Le devoir, 28 août 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I I N o 1 9 4 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 8 A O Û T 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a L\u2019ADN, une nouvelle arme pour les pirates informatiques?Page A 5 Le Monde \u203a Caligula à Washington.Une chronique de François Brousseau.Page B 1 Avis légaux.B 6 Décès.B 2 Météo.A 4 Mots croisés.A 4 Petites annonces .B 2 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Les cyclistes, les autres victimes du mauvais état des routes du Québec Page B 5 M A N O N D U M A I S E ntrer dans les studios de Rodeo FX, c\u2019est avoir l\u2019impression de pénétrer dans l\u2019atmosphère feutrée d\u2019un atelier de moines copistes au Moyen Âge.Casque d\u2019écoute vissé sur les oreilles, yeux fixés sur son écran, chaque artiste œuvre en silence dans la pénombre.Tout semble si solennel qu\u2019on se surprend à marcher sur la pointe des pieds et à chuchoter afin de ne pas les déranger.Jetant quelques coups d\u2019œil discrets sur les moniteurs, on y aperçoit des créatures fabuleuses, des poursuites spectaculaires et des séquences explosives que l\u2019on découvrira dans toute leur splendeur sur petit ou grand écran au fil des prochains mois, voire des années.De fait, qu\u2019ils soient discrets ou éblouissants, il en faut du temps pour créer des effets spéciaux.Pour trente minutes à l\u2019écran dans Valérian et la cité des mille planètes, cent cinquante artistes de Rodeo FX ont travaillé durant dix-huit mois.« Souvent, quand on est appelés pour des projets, le tournage des séquences est déjà com- CINÉMA Rodeo FX : travailleurs de l\u2019ombre GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Franc?ois Dumoulin et Olivier Martin sont respectivement superviseur VFX et directeur artistique chez Rodeo FX.VOIR PAGE A 8 : RODEO FX H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire L e débat sur la laïcité a pris les devants de la course au leadership du NPD.Alors que le candidat sikh Jagmeet Singh s\u2019est prononcé contre la loi 62 de Québec sur la prestation et la réception de services publics à visage découvert, son adversaire Guy Caron a livré un vibrant plaidoyer pour le respect du droit du Québec de légiférer en la matière.« Nous sommes devant un débat entre la neutralité religieuse de l\u2019État et la liberté de religion », a lancé M.Caron, le seul Québécois de la course, dans sa déclaration d\u2019ouverture du débat des candidats tenus à Montréal dimanche.« Comme pour la question nationale québécoise qui a laissé le NPD de côté pendant plus de 40 ans parce qu\u2019il n\u2019arrivait pas à concilier la réalité canadienne avec les aspirations québécoises, [\u2026] rejeter la laïcité parce qu\u2019on pense que c\u2019est juste du racisme, c\u2019est ne pas comprendre le Québec.» M.Singh s\u2019attendait sûrement à l\u2019attaque.Aussi a-t-il choisi d\u2019amorcer le débat en lançant qu\u2019il voulait convaincre les militants de la province qu\u2019il était aussi progressiste qu\u2019eux.« Je ne suis pas ici pour vous convaincre d\u2019accepter mon turban ou ma barbe.» Au cours d\u2019une entrevue avec le Huffington Post publiée samedi soir, M.Singh a déclaré qu\u2019il « [s]\u2019oppose à la loi 62.Cela contrevient aux liber tés individuelles et cela contrevient aussi à la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.» Selon lui, il faut reconnaître que cette loi « aura un ef fet disproportionné sur les gens de diverses croyances, en par ticulier sur les musulmans » et que « ce n\u2019est pas cool ».DÉBAT DE CHEFFERIE La laïcité s\u2019invite au NPD Les candidats Jagmeet Singh et Guy Caron s\u2019opposent sur la neutralité religieuse de l\u2019État MARK MULLIGAN/HOUSTON CHRONICLE/AP Aéroports fermés, routes transformées en rivières: sous les eaux et de plus en plus isolée, Houston, la plus grande métropole du Texas, subissait dimanche des inondations «sans précédent» causées par la tempête Harvey.Les prochains jours ne s\u2019annoncent guère mieux.S A R A H R .C H A M P A G N E L\u2019 ouragan Harvey a continué de déverser des pluies diluviennes dimanche sur le sud-est du Texas, même après avoir été rétrogradé au statut de « tempête tropicale » en touchant terre.Le bilan s\u2019alourdissait d\u2019heure en heure, au moins trois personnes ayant perdu la vie et des milliers étant sinistrées.«Pire que le pire scénario», titrait le Washington Post dimanche matin.Et ce n\u2019était pas qu\u2019une enflure médiatique: en matinée, le service météorologique fédéral avertissait que les conséquences de cet «événement sans précédent» s\u2019annoncent «au-delà de tout ce qu\u2019on a connu».Des « inondations catastrophiques » sont déjà en cours et devraient se poursuivre durant plusieurs jours, ajoutait sur Twitter le National Weather Service (NWS).Un hôpital public du comté de Harris a été évacué, et les patients emmenés dans des établissements à proximité.Les deux principaux aéroports de Houston ont été fermés, pendant que plus de 80 000 personnes étaient sans électricité.De samedi à dimanche, il est tombé en 24 heures plus de 600 mm de pluie sur une grande partie du sud-est du Texas.En comparaison, il tombe en moyenne moins de 800 mm de pluie en une année complète à Montréal.Certaines zones recevront 1200 mm, prévoit le NWS.Ces précipitations records ont inondé plusieurs villes.À Houston, quatrième ville du pays, les rideaux de pluie ont rendu la circulation périlleuse sur plus de 270 tronçons routiers selon l\u2019agence locale de transport.Les autorités demandaient en ligne de ne pas tenter d\u2019évacuer les endroits où les routes étaient OURAGAN HARVEY Déluge et dévastation au Texas VOIR PAGE A 8 : NPD VOIR PAGE A 8 : TEXAS Tobe Hooper, le réalisateur du ?lm culte Massacre à la tronçonneuse, n\u2019est plus Page B 8 Lire aussi \u203a Le nœud.Un éditorial de Manon Cornellier.Page A 6 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 8 A O Û T 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 L I A L É V E S Q U E M unie d\u2019un sondage qui démontre que tant le public que le personnel de l\u2019enseignement réclament, dans de fortes proportions, de meilleurs services aux enfants qui ont des difficultés d\u2019apprentissage, la CSQ presse Québec de cesser de faire des promesses et d\u2019agir véritablement et maintenant.Un sondage Crop réalisé pour la Centrale des syndicats du Québec, qui représente la majorité des enseignants du primaire et du secondaire, révèle en ef fet que seulement 34 % des citoyens interrogés jugent que le réseau scolaire public dispose des moyens suf fisants pour s\u2019occuper avec équité des élèves handicapés ou en difficulté d\u2019adaptation ou d\u2019apprentissage (HDAA).Et, à l\u2019inverse, 83 % estiment que le gouvernement doit investir davantage, tant dans le réseau scolaire que les services de garde, pour que ces élèves aient accès aux services dont ils ont besoin.De tels pourcentages démontrent que «le public a été largement sensibilisé» à cette cause du manque d\u2019accompagnement, de services d\u2019aide pour les élèves en difficulté, a estimé Louise Chabot, présidente de la CSQ, au cours d\u2019une entrevue avec La Presse canadienne.«Ce n\u2019est pas d\u2019hier qu\u2019on fait valoir, par l\u2019ensemble du personnel, ce besoin criant là de répondre aux besoins des élèves, d\u2019agir en amont.Je pense que la population a été à même de constater les bris de services », a commenté Mme Chabot.Le public « veut que le gouvernement agisse, qu\u2019il agisse vite et qu\u2019il donne les moyens » au réseau public de dispenser ces services, a soutenu la présidente de la CSQ.Le personnel Au sein du personnel de l\u2019enseignement, le diagnostic est encore plus éloquent : 88 % disent être témoins au quotidien d\u2019une insuffisance de services aux élèves en difficulté.De même, 86,5 % constatent que des élèves, dans leur école, sont en attente de services professionnels auxquels ils ont droit.« Il faut être capable de compter sur une équipe- école qui accompagne ces en- fants-là, et pas juste durant les heures de classe », a plaidé Mme Chabot.Lors de la présentation du der nier budget, en mars, Québec avait annoncé un ajout de 637 millions de dollars pour le préscolaire, le primaire et le secondaire.Également, il avait annoncé que dès le mois de septembre, il ajouterait 1500 personnes vouées à l\u2019aide directe aux élèves.Mme Chabot espère voir se concrétiser ces promesses dès la présente rentrée scolaire.Le sondage auprès de la population a été réalisé du 10 au 14 août ; 1000 questionnaires ont été remplis.Le volet du sondage auprès du personnel syndiqué à la CSQ a été réalisé du 22 juin au 15 juillet auprès de 2084 personnes (1343 enseignants, 333 professionnels et 408 employés de soutien).Comme il s\u2019agit d\u2019un sondage Web, la marge d\u2019erreur ne peut pas être calculée, parce que les personnes n\u2019ont pas été sélectionnées de façon aléatoire.La Presse canadienne SONDAGE La majorité des Québécois estiment insuffisante l\u2019aide aux élèves en difficulté C O L I N P E R K E L à Toronto L\u2019 ancien détenu de Guantánamo Omar Khadr retournera en cour cette semaine pour demander l\u2019annulation de ses conditions de libération afin de pouvoir avoir des contacts sans entraves avec sa sœur aînée, une plus grande liberté de mouvement au Canada et un accès illimité à Internet.Pour justifier sa requête, M.Khadr souligne que les conditions qui lui avaient été imposées il y a deux ans étaient nécessaires dans le cadre d\u2019un plan d\u2019intégration graduel après qu\u2019il eut passé 13 ans en prison aux États-Unis et au Canada.Il n\u2019y a eu aucun problème depuis sa libération, et les dif férentes restrictions ont été revues plusieurs fois \u2014 la dernière fois, c\u2019était en mai de l\u2019année dernière, a-t-il rappelé.En ce moment, M.Khadr peut seulement parler à sa sœur Zaynab si l\u2019un de ses avocats ou un surveillant de liberté est présent.Cette condition n\u2019est plus nécessaire, selon lui.Dans sa déclaration sous serment, l\u2019homme de 30 ans explique qu\u2019il est maintenant un adulte et qu\u2019il ne se laisserait pas « influencer négativement » par un membre de sa famille qui souhaiterait imposer ses opinions religieuses ou autres.Zaynab Khadr, une sœur controversée Zaynab Khadr, qui a récemment eu son quatrième enfant en Égypte selon les documents de cour consultés par La Presse canadienne, s\u2019était fait arrêter en Turquie l\u2019année dernière parce que son visa était expiré.Elle et son quatrième mari avaient ensuite emménagé en Malaisie, mais ils vivraient à présent au Soudan et prévoiraient visiter prochainement le Canada.« J\u2019aimerais pouvoir passer du temps avec elle et le reste de notre famille lorsqu\u2019elle sera ici.À ma connaissance, Zaynab n\u2019est pas impliquée dans des activités criminelles et elle est fréquemment en contact avec l\u2019ambassade canadienne pour s\u2019assurer que ses documents sont à jour », soutient Omar Khadr.Zaynab Khadr, âgée de 37 ans, est née à Ottawa.À un certain moment, il lui avait été impossible de se procurer un passeport parce qu\u2019elle avait signalé l\u2019avoir perdu à quelques reprises.La femme de 37 ans a aussi fait l\u2019objet d\u2019une enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), mais elle n\u2019avait fait face à aucune accusation.Son troisième mari, Joshua Boyle, est apparemment encore tenu en otage par les talibans avec sa femme américaine et ses enfants en Afghanistan.En 2008, Mme Khadr avait entamé une grève de la faim à la colline du Parlement pour défendre son frère qui était détenu à Guantánamo Bay.Il y a quelques années, elle et sa mère avaient provoqué la colère de plusieurs Canadiens en exprimant leurs opinions favorables au groupe al-Qaïda.Omar Khadr a dit à La Presse canadienne qu\u2019il ne jugeait pas bon de les dénoncer.« Je n\u2019excuse pas ce qu\u2019elles ont dit.Je ne justifie pas ce qu\u2019elles ont dit.Elles passaient à travers une période dif ficile, elles ont dit des choses parce qu\u2019elles étaient en colère et frustrées », avait-il affirmé.M.Khadr, qui s\u2019est récemment marié, dit qu\u2019il a été accepté dans un programme de sciences infirmières d\u2019un collège à Red Deer, en Alberta.Il prévoit quitter son appartement d\u2019Edmonton à la fin du mois de septembre pour se trouver un nouveau logis.Autre requête sur les déplacements et Internet Dans une autre requête qu\u2019un tribunal d\u2019Edmonton étudiera jeudi prochain, M.Khadr demande à mettre fin à une condition qui l\u2019oblige à informer son surveillant de libération de ses itinéraires de voyage en Alberta.Il voudrait aussi obtenir la permission de voyager à l\u2019extérieur de la province \u2014 lui demander de rester au Canada suffirait, selon le document.M.Khadr veut aussi que le tribunal lève les restrictions sur son accès aux ordinateurs et à Internet.En mai 2015, la juge de la Cour du banc de la reine en Alberta, June Ross, avait accordé la libération à M.Khadr en attendant l\u2019appel de sa condamnation par une commission militaire américaine.Les démarches de son appel aux États- Unis n\u2019ont pas avancé pour des circonstances indépendantes de sa volonté, et rien n\u2019a changé depuis sa libération, est-il écrit dans le document.M.Khadr s\u2019est retrouvé au cœur d\u2019une controverse politique le mois dernier alors que certains médias rapportaient que le gouvernement canadien lui avait versé une indemnisation de 10,5 millions.« Je veux devenir indépendant et mettre les affaires judiciaires derrière moi.Je suis un citoyen qui respecte les lois et je souhaite vivre libre de mes conditions », a-t-il écrit dans sa déclaration sous serment.En juillet 2002, des soldats américains avaient capturé Omar Khadr, âgé de 15 ans, alors qu\u2019il était gravement blessé après des combats féroces en Afghanistan qui ont mené à la mort d\u2019un soldat américain.M.Khadr a affirmé plus tard qu\u2019il avait plaidé coupable du meurtre du soldat parce que c\u2019était son seul moyen de quitter la prison américaine où il était détenu.Il est retourné au Canada en 2012 pour purger le reste de sa peine de huit ans.La Presse canadienne Khadr: «Je souhaite vivre libre de mes conditions » L\u2019ancien détenu de Guantánamo veut revoir sa soeur et bénéficier d\u2019une plus grande liberté de mouvement L e président américain, Donald Trump, récidive.Il a affirmé, dimanche, sur son compte Twitter, que les États- Unis devront peut-être mettre fin à la renégociation de l\u2019Accord de libre-échange nord- américain (ALENA).Donald Trump écrit que l\u2019ALENA est le « pire accord commercial jamais conclu », ajoutant que le Canada et le Mexique sont très intransigeants: «both are very difficult», selon les termes qu\u2019il a utilisés en anglais.La semaine dernière, le président américain avait clamé devant ses partisans réunis à Phoenix, en Arizona, qu\u2019il finirait « probablement » par résilier l\u2019ALENA « à un cer tain moment».Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a balayé du revers de la main les propos de M.Trump.«Ce que l\u2019on doit reconnaître, c\u2019est que les négociations progressent.Je ne vais pas réagir aux micromessages ou aux déclarations [du président Trump].Cela ne serait pas très productif», a-t-il déclaré à son arrivée à la rencontre annuelle entre les premiers ministres de l\u2019est du Canada et les gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre.M.Couillard a ajouté que tous les gouverneurs américains qu\u2019il a rencontrés souhaitaient un ALÉNA mis à jour et amélioré.«Quand on parle à des gouverneurs, quand les gens d\u2019af faires des deux pays se parlent entre eux, l\u2019ambiance est plutôt bonne et plutôt positive.Tout le monde reconnaît que le commerce international est bénéfique pour le Canada et les États-Unis.» La Presse canadienne L\u2019ALENA serait « le pire accord jamais conclu », selon Trump R O S S M A R O W I T S L e patron du détaillant établi au Québec Simons se sent conforté dans sa stratégie au moment de la conclusion de la première phase d\u2019une expansion de cinq ans et de 200 millions à l\u2019échelle du pays, alors même que des empires construits par des contemporains de Simons semblent s\u2019éroder autour de lui.Tandis que des chaînes comme Sears peinent à survivre à un secteur du détail changeant, l\u2019entreprise vieille de 177 ans gagne des par tisans parmi les millénaux et des consommateurs plus âgés cherchant quelque chose de différent tant sur Internet que dans son nombre croissant de magasins.« Je me sens vraiment bien à l\u2019égard de notre position actuelle », a dit le chef de la direction, Peter Simons, en entrevue depuis un second magasin Simons ouver t à Edmonton.Il s\u2019agit du 15e au pays, et du premier équipé de panneaux solaires sur le toit et dans le stationnement.Les racines de la chaîne au Québec et l\u2019attention por tée aux produits exclusifs, aux assortiments uniques et au design bien campé portent leurs fruits aussi ailleurs au Canada, a affirmé M.Simons.La chaîne à prix moyens n\u2019a pas cherché à étendre ses tentacules dans les cosmétiques, les électroménagers et les meubles, comme certains de ses rivaux.Cer tains obser vateurs se demandaient si l\u2019entreprise aurait les capacités financières suffisantes pour accomplir son expansion sans entrer en bourse, mais M.Simons a fait valoir que la structure privée avait permis à l\u2019entreprise de prendre des risques sans avoir à se justifier auprès d\u2019actionnaires chaque trimestre.« Nous sommes dans une période qui requiert une vision à long terme et des ajustements pour le long terme qui sont parfois douloureux à court terme, mais nécessaires.Cela est très dif ficile à accomplir dans la sphère publique», a-t-il ajouté.Le chef de la direction a souligné par ticulièrement le champ de panneaux solaires de 1,5 million, pour lequel il aurait été ardu d\u2019obtenir l\u2019approbation au sein d\u2019une entreprise cotée en Bourse s\u2019attardant principalement aux rendements sur les investissements.Le projet d\u2019économie d\u2019énergie sera intégré à son magasin du centre commercial des Galeries de la Capitale, à Québec, possiblement avant d\u2019être adopté ailleurs dans le réseau du détaillant.Les panneaux sont une illustration de l\u2019engagement de la chaîne à réduire son empreinte environnementale, a-t-il soutenu.Le détaillant Simons gagne des lauriers, car il n\u2019« a pas à se prosterner sur l\u2019autel des bénéfices à court terme », a aussi dit croire l\u2019analyste Randy Harris, de Trendex.« Il devient une puissance nationale», a affirmé M.Harris.L\u2019analyste estime que Simons constitue le 15e détaillant de vêtements en ligne en importance au Canada et le 12e détaillant au pays.Il a dit croire que Simons pourrait croître à terme à 22 ou 23 magasins au pays.M.Simons a affirmé que la prochaine phase d\u2019expansion ajoutera probablement trois ou quatre magasins à un moment donné.Le chef de la direction freine une stratégie de croissance énergique qui a vu l\u2019entreprise ajouter plus de 1500 employés au cours des cinq dernières années pour en arriver à 3500 membres du personnel.Il s\u2019attardera plutôt à moderniser des magasins et à faire avancer la construction d\u2019un entrepôt de robotique à la fine pointe de 150 millions \u2014 probablement à Québec \u2014 pour améliorer l\u2019efficacité de ses activités en ligne et en magasin.La Presse canadienne COMMERCE AU DÉTAIL Simons poursuit sa patiente expansion La chaîne de Québec ouvre son 15e magasin à Edmonton alors que des empires s\u2019érodent lentement ISTOCK Selon un sondage commandé par la CSQ, seulement 34 % des citoyens interrogés jugent que le réseau scolaire public dispose des moyens suffisants pour s\u2019occuper avec équité des élèves handicapés ou en dif ficulté d\u2019adaptation ou d\u2019apprentissage.Ce n\u2019est pas d\u2019hier qu\u2019on fait valoir, par l\u2019ensemble du personnel, ce besoin criant Louise Chabot, présidente de la CSQ « » L E D E V O I R , L E L U N D I 2 8 A O Û T 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 J eudi, je crois, j\u2019ai écouté Jeff Fillion.On m\u2019avait dit : « Écoute-le donc, il réussit à vomir des bêtises à propos de Réjean Ducharme.» Je vais vous faire un aveu : chaque fois que je l\u2019écoute, il me fait rire, ce Fillion.J\u2019ai l\u2019impression, à l\u2019écouter, de m\u2019offrir un retour dans le temps.Nous voici, par la magie des ondes, au beau milieu des années 1950, en compagnie de gens qui voient des communistes partout, qui s\u2019imaginent la société coupée en deux à cause d\u2019eux, et qui conçoivent en conséquence tout en noir et blanc.La publicité de l\u2019émission de Fillion indique en quelque sorte le haut niveau de sérieux de tout cela: «Fil- lion le midi, toujours là pour vous détendre.» Dans ce registre, Jeff Fillion est absolument fameux, même si on sent de plus en plus que ses meilleures années sont derrière lui et qu\u2019il force désormais la note pour faire croire qu\u2019il reste dans le ton.Il me fait un peu penser au frère de Léolo, dans ce film inspiré de l\u2019œuvre de Réjean Du- charme.Le cinéaste Jean-Claude Lauzon y proposait un portrait du frère du petit Léolo en adepte du culturisme.Ce garçon apparaît si musclé qu\u2019il semble dominer un monde écrasé autour de lui.Mais ce n\u2019est qu\u2019une façade.À la première vexation, il s\u2019écrase.Lauzon montre de la sorte qu\u2019on ne devient guère plus fort seul, en se murant dans un château d\u2019apparences.L\u2019œuvre de Ducharme est inconnue à Filion?Voici donc notre brave qui fond sur place et se sent agressé, au point de se planquer derrière « un sondage » improvisé qui lui indique que, tout comme lui, ses fidèles ne connaissent pas Ducharme.En d\u2019autres termes, il se regarde dans un miroir pour se rassurer de l\u2019image qu\u2019il se fait du monde.«Ducharme, c\u2019est peut-être un génie, j\u2019dis pas, mais moé, ça m\u2019intéresse pas, alors, faites-moé pas chier avec ça », dit et répète celui à qui on n\u2019a pourtant rien demandé.Il ne l\u2019a pas lu, mais la vie de l\u2019écrivain «était tellement bizarre », souligne-t-il.Tellement qu\u2019on pourrait bien se retrouver, plaide-t-il, devant un autre délinquant sexuel, une sorte de Claude Jutra ou de Roman Polanski\u2026 D\u2019ailleurs, pourquoi parler de Réjean Du- charme quand Jerry Lewis vient de mourir, de- mande-t-il ?Le premier ministre du Québec devrait tout simplement s\u2019empresser d\u2019évoquer la grandeur de Jerry Lewis.Tout en nous chantant un petit air de Dean Martin?Ce n\u2019est pas tout de connaître Ducharme, insiste Fillion.Quand il était petit, tient à nous expliquer ce comédien du quotidien, notre Jean-François Fillion écoutait Elvis, Led Zeppelin et d\u2019autres artistes américains.Comprenez, dit-il, que la culture sécrétée par sa société ne l\u2019intéressait absolument pas.Est-ce à dire qu\u2019il est sans culture?Mais non.Il pourrait d\u2019ailleurs, poursuit-il, nous parler de ces musiciens pendant des heures.À quand un spécial Led Zeppelin?Cela pourrait être intéressant.Jeff pourrait nous parler d\u2019Immigrant Song ou de Dazed and Confused.Entre tout ce dont il pourrait parler sérieusement, pourquoi d\u2019ailleurs choisit-il toujours de nous parler d\u2019un sujet qui manque de sérieux, c\u2019est-à-dire de lui?Qu\u2019on ne s\u2019y trompe pas, tient-il à préciser : « Il ne faut pas mélanger culture et connaissances.» J\u2019ai bien écouté.C\u2019est fou ce qu\u2019on apprend des choses en écoutant Jeff.Reste à savoir si c\u2019est au chapitre de la culture ou des connaissances que je gagne quelque chose en l\u2019écoutant.Ce n\u2019est pas bien clair.À son émission, l\u2019auditeur assiste à quelque chose qui tient constamment de la séance de thérapie.« Je ne suis pas Québécois », nous dit Fillion.Chez lui, les problèmes existentiels à la Elvis Gratton sont en apparence réglés en une simple pirouette pourtant tout aussi édifiante que les sorties abracadabrantes du premier.« Je suis Nord-Américain», conclut Fillion au détour d\u2019une tentative d\u2019autodéfinition.Il y a à l\u2019évidence une dissociation continuelle entre sa condition réelle et ce qu\u2019il souhaiterait être.Il est en ce sens on ne peut plus Québécois.Il me semble en effet qu\u2019il illustre à merveille cette figure du Québécois miné par un profond sentiment d\u2019infériorité.Chez Jeff Fil- lion, on nage en effet à grandes brassées dans les eaux froides d\u2019un vieux complexe.La crainte l\u2019avale.Tout l\u2019avale.Alors, il ne trouve qu\u2019à parler de lui, à nous parler de ses lubies.Parle-t-il de la gauche, du gouvernement, de l\u2019État ou d\u2019un écrivain, il ne trouve toujours qu\u2019à ef fleurer le sujet pour vite tout ramener à la seule profondeur de son nombril.On atteint ici un sommet de l\u2019aliénation psychologique et politique.Et c\u2019est bien pourquoi j\u2019adore Jef f Fillion.La dissociation entre son milieu, sa condition et celle des siens, est perçue comme allant de soi.L\u2019altération de l\u2019identité apparaît comme une norme à atteindre.Devant son petit micro, il se croit constamment au cœur d\u2019un gros ouragan alors qu\u2019il ne brasse tout au plus que des tempêtes dans un verre d\u2019eau.On dirait un enfant qui s\u2019ennuie de sa maman et qui s\u2019agite pour tromper son ennui, prisonnier d\u2019un corps de discours qu\u2019il contrôle mal et où tous les sujets se confondent continuellement.Jeff Fillion, c\u2019est bien l\u2019autre frère culturiste de Léolo, tout aussi terrorisé et mal assuré de son existence maigrelette, au point de devoir se construire un personnage qu\u2019il s\u2019efforce de regonfler sans cesse un peu, au risque d\u2019en voir éclater toujours davantage le ridicule.Pourquoi j\u2019adore Jeff Fillion M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec Q uébec solidaire (QS) se lance dans l\u2019année électorale qui s\u2019amorce en attaquant le Parti libéral sur son terrain de prédilection : l\u2019économie.Au terme du caucus de ses trois élus, réunis en Estrie pour la fin de semaine, le parti a mis en avant dimanche quatre propositions visant à « faire en sorte que cette richesse qui se produit au Québec soit renvoyée dans les poches de ceux et celles qui la créent», a résumé la députée Ma- non Massé.«Québec solidaire veut se positionner en faveur d\u2019une économie au service des gens, au service du monde.[\u2026] La réforme de la Loi sur les normes du travail sera un moment privilégié pour affirmer [notre] position claire», a déclaré celle qui a également révélé être prête à assumer les fonctions de première ministre, le temps venu.Au menu pour l\u2019automne : un retour de l\u2019offensive pour une hausse du salaire minimum à 15 $ de l\u2019heure, une proposition pour l\u2019ajout de deux congés chômés payés pour tous les travailleurs, une requête pour mettre fin à l\u2019obligation des heures supplémentaires et des pressions pour faire passer le nombre de semaines de vacances payées à quatre.L\u2019idée chemine chez les libéraux La loi québécoise sur les normes du travail prévoit actuellement qu\u2019un salarié ayant effectué un an de travail continu a droit à «un congé annuel d\u2019une durée minimale de deux semaines continues ».Après cinq ans de « service continu chez un même employeur», un travailleur a droit à trois semaines de vacances payées.En mai, le premier ministre, Philippe Couil- lard, a dit songer à faire augmenter \u2014 d\u2019une semaine, vraisemblablement \u2014 le seuil de vacances payées aux travailleurs québécois.« Rejoignons les pays de l\u2019OCDE, rejoignons les pays de l\u2019Union européenne et allons-y d\u2019un quatre semaines de vacances après une année continue de travail », a proposé Manon Massé.La mesure permettrait selon elle de créer des emplois : « pendant ces semaines de vacances là, les travailleurs devront embaucher du monde », a-t- elle fait valoir.Parmi les pays de l\u2019OCDE, le Canada est en queue de peloton quant au nombre de congés qu\u2019il offre à ses travailleurs.Seul le Japon accorde autant de journées de congé (10), et seuls les États-Unis en permettent moins (aucune).La France et le Royaume-Uni sont les plus généreux : ils fournissent respectivement 30 et 28 jours de congés payés à leurs travailleurs.Québec solidaire, qui a toujours bon espoir d\u2019en arriver à une fusion avec Option nationale d\u2019ici les élections, ne compte cependant pas favoriser les candidatures économiques en vue du scrutin d\u2019octobre 2018.« On cherche à tous les niveaux.[\u2026] Québec solidaire travaille pour gouverner en 2018», a déclaré Manon Massé.Comme son collègue Gabriel Nadeau-Du- bois, l\u2019élue de Sainte-Marie\u2013Saint-Jacques s\u2019est par ailleurs dite prête à assumer les fonctions de première ministre, si l\u2019occasion se présente et « si les membres en décident ainsi ».«Le comité de coordination a pris une décision sur le processus » de nomination d\u2019un premier ministre, a-t-elle confirmé, sans vouloir donner de détails sur celui-ci.«Vous en entendrez parler dans les prochains jours», a-t-elle promis.Le Devoir Salaire minimum à 15$, congés chômés payés et quatre semaines de vacances Québec solidaire entend parler d\u2019économie en vue des prochaines élections C A R O L I N E P L A N T E à Shawinigan L e chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a promis dimanche de freiner l\u2019exode des jeunes et de ramener des emplois payants en Mauricie, lors d\u2019une conférence de presse aux allures de campagne électorale.Les caquistes se préparent à tenir leur caucus présessionnel à Shawinigan lundi et mardi.Ils discuteront principalement d\u2019immigration, d\u2019éducation, de santé et d\u2019économie.M.Legault a martelé qu\u2019il était inacceptable que les gens de la Mauricie gagnent en moyenne 4500 $ de moins par année que les autres Québécois.La région, a-t-il poursuivi, est 17e sur 17 en ce qui a trait au salaire moyen.« La Mauricie a été abandonnée par les libéraux depuis 15 ans »,a-t-il déclaré aux journalistes dimanche, en ajoutant que 4000 jeunes avaient quitté la région pendant cette période, et que 5200 emplois s\u2019étaient perdus seulement dans les 12 derniers mois.« Ça fait 15 ans queles libéraux sont au pouvoir ; ça fait 15 ans que la Mauricie recule.» Le chef caquiste était de passage à Trois-Ri- vières dimanche midi, au Stade Stéréo Plus, où il a effectué le lancer protocolaire du match opposant les Aigles de Trois-Rivières aux Jackals du New Jersey, de la ligue de baseball CanAm.Il en a profité pour serrer des mains.D\u2019ailleurs, M.Legault s\u2019est activé tout l\u2019été dans plusieurs régions du Québec en multipliant les rencontres et en présentant des candidatures en vue des prochaines élections générales en 2018.Un grand chelem S\u2019il devient premier ministre, M.Legault promet entre autres de mieux financer la faculté de génie de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières.Il présentera ses candidats en Mauricie « en temps et lieu ».Des rumeurs circulent voulant que l\u2019ancienne procureure de la commission Charbonneau et conseillère de la CAQ en matière d\u2019éthique et d\u2019intégrité, Sonia Lebel, se présente dans l\u2019un des quatre comtés de la région.«La CAQ vise un grand chelem; donc on vise quatre points, quatre comtés sur quatre pour la CAQ en 2018, a indiqué M.Legault.Évidemment, le fait que les sondages montrent qu\u2019on semble être l\u2019alternative [aux libéraux], ça va nous faciliter la vie dans les prochains mois.» De récents sondages indiquent que la CAQ profite d\u2019un élan de popularité.Un sondage Lé- ger\u2013Le Journal\u2013Le Devoir\u2013The Globe and Mail publié samedi place la CAQ en deuxième position derrière les libéraux, avec 28 % des intentions de vote.La CAQ serait première chez les électeurs francophones, à Québec et dans les régions, selon le coup de sonde.M.Legault s\u2019est maintes fois prononcé cet été sur la question des demandeurs d\u2019asile.Il a maintenu sur les réseaux sociaux que le Québec ne devait pas devenir une « passoire », tout en se questionnant sur la capacité financière des Québécois de payer l\u2019aide sociale aux migrants.La Presse canadienne François Legault veut freiner l\u2019exode des jeunes La Coalition avenir Québec promet de créer des emplois en Mauricie JEAN-FRANÇOIS NADEAU Québec solidaire veut se positionner en faveur d\u2019une économie au service des gens Manon Massé, députée de Québec solidaire « » La Mauricie a été abandonnée par les libéraux depuis 15 ans François Legault, chef de la CAQ « » JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE Le chef d\u2019état-major au défilé de la fierté gaie d\u2019Ottawa Le chef d\u2019état-major canadien, Jonathan Vance, a participé dimanche au défilé de la fierté gaie à Ottawa, en compagnie d\u2019un groupe de hauts responsables militaires.Le général Vance, premier plus haut gradé canadien à participer à cet événement, avait annoncé qu\u2019il défilerait pour envoyer un message de solidarité à la communauté LGBT et montrer que ses membres sont bienvenus dans les forces armées canadiennes.Ce geste intervient alors qu\u2019aux États-Unis le président Donald Trump a annoncé sa décision d\u2019interdire aux personnes transgenres de servir dans l\u2019armée américaine.Associated Press L E D E V O I R , L E L U N D I 2 8 A O Û T 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 M A R I E - M I C H È L E S I O U I D evant les yeux, des dessins aux crayons de couleur, aux contours foncés, remplis d\u2019une teinte plus pâle.Un lac, un canot, des conifères et des amis qui ressemblent, peut-être, à l\u2019enfant aux yeux et aux cheveux de jais qui suit l\u2019histoire.Dans les oreilles, la voix de Virginie Michel, qui récite doucement les longs mots en innu qui forment le récit.Sur la page Facebook Innu mashinaikannissa, un peu plus de 200 personnes suivent les contes que l\u2019Innue a décidé d\u2019animer, pour ranimer sa langue.« Nos professeurs manquent de matériel pédagogique.J\u2019en ai demandé, demandé et, à un moment donné, je me suis dit : \u201cVirginie, tu as Internet, tu vas t\u2019asseoir et tu vas apprendre comment ça marche, l\u2019infographie et tout !\u201d », raconte la femme de 46 ans.Virginie Michel, aujourd\u2019hui élue du conseil de bande d\u2019Uas- hat-Maliotenam, a trouvé des livres d\u2019histoire pour enfants.Elle a regroupé les textes et les images, leur a ajouté sa voix et les a transformées en courtes vidéos, qu\u2019elle partage sur les réseaux sociaux.Interagir en innu Derrière son projet, il y a une conviction : celle que la langue que les siens « intègrent » est celle qu\u2019ils utilisent pour interagir.Autour d\u2019elle, elle souhaite voir des enfants échanger en innu.Comme c\u2019était le cas il n\u2019y a pas si longtemps.«La majorité de nos enfants commencent à s\u2019exprimer en français.Ils comprennent l\u2019innu, mais ne [l\u2019utilisent pas] », remarque-t-elle.« À l\u2019époque, quand j\u2019avais 20 ans, je ne me demandais pas si l \u2019individu auquel je m\u2019adressais me comprenait ou pas.Aujourd\u2019hui, tu parles avec les ados et tu te poses automatiquement la question : est-ce qu\u2019ils me comprennent ou pas?On est au bord du précipice », explique-t-elle, inquiète.Les dernières données du recensement de 2016 en font état : « le nombre de personnes qui parlent une langue autochtone à la maison (228 770 personnes) est supérieur au nombre de personnes qui ont une langue maternelle autochtone (213 230 personnes) », a noté l\u2019organisme statistique fédéral.« Cette dif férence, particulièrement marquée chez les personnes âgées de 0 à 14 ans, témoigne de l\u2019acquisition croissante d\u2019une langue autochtone comme langue seconde.» Selon Virginie Michel, la perte de la langue innue s\u2019accompagne de la perte des traditions, et vice versa.«Quand tu comprends la langue, tu te rends compte qu\u2019une bonne partie de celle-ci est liée à la nature.Mais si tu ne vis pas dans la nature, l\u2019utilisation de ces mots-là ne se fait plus, parce que tu côtoies une autre réalité», ob- serve-t-elle.«La richesse de notre langue, qui remonte à des millénaires, se perd aussi en raison de la sédentarité.» Quand elle ouvre le dictionnaire, Virginie Michel constate que son peuple n\u2019utilise qu\u2019une infime partie du vocabulaire qui est à sa disposition.« [La langue] se meurt.Ça m\u2019a fait mal de me rendre compte de ça», se désole-t-elle.Ô Kanata Mais la femme innue ne se décourage pas.Avant les vidéos, elle a créé des affiches sur lesquelles les parties du corps humain ou les animaux étaient présentés en innu.Elle a aussi créé, avec le studio ambulant Wapikoni mobile, sa propre version de l\u2019hymne national canadien.Son Ô Kanata est un manifeste, un chant qui rassemble les valeurs communes des autochtones du pays.« À la fin du film, j\u2019ai demandé qu\u2019on reconnaisse les langues autochtones comme langues of ficielles.Je sais que c\u2019est utopique de penser que 50 langues vont être reconnues! Mais j\u2019aimerais qu\u2019elles aient un statut particulier, demande-t- elle.Parce qu\u2019on se fait écraser.» Au téléphone, sa voix se brise.« Nos langues ont été\u2026 Je vais pleurer\u2026 Nos langues ont été mises dans des tiroirs, malmenées, insultées, humiliées », lance-t-elle.Adolescente, Virginie Michel était gênée de s\u2019exprimer en français devant les « Blancs » qu\u2019elle côtoyait à l\u2019école, en raison de son accent.« Mon père m\u2019a dit : \u201cma fille, dis-toi bien que tu maîtrises non seulement leur langue, mais aussi la tienne.Tu ne dois pas avoir honte.Tu dois être fière de ta langue et tu dois continuer à t\u2019exprimer\u201d », raconte-t-elle.Des années plus tard, elle a défendu le droit de ses enfants de s\u2019exprimer en innu dans l\u2019école de Sept-Îles qu\u2019ils fréquentaient, et où la direction voulait les bâillonner.«J\u2019ai dit : \u201cc\u2019est bien dommage, mais en ce qui me concerne, jamais, jamais \u2014 c\u2019est plate à dire \u2014, mais jamais je ne vous autoriserai à dire à mon enfant qu\u2019il n\u2019a pas le droit de parler sa langue\u201d.» Le mot préféré de Virginie Michel, en innu, est minuati- kushun.« Le mot renvoie à la paix, à la sérénité, à la grâce de Dieu, à un sentiment de plénitude », explique-t-elle.Il renvoie à ce sentiment que l\u2019Innue trouvera quand les enfants, autour d\u2019elle, recommenceront à jouer dans leur langue.Le Devoir KWE KWE! LES LANGUES AUTOCHTONES DU QUÉBEC L\u2019innu, par la bouche des enfants O ttawa \u2014 Les pilotes d\u2019avion du Canada s\u2019unissent pour exhorter le gouvernement fédéral à adopter des règles plus rigoureuses sur la « fatigue» des pilotes.L\u2019Association des pilotes d\u2019Air Canada, les syndicats Unifor et Teamsters Canada, notamment, estiment que la réglementation de l\u2019aviation au Canada est dépassée par rapport à celle des États-Unis, entre autres.Selon Milt Isaacs, président- directeur général de l\u2019Association des pilotes d\u2019Air Canada, le Canada doit rendre « le ciel plus sûr», en tenant compte de la science du sommeil et des normes internationales.Il cite une étude de la NASA qui recommande que le temps de vol la nuit soit limité à 8 heures et demie, car la vivacité d\u2019esprit, le temps de réaction et la performance cognitive se détériorent.Selon lui, la fatigue peut être atténuée avec les bonnes règles : bien se reposer, avoir assez de temps pour récupérer après avoir traversé des fuseaux horaires et faire en sorte qu\u2019il y ait des pilotes supplémentaires à bord pour prendre les commandes une fois la limite atteinte.Les pilotes estiment que le Canada devrait prendre exemple sur les États-Unis, et ne pas attendre qu\u2019une tragédie survienne pour agir.À la suite de l\u2019écrasement du vol de Col- gan Air en 2009 à Buf falo, la Federal Aviation Administration a adopté des règles qui vont même plus loin que les recommandations de la NASA.Ces règles imposent notamment des pilotes supplémentaires au bout de seulement huit heures de vol pour des départs après 20 h.Les Canadiens qui prennent l\u2019avion sont invités à signer une pétition à cielplussur.ca.La Presse canadienne Fatigue des pilotes d\u2019avion : Ottawa est interpellé pour changer les règles JOHANNE PILOT Virginie Michel a regroupé des textes et des images de livres pour enfants en innu.Elle leur a ajouté sa voix et les a transformés en courtes vidéos, qu\u2019elle partage sur les réseaux sociaux.En quelques mots Expressions en innu Bonjour ! Kuei kuei Comment vas-tu ?Tan ishpanin?Ça va bien.Ne minupan.Merci.Tshinashkumitin.Au revoir ! Iame.A M É L I P I N E D A M oins d\u2019une semaine après le décès d\u2019un participant à l\u2019Ironman de Tremblant, le 20e Marathon SSQ Lévis-Qué- bec a été assombri par la mort subite d\u2019un coureur de 30 ans.Ces tragiques incidents, qui se produisent dans des circonstances spectaculaires, demeurent toutefois rares, assure une cardiologue.« Les risques de mourir chez les gens qui font un sport d\u2019endurance sont inférieurs à 1 patient sur 100 000.Il y a beaucoup plus de bénéfices à faire des activités physiques que de dangers », assure Dre Anique Ducharme de l\u2019Institut de cardiologie de Montréal.Dimanche, Maxime Pouliot Rochefor t est décédé des suites d\u2019un arrêt cardiorespiratoire subi peu avant 9 h alors qu\u2019il participait à l\u2019épreuve du demi-marathon.Le coureur originaire de Saint-Augustin-de-Desmaures a subi un malaise cardiaque à deux kilomètres de l\u2019arrivée.L\u2019homme a été secouru par les équipes d\u2019urgence situées le long du parcours jusqu\u2019à l\u2019arrivée des ambulanciers.Le décès du coureur a été constaté à l\u2019hôpital.«Une mort subite lorsqu\u2019on a moins de 35 ans est souvent due à une malformation congénitale cardiaque ou à une maladie génétique qu\u2019on ignorait et qui sans doute n\u2019aurait même pas pu être décelée » , souligne Dre Ducharme, sans se prononcer sur le cas précis du coureur.Les organisateurs du marathon étaient attristés de la tournure de l\u2019événement qui a accueilli au total près de 8200 participants.Par voie de communiqué, ils ont of fer t leurs condoléances à la famille de M.Pouliot Rochefort.« Tout le monde est secoué.Nous avons su que des proches étaient présents à l\u2019événement alors on a tenté de les retrouver dans la foule.C\u2019est très difficile de devoir annoncer qu\u2019un coureur est transporté à l\u2019hôpital.On ne s\u2019attend jamais à une fin tragique lors d\u2019un événement comme celui-ci » , souligne Chantal Lachance, vice-présidente de Gestev, producteur de l\u2019événement.Imprévisible Dre Ducharme mentionne qu\u2019il est difficile de prévoir un tel drame.Bien que ces tragédies frappent l\u2019imaginaire, la cardiologue insiste sur la rareté de celles-ci.« Une mor t subite, ça reste un cas rare.Ça touche des gens qui sont en forme.Il faut être attentif.Si on ressent des symptômes particuliers lors de l\u2019entraînement, comme des palpitations, des étourdissements, ou encore un malaise thoracique, il est impor tant de consulter, mais encore là, c\u2019est loin d\u2019être la norme», indique-t-elle.L\u2019Ironman de Mont-Tremblant a aussi été endeuillé à la suite de la mort de Jean-François Chalifour.Le médecin et chef du service de pneumologie du Centre intégré universitaire de santé et de ser vices sociaux (CIUSSS) des Lauren- tides s\u2019est effondré lors de la por tion de course à pied de l\u2019épreuve.Le Devoir Mort d\u2019un coureur au marathon Québec-Lévis L\u2019athlète originaire de Saint-Augustin-de-Desmaures a subi un malaise cardiaque à deux kilomètres de l\u2019arrivée AIR CANADA La NASA recommanderait que le temps de vol de nuit des pilotes soit limité à 8 heures et demie. L E D E V O I R , L E L U N D I 2 8 A O Û T 2 0 1 7 SOCIETE A 5 Des chercheurs américains sont parvenus à prendre le contrôle d\u2019un ordinateur de séquen- çage génétique au moyen d\u2019un virus informatique, codé sous la forme de brins d\u2019ADN.Va-t- il falloir repenser la sécurité informatique?D E N I S D E L B E C Q D epuis quelques années, la molécule d\u2019ADN apparaît comme un recours à plus ou moins long terme pour archiver nos données informatiques à bas prix et pour des milliers d\u2019années.Ce mode de stockage consiste à coder les informations non plus sous forme de 0 et de 1, mais en utilisant les quatre lettres de base \u2014 quatre molécules \u2014 de l\u2019alphabet génétique et en fabriquant des brins d\u2019ADN synthétique représentant ces données.Cette technique en devenir peut-elle susciter un nouveau type de piratage ?C\u2019est la question que pose un groupe de scientifiques de l\u2019Université de Washington dans des travaux présentés il y a quelques jours lors d\u2019un colloque sur la sécurité infor mat ique.I ls ont montré qu\u2019un code informatique malicieux \u2014 un virus \u2014 stocké sous forme de molécules d\u2019ADN synthétique peut compromettre la sécurité des ordinateurs utilisés pour décoder les gènes, notamment en recherche médicale.« Il ne s\u2019agit pas de la contamination d\u2019un ordinateur par de l\u2019ADN comme on a pu le lire, mais d\u2019une attaque informatique un peu tirée par les cheveux, constate Nick Goldman, de l\u2019Institut européen de bio-informatique en Grande-Bretagne, l\u2019un des tout premiers chercheurs à avoir démontré la pertinence de l\u2019archivage des données en ADN.À partir du moment où l\u2019ADN est utilisé pour stocker des données, il peut représenter tous les types de fichiers, et donc des virus informatiques.» «C\u2019est ce qu\u2019avait montré, en mars dernier, le groupe de Yaniv Erlich, à l\u2019Université Columbia de New York, en insérant le code d\u2019un virus dans un ensemble de données informatiques stockées sous forme de brins d\u2019ADN », rappelle Christophe Dessimoz, de l\u2019Université de Lausanne, un ancien du groupe de Nick Goldman.Technique de piratage inédite Le groupe de l\u2019Université de Washington est allé plus loin.Après avoir traduit un virus informatique sous forme d\u2019ADN synthétique, les chercheurs ont introduit ces molécules dans un séquenceur, un ordinateur spécialisé dans le décodage du génome.Et comme prévu \u2014 c\u2019était le but de l\u2019expérience \u2014, une fois recon- ver ti dans la mémoire de l\u2019ordinateur sous forme de 0 et de 1, le virus informatique s\u2019est attaqué à ce dernier.Une démonstration d\u2019une technique de piratage encore inédite.« Cette expérience est absurde, puisque mes collègues ont eux-mêmes modifié le programme de l\u2019ordinateur pour le rendre vulnérable », insiste Nick Goldman.Dans les attaques informatiques classiques, celles qui font régulièrement la une des médias, les assaillants profitent d\u2019une faille découverte dans un logiciel du commerce pour agir à distance.Là, faute de faille connue dans leur séquenceur, les chercheurs en ont créé une pour parvenir à leurs fins, tout en reconnaissant que ce type de piratage serait particulièrement complexe à réaliser à distance.Chez Illumina, l\u2019un des plus importants fabricants de séquenceurs d\u2019ADN, on décline toute entrevue.« Cette étude conclut \u2014 et nous sommes d\u2019accord pour l \u2019af firmer \u2014 qu\u2019il n\u2019existe pas de menace [de piratage] imminente », explique un communiqué qui nous a été adressé.Il est vrai toutefois que l\u2019hypothèse d\u2019un tel piratage fait froid dans le dos.Car ces séquenceurs permettent de décoder certaines des facettes les plus secrètes de notre intimité, puisque notre ADN retrace nos origines, tout comme d\u2019éventuelles pathologies d\u2019origine génétique.Démocratisation des outils génétiques « Ce travail illustre une nouvelle problématique apparue avec la démocratisation des outils de la génétique, commente Christophe Dessi- moz.On peut espérer qu\u2019il fasse prendre conscience de la nécessité d\u2019une meilleure hygiène dans les logiciels utilisés en génétique : beaucoup sont créés par des chercheurs ou des doctorants qui n\u2019ont pas été formés à la sécurité informatique.» Pour Nick Goldman, l\u2019attaque réalisée par ses collègues américains est beaucoup trop complexe pour présenter un intérêt pour des pirates.« Ne fantasmons pas ! Il existe mille méthodes plus accessibles pour nuire avec de l\u2019ADN: par exemple, en déposant un échantillon de votre ADN sur une scène de crime, ou en piratant les données informatiques sur votre génome pour vous faire chanter, avec une mutation associée à une pathologie que vous ne souhaitez pas rendre publique.Je suis prêt à parier que le type d\u2019attaque décrit par mes collègues ne se produira jamais ! » On peut l\u2019espérer, tout en restant vigilant, car les pirates informatiques ont montré qu\u2019ils reculent rarement devant la dif ficulté, pourvu que le jeu en vaille la chandelle.Le Temps L\u2019ADN, une nouvelle arme pour les pirates informatiques ?Quelques grammes d\u2019une fine poussière au fond d\u2019une éprouvette.C\u2019est à cela que pourrait ressembler une bibliothèque universelle, conservant la totalité des données produites par l\u2019humanité pour les transmettre aux générations futures.Quatre ans après les premières démonstrations de stockage d\u2019information sous forme de brins d\u2019ADN synthétique, des industriels se sont lancés dans la bataille, à l\u2019image de Microsoft.Son centre de recherche a réalisé une prouesse en 2016, avec pas moins de deux cents mégaoc- tets de données converties en ADN, soit l\u2019équivalent d\u2019une quarantaine de chansons sous forme de fichiers MP3.Des informations qui pourront être conservées ainsi pendant des siècles, voire des millénaires.En 1994, le mathématicien et cryptographe américain Leonard Adleman avait ouvert la voie, en montrant comment de l\u2019ADN de synthèse peut être utilisé pour effectuer des calculs.Il avait noté la grande similitude entre les univers électronique et génétique : quand le premier utilise un alphabet à deux lettres, le 0 et le 1, pour stocker et manipuler les informations, l\u2019information génétique repose sur quatre molécules \u2014 appelées bases \u2014 : l\u2019adénine, la cytosine, la thymine et la guanine.Autrement dit, un alphabet à quatre lettres, A, C, T et G.Leonard Adleman avait imaginé \u2014 et testé \u2014 une méthode pour traduire des données informatiques en code génétique.Si l\u2019ordinateur à ADN n\u2019a jamais vu le jour, l\u2019expérience a suscité un intérêt considérable chez les scientifiques en quête d\u2019un moyen d\u2019archiver de gros volumes de données dans la durée.Car conservé au sec et à l\u2019abri de la lumière, l\u2019ADN peut se conserver des milliers d\u2019années, à l\u2019image du génome d\u2019un homo sapiens vieux de 45 000 ans décodé en 2014.Le stockage de données sur ADN décolle «À partir du moment où l\u2019ADN est utilisé pour stocker des données, il peut représenter tous les types de fichiers, et donc des virus informatiques» ING GROUP Le portrait The Next Rembrandt a été réalisé par un ordinateur à partir des œuvres du peintre.GENYA SAVILOV AGENCE FRANCE-PRESSE Des scientifiques ont démontré qu\u2019un virus stocké sous forme de molécules d\u2019ADN synthétique pourrait compromettre la sécurité des ordinateurs utilisés pour décoder les gènes.E M I L Y T U R R E T T I N I L orsqu\u2019un portrait intitulé The Next Rembrandt a été dévoilé en avril dernier à Amsterdam, le monde de l\u2019art a été interpellé.Ce n\u2019était pas une œuvre longtemps perdue qui avait été retrouvée, mais un tableau inconnu, généré par un ordinateur.Ce projet, réalisé par l\u2019agence de publicité J.Walter Thompson pour promouvoir l\u2019esprit d\u2019innovation dans la culture aux Pays-Bas, a réuni des historiens, des développeurs et des analystes.Ils ont d\u2019abord créé une vaste base de données des peintures du maître, puis ont analysé des centaines de toiles pour arriver à produire un tableau fidèle en tout point au style de Rembrandt, capable de tromper les plus grands experts de l\u2019art flamand.Mais ce n\u2019est qu\u2019un exemple parmi un nombre croissant de travaux artistiques réalisés par des ordinateurs : au Japon, un roman a atteint la finale d\u2019un prix littéraire national.Deep- Mind, l\u2019entreprise de Google qui se consacre à l\u2019intelligence artificielle, a composé une mélodie originale.Des articles de presse et des poèmes ont été rédigés par des logiciels conversationnels.Nouvelles techniques d\u2019apprentissage Mais alors, qui détient les droits d\u2019auteur de ces œuvres inédites ?C\u2019est la question posée par Andres Guadamuz, spécialiste en droit de la propriété intellectuelle, dans le journal The Conversation.Les nouvelles techniques d\u2019apprentissage profond (le deep learning, qui est une forme d\u2019intelligence artificielle) permettent de générer des ouvrages ar tistiques sans inter vention humaine.Alors que les hommes programment les algorithmes, le pouvoir décisionnel \u2014 l\u2019étincelle créative \u2014 provient essentiellement de la machine.Le statut des machines en question Cela ne signifie pas pour autant que le droit d\u2019auteur devrait être attribué à l\u2019ordinateur.Les machines n\u2019ont pas (encore) les droits et le statut des personnes en ver tu de la loi.Mais cela ne signifie pas nécessairement qu\u2019il n\u2019y ait pas de droits d\u2019auteur non plus.Pour Guadamuz, accorder ce droit à la personne ou l\u2019entité qui a piloté le travail de l\u2019intelligence artificielle semblerait la solution la plus logique.À mesure que les machines évoluent pour reproduire les capacités humaines, il faudra envisager de les doter de protections morales et juridiques.Ce que nous considérons au- jourd\u2019hui comme des droits «humains».Le Temps Le nombre croissant d\u2019objets artistiques créés par des machines pose le problème du «copyright».Des droits d\u2019auteur pour les machines ? Le débat autour du niqab a lourdement lesté le Nouveau Parti démocratique lors de la campagne électorale de 2015, lui coûtant plus des deux tiers de ses sièges au Québec.Deux ans plus tard, le NPD n\u2019a toujours pas trouvé comment concilier sa défense indéfectible de la liberté religieuse et sa reconnaissance du caractère national et distinct du Québec.e NPD ne pourra jamais former l\u2019opposition of- ?cielle, et encore moins le gouvernement, s\u2019il ne reprend pas pied au Québec, la province où il compte encore le plus de députés (16 sur 44).Mais comment éviter les écueils de 2015 quand le port de signes religieux provoque toujours des remous dans la province et qu\u2019un des quatre candidats à la direction af?che sa foi sikhe en portant turban, barbe et kirpan ?Ou encore quand le ré?exe du NPD est de s\u2019opposer à toute interdiction d\u2019offrir et de recevoir des services publics à visage couvert, exactement ce que propose le gouvernement Couillard dans la dernière version de son projet de loi 62 sur la neutralité religieuse de l\u2019État ?Le Québec et le reste du Canada ont un rapport très différent à la religion et à son expression dans l\u2019espace public, ce qui rend dif?cile l\u2019adoption de politiques communes en ce domaine.Chez les progressistes canadiens, il est inconcevable de limiter le port de signes religieux.Au Québec, des citoyens de tous les horizons politiques, dont beaucoup de progressistes attachés à la laïcité, le souhaitent.Au cours de l\u2019été, des néodémocrates québécois ont con?é au Devoir que la popularité du député provincial ontarien Jagmeet Singh à l\u2019extérieur du Québec les inquiétait.Ils craignaient l\u2019ef fet repoussoir au Québec lors des prochaines élections.Selon un sondage Léger mené la semaine dernière pour Le Devoir, cela découragerait effectivement 28 % des Québécois de voter pour le NPD.Cela n\u2019aurait toutefois aucune in?uence sur 55 % d\u2019entre eux.Les membres et députés inquiets déploraient aussi que la sensibilité québécoise en ce domaine soit incomprise et perçue comme de l\u2019intolérance dans le reste du pays.Jagmeet Singh a pris la question de front lors du débat tenu dimanche à Montréal.Il a dit être totalement d\u2019accord avec la neutralité religieuse de l\u2019État, car cela protège les droits de tous, y compris les siens.Le fait d\u2019af?cher sa foi ne signi?e pas, selon lui, que ses positions sont guidées par les dogmes auxquels il adhère.À preuve, dit-il, alors que lui appuie les droits de la communauté LGBTQ et le droit des femmes à l\u2019avortement, le chef conservateur, qui ne porte aucun signe religieux, s\u2019oppose à ces mêmes droits.?Depuis deux ans, le NPD a balayé ce débat sous le tapis.Désireux de briser le tabou, le seul candidat québécois de cette course, le député Guy Caron, a publié la semaine dernière une proposition conciliant respect de la liberté de religion et respect du droit du Québec de débattre et de trancher lui-même la question de la neutralité religieuse de l\u2019État et des services offerts et reçus à visage découvert.Le NPD a reconnu en 2005 le caractère national du Québec et son droit à l\u2019autodétermination, a-t-il rappelé, et cela ne vaut pas seulement quand le parti est d\u2019accord.Du coup, M.Garon a forcé ses adversaires à se prononcer.Nikki Ashton, Charlie Angus et M.Singh ont convenu que la réaction des Québécois face à la religion avait des racines historiques et qu\u2019elle ne pouvait être ignorée ou confondue avec de l\u2019intolérance ou du racisme.Les quatre candidats s\u2019opposent quand même à la version actuelle du projet de loi 62 qui interdirait l\u2019offre et la réception de services publics le visage couvert.M.Caron est toutefois catégorique.S\u2019il était premier ministre, le fédéral ne se mêlerait pas d\u2019une contestation judiciaire de la loi.M.Singh a ?nalement dit qu\u2019il reviendrait à la communauté de prendre l\u2019initiative.Pour remonter au Québec, le NPD doit ramener au bercail une partie des votes progressistes et francophones perdus dans la foulée de la controverse du niqab en 2015.Pour cela, il ne peut faire l\u2019économie du débat souhaité par M.Caron.Et il doit le faire avant le scrutin de 2019.Qu\u2019il le veuille ou non, il a besoin d\u2019une position cohérente capable de concilier différents courants de pensée en matière de laïcité, de faire le pont, en somme, entre deux solitudes.Dif?cile pari, mais un pari à relever pour éviter de se retrouver à nouveau pris entre l\u2019arbre et l\u2019écorce.L E D E V O I R , L E L U N D I 2 8 A O Û T 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Adieu, Réjean Ducharme Ça y est vous êtes par ti\u2026 Vous, l\u2019inconnu le plus connu\u2026 J\u2019apprends au- jourd\u2019hui que j\u2019ai perdu mon père-pétuel de mots\u2026 Votre plume ne créera plus, elle s\u2019est brisée, s\u2019est fanée.Mais heureusement, Bérénice, Inat et tous ceux que j\u2019aime pourront continuer de me bercer, de me bousculer\u2026 Ils continueront de m\u2019aider à combattre ce qui est laid chez l\u2019adulte, ils me rappelleront à l\u2019ordre quand j\u2019oublierai l\u2019essentiel, quand je m\u2019éloignerai de l\u2019océan, quand je ne sentirai plus le souffle du vent sur mon visage, quand je n\u2019aurai plus envie de me battre pour vivre\u2026 «\u2026 je t\u2019embrasse, je t\u2019emporte, je t\u2019emmène avec moi ».J\u2019ai été emportée tant par les récits que par la langue, si belle, si profonde, si unique, si chère à mon cœur\u2026 Quand j\u2019ai commencé à découvrir votre œuvre, j\u2019avais l\u2019impression de découvrir un pays, je voyageais.Chaque fois que j\u2019ai ouver t un livre qui por tait vos images, je savais que je serais accueillie, que j\u2019aurais mal, que je serais confrontée à ce qui me faisait peur en moi\u2026 Tous vos mots qui jouent les uns avec les autres, me forçant à imaginer le pire, comme le meilleur.Réjean Ducharme\u2026 Je m\u2019assurerai de transmettre à mes fils toute cette beauté, parfois tendre, parfois L I B R E O P I N I O N FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET acide, une beauté grande, si grande qu\u2019elle dépasse les plus hauts édifices, elle dépasse la réalité de la vie, elle dépasse parfois même la vérité\u2026 Je vous aime.Je vous aime.Je vous aime.Maintenant que vous êtes mort, je peux le dire sans avoir peur de vous envahir\u2026 Vous qui préfériez rester à l\u2019écart\u2026 Merci d\u2019avoir partagé vos mots malgré ça\u2026 Ce soir, je pleure une œuvre qui s\u2019achève\u2026 Et je crie au génie !!! Ce soir, je suis reconnaissante que vous ayez vécu, que vous ayez écrit.Ce soir, je suis en deuil de celui qui dans mon cœur ne pourra être égalé.Sait-on jamais, peut-être\u2026 Merci et salutations, Caroline Desmarteau Sherbrooke, le 25 août 2017 NPD ET LE QUÉBEC Le nœud L MANON CORNELLIER chercheurs prétendent qu\u2019il faut s\u2019efforcer de rendre les gens capables de résister à leurs envies ! D\u2019abord, comment ?Mieux vaut interdire aux publicitaires de créer ces envies.Et ce n\u2019est pas demain la veille.Puis, ça ne marchera pas.Simplement parce que les restrictions caloriques et l\u2019exercice physique se heurtent à l\u2019homéostasie : une tendance fondamentale du corps à se maintenir constant.Dans 90-95 % des cas, si on mange moins, initialement on perd du poids, puis le métabolisme de base ralentit, et tout en mangeant moins qu\u2019avant, on reprend le poids perdu et davantage.Quant à l\u2019exercice, c\u2019est bon d\u2019en faire pour le moral, la force et le cœur, mais il contribue peu à la perte de poids, car il augmente l\u2019appétit.L\u2019obésité est-elle donc inéluctable?Non.Une réduction importante de l\u2019apport en sucre et des succédanés réduit la surproduction de l\u2019insuline qui cause l\u2019obésité et le diabète de type II.Le néphrologue canadien,Jason Fung dit aussi que le jeûne intermittent de 16, 24 ou 36 heures empêche la baisse du métabolisme de base.C\u2019est une histoire à suivre, mais peut- on cesser de blâmer les gens, s.v.p.?Pamela Walden-Landry Montréal, le 24 août 2017 Obésité et préjugés « L\u2019obésité, un problème de comportement » (24 août) m\u2019a vraiment fait bondir.Les chercheurs de la célèbre Johns Hopkins University School of Medicine reconnaissent que « les interventions classiques centrées sur le régime alimentaire et l\u2019exercice physique ne sont pas très fructueuses».En fait, ce furent de retentissants échecs pendant 40 ans.Mais au lieu de remettre en question ces interventions mêmes, ces G I L L E S S I M A R D Pair-aidant en santé mentale, journaliste et auteur J e suis Québécois, fier de l\u2019être et je ne me reconnais ni dans les idées de La Meute, ni dans la violence gratuite des antifas, ni dans le troupeau bêlant de la rectitude politique et du prêt-à-penser qui rend l\u2019air ambiant irrespirable depuis quelques années, au Québec.Je suis nationaliste, fier de l\u2019être et j\u2019assume autant que possible ma québécitude, ma condition de mâle et ma douce et béate mononclitude\u2026 Autrement, et bien qu\u2019ayant beaucoup de respect \u2014 et même d\u2019admiration \u2014 pour la majorité des personnes pro-immigration présentes, il y a une semaine, au carré d\u2019Youville, je me reconnais mal dans ce genre de déploiement où sont af fichées des banderoles (pseudo-iro- niques) du genre: «Ne nous laissez pas seuls avec les Québécois de souche», ou encore «Vous êtes pas tannés d\u2019être racistes, bande de caves?»\u2026 Comme si le bon droit, la raison et la vertu n\u2019étaient que du seul côté d\u2019une cer taine gauche inclusive, et que tous les autres, nationalistes mous, purs et durs, centristes, adé- quistes, autonomistes, conservateurs ou indécis, étaient suspectés de racisme, du seul fait de leur non-alignement sur les diktats de la gauche, ou de leurs légitimes questionnements face aux demandeurs d\u2019asile ou personnes immigrantes en général.Cela étant, est-il besoin d\u2019ajouter que je ne reconnais pas non plus cette gauche efficace, joyeuse et productive, longtemps côtoyée, dans l \u2019énorme dif f iculté qu\u2019el le semble éprouver à se distancier franchement de la violence gratuite et des turpitudes commises à Québec par les jeunes agités-de-la-calotte from Montréal, Québec, Saguenay and everywhere else ?\u2026 Des intimidateurs patentés qui, au vu (sur les réseaux sociaux) de certaines scènes très pénibles en haute ville, auront presque relégué l\u2019image tragique de la confrontation Lasagne-Cloutier (Oka 1990) au rang de car te de Noël ou de carte postale\u2026 De «brillants personnages» finalement, qui n\u2019en avaient que pour leur egotrip de casseurs de gueule et de mobilier urbain, de batteurs de quidams isolés et de journalistes suspects de « collaboration ».De vrais « champions » qui, outre de paver le chemin à La Meute et de littéralement voler le résultat prometteur de la grosse manif pacifique du carré D\u2019Youville, auront assombri toute l\u2019aura de la gauche aux yeux de l\u2019ensemble de la population québécoise.Clivage gauche-droite N\u2019empêche, j\u2019ai beau avoir passé les quatre dernières décennies dans le communautaire à faire du journalisme engagé, à défendre les droits des détenus et à m\u2019engager pour la cause de la santé mentale, je me reconnais très mal dans cette gauche inclusive dont plusieurs factions sont bourrées de néo-curés-de-la-rectitude politique et de dames patronnesses-de-la- bonne-attitude-à-avoir, toujours prêts (avec leur jargon sociologique ou leur insupportable nov- langue sectorielle) à vous ramener dans la bonne case idéologique ou dans la juste ligne de leur pensée unique.Et vous dire, à l\u2019instar de la journaliste Julie Pinsonneault (Le Devoir, 21 août 2017), comment je suis tanné, écœuré moi aussi par le clivage gauche-droite, au Québec\u2026 Un clivage devenu un gouffre sidéral entre les deux factions, où percolent en sur face l \u2019 ignorance crasse, la bêtise, les préjugés, la suffisance intellectuelle et les postures de supériorité morale des uns et des autres.Tanné, écœuré, par exemple, de cette fichue manie qu\u2019on a, à gauche, sur les réseaux sociaux et ailleurs, de clore tout débat en séparant approximativement les de droite et les de gauche, et même, de parvenir à l\u2019orgasme intellectuel en cassant collectivement à qui mieux mieux du Marti- neau ou du Bock-Côté, comme si c\u2019était là une preuve d\u2019intelligence obligatoire, un mantra national, le boutte du boutte, hey toi, chose, là !\u2026.Est-il besoin de rajouter, ici, que cette mauvaise compote sociale, cette pagaille générale, cette zizanie sociétale ne profite hélas, qu\u2019au gouvernement Couillard et à la clique du 1 % d\u2019ultra-riches dont il sert si bien les intérêts?!\u2026 Un Québec libre, inclusif, fier de son passé Finalement, je veux bien, moi, qu\u2019on aille de l\u2019avant et qu\u2019on n\u2019oublie personne derrière (QS), je veux bien qu\u2019on aille régulièrement comme société dans des angles plus « aigus » pour combattre l\u2019homophobie, le sexisme, le patriarcat et revendiquer aussi les droits des minorités en tous genres, mais je voudrais surtout qu\u2019en allant de côté, on ne perd jamais de vue le grand pas en avant, le « grand angle », cette notion d\u2019un espace collectif, d\u2019une nation et d\u2019un pays.Un concept, s\u2019il en est, devant obligatoirement servir de contenant à ce fabuleux melting-pot de cultures et de valeurs sociales dif férentes, de droits collectifs et individuels enfin harmonisés, qui sera nôtre.En un mot comme en mille : peu me chaut que l\u2019indépendance se fasse par une « constituante » en si bémol ou en sol majeur, mais de grâce, travaillons ensemble à la faire ! Oublions nos différends existentiels et culturels, mélangeons nos désirs et nos couleurs, oublions le réflexe mécanique de la critique gauche-droite, développons de nouveaux espaces de parole, réapprenons à débattre sainement, à nous parler franchement, privilégions l\u2019argument à l\u2019insulte, chassons les libéraux du pouvoir et faisons donc de cet immense espace qui nous appartient, le Québec, un pays digne de ce nom, une terre d\u2019accueil où il fait bon vivre ensemble.Un Québec libre, inclusif, fier de son passé et de ses valeurs collectives nouvellement tricotées?J\u2019en suis ! Ni La Meute ni le troupeau ! Comme si le bon droit, la raison et la vertu n\u2019étaient que du seul côté d\u2019une certaine gauche inclusive L E D E V O I R , L E L U N D I 2 8 A O Û T 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).P arti à la découverte de l\u2019Afrique, j\u2019ai découvert la « découvrabilité ».Si vous ignorez ce que c\u2019est, rassurez-vous : c\u2019est très nouveau \u2014 le mot est apparu en 2016 dans Le grand dictionnaire terminologique de l\u2019OQLF.La découvrabilité, c\u2019est le « potentiel pour un contenu, un produit ou un service de capter l\u2019attention d\u2019un internaute ».En anglais, le mot discoverability remonte à 150 ans.C\u2019était alors un concept de droit plutôt pointu.La disco- verability a pris son sens moderne il y a dix ans alors que se développaient des techniques de référencement Web.Je suis tombé sur la découvrabilité grâce à un Béninois installé au Québec depuis quelques années, Destiny Tchéhouali.En mai dernier, lors d\u2019un forum sur le Web francophone organisé par Culture Montréal, j\u2019avais été impressionné par sa présentation sur l\u2019entrepreneuriat Web francophone en Afrique.Je suis donc allé le rencontrer à son bureau du Centre d\u2019études sur l\u2019intégration et la mondialisation (CEIM) à l\u2019UQAM, mais la conversation s\u2019est très vite orientée sur son dada : la découvrabilité.Destiny Tchéhouali s\u2019intéresse de longue date à la «géopolitique de la société de l\u2019information» \u2014 son sujet d\u2019études postdoctorales.En plus d\u2019être président de la Société Internet Québec (ISOC Québec), il rédige par ailleurs une lettre de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Culture, commerce et numérique, qu\u2019il est bien placé pour écrire à titre de directeur de l\u2019Observatoire des réseaux et interconnexions de la société numérique (ORISON).Bref, je suis tombé sur un type qui pouvait faire des liens entre une série d\u2019enjeux qui me tarabustent depuis un petit moment.Car derrière le développement de l\u2019économie Web francophone et la réforme des politiques culturelles qui se prépare à Québec et à Ottawa, il y a la découvrabilité.« Les francophones sont assez productifs sur le Web, mais le vrai problème du français dans l\u2019espace numérique n\u2019est pas la productivité, mais la découvrabilité », dit-il.« Ceux qui contrôlent les moteurs de recherche sont devenus des fournisseurs de contenu, et ils s\u2019avantagent eux- mêmes à travers des algorithmes secrets dont on ne sait rien.» Les États essaient de répondre avec leurs vieux trucs de politiques culturelles, comme les quotas, mais personne n\u2019a une idée claire des flux culturels ni de la façon de les mesurer.On sait que 78 % de la musique, des films et des jeux que les Québécois achètent sur le Web proviennent d\u2019une plateforme étrangère, mais quoi, de qui, on ne sait pas.Même l\u2019UNESCO ne sait plus.«Les éditeurs ne sont même pas capables de retracer les ventes d\u2019auteurs québécois parce qu\u2019Amazon le cache.On veut des statistiques, mais on n\u2019est pas capables de faire un portrait global.Il n\u2019existe aucun outil qui mesure les contenus canadiens sur les plateformes, et les décideurs politiques n\u2019ont donc aucun levier.» Des solutions Destiny Tchéhouali participe à plusieurs initiatives qui visent à corriger ce problème.Le CEIM, par exemple, va lancer un chantier de forage de données.Il s\u2019agit de mettre au point une série d\u2019indicateurs pour mesurer la présence et la visibilité de produits musicaux et audiovisuels québécois dans les catalogues québécois et internationaux tels que Netflix, Spotify, iTunes/Apple Music et YouTube.« Le but est d\u2019établir un indice de découvrabilité qui permettra aux administrations d\u2019établir des politiques qui fonctionnent, mais aussi de savoir quels types de contenus sont demandés, où, par qui.Il faut travailler les deux, la réglementation et les contenus.Actuellement, les Européens se sont avancés dans une approche réglementaire pour demander 25% de contenu européen, mais ils n\u2019ont pas plus d\u2019information que nous quant à la découvrabilité.» En parallèle et en collaboration avec le CEIM, ISOC Québec lance un projet, appelé CLIC Québec, qui vise à améliorer la découvra- bilité de la production culturelle québécoise.«On va faire le tour des bonnes pratiques au Canada et monter des formations pour les organismes culturels québécois.» Cela fait 20 ans que les États ont perdu l\u2019initiative du développement du Web aux mains des Google et autres Amazon, dont ils subissent les diktats.Il n\u2019en a pas toujours été ainsi.«Dans les années 1990, le Québec était une référence sur le Web, et pas seulement en francophonie.À Montréal, au début des années 2000, ISOC Québec avait réuni les 30 ISOC de pays francophones pour élaborer des projets de collaboration pour des médias et des portails.Je ne sais trop pourquoi, mais il n\u2019y a eu aucune suite », dit Destiny Tchéhouali.ISOC Québec tentera de saisir la balle au bond en organisant le premier Forum sur la gouvernance d\u2019Internet au Québec, qui se tiendra à la Société des arts technologiques à la mi- septembre.« Il faut trouver le moyen de faire en sorte que les francophones pèsent davantage dans la gouvernance mondiale d\u2019Internet.» La découvrabilité JEAN-BENOÎT NADEAU D A N I E L R A U N E T Journaliste à la retraite (Radio-Canada) es dernières semaines, Le Devoir a pleinement joué son rôle de défenseur des libertés démocratiques en soulignant les lacunes de la Loi sur l\u2019accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels.Mais comment réformer cette loi ?Force est de constater que peu de choses ont été dites sur le sujet dans le débat public.Pourtant, des solutions existent et elles ont été énoncées l\u2019an dernier lors des audiences de la Commission des institutions de l\u2019Assemblée nationale.Une commission parlementaire probablement trop technique pour avoir attiré les projecteurs des médias ; c\u2019est fort dommage.Ce n\u2019est pas dans le document d\u2019orientation du ministre Fournier qu\u2019il faut chercher ces solutions.Il pourrait même ajouter de nouveaux obstacles à la liberté de l\u2019information lors de la réforme prévue.Son document suggère une nouvelle série d\u2019exemptions à l\u2019accès, le respect de « l\u2019espace privé des fonctionnaires ».Ce concept fourre-tout pourrait justifier le rejet de n\u2019importe quelle demande.Et passer à côté du problème principal de la loi actuelle, qui consiste davantage en un catalogue de raisons pour justifier le secret qu\u2019en un exercice de transparence sur les activités de l\u2019État.Liberté fondamentale Trois recommandations-clés me semblent émerger des différents mémoires que j\u2019ai lus.La première, c\u2019est qu\u2019il faut que l\u2019accès à l\u2019information soit véritablement inclus dans les libertés fondamentales des citoyens, à côté du droit à la vie, des libertés de conscience, de religion, d\u2019expression, d\u2019association, etc.L\u2019inclusion de ce principe dans le chapitre premier de la Charte des droits et libertés de la personne lui donnerait préséance sur toutes les autres lois du Québec.C\u2019est ce que recommande, parmi d\u2019autres, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.Pour sa part, la Commission d\u2019accès à l\u2019information souligne qu\u2019il existe actuellement quelque 150 dérogations à l\u2019accès dans les lois du Québec.Voilà un premier verrou qui doit sauter.Le deuxième point crucial concerne l\u2019arbitrage des différends entre les demandeurs d\u2019accès et les agents de l\u2019État qui refusent une demande.Le gouvernement Couillard voudrait diluer davantage les maigres pouvoirs de l\u2019actuelle Commission d\u2019accès et confier ce travail au Tribunal administratif du Québec.Il y a là un problème de jurisprudence, puisque ce tribunal est spécialiste de tout et de rien.Et surtout, la possibilité d\u2019arguties sans fin à la suite de la ju- diciarisation prévisible du processus.La Commissaire à l\u2019information du Canada est contre, la Commission d\u2019accès à l\u2019information du Québec est contre, il faudrait écouter ces gens-là.La troisième recommandation, qui émane de la Commission d\u2019accès à l\u2019Information, est que l\u2019ensemble des restrictions à l\u2019accès incluses dans la loi soit soumis à la primauté de l\u2019intérêt public.Les gouvernements et leurs administrations ont en effet à leur disposition toute une panoplie d\u2019exemptions qu\u2019ils invoquent à longueur d\u2019année pour maintenir l\u2019omertà : renseignements fournis par un tiers, secret commercial, secret gouvernemental, exclusion des renseignements basés sur des faits, confidentialité des membres du Barreau dès qu\u2019un avocat est inscrit sur la liste des destinataires d\u2019un document, invocation arbitraire du concept de demande abusive, délais de réponse interminables, etc.Plusieurs recommandations intéressantes Quels critères appliquer pour assurer la primauté de l\u2019intérêt public ?Les meilleures suggestions dans ce domaine me semblent provenir du Centre for Law and Democracy qui a étudié à la loupe la législation québécoise.Ce groupe d\u2019avocats de Nouvelle-Écosse demande l\u2019abolition des distinctions actuelles entre restrictions à caractère facultatif et restrictions obligatoires.Ce système serait remplacé par la soumission des refus des demandes d\u2019accès à un double test.Existe-t-il un préjudice réel pour une des parties du fait de la divulgation?Si oui, y a-t-il un intérêt public à la divulgation?En cas de réponse positive, ce deuxième critère aurait préséance sur le premier.L\u2019exemple des enjeux environnementaux illustre le mieux cette question.À l\u2019heure actuelle, si on veut savoir la nature exacte des produits relâchés par une industrie dans un cours d\u2019eau ou dans la nappe phréatique, on se heurte aux restrictions sur le secret commercial.Pourtant, la Convention d\u2019Aarhus, un instrument international dont le Canada est partie prenante, reconnaît le caractère prépondérant de l\u2019intérêt public en matière d\u2019environnement.Le terme « environnement » va ici très loin, puisqu\u2019il inclut tous les facteurs qui peuvent avoir une influence sur l\u2019état de santé, la sécurité et les conditions de vie des êtres humains.Le Québec devrait incorporer cette convention dans ses lois.Les mémoires présentés à la commission parlementaire contiennent une foule d\u2019autres recommandations intéressantes.Par exemple, la suppression de l\u2019article 34 de la loi qui exempte les documents émanant d\u2019un membre de l\u2019Assemblée nationale, du cabinet, d\u2019une commission scolaire ou d\u2019un organe municipal et de leur équipe.Ou l\u2019élargissement de la portée de la loi à toutes les entreprises dont l\u2019État détient au moins 50 % du capital (le gouvernement Couillard privilégie le critère de 100 %).Également, un cadre de divulgation proactive qui obligerait les institutions publiques à publier dans un format clair et accessible les informations essentielles à la compréhension de leurs activités sans qu\u2019il soit besoin d\u2019en faire la demande.Je termine avec un en jeu soulevé par le Scientifique en chef du Québec qui se plaint de la multiplication des paliers décisionnels dans les demandes d\u2019accès soumises par des chercheurs.Il faut rappeler que ces chercheurs sont soumis à un, voire plusieurs comités d\u2019éthiques ayant des exigences propres et parfois contradictoires avant même de commencer leur demande d\u2019accès à l\u2019information auprès des organismes gouvernementaux.Dans un univers où les subventions de recherche sont généralement pour une durée de trois ans, l\u2019ajout de délais d\u2019attente pouvant atteindre deux ans par des organismes comme la RAMQ, la SAAQ, l\u2019ISQ ou encore la CSST a pour effet de rendre certaines recherches impossibles.Et de préserver les secrets de famille sur des sujets politiquement sensibles, comme les revenus réels de la profession médicale ou les maladies professionnelles.L\u2019avis d\u2019experts comme le scientifique en chef devrait suffire à garantir le sérieux des protocoles de recherche.ACCÈS À L\u2019INFORMATION Des solutions pour réformer la loi J O S É E L E M I E U X Présidente M A T H I E U S A N T E R R E Associé et formateur agréé S É B A S T I E N V E R R E T E T A N N E - S O P H I E L E C L E R C Agents en affaires publiques L\u2019Orange bleue affaires publiques haque période électorale amène son lot de déclarations prometteuses.Si plusieurs tombent dans l\u2019oubli, d\u2019autres marquent davantage l\u2019imaginaire.Certains se rappellent peut-être le discours d\u2019ouverture du premier ministre, M.Philippe Couillard, qui, le 21 mai 2014, annonçait « le premier gouvernement véritablement ouvert de l\u2019histoire du Québec».Difficile de faire abstraction d\u2019une telle affirmation.On aurait pu croire qu\u2019elle aurait été suivie par la présentation rapide d\u2019un projet de loi pour réformer le régime québécois d\u2019accès à l\u2019information détenue par les organismes publics.Rappelons que c\u2019est ce régime qui permet à tout citoyen de savoir ce que le gouvernement détient comme information sur tout sujet d\u2019intérêt public.C\u2019est donc une pierre angulaire de notre régime démocratique.Qu\u2019en est-il aujourd\u2019hui ?À tort ou à raison, l\u2019agenda gouvernemental des dernières années semble avoir été trop chargé pour présenter cette réforme attendue.Pourtant, notre régime d\u2019accès à l\u2019information est désuet et compromet la transparence souhaitée par tous.Résultats aléatoires Un aspect par ticulièrement inquiétant du processus d\u2019accès à l\u2019information est celui des résultats aléatoires qu\u2019il génère.En effet, des demandes identiques auprès de différentes institutions peuvent recevoir des réponses complètement distinctes.Cette différence peut toucher autant l\u2019acceptation \u2014 ou le refus \u2014 de la demande elle-même que le volume d\u2019information partagé par les organismes publics visés.De grands médias ont récemment fait les frais de cette incohérence et de cette apparence d\u2019arbitraire : imaginez un citoyen ou une PME ! Cette incohérence est notamment causée par la longue et complexe liste de restrictions et d\u2019exceptions prévues à la Loi actuelle pour justifier un refus.Ces exceptions menacent carrément la transparence gouvernementale par les abus qu\u2019elle peut justifier.En effet, les motifs de refus sont si nombreux et parfois si tordus que les organismes publics ont l\u2019embarras du choix s\u2019ils désirent refuser l\u2019accès à un document.Ajoutez à cela un manque flagrant de res- ponsabilisation au sein du processus de traitement des demandes, et vous vous retrouvez avec la loi actuelle: une loi du «non-accès».Un autre facteur entravant la transparence est l\u2019objet même de la demande d\u2019accès.Actuellement, les citoyens n\u2019ont accès qu\u2019à des documents existants et doivent pouvoir les nommer pour les obtenir.Ainsi, si l\u2019information que l\u2019on recherche est connue, mais inscrite nulle part ailleurs que dans les bases de données gouvernementales, impossible d\u2019y avoir accès.Cette situation mène à des «parties de pêche», où des citoyens demandent des masses de documents en espérant trouver l\u2019aiguille dans la botte de foin.Que de temps perdu pour les citoyens et les organismes publics\u2026 Le principe de l\u2019accès à l\u2019information elle-même, et non seulement au document qui la soutient, devrait donc être introduit dans la Loi.Certes, ce serait faire preuve de mauvaise foi que de refuser d\u2019admettre que la gestion de l\u2019État doit se concrétiser en priorisant certains aspects, comme la santé, l\u2019économie, l\u2019éducation, etc.Par contre, sans un accès à l\u2019information détenue par le gouvernement, il n\u2019y a aucun moyen de s\u2019assurer que les priorités sont établies en fonction de l\u2019intérêt commun.La démocratie a besoin que l\u2019État partage l\u2019information qu\u2019il détient.Il reste peu de temps au gouvernement actuel, d\u2019ici aux prochaines élections, pour mettre en place la réforme de l\u2019accès à l\u2019information qui a été annoncée.Le non-accès à l\u2019information ISTOCK «La loi actuelle consiste davantage en un catalogue de raisons pour justifier le secret qu\u2019en un exercice de transparence sur les activités de l\u2019État», af firme l\u2019auteur.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Il reste peu de temps au gouvernement de Philippe Couillard pour mettre en place la réforme de l\u2019accès à l\u2019information annoncée, croient les auteurs.C C L E D E V O I R , L E L U N D I 2 8 A O Û T 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S mencé.Ce qui est particulier avec Valérian, c\u2019est que Besson a vraiment décidé de nous impliquer très tôt, soit un an avant qu\u2019il commence à tourner », se souvient François Dumoulin, superviseur VFX.Dans la tête de Besson C\u2019est grâce à la qualité de ses effets spéciaux pour Lucy (2014) que Luc Besson a recruté la compagnie montréalaise, qui s\u2019est retrouvée au même niveau que deux autres gros joueurs : Weta Digital et Industrial Light & Magic, respectivement les compagnies d\u2019effets spéciaux de Peter Jacskon et de George Lucas.« On devait mettre en image tout ce que Luc Besson avait en tête.Comme il s\u2019agissait d\u2019une adaptation, on s\u2019est beaucoup inspirés des bandes dessinées de Christin et Mézières.On a notamment créé le vaisseau principal, l\u2019Intruder, et les environnements en s\u2019inspirant de l\u2019imagerie des livres.Ce n\u2019est pas exactement comme dans les bandes dessinées puisqu\u2019elles ont été faites dans les années 1970 », explique Olivier Martin, directeur artistique et illustrateur (concept artist).Luc Besson rêvait depuis une quinzaine d\u2019années de transposer les aventures de Valérian et Laureline, dont cer taines scènes avaient d\u2019abord été conçues pour Le cinquième élément.Or, en voyant Avatar, de James Cameron, il s\u2019est dit qu\u2019il devait reprendre à zéro.«Très souvent quand tu rencontres un réalisateur au début d\u2019un projet, il te dit \u201cpropose-moi quelque chose que je n\u2019ai jamais vu\u201d.Avec Besson, c\u2019est l\u2019inverse.À la première rencontre, il y avait des peintures partout sur les murs du bureau, il avait son truc complètement dans la tête.On sentait qu\u2019il avait vraiment travaillé for t.C\u2019est sûr que, sur cer tains environnements et vaisseaux, on avait carte blanche, mais le film était déjà complètement dans sa tête.Il n\u2019y a pas eu un moment où il n\u2019était pas sûr de ce qu\u2019il voulait ou non», raconte François Dumoulin.«On propose et lui dit \u201cj\u2019aime bien\u201d ou \u201cj\u2019aime pas\u201d.Et là, on retourne au travail.Besson laisse une liberté créative.Ensuite, il recadre et ramène à ce que doit être le film.Il a une idée très précise de ce qu\u2019il veut, ce qui est agréable », affirme Olivier Martin.Au pays des dragons Ayant développé une belle complicité avec Denis Villeneuve, pour qui ils ont signé les effets spéciaux d\u2019Incendies, d\u2019Enemy et d\u2019Arrival, les artistes de Rodeo FX ont été invités par le premier à créer des villes futuristes pour Blade Runner 2049.Outre cette suite tant attendue du film culte de Ridley Scott, on les retrouvera au générique de It, d\u2019Andy Muschietti, de Justice League, de Zack Snyder, et du prochain long métrage de Xavier Dolan, The Death and Life of John F.Donovan, lequel met en vedette Kit Harington, bien connu pour son rôle de Jon Snow dans Game of Thrones.D\u2019ailleurs, s\u2019il y a un projet de Rodeo FX qui fait beaucoup parler de lui, et pas seulement ici, c\u2019est bien Game of Thrones, dont le dernier épisode de l\u2019avant-dernière saison était dif fusé hier soir.«Ça fait quatre ans qu\u2019on travaille sur Game of Thrones ; on fait des villes, des forêts, des environnements naturels.Récemment, on a fait beaucoup de créatures, comme des oiseaux.On fait aussi beaucoup d\u2019explosions, de destruction, de la simulation d\u2019eau.Sur certains projets, on a plus de latitude, mais sur cette série, c\u2019est tellement bien planifié qu\u2019on exécute leur vision», explique Matthew Rouleau, superviseur VFX, qui ignore si Rodeo FX sera de la huitième et dernière saison de cette série pour laquelle l\u2019équipe a remporté trois prix Emmy.« Cette année, on a fait les deuxième et septième épisodes, ce qui a totalisé neuf mois de travail pour une centaine d\u2019artistes, poursuit-il.Moralement et techniquement, c\u2019est l\u2019un de nos projets les plus dif ficiles, mais on a confiance dans nos aptitudes et on est très excités à l\u2019idée que la planète va voir notre travail.» À l\u2019instar de François Dumoulin et d\u2019Olivier Mar tin, Matthew Rouleau arrive au même constat : le métier peut être aussi ingrat que gratifiant : « Ce qui fait le succès de Game of Thrones, c\u2019est que, contrairement à plusieurs blockbusters, qui ont des ef fets plus techniquement impressionnants et se veulent un peu fantaisistes, la série se veut très réaliste.Or, plus on réussit notre travail, moins les gens savent qu\u2019on travaille.» « Le plus beau compliment pour plein d\u2019artistes, c\u2019est quand on ne remarque pas le travail.Un monteur dirait la même chose », conclut François Dumoulin.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 RODEO FX Le plus beau compliment pour plein d\u2019artistes, c\u2019est quand on ne remarque pas le travail.Un monteur dirait la même chose.François Dumoulin « » déjà transformées en rivières, puisque tous les décès confirmés étaient reliés à ce genre de tentative.Les services d\u2019urgence, pompiers, policiers et tous renforts confondus, ont répondu à plus de 2000 opérations de sauvetage durant la nuit, tout en appelant le public à donner des embarcations.Le nombre d\u2019appels à l\u2019aide a été tel que les lignes téléphoniques d\u2019urgence furent par moment saturées.Twitter s\u2019est ainsi converti en véritable « ligne de vie », d\u2019abord pour les autorités qui y communiquent les informations les plus pressantes.Pour des citoyens aussi, désespérés d\u2019attendre qu\u2019un agent du 911 leur réponde.En matinée dimanche, on lisait par exemple sur ce réseau : «Une famille attend des secours dans le grenier.Incapable d\u2019atteindre le toit », le tout accompagné d\u2019une adresse.Cloîtrés Le maire de Houston, Sylvester Turner a encouragé les citoyens à rester chez eux pour éviter d\u2019être piégés dans les rues.« Même s\u2019il y a une accalmie aujourd\u2019hui, ne pensez pas que la tempête est terminée», a-t-il averti.M.Turner a indiqué que le centre de congrès était maintenant transformé en refuge.Un avis d\u2019évacuation volontaire avait été émis vendredi pour les localités côtières, mais pas pour Houston.Le maire Turner a défendu sa décision en expliquant que mettre des millions de personnes sur la route aurait été «un cauchemar».Daniel Dignard, directeur de l\u2019antenne du Québec à Houston, est satisfait des décisions des autorités et des informations qu\u2019ils fournissent, même s\u2019il se sent « cloîtré ».Joint au téléphone par Le Devoir, il dit voir les autoroutes vides depuis la fenêtre de sa tour d\u2019habitation, alors qu\u2019elles sont normalement bondées.Il explique à quel point la population de Houston a explosé dans les dernières décennies, avec encore aujourd\u2019hui près de 10 % de croissance selon le Bureau américain du recensement.Une explosion démographique qui a réduit la capacité de drainage du sol, « recouvert de béton », tout comme la construction d\u2019autoroutes, observe M.Dignard.Mathieu Carrier, résident en chirurgie buccale de l\u2019Université du Texas, explique que l\u2019hôpital Ben Taub où il travaille doit transférer ses patients à cause d\u2019une panne électrique.«Mais les rues avoisinantes sont presque toutes inondées», s\u2019inquiète-t-il dans un message au Devoir.«On se demande bien quand et comment tout cela va se régler», ajoute-t-il, devant les prévisions météorologiques peu rassurantes.Isabelle Dion, une autre Québécoise installée dans cette ville texane, surveille quant à elle la hauteur de l\u2019eau dans la rue devant sa maison de type unifamilial.« Il ne faudrait pas beaucoup pour inonder», dit-elle depuis un quartier du nord de la ville.«On a de l\u2019eau, une voiture, des vêtements de rechange prêts dans un sac à dos, on avait planifié beaucoup», explique-t-elle.Au même moment, sur la côte texane, plus durement touchée par l\u2019ouragan de catégorie 4 sur une échelle de 5, l\u2019heure était à la décou- ver te des dégâts.« Je suis resté là pendant toute la tempête [\u2026], j\u2019ai vu la destruction se passer, tous les toits s\u2019envoler des maisons, les arbres tomber, c\u2019est horrible », a commenté à l\u2019Agence France-Presse John Moraida, habitant de Victoria, au sud-ouest de Houston.Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a quant à lui souligné que les dégâts atteindraient des «milliards de dollars ».Trump attendu mardi En après-midi, la Maison-Blanche a annoncé que le président Donald Trump se rendrait dès mardi au Texas pour constater l\u2019ampleur des dégâts.Le géant pétrolier ExxonMobil a interrompu dimanche ses activités sur son site texan de Baytown, l\u2019un des plus grands au monde.«Ce sont environ 21,64% de la production actuelle du golfe du Mexique qui ont été mis à l\u2019arrêt», a par ailleurs indiqué le Bureau de régulation de l\u2019environnement et de la sécurité (BSEE).William Brock Long, nouvellement directeur de l\u2019Agence fédérale des situations d\u2019urgence, a quant à lui af firmé que la catastrophe serait probablement l\u2019une des pires à frapper cet État du Sud américain.En entrevue au Washington Post il y a quelques semaines, il avait fait remarquer qu\u2019aucun ouragan majeur n\u2019avait frappé les États-Unis depuis 2005.En 2005, l\u2019ouragan Katrina avait balayé La Nouvelle-Orléans, causant la mort de 1500 personnes.Les dégâts avaient alors été évalués à plus de 80 milliards de dollars américains.Avec l\u2019Agence France-Presse et l\u2019Associated Press Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 TEXAS Selon M.Singh, il n\u2019y a pas de doute sur le fait que les tribunaux seront saisis de la question si la loi devait être adoptée et qu\u2019ils «l\u2019étudieront par la lorgnette de la protection des liber tés religieuses».En d\u2019autres mots, la loi sera invalidée à son avis.Il a donné l\u2019impression qu\u2019en tant que premier ministre, il appuierait une contestation judiciaire.Il a aussi dit s\u2019opposer à ce qu\u2019on interdise à une personne comme lui, portant le turban et le kirpan, d\u2019occuper une position d\u2019autorité, une position de la CAQ qui ne se retrouve pas dans la loi 62.La sortie publique de M.Singh n\u2019était pas anodine.Elle mettait la table en vue du premier débat français des aspirants chefs du NPD qui se tenait au Club Soda le lendemain.Une des questions du débat a d\u2019ailleurs porté sur la loi 62.M.Caron a demandé à M.Singh d\u2019expliquer pourquoi, en tant que premier ministre du Canada, il se sentirait autorisé à contester une loi québécoise.«Tu as dit ce matin [dimanche] que, comme premier ministre, tu appuierais une contestation judiciaire.Tu as mentionné que tu considérerais d\u2019autres mesures.Dis-tu que le Québec devrait comprendre que ce serait toi, comme premier ministre à Ottawa, qui déciderait ?Jusqu\u2019où serais-tu prêt à aller pour nier la volonté de l\u2019Assemblée nationale?» M.Singh a dit que cela était le devoir d\u2019un premier ministre.«Si le gouvernement québécois privatisait son système de santé, oui, comme premier ministre, je dirais que ce n\u2019est pas acceptable.Parce qu\u2019il y a des valeurs qu\u2019on a.[\u2026] Ce n\u2019est pas une question de respect, c\u2019est une question de valeurs.» Par la suite, en point de presse, M.Caron a précisé qu\u2019il n\u2019aimait pas lui non plus la loi 62, mais qu\u2019il n\u2019utiliserait pas son autorité au fédéral pour la torpiller.Charlie Angus et Niki Ashton ont pour leur part tous deux tenté la quadrature du cercle en soutenant à la fois qu\u2019ils niaient à l\u2019État le droit de dicter à une femme quoi porter, mais respectaient l\u2019autonomie législative du Québec.Mme Ashton a fini par admettre par la suite en point de presse qu\u2019une contestation judiciaire «est quelque chose à laquelle il faut être ouvert».M.Angus s\u2019est dit «certain» que les forces progressistes au Québec permettraient de déboucher sur un résultat «équilibré».Débat plus large La loi 62 est le plus récent paratonnerre d\u2019un débat plus large faisant rage dans les rangs québécois du NPD sur la place de la religion dans la sphère publique.Dans la foulée de la défaite électorale de 2015, que beaucoup de militants québécois attribuent à l\u2019appui donné par Thomas Mulcair au port du niqab lors des cérémonies de citoyenneté, plusieurs estiment que le parti doit clarifier ses positions sur la laïcité afin de renouer avec l\u2019électorat de la province.Certains militants québécois craignent qu\u2019en choisissant pour chef Jagmeet Singh, un sikh pratiquant, le NPD se coupe de certains appuis.M.Caron était en terrain connu dimanche et il a fait appel à l\u2019histoire de sa grand-mère Alice pour critiquer son adversaire et titiller cette fibre anticléricale toute québécoise.« Je me souviens de discussions avec elle sur le contrôle de l\u2019Église sur sa vie et celles qui l\u2019entouraient.Elle me disait que, chaque année où elle n\u2019avait pas d\u2019enfant, elle avait des comptes à rendre au curé.Cette mainmise de l\u2019Église a laissé de profondes cicatrices et explique la grande méfiance des Québécois et Québécoises envers le mélange entre la religion et l\u2019État.» M.Singh se défend en rappelant que le port de symboles religieux n\u2019est pas synonyme de conservatisme social.Il en veut pour preuve, dit-il, le chef conservateur Andrew Scheer.« Il ne porte pas de signes religieux.Il cache sa religion.Mais il est contre les droits de la femme et de la communauté LGBTQ.Moi je partage les mêmes valeurs du Québec, progressistes.» Appuis et malaises envers Singh La députée Hélène Laverdière, la seule élue néodémocrate du Québec à soutenir M.Singh jusqu\u2019à présent, appuie la sortie de son poulain contre la loi 62.«Je suis tout à fait à l\u2019aise avec sa position», a-t-elle indiqué.Elle était présente au Club Soda pour assister au débat.À l\u2019opposé, le député Alexandre Boulerice, qui n\u2019a pas encore pris position dans la course, trouve que M.Singh est trop catégorique dans ce débat.«M.Singh a une position assez extrême dans la défense des droits individuels.Ma position est plus équilibrée entre la défense des droits individuels et la défense de certains droits collectifs et certaines normes sociales.C\u2019est une question qui n\u2019est pas noire ou blanche pour moi.Il y a différents degrés de gris.» L\u2019ex-député Pierre Dionne Labelle, qui avait le premier déclaré au Devoir que l\u2019élection de M.Singh nuirait aux chances électorales du NPD au Québec, a déploré la sortie de celui-ci.«Ça va être de plus en plus dur au Québec d\u2019aller chercher des comtés avec une position comme celle-là, a-t-il confié au Devoir avant le débat.Déjà que la loi 62 est timide.À visage découvert\u2026 On ne peut pas être contre quelque chose avec laquelle 80% de la population est d\u2019accord et penser qu\u2019on va regagner des sièges.» Le malaise est similaire du côté de l\u2019ex-député Alain Giguère.«J\u2019avais des réticences, et sa prise de position n\u2019a fait que les accentuer», a-t-il reconnu tout juste après le débat qu\u2019il était venu lui aussi écouter.Il se dit contre la loi 62, car elle ne va pas assez loin en ne s\u2019attaquant pas à tous les symboles religieux.Le débat d\u2019une heure et demie mettait en vedette les quatre députés aspirant à remplacer Thomas Mulcair à la tête du NPD.Le gagnant sera choisi en octobre.C\u2019était la première fois qu\u2019on entendait MM.Singh et Angus dans un exercice presque exclusivement en français.Si le français de M.Angus était à l\u2019occasion laborieux, suscitant quelques rires (complices) de la salle, celui de M.Singh paraissait un peu plus fluide.Les candidats se sont fait par ailleurs demander ce qu\u2019ils feraient pour élargir la protection du français au Québec.M.Caron a réitéré sa promesse d\u2019étendre l\u2019application de la loi 101 aux entreprises relevant du fédéral, ce à quoi M.Angus a donné son aval.« C\u2019est raisonnable.» Les quatre candidats se sont dits ouverts à rouvrir le débat constitutionnel comme le demande le premier ministre Philippe Couillard, mais ont prévenu que d\u2019autres sujets seraient sûrement abordés, notamment le droit des peuples autochtones.Le débat a été l\u2019occasion d\u2019un petit malaise lorsque M.Angus a demandé à M.Singh s\u2019il se présenterait à l\u2019élection fédérale de 2019 s\u2019il ne remportait pas la chefferie, question d\u2019autant plus pertinente que M.Singh est député ontarien et qu\u2019une élection provinciale aura lieu en 2018.M.Singh a refusé à deux reprises de répondre.Il s\u2019est limité à rétorquer: «Avec respect, je ne perdrai pas.» Les candidats se sont fait demander ce qu\u2019ils pensaient de la monarchie.M.Singh s\u2019est dit « pas d\u2019accord du tout avec la monarchie », Mme Ashton ouverte à la tenue d\u2019un référendum sur la question.M.Caron a indiqué qu\u2019il n\u2019était « pas particulièrement amoureux de la monarchie», mais qu\u2019il y avait des enjeux plus importants à régler.Angus a eu un rire nerveux en disant «c\u2019est une question dif ficile pour moi.J\u2019appuie [l\u2019abolition]».Selon un sondage Léger ef fectué pour le compte du Devoir et du Globe and Mail et publié en fin de semaine, un large pan de l\u2019électorat québécois ne sait pas qui il verrait à la tête du NPD (58%).Mais aux yeux des autres, Guy Caron arrive en tête avec 10%, suivi par Charlie Angus à 4%, Jagmeet Singh à 3% et Niki Ashton à 1%.Le NPD récolte 19 % des intentions de vote, mais quel que soit le chef choisi, ce chiffre diminuerait.La chute serait la moins brutale avec M.Caron (16%).Pas moins de 28% des 1002 répondants ont indiqué que le turban de M.Singh les découragerait de voter pour lui, et 55% des répondants ont dit que cela n\u2019aurait aucune influence.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 NPD Une saison dévastatrice ?Plusieurs prévisionnistes reconnus ont annoncé une recrudescence du nombre d\u2019ouragans cette année.L\u2019Administration nationale américaine d\u2019observation océanique et atmosphérique (NOAA en anglais) a évalué que la probabilité d\u2019une activité au-dessus de la normale est de 75 % en 2017.La prévision de mauvais augure compte de 13 à 17 tempêtes tropicales, incluant jusqu\u2019à 10 ouragans.L\u2019an dernier seulement une dizaine de cyclones tropicaux avaient atteint une intensité assez élevée pour être baptisés.Les cyclones sont en effet classifiés sur l\u2019échelle de Saffir- Simpson, à partir du moment où des vents d\u2019au moins 118 km/h soufflent.La saison des ouragans est décrétée chaque année entre le 1er juin et le 30 novembre, mais les ouragans se déchaînent en majorité de la mi-août à la mi-octobre.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Les candidats Guy Caron, Niki Ashton, Jagmeet Singh et Charlie Angus étaient à Montréal dimanche."]
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