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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-07-17, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I I N o 1 5 8 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 7 J U I L L E T 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Zoofest.Coco Belliveau, l\u2019humoriste multiple aux onze spectacles.Page B 8 Société \u203a Archéologie acoustique.Le son pour expliquer la présence de peintures rupestres.Page A 5 Avis légaux.B 2 Décès.B 6 Météo.B 2 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Médicaments génériques Une entente de 5 ans Page A 3 Voyage L\u2019in?uence des comparateurs de prix Page B 5 VENEZUELA SYMBOLE FOR T RAUL ARBOLEDA AGENCE FRANCE-PRESSE Des centaines de milliers de Vénézuéliens ont fait la ?le dans toutes les régions du pays, et même à l\u2019étranger, a?n de voter à un référendum symbolique, dimanche.L\u2019objectif de cette opération politique était de s\u2019opposer aux intentions du président Nicolás Maduro de réécrire la Constitution du pays.Page B 1 A M É L I P I N E D A L a commission d\u2019enquête sur les femmes autochtones n\u2019est peut-être pas vouée à l\u2019échec, mais elle ne parviendra pas à s\u2019attaquer aux racines de la violence systémique, selon la commissaire démissionnaire Marilyn Poitras.Mme Poitras s\u2019est exprimée publiquement pour la première fois dimanche \u2014 sur les ondes de la CBC \u2014 après avoir claqué la porte à l\u2019Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) le 11 juillet dernier.Dans une lettre envoyée au premier ministre Justin Trudeau, elle disait alors être incapable de remplir ses fonctions «en vertu du processus tel qu\u2019il est conçu dans sa structure actuelle ».«La commission emprunte une voie qui a déjà été explorée », a expliqué la professeure à l\u2019Université de Saskatchewan d\u2019origine métis, dans une entrevue accordée au réseau anglais de la Société d\u2019État.Sa démission suit une vague de départs qui étaient déjà venus ébranler la confiance de plusieurs envers la commission.Depuis sa création, la commission a vu quatre autres membres de l\u2019équipe quitter le navire en plus d\u2019avoir eu à gérer une mise à pied.Même si elle critique les façons de faire de la commission d\u2019enquête, Mme Poitras estime COMMISSION D\u2019ENQUÊTE SUR LES FEMMES AUTOCHTONES Les racines de la violence systémique négligées L\u2019ex-commissaire Marilyn Poitras explique pour une première fois les raisons de sa démission A M É L I P I N E D A Le projet de cimetière musulman à Saint- Apollinaire, près de Lévis, a été rejeté dimanche à l\u2019issue d\u2019un vote serré d\u2019une quarantaine d\u2019électeurs.Au total, 36 des 49 personnes appelées à se prononcer sur la création de ce cimetière se sont présentées au bureau de vote.Dix-neuf de ces 36 électeurs ont voté contre le projet, soit seulement trois de plus que ceux qui ont voté pour.Un autre bulletin a été rejeté.Le projet visait à construire un cimetière musulman sur la rue Laurier, à côté d\u2019un site funéraire multiconfessionnel déjà existant près de l\u2019autoroute 20.Il était piloté par la grande mosquée de Québec, qui a été frappée par l\u2019attentat du 31 janvier au cours duquel six musulmans ont été tués.La consultation concernait seulement les voisins immédiats du projet, soit 49 des 6000 habi- SAINT-APOLLINAIRE Le projet de cimetière musulman est rejeté Le Québec est l\u2019hôte de onze nations autochtones reconnues par le gouvernement du Québec, chacune parlant sa propre langue.Certaines de ces langues sont encore parlées par des milliers de locuteurs.Plusieurs sont sur la voie rapide de l\u2019extinction.Cet été, Le Devoir rencontre chaque semaine un locuteur d\u2019une de ces langues.Voici Dave Jenniss, de la nation malécite de Viger.C A R O L I N E M O N T P E T I T Jusqu\u2019en 1989, le dramaturge Dave Jen- niss, originaire de Trois-Pistoles, n\u2019était pas of ficiellement Malécite.Pas plus qu\u2019aucun Malécite de la province de Québec.Ce n\u2019est qu\u2019à la suite de longues démarches, entreprises par diverses familles de la région de Cacouna, que les Malécites de Viger, comme on les appelle, ont finalement été reconnus comme nation, par le gouvernement du Québec, et comme Indiens inscrits par le gouvernement du Canada.KWE! KWE! Retour aux sources malécites GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Le dramaturge Dave Jenniss VOIR PAGE A 8 : CIMETIÈRE VOIR PAGE A 8 : FEMMES VOIR PAGE A 8 : MALÉCITES 36 Nombre de citoyens qui ont voté au référendum L I S A - M A R I E G E R V A I S L e mois de juillet au Québec ?India Mau- cœur ne connaît pas.Depuis l\u2019âge de 5 ans, la jeune adolescente d\u2019aujourd\u2019hui 15 ans passe tous ses étés en France chez son père puisque ses parents se sont séparés alors qu\u2019elle était toute petite.«C\u2019est sûr que j\u2019aimerais ça expérimenter un été complet au Québec, mais en même temps, j\u2019ai toujours un cer tain plaisir à passer une partie de mon été en France, je n\u2019ai pas envie d\u2019arrêter », dit la jeune Québécoise qui habite dans les Cantons-de-l\u2019Est le reste de l\u2019année.Comme elle, des milliers d\u2019enfants iront passer les vacances d\u2019été loin du nid familial habituel, dans un autre pays, parce que papa ou maman y vit.Les amours n\u2019ayant pas de frontières et les séparations étant de plus en plus communes, on pourrait penser que cette situation est répandue et que la tendance est à la hausse.Coup de sonde auprès des compagnies aériennes : de plus en plus d\u2019enfants voyagent non accompagnés et l\u2019été est la période où on en voit le plus.Air Transat confirme qu\u2019ils seraient plus d\u2019un millier en partance du Québec.Si certains vont chez papa ou maman, d\u2019autres visitent leurs grands-parents ou d\u2019autres membres de la famille.La Floride serait une destination de prédilection pour ces enfants voyageant seuls.Pour le psychologue Richard Cloutier, s\u2019il n\u2019est pas rare que les couples se séparent et s\u2019installent dans des villes dif fé- rentes, la garde partagée inter- pays demeure un phénomène marginal.« Même si les cas de séparation ont augmenté en fréquence au cours des dernières années, [les enfants] qui doivent changer d\u2019environnement géographique de façon significative, soit un changement de ville ou de pays, ce n\u2019est pas très courant », constate le professeur retraité de l\u2019École de psychologie de l\u2019Université Laval.Québec-Californie Âgé d\u2019à peine 8 ans, Benjamin ne compte plus les fois où il a pris l\u2019avion.« Il voyage depuis qu\u2019il a 3 semaines », raconte sa mère, Virginie Gué- vin-Lemoyne.« Il a son boarding pass, son petit sac à dos, ses collations, sa pâte à modeler pour jouer dans le hublot, il est habitué.» Né à Vancouver, le gamin a vite apprivoisé les airs pour suivre ses parents qui, travaillant dans le milieu de l\u2019hôtellerie, étaient souvent mutés à divers endroits au Canada et aux États-Unis.Depuis la séparation de ses parents il y a cinq ans, Benjamin fait chaque mois l\u2019aller-retour entre Mont-Saint-Hilaire, où vit sa mère, et Sonoma, en Californie, pour voir son papa.Treize heures, porte à porte, indique sa maman.Il y passe habituellement 4 à 5 jours.«Chaque début d\u2019année, quand je rencontre les profs, je leur explique que même si je voulais la Volvo, les deux enfants et la petite clôture blanche\u2026 ce n\u2019est pas ça [qui est arrivé].On fait du mieux qu\u2019on peut », ex- plique-t-elle.« On essaie de coordonner les congés, on attache ça avec des longs weekends.Il est juste en 2e année et a de la facilité.Ce n\u2019est pas l\u2019examen de chimie de Harvard, non plus.Et il fait ses travaux dans l\u2019avion.» Dans ses allers-retours aériens, Benjamin est toujours avec un membre de sa famille ou des amis de ses parents, qui ne se font pas prier pour l\u2019accompagner toutes dépenses payées.En bas de 8 ans, peu de compagnies aériennes permettent à un enfant de voyager sans la présence d\u2019un adulte, hormis Air France qui l\u2019autorise à partir de 5 ans.Air Transat et Air Canada accueillent pour leur part les enfants seuls âgés de 8 à 11 ans, mais ceux-ci doivent être enregistrés comme mineurs non accompagnés.Moyennant un supplément d\u2019une centaine de dollars, ils sont ainsi pris en charge par le personnel à bord.À par tir de 12 ans, ils sont considérés comme des grands pouvant voyager seuls et les parents peuvent choisir ou non de payer pour ce service d\u2019accompagnement.« C\u2019est un peu stressant », confie India Maucœur qui voyage comme mineure non accompagnée depuis l\u2019âge de 5 ans.« Et c\u2019est toujours plus émotif pour moi de partir l\u2019été parce que je pars plus longtemps.» Depuis deux ans, elle se sent maintenant à l\u2019aise de prendre l\u2019avion complètement seule.Le stress du voyage a laissé sa place à un autre genre de préoccupation, davantage liée à l\u2019adolescence.«Ce qui était dif ficile quand j\u2019étais petite, c\u2019était de savoir que je ne verrais pas ma mère pendant un bon bout de temps, explique-t-elle.Maintenant, oui ma mère me manque, mais c\u2019est tout le stress relié à ce qui peut se passer pendant les deux mois où je ne suis pas [au Québec].Par tir c\u2019est laisser mes amis et ma routine ici et tout refaire là-bas.C\u2019est tout le temps des changements assez drastiques », poursuit la jeune fille qui dit ne s\u2019être jamais totalement habituée.Savoir s\u2019adapter Cet été, ce sera la première fois que Benjamin passera tout un mois avec papa.«C\u2019était le souhait de son père, mais de Benjamin aussi.On s\u2019est dit : pourquoi pas?» Virginie Gué- vin-Lemoyne a embauché une jeune Québécoise qui sera l\u2019accompagnatrice et la nounou de son fils pour tout le séjour.«Benji n\u2019est pas un \u201cennuyeux\u201d.Avec moi, il ne s\u2019ennuie pas de son père et là-bas, il ne s\u2019ennuie pas de moi.Il est bien partout, se réjouit-elle.Et pour le bonheur de notre enfant, le père et moi, on collabore.» Non pas que la garde partagée à des milliers de kilomètres soit simple.Mais pour peu que l\u2019intérêt de l\u2019enfant soit respecté, elle comporte des défis similaires aux autres modèles familiaux.« Ce type [de garde partagée] n\u2019est pas par définition mauvais ou bon, soutient M.Cloutier.Un des éléments impor tants qui peut servir de trame pour juger l\u2019impact que ça peut avoir sur l\u2019enfant, c\u2019est de se dire : est-ce que ça répond au besoin de l\u2019enfant ou s\u2019agit-il de quelque chose qui relève des besoins exclusivement parentaux ?» Il s\u2019inquiéterait davantage d\u2019une situation où l\u2019enfant serait ballotté entre deux pays ou deux continents pour satisfaire le besoin du parent éloigné ou apaiser sa culpabilité.« Ça ne veut pas dire que, si ça répond au besoin du parent, ça ne répond pas à celui de l\u2019enfant, précise-t-il.Mais si l\u2019enfant ne compte pas dans la décision et qu\u2019il va subir la situation, les risques augmentent qu\u2019il y ait des impacts [négatifs].» India Maucœur admet parfois s\u2019être sentie un peu coincée dans sa situation de fille aux parents sur deux continents.«Quand j\u2019étais petite, je ne m\u2019en mêlais pas.Mais depuis quelques années, j \u2019en prends de plus en plus conscience et j\u2019ai commencé à dire ce que je voulais.Et comme c\u2019est moi qui décide et que mes parents respectent mes choix parce qu\u2019ils veulent que je sois heureuse, ça se passe bien, explique la jeune adolescente.J\u2019essaie toujours de trouver le bon côté des choses.Je sais que je suis chanceuse parce que je vais avoir cette expérience dans la vie.Je vais savoir comment voyager.J\u2019ai la double nationalité et une deuxième maison en France.» Deux identités Qui prend parent prend pays, pourrait aussi dire le dicton.Dès qu\u2019elle met les pieds dans le pays de son père, India adopte l\u2019horaire et l\u2019accent français.«C\u2019est juste plus facile de s\u2019adapter.Le choc est moins grand.» Elle ne s\u2019est jamais posé la question à savoir si elle est plus Québécoise ou Française.Elle respire bien dans les deux mondes même s\u2019ils comportent leur lot de dif fé- rences.« En France, c\u2019est plus des vacances en famille tout l\u2019été.C\u2019est comme une grosse tradition.Tout le monde part en même temps et va à la mer», dit la jeune fille sans cacher sa hâte de s\u2019y tremper l\u2019orteil.La Bourgogne, la Nor- mandie et la maison de sa grand-mère en Bretagne feront partie de sa petite tournée habituelle de retrouvailles.Sans compter celles avec son plaisir gourmand.« Là-bas, je mange toujours beaucoup, beaucoup, beaucoup de chocolat », confie-t-elle.Benjamin ne s\u2019embourbe pas non plus dans les considérations identitaires.Quand il se fait poser des questions par les douaniers, il dit toujours « je m\u2019en vais à la maison » , peu impor te de quel côté de la frontière i l se trouve.« Pour Benji , c \u2019est home ici et c\u2019est home en Cali fornie.I l parle les deux langues, a des amis là-bas et ici.Ça donne une super vie à notre fils », dit Virginie Gué- vin-Lemoyne qui voit la chose très positivement.« Il a un petit look de sur fer et il dit qu\u2019il vient de la Californie.Il joue un peu là-dessus.» Si l\u2019enfant est bien dans ce changement d\u2019univers, l\u2019expérience ne peut qu\u2019être positive, insiste Richard Cloutier.« On parle de la dif férence sur le plan identitaire en raison de la distance géographique.Mais il peut aussi y avoir une grande distance culturelle à l\u2019intérieur même d\u2019une ville comme Montréal », fait remarquer le psychologue.Sans compter que l\u2019enfant gagne en maturité et en autonomie.« Sauf si on en développe une phobie, je crois que c\u2019est positif et que c\u2019est une réussite pour l\u2019enfant de prendre l\u2019avion et de faire un tel voyage.L\u2019enfant est traité comme un grand, il sait qu\u2019il est capable de faire ça, ça relève plus du positif que de l\u2019échec.» Le Devoir Vivre la garde partagée à des milliers de kilomètres La vie des enfants dont les parents séparés ne vivent pas dans le même pays L E D E V O I R , L E L U N D I 1 7 J U I L L E T 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 M A R I E - L I S E R O U S S E A U Avant même son inauguration, qui aura lieu lundi, la promenade Fleuve-Montagne, un des legs attendus du 375e anniversaire de Montréal, suscite de nombreuses critiques.Réalisée au coût de 55 millions, un budget entièrement assumé par la Ville, la promenade Fleuve-Montage est un parcours piétonnier de 3,8 kilomètres reliant le fleuve Saint-Laurent, dans le Vieux- Montréal, au mont Royal, au nord du centre-ville.Tout au long du trajet, les visiteurs pourront assister à des concerts de piano sur la rue place dYouville, faire des emplettes dans un marché de quartier sur la rue McGill ou encore contempler des œu- vres d\u2019art évoquant l\u2019histoire de Montréal, réparties tout au long de la promenade, détaille la Ville dans une note de bref- fage obtenue par Le Devoir.Des activités d\u2019animation seront également déployées jusqu\u2019au 31 octobre et contribueront « à rendre la promenade encore plus vivante et à favoriser son appropriation par les citoyens et les touristes », indique le document.Un parcours «banal» Décrite par la Ville comme la « concrétisation d\u2019un projet municipal ambitieux qui vise à créer des trajectoires de marche d\u2019exception, d\u2019interconnexion et d\u2019expériences au sein des quartiers densément peuplés de Montréal », la promenade est critiquée par Projet Montréal pour son manque d\u2019audace.La chef de l\u2019opposition officielle à la Ville de Montréal déplore que le résultat final soit « assez banal », compte tenu des investissements qui ont été déployés.« Avec un projet de 55 millions, on s\u2019attendait à un parcours qui soit emblématique, qui serait suggéré dans un guide de voyage, par exemple, mais on a raté la cible », dit-elle.«Ça confirme ce qu\u2019on voyait venir depuis déjà quelques mois.On est loin du High Line new-yorkais qu\u2019on nous promettait », commente pour sa part le chargé de cours en politique montréalaise à l\u2019UQAM Florent Michelot.Valérie Plante critique sévèrement l\u2019aménagement de l\u2019avenue McGill College.« On devait retrancher deux voies de circulation pour donner la place aux piétons.Les plans présentés étaient audacieux.Finalement, on n\u2019a enlevé qu\u2019une seule voie.C\u2019est d\u2019une tristesse inouïe », a-t-elle déclaré en entrevue au Devoir.Un avis partagé par M.Mi- chelot.« On nous a vendu un concept extraordinaire.On aura quelque chose de sympathique, mais ça nous amène à penser qu\u2019on a tourné les coins ronds.» La chef de Projet Montréal mentionne néanmoins la réussite de l\u2019aménagement de la rue McTavish, près de l\u2019entrée du mont Royal.« On sent que l\u2019espace a été pleinement occupé, qu\u2019on a pensé à l\u2019expérience complète», dit-elle.Mauvaise gestion dénoncée Selon Valérie Plante, la promenade Fleuve-Montagne est un exemple de la « mauvaise organisation » de l\u2019administration Coderre dans ce genre de dossier.«L\u2019administration fait des annonces et des conférences de presse sans avoir les moyens d\u2019avancer.Résultat : ses projets prennent du retard.On n\u2019a qu\u2019à penser à l\u2019amphithéâtre Jean- Drapeau ou au recouvrement de l\u2019autoroute Ville-Marie », mentionne-t-elle en exemple.Le dossier a en effet connu quelques embûches.La promenade devait être prête à temps pour la date d\u2019anniversaire de la fondation du fort de Ville-Marie, le 17 mai dernier, mais des retards dans les travaux ont entraîné deux mois de délais supplémentaires.Le projet a également connu des dépassements de frais.À son annonce en 2015, il devait coûter 42,4 millions.Mais plusieurs des contrats d\u2019aménagement ont été plus coûteux que prévu, ce qui a entraîné des dépassements de coût de 13 millions.« Le résultat n\u2019est pas à la hauteur des coûts, ça laisse poser des questions sérieuses sur la gestion des projets du 375e anniversaire de Montréal », avance M.Michelot.La Ville de Montréal a refusé d\u2019accorder des entrevues à ce sujet avant le dévoilement du projet, a indiqué l\u2019attachée de presse Noémie Brière-Marquez.Le Devoir La promenade Fleuve- Montagne critiquée Le legs du 375e anniversaire de Montréal n\u2019est pas à la hauteur des 55 millions investis pour le réaliser, déplorent des intervenants JACQUES NADEAU LE DEVOIR La rue McTavish a été réaménagée et pavée.ISTOCK Coup de sonde auprès des compagnies aériennes : de plus en plus d\u2019enfants voyagent non accompagnés et l\u2019été est la période où on en voit le plus.Air Transat confirme qu\u2019ils seraient plus d\u2019un millier en partance du Québec.Partir c\u2019est laisser mes amis et ma routine ici et tout refaire là-bas.C\u2019est tout le temps des changements assez drastiques.India Maucœur, 15 ans, dont le papa habite en France « » L E D E V O I R , L E L U N D I 1 7 J U I L L E T 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 C O L I N P E R K E L à Toronto L es agents correctionnels canadiens ne se conforment pas aux règles concernant l\u2019enregistrement vidéo des recours à la force contre les détenus, révèlent des données obtenues par La Presse canadienne.Au cours du plus récent exercice financier, le Bureau de l\u2019enquêteur correctionnel, Ivan Zinger, a passé en revue 1436 incidents durant lesquels des agents ont employé la force contre les prisonniers.Bien que la situation se soit améliorée au cours des dernières années, près de 67 % de ces cas présentaient des problèmes par rapport à l\u2019enregistrement des inter ven- tions par caméra, a indiqué l \u2019ombudsman, qui juge ce taux « alarmant ».Les procédures régissant les recours à la force en milieu carcéral requièrent l\u2019enregistrement sur bande vidéo de toute inter vention planifiée, de même que celles qui sur viennent spontanément, dès que possible.Non-respect Or, les données révèlent un non-respect de cette directive dans les deux scénarios.Il s\u2019agit dans certains cas de pépins mineurs ou de nature technique, mais lorsqu\u2019on accuse un agent de brutalité, des vidéos cr uciales manquent parfois à l\u2019appel.Ivan Zinger martèle qu\u2019archiver ces incidents est dans l\u2019intérêt de tous, tant pour protéger les détenus que les gardiens à qui l\u2019on reproche d\u2019avoir utilisé une force excessive \u2014 une infraction criminelle.Un exemple récent est celui de Timothy Nome, qui soutient avoir été battu par des agents qu\u2019il n\u2019avait pourtant pas provoqués, en mars dernier, dans un établissement de sécurité maximale de la ville d\u2019Agassiz, en Colombie- Britannique.Un enquêteur indépendant a constaté que l\u2019incident n\u2019avait pas été filmé, et Service correctionnel Canada (SCC) a ensuite expliqué cette omission par des raisons contradictoires.Dans son rapport, l\u2019enquêteur déplore qu\u2019il n\u2019ait pu ni démentir ni prouver le bien- fondé des allégations de Timothy Nome.Ivan Zinger soutient par ailleurs que SCC pourrait facilement prolonger la durée de conservation des enregistrements vidéo, advenant la possibi l i té que les événe- ments captés fassent l\u2019objet d\u2019une plainte.Les vidéos peuvent actuellement être supprimées après six jours \u2014 un délai que l\u2019ombudsman souhaite rétablir à son ancien niveau de trente jours.Il estime qu\u2019en somme les cas de vidéos détruites ou tout simplement manquantes sont rares, mais tout de même graves.« C\u2019est bien beau de dire \u201cNous avons agi de manière correcte\u201d, mais si on peut le prouver \u2014 et c\u2019est ce que fait une vidéo \u2014, alors le système s\u2019en voit encore plus crédible et ça efface le doute de tous les esprits», a-t-il exposé en entrevue.En 2014-2015, près de 84 % des recours à la force n\u2019étaient pas effectués conformément à la directive d\u2019enregistrement vidéo.Si cette proportion s\u2019est ef fritée, M.Zinger constate que les problèmes suivants persistent : Délais dans le déploiement des opérateurs de caméra lors de recours à la force spontanés, même si des ressources en ce sens sont disponibles ; Manques d\u2019images des procédures de décontamination qui suivent l\u2019utilisation d\u2019agents chimiques ou inflammatoires contre les détenus; Manquements à filmer les rencontres où sont élaborés les plans d\u2019intervention en cas de recours à la force planifié.Laura Cumming, porte-parole de SCC, a refusé de réagir à ces données, expliquant qu\u2019elles proviennent d\u2019un tiers et devraient être vérifiées.La Presse canadienne MILIEU CARCÉRAL Manque de vidéos lors des recours à la force M A R I E - L I S E R O U S S E A U L e bras de fer entre le gouvernement du Québec et les fabricants de médicaments génériques est terminé.Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a annoncé dimanche des économies dépassant 1,5 milliard sur cinq ans dans le cadre d\u2019une entente de principe conclue vendredi soir entre le gouvernement et l\u2019Association canadienne du médicament générique (ACMG).I l a été impossible de connaître les modalités de cette entente, qui entrera en vigueur dès le 1e r octobre.Celles-ci restent confidentielles en raison des négociations qui se poursuivent entre l\u2019ACMG et l\u2019Alliance pan- canadienne pharmaceutique, a indiqué le ministre.On sait cependant que l\u2019entente s\u2019appliquera tant pour le régime public d\u2019assurance médicaments que pour les régimes privés.M.Barrette s\u2019est dit « très satisfait » en entrevue téléphonique au Devoir dimanche.« Il s\u2019agit d\u2019une économie de 40 % [par rappor t à ce qu\u2019on paie actuellement].Trouvez-moi dans l \u2019histoire du Québec quelqu\u2019un qui est arrivé à faire ça ! » a-t-il déclaré.Le coût des médicaments génériques représente actuellement une dépense annuelle de près de 800 mil - lions pour le régime public d\u2019assurance médicaments.L\u2019annonce a été bien reçue dimanche par les différents acteurs du milieu de la santé.«Il faut applaudir le fait que Québec a bougé sur cette question pour récupérer des sommes.Ça fait plusieurs années qu\u2019on dit qu\u2019on paie trop cher au Québec et au Canada », a commenté Marc-André Gagnon, professeur agrégé à l\u2019École d\u2019administration et de politique publique de l\u2019Université Carleton.M.Gagnon aurait cependant souhaité plus de transparence dans le processus de négociations.« J\u2019attends de connaître les modalités de l\u2019entente pour me prononcer davantage.Si on baisse les prix réels [des médicaments] après les ristournes, sans diminuer les prix of ficiels, ce serait extrêmement problématique », prévient-il.Impact sur les factures Le ministre Barrette a assuré que les patients paieront moins cher leurs médicaments dès que l\u2019entente entrera en vigueur.Le Collège des médecins estime que cette entente est encourageante.« Quand on économise des montants importants pour des médicaments, c\u2019est une très bonne nouvelle », a déclaré son président, le Dr Charles Bernard, en entrevue au Devoir.Sa principale préoccupation concerne le risque de pénurie.« J\u2019espère que l\u2019entente garantit qu\u2019il n\u2019y aura pas de pénurie de médicaments comme il y en a eu dans le passé », a indiqué M.Bernard.Une préoccupation qu\u2019a partagée l\u2019Ordre des pharmaciens du Québec dans une déclaration transmise par cour- riel.« Nous espérons que cette entente générera des économies comme prévu, mais assurera également à la population québécoise un accès aux médicaments sans crainte de ruptures d\u2019approvisionnement.» Appels d\u2019offres L\u2019entente avec l\u2019ACMG annule toute possibilité du gouvernement de recourir à des appels d\u2019offres, une procédure qu\u2019avait menacé de mettre en œuvre le ministre Barrette pendant les négociations.Selon le ministre, l\u2019entente est préférable aux appels d\u2019offres, même si ceux-ci auraient pu permettre d\u2019économiser des sommes plus importantes, car elle garantit davantage de sécurité sur le plan des emplois et de l\u2019approvisionnement.En ce sens, Gaétan Barrette a qualifié l\u2019entente de «point d\u2019équilibre».Le président de l\u2019ACMG, Jim Keon, abonde dans le même sens.«L\u2019ACMG considère que cet accord négocié est une bien meilleure solution [\u2026] qu\u2019un processus risqué d\u2019appel d\u2019offres», a-t-il déclaré dans un communiqué.L\u2019Association québécoise des pharmaciens propriétaires partage cet avis.« Nous avons toujours dit que nous par ta- gions l\u2019objectif du gouvernement de réduire les coûts, mais que nous étions contre les appels d\u2019offres puisque ce n\u2019est pas le bon moyen d\u2019y parvenir », a fait savoir la vice-présidente aux Affaires publiques et relations avec l\u2019industrie, Julie Gauthier, par courriel.Un argument que réfute Marc-André Gagnon.« Au contraire, [procéder par appels d\u2019of fres] aurait été un bon système pour mieux se protéger sur le plan de l\u2019approvisionnement en plus d\u2019aller chercher davantage de réductions de coûts », soutient-il.Réinvestissements Le ministre Barrette a promis dimanche de réinvestir les 300 millions qui seront économisés annuellement grâce à cette entente dans le système de santé « afin d\u2019améliorer l\u2019accessibilité aux soins et aux services ».Une décision applaudie de toutes par ts.« C\u2019est un élément clé.Si on fait du ménage dans le budget de la santé, c\u2019est pour servir le système de santé, pas pour of frir des baisses d\u2019impôt, par exemple », mentionne M.Gagnon.« C\u2019est la meilleure nouvelle de toute cette entente », croit le Dr Charles Bernard.Le Devoir Médicaments génériques : Québec économisera 1,5 milliard Les modalités de l\u2019entente conclue entre le gouvernement et les fabricants demeurent toutefois confidentielles ISTOCK Les médicaments génériques coûtent actuellement près de 800 millions annuellement au régime public d\u2019assurance médicaments.C A R O L I N E P L A N T E à Québec L e premier ministre Philippe Couillard a personnellement contacté « bon nombre » de ses homologues au cours des dernières semaines afin de leur expliquer sa Politique d\u2019affirmation, « Québécois, notre façon d\u2019être Canadiens».Il entend poursuivre la discussion lors de la rencontre du Conseil de la fédération, qui s\u2019ouvre mardi à Edmonton, a-t- il indiqué dans une entrevue exclusive accordée à La Presse canadienne.Selon toute vraisemblance, M.Couillard a dû calmer le jeu après le dévoilement, en juin, de sa politique d\u2019af firmation du Québec, qui vise à créer les conditions favorables à la reprise d\u2019éventuelles négociations constitutionnelles.À terme, si le Québec obtient la reconnaissance souhaitée, il pourrait adhérer à la Loi constitutionnelle de 1982 et ainsi faire partie officiellement de la grande famille canadienne.Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a d\u2019abord catégoriquement rejeté l\u2019idée de rouvrir la Constitution, avant d\u2019adoucir quelque peu le ton lors d\u2019événements publics subséquents.Et le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, a fait savoir que, d\u2019après lui, le Québec bénéficiait déjà largement du système de péréquation, qui équilibre la richesse entre les provinces et territoires.La Saskatchewan donne 500 millions par année, tandis que le Québec reçoit plus de 11 milliards, a-t-il dit.Rapprochement voulu Malgré ces rebuffades, M.Couillard s\u2019est déclaré « content » des réactions généralement positives, selon lui, lors d\u2019un entretien d\u2019une quarantaine de minutes dans son bureau au parlement.« Je pense que beaucoup de gens ont compris que le thème principal du document, c\u2019est le rapprochement, la participation du Québec, avec son identité et sa fierté nationales.» Il s\u2019est félicité des déclarations publiques des premières ministres de l\u2019Alber ta et de l\u2019Ontario, qui appellent tout de même à la prudence.« Le désir du Québec de parler de ses valeurs, de sa culture et de sa perspective à l\u2019intérieur de notre Confédération est bienvenu, a affirmé Rachel Notley, première ministre de l\u2019Alberta.Les Albertains et les Canadiens savent que toute autre étape menant à une discussion sur la Constitution ne pourra être franchie qu\u2019avec beaucoup de prudence, et ce, seulement si les pourparlers avaient une chance de réussir.Ce n\u2019est pas du tout certain aujourd\u2019hui.» Saluant les liens « très, très forts » qui existent entre Québec et Queen\u2019s Park, la première ministre de l\u2019Ontario, Kathleen Wynne, a dit comprendre qu\u2019il n\u2019était pas question pour l\u2019instant de rouvrir la Constitution, mais plutôt de continuer de bâtir « des relations solides » afin d\u2019améliorer la fédération canadienne.« C\u2019est ça qui m\u2019intéresse », a-t- elle conclu.Le Québec plus visible Qu\u2019à cela ne tienne, le Québec entend bien prendre toute la place qui lui revient autour de la table à Edmonton, a maintenu M.Couillard, qui s\u2019apprête à tester une nouvelle façon de faire.Par exemple, son gouvernement organisera des « missions » à travers le pays pour encourager la « compréhension mutuelle ».Lors d\u2019une récente conversation téléphonique avec le premier ministre désigné de la C o l o m b i e - B r i t a n - nique, John Horgan, M.Couillard raconte lui avoir dit : « Écoute, i l f au t qu \u2019 on s o i t proche.Nous, on voudrait aller vous voir et vice versa, et quand je dis \u201cnous\u201d, ce n\u2019est pas juste le gouvernement, c\u2019est notre milieu universitaire, notre milieu des af faires, notre société civile.Ce genre de choses là, c\u2019est vraiment très, très important.» Mm e Wynne est d\u2019ai l leurs la toute première chef de gouvernement d\u2019une autre province à être invitée à s\u2019adresser aux députés de l\u2019Assemblée nationale en septembre.Son allocution prévue au Salon bleu \u2014 une première historique pour le Québec, a soutenu M.Couil- lard \u2014 sera suivie d\u2019un conseil des ministres commun.« C\u2019est une démarche qui va s\u2019étaler sur des années, alors je ne m\u2019attends pas à ce que, cette année, il y ait des changements considérables.Par contre, voir ces rapprochements se faire, voir ces nouvelles initiatives se construire, ça mène à des conditions de succès éventuelles », a étalé M.Couillard.Au-delà de sa proposition constitutionnelle, le premier ministre Couillard profitera du Conseil de la fédération pour aborder la question de la légalisation du cannabis, et celle des échanges commerciaux avec les États-Unis.La Presse canadienne CONSTITUTION Couillard se dit appuyé par les provinces C\u2019est bien beau de dire \u201cNous avons agi de manière correcte\u201d, mais si on peut le prouver \u2014 et c\u2019est ce que fait une vidéo \u2014, alors le système s\u2019en voit encore plus crédible et ça efface le doute de tous les esprits Ivan Zinger, enquêteur correctionnel « » Malgré des rebuffades, M.Couillard s\u2019est déclaré « content » des réactions généralement positives Philippe Couillard L E D E V O I R , L E L U N D I 1 7 J U I L L E T 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 Médias iraniens et confrères américains saluent la mémoire de la première et seule femme à ce jour à avoir décroché la médaille Fields, la plus prestigieuse des récompenses en mathématiques.M ar yam Mirzakhani, mathématicienne iranienne et première femme lauréate de la médaille Fields, s\u2019est ef facée samedi à l\u2019âge de 40 ans dans un hôpital américain.D\u2019après l\u2019Université de Stanford, où elle enseignait, elle est morte « après une longue bataille contre le cancer».Née en 1977, Mirzakhani était une spécialiste de la géométrie des formes inhabituelles.Elle avait découvert de nouvelles façons de calculer les volumes d\u2019objets avec des surfaces hyperboliques, comme une selle de cheval.«Malgré la nature hautement théorique de son travail, il a des applications en physique, en mécanique quantique et dans d\u2019autres disciplines hors des mathématiques», souligne Stanford News, le journal de l\u2019université californienne.«Dotée d\u2019une parfaite connaissance d\u2019un éventail très divers de techniques mathématiques et de cultures mathématiques disparates, elle maîtrise une rare combinaison de capacités techniques, d\u2019ambition audacieuse et de profonde curiosité », écrivait le Congrès international des mathématiciens (ICM) en annonçant l\u2019attribution de la médaille Fields à Maryam Mirzakhani en août 2014.Elle a été la première femme lauréate de ce « prix Nobel » des mathématiques, la plus prestigieuse récompense dans cette discipline attribuée depuis 1936 à des mathématiciens de moins de 40 ans.Elle reste d\u2019ailleurs, à ce jour, la seule femme à l\u2019avoir décrochée.« C\u2019est un grand honneur et je serai heureuse si cela encourage de jeunes femmes scientifiques et mathématiciennes » , avait alors réagi Maryam Mirzakhani.« Je suis convaincue que de nombreuses autres femmes recevront ce type de récompense dans les prochaines années.» «Chef-d\u2019œuvre» Enfant , Mar yam Mirza- khani rêvait d\u2019être écrivain, mais la fièvre des chif fres et des équations l \u2019a prise au collège pour ne plus la quitter.« C\u2019est amusant, c \u2019es t comme faire un puzzle ou résoudre une énigme policière », assurait celle qui se fit remarquer lorsque, adolescente, e l le rempor ta les olympiades internationales des mathématiques deux années de suite, en 1994 et en 1995, avec un score parfait à l\u2019issue de la seconde édition.Alors que l\u2019Iran et les États- Unis rompaient en 1980 leurs relations diplomatiques, Ma- ryam Mirzakhani a quitté son pays pour l\u2019université américaine de Harvard.Elle y a décroché un doctorat en 2004 avec une thèse qualifiée de « chef-d\u2019œuvre » par Stanford News.« La plupart des mathématiciens ne produiront jamais quelque chose d\u2019aussi bon [\u2026] Et elle l\u2019a fait dès sa thèse », avait salué à l\u2019époque un professeur de mathématiques de l\u2019Université de Chicago, Benson Farb.El le étai t ensuite par t ie enseigner à l\u2019Université de Princeton avant de rejoindre Stanford.Des hommages en Iran\u2026 La plupart des journaux iraniens ont publié en une ce week-end de grandes photos de Mar yam Mirzakhani, y compris sans voile, pour saluer sa mémoire.En Iran, toutes les femmes doivent porter le voile pour couvrir leur chevelure et les médias ne publient habituellement pas de photo de femmes iraniennes non voilées.«La génie de la mathématique a cédé devant la puissance de la mort», titre le quotidien conservateur Hamshahri, qui a fait tomber le voile.C\u2019est aussi le cas du quotidien économique Donaye Eghtessad, qui annonce: « Dépar t final de la reine des mathématiques».Le président Hassan Rohani avait publié dès hier une photo de la mathématicienne non voilée sur son compte Insta- gram en déplorant sa «triste disparition».D\u2019après Hassan Ro- hani, Maryam Mirza- khani a « fait résonner le nom de l\u2019Iran dans les sphères scientifiques du monde entier et marqué un tournant pour montrer que les femmes iraniennes et les jeunes veulent parvenir aux sommets de la gloire».Le quotidien Hafte Sobh rappelle qu\u2019il y a vingt ans, la mathématicienne avait échappé à la mort.Elle se trouvait dans un autobus qui ramenait des étudiants en mathématique de l\u2019Université Sharif de Téhéran, la plus prestigieuse du pays, d\u2019une conférence sur cette discipline organisée en province.À l\u2019époque, sept des meilleurs étudiants de l\u2019université avaient trouvé la mor t dans l\u2019accident, écrit le journal, rappelant que la presse avait qualifié le jour de l\u2019accident de « mardi noir ».« Elle a rejoint ses sept camarades », ajoute le quotidien.« Tout le monde espérait que la génie de la mathématique [\u2026] échapperait une nouvelle fois à la mort comme elle l\u2019avait fait il y a vingt ans.» \u2026 et aux États-Unis « Mar yam est par tie bien trop tôt, mais son influence restera vivante à travers les milliers de femmes qu\u2019elle a encouragées sur la voie des maths et des sciences », a déclaré le président de Stanford, Marc Tessier-Lavigne.Le Stanford News a salué la mémoire d\u2019une mathématicienne « ambitieuse, déterminée et intrépide face aux problèmes auxquels d\u2019autres ne voulaient pas, ou ne pouvaient pas, s\u2019attaquer ».« Une lumière s\u2019est éteinte aujourd\u2019hui.Cela me brise le cœur\u2026 partie bien trop tôt », a écrit sur les réseaux sociaux un ami, Firouz Michael Na- deri, scientifique américano- iranien et ancien de la Nasa.Selon le Stanford News, la « méthode de travail préférée » de Maryam Mirzakhani « pour résoudre un problème était de grif fonner sur de grandes feuilles de papier blanc, en annotant ses formules autour de ses dessins.Sa petite fille décrivait sa mère au travail en disant qu\u2019elle \"peignait\"».avec l\u2019Agence France-Presse Libération MARYAM MIRZAKHANI 1977-2017 Disparition de la « reine des mathématiques » MARYAM MIRZAKHANI STANFORD/ASSOCIATED PRESS Née en 1977 à Téhéran, Maryam Mirzakhani est la seule femme à avoir remporté la prestigieuse médaille Fields.L es Producteurs en serre du Québec (PSQ) espèrent être en mesure d\u2019obtenir leur part du gâteau si le projet de légalisation du cannabis ar rive bel et bien à son terme au Canada.Au plus tard le 1e r juillet 2018, Ottawa entend permettre aux adultes de se procurer en toute légalité des quantités limitées de cette drogue.D\u2019ici là, le président des PSQ, André Mousseau, a la ferme intention de faire des pieds et des mains pour convaincre la c lasse pol i - tique que ses membres pourraient contribuer à répondre aux demandes des futurs consommateurs.Il reconnaît sans ambages que la pente à gravir s \u2019annonce abrupte, puisque les producteurs en serre du Québec n\u2019ont pas encore reçu « un quelconque acquiescement [gouvernemental] face à cette proposition ».Il ajoute que si les PSQ finissent par obtenir l\u2019autorisation de se lancer dans la culture du cannabis, ils seront doublement gagnants.Selon M.Mousseau, si ce scénario se concrétise, i ls pourront arrondir leurs fins de mois et avoir ainsi les moyens de développer leurs entreprises.Il soutient que pour que les producteurs en ser re du Québec soient en mesure de livrer la marchandise, il faudrait toutefois qu\u2019ils puissent disposer d\u2019une période de planification.« Peu importe la plante produite, il est nécessaire de déterminer comment la gérer, comment la traiter, comment éviter d\u2019avoir des problèmes liés aux insectes et aux maladies », énumère-t-il.Pour réaliser cet apprentissage et pour adapter leurs instal lat ions, les PSQ auraient également besoin d\u2019être rapidement fixés par rappor t aux paramètres devant éventuellement permettre d\u2019encadrer la culture du cannabis.La Presse canadienne LÉGALISATION DU CANNABIS D\u2019autres acteurs flairent la bonne affaire K amloops \u2014 Les incendies de forêt en Colombie-Britannique ont ravagé plusieurs villages, mais le bilan des maisons, entreprises et autres types d\u2019édifices qui ont été détruits restait vague, dimanche, ont indiqué les autorités.La température chaude et le temps venteux ont attisé les flammes à travers la province, notamment près d\u2019Ashcroft, où un incendie a ravagé 423 kilomètres carrés de territoire.Une agente d\u2019information du service de sécurité incendie, Ellie Dupont, a af firmé que le brasier a traversé plusieurs municipalités, mais elle n\u2019était pas en mesure de dire combien de bâtiments avaient été détruits.Elle a ajouté que le feu progressait rapidement en raison de la température, du bois et de l\u2019herbe secs ainsi que de la topographie de la région.« Ça rend dif ficile de lutter contre le feu [tout en] maintenant tout le monde en sécurité, alors [les autorités] ont donné beaucoup d\u2019aler tes et d\u2019ordres d\u2019évacuation afin que nous puissions éliminer la menace, nous rendre sur place et bien travailler sans aucune inquiétude relative à des gens qui se trouvent dans les environs.» Les autorités rappor tent qu\u2019un incendie à Lake Country, dans la région de l\u2019Okana- gan, a endommagé une dizaine de domiciles et autres structures.Les résidants de cette municipalité qui espéraient pouvoir regagner leur domicile se sont fait demander de rebrousser chemin, ont indiqué les autorités locales.Le chef du service de sécurité incendie de Lake Country, Steve Windsor, a dit que l\u2019inquiétude des citoyens quant à la possible perte de leur résidence était compréhensible.« Nous ne divulguons pas de chif fres encore », a-t-il dit, ajoutant que son équipe s\u2019en tenait pour l\u2019heure à parler de «nombreuses» maisons.M.Windsor a indiqué que personne n\u2019a été sérieusement blessé, mais que des pompiers ont dû être traités pour des blessures mineures.Les flammes ont été largement maîtrisées sans toutefois que la situation soit pleinement stabilisée, a-t-il ajouté.Plus d\u2019évacués Et tandis que les incendies de forêt alimentés par des conditions venteuses continuent de mener à des évacuations en Colombie-Britannique, les autorités s\u2019inquiètent du fait que la ville de Kam- loops, qui accueille les sinistrés, ne soit débordée.En fin de journée, samedi, sept autres ordres d\u2019évacuation ont été donnés, notamment pour des milliers de résidants de la ville de Williams Lake et de ses environs.Le directeur du district régional de Cariboo, Al Richmond, explique que le maire et lui ont pris cette décision parce que les flammes menaçaient de bloquer les routes de sortie.Ils avaient initialement l\u2019intention de diriger les évacués vers la ville de Prince George, au nord, mais les flammes ont gagné cette autoroute, a-t-il précisé.La majorité d\u2019entre eux ont donc trouvé refuge au sud, à Kamloops.La ville, qui est selon lui sur- bondée, doit également accueillir les évacués de Loon Lake.M.Richmond s\u2019inquiète d\u2019excéder la capacité du centre et exhor te tous les résidants qui doivent abandonner leur domicile à appeler la Croix-Rouge.Le ministre des Transports, Todd Stone, a dit que pas moins de 37 000 personnes étaient hors de leurs maisons dimanche.«Nous allons traverser ceci.Nous sommes rési- lients », a-t-il lancé au cours d\u2019une téléconférence.L\u2019état d\u2019urgence pourrait demeurer en vigueur pendant plusieurs semaines, a ajouté le ministre.Le responsable de l\u2019information du Service de lutte contre les incendies de forêt de la province, Kevin Skrepnek, a rapporté que plus de 160 incendies faisaient toujours rage en Colombie-Britannique, dont 16 qui se sont déclenchés samedi.La Presse canadienne FEUX EN COLOMBIE-BRITANNIQUE L\u2019étendue des dégâts toujours inconnue Pas moins de 37 000 personnes étaient hors de leurs maisons dimanche DARRYL DYCK LA PRESSE CANADIENNE La ville de Kamloops, entre autres, subit les contrecoups des nombreux feux de forêt qui ravagent le territoire.Ci-dessus, la ville encerclée par la fumée, le 10 juillet dernier.Kamloops dépassée par les évacués Les autorités s\u2019inquiètent du fait que la ville de Kamloops, qui accueille les sinistrés, ne soit débordée.La ville, qui est déjà bondée selon le directeur du district régional de Cariboo, Al Richmond, doit également accueillir les évacués de Loon Lake.Par communiqué, le centre des opérations d\u2019urgence de l\u2019Okanagan a précisé que les résidants de 657 autres maisons devaient aussi être prêts à évacuer si les conditions changeaient.Samedi, le service d\u2019incendies de forêt de la province a rapporté que 161 feux faisaient toujours rage, dont 14 qui menaçaient directement des régions habitées.D\u2019après Hassan Rohani, Maryam Mirzakhani a « fait résonner le nom de l\u2019Iran dans les sphères scientifiques du monde entier» Assurance-emploi : les libéraux tentent de pallier les dépassements de coûts Ottawa \u2014 Le gouvernement de Justin Trudeau tente de trouver des moyens pour contrer les dépassements budgétaires du programme fédéral visant à venir en aide aux travailleurs de régions du pays dont l\u2019économie pâtit.Les dépenses du programme atteignent désormais 1,3 milliard.Le gouvernement estimait que seulement 235 000 personnes allaient avoir recours aux prestations d\u2019assu- rance-emploi pendant des semaines additionnelles au moment où ils ont dévoilé leur mesure, l\u2019an dernier.Le programme vise à aider les travailleurs de 15 régions aux prises avec des taux de chômage tenaces.On estimait qu\u2019il allait en coûter 827,4 millions entre avril 2016 et mars 2019.Or, déjà en date du 9 juin, Emploi et Développement social Canada indiquait avoir dépensé près de 1,31 milliard en semaines supplémentaires avec prestations d\u2019assurance-emploi pour 317 261 demandeurs.Les statistiques de dépenses pourraient encore changer alors que les responsables reçoivent quelques dernières demandes avant la date butoir, le weekend prochain, pour être admissibles au programme.La Presse canadienne V I R G I N I E N U S S B A U M Àl\u2019image des taureaux de Lascaux et de leurs charbonneuses volutes, ou du grand ours vermillon qui habite la grotte Chauvet, les peintures rupestres continuent de fasciner le grand public et d\u2019obséder les archéologues.Aujourd\u2019hui encore, ils sont nombreux à vouloir percer le secret de ces empreintes d\u2019histoire en les auscultant de près, décryptant leurs formes, leurs couleurs, mais aussi\u2026 en les écoutant.Parmi eux, il y a Margarita Díaz-Andreu, professeure à l\u2019Institution catalane de recherche et études avancées (ICREA) et son équipe, dont les recherches sur la falaise de Baume Br une, dans le Vaucluse, ont été publiées fin juin.Cette paroi rocheuse, qui s\u2019étend sur un kilomètre, est creusée par plus de 40 cavités naturelles dont une dizaine abrite des peintures vieilles de 5000 ans.Un paysage de pierre majestueux que la chercheuse a truffé de micros, afin d\u2019en capter les échos.L\u2019objectif de son projet, soutenu par des fonds européens : explorer le lien entre l\u2019acoustique du lieu et ses mystérieux graffitis.Des oreilles fines Le son étant par essence insaisissable, Margarita Díaz-An- dreu et ses collègues ont dû développer une technique rigoureuse pour le capturer.À l\u2019extérieur de chaque abri rocheux, on fait éclater un ballon, le claquement venant se répercuter dans la niche.Un ensemble de microphones enregistre alors l\u2019intensité de l\u2019écho tandis qu\u2019une caméra 360° retrace son chemin, telle une bulle se déplaçant dans l\u2019espace.Après plusieurs mois d\u2019analyse, les résultats sont sans équivoque : les cavités décorées sont celles qui produisent l\u2019écho le plus puissant.Et ce n\u2019est pas tout.L\u2019emplacement des peintures correspond à l\u2019endroit précis où le son vient percuter la roche.Ainsi, les communautés néolithiques avaient l\u2019oreille fine.Mais que pouvait bien signifier la résonance pour ces chas- seurs-cueilleurs du sud-est de la France?«Ils croyaient vraisemblablement que des esprits résidaient dans la pierre, répond Margarita Díaz-Andreu.L\u2019écho représentait donc leurs voix, et les cavités des lieux sacrés où se déroulaient des cérémonies spirituelles, voire, selon certains anthropologues, des portails par lesquels l\u2019esprit pénétrait dans la montagne.» Tambour en main Donnée invisible au premier abord, l\u2019acoustique devient ici centrale pour comprendre les activités sociales et religieuses de la préhistoire.Une prédominance de la résonance que l\u2019on retrouve d\u2019ailleurs au fil des siècles.«Dans les églises gothiques, le chant des moines résonnait aussi de manière particulière.Tout comme dans nos cathédrales, faites pour que les notes de l\u2019orgue y tourbillonnent.Inconsciemment, ces sonorités nous ont toujours inspiré de la piété», analyse la chercheuse.Si les peintures de la Baume Brune prennent des formes abstraites ou arborescentes, l\u2019impor tance du son est parfois plus clairement représentée encore dans l\u2019art rupestre.Comme en Finlande, sur le site de Värikallio où Riita Rai- nio, spécialiste en archéologie musicale de l\u2019Université d\u2019Helsinki, a également laissé traîner ses oreilles et décortiqué les échos, entre 2013 et 2015.Sur cette paroi abrupte surplombant trois lacs, les traits ancestraux font naître bateaux, élans, mais aussi silhouettes humaines, dont l\u2019une tient un objet rond dans la main.Il pourrait s\u2019agir d\u2019un tambour, utilisé pour produire un rythme monocorde et régulier se réverbérant contre la falaise.«Le son de cet instrument est court, sec et particulièrement bien repris par l\u2019écho.Cela donne réellement l\u2019impression que l\u2019on dialogue avec la pierre», indique Riita Rai- nio, dont les conclusions acoustiques rejoignent celles de ses homologues espagnols.Cette fouille par le son, qui appor te aux chercheurs des enseignements tangibles sur le passé, a son nom : l\u2019ar- chéo-acoustique.Une branche multidisciplinaire encore peu enseignée en Suisse, mais qui se popularise au-delà de nos frontières.«Outre la manière dont les hommes chassaient et survivaient, nous nous intéressons de plus en plus à leur perception sensorielle du monde», constate Riita Rainio.Bien que le terme ne soit vraiment apparu qu\u2019en 2003, à l\u2019occasion de la première réunion scientifique sur le sujet organisé à l\u2019Université de Cambridge, l\u2019archéo-acous- tique fait ses débuts dès les années 1980, alors que le Français Iégor Reznikoff se plonge dans l\u2019univers sonore des grottes en Ariège.Depuis, d\u2019autres se sont mis au diapason en sondant de multiples sites, à l\u2019instar du célèbre Stonehenge, où l\u2019on dit des monolithes qu\u2019ils ont été conçus légèrement concaves de manière à réfléchir le son.Mais il ne s\u2019agit pas uniquement de pierres brutes.« Les Romains ont construit le Colisée de façon à ce que les cris de la foule en ressortent amplifiés », souligne Linda Eneix, présidente de la fondation américaine OTS qui soutient les recherches archéo- acoustiques, auxquelles elle consacrera notamment une conférence internationale en octobre.Linda Eneix plaide même pour une collaboration avec des neurophysiologistes, afin de comprendre la manière dont les sons ont influencé le développement du cerveau humain.« Aujourd\u2019hui, nous vivons dans un monde de bruit permanent.Mais le passé, lui, est tout sauf silencieux.» Le Temps L E D E V O I R , L E L U N D I 1 7 J U I L L E T 2 0 1 7 SOCIETE A 5 I S A B E L L E B U R G U N T andis que l\u2019est du Canada connaît de fréquentes pluies, le Nord-Ouest canadien brûle : l\u2019état d\u2019urgence a été décrété en Colom- bie-Britannique alors que près de 220 feux de forêt ont forcé l\u2019évacuation de plus de 10 000 personnes.La province enregistre par ailleurs une vague de chaleur et de sécheresse exceptionnelle, ce qui a pour effet d\u2019aggraver la situation.La Californie, aux États-Unis, qui connaît des records de températures \u2014 50 °C à Palm Springs, vendredi dernier \u2014 est aussi aux prises avec des feux de forêt.Plus de 2000 pompiers s\u2019activent actuellement à les combattre.Les feux de forêt alarment évidemment les autorités, mais interpellent également les scientifiques, qui tentent de minimiser les impacts et d\u2019améliorer l\u2019adaptation des populations aux changements climatiques, qui permettent à ces feux de proliférer.Inspiration aborigène Dans un article du magazine New Scientist, David Bowman, chercheur en écologie de l\u2019Université de la Tasmanie, propose de regarder du côté des aborigènes australiens, qui ont traditionnellement domestiqué les feux de forêt, pour apprendre à mieux les contrôler.Alors qu\u2019aux États-Unis certaines stratégies destinées à limiter les feux de forêt peuvent provoquer elles-mêmes des incendies \u2014 par exemple, celui de North Fork, déclenché en 2012 par le Service des forêts de l\u2019État du Colorado, qui avait entraîné la destruction de vingt habitations et la mort de trois résidants \u2014, les feux déclenchés par les aborigènes australiens sont de faible intensité et de petite taille, alternant des zones récemment brûlées ou non.Amorcée afin de faire de la place à leurs habitations, de chasser les proies ou de régénérer des portions de prairie, la gestion des feux par les aborigènes présente deux avantages : elle réduit le risque de feux incontrôlés et diminue la taille des feux allumés par la foudre en limitant de façon draconienne les portions capables de s\u2019enflammer lors des orages.Ces pratiques peuvent aussi s\u2019adapter aux saisons, à la végétation et à la surface à brûler.Elles préser vent la canopée, réduisent la quantité d\u2019herbes inflammables et augmentent la biodiversité grâce à la présence de dif fé- rents écosystèmes où prolifèrent divers animaux et plantes.Le peuple Kunei de la terre d\u2019Arnhem, dans les territoires du Nord australien, opère ainsi de petits brûlis sur les lignes de drainage afin de promouvoir l\u2019habitat des kangourous.Cette gestion proactive des feux constitue un héritage collectif qui pourrait être transmis et adapté en fonction des divers environnements, avance le chercheur.Il est actuellement en train de modéliser ces connaissances pour un projet de prévention des incendies, à Hawaï, qui profiterait à des gestionnaires américains.Alors que les changements climatiques mettent de plus en plus à risque de grandes portions de territoire, le savoir ancestral pourrait être l\u2019une des armes les plus efficaces pour combattre les feux de forêt, conclut le chercheur.Les feux de forêt consument la végétation depuis qu\u2019elle colonise la Terre.Ils jouent un rôle crucial, mais souvent ignoré dans la vie des écosystèmes, en permettant par exemple aux graines des séquoias géants de germer après leur passage.Quatre causes naturelles majeures sont montrées du doigt lorsque survient un feu de forêt : les éclairs, les éruptions volcaniques, les étincelles liées à la chute de pierre et la combustion spontanée.Les vagues de chaleur, la sécheresse et les cycles climatiques tels qu\u2019El Niño et les modèles météorologiques régionaux augmentent considérablement les risques de feux et influencent le comportement de ceux-ci.Un climat qui change Au Canada, 8000 feux surviennent annuellement et provoquent la destruction de plus de 2 millions d\u2019hectares.La foudre serait à l\u2019origine de la moitié de ces brasiers et de 85 % des surfaces brûlées, sauf au Québec, où 75 % des feux découleraient d\u2019une activité humaine.Depuis le milieu des années 1980, la fonte des neiges, plus hâtive en raison du réchauffement climatique, contribue à l\u2019augmentation et à la sévérité de la saison des feux de forêt dans l\u2019ouest des États-Unis.En relâchant une grande quantité de CO2 dans l\u2019atmosphère, les feux de forêt contribuent aussi aux changements climatiques.Le Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019évolution du climat (GIEC) a livré, il y a cinq ans, une étude dont les conclusions démontraient que les incendies majeurs devraient se multiplier dans l\u2019ouest des États- Unis et du Canada.Agence Science-Presse ENVIRONNEMENT Apprendre à vivre avec la multiplication des feux de forêt JAE C.HONG ASSOCIATED PRESS Des pompiers tentent de maîtriser les flammes, près du parc Yosemite, en Californie.JEFF PACHOUD AGENCE FRANCE-PRESSE Les animaux détaillés dessinés sur les murs de la grotte Chauvet fascinent encore les curieux et les chercheurs, mais nul ne pensait que ceux-ci avaient un pouvoir sonore.L\u2019archéo-acoustique, discipline qui s\u2019intéresse aux résonances de lieux archéologiques, permet des découvertes majeures, expliquant notamment la présence de peintures rupestres vieilles de 5000 ans.Les archéologues acoustiques Les échos, ces révélateurs de secrets préhistoriques Cette fouille par le son, qui apporte aux chercheurs des enseignements tangibles sur le passé, a son nom : l\u2019archéo-acoustique Comment va la Tunisie, berceau des printemps arabes ?Six ans après la révolution qui a chassé du pouvoir le dictateur Zine el-Abidine Ben Ali, le pays est aux prises avec la corruption, un cancer qui, loin d\u2019avoir disparu, s\u2019est généralisé.Le premier ministre, Youssef Chahed, s\u2019est engagé à prendre le taureau par les cornes \u2014 un pas dans la bonne direction.« C\u2019est soit la Tunisie, soit la corruption », af firme-t-il.Le défi pour la jeune démocratie tunisienne est de parvenir à poursuivre sa révolution.l y a eu la révolution, mais rien n\u2019a changé à ma connaissance.» Propos d\u2019Imed Trabelsi, membre de la belle-famille de Ben Ali, qui a tenu le pouvoir pendant 23 ans.En mai, l\u2019ex-homme d\u2019affaires de 42 ans a témoigné, à la surprise générale, devant l\u2019Instance vérité et dignité, par l\u2019intermédiaire d\u2019un enregistrement vidéo depuis la prison où il purge une peine de plus de cent ans pour corruption.À la surprise générale parce que, pour la première fois, un membre du cercle familial du dictateur décrivait ouvertement comment il avait construit son empire en soudoyant les douaniers et en utilisant ses connexions présidentielles pour monopoliser des marchés d\u2019importation et contourner les lois.D\u2019autres crapules ont manifestement pris le relais.Car le fait est que le ?éau de la corruption s\u2019est répandu depuis la chute de Ben Ali.Hier chasse gardée d\u2019une coterie, la corruption s\u2019est démocratisée depuis six ans, pour dire les choses avec ironie, au point que le risque existe de «voir la Tunisie devenir un État mafieux», met en garde Chawki Tabib, président de l\u2019Instance nationale de lutte contre la corruption (INLUCC).Sur papier, la Tunisie s\u2019est dotée d\u2019un important arsenal juridique anticorruption.Selon l\u2019International Crisis Group, relève le journal Libération, la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la corruption, adoptée en décembre 2016, « est en phase avec les résolutions de la Convention des Nations unies contre la corruption».Après quoi, ?n février, le gouvernement a fait voter au Parlement une « loi de dénonciation» protégeant les lanceurs d\u2019alertes.Dispositions majeures, soit, mais seulement sur papier dans une large mesure, comme les budgets alloués à la lutte anticorruption sont limités et que la con?ance de la population dans l\u2019intégrité du processus l\u2019est tout autant.À 41 ans, Youssef Chahed, plus jeune premier ministre de l\u2019histoire tunisienne, a au moins le mérite de ne pas faire carrément l\u2019autruche.Il paraît conscient de la gangrène de la corruption qui menace dangereusement la jeune démocratie tunisienne.Et semble prêt à agir, du moins jusqu\u2019à un certain point.Fin mai, dans un geste sans précédent, il a cautionné un impressionnant coup de ?let qui a donné lieu à l\u2019arrestation d\u2019une quinzaine d\u2019hommes d\u2019affaires et de cadres de l\u2019administration soupçonnés d\u2019activités de contrebande.Il trouve certainement intérêt à lancer cette cabale anticorrup- tion.Si cette offensive fait des nerveux dans la classe politique, elle fait grimper sa cote de popularité dans l\u2019opinion publique.La vie politique post-dictature en Tunisie est tumultueuse.M.Chahed est son sixième premier ministre depuis 2011.Il fait nécessairement le calcul, risqué, que sa cabale lui garantisse une certaine longévité.La question est cependant de savoir dans quelle mesure il s\u2019attaque aux réseaux profonds de corruption.«C\u2019est peu dire que le chef du gouvernement avance en terrain miné.Sa principale faiblesse est que l\u2019offensive s\u2019avère, à ce stade, limitée», écrit Frédéric Bobin, correspondant du Monde à Tunis.Elle s\u2019attaque avant tout aux «entrepreneurs émergents », ceux qui ont fait fortune sur le dos de l\u2019affaiblissement de l\u2019État depuis la révolution.«Mais aucune figure de l\u2019élite traditionnelle n\u2019a pour l\u2019instant été inquiétée.» Ou si peu.Or, « il y a tout un système hérité de Ben Ali à démanteler», plaide M.Tabib, de l\u2019INLUCC.À défaut, la révolution restera forcément incomplète.Et pendant que la corruption continuera de détruire l\u2019économie, la colère sociale continuera de monter face à ce nouvel État démocratique qui n\u2019arrive pas à tenir ses promesses d\u2019emplois et de développement \u2014 ainsi qu\u2019en témoigne l\u2019ample mouvement de jeunes chômeurs («On demande juste du travail », clamaient-ils) qui a balayé au printemps le sud du pays, comme en écho aux grandes manifestations de jeunes Marocains qui secouent le Rif voisin depuis des mois\u2026 C\u2019est au demeurant une révolution dont on peut dif?cilement attendre de la petite Tunisie qu\u2019elle la fasse seule, tant il devient clair que les enjeux de corruption sont interreliés et que les complicités sont internationales.L E D E V O I R , L E L U N D I 1 7 J U I L L E T 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Macron n\u2019a pas joué la carte anti-Trump ! Avec l\u2019accueil chaleureux qui a été accordé à Donald Trump à Paris par Emmanuel Macron à l\u2019occasion de la fête nationale des Français du 14 juillet, force est de constater que le nouveau président de la République française a joué de prudence.Pour ce faire, il n\u2019a pas manqué de rappeler la relation privilégiée \u2014 voire amicale \u2014 qui unit les deux pays depuis des lustres.Et il a évoqué le rôle primordial qu\u2019ont joué les États-Unis aux côtés de la France lors de Première Guerre mondiale.Et on pourrait en déduire que le président français a voulu prendre Trump par les sentiments afin de l\u2019amener sur le terrain glissant de l\u2019Accord de Paris sur le climat et lui rappeler son impor tance, mais sans trop le contrarier.Et ainsi l\u2019inviter à réfléchir aux conséquences du retrait des États-Unis dudit Accord.En ne jouant pas la carte anti-Trump et en le recevant chez lui à Paris avec les grands honneurs, Emmanuel Macron nous a démontré que, malgré le fait qu\u2019il soit le plus jeune président élu de l\u2019histoire de la France, il démontre une certaine maturité et se veut un fin stratège.Peu importe ce qu\u2019il peut bien penser personnellement de Trump, Macron a été très « gentleman », et ce, avec grande classe, sachant très bien que le monde entier le regardait et que les États-Uniens l\u2019avaient à l\u2019œil.Son attitude était celle qu\u2019il fallait adop- L I B R E O P I N I O N C O L L E C T I F D E S A M B A S S A D R I C E S E T A M B A S S A D E U R S D E # J E U N E S S E 3 7 5 M T L E n cette année du 375e anniversaire de la métropole, Montréal nous a offert une chance unique : recueillir et amplifier la voix de la jeunesse en prévision de son 400e anniversaire.Car si Montréal a aujourd\u2019hui toutes les raisons de célébrer sa vivacité, elle se doit aussi de profiter de ce moment pour se remettre en question, s\u2019améliorer et préparer son avenir.Voir loin, au- delà de l\u2019horizon immédiat, nous a permis de saisir tout le potentiel de Montréal pour en faire une ville adaptée aux besoins et aux ambitions exprimés par les jeunes qui l\u2019habitent.Depuis plusieurs mois, nous avons, avec le soutien du Forum jeunesse de l\u2019île de Montréal et de nombreux partenaires, sillonné le territoire de Montréal afin d\u2019aller à la rencontre de jeunes qui, s\u2019ils n\u2019ont pas tous le droit de vote, ne sont pas moins de fiers citoyens et citoyennes de cette ville.Que ce soit dans les cours d\u2019école, dans les ruelles, dans un gymnase après un match de basketball ou dans une maison des jeunes, de vive voix ou sur Internet, nous avons eu le privilège d\u2019échanger avec des centaines de jeunes Montréalaises et Montréalais.Au total, ce n\u2019est pas une, mais bien quarante- cinq consultations que nous avons organisées.Cette démarche par ticipative destinée aux jeunes Montréalaises et Montréalais âgés de 12 à 30 ans, la plus vaste à ce jour, nous a permis de constater à quel point nous avions des idées et des rêves en commun, peu importe notre arrondissement, peu importe nos origines.De l\u2019ambition De cette démarche ont émergé 25 rêves qui font une large place à la démocratie, à la diversité et au développement.Qu\u2019il soit question du vélo comme mode de vie, de ville intelligente, de la diversité sexuelle, du rayonnement international ou de la démocratie par, pour et avec les jeunes, chacun de ces rêves et les mesures nécessaires pour leur donner vie sont marqués par une même attitude face à l\u2019avenir.La nouvelle génération a de l\u2019ambition pour la métropole du Québec.Ni le cynisme ambiant ni même les contraintes techniques n\u2019ont atteint la confiance des jeunes Montréalais.Bien au contraire, retrousser ses manches et imaginer ici un avenir prometteur pour une communauté qui est la nôtre est une constante auprès de ces jeunes.Pour préparer ce 400e anniversaire, il ne doit pas y avoir de défis insurmontables pour Montréal, ville de tous les possibles ! Peu importe le domaine d\u2019intervention, peu importe les jeunes consultés, le besoin de passer à l\u2019action a été omniprésent tout au long de cette démarche.Cette génération veut à la fois faire entendre sa voix et mettre la main à la pâte.Les jeunes veulent, par exemple, que les institutions s\u2019ouvrent, qu\u2019on tienne compte de leurs besoins dans l\u2019aménagement de leurs quartiers, que les écoles soient branchées à l\u2019international, qu\u2019on leur donne accès aux ressources cruciales pour développer leur entreprise et qu\u2019on porte ces succès sur toute la planète.Ces jeunes veulent concevoir, construire, coder, designer, expérimenter et surtout contribuer.Pour nous, cela signifie qu\u2019il faut se risquer à imaginer une autre forme d\u2019engagement jeunesse.Tant le présent que l\u2019avenir doivent appuyer le développement des politiques publiques, peu importe les paliers, sur une participation réelle et active de toutes les générations.Le Montréal de demain se développera en s\u2019appuyant sur l\u2019énergie d\u2019aujourd\u2019hui.Alors que notre mandat d\u2019ambassadrices et d\u2019ambassadeurs s\u2019achève, nous savons que les graines de l\u2019engagement qui ont été semées durant cette consultation vont continuer de prendre racine.Avec l\u2019aide de la Ville de Montréal, de Concertation Montréal, du Forum jeunesse de l\u2019île de Montréal et de ses 18 partenaires, nous avons vécu une expérience unique.Comme d\u2019autres générations avant nous, nous avons le privilège de rêver Montréal.Comme d\u2019autres générations, nous savons que ces rêves ne prendront forme que si et seulement si nous sommes plusieurs à avoir cette même ambition.Bien plus qu\u2019une consultation, #Jeunesse375Mtl est une invitation à rêver ensemble Montréal et à passer à l\u2019action.L\u2019avenir s\u2019annonce inspirant.?Les ambassadrices et ambassadeurs de #Jeunesse375Mtl : Agathe Plez (Outremont), Angelo Molhem (Verdun), Anissa Capilnean (Anjou), Anne Xuan-Lan Nguyen (Ville-Marie), Ben Lumière (LaSalle), Céline Juppeau (Le Plateau- Mont-Royal), Daphné-Anne Takpanie (Rosemont\u2013 La Petite-Patrie), Ernest Edmond Jr.(Rivière-des- Prairies\u2013Pointe-aux-Trembles), Houda Rachdaoui (Saint-Léonard), Ikram Mecheri (Le Sud-Ouest), Kharoll-Ann Souf frant (Pierrefonds-Roxboro), Mada Liyous (Ahuntsic-Cartierville), Marc-André Ross (Villeray\u2013Saint-Michel\u2013Parc-Extension), Martin Sorto-Ventura (Montréal-Nord), Maude Massicotte (Mercier\u2013Hochelaga-Maisonneuve), Nizar El Barqaoui (Saint-Laurent), Philippe Boucher (L\u2019île-Bizard\u2013Sainte-Geneviève), Taharima Habib (Côte-des-Neiges\u2013Notre-Dame-de-Grâce) et Younes Boukala (Lachine).Rêvons ensemble Montréal FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET ter.Malgré l\u2019impopularité de Trump, la France a tout intérêt à avoir les États-Unis de son côté, comme le pays allié qu\u2019il a toujours été.Et ça, Emmanuel Macron le sait fort bien.Yvan Giguère Saguenay, le 16 juillet 2017 celles qui ne correspondent pas à cet idéal ne reçoivent en guise de charité qu\u2019une poignée de mépris.Ensuite, ce qui discrédite la charité dans sa quête de résolution du problème de la pauvreté est sa façon de dépolitiser l\u2019enjeu.Le fait d\u2019écar ter les intermédiaires étatiques au profit d\u2019actes charitables individuels a pour effet de mettre en veille tout le questionnement sur la production sociale de la pauvreté.Pire, l\u2019idéologie véhiculée par nombre de chantres de la charité serait celle des choix et du hasard : les pauvres seraient des personnes qui auraient fait de mauvais choix ou bien des personnes que le hasard aurait placées dans cette situation.Ce mirage du libre arbitre et le fait de voir la pauvreté comme autre chose qu\u2019un choix social jouent pour beaucoup dans l\u2019aveuglement face aux inégalités dans la répartition des richesses tant au niveau national qu\u2019international.Que l\u2019on comprenne bien l\u2019idée derrière le présent texte : il ne s\u2019agit pas d\u2019un plaidoyer encourageant à cesser les actes de charité.Au contraire, ceux-ci s\u2019avèrent nécessaires pour faire face à l\u2019urgence dans laquelle se trouve une bonne partie de l\u2019humanité.Néanmoins, il faut savoir que ce n\u2019est qu\u2019une mesure provisoire largement insuffisante et qu\u2019il est impératif de politiser l\u2019enjeu de la pauvreté et des inégalités économiques.La pauvreté est un mal absurde au XXIe siècle.William Fortier Sherbrooke, le 14 juillet 2017 Charité et dépolitisation de la pauvreté Si l\u2019enfer est pavé de bonnes intentions comme le prétend le dicton, il serait possible d\u2019en donner une illustration très concrète en affirmant que la pauvreté est pavée de charité.Car c\u2019est malheureusement ce que la charité produit comme effet : maintenir l\u2019état de fait dans lequel la pauvreté est une situation habituelle pour une bonne partie du genre humain.Cela s\u2019explique d\u2019abord par le fait que la charité est porteuse d\u2019une discrimination évidente : les bénéficiaires d\u2019aide sont choisis par les personnes charitables.Or, cela a pour ef fet notable de faire surgir des critères de sélection particulièrement violents : la personne a-t-elle l\u2019allure d\u2019un « drogué », d\u2019une alcoolique ou d\u2019une prostituée ?Que va-t-elle faire avec cet argent ?Se le mettre dans les veines ou bien s\u2019acheter à manger ?L\u2019exposition au jugement d\u2019autrui et l\u2019apprentissage de l\u2019humilité par l\u2019humiliation font le quotidien des gens vivant en situation d\u2019extrême pauvreté.La conséquence de cette discrimination est que les « bons pauvres » reçoivent la cagnotte, alors que ceux et I « TUNISIE Appel à d\u2019autres révolutions GUY TAILLEFER L E D E V O I R , L E L U N D I 1 7 J U I L L E T 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco 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Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).R I C K Y G .R I C H A R D Québec n novembre 1967, à l\u2019occasion des États généraux du Canada français, il s\u2019est opéré une rupture profonde entre la perception québécoise du destin national du Canada français et celle qui était toujours vivante ailleurs au pays.Au lieu de faire la synthèse des études qui analysent cette scission identitaire, proposons une métaphore.Du point de vue de l\u2019Acadie, de l\u2019Ontario français et d\u2019ailleurs, c\u2019est comme si leur grand frère les abandonnait.Tandis que le Québec et le monde entier fêtaient Expo 67, bien des Canadiens français amorçaient un long deuil iden- titaire.Ceux-ci ont dû s\u2019accommoder de l\u2019absence d\u2019une figure importante de leur imaginaire collectif.Pourquoi le Québec doit-il s\u2019af firmer sans nous ?se demandent plusieurs Canadiens français.En 1971, il y avait 5,8 millions de personnes de langue maternelle française au Canada, représentant 26,9 % de la population du pays.Parmi celles-ci, 926 000 ne résidaient pas au Québec.Ainsi, 85 % des francophones de l\u2019époque, installés au Québec, disaient essentiellement à leurs frères et sœurs de se débrouiller tout seuls.Rupture identitaire Quelle a été l\u2019incidence de l\u2019échec des États généraux d\u2019avaliser une vision pancanadienne du développement national ?Comme bien des crises ou ruptures historiques, cet épisode a eu des effets inattendus.Il a notamment accéléré le développement identitaire de la francophonie canadienne.Deux processus complémentaires ont renforcé ce que d\u2019autres ont nommé la «provincia- lisation » des identités.D\u2019une part, il y avait l\u2019émergence de l\u2019État-providence canadien, le débat constitutionnel et le malaise québécois de vivre au sein de la fédération canadienne.D\u2019autre par t, et plus fondamentalement, les francophones se sont pris en main et ont continué à construire leurs identités sur les cendres du Canada français.Si l\u2019image malheureuse des «cadavres encore chauds» prononcée par Yves Beauchemin a été tant critiquée, il faut reconnaître qu\u2019il avait probablement raison : l\u2019identité canadienne-fran- çaise était moribonde depuis 1967.Mais, et la distinction est fondamentale, la fin présumée de l\u2019idée du Canada français ne signifiait pas pour autant la mort des Canadiens français : ces femmes et ces hommes qui voulaient vivre en français ailleurs qu\u2019au Québec.Beauchemin et d\u2019autres ignoraient la longue histoire de résilience des identités francophones au Canada.Celles-ci, historiquement constituées autour de la paroisse catholique, étaient profondément attachées à leurs origines.Ces francophones vivaient à côté des « Anglais » et s\u2019en accommodaient tant bien que mal.Ils étaient aussi habitués à vivre en marge des institutions politiques et n\u2019étaient pas près de perdre leurs identités.Rappelons-nous que l\u2019école laïque ou publique au Canada est généralement apparue après 1970, ayant été auparavant l\u2019œuvre magistrale de congrégations religieuses qui éduquaient ces petits Canadiens français catholiques.Exceptionnalisme québécois Pour animer la vie quotidienne, les francophones ont dû aménager ou créer des réseaux et des associations qui devenaient les lieux privilégiés d\u2019expression identitaire.Les bâtisseuses et bâtisseurs ont aussi créé des symboles identitaires, raconté l\u2019histoire et amorcé la lente définition collective de leur identité.Les Canadiens français, hormis les Québécois, sont progressivement devenus des « francophones ».Leur horizon identitaire n\u2019est plus la paroisse, mais plutôt le cadre provincial ou même fédéral.Sur le plan théorique ou conceptuel, une césure épistémologique s\u2019est opérée au cours de la Révolution tranquille.En ce sens, la rupture de 1967 est un aboutissement plus que la naissance du Québec moderne.Depuis lors, la plupart des études du Québec, de son identité, de son nationalisme ou de son af firmation politique ont eu tendance à faire fi de tout ce qui lui était extérieur.Au moment même où le Québec rejetait l\u2019ascendant ou prenait ses distances du Canada, il s\u2019éloignait délibérément ou inconsciemment de ses frères et sœurs francophones.Tant pis pour vous.Si les Canadiens anglais vous écœurent trop, revenez au Québec, pensaient-ils.Comme si l\u2019Acadie ou l\u2019Ontario français n\u2019avaient d\u2019existence que dans la filiation familiale ou migratoire provenant du Québec.Cela n\u2019est pas vrai.L\u2019Acadie et Port-Royal furent fondés avant la ville de Québec.De nombreux Canadiens français ont des origines bien lointaines et enracinées sur le territoire qu\u2019ils occupent.Dans l\u2019imaginaire collectif de nombreux Canadiens français, la mère patrie n\u2019est pas le Québec, c\u2019est la France coloniale.L\u2019exceptionnalisme québécois réfère à un paradoxe.Il s\u2019agit d\u2019un destin collectif particulier fondé sur une histoire dont certains oublient les racines.Conséquemment, la plupart des tentatives d\u2019en extrapoler un projet national civique ou universel fait souvent fi d\u2019autres facteurs, d\u2019autres identités, d\u2019autres territoires ou d\u2019autres histoires.Alors que bien des Québécois ont conclu à l\u2019échec du Canada, notamment à son incapacité à reconnaître la société distincte, cela ne veut pas dire que chaque francophone ailleurs tire les mêmes conclusions.Perte de mémoire Ce que bien des Québécois oublient, et Ernest Renan l\u2019avait prédit, c\u2019est que la nation ca- nadienne-française s\u2019étendait bien au-delà des frontières de la province de Québec ou du Bas- Canada.Le Canada français, honni par Durham et d\u2019autres, était une vaste agglomération d\u2019identités franco-catholiques qui n\u2019étaient pas sur un territoire contigu.Cette perte de la mémoire canadienne-fran- çaise ou de l\u2019idée du Canada français, notamment parmi la nouvelle génération d\u2019intellectuels québécois, a des répercussions sur les savoirs et les idées.En définissant l\u2019affirmation nationale ou souverainiste, plusieurs Québécois oublient leur propre histoire et le tronc commun identitaire du Canada français qui précède la Révolution tranquille ou même la Confédération.Que l\u2019on veuille l\u2019admettre ou non, les racines nationales ou identitaires du Québec et de la francophonie canadienne sont les mêmes.Il reste une poignée d\u2019intellectuels et d\u2019associations qui font vivre ce Canada français à l\u2019ère contemporaine.Ils cultivent tant bien que mal un arbre que plusieurs admirent, notamment en dehors du Québec.Le tronc de cet arbre canadien-français, parfois malmené, est fermement planté en sol québécois, mais rappelons-nous aussi que ses racines et ses feuilles s\u2019étendent bel et bien dans tout le Canada.*Les opinions exprimées dans ce texte n\u2019engagent que l\u2019auteur et non ses employeurs.La mort présumée du Canada français C L A I R E - M A R I E G A G N O N Ex-chargée du cours Intervention et adoption internationale à l\u2019École de travail social de l\u2019UQAM aimerais réagir à un article par u dans Le Devoir du 24 juin («Adoption internationale : trouver une famille à un enfant et non l \u2019inverse »).Il y eut certes des irrégularités dans l\u2019adoption internationale, surtout à cause d\u2019intermédiaires qui y ont vu un moyen de s\u2019enrichir.Dans les années 1980, Human Rights Watch avait dénoncé l\u2019état lamentable dans lequel les enfants d\u2019orphelinat étaient gardés.L\u2019un de ses reportages s\u2019intitulait même «Les mouroirs pour enfants ».On y voyait un enfant mourir à petit feu, sans nourriture et sans soins parce que jugé trop fragile\u2026 L\u2019adoption internationale est venue complètement bouleverser cet état de fait.Les enfants abandonnés ont soudainement pris de la valeur.Le désir d\u2019adopter a donné une valeur marchande aux enfants et un marché lucratif d\u2019of fre et de demande s\u2019est rapidement installé.Machine Dans les pays d\u2019accueil comme dans les pays d\u2019origine, une grosse machine organisationnelle s\u2019est développée, incluant des professionnels (avocats, notaires, traducteurs, éva- luateurs, travailleurs sociaux, psychologues), des fonctionnaires, des services (agences de voyages, hôtels équipés pour de longs séjours avec de jeunes enfants), toute une flopée d\u2019intermédiaires dont le but était de faciliter la réunion enfant-parent.Malheureusement, beaucoup ont présenté une conscience éthique très élastique\u2026 Et les délais, les prix, les règlements, les exigences, tout a augmenté pour satisfaire cette énorme bête avide de démontrer son utilité.À Haïti, comme en Afrique subsa- harienne, les enfants étaient emmenés à l\u2019orphelinat par leur famille, qui ne pouvait pas subvenir à leurs besoins.Comme ces refuges peinaient à survivre, ils ont cherché à faire adopter les petits sur tout à l\u2019étranger, parce qu\u2019il y a très peu ou pas d\u2019adoptions locales d\u2019enfants non apparentés.À l\u2019exception des fausses adoptions où on va chercher à l\u2019orphelinat des fillettes par fois âgées d\u2019à peine 8 ou 9 ans pour en faire des esclaves domestiques (des « restavec » à Haïti).À cause des dérives observées et du traitement anarchique de l\u2019adoption internationale, 66 États ont participé à La Haye en 1993 à la rédaction de la Convention sur la protection des enfants et la coopération en matière d\u2019adoption internationale.Parmi ces pays, plus d\u2019une trentaine étaient des pays d\u2019origine des enfants de l\u2019adoption internationale.Après quatre ans de débats, les pays d\u2019accueil et d\u2019origine ont convenu de quatre grands principes : L\u2019intérêt supérieur de l\u2019enfant.Cet intérêt est souvent avancé dans des litiges parce qu\u2019il peut être interprété selon l\u2019interlocuteur.Pour certains, un enfant même battu est mieux dans sa famille biologique et, dans la même logique, on ne doit pas déraciner un enfant de sa culture d\u2019origine.L\u2019enfant doit donc attendre que l\u2019on trouve pour lui le placement idéal selon des critères généalogiques ou culturels sans égard à son besoin fondamental d\u2019être rapidement pris en charge.Pour d\u2019autres, dont le pédop- sychiatre Louis Couture de l\u2019hôpital Douglas à Montréal, il est essentiel de trouver une famille à un enfant le plus rapidement possible après la perte de sa mère parce que le temps joue un rôle primordial dans le développement d\u2019un enfant.Le principe de subsidiarité.Seuls les enfants qui ne trouvent pas de famille pour les adopter à l\u2019interne peuvent être proposés à l\u2019international.Les parents étrangers doivent être la solution de dernier recours.Mais localement, les gens ont des critères d\u2019adoption bien spécifiques qui excluent les plus vulnérables.Dans chaque pays, il y a une longue liste de laissés-pour- compte : les enfants plus âgés, les fratries de deux, trois ou quatre frères et sœurs, les enfants avec un handicap physique ou mental, ceux avec des troubles graves de comportement.Ce sont donc ces enfants qui sont proposés à l\u2019international.Les besoins spéciaux de ces enfants exigent que les adoptants suivent des formations de plus en plus poussées, des cours normalement réservés à des professionnels.Ils doivent sélectionner parmi plus de 50 caractéristiques celles qu\u2019ils accepteraient chez leur futur enfant.Des choix virtuels qui déshumanisent encore plus le processus d\u2019adoption.Mais c\u2019est ce qu\u2019ils doivent accepter pour pouvoir réaliser leur rêve dans des délais raisonnables (tout de même de trois à cinq ans !).Ces choix doivent être bien réfléchis parce que, lorsqu\u2019arrivera enfin l\u2019enfant dans son pays d\u2019accueil, les diagnostics prendront des mois avant d\u2019être posés.Les parents adoptants doivent être bien renseignés et bien équipés pour trouver des ressources en privé parce qu\u2019elles sont inaccessibles au public.L\u2019adoption a pour but premier de trouver une famille à un enfant, mais il est impératif de tenir compte du désir des adoptants d\u2019avoir un enfant et de rêver cet enfant, en leur laissant le choix du pays d\u2019adoption, de la tranche d\u2019âge, de la teneur des besoins spéciaux, du sexe et d\u2019accepter ou non une fratrie.Plusieurs enfants proposés à l\u2019adoption autant nationale qu\u2019internationale présentent des défis trop élevés pour pouvoir s\u2019intégrer dans une famille.On aurait pu éviter plusieurs drames en reconnaissant que certains enfants ne peuvent pas être adoptés par une famille.Ce sont de petites bombes à retardement capables de se détruire elles-mêmes en entraînant tous les membres de la famille dans leur chute.Le passage obligatoire par des intermédiaires autorisés.D\u2019un côté, ce peut être une réelle protection parce que l\u2019État peut encadrer leurs pratiques.Par contre, le nombre d\u2019intermédiaires a trop augmenté ces dernières années (surcharge de règlements, attirance vers des profits) et chacun travaille en silo, à sa vitesse.Les résultats sont dévastateurs pour les enfants qu i ne sont pr is en charge qu\u2019après des mois et des années d\u2019attente.La prohibition de profits indus.Payer 10 000 dollars américains à l\u2019orphelinat plus tous les autres frais qui frôlent plusieurs milliers de dollars est inacceptable.D\u2019autant plus que nous savons que les adoptants devront investir énormément d\u2019argent (et de temps) pour accéder aux ressources médicales et paramédicales à l\u2019arrivée de leur enfant.La majorité s\u2019endette pour payer la note.C\u2019est une exploitation éhontée du désir des adoptants de s\u2019occuper d\u2019un enfant en l\u2019intégrant au sein de leur famille.Placement Que la loi québécoise impose l\u2019adoption plénière pour tous les enfants qui sont confiés à des familles au Québec est une protection pour l\u2019enfant.On ne peut pas utiliser un être humain comme un placement.L\u2019adopté doit avoir le choix, après ses 18 ans, de créer ou non des liens avec son pays d\u2019origine, avec sa famille biologique, mais sans aucune obligation légale de subvenir aux besoins de quiconque.L\u2019adoption plénière n\u2019empêche pas le maintien des liens d\u2019attachement, elle ne fait que protéger l\u2019adopté en le rendant libre de faire ses choix.À force de règlements et de nouvelles directives, on a complètement évacué la raison d\u2019exister de l\u2019adoption.On rend les adoptants coupables de vouloir créer une famille avec des enfants qui n\u2019en ont pas.La vision de la très grande majorité des adoptants que j\u2019ai côtoyés au long des trente dernières années n\u2019est pourtant pas humanitaire ou charitable (celle de « sauver » un enfant), mais c\u2019est une vision humaniste, celle de partager sa vie avec un enfant et de l\u2019accueillir au sein de sa famille.Je comprends que c\u2019est très dur pour un adopté d\u2019avoir toujours ce trou béant dans le cœur, je le comprends d\u2019être révolté qu\u2019on ait choisi de le déraciner, de le confier à une famille loin des siens .Je le com - prends de ne pas accepter d\u2019avoir été ce bébé-là ! La raison peut dif ficile- ment trouver le chemin à travers ses souffrances.Il faut garder en tête qu\u2019un enfant ne peut pas être élevé en institution, qu\u2019il lui faut une famille pour l\u2019entourer, l\u2019élever, le soigner et l\u2019aimer.Dès qu\u2019un enfant est abandonné, c\u2019est-à- dire sans famille permanente, l\u2019objectif devrait être de le placer le plus rapidement possible dans une autre famille, et ce, dans l\u2019intérêt supérieur et de l\u2019enfant et de sa famille.Il nous faut retrouver le sens premier de l\u2019adoption et lui redonner ses lettres de noblesse\u2026 de cœur ! Adopter pour offrir une famille à un enfant E J\u2019 ISTOCK À force de règlements et de nouvelles directives, on a complètement évacué la raison d\u2019exister de l\u2019adoption.On rend les adoptants coupables de vouloir créer une famille avec des enfants qui n\u2019en ont pas. L E D E V O I R , L E L U N D I 1 7 J U I L L E T 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Aujourd\u2019hui, Dave Jenniss tente d\u2019apprendre le malécite auprès de l\u2019un des derniers locuteurs dont c\u2019est la langue maternelle, dans la réserve de Tobique, au Nouveau-Brunswick.Il souhaite faire résonner sa langue sur les scènes du Québec.Peuple nomade Autrefois, bien avant l\u2019arrivée des Européens, les Malécites formaient un peuple nomade qui voyageait en canot, entre autres sur la rivière Saint-Jean, qui prend sa source dans le nord du Maine, et se rend jusqu\u2019au fleuve Saint-Laurent.En malécite, la rivière Saint-Jean s\u2019appelle Wulustuk, « le peuple de la belle rivière », dit Jenniss, qui a donné ce titre à son premier texte de fiction.C\u2019était avant que les autorités ne tentent de les sédentariser dans la communauté de Viger, près de L\u2019Isle-Verte, dans le Bas-du-Fleuve.« Ils occupaient le territoire de façon nomade», raconte Dave Jenniss.Le gouvernement du Canada, en collaboration avec le clergé, leur donne alors des terres, ainsi que des semences pour tenir durant deux ans.«Le problème, c\u2019est que c\u2019est un peuple nomade.Les Malécites ne pouvaient pas rester en place.Ils abandonnaient toujours leurs terres.Et ça ne faisait pas l\u2019affaire des Blancs», poursuit Jenniss.Le gouvernement vend donc aux enchères les terres de Viger.Plus tard, les autorités tenteront de nouveau d\u2019établir une communauté malécite à Whitworth, un territoire aride sur la route 185, situé en direction du Nouveau- Brunswick.Mais le site n\u2019est pas intéressant, et c\u2019est peine perdue.Les Malécites du Québec se dispersent et ce n\u2019est qu\u2019en 1989, après que des efforts sont menés par différentes familles de la région, que la bande est reconnue par le gouvernement du Canada, tandis que la nation ma- lécite intègre les autres nations autochtones du Québec.« Quand tu n\u2019as pas de territoire, tu n\u2019as pas de lien avec toi-même.Tu n\u2019as pas de culture.Tu n\u2019as pas de lieu de rassemblement.Comment veux-tu préserver une langue ?Donc, au Québec la langue malécite a été lettre morte pendant des années.Mais depuis quelque temps, il y a comme un désir d\u2019apprendre cette langue », affirme Dave Jenniss.Pour apprendre la langue malécite, il faut aller jusqu\u2019au Nouveau-Brunswick ou dans le Maine, où les locuteurs qui la parlent couramment se comptent sur les doigts des deux mains.Théâtre Et les difficultés ne s\u2019arrêtent pas là.Depuis la reconnaissance de la nation malécite au Québec, deux familles de la région de Cacouna se déchirent sur le statut.Une famille accuse l\u2019autre, celle du père de Dave Jenniss, qui est métis, d\u2019avoir usurpé l\u2019identité malécite et de s\u2019identifier à tort comme autochtone.«J\u2019ai écrit cela: ma peau est blanche, mon cœur est rouge.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on est métissé qu\u2019on n\u2019a pas cette charge autochtone, ce désir qu\u2019on a de parler au nom des gens», dit Jenniss.Dave Jenniss en a fait récemment une pièce de théâtre, qui a été présentée au Printemps autochtone d\u2019art, à Montréal.Il y jouait lui-même en compagnie d\u2019Ivanie Aubin-Malo, une Malé- cite qui provient précisément de la famille ennemie de celle des Jenniss.La pièce s\u2019intitule Ktahkomiq, qui veut dire territoire, en malécite.«Moi, je n\u2019avais rien contre elle [Ivanie Aubin- Malo], mais elle avait été élevée là-dedans, la haine des Jenniss.Pour elle, ça a été bizarre que je l\u2019appelle pour faire ce spectacle.Mais elle a accepté.Le but de notre production, c\u2019était de se réconcilier.Mais comment ?Par la langue\u2026 » raconte Jenniss.Jenniss s\u2019est donc rendu une semaine dans la réser ve malécite de Tobique, au Nouveau- Brunswick, pour apprendre la langue en compagnie d\u2019Allen Tremblay.« Il donne des cours.Il parle couramment le malécite », dit Dave Jen- niss.«Mais les gens qui le parlent sont de plus en plus âgés.Et si on ne fait pas quelque chose, cette langue-là ne se parlera plus», reconnaît-il.« Quand j\u2019y suis allé, je voulais avoir la base en malécite.C\u2019était aussi pour entendre cette sonorité.Je voulais absolument intégrer cette langue dans mon spectacle.Je voulais qu\u2019on l\u2019entende sur scène.» La langue malécite est difficile à apprendre, poursuit Dave Jenniss.Le p se prononce comme un b.Les noms des jours de la semaine intègrent aussi les nombres, un pour lundi, deux pour mardi, etc.Les autochtones apprécient aussi le silence.« Avec Allen Tremblay, on marchait, on se promenait dans le territoire.Et je lui disais, parle, même si je ne comprends pas.Je veux juste entendre la langue.Je veux juste l\u2019entendre.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MALÉCITES Quelques mots de malécite Bonjour Qey Comment vas-tu?Tan Ktolomolsin Je vais bien/Je suis joyeux Nolitahas Merci beaucoup Woliwon Komac On se revoit bientôt Apc-op Pourquoi «Kwe! Kwe!» Le titre de notre série sur les langues autochtones tire son origine d\u2019une expression qui veut dire « bonjour » dans plusieurs langues autochtones du Québec \u2014 avec différentes variantes.On dit « kway » en abéna- kis, « kwei » en atikamekw, « kuei » en innu, et « kwe » en algonquin et en wendat.« Kwe kwe » est utilisé par exemple lorsqu\u2019on n\u2019a pas vu quelqu\u2019un depuis longtemps, tandis que « kwe » se dit dans le cadre d\u2019échanges fréquents.Les autres langues autochtones ont d\u2019autres façons de dire bonjour.Nous les aborderons aussi, évidemment.qu\u2019elle pourra satisfaire les attentes de certains.«Si l\u2019objectif est de mener des audiences et d\u2019entendre des familles raconter leurs histoires, ce ne sera pas un échec.Le système de justice, les commissions et les enquêtes sont conçus pour atteindre cer tains objectifs et s\u2019ils les atteignent, personne ne sera déçu.[\u2026] Mais [la commission] ne parviendra pas aux racines de la violence systémique.Je ne vois pas comment elle pourrait y parvenir », a-t- elle souligné.L\u2019anc ienne commissa ire critique le modèle de la commission, qu \u2019elle qualifie de « trad i t ionnel » .À la place d\u2019audiences de consultations, elle aura it pré féré que les commissaires se déplacent directement dans les communautés, qu\u2019elles soient en milieu rural, urbain ou encore isolé.« Nous avons fait des études, nous avons fait des recherches, nous avons visité et observé des Autochtones, des Métis et des Inuits pendant longtemps pour voir quel é tai t le problème.\u201cRacontez-nous votre triste histoire et nous trouverons quoi faire avec\u201d : nous avons déjà fait cela, et si cette méthode fonctionnait, nous aurions déjà réglé le problème.Ça ne fonctionne pas », a-t-elle fait valoir.Approche coloniale Selon Mme Poitras, la commission n \u2019est pas par venue jusqu\u2019à présent à tisser des liens avec les communautés autochtones à cause de son approche «coloniale ».«Le modèle qu\u2019elle utilise est celui des vieilles commissions traditionnelles, avec des audiences.Cette approche coloniale fonctionne comme ceci : des audiences sont organisées, les gens viennent raconter leurs problèmes et l\u2019on doit ensuite trouver une solution », a-t-elle décrit.« Comment allons-nous avoir les informations qui nous permettront de comprendre quoi faire dans ces communautés, si nous ne nous intéressons pas aux racines de la violence systémique?» La semaine dernière, la commissaire en chef de l\u2019enquête fédérale, Marion Buller, confirmait également sur les ondes de la CBC que, «comme dans toute famille, il n\u2019y a pas toujours l\u2019harmonie».Le principal élément de discorde était la formule de consultation, a expliqué Mme Poitras qui dit avoir souvent été « la minorité» dans le groupe.«Nous étions souvent en désaccord, par exemple sur le déroulement des audiences : combien d\u2019audiences auront lieu ?Où seront-elles organisées?» Selon elle, la recherche du consensus avait pour ef fet d\u2019entraîner d\u2019impor tants retards dans la prise de décision.Mandat clair La commissaire Michèle Au- dette estime que le mandat de la commission était pourtant clair lors de sa création.« Au moment où chacune de nous a reçu l\u2019appel pour devenir commissaire, c\u2019était clair que nous par ticipions à quelque chose qui se faisait dans un contexte fédéral et qu\u2019il y aurait des façons de faire selon les lois canadiennes », sou- ligne-t-elle en entrevue avec Le Devoir.Mme Audette croit que son ancienne collègue était consciente du mandat qui l\u2019attendait, mais qu \u2019elle a sans doute cr u être capable de changer les façons de faire.« C\u2019est une femme très intelligente et ç\u2019a été un privilège de travailler avec elle.Je pense qu\u2019elle savait en quoi consistait la structure de travail, mais qu\u2019elle espérait la changer.Si on avait eu 10 ans devant nous, peut-être qu\u2019on aurait pu, mais la réalité c\u2019est qu\u2019on a des recommandations et une limite dans le temps », souligne-t-elle.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 FEMMES tants de la municipalité située à 35 kilomètres au sud-ouest de Québec.Bernard Ouellet, maire de Saint-Apollinaire, a avoué sa déception à l\u2019annonce des résultats, seulement 15 minutes après la fermeture du bureau de vote.« Je suis déçu.Je pense que c\u2019est surtout la peur et la désinformation qui a guidé le choix des gens, mais je ne crois pas que ce soit le racisme », a-t-il confié.Quant au peu de citoyens qui avaient à se prononcer sur cette délicate question, le maire estime que le processus, bien que démocratique, n\u2019était pas idéal.« La loi est faite pour se prononcer sur un type de zonage.Ici, ce n\u2019est pas l\u2019usage du terrain qui était contesté, c\u2019est le mot \u201cmusulman\u201d, donc les électeurs n\u2019ont pas rejeté un cimetière, ils ont rejeté un cimetière musulman », a souligné M.Ouellet.Tous perdants Les opposants au projet étaient toutefois loin de célébrer leur victoire dimanche soir.« Non seulement tout le monde est perdant, mais lundi on va être jugés et pointés du doigt.Ce qui arrive à Saint- Apollinaire, c\u2019est triste, ça divise les gens au sein des familles, personne n\u2019a gagné ce soir », a commenté en pleurs Sonny Létourneau, qui représentait le comité du «non».Mme Létourneau estime que les citoyens de Saint-Apolli- naire ont fait preuve d\u2019ouverture.«On a proposé que ce soit un cimetière multiconfessionnel.Même lorsqu\u2019on a obtenu les signatures nécessaires pour le référendum, on a demandé que le projet soit mis sur la glace pour que tout le monde puisse discuter et trouver un terrain d\u2019entente», a-t-elle souligné.La semaine dernière, le principal défendeur du projet et secrétaire du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Kesri, avait exprimé le souhait que l\u2019administration municipale ne tienne pas compte du résultat si celui-ci était négatif.« On ne peut pas céder pour une poignée.Ils ont le pouvoir de ne pas aller en référendum, donc si on peut faire appliquer cela, pourquoi ne pas le faire?» avait-il déclaré à La Presse canadienne.«Insensé» Dimanche, il retenait son indignation avec peine.« Je suis un peu déçu, c\u2019est normal.Comment voulez-vous que 19 [personnes] viennent arrêter un projet pour plusieurs milliers de personnes ?Ce n\u2019est pas une consultation pour dire si on va ramasser les ordures le matin ou l\u2019après- midi, quand même.C\u2019est une demande impor tante.On ne peut pas se baser sur un refus de 19 [personnes].C\u2019est insensé.C\u2019est incroyable.» Le maire Ouellet ignore ce que réser ve l\u2019avenir pour le moment.« Je n\u2019ai pas de prochaine étape en vue.On va faire un résumé au cours de la semaine prochaine avec les gens de la mosquée», a-t-il dit.Bernard Ouellet s \u2019est consolé en se disant qu \u2019au moins, le référendum était un point de dépar t pour parler des musulmans au Québec et mieux s \u2019 informer sur leur mode de vie.Le promoteur du centre funéraire Harmonia responsable du projet, Sylvain Roy, était présent dans la salle lors du dévoilement des résultats.Il n \u2019a toutefois pas voulu commenter la situation.Dans les dernières semaines, il avait affirmé se battre «contre le racisme».«Ils sont contre l\u2019implantation d\u2019une culture dans un milieu qu\u2019ils veulent conserver 100 % québécois», avait-il déclaré.Le week-end dernier, l\u2019entreprise funéraire Lépine-Clou- tier a annoncé qu\u2019elle consacrerait une partie de son cimetière multiconfessionnel de Saint-Augustin-de-Desmaures, tout près de Québec, aux personnes musulmanes.Environ 500 lots leur sont dorénavant réservés.Avec La Presse canadienne Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CIMETIÈRE La commission ne parviendra pas aux racines de la violence systémique.Je ne vois pas comment elle pourrait y parvenir.L\u2019ex-commissaire Marilyn Poitras » « KENZO TRIBOUILLARD AGENCE FRANCE-PRESSE Saint-Apollinaire, une ville de 6000 habitants située à 35 kilomètres au sud-ouest de Québec, n\u2019aura pas de cimetière musulman.JACQUES BOISSINOT PC Mohamed Kesri Je suis un peu déçu, c\u2019est normal.Comment voulez-vous que 19 [personnes] viennent arrêter un projet pour plusieurs milliers de personnes?C\u2019est insensé.C\u2019est incroyable.Mohamed Kesri « » "]
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