Le devoir, 18 novembre 2017, Le D Magazine
[" C A H I E R C / L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 Musique La déferlante Émile Proulx-Cloutier Vivre San Miguel de Allende, la beauté baroque Lire Kim Yaroshevskaya, dans l\u2019œil de la mémoire Écouter / Voir / Lire / Réfléchir / Voyager / Déguster / Vivre / Jouer M A G A Z I N E L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 É c r an s Théâtre Paul Ahmarani en quête de transcendance avec Les enivrés Les Flâneurs Critiques cinéma Entrevue avec Louis Morissette Humour C U L T U R E V I V R E L I R E 12 18 24 45 13 26 31 32 36 46 50 57 58 42 56 Entrevue Alexandre Jardin déclare sa flamme à sa mère Chronique de Véronique Côté Critiques Entrevue avec Deon Meyer Voyage San Miguel de Allende, ou l\u2019art de plaire à la mexicaine Grilles télé Santé Vin Resto Jeux SOMMAIRE C U L T U R E L\u2019intrigue est campée en 1888 dans un bled imaginaire où les femmes ont appris à ne compter que sur elles-mêmes.PHOTOS NETFLIX Après avoir triomphé en science-fiction avec le nostalgique Stranger Things, la plateforme Netflix s\u2019attaque au plus américain des genres : le western.Écrite et réalisée par Scott Frank, produite par Steven Soderbergh, Godless se déroule dans un Ouest impitoyable, à la fois familier et singulier.Renouveler le western avec une révérence Avec Godless, Netflix démonte certains archétypes du genre ANALYSE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR e western occupe une place à par t dans l\u2019imaginaire américain.Le « mythe du Far West », une invention devenue réalité dans l\u2019imaginaire collectif, est à l\u2019origine d\u2019une production littéraire et cinématographique particulièrement abondante.Toutefois, c\u2019est beaucoup grâce à la télévision, longtemps média démocratique par excellence, que la popularité continue du western a été assurée.Plusieurs séries phares ont nourri ledit mythe tout en y puisant leurs archétypes, fantasme historique et fiction se côtoyant comme dans aucun autre genre.Godless, la plus récente série en date, diffusée non plus sur le, mais les petits écrans, se révèle à cet égard semblable et différente des autres.Semblable en cela qu\u2019on y retrouve des personnages et des situations aux contours archétypaux, mais dif fé- rente en cela que le créateur de la série, Scott Frank, est conscient de cette familiarité qu\u2019il utilise pour mieux déjouer les attentes.Godless propose un récit choral dont la simplicité apparente permet à Frank de développer une foule d\u2019enjeux et de thèmes qui résonnent au-delà du lieu Mary Agnes, une présence éminemment positive, est le seul personnage associé à une forme de pouvoir politique L et de l\u2019époque dépeints.Au gré des six épisodes d\u2019une heure, le scénariste et réalisateur déploie un univers certes connu, mais qu\u2019il explore en épousant des perspectives plus actuelles, voire inédites.L\u2019intrigue est campée en 1888 dans la ville minière de La Belle, un bled imaginaire du Nouveau-Mexique, où tous les hommes ou presque ont péri dans un éboulement.Restées seules avec un shérif myope, les femmes ont appris à ne compter que sur elles-mêmes.Quatre destins liés Cette toile de fond exemplifie bien l\u2019approche privilégiée par Scott Frank.Avec la ville minière et ses quelques bâtiments usuels (saloon, hôtel, prison, église), il recourt à un contexte connu, éprouvé, du western.En peuplant l\u2019endroit uniquement de femmes et en y plaçant la figure d\u2019autorité mâle \u2014 le shérif \u2014 en position de faiblesse, Frank tourne toutefois le dos à la tradition.Une bonne par tie du charme de Godless découle de ce mélange de révérence et de renouveau.La série s\u2019articule autour des destins liés de quatre protagonistes : le hors-la-loi sanguinaire John Griffin, son fils de substitution Roy Goode, qui l\u2019a trahi, Alice Fletcher, la « rancheuse » imperturbable qui a recueilli Goode auprès d\u2019elle, de sa belle-mère païute et de son fils métis, et enfin, Bill McNue, le shérif qui a perdu le respect des habitantes de La Belle.Ces personnages bénéficient du même traitement que le théâtre de l\u2019action, c\u2019est-à-dire que sous le cliché couve la complexité.John Griffin, l\u2019antagoniste que Jeff Daniels défend avec une retenue terrifiante, est celui qui parle le plus de Dieu dans une série intitulée Godless, ou « sans dieu ».Roy Goode (excellent Jack O\u2019Connel), devenu bandit malgré lui, se fait un point d\u2019honneur de faire le bien.Il vit pourtant une perpétuelle quête de rédemption.Alice Fletcher est pour sa part une veuve courageuse, figure récurrente du genre s\u2019il en est, dont le stoïcisme de façade est la résultante d\u2019une existence entière vécue sous le signe de la résilience.La vedette de Dowton Abbey Michelle Dockery est parfaite de lasse détermination.Enfin, le shérif McNue (Scoot McNairy), en une déconstruction intéressante du héros sans peur et sans reproche, n\u2019est pour une bonne partie de l\u2019histoire que doute et insécurité.Le pouvoir aux femmes Un autre aspect intéressant est que Scott Frank, prémisse aidant, développe une pléthore de personnages féminins forts outre Alice, à commencer par celui de Mary Agnes (formidable Merritt Wever), la veuve du maire de La Belle qui, depuis la tragédie, a repris le poste du défunt et gouverne de manière inclusive, communautariste.Mar y Agnes, une présence éminemment positive, est le seul personnage associé à une forme de pouvoir politique.Ce n\u2019est certainement pas innocent de la par t de Scott Frank qui, on l\u2019a signalé, a non seulement écrit, mais également réalisé Godless.En gestation pendant 15 ans, le scénario fut d\u2019abord celui d\u2019un long mé- trage-fleuve ou d\u2019une minisérie d\u2019environ trois heures.Ami du réalisateur Steven Soderbergh depuis leur collaboration sur Loin des regards (Out of Sight), c\u2019est à ce dernier qu\u2019il destinait Godless.Craignant de se frotter au western, Soderbergh préféra soutenir le projet en le coproduisant.Après maints refus, Netflix manifesta son intérêt, mais pour une production de six heures.Dès lors, Frank eut tout loisir d\u2019approfondir personnages et situations.Une série qui se distingue Faut-il le préciser, Godless continue de brouiller la ligne de plus en plus mince entre télévision et cinéma.Loin de l\u2019esthétisme magnifiquement outré de Sergio Leone, Frank préfère le réalisme empreint de lyrisme d\u2019un Clint Eastwood, lui-même influencé par John Ford.L\u2019actualisation passe essentiellement par un r ythme très soutenu, fruit d\u2019un montage qui alterne sans s\u2019attarder lieux et points de vue, et une description crue, quoique jamais complaisante, de la violence.Le tout culmine par l\u2019inévitable affrontement final, passage obligé rendu électrisant du fait que la horde sauvage de Griffin affronte les habitantes de La Belle.À terme, Godless ne prétend pas réinventer le western.La série se distingue plutôt en détournant l\u2019un des principaux travers du genre, à savoir son inhérente misogynie.Le mythe du Far West demeurant en perpétuelle construction, et donc perméable au changement, c\u2019est là une excellente nouvelle.| 3 C u l t u r e É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 Western au féminin C\u2019est surtout au cinéma que le genre est \u2014 occasionnellement \u2014 mené par des femmes.En voici cinq exemples de choix.1950 : Les furies (The Furies), d\u2019Anthony Mann.La lutte impitoyable entre la fille (Barbara Stan- wick) et la nouvelle épouse (Judith Anderson) d\u2019un riche propriétaire terrien (Walter Huston).1954: Johnny Guitar, de Nicholas Ray.La cabale implacable d\u2019une rancheuse (Mercedes McCam- bridge) contre une propriétaire de saloon (Joan Crawford).1994: Instinct de vengeance (The Quick and the Dead), de Sam Raimi.La vengeance d\u2019un as de la gâchette (Sharon Stone) contre un riche brigand (Gene Hackman) à l\u2019occasion d\u2019un concours de duels.2011 : La dernière piste (Meek\u2019s Cutoff), de Kelly Reichardt.Le voyage éprouvant de trois familles chrétiennes à travers le Midwest tel que perçu par une jeune femme indépendante d\u2019esprit (Michelle Williams).2014: Le chariot des damnés (The Homesman), de Tommy Lee Jones.Le périple d\u2019une célibataire endurcie (Hilary Swank) qui emmène trois femmes reniées par leurs maris du Nebraska jusqu\u2019en Iowa.Le western au petit écran 1952-1970 Death Valley Days, ou une suite d\u2019histoires campées dans la vallée de la Mort.1955-1975 Gunsmoke, ou comment le marshall Matt Dillon maintient la paix à Dodge City.1957-1962 Maverick, ou les aventures de deux frères, joueurs professionnels.1959-1965 Rawide, ou les pérégrinations de deux conducteurs de bétail, dont l\u2019un n\u2019est nul autre que Clint Eastwood.1959-1973 Bonanza, ou les péripéties d\u2019un rancher et de ses fils au fil des ans.1962-1971 The Virginian, ou les différentes générations qui se succèdent dans un ranch du Wyoming.1993-1998 Dr Quinn, Medicine Woman, ou le quotidien d\u2019une femme médecin dans l\u2019Ouest macho.2004-2006 Deadwood, ou les différentes facettes de la corruption dans une ville du Dakota du Sud.2011-2016 Hell on Wheels, ou la vengeance d\u2019un homme sur fond de construction de chemin de fer.2016-\u2026 Westworld, ou lorsque la fascination pour le Far West donne naissance à un parc d\u2019attractions robotisé grandeur nature.Alice Fletcher, la « rancheuse » imperturbable, a recueilli Roy Goode, fils d\u2019un hors-la-loi, auprès d\u2019elle. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e M u s i q u e 4 | ENTREVUE SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR On a trouvé trois quarts d\u2019heure, en début d\u2019après-midi, pendant la pause : Émile Proulx-Cloutier « vient de commencer » le tournage d\u2019une série pour la télévision, Demain les hommes, écrite par Guillaume Vigneault, réalisée par Yves Christian Fournier.« Ça se passe dans le milieu du hockey junior, il y a de très beaux personnages\u2026 » En même temps, il assure sa part de promo pour Nous sommes les autres, le premier long métrage de Jean-François Asselin, en salle depuis le 10 novembre.Ajoutons que la bande-annonce de La Bolduc, dévoilée ces jours-ci, n\u2019a pas manqué de faire son ef fet : à celui qui incarne « un beau personnage de salaud », nommément Édouard Bolduc, le mari de la turluteuse, les journalistes cinéma posent déjà des questions.Et le deuxième album studio de l\u2019auteur-compositeur-interprète là-de- dans ?C\u2019est l\u2019estomac d\u2019Émile qui en fait les frais : pas le temps de manger pendant la pause, surtout quand on est un volubile et qu\u2019on a très, très envie de parler des chansons de Marée haute.C\u2019est à se demander dans quel univers parallèle il l\u2019a créé, ce disque.« Tous les jours, tout le temps\u2026 » Une rime écrite pour deux répliques tournées ?« Quasiment.Les mots sont venus en marchant, en dormant, le calepin est toujours dans le sac, dans la poche, au chevet du lit.Le moindrement que j\u2019ai accès à un piano, je compose.Au TNM, je travaillais aux chansons de midi à six, et le soir, on jouait un Brecht.» Tout s\u2019explique ! A-t-il mentionné qu\u2019à travers ces passe-temps et gagne-pain, il a aussi une vraie vie de famille ?Non, parce que cela va de soi.L\u2019explication, la vraie, c\u2019est que le deuxième album était déjà en marche avant que le premier ne nous parvienne.« J\u2019ai toujours eu en tête la suite.Dans les spectacles de la première tournée, je faisais déjà Maman et Joey la nuit.» Pour y aller tout de go dans la métaphore aquatique et maritime, qui traverse l\u2019album, disons d\u2019Émile Proulx-Cloutier qu\u2019il est un capitaine au long cours.«Mes textes, ce sont des chantiers de longue haleine, ça peut prendre des mois, des années avant d\u2019avoir fini le bateau.» Il lui aura fallu une décennie \u2014 et l\u2019aval de tous les ayants droit \u2014 pour oser présenter son adaptation de Mommy, Daddy de Marc Gélinas et Gilles Richer : ça s\u2019intitule Maman, et c\u2019est encore le regard d\u2019un enfant sur la perte de la langue d\u2019origine, mais il s\u2019agit cette fois d\u2019un enfant innu.« Ô maman qui m\u2019a enl\u2019vé ma langue / Maman pourquoi tu peux pas me l\u2019apprendre?» « Tirage de joints » Défi de clarté, souci de beauté, impératif de pertinence, nécessité de percer les carapaces : Émile ne laisse pas une chanson dériver dans le courant de l\u2019inspiration.« Le premier jet peut exister, mais les images sont vides si on ne les ancre pas.Le plus dur, c\u2019est de construire le chemin pour que l\u2019arrivée à l\u2019image soit signifiante, ou émotive.C\u2019est le travail de \u201ctirage de joints\u201d qui est long, pour que les joints paraissent pas.» Audace et modulations dans les arrangements de Guido Del Fabbro, textes fignolés, l\u2019ensemble est solide, voilure et coque.Dès Petite valise, le premier titre de Marée haute, tout semble couler de source dans ce discours d\u2019amoureux qui doute : « J\u2019ai cinq cent trente-huit amis / Pas deux que j\u2019oserais appeler / À mon secours / Des milliers de mots dans tête / Pas deux qui donnent des ailes / À l\u2019amour».Quand je lui cite cet extrait, il lâche un petit rire de contentement.« Là, c\u2019est franc et net.J\u2019aime les mots, j\u2019ai le flot plus facile que le goutte à goutte.Alors, quand je parviens à servir un univers en étant très économe, je suis heureux.Quand j\u2019en réussis une courte, ça me donne la permission d\u2019en faire deux longues ! » En effet : Les murs et la mer, la chanson suivante, aligne tout un bataillon de mots : « Dans son grand bruit blanc ma belle province étanche / Cherche avidement sa voix sur les écrans du dimanche [\u2026] J\u2019ai soif sous l\u2019sourire cordialement vôtre / Ouais soif soif soif d\u2019une mémoire à marée haute ».Tout l\u2019album se décline ainsi, remous, tempêtes, tsunamis.Émile n\u2019a pas fait exprès, assure-t-il, c\u2019est après-coup, chansons juxtaposées, qu\u2019est apparue la thématique.« Le disque parle autant de ce qui peut nous submerger que de ce qui nous soulève\u2026 » De grosses vagues On peut comprendre positivement et négativement cette ligne particulièrement parlante : « Mon frère les murs gagnent jamais contre la mer ».Tout nous arrive par « déferlante », commente Émile.« Le pire et le meilleur : l\u2019incessant flot de nouvelles, les carnages partout dans le monde, les massifs mouvements de réfugiés, les dénonciations pour agressions sexuelles, c\u2019est des vagues, des grosses vagues\u2026 » Dans ces véritables chutes du Niagara de la société, il y a « une grande source d\u2019énergie potentielle pour changer nos manières de penser, d\u2019agir.Je sens une volonté de changement, je vois aussi tous les dangers de recul.» Dans Force océane, il parle aux femmes : « Comme une rivière qui déborde et qui arrache / Sors du sillon avant qu\u2019on te harnache [\u2026] On te vend Ces chansons que l\u2019on écrit quand tout déferle Marée haute, le nouvel album d\u2019Émile Proulx-Cloutier, se décline en remous, tempêtes et tsunamis Pour faire dans la métaphore aquatique et maritime, disons d\u2019Émile Proulx-Cloutier qu\u2019il est un capitaine au long cours.PEDRO RUIZ LE DEVOIR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 24 au 27 mai 2018 Théâtre Denise-Pelletier Réservez maintenant ! 4 représentations exceptionnelles 514 844 3822 1 866 984 3822 fta.ca Le festival règne du 23 mai au 7 juin 2018 Henri V + Henri VI + Richard III Après Tragédies romaines, Ivo van Hove revient avec une fulgurante épopée théâtrale.Du grand art.KINGS OF WAR SHAKESPEARE + IVO VAN HOVE AMSTERDAM sur le pouvoir (\u2026) Une vraie leçon \u2014 Le Monde of the Trump era \u201d \u2014 The New Yorker the 21st century \u201d \u2014 The Times des revues qui te disent de t\u2019aimer telle que t \u2019es / Avec deux cents pages d\u2019ados photoshoppées ».Émile ne voulait pas que « ça sonne comme un sermon », mais plutôt comme un encouragement.« On vit un déblocage important ces jours-ci, les choses bougent, mais ça ne veut pas dire que les femmes n\u2019auront plus de combat à mener.» Ça change la perspective, pour le créateur de chansons.S\u2019il y a encore des personnages dans les chansons d\u2019Émile Proulx-Cloutier, ils sont moins extraordinaires.« Pour moi, madame Alice avait huit pieds de haut, c\u2019étaient des gens plus grands que nature.Je me projette encore dans des vies dif férentes de la mienne, mais qui sont un peu plus à portée de main : le type un peu paumé qui revoit une ancienne flamme dans Les retrouvailles, l\u2019adolescent qui court jusqu\u2019au matin dans Joey la nuit, le père qui va mourir trop tôt dans [la bouleversante] Derniers mots\u2026 » Émile lui-même n\u2019est plus tout à fait le même.« J\u2019ai élargi ma palette en tant qu\u2019humain, je pense.Ma vie de père, ma vie de famille, ça me fait voir les gens autrement.» La chanson qui clôt l\u2019album s\u2019intitule Kid : « Nos kids qui regardent le monde / C\u2019t\u2019encore plus beau que le monde tout seul».Marée haute ?1/2 Émile Proulx-Cloutier, La Tribu Comédien qui chante, chanteur qui joue Dans la conversation, c\u2019est arrivé souvent: l\u2019auteur-compositeur Émile Proulx-Cloutier parlait au comédien, et vice versa.À propos de la mise en place: «Dans une chanson, le gros problème à résoudre, c\u2019est donner de l\u2019information sans en avoir l\u2019air.C\u2019est pareil en scénarisation.Tu veux pas que les gens plissent du front en se demandant de quoi ça parle, où on est : tu veux pas non plus que ton fil narratif soit un câble de paquebot\u2026» À propos des personnages: «Je vis un gros, gros changement depuis quatre ans.Les rôles qu\u2019on m\u2019offre ne sont plus les mêmes.Je joue des pères, des gens qui ont une morale douteuse.Et mon buffet d\u2019acteur étant devenu plus copieux et varié, je me suis permis en tant qu\u2019auteur-composi- teur d\u2019aller vers des portraits de gars que j\u2019aurais pu être, ou que j\u2019ai déjà été.» À propos du flashback : «Je me suis demandé avec Guido Del Fabbro comment faire un flashback dans une chanson, comme on fait au cinéma.On a trouvé.On a imaginé une fausse ancienne chanson, que l\u2019on entend deux fois dans Retrouvailles, comme si c\u2019était le souvenir commun des personnages, leur toune.On a fabriqué ça exactement comme un décor de cinéma.» L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e M u s i q u e 6 | ENTREVUE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR ensemble Les Boréades, animé par Francis Colpron, et Le Nouvel Opéra, codirigé par Suzie LeBlanc et Marie- Nathalie Lacoursière, s\u2019associent pour faire revivre, jeudi au Monu- ment-National, Nicandro e Fileno, un opéra pastoral de Paolo Lorenzani qui n\u2019a plus connu les honneurs de la scène depuis sa création, en 1681.Fait amusant à noter, la résurrection d\u2019un opéra pastoral représenté pour la dernière fois devant Louis XIV à Versailles en 1681 n\u2019aurait pas lieu, jeudi qui vient, si le Canada ne fêtait pas ses 150 ans en 2017.Le raccourci ne manque pas de sel ! Le feu vert pour le projet de l\u2019opéra pastoral Nicandro e Fileno a en effet été donné en mars dernier, lorsque l\u2019idée a été favorablement reçue parmi les 150 projets du programme Nouveau Chapitre du Conseil des ar ts du Canada dans le cadre des 150 ans de la Confédération.Bouchées triples Les neuf mois qui viennent de s\u2019écouler ont été la course artistique la plus folle de la carrière du directeur des Boréades : « Nous avions le contact avec tous les collaborateurs, mais tout était en attente, car nous ne pouvions pas leur dire : \u201cTravaillez, mais nous n\u2019aurons peut-être pas les sous\u201d », raconte Francis Colpron, interrogé par Le Devoir.Une fois reçue la réponse favorable, nous avons mis les bouchées triples, si j\u2019ose dire.Le projet était si enthousiasmant qu\u2019il a été facile de mobiliser les énergies et, comme tout le monde en comprenait les tenants et aboutissants, cela a donné quelque chose de faramineux en très peu de temps.» Et il y avait du travail : il s\u2019agissait de compléter la partition, d\u2019écrire des intermèdes théâtraux et de monter un spectacle en créant des décors, des costumes et en concevant des éclairages.Ajoutez à ces tâches celles de trouver les chanteurs disponibles et de louer une salle, et vous n\u2019en voudrez pas à Francis Colpron d\u2019utiliser l\u2019adjectif « faramineux».Comment, au fait, une partition du XVIIe siècle refait-elle sur face à Montréal ?« Elle était dans la collection de Suzie LeBlanc.C\u2019est un manuscrit identifié par Henry Prunières en 1922 à la collection musicale de la Bibliothèque nationale de France.Comme moi, Suzie collectionne ce genre de partitions.» Suzie LeBlanc a pu en obtenir copie il y a une vingtaine d\u2019années au moment où une édition de la partition était envisagée.«Quand j\u2019ai rencontré La course à l\u2019opéra Les Boréades et Le Nouvel Opéra ressuscitent Nicandro e Fileno, un opéra oublié depuis 1681 Les rendez-vous classiques du Devoir Le chef québécois Jacques La- combe dirige le Requiem de Verdi pour la 40e saison de l\u2019Orchestre symphonique de Trois-Rivières.À la salle J.-A.-Thompson de Trois- Rivières, le samedi 18 novembre à 20h.À l\u2019église des Saints-Anges de Montréal, le dimanche 19 novembre à 15h, à l\u2019invitation des Concerts Lachine.Première semaine du Festival Bach de Montréal : Variations Goldberg ce soir à 19h30 à la salle Bourgie, concert d\u2019orgue gratuit dimanche à 15h30 à l\u2019oratoire Saint-Joseph, l\u2019ensemble vocal belge Vox Lumi- nis lundi, le grand Masaaki Suzuki de retour à l\u2019OSM, mardi et jeudi, Mélodînes le midi à la Place des Arts et bien d\u2019autres événements.Du 17 novembre au 3 décembre.Dernier concert de Yannick Nézet- Séguin avant le départ pour la première tournée européenne de l\u2019Orchestre Métropolitain en présence de trois solistes: Marie-Nicole Lemieux, Alexandre Tharaud et Jean-Guihen Queyras.À la Maison symphonique de Montréal, le mercredi 22 novembre à 19 h 30.L\u2019 L\u2019opéra pastoral de Paolo Lorenzani fut créé devant le roi Louis XIV.HUGO B.LEFORT | 7 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 LE DEVOIR A DÉNICHÉ Le dernier CD de Kent Nagano Vous ne trouverez pas avant un bon bout de temps le dernier disque de Kent Nagano dans les bacs des disquaires.L\u2019accessibilité internationale permettra cependant à ses admirateurs d\u2019accéder aisément à cet enregistrement d\u2019Une vie de héros et de Mort et transfiguration de Richard Strauss, réalisé à Göteborg en février et juin 2016, publié par l\u2019éditeur munichois Farao.Ce CD fait suite à la parution, en 2016, d\u2019Une symphonie alpestre avec le même orchestre, enregistrement distingué par la critique allemande.Farao est certes distribué au Canada par Naxos.Mais ce titre, paru internationale- ment le 20 octobre, n\u2019est pas encore annoncé.Nagano y est très fidèle à sa vision implacable, lapidaire et rectiligne de Strauss, qui ne rajoute aucun pathos ou aucun «crémeux».La démarche, très objective, fonctionne par la beauté et saturation des timbres (Mort et transfiguration) et par l\u2019accumulation d\u2019énergie intrinsèque à la musique.C\u2019est du Richard Strauss pour ceux qui détestent le côté mielleux et narcissique de sa musique.Suzie il y a deux ans pour une association entre Les Boréades et Le Nouvel Opéra, raconte Francis Colpron, nous avons examiné ses manuscrits, et Nicandro e Fileno est nettement sorti du lot.» Zappa chez Louis XIV Nicandro e Fileno raconte l\u2019histoire de deux barbons cherchant une dernière ivresse de la chair en se proposant l\u2019un à l\u2019autre de marier leurs filles respectives : Filli à Fileno et Clori à Nicandro.Les jeunes filles refusent évidemment d\u2019obéir à leur père, car elles aiment toutes les deux Lidio.Ce dernier, hélas, chaud lapin, court après toutes les bergères.Nicandro e Fileno est donc un petit opéra pastoral, qui n\u2019a rien à voir avec les tragédies lyriques en cinq actes de Lully, mais qui, selon Francis Colpron, a permis de donner une crédibilité à Lorenzani à la cour du roi de France, au point de le faire percevoir par Lully comme un «compétiteur sérieux».« C\u2019est une par tition qui nous a laissés pantois parce qu\u2019elle est très belle.Mais elle est incomplète, car, à l \u2019origine, Louis XIV a assisté à une représentation lors de laquelle étaient présentés des intermèdes théâtraux avec des comédiens français et italiens.» Partition lacunaire, donc.Les parties à reconstituer sont ces intermèdes théâtraux (et leurs musiques d\u2019accompagnement), l\u2019ouverture et les musiques entre les actes.« J\u2019ai complété avec des extraits d\u2019Amadis de Lully, contemporain et approprié.Comme les intermèdes théâtraux sont traités de façon contemporaine, j\u2019ai mis du Frank Zappa », explique le musicien, qui n\u2019a pas voulu traiter le sujet «avec perruques et poudrière ».Il est vrai que l\u2019argument s\u2019y prête : «Deux pères qui veulent marier leurs filles respectives et ces dernières qui se rebiffent\u2026 Avec l\u2019actualité contemporaine, on n\u2019a pas eu à se forcer !» Pour la par tie théâtrale, Francis Colpron a contacté Joël da Silva, auteur, acteur et metteur en scène, qui a concocté un prologue et deux intermèdes ancrés dans notre réalité.C\u2019est pour cela que l\u2019on voit Francis Col- pron et Marie-Nathalie Lacoursière faire usage d\u2019herbes médicinales en inhalation sur l\u2019affiche : Colpron personnifie le duc de Nevers, qui cherche l\u2019inspiration auprès de sa muse et se met, malgré lui, à écrire le livret d\u2019un opéra : Nicandro e Fileno.Les choix artistiques de la troupe ont été entérinés en septembre à la Maison de la culture Frontenac lors d\u2019une résidence de cinq jours : «Nous avions la réaction du public, qui a confirmé beaucoup de choses.Ils ont beaucoup ri ! » La prochaine bataille sera celle de l\u2019enregistrement ATMA, qui nécessite une campagne de sociofinancement : « Nouveau Chapitre nous a accordé 80% du montant demandé.Les budgets étant très fidèles à la réalité, les 20% liés à l\u2019enregistrement nous manquent.Une campagne, accessible par le site des Boréades, visant à recueillir 15 000 $, est donc en cours.» Cette campagne se poursuivant jusqu\u2019à la fin du mois, il sera même possible de juger sur pièces jeudi avant d\u2019y souscrire.Nicandro e Fileno Opéra pastoral de Paolo Lorenzani (1681).Avec Pascale Beaudin et Suzie LeBlanc (sopranos), Nils Brown et Philippe Gagné (ténors), Dominic Côté et Jean-Marc Salzmann (barytons), Stéphanie Brochard, Dominic Côté, Marie-Nathalie Lacoursière et Jean-Marc Salzmann (acteurs).Les Boréades, direction : Francis Colpron.Mise en scène: Marie-Nathalie Lacoursière.Au Monument-National, le jeudi 23 novembre à 19h30.Deux pères qui veulent marier leurs filles respectives et ces dernières qui se rebiffent.Avec l\u2019actualité contemporaine, on n\u2019a pas eu à se forcer ! FRANCIS COLPRON » Silence, on rit ! À un dîner cette semaine, une amie de retour de l\u2019étranger après presque 30 ans d\u2019exil me lance, déconcertée : «Ça semble tellement important, l\u2019humour à Montréal\u2026 » Tu parles ! Elle n\u2019avait pas vu la vague monter.Privée des anticorps sécrétés par l\u2019habitude, le phénomène devait lui paraître un tsunami.Il m\u2019a toujours semblé que l\u2019empire du rire avait fleuri sur la tombe du «Oui» dans le Québec post-référen- daire de 1980.Moment charnière s\u2019il en fut de notre histoire récente.Il doit exister d\u2019autres explications à notre envie irrépressible de se bidonner.Chose certaine, ça vaut la peine de chercher des réponses à la question que Bernard Pivot demanda un jour aux Québécois sur le plateau de TLMP: «Pourquoi ne vous prenez-vous pas au sérieux?» À vue de nez, le flot hilare paraît assez récent.Rappelons que les intellectuels avaient été aux premières loges de la Révolution tranquille, auprès des artistes engagés et des forces progressistes.Ils poussaient la roue d\u2019une société éclairée, moderne, décolonisée et ouverte, sans y trouver matière à gros rire.Dans le gouvernement du Parti québécois au pouvoir en 1976, plusieurs professeurs d\u2019université côtoyaient les médecins et les économistes.Pour de nombreux jeunes francophones idéalistes, dont maints créateurs, l\u2019indépendance semblait la voie royale vers la lumière.Puis crac ! Un passage à vide.Comme si l\u2019envie collective de se surpasser avait soudain pris du plomb dans l\u2019aile.Plus moyen d\u2019ignorer les fractures sociales.Lévesque eut beau promettre : «À la prochaine fois ! », un élan s\u2019était rompu.Le Québec inc.voulait se geler dur.Le rire possède cette faculté remarquable de permettre à quelqu\u2019un \u2014 ça vaut pour un peuple \u2014 de se dédouaner de ses faiblesses.Suffit de lancer des «Ah! Ah! On est comme on est», pour passer l\u2019éponge.Nul besoin de se remettre en question, de viser les sommets en prônant quelque effort (ça en prend toujours).Les intellos devinrent un sujet de rigolade, écartés des débats en tant qu\u2019empêcheurs de s\u2019esclaffer en rond.Les monologues à portée sociale, chers à Yvon Deschamps, perdaient grosso modo la cote au profit de gags plus légers, en bas de la ceinture ou pas.Plusieurs artistes se sont convertis en humoristes.Silence, on rit! De La Grande Virée à la grande risée Gilbert Rozon avait fondé à Lachute en 1980 le festival La Grande Virée sur plusieurs formes artistiques au menu, qui se sera cassé les reins à sa troisième édition transplantée à Pointe-aux-Trembles.Il révélait plus tard ne pas avoir éprouvé au départ un goût particulier pour l\u2019humour.Sauf que ce grain-là a mieux germé que les autres après ses semailles.En 1983, il mettait au monde le Festival Juste pour rire, appelé à se transformer en empire de spectacles sur scène et à la télé, avec formation, tentacules et envol planétaire.N\u2019empêche! C\u2019est au Québec que l\u2019humour aura trouvé son grand terreau fertile.Or donc, le manitou a perdu son empire sur allégations d\u2019assauts sexuels.Deux festivals du rire se positionnent en aval de cette crise ; schisme risquant d\u2019appauvrir Juste pour rire (à vendre) et la nouvelle créature créée par des humoristes sortis de son giron.J\u2019entends comparer la situation à celle que connut le milieu du cinéma de Montréal en 2005 lors de la catastrophe des deux festivals en tête à queue.Mais la donne était différente.Les institutions avaient décidé de ne plus financer le Festival des films du monde, qui perdait déjà du terrain par rapport à Toronto.Un nouveau venu chercha à le supplanter, mais le FFM était demeuré sur pied, autofinancé par Serge Losique (encore au poste) et tout a foiré.L\u2019exercice prouvait du moins qu\u2019il n\u2019y a pas de place pour deux gros rendez-vous à vocation identique.Cette fois, quand même, Toronto risque d\u2019avaler des segments de l\u2019ancien empire Rozon, hier encore fleuron québécois.De plus, il est question de fonds publics octroyés aux deux festivals.La nouvelle coalition du Festival du rire apporte une fraîcheur, des visées structurelles collectivistes, l\u2019envie de renouveler la machine à gags.Juste pour rire conserve de son côté le poids de ses expertises.Quoi qu\u2019il arrive, à l\u2019heure des reconstructions, espérons que la formule des dissidents saura inspirer ou imposer des modèles inédits.Cette immense industrie (quoique ébranlée par le scandale) se révèle surreprésentée dans l\u2019arène culturelle et écrase des disciplines dont le Québec a besoin pour grandir.L\u2019humour, vraie soupape, aurait intérêt à mieux s\u2019allier aux autres formes artistiques et à prendre de la hauteur pour tracer ses voies d\u2019avenir.Les jokes de mononcles sexistes, xénophobes, méprisantes passent mal désormais, n\u2019en déplaise à leurs champions d\u2019arrière-garde.Les hiérarchies lourdes ont opprimé les humoristes sous l\u2019ancien régime.Une crise sert à secouer les pruniers dans une société transformée, aux défis planétaires autant qu\u2019identitaires.Si bien qu\u2019en ce nouveau moment charnière, on se souhaite d\u2019apprendre à rire autrement, s\u2019il faut rire à tout prix.Odile Tremblay Chronique L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e M u s i q u e 8 | JAZZ Our Point of View ?Blue Note All-Stars, Blue Note Son passage au Festival de jazz de Montréal en 2016 avait vendu la mèche : le supergroupe mis sur pied pour célébrer les 75 ans de la légendaire maison de disques Blue Note est réellement\u2026 un super- groupe.L\u2019album double qu\u2019il vient de lancer expose brillamment et avec une sacrée dose de vitalité l\u2019intérêt de cette formation rare.À l\u2019af fiche : Robert Glasper aux claviers et à la réalisation, Ambrose Akinmusire (trompette), Lionel Loueke (guitare), Derrick Hodge (basse et contrebasse), Kendrick Scott (batterie) et Marcus Strickland (sax ténor).Six leaders, et pas les moins connus.Mais, surtout, six musiciens ici au service d\u2019un jeu collectif unifié et d\u2019une idée maîtresse : celle voulant qu\u2019une solide dose de jazz contemporain hybride et de grooves porteurs représente la meilleure manière de célébrer l\u2019héritage de la plus grande étiquette de jazz.À travers un répertoire moderne et des clins d\u2019œil à Shorter et à Hancock : que du bon, et du vivifiant.Guillaume Bourgault-Côté CLASSIQUE L\u2019offrande musicale ?1/2 Œuvre de Jean-Sébastien Bach.Bach-Collegium Japan, Masaaki Suzuki.BIS-SACD 2151.Le claveciniste, organiste, chef de chœur et d\u2019orchestre Masaaki Suzuki était l\u2019invité de l\u2019OSM pour un concert du Festival Bach cette semaine.Révélé aux mélomanes par Bis, Suzuki y a notamment enregistré toutes les cantates.Il arrive là au nectar, ce qui, avec L\u2019art de la fugue, reste quand on a tout décanté.L\u2019instrumentation de ce bréviaire du contrepoint n\u2019étant pas précisée, L\u2019offrande musicale existe dans différentes réalisations, y compris orchestrales.Suzuki œuvre dans la décantation, l\u2019ascèse.Les deux Ricercar sont joués au clavecin seul, les Canons sont épurés, comme un postulat théologique instrumental tendu par Bach à la face de Frédéric II de Prusse, le souverain ne trouvant refuge «aimable » que dans la Sonate en trio.Un nouvel agencement des séquences renforce la rigueur générale, rehaussée par l\u2019ajout des 14 Canons BWV 1087, sur les huit premières notes fondamentales de l\u2019aria des Goldberg.Fascinant, mais costaud ! Christophe Huss COMPILATION The Singles ?The Doors (disque double), Rhino, Elektra Curieusement, cette compilation trouvera surtout ses clients chez ceux qui ont déjà la totale Doors : les vinyles, le coffret de quatre disques, les rééditions, etc.Le fan, quoi.Moi qui me croyais peinard avec ma collection, je constate ceci : il me manquait ces mixages majoritairement mono, destinés aux 45-tours du groupe de Jimbo le roi lézard.J\u2019en ai la mâchoire ballante : Touch Me, c\u2019est massivement efficace en mono.Le saxo, les cordes, la batterie, rapprochés comme les jointures d\u2019un poing américain, ça fait mal.Pareil pour Light my Fire (la version courte, plus brutale), Wishful Sinful et les autres : dans ces mixages de Bruce Botnick, il y a comme qui dirait\u2026 un surcroît d\u2019arrogance.On se passerait des 45-tours d\u2019après la mort de Morrison : The Mosquito est sympa, mais le claviériste Ray Man- zarek n\u2019était vraiment pas un chanteur.Faites-vous offrir pour Noël le coffret des 45-tours réédités, avec les chouettes pochettes.Et organisez une orgie romaine.Sylvain Cormier EXPÉRIMENTAL All Together Again ?1/2 Peter Broderick, Erased Tapes En dix ans de carrière, le multi-ins- trumentiste américain Peter Brode- rick a produit certes des albums, mais aussi du matériel un peu incongru, qui reste en partie inédit.C\u2019est ce que rassemble All Together Again, un long collage (67 minutes) de compositions pour un mariage, un anniversaire, un film, un défilé de mode\u2026 Si la proposition peut sembler éclectique, il n\u2019en est rien.Il y a chez Peter Broderick, quoi qu\u2019il fasse, une chaleur et une résonance qui trouvent chaque fois l\u2019essence de ce qu\u2019il cherche à exprimer.Avec 17 minutes au compteur, sa promenade en transbordeur à Istanbul (A Ride on the Bosphorus) est l\u2019une des plus expressives, un bijou méditatif fait d\u2019une superposition de couches liquides et venteuses où chante parfois un accordéon.Piano, violons, effets, guitare sont tous vivants, très proches de l\u2019oreille, et tous joués par Broderick lui-même.« It\u2019s really about listening with more than just the ears », énonce-t-il sur la très belle Unsung Heroes.C\u2019est précisément cela.Geneviève Tremblay CLASSIQUE Juan Diego Florez ?Airs de Mozart.Orchestra La Scintilla, Riccardo Minasi.Sony Classical 88985430862.Florez-Mozart ?Il est permis de tomber en bas de sa chaise ! Avec ce premier récital Sony, le ténor tourne le dos à Decca, qui a tout documenté d\u2019une carrière consacrée à Rossini et au répertoire français.Mozart bénéficie de sa voix d\u2019une santé insolente, qui écrase un Villazón se dépêtrant avec son reste de moyens dans les intégrales DG de Yannick Nézet-Séguin.Mais s\u2019il y a là franchise et mâle assurance, « mes » mo- zartiens ont plutôt la grâce de Der- mota, Réti, Van der Walt, Gedda et Simoneau.Leur onctuosité de timbre n\u2019est pas celle de Florez, qui triomphe plutôt dans Fuor dal mar (Idomeneo), Se all\u2019impero (La Cle- menza) et Si spande al sole in faccia (Il re pastore).De Rossini, Florez, qui dans deux airs se bat contre la langue allemande, importe une ornementation chargée (Don Giovanni, Così fan Tutte).J\u2019ai vu des confrères « capoter » sur ce CD, que je considère plutôt comme une curiosité exotique que comme une révélation.Christophe Huss PSYCH-FOLK Apollo ?1/2 Les Chercheurs d\u2019or, Indépendant C\u2019est peut-être la référence au programme Apollo qui fait ça : j\u2019imagine cette sorte de folk jouée sur la Lune, et des astronautes qui rebondissent très haut en tapant dans leurs gants.Du banjo en apesanteur, des mélodies caressantes et planantes : quelque chose de très terrien et de très lunaire en même temps.Ce troisième album du groupe d\u2019Isabeau Valois, François Gagnon et compagnie assume et intègre ses références, multiples et riches, au confluent exploratoire des années 1960 et 1970.Oui, il y a de l\u2019Osstidcho dans Quand tu penses à ça.Oui, Grace Slick et son Jefferson Airplane résonnent dans le ton ferme d\u2019Isa- beau et le riff de garage d\u2019Éléphant blanc.Oui, c\u2019est l\u2019élégance folk du Fairport Convention que l\u2019on reconnaît dans Visage (pensez Sandy Denny).C\u2019est l\u2019approche des Chercheurs d\u2019or : il s\u2019agit moins pour ces prospecteurs de l\u2019espace de découvrir des mondes que de creuser plus profond dans les mines à travers la galaxie musique.Un splendide voyage.Sylvain Cormier CLASSIQUE MODERNE Ubiquité ?1/2 Martin Lizotte, Duprince C\u2019est dans les détails que le compositeur et pianiste Martin Lizotte se distingue de ses collègues évoluant aussi dans le monde du «modern classical».Le clic du métronome qui bat la mesure de la toute simple Phare ailé en fin d\u2019album.L\u2019étonnante structure rythmique virant au house, tout acoustique, de la chanson-titre.Dans le détail de la réalisation aussi, signée Mathieu Dézy \u2014 le même que sur Pianolitudes, paru en 2014 \u2014, qui accompagne ingénieusement à la contrebasse (efficace contre-point mélodique sur la rêvasseuse Corne de brume) tout en donnant profondeur et caractère à l\u2019ensemble, on pense au piano submergé du début de la charmante, mais redondante, Maelström.Ce projet est véritablement un duo, nourri par le travail de Dézy, alors que sur le plan de la composition, Lizotte joue à nouveau de l\u2019effet de surprise avec ses structures qui partent en vrille et son sens mélodique aiguisé.Supérieur à son premier album, Ubiquité renferme de réjouissants moments, mais ceux où s\u2019alignent les arpèges et certains maniérismes apparents dans le jeu paraîtront plus fades.Philippe Renaud ROCK Introduction to Escape-ism ?1/2 Escape-ism, Merge Vétéran de la scène punk rock de Washington D.C., Ian Svenonius, alias Escape-ism, a pris part à d\u2019innombrables groupes et en a fondé d\u2019autres (Nation of Ulysses, Chain and the Gang, Make-Up, et plusieurs encore), mais il n\u2019avait jamais, jusqu\u2019ici, fait paraître d\u2019album piloté par lui tout seul.Aidé d\u2019un drum-machine, Svenonius ébauche un manifeste de constructivisme musical, plus carré et dépouillé que ses anciens projets \u2014 l\u2019album propose d\u2019ailleurs une reprise bien nu- mérisante de Rome Wasn\u2019t Burnt in a Day, de Chain and the Gang.Seul, le voici incantateur d\u2019un post-punk minimaliste, fortement évocateur des spectres de Suicide ou d\u2019un indolent Jonathan Richman.Son personnage, des plus coloré et prolifère, suffit à captiver, mais l\u2019album souffre de quelques longueurs.Évidemment, la thématique « guerre froide » qu\u2019il adopte requiert une certaine rigidité.On pardonne toutefois facilement à ceux qui savent assumer leur concept (lire : folie) jusqu\u2019au bout.Sophie Chartier | 9 C u l t u r e M p o u r M o n t r é a l L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 LES ENIVRÉS D\u2019IVAN VIRIPAEV 21 NOV.?16 DÉC.THÉÂTRE PROSPERO LE GROUPE DE LA VEILLÉE D I S T R I B U T I O N D \u2019 E X C E P T I O N Partenaire de saison et de production +1 514 526-6582 theatreprospero.com ENTREVUE PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR On pourrait considérer Bad Nylon comme la réponse féminine à Alaclair Ensemble, Dead Obies et Loud x Lary x Ajust.Ou comme des passionnées de hip-hop osant monter sur scène, en groupe, pour se tailler une place sur la scène rap québécoise francophone.« Je ne veux pas être considérée comme un modèle, mais si j\u2019en deviens un, tant mieux, lance Kayiri.Moi-même, si j\u2019avais vu plus de rappeuses sur scène, j\u2019en serais probablement devenue une plus tôt.» DJ Audrey Bélanger rapplique : «Ça nous est arrivé après un concert qu\u2019une ado, même une fille de 18 ans, vienne nous voir pour nous dire qu\u2019on lui a donné envie de faire du rap.Si y en a seulement une qui le fait, juste une, pour moi, c\u2019est mission accomplie.» On pourrait aussi considérer les quatre musiciennes de Bad Nylon comme des pionnières, puisque, sauf oubli, un groupe de rap 100% féminin, ça ne s\u2019est jamais vu ici, et rarement aux États-Unis.«Et les filles de Salt-N- Pepa ne produisaient même pas leurs propres beats, ce qu\u2019on fait », note la compositrice, productrice et MC Ma- rie-Gold.Or, elles préféreraient qu\u2019on ne les considère que pour la qualité de leur travail.Lequel, à en juger par leurs récentes chansons, a spectaculairement gagné en finesse et en maturité.Après deux EP d\u2019apprentissage, Musique de brunch et Le deuxième set, parus en 2015, Bad Nylon a appris ses leçons, ça saute aux oreilles.Ça sautera aux vôtres ce samedi soir, alors que le quartet est invité à performer à l\u2019affiche de M pour Montréal.Pour mémoire Retournons cinq ans plus tôt.Marie- Gold, la seule membre originale du groupe original toujours active, attrape la fièvre du rap : «C\u2019est l\u2019énergie du rap qui m\u2019attirait.Il y a cinq ans émergeait vraiment un autre rap québécois, dans la foulée du mouvement piu piu», plateforme de décollage des compositeurs-DJ-producteurs qui font aujourd\u2019hui les manchettes.À force de côtoyer la scène et d\u2019assister aux concerts, elle décide de plonger.« Je me suis dit : tant qu\u2019à vouloir rapper, autant le faire sur mes propres beats.J\u2019aime vraiment ça, la production.» Kayiri s\u2019est jointe au groupe en tant qu\u2019accompagnatrice.« Je connaissais une autre fille du groupe original, j\u2019ai ensuite rencontré Marie-Gold qui cherchait des instrumentistes pour jouer sur l\u2019album.» Kayiri a eu un violon dans les mains durant la majorité de son existence.Études au Conservatoire, en classique et en jazz, «mais j\u2019ai toujours écouté du hip-hop, je tripais sur le rap d\u2019ici.Un jour, j\u2019ai vu Alaclair en concert et me suis dit : OK, moi aussi je serais capable de faire ça.» DJ Audrey Bélanger est arrivée plus tard parce que le groupe cherchait une DJ pour les accompagner en concert.Autour de la table ne manque que MC Zoz, retenue en Europe.«La difficulté d\u2019être une femme dans le rap, avance Marie-Gold, c\u2019est qu\u2019il y en a tellement peu que si tu veux monter un groupe, il faut composer avec l\u2019horaire de celles qui peuvent et que toutes aient les mêmes objectifs.Zoz se consacre beaucoup à sa carrière d\u2019actrice, faut qu\u2019on s\u2019arrange avec ça\u2026» Marie-Gold est pour ainsi dire prudente.La difficulté d\u2019être une femme dans le rap est une question logistique, vraiment?Elles ne veulent pas mettre l\u2019accent là-dessus, ça se sent.La scène est peut-être un boys\u2019 club, mais la musique n\u2019est pas «genrée».«Qu\u2019est-ce que les femmes peuvent apporter dans le rap, au juste ?se demande Marie- Gold.Femme ou homme, ce sont les individus qui enrichissent la musique, comme artiste.» Accueil hostile Quand même, avouent-elles, les premiers pas de Bad Nylon ont été accueillis avec une hostilité certaine.Ma- rie-Gold: «Au début, ça a créé pas mal d\u2019émoi sur la scène.Dans des milieux très \u201crap queb\u201d, c\u2019est sûr que ça a fait parler et qu\u2019on a reçu pas mal de commentaires\u2026 violents.» Kayiri : « Les haters, c\u2019est sûr qu\u2019il y en avait.Là, je pense que ça se calme, parce que ça fait un moment qu\u2019on est sur la scène.L\u2019important, c\u2019est de continuer.» La preuve est tombée en juillet dernier.La chanson Girl Gang d\u2019abord, chanson au groove insidieux et enfumé, touches de cuivres et synthé G-funk qui rampent derrière les voix, chœurs aux couleurs gospels, les trois MC qui rappent en même temps.Deux jours plus tard arrivait Rappa, son atmosphère nocturne totalement différente, en phase avec le son trap planant du moment \u2014 la meilleure composition instrumentale de Marie-Gold à ce jour \u2014, avec les MC qui s\u2019illustrent à tour de rôle tout en faisant un clin d\u2019œil à l\u2019une des meilleures rappeuses de l\u2019histoire de la scène, Missy Elliott.Le clip hyper- léché, signé par la réalisatrice Caraz, montre quatre musiciennes en puissance et en contrôle.« Ce qui se dégage de nos shows, c\u2019est l\u2019idée d\u2019empowerment.C\u2019est notre énergie, nous qui nous approprions la scène.» On pourrait parler de Bad Nylon parce qu\u2019un groupe de rap féminin au Québec, c\u2019est quasiment inouï.Ou, plus simplement, parce que Rappa est une sacrée bonne chanson.Elle en annonce de meilleures \u2014 les musiciennes sont présentement en studio pour finir d\u2019enregistrer leur troisième EP, alors que Marie-Gold et Kayiri complotent déjà leurs projets solos.Bad Nylon Avec Le Couleur et Lydia Képinski, à l\u2019Escogriffe ce samedi à 16h15.Rimes féminines Le quartet Bad Nylon s\u2019affirme avec assurance grâce à sa chanson Rappa Les quatre musiciennes de Bad Nylon sont des pionnières du rap québécois.ALEXIS BELHUMEUR-COUPAL Les haters, c\u2019est sûr qu\u2019il y en avait.Là, je pense que ça se calme parce que ça fait un moment qu\u2019on est sur la scène.KAYIRI » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e Ja z z 1 0 | SERGE TRUFFAUT COLLABORATEUR LE DEVOIR uel drôle de parcours que celui poursuivi par le pianiste Marc Copland depuis maintenant une quarantaine d\u2019années.Entre autres singularités, il est passé du coq à l\u2019âne.Oui, oui, oui : il était saxophoniste.Il s\u2019était taillé une réputation, pas celle de Brassens, pas la mauvaise, mais bien celle qui se conjugue avec excellente.Et à New York, s\u2019il vous plaît.Bref, il jouait avec tout le monde.Puis, hop ! Un beau matin, ce francophile frustré par les limites harmoniques inhérentes à son instrument a décidé de mettre ce dernier en jachère.De l\u2019abandonner.En fait, il a tout plaqué : le saxo et New York.Dans quel but ?Maîtriser le piano dans ses moindres subtilités.Dix ans durant, il a vécu une vie monastique dans les environs de Baltimore à manipuler les ivoires et les noires.C\u2019était dans les années 1970.Voilà que, depuis peu, il se confirme, comme si besoin était, qu\u2019il est un pianiste singulier.Autrement dit, il est devenu un grand pianiste.Dans la lignée, stylistique s\u2019entend, de Paul Bley plus que de Bill Evans.Pardon ?Il est lyrique sans les effets qui enjolivent, qui racolent.Coup sur coup, Copland vient de publier deux albums avec la maison de disques qu\u2019il a fondée, soit InnerVoice Jazz.Si l \u2019on a bien saisi les méandres contractuels, il n\u2019est plus lié à l\u2019étiquette allemande Pirouet.Ce qui, financièrement, est une bonne nouvelle, car la politique des prix des CD de Pirouet se confond souvent avec le grotesque.Passons.Les deux disques sont les suivants : Better By Far en quar tet et Nightfall en solo.Le premier a été réalisé en compagnie de Joey Baron à la batterie, Ralph Alessi à la trompette et le fidèle Drew Gress à la contrebasse.Le deuxième ?Il a été produit en France.Chez l\u2019un comme chez l\u2019autre, les compositions originales dominent le programme.De Better By Far, soit l\u2019album en quartet, on a retenu le dynamisme de l\u2019exécution de cer taines pièces qui suit la retenue de l\u2019exécution de certains morceaux.En un mot, Copland et ses complices proposent un éventail riche en palettes sonores.Beaucoup plus riche en tout cas que le Tangents publié i l y a peu par ECM sous le nom du contrebassiste Gary Peacock.De Nightfall, soit le solo, on a noté qu\u2019il se distingue de bien des albums qui proposent une architecture musicale identique par l\u2019incroyable densité avec laquelle Copland décline, détaille ses pièces comme celles écrites par Marc Copland, le pianiste des profondeurs Deux albums bourrés de compositions originales viennent confirmer sa singularité Q Dix ans durant, il a vécu une vie monastique dans les environs de Baltimore à manipuler les ivoires et les noires.C\u2019était dans les années 1970.Deux disques de Copland publiés avec sa propre maison de disque, soit InnerVoice Jazz, Better By Far et Nightfall | 1 1 C u l t u r e Jaz z L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 À VOIR Stéphane Wrembel est en ville Ce samedi soir, l\u2019Upstairs propose une affiche\u2026 joyeuse ! En effet, le guitariste français Stéphane Wrembel occupera la scène en compagnie d\u2019un autre guitariste, un contrebassiste et un percussionniste.Wrembel, faut le savoir et le retenir, est un héritier stylistique de Django Reinhardt.Il est un maître du jazz manouche.C\u2019est à lui, entre autres faits d\u2019armes, que Woody Allen avait confié la composition du thème de son film Midnight in Paris.Comme dirait le fou chantant, y a de la joie dans l\u2019air.Premier spectacle à 19h, et le deuxième à 21h45.les guitaristes Ralph Towner et John Abercrombie, ainsi que par les contrebassistes Peacock et Scott LaFaro.Plus concentré, plus concis, plus compact que Nightfall est impossible.En clair, Copland est un grand parmi les grands du piano d\u2019hier comme d\u2019aujourd\u2019hui.Le 29 octobre dernier, le pianiste et militant Muhal Richard Abrams est mor t.Il avait 87 ans.Il fut notamment le cofondateur de l\u2019AACM de Chicago.Blue Note lance un nouveau produit à tirage limité : 1500 exemplaires à 200 $US.Il s\u2019agit d\u2019un coffret proposant des pièces enregistrées par les artistes actuellement sous contrat et qui ne seront jamais vendues sous la forme d\u2019un CD traditionnel ou en dif fusion continue.À cela s\u2019ajoute un album inédit du trompettiste Blue Mitchell et qui date des années 1960.Ce premier cof fret s\u2019intitule : Peace, Love & Fishing.Le fameux conservatoire Berklee College of Music a décerné un doctorat honoris causa au guitariste Bill Frisell.Ce dernier est également le sujet d\u2019un documentaire réalisé par Emma Franz et qui vient de paraître.Le titre ?Bill Frisell: A Portrait.Marc Copland confirme, comme si besoin était, qu\u2019il est un pianiste singulier.FRANCESCO PRANDONI JASON KEMPIN AGENCE FRANCE-PRESSE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e T h é ât r e 1 2 | ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR uoi de plus naturel que de rencontrer Paul Ahmarani au théâtre Prospero ?Le comédien y a multiplié les engagements dans la dernière décennie, grâce notamment à sa collaboration avec le metteur en scène Gregor y Hlady.« Le Prospero a été une maison pour moi, une ancre, au cours de ces années, dit l\u2019acteur.Je trouve que c\u2019est un lieu qui va bien avec mes intérêts, où les pièces flir tent toujours un peu avec l\u2019étrange, nous amènent ailleurs.» Pour résumer, l\u2019intense et expressif interprète y retrouve des « approches qui transcendent le réalisme ».Sans du tout dénigrer les directions passées, il loue l\u2019évolution qu\u2019a connue le théâtre de la rue Ontario durant cette période.« Carmen [Jo- lin, la directrice] est en train d\u2019en faire un vivier de jeunes metteurs en scène, un endroit où on peut découvrir non seulement des textes, mais de jeunes talents.» C\u2019est en tout cas là que les Mont- réalais ont eu la révélation du dramaturge russe quadragénaire Ivan Viripaev, monté pour la troisième fois depuis Oxygène en 2013.« C\u2019est une écriture originale.Il n\u2019y a rien qui ressemble à un Viripaev.Et il y a quelque chose de profondément philosophique dans son écriture.» Avec Les enivrés, une œuvre bien dif fé- rente, Paul Ahmarani retrouve le metteur en scène Florent Siaud, qui l\u2019avait dirigé dans Illusions il y a deux ans.Perte de sens In vino veritas : les 14 personnages de cette série de tableaux qui s\u2019entrecroisent durant une nuit sont dans un état d\u2019altération tel qu\u2019ils sont traversés par des révélations fondamentales.À travers cette extase alcoolisée, la pièce créée il y a à peine quelques années à Moscou traite de spiritualité.« C\u2019est un questionnement sur la transcendance, sur notre accession au sens, à plus grand que nous, dans une société ultra-individualiste.» L\u2019acteur qui, coïncidence, a beaucoup joué les auteurs russes, de Boulgakov à Dostoïevski, et qui sera aussi de L\u2019idiot au TNM en mars prochain, rappelle que l\u2019ancien pays des tsars et du communisme est passé d\u2019idéologies totalitaristes où l\u2019individu n\u2019avait pas d\u2019importance en soi au « capitalisme sauvage ».D\u2019où l\u2019interrogation de Viripaev devant la perte de sens.« Où sont nos racines ?Que suis-je face à l\u2019univers ?Est-ce que l\u2019individu est assez ?N\u2019est-ce pas plutôt le fait de s\u2019inscrire dans une continuité, de se sentir un maillon parmi d\u2019autres, dans une immense chaîne qui n\u2019a ni début ni fin, qui aide paradoxalement à trouver la liberté ?» Ahmarani campe deux de ces enivrés.Ainsi, un banquier reçoit l\u2019illumination qu\u2019on est « tous des particules dans une espèce de grand bain cosmique », avant d\u2019être chamboulé par une inconnue.« Il a la révélation que, sans l\u2019amour, ne serait-ce qu\u2019à travers une rencontre de cinq minutes, sans cette chose plus for te que nous et, d\u2019une certaine façon, inexplicable, on ne vit pas véritablement.C\u2019est par la connexion, avec le spirituel ou avec une autre personne, qu\u2019on trouve véritablement le sens de la vie.» Le comédien voit des considérations presque scientifiques, à la Huber t Reeves, dans cette soudaine conscience d\u2019être « des poussières d\u2019étoiles ».« L\u2019histoire de l\u2019être humain est négligeable au sein de l\u2019univers.On est une organisation parmi d\u2019autres dans ce grand mystère.» Afin d\u2019éviter le « prêchi-prêcha », Viripaev véhicule ces pensées par l\u2019humour, à travers les discours parfois délirants d\u2019êtres complètement éméchés.Et c\u2019est de faire vivre à la fois la profondeur philosophique et le caractère comique, burlesque du texte qui constitue « tout un défi ».Il ne faut pas s\u2019attendre pour autant à voir les personnages tituber à la manière d\u2019ivrognes.« On n\u2019ira pas imposer au public huit acteurs qui font les saouls durant une heure et demie.La façon de jouer l\u2019ivresse va être beaucoup plus stylisée.» Paul Ahmarani en quête de transcendance Le comédien s\u2019attaque à une deuxième pièce du Russe Ivan Viripaev, Les enivrés Q J\u2019ai eu un passé un peu rock\u2019n\u2019roll.La drogue relève aussi d\u2019une volonté d\u2019être dans l\u2019extase, de ne plus être limité à notre réalité.Mais atteindre la transcendance par la création, la méditation, l\u2019amour, le don de soi ou les enfants, c\u2019est beaucoup plus constructif.Même si ce n\u2019est pas aussi facile\u2026 PAUL AHMARANI » | 1 3 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 L E S F L Â N E U R S Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine Pour la voix merveilleuse de Julie Bou- lianne en Cendrillon dans ce délicieux opéra-bouffe de Rossini sur un livret de Jacopo Ferretti, pour l\u2019Orchestre Métropolitain, l\u2019ensemble de la distribution et le chœur masculin.Pour l\u2019exquise mise en scène de Joan Font pétrie d\u2019idées originales, avec ses couleurs, son humour, son charme fou, susceptible de séduire tous les publics jusqu\u2019aux plus néophytes.Pour le groupe de danseurs désopilants, venus donner tout leur sens au terme «petits rats de l\u2019opéra».Un vrai souffle comique et artistique d\u2019exception passe à Montréal à travers La Cenerentola.Dernière représentation hélas!) : ce samedi.Un souffle artistique d\u2019exception ! Odile Tremblay S\u2019installe la froidure de novembre et je relis invariablement Les fous de Bassan, d\u2019Anne Hébert, paru il y a 35 ans ce mois-ci.Dans un village côtier, deux adolescentes ont été assassinées.La temporalité fluctue comme la marée alors que les points de vue sur la tragédie se succèdent, un épilogue dévastateur venant mettre en relief l\u2019inefficacité, voire l\u2019indifférence de la justice envers la violence \u2014 physique, psychologique, sexuelle \u2014 faite aux femmes.Un prix Femina amplement mérité à l\u2019époque pour un chef-d\u2019œuvre qui, tout campé dans le passé soit-il, n\u2019a rien perdu de sa pertinence.À lire et à relire, peut-être aujourd\u2019hui plus que jamais.Pertinente Anne Hébert, toujours et encore François Lévesque Électrifiante, émouvante, lancinante, les mots manquent pour décrire l\u2019incroyable performance de Valérie Doucet, la contorsionniste qui danse dans La chambre de verre.C\u2019est la force d\u2019une artiste de cirque qui est ici mise au service de la finesse de l\u2019interprétation.Un spectacle minimaliste qui évoque l\u2019eau, l\u2019air, la terre, les origines et la fin du monde, sur une trame sonore unique.On en sort partagé entre le rire et les larmes, ébloui de la force et de la fragilité de la vie, et tenté de se tenir le corps à deux mains pour ne pas en perdre des morceaux.Dernière chance d\u2019être émerveillé ce samedi à la Tohu.Lancinante Valérie Doucet Caroline Montpetit Que faisiez-vous le lundi à 20h?Regar- diez-vous Fait divers, dont la finale a été diffusée cette semaine à ICI Radio-Ca- nada Télé?Non?Vous êtes donc coupable d\u2019avoir manqué l\u2019une des meilleures séries de l\u2019automne.Fort d\u2019un jubilatoire humour noir évoquant Fargo des frères Coen, ce sulfureux thriller rural, de Joanne Arseneau et Stéphane Lapointe, propose une intrigue meurtrière tournant autour d\u2019un cadavre caché dans un congélateur ! La palme du personnage tordu revient ex aequo à la comptable fatale de Mylène Mackay et à l\u2019avocate psychopathe de Marie-Ève Beaulieu.Un must à rattraper sans tarder sur tou.tv ! Une 2e saison de Fait divers, s\u2019il vous plaît ! Manon Dumais Le spectacle compte sur une distribution très forte : Marie-France Lambert, Dominique Quesnel, David Bou- tin, Maxime Denommée, Benoit Drouin-Germain, Maxim Gaudette, Marie-Pier Labrecque, Marie-Eve Pelletier et Évelyne Rompré.L\u2019absolu par l\u2019art La quête d\u2019absolu, Paul Ahmarani l\u2019a lui-même beaucoup cherchée au cours de sa vie.Y compris par un moyen destructeur.« J\u2019ai eu un passé un peu rock\u2019n\u2019roll.La drogue relève aussi d\u2019une volonté d\u2019être dans l\u2019extase, de ne plus être limité à notre réalité.Mais atteindre la transcendance par la création, la méditation, l\u2019amour, le don de soi ou les enfants, c\u2019est beaucoup plus constructif.» Même si, dit-il en rigolant, ce n\u2019est pas aussi facile\u2026 « Quand on se donne vraiment au jeu, on s\u2019oublie, on est en train de porter, de manière presque spirituelle, un texte.Il faut y croire en maudit.C\u2019est fatigant, surtout au théâtre », note l\u2019acteur de 46 ans qui, avec l\u2019âge, devient encore plus sensible et marqué plus durablement, émotivement comme physiquement, par les rôles.Récemment, il a vécu cet état de transcendance durant des représentations d\u2019Illusions, justement, et du Brasier, pièce qu\u2019il rejouera en janvier au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui.« Ce sont de grands moments de plaisir, où on a l\u2019impression de toucher le centre de la cible.On a l\u2019impression de participer à une œuvre qui nous dépasse.» D\u2019être traversé par un élan qui passe par soi.«Et encore une fois, c\u2019est là qu\u2019on se sent libre, et à la fois utilisé, parce qu\u2019on ne le contrôle pas.Ces fois où on sort de scène en se demandant : qu\u2019est-ce qui vient de se passer là?» Les enivrés Texte d\u2019Ivan Viripaev.Mise en scène de Florent Siaud.Traduction de Tania Moguilevskaia et Gilles Morel.Production du Groupe de la Veillée.Au théâtre Prospero du 21 novembre au 16 décembre.L\u2019intense et expressif interprète retrouve au théâtre Prospero des approches qui transcendent le réalisme.PEDRO RUIZ LE DEVOIR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e A r t s v i va n t s 1 4 | GRAND ANGLE CHLOÉ GAGNÉ DION COLLABORATRICE LE DEVOIR et automne, la danse et le théâtre s\u2019échangent leurs territoires, se métissent sur les scènes.La per for- meuse Nicola Gunn a ouvert le bal avec Piece for Person and Ghetto Blaster chorégraphié par Jo Lloyd, puis Angela Konrad lui a succédé sur la scène de l\u2019Usine C avec Last Night I Dreamt That Somebody Loved Me, « conçue pour un acteur, quatre danseurs et un chien ».À La Chapelle et au Quat\u2019sous, des segments dansés ont trouvé leur place dans les mises en scène de Nina, c\u2019est autre chose (Florent Siaud) et d\u2019À te regarder, ils s\u2019habitueront (collectif).S\u2019esquisse alors la tentation de nommer ce qui pourrait constituer une tendance, mais l\u2019histoire résiste, et le piège des étiquettes est dif fi- cile à déjouer.Même remettre en contexte la « danse-théâtre » telle qu\u2019elle s\u2019est développée au Québec il y a une trentaine d\u2019années implique qu\u2019on ait la mémoire un peu courte.Interrogée à propos des spectacles unissant danse et théâtre qui se créent ces jours-ci, la professeure retraitée, théoricienne et interprète Michèle Febvre précise d\u2019emblée que ces ar ts se rencontrent sur scène depuis des siècles.Alors pourquoi en faire un cas aujourd\u2019hui ?Sens et sensorialité Selon Febvre, s\u2019il y a un rapprochement à faire entre les créations actuelles et celles des années 1980 où un certain théâtre était « physique » puis une cer taine danse « théâtrale », c\u2019est la persistance d\u2019une tension entre sens et sensorialité.La dynamique entre ces deux pôles serait au cœur de toute tentative de rencontre entre les deux ar ts, depuis bien avant que le concept de « danse-théâtre » se cristallise dans les œuvres de Pina Bausch.Le théâtre représenterait le sens, la signification, et la danse la sensoria- lité, les sensations.Febvre insiste cependant sur la spécificité de chaque objet artistique, sans accorder tellement d\u2019importance au fait qu\u2019il provienne de la danse ou du théâtre.« Qu\u2019est-ce qui est sur scène, est mis en jeu ?Des intensités corporelles ou des intensités de sens qu\u2019on appuie ?Et comment ça se rencontre, ou pas?Est-ce plus fort du côté de la senso- rialité ou du sens ?C\u2019est cette pondération entre l\u2019un et l\u2019autre qui fait la qualité du spectacle.» En ef fet, entre la sensualité du tango chorégraphié par Marilyn Contagions sur les scènes Comment s\u2019emboîtent danse et théâtre (en supposant qu\u2019il y ait des boîtes) L\u2019équipe de Sous la nuit solitaire en répétition, une pièce métissant danse et théâtre qui prend l\u2019affiche au Quat\u2019sous ces jours-ci.PHOTOS CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR C Michèle Febvre insiste sur la spécificité de chaque objet artistique, sans accorder tellement d\u2019importance au fait qu\u2019il provienne de la danse ou du théâtre C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 mise en scène lorraine pintal traduction Maryse warda Avec Frédérick Bouffard Paul Doucet Maude Guérin Maxime Le Flaguais François Papineau Martin-David Peters Mylène St-Sauveur Frédérick Tremblay À l\u2019affiche tnm.qc.ca + tournée au Québec L\u2019histoire d\u2019une passion dévorante Une présentation En collaboration avec Daoust dans Nina, c\u2019est autre chose et la force politique du tableau de la chorégraphe Mélanie Demers dans À te regarder, ils s\u2019habitueront, la danse semble s\u2019immiscer dans le théâtre autant pour proposer une sensorialité nourrissant l\u2019histoire que pour déjouer les significations du spectacle.Des reconfigurations éternelles Est-ce que cette approche change quelque chose pour l\u2019interprète de théâtre ?Pas tellement, dit l\u2019actrice Larissa Cor riveau, qui collabore aussi avec des chorégraphes.Elle souligne qu\u2019au théâtre, « l\u2019art de l\u2019acteur est physique avant tout, et même si on intellectualise le personnage, l\u2019émotion ne peut que passer par le corps si on veut qu\u2019elle soit transmise à un public ».Alors qu\u2019en danse, ses réflexes d\u2019actrice donnent inversement une motivation aux gestes.Elle estime que c\u2019est d\u2019ailleurs peut-être cette qualité émotive des mouvements des acteurs qui intéresse les chorégraphes, puisque la finesse d\u2019exécution des danseurs leur échappe.Renaud Lacelle-Bourdon, l\u2019un de ses compagnons de jeu de Sous la nuit solitaire \u2014 une pièce métissant danse et théâtre qui prend l\u2019affiche au Quat\u2019sous \u2014, se réjouit d\u2019ailleurs que les approches se contaminent.« De plus en plus, on comprend l\u2019impact que peut avoir un corps chargé sur scène.Quand c\u2019est bien calculé, le sens de la parole est encore plus accessible, et l\u2019aspect physique de l\u2019interprétation devient contagieux.Pour le spectateur, la tête et le corps reçoivent tout en même temps.» Il s\u2019entend avec Corriveau pour dire que la manière d\u2019être sur scène est à réinventer à chaque collaboration, comme s\u2019ils créaient constamment de nouveaux jeux et devaient en déduire les règles.Les arts vivants Marie-Christine Lesage, professeure à l\u2019École supérieure de théâtre de l\u2019UQAM, explique cette reconfiguration constante des formes en mentionnant notamment l\u2019influence du per formatif, qui brouille les pistes depuis déjà plusieurs années.Dé- construisant l\u2019idée traditionnelle de la représentation, cette manière de placer le réel sur scène permet aux artistes d\u2019aborder le théâtre comme faisant partie des arts vivants.Le métissage s\u2019opère alors non seulement avec la danse, mais aussi la musique, l\u2019installation, les arts visuels ou numériques, et bien d\u2019autres.Les ar tistes approchant la création ainsi ne s\u2019embarrassent pas de correspondre aux codes d\u2019une discipline ou d\u2019une autre.Libres, ils s\u2019allient comme bon leur semble, pigent là où la création les mène afin de nourrir des démarches qui leur sont propres, et d\u2019inventer de nouveaux langages pour accéder à leurs imaginaires singuliers.De l\u2019écriture pour théâtraliser la danse ?Deux autres spectacles, ceux-là issus de collaborations, s\u2019ajoutent à la liste des pièces hybrides qui prennent l\u2019affiche cet automne.L\u2019Agora accueille jusqu\u2019à ce soir, samedi, Rewriting Distance.Créé par la chorégraphe Lin Snelling et le dramaturge de la danse Guy Cools, le spectacle cherche à lier le mouvement, la voix et l\u2019écriture en s\u2019inspirant de Montréal.Sur la scène du Quat\u2019sous, c\u2019est la chorégraphe Estelle Clareton et le metteur en scène Olivier Kemeid qui se sont alliés pour façonner Sous la nuit solitaire, présenté jusqu\u2019au 2 décembre.En s\u2019inspirant des gravures créées par Gustave Doré pour illustrer L\u2019enfer de Dante, la pièce place elle aussi l\u2019écriture sur scène.« De plus en plus, on comprend l\u2019impact que peut avoir un corps chargé sur scène », raconte Renaud Lacelle-Bourdon, ici à gauche, en répétition.17-18 THÉÂTRE DENISE-PELLETIER l\u2019ILIADE *OFFRE VALABLE POUR TOUT ACHAT DU COMBO L\u2019ILIADE/ANTIOCHE INCLUANT UN BILLET À PRIX RÉGULIER POUR CHACUN DE CES SPECTACLES.DURÉE ET QUANTITÉ LIMITÉES.D\u2019 HOMÈRE LIBRE ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE MARC BEAUPRÉ 6 DÉC.JUSQU\u2019AU 2017 BILLETTERIE 514 253-8974 DENISE-PELLETIER.QC.CA COPRODUCTION THÉÂTRE DENISE-PELLETIER - TERRE DES HOMMES OFFRE COMBO L\u2019ILIADE/ ANTIOCHE 2 SPECTACLES POUR 50$* Toute la beauté de cette pièce repose sur la transposition de la violence guerrière en art [.] dans la gestuelle chorégraphiée du chœur et de ses chants - JEU REVUE DE THÉÂTRE Les épisodes se succèdent avec une remarquable clarté grâce à la redoutable précision de la mise en scène de Beaupré.- LE DEVOIR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e C i n é m a 1 6 | ENTREVUE JÉRÔME DELGADO LE DEVOIR ls étaient pas mal pee-wee quand le Québec les a découverts.Leurs airs enfantins crevaient cer tes l\u2019écran, mais rien n\u2019assurait à Antoine Olivier Pilon, Rémi Goulet et Alice Mo- rel-Michaud qu\u2019ils avaient leur place au soleil.Cinq ans plus tard, jeunes adultes, les revoilà en haut de l\u2019af fiche.Le trio vedette de Pee-wee, l\u2019hiver qui a changé ma vie (2012) reprend du ser vice dans ce qui a l\u2019apparence d\u2019une suite en temps réel, Junior majeur .Janeau, Joey et Julie ont aussi vieilli de cinq ans.« Une suite, non, je dirai plutôt une continuité », dit Éric Tessier, le réalisateur des deux films, heureux de retrouver ses « surdoués ».« Il se passe tellement de choses entre 13 et 18 ans», soupire-t-il.En 2012, on suivait les L ynx de Saint-Hilaire.Cette fois, le récit met en scène les Saguenéens de Chicou- timi, de la LHJMQ.Les Russes, hier principaux rivaux, cèdent leur place aux Huskies de Rouyn-Noranda.Les protagonistes ont gagné en indépendance.Et en volume.Leurs gaf fes aussi : la trame est pimentée de conduite en état d\u2019ébriété, d\u2019usurpation de responsabilités, de polémique dans les médias.Film de hockey ou portrait de société ?Près des ligues majeures Chicoutimi, Québec, Rimouski, Sherbrooke, Gatineau, Shawinigan\u2026 Par sa manière de décliner l\u2019itinéraire de promotion de l\u2019équipe de Junior majeur, Alice Morel-Michaud exprime, d\u2019un souf fle, l \u2019esprit dans lequel baigne une actrice de son âge (19 ans) et de son expérience (Ka- boum, Subito texto, L\u2019heure bleue).Dans sa voix, il y a un mélange de professionnalisme et d\u2019euphorie.De sérieux et de conte de fées.Gamine, elle en rêvait.La voilà sur les rails d\u2019une vraie carrière.« J\u2019ai commencé à cinq ans [le cour t métrage Les adieux, de Lisa Sfriso] et je ne me suis jamais posé la question à savoir si je voulais faire autre chose.Au moment de Pee-wee, je le savais.Là, c\u2019est juste plus concret.» Ses partenaires et elle se trouvent, comme leurs personnages, à quelques pas des ligues majeures.À l\u2019écran, c\u2019est la LNH qui se profile devant Janeau et Joey.Julie, qui gardait les buts dans le premier film, flirte avec le journalisme sportif.Les trois, les six, ont grandi au même rythme, pas tout à fait ensemble ni tout à fait séparément.Rémi Goulet, présent à la télé (District 31, L\u2019heure bleue, L\u2019académie) et au cinéma (Le bruit des arbres), commence à croire qu\u2019il réussira « à faire ça toute la vie ».Quoi d\u2019autre sinon ?« Maudite bonne question », répond celui qui s\u2019imaginait jadis pompier.Antoine Olivier Pilon semble bien en selle, après les gros tests réussis sous la direction de Xavier Dolan \u2014 deux fois plutôt qu\u2019une, le vidéoclip College Boy et Mommy \u2014 et de Yan England (1:54).Complices Quand on leur demande quelle différence il y a entre Pee-wee et Junior majeur , i ls sont unanimes : leur Vie de hockey, leçon de vie Comme leurs personnages, les acteurs de Junior majeur se battent pour leur carrière Le réalisateur et l\u2019acteur Éric Tessier et Rémi Goulet sur le plateau de Junior majeur.LES FILMS SÉVILLE I Pour Antoine Olivier Pilon Pee-wee est un film de sport, Junior majeur, une leçon de vie. C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 complicité est désormais naturelle, authentique.Alice Morel-Michaud, encore por te-étendard : « C\u2019est facile parce que nos personnages ont grandi ensemble.Il y a un historique, qu\u2019on ne dit pas, mais qu\u2019on sent.Il y a aussi une espèce d\u2019historique dans notre adolescence.Ça paraît à l\u2019écran.» Complices?Et comment : les trente minutes devant l\u2019enregistreuse, ils les passent à se picosser, sous la table ou en mots, à se cajoler, à répondre en chœur.« Communication is the key », clament les deux acteurs, d\u2019un seul rire bon enfant.Devenus hommes, Rémi Goulet et Antoine Olivier Pilon devaient assumer le rôle de sportifs de haut niveau.Bien que doublés lors des scènes d\u2019action, ils patinent et manient le bâton quand même devant la caméra.Le premier s\u2019est mis à la boxe, question d\u2019améliorer sa condition physique.Le second a engagé un entraîneur personnel.« Je savais qu\u2019il y avait des scènes où je serai torse nu, je voulais être le plus gonflé possible », dit Pilon.« Ce sont ses fesses que l\u2019on voit», assure, moqueur, son complice.Julie ne patine plus, mais Alice Mo- rel-Michaud n\u2019y voit aucune frustration.La réalité est telle que les hockeyeuses ne jouent pas dans la LHJMQ.« C\u2019est encore la Julie, passionnée de hockey, qui prend les choses en main.Elle est déterminée», affirme son interprète.Grandir, pas toujours facile Film de sport, oui, mais Junior majeur est plus que ça.Les scénaristes, les mêmes que derrière Pee-wee (Emmanuel Joly et Martin Bouchard), décrivent une jeunesse aux prises avec l\u2019apprentissage d\u2019une vie colorée d\u2019alcool et d\u2019amour, d\u2019amitié et de trahison, de vengeance, de peur de l\u2019échec.La compétition est féroce, à bien des niveaux.Les Pilon, Goulet et Morel-Michaud qui aspirent à une carrière à l\u2019écran font face, quelque part, aux mêmes défis.« [Le joueur de] la LHJMQ doit faire des choix.On peut faire un parallèle avec la gloire de la carrière d\u2019acteur.Le spotlight est sur nous, reconnaît Rémi Goulet.On a des responsabilités, d\u2019un coup, et grandir là- dedans n\u2019est pas toujours facile.» Pour Alice Morel-Michaud, le privilège des vedettes n\u2019est pas «glorifié».«On montre les conséquences réelles de leurs actions, les conséquences négatives, dit-elle.Il n\u2019y a pas de filtre [pour faire] beau.Agir de cette façon peut être grave.Voir les conséquences, ce sont des apprentissages.» Antoine Olivier Pilon est rassuré : son Janeau apprend à se responsabiliser, finit par réparer ses erreurs.Alors, film de spor t ou leçon de vie ?Pour Pilon, c\u2019est un peu des deux, mais pas pour celui qui incarne son rival.« Pee-wee est un film de sport, Junior majeur, une leçon de vie.Les personnages auraient pu être des acteurs, des chanteurs », dit Rémi Goulet.Alice alias Julie l\u2019appuie : « L\u2019histoire ne tourne pas autour du hockey, mais autour des relations interpersonnelles.» C\u2019est facile parce que nos personnages ont grandi ensemble.Il y a un historique, qu\u2019on ne dit pas, mais qu\u2019on sent.Il y a aussi une espèce d\u2019historique dans notre adolescence.Ça paraît à l\u2019écran.ALICE MOREL-MICHAUD » Julie, qui gardait les buts dans le premier film, flirte avec le journalisme sportif.LES FILMS SÉVILLE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e C i n é m a 1 8 | « Une expérience immersive et contemplative » - Le Devoir « Essentiel » - Voir Présentation spéciale du montage du réalisateur le 20 et 21 novembre à la Cinémathèque Québécoise.UN FILM DE DENIS LANGLOIS AVEC MAXIME DUMONTIER ET MARINE JOHNSON PRÉSENTEMENT AU CINÉMA 2017 CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Lui, c\u2019est Gigi.Elle, c\u2019est Bibi.Ils viennent à peine de se rencontrer, mais déjà, c\u2019est la folle passion.Il est gangster, elle est coureuse automobile.Non que Gigi se soit ouvert de sa réelle profession à sa mie, qui accepte, initialement, les silences et les secrets de son amant.Au cœur de l\u2019intrigue du film Le fidèle, l\u2019histoire de Gigi et Bibi est de celles qui ne peuvent exister qu\u2019au cinéma.Et du cinéma, la réalisation du Belge Michaël R.Roskam n\u2019en manque pas.Le fidèle est son troisième long métrage.On lui doit, pour mémoire, le fabuleux Bullhead, autre récit crimi- nalo-sentimental recourant au motif de la belle et la bête.En éleveur bovin accro aux hormones de croissance, Matthias Schoenaerts y était une révélation.Tourné au États-Unis, son second film, Quand vient la nuit (The Drop) a moins fait parler, mais s\u2019avère une bonne étude de milieu campée dans le monde des bars servant de façade au blanchiment d\u2019argent.D\u2019ailleurs, Roskam y utilisait le braquage comme pivot dramaturgique, concept qu\u2019il reprend dans Le fidèle, où il retrouve sa muse, Matthias Schoenaerts.Chimie palpable Une fois de plus, la vedette du film De rouille et d\u2019os fait montre d\u2019une présence peu commune tout en modulant une interprétation parfaitement calibrée.Étoffé, psychologiquement parlant, son Gigi est un criminel par défaut.Traumatisé et laissé à lui- même, il s\u2019est refait une cellule familiale avec les seules personnes qui lui ont témoigné de l\u2019intérêt : des malfrats.Aussi en est-il devenu un, et un doué, en l\u2019occurrence.À cet égard, Roskam se révèle aussi habile à faire sourdre la tension dramatique \u2014 lors des scènes de vol à main armée \u2014 que la tension sexuelle chaque fois ou presque que les deux protagonistes sont en présence l\u2019un de l\u2019autre.Il faut dire que Bibi est interprétée par Adèle Exarchopoulos, la découverte du film La vie d\u2019Adèle, qui n\u2019est pas en reste, côté présence.La chimie qu\u2019elle partage avec son partenaire est palpable, et pour un temps, le film est à la hauteur de leur rencontre.Virage mélo Hélas, le scénario que Roskam a co- écrit avec Thomas Bidegain et Noé De- bré, deux collaborateurs de Jacques Audiard (sur Un prophète et Dheepan, outre De rouille et d\u2019os), tout de même, se perd dans une seconde partie mélodramatique.Après le mélange haletant de thriller et de romance dans la première, ce virage incongru agit comme une douche froide.La justice rattrape Gigi, qui est incarcéré, tandis que s\u2019éveille en Bibi un désir de maternité ressemblant dans le contexte davantage à un impératif scénaristique qu\u2019à un développement psychologique crédible ; qu\u2019Adèle Exarchopoulos rende à peu près cohérente la personnalité à géométrie variable du personnage en dit long sur l\u2019étendue de son talent.Tout mal avisé soit-il, ce deuxième pan narratif bénéficie, hormis la qualité de l\u2019interprétation, d\u2019une réalisation inspirée.Aidé de son directeur photo habituel, Nicolas Karakatsanis, Roskam soigne chaque plan tout en définissant les univers respectifs des amoureux, lui dans la pénombre, elle dans la lumière.Il y a là, indéniablement, une filmographie intéressante en construction, cohésive dans ses thèmes et enjeux de prédilection.Michaël R.Roskam demeure un cinéaste à suivre.À terme, on lui souhaite de développer, pour le récit, la même rigueur qu\u2019il affiche pour la mise en scène.Le fidèle ?Drame de Michaël R.Roskam.Avec Matthias Schoenaerts, Adèle Exarchopoulos, Nathalie Van Tongelen, Karem Can.Belgique, France, 2017, 130 minutes.La coureuse et le voleur Matthias Schoenaerts et Adèle Exarchopoulos forment un couple sulfureux dans Le fidèle La chimie que partagent l\u2019actrice Adèle Exarchopoulos et son partenaire Matthias Schoenaerts est palpable, et pour un temps, le film est à la hauteur de leur rencontre.MÉTROPOLE FILMS | 1 9 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 CRITIQUE MANON DUMAIS LE DEVOIR Avec ses magnifiques images fixes aux cadrages soignés croquant la vie quotidienne des paysans de l\u2019Inde, du Brésil, du Congo et du Malawi, Les dépossédés de Mathieu Roy (Survivre au progrès) évoque la série des Profils paysans du grand Raymond Depar- don.Alors que l\u2019on sentait dans le regard rempli d\u2019empathie et de tendresse du premier la volonté d\u2019immortaliser un mode de vie en voie de disparition, c\u2019est plutôt un mélange de colère et de sentiment d\u2019urgence qui se devine chez le premier.Il y a certes énormément de beauté dans Les dépossédés, une beauté hypnotique, époustouflante, presque dérangeante.Alors qu\u2019on se laisse séduire par le caractère introspectif du film, la lenteur des gestes des paysans, hommes, femmes et, parfois, enfants, qui passent en silence, jetant un regard tantôt discret, tantôt frondeur à la caméra, on est secoués par les propos des différents intervenants.L\u2019un d\u2019eux, le journaliste indien Pa- lagummi Sainath, de loin le plus captivant et passionnant du lot, compare la situation des paysans à une forme de colonialisme.Lorsque reviennent à l\u2019écran les paysans se mouvant tels des spectres dans les champs, on saisit peu à peu l\u2019horreur de la situation mondiale.On aurait presque envie de parler d\u2019esclavagisme.Secondé par Richard Brouillette (L\u2019encerclement : la démocratie dans les rets du néolibéralisme) à la recherche et au scénario, et Benoît Aquin (Ayiti Toma, au pays des vivants, de Joseph Hillel) au scénario et à la direction photo, Mathieu Roy signe une œuvre documentaire d\u2019une grande richesse, où il témoigne de la grande misère à laquelle se heurtent les paysans aux quatre coins du monde.On aura même droit à une bouleversante scène tournée au Québec, laquelle n\u2019est pas sans rappeler une réalité que Sébastien Pilote décrivait sans fard dans Le démantèlement.Alliant images contemplatives et propos éclairants, Les dépossédés illustre sans détour la gravité de la crise agroa- limentaire et dénonce avec autant de virulence l\u2019indifférence des banques, des politiques et des multinationales.À des années-lumière de Demain, documentaire plus qu\u2019optimiste de Cyril Dion et Mélanie Laurent, Les dépossédés s\u2019avère une œuvre exigeante, sans compromis, dans la veine des documentaires de Sylvain L\u2019Espérance (Combat au bout de la nuit), qu\u2019il vaudrait mieux voir dans sa version intégrale plutôt que dans sa version commerciale afin de saisir toute l\u2019ampleur du désastre qui nous guette tous.Les dépossédés ?1/2 Documentaire de Mathieu Roy.Canada (Québec), 2017, 183 minutes.Le sang de la terre Mathieu Roy rend compte de la misère paysanne dans Les dépossédés Il y a une beauté hypnotique, presque dérangeante, dans Les possédés.FUNFILM Les dépossédés dénonce avec virulence l\u2019indifférence des banques, des politiques et des multinationales L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e C i n é m a CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Les batailles sanglantes ne se déroulent pas toutes à coups de fusil, de couteaux ou de machettes.Il suffit parfois d\u2019un courriel intimidant, d\u2019une lettre de blâme ou d\u2019une simple rumeur autour de la machine à café pour déclencher les hostilités et transformer les bureaux en champs de bataille.C\u2019est ce chaos en apparence contrôlé que cherche à égratigner Nicolas Silhol dans ce premier long métrage qui porte en France le titre très français de Corporate, rebaptisé ici Crise R.H.Et crise il y a au sein de cette multinationale dont le bureau parisien devient le théâtre du suicide d\u2019un employé poussé à bout par la haute direction à démissionner plutôt que d\u2019être congédié, ce qui bien sûr la dégage de ses responsabilités.Émilie (excellente Céline Sallette) connaît bien ce travail de sape, et elle est la meilleure, selon les dires de son grand patron, Stéphane (Lambert Wilson, un peu en vacances), totalement séduit par les nouvelles pratiques de management à la sauce néo- libérale.Pour sa subalterne des ressources humaines, dont la transpiration excessive témoigne d\u2019un premier indice d\u2019inconfort, ces mêmes convictions commencent à se fragiliser après le décès foudroyant de celui qu\u2019elle croit avoir poussé dans ses derniers retranchements.Sa chute spectaculaire vers la mort provoquera d\u2019autres vertiges, car tous montrent du doigt Émilie, jusque-là très à l\u2019aise avec sa réputation de « killer », une chose dont elle ne se vante pas auprès d\u2019un conjoint en recherche d\u2019emploi et leur jeune fils.L\u2019arrivée d\u2019une inspectrice des normes du travail déterminée (Violaine Fu- meau, loin du cliché de la fonctionnaire beige) va provoquer une nouvelle vague d\u2019inquiétudes parmi les cadres et les employés, forçant la reine déchue des R.H.à choisir son camp.Même une connaissance limitée des lois qui régissent le monde de l\u2019emploi en France ne nous empêche pas de saisir la portée des enjeux décortiqués par Nicolas Silhol, fils d\u2019un professeur bien au fait des théories, et des dérives, en ressources humaines.S\u2019il prend soin de préciser que ce récit est fictif (la vague de suicides d\u2019employés à France Télécom a servi de bougie d\u2019allumage au cinéaste), les drames, eux, sont d\u2019une cruelle actualité.Et il utilise, à petites doses, les artifices du thriller, centrant son regard sur une héroïne qui passe subtilement de bourreau à victime.Cette radiographie d\u2019un monde aux sur faces lisses et à l\u2019atmosphère toxique excelle lorsqu\u2019il s\u2019agit de décrire dans le menu détail la déchéance de cette carriériste.Celle-ci occupe littéralement tout l\u2019espace, donnant ainsi moins d\u2019étof fe et de profondeur psychologique aux personnages qui gravitent autour d\u2019elle.Rarement le suspense est-il véritablement haletant, mais les constats établis par Nicolas Silhol suffisent largement à donner froid dans le dos.Froid comme ces bureaux où les larges fenêtres et les espaces ouverts donnent une fausse illusion de transparence, un ef fet de mise en scène plutôt réussi et, ma foi, très ironique.Crise R.H.?Drame social de Nicolas Silhol.Avec Céline Sallette, Lambert Wilson, Violaine Fumeau, Charlie Anson.France, 2017, 95 minutes.La tragédie du travail Quand les bureaux feutrés des grandes compagnies camouflent des jeux de massacre Émilie (excellente Céline Sallette) marque en cadre des ressources humaines.AZ FILMS THÉÂTRE DE QUAT\u2019SOUS 100, avenue des Pins Est, Montréal Billetterie 514 845-7277 quatsous.com Mise en scène Estelle Clareton Olivier Kemeid Chorégraphie Estelle Clareton Avec Larissa Corriveau Mark Eden-Towle Renaud Lacelle-Bourdon Nicolas Patry Ève Pressault Éric Robidoux Esther Rousseau-Morin LA NUIT SOUS SOLITAIRE C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 MAINTENANT AU CINÉMA ADÈLE EXARCHOPOULOS L E C H O I X D E L A B E L G I Q U E A U X O S C A R S ® «Un thriller sentimental magistral.Fulgurant.» France Télévision «Une merveille de réalisation.» L\u2019Express «Éclate de romantisme et d\u2019énergie.» Figaro Positif Le Parisien Studio Ciné Live MATTHIAS SCHOENAERTS U N F I L M D E MICHAËL R.ROSKAM CRITIQUE MANON DUMAIS LE DEVOIR La prémisse de Paradis, d\u2019Andrei Kon- chalovsky, Lion d\u2019argent à Venise, ressemble à une mauvaise blague : une fois, une Russe, un Français et un Allemand voulaient entrer au paradis.De cette déroutante prémisse, le réalisateur de L\u2019odyssée et La maison de fous nous entraîne dans une magistrale réflexion sur les horreurs de la guerre selon trois saisissants points de vue.Durant la Seconde Guerre mondiale, Olga (Yuliya Vysotskay), aristocrate russe engagée dans la Résistance en France, est déportée dans un camp de concentration pour avoir caché des enfants juifs.Peu avant son départ, elle sera interrogée par Jules (Philippe Duquesne), un policier français, époux fidèle et bon père de famille à qui l\u2019on donnerait le bon Dieu sans confession.Or, Jules est collabo.Issu d\u2019une noble famille, l\u2019officier SS Helmut (Christian Clauss) incarne l\u2019idéal aryen.À tel point que Himmler (Viktor Sukorukhov) voit en lui le dauphin d\u2019Hitler.Honnête et droit, Helmut veut lutter contre la corruption qui sévit chez les officiers.Ayant reconnu Olga parmi les prisonnières du camp qu\u2019il dirige, il poursuit avec elle une liaison en espérant pouvoir la sauver.Avec un soin maniaque et un remarquable souci de vraisemblance, Konchalovsky illustre le destin des trois protagonistes, qu\u2019il montre autant sous leurs dehors humains que monstrueux.Bénéficiant d\u2019une photographie noir et blanc d\u2019une grande somptuosité, Paradis propose d\u2019abord une plongée intimiste dans différents univers, du confort petit-bourgeois en passant par l\u2019opulence des aristocrates, jusqu\u2019à la désolation des camps.Ce n\u2019est toutefois pas dans ces scènes, lesquelles lui confèrent la facture d\u2019un film de guerre classique, que Paradis puise toute sa force.De fait, c\u2019est lorsque Konchalovsky adopte une mise en scène dépouillée et place ses acteurs face à la caméra, assis à une table, portant la même tenue, que le film prend tout son sens.Tour à tour, Olga, Jules et Helmut doivent répondre de leurs actes à Dieu afin d\u2019entrer au paradis.Avec un détachement ahurissant, tous trois décrivent ce dont ils ont été témoins, confiant sans sourciller leurs actes les plus condamnables comme les plus nobles.Dans la froide analyse des mécanismes du mal de leurs personnages, Andrei Konchalovsky et la coscénariste Elena Kiseleva font ainsi écho au concept philosophique de la banalité du mal que Hannah Arendt développa après avoir assisté au procès du criminel nazi Adolf Eichmann.À glacer le sang.Paradis (V.F.de Ray) ?1/2 Drame d\u2019Andrei Konchalovsky.Avec Yuliya Vysotskaya, Philippe Duquesne, Christian Clauss, Peter Kurth et Viktor Sukorukhov.Russie\u2013Allemagne, 2016, 132 minutes.Ultimes confessions Une résistante, un collabo et un officier SS se confessent à Dieu dans Paradis Avec un soin maniaque et un remarquable souci de vraisemblance, Konchalovsky illustre le destin des trois protagonistes Paradis bénéficie d\u2019une photographie noir et blanc d\u2019une grande somptuosité.CARUSEL L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e C i n é m a 2 2 | Paradis (V.F.de Ray), d\u2019Andrei Konchalovsky CARUSEL FILM DISTRIBUTION N OT R E S É L ECT I O N Les nouveautés sont en rouge Glory (V.F.de Slava) ?1/2 Après avoir remis à l\u2019État une forte somme d\u2019argent trouvée sur la voie ferrée, un cantonnier (Stefan Deno- lyubov) se fait remettre une montre sans valeur par le ministère du Transport.Deuxième volet d\u2019une trilogie, faisant suite à The Lesson (inédit au Québec), qui portait sur la crise financière, ce drame inspiré d\u2019un fait divers de 2001 dénonce avec férocité la corruption du gouvernement bulgare.De facture réaliste, d\u2019une mise en scène fébrile, Slava rappelle à la fois les Dardenne, Ionesco et Kafka.Manon Dumais Petit paysan ?1/2 Grâce à sa rigueur, à son ascétisme et à une caméra près des acteurs, Hubert Charuel flirte (un peu) avec l\u2019approche des frères Dardenne dans son premier long métrage de fiction.Sans être totalement autobiographique, il s\u2019est inspiré de la vocation agricole de ses parents, prenant aussi la ferme familiale comme décor autour d\u2019une tragédie annoncée.Un jeune fermier (intense Swann Arlaud) dont toute la vie tourne autour des vaches laitières découvre avec effroi que l\u2019une d\u2019elles, malade, pourrait forcer les autorités sanitaires à exterminer son cheptel.Masquer l\u2019implacable réalité ne fera que retarder l\u2019inéluctable, à la manière d\u2019un film noir où le héros s\u2019enfonce dans les mensonges, les mains couvertes de sang.Mais c\u2019est d\u2019abord et avant tout une radiographie à la fois précise et sensible d\u2019une ruralité en mauvais état.André Lavoie Barbara ?Profil tout en fragments, en jeux de miroir et en poésie de la grande dame de la chanson française, Barbara, de l\u2019ac- teur-cinéaste Mathieu Amalric, qui met en scène Jeanne Balibar, est une mosaïque musicale entre création, archives et questionnements d\u2019actrice, d\u2019une beauté fragile et émouvante.Le cinéaste de Tournée et son interprète insufflent la vie, entre mémoire voilée et jeux d\u2019amour et de scène, à l\u2019auteure de La solitude dans ce film qui touche et envoûte.Odile Tremblay The Florida Project ?1/2 À l\u2019ombre de Walt Disney World à Orlando se trouve un autre royaume dominé par l\u2019enfance, nettement moins rutilant et aseptisé.Le motel Magic Castle représente le vaste terrain de jeux de la petite Moonee (stupéfiante Brooklynn Prince), une autre héroïne fantasque et énergique imaginée par le réalisateur du tout aussi décoiffant Tangerine (sur deux prostituées transgenres de Los Angeles).Dans cet environnement de carton-pâte et de chambres lugubres, cette fillette en vacances refuse de voir la misère ambiante et les errances de sa mère à la boussole morale déréglée.Ils peuvent toutefois compter sur un ange gardien (Willem Dafoe, d\u2019une grande sobriété), mais ce gérant bienveillant ne peut à lui seul les sauver de la débâcle.Or, toute la démarche du cinéaste constitue un gigantesque antidote au défaitisme, célébrant les bienfaits des 400 coups pour traverser l\u2019enfance.André Lavoie histoire.Grand Prix à Cannes, ce pamphlet à fleur de peau, très cinématographique, signé Robin Campillo, est un hommage à Act Up-Paris et à ses membres, ainsi qu\u2019un rappel qu\u2019il fut une époque pas si lointaine où on laissait les gais, les prostituées, les drogués et les prisonniers mourir en détournant les yeux.Sans fard, la mise en scène épouse les contours du documentaire, avec caméra à l\u2019affût, jamais aléatoire, le cinéaste sachant à l\u2019évidence ce qu\u2019il veut qu\u2019on voie.Du macro au micro, on se concentre sur un groupe, puis sur un couple touché par la maladie sur fond de grande lutte pour que cesse l\u2019hécatombe.Plus que de sensibiliser, ce qui est déjà énorme, le film met des visages, des noms, des vies sur la tragédie.L\u2019indifférence, alors, devient impossible.François Lévesque 120 battements par minute ?France, 1990: le sida se propage, pandé- mique.Or il est des condamnés qui font, de ce qu\u2019il leur reste de vie, un ultime acte de résistance.Le film 120 battements par minute, c\u2019est entre autres leur Visages, villages ?À 89 ans, Agnès Varda signe une première coréalisation, avec JR, un artiste de 33 ans spécialisé dans le collage de portraits géants sur diverses structures architecturales.Volontiers axée sur la découverte des gens et de leurs milieux, la démarche de la cinéaste s\u2019accorde tout naturellement à celle de son complice.Ensemble, ils parcourent la campagne à bord du «camion-photoma- ton» de ce dernier en multipliant les haltes.Jamais répétitives, les rencontres ouvrent sur une multitude d\u2019enjeux.Chacun se fait croquer le portrait, lequel est ensuite magnifié: la personne se regarde, avec la caméra qui la regarde se regarder, tandis que le spectateur regarde ces regards qui regardent.Foncièrement humaniste, le résultat est dénué de tout narcissisme, y compris lorsque le film prend une tournure plus intime.Comme l\u2019expliquait Agnès Varda: «Avec l\u2019apport des photos-mu- rales de JR, l\u2019art devient une occasion de dialogue social.» Un dialogue duquel, par le jeu de la mise en abyme, le spectateur est tout du long partie prenante.François Lévesque Les affamés ?1/2 Alors qu\u2019une mystérieuse épidémie transforme les gens en morts-vivants, divers individus doivent compter les uns sur les autres pour assurer leur survie.Bénéficiant d\u2019une distribution bé- ton, Les affamés plaira assurément à ceux qui carburent à l\u2019hémoglobine, aux effets de choc, aux poursuites effrénées et aux atmosphères anxiogènes.Sans doute le film saura-t-il aussi combler les cinéphiles qui prisent peu le genre, puisque Robin Aubert signe avant tout un film d\u2019auteur de qualité où il conjugue avec brio la réflexion, l\u2019action, l\u2019horreur, l\u2019humour et l\u2019émotion.Manon Dumais Le fidèle ?Un gangster et une coureuse automobile s\u2019éprennent follement l\u2019un de l\u2019autre.Alors qu\u2019elle ignore sa profession réelle, l\u2019étau de la justice se resserre autour de lui.Leur histoire est de celles qui ne peuvent exister qu\u2019au cinéma.Et du cinéma, le film Le fidèle n\u2019en manque pas.Pour mémoire, on doit au cinéaste belge Michaël R.Roskam le fabuleux Bullhead, un autre récit criminalo-senti- mental recourant au motif de la belle et de la bête.Lesquels archétypes sont in- Les dépossédés ?1/2 Secondé par Richard Brouillette (recherche et scénario) et Benoît Aquin (scénario et photo), Mathieu Roy signe une œuvre documentaire d\u2019une grande richesse et d\u2019une beauté saisissante où il témoigne de la grande misère à laquelle sont confrontés les paysans aux quatre coins du monde.Alliant images contemplatives et propos éclairants, Les dépossédés illustre sans détour la gravité de la crise agroalimentaire et dénonce avec autant de virulence l\u2019indifférence des banques, des politiques et des multinationales.Manon Dumais Paradis (V.F.de Ray) ?1/2 Durant la Seconde Guerre mondiale, une aristocrate russe engagée dans la Résistance en France (Yuliya Vysots- kay), un policier français collabo (Philippe Duquesne) et un noble allemand devenu officier nazi (Christian Clauss) doivent répondre de leurs actes devant Dieu afin d\u2019entrer au paradis.Partant d\u2019une prémisse déroutante, Andrei Konchalovsky (L\u2019odyssée, La maison de fous) signe une magistrale réflexion sur les horreurs de la guerre selon trois saisissants points de vue humains.À la fois glaçant, sobre et somptueux.Manon Dumais Y\u2019est où le paradis ?Refusant de croire au décès de leur mère, un frère et une sœur atteints de déficience intellectuelle entament une odyssée hivernale en pleine nature jusqu\u2019au lac de leur enfance, où ils s\u2019imaginent pouvoir retrouver la défunte.Y\u2019est où le paradis?, de Denis Langlois, c\u2019est l\u2019histoire d\u2019un deuil, mais surtout d\u2019une réconciliation.C\u2019est là un tout petit film, mais un tout petit film attachant malgré ses défauts.Le scénario, au premier chef, manque de souffle, de développements.La réalisation est toutefois de bonne tenue et la direction photo, attentive à la beauté des panoramas.Cela étant, c\u2019est d\u2019abord et avant tout le jeu de Maxime Dumontier et de Blade Runner 2049 ?1/2 On espérait un bon film tout en craignant le pire.Or, c\u2019est une œuvre en tous points remarquable qu\u2019a livrée Denis Villeneuve avec son Blade Runner 2049, suite du Blade Runner de Ridley Scott, un chef-d\u2019œuvre qu\u2019on croyait intouchable.C\u2019était sans compter sur le talent du cinéaste québécois, qui, imparti de moyens hollywoodiens, déploie une vision futuriste qui honore et étoffe celle établie dans l\u2019original.Comme son illustre prédécesseur, ce second volet pourra, dans le futur, être disséqué et étudié à loisir.C\u2019est du grand art.C\u2019est du grand Villeneuve.François Lévesque terprétés ici par Adèle Exarchopoulos, découverte dans La vie d\u2019Adèle, et Matthias Schoenaerts, révélé justement dans Bullhead.Les deux vedettes partagent une chimie palpable et, pour un temps, le film est à la hauteur de leur rencontre.Hélas, le scénario effectue un virage mélodramatique incongru au mitan qui agit comme une douche froide.Là encore, toutefois, la mise en scène demeure inspirée, à l\u2019instar de l\u2019interprétation.François Lévesque | 2 3 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 Le fidèle, de Michaël R.Roskam MÉTROPOLE FILMS DISTRIBUTION Mise à mort du cerf sacré (V.F.de The Killing of a Sacred Deer) ?Deuxième film en anglais du Grec Yor- gos Lanthimos (Canine, The Lobster), ce quasi-huis clos déroutant et glacé fait exploser le noyau familial (comme dans Canine) avec la figure de l\u2019intrus vendeur.Théâtre de cruauté donnant la vedette à Colin Farrell en chirurgien à la mauvaise conscience, à Nicole Kidman en mère de tragédie et au très ambigu ado Barry Keoghan, The Killing of a Sacred Deer est porté par un scénario complexe (primé à Cannes), une mise en scène virtuose, mais la distanciation du jeu des acteurs (pourtant solides) et le manque d\u2019affects finissent par trop désincarner cette fable féroce sur la post-humanité.Odile Tremblay Nous sommes les autres ?Lorsqu\u2019un architecte de renom disparaît mystérieusement, sa conjointe (Pascale Bussières, énigmatique), un architecte dépressif (Émile Proulx- Cloutier, émouvant) et un expert en sinistre insatisfait de son sort (Jean- Michel Anctil, révélation du film) voient leur destin basculer.Avec son complice scénariste Jacques Drolet, Jean-François Asselin (François en série, Plan B) signe un captivant drame aux déroutants accents fantastiques, teinté d\u2019un mystère tantôt enveloppant, tantôt oppressant, au cours duquel émerge une solide réflexion sur l\u2019identité et sur le destin.Manon Dumais Novitiate ?Au début des années 1960, le pape Jean XVIII bouleversa l\u2019Église catholique pour toujours avec le concile de Vatican II, dans lequel il proposait de «l\u2019air frais».Campé dans un couvent dirigé de main de fer par une mère supérieure s\u2019opposant à ces nouvelles règles de vie religieuse (Melissa Leo, excellente), Novitiate trace avec délicatesse le portrait d\u2019une novice (Margaret Qualley, la pureté incarnée) qui se questionne sur sa foi et sur ses pulsions.En résulte un sensible drame intimiste porté par une réflexion pertinente sur la place des femmes dans l\u2019Église et dans la société.Manon Dumais Les grands esprits ?Passer du collège le plus huppé de France à une école de banlieue où règne un chaos perpétuel, c\u2019est le choc que devra encaisser François Foucault (Denis Podalydès), professeur exigeant, idéaliste et trop bavard sur les solutions aux maux de l\u2019éducation.Le passage ne se fera pas en douceur, tout comme pour ses élèves turbulents, dont le jeune Seydou (Abdoulaye Diallo), assurément le plus réfractaire à la grammaire.et à Victor Hugo.La première fiction de ce photojournaliste s\u2019ancre dans une réalité ici quelque peu aseptisée, et cette année scolaire respecte les règles du genre, des cas de plagiat aux enseignants au bord de la crise de nerfs en passant par la haute direction inflexible.Rien de nouveau au tableau noir, mais un hommage senti au dur métier de professeur, et au savoir qui libère des chaînes de la médiocrité.André Lavoie Human Flow ?L\u2019artiste et dissident chinois Ai Weiwei a pris les moyens qu\u2019il faut \u2014 nombreux, coûteux, imposants \u2014 pour rendre compte de l\u2019exode de millions de réfugiés à travers le monde.Et il ne s\u2019est pas cantonné à un seul pays, à une seule réalité pour en témoigner, ratissant une bonne partie de la planète avec plusieurs chefs opérateurs et quelques drones.Le résultat s\u2019affiche de manière spectaculaire, illustrant la démesure et les dangers de ces périples en mer, le long des barbelés ou dans des camps insalubres inondés par la pluie de l\u2019hiver.Ce périple s\u2019effectue à grande vitesse, le militant donnant la parole aux bonzes de l\u2019aide humanitaire, mais s\u2019attardant trop peu à observer le quotidien de ces éclopés.La griffe de l\u2019artiste est partout présente, et fabuleuse, mais celle du documentariste reste à peaufiner.André Lavoie Fabriqué en Amérique (V.F.d\u2019American Made) ?Moins connu que le narcotrafiquant Pablo Escobar et le lieutenant-colonel Oliver North, Barry Seal fut pourtant un acteur important dans l\u2019immense scandale qui a éclaboussé la présidence de Ronald Reagan, obsédé par la crainte de voir l\u2019Amérique latine basculer dans le communisme.Ce pilote de ligne s\u2019est vite transformé en agent de la CIA, puis en allié du cartel de Medellín, transportant de la poudre blanche pour une Amérique accro.Celui qui a mis au monde Jason Bourne au cinéma s\u2019y connaît en récits enlevants, renouant ici avec Tom Cruise après Edge of Tomorrow, mais dans un registre moins spectaculaire.Les années 1980 y sont décrites sans éclat, le maximum étant requis pour servir une vedette trop fière de montrer sa dextérité de pilote.Il n\u2019a pas perdu la main, ni la forme, même si le voyage se fait parfois sur le pilote automatique.André Lavoie Crise R.H.?Rarement les employés ont du sang sur les mains dans les bureaux feutrés des grandes compagnies, mais on s\u2019y livre aussi à des luttes fratricides.Inspiré par la vague de suicides d\u2019employés à France Télécom qui fit les manchettes, Nicolas Silhol signe un premier long métrage en forme de thriller doublé d\u2019une radiographie des nouvelles idées à la mode (néolibé- rale) en ressources humaines.Lorsqu\u2019un comptable décide d\u2019en finir à la face de tous ses collègues, les regards accusateurs se tournent vers Émilie (excellente Céline Sallette), celle dont les méthodes de gestion du personnel sont souvent sans pitié, livrées avec une fausse bienveillance.De bourreau, elle devient peu à peu la victime, trajectoire permettant de dresser un constat (parfois schématique et didactique) pessimiste sur la décrépitude morale dans l\u2019univers du 9 à 5.André Lavoie Pieds nus dans l\u2019aube ?La Tuque, 1926.À douze ans, Félix Leclerc (Justin Leyrolles-Bouchard) a un bel avenir devant lui, contrairement à son meilleur ami Fidor (Julien Leclerc).Pour son retour au cinéma après presque dix ans d\u2019absence, Francis Leclerc (Mémoires affectives) transpose respectueusement le premier roman de son illustre père.Écrit avec le conteur Fred Pellerin, cette lumineuse chronique offre une vision idyllique du passé où l\u2019on célèbre la nature, la famille, l\u2019amitié et la charité chrétienne.Pour les nostalgiques du bon vieux temps.Manon Dumais Retour en Bourgogne ?S\u2019il faut absolument utiliser une métaphore viticole pour aborder le 12e long métrage de Cédric Klapisch, le qualifier de grand cru serait hasardeux.Certes, on y retrouve l\u2019art et la manière de ce cinéaste qui affectionne l\u2019énergie de la jeunesse et sait insuffler à ses personnages l\u2019amour de la fête.Il en reconstitue d\u2019ailleurs une très belle, celle de la fin des vendanges, dans ce film dont le récit se déploie sur quatre saisons, une belle audace au service de l\u2019évolution psychologique de ce trio familial.Les changements sont accélérés par l\u2019arrivée impromptue d\u2019un fils prodigue, parti depuis 10 ans: son retour, entouré de mystère, accélère la prise de conscience de cette fratrie à l\u2019unité fragile.De jeunes acteurs pleins de promesses, dont l\u2019excellent Pio Marmaï, lèvent leur verre aux traditions françaises, et à leur pérennité renouvelée.André Lavoie La ligue des justiciers (V.F.de Justice League) ?1/2 Sur grand écran, les superhéros sont là pour de bon, que ça vous plaise ou non.Et les affrontements à coups d\u2019effets spéciaux témoignent aussi des luttes entre les armadas DC Comics et Marvel pour imposer leurs figures emblématiques respectives.Après Batman v Superman: Dawn of Justice, Zack Synder revient à la charge et fait renaître Superman (pas de véritable divulgâcheur ici\u2026), car rien de mieux pour réunir les ennemis d\u2019autrefois que de leur dénicher un vilain à la hauteur de leur ego.Assemblage de personnages familiers, parmi lesquels il faut maintenant compter Wonder Woman, et de nouveaux venus que l\u2019on tente d\u2019imposer, comme Aquaman, cette guerre de clans en est aussi une de vedettes au parcours sinueux, dont Ben Affleck en Batman pas très tourmenté.Un divertissement pétaradant par un cinéaste qu\u2019on a connu plus inspiré (300, Watchmen).André Lavoie Bienvenue à Suburbicon (V.F.de Suburbicon) ?1/2 Prolifiques et souvent inspirés, les frères Joel et Ethan Coen laissent parfois traîner quelques scénarios, et George Clooney a mis la main sur celui- ci.On y retrouve à la fois la truculence des réalisateurs de Fargo et le caractère appliqué de la star aux ambitions politiques.Dans une banlieue paradisiaque et aseptisée en 1959, les tensions raciales éclatent et un couple adultère transforme leur vie familiale en cauchemar.Les ficelles sont parfois énormes, tout comme les clins d\u2019œil à Hitchcock et à Billy Wilder, mais nous avons aussi droit à quelques carnages amusants, et à un sommet de cynisme suave grâce à Oscar Isaac dans le rôle (secondaire, dommage) d\u2019un agent d\u2019assurances difficile à mystifier.André Lavoie Marine Johnson, tout de justesse et de vérité, qui emporte l\u2019adhésion.Ces deux-là, on les suivrait n\u2019importe où, y compris aux confins de la forêt boréale.François Lévesque L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e I l s fo n t l e s m é d i a s 2 4 | ENTREVUE PHILIPPE PAPINEAU LE DEVOIR es Québécois connaissent bien Louis Morissette l\u2019humoriste, l\u2019acteur, l\u2019auteur, et aussi l\u2019époux de Véronique Cloutier.Mais le chapeau qu\u2019il porte davantage dans l\u2019ombre \u2014 et peut-être le plus important \u2014, c\u2019est celui de producteur.Ce métier «de chef d\u2019orchestre» de la télévision lui permet de satisfaire sa fibre d\u2019entrepreneur et son côté workaholic, tout en pouvant contrôler ce que ses idées deviendront au petit écran.Le Drummondvillois de naissance, fils d\u2019homme d\u2019affaires, a cofondé il y a sept ans la maison de production KOTV, qu\u2019il préside.La boîte, créée à l\u2019origine uniquement pour le Bye Bye 2010, a pris quelques mois à s\u2019installer, avant de progresser rapidement par la suite.Aujourd\u2019hui, Morissette produit des émissions en tout genre pour pratiquement tous les diffuseurs québécois \u2014 il s\u2019apprête même à concrétiser un projet avec TVA, avec qui il est en froid depuis longtemps.Dans son écurie, l \u2019ancien du groupe Les Mecs comiques et auteur du film Le mirage compte entre autres Les Simone (Radio-Canada), Esprit critique (Artv), Les Appendices et Conseil de famille (Télé-Québec), Les détestables (V) et le plus récent Plan B (Séries+).Sa présence à Radio-Ca- nada s\u2019est aussi beaucoup accrue sur Tou.tv depuis deux ans, avec la création du volet Véro.tv, dont une grande partie des productions sont le fruit de KOTV, dont Trop et Rétroviseur.Ne pas trahir les idées En rencontre avec Le Devoir, Louis Morissette compare son métier de producteur télé à celui d\u2019un « chef d\u2019orchestre dans l\u2019ombre».«Il faut trouver la bonne idée, la développer et choisir les bonnes personnes pour l\u2019exécuter, résume le triple père de famille de 44 ans.Et c\u2019est d\u2019essayer de comprendre ce que le diffuseur cherche, comprendre tes clients, c\u2019est beaucoup ça.Et parler leurs discours aussi, ne pas essayer de leur rentrer de quoi qu\u2019ils ne veulent pas à travers la gorge.» Poursuivant l\u2019analogie musicale, Morissette estime que les meilleurs producteurs « sont ceux qui connaissement le plus de partitions».«Là-dessus, je suis assez blindé.J\u2019ai joué, beaucoup écrit, je n\u2019ai jamais réalisé, mais c\u2019est quelque chose que je pense que je pourrais faire un jour.Et avec tout ce qui vient avec les Bye Bye, la direction artistique, les costumes, le maquillage, tu viens à connaître tous les départements sur le bout de tes doigts.Je me sens, comme producteur, en pleine possession de mes moyens.» À la racine de la création de KOTV, il y a chez Louis Morissette le désir de mieux contrôler le rendu à la télévision de ce qu\u2019il écrivait.«Il y avait parfois un décalage» entre l\u2019idée et le résultat dans les projets menés, explique-t-il.« J\u2019entendais souvent le même discours: \u201con n\u2019a pas d\u2019argent\u201d, on n\u2019a pas les moyens».Ce qui était assez vrai.Mais alors, je voulais au moins avoir toutes les cartes dans mon jeu et décider à quel moment j\u2019allais les sortir.» Celui qui vient de finir le tournage du prochain film de Denys Arcand donne l\u2019exemple de la série Plan B, qu\u2019il a eue dans ses cartons pendant sept ans avant qu\u2019elle se retrouve à la télé cette année.Pour cette émission dans laquelle il tenait aussi le rôle principal, il a réinvesti la totalité de ses honoraires de producteur dans le budget de création, afin que le résultat soit à la hauteur de sa vision.« Il fallait y aller all in.Sinon, j\u2019aurais été trop déçu.À la fin, on ne pouvait pas avoir des scènes dans le Sud ni des scènes d\u2019hiver, qui permettaient de marquer le temps dans l\u2019histoire.J\u2019ai payé de ma poche.» C\u2019était un risque qu\u2019il pouvait prendre \u2014 et qu\u2019il avait les moyens financiers de prendre.Il avoue aussi que lors de certains jours de tournage des Bye Bye, il ne signait pas sa feuille de temps.« Mon \u201cunion\u201d ne sera pas contente d\u2019entendre ça, mais je veux que ça se fasse, alors je prends les moyens qu\u2019il faut.Quand je parlais d\u2019avoir le plus de cartes dans son jeu, ben, c\u2019est ça.» Défis Les affaires vont bien pour KOTV, mais les producteurs font aussi face à des défis.Il y a moins de joueurs qu\u2019avant, et surtout moins de sous.«Les diffuseurs ont moins d\u2019argent, la publicité est moins au rendez-vous, l\u2019auditoire est fragmenté», résume Morissette.Depuis quelques années, l\u2019industrie télévisuelle a donc connu « un ajustement », explique-t-il.« C\u2019est comme le spor t, mais à l\u2019inverse.Dans le show-business, c\u2019est il y a trente ans qu\u2019on signait des contrats de huit ans pour 80 millions ! Ce n\u2019est plus ça aujourd\u2019hui.Sans dire qu\u2019aujourd\u2019hui, on est exploités comme Maurice Richard l\u2019a été, c\u2019est pas ce que je dis.» Une autre angoisse de Morissette est de voir les grandes compagnies transférer le pouvoir décisionnel à Toronto.Il évoque Corus, qui a récemment stoppé sa production de séries au Québec et vendu des chaînes à Bell.«Quand il y a un nouveau boss à Toronto, le premier réflexe, c\u2019est de regarder le payroll du Québec et de dire \u201cben voyons donc, vous êtes malades ?C\u2019est trois fois le prix que ça coûte ailleurs\u201d.Oui, mais c\u2019est qu\u2019on est un système particulier.Heureusement, il reste encore des gens au Québec qui défendent ça, mais dès qu\u2019ils sautent, tout s\u2019en va à Toronto, et on va mourir.La culture populaire va mourir, on va se brancher sur les États-Unis.» Louis Morissette, le chef d\u2019orchestre télé qui connaît la musique Avec sa boîte KOTV, l\u2019acteur et auteur est devenu un producteur influent du petit écran québécois Les valeurs de KOTV Quand on le questionne sur les valeurs de KOTV, Louis Morissette a déjà deux réponses toutes réfléchies.D\u2019abord, pas question de mener des projets qu\u2019il ne serait pas capable de défendre avec ses tripes.«On ne peut pas juste faire de la saucisse pour faire de la saucisse.Quand je vais à la télé et que je dis que j\u2019aime quelque chose, je veux que le public me croie.» Aussi, la création ne doit pas se faire dans la douleur, estime Morissette.« Il y a plein d\u2019histoires d\u2019horreur qu\u2019on entend.On peut régler beaucoup de choses entre 8 h et 18 h, sans faire peur au monde et sans parler raide.[\u2026] Tu vas aller chercher plus en étant calme et en parlant aux gens qu\u2019en les faisant brailler.Scotty Bowman en 1992, ça ne marche plus.» Les affaires vont bien pour KOTV, mais les producteurs font aussi face à des défis.CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR L LI RE C A H I E R C / L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 Kim Yaroshevskaya dans l\u2019œil de la mémoire À 94 ans, la jeunesse éternelle, Fanfreluche fait paraître Mon voyage en Amérique, récit de son arrivée ici depuis l\u2019Union soviétique. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 L i r e F i c t i o n f r a n ç a i s e 2 6 | du 13 novembre au 15 décembre poesiego .com 12 balados disponibles au Salon du Livre et dans le métro de Montréal Avec des textes de : Joséphine Bacon, Marjolaine Beauchamp, Jean-Marc Desgent, Toino Dumas, Ian Ferrier, Renée Gagnon, Flavia Garcia, René Lapierre, Laurance Ouellet Tremblay, Rodney Saint-Éloi, France Théoret, Rosalie Trudel ENTREVUE MANON DUMAIS LE DEVOIR e manière positive ou négative, Alexandre Jardin dérange.Depuis la publication en France de Ma mère avait raison, il provoque pour ainsi dire une petite révolution sexuelle.De fait, il est inondé de messages et de témoignages de femmes qui ont décidé de changer le cours de leur vie.«Ma mère est une femme qui rend les autres libres.C\u2019est effarant ! C\u2019est une épidémie ! » lance le romancier, hilare, au téléphone.Ainsi, une femme ayant lu son livre le mardi annonce le vendredi à son mari qu\u2019elle le quitte et part rejoindre son amour de jeunesse au Portugal pour le week-end.Une autre, amoureuse de son gendre depuis des années, plaque son mari pour vivre cet amour au grand jour.Trois autres femmes ont décidé de vivre seules sans rompre avec leur mari.« La semaine dernière, j\u2019étais dans une crêperie à Paris.Il y a un type qui m\u2019a regardé, a foncé vers moi et m\u2019a dit : \u201cVous alors, avec ce que vous leur mettez dans la tête !\u201d Le serveur m\u2019a demandé ce que j\u2019avais fait : \u201cRien, j\u2019ai écrit un livre sur ma mère.\u201d La possibilité non seulement de faire de la fiction, mais de transformer la vie en fiction me vient directement de ma mère.Ça ne m\u2019étonne qu\u2019à moitié qu\u2019autant de gens se permettent ça en ce moment ; c\u2019est très touchant.» Stéphane Sauvage, dite Fanou, n\u2019est pas une femme ni une mère comme les autres.Dans les années 1960 et 1970, Fanou et son mari, le scénariste Pascal Jardin, dit le Zubial, Lettre d\u2019amour à sa mère L\u2019ardent Alexandre Jardin est-il en train de devenir un troll romantique?Alexandre Jardin.Depuis la publication en France de Ma mère avait raison, il provoque pour ainsi dire une petite révolution sexuelle.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR D | 2 7 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 FABIEN DEGLISE LE DEVOIR « Je dois m\u2019appeler Heather.Elle doit s\u2019appeler Heather ».«Je marchais dans le 4e rang de mon village, j\u2019observais la nature, je réfléchissais, quand ces deux phrases me sont venues à l\u2019esprit», résume Andrée A.Michaud, auteure de Routes secondaires, récit singulier d\u2019une écri- vaine confrontée à sa création.Le bouquin marque aussi le retour de l\u2019auteure de Bondrée (2014) et Le ravissement (2001), pour lesquels elle a décroché un Prix littéraire du Gouverneur général.«Pour moi, la chose était claire.Je tenais là l\u2019idée de ce roman.Je savais qu\u2019il allait parler d\u2019identité et de double, des thèmes que j\u2019exploite dans plusieurs de mes romans et que je voulais ici creuser à fond, sans doute pour essayer de m\u2019en débarrasser.» Voyage au cœur de la dualité en compagnie d\u2019Andrée A.Michaud, écrivaine, et de Heather Thorne, jeune femme amnésique, Routes secondaires est difficile à résumer, mais se laisse étrangement très bien saisir par ses premières phrases.Présent dans son histoire «Ce livre montre que l\u2019auteur est toujours présent dans son histoire, qu\u2019il est toujours omniprésent, que créer, c\u2019est une question de réciprocité, d\u2019influence et d\u2019une fusion qui se crée à un moment donné entre lui et son personnage», poursuit la romancière, rencontrée à Montréal il y a quelques jours avant le Salon du livre qui s\u2019est ouvert mercredi et dont elle est une invitée d\u2019honneur.Quelle est l\u2019identité d\u2019un personnage ?A-t-il un passé, une mémoire, un avenir ?Ceux de Routes secondaires , eux, « ont vécu entre le 1er mars 2014 et le 19 janvier 2017 », expose la romancière en amorce de son bouquin, qu\u2019elle présente comme la mise en scène du processus de création d\u2019un livre tel qu\u2019il est vécu par « la majorité des écrivains ».« D\u2019habitude, c\u2019est un décor, un paysage, une atmosphère qui m\u2019inspire les premières phrases, dit-elle.Là, pour la première fois, mon roman commence par un personnage qui prend la parole.» Sans doute, parce qu\u2019il avait très envie d\u2019être écouté\u2026 Routes secondaires Andrée A.Michaud, Québec Amérique, Montréal, 2017, 242 pages L A P R E M I È R E P H R A S E Comment apparaît la première phrase d\u2019un roman ?Celle qui, avec les premiers mots d\u2019un livre, forme l\u2019incipit et forge du même coup le mystère d\u2019un début.en ont fait sourciller plus d\u2019un à cause de leur mode de vie.Dans leur résidence de Verdelot, où allaient et venaient les maîtresses de Monsieur, dont Régine, éternelle reine de la nuit, et les trois amants de Madame, dont le cinéaste Claude Sautet, chacun avait sa chambre.Au dire d\u2019Alexandre Jardin, les amours de Fanou et de Sautet auraient inspiré à ce dernier César et Rosalie.Le romancier raconte même Dans ma mère avait raison que son frère, le réalisateur Frédéric Jardin, a cru être le fils de Sautet avant d\u2019apprendre que son géniteur n\u2019était ni Jardin ni Sautet.Cet épisode a d\u2019ailleurs été bien douloureux pour Yves Sautet, fils légitime de Claude, qui avait confié au On est tellement convaincus qu\u2019une maman est là pour nous protéger qu\u2019on a oublié qu\u2019aimer, c\u2019est aussi exposer.Ma mère avait raison de me faire marcher sur le feu, car c\u2019est infiniment important de trouver sa force.ALEXANDRE JARDIN » Une femme ayant lu son livre le mardi annonce le vendredi à son mari qu\u2019elle le quitte et part rejoindre son amour de jeunesse au Portugal pour le week-end Je dois m\u2019appeler Heather.Elle doit s\u2019appeler Heather.INCIPIT DE ROUTES SECONDAIRES » Figaro en 2008 que la famille Jardin s\u2019était acharnée sur lui et que ce que Jardin dévoilait dans Le roman des Jardin s\u2019éloignait de la vérité.« Ça m\u2019était difficile de ne pas évoquer ça en écrivant sur ma mère parce que c\u2019est aussi l\u2019envers compliqué de son personnage.Ce n\u2019est pas tout rose, une femme qui s\u2019assume entièrement.Une femme qui tente d\u2019être absolument elle-même, ça fout la pagaille.C\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire ! » se défend le romancier.Octogénaire, celle qui a inculqué à son fils le courage d\u2019aimer est au- jourd\u2019hui thérapeute.«Elle écoute les romans des autres ; au fond, elle a toujours cette passion.Si elle est parvenue à faire vivre quatre hommes dans une seule maison, c\u2019est qu\u2019elle avait la passion du roman des hommes qu\u2019elle aimait.C\u2019est attirant de tomber sur une femme qui est folle de son roman : c\u2019est la seule explication pour que les quatre aient accepté.» Même s\u2019il ignore si sa mère lit ses livres, Alexandre Jardin a voulu crier son amour, son désespoir de la perdre et, pour la première fois, l\u2019envie du suicide qui le hante à cette femme aux antipodes de la maman traditionnelle, cette « romancière non pratiquante » qui l\u2019a un jour convaincu de marcher sur des braises ardentes.«La violence fait partie de la vie.Si on est très amoureux de la vie, on ne peut pas passer à côté de ça.Tout le livre est à l\u2019envers de l\u2019époque parce que ma mère m\u2019a élevé avec une solide dose de violence.On est tellement convaincus qu\u2019une maman est là pour nous protéger qu\u2019on a oublié qu\u2019aimer, c\u2019est aussi exposer.Ma mère avait raison de me faire marcher sur le feu, car c\u2019est infiniment important de trouver sa force.» Twitter le bonheur Dans la foulée de la sor tie de Ma mère avait raison, Alexandre Jardin s\u2019est plu à rapporter sur Twitter le bonheur de voir des amoureux s\u2019embrasser fougueusement et d\u2019entendre ses voisins faire bruyamment l\u2019amour, allant même jusqu\u2019à dire qu\u2019il irait les féliciter.L\u2019enthousiasme du romancier pour ces démonstrations amoureuses a toutefois enflammé les réseaux sociaux et lui a valu, gracieuseté de L\u2019Obs, le prix Goncourt du troll 2017.« J\u2019ai fait un tweet comme ça et, je ne sais pas pour quelle raison, les gens en ont parlé.Je n\u2019ai qu\u2019une seule explication, c\u2019est que la Toile est débile ! lance-t-il dans un fracassant éclat de rire.C\u2019est idiot et je n\u2019ai pas d\u2019explication à la débilité du monde.» «Ça s\u2019appelle un délire interprétatif ! dit-il en continuant de rire.Tout à l\u2019heure, j\u2019étais au café.J\u2019ai fait un tweet : \u201cJ\u2019écris au café\u2026 une dame essaie de lire par-dessus mon épaule\u2026 J\u2019écris donc : NE REGARDEZ PAS !\u201d Deux minutes après, j\u2019écris : \u201cElle a lu\u2026 est devenue pivoine.\u201d Puis, \u201cAmusant\u2026 elle fait comme si je ne l\u2019avais pas vue.Pourquoi les gens font-ils semblant au lieu d\u2019être vrais?\u201d Ce qui choque, c\u2019est tout ce qu\u2019est ma mère, c\u2019est le fait d\u2019être vrai.On vit dans un monde bien-pensant où tout le monde joue des rôles.» Ma mère avait raison Alexandre Jardin, Grasset, Paris, 2017, 215 pages Portrait d\u2019un scandale ?Élaine Kalman Naves, traduit de l\u2019anglais par Chantal Ringuet, Fides, Montréal, 2017, 284 pages Sur les photos de William Notman, la bourgeoisie montréalaise de la fin du XIXe siècle est souvent guindée.Pas de sourire.Tenue austère.Environnements cossus.Or, en coulisses, plusieurs drames se sont joués, comme celui impliquant Robert Not- man, frère de William.Tous deux sont arrivés ensemble à Montréal en 1858, fuyant l\u2019Écosse où leur père a été condamné pour fraude.Après avoir mis enceinte la dame de compagnie de sa mère, Robert aurait demandé au jeune Dr Patton de l\u2019avorter.Or, la maîtresse donne des signes de faiblesse après l\u2019avortement.Le médecin, croyant l\u2019avoir tuée, se suicide dans les heures qui suivirent.À l\u2019époque, l\u2019avortement est interdit par la loi et les médecins condamnés pour en avoir perpétré.Plus qu\u2019une histoire sinistre, ce livre décrit le contexte dans lequel elle est survenue : un Montréal puritain, dont on retrouve peu de traces aujourd\u2019hui.Caroline Montpetit L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 L i r e Vi t r i n e s Et si le pardon était la plus douce des vengeances ?'' ' ' Albin Michel NOUVEAU 6 NUMÉROS PAR ANNÉE | 52 PAGES PRIX À L\u2019UNITÉ : 7,00 $ + TAXES NUMÉRO 793 DÉCEMBRE 2017 SOMMAIRE DÉTAILLÉ ET ABONNEMENT revuerelations.qc.ca Contre la mondialisation néolibérale et ses désastres, la démondialisation serait-elle une solution pour l\u2019avenir des peuples, de la démocratie, des écosystèmes et pour enrayer la montée des droites radicales ?Avec la collaboration de Walden Bello, Aurélien Bernier, Jonathan Durand Folco, Nathalie Guay, Éric Pineault, Anne-Cécile Robert, Simon-Pierre Savard-Tremblay et Claude Vaillancourt.À lire aussi : La chronique de Jean Bédard, la poésie de Denise Desautels et le Carnet de Robert Lalonde.Artiste invité : Alain Reno FICTION QUÉBÉCOISE Professeur de paragraphe ?France Boisvert, Lévesque éditeur, Montréal, 2017, 164 pages Maurice Lecamp, le narrateur quinquagénaire de Professeur de paragraphe, enseigne le français et la littérature au cégep de Lestres, qui doit son nom au « respectable chanoine Alonié de Lestres».En proie à la digression, il se voit comme le dernier des Mohicans.Ses étudiants \u2014 des enfants rois \u2014 le poussent à bout, les paramètres de la nouvelle orthographe lui donnent de l\u2019urticaire et son couple bat de l\u2019aile.«Baudelaire avait raison d\u2019écrire que cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit.» Chronique annoncée d\u2019une dégringolade intime et professionnelle, cette comédie acide de France Boisvert, elle-même prof de cégep, poète et romancière (Les samourailles, 1987), ne va pas au bout de la colère qui la porte.On s\u2019amuse avec les mots dans ce court roman, il est vrai, mais avec la chronologie qui trébuche et un dénouement émoussé, l\u2019auteure nous donne l\u2019impression qu\u2019elle y maîtrise à grand-peine l\u2019art du récit.Christian Desmeules HISTOIRE JEUNESSE Cher professeur Einstein ?1/2 Textes réunis et présentés par Alice Calaprice, Payot, Paris, 2017, 144 pages Plusieurs enfants à travers le monde sont réunis dans ce recueil pour interroger Albert Einstein sur la vie, la science et d\u2019autres sujets divers.« Comment marche la quatrième dimension ?» demande Émilie, 13 ans.Est-ce que les scientifiques prient, et surtout, pourquoi ?questionne Phyllis.Einstein répond que Dieu n\u2019a aucun pouvoir sur la vie des gens, mais qu\u2019une partie de l\u2019existence lui échappe.La complexité de la nature peut faire nai- tre un sentiment religieux qui n\u2019a toutefois rien à voir avec « la religiosité de personnes plus naïves », dit-il.Sur un ton parfois paternel, tendre ou directif, le génie prend plaisir à répondre à ces jeunes pour qui il était une idole.Le côté humain et accessible de l\u2019homme se dévoile ici et rend l\u2019ouvrage singulier.Toutefois, parmi les nombreuses lettres écrites entre 1920 et 1955, plusieurs restent sans réponses, laissant ainsi les lecteurs sur leur faim.Marie Fradette POÉSIE Ne faites pas honte à votre siècle ?1/2 Daria Colonna, Poètes de brousse, Montréal, 2017, 78 pages «Vous êtes de ces gens crédibles/à la fine pointe des applaudissements/de ces belles gueules de l\u2019extrême-cen- tre/qui font baptiser leurs fils/au Théâtre du Nouveau Monde », écrit Daria Colonna dans la première partie de son deuxième livre.Intitulé « Je vous en prie», ce credo pour hypocrites qui s\u2019ignorent démonte par l\u2019absurde et l\u2019ironie la fourberie de ceux qui chantaient jadis vouloir faire la révolution, mais qui n\u2019avaient pendant tout ce temps en tête que l\u2019achat d\u2019un chalet où passer le week-end à (insérez ici le nom de votre choix).Lettre de solidarité adressée à tous ceux qui refusent de marchander leurs convictions contre une promesse de confort, Ne faites pas honte à votre siècle dissimule derrière son intransigeante causticité et son inapaisable colère le désir d\u2019un monde envisageant la bienveillance autrement que comme un prêt-à-penser lénifiant, à enfiler pour bien paraître.Dominic Tardif | 2 9 L i r e F i c t i o n e u r o p é e n n e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR « Fermer les yeux en les gardant ouverts.» C\u2019est la définition de l\u2019écriture selon Jean-Philippe Toussaint, telle qu\u2019on la retrouve dans L\u2019urgence et la patience (Minuit, 2012).La chose vous semble contradictoire ?Pour ce maître de l\u2019entre-deux et du mot juste, champion du monde junior de Scrabble à 16 ans, il faut croire que oui.M.M.M.M.(pour Marie Madeleine Marguerite de Montalte) réunit au- jourd\u2019hui en une « somme » de 700 pages la tétralogie amoureuse de cet écrivain-cinéaste né à Bruxelles en 1957.« Le Cycle de Marie » trouve ici toute sa cohérence : Faire l\u2019amour (2002), Fuir (2005, prix Médicis), La vérité sur Marie (2009, prix Décembre), puis Nue (2013).Quatre romans qui sont autant de saisons dans la vie de Marie, créatrice de mode, femme d\u2019af faires et ar tiste per formeuse avec laquelle, tant bien que mal, le narrateur forme un couple.Un couple qui balance entre le rire et les larmes \u2014 sur tout les larmes.« Ce qui caractérisait Marie, et rien d\u2019autre, c\u2019était sa faculté d\u2019être en adéquation avec le monde, c\u2019était ces moments où elle se sentait envahie d\u2019un sentiment de joie pure : des larmes, alors, de façon irrépressible, se mettaient à couler sur ses joues comme si elle se liquéfiait de ravissement.» Changement de saison Quatre romans qui sont à la fois mini- malistes et verbo-moteurs, où le réel et l\u2019imaginaire s\u2019entrecroisent avec finesse, à coup d\u2019hésitations simulées, de précision un peu maniaque, de rêveries et d\u2019images fortes.« Ce réseau d\u2019influences multiples, écrivait-il encore dans L\u2019urgence et la patience, de sources autobiographiques variées, qui se mêlent, se superposent, se tressent et s\u2019agglomèrent jusqu\u2019à ce qu\u2019on ne puisse plus distinguer le vrai du faux, le fictionnel de l\u2019autobiographique, se nourrit autant de rêve que de mémoire, de désir que de réalité.» Ils sont au Japon, en Chine, à Paris ou à l\u2019île d\u2019Elbe.Il est hésitant et souvent immobile, elle est plutôt fantasque et capricieuse.Ils s\u2019aiment, se séparent, se retrouvent, le regrettent.Ils existent.À travers cette chronique d \u2019une histoire d\u2019amour contrar iée \u2014 ou d \u2019une rupture qui n\u2019en finit pas \u2014, Jean- Philippe Toussaint joue en virtuose de la tension intérieure.« Les lieux étaient les mêmes, les personnages les mêmes, nos sentiments les mêmes, seule la saison avait changé.» Depuis le début des années 2000, tout comme le narrateur de ses romans, l \u2019écrivain a multiplié les voyages en Chine, où tous ses livres sont traduits \u2014 à l\u2019instar de ceux de Camus, Sartre, Beckett, Robbe- Grillet et Duras.À Pékin, Shanghai, Nankin ou Guangzhou (Canton), il promène ses lubies, ses fantasmes ou ses hésitations.Made in China est d\u2019abord un récit qui se présente comme le making-of d\u2019une vidéo de sept minutes (The Honey Dress) que Toussaint a réalisée dans le sud de la Chine il y a quelques années.Il y adaptait lui- même le prologue de Nue, dans lequel une robe en miel étai t le « point d\u2019orgue » de la collection au- tomne-hiver de Marie.Fascinant personnage Mais c\u2019est aussi un portrait de l\u2019éditeur chinois de Toussaint, Chen Tong, auquel il se sent lié, écrit-il, par « une amitié profonde et inaliénable ».Fascinant personnage d\u2019homme d\u2019af faires touche-à-tout, Chen Tong est l\u2019éditeur des livres d\u2019Alain Robbe-Grillet, fondateur de la librairie Borges à Canton, professeur aux Beaux-Arts, commissaire d\u2019exposition et, ouf, artiste chinois traditionnel.Mais on resterait un peu dans l\u2019anecdotique si la manière de Toussaint n\u2019était pas la même : une écriture sinueuse et ell iptique qui traque sans fin le hasard, l\u2019imprévu, la disponibilité.Et ce petit film, qui a bien failli ne jamais voir le jour, illustre bien sa méthode : «Le sujet de mon livre, c\u2019est le pouvoir qu\u2019a la littérature d\u2019aimanter du vivant.» Comme on attire un essaim d\u2019abeilles, par exemple, en enduisant de miel le corps d\u2019une top-mo- dèle russe.Des propos qui rejoignent Nue, où l\u2019on trouvait aussi une réflexion sur la place du hasard dans la création artistique.Entre le donné et le fabriqué, pour Toussaint, en trois mots, il s\u2019agit avant tout de « romancer le réel ».Voilà qui tombe bien.Et cette écriture qui se commente elle-même en train d\u2019apparaître, comme un artifice que l\u2019écrivain déploie pour faire écran à d\u2019autres faux- semblants, a ses inconditionnels.De la littérature au film et du film à la littérature, Jean-Philippe Toussaint cuisine de petits vertiges enrobés d\u2019un humour pince-sans-rire, où les coups de dés jamais n\u2019abolissent le hasard.De quoi nous inciter à lire sans fermer les yeux.Made in China ?1/2 Jean-Philippe Toussaint, Minuit, Paris, 2017, 192 pages M.M.M.M.?Jean-Philippe Toussaint, Minuit, Paris, 2017, 704 pages Jean-Philippe Toussaint entre tribulations chinoises et réédition du « Cycle de Marie » Dans Made in China, l\u2019écrivain-cinéaste livre un portrait à sa façon de son éditeur chinois « Fermer les yeux en les gardant ouverts.» C\u2019est la définition de l\u2019écriture selon Jean-Philippe Toussaint, telle qu\u2019on la retrouve dans L\u2019urgence et la patience.JOHN MACDOUGALL AGENCE FRANCE-PRESSE Extrait de Made in China «C\u2019est à l\u2019automne 1999 que j\u2019ai fait la connaissance de Chen Tong, il a sonné un jour chez moi à Bruxelles, accompagné de Bénédicte Petibon, dont je semble inventer le nom à l\u2019instant avec facétie, tant ce nom, Bénédicte Peti- bon, semble sorti tout droit de l\u2019immense vivier dont on dispose pour composer les noms des personnages de roman.Mais, aussi loin que je me souvienne, c\u2019était bien là son nom véritable.Ou alors j\u2019invente, mais qu\u2019importe : si on veut que la réalité chatoie, il faut bien la romancer un peu.» L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D L i r e F i c t i o n q u é b é c o i s e 3 0 | ENTREVUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR est chez elle, dans les hauteurs d\u2019une tour d\u2019habitation de L\u2019Île-des-Sœurs à Montréal, que Kim Yaroshevskaya me reçoit par une journée froide et lumineuse de novembre.Malgré les années qui passent, la vieille dame de 94 ans semble avoir conservé intacte sa capacité d\u2019émerveillement.Son rire en cascade, si caractéristique, pourrait être celui d\u2019une gamine.Il a gardé une fraîcheur qu\u2019on dirait éternelle.Aussitôt la porte refermée, quel - ques phrases en russe ont sur elle l\u2019effet d\u2019un sésame puissant.Avant de nous projeter tous les deux, d\u2019un coup, sur l\u2019une des principales artères qui irriguent la place Rouge à Moscou, l\u2019immense rue Tverskaïa où elle vivait en 1934 dans un appartement d\u2019une seule pièce avec sa grand-mère.Créatrice de Fanfreluche, ce personnage de la télésérie jeunesse du même nom diffusée à l\u2019origine entre 1968 et 1971 sur les ondes de Radio- Canada, elle a enchanté \u2014 au sens féerique du terme \u2014 toute une génération avec ses histoires.Pour d\u2019autres, plus tard, elle sera la grand- mère dans la série Passe-Partout.Au théâtre, on l\u2019oublie parfois, elle a joué avec bonheur dans de nombreuses pièces d\u2019Ionesco ou de Tchekhov.Née en 1923 en Union soviétique, Kim Yaroshevskaya fait paraître Mon voyage en Amérique (Boréal), dans lequel elle raconte les circonstances qui l\u2019ont menée de notre côté du monde.Produit dérivé d\u2019une lecture faite au Théâtre de Quat\u2019sous en février 2015, elle raconte dans ce court texte, dont on a fait un beau livre ponctué d\u2019illustrations et de photographies d\u2019archives, les circonstances dans lesquelles elle a quitté Moscou et l\u2019U - nion soviétique en 1934 avant de s\u2019installer à Montréal.Ses parents, raconte-t-elle, étaient des révolutionnaires communistes de la première heure.Ils ont d\u2019ailleurs appelé leur fille en l\u2019honneur de l\u2019Internationale des jeunes communistes, une organisation créée en 1919 dont l\u2019acronyme en russe forme le prénom Kim.Réalité sombre «Après la révolution, c\u2019était un véritable éclatement de liber té, si longtemps étouffée par le tsarisme », se souvient-elle avec un enthousiasme voilé d\u2019un peu de tristesse.Mais rapidement, après la mort de Lénine et la ferme reprise en main du pouvoir soviétique par Staline, la réalité est devenue plus sombre.Son père, qui était trotskiste, a été mis en prison avant d\u2019être relégué à 500 km au sud-est de Moscou, à Voro- nej, où l\u2019on envoyait souvent des prisonniers politiques \u2014 le poète Ossip Mandelstam y a d\u2019ailleurs passé trois années en exil.Sa mère, qui travaillait au gouvernement, est décédée peu de temps après.«Quand ma mère est morte, mon père est venu à Moscou pour me ramener là-bas.Je me souviens surtout que, du côté sombre de l\u2019édifice d\u2019en face, il y avait de la neige pendant tout l\u2019été sur le balcon ! » laisse-t-elle tomber, encore étonnée.Kim Yaroshevskaya dans l\u2019œil de la mémoire Mon voyage en Amérique raconte l\u2019arrivée au Québec de la comédienne de 94 ans et sa découverte du théâtre Créatrice de Fanfreluche, ce personnage de la télésérie jeunesse du même nom diffusée à l\u2019origine entre 1968 et 1971 sur les ondes de Radio-Canada, Kim Yaroshevskaya a enchanté, au sens féerique du terme, toute une génération avec ses histoires.PHOTOS GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR C\u2019 Mon voyage en Amérique Kim Yaroshevskaya, Boréal, Montréal, 2017, 144 pages | 3 1 D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 Sœurs narvals Il y a des changements de saison plus bouleversants que d\u2019autres.Novembre, même si je finis chaque fois par m\u2019y blottir, m\u2019est d\u2019abord un arrachement (la lumière \u2014 toute la lumière, dirait- on \u2014 nous quitte, pour aller on ne sait où).Un jour, j\u2019ai fait cet exercice cruel: calculer combien d\u2019étés restaient, combien de livres à lire, combien de jours de fleuve, avant que je meure, si toutefois je mourais très vieille.Et puis, au bout du calcul se tenait une évidence désormais chiffrée : il n\u2019y en aura pas assez.Cet arrière-au- tomne fragile n\u2019échappe pas aux grandes marées intérieures qui montent en moi à toutes les bascules de calendrier, il est plus chargé que d\u2019ordinaire même, et je tremble, de toutes sortes de sensations mêlées, mal-être et espoir, solidarité, colère, ardeur, agitation, courage.Fatigues.Il fait noir à quatre heures, je cherche la chaleur par tous les moyens, et les vagues libératrices et douloureuses de #MoiAussi qui ont défilé en masse sur mon écran ne sont pas étrangères à cette froidure qui m\u2019enserre le cœur plusieurs fois par jour.Abus, silence, harcèlement Tricotées au vaste mouvement de dénonciations et au légitime ras-le- bol qui a fusé de toutes parts depuis octobre, toutes sortes d\u2019autres injustices s\u2019additionnent à ce qui me reste dans la gorge.Il y a les abus, le silence, le harcèlement.La peur immémoriale.Il y a aussi, parallèlement, inextricablement liée, la longue, longue marche des femmes, qui peinent à ce que leurs vies pèsent enfin leur juste poids aux comptes du temps, des civilisations et des souffrances humaines.Dieu que le chemin est rude.Quand je suis dans cet état, je me mets à construire autour de moi de petites barricades de mots et de matière, question de me refaire une santé tranquille.Je chauffe le camp\u2019.Je fais de la soupe.Je m\u2019enfouis dans l\u2019amitié, je me couvre la gorge, je vais au musée, au théâtre, à la librairie, quérir secours.Plus que tout, dans ces moments-là, je cherche consolation dans les voix de femmes.Devant l\u2019âpreté du réel, ma plus puissante automédication consiste à m\u2019entourer des chants de ma moitié du monde.Et immanquablement, j\u2019y trouve une sorte de paix qui est le contraire d\u2019une abdication.Une paix qui proteste, vibrante et agissante.Un tableau de Joan Mitchell.Un refrain de Kate et Anna McGarrigle.Quelques phrases au hasard des pages sur la table de chevet : « Je voudrais écrire un livre pour dire que\u2026 / ça fait mal les règles de grammaire / que moi aussi je voulais l\u2019emporter.» Par-delà son « moi aussi » Je me raconte que ce n\u2019est pas un hasard si c\u2019est ce livre qui est venu à moi, Moi aussi je voulais l\u2019emporter, de Julie Delporte (Éditions Pow Pow).Ce roman graphique plonge dans les profondeurs des questionnements les plus intimes qui soient, par- delà son «moi aussi » prédestiné à entrer en collision avec l\u2019actualité.Dans une forme très douce, à la fois portée par des dessins d\u2019une délicatesse poignante et une trame faite de fragments d\u2019autofiction, l\u2019au- teure traque un certain féminisme, le sien propre, à la fois concret et extrêmement nuancé.Il y est question notamment de voyages et d\u2019histoires d\u2019amour en pointillé, de solitude constructive, de création, et de modèles féminins.Plus précisément, la figure de Tove Jansson, auteure et artiste peintre finlandaise, traverse tout le livre, accompagnée de ses Moomins (ces petites créatures au large nez vivant dans les forêts de la Finlande).Le livre m\u2019a prise un de ces jours de ciel trop pâle où j\u2019avais besoin de consolation, pour moi et pour les autres, et j\u2019ai du mal à exposer ici à quel point il m\u2019a semblé viser juste, par sa tendresse, ses doutes, ses ellipses, sa simplicité.Dans cette mise à nu d\u2019une dessinatrice qui avoue avoir du mal à tracer la forme de son propre sexe, « tant longtemps [elle n\u2019en a] vu nulle part », c\u2019est la précision du trait, justement, qui m\u2019a touchée au cœur.Une vaste question, un grand vertige traverse tout l\u2019ouvrage : comment la maternité peut-elle s\u2019arrimer à une vie de créatrice ?Une même panique sourde ouvre et ferme le recueil : celle de la possibilité d\u2019une grossesse (pourtant désirée) : «et quand il a joui, je me suis sentie trahie / pas par lui, non\u2026 / par tous les hommes qui laissent les femmes s\u2019occuper seules du corps des enfants».La lecture développe l\u2019empathie, c\u2019est prouvé scientifiquement.Mais il y a aussi parfois de ces livres qui nous ouvrent les bras, et ce sont eux alors qui semblent nous reconnaître.À la fin des voyages de Delporte, l\u2019auteure a dressé pour nous une longue liste d\u2019œuvres de femmes qui l\u2019ont accompagnée.C\u2019est dans cet archipel, aussi, que se construisent les réparations.« [\u2026] et moi, seule sur mon île en Grèce que je parcours à pied\u2026/je suis en train de tomber amoureuse de l\u2019idée d\u2019être une femme.» Moi aussi, ma sœur narval, et c\u2019est aussi grâce à ton chant.Véronique Côté Chronique De son père, qui écrivait et était musicien, Kim Yaroshevskaya va conser ver à jamais le souvenir des contes qu\u2019il lui lisait.« Quelle joie, vraiment ! Toute cette musicalité ! Pouchkine ! » À la mort de son père, après deux années passées dans un foyer pour orphelins, elle est retournée vivre à Moscou avec sa grand-mère paternelle.Incapable d\u2019obtenir un visa des États-Unis pour aller rejoindre ses grands-parents maternels qui vivaient à New York, elle dut plutôt mettre le cap sur Montréal, où vivait déjà une sœur de sa mère, qu\u2019elle n\u2019avait jamais rencontrée.Elle se souvient de s\u2019être rapidement intégrée.Elle habitait alors avec son oncle et sa tante sur l\u2019avenue du Parc, près de la rue Saint-Viateur dans le Mile-End, et fréquentait l\u2019école en anglais.«Les enfants, ça se ressemble partout, les gens sont pareils\u2026» Mais atteinte de tuberculose à l\u2019âge de quinze ans, et malgré sa passion pour l\u2019algèbre, l\u2019adolescente devra aller vivre pendant deux ans dans un sanatorium des Laurentides\u2026 « J\u2019en suis sortie à dix-sept ans, ra- conte-t-elle.Je ne voulais pas retourner à l\u2019école, avec des petits\u2026 Une amie à moi, la sculptrice Anne Ka- hane, fréquentait l\u2019École des beaux- ar ts de Montréal.Qu\u2019est-ce que je pouvais faire?Je suis allée aux Beaux- Arts moi aussi ! Et là : immersion française ! Je me suis fait des amis.Tant de connivences ! Tout de suite la musique, les ar ts\u2026 Et un amoureux ! C\u2019est comme ça que j\u2019ai appris le français », dira-t-elle.« Vite, vite, vite ! Vite !» ajoute-t-elle en fouettant l\u2019air.Si Mon voyage en Amérique évo - que d\u2019abord son arrivée à Montréal, elle y aborde aussi sa découver te du théâtre.Un accident de parcours dans lequel Ambroise Lafortune et l\u2019Ordre de Bon temps, ce mouvement culturel lancé par Roger Varin qui aura entre autres une profonde influence sur les membres fondateurs de l\u2019Hexagone, auront joué un rôle majeur.Le théâtre de Tchekhov, dont elle sera une grande interprète, l\u2019aura particulièrement marquée.Mais on retient surtout que celle qui sera aussi créatrice et scénariste pour le personnage de Fanfreluche a adoré par-dessus tout inventer des histoires.« Ah ! C\u2019est ça que j\u2019aime ! J\u2019aime écrire un texte qui va plaire et le lire aux gens qui l\u2019aiment.Ça, c\u2019est ce que j\u2019aime le mieux au monde!» Elle n\u2019est retournée en URSS qu\u2019une seule fois, motivée par une nostalgie plus forte que tout.C\u2019était en 1965, trente ans après avoir quitté le pays.À cette occasion, la comédienne avoue qu\u2019elle avait même envisagé de ne pas revenir au Canada.«Je travaillais déjà à la télévision.Et je me suis dit, non, chez moi c\u2019est là-bas.Et je suis partie pour peut-être ne pas revenir.J\u2019avais même donné ma vaisselle à Marcel Sa- bourin», se souvient-elle en riant.Le climat en URSS n\u2019était déjà plus le même.Son oncle et ses cousins, à Moscou, ont eu peur de venir la rencontrer.« Ce n\u2019était plus chez moi.L\u2019esprit était complètement différent.C\u2019était devenu plus\u2026 vulgaire, plus inculte on dirait », ajoute-t-elle, avant d\u2019évoquer le You Can\u2019t Go Home Again de l\u2019Américain Thomas Wolfe (roman posthume traduit en français sous le titre de L\u2019ange banni).« J\u2019en suis revenue, comme on dit.» Dans sa bibliothèque, Kim Yaro- shevskaya \u2014 qui vient de relire en russe La guerre et la paix, le chef- d\u2019œuvre de Tolstoï \u2014 me montre avec passion quelques vieux livres parmi lesquels je reconnais Don Qui- chotte et Les trois mousquetaires.Malgré leur couverture élimée, ils scintillent encore à leur manière.Ce sont les livres de son père, en russe, qui ont traversé avec elle l\u2019Atlantique en 1934.Avec la poupée que sa mère avait accepté à contrecœur de lui offrir, ils forment tout son héritage.«On voit mieux avec l\u2019œil de la mémoire, et je le sais bien maintenant \u2014 la caverne aux trésors, c\u2019était la bibliothèque, héritage de mon père», écrit-elle.«Je ne l\u2019avais pas réalisé, ça.Un enfant ne sait pas! Pendant longtemps, on ne fait pas la connexion\u2026 C\u2019est en écrivant ce récit que, tout à coup, les choses me sont devenues évidentes.C\u2019est le miracle de l\u2019écriture.C\u2019est comme un conte, c\u2019est fabuleux tout ça!» ajoute-t- elle à propos de sa propre vie, avant de briser le silence avec une autre salve de son merveilleux rire cristallin.Les enfants, ça se ressemble partout, les gens sont pareils\u2026 KIM YAROSHEVSKAYA » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 L i r e F i c t i o n q u é b é c o i s e 3 2 | CRITIQUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR En février 2007, une Britney Spears au bord de la folie passe moins d\u2019un jour dans un centre de désintoxication de l\u2019île d\u2019Antigua, avant de complètement raser sa tignasse blonde dans un salon de coiffure de la vallée de San Fernando le lendemain.L\u2019image de son crâne dénudé et de son regard hagard scellera dans l\u2019œil du public la disgrâce de la chanteuse.Existe-t-il plus tragiquement américain que la déchéance d\u2019une pop star ayant pendant des années apaisé la culpabilité des pudibonds émoustillés par ses déhanchements d\u2019écolière en leur assurant avoir fait vœu de virginité?Alexis Lauren Hortons, la narratrice de Juicy, a 17 ans.Elle représente la Californie au concours Miss Teen USA et obtient tout ce qu\u2019elle veut grâce à ses talents en matière de sexe oral.Elle avait juré, comme son idole Britney, de patienter et d\u2019offrir sa première fois à celui qu\u2019elle aimerait.Elle se contentera de Gary T-Rex, un des jurés du concours (pensez à un rockeur péroxydé des années 1980), qui l\u2019entraîne dans un gouf fre de drogues et de sexe, avant qu\u2019elle se fasse pincer par la police pour possession de cr ystal meth (ça arrive).« Je n\u2019ai plus d\u2019amies, mais déjà trois cent likes », se réjouit-elle pourtant dans cette caricature signée Mélodie Nelson des contradictions d\u2019une société qui exige de ses stars adolescentes volupté et bienséance.La couverture boule-de-gomme de Benoit Tardif ne témoigne d\u2019ailleurs qu\u2019à moitié du ton de cette satire certes loufoque, mais aussi très glauque, rappelant une fan fiction de la bande dessinée Archie qu\u2019auraient imaginée à quatre mains Ionesco et Chuck Palahniuk (Fight Club).Écrire au marqueur rose bonbon Dans une langue d\u2019une fausse et hilarante candeur camouflant un irrécupérable cynisme, celle qui publiait en 2010 le témoignage Escorte: une autobiographie surligne donc au marqueur rose bonbon l\u2019obsession de notre époque pour les gratifications rapides de l\u2019ego et du corps.Prise dans un tourbillon médiatique, notre Miss Teen dépouillée de son diadème se réinvente en actrice XXX et tente en vain d\u2019apaiser ses angoisses en embrassant les discours plus ou moins nutritifs de la philosophie de pharmacie (Paulo Coelho!), de la musique pop et de la publicité.« Sur mon miroir, j\u2019écris fuck you avec un rouge Chanel, puis fuck you Kate Moss, puis fuck you McDonald, et après je prends une inspiration et j\u2019écris namaste », raconte-t-elle dans un de ces torrents de name dropping qui compliquera la lecture pour quiconque n\u2019a pas récemment feuilleté un magazine à potins ou de mode.Observatrice à la fois admirative et critique de la culture populaire, Mélodie Nelson raille avec un cinglant sens de l\u2019absurde la générosité intéressée des vedettes participant à des œuvres caritatives et la fragilité des relations au temps de l\u2019égopor- trait, mais contemple sur tout, à la lumière du gros trait, la fascination de l\u2019Occident pour la jeune fille hâtivement sexualisée.« J\u2019ai tout fait au moins une fois et je peux recommencer », insiste une Alexis déjà revenue de tout, malgré son âge, manière de dire qu\u2019il est possible de se tenir debout, même à quatre pattes.Déchéance de Miss Teen USA Avec Juicy, Mélodie Nelson renvoie l\u2019Amérique pudibonde à ses contradictions CRITIQUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR La pluie a toujours été l\u2019outil précieux des créateurs de fiction souhaitant souligner (sans trop de subtilité) la tristesse de leurs protagonistes.Rien de plus émouvant, c\u2019est bien connu, qu\u2019un amoureux éconduit offrant aux passants sa mine abattue sous une averse de novembre.L\u2019égocentrique bibitte humaine se plaît visiblement à penser que tout l\u2019univers, même dame Nature, partage son chagrin.C\u2019est ce bon vieux truc qu\u2019emploie \u2014 avec la finesse d\u2019une pluie printanière \u2014 Julien Grégoire dans Météo, son premier recueil de huit nouvelles envisagées comme autant de façons de tuer le temps en compagnie de personnages coincés entre deux étapes de la vie.Mais la pluie, le vent, la neige et la chaleur caniculaire sont moins ici le miroir des états d\u2019âme de ces garçons et filles languides qu\u2019une sorte de rempart se dressant entre eux et le monde, dont ils demeurent en marge.L\u2019œil de la tempête se trouve-t-il derrière ou devant eux ?semblent-ils s\u2019inquiéter.Grâce à une écriture élégamment sagace, l\u2019auteur, né en 1978 à Montréal, nomme avec précision ce sentiment éminemment humain donnant parfois aux éléments des allures de conspirateurs se démenant pour miner notre bonheur et notre quiétude (ce qui est, d\u2019après les scientifiques que nous avons consultés, impossible).Il sait mettre en lumière le soupçon de comique que recèle toujours le désespoir.« Plus les jours avançaient, plus le vent était froid, et quand la fin de l\u2019automne est arrivée, c\u2019était un fouet glacé et incessant », écrit-il dans Le vent, la nouvelle aussi puissante que mystérieuse qui ouvre le livre.« Dès qu\u2019on sortait dehors, on avait l\u2019impression de se faire attaquer, une rage incontrôlable nous prenait au ventre, on cherchait à se défendre, mais tout ce qu\u2019on pouvait faire c\u2019était crier comme des perdus.Au fil des semaines la colère s\u2019enlisait et, comme toute colère contre laquelle on ne peut rien, se transformait en folie.» D\u2019autres textes auscultent davantage l\u2019étrangeté se lovant parfois au cœur du quotidien.Sans exactement flirter avec le fantastique, comme le prétend la quatrième de couverture, ces nouvelles mettent en lumière comment les journées trop brèves de l\u2019hiver ténébreux et celles, suaves et longues, de l\u2019été léger transforment notre rapport à l\u2019espace et au temps.Exemple : un jeune homme à qui on ne s\u2019intéresse habituellement pas tellement rencontre une fille dans une fête.Elle lui demande son numéro de téléphone, puis l\u2019appelle quelques jours plus tard, en l\u2019intimant de venir chez elle la réchauffer.Son corps est complètement frigorifié.Elle dormira tout l\u2019hiver chez le garçon, sans qu\u2019il parvienne à connaître sa véritable identité.(Les pieds bleus, obsédante réflexion sur les mécanismes de la mémoire).Sans jamais rien forcer et en refusant de tout attacher, le nouvelliste accompagne au je des narrateurs masculins et féminins qui peinent à comprendre ce qui leur arrive.Barouettés par un vent sournois, ils aimeraient parfois pouvoir se tourner vers une sorte de météorologue de l\u2019existence, afin de savoir ce qui se profile à l\u2019horizon de leur vie.Prévision à long terme (en forme de vœu) : l\u2019écriture de Julien Grégoire soufflera longtemps sur la littérature québécoise.Le combat de la météo Julien Grégoire fait conspirer les éléments contre ses personnages Météo est le premier recueil de Julien Grégoire.PEDRO RUIZ LE DEVOIR La narratrice de Juicy représente la Californie au concours Miss Teen USA.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Météo ?1/2 Julien Grégoire, Del Busso, Montréal, 2017, 152 pages Juicy ?Mélodie Nelson, Éditions de Ta Mère, Montréal, 2017, 178 pages L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 Du 6 au 12 novembre 2017 La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est propriétaire du système d\u2019information et d\u2019analyse Gaspard sur les ventes de livres français au Canada.Ce palmarès est extrait de Gaspard et est constitué des relevés de caisse de 260 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Gaspard.© BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite.AUTEUR/ÉDITEUR CLASSEMENT PRÉCÉDENT/ NB DE SEMAINE(S) RANG Palmarès Romans québécois Il y aura des morts Patrick Senécal/Alire \u2013/1 Avec un grand A Janette Bertrand/Libre Expression 2/2 Affaires privées Marie Laberge/Québec Amérique 1/3 Le peintre d\u2019aquarelles Michel Tremblay/Leméac 3/2 Les enfants de Mathias Denis Monette/Logiques 4/8 Le grand magasin \u2022 Tome 2 L\u2019opulence Marylène Pion/Les Éditeurs réunis 6/2 Le temps de le dire \u2022 Tome 2 Une vie nouvelle Michel Langlois/Hurtubise 5/3 Blanche Neige L.P.Sicard/ADA 10/7 Danger! Ma belle-mère débarque Catherine Bourgault/Les Éditeurs réunis 7/5 Une simple histoire d\u2019amour \u2022 Tome 2 La déroute Louise Tremblay-D\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean 8/2 Romans étrangers Origine Dan Brown/Lattès 1/6 Une colonne de feu Ken Follett/Robert Laffont 2/9 Petite collection d\u2019os Kathy Reichs/Robert Laffont 3/5 Millénium \u2022 Tome 5 La fille qui rendait coup pour coup David Lagercrantz/Actes Sud 4/10 Trois baisers Katherine Pancol/Albin Michel 5/6 La soif Jo Nesbo/Gallimard \u2013/1 Double piège Harlan Coben/Belfond 6/2 La vengeance du pardon Eric-Emmanuel Schmitt/Albin Michel 8/11 La symphonie du hasard \u2022 Tome 1 Douglas Kennedy/Belfond \u2013/1 Ma mère avait raison Alexandre Jardin/Grasset 7/2 Essais québécois En as-tu vraiment besoin?Pierre-Yves McSween/Guy Saint-Jean 1/56 Petit carnet du rien-pantoute Marcel Sabourin/Planète rebelle \u2013/1 Le banc du temps qui passe.Méditations cosmiques Hubert Reeves/Seuil \u2013/1 Lettres à une jeune entrepreneure Alexandre Taillefer/VLB 4/2 Le peuple brisé Alex Caine | François Perreault/Hugo Doc 3/2 Dans mon livre à moi Olivier Niquet/Duchesne et du rêve 2/2 Bienvenue au pays de la vie ordinaire Mathieu Bélisle/Leméac 5/2 Les angles morts.Perspectives sur le Québec actuel Alexa Conradi/Remue-ménage 7/4 À la table des philosophes Normand Baillargeon/Flammarion Québec \u2013/1 Survivance.Histoire et mémoire du XIXe siècle canadien.Éric Bédard/Boréal \u2013/1 Essais étrangers Sapiens.Une brève histoire de l\u2019humanité Yuval Noah Harari/Albin Michel 1/91 Homo deus.Une brève histoire de l\u2019avenir Yuval Noah Harari/Albin Michel 3/10 Ça s\u2019est passé comme ça Hillary Rodham Clinton/Fayard 2/8 Un bruit de balançoire Christian Bobin/Iconoclaste \u2013/1 Psychothérapie de Dieu Boris Cyrulnik/Odile Jacob 4/3 La vie secrète des arbres Peter Wohlleben/Multimondes 7/34 Dire non ne suffit plus.Contre la stratégie du choc de.Naomi Klein/Lux 5/4 En quête d\u2019alternatives.L\u2019état du monde 2018 Collectif/Découverte 9/2 Requiem pour le rêve américain Noam Chomsky/Climats 6/3 Utopies réalistes Rutger Bregman/Seuil \u2013/1 LES ÉLITES ET LE BICULTURALISME Québec-Canada-Belgique XIXe-XXe siècles Sous la direction de Alex Tremblay Lamarche et Serge Jaumain s e p t e n t r i o n .q c .c a LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC CRITIQUE FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Le titre du premier roman de Jonathan Pedneault, Toi aussi mon fils, pourrait laisser entrevoir l\u2019histoire d\u2019une trahison.Tu quoque mi fili, comme aurait dit César à Brutus, son fils assassin.Mais non ! Derrière ces quatre mots, c\u2019est plutôt sur les traces d\u2019un homme qui fuit que part le primo-romancier, un homme interrompu, traumatisé qui dévoile sa détresse, ses ambiguïtés et sa misanthropie à un fils par l\u2019entremise de carnets laissés derrière lui, après sa disparition.Un récit fort et percutant.Antoine a été reporter de guerre et témoin de l\u2019histoire qui s\u2019écrit au quotidien.Il a fait le Rwanda au temps du génocide, a couvert pour Libé la chute du mur de Berlin.Il a connu la montée des conservateurs en Israël, a fréquenté pour Le Fig\u2019 le Moyen-Orient des extrêmes, celui des frappes aveugles et des explosions soudaines qui ef facent de la surface du globe la présence de ceux qu\u2019on aime.Entre les femmes de sa vie \u2014 Sophie morte avec son amant caméraman en Égypte, et Valérie, la mère de son enfant qui souhaite s\u2019installer avec son nouveau conjoint en Martinique \u2014, Antoine vacille, marqué par la violence et l\u2019enfer de ses passés multiples.Son existence a la forme d\u2019une bombe à fragmentation dont il ne maîtrise pas très bien l\u2019instabilité de chaque composante.Il est en colère et peine à retrouver cette paix intérieure que l\u2019exposition à trop de guer re lui a fa i t perdre.Et les hommes, tout comme les femmes, qui font don de leur corps à la dualité de son orientation sexuelle, tout comme l\u2019envie soudaine de renouer avec sa paternité, n\u2019y changent rien.C\u2019est une fascinante histoire de rapprochement entre Antoine, le père, et Matisse, le fils, par la mémoire et les traces écrites que Jonathan Pedneault, ex-journaliste pigiste en ter rain cahoteux et au- jourd\u2019hui enquêteur des droits de la personne en zone de conflit, raconte ici, dans un roman à la voix double et à la langue cr ue, vulgaire, r u- gueuse, sale et puante.Cette langue de ceux qui ont vu défiler sous leurs yeux une humanité en décomposition.Cette langue qui balise aussi les territoires où l\u2019horreur, le sang et les exactions ne permettent plus à l\u2019espoir de pousser.Avec sa déferlante de « tarlouze », de « pouffiasse » et de « trop grave », le ton est plutôt franchouillard, mais sied parfaitement au journaliste parisien, figure centrale de ce récit, que Jonathan Pedneault évite de faire sombrer dans la caricature en maintenant sur un fil tendu toute la violence du regard qu\u2019il pose sur le monde autour de lui.« Je rêve d\u2019un monde dur, froid, brillant et sincère », écrit Antoine depuis Berlin Ouest, alors que le Mur vient de tomber.«D\u2019un monde dénué de ces sentiments à la con, qui ne sont que des lubrifiants sociaux réservés aux efféminés de cette planète qui croient sans y réfléchir que nous avons besoin les uns les autres.» Toi aussi mon fils a un souffle fort, celui d\u2019une déflagration produite par cette ogive littéraire lancée à la face de l\u2019humanité.L\u2019homme qui fuit Jonathan Pedneault signe un premier roman percutant Le livre a le souffle fort, celui d\u2019une déflagration produite par une ogive littéraire lancée à la face de l\u2019humanité.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Toi aussi mon fils ?1/2 Jonathan Pedneault, Éditions XYZ, Montréal, 2017, 360 pages CRITIQUE MICHEL LAPIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR a première biographie digne de ce nom de Lionel Groulx (1878-1967) a toutes les qualités d\u2019un ouvrage sérieux, érudit, exhaustif et pondéré, à l\u2019exception du sous-titre: Le penseur le plus influent de l\u2019histoire du Québec.Peut-on être plus groulxiste que Groulx ?La question nous brûle alors les lèvres.Une autre, plus terrible, nous assaille: peut-on être groulxiste aujourd\u2019hui ?Les réponses se cachent dans la connotation sulfureuse du terme «nationaliste».Consciencieux, l\u2019auteur de la monumentale biographie, Charles-Philippe Courtois, spécialiste de l\u2019histoire intellectuelle du Québec, établit dans l\u2019avant-propos que, « en tant que prêtre, Groulx n\u2019a jamais voulu s\u2019engager directement en faveur d\u2019une option constitutionnelle spécifique à proposer dans un programme politique ».Il signale que l\u2019historien a toutefois estimé, dans Notre avenir politique (1923), que la « Confédération canadienne paraît s\u2019en aller inévitablement vers la rupture ».Le même livre dirigé par Groulx va jusqu\u2019à faire allusion à la possibilité pour le Québec « de prendre place dans le monde international en qualité d\u2019État souverain français d\u2019Amérique ».Mais curieusement, le souhait ne s\u2019exprime pas au nom du principe des nationalités, au nom de ce qu\u2019on appellera aussi la libération nationale, le droit des peuples à disposer d\u2019eux-mêmes ou l\u2019idée de décolonisation.Il s\u2019appuie plutôt sur le nationalisme, terme si ambigu, très présent dans le Québec de l\u2019époque.Une biographie ressuscite Lionel Groulx L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 L i r e E s s a i q u é b é c o i s 3 4 | En accompagnant Lionel Groulx pendant les 500 pages que lui consacre Charles-Philippe Courtois dans Lionel Groulx.Le penseur le plus influent de l\u2019histoire du Québec (L\u2019Homme, 2017, 584 pages), j\u2019ai souvent pensé à Pierre Falardeau, qui l\u2019aimait bien.Les deux hommes, malgré leurs évidentes différences, notamment langagières et religieuses, se ressemblent beaucoup.Tous les deux effrontés, militants et tribuns, ils partagent une obsession pour la libération nationale de leur peuple colonisé depuis 1760, combat central par rapport auquel toutes les autres causes apparaissent non pas inutiles, mais secondaires.Groulx, à plusieurs reprises, parle de sa «passion de l\u2019autonomie», et on comprend, à lire Courtois, qu\u2019il est indépendantiste, mais se retient de le dire sans détour, même s\u2019il ira souvent loin en ce sens, étant donné «l\u2019attitude qu\u2019un prêtre doit adopter face à l\u2019ordre établi».Son autonomisme prend le pas sur son conservatisme, raison pour laquelle il défend les patriotes de 1837-1838 et se méfie de Duplessis, qu\u2019il trouve opportuniste.De la même manière, chez Fa- lardeau, l\u2019indépendantisme a la priorité sur les idées de gauche, ce qui explique que le cinéaste n\u2019hésitait pas à défendre Groulx et à critiquer sévèrement un parti comme Québec solidaire.Le héros contesté «Voici un témoin inquiétant venu du passé», écrivait Fernand Dumont, en 1978, en ouverture d\u2019un texte dans lequel il cherchait à établir «en quoi l\u2019œuvre de Lionel Groulx parle encore à notre aujourd\u2019hui».S\u2019il reconnaît que la pensée de l\u2019auteur de Notre maître, le passé est à bien des égards dépassée, Dumont finit néanmoins par rendre hommage à Groulx, qui nous a légué «la volonté de travailler à maintenir les communautés précaires où les hommes croient que l\u2019histoire est leur héritage et leur défi, eux-mêmes».Grande figure intellectuelle cana- dienne-française de la première moitié du XXe siècle, héros de la jeunesse lettrée des années 1930, Groulx est devenu sulfureux dans les années 1990.L\u2019homme, disait-on, aurait été raciste, voire cryptofasciste.Dans l\u2019indispensable anthologie des textes de Groulx qu\u2019il publiait en 1998 dans la collection «Bibliothèque québécoise», l\u2019historien Julien Goyette, sans laver Groulx de tout soupçon, déplorait cet esprit de procès.«Écrire sur Groulx comporte aujourd\u2019hui sa part d\u2019inconfort, notait-il.La moindre ligne à son sujet suffit, en effet, à nous propulser dans la sphère de la polémique.Célébrer sa mémoire \u2014 et ce même de façon critique \u2014 tient presque de la provocation, l\u2019écorcher étant davantage dans l\u2019air du temps.» Ce malaise explique probablement la raison pour laquelle il aura fallu attendre 50 ans après la mort de Groulx pour pouvoir enfin lire sa première vraie biographie.L\u2019historien Charles- Philippe Courtois, souvent identifié au camp des intellectuels nationalistes conservateurs dans les débats actuels, a réalisé un travail colossal en menant cette biographie à terme.L\u2019œuvre de Groulx est gigantesque, polymorphe (œuvres littéraires, ouvrages savants d\u2019histoire, essais de vulgarisation, correspondance importante, mémoires volumineux), se déploie sur plus de 50 ans et s\u2019inscrit dans un contexte historique agité par une crise économique majeure et deux guerres mondiales.C\u2019est donc une riche épopée que raconte, avec la rigueur qui s\u2019impose et dans un style limpide, Charles-Philippe Courtois.Les sujets qui fâchent Le biographe, de toute évidence, aime et admire son personnage.Il n\u2019évite pas les sujets qui fâchent, mais finit toujours par absoudre l\u2019accusé, avec force citations à l\u2019appui.Ainsi, il reconnaît que Groulx a parfois exprimé «méfiance et préjugés» envers les Juifs, mais précise aussitôt qu\u2019il s\u2019est clairement opposé à l\u2019antisémitisme.Groulx, continue-t-il au sujet des accusations de fascisme, a souvent souhaité voir apparaître un chef providentiel pour le Canada français, mais, «en pratique, [il] placera ses espoirs en des modérés comme Paul Gouin et Maxime Raymond».Le prêtre-histo- rien, de plus, aurait été favorable à l\u2019éducation et au droit de vote des femmes, aux grévistes d\u2019Asbestos en 1949 et à la nationalisation de l\u2019hydro- électricité, avant de défendre un conservatisme chagrin, dans son grand âge, au moment de la Révolution tranquille.En 1978, dans le journal Le Jour, l\u2019essayiste de gauche Pierre Vadeboncœur redisait son admiration pour le chanoine militant.«Aujourd\u2019hui, Groulx, pour moi, c\u2019est tout de même un homme qui portait le pays dans son âme, écrivait-il.Il lui a donné tout ce qu\u2019il a pu.Les politiciens traditionnels le détestaient.Il n\u2019a pas fait une seule concession sur ce qu\u2019il tenait pour vrai.[\u2026] Pour d\u2019autres raisons, son personnage, dans l\u2019histoire, manque peut-être de séduction.Mais si on sait ce que c\u2019est qu\u2019un homme, Groulx fut une figure admirable.» Ça devrait pouvoir se dire sans créer de polémiques.Groulx au-delà de la polémique Louis Cornellier Chronique L Une question nous assaille : peut-on être groulxiste aujourd\u2019hui ?DOMAINE PUBLIC Ces mots qui pensent à notre place ?Patrick Moreau, Liber, Montréal,2017, 274 pages Authenticité.Accommodements raisonnables.Créativité.Flexibilité.Genre.Nationalisme ethnique.Confiance.Écosystème\u2026 Doit-on se méfier de tous ces mots et locutions qui émergent et se répandent dans l\u2019espace discursif du présent dans une banalité faussement inoffensive?Oui, répond le professeur de littérature et rédacteur en chef de la revue Argument, Patrick Moreau, dans cet essai percutant qui recense plusieurs de ces mots et concepts composant cette «novlangue qui nous aliène», selon lui.Loin d\u2019être neutres, ces mots et locutions imposent une certaine lecture de la réalité dont l\u2019influence est insidieuse sur les esprits critiques, expose l\u2019essayiste.Pilules ou « minuscules doses d\u2019arsenic » ?Drogue ou poison ?Ces mots nouveaux « sont à la fois l\u2019objet d\u2019une manipulation et l\u2019enjeu d\u2019un conflit qui demeure largement inconscient », écrit-il en traçant les contours idéologiques de ce lexique en mutation, « champ de bataille où seuls les tireurs embusqués (experts ès communications) ont conscience de participer à un combat, tandis que les personnes visées (les locuteurs naïfs) n\u2019aperçoivent même pas les projectiles qui bourdonnent à leurs oreilles ».Fabien Deglise | 3 5 L i r e E s s a i L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 À paraître en 2018 Le grand retour de Douglas Kennedy un roman d\u2019une ampleur inédite, quelque part entre Les Charmes discrets de la vie conjugale et La Poursuite du bonheur.ESSAI QUÉBÉCOIS Le mot trouve son prestige intellectuel dans l\u2019usage qu\u2019en a fait, en France, une droite qui, altière, volontiers belliciste, impérialiste et colonialiste, sert de modèle ici à nos conservateurs avides de culture hexagonale.Cette droite française qui ressemble à son équivalent britannique, conspué ironiquement par ceux qui se parent chez nous du qualificatif emprunté de nationalistes, n\u2019a, hélas, rien à voir avec les aspirations du peuple aussi dominé qu\u2019appauvri auquel Groulx, né d\u2019un père illettré, fait partie.La distinction fondamentale entre le nationalisme propre aux puissances hégémoniques et le désir de libération nationale chez les peuples asservis échappe à Courtois, qui reste impuissant à expliquer pourquoi le groulxisme sonne faux, dès les années 1950, à la nouvelle génération tant soit peu conscientisée.Par bonheur, le souci d\u2019exactitude du biographe compense sa naïveté lorsqu\u2019il souligne, par exemple, l\u2019appui de Groulx aux grévistes d\u2019Asbestos en 1949, victimes d\u2019une « industrie meurtrière ».Courtois ne cache pas l\u2019orgueil de Groulx qui juge ses supposés disciples, Guy Frégault, Michel Brunet et surtout Maurice Séguin, indignes de moderniser sa pensée historique.À son insu, sa savante biographie a quelque chose d\u2019un réquisitoire inconscient contre Groulx pour qui sait la lire avec le sens de l\u2019humour et avec lucidité.Lionel Groulx Le penseur le plus influent de l\u2019histoire du Québec ?1/2 Charles-Philippe Courtois, Éditions de l\u2019Homme, Montréal, 2017, 584 pages V I T R I N E D U L I V R E L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 L i r e Po l a r 3 6 | ENTREVUE MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR Imaginez le pire des scénarios catastrophes : 95 % de la population de la planète a été éliminée par un virus foudroyant.Partout : rien, personne, ou presque.Nous sommes « après la Fièvre », mais surtout dans L\u2019année du lion de Deon Meyer, écrivain sud- africain joint par Le Devoir à Paris, il y a quelques jours, pour qu\u2019il nous parle de son nouveau monde\u2026 « Le futur de l\u2019humanité est une énorme question qui me préoccupe beaucoup», explique Meyer, dont le livre est sorti cette semaine au Québec.« Je pense que les humains forment une espèce qui survivrait probablement à une catastrophe globale\u2026 parce qu\u2019ils ont déjà démontré qu\u2019ils pouvaient survivre au pire.Mais j\u2019ai voulu voir comment ils s\u2019y prendraient s\u2019il fallait repartir à zéro.Est-ce qu\u2019il est possible de régler les problèmes d\u2019inégalités sociales qui nous ont menés où nous en sommes ?De cesser de détruire l\u2019environnement en menaçant la survie même de la vie sur la planète?» Rien laisser au hasard L\u2019écrivain précise qu\u2019il n\u2019a pas voulu par tir d\u2019une catastrophe nucléaire comme dans La route de Cormack McCarthy : «Je souhaitais que les survivants se retrouvent dans un monde viable pour leur donner toutes les chances.» Pas de changements climatiques, de pollution, d\u2019inégalités, de problème des réfugiés ou de dérives politiques et commerciales non plus.Il n\u2019y a plus rien de tout cela puisque plus rien ne fonctionne.Le monde est vide.Le compteur est à zéro.Quelque part en Afrique du Sud, un homme et un garçon de 13 ans, Willem Storm et son fils Nico, roulent dans un gros camion remorque en faisant provisions de denrées, de livres et d\u2019armes diverses dans toutes les villes vides qu\u2019ils traversent.Dans ce nouveau monde dominé par les prédateurs, il ne faut rien laisser au hasard et penser à tout.D\u2019autant plus que Willem Storm veut regrouper les sur vivants de ce coin du monde et fonder une communauté autour des notions d\u2019égalité et de liberté, comme il l\u2019explique d\u2019ailleurs dans la brochure qu\u2019il laisse partout sur leur passage.Peu à peu, au fil des années, la petite communauté d\u2019Amanzi va se construire autour d\u2019eux, le père humaniste et visionnaire et le fils qui raconte l\u2019histoire beaucoup plus tard.Deon Meyer, que l\u2019on connaît surtout pour ses intrigues policières, pour ses personnages typés et pour le souffle et le rythme irrésistible de son écriture, raconte qu\u2019il a vécu avec L\u2019année du lion pendant cinq ans avant de se mettre à l\u2019écrire en quinze mois.Entre deux aventures de son inspecteur Benny Griessel, il a trouvé important de convier ses lecteurs à réfléchir sur la situation du monde trouble dans lequel nous vivons.Et il a changé de registre.Complètement.«Mes intrigues policières se déroulent habituellement dans un laps de temps assez court, poursuit-il.Ici, le récit se développe sur une période de cinq ans : jamais je n\u2019avais vu aussi large, mais l\u2019ampleur du sujet imposait une telle perspective\u2026 Tout le livre est dans cette préoccupation: est-il possible de construire une communauté sans inégalités, sans fanatisme religieux et respectueuse de l\u2019environnement?» À l\u2019autre bout du fil, la voix du romancier se fait plus ample sur fond de consonnes cassantes et de roulement de «r».Il précise ne pas vouloir transmettre de «message».Il dit que la réalité est trop complexe pour imposer des solutions simplistes à tout, mais qu\u2019il devient urgent que l\u2019humanité trouve sa voie («come together»).« Je pense qu\u2019il est important que chacun de nous s\u2019interroge sur les effets directs des changements climatiques et sur le sort que nous faisons subir à la planète.Il n\u2019y a évidemment pas de réponse simple \u2014 même dans un monde nouveau! \u2014 mais l\u2019urgence de la situation est très préoccupante.Il faut que nous réfléchissions ensemble sur la véritable nature de l\u2019humanité, sur les inégalités et sur notre façon d\u2019interagir les uns avec les autres.La catastrophe planétaire menace à tout moment : arrêtons-nous un instant et réfléchissons sérieusement à ce que nous sommes en train de faire.» Le romancier constate lui aussi que les solutions proposées aujourd\u2019hui ne fonctionnent pas et qu\u2019il faudra bien trouver des réponses avant que certains n\u2019imposent les leurs\u2026 comme dans son intrigue particulièrement tordue.Dans son histoire, l\u2019après-Fièvre semble d\u2019ailleurs remplie d\u2019espoir.Il y a bien des heurts et des affrontements avec des bandes de pillards, mais la petite communauté prospère peu à peu grâce à la vision de son créateur, au travail de ses membres et à la vigilance de ses défenseurs.Jusqu\u2019au choc des 50 dernières pages, qui confirme que Deon Meyer n\u2019est pas du genre à se gaver d\u2019illusions.«Je vis dans un pays qui a connu un nouveau départ avec la fin du régime de l\u2019apartheid et l\u2019arrivée de Nelson Mandela.Mais cela n\u2019a pas suffi puisque l\u2019Afrique du Sud est toujours déchirée par les inégalités et la corruption.«La très large majorité des Sud-Africains souhaiteraient un autre nouveau départ ; l\u2019espoir est toujours présent, mais il est de moins en moins intense.Amanzi, c\u2019est ce nouveau départ, une communauté dans laquelle tout le monde contribue puisque la seule façon de survivre est de se serrer les coudes.«C\u2019est vrai pour Amanzi.C\u2019est vrai pour l\u2019Afrique du Sud.Et c\u2019est vrai pour tous les pays du monde puisque les changements climatiques vont créer de plus en plus de vagues de réfugiés sur la planète.Le temps est venu de réévaluer ensemble ce qui se passe!» Explorer le nouveau monde selon Deon Meyer L\u2019écrivain sud-africain invite à réfléchir sur la véritable nature humaine Le futur de l\u2019humanité est une énorme question qui préoccupe beaucoup Deon Meyer.ERIC CABANIS AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019année du lion Deon Meyer, traduit de l\u2019afrikaans et de l\u2019anglais par Catherine Du Toit et Marie- Caroline Aubert, Seuil, Paris, 2017, 640 pages Je pense que les humains forment une espèce qui survivrait probablement à une catastrophe globale\u2026 parce qu\u2019ils ont déjà démontré qu\u2019ils pouvaient survivre au pire DEON MEYER » | 37 A r t s v i s u e l s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 CRITIQUE MARIE-ÈVE CHARRON COLLABORATRICE LE DEVOIR L\u2019artiste mohawk Skawennati connaît une année exceptionnelle grâce à la présentation de son travail sur des tribunes variées.Encore deux expositions lui font la part belle, avec cette fois la particularité de mettre l\u2019accent sur le caractère militant et éducatif de sa production, permettant dès lors d\u2019en avoir une perception enrichie.Les contextes de dif fusion l\u2019af fir- ment sans ambages avec l\u2019« exposi- tion-forum », présentée à la galerie universitaire Leonard & Bina Ellen, et l\u2019« exposition jeunesse », un genre développé sur mesure depuis 2013 par Vox.Ensemble, les expositions font ressortir 20 ans de pratique dédiés à faire une place aux autochtones dans la cyberculture et à s\u2019approprier de façons novatrices les outils numériques autrement accaparés par l\u2019industrie du jeu vidéo et des environnements virtuels.D\u2019emblée technophile, avec un enthousiasme qui pourra cependant passer pour excessif, l\u2019ar tiste propose des œuvres déboulonnant l\u2019histoire coloniale, des uchronies créées sur des plateformes numériques qui favorisent la participation d\u2019internautes.Personnages historiques (Kateri Tekakwitha, par exemple) et avatars, celui de Skawennati ou des autres, évoluent ainsi dans ce qu\u2019elle appelle ses « machinimas », des vidéos d\u2019animation réalisées sur la plateforme de réalité virtuelle Second Life et dont les épisodes sont, entre autres, regroupés sous le titre TimeTravelerTM.Futurs autochtones TimeTravelerTM (2008-2013) est de loin la production la plus connue de l\u2019artiste, qui fut notamment révélée à la Biennale de Montréal en 2014, L\u2019avenir / Looking Forward.D\u2019où le mérite de l\u2019exposition Combler les espaces vides, présentée à Concordia, qui permet de dévoiler l\u2019arrière-plan consistant qui accompagne cette œuvre.L\u2019exposition retrace 20 ans d\u2019engagement (projets interactifs, recherches, conférences) ancré en grande partie dans une collaboration de l\u2019artiste avec Jason Edward Lewis (d\u2019origines Cherokee, Kanaka Maoli, Samoan), comme le souligne une animation du duo dans le vestibule de la galerie.Bien plus que leurs réalisations, l\u2019exposition présente aussi les contributions de collectifs et d\u2019artistes autochtones ainsi que des jeux vidéo conçus lors d\u2019ateliers dans les écoles de Kahnawake.Précurseur, le projet collectif Cyber- PowWow (1997-2004) por tait en germe ce qui caractérise Aboriginal Territories in Cyberspace (AbTeC), la plateforme qui a pris le relais en 2005 et qui se veut un réseau international pour les arts médiatiques où peut s\u2019affirmer un imaginaire du futur par les autochtones.Sortir les traditions orales de l\u2019oubli, défaire l\u2019image stéréotypée de l\u2019autochtone identifié à la sauvage nature sont ainsi les objectifs des activités à la dimension artistique parfois rendue secondaire.Fiction fantaisiste Ne pas sacrifier la dimension artistique, c\u2019est le défi que s\u2019est donné Vox en développant ses expositions jeunesse, un genre plutôt rare en arts visuels.Skawennati (avec AbTeC) est la troisième artiste à se prêter à l\u2019exercice, un choix tout indiqué considérant l\u2019ensemble de sa pratique.L\u2019animation vidéo diffusée au sein d\u2019une structure rappelant les maisons longues iroquoises ne déroge pas de son travail habituel, déjà empreint de candeur et composé d\u2019une imagerie colorée marquée par des maladresses techniques volontaires.L\u2019installation donne à penser qu\u2019il n\u2019y a pas que les ateliers éducatifs esquissés pour eux qui feront le bonheur des jeunes de 5 à 11 ans.N\u2019importe qui pourrait aussi se laisser séduire par cette fiction fantaisiste qui se déroule en 3025 dans un monde pacifié et post-racial peuplé de cyborgs.Ces derniers n\u2019ont sans doute pas le mordant radical des figures ironiques théorisées par la féministe Donna Haraway, mais font sourire grâce aux situations cocasses qui arrivent durant leur voyage dans le temps.Owerà:ke Non Aié:nahne (Combler les espaces vides) Un projet de Jason Edward Lewis et Skawennati.À la galerie Leonard & Bina Ellen jusqu\u2019au 4 décembre.Teiakwanahstahsontéhrha\u2019 (Nous tendons les perches) De Skawennati.À Vox, à Montréal, jusqu\u2019au 20 janvier.Cyberculture et imaginaires autochtones L\u2019art de Skawennati révélé dans ses dimensions militante et éducative Skawennati, Becoming the Peacemaker (Iotetshèn:\u2019en) à gauche et (Tekanawí:ta) , à droite, machinima- graphie tirée du Retour du Pacificateur, 2017.Nous tendons les perches, une expo jeunesse.VOX, CENTRE DE L\u2019IMAGE CONTEMPORAINE C U L T U R E Jalons d\u2019une année faste pour Skawennati L\u2019année 2017 a commencé en lion pour Skawennati qui a présenté en solo Le monde de demain, chez Oboro, avec les images et les figurines de son avatar, décliné de la stéréotypée Barbie, et sa machi- nima She Falls for Ages.Les épisodes notoires de son Time- TravelerTM ont quant à eux été greffés à l\u2019exposition en ligne Uchronia What if ?, concoctée par le Laboratoire NT2 de l\u2019UQAM \u2014 féru des récits en arts hypermédia- tiques \u2014, qui avait sa vitrine dans l\u2019exposition de groupe HyperPavi- lion à la Biennale de Venise cet été.Des images tirées de ses animations dans Second Life font partie de l\u2019exposition de groupe Focus : art médiatique et cinétique, en cours chez Ellephant, la galerie montréalaise qui la représente.Jusqu\u2019au 17 décembre au 1201, rue Saint-Dominique.D\u2019emblée technophile, l\u2019artiste propose des œuvres déboulonnant l\u2019histoire coloniale, des uchronies créées sur des plate- formes numériques qui favorisent la participation d\u2019internautes L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e A r t s v i s u e l s Dans le cadre de l\u2019événement-bénéfice 30 ANS DÉJÀ ! Dimanche 19 novembre à 15 h Salle Bourgie 18 $ à 34 $ - 514 285 2000 # 4 Événement-bénéfice 200 $ - 514 843 5881 ideesheureuses.ca BACH ET GRAUPNER RÉUNIS Laura Andriani Geneviève Soly L\u2019ensemble des Idées heureuses Concert sallebourgie.ca @ R .E t c h e v e r r y @ D .R .M O N U M E N T N AT I O N A L .C O M / 514.871.2224 B O R E A D E S .C O M / N I C A N D R O - E - F I L E N O NICANDRO E FILENO « L\u2019A M O U R M A L G R É L U I ! » M O N U M E N T N AT I O N A L 1182 B O U L .S T- L A U R E N T M O N T R É A L , Q C H 2 X 2 S 5 C R É D I T H U G O B .L E F O R T O P É R A PA S T O R A L D E PAO L O L O R E N Z A N I J E U D I 23 N O V E M B R E 2017 CRITIQUE JÉRÔME DELGADO LE DEVOIR Quelques étages en dessous de l\u2019exposition Il était une fois\u2026 le western, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) présente, dans le même pavillon, la juste contrepartie, intitulée Elles autochtones.En haut, les figures masculines dominent, le passé se met au service de la création et le cliché de l\u2019Indien ser t la cause du héros blanc.En bas, les ar tistes sont des femmes et celles-ci interpellent l\u2019histoire et les références amérindiennes sans les exploiter.Axé exclusivement sur l\u2019art contemporain, autre différence notoire avec Il était une fois\u2026 le western, le programme Elles autochtones se décline en acquisitions d\u2019œuvres (de Maria Hupfield et de Rebecca Belmore) et en expositions.Le moment for t de cette saison vient d\u2019être inauguré : l\u2019expo Tout ce qui reste, de la Mont- réalaise Nadia Myre.Sous le commissariat de Geneviève Goyer-Ouimette, conser vatrice de l\u2019art québécois et canadien contemporain, le MBAM offre à Nadia Myre sa plus importante exposition muséale.Active depuis 20 ans, l\u2019artiste a eu son lot d\u2019honneurs et de récompenses (notamment le prix Sobey en 2014), mais elle n\u2019avait jamais eu droit à une telle rétrospective.Concise et pourtant vaste, Tout ce qui reste réunit, en cinq corpus et un peu plus, toute l\u2019amplitude de l\u2019univers de Nadia Myre.Son exploration des matériaux et des moyens \u2014 elle fait de la sculpture, de la vidéo, de la photo \u2014, son travail en collaboration, ses références historiques, évocations autant d\u2019un passé politique que de rituels ancestraux, son langage codé et abstrait, 2D comme 3D\u2026 Tout y est.Nom d\u2019une pipe Politisé et poétique, l\u2019ar t de Myre trouve une belle résonance dans la plus récente série Permutation de code / Code Switching (2017), basée sur des photographies grand format d\u2019objets surdimensionnés.Les images reposent sur la collecte, la réappropriation et le détournement de sens, modes opératoires caractéristiques de sa signature.Le hasard a mené Nadia Myre sur le chemin de pièces en céramique, qu\u2019elle a trouvées sur le bord de la Tamise, en Angleterre.Une fois qu\u2019elle a constaté qu\u2019il s\u2019agissait de fragments de pipes de fabrication industrielle, elle s\u2019en est servie pour réaliser Permutation de code / Code Switching.La pipe (ou le tabac) redevient alors le symbole d\u2019échanges qui ont jadis rapproché peuples autochtones et premiers colons.Un rapprochement, ultimement, qui a surtout bénéficié aux seconds, comme on le sait.Plutôt que de tomber dans le ton accusateur, ou descriptif, Nadia Myre demeure ambiguë.Tout ce qui reste parle, oui, de mémoire et d\u2019oubli, sans chercher à réparer les pots cassés \u2014 Permutation de code / Code Switching sacralise presque la ruine.L\u2019expo dresse le constat que ces cultures ancestrales, bien qu\u2019émiettées, peuvent se reconstruire par elles-mêmes, et par le biais des pratiques actuelles.L\u2019œuvre phare de Nadia Myre, Indian Act (2000-2002), demeure dans ce sens emblématique.Le tissage rouge et blanc de perles qui couvre le texte de loi appelle à faire taire un document qui était destiné à assimiler les Premières Nations.Le MBAM présente près de la moitié des pages sur lesquelles Myre et ses acolytes sont intervenues.La relecture apaisante de Nadia Myre Avec Elles autochtones, le MBAM propose un discours aux antipodes du western Nadia Myre, Permutation de code / Code Switching (Cercle), 2017 CARCC ET ART MÛR | 3 9 C u l t u r e A r t s v i s u e l s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 SUR LE RADAR Un urinoir pour une femme Cette année, ce furent les 100 ans du ready-made Fountain, simple urinoir, création refusée lors de l\u2019exposition de la Société des artistes indépendants à New York en avril 1917.Et cet objet élu en 2004 par un panel de spécialistes anglais comme étant l\u2019œuvre la plus influente du XXe siècle est au cœur du no 127 de la revue Inter art actuel.Michaël La Chance y signe un passionnant opuscule \u2014 annoté par André Gervais \u2014 qui retrace la chronologie de ce qui est arrivé à ce pissoir.Intitulé Les nouvelles fables de Fountain, il suit à la trace les péripéties qui ont entouré cet objet et sa consécration.L\u2019information voulant que ce ne soit pas Duchamp qui « fit » cette œuvre, mais plutôt son amie la baronne Elsa von Freytag-Loringhoven (1874-1927) n\u2019est pas nouvelle, mais La Chance l\u2019analyse comme une enquête policière.Il conclut avec une certaine ironie que la dernière œuvre énigmatique de Duchamp \u2014 Étant donnés (1946-1966) \u2014, montrant «une femme allongée qui tient un bec de gaz allumé», n\u2019est en aucun cas reliée au décès de la baronne par « intoxication au gaz dans son appartement»\u2026 Nicolas Mavrikakis Un Carré circulaire La force de l\u2019expo passe par sa scénographie.Le Carré d\u2019ar t contemporain, salle carrée comme son nom l\u2019indique, semble lui aussi avoir perdu sa forme rigide et autoritaire.La teneur cyclique, voire circulaire, de ce qui est exposé en est pour quelque chose.Les cibles Meditation (2013 ou 2017) fonctionnent comme des appâts visuels, sur lesquels les yeux s\u2019arrêtent constamment.La présentation est exempte d\u2019ailleurs d\u2019un parcours nar ratif.Les œuvres sur les murs et au sol ne se succèdent pas ; elles donnent l\u2019impression de surgir sur le même plan, au même moment.Cette absence de hiérarchisation, ou de progression, est typiquement autochtone, croirons-nous.Elle incite à une expérience presque mystique avec les œuvres \u2014 sobres et sur fond noir, en majorité.Le calme est de mise, malgré la violence abordée par certaines propositions.L\u2019opposition entre souffrance et apaisement est au cœur de la série Oraison (2014-2017), composée d\u2019images, d\u2019une installation cinétique, d\u2019une autre\u2026 olfactive, ainsi que d\u2019éléments sonores, ceux-ci absents au Carré d\u2019art contemporain.Dans la seule vidéo de l \u2019expo, Wish (2002), l\u2019image qui est donnée à voir s\u2019apparente à une incision verticale, un mouvement central qui casse en deux l\u2019écran blanc.Le sujet représenté, un rituel dansant comme celui qu\u2019évoque autrement Maria Hupfield, demeure en bonne partie illisible, comme si le référent était sur le point de disparaître de la mémoire collective.Le souhait de Nadia Myre, sans doute, est d\u2019en garder au moins une trace.Difficile de ne pas lire cette œuvre dans le contexte actuel, où nos sociétés sont de plus en plus confrontées à des réalités jusque-là occultées, comme la disparition des femmes autochtones ou les abus de nature sexuelle des hommes de pouvoir.Des stigmates, des blessures, des traces douloureuses, c\u2019est par fois tout ce qui reste.Au regard de ce que la culture western a fabulé, et coloré pour les besoins du spectacle, c\u2019est déjà un effort noble et louable que de déterrer ne serait-ce que des fragments en céramique pour rappeler un monde d\u2019injustices.La mode est à la réconciliation.Faudrait encore que les musées intègrent davantage dans leurs af faires courantes les voix comme celles de Myre et de ses consœurs d\u2019Elles autochtones.Le MBAM fait un premier pas.Il en faudra sans doute d\u2019autres et autant que possible ailleurs que dans les seuls espaces souterrains.Tout ce qui reste \u2014 Scattered Remains Nadia Myre, au Musée des beaux-arts de Montréal, jusqu\u2019au 27 mai.Vue de l\u2019exposition de Nadia Myre, Tout ce qui reste \u2014 Scattered Remains DENIS FARLEY Active depuis 20 ans, l\u2019artiste a eu son lot d\u2019honneurs et de récompenses, mais elle n\u2019avait jamais eu droit à une telle rétrospective AGENCE FRANCE-PRESSE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e Té l év i s i o n 4 0 | ANALYSE MANON DUMAIS LE DEVOIR ue l\u2019on soit un cinéaste établi à Hollywood ou un obscur réalisateur indépendant, il devient de plus en plus difficile d\u2019obtenir du financement pour un film.Avec l\u2019apparition des plateformes numériques, qui carburent aux séries originales, il n\u2019est donc pas surprenant que certains d\u2019entre eux, et pas les moindres, se tournent résolument vers le format série télé.On ne saurait le leur reprocher puisque les cinéphiles fréquentent de moins en moins les salles de cinéma, préférant se gaver de tout ce que les plate- formes ont à offrir.Rien que sur la plateforme Netflix, on compte David Fincher (Le réseau social), à qui l\u2019on doit les premiers épisodes de House of Cards et de Min- dhunter, Baz Luhrmann (Moulin Rouge!) et sa série The Getdown, Steven Soderbergh (Erin Brokovich), qui menace sans cesse de prendre sa retraite, et sa série western Godless, ainsi que les sœurs Wachovski (La matrice) et leur phénoménal succès Sense8.Alors que Soderbergh avait déjà à son actif les séries The Girlfriend Experience et True Detective avant son arrivée sur Netflix, Spike Lee (Do the Right Thing, Malcolm X), l\u2019une des nouvelles recrues de Netflix, a, pour sa part, assez peu flirté avec la télé.Afin de faire son entrée dans le merveilleux monde des plateformes numériques, Lee a choisi de revisiter l\u2019œuvre qui l\u2019a mise au monde comme cinéaste en 1986 : Nola Darling n\u2019en fait qu\u2019à sa tête (She\u2019s Gotta Have It).Sexe à Brooklyn Tourné en 15 jours à l\u2019été 1985, avec un budget dérisoire de 175 000$, Nola Darling n\u2019en fait qu\u2019à sa tête avait à l\u2019époque séduit la critique et le public avec ses images en noir et blanc qui semblaient avoir été tournées clandestinement dans des appartements miteux de Brooklyn, avec la trame sonore jazz de Bill Lee, et, surtout, avec son héroïne éprise de liberté.Interprétée par Traci Camila Johns, la Nola Darling de 1986 revendiquait le droit d\u2019avoir trois hommes dans sa vie sans être jugée et le droit d\u2019être respectée en tant que femme par les hommes.Qu\u2019en est- i l de la Nola Darling de 2017 ?Elle n\u2019a certainement rien perdu de son aplomb et ses propos prouvent, cruellement, qu\u2019elle est toujours d\u2019actualité.De fait, on retrouve dans les dix épisodes d\u2019une trentaine de minutes de Nola Darling n\u2019en fait qu\u2019à sa tête plusieurs des répliques du film.Et celles-ci n\u2019ont pas pris une ride.C\u2019est dire comment la société évolue parfois à pas de tortue, contrairement à la technologie.Ainsi, la scène où Nola, incarnée par la magnifique De- Wanda Wise, fait part des commentaires que lui balancent les hommes sur le trottoir justifie l\u2019apparition des mouvements #AgressionNonDénon- cée et #MoiAussi un peu partout sur la planète.Artiste peintre farouchement indépendante, Nola a trois amants dangereusement séduisants qui à eux trois forment le par tenaire idéal : Jaime Overstreet (Lyriq Bent), banquier romantique récemment séparé ; Greer Childs (Cleo Anthony), mannequin narcissique et dieu au pieu ; et son meilleur ami, le rigolo Mars Blackmon (Anthony Ramos, qui reprend le rôle que Spike Lee tenait dans la version de 1986).En phase avec son temps, Nola n\u2019aura pas peur cette fois de vivre sa bicuriosité avec Opal Gilstrap (Ilfenesh Hadera), séduisante femme de carrière élevant seule sa fille.#BlackLivesMatter Si le noir et blanc a disparu au profit d\u2019éclatantes couleurs, les monologues face à la caméra sont toujours de mise dans Nola Darling n\u2019en fait qu\u2019à sa tête.Le ton y est toujours léger, même quand on traite de sujets sérieux.Les dialogues sont ludiques, par fois ar tificiels, la sensualité du film original a fait place à des scènes d\u2019une sexualité frénétique, et la musique, jazz, R\u2019n\u2019B, hip-hop, tient une place primordiale.Alors que Spike Lee fait défiler des photos de Brooklyn afin d\u2019illustrer que le quartier s\u2019est considérablement embourgeoisé, il insère aussi les pochettes des albums qu\u2019on y entend.On remarquera également que Spike Lee abuse quelque peu de l\u2019emploi du mot-clic; chaque personnage et chaque titre d\u2019épisode sont précédés d\u2019un dièse\u2026 Certes, on peut y voir la volonté du cinéaste d\u2019ancrer la série dans son époque.Et elle l\u2019est certainement.S\u2019inscrivant dans la foulée du mouvement Black Lives Matter, la série met en scène non seulement une femme épanouie sexuellement, mais une femme fière de ses origines africaines, qu\u2019elle célèbre tant dans sa façon d\u2019être que dans les tableaux qu\u2019elle peint.À Nola, incarnation du mouvement culturel Black is Beautiful, Spike Lee oppose Shemekka (Chyna Layne), qui rêve d\u2019avoir la croupe de Niki Mi- naj, caricature par excellence de la femme noire, et la femme de Jamie, Cheryl (Sydney Morton), qui lève le nez sur sa propre culture.Élevée par des parents fiers qui ont en mémoire la lutte pour les droits civiques et l\u2019histoire des Noirs, Max (James Foster Jr.) et Septima (Joie Lee, qui incarnait l\u2019ex-coloc de Nola en 1986), Nola n\u2019a pas honte de sa couleur.Toutefois, comme le lui rappellent des artistes lors d\u2019un vernissage, et Spike Lee, la fierté noire va au-delà des apparences.En somme, Nola Darling n\u2019en fait qu\u2019à sa tête s\u2019avère une série bien moins frivole qu\u2019elle le laisse paraître.Et en passant du format long métrage à celui de série télé, son propos s\u2019en trouve enrichi, et non dilué.Nola Darling n\u2019en fait qu\u2019à sa tête (V.F.de She\u2019s Gotta Have It) Sur Netflix dès jeudi Spike Lee s\u2019offre une cure de jeunesse De plus en plus de réalisateurs se tournent vers la série télé faute de financement au cinéma Q La Nola Darling de 2017 n\u2019a certainement rien perdu de son aplomb et ses propos prouvent, cruellement, qu\u2019elle est toujours d\u2019actualité.NETFLIX De fait, on retrouve dans les dix épisodes d\u2019une trentaine de minutes de Nola Darling n\u2019en fait qu\u2019à sa tête plusieurs des répliques du film.Et celles-ci n\u2019ont pas pris une ride.C\u2019est dire comment la société évolue parfois à pas de tortue, contrairement à la technologie. C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 Présenté par ARTE MUSICA PRÉSENTE SALLEBOURGIE.CA \u2022 514-285-2000 Billets et programmation complète THE TALLIS SCHOLARS MARDI 5 DÉCEMBRE, 19 h 30 Peter Phillips, chef Motets de Heinrich ISSAC, Josquin DES PRÉS et John BROWNE Depuis plus de 40 ans, les Tallis Scholars s\u2019inscrivent dans la grande tradition chorale anglaise.THEATRE OF EARLY MUSIC DIMANCHE 26 NOVEMBRE, 14 h Daniel Taylor, direction et contreténor Cantates de J.S.BACH Es ist das Heil uns kommen her, BWV 9 Ach wie ?üchtig, ach wie nichtig, BWV 26 Ihr Menschen, rühmet Gottes Liebe, BWV 167 ANDREW WAN, violon CHARLES RICHARD-HAMELIN, piano MERCREDI 6 DÉCEMBRE, 19 h 30 Rendez-vous Beethoven BEETHOVEN Sonates pour violon et piano nos 6, 7 et 8, op.30 Découvrez l\u2019un des corpus les plus marquants pour ce duo d\u2019instruments ! GRAND ENSEMBLE DE SAXOPHONES QUASAR-CHESTRA 24 NOVEMBRE 2017 À 20 H AMPHITHÉÂTRE DU GESÙ Précédé des RENCONTRES INCENDIAIRES À 19 H SMCQ : SÉRIE HOMMAGE / 2017-18 : JOSÉ EVANGELISTA VISITEZ LEVIVIER.CA ET QUASAR4.COM MANON DUMAIS LE DEVOIR S U R V O S É C R A N S \u2014 D E S C L A S S I Q U E S R E V I S I T É S Le visionnement en continu de la semaine Après cinq ans de vie commune ronflante, Magalie annonce à Bertrand qu\u2019elle a besoin d\u2019une pause.À peine l\u2019amoureux éconduit a-t-il le temps d\u2019échouer dans l\u2019appartement de Gus, militaire ayant posé des web- cams chez ses voisins, que Magalie prend pour coloc le séduisant globe- trotteur Henry.Comment Bertrand va-t-il reconquérir le cœur de sa douce?S\u2019inspirant de L\u2019art de la guerre de Sun Tzu, il lui fera croire qu\u2019il fait le tour du monde\u2026 Composée de dix courts épisodes, Il revient quand Bertrand?est une web- série rigolote produite par Arte à prendre très à la légère et à consommer un jour d\u2019ennui.Sur Tou.tv D\u2019où viennent les superhéros ?Cette semaine sort au grand écran La ligue des justiciers, où Batman, Wonder Woman, Superman et autres superhé- ros luttent contre le Mal.Si Anne la maison aux pignons verts n\u2019est pas trop votre tasse de thé et que l\u2019histoire américaine vous fascine, vous trouverez sans doute votre compte dans Les su- perhéros démystifiés, présenté en deux parties à Canal D.Et pas besoin d\u2019être un geek devant l\u2019Éternel pour en savourer chaque seconde! Premier projet réunissant des artistes de DC Comics et de Mar vel, ce captivant et dense documentaire rappelle dans quel contexte sont apparus Superman et compagnie, comment les super- héros, et les supervilains sans qui ils n\u2019ont pas de raison d\u2019être, se sont faits le reflet de l\u2019Histoire et comment ils ont été eux-mêmes à la merci du changement des mentalités.Canal D, jeudi, 22h Un doublé Anne Jeudi, les Américains célèbrent l\u2019une des fêtes les plus populaires de l\u2019année.Non, ce n\u2019est pas l\u2019Halloween ni Noël, mais bien Thanksgiving.Pour souligner cette occasion, la chaîne PBS propose de revisiter une œuvre populaire chantant les valeurs familiales, Anne la maison aux pignons verts, de la romancière canadienne Lucy Maud Montgomery.Et deux fois plutôt qu\u2019une ! Dans un premier temps, on peut revoir Ella Ballentine dans le rôle de la rouquine héroïne de onze ans aux côtés de Sara Bots- ford et de Martin Sheen, qui incarnent Marilla et Matthew Cuthbert, dans le téléfilm Anne of Green Gables.Le plaisir se poursuit avec Anne of Green Gables : The Good Stars, où Anne, âgée de treize ans, rencontre Gilbert Blythe (Drew Haytaoglu), qui deviendra l\u2019homme de sa vie.PBS, jeudi, 19h et 21h Chère Agatha La nouvelle mouture du Crime de l\u2019Orient-Express au cinéma vous a déplu?Pour les trois prochaines semaines, plongez dans l\u2019univers élégant et glacial d\u2019Ils étaient dix, adaptation de Dix petits nègres d\u2019Agatha Christie produite par la BBC.Miranda Richardson, Sam Neill et Charles Dance sont au nombre des convives mystérieusement assassinés un à un sur la petite île du Soldat.Artv, mardi, 22h L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e Té l év i s i o n 4 2 | CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 Trop Saint-Élie-de-Légen./ Rocker Le siège Le Téléjournal Sports/ Marina TVA TVA nouvelles Le Tricheur Voix Jr extra Boomerang L'échappée / Pressions R.B.: Rechargé Partie 1 de 2 TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Conseils Génial! Ça vaut le coût Point doc Formule Diaz Like-moi! Mc$ween Dans médias V Souper parfait OD Bali Rire et délire Ambulances Scorpion 24 heures chrono: L'héritage OD Bali Guerre clans Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Sacrés objets / Poteau Monuments éternels / Sainte-Sophie dévoilée 21h45 Itineris Femmes de dictateurs Journal/ Afrique RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° L'antichambre (D) Blitz LNF Football / Falcons d'Atlanta c.Seahawks de Seattle (D) HISTORIA Récupérateurs Récupérateurs Nos ancêtres les extraterrestres Top 10 / Les navires anciens La malédiction d'Oak Island Hitler déclassifié Dossier OVNI ICI ARTV Les belles histoires Info, sexe PaparaGilles Les dieux de la danse / Ima Concert I Musici Incroyable exp EXPLORA Singapour, la jungle urbaine Alex+Tyler, éco Poissons monstres Pharmachien Chasseurs de légendes Reconstruire l'histoire Péril altitude Z Les hors-la-loi du volant Les pires chauffards québécois Ascension Prêt sur gage Prêt sur gage Arrow / Le Purificateur ST: Enterprise TFO Amélie Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre / Fauche publicité POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE (1975) Monique Miller.Cinéma Planète Douanes Chron.félines Sous le radar Ville du futur La mort au fil Faits divers le mag Côtes d'Europe Planète Dinos Faits divers CBC CBCNews On the Money Coronation St.Coronation St.Scotiabank Giller Prize Frankie Drake Mysteries CBC News: The National On the Money CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Lucifer / Chloe The Gifted / threat of eXtinction The Good Doctor / Apple CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight Kevin Can Wait Man Plan Chicago Med The Brave / Desperate Times Global News ABC News at 6 World News Local 22 News Inside Edition Dancing With the Stars Partie 1 de 2 The Good Doctor / Apple News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Kevin Can Wait Man Plan Super Donuts 9JKL Scorpion Ch.3 News FOX Two and a Half Two and a Half The Big Bang The Big Bang Lucifer / Chloe The Gifted / threat of eXtinction Local 44 News at 10 p.m.Daily Mail TV NBC NBC5 @ 6 NBC News Jeopardy! Wheel Fortune The Voice / Live Top 12 Performances The Brave / Desperate Times NBC5 @ 11 PBS (33) PBS NewsHour Mister Chris Beverly Cleary David Letterman: The Mark Twain Prize Independent Lens / Shadow World Business UNIS Pense vite! AGROFUN Hooké Oiseaux Guides d'aventures À plein gaz Histoires de chars / Les années 60 Canada, nature HBO 17h55 ROOM (2015) avec Jacob Tremblay, Brie Larson.Baltimore Rising 21h35 Habla y Vota 22h35 Curb 23h15 Brillo TVA Sports 17h30 #Lavoie LHJMQ LNH Hockey / Flames de Calgary c.Capitals de Washington (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports LHJMQ 11/20 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte ICI Laflaque Tout le monde en parle 22h15 Le Téléjournal 22h55 Infoman TVA TVA nouvelles VLOG La Voix Junior Conversation secrète TVA nouvelles HUGO (V.F.) (2011) TQ Curieux Bégin Deux hommes en or De garde 24/7 / Vendredi CYRANO DE BERGERAC (1990) avec Jacques Weber, Gérard Depardieu.V Cinéma Occupation Double Bali OD+ en direct Occupation Double Bali À COMMUNIQUER ICI RDI Enquête Le National Le National RDI économie Le Téléjournal Les coulisses du pouvoir Second Regard Le Téléjournal TV5 Faits divers Journal FR Trepalium MELODY (2014) Rachael Blake.21h45 Beauty Les flots Journal/ Afrique RDS 16h30 LCF Football / TBA/Cal.(D) Sports 30 Blitz LNF Football / Eagles de Philadelphie c.Cowboys de Dallas (D) HISTORIA Extraterrestres / Les reptiliens L'enfer des profondeurs Pawn Stars Pawn Stars Fous bolides Fous bolides Bing Bang Rois scrap Restauration ICI ARTV Les dieux de la danse La soirée est (encore) jeune Info, sexe Cirque Alfonse J'AI TUÉ MA MÈRE (2009) Anne Dorval.22h40 Poète PaparaGilles EXPLORA S'aime chien Curiosités de l'évolution Nos prodigieuses cellules Planète techno Les bâtisseurs de l'impossible Découverte Stupidité Z Maripier! Démolition Remorquage Prêt sur gage Dans l'net Le web obscur Recherche stupéfiant Expédition extrême Classé XXX TFO Subito texto Top!/ Top! Les jumelles Danse rêves Mosquée Citoyen monde NOS MEILLEURES ANNÉES: ACTE 2 (2003) avec Alessio Boni, Luigi Lo Cascio.Planète 17h30 5 Sens Life: L'aventure de la vie Andreas Gursky, la Topoï: L'époque Au bonheur des dames Les oubliés CBC 17h00 TANGLED (2010) Heartland / Truth be Told The Nature of Things CBC Docs POV CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal The Big Bang The Big Bang The 45th Annual American Music Awards / Kelly Clarkson , Demi Lovato.National News GBL Global News Global National BorderSecur The Simpsons Wisdom of the Crowd NCIS: Los Angeles Madam Secretary Global News ABC World News Local 22 News The Toy Box The 45th Annual American Music Awards / Kelly Clarkson , Demi Lovato.News at 11 CBS 16h25 Football / N.A./Oak.(D) 60 Minutes Wisdom of the Crowd NCIS: Los Angeles Madam Secretary FOX 16h00 Football / Buf./L.A.C.Bob's Burgers Bob's Burgers The Simpsons Ghosted Family Guy Last Man-Earth Local 44 News What Matters Empire State NBC 15h00 Auto Racing (D) Football Night in America (D) 20h20 LNF Football / Eagles de Philadelphie c.Cowboys de Dallas (D) PBS (33) Great British Baking / Victorian A Place to Call Home Masterpiece Classic Masterpiece Classic / Poldark Masterpiece Classic The Tunnel UNIS Couleurs locales Devenir adulte Monde Chair de poule Chair de poule Radio enfer Radio enfer Galaxie près Galaxie près Peaky Blinders HBO 17h10 LIKE.SHARE.FOLLOW Real Time With Bill Maher Rolling Stone: Stories From the Edge Enthusiasm 22h35 7 Days Cinéma TVA Sports RAW LNH Hockey / Sénateurs d'Ottawa c.Rangers de New York (D) Le TVA sports Propulsion Icônes sport Canada Rough 11/19 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal La Petite Vie En direct de l'univers Victoria / Brockett Hall Les liens du sang Le Téléjournal Info, sexe Dre Grey TVA TVA nouvelles DANGEREUX 7 (2015) avec Paul Walker, Dwayne Johnson, Vin Diesel.21h15 LE TRANSPORTEUR: RECHARGÉ (2015) Ed Skrein.23h15 TVANou.TQ UN INDIEN DANS LE PLACARD (1995) 19h50 Parents Les francs-tireurs Belle et Bum RETOUR À COLD MOUNTAIN (2003) V Cinéma SEUL SUR MARS (2015) avec Jessica Chastain, Kristen Wiig, Matt Damon.RAMBO (1982) avec Brian Dennehy, Sylvester Stallone.ICI RDI La Semaine verte Le National Le National Découverte Le Téléjournal Les grands reportages La Facture Le Téléjournal TV5 L'histoire peau Journal FR Super champion 51e Gala de l'Union des Artistes / Catherine Deneuve , Michel Blanc.22h45 Voisins Journal/ Afrique RDS Sports 30 24CH glace HockeyQc.ca ATP Tennis - Nitto Finals Demi-finale Sports 30 /21h45 Antichambre 22h45 Sport30 23h15 Sport30 HISTORIA Les a$ de la brocante Sur la piste des dinosaures Au coeur de la tempête Hitler déclassifié La malédiction d'Oak Island Top 10 ICI ARTV Info, sexe PaparaGilles Pour l'amour du country La soirée est (encore) jeune ÉMILIE (2013) Émilie Bibeau.Révérenc Défier la magie EXPLORA Animo Pharmachien Prédateurs Comment fabriquer un homme bionique Forces nature Chasseurs de légendes Sexplora Z Expédition extrême Wasteland Blood Brothers Seuls et tout nus XL Le dernier bazou Forgerons Les Recrues Classé XXX TFO Subito texto 18h45 Top! Flip Danse rêves Mosquée Citoyen monde MÉDECIN DE CAMPAGNE (2016) 22h45 MY SWEET PEPPER .Planète Les oubliés Les oubliés Les nouveaux explorateurs Ma vie de femme d'ailleurs / Au Brésil Secrets de chats Opérations spéciales CBC CBCNews Hockey Sat.LNH Hockey / Maple Leafs de Toronto c.Canadiens de Montréal (D) Hockey / St.Louis vs Vancouver (D) CTV CTV News Montreal W5 / Lose/ Lose/ Orlando The Big Bang The Mayor The Goldbergs Am.Housewife Criminal Minds / Hell's Kitchen National News GBL Global News Global National BorderSecur BorderSecur FLOWER SHOP MYSTERY: DEARLY DEPOTTED (2016) The Engels The Engels Global News ABC 15h30 Football Football Score.Local 22 News Inside Edition Football Pre /20h05 NCAA Football (D) 23h20 Studio CBS 15h30 NCAA Football (D) Ch.3 News Family Feud NCIS: Los Angeles / Glasnost 48 Hours 48 Hours Channel 3 N.FOX 16h00 NCAA Football (D) Football Extra NCAA Football (D) NBC 15h30 Football / Navy/N.D.Jeopardy! Wheel Fortune Will & Grace Superstore Dateline NBC Saturday Night Live NBC5 @ 11 PBS (33) Father Brown Time Goes By Detectorists Fresh Fields Coupling Agatha Raisin Death in Paradise Austin City UNIS 17h30 Histoires de chars Les filles de Caleb L'espionne de Tanger Peaky Blinders Guides d'aventures L'espace j'ai vu HBO BEWARE THE SLENDERMAN (2016) Richard Dawkins.GAME CHANGE (2011) avec Julianne Moore, Ed Harris, Woody Harrelson.TVA Sports Avant-match (D) LNH Hockey / Maple Leafs de Toronto c.Canadiens de Montréal (D) 21h45 Dave Morissette 22h45 Le TVA sports 11/18 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 S A M E D I L U N D I D I M A N C H E LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR Bourré de protéines, riche en calcium et en minéraux, le lait est passé de superaliment essentiel à paria alimentaire, accusé de favoriser la prolifération des maladies dites de civilisation, comme les allergies, le diabète ou les cancers.Dans Le lait : mensonges et vérités, une équipe allemande d\u2019Arte s\u2019est mise en tête de trancher dans le vif une fois pour toutes : panacée ou poison, le lait ?Autant le dire d\u2019emblée, on ne ressort pas de cette enquête européenne avec une opinion plus tranchée.Ébranlé serait plus juste, que l\u2019on soit dans l\u2019un ou l\u2019autre des deux camps, d\u2019ailleurs.C\u2019est peut-être là que réside toute la finesse de l\u2019équipe d\u2019enquête menée par le réalisateur Win- fried Oelsner, qui donne patiemment la parole à chacun avec la même écoute et la même ouverture.S\u2019ensuit un portrait généralement bien équilibré, où les faits sont exposés avec méthode.Industriels, médecins, scientifiques, patients, producteurs, politiciens ou journalistes ; chacun a son mot à dire.Même les théories les plus controversées y sont la plupart du temps présentées avec les bémols de rigueur.Reste qu\u2019on aurait pris volontiers plus de temps et de profondeur pour démêler le vrai du faux dans ce débat épidermique.Les prises de position, aussi franches et assumées soient- elles, manquent parfois singulièrement de perspective.Voyons plutôt ce documentaire comme une décente mise en bouche qui met honorablement la table pour une réflexion autrement plus musclée.Le lait : mensonges et vérités Télé-Québec, lundi, 20h La bataille du lait Panacée ou poison : une équipe allemande pose crûment la question SUR LE RADAR L\u2019empreinte musicale Ce condensé télévisuel du documentaire de Catherine Bainbridge et Alfonso Maiorana met en lumière l\u2019empreinte des cultures autochtones d\u2019Amérique du Nord sur un siècle de musiques, du blues au jazz en passant par le métal.Bien garni d\u2019images d\u2019archives, le film donne la parole aux artistes qui ont profité de cette influence et à ceux qui en sont les artisans, dont la vétérane Buffy Sainte- Marie.Rumble: l\u2019influence amérindienne sur la musique populaire.RDI, jeudi, 20h TÉLÉ-QUÉBEC | 4 3 C u l t u r e Té l év i s i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Galas ComédiHa! 2017 ICI on chante / Lise Dion Au suivant Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur Ça finit bien la semaine Du talent à revendre La liste noire / Le prévisionniste TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passager Électrons Curieux Bégin di Stasio Deux hommes en or Like-moi! Belle et Bum V Souper parfait Détestables L'arbitre Huissiers Haute sécurité LE JEU DU DÉFI (1987) Arnold Schwarzenegger.Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Les flots / Bahamas - Columbus Faut pas rêver / Norvège: sur la route des fjords Chacun son île Journal/ Afrique RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° LNH Hockey / Sénateurs d'Ottawa c.Blue Jackets de Columbus (D) L'antichambre (D) Sports 30 F1 Magazine HISTORIA L'enfer des profondeurs Guerre du ginseng Les montagnards Les trappeurs du Klondike Alaska: guerriers de la route A$ de brocante ICI ARTV L'appel du coeur Esprit critique Dre Grey, leçons d'anatomie Info, sexe PaparaGilles C'est juste de la TV Rétroviseur EXPLORA Curiosités Outback Planète techno Pharmachien Concevoir l'impossible Dossiers IIIe Reich Sexplora Stupidité Curiosity Z Dans l'net Remorquage Maripier! Forgerons Les Recrues Démolition Remorquage Prêt sur gage Infiltration Banshee / Les liens de sang TFO Amélie Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Constellation francophone CONTE D'AUTOMNE (1998) Béatrice Romand.22h50 Constellation franco Planète Shamwari Chron.félines Opérations spéciales Nos 5 Sens Life: L'aventure de la vie NouveauxExplorateurs / Chili Faits divers CBC CBCNews On the Money Rick Mercer Coronation St.marketplace Stats of Life the fifth estate CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang THE AVENGERS (2012) avec Chris Evans, Scarlett Johansson, Robert Downey Jr.CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight THE POLAR EXPRESS (2004) Tom Hanks.Undercover Boss Canada Global News ABC 15h30 Football Football Score.Local 22 News Inside Edition Santa Claus Is Comin' to Town 20/20 / A Killing on the Cape Local22 News CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Frosty Frosty Returns Grammy Stories / Christina Aguilera , Mary J.Blige.Ch.3 News FOX 17h30 NCAA Basketball (D) Football Extra NCAA Football / Texas Tech c.Texas (D) NBC NBC5 @ 6 NBC News Jeopardy! Wheel Fortune Grinch Trolls Holiday Dateline NBC 11pm News PBS (33) PBS NewsHour BBC News Vermont Week Wash.Week Classical Rewind (My Music) Get Down Tonight UNIS Pense vite! Monde Galaxie près Galaxie près Radio enfer Radio enfer Chair de poule Chair de poule Trait d'humour / Neev Partie 2 AuGré./ Chiens HBO 17h40 REMEMBER (2015) 19h20 LIKE.SHARE.FOLLOW (2016) Keiynan Lonsdale.21h10 THE CHANGELING (1979) George C.Scott.Tracey Ullman TVA Sports 17h30 #Lavoie Avant-match LNH Hockey / Oilers d'Edmonton c.Sabres de Buffalo (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports Cliff Diving 11/24 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 Infoman Les dieux de la danse Enquête Le Téléjournal Sports/ Marina TVA TVA nouvelles Le Tricheur Histoires J.E.Juste pour rire Survivant désigné / Le plan TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue 100% Animal Génial! Mc$ween De garde 24/7 Dans les médias Homeland / Lutte intérieure 23h05 SOS V Souper parfait OD Bali Intemporel Dix jours dans la vallée / Jour 8 Chicago Police OD Bali Guerre clans Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Au fil du monde / Laos Sale temps planète / Languedoc Caméléon Sacrés objets / Poteau Journal/ Afrique RDS 16h30 Football / L.A.C./Dal.(D) Images/sec.Blitz LNF Football / Giants de New York c.Redskins de Washington (D) HISTORIA Les as de l'aviation Bing Bang Rois scrap Fous bolides Fous bolides Légendes de la route / Camaro Les moteurs Voitures de Montagnards ICI ARTV Les belles histoires IncroyableExpérience Esprit critique Rétroviseur Rétroviseur J'AI TUÉ MA MÈRE (2009) Anne Dorval.EXPLORA Animaux sur écoute Curiosités de l'évolution Océania Un film, une histoire Les génies de Stephen Hawking Reco.l'histoire Z BattleBots: Combats de robots Seuls et tout nus XL Le dernier bazou / Rafiots Maripier! Les Riders Les hors-la-loi du volant Démolition TFO Amélie Top!/ Top! Flip Motel Monstre Constellation francophone BIRD PEOPLE (2014) avec Anaïs Demoustier, Josh Charles.23h10 Citoyen Planète Shamwari Chron.félines Les nouveaux explorateurs La garde rapprochée d'Hitler Les oubliés Les oubliés Faits divers le mag Me souviens CBC CBCNews On the Money marketplace Coronation St.Dragons' Den Paul O\"Grady CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Big Bang Young Sheldon Gotham / Pax Penguina The Good Doctor CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight Super Donuts 9JKL Superstore Will & Grace S.W.A.T./ Radical Global News ABC News at 6 World News Local 22 News Inside Edition Saves the World / Pilot The Good Doctor / Pipes The Good Doctor News at 11 CBS 16h30 Football / L.A.Chargers vs Dallas (D) The Big Bang Young Sheldon Mom Life in Pieces S.W.A.T./ Radical Ch.3 News FOX Two and a Half Two and a Half The Big Bang The Big Bang Gotham / Pax Penguina The Orville / Krill Local 44 News at 10 p.m.Daily Mail TV NBC NBC5 @ 6 NBC News Jeopardy! Wheel Fortune Football Night /20h20 LNF Football / Giants de New York c.Redskins de Washington (D) PBS (33) PBS NewsHour ANNE OF GREEN GABLES (2016) Ella Ballentine.ANNE OF GREEN GABLES: THE GOOD STARS (2017) Business UNIS Pense vite! Devenir adulte Chez nous 2050 Couleurs locales Les filles de Caleb L'espionne de Tanger Vu intérieur HBO 17h35 Subban 18h25 Pete Holmes 19h25 Baltimore Rising The Deuce / What Kind of Bad?The Deuce / Why Me?Enthusiasm TVA Sports 17h30 #Lavoie #Lavoiedubé Ice Guardians Dave Morissette en direct Le TVA sports Kevin Raphael 11/23 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 L'Épicerie Les enfants de la télé Les pêcheurs Les Simone Le Téléjournal Sports/ Marina TVA TVA nouvelles Le Tricheur Les Gags Oeufs d'or TOUJOURS ALICE (2014) avec Alec Baldwin, Julianne Moore.TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Conseils Génial! Format familial Point doc Les francs-tireurs De garde 24/7 / Vendredi di Stasio V Souper parfait OD Bali Personne d'intérêt / Pour Finch NCIS: Los Angeles NCIS: Los Angeles OD Bali Guerre clans Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Chacun son île / Île de Jeju Envoyé spécial Les routes de l'impossible Journal/ Afrique RDS 17h00 Le 5 à 7 Le sommet Hockey 360° (D) LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Predators de Nashville (D) L'antichambre (D) HISTORIA L'encan L'encan De l'acier et du feu Restauration Restauration Chasseurs Chasseurs Restauration Restauration Cash Cowboys ICI ARTV Les belles histoires Défier la magie Cirque Alfonse Pour l'amour du country Outlander 22h10 Outlander / Double jeu Mouches EXPLORA Animaux sur écoute Animo S'aime chien La Semaine verte Qui sommes-nous?Les boucardises Les bâtisseurs Z Jobs de bras Déchaîne-toi Les stupéfiants Expédition extrême Forgerons Les Recrues Opérations spéciales Maripier! TFO Amélie Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Constellation francophone ATTACHE-MOI (1990) Antonio Banderas.22h40 Citoyen 23h15 Constell Planète Shamwari Chron.félines Sous le radar / Handicap Les nouveaux explorateurs Faites entrer l'accusé Enquête Douanes CBC CBCNews On the Money 22 Minutes Coronation St.Great Canadian / Canada Week Top of the Lake: China Girl CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Criminal Minds / Neon Terror Law & Order: S.V.U.To Be Announced CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight Survivor SEAL Team / The Exchange NCIS: Los Angeles Global News ABC News at 6 World News Local 22 News Inside Edition A Charlie Brown Thanksgiving Modern Family Am.Housewife To Be Announced News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Survivor SEAL Team / The Exchange Criminal Minds / Neon Terror Ch.3 News FOX Two and a Half Two and a Half The Big Bang The Big Bang Empire / Noble Memory Star / The Winner Takes It All Local 44 News at 10 p.m.Daily Mail TV NBC NBC5 @ 6 NBC News Jeopardy! Wheel Fortune The Blacklist Saturday Night Live / A Saturday Night Live Thanksgiving Special NBC5 @ 11 PBS (33) PBS NewsHour Globe Trekker Nature Nova Frontline / Poor Kids Business UNIS Pense vite! Ouache/ Ouache Vu intérieur Sel et Diesel Bouffe en cavale Vertige Miss Météo Balade Tor.À plein gaz HBO 17h45 VALENTINE ROAD 19h15 Ellie Kemper: Unbreakable Comedy Gala THE TRUTH IS IN THE STARS 21h50 Curb Your Enthusiasm T.Ullman Bill Maher TVA Sports 17h30 #Lavoie Avant-match LNH Hockey / Sénateurs d'Ottawa c.Capitals de Washington (D) D.Morissette 22h15 RAW 23h15 TVA sp.11/22 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 La Facture Unité 9 Mémoires vives Le Téléjournal Sports/ Marina TVA TVA nouvelles Le Tricheur Lise Dion Partie 1 de 2 O' / Passage à vide L'heure bleue TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Conseils Génial! Cuisine futée, National Geographic Homeland / Lutte intérieure 22h05 SOS sages-femmes Hommes V Souper parfait OD Bali Heure limite Éternel / L'homme au smoking Pure (v.f.) OD Bali Guerre clans Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Jardin extra Terre et ciel Un jour, un destin / Barbara, au-delà des apparences Caméléon Journal/ Afrique RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Hors-jeu 2.0 24CH glace Hockey 360° LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Stars de Dallas (D) L'antichambre HISTORIA Perdus en Alaska Pawn Stars Pawn Stars Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Fièvre encans Fièvre encans Fièvre encans ICI ARTV Les belles histoires La soirée est (encore) jeune Rétroviseur Rétroviseur Les grandes entrevues Ils étaient dix Mildred Pierce EXPLORA Singapour, la jungle urbaine CheminsÉcole/ danger Découverte Vivre loin du monde Panique sur terre Sci.étrange Z Prêt sur gage Remorquage Blood Brothers Le web obscur Vikings / Yol Surnaturel / Lily Sunder Helix (v.f.) / San José ST: Enterprise TFO Amélie Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Constellation francophone LE SAMOURAÏ (1967) Alain Delon.22h45 Visite 23h10 Citoyen Planète Douanes Chron.félines NouveauxExplorateurs / Chili Colombie Sauvage Opérations spéciales Les présidents et le sport 23h10 Topoï CBC CBCNews On the Money JFL: Gags Coronation St.Rick Mercer 22 Minutes Kim's Mr.D CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Flash This Is Us / Number Two Criminal Minds CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight NCIS / Ready or Not Bull / Thanksgiving NCIS: New Orleans Global News ABC News at 6 World News Local 22 News Inside Edition The Middle Fresh Off-Boat Dancing With the Stars Partie 2 de 2 News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight NCIS / Ready or Not Bull / Thanksgiving NCIS: New Orleans Ch.3 News FOX Two and a Half Two and a Half The Big Bang The Big Bang Lethal Weapon / Birdwatching The Mick Brooklyn 99 Local 44 News at 10 p.m.Daily Mail TV NBC NBC5 @ 6 NBC News Jeopardy! Wheel Fortune The Voice This Is Us / Number Two Chicago Med NBC5 @ 11 PBS (33) PBS NewsHour Namuli Guided Finding Your Roots The Vietnam War Business UNIS Pense vite! Bizarroscope Balade Tor.Miss Météo 2050 Chez nous Correspondant Nord AuGré./ Chiens Docilité Devenir adulte HBO George Michael: Freedom 19h35 Thought Crimes Tracey Ullman 21h35 Curb 22h10 Mapplethorpe: Look at the Pictures TVA Sports 17h30 #Lavoie #Lavoiedubé Équipes rêve LMS Soccer / Columbus vs Toronto (D) LMS Soccer / Hou/Sea (D) 11/21 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 M A R D I J E U D I V E N D R E D I M E R C R E D I AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Vendredi, on soulignera les 20 ans du décès de Barbara, la seule et unique.L\u2019auteure-compositrice et interprète de L\u2019aigle noir et d\u2019Une petite cantate est célébrée dans un film actuellement à l\u2019affiche dans les cinémas du Québec, et son répertoire a été repris dans un disque hommage du pianiste Alexandre Tharaud et une ribambelle d\u2019artistes.Les admirateurs de la « longue dame brune » pourront enrichir leur programme de commémorations avec ce long (pour ne pas dire longuet) documentaire à la forme chronologique classique, concocté par l\u2019équipe de l\u2019émission française Un jour, un destin, où l\u2019on découvre une Barbara beaucoup plus joyeuse et lumineuse que l\u2019image que l\u2019on s\u2019en fait habituellement.À travers ces deux heures de témoignages de proches de la chanteuse et de riches extraits d\u2019archives, on dresse un portrait d\u2019une femme joyeuse, taquine et lumineuse au quotidien, malgré un lourd passé marqué par la guerre, l\u2019errance, l\u2019inceste, la pauvreté extrême\u2026 La voir ainsi pimpante et rieuse en répétition ne sera peut-être pas une révélation pour les fans de la première heure, mais les plus jeunes, qui ne l\u2019ont connue qu\u2019à travers son répertoire aux thématiques plutôt sombres, auront de quoi se défaire de quelques idées préconçues.Ces derniers seront aussi sans doute surpris de découvrir la fibre plus militante de Barbara, qui s\u2019est engagée auprès des détenues (elle a fait une tournée dans une vingtaine de prisons françaises) et dans la lutte contre le sida dans les années 1980 et 1990.Un jour, un destin : Barbara, au-delà des apparences TV5, mardi, 20h La longue dame lumineuse TV5 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 C u l t u r e Té l év i s i o n 4 4 | SAMEDI ALMOST SUNRISE (4) É.-U.2016.Documentaire de Michael Collins.- Deux vétérans de la guerre en Irak marchent du Wisconsin à la Californie afin de partager avec des ex-soldats aussi traumatisés qu\u2019eux leur difficulté à réintégrer la vie civile.PBS (WETK) 12h AMADEUS (2) É.-U.1984.Drame musical de Milos Forman avec F.Murray Abraham, Tom Hulce, Elizabeth Berridge.- Un vieux musicien s\u2019accuse d\u2019avoir tué Mozart et raconte les circonstances de son forfait.ARTV 13h APRÈS LA FIN (4) (Z for Zachariah), É.-U.2015.Drame de Craig Zobel avec Margot Robbie, Chris Pine, Chiwetel Ejiofor.- Dans une ferme isolée, la jeune survivante d\u2019une catastrophe nucléaire ramène à la santé un étranger affaibli par une forte exposition aux radiations.TVA 13h30 LES PEE-WEE \u2013 L\u2019HIVER QUI A CHANGÉ MA VIE (5) Can.2012.Drame sportif d\u2019Éric Tessier avec Antoine Pilon, Alice Morel-Michaud, Rémi Goulet.- Un garçon de douze ans en deuil de sa mère se joint à d\u2019une équipe de hockey pee-wee où, par son talent prodigieux, il fait de l\u2019ombre au joueur-étoile.RC 14h THE DA VINCI CODE (4) É.-U.2006.Thriller de Ron Howard avec Tom Hanks, Audrey Tautou, Ian McKellen.- Un Américain soupçonné du meurtre du conservateur du Louvre se lance avec la petite-fille de celui-ci dans une enquête qui pourrait ébranler la chrétienté.CTV 14h FEMMES DE RÊVE (5) (Beautiful Girls), É.-U.1996.Comédie dramatique de Ted Demme avec Timothy Hutton, Matt Dillon, Michael Rapaport.- Un jeune pianiste retrouve ses amis à l\u2019occasion d\u2019une réunion d\u2019anciens élèves.V 14h LE JOUR D\u2019APRÈS (5) (The Day After Tomorrow), É.-U.2004.Film catastrophe de Roland Emmerich avec Dennis Quaid, Jake Gyllenhaal, Emmy Rossum.- Un dérèglement climatique entraîne en quelques jours une nouvelle ère glaciaire sur l\u2019hémisphère nord de la Terre.TVA 15h30 JULIE ET JULIA (5) (Julie & Julia), É.-U.2009.Drame biographique de Nora Ephron avec Amy Adams, Meryl Streep, Stanley Tucci.- Une New-Yorkaise démoralisée se met au défi de réaliser en 365 jours les 524 recettes contenues dans le best-seller de son idole Julia Child.MAX 15h30 AUSTIN POWERS CONTRE L\u2019HOMME AU MEMBRE D\u2019OR (4) (Austin Powers in Goldmember), É.-U.2002.Comédie fantaisiste de Jay Roach avec Mike Myers, Beyoncé Knowles, Michael Caine.- L\u2019agent secret Austin Powers lutte contre deux génies du crime qui menacent de détruire la planète.V 16h30 L\u2019INDIEN DANS LE PLACARD (4) (The Indian in the Cupboard), É.-U.1995.Conte de Frank Oz avec Hal Scardino, Litefoot, Lindsay Crouse.- Grâce à une armoire antique dotée de pouvoirs magiques, un gamin donne vie à une figurine en plastique représentant un guerrier iroquois.TQ 18h DANGEREUX 7 (5) (Furious 7), É.-U.2015.Thriller de James Wan avec Vin Diesel, Paul Walker, Jason Statham.- En échange de la protection de la CIA contre les attaques d\u2019un criminel vengeur, des as du volant entreprennent de libérer une informaticienne détenue par un terroriste en Azerbaïdjan.TVA 18h30 SEUL SUR MARS (4) (The Martian), É.-U.2015.Science-fiction de Ridley Scott avec Matt Damon, Jessica Chastain, Chiwetel Ejiofor.- L\u2019expérience de survie extrême d\u2019un astronaute botaniste de la NASA, laissé pour mort sur la planète Mars par son équipage forcé d\u2019évacuer.V 18h30 JULIE ET JULIA Voir samedi, 15h30.MAX 20h30 ÉMILIE (5) Can.2013.Comédie sentimentale de Guillaume Lonergan avec Émilie Bibeau, Jean-François Nadeau, Guillaume Perreault.- Ayant trompé son amoureux à la veille de leur mariage, une jeune femme qui tente d\u2019expier sa faute est manipulée par un ami secrètement amoureux d\u2019elle.ARTV 21h MÉDECIN DE CAMPAGNE (4) Fr.2016.Drame de Thomas Lilti avec François Cluzet, Marianne Denicourt, Isabelle Sadoyan.- Atteint d\u2019un cancer inopérable au cerveau, un médecin accepte mal l\u2019idée d\u2019être remplacé à son décès par une ancienne infirmière qui vient de terminer son internat.TFO 21h RAMBO (5) (First Blood), É.-U.1982.Drame de Ted Kotcheff avec Sylvester Stallone, Brian Dennehy, Richard Crenna.- Un vétéran du Vietnam est traqué par la police dans une région boisée.V 21h30 RETOUR À COLD MOUNTAIN (3) (Cold Mountain), G.-B.2003.Chronique d\u2019Anthony Minghella avec Jude Law, Nicole Kidman, Renée Zellweger.- Vers la fin de la guerre de Sécession, un déserteur sudiste blessé tente de rejoindre sa bien-aimée plongée dans la pauvreté.TQ 22h MY SWEET PEPPER LAND (3) All.2013.Drame d\u2019Hiner Saleem avec Korkmaz Arslan, Gol- shifteh Farahani, Suat Usta.- En 2003, dans un petit village du Kurdistan, un policier ayant maille à partir avec le caïd local fait la connaissance d\u2019une institutrice célibataire.TFO 22h45 UN HOMME INQUIÉTANT (5) (A Daughter\u2019s Nightmare), Can.2014.Thriller de Vic Sarin avec Emily Osment, Victoria Pratt, Paul Johansson.- Une jeune étudiante soupçonne le nouvel ami de sa mère, veuve depuis peu, de vouloir l\u2019empoisonner.MAX 23h ESCOUADE D\u2019ÉLITE \u2013 L\u2019ENNEMI AUX PORTES (4) Br.2010.Drame policier de José Padilha avec Wagner Moura, Irandhir Santos, Sandro Rocha.- À Rio de Janeiro, le capitaine d\u2019une force spéciale luttant contre le crime organisé découvre que celui-ci est intimement lié au pouvoir policier et politique.TVA 23h45 FIGHT CLUB (3) É.-U.1999.Drame de moeurs de David Fincher avec Edward Norton, Brad Pitt, Helena Bonham Carter.- Un yuppie insomniaque et déboussolé fonde avec un individu énigmatique un club secret de combats à mains nus.RC 0h LADY CHATTERLEY (3) Fr.2006.Drame sentimental de Pascale Ferran avec Marina Hands, Jean-Louis Coulloc\u2019h, Hippolyte Girardot.- En Angleterre, en 1921, la jeune épouse d\u2019un patron de mines handicapé et impotent vit une passion amoureuse avec le garde-chasse de leur propriété.TFO 0h44 SAUVAGES (4) (Savages), É.-U.2012.Drame de moeurs d\u2019Oliver Stone avec Aaron Taylor-Johnson, Benicio Del Toro, Blake Lively.- La dirigeante d\u2019un cartel mexicain enlève la petite amie de deux jeunes Californiens qui ont créé la meilleure marijuana au monde, pour les forcer à s\u2019associer avec elle.TVA 2h DIMANCHE JERSEY BOYS (5) É.-U.2014.Drame biographique de Clint Eastwood avec John Lloyd Young, Erich Bergen, Vincent Piazza.- De 1951 à 1990, les succès et les revers du groupe pop-rock The Four Seasons et de son chanteur vedette, Frankie Valli.TVA 10h L\u2019INDIEN DANS LE PLACARD Voir samedi, 18h.TQ 12h RAMONA ET BEEZUS (4) (Ramona and Beezus), É.-U.2010.Comédie d\u2019Elizabeth Allen avec Joey King, Selena Gomez, John Corbett.- Une fillette gaffeuse mais bien intentionnée s\u2019efforce de résoudre les différents problèmes des membres de sa famille, avec des résultats loufoques et contre-productifs.TVA 13h30 UN ANGE DÉNOMMÉ WANDA (3) (A Fish Called Wanda), G.-B.1988.Comédie policière de Charles Crichton avec John Cleese, Jamie Lee Curtis, Kevin Kline.- Une jeune cambrioleuse séduit l\u2019avocat d\u2019un de ses complices qui a été arrêté après avoir caché le butin d\u2019un vol de diamants.V 14h LA BOÎTE (5) (The Box), É.-U.2009.Science-fiction de Richard Kelly avec Cameron Diaz, James Marsden, Frank Langella.- En 1976, un couple appuie sur le bouton d\u2019une mystérieuse boîte, récoltant du coup un million de dollars, tout en sachant qu\u2019il a provoqué la mort d\u2019un inconnu.MAX 15h30 ME AND EARL AND THE DYING GIRL (V.F.) (3) (Me and Earl and the Dying Girl), É.-U.2015.Comédie dramatique d\u2019Alfonso Gomez-Rejon avec Thomas Mann, Olivia Cooke, R.J.Cyler.- À la demande de sa mère, un aspirant cinéaste solitaire devient ami avec une camarade de classe souffrant de leucémie.V 16h15 JULIE ET JULIA Voir samedi, 15h30.MAX 18h MELODY (4) Fr.2014.Drame de Bernard Bellefroid avec Lucie Debay, Rachael Blake, Don Gallagher.- Pour réaliser son rêve d\u2019ouvrir son propre salon, une jeune coiffeuse sans domicile fixe devient mère porteuse pour une riche Anglaise célibataire.TV5 20h CYRANO DE BERGERAC (2) Fr.1990.Comédie dramatique de Jean-Paul Rappeneau avec Gérard Depardieu, Anne Brochet, Vincent Pérez.- Un soldat poète au nez proéminent aide un jeune noble à conquérir le coeur de sa cousine dont il est lui-même secrètement amoureux.TQ 21h J\u2019AI TUÉ MA MÈRE (4) Can.2009.Comédie dramatique de Xavier Dolan avec Xavier Dolan, Anne Dorval, Suzanne Clément.- Le dur passage à l\u2019âge adulte d\u2019un adolescent précieux à couteaux tirés avec sa mère, une femme un peu commune, qui l\u2019a élevé seule.ARTV 21h NOS MEILLEURES ANNÉES \u2013 ACTE 2 (3) It.2003.Chronique de Marco Tullio Giordana avec Luigi Lo Cascio, Alessio Boni, Adriana Asti.- Les trajectoires distinctes de deux frères d\u2019une famille romaine, du milieu des années 1960 jusqu\u2019au début du nouveau siècle.TFO 21h HUGO (3) É.-U.2011.Aventures de Martin Scorsese avec Asa Butter- field, Chloë Grace Moretz, Ben Kingsley.- Un orphelin vivant incognito dans une grande gare parisienne découvre que le vieux marchand de jouets de l\u2019endroit n\u2019est autre que l\u2019ancien roi du cinéma muet Georges Méliès.TVA 22h30 MÉDECIN DE CAMPAGNE Voir samedi, 21h.TFO 0h11 PLUS FORT QUE LES BOMBES (4) (Louder Than Bombs), Norv.2015.Drame de Joachim Trier avec Gabriel Byrne, Isabelle Huppert, Jesse Eisenberg.- Durant la préparation d\u2019une exposition posthume consacrée à son épouse photographe de guerre, un instituteur fait avec ses deux fils des découvertes étonnantes sur la disparue.RC 0h25 COUP DE TORCHON (3) Fr.1981.Drame de moeurs de Bertrand Tavernier avec Philippe Noiret, Isabelle Huppert, Stéphane Audran.- En 1938, dans un village de l\u2019Afrique équatoriale française, un policier d\u2019allure bonasse se met à employer la manière forte.TFO 1h55 LUNDI LA CONFESSION DE JANE (5) (The Truth About Jane), É.-U.2000.Drame psychologique de Lee Rose avec Stockard Channing, Ellen Muth, James Naughton.- Une femme aux idées libérales devient perturbée lorsque sa fille adolescente lui révèle qu\u2019elle est lesbienne.V 12h30 ET SI JAMAIS (5) (The F Word), Can.2013.Comédie sentimentale de Michael Dowse avec Daniel Radcliffe, Zoe Kazan, Adam Driver.- À Toronto, un jeune rédacteur technique esseulé se lie d\u2019amitié avec une charmante dessinatrice, en couple depuis cinq ans avec un avocat de l\u2019ONU.TVA 13h ILLÉGAL (4) Bel.2010.Drame social d\u2019Olivier Masset-Depasse avec Anne Coesens, Alexandre Gontcharov, Esse Lawson.- Huit ans après son arrivée en Belgique, une immigrante clandestine russe se fait arrêter et se trouve séparée de son fils de treize ans.TQ 13h POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE (4) Can.1975.Comédie satirique de Claude Jutra avec Claude Jutra, Monique Miller, Monique Mercure.- Présentation d\u2019une journée dans la vie d\u2019un couple.TFO 21h NOS MEILLEURES ANNÉES \u2013 ACTE 2 Voir dimanche, 21h.TFO 23h23 ROCK STAR (4) É.-U.2001.Drame de moeurs de Stephen Herek avec Mark Wahlberg, Jennifer Aniston, Dominic West.- Au milieu des années 1980, un adolescent de Pittsburgh qui joue dans un groupe de garage remplace au pied levé son idole à la tête d\u2019une formation rock réputée.V 0h MARDI VIVRE MALGRÉ TOUT (5) (On Thin Ice), É.-U.2003.Drame de moeurs de David Attwood avec Diane Keaton, Michael Rooker, Lynda Boyd.- Une veuve qui peine à nourrir ses deux enfants devient revendeuse de drogue et développe une dépendance au crystal meth.VIE 13h DRONES (5) (Good Kill), É.-U.2014.Thriller d\u2019Andrew Niccol avec Ethan Hawke, January Jones, Zoë Kravitz.- Le mal de vivre d\u2019un pilote de drones de l\u2019armée américaine croît de façon exponentielle lorsque son unité est soumise aux ordres de la CIA.MP 16h30 LE SAMOURAÏ (3) Fr.1967.Thriller de Jean-Pierre Melville avec Alain Delon, François Périer, Nathalie Delon.- Un tueur à gages qui agit en solitaire est recherché à la fois par la police et par des criminels.TFO 21h00 MILDRED PIERCE (3) É.-U.2011.Mélodrame de Todd Haynes avec Kate Winslet, Guy Pearce, Evan Rachel Wood.- Dans les années 1930, une femme au foyer, séparée de son mari infidèle, entreprend de se trouver du travail et de pourvoir seule au bien-être de ses deux filles.ARTV 23h00 POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE Voir lundi, 21h.TFO 23h42 JOURNAL DE TCHERNOBYL (5) (Chernobyl Diaries), É.-U.2012.Drame d\u2019horreur de Bradley Parker avec Jesse McCartney, Jonathan Sadowski, Olivia Dudley.- Six jeunes touristes connaissent un sort funeste lors de leur imprudente visite d\u2019un site voisin de la centrale nucléaire de Tchernobyl.V 0h LA STRATÉGIE DE LA POUSSETTE (5) Fr.2012.Comédie sentimentale de Clément Michel avec Raphaël Personnaz, Charlotte Le Bon, Camelia Jordana.- Se retrouvant avec le bébé de sa voisine sur les bras, un dessinateur immature se fait passer pour le père de l\u2019enfant afin de reconquérir son ex-petite amie.TVA 0h35 NOS MEILLEURES ANNÉES \u2013 ACTE 2 Voir dimanche, 21h.TFO 1h40 MERCREDI MA VIE EN RUINES (5) (My Life in Ruins), É.-U.2009.Comédie de Donald Petrie avec Nia Vardalos, Richard Dreyfuss, Alexis Georgoulis.- Lors d\u2019un voyage organisé à travers la Grèce, une guide cynique et insatisfaite se transforme au contact d\u2019un groupe de touristes indisciplinés.TVA 13h 8 MILE (3) É.-U.2002.Drame de moeurs de Curtis Hanson avec Eminem, Kim Basinger, Brittany Murphy.- Vivant dans un quartier pauvre de Detroit, un jeune ouvrier blanc aspire à devenir une vedette de la musique hip-hop.MP 16h30 TOUJOURS ALICE (4) (Still Alice), É.-U.2014.Drame psychologique de Richard Glatzer avec Julianne Moore, Alec Baldwin, Kristen Stewart.- Peu après son cinquantième anniversaire, une professeure de linguistique apprend qu\u2019elle est atteinte d\u2019une forme précoce de la maladie d\u2019Alzheimer.TVA 20h ATTACHE-MOI! Voir mercredi, 21h.TFO 21h LA NEUVIÈME PORTE (4) (The Ninth Gate), Fr.1999.Drame fantastique de Roman Polanski avec Johnny Depp, Emmanuelle Seigner, Frank Langella.- Un chasseur de livres anciens est chargé par un riche collectionneur de retrouver les trois examplaires d\u2019un ouvrage écrit par le diable.Z 0h LE SAMOURAÏ Voir mardi, 21h.TFO 0h08 LE VENT DU NORD (4) (North Country), É.-U.2005.Drame social de Niki Caro avec Charlize Theron, Frances McDormand, Sean Bean.- En 1989, au Minnesota, une mère célibataire issue d\u2019un milieu modeste poursuit la compagnie minière où elle travaille, pour harcèlement sexuel.TVA 0h35 POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE Voir lundi, 21h.TFO 1h55 JEUDI L\u2019EMMERDEUR (5) Fr.2008.Comédie de Francis Veber avec Richard Berry, Patrick Timsit, Pascal Elbé.- Un tueur à gages planifiant un assassinat depuis sa chambre d\u2019hôtel voit ses desseins contrecarrés par la présence d\u2019un voisin suicidaire.TVA 13h NOS ÉTOILES CONTRAIRES (4) (The Fault in Our Stars), É.-U.2014.Drame sentimental de Josh Boone avec Shailene Woodley, Ansel Elgort, Willem Dafoe.- À l\u2019occasion d\u2019une réunion d\u2019un groupe de soutien pour jeunes cancéreux, une adolescente solitaire tombe amoureuse d\u2019un garçon de son âge, amputé d\u2019une jambe.MP 16h30 BIRD PEOPLE (3) Fr.2014.Comédie fantaisiste de Pascale Ferran avec Anaïs Demoustier, Josh Charles, Roschdy Zem.- Dans un hôtel aéroportuaire, les destins parallèles d\u2019une femme de chambre rêveuse et d\u2019un ingénieur informatique américain en pleine crise existentielle.TFO 21h J\u2019AI TUÉ MA MÈRE Voir dimanche, 21h.ARTV 22h LARGO WINCH \u2013 L\u2019ULTIMATUM (5) (Largo Winch 2), Fr.2010.Aventures de Jérôme Salle avec Tomer Sisley, Sharon Stone, Ulrich Tukur.- Peu après avoir créé une fondation, un orphelin milliardaire est traqué par une procureure du tribunal pénal international qui l\u2019accuse de crimes contre l\u2019humanité en Birmanie.TVA 23h35 HANNIBAL LECTER \u2013 LES ORIGINES DU MAL (4) (Hannibal Rising), Fr.2006.Thriller de Peter Webber avec Gaspard Ulliel, Gong Li, Rhys Ifans.- Dans les années 1950 à Paris, le jeune Hannibal Lecter entreprend de retrouver les renégats cannibales qui ont dévoré sa sœur pendant la Deuxième Guerre mondiale.Z 0h ATTACHE-MOI! Voir mercredi, 21h.TFO 0h05 MILDRED PIERCE Voir mardi, 23h.ARTV 1h30 LE SAMOURAÏ Voir mardi, 21h.TFO 2h VENDREDI HARRY POTTER AND THE HALF-BLOOD PRINCE (4) G.-B.2009.Drame fantastique de David Yates avec Daniel Radcliffe, Michael Gambon, Rupert Grint.- Alors qu\u2019il enquête sur le passé d\u2019un professeur de potions, un jeune sorcier met la main sur un manuel scolaire annoté ayant appartenu à un mystérieux prince de sang mêlé.CTV 20h LE RETOUR DE DANNY OCEAN (4) (Ocean\u2019s Twelve), É.-U.2004.Comédie policière de Steven Soderbergh avec George Clooney, Brad Pitt, Catherine Zeta- Jones.- Un cambrioleur et sa bande doivent perpétrer divers casses en Europe pour rembourser une ancienne victime qui n\u2019entend pas à rire.MAX 20h CONTE D\u2019AUTOMNE (4) Fr.1998.Comédie sentimentale d\u2019Éric Rohmer avec Béatrice Romand, Marie Rivière, Alexia Portal.- Deux amies d\u2019une viticultrice solitaire tentent à l\u2019insu de celle-ci de lui trouver un compagnon.TFO 21h00 DRONES Voir mardi, 16h30.MP 22h J\u2019AI TUÉ MA MÈRE (4) Can.2009.Comédie dramatique de Xavier Dolan avec Xavier Dolan, Anne Dorval, Suzanne Clément.- Le dur passage à l\u2019âge adulte d\u2019un adolescent précieux à couteaux tirés avec sa mère, une femme un peu commune, qui l\u2019a élevé seule.RC 23h05 LULU FEMME NUE (4) Fr.2013.Comédie dramatique de Solveig Anspach avec Karin Viard, Bouli Lanners, Claude Gensac.- Après un entretien d\u2019embauche raté dans une ville côtière, une mère de famille timorée s\u2019accorde des vacances improvisées, loin de son mari dominateur.TQ 23h30 LA NUIT NOUS APPARTIENT (3) (We Own the Night), É.-U.2007.Drame policier de James Gray avec Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg, Robert Duvall.- Le gérant d\u2019une boîte de nuit doit choisir son camp lorsque son père et son frère, dans la police, menacent de faire tomber son patron, parrain de la mafia russe.TVA 23h35 BIRD PEOPLE Voir jeudi, 21h.TFO 0h40 MELODY Voir dimanche, 20h.TV5 0h45 LES FILMS À VOIR CETTE SEMAINE À LA TÉLÉVISION | 4 5 C u l t u r e H u m o u r L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 GRAND ANGLE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR a-tu des tapettes dans\u2019 salle ?» demande Yvon Deschamps sur scène en 1983-1984.Dans L\u2019intolérance (1972), un de ses monologues les plus durs, l\u2019humoriste propose que l\u2019accès aux Miracle Mart soit interdit aux Juifs.« Nigger Black ! Nigger Black ! Nigger Black ! » hurle-t-il dans un mythique numéro du même nom.Voilà un bref échantillon des spectaculaires énormités jadis prononcées par le père de l\u2019humour québécois afin de retourner comme un gant la pensée délétère du racisme, de la misogynie et de l\u2019homophobie rongeant alors sa société.Des énormités que brandissent souvent au- jourd\u2019hui comme étalon de mesure ceux qui croient que la liberté de parole des comiques, sous l\u2019influence du politiquement correct et de divers groupes de pression, régresse sans cesse depuis les années 1970.Vous fréquentez les réseaux sociaux?Vous l\u2019avez sans doute déjà constaté : une conversation sur l\u2019humour et sur le deuxième degré culmine presque immanquablement par une invocation de l\u2019œuvre d\u2019Yvon Deschamps.Certains plaisantins imaginaient même récemment, dans la foulée de la première médiatique du spectacle de Guy Nantel, une loi Deschamps qui, à l\u2019instar de la loi de Godwin, voudrait que « plus une discussion en ligne [sur l\u2019humour québécois] dure longtemps, plus la probabilité d\u2019y trouver une comparaison impliquant Yvon Deschamps [plutôt que les nazis ou Adolf Hitler] s\u2019approche de 1 ».Mais peut-on raisonnablement dédouaner toute forme d\u2019ironie en prétextant que l\u2019octogénaire aujourd\u2019hui à la retraire a déjà dit bien pire ?«Yvon Deschamps était particulièrement doué pour faire comprendre qu\u2019il n\u2019était pas d\u2019accord avec les propos de son personnage.On parle beaucoup de ses textes, mais il y a aussi ce qu\u2019on appelle le delivery : le clin d\u2019œil, l\u2019attitude, la complicité qu\u2019il nouait avec le public», fait valoir la professeure titulaire au Département de français de l\u2019Université d\u2019Ottawa Lucie Joubert, qui a beaucoup creusé la question de l\u2019humour.«Même si l\u2019ironie, c\u2019est quelque chose de très agressif, pour que l\u2019autre comprenne qu\u2019on parle au deuxième degré, ça prend de la générosité de la part de l\u2019ironiste, qui doit trouver une manière de dire \u201cTu vois bien que je suis en train de te monter un bateau\u201d, et ça, c\u2019est un art qui est très difficile à maîtriser.» Malgré l\u2019indéniable adresse de Des- champs, l\u2019ironie de ce dernier n\u2019aura d\u2019ailleurs pas toujours été dûment décodée.Des spectateurs, a-t-il souvent raconté, l\u2019ont déjà félicité d\u2019avoir dépeint, dans Les unions, qu\u2019ossa donne?, radiographie tragicomique de l\u2019aliénation de l\u2019ouvrier québécois, un modèle d\u2019employé docile.« La libération de la femme, c\u2019est parfois décourageant », déclarait le principal intéressé [tel que cité par Jenny Landry dans un mémoire de maîtrise déposé en 1999 à l\u2019Université Laval] à propos de ce numéro raillant l\u2019antiféminisme en donnant la parole à un machiste complètement décomplexé.« En 1973, le personnage était tellement énorme, tellement épais, que je pensais bien me faire comprendre.Mais non, on me prenait toujours au pied de la lettre.Les filles me criaient des noms pendant que les gars restaient là, fiers et contents.J\u2019imagine que je l\u2019ai mal écrit ! » L\u2019humoriste et son époque L\u2019humoriste s\u2019inscrit dans son époque et le rire ne peut émerger sans une forme circonstancielle d\u2019insensibilité ou d\u2019indif férence, rappelle pour sa par t le professeur et chercheur Georges Desmeules en citant Henri Bergson.Le rire, « c\u2019est une anesthésie momentanée du cœur, pendant laquelle l\u2019émotion ou l\u2019af fection est mise de côté », écrivait l\u2019important penseur français de l\u2019humour en 1940.« Si on prend la question des agressions non dénoncées, on est présentement dans un contexte où la sensibilité est exacerbée, obser ve Des- meules.Si, pour diverses raisons, tu n\u2019es pas capable de te placer dans une position d\u2019insensibilité, tu vas forcément trouver dégueulasse la personne qui va faire une blague là- dessus, peu importe son intention.» Yvon Deschamps pourrait-il reprendre sur scène aujourd\u2019hui ses numéros les plus subversifs sans être crucifié?«La question que je préfère poser serait plutôt la suivante : est-ce que ce serait pertinent de reprendre ces numéros?» répond Lucie Joubert.S\u2019il a sans doute été à une autre époque utile d\u2019incarner, pour mieux les déconstruire, des préjugés alors davantage répandus au sujet des homosexuels, des minorités racisées ou des femmes, ressusciter en 2017 ces numéros et par le fait même des préjugés désormais marginaux ne contribuerait, suggère-t-elle, qu\u2019à raviver la violence symbolique ou réelle vécue par certains groupes.« J\u2019imagine qu\u2019on recevrait encore bien Yvon Deschamps parce qu\u2019on sait pertinemment qu\u2019il ne pense pas tout ce qu\u2019il dit, mais le danger en général pour l\u2019ironiste, c\u2019est de ne pas être bien compris», conclut l\u2019universitaire, en soulignant que l\u2019éveilleur de consciences Deschamps vivait très mal que son second degré ne soit pas perçu comme tel.«Plus on s\u2019organise pour que son ironie soit opaque, plus on court le risque de ne pas se faire comprendre.Alors, si un humoriste ne se formalise pas que des spectateurs le prennent au premier degré, soit il est dans la provocation, soit il est indif- férent à l\u2019idée qu\u2019il conforte les gens dans leurs préjugés.» On finit toujours par parler d\u2019Yvon Deschamps Yvon Deschamps pourrait-il reprendre sur scène aujourd\u2019hui ses numéros les plus subversifs sans être crucifié ?ARCHIVES LE DEVOIR «Y Extrait de L\u2019intolérance «Moi, si y\u2019a une affaire que je peux pas tolérer, c\u2019est les tapettes.Ah ben ça, là, hein.Moi, quand je vois une tapette, y\u2019a yienque une affaire qui me vient dans l\u2019idée, c\u2019est d\u2019y couper c\u2019te petite affaire- là, tsé.Sont-tu écœurants, ça s\u2019en va, wou hou hou hou! Ça parle tout le temps comme si y\u2019avait quet\u2019choze dans bouche, pis ah mon Dieu! Pis ça porte leurs p\u2019tites culottes tellement serré on leur voit tout\u2019, pis ah! Ah, moi, les tapettes, y m\u2019écœurent assez, hein.Si c\u2019était yienque de moi, je les passerais tout\u2019au bat ! Mais y\u2019aimeraient trop ça!» REPORTAGE CAROLYNE PARENT COLLABORATRICE LE DEVOIR À SAN MIGUEL DE ALLENDE an Miguel de Allende souffle 100 bougies de plus que Montréal cette année, mais il suffirait d\u2019éliminer les Ford Fiesta de ses rues pour qu\u2019on s\u2019y sente comme au XVIe siècle ! Oui, l\u2019UNESCO a eu bien raison d\u2019inscrire la beauté baroque \u2014 et le sanctuaire voisin d\u2019Atotonilco \u2014 à son inventaire du patrimoine mondial.Une inscription qui, soit dit en passant, a contribué à faire doubler sa fréquentation touristique en moins de 10 ans.Située dans l\u2019État de Guanajuato, à trois heures de route au nord de Mexico, cette « nouvelle » destination vedette est le corazón du Mexique.« C\u2019est aussi la ville emblématique de son indépendance », précise Fer- nanda Rosas, directrice du Conseil de promotion touristique du Mexique à Montréal.On ajouta d\u2019ailleurs «de Allende » au toponyme en hommage à son célèbre fils, le héros national Ignacio Allende.Dans son centro sans feux de circulation, 24 pâtés de maisons aux couleurs d\u2019un tableau de la Kahlo se disputent notre attention.Ici, l\u2019École des beaux- arts.Là, tout un quartier habillé de murales.Plus loin, un marché d\u2019artisanat, quatre des meilleurs hôtels du pays et muchos restaurants à la mode.Bordé de ficus taillés en forme de toques ashkénazes, le jardín, square de tous les rendez-vous, est le cœur de la cité.Il est flanqué de la parro- quia de San Miguel Arcángel.C\u2019est l\u2019église bien-aimée des Sanmigue- lenses, visible du haut de toutes les r ues pentues.Et voilà, m\u2019sieurs, dames, qui clôt la visite ! Malgré sa petite taille, l\u2019ancien carrefour des convois qui transportaient L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 Voya g e V I V R E Objectivement, c\u2019est un bled perdu dans une plaine.Mais pour les lecteurs du magazine de voyage Condé Nast Traveler, il s\u2019agit de la destination « la plus accueillante du monde », et pour ceux de Travel + Leisure, de la « plus belle ville » entre toutes, en 2017.Rien de moins.Intriguée, nous sommes allée voir lo qué pasa ! L\u2019art de plaire à la mexicaine San Miguel de Allende a doublé sa fréquentation en moins de 10 ans Dans son centro sans feux de circulation, 24 pâtés de maisons aux couleurs d\u2019un tableau de la Kahlo se disputent notre attention.Ici, l\u2019École des beaux-arts.PHOTOS CAROLYNE PARENT S or et argent vers la capitale à l\u2019époque coloniale n\u2019en a pas moins attiré 1,6 million de touristes en 2016 ! Qui plus est, son taux d\u2019occupation hôtelière est de 100 % tous les week-ends de l\u2019année.« Si vous voulez être tranquille, venez du lundi au jeudi », recommande José De Anda Pérez, agent de promotion au Conseil touristique de San Miguel.Pas mal pour une destination située à 65kilomètres d\u2019un aéropor t international et à 500 kilomètres d\u2019une plage ! Mais quel est donc son secret ?Vous avez dit l\u2019art ?Touristiquement, la destination est née au lendemain de la Seconde Guerre mondiale grâce à l\u2019ar tiste américain Stirling Dickinson.« Il a cofondé l\u2019Instituto Allende, où [le grand muraliste David Alfaro] Si- queiros a enseigné, explique Francisco Garay, directeur de la Fábrica La Aurora, une ancienne manufacture textile reconver tie en centre d\u2019art et de design.Ç\u2019a attiré l\u2019attention et après la guerre, des G.I.se sont installés ici pour étudier.Ç\u2019a commencé comme ça, avec une école qui a fait de la ville un carrefour artistique.» « Jusque dans les années 1990, San Miguel était encore une ville hippie, arty, où il y avait très peu d\u2019hôtels : on logeait chez des familles », dit Guillermo Gonzalez Engelbrecht, directeur du Consejo turístico local.C\u2019est à cette époque que le compatriote Toller Cranston, médaillé olympique de patinage artistique et peintre accompli, s\u2019y était installé, rejoignant une cohor te grandissante d\u2019expatriés canadiens et américains tombés sous son charme.«En 2007, San Miguel est devenue une destination privilégiée de Virtuoso [un regroupement d\u2019agences spécialisées dans le voyage de luxe]; en 2008, une ville UNESCO; et ç\u2019a changé la nature du tourisme, mais contribué à conserver l\u2019art bien vivant», dit encore M.Gonzalez Engelbrecht.C\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire : la ville de 160 000 habitants compte 119 galeries d\u2019art ! La Fábrica, elle, est née à la demande expresse des peintres, sculpteurs et autres artistes du cru.Quant aux immeubles d\u2019époque, cer tains sont revitalisés par des architectes designers mexicains de renom, comme Roy Azar, propriétaire de deux hôtels-bou- tiques et d\u2019une maison-concept dans le centre historique.D\u2019arty et hippie, San Miguel est devenue arty et haut de gamme.« Oui, haut de gamme, mais toujours pour les amateurs d\u2019art», selon le directeur.Authentique ou pas ?L\u2019ex-bled pour beatniks n\u2019est pas sans rappeler d\u2019autres sublimes villes portant le sceau de l\u2019UNESCO.Carthagène des Indes, en Colombie, vient à l\u2019esprit.Luang Prabang, au Laos, aussi.Mais entre elles et la mexicaine, il y a une dif férence de taille : la provenance des touristes.Ici, 70 % d\u2019entre eux sont du pays, principalement de Mexico.Et pour les 30 % restants, dont nous, c\u2019est une bénédiction.Pourquoi ?Parce qu\u2019on n\u2019a pas l\u2019impression de séjourner à gringolandia.Parce que Starbucks se fait muy discret.Parce qu\u2019il y a encore des chapulines (criquets frits) au menu des restaurants.Bref, parce que la culture locale n\u2019est pas édulcorée.Demeurer authentique est le défi numéro uno de toute destination.Or, à San Miguel, 10% de la population est tout de même composée d\u2019expatriés\u2026 «Et ils sont les premiers à vouloir préserver les traditions de la ville!» se réjouit le directeur du Consejo turístico.Avec la désignation de l\u2019UNESCO vient un plan de gestion du tourisme, explique-t-il.« Ce document nous dit exactement à quelle croissance nous pouvons aspirer, combien d\u2019hôtels, de restaurants, de commerces la destination peut soutenir.On a fait des erreurs ailleurs au Mexique, on ne va pas les répéter ici.» Aussi, depuis septembre dernier, un règlement municipal interdit la conversion d\u2019une maison résidentielle du centro en commerce.« Et juste à temps, estime M.Gonzalez Engelbrecht, car tout le monde veut profiter de la manne.» En ef fet.Alentour, les chantiers de construction se multiplient\u2026 Rue Mesones, à l\u2019Academia de Foto- grafía, la photographe américaine Jo Anderson Brenzo se souvient du San Miguel de la fin des années 1970.«On était 10 000, et le soir, on aurait dit une ville fantôme tant c\u2019était calme!» dit-elle.« Aujourd\u2019hui, elle est touristique, c\u2019est vrai, mais elle est restée une ville d\u2019artistes.» « Vous aimez ?Vous reviendrez ?» me demande-t-elle.Et sans attendre ma réponse, elle enchaîne : « Mais quelle question ! Vous reviendrez.On revient toujours à San Miguel\u2026 » Carolyne Parent était l\u2019invitée d\u2019Aeromexico et du Conseil de promotion du tourisme du Mexique.| 47 Vi v r e Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 Combien ça coûte ?En gros, vous devriez payer environ 700 $ pour le billet d\u2019avion, avec Aeromexico.On se loge très bien pour 200 $ la nuit, mais des options plus abordables sont aussi accessibles, à condition d\u2019être prévoyants.Au restaurant, vous vous régalerez pour l\u2019équivalent de 25 $, cerveza comprise.Bien entendu, les prix sont variables selon la saison et votre envie de confort.1.La Casa del Mayorazgo de la Canal On dit qu\u2019il s\u2019agit de la plus imposante des résidences de la ville, et on est bien d\u2019accord.L\u2019ancien palais ocre accueille des expositions temporaires et, jusqu\u2019en décembre prochain, des œuvres photographiques de Flor Garduño y sont présentées.2.L\u2019École des beaux-arts Dans l\u2019ancien couvent du Templo de la Inmaculada Concepción, cédé à l\u2019école, le patio du cloître est une délicieuse oasis.Mais le clou de la visite demeure la salle consacrée à une murale inachevée de David Al- faro Siqueiros, datant de 1949 : Vida y obra del Generalísimo Don Ignacio de Allende.3.La Fábrica La Aurora Manufacture textile pendant presque tout le XXe siècle, La Aurora est au- jourd\u2019hui devenue un impressionnant centre d\u2019art et de design.À l\u2019Es- tudio Mario Oliva, on peut voir des toiles de Toller Cranston, qui a longtemps vécu à San Miguel, et chez l\u2019antiquaire La Buhardilla, on peut se procurer de vraies de vraies esquisses de Frida Kahlo.fabricalaaurora.com 4.La colonia Guadalupe Au nord de la ville, adjacent à La Fábrica, ce quartier ouvrier est un musée de murales à ciel ouvert.Qui s\u2019intéresse à l\u2019art public y passe aisément une demi-journée en colorama! 5.Prisonart Au numéro 21 de la rue Canal, une boutique propose de luxueux accessoires en cuir, tous confectionnés par des détenus mexicains à l\u2019instigation d\u2019un ex-prisonnier.Le « tatouage » de certains articles, comme les sacs, en fait des objets d\u2019art.Au final, voilà tous des achats responsables.prisonart.com.mx Pour en savoir plus: visitsanmiguel.travel.Aussi, consulter le site du Conseil touristique de la ville.Un vendeur de barbe à papa déambule dans les rues de la ville.Touristiquement, la destination est née au lendemain de la Seconde Guerre mondiale grâce à l\u2019artiste américain Stirling Dickinson Pour sonder l\u2019âme arty du corazón mexicain ! REPORTAGE GARY LAWRENCE COLLABORATEUR LE DEVOIR lors, c\u2019est entendu, chérie ?Pas un mot à l\u2019intérieur, d\u2019accord?\u2013 Mais papa, ma plus grande passion, c\u2019est de parler ! \u2013 Tiens ta langue cinq minutes et t\u2019auras droit d\u2019y mettre de la barbe à papa à l\u2019érable\u2026 Quand les moines d\u2019Oka ont déménagé à Saint-Jean-de-Matha, en 2009, c\u2019était notamment parce qu\u2019ils en avaient plein leur capuchon du bruit, dans l\u2019environnement immédiat de leur ancien monastère.Désormais établis dans une retraite sobre, dépouillée et contemporaine, ils jouissent d\u2019un espace de réflexion et de prière sublimis- sime: une lumineuse chapelle de bois clair percée d\u2019une immense baie vitrée donnant sur la montagne Coupée.\u2013 Le monsieur, là: on dirait une statue! \u2013 C\u2019est un moine en train de prier, et moi je te prie de me suivre : allons t\u2019acheter des gâteries.Avant ou après un coup d\u2019œil sur cette chapelle, le magasin de l\u2019abbaye Val Notre-Dame foisonne de produits du terroir lanaudois et d\u2019ailleurs, aux côtés de bondieuseries et d\u2019ouvrages religieux.Même si les anciens moi - nes de la Trappe d\u2019Oka ne fabriquent plus leur fromage, ils élaborent ou préparent des produits forestiers (aiguilles de mélèze, brocolis d\u2019asclépiades, etc.) et autres bouchées chocolatées.Véritable petit marché des saveurs, l\u2019endroit forme un ar rêt obligé pour qui manque de temps pour visiter les producteurs locaux.Fifille a choisi un sapin-chandelle en cire d\u2019abeille et du caramel à l\u2019érable, moi une gelée de porto diaboliquement savoureuse et\u2026 deux pots de barbe à papa à l\u2019érable.Abbaye Val Notre-Dame 220, chemin de la Montagne-Coupée, Saint-Jean-de-Matha, abbayevalnotredame.ca La vallée du lait avalé Dimanche dernier, à la ferme Vallée verte, il faisait gris et surtout froid, alors on a fermé les volets des fenêtres de l\u2019étable, à travers lesquelles on voit d\u2019ordinaire les vaches, en train de se faire traire ou gratter le dos avec une brosse rotative, quand elles ne sont pas affalées sur des lits de sable (c\u2019est bon pour leurs articulations !).Qu\u2019importe: quand on trempe ses lèvres dans le succulent lait d\u2019antan de cette ferme modèle, on comprend qu\u2019il provient de vaches heureuses.Les crottes de fromage, le cheddar arôma- tisé à l\u2019oignon et le yogourt à la tire d\u2019érable sont autant d\u2019autres régals, et nous les avons ajoutés à notre glacière.Un secret de cette fraîcheur goûteuse tient à la pasteurisation lente et à basse température, qui permet d\u2019annihiler les bactéries tout en préservant le bon goût du lait cru.En prime, la ferme est située au fond d\u2019une mignonne vallée en cul-de-sac et elle est voisine d\u2019une pension pour chevaux racés.Ferme Vallée verte 180, rang Guillaume Tell, Saint-Jean- de-Matha, fermevalleeverte.com Avoir la foi dans le canard Déjà, l\u2019un des chemins de traverse qui permettent de se rendre chez Canards Maurel-Coulombe \u2014 le rang Saint-Guillaume \u2014 mérite à lui seul d\u2019être arpenté, tant il est représentatif d\u2019un Québec rural dont on ne se lasse pas : tracé sinueux et vallonné, rivière ondoyant sous les arbres, érablières, maisons séculaires\u2026 Puis, une fois arrivé au ravissant domaine, on se sent téléporté dans le pays d\u2019origine du foie gras, qu\u2019on fabrique ici de façon artisanale, sans brusquer les braves bêtes.«Nous les gavons de grains à la main, les uns après les autres, tandis qu\u2019ils se font masser », assure la charmante copropriétaire, Yvanne Maurel, Toulou- saine d\u2019origine.Ce n\u2019est pas tout : les 1900 canards de cette ferme sont élevés en liberté dans les sous-bois jouxtant la propriété.Foie gras, rillettes, aiguillettes, magrets, confits et autres terrines sont vendus uniquement sur place, la réputation de la maison lui suffisant à écouler l\u2019entièreté de sa production.Nous sommes repartis avec un magret fourré au foie gras (miam !) et un bloc de foie gras cru qui en découdra bientôt avec la poêle surchauffée.Canards Maurel-Coulombe 1061, rang du Sacré-Cœur, Saint-Jean-de-Matha, domainemaurelcoulombe.com Donner du piquant à la lecture Dès que nous avons franchi la porte, elle nous a mis le grappin dessus.Gentiment, mais sûrement, Louise Mathieu-Mills accueille chaque visiteur pour leur expliquer qu\u2019elle a fait du bonhomme de pain d\u2019épices le porte-étendard de son combat contre l\u2019analphabétisme et le décrochage.«En Matawinie, 37 % des jeunes abandonnent l\u2019école avant de finir leur 4e secondaire, alors je fais de la prévention », dit cette docteure en sciences de l\u2019éducation.Fondée par celle-ci et uniquement financée à l\u2019origine par des dons privés, la coopérative de solidarité La Maison du pain d\u2019épices comprend une vaste cuisine vitrée où on assiste en direct à la fabrication de pains d\u2019épices, une salle où se tiennent des ateliers culinaires pour les jeunes L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 Vi v r e E s c ap a d e 4 8 | Entre la Mauricie et les Lauren- tides, la région de Lanaudière est particulièrement bien pourvue en sites agrotouristiques et en artisans du terroir.Itinéraire gustatif d\u2019un père et de sa fille gourmands.Les papilles fébriles dans Lanaudière Escapade gourmande entre bisons, canards et pain d\u2019épices Le magasin de l\u2019Abbaye Val Notre-Dame regorge de produits du terroir lanaudois, mais aussi d\u2019articles de toutes sortes.GARY LAWRENCE A ainsi qu\u2019une jolie bibliothèque for t bien garnie en livres pour enfants et adolescents, notamment.Les ateliers culinaires permettent aux jeunes de s\u2019éveiller à la lecture et d\u2019en maintenir l\u2019intérêt « par des jeux de mots, de lettres et de chiffres, et parfois en visitant en imagination un autre pays».Nous avons salué bien bas la directrice d\u2019une si noble cause, non sans emporter quelques sachets de bon- hommes de pain d\u2019épices, et après avoir laissé une obole\u2026 La Maison du pain d\u2019épices 2181, route Louis-Cyr, Saint-Jean- de-Matha, paindepice.org Sur la terre des bisons Au sommet d\u2019une colline retirée d\u2019un coin perdu de Rawdon, un étonnant cheptel de bisons évolue dans un grand champ jouxtant une belle demeure fermière de 1898.À la fois centre d\u2019interprétation (fer - mé pour l \u2019hiver), site d\u2019élevage, boucherie et boutique, La Terre des bisons a pignon sur route de terre depuis 1994.Goûteuse à souhait, tendre et faible en gras, la viande de bison préparée ici est vieillie 21 jours avant d\u2019être transformée en saucisses, en bavettes et en terrines.Depuis quelques années, un troupeau de wapitis \u2014 qui fournit une autre excellente viande, encore plus maigre \u2014 est également élevé dans cette ferme de 400 acres, où toutes ces grosses bêtes se délient allègrement les pattes.Les visiteurs de passage peuvent faire de même pour les lorgner de près en empruntant un sentier de 1,2 km (5,75 $).Nous avons décliné l\u2019offre et sommes plutôt repartis avec un pavé de steak Boston, un tartin et des saucisses tomates et basilic, tous à base de bison.La Terre des bisons 6855, chemin Parkinson, Rawdon, terredesbisons.com Quand Angèle veille au grain En entrant dans la boutique des Volailles d\u2019Angèle, qui loge dans une coquette demeure ancestrale, un drôle d\u2019écran attire l\u2019attention : on y voit des poulets filmés en direct du poulailler, sor te de téléréalité qui dévoile les conditions d\u2019élevage de ces volailles nourries au grain.« Pas de farines animales, d\u2019antibiotiques, de gras trans ou de nitrites ! » lance la préposée, avant d\u2019ajouter que ses protégées sont élevées pendant 60 jours avant d\u2019être abattues.« C\u2019est trois fois plus que les poulets aux hormones, et ça rend la viande bien plus tendre.» L\u2019été et l\u2019automne, des dindons se nourrissent pour leur par t d\u2019herbe fraîche, directement dans le pâturage voisin, tandis que des canards de Barbarie consomment un cocktail de grains de maïs, de soja et d\u2019orge, sans jamais être gavés.Nous repartons avec un poulet entier, un cipaye volailles et cerf, une tourtière à l\u2019ancienne et des burgers de canard.\u2013 Une dinde congelée pour Noël, avec ça?\u2013 Non merci, on repassera avant les Fêtes ! Volailles d\u2019Angèle 36, rang Rivière Sud, Saint-Esprit, volaillesdangele.com Vi v r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 HÉBERGEMENTS EN RÉGION HÔTEL MANOIR VICTORIA VIEUX-QUÉBEC Déambuler au cœur de sites historiques, de rues marchandes animées.Découvrir la féerie du Marché de Noël Allemand à partir du 23 novembre.à quelques pas de l\u2019hôtel.Goûter la cuisine nordique des Chefs Jean-Luc Boulay et Arnaud Marchand au populaire restaurant Chez Boulay-bistro boréal.Se prélasser dans le confort douillet d\u2019une chambre contemporaine.Lire le livre oublié, s\u2019offrir un massage boréal au SPA du Manoir.Tentant n\u2019est-ce-pas?Et abordable en plus! À partir de 149$ par nuit en occupation double.Rabais pour séjour de deux nuits et plus.www.manoir-victoria.com \u2022 1-800-463-6283 POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT CONTACTER ÉVELYNE DE VARENNES AU 514 985-3454 S\u2019y rendre Pour effectuer cette tournée, il n\u2019en coûte rien de plus que le prix du carburant, les artisans ouvrant évidemment leurs portes gratuitement.À noter qu\u2019un pont est fermé sur la route 337, près de Sainte-Béa- trix.Dans un sens comme dans l\u2019autre, on peut cependant faire une boucle via l\u2019autoroute 40, l\u2019autoroute 31 et la route 131 jusqu\u2019à Saint-Jean-de-Matha, puis revenir par la 337 vers Rawdon et Saint-Esprit.Compter environ trois heures et demie de route aller-retour de Montréal, sans les arrêts.Plusieurs artisans cités ici seront présents au marché de Noël de Joliette, dès le premier week-end de décembre.noeljoliette.com lanaudiere.ca, goutezlanaudiere.ca Pas de farines animales, d\u2019antibiotiques, de gras trans ou de nitrites ! Nos volailles sont élevées 60 jours avant d\u2019être abattues.C\u2019est trois fois plus que les poulets aux hormones, et ça rend la viande bien plus tendre.UNE REPRÉSENTANTE À LA BOUTIQUE VOLAILLES D\u2019ANGÈLE, À SAINT-ESPRIT » GRAND ANGLE ÉMILIE FOLIE-BOIVIN COLLABORATRICE LE DEVOIR ous cherchez une manière de perdre du poids, de réduire la fatigue ?Pourquoi boire de l\u2019eau (ça ne goûte rien), s\u2019assurer une bonne nuit de sommeil (oui, mais on est en plein binge de Stranger Things !), faire une promenade par jour (on gèle dehors !) quand des solutions bien plus séduisantes et faciles à adopter sont joliment of fer tes par les vedettes du mieux-être.Le choix est tellement vaste qu\u2019on a par fois l\u2019impression d\u2019être dans une version holistique des histoires dont vous êtes le héros.Cette cacophonie ambiante, le cardiologue Martin Juneau la trouve plutôt préoccupante.Les icônes de la trempe de Gwyneth Paltrow, qui, avec son site Goop, refile toutes sortes de conseils à ses 1,8 million de lecteurs par mois, ne l\u2019alarment pas trop.(Même si elle tire profit de propositions louches, comme des œufs de jade à insérer dans le vagin pour aider les femmes à se sentir mieux \u2014 tout en avouant candidement qu\u2019elle n\u2019a aucune idée de ce qu\u2019elle avance parfois avec Goop.) Le directeur de la prévention de l\u2019Institut de cardiologie de Montréal est toutefois très inquiet de la popularité de certains médecins et pseudo- médecins auxquels les gens accordent beaucoup de crédibilité.Il cite le cas du cardiologue britannique Aseem Malhotra, l\u2019un de ces experts aux propos louches qu\u2019il suit sur Twitter pour se tenir au parfum des tendances et pour mieux comprendre l\u2019origine de ce que ses patients lui sor tent par fois dans son bureau.« Malhotra prétend que tout ce qu\u2019on s\u2019est fait dire sur les gras depuis 30 ans, c\u2019est basé sur de mauvaises études et qu\u2019on peut manger à volonté du bacon, des saucisses, puis mettre du beurre dans son café.Il est beau, il a un charisme fou, ses conférences sont toujours bondées, mais ce qu\u2019il dit est épouvantable », note le cardiologue.Alors, pourquoi croit-on ces gens ?« Parce que leur discours est sexy.Ils racontent une histoire et ça amène les gens à s\u2019intéresser à ce qui se passe dans leur corps », croit Olivier Bernard, pharmacien et auteur mieux connu sous le nom de Pharmachien.Sans compter qu\u2019acheter un sérum ou le dernier superaliment en vogue demande beaucoup moins d\u2019ef for t que de changer ses habitudes alimentaires.Leur message a donc plus de punch que celui des nutritionnistes et des professionnels de la santé.Ces derniers savent bien qu\u2019il est difficile de rivaliser avec des stars du Web qui, par leur nombre d\u2019abonnés, ont une portée beaucoup plus grande que la leur.«Même les médecins sont mêlés par ce qu\u2019ils lisent, et ils ne savent pas trop comment réagir », souligne le Dr Juneau.Il donne d\u2019ailleurs régulièrement des conférences devant ses L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 Vi v r e S a n t é 5 0 | Les cadeaux de Noël de fiston ne sont pas encore achetés qu\u2019on se demande déjà comment on va se remettre des excès des fêtes de fin d\u2019année à venir.Grâce aux stars du mieux-être et de la santé, les conseils pour remettre son foie et son estomac sur pied abondent sur le Web.Mais dans ce Far West de propositions se glissent des informations contradictoires, parfois farfelues, à tel point qu\u2019on en vient à ne plus trop savoir ce qui serait bon pour nous.La santé serait-elle devenue trop compliquée, docteur ?Jacynthe René parle de son style de vie en symbiose avec la nature dans ses livres, ses magazines et ses émissions sur Maison Jacynthe.MAUDE CHAUVIN POUR MAISON JACYNTHE V Toxiques, les conseils santé ?Démêler le vrai du faux parmi les nombreux propos des stars du mieux-être en ligne Acheter un sérum ou le dernier super- aliment en vogue demande beaucoup moins d\u2019effort que de changer ses habitudes alimentaires | 5 1 Vi v r e S an t é L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 Offrez une Aventure gastronomique au moulin à partir de 139$/pers.* \u2022 Ski de fond - 50 km de pistes \u2022 Sentiers et raquettes \u2022 Massothérapie L\u2019ISLET 1 877 245-2247 À une heure de Québec! www.aubergedesglacis.com * en occ.double, taxes et service en sus.www.aubergedesglacis.com auberge gourmande P O U R A N N O N C E R D A N S C E R E G R O U P E M E N T CO N TA C T E R É V E LY N E D E VA R E N N E S A U 5 1 4 9 8 5 -3 4 5 4 IDÉES CADEAUX pairs pour les aider à démêler le vrai du faux.Si les docteurs ne s\u2019y retrouvent plus, imaginez le grand public.Obscures zones grises Les messages contradictoires abondent, si bien que les consommateurs ne savent plus qui croire lorsqu\u2019ils souhaitent prendre leur santé en main.« Et ça contribue à alimenter le mythe que bien manger, c\u2019est compliqué », observe le nutritionniste Bernard Lavallée, qui reconnaît en toute humilité qu\u2019en prenant la parole ici, il participe lui aussi au bruit ambiant.Le problème est qu\u2019il y a souvent une part de vérité dans les conseils \u2014 même les plus fantaisistes \u2014 prodigués par les apôtres du mieux- être.Chaque fois, le Pharmachien Olivier Bernard s\u2019en étonne.« La gimmick en santé, c\u2019est qu\u2019ils partent de faits qui sont intéressants en soi, mais ils finissent souvent par les exagérer et les déformer.Les gens n\u2019aiment pas les nuances, ils préfèrent qu\u2019on leur dise que le lait n\u2019est pas bon, c\u2019est tellement plus simple.Les zones grises, c\u2019est ce qu\u2019il y a de plus compliqué à expliquer.» C\u2019est pourquoi, en tant que professionnel de la santé, il se donne pour mission de dénoncer les propos er ronés, comme il l\u2019a fait par le passé au sujet des propos de Jacynthe René sur les crèmes solaires.La comédienne parle de son style de vie en symbiose avec la nature dans ses livres, ses magazines et ses émissions sur Maison Jacynthe, dont l\u2019entreprise emploie aujourd\u2019hui 26 personnes à temps plein.Par courriel, elle souligne que ses propos de l\u2019époque avaient été pris hors contexte, et elle se défend bien de tenir des propos dommageables.« J\u2019ai développé des plateformes parce que j\u2019avais envie de partager des inspirations que le traditionnel ne partage pas et qui pourtant font un bien fou.J\u2019ajouterais même qu\u2019aucune de celles- ci ne comporte des dangers excessifs : \u201cBoire trop de jus vert ?Ajouter un 15e légume à sa salade ?Favoriser une routine beauté au naturel ?\u201d » La beauté de la chose Justement, il peut y avoir du très bon dans ce que les dieux et déesses de la santé holistique véhiculent.« J\u2019y vois plus de positif que de négatif, avoue le Pharmachien, qui n\u2019aurait jamais pensé, en obtenant son diplôme en 2004, que la santé serait un jour à la mode.C\u2019est vraiment l\u2019fun ! Bon, les gens se font avoir sur cer taines choses parfois, mais ces blogues les font réfléchir sur ce qu\u2019ils mangent et sur leur activité physique.En soi, l\u2019intention est loin d\u2019être mauvaise.» Et pour ceux qui se demandent toujours comment se remettre sur le piton le 2 janvier, les solutions ne sont finalement pas du tout compliquées \u2014 et on les connaît probablement sur le bout de nos doigts (manger plus de protéines végétales, consommer moins de viande rouge et d\u2019aliments transformés, être actif, boire de l\u2019eau, cesser de fumer, etc.).La nutritionniste Guylaine Guèvre- mont croit que cette quête doit avant tout être faite avec son cœur, et non avec sa tête.«On vit dans une société où de plus en plus de gens veulent voir dans les aliments quelque chose de particulier, remarque la fondatrice de la clinique MuUla, qui aide les gens à en finir avec leurs problèmes alimentaires.Mais le corps sait ce qui est bon pour lui.L\u2019important, c\u2019est de ne pas se priver et de s\u2019écouter.Remarquez que j\u2019ai toujours l\u2019impression de nager à contre-courant en disant ça ! » conclut-elle en riant.Trois arguments farfelus Pas toujours facile de discerner le vrai du faux devant les arguments si convaincants des apôtres du bien-être.Pour nous y aider, le pharmacien Olivier Bernard nous livre quelques propos qui devraient déclencher notre détecteur de faussetés, propos tirés de son récent livre Le Pharmachien 3, la bible des arguments bidon (Éditions Les Malins).«Ça a fonctionné pour moi.» «Les témoignages et les commentaires ne valent rien, car ils ne sont pas généralisables en raison de nombreux facteurs.» Surtout que certains porte-parole du mieux-être n\u2019hésitent pas à supprimer les commentaires négatifs.L\u2019absolu, les solutions extrêmes.«Si je vous propose un remède qui guérit tous les problèmes de santé, vous allez dire que c\u2019est louche.Ce l\u2019est aussi quand on dit de couper le gluten ou tous les produits laitiers, par exemple.» Le mot «naturel ».«Un pain dont on vante les ingrédients 100% naturels, ça veut dire quoi exactement?C\u2019est devenu un mot marketing utilisé à toutes les sauces.Après tout, le venin est naturel, mais ce n\u2019est pas conseillé d\u2019en mettre sur tes toasts à l\u2019avocat.» Avec son site Goop, ses magazines et ses livres de recettes, l\u2019icône Gwyneth Paltrow refile toutes sortes de conseils à ses 1,8 million de lecteurs par mois.SLAVEN VLASIC AGENCE FRANCE-PRESSE ICI EXPLORA L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 Vi v r e A l i m e n t at i o n 52 | GRAND ANGLE SOPHIE SURANITI COLLABORATRICE LE DEVOIR out le monde cherche son modèle d\u2019af faires en matière de commerce alimentaire électronique.Les gros, les moyens, les petits.Même du côté des géants, il y a des revirements.On teste, on annonce en grande pompe puis on recule.Est- ce que les expériences qui sont proposées correspondent à la réalité des consommateurs d\u2019aujourd\u2019hui ?Le « qu\u2019est-ce que je mange ce soir?», les détaillants classiques y ré- pondent-ils suffisamment bien?Si les nouveaux services de livraison de repas prêts à cuisiner (tous les ingrédients et les fiches recettes des repas choisis en ligne sont livrés à domicile, mais cuisinés par l\u2019acheteur) ont un si grand succès auprès de cer tains consommateurs \u2014 généralement de jeunes professionnels avec ou sans enfants \u2014, c\u2019est qu\u2019ils répondent à de vrais besoins.Surtout, ils proposent des solutions.Bien entendu, tout le monde ne peut s\u2019of frir ce genre de boîtes surprises.À défaut de proposer des services similaires, les grands détaillants québécois commencent à mettre la main sur ces start-ups.Metro est devenu l\u2019actionnaire plus que majoritaire de l\u2019entreprise montréalaise Missfresh.Alain Bouchard, président d\u2019Alimentation Couche-Tard, est devenu le mentor de la fondatrice de L\u2019épicerie québécoise en ligne, encore loin de cliquer Notre commerce alimentaire électronique peine encore à trouver la formule gagnante.Mais se pose-t-il les bonnes questions ?Le trio de moutardes fines de Simon Turcotte, à Sainte-Marcelline SIMON TURCOTTE T Cook It.Quant à l\u2019entreprise mont- réalaise Marché Goodfood, elle est entrée en Bourse et va automatiser certaines de ses opérations.Comment offrir un service qui facilite la vie des clients ?«Les grands détaillants ont tardé à évoluer, sans doute est-ce parce qu\u2019ils n\u2019en ressentaient pas le besoin.Il est rare qu\u2019on change par vertu ! On change parce qu\u2019on est obligés ! Et avec Amazon qui s\u2019en vient\u2026 » soupire Claire Bour- get, directrice principale de la recherche marketing au Centre facilitant la recherche et l\u2019innovation dans les organisations (CEFRIO).Croissance\u2026 américaine Des Amazon dans les clics comptabilisés depuis le début de l\u2019année par Claire et son équipe, il y en a beaucoup.Janvier 2018 sera le dernier mois de collecte (décembre étant le gros mois d\u2019achat en ligne) de cette enquête 2017 sur l\u2019Indice du commerce électronique au Québec (ICEQ) menée par le CEFRIO.L\u2019organisme de recherche et d\u2019innovation récolte mensuellement des données concernant les habitudes d\u2019achat en ligne de 500 Québécois de 18 ans et plus, soit 6000 par an.La montée du détaillant américain dans la catégorie «Alimentation, santé, beauté» est impressionnante.De 7% en 2014 \u2014 chiffre de la précédente étude \u2014, nous en sommes à 22 %.C\u2019est d\u2019ailleurs dans cette catégorie de produits achetés en ligne que la hausse la plus forte s\u2019observe: plus 6 points de pourcentage de cyberacheteurs (de 9% à 15%) pour le premier semestre.Et ce, même si les résultats sont encore préliminaires.Vaste catégorie Derrière « Alimentation », c\u2019est tout ce qu\u2019on achète à l\u2019épicerie, à l\u2019épicerie fine, les commandes de repas, etc.Mais « Santé et beauté » recouvrent aussi beaucoup d\u2019ar ticles : maquillage, produits d\u2019entretien, couches pour bébés, etc.« Nous attendons que la collecte annuelle se termine pour avoir des chiffres plus fins par sous-catégorie.Mais la sous-catégo- rie \u201cAlimentation\u201d augmente indéniablement », précise Claire Bourget.Avec la mise en place cet automne de services comme celui de Metro, qui vient de déployer son épicerie en ligne dans le Grand Montréal, et des services d\u2019autres enseignes déjà présentes (IGA de Sobeys et son service mis à jour en 2016 ; Provigo et son Clique & Go, commande en ligne puis ramassage en magasin), les clics entrant dans cette grande famille de cyberachats devraient augmenter.« C\u2019est en croissance, ainsi que tous les sites Web de repas prêts à cuisiner qui livrent à domicile.Autour de moi, je vois beaucoup de gens qui s\u2019en servent.Pour les jeunes professionnels, c\u2019est super pratique.» Penser aux jeunes La « cassure » numérique s\u2019observe aux alentours des 45 ans.Puis, plus on avance dans les tranches d\u2019âge, plus elle est criante.«Si les magasins d\u2019alimentation ne s\u2019adaptent pas rapidement au numérique, ils vont perdre cette jeune clientèle », s\u2019inquiète la directrice de la recherche marketing.Une jeune clientèle qui cherche elle aussi les meilleurs prix.D\u2019où la forte présence de l\u2019américain Amazon dans ce secteur, l\u2019enseigne étant réputée pour sa pratique de bas prix.Quant aux produits alimentaires de niche, comme ceux du terroir, le Web est intéressant.Il ouvre aux producteurs et aux transformateurs un marché beaucoup plus large.Après, la réussite va dépendre de leur énergie promotionnelle.En tout cas, Internet est une occasion d\u2019affaires pour eux.Comme il l\u2019est pour les cyberache- teurs aux alimentations dites particulières (bio, végane, sans allergènes, sans gluten, etc.).Penser autrement l\u2019achat « Je regarde au Québec les chaînes d\u2019alimentation, et je trouve qu\u2019il ne se passe pas grand-chose.Il n\u2019y a pas une expérience client en ligne intéressante », confie Mme Bourget.Les chaînes répliquent sur leur site Web ce qui se trouve en magasin.On catégorise à l\u2019identique, sans réfléchir à la manière dont le client fait en ligne son magasinage alimentaire.Le parcours physique diffère du parcours virtuel.Claire n\u2019a pas voulu me dire quelle était la plateforme sur laquelle elle avait commandé sa nourriture tandis qu\u2019elle était au repos forcé chez elle.Toujours est-il que cela s\u2019était avéré un peu, voire pas mal compliqué! Pourtant, faire quelques clics à partir de son lit aurait dû lui faciliter la tâche.Celle de se faire livrer à domicile des produits alimentaires tels que viande, poisson, légumes, fruits\u2026 «Il y a du chemin à faire pour les détaillants québécois.Les chiffres sont en croissance, le tournant vers le mobile est indéniable, mais les of fres sont loin d\u2019être satisfaisantes.» | 5 3 Vi v r e A l i m e n t at i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 L A R E C E T T E D E L A C H E F Dessert aux pommes Par Kim Lallouz Pour 4 personnes Voici une recette super simple, fraîche et pas trop grasse : une délicieuse façon de ne pas perdre de fruits ! Ingrédients 5 pommes, les moins belles! ¼ t.de beurre, fondu 1 t.de flocons d\u2019avoine biologique ¼ t.de sirop d\u2019érable ¼ t.de sucre brun biologique ¼ t.de pépites de cacao cru 1 c.à thé de cannelle râpée ou déjà en poudre ¼ c.à thé de muscade râpée ou déjà en poudre ½ c.à thé de vanille (facultatif) Préparation Chauffer votre four à 350°F.Couper les pommes en deux, retirer le cœur, et les déposer, peau vers le haut, sur une plaque à pâtisserie doublée de papier parchemin.Pratiquer quelques entailles partielles, sans complètement trancher les pommes.Badigeonner légèrement les pommes avec le beurre fondu, saupoudrer d\u2019une pincée de sucre et mettre au four pour 15 minutes.Mélanger les flocons d\u2019avoine, les épices, la moitié du sirop d\u2019érable, ¾ des pépites de cacao, deux pincées de sucre et 2-3 cuillerées de beurre fondu.Sortir les pommes du four et déposer le mélange d\u2019avoine entre chaque tranche.Remettre au four 10 minutes.Servir deux demi-pommes par personne, garnir chaque pomme avec une pincée de cacao et un filet de sirop d\u2019érable, puis avec la garniture de votre choix ; crème glace, yaourt\u2026 Monsieur Resto-Bar 1102, rue de Bleury Montréal?514 861-0000 restobarmonsieur.com Cinq questions à Cédric Fontaine La bonne action Bas pour bulles du 20 au 26 novembre.Dix restaurants montréa- lais et cinq restaurants torontois (la nouveauté de cette 4e édition) placent des boîtes pour recueillir des dons de chaussettes neuves à l\u2019intention des personnes sans-abri.En échange, on vous offre un verre de bulles.Le bon produit À Sainte-Marcelline dans Lanau- dière, Simon Turcotte fait d\u2019excellentes confitures et aussi d\u2019excellentes moutardes.Il vient de lancer un nouveau trio : érable et myrique baumier, fleur d\u2019ail et raifort.Étant donné que nous avons parlé de commerce en ligne\u2026 boutiquesimonturcotte.com La bonne idée Les Lauriers de la gastronomie québécoise veulent jouer dans la cour des tapis rouges avec la reconnaissance du meilleur restaurant, chef, pâtissier, sommelier, barman, artisan\u2026 (15 catégories en tout) de l\u2019année.Ce premier gala, qui se tiendra au printemps 2018, aura Ricardo Larrivée pour maître de cérémonie.lauriers.ca Si les magasins d\u2019alimentation ne s\u2019adaptent pas rapidement au numérique, ils vont perdre la jeune clientèle CLAIRE BOURGET, DIRECTRICE DE LA RECHERCHE MARKETING AU CEFRIO » En 2005, il a créé l\u2019épicerie en ligne Terroirs Québec, a racheté O Gourmet (ogourmet.com) l\u2019an passé et gère trois boutiques en ligne.L\u2019achat de produits gourmands en ligne, est-ce en croissance?Cela reste encore un petit marché.Les consommateurs veulent voir et toucher les produits.Ce qui est étrange, car un pot de confiture ou une canne de pâté, on ne l\u2019ouvre pas au magasin \u2014 sauf s\u2019il y a une dégustation sur place ! Quel est le parcours type?Lorsque les gens repèrent un produit qui les intéresse, leur premier réflexe est d\u2019aller sur Internet pour savoir comment ils peuvent se le procurer.Soit dans un magasin le plus proche, soit en le commandant sur un site Web.J\u2019ai beaucoup de clients qui découvrent des produits lors d\u2019un séjour en région et qui souhaitent les retrouver chez eux.Est-ce pertinent pour les artisans locaux de vendre en ligne?C\u2019est un marché de niche pour des produits de niche.Les marges sont minimes.Avec des géants comme Amazon, le consommateur a été habitué à acheter le produit mais pas à payer le transport.Or, cela coûte cher d\u2019expédier.La réglementation nuit-elle à la vente en ligne?Oui, notamment en ce qui concerne les alcools régionaux, les cidres, les bières.On ne peut pas livrer ces produits à domicile.Seule la SAQ est autorisée à le faire.Qui est à la traîne\u2026 consommateurs ou détaillants?Les détaillants alimentaires sont en retard, pas les consommateurs.Beaucoup sont prêts à acheter.Les plus jeunes veulent cuisiner, mais il faut que ce soit facile. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 DIMANCHE 19 NOVEMBRE 2017 SEULEMENT 2 PLACES DISPONIBLES 2105, ch.Ste-Foy, Québec voyages-lambert.com À MONTRÉAL LIEU : AUBERGE UNIVERSEL - 5000, RUE SHERBROOKE EST ENTRÉE LIBRE PRÉSENTATIONS DE NOS CIRCUITS SICILE & ITALIE DU SUD ESCALE AUX ÎLES ÉOLIENNES Du 8 au 28 avril 2018 TERRES D\u2019ESPAGNE PAYS DES TROIS CULTURES Départs : 6 mai & 16 septembre 2018 SPLENDEURS DE LA CÔTE ADRIATIQUE CROATIE - BOSNIE-HERZÉGOVINE - MONTÉNÉGRO Départs : 22 avril & 11 octobre 2018 LE CAUCASE, AZERBAÏDJAN, GÉORGIE & ARMÉNIE Du 26 mai au 15 juin 2018 L\u2019ISLANDE, DE FEU & DE GLACE Du 21 juin au 5 juillet 2018 11h00 12h45 14h15 * Par personne.Chambre d'hôtel en occupation quadruple.Toutes taxes Incluses.Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyage FICAV de 1 $ par tranche de 1 000 $ en sus.Prix valide pour tous les départs en 2017.Permis du Québec (702378).Départs : 29 et 30 décembre à partir de 205 $* Inclus : autocar grand tourisme, hôtel 3,5 étoiles (ou plus), petits déjeuners, guides accompagnateurs francophones.beltour.ca 514 336-0033 ou 1 866 235-8687 Plani?ez VOS FÊTES! vous amène ailleurs.AGENCE DE VOYAGES Nous acceptons American Express, Mastercard, Visa.Paiements en personne : carte de débit et argent comptant.n s e o Pour le jour de l'An, c\u2019est toute une fête qui vous attend à Times Square, à New York.Ne manquez pas ça et prenez part aux célébrations du passage à l\u2019année 2018.ÉLUE Meilleure agence spécialisée au Québec Experts en Voyages de Groupe Louise Drouin.com info@collectionneursdevoyages.com Tél.: 514 730-9293 DÉTENTEUR D\u2019UN PERMIS DU QUÉBEC Croisière fluviale La Russie Impériale Découvrez les plus villes de Russie, leurs coutumes et leurs traditions, et voguez sur la Volga mythique Itinéraire de 15 jours de Stalingrad à Moscou Départ le 14 octobre 2018 Réservez votre croisière de luxe ! * Prix en vigueur selon disponibilité chez le croisiériste.Inclus : croisière, pourboires, boissons, transferts, toutes les taxes, une excursion par port.À partir de 8 415$* par pers.en occ.double CROISIÈRES AVALON WATERWAYS Recevez 299 $ de billets d'avion et économisez 3 000$ par couple sur certaines croisières fluviales Europe 2018.SUPER PROMOTIONS www.lagrandehermine.ca | 1-855-619-1777 | 450-619-1777 Titulaire d\u2019un permis du Québec Voyages Symone Brouty 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com Une agence de Québec qui a fait ses preuves DÉJA 23 ANS ! Permis du Québec Présentations Conférences POUR NOS PROCHAINS DÉPARTS MONTRÉAL, Hôtel Ruby Foo\u2019s, 7655 Boulevard Decarie Présentations Conférences à MONTRÉAL Départs 2018 Hôtel Ruby Foo\u2019s, 7655 Boulevard Decarie DIMANCHE 26 NOVEMBRE 2017 DIMANCHE 26 NOVEMBRE 2017 10h00 Circuit Europe de l\u2019Est 24 JRS 11h00 Circuit Portugal, Madère 22 JRS 12h00 Magnifique Égypte 18 JRS 13h30 Perles des Balkans 22 JRS 14h30 L\u2019Inde des Grands Empires 29 JRS 10h00 Angleterre Ecosse Irlande 23 JRS 11h30 Magistrale Russie, villes d\u2019arts 22 JRS 13h00 Splendeurs de l\u2019Italie 22 JRS 14h30 La Grèce et ses îles 22 JRS 16h00 Grand tour de France 26 JRS RÉSERVEZ ! RÉSERVEZ ! RÉSERVEZ ! RÉSERVEZ ! Chez Voyages Symone Brouty ce sont des petits groupes.Des voyages exclusifs préparés par des experts.MADAME MARIE-PIERRE RUATTA sera de retour du voyage groupe Égypte 2017.Elle vous invite à sa conférence ÉGYPTE DÉPART 2018.Visualiser son circuit, croisière et démystifier vos craintes d\u2019aller en Égypte.Elle présentera aussi l\u2019Inde des Grands Empires qui est aussi l\u2019une de ses spécialités.RÉSERVATIONS OBLIGATOIRES POUR LES PRÉSENTATIONS ÉGYPTE ET l\u2019INDE DES GRANDS EMPIRES 1-800-650-0424 POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT CONTACTER ÉVELYNE DE VARENNES AU 514 985-3454 BON VOYAGE | 5 5 Vi v r e A l i m e n t at i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 CAMILLE DAUPHINAIS-PELLETIER COLLABORATRICE LE DEVOIR uand on pen - se à Jehane Benoît, on l\u2019imagine derrière une table en train de nous présenter un plat fraîchement cuisiné, quelque chose comme une pièce d\u2019agneau ou une tar te aux bleuets.Elle évoque l\u2019image d\u2019une cuisinière charismatique et douée, mais pas exactement celle qu\u2019on associe à une femme d\u2019avant-garde.Et pourtant ! Même si cela fait 30 ans que la vedette de la cuisine est décédée, on n\u2019a pas besoin de se replacer dans le contexte des années 1920 pour trouver l\u2019histoire de sa vie fascinante.Mme Benoît a eu la chance de grandir dans une famille aisée de West- mount.Son oncle lui a appris l\u2019anglais et son père était d\u2019accord pour la laisser étudier ; elle a amorcé sa vie avec de belles cartes dans son jeu et s\u2019en est servie de façon surprenante.À 17 ans, elle est par tie pour la France.Elle y a appris la chimie culinaire à la Sorbonne, tout en travaillant dans des restaurants.Son talent était tel qu\u2019on lui a proposé de faire carrière là-bas.Mais de plus grands plans l\u2019attendaient de son côté à elle de l\u2019océan.De brillantes lubies L\u2019auteure Chr ystine Brouillet a retracé l\u2019histoire de Jehane Benoît pour un portrait publié dans le recueil Bâtisseurs d\u2019Amérique.La tâche n\u2019était pas mince, car si, à une cer taine époque, chaque foyer possédait son Encyclopédie de la cuisine canadienne, le parcours de sa créatrice est moins connu.« C\u2019était une femme avant-gardiste sur tous les points.Elle a vraiment eu des lubies brillantes avant tout le monde, et elle avait une ouverture d\u2019esprit hors du commun », souligne Chystine Brouillet.À son retour au pays, Jehane Benoît se marie et donne naissance à une fille.Elle démarre en 1935 une école de cuisine dans l\u2019ouest de Montréal, Le Fumet de la Vieille France, alors que cet enseignement était jusque-là dispensé par des religieuses.Enseigner, ce n\u2019était pas un problème, mais une question trottait dans sa tête : qu\u2019est-ce que ses étudiantes (qui seront quand même 8000 au fil des années) allaient bien pouvoir manger sur l\u2019heure du dîner ?Elle avait entendu parler d\u2019une innovation américaine intéressante : les buffets.Elle lance donc son Salad Bar, qui propose des salades et sandwichs variés.Bien vite, les hommes d\u2019affaires du secteur veulent aussi en profiter\u2026 Ce brouhaha att ire l \u2019attention d\u2019un étudiant des HEC, Ber nard Benoît, qui deviendra son par te- naire d\u2019af faires, son amant et son deuxième mari.Un incendie Le Salad Bar est dévasté par un incendie pendant la Seconde Guerre mondiale, et comme « rénover un buffet » ne cadrait pas avec les priorités nationales de l\u2019époque, Jehane Benoît allège sa formule d\u2019af faires et donne des cours particuliers.Elle fait aussi ses premiers pas à la radio en proposant des recettes à faire en période de rationnement.Ce sera le début d\u2019une longue carrière médiatique : en plus de ses nombreuses apparitions dans des publicités, elle par ticipera à des émissions à la télévision, autant francophones (Fémina , Femmes d\u2019aujourd\u2019hui , Bonjour Madame) qu\u2019anglophones (Living, Open Hou - se, Take Thir ty).Sa carrière aura toujours été bilingue : d\u2019ailleurs, elle traduira elle-même ses livres de cuisine.Une hybride Dans Bâtisseurs d\u2019Amérique, Chrys- tine Brouillet décrit Jehane Benoît comme une personne hybride, « avec un pied en Europe et un en Amérique.Chevauchant deux époques : les méthodes classiques et l\u2019usage d\u2019une technologie moderne.Et deux milieux : rural et urbain.Rien n\u2019é - chappe à Jehane Benoît, qui a ce don de tirer parti de tout ».C\u2019est cette polyvalence qui lui a permis d\u2019écrire un livre comme Secrets et recettes de ma grand-mère en 1959, puis de se lancer quelques années plus tard dans ses fameux guides de cuisine au four à micro-ondes, un appareil qu\u2019elle adorait puisqu\u2019il permettait de gagner du temps.Les apparents paradoxes ne lui faisaient pas peur.Après tout, son encyclopédie de 1200 pages a été rédigée en à\u2026 Paris.La gastronome a passé les 20 dernières années de sa vie dans une ferme à flanc de montagne à Sutton.Bernard Benoît y élevait un troupeau de 1200 moutons, que Je- hane cuisinait avec enthousiasme.Elle décède d\u2019un infarctus le 24 novembre 1987, chez elle, dans la ferme de Noirmouton.Qui portait décidément très bien son nom.L\u2019avant-gardiste des fourneaux Il y a 30 ans, le Québec perdait Jehane Benoît Jehane Benoît en\u2026 \u2026 une recette classique Le nom de Jehane Benoît a été accolé à tant de recettes différentes qu\u2019il est difficile de déterminer sa recette « classique » ; chacun a sa préférée.Dans le cas de l\u2019auteure Chrystine Brouillet, c\u2019est le macaroni aux tomates, mayonnaise et fromage cheddar qu\u2019elle affectionne.« Surtout quand l\u2019été arrive et que les tomates sont savoureuses.» \u2026 une recette surannée La légalisation de la chasse à l\u2019écureuil a été soulevée dans l\u2019actualité des dernières semaines.On peut imaginer le camp qu\u2019aurait choisi Jehane Benoît, qui proposait dans son Encyclopédie une recette d\u2019écureuil au vin blanc\u2026 « Certaines recettes ont vieilli.Cet ouvrage nous donne aussi des balises pour voir comment on a évolué d\u2019un point de vue alimentaire », commente Chrystine Brouillet.\u2026 un mandat inusité Parmi tous ceux qui ont utilisé l\u2019incontestable talent de vulgarisation de Jehane Benoît se trouve un client fort original : la Metric Commission, un organisme mis sur pied par le gouvernement canadien dans les années 1970 pour encourager le passage du système de mesure impérial au système métrique.Après tout, qui de mieux que l\u2019as de la tasse à mesurer pour convaincre les Canadiens de parler en millilitres ?\u2026 un admirateur Le chef Jean Soulard l\u2019a dit lui- même à quelques reprises : il considère que son ouvrage Le grand Soulard de la cuisine est dans l\u2019esprit de l\u2019Encyclopédie de Jehane Benoît, qu\u2019il admire pour son travail qui a pratiquement touché l\u2019ensemble de la population québécoise à une certaine époque.Ils ne sont pas nombreux, ceux qui écrivent des livres de recettes de plus de 1000 pages\u2026 Q Dans Bâtisseurs d\u2019Amérique, Chrystine Brouillet décrit Jehane Benoît comme une personne hybride, « avec un pied en Europe et un en Amérique ».RENÉ DELBUGUET L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 Vi v r e Vi n 5 6 | CRITIQUE JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR À chaque vin son verre et à chaque verre son vin.Une température de service appropriée, mais aussi et surtout le bon choix en matière de verre sont des paramètres encore trop souvent négligés pour apprécier de façon optimale le vin livré par le vigneron.Simple question de respect pour ce dernier d\u2019ailleurs.La forme d\u2019un verre de vin peut avoir dans certains cas une importance telle qu\u2019elle peut radicalement changer la perception que nous avons du vin qui y est logé.Le dernier mythe actuel à décons- truire?La flûte de champagne.De la coupe moulée à même le sein de Ma- rie-Antoinette \u2014 plus utile aujourd\u2019hui à nicher margaritas, piñas coladas et cerises au marasquin \u2014 à la flûte élancée qui décolle telle une fusée propulsée sous l\u2019activation d\u2019un chapelet de bulles sans fin, il faudrait en somme opter aujourd\u2019hui pour l\u2019entre-deux.Élancé sur sa tige, le verre aura un calice plus généreux d\u2019épaule ouvrant sur une paraison permettant un meilleur échange oxydatif sans toutefois trop refermer une cheminée elle- même dotée, vous l\u2019aurez deviné, d\u2019un buvant si fin qu\u2019il donnera à vos lèvres l\u2019impression de faire littéralement l\u2019amour au verre en question.Je vous laisse imaginer ensuite l\u2019impact du nectar champenois sur des adultes consentants ! Le test Je demandais à Marc Gaudry, fondateur des boutiques Vinum Design, à Montréal et à Québec, et à quelques sbires sympathiques abonnés aux libations bachiques de tester quelques produits.Le protocole à vérifier?S\u2019assurer évidemment que le verre épaulera le vin sans lui nuire, mais aussi dégager les impacts à la fois mécaniques (la forme, l\u2019épaisseur et la grosseur in- fluencent-elles la perception aromatique et gustative?), physiques (le «toucher de bouche» est-il complet ou partiel selon l\u2019angle de réception du liquide sur la langue et le palais?) et physiologiques (l\u2019impression dégagée est-elle positive ou négative?).Si le Chardonnay 2016, Villa Blan - che, Calmel & Joseph, Pays d\u2019oc, France (16,15$ \u2013 12257292 \u2013 (5) ?) et L\u2019Excellence de Château Capendu 2015, Corbières, France (18,95 $ \u2013 12879180 \u2013 (5) ?1/2) se sont faufilés sans trop souffrir dans les verres Schott Zwiesel, les Silex 2004 de Dague- neau, Mercurey vieilles vignes de Ra- quillet, Sociando Mallet 1991 et caber- net-sauvignon Napa Valley Réserve 1989 de Mondavi exigeaient en retour un écrin de verre plus sophistiqué pour se raconter au mieux.Et s\u2019il n\u2019y avait qu\u2019un verre, toutes catégories confondues ?Cet « Ouverture » de la maison autrichienne Rie- del (12,45 $) conviendrait par faite- ment.Un verre ludique, consensuel, multifonctions et performant, habile à se mouiller sur blancs, rouges, rosés, moelleux, effervescents et même spiritueux, bref, le couteau suisse des verres à vin.Toujours chez Riedel, la série « Ve- ritas » (42,45 $) permet des envolées aromatiques soutenues, surtout chez les pinots noirs, alors que les allemands Schott Zwiesel (15 $) et Spie- gelau (Perfect Serve à 15,95 $) donnent l\u2019heure juste, ciblant qualités mais aussi défauts avec une précision toute germanique.Ma suggestion ?Passez voir le cordonnier en chef et son équipe (Boutiques Vinum Design vinumdesign.com à Montréal et à Québec) pour évaluer les pointures disponibles en fonction de vos pérégrinations vineuses.Mais attention de ne pas trébucher sur ces diaboliques Zalto autrichiens (77,50 $) : vous risquez de changer de métier en devenant vous- même\u2026 cordonnier ! Faire sauter le plafond de verre\u2026 de l\u2019émotion Moins de 16 $ L\u2019Orangeraie 2016, cabernet-sauvignon, Pays d\u2019oc, France (13,95$ \u2013 13189973) Voilà une approche plus que sympathique du fameux cépage.Non seulement est-il vinifié pour tirer le meilleur du fruité, sans faire saillir ses muscles tanniques, mais il demeure d\u2019une consistance, d\u2019un charme, tout au long du parcours en bouche.Aromatisé aux copeaux?Élevage en fût?C\u2019est bon, voilà tout.(5) ?La surprise Cabernet-Sauvignon 2014, Napa Valley, R.Mondavi, États-Unis (33,60$ \u2013 255513) La version Réserve 1997 dégustée à l\u2019aveugle en a laissé plus d\u2019un pantois.Mais celle-ci, plus modeste, a fait l\u2019unanimité parmi les Amis du vin du Devoir.Un rouge d\u2019une précision redoutable, au fruité franc et affirmé, soutenu avec vigueur et pourvu de tanins fins, frais, marquant la finale avec race et élégance.(10+) ?1/2 Le blanc Verdejo 2016, Bodega Protos, Rueda, Espagne (17,25$ \u2013 13321874) Ce blanc élaboré sous la houlette d\u2019une coopérative de producteurs s\u2019inscrit dans la modernité espagnole en matière de vin sec, mais surtout, dans cette réhabilitation réussie du cépage verdejo.Un cépage qui possède l\u2019art de saliver avant vous, laissant le croquant fruité et le léger mordant de fraîcheur faire le reste.(5) ?1/2 Le rouge Tinta Roriz Reserva 2015, Fonte de Gonçal- vinho, Dao, Portugal (19,80$ \u2013 12974531) J\u2019aime cette appellation pour plusieurs raisons.L\u2019adéquation cépage-terroir y est parfaitement cohérente; elle demeure encore sous-évaluée en regard de la qualité, de l\u2019authenticité et de l\u2019originalité des vins produits et, enfin, soutient une production qui, à prix sympathique, sait se bonifier harmonieusement.(5+) ?La santé par le vin Château la Tour de l\u2019Évêque 2013, Côtes de Provence (23,40$ \u2013 440123) Une impression de froid, tel un silence humide montant d\u2019une cave sombre, se dégage de ce rouge issu d\u2019une agriculture biologique.Comme si les syrahs (majoritaires) épaulées par des cabernets-sauvignons se mouvaient lentement, déliant leurs tanins denses et fins avec fraîcheur et autorité, le tout fermant la marche sur une finale épicée de caractère.(5+) ?1/2 (5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans (10+) se conserve dix ans ou plus © devrait séjourner en carafe LES VINS DE LA SEMAINE La forme d\u2019un verre peut avoir une importance telle qu\u2019elle peut changer la perception que nous avons du vin qui y est logé À chaque vin son verre et à chaque verre son vin DANIEL ZUCHNIK GETTY IMAGES AGENCE FRANCE-PRESSE | 57 Vi v r e R e s t o L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 Les coudes sur la table 2275, rue Sainte-Catherine Est Montréal?514 521-0036 Depuis cinq ans, la clientèle vient mettre ses coudes sur la table du chef Cédric Deslandes.La fidélité de cette clientèle en dit long sur la qualité de la table.Des plats soignés et un service attentif dans un décor inoffensif, le tout indiquant que le chef a le cœur sur la main et l\u2019œil sur le contenu de ses assiettes.?1/2 $$1/2 Bistro Rosie 1498, rue Bélanger Montréal?514 303-2010 Le bonheur tient à peu de choses : pousser la porte et se sentir bienvenus, prendre place et deviner le bonheur aux tables voisines.Être servis avec grâce, conseillés avec jugement et accompagnés intelligemment au long du repas s\u2019inscrivent dans cette veine.Quand la cuisine est bonne, le bonheur est complet.Rosie possède tout cela.?1/2 $$$ Fieldstone 5427, boulevard Saint-Laurent Montréal?438 387-7197 Un chef cambodgien, Chanthy, un associé mexicain, Emiliano, et une troisième collègue vancouvéroise, Alanna, réussissent à faire de Fieldstone, leur petit restaurant du Mile-End, un lieu plein d\u2019exotisme tout en favorisant les produits de proximité.Cette «pierre de champ» (dans notre langue) propose de belles assiettes, simples, soignées et pleines de belles surprises.?1/2 $$1/2 LES NAPPES DU MOIS CRITIQUE JEAN-PHILIPPE TASTET COLLABORATEUR LE DEVOIR Dans la liste des personnes sur qui je compte pour m\u2019aiguiller vers des maisons intéressantes, les chasseurs- cueilleurs occupent une place de choix.Les plongeurs aussi, et toutes les autres petites mains, leurs points de vue étant toujours intéressants.Ce Recto Verso m\u2019avait été signalé par un chasseur-cueilleur \u2014 Alain Ga- reau, pour le nommer \u2014 particulièrement allumé et qui documente ses récoltes avec application et beaucoup de connaissances.Au sortir de Sainte-Adèle en allant vers Sainte-Marguerite-du-Lac-Mas- son, une très belle maison ancestrale retient l\u2019attention.Le chef Bruno Léger y a installé ses casseroles.Elles valent le déplacement.Mme et M.Dionne s\u2019étaient portés volontaires pour monter à Sainte-Adèle avec Marie et moi un beau soir de semaine.Je les en ai remerciés de votre part.À table, M.Dionne est un peu grognon, ce qui fait bien mon affaire, et son épouse est une cuisinière hors pair, sorte de Jehane Benoît 2.0, sauf peut-être pour la béarnaise qu\u2019elle continue à peaufiner.Réser vation prise par eux sur le site du restaurant, confirmation très courtoise du restaurateur qui rappela Mme Dionne.Le mercredi en question, cônes orange obligent : « Nous risquons d\u2019être un peu en retard.» « Pas de problème.Soyez prudents, on vous attend avec joie.» Le plaisir avant le plaisir.Accueil chaleureux et service dosé à la per fection, suggestion de vins éclairée.La carte du chef témoigne de son intérêt pour tout ce qui vient de nos forêts.En tout, on peut compter une vingtaine de plantes aux noms évocateurs de sous-bois et de landes peu fréquentées.Une entrée, un plat et un dessert, au choix du chef, j\u2019aime brouter des choses inconnues et j\u2019essaie d\u2019être ouver t lorsque je sens que ça va bien se passer.La fête commence avec un petit risotto, petit parce que lorsque c\u2019est aussi bon, on voudrait en avoir une écuelle vaste, même si on risque d\u2019être repus dès les préliminaires.Ce risotto-ci était si bon, si parfaitement cuit et préparé, plein de girolles et de chanterelles, dynamisé au myrique baumier, relevé d\u2019une pointe de tomme de Kamouraska et juste souligné d\u2019une tapenade de bolets aux canneberges confites, que juste à vous en parler j\u2019en ai les larmes aux yeux.Tout était là, émotions, invitation au voyage, plénitude.Un grand plat dans une bolinette.Les dames ont pris des trucs alambiqués et selon moi incertains, mais qui ont semblé leur convenir, poisson sur risotto d\u2019orge à la noix de coco avec salade de crevettes nordiques aux pickles d\u2019agrumes, et une sorte de pâte à pizza \u2014 que le chef appelle « queue de castor » \u2014 recouverte de betteraves jaunes, d\u2019une sauce au yogourt de brebis, de roquette sauvage et de mozzarella de bufflonne de Saint-Lin, de caramel acidulé de betteraves, le tout joliment parsemé de pétales d\u2019épilobe.Pour l\u2019époux de la vice-présidente directrice nouvellement promue et pour moi-même, des assiettes plus mâles, du gibier fort en bouche et qu\u2019on s\u2019imagine s\u2019être sacrifié pour nous faire regretter de vivre en ville.La viande était cuite comme on l\u2019aime, à peine saisie et d\u2019une tendreté exceptionnelle.Flambée au whisky québécois, la fesse de wapiti est accompagnée d\u2019une très judicieuse tombée de panais à la comptonie voyageuse et de quelques dés de poitrine de porc fondante soulignés d\u2019une sauce très légère à la ca- merise.Une autre assiette parfaite.Trois desserts suivent qui mériteraient que je consulte un expert pour m\u2019éclairer sur les vertus du pouding chômeur et pouvoir vous en dire du bien; le moelleux à la courge a quand même suscité un regain d\u2019intérêt à notre table.Quand la partie salée du repas est aussi bonne, le sucré a souvent des difficultés à soulever l\u2019enthousiasme.Recto Verso ?1/2 $$$1/2 814, chemin Pierre-Péladeau, Sainte-Adèle ?450 229-9555 Ouvert en soirée, du mercredi au dimanche.Entrées de 8$ à 24$, plats principaux de 23$ à 41$, desserts de 8$ à 10$.Un menu découverte de cinq services pour 70 $, mise en bouche incluse.Soirée boréale à Sainte-Adèle, PQ De la nordicité Bruno Léger est chef.Alain Gareau est chasseur-cueilleur.Il chasse pour lui-même chevreuils, orignaux, ours et castors, et cueille pour les autres de nombreuses plantes aux vertus multiples.De ses récoltes venues du fond des bois, la douzaine ci-après apparaît sur le menu de Recto Verso.Je vous laisse le plaisir de découvrir les bonheurs qu\u2019elles apportent en cuisine.Comptonie voyageuse, thé du Labrador (boutons et fleurs), armoise, achillée millefeuille, épilobe, épinette noire, cristaux et bourgeons d\u2019épinette, pétales de marguerites, divers champignons séchés ou frais, my- rique baumier, poivre des dunes, jeune pousse de sapin.Poisson sur risotto d\u2019orge à la noix de coco avec salade de crevettes nordiques JEAN-PHILIPPE TASTET La carte du chef témoigne de son intérêt pour tout ce qui vient de nos forêts.En tout, on peut compter une vingtaine de plantes aux noms évocateurs de sous-bois et de landes peu fréquentées. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 Vi v r e M o t s d e t ê t e 5 8 | MOTS FLÉCHÉS GRILLE INTERMÉDIAIRE LE JUNIOR CITATION MYSTÉRIEUSE Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite. | 5 9 Vi v r e M o t s d e t ê t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 GRILLE BLANCHE GRILLE DES FÉRUS SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE GRILLE BLANCHE MOTS FLÉCHÉS SUDOKU : SOLUTION DU DERNIER NUMÉRO LE JUNIOR SUDOKU MOTS IMAGES Associez deux mots pour former une expression imagée.LYNX CROCODILE APPRENDRE PAROLES PEUR RAGE LOUP TALONS ESTOMAC FAIM LARMES VERT SOIF BOIRE MORT ŒIL 1.2.3.4.5.6.7.8.L\u2019INTERVALLE Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre, trouvez les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.LES ANAGRAMMES Découvrez les mots cachés dans ces anagrammes.Voile Folie TRONEM DRAGEN UACAED ICMONA OONNRSEI 1.2.1.2.1.2.1.2.1.2.3.Les solutions de la GRILLE DES FÉRUS, des MOTS IMAGES, de L\u2019INTERVALLE, des ANAGRAMMES et de la CITATION CÉLÈBRE seront publiées la semaine prochaine.Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 N O V E M B R E / 2 0 1 7 Mijoteuse programmable 7,5 litres CROCK-POT avec réchaud Little Dipper 80 $ de rabais 3999 Ord.119,99 $ 5999 Ord.120 $ Bottillons Vikki de CIRCUS BY SAM EDELMAN 3999 Jean ultramoulant CK JEANS ou jean moulant 711 de LEVI\u2019S Modèle CK JEANS offert seulement en délavé et en bleu océan.Ord.98?$ Modèle 711 de LEVI\u2019S offert seulement en Rustic Woodland.Ord.84,95?$ 40 % de rabais Vêtements tout-aller et autres jeans NOISY MAY, ONLY, GUESS, LEVI\u2019S et BUFFALO DAVID BITTON pour femme** Aucun bon d\u2019achat différé ni redressement de prix.Aucune commande anticipée.Tant qu\u2019il y en aura.Ces offres ne peuvent être combinées avec aucune autre.Le choix varie selon le magasin.Les rabais s\u2019appliquent à nos prix ordinaires, sauf indication contraire.Exceptions : Collections Compagnie de la Baie d\u2019Hudson et Grand Portage.Précisions en magasin.*?LIVRAISON SANS FRAIS : Livraison standard sans frais de tout achat totalisant 99?$ ou plus, avant taxes et frais additionnels.La livraison standard sans frais s\u2019applique au montant après déduction des rabais et des offres applicables.Offre non valide dans les magasins La Baie d\u2019Hudson et les autres magasins du groupe HBC.Des frais s\u2019appliquent pour la livraison express ou le lendemain.Valide pour la livraison à des adresses au Canada seulement.Exceptions : Meubles, gros électros, canots, meubles et accessoires de jardin, barbecues et matelas.PLANS DE PAIEMENT SPÉCIAUX : Sur approbation du crédit.Applicables à la marchandise sélectionnée achetée en magasin seulement.Achat minimal de 500?$ (avant taxes) réglé avec la carte MastercardMD La Baie d\u2019Hudson ou la carte de crédit La Baie d\u2019Hudson.Paiements mensuels égaux requis.Précisions en magasin.La Baie d\u2019Hudson, Crédit La Baie d\u2019Hudson, Déco Découverte, hbc.com et leurs logos respectifs sont des marques de commerce de la Compagnie de la Baie d\u2019Hudson.Le crédit est accordé par la Banque Capital One (succursale canadienne).Capital One est une marque déposée de Capital One Financial Corporation, utilisée sous licence.Mastercard est une marque déposée et le concept de cercles est une marque de commerce de Mastercard International Incorporated.?**Jeans pour femme \u2013 Exception : Articles dont le prix se termine par 99?¢.Vêtements tout-aller pour femme \u2013 Exception : Articles « Peace Collective ».SAMEDI 18 NOVEMBRE DIMANCHE 19 NOVEMBRE PROFITEZ DE 4 OFFRES INCROYABLES Jusqu\u2019à 70 % de rabais Autres duos-sommeil Achat de matelas en magasin ou par téléphone au 1 888 257-6784 NE PAYEZ AUCUN INTÉRÊT Aucun intérêt pendant 2 ans, 24 paiements mensuels et aucuns frais additionnels avec le crédit La Baie d\u2019Hudson Précisions ci-dessous.0% 2 500 $ de rabais 99999 Ord.3 499,99 $ Duo-sommeil grand lit à plateau euro Fairmont II, collection Posturepedic Proback Luxury de SEALY Comprend 2 180 ressorts ensachés de densité accrue et procure 20 % plus de soutien au centre du matelas.1 299,99 $ Duo-sommeil très grand lit.Ord.4 499,99 $ 41,67 $ + taxes/mois pendant 24 mois Précisions ci-dessous.2999 Ord.79 $ Pantalons en kaki délavé DOCKERS pour homme Modèles sélectionnés.39,99 $ Pantalons Signature de DOCKERS.Ord.59,99 $ EN MAGASIN ET À LABAIE.COM LIVRAISON SANS FRAIS DES ACHATS EN LIGNE DE 99?$ OU PLUS* UN JOUR SEULEMENT "]
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