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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-05-08, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I I N o 1 0 1 L E D E V O I R , L E L U N D I 8 M A I 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Être touriste dans sa propre ville.Pérégrinations d\u2019auteurs et de photographes dans Montréal.Page B 8 Sur la route \u203a Le garage du voisin à la rescousse.Louer son stationnement privé?Page B 5 Avis légaux.B 6 Décès.B 4 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 4 Sudoku.A 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Société Des textiles collecteurs d\u2019énergie Page B 3 Jean-François Nadeau La vie rêvée des youtoubeurs Page A 4 De nouvelles consignes pour diminuer la prescription d\u2019opioïdes Page A 4 C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris E mmanuel Macron aura finalement remporté son pari fou.Après une campagne totalement atypique, il a facilement gagné ce second tour de l\u2019élection présidentielle française avec 66 % des voix contre 34 % pour la candidate du Front national, Marine Le Pen.À 39 ans, il devient le plus jeune président de la Ve République et même de l\u2019histoire récente de la France.Emmanuel Macron l\u2019emporte cependant avec un taux d\u2019abstention historique de 26 % et plus de quatre millions de votes blancs.Un record ! Au terme d\u2019une campagne rocambolesque, cette élection que d\u2019aucuns annonçaient comme un nouveau Brexit ou une réédition de celle de Donald Trump, annonce de toute évidence une refondation de la vie politique française.«Rien n\u2019était écrit », a dit d\u2019entrée de jeu celui qui était pratiquement inconnu il y a cinq ans et dont le mouvement, En marche !, a été créé il y a un an à peine.Loin du triomphaliste qui lui avait été reproché après le premier tour, Emmanuel Macron a voulu mettre cette victoire sous le signe de l\u2019humilité.«Durant les cinq années qui s\u2019ouvrent, ma responsabilité sera d\u2019apaiser les peurs, a-t-il déclaré.Ma responsabilité sera de rassembler toutes les femmes et tous les hommes prêts à af fronter les défis gigantesques qui nous attendent.» Alors que cette élection a révélé une fracture profonde à la fois géographique et sociale en France, Emmanuel Macron dit vouloir se battre de toutes ses forces «contre la division qui nous mine et nous abat.C\u2019est ainsi que nous pourrons rendre au peuple français [\u2026] les chances que la France lui doit ».PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE Macron\u2026 et haut la main F R A N Ç O I S D E S J A R D I N S I l faudra patienter.Le niveau de l\u2019eau cessera de monter entre lundi et mercredi, estiment les autorités alors que deux villes, Montréal et Laval, ont décrété dimanche l\u2019état d\u2019urgence pour se doter de pouvoirs spéciaux et composer avec une crise que le Québec n\u2019a pas vue depuis des années.Entre les efforts acharnés de citoyens exténués, le travail spontané des bénévoles et l\u2019arrivée de centaines de militaires dans le corridor Outaouais-Mauricie, Québec a indiqué qu\u2019environ 1000 personnes ont jusqu\u2019ici été évacuées, soit cinq fois plus que vendredi.Dans la mesure où près de 150 municipalités sont touchées, jusqu\u2019en Gaspésie, tout le monde est mis à contribution.Les autorités surveillent notamment le niveau de l\u2019eau de la rivière des Prairies, dont la hausse compliquera une situation déjà difficile.« Il va y avoir une recrudescence de 20 centimètres des eaux», a dit le maire de Montréal, Denis Coderre, lors d\u2019une conférence de presse.« Alors, on est en mode prévention.[\u2026] Les 48 prochaines heures vont être déterminantes.» En plus des centres d\u2019hébergement de la Croix-Rouge qui voient le jour pour recevoir des sinistrés, Québec a mis sur pied quatre centres de coordination régionaux à l\u2019intérieur desquels on retrouve tous les intervenants liés à la sécurité civile : autorités municipales, services d\u2019incendie, policiers et forces armées canadiennes.Ces centres \u2014 situés à Montréal, en Montérégie, en Mauricie et en Outaouais \u2014 ont pour mission de faire le tri des demandes qui proviennent des municipalités.« Le niveau des eaux atteint des zones qui sont normalement de zéro en 100 ans.Ce sont des inondations qui sont exceptionnelles, ici à INONDATIONS Montréal en état d\u2019urgence, et en mode prévention La crue historique des eaux pourrait se calmer seulement mercredi PATRICK KOVARIK AGENCE FRANCE-PRESSE À 39 ans, Emmanuel Macron est le plus jeune président de l\u2019histoire récente de la France.J E A N N E C O R R I V E A U L es fidèles se font peut-être rares à la messe du dimanche, mais les églises ne manquent pas à Montréal.Avec le regain d\u2019intérêt obser vé à l\u2019égard du tourisme religieux au cours des dernières années, elles sont donc susceptibles d\u2019attirer des visiteurs en quête de découvertes architecturales.Témoins du passé, les lieux de culte racontent à leur façon l\u2019histoire de Montréal.Un ouvrage permet maintenant de les découvrir un quar tier à la fois, à pied ou en voiture.En ce vendredi midi pluvieux, l\u2019église anglicane Saint-Georges est déserte.Elle est située en plein centre-ville, mais le calme qui y règne contraste avec le brouhaha extérieur.Pierre Bellerose, dont les bureaux sont tout proches, vient parfois à l\u2019heure du midi y trouver refuge, à l\u2019abri de la frénésie urbaine.Vice-président chez Tourisme Montréal, il a pu mesurer l\u2019engouement grandissant des visiteurs étrangers pour le patrimoine religieux : «Lorsqu\u2019il y a eu la canonisation de frère André en 2010, on a été très surpris PATRIMOINE RELIGIEUX Les églises, carte de visite pour la métropole JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019an dernier, 2 millions de visiteurs ont fréquenté l\u2019oratoire Saint-Joseph-du-Mont-Royal.VOIR PAGE A 8 : PATRIMOINE VOIR PAGE A 8 : URGENCE VOIR PAGE A 8 : MACRON Lire aussi \u203a Les gestes bénévoles se multiplient.Un peu partout, les voisins touchés s\u2019entraident.Page A 2 Notre couverture \u203a «La chance de Macron» : la chronique de François Brousseau.Page B 1 Une victoire sur fond de division.Page A 3 Portrait d\u2019un homme pressé à l\u2019ascension fulgurante.Page A 3 Montréal a voté en bloc pour Macron.Page A 3 L E D E V O I R , L E L U N D I 8 M A I 2 0 1 7 I N O N D A T I O N S A 2 INSCRIVEZ-VOUS \u2022 CORIM.QC.CA \u2022 514 340-9622 Thèmes abordés : 1.Le rôle fondamental d\u2019une marque forte et d\u2019un positionnement clair dans une stratégie de croissance 2.La stratégie de croissance gagnante d\u2019une ?rme de services professionnels 3.L\u2019importance de l\u2019expertise technique et de l\u2019innovation dans la croissance Alexandre L\u2019Heureux Président et chef de la direction, WSP Mardi 16 mai 2017 de midi à 14 h Marriott Château Champlain 1050 Rue de la Gauchetière Ouest Avec l\u2019appui de : WSP : une marque forte en pleine expansion mondiale au service de l\u2019innovation Déjeuner-causerie de la Série Aff aires F R A N Ç O I S D E S J A R D I N S D ans les secteurs riverains de L\u2019Île-Bizard, un des ar rondissements soumis à l\u2019état d\u2019urgence de 48 heures décrété par la ville de Montréal, des résidences que l\u2019on croyait suf fisamment loin de l\u2019eau sont soudainement inondées, chaque résidant s\u2019affairant à ériger et à consolider des murs de sacs de sable et de plastique pour limiter les dégâts.Le bruit des pompes est partout.D\u2019un bout à l\u2019autre des secteurs touchés, ce même scénario se répétait, dimanche, mais il s\u2019accompagnait aussi d\u2019une entraide chaleureuse et spontanée de gens venus de partout pour donner un coup de main.Lorsque Le Devoir est passé derrière l\u2019hôtel de ville de l\u2019arrondissement de L\u2019Île-Bizard\u2013 Sainte-Geneviève, une armée de bénévoles s\u2019attaquait à d\u2019énormes tas de sable pour faire de l\u2019ensachage.Jeunes et moins jeunes se sont présentés comme ça, tout simplement, en réaction à ce qui semble être une initiative citoyenne.En gros, grâce au bouche-à- oreille et à Facebook.« On ne réalise pas ce qui se passe lorsqu\u2019on vit ailleurs sur l\u2019île de Montréal », dit Cendra Paas, qui est venue de Pointe- Claire pour prêter main-forte.« Je suis stupéfaite de voir l\u2019état des lieux.Je suis originaire de Winnipeg, je suis habituée aux cas d\u2019inondations », dit-elle.Comment s\u2019est manifesté le besoin de venir aider ?Dans sa ville natale, dit-elle, « c\u2019est ce que les gens font ».Cer tains bénévoles s\u2019activent déjà depuis deux ou trois jours.L\u2019un d\u2019eux est même venu du Vermont avec sa camionnette.« J\u2019habite sur l\u2019île Bizard mais je ne suis pas touchée », dit L yne Paquette, pelle en main.Sa maison est à 400 mètres de l\u2019eau, ce qui limite le risque pour l\u2019instant à un éventuel débordement d\u2019égout.« Mais c\u2019est dévastateur pour ceux qui sont touchés.D\u2019autant plus que plusieurs ar tères sont fermées, alors l\u2019accès se complique.» Dans la cour de l\u2019atelier municipal, les camions se succèdent pour transporter des sacs de sable jusqu\u2019aux secteurs touchés.Or, la frénésie a fait en sorte que vers 11 h, il n\u2019y avait plus de sacs.La priorité est donc allée aux sacs conteneurs, de très grande taille.L\u2019aide nécessaire Les autorités ont d\u2019ailleurs tenu à mentionner dimanche le vent de solidarité qui s\u2019est exprimé à l\u2019égard des sinistrés.«Nos citoyens directement touchés sont durement éprouvés.Il faut qu\u2019on leur apporte toute l\u2019aide nécessaire, a relevé le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux.Il y a d\u2019ailleurs énormément de gestes solidaires qu\u2019on voit à travers le Québec.Beaucoup de gens qui viennent faire du travail sur place, sur une base bénévole.Et c\u2019est apprécié des citoyens.Ils se prennent en main, mais ils ont besoin de l\u2019appor t de tout le monde dans la communauté.» Du côté de la Croix-Rouge, au sein de laquelle travaillent des bénévoles, on a déjà mis sur pied plusieurs centres d\u2019accueil pour les sinistrés, qui ont besoin d\u2019être logés mais aussi de s\u2019alimenter.À Gatineau, l\u2019appel du maire a permis de mobiliser environ 1500 bénévoles samedi afin de remplir des sacs de sable à l\u2019aréna Campeau.Une cor vée était également prévue dimanche.Pas loin de l\u2019hôtel de ville, les propriétaires travaillent sans relâche pour combattre l\u2019eau qui entre de partout.«Ça va mal», laisse tomber Henry, qui habite à quelques mètres de la rivière des Prairies, plus ou moins en face de la désormais célèbre île Mercier.Il garde le sourire mais sa petite maison de 1880, qui n\u2019a pas de sous-sol, est complètement entourée.«Dans la maison, le niveau de l\u2019eau est le même qu\u2019ici à l\u2019extérieur », dit-il.C\u2019est-à- dire plus ou moins à la hauteur des genoux.À l\u2019entrée de la rue qui mène au pont de l\u2019île Mercier, submergé et impraticable, Robert observe le niveau de l\u2019eau qui s\u2019approche rapidement de son immeuble.L\u2019eau a monté si vite que le service des incendies a dû déplacer dans la journée un petit poste de commandement qu\u2019il avait installé.«À Rigaud, c\u2019est pire», se console- t-il.«Il y a pire ailleurs.Tout le monde est dans le même bain, c\u2019est le cas de le dire.» Le Devoir Les gestes bénévoles se multiplient Les sinistrés ont reçu dimanche une aide spontanée et fort appréciée PHOTOS ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Des parois de sacs de sable et de matériaux de construction divers ont été aménagées devant plusieurs résidences inondées, dont celle-ci, à L\u2019Île-Bizard.À droite: une cour sinistrée de l\u2019île Mercier.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR À L\u2019Île-Bizard, une armée de bénévoles s\u2019est af fairée à remplir des sacs de sable, derrière l\u2019hôtel de ville.[Les sinistrés] se prennent en main, mais ils ont besoin de l\u2019apport de tout le monde dans la communauté Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux » « OLIVIER ZUIDA LE DEVOIR Une corvée à Rigaud L E D E V O I R , L E L U N D I 8 M A I 2 0 1 7 MACRON PRESIDENT A 3 É L O I R O U Y E R à Paris Inconnu des Français il y a encore peu, Emmanuel Macron, 39 ans, a surgi dans le paysage politique en conquérant l\u2019Élysée au terme de la première campagne électorale de sa vie.Le centriste pro-européen est devenu le plus jeune président français en battant la candidate d\u2019extrême droite, Marine Le Pen, dimanche.Toujours tiré à quatre épingles, ce fils de médecins est entré discrètement sur la scène politique en 2012 en devenant conseiller économique du président socialiste François Hollande.Quand cet ancien banquier d\u2019af faires décide en novembre de se lancer dans la course à la présidentielle après avoir démissionné de son poste de ministre de l\u2019Économie (2014-2016), sa candidature suscite une certaine condescendance chez les politiques de tous bords.Le flou de son programme, son inexpérience des rendezvous électoraux, sa campagne sans parti structuré, passent alors pour des obstacles infranchissables sur la route de l\u2019Élysée.Mais celui qui se définit comme «progressiste» sait profiter des primaires de droite puis de gauche, qui ont désigné des candidats laissant une marge de manœuvre au centre à son jeune mouvement « En marche!», créé en avril 2016.Les déboires judiciaires du candidat de la droite François Fillon et son ef fondrement dans les sondages lui permettent ensuite de rejoindre le peloton des favoris, puis de consolider au fil des mois une base électorale longtemps fragile.Le 23 avril, il arrive en tête du premier tour de la présidentielle, avec 24,01 %, devant Marine Le Pen, longtemps donnée en tête du scrutin par les sondages.En rupture Élève brillant des plus gran - des écoles françaises, celui qui s\u2019exprime dans un français parfois désuet dit avoir tiré de sa courte expérience du pouvoir \u2014 deux ans comme conseiller de l\u2019Élysée puis deux ans au ministère de l\u2019Économie \u2014 un enseignement majeur : le «dysfonctionnement» du système politique actuel.«Macron a eu l\u2019intuition, précisément parce qu\u2019il était extérieur à la vie politique traditionnelle, que les partis de gouvernement [\u2026] étaient, pour reprendre un vieux mot, usés, fatigués, vieillis», a confié François Hollande à son sujet.Désireux de capter l\u2019aspiration au renouvellement politique des Français, le jeune ministre fonde en avril 2016 son mouvement, «En marche!» \u2014 ou EM comme ses initiales, avec un mode d\u2019organisation type « star t up » qu\u2019il af fec- tionne.Les adhésions affluent jusqu\u2019à dépasser 300 000 adhérents, les soutiens de tous bords consolident sa candidature.Ses rassemblements attirent les foules, l\u2019omniprésence de son épouse, Brigitte, son ancienne professeure de français de 24 ans son aînée, fait couler beaucoup d\u2019encre.Son projet est d\u2019inspiration sociale-libérale.Son cœur de cible : les classes moyennes, qu\u2019il juge «oubliées» par la droite et la gauche.Son discours transpartisan, libéral économiquement et sur les questions de société, plaît surtout aux jeunes urbains et aux milieux d\u2019affaires.L\u2019extrême droite et l\u2019extrême gauche le dépeignent avec virulence comme le porte-voix des gagnants de la mondialisation.Le jeune banquier Face aux attaques de Marine Le Pen lors du débat télévisé houleux de l\u2019entre-deux-tours, M.Macron a montré sang-froid et pugnacité.Rendant coup pour coup, il s\u2019est présenté comme le défenseur de « l\u2019esprit de conquête français» face à son «esprit de défaite».Ses détracteurs voient en lui un «illusionniste» et dénoncent son programme flou, son positionnement jugé trop proche des milieux économiques, en lui reprochant son passé de banquier \u2014 qu\u2019il assume pleinement et qui lui a valu le surnom de «Mozart de la Finance».S\u2019il a largement remporté la victoire dimanche, l\u2019adhésion à sa personne et à son projet ne lui est pas acquise.Au premier tour, plus de 40% de ses électeurs af firmaient l\u2019avoir choisi par défaut.Les appels à faire barrage à l\u2019extrême droite ont alimenté les votes en sa faveur, mais des manifestations renvoyant dos à dos son projet jugé trop libéral et le nationalisme de Marine Le Pen \u2014 aux cris de «Ni Marine, ni Macron, ni patrie, ni patron» \u2014 ont été organisées par tout en France avant le second tour.«J\u2019ai entendu pendant toute la campagne [\u2026] la colère sur l\u2019Europe et l\u2019incompréhension sur la mondialisation.Je vais la prendre en compte», a-t-il promis.Agence France-Presse PORTRAIT Un homme pressé à l\u2019ascension fulgurante ÉRIC FEFERBERG AGENCE FRANCE-PRESSE M.Macron a peu d\u2019expérience politique: deux ans comme conseiller de l\u2019Élysée puis deux ans à titre de ministre de l\u2019Économie.M A R I E - L I S E R O U S S E A U C ris de joie et applaudissements ont fusé dimanche après-midi dans le bar du Pla- teau-Mont-Royal où étaient rassemblés les par tisans montréalais du nouveau président de la République, Emmanuel Macron.Samedi, les Français de Montréal ont voté à près de 91 % pour le candidat d\u2019En marche ! Le taux de participation de ce deuxième tour était de 42%.Les électeurs sur place se sont dits soulagés et heureux de cette victoire obtenue avec 65 % des voix dans l\u2019ensemble du pays.« Ça envoie un très beau message pour les prochaines années », a lancé un électeur de Macron, Laurent Bonnefoy, entre deux accolades à d\u2019autres partisans.«Les gens se sont mobilisés, ils sont allés voter \u2014 même s\u2019ils n\u2019étaient pas tous d\u2019accord \u2014 pour faire barrage au Front national.Ça montre qu\u2019on a de belles valeurs en France et qu\u2019on les défend», a déclaré une électrice, Estelle.Bien qu\u2019elle se soit abstenue de voter au deuxième tour, car elle ne souscrit à aucun des partis qui étaient en lice, une autre Française de Montréal, Karina, a tenu à être présente au rassemblement organisé par le mouvement En marche ! Montréal.«C\u2019est mieux que ce soit Macron que Le Pen», a dit la partisane du candidat déchu Jean-Luc Mélenchon.« Ç\u2019a été une campagne très violente, qui a révélé de vraies fractures.Maintenant le défi est grand, mais j\u2019ai confiance en cet homme, qui a montré une incroyable capacité à rassembler, à être positif et à œu- vrer pour la jeunesse », a pour sa part déclaré Nathalie Frank, une électrice de Macron, qui souhaite que le nouveau président de la République réussisse à « renouveler avec le vivre-ensemble, comme on sait le faire à Montréal».Selon l\u2019organisateur du mouvement En marche! Montréal, Christopher Weissberg, le résultat de l\u2019élection est très satisfaisant compte tenu de la campagne «très dure et virulente» qui a été menée.«C\u2019est la preuve qu\u2019il a fait une magnifique campagne et qu\u2019il peut en être fier», a- t-il déclaré, félicitant au passage les Français de Montréal qui «ont largement participé à ce succès» en attendant des heures devant leurs bureaux de vote.L\u2019avenir de Lescure Le militant Roland Lescure était tout aussi heureux du résultat du vote, lui qui a quitté son poste à la vice-présidence de la Caisse de dépôt et placement du Québec pour se consacrer à la campagne de Macron à Montréal.«Ce n\u2019était pas une élection acquise, beaucoup de gens ont travaillé d\u2019arrache-pied jour et nuit pour cette campagne», a-t-il déclaré.Sans préciser ce que l\u2019avenir lui réserve, M.Les- cure a tout de même mentionné qu\u2019il n\u2019a pas «fait le saut pour trois semaines ou trois mois ».Pour l\u2019instant, il se concentrera sur les élections législatives, qui auront lieu en juin, dit-il.«Si je peux aider en France, je le ferai aussi avec plaisir», a-t-il ajouté.Le score de 65 % est au-delà des attentes de M.Lescure, même s\u2019il signifie une avancée pour le Front national (FN) de Marine Le Pen.«Maintenant, on a cinq ans pour faire régresser Le Pen et rendre la France plus forte», a-t-il dit.De vives huées ont d\u2019ailleurs été lancées dans le bar lors du discours de la candidate défaite.Celle-ci a tout de même recueilli près de 10% des voix à Montréal, dont celle de Kevin Boucher, un électeur rencontré au lieu du vote samedi.« Je vote pour elle pour le changement, a-t-il af firmé.Macron, c\u2019est le gouvernement actuel en continuité.» Joint au téléphone à New York, le candidat du FN pour la circonscription d\u2019Amérique du Nord s\u2019est dit déçu de sa défaite, mais encouragé par le progrès de son parti, qui n\u2019a jamais connu de score aussi élevé.«On a perdu une bataille, mais on n\u2019a pas perdu la guerre », a résumé Denis Franceskin.«Ce soir, c\u2019est l\u2019euphorie Macron, mais la réalité revient très vite.Les gens qui n\u2019ont pas de boulot n\u2019auront toujours pas de boulot », a-t-il poursuivi, prévoyant que les électeurs « qui pensaient voter contre l\u2019extrême, contre le grand méchant loup » auront tôt ou tard « la gueule de bois ».Cela dit, M.Franceskin est très encouragé par la progression de son parti.«Le FN est en train de muter vers un par ti d\u2019opposition concret qui va lui permettre de rassembler le maximum d\u2019électeurs», a-t-il avancé.En ce qui concerne le faible résultat de son parti à Montréal, le candidat ne semble aucunement surpris.« C\u2019est typique de Montréal et du Canada, très à gauche.Ce n\u2019est pas une circonscription facile à gagner pour le FN, mais c\u2019est le début d\u2019un gros changement.» Le Devoir Les Français de Montréal se réjouissent ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Des partisans d'Emmanuel Macron célèbrent sa victoire dans un bar du Plateau-Mont-Royal.M A R I E - L I S E R O U S S E A U Malgré la majorité forte avec laquelle Emmanuel Macron a remporté le deuxième tour de l\u2019élection présidentielle française, le nouveau président de la République est loin de faire l\u2019unanimité chez ses compatriotes.En effet, on estime que près d\u2019un électeur sur deux a voté pour lui afin de bloquer Marine Le Pen et non par conviction.«Le fait qu\u2019il y a eu environ 25 % d\u2019abstentionnisme et que plus de 12% des gens se sont déplacés pour déposer un bulletin de vote blanc, ça montre que beaucoup d\u2019électeurs n\u2019étaient pas convaincus par la candidature de Macron», estime Frédéric Mérand, directeur du Centre d\u2019études et de recherches internationales de l\u2019Université de Montréal (CERIUM).Rassembler Ainsi, le premier défi qui attend le nouveau président est de rassembler l\u2019électorat en vue d\u2019obtenir une majorité au parlement lors des élections législatives qui se tiendront le 11 et le 18 juin prochain.«C\u2019est le troisième tour qui commence», souligne Louise Beaudoin, ancienne ministre des Relations internationales du Québec, qui a consacré une partie de sa carrière à la relation entre la France et la province.«Dans son second discours, il a dit qu\u2019il serait combatif pour obtenir cette majorité, note Julien Tourreille, chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand et collaborateur au Devoir.Toutefois, les autres partis ne l\u2019entendent pas de cette façon ; ils veulent prendre leur revanche aux législatives.» Le chercheur souligne que 61% des Français ont dit ne pas vouloir que Macron ait une majorité absolue au parlement.« Ce sera dif ficile, d\u2019autant plus que son mouvement a juste un an et est peu structuré localement», ajoute Antoine Rayroux, professeur au département de sciences politiques de l\u2019Université Concordia.Ce qui pourrait toutefois jouer en faveur du nouveau président est la conjoncture favorable dont il bénéficie actuellement.«Il y a un effet d\u2019entraînement qui joue toujours en faveur du candidat qui a gagné la présidentielle », explique M.Rayroux.Économie, Europe et terrorisme Parmi les dossiers qui attendent le nouveau président, l\u2019économie sera prioritaire.«La question de l\u2019économie et du chômage, c\u2019est sur quoi il sera jugé en fin de compte, dans cinq ans», affirme M.Toureille.Le chômage touche durement cer taines régions en France, bien que la situation se soit améliorée depuis un an.«Il a dit qu\u2019il s\u2019occuperait des plus démunis.Il ne faut pas qu\u2019il donne l\u2019impression qu\u2019il n\u2019y en a que pour les plus riches ou les gagnants de la mondialisation», souligne Mme Beaudoin.Le terrorisme est aussi un enjeu inévitable dans une France qui a été la cible d\u2019attentats ces dernières années.«Ils sont encore en situation d\u2019urgence, c\u2019est un défi considérable », ajoute celle qui a été nommée grande officière de la Légion d\u2019honneur en février dernier.Enfin, Emmanuel Macron a beaucoup misé sur l\u2019Union européenne.«C\u2019est le premier candidat à la présidentielle qui a autant mis l\u2019accent sur son engagement pro-européen, af firme M.Mérand.C\u2019est la carte qu\u2019il a jouée contre Marine Le Pen.Il faut donc s\u2019attendre à ce qu\u2019il fasse des propositions assez audacieuses et qu\u2019il joue un rôle important dans ce domaine.» Liens avec le Canada Le plus jeune président de la France, âgé de 39 ans, devrait bien s\u2019entendre avec le premier ministre du Canada, Justin Tr udeau, notent les experts interrogés par Le Devoir.« Ils sont jeunes, photogéniques et croient tous les deux au libre- échange et à la mondialisation», indique Mme Beaudoin.M.Rayroux note cependant un bémol : alors qu\u2019Emmanuel Macron était le seul candidat à s\u2019être clairement positionné en faveur de l\u2019accord de libre- échange entre le Canada et l\u2019Union européenne, il a nuancé son discours après le premier tour de l\u2019élection.« Il dit maintenant vouloir rassembler un comité d\u2019exper ts pour évaluer les conséquences de l\u2019accord, et ce, avant que la France ratifie l\u2019entente.» Le défi est plus grand en ce qui concerne le Québec, territoire francophone méconnu du nouveau président.« Est-ce qu\u2019il va comprendre qu\u2019il y a une relation directe et privilégiée qu\u2019il faut entretenir ?» se questionne Mme Beaudoin.À son avis, Roland Lescure, ancien vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec qui a quitté son poste pour se consacrer au mouvement En marche!, pourrait jouer un rôle déterminant dans le développement de ces liens.Fait à noter, selon M.Mérand, il ne faut pas s\u2019attendre à ce que Macron soit proche des partis indépendantistes.«Le mouvement souverainiste va à l\u2019encontre de ce qu\u2019il promeut dans l\u2019Union européenne», avance-t-il.Le Devoir Une victoire sur fond de division L E D E V O I R , L E L U N D I 8 M A I 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 D evant la scène du Salon du livre de Genève, à mesure que Dany Laferrière et moi déroulions le fil de notre conversation, de plus en plus de jeunes filles s\u2019agglutinaient devant nous.Nous parlions de l\u2019image des étoiles dans le reflet du lac Léman, du dessous des sur faces, d\u2019un monde qui coule en flammes jusque dans les neiges du Québec.Mais ce public suisse inattendu n\u2019avait à l\u2019évidence que faire de l\u2019évocation de nos hivers communs.Ce n\u2019est qu\u2019une fois notre présentation terminée que ces présences intrigantes se sont expliquées d\u2019elles-mêmes : encadrée par deux gardes du corps, une jeune femme a surgi de nulle part pour se substituer à nous sur scène, suscitant un flot d\u2019exclamations enthousiastes.Emma Verde venait de se montrer le nez.Et sa seule vue arrachait des cris aigus.Tandis que Dany Laferrière se retrouvait relégué seul derrière sa petite table de signature, Emma Verde apparaissait plus grande que nature et voyait la file d\u2019attente de ses admirateurs s\u2019allonger sans fin.On y entendait chigner et trépigner d\u2019inquiétude: allait-on au moins finir par pouvoir la toucher et être photographié à ses côtés?Emma Verde est une youtu- beuse.J\u2019avoue que j\u2019ai appris ce jour-là, comme plusieurs autour de moi, son existence fabriquée par l\u2019air du temps.La multiplication des youtu- beurs est un phénomène étonnant et fascinant.Ces nouvelles stars de rien, dressées par les balises de la publicité, ont pour nom PewDiePie, Cy- prien, Smosh, Norman et autres.Sur leurs chaînes privées savamment orchestrées, les meilleurs attirent des millions de curieux.J\u2019ai regardé plusieurs des capsules de ces youtubeurs.On nage toujours là-dedans du côté de la légèreté, dans un humour de surface sans conséquence.Tout tient à une vision du monde où le monde n\u2019est qu\u2019objet de théâtre.Cela induit l\u2019idée que le vrai est considéré comme une accumulation permanente d\u2019images parfaitement fausses.La formule qu\u2019emploient ces youtoubeurs est à peu près toujours la même.Dans une agitation constante qui évoque le changement perpétuel, la forme fait office de fond.J\u2019ai toujours voulu écrire un livre, dit candidement Emma Verde.Pour y dire quoi?Et de quelle manière ?Qu\u2019importe ! Son livre, elle l\u2019a fait.Elle en est excitée.Voici le livre.Achetez-le.On l\u2019imagine fort bien dire, à peu près sur le même ton: «J\u2019ai toujours voulu être pilote d\u2019avion, alors montez afin que je puisse me justifier de voler.» Bref, tout cela ne vole pas haut.Il n\u2019empêche qu\u2019elle plane.Et son public aussi.Dans une représentation you- toubée, tout ce qui est en apparence vécu est digne d\u2019être projeté.Le vide prend ainsi les allures du plein dans un pseudo- monde qui tient lieu de réalité.Tout repose ici sur l\u2019illusion que les individus sont libres, qu\u2019un youtoubeur devant sa caméra présente forcément sa vie, sans être déterminé autrement que par lui.Tous les gens sont égaux, clament l\u2019enchaînement de ces vidéos qui s\u2019adressent à chacun comme à un frère ou une sœur.Oui, mais rien ne nous égale, comprend- on en sous-texte.Le «moi» du youtoubeur est à ce point magnifié parce qu\u2019il sert le dessein de la publicité.Les youtoubeurs n\u2019ont pas tardé en effet à être repérés par des publicitaires en quête de moyens renouvelés pour faire pénétrer les huiles de leurs salades jusque dans les vieilles croûtes.Comme notre cerveau a pris l\u2019habitude de plus ou moins se fermer à l\u2019approche de la publicité classique, y compris la plus hypocrite, les you- toubeurs permettent de vaincre en douce des légions de neurones désarmées par tant de candeur accumulée.Ces espaces de représentation de soi sont ainsi devenus de nouvelles et puissantes cautions pour soutenir la consommation.Avec ses 50 millions d\u2019abonnés, le Suédois PewDie- Pie, de son vrai nom Felix Kjell- berg, cumule par exemple des revenus annuels d\u2019environ 12 millions de dollars selon le magazine Forbes, spécialiste des génuflexions devant tous les dieux de l\u2019argent.Mais la plupart de ces you- toubeurs ne vivent pas de leurs efforts pour faire mousser la consommation.Ils se font même un peu exploiter.Car quelle manne après tout pour un publicitaire de se retrouver avec autant de gens qui souhaitent transformer leur propre vie en un immense panneau publicitaire ! L\u2019épuisante omnipotence de l\u2019argent s\u2019est donc trouvé un nouveau cheval de Troie publicitaire.Les compagnies offrent désormais à ces nouvelles idoles de l\u2019instantané d\u2019assister à l\u2019un ou l\u2019autre de leurs lancements de produit.Il leur suffit de se montrer avec ledit produit pour qu\u2019on leur consente le droit de recommencer à assurer le plus souvent gratuitement leur publicité.Cette publicité bon marché va plus que jamais son train, montée sur ces nouveaux rails, de telle sorte que certains peuvent continuer de mener grand train.Le média est le message, écrivait Marshall McLuhan.Autrement dit, ces jeunes youtou- beurs sont devenus eux-mêmes de la marchandise, au même titre que les objets qu\u2019ils servent à rendre désirables.Ce n\u2019est qu\u2019une nouvelle façon au fond de fabriquer de l\u2019aliénation.jfn@ledevoir.com Une vie rêvée JEAN- FRANÇOIS NADEAU A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T Les médecins canadiens sont for tement encouragés à prescrire moins d\u2019analgésiques opioïdes pour traiter la douleur.Le Journal de l\u2019Association médicale canadienne (JAMC) publie aujourd\u2019hui de nouvelles lignes directrices axées sur la prévention des dépendances, des ef fets secondaires nuisibles et des risques de décès par surdose associés à ces médicaments.Le groupe d\u2019exper ts recommande d\u2019abord et avant tout de « maximiser » les traitements non opioïdes avant de passer à ces molécules, que ces traitements soient pharmacologiques ou non, comme la physiothérapie.Ces recommandations s\u2019appliquent notamment aux patients qui souf frent de douleur chronique, et non pas à ceux atteints d\u2019un cancer.On suggère aussi for te- ment aux médecins de limiter la dose quotidienne prescrite, lorsqu\u2019un recours aux opioïdes est inévitable.« Idéalement », la dose devrait être inférieure à l\u2019équivalent de 50 mg de morphine.Cela équivaut à 334 mg de codéine, 10 mg d\u2019hydromorphone ou 33 mg d\u2019oxycodone, et même aux timbres transdermiques les moins puissants de Fenta- nyl.Dans cer tains cas, une dose maximale de 90 mg équivalent morphine pourrait être justifiée.Il s\u2019agit d\u2019une mise à jour de recommandations publiées en 2010, lesquelles conseil laient l \u2019usage de 200 mg ou moins par jour.Les lignes directrices actuelles du Collège des médecins du Québec utilisent également le plafond de 200 mg par jour avant de remettre en question « l\u2019utilité » des opioïdes chez un patient donné.Les nouvelles lignes directrices recommandent également de diminuer les doses des patients dont la consommation quotidienne dépasse actuellement 90 mg par jour.En outre, la prescription d\u2019opioïdes à des patients qui ont déjà souf fer t d\u2019un problème de dépendance à la drogue ou à l\u2019alcool est fortement découragée.Il en est de même pour les patients qui souf frent d\u2019un trouble psychiatrique.Les experts canadiens emboîtent ainsi le pas aux Centers for Disease Control (CDC) américains qui, en 2016, ont fait des recommandations semblables.Le Collège des médecins du Québec, qui travaille actuellement à une révision de ses propres lignes directrices en la matière, publiées en 2009, n\u2019a pas voulu commenter l \u2019 initiative canadienne.Aucun exper t québécois ne figure parmi les auteurs des lignes directrices publiées aujourd\u2019hui en anglais dans le JAMC.Entre 15 et 19 % des Canadiens souf friraient de douleurs chroniques.Selon une étude par ue dans la revue PLOS One en 2016, 40 % des utilisateurs d\u2019opioïdes prescrits pour des douleurs non reliées au cancer consomment plus de 200 mg par jour.On constate même que 19 % excèdent 200 mg par jour.Piètre accès aux solutions non pharmacologiques La directrice de la Clinique de la douleur du CHUM, la Dre Aline Boulanger, reproche une certaine «rigidité» à ces recommandations, bien qu\u2019elle approuve la nécessité d\u2019une révision.Elle avait d\u2019ailleurs envoyé ses commentaires aux exper ts lorsqu\u2019i ls ont procédé à une consultation, en janvier dernier.Si l\u2019on s\u2019en tient rigoureusement aux lignes directrices, «ça limite la possibilité de traiter la douleur de certains patients », estime la Dre Boulanger.Par exemple, chez des patients avec des antécédents de dépendance ou même des problèmes de santé mentale, elle croit qu\u2019il peut arriver que les opioïdes doivent être envisagés.«La douleur peut être à ce point sévère que c\u2019est notre seule option.Il est légitime d\u2019être soulagé.Il faut alors offrir un encadrement encore plus rigoureux», explique-t-elle.Le travail scientifique derrière les recommandations lui apparaît tout de même très rigoureux.Elle participe actuellement à la révision du guide du Collège des médecins du Québec, tout comme elle avait été partie prenante de la première version en 2009.«Les médecins québécois vont lire ces lignes directrices avec intérêt, mais comme la pratique ici est encadrée par le collège, je crois que ce dernier guide aura un plus grand impact», mentionne-t-elle.Le Dr David Lussier, pour sa part, expérimente déjà la décroissance des dosages avec ses patients âgés.Le directeur de la clinique de gestion de la douleur chronique à l\u2019Institut universitaire de gériatrie de Montréal est agréablement surpris des résultats.«Au début, je craignais que ce soit trop strict si on calquait de trop près les recommandations américaines, raconte-t-il.Puis j\u2019ai commencé à m\u2019accorder à ces recommandations et, chez la majorité des patients, on arrive à diminuer les doses en y allant graduellement sur plusieurs mois.» Il aurait toutefois aimé que les experts aillent plus loin en recommandant au gouvernement d\u2019investir pour améliorer l\u2019accès aux traitements non pharmacologiques.«La psychothérapie, la physiothérapie, même la méditation, on sait que c\u2019est ef ficace et que ça diminue le besoin en médicament, mais nous n\u2019y avons pas accès !» De plus, lorsque les patients n\u2019arrivent pas à obtenir un diagnostic ou un soulagement auprès de la première ligne de soins, ils se retrouvent à attendre jusqu\u2019à trois ans avant d\u2019être vus dans une des cliniques de la douleur du Québec.Le Devoir SANTÉ De nouvelles consignes pour diminuer la prescription d\u2019opioïdes antidouleur ROBERT F.BUKATY ASSOCIATED PRESS Entre 15 et 19% des Canadiens souffriraient de douleurs chroniques.Dénouement d\u2019un conflit de 10 ans chez Olymel Drummondville \u2014 Un litige vieux de 10 ans chez Olymel, soit un lockout mêlé à une fermeture d\u2019usine, a connu son dénouement dimanche.Les quelque 400 ex-travailleurs de l\u2019usine ont adopté à plus de Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 40 % Proportion des utilisateurs d\u2019opioïdes prescrits pour des douleurs non reliées au cancer qui consomment plus de 200 mg par jour 92% l\u2019entente de principe intervenue à la mi-avril entre le syndicat affilié à la CSN et la direction de l\u2019entreprise agroalimen- taire.L\u2019entente, qui totalise près de 9,5 millions de dollars, met un terme à cette saga juridique qui dure depuis près de dix ans.En 2007, Olymel avait fermé son complexe d\u2019usines d\u2019abattage et de découpe de porcs de Saint-Simon, en Mon- térégie.La CSN soutenait que cette fermeture contrevenait à la convention collective, et la Cour supérieure lui avait donné raison en juillet 2015.Un volet de l\u2019entente porte sur le remboursement de sommes perdues en raison de la fermeture prématurée de l\u2019usine en 2007.La convention collective empêchait la fin des activités avant le mois d\u2019octobre 2007, mais la direction avait fermé l\u2019usine en avril.Le versement de 8,2 millions de dollars servira à compenser les six mois de salaire perdus, en plus des intérêts rétroactifs à 2007.La Presse canadienne Nouveau mandat pour Bouchard L\u2019ancien premier ministre Lucien Bouchard a été embauché comme négociateur pour faire sortir de l\u2019impasse les discussions sur une nouvelle convention collective à la minière Ar- celorMittal, sur la Côte-Nord.Les quelque 2000 travailleurs de la minière, à Fermont, Fire Lake et Port-Cartier, ont rejeté la dernière offre patronale vendredi.Le syndicat menaçait de déclencher une grève.La Presse canadienne Récupérez vos sacs de papier d\u2019épicerie, vos sacs de pommes de terre et vos conserves.DANS LA CUISINE PROCHAINE DESTINATION : LE BAC.LE DEVOIR PLEINE PAGE Le placement publicitaire de la présente campagne s\u2019inscrit dans le cadre de la Loi sur la qualité de l \u2019environnement (chapitre Q-2) et de la réglementation relative.Les journaux assujettis sont tenus de contribuer en espaces publicitaires à leur juste part.RECYC-QUEBEC.GOUV.QC.CA Afin de favoriser les intérêts privés d\u2019une entreprise forestière en Abitibi, le gouvernement Couillard a fait fi des avis des scientifiques de l\u2019État préoccupés par la sur vie d\u2019une harde de caribous forestiers, une espèce vulnérable.La vingtaine de bêtes sauvages seront capturées pour finir leur vie au zoo de Saint-Félicien, dans le patelin et la circonscription du premier ministre.n campagne électorale, Philippe Couillard nous avait prévenus : « pas une seule job dans la forêt » ne serait sacrifiée pour la protection des caribous forestiers au Québec.Il a tenu parole avec cette décision de laisser la société AECOM (anciennement Produits forestiers Domtar) construire un chemin forestier dans la réser ve de biodiversité des Caribous-de-Val-d\u2019Or, créée en 2009.La compagnie veut accéder « économiquement » à un approvisionnement annuel de 200 000 mètres cubes de bois sur un territoire situé à l\u2019est de la réserve faunique.Dans une lettre au Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE), AECOM indique en plus que la protection de l\u2019habitat du caribou dans la région de Val-d\u2019Or prive l\u2019industrie d\u2019un volume d\u2019environ 1,2 million de mètres cubes de résineux matures, a rapporté Le Devoir.Les caribous enfin partis, que voilà une ressource exploitable.Malheureusement pour eux, les caribous forestiers, dont on dénombre au Québec entre 5900 à 8500 têtes, comptent sur les forêts de résineux matures pour assurer leur survie, les mêmes que convoite l\u2019industrie.Le combat est inégal : les caribous ne votent pas, contrairement aux travailleurs forestiers.Le cabinet du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, aussi ministre responsable de la région Abitibi-Témiscamingue, a donné l\u2019assurance que le déménagement de la harde de caribous n\u2019est « aucunement » lié à la construction du chemin forestier.L\u2019expression « mentir comme un arracheur de dents » vient spontanément à l\u2019esprit.Pour l\u2019ensemble des habitats du caribou forestier, le gouvernement a adopté en 2005 un plan de redressement pour l\u2019espèce.Ce plan impose des règles plus strictes aux exploitants forestiers actifs dans ces habitats.Mais les mesures de protection sont décriées par les milieux économiques.Accommodant, le gouvernement libéral a reporté l\u2019application de ce plan dans son intégralité.Cela contraste avec le discours que tient Philippe Couil- lard sur le « saccage » d\u2019Anticosti que commettrait Pétrolia en forant quelques puits sur une île qui s\u2019étend sur 250 kilomètres.Bien réel celui-là, le saccage de l\u2019habitat des caribous en forêt boréale ne soulève pas chez lui la même passion.?En décembre 2015, lors de la réunion COP21 à Paris, Philippe Couillard avait projeté une image résolument environnementaliste, annonçant qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019avenir pour les hydrocarbures au Québec et la fin du gaz naturel en 2050.Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, avait toutefois voulu nuancer ces propos.« Jugez nos actions depuis que nous sommes là », avait-il déclaré.En effet, il existe souvent un décalage entre la posture environnementaliste du gouvernement Couillard et ses actions en faveur d\u2019intérêts privés.L\u2019an dernier par exemple, il aura fallu l\u2019intervention d\u2019Ottawa pour assurer la protection partielle d\u2019un des derniers habitats au Québec de la rainette faux-grillon, habitat menacé par un développement immobilier appuyé par les libéraux.Le même gouvernement avait autorisé TransCanada à faire des forages exploratoires à Cacouna, dans une zone de reproduction du béluga, autorisation qui fut bloquée par la cour avant d\u2019être annulée.Dans le cadre de sa Stratégie maritime, il envisage de créer une zone industrialo-portuaire à Cacouna, et une autre à Saguenay, dont le béluga fréquente le fjord.Or Ottawa a confirmé, mercredi, l\u2019inscription of fi- cielle du béluga du Saint-Laurent comme espèce en voie de disparition.Philippe Couillard af firmera-t-il que « pas une seule job » ne sera perdue à cause des bélugas ?En matière d\u2019aires protégées, le gouvernement libéral rate ses objectifs en milieu terrestre.Pour ce qui est du milieu marin, c\u2019est pire : à peine 13 % de l\u2019objectif est atteint.Considérée dans son ensemble, une économie verte peut être créatrice d\u2019emplois.Mais la protection de l\u2019environnement, à commencer par la désignation d\u2019aires protégées, entraîne des contraintes à l\u2019activité économique.À moins qu\u2019on change les règles au cas par cas.Et il n\u2019y a plus alors de politique environnementale qui tienne.L E D E V O I R , L E L U N D I 8 M A I 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S L I B R E O P I N I O N S É B A S T I E N C O L L A R D , P A T R I C K B O N I N , K A R E L M A Y R A N D E T D I E G O C R E I M E R Mouvement Sortons la Caisse du carbone I l y a cinq ans, le secteur des sables bitumineux avait la cote auprès des investisseurs étrangers, au point que le gouvernement canadien s\u2019en inquiétait.La situation s\u2019est complètement inversée depuis.À un prix du baril de pétrole avoisinant les 50 $ depuis maintenant plus de deux ans et pour l\u2019avenir prévisible, les perspectives de croissance des sables bitumineux sont de plus en plus sombres.Nous assistons d\u2019ailleurs à des désinvestissements du secteur par des fonds tels que celui de l\u2019Université de Californie et le fonds souverain de la Norvège ainsi qu\u2019à la vente de plus de 25 milliards de dollars d\u2019actifs par les grandes pétrolières mondiales comme Exxon, Conoco- Phillips et Shell.Michael Sabia et la Caisse de dépôt et placement du Québec semblent être insensibles aux résultats des analyses qui amènent les firmes étrangères à quitter le navire.La Caisse de dépôt et placement du Québec a préféré augmenter significativement ses investissements dans les compagnies de pipelines et de sables bitumineux.Par exemple, entre 2014 et 2016, la par ticipation de la Caisse dans Enbridge est passée de 286 à 931 millions (225 % d\u2019augmentation) et dans TransCanada de 219 à 1028 millions (370 % d\u2019augmentation).Les gestionnaires de la Caisse vont même jusqu\u2019à af firmer qu\u2019« à moyen terme, le pétrole et le gaz sont [\u2026] là pour de bon ».Or, l\u2019Agence internationale de l\u2019énergie, qui est très prudente dans ses prévisions, prévoit une diminution de 55 % de la consommation mondiale d\u2019essence d\u2019ici 2050, ce qui, selon elle, « va stopper l\u2019utilisation des ressources les plus dif ficiles, qui ont des coûts de production élevés, comme les sables bitumineux et le pétrole de l\u2019Arctique ».La baisse de consommation pourrait même toucher ces secteurs d\u2019ici moins de cinq ans considérant les projections faites par Bloomberg sur la croissance des ventes de véhicules électriques.Le même scénario Il importe de rappeler que l\u2019éclatement de la bulle du carbone se fait au début du cycle de transition énergétique, exactement comme dans le cas du charbon où la valeur des titres a chuté de 90 % et ceci, bien avant que la quantité br ute de charbon consommé dans le monde ne diminue significativement.En n\u2019ayant pas vu arriver l\u2019essor des énergies renouvelables et en refusant de désinvestir, la Caisse a perdu des centaines de millions avec le charbon.Elle semble vouloir répéter le scénario avec les sables bitumineux.Le groupe de recherche Corporate Knights a montré que la Caisse a perdu 7,2 milliards de rendements en demeurant investie dans les énergies fossiles entre 2012 et 2015, un avant-goût de la bulle carbone qui risque d\u2019éclater au cours des prochaines années.En fait, la seule manière de générer le rendement attendu en conservant ces actifs est de miser sur l\u2019échec de l\u2019Accord de Paris et de retarder la transition énergétique, ce qui met la Caisse en porte à faux avec la position du gouvernement du Québec sur le climat.La compagnie Kinder Morgan est actuellement à la recherche de par tenaires pour financer son pipeline Trans Mountain.À l\u2019ère de l\u2019Accord de Paris sur le climat, la Caisse répondra-t-elle à cet appel en finançant à nouveau des projets d\u2019exploitation et de trans- por t du pétrole le plus polluant au monde ?Continuera-t-elle à financer des projets qui menacent également l \u2019eau potable et bafouent les droits des Premières Nations ?À l\u2019inverse, la Caisse jouera-t-elle un rôle visionnaire dans la transit ion énergétique, en contribuant pleinement au bien de la planète, de ses commettants et de leurs descendants ?Elle éviterait ainsi aux gens de payer autant pour la possibilité d\u2019une fuite de pétrole que d\u2019une fuite de rendement.La Caisse, les pipelines et la fuite FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET ENVIRONNEMENT On achève bien les caribous E ROBERT DUTRISAC Retraite : quand on est né pour un petit pain La consultation sur le RRQ qui est en cours essaie de nous convaincre qu\u2019il est préférable pour les Québécois d\u2019avoir une retraite dans la pauvreté parce qu\u2019on va alors économiser des impôts indirects.Bien sûr, on ne présente pas ça avec des termes aussi clairs, mais il faut lire entre les lignes.D\u2019abord, on insiste pour montrer les pertes fiscales indirectes élevées qu\u2019un revenu de retraite pourra procurer.Il faut savoir que le gouvernement fédéral a récemment augmenté le supplément de revenu garanti (SRG) pour une personne âgée qui vit seule dans le but de soulager la pauvreté.Le revenu minimum à 65 ans sera de plus de 17 000 $, ce qui est mieux que l\u2019aide sociale.Pour viser les plus pauvres seulement, le programme va diminuer son aide entre 50 % et 75 % des autres revenus, dont le RRQ.Les gens qui sont dans la catégorie des revenus en bas de la moyenne auront peu d\u2019incitatifs à investir dans un régime public ou enregistré sachant qu\u2019ils pourraient perdre 75% ou plus lors de l\u2019encaissement.Noter que le compte d\u2019épargne libre d\u2019impôt (CELI) existe pour contourner cela.En fait, il s\u2019agit du même problème qu\u2019on trouve avec l\u2019aide sociale : pourquoi travailler plus lorsqu\u2019on y perdra des sommes énormes en aide sociale?Il est donc étrange que le gouvernement du Québec prenne cette attitude de promouvoir la pauvreté à la retraite sous le principe de la taxation marginale indirecte.Dans les tableaux soumis, jamais il n\u2019est question du fait que la charge fiscale marginale d\u2019un retraité qui s\u2019en tire bien sera d\u2019à peine 28 %.Même la diminution à 50 % du SRG qui est plus fréquente que celle à 75 % n\u2019y est pas mentionnée.Pas plus que, lorsqu\u2019un célibataire atteint 25 000 $ de revenu, il n\u2019est plus du tout concerné par le SRG.Québec veut nous cantonner dans la pauvreté.On offre plusieurs programmes pour soulager la pauvreté, puis on nous envoie le message de ne pas essayer de gagner plus pour ne pas perdre d\u2019argent sur ces programmes.Les tableaux mettent en évidence le coût actuel par rapport aux revenus supplémentaires à la retraite.La morale est qu\u2019il n\u2019est pas grave de gagner jusqu\u2019à 2000 $ net de moins à la retraite que les autres Canadiens puisque à court terme on va économiser.Ainsi, le Québécois qui atteindra 65 ans à l\u2019avenir devrait être fier de se débrouiller avec 18 000 $ plutôt que 20 000 $ en se disant qu\u2019il a pu vivre sa jeunesse avec plus d\u2019argent à dépenser.Jeannot Vachon Québec, le 6 mai 2017 Lettre à Emmanuel Macron Monsieur le Président, À l\u2019aube de cette victoire historique, je vous invite, bien modestement, à vous rappeler quelques préceptes qui vous seront peut-être utiles tout au long de votre parcours, qui sera jalonné de nombreuses embûches.Tâchez d\u2019être bien entouré, car vous ne pourrez jamais, ô grand jamais, gouverner seul.Tâchez d\u2019être à la hauteur de l\u2019énorme responsabilité que vous avez souhaitée, en faisant preuve d\u2019humilité.Tâchez de prendre de la hauteur, car les défis sont immenses et l\u2019heure trop grave pour laisser place à l\u2019arrogance ou à la légèreté.Tâchez d\u2019écouter, car beaucoup de gens souffrent.Tâchez de tout faire pour que la dignité de chacun soit préservée, et les institutions respectées.Tâchez de redonner espoir à des millions de gens, en France ou en Europe, avec des décisions courageuses, nécessaires bien que parfois difficiles.Tâchez de donner un second souffle au grand projet européen, qui a créé les conditions favorables à la démocratie, à la paix et à la liberté, qui nous semblent acquises mais que nous avons le devoir de préserver.Tâchez de combattre l\u2019intolérance avec de vraies solutions, et non des mots creux.Tâchez de redonner confiance et de mettre fin à la défiance, mère de tous les maux.Tâchez de donner de la noblesse à la politique, qui est si malmenée et qui pourtant a tant besoin d\u2019amour! Et n\u2019oubliez jamais, vous serez jugé sur vos actes, ainsi que ceux qui vous accompagneront tout au long de ce chemin.Tâchez de rassembler les citoyens, peu impor te leur origine, leur genre, leur religion, leur classe, leur appartenance politique, leur âge, leurs préférences sexuelles\u2026 Tâchez de redonner de la fierté à la République, à ses citoyens et aux valeurs de liberté, d\u2019égalité et de fraternité.Soyez à la hauteur de vos grandes ambitions.Le monde vous regarde.Gaëlle Leruste, Franco-Canadienne résidant à Montréal Le 6 mai 2017 L E D E V O I R , L E L U N D I 8 M A I 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Marie-Pier Frappier (pupitre), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans), Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Loïc Hamon (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).D epuis le référendum britannique sur le retrait de l\u2019Union européenne, je suis de ceux qui croient que le Brexit est une excellente nouvelle non seulement pour l\u2019Europe, mais pour l\u2019avenir du français sur ce continent.D\u2019abord parce que, historiquement, les Britanniques se sont toujours ingéniés à saboter le projet européen.Leur retrait ne peut donc que renforcer l\u2019Union européenne, a fortiori si les pays membres profitent de cette embellie soudaine pour régler un certain nombre de problèmes.Par le plus grand des hasards, l\u2019ère Macron débute un 8 mai, qui marque la fin de la Seconde Guerre mondiale \u2014 cette tragédie en deux actes à l\u2019origine du projet européen.Ce 8 mai est un grand jour pour l\u2019Europe, car cela faisait longtemps que l\u2019on n\u2019avait pas vu un président français aussi europhile et avec une volonté aussi affichée de l\u2019améliorer.Le vide créé par le Brexit profitera également à la langue française.Certes, leur sortie ne signifiera pas l\u2019ef facement de l\u2019anglais en Europe.Après tout, les données d\u2019Eurostat montrent que 97 % des 17 millions de jeunes européens de 11 à 15 ans apprennent l\u2019anglais.Depuis 1998, la Banque centrale européenne ne fonctionne qu\u2019en anglais alors que le Royaume- Uni n\u2019a jamais voulu de l\u2019euro.C\u2019est sur le plan des institutions européennes que la position du français est appelée à changer le plus vite.Et cela a déjà commencé, informelle- ment.Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a déjà annoncé que l\u2019anglais reculerait à l\u2019Union européenne.Comme le seul pays européen anglophone sera la petite Irlande, il serait étonnant que l\u2019anglais conserve longtemps son statut parmi les trois langues de travail officielles de la Commission européenne.D\u2019ailleurs, l\u2019anglais n\u2019avait pas réussi à effacer le français de l\u2019administration européenne.Il demeure majoritaire parmi les fonctionnaires des trois capitales de l\u2019Europe (Bruxelles, Luxembourg et Strasbourg), en pays francophones.Depuis toujours le français est la langue de délibération de la Cour de justice de l\u2019UE et langue de travail à la Cour des comptes.Et il ne faut pas sous-estimer le fait que, sur le plan diplomatique, la Francophonie fournira à l\u2019Europe sa plus grosse tribune multilatérale en dehors de l\u2019ONU \u2014 le retrait britannique signifie que le Commonwealth ne peut plus jouer ce rôle.Hormis le Brexit, d\u2019autres facteurs externes contribueront à renforcer le français.Ainsi, l\u2019Institut de conjoncture économique allemand à Cologne prévoit que la France supplantera l\u2019Allemagne sur le plan économique au plus tard en 2035, grâce à sa croissance démographique.À l\u2019horizon de 2050, la population française aura rejoint celle de l\u2019Allemagne, qui doit gérer une décroissance.La réunification allemande de 1989, en augmentant la population d\u2019un coup de 25 %, avait soudainement modifié l\u2019équilibre européen en faveur de l\u2019Allemagne.D\u2019ici 30 ans, la France l\u2019aura rattrapé par son seul dynamisme démographique \u2014 un dynamisme que les démographes ne s\u2019expliquent guère mieux que cet autre grand mystère de l\u2019histoire européenne (le déclin démographique de France entre 1750 et 1945).L\u2019Europe francophone L\u2019autre facteur qui conspirera à favoriser le français dans les instances européennes, c\u2019est que l\u2019Europe est beaucoup plus francophone qu\u2019on le croit en général.Selon les données, cela peut varier entre le quart et les deux tiers.Au total, ce sont 132 millions d\u2019Européens qui parlent le français, soit le quart de la population de l\u2019Union européenne.Mais le nombre de locuteurs n\u2019est pas la seule donnée qui compte.Ainsi, six millions d\u2019élèves européens de 11 à 15 ans apprennent le français comme langue étrangère \u2014 soit 34 %.La troisième place revient à l\u2019allemand, à 23 %.La répartition par pays est une autre donnée importante.Le français est pratiqué par plus de 10% de la population dans 13 pays de l\u2019Union européenne, dont l\u2019Autriche, l\u2019Allemagne, l\u2019Espagne, la Finlande, l\u2019Irlande, l\u2019Italie, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni et la Suède.Si on y ajoute les quatre autres où il est pratiqué entre 5 et 9% (Roumanie, Chypre, Grèce et Danemark), on en arrive à 17 des 28 de l\u2019Union européenne.Si on considère l\u2019Europe francophone sous l\u2019angle de la Francophonie institutionnelle, 8 pays sur 28 sont membres officiels ou associés de l\u2019OIF (Belgique, Bulgarie, Chypre, Estonie, France, Grèce, Luxembourg, Roumanie).Mais 10 ont le statut de pays observateurs, dont l\u2019Autriche, la Hongrie, la Pologne, et la République tchèque, pour ne citer que les principaux.Donc, selon la définition, 8 ou 18 des 28 pays membres de l\u2019Union européenne sont francophones.Et encore, je ne compte pas ici les sept pays européens qui sont membres formels de l\u2019OIF sans être membres de l\u2019Union européenne, comme la Suisse, mais aussi, l\u2019Albanie, An- dorre, l\u2019Arménie, l\u2019ex-République yougoslave de Macédoine, la Moldavie, Monaco.Bref, qui a dit que le français était fini en Europe ?Embellie en Europe JEAN-BENOÎT NADEAU N A D I A E L - M A B R O U K M I C H È L E S I R O I S Membre et présidente de Pour les droits des femmes du Québec n 2016, des groupes demandent une commission sur le « racisme systémique ».Depuis, ce terme s\u2019est ancré dans le vocabulaire médiatique et politique.Le contester serait du «négationnisme» selon Philippe Couillard.Le racisme existe au Québec comme dans toutes les sociétés.Il doit être combattu par tous les moyens tout en évitant de le banaliser en l\u2019invoquant constamment.Il est inquiétant que certains l\u2019utilisent pour « racialiser » les rap- por ts sociaux en designant les « Blancs » comme dominants, et tous les autres comme « racisés », soit des victimes du racisme et de la « suprématie blanche ».[\u2026] La notion de racisme systémique ne favorise pas le vivre-ensemble.Il nourrit plutôt l\u2019hostilité entre les groupes.Comme le dit Rachida Az- douz, spécialiste en relations interculturelles, «en accolant le mot \u201cracisme\u201d à \u201csystémique\u201d, on rate la cible, on confond les concepts, on s\u2019aliène des employeurs qui sont volontaires pour développer des pratiques d\u2019embauche inclusives, mais qui refusent l\u2019étiquette de raciste ».C\u2019est plutôt le concept de discrimination systémique qui est retenu par les experts.Pour remédier à cette problématique, un plan d\u2019action gouvernemental étoffé a d\u2019ailleurs été publié en 2008 (La diversité : une valeur ajoutée pour favoriser la participation de tous à l\u2019essor du Québec).Une réalité complexe Pour la discrimination à l\u2019emploi, l\u2019étude du sociologue Paul Eid dit qu\u2019à compétence égale, un Tremblay a 1,7 fois plus de chances d\u2019être invité à un entretien d\u2019embauche dans les entreprises privées qu\u2019un Sanchez, un Ben Saïd ou un Traoré.Par contre, dans les organismes publics, la même étude a montré un risque de discrimination égal à 0.La Loi d\u2019accès à l\u2019égalité en emploi s\u2019y est révélée efficace et devrait inciter à mettre en œuvre les mêmes mesures dans le secteur privé.Malgré tout, l\u2019af firmation qu\u2019il y aurait une forte discrimination dans les organismes publics circule abondamment.Or, la sous-repré- sentation des minorités visibles s\u2019y explique par le fait qu\u2019elles sont arrivées notamment quand les gouvernements sabraient la fonction publique, réduisant ainsi les occasions d\u2019emplois des nouveaux arrivants.Quant au chômage, Statistique Canada (2011) indique un taux plus élevé chez les immigrants, et davantage chez les minorités visibles (2 fois plus que le reste de la population).Cependant, ces dif férences tendent à s\u2019estomper avec le temps.Ainsi, les chiffres du ministère de l\u2019Immigration (MIDI) de 2015 montrent qu\u2019après 10 ans, le taux de chômage des hommes immigrés est identique à celui des natifs, soit 8,3%.Il reste cependant plus élevé chez les femmes du fait qu\u2019elles sont davantage sélectionnées dans le cadre d\u2019un regroupement familial, et non en fonction de leur employabilité.Le problème d\u2019embauche des immigrants est bien réel, mais le Québec est-il en proie à un racisme systémique ?Statistique Canada indique pour 2011 un taux de chômage de 3,7 % chez les Noirs ou de 4,5 % chez les Arabes entre 35 et 44 ans, nés au pays et ayant un diplôme universitaire.Des chif fres alarmistes sont pourtant lancés dans les médias.Révéleraient-ils des intentions politiques pour nourrir l\u2019idée d\u2019un Québec raciste, alors que des enquêtes et sondages sérieux montrent que le Québec, comparé au reste du Canada, est loin d\u2019être « l\u2019enfer » des minorités visibles?Au-delà des explications simplistes, le taux de chômage plus élevé des immigrants s\u2019explique en partie par des choix politiques maintenant un niveau élevé d\u2019immigration et de faibles moyens d\u2019intégration.Or, accepter trop d\u2019immigrants dans une période de décroissance économique et de compressions budgétaires rend inévitable la précarisation des nouveaux arrivants.D\u2019autres facteurs s\u2019ajoutent : la reconnaissance des diplômes et de l\u2019expérience de travail, l\u2019absence de réseau professionnel ou l\u2019apprentissage des codes sociaux, car il faut du temps à l\u2019immigrant pour s\u2019intégrer au monde du travail.De plus au Québec, on favorise les immigrants parlant français, alors que ceux-ci s\u2019installent dans la région de Montréal où le bilinguisme est souvent exigé.Faut-il alors s\u2019étonner qu\u2019ils aient plus de difficultés à se trouver du travail qu\u2019en Ontario?Est-ce parce que le Québec est plus discriminatoire envers ses immigrants ou parce que les unilingues francophones sont davantage discriminés au Québec?Le sondage CROP/Radio- Canada de mars 2017 montre que le Québec ne se distingue pas du reste du Canada par un excès de xénophobie .Par contre, ce sont les religions et les signes religieux qui sont moins bien acceptés, ce qui confirme l\u2019attachement des Québécois au modèle de laïcité qui a émergé à la Révolution tranquille, notamment pour protéger les droits des femmes.Cependant, beaucoup de travail reste à faire pour éliminer les discriminations, car tout comme pour la violence faite aux femmes, c\u2019est « tolérance zéro » qui doit être l\u2019objectif.Pour cela, cer tains choisissent la voie de la confrontation et de la culpabilisation de la société québécoise, ce qui ne peut qu\u2019exacerber l\u2019hostilité et nourrir les extrêmes.Il faut plutôt œuvrer à l\u2019insertion des immigrants, et cela, dans une société d\u2019accueil qui se sent respectée.Un plan d\u2019action gouvernemental contre les discriminations et le racisme existe déjà.Il s\u2019agit maintenant de l\u2019appliquer.Racisme systémique : sortir de l\u2019idéologie victimaire P H I L I P P E F O U R N I E R Centre d\u2019études et de recherches internationales de l\u2019Université de Montréal ans son dernier livre This Fight Is Your Fight, déjà dans les meilleures ventes du New York Times, l\u2019étoile montante du parti démocrate Elizabeth Warren, séna- trice du Massachusetts depuis 2013 et ex-professeure de droit à Harvard, retrace son parcours et fait état des injustices qui plombent le système politique et la société américaine.Celle que plusieurs voient comme candidate à la présidence en 2020 lance aussi un vibrant appel à la mobilisation pour résister au gouvernement Trump, ce qui détonne avec l\u2019opposition relativement discrète des élus démocrates depuis l\u2019intronisation.Fille de concierge, Warren raconte que, malgré les revers de fortune, ses parents ont toujours réussi à maintenir la tête hors de l\u2019eau et qu\u2019elle a pu bénéficier de bourses généreuses pour aller à l\u2019université.Elle compare son expérience avec celle de Gina, à qui Walmar t verse un salaire déri - soire, et ce, sans avantages sociaux et sans horaires fixes [.].Alors que la classe moyenne glisse dans la précarité et la pauvreté, Warren déplore que les géants comme Walmart enregistrent des profits records et bénéficient de déductions fiscales en tout genre.Warren montre qu\u2019à partir des années 1980, la classe moyenne américaine a commencé à perdre son pouvo ir d\u2019achat, ses avantages sociaux (dont la retraite), sa sécurité d\u2019emploi et son accès à l\u2019éducation et à l\u2019assurance maladie à mesure que l\u2019influence des institutions financières et des entreprises sur les législateurs a augmenté.Alors que les salaires stagnent, les coûts liés au logement, à l\u2019alimentation, à l\u2019éducation et à la santé ont explosé.La classe moyenne amér ica ine étouffe littéralement.Ce constat a façonné le discours des deux candidats à la présidence de 2016, qui ont dénoncé plus ou moins ouvertement la collusion entre les intérêts financiers et la classe politique.Ce contexte par ticulier a grandement favorisé l\u2019émergence de figures inusitées comme Bernie Sanders et Donald Tr ump, pour qui Gina a fièrement voté.Augmentation des inégalités Warren évoque aussi dans le détail les démarches des groupes d\u2019intérêts à Washington dont le financement des campagnes électorales, de recherches «favorables» et de think tanks, les pressions sur les juges, le lobbying direct des membres du Congrès, le plus souvent républicains mais aussi démocrates, et explique comment des entités non gouvernementales comme la chambre de commerce influent sur le processus législatif.Bien qu\u2019elle ait examiné ces phénomènes quand elle était professeure de droit, elle peut en témoigner directement comme sénatrice.Ayant participé à la création du Bureau américain de protection des consommateurs en 2011, Warren a fait suer plusieurs représentants de la haute finance depuis, dont le chef de la direction de Wells Fargo John Stumpf, qui a quitté son poste à la suite d\u2019auditions publiques musclées sur une fraude massive impliquant quelque 5300 employés.Le cœur du message de Warren est que le modèle privilégié par les républicains depuis Ronald Reagan, c\u2019est-à-dire le trickle-down economics, a contribué à une augmentation considérable des inégalités aux États-Unis.Elle insiste sur le fait que Donald Trump et son cabinet incarnent cette philosophie à la puissance dix et pourraient asséner le coup de grâce aux familles américaines de la classe travail- lante, pourtant relativement réceptive au message du président.À travers son évocation d\u2019une Amérique jadis prospère et progressiste, où l\u2019État subventionnait l\u2019éducation et la santé à la hauteur des besoins et des moyens de la population américaine, les syndicats avaient une influence réelle, les salaires suivaient l\u2019augmentation du coût de la vie et les secteurs commercial et bancaire étaient taxés de manière conséquente et encadrés par des lois strictes, Warren ne propose rien de moins qu\u2019un nouveau New Deal pour remettre le pays sur les rails.Critique virulente de Wall Street et des groupes d\u2019intérêts qui noyautent Washington, elle représente assurément, aux côtés de Bernie Sanders, l\u2019aile gauche du parti démocrate.Bien qu\u2019elle soit grandement appréciée de la base démocrate et qu\u2019elle ait réussi à rallier certains de ses collègues, Warren est honnie des républicains et considérée comme trop à gauche par plusieurs membres de son propre par ti.Preuve qu\u2019elle n\u2019épargne pas ses confrères démocrates, Warren a critiqué l\u2019ex-président Obama pour avoir accepté de prononcer un discours à l\u2019invitation d\u2019une grande banque d\u2019investissement de Wall Street en échange de 400 000$.Pressentie par plusieurs pour la nomination de son parti et comme candidate aux prochaines élections présidentielles, y compris par Trump déjà qui la voit comme son adversaire en 2020, elle n\u2019a pas encore annoncé ses intentions.Même s\u2019il est vrai qu\u2019elle ferait face à de nombreux défis si elle venait à se lancer, cette politicienne férocement intelligente et déterminée serait une candidate redoutable et une défenseure infatigable de la classe moyenne américaine.Elizabeth Warren est-elle l\u2019anti-Trump ?E Au-delà des explications simplistes, le taux de chômage plus élevé des immigrants s\u2019explique en partie par des choix politiques maintenant un niveau élevé d\u2019immigration et de faibles moyens d\u2019intégration D ALEX WONG GETTY IMAGES AGENCE FRANCE -PRESSE Elizabeth Warren n\u2019a pas encore annoncé ses intentions pour l\u2019élection présidentielle de 2020. L E D E V O I R , L E L U N D I 8 M A I 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Laval.Comme elles le sont dans l\u2019ensemble des régions touchées, que ce soi t l \u2019Ou- taouais, la Mauricie, ou dans certains secteurs de la Monté- régie comme Rigaud », a dit le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, en fin de journée dimanche.« Les citoyens sont durement éprouvés.Il faut qu\u2019on leur prête toute l\u2019aide nécessaire.Il y a d\u2019ai l leurs énormément de gestes solidaires à travers le Québec.C\u2019est apprécié des citoyens.[.] Je suis convaincu qu\u2019on va passer au travers.» Une cascade d\u2019événements est venue compliquer la situation davantage dimanche soir.Le ministère des Transports a fermé l\u2019autoroute 20 pour une durée indéterminée entre L\u2019Île- Perrot et Sainte-Anne-de-Belle- vue en raison du «niveau exceptionnel des eaux», fermant du coup l\u2019accès au pont Galipeault.Dans l\u2019est de Montréal, le boulevard Gouin a été fermé entre Sherbrooke Est et le boulevard Saint-Jean-Baptiste.De plus, les autorités ont décidé d\u2019évacuer 86 patients du pavillon Albert-Prévost de l\u2019Hôpital du Sacré- Coeur, situé sur le boulevard Gouin.Le ministre de la Santé, Gaé- tan Barrette, a indiqué que l\u2019eau provenant d\u2019un refoulement d\u2019égout avait pénétré dans le bâtiment.La majorité des personnes devaient être relogées à l\u2019Hôpital Rivière-des-Prairies.Plusieurs établissements scolaires des zones touchées ont annoncé dimanche leur fermeture pour lundi.Forces armées Quant au nombre de militaires déployés dans les municipalités touchées, il devrait atteindre 1200, trois fois plus que ceux envoyés sur le terrain dans un premier mouvement samedi.Selon le lieutenant-colonel Pascal Larose, 400 d\u2019entre eux ont pris la route de Gati- neau et Rigaud.Par ailleurs, on en dénombre 550 dans la région montréalaise, 75 à Trois- Rivières/Nicolet et 200 sur la Rive-Sud.L\u2019aide comprend aussi des bateaux et des appareils permettant de produire des sacs de sable.La Ville de Montréal a indiqué que l\u2019augmentation du niveau de la rivière des Prairies « aura pour ef fet d\u2019af faiblir les digues, les murets et les barrages d\u2019eau installés aux endroits névralgiques pour freiner l\u2019infiltration d\u2019eau».L\u2019état d\u2019urgence permet à une municipalité de faire un cer tain nombre de gestes consistant à gérer une situation exceptionnelle.Ce faisant, Laval a indiqué, par exemple, qu\u2019elle peut « contrôler l\u2019accès aux voies de circulation concernées, ordo nner l\u2019évacuation des personnes et veiller à leur hébergement et leur sécurité, requérir l\u2019aide de citoyens en mesure d\u2019assister les effectifs déployés, réquisitionner des moyens de secours et engager toutes les dépenses et contrats nécessaires».«C\u2019est du jamais vu en 55 ans, depuis qu\u2019on compile des données au gouvernement», a dit le ministre de l\u2019Environnement, David Heurtel, en rappelant la combinaison puissante que sont les pluies incessantes à la suite d\u2019un hiver enneigé.Le débit de la rivière des Outaouais est «particulièrement rapide» et atteint presque 9000 mètres cubes par seconde.Ce débit sera également en vigueur lundi, après quoi il commencerait à diminuer.Les arrondissements montréalais touchés par l\u2019état d\u2019urgence sont Ahuntsic\u2013 Cartierville, L\u2019Île-Bi- zard\u2013Sa inte-Gene- viève, Pierrefonds- Roxbor o , Sa i nte - Anne-de-Bellevue et Senneville.En raison de la fermeture de plusieurs rues, la circulation était extrêmement difficile et des bouchons importants paralysaient les rues de plusieurs secteurs en périphérie des zones touchées.Quant à l\u2019île Mercier, accessible seulement par l\u2019île Bizard, on y dénombrait encore une vingtaine de personnes dimanche, réparties dans huit maisons, selon le service d\u2019incendie rencontré sur place.Le pont qui y mène est complètement submergé.Au total, l\u2019île compte une cinquantaine de maisons.Lors de la crise du verglas, en janvier 1998, c\u2019est la police de la Communauté urbaine de Montréal qui avait décrété l\u2019état d\u2019urgence pour accélérer ce qu\u2019on appelait à l\u2019époque «Opération survie ».Cela avait permis de mettre 1000 policiers sur les rues d \u2019un seul coup.Au sommet de la crise, 1750 policiers travaillaient sur chaque quart de 12 heures, en plus des 600 employés municipaux mobilisés pour la cause.Plus récemment, la crue des eaux à Saint-Jean-sur-Richelieu en mai 2011 avait là aussi nécessité un appel aux Forces armées canadiennes.Environ 600 soldats avaient été mis à contribution.Le Devoir Son et lumière au Louvre Dans une scénographie digne de François Mitterrand marchant en 1981 vers les Invalides pour honorer Jean Moulin, Emmanuel Macron est arrivé à pied au Carrousel du Louvre sur les notes de l\u2019hymne européen.Devant la célèbre pyramide dessinée par Ieoh Ming Pei, il a livré un message plus personnel et fait monter sa famille sur scène comme on le fait aux États- Unis, mais traditionnellement pas en France.« Oui, ce soir, la France l\u2019a emporté, a-t-il déclaré.Ce que nous avons fait depuis tant de mois n\u2019a ni précédent ni équivalent.» Le nouveau président a dit avoir conscience de ne pas jouir d\u2019un «blanc-seing» de la part de ceux qui ont d\u2019abord voté contre Marine Le Pen.Il a ensuite dit respecter ceux qui ava ient voté pour la prés i - dente du FN.« Je ferai tout durant les années qui viennent pour qu\u2019ils n\u2019aient plus aucune raison de voter pour les extrêmes », a-t-il conclu.Dès 20 heures, le président François Hollande a applaudi et tweeté sa joie de voir son ancien ministre l\u2019emporter.Un peu plus tôt, alors que les partisans d\u2019Emmanuel Macron s\u2019amoncelaient au Carrousel du Louvre au son du groupe Magic System, ceux de Marine Le Pen s\u2019étaient regroupés dans un restaurant du parc de Vincennes.«Par ce résultat historique et massif, les Français ont fait de l\u2019alliance des patriotes la première force d\u2019opposition, a-t-elle déclaré.[\u2026] Les formations politiques qui ont pris la responsabilité d\u2019élire M.Macron se sont discréditées elles-mêmes.Ce second tour organise une recomposition politique entre patriotes et mondialistes.C\u2019est ce grand choix qui sera soumis aux Français lors des législatives.Je serai à la tête du combat.» Un nouveau FN La présidente du FN, qui a plus que doublé le score de son père en 2002, annonce la formation d\u2019un nouveau parti politique.Un projet qu\u2019elle caressait depuis longtemps et qui lui permettrait de rompre définitivement avec le passé d\u2019extrême droite du FN.«Je proposerai donc d\u2019engager une transformation profonde de notre mouvement afin de constituer une nouvelle force politique que de nombreux Français appellent de leurs vœux», a-t-elle déclaré.Cet entre-deux tours aura d\u2019ailleurs été l\u2019occasion pour le FN d\u2019une alliance nouvelle avec le petit parti souverainiste de Nicolas Dupont-Aignan, Debout la France ! Sur les ondes de France 2, ce dernier a af firmé que si « le nouveau président est très jeune, [\u2026] la politique qu\u2019il va mener est très vieille».Selon lui, si Marine Le Pen est battue, « elle n\u2019est pas abattue » et devrait s\u2019imposer comme le nouveau chef de l\u2019opposition.Fait inusité, le président de la France insoumise, le candidat d\u2019extrême gauche Jean-Luc Mélenchon, qui n\u2019avait pas appelé à voter pour Emmanuel Macron, a souhaité s\u2019exprimer.« Ce soir s\u2019achève la présidence la plus lamentable de la Ve République», a-t-il déclaré, avant de fustiger le programme du « nouveau monarque présidentiel » qui annonce, dit-il, une « guerre contre les acquis sociaux du pays».Il a appelé les 7 millions d\u2019électeurs qui ont voté pour La France insoumise au premier tour à ne rien lâcher.Signe d\u2019une insatisfaction profonde et d\u2019un vote par défaut pour une grande par tie de l\u2019électorat, l\u2019abstention (26%) et le vote blanc (9 %) ont atteint des sommets historiques.La par ticipation, normalement plus élevée au second tour qu\u2019au premier, a au contraire baissé de 5%.Elle n\u2019avait jamais été aussi basse depuis 1969.Des législatives serrées « Ce second tour a été essentiellement un référendum pour ou contre Marine Le Pen, a dit le député de droite Henri Guaino.[\u2026] La situation pour lui va être extrêmement compliquée.» Fort de cette victoire, Emmanuel Macron devra en effet obtenir une majorité parlementaire aux élections législatives qui se dérouleront les 11 et 18 juin.Sans véritable organisation de base, il devra affronter les partis traditionnels implantés depuis longtemps.À commencer par Les Républicains, dirigés par François Ba- rouin, qui ne cachent pas leur intention de vendre chèrement leur peau.Un sondage publié ce lundi par Le Figaro laisse penser à un match serré.Il accorde 24 % aux partis soutenant le nouveau président, 22 % aux Républicains et 21 % au FN.Les conjectures vont bon train à Paris sur le nom du premier ministre que nommera bientôt Emmanuel Macron.Celui de l\u2019ancien président du Modem, le centriste François Bay- rou, revient le plus souvent.« Tout le monde voyait la France cafardeuse, a-t-il déclaré sur France 2.En choisissant le plus jeune président de la République, la France envoie un message d\u2019espoir.» Le nom du maire de Lyon, Gérard Collomb, un de ses tout premiers soutiens, est aussi souvent cité.La passation des pouvoirs entre François Hollande et Emmanuel Macron se fera dans une semaine, le 14 mai.Dès ce lundi matin, les deux hommes se retrouveront pour les cérémonies du 8 mai marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale.Ce sera leur première rencontre depuis que le jeune ministre a claqué la porte du gouvernement.Le Devoir de la couverture que cet événement a eue, sur le marché mexicain notamment.Ça nous a amenés à faire une étude sur le tourisme religieux en milieu urbain».Il a ainsi été établi que 14% des touristes en visite à Montréal considéraient le patrimoine religieux comme un aspect «très important» de leur séjour à Montréal.L\u2019an dernier, 2 millions de visiteurs ont fréquenté l\u2019oratoire Saint-Joseph-du- Mont-Royal rappelle M.Bellerose.De son côté, la basilique Notre-Dame a enregistré une hausse de fréquentation de 25% entre 2015 et 2016.Est alors née l\u2019idée d\u2019un guide touristique consacré à ce patrimoine.Publié aux Guides de voyage Ulysse en collaboration avec Tourisme Montréal et le Conseil du patrimoine religieux du Québec (CPRQ), Montréal \u2014 Un patrimoine religieux à découvrir recense bâtiments «vedettes», mais également les lieux de culte excentrés et moins connus qui valent le détour.L\u2019ouvrage ne vise pas tant les voyageurs en pèlerinage que les amateurs d\u2019architecture et d\u2019histoire, précise Pierre Bellerose, qui évoque « l\u2019approche par la pierre» plutôt que «l\u2019approche par la foi».« En regardant les églises, on est capables de comprendre les jeux d\u2019influence des communautés et l\u2019histoire de Montréal », explique-t-il en citant le cas de la basilique-cathédrale Marie- Reine-du-Monde, construite dans les années 1870 pour affirmer la présence catholique dans l\u2019ouest de la ville anglo-protestant.Refléter la diversité Montréal compte des centaines de lieux de culte et institutions religieuses, mais il a fallu faire une sélection.Et on ne s\u2019est pas contenté des bâtiments les mieux cotés de l\u2019inventaire des lieux de culte dressé par le CPRQ.«On souhaitait aussi inclure l\u2019architecture moderne ainsi que des lieux de confessions autres que catholique et protestante », explique Johanne Picard, chargée de projet au CPRQ.La synagogue Temple Salomon (Plateau- Mont-Royal) et le temple hindou Thiru Muru- gan (Dollard-des-Ormeaux) figurent donc parmi les bâtiments à visiter.Pour guider le visiteur, 11 circuits ont été établis.Le premier, qui consiste en un parcours pédestre de cinq kilomètres, permet de découvrir la Maison de Mère d\u2019Youville, la basilique Notre-Dame, le séminaire Saint-Sulpice, l\u2019église Saint-Pierre-Apôtre et l\u2019ancienne église Sainte- Brigide-de-Kildare.D\u2019autres circuits explorent les quar tiers, ceux du Plateau-Mont-Royal, de Rosemont\u2013La Petite-Patrie, de Westmount et Notre-Dame- de-Grâce, du West Island et de la Pointe de l\u2019île avec des incursions sur la Rive-Sud et la Rive-Nord.Pluraliste religieuse La recherche et la rédaction de l\u2019ouvrage ont été confiées à l\u2019auteure Siham Jamaa, qui avait déjà signé Sur les chemins spirituels et religieux du Québec publié aux Guides de voyage Ulysse en 2016.Originaire du Maroc, Siham Jamaa s\u2019intéresse à l\u2019histoire des religions et à la spiritualité depuis son jeune âge, dit-elle.« J\u2019ai été élevée dans la culture musulmane, mais je me définis davantage comme pluraliste religieuse », explique celle qui, à Montréal comme à l\u2019étranger, ne peut résister à l\u2019envie de visiter chaque église devant laquelle elle passe.À travers les lieux de culte, le visiteur peut découvrir la ville sous un autre éclairage, avance-t-elle : «On comprend comment la ville a évolué, du point de vue historique et social.Au- delà de l\u2019aspect architectural, il y a une compréhension de l\u2019évolution des quartiers de la ville et de l\u2019aspect migratoire».Les coups de cœur de Siham Jamaa ?Les églises modernes, répond-elle spontanément.Plusieurs d\u2019entre elles sont répertoriées dans le guide, dont l\u2019église Notre-Dame-d\u2019Anjou et l\u2019église Saint-Jean-Vianney.«Les architectes ont dû composer avec des contraintes et jouer avec l\u2019espace et les lumières, mais ils ont été très audacieux.Les formes sont splendides, plus éclatées.C\u2019est fascinant», commente l\u2019auteure.Le guide ne s\u2019adresse pas uniquement aux touristes, rappelle Johanne Picard, mais également aux Montréalais qui ne soupçonnent pas la variété et la richesse du patrimoine religieux : « C\u2019est une invitation à visiter les incontournables, mais aussi à sortir des sentiers battus pour découvrir des lieux qu\u2019on ne connaît pas.» Le Devoir MONTRÉAL \u2014 UN PATRIMOINE RELIGIEUX À DÉCOUVRIR Siham Jamaa Guides de voyage Ulysse Montréal, 2017, 240 pages SUITE DE LA PAGE 1 PATRIMOINE En regardant les églises, on est capables de comprendre les jeux d\u2019influence des communautés Pierre Bellerose, de Tourisme Montréal « » SUITE DE LA PAGE 1 URGENCE PATRICK KOVARIK AGENCE FRANCE-PRESSE Les partisans d\u2019Emmanuel Macron ont fêté sa victoire au coeur de Paris, dimanche.Dans la capitale, près de 90 % des électeurs ont appuyé le candidat centriste.Le monde salue Macron Paris \u2014 Les responsables européens et américains ont salué dimanche «une victoire» pour l\u2019Europe.Les Français ont fait le choix d\u2019un «avenir européen», s\u2019est félicité le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.Le président du Conseil européen Donald Tusk a salué la décision des Français en faveur de «la Liberté, l\u2019Égalité, la Fraternité».«Félicitations à Emmanuel Macron pour sa large victoire aujourd\u2019hui comme prochain président de la France», a pour sa part écrit le président américain Donald Trump sur Twitter.«Je suis impatient de travailler avec lui !».La victoire de M.Macron est «une victoire pour une Europe forte et unie et pour l\u2019amitié franco-alle- mande», a déclaré Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière Angela Mer- kel.M.Macron a aussi reçu des félicitations de la première ministre britannique, de même que du premier ministre canadien, Justin Trudeau.« Je suis impatient de travailler de près avec le président désigné Macron au cours des prochaines années, alors que nous nous ef forçons de mettre en œuvre un agenda progressiste », a notamment indiqué M.Trudeau.Le Devoir et l\u2019AFP SUITE DE LA PAGE 1 MACRON Fort de cette victoire, M.Macron devra maintenant obtenir une majorité aux législatives La crise chiffrée 146 villes sinistrées 2429 résidences inondées 1520 personnes évacuées 427 routes touchées Source : Urgence Québec, vers 22h dimanche À Montréal, l\u2019Hôpital du Sacré-Coeur a dû évacuer 86 patients en soirée "]
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