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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-09-19, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I I N o 2 1 2 L E D E V O I R , L E M A R D I 1 9 S E P T E M B R E 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a La démission tranquille.L\u2019État québécois semble résigné à maintenir le bilinguisme dans ses relations avec les autres gouvernements et les personnes morales établies au Québec.La chronique de Michel David.Page A 3 Actualités \u203a Corruption: Jean-Marc Fournier et Raymond Bachand défendent leur probité.Le BEI se joint à l\u2019enquête qu\u2019il codirigera avec la SQ.Page A 3 Avis légaux.B 4 Décès.A 4 Météo.B 4 Mots croisés.B 6 Petites annonces .A 4 Sudoku.B 6 ?w w w .l e d e v o i r .c o m A N D R É L A V O I E M ême s\u2019il est né d\u2019un père physicien et d\u2019une mère psychanalyste, le cinéaste français Cédric Klapisch n\u2019est pas du genre à étaler ses états d\u2019âme.Du Péril jeune à Casse-tête chinois en passant par L\u2019auberge espagnole, tous ses films recèlent une part de son enthousiasme et de son humour, émaillés aussi d\u2019éléments personnels, mais pas nécessairement autobiographiques.Dans Retour en Bourgogne (en France, connu sous un titre plus poétique: Ce qui nous lie), Klapisch a renoué avec de tendres souvenirs auprès d\u2019un père peu bavard, mais qui adorait cette région viticole, et voulait la faire connaître à sa progéniture.Le film porte des traces évidentes de cette passion, et de ce rapport parfois trouble des hommes avec la paternité.Or, il s\u2019agit là CINÉMA Cédric Klapisch sur la route des vins Retour en Bourgogne, des retrouvailles où la joie voisine la rancœur PEDRO RUIZ LE DEVOIR Cédric Klapisch est au Québec afin de présenter son plus récent film, Retour en Bourgogne.LES ALLIÉS DE BOMBARDIER JUSTIN TANT LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et son homologue du Royaume-Uni, Theresa May, ont tout intérêt à ce que Boeing retire sa plainte contre Bombardier, l\u2019entreprise québécoise étant un important employeur dans les deux pays.Mme May a fait un arrêt à Ottawa, lundi, en route pour New York où, comme M.Trudeau, elle participera cette semaine à l\u2019Assemblée générale de l\u2019ONU.Page B 1 S A R A H R .C H A M P A G N E O n les connaissait comme les « tueurs d\u2019abeilles ».Or, il semble maintenant confirmé que les pesticides de la classe des néonicotinoïdes, largement utilisés au Canada, présentent une « sérieuse menace mondiale » pour l\u2019ensemble de la biodiversité.Le Groupe de travail sur les pesticides systémiques rend public mardi à Ottawa un nouveau rapport qui conclut que les pesticides de cette famille tuent d\u2019autres insectes terrestres et aquatiques qui sont à la base de notre chaîne alimentaire.Une quinzaine de scientifiques de ce groupe international a analysé la quasi-totalité de la littérature scientifique sur les effets de ces pesticides sur l\u2019environnement publiée depuis 2014.Sur plus de cinq cents études parues en trois ans, un consensus se dégage : les néonicotinoïdes sont toxiques pour d\u2019autres invertébrés, comme les vers de terre, et pour les inver té- brés aquatiques.Les abeilles, surveillées de plus près par les apiculteurs, furent en quelque sorte des lanceuses d\u2019alerte.Le rapport du groupe de travail compile en outre de nouvelles preuves des effets délétères des néonicotinoïdes sur les pollinisateurs.Des ef fets qui peuvent survenir « à retardement » même après l\u2019exposition à de faibles doses, no- tent-ils dans un article à paraître dans la revue Environmental Science and Pollution Research.Effet domino Les néonicotinoïdes ont donc des impacts « mesurables et mesurés » sur une faune beaucoup plus large que les abeilles, confirme Jean- Marc Bonmatin, vice-président de ce groupe de travail.Ces conséquences produisent un « ef fet PESTICIDES «NÉONICS» Les fondations de la biodiversité risquent de s\u2019écrouler S A R A H R .C H A M P A G N E U ne visite chez le gynécologue est presque systématiquement synonyme d\u2019une moue, d\u2019un soupir, voire d\u2019anxiété.Non seulement il faut af fronter l\u2019appareillage froid, écarter les jambes devant une personne quasi inconnue, parfois crisper l\u2019utérus en craignant la douleur, mais certaines subiront en plus des commentaires condescendants.C\u2019est du moins ce que rapporte Charli Lessard, après des années à encaisser des remarques sur son orientation sexuelle, ses pratiques supposées sous la couverture ou ses choix en santé.« Je n\u2019en pouvais plus que la personne en face de moi présume que je suis ignorante et décide à ma place ce qui était bien», ré- sume-t-elle.Avec des amies et des collègues, elle a fondé Gynéco Positive, qui présente une liste de professionnels de la santé qui ont une «pratique positive, féministe et anti-oppressive».La liste est établie à partir des suggestions des usagères, qui sont rendues accessibles en ligne après quelques vérifications.«Il y a tellement d\u2019histoires comme la mienne, ça se veut une façon de reprendre le pouvoir sur notre santé sexuelle», explique Mme Lessard.Ce n\u2019est pas directement l\u2019expertise médicale des gynécologues qui est remise en cause, mais leur relation avec leurs patientes.«Est-ce que quelqu\u2019un qui va m\u2019insérer un objet dans le vagin pourrait au moins se présenter quand il entre dans le bureau de consultation?Et m\u2019avertir de ce qu\u2019il va faire?» mentionne par exemple l\u2019instigatrice.« Tu ne sens pas bon », « tes poils sont longs », « tu es donc fragile » : les médecins ne devraient pas se permettre non plus d\u2019émettre des jugements « qui n\u2019ont rien à voir avec le médical », souligne la jeune femme.Elle rapporte s\u2019être Anatomie du féminisme gynécologique Gynéco Positive propose une liste de professionnels de la santé aux pratiques plus humaines «Ils [les pesticides] sont plus de 5000 fois plus puissants que ne l\u2019était le DDT» VOIR PAGE A 8 : PESTICIDES VOIR PAGE A 8 : FÉMINISME VOIR PAGE A 8 : KLAPISCH Les États-Unis et la Chine vont accroître la pression sur la Corée du Nord Page B 5 Au tour de l\u2019ouragan Maria, de force 5, de s\u2019attaquer aux îles des Caraïbes Page A 4 Lire aussi \u203aUn combat politique.La députée française Delphine Batho veut convaincre d\u2019autres pays de légiférer contre les néonicotinoïdes.Page A 4 L E D E V O I R , L E M A R D I 1 9 S E P T E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 INSCRIVEZ-VOUS \u2022 CORIM.QC.CA \u2022 514 340-9622 Thèmes abordés : 1.L\u2019agenda commercial international du Canada 2.La nécessité et les avantages de la diversi?cation des marchés 3.Les béné?ces d\u2019une politique commerciale ambitieuse et progressiste L\u2019honorable François-Philippe Champagne Ministre du Commerce international du Canada Vendredi 29 septembre 2017 de midi à 14 h Fairmont Le Reine-Elizabeth 900 boul.René-Levesque Ouest Avec l\u2019appui de : La stratégie commerciale internationale du Canada Déjeuner-causerie de la Série Politique Présentée par : M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa C omme prévu, c\u2019est la réforme fiscale du gouvernement Trudeau pour les entrepreneurs qui a monopolisé la rentrée parlementaire à Ottawa.L\u2019opposition conser va- trice en a fait son cheval de bataille, en en faisant son unique dossier de la journée.Mais alors que les conservateurs y voient un bon filon pour nuire aux libéraux, au sein des professions touchées les consensus ont commencé à s\u2019effriter.Au premier jour de la reprise des travaux parlementaires lundi, le Parti conservateur a martelé que la réforme fiscale, qui vise à resserrer certaines règles pour les entrepreneurs, n\u2019est qu\u2019une « attaque contre les créateurs d\u2019emplois » et les petites entreprises dirigées par des gens de la classe moyenne.« Pourquoi s\u2019en prend-il à ceux-là mêmes qu\u2019il prétend vouloir aider ?», a lancé le chef conservateur Andrew Scheer, au fil de la période des questions qu\u2019il a entièrement consacrée à ce dossier.« On a un système, présentement, qui permet aux Canadiens mieux nantis d\u2019utiliser des corporations privées pour payer moins d\u2019impôts que les Canadiens de la classe moyenne.Et ce n\u2019est pas correct», a réitéré le premier ministre, Justin Trudeau.Mais il a aussi haussé le ton contre une part des professionnels qui se sont ligués pour s\u2019opposer publiquement à sa réforme.« Toute l\u2019opposition a fait le tour du pays en disant à chaque médecin qu\u2019ils les appuient, qu\u2019ils vont défendre leur droit de payer moins d\u2019impôts que les infirmières qui travaillent aux côtés de ces médecins.On ne croit pas que ce soit juste », a scandé M.Trudeau.Divisions Alors que plusieurs associations médicales professionnelles menaient une campagne publique bien ficelée pour dénoncer les changements « injustes » du gouvernement, certains de leurs collègues les accusent d\u2019agir « de façon intéressée ».« Nous avons besoin de recettes fiscales adéquates pour financer des programmes sociaux comme le logement abordable, l\u2019assurance médicaments, l\u2019aide sociale, l\u2019aide juridique et le système de santé lui-même.Ces enjeux affectent directement la santé de nos patients, et nous estimons qu\u2019il est important pour nous de contribuer à leur pérennité avec une base imposable adéquate », arguent ces médecins récalcitrants dans une lettre d\u2019appui qui sera envoyée au ministre des Finances, Bill Morneau, et dont La Presse canadienne a obtenu copie.Ces dissensions sont aussi présentes chez les avocats, certains rejetant la position défendue par l\u2019Association du Barreau canadien (ABC).«Les avocats font partie d\u2019une fraction privilégiée de notre société.Nous gagnons parmi les salaires les plus élevés, surtout le genre d\u2019avocats qui ont tendance à être chargés d\u2019organisations nationales comme l\u2019ABC», dénonçait l\u2019avocat Chris Rudnicki dans le journal Law Times News, en annonçant avoir annulé son adhésion à l\u2019ABC.La Coalition canadienne pour une fiscalité équitable a de son côté été lancée lundi, rassemblant quatre millions de membres de groupes syndicaux, de fédérations provinciales du travail et d\u2019associations d\u2019étudiants ou de professeurs d\u2019université.La Coalition dénonce elle aussi des « iniquités » au régime fiscal qui privent de fonds les programmes sociaux.Filon d\u2019opposition Les conservateurs y voient cependant un bon filon et ont lancé une campagne publicitaire pour s\u2019y opposer de plus belle.La réforme fiscale a même éclipsé le dédommagement de 10,5 millions de dollars payé à Omar Khadr cet été, que les conser vateurs avaient promis de vivement dénoncer aux Communes.Le gouvernement Trudeau entend resserrer les règles fiscales de trois manières: en empêchant la transposition de revenus d\u2019entreprise en gains en capital, généralement moins taxés ; en mettant un frein à l\u2019accumulation de placements passifs qui permet de laisser dans une société des revenus en vue d\u2019une retraite ou d\u2019un congé de maternité ; et en empêchant les professionnels incorporés de fractionner leur revenu avec des membres de leur famille \u2014 si ceux-ci ne travaillent pas réellement \u2014 pour payer moins d\u2019impôt.Le chef du NPD, Thomas Mulcair, est resté vague sur ces changements.«Je sais qu\u2019il y a un équilibre à maintenir entre l\u2019entrepreneur qui n\u2019a pas accès aux mêmes droits que le salarié, et le salarié qui regarde les droits des entreprises et se dit que c\u2019est peut-être exagéré », s\u2019est-il contenté de commenter.Avec Hélène Buzzetti Le Devoir POLITIQUE FÉDÉRALE La réforme fiscale monopolise la rentrée Les consensus au sein des associations professionnelles s\u2019effritent H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa O ttawa ne sera pas en reste en matière de chasse au racisme.Tandis que Québec aura sa consultation semi-publique sur la discrimination systémique, la Chambre des communes a entamé lundi soir son étude sur « les formes de racisme et de discrimination religieuse systémiques».Le comité entendra des témoins jusqu\u2019au 10 novembre prochain, à raison de quatre heures d\u2019audience par semaine de travaux parlementaires.Le Comité permanent du patrimoine canadien a reçu le mandat de tenir ces audiences dans le cadre de la motion 103 adoptée dans la controverse par les députés en mars dernier.Pilotée par la libérale Iqra Khalid, la motion stipulait qu\u2019il faut endiguer le « climat de haine et de peur qui s\u2019installe dans la population» et condamner «l\u2019islamo- phobie et toutes les formes de racisme et de discrimination religieuse systémiques ».Libéraux et néodémocrates avaient voté unanimement pour la motion, mais bloquistes et conservateurs avaient voté contre.Oppositions Le Bloc québécois rejetait la prémisse qu\u2019il existe un « climat de haine et de peur » tandis que les conservateurs craignaient pour la liber té d\u2019expression, faisant valoir que le concept d\u2019islamopho- bie, non défini, pourrait être interprété comme toute critique de l\u2019islam.Seuls deux conser vateurs avaient voté avec le gouvernement.La motion, d\u2019abord déposée à l\u2019automne 2016 dans une relative indif férence, avait enflammé les esprits lorsqu\u2019elle a été débattue en février, à peine trois semaines après la fusillade ayant fait six morts dans une mosquée de Québec.«Islamophobie» Lundi, Mme Khalid a brisé la glace en comparaissant devant ses pairs.« En tant que parlementaire, je ressentais le besoin d\u2019avoir plus de données concrètes sur le problème de racisme systémique et de discrimination religieuse au Canada.Et je me suis dit \u201cQuel meilleur endroit pourrions- nous avoir pour étudier cette question que notre propre Chambre des communes, la Chambre du peuple ?\u201d» a-t-elle déclaré.Certes, sa motion faisait mention de l\u2019islamopho- bie, mais Mme Khalid a insisté sur l\u2019impor tance d\u2019élargir l\u2019étude pour parler de toutes les formes de racisme.Les lignes de fracture qui avaient été mises à jour cet hiver ont refait surface.Ainsi, le député conservateur David Sweet a voulu parler « de l\u2019éléphant dans la pièce ».« Il y a des préoccupations concernant l\u2019étymologie de ce terme d\u2019isla- mophobie.[\u2026] Un important pourcentage de Canadiens craignent que leur liberté d\u2019expression soit limitée si ce terme d\u2019is- lamophobie n\u2019est pas défini.» À l\u2019opposé, la chef du Parti vert, Elizabeth May, a lancé qu\u2019« à aucun moment M-103 ne limitera la liberté d\u2019expression, instaurera la charia au Canada et fera de l\u2019islam une religion plus protégée que les autres religions».Ce à quoi Iqra Khalid a répondu qu\u2019il y avait « beaucoup d\u2019opinions erronées, mais il faut regarder vers l\u2019avant».Après Mme Khalid, des représentants de la Gendarmerie royale du Canada ainsi que de la fonction publique fédérale ont comparu.Le Conseil du trésor a révélé qu\u2019un projet pilote de recr utement anonyme battait son plein au sein de 16 ministères participants.«Le projet pilote comparera les résultats associés à la sélection traditionnelle des candidats par rapport à la sélection dans laquelle les gestionnaires ne voient pas le nom du candidat », a expliqué Carl Trottier, sous-ministre adjoint.Les résultats seront connus d\u2019ici la fin de l\u2019année.Le Devoir Ottawa aussi traque le racisme Un comité entendra les témoignages sur les discriminations religieuses et raciales jusqu\u2019au 10 novembre S T É P H A N I E M A R I N U go Fredette, l\u2019homme responsable du déclenchement d\u2019une alerte Amber la semaine dernière après avoir fui avec un garçon de six ans, a été accusé du meurtre au deuxième degré de sa conjointe, Véronique Barbe.Selon le mandat d\u2019arrestation déposé au palais de justice de Saint-Jérôme lundi, M.Fre- dette « a causé la mort » de la femme, jeudi dernier.Après la découverte du corps de la victime dans sa résidence de Saint-Eustache, au nord de Montréal, l\u2019alerte Amber avait été lancée.L\u2019accusé de 41 ans n\u2019était pas présent en cour lundi, car il était toujours hospitalisé à Ottawa, après une tentative de suicide.Il aurait tenté de s\u2019enlever la vie samedi alors qu\u2019il était en détention aux mains de la Police provinciale de l\u2019Ontario, peu après son arrestation survenue dans cette province vendredi, a confirmé la Sûreté du Québec (SQ).Selon la SQ, il sera transféré au Québec dès que son état de santé le permettra.Son dossier a été reporté à mercredi à la cour et l\u2019homme pourrait comparaître a ce moment-là.Mais selon son avocat, Pierre M.Gauthier, l\u2019accusé se trouve actuellement dans le coma.En après-midi lundi, il n\u2019avait pas été mis au courant que son client avait repris connaissance.Lors de la suite des procédures judiciaires, d\u2019autres accusations pourraient s\u2019ajouter.Par ailleurs, la Police provinciale de l\u2019Ontario a fait savoir par communiqué lundi qu\u2019une enquête parallèle était en cours pour tout acte criminel qui aurait pu avoir été commis en Ontario.Cavale Fredette avait été ar rêté vendredi après-midi près d\u2019un village de l\u2019Est ontarien après une chasse à l\u2019homme qui avait duré près de 24 heures et qui a couvert un énorme territoire : Saint-Eustache et La- chute dans les Laurentides, Rouyn-Noranda en Abitibi-Té- miscamingue, Maniwaki en Outaouais et finalement en Ontario, où il a été arrêté par des agents de la Police provinciale de l\u2019Ontario dans la région de Renfrew.L\u2019enfant, retrouvé dans le véhicule que conduisait Fre- dette, a d\u2019abord été confié aux soins des services sociaux de l\u2019Ontario.Il a depuis été remis aux soins de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) au Québec.Par ailleurs, la SQ a repris lundi matin les recherches visant à trouver Yvon Lacasse, un homme âgé de 71 ans qui manque à l\u2019appel depuis que son véhicule a été volé jeudi soir dernier à une halte routière de Lachute, dans les Laurentides.La police croit qu\u2019Ugo Fre- dette a pu s\u2019emparer du véhicule de M.Lacasse, de modèle Honda CRV 2006 gris foncé, et qu\u2019il est possible que ce dernier ait été emmené malgré lui dans la fuite vers Rouyn-No- randa du suspect.La Presse canadienne ENLÈVEMENT D\u2019ENFANT Ugo Fredette formellement accusé de meurtre SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre, Justin Trudeau, à la période des questions, lundi Discorde au NPD La sortie du député néodé- mocrate Pierre Nantel à propos de l\u2019aspirant-chef Jag- meet Singh et de la difficulté qu\u2019il entrevoit à faire accepter son turban par les Québécois suscite des remous au sein du NPD.Son collègue François Choquette lance n\u2019être « pas d\u2019accord avec lui pantoute ».« Je suis un peu choqué, un peu écœuré d\u2019entendre ces histoires que les Québécois seraient moins accueillants.Ça m\u2019énerve un peu.Je ne suis pas d\u2019accord avec ça du tout.Au contraire, il n\u2019y a pas de problème à ce qu\u2019une personne ait la religion qu\u2019elle a, s\u2019exprime comme elle veut et ait la couleur qu\u2019elle a.» Au cours de la fin de semaine, Pierre Nantel a déclaré à propos de M.Singh, un sikh pratiquant portant kirpan et turban : «Aussi charismatique soit-il, il y a des incompatibilités avec ce que les Québécois veulent voir dans leurs chefs publics, dans les politiciens.On a bien vu qu\u2019on ne veut pas voir de signes religieux ostentatoires, on croit que ce n\u2019est pas compatible avec le pouvoir, avec l\u2019autorité.» Un autre député du Québec s\u2019est dit d\u2019accord avec lui.« Je pense qu\u2019il a un point », a lancé Romeo Saga- nash, sans vouloir préciser sa pensée.Le chef sortant, Thomas Mulcair, s\u2019est contenté de dire qu\u2019il a « toujours trouvé plus important de regarder ce que les gens avaient dans la tête, plutôt que sur la tête ».Iqra Khalid Les conservateurs y voient un bon filon et ont lancé une campagne publicitaire pour s\u2019y opposer de plus belle L E D E V O I R , L E M A R D I 1 9 S E P T E M B R E 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 I l est un peu décourageant de penser qu\u2019on en est rendus à devoir s\u2019adresser aux tribunaux pour forcer le gouvernement à faire appliquer une loi adoptée à l\u2019unanimité il y a quinze ans pour faire en sorte que l\u2019État utilise uniquement le français dans ses communications avec les autres gouvernements et les personnes morales établies au Québec.La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB) ne se fait sûrement aucune illusion sur les suites que le gouvernement Couillard donnera à la mise en demeure qu\u2019elle a adressée vendredi dernier au premier ministre lui- même, au ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Luc Fortin, et à la procureure générale du Québec, Stéphanie Vallée.S\u2019il est vrai que l\u2019intention du législateur était manifestement de limiter le plus possible le bilinguisme dans les communications écrites de l\u2019État québécois avec les entreprises et les gouvernements étrangers, la date d\u2019entrée en vigueur des dispositions prévues était laissée entièrement à la discrétion du gouvernement.La fin de non-recevoir de M.Fortin était d\u2019autant plus prévisible que les gouvernements péquistes précédents, que ce soit celui de Bernard Landr y ou celui de Pauline Marois, s\u2019étaient gardé la même «marge de manœuvre» que revendique le ministre, même si les délégués au dernier congrès du PQ ont résolu que les communications avec les entreprises implantées au Québec doivent se faire « uniquement» en français.?L\u2019article de la loi 104 dont la SSJB réclame la mise en vigueur n\u2019est pourtant pas si contraignant, puisqu\u2019il prévoit aussi que « le gouvernement peut déterminer par règlement, les cas, les conditions ou les circonstances où une autre langue peut être utilisée en plus de la langue officielle ».Évidemment, il est plus simple de se laisser la possibilité d\u2019utiliser l\u2019anglais n\u2019importe où, n\u2019importe quand.Une politique linguistique n\u2019est pas simplement une superposition de mesures, mais un tout à la cohérence duquel chacune des parties contribue.Comment convaincre une entreprise de s\u2019engager sérieusement à faire du français la langue de travail si elle-même peut continuer à faire affaire en anglais quand vient le temps de payer ses impôts?On ne peut pas dire que M.Fortin s\u2019est signalé par sa férocité dans la défense du français depuis qu\u2019il est responsable de la loi 101.Il est vrai qu\u2019à partir du moment où le premier ministre a décidé que tout va pour le mieux, le message à son ministre est clair : pas de zèle.Le Plan d\u2019action qu\u2019il rendra public prochainement prévoit pourtant de « s\u2019assurer que des actions soient posées pour faire en sorte que les dispositions de la Charte de la langue française (CLF) qui s\u2019appliquent à l\u2019Administration soient mises en œuvre de manière optimale ».À cet égard, on peut dif ficilement imaginer mieux que la mise en vigueur de la loi 104.La dizaine d\u2019organismes regroupés dans les «Partenaires pour un Québec français» ont manifesté leur déception dans un texte publié lundi dans Le Devoir.« Le gouvernement pourrait agir maintenant.Malheureusement, il a choisi de faire seulement des études.Rien ne lui aurait interdit de faire les deux en même temps».Encore faudrait-il le vouloir.M.Fortin entend confier au Conseil supérieur de la langue française (CSLF) le mandat d\u2019analyser l\u2019ensemble du phénomène du bilinguisme institutionnel.Les «Partenaires pour le français » souhaitent que la langue de correspondance entre l\u2019État et les entreprises établies au Québec fasse partie de l\u2019étude.?Cette rediffusion périodique du même vieux film devient franchement désespérante.En 2008, le CSLF avait déjà fait le tour de la question et transmis ses recommandations au gouvernement Charest.« À l\u2019unanimité, les membres du Conseil pensent que les rapports entre l\u2019administration publique québécoise et les entreprises doivent se passer en français.Il faut prendre des mesures pour redresser la situation au plus tôt », avait déclaré son président de l\u2019époque, Conrad Ouellon, ajoutant que l\u2019État avait « un rôle exemplaire à jouer ».Bien entendu, on n\u2019avait tenu aucun compte de son avis.Sept ans plus tôt, le rapport de la Commission des États généraux sur la situation et l\u2019avenir de langue française au Québec, présidée par Gérald Larose, avait déjà recommandé «qu\u2019avec les personnes morales, l\u2019État du Québec et les organismes publics et parapublics communiquent dans la seule langue of ficielle, le français ».Le gouvernement péquiste, qui avait créé la commission, n\u2019avait pas osé non plus.En 2017, le site Internet de Revenu Québec offre toujours toute la panoplie de ses services aux entreprises en français et en anglais.De toute évidence, ce n\u2019est ni une mise en demeure ni une autre étude qui vont convaincre le gouvernement Couillard d\u2019y changer quoi que ce soit.mdavid@ledevoir.com La démission tranquille MICHEL DAVID M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec L a Sûreté du Québec (SQ) et le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) mèneront de pair, à titre de cogestionnaires, l\u2019enquête sur les allégations du président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francœur, à propos d\u2019obstruction politique présumée dans une enquête ciblant deux élus libéraux.La SQ affirmait le 6 septembre que l\u2019enquête sur les allégations du chef syndical était « en cours».Elle disait ne pas disposer «de nouvelles informations ».Douze jours plus tard, «à la lumière des informations publiées [lundi] et dans un souci de maintien de confiance de la population », le corps de police provincial a annoncé avoir retenu les ser vices de la directrice du BEI, Madeleine Giauque, afin qu\u2019elle codirige, avec le directeur adjoint de la SQ Yves Mo- rency, l\u2019enquête impliquant désormais cinq corps policiers.Le 26 avril, Yves Francœur a déclaré que des procureurs ont été incapables de porter des accusations de fraude et de trafic d\u2019influence contre deux « élus libéraux », qui auraient fait l\u2019objet d\u2019une enquête pour avoir accepté de procéder à des « modifications législatives en échange de contributions» de promoteurs immobiliers liés à la mafia italienne et au Parti libéral du Québec (PLQ).Bachand et Fournier visés Selon la déclaration qu\u2019Yves Francœur a remise à la SQ le 15 mai, ces «élus» seraient l\u2019ex- ministre libéral des Finances Raymond Bachand et le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, qui nient tous deux les allégations en bloc.«Aussitôt que les enquêteurs s\u2019approchent d\u2019un élu provincial, l\u2019enquête leur est retirée par les boss qui les envoie[nt] enquêter sur autre chose», aurait notamment écrit le chef syndical dans la déclaration sous serment, dont TVA Nouvelles a fait état lundi matin.La SQ a refusé de commenter sa décision d\u2019élargir son enquête, cinq mois après avoir obtenu les noms des deux personnalités politiques qui se retrouvaient au cœur des allégations d\u2019Yves Francœur.Le BEI ne s\u2019est pas non plus rendu disponible aux médias : le communiqué de presse annonçant sa nouvelle implication dans l\u2019enquête a été publié au moment où son service des relations médias fermait pour la journée.Le BEI a pour mandat d\u2019enquêter sur des décès ou accidents graves survenant pendant des interventions policières, sur des allégations relatives à une infraction criminelle commise par un policier ou sur « tout autre événement impliquant un agent de la paix et ayant un lien avec ses fonctions».Le dossier concernant les allégations d\u2019Yves Francœur est le deuxième que le BEI gère de pair avec la SQ.Les deux entités enquêtent ensemble sur les pratiques de la Division des enquêtes internes du Service de police de la Ville de Montréal.Erreur sur la personne Les deux libéraux mis en cause par la déclaration d\u2019Yves Francœur, Jean-Marc Fournier et Raymond Bachand, se sont défendus d\u2019avoir participé à quelque malversation que ce soit.Selon le chef de la Fraternité des policiers, les deux hommes se seraient rendus au 1000, de la Commune, afin de rencontrer un influent promoteur à qui ils auraient promis de dézoner un terrain en échange de contributions au PLQ.Or, c\u2019est complètement faux, ont martelé les deux libéraux.« Je n\u2019ai absolument rien à me reprocher », a réagi Jean-Marc Fournier, l\u2019air décontenancé dans un point de presse organisé à Québec « Ce n\u2019est jamais arrivé qu\u2019il y ait eu une proposition de la sorte », a-t-il dit au sujet des tractations évoquées par M.Francœur.Le leader parlementaire a reconnu s\u2019être rendu au 1000, de la Commune « une fois », au printemps 2008.« Je peux vous dire que je ne suis pas à la veille [d\u2019y] retourner », a-t-il spécifié.« Il n\u2019y a jamais eu d\u2019intervention, je ne sais pas de quoi on parle.Et je sais que ce n\u2019était pas M.Bachand [qui était là], parce que l\u2019événement dont il parle, c\u2019était M.[Claude] Béchard [qui était là], alors je trouve que les sources sont un peu erronées.» Des excuses réclamées Raymond Bachand a quant à lui nié avoir participé à cette rencontre, précisant s\u2019être rendu au 1000, de la Commune «pour la première fois de [sa] vie il y a une semaine ».Il croit que le nom de l\u2019ex-ministre des Ressources naturelles Claude Béchard \u2014 mort des suites d\u2019un cancer en 2010 \u2014 a pu être confondu avec le sien.« Il y a une erreur sur la personne.Et comment tu te défends quand tu te fais accuser d\u2019avoir participé à un événement, mais que tu ne savais même pas qu\u2019il existait et que tu n\u2019étais pas là?», a-t-il demandé au Devoir.Comme Jean-Marc Fournier, il a dit ne pas avoir rencontré les policiers depuis les révélations d\u2019Yves Francœur.Les deux hommes ont aussi dit qu\u2019ils n\u2019ont pas été mis au courant d\u2019écoute électronique les concernant.«S\u2019il a un peu d\u2019honneur, il devrait s\u2019excuser », a déclaré Raymond Bachand au sujet d\u2019Yves Francœur.Jean-Marc Fournier a quant à lui dit remettre en question son avenir politique.Mais « en même temps », a ajouté celui qui siège à l\u2019Assemblée nationale depuis 1994, « je me dis : si mon premier réflexe est de quitter, eh bien, n\u2019importe qui peut nous déstabiliser».Yves Francœur est resté loin des tribunes médiatiques.« J\u2019ai remis une déclaration privée à la SQ, qui aurait dû le demeurer.Je ne commenterai pas publiquement», a-t-il dit au Devoir.Avec Marco Bélair-Cirino Le Devoir CORRUPTION Le BEI codirigera avec la SQ l\u2019enquête sur la dénonciation du policier Yves Francœur L\u2019annonce a été faite au terme d\u2019une journée durant laquelle Jean-Marc Fournier et Raymond Bachand ont dû défendre leur probité M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec I l est temps de réfléchir à la possibilité de renforcer la Loi sur l\u2019équité salariale, plus de 20 ans après son adoption par l\u2019Assemblée nationale, fait valoir la présidente du Conseil du statut de la femme (CSF), Louise Cordeau.«La loi a 20 ans.Qu\u2019est-ce qui se passe?Comment est-ce qu\u2019on la bonifie ?Comment est-ce qu\u2019on s\u2019assure qu\u2019elle soit mise en vigueur?» demande Mme Cordeau dans un entretien téléphonique avec Le Devoir.La Loi sur l\u2019équité salariale visait à « corriger les écarts salariaux dus à la discrimination systémique fondée sur le sexe à l\u2019égard des personnes qui occupent des emplois dans des catégories d\u2019emplois à prédominance féminine».Or, un écart de 2,93 $ séparait toujours la rémunération horaire moyenne des femmes (22,74 $) et des hommes (25,67 $) en 2016, selon l\u2019Institut de la statistique du Québec.Il s\u2019agit de l\u2019une des nombreuses inégalités de fait qui persistent dans la société québécoise, et ce, plus de quatre décennies après la consécration du « droit à l\u2019égalité » dans la Charte des droits et liber tés de la personne, souligne Mme Cordeau, tout en mentionnant que le CSF participera à une « journée de réflexion sur le revenu minimum garanti» prochainement.Cela dit, « l\u2019ensemble des conditions salariales ne dépend pas que du gouvernement», poursuit- elle à l\u2019autre bout du fil.«On s\u2019entend !» Il est aussi temps de réfléchir à la possibilité de doter le CSF d\u2019un nouveau nom, selon Mme Cordeau.Elle a d\u2019ailleurs trouvé lundi une alliée de taille pour l\u2019appuyer dans ses efforts : la ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault.«L\u2019important pour moi, c\u2019est d\u2019arriver à [l\u2019]égalité de fait, qui sera possible par la mise en place d\u2019actions concrètes, et si cela nécessite un changement de nom, il est pertinent d\u2019y réfléchir», a affirmé l\u2019élue libérale par courriel.Le CSF étudiera la possibilité de se doter d\u2019un nouveau nom qui se « rapprocher[ait] des mots qui sont utilisés dans les discussions sur l\u2019égalité de sexes et de genres».«On doit faire en sorte que le maximum de personnes dans la population se sente interpellé.[Qui plus est, l\u2019expression] \u201cde la femme\u201d : ça fait des années que ce n\u2019est plus utilisé comme vocable.[\u2026] C\u2019est comme si \u201cla femme\u201d était toutes les femmes », fait remarquer Louise Cordeau.« Les mots ont évolué.Les réalités ont évolué.» La France a un « Haut Conseil à l\u2019égalité entre les femmes et les hommes », tandis que la Belgique dispose d\u2019un « Institut pour l\u2019égalité des femmes et des hommes», illustre-t-elle.Au pouvoir D\u2019autre part, Mme Cordeau invite la population québécoise à s\u2019interroger sur les façons d\u2019encourager les femmes à accéder aux «postes décisionnels» au sein des directions ou encore des conseils d\u2019administration des organismes publics et privés.À l\u2019approche des élections municipales, elle rappelle que moins d\u2019une municipalité sur cinq est dirigée par une mairesse (17,3 %) en raison notamment des grandes réticences de plusieurs femmes à sauter dans l\u2019arène politique, craignant d\u2019être incapable de concilier travail et famille.Par ailleurs, la numéro un du CSF ne balaie pas l\u2019idée de réfléchir une nouvelle fois au port de signes religieux ostentatoires, notamment par les employés de l\u2019État, alors que l\u2019Assemblée nationale reprend l\u2019étude du projet de loi sur la neutralité religieuse de l\u2019État.« Je n\u2019exclus rien.Je n\u2019exclus rien », a-t-elle répété, avant de préciser que le CSF s\u2019af faire à élaborer une nouvelle planification stratégique 2019-2024.Mais, pour l\u2019instant, la recommandation d\u2019une interdiction du port de signes religieux «considérablement plus élargie que ce que recommandait le rapport Bouchard-Taylor » faite par le CSF en 2014 est « toujours valable », d\u2019autant plus qu\u2019elle a été « réitérée » à l\u2019automne 2016, conclut-elle.En affirmant qu\u2019il y a « lieu de réfléchir à un nouveau nom pour le Conseil et que ce dernier devrait aussi s\u2019adresser aux hommes » puisque « l\u2019égalité est presque acquise» entre les femmes et les hommes, Mme Cordeau «prouve avec brio qu\u2019elle ne connaît rien aux enjeux de la condition féminine », soutient la Fédération des femmes du Québec.Le Devoir Le Conseil du statut de la femme serait rebaptisé JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Jean-Marc Fournier se souvient s\u2019être rendu au 1000, de la Commune, à Montréal, au printemps de 2008.Mais, dit le leader parlementaire du PLQ, il n\u2019a jamais été question d\u2019aider un promoteur immobilier en échange de contributions à la caisse du parti. L E D E V O I R , L E M A R D I 1 9 S E P T E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 L E S P E T I T E S A N N O N C E S Courriel : petitesannonces@ledevoir.com Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 ROSEMONT 3 1/2, propre, haut de triplex, aire ouverte.Propriétaires occupants, entrées lav/séc., 5 min.du Parc Maisonneuve et métro Viau, non fumeur.660 $ chauffé 514-349-0493 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.PROVENCE Vallée du Rhône Maison de village dans le quartier médiéval de Nyons.2 c.c.2 s.de b.Toute équipée.Terrasse ensoleillée.Internet.www.bonnevisite.ca/nyons mariehalarie@gmail.com 819-300-1330 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER 170 HORS FRONTIÈRES EUROPE À LOUER PIED-à-TERRE - AHUNTSIC Ch.meublée avec s.de b.privée.Vue sur rivière.Internet.Autobus.Accès à la cuisine.Non-fumeur.525 $ / mois 514-384-2109 185 CHAMBRES BUREAU, mois gratuits, 5 pièces fermées, gr.s/réunion et réception.Rénové.2500 pc.Face St-Luc, cuisinette, terras., A/C, déneigement, 2 stat.4 900 $ 514-288-8888 251 BUREAUX À LOUER Promotion spéciale Petites annonces Pour les annonces textes de 5 lignes et moins 7 jours de parution 100$ ou 4 samedis consécutifs 100$ Pour information Téléphone : 514 985-3322 Courriel : petitesannonces@ledevoir.com OUTREMONT 445 boul.St-Joseph Ouest, près Laurier Immeuble béton, 2 ascenseurs 1 SDB complète, 1 salle d\u2019eau, nouvelles fenêtres.Chauffage, eau 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INTÉRIEURE BAIN EN BOIS 100 % QUÉBEC ARTECO INC arteco.ca 438.397.1560 arteco.inc@gmail.com PARCE QUE VOUS ÊTES UNIQUE S A R A H R .C H A M P A G N E Des cadavres d\u2019abeilles apportés par des apiculteurs de sa région jusqu\u2019à l\u2019adoption d\u2019une loi pour la reconquête de la biodiversité, Delphine Batho sonne l\u2019alerte depuis plusieurs années sur les dangers des néonicotinoïdes.La députée française et ancienne ministre de l\u2019Écologie dans le gouver nement de François Hollande a fait de l \u2019 interdiction de ces pesti - cides son combat politique.Une lutte maintenant inscrite dans la loi française, parmi les plus sévères en Europe quant à l\u2019utilisation des pesticides néonicotinoïdes.Leur utilisation sera d\u2019abord restreinte en 2018 à quelques cultures, « des exceptions », af- firme-t-elle, puis complètement bannie en 2020.L\u2019interdiction sera ainsi « sans dérogation » à par tir de cette date, même en dernier recours.« Le destin de l\u2019humanité et des pollinisateurs est intimement lié.Et la disparition des pollini- sateurs est un problème mondial », expose la députée pour justifier son passage à Ottawa, cette semaine à l\u2019invitation de la Fondation David Suzuki.Elle souhaite avoir des échanges sur cette question environnementale, dans un contexte où il y a «urgence d\u2019agir».Presser le pas Tout comme au Québec, en France, les néonicotinoïdes sont retrouvés dans les rivières: «Ils sont passés en quelques années du 50e rang des substances retrouvées à la 13e place des substances les plus répandues dans nos cours d\u2019eau.» « Je constate une vraie inquiétude pour la santé, en tout cas en France.La consommation alimentaire biologique a par exemple augmenté de 20 % l\u2019année dernière et de 15 % depuis le début de 2017», illustre Mme Batho.Les conséquences dévastatrices sont déjà reconnues par l\u2019Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada, qui a recommandé en novembre 2016 l\u2019abandon graduel de l\u2019imida- clopride, l\u2019une des trois substances de cette « famille » utilisées au pays, dans un horizon de trois à cinq ans.Les deux autres insecti - cides de cette famille les plus répandus au pays, la clothia- nidine et le thiaméthoxame, font présentement l \u2019objet d\u2019un examen spécial , jugé prioritaire par l\u2019ARLA.C\u2019est Santé Canada qui est responsable d\u2019approuver ou non l\u2019usage de ces substances.Les ministères des provinces peuvent quant à eux interdire leur vente et leur usage sur leurs territoires respectifs.Justification Le projet de réglementation déposé par Québec en juillet dernier ne fixe pas de seuil par ticulier de réduction des néonicotinoïdes.Ces nouvelles règles prévoient plutôt que les néonicotinoïdes pourront être utilisés si leur usage est justifié au préalable par un agronome.Mais il faut presser le pas et ne pas adopter des objectifs trop vagues, croit Delphine Batho.Une restriction trop large ouvre la porte au statu quo : « Il y a énormément de pression des firmes agro-indus- trielles.C\u2019est un combat dif fi- cile de faire valoir l\u2019intérêt général sur les intérêts financiers », expose-t-elle.Un point de vue partagé en partie par l\u2019Union des producteurs agricoles (UPA).«La majorité des vendeurs de pesticides sont des agronomes.C\u2019est comme permettre à un pharmacien de prescrire un médicament», écrit son porte-parole au Devoir.Le gouvernement n\u2019atteindra pas son objectif selon l\u2019UPA, en plus de générer « de la paperasse et des frais additionnels pour les producteurs».La réglementation apparaît également peu ambitieuse au regard de celle adoptée depuis 2015 par la province voisine.L\u2019Ontario se proposait en effet de réduire de 80 % en deux ans, donc d\u2019ici à la fin de 2017, la superficie des terres où les semences enrobées de ces substances pouvaient être plantées, un objectif atteint à 24 % après la première année d\u2019effort de réduction.En 2016, le commissaire au développement durable a dénoncé le manque de suivi de la part du ministère du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) de l\u2019utilisation des pesticides en agriculture.Du côté français, la loi a été votée contre l\u2019avis du gouvernement, avec l\u2019appui obtenu député par député, jusqu\u2019à la majorité « transparti », relate Delphine Batho.«Nous avons mobilisé beaucoup de citoyens, popularisé notre proposition.Nous surveillons maintenant l\u2019application de la loi dans les faits.» Même si elle fait confiance au ministre actuel de la Transition écologique, Nicolas Hulot, rien n\u2019est jamais acquis, sauf le consensus sur les dangers des néonicotinoïdes, conclut l\u2019ancienne ministre.Le Devoir ENVIRONNEMENT Néonicotinoïdes : un combat politique La députée française Delphine Batho, de passage à Ottawa, veut encourager les autres pays à légiférer contre ces pesticides M A R I E - L I S E R O U S S E A U La Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ- SIDA) demandera mardi à la ministre de la Justice du Québec d\u2019imposer un moratoire sur les poursuites criminelles contre les personnes vivant avec le VIH qui ne divulguent pas leur statut médical à leur partenaire sexuel, a appris Le Devoir.Ce moratoire est demandé « dès maintenant » , et ce, jusqu\u2019à l\u2019issue de la consultation menée par le gouvernement fédéral dans le but de réformer cette réglementation.«Nous espérons donner de plus amples renseignements sur nos progrès à la fin de l\u2019année », a écrit au Devoir un porte-parole du ministère fédéral de la Justice lundi soir à ce sujet.Actuellement, la Cour suprême établit qu\u2019une personne séropositive doit divulguer son statut sérologique à son partenaire avant toute relation sexuelle, à moins de remplir deux exigences, soit porter un condom et avoir une charge virale faible ou indétectable.« Les études scientifiques montrent que la charge virale diminue de façon drastique [avec les plus récents traitements], à un point où le VIH ne se transmet plus », explique l\u2019avocate de la COCQ-SIDA, Liz Lacharpagne.C\u2019est pourquoi la coalition estime qu\u2019un seul des deux critères devrait être pris en compte.Depuis 2010, la COCQ-SIDA multiplie les démarches afin de revoir la réglementation, jugée discriminatoire et désuète, mais sans succès.« Les directives qu\u2019on demandait n\u2019ont jamais été adoptées », déplore Mme Lacharpagne.«Actuellement, des personnes vivant avec le VIH font l\u2019objet d\u2019accusations d\u2019agressions sexuelles graves [\u2026] même en l\u2019absence d\u2019intention de causer un préjudice, même lorsque le VIH n\u2019est pas transmis au partenaire et même lorsque le risque de transmission est négligeable, voire nul » , écrit la COCQ-SIDA dans un communiqué qui sera publié mardi.Ces poursuites au criminel contribuent à stigmatiser davantage les personnes séropo- sitives, soutient la coalition.Mm e Lacharpagne cite en exemple des cas médiatisés où des personnes accusées ont été identifiées publiquement comme des délinquants sexuels.« Ça ne donne pas une belle image de ces personnes ».«Il y a une confusion entre le fait de ne pas dévoiler [son statut sérologique] et une agression sexuelle », déplore-t-elle.Plus de poursuites La COCQ-SIDA est particulièrement inquiète depuis le début de l\u2019année, car elle ob- ser ve une augmentation importante des poursuites pour non-divulgation au Québec.Le Devoir rappor tait d\u2019ailleurs cette situation au mois d\u2019août.Devant le refus de la ministre de la Justice du Québec, Stéphanie Vallée, de rencontrer la COCQ-SIDA, et dans le contexte d\u2019augmentation des poursuites, la coalition estime qu\u2019elle n\u2019a d\u2019autre recours que de demander un moratoire.« C\u2019est à un niveau politique », explique Mme Lacharpagne.Le cabinet de Mme Vallée n\u2019a pas précisé au Devoir s\u2019il imposera ou non un tel moratoire.Le dossier relève du gouvernement fédéral, a rappelé l\u2019attachée de presse de la ministre, Isabelle Marier St-Onge, dans une réponse transmise par courriel.«Le Québec est favorable à la minimisation de la stigmatisation des personnes atteintes du VIH et privilégie l\u2019approche définie par la jurisprudence de la Cour suprême qui prévoit un juste équilibre entre la protection de la société, des victimes et le respect de la dignité des personnes atteintes du VIH», ajoute-t-elle.Le Devoir JUSTICE Moratoire demandé sur les poursuites pour non-divulgation du VIH JACQUES DEMARTHON AGENCE FRANCE-PRESSE Ministre de l\u2019Écologie dans le gouvernement de François Hollande, Delphine Batho a contribué à faire entrer l\u2019interdiction des pesticides néonicotinoïdes dans la loi française.L es Caraïbes, ravagées par Irma il y a une dizaine de jours, étaient en état d\u2019alerte lundi face à l\u2019arrivée imminente de Maria, qui a encore gagné en puissance et était considéré comme « extrêmement dangereux ».Le Centre national des ouragans américain (NHC), établi à Miami, prévoyait que l\u2019oeil de la tempête devait passer près de l\u2019île de la Dominique en soirée.Maria s\u2019est renforcé en catégorie 5, la plus haute catégorie possible de l\u2019échelle, ce qui en fait maintenant un « ouragan majeur », a annoncé le NHC.«L\u2019œil et le cœur de l\u2019ouragan devraient passer près de la Dominique dans les toutes prochaines heures », a précisé le NHC dans son bulletin prévisionnel de 21 h.On s\u2019attend à ce que la tempête génère des précipitations de 15 à 30 centimètres de pluie à travers les îles.Trajectoires similaires La trajectoire prévue de Maria risque de l\u2019entraîner vers plusieurs îles déjà dévastées par l\u2019ouragan Irma.Les autorités de la Dominique ont fermé les écoles et tous les bureaux gouvernementaux, pressant la population de trouver refuge en terrain élevé.Un aver tissement d\u2019ouragan a été lancé à Porto Rico, en République dominicaine et en Haïti.Ernesto Morales, météorologue au service national américain de météorologie à San Juan, a déclaré que cet ouragan risquait d\u2019être catastrophique pour Porto Rico.L\u2019État autonome associé aux États-Unis a imposé, lundi, un rationnement des produits de base dont l\u2019eau, le lait, les aliments pour bébé, la nourriture en conserve, les piles, les lampes de poche et d\u2019autres articles.En Martinique, les autorités françaises de la région ont ordonné l\u2019évacuation des zones à risque.«J\u2019ai des bougies, des lampes et à manger.J\u2019ai des légumes en boîte et du gaz.S\u2019il n\u2019y a plus d\u2019électricité, ça ira.Les fenêtres sont fermées, tout est cloué déjà», a témoigné à l\u2019AFP Anne-Marie, 84 ans, habitante de Rivière-Salée, au sud de la Martinique, prête pour l\u2019arrivée du cyclone.La Mar tinique est passée lundi en aler te « violette » cyclonique, le plus haut niveau, qui entraîne le confinement de la population.Outre la Martinique, Maria, qui progresse à 17 km/h dans la direction ouest-nord-ouest, selon le NHC, menace une autre île française des Antilles, la Guadeloupe, ainsi que Saint Kitts et Nevis, Montserrat (Royaume-Uni), et la Dominique, île anglophone indépendante.Agence France-Presse CARAÏBES L\u2019ouragan Maria passe en catégorie 5 La tempête, jugée «extrêmement dangereuse», touchera sensiblement les mêmes îles qu\u2019Irma L E D E V O I R , L E M A R D I 1 9 S E P T E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 J E A N N E C O R R I V E A U S i son parti est porté au pouvoir le 5 novembre prochain, la chef de Projet Montréal, Valérie Plante, promet d\u2019offrir une réduction de taxes aux familles ainsi que la gratuité des transpor ts en commun pour les jeunes de 12 ans et moins et les aînés.Les Montréalais ne jugent pas nécessaire de mettre Montréal « sur la map» avec des projets comme la course de Formule E.Ils veulent surtout des logements plus abordables, une meilleure planification des travaux et des transports en commun plus ef ficaces, a soutenu Valérie Plante lors de son discours prononcé devant les candidats et militants réunis au Lion d'Or, lundi soir, à l\u2019occasion du lancement de la campagne de Projet Montréal.Le parti entend donc miser sur ces thèmes d\u2019ici le scrutin de novembre.Les familles mont- réalaises pourraient notamment bénéficier d\u2019une baisse de leurs taxes foncières si Projet Montréal est porté au pouvoir.« On sait que, quand on a des enfants, on n\u2019arrive plus à se loger à Montréal.C\u2019est dif ficile au niveau du prix et de la dimension des appartements et des maisons.On veut s\u2019assurer que les familles de Montréal ne quittent pas de l\u2019autre côté du pont », a expliqué Mme Plante.Elle n\u2019a cependant pas voulu donner plus de détails sur l\u2019application de cette mesure car ceux-ci seront dévoilés plus tard dans la campagne électorale.Transports, logement et création Valérie Plante a réitéré l\u2019intention de son parti de construire une nouvelle ligne de métro, la « ligne rose », qui relierait le centre-ville à Montréal-Nord, en passant par l\u2019avenue du Mont-Royal et le boulevard Pie-IX.Son parti compte aussi offrir la gratuité des transports en commun pour les jeunes de 12 ans et moins et les aînés.Pour l\u2019instant toutefois, Mme Plante n\u2019a pas pu préciser les coûts d\u2019une telle mesure.Rappelons que lors d\u2019un congrès tenu en mai dernier, les membres de Projet Montréal avaient rejeté la proposition qui accordait la gratuité au 17 ans et moins.Parmi ses autres engagements, Projet Montréal promet d\u2019exiger que 20 % des nouveaux projets d\u2019habitation construits à Montréal comportent trois chambres à coucher et plus.Il propose aussi de favoriser l\u2019aménagement d\u2019espaces de création abordables pour les artistes.Appui d\u2019Anne-France Goldwater En matinée, l\u2019avocate Anne-France Goldwater a accordé son appui à Valérie Plante en prévision des élections du 5 novembre.Me Goldwater, qui a renoncé à briguer la mairie de Montréal, a promis son aide à Projet Montréal dans des dossiers comme le règlement sur le contrôle des chiens dangereux ou les legs du 375e anniversaire de Montréal.« Je n\u2019en reviens pas du milliard de dollars des contribuables gaspillé pour le 375e anniversaire de Montréal.La Formule E, les bancs de granit, la soi-disant promenade Fleuve-Montagne, qu\u2019est- ce que c\u2019est ça ?» a-t-elle lancé.« Si vous votez pour cet homme [Denis Coderre] et que vous recevez votre compte de taxes, ne pleurez pas, ne revendiquez pas vos droits.Il sera trop tard.» À l\u2019instar du maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, vendredi, la volubile avocate a comparé l\u2019administration de Denis Coderre au régime nord-coréen.«C\u2019est une question d\u2019obéissance totale, on n\u2019a pas de voix et on n\u2019est pas intéressés à sonder l\u2019argent public avant de jeter l\u2019argent à la poubelle », a-t-elle expliqué.Valérie Plante est-elle d\u2019accord avec cette analogie entre Montréal et la Corée du Nord ?« Je pense que ce qu\u2019il faut surtout retenir, c\u2019est qu\u2019il y a un manque de transparence qui nous fait penser à d\u2019autres pays », a répondu la candidate à la mairie.Denis Coderre a qualifié les propos de Mme Goldwater de « délire » : « Je ne suis pas là pour répondre à ces inepties, je suis là pour les Montréalais, pas pour attaquer.S\u2019ils sont désespérés à ce point-là de sortir ces propos-là, grand bien leur fasse.» Le Devoir MUNICIPAL Projet Montréal promet des baisses de taxes pour les familles Le parti de Valérie Plante donnait le coup d\u2019envoi à sa campagne électorale, lundi soir GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Valérie Plante a notamment critiqué la gestion de l\u2019actuel maire dans les célébrations entourant le 375e anniversaire de la ville, lundi soir, au Lion d\u2019Or.C A M I L L E B A I N S à Vancouver Des dizaines de fournisseurs qui expédient du fentanyl vers le Canada depuis la Chine font l\u2019objet d\u2019une vingtaine d\u2019enquêtes de la part de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).« La plupart ont été interceptés ici, au Canada », a déclaré un responsable de la lutte au crime organisé au sein de la GRC, le sergent Yves Goupil.Plusieurs arrestations ont été ef fec- tuées et des accusations seront déposées.De juin 2016 à septembre de cette année, l\u2019Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a effectué 156 saisies liées au fentanyl à l\u2019échelle du pays, dont 83 ont été faites du côté de l\u2019océan Pacifique.Le sergent Goupil a expliqué que l\u2019enquête avait permis d\u2019établir l\u2019identité de plusieurs fournisseurs chinois qui alimentent le marché noir en fentanyl.«Ce n\u2019est pas juste le Canada; les États-Unis et tous les autres pays font pression sur la Chine», a-t-il expliqué.Il a ajouté que la GRC avait rencontré des dirigeants chinois à deux reprises depuis novembre 2016.Lors d\u2019une visite en avril, a dit le sergent Goupil, la police fédérale canadienne a fourni aux Chinois de multiples informations concernant les saisies ef fectuées au Canada.Une centaine de colis avaient à ce moment été saisis par la GRC et l\u2019ASFC.Les autorités chinoises ne peuvent plus ignorer leur rôle dans l\u2019épidémie d\u2019opioïdes, a-t- il plaidé.« Nous avons suggéré un plan à la Chine pour véritablement cesser et freiner l\u2019envoi de colis de fentanyl.Nous voulons nous assurer que la Chine nous aide dès que nous identifions les vendeurs», a précisé le sergent Goupil.La GRC a pu établir l\u2019identité d\u2019environ 70 vendeurs provenant de la Chine.Au moins deux autres vendeurs à l\u2019intérieur du pays ont des liens avec la Chine.« Par exemple, vous pourriez avoir un individu qui achète une certaine quantité de la Chine, qui le traite et le vend ici », a indiqué le sergent.Le sergent Goupil a expliqué que la GRC, l\u2019ASFC et Postes Canada ont uni leurs forces pour repérer le plus efficacement possible les colis qui arrivent de Chine à trois grands centres de tri du courrier \u2014 Montréal, Vancouver et Mississauga.Ces trois centres reçoivent la plus grande partie du courrier destiné au reste du pays.Une drogue mortelle Le fentanyl est si puissant que seulement deux mill i - grammes (soit l\u2019équivalent de quatre grains de sel) peuvent tuer un individu s \u2019 i ls sont jumelés à des drogues comme l \u2019héroïne et la cocaïne.La drogue peut donc être expédiée dans de petits colis dif ficiles à repérer.« Nous savons que pour chaque petit paquet qui arrive au Canada, des gens peuvent mourir.Le temps presse », a indiqué le sergent Goupil.La Presse canadienne OPIOÏDES La GRC enquête sur du fentanyl expédié depuis la Chine Municipales : Monique Vallée sera candidate à la mairie de LaSalle La conseillère municipale Monique Vallée briguera la mairie de l\u2019arrondissement de LaSalle avec l\u2019Équipe Denis Coderre lors des élections du 5 novembre prochain.Responsable du développement social et communautaire au comité exécutif, Mme Vallée avait été élue conseillère en 2013 dans le district Cecil-P.-Newman.Elle tentera cette fois de déloger la mairesse sortante, Manon Barbe.Les autres candidats de l\u2019Équipe Co- derre dans cet arrondissement sont Ben Lumière Moussienza, Balkis Imam, Josée Aumont-Blanchette, Pino Asaro, Devinderpal Singh et Steven Laperrière.Le Devoir Jean Lemire nommé «émissaire aux changements climatiques » pour le Québec Le premier ministre Philippe Couillard a annoncé lundi la nomination du biologiste et cinéaste Jean Lemire à titre d\u2019« émissaire aux changements climatiques et aux enjeux nordiques », une première au Québec.Selon ce qu\u2019a précisé le gouvernement par voie de communiqué, « l\u2019émissaire aura notamment pour tâche de nouer de nouveaux partenariats internationaux visant la réduction des gaz à ef fet de serre (GES) et l\u2019utilisation de mécanismes de tarification du carbone ».Surtout connu pour ses documentaires à caractère environnemental, notamment sur l\u2019Arctique et l\u2019Antarctique, M.Lemire devra I S A B E L L E P O R T E R à Québec L es candidats à la mairie Anne Guérette et Jean- François Gosselin estiment que les maires ne devraient pas faire plus de deux mandats à Québec.M.Labeaume, qui a déjà deux mandats et demi derrière lui, se dit quant à lui déjà prêt à en faire deux de plus.« On va demander un maximum de [deux] mandats pour un maire», a déclaré la chef de Démocratie Québec.« Il faut qu\u2019il y ait un roulement, il faut que ça bouge.Le maire ne devrait pas être éternel.» Peu après, Jean-François Gosselin s\u2019est dit complètement d\u2019accord avec elle.« Au début, quand on arrive en politique, on veut défendre le citoyen.Puis après deux mandats, après huit ans, après dix ans, on ne défend plus le citoyen.C\u2019est ce qui arrive présentement à M.Labeaume.Moi, je ne veux pas me rendre là.» Un objectif En matinée, le maire La- beaume avait laissé entendre qu\u2019il songeait déjà à se présenter en 2021.« Mon objectif, c\u2019est de ne pas quitter la politique sans avoir réglé le projet de mobilité, [de] système de mobilité structurant de Québec », a déclaré le maire sortant.À une journaliste qui lui demandait si on le reverrait dès lors dans quatre ans, il a rétorqué : « Si ce n\u2019est pas fait dans quatre ans, vous allez me revoir, c\u2019est certain.Même si c\u2019est fait, vous pourriez me revoir quand même.» Ce n\u2019est pas la première fois que ce genre de proposition est fait.En 2010, Pauline Marois avait proposé de limiter à trois (ou 12 ans) le nombre maximum de mandats pour les maires dans les villes de plus de 5000 habitants.Sa suggestion, qui visait notamment à réduire les risques de collusion, avait été rejetée en bloc par tout le monde municipal.Depuis les années 1930 Québec a par ailleurs l\u2019habitude de garder les maires au pouvoir longtemps.À l\u2019exception d\u2019Andrée Boucher, qui est décédée en cours d\u2019exercice, les maires ont tous gouverné plus de dix ans depuis les années 1930.Gilles Lamontagne et Jean Pelletier ont tous les deux été en poste 12 ans, et Jean-Paul L\u2019Allier, 16 ans.Avant eux, Lucien Borne et Wilfrid Hamel avaient respectivement gouverné 15 et 12 ans.Régis Labeaume est quant à lui au pouvoir depuis 2007.Il a été élu pour un bref mandat d\u2019un an après le décès de Mm e Boucher et a été élu à deux autres reprises depuis.Outre la question du nombre des mandats, Anne Gué- rette a suggéré lundi de donner plus de temps de parole aux gens du public lors des séances du conseil (ils ont actuellement 1 minute chacun pour poser leur question).Elle croit également que le chef de l\u2019opposition devrait avoir un temps de parole à la fin de la séance et qu\u2019on devrait permettre au public de poser des questions aux élus à distance.«C\u2019est la cassette de Mme Gué- rette », a réagi le maire.« Je veux pas être cruel mais jouer à la victime, ce n\u2019est pas une bonne idée.Le premier rôle de l\u2019opposition, c\u2019était de garder ses collègues avec soi », a-t-il ajouté en faisant allusion au fait que les élus Paul Shoir y et Yvon Bussières ont quitté Démocratie Québec ces derniers mois.Une équipe complète À quatre jours du déclenchement de la campagne, Jean-François Gosselin a fait savoir que son parti avait recruté des candidats dans chacun des 21 districts.« Je suis vraiment fier de vous dire ça.[\u2026] C\u2019est vraiment pas facile de recruter des gens de talent, des beaux profils.Québec 21 a réussi son pari.» Démocratie Québec, de son côté, n\u2019est pas encore parvenu à une telle réalisation.L\u2019équipe compte pour l\u2019instant 13 candidats, en plus de Mme Guérette.Le Devoir VILLE DE QUÉBEC Deux mandats au maximum pour les futurs maires, plaident Guérette et Gosselin Régis Labeaume, qui souhaite se concentrer sur la mobilité, pense déjà à 2021 «Nous avons suggéré un plan à la Chine pour véritablement cesser et freiner l\u2019envoi de colis de fentanyl» également « approfondir l\u2019engagement international du Québec dans les domaines des changements climatiques et des enjeux nordiques ».« J\u2019ai accepté de devenir émissaire aux changements climatiques et aux enjeux nordiques et arctiques, car ce sont là des défis de l\u2019humanité qui requièrent l\u2019engagement de tous, et le Québec a une contribution singulière à faire valoir dans une perspective de solidarité », a-t-il fait valoir après sa nomination, annoncée en marge de la Climate Week de New York.Le Devoir CUSM: Peter Kruyt est nommé à la tête du CA Québec a procédé à 10 nouvelles nominations au conseil d\u2019administration du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), après les démissions en bloc survenues en juillet.FRANCIS VACHON LE DEVOIR Le maire Régis Labeaume C\u2019est Peter Kruyt, vice-président de Power Corporation, qui présidera le nouveau conseil d\u2019administration.Il a notamment siégé au conseil d\u2019administration de la Fondation de l\u2019hôpital St.Mary.Les autres membres indépendants sont James Cherry et Dale MacCandlish-Weil, Sarah Pri- chard, Deep Khosla, Samira Sakhia, Mary-Anne Carignan, Kevin O\u2019Farrell, Michal Piotr Kuzmidki et Thomas Pitfield.Le ministre de la Santé, Gaé- tan Barrette, a souligné leur expérience et leurs compétences, ajoutant qu\u2019elles sont « les personnes les mieux placées afin de poursuivre le rayonnement de cette grande institution qu\u2019est le CUSM».Dix administrateurs indépendants du CUSM avaient démissionné en bloc, le 10 juillet dernier, se disant incapables de continuer à travailler sous le ministre Barrette.Ils évoquaient des problèmes de communication et un manque d\u2019appui de sa part.La Presse canadienne À l\u2019approche du dévoilement des orientations de la politique culturelle fédérale, le gouvernement Trudeau inquiète plus qu\u2019il ne rassure.À qui est-il redevable au juste ?e milieu culturel montréalais a parfois pris de haut «son» ministre, Luc Fortin, député d\u2019une circonscription bien distante de la Place des Arts (Sherbrooke), peu présent dans les cocktails de lancement et issu d\u2019un tout autre domaine que celui des arts et lettres.Sa nomination à titre de ministre de la Culture et des Communications, en février 2016, en a fait sourciller plus d\u2019un.Le projet de politique culturelle du ministre Fortin est loin de la per fection, mais celui-ci est intraitable quant à la nécessité de préserver l\u2019exception culturelle et la primauté du français comme langue de création au Québec, à l\u2019heure où la révolution numérique et la renégociation de l\u2019ALENA entraînent une remise en question des fondements de notre industrie culturelle.M.Fortin a pris note du consensus qui se dégage, du moins au Québec, afin d\u2019imposer aux plateformes étrangères de dif fusion de contenu numérique la perception de la TPS et de la TVQ.Il s\u2019agit à la fois d\u2019un enjeu d\u2019équité fiscale et de vitalité de la culture, puisque les sommes ainsi perçues pourraient être réinvesties dans les programmes de soutien à la création.Dans une lettre au Devoir, il a exhorté le gouvernement Trudeau à taxer les géants du Web, tels que Net?ix.La position contraire enverrait un « bien mauvais signal » aux artistes du pays, dit-il.«D\u2019importantes mesures doivent être prises pour assurer l\u2019équité entre les dif fuseurs, et l\u2019avenir de notre industrie culturelle », écrit M.Fortin.Le ministre Fortin comprend et partage les inquiétudes des créateurs d\u2019ici.Il se porte à leur défense alors que son homologue fédérale, Mélanie Joly, se pose en défenderesse des intérêts des géants de la Silicon Valley.?Mme Joly a commencé la révision de la politique culturelle fédérale en conviant le gratin culturel et le public à une série de «conversations».Tout était sur la table, af?rmait-elle.Tout, sauf la taxation pour les géants du Web : Net?ix, Google, Apple, Facebook, Amazon et consorts.Elle a rejeté cette option sans ménagement, dans la minute suivant le dépôt d\u2019un rapport du Comité permanent du patrimoine canadien, en juin dernier.En dépit des appels du pied du milieu culturel, les échos d\u2019Ottawa renvoient un message d\u2019une troublante indifférence.«On ne veut pas laisser de porte ouverte là où elle est fermée : il n\u2019y aura pas de taxe sur les Netflix de ce monde», a dit au Devoir une source gouvernementale.Ce qui a ?ltré est cohérent avec les sorties de Mme Joly et du premier ministre, Justin Trudeau, pour qui taxer « les Netflix de ce monde» revient à pénaliser la classe moyenne.Mis à part le député néodémocrate Pierre Nantel, bien seul dans son camp, les députés d\u2019opposition n\u2019osent pas tirer sur le ?l de ce raisonnement simpliste et découdre l\u2019habit libéral aux couleurs du GAFA.Sous l\u2019égide du cinéaste Hugo Latulippe, une coalition d\u2019une quarantaine d\u2019organismes québécois a publié récemment un manifeste qui résume bien les menaces qui pèsent aujourd\u2019hui sur le rayonnement de la culture et des médias nationaux.« Ce ne sont plus majoritairement les créateurs, producteurs, éditeurs et dif fuseurs qui récoltent les gains reliés aux productions dans lesquelles ils ont investi, mais de nouveaux intermédiaires de l\u2019ère numérique qui n\u2019ont aucune obligation par rapport au financement du contenu et à sa diffusion», af?rme le texte du manifeste.Oui, il faut s\u2019adapter à la nouvelle réalité numérique, mais cela ne veut pas dire qu\u2019il faut renoncer à une certaine forme d\u2019interventionnisme pour soutenir la diversité des expressions culturelles.L\u2019industrie culturelle, ne l\u2019oublions pas, est le résultat de décennies d\u2019interventions de l\u2019État qui a soutenu directement la création et la diffusion, et qui a forcé les entreprises à en faire autant, entre autres par le Fonds des médias.La culture génère 3,3 % du PIB au Canada et 4,4 % au Québec.Les entreprises du secteur s\u2019acquittent toutes de leurs obligations ?scales.Sans doute aimeraient-elles aussi être exemptées du paiement des taxes.Après tout, ce serait un gain pour la classe moyenne, pour parodier M.Trudeau.Mais non! Ce privilège est réservé aux entreprises étrangères.Les mêmes qui contrôlent la distribution et la monétisation des contenus dans l\u2019économie numérique.Et les nôtres?Pour le moment, Ottawa ne leur propose qu\u2019une politique de l\u2019injustice.L E D E V O I R , L E M A R D I 1 9 S E P T E M B R E 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Une job de grosses bras (sic) Tout d\u2019abord, mes excuses pour le mot bras.La morphologie féminine du vocable «bras» ne se trouvant pas encore dans les dictionnaires non sexistes, j\u2019ai dû me rabattre sur sa forme masculine.Une job de grosses bras c\u2019est, me semble-t-il, ce que Mme Martine Delvaux s\u2019est empressée de faire pour remettre à sa place (c\u2019est-à- dire dans le rang) Mme Francine Pelletier, eu égard aux propos que cette dernière a tenus dans sa chronique du 15 septembre 2017.Non, mais se peut-il que cette traîtresse fasse passer la justice avant la cause du féminisme ! Oser faire usage de son libre arbitre pour dire ce que les « femmes, et plus précisément les féministes » « préféreraient ne pas entendre».Oui, oui, vivement haro sur l\u2019ânesse ! Oui, vous avez bien raison, chère Madame Delvaux, de vouloir judi- ciariser tout harcèlement psychologique à l\u2019endroit des femmes, nos tribunaux sont tellement désœuvrés.Je dois vous avouer cependant ne pas avoir saisi en quoi les propos de Mme Pelletier humilient « la diversité des positions féministes », mais je suis certain que vous ne daignerez, Madame la professeure (notez mon féminin) et écrivaine, me prodiguer les bonnes lunettes pour que je puisse voir le monde comme il se doit.Je ne sais pourquoi, mais j\u2019ai aussi fait un lien entre la chronique de M.Christian Rioux, écrite le même jour, qui dé- L I B R E O P I N I O N R O B E R T M É N A R D Enseignant de sociologie au Cégep régional de Lanaudière à Terrebonne U ne femme tuée.Un enfant enlevé.Un autre drame conjugal.Curieusement, lors de tels cas d\u2019actualité, cer taines personnes sont toujours promptes à souligner que les hommes subissent aussi de la violence conjugale.Cela est vrai, mais il n\u2019en demeure pas moins que les victimes dans ces circonstances s \u2019avèrent majoritairement des femmes.Au Québec, selon le ministère de la Sécurité publique, le pourcentage de femmes parmi les victimes d\u2019infractions dans un contexte conjugal (agression sexuelle, appels téléphoniques indécents ou harcelants, enlèvement, harcèlement criminel, homicide, intimidation, menaces, séquestration, tentative de meurtre, voies de fait) oscille au total entre 81 % et 78 % de 2010 à 2015.Bien que cette violence physique, psychologique, économique ou sexuelle puisse aussi être présente à l\u2019intérieur de couples de même sexe, ces crimes sont perpétrés en grande quantité par des hommes alors qu\u2019en 2015, on en dénombrait 13 409 sur les 16 753 auteurs présumés de ces actes, soit une proportion de 80 %.Ce constat s\u2019observe de manière inchangée dans les années antérieures.Ce rappel des faits démontre que l\u2019agressivité de certains hommes constitue un problème social auquel il faut s\u2019intéresser collectivement et individuellement.D\u2019autant plus que celle-ci se retourne souvent contre les hommes eux- mêmes puisque le taux de mortalité par suicide est systématiquement plus élevé chez le sexe masculin que chez le sexe féminin depuis plusieurs décennies.Les relations de cause à effet étant difficiles à prouver sur une échelle macrosociologique, on peut tout de même penser que cette propension à user de violence envers les autres ou envers soi est symptomatique d\u2019une plus grande incapacité à vivre avec des épisodes de détresse psychologique.À cet égard, les hommes sont les premiers responsables : ils négligent leur santé mentale.Année après année, les données colligées par les organismes gouvernementaux démontrent généralement que les hommes consultent moins fréquemment les professionnels de la santé (médecins de famille, psychiatres, psychologues, travailleurs sociaux\u2026), qu\u2019ils sont plus réfractaires à l\u2019idée d\u2019avoir besoin d\u2019aide, qu\u2019ils ont davantage peur de demander du soutien tout en craignant plus le jugement des pairs s\u2019ils le font, qu\u2019ils se médicamentent moins, etc.Bref, les hommes utilisent moins les ressources disponibles en santé mentale.Par voie de conséquence, la dépendance aux substances psychoactives (alcool, drogues) ou aux jeux de hasard est plus répandue chez ceux-ci et ils se retrouvent plus souvent à l\u2019urgence en état de crise étant donné que leur détresse psychologique n\u2019a pas été traitée en amont.Paradoxalement, lors d\u2019enquêtes à ce sujet, les hommes affirment être plus aptes à faire face quotidiennement aux aléas de la vie.En somme, ils surestiment leurs capacités.D\u2019aucuns diront qu\u2019il y a moins de ressources communautaires à leur disposition, mais loin d\u2019être le fruit d\u2019un obscur complot féministe, cela témoigne plutôt de l\u2019isolement social des hommes en détresse psychologique et de leurs propres difficultés à accepter leur état et à s\u2019entourer de personnes pouvant les aider, quitte à se regrouper en fondant des organismes pour ce faire.En dernière analyse, il n\u2019est pas si surprenant que la réaction de certains hommes face à des événements particulièrement difficiles émotive- ment, telle une rupture conjugale, soit celle de la violence.Toute leur vie, ils auront fait abstraction de ce qui se passe dans leur tête.Comme la perspective sociologique conçoit que les comportements des gens résultent de la socialisation qu\u2019ils ont reçue, et non de la soi-disant nature humaine, cette situation peut changer en amenant les hommes à s\u2019occuper davantage de leur santé mentale pour les outiller psychologiquement afin d\u2019être en mesure de répondre adéquatement \u2014 sans brutalité \u2014 aux tumultes de l\u2019existence.À cette fin, la responsabilité est partagée : le gouvernement du Québec doit mettre en place les recommandations qu\u2019on retrouve annuellement dans les rapports ministériels qui visent à améliorer la santé mentale des hommes et les services leur étant destinés ; les parents doivent apprendre autant à leurs garçons qu\u2019à leurs filles à exprimer leurs émotions et à prêter attention à leur santé mentale ; et surtout, les hommes doivent se responsabiliser en prenant acte du fait qu\u2019ils ne peuvent pas tout régler par eux-mêmes et qu\u2019ils ne doivent en aucun cas rester isolés avec leurs difficultés.Le service Info-Social étant offert 365 jours sur 365, cette démarche individuelle peut se mettre en œuvre par un simple appel au 811 afin de bénéficier de l\u2019écoute et de conseils d\u2019intervenants psychosociaux.On ne le répétera jamais assez, s\u2019aider soi-même commence lorsqu\u2019on reconnaît avoir besoin des autres.Pour prévenir la violence, les hommes doivent s\u2019occuper de leur santé mentale FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET nonce le dogmatisme de nos marxistes des années 70, ou celui « qui nous assène aujourd\u2019hui que la langue française est sexiste ou raciste par essence ».J\u2019ai senti qu\u2019il était tenté d\u2019ajouter à sa liste, le dogmatisme d\u2019un certain féminisme.Je vous en prie, chère Madame, corrigez cet autre baudet dont les chroniques suintent le machisme.Richard Lussier Québec, le 15 septembre 2017 POLITIQUE CULTURELLE Ottawa veut cautionner l\u2019injustice L BRIAN MYLES La fondation de Montréal et les autochtones En septembre 2017, le maire de Montréal, Denis Coderre, décide d\u2019introduire dans les armoiries de Montréal, outre les quatre symboles floraux des « peuples fondateurs » (français, anglais, irlandais et écossais) un symbole autochtone en plein centre (le pin blanc).Cela doit marquer l\u2019apport autochtone à la fondation de Montréal en cette année de 375e anniversaire de la fondation de la ville.Je n\u2019ai rien contre, mais il faut quand même relativiser l\u2019apport autochtone à la fondation de Montréal.Je donne des faits relatés dans tous les manuels d\u2019histoire ordinaires : par exemple, en 1645, Montréal est assiégé par les Iroquois et, selon l\u2019historien Léo-Paul Desrosiers, « les habitants de Montréal, du fort Richelieu et des Trois-Rivières sont réduits à vivre dans les postes à l\u2019intérieur des palissades.» En ces années-là, selon Jeanne-Mance, « l\u2019Hôpital de Montréal est abandonné et transformé en ouvrage de défense avec garnison.[\u2026] Tout le monde était aux abois.On ne parlait que de quitter le pays, avec une grande peine et une angoisse de l\u2019esprit.» Le chef de la garnison de Montréal, Dollier de Casson, écrit : «Les Iroquois commencèrent tout de bon à nous attaquer, mais avec une telle opiniâtreté qu\u2019à peine nous laissaient-ils quelques jours sans alarmes.» En 1652, 18 Français furent tués au Long-Sault.Le massacre de Lachine est connu et des dizaines d\u2019embuscades meurtrières sont relatées dans les documents d\u2019époque.Autre exemple : en 1644, 200 Iroquois entourent le fort de la ville \u2014 alors village \u2014, mais le gouverneur et ses hommes réunissent à repousser l\u2019attaque.En fait, selon le « Canada- Québec synthèse historique», de Vaugeois- Lacoursière-Provencher, « le dixième de la population de la Nouvelle-France sera tué» dans ces guerres entre autochtones et Français, qui dureront près de 25 ans (1641-1666), avec Ville-Marie au premier rang de l\u2019enjeu.Bien sûr, ce sont de vieilles histoires, mais de là à célébrer l\u2019apport autochtone à la fondation de Montréal, il y a une marge de crédibilité : en fait, tous les documents et témoignages concordent sur un point : les Iroquois voulaient détruire Ville-Marie et ils passèrent à deux doigts d\u2019y parvenir.Je comprends que, ces temps-ci, le maire Coderre est dans un délire multiculturel, mais comme contribution à la fondation de Montréal, on repassera.Michel Lemieux Québec, le 17 septembre 2017 L E D E V O I R , L E M A R D I 1 9 S E P T E M B R E 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).S ans les politiques culturelles mises en place par les autorités canadiennes, les séries télévisées que nous chérissons tant et que nous célébrons chaque année au Gala des Gémeaux n\u2019existeraient pas.Mais la transposition de ces politiques culturelles aux environnements numériques se fait attendre.Persister à étiqueter ces politiques comme une « taxe » (la taxe Netflix) contribue à obscurcir le débat.De tout temps, les autorités canadiennes ont eu à cœur de mettre en place des politiques destinées à procurer un espace de viabilité à nos productions nationales.La proximité du marché américain capable de générer des offres d\u2019émissions déjà financées sur le marché intérieur à des conditions qui rendent difficile la production d\u2019émissions canadiennes équivalentes a constamment marqué les politiques culturelles canadiennes.Il y a près de deux décennies que la numérisation transforme les industries médiatiques.La place prise par Internet dans la consommation des nouvelles, des œuvres musicales et des dramatiques comme les téléromans et les séries de fiction engendre un déplacement des dollars que chacun de nous dépense pour s\u2019informer et se divertir.Ces mutations font en sorte que les sommes que l\u2019ensemble des Canadiens dépensent pour leur information sont de plus en plus canalisées dans les plateformes qui ne contribuent que marginalement à la production d\u2019œuvres mus icales et dramat iques canad iennes .L\u2019exemple de Netflix vient aisément à l\u2019esprit puisqu\u2019il est bien connu qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une entreprise qui, à la différence des distributeurs traditionnels, comme Bell, Cogeco ou Vidéotron, ne contribue pas aux fonds destinés à assurer la création d\u2019œuvres dramatiques canadiennes.Même les sommes dépensées par les gouvernements avec nos taxes pour de la publicité sur Google ou Facebook ne sont pas réinvesties dans la production d\u2019œuvres reflétant la créativité d\u2019ici.Il y a bel et bien une constante dans l\u2019histoire des politiques culturelles canadiennes.Depuis l\u2019avènement de la radio au début du XXe siècle, puis de la télévision, puis de la télédistribution à la fin du siècle dernier, le Canada a innové par des politiques destinées à assurer l\u2019existence et la viabilité de productions canadiennes originales.Et tout cela en assurant l\u2019accès à un maximum de productions venues du monde entier.C\u2019est ce qui nous permet de bénéficier d\u2019un vaste choix de contenus émanant de partout.C\u2019est pourquoi présenter les revendications afin d\u2019adapter les politiques culturelles canadiennes de manière à garantir que les dollars que nous dépensons retournent dans la production d\u2019ici comme une prétendue « taxe » procède au mieux de la désinformation.Les réglementations appliquées à ce jour aux entreprises qui tirent des revenus de la consommation que les Canadiens font des œuvres musicales, dramatiques ou des informations et nouvelles ne sont pas des taxes.Ce sont plutôt des obligations réglementaires destinées à faire en sorte que le public canadien puisse bénéficier d\u2019un véritable choix.C\u2019est la contre- par tie à payer par ces entreprises qui font usage de ressources appartenant à l\u2019ensemble des Canadiens.Sans investissements conséquents dans la production d\u2019œuvres musicales, de séries télévisées et Web ou de médias d\u2019information opérant selon des standards élevés de rigueur, nous sommes à la merci des multinationales capables de percevoir des revenus sans être obligées de réinvestir dans la créativité canadienne.Or, la plupart des plateformes Web ne pourraient fonctionner sans avoir accès à des ressources qui sont communes à chacun d\u2019entre nous.Par exemple, les modèles d\u2019affaires de Google, Facebook ou Netflix reposent sur la valorisation d\u2019une précieuse matière première que chacun de nous produit : les données générées par notre activité en ligne.Tous les internautes génèrent des données du seul fait de leurs comportements sur le réseau.Agglomérées, ces données massives procurent ce qu\u2019il faut pour commercialiser de la publicité fondée sur l\u2019attention des in- ternautes et créer ainsi de la valeur.Actuellement, cette valeur n\u2019est pas réinvestie dans les productions canadiennes.De tout temps, les autorités canadiennes ont su exiger que l\u2019accès aux ressources publiques nécessaires pour distribuer des contenus culturels s\u2019accompagne de l\u2019obligation de contribuer au financement de la production canadienne.Il est plus que temps pour les décideurs publics fédéraux et provinciaux de déployer des politiques qui transposent à l\u2019univers numérique les principes fondamentaux qui ont à ce jour permis de disposer de la possibilité d\u2019écouter, de lire, de voir des œuvres issues de la créativité canadienne.Voilà ce dont il est question lorsque des acteurs du milieu culturel appuyés par le ministre québécois de la Culture demandent des actions concrètes afin d\u2019assurer la mise à niveau de nos politiques culturelles.La « taxe » de la désinformation PIERRE TRUDEL P I E R - A N D R É B O U C H A R D S T - A M A N T Professeur à l\u2019École nationale d\u2019administration publique (ENAP) ttawa confirmait récemment son intention de ne pas taxer les services en ligne tels que Netflix.Plusieurs ont souligné l \u2019iniquité de cette décision, montrant par exemple que des services similaires alternatifs sont taxés pour leurs services.D\u2019autres ont man i - festé leur inquiétude à la place qu\u2019on accordait à ces nouveaux géants de d istr ibut ion de contenu, soulignant une occasion manquée de financer la production de contenu culturel en ligne.Que penser de ces débats ?Les taxes influent sur les comportements.L\u2019augmentation d\u2019une taxe sur un produit induit les consommateurs à changer leurs achats, en raison du prix final plus élevé.Plus la capacité de substitution pour un produit similaire est forte, moins la taxe sera efficace à prélever des revenus.Inversement, une taxe qui cherche à prélever des revenus sera d\u2019autant plus efficace si elle incorpore les produits visés et les produits substituts.Sur cette base, Netflix devrait être taxé au même titre que Tou.tv ou d\u2019autres distributeurs de contenu culturel.La taxe introduirait une diminution de la demande de services en ligne, en raison du prix plus élevé.Mais parce que l\u2019assiette fiscale inclurait l\u2019ensemble des produits substituts, l\u2019impact sur les comportements serait minimisé.Il existe cependant une dif ficulté supplémentaire à la taxation de Netflix : la compagnie n\u2019a aucune obligation d\u2019appliquer une loi canadienne alors qu\u2019elle en sol américain.Les limites du législateur induisent ici un effet indésirable limitant l\u2019application de la taxe aux substituts : Tou.tv écope.Éviter\u2026 l\u2019évitement fiscal Une première approche étendrait la portée du législateur.Il faudrait un traité international étendant (réciproquement) le pouvoir de taxation là où les services sont consommés.C\u2019est la volonté de l\u2019OCDE.Pour obtenir un accord au Canada, les États- Un is devra ient à la fo is taxer la consommation au fédéral et privilégier l\u2019équité fiscale davantage que l\u2019intérêt des compagnies américaines.Cet intérêt ne semble pas une priorité du gouvernement fédéral américain.Une deuxième approche consisterait à taxer ces produits par l\u2019entremise des intermédiaires financiers : l\u2019essentiel des transactions se faisant par carte de crédit, le gouvernement pourrait demander aux banques d\u2019appliquer la taxe à même les transactions par car te.Le consommateur payerait alors davantage que le prix qui lui est proposé, ce qui causerait confusion et frustration.Il chercherait aussi des moyens alternatifs de paiement qui lui permettraient d\u2019éviter la taxe, en utilisant PayPal, par exemple.Une troisième approche, celle qui me semble la plus prometteuse, consiste à taxer indirectement ce qu\u2019on ne peut taxer directement.Elle implique deux changements importants.Dans un premier temps, l\u2019ensemble des produits culturels et d\u2019information partagés en ligne seraient détaxés.Netflix et Tou.tv seraient à nouveau sur un pied d\u2019égalité.Dans un deuxième temps, le législateur introduirait une surtaxe à l\u2019ensemble des forfaits donnant accès à Internet.La perte provenant de la détaxation des produits culturels et d\u2019information serait récupérée sur les for faits.Ce faisant, on taxe indirectement tout produit culturel et parce qu\u2019on applique la taxe à l\u2019ensemble des for faits, l\u2019évitement fiscal est minimisé.Bonus : on n\u2019a aucunement besoin d\u2019un accord avec les Américains pour mettre cette mesure en place ! Une objection centrale à cette approche est qu\u2019elle taxe indirectement le consommateur d\u2019Internet qui n\u2019est pas consommateur de produits culturels et d\u2019information.Il y a cependant des motifs économiques à taxer l\u2019ensemble.Les produits culturels et d\u2019information sont partagés à plus d\u2019une reprise sur Internet, sans possibilité que les producteurs puissent facturer ces partages additionnels.Les revenus publicitaires de producteurs chutent.En partie à cause du phénomène, la production de contenu écope.Taxer cette valeur de partage permet justement de compenser les revenus perdus.Sur le plan pratique, taxer les fournisseurs a aussi l\u2019avantage d\u2019être simple et facilement observable.La capacité du gouvernement à observer les transactions est un élément fondamental de l\u2019application d\u2019une taxe.La réforme Morneau nous rappelle qu\u2019uniformiser une taxe ou un impôt n\u2019est jamais populaire.Du moment qu\u2019une frange de l\u2019électorat voit sa facture augmenter, le législateur devient la cible de pressions.Mais du moment qu\u2019on souhaite financer les services publics, une discussion sur la taxation devient cependant nécessaire.Alors, aussi bien taxer de manière la plus équitable et la plus efficace possible.Ainsi, on évite les disparités de traitement, et la taxe n\u2019est pas indûment élevée en raison de ceux qui l\u2019évitent.Devrait-on taxer Netflix ?N I C O L A S L E D É V É D E C L\u2019auteur est professeur adjoint au Département de management de HEC Montréal.Il a publié La société de l\u2019amélioration.La perfectibilité humaine des Lumières au transhumanisme (Liber, 2015).é à la fin des années 1980 au cœur de la Silicon Valley, en Californie, le mouvement transhumaniste n\u2019a cessé depuis d\u2019essaimer et de gagner en notoriété en Europe et en Amérique du Nord.Loin d\u2019être homogène, le mouvement regroupe aujourd\u2019hui une diversité d\u2019acteurs, notamment des ingénieurs, des philosophes, des bioéthiciens, des entrepreneurs ainsi que de nombreux membres de la société civile, dont plusieurs occupent d\u2019importantes positions de pouvoir.Si le mouvement compte plusieurs tendances idéologiques qui ne se recoupent pas toutes, ses d i f férents membres par tagent néanmoins un même optimisme quant à la capacité d\u2019améliorer l\u2019être humain et ses performances grâce aux avancées techno-scienti- fiques et biomédicales.Créée en 1998 à l\u2019initiative des philosophes Nick Bostrom et David Pearce, Humanity + (anciennement la World Transhumanist Association) constitue à ce jour la plus importante association transhuma- n iste avec près de 6000 membres revendiqués.Parmi ceux-ci figure le philosophe et bioéthicien d\u2019origine australienne Jul ian Savulescu, qu i enseigne à l\u2019Université d\u2019Oxford et qu i est l \u2019un des éd i teurs du renommé Journal of Medical Ethics.D iplômé de la London School of Economics, le philosophe d\u2019origine suédoise Nick Bostrom enseigne également à l\u2019Université d\u2019Oxford et dirige l\u2019influent Future of Human ity Inst itute .Autre f igure phare du transhumanisme, le sociologue et bioéthicien américain James Hughes, qui est professeur au Trinity College de Londres et dirige par ailleurs l\u2019Institute for Ethics and Emerging Technologies, qu\u2019il a cofondé avec Nick Bostrom.La force du mouvement est aussi de fédérer des figures médiatiques qui, sans être directement af filiées au mouvement, n\u2019en défendent pas moins ses idéaux avec vigueur.Le cas de l\u2019ingénieur et futurologue Ray Kurzweil est emblématique.Fervent défenseur de la thèse de la Singularité technologique, Kurzweil est conseiller stratégique auprès de l\u2019armée américaine et, depuis 2012, de la firme Google sur les questions de « l\u2019augmentation humaine ».Il est également le fondateur, avec le physicien Peter Diamandis, de la célèbre Université de la Singularité, qui vise à sensibiliser et à former les leaders du monde économique aux idéaux de l\u2019humain augmenté.À travers ces figures de proue du transhu- manisme, le mouvement recouvre un vaste réseau d\u2019associations, de think tanks, de fondations et d\u2019instituts, qui s\u2019est considérablement développé ces dernières années.Plusieurs associations nationales ont notamment vu le jour dans l\u2019optique de défendre et de diffuser localement les idéaux transhumanistes.En France, l\u2019Association française transhuma- niste (AFT) Technoprog fut ainsi of ficielle- ment créée en 2010.L\u2019AFT se revendique d\u2019un transhumanisme progressiste, soucieux de marier progrès technique et progrès social.Plusieurs par tis politiques transhuma- nistes ont également émergé ces dernières années aux États-Unis, en Angleterre et, plus récemment, en Allemagne.L\u2019écrivain et philosophe américain Zoltan Istvan fonde le Parti transhumaniste en 2014.Sillonnant les routes des États-Unis à bord du « bus de l\u2019immortalité », Istvan s\u2019est présenté à l\u2019élection présidentielle américaine de 2016 avec pour but principal de vulgariser les idéaux transhuma- nistes auprès de la population américaine.Le transhumanisme constitue finalement une véritable économie de l\u2019espoir autour de laquel le grav i tent les plus impor tantes firmes économiques telles que Google ou PayPal ainsi qu\u2019une multitude de start-ups.À travers ses investissements importants dans les sciences du vivant, Google apparaît en effet ces dernières années comme l\u2019un des plus puissants fers de lance du transhuma- nisme.Ses fondateurs, Sergey Brin et Larry Page, militent ouvertement en faveur d\u2019une augmentation techno-scientifique de l\u2019être humain et orientent les activités du groupe en ce sens (le complexe Alphabet regroupe notamment l\u2019ensemble des activités de Google qui ne concernent pas directement les ser vices liés à Internet).Fondée le 18 septembre 2013, la filiale Calico (California Life Company) consacre dans cette perspective ses recherches à la lutte contre le vieillissement et la mort, tandis que, de son côté, la société 23andMe propose à ses clients un sé- quençage génétique personnalisé afin de prévenir d\u2019éventuelles pathologies.Autre figure économique importante du transhuma- nisme : Elon Musk, entrepreneur et p.-d.g.des entreprises SpaceX et Tesla Motors.Fervent défenseur des idéaux transhumanistes, Musk fonde, en 2016, la star t-up Neuralink avec pour objectif af fiché de fusionner le cerveau humain et l\u2019intelligence artificielle.Le transhumanisme nourrit ainsi, en définitive, tout un biocapitalisme de l\u2019amélioration et de la spéculation qui constitue une composante centrale du mouvement.Des commentaires ou des suggestions pour des Idées en revues?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.Les grands acteurs du transhumanisme Netflix devrait être taxé au même titre que Tou.tv ou d\u2019autres distributeurs de contenu culturel DES IDÉES EN REVUES Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons un texte paru dans la revue Relations, septembre-octobre 2017, no 792.BRENDAN SMIALOWSKI AGENCE FRANCE-PRESSE Fervent défenseur des idéaux transhumanistes, Elon Musk a fondé, en 2016, la start-up Neuralink avec pour objectif af fiché de fusionner le cerveau humain et l\u2019intelligence artificielle.N O Ce mouvement constitue une véritable économie de l\u2019espoir L E D E V O I R , L E M A R D I 1 9 S E P T E M B R E 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Rectificatif Dans l\u2019article intitulé L\u2019office de la langue française ouvre la porte aux anglicismes de l\u2019édition du 18 septembre, il est indiqué que Jacques Maurais est coordonnateur de la recherche et de l\u2019évaluation au sein de l\u2019OQLF.Or, celui-ci est aujourd\u2019hui retraité de ces fonctions.fait refuser une prescription de contraceptifs oraux, sous prétexte que « les lesbiennes n\u2019en ont pas besoin » ou qu\u2019elle devrait privilégier carrément la stérilisation « puisque les lesbiennes ne veulent pas d\u2019enfants ».Hypermédicalisation, épisiotomie systématique, pression pour faire accepter l\u2019anesthésie péridurale, les violences obstétricales font aussi couler beaucoup d\u2019encre ici et ailleurs.Il ne s\u2019agit encore une fois pas d\u2019accuser les médecins de sciemment vouloir faire mal aux patientes, mais plutôt de remettre en question la brutalité de certains actes médicaux.Leur utilité aussi dans certains cas, comme celui du toucher vaginal, qui, contrairement au frottis, ne permet que « rarement de détecter des maladies graves », écrivait notamment l\u2019American College of Physicians (ACP) en 2014.Racines racistes et misogynes Et de mettre des mots sur le « malaise » parfois ressenti en consultation.« On a tous des préjugés et les gens en médecine ne sont pas des exceptions.Le praticien peut nous poser des questions, démontrer une attitude d\u2019ouverture, écouter.[Mais c\u2019est] comme si, puisqu\u2019il est le \u201cspécialiste\u201d, il est toujours plus en mesure de parler de notre corps que nous-mêmes», poursuit-elle.La tradition médicale de contrôle du corps des femmes n\u2019est pas des plus reluisantes, ajoute-t- elle, prenant pour exemple l\u2019américain J.Marion Sims.On lui doit notamment l\u2019une des versions modernes du spéculum et plusieurs avancées sur la chirurgie vaginale.C\u2019est son éthique médicale qui est beaucoup plus sujette à controverse, devenue l\u2019emblème malheureux des progrès médicaux réalisés aux dépens d\u2019une population vulnérable, dans une approche déshumanisante.Pratiquant autour de la moitié du 19e siècle, celui qu\u2019on baptise parfois le «père de la gynécologie » a utilisé des esclaves comme sujets d\u2019expérimentation, les opérant sans anesthésie et à répétition, et parfois dans le cadre de démonstrations dans des amphithéâtres.Après avoir perfectionné ses techniques sur des femmes noires, au prix de leur souffrance, le Dr Sims transférait ses techniques sur des femmes blanches.M.Sims est mor t et enterré depuis longtemps, mais son histoire démontre que la gynécologie est en partie «enracinée dans l\u2019esclavage et la domination du corps des femmes», synthétise Charli Lessard.Il est temps qu\u2019une information plus éclairée soit partagée avec les patientes, dit-elle.Enfin, pour celles qui auront réussi à obtenir une place chez un gynécologue ! « Mais ça, c\u2019est un autre problème », conclut-elle.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 FÉMINISME en cascade » expliquait-il au Devoir depuis le Centre national de recherche scientifique d\u2019Orléans en France, avant son départ pour Ottawa.«Si l\u2019on supprime la nourriture ou une partie de la nourriture à des prédateurs, comme les poissons, les batraciens ou les oiseaux, on les détruit aussi», souligne le scientifique.Des intoxications aiguës, un effet plus direct, ont aussi été observées chez des petits prédateurs ayant mangé des proies contaminées ou ingéré des semences traitées avec ces produits.M.Bonmatin ne cache pas être alarmé par ce constat renforcé : « C\u2019est hélas à mettre dans la perspective de la sixième extinction des espèces qui se produit à grande vitesse sur la planète.L\u2019homme, quand il détruit la biodiversité, en général détruit les espèces dites \u201csupérieures\u201d, comme les rhinocéros ou d\u2019autres mammifères.Les pesticides détruisent la base de la chaîne alimentaire, les fondations mêmes de la biodiversité sur terre.» Les néonicotinoïdes ont aussi des effets sur l\u2019humain, notamment reconnus par l\u2019Autorité européenne de sécurité des aliments.La liste de ses effets commence à s\u2019allonger, explique M.Bonmatin : cancérogènes, perturbateurs endocriniens, liés au spectre de l\u2019autisme.«À part les venins foudroyants de certains animaux, ils présentent des niveaux de toxicité jamais égalés.Ils sont plus de 5000 fois plus toxiques que ne l\u2019était le DDT dans les années 1970, par exemple.Comment pouvez-vous imaginer que, s\u2019ils tuent tous les invertébrés, ils soient inof fensifs pour l\u2019humain?», demande l\u2019écotoxicologue.Implications locales Le choix du Canada pour présenter cette étude n\u2019est pas anodin pour le Groupe de travail sur les pesticides systémiques.« Porter ce message en Amérique du Nord se veut une forme d\u2019encouragement, pour influer sur ce qui se passe.Et le Canada a le potentiel d\u2019être un bon élève sur le continent», dit-il.Cette catégorie de pesticides a été détectée à grande échelle dans l\u2019environnement partout dans le monde, et notablement au Canada.Sa présence est généralisée dans les rivières des zones agricoles du Québec depuis au moins 2011.En 2015 et 2016, des néonicotinoïdes ont été détectés dans 100% des échantillons prélevés, a indiqué au Devoir le ministère du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC).Les taux observés dans les rivi- vières en milieu agricole dépassent les normes dans une forte proportion.Un échantillon affichait même une concentration de 4,5µg/l, soit plusieurs dizaines de fois le maximum à partir duquel l\u2019on considère la vie aquatique menacée.Au Québec, presque toutes les semences de maïs et environ la moitié des semences de soya sont traitées depuis 2008 avec les insecticides de type néonicotinoïdes, selon l\u2019Ordre des agronomes du Québec.Objections Des semences qui représentent 85 % des volumes de grains totaux vendus dans la province, un marché de 1,1 milliard de dollars, évaluent les Producteurs de grains du Québec (PGQ).L\u2019association désapprouve les nouvelles restrictions prévues par Québec, dans une réglementation qui doit être adoptée cet automne.L\u2019usage prophylactique, c\u2019est-à-dire de manière préventive au moment du semis, est injustifié et ne devrait plus être permis, selon M.Bon- matin : « Est-ce que je vais prendre des antibiotiques tout l\u2019hiver au cas où je vais attraper une grippe?» Tout comme les médicaments les plus toxiques ne sont administrés qu\u2019en dernier recours, les néonicotinoïdes pourraient n\u2019être prescrits que lorsque les autres solutions ont échoué, devant une «peste» réelle et confirmée.Producteurs de grains du Québec craint une baisse de rendement des cultures, af firmant que le gouvernement sous-estime les impacts économiques de la réglementation à venir, évalués à 8,5 millions de dollars pour le moment.Dans un communiqué, ils af firment que « le projet de réglementation est soutenu par des bases scientifiques trop faibles », en objectant par exemple que l\u2019interdiction de ces pesticides s\u2019est traduite par une utilisation accrue d\u2019autres pesticides en certains endroits et par des coûts de remplacement plus élevés.Un recul de la production qui est loin d\u2019être prouvé aux yeux de M.Bonmatin.Il invite surtout à considérer des solutions de rechange qui ont fait leurs preuves.La « lutte intégrée » contre les organismes nuisibles est à privilégier, un mélange de mesures biotechnolo- giques, chimiques et physiques.Un rapport présenté en mars au Conseil des droits de l\u2019homme des Nations unies déboulonnait le mythe de la nécessité des pesticides, en accusant la puissante industrie de commercialisation de nier systématiquement les risques pour la santé humaine pour l\u2019environnement.Le Fonds mondial pour la nature (WWF) avertissait quant à lui la semaine dernière que plus de la moitié des espèces canadiennes sont menacées.La population de plus de 50 % des 903 espèces d\u2019oiseaux, de poissons, de mammifères, de reptiles et d\u2019amphibiens s\u2019est effondrée au cours des 40 dernières années, affirme le WWF.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 PESTICIDES d\u2019un enjeu parmi beaucoup d\u2019autres, tous défendus par un séduisant trio d\u2019acteurs encore peu connus : Pio Marmaï, Ana Girardot, François Civil.«Mais je peux vous parier que ces trois-là vont devenir des stars», affirme avec aplomb le cinéaste sur la terrasse d\u2019un hôtel du Vieux-Montréal.Il est de notoriété publique que le cinéaste a la bougeotte \u2014 il a tourné à Barcelone, Londres, New York, Saint-Pétersbourg, etc.Même chose pour ses personnages, dont Jean (Marmaï), parti faire le tour du monde pour fuir un père autoritaire et un métier, vigneron, qui ne lui disait rien.Dix ans plus tard, le voilà qui surgit sans prévenir, voulant revoir son père à l\u2019agonie, une apparition qui déconcerte sa sœur, Juliette (Girardot) et son frère cadet, Jérémie (Civil).Eux sont restés en Bourgogne, dans ce vignoble qui les a vus grandir, et dont ils prennent soin à leur tour.Les retrouvailles se déroulent dans un mélange de joie, de rancœur, avec quelques fantômes dans les placards\u2026 ou jusqu\u2019en Australie! Ce lieu magnifique apparaît dans toute sa fragilité, que Cédric Klapisch a abordée comme la métaphore d\u2019une France à la fois immuable et en perpétuelle transformation.Lors de l\u2019euphorique festin des récoltes, une scène à l\u2019ivresse contagieuse, Jean n\u2019est pas insensible aux charmes d\u2019une séduisante Bretonne\u2026 à la peau noire.« On me parle beaucoup de cette scène», admet le cinéaste d\u2019un air amusé.«C\u2019est d\u2019abord un film sur l\u2019identité française, et le vin fait partie de cette identité.Je parle bien sûr de la France profonde, mais surtout du fait que cette France a beaucoup changé, et qu\u2019elle n\u2019appartient pas qu\u2019au Front national.La Bourgogne, c\u2019est une région très cosmopolite, et on y vient de partout pour découvrir l\u2019art de vivre français.» Cette célébration en quatre saisons, tournée pendant 12 semaines, mais étalée sur une année, piquera sans doute la curiosité pour l\u2019aventure des vendanges, à l\u2019image de ceux et celles qui se sont rués à Barcelone, ou inscrits au programme d\u2019échange pour étudiants ERASMUS, après L\u2019auberge espagnole.«Mon fils de 19 ans a décidé de faire les vendanges après avoir vu le film.La vie moderne nous pousse beaucoup dans les villes, mais l\u2019agriculture, le vin, les vignes, ça peut être branché\u2026 et festif ! Tant mieux si ça donne le goût aux jeunes.» D\u2019ailleurs, les jeunes peuplent son cinéma depuis près de 30 ans, alors qu\u2019il affiche 55 ans au compteur.Se sent-il vieux devant eux ?« À un seul moment», tient-il à préciser.«Quand j\u2019ai fait Le péril jeune, j\u2019avais 30 ans, et Romain Duris, 19.Je me suis donc demandé si je devais arrêter de filmer des jeunes.Non! D\u2019accord, les styles musicaux et vestimentaires changent, mais beaucoup de choses ne bougent pas.Entre 20 ans et 30 ans, c\u2019est l\u2019âge de l\u2019énergie, et des possibles.Eux se disent : je peux changer ma vie.À mon âge, on se dit plutôt : je vais essayer d\u2019arranger les choses.» Ce n\u2019est donc pas étonnant si Retour en Bourgogne est aussi un film sur le temps qui passe, sur la patience devant une nature capricieuse, et la fabrication minutieuse du vin.« C\u2019est comme un film : ça ne se fait pas en deux jours.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 KLAPISCH M A R I E - L I S E R O U S S E A U Q uatre ans après la tragédie de Lac-Mégan- tic qui a coûté la vie à 47 personnes, « les conditions sont encore en place » pour qu\u2019un tel événement se reproduise, déplore la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic (CCOESF).De passage devant la Commission d\u2019examen sur la sécurité ferroviaire lundi, la coalition a déposé dans un mémoire ses recommandations pour éviter un nouveau drame.Au bout du fil, le porte-parole de la CCOESF, Robert Bellefleur, est catégorique : «On joue un peu avec le feu», dit-il.Selon lui, quatre facteurs de risques sont encore bien présents, malgré les mesures mises en place depuis la tragédie.D\u2019abord, il y a toujours cette « forte pente» entre le village de Nantes et la ville de Lac-Mégan- tic.Dans son mémoire, la coalition souligne qu\u2019un représentant du Bureau de la sécurité des transports du Canada considère cette section de rails comme « l\u2019une des plus à risque au Canada».Ensuite, la tristement célèbre « courbe de la mort », située en bas de la pente, a été reconstruite après la tragédie du 6 juillet 2013 avec une courbure horizontale à 8 degrés, alors que la précédente était à 4,25 degrés.« Il est évident qu\u2019un éventuel troisième train parti à la dérive en provenance de Nantes y déraillerait encore plus facilement que celui du 6 juillet 2013 », écrit la CCOESF.Troisième train, dit-elle, car un convoi à la dérive avait provoqué un accident ferroviaire en avril 1918, souligne M.Bellefleur.« Le train, parti de Nantes, était entré en collision avec un second convoi au même endroit.Ce n\u2019est pas un hasard à notre avis.» Le triage de wagons sur des voies de desserte en haut des pentes de Nantes et le transport de matières dangereuses, telles que le gaz propane et l\u2019acide sulfurique, constituent d\u2019autres facteurs de risque, avance la coalition.Les Méganticois inquiets « Il n\u2019y a pas de quoi rassurer les Méganticois », indique le mémoire.La peur est d\u2019ailleurs encore bien présente chez les résidents, atteste M.Bellefleur.Le porte-parole de la CCOESF souhaite que la Commission d\u2019examen sur la sécurité ferroviaire incite le ministère des Transpor ts à construire une voie de contournement dans les plus brefs délais.« Lac-Mégantic ne peut plus attendre.» La coalition déplore par ailleurs « la perte progressive de pouvoirs et de capacités d\u2019intervention de Transports Canada », qui s\u2019est faite au profit d'«une industrie qui s\u2019auto-régule ».C\u2019est pourquoi elle propose de restreindre les pouvoirs d\u2019autogestion des compagnies de chemins de fer et d\u2019augmenter ceux de réglementation de Transports Canada.Parmi les autres recommandations de la CCOESF, on trouve la mise en place de formations sur la sécurité ferroviaire par des organismes indépendants et l\u2019augmentation de l\u2019assurance responsabilité à 500 millions, actuellement établie à 75 millions, «un montant insuffisant considérant que la décontamination du cen- tre-ville de Lac-Mégantic approche le milliard de dollars », souligne Robert Bellefleur.La Commission d\u2019examen sur la sécurité ferroviaire a été mise sur pied au printemps dernier par le ministère fédéral des Transports et est chargée de réviser la Loi sur la sécurité ferroviaire.Elle doit soumettre ses recommandations en mai 2018.Le Devoir «Lac-Mégantic ne peut plus attendre » Nouveau plaidoyer pour la construction d\u2019une voie de contournement pour les trains Donnez-lui ses 10 % Plusieurs furent étonnés de voir le nom de Cédric Klapisch, bien installé dans le paysage du cinéma français, au générique de la série télévisée Dix pour cent (renommée au Québec Appelez mon agent, et disponible sur Tou.tv), une satire mordante et hilarante du milieu des agences d\u2019artistes, jonglant chaque jour avec des stars capricieuses et imprévisibles.Le cinéaste remercie plutôt sa chance.« Je me suis dit de façon prétentieuse : je n\u2019aimerais pas que quelqu\u2019un d\u2019autre le fasse», admet-il avec honnêteté.«Que l\u2019on soit réalisateur, scénariste, acteur, nous sommes un peu bizarres, et dingues, mais il y a quelque chose de fort dans notre métier.On se moque des acteurs dans la série, mais avec le bon dosage, et beaucoup de bienveillance.» Devant Nathalie Baye, Françoise Fabian, Isabelle Adjani, Line Renaud ou Julie Gayet, Klapisch tenait à faire découvrir de nouvelles têtes, dont celles qui tiennent les rênes de cette agence où un drame fait vite place à un autre.«Ça m\u2019apparaît important, comme dans mes films [lui qui a aussi révélé Catherine Frot dans Un air de famille, et Gilles Lellouche dans Ma part du gâteau], de montrer des gens qu\u2019on n\u2019a pas l\u2019habitude de voir.» Une stratégie payante qui devrait s\u2019appliquer plus souvent, en France comme ici.Retour en Bourgogne sera présenté le mardi 19 septembre à 21 h30 au Festival de cinéma de la ville de Québec, et en salles à partir du vendredi 29 septembre.DENIS CHARLET AGENCE FRANCE-PRESSE Un agriculteur épand des pesticides dans un champ pour protéger ses cultures."]
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