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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2017-05-20, Collections de BAnQ.

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[" Guy Taillefer Présidentielle en Iran: le grand arrangement Page B 4 Robert Dutrisac Drapeau des Patriotes: drapeau de tous les Québécois Page B 4 PERSPECTIVES C A H I E R B \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 M A I 2 0 1 7 Le Devoir d\u2019histoire Jambons et ?ers-à-bras pour gagner ses élections Page B 6 A M É L I P I N E D A L e président Donald Trump peine à se défaire du boulet russe qu\u2019il traînait déjà avant d\u2019être élu à la tête des États- Unis.Les possibles liens entre lui, ou certains de ses proches, et Moscou risquent de continuer à affaiblir son gouvernement, qui peine à détourner l\u2019attention sur d\u2019autres enjeux.«Ce n\u2019est pas encore une crise, mais disons que la ligne commence à être mince avant que ça en devienne une», indique Philippe Fournier, coordonnateur de la Chaire d\u2019études politiques et économiques américaines et chercheur au Centre d\u2019études et de recherches internationales de l\u2019Université de Montréal (CERIUM).La dernière semaine a été éprouvante pour le gouvernement Trump.Les soupçons d\u2019ingérence de la Russie auprès de l\u2019équipe de l\u2019homme d\u2019af faires lors de la campagne électorale de novembre dernier n\u2019ont cessé de se multiplier.Alors que le président a limogé le patron du FBI, James Comey, le New York Times révélait que M.Trump aurait tenté de mettre fin à une enquête fédérale sur son ancien conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn.Il a aussi reconnu cette semaine avoir dévoilé des informations confidentielles à Ser- gueï Lavrov, chef de la diplomatie r usse, plaidant qu\u2019il avait « le droit » de le faire.Résultat ?Quatre enquêtes sont en cours sur les liens entre des membres de sa garde rapprochée et celle du président russe, Vladimir Poutine.Puisque tous les yeux sont rivés sur cette possible collusion, l\u2019ordre du jour législatif du gouvernement se retrouve paralysé, sout ient M.Fournier.«La conséquence de cette polémique c\u2019est qu\u2019elle retarde beaucoup la mise en marche de la machine gouvernementale et l\u2019application des dif férentes parties du programme politique promis par M.Trump » , men- tionne-t-il.Sa seule véritable victoire législative fut l\u2019abrogation de l\u2019Obamacare.Sa réforme fiscale n\u2019est toujours pas adoptée.L\u2019artisan de son malheur Mais Trump est responsable de son sort, soutient Rafael Jacob, chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand.Le spécialiste rappelle que lors des primaires, i l a cumulé les flatteries à l\u2019égard de Vladimir Poutine.En septembre 2016, il a notamment déclaré qu\u2019à ses yeux, M.Poutine est un bien meilleur leader que son prédécesseur, Barack Obama.« Il a toujours été provocateur et il a pris plaisir à jouer avec les af finités qu\u2019il par tageait avec le président russe », mentionne M.Jacob.Selon lui, c\u2019est encore une fois son caractère imprévisible qui l\u2019embourbe dans le dossier de la Russie.Encore cette semaine, M.Trump a vivement réagi à la nomination de Robert Mueller au poste de procureur spécial de l\u2019enquête sur la possible collusion entre les Russes et son équipe lors de la présidentielle.Sur Twitter, M.Trump s\u2019est dit victime de « la plus grande chasse aux sorcières menée contre un homme politique de l\u2019histoire américaine».« La nomination de Mueller, c\u2019est en réalité une bouée de sauvetage.Il aurait pu la prendre et dire qu\u2019il allait collaborer, ça aurait contribué à calmer les choses.Mais Trump étant Trump, il n\u2019a pas pu s\u2019empêcher de jeter de l\u2019huile sur le feu et a voulu, une fois de plus, se présenter en victime », indique M.Jacob.Affinités M.Trump aurait pu calmer le jeu en montrant qu\u2019il souhaitait collaborer aux enquêtes, croit Ekaterina Pisku- nova, chercheuse spécialiste des relations r usso-améri- caines au CERIUM.Les af finités sur lesquelles ont fait du millage MM.Trump et Poutine durant la campagne présidentielle de 2016 ne sont jamais concrétisées.«Lorsqu\u2019on regarde les faits, il n\u2019y a rien qui montre que depuis que M.Trump est à la Maison- Blanche, les relations avec la Russie sont plus amicales», souligne Mme Piskunova.Au contraire, les États-Unis et la Russie ont eu d\u2019importants accrochages.« On peut penser aux frappes en Syrie auxquelles la Russie ne s\u2019attendait pas.M.Trump a fait ce que Barack Obama n\u2019a jamais fait en huit ans», indique-t-elle.Le dossier russe fait partie, selon Mme Piskunova, d\u2019une lutte interne que livrent les démocrates aux républicains de laquelle la Russie peut tirer avantage.« La Russie est habile parce que depuis que Trump a ouvert la por te à leurs af finités, elle n\u2019hésite pas à commenter les polémiques américaines.Elle sait que lorsqu\u2019elle propose de donner la transcription de la conversation entre M.Trump et son chef de la diplomatie, elle alimente le scandale et affaiblit les États-Unis », indique Mme Piskunova.Le Devoir ÉTATS-UNIS Quand le président américain traîne un boulet russe JOHN WOODS LA PRESSE CANADIENNE Les candidats à la chefferie conservatrice (certains sont absents de cette photo) ont notamment débattu à Winnipeg, le 19 janvier dernier.M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L es conser vateurs sau ront samedi prochain lequel des treize candidats à la succession de Stephen Harper sera sacré leur nouveau chef.Au fil de la dernière année, les concurrents ont cour tisé les militants conservateurs en espérant gagner leur appui.Mais celui ou celle qui remportera la mise devra rapidement se tourner vers sa prochaine bataille en vue de l\u2019élection dans moins de deux ans, préviennent des stratèges, en se réconciliant avec les rivaux et les conservateurs qui ne l\u2019auront pas appuyé tout en séduisant le reste de l\u2019électorat canadien.Les dés sont presque joués.La plupart des 260 000 membres qui se prévaudront de leur droit de vote devraient déjà avoir envoyé leur bulletin par la poste afin de s\u2019assurer qu\u2019il soit bel et bien entre les mains du parti d\u2019ici la date butoir de vendredi.Une douzaine de bureaux de scrutin seront ouver ts samedi prochain dans diverses provinces, dont un notamment à Montréal.Mais le Par ti conservateur prévoit qu\u2019environ 80 % des votes se feront auparavant par la poste.Les prétendants ont présenté leurs idées aux militants, en allant à leur rencontre, via les médias sociaux, ou lors des difficiles débats à treize candidats.Les enjeux sont connus.Une fois l\u2019élection passée, le vrai travail ne fera que commencer.« Personne ne devient chef du par ti comme par magie, arguait cette semaine la chef intérimaire, Rona Am- brose, dans l\u2019un de ses derniers discours à la tête du parti.Celui ou celle qui occupera ce poste va sans aucun doute passer du temps à apprendre, à écouter et à travailler for t.Je l\u2019ai fait, Stephen Harper l\u2019a fait, et nos prédécesseurs l\u2019ont fait.» Le premier défi sera de conserver l\u2019unité du caucus et de la famille conser vatrice, surtout au terme d\u2019une course qui aura compté de nombreux députés parmi les candidats, mais aussi dans les équipes des aspirants chefs.« Il va falloir beaucoup de patience, tant du côté du vainqueur que de celui des perdants », prévient Michele Austin, qui a été chef de cabinet de Mme Ambrose et de Maxime Bernier lorsqu\u2019ils étaient ministres dans le gouvernement de Stephen Harper.Elle suggère au prochain chef de faire une place à ses rivaux non seulement dans son équipe parlementaire, mais aussi de s\u2019inspirer de certaines de leurs idées politiques proposées pendant la course.Une plateforme pour tous Le successeur de Stephen Harper devra en outre élargir son offre politique au-delà des dossiers de prédilection des conservateurs.« Les candidats ont parlé d\u2019idées politiques propres au créneau de la base conservatrice.Et c\u2019est important, dans le contexte d\u2019une course à la chefferie, parce que vous voulez démontrer que vous avez des idées véritablement conservatrices », explique Rachel Cur- ran, qui a été directrice des politiques pour Stephen Harper et qui est maintenant associée au sein de la firme de consultants de l\u2019ancien premier ministre.Les treize concurrents ont amplement parlé de réductions d\u2019impôt, de loi et d\u2019ordre, d\u2019équilibre budgétaire.« Ce qu\u2019ils n\u2019ont pas fait, cependant, c\u2019est de présenter un projet pour le pays, une plate- forme qui attirerait les Canadiens au-delà de la base », VOIR PAGE B 3 : COURSE COURSE À LA CHEFFERIE DU PARTI CONSERVATEUR Place à la coalition postélection Le prochain chef doit maintenant tendre la main à ses rivaux et au reste des Canadiens [La polémique] retarde beaucoup la mise en marche de la machine gouvernementale et l\u2019application des différentes parties du programme politique promis par M.Trump Le chercheur Philippe Fournier, au sujet des enquêtes visant les liens entre le gouvernement Trump et la Russie « » MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DE RUSSIE / AFP Le ministre russe des Af faires étrangères, Sergueï Lavrov, avec Donald Trump à la Maison-Blanche, le 10 mai dernier Donald Trump est responsable de son sort, soutient Rafael Jacob Lire aussi \u203a Portraits des candidats.Résumé des positions de six aspirants chefs sur six enjeux.Pages B 2 et B 3 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 M A I 2 0 1 7 P E R S P E C T I V E S B 2 Les conservateurs sauront samedi prochain lequel des 13 candidats à la succession de Stephen Harper sera sacré leur prochain chef.Le Devoir les a interrogés, tour à tour, au fil des dernières semaines, sur six sujets : le retour à l\u2019équilibre budgétaire, l\u2019immigration, le port du niqab, la lutte contre les changements climatiques, le rôle du fédéral en culture et le droit à l\u2019avortement.Tous se sont prêtés au jeu, sauf Pierre Lemieux et Erin O\u2019Toole, dont les équipes n\u2019ont pas répondu aux demandes du Devoir.Aujourd\u2019hui, coup d\u2019œil sur six candidats, par Marie Vastel.Portraits des candidats conservateurs EDUARDO LIMA LA PRESSE CANADIENNE ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Budget équilibré ?En deux ans.Elle limiterait la hausse des dépenses du gouvernement à celle de l\u2019inflation \u2014 et légiférerait ce plafond \u2014 et retrancherait 5 % des dépenses gouvernementales.Elle arrimerait les salaires et avantages sociaux du secteur public à ceux du secteur privé.Les hausses salariales des fonctionnaires pourraient donc varier, d\u2019année en année, en fonction de l\u2019économie.Immigration?Elle ne veut pas fixer de cibles d\u2019accueil et admet qu\u2019elle n\u2019est pas cer taine de la cible actuelle pour 2017.« Je crois simplement qu\u2019on devrait faire le processus correctement » , mar tèle-t - elle en promettant des entrevues en personne pour tous les immigrants et réfugiés désirant venir au pays.Les immigrants auraient à payer cette entrevue et le nombre d\u2019accueils « diminuerait évidemment » , puisque les demandes mettraient plus de temps à être traitées.Interdire le niqab?« Les gens devraient s\u2019attendre à montrer leur visage pour les cérémonies de citoyenneté et lorsqu\u2019ils doivent être identifiés.» Elle évoque le vote, mais s\u2019arrête là, ne voulant pas réciter «une liste d\u2019épicerie».En environnement?Elle abolirait la taxe sur le carbone, qui selon elle n\u2019a « pas de véritable impact sur l\u2019environnement ».Elle investirait en recherche et développement dans le domaine des technologies vertes.Investir en culture ?« Le gouvernement fédéral a un rôle à jouer », mais elle ne veut pas prédire quelles seraient ses promesses d\u2019investissement en 2019.Ses réductions budgétaires de 5 % s\u2019ap- pl iqueraient aussi à Patri - moine Canada.Débat sur l\u2019avortement ?« Je suis pro-vie.» Mais son gouvernement ne légiférerait pas en la matière.« Je laisse ça aux députés.» Kellie Leitch Budget équilibré?« Dans cinq ans.» Il passerait en revue tous les programmes du fédéral, pour éliminer ceux qui n\u2019atteignent plus leurs objectifs et réduire ainsi l \u2019enveloppe de 6 % à 9 %.Il promet une réduction d\u2019impôts de 18,1 mill iards de dollars grâce à sa propre taxe sur le carbone qui se ferait à revenus neutres.Immigration ?Pas de cible précise, d\u2019abord faut-il récolter des statistiques sur les besoins de main-d\u2019œuvre au pays pour ensuite favoriser l\u2019immigration économique.Il modifierait les exigences linguistiques pour les nouveaux arrivants, afin qu\u2019elles s\u2019appliquent aux personnes de 18 à 65 ans \u2014 plutôt que de 18- 55 ans comme sous le gouvernement Trudeau.Les demandeurs de citoyenneté devraient quant à eux avoir résidé au Canada quatre des six dernières années, plutôt que trois des cinq dernières années.Interdire le niqab ?Il jugeait « raisonnable » d\u2019exiger que les femmes prêtent le serment de citoyenneté à visage découvert.« Mais on a eu une élection et les Canadiens ont rejeté cette idée », qu\u2019il juge donc réglée.En environnement ?Il est le seul qui ne promette pas d\u2019abolir la taxe sur le carbone des libéraux.Au contraire, il en instaurerait une plus sévère \u2014 10 $ la tonne en 2021 pour atteindre 100 $ la tonne en 2030 (contre 18$ la tonne en 2018 et 50 $ en 2022 sous Trudeau).« Si on veut gagner les prochaines élections comme conservateurs en 2019, on doit présenter une politique sur les émissions de GES.» Investir en culture?Il promet de maintenir le financement fédéral et pourrait l\u2019augmenter.Il juge que CBC/Radio- Canada est essentielle pour les francophones et les régions rurales du pays.Mais il veut revoir son mandat à l\u2019ère du numérique, car « à cause d \u2019Internet , CBC fait concurrence aux quotidiens ».Le financement pourrait être modifié.Débat sur l\u2019avortement?Il refuse de révéler sa «position personnelle », « ce n\u2019est pas per ti- nent».Élu chef, il ne rouvrirait pas le débat.Mais un député d\u2019arrière-ban pourrait le faire et le vote serait libre.Michael Chong Budget équilibré ?Dès la deuxième année au pouvoir.Il promet de privatiser Postes Canada et les grands aéro- por ts du pays ; de retirer le rôle de régulateur des télécommunications au CR TC ; d\u2019éliminer les subventions directes et indirectes aux entreprises ; d\u2019abolir les agences régionales de développement.Immigration?Il veut ramener les seuils d\u2019accueil aux moyennes des années du gouvernement de Stephen Harper \u2014 environ 250 000 immigrants par année, contre 300 000 prévus en 2017.« Je ne veux pas changer le système de sélection des immigrants.» Il augmenterait cependant la par t d\u2019immigrants économiques pour réduire celle réservée aux réunifications familiales et aux réfugiés.La majorité des réfugiés seraient à l \u2019avenir par rainés par le privé, « parce que l\u2019intégration est alors encore plus facile ».Interdire le niqab?«Lorsque tu prêtes serment de citoyenneté, ça doit se faire à visage découvert.» En environnement ?« Les provinces ont déjà pour la plupart un prix sur le carbone, et je n\u2019en imposerai pas une deuxième [taxe sur le carbone] au niveau fédéral.» Il créerait des incitatifs pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), en élargissant le crédit d\u2019impôt en recherche et développement pour qu\u2019il englobe aussi le développement de nouvelles technologies ou d\u2019énergies vertes.Investir en culture?Les budgets actuels du fédéral « sont satisfaisants » et seraient renouvelés.Il propose de réduire le financement de Radio- Canada de 150 millions \u2014 à 1 milliard par année \u2014 et de modifier son mandat pour un modèle calqué sur celui de PBS, avec moins de variétés et d\u2019opinion.La société d\u2019État ne pourrait plus solliciter de publicités et devrait récolter des commandites et des dons.Débat sur l\u2019avortement?«Je ne dirai pas ma position personnelle parce que je ne veux pas teinter le parti.» Il ne rouvrirait pas le débat, mais permettrait à tout député de le faire.«C\u2019est son droit démocratique en tant qu\u2019élu.» Le vote serait libre.Il prendrait position après avoir lu le projet de loi.« Oui, il y a de for tes chances que le débat sur l\u2019avortement soit rouvert.Mais ça ne sera pas le gouvernement qui va le rouvrir.» Maxime Bernier «Les gens devraient s\u2019attendre à montrer leur visage pour les cérémonies de citoyenneté et lorsqu\u2019ils doivent être identifiés» FRED CHARTRAND LA PRESSE CANADIENNE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 M A I 2 0 1 7 P E R S P E C T I V E S B 3 CODIE MCLACHLAN LA PRESSE CANADIENNE ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE DARRYL DYCK LA PRESSE CANADIENNE argue Mme Curran, en notant qu\u2019un aspirant premier ministre doit discuter de toute la gamme d\u2019enjeux fédéraux \u2014 la santé, l\u2019unité nationale, les Premières Nations ou l\u2019environnement, dont seul le progressiste du groupe Michael Chong a fait un élément central de sa campagne.Le prochain chef devra cerner la coalition d\u2019électeurs qu\u2019il espère convaincre en 2019 \u2014 une coalition qui ne sera pas nécessairement la même que celle qui a élu une majorité conser vatrice en 2011 et qui n\u2019était plus au rendez-vous en 2015, prévient Rachel Curran.S\u2019adapter pour gouverner Lorsque le gagnant aura choisi son menu politique, il devra savoir le communiquer et l \u2019adapter au besoin.« Le nouveau chef devra prendre en compte le fait que nous sommes un par ti très varié, aux idées divergentes », prévient l \u2019ancienne sénatrice Marjor y LeBreton.Des progress is tes -conser vateurs comme Michael Chong côtoient des libertariens comme Maxime Ber nier ou des conservateurs sociaux et pro- vie comme Brad Trost ou Pierre Lemieux.«En fin de compte, vous devez en venir à un consensus et respecter les idées de tout le monde.Vous devez gouverner où les gens veulent être gouvernés.Vous ne pouvez pas tirer les gens là où ils ne veulent pas aller», fait valoir Mme LeBreton, qui œu- vre au Parti conservateur depuis des décennies et qui y a épaulé tant John Diefenbaker que Brian Mulroney.Les candidats ont bien fait de miser sur des idées plus audacieuses, selon Mme Curran.«Être trop prudent, à cette étape- ci, c\u2019est dangereux.[\u2026] Les membres voient bien que le parti ne peut pas simplement rester où il se trouve depuis que M.Harper était chef.» Mais ces promesses qui bousculent le programme politique devront être soutenues par les militants conservateurs, qui se réuniront en congrès politique en 2018.Une tâche à laquelle le chef ne pourra pas échouer.«Vous ne serez jamais premier ministre si vous n\u2019arrivez pas à faire approuver vos idées par votre parti», note Michele Austin, qui est au- jourd\u2019hui à la firme de consultants Summa Strategies.L\u2019abolition de la gestion de l\u2019of fre promise par Maxime Ber nier fera-t -elle l \u2019unanimité, dans un congrès conser vateur ?Rachel Cur- ran avoue qu\u2019il est dif ficile de le prédire, car le membra- riat semble par tagé sur la question.Mais à son avis, si M.Bernier reculait sur cette promesse phare, « cela nuirait à sa crédibilité ».Haro sur le Québec Le Par ti conser vateur accorde pour le vote un poids égal à toutes les circonscriptions (100 points), ce qui rend le Québec indispensable dans la course.Avec ses 78 circonscriptions, sur les 338 du pays, la Belle Province compte 7800 des 33 800 points en jeu pour le vote.Le Québec sera aussi incontournable si le parti souhaite remporter la prochaine élection, consentent les stratèges.Or, les conser vateurs voient d\u2019un bon œil que le nombre de membres ait atteint un record pour leur parti dans la province, soit 16 700 membres.«Pour la première fois depuis longtemps, les conservateurs sentent qu\u2019il y a plus d\u2019intérêt au Québec à pencher plus à droite », se réjouit Michele Austin.L\u2019optimisme est le même pour le reste du pays, car le Par ti conser vateur est en bonne posture dans les sondages et sur le plan du financement, arguait cette semaine Rona Ambrose.« Peut- être que Justin Trudeau sera un premier ministre d\u2019un seul mandat », suggérait-elle à ses troupes.La trudeaumanie n\u2019est pas infail l ible, note à son tour Marjory LeBreton, en se souvenant qu\u2019à l \u2019élection de 1972, le conservateur Robert Stanfield avait perdu en ne récoltant que deux sièges de moins que le chef libéral de l\u2019époque\u2026 l\u2019autre très populaire Trudeau.Le Devoir SUITE DE LA PAGE B 1 COURSE «Les membres voient bien que le parti ne peut pas simplement rester où il se trouve depuis que Stephen Harper était chef» Budget équilibré?En deux ans.« Il est très important d\u2019avoir un échéancier ambitieux, car autrement les ministères cherchent toujours de nouveaux moyens de dépenser de l\u2019argent.» Il réduirait les impôts des entreprises et éliminerait certains « gaspillages » du gouver nement T r udeau, comme les fonds en aide étrangère ou en soutien à la lutte de pays en dé- v e l o p p e m e n t contre les changements climatiques.Immigration ?« Elle devrait être fondée sur ce dont a besoin le Canada \u2014 nos besoins économiques, démographiques.[\u2026] Elle devrait être fondée sur des données économiques claires, en se concentrant sur l\u2019intégration.» Faute d\u2019avoir ces données en main, il ne chif fre pas les seuils d\u2019immigration qu\u2019il privilégierait.Interdire le niqab?Lors du serment de citoyenneté, pour voter et pour monter à bord d\u2019un avion.« Dans les domaines où l\u2019expression religieuse rencontre l\u2019État, il est absolument raisonnable de demander à ceux qui ont ces pratiques de s\u2019adapter aux principes canadiens.» En environnement ?« Je m\u2019oppose à une taxe sur le carbone, qui n\u2019est jamais à revenus neutres et qui n\u2019a pas d\u2019impact significatif sur la réduction des GES.» Le Canada devrait apporter sa contribution à l\u2019étranger en exportant ses technologies de captage du carbone ou de charbon propre en Asie du Sud-Est.Sur la scène nationale, il préparerait un «plan robuste» pour l\u2019élection de 2019.Investir en culture?Le financement fédéral est « adéquat ».Le gouvernement devrait cependant encourager le secteur privé à participer, à coup de crédits d\u2019impôt pour les dons faits au domaine culturel.Débat sur l\u2019avortement?« J\u2019ai toujours appuyé les projets de loi pro-vie.» Son gouvernement ne rouvrirait toutefois pas le débat, mais ses députés pourraient le faire.Pourrait-il appuyer un tel projet de loi ?« Je voterai toujours en respectant ma conscience.» Andrew Scheer Budget équilibré ?Dans un premier mandat.« En réduisant la majorité des dépenses engendrées par le gouvernement libéral » et en gelant les budgets des ministères.Il ferait des coupes dans les sociétés d\u2019État \u2014 en privatisant notamment CBC/Radio-Ca- nada pour récupérer son budget d\u2019un milliard \u2014 et dans les subventions aux entreprises ou les programmes de développement économique régional.Immigration?Il veut miser sur « les gens qui veulent réel le - ment s\u2019intégrer », en favorisant les plus jeunes ou ceux qui parlent anglais ou français.« S\u2019il y a des inquiétudes en matière de sécurité, nous ne devrions pas avoir peur de suspendre temporairement l \u2019 immigration de cer tains pays » \u2014 il cite le Yémen et la Somalie \u2014 tout en prévoyant une exemption pour les réfugiés.Il cesserait le par rai- nage de réfugiés par le gou- ver nement, en laissant le soin au privé et aux citoyens de le faire.Interdire le niqab?Aux cérémonies de citoyenneté.Et, sans l\u2019interdire formellement pour les ser vices au public, « j\u2019encouragerais les gens à faire les choses autrement ».En environnement?« La majorité des changements climatiques observés dans le monde sont naturels et non pas un effet de l\u2019activité humaine.» Il redirigerait les budgets de réduction de GES, pour nettoyer le déversement des eaux usées ou les puits de pétrole dans l\u2019Ouest canadien.Investir en culture?Il entend laisser cours au libre marché plutôt que de favoriser certaines formes d\u2019art au détriment d\u2019autres.Il financerait seulement les musées nationaux.Débat sur l\u2019avortement ?« Je suis fermement pro-vie.» Il proposerait de criminaliser les avor tements sexo-sélec- tifs ainsi que le fait de causer la mort d\u2019un enfant à naître.Ses députés pourraient proposer tout autre projet de loi sur l\u2019avortement.« Je voterais probablement pour un tel projet de loi.» Brad Trost Budget équilibré?En trois ou quatre ans.« La façon la plus facile d\u2019y arriver, c\u2019est d\u2019examiner les dépenses du gouvernement.» Elle estime pouvoir les réduire de 10 %, en contrôlant les budgets des ministères et en révisant cer tains projets qui n\u2019auraient pas été accomplis \u2014 en infrastructures ou en approvisionnement en défense.Immigration ?« Il s\u2019agit de se servir de l\u2019immigration comme outil pour stimuler l\u2019économie, mais l \u2019 intégration est incroyablement impor tante pour la société.» Elle ramènerait les niveaux d\u2019accueil à ceux de l\u2019ancien gouvernement \u2014 270 000 plutôt que 300 000 en 2017.El le compte sur veiller l\u2019intégration des 40 000 réfugiés syriens accueillis par les libéraux, afin de s\u2019assurer que les villes, les commissions scolaires et les provinces par viennent à répondre aux nouveaux besoins.Interdire le niqab?« C\u2019est une question qui est réglée.Je ne vois pas de rôle pour le gouvernement sur cet enjeu.» En environnement ?Plutôt qu\u2019une taxe sur le carbone, elle miserait sur les avancées technologiques du secteur privé.« Le transpor t, c\u2019est le gros morceau des émissions de GES et c\u2019est là-dessus qu\u2019il faut se concentrer.» Elle investirait dans la recherche sur la science des matériaux, pour des véhicules plus légers et de meilleurs moteurs.Investir en culture?« Absolument, il est très important de s\u2019assurer que l\u2019on continue d\u2019investir en culture.» Elle ne sabrerait pas ses budgets pour équilibrer les livres.Débat sur l\u2019avortement?« Ma position personnelle est que je ne choisirais pas d\u2019avoir un avor tement », dit-elle en mentionnant sa fo i catholique et sa mère qui l\u2019a mise au monde alors qu\u2019elle était cé l ibata ire .« Ma pos i t ion personnelle ne devrait pas dicter l\u2019ordre du jour du gouvernement.Juste parce que ce ne serait pas une option pour moi, ça ne veut pas dire que je vais empêcher les autres de le faire .» Elle per - mettra i t à ses députés de présenter des projets de loi sur la quest ion, qui ferait l\u2019objet d\u2019un vote libre.Lisa Raitt Le nouveau chef devra prendre en compte le fait que nous sommes un parti très varié, aux idées divergentes L\u2019ancienne sénatrice Marjory LeBreton « » Mardi prochain, lisez les portraits des candidats Chris Alexander, Steven Blaney, Deepak Obhrai, Rick Peterson et Andrew Saxton.Il financerait seulement les musées nationaux «[L\u2019immigration] devrait être fondée sur ce dont a besoin le Canada» insi, le premier ministre Philippe Couillard refuse que soit hissé le drapeau des Patriotes sur le mât du parlement pour la Journée nationale des patriotes, lundi, une fête nationale marquée par un jour férié.À l\u2019Assemblée nationale jeudi, Philippe Couillard a justi?é son refus par « l\u2019appropriation unilatérale de ce symbole par le mouvement indépendantiste ».Il s\u2019agit d\u2019ailleurs, à ses yeux, d\u2019une récupération indue de la rébellion de 1837 à laquelle les indépendantistes accordent « une vertu séparatiste », alors que les patriotes, selon lui, se sont battus pour l\u2019instauration d\u2019un gouvernement responsable.Le chef de l\u2019opposition of?cielle, Jean-François Lisée, a pris un malin plaisir à citer un texte d\u2019opinion, signé par Philippe Couillard en 2012 dans Le Devoir, dans lequel le candidat à la direction du Parti libéral du Québec fait remonter aux patriotes les sources de «l\u2019idée libérale» incarnée par sa formation politique.Le drapeau des Patriotes illustre, écrivait-il, un «embryon d\u2019intercul- turalisme» avec le tricolore vert pour l\u2019Irlande, blanc pour la France et rouge pour l\u2019Angleterre.Les historiens renvoient dos à dos fédéralistes et souverainistes quand ils tentent d\u2019associer le mouvement patriote à leur programme politique.D\u2019abord, parce qu\u2019on verse ainsi dans l\u2019anachronisme.Ensuite, parce que les positions du Parti patriote ont évolué dans le temps: au début, il s\u2019agissait de réclamer des droits politiques pour le Bas-Canada au sein de l\u2019Empire britannique.Et après une rébellion désorganisée et matée brutalement, Robert Nelson, exilé aux États-Unis, signait en 1838 une déclaration d\u2019indépendance.Mais le soulèvement qui a suivi fut prestement écrasé.Quant à Louis-Joseph Papineau, il rêvait plutôt d\u2019un État républicain annexé aux États-Unis.Ce n\u2019est pas dans les détails, qui étaient nécessairement de leur temps, mais pour les principes et les valeurs démocratiques défendus par les patriotes que le Québec, en tant que nation politique, peut se revendiquer de ce mouvement historique.Et cela vaut pour tous les Québécois, fédéralistes, souverainistes ou altermondialistes.La position du chef libéral est contradictoire : s\u2019il est vrai que les indépendantistes se sont approprié illégitimement ce symbole libéral, raison de plus pour qu\u2019un gouvernement fédéraliste et libéral cherche à le récupérer.Le premier ministre ne devrait pas renier le drapeau des Patriotes : il appartient à tous les Québécois.L\u2019Iran d\u2019aujourd\u2019hui, où se déroulait vendredi le premier tour de la présidentielle, est le fruit d\u2019un arrangement entre la population et le régime théocratique \u2014 un compromis forgé consécutivement à la violente crise sociale de 2009.Que le président sortant, Hassan Rohani, décroche un second mandat, éventualité jugée la plus plausible, et la société iranienne pourra poursuivre le processus d\u2019ouverture au long cours qui s\u2019est amorcé depuis quelques années.Que le conservateur Ebrahim Raisi l\u2019emporte et ce contrat tacite sera mis à mal.la présidentielle de 2009, l\u2019ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad défait le réformiste Mir Hossein Moussavi et est réélu président dans des conditions jugées frauduleuses, une grande partie des Iraniens considérant le résultat de l\u2019élection comme une con?scation claire et nette du vote populaire.S\u2019ensuivit le «mouvement vert», dont les grandes manifestations sévèrement réprimées ébranlèrent les fondements mêmes de la République islamique.Le commun des Iraniens comme la classe politico-religieuse qui tient le pouvoir en ont tiré pour la suite des choses une leçon de pragmatisme : le premier a accepté l\u2019idée qu\u2019il était inutile de penser que le régime puisse être renversé par la force ; la seconde a compris qu\u2019elle n\u2019avait d\u2019autre choix que de prendre en compte les aspirations de la population, ainsi que l\u2019explique dans Le Monde le journaliste Christophe Ayad.Dans le même journal, la sociologue Amélie M.Chelly va dans ce sens en expliquant que la jeunesse, héritière du « mouvement vert », a donné lieu à « l\u2019émergence de la société civile» et que cette société civile « est un contre-pouvoir dont le régime ne peut plus faire l\u2019économie ».Une société qui est par ailleurs, analyse-t-elle encore, de plus en plus «désenchantée» par rapport au religieux.Il faut voir les ?lms d\u2019Asghar Farhadi (Une séparation, Le client), qui a d\u2019ailleurs voté à la présidentielle depuis Cannes, où il se trouve à l\u2019occasion du festival, pour se rendre compte à quel point l\u2019Iran n\u2019est pas \u2014 ou n\u2019est plus \u2014 la représentation courte que nous en font au quotidien les médias internationaux.Hassan Rohani est l\u2019expression de cette logique de coexistence paci?que.Les libertés individuelles se sont élargies en Iran, même si l\u2019in?uence réactionnaire des Gardiens de la révolution reste grande et que la répression demeure vive.Mais c\u2019est une population devenue manifestement plus sage \u2014 résignée \u2014 par rapport aux années de ?èvre réformiste que furent celles du président Mohammad Khatami (1997-2005).Les sanctions occidentales et les graves tensions géopolitiques régionales ont joué.La présidentielle de 2013 avait été un référendum sur l\u2019opportunité de négocier avec la communauté internationale un accord sur le nucléaire et, ce faisant, de sortir l\u2019Iran de son isolement.L\u2019accord signé en 2015 n\u2019a pas vraiment fait débat cette fois-ci.M.Rohani aura été attaqué par son adversaire Ebrahim Raisi non pas sur l\u2019accord comme tel, mais sur son manque de fermeté à l\u2019égard des États-Unis et la lenteur des retombées de l\u2019accord à se faire sentir.Pas faux que l\u2019économie se rétablit lentement et de façon inégale dans la population.Mais que l\u2019emporte M.Raisi, qui s\u2019est entouré d\u2019anciens alliés de l\u2019ex-président Ahmadinejad, et le risque est évident que la politique d\u2019ouverture soit fragilisée et que reculent les libertés si chèrement acquises.«À mi-chemin, pas de retour en arrière possible », dit le slogan électoral de M.Rohani.Les Iraniens sont allés voter massivement vendredi.Pour M.Rohani, c\u2019était de bon augure.L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 M A I 2 0 1 7 B 4 EDITORIAL L E T T R E S Le français, colonne vertébrale de l\u2019éducation Le sempiternel débat sur l\u2019application de la loi 101 au cégep revient régulièrement épicer l\u2019actualité, à coup de réflexions et d\u2019études, sans qu\u2019il vienne remettre en cause le confortable statu quo dans lequel nous nous complaisons.Pour tant, il me semble qu\u2019une solution toute simple existe: faire du français la seule langue d\u2019enseignement au Québec, du primaire jusqu\u2019à l\u2019université, sauf pour la communauté de langue anglaise.Il me semble aberrant, qu\u2019après toutes ces années d\u2019effort pour faire avancer la vitalité du français au Québec, nous en soyons encore à discuter de la faisabilité d\u2019appliquer ou non la loi 101 au cégep.Cessons d\u2019en débattre.Allons plutôt au fondamental et faisons de la langue française la colonne vertébrale du système d\u2019éducation.Est-ce une mesure révolutionnaire?Pas vraiment, puisque c\u2019est la pratique partout dans le monde.À quand un parti qui s\u2019occupera des vraies affaires?Denys Laliberté Gatineau, le 16 mai 2017 L I B R E O P I N I O N D A M I E N S I L È S Directeur général du Quartier de l\u2019innovation L es villes qui ont choisi de faire de l\u2019innovation le fer de lance de leur développement économique sont nombreuses.Avec son Quartier de l\u2019innovation (QI), Montréal n\u2019y échappe pas.Toutefois, ce qui distingue l\u2019approche montréalaise est l\u2019esprit même de ce laboratoire urbain : de l\u2019innovation sociale et économique, et non de la brique à tout prix, voilà le véritable actif stratégique que nous voulons développer.Les propos des professeurs Ananian et Shearmur, qui ont été rapportés le 6 mai dernier dans le cahier thématique du Devoir sur l\u2019Acfas, nous interpellent.Alors que le QI est le fruit d\u2019un par tenariat étroit, entre l\u2019ETS, l\u2019Université McGill, l\u2019Université Concordia et l\u2019Université du Québec à Montréal, il importe de rappeler non seulement la vision humaine, mais aussi les retombées bien réelles de cette alliance.Des initiatives qui rejaillissent sur Montréal Le Quartier de l\u2019innovation est le terrain de jeu de nombreuses initiatives.Ces projets illustrent le potentiel de cette communauté, mais aussi les liaisons fortes que nous entretenons avec les quartiers de Montréal.La transformation du planétarium Dow qui deviendra, en quelque sorte, notre place des Festivals, est l\u2019un des exemples qui confèrent à ce quartier le titre d\u2019épicentre de l\u2019innovation ! La multiplication des initiatives, menées de front avec notre équipe, est également un signal important.Vidéotron, l\u2019ETS, Ericsson et le Quartier de l\u2019innovation ont créé le premier laboratoire à ciel ouvert de la vie intelligente au Canada.Nous avons également mis en place Reconnect, avec la Société de développement social, un cloud solidaire qui facilite les démarches pour les personnes sans abri.Le QI attire des secteurs de pointe, comme le plus important centre de données en zone urbaine au Canada.IBM y a établi un centre de proximité, Coveo ses nouveaux bureaux, tout comme Nüvü Caméras.L\u2019écosystème que nous avons bâti a ainsi permis l\u2019implantation d\u2019entreprises qui ont créé plus de 600 nouveaux emplois.Le QI mise sur les ressources déjà existantes, sans dédoubler ce qui se fait déjà.Il se développe ainsi comme un laboratoire urbain aux multiples ramifications et non comme un site fermé et centré sur lui-même.Une dizaine d\u2019incubateurs et d\u2019accélérateurs collaborent avec nous.Cela représente plus de 400 start-up inter- connectées grâce au QI ! Un modèle unique, à l\u2019image de Montréal Loin d\u2019être un projet uniquement technologique, le QI intègre quatre volets essentiels au succès des sociétés inno- vantes.On y retrouve autant un volet industriel qu\u2019urbain, mais aussi de la formation et de la recherche, du social et du culturel.Ces retombées ne se mesurent pas toujours sur le court terme, et c\u2019est tant mieux.La vision humaine du QI favorise le durable.Le QI vise à accroître les collaborations et les partenariats avec les acteurs locaux afin d\u2019avoir des retombées économiques et sociales significatives.Notre approche du développement urbain favorise la mixité, la mise en réseau des individus et des entreprises, mais aussi la médiation entre les entrepreneurs, les pouvoirs publics et les citoyens.Ces stratégies s\u2019incarnent dans de nombreux projets, comme le Neoshop, première boutique de l\u2019innovation en Amérique du Nord, mais aussi des Fab Labs qui facilitent le prototypage.Le journal Le Monde soulignait d\u2019ailleurs cette approche du QI en lui conférant le rang d\u2019accessit, catégorie Grand Prix de l\u2019innovation urbaine lors de la remise de ses Prix de l\u2019innovation «Smart Cities» en 2016.Le QI est encore très jeune et il va continuer de se transformer.Mais, déjà, nous pouvons parler de création d\u2019emplois et d\u2019entreprises, de collaborations avec le milieu universitaire et de transferts technologiques vers l\u2019industrie, mais aussi de rayonnement international.Grâce à ces retombées actuelles et futures, le Quartier de l\u2019innovation démontrera au cours des prochaines années que le pari peut être gagné.Le Quartier de l\u2019innovation : un pari déjà gagné FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Salaire minimum à 15 $ S\u2019il est impérieux d\u2019augmenter substantiellement le niveau du salaire minimum, son niveau absolu n\u2019est qu\u2019un des problèmes avec lesquels doivent composer lles travailleurs au bas de l\u2019échelle.Le faible nombre d\u2019heures travaillées en est un autre, et l\u2019absence de droit aux avantages sociaux (assurances, régime de retraite) au prorata des heures travaillées en est un autre.Et les deux sont intimement liés.En effet, plusieurs employeurs préfèrent créer des postes à temps partiel afin d\u2019économiser sur les coûts des avantages sociaux qu\u2019ils doivent assumer lorsqu\u2019un employé œuvre à temps plein.Il aurait été pertinent que la campagne pour le salaire minimum à 15$ serve aussi à dénoncer cet état de fait en incluant une revendication pour modifier les normes minimales de travail afin de garantir aux employés à temps partiel le droit aux avantages sociaux au prorata des heures travaillées.De telles protections peuvent s\u2019avérer aussi importantes qu\u2019une hausse du niveau du salaire minimum.François Aubry Montréal, le 18 mai 2017 À PRÉSIDENTIELLE IRANIENNE Le grand arrangement Le drapeau des Patriotes appartient à tous les Québécois A GUY TAILLEFER ROBERT DUTRISAC De l\u2019innovation sociale et économique, et non de la brique à tout prix, voilà le véritable actif stratégique que nous voulons développer Fils de la liberté La Journée nationale des patriotes sera encore une fois l\u2019occasion toute désignée de me rappeler particulièrement que des hommes sont morts au nom de la liberté dans le Bas-Canada le 15 février 1839.Je veux bien sûr ici souligner la pendaison de cinq d\u2019entre eux.J\u2019ai nommé : le notaire Chevalier de Lorimier, le militaire français Charles Hinderland, l\u2019huissier Pierre-Rémi Narbonne, le cultivateur Amable Daunais et l\u2019instituteur François Nicholas.Je vais me plonger dans un moment marquant de notre passé, question de me remémorer l\u2019héritage de ces cinq hommes qui se sont battus surtout au nom de la justice et de l\u2019égalité.Des hommes qui se sont tenus debout face au Régime anglais et qui ont, par la force des choses, permis à l\u2019identité canadienne-française d\u2019être encore vivace 178 ans plus tard au Québec et dans d\u2019autres provinces du Canada.Hissons bien haut le drapeau des Patriotes le 22 mai 2017, en l\u2019honneur des fils de la liberté.Yvan Giguère Saguenay, le 16 mai 2017 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 M A I 2 0 1 7 B 5 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Marie-Pier Frappier (pupitre), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans), Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Loïc Hamon (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).G U I L L A U M E H É B E R T B E R T R A N D S C H E P P E R Chercheurs à l\u2019Institut de recherche et d\u2019informations socio-économiques (IRIS) undi, le gou- v e r n e m e n t canadien annonçait l\u2019enclenchement de la procé - dure de nomination des cadres supérieurs de la Banque de l\u2019infrastructure du Canada (BIC).Il tranchait par le fait même la question de la ville qui accueillerait le siège social de la BIC.Il s\u2019agira de Toronto.L\u2019annonce suscita bien sûr une vive déception au Québec puisque le monde des af faires croyait aux chances de Montréal d\u2019héberger cette nouvelle institution financière.Mais en protestant ainsi contre le favoritisme qui sert la métropole canadienne plutôt que la québécoise, le débat échappe un morceau plus im- por tant : le bien-fondé lui - même de la BIC.Pendant que Toronto célébrait, Montréal grommelait.La Chambre de commerce du Montréal métropolitain considérait que Montréal devait obtenir le siège de la BIC puisqu\u2019elle « constitue le premier pôle d\u2019expertise en infrastructure au pays».Au gouvernement du Québec, pas moins de trois ministres ont déclaré leur profonde déception dans un communiqué commun.D\u2019autres observateurs et ob- ser vatrices ont af firmé que cette issue était «prévisible » et que l\u2019obtention à Montréal du nouvel Institut de financement du développement était le prix de consolation de ce « marché de dupes».Maintenant que l\u2019on doit prendre acte de cette décision et digérer le fait que l\u2019expertise de SNC-Lavalin en Libye ou la capacité des firmes de génie- conseil québécoises de briller dans les commissions d\u2019enquête sur la collusion n\u2019aient pas séduit Ottawa, on pourrait maintenant se poser une question plus impor tante : est-ce qu\u2019on a besoin de cette BIC?Rappelons les faits.La nouvelle BIC doit participer au financement des infrastructures canadiennes en allant capter du financement privé.Le modus operandi rappelle un peu les par tenariats public-privé (PPP), mais pourrait aller plus loin encore en ouvrant la porte à la privatisation pure et simple des actifs.Plutôt que de verser des intérêts de 1 % ou 2 % pour leur financement, les infrastructures coûteront aux Canadiens 7 % ou 9 %, pour le plus grand bonheur des investisseurs privés qui empocheront les fruits de cette véritable gabegie.Des intérêts financiers puissants Mais pourquoi les gouvernements consentent-ils à ces largesses via la BIC ou encore, au Québec, avec CDPQ-Infra (qui gère le projet du REM) ?D\u2019abord parce que les intérêts financiers sont puissants, que ce nouveau procédé permet à l\u2019État comme avec les PPP de ne pas accroître (directement) l\u2019endettement public et que parce que l\u2019on donne l\u2019impression que ces grands projets d\u2019infrastructures seraient impossibles sans ces pseudo innovations financières.S i vous êtes proche du monde des af faires ou de celui de la finance, que vous êtes libéral ou que vous êtes tout s implement resté pris dans les années 90 à cro ire que la privatisation des infrastructures est une avancée de la Civilisation maintenant que le mur de Berl in est tombé, vous n\u2019y voyez sans doute rien de mal.Ce n\u2019est après tout qu\u2019un prolongement des politiques néolibé- rales, et quiconque remet en doute la toute-puissance des marchés et de la gouvernance entrepreneuriale n\u2019est à vos yeux de toute manière qu\u2019un « populiste ».Mais peut-être aussi appar- tenez-vous aussi à un autre camp, plus soucieux de l\u2019intérêt collectif et relativement préoccupé par l\u2019état et le devenir de l\u2019idéal démocratique.Vous avez dans ce cas peut- être remarqué la fâcheuse tendance de nos gouvernements à favoriser la financiari- sation de l\u2019économie, à savoir un processus dans le cadre duquel la finance vient à dominer les autres sphères de la société, y compris les priorités gouvernementales.S i c\u2019est le cas, vous êtes peut-être aussi agacé par le pouvoir sans cesse croissant que l\u2019on abandonne à la haute finance malgré la responsabilité qu\u2019elle porte dans la crise dévastatrice de 2008, la stagnation de l\u2019économie capitaliste, le développement d\u2019une toile mondiale de paradis fiscaux et la limitation des pouvoirs des parlements élus via les traités de libre-échange.Peut-être que les écarts de richesses grandissants qui sont également liés à la financiari- sation vous chicotent aussi et, pour toutes ces raisons, vous pour r iez alors être contre l\u2019existence même de ce nouvel out i l de pr ivat isat ion qu\u2019est la BIC.Vous auriez raison, et votre point de vue devrait être entendu.Qu i plus est, un rappor t commandé par Infrastructure Canada à KPMG, dont le contenu a été coulé jeudi au Globe and Mai l , cons idère que le projet de la BIC pourrait s\u2019avérer un « désastre de relations publiques ».Selon ce rappor t, la BIC pourrait dédoubler inut i lement des structures, mener à du gasp i l lage et entra îner de la grogne en raison de la tarifi- cat ion des ser v ices sur laquelle reposera vraisemblablement sa rentabilité.Et les élites libérales en 2017 ont intérêt à se méfier de la grogne populaire.Alors, on peut s\u2019attrister que les emplois créés au siège social de la BIC ne soient pas québécois.Il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019un enjeu bien plus fondamental est en train de se jouer derrière la création de cette nouvelle institution financière publique puisqu\u2019elle remet en question le rôle même de l\u2019État.Ce dernier doit-il défendre l\u2019intérêt collectif dans l\u2019établissement de ses priorités ou doit-il se comporter lui-même comme une espèce d\u2019opérateur de marché qui cherche d\u2019abord et avant tout à garantir la rentabilité des fonds de pension en manque de débouchés ?On devrait en débattre.La BIC remet en cause le rôle de l\u2019État En réponse à la chronique de Jean-François Nadeau « La vie rêvée des youtubeurs » publiée le 8 mai dernier.G E N E V I È V E D A N S E R E A U Étudiante en communication à l\u2019UQAM es vieux ne comprennent pas les jeunes, c\u2019est une histoire vieille comme le monde, mais l\u2019ar ticle de Jean-François Nadeau sur la vie (soi- disant) rêvée des youtubeurs me révèle à quel point l\u2019ère du numérique a creusé ce fossé.Après avoir été témoin du succès de la youtubeuse Emma Verde, le chroniqueur a décidé de s\u2019intéresser à ce nouveau phénomène avant d\u2019en faire la critique virulente.Ces « stars de rien», comme il les appelle, emploieraient toujours à peu près la même formule, où « le vrai est considéré comme une accumulation permanente d\u2019images par faitement fausses ».Ce à quoi je répondrais FAUX.(Clin- d\u2019œil à la jeune génération\u2026) Il ne suf fit pas de visionner quelques capsules YouTube pour en comprendre le phénomène.Prenons l\u2019une des dernières vidéos de Cyprien, publiée le 20 avril dernier, qui dépasse aujourd\u2019hui les 7 millions de vues, s\u2019intitulant « Les vieux et la technologie 2 » (tiens, tiens !).N\u2019importe qui pourra en tirer les conclusions suivantes : le sujet est facile, l\u2019exécution, répétitive, le tout, sans grande profondeur, misant sur la légèreté, et comme le dit si bien monsieur Nadeau : le youtubeur utilise « un humour de surface sans conséquence».Et pourtant, en y regardant de plus près, la question de la technologie et du clash entre les générations n\u2019est pas si banale que ça.J\u2019ai souvent l\u2019impression que mes parents et autres personnes d\u2019âge mûr sont complètement dépassés par la vitesse d\u2019expansion de ces réseaux, applications et plateformes qui poussent, explosent et meurent (parfois) à la vitesse de l\u2019éclair.Les jeunes se sont adaptés à ce nouvel environnement: ils sont devenus hyperconnectés, capables d\u2019interagir sur plusieurs réseaux à la fois.Ils ont développé des talents de monteur, de photographe, et pourquoi pas de programmateur.Leur intelligence s\u2019est remodelée, forcément : elle a suivi le mouvement.Mais est-ce aussi désastreux qu\u2019on nous l\u2019annonce?YouTube et toutes ces autres plateformes ne pourraient-ils pas représenter une nouvelle voie de réalisation et d\u2019épanouissement personnel?Une voie royale pour les personnes isolées, un peu retirées du monde?Et l\u2019humour J\u2019aimerais aussi que l\u2019on me renseigne sur cet humour «de profondeur» qui semble tellement manquer à la génération plus âgée.En sommes- nous rendus à un point où il faut absolument défendre une cause ou dénoncer des préjugés pour prétendre au statut d\u2019humoriste ?L\u2019humour se définit justement par son aptitude à transformer un sujet un peu lourd et ennuyeux en quelque chose de léger et d\u2019amusant, peu importe le sujet abordé.Quant aux youtubeurs-hu- moristes, ils rendent cet humour encore plus efficace grâce à la magie du montage vidéo : habile assemblage de sketchs humoristiques, de dévoilement personnel ou des deux à la fois.Par ailleurs, ces jeunes vidéastes sont loin d\u2019utiliser toujours la même formule : on y retrouve des capsules plus intimistes, d\u2019autres plus engagées.Certains se servent de leur chaîne pour partager leurs passions, d\u2019autres l\u2019utilisent pour transmettre un savoir.L\u2019humour est loin d\u2019être le liant commun des capsules YouTube.Monsieur Nadeau affirme également que, sur la plateforme de vidéos en ligne, «tout ce qui est en apparence vécu est digne d\u2019être projeté ».Et pourquoi pas, Monsieur Nadeau?Si un être humain trouve du réconfort dans la projection de ses sentiments sur une chaîne virtuelle, et que des internautes y trouvent également du réconfort, en quoi cela serait-il un gage de malheur?Je voudrais aussi rappeler qu\u2019il existe des chaînes féminines sur YouTube, parce que monsieur Nadeau ne fait référence qu\u2019à des youtu- beurs masculins, en dehors d\u2019Emma Verde, bien sûr, qui a pourtant déclenché la curiosité du journaliste.Il existe aussi Solange, L\u2019eau Douce, Natoo, Alys Boucher\u2026 Vous irez les voir.Évidemment, YouTube n\u2019échappe pas à la voracité capitaliste de ce monde, mais qui y échappe ?Il y a toujours un revers à la gloire.YouTube reste un média, et un média extrêmement populaire auprès des jeunes.La publicité a toujours raffolé de ce type de média, mais il ne faut pas oublier que les youtubeurs à succès dont parle monsieur Nadeau ne représentent qu\u2019une poignée dans ce vaste monde, et qu\u2019on y retrouve une foule d\u2019individus dont les vidéos n\u2019intéressent absolument pas les publicitaires.Qu\u2019on le veuille ou non, YouTube est devenu un espace d\u2019expression privilégié pour les jeunes, et dans ce monde où les nouvelles de la planète nous tombent dessus chaque jour comme si nous en étions responsables \u2014 encore une fois grâce aux technologies \u2014, peut- être avions-nous besoin que ces nouveaux médias servent aussi un peu la cause de la légèreté, de l\u2019intime et du plaisir.Réplique du chroniqueur Je montre du doigt quelques idées sur les développements de notre société du spectacle.On me répond en parlant de l\u2019âge de mon doigt.Mais passons sur cette rhétorique de la «génération » qui permet depuis toujours, par un effet d\u2019accumulation de clichés, de faire fi de l\u2019autonomie de la pensée.Une précision: je n\u2019ai absolument jamais écrit que j\u2019étais contre YouTube.Les supports ne peuvent bien entendu être tenus responsables du talent ou du néant qu\u2019ils portent.Je parlais plutôt dans cette chronique du développement fulgurant d\u2019un phénomène précis qui s\u2019est établi sur cette formidable plate- forme de dif fusion qu\u2019est YouTube.Je les appelle les youtubeurs.Un mot plus précis gagnerait à être utilisé pour mieux distinguer ces gens dont je parle et qui, à la façon d\u2019une Emma Verde, font de la projection de fragments de leurs vies un cheval de Troie bien commode pour porter plus loin dans les consciences l\u2019emprise déjà délirante de la consommation.Quand Geneviève Dansereau affirme qu\u2019«évidemment, YouTube n\u2019échappe pas à la voracité capitaliste de ce monde», je ne peux qu\u2019être d\u2019accord avec elle.Mais que, partant de là, elle conçoive qu\u2019il vaut mieux ignorer la nécessité de repenser les réalités nouvelles qu\u2019exerce l\u2019empire marchand sur nos vies, alors là je dis non.Et je le dis en étant bien convaincu que mon très grand âge n\u2019a pas encore trop abîmé ma raison.Jean-François Nadeau Le clash des générations et la technologie L JACQUES NADEAU LE DEVOIR La nouvelle BIC doit participer au financement des infrastructures canadiennes en allant capter du financement privé.GETTY IMAGES Les jeunes se sont adaptés au nouvel environnement : ils sont devenus hyperconnectés, capables d\u2019interagir sur plusieurs réseaux à la fois.On pourrait maintenant se poser une question plus importante : est- ce qu\u2019on a besoin de cette BIC ?L A N N E - M A R I E S I C O T T E Écrivaine et historienne L a corruption électorale sévit partout et depuis très longtemps.Au Québec, de tels magouillages ont immédiatement suivi l\u2019établissement de la toute première législature.Les tentatives pour pervertir le droit de suf frage, pilier des liber tés constitutionnelles, ont même été l \u2019une des principales sources d\u2019indignation d\u2019un peuple dont le tort n\u2019a pas été d\u2019être « rebelle », mais démocrate.À l\u2019approche de la Journée nationale des patriotes, le moment est bien choisi pour rappeler cet aspect crucial de l\u2019histoire.D\u2019autant plus que le Parlement du Bas-Canada, s\u2019il avait survécu, fêterait cette année ses 225 ans d\u2019existence.À l\u2019été 1792, le Québec vit à l\u2019heure de sa première campagne électorale, car le parlement impérial vient enfin d\u2019accorder un régime constitutionnel à sa principale colonie d\u2019Amérique du Nord.La nouvelle Constitution a séparé l\u2019ancienne province en deux entités, le Bas-Canada et le Haut-Ca- nada (futur Ontario), auxquelles une législature est octroyée.Or, l\u2019apparition d\u2019une nouvelle instance de pouvoir est une catastrophe annoncée pour le gouvernement exécutif en place depuis la Conquête par la Grande- Bretagne, 30 ans plus tôt.Car un petit groupe de privilégiés, formés à l\u2019école de l\u2019absolutisme monarchique, a fait main basse sur l\u2019administration coloniale, ainsi que sur les sièges du Conseil législatif, qui promulgue les lois, et du Conseil exécutif, qui prête main-forte au gouverneur envoyé par Londres.La vaste majorité d\u2019entre eux, nommés par favoritisme, sont d\u2019origine britannique.Pour le peuple canadien, ils forment une oligarchie surnommée Clique du Château, en référence à la résidence officielle du gouverneur à Québec.Refusant de laisser une assemblée populaire élue prendre les rênes de la colonie, les favoris de l\u2019exécutif en place vont s\u2019évertuer à priver les 38 députés de leur pouvoir légitime de voter les mesures nécessaires à la prospérité des citoyens, puis de les mettre en œuvre en puisant dans le trésor public.Pour rendre la Chambre d\u2019assemblée inoffensive, rien de mieux que d\u2019y placer des hommes dont l\u2019allégeance ne se rappor te pas à leurs commettants, mais aux oligarques qui les manipulent comme des pantins parce qu\u2019ils sont leurs employeurs, leurs créanciers, leurs parents par alliance\u2026 Bourgs pourris Les Canadiens démocrates, auxquels se joignent bon nombre d\u2019immigrants, veulent assurer la liberté de suf frage, ce qui leur donnera la victoire.La partie adverse fait tout pour y faire obstacle.Déjà, la car te électorale est découpée pour appuyer l\u2019élection de favoris du régime, de préférence britanniques.S\u2019il n\u2019était pas envisageable de façonner des bourgs pourris, ou comtés qui existent légalement même s\u2019ils ont dis- par u de la car te, rien n\u2019empêche les bourgs de poche contenant très peu d\u2019électeurs.Ceux de William-Henry, qui épouse les limites du village loyaliste de Sorel, et de Trois- Rivières, qui n\u2019est alors qu\u2019un petit village contrôlé par une élite mercantile, joueront le rôle de places fortes pour les amis du régime.Même chose pour l\u2019immense comté de Gaspé.Là-bas, seule une poignée d\u2019électeurs potentiels travaille pour la Robin & Co, industrie dominant les pêcheries.De surcroît, l\u2019élite marchande britannique considère comme son dû les huit sièges des villes de Montréal et de Québec.Un autre moyen s\u2019ajoute pour orienter les résultats : l\u2019emplacement du seul bureau de scr utin.Par fois de très vaste étendue, un comté peut également contenir des obstacles naturels de taille.Les habitants de la Côte-de-Beaupré, environ la moitié de la population du comté, se plaindront à la législature du lieu fixé pour la votation : Baie-Saint-Paul.Pour aller exercer leur prérogative, ils doivent prendre le bateau et contourner le dangereux Cap-Tourmente.Dans le comté de Richelieu, le long de la rivière du même nom, le bureau de scrutin est placé à une extrémité du comté, soit près de Sorel, localité sous la coupe de l\u2019exécutif colonial.Un autre aspect étrivant pour les Canadiens du temps, c\u2019est que le père de la carte électorale s\u2019est inspiré de la géographie britannique pour baptiser certains comtés.Les habitants doivent se mettre en bouche d\u2019imprononçables Northum- berland et Buckinghamshire\u2026 Cadeaux électoraux Pendant ce temps, bien des méthodes douteuses éprouvées en Grande-Bretagne franchissent l\u2019Atlantique en toute impunité.Jean Baillairgé, candidat de la Basse-Ville de Québec en 1792, reproche plusieurs escroqueries à son adversaire John Young, seigneur, spéculateur foncier et marchand.Les archives de Young confirment qu\u2019il a of fert des tranches de jambon et de l\u2019eau-de-vie dans plusieurs tavernes ; que ses domestiques, reconduisant des commettants au lieu de votation, ont promis des emplois à salaire élevé.La distribution de vin de Madère, de « bière de Burton » et de dindes figure également au menu des générosités de Young.Louis-Antoine de Salaberry, candidat dans le district de Québec, fait appel à nul autre que le prince Edward, 4e fils de Sa Majesté George III, pour faire mordre la poussière à l\u2019avocat Michel-Amable Ber- thelot.Voilà une raison de plus pour Louis-Joseph Papineau de surnommer «Opposition officielle de Sa Majesté » le pet i t groupe de députés à la solde de l\u2019exécutif.Officier supérieur d\u2019un régiment d\u2019infanterie en garnison à Québec, le prince Edward est l\u2019ami de Salaberry.« His Highness » harangue la foule rassemblée devant l\u2019estrade électorale au premier jour de l\u2019élection, à Charlesbourg, avant que soient désignés à haute voix les candidats de prédilection.Son langage est si vif que Ber- thelot songera à intenter une action contre lui.Ce qui pourrait sembler amusant, à plus de deux siècles de distance, est une violence palpable à l\u2019égard des «hommes du peuple ».Surtout que la corruption électorale est loin de s\u2019arrêter là.Bail- lairgé et Berthelot révéleront de plus amples manœuvres d\u2019intimidation pour empêcher leurs partisans de voter pour eux.Car même si le vote par acclamation de la foule rassemblée a clairement indiqué un vainqueur patriote, leurs adversaires « réclament le vote » comme le permet la loi.L\u2019officier-rapporteur, fonctionnaire nommé par le gouverneur et qui super vise le bon déroulement du processus électoral, ouvre alors un registre dans lequel il inscrit, un à un, les suf frages exprimés devant lui à haute voix.Or, généralement à la solde de l\u2019exécutif colonial, l\u2019officier-rappor- teur a tout le loisir de contourner ou de distordre la loi, et même d\u2019agir en tyran lorsque bon lui semble.Ainsi, l\u2019officier-rapporteur aurait mis un terme au scrutin au moment où 62 électeurs s\u2019offraient en faveur du candidat Berthelot.À Kamouraska, chef- lieu du comté de Cornwallis, l\u2019of ficier-rappor teur nommé lors de la deuxième élection générale, en 1796, est unilingue anglophone, ce qui augure très mal.Pour empêcher l\u2019élection d\u2019un Canadien qui n\u2019est pas au goût de la Clique du Château, il ouvre ensuite deux registres successifs.Non seulement il annule tous les votes déjà listés au premier, mais il inscrit dans le second autant de noms \u2014 pour un même candidat \u2014 que ceux que les électeurs épellent avec fantaisie.L\u2019officier-rapporteur, par ailleurs, laisse voter «quantité de personnes de moins de 21 ans et sans propriétés admises», négligeant de leur faire prêter les serments qu\u2019exige la partie adverse.Pour couronner le tout, il ferme précipitamment le scrutin, malgré les représentations à savoir que plus des trois quarts des électeurs sont en chemin.Le lendemain, ceux-ci trouveront la por te close.Ailleurs, un autre fonctionnaire complaisant n\u2019aurait publicisé l\u2019élection que la veille.Il aurait refusé d\u2019enregistrer des votes, puis il aurait mis fin au scrutin deux jours avant la date fixée, ce qui aurait privé environ 200 électeurs de leur droit.Cabaleurs d\u2019élection À bien des endroits, des ca- baleurs d\u2019élection sévissent.Parfois, il s\u2019agit d\u2019un candidat qui sait trop bien que pour gagner, i l doit agir ainsi\u2026 Pier re-Amable de Bonne court d\u2019une maison à l\u2019autre afin de ramener des électeurs au bureau de vote.Lieutenant-colonel de la milice du comté, il fait pression sur les hommes placés sous ses ordres.I l fai t courir des r u- meurs, par exemple que des bateaux viendront de Québec pour emmener ceux ayant « tenu de mauvais discours sur le gouvernement ».Or, depuis le début de la guerre entre la Grande-Bretagne et la France, en 1793, tout Canadien descendant de Français est suspect de déloyauté.En haut lieu, on maltraite nombre d\u2019habitants à cause de cette parenté\u2026 Dans le comté que veut Bonne, la peur est telle que des gens votent pour lui, contre leur inclination naturelle, et que d\u2019autres vont dormir en forêt.Bonne n\u2019hésite pas à médire contre ses adversaires.Un candidat notaire est inapte parce qu\u2019il est «obligé de courir la campagne pour faire de petits inventaires » ; un autre, marchand de campagne, tient « la balance sur le marché » et se bat « tous les jours avec les habitants » depuis qu\u2019il est ruiné.De telles médisances iront en s\u2019aggravant jusqu\u2019aux bien mal nommées Rébellions de 1837 et de 1838.Les électeurs ou les candidats privés de leurs « privilèges et franchises » déposent des requêtes en Chambre d\u2019assemblée afin que l\u2019élection soit annulée, mais en vain la plu- par t du temps.La Clique du Château réussit trop souvent à la noyauter\u2026 Au fil des 40 années suivantes, cependant, les Canadiens patriotes réussiront progressivement à assurer la liber té de suf frage.La lutte sera très rude, surtout dans le district de Montréal.Il faudra déjouer les fiers-à-bras prenant possession des lieux ou les démolissant carrément, éviter les guets-apens, ignorer les menaces, se barder contre la police, l\u2019armée\u2026 Pour que le Parlement du Bas-Canada disparaisse enfin, en 1839, la Clique du Château devra se résoudre à accumuler les provocations et à faire régner la terreur militaire.?Pour proposer un texte ou pour faire des commentaires et des suggestions, écrivez à Dave Noël : dnoel@ledevoir.com L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 0 E T D I M A N C H E 2 1 M A I 2 0 1 7 LE DEVOIR D \u2019HISTOIRE B 6 Le Devoir lance à des passionnés d\u2019histoire le défi de décrypter un thème d\u2019actualité à partir d\u2019une comparaison avec un événement ou un personnage historique.Jambons et fiers-à-bras pour gagner ses élections À l\u2019été 1792, le Québec vit à l\u2019heure de sa première campagne électorale BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA Un groupe d\u2019habitants du Bas-Canada COLLECTION ASSEMBLÉE NATIONALE, PHOTOGRAPHIE PAR FRANCESCO BELLOMO Le débat sur les langues, Charles Huot, 1913 PEDRO RUIZ LE DEVOIR Anne-Marie Sicotte est écrivaine et historienne."]
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