Le devoir, 27 mai 2017, Cahier I
[" PETITE ENFANCE C A H I E R T H É M A T I Q U E I \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 M A I 2 0 1 7 Plus de ressources demandées pour les maternelles quatre ans Page I 4 La politique familiale du Québec a 20 ans: bilan Page I 2 ISTOCK Les municipalités et organismes offrent déjà de nombreux services aux parents, mais ceux-ci pourraient être davantage utilisés.Si la majorité des parents disent les connaître, 25% disent le contraire.C A T H E R I N E G I R O U A R D Collaboration spéciale S i presque tous les parents québécois croient avoir les habiletés nécessaires pour être de bons parents, nombreux sont ceux qui doutent tout de même de ce qu\u2019ils font et qui disent souffrir de manque de temps et de soutien dans leurs tâches parentales.Retour sur les résultats de l\u2019étude Perspectives parents, pilotée par l\u2019organisme Avenir d\u2019enfants.«Nous rêvons que tous les enfants arrivent à l\u2019école avec tout le bagage nécessaire», assure Julie Dostaler, directrice générale d\u2019Avenir d\u2019enfants, un organisme sans but lucratif qui vise le développement global des tout-petits.Or, une enquête québécoise réalisée par l\u2019Observatoire des tout-petits en 2012 a démontré que 1 enfant sur 4 arrive vulnérable à la maternelle dans au moins un domaine de développement.Cette proportion augmente à 1 enfant sur 3 dans les milieux défavorisés.Cela peut se traduire dès l\u2019âge de 3 ans, par exemple, alors qu\u2019un enfant d\u2019une famille défavorisée connaîtra 600 mots de moins qu\u2019un enfant non défavorisé.C\u2019est en réponse à ces données qu\u2019Avenir d\u2019enfants a initié l\u2019étude Perspective Parents, réalisée en collaboration avec l\u2019Institut de la statistique du Québec et l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières, dont les résultats ont été diffusés l\u2019an dernier lors de la Semaine québécoise des familles.« Les parents sont les premiers éducateurs des enfants, les adultes les plus significatifs dans leur vie, expose Mme Dostaler.On a voulu connaître leur point de vue, car aucune étude ne s\u2019y était penchée.» Ainsi, près de 15 000 parents provenant de 16 régions du Québec ont été sondés dans le cadre de cette vaste étude.Des parents engagés La première statistique a agréablement surpris l\u2019organisme de Mme Dos- taler : 95 % des parents considèrent avoir toutes les habiletés nécessaires pour être un bon parent.« On s\u2019attendait à un taux moins élevé, c\u2019est une bonne nouvelle, affirme Julie Dostaler.Ça démontre qu\u2019il y a un désir des parents d\u2019être considérés dans leur rôle de parent.Tous les spécialistes qui entourent les parents ne doivent pas l\u2019oublier.» Cela ne veut pas dire pour autant que l\u2019expérience et la satisfaction des parents dans leur rôle sont toujours parfaites.L\u2019enquête a aussi révélé que le tiers des parents sont inquiets ou préoccupés de savoir s\u2019ils agissent correctement, et 23 % des répondants affirment qu\u2019être parent est une source de stress ou d\u2019anxiété.«Dans notre société de performance, les parents se mettent beaucoup de pression, et la société leur en met aussi sur les épaules, affirme la directrice générale d\u2019Avenir d\u2019enfants.Et tout ce stress s\u2019ajoute au stress du quotidien, alors que le niveau d\u2019endettement des familles est de 160%\u2026 L\u2019ensemble peut avoir des répercussions négatives sur l\u2019expérience parentale, et par conséquent, sur le développement de l\u2019enfant qui ressent ce stress.» Des parents trop peu épaulés L\u2019étude a aussi démontré une lacune du côté du soutien reçu par les parents.Pas moins de 24 % d\u2019entre eux considèrent n\u2019être jamais, ou rarement, soutenus par leur entourage lorsqu\u2019ils n\u2019en peuvent plus.Si des campagnes de sensibilisation, entre autres de la Fondation Lucie et André Chagnon, tentent de faire réaliser aux gens l\u2019impact positif qu\u2019ils peuvent avoir en étant présents pour leurs neveux, nièces, voisins ou petits- enfants, un travail est aussi fait du côté des services d\u2019aide aux parents.« La famille peut s\u2019élargir avec les organismes et la communauté à proximité », fait valoir Julie Dostaler.Les municipalités et organismes offrent déjà de nombreux services aux parents, mais ceux-ci pourraient être davantage utilisés.Si la majorité des parents disent les connaître, 25 % disent le contraire.« Et ceux qui les connaissent ne les utilisent parfois pas en raison d\u2019obstacles comme l\u2019horaire, le coût ou la tranche d\u2019âge admissible à l\u2019activité, qui rendent dif ficile la fréquenta t ion des s er v ice s » , a joute Mme Dostaler.Selon l\u2019étude, un seul obstacle suf fit pour décourager les parents d\u2019utiliser les services.« Le dialogue entre les parents et les gens qui offrent les services est très important», continue-t-elle, affirmant travailler fort depuis un an à communiquer les résultats de l\u2019étude Perspectives parents pour que les services d\u2019aide puissent mieux adapter leur offre.« Il y a une portion de la population qui voit encore les parents comme les seuls responsables de leurs enfants, souligne finalement Julie Dostaler.Mais les enfants sont notre capital humain de demain.Chaque dollar public dépensé dans la petite enfance doit être vu comme un investissement.» ÉTUDE Comment vont les parents?Faits saillants de l\u2019étude Perspectives parents 15 000 parents sondés (47 % pères - 53 % mères) MAIS, ce n\u2019est pas toujours facile d\u2019être parent.95% 93% 85% des parents considèrent avoir toutes les habiletés nécessaires pour être un bon parent.se sentent parfaitement à l\u2019aise dans leur rôle de parent.des parents estiment être les mieux placés pour savoir ce dont leurs enfants ont besoin.des parents d\u2019enfants de 0 à 5 ans ont l\u2019impression de courir toute la journée.disent se mettre de la pression pour bien s\u2019occuper de leurs enfants.d\u2019entre eux considèrent n\u2019être jamais ou rarement soutenus par leur entourage.des parents salariés disent n\u2019avoir accès à aucune mesure de conciliation travail-famille.58% 20% 24% 22% PETITE ENFANCE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 M A I 2 0 1 7 I 2 C L A U D E L A F L E U R Collaboration spéciale U ne trentaine de membres de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a pris par t, les 4 et 5 mai derniers, au Sommet sur l\u2019éducation à la petite enfance, organisé par l\u2019Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) et l\u2019Institut du Nouveau Monde.Pour ces derniers, ces échanges ont eu l\u2019effet d\u2019«une bouffée d\u2019air frais alors que le gouvernement libéral poursuit ses attaques pour af faiblir le réseau des services éducatifs à la petite enfance».Du coup, la centrale syndicale rappelle que le réseau public des ser vices de garde a subi des compressions d\u2019environ 300 millions depuis 2014, tandis que le gouvernement, sous Jean Charest et Philippe Couillard, a bonifié substantiellement le crédit d\u2019impôt versé aux parents pour frais de garde.Selon la CSN, ces mesures ont fait en sorte que les parents se tournent de plus en plus vers le privé.Coûts ou qualités?« Depuis que les libéraux sont au pouvoir, on a vu une explosion dans le nombre de garderies commerciales, et cela a un lien direct avec le crédit d\u2019impôt, déclare Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN.On voit d\u2019ailleurs depuis 2009 que le nombre de g a r d e - r i e s commerciales a augmenté de façon phénoménale.» « Cela a été dit par plusieurs participants au sommet : les crédits d\u2019impôt devraient être retirés parce que c\u2019est pervers, enchaîne Dany Lacasse, vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS\u2013CSN).Le crédit d\u2019impôt amène des parents à choisir des services qui leur coûtent moins cher.» D\u2019après le syndicat, il importe que les parents réalisent qu\u2019on ne retrouve pas la même qualité de ser vices pour les enfants dans les garderies privées que dans les centres de la petite enfance.Véronique De Sève insiste d\u2019ailleurs pour parler de garderies commerciales, « pour bien faire ressortir qu\u2019il s\u2019agit avant tout de commerces » .C\u2019est la grande dif férence d\u2019avec les centres de la petite enfance et des ser vices de garde en milieu familial, qui, eux, sont des organismes à but non lucratif dont « la priorité, c\u2019est l\u2019enfant ».Pour sa part, Dany Lacasse fait remarquer que le gouvernement se complaît à dire que c\u2019est du pareil au même \u2014 privé ou public \u2014, et que les parents ont tout simplement le droit de choisir.« Remarquez que nous ne sommes pas contre le droit de choisir, bien au contraire, mais à condition qu\u2019on parle de la même qualité de services pour les enfants », précise-t-il.Or, plusieurs études montrent que la qualité est de loin inférieure dans ce type de services, comparativement aux services régis et suivis de près par le ministère, rapporte le représentant syndical.M.Lacasse chapeaute la Fédération de la santé et des ser vices sociaux de la CSN, qui représente notamment 11 000 travailleurs en CPE et un peu plus de 3000 responsables de services de garde en milieu familial.Avec le développement ces dernières années de ser vices de garde à but lucratif, il est clair pour Dany Lacasse « qu\u2019on tire la qualité vers le bas ».«Pas de profit sur le dos des petits» Véronique De Sève fait pour sa part valoir que des services éducatifs de qualité dès le plus jeune âge sont essentiels.Toutes les études le montrent très bien, poursuit-elle, les centres de la petite enfance sont nettement de qualité supérieure puisqu\u2019ils ont des obligations de programmes pédagogiques et ils sont suivis de près par le ministère.« On a vraiment comme objectif l\u2019égalité des chances et de s\u2019assurer de la qualité pour nos tout petits », dit-elle.À cette fin, la CSN lancera à la fin de l\u2019été une campagne de sensibilisation baptisée « Pas de profit sur le dos des petits» et dont Mme De Sève sera la porte-parole et la responsable des activités.« Ce que nous voulons, c\u2019est que le gouvernement cesse de favoriser les garderies commerciales par l\u2019entremise du crédit d\u2019impôt, réclame-t-elle.Il faut revenir à l\u2019essence même de la politique familiale de 1997.» Cette campagne vise également à expliquer aux parents la différence entre le réseau public et les garderies commerciales «puisque même le gouvernement mélange les parents en disant que ce sont toutes des garderies, se désole Mme De Sève.Pour nous, il s\u2019agira de faire ressortir la valeur éducative du réseau public.» Durant cette campagne, la CSN cherchera donc à valoriser les centres de la petite enfance et les services en milieu familial auprès des parents afin que, lorsque ces derniers font un choix, ils le fassent en toute connaissance de cause.« Il impor te que tous les enfants aient la chance de par tir du bon pied dans la vie » , de déclarer Mme De Sève, puisque après tout, ce sont nos adultes de demain.« Ce sont nos citoyens de demain, c\u2019est eux qui vont faire la société de demain.Il faut donc leur donner les meilleurs outils.» «Pour nous, c\u2019est clair : investir dans les générations à venir, ce n\u2019est pas investir dans le Fonds des générations, mais bien investir dès aujourd\u2019hui dans la petite enfance ! » d\u2019ajouter Dany Lacasse.Les CPE, des établissements de qualité supérieure Véronique De Sève ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La CSN rappelle que le réseau public des services de garde a subi des compressions d\u2019environ 300 millions depuis 2014.H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Collaboration spéciale «C\u2019 est un gain unique en Amérique du Nord, affirme Camil Bouchard, chercheur en psychologie communautaire et auteur du rapport Un Québec fou de ses enfants qui mènera notamment à la création ces centres de la petite enfance (CPE).Aujourd\u2019hui, 85% des mères québécoises d\u2019enfants de moins de six ans travaillent.C\u2019est le taux le plus élevé parmi toutes les provinces canadiennes.Ça représente un revenu supplémentaire pour les familles bipa- rentales, mais sur tout un revenu tout court pour les mères célibataires.» La politique familiale instaurée à la fin des années 1990 est à bien des égards une réussite, croit M.Bouchard, et cela, même si les décisions prises par le Parti libéral l\u2019ont mise à mal.Il indique quand même qu\u2019en 2004, sous le gouvernement de Jean Charest, le ministre des Finances, Yves Seguin, a corrigé les allocations familiales et créé une prime à l\u2019emploi pour les familles ne parvenant pas à s\u2019en sortir malgré leur présence sur le marché du travail.«Ça, plus le crédit d\u2019impôt de solidarité, ça a permis de continuer à changer les statistiques de la pauvreté, com- mente-t-il.On est passé de 11 à 12 % de familles pauvres à 8 à 9% aujourd\u2019hui.» Mais ce revenu familial supplémentaire dû à l\u2019accession des mères au marché du travail ne devait pas se faire sur le dos des enfants.Et pour cela, il était nécessaire de développer des ser vices de garde qui répondent aux besoins des jeunes enfants et à leur développement.« C\u2019est là qu\u2019il y a encore des choses à améliorer, croit Nathalie Bi- gras, professeure titulaire au Département de didactique de la Faculté des sciences de l\u2019éducation à l\u2019UQAM.Le niveau de qualité des services éducatifs est très inégal.» Les enquêtes donnent des informations sur la proportion de la population susceptible de se retrouver dans des structures de bonne qualité.Ainsi, parmi les enfants qui fréquentent le réseau public des CPE, près de 50 % se retrouvent dans des services de garde de qualité bonne à excellente.Du côté de ceux qui vont en garderie privée non subventionnée, seulement de 5 à 10 % d\u2019entre eux sont dans un établissement de bonne à très bonne qualité.« Cela signifie, par exemple, précise Mme Bigras, que le milieu n\u2019est pas assez stimulant, que les enfants ne reçoivent pas assez de soutien de l\u2019adulte, que le matériel peut être inapproprié voire dangereux pour des enfants de cet âge, ou encore que les activités ne sont pas assez bien planifiées.» Puisque jusqu\u2019à cinq ans, l\u2019éducation passe par le jeu, Nathalie Bi- gras précise que les jeux proposés doivent être d\u2019un niveau suffisamment élevé pour amener l\u2019enfant à se développer, mais pas trop pour ne pas le décourager.« Bref, soutient- elle, ça demande une bonne formation des éducateurs.» Or, le taux de qualification du personnel encadrant les 0- 18 mois passe de 93 % en CPE à 53 % en garderie.De 90 % à 74 % pour ceux qui encadrent les plus vieux.Les éducateurs en garderie ont également moins accès à du perfectionnement tout le long de leur carrière.Résultat, les enfants qui fréquentent un CPE avant leur entrée à l\u2019école sont moins à risque de présenter des dif fi- cultés de développement par la suite.Ceci est d\u2019autant plus vrai pour les enfants issus de familles vulnérables, qui sont 2,7 fois moins susceptibles de présenter des retards lorsqu\u2019ils sont passés par un CPE.«Mais un CPE à 7,85 $ par jour, ça reste inaccessible pour les familles de milieu défavorisé, qui en auraient pourtant le plus besoin», note Nathalie Bigras.Camil Bouchard prône donc la gratuité des services éducatifs à la petite enfance.« Au- jourd\u2019hui, si on décrétait que l\u2019école devait être tarifée, il y aurait des révoltes, prédit-il.À En 1997, le gouvernement du Québec créait le ministère de la Famille et de l\u2019Enfance et mettait en branle trois nouveaux dispositifs : l\u2019instauration d\u2019une nouvelle allocation familiale, le développement de services éducatifs et de garde à la petite enfance, et la création d\u2019un nouveau régime d\u2019assurance parentale.Vingt ans plus tard, on assiste à une diminution importante de la pauvreté chez les jeunes enfants.La politique familiale du Québec a 20 ans: bilan ISTOCK La politique familiale instaurée à la fin des années 1990 est à bien des égards une réussite, selon le chercheur en psychologie communautaire Camil Bouchard.Un CPE à 7,85 $ par jour, ça reste inaccessible pour les familles de milieu défavorisé, qui en auraient pourtant le plus besoin Nathalie Bigras, professeure titulaire au Département de didactique de la Faculté des sciences de l\u2019éducation à l\u2019UQAM « » VOIR PAGE I 4 : BILAN PETITE ENFANCE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 M A I 2 0 1 7 I 3 Ce cahier thématique a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.Pour toute demande d\u2019information quant au contenu de ce cahier, vous pouvez contacter par courriel Aude Marie Marcoux, directrice des publications spéciales, à amarcoux@ledevoir.com.Pour vos projets de cahiers ou toute autre information au sujet de la publicité, vous pouvez contacter Mark Drouin, vice-président des ventes publicitaires, à l\u2019adresse courriel mark.drouin@ledevoir.com.Il y a bien sûr l\u2019Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), par l\u2019entremise de son p.-d.g., Louis Sénécal, mais aussi des centrales syndicales, le Conseil du patronat, la Coalition des garderies non subventionnées ou encore la Commission des droits de la personne et de la jeunesse.Autant d\u2019organisations qui ne sont pas nécessairement alliées, mais qui se sont ralliées autour d\u2019un consensus, celui que tous les enfants devraient avoir droit à un service éducatif de qualité.H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Collaboration spéciale P arce qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019occuper les enfants pendant que leurs parents travaillent, mais bel et bien de commencer leur éducation préscolaire, et cela, dans l\u2019objectif de leur donner les meilleures chances possible pour démarrer dans la vie.«Nous avons assisté à un changement de paradigme, croit Louis Sénécal.On ne parle plus au- jourd\u2019hui de \u201cservices de garde\u201d, mais bien de \u201cservices éducatifs à la petite enfance\u201d.Parce qu\u2019un enfant qui passe par un CPE est moins à risque qu\u2019un autre de présenter des difficultés de développement.Parce qu\u2019un État qui investit dans des services éducatifs dès la petite enfance réduit les inégalités.Et parce que l\u2019éducation contribue significativement à l\u2019essor socio-économique d\u2019une société.» Les signataires affirment ainsi que la petite enfance fait par tie intégrante du continuum éducatif à partir de la naissance.L\u2019article 27 stipule ainsi qu\u2019afin de favoriser l\u2019égalité des chances, « il faut tendre à réduire les barrières qui limitent l\u2019accès aux services éducatifs ».Premières de ces barrières, le tarif.Les discussions ont été âpres à ce sujet lors du Sommet sur l\u2019éducation à la petite enfance qui a réuni toutes ces organisations à Montréal au début du mois de mai, et duquel a émané la Déclaration.Certains voulaient aller jusqu\u2019à demander la gratuité, d\u2019autres étaient plus frileux.Tout le monde s\u2019est donc entendu sur le terme d\u2019accessibilité.« Il s\u2019agissait de s\u2019entendre sur des valeurs, des principes qui font consensus, indique Benjamin Laplatte, vice-président du Conseil du patronat du Québec et signataire du texte.Pas d\u2019entrer dans les détails de type modalités d\u2019application.» La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) non plus n\u2019aurait pas signé le texte s\u2019il avait fallu y inclure des éléments de moyens.L\u2019organisme, qui défend le respect des droits des enfants, notamment les plus vulnérables, ceux qui vivent en milieu défavorisé, qui sont en situation de handicap, les autochtones, ceux issus de familles ethnoculturelles ou encore les enfants de la DPJ, rapporte que les ateliers ont permis de nombreux débats qui ont mené à un texte fort.« Est-ce qu\u2019il fallait aller jusqu\u2019à la gratuité?Je ne suis pas spécialiste en la matière, répond le vice-président de la Commission, Camil Picard.Je laisse le soin aux experts de réfléchir et de proposer des moyens de rendre les services de garde éducatifs accessibles à tous les enfants.» Les deux hommes expliquent que c\u2019est tout le processus qui a mené au sommet qui les a convaincus de venir débattre et de signer la déclaration commune.Depuis décembre dernier, l\u2019AQCPE mène des consultations et 107 mémoires ont été déposés sur le sujet par des municipalités, des experts, mais aussi et surtout, tout un panel de groupes qui ne prennent pas traditionnellement position sur l\u2019enjeu de la petite enfance.Les dif férentes propositions ont permis de préparer le sommet.«Nous voulions sortir de notre milieu et aller convaincre des gens qui ne sont pas partie prenante, explique Louis Sénécal.La trentaine d\u2019organisations signataires représente près de deux millions de citoyens.Nous avons donc fait la démonstration que c\u2019est toute la société civile qui se sent concernée.» Reste maintenant à faire du bruit autour de ce texte.Les signataires s\u2019engagent à promouvoir les principes énoncés, à susciter l\u2019adhésion du plus grand nombre et à participer aux discussions à venir sur les modalités de mise en œuvre.Reste surtout à convaincre le gouvernement.Les politiques d\u2019austérité ont fait perdre 500 millions de dollars au réseau des CPE ces dernières années.Les établissements ont dû se réorganiser et réduire l\u2019offre de services.«Depuis l\u2019arrivée du ministre Sébastien Proulx, force est de constater que nous avons une meilleure écoute, admet le p.-d.g.de l\u2019AQCPE.Un réinvestissement a été annoncé, mais on attend le dépôt des règles budgétaires, probablement le mois prochain, pour en connaître l\u2019ampleur.» De son côté, la députée de Québec solidaire Manon Massé a annoncé la semaine dernière à l\u2019Assemblée nationale que son parti considérait désormais les services de garde à la petite enfance comme des services éducatifs à part entière.« Ils doivent être gratuits pour tous et toutes, au même titre que l\u2019école publique, a-t-elle déclaré.Il est également essentiel de rehausser la qualité des services éducatifs à la petite enfance et de s\u2019assurer que ceux-ci rejoignent et incluent les enfants issus de milieux défavorisés et les enfants en situation de vulnérabilité.» Y aura-t-il un avant et un après mai 2017?Ca- mil Picard souligne que mettre cinq cents personnes autour d\u2019une table pour en parler est déjà presque un miracle.Mais qu\u2019il faudra maintenant un effet multiplicateur.«Nous devons rallier tous les amis des enfants, mais au-delà, convaincre les moins susceptibles de l\u2019être.Pour cela, il faudra amener le débat sur le terrain économique.Pour influencer le gouvernement, il faut lui démontrer qu\u2019il y a des gains à faire.» « Sur le fond, le gouvernement est convaincu, nuance Benjamin Laplatte.Est-ce que ça signifie qu\u2019il va refinancer le réseau à la hauteur des attentes?La petite enfance n\u2019est pas le seul secteur à avoir été touché par les restrictions budgétaires.Aujourd\u2019hui, les finances publiques se portent mieux.Nous attendons les prochains chiffres pour évaluer si, oui ou non, le Québec veut être le fer de lance de l\u2019éducation, à commencer par la petite enfance.» SOMMET SUR L\u2019ÉDUCATION À LA PETITE ENFANCE Le droit à un service éducatif de qualité fait consensus ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les politiques d\u2019austérité ont fait perdre 500 millions de dollars au réseau des CPE ces dernières années.Les établissements ont dû se réorganiser et réduire l\u2019of fre de services.P I E R R E V A L L É E Collaboration spéciale I l y a vingt ans, le Québec se dotait d\u2019un réseau public de services de garde, les centres de la petite enfance (CPE).Une mesure à l\u2019époque largement soutenue par l\u2019ensemble de la société québécoise.Mais, depuis ce temps, le réseau des CPE a été fragilisé, particulièrement ces dernières années, à cause des compressions budgétaires qu\u2019il a subies et de la concurrence accrue des garderies commerciales non subventionnées.Pourtant, la pertinence des CPE ne fait pas de doute.«Les CPE ont permis à de nombreuses femmes d\u2019être présentes sur le marché du travail et ainsi contribuer à l\u2019économie du Québec, soutient Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).Ils ont aussi grandement contribué à la conciliation tra- vail-famille.De nombreuses études d\u2019experts l\u2019ont clairement prouvé.» D\u2019autres études, du milieu de l\u2019éducation cette fois, ont démontré le rôle crucial que jouent les CPE en éducation.«Tous les experts en éducation s\u2019entendent pour dire que plus on intervient en bas âge, plus un enfant a des chances de succès , poursuit Louise Chabot.L\u2019égalité des chances passe par cette intervention précoce.Or, que font les CPE ?Ils n\u2019of frent pas seulement des services de garde, ils dispensent aussi à tous les enfants qui les fréquentent des services éducatifs de qualité.» Choix contestés C\u2019est pourquoi Louise Chabot s\u2019oppose aux décisions prises par le gouvernement Couillard en matière de services of fer ts à la petite enfance, notamment les compressions financières imposées au réseau des CPE.« Je ne comprends pas qu\u2019au nom de l\u2019austérité, indique-t-elle, on doive saccager la petite enfance.» La modulation des tarifs est aussi dans sa mire.«La modulation des tarifs et les crédits d\u2019impôt ont clairement dirigé certains parents vers le réseau commercial et ont favorisé la croissance de ce dernier, explique Louise Chabot.Le gouvernement présente ça comme un libre choix pour les parents, mais ce n\u2019en est pas un lorsque l\u2019on pèse sur la balance fiscale pour favoriser un choix plutôt que l\u2019autre.» Elle s\u2019inquiète aussi pour la qualité des ser vices of fer ts.« C\u2019est connu que la qualité des services est moindre dans les garderies commerciales, poursuit-elle, surtout en ce qui concerne les services éducatifs.» Sur le terrain Les récentes compressions budgétaires subies par le réseau des CPE ont eu des effets directs sur le terrain.«Les premières compressions sous le gouvernement Charest ont pu être absorbées par les CPE sans causer trop de dégâts, explique Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ), mais les compressions du gouvernement Couillard nous ont mis à mal.» Les exemples ne manquent pas, dont l\u2019abolition de certains postes.«Parmi le personnel d\u2019un CPE se trouvait un préposé qui s\u2019occupait de l\u2019entretien et de la désinfection des jouets et qui aidait la cuisinière pour la préparation des repas, poursuit Valérie Gre- non.Les compressions ont obligé plusieurs CPE à abolir ce poste.» Si les éducatrices n\u2019ont pas été touchées \u2014 le ratio éduca- trice-enfants est inscrit dans la loi \u2014, cer taines éducatrices dont les tâches sont dif fé- rentes l\u2019ont été.« Une éducatrice en CPE ne peut pas prendre ses pauses comme le fait un travailleur normal, car cela déstabiliserait les enfants, explique Valérie Grenon.On regroupe plutôt les pauses dans une seule longue pause, et c\u2019est alors une éducatrice de rempla- c e m e n t q u i s \u2019 o c c u p e d u groupe.» Cette dernière s\u2019occupe aussi des enfants en fin de journée, ce qui permet aux éducatrices de partir une fois leur quart de travail terminé.« Les compressions ont réduit considérablement les heures de travail des éducatrices de remplacement, note Mme Grenon, ce qui oblige à repenser l\u2019organisation du travail, et ce, sans per turber les enfants.»Même les services éducatifs ont été affectés.«On allouait aux éducatrices certaines heures payées afin qu\u2019elles travaillent à la planification pédagogique, poursuit-elle, mais on a dû diminuer ces heures.» Retour aux sources Il ne fait aucun doute dans l\u2019esprit de Louise Chabot qu\u2019un sérieux coup de barre s\u2019impose si on veut remettre sur les rails le réseau des CPE.Et ce coup de barre implique un retour aux sources.«Au fil des ans, explique-t-elle, on s\u2019est lentement mais sûrement éloigné des principes de base qui ont mené à la création des CPE.Il s\u2019agissait d\u2019offrir à tous les enfants québécois un service accessible et universel qui n\u2019était pas seulement un service de garde, mais aussi un service éducatif.Il faut revenir à ces principes.» Du moins, si l\u2019on tient à être conséquent.« Il faut donc arrimer les services à la petite enfance à l\u2019ensemble des services éducatifs que l\u2019État offre à tous les jeunes Québécois », précise Louise Chabot.« La gratuité des services à la petite enfance serait en continuité avec ce que l\u2019on of fre déjà au primaire et au secondaire».CPE Un réseau fragilisé NON À LA COMMERCIALISATION DES SERVICES DE GARDE À LA PETITE ENFANCE CSN.QC.CA «Les CPE ont permis à de nombreuses femmes d\u2019être présentes sur le marché du travail» PETITE ENFANCE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 M A I 2 0 1 7 I 4 partir du moment où l\u2019on s\u2019entend sur le fait que l\u2019éducation commence dès le berceau, il n\u2019y a pas de raison que les services éducatifs à la petite enfance soient payants.» Or, entre 1998 et aujourd\u2019hui, la proportion d\u2019enfants fréquentant les garderies privées est passée de 2 à 21 %, avance le chercheur.« C\u2019est idéologique, les libéraux considèrent que l\u2019État est trop gros et ils souhaitent donc se désinvestir, analyse-t-il.Ça va avoir des ef fets dévastateurs dans le futur.C\u2019est comme les partenariats public-privé, ça finit toujours par nous revenir dans la face.» Camil Bouchard insiste par ailleurs sur un autre élément de la politique familiale qui a selon lui suscité l\u2019adhésion, le Régime québécois d\u2019assurance parentale (RQAP).Au- jourd\u2019hui, 85 % des femmes en profitent et de plus en plus d\u2019hommes le prennent également.« C\u2019est important parce que c\u2019est presque toute sa première année que le nouveau-né passe avec son parent, rappelle-t-il.Ça permet d\u2019établir un lien d\u2019attachement qui est essentiel au bon développement de l\u2019enfant.» Un programme qui a été protégé des dif férentes politiques d\u2019austérité, souligne M.Bouchard, uniquement parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une assurance et que le gouvernement n\u2019y met pas un sou, à part à titre d\u2019employeur.Mais s\u2019il est important que l\u2019enfant reste avec son parent la première année, fréquenter un service éducatif de qualité par la suite reste le meilleur moyen de bien démarrer dans la vie.« Il y a encore des mères qui ne travaillent pas et qui sont gênées de laisser leurs enfants en CPE, conclut Camil Bouchard, parce qu\u2019il manque de places dans le réseau.Je le répète et je le répéterai tant qu\u2019il le faudra : nous avons besoin au Québec de faciliter l\u2019accès aux CPE, d\u2019of frir suf fisam- ment de places et de mener une campagne d\u2019invitation auprès des parents.» SUITE DE LA PAGE I 2 BILAN MATERNELLE QUATRE ANS Plus de ressources demandées E T I E N N E P L A M O N D O N E M O N D Collaboration spéciale U n rapport de recherche a provoqué une commotion dans le milieu de l\u2019éducation préscolaire en mars dernier.Christa Japel, professeure au Dépar tement d\u2019éducation et de formation spécialisées de l\u2019UQAM, y dévoilait les résultats d\u2019une étude qu\u2019elle avait menée sur la maternelle quatre ans à temps plein en milieu défavorisé.Sa conclusion ?Le ser vice, comme déployé à l\u2019heure actuelle, ne réduit pas «de façon significative l\u2019ef fet des conditions sociodémographique des enfants sur leur préparation à l\u2019école».Mme Japel est arrivée à ce constat après avoir mesuré la performance cognitive et comportementale de 300 enfants qui avaient fréquenté la maternelle quatre ans et l\u2019a comparée avec celle d\u2019un groupe témoin d\u2019une taille similaire.« Je ne dis pas que ça ne vaut rien », précise-t-elle en entrevue, soucieuse de la tournure des interprétations.Elle demeure convaincue de la pertinence de l\u2019approche, mise sur les rails par le gouvernement Marois en 2013, et note que le service réussit à rejoindre une clientèle vulnérable qui ne fréquentait pas les centres de la petite enfance (CPE).Impliquée auparavant dans l \u2019 implantation d\u2019un projet pilote de maternelle quatre ans à temps plein à l\u2019école Saint-Zotique, dans le quar tier Saint-Henri, elle affirme avoir remarqué les bienfaits de la démarche chez les enfants lorsqu\u2019un environnement éducatif de qualité était mis en place.Le but de sa sortie : presser Q u é b e c à s e d o n n e r l e s moyens pour améliorer la maternelle quatre ans.Car dans son évaluation, le bât blessait souvent dans des lacunes hors du pouvoir des enseignants.« L\u2019environnement dans un CPE est probablement mieux adapté à un enfant de 4 ans que les maternelles qui ont été mises en place très vite, sans le financement nécessaire », considère-t-elle.« On commence, justifie Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ).Peut-être qu\u2019ef fective- ment il y a eu un manque de ressources à certains endroits.» Plusieurs constats de la Fédération autonome de l\u2019enseignement (FAE) recoupent les conclusions de Mme Japel.Mais le syndicat, dont l\u2019implantation de la maternelle quatre ans a constitué un cheval de bataille durant les dernières années, trouve « très dur» le regard porté par la chercheuse.«C\u2019est un peu comme le verre à moitié vide ou à moitié plein», indique Nathalie Morel, vice- présidente à la vie professionnelle à la FAE, qui penche pour la deuxième perception.Un coup de sonde auprès d\u2019enseignants membres révèle un ef fet réel sur les enfants, même si les ressources manquent pour que la mesure atteigne son plein potentiel.Rapport élèves-enseignant trop haut Tant le rapport de Mme Japel que la FAE revendiquent un rapport d\u2019élèves par professeur plus bas.Le syndicat demande de se rapprocher de la norme en CPE de 10 enfants pour un membre du personnel.En maternelle quatre ans, le rapport peut s\u2019élever à 18 élèves pour un enseignant.«C\u2019est trop parce que la tâche est grande, soit de faire en sorte qu\u2019ils arrivent en maternelle cinq ans avec le moins d\u2019écart possible [relativement aux autres élèves] », approuve Mélany Cannavino, enseignante à la maternelle quatre ans de l\u2019école La Source, à Gatineau.Elle remarque que les enfants issus de milieux défavorisés ont tendance à moins demander d\u2019aide, ce qui exige de la par t des enseignants beaucoup d\u2019observation et de temps avec chacun pour apprendre à les connaître et bien les guider.À la FCSQ, la question du rapport préoccupe surtout Mme Bouchard pour l\u2019offre de la maternelle quatre ans en région rurale.Dans sa classe, Mme Canna- vino est accompagnée d\u2019une préposée toute la journée.«Ici, on est privilégié, commente-t- elle à ce sujet.En fait, je dis privilégié, mais ça devrait être comme ça partout.» Christa Ja- pel a remarqué que la présence de cette personne ressource variait beaucoup d\u2019un groupe à l\u2019autre au gré de la volonté des écoles.« Des enseignantes ont des éducatrices plus ou moins formées, qui sont là quelques heures ou une bonne partie de la journée.Il y en a d\u2019autres qui ont juste une éducatrice spécialisée quelques heures par semaine.Le ratio est critique si on n\u2019a pas deux personnes dûment formées toute la journée.» Dans son rappor t de recherche, Mm e Japel insiste d\u2019ailleurs sur l\u2019impor tance d\u2019améliorer la formation, notamment en augmentant le nombre de cours dédiés au préscolaire quatre ans dans la formation initiale, mais aussi en of frant de la formation continue pour accompagner les enseignants.La FAE et Mme Japel s\u2019entendent aussi sur l\u2019impor tance d\u2019accorder un financement suffisant pour l\u2019aménagement nécessaire de l\u2019environnement éducatif.« C\u2019est incroyable à quel point on a de la misère à faire comprendre au ministère [de l\u2019Éducation] qu\u2019il faudrait des sommes pour l\u2019achat de matériel périssable et non périssable », souligne Nathalie Morel.Cette dernière explique que des livres ou des jeux peuvent être facilement brisés, déchirés, abîmés et devenir vite inutilisables lorsqu\u2019ils sont manipulés par des jeunes de quatre ans.«Les professeurs mettent de l\u2019argent de leur poche pour acheter du matériel qu\u2019on appelle non périssable, mais qui est périssable quand on enseigne à des tout petits.» Quant aux locaux, les toilettes et les lavabos se trouvent, dans certains établissements, éloignés de la classe.Or les élèves, à cet âge, ne peuvent être laissés seuls lorsqu\u2019ils ont besoin d\u2019aller à la salle de bain.«Un des gros problèmes actuellement, c\u2019est que le gouvernement ne prévoit aucune ressource f i - nanc i è r e pour la construction ou l\u2019aménagement de locaux, signale Mme Morel.Un local pour les quatre ans et les cinq ans ne nécessitent pas les mêmes adaptations.» Il est à noter que certains endroits ont dû être aménagés rapidement.En 2016, le gouvernement a annoncé l\u2019ouverture de classes à peine trois mois avant la rentrée scolaire.«Dans les discussions, on s\u2019était assuré au préalable qu\u2019on visait les commissions scolaires qui, physiquement, étaient capables d\u2019accueillir les élèves, c\u2019est-à-dire qui avaient des locaux disponibles», assure Josée Bouchard.La FAE, en revanche, qualifie d\u2019« occulte » la façon dont les commissions scolaires choisissent les écoles.« Il faudrait que le syndicat local et le conseil d\u2019établissement soient consultés, parce que la détermination des écoles, c\u2019est extrêmement important », insiste Nathalie Morel.Mélany Cannavino considère qu\u2019il est mieux d\u2019ouvrir une classe à la dernière minute que pas du tout.L\u2019enseignante soulève néanmoins qu\u2019une de ses tâches fondamentales consiste à rencontrer à plusieurs reprises les parents, qui ont souvent eux- mêmes traversé des difficultés dans leur passage à l\u2019école.Or, cette intervention auprès de la famille s\u2019amorce, dans l\u2019idéal, un an avant l\u2019entrée de l\u2019enfant en maternelle quatre ans.Le gouvernement a ouvert 100 nouvelles classes de maternelle quatre ans à temps plein en 2016-2017, portant leur nombre à 188.Mais se voient-elles accorder les ressources nécessaires pour bien préparer les enfants de milieux défavorisés à l\u2019école ?www.lacsq.org/jaime-mon-service-de-garde-public mon service de garde public 1 6 1 7 - 2 7 1 ISTOCK Le service de la maternelle quatre ans, comme déployé à l\u2019heure actuelle, ne réduit pas «de façon significative l\u2019ef fet des conditions sociodémographique des enfants sur leur préparation à l\u2019école», selon le rapport de recherche de Christa Japel, professeure au Département d\u2019éducation et de formation spécialisées de l\u2019UQAM."]
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