Le devoir, 1 mai 2017, Cahier B
[" Mutations numériques Imaginer son avenir Page B 3 LE MONDE Le Festival du Jamais Lu remet en question la norme Page B 8 C A H I E R B \u203a L E D E V O I R , L E L U N D I 1 E R M A I 2 0 1 7 I mpopulaire dans les sondages, bouc émissaire facile, cible de politiciens nationaux « qui montent », l\u2019Union européenne paraît mal en point.Pourtant, elle pourrait retrouver, dans une humilité et une modestie nouvelles, les moyens de sa relance.En Autriche, en décembre dernier, puis aux Pays-Bas en mars, deux formations « populistes » et europhobes, le Parti populaire autrichien et le Parti de la liberté, auxquelles on accordait des chances de prendre le pouvoir ou de s\u2019en rapprocher, ont eu des résultats en deçà des attentes.Dans la présidentielle française de dimanche \u2014 d\u2019une importance cruciale pour l\u2019avenir de l\u2019Europe \u2014, il est significatif que Marine Le Pen, europhobe finaliste contre l\u2019europhile favori Emmanuel Macron, ait mis beaucoup d\u2019eau dans son vin, ces derniers jours, sur des sujets cruciaux comme l\u2019Union européenne et la monnaie commune.Dans le programme du Front national se trouve en toutes lettres l\u2019objectif d\u2019un «rétablissement » de la souveraineté nationale et d\u2019une monnaie nationale par voie de référendum.Or, dans les derniers discours de Mme Le Pen, on entend qu\u2019un tel référendum n\u2019est plus une priorité, et que beaucoup de problèmes pourraient se régler dans le cadre actuel.Comme tout le monde, Marine Le Pen lit les sondages et a bien vu que plus de 70 % des Français \u2014 par enthousiasme ou par réalisme \u2014 souhaitent aujourd\u2019hui conserver l\u2019euro.L\u2019euro en 2002, avec les 19 pays qui en sont devenus membres, était une erreur, produit d\u2019une foi technocratique liée à l\u2019absurde conviction de la disparition imminente des nations.Mais en sortir quinze ans plus tard, sauf peut- être dans un cas extrême comme la Grèce, comporterait plus d\u2019inconvénients et de coûts que d\u2019avantages.Indépendamment du fond de la question, ce « pas de côté » tactique de Mme Le Pen montre que la progression des populistes en Europe n\u2019est pas qu\u2019une simple et irrésistible ligne droite ascendante.Si, par exemple, Marine Le Pen obtient dimanche 45 % des suffrages (ce qui serait une immense victoire morale, un score phénoménal), ça n\u2019aura pas la même signification que si elle ne fait «que » 35 % (ce qui, dans le contexte, compte tenu des attentes, représenterait une défaite décisive).On voit également qu\u2019en Allemagne, pour les législatives de septembre, les intentions de vote favorables au par ti Alternative für Deutschland (cousin du Front national) ont tendance à se tasser (alors que ce parti se radicalise, ce qui n\u2019est pas le cas du Front national).L\u2019af frontement de septembre concernera, pour l\u2019essentiel, deux « vieux partis » : les chré- tiens-démocrates et les sociaux-démocrates, ces derniers revigorés par l\u2019arrivée d\u2019un certain Martin Schulz, ex-président du Parlement européen.N\u2019en doutons pas : l\u2019Europe comme projet politique commun, facteur de rapprochement des peuples et acteur crédible sur la scène internationale, ne va pas bien.Elle n\u2019est pas prise très au sérieux à Washington, Pékin ou Moscou.Si le populisme nationaliste de droite marque le pas en Europe de l\u2019Ouest \u2014 ce que l\u2019on pourrait voir dimanche en France \u2014, ce n\u2019est pas encore le cas en Hongrie ou en Pologne.Mais est-elle pour autant à l \u2019ar ticle de la mort ?Deux des reproches le plus souvent adressés à Emmanuel Macron sont : 1) qu\u2019il serait prêt à jeter aux poubelles de l\u2019Histoire la nation française dans le grand magma « postnational » eu- ropéiste et mondialiste ; et 2) qu\u2019il ne voudra ou ne pourra pas tenir tête aux Allemands dans la redéfinition nécessaire de l\u2019Europe, une Europe plus modeste (oublier la convergence politique à marche forcée, au détriment des nations), mais plus généreuse en matière de politique économique.Cet homme a dit : « Il n\u2019y a pas une culture française, il y a une culture en France, et elle est diverse.» On en a immédiatement fait un idéologue multiculturaliste à la sauce Justin Trudeau\u2026 ce qu\u2019il n\u2019est pas.Dans une réponse à la polémique qui a suivi, M.Macron a écrit dans Le Figaro : «La langue française [\u2026] est la condition de notre projet.[\u2026] Dans ce monde qui change si profondément, qui menace d\u2019ef facer les frontières, de nous fondre de façon indistincte, notre culture est un atout maître.» Quant aux Allemands\u2026 eh ! bien, peut-être faudra-t-il à l\u2019Élysée un libéral pro-Europe, mais qui se découvrirait patriote, pour leur faire comprendre le danger mortel, pour le projet européen, que représente l\u2019intransigeance teutonne en matière économique.francobrousso@hotmail.com François Brousseau est chroniqueur d\u2019information internationale à Radio-Canada.L\u2019Europe résiste FRANÇOIS BROUSSEAU AGENCE FRANCE-PRESSE / US NAVY / Z.A.LANDERS Un exercice naval se poursuit pour la Corée du Sud et les États-Unis en mer du Japon, impliquant notamment le groupe aéronaval américain emmené par le porte-avions Carl Vinson (sur la photo).L e président américain, Donald Trump, a réitéré dimanche sa volonté d\u2019écarter la menace nucléaire posée par la Corée du Nord, dont il a qualifié le dirigeant de «petit malin».« Nous avons une situation que nous ne pouvons laisser se prolonger», a déclaré dans une interview à CBS M.Trump, qui a célébré la veille au soir, lors d\u2019une réunion publique en Pennsylvanie, son 100e jour à la Maison-Blanche.Le président a redit vouloir s\u2019appuyer sur le levier chinois, Pékin étant de très loin le premier partenaire économique et le régime le plus proche de celui de Pyongyang.Selon Donald Trump, le président chinois, Xi Jinping, « s\u2019emploie à tenter de résoudre ce très gros problème, qui est aussi celui de la Chine».Si la Corée du Nord effectue un nouvel essai nucléaire, « je ne serai pas content», a-t-il ajouté.«Et je peux également vous dire, je ne crois pas non plus que le président de la Chine, qui est un homme très respecté, sera content.» Interrogé pour savoir si «pas content» pouvait signifier «une action militaire», M.Trump a répondu: «Je ne sais pas.Je veux dire, nous verrons.» Peu importe, a-t-il précisé, que l\u2019énergie employée à résoudre le problème nord-coréen se fasse au détriment du bras de fer commercial qu\u2019il a promis d\u2019avoir avec le géant économique asiatique qu\u2019est la Chine.Arrivé au pouvoir le 20 janvier, le gouvernement Trump s\u2019était mis dans les pas de l\u2019équipe Obama sur le dossier nord-coréen, mais semble davantage vouloir faire pression sur Pékin afin que la Chine isole Pyongyang économiquement et diplomatiquement.Sans résultat apparent jusqu\u2019à maintenant : la Corée du Nord a procédé samedi à un tir de missile balistique, tir soldé par un échec, en riposte apparente à un appel solennel des États- Unis à l\u2019ONU à renforcer les sanctions internationales contre Pyongyang.M.Trump a refusé de dire dimanche si ce tir avait raté en raison d\u2019une manœuvre de sabotage américaine, une éventualité débattue dans la presse.Manœuvres militaires Par ailleurs, la Corée du Sud et les États-Unis ont bouclé dimanche leurs manœuvres militaires annuelles conjointes, tout en poursuivant des exercices navals qui ont provoqué la fureur de Pyongyang.Trump réitère sa volonté d\u2019écarter la menace nord-coréenne Séoul et Washington ont mené des exercices navals en mer du Japon qui ont provoqué la fureur de Pyongyang ANDREW BIRAJ AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019ancien premier ministre britannique, Tony Blair, en mars dernier VOIR PAGE B 2 : MENACE PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE Tony Blair : « Macron serait une force de changement en Europe » S O N I A D E L E S A L L E - S T O L P E R à Londres C\u2019 était il y a vingt ans, le 1er mai 1997.Le Labour remportait triomphalement les élections, por tant le jeune Tony Blair, 43 ans, à la tête du gouvernement britannique.Europhile, moderne, il secouait, avec son projet New Labour, un pays fatigué après dix- sept ans de conser vatisme.C\u2019était l\u2019époque de Cool Britannia.Éloigné de la politique britannique depuis son départ du pouvoir en 2005, Tony Blair s\u2019exprime de plus en plus ces derniers mois.Parce qu\u2019il est meurtri par la décision des Britanniques de quitter l\u2019Union européenne qu\u2019il qualifie d\u2019«erreur grave ».Il vient de créer le Tony Blair Institute, un think tank pour lutter contre « le populisme» du Brexit.Il y a vingt ans, vous étiez sur le point de devenir premier ministre pour la première fois.Comment vous sentez-vous au- jourd\u2019hui?[Il rit.] J\u2019ai l\u2019air plus vieux, si vous regardez les photos d\u2019il y a vingt ans ! Principalement au- jourd\u2019hui, ce qui m\u2019inquiète c\u2019est le Brexit.Il y a beaucoup de choses qui ont changé au Royaume-Uni lorsque nous sommes arrivés au pouvoir, et ces changements perdurent.Il y a toute une série d\u2019attitudes sociales, de réformes sociales L\u2019ancien premier ministre du Royaume-Uni Tony Blair a reçu Libération, avec une poignée de journalistes européens, dans ses bureaux du centre de Londres.À une semaine du second tour de la présidentielle française, il juge que le candidat d\u2019En marche ! est à même d\u2019incarner un progressisme propre à moderniser une gauche qui doit répondre aux attentes d\u2019une population européenne qui se heurte aux changements rapides de la mondialisation.B É A T R I C E L E B O H E C à Paris À une semaine du second tour de la présidentielle en France, la candidate d\u2019extrême droite, Marine Le Pen, a poursuivi dimanche une campagne tambour battant contre son rival centriste, Emmanuel Macron, qui a lui insisté sur le «devoir de mémoire».Comme elle l\u2019avait fait plus tôt cette semaine en rendant une visite-surprise aux salariés d\u2019une usine menacée de fermeture au moment même où le centriste rencontrait leurs syndicats, Mme Le Pen a déposé une gerbe devant une stèle en mémoire de déportés à Marseille, peu avant un hommage similaire programmé par M.Macron.Le candidat s\u2019est aussi rendu en fin de journée au Mémorial de la Shoah et au Mémorial des martyrs de la déportation à Paris, à l\u2019occasion de la Journée nationale du souvenir des victimes de la déportation.« Nous avons aujourd\u2019hui un devoir qui est double, le devoir de mémoire [\u2026] et le devoir que cela n\u2019advienne plus jamais, en acceptant en rien l\u2019affaiblissement moral qui peut tenter certains, le relativisme qui peut en tenter d\u2019autres, le néga- tionnisme dans lequel certains trouvent refuge.» « L\u2019hommage que je souhaitais rendre au- jourd\u2019hui, c\u2019est ce devoir que nous devons à toutes Le Pen sur le terrain de l\u2019écologie, Macron, de la mémoire VOIR PAGE B 2 : FRANCE VOIR PAGE B 2 : BLAIR L E D E V O I R , L E L U N D I 1 E R M A I 2 0 1 7 LE MONDE B 2 C aracas \u2014 Le président vé- nézuélien, Nicolas Ma- duro, a accusé dimanche l\u2019opposition de refuser le dialogue, tout en se félicitant de la proposition du pape François, qui s\u2019est dit la veille disposé à intervenir dans la crise qui secoue le pays sud-américain.« Si je dis \u201cdialogue\u201d, ils [l\u2019opposition] partent en courant, ils ne veulent pas de dialogue.Hier, ils s\u2019en sont pris au pape François.Moi, je respecte les déclarations du pape François » , a déclaré le chef de l\u2019État lors de son émission hebdomadaire.Dans l\u2019avion qui le ramenait d\u2019Égypte samedi soir, le pape a affirmé que le Vatican était disposé à intervenir comme « fa- cilitateur» au Venezuela.« Je crois que cela doit se faire avec des conditions.Des conditions très claires », a déclaré le pape, sans pour autant les préciser.Il a estimé que l\u2019opposition était « divisée » sur cette possibilité de reprendre les négociations avec le gouvernement chaviste, du nom du défunt président vénézuélien Hugo Chávez (au pouvoir de 1999 à 2013).En décembre, la coalition d\u2019opposition de la MUD (Table pour l\u2019unité démocratique, centre droit) avait gelé les négociations entre le gouvernement et les antichavistes, organisées depuis octobre sous l\u2019égide du Vatican et de l\u2019Union des nations sud-américaines (UNASUR).La vague de manifestations hostiles à M.Maduro entre lundi dans son deuxième mois et les violences autour de ces rassemblements ont déjà fait une trentaine de morts.Pour marquer le premier mois de sa mobilisation, l\u2019opposition a appelé à de nouvelles manifestations au cœur de Caracas et dans tout le pays lundi.M.Maduro a aussi annoncé dimanche une nouvelle hausse du salaire minimum de 60 % : « J\u2019ai décidé cette troisième hausse salariale de 2017 en raison du 1er mai.» Le salaire minimum s\u2019élèvera désormais à un peu plus de 65 000 bolivars, soit 90 dollars au taux de change officiel le plus élevé, ou 15 dollars au marché noir.L\u2019aide alimentaire, versée avec le salaire, passe, elle, à 135 000 bolivars (188 dollars au taux of ficiel et 31 au marché noir).Le Venezuela traverse une grave crise économique, liée à la chute des cours du pétrole \u2014 son unique richesse \u2014, qui a fait exploser l\u2019inflation (720 % en 2016 selon le FMI) et vidé supermarchés et pharmacies.Le chef de l\u2019État accuse l\u2019opposition de droite d\u2019aggraver la situation en déclarant une guerre économique au gouvernement avec le soutien des États-Unis.Agence France-Presse VENEZUELA Maduro accuse l\u2019opposition de refuser le dialogue ces vies fauchées par les extrêmes, par la barbarie », a-t- il dit.Une pique à peine voilée à l\u2019encontre du Front national de Marine Le Pen, dont le président par intérim, Jean-François Jalkh, a été évincé après avoir été accusé de propos né- gationnistes, qu\u2019il a démentis.Mm e Le Pen elle-même a suscité un tollé en af firmant que la France n\u2019était pas « responsable » d\u2019une rafle massive de juifs en 1942 à Paris.Le candidat centriste pro-eu- ropéen de 39 ans cherche ainsi à se placer sur le terrain des « valeurs » qu\u2019il entend incarner face au parti anti-immi- gration et anti-Europe.Il s\u2019était déjà rendu cette semaine dans un village mar tyr de la Seconde Guerre mondiale.« Je ne fais pas commerce des commémorations.Ce ne sont pas des événements électoraux», a rétorqué Mme Le Pen.Elle a également improvisé une visite à Gardanne (sud) liée au rejet de boues polluantes pratiqué par une usine pour vanter sa vision d\u2019une « véritable écologie ».Elle est venue «nous faire croire qu\u2019elle est soudainement devenue écologiste », a réagi le député écologiste de la ville, François-Mi- chel Lambert.Cette campagne menée tambour battant, en contraste avec le tempo plus modéré de son adversaire, vise à faire mentir les sondages qui la donnent battue le 7 mai.L\u2019écart se resserre entre les deux finalistes \u2014 Macron est crédité de 59 % des intentions de vote contre 41 % à son adversaire \u2014 et l\u2019alliance inédite scellée samedi entre la candidate du Front national et le chef du par ti souverainiste « Debout la France » pourrait renforcer sa position.Nicolas Dupont-Aignan (4,7 % des voix au premier tour) sera nommé premier ministre en cas de victoire, a annoncé Marine Le Pen.Son ralliement a été qualifié par un soutien-clé de M.Macron, le centriste François Bayrou, de « symptôme extrêmement grave» d\u2019un pays ayant «perdu la boussole».Récuser les contradictions La candidate a récusé dimanche toute « contradiction » sur l\u2019euro après avoir affirmé samedi dans son projet d\u2019accord avec M.Dupont-Aignan que sortir de l\u2019euro, mesure emblématique de son projet ces dernières années, n\u2019était pas «un préalable » à toute politique économique.Dans un entretien au quotidien Le Parisien, elle a réaffirmé que le pays aurait bien « une monnaie nationale» destinée au quotidien des Français tandis que l\u2019euro resterait en vigueur pour les échanges internationaux.La candidate, qui cherche à rassurer sur une mesure controversée dans l\u2019opinion, maintient le flou sur le délai de cette transition monétaire.Parallèlement, des appels de tous bords se sont multipliés pour exhorter les électeurs à voter Macron afin de «protéger les valeurs de la République».Agence France-Presse S idi Bouzid \u2014 Un djihadiste lié à al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) s\u2019est fait exploser dimanche et un autre a été tué par les forces de l\u2019ordre lors d\u2019une opération anti- terroriste en Tunisie, a annoncé la Garde nationale.Il s\u2019agit de « deux éléments terroristes » dont l\u2019un, « probablement étranger», était un dirigeant de la Phalange Okba Ibn Nafaa, en lien avec Aqmi, a déclaré à l\u2019AFP le porte-parole de la Garde nationale (gendarmerie), Khalifa Chibani.Un assaut a été lancé plus tôt dans la journée contre une maison à Sidi Bouzid (centre), après «des semaines» de surveillance, a-t-il dit.Selon M.Chi- bani, «les unités de la Garde nationale avaient capté des contacts entre la phalange Okba Ibn Na- faa et des personnes à l\u2019intérieur de la ville de Sidi Bouzid».Pendant l\u2019assaut, l\u2019un des dji- hadistes «a été touché [par balle] et s\u2019est fait exploser», a-t-il poursuivi.L\u2019autre portait également une ceinture d\u2019explosifs mais a été abattu avant de pouvoir l\u2019actionner, après un échange de tirs avec les forces de sécurité.Le groupe « planifiait des opérations terroristes pendant le ramadan », mois de jeûne sacré musulman qui commence fin mai, selon M.Chibani.« Ces deux terroristes étaient recherchés », a indiqué le chef du gouvernement Youssef Chahed à des journalistes.Trois personnes soupçonnées de liens avec le groupe ont été ar rêtées et les recherches d\u2019autres éventuels complices se poursuivent.La Phalange Okba Ibn Na- faa, active dans les montagnes du centre-ouest tunisien, à la frontière avec l\u2019Algérie, a revendiqué plusieurs attaques meurtrières contre les forces armées tunisiennes.Depuis sa révolution en 2011, la Tunisie fait face à l\u2019essor d\u2019une mouvance djihadiste responsable de la mort de plusieurs dizaines de soldats, de policiers, de touristes mais aussi des civils.Le pays a été le théâtre en 2015 et 2016 d\u2019attentats majeurs revendiqués par le groupe État islamique (EI), comme celui qui a tué 38 touristes à Sousse (est) en juin 2015.Les autorités affirment avoir fait « des pas très impor tants dans la guerre contre le terrorisme» mais appellent toujours à la vigilance, et des démantèlements de cellules djihadistes sont régulièrement annoncés.«La lutte contre le terrorisme reste une priorité nationale et une priorité pour le gouvernement d\u2019union nationale », a affirmé le chef du gouvernement.«La situation sécuritaire est sous contrôle mais les menaces existent toujours.» Agence France-Presse TUNISIE Deux djihadistes liés à al-Qaïda tués lors d\u2019une opération antiterroriste La situation est particulièrement tendue sur la péninsule coréenne du fait d\u2019indices selon lesquels la Corée du Nord pourrait réaliser un sixième essai nucléaire, et en raison des avertissements de l\u2019administration Trump.Les exercices conjoints « Foal Eagle », qui se sont terminés comme prévu dimanche selon le ministère sud-coréen de la Défense, ont impliqué 20 000 militaires sud-coréens et 10 000 soldats américains.Un autre exercice conjoint et annuel, « Key Resolve », s\u2019est achevé le mois dernier.Les deux sont construits autour de scénarios de conflit avec le Nord.Séoul et Washington soutiennent que leur nature est purement défensive.Mais Pyongyang les présente comme des répétitions d\u2019une prochaine invasion de la Corée du Nord, d\u2019où la crispation observée chaque année, au moment de ces manœuvres, du côté du régime nord-coréen.La fin de ces exercices permet en général d\u2019aborder une phase plus sereine sur la péninsule coréenne.Mais cela ne devrait pas être le cas cette année.Donald Trump a averti jeudi d\u2019un possible « conflit majeur » avec Pyongyang, qui n\u2019a pas mis le frein sur ses programmes balistiques prohibés.Et le ministère sud-coréen de la Défense a confirmé dimanche qu\u2019un exercice naval se poursuivait avec les États- Unis en mer du Japon, impliquant notamment le groupe aéronaval américain emmené par le porte-avions Carl Vinson.Ces manœuvres destinées à tester la capacité à intercepter les missiles nord-coréens doivent encore durer plusieurs jours.La Corée du Nord a menacé par l\u2019intermédiaire de ses médias officiels d\u2019attaquer le Carl Vinson.Et dimanche, un site Internet commandité par le régime nord-coréen a mis en garde contre une possible frappe contre un sous-marin américain à propulsion nucléaire déployé dans la zone.Agence France-Presse SUITE DE LA PAGE B 1 MENACE STR / AGENCE FRANCE-PRESSE Marine Le Pen a improvisé une visite à Gardanne, dans le sud de la France, pour vanter sa vision d\u2019une « véritable écologie».qui ont été accomplies, qui demeurent ou qui sont encore en cours d\u2019évolution.Il y a eu aussi l\u2019accord de paix en Irlande du Nord.Mais la question dominante pour moi est le Brexit, parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un pas énorme pour le Royaume-Uni.Je l\u2019ai déjà dit à de nombreuses reprises, c\u2019est une énorme erreur de nous séparer de l\u2019Europe.Et c\u2019est franchement la question dominante des élections [législatives du 8 juin prochain], de la politique britannique.Pour quelqu\u2019un qui a toujours pensé que le Royaume- Uni devait jouer un rôle fort en Europe, c\u2019est évidemment un sujet de grande tristesse.L\u2019effondrement des gauches auquel on assiste en Europe, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en France\u2026 Comment l\u2019expli- quez-vous?C\u2019est très simple.Le monde change très rapidement.La principale caractéristique du monde actuel est l\u2019accélération du changement et, pour la gauche, cela signifie se moderniser constamment.C\u2019était l\u2019idée principale du Labour il y a vingt ans.Et cette réalité est encore plus prégnante en 2017 qu\u2019elle l\u2019était en 1997, parce que le monde change encore plus vite.Donc tout ce qui ressemble à une forme de conservatisme au sein de la gauche ne va jamais fonctionner, parce que les forces progressistes ne gagnent que lorsqu\u2019elles comprennent l\u2019avenir et qu\u2019elles montrent comment elles peuvent faire en sor te que cela marche pour le peuple.C\u2019est pourquoi ce qui est arrivé en France était à mon avis absolument inévitable.Si la gauche se retranche derrière des politiques démodées, elle perdra.Et le véritable problème est que même une position social- démocrate qui n\u2019est pas une position moderniste n\u2019est pas adéquate non plus, parce que les conservateurs vont toujours occuper un certain espace politique.Cet espace leur permet de se présenter comme économiquement compétents, en faveur du secteur des af faires, donc sûrs pour gérer l\u2019économie.Les forces progressistes doivent montrer comment l\u2019avenir peut fonctionner pour le peuple, et faire preuve d\u2019optimisme.Nous devons être ceux qui sont à la pointe de la manière dont la technologie va transformer nos sociétés et notre économie.Comment protégeons-nous les gens contre cela ?Comment est-ce qu\u2019un gouvernement proactif, for t, se tient aux côtés de la population alors que ces changements sur viennent ?Si la gauche se retranche derrière une attitude anti-business et isolationniste, elle perd.Certains comparent Emmanuel Macron à vous?Le voyez-vous comme un héritier ?Pensez- vous que son élection serait une chance pour l\u2019Europe?D\u2019abord, il est sa propre personne et il n\u2019est l\u2019héritier ni de moi ni de personne.Mais la principale notion est que son élection représenterait une victoire substantielle d\u2019une approche ouverte sur le monde.Il serait une chance parce qu\u2019il comprend ce que doit être l\u2019Europe.Il faut être clair à propos de cette notion du Brexit.Les sentiments qui ont abouti au Brexit sont présents dans tous les pays d\u2019Europe, y compris, à un certain degré, en Allemagne, certainement en France.Donc l\u2019Europe doit se réformer.La frustration que j\u2019ai aujourd\u2019hui, c\u2019est que le Royaume-Uni, qui est pro-réforme, devrait, si nous restions en Europe, être l\u2019avocat de ces réformes, former des alliances avec la nouvelle génération de leaders politiques.Mais je suis sûr que Macron serait une force de changement en Europe.Également pour le Royaume-Uni, parce que l\u2019Europe serait plus stable.Et avec plus de stabilité en Europe, nous aurons de meilleures possibilités.Vous avez été et êtes toujours un avocat passionné de l\u2019Union européenne, que lui diriez-vous aujourd\u2019hui dans le cadre des négociations sur le Brexit?Mon conseil à l\u2019Europe serait de comprendre que ce débat [sur le Brexit] est un débat sur le long terme et d\u2019essayer de ne pas se placer dans une position d\u2019hostilité.[\u2026] Je pense qu\u2019il faut que l\u2019UE comprenne que, même si le gouvernement conser vateur dit que ce débat est terminé au Royaume-Uni, la réalité est qu\u2019il ne l\u2019est pas.Parce que tant que les gens n\u2019auront pas vu les détails de l\u2019accord final, ils ne vont pas fermer leurs esprits.À l\u2019heure actuelle, les gens pensent : «Bon, on a pris une décision, qu\u2019on l\u2019applique.» Mais l\u2019opinion pourrait changer très rapidement.Donc vous pensez que l\u2019Europe a encore un avenir?Mais bien sûr ! Je pense toujours que l\u2019Europe a besoin de réformes fondamentales [\u2026] Mais c\u2019est une triste illusion des forces anti-européennes que d\u2019imaginer que l\u2019Europe va se désintégrer et disparaître.Cela ne va pas arriver ! Libération Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 SUITE DE LA PAGE B 1 BLAIR SUITE DE LA PAGE B 1 FRANCE I T A L I E Renzi réélu à la tête du Parti démocrate Rome \u2014 L\u2019ancien chef du gouvernement Matteo Renzi a repris dimanche la tête du Parti démocrate (PD, centre gauche), au pouvoir en Italie, avec la légitimité d\u2019une primaire ayant mobilisé davantage que prévu.«C\u2019est une responsabilité extraordinaire, merci de tout cœur à cette communauté de femmes et d\u2019hommes qui croient en l\u2019Italie, en avant ensemble», a lancé M.Renzi, alors que ses deux rivaux le félicitaient pour sa victoire bien avant la fin du dépouillement.Au total, entre 1,9 et 2 millions de personnes ont voté, selon le PD, ce qui représente un net tassement par rapport aux scrutins précédents qui frôlaient les 3 millions, mais bien moindre que ne le laissait redouter une terne campagne et sans grand enjeu.Selon les premières tendances, M.Renzi a recueilli autour de 70% des voix, loin devant Andrea Orlando, actuel ministre de la Justice, et Michele Emi- liano, gouverneur de la région des Pouilles (sud), considérés comme plus à gauche.Agence France-Presse S Y R I E 7 hôpitaux hors service en un mois Idleb \u2014 Sept hôpitaux et cliniques dans le nord-ouest de la Syrie ont été mis hors service en avril par des raids aériens du régime ou de son allié russe, ont affirmé dimanche des responsables médicaux en territoire rebelle.«En avril, les hôpitaux du sud de la province d\u2019Idleb ont été ci- blés de manière systématique et flagrante», a dénoncé lors d\u2019une conférence de presse Abdel Hamid Dabbak, responsable des hôpitaux dans cette province du nord-ouest.Selon l\u2019Organisation mondiale de la santé, la Syrie est le pays le plus dangereux au monde pour le personnel sanitaire.Agence France-Presse L E D E V O I R , L E L U N D I 1 E R M A I 2 0 1 7 SOCIETE B 3 K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I S i les voitures peuvent un jour voler, ce sera sans doute parce qu\u2019on y aura rêvé des décennies auparavant.Mais comment peut-on créer le monde de d e m a i n , s i o n n e l \u2019 a p a s d\u2019abord imaginé, se demande le professeur de l\u2019Université Concordia Jason Lewis, qui donne l\u2019occasion aux autochtones de se projeter dans l\u2019avenir, à leur façon.Après s\u2019être intéressé pendant près de 10 ans à la manière avec laquelle les autochtones utilisent les médias numériques, cet Américain né en Californie et appartenant à la nation cherokee a senti le besoin de mettre sur pied l\u2019Initiative for Indigenous Futures (IIF) afin de combler un important vide.« En rencontrant de jeunes autochtones, j\u2019ai réalisé que leur vision de l \u2019avenir est presque exclusivement teintée par des références occident a l e s » , e x p l i q u e - t - i l .L a science-fiction, qu\u2019elle prenne forme dans des romans ou des films, laisse peu ou pas de place aux autochtones, ce qui entraîne selon lui de nombreux problèmes.« Si on n\u2019imagine pas l\u2019avenir, on ne sait pas où on s\u2019en va, résume-t-il.Bien sûr, il y a plusieurs combats à mener dès aujourd\u2019hui, mais comme me l\u2019a déjà raconté une personne plus âgée, si nous ne sommes pas en mesure d\u2019imaginer où nous allons, quel est l\u2019intérêt de se battre aujourd\u2019hui?» S\u2019exprimer librement L\u2019IIF offre la possibilité aux autochtones de s\u2019approprier le futur en y intégrant leurs références culturelles, leurs préoccupations, leurs priorités.Pour se faire, ils sont invités à utiliser des modes d\u2019expression variés, souvent numériques, mais pas seulement: création de jeux vidéo, d\u2019expériences de réalité virtuelle, littérature, théâtre ou encore dessin.Jason Lewis et ses par te- naires coordonnent des ateliers de travail pour accompagner les jeunes \u2014 et les moins jeunes \u2014 autochtones dans leur démarche.Ils offrent un espace à des ar tistes, à des penseurs ou à des créateurs en résidence et ils organisent un symposium annuel, qui permet de donner la parole à des acteurs de tous les horizons.Le prochain aura lieu en décembre, à Winnipeg.Une image vaut 1000 mots L\u2019avenir imaginé par un autochtone n\u2019est pas radicalement différent de celui pensé par un non-autochtone, affirme M.Lewis.La grande différence, c\u2019est que les priorités ne sont pas les mêmes : la vision de l\u2019avenir est davantage axée sur la communauté que sur l\u2019individu et les enjeux de la gestion du territoire ou de l\u2019adaptation aux changements climatiques occupent par exemple une place prépondérante.Il y a aussi la survie de la culture, ou de la langue.Pour illustrer ce qu\u2019il ob- ser ve depu is ma in tenant quelques années, Jason Lewis nous tend une pile de cartes postales.Chacune d\u2019entre elles est l\u2019œuvre de jeunes appartenant à différentes communautés autochtones et sera exposée en format géant lors d\u2019une exposition qui sera organisée cet automne à Concordia.Il y a par exemple celle de l\u2019Inuite Heather Campbell, qui montre de quoi aurait l\u2019air un paysage du Nord où les sociétés occidentales auraient été contraintes de s\u2019installer en raison du réchauf fement climatique.Ou encore celle du Micmac Ray Caplin, qui illustre l\u2019utilité du savoir autochtone pour chasser des bêtes semblant génétiquement modifiées.Réflexion nécessaire Le professeur Lewis sait que son approche ne fait pas l\u2019unanimité auprès de ses compatriotes qui tiennent à la perpétuation des pratiques traditionnelles, ou de ceux qui pensent simplement que les autochtones ont actuellement bien d\u2019autres chats à fouetter.« Je comprends leurs arguments et leurs motivations, mais je ne pense pas que c\u2019est en pensant de cette façon qu\u2019on peut garder une culture vibrante», dit-il.« Nous ne vivons plus tous dans de petites communautés où tout le monde se connaît.Nous vivons dans un monde qui est submergé par la technologie, de la même façon que celui de nos ancêtres était saturé par la nature.Nous devons donc nous demander quel genre de relation nous voulons avoir avec les technologies pour que cette relation soit saine et équilibrée, comme nos ancêtres ont dû le faire avec la nature.» Marquer les esprits À terme, M.Lewis espère que les autochtones avec qui il collabore prendront conscience de leurs moyens et de l\u2019emprise qu\u2019ils ont sur leur avenir, mais aussi que ses ef for ts feront tomber cer tains préjugés.Comme cette impression qu\u2019un autochtone qui décroche un diplôme universitaire n\u2019est pas un « vrai » autochtone, ou que le fait de s\u2019habiller d\u2019une certaine façon signifie nécessairement un rejet des valeurs ou des traditions de sa communauté.« J\u2019espère que ce genre de conversation influencera les milieux politiques, poursuit-il, sans mâcher ses mots.Même Justin Trudeau, avec ses voies ensoleillées, voit les autochtones comme un problème à régler.Pendant la campagne électorale, il a adopté un ton positif, mais maintenant qu\u2019il est élu, il n\u2019a rien proposé qui corresponde à cette vision.» « Il ne s\u2019agit pas de nier les problèmes existants.Il faut simplement se concentrer sur les choses merveilleuses que peuvent accomplir les autochtones, et non les problèmes qu\u2019ils ont, précise-t-il.Certains pourraient dire que ce ne sont que des mots dif férents, mais ça compte.» Le Devoir ENTRETIENS CONCORDIA \u2014 MUTATIONS NUMÉRIQUES Imaginer son avenir Qui a dit que les jeunes étaient plus performants sur le plan cérébral que les aînés?Dif férentes études sont venues démontrer que chaque âge a ses points forts.Analyse des récentes découvertes en la matière S Y L V I E L O G E A N L\u2019heure est au cerveau augmenté.Elon Musk en a encore fait la démonstration, il y a un mois, en annonçant la création de sa société Neuralink.La énième entreprise du milliardaire a pour objectif de développer des composants électroniques pouvant directement être implantés dans le cerveau afin d\u2019en augmenter la mémoire, de piloter des terminaux ou de le connecter de manière plus efficace à l\u2019intelligence artificielle.Tout un programme\u2026 qui nous fait parfois oublier que cet organe, dans ses capacités intrinsèques, possède encore de larges zones grises à explorer.C\u2019est notamment le cas en ce qui concerne nos capacités cognitives.Longtemps, les scientifiques ont cru que celles-ci connaissaient un pic de performance vers la vingtaine, pour ensuite entamer un lent déclin.Des recherches menées par des neuroscientifiques du Département du cerveau et des sciences cognitives du Massachusetts Institute of Technology viennent, au contraire, démontrer que la réalité est bien plus complexe.« Il y a une grande hétérogénéité concernant le moment où les performances cognitives culminent, atteignent un plateau ou commencent à baisser», confirme au Temps Joshua Hartshorne, l\u2019un des deux auteurs.Contre toute attente, certaines compétences, comme la reconnaissance des émotions, la compréhension du vocabulaire, mais aussi la régulation du stress, semblent atteindre leur sommet entre 45 et 50 ans.«C\u2019est ce que l\u2019on appelle l\u2019intelligence cristallisée, précise le professeur Matthias Kliegel, responsable du laboratoire du vieillissement cognitif de l\u2019Université de Genève.À savoir la capacité à s\u2019appuyer sur son expérience, ses compétences et ses connaissances.Dans un cerveau qui n\u2019est pas malade, ce type d\u2019intelligence augmente progressivement avec l\u2019âge et reste stable pendant longtemps, pour ne décliner qu\u2019à la fin de la vie.» On pensait également communément que l\u2019intelligence dite fluide, à savoir l\u2019aptitude à penser logiquement et à résoudre des problèmes dans des situations nouvelles, était à son apogée à l\u2019adolescence pour chuter ensuite rapidement.Plus nuancés, les résultats de la recherche du MIT ont montré que les divers composants de cette intelligence trouvaient leur pic à des âges différents.La vitesse de traitement de l\u2019information culminerait ainsi vers 18 ans, alors que la mémoire à court terme semblerait atteindre son climax à 25 ans, avant de commencer à décliner vers 35 ans.Remodelage Le développement de notre cerveau est marqué par deux grandes vagues d\u2019intenses remaniements.La première s\u2019opère à la fin du développement fœtal et durant la petite enfance.La seconde se déploie à l\u2019adolescence, heure des grands chamboulements hormonaux.« La plupar t des recherches se sont penchées sur le développement moteur, sensoriel et du langage à un âge précoce, explique Delia Fuhrmann, chercheuse en neuroscience à l\u2019University College de Londres.Ce n\u2019est que tout récemment qu\u2019il a été suggéré que l\u2019adolescence pouvait représenter une seconde fenêtre d\u2019opportunité dans le développement du cerveau.» Le cerveau des adolescents subit en ef fet un remodelage profond.Les zones sous-corti- cales, siège des émotions et des sensations, du système de récompense et du plaisir, se développent en premier ; alors que les régions du cortex pré- frontal, associées à des fonctions cognitives dites supérieures \u2014 comme le raisonnement rationnel et les fonctions exécutives \u2014 s\u2019étof fent plus tardivement.Selon des recherches menées par l\u2019Université de Harvard en 2016, cette zone atteindrait même sa maturité à l\u2019âge de 30 ans.Ce qui expliquerait que les adolescents peinent par fois à contrôler leurs émotions.Le pic de la trentaine Par ailleurs, des techniques d\u2019imagerie cérébrale ont permis de constater, dans le cerveau des adolescents, une diminution de la matière grise et une augmentation de la matière blanche, appelée aussi myéline.Ce changement de la structure corticale est associé à un certain nombre de progrès au niveau des fonctions cognitives, comme l\u2019amélioration du langage, de la lecture ou encore des capacités d\u2019encodage mné- sique.Ainsi, entre 20 et 25 ans, la mémoire de travail atteindrait un pic, en partie grâce à une connectivité accrue entre les régions éloignées du cerveau.Autre phénomène cognitif intéressant: la capacité à se rappeler davantage les événements vécus entre 10 et 30 ans.Ce phénomène serait directement lié à la maturation des systèmes en jeu dans la mémoire à l\u2019adolescence, comme l\u2019hippocampe et le cortex préfrontal.Par ailleurs, la composante émotionnelle accrue existant à cet âge, aurait pour conséquence d\u2019augmenter l\u2019encodage de la mémoire biographique.Seconde jeunesse À l\u2019âge adulte, la spécialisation des lobes cor ticaux est définitivement achevée.Le cortex préfrontal, arrivé à maturité, nous permet de prendre des responsabilités, de planifier et de définir des priorités.Les zones allant du tronc cérébral aux circuits lim- biques, sièges des émotions, sont non seulement très développées, mais aussi fortement connectées au cortex préfron- tal, permettant un meilleur contrôle des émotions.Longtemps, les scientifiques ont cru qu\u2019à partir de 25 ans, le cerveau commençait à perdre ses neurones.On sait au- jourd\u2019hui que cette affirmation est fausse.En 2013, des chercheurs suédois ont en effet pu confirmer, grâce à la datation au carbone 14, que de nouveaux neurones continuaient à se former notamment dans l\u2019hippocampe, une région jouant un rôle clé dans la mémoire et la régulation des émotions, mais aussi dans la zone située sous les ventricules latéraux.C\u2019est ce que les scientifiques appellent le processus de neurogenèse qui permet de nouveaux apprentissages tout au long de la vie.«Nos recherches sur des personnes entre 85 et 100 ans nous ont permis de constater que la plasticité cognitive, bien qu\u2019un peu réduite, reste intacte jusqu\u2019à la fin de la vie, confirme Matthias Kliegel, responsable du laboratoire du vieillissement cognitif de l\u2019Université de Genève.Même à cet âge, les performances cognitives peuvent être améliorées assez rapidement grâce à un entraînement.On peut donc encore apprendre une nouvelle langue, par exemple, même si cet apprentissage est certainement plus fatigant que s\u2019il avait été réalisé plus jeune.» In fine, il faut savoir que le cer veau sain est comme un muscle qui se nourrit du changement, mais s\u2019atrophie si l\u2019on ne s\u2019en sert pas.L\u2019entraînement va ainsi stimuler les jeunes neurones à s\u2019intégrer dans les circuits cérébraux pour établir de nouvelles connexions.« Cela fonctionne un peu sur le principe du \u201cuse it or lose it\u201d, ajoute Matthias Kliegel.Le vieillissement cognitif est très lié à une non-uti- lisation des ressources du cerveau.» Et que ceux qui n\u2019aimeraient pas faire des sudokus ou autres exercices cognitifs spécialisés se rassurent\u2026 Les chercheurs l\u2019affirment : l\u2019activité physique est, semble-t-il, tout aussi efficace pour prévenir le vieillissement du cerveau.Le Temps Le cerveau ne décline pas, il se transforme ABTEC/INITIATIVE FOR INDIGENOUS FUTURES L\u2019œuvre 7th Generation Inuit Community, de l\u2019Inuite Heather Campbell, montre de quoi aurait l\u2019air un paysage du Nord où les sociétés occidentales auraient été contraintes de s\u2019installer en raison du réchauffement climatique. L E D E V O I R , L E L U N D I 1 E R M A I 2 0 1 7 LES SPORTS B 4 T E R E S A M .W A L K E R à Nashville C ody McLeod a inscri t l\u2019éventuel but gagnant tôt en deuxième période, et les Predators de Nashville ont battu les Blues de St.Louis 3- 1, dimanche, pour prendre les devants 2-1 dans leur série de deuxième tour.Les défenseurs Ryan Ellis et Roman Josi ont aussi touché la cible tandis que Colton Sis- sons a ajouté deux aides.Les Predators ont dominé les Blues 34-23 au chapitre des tirs au but et ils ont signé une septième victoire de suite devant leurs partisans en séries éliminatoires, dont trois ce printemps.Alex Steen a été l\u2019unique buteur des Blues, qui ont encaissé un premier revers à l \u2019étranger depuis le début des séries.Gardiens à l\u2019honneur Le gardien des Blues Jake Allen a gardé son équipe dans le match avant d\u2019être remplacé par un attaquant supplémentaire avec plus de quatre minutes à faire en troisième période.Pekka Rinne a ef fectué 22 arrêts devant le filet des Predators, dont plusieurs en fin de rencontre pour préserver la victoire.Le match no 4 sera présenté mardi, à Nashville.Les Predators n\u2019avaient pas obtenu un seul avantage numérique lors de leur défaite lors du deuxième match à St.Louis et ils ont presque ouver t la marque dans cette situation en première période dimanche.Les Blues venaient d\u2019écouler une punition quand Ellis a ouver t le pointage à 10:34 à l\u2019aide d\u2019un lancer frappé.Ellis a maintenant récolté au moins un point à ses six derniers matchs.Les défenseurs des Predators ont récolté 7 buts et 13 aides depuis le début des séries.McLeod a creusé l\u2019écar t avec son premier but des séries après 2:29 de jeu en deuxième période.Il a surpris Allen du revers quelques instants après que les Blues eurent écoulé leur troisième punition du match.Les Blues ont décoché leur premier tir en deuxième période après 12:59 de jeu, mais il a franchi la ligne des buts.Steen a dévié un tir de la pointe d\u2019Alex Pietrangelo derrière Rinne.Rinne a ensuite frustré David Perron sur une descente en sur nombre, permettant aux Predators de retraiter au vestiaire avec une avance d\u2019un but.Le défenseur des Blues Robert Bortuzzo a atteint le poteau tôt en troisième période, puis Josi a por té le coup de grâce avec 5:49 à faire.Associated Press HOCKEY Les Predators battent les Blues Nashville prend les devants dans la série de deuxième tour JOSEP LAGO AGENCE FRANCE-PRESSE Rafael Nadal enchaîne une autre «Decima» après Monte-Carlo Une semaine après la «Decima» à Monte-Carlo, la «Decima» à Barcelone.Rafael Nadal a conquis dimanche son dixième titre dans le tournoi catalan, réussissant un «début de saison sur terre rêvé» en attendant de viser également la passe de dix à Roland-Garros.L\u2019Espagnol (no 5 mondial), âgé de 30 ans, a balayé en finale l\u2019Autrichien Dominic Thiem (6-4, 6-1) en une heure et 30 minutes pour décrocher le 71e titre de sa carrière, prenant date en vue des Internationaux de France (28 mai-11 juin).Agence France-Presse J A M E S E L L I N G W O R T H à Sotchi (Russie) L e pilote Mercedes Valtteri B o t t a s a r e m p o r t é l e Grand Prix de Formule 1 de Russie, dimanche, à l\u2019issue d\u2019une belle lutte contre le pilote Ferrari Sebastian Vettel.Bottas, qui s\u2019élançait de la troisième place sur la grille de départ, mais qui s\u2019est emparé des commandes de l\u2019épreuve dès le premier virage, a du même coup signé sa première victoire en carrière en F1.Le Finlandais a ainsi préservé la séquence i r rés i s t ib le de l\u2019équipe Mercedes, qui est toujours invaincue à Sotchi depuis l\u2019ajout de cette épreuve au calendrier en 2014.Vettel a finalement accusé un déficit de seulement 0,6 seconde derrière Bottas, tandis que son coéquipier chez Ferrari Kimi Räikkonën prenait la troisième place à 10,3 secondes derrière.L\u2019autre pilote Mercedes, Lewis Hamilton, a éprouvé des ennuis de surchauffe et a abouti au pied du podium.« Ç\u2019a pris du temps, plus de 80 courses, a rappelé Bottas, qui a commencé sa carrière chez Williams en 2013.Ça en valait la peine.» Le Finlandais âgé de 27 ans s\u2019était joint à l\u2019écurie allemande après que le champion de l\u2019an dernier, Nico Rosberg, eut annoncé à la surprise générale sa retraite.Vettel, qui est parti de la position de tête, fulminait après que ses espoirs de rattraper Bottas se furent envolés en raison de la présence du retardataire de Williams Felipe Massa, qui a fini septième.« Qu\u2019est-ce que c\u2019était que ça ?» a crié l\u2019Allemand sur les ondes de la radio de Ferrari après qu\u2019il eut perdu de précieuses fractions de seconde en tentant de dépasser le Brésilien.Vettel a cependant retrouvé son sang-froid en grimpant sur le podium.« Ça n\u2019a pas d\u2019importance, a commenté Vettel à propos de l\u2019incident avec Massa.Il faut rendre hommage au héros du jour ; félicitations, Valtteri ! » La deuxième place de Vettel signifie qu\u2019il a creusé l\u2019écart en tête du classement des pilotes à 13 points devant Hamilton.Le pilote Red Bull Max Ver- stappen a complété le top-5, devant les pilotes Force India Sergio Perez et Esteban Ocon.Nico Hülkenberg (Renault), Massa et Carlos Sainz fils (Toro Rosso) ont amassé les derniers points disponibles.Associated Press FORMULE 1 Valtteri Bottas gagne le Grand Prix de Russie Stroll finit un premier GP en carrière Le Québécois Lance Stroll a franchi une première étape importante dans sa jeune carrière en Formule 1.Il a terminé un premier Grand Prix, dimanche, lorsqu\u2019il a fini 11e en Russie.«J\u2019ai vu le drapeau à damiers pour la première fois, c\u2019est formidable !» a lancé Stroll, visiblement satisfait de sa course.Même s\u2019il n\u2019a pu marquer son premier point au classement des pilotes, il s\u2019agissait d\u2019un soulagement pour le jeune pilote de 18 ans qui n\u2019avait pas terminé les trois premières courses de la saison.Seuls les 10 premiers à franchir le fil d\u2019arrivée du circuit qui ceinture le Parc olympique de Sotchi ont amassé des points.La Presse canadienne A L E X I S B É L A N G E R - C H A M P A G N E A vec Ignacio Piatti, Ballou Jean-Yves Tabla et Anthony Jackson-Hamel, ce n\u2019est pas l\u2019of fensive qui inquiète chez l\u2019Impact de Montréal.C\u2019est plutôt la défensive qui connaît des ratés avec 10 buts accordés lors des cinq derniers matchs.L\u2019émergence de Ballou et de Jackson-Hamel a permis à l\u2019Impact d\u2019engranger cinq points au cours de cette séquence (1-2-2), mais l\u2019Impact n\u2019a toujours pas pris son envol cette saison, alors que l\u2019équipe est encore à la recherche d\u2019un premier blanchissage.Et après la défaite de 2-1 face aux Whitecaps de Vancouver, samedi, c\u2019est la défensive qui a été pointée du doigt par l\u2019en- traîneur-chef Mauro Biello.« Nous devons faire un meilleur travail pour ne pas donner de buts faciles, a-t-il martelé, visiblement frustré après le revers.L\u2019aspect positif est que nous avons créé des occasions, et leur gardien a réussi de gros arrêts.Mais nous devons trouver une constance dans notre jeu.C\u2019est mon travail de trouver une solution et de ramener l\u2019équipe sur le droit chemin.» Le capitaine Patrice Bernier a aussi admis que l\u2019équipe affichait des faiblesses dans son territoire.«Nous avons laissé des brèches et ils nous ont fait payer, a-t-il mentionné en revenant sur le duel face aux Whitecaps.Il faut être meilleurs dans les situations un contre un et mieux récupérer le ballon.Je pense qu\u2019ils [les Whitecaps] ont été beaucoup plus souvent sur les deuxièmes ballons.Il faut rectifier les choses.Il faut avoir la faim pour ne pas se faire battre, que ce soit individuellement, sur les coups de pied arrêtés ou collectivement.Nous démontrons que nous sommes capables d\u2019aller marquer des buts.Nous sommes capables de mettre l\u2019équipe en danger.Mais nous laissons les autres équipes s\u2019en sortir.» « On dirait que nous prenons du temps à prendre du r ythme.Le sentiment d\u2019urgence vient quand quelque chose arrive.Ce n\u2019est pas nous qui forçons l\u2019autre équipe à devoir réagir », a-t-il ajouté.Le retour du nuage noir L\u2019Impact n\u2019a aussi qu\u2019une victoire en huit sorties depuis le début de la campagne (1-3-4).Si le gain face à l\u2019Atlanta United il y a deux semaines avait levé un poids sur les épaules des joueurs, la défaite face aux Whitecaps a ramené le nuage noir dans le vestiaire de l\u2019équipe.«C\u2019est clair que nous sommes dans une zone rouge, a mentionné le défenseur Laurent Ciman.Nous devons travailler physiquement, parce que nous ne sommes pas af finés et af fû- tés.Nous allons devoir retrousser nos manches et travailler pendant la semaine.» Questionné sur l\u2019ambiance dans le vestiaire après la défaite, l\u2019arrière latéral Chris Du- vall a résumé le tout en deux mots : «pas bonne».De son côté, le jeune partenaire de Ciman en défense centrale Kyle Fisher avait un message un peu plus encourageant.« Nous devons être meilleurs et ça commence en reconnaissant notre part de responsabilités, a dit l\u2019Américain âgé de 22 ans qui en était à son premier départ de la saison.Nous savons que nous pouvons faire mieux.C\u2019est ce que nous devons retenir, que nous devons obtenir le meilleur de chaque joueur.» L\u2019Impact n\u2019a jamais pu compter sur le même onze partant depuis le début de la saison en raison de suspensions ou de blessures.La défensive a été particulièrement affectée par ce manège.Victor Cabrera (cheville) et Hassoun Camara (commotion cérébrale) manquaient à l\u2019appel samedi.L\u2019of fensive pourrait à son tour être testée dans les prochaines semaines, puisque l\u2019attaquant Matteo Mancosu s\u2019est blessé à la cuisse gauche face aux Whitecaps.Jackson-Ha- mel l\u2019a remplacé et il a aussi quitté prématurément la rencontre.Son cas est moins inquiétant, puisqu\u2019il aurait simplement été ralenti par une crampe à un mollet.L\u2019Impact aura l\u2019occasion de se racheter samedi prochain, quand il rendra visite au D.C.United.La Presse canadienne SOCCER L\u2019Impact plombé par les faiblesses de sa défense P A A V A N M A T H E M A à Katmandou L\u2019 alpiniste suisse Ueli Steck, connu pour avoir dompté les sommets les plus vertigineux de la planète, est décédé dimanche matin sur l\u2019Everest à 40 ans, a annoncé la Fédération d\u2019alpinisme du Népal (NMA).«Ce matin, il a eu un accident sur le Nuptse et est mort.Il semble qu\u2019il ait glissé », a déclaré le président de la NMA, Ang Tsering Sherpa, en citant l\u2019un des sommets satellites de l\u2019Everest.Surnommé la «machine suisse » en raison du r ythme élevé qu\u2019il s\u2019imposait lors de ses courses, Ueli Steck était également connu pour une série de records parfois controversés.«Son corps a été ramené à Lukla par hélicoptère et sera ramené à Katmandou », a précisé Ang Tsering Sherpa.Lukla est un village proche du camp de base de l\u2019Everest « Son par tenaire souf frait d\u2019engelures et il avait poursuivi seul, a-t-il expliqué.Nous essayons d\u2019en savoir plus.» L\u2019accident s\u2019est produit «dimanche matin, tôt, à 1000 mètres du Camp II » du Nuptse, a précisé Dinesh Bhattarai, directeur général du département népalais du Tourisme.« D\u2019autres alpinistes se lançant sur l\u2019Everest l\u2019ont vu et ont appelé les secours», a-t-il poursuivi.Ueli Steck avait plusieurs fois frôlé la mort, comme lors de son ascension en 28 heures de la face sud de l\u2019Annapurna en 2013.Les hommages se sont multipliés à l\u2019annonce de sa mort.L\u2019alpiniste britannique Kenton Cool, qui a gravi l\u2019Everest 12 fois, a estimé sur Twitter qu\u2019Ueli Steck était «un homme qui nous montrait que tout est possible dans les montagnes et au-delà».Charpentier de formation, Ueli Steck était né le 4 octobre 1976 à Langnau im Emmental, à l\u2019est de Berne, dans une famille très sportive.À 12 ans, il rejoint le Club alpin suisse et développe une fascination pour le « contact avec la nature et les falaises ».Tout juste majeur, le Suisse pose les jalons de ses futurs records en réalisant l\u2019ascension de la face nord de l\u2019Eiger (3970 mètres).«À partir de là, j\u2019ai commencé à systématiquement pratiquer l\u2019alpinisme lors de mon temps libre.Je n\u2019ai en revanche jamais pensé devenir professionnel un jour», avait expliqué en 2015 le prodige helvète dans un entretien à l\u2019AFP.« Je ne cherche pas à ce que l\u2019on parle de mes records.C\u2019est mon plaisir personnel seul qui dicte ma démarche», avait-il ajouté.Très vite, ses performances ne passent pas inaperçues.Avec l\u2019arrivée des premiers commanditaires, Ueli Steck, alors trentenaire, décide de vivre à plein temps de la discipline.Il s\u2019entraîne ensuite sans cesse, avec l\u2019aide d\u2019un physiothéra- peute, privilégiant l\u2019endurance sur la technique.Agence France-Presse Mort sur l\u2019Everest de l\u2019alpiniste Ueli Steck L E D E V O I R , L E L U N D I 1 E R M A I 2 0 1 7 SUR LA ROUTE B 5 Payer son transport en commun directement avec sa carte de crédit au lieu de se munir d\u2019un ticket au préalable ou d\u2019avoir un peu de monnaie dans ses poches ?C\u2019est le défi que se sont lancé plusieurs villes à travers le monde ces dernières années.De Londres à Chicago, en passant par Moscou ou Madrid, et depuis peu Laval, le système est en train de faire ses preuves.Mais la Société de transport de Montréal (STM) ne compte pas pour autant suivre la tendance.Payer son trajet de bus par carte de crédit ?STL A N N A B E L L E C A I L L O U C haque premier du mois, le temps d\u2019attente pour recharger sa carte OPUS n\u2019est plus un secret pour personne à Montréal : les habitués du transport en commun ont désormais l\u2019habitude de s\u2019armer de patience.Pourtant, l\u2019idée de payer directement son trajet par carte bancaire pour prendre le bus ou le métro n\u2019est pas à l\u2019ordre du jour pour la Société de transport de Montréal (STM).«Le paiement par carte de crédit dans les bus n\u2019est pas prévu, ce n\u2019est pas dans nos cartons», affirme la porte- parole, Isabelle Tremblay, sans donner de détails sur les raisons de ce désintérêt.Ces dernières années, la STM a lancé plusieurs initiatives pour améliorer la situation : la possibilité de payer par carte bancaire dans les bornes de rechargement des stat ions ou la p o s s i b i l i t é d e recharger de chez soi avec un lecteur OPUS.Une solution qui n\u2019a pas connu une grande popularité auprès des Montréalais.En date du 17 avril, 22 345 lecteurs avaient été vendus depuis 2015 ; plus de 600 000 usagers possèdent une carte OPUS.Le projet avait totalisé un investissement de 7,6 millions de dollars.Des chiffres toutefois à nuancer, selon Mme Tremblay.«Le lecteur n\u2019est pas à utilisation unique.Des écoles, des familles ou des employés d\u2019entreprises peuvent en bénéficier.» Si la STM n\u2019envisage pas le paiement par carte de crédit, elle travaille actuellement sur un système de pa iement mobile.Depuis l\u2019automne dernier, elle teste auprès de plusieurs employés un système de val idat ion des t i t res de transport avec des téléphones Android.« On est encore en phase test, précise Isabelle T r e m b l a y.C e t e x e r c i c e permettait de mettre à l\u2019épreuve les équipements de perception du réseau de métro et de tester les fonctionnalités de la technologie NFC dans un environnement réel.» Pour le moment, aucune date n\u2019est envisagée pour la diffusion grand public.La STM prévoit un appel de proposition au cours de l\u2019année.Laval se lance La ville voisine s\u2019est quant à elle plongée dans l\u2019expérience le 21 avril dernier, une première au Canada.Un terminal de paiement sans contact Mo- netico, développé par Desjardins, a été ajouté dans 6 des 45 lignes d\u2019autobus de la société de transport de Laval (STL).Le système est simple, explique David De Cotis, président du conseil d\u2019administration de la STL.«Avec une carte de crédit Visa ou MasterCard, dotée du \u201csans contact\u201d, le client a juste besoin de toucher le terminal pour que le paiement soit ef fectué instantanément, pas besoin de l\u2019insérer quelque par t ou de taper un code d\u2019identification.» Avec ce projet-pilote, la STL vise sur tout à faciliter la vie des personnes qui utilisent occasionnellement le transport en commun.Elles n\u2019auront ainsi plus besoin d\u2019investir dans une car te OPUS ou de dépenser trop d\u2019argent dans des tickets à l\u2019unité, facilement égarés.« Les gens ne connaissent pas toujours les tarifs, ou ils n\u2019ont pas de monnaie sur eux.En permettant de payer avec une carte de crédit, ça crée des passages spontanés, c\u2019est ce qu\u2019on veut encourager », soutient de son côté le directeur général de la STL, Guy Picard.Cinq jours après le lancement, la STL avait déjà enregistré une centaine de transactions dans les bus concernés.Rien d\u2019étonnant, selon Stéphane Hallé, du Mouvement Desjardins, qui a travaillé sur le projet avec la STL.Le paiement sans contact, rendu possible avec la technologie Near Field Communication (NFC), a déjà fait sa place dans le quotidien des Canadiens, rappelle-t-il.«Café, restauration rapide, stationnements, magasins: faire une transaction est de plus en plus simple et rapide.[\u2026] Un peu plus de 30% des transactions aujourd\u2019hui sur une carte de crédit sont faites au sans contact au Canada.» La STL pourrait également lancer un projet-pilote au cours de l\u2019année pour tester le paiement par téléphone inte l l igent .«On en est à la phase des discussions pour le moment», confie Guy Picard.Aux yeux de Martin Trépanier, professeur au dépar tement de mathématiques et de génie industriel de Polytechnique à Montréal, le désintérêt de la STM pour le paiement par carte de crédit semble découler d\u2019une décision commerciale avant tout.« Il y a un ajustement à faire, c\u2019est ça qui peut être très coûteux.Imaginez la STM qui a plus de 1500 autobus, 68 stations de métro\u2026 ça en fait des terminaux de paiement à changer ou ajouter», explique-t-il.Le paiement par téléphone lui apparaît même comme un «moyen plus flexible», tant pour la STM que pour les usagers.«La carte de crédit va payer un passage.Alors que, sur le téléphone, l\u2019application permet de voir les différents titres de transport qu\u2019on peut utiliser, ça calcule pour nous.On peut s\u2019abonner une journée, ou plusieurs jours.» Londres, un exemple La technologie s\u2019immisce ainsi de plus en plus dans le secteur des transpor ts.Madrid, Chicago, Moscou ou encore Londres, plusieurs villes à travers le monde ont déjà adopté le paiement par carte de crédit sans contact.D\u2019autres, telles que Paris ou Bordeaux, pensent sérieusement à leur emboîter le pas.Londres reste le premier exemple cité par les professionnels et experts du milieu.La capitale du Royaume-Uni propose depuis 2014 aux usagers des transports de payer leur passage dans le bus ou dans le métro directement avec leur carte de crédit.Et depuis 2015, il est aussi possible d\u2019utiliser son téléphone intelligent pour effectuer la transaction avec Apple et Android Pay.« L\u2019avantage premier, c\u2019est que l\u2019on n\u2019a pas besoin de penser à recharger la carte Oyster [la carte OPUS de Londres] et ça permet d\u2019éviter de perdre du temps sur les bornes de rechargement.De plus, je suis sûr de l\u2019avoir toujours sur moi », confie Dorian Grimaud, un Français installé à Londres depuis deux ans et demi.Le système développé par Transport of London est avantageux tant pour les usagers occasionnels que pour les habitués puisqu\u2019il compare de lui-même toutes les offres en alignant ses tarifs avec les abonnements illimités de l\u2019Oyster.Pour le client qui paie des passages à l\u2019unité, à partir d\u2019un certain nombre de trajets, le système bascule automatiquement sur des formules illimitées à la semaine ou au mois.«Plus besoin de calculs scientifiques pour déterminer quand sont les prochaines vacances [et voir si l\u2019abonnement vaut la peine]», ajoute Dorian Grimaud.D\u2019après le professeur à la Polytechnique, Martin Trépa- nier, « En mobilité urbaine, la flexibilité reste la clé, rappelle-t- il.Communauto, Car2go, Uber, tout le monde se dirige vers le téléphone comme moyen de paiement.» Il reconnaît cependant qu\u2019une bonne partie de la population ne possède pas forcément de téléphone intelligent, alors que la carte de crédit s\u2019est généralisée.Dans tous les cas, les grandes villes devront un jour ou l\u2019autre s\u2019adapter à ces nouvelles technologies, croit-il.« C\u2019est dans l\u2019air du temps, on n\u2019aura pas le choix que d\u2019aller vers ce genre de systèmes, c\u2019est l\u2019avenir.» Le Devoir PEDRO RUIZ LE DEVOIR La Société de transport de Laval a lancé un projet-pilote pour permettre le paiement par carte de crédit dans 6 de ses 45 lignes d\u2019autobus.Si la STM n\u2019envisage pas le paiement par carte de crédit, elle travaille actuellement sur un système de paiement mobile En mobilité urbaine, la flexibilité reste la clé.Communauto, Car2go, Uber, tout le monde se dirige vers le téléphone comme moyen de paiement Martin Trépanier, professeur à l\u2019École polytechnique « » 22 345 C\u2019est le nombre de lecteurs Opus vendus depuis 2015 en date du 17 avril 2017. L E D E V O I R , L E L U N D I 1 E R M A I 2 0 1 7 É T H I Q U E E T R E L I G I O N S B 6 L E S P E T I T E S A N N O N C E S Courriel : petitesannonces@ledevoir.com Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.MÉTRO IBERVILLE - 5 1/2 2 ch, 2e.Ent.lav-sec., superposées, frigo et micro-onde inclus.Près services et écoles.Pas animaux.JUIL.975 $ 514-573-8772 PLATEAU - MILE END Dernier étage.Beau grand 6 1/2, 4 ch.fermées.Électros et place de stationnement inclus.1 940 $ 514-710-4531 Près U DE M - 6 1/2 libre Terrasse, électros inclus.Chauffé.Pers.tranq.1 600 $.Réf.& enq.crédit néc.Écrire à bertingiasson@hotmail.com 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER Promotion spéciale Petites annonces Pour les annonces textes de 5 lignes et moins 7 jours de parution 100$ ou 4 samedis consécutifs 100$ Pour information Téléphone : 514 985-3322 Courriel : petitesannonces@ledevoir.com PROVENCE Vallée du Rhône Maison de village dans le quartier médiéval de Nyons.2 c.c.2 s.de b.Toute équipée.Terrasse ensoleillée.Internet.www.bonnevisite.ca/nyons mariehalarie@gmail.com 819-300-1330 GÎTE À VENDRE Clé en main (B&B) - Île Anticosti Hélène 579-488-0323 *Librairie Bonheur d'Occasion* achète à domicile livres de qualité en tout genre.514 914-2142 1317, ave du Mont-Royal Est VOTRE ORDINATEUR B0GUE OU RALENTIT ?Mise à jour et réparation P.C., Mac et portables.10 ans d'exp.Service à domicile.514 573-7039 Julien 170 HORS FRONTIÈRES EUROPE À LOUER 177 GÎTES, SÉJOURS ET COUETTES / CAFÉ 307 LIVRES ET DISQUES 515 INFORMATIQUE ET BUREAUTIQUE 165 PROPRIÉTÉS À LOUER 165 PROPRIÉTÉS À LOUER CHARLEVOIX : LE FLEUVE DANS VOTRE ASSIETTE À LOUER AU MOIS Maison sur la falaise de Pointe-au-Pic (La Malbaie).Tranquille.Entièrement meublé, 3 chambres, tout compris, câble, Wi-Fi.Vue panoramique sur le fleuve et les montagnes.Près de tous les services et attractions.Immense terrain.Non-fumeur.Pas d?animaux.Avril, mai, octobre et novembre 2017 : 2 000 $ / mois Septembre et décembre 2017: 2 500 $ / mois 438-491-2301 PRECOURT.GAGNE@GMAIL.COM 564 DÉCORATION INTÉRIEURE 564 DÉCORATION INTÉRIEURE 564 DÉCORATION INTÉRIEURE BAIN EN BOIS 100 % QUÉBEC ARTECO INC arteco.ca 438.397.1560 arteco.inc@gmail.com PARCE QUE VOUS ÊTES UNIQUE m o c eli ri emo m le e@ g o necrol 1 9 9 9 -7 5 52 4 5 : .léc é T 4 9 14 1 5- 52 1 5 lé: é T , 4 K 2X 2 H , Qc l réa t on M , rue Du , e r v Ha 55 18 l e i mor é Le M Samedi : ferm (comptoir à la Heure de tom Dimanche à v ar téléphone, télécopieur ou par courriel P Pour une publication sectio fermé le dim é clientèle anche) 5h15 bées 1 endredi : 10h à 12 h et de 13h à 17h0 n décès dans C A T H E R I N E M A R C I A N O T O N Y G A M A L - G A B R I E L au Caire L e pape François a clos samedi une brève visite sous haute sécurité au Caire en prônant la charité et en rejetant l\u2019extrémisme devant des milliers de fidèles, trois semaines après des attentats meurtriers contre la minorité chrétienne en Égypte.Le pontife, arrivé vendredi pour promouvoir la paix et la concorde entre musulmans et chrétiens, a estimé lors d\u2019une messe célébrée dans un stade à moitié plein que la vraie foi était celle qui conduit « à vivre la culture de la rencontre, du dialogue, du respect et de la fraternité ».Elle consiste à « voir dans l\u2019autre non pas un ennemi à vaincre, mais un frère à aimer » , a - t - i l i ns i s té .Car « l\u2019unique extrémisme admis pour les croyants est celui de la charité ! Toute autre forme d\u2019extrémisme ne vient pas de Dieu et ne lui plaît pas ! ».Quelque 15 000 fidèles ont assisté à cette cérémonie religieuse en banlieue du Caire, selon le Vatican.Ils ont accueilli le pape dans une ambiance joyeuse avec des lâchers de ballons blanc et jaune, aux couleurs du Saint- Siège.Après cette messe et un déjeuner avec des évêques égyptiens, François a rencontré de futurs prêtres dans un séminaire copte catholique.Puis le président égyptien, Abdel Fat- tah al-Sissi, l\u2019a salué une dernière fois au pied de son avion, au terme d\u2019une visite de 27 heures, sa première dans ce pays à majorité musulmane.Cette visite papale \u2014 près de trois semaines après deux attentats suicides djihadistes qui ont fait 45 morts le 9 avril dans des églises coptes orthodoxes \u2014 a pris un caractère hautement symbolique pour les chrétiens d\u2019Égypte.Ils représentent environ 10 % des 92 millions d\u2019habitants du pays et forment la plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient.Le groupe État islamique (EI), qui a revendiqué le double attentat du dimanche des Rameaux, menace de multiplier les attaques contre eux.Atmosphère chaleureuse Samedi, la messe s\u2019est déroulée dans une atmosphère chaleureuse, malgré un imposant dispositif de sécurité omniprésent, avec des hélicoptères et des centaines de policiers et militaires en armes, dans et aux abords du stade.Tout sourire, le pape de 80 ans a fait un traditionnel tour de stade dans une voiturette électrique découver te, s\u2019arrêtant pour embrasser un petit groupe d\u2019enfants habillés de tenues dorées inspirées de l\u2019Égypte ancienne.Au son des chants religieux, il est monté sur une grande estrade et a embrassé l\u2019autel avant d\u2019entamer son homélie, prononcée en italien et traduite en arabe par un interprète.Dès les premières heures de la matinée, les fidèles à bord d\u2019une noria de bus avaient passé plusieurs barrages de police pour arriver au stade militaire : des sœurs vêtues en gris et beige, des scouts couver ts de badges, des hommes en costumes, des prêtres orthodoxes et catholiques, des personnes âgées marchant avec des cannes.« J\u2019aime le pape, il sourit, il agit, il est beau.Ses paroles sont fortes et me touchent », explique Wessam Adel, un scout de 21 ans.Nabil Choukri, qui travaille à la foire du Caire, suit le livret de la cérémonie en arabe tout en tenant un petit drapeau jaune et blanc du Vatican.« C\u2019est très important qu\u2019il soit là.Nous n\u2019avons pas peur d\u2019aller à l\u2019église en Égypte.» Avec une liturgie en arabe et latin, le rassemblement religieux visait à réunir devant le pape tous les rites catholiques d u p a y s , n o t a m m e n t l e s Églises copte, arménienne, maronite et melkite, qui rassemblent environ 272 000 fidèles (0,3 % de la population).Des dignitaires religieux musulmans étaient également présents, au lendemain de la visite de cour toisie du pape auprès du grand imam sunnite d\u2019Al-Azhar.Respect des droits de la personne À son arrivée au Caire vendredi, le pape François avait abordé plusieurs sujets à résonance particulière au Moyen- Orient comme la prolifération des armes ou les « populismes démagogiques » qui « n\u2019aident pas à consolider la paix et la stabilité ».Fer ven t dé fenseur de l\u2019œcuménisme, le chef spirituel de près de 1,3 milliard de catholiques avait aussi rencontré le pape copte or tho- doxe, Tawadros II.Ils avaient ef fectué une prière commune à l\u2019église copte Saint-Pierre et Saint- Paul, frappée en décembre par un attentat djihadiste (29 morts) et appelé à « l\u2019unité », en rappelant que la violence des extrémistes cible sans distinction les chrétiens, catholiques ou orthodoxes.Alors que beaucoup de chrétiens d\u2019Égypte s\u2019estiment tenus à l\u2019écart des postes-clés, le pape avait appelé vendredi, devant le président Sissi, au respect « inconditionnel » des droits de la personne, en citant notamment « la liber té religieuse et d\u2019expression».Depuis qu\u2019il a destitué son p r é d é c e s s e u r e n 2 0 1 3 , M.Sissi est accusé par ses détracteurs de ne tolérer aucune voix d\u2019opposition.Le déplacement de François était le deuxième d\u2019un pape en Égypte dans l\u2019époque moderne, 17 ans après celui de Jean-Paul II, qui avait marqué les esprits.Agence France-Presse Le pape clôt sa visite en Égypte en prônant la charité contre l\u2019extrémisme K ano \u2014 L\u2019un des dirigeants musulmans les plus importants du Nigeria, l\u2019émir de Kano (nord), fait l\u2019objet d\u2019une enquête pour détournement de fonds, qui, selon ses partisans, viserait à lui faire perdre son poste après une série de déclarations sur la nécessité de réformes sociales.Le trésorier et le secrétaire de la Cour royale ont été convoqués mardi 2 mai pour un interrogatoire.Les enquêteurs anticorrup- tion examinent les comptes de M u h a m m a d u S a n u s i I I , deuxième dignitaire musulman du pays, à la suite d\u2019accusations de mauvaise gestion des finances.« Nous avons été assez loin dans cette enquête [\u2026] pour sauvegarder l\u2019honneur et le prestige du conseil de l\u2019émirat » de Kano, a déclaré dimanche à l\u2019AFP le chef de l\u2019unité anticor- ruption de l\u2019État de Kano, Mu- hyi Magaji.Les enquêteurs se focalisent sur des dépenses de 6 milliards de nairas (26 millions de dollars canadiens) pour acheter des voitures de luxe, af fréter des avions, payer des factures de téléphone et d\u2019Internet ainsi que d\u2019autres frais personnels.Le conseil de l\u2019émirat de Kano a démenti toutes ces accusations.«Le conseil de l\u2019émirat n\u2019a jamais acheté de Rolls- Royce pour l\u2019émir», a déclaré le trésorier, Mahe Bashir Wali.« Ces voitures sont des cadeaux d\u2019amis après son élection en tant qu\u2019émir.» M.Wali maintient que l\u2019émir a toujours payé lui-même ses billets d\u2019avion et que les autorités de l\u2019État de Kano ont toujours approuvé ses dépenses.Selon Nura Ma\u2019aji, un militant anticorruption de Kano, « l\u2019émir s\u2019est exprimé sans ambages et a dit sa vérité au pouvoir [\u2026].Le gouvernement de l\u2019État utilise la commission anti- corruption pour le discréditer.» L\u2019émir, qui fut avant sa nomination en juin 2014 banquier à Londres et New York, puis gouverneur de la Banque centrale du Nigeria et professeur d\u2019université, incarne une nouvelle génération montante de chefs traditionnels au Nigeria et se pose en réformateur progressiste.Charia réintroduite Dans l\u2019État de Kano, où la charia a été réintroduite en 2000, il n\u2019hésite pas à remettre en question des dogmes.Il ne dispose en théorie d\u2019aucun pouvoir politique, mais exerce une grande influence.Au cours des trois dernières années, l\u2019émir a rompu avec la tradition, en se prononçant pour la nécessité de réformes sociales.Depuis plus d\u2019un an, une équipe de religieux et de juristes rassemblés par l\u2019émir planche sur un projet de Code de la famille, régissant mariage, divorce ou héritage et censé mettre fin aux abus au sein des nombreux foyers polygames.Un projet qui suscite toutefois de nombreuses résistances des chefferies traditionnelles et un déferlement de critiques sur les radios locales.L\u2019émir avait provoqué des remous en dénonçant une fraude de 20 milliards de dollars au sein de la compagnie pétrolière d\u2019État.Le président d\u2019alors du Nigeria, Goodluck Jonathan, l\u2019avait alors suspendu de ses fonctions de gouverneur de la banque centrale.Agence France-Presse NIGERIA Enquête sur l\u2019influent émir de Kano pour corruption MOHAMED EL-SHAHED AGENCE FRANCE-PRESSE Le déplacement de François était le deuxième d\u2019un pape en Égypte dans l\u2019époque moderne.M A R O C Une petite communauté chrétienne Agadir \u2014 Les chrétiens fréquentant des lieux de culte au Maroc sont en grande partie originaires d\u2019Afrique subsaha- rienne et ne dépassent pas les 20 000 dans le royaume, où les 34 millions d\u2019habitants sont très majoritairement musulmans.Les deux tiers de ces chrétiens sont catholiques et un tiers protestants, selon un universitaire et spécialiste des religions au Maroc, interrogé par l\u2019AFP.Une soixantaine de lieux de culte chrétiens sont officiellement recensés au royaume, dont une quarantaine catholiques, douze protestants et quelques orthodoxes.Plus de 90 % des chrétiens vivant aujourd\u2019hui au Maroc sont originaires d\u2019Afrique subsaharienne, selon l\u2019universitaire.Les Européens, expatriés ou descendants de pieds noirs, sont donc très minoritaires.Si les Marocains convertis au christianisme, estimés entre 2 000 et 6 000 selon un rapport du département d\u2019État américain, doivent souvent vivre leur foi discrètement, les chrétiens étrangers jouissent d\u2019une totale liberté et sont protégés par les autorités.À condition de ne pas faire de prosélytisme, que la loi condamne d\u2019une peine d\u2019emprisonnement de trois ans.La presse locale fait souvent état d\u2019une présence missionnaire étrangère, principalement de protestants américains ou européens.En revanche, il y aurait peu de prosélytes chez les catholiques au Maroc.Agence France-Presse L E D E V O I R , L E L U N D I 1 E R M A I 2 0 1 7 C U L T U R E B 7 À L A T É L É CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 minuit RC Le Téléjournal 18 h Des squelettes Les Parent Dans l'oeil du dragon Les échangistes Le Téléjournal Entrée principale TVA TVA nouvelles Le Tricheur Refuge animal La Voix Beaux malaises Boomerang Stéphane Rousseau TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque 23h35 Piment.Cinéma TQ Pat'Patrouille Conseils Génial! / Josée Deschênes Point doc LE PARFUM: HISTOIRE D'UN MEURTRIER (2006) Dustin Hoffman.23h40 Microphone / Marjo V Atomes Souper parfait Les détestables Les détestables Chicago Med / L'alternative L'affaire O.J./ La Dream Team CSI: NY / Tableau d'honneur Taxi payant Trouve-moi ça! Zone Séduction RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National 24/60 TV5 17h50Champion Journal FR Partir Autrement en famille Syndicats, histoire / 1884-1981 20h55 Syndicats, histoire Le jour où.Journal/ Afrique 23h40 Profilage / Les adieux D Douanes: Can Douanes: Can Enchères Enchères Le cosmos dans tous ses états Ouragan 360 JonBenét Ramsey, 20 ans après Douanes: Can Douanes: Can Douanes VIE Pro du patio ByeMaison Donnez au suivant Proprio Proprio Vivre avec mon ennemi Raté rénos! Design V.I.P.Enfants sous surveillance Médium MAX Espace Découvertes Le mentaliste LE VISAGE DE LA FOLIE (2013) Kelly Rutherford.Younger Amour Souper parfait Souper parfait La loi & l'ordre VRAK.TV Med Med Jane l'Immaculée Les 100 / Hakeldama Code F.Rencontrée Charmed / Ressuscitées Filles fauchées Big Bang Hors d'ondes RDS 16h30 Le 5 à 7 Hockey 360° LMB Baseball (D) L'antichambre (D) Sports 30 Sports 30 Au 19e HISTORIA Poirier enquête Infiltrateur Espions parmi Espions parmi La légende de la mine maudite La malédiction d'Oak Island Homme de toi Rapides Aux armes! FantomWorks ARTV Les belles histoires Monsieur Selfridge Les pays d'en haut Lumière sur./ Monique Miller Main à la pâte Elles de nuit Girls (v.f.) 23h45 Girls (v.f.) / Les garçons EXPLORA Dans la jungle Birmane Roi des rivières Galápagos / Nées du feu Pharmachien Vivre loin du monde / Inde Un film, une histoire L'homme dans l'univers Barrière corail SÉRIES+ Élémentaire Hawaii 5-0 / Ka hakaka Maika'i NCIS: Nouvelle-Orléans Les enquêtes du NCIS NCIS: Los Angeles Sur-vie Élémentaire Z Fallait pas essayer Les pires chauffards québécois Penny Dreadful (v.f.) Sleepy Hollow Les stupéfiants Star Trek: Enterprise Infiltration C.SAVOIR Encore plus Chastena/ Idées MTL innovante Découvertes Saint-Laurent 20h45 Forêt Encore plus Chastena/ Idées MTL innovante Découvertes Saint-Laurent 23h45 Forêt Montcalm.ÉVASION Anthony Bourdain / Cambodge 99 envies d'Évasion Touristes péril Voyage luxe Avec ou sans cash / Amsterdam Hotel Hell / Le Lake View Hotel Hotel impossible Le wine show TFO Flip Subito texto Top!/ Top! Lightning Point Danse rêves Carte de visite CONTE DE PRINTEMPS (1989) Anne Teyssèdre.22h50 Retour Carte de visite Xpression Parent un jour Cinépop 17h40 LES SEPT FEMMES DE BARBEROUSSE 19h25 SEPT JOURS (2008) Joshua Jackson.X-FILES: JE VEUX Y CROIRE (2008) 22h45 UN COEUR NORMAL (2014) Mark Ruffalo.SÉcran 17h35 ESPIONNE MALGRÉ .19h15 LES 3 P'TITS COCHONS 2 (2016) Paul Doucet.ACTIVITÉ PARANORMALE: LA DIMENSION F.LE DUEL (2016) avec Liam Hemsworth, Emory Cohen.Planète Chron.félines Nounous Les As de la Royal Air Force Gr.réalisateurs Gr.réalisateurs Faits divers le mag Aidez-nous à retrouver Sunil Faits divers le mag MATV Montréalité TEMPO! CurieuseCité Mtl je thème Mise à jour Mosaïque TEMPO! Studio direct Montréalité Mise à jour Mosaïque CBC CBCNews On the Money LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (tentative) (D) CBC News: The National On the Money Coronation St.Rick Mercer CTV CTV News Montreal Gotham The Voice / Live Top 11 Performances Quantico / GLOBALREACH CTV National News Montreal 0h05 Daily S.GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight Kevin Can Wait Man Plan Big Brother Canada Taken / I Surrender Global News 23h35 The Late Show ABC News at 6 World News Local 22 News Inside Edition Dancing With the Stars Quantico / GLOBALREACH News at 11 23h35 Jimmy Kimmel Live CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Kevin Can Wait Man Plan Super Donuts Great Indoors Scorpion Ch.3 News 23h35 The Late Show NBC NBC5 @ 6 NBC News Jeopardy! Wheel Fortune The Voice / Live Top 11 Performances Taken / I Surrender NBC5 @ 11 23h35 The Tonight Show PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Antiques Roadshow Independent Lens / National Bird Charlie Rose PBS (57) News America Business PBS NewsHour Antiques Roadshow Antiques Roadshow To Be Announced World News Charlie Rose UNIS Pense vite! AGROFUN Elles pêchent Goût du pays Couleurs locales Nos étés Le cri silencieux du chevreuil Balade Tor.Direction: Sud HBO You Me Her You Me Her KURT COBAIN: MONTAGE OF HECK (2015) Kurt Cobain.21h15 7 Days in Hell Warning: This Drug The Leftovers Silicon Valley AddikTV Les enquêtes de Murdoch Mensonges / Lorem Ipsum Les passages de l'espoir Traitement royal / Dénouement L'exorciste Histoire d'horreur Le trône de fer TVA Sports 17h00 Destination Coupe Destination Coupe Stanley LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports Le top 25 05/01 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 minuit Nos choix ce soir AU MOMENT DE SA DISPARITION Dans cette nouvelle websérie, le réalisateur sa- guenéen Philippe Belley utilise l\u2019animation et les images d\u2019archives pour remonter le cours de sa mémoire de petit garçon, alors que son père, ouvrier d\u2019une papeterie qui va mal, disparaissait du jour au lendemain.L\u2019usine et ma vilaine mémoire de 9 ans, tv5.ca AU TEMPS DE LA GUERRE Dans cette nouveauté originale d\u2019Historia, des anciens agents du SCRS racontent les affaires marquantes d\u2019espionnage en sol canadien pendant la guerre froide.Simple et efficace.Espions parmi nous, Historia, 19 h EXPÉRIENCE ÉTOILÉE Dans chacun des épisodes de cette nouveauté, un adolescent d\u2019une communauté autochtone du Québec est jumelé à une vedette qu\u2019il apprécie beaucoup pour s\u2019adonner à une activité «extrême », dans les airs ou en hauteur (parachute, décalade, deltaplane, etc.).Méchant Trip, APTN, 21h30 Amélie Gaudreau BERNARD LABADIE DIRIGE HAYDN, MOZART ET BEETHOVEN Haydn : L\u2019Isola disabitata (ouverture).Beethoven : Triple Concerto pour violon, violoncelle et piano, op.56.Mozart : Symphonie n° 41, K.551, « Jupiter ».Andrew Wan (violon), Brian Manker (violoncelle), François-Frédéric Guy (piano), Orchestre symphonique de Montréal, Bernard Labadie.Maison symphonique de Montréal, samedi 29 avril 2017.C H R I S T O P H E H U S S L a présence de Bernard Labadie à la tête d\u2019un OSM en formation réduite, dans un programme Haydn-Mozart-Beethoven, samedi et dimanche, n\u2019était pas anachronique.Il est courant, depuis une vingtaine d\u2019années, que les institutions symphoniques invitent des chefs reconnus pour leur expertise dans les styles baroque et classique.L\u2019idée, au départ, tenait majoritairement du marketing et aboutissait à quelque chose de quasiment absurde : à quoi servait de faire venir deux ou trois fois par an des musiciens baroques pour faire un travail stylistiquement inverse à celui des directeurs musicaux ?Heureusement, l\u2019OSM n\u2019a jamais donné dans cette errance.Aujourd\u2019hui, les chefs « traditionnels » étant de plus en plus stylistiquement informés (Kent Nagano en est un bon exemple), plutôt que de ramer à contre-courant, des chefs tels que La- badie, McGegan, Manze ou Suzuki viennent approfondir un travail de fond, et leur apport spécifique et légitime aux institutions symphoniques peut tout à fait être amené à se développer.C\u2019est exactement dans cette configuration qu\u2019il faut inscrire le concert de cette fin de semaine, associant pour la première fois depuis (trop) longtemps l\u2019OSM et Bernard Labadie.Pour un concert de chef invité, le degré de finition (nuances, équilibres, travail sur les coups d\u2019archet) avec lequel Labadie a su façonner \u2014 avec une présence physique impressionnante malgré sa position assise \u2014 une interprétation de haut vol de la symphonie Jupiter de Mozart tenait du très grand art.On pense évidemment à la montée vers la lumière du finale, à la fin du 3e mouvement, au passage haletant dans le second volet, mais aussi à tous les dosages faisant passer les bois et dosant exactement les trompettes (admirable travail de tous les instrumentistes).Cette Jupiter, un régal sensoriel et intellectuel, était parfaitement annoncée, après un éclair d\u2019hésitation initiale, par l\u2019ouverture L\u2019Isola disabitata de Haydn, très riche en oppositions de climats et de rythmes.Quant au Triple concerto c\u2019est un cadeau empoisonné pour tout chef invité, surtout lors qu\u2019il met à contribution des solistes de l\u2019orchestre.Certains auditeurs avaient sans doute en mémoire la prestation, ici, du Toronto Symphony en 2012 et de sa violoncelliste Shauna Rolston, qui donnait très envie d\u2019être ailleurs ! Rien de tel avec Andrew Wan, impérial, et Brian Man- ker, magnifiquement épaulés par François-Fré- déric Guy.Dommage que, samedi, Maker ait connu un trou de mémoire au début du Finale, après avoir si bien réussi la transition entre le 2e et le 3e mouvement.Manker s\u2019est désuni ensuite, mais son collègue Wan a réussi à le renvoyer dans l\u2019arène.Bernard Labadie a accompagné le concerto en faisant de l\u2019orchestre un vrai « tapis à solistes».Petit détail : j\u2019aurais aimé pour ma part que le chef décale et dégage la timbale entre les trompettes et les contrebasses.Par ailleurs, on notera que Labadie a dirigé un tel programme sans opposer sur scène les violons 1 et violons 2, ce qui laisse à penser qu\u2019en dépit des qualités acoustiques de la Maison symphonique, le rendu sonore selon l\u2019emplacement des instruments sur la scène nécessite de faire des compromis.Le Devoir MUSIQUE CLASSIQUE Une glorieuse ascension vers la lumière Vous êtes tombé dessus par hasard à la télévision ou l\u2019avez choisi par dépit au club vidéo.À l\u2019inverse, vous avez ardemment attendu sa sortie au cinéma.Vous savez, ce film qui vous a marqué.F R A N Ç O I S L É V E S Q U E O n dit souvent que le cinéma, à l\u2019instar de la littérature, permet de voyager tout en restant chez soi.Qu\u2019on se résigne à cet expédient faute de moyens ou, au contraire, qu\u2019on le choisisse afin d\u2019être dépaysé dans le confor t du foyer, le cinéma demeure une formidable fenêtre ouverte sur le monde.Le plus beau, c\u2019est qu\u2019il ne tient qu\u2019au cinéphile de décider de l\u2019étendue du panorama qu\u2019il souhaite découvrir.Lorsque, enfant, elle tomba à la télévision sur le film La grande illusion, de Jean Renoir, Micheline Jourdain poussa tout grand les volets et s\u2019en trouva changée à jamais.Sorti en 1937, soit deux ans avant le début de la Deuxième Guerre mondiale, La grande illusion se déroule pendant la Première Guerre mondiale.Divisé en trois actes, le film s\u2019attarde aux interactions entre quatre hommes : le lieutenant Maréchal (Jean Gabin), le capitaine de Boëldieu (Pierre Fres- nay), et le lieutenant Rosenthal (Marcel Da- lio), trois Français, et l\u2019Allemand von Rauffen- stein (Erich von Stroheim), un commandant qui deviendra capitaine.De camps de prisonniers en tentatives d\u2019évasion, les quatre hommes sympathisent.Boël- dieu et von Rauffenstein, deux aristocrates, se vouent un respect mutuel particulier sous l\u2019œil parfois perplexe de Maréchal et de Rosenthal, respectivement mécanicien et couturier.Cette guerre lointaine « Fin des années 1957 \u2014 Nous étions une famille ouvrière de Maisonneuve, comme disait mon père qui y était né lorsque c\u2019était encore une ville ; nous n\u2019étions pas riches, relate Micheline Jourdain.Je ne sais plus si le congé des Fêtes s\u2019était avéré défavorable aux activités extérieures, mais il se trouve que j\u2019ai passé des heures devant la télévision.En remplacement des émissions habituelles annulées à cause de la grève des réalisateurs, les patrons de Radio-Canada avaient décidé de diffuser des films en continu : beaucoup de comédies musicales américaines et, surtout, beaucoup de films français.Ma mère, qui était sor tie de son école du \u201cFaubourg à m\u2019lasse\u201d en 5e année, avait développé une passion pour le cinéma.Elle allait depuis la fin de son adolescence au théâtre Arcade voir des films français.Si bien qu\u2019au cours de cette grève, elle était particulièrement à l\u2019af fût de films avec ses vedettes préférées, les Pierre Fresnay et les Jean Gabin notamment.Elle me racontait tous les rôles qu\u2019ils avaient tenus et toutes les histoires d\u2019amour tragiques qu\u2019ils avaient tournées.C\u2019est dans ce contexte, alors que je développais moi-même une passion pour le cinéma, que j\u2019ai vu le film de Jean Renoir La grande illusion.Le beau Gabin et l\u2019élégant Fresnay y côtoyaient un personnage à la fois étrange et mystérieux, un of ficier allemand au corps raide moins à cause de son uniforme de Prussien qu\u2019en raison d\u2019une blessure de guerre au cou.Le grand Éric Von Stroheim le personnifiait.Le nom même de cet acteur frappait l \u2019imaginaire d\u2019une petite francophone qui n\u2019avait pas encore voyagé au-delà du boulevard Saint-Laurent.Le film a aussi attiré mon attention sur cette guerre lointaine.À 11 ans, je n\u2019ai pu saisir tout le sens des dialogues et tout le contexte historique du film.Il a pourtant allumé mon intérêt pour l\u2019histoire du monde et pour les idées pacifistes.Je ne peux que souhaiter, aujourd\u2019hui, que le cinéma et la télévision permettent aux jeunes de chercher à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent.» Des éloges et un couac Sans être présomptueux, on peut supputer que Jean Renoir aurait été ravi de lire le témoignage de Mme Jourdain.En effet, à l\u2019occasion de la sortie de son film aux États-Unis, le cinéaste français déclara : «Parce que je suis pacifiste, j\u2019ai réalisé La grande illusion.» Des propos sans équivoque.Outre qu\u2019il suggère que l\u2019amitié est possible entre nations momentanément ennemies, Renoir rejette le sentiment antisémite qui gangrenait déjà, à l\u2019époque, la patrie de la liberté, de l\u2019égalité et de la fraternité.Comme il le fait dire à Maréchal lorsque ce dernier s\u2019adresse à Rosen- thal, qui est juif : « Tu vois, on est dif fé- rents, et pis, bah, on est copains, quoi\u2026» Des paroles peu banales en 1937 dans la bouche de l\u2019acteur français le plus populaire.Le message ne plut pas à tous.Dans son pamphlet antisémite Bagatelles pour un massacre, Louis Ferdinand Céline dénonça La grande illusion avec véhémence, affirmant qu\u2019il était invraisemblable qu\u2019un juif, Rosenthal en l\u2019occurrence, soit aussi sympathique.André Bazin, à l\u2019inverse, comptait parmi les plus ardents défenseurs du film.En 1958, il écrivit dans Le Parisien libéré : «Le génie de Renoir, c\u2019est de nous proposer les plus importantes vérités sociales et morales sans jamais tomber dans le film à thèse.Et pourtant Renoir dit bien ce qu\u2019il veut dire : les classes divisent les hommes plus réellement que les frontières.Mais ces divisions de classes elles-mêmes ne résistent pas au besoin d\u2019amitié et de fraternité.» Quelle illusion?L\u2019un des films les plus importants de l\u2019histoire du cinéma, cet autre chef-d\u2019œuvre du réalisateur de La règle du jeu en intrigua plusieurs, au fil des décennies, avec son titre quelque peu cryptique.Dans son ouvrage La grande illusion : le musée imaginaire de Jean Renoir, Luc Vancheri explique : «Film de son temps qui prend résolument position face à la crise politique et morale que traversent la France et l\u2019Europe de 1937, La grande illusion n\u2019en est pas moins un film à contretemps qui s\u2019oppose au pessimisme d\u2019une époque qui se sent menacée jusque dans ses fondements historiques et culturels [\u2026] On s\u2019est beaucoup demandé comment comprendre l\u2019illusion qui donne son titre au film de Renoir.On y a vu tour à tour un universalisme désenchanté, un rêve politique déçu, une fraternité contrariée, un pacifisme amer.Lucide, Rosenthal confie à Maréchal que cette guerre est loin d\u2019être la dernière et qu\u2019il se fait des illusions si c\u2019est à cela qu\u2019il pense.L\u2019histoire devait lui donner raison.» Le Devoir CES FILMS DE VOS VIES La grande illusion, de Jean Renoir Une série où les lecteurs révèlent un coup de cœur cinématographique DISTRIBUTION R.A.C.Affiche originale du film La grande illusion, de Jean Renoir L E D E V O I R , L E L U N D I 1 E R M A I 2 0 1 7 CULTURE B 8 Les cinémathèques sont la mémoire du septième art, et leur histoire se confond avec celle de leur pays.À l\u2019heure des mutations qui touchent l\u2019industrie du cinéma, comment ces institutions tirent-elles leur épingle du jeu ?Après un périple européen où Le Devoir a visité les coulisses du British Film Institute à Londres, de la Cinemateca Portuguesa à Lisbonne, et de la Filmoteca de Catalunya à Barcelone, dernier arrêt sur image à la Cinémathèque québécoise.LA TOURNÉE DES CINÉMATHÈQUES (4/4) Fini le temple sacré, place au carrefour animé La Cinémathèque québécoise est bousculée par la technologie et la nouvelle cinéphilie M A N O N D U M A I S L\u2019 an dernier, Marilou Craft lançait, dans les pages du quotidien La Presse, un cri du cœur où elle démontrait, chiffres à l\u2019appui, que le milieu du théâtre ne soutenait pas la diversité culturelle.Ce cri, Marcelle Dubois, directrice artistique du Festival du Jamais Lu, l\u2019a bien entendu.Et afin que la réflexion se poursuive sur le sujet, elle a alors invité Mari- lou Craft à codiriger la 16e édition du festival.«Après les 15 ans du festival, Marcelle était en pleine remise en question et se demandait quelle serait la suite.En tant que personne racisée, j\u2019étais aussi dans un gros questionnement.Il y a un énorme poids sur les épaules des personnes racisées.Quand l\u2019une d\u2019elles prend la parole, on l\u2019accuse de se ghettoïser.Si ces personnes-là n\u2019en parlent pas, personne d\u2019autre ne le fera, même si cela concerne tout le monde », affirme Marilou Craft.De leurs remises en question et questionnements leur est venu le désir d\u2019écouter le bruit des mutations de notre société : « Le but, ce n\u2019est pas d\u2019essayer de donner un sens à cette édition-là ou d\u2019emmener les gens à voir les choses d\u2019une certaine façon, mais de voir ce qui arrive quand on arrête d\u2019imposer les choses et d\u2019écouter les choses qui émergent », explique la codirectrice invitée.Espaces d\u2019expression Sensibles aux divers débats identitaires, Marcelle Dubois et Marilou Craft ont voulu célébrer la diversité culturelle et artistique en invitant des artistes de différentes disciplines des quatre coins du monde.Ainsi, le Franco-Togolais Gustave Akakpo, les Suissesses Odile Cornuz et Antoinette Rychner, de même que la Franco-Croate Sonia Ristic retrouveront les dramaturges québécois Olivier Kemeid et David Paquet afin de participer au Jukebox littéraire de la soirée de clôture.Pour la soirée d\u2019ouverture, Marilou Craft a convié la met- teure en scène Édith Pate- naude et l\u2019auteure-composi- trice-interprète Elena Stoodley à réfléchir sur la norme.Dans ce salon de thé intitulé « Safe Space : Édith tient salon », on retrouvera notamment la chanteuse Ellise Barbara, le documentariste Will Prosper et la professeure Sarah-My- riam Brûlé-Martin, qui of friront respectivement leur point de vue sur l\u2019empowerment au féminin, sur l\u2019appropriation culturelle et sur l\u2019armée.« Je me suis rendu compte en parlant de norme avec Marilou et Elena que même si je considère que je n\u2019ai pas de problème, ce n\u2019est pas vrai.Il y a des réalités où c\u2019est faux.Dans le monde du théâtre, comme dans beaucoup d\u2019univers, on parle en vase clos.Et j\u2019en suis arrivée à un certain écœurement.J\u2019ai donc eu envie d\u2019entendre des gens qui viennent d\u2019un milieu dif férent, qui réfléchissent dans un axe dif- férent, qui ont un vocabulaire différent, qui vont me confronter à mes idées, les emmener plus loin et m\u2019oxygéner», explique la metteure en scène, qui veillera à ce que le tout se déroule dans le respect.«Les plus grandes occasions dans nos vies sont rarement amenées par des gens de notre entourage.Quand on fait connaissance avec quelqu\u2019un, on est en \u201cmode séduction\u201d, on veut lui faire connaître ce qu\u2019on est.Quand on est toujours avec les mêmes personnes, on finit par atteindre un plateau.À mes yeux, demeurer dans la norme, c\u2019est arrêter d\u2019évoluer.J\u2019aime parler à des gens qui n\u2019ont pas la même opinion que moi.C\u2019est souvent là que je renforce mon opinion ou que je réalise que j\u2019ai des failles dans mon opinion et que j\u2019ai l\u2019occasion de voir les choses autrement», croit Elena Stoodley, qui s\u2019exprimera sur la défense de la langue française.Bonne fête, Montréal La métropole soufflant 375 bougies, le Festival du Jamais Lu présentera lors de ses 6@7 les sept carnets touristiques du projet Jusqu\u2019où te mènera Montréal ?, lesquels seront repris sous forme de spectacle mis en scène par Martin Faucher au FTA.« Le but de ces carnets-là, c\u2019était d\u2019amener des personnes d a n s d e s z o n e s q u \u2019 e l l e s connaissent très peu afin de ne pas nous parler du Montréal qu\u2019on connaît.Par exemple, l\u2019auteure anglophone Alexis Diamond découvre Hochelaga- Maisonneuve.Comme pour le reste de la programmation, on voulait créer l\u2019occasion d\u2019entendre de nouvelles voix dans d e n o u v e a u x c o n t e x t e s » , conclut Marilou Craft.Collaboratrice Le Devoir 16E FESTIVAL DU JAMAIS LU Du 5 au 13 mai 2017 Théâtre aux Écuries FESTIVAL DU JAMAIS LU À l\u2019écoute des mutations diverses À 16 ans, tel un adolescent, l\u2019événement remet en question la norme PEDRO RUIZ LE DEVOIR Pour la soirée d\u2019ouverture, la metteure en scène Édith Patenaude (au centre) tiendra salon aux côtés de Elena Stoodley (à gauche) et de Marilou Craft (à droite).LES ZURBAINS 2017 Mise en scène: Monique Gosselin Interprétation : Simon Beaudry, Harou Davtyan, Marie-Claude Guérin, Sharon Ibgui et Jean- François Pronovost Présenté à la salle Fred-Barry du 27 au 12 mai M A R I E F R A D E T T E C\u2019 est le jeudi 27 avril en grande première à la salle Fred-Barr y du Théâtre Denise-Pelletier que s\u2019est ou- ver te la vingtième mouture des Zurbains, ces quatre contes écrits par des adolescents mis en scène par Monique Gosselin et produits par le Théâtre Le Clou.Cette année, c\u2019est à Kim Thuy et Simon Boulerice qu\u2019est revenu l\u2019honneur d\u2019accompagner les jeunes dans cette aventure.Mimi, écrit par Paul Commier du Collège de Montréal, ouvre le spectacle et sert de fil conducteur aux autres textes qui se grefferont tout naturellement à ce tableau nous transportant dans un CHSLD.Sur scène, quatre personnes âgées en fauteuil roulant vaquent à leurs occupations.Un bénévole (Simon Beaudry) raconte au public qu\u2019il a malencontreusement perdu Mireille au centre commercial.Tout en s\u2019occupant de chacun des vieillards, le garçon reste inquiet et veut à tout prix retrouver la patiente égarée.Puis, changement de scène, une résidante (Sharon Ibgui) se lève et, dans un flashback, relate dans Faire le poids , texte écrit par Boulerice et Thuy, sa dif ficile immersion dans le rang des cadets.Suivra l\u2019histoire très touchante de Gabrielle Lavallée de l\u2019École secondaire Fer- nand-Lefebvre, Le bocal, interprétée avec force et authenticité par Marie-Claude Guérin.Cette dernière exprime la réalité d\u2019une adolescente dont le père s\u2019est suicidé et dont la mère, depuis, «étudie le vide».Vincent Uhel-Gagnon, du Juvénat Notre-Dame du Saint- Laurent, of fre quant à lui un conte qui a su faire réagir le public d\u2019adolescents dans la salle.Pas la dernière vague, c\u2019est l\u2019histoire de Tony \u2014 Jean-François Pronovost est puissant de vérité dans ce rôle du «king de l\u2019école » \u2014, un surfeur admiré de tous qui vante avec assurance la grandeur de sa popularité passée.Si l\u2019humour s\u2019impose d\u2019abord, la tension qui suit la compétition de surf est prenante.Les rires de la salle qui accompagnaient le côté bouffon du personnage laissent place au silence du drame.Enfin, Je veux un shawarma de Safoua Taoussi de l\u2019école secondaire de la Cité-des- Jeunes, jouée avec aplomb par Harou Davtyan, nous plonge dans les souvenirs d\u2019abord heureux d\u2019un jeune garçon entouré de ses amis et qui, d\u2019un coup, voit leur vie arrachée, sans raison.Immense texte sur la violence inutile.Et, entre tous ces contes, celui de Commier nous ramène dans le présent pour nous donner des nouvelles de Mimi.Jouer d\u2019ingéniosité Par venir à réunir cinq textes aussi distincts et en faire un spectacle cohérent, riche et per tinent demande une forte capacité d\u2019organisation.La mise en scène de Monique Gosselin \u2014 présente à la première et prête à prendre des notes pour assurer un demain encore meilleur \u2014 assure à cet effet avec finesse et ingéniosité la transition entre les différents tableaux.L\u2019idée de replonger les personnes âgées dans leurs souvenirs permet non seulement la fusion naturelle entre les contes, mais met en lumière la profondeur des thèmes, tous, en fin de compte, liés par l\u2019espoir.En plus de l\u2019omniprésence de la musique utilisée souvent pour exprimer un côté festif, les éclairages renforcent le propos, notamment lors de la scène de surf de Tony.Il faut voir aussi comment les objets trouvent différentes fonctions \u2014 par fois loufoques \u2014, notamment une couver ture de laine bleue, sous laquelle se cachent à demi trois comédiens, qui représente la mer houleuse.On pense aussi à un pain, une spatule, une poire à sauce qui serviront le propos d\u2019Harou Davtyan dans Je veux un shawarma.Ces Zurbains permettent au public de découvrir la richesse d\u2019écriture des adolescents, leur force de frappe et leur incroyable lucidité par rapport à un monde qui reste malgré tout heureux et porteur d\u2019espoir.Les jeunes présents dans la salle étaient pendus aux lèvres des comédiens, et certains leur ont réservé une ovation.Ce fut réussi.Mais comme toute bonne chose a une fin, les Zurbains tirent leur révérence après cette 20e édition.Monique Gosselin mentionne toutefois que l\u2019an prochain fera place à une nouvelle aventure, celle du Scriptarium.C\u2019est donc une dernière chance de se laisser transpor ter par ces contes urbains.Collaboratrice Le Devoir THÉÂTRE Revisiter le passé pour retrouver l\u2019espoir Huit inédits de la relève Fidèle à sa mission de faire entendre les voix théâtrales de demain, le Festival du Jamais Lu présente huit lectures théâtrales, dont l\u2019une a connu un grand succès en décembre au 2e Festival du Jamais Lu Paris, soit L\u2019ennemi intérieur, où Marilyn Mattei traite des dérapages qu\u2019engendre le terrorisme.Dans Pisser debout sans lever la jupe, Olivier Arteau propose une partition à sept voix sur les petits malaises.Josianne Lavoie et Louis-Philippe Roy explorent deux visages de l\u2019Amérique dans Néon boréal.S\u2019inspirant de La médiocratie d\u2019Alain Deneault, Gabrielle Lessard signe Au sort, où une femme s\u2019effondre avant de présenter à sa boîte une idée révolutionnaire.Les couloirs des possibles d\u2019Anne Sophie Rouleau et Marie-Ève Fortier nous font découvrir le quotidien de sept résidents d\u2019un CHSLD.Dans Nous irons cirer nos canons numériques dans un sweatshop portugais, Maxime Brillon relate une histoire d\u2019amitié dans un futur post-YouTube.Avec Identités, Séverine Fontaine permet à douze voix de se libérer des peurs et souffrances ancestrales.Enfin, Pascale Renaud-Hébert brosse dans Subway le portrait d\u2019une famille bouleversée par la disparition, puis par le retour du plus jeune du clan.A N D R É L A V O I E D epuis sa fondation le 18 avril 1963, la Cinémathèque québécoise (CQ) a connu une succession de moments plus ou moins euphoriques.Car de crises financières en menaces de fermeture, l\u2019institution du boulevard De Maisonneuve doit assumer une part de fragilité inscrite dans son ADN, en phase avec le cinéma québécois et tout le matériel délicat dont elle doit prendre un soin méticuleux.À cela s\u2019ajoutent quelques étiquettes tenaces qui ne servent pas toujours ce haut lieu où sont conser vés plus de 40 000 films et vidéos de tous les horizons, ainsi que 30 000 émissions de télévision, sans compter les livres, af fiches, magazines, scénarios, photographies, etc.Marcel Jean, directeur général en poste depuis avril 2015, les connaît toutes, lui qui fréquente l\u2019endroit depuis quelques décennies.Pour l\u2019ancien critique de cinéma du Devoir qui fut tour à tour \u2014 et souvent en même temps ! \u2014 professeur, producteur, réalisateur, et éditeur, l\u2019heure n\u2019est plus à la sacralisation excessive du septième art.« Les cinémathèques ont été créées pour assurer la reconnaissance du cinéma comme ar t, souligne celui qui fut aussi conservateur du cinéma d\u2019animation à la CQ de 1996 à 1998.La ritualisation de la projection a suscité des métaphores religieuses comme celles du temple et de la cathédrale.Elles sont restées\u2026 et ont donné au lieu un aspect salon funéraire, là où l\u2019on va rendre un dernier hommage au disparu.C\u2019est une image nuisible : il faut constamment lutter contre ça.» Pour la CQ, la bataille s\u2019est avérée encore plus difficile alors que les agrandissements majeurs effectués en 1997 ont injecté à l\u2019endroit une touche austère et élitiste.«Des gens qui rentrent ici pour la première fois me demandent encore s\u2019il est possible de visionner des films», se désole Marcel Jean.Autour du film, un événement Tout comme Esteve Riambau de la Filmoteca de Catalunya, il s\u2019est lui aussi engagé dans «la guerre contre les cheveux blancs», prenant acte de la nouvelle ciné- philie, friande de cinéma de genre, sachant aussi qu\u2019il ne faut pas seulement programmer des films, mais créer des événe- ments.Une approche qui commence à porter ses fruits, avec un rajeunissement perceptible de la clientèle, attirée par les grands classiques et les œuvres de cinéastes renommés («Les films de Stanley Kubrick attirent beaucoup les jeunes»).Cette tendance à l\u2019événementiel, Viva Paci la constate aussi.Professeure de théorie du cinéma à l\u2019École des médias de l\u2019UQAM, autrefois une habituée de la Cineteca di Bologna en Italie avant son arrivée à Montréal en 1999, elle n\u2019hésite pas à dire que, jusqu\u2019au début des années 2000, les cinémathèques étaient surtout des repaires de «happy few, avec de moins en moins d\u2019étudiants en cinéma».La CQ devait prendre ce virage, car «c\u2019est une nouvelle mouvance de la muséologie contemporaine», heureuse «de voir converger de nouveaux badauds dans ce lieu de plus en plus convivial».Elle considère aussi d\u2019un bon œil l\u2019arrivée de la programmation art et essai, fenêtre sur le documentaire québécois et le cinéma d\u2019auteur international rendu nécessaire après la fermeture d\u2019Excentris en novembre 2015.«Une corde de plus à leur arc», se réjouit Viva Paci.La conservation au temps du numérique À ces défis de programmation et de convivialité (dernier effort en date: la billetterie en ligne) s\u2019en ajoutent d\u2019autres, plus périlleux, souvent inconnus du grand public.Celui de la conservation des œuvres sur support numérique cause de sérieux maux de tête à Marcel Jean et à tous ceux rencontrés au fil de ce périple.Là encore, certains préjugés sont tenaces.«Plusieurs aimeraient entendre que le support numérique est plus facile à conserver et coûte moins cher: ce n\u2019est pas vrai», déplore le directeur de la CQ.Même constat pour Viva Paci, pour qui cette conservation nécessite plus de surveillance, plus de migrations d\u2019une technologie à l\u2019autre, et un personnel formé en conséquence.Cet entreposage sophistiqué, situé à Boucher ville, donne à la pellicule nitrate et cellulosique des par fums de nostalgie.«Un film 35mm, ça reste encore une technologie extrêmement simple, et un bon moyen de préservation », selon Marcel Jean, même s\u2019il faut prendre acte de l\u2019évolution fulgurante du cinéma.Devant tous ces défis en apparence impossibles, Viva Paci aime citer Raymond Borde, essayiste, critique et cofondateur de la Cinémathèque de Toulouse : « [Les cinémathèques] ont une activité militante et pathétique.Elles interviennent dans la grande dérive de la pellicule, en dressant le barrage de la dernière chance.» Et la profes- seure d\u2019ajouter : « Ce sont des lieux essentiels de mémoire, et il n\u2019y a aucune raison pour qu\u2019ils disparaissent !» Elle n\u2019aurait pu trouver meilleur mot de la fin.Le Devoir PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le directeur général de la Cinémathèque québécoise, Marcel Jean, doit sans cesse lutter contre une image vieillie de l\u2019institution."]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.