Le devoir, 16 mai 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I I N o 1 0 8 L E D E V O I R , L E M A R D I 1 6 M A I 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a La maison Krieghoff est à vendre.Elle a été la résidence du grand peintre à Québec.Page A 5 Avis légaux.B 4 Décès.B 6 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.A 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Bois d\u2019œuvre Québec compte sur une aide «complémentaire» d\u2019Ottawa Page B 1 Michel David Le gouvernement béné?cie de la prime à l\u2019eau Page A 3 Commission Chamberland «Je serai ton futur boss», aurait dit Denis Coderre à une policière Page A 3 I S A B E L L E P A R É A vant même que le débat prévu sur l\u2019élargissement de l\u2019aide médicale à mourir (AMM) s\u2019engage au Québec, le Collège des médecins du Québec voit d\u2019un bien mauvais œil la possibilité que ce soin de fin de vie soit accordé à des personnes inaptes, à la suite de directives médicales anticipées (DMA).Dans ce cas, des médecins pourraient se retrouver à administrer « la mort à la carte », une situation qui ne relèverait plus de l\u2019«acte médical ».Dans un billet publié sur le site Web du Collège des médecins, intitulé «Vers la mort à la carte?», le secrétaire du Collège, le Dr Yves Robert ne cache pas ses craintes quant à l\u2019impact que pourrait avoir un accès élargi à l\u2019aide à mourir, notamment concernant les personnes inaptes qui auraient couché sur papier leurs volontés au préalable.« Depuis l\u2019entrée en vigueur de la loi, [\u2026] certaines personnes évoquent \u201cun nouveau droit constitutionnel\u201d: celui d\u2019obtenir l\u2019AMM sur demande, et même de le réclamer \u201cde façon préventive\u201d.Pour plusieurs, il s\u2019agit d\u2019avoir le contrôle sur leur mort.[\u2026] Alors que l \u2019AMM était réservée au patient souf frant, on observe l\u2019émergence d\u2019un discours réclamant une forme de mort à la carte.Mais est-ce vraiment ce que souhaite notre société ?» soulève le secrétaire du Collège.Interrogé sur cette sortie publique, le Dr Robert estime que d\u2019administrer l\u2019aide à mourir à des personnes inaptes par l\u2019intermédiaire de directives médicales anticipées (DMA) serait hautement problématique.D\u2019abord sur le plan juridique, puisque les lois actuelles font de l\u2019aptitude une condition essentielle à l\u2019obtention de ce soin, mais aussi sur le plan médical.« Si on donne la mort à une personne qui n\u2019est pas en état de souf france ou de déchéance physique, on est en dehors de la loi, et ça, ça s\u2019appelle un meurtre », a tranché le Dr Robert, appelé à étayer sa position en entrevue au Devoir.Acte médical ou « mort à la carte » ?Le Collège des médecins affiche ses réticences devant l\u2019élargissement de l\u2019aide à mourir A L E X A N D R E S H I E L D S L\u2019 Office national de l\u2019énergie ne réussit pas le test de la confiance et de la crédibilité, conclut le comité d\u2019experts mandaté par Ottawa pour recommander des solutions afin de moderniser l\u2019organisme.Il propose donc de le démanteler et de le remplacer par une nouvelle structure, mais aussi de réformer l\u2019examen de projets comme les pipelines.Le plus important d\u2019entre eux, Énergie Est, sera pourtant évalué par l\u2019Office, a réitéré lundi le gouvernement Trudeau.Dans son rappor t intitulé Progresser, ensemble : favoriser l\u2019avenir énergétique propre et sécuritaire du Canada et rendu public lundi, le comité d\u2019experts sur la modernisation de l\u2019Office national de l\u2019énergie (ONE) souligne ainsi que les audiences menées au cours des derniers mois lui ont permis de constater que l\u2019organisme fédéral n\u2019est clairement plus en mesure de mener seul les examens des projets de transport d\u2019énergie.« Lors de nos consultations, les Canadiens nous ont parlé d\u2019un ONE envers lequel nombre de citoyens et de groupes ont fondamentalement perdu confiance», soulignent les auteurs de ce rapport de près de 400 pages publié lundi par le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr.Les par ticipants aux audiences ont aussi décrit « une organisation qui restreint la participation du public, en particulier depuis que des modifications législatives ont été appor tées en 2012, n\u2019explique pas ou ne rend pas de comptes pour plusieurs de ses décisions, et dont le fonctionnement général semble sérieusement manquer de transparence ».Bref, « le processus d\u2019examen d\u2019un projet d\u2019au- jourd\u2019hui est largement perçu comme s\u2019il avait été conçu pour accélérer les décisions en faveur de l\u2019industrie».D\u2019ailleurs, constatent les experts, plusieurs « craignent sérieusement que l\u2019ONE ait été \u201cembrigadé\u201d par l\u2019industrie pétrolière et gazière, étant donné que plusieurs membres de l\u2019Of fice viennent de l\u2019industrie que l\u2019ONE est ENVIRONNEMENT Le sabordage de l\u2019ONE recommandé L\u2019organisme n\u2019a plus la confiance des Canadiens, conclut un comité fédéral C A T H E R I N E L A L O N D E I l y a encore de belles gifles qui se perdent.C\u2019est ce qu\u2019on se dit en lisant la série de perles mi- vaches, mi-drôles, certainement mi-amères, rappor tées depuis avril par une pléiade d\u2019auteures de tous azimuts.Des perles faites de préjugés et stupidités qu\u2019on a pu leur dire, toutes liées par le collier Twitter #ThingsOnlyWo- menWritersHear (Ces choses que seules les auteures entendent), qui ne cesse de s\u2019allonger.De «Vos livres sont tellement bons ! Je croyais qu\u2019ils étaient écrits par un homme ! » à « Je pensais que vous alliez vous mettre à écrire des livres pour enfants maintenant que vous êtes une mère.» « Si vous utilisez seulement vos initiales, personne ne saura que vous êtes femme, et vous vendrez plus de livres.» Le sexisme révélé, un gazouillis à la fois Des dizaines d\u2019écrivaines créent un bêtisier sur les préjugés tenaces en littérature KYTE PHOTOGRAPHY La Britannique Joanne Harris, auteure, notamment, du roman à succès Chocolat, a lancé une conversation sur Twitter sans savoir qu\u2019elle s\u2019épanouirait en tant de branchillons.ACCUEIL CHALEUREUX À BERLIN JOHN MACDOUGALL AGENCE FRANCE-PRESSE Emmanuel Macron a été reçu comme un allié non seulement par la chancelière allemande, mais également par un public enthousiaste, lundi à Berlin.Le même jour, il a annoncé la nomination d\u2019Édouard Philippe comme premier ministre, un politicien issu de la droite.Page B 5 VOIR PAGE A 8 : ONE VOIR PAGE A 8 : MÉDECINS VOIR PAGE A 8 : FEMME Selon le Dr Robert, il faudra se demander si les médecins sont toujours les mieux placés pour répondre aux besoins des patients Le ministre Jim Carr a réitéré que l\u2019examen des projets en cours se poursuivrait L E D E V O I R , L E M A R D I 1 6 M A I 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 INSCRIVEZ-VOUS \u2022 CORIM.QC.CA \u2022 514 340-9622 S.E.Marc-André Blanchard Ambassadeur et Représentant permanent du Canada auprès des Nations Unies Mardi 23 mai 2017 de midi à 14 h Le Westin Montréal 270 rue Saint-Antoine Ouest Avec l\u2019appui de : Le Canada à l\u2019ONU et dans le monde : une opportunité à saisir Déjeuner-causerie de la Série Aff aires Étrangères Présentée par : A M É L I P I N E D A L es inondations dévastatrices de la semaine dernière ser vent d\u2019argument aux opposants du projet Cap-Nature dans le secteur Pierrefonds-Ouest.Ils demandent un moratoire sur toute construction dans cet espace naturel le temps qu\u2019une nouvelle carte des zones inondables soit produite par la Ville de Montréal.Le groupe citoyen Sauvons l\u2019Anse-à-l\u2019Orme veut que Montréal tire des leçons de la montée des eaux qui a fait plusieurs sinistrés, entres autres dans les arrondissements de Pierrefonds-Roxboro et Ahuntsic-Cartierville.Des membres du groupe ont constaté dans les derniers jours que plusieurs zones du secteur visé par Cap-Nature, un important projet immobilier de 5500 logements, étaient partiellement inondées.«Le chemin de l\u2019Anse-à-l\u2019Orme et une partie du boulevard Gouin, qui seront deux axes impor tants à la circulation des habitants de ce projet, ont été fermés parce qu\u2019ils étaient submergés.On ne peut pas fermer les yeux sur cette situation», fait valoir Don Hobus, membre de Sauvons l\u2019Anse-à-l\u2019Orme.Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et la coalition Trainsparence remettent également le projet en question, puisque son développement est lié au financement du Réseau électrique métropolitain, dont une gare est prévue à proximité.Blocage demandé «De toute évidence, les terrains du projet Cap-Nature sont marécageux et sensibles aux inondations.Les changements climatiques vont augmenter la fréquence des inondations et aggraver leurs effets dans la région de Montréal.Est-ce qu\u2019à l\u2019instar du reste du projet de REM, le projet immobilier Cap-Nature est un éléphant blanc, un cas classique de développement douteux en milieu humide?» soulève Mathieu Vick, conseiller syndical à la recherche au SCFP.Ces groupes exigent à la Ville de Montréal de bloquer le projet Cap-Nature en attendant de produire une carte à jour des zones inondables.Pour les promoteurs, les citoyens ont une mauvaise lecture de la situation, puisque les terrains en « zone inondable » ne sont pas ceux visés pour la construction du projet, mais plutôt ceux qu\u2019elle entend laisser à la Ville de Montréal pour qu\u2019elle y développe une «zone de conservation».« Les seuls terrains qui puissent être inondés sont ceux qui se trouvent le long de la rivière à l\u2019Orme, dans le futur parc de conservation.Il est absolument faux de dire que le terrain prévu pour le développement est actuellement inondé», soutient le lobbyiste David Cliche, por te-parole des promoteurs du projet Cap-Nature.Il ajoute que malgré les crues printanières historiques, ses terrains n\u2019ont pas été touchés.« Nous y sommes allés et ils sont secs.Même avec une crue qui était supérieure d\u2019environ 10 pouces de celles prévues aux 100 ans, nos terrains n\u2019ont pas été touchés, ça prouve que nous avons bien fait nos devoirs et que nous visons les bons terrains», fait valoir M.Cliche.La Ville de Montréal n\u2019a pas voulu commenter le dossier, puisque le développement de Pier refonds- Ouest est actuellement en consultation à l\u2019Office de consultation publique de Montréal (OCPM).Les audiences prévues la semaine dernière ont d\u2019ailleurs été annulées à cause des inondations à Pierrefonds.Montréal a rappelé que la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) a mandaté jeudi la Commission de l\u2019aménagement pour dresser un portrait des inondations printanières de mai 2017.« Il faut tirer des leçons des évé- nements des dernières semaines et mieux se préparer collectivement aux conséquences imprévisibles des changements climatiques », avait dit la semaine dernière le maire Denis Coderre.Les partis d\u2019opposition à l\u2019hôtel de ville demandent à l\u2019administration du maire Denis Coderre de ne pas « commettre une erreur en connaissance de cause».« À ce stade-ci, on ne peut pas ignorer la réalité des inondations et foncer tête devant en laissant les promoteurs construire sans réfléchir aux conséquences, c\u2019est faire fausse route », dit Valérie Plante, chef de Projet Montréal.Lundi, sa formation politique a réclamé à l\u2019administration du maire Denis Coderre une car to- graphie des zones inondables pour informer les citoyens s\u2019ils résident dans une zone à risque.« C\u2019est l \u2019occasion de montrer qu\u2019on a appris des erreurs commises dans le passé et de changer notre approche.Il y a actuellement deux importants projets immobiliers autorisés par la Ville dans des circonstances similaires à celui de Cap-Nature qui se sont retrouvés inondés.On ne peut pas se permettre de continuer ainsi », indique Justine McIntyre, conseillère de ville dans Pierrefonds et chef de Vrai changement pour Montréal.Le Devoir Un argument de taille contre un projet immobilier Le site de Cap-Nature, où 5500 logements doivent être construits, s\u2019est trouvé partiellement inondé JACQUES NADEAU LE DEVOIR Pierrefonds-Ouest, comme plusieurs secteurs résidentiels au Québec, a été durement touché par les inondations des derniers jours.I S A B E L L E P O R T E R à Québec D éjà fragile, le par ti Démocratie Québec (DQ) est traversé par une nouvelle crise avec le départ du conseiller Paul Shoiry et de la chef de cabinet de la chef, Anne Guérette.Avec l\u2019entrée en scène de deux autres partis, l\u2019opposition à Régis Labeaume semble plus divisée que jamais.Alors que les défections se multiplient au sein de son parti, la chef de l\u2019opposition à la Ville de Québec, Anne Guérette, dit regarder vers l\u2019avant et affirme que le départ du pilier Paul Shoiry est en fin de compte une bonne chose.« J\u2019aime mieux être seule que mal accompagnée », a-t-elle dit aux journalistes qui évoquaient son isolement au conseil municipal.En quelques mois, le nombre de conseillers de DQ au conseil municipal est passé de trois à une seule, en la personne d\u2019Anne Guérette.Après Yvon Bussières, qui a décidé de siéger comme indépendant en décembre, c\u2019était au tour du conseiller municipal Paul Shoiry de quitter la formation vendredi.En fin de semaine dernière, on apprenait que la chef de cabinet, Isabelle Vaillan- court, avait elle aussi quitté le navire vendredi.Un indécis Lundi, Mme Guérette s\u2019est présentée tout sourire devant les journalistes pour livrer sa version des faits.Elle a alors raconté notamment que M.Shoiry « tergiversait depuis des mois » sur sa participation aux élections de l\u2019automne parce qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un « plan B » pour lui.Des informations qu\u2019a démenties M.Shoiry à l\u2019heure du dîner en dénonçant « les propos mensongers et trompeurs » d\u2019Anne Guérette.« Anne fait le vide autour d\u2019elle et elle ne semble pas s\u2019en rendre compte», a-t-il ajouté.Les tensions au sein de ce parti étaient un secret de Polichinelle, et il était de notoriété publique que Mme Guérette n\u2019avait pas l\u2019appui de tous depuis sa victoire contre François Marchand lors de la course à la direction.Avant les élections de 2013, le par ti de Mme Guérette et un autre groupe d\u2019opposants (Québec Autrement) avaient fusionné pour éviter de diviser le vote.Or, comme l\u2019a reconnu la conseillère lundi, la tempête actuelle montre que la greffe n\u2019a jamais complètement pris.Une situation qui ne peut que sourire à Régis Labeaume concède M.Shoiry.« Il est heureux lui là, a-t-il dit.C\u2019est pour ça que j\u2019ai travaillé fort pour que ça marche [DQ]».Le maire s\u2019est d\u2019ailleurs bien gardé de commenter la tempête qui accable ses opposants.« Je pense qu\u2019on ne s\u2019en mêlera pas», a-t-il dit.Pendant ce temps, le nouveau mouvement d\u2019opposants Québec 21 poursuit ses activités de recrutement en vue des élections de l\u2019automne.Son cofondateur Frédéric Têtu dit qu\u2019il pourra présenter 21 candidats « sans problème».Le directeur de campagne du candidat Jean- François Gosselin a en outre été choisi.Il s\u2019agit de Serge Marcotte, ancien dirigeant de la compagnie de transpor t par camion Besner.M.Marcotte a en outre été organisateur politique pour la campagne du conservateur Gérard Deltell au fédéral.Outre Québec 21, un autre par ti plus à droite, l\u2019Alliance citoyenne de Québec a fait savoir récemment qu\u2019il présenterait des candidats aux élections de l\u2019automne.Le Devoir VILLE DE QUÉBEC Une opposition morcelée pour affronter Régis Labeaume Anne Guérette se retrouve seule représentante de Démocratie Québec au conseil municipal S T É P H A N I E M A R I N V I C K Y F R A G A S S O - M A R Q U I S L e programme gouvernemental d\u2019aide aux sinistrés des inondations sera bonifié, a confirmé lundi le premier ministre, Philippe Couillard.Il espère pouvoir en faire l\u2019annonce d\u2019ici son départ pour sa mission en Israël, jeudi.Les détails seront alors révélés, mais d\u2019ores et déjà, il a donné quelques indices.Il y aura des changements pour les seuils et l\u2019admissibilité au programme d\u2019indemnisation.« Il n\u2019est pas mauvais le système, mais je pense qu\u2019on peut l\u2019améliorer», a dit M.Couillard.Le premier ministre, qui s\u2019est rendu la semaine dernière sur le terrain afin de constater l\u2019ampleur de la situation, a déclaré qu\u2019il peut imaginer ce que les citoyens ressentent lorsqu\u2019ils entrent dans leur maison et voient alors tous les dégâts, en plus d\u2019être découragés par les formulaires à remplir.Un peu plus de 2 millions de dollars ont déjà été distribués aux Québécois « afin de soutenir les sinistrés pour l\u2019achat des équipements pour leurs mesures préventives temporaires, pour leur hébergement d\u2019urgence de même que pour entamer leurs travaux de nettoyage », a indiqué un porte-parole du ministère de la Sécurité publique.Plusieurs centaines de milliers de dollars continuent d\u2019être versés chaque jour.Un manque Mais il y a encore de l\u2019argent disponible, a précisé le premier ministre, ajoutant que les citoyens ne doivent pas s\u2019inquiéter d\u2019être en retard pour remplir leurs formulaires.«Notre effort ne s\u2019arrête pas au moment où les eaux baissent.Notre effort continue», a-t-il dit.Des citoyens sont toutefois inquiets parce que leurs contrats d\u2019assurance ne couvrent pas les dommages causés par les inondations ou qu\u2019ils essuient un refus de couverture.«C\u2019est pour cela que l\u2019on a un programme gouvernemental, parce que beaucoup d\u2019assurances n\u2019ont pas de clause pour ce qu\u2019on appelle Act of God [force majeure] ou les désastres naturels, ou les inondations», a expliqué M.Couillard.« On est doublement sensibles à ça pour cette raison spécifique», a-t-il commenté.Il a indiqué avoir parlé avec une personne du milieu des assurances qui compte offrir un produit avec ce type de protection, mais il souligne que la prime sera en conséquence.« Alors, il faut que le gouvernement soit là, c\u2019est pour cela qu\u2019on veut réviser notre programme», a-t-il dit.La Presse canadienne Les indemnités aux sinistrés augmenteront, promet Couillard INONDATIONS AU QUÉBEC Ces groupes exigent à la Ville de Montréal de bloquer le projet Cap- Nature en attendant de produire une carte à jour des zones inondables L E D E V O I R , L E M A R D I 1 6 M A I 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 J E A N N E C O R R I V E A U L orsqu\u2019il a reçu un constat d\u2019infraction en 2012, Denis Coderre, qui n\u2019était pas encore maire à l\u2019époque, aurait prévenu la policière du Ser vice de police de la Ville de Montréal (SPVM) qu\u2019il serait son « futur boss».C\u2019est ce que révèle un document déposé lundi à la Commission d\u2019enquête sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques.Dans son rapport d\u2019enquête, Normand Borduas, autrefois employé par la division des enquêtes internes du SPVM, relate avoir rencontré la policière qui, le 20 mars 2012, a remis à Denis Coderre un constat d\u2019infraction de 444 $ pour une immatriculation non payée.Au moment de recevoir son billet d\u2019infraction, M.Coderre aurait mentionné à la policière qu\u2019il serait « son futur boss ».« Elle ne connaissait pas M.Coderre à ce moment-là.Il n\u2019était pas encore maire de Montréal », précise Normand Borduas dans son rapport.« C\u2019est un geste d\u2019intimidation », estime le conseiller de Projet Montréal Alex Norris en rappelant que le maire a eu un comportement similaire à une autre occasion.Le 23 janvier 2015, lors de la fête nationale à la place des Festivals, deux policières avaient demandé au maire Coderre de se déplacer, car il entravait la circulation piétonne.« Tu travailles pour moi, toi ! » aurait dit Denis Coderre à une des policières.Et à deux reprises, le maire a directement communiqué avec le directeur du SPVM pour des événements l\u2019impliquant.«Le maire semble penser que le SPVM est son service de police personnel et non celui des Mont- réalais.Il ne semble pas comprendre la notion de la séparation des pouvoirs », souligne Alex Norris.Selon l\u2019élu, le maire devrait présenter des excuses aux policières concernées et à l\u2019ensemble des Montréalais.La Fraternité Lors de son témoignage devant la commission Chamberland lundi, Normand Borduas a raconté qu\u2019en janvier 2014, il avait reçu le mandat d\u2019enquêter sur une fuite relativement au constat d\u2019infraction remis au maire Co- derre en 2012.Le 3 décembre 2014, deux policiers auraient accédé sans autorisation au système informatique protégé afin d\u2019obtenir le billet de contravention donné à M.Coderre, a indiqué le témoin.Ils auraient mentionné leur intention de le remettre à la Fraternité des policiers de Montréal, qui, déjà à cette époque, avait des relations tendues avec l\u2019administration Coderre.« Les policiers [\u2026] ont dit qu\u2019ils s\u2019en allaient à la Fraternité avec ça, évidemment, dans le but de nuire au maire », a expliqué l\u2019enquêteur.Ce constat d\u2019infraction s\u2019est finalement retrouvé en possession du journaliste de La Presse Patrick Lagacé.L\u2019enquête comportait deux volets : abus de confiance et utilisation non autorisée des services d\u2019ordinateur.Selon l\u2019enquêteur, transmettre les informations nominatives d\u2019un citoyen à un tiers est une « infraction grave».Normand Borduas a d\u2019abord réclamé une ordonnance judiciaire à une juge de la paix afin d\u2019obtenir le registre des appels entrants et sortants du téléphone cellulaire de Patrick Lagacé pour la période allant du 3 au 18 décembre 2014 avant même de demander celui des deux policiers.S\u2019il a agi ainsi, c\u2019est parce qu\u2019à ce mo- ment-là, il avait en main le numéro de téléphone de M.Lagacé, mais pas ceux des policiers en question.Le journaliste n\u2019avait pas publié d\u2019article à ce sujet, mais il avait communiqué avec l\u2019attachée de presse du maire, Catherine Maurice.C\u2019est celle-ci qui lui a divulgué le numéro de téléphone du journaliste.Normand Borduas a soutenu que les données téléphoniques de Patrick Lagacé avaient été utiles, puisqu\u2019elles lui avaient permis d\u2019identifier un 3e policier qui était en contact à la fois avec le journaliste et la Fraternité des policiers.Le Devoir COMMISSION CHAMBERLAND «Je serai ton futur boss», aurait dit Denis Coderre à une policière JAQUES NADEAU LE DEVOIR Le 20 mars 2012, avant d\u2019accéder à la mairie de Montréal, Denis Coderre aurait mentionné à une policière qu\u2019il serait « son futur boss» au moment de recevoir un billet d\u2019infraction.J E S S I C A N A D E A U E n réponse aux demandes insistantes de la commission scolaire Kativik, qui s\u2019impatientait devant les délais bureaucratiques qui privent leurs élèves d\u2019avoir un véritable diplôme d\u2019études secondaires, le ministère de l\u2019Éducation vient de désigner un interlocuteur unique au sein de son ministère pour assurer le suivi des dossiers.La semaine dernière, la commission scolaire Kativik a envoyé une lettre au ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, pour lui faire part des nombreux défis auxquels se heurtent les écoles du Nunavik, dans le Nord-du-Québec.La commission scolaire proposait dans un premier temps d\u2019établir un canal de communication direct entre la commission scolaire et le ministère.« En ce moment, nous sommes obligés de passer par divers fonctionnaires qui ne connaissent rien de notre réalité unique et de la gravité de la situation, résume le vice-président de la commission scolaire, Robert Watt, en entrevue au Devoir.Les dossiers restent coincés dans les dédales bureaucratiques.C\u2019est pourquoi nous aimerions que le ministre identifie une personne qui serait notre lien au ministère pour que l\u2019on puisse s\u2019assurer que les choses avancent.» Ce dernier rappelle que le gouvernement du Québec a des obligations, en fonction de la Convention de la baie James et du Nord québécois, qui régit cette commission scolaire au statut particulier.«L\u2019une des obligations du gouvernement, c\u2019est de s\u2019assurer que les élèves du Nunavik ont une éducation de qualité égale à celle de tous les autres québécois.Mais comment peut-on faire ça si on est complètement déconnecté de Québec?» Manque de considération Il accuse notamment Québec de ne pas agir assez rapidement pour accréditer les programmes de mathématique et de science, privant ainsi les finissants de leur diplôme d\u2019études secondaires.Dans un article publié récemment dans Le Devoir, la commission scolaire reconnaissait qu\u2019elle avait mis trop de temps à réviser les programmes, raison pour laquelle le ministère avait décidé de décerner des attestations de reconnaissance d\u2019équivalences d\u2019études secondaires plutôt qu\u2019un vrai diplôme.Mais de nouvelles versions du programme ont été déposées au ministère en novembre dernier, rappelle le vice-président Robert Watt.« Ils ne communiquent pas avec nous et n\u2019ont toujours pas accrédité les programmes.Ils nous demandent une nouvelle approche, on leur fait des propositions et ils ne nous répondent même pas [\u2026] L\u2019inaction du gouvernement me fait croire que Québec n\u2019a absolument aucun respect, aucune considération pour la gravité du problème.» Ministre Lorsque questionné par le député péquiste Alexandre Cloutier, pendant l\u2019étude des crédits il y a deux semaines, le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, avait dû s\u2019enquérir auprès de ses fonctionnaires pour obtenir des réponses, n\u2019étant visiblement pas au fait de cette situation.Il s\u2019était dit préoccupé par cette situation et s\u2019était engagé à régler le problème.À son cabinet, on confirme avoir pris connaissance de la lettre de la Commission scolaire Ka- tivik la semaine dernière.«Depuis, des gestes concrets ont été posés pour y donner suite, une personne de la direction des af faires autochtones a été assignée au dossier.Des échanges ont lieu actuellement avec la commission scolaire », répond l\u2019attachée de presse du ministre, Marie Deschamps.Le Devoir ÉDUCATION Kativik obtient un lien direct au ministère La commission scolaire attribue en partie ses difficultés de diplomation à des délais bureaucratiques L\u2019inaction du gouvernement me fait croire que Québec n\u2019a absolument aucun respect, aucune considération pour la gravité du problème Robert Watt, vice-président de la Commission scolaire Kativik « » E n janvier 1998, la crise du verglas avait fait bondir le PQ de près de 10 points dans les sondages.Le taux de satisfaction à l\u2019endroit du gouvernement Bouchard avait atteint 66 %.Le premier ministre lui-même, dont la conférence de presse quotidienne en compagnie du PDG d\u2019Hydro-Québec était suivie avec la même assiduité qu\u2019un téléroman, avait soudainement retrouvé son aura de la campagne référendaire.Qui sait, s\u2019il avait été plus audacieux, il aurait pu déclencher des élections, qu\u2019il aurait assurément remportées haut la main, et tenir un autre référendum avec des chances raisonnables de le gagner.À tel point qu\u2019on a convaincu Daniel Johnson de démissionner pour s\u2019assurer de bien refermer la fenêtre qui s\u2019offrait au camp souverainiste.Du début à la fin de son court règne, Pauline Marois n\u2019a jamais réussi à imposer son autorité morale.Sauf à l\u2019occasion de la tragédie de Lac- Mégantic, où elle a réellement été à la hauteur de ce qu\u2019on attend d\u2019un premier ministre.Cela n\u2019a malheureusement pas duré.On peut reprocher bien des choses au premier ministre Couillard, mais certainement pas son comportement dans la gestion des inondations qui ont bouleversé l\u2019existence de milliers de familles.À l\u2019impossible nul n\u2019est tenu, mais il faut reconnaître que M.Couillard a fait tout ce qui était en son pouvoir pour leur venir en aide.«À quelque chose malheur est bon», dit le proverbe.Alors que chaque jour semblait amener de nouvelles révélations sur les déplorables méthodes de financement du PLQ, les inondations ont été une véritable bénédiction pour le gouvernement, qui ne savait plus à quel saint se vouer.Les prochains sondages nous apprendront dans quelle mesure les libéraux auront pu profiter de cette prime à l\u2019eau.Ils seraient sans doute enchantés d\u2019avoir simplement maintenu leurs intentions de vote.?Pour les partis d\u2019opposition, une catastrophe naturelle se double de la frustration de devoir assister sans mot dire à cette récupération politique.Pire encore, de devoir féliciter le gouvernement pour ses bons coups, comme l\u2019a fait le leader parlementaire du PQ, Pascal Bérubé, avec une élégance qui a fait contraste avec la mesquinerie de Gaétan Barrette.Toute la difficulté consiste à être suffisamment présent pour ne pas être taxé d\u2019indifférence, sans être encombrant au point de prêter flanc aux accusations d\u2019opportunisme.Lors de la crise du verglas, Daniel Johnson n\u2019avait pas réussi à trouver le bon dosage.«Mon évaluation, mon instinct, mes réflexes, mon expérience m\u2019ont dicté que je me ferais planter si je sortais de façon dissonante, négative et non constructive», avait-il expliqué.Sauf qu\u2019il s\u2019était montré si discret qu\u2019on l\u2019avait injustement accusé d\u2019être parti en vacances, alors qu\u2019il s\u2019employait plutôt à réconforter les sinistrés de sa circonscription.Et quand il a décidé de féliciter Lucien Bouchard, ses députés ont trouvé qu\u2019il en avait un peu trop mis! Cette fois-ci, Jean-François Lisée et François Legault ont eu la bonne réaction.Sans déprécier le gouvernement, le chef du PQ a surtout vanté le travail des divers intervenants et la solidarité de la population, tandis que M.Legault s\u2019est félicité du fait que la partisanerie ait été temporairement mise de côté, quitte à ce qu\u2019elle reprenne ses droits quand viendra l\u2019heure du bilan.?En 1998, le Globe and Mail avait reproché à M.Johnson de ne pas avoir profité de la crise du verglas pour faire valoir «subtilement» aux Québécois les avantages d\u2019appartenir à la fédération canadienne, notamment celui de pouvoir compter sur l\u2019aide de l\u2019armée en cas de catastrophe.Une subtilité qui a échappé à M.Barrette.En réalité, il n\u2019est pas nécessaire de souligner, plus ou moins subtilement, le rôle de l\u2019armée.À chaque catastrophe, les Québécois en redécouvrent les mérites.Si la performance médiatique de M.Bouchard avait beaucoup impressionné la population durant la crise du verglas, ce sont les soldats canadiens qu\u2019elle avait vus se por ter au secours des sinistrés du « triangle noir ».Cela valait cent fois plus que le programme des commandites.Il est vrai que les intentions de vote du PQ avaient monté en flèche au début de 1998, mais celles du Oui avaient baissé de 4 points durant la même période.Les Québécois étaient bien prêts à réélire Lucien Bouchard, mais en chantant Ô Canada.Les inondations ont peut-être permis de faire oublier temporairement la turpitude financière des libéraux, mais il est bien possible que le fédéralisme soit encore une fois le principal bénéficiaire de la prime à l\u2019eau.Certes, un Québec indépendant aurait aussi son armée, dont les soldats ne seraient pas moins dévoués.En attendant, ceux qui charrient des sacs de sable arborent l\u2019unifolié.Tout le monde sait à quel point M.Couillard vénère le Canada, mais il a de bien meilleurs ambassadeurs.La prime à l\u2019eau MICHEL DAVID Les inondations ont été une véritable bénédiction pour le gouvernement Couillard L E D E V O I R , L E M A R D I 1 6 M A I 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 Pour annoncer dans ce regroupement, communiquez avec Evelyne De Varennes au 514.985.3454 ou edevarennes@ledevoir.com École internationale de langues YMCA Pour plus d?informations, contactez-nous! 1440, rue Stanley, 5e étage (station de métro Peel), Montréal 514 789-8000 # 1400 | info@ymcalangues.ca | ymcalangues.ca CAMP LINGUISTIQUE DE JOUR \u2013 CENTRE-VILLE (MONTRÉAL) IMMERSION ANGLAISE ET FRANÇAISE pour les 9 à 17 ans Cours de langues et sports et loisirs OU cours de langues seulement (conversation et grammaire) Du lundi au vendredi de 9 h à 16 h Du 26 juin au 14 juillet (3 sem.) Du 17 juillet au 4 août (3 sem.) Les sports et loisirs incluent: natation, basket-ball, soccer, activités touristiques, musées et plus encore! INSCRIVEZ-VOUS DÈS MAINTENANT! 5 % de moins si vous inscrivez votre enfant avant le 27 mai 2017.Tests de niveau obligatoires et gratuits tous les mercredis entre 12 h 30 et 17 h 30.Camp linguistique à Fabreville (Laval).Contactez-nous pour les détails.NOUVEAU ! Aussi offerts : Cours intensifs d\u2019été en ESPAGNOL pour les jeunes de 9 à 16 ans Du lundi au vendredi de 9h à 12h Du 10 au 28 juillet (3 semaines) Du 7 au 18 août (2 semaines) Juges et agressions sexuelles : les libéraux appuient le projet de loi d\u2019Ambrose Ottawa \u2014 Le gouvernement libéral appuiera un projet de loi proposé par les conservateurs qui exigerait que tout candidat à la magistrature suive un cours de perfectionnement complet en matière d\u2019agressions sexuelles.David Taylor, porte-parole de la ministre de la Justice, Jody Wilson-Ray- bould, a indiqué que le gouvernement était satisfait des changements mineurs apportés au projet de loi par le comité permanent de la condition féminine.Le projet de loi, déposé par la chef intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose, modifierait également le Code criminel afin d\u2019obliger un tribunal à fournir des motifs écrits ou enregistrés dans un jugement sur une cause d\u2019agression sexuelle.La Presse canadienne NPD: Jagmeet Singh saute dans la course Ottawa \u2014 Jagmeet Singh, député du Nouveau Parti démocratique (NPD) provincial on- tarien, s\u2019est lancé lundi dans la course à la direction du NPD fédéral, ce qui pourrait lui permettre de devenir le premier chef d\u2019un parti fédéral majeur issu de la diversité ethnique et religieuse.M.Singh, actuellement leader adjoint du parti provincial, devrait lancer sa campagne lundi soir en compagnie de ses partisans lors d\u2019un événement au Bombay Palace de Brampton, en Ontario, là où il avait célébré sa première victoire électorale en 2011.Parmi ceux qui l\u2019appuient, on note Nahanni Fontaine, députée provinciale du NPD au Manitoba ; Ali Chatur, coprésident des Jeunes néodé- mocrates du Canada ; Willy Blomme, organisateur québécois et ancien rédacteur de Jack Layton ; et Harkirat Singh, commissaire scolaire du district de Peel.La Presse canadienne J I M B R O N S K I L L à Ottawa L\u2019 intimidation et le harcèlement en milieu de travail demeurent des « problèmes graves et constants » au sein de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), et d\u2019importants changements dans la gouvernance de la police fédérale sont nécessaires pour que la situation s\u2019améliore, estime une commission civile.Dans un rapport publié lundi, la Commission civile d\u2019examen et de traitement des plaintes relatives à la GRC reproche à la direction du corps policier de manquer de détermination et de ressources pour régler ces problèmes.Devant la lenteur des modifications, la commission recommande qu\u2019Ottawa instille une dose de gouvernance ou de surveillance civile au sein de la police.La même commission avait formulé en 2013 une série de recommandations en matière d\u2019intimidation et de harcèlement, en ajoutant que des gestes importants devaient être faits rapidement pour remédier aux problèmes qui minent la police fédérale.Une politique sur le harcèlement et le traitement des plaintes avait été mise en place par la GRC en 2014, et le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a plus tard demandé à la commission civile de mesurer les progrès accomplis.Or, la commission conclut lundi que la grande majorité des plaintes soumises après 2014 ont fait état d\u2019abus de pouvoir, de réprimandes en public, de commentaires méprisants, de congés refusés arbitrairement ou de mutations punitives, par fois pendant des années.Il s\u2019agit donc de gestes commis par des superviseurs ou des personnes occupant un poste de gestion à l\u2019encontre de subalternes.«Le dysfonctionnement organisationnel de la GRC est bien documenté, et la présente enquête de la commission a confirmé la persistance des problèmes d\u2019intimidation et de harcèlement au travail», lit-on dans le rapport.La Presse canadienne L\u2019intimidation toujours bien active à la GRC, dit un rapport SOURCE CBC M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L a CBC espérait peut-être clore la saga de sa série Story of Us en s\u2019excusant, mais son intention de s\u2019en inspirer néanmoins pour en tirer du matériel éducatif préoccupe des sénateurs.Dans une lettre au président de CBC/Ra- dio-Canada, les parlementaires de diverses provinces et allégeances politiques se font le porte- voix des nombreuses critiques qu\u2019ils ont entendues et réclament des « clarifications» au diffuseur public.L\u2019initiative vient du nouveau sénateur indépendant René Cormier.« Étant Acadien, je ne vous cacherai pas que j\u2019étais particulièrement sensibilisé aux lacunes de la série », explique-t-il au Devoir, en rapportant avoir reçu « énormément» d\u2019échos de citoyens du même avis.Le docudrame Story of Us « témoigne trop peu de la présence millénaire des Premières Nations sur ce territoire » et « occulte complètement un des événements fondateurs de notre pays, la déportation des Acadiens».Or, « il est de la responsabilité du dif fuseur public d\u2019assurer une représentation adéquate de l\u2019histoire et de la diversité de notre pays », déplore la missive envoyée au président de la Société d\u2019État Hubert Lacroix jeudi dernier.En français?Les sénateurs veulent savoir si les documents pédagogiques que compte assembler CBC/Radio-Canada en s\u2019inspirant de Story of Us seront traduits et distribués pour les francophones, et si le produit final sera revu par rapport au contenu de la série.«Personnellement, je ne crois pas que c\u2019est un outil [pédagogique] qui pourrait être utile pour faire connaître l\u2019histoire du Canada aux jeunes de nos écoles [\u2026] parce qu\u2019il y a des lacunes, des manquements au niveau historique », a fait valoir le sénateur Cormier, dont la lettre a été appuyée par vingt sénateurs, dont sept Québécois et cinq Néo-Brunswickois.La majorité des signataires sont indépendants, mais six sont conservateurs et trois d\u2019allégeance libérale.« Certains des commentaires reçus lors de la dif fusion et lors des conversations numériques subséquentes seront pris en compte lors de la préparation de ce matériel [pédagogique]», a rétorqué une porte-parole de CBC/Radio-Canada, Emma Bédard, lundi.Quant à la traduction éventuelle de ces documents éducatifs, « c\u2019est notre pratique courante de développer tout matériel pédagogique dans la langue de dif fusion de l\u2019émission source», a-t-elle indiqué.Le sénateur Cormier et ses collègues demandaient en outre à connaître le prix de production de la série et l\u2019origine de son financement.«La production de cette série a été financée par le budget d\u2019exploitation de la CBC, et non le Fonds Canada 150», a précisé Mme Bédard.Mélanie Joly reste de glace Les critiques de ces sénateurs s\u2019ajoutent à celles du premier ministre québécois, Philippe Couillard, de son homologue néo-écossais, Stephen McNeil, des organismes acadiens et des associations d\u2019historiens.La ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, a réitéré lundi qu\u2019elle ne voulait pas «politiser » sa relation avec le diffuseur public.« Il va de soi que CBC/Radio-Canada est indépendant, et c\u2019est à eux de répondre à ces questions.» Le Devoir STORY OF US Des sénateurs demandent des comptes à CBC M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa P our la première fois en quatre mois, les entrées irrégulières de migrants à la frontière canadienne ont ralenti en avril.Partout\u2026 sauf au Québec, où elles ont continué d\u2019être en légère hausse.Ce sont 672 demandeurs d\u2019asile qui sont entrés au pays en évitant les postes frontaliers québécois au mois d\u2019avril, soit une hausse de 28 personnes par rappor t aux 644 qui l\u2019ont fait en mars, 432 en février et 245 en janvier, selon les derniers chif fres rendus publics par le ministère de l\u2019Immigration lundi.Des 2719 personnes qui sont entrées de façon irrégulière au Canada depuis janvier pour y demander l\u2019asile, 1993 l\u2019ont fait en territoire québécois.Exception Le Québec fait cependant figure d\u2019exception puisque, dans les autres provinces qui ont vu des migrants traverser leurs champs pour rejoindre leur territoire, ces chiffres ont reculé.Dans l\u2019autre province la plus touchée, au Manitoba, ce nombre est passé de 170 entrées irrégulières en mars à 146 en avril.En Colombie-Britannique, 32 demandeurs d\u2019asile ont traversé les frontières de façon ir régulière, en for te baisse par rappor t à 71 en mars et 86 en février.En Saskatchewan, 9 migrants sont ainsi entrés au Canada \u2014 il n\u2019y en avait aucun en mars et en février, mais 5 en janvier.Le ministre de l\u2019Immigration, Ahmed Hussen, y voit la preuve que ces chif fres varient d\u2019année en année, et de mois en mois, comme le fait valoir le gouvernement fédéral depuis l\u2019automne pour calmer les inquiétudes et dire qu\u2019il est trop tôt pour af firmer que cette tendance découle des politiques du président Trump.« Ces variations sont normales lorsque vous avez une perspective à long terme.Et nos autorités policières et à la frontière de même que notre système d\u2019asile sont tous équipés pour gérer ces variations », a fait valoir le ministre lundi.Le Devoir FRONTIÈRE Moins d\u2019entrées de migrants illégaux, sauf au Québec L E D E V O I R , L E M A R D I 1 6 M A I 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 A M É L I P I N E D A L e Canada a également été touché par l\u2019attaque informatique mondiale du 12 mai, qui a paralysé plusieurs organisations dans au moins 150 pays.Une centaine d\u2019ordinateurs de l\u2019Université de Montréal ont été infectés par le virus au Québec tandis qu\u2019en Saskatchewan, le site du gouvernement a été en panne de façon intermittente.L\u2019Université de Montréal (UdeM) a confirmé lundi que 120 de ses 8300 postes informatiques ont été touchés par l\u2019attaque survenue vendredi dernier.« Notre personnel du soutien informatique a pris en charge les postes dès vendredi et s\u2019est assuré que toutes les mises à jour nécessaires avaient été faites », indique Geneviève O\u2019Meara, chargée de communication à l\u2019UdeM.L\u2019attaque de type «rançongiciel » proviendrait de l\u2019exploitation d\u2019une faiblesse dans les systèmes Windows du géant américain Microsoft.Les pirates informatiques ont verrouillé, via un logiciel malveillant surnommé «WannaCry», les fichiers des utilisateurs.Pour en recouvrer leur usage, une rançon est ensuite demandée en monnaie bitcoin, une monnaie virtuelle qui préserve l\u2019anonymat de ses propriétaires.Le service public de santé britannique NHS a été vendredi l\u2019une des premières et principales victimes avec des centaines de structures hospitalières touchées, contraintes d\u2019annuler ou de reporter des interventions médicales.Oublis?Lundi, l\u2019UdeM n\u2019était pas en mesure d\u2019indiquer si la vulnérabilité des ordinateurs était due à un oubli des usagers des postes ou bien des gestionnaires de l\u2019établissement scolaire.Le gouvernement de la Saskatchewan a également été victime de la malicieuse cyberattaque.Le réseau du gouvernement a été attaqué, de sorte que le site saskatchewan.ca a été en panne de façon intermittente.Un hôpital de la région de Toronto avait indiqué samedi qu\u2019un rançongiciel avait menacé son système informatique, mais que l\u2019établissement avait réussi à arrêter sa propagation.L\u2019attaque a également affecté le système bancaire russe, le groupe américain de logistique de transport FedEx, la compagnie de télécoms espagnole Telefonica ainsi que des universités en Grèce et en Italie.Des chercheurs en sécurité informatique ont indiqué lundi avoir découvert un lien potentiel entre la Corée du Nord et la vague d\u2019attaque internationale.Neel Nehta, informaticien chez Google, a mis en ligne des codes informatiques montrant certaines similarités entre le virus «WannaCry » et une autre série de piratages attribués à la Corée du Nord.« Pour le moment, davantage de recherches sont nécessaires dans les versions plus anciennes de WannaCry», a noté la société de sécurité informatique Kaspersky.Mais « une chose est sûre : la découverte de Neel Mehta est l\u2019indice le plus significatif pour le moment concernant les origines de WannaCry».Selon Kaspersky, les similarités dans les codes pointent vers un groupe de pirates informatiques baptisé Lazarus, qui serait derrière l\u2019attaque informatique de 2014 contre les studios Sony Pictures.De nombreux exper ts avaient à l\u2019époque attribué ce piratage à des pirates informatiques nord-coréens, qui auraient agi en représailles à la sortie d\u2019un film produit par Sony moquant le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-Un.Ces pirates sont aussi suspectés de s\u2019en être pris par le passé à la Banque centrale du Bangladesh et à d\u2019autres acteurs du système financier international.«Ce groupe a été très actif depuis 2011.Lazarus est une usine à virus qui produit de nouveaux échantillons grâce à une multitude de fournisseurs indépendants », ont poursuivi les chercheurs de Kaspersky.Aux États-Unis, la Maison-Blanche a assuré lundi qu\u2019aucune branche du gouvernement américain n\u2019avait été touchée.Alors que les pirates informatiques russes sont régulièrement pointés du doigt, le président Vladimir Poutine a assuré que son pays n\u2019avait «absolument rien à voir» avec «WannaCry».À la suite de cette attaque, Microsoft a mis en garde les gouvernements contre la tentation de cacher des failles informatiques qu\u2019ils auraient repérées.Rappelons que la faille dans le système Windows utilisée par les pirates avait été décelée depuis longtemps par la NSA (l\u2019agence de sécurité nationale américaine) avant de tomber dans le domaine public via des documents piratés au sein de la NSA.Avec La Presse canadienne et l\u2019Agence France Presse Le Devoir Le Canada touché par la cyberattaque WannaCry GÉRALD DALLAIRE LE DEVOIR Environ une centaine de postes de l\u2019Université de Montréal ont été infectés par le virus, lundi.M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa S on rôle de chef intérimaire du Parti conservateur prenant bientôt fin, Rona Ambrose annoncera ce matin qu\u2019elle quittera la politique fédérale cet été.Si plusieurs s\u2019attendaient à ce qu\u2019elle ne s\u2019éternise pas à Ottawa, personne n\u2019aurait prédit sa démission si tôt.Les députés et sénateurs l\u2019ont appris dans les médias.«J\u2019aurais de loin préféré faire cela en personne, mais à cause de nos amis des médias, l\u2019occasion ne s\u2019est pas présentée», s\u2019est désolée Rona Am- brose dans un courriel confidentiel distribué aux membres du caucus conservateur lundi soir \u2014 et dont Le Devoir a obtenu copie.Chef intérimaire du Parti conservateur depuis la défaite électorale et le départ de Stephen Harper en 2015, Rona Ambrose compte rester en poste jusqu\u2019à ce que le prochain chef du parti soit élu, le 27 mai, «et partir probablement à la fin juin».Elle cédera sa circonscription d\u2019Edmonton et ne briguera pas l\u2019élection de 2019.« Ce fut l\u2019honneur de ma vie de servir comme chef intérimaire et chef de l\u2019opposition officielle », a-t-elle fait valoir à ses collègues, dans son cour- riel.« Permettez-moi de dire que, peu importe qui gagnera notre course à la direction, le Parti conservateur sera entre de bonnes mains.» La décision de Mm e Ambrose et de son conjoint, J.P.Veitch, aurait été prise «depuis un certain temps », mais l\u2019élue conservatrice n\u2019a pas laissé présager ce que pourrait être le «prochain chapitre de [leur] vie».Les députés et sénateurs avaient été invités au discours que prononcera Rona Ambrose à Ottawa mardi matin \u2014 son dernier à titre de chef intérimaire \u2014, mais l\u2019invitation ne leur semblait pas étonnante.La Chambre des communes fera relâche la semaine prochaine et reprendra ses travaux fin mai au lendemain de l\u2019élection du prochain chef conservateur.Le Devoir PARTI CONSERVATEUR Rona Ambrose quittera Ottawa La chef intérimaire de l\u2019opposition officielle cédera sa circonscription cet été I S A B E L L E P O R T E R L a maison Krieghoff, un immeuble patrimonial classé, vient d\u2019être mise en vente sur le marché privé.Construite au milieu du XIXe siècle, elle a été la résidence du grand peintre Cornelius Krieghoff.Une affiche du courtier immobilier Sotheby\u2019s a été plantée à l\u2019avant du terrain il y a quelques jours.L\u2019annonce détaillée la décrit comme une «charmante demeure» qui «plaira aux amateurs de vie urbaine, aux passionnés d\u2019histoire et aux amoureux du charme d\u2019antan.» Le peintre Cornelius Krie- ghof f a résidé dans cette maison pendant deux ans entre 1859 et 1860.C\u2019est là qu\u2019il a réalisé certains de ses tableaux les plus célèbres.Situé r ue Grande Allée face à la rue Car tier, ce cottage de style néoclassique a été longtemps la propriété de Mme Esther Greaves.Cette enseignante de Toronto en a pris grand soin et l\u2019a entièrement restauré au milieu des années 1990.Avant cela, la maison avait longtemps été laissée à l\u2019abandon, et d\u2019anciens propriétaires avaient menacé de la détruire.Or pour l\u2019heure, la mise en vente ne suscite pas trop d\u2019inquiétudes puisque le bâtiment est classé comme immeuble patrimonial par le ministère de la Culture.En plus du classement, une partie du terrain se trouve sur une aire de protection à fort potentiel archéologique reconnue.Au municipal, l\u2019importance de la maison est reconnue dans le plan particulier d\u2019urbanisme du secteur.Malgré tout, la conseillère responsable du patrimoine, Julie Lemieux a fait savoir lundi que la Ville allait «rester aux aguets ».Le Devoir VILLE DE QUÉBEC La maison Krieghoff est à vendre MALIMAGE / CC Le cottage est situé rue Grande Allée face à la rue Cartier. Le patriarche de Bombardier, Laurent Beaudoin, a mal réagi à l\u2019intervention publique de la Caisse de dépôt et placement, qui demandait le départ de son fils, Pierre, et son remplacement par un président indépendant.Il y a quelque chose qu\u2019on n\u2019a toujours pas compris chez Bombardier.elon La Presse, le président de la Caisse de dépôt et placement, Michael Sabia, aurait assuré aux membres de son conseil qu\u2019il avait rencontré la haute direction de Bombardier à trois reprises pour faire connaître les insatisfactions de la Caisse au sujet de la gouvernance de l\u2019entreprise.Cette mise au point du président Sabia faisait suite à la réaction outrée du patriarche de Bombardier, Laurent Beaudoin, qui a reproché à la Caisse d\u2019être intervenue publiquement pour réclamer des changements.Jeudi dernier, en marge de l\u2019assemblée des actionnaires, qui a réélu malgré tout le ?ls Beaudoin au poste de président du conseil, Laurent Beaudoin avait déclaré : « Il me semble qu\u2019ils auraient pu nous parler [\u2026] Ce n\u2019est pas normal qu\u2019au Québec, on en profite pour faire une sortie comme cela.» Comme il est très vraisemblable que la Caisse ait communiqué directement avec les dirigeants de l\u2019entreprise avant de faire connaître publiquement sa position \u2014 après tout, la Caisse a investi 1,5 milliard US$ dans Bombardier Transport (devenue BT Holdco) et elle détenait 53 millions d\u2019actions de la société mère au 31 décembre dernier \u2014, on ne peut qu\u2019en déduire que M.Beaudoin ne s\u2019attendait à rien d\u2019autre qu\u2019au silence de la part de la Caisse.En d\u2019autres mots : faites-nous part en privé de ce qui vous déplaît, nous vous écouterons parce que nous n\u2019avons pas le choix, mais taisez-vous par la suite même si nous rejetons vos recommandations.De fait, c\u2019est ce qui s\u2019est produit, puisque, malgré les interventions répétées de la Caisse, malgré l\u2019opposition tout aussi sentie des autres investisseurs institutionnels comme Teachers, les propositions de la direction ont reçu l\u2019appui des deux tiers des actionnaires autres que la famille Bombardier-Beaudoin elle-même.La seule concession, importante, il est vrai, fut de délester le ?ls des fonctions dites exécutives, c\u2019est-à-dire qu\u2019il devra se contenter de présider le conseil en abandonnant la gestion quotidienne à l\u2019actuel président et chef de la direction, Alain Bellemare.Sans l\u2019intervention des pouvoirs publics, il y a un an, Bombardier aurait été dans l\u2019obligation de se placer sous la protection des tribunaux pour éviter la faillite.Après une année aussi dif?- cile, il apparaît donc pour le moins princier de se poser en victime à la moindre critique.Rappelons que Le Devoir avait aussi appelé au dépar t de Pierre Beaudoin, le mois dernier, en expliquant que l\u2019entreprise avait désormais besoin d\u2019un président indépendant, extérieur à la famille qui détient 53 % des droits de vote avec seulement 13 % des actions.Contrairement à la plupart des acteurs du monde ?nancier canadien, nous soutenons toujours la formule d\u2019actionnariat à droits de vote multiples, parce qu\u2019elle favorise le développement à long terme de nos entreprises tout en les plaçant à l\u2019abri de tentatives d\u2019acquisition hostile.Encore faut-il cependant que la direction de ces entreprises protégées détienne une fraction minimale du capital (au moins 20 %) tout en étant à la hauteur des attentes des actionnaires, du personnel et de la clientèle.Depuis un an, Bombardier n\u2019a pas réussi à grossir le carnet de commandes de la CSeries, et très peu d\u2019unités ont été livrées jusqu\u2019à maintenant.Dans le secteur du transport par rail, les ennuis s\u2019accumulent, notamment du côté de l\u2019Ontario, où Bombardier peine à tenir ses engagements.Voilà des résultats qui confortent les Torontois dans leurs préjugés névrotiques à l\u2019endroit du Québec et qui nuisent à la recherche de nouveaux contrats.N\u2019oublions pas non plus que, tout en étant actionnaire de Bombardier, la Caisse sera bientôt propriétaire du Réseau électrique métropolitain, un projet de 5,5 milliards qui est loin d\u2019être acquis à Bombardier.Depuis quelques semaines, il est question de fusion entre Bombardier Transport et son concurrent Alstom.Inutile de dire que, si elle se réalise, une telle transaction aura des conséquences majeures, mais pas nécessairement négatives dans un monde où la Chine monte en puissance.Les prochains mois seront déterminants pour Bombardier.Tout le monde au Québec espère que la compagnie fera mentir les prophètes de malheur qui prédisent sa perte.L E D E V O I R , L E M A R D I 1 6 M A I 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Les promesses de Barrette Hospitalisée d\u2019urgence à l\u2019hôpital Maison- neuve-Rosemont, le 23 avril, j\u2019ai été ensuite transférée au 9e LD, où j\u2019ai découvert un manque de ser vice incroyable, dû au manque de personnel.Voici la situation: 42 malades qui portent bien le nom de patients puisqu\u2019il n\u2019y a que 7 infirmières, dont 1 affectée à une seule personne, et 3 préposées.Ces dernières, indispensables pour les soins de base, sont appelées par une sonnette dont la visibilité dans le couloir semble déficiente.Imaginez une situation où deux préposées sont déjà occupées dans une chambre et la troisième en train de dîner ou en pause.Et que dire des dossiers médicaux ?Dossier central, sous quelle forme, ou notes éparpillées?Les différentes recommandations des médecins spécialistes peuvent différer et qui tranche?Cela nécessite des allées et venues de la part des infirmières, donc des pertes de temps.Malgré cela, l\u2019ensemble du personnel est aimable, souriant envers les patients, efficace au moment de sa présence.C\u2019était ma première expérience d\u2019hôpital et je ne souhaite pas la revivre.D\u2019où vient une si mauvaise organisation ?Des gestionnaires, des coupes dans le budget?Danielle Reclus-Prince Montréal, le 13 mai 2017 L I B R E O P I N I O N F R É D É R I C M É R A N D Directeur du Centre d\u2019études et de recherches internationales de l\u2019Université de Montréal (CERIUM) Face à ses trois principaux rivaux, tous pro- russes, Emmanuel Macron s\u2019est présenté comme l\u2019héritier de Charles de Gaulle et de François Mitterrand.Le nouveau président français pourra-t-il à la fois relancer le moteur franco- allemand, sauver la coopération militaire avec les Britanniques, anticiper les caprices de Donald Trump et trouver un modus vivendi avec la Russie?Diplomates, militaires et experts débattront de ces questions avec Brian Myles ce vendredi lors de la troisième édition du Forum St- Laurent sur la sécurité internationale, organisé par les Hautes études internationales, la Chaire Raoul-Dandurand et le CERIUM.Moscou perd ses élections En 2016, Vladimir Poutine a remporté ses deux paris électoraux à l\u2019étranger : la victoire du «non» au référendum sur le Brexit et l\u2019élection de Trump.Certains prédisaient en 2017 un effet domino qui, en raison d\u2019élections jugées favorables aux leaders populistes, ferait tomber l\u2019Autriche, les Pays-Bas, la France et l\u2019Italie dans le camp prorusse et/ou antieuropéen.L\u2019arrivée au pouvoir d\u2019Emmanuel Macron, qui sera vraisemblablement suivie d\u2019un gouvernement conservateur modéré aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Allemagne, renforce au contraire le camp euroatlantique.Donald Trump ayant entamé un virage à 180 degrés par rapport à ses positions de campagne pro- russes et antichinoises, il ne reste plus à l\u2019ouest que Viktor Orban, le premier ministre hongrois, pour se laisser séduire par Moscou.Jugée « obsolète » par Trump il y a six mois, l\u2019OTAN revient ainsi au centre du jeu politique alors que l\u2019Union européenne pousse un soupir de soulagement.Certes, le Brexit affaiblit l\u2019UE et risque d\u2019empoisonner les relations au sein de l\u2019Alliance atlantique.Mais Macron, le chef d\u2019État le plus europhile de l\u2019histoire de la Ve République, cherchera à consolider les relations bilatérales avec la puissance nucléaire voisine tout en donnant une impulsion nouvelle aux ambitions européennes.En matière de défense, Macron a promis d\u2019atteindre l\u2019objectif de 2 % du PIB consacré aux dépenses militaires d\u2019ici 2025 alors qu\u2019Angela Merkel souhaite presque doubler les dépenses allemandes.Face à Moscou, la table est donc mise pour une unité euro-atlantique plus forte qu\u2019on le croyait il y a un an.Mondialisme contre populisme Il ne faudrait pas croire pour autant que les nuages qui pèsent sur la sécurité européenne se sont dissipés d\u2019un coup.La crise grecque, la poudrière ukrainienne, la dérive stratégique de la Turquie et la guerre en Syrie sont autant de problèmes non résolus qui pourraient provoquer un coup de température avec la Russie.Sans oublier les conflits de frontières ou de minorités qui, enterrés depuis 20 ans par le processus d\u2019intégration européenne, resurgissent sous la pression des mouvements nationalistes.[\u2026] Mettant en exergue l\u2019engagement international de la France, le multilatéralisme, l\u2019importance de frontières ouvertes et la coopération européenne, le projet de Macron est incontestablement mondialiste.Il est aligné sur celui d\u2019Angela Merkel et, si on fait exception de son rapprochement intéressé avec Trump, de Theresa May.Il faut toutefois s\u2019attendre à ce que les dirigeants populistes et nationalistes finissent par gagner des élections en mobilisant le sentiment de déclassement d\u2019une par tie de la classe moyenne.De «cygne noir » \u2014 probabilité faible aux conséquences énormes \u2014, la victoire d\u2019une Marine Le Pen est devenue une probabilité tangible aux conséquences tout aussi importantes.Ça ne s\u2019est pas produit en France en 2017, mais ça le pourrait en 2022.Ou en 2018 en Italie, ou en Grèce.Ou si une faction conservatrice hostile à un accord raisonnable sur le Brexit délogeait May en 2020.Jusqu\u2019ici, les deux États européens dirigés par des national-populistes, la Hongrie et la Pologne, restent isolés.Mais lorsque ceux-ci dirigeront 5 ou 10 pays, dans un voisinage qui inclut la Turquie d\u2019Erdogan, la Russie de Poutine et l\u2019Amérique de Trump, l\u2019exceptionnelle stabilité qu\u2019ont vécue les Européens (exception faite de la Yougoslavie) depuis 1989 ne pourra plus être tenue pour acquise.À quoi ressemblera cette géopolitique déchirée entre mondialistes et populistes?Si le populisme a une politique étrangère, elle se résume à trois piliers : le protectionnisme économique, une conception sourcilleuse des frontières et la russophilie politique.Pour défendre le « peuple », toutes les forces populistes, de droite comme de gauche, souhaitent une forme ou une autre de «démondialisation».Par rejet des élites, elles prennent le parti de Moscou contre celui de Washington.Sur le plan national, il ne fait aucun doute que l\u2019intégration régionale a créé des gagnants et des perdants.Le populisme se nourrit de cette dynamique.Mais à l\u2019échelle du continent, l\u2019Union européenne et l\u2019OTAN ont apaisé les relations entre les vieilles nations européennes, euphémisé les conflits identitaires, transformé les frontières en mobilités et plus généralement atténué le dilemme de sécurité en accroissant l\u2019interdépendance.La montée du nationalisme et du populisme fragilise cette construction puisque chaque forme d\u2019interdépendance peut être transformée en source de mobilisation politique contre l\u2019étranger.Avec des conséquences sur la sécurité européenne dont on a du mal à imaginer qu\u2019elles puissent être positives.Organisé par l\u2019Institut des Hautes études internationales de l\u2019Université Laval, la Chaire Raoul-Dandurand de l\u2019UQAM et le CERIUM, en partenariat avec Le Devoir, le Forum St-Laurent sur la sécurité internationale aura lieu au Centre des sciences de Montréal le 19 mai prochain.Pour s\u2019inscrire : www.fsl.quebec Le président Macron et la sécurité européenne FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Une note de 2 % qui représente\u2026 la vie Quel malheur de constater que certains enseignants et directions d\u2019écoles secondaires permettent à certains étudiants de réussir leur année scolaire en revoyant à la hausse leurs notes finales de quelques points ! Imaginez, faire passer un étudiant à 60 % alors qu\u2019il a obtenu en réalité 58 % ?La fraude du siècle, loin devant celle des abris fiscaux ou des malversations dans le milieu politique.Concentrons donc nos ef for ts à ce problème endémique en créant une nouvelle commission d\u2019étude chapeautée par le gouvernement libéral.Dans les faits, vous savez ce que représentent ces 2 % ?La vie.Celle de ces jeunes adolescents qui, malgré des difficultés majeures sur le plan de l\u2019apprentissage, persévèrent tant bien que mal, insistent pour ne pas décrocher, faute de soutiens appropriés en matière de mesure d\u2019appui.Une vie qui, sans diplôme d\u2019études secondaires, est vouée à de bien plus grandes dif ficultés ; un emploi précaire sous-rémunéré, une estime de soi de plus en plus faible liée au sentiment profond de ne pas pouvoir mener à terme ses plus grands rêves, ceux entretenus depuis l\u2019enfance.Voilà ce que représentent ces 2 %, un diplôme assurant un certain seuil décent dans la société.Soyons donc justes et empathiques envers ces étudiants qui en «arrachent» déjà assez pour ne pas leur signifier en plus que nous sommes insensibles à leur situation.Ces jeunes qui obtiennent 58% ont souvent des problèmes neuro-développementaux (troubles d\u2019apprentissage, TDAH, DI légère, etc.) qui expliquent leur sous-rende- ment.Au lieu de les punir en les faisant échouer pour 2%, nous devrions les valoriser et les remercier d\u2019être toujours là, aux études, dans la douleur d\u2019apprendre.Vous en connaissez beaucoup de personnes qui restent affairées à une tâche douloureuse, année après année ?Félicitons-les et cessons d\u2019adopter une règle comptable, froide et austère.Ces 2 % doivent être abordés de façon qualitative, et non quantitative.Ne «scions pas les jambes» à ces enfants courageux et persévérants avec nos principes rationnels d\u2019adulte qui incitent à la performance.Ces comités de parents performants qui se plaignent de cette immonde injustice.Ceux qui inculquent à leur enfant non pas l\u2019importance du dépassement de soi, mais l\u2019importance du dépassement des autres.Frankie Bernèche, Ph.D., professeur de psychologie Montréal, le 9 mai 2017 BOMBARDIER Une côte à remonter S JEAN-ROBERT SANSFAÇON L E D E V O I R , L E M A R D I 1 6 M A I 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Marie-Pier Frappier (pupitre), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans), Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Loïc Hamon (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).L orsqu\u2019un crime a été commis, lorsqu\u2019un désaccord survient, les tribunaux sont appelés à juger.Mais les tribunaux judiciaires ne sont pas seuls.Ils sont concurrencés par le « tribunal de l\u2019opinion publique ».Ce phénomène des « deux tribunaux » s\u2019observe souvent lorsque des événements frappent l\u2019imaginaire collectif ; il a joué à plein lors des récentes révélations entourant des enquêtes de l\u2019UPAC.On peut s\u2019inquiéter que des procès se déroulent sur la place publique plutôt que dans les cadres prévus par la loi.Mais lorsque les tribunaux judiciaires et les enquêtes policières semblent inef ficaces, le risque s\u2019accroît que le grand public trouve légitimes les procédés qui court-circuitent les processus judiciaires.Les tribunaux judiciaires jugent selon les lois tandis que le jugement du « tribunal de l\u2019opinion publique » reflète diverses conceptions de la justice qui coexistent dans une société pluraliste.Le décalage entre la façon dont les tribunaux abordent les situations qu\u2019ils ont mission de juger et la façon dont les médias rendent compte des affaires qui doivent être « jugées» n\u2019est pas nouveau.Mais désormais, les médias traditionnels sont eux-mêmes en concurrence avec cette vaste gamme de possibilités offertes à chacun de dif fuser des informations et des opinions.Tout possesseur d\u2019un téléphone intelligent est en mesure de diffuser avec une portée comparable à celle des médias traditionnels.Cela change la façon d\u2019envisager les relations entre les «deux tribunaux».Le « tribunal de l\u2019opinion publique» est désormais investi d\u2019une redoutable capacité de concurrencer le judiciaire.Les médias recherchent de l\u2019information sur les procès en fonction de l\u2019intérêt de leurs publics.C\u2019est ainsi qu\u2019ils génèrent de la valeur.D\u2019où la propension à rendre compte des procès impliquant des personnalités connues ou portant sur des événements qui interpellent une portion significative du public.D\u2019où l\u2019attention accordée à la couverture de crimes qui soulèvent la curiosité ou l\u2019indignation.Plusieurs légitimités Déterminer ce qui interpelle le public, c\u2019est nécessairement faire une lecture de ce qui paraît porteur d\u2019enjeux pour le public desservi.Or, ce qui est tenu pour légitime par les différents publics n\u2019est pas nécessairement envisagé de la même manière par les professionnels du droit.Le grand public recherche « la justice » tandis que les avocats et juges ont à cœur que le tribunal juge en fonction des lois.Au sein de la population, la loi et l\u2019idée qu\u2019on se fait de la justice ne coïncident pas toujours.Ainsi, lorsqu\u2019il existe des perceptions \u2014 fondées ou non \u2014 voulant que la justice ne fonctionne pas assez vite ou qu\u2019il y a des choses qui seraient fautivement tenues cachées s\u2019accroît la légitimité des fuites d\u2019information qui aurait dû demeurer confidentielle.Le décalage entre les perceptions du public et celles des juristes contribue à expliquer les différences dans les visions de l\u2019intérêt public.Ces différences accentuent le contraste entre, d\u2019une part, la démarche du tribunal judiciaire qui sera préoccupé de protéger les droits des parties directement impliquées et, d\u2019autre part, celle des médias qui visent la diffusion d\u2019informations de nature à répondre aux attentes, voire aux impatiences de leurs publics.Cela dédouane les inhibitions de ceux qui seraient tentés de « couler » l\u2019information dans les médias afin de faire «bouger » les choses.Nécessaire transparence Dans le monde connecté, médias et journalistes chevronnés ne sont plus seuls à porter attention aux processus judiciaires.Le « tribunal de l\u2019opinion publique » s\u2019alimente de ce que tout un chacun est en mesure de capter et de répandre.Si l\u2019information n\u2019est pas disponible par les canaux officiels, elle finira par paraître par des voies marginales, pas toujours compatibles avec l\u2019État de droit.Devant la concurrence de ces normativités qui se proposent de toutes parts afin de rétablir la « justice », la légitimité des processus judiciaires est fortement tributaire de leur efficacité et de leur transparence.Pas question ici de prétendre que le « tribunal de l\u2019opinion publique » est équivalent au processus judiciaire.Il s\u2019agit plutôt de prendre la mesure des effets engendrés par la perception récurrente de l\u2019inefficacité et de l\u2019opacité des processus judiciaires.Une telle perception impose de travailler à réduire les facteurs qui tendent à légitimer le recours au « tribunal de l\u2019opinion publique ».Cela passe par le changement dans les attitudes et les méthodes de travail.Les conditions engendrées par ces possibilités accrues de circulation d\u2019information augmentent les risques de court-circuiter les processus judiciaires perçus comme inefficaces.Il serait naïf de croire que le recours à des règlements ou à des ordonnances imposant de rudimentaires interdits constituera des balises adéquates aux effets de cette concurrence entre les «deux tribunaux».Les deux tribunaux PIERRE TRUDEL G E N E V I È V E H É T U Directrice de Passages, Ressource communautaire pour jeunes femmes en dif ficulté ous apprenions récemment que le gouvernement Couil- lard avait sous-estimé les conséquences des coupes dans le programme d\u2019aide sociale.En somme, elles touchent beaucoup plus de prestataires et rapportent moins que prévu.Les propriétaires de maisons, les personnes ayant séjourné plus de deux semaines à l\u2019extérieur du Québec et les bénéficiaires souhaitant séjourner dans un centre de désintoxication (sous prétexte qu\u2019ils y sont logés et nourris), entre autres groupes pénalisés, ont vu leur revenu chuter.Le Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) le soulignait encore récemment : si l\u2019itinérance n\u2019est pas uniquement une question de pauvreté, elle est toujours une question de pauvreté.En ef fet, la grande majorité des femmes sollicitant les services de ressources comme la nôtre bénéficient de l\u2019aide sociale, et leur situation est effectivement loin d\u2019aller en s\u2019améliorant.On qualifie souvent l\u2019itinérance des femmes de cachée ou d\u2019invisible, parce que celles qui la subissent doivent trouver toutes sor tes de moyens pour éviter la rue.Effectivement, quand nous bénéficions de seulement 623 $ par mois pour vivre, disons que notre situation nous rend plus propices à nous retrouver dans toutes sortes de situations qui mettent en danger notre sécurité.Ainsi, nombreuses sont les femmes en situation d\u2019itinérance ou vivant dans une précarité extrême qui sont contraintes de trouver refuge chez un conjoint inadéquat, voire violent, dans un appartement sans bail avec un propriétaire abusif, ou de partager un ap- par tement avec des colocataires et risquer de subir de nombreuses violences physiques ou psychologiques.Les gens croient souvent à tort que les besoins en hébergement se font moins présents durant la période estivale.Ces situations peuvent se dérouler n\u2019importe quand dans l\u2019année.Par exemple, à Passages, le taux d\u2019occupation pour les mois d\u2019été 2016 (juin, juillet et août) et les mois de décembre 2016, janvier 2017 et février 2017 atteint exactement le même sommet fracassant de 115 %.Notre financement nous permet d\u2019of frir 11 places, mais nous répondons à une demande criante en rendant disponibles 5 lits supplémentaires.Des besoins de base oubliés Quand les femmes arrivent dans un organisme comme le nôtre, elles cherchent un toit sécuritaire et exempt de jugement.Plusieurs vivent dans l\u2019instabilité résidentielle depuis un certain temps.Le discours communautaire tend vers l\u2019insertion sociale, mais cette réinsertion n\u2019est malheureusement pas toujours possible compte tenu de nos ressources limitées.Comment sortir ces personnes de la rue quand on ne peut rien leur offrir ensuite ?Que peut-on leur proposer avec un budget de 623 $ par mois?Beaucoup de préjugés sur les prestataires d\u2019aide sociale persistent.Les femmes bénéficiant de nos services arrivent chez nous à bout de souffle et vivent généralement dans la pauvreté depuis plusieurs mois.Elles souffrent et ont souvent été victimes d\u2019abus parce qu\u2019elles sont dans une situation de survie.Nous avons le devoir, en tant que citoyens \u2014 si le gouvernement ne montre pas l\u2019exemple \u2014, de nous informer et de développer une conscience sociale.De nous ouvrir les yeux sur ces réalités, même si elles ne sont pas belles à voir.Si l\u2019itinérance des femmes se retrouve souvent dissimulée, elle n\u2019en est pas moins réelle.Des coupes qui ne rapportent à personne É R I C B É D A R D Historien et professeur à la TELUQ es préparatifs des célébrations entourant les 150 ans de la Confédération canadienne avancent à grands pas, mais les libéraux de Justin Trudeau risquent d\u2019avoir beaucoup plus de mal à donner un sens fort à ces commémorations.C\u2019est qu\u2019aux yeux des libéraux, le «vrai » Canada, celui de la diversité, de l\u2019ouverture à l\u2019autre, de l\u2019acceptation de la dif férence, fût-elle intégralement voilée lors d\u2019une cérémonie de citoyenneté, n\u2019est pas né en 1867, mais en 1982.On chercherait d\u2019ailleurs en vain, dans les écrits laissés par le père de l\u2019actuel premier ministre, des envolées lyriques sur le Canada de 1867 ou des éloges bien sentis consacrés aux Pères de la Confédération.Le passé en général, et celui du Canada en particulier, n\u2019inspirait guère l\u2019esprit progressiste qu\u2019était Pierre Elliott Trudeau.Lorsqu\u2019il se tournait vers l\u2019histoire, c\u2019était pour gronder les Canadiens français de s\u2019être montrés si peu intéressés par les grands débats politiques sur la démocratie et pour reprocher aux Canadiens anglais leur manière un peu cavalière d\u2019imposer leur nationalisme impérialiste à l\u2019ensemble du pays.Au début des années 1980, il ne s\u2019agissait pas seulement pour lui de rapatrier la Constitution et d\u2019affirmer la souveraineté canadienne, mais de refonder le Canada, de lui donner une véritable vocation et d\u2019en faire un « idéal moral » (comme l\u2019écrivait François Charbonneau dans un autre numéro d\u2019Argument).Aussi, à moins qu\u2019il ne torde les faits ou qu\u2019il n\u2019aligne les anachronismes, le régime Trudeau risque d\u2019avoir bien du mal à nous convaincre que 1867 annonçait 1982.À bien y penser, lorsque la ministre Mélanie Joly, pour souligner l\u2019anniversaire de la naissance de John A.Macdonald, vanta « sa vision d\u2019un pays qui valorisait la diversité, la démocratie et la liberté», nous avons peut-être eu droit à un avant-goût de ce qui nous attend.Le Canada de 1867 avait probablement quelques mérites, mais certainement pas celui de défendre des idéaux de diversité et de démocratie.Certes, on était ouvert à l\u2019immigration, mais à la condition que celle-ci soit blanche et chrétienne, et qu\u2019elle provienne des îles britanniques.On connaît le sort réservé par le gouvernement Macdonald aux Amérindiens et aux Métis de l\u2019ouest.Et ne parlons pas des Chinois, littéralement chassés de Vancouver, une fois le chemin de fer terminé.En 1867, la « diversité », telle que l\u2019entend la ministre Joly, n\u2019avait aucun sens.Ce qu\u2019on cherchait à construire, au Canada et ailleurs en Occident, c\u2019était des nations homogènes qui assimilaient de manière tout à fait assumée leurs minorités à la langue, mais aussi aux us et coutumes de la majorité.En ef fet, dans l\u2019esprit des élites du XIXe siècle, l\u2019homogénéité culturelle était un gage de force et de cohésion.Si on avait consenti à ce que le Canada soit une fédération, c\u2019était par réalisme, par esprit de compromis à l\u2019endroit de Canadiens français dont la religion et les traditions juridiques françaises avaient été reconnues par l\u2019Acte de Québec dès 1774 .Mais c\u2019était un compromis adopté sans enthousiasme.Et c\u2019est pour contrecarrer les germes d\u2019une division qu\u2019on craignait plus que tout qu\u2019un conservateur comme Joseph-Édouard Cauchon souhaita que la primauté du pouvoir soit accordée à l\u2019État fédéral.Quant à la démocratie, pour les hommes de 1867, elle était davantage un repoussoir qu\u2019un idéal.Pour Macdonald et Cartier, les États-Unis étaient le contre-modèle par excellence, précisément parce que ce puissant voisin, déchiré par une guerre civile, théâtre de tous les désordres politiques et moraux, montrait le visage hideux de la démocratie.Le vœu le plus cher des conservateurs aux commandes en 1867 était de faire du Canada un Dominion qui serait fidèle aux traditions héritées de ses pères et à ses origines britanniques, et qui s\u2019inscrirait dans une continuité historique, un temps long de l\u2019histoire occidentale.Dans ses derniers ouvrages, notamment Mon pays métis.Quelques vérités sur le Canada (Boréal, 2008), l\u2019intellectuel John Saul propose toutefois une réinterprétation de l\u2019histoire canadienne bien dif férente de celle-là et digne de mention.Mais la date de fondation du Canada moderne est à ses yeux 1848, bien davantage que 1867.L\u2019alliance LaFontaine-Baldwin ne mène pas seulement à l\u2019obtention du gouvernement responsable, selon lui, elle marque le début d\u2019une cohabitation respectueuse entre deux hommes de raison à la recherche de compromis, allergique aux passions destructrices et aux logiques cartésiennes.Le Canada de 1848, confirmé par le pacte de 1867, annoncerait donc un pays d\u2019un genre complètement nouveau qui aurait tourné le dos à une conception unitaire et homogène de la nation, privilégiée par les Européens dès le XVIIe siècle.Si Justin Trudeau et Mélanie Joly sont bien conseillés, c\u2019est ce Canada «métis», cette «civilisation » unique, qui devrait plutôt être à l\u2019honneur en 2017, même s\u2019il faudra à cet égard un tour de force rhétorique pour faire oublier que les deux principaux fondateurs du Canada de 1867 ne communiaient nullement au Canada progressiste que nos ministres vénèrent, mais qui n\u2019existe probablement que dans leur imaginaire.Cela dit, mes attentes sont assez basses en la matière.Ni du premier ministre ni de sa ministre du Patrimoine, je n\u2019attends de grands discours sur le Canada-Uni du XIXe siècle.Que ceux qui n\u2019aiment guère l\u2019histoire soient rassurés ! Ce qu\u2019on risque de « célébrer », c\u2019est un merveilleux présent fait de générosité et d\u2019ouverture.Ce qui devrait surtout retenir l\u2019attention, lors de ce 150e, ce sont les rubans coupés et les premières pelletées de terre devant les gros flashs des caméras complices.Il faudra aussi s\u2019attendre à ce que Justin Trudeau et Mélanie Joly multiplient les égoportraits tout au long de l\u2019été.Parce qu\u2019on est en 2017\u2026 Des commentaires ou des suggestions pour des Idées en revues?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.De 1867 ou de 1982, quel Canada fêter en 2017 ?Chaque mardi , Le Devoir of fre un espace aux ar tisans d \u2019 u n p é r i o d i q u e .Cette semaine, nous vous proposons un extrait d\u2019un texte paru dans la revue Argument , prin- temps-été 2017, volume XIX, no 2.DES IDÉES EN REVUES L Que peut-on proposer [aux femmes itinérantes] avec un budget de 623$ par mois ?« » N PEDRO RUIZ LE DEVOIR Une itinérante au square Viger en 2007.«Les femmes bénéficiant de nos services arrivent chez nous à bout de souffle et vivent généralement dans la pauvreté depuis plusieurs mois, écrit l\u2019auteure, de la ressource Passages.Elles souffrent et ont souvent été victimes d\u2019abus parce qu\u2019elles sont dans une situation de survie.» L E D E V O I R , L E M A R D I 1 6 M A I 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel 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considération\u2026 afin de se précipiter pour féliciter son éditeur.« Il n\u2019y a rien de nouveau au sexisme dans les maisons d\u2019édition ou en littérature, c\u2019est bien commun, n\u2019est-ce pas ?expliquait au Devoir dans un français exquis celle qui gagne, et très bien merci, sa vie par les lettres, c\u2019est quand même assez bien répandu.Mais j\u2019ai trouvé intéressant de voir combien de femmes se sentaient seules dans cette situation et ont réalisé qu\u2019elles ne l\u2019étaient pas.Ça démontre que toutes les femmes ont plus ou moins les mêmes expériences \u2014 qu\u2019elles soient connues ou pas, qu\u2019elles aient du succès ou pas.» Un «biais de perception» Pour la professeure en études littéraires de l\u2019Université de Sherbrooke Isabelle Boisclair, une initiative comme celle de Mme Harris est à saluer, « parce qu\u2019elle révèle ce que les femmes entendent souvent, et dont les hommes n\u2019ont peut-être pas conscience.À la base des inégalités, qui sont de plus en plus dénoncées en politique et dans le monde culturel, se trouve un biais de perception: et c\u2019est ce qui est dévoilé ici.Sinon, ce biais reste intangible».Par ces prises de parole, poursuit la spécialiste, les femmes « révèlent leur condition.On a beaucoup théorisé, depuis 1949 et Le deuxième sexe (Gallimard) de Simone de Beauvoir, depuis Kate Millett et Betty Friedan.Mais c\u2019est comme si ça restait des théories et que plusieurs ne réalisaient pas à quel point elles s\u2019actualisaient dans nos corps, nos vies, nos quotidiens de femmes.Depuis quelques années, les femmes montrent, révèlent, dénoncent, exposent.Et c\u2019est bon que ça se fasse», analyse celle qui enseigne aussi les théories féministes.Mme Boisclair voit une lignée entre le travail de Nelly Arcan, «qui faisait entendre ce qu\u2019elle entendait et comment elle se faisait traiter, en tant que pute, en tant que blonde de\u2026 », la sé- r ie #agress ionnondénoncée et #ThingsOnlyWomenWritersHear.Répéter, encore «Il faut continuer à dire \u201cce n\u2019est pas acceptable\u201d, et le répéter jusqu\u2019à ce que quelqu\u2019un écoute, estime Mme Harris, qui termine présentement la rédaction de sa suite fantasy sur les dieux nordiques.«Un certain cachet reste attaché aux écrivains hommes que les écrivains femmes, j\u2019ai l\u2019impression, n\u2019atteignent pas tout à fait.Cette idée que les femmes écrivent pour les femmes pendant que les hommes écrivent pour la postérité est quand même fort bien ancrée.» Une idée qui s\u2019inscrit très tôt, croit l\u2019auteure.«Regardez la séparation des livres pour les enfants : on voit déjà des attitudes insuf flées en très, très jeune âge, dif férentes pour les garçons et les filles, et qui continuent à être nourries dans le monde adulte.Comme cette idée que les filles n\u2019aiment que les histoires de princesses, alors que les garçons cherchent les aventures.Ça se perpétue.Cette mentalité que les histoires de filles, de femmes, ne sont pas très importantes s\u2019enracine en nous dès le début.» Et cette mentalité se poursuit, se colporte et se voit reconvoquée ensuite, ajoute Mme Harris.«Les prix littéraires restent dominés par les hommes; ils ont aussi beaucoup plus de couverture médiatique; et on parle d\u2019eux avec un langage dif férent.On a étudié tout ça, on sait déjà tout ça, mais il faut continuer, encore, à le répéter, et voir encore comment, pour un homme écrivain, on va parler de ses idées, de son œuvre, et pour une femme, comment encore on a tendance à parler de sa robe.» La stratégie des petits pas Comment faire bouger les choses?Chacun à sa manière, estime Isabelle Boisclair.« Je pense que les profs masculins doivent impérativement revoir leur cursus pour y inclure des œuvres de femmes ; les médias doivent viser une équité dans leur représentation des auteurs et des auteures ; chaque libraire gagnerait à remettre en question ses réflexes\u2026 Je ne lancerai jamais de pierre lorsqu\u2019on oublie de citer des femmes.Ce n\u2019est pas l\u2019anecdote que je cherche.C\u2019est bien plus grand que ça : une reconnaissance, un engagement \u2014 qui peut, oui, se faire par de petits gestes.Je pense que les petites actions, faites par le plus grand nombre, peuvent réparer des iniquités.» Il n\u2019y a aucun intérêt à devenir des polices, des comptables qui recensent en tout le temps le nombre de femmes contre le nombre d\u2019hommes, poursuit-elle.«Mais obtenir au moins une zone de parité ferait qu\u2019on n\u2019aurait plus à sortir nos fucking calculatrices pour démontrer à quel point la situation actuelle est inéquitable.Là, on compte parce que la disparité est trop visible ; elle nous saute dans la face.» Joanne Harris, de son côté, estime que la discussion actuelle, avec ses contre-arguments et même ses trolls masculinistes, a sa valeur.« Ça, c\u2019est important : garder cette conversation ouver te, en espérant qu\u2019elle s\u2019étale, dans des blogues, dans des articles et, espérons, dans le monde.Je pense qu\u2019il y a pas mal d\u2019hommes, même fort honnêtes et pleins de bonne volonté, qui ne réalisent pas à quel point ces choses-là arrivent aux femmes.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 FEMME Cette idée que les femmes écrivent pour les femmes pendant que les hommes écrivent pour la postérité est quand même fort bien ancrée Joanne Harris, écrivaine « » censé réglementer, et qu\u2019ils semblent, à tout le moins, avoir un parti pris inconditionnel envers cette industrie ».Le mandat de l\u2019ONE, qui ne prévoit pas l\u2019évaluation des impacts climatiques d\u2019un projet, signifie en outre que les audiences «sont devenues de facto des forums inadéquats» pour débattre des enjeux concernant les politiques énergétiques et celles liées aux changements climatiques.Au bout du compte, « les audiences de l\u2019ONE ne servent aucun intérêt, et compliquent inutilement le conflit » entre les groupes industriels et les groupes environnementaux, notent les auteurs du rapport.Démanteler l\u2019ONE Le comité soumet donc 26 recommandations qui, si elles sont retenues par le gouvernement Trudeau, modifieront en profondeur le processus d\u2019examen des grands projets énergétiques, dont les pipelines.Le comité propose carrément de remplacer l\u2019ONE par une «commission canadienne sur le transport de l\u2019énergie moderne», qui permettrait d\u2019augmenter «de façon radicale l\u2019échelle et l\u2019étendue de la participation des intervenants concernés pour gagner la confiance des Canadiens et leur offrir de meilleurs résultats ».Le comité d\u2019experts suggère aussi de revoir le processus devant mener à l\u2019approbation des grands projets.Dans un premier temps, et avant même l\u2019examen détaillé d\u2019un projet, un processus d\u2019un an servirait à «déterminer l\u2019harmonisation de ces projets avec l\u2019intérêt national ».Préciser ce qu\u2019est « l\u2019intérêt national » reviendrait au gouvernement fédéral.Par la suite, un processus de deux ans s\u2019enclencherait, notamment pour mener « une évaluation environnementale complète » sous l \u2019égide de l \u2019Agence canadienne d\u2019évaluation environnementale et de la Commission canadienne sur le transport de l\u2019énergie.Actuellement, l\u2019ensemble du processus sous l\u2019égide de l\u2019ONE est limité à 21 mois.Réagissant à la publication du rap- por t, le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr, a souligné lundi que le gouvernement devrait préciser cet automne de quelle façon il entend moderniser l\u2019ONE.Mais selon lui, le comité d \u2019exper ts ne recommande pas de démanteler l\u2019Office.Le ministre libéral a aussi réitéré que l\u2019examen des projets en cours, dont celui du pipeline Énergie Est de TransCanada, se poursuivrait.Le gouvernement Trudeau a mis en place « des mesures intérimaires » pour l\u2019évaluation de ce projet, a rappelé le ministre Carr, et le gouvernement ne souhaite pas « retourner à la case dépar t » pour le projet Énergie Est.L\u2019ONE a d\u2019ailleurs publié la semaine dernière une première liste des questions qui devraient être abordées dans le cadre des audiences sur le plus important projet de pipeline en Amérique du Nord.Mesures «cosmétiques» Le groupe Équiterre s\u2019est dit déçu du rappor t déposé par le comité, jugeant que « plusieurs des recommandations demeurent vagues quant au fonctionnement de la nouvelle mouture de l\u2019Of fice qui est proposée ».« Il faut aller au-delà des changements cosmétiques, a affirmé Steven Guilbeault, directeur principal d\u2019Équiterre.Ce n\u2019est pas en changeant le nom de l\u2019ONE ou en déménageant le siège social de Calgary à Ottawa que l\u2019on va régler les problèmes de cette institution.» Selon Équiterre, l\u2019idée de déterminer s i un projet est « d\u2019intérêt national » avant de mener une évaluation des impacts environnementaux « serait une grave erreur, dans la mesure où des informations névralgiques seraient manquantes pour déterminer \u201cl\u2019intérêt national\u201d d\u2019un projet ».Le groupe estime aussi qu\u2019il est difficile de juger du «rôle» de l\u2019évaluation environnementale et climatique dans la prise de décision pour un projet.Greenpeace a pour sa part réitéré lundi que l\u2019évaluation du projet Énergie Est ne peut aller de l\u2019avant sous l\u2019égide de l\u2019ONE.«Le gouvernement Trudeau favorise les pétrolières et va à l\u2019encontre de l\u2019intérêt du public quand il laisse à l\u2019ONE la responsabilité d\u2019évaluer Énergie Est alors que l\u2019organisme n\u2019a plus de crédibilité et n\u2019a plus la confiance de la population», a laissé tomber son porte- parole, Patrick Bonin.Avec Marie Vastel Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ONE NATI HARNIK ASSOCIATED PRESS Le comité d\u2019experts soumet 26 recommandations qui, si elles sont retenues par le gouvernement Trudeau, modifieront en profondeur le processus d\u2019examen des grands projets énergétiques, dont les pipelines.« Si on parle d\u2019aide et non plus de médecine, pourquoi les médecins devraient-ils intervenir?» ajoute ce dernier.«À partir du moment où les personnes ne sont plus conscientes de leur état, dit-il, elles ne souffrent plus.C\u2019est davantage l\u2019entourage qui souffre.» Il ne s\u2019agirait donc plus d\u2019un soin médical, ajoute le représentant du Collège.Et ce, même si la société québécoise estime qu\u2019il peut être moral et légal pour une personne condamnée de demander l\u2019aide à mourir de façon anticipée.« Le Collège des médecins n\u2019endosse pas cette vision, qui valorise la mort à la carte pour respecter les choix de chacun », dit-il, d\u2019avis que plusieurs observateurs prônent une vision de l\u2019aide à mourir qui fait prévaloir le droit sur la médecine.Un enjeu complexe Du point de vue du Dr Robert, il est clair que si le gouvernement va dans cette direction, il faudra se demander si les médecins sont toujours les mieux placés pour répondre aux besoins des patients.«Si la volonté populaire se limite à respecter la volonté exprimée par la personne, la société devra considérer lucidement d\u2019autres options que celles qui nécessitent la participation du médecin », écrit le secrétaire du CMQ dans son billet.Le médecin pense que les personnes qui dérogent aux critères de la loi et qui souhaitent malgré tout mourir par suicide assisté pourraient se tourner vers des sociétés privées, comme c\u2019est le cas en Suisse, où des organismes comme Exit et Dignitas aident des malades à mettre fin à leurs jours.« Mais est-ce vraiment dans cette direction que la société québécoise souhaite aller?» Un débat hautement délicat Après l \u2019émoi causé par le meur tre présumé d \u2019une femme atteinte de la maladie d\u2019Alzheimer par son conjoint et les grèves de la faim entreprises par d\u2019autres malades condamnés, mais exclus de la loi, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a annoncé en mars dernier la création d\u2019un comité pour réfléchir à l\u2019élargissement possible de la loi sur l\u2019aide à mourir.Le comité doit notamment se pencher sur l\u2019enjeu des directives médicales anticipées.Selon nos informations, la composition de ce comité d\u2019experts n\u2019a pas encore été arrêtée.Si jamais la voie des DMA était envisagée pour les personnes inaptes, le représentant du Collège des médecins estime que la force légale de celles-ci devrait être d\u2019un tout autre ordre que les directives déjà existantes de refus de traitement.«Le Collège va être très prudent et voir à ce qu\u2019elles puissent être réfutées devant un juge ou d\u2019autres manières.Si on va vers cela, il faudra qu\u2019il y ait des raisons médicales», a-t-il insisté.Rappelant que la Belgique et les Pays-Bas ont récemment ouvert cette porte, le Dr Robert se demande si le Québec «doit aller là».«Ce n\u2019est plus de la médecine ! dit-il.Prenons le temps de réfléchir avant d\u2019aller plus loin, il n\u2019y a pas urgence à mourir», conclut-il dans son billet.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MÉDECINS Portrait de l\u2019aide à mourir dans divers pays Québec: aide à mourir (administrée par le médecin) Pays-Bas: suicide assisté (le patient pose le geste) Belgique: euthanasie active (administrée par les médecins) Suisse: suicide assisté (avec l\u2019aide d\u2019organismes privés) Oregon, Washington, Montana, Vermont, Californie: suicide assisté (le patient pose le geste) Si la volonté populaire se limite à respecter la volonté exprimée par la personne, la société devra considérer lucidement d\u2019autres options que celles qui nécessitent la participation du médecin Le Dr Yves Robert, secrétaire du Collège des médecins « » "]
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