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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-09-26, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I I N o 2 1 8 L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 S E P T E M B R E 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Pour une poignée de votes.François Legault veut ressusciter sous une forme ou une autre l\u2019aide ?nancière à la mère au foyer.Il faut s\u2019en alarmer, écrit Michel David.Page A 3 Avis légaux.B 4 Décès.B 6 Météo.B 4 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m G A B R I E L A N C T I L à Barcelone U n club de soccer qui se mêle de politique?Le 20 septembre dernier, quelques heures à peine après que Madrid eut ef fectué des perquisitions dans les bureaux du gouvernement régional catalan, en plus d\u2019arrêter une douzaine de ses hauts responsables, l\u2019organisation spor tive dif fusait un communiqué de presse au ton tranchant.«Le FC Barcelona réitère son engagement historique pour la défense de la nation, de la démocratie, de la liberté d\u2019expression, de l\u2019autodétermination et condamne tout geste qui pourrait contrevenir à l\u2019exercice de ces droits.» Cette sortie n\u2019a pas surpris Núria Re- duà, 38 ans, rencontrée sur une terrasse du quartier de Gràcia : « Je suis fière de la réaction du Barça.L\u2019organisation reste à CATALOGNE Le Barça joue sur le terrain politique Fidèle à sa tradition, le club de soccer de Barcelone défend le droit à l\u2019autodétermination JOSEP LAGO AGENCE FRANCE-PRESSE Dès sa fondation en 1899, il a été entendu que le club de soccer serait démocratique, populaire et ouvert à tous.Bombardier La semaine de tous les dangers Page B 1 Oscar Hochelaga, terre des âmes pour le Canada Page B 8 Compteurs d\u2019eau Montréal n\u2019est pas encore prête Page A 3 I S A B E L L E P O R T E R à Québec L e groupe de travail mandaté par le ministre Martin Coiteux pour trouver une formule de rechange aux référendums municipaux a rejeté toutes les propositions donnant un rapport de force aux citoyens.Dans le rapport qu\u2019il a remis au ministre en juillet, le groupe de travail a rejeté l\u2019idée d\u2019accorder un pouvoir d\u2019initiative aux citoyens.Un tel mécanisme leur aurait permis de forcer la ville à tenir une consultation indépendante pour un projet majeur, par exemple.« Il paraît préférable de ne pas étendre un tel droit de manière impérative », explique-t-on.« Cette mesure devrait plutôt demeurer facultative pour l\u2019instant.» Même chose pour l\u2019idée de tenir des audiences indépendantes pour les projets majeurs.À nouveau, le rapport conclut qu\u2019il vaut mieux « laisser les municipalités libres de déterminer les moyens à retenir en matière de participation publique».Rappelons que ce rappor t avait été commandé en mai dans la foulée du projet de loi 122, qui permet aux villes de soustraire leurs décisions à des référendums.Pour tempérer certaines inquiétudes, le ministre avait ajouté qu\u2019il en profiterait pour améliorer la participation publique en général.Les villes qui aboliraient les référendums devraient dès lors adopter des politiques de par ticipation publique modernisées.Le groupe de travail devait définir les contours de ces politiques en vue d\u2019un nouveau règlement ministériel.Il était constitué de représentants des villes, de l\u2019Institut du Nouveau Monde (INM) et de l\u2019organisme Vivre en ville.Le ministère complétait le groupe à titre de secrétaire.RÉFÉRENDUMS ABOLIS Le pouvoir citoyen mis entre parenthèses Un comité de travail rejette les propositions contraignantes pour les municipalités M A R C O F O R T I E R J E S S I C A N A D E A U L a chaleur inhabituelle perturbe les classes dans les écoles de Montréal.Les locaux mal ventilés, l\u2019absence de climatisation ou même le mauvais état des fontaines d\u2019eau compliquent la tâche des enseignants et des élèves, qui souffrent de la chaleur accablante.Le mot d\u2019ordre est clair dans les écoles du Québec : buvez beaucoup d\u2019eau et restez au frais.La directive a été suivie avec plus ou moins d\u2019assiduité à l\u2019école FACE, rue University, fréquentée par plus de 1300 élèves du primaire et du secondaire : des enseignants, parents et élèves doutent de la qualité de l\u2019eau.Cette école, construite au début du siècle dernier, a besoin de rénovations de 100 millions de dollars, selon la Commission scolaire de Montréal (CSDM).L\u2019année dernière, une interdiction de consommer l\u2019eau a été déclarée à l\u2019école FACE à cause de la présence de plomb.Les tuyaux de plomb ont été remplacés.La CSDM, qui a indiqué au Devoir que l\u2019eau est potable à l\u2019école FACE, a tout de même distribué des bouteilles d\u2019eau dans l\u2019établissement, lundi après-midi.« Je me suis promenée dans l\u2019école, plusieurs abreuvoirs donnent un mince filet d\u2019eau, ou encore de l\u2019eau chaude ou de mauvais goût.Certains élèves ne boivent pas assez au moment où la température est insupportable à certains endroits dans l\u2019école », dit Geneviève Dodin, mère de trois enfants qui fréquentent l\u2019école FACE.C\u2019est la réalité des écoles publiques à Montréal et ailleurs : les bâtiments d\u2019un autre siècle souffrent d\u2019un important déficit d\u2019entretien \u2014 ou ont besoin d\u2019une mise à niveau.À peine 16 CANICULE La chaleur, un trouble pour l\u2019apprentissage Vieux bâtiments et chaleur suffocante donnent des maux de tête aux élèves et aux enseignants ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Peu habitués à ce que le mercure atteigne les 31 degrés Celsius (sans parler de l\u2019indice humidex) aussi tardivement dans la saison estivale, les Montréalais cherchent l\u2019ombre, comme ici au parc La Fontaine.Dans plusieurs écoles, élèves et professeurs tentent de s\u2019acquitter de leur tâche dans des locaux mal ventilés.VOIR PAGE A 8 : BARÇA VOIR PAGE A 8 : RÉFÉRENDUMS VOIR PAGE A 8 : CANICULE Avis est donné aux électeurs de la Ville de Montréal que : La liste électorale a été déposée aux archives de la Ville de Montréal le 25 septembre 2017.Elle fera l\u2019objet d\u2019une révision avant de servir à l\u2019élection générale.Pour être électeur et avoir le droit d\u2019être inscrit sur la liste électorale, toute personne doit : - être une personne physique - être âgée de 18 ans ou plus le 5 novembre 2017 et, au 1er septembre 2017, - être de citoyenneté canadienne - ne pas être en curatelle - ne pas être frappée d\u2019une incapacité prévue par la loi Toute personne doit de plus remplir l\u2019une des conditions suivantes : - être domiciliée sur le territoire de la Ville de Montréal au 1er septembre 2017, et au Québec depuis au moins le 1er mars 2017; ou - être propriétaire unique d\u2019un immeuble situé sur le territoire de la Ville de Montréal depuis au moins le 1er septembre 2016 et avoir transmis une demande écrite d\u2019inscription au Bureau du président d\u2019élection; ou - être occupant unique d\u2019un établissement d\u2019entreprise situé sur le territoire de la Ville de Montréal depuis au moins le 1er septembre 2016 et avoir transmis une demande écrite d\u2019inscription au Bureau du président d\u2019élection.Dans le cas d\u2019un immeuble appartenant à des copropriétaires indivis ou d\u2019un établissement d\u2019entreprise occupé par des cooccupants, seul le copropriétaire indivis ou le cooccupant désigné au moyen d\u2019une procuration signée par la majorité des copropriétaires ou des cooccupants ayant le droit de vote, a le droit d\u2019être inscrit sur la liste électorale comme propriétaire de l\u2019immeuble ou occupant de l\u2019établissement d\u2019entreprise.Cette procuration doit être transmise au Bureau du président d\u2019élection.Une personne qui est un électeur à plus d\u2019un titre ne peut être inscrite sur la liste électorale qu\u2019à un seul de ceux-ci, selon l\u2019ordre de priorité suivant : - à titre de personne domiciliée - à titre de propriétaire unique d\u2019un immeuble - à titre d\u2019occupant unique d\u2019un établissement d\u2019entreprise - à titre de copropriétaire indivis d\u2019un immeuble - à titre de cooccupant d\u2019un établissement d\u2019entreprise Nul ne peut être inscrit à plus d\u2019un endroit sur la liste électorale de la Ville de Montréal.Dans le cas d\u2019une demande d\u2019inscription d\u2019une personne domiciliée sur le territoire de la Ville de Montréal, la personne qui fait cette demande auprès d\u2019une commission de révision doit préciser l\u2019adresse précédente du domicile de la personne dont l\u2019inscription est demandée et présenter deux documents l\u2019identi?ant, l\u2019un con?rmant son nom et sa date de naissance, et l\u2019autre son nom et l\u2019adresse actuelle de son domicile.Vous pouvez consulter la liste électorale et présenter des demandes d\u2019inscription, de radiation ou de correction à la commission de révision de votre choix aux dates et aux heures suivantes : Samedi 7 octobre \u2013 de 13 h à 18 h Dimanche 8 octobre \u2013 de 13 h à 18 h Mardi 10 octobre \u2013 de 14 h 30 à 20 h Mercredi 11 octobre \u2013 de 14 h 30 à 20 h Jeudi 12 octobre \u2013 de 14 h 30 à 20 h Vendredi 13 octobre \u2013 de 14 h 30 à 20 h Samedi 14 octobre \u2013 de 13 h à 18 h Dimanche 15 octobre \u2013 de 13 h à 18 h Lundi 16 octobre \u2013 de 14 h 30 à 20 h Mardi 17 octobre \u2013 de 14 h 30 à 22 h HABITATIONS SAINT-FIRMIN 2025, boulevard Henri-Bourassa Est, salle communautaire BUREAU D\u2019ÉLECTION 5995, boulevard Gouin Ouest, bureau 200 BUREAU D\u2019ÉLECTION 8150, boulevard Métropolitain Est, bureau 200 BUREAU D\u2019ÉLECTION 5858, chemin de la Côte-des-Neiges, bureau 510 BUREAU D\u2019ÉLECTION 3285, boulevard Cavendish, bureau 370 UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL 3200, rue Jean-Brillant, 2e étage BUREAU D\u2019ÉLECTION 50, 15e Avenue BUREAU D\u2019ÉLECTION 55, avenue Dupras, bureau 118 BUREAU D\u2019ÉLECTION 255, boulevard Chevremont, 2e étage BUREAU D\u2019ÉLECTION 5730, rue Sherbrooke Est BUREAU D\u2019ÉLECTION 3890, rue Sainte-Catherine Est, bureau 108 BUREAU D\u2019ÉLECTION 5200, rue de Charleroi BUREAU D\u2019ÉLECTION 1431, avenue Van Horne, 2e étage SPORTPLEXE PIERREFONDS 14 700, boulevard de Pierrefonds, salle 205 HABITATIONS PLATEAU MONT-ROYAL 465, avenue Mont-Royal Est, salle communautaire BUREAU D\u2019ÉLECTION 12 125, rue Notre-Dame Est, bureau 108 BUREAU D\u2019ÉLECTION 9192, boulevard Maurice-Duplessis BUREAU D\u2019ÉLECTION 5800, rue Saint-Denis, 4e étage, bureau 400 BUREAU D\u2019ÉLECTION 4994, rue Beaubien Est, 2e étage BUREAU D\u2019ÉLECTION 4418, rue Garand BUREAU D\u2019ÉLECTION 5361, rue Jean-Talon Est HABITATIONS ANGRIGNON II 3055, boulevard des Trinitaires BUREAU D\u2019ÉLECTION 3901, rue Bannantyne, espace B CENTRE COMMUNAUTAIRE ELGAR 260, rue Elgar, salle des bouleaux BUREAU D\u2019ÉLECTION 360, rue Saint-Jacques, bureau M-201 MÉTRO BERRI-UQAM LE PARCHEMIN 505, rue Sainte-Catherine Est UNIVERSITÉ CONCORDIA 1250, rue Guy UNIVERSITÉ McGILL 410, rue Sherbrooke Ouest, bureau 302 BUREAU D\u2019ÉLECTION 8556, boulevard Pie-IX BUREAU D\u2019ÉLECTION 505, rue Jean-Talon Est, sous-sol Montréal, Le 26 septembre 2017 514 872-VOTE (8683) jevotepourmaville.ca Les commissions de révision siégeront aux endroits suivants du 7 au 17 octobre : L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 S E P T E M B R E 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 C ela fait des mois, voire des années, que François Legault jongle avec l\u2019idée de ressusciter sous une forme ou une autre l\u2019idée d\u2019une aide financière à la femme au foyer, que l\u2019ADQ avait lancée il y a quinze ans.Le congrès des jeunes caquistes qui s\u2019est réuni en fin de semaine à Granby servait en quelque sorte de banc d\u2019essai.Certes, celui des deux parents d\u2019un enfant de quatre ans et moins qui bénéficierait de cette aide pourrait aussi être un homme, mais il est clair que la très grande majorité serait constituée de femmes, particulièrement celles qui ont les plus faibles revenus.Paradoxalement, la jeune et dynamique candidate que la CAQ présente à l\u2019élection partielle dans Louis-Hébert, Geneviève Guilbault, qui est enceinte de plusieurs mois, est l\u2019antithèse de la femme au foyer.Elle accuse même ses adversaires d\u2019exploiter sa grossesse pour lui nuire.Le «bon de garde » proposé par l\u2019ADQ durant la campagne de 2003 consistait à verser aux parents qui n\u2019utilisaient pas les garderies subventionnées l\u2019équivalent de la subvention que l\u2019État versait aux centres de la petite enfance (CPE), qui était de 29,85 $ par jour à l\u2019époque.La subvention pour un enfant qui resterait à la maison aurait toutefois été moindre que pour un enfant inscrit dans une garderie non subventionnée.En 2007, la formule a été modifiée.Un gouvernement adéquiste verserait plutôt une subvention uniforme de 100 $ par semaine, soit 5200 $ par année, pour chaque enfant d\u2019âge préscolaire qui n\u2019occuperait pas une place dans une garderie subventionnée, peu importe qu\u2019il reste à la maison ou qu\u2019il soit confié à une garderie non subventionnée.?Dans les deux cas, l\u2019ADQ s\u2019est fait vivement reprocher de vouloir renvoyer à la maison les femmes qui avaient profité de la création des CPE pour entrer sur le marché du travail.La CAQ fera face aux mêmes accusations.La nouvelle Révolution tranquille de M.Legault a des relents de Grande Noirceur.Le chef caquiste reproche continuellement au gouvernement Couillard de ne pas en faire suffisamment pour le développement économique.Alors que la proportion de la population active diminue inexorablement, le fait d\u2019encourager une partie de la main-d\u2019œu- vre à rester chez elle paraît pourtant très mal avisé.Comment M.Legault compte-t-il la remplacer puisqu\u2019il veut aussi abaisser les seuils d\u2019immigration ?Sous prétexte de défendre le « libre choix » des parents, la CAQ fait manifestement le pari que la perspective d\u2019une aide financière substantielle va séduire les jeunes familles du 450 et de la banlieue de Québec, dont elle doit arracher les circonscriptions au PQ et au PLQ pour prendre le pouvoir.Mais à quel prix ?D\u2019ailleurs, même si cette aide était exemptée d\u2019impôt au Québec, elle risque d\u2019être considérée comme un revenu à Ottawa.Il serait paradoxal qu\u2019un parti qui prône une plus grande autonomie fiscale pour le Québec favorise plutôt un transfert dans les coffres fédéraux.La création du réseau des CPE, il y aura bientôt vingt ans, avait été saluée un peu partout.Il n\u2019a cependant pas eu la vie facile sous les libéraux, qui n\u2019ont jamais caché leur préférence pour les garderies privées.Les intentions de la CAQ sont encore plus menaçantes.La baisse de clientèle \u2014 et de revenus \u2014 qui en résulterait pourrait menacer l\u2019existence même de certains établissements.?D\u2019un sondage à l\u2019autre, une partie significative de l\u2019électorat voit maintenant en M.Legault un candidat tout à fait plausible au poste de premier ministre.Certains continuent toutefois à entretenir des doutes sur son sens de l\u2019État.Ses dérapages ont été plus rares au cours des derniers mois, si l\u2019on excepte sa proposition saugrenue de démolir le pont de Québec, qui relevait davantage de la crampe passagère au cerveau.Même si elle peut sembler anecdotique, l\u2019indiscrétion qu\u2019il a commise la semaine dernière après sa rencontre avec la première ministre de l\u2019Ontario, Kathleen Wynne, était plus inquiétante.Il est bien possible qu\u2019au cours de leur tête-à- tête, Mme Wynne ait manifesté de l\u2019intérêt pour les projets de barrages de M.Legault, que cet intérêt ait été sincère ou simplement une affaire de courtoisie.Peu importe, la plonger dans l\u2019embarras simplement pour marquer un point contre le premier ministre Couillard, qui a décrété la fin de la construction des grands barrages, était aussi inélégant qu\u2019irresponsable.Il y a cependant plus grave.M.Legault faisait partie du gouvernement qui a créé les CPE, dont la contribution à la promotion des femmes et au progrès de la société québécoise en général est inestimable.Qu\u2019il envisage de compromettre ce progrès par pur électoralisme est franchement désolant.mdavid@ledevoir.com Pour une poignée de votes MICHEL DAVID FRANCK FIFE AGENCE FRANCE-PRESSE J E A N N E C O R R I V E A U M ontréal gaspille encore trop d\u2019eau et devrait envisager l\u2019installation de compteurs d\u2019eau dans toutes les résidences de son territoire, estime la Commission de l\u2019écofiscalité du Canada dans une étude publiée mardi.À l\u2019Hôtel de Ville cependant, la suggestion a reçu un accueil tiède.En 2009, Montréal consommait deux fois plus d\u2019eau par habitant que la moyenne des autres grandes villes, soit 978 litres par personne par jour.La Commission de l\u2019écofiscalité du Canada, qui regroupe des économistes indépendants de tout le pays, est d\u2019avis que la Ville devrait s\u2019inspirer d\u2019autres municipalités canadiennes et installer des compteurs d\u2019eau résidentiels.Selon des données fournies par Environnement Canada, en 2009, les ménages canadiens ayant un compteur d\u2019eau ont utilisé 73 % moins d\u2019eau que les ménages qui n\u2019en possédaient pas.«Les compteurs d\u2019eau ont fait leurs preuves ailleurs au Canada et dans d\u2019autres pays.Je pense que c\u2019est vraiment la voie de l\u2019avenir pour une gestion ef ficiente et ef ficace de l\u2019eau », avance France St-Hilaire, vice-présidente à la recherche de l\u2019Institut de recherche en politiques publiques (IRPP), qui a participé à l\u2019étude.«Ça incite [les citoyens à adopter] une consommation responsable et ça permet aux services d\u2019eau de mieux prévoir les besoins à venir et de mieux gérer les investissements en infrastructures.» Dans son étude, la Commission de l\u2019écofisca- lité du Canada a analysé l\u2019état de la gestion de l\u2019eau dans l\u2019ensemble du Canada et s\u2019est attardée sur le cas de cinq villes, dont Montréal, où les citoyens paient une taxe d\u2019eau calculée en fonction de la valeur foncière de leur immeuble.« On sait que les Canadiens sont parmi les plus gros consommateurs d\u2019eau au monde.D\u2019après Environnement Canada, presque la moitié de l\u2019eau potable consommée au Canada représente du gaspillage.C\u2019est assez étonnant », observe Mme St-Hilaire.Montréal est d\u2019ailleurs l\u2019une des villes canadiennes où les infrastructures d\u2019aqueducs et d\u2019égouts sont les plus anciennes, et il est de notoriété publique que les fuites dans le réseau sont importantes, soit 30 % de la production d\u2019eau.Pour rattraper son déficit d\u2019entretien, Montréal investit d\u2019ailleurs massivement dans ses infrastructures souterraines.Mais les économistes de la Commission de l\u2019écofiscalité jugent que Montréal doit aller plus loin.À l\u2019heure actuelle, seuls les résidents de l\u2019arrondissement de Saint-Laurent possèdent des compteurs d\u2019eau.Quelques villes de l\u2019île de Montréal, dont Beaconsfield, en ont aussi, mais les compteurs demeurent rares.À ceux qui craindraient les impacts des compteurs d\u2019eau sur les ménages à faible revenu, la commission suggère de prévoir un système de redevances ou d\u2019offrir des crédits d\u2019impôt.«À Toronto par exemple, ils ont mis en place un système de ristournes pour les ménages à faible revenu», souligne Mme St-Hilaire.Montréal en réflexion Selon les données de Statistique Canada, 13 % des ménages québécois possédaient un compteur d\u2019eau en 2015, contre 62 % en Ontario.Montréal a déjà entrepris de doter les industries, les commerces et les institutions (ICI) de compteurs d\u2019eau.Après le fiasco du contrat accordé à Génieau, la Ville est revenue à la charge en 2012 avec un plan de 16 200 compteurs d\u2019eau, au lieu de 30 500.Près de la moitié d\u2019entre eux auraient été installés à ce jour.Jusqu\u2019à maintenant, la Ville a toutefois écarté l\u2019idée d\u2019installer des compteurs dans les résidences, estimant que cette opération ne lui ferait pas réaliser suf fisamment d\u2019économies pour compenser les coûts d\u2019implantation.Elle a préféré miser sur les campagnes de sensibilisation.La consommation d\u2019eau par habitant a d\u2019ailleurs chuté de 26,5 % depuis 2001.L\u2019an dernier, un comité d\u2019étude sur la fiscalité non résidentielle avait recommandé l\u2019installation de compteurs résidentiels à l\u2019administration Coderre.« La question continue d\u2019être étudiée, mais on n\u2019en est pas là pour le moment.Plusieurs facteurs doivent être pris en compte avant de pouvoir statuer sur cette question», a-t- on indiqué au cabinet du maire lundi.Selon l\u2019opposition, l\u2019installation de compteurs d\u2019eau pour le secteur résidentiel n\u2019en vaut pas la peine.« La situation de Montréal est très enviable.On n\u2019est pas en pénurie d\u2019eau et les usines de Montréal ne sont pas à capacité», explique le conseiller de Projet Montréal Sylvain Ouellet.« Et de toutes les villes du Québec, c\u2019est à Montréal où l\u2019eau coûte le moins cher à produire.» En plus d\u2019être extrêmement coûteuse, l\u2019installation de compteurs d\u2019eau pourrait engendrer des problèmes de santé publique, comme ce fut le cas en Grande-Bretagne où les plus démunis ont réduit le nombre de douches, indique Sylvain Ouellet : « Si quelqu\u2019un ne paie pas sa facture d\u2019eau, est-ce que nous, comme Ville, on va le débrancher?Ça amène toutes sortes de problématiques sociales qui sont vraiment inutiles, et [c\u2019est un plan] coûteux pour des gains limités.» Pourquoi ce qui est bon pour Toronto ne le serait-il pas pour Montréal ?Parce que « Montréal a l\u2019un des plus forts taux de locataires au Canada», répond l\u2019élu.La Coalition Eau Secours s\u2019oppose aussi aux compteurs d\u2019eau résidentiels.«Ce n\u2019est pas vrai que c\u2019est ef ficace », avance sa directrice générale, Alice-Anne Simard.«Des études ont démontré qu\u2019on observe une baisse de consommation d\u2019eau dans les premiers mois, mais que, par la suite, on revient au taux initial.» Et selon elle, l\u2019installation de compteurs d\u2019eau ouvre aussi la porte à la privatisation de la gestion de l\u2019eau.Le Devoir Montréal n\u2019est pas prête à installer des compteurs d\u2019eau pour les résidences D A V E N O Ë L M A R C O B É L A I R - C I R I N O à Québec L e gouvernement québécois a consenti moins de 15 000 dollars au fil des cinq dernières années afin d\u2019« entretenir [la] place dans la mémoire collective » des 69 personnes inscrites au Registre du patrimoine culturel, a appris Le Devoir.Le ministère de la Culture a consenti un montant moyen de 195 $ pour « rappeler le souvenir » de chacun de ces « personnages historiques », essentiellement au moyen d\u2019avis dans des médias imprimés.Aux yeux de la directrice d\u2019Action patrimoine, Émilie Vézina-Doré, il s\u2019agit d\u2019un grain de « poussière ».« Déjà, la culture, au sens large, se voit allouer une infime partie [du] budget », déplore-t-elle.Le ministère a toutefois dépensé quelque 2000 $ afin de raviver la mémoire du premier couple de colons français qui s\u2019est installé en Nouvelle-France, c\u2019est-à-dire Marie Rollet et Louis Hébert.«Étant moi-même un descendant de Guillaume Couillard [gendre du couple Hé- bert-Rollet], je me sens privilégié d\u2019annoncer au- jourd\u2019hui la désignation de Louis Hébert et de Marie Rollet comme personnages historiques », avait déclaré le premier ministre, Philippe Couillard, lors d\u2019une cérémonie dans les jardins de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, en juin dernier.Le gouvernement «entret[iendra] la place de ces grands personnages dans la mémoire collective», a poursuivi le ministre de la Culture, Luc For tin.La façon dont il s\u2019y prendra reste à éclaircir.En plus des deux aïeuls du chef du gouvernement, M.Fortin a élevé six personnes au statut de personnage historique depuis son arrivée au ministère, en février 2016.Le ministère a consenti 885,58 $ afin de rappeler la mémoire de l\u2019ex-chef libéral Georges-Émile Lapalme et 136,43 $ pour commémorer celle du père de la confédération Alexander Tilloch Galt.Effet limité Pour l\u2019instant, l\u2019inscription au Registre du patrimoine culturel constitue «un geste avec un effet limité», fait remarquer le directeur des politiques à Héritage Montréal, Dinu Bumbaru.«On peut bien mettre 1000 noms là-dessus, si ce n\u2019est pas accompagné d\u2019autre chose\u2026 Est-ce qu\u2019ils dormiront dans le registre ou bien ils feront l\u2019objet d\u2019une action?» demande-t-il.La Loi sur le patrimoine culturel permet au ministre de la Culture de désigner des personnages, mais également des événements et des lieux « dont la connaissance, la sauvegarde, la transmission ou la mise en valeur présente un intérêt public », et ce, depuis 2012.D\u2019ailleurs, M.Fortin a procédé l\u2019été dernier à la désignation des deux premiers « lieux historiques» : le fleuve Saint-Laurent et la rivière des Outaouais, et ce, au coût de 8216,24 $.« C\u2019est une annonce qui est de l\u2019ordre de la fierté nationale », avait souligné M.Couillard, écartant l\u2019idée d\u2019adopter de nouvelles mesures pour restaurer et protéger les lieux historiques menacés des cours d\u2019eau comme les quais, les phares et les épaves maritimes.Nouvelle-France Sauf exception, seules les personnes décédées depuis au moins 25 ans et faisant « l\u2019objet d\u2019un consensus et non d\u2019une controverse » peuvent figurer dans le Registre du patrimoine culturel.Aux commandes du ministère de la Culture, Maka Kotto avait inscrit dans le Registre tous les premiers ministres décédés, ainsi que tous les gouverneurs et les intendants de la Nou- velle-France.Le dernier intendant, François Bigot, qui a été embastillé pour corruption, fait partie du lot.«C\u2019est une espèce de paresse au fond.On ne se donne pas le trouble d\u2019examiner [les candidatures] attentivement », lance l\u2019historien Denis Vaugeois en entrevue avec Le Devoir.L\u2019ex-mi- nistre des Affaires culturelles aurait rejeté la candidature de Bigot : « Moi, c\u2019est un par un, puis seulement des dossiers impeccables.» La professeure d\u2019histoire à l\u2019Université McGill Catherine Desbarats s\u2019inscrit en faux.Elle appuie la présence de M.Bigot au Registre, «pour le vénérer, non, mais le comprendre».« La France cherche des boucs émissaires pour ses défaites militaires », rappelle-t-elle.Le Devoir Que fait le Québec avec ses personnages historiques ?La nouvelle Révolution tranquille de M.Legault a des relents de Grande Noirceur L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 S E P T E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U L e président américain tape de nouveau du poing sur la table au sujet des genoux mis à terre dans le spor t professionnel au moment d\u2019entonner l\u2019hymne national.Pour Donald Trump, il s\u2019agit d\u2019un «manque de respect ».Mais de quel respect parle-t-il ?Et d\u2019où vient cette pratique qui consiste à poser le genou au sol au moment où l\u2019hymne national est interprété lors des matchs?« Le spor t, c\u2019est politique ! » dit d\u2019entrée de jeu l\u2019historien Laurent Turcot, titulaire de la chaire de recherche du Canada en histoire des loisirs.« Ceux qui pensent qu\u2019il existe une ligne infranchissable entre la société et le spor t se trompent.Le sport est presque une copie carbone de la société.Même Pierre de Coubertin, le père des Olympiques, l\u2019avait bien compris lorsqu\u2019il disait que le sport est une façon de faire la guerre sans faire de morts.» Les reproches du président américain s\u2019adressent en particulier à Colin Kaepernick, quar t-arrière l\u2019an passé des 49ers.En août 2016, ce colosse doublé d\u2019un citoyen engagé avait retenu l\u2019attention pour s\u2019être agenouillé en protestation de la condition faite aux siens.«Le problème du genou à terre n\u2019a rien à voir avec les questions raciales », soutient Donald Trump.« Il s\u2019agit du respect pour notre pays, notre drapeau, notre hymne.La NFL doit respecter ça ! » Une inversion symbolique D\u2019ordinaire, les joueurs se tiennent debout, bien droits, la main sur le cœur, au moment où l\u2019hymne est interprété.Les spectateurs ont alors coutume de se lever eux aussi.Se mettre à genou constitue un signe habituel de révérence devant le pouvoir.Il est aussi considéré comme un signe de piété en religion.Comment peut-il être soudain être perçu, dans les circonstances d\u2019un début de match, comme un manque de respect ?« C\u2019est un détournement, l\u2019inverse de l\u2019adoubement.Il marque le refus symbolique de la charge por tée par ce moment.Le joueur qui met le genou par terre dit en quelque sorte : \u201cje refuse cette charge sociale dans les circonstances présentes\u201d.En fait, il s\u2019agit d\u2019un simple renversement du symbole.Si on demandait aux joueurs d\u2019être assis durant l\u2019hymne national, ceux qui protestent pourraient se mettre debout.Il ne faut pas surinterpré- ter non plus.» Pour l\u2019historien, il s\u2019agit d\u2019une façon somme toute assez douce de protester.«On se trouve devant une forme de désobéissance civile en douceur, parce que, de toute façon, le spectacle a quand même lieu ensuite.» Des racines anciennes La protestation sociale et politique modulée par l\u2019entremise des sports n\u2019est pas récente.Le spor tif le plus acclamé de l\u2019histoire des États- Unis, Muhammad Ali, était aussi doublé d\u2019un vigoureux activiste.Le boxeur paya par exemple d\u2019une interdiction d\u2019exercer son sport et de défendre son titre son opposition en bloc à la guerre du Vietnam.« Colin Kaepernick est le Muhammad Ali de sa génération », disait en 2016 le sociologue Harr y Edwards, spécialiste des sportifs noirs américains.La situation des Noirs aux États-Unis traverse l\u2019histoire des spor ts en Amérique.En 1968, aux Jeux olympiques de Mexico, rappelle l\u2019historien Laurent Turcot, l\u2019af faire des poings levés est un des temps forts de l\u2019histoire de la protestation politique.Tommie Smith et John Carlos, respectivement premier et troisième lors du 200 mètres, lèvent le poing au moment de la remise des médailles.«Ce poing ganté de noir est alors le symbole du Black Panther Par ty, mouvement afro-américain luttant activement contre de la ségrégation.La sanction du CIO sera rapide et impitoyable.Dès le lendemain, ils sont bannis du village olympique.Les deux athlètes, à leur retour à la maison, recevront des menaces de mort en plus d\u2019être remerciés de leur emploi de laveurs de voitures.» En protestation contre l\u2019attitude du président, plusieurs athlètes professionnels américains ont fait savoir qu\u2019ils étaient d\u2019abord des citoyens.Dimanche 24 septembre, plus de 150 joueurs ont posé un genou à terre lors des 14 matchs disputés dans la ligue nationale de football.À Nashville, deux équipes, les Seahawks et les Titans, ne se sont tout simplement pas présentées sur le terrain au moment où l\u2019hymne national était entonné.Après avoir posé en suppor- teur de Donald Trump durant la campagne présidentielle américaine, le quart-arrière de Patriots de la Nouvelle-Angle- terre, le légendaire Tom Brady, a confié à une station de radio de Boston qu\u2019il croyait que l\u2019attitude du président créait des divisions.«Je suis clairement en désaccord avec ce qu\u2019il a dit», a déclaré le joueur vedette.En page éditoriale, le grand quotidien économique des États-Unis, le Wall Street Journal, affirme que «M.Trump a réussi à faire l\u2019unité des joueurs et des propriétaires d\u2019équipes contre lui, même si plusieurs de ces derniers l\u2019avaient soutenu lors de sa campagne».Le Devoir ÉTATS-UNIS Le sport professionnel, acteur de la société Donald Trump accuse les athlètes engagés de manquer de respect envers leur pays ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE En 1967, Mohammed Ali avait tenu une conférence de presse pour annoncer son refus de prendre part à la guerre du Vietnam.M A R I E - L I S E R O U S S E A U U n jugement de la Cour supérieure rendu le 14 septembre condamne deux propriétaires de pitbulls à verser 223 000 $ en dommages et intérêts à une jeune fille de 12 ans attaquée par leurs trois chiens et à ses parents.Le drame s\u2019est déroulé le 12 mai 2011 à La Sarre, en Abi- tibi, alors que Mégan Dubé, alors âgée de 12 ans, rentrait à la maison après sa journée d\u2019école.En se dirigeant vers la porte d\u2019entrée, elle remarque un des trois pitbulls du voisin, qui aboie férocement, à l\u2019extérieur, sans laisse, décrit le jugement.Un deuxième pitbull, lui aussi sans laisse, arrive peu après en sautant, bloquant le chemin à la jeune fille.Ce dernier la mord au genou gauche.Puis, le premier pitbull bondit et la mord au mollet droit.Des voisins aler tés par les cris accourent pour aider la fillette.Trois d\u2019entre eux se font alors mordre, alors qu\u2019un troisième arrive au même moment.En tentant de se réfugier à l\u2019intérieur de la voiture d\u2019une passante, Mégan Dubé est de nouveau attaquée par le premier pitbull qui lui saute au visage.En se protégeant d\u2019un geste du bras, elle se fait mordre à l\u2019épaule et à la poitrine.Trois des voisins ainsi que la jeune victime ont dû être hospitalisés d\u2019urgence.Les chiens ont été abattus par la suite par des policiers.La somme de 223 000 $ est parmi les plus élevées pour ce type d\u2019attaque, soutient l\u2019avocat de la victime, Me Jonathan Gottlieb.« C\u2019est un montant énorme, mais les souffrances de la fille et de sa famille sont énormes», affirme-t-il.Le jugement dresse une liste des nombreux maux qui affligent Mégan Dubé depuis l\u2019attaque : cauchemars, anxiété et peur intense des chiens.Étant donné que ce jugement statue sur une question de faits, il ne devrait pas faire jurisprudence, selon le crimi- naliste Jean-Claude Héber t.Il pourrait néanmoins encourager d\u2019autres victimes à entreprendre des démarches judiciaires.Par ailleurs, le règlement municipal de La Sarre prohibait les chiens de type pitbull sur son territoire au moment du drame.Selon M.Hébert, les règlements anti-pitbulls qui ont vu le jour récemment à Québec et à Montréal renforceront la sévérité des juges.«Ça incitera les juges à conclure qu\u2019il y avait négligence.» Le Devoir ATTAQUE DE PITBULLS Une importante somme accordée à une victime Washington \u2014 Après avoir alimenté tout le week-end de vives tensions avec le monde du football américain, Donald Trump a poursuivi lundi sa croisade contre le « manque de respect » envers le drapeau, mais s\u2019est aussi retrouvé sur la défensive sur les questions raciales.Les images à travers les États- Unis de dizaines de joueurs posant un genou à terre en signe de protestation lors des matchs de la NFL dimanche ont marqué les esprits.Et la cascade de réactions outrées à la virulence des propos présidentiels a donné un relief particulier à la controverse.Si le débat touche au respect des symboles nationaux \u2014 sujet sensible aux États-Unis \u2014, il est parti d\u2019une contestation contre les injustices sociales et raciales qui traversent la société américaine.« Oui, il s\u2019agit bien sûr des questions raciales, des inégalités qui frappent nos communautés », a réagi sur CNN Michael Thomas, joueur noir de l\u2019équipe des Miami Dolphins.« Les gens vont continuer à faire entendre leur voix, ils vont continuer à protester pour braquer les projecteurs sur cette question.».Agence France-Presse Le président Trump sur la défensive H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L e Canada abhorre la torture et ne veut pas s\u2019en faire le complice.Aussi, le ministre de la Sécurité publique a-t-il transmis de nouvelles directives à ses agences de renseignement afin de limiter encore plus qu\u2019auparavant l\u2019utilisation, la requête et le partage d\u2019informations qui pourraient entraîner des risques de mauvais traitements ou qui découleraient de ceux-ci.Depuis 2011, si une agence de renseignement estimait qu\u2019il y avait un «risque substantiel » de faire subir à quelqu\u2019un de mauvais traitements en partageant des informations avec une entité étrangère ou en sollicitant auprès de cette entité des informations, il revenait au sous-ministre ou au directeur de l\u2019agence de déterminer si on allait ou non de l\u2019avant.Désormais, ce sera interdit.Pour être « substantiel », le risque devra être réel et il faudra qu\u2019il soit « plus probable qu\u2019improbable que des mauvais traitements soient infligés ».Les nouvelles règles s\u2019appliquent aux trois entités sous la responsabilité du ministre Ralph Goodale, soit le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et l\u2019Agence des services frontaliers (ASF).Selon les fonctionnaires fédéraux qui ont expliqué le changement, une directive spécifique sera transmise à la Défense nationale « ultérieurement ».Perte de vies « Le gouvernement du Canada dénonce sans équivoque et avec fermeté toute forme de maltraitance, et ce, sur quiconque et quel qu\u2019en soit le motif », af firme le communiqué de presse du ministre Goo- dale.Malgré tout, il est encore possible d\u2019utiliser des renseignements probablement acquis à l\u2019issue de mauvais traitements s\u2019ils « sont nécessaires pour empêcher la perte de vie ou un préjudice personnel important ».Sous la précédente directive fédérale, cette exception existait aussi pour éviter un risque à la propriété.Stephanie Car vin, profes- seure en sécurité nationale et terrorisme à l\u2019Université Car- leton, estime que le gouvernement « a trouvé le juste équilibre ».« Il y aura probablement des gens fâchés du fait que cette exception existe, mais c\u2019est une approche réaliste.Il faut comprendre que lorsque les renseignements arrivent d\u2019un autre pays, il n\u2019y a pas dessus une grosse étiquette disant que l\u2019information a été obtenue sous la torture.Bien souvent, nous ne le savons pas.Il faut en faire l\u2019évaluation.» Amnistie internationale parle d\u2019« une amélioration significative», mais déplore qu\u2019il soit encore possible de partager une information avec une entité étrangère aux pratiques douteuses si elle fournit des assurances.« Aux yeux d\u2019Amnistie internationale, ces assurances ne sont jamais des moyens fiables d\u2019atténuer les craintes », dit le communiqué de presse.Stephanie Carvin ne pense pas que la nouvelle directive soit une réponse à l\u2019épisode Omar Khadr.« Mais c\u2019est une étape impor tante pour éviter qu\u2019un prochain cas Khadr se produise », dit-elle.Elle rappelle que le Canada a été jugé « complice » des mauvais traitements subis par son ressortissant parce qu\u2019il a sollicité des informations alors qu\u2019il le savait maltraité, et donc susceptible de l\u2019être encore plus dans l\u2019obtention des confessions souhaitées.Ottawa a évoqué ce jugement pour justifier le dédommagement de 10,5 millions de dollars versé à M.Khadr.« Sous cette [nouvelle] directive, on n\u2019aurait pas pu demander les informations», avance Mme Carvin.Par ailleurs, le SCRS, la GRC et l\u2019ASF devront faire rapport sur l\u2019application de la nouvelle directive ministérielle au nouveau Comité parlementaire sur la sécurité nationale et le renseignement ainsi qu\u2019au futur Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de renseignement qui sera créé avec l\u2019adoption de C-59.Une version épurée de ces rapports sera rendue publique.Le Devoir Ottawa ferme encore plus la porte à la torture Le ministre Ralph Goodale durcit les règles sur l\u2019utilisation d\u2019informations de source douteuse THEARON W.HENDERSON AGENCE FRANCE-PRESSE/GETTY IMAGES En octobre 2016, le quart-arrière des 49ers Colin Kaepernick s\u2019est agenouillé lors de l\u2019hymne national précédant un match. M A R I E - M I C H È L E S I O U I L e père de Thierry Leroux, tué en service à Lac-Simon le 13 février 2016, espérait trouver des recommandations sur l\u2019accès aux armes à feu ou sur les inter ventions auprès des personnes en détresse psychologique dans le rapport du coroner sur la mort de son fils.Il a plutôt reçu, lundi, un document dénué de toute recommandation et truffé de reproches envers l\u2019intervention de son enfant.« L\u2019insistance est mise sur Thierry.Toute la faute est remise sur ses épaules », s\u2019est désolé Michel Leroux, dans un entretien avec Le Devoir .« Ceux qui sont décédés avant lui et ceux qui vont mourir après, eh bien, ce sera parce qu\u2019ils ont oublié une ligne, une virgule dans le manuel de l\u2019école de police», a-t-il lancé.Enseignement Les références aux « enseignements de l\u2019École nationale de police du Québec » , ou ENPQ, sont nombreuses dans le rappor t du coroner Jean- François Lécuyer.Thierry Le- roux, qui inter venait auprès d\u2019un homme suicidaire qui se trouvait au sous-sol d\u2019une résidence de la communauté de Lac-Simon, en Abitibi-Témis- camingue, « est descendu seul, alors que l\u2019ENPQ enseigne que ce genre d\u2019intervention doit se faire à deux policiers, avec l\u2019arme en main », a par exemple déploré le coroner.Il « s\u2019est précipité dans les escaliers », a-t- il encore écrit.« Il aurait dû faire une réévaluation de la situation et une demande d\u2019assistance», a-t-il noté.Thier r y Leroux est mor t après avoir été atteint par deux balles tirées par Anthony Raymond Papatie, un jeune homme de 22 ans qui a ensuite retourné son arme contre lui.Sa mort a notamment permis à la Commission des normes, de l\u2019équité, de la santé et de la sécurité du travail de conclure, en mai, à un grave manque de ressources au sein du Ser vice de police de la communauté algonquine d\u2019environ 1000 personnes.Pas de contexte Or, dans son rapport, le coroner «n\u2019a pas tenu compte du tout du contexte de la communauté elle-même », estime Michel Leroux.Si Jean-François Lécuyer mentionne qu\u2019Anthony Raymond Papatie avait été impliqué dans « huit dossiers de violence ou de personne suicidaire » dans les années précédant les événe- ments, il n\u2019of fre en revanche aucune explication sur l\u2019accès aux armes dont jouissait le jeune homme, a-t-il notamment remarqué.«Comment ça se fait qu\u2019on permette à un individu en détresse, suicidaire, de se retrouver avec des armes?», a ainsi demandé Michel Leroux.Des nombreuses inter ventions ef fectuées auprès du jeune Algonquin, le coroner a surtout retenu ceci : « L\u2019agent Leroux connaissait M.Papatie.[\u2026] Il est possible que l\u2019agent Leroux ait agi avec un excès de confiance.» Selon le coroner, les personnes qui se trouvaient dans la maison au moment de l\u2019inter vention « auraient pu être évacuées rapidement pour leur sécurité ».Selon lui, « il n\u2019y avait aucune urgence à intervenir directement avec M.Papa- tie », malgré le fait qu\u2019il était suicidaire et armé.En tout, l\u2019intervention policière a duré huit minutes et a évolué rapidement, a rappelé le coroner.Dans le feu de l \u2019action, le « peu » d\u2019expérience de Thier r y Leroux, qui était policier depuis dix mois, dont six à Lac-Simon, « a pu contribuer durant l\u2019intervention à une évaluation du risque et à une prise de décision en écart avec les enseignements de l\u2019ENPQ », a-t-il retenu.Contre la carabine qui a servi à l\u2019abattre, Thierry Le- roux avait bien peu de chances, a-t-il aussi souligné.Le gilet pare-balles qu\u2019il portait « n\u2019est pas conçu pour une protection contre le calibre de l\u2019arme utilisée par M.Papatie au cours des événements », a-t- il écrit.En fin de rapport, Jean-François Lécuyer n\u2019a formulé aucune recommandation.Il a uniquement souligné que l\u2019événement constituait «un homicide».Ce crime, Michel Leroux ne le pardonnera «jamais» à Anthony Raymond Papatie.«Il l\u2019a fait de son plein gré», a-t-il dit.«Mais il y a une chose: il était malade et on l\u2019a mal soigné.Et en plus, on lui a permis d\u2019avoir des armes entre les mains», a-t-il déploré.Le Devoir L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 S E P T E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 A N N A B E L L E C A I L L O U P rès d\u2019un tiers des accidents de travail déclarés par les chauf feurs d\u2019autobus de la Société de transport de Montréal (STM) sont en fait des agressions, révèle une étude dont Le Devoir a eu copie.Et cela ne concerne que les actes rapportés, bien des chauffeurs s\u2019étant habitués à la violence au quotidien.Pourtant, les ef fets sur leur bien- être peuvent durer plusieurs mois après l\u2019incident.Insultes, crachats, menaces, coups, les chauffeurs d\u2019autobus de la métropole en voient de toutes les couleurs.Sur environ 361 accidents de travail déclarés chaque année par les quelque 3500 chauffeurs de la STM, 30 % sont dus à des actes de violence, tant verbale que physique, précise l\u2019étude menée par Stéphane Guay de l\u2019Institut universitaire en santé mentale de Montréal, en collaboration avec la STM.Et la situation est plus grave qu\u2019elle n\u2019y paraît, selon le président du SCFP, le syndicat représentant les chauf feurs d\u2019autobus de la STM, Renato Carlone, qui souligne que nombre d\u2019agressions ne sont pas rapportées.«Malheureusement, se faire dire des bêtises, menacer, cracher dessus, c\u2019est devenu le quotidien des chauffeurs.[\u2026] Combien de fois j\u2019aurais pu déclarer une agression mais je me suis dit \u201cben non, ça arrive tout le temps, je vais continuer\u201d », confie-t-il.Parmi les employés interrogés, 72 % ont reconnu avoir déjà été victimes d\u2019une agression sur leur lieu de travail au cours de leur carrière, se souvenant en moyenne d\u2019au moins 5 événements.«Quand je suis arrivé à l\u2019arrêt, j \u2019ai ouver t les portes comme d\u2019habitude.Puis moi, je regarde toujours les clients [\u2026] Puis, pendant que je me tournais la tête, le poing s\u2019en venait.Il m\u2019a frappé sur le menton.[\u2026] Tu sais, il m\u2019a rien dit, il m\u2019a juste frappé en rentrant.[\u2026 ] Il est resté, il est allé s\u2019asseoir, comme si de rien n\u2019était», témoigne dans l\u2019étude un chauffeur d\u2019autobus.Une situation qui n\u2019étonne pas M.Guay, qui estime que les secteurs d\u2019emploi nécessitant une transaction entre employé et client, un contact direct avec le public et souvent ef fectué seul, comporte un risque élevé de violence.«Les chauffeurs d\u2019autobus réunissent ces trois critères, c\u2019est un travail difficile.» La faute à l\u2019employeur?Les retards fréquents des autobus suscitent notamment la grogne des usagers du transport et poussent certains à commettre l\u2019ir réparable, d\u2019après M.Guay.Une opinion partagée par Renato Carlone, qui regrette de voir les chauffeurs en faire les frais.«Ils font face à la frustration de la clientèle et sont accusés des retards, mais on manque de temps pour être à l\u2019heure.Si l\u2019employeur pouvait régler ce problème-là, il y aurait moins [d\u2019agressions].» De son côté, la STM dit prendre «très au sérieux» la sécurité de ses employés.La directrice générale, Renée Amilkar, rappelle que des mesures ont été mises en place ces dernières années pour rendre leur milieu de travail sécuritaire.Des caméras sont installées dans les autobus, un bouton d\u2019urgence permet aux chauffeurs d\u2019appeler le 911 au besoin et de la formation leur est of fer te pour mieux réagir face aux comportements violents.À l\u2019heure actuelle, «73% des bus ont une caméra et tous les nouveaux bus achetés en sont munis ».De plus, aucun autobus ne sort après 23 h sans caméra.« Quand il sait qu\u2019il est filmé, l\u2019humain est ce qu\u2019il est, il va se garder une petite gêne», affirme Mme Amilkar.Long terme Des ef for ts louables, aux yeux de M.Guay, mais il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019une fois l\u2019agression commise, les chauffeurs sont laissés à eux-mêmes.Il s\u2019étonne de voir la majorité d\u2019entre eux continuer leur travail sans prendre le temps de s\u2019en remettre.Résultat, les trois quar ts des chauf feurs inter rogés fai - saient face à une détresse psychologique un mois après avoir subi une agression et ils étaient toujours 42,4 % 12 mois plus tard.« Un taux bien au-dessus de la moyenne canadienne, qui est de 20 %.» « Je n\u2019arrête pas de me questionner, j\u2019essaye de trouver où est mon erreur.J\u2019essaie de trouver, tu sais, j\u2019ai une phobie, j\u2019ai peur de retourner travailler », témoigne un chauffeur.Au bout de 6 mois, 13 % d\u2019entre eux vivent encore avec un trouble de stress post-trauma- tique, pour 6 % au bout de 12 mois.« Ça paraît peu élevé, mais c\u2019est beaucoup », s\u2019inquiète M.Guay, estimant que la STM devrait leur offrir davantage de soutien et faire preuve d\u2019empathie.« Les premiers jours sont im- por tants, il faut les soutenir, préconise-t-il.[La STM] n\u2019est pas pire que d\u2019autres secteurs, c\u2019est un phénomène de société, c\u2019est répandu dans les organisations de ne pas s\u2019occuper assez des employés.» C\u2019est pour trouver des solutions au problème que la STM a accepté de collaborer avec le chercheur, indique Mme Amil- kar.«D\u2019une personne à l\u2019autre, la réaction est dif férente, on veut trouver ce qu\u2019on peut faire pour éviter ça.» Le Devoir STM Des chauffeurs d\u2019autobus habitués à la violence quotidienne Une étude montre que le tiers des accidents de travail sont des agressions U go Fredette, l\u2019homme de 41 ans qui a été à l \u2019origine de la plus longue alerte Amber de l\u2019histoire du Québec, il y a un peu moins de deux semaines, s\u2019est présenté le dos voûté, fixant le sol, et n\u2019a jamais levé les yeux lors de sa première apparition en Cour, lundi, au palais de justice de Saint-Jérôme.« Il a l \u2019atti tude qui vient avec ce qu\u2019on le soupçonne d\u2019avoir fait » , a laconiquement indiqué son avocat, Me Pierre Gauthier, à la sortie de l\u2019audience.Son client a formellement été accusé du meur tre sans préméditation de son ex- conjointe, Véronique Barbe, après qu\u2019une évaluation psychiatrique l\u2019eut estimé apte à comparaître.L\u2019homme avait été hospitalisé en Ontario à la suite d\u2019une tentative de suicide subséquente à son arrestation.Deuxième meurtre?Aucune nouvelle accusation n\u2019a été portée contre lui.Le procureur de la Couronne au dossier a précisé qu\u2019il devrait prendre position d\u2019ici un mois quant à d\u2019éventuelles accusations liées à la mort du septuagénaire Yvon Lacasse.« Nous n\u2019avons pas la divulgation complète de la preuve.Avant de se positionner, on attend un retour d\u2019exper tise : il faut avoir un portrait global de la situation » , a expliqué Me Steve Baribeau.Le dossier a été reporté au 31 octobre, moment où la divulgation de la preuve devrait être complétée.Aucune accusation n\u2019a été por tée non plus en lien avec l\u2019enlèvement d\u2019un enfant de six ans, qui avait été retrouvé sain et sauf le 15 septembre après une disparition de 24 heures, bien que cette possibilité ne soit pas écartée par la Couronne.« Nous allons prendre le temps de regarder tout ça avec soin à tête reposée lorsque nous aurons le portrait global de la preuve», a dit Me Baribeau, répétant à quelques reprises que ce n\u2019était pas une course contre la montre.«Monsieur est détenu présentement», a-t-il rappelé.La Presse canadienne MEURTRE Première apparition en Cour d\u2019Ugo Fredette LAC-SIMON Le coroner met Thierry Leroux en cause Le père du policier tué en service déplore l\u2019absence de recommandations sur la santé mentale ou les armes à feu Chelsea Manning refoulée à Lacolle Ottawa \u2014 L\u2019ancienne militaire et dénonciatrice chez Wiki- Leaks Chelsea Manning s\u2019est vu refuser l\u2019entrée au Canada vendredi dernier, en raison des condamnations portées contre elle pour trahison aux États- Unis.Mme Manning n\u2019a pas pu traverser la frontière à Lacolle «pour des raisons de grande criminalité», ont stipulé les agents frontaliers dans un document qu\u2019elle a partagé sur Twitter lundi.Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goo- dale, n\u2019a pas voulu commenter «de cas précis», mais il a rappelé que la loi canadienne permet de refuser quiconque a été condamné d\u2019un crime passible de plus de dix ans d\u2019emprisonnement au Canada.Le ministre Goodale a un pouvoir de discrétion.«Quand un agent canadien prend une décision de manière appropriée et qui respecte sa juridiction, je n\u2019interviens pas de manière cavalière», a-t-il tranché.Chelsea Manning \u2014 qui s\u2019appelait Bradley Manning avant de changer d\u2019identité \u2014 a été condamnée à 35 ans de prison pour avoir partagé des documents secrets avec WikiLeaks.Elle en a purgé sept, avant que l\u2019ancien président Barack Obama commue sa peine.Le Devoir Affaire Lone Pine : Normandeau témoignera au procès L\u2019ex-ministre des Ressources naturelles du Québec, Nathalie Normandeau, a confirmé lundi qu\u2019elle ira témoigner, du 4 au 6 octobre, dans le procès qui oppose la pétrolière américaine Lone Pine au gouvernement du Canada.« [C\u2019est] pour défendre le Québec et le gouvernement fédéral.Il semble que ma présence est essentielle », a-t-elle déclaré lors de son passage au palais de justice de Québec, où elle doit subir un procès pour complot, fraude, abus de confiance et corruption.Lone Pine poursuit le gouvernement du Canada pour des dommages de 120 millions, en raison de la révocation des permis d\u2019exploration et d\u2019exploitation gazière et pétrolière dans le Saint-Lau- rent, dont elle estime faire les frais.Nathalie Normandeau était ministre des Ressources naturelles quand ces permis ont été annulés, en juin 2011.Le Devoir Mexique : le bilan s\u2019élève maintenant à 324 morts Mexico \u2014 Le bilan du terrible séisme qui a frappé le Mexique il y a près d\u2019une semaine s\u2019élève maintenant à 324 morts, dont 186 dans la capitale, Mexico, ont indiqué lundi les autorités mexicaines.Les équipes de secours ont retrouvé 102 cadavres et sauvé 115 personnes des décombres des immeubles qui se sont effondrés lors du tremblement de terre de magnitude 7,1.Jusqu\u2019à 360 immeubles et maisons ont été lourdement endommagés par la secousse ou risquent de s\u2019écrouler.La coupole de l\u2019église Notre-Dame- des-Anges, qui avait été abîmée le 19 septembre, s\u2019est finalement rompue et est tombée dimanche soir, mais sans faire de blessés.On compte sept écoles parmi les édifices qui risquent de s\u2019effondrer.Quatre-vingt- dix-huit pour cent des écoles privées et publiques de la capitale avaient besoin d\u2019être inspectées par des experts.Associated Press Comment ça se fait qu\u2019on permette à un individu en détresse, suicidaire, de se retrouver avec des armes?Michel Leroux, père de Thierry Leroux « » JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le rapport indique que 72% des chauffeurs ont reconnu avoir déjà été victimes d\u2019une agression.«Se faire dire des bêtises, menacer, cracher dessus, c\u2019est devenu le quotidien des chauffeurs» L\u2019impact des élections générales de dimanche en Allemagne est double et majeur.À l\u2019intérieur, elles reconfigurent en profondeur le paysage politique national.À l\u2019échelle de l\u2019Europe, elles contrecarrent un projet pro-européen qui semblait avoir trouvé un nouveau souffle avec l\u2019arrivée d\u2019Emmanuel Macron.our avoir décidé de s\u2019en tenir à une campagne passive, la chancelière Angela Merkel a pour ainsi dire décroché un quatrième mandat in ab- sentia.On comprend qu\u2019elle n\u2019ait pas tenu à s\u2019au- to?ageller publiquement à l\u2019issue de ce scrutin où les chrétiens-démocrates de la vieille alliance CDU-CSU ont enregistré un score historiquement bas de 33% des voix.Sa décision en 2015 d\u2019ouvrir les frontières à un million de demandeurs d\u2019asile ?« La bonne », a-t-elle répondu, même si cela a créé «une polarisation liée à ma personne».La bonne, sans l\u2019ombre d\u2019un doute, vu l\u2019impératif humanitaire que soulevait la plus grande crise migratoire qu\u2019ait vécue le monde depuis la Seconde Guerre mondiale.Deux ans plus tard, l\u2019intégration de ces personnes \u2014 des adultes sur le marché du travail et de leurs enfants à l\u2019école \u2014 constitue dans l\u2019ensemble une réussite, sans être parfaite.L\u2019erreur de Mme Merkel aura cependant été de faire l\u2019impasse en campagne sur le malaise qu\u2019a malgré tout suscité cette immigration massive au sein d\u2019une partie de la population.Fuyant le débat, elle a laissé le champ libre à l\u2019extrême droite réunie autour d\u2019Alternative pour l\u2019Allemagne (AfD) \u2014 un par ti islamo- phobe, europhobe et anti-migrant, qui ne s\u2019est pas privé d\u2019instrumentaliser ce malaise, sans faire même l\u2019effort de se dédiaboliser, comme avait pris la peine de le faire la chef frontiste Marine Le Pen, en France.L\u2019erreur de Mme Merkel s\u2019est conjuguée à une autre dynamique: à savoir que la chancelière se sera employée au cours des dernières années à cannibaliser le programme des sociaux-démocrates du SPD, se trouvant ainsi à vider de son sens l\u2019opposition traditionnelle.Avec le résultat que l\u2019électorat a déserté dimanche le SPD, le parti enregistrant son pire score depuis 1949 (20,5 %).Normal dans ce contexte que le SPD ait immédiatement fait savoir qu\u2019il allait retourner se ressourcer sur les bancs de l\u2019opposition et qu\u2019il ne saurait être question d\u2019entrer en alliance avec la CDU pour former le prochain gouvernement.Deux facteurs, donc, dont la conjonction fait aujourd\u2019hui en sorte que l\u2019AfD entre non seulement au Bundestag pour la première fois, mais qu\u2019il le fait avec force (12,6 % des votes).Dif?cile de ne pas s\u2019étonner du fait que la chancelière sortante n\u2019ait pas mieux mesuré le poids et l\u2019in?uence du discours défendu par l\u2019AfD.Elle se trouve ici à recon?rmer à quel point les élites qui gouvernent nos démocraties sont souvent déconnectées.Certes, l\u2019extrême droite demeure pour le moment davantage endiguée en Allemagne qu\u2019elle ne l\u2019est en Autriche, en Pologne ou en France.Reste que, depuis sa création il y a seulement quatre ans, l\u2019AfD a tout de même réussi à faire son entrée dans les Parlements de 13 des 16 Länder du pays.C\u2019est tout ce que les européistes ne croyaient pas voir se produire.Ces élections viennent recon?gurer en profondeur le paysage politique allemand.Et son onde de choc est de dimension européenne.Certes, Mme Merkel n\u2019a jamais été considérée comme l\u2019apôtre la plus fervente d\u2019une plus grande intégration européenne, tant s\u2019en faut, mais on pouvait imaginer qu\u2019une fois réélue avec les marges de manœuvre que l\u2019électorat lui donnait depuis 12 ans, l\u2019enthousiasme d\u2019Emmanuel Macron serait au moins en partie contagieux et que, ce faisant, un front Macron- Merkel pourrait se constituer pour redynamiser un projet continental mis à mal par la perspective du Brexit.Cet espoir risque d\u2019être déçu, si tant est qu\u2019il ait jamais été réaliste.Il faut maintenant s\u2019attendre plutôt à voir Mme Merkel et l\u2019Allemagne, moteur de l\u2019Europe, se recroqueviller, puisque se dessine la formation, dans des délais qui risquent d\u2019être plus longs que courts, d\u2019une coalition bancale qui impliquera nécessairement les libéraux du FDP, un parti de droite que l\u2019idée de donner plus de pouvoir à Bruxelles fait grimacer.M.Macron imaginait probablement que c\u2019est dans un contexte plus prometteur qu\u2019il se présenterait aujourd\u2019hui, mardi, à la Sorbonne pour y présenter des propositions sociales et économiques de réforme de l\u2019Union européenne.Il peut peut-être trouver réconfort dans le fait que, de son côté, la classe politique britannique se déchire dans tous les sens autour du Brexit, dont elle semble de moins en moins vouloir.Si Angela Merkel est affaiblie, on peut en dire autant de la première ministre Theresa May.Mince consolation.Dans l\u2019immédiat, le ciel de l\u2019Europe s\u2019ennuage un peu plus.L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 S E P T E M B R E 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Stone, le Québec Un ami à moi a quitté dernièrement l\u2019appartement où il demeurait depuis seulement quelques mois.La raison principale : l\u2019habitude du couple de l\u2019appartement voisin de fumer du pot plusieurs fois par jour et ainsi donc d\u2019avoir indubitablement à sentir l\u2019odeur tout de même assez forte de ladite drogue.Il en avait pourtant glissé mots au propriétaire qui demeure à l\u2019étage supérieur, mais celui-ci disait ne pas avoir eu connaissance de cette odeur et lui aurait dit de toute façon qu\u2019il fallait s\u2019y faire, puisque la marijuana serait bientôt légale et que les Québécois pourront en fumer du bon à leur aise.En fait le propriétaire lui-même fumait son petit joint de temps à autre.Mon ami l\u2019a su plus tard.Belle affaire ! Là, je me suis dit que cette situation risquerait de devenir une problématique qu\u2019aura à vivre plus d\u2019un locataire au Québec.Bien malvenus ceux et celles qui viendront se plaindre que ça sent le pot à plein nez, que ce soit à leur domicile ou dans différents lieux publics.La mari sera légale, tenons-nous-le pour dit.On n\u2019en fumera peut-être pas plus qu\u2019avant au Québec, mais plus besoin de se cacher.Puis fini l\u2019ère du «pusher » du coin.On pourra en acheter librement ! Dès mon adolescence, j\u2019ai été confronté à la présence du pot dans ma vie.Mes amis en fumaient, quelques blondes et même plus tard certains de mes profs.Mais je n\u2019en ai jamais fumé, même si on m\u2019en proposait souvent.Et je ne posais au- L I B R E O P I N I O N S T É P H E N L É G E R Vice-président de l\u2019Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) S oucieux avant tout de son image d\u2019instance qui consulte ses citoyens, le gouvernement de Justin Trudeau invite tout un chacun à se prononcer sur les enjeux de l\u2019Accord de libre- échange nord-américain (ALENA) avec les États-Unis et le Mexique, en cours de renégo- ciation depuis le début août 2017 à la demande \u2014 non négociable \u2014 du gouvernement de Donald Trump.Notre organisation syndicale, active dans le secteur de la santé et des services sociaux, entend bien profiter de l\u2019occasion pour faire valoir ses préoccupations, avec l\u2019espoir qu\u2019à cet exercice de consultation soit associée une réelle volonté de transparence et de suivi.Le Canada n\u2019a pas caché son désir de préserver la gestion de l\u2019of fre en agriculture et l\u2019exception culturelle, entre autres.Les négociateurs canadiens veulent également rendre explicite la possibilité pour les gouvernements de légiférer et d\u2019imposer des règlements dans l\u2019intérêt public, indépendamment de l\u2019effet de ces politiques sur les profits des entreprises.Ils devront être fermes sur cette option s\u2019ils veulent conserver l\u2019appui des Canadiens.Pourquoi ces questions concernent-elles les soins de santé et les services sociaux offerts par les membres de notre syndicat ?Parce que les résultats de cette renégociation auront un impact majeur sur les finances de l\u2019État, dont dépend notre secteur, notamment à cause de leurs répercussions sur le prix des médicaments.Lobbying intense Le Canada est le seul pays au monde à avoir un système de soins de santé universel qui n\u2019est pas doublé d\u2019une assurance médicaments publique et universelle.On y paie les médicaments 30 % plus cher qu\u2019ailleurs dans les pays de l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).Et c\u2019est au Québec que le coût des médicaments est le plus élevé au pays.Le gouvernement dispose en effet d\u2019un pouvoir réduit de négociation avec les entreprises pharmaceutiques puisque le marché est partagé entre le régime gouvernemental d\u2019assurance médicaments \u2014 auquel 43 % de la population est inscrite \u2014 et les régimes privés d\u2019assurance collective \u2014 auxquels souscrivent 57 % des Québécois.Avec un système de santé et de services sociaux étouf fé par les compressions budgétaires et en besoin urgent de réinvestissements, le Québec doit impérativement reprendre le contrôle de ses dépenses en matière de médicaments.Or le prix des médicaments y est encadré en partie par la Politique du médicament adoptée par Québec en 2007, mais aussi par le Conseil d\u2019examen du prix des médicaments brevetés (CEPMB), mis en place au moment de la négociation de l\u2019ALENA en 1994.Ce conseil est censé protéger les intérêts des consommateurs et contribuer aux soins de santé de la population canadienne en s\u2019assurant que les prix des médicaments brevetés ne soient pas excessifs.L\u2019ennui, c\u2019est qu\u2019il établit les prix en se basant sur sept pays\u2026 dont les médicaments sont les plus chers au monde.Pas étonnant que, depuis 2000, les dépenses en médicaments du Canada aient augmenté de 184 % en comparaison avec le PIB.Malgré cette « performance », le CEPMB est dans la mire des compagnies pharmaceutiques, qui aimeraient bien le voir disparaître.On peut s\u2019attendre à ce qu\u2019un lobbying intense soit fait en ce sens auprès de l\u2019équipe de négociation américaine.Voilà pourquoi il importe de négocier un mécanisme pour établir le prix des médicaments, dans le cadre de l\u2019ALENA, qui devra être plus ef ficace que celui utilisé actuellement par le CEPMB.Une chose est sûre, on ne peut laisser le libre marché décider des prix.La meilleure façon de limiter la croissance des coûts serait d\u2019instaurer un régime d\u2019assurance médicaments universel 100 % public.Si le Québec se décide enfin à aller dans cette voie, assurons-nous qu\u2019il ne sera pas menacé de poursuites sous prétexte qu\u2019il réduirait ainsi les profits des multinationales du médicament.Pour ce faire, le Canada doit préserver sa capacité de légiférer pour améliorer le sort de ses citoyens.Répétant que le nouvel accord doit tenir compte des droits sociaux et de l\u2019environnement, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, s\u2019est engagée à être déterminée, tout en négociant de manière intell igente et raisonnable.À la bonne heure ! Du point de vue d\u2019un syndicat préoccupé par la défense des ser vices publics, choisir ce qu\u2019on met sur la table en réclamant des exclusions a priori, notamment pour tout ce qui concerne les services publics (santé, éducation, sécurité sociale, énergie, eau, marchés publics), serait une position intelligente et raisonnable, en plus d\u2019être en droite ligne avec les intérêts de la population québécoise et canadienne.Négocier l\u2019ALENA en préservant la capacité de légiférer pour le bien commun FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET cun jugement envers ceux qui en consommaient ! Ce n\u2019était juste pas mon truc.Quand j\u2019étais étudiant en littérature et en théâtre à l\u2019université, presque tout le monde que je côtoyais en fumait.Presque tout le monde était gelé.Alors, je me dis qu\u2019est-ce que ce sera une fois la marijuana rendue légale.Le Québec deviendra-t-il stone pour le meilleur ou pour le pire ?Là est la question.Yvan Giguère Saguenay, le 25 septembre 2017 ALLEMAGNE Merkel ébranlée, Europe troublée P GUY TAILLEFER Ensemble, donnons le Québec aux minières, gazières et pétrolières\u2026 C\u2019est avec une colère pleine d\u2019énergie renouvelable que j\u2019ai pris connaissance dans un article du Devoir du fait que le gouvernement Couillard a publié quatre règlements qui ouvrent toutes grandes les portes à l\u2019exploitation du pétrole et du gaz partout au Québec.Le bar ainsi ouvert inclut les plans d\u2019eau, les parcs et territoires protégés, les villes, les municipalités, les terres agricoles et les maisons isolées.Soyons clairs.Un puits de pétrole ou de gaz ou une mine, situé à 60 mètres, 100 mètres, 175 mètres aura des impacts chez vous à toutes les étapes de l\u2019exploration et de l\u2019exploitation: bruit intense, poussière, vapeurs de diesel, huiles industrielles et produits chimiques répandus sur et dans le sol, émanations de gaz divers, scories, etc.Les risques de déversements d\u2019hydrocarbures dans et sur le sol, la nappe phréatique, les eaux sources d\u2019eau potable font partie de ce genre d\u2019exploitation.Deux aspects des règlements montrent à quel point ce gouvernement méprise profondément la population du Québec.Refusant de nommer les villes et villages, le règlement parle «des concentrations d\u2019activités résidentielles, commerciales\u2026 ou de services».Le texte de ces règlements évacue complètement l\u2019occupation humaine du territoire.Nous n\u2019y existons pas, nous n\u2019y existons plus.De plus, le règlement limite à des montants de 10 et 25 millions de dollars la responsabilité des entreprises d\u2019énergies fossiles au lieu d\u2019imposer la responsabilité illimitée.La portée des règlements est limpide.Nous qui vivons ici, prenons soin de nos maisons, de nos villes et villages, qui avons un besoin vital de nos lacs et nos rivières pour l\u2019eau potable, les poissons, la beauté des paysages et le contact le plus fréquent possible avec une nature en santé, supporterons les inconvénients de cette production industrielle et les coûts financiers en cas de désastre environnemental.M.Couillard, je réclame pour nos eaux et pour nos terres, pour nous, citoyens du Québec, le même soin que vous accordez à l\u2019île d\u2019Anticosti, soin dont je me suis réjoui.Vous qui êtes féru d\u2019histoire universelle, rappelez-vous que du droit à l\u2019irresponsabilité illimitée résultent des dommages illimités.Monique Tremblay Le 21 septembre 2017 L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 S E P T E M B R E 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).L a ministre du Patrimoine renonce à appliquer aux plateformes Internet les lois fiscales de même que celles qui garantissent le réinvestissement dans la production d\u2019œuvres canadiennes.Elle annonce plutôt une intention de négocier avec ces entreprises privées.Elle espère que ces «conversations» pourront persuader ces grands joueurs à «aider» les créateurs, producteurs et diffuseurs canadiens qui voient le tapis leur glisser sous les pieds en raison du traitement préférentiel réservé aux grands joueurs du Net.On est en pleine pensée magique! Il n\u2019y a pas si longtemps, c\u2019est le gouvernement du Québec qui «négociait» avec la multinationale Uber afin de la persuader\u2026 de respecter les lois que vous et moi sommes pourtant tenus de respecter ! Ce régime de deux poids deux mesures contribue à banaliser les lois.Il porte plusieurs à se dire que les lois sont des facteurs parmi d\u2019autres\u2026 applicables selon une géométrie variable en fonction de la capacité des entreprises à se positionner comme « innovatrices- avec-un-modèle-d\u2019affaires-disruptif » ! Et alors s\u2019ouvre le sésame du passe-droit ! Cette attitude de plusieurs dirigeants de nos États à l\u2019égard des grands joueurs d\u2019Internet porte le risque de délégitimer l\u2019impératif d\u2019obéissance aux lois que la plupart des citoyens et entreprises n\u2019ont pas le bénéfice de «négocier» ! Trop de dirigeants gouvernementaux considèrent les grandes plateformes Web comme des États souverains avec lesquels il convient de pratiquer une diplomatie d\u2019aplaventrisme.Julie Cohen, professeure de droit à l\u2019Université Georgetown, convient dans un article récent que les plateformes Web possèdent plusieurs caractéristiques des États souverains.Les plateformes disposent en effet d\u2019un territoire et d\u2019une population.Leur territoire est évidemment virtuel.Il résulte de protocoles, de flux de données et d\u2019algorithmes capables de produire de la valeur.Les plateformes dominantes ont une population d\u2019usagers souvent plus considérable que celle de plusieurs États territoriaux.Mais c\u2019est surtout leur capacité d\u2019imposer leur mode de gouvernance qui confère aux plate- formes Web une puissance quasi étatique.Assis sur des masses de données, les plateformes sont en position d\u2019égaux ou de supérieurs devant les États qui, comme le Canada, ont choisi de démanteler leur capacité de réguler plusieurs activités qui se déroulent en ligne.Par exemple, au Canada, le CRTC, censé appliquer les lois sur les médias de radiodiffusion, a tenu pour acquis pendant près de deux décennies que les activités des plateformes Internet n\u2019avaient pas d\u2019effets sur la réalisation des objectifs édictés par la loi ! Les gouvernements l\u2019ont laissé faire dans ce déni.Dans d\u2019autres situations, les dirigeants politiques ont choisi de reconduire certaines anciennes méthodes afin de donner l\u2019impression d\u2019une protection des droits fondamentaux.Par exemple, la plupart des autorités gouvernementales misent encore sur des lois se bornant à demander le «consentement» des internautes pour valider pratiquement n\u2019importe quel usage de données sur les personnes par les plateformes.Il n\u2019y a pas de volonté de la part des gouvernements d\u2019insister sur le rôle que tiennent désormais les données \u2014 ces ressources communes à nous tous \u2014 dans les capacités des plateformes de générer de la valeur.Les lois de protection des données personnelles envisagent celles-ci comme on le faisait dans les années 1980! Cela donne par fois lieu à quelques coups d\u2019éclat cosmétiques à l\u2019égard de certains grands joueurs.Par exemple, en Europe, les autorités s\u2019amusent à forcer Google à censurer les articles de journaux des résultats de recherche.Mais la plupart des dirigeants de nos États négligent de faire valoir que les plateformes bénéficient des données massives, des ressources très précieuses pour une contrepartie pratiquement dérisoire.Au total, on demeure loin d\u2019une véritable régulation balisant la « souveraineté » des grandes plateformes.Alors, faut-il se surprendre que les autorités étatiques se retrouvent dans la pitoyable position de devoir quémander quelques oboles aux plate- formes devenues désormais aussi puissantes que les États eux-mêmes?Tant que les gouvernants se comporteront comme si les activités menées par les plate- formes Web émanaient d\u2019entités souveraines, naturellement exemptées des exigences qui s\u2019appliquent au commun des mortels, ils se placeront en position de faiblesse.Les États seront de moins en moins en mesure d\u2019infléchir les choix fondamentaux qui ont des impacts sur les populations.Les activités échappant à la fiscalité et aux autres règles risquent de se multiplier : des objets connectés aux pratiques d\u2019obsolescence programmée, les plateformes souveraines imposeront leurs «conditions d\u2019utilisation» à prendre ou à laisser par les «consommateurs».Il ne restera aux gouvernants qu\u2019à s\u2019accrocher à quelque vague espoir de réaliser un «deal» de temps en temps avec l\u2019une ou l\u2019autre de ces entités, désormais plus souveraines que la plupart de nos États ! Les cyber-États souverains PIERRE TRUDEL A R N A U D M O N T R E U I L A N N E - M A R I E P I L O T E Respectivement doctorants en histoire médiévale à Paris 1 Panthéon Sorbonne et en communication politique à l\u2019UQAM.Ils sont à Barcelone pour observer le processus référendaire.quelques jours du référendum d\u2019autodétermination du 1er octobre, les athlètes et équipes sportives d\u2019Espagne n\u2019hésitent pas à prendre position sur la question de l\u2019indépendance de la Catalogne.En réaction aux arrestations politiques du 20 septembre, le célèbre club de football FC Barcelona a défendu publiquement la légit imité du scrutin.Le plus grand quotidien espagnol, El País, a publié ce dimanche une violente critique de la prise de position du Barça, l\u2019accusant de propagande et l\u2019assimilant aux régimes dictatoriaux.Comment expliquer une telle condamnation ?Le soutien du club de foot à l\u2019indépendance n\u2019a pourtant surpris personne : en juin, lors d\u2019une manifestation pro-référendum tenue à Barcelone, l\u2019entraîneur catalan de Manchester City, anciennement à la tête du Barça, Pep Guardiola, a harangué la foule de 40 000 personnes : « Tout le monde le sait, toute l\u2019Europe le sait : tout ce que nous voulons, c\u2019est voter, car il ne s\u2019agit pas d\u2019indépendance, mais de démocratie.» Le communiqué dif fusé par les locataires du Camp Nou mercredi dernier était de teneur tout à fait semblable : l\u2019équipe a fait la promotion du référendum et a témoigné son soutien aux personnes et institutions qui travaillent à la garantie du scrutin.Pour le quotidien madrilène et l\u2019auteur de la critique, l\u2019analyse politique Rubén Amón, c\u2019est la goutte qui a fait déborder le vase.Le FC Barcelona ne devrait pas avoir voix au chapitre : le foot, c\u2019est du sport, pas de la politique, et les épanchements souverainistes auxquels donnent lieu les matchs du club sont répréhensibles.Rappelons qu\u2019à chaque joute, des cris d\u2019indépendance fusent à 17 minutes et 14 secondes de la première demie, en mémoire de la défaite de 1714 qui a signé la soumission définitive de la Catalogne à l\u2019Espagne.Le cas Nadal Pourtant, le journal de centre gauche pro- européen, né au moment de l \u2019émergence d\u2019une Espagne démocratique, avait accueilli à bras ouverts l\u2019appel à l\u2019unité nationale du tennisman Rafael Nadal le 11 septembre dernier au lendemain de sa troisième victoire au US Open.L\u2019athlète s\u2019était alors ouver t aux médias en disant « je ne vois pas l\u2019Espagne sans la Catalogne », arguant que le référendum ne devrait pas se tenir, parce qu\u2019il est illégal.Aux yeux du País, les locataires du Camp Nou sont au contraire coupables de complicité en mettant la passion du football au service d\u2019un référendum déclaré anticonstitutionnel par Madrid, qualifiant le FC de « grand brasier de la propagande de la cause indépendantiste ».Selon le quotidien, la position nationaliste du club et l\u2019idolâtrie dont seraient l\u2019objet ses joueurs étoiles en feraient l\u2019opium du peuple catalan, endormi par la triade « Dios, patria y fútbol » qui était la devise du dictateur portugais Antonio Salazar.Il y a chez El País deux poids deux mesures qui ne s\u2019expliquent pas seulement par la sem- piter nelle et légendaire rivalité entre les géants que sont le Real Madrid et le FC Barcelona.En effet, le rôle phare du Barça dans la construction de l\u2019identité catalane contemporaine remonte aux années de la dictature franquiste, alors que le club était le seul catalyseur et véhicule possible de la fierté d\u2019une Catalogne dont les spécificités linguistiques et culturelles étaient niées par Madrid.En outre, le FC Barcelona jouit d\u2019une visibilité et d\u2019une réputation internationale \u2014 particulièrement en Europe \u2014 qui fait structurellement défaut aux indépendantistes.Enfin, pour El País, l\u2019appui du Barça en faveur du référendum transforme analogique- ment le scrutin entre un match de foot entre Barcelone et Madrid.Autrement dit, le quotidien déplore que la guerre sublimée qu\u2019est le sport déborde du stade et investisse le champ du politique (même si, paradoxalement, l\u2019article du País produit un résultat semblable).Mais en Espagne, lorsqu\u2019il s\u2019agit du FC Barcelona, n\u2019est-ce pas toujours le cas ?CATALOGNE Quand le sport se mêle de politique D A N Y - R O B E R T D U F O U R L\u2019auteur est philosophe.Il a notamment publié La cité perverse.Libéralisme et pornographie.ans la mesure où cette notion est de plus en plus invoquée dans le discours juridique, je voudrais interroger ici un « droit de l\u2019homme » émergent qui entend se fonder sur le concept d\u2019« autonomie personnelle ».S\u2019il faut interroger ce terme, de même que la conception du droit qui le soutient, c\u2019est justement parce qu\u2019il paraît insoupçonnable : il est en effet souvent mis en relation avec un approfondissement de la condition démocratique, lequel implique l\u2019autonomie des acteurs et le développement de l\u2019initiative personnelle [\u2026] Pour commencer, je prendrai l\u2019exemple de ce concept d\u2019« autonomie personnelle » tel qu\u2019il apparaît dans une af faire portée devant la Cour d\u2019Anvers, au début des années 2000.L\u2019af faire n\u2019est pas banale : un médecin et un magistrat belges sont poursu iv is pour coups et blessures à l\u2019encontre de la femme du second lors de séances sadomasochistes.Les faits ont été établis après que furent découvertes des cassettes vidéo tournées dans un club spécialisé sous le coup d\u2019une enquête judiciaire, où avaient lieu les parties fines [\u2026] Après leur condamnation par la Cour d\u2019Anvers à des amendes assez légères et à des peines de prison avec sursis et après le renvoi de leur pourvoi en cassation, les accusés (spécialistes l\u2019un du droit, l\u2019autre du corps) saisirent la Cour européenne des droits de l\u2019homme pour lui demander de se prononcer sur l\u2019ingérence de l\u2019État dans leur vie privée.Dans un jugement rendu le 17 février 2005, la Cour européenne rétorqua aux requérants que leurs pratiques étaient tellement violentes qu\u2019ils ne pouvaient ignorer les risques de poursuite et elle reconnut que les sanctions étaient propor tionnées (or elles étaient légères), mais elle constata en revanche qu\u2019il y avait bien eu ingérence dans leur vie privée.À noter que la Cour ne prenait pas en considération le fait que le magistrat avait constitué un circuit marchand à partir de ces activités extrêmes puisqu\u2019il revendait les cassettes des séances montrant son épouse maintes fois violentée.À noter aussi que ces documents la montraient souvent consentante, mais que, dans cer taines vidéos, elle suppliait par fois ses partenaires d\u2019arrêter leurs « jeux ».Pour se prononcer sur cette notion d\u2019ingérence dans la vie privée et finalement la rejeter au profit des accusés, la Cour invoquait un nouveau droit : l \u2019« autonomie personnelle » : « Le droit à disposer de son corps est une partie intégrante de la notion d\u2019autonomie personnelle ».La Cour européenne en explicitait le contenu en précisant que c\u2019est « [l]e droit d\u2019entretenir des rapports sexuels et de disposer de son corps [\u2026] jusqu\u2019à s\u2019adonner à des activités perçues comme étant d\u2019une nature physiquement ou moralement dommageables ou dangereuses pour sa personne ».On voit [\u2026] ce vers quoi ce « droit » peut mener : vers la justification juridique d\u2019un univers libéralo-sadien.« Libéral » puisque tout désir, même extrême, doit pouvoir devenir droit et « sadien » parce que l\u2019instrumentalisa- tion totale de l\u2019autre est alors possible [\u2026] [I]l faut se demander si une partie du droit actuel, bien loin de se poser comme garant qui contre le plus-de-jouir, ne se trouve pas lui- même déporté vers un droit postmoderne caractérisé par l\u2019acceptation, voire même la validation, de l\u2019abus de jouissance.La question est d\u2019autant plus légitime que le terme de jouissance est aussi un concept juridique : la jouissance renvoie en ef fet à des notions définissant le droit de propriété et impliquant donc la pérennité du bien.On peut donc se demander si le droit moderne, qui s\u2019opposait au plus-de- jouir, ne subit pas [\u2026] une torsion considérable se traduisant par une exhor tation à la jouissance excessive [\u2026] Des effets pervers Ce concept d\u2019«autonomie personnelle» comporte des ef fets pervers pouvant contaminer non seulement le droit privé, mais toutes les formes de droit, par exemple le droit du travail puisque alors plus rien ne peut s\u2019opposer à ce qu\u2019un employeur embauche un manœuvre acceptant de travailler sans mesures de sécurité pour un salaire deux fois moindre dès lors que cet « esclave salarié » aura personnellement consenti à ces conditions [\u2026] Or, manifestement, ces formes se développent.On ne peut donc exclure que cela favorise, sous couvert d\u2019autonomie personnelle, l\u2019entrée dans une nouvelle forme de totalitarisme.Un vrai totalitarisme en tant qu\u2019il est appelé à régler toute la vie des individus \u2014 de la vie privée à la vie sociale, dont le travail.Et cependant une forme nouvelle parce que ce totalitarisme se présente désormais, au contraire des anciens qui étaient tyranniques, comme anti-autoritaire.Il faudrait en somme que les individus veuillent librement ce qui pourrait les aliéner le plus [\u2026] Il n\u2019est donc pas étonnant dans ces conditions que le droit actuel tende à entériner la domination du nouveau maître, le Marché.Lequel est soutenu par la prolifération des petits récits égotiques qui accompagnent l\u2019extension, dans toutes les sphères de la vie, de ce Marché total.Lequel est devenu une instance qui promet d\u2019offrir constamment à chacun tout objet manufacturé, tout service marchand, tout fantasme produit par les industries culturelles, afin de satisfaire toutes les appétences, quelles qu\u2019elles soient.Partout, donc, la jouissance se trouve à l\u2019ordre du jour : on est passés d\u2019une nécessité de contrôle des passions et des pulsions à l\u2019obligation de leur libération \u2014, c\u2019est aussi cela, le néo-libéralisme.C\u2019est pourquoi on peut parler du tournant libidinal du capitalisme.Des commentaires ou des suggestions pour des Idées en revues?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.Naissance du droit sado-libéral À DES IDÉES EN REVUES Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons une version abrégée d\u2019un texte paru dans la revue Liberté, septembre 2017, no 317.D JOSEP LAGO AGENCE FRANCE-PRESSE Des amateurs de soccer catalans brandissant des drapeaux indépendantistes avant un match du Barça contre le FC Girona, le 23 septembre dernier Sous le couvert d\u2019autonomie personnelle, une nouvelle forme de totalitarisme émerge L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 S E P T E M B R E 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Désaccords au sein du groupe Or le rapport révèle que les membres ont eu de la dif ficulté à s\u2019entendre sur les objets devant obligatoirement être soumis à une consultation publique (un nouveau plan d\u2019urbanisme, les projets de révision ou les plans particuliers d\u2019urbanisme).Même chose pour un pouvoir d\u2019initiative (une solution de remplacement au référendum et à l\u2019ouverture des registres) ou la tenue d\u2019une audience indépendante pour de grands projets.Selon ce que Le Devoir a pu apprendre, l\u2019idée d\u2019un pouvoir d\u2019initiative et celle d\u2019une audience indépendante ont été soumises par Vivre en ville, mais les municipalités étaient fermement opposées à ce genre de contraintes.Dans le rap- por t, on peut lire que cer tains membres du groupe de travail estimaient que le règlement du ministre ne devrait pas prévoir un dispositif précis comme l\u2019audience indépendante, « car cela irait à l\u2019encontre du principe de laisser aux municipalités le choix des moyens par lesquels elles entendent favoriser la participation publique».En l\u2019absence de consensus, les représentants du ministère ont donc tranché en se positionnant contre le pouvoir d\u2019initiative et la consultation indépendante.Ils ont toutefois appuyé l\u2019idée qu\u2019au minimum tous les programmes particuliers d\u2019urbanisme fassent l\u2019objet de consultation.Enfin, ils constatent qu\u2019il n\u2019y a pas non plus de mécanisme permettant aux citoyens d\u2019intervenir quand une ville ne respecte pas sa propre consultation publique.«Les recours des citoyens, disent-ils, seraient essentiellement limités aux tribunaux, une démarche longue et coûteuse », écrit le groupe de travail qui « invite le ministère à poursuivre la réflexion à cet égard».Au gouvernement de proposer quelque chose À l \u2019Union des municipalités du Québec (UMQ) on concède que les citoyens n\u2019ont pas à l\u2019heure actuelle de contre-pouvoir.« Il va falloir trouver un mécanisme», a expliqué au Devoir la mairesse de Châteauguay, Nathalie Simon, qui travaille le sien au sein de l\u2019UMQ.Par contre, dit-elle, les municipalités ne sont pas très bien placées pour le faire selon elle.« On peut faire juste un bout de notre chemin, on ne peut pas être juge et partie.» Le ministère des Affaires municipales, dit-elle, a «aussi un bout de chemin à faire en mettant en place une structure, un ombudsman, quelque chose qui pourrait répondre à cette préoccupation citoyenne là, les accompagner et, le cas échéant, forcer la municipalité à démontrer qu\u2019elle a bien suivi la politique de communication publique qu\u2019elle a adoptée.» Les membres du groupe de travail mandatés par le ministre se sont toutefois entendus pour mieux informer les citoyens, notamment dans les avis publics.À l\u2019heure actuelle, les avis publics concernant les consultations sont rédigés en des termes techniques qui parfois rendent difficile, par exemple, de comprendre quel lieu est soumis à la consultation.Désormais, les avis devraient contenir un « texte explicatif du projet et sa justification ».Pour des projets précis, une carte devrait bien montrer l\u2019emplacement, ajoute-t-on.Enfin, les municipalités devraient prévoir le recours à des moyens de communication « diversifiés » en plus des avis publics, notamment sur le Web et les réseaux sociaux.Au cabinet du ministre, on n\u2019a pas voulu commenter le rapport dans le détail.« Il a permis d\u2019alimenter nos réflexions», a expliqué l\u2019attachée de presse du ministre Martin Coiteux, Marie- Ève Pelletier.«On poursuit les travaux en ce sens- là puis le règlement sur la participation publique va être publié au cours des prochaines semaines.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 RÉFÉRENDUMS l\u2019écoute de sa base et se lève contre les injustices.Son message a résonné fort.» Une prise de position en droite ligne avec son slogan, Més que un club (Plus qu\u2019un club), prononcé pour la première fois en 1968.Ni sa popularité mondiale (chiffre d\u2019affaires de 679 millions d\u2019euros pour l\u2019exercice 2015-2016), ni la présence de millions de partisans aux quatre coins de l\u2019Espagne n\u2019ont tenu le Barça à l\u2019écart d\u2019une tradition de combat de plus d\u2019un siècle.De tous les événements historiques Le FC Barcelona a été fondé en 1899 par le Suisse Joan Gamper.En compagnie d\u2019amis immigrants et Catalans, il a dès le départ établit que le Barça serait un club démocratique, populaire et ouvert à tous.Fidèle à cette vision, le club de Lionel Messi est construit, encore aujourd\u2019hui, sur le modèle coopératif.Ainsi, les membres-propriétaires, au nombre d\u2019un peu plus de 140 000 socios, élisent le président du club.En 1935, à la vieille de la guerre civile espagnole, le président de l\u2019équipe, Josep Sunyol, aussi député du plus ancien parti indépendantiste de la Catalogne (Esquerra Republicana de Catalunya) associe le club aux idéaux républicains.Sunyol paiera très cher cette prise de position : il sera assassiné un an plus tard par des soldats franquistes, lors d\u2019un contrôle routier, alors qu\u2019il était encore président du Barça.Madrid, l\u2019ennemi juré La prise du pouvoir espagnol par le général Franco, en 1939, a aussi fait naître la plus grande rivalité de la planète soccer, qui déclenche les passions jusque dans les villages les plus reculés du globe.Celui-ci interdit rapidement l\u2019enseignement du catalan et son utilisation dans la sphère publique (journaux, livres, films\u2026), ainsi que les manifestations culturelles typiquement catalanes.Il faudra attendre la mort d\u2019El Caudillo, 36 ans plus tard, pour que la langue et la culture catalanes reprennent peu à peu leurs droits.Grand partisans du Real Madrid, équipe associée au roi d\u2019Espagne et au pouvoir centralisateur, le dictateur voit l\u2019organisation catalane (comme la Catalogne dans son ensemble) comme un ennemi politique aux valeurs «anti-espagnoles».La rivalité spor tive entre les deux plus grandes villes d\u2019Espagne atteindra un nouveau sommet à partir de la célèbre demi-finale de la Coupe d\u2019Espagne de 1943.Au match aller, Barcelone l\u2019emporta facilement 3 à 0.Furieux, des membres du régime franquiste auraient menacé de représailles les joueurs du Barça, ainsi que leurs familles, en cas d\u2019une seconde victoire.Résultat : au match retour, le Real lessiva 11-1 des Catalans traumatisés, se qualifiant ainsi pour la finale.Pas étonnant qu\u2019après la mort de Franco, en 1975, ce soit précisément lors d\u2019un match du Barça contre le Real qu\u2019éclata la première manifestation nationaliste catalane, alors que des centaines de personnes agitèrent des senyeras, le drapeau rouge et jaune de la Catalogne, qu\u2019ils avaient auparavant cachés sous leurs vêtements pour les introduire incognito dans le stade.Les affrontements qui mettent en scène les deux meilleures équipes espagnoles ravivent encore aujourd\u2019hui de douloureux souvenirs.Une défaite aux mains du camp adverse lors d\u2019un clásico, est considérée comme une véritable humiliation qu\u2019il faudra péniblement digérer jusqu\u2019au prochain choc des titans.« Voir le Real remporter la Ligue des champions coup sur coup, ne fut pas agréable, confie Lluís Pérez, 27 ans et partisan du Barça depuis toujours.Mais cette saison le Barça va bien, et le Real vient de perdre contre Betis, une équipe médiocre.Moi et mes amis avons fêté ce revers toute la soirée mercredi dernier.» La tradition du 17min 14s Le Barça est désormais l\u2019un des clubs les plus décorés de l\u2019histoire de son sport.Il attire les plus grands joueurs de la planète (les Messi, Suárez, Dembélé\u2026) mais continue d\u2019aligner des joueurs locaux et d\u2019être une organisation qui défend la culture et la fierté catalane.C\u2019est pour cette raison que les indépendantistes choisissent encore le Camp Nou (le domicile du Barça et plus grand stade d\u2019Europe, avec ses presque 100 000 sièges) pour exprimer leurs opinions politiques.Ainsi, à exactement 17 m 14 s de chaque match, depuis quelques années, des milliers de par tisans scandent « Independència ! » et agitent leurs es- teladas, drapeaux pour l\u2019indépendance de la Catalogne.À cet instant précis, pour rappeler la défaite de 1714 aux mains des Espagnols, et la fin de la souveraineté historique catalane.Comme si les partisans du Canadien de Montréal hurlaient des « Vive le Québec libre ! » à 17 m 59 s de chaque période au Centre Bell.« Il y aura un match le 1er octobre prochain, au Camp Nou, précise Núria.Si Madrid nous empêche de tenir notre référendum, ça sera le meilleur endroit pour exprimer notre colère.C\u2019est ça, la force du Barça : nous donner une voix qui n\u2019a besoin de demander de permission à personne pour rejoindre des centaines de millions de personnes dans le monde entier.» Collaboration spéciale Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 BARÇA des 191 écoles de la CSDM sont climatisées, indique la commission scolaire.Des élèves rencontrés dans la cour de l\u2019école FACE, à la sortie des classes, disent souffrir de la chaleur.Ils boivent rarement l\u2019eau des fontaines.«On sent qu\u2019elle n\u2019est pas fraîche.On va remplir nos gourdes à l\u2019Université McGill, de l\u2019autre côté de la rue, mais on n\u2019a pas toujours le temps de le faire», dit une élève du secondaire.«On apporte une bouteille d\u2019eau de la maison, mais elle se vide rapidement : il fait chaud à l\u2019école», ajoute une autre élève.Accès déficient à l\u2019eau potable L\u2019école FACE n\u2019est pas la seule dans cette situation, selon une enquête menée par la Coalition Poids, qui milite notamment pour éliminer les jus de fruits et autres boissons sucrées des écoles.Une école publique sur cinq aurait un problème d\u2019accès à l\u2019eau potable.« Les fontaines d\u2019eau sont fonctionnelles et faciles à trouver dans 78,9 % des écoles », peut-on lire dans le rapport Virage santé à l\u2019école, 10 ans plus tard, publié lundi.Le problème est particulièrement criant près des lieux de repas, constate l\u2019organisme.Ainsi, seulement 30,6 % des écoles sondées rapportent que l\u2019eau est offerte à proximité des lieux de repas.Les données de cette « étude d\u2019observation » ont été obtenues auprès de 284 parents siégeant au conseil d\u2019établissement de l\u2019école de leur enfant, écoles réparties dans 45 commissions scolaires et les 17 régions administratives du Québec.La Coalition déplore également que certains établissements interdisent les gourdes d\u2019eau dans les salles de classe, à l\u2019exception des périodes de canicule.Les enseignants veulent éviter les dégâts, les distractions et les demandes trop fréquentes pour aller aux toilettes.« Considérant l\u2019importance d\u2019apprendre aux jeunes à boire de l\u2019eau régulièrement, ces freins à la consommation d\u2019eau sont contre-productifs, écrivent les auteurs.Il faut plutôt les aider à développer le réflexe de choisir l\u2019eau pour étancher leur soif et les garder bien hydratés pour que leur cerveau soit disposé à l\u2019apprentissage.» Une question de santé publique La Direction de santé publique de Montréal insiste sur la nécessité de bien s\u2019hydrater en période de grande chaleur.«La première règle est de s\u2019hydrater.C\u2019est clair que l\u2019accès à l\u2019eau est fondamental », dit le Dr David Kaiser au Devoir.L\u2019hydratation est cruciale pour les enfants de quatre ans et moins, les personnes âgées et les gens souf frant de maladies chroniques, rap- pelle-t-il.Même s\u2019il fait très chaud, la Santé publique considère qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019un épisode de « chaleur extrême ».Il faut pour cela qu\u2019il fasse au moins 33 degrés Celsius durant trois jours consécutifs, et au moins 20 degrés durant trois nuits.« Les élèves et les enseignants ont quand même plus de dif ficultés à se concentrer avec une chaleur comme celle-là », dit Geneviève Rioux, enseignante de français en cinquième et sixième année à l\u2019école FACE.Lundi, elle a of fer t des périodes « de lecture et de calme » aux élèves.Ils avaient le droit de se lever pour aller boire.Au moins un autre enseignant a donné son cours dehors, à l\u2019ombre.Plusieurs écoles ont aussi décrété la fin des classes plus tôt que d\u2019habitude.Violaine Cousineau, commissaire à la CSDM, se demande s\u2019il ne vaudrait pas mieux fermer les écoles lors d\u2019épisodes de grande chaleur \u2014 qui seront plus fréquents avec les changements climatiques.« J\u2019ai demandé à la CSDM à partir de quelle température on ferme les écoles.On m\u2019a répondu : une température ressentie de 43,9 degrés.C\u2019est beaucoup», dit-elle.La CSDM dit respecter les règles de la Commission des normes, de l\u2019équité, de la santé et de la sécurité du travail.D\u2019après nos informations, il n\u2019y a aucune politique sur l\u2019utilisation de ventilateurs en classe.C\u2019est une initiative laissée à chaque enseignant ou à chaque direction d\u2019école.Jus glacés au menu À la Fédération autonome de l\u2019enseignement (FAE), le président, Sylvain Mallette, constate dans les écoles plusieurs problèmes liés à la canicule qui perdure.« Les profs qui voudraient installer l\u2019air climatisé dans leurs classes ne peuvent pas parce que le système électrique ne supporterait pas cette pression-là.Même le fait de brancher un ventilateur personnel, ça fait sauter le tableau blanc interactif.Et on ne parle même pas des fenêtres qu\u2019on ne peut pas ouvrir parce qu\u2019il n\u2019y a pas assez de moustiquaires.On est loin de l\u2019école du futur, là ! » À l\u2019initiative de certains représentants syndicaux, certains commencent à prendre des mesures dans les classes.Le président de la FAE dit avoir vu une classe à 33,6 degrés Celsius.«À cette température, c\u2019est carrément insupportable », lance-t-il.Pour que leurs élèves demeurent fonctionnels, plusieurs professeurs vont jusqu\u2019à acheter des boîtes de jus glacés, illustre-t-il.«C\u2019est clair qu\u2019avec la chaleur et le manque d\u2019air, il y a des élèves qui deviennent somnolents et qui ont moins de capacité à rester concentrés.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CANICULE ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR À l\u2019école FACE, à Montréal, la chaleur insoutenable s\u2019ajoute à des abreuvoirs pas toujours fonctionnels.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Martin Coiteux "]
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