ces sources-là ne se connaissent même pas entre elles», a-t-il précisé.À son avis, le seul fait que l\u2019équipe mixte de policiers ait rencontré 60 personnes témoigne du sérieux de ses allégations.« J\u2019ai rarement vu une enquête policière qui serait basée sur une déclaration non fondée et sur des sources non crédibles et où on a rencontré 60 témoins», a-t-il fait valoir.En réponse au ministre Jean-Marc Fournier, qui réclame des excuses de sa part, Yves Francœur a dit n\u2019avoir nullement l\u2019intention de faire amende honorable pour avoir simplement « fait son travail, de bonne foi ».« [J\u2019ai] dénoncé des choses que des gens n\u2019osaient pas [dénoncer] à cause des postes qu\u2019ils occupaient », a-t-il affirmé.« Je n\u2019ai jamais mentionné de noms sur la place publique.En tout cas, je peux vous dire une chose : M.Fournier, il a l\u2019air d\u2019être certain, lui, que c\u2019est lui-même.» Yves Francœur a néanmoins confirmé que les noms de Jean-Marc Fournier, de Raymond Bachand et de Robert Pigeon apparaissent dans la déclaration « confidentielle » qu\u2019il a remise à la police \u2014 et qui s\u2019est retrouvée dans les médias.Le ministre Fournier a déploré le fait que le chef syndical ait attaqué « toutes les institutions, incluant le DPCP [Directeur des poursuites criminelles et pénales] et les policiers à l\u2019enquête ».« Il constate qu\u2019Yves Fran- cœur refuse de lire le résultat de l\u2019enquête qui est écrit noir sur blanc dans le communiqué : \u201caucune preuve\u201d», a indiqué son attachée de presse.Le Devoir Yves Francœur persiste et signe Le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal maintient ses allégations de fraude et de trafic d\u2019influence au PLQ JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francœur, ne compte pas s\u2019excuser pour avoir lancé ses allégations sur la place publique.S T É P H A N E B A I L L A R G E O N C omme le dit une pub d\u2019ici : c\u2019est tout le temps comique, une chicane de Français.Indeed ! Encore plus quand la dispute porte sur le français en France, tout juste désigné «pays de l\u2019année» par le magazineThe Economist.L\u2019écriture inclusive, défendue depuis des lustres par des linguistes soucieux d\u2019égalité, est redevenue cette année un sujet de discorde et de débats publics de plus en plus acrimonieux.L\u2019éditeur hexagonal Ha- tier a rouver t la très vieille plaie en mars en publiant un manuel scolaire utilisant ce nouveau mode d\u2019expression.Le livre d\u2019histoire intitulé Questionner le monde utilise une terminaison féminine après un point médian.Le manuel à l\u2019usage des enfants du primaire cesse aussi « d\u2019invisi- biliser les femmes » en les citant sans cesse, par exemple pour écrire : « Grâce aux agriculteur.trice.s, aux artisan.e.s et aux commerçant.e.s, la Gaule était un pays riche.» Dans ce modèle, le masculin ne l\u2019emporte donc pas automatiquement sur le féminin et les professions sont féminisées quand une titulaire le justifie.La préférence va autant que possible à l\u2019usage de termes neutres.On opte pour « droits de la personne » plutôt que «droit de l\u2019homme ».Ces mesures appliquent en par tie les recommandations d\u2019un guide pour une communication non sexiste publié en 2015 par le Haut Conseil à l\u2019égalité entre les femmes et les hommes.La méthode par le point milieu est loin de faire l\u2019unanimité, même auprès des féministes.L\u2019objectif égalitaire, lui, rallie beaucoup plus de monde.L\u2019Académie française a d\u2019abord semblé défendre une position radicalement et unanimement conservatrice.La routine habituelle, quoi.L\u2019institution gardienne de la langue a lancé fin octobre une « solennelle mise en garde » contre l\u2019écriture « dite » inclusive qui ferait peser sur la langue française rien de moins qu\u2019un «péril mortel».Toute cette écriture ?Non.Les quarante Immortels, dont quatre femmes, semblent un peu divisés.Si le point médian est rejeté par tous, la féminisation des professions a ses adeptes et l\u2019accord de proximité ne les fait pas tous travailler du bicorne.Le débat a aussi atteint l\u2019Assemblée nationale, où des députés mesurés ont établi de très fines comparaisons avec la novlangue orwellienne.Le nouveau premier ministre, Édouard Philippe, a finalement tranché, fin novembre, en proscrivant l\u2019écriture inclusive des textes officiels.N\u2019empêche, la fronde gronde toujours.Un groupe de 77 linguistes (dont neuf du Canada) a publié à la mi-décembre une tribune intitulée « Que l\u2019Académie tienne sa langue, pas la nôtre».Ils réclament que le débat se poursuive et que la réforme devienne un objet de réflexion collective.Ils rappellent que la polémique sur l\u2019expression du genre date de plusieurs siècles et que l\u2019affaire a des ramifications sociopolitiques, « que cela plaise ou non».La chicane de Français autour du français a fait moins de vagues ici, où on applique l\u2019écriture épicène (« les étudiants et les étudiantes») depuis des années.L\u2019avocat Michael Lessard et la juriste Suzanne Zaccour ont publié une Grammaire non sexiste de la langue française (M éditeur) en septembre.L\u2019ouvrage lance en sous-titre : Le masculin ne l\u2019emporte plus!.Le Devoir LES MOTS DE L\u2019ANNÉE Écriture inclusive : désaccord en genre et en nombre Jamais [le regretté philosophe] René Girard n\u2019aurait pu imaginer l\u2019ampleur que prendrait la fureur des foules anonymes à l\u2019ère du numérique « » La chasse numérique diffère très peu de celle que pratiquent les loups L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 2 D É C E M B R E 2 0 1 7 L E M O N D E A 6 Pour les Fêtes, o?rez Le Devoir en cadeau.Cette année, faites découvrir notre nouveau D Magazine du samedi à vos proches.Offrez-leur un de nos abonnements pour aussi peu que 41,57 $ pour 13 semaines.Visitez le www.ledevoir.com/promonoel ou appelez au 1 800 463-7559 S tockholm \u2014 Le gouvernement suédois a proposé jeudi une loi permettant de considérer comme viol tout acte sexuel non consenti, même sans menace ni violence, après que le pays eut été bouleversé par la campagne #MeToo.«Le traumatisme des crimes sexuels s\u2019accroît en Suède, et ce sont les jeunes femmes qui encourent le plus grand risque», a déclaré jeudi le gouvernement dans un communiqué.« Pour qu\u2019un agresseur puisse être accusé de viol, il ne sera plus nécessaire que des violences ou menaces aient été commises, ou que ce dernier ait profité de la situation particulièrement vulnérable de la victime », a indiqué le gouvernement, en ajoutant que la loi proposée est basée sur « une évidence : tout acte sexuel doit être consenti ».La proposition de loi, qui devra être approuvée par le Parlement, introduit également deux nouveaux délits : « le viol par négligence » et « l\u2019abus sexuel par négligence », assortis d\u2019une peine de prison maximale de quatre ans.« Cela signif ie qu\u2019 i l sera possible de condamner davantage d\u2019 individus pour a g r e s s i o n s e x u e l l e , p a r exemple lorsqu\u2019une personne est censée avoir connaissance du risque que l\u2019autre personne n\u2019est pas consentante mais qu\u2019elle s\u2019engage tout de même dans un acte sexuel avec celle-ci », a précisé le gouvernement dans son communiqué.Cette loi, qui devrait entrer en vigueur au 1er juillet 2018, propose également d\u2019allonger la condamnation pour viol ou viol sur mineur de quatre à cinq ans d\u2019emprisonnement.La campagne #MeToo visant à dénoncer des agressions sexuelles, déclenchée par une succession d\u2019accusations contre le magnat d\u2019Hollywood Har vey Weinstein, a bouleversé toutes les franges de la société suédoise, l\u2019un des pays du monde où l\u2019égalité hommes-femmes semble la plus aboutie.Agence France-Presse AGRESSIONS SEXUELLES La Suède songe à durcir ses lois A L E X A N D R E G R O S B O I S à La Havane L e président cubain, Raúl Castro, cédera son poste en avril 2018, a annoncé l\u2019Assemblée nationale après avoir repor té de deux mois l\u2019élection de son successeur, qui tournera la page de six décennies de pouvoir des frères Castro sur l\u2019île.L\u2019élection par l\u2019Assemblée nationale du Conseil d\u2019État, lui-même chargé d\u2019élire le président, a été f ixée au 19 avril, ont annoncé jeudi les médias of ficiels cubains en marge d\u2019une session semestrielle de l\u2019assemblée ouverte jeudi.Comme c\u2019est habituellement le cas, les débats étaient fermés à la presse internationale.La prolongation du mandat de l\u2019actuelle législature, qui devait initialement prendre fin en février, fait suite à l\u2019ajournement cette année des élections locales.Cette première étape des élections générales 2017- 2018 avait été reportée après le passage en septembre de l\u2019ouragan Irma qui a fait 10 mor ts et ravagé une grande partie de l\u2019île.Devant l\u2019Assemblée, le ministre cubain de l\u2019Économie, Ricardo Cabrisas, a révélé jeudi que les dégâts causés par Irma avaient été évalués à plus de 13 milliards de dollars, perturbant fortement les secteurs du tourisme, de l\u2019agriculture, de la santé et de l\u2019éducation.La succession Le scrutin local de novembre et de décembre doit être suivi à une date encore indéterminée par l\u2019élection des quelque 600 députés de l\u2019Assemblée nationale qui éliront à leur tour le Conseil d\u2019État le 19 avril.À Cuba, cette date est célébrée comme le jour de la mise en échec de l\u2019invasion d\u2019anti- castristes soutenus par Washington dans la baie des Cochons (Playa Giron), en 1961.Président du Conseil d\u2019État depuis 2008 après un intérim de deux années, Raúl Castro, 86 ans, a déjà annoncé qu\u2019il ne briguerait pas un nouveau mandat et céderait sa place à un dirigeant de la nouvelle génération.Son premier vice-président et numéro deux du gouvernement, Miguel Diaz-Canel, 57 ans, est pressenti pour lui succéder en attendant une confirmation qui pourrait intervenir lors d\u2019une réunion du Par ti communiste cubain (PCC) prévue en mars prochain.S\u2019il est désigné, cet ingénieur né après la révolution aura la lourde tâche d\u2019asseoir son autorité, de consolider les acquis de la révolution et de poursuivre l\u2019indispensable « actualisation » du modèle économique de l\u2019île esquissée par Raúl Castro.Il deviendra aussi de fait chef des armées et devra composer avec la vieille garde des généraux « historiques », dont plusieurs occupent également de hautes fonctions au sein du PCC et du gouvernement.Agence France-Presse CUBA Raúl Castro passera le témoin en avril 2018 M I C H E L V I A T T E A U à Varsovie L a Pologne, pour qui l\u2019adhésion à l\u2019Union européenne en 2004 avait comblé un ancien rêve, adopte désormais une posture de défi à son égard, sous un gouvernement élu par ceux qui refusent que « Bruxelles prenne la place de Moscou».Comment la Pologne, où 88 % des habitants approuvent l\u2019appartenance de leur pays à l\u2019UE, source d\u2019impor tantes subventions, en est-elle arrivée là ?Des exper ts of frent une série d\u2019explications historiques, politiques et économiques, tout en soulignant qu\u2019il ne s\u2019agit nullement d\u2019une rupture complète.L\u2019abcès, vieux de plusieurs mois, a été crevé jeudi.Réagissant à des réformes judiciaires controversées, la Commission européenne a dégainé contre la Pologne l\u2019article 7 du traité de l\u2019UE, une procédure pouvant aller jusqu\u2019à priver le pays de ses droits de vote dans l\u2019UE.Quelques heures plus tard, le président polonais, Andrzej Duda, annonçait qu\u2019il avait décidé de promulguer les deux dernières réformes critiquées par Bruxelles.Ces lois situent le système judiciaire sous le contrôle du pouvoir exécutif et de la majorité parlementaire.Le gouvernement polonais, tout en répétant \u2014 comme la Commission \u2014 qu\u2019il est disposé au dialogue, ne compte pas céder d\u2019un pouce.Peut- être parce que la Hongrie a promis de voter contre d\u2019éventuelles sanctions au Conseil européen, ce qui les rendra inapplicables.Élites néolibérales Pour le politologue Kazi- mierz Kik, la Pologne, gouvernée depuis 2015 par les conser vateurs populistes de Droit et Justice (PiS), « n\u2019est pas entrée en conflit avec l\u2019Union, mais avec ses élites néolibérales, démocrates-chrétiennes et sociales-démo- crates, qui sont majoritaires au Parlement européen et à la Commission».Le conflit avec Bruxelles ne serait qu\u2019un reflet de la politique intérieure, un prolongement du combat contre les libéraux ayant gouverné la Pologne et qui se sont retrouvés à Bruxelles, tels Donald Tusk, président du Conseil européen, ou la commissaire au Marché intérieur, Elzbieta Bienkowska, selon l\u2019universitaire qui se définit comme « un homme de gauche favorable au PiS».En cela, le PiS se fait défenseur des intérêts du grand nombre de Polonais qui n\u2019ont pas profité directement de l\u2019intégration européenne, voire se sont appauvris, la stratégie économique néolibérale ayant aggravé les écarts sociaux, affirme le professeur Kik à l\u2019AFP.Ce phénomène de mécontentement populaire n\u2019est pas uniquement polonais, mais européen, voire mondial, dit-il, citant le Brexit et la victoire électorale de Donald Trump.S\u2019y ajoutent des divergences sur les problèmes de société, comme celui des réfugiés, l\u2019avortement ou la fécondation in vitro, une majorité des Polonais refusant des comportements largement adoptés en Occident et admis par l\u2019UE.Aux yeux du sociologue de gauche Slawomir Sierakowski, le puissant chef du PiS, Jaros- law Kaczynski, souvent présenté comme le stratège-déci- deur des conservateurs, « ne nourrit pas de ressentiment envers l\u2019Europe, mais il trouve que l\u2019Europe s\u2019est mise en travers de sa vision politique » de l\u2019avenir de la Pologne.Sierakowski voit la cause profonde du conflit dans la mentalité conser vatrice des Polonais catholiques et le manque de traditions démocratiques en Pologne, divisée au XIXe siècle et jusqu\u2019en 1918 entre trois puissances voisines, puis gouvernée d\u2019abord par l\u2019autoritaire maréchal Jozef Pil- sudski, ensuite par le par ti communiste soumis à Moscou.Agence France-Presse ANALYSE La Pologne défie l\u2019Union européenne Des réformes judiciaires controversées ont créé des tensions entre le pays et Bruxelles JAIME BLEZ AGENCE FRANCE-PRESSE Le président a prononcé un discours devant l\u2019Assemblée nationale, à La Havane, jeudi.La Roumanie emboîte le pas Bucarest \u2014 Une réforme judiciaire accusée de mettre en danger l\u2019indépendance des magistrats roumains, mais voulue par les sociaux-démocrates au pouvoir, a été adoptée jeudi au Parlement, en dépit de critiques aussi virulentes dans le pays qu\u2019à l\u2019étranger.C\u2019est sous les sifflets de l\u2019opposition que le Sénat, dominé par la gauche, a approuvé la réorganisation du Conseil supérieur de la magistrature, dernier des trois chapitres d\u2019un paquet législatif sur la justice au cœur d\u2019une vive controverse depuis l\u2019été.Le chef de l\u2019État, Klaus Iohannis, opposé à ces changements, avait estimé mercredi que Bucarest risquait des sanctions de l\u2019UE, à l\u2019instar de la Pologne, à cause de ces « modifications non transparentes des lois sur la justice ». L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 2 D É C E M B R E 2 0 1 7 LE MONDE A 7 Cessez-le-feu précaire au Soudan du Sud Addis Abeba \u2014 Le gouvernement et les principaux groupes rebelles au Soudan du Sud ont signé jeudi un cessez-le-feu, mais leurs dernières opérations militaires en plein milieu des négociations à Addis Abeba laissent à l\u2019avance planer le doute sur sa solidité.Le gouvernement du président Salva Kiir (SPLM/A) et le principal mouvement d\u2019opposition, le SPLM/A-IO de l\u2019ancien vice- président Riek Machar, ainsi que six autres groupes rebelles armés ont signé ce cessez-le-feu, qui entrera en vigueur le 24 décembre.Mais l\u2019historique des nombreux cessez-le-feu qui ont jalonné cette guerre civile, déclenchée en décembre 2013 et qui a fait des dizaines de milliers de morts, n\u2019incite pas à l\u2019optimisme.Pas plus que les mouvements militaires des derniers jours.Agence France-Presse Autre défection d\u2019un soldat nord-coréen Séoul \u2014 Un militaire nord- coréen est passé au Sud jeudi en traversant la zone démilitarisée (DMZ) qui divise la péninsule, un mois après la spectaculaire défection d\u2019un autre soldat sous les balles de l\u2019armée nord- coréenne.Ce militaire «d\u2019un grade peu élevé» a été repéré par les soldats sud-coréens utilisant des équipements de surveillance au moment où il franchissait, dans un épais brouillard, la DMZ et parvenait à atteindre un poste de garde, a précisé un porte-parole du ministère sud-coréen de la Défense.Aucun coup de feu n\u2019a été tiré sur le moment, a-t-il dit.Mais les soldats sud-coréens ont effectué un peu plus tard une vingtaine de tirs de sommation avec une mitrailleuse légère K-3 pour dissuader des militaires nord-coréens qui s\u2019approchaient de la frontière, vraisemblablement à la recherche du soldat passé au Sud.Agence France-Presse Le climat va multiplier par trois les demandes d\u2019asile Washington \u2014 Le changement climatique pourrait quasiment tripler le nombre de demandeurs d\u2019asile dans l\u2019Union européenne d\u2019ici la fin du siècle si les émissions de gaz à effet de serre conservaient leur rythme actuel, un afflux migratoire qui pourrait avoir des effets déstabilisateurs.Selon les chercheurs dont l\u2019étude est publiée jeudi dans la revue Science, entre 98 000 et 660 000 demandes d\u2019asile supplémentaires pourraient être déposées chaque année dans l\u2019UE d\u2019ici 2100.La place du curseur dépend du niveau de la hausse de la température mondiale.Leur constat : plus le thermomètre s\u2019éloigne de 20 degrés Celsius, plus le nombre de candidats à l\u2019émigration augmente.Agence France-Presse F R A N C I S C O J A R A à Lima L e président péruvien, Pedro Pablo Kuczynski, jouait jeudi sa survie politique face à un Parlement contrôlé par l\u2019opposition : après y avoir répondu d\u2019accusations de corr uption liées à un scandale éclaboussant la région, il risquait d\u2019être destitué dans la foulée par un vote.« PPK », comme on le surnomme, deviendrait alors le premier chef de l\u2019État débarqué pour ses liens avec Odebrecht, le géant du BTP brésilien, qui a reconnu avoir payé près de 5 millions de dollars à des entreprises de conseil directement liées au chef de l\u2019État, alors ministre, entre 2004 et 2013.«Je viens prouver mon innocence », a déclaré M.Kuc- zynski en ouver ture de son discours.Durant près de deux heures trente, il a détaillé sa défense avec son avocat devant le Parlement unicaméral réuni en séance plénière.Son intervention était suivie d\u2019un débat de plusieurs heures, chacun des 109 parlementaires présents souhaitant intervenir.« Ce qui est en jeu, c\u2019est la démocratie que le Pérou a eu tant de mal à récupérer », a-t-il ajouté, avant de demander « pardon » pour son manque de rigueur dans la déclaration de ses activités de l\u2019époque.« Le mal, vous ne me le feriez pas à moi, mais au Pérou», a conclu PPK, 79 ans, assurant être « un homme honnête » qui n\u2019a « jamais reçu un pot-de-vin».Le président péruvien, qui a expliqué en détail, documents à l\u2019appui, qu\u2019aucun des paiements du groupe de bâtiment n\u2019était illégal, est en poste depuis juillet 2016, après avoir battu de peu Keiko Fujimori, la fille de l\u2019ex-chef de l\u2019État Al- ber to Fujimori (1990-2000), emprisonné pour crime contre l\u2019humanité et corruption.Elle dirige depuis l\u2019opposition.Le législateur de gauche Wilbert Rozas, a lancé les débats en affirmant que le président et son avocat «n\u2019avaient rien tiré au clair » et a appelé à « nettoyer le pays» des corrompus.Pour que le président soit destitué, il faut le vote favorable des deux tiers du Parlement, soit 87 voix sur 130.Cela apparaissait comme une formalité, 93 législateurs ayant approuvé l\u2019ouverture du processus.Le par ti de PPK ne compte que 17 sièges.Dans ce cas, son premier vice-président, Mar tin Viz- car ra, prendrait sa place jusqu\u2019à la fin du mandat en cours, le 28 juillet 2021.Selon un récent sondage, 57 % des Péruviens estiment que le président doit démissionner.« Le sort du président Kuc- zynski est scellé », a déclaré à l\u2019AFP l\u2019analyste politique Luis Benavente.Dans un message dif fusé mercredi soir à la radio et à la télévision, M.Kuczynski a qualifié la procédure engagée contre lui de «coup d\u2019État ».Depuis le lancement du processus de destitution, la semaine dernière, l\u2019inquiétude grimpe d\u2019heure en heure.Les analystes préviennent que l\u2019économie pourrait être « durement touchée » par cette instabilité politique, et l\u2019Église péruvienne a appelé à éviter une amplification de la crise.Ancien banquier de Wall Street âgé de 79 ans, M.Kuc- zynksi avait nié dans un premier temps tout lien avec Odebrecht, avant d\u2019être démenti par l\u2019entreprise elle-même.Phrasé posé, cheveux gris et fines lunettes, ce cousin du célèbre réalisateur Jean-Luc Godard a occupé de nombreux postes à responsabilité durant sa carrière, passant du public au privé.Le gigantesque scandale de corruption Odebrecht a touché, outre le Brésil et le Pérou, des pays comme l\u2019Équateur, le Mexique, le Panama et le Venezuela.La chef de l\u2019opposition, Keiko Fujimori, est également sous le coup d\u2019une enquête dans le cadre du dossier Ode- brecht.Appelée à témoigner devant le parquet mercredi, elle a demandé le repor t de son audition.PPK n\u2019est pas la seule personnalité, au Pérou, à être inquiétée par le dossier Odebrecht : l\u2019ex- président Ollanta Humala (2011-2016) est en détention provisoire, accusé d\u2019avoir reçu 3 millions de dollars lors de sa campagne électorale.Un autre ancien président, Alejandro Toledo (2001-2006), est lui visé par un mandat d\u2019arrêt et une demande d\u2019extradition.Soupçonné d\u2019avoir perçu 20 millions de dollars, il se trouve actuellement aux États-Unis.Agence France-Presse PÉROU Le président Kuczynski est menacé de destitution ERNESTO BENAVIDES AGENCE FRANCE-PRESSE Pedro Pablo Kuczynski (deuxième à droite) est accusé de corruption.L\u2019explosion du nombre de surdoses, en particulier aux opiacés, explique en partie le nouveau recul de l\u2019espérance de vie, du jamais vu depuis un demi-siècle.Les autorités sanitaires s\u2019alarment.L\u2019espérance de vie recule à nouveau aux États-Unis ANWAR AMRO AGENCE FRANCE-PRESSE Des images de leaders palestiniens et des drapeaux du Fatah sont accrochés sur une rue du camp Burdj Al Barajina, au sud de Beyrouth.B eyrouth \u2014 Plus de 174 000 réfugiés palestiniens vivent au Liban, ont annoncé jeudi les autorités libanaises, le premier recensement officiel effectué par Beyrouth alors que cette question représente un sujet délicat dans le pays.Ce chiffre est cependant bien plus faible que toutes les estimations circulant dans le pays, et qui vont parfois jusqu\u2019à 500 000.Le recensement, ef fectué par le Comité de dialogue libano-palestinien, une commission rattachée au gouvernement libanais, a couvert les 12 camps de réfugiés palestiniens, devenus au fil du temps de véritables quartiers résidentiels, mais aussi 156 « agglomérations palestiniennes» à travers le pays.La présence des Palestiniens a toujours été un sujet délicat au Liban, accentuant notamment les clivages dans la guerre civile qui a ravagé le pays entre 1975 et 1990.Un sentiment anti-palestinien perdure parfois au Liban, et nombreux sont ceux qui refusent une naturalisation des ressortissants palestiniens ayant fui leur terre d\u2019origine après la création en 1948 de l\u2019État d\u2019Israël.Le recensement, le premier depuis 1948, met en lumière les conditions de vie, de santé, d\u2019éducation et de travail des 174 422 réfugiés palestiniens installés au Liban, mais aussi des 18 601 Palestiniens de Syrie qui sont arrivés après le début de la guerre dans ce pays voisin en 2011.« En tant qu\u2019État, nous devons nous pencher sur les problèmes dont souffrent les réfugiés palestiniens dans notre pays», a déclaré le premier ministre libanais, Saad Hariri, lors d\u2019une conférence de presse.«Ces dernières décennies, les difficultés sociales et humaines se sont accumulées pour les réfugiés palestiniens, et la réalité dans les camps est tragique à tous les niveaux», a-t-il souligné.Le chef du gouvernement a toutefois assuré que les «devoirs» du Liban envers les Palestiniens ne signifiaient en aucun cas la «naturalisation» de ces derniers, ou l\u2019adoption de mesures qui les «priveraient de leur identité palestinienne».Près de la moitié des réfugiés palestiniens sont des jeunes âgés de 24 ans ou moins.Environ 18,4 % de la population active est touchée par le chômage.Le taux de scolarisation des enfants de 3 à 13 ans atteint cependant 93,6 %.Les camps palestiniens, où vivent 45,1 % des réfugiés selon le recensement, sont marqués par « la pauvreté, le surpeuplement, le chômage, de mauvaises conditions de logement et le manque d\u2019infrastructures», d\u2019après le site de l\u2019agence de l\u2019ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).Agence France-Presse Plus de 174 000 réfugiés palestiniens vivent au Liban Un premier recensement depuis 1948 met en lumière leurs conditions de vie, de santé, d\u2019éducation et de travail 63 600 Il s\u2019agit du nombre de surdoses de drogues et de médicaments aux États-Unis en 2016, soit une hausse colossale de 21 % par rapport à 2015.F R É D É R I C A U T R A N C\u2019 est l\u2019une des mesures clés du bien-être d\u2019une nation.Après une baisse de 0,2 an en 2015, l\u2019espérance de vie des Américains a de nouveau reculé de 0,1 an en 2016, passant de 78,7 à 78,6 ans.C\u2019est la première fois depuis le début des années 1960 que les États-Unis connaissent deux années consécutives de baisse.Conséquence, notamment, de la crise des opiacés, qui continue de faire des ravages à travers le pays.Selon les chif fres dévoilés jeudi par le Centre national de statistiques sur la santé (NCHS), le nombre de sur- doses de drogues et de médicaments a fait un nouveau bond, passant de 52 400 en 2015 à 63 600 en 2016, soit une hausse colossale de 21%.Signe que le pic de l\u2019épidémie, devenu un enjeu sanitaire national, est encore loin d\u2019être atteint.Environ deux surdoses sur trois impliquaient des opiacés, une catégorie de stupéfiants englobant des médicaments antidouleur délivrés sur ordonnance, comme l\u2019oxycontin et le fentanyl, ainsi que l\u2019héroïne, souvent mélangée à des substances de synthèse.«Nous devrions être réellement alarmés» Si les experts reconnaissent que d\u2019autres facteurs contribuent sans doute à ce recul de l\u2019espérance de vie (dont une baisse moins marquée des décès liés aux maladies cardio- vasculaires), les morts liées à une surdose d\u2019opiacés semblent être le facteur déterminant.Les statistiques le confirment d\u2019ailleurs : le taux de mortalité des moins de 45 ans, principales victimes des surdoses, a augmenté, alors que celui des plus de 45 ans a diminué.« Je n\u2019ai pas tendance à faire des déclarations dramatiques, mais je pense que nous devrions être réellement alarmés, a déclaré Robert Anderson, directeur de la branche mortalité au sein du NCHS.Le problème des surdoses liées aux drogues et aux médicaments est un problème de santé publique et nous devons nous y attaquer.» Fin octobre, après des mois de tergiversation, Donald Trump a fait de la crise des opiacés une « urgence de santé publique », promettant d\u2019y consacrer d\u2019importants moyens.« Cela prendra plusieurs années, même des décennies, pour débarrasser notre société de ce fléau », dé- clarait-il alors.On estime qu\u2019il y a entre 2 et 2,5 millions d\u2019Américains dépendants aux opiacés, devenue la première cause de mor talité accidentelle aux États-Unis.Les morts du désespoir Pour certains experts, les décès liés à la surconsommation de drogue s\u2019inscrivent dans un phénomène plus large.Celui qu\u2019Anne Case et le Prix Nobel d\u2019économie Angus Deaton, chercheurs à Princeton, ont baptisé les « Deaths of Despair », les « mor ts du désespoir».Selon eux, la disparition de nombreux emplois non qualifiés mais bien rémunérés au cours des dernières décennies, et plus encore lors de la crise de 2008, ont plongé une partie de la classe moyenne ouvrière américaine dans le désespoir.Avec, à la clé, une augmentation importante du nombre de décès liés aux surdoses, mais aussi à l\u2019alcool et aux suicides.Dans le détail, un garçon né l\u2019an dernier aux États-Unis vivra en moyenne 76,1 ans, une fille 81,1 ans, soit cinq années de plus.À titre de comparaison, l\u2019espérance de vie en France s\u2019élève à 79,3 ans pour les hommes et à 85,4 ans pour les femmes.Libération États-Unis : le Congrès évite la crise et finance l\u2019État fédéral Washington \u2014 Le Congrès américain, à majorité républicaine, a adopté jeudi des financements temporaires pour l\u2019État fédéral, reportant au 19 janvier la prochaine date butoir budgétaire, et évitant ainsi toute paralysie des administrations.Le Sénat a approuvé par 66 voix contre 32 un texte de financement, quelques heures après la Chambre des représentants, et un jour avant que n\u2019expirent les crédits actuels, vendredi à minuit.Une partie de la minorité démocrate s\u2019est opposée, contestant l\u2019absence de mesures de régularisation pour les sans-papiers.Il n\u2019y aura donc pas de «shutdown» vendredi soir.Agence France-Presse Le premier ministre Justin Trudeau a enfreint la Loi sur les conflits d\u2019intérêts en acceptant de séjourner sur l\u2019île privée de l\u2019Aga Khan l\u2019hiver dernier.À part la honte rattachée au fait d\u2019être le premier premier ministre ainsi pris en défaut, M.Trudeau ne subira aucune sanction, la loi n\u2019en prévoit pas.Son jugement éthique et celui de son entourage en sortent toutefois ébranlés.la veille de son départ à la retraite, la commissaire aux con?its d\u2019intérêts et à l\u2019éthique, Mary Dawson, a réservé tout un cadeau au premier ministre.Après presque un an d\u2019enquête, elle a conclu que M.Trudeau avait enfreint la loi et de plus d\u2019une manière.Il a entre autres accepté ces voyages (il y en a plus d\u2019un) chez l\u2019Aga Khan, ce qui a pu amener les gens à penser qu\u2019on les lui avait offerts dans le but de l\u2019in?uencer.La chronologie des événements fait en effet sourciller.L\u2019Aga Khan avait lancé une invitation ouverte aux Trudeau pour séjourner sur son île.En février 2016, Sophie Grégoire-Trudeau s\u2019en prévaut et demande si elle peut y aller avec ses enfants et une amie.Le 9 mars, un représentant de l\u2019Aga Khan demande une rencontre officielle entre ce dernier et le premier ministre pour le mois de mai.Le 11 mars, Mme Trudeau et ses compagnons de voyage arrivent sur l\u2019île.Le 17 mai, la rencontre entre M.Trudeau et l\u2019Aga Khan a lieu.Le 10 juillet, la ministre Marie-Claude Bibeau avise le Centre mondial sur le pluralisme, piloté par l\u2019Aga Khan, que le versement de 15 millions accordé sous les conservateurs a été autorisé.À la mi-juillet, Sophie Grégoire- Trudeau demande à la fille de l\u2019Aga Khan si sa famille et des amis peuvent passer les Fêtes de fin d\u2019année sur l\u2019île.M.Trudeau n\u2019a pas participé aux décisions concernant les organisations du philanthrope ou le ?nancement du centre sur le pluralisme, mais les règles en matière de con?its d\u2019intérêts ne visent pas seulement à prévenir les malversations.Leur but premier est de maintenir la con?ance des citoyens en leur gouvernement.Par conséquent, il ne suf?t pas d\u2019éviter les situations de con?its d\u2019intérêts, il faut aussi éviter celles où il y a apparence de con?its d\u2019intérêts.?La loi permet d\u2019accepter un cadeau d\u2019un ami, un argument invoqué par M.Trudeau pour défendre son voyage chez l\u2019Aga Khan, mais qu\u2019a écarté Mme Dawson.Et pour cause.L\u2019Aga Khan était proche du père de M.Trudeau et a eu quelques mots affectueux pour le fils, mais ce dernier et lui n\u2019ont eu aucun contact personnel pendant 30 ans, sauf aux funérailles du père.Leurs rapports n\u2019ont repris qu\u2019après l\u2019accession de Justin Trudeau à la tête du Parti libéral et ne se sont intensifiés qu\u2019après son élection à la tête du pays.La correspondance de l\u2019Aga Khan faisait presque toujours référence aux dossiers en suspens.Tout cela aurait dû faire réaliser à M.Tr udeau qu\u2019une distance s\u2019imposait.Mme Dawson met en doute cette amitié, une conclusion que rejette M.Trudeau.Ce qui est dommage, car il devrait, « dans l\u2019exercice de sa charge publique, [\u2026] mettre en suspens le développement de liens d\u2019amitié avec des personnes avec qui il est susceptible d\u2019avoir des rapports of?ciels.Il en va du respect de ses obligations de titulaire de charge publique », lui rappelle la commissaire.Un chef de gouvernement ne peut éviter des contacts parfois étroits avec les riches et puissants, et M.Trudeau ne s\u2019en cache pas généralement.Son équipe et lui ont toutefois été cachottiers au sujet des voyages chez l\u2019Aga Khan et des cocktails de ?nan- cement avec de riches investisseurs chinois.Peut-être pour ne pas contredire leur image d\u2019un gouvernement au service de la classe moyenne, mais en agissant de la sorte, ils ont créé une impression d\u2019hypocrisie.Cette af faire, comme celles des cocktails de financement et de la gestion des avoirs du ministre des Finances, Bill Morneau, est symptomatique d\u2019une incapacité de M.Trudeau, de son entourage et de plusieurs membres de son gouvernement à anticiper ces situations de conflits potentiels, réels ou apparents.Leur hésitation à avouer ces voyages chez l\u2019Aga Khan aurait dû faire sonner une cloche.Il y avait là un germe d\u2019intuition que ça ne respectait pas les attentes de la population.Malheureusement, le radar éthique de ce gouvernement a des ratés.M.Trudeau a promis de soumettre ses plans personnels de voyage au nouveau commissaire à l\u2019éthique.Soit, mais il faudra davantage pour prouver que son équipe et lui ont af?né leurs ré?exes.L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 2 D É C E M B R E 2 0 1 7 A 8 EDITORIAL L E T T R E S Ne touchez pas au cours ECR ! « Une seule solution s\u2019impose » au dire de Ghyslain Parent et Andréa Richard, dans une lettre ouverte (16 décembre) au ministre Proulx concernant l\u2019implantation du nouveau cours d\u2019éducation à la sexualité dans les écoles du Québec.Les temps sont mûrs pour que l\u2019école aborde d\u2019une façon résolue et structurée ce délicat sujet.Je doute cependant que l\u2019unique solution prônée par les auteurs soit sage, à moins qu\u2019elle ne soit fondée sur des motifs valides.Il faudrait, demandent-ils, « que le volet religion du cours Éthique et culture religieuse soit remplacé par un cours d\u2019éducation citoyenne qui pourrait englober le projet d\u2019éducation à la sexualité ».Leur lettre ouverte donne à penser que le cours dispensé actuellement est confessionnel.Leurs allusions laissent entendre que le cours ECR favorise exclusivement l\u2019abstinence sexuelle chez les jeunes adolescents et qu\u2019il équivaut à ce qui se déroule dans les lieux de culte canadiens.Ces deux spécialistes m\u2019inquiètent.Ont-ils raison ?J\u2019aimerais que ceux qui enseignent cette matière nous donnent l\u2019heure juste.Faites-vous de l\u2019endoctrinement ou respectez-vous le programme officiel qui consiste à transmettre aux élèves une culture religieuse donnant des clés de compréhension de notre monde L I B R E O P I N I O N P I E R R E - A L E X A N D R E C A R D I N A L Étudiant au doctorat en droit, Université McGill M algré un discours sans équivoque, les actions du gouvernement Trudeau concernant le rôle du Canada dans la sécurité internationale demeurent ambiguës.S\u2019il cherche à retrouver son rôle clé en 2018, le gouvernement fédéral doit d\u2019abord retirer son soutien direct à la monarchie saoudienne.Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement Trudeau fait miroiter la possibilité de redorer le blason canadien, une posture qui nous change de la politique Harper qui misait sur une position antagoniste sans grandes ambitions.Les conser vateurs avaient d\u2019ailleurs perdu la mise face au Portugal, en 2010, pour un siège au Conseil de sécurité des Nations unies.En septembre dernier, lors de son passage à l\u2019organisation internationale, Justin Trudeau annonçait une renaissance du rôle canadien dans la sécurité mondiale.Dans une conférence de presse en marge de son discours à l\u2019Assemblée générale, Trudeau mettait l\u2019accent sur son objectif de siéger à nouveau au Conseil de sécurité, organe central des Nations unies ayant pour mission le maintien de la sécurité mondiale.Af fir- mant que le monde gagnerait d\u2019avoir une présence canadienne au Conseil, Trudeau restait évasif quant aux questions sécuritaires de l\u2019heure, qu\u2019on parle de la Corée du Nord ou des diverses crises migratoires qui marquent cette décennie.Ces derniers jours, le premier ministre revenait à la charge avec un nouveau projet pour le Canada, soit celui de jouer le rôle de médiateur dans l\u2019escalade des tensions sur la péninsule coréenne.Trudeau a fait mention de la possibilité d\u2019user de l\u2019influence canadienne sur Cuba, entre autres, ou encore de profiter du réchauffement des communications entre Ottawa et Pyongyang de ces derniers mois.Malgré le caractère louable de la tentative, il y a quand même lieu de se demander quel genre de pression le Canada arriverait à exercer sur la Corée du Nord, alors que le gouvernement américain n\u2019arrive à rien sans passer par la Chine ou la Russie, desquelles la Corée du Nord est commercialement dépendante.Crise humanitaire La position canadienne quant à la sécurité internationale reste toutefois ambiguë vu le silence du gouvernement face à la crise humanitaire au Yémen.En guerre civile depuis 2015, le Yémen est devenu le théâtre d\u2019une lutte de pouvoir meurtrière à la suite de l\u2019intervention saoudienne.Dans la dernière année, la guerre a créé une crise humanitaire affectant plus de 20 millions de civils, selon les estimations onusiennes, causant plusieurs millions de déplacés internes vivant dans une situation de famine critique.Du côté du gou- ver nement Tr udeau, par contre, i l serait malencontreux de devoir critiquer les actions d\u2019un allié, mais d\u2019abord et surtout d\u2019un excellent client.Le régime saoudien est en effet le plus grand acheteur de matériel militaire canadien après les États-Unis.N\u2019écoutant pas les appels de plusieurs ONG, dont Amnistie internationale, critiquant les violations des droits de la personne du régime saoudien, le gouvernement canadien a l\u2019an dernier donné l\u2019aval à un contrat élaboré par les conservateurs avec l\u2019Arabie saoudite pour fournir une flotte de véhicules blindés légers à la monarchie arabe.Certains blindés, qualifiés par l\u2019euphémisme « jeep » (un peu léger pour parler d\u2019un véhicule avec canon monté en tourelle et armes de haut calibre) par Trudeau, sont peut-être déjà en service au Yémen.En grand défenseur de la sécurité mondiale, le ministre des Af faires étrangères de l\u2019époque, Stéphane Dion, s\u2019excusait en disant qu\u2019il n\u2019y avait pas de preuve concrète que les véhicules canadiens étaient utilisés pour commettre des violations des droits de la personne ou du droit humanitaire.Bien entendu, les observations onusiennes quant au fort risque de commission de crimes de guerre par l\u2019armée saoudienne au Yémen ne sont pas des preuves suffisantes.La présente ministre Freeland demeure tout aussi évasive, disant que le Canada prend la question très au sérieux et promettant\u2026 une étude sur l\u2019usage desdites armes par l\u2019Arabie saoudite.Mais, une fois les armes livrées, il y a tout de même lieu de se questionner sur les actions que peut réellement prendre Freeland pour empêcher leur usage contre des populations civiles.Questionné l\u2019an dernier au sujet du contrat, Trudeau défendait la décision en disant que le Canada devait s\u2019assurer d\u2019être respecté sur la scène internationale, et donc que le respect du contrat était une question de principe\u2026 Malgré cela, cette année, au plus fort de la crise humanitaire au Yémen, Trudeau a cherché à définir le Canada comme un champion de l\u2019humanitaire.Et si, pour l\u2019année à venir, le Canada cherchait plutôt à être célébré pour son respect indéfectible des droits de la personne, de la sécurité et de la légalité internationale ?Ce rôle de leadership commence là où le soutien du gouvernement Trudeau pour la monarchie saoudienne s\u2019arrête.Trudeau et l\u2019humanitarisme variable FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET pluraliste ?Pour ma part, je m\u2019attends à ce que le volet religieux du cours ECR puisse continuer à enrichir la liberté de conscience des élèves, l\u2019ouverture à la différence et l\u2019apprentissage du dialogue.Je m\u2019attends à ce qu\u2019il soit un antidote à la méconnaissance, source de tous les préjugés.Rien n\u2019est plus précieux que d\u2019avoir de bonnes connaissances et de bonnes attitudes, notamment à propos du fait religieux.D\u2019autre part, il me semble n\u2019y avoir rien d\u2019incompatible entre un tel volet bien enseigné et « l\u2019expression libre, consentie, saine et naturelle de la sexualité ».Bien au contraire.À moins que les auteurs de la lettre au ministre soient dans le vrai, il ne faut pas remettre en question ou cannibaliser le cours Éthique et culture religieuse, mais mieux le faire connaître et en bonifier la présence dans nos écoles.Christian Roy Montréal, le 19 décembre 2017 sance, qui lui a écrit en français un ouvrage qui restera une véritable réponse à leur charabia, Trop tard la fin d\u2019un monde et le début d\u2019un nouveau, de Harvey Mead (Éditions Écosociété).C\u2019est aussi le livre que je vous invite à offrir à tous ceux et celles qui cherchent à comprendre vers où nous mènent ces capitalistes qui ne carburent qu\u2019au «business as usual».Car il ne faut pas être dupe de leurs ma- nœuvres visant à nous dorer la pilule.Le système économique sur lequel ils surfent nécessite une croissance soutenue qu\u2019ils ne mesurent qu\u2019en dividendes sonnants.Mais cette croissance exponentielle réclamerait cinq planètes pour étendre le mode de vie des seuls Canadiens.Or, sur une planète limitée, on ne peut exiger un monde sans limites.D\u2019ici peu, les limites nous rattraperont, comme le prévoyait il y a de ça plus de 45 ans The Limits to Growth.Mais ces banquiers incapables d\u2019envisager un danger dont ils ne voient pas l\u2019imminence ont poursuivi leur danse financière, se moquant des scientifiques.Il est désormais trop tard pour que leur monde fondé sur « faire de l\u2019argent avec de l\u2019argent » survive, car, comme le disait naguère un chef cri plus sage qu\u2019eux : « Quand vous aurez coupé le dernier arbre, pêché le dernier poisson et empoisonné la dernière rivière, alors seulement vous rendrez-vous compte que l\u2019argent ne se mange pas.» Pierre-Alain Cotnoir Le 14 décembre 2017 À JUSTIN TRUDEAU ET L\u2019ÉTHIQUE Le radar a des ratés MANON CORNELLIER La fraude climatique Macron et Hulot entendaient parler des vraies af faires concernant le climat, convoquant oligarques et ploutocrates de tout crin.Aussi, pour bien se faire comprendre, ont-ils coif fé leur événement d\u2019un titre tout approprié pour la capitale française, le «One Planet Summit ».Toute cette racaille issue des milieux financiers parle la langue de l\u2019argent des « too big to fail », mais ils feraient mieux de lire le livre d\u2019un Américain de nais- L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 2 D É C E M B R E 2 0 1 7 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).V endredi soir dernier, fin de party de Noël.J\u2019interpelle un taxi sur René-Lé- vesque.Direction maison, monsieur le chauf feur, mais, s\u2019il vous plaît, une escale dans un resto sur le chemin.C\u2019est ça, les après- partys.Le chauffeur accepte, en soulignant qu\u2019il ne souhaite pas patienter quinze minutes, le temps de ma commande.Entendu.Arrêt intermédiaire au McDo Rosemont.Arrivés au McDo, le chauffeur me demande de payer et me dit de contacter un autre taxi pour la suite du trajet.Un peu surpris, je comprends que, de son point de vue, il était clair d\u2019entrée de jeu que nos chemins allaient se séparer là puisqu\u2019il ne souhaitait pas m\u2019attendre.Pourtant, le service de commande à l\u2019auto est presque vide, et c\u2019est ce que je lui indique.Bien peu pour convaincre le chauf feur.Il me répond que l\u2019attente est tou jours trop longue et que ça lui fait perdre de l\u2019argent.« C\u2019est un soir de Noël, je peux pas manquer les clients.» Et il enchaîne : « T\u2019es un crisse de nègre sale ! » Et il m\u2019ordonne de sortir du taxi sans payer.Je m\u2019exécute, en oubliant de noter le numéro de taxi et la compagnie, un peu sous le choc.Le lendemain, je raconte l\u2019incident sur Facebook : 469 réactions, plus de 100 commentaires et un lot de messages privés.Bien au-delà de l\u2019attention que reçoivent mes publications habituelles.Certains internautes se révoltent qu\u2019un tel incident puisse encore se produire en 2017.Plusieurs s\u2019inquiètent de mon bien-être et de ma santé mentale face à une telle situation.Accueillant cette vague de soutien avec gratitude, j\u2019ai toutefois été particulièrement interpellé par un commentaire ayant capturé l\u2019essence de mon état d\u2019esprit à la suite de cet incident : «Alors que le gouvernement a reculé sur la commission sur le racisme systémique.Qu\u2019est-ce à dire ?» L\u2019auteur de ce commentaire, c\u2019est mon papa.De toutes les personnes qui auraient pu se scandaliser de ce fâcheux incident ou s\u2019inquiéter immédiatement de mon bien-être, mon papa figure en tête de liste, ex æquo avec ma maman.Mais non, parce que lui, il apprivoise la discrimination depuis son arrivée au Québec en 1977.L\u2019agression que j\u2019ai subie vendredi dernier n\u2019alerte pas outre mesure son instinct paternel, parce qu\u2019il me prépare à la vie en société depuis bientôt 33 ans.Sans même en avoir discuté, mon père et moi sommes sur la même longueur d\u2019onde : ma publication n\u2019avait pas pour objet de m\u2019inscrire en victime, mais plutôt de constater, avec désolation, que notre société est organisée de manière à ce qu\u2019un individu s\u2019autorise de tels propos.Cer tains diraient que l\u2019incident du taxi est un cas unique.Il suffit de lire les commentaires racistes que je reçois en réponse à mes chroniques pour se convaincre du contraire.C\u2019est en ce sens que, tout en accueillant la sympathie de tout mon entourage, j\u2019affectionne plus particulièrement la réponse de mon papa.Oui, « crisse de nègre sale » sont des paroles inacceptables qu\u2019un chauffeur ne devrait jamais adresser à un client.Mais comme mon père, ça fait belle lurette que je ne verse plus de larmes à ce sujet.Ma vie et l\u2019éducation que j\u2019en ai tirée m\u2019ont immunisé.Je suis plutôt indigné par les systèmes qui non seulement sont en eux- mêmes injustes, mais qui aussi préparent le terrain pour que les injustices individuelles émergent.Le racisme d\u2019un chauffeur de taxi m\u2019irrite.La normalisation de groupes comme La Meute m\u2019enrage.L\u2019injustice est rarement un cas isolé.Elle est le produit d\u2019un mélange désorganisé de règles formelles ou informelles, de mœurs, de valeurs sociétales et de rapports de pouvoir.En bref, ce qu\u2019on appelle les systèmes.Or, compte tenu de leur complexité et de leur intangibilité, les systèmes ne sont pas sexy, contrairement aux histoires concrètes qui illustrent les injustices.Réfléchir aux mécanismes de la culture du viol répugne.Mais il suffit d\u2019un tweet d\u2019Alyssa Milano et de l\u2019addition de toutes les histoires de femmes violentées qui s\u2019en sont suivies pour galvaniser un mouvement qu\u2019on n\u2019avait jamais observé auparavant.Il a fallu qu\u2019on voie un enfant mort sur une plage pour qu\u2019on ouvre nos portes aux réfugiés syriens.« La meilleure façon de rallier un homme à votre cause est de toucher son cœur, la grande route vers sa raison », ai-je déjà écrit dans ces pages, citant Abraham Lincoln.L\u2019élaboration de solutions au gré des histoires personnelles empêche de faire face aux injustices dans toute leur profondeur et leur amplitude.Cette approche réactive dépend trop des nouvelles que les médias veulent bien nous raconter et de l\u2019humeur de l\u2019opinion publique.L\u2019injustice est systémique.Ça prend une approche systématique.Si un humain ne peut à lui seul af fronter les systèmes injustices, nos institutions, dont au premier chef l\u2019État, ont le devoir d\u2019assumer cette responsabilité.L\u2019injustice individuelle FABRICE VIL BCF Le syndicat de la rédaction croit en l\u2019avenir du Devoir, à tel point que ses membres ont accepté de participer à la recapitalisation.Éric Desrosiers, journaliste et administrateur, Guillaume Bourgault-Côté, président du syndicat, et François Desjardins, vice-président du syndicat, posent avec André Ryan, président du conseil, et Brian Myles, directeur du Devoir.Me Ryan a joué un rôle déterminant pour compléter les transactions annoncées aujourd\u2019hui.B R I A N M Y L E S Directeur our la première fois depuis 1993, Le Devoir inc.a procédé récemment à une recapitalisation inventive, grâce à l\u2019apport d\u2019investisseurs patients issus des secteurs institutionnel et privé.Ces transactions procurent au Devoir les fonds nécessaires pour mener à bien son plan stratégique 2020, axé sur le numérique, tout en préservant l\u2019indépendance du quotidien.L\u2019imprimé n\u2019est pas pour autant en reste puisque Le Devoir continue d\u2019être livré à ses lecteurs dans ce format six jours par semaine.Trois partenaires historiques du Devoir, le Fonds de solidarité FTQ, le Mouvement Desjardins et Fondaction, ont fourni une part substantielle des 2,2 millions de dollars en capitaux recueillis dans le cadre d\u2019une série de transactions privées menées en conformité avec les exigences de la Loi sur les sociétés par actions, sous les conseils juridiques du cabinet BCF.En additionnant les investissements en immobilisations déjà prévus par Le Devoir, la société disposera d\u2019une somme de 5 millions de dollars pour mettre à exécution son plan de transformation numérique, sans tourner le dos à l\u2019imprimé, avec pour objectif de développer un modèle d\u2019affaires fondé presque exclusivement sur l\u2019abonnement d\u2019ici l\u2019horizon de 2020.Le Devoir a confiance d\u2019y parvenir en raison de son positionnement unique sur le marché et grâce à l\u2019apport des nouveaux investisseurs.Dans notre modèle, les revenus de publicité seront toujours les bienvenus, en complément, dans le cadre d\u2019une stratégie reposant sur la production multiplateforme de contenus d\u2019information à valeur ajoutée.Comme d\u2019autres grands médias de qualité, tels que le New York Times et Le Monde, Le Devoir fait le pari qu\u2019il sera possible de monétiser les contenus auprès des abonnés, pour ses versions imprimées autant que numériques.D\u2019ailleurs, les deux tiers de nos revenus proviennent déjà de nos abonnés, pour qui Le Devoir est un instrument indispensable pour l\u2019avancement de la société québécoise.Les revenus de sociofinancement provenant des Amis du Devoir et des contributions découlant de notre campagne annuelle « Je soutiens Le Devoir » sont aussi partie intégrante de notre nouveau modèle d\u2019af faires.Cet apport financier for t précieux sera principalement investi dans nos contenus et le développement de nos applications.Quant au soutien demandé aux gouvernements par les regroupements médiatiques auxquels nous appartenons, il demeure tout aussi nécessaire pour soutenir le virage numérique dont dépend notre pérennité.D\u2019ailleurs, à ce sujet, Le Devoir inc.a reçu un prêt remboursable sur cinq ans de 526 000 $ du gouvernement du Québec par l\u2019entremise de son mandataire, Investissement Québec (IQ), afin de faire l\u2019acquisition d\u2019outils technologiques sous licence.Il s\u2019agit de la seule participation gouvernementale dans Le Devoir inc.Les nouveaux actionnaires Les nouveaux actionnaires qui seront représentés au conseil d\u2019administration du Devoir sont: L\u2019Imprimerie populaire limitée (IPL) ; Le Fonds de solidarité FTQ ; Le Mouvement Desjardins ; Le Syndicat de la rédaction du Devoir ; Fondaction ; Exaclan inc.(Denis M.Sirois) ; Jacques Lamarre Management inc.; Michèle Lamarre ; Location d\u2019outils Simplex (André Véronneau) ; Gestion de Luz inc.(Louis Véronneau).À l\u2019image des lecteurs et lectrices, les actionnaires du Devoir comprennent la réalité et la mission bien particulières de l\u2019entreprise.Ils souscrivent à des actions en étant animés des mêmes intentions que les quelque 2000 donateurs qui ont contribué à notre campagne de soutien cette année.Ils posent un geste citoyen pour soutenir un média indépendant qui est essentiel à la vitalité du débat d\u2019idées au Québec.L\u2019indépendance du Devoir et l\u2019autonomie du directeur dans les choix rédactionnels sont entièrement préservées dans la nouvelle convention d\u2019actionnaires qui unit les parties.L\u2019Imprimerie populaire limitée, représentée par le directeur, garde le contrôle du Devoir avec 51% des votes au conseil.Le directeur, par le contrôle qu\u2019il exerce sur le bloc d\u2019actions d\u2019IPL, nomme 7 administrateurs sur 14 au conseil (dont un poste pour lui-même).Le président du conseil du Devoir, une fonction assumée par André Ryan depuis le décès de Jean Lamarre, sera désigné par un vote majoritaire du conseil, sur recommandation du directeur.Un double verrou dans la convention des actionnaires empêche les actionnaires de forcer IPL à céder le contrôle de la société et empêche IPL de céder le contrôle de la société de son propre chef.Le Devoir n\u2019est pas à vendre, et il ne le sera jamais.Il demeure le plus grand média indépendant francophone en Amérique du Nord, en conformité avec les volontés de son fondateur, Henri Bourassa.Une transaction réussie La recapitalisation du Devoir a été un projet de longue haleine, amorcé par l\u2019ancien directeur, Bernard Descôteaux.S\u2019il est un homme qui a déployé temps et énergie pour amener de nouveaux investisseurs, assainir le bilan financier et les structures juridiques du Devoir, c\u2019est bien notre regretté président du conseil, Jean Lamarre.Celui-ci a consacré des heures incalculables au projet et il a engagé le pres- t ige de sa réputat ion et de son réseau de contacts pour faire de la recapitalisation du Devoir une réalité.M.Lamarre a notamment convaincu son oncle, Jacques Lamarre, et sa sœur, Michèle La- marre, de participer à la recapitalisation.La famille Lamarre sera représentée au conseil par Isabelle Lamarre.Le Devoir compte aussi sur l\u2019apport de deux autres familles.Denis M.Sirois, dont le père, Denis Sirois, fut l\u2019un des principaux actionnaires individuels du Devoir lors de la recapitalisation de 1993, poursuit son engagement avec nous.Une troisième famille (André Véronneau et son frère Louis Véron- neau) s\u2019ajoute à l\u2019actionnariat.Outre le Fonds de solidarité et Fondaction, le Syndicat de la rédaction du Devoir a également investi dans la relance du Devoir.Il s\u2019agit là d\u2019une importante marque de confiance de la part du principal syndicat actif au sein de la société.Le représentant du syndicat siégera au comité exécutif et au conseil d\u2019administration.À ce titre, il participera aux décisions stratégiques importantes sur les affaires courantes du Devoir.Cette convergence d\u2019actionnaires issus des grandes institutions québécoises, du secteur privé et du giron syndical atteste du caractère rassembleur du Devoir.Des transactions en amont En amont de la recapitalisation, Le Devoir a procédé à une série de transactions bilatérales.Ainsi, la société a procédé au rachat des actions détenues par la SPEQ Le Devoir et la SPEQ des employés du Devoir.Ces deux sociétés ont procédé à leur dissolution respective en 2016 et en 2017.Il est à noter qu\u2019en participant à la recapitalisation du Devoir, le Syndicat de la rédaction a repris le rôle et les responsabilités dévolues autrefois à la SPEQ des employés du Devoir.Les autres actionnaires de 1993 ont également accepté le rachat sans contrepartie, à des fins d\u2019annulation, de toutes les actions qu\u2019ils détenaient dans la société.L\u2019ensemble des transactions, de même que l\u2019apport de nouveaux capitaux, permettra au Devoir de poursuivre sur sa lancée et de conforter sa position, sur le marché québécois, comme média de niche et carrefour d\u2019idées.Le Devoir réalise un plan ambitieux de recapitalisation Grâce à l\u2019apport d\u2019investisseurs patients, nous serons mieux positionnés pour affronter les défis de l\u2019ère numérique Le nouveau conseil d\u2019administration du Devoir Administrateurs nommés par les actionnaires Normand Chouinard Premier vice-président aux investissements, Fonds de solidarité FTQ Éric Desrosiers Journaliste, représentant du Syndicat de la rédaction du Devoir André Forgues Conseiller stratégique au Mouvement Desjardins Isabelle Lamarre Avocate, représentante du groupe Lamarre Michel Rioux, secrétaire Retraité de la CSN, représentant de Fondaction Denis M.Sirois Vice-président des investissements chez Télésystème ltée André Véronneau Président de Location d\u2019outils Simplex, représentant du groupe Véronneau Administrateurs nommés par le directeur, pour L\u2019Imprimerie populaire limitée Michèle Fortin Administratrice de sociétés Anne Joli-Cœur Administratrice de sociétés Suzanne Moquin Vice-présidente, Médiagrif Brian Myles Directeur, Le Devoir Lucie Rémillard Présidente, LR Stratégie André Ryan Président par intérim, associé chez BCF Alain Saulnier Professeur invité, Département de communication, Université de Montréal P L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 2 D É C E M B R E 2 0 1 7 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Sous le titre Le naufrage, Charles-Frédérick Ouellet signe une quarantaine de photographies tirées d\u2019expéditions en mer.Cette plongée dans l\u2019univers des chalutiers, qui a pris la forme d\u2019expositions en 2015 et en 2016, a atteint l\u2019état final et immuable du livre.Livre de photographies, de ceux qui se passent de mots.Les images font le récit.Poésie et récit.C\u2019est à ces deux enseignes que loge le photographe de Chicoutimi, au- jourd\u2019hui basé à Québec.Le naufrage, son troisième livre, raconte certes une histoire, des histoires, mais celles-ci sont aussi nébuleuses que les images, br umeuses, mouvantes, mystérieuses.« Le reportage a un but précis : véhiculer de l\u2019information.La photo doit témoigner pour l\u2019ensemble d\u2019une situation.Personnellement, j\u2019essaie de créer des images qui ne se révèlent pas entièrement, dif ficiles à situer dans le temps», explique l\u2019artiste qui se dit de tradition documentaire.Charles-Frédérick Ouellet est membre de Ka- hem, collectif «né, lit-on sur Internet, d\u2019une nécessité d\u2019échange et de réflexion sur la photographie documentaire et ses pratiques ».Ses collègues, parmi lesquels Yoanis Menge et le collaborateur du Devoir Renaud Philippe, forment une nouvelle génération de photographes de terrain, indépendants et affranchis des dogmes.Ils se sont rencontrés à Matane, au cégep, puis sont partis apprendre auprès des meilleurs en Europe.Ouellet a fréquenté les Luc Choquer et autres Marie-Paule Nègre.Il a depuis gardé des liens en France, à travers l\u2019agence Hans Lucas.Sa caméra, elle, l\u2019a mené en Inde et en Chine.Chez Kahem, le long terme, l\u2019inconnu et la prise de risque drainent les projets.Le naufrage découle de six ans de travail (2010-2016) et d\u2019innombrables voyages sur le Saint-Laurent.Son auteur, qui assure ne pas avoir le pied marin \u2014 « j\u2019ai le mal de mer comme tout le monde » \u2014, s\u2019est plié aux conditions imposées.« Avec les pêcheurs, ra- conte-t-il, tu es mieux d\u2019avoir du temps devant toi.Tu peux par tir dans les trois heures [suivantes], comme dans une semaine.C\u2019est la même chose pour le retour : cinq jours si le quota y est, sinon plus.» Charles-Frédérick Ouellet ne milite pas pour la cause de la pêche \u2014 contrairement à l\u2019ami Yoa- nis Menge, qui a fait sienne la sur vie de la chasse au phoque.Ouellet s\u2019est lancé dans le projet maritime, comme il l\u2019a fait ensuite pour celui mené, dans les bois, sur les traces de l \u2019explorateur Louis Jolliet (1645-1700) : en quête de récits en « périphérie », sorte de patrimoine immatériel oublié.« Quand je vois que la seule référence à Louis Jolliet, c\u2019est le bateau de croisière à Québec, je me dis qu\u2019on ne connaît pas notre histoire », explique ce fils de travailleurs du transport maritime.Charles-Frédérick Ouellet ne tient pas à faire la morale.Ses images sur le fleuve ne commentent ni le déclin de la pêche ni un quelconque naufrage social.Tout au plus, elles enracinent le Québec dans des eaux mouvementées, entre des scènes sur le chalutier et des vues de la côte, « lieux de naufrage qui portent les marques invisibles du passé », précise le photographe.« Au début, je photographiais l\u2019activité de la pêche, les hommes au travail, mais je restais à la lisière du photoreportage.À un moment, avec les pêcheurs, j\u2019ai réalisé que nous parlions constamment des éléments.J\u2019ai commencé à voir le littoral, l\u2019horizon, l\u2019effet du vent, les vagues, le mouvement des oiseaux et le ciel, comme des éléments actifs de l\u2019environnement.» À la source du Naufrage : les archives familiales de Ouellet, dont une correspondance entre ses grands-parents qui détaille le climat, le trafic fluvial et autres faits absents des livres.«Le projet de l\u2019explorateur s\u2019est défini autrement, dit celui qui a consulté les archives des jésuites.Ce qui m\u2019intéressait, c\u2019était la notion de frontière.Je me sers de Jolliet pour parler de frontières sociales, géographiques, culturelles, axes qui définissent le continent, mais très abstraits.» L\u2019instinct a poussé Charles-Frédérick Ouellet vers ces figures identitaires que sont le pê- cheur et le coureur de bois.Loin de lui cependant l\u2019idée d\u2019en faire des exemples de virilité.C\u2019est davantage la nature qui le fascine, lui, ce paysagiste non déclaré qui s\u2019est trouvé un autre sujet (les Basques) pour relier mer et ciel, Amérique et Europe.Cet hiver, il parcourra autant la Côte-Nord que le littoral entre Bayonne, en France, et San Sebastián, en Espagne.Collaborateur Le Devoir LE NAUFRAGE Charles-Frédérick Ouellet, éditions du Renard, 108 pages.SUITE DE LA PAGE 1 CLICHÉS Cette plongée dans le monde des chalutiers a donné lieu à des expositions, puis à un livre de photographies, de ceux qui se passent de mots.Les images font le récit.prisonniers politiques libérés et l\u2019on doit commencer à chercher une solution politique.» Malgré l\u2019exil à Bruxelles de Puigdemont et l\u2019emprisonnement d\u2019Oriol Junqueras, chef d\u2019Es- querra Republicana de Catalunya (ERC), le bloc indépendantiste a fait élire 70 députés, ce qui lui donne une majorité de trois députés.Avec respectivement 34 et 32 députés, les deux grands partis indépendantistes (JxCat et ERC) améliorent leur score de 2015 alors que le petit parti indépendantiste d\u2019extrême gauche CUP n\u2019obtient que 4 sièges.Malgré ce qu\u2019avaient laissé penser les sondages, c\u2019est donc le parti du président destitué Carles Puigdemont qui conserve l\u2019avantage sur son rival historique ERC.À Bruxelles, le président catalan était tout sourire tant cette élection apparaît comme une victoire personnelle et un blanc-seing des électeurs pour son exil à Bruxelles où il a pu faire campagne et forcer Madrid à abandonner toute velléité de l\u2019extrader.Dans le nouveau Parlement, une large majorité de 78 députés souhaite la tenue d\u2019un référendum sur l\u2019indépendance, a-t-il souligné.Ciutadans en tête Pour la première fois depuis le retour de la démocratie en Espagne, c\u2019est un parti unioniste radicalement antinationaliste, Ciutadans, qui devient le premier parti de Catalogne.Dirigé par la jeune Inés Arrimadas, Ciutadans a siphonné les voix du Partido Popular qui sort de cette élection décimé avec seulement 3 députés, un record historique.La défaite est donc double pour le président espagnol.« Nous sommes les gagnants de cette élection», a déclaré Inés Arrimadas qui s\u2019est adressée en espagnol uniquement aux quelques centaines de militants réunis sur la place d\u2019Espagne à Barcelone.«La majorité sociale en Catalogne est catalane, elle est espagnole et européenne .[\u2026] Les par tis nationalistes ne pourront plus parler au nom de toute la Catalogne.» Né il y a dix ans à peine pour s\u2019opposer aux nationalistes, Ciutadans devient donc le leader de tous ceux qui s\u2019opposent à l\u2019indépendance et à la tenue d\u2019un référendum.Le parti n\u2019a cependant pas réussi à gruger les votes du Parti socialiste catalan (PSC) qui, avec 17 députés, a bien résisté.Selon de nombreux observateurs, cette victoire symbolique en Catalogne pourrait servir de marchepied à la maison mère madrilène, Ciudadanos, pour prétendre à la succession de Mariano Rajoy.À quand le retour du gouvernement légitime?Chez les indépendantistes de la grande organisation Assemblée nationale catalane (ANC), on interprétait ce résultat comme une « double victoire », compte tenu des conditions difficiles de la campagne, avec un leader en exil et un autre en prison.On veut aussi y voir une validation du résultat du référendum bancal du 1er octobre qui avait donné une majorité à l\u2019indépendance \u2014 mais avec une participation de seulement 45 %.L\u2019organisation, dont le leader Jordi Sanchez est en prison, réclame « le retour immédiat du gouvernement légitime ».C\u2019est dans une ambiance grave que les Catalans se sont massivement mobilisés pour faire la queue devant les urnes en cette journée travaillée alors que les élections se déroulent habituellement le dimanche.Selon une journaliste d\u2019El País, à Gérone, les urnes étaient tellement pleines que des électeurs ont eu de la difficulté à y introduire leur bulletin.De nombreux Catalans sont allés voter vêtus de jaune en signe de soutien aux leaders nationalistes emprisonnés.À la boutique Humana, sur la rue Creu Coberta à Barcelone, les t-shirts jaunes étaient en vitrine en solde à cinq euros.Même le club de football Gironna FC, de la très nationaliste ville de Gironne, a joué jeudi soir en maillots jaunes.De sa prison d\u2019Estremera, Oriol Junque- ras a fait parvenir un tweet dans lequel il disait que la prison le «rendait plus fort».Pendant que l\u2019on dansait à l\u2019assemblée de l\u2019ANC, et que Ciutadans avait monté une scène sur la place d\u2019Espagne à Barcelone, les Catalans ont accueilli ce résultat dans le calme.Si on sait quel gouvernement ils souhaitent, personne ne pouvait dire jeudi soir comment il sera possible de le former.Carles Puigdemont pourra-t-il revenir de Bruxelles?Oriol Junqueras, tête de liste d\u2019ERC, et Jordi Sanchez pourront-ils être investis?Le statu quo qui avait mené à un affrontement frontal lors du référendum sauvagement réprimé du 1er octobre est donc intact.L\u2019avenir de la Catalogne semble toujours aussi incertain.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MAJORITÉ sur les doigts (le 155), reprendraient vite leurs esprits, chassant les chimères et retrouvant le droit chemin.Une bonne mobilisation de la majorité silencieuse, le 21 décembre, ferait le reste.«Nous avons décapité l\u2019indépendantisme », a- t-il même prétendu à Barcelone, dans les derniers jours de la campagne.?Mais c\u2019est raté pour M.Rajoy.Ce 21 décembre n\u2019est pas celui qu\u2019il espérait.Mobilisation il y a eu, certes, avec 82 % des inscrits ayant fait la queue pour déposer leur bulletin \u2013 un sommet historique et une leçon citoyenne, à l\u2019ère de la désaffection populaire et du cynisme antipolitique.Mais mobilisation dans tous les camps.Avec un parti férocement «unioniste », Ciutadans, arrivé en tête d\u2019un peloton de sept formations, décrochant un peu plus du quart des suffrages exprimés.Et avec un bloc indépendantiste, pourtant divisé \u2013 la querelle intestine de Puigdemont l\u2019exilé contre Junqueras l\u2019emprisonné \u2013, qui a tenu intégralement le coup, même s\u2019il y avait deux listes au lieu d\u2019une seule.Les indépendantistes (trois partis au total, avec l\u2019extrême gauche) n\u2019ont pas progressé en pourcentage.Mais ils n\u2019ont pas baissé non plus, à 47,5 % (contre 48 % et des poussières en 2015).Et du fait de la mobilisation exceptionnelle aux urnes, en chif fres absolus ils sont passés de 1,6 million de voix à 1,9 million.Le camp unioniste, lui, fait 43,5 %.Si ce vote peut être considéré comme un référendum, alors son résultat est : Oui 47,5 %, et Non 43,5 %.Ciutadans, avec l\u2019efficace et séduisante Inés Arrimadas, a percé de façon décisive, fédérant les voix de ceux et celles pour qui, à Barcelone ou à Tarragone, le catalanisme et l\u2019identité nationale ne sont que des choses lointaines ou vilaines.Mais il l\u2019a surtout fait au détriment du PP de M.Rajoy, dont la (déjà petite) succursale catalane (9 % et 11 députés en 2015) s\u2019effondre complètement, avec 4 % et 3 députés.Une catastrophe pour le parti qui dirige l\u2019Espagne.La très faible majorité en sièges du bloc indépendantiste (70 sur 135) sera fragile.On peut imaginer de vraies batailles intestines, et peut- être un rôle accru pour le petit parti «Catalonia en Comu», ni dans un bloc ni dans l\u2019autre, parti frère de Podemos (non indépendantiste, mais proréférendum légal).Le choc du 27 octobre, même dans sa « version Rajoy », a laissé des traces : plus rien ne sera comme avant.Le mur de Madrid s\u2019est dressé, et pour l\u2019instant il reste.Même si les lignes politiques ne bougent pas beaucoup \u2013 un peuple coupé en deux sur la question nationale, on a déjà vu ça \u2013, les nationalistes catalans ont beaucoup évolué, en cet épique automne 2017.Ils ont perdu de leur innocence, de leur amateurisme et de leurs illusions.Face à l\u2019Espagne, mais aussi face à l\u2019Europe et face au monde.Ils peuvent se dire que Rajoy ne sera pas toujours là.Qu\u2019une « troisième voie » pourrait émerger.Ou que le référendum rêvé, positif ou négatif à la fin, pourrait un jour être organisé.Après-demain.François Brousseau est chroniqueur d\u2019affaires internationales à Radio-Canada.SUITE DE LA PAGE 1 PARI EMILIO MORENATTI ASSOCIATED PRESS Comme il l\u2019a fait durant toute la campagne électorale, le président destitué de la Catalogne, Carles Puigdemont, s\u2019est adressé à ses partisans par vidéoconférence depuis Bruxelles.JOSEPT LAGO AGENCE FRANCE-PRESSE Si les indépendantistes ont la majorité des sièges au Parlement, c\u2019est le parti que dirige Inés Arrimadas (Ciutadans) qui remporte le plus de votes."]
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