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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-04-10, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I I N o 7 8 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 0 A V R I L 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Filmer, et sauvegarder, à l\u2019anglaise.Incursion dans les coulisses de cinémathèques européennes.Page B 8 Sur la route \u203a Faudrait-il draguer le ?euve?L\u2019économie du transport maritime change.Page B 5 Avis légaux.B 2 Décès.B 6 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Référendums Denis Coderre propose un plan à Québec Page A 3 Documentaire Le tabou des assistantes sexuelles pour les handicapés Page A 4 Les chrétiens coptes d\u2019Égypte visés par le groupe État islamique Page B 1 A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T L es résultats préliminaires de la plus grande période de vote d\u2019allégeance syndicale de l\u2019histoire du réseau de la santé semblent annoncer une victoire des plus jeunes syndicats spécialisés sur les grandes centrales historiques et, surtout, sur la CSN.Les tendances sont claires : l\u2019Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des ser vices sociaux (APTS) sor t victorieuse, tout comme la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ).L\u2019APTS pourrait compter 60 % de membres de plus à la fin de l\u2019opération, étant allée rafler la mise chez une majorité de travailleurs de la catégorie 4, des professionnels de la santé, comme des psychologues et des techniciens en laboratoire, au détriment de la CSN.De son côté, la FIQ a consolidé son quasi- monopole chez les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes en allant arracher des syndiqués qui étaient toujours attachés à la CSN.Ensemble, la FIQ et l\u2019APTS pourraient devancer la CSN en ce qui a trait à l\u2019effectif, alors que la grande centrale dominait depuis de nombreuses années dans le réseau de la santé.De quelque 125 000 membres dans le réseau, la CSN court le risque de perdre quelque 25 000 membres actuellement.Son importance resterait tout de même considérable \u2014 la grande centrale pourrait toujours compter sur environ 250 000 membres au Québec.C\u2019est ce qui ressort de la compilation non officielle des résultats ef fectuée par le militant syndical Sébastien Robert, qu\u2019il a partagée avec Le Devoir.Des conversations avec des sources SYNDICATS Chaude lutte dans le milieu de la santé Les résultats préliminaires du vote d\u2019allégeance annoncent un recul de la CSN LE CANADA ET LA FRANCE SE RAPPELLENT VIMY PHILIPPE HUGUEN AGENCE FRANCE-PRESSE Des bottes vides pour ne pas oublier les morts.De nombreuses cérémonies ont eu lieu dimanche en France (photo) et au Canada pour commémorer le centenaire de la bataille de Vimy, quali?ée d\u2019acte fondateur du Canada par le premier ministre Justin Trudeau.Page A 4 H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa C ombien d\u2019heures une vache, une poule ou un cochon devraient-ils passer sans eau ni nourriture le temps d\u2019être transportés jusqu\u2019à leur lieu d\u2019élevage\u2026 ou d\u2019abattage ?Moins, a tranché le gouvernement fédéral alors qu\u2019il s\u2019apprête à adopter de nouvelles règles en la matière.L\u2019industrie regimbe tandis que les vétérinaires et les groupes de protection des animaux déplorent la timidité des changements.La réglementation sur la santé des animaux, qui établit les conditions de transport du bétail, date de 1977 et n\u2019a jamais été modifiée de manière significative.L\u2019Agence canadienne d\u2019inspection des aliments (ACIA) qui en est responsable a lancé un processus de consultation de l\u2019industrie il y a 10 ans déjà et a finalement accouché d\u2019une proposition en décembre dernier.Cette proposition est discutée ces jours-ci au Parlement avant l\u2019adoption d\u2019une version définitive.La proposition porte principalement sur les intervalles maximaux autorisés entre les périodes d\u2019abreuvement et d\u2019alimentation du bétail.À l\u2019heure actuelle, les bovins peuvent être laissés sans manger ni boire jusqu\u2019à 52 heures consécutives, le temps d\u2019être chargés sur un camion, transportés à leur destination puis déchargés.L\u2019ACIA propose de ramener cet intervalle maximal à 36 heures.Dans le cas des poulets et des lapins, l\u2019intervalle passerait de 36 à 24 heures.Pour les cochons et les chevaux, de 36 à 28 heures.Pour la première fois, on crée des règles à part pour les animaux dits « fragilisés » et on limite leur intervalle sans eau ou nourriture à 12 heures.Le nouveau règlement interdirait d\u2019embarquer un animal dans un véhicule où il y a « surcharge», celle-ci étant définie comme une TRANSPOR T Bientôt un surclassement pour les animaux?F A B I E N D E G L I S E L es œufs miroir, le bacon, le yogourt \u2014 « qui est très bon chez vous» \u2014 et le café au lait annonçaient pourtant douceur et réconfort, dans les brumes d\u2019un décalage horaire, au lendemain d\u2019un vol en provenance de Suisse.Mais il a fallu, à la volée, interpeller le ser veur pour y ajouter un verre d\u2019eau.« C\u2019est un peu étouffe-chrétien ce truc», laisse tomber à la fin d\u2019une bouchée le journaliste Arnaud Bédat, avant d\u2019éclater de rire.Étouffe-chrétien ! L\u2019expression résonne malgré elle comme une espièglerie dans la bouche du grand reporter, coureur d\u2019histoires à travers le monde, pour le compte de L\u2019illustré \u2014 un magazine d\u2019information helvétique \u2014 ou de Paris Match, et qui ENQUÊTE Dans la solitude d\u2019un pape réformiste Le journaliste suisse Arnaud Bédat trace la cartographie des courants conservateurs qui cherchent à faire tomber François ALBERTO PIZZOLI AGENCE FRANCE-PRESSE Depuis juillet, une douzaine d\u2019attentats auraient visé le pape François (ici photographié lors de la messe de dimanche, au Vatican).VOIR PAGE A 8 : PAPE VOIR PAGE A 8 : SANTÉ VOIR PAGE A 8 : TRANSPOR T L E D E V O I R , L E L U N D I 1 0 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 La conception graphique du cube CIBC et « Une expérience bancaire adaptée à votre vie.» sont des marques de commerce de la Banque CIBC.Toutes les autres marques de commerce sont la propriété de la Banque CIBC.Pour en savoir plus, visitez cibc.com.Vie moderne.Banque moderne.Avec l\u2019Appli Services bancaires mobiles CIBCMD, vous pouvez ouvrir un compte en quelques minutes, envoyer de l\u2019argent dans le monde entier et effectuer le suivi de vos comptes, à partir de votre téléphone.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Jean-François Lisée, accompagné de la porte-parole en matière de justice, Véronique Hivon (à gauche), a tenu un point de presse à Montréal, dimanche.K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I Le Parti québécois (PQ) accuse le premier ministre Couillard de «dramatiser» le recours à la disposition de dérogation, qui permettrait au Québec de se soustraire à l\u2019arrêt Jordan.Il est revenu à la charge dimanche pour demander au gouvernement d\u2019agir avant que d\u2019autres accusés ne se retrouvent libres comme l\u2019air.«C\u2019est une erreur de jugement de la part de M.Couillard de dramatiser la clause, ce qui rend son application plus difficile politiquement, a déclaré le chef de l\u2019opposition, Jean-François Li- sée, lors d\u2019un point de presse à Montréal.Il devrait plutôt reconnaître que c\u2019est un outil qu\u2019on utilise parfois en dernier recours.Mais les derniers recours, ça arrive, et on en est là.» «Arme nucléaire» Samedi, le premier ministre Couillard a indiqué qu\u2019il n\u2019envisageait pas d\u2019invoquer la disposition de dérogation, du moins à court terme, en soulignant qu\u2019elle est l\u2019équivalent d\u2019une « arme nucléaire en matière constitutionnelle ».Il exige plutôt qu\u2019Ottawa nomme rapidement 14 juges aux postes vacants à la Cour supérieure du Québec, une demande que la ministre québécoise de la Justice, Stéphanie Vallée, a formulée à plusieurs reprises au cours des derniers mois.Pression supplémentaire « Nous en appelons au sens des responsabilités du premier ministre d\u2019écar ter son hésitation, peut-être idéologique, à utiliser la clause dérogatoire», a affirmé M.Lisée, entouré de la por te-parole de son par ti en matière de justice, Véronique Hivon, et de représentantes de groupes de défense de victimes ou de familles de victimes.Le PQ demande depuis novembre dernier au gouvernement Couillard d\u2019envisager l\u2019utilisation de la disposition de dérogation de la Constitution canadienne pour éviter que des procès avortent en raison de délais judiciaires excessifs.Le parti accentue la pression depuis jeudi, alors qu\u2019un premier procès pour meurtre a été annulé au Québec en vertu de l\u2019arrêt Jordan.Agir rapidement «La négligence dont fait l\u2019objet le système de justice depuis trop longtemps ne doit pas avoir pour ef fet aujourd\u2019hui d\u2019abandonner les victimes à leur sort, a fait valoir la députée Véronique Hi- von.Il faut que le fédéral nomme de toute urgence ces juges à la Cour supérieure, mais on ne peut pas se dire qu\u2019en attendant que ça produise des résultats, on reste les bras croisés et qu\u2019à chaque jour qui passe, il y ait d\u2019autres accusés qui soient libérés.» Samedi, la Coalition avenir Québec a pour sa par t réclamé une rencontre d\u2019urgence des ministres de la Justice de toutes les provinces canadiennes pour répondre aux impacts de l\u2019arrêt Jordan.Cet ar rêt de la Cour suprême du Canada a établi en juillet dernier les limites des délais judiciaires jugés raisonnables : 18 mois pour un procès dans une cour provinciale, et 30 mois dans les cours supérieures.La ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Ray- bould, a répondu à la demande de la CAQ en annonçant dimanche que les ministres de la Justice du fédéral, des provinces et des ter ri- toires se rencontreront au plus tard ce mois-ci pour « discuter des ef fets de l\u2019arrêt Jordan et des réponses possibles à la question des délais au sein du système de justice ».Avec La Presse canadienne Le Devoir DÉLAIS JUDICIAIRES Couillard «dramatise» le recours à la disposition de dérogation, dénonce le Parti québécois K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I L e gouvernement du Québec s\u2019associe à deux entreprises minières, Tata Steel Minerals Canada et Champion Iron, pour gérer et développer les installations de Pointe-Noire, à Sept-Îles, qu\u2019il a acquises l\u2019an dernier pour 67 millions de dollars.Le ministre des Ressources naturelles et responsable du Plan Nord, Pierre Arcand, s\u2019est rendu à Sept-Îles dimanche pour annoncer un «protocole d\u2019entente» liant le gouvernement aux deux partenaires.En vertu de cet accord, les deux compagnies minières obtiennent un siège au conseil d\u2019administration de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire (SFPPN), qui est également composé de la Société du Plan Nord.La SFPPN a été mise sur pied par le gouvernement du Québec lorsque celui-ci a procédé l\u2019an dernier à l\u2019achat des actifs du site de Pointe-Noire, qui appartenaient à la minière en faillite Cliff Natural Resources.Entente finale à venir Tata Steel, qui développe le projet DSO, à Schefferville, et Champion Iron, qui souhaite redémarrer la mine du lac Bloom, près de Fermont, ont toutes les deux injecté un million de dollars pour avoir leur siège au conseil d\u2019administration.L\u2019entente finale, qui devrait être dévoilée d\u2019ici quelques mois, révélera les montants totaux investis par les deux compagnies pour utiliser les installations.«Ce qu\u2019elles achètent, c\u2019est un accès garanti aux infrastructures et à tous les équipements nécessaires pour expédier leur minerai », résume le président-directeur général de la Société du Plan Nord, Robert Sauvé.Québec espère que d\u2019autres entreprises intéressées à utiliser les installations de Pointe- Noire s\u2019ajouteront au fil du temps.Le gouvernement Couillard compte investir un total de près de 100 millions pour développer le site de Pointe-Noire.Il a d\u2019abord déboursé 66,75 millions de dollars pour mettre la main sur les installations de Clif f Natural Resources (voies ferrées, accès aux quais, gares de triage ferroviaires, usine de bouletage de fer, bureaux administratifs).Il a également prévu 15 millions pour le redémarrage des activités por tuaires et ferroviaires, et un autre 15 millions pour construire un convoyeur donnant accès au quai multiusager construit il y a deux ans par le port de Sept-Îles.«Ce qu\u2019on souhaite, c\u2019est que le quai multiusa- ger soit en opération avant la fin de l\u2019été », souligne M.Sauvé.Site stratégique Le gouvernement a acquis les installations de Pointe-Noire pour faciliter l\u2019accès au port de Sept-Îles, qui était auparavant contrôlé par Cliff Natural Resources.L\u2019emplacement du port est jugé stratégique : il doit permettre aux entreprises minières actives dans la région de la fosse du Labrador d\u2019acheminer leur production à l\u2019international.Québec veut conserver le contrôle des installations, pour éviter un nouveau blocage.Reste à savoir combien d\u2019entreprises voudront utiliser les installations de Pointe-Noire et quelle somme elles seront prêtes à investir.Mais avec la remontée des prix du fer, Robert Sauvé se dit optimiste.«Nous sommes confiants que les infrastructures vont être utilisées sur une base rentable d\u2019ici quelques années», dit-il.Le Devoir INDUSTRIE MINIÈRE Québec trouve deux partenaires pour développer Pointe-Noire L E D E V O I R , L E L U N D I 1 0 A V R I L 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 D ans ses nouvelles publicités télévisées, Hydro-Québec évoque à son tour la révolution.Avez-vous déjà remarqué à quel point tous les publicitaires parlent depuis quelques années de révolution indifféremment, à propos de tout et n\u2019importe quoi ?La révolution est un changement radical de direction dans une société qui s\u2019accompagne d\u2019ordinaire, du moins pour ceux qui la conduisent, d\u2019une promesse et d\u2019une confiance envers ces bouleversements en regard d\u2019un avenir commun.Les croyants en la révolution estiment d\u2019ailleurs souvent qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un processus inéluctable, qui ne peut ni ne doit être arrêté, ce qui justifie d\u2019autant plus leurs actions en sa faveur.Il suffit pourtant de regarder toutes les publicités qui utilisent année après année ce concept de révolution pour comprendre qu\u2019il est volontiers bridé puis détourné pour être redirigé vers un chemin qui suit à la trace l\u2019univers marchand.L\u2019idée de révolution a ainsi été vidée de son contenu par la publicité pour n\u2019être plus qu\u2019esquissée sous la forme de coquilles vides.Le mot révolution et ceux qui sont de la même famille (subversif, rebelle, contestataire, avant-gardiste, etc.) sont devenus, entre les mains de ces gens-là, de simples hochets qui servent essentiellement à continuer de vendre par tous les moyens.Au milieu de ce carnaval du commerce, il est de bon ton de se jouer des comédies aux accents révolutionnaires.Ainsi, une nouvelle voiture est forcément «révolutionnaire » alors que ne paraît que sa nouvelle incarnation annualisée.Et votre appareil photo est bien entendu un «rebel », un nom de produit qui vous renseigne tout au plus sur votre incapacité prochaine à le maîtriser.Tout est devenu «révolutionnaire» ! L\u2019impression 3D, l\u2019huile moteur, la crème à mains, les manteaux\u2026 Une multitude de produits destinés à la consommation des multitudes s\u2019habillent ainsi d\u2019un prêt-à-por ter d\u2019un nouveau genre pour convaincre qu\u2019il faut les acquérir à tout prix.Tout est histoire de faire croire qu\u2019on se singularise alors qu\u2019on se moule à son époque.Dans ce jeu du commerce, la révolution est devenue une simple carte de plus à jeter sur la table afin de frimer.En publicité comme dans la vie politique, le langage est fait aujourd\u2019hui pour que de pareils mensonges semblent vrais, comme le disait George Orwell.Hydro-Québec propose donc sa propre version d\u2019un discours sur la révolution.On y articule d\u2019abord fermement, en l\u2019isolant, le mot fétiche prononcé d\u2019une voix bien assurée : «Révolution ».Puis, la narration enchaine : « Au Québec, des révolutions, on en a vécu plusieurs.» Ah oui, vraiment ?La publicité en tout cas en nomme deux.Plusieurs, c\u2019est plus que un, bien sûr.«On a eu la révolution industrielle.La Révolution tranquille.» La révolution industrielle ?Elle n\u2019est pas, loin de là, un phénomène propre à la société québécoise.Elle évoque néanmoins, chez nous aussi, les bas salaires, la misère des quartiers ouvriers, le manque d\u2019éducation pour les enfants et le travail forcé de ces derniers tandis que de nouveaux principes d\u2019accumulation présidaient à l\u2019augmentation des profits des puissants.La Révolution tranquille ?Ses réformes relevaient bien davantage du rattrapage social que de l\u2019instauration d\u2019un ordre nouveau.Ne sachant pas comment nommer ce mouvement, on lui colla cette étiquette antinomique presque aussi drôle que le «Parti progressiste-conserva- teur» de Brian Mulroney.Cette révolution bien tranquille finit par s\u2019endormir les poings fermés dans son berceau.En vérité, nous n\u2019avons guère connu de révolutions, si ce n\u2019est celle écrasée dans le sang en 1837-1838.D\u2019elle, Hydro-Québec ne parle pas, comme la plupart de nos institutions.Qu\u2019importe d\u2019ailleurs puisque, pour l\u2019avenir, affirme la société d\u2019État, tout ce qui compte désormais est la «révolution énergétique».Non plus en somme un changement de cap socio-politique, mais un simple élan renouvelé en faveur de la consommation de l\u2019électricité.Car ce qui est révolutionnaire, précise encore la société d\u2019État, est de continuer sur la même lancée qu\u2019avant.La «révolution énergétique », plaide Hydro-Québec, « ici, on l\u2019a commencée depuis près de 75 ans ».C\u2019est ce qui doit s\u2019appeler, dans le langage constamment détourné de la publicité, une «révolution permanente» ! Dans le communiqué qui vante ces nouvelles publicités, Hydro-Québec se gargarise en plus en af firmant qu\u2019elle « est la Silicon Valley de l\u2019énergie propre».Qu\u2019est-ce à dire ?Le modèle de la Silicon Valley est évidemment tout sauf révolutionnaire.Tout numériser pour mieux être à même de concentrer les usages du monde entre les mains de quelques-uns ramène moins à la révolution qu\u2019aux principes des vieux monopoles.Au nom du travail de plus en plus précaire et occasionnel de la société sur lequel il s\u2019édifie, le chiffre d\u2019affaires de Google dépasse désormais les 75 milliards de dollars.Le résultat net de Facebook pour 2016 a pour sa part triplé, avec 10,6 milliards de dollars.Et l\u2019incroyable prospérité postindustrielle de ce nouveau modèle monopolistique soutient sa main-d\u2019œuvre précaire en lui offrant des nuées de vidéos de chatons charmants que des algorithmes puissants s\u2019empressent de relayer au plus grand nombre afin d\u2019occuper le peu de temps de cerveau encore disponible.Est-ce bien à ce type de monopole faussement révolutionnaire qu\u2019Hydro-Québec souhaite s\u2019identifier avec ses publicités?jfn@ledevoir.com Révolutions JEAN-FRANÇOIS NADEAU J E A N N E C O R R I V E A U D ans la foulée du projet de loi 122 qui prévoit l\u2019abolition des référendums municipaux, Montréal propose d\u2019élargir le mandat de l\u2019Office de consultation publique de Montréal (OCPM) afin que tous les projets faisant l\u2019objet d\u2019un Programme particulier d\u2019urbanisme soient soumis à son analyse.La Ville entend aussi faire en sor te que les séances des comités consultatifs d\u2019urbanisme ne se tiennent plus à huis clos, a appris Le Devoir.Le projet de loi 122 déposé à l\u2019Assemblée nationale en décembre dernier, et qui accorde plus d\u2019autonomie aux villes, fera disparaître les référendums.C\u2019est d\u2019ailleurs ce que réclamaient les maires Denis Coderre et Régis La- beaume, ainsi que l\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ).En commission parlementaire le 9 février dernier, le maire Coderre avait fait valoir que les référendums étaient des « outils d\u2019opposition » et des « irritants » qui empêchaient le développement et favorisaient les intérêts d\u2019un petit groupe au détriment de l\u2019intérêt collectif.Vendredi, l\u2019UMQ a annoncé qu\u2019elle ferait appel à l\u2019Institut du Nouveau Monde (INM) pour élaborer un nouveau cadre de consultation destiné à l\u2019ensemble des municipalités afin de pallier l\u2019abolition des référendums qui suscite de vives critiques.Le rôle de l\u2019OCPM Montréal a son propre plan.Dans un document qu\u2019elle a transmis au ministère des Affaires municipales, la V il le propose que l\u2019OCPM étudie tous les projets qui font l\u2019objet d\u2019un Plan par ticulier d\u2019urbanisme (PPU), qu\u2019ils soient l\u2019initiative de la ville-centre ou des arrondissements.La Ville suggère aussi que les changements réglementaires qui sont nécessaires à la réalisation de projets assujettis à l\u2019ar ticle 89 de la Char te de la Ville \u2014 c\u2019est-à-dire les projets d\u2019équipements collectifs, institutionnels ou d\u2019enseignement ainsi que ceux situés dans le quartier des af faires, par exemple \u2014 fassent l\u2019objet d\u2019une seule consultation devant l\u2019OCPM.L\u2019idée est de rendre plus systématique l\u2019étude de projets par l\u2019OCPM.Mais cela ne signifie pas que tous les projets impliquant une modification au zonage soient soumis à la consultation par l\u2019OCPM.À titre d\u2019exemple, l \u2019agrandissement de l\u2019épicerie Métro Bellemare, qui fait actuellement controverse dans Verdun, doit faire l\u2019objet d\u2019un référendum puisque le registre ouver t a recueilli suf fisamment de signatures.Avec les nouvelles règles, l\u2019option du référendum ne serait plus possible.Mais le projet ne serait pas automatiquement soumis à l\u2019OCPM, à moins que le conseil municipal ne le dépose en ver tu de l\u2019ar ticle 89 de la Char te, un traitement habituellement réservé aux projets d\u2019envergure.Comme l\u2019OCPM devrait voir le nombre de ses mandats augmenter, son budget pourrait être accru en conséquence.Finis les huis clos des CCU Question de stimuler la par ticipation citoyenne, la Ville veut améliorer ses outils de communication et rendre plus compréhensibles les avis publics qu\u2019elle publie.À l\u2019heure actuelle, les avis qu\u2019elle dif fuse sont dif ficiles à déchif frer, voire impossibles à comprendre, pour le commun des citoyens.Elle voudrait aussi élaborer de nouveaux outils informatiques de communication pour recueillir les commentaires des citoyens.Le fonctionnement des Comités consultatifs d\u2019urbanisme (CCU) sera aussi revu.Selon les règles actuelles, ces comités composés d\u2019élus et de citoyens qui donnent leur avis sur des projets locaux se réunissent à huis clos.La Ville souhaite que ces réunions soient désormais publiques et qu\u2019elles prévoient une période de questions des citoyens.Elle pourrait aussi revoir la composition de ces CCU dans une étape ultérieure.Cette nouvelle politique devrait être inscrite dans la loi, estime la Ville, et une révision tous les 10 ans devrait être obligatoire.Le dernier rempart Ces règles suf firont-elles à calmer les critiques à l\u2019égard de la disparition des référendums ?Car, faut-il le rappeler, le rôle de l\u2019OCPM se limite à celui de faire des recommandations à la Ville et celle-ci est libre de les appliquer comme bon lui semble.Lors de la dernière assemblée du conseil municipal, la chef de Projet Montréal, Valérie Plante, avait décrit les référendums comme « le dernier rempart de la démocratie montréalaise».Vouloir les faire disparaître, « c\u2019est alimenter le cynisme de la population sur les élites politiques», avait-elle dit.Le Devoir PROJET DE LOI 122 Montréal veut élargir le mandat de l\u2019OCPM La Ville propose sa propre politique de consultation pour remplacer les référendums C A R O L I N E M O N T P E T I T P rès d\u2019un demi-million de Québécois attendent toujours de trouver un médecin de famille, et les délais moyens qu\u2019ils mettront pour en trouver un sont très élevés, soit entre 404 et 556 jours.C\u2019est ce que concluent le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, et son porte-parole en matière de santé, François Paradis, à partir de données que la CAQ a obtenues de la Régie de l\u2019assurance-maladie du Québec par la Loi d\u2019accès à l\u2019information.Le chef de la Coalition avenir Québec, qui donnait un point de presse dimanche, croit qu\u2019il serait préférable de demander aux groupes de médecine de famille d\u2019offrir des services sept jours sur sept, plutôt que d\u2019investir, comme le prévoit le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, dans les supercliniques.Il croit aussi que les médecins devraient être rémunérés à la prise en charge plutôt qu\u2019à l\u2019acte.La CAQ relève également que, dans 40% des cas, les patients accueillis dans les urgences auraient pu être soignés par un médecin de famille.De son côté, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette a vivement réagi à ces affirmations, affirmant que M.Legault et M.Paradis «manipulaient les chiffres ».Selon lui, la loi 20 est un succès parce que 560 000 patients ont eu accès, depuis son instauration, à un médecin de famille.Quant aux délais dont la CAQ fait mention, il dit que ce sont des projections faites par ordinateur et qu\u2019elles ne reflètent pas nécessairement ce que la réalité sera.«C\u2019est un ordinateur qui fait des projections basées sur le rythme des inscriptions passées, qui a commencé lentement, mais qui est en train de s\u2019accélérer.C\u2019est normal que l\u2019ordinateur fasse cette projection», dit-il.Mi-parcours « On est rendus à mi-chemin » de la réforme, dit M.Barrette, ajoutant que celle-ci «est en très bonne voie».Selon M.Barrette, il n\u2019est absolument pas nécessaire que les groupes de médecine de famille ouvrent leurs portes sept jours sur sept.Le ministre mise en ef fet plutôt sur l\u2019« accès adapté », par lequel un médecin se rend disponible selon les besoins des patients.Ce temps de disponibilité remplacerait le temps « perdu » en rendez-vous annuels inutiles, selon M.Barrette.Il cite d\u2019ailleurs des sources américaines qui démontrent que les rendez-vous annuels sont inutiles chez une personne de 35 ans, par exemple, qui n\u2019a pas de maladie diagnostiquée.« Une personne de 35 ans n\u2019a pas besoin de voir son médecin chaque année », dit-il.Selon lui, « le quart ou le tiers » des médecins de famille fonctionnent déjà en fonction de ce principe de l\u2019accès adapté.Du côté de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), on s\u2019insurgeait également contre l\u2019intervention de la CAQ, en se réjouissant que des dizaines et des dizaines de milliers de Québécois aient désormais accès à un médecin de famille.On précisait aussi que « seulement » 60 % des médecins de famille étaient toujours payés à l\u2019acte, les autres étant désormais payés à forfait, ou à tarif fixe.«C\u2019est sûr qu\u2019il y a toujours place à amélioration » , a dit le por te-parole de la FMOQ, M.Jean-Pierre Dion, tout en qualifiant l\u2019intervention de la CAQ de « spectacle de politicien » du dimanche.Le Devoir Jusqu\u2019à 556 jours pour trouver un médecin de famille Avec de nouvelles données, la CAQ s\u2019en prend à la réforme Barrette PEDRO RUIZ LE DEVOIR Hausses de salaires à la direction de Bombardier : nouvelle manifestation à Montréal La société Bombardier semble incapable de calmer une partie de la colère publique provoquée par la hausse des rémunérations de ses principaux dirigeants.Plusieurs dizaines de manifestants se sont rassemblés, dimanche, à Montréal, devant les bureaux du premier ministre Philippe Couillard pour protester contre les rémunérations que se versent les dirigeants de l\u2019entreprise.Ils y ont lancé des avions de papier.Plus tôt, ces manifestants avaient défilé dans les rues du centre-ville au cours d\u2019une marche qui s\u2019était amorcée devant le siège social montréalais de Bombardier.Ils demandent au gouvernement québécois d\u2019imposer des conditions aux entreprises qui reçoivent des subventions publiques afin de s\u2019assurer que les emplois sont protégés et les bonis versés aux dirigeants limités.Denis Coderre I S A B E L L E P A R É O n voit d\u2019abord Angelo sur scène devant un micro, assis dans son fauteuil roulant, livrant son numéro, le débit ralenti par la paralysie cérébrale.Devant lui, une foule hilare s\u2019éclate.« Ce que j\u2019aime dans le fait d\u2019être Italien, c\u2019est que nos noms fittent avec notre personnalité.Moi, c\u2019est Angelo : un être spirituel qui n\u2019a pas de sexe.» Cet être asexué, c\u2019était lui.Avant qu\u2019il ne trouve le cran de monter sur scène pour faire la comédie.Avant qu\u2019il ne recoure à une assistante sexuelle pour apporter un peu de normalité dans sa vie d\u2019ascète sensoriel.Handicapé depuis la naissance, Angelo fait par tie de ces personnes pour qui le sexe est longtemps resté un continent inaccessible.Pour qui le quotidien s\u2019écoulait sans érotisme ou orgasme, sans toute autre forme de toucher que la main glaciale d\u2019un préposé ou d\u2019un médecin lors d\u2019un examen médical.« Est-ce que je vais mourir sans avoir vécu ça ?» se demande Angelo, personnage central de Rencontres particulières, ce documentaire de Mathieu Vachon qui témoigne de la misère sexuelle vécue par de nombreuses personnes handicapées et des moyens choisis pour obtenir un soupçon de sensualité.C\u2019est en multipliant des entrevues avec des escortes que le réalisateur a découvert cette autre facette de la vie de celles que l\u2019on associe communément à la prostitution.« J\u2019ai réalisé que des escortes consacraient beaucoup de leurs temps à des personnes handicapées.Elles me parlaient de ces clients de façon tendre et attentionnée, ça a brisé tous mes préjugés sur les escortes.J\u2019ai réalisé qu\u2019il y avait là un univers méconnu», raconte Michaud.Conscient de naviguer aux frontières de nombreux tabous, dont celui de la mar- chandisation du corps des femmes et de la prostitution, le réalisateur choisit d\u2019aborder de manière frontale la réalité des « assistantes sexuelles » payées pour aider des personnes souf frant d\u2019un handicap à se « reconnecter » avec leurs corps.C\u2019est la question que soulève Micheline, la mère de Gabriel, jeune adulte confiné dans un fauteuil roulant par une maladie dégénérative.À tor t, bien des gens croient les personnes handicapées dénuées de toute libido, en raison de leur handicap, dit- el le.« Il [Gabriel] voulait vraiment connaître le sexe.On a rien trouvé au Québec [contrairement à ce qu\u2019 i l existe dans d\u2019autres pays], on a pris rendez-vous avec une escorte », raconte cette mère, consciente d\u2019aller à l\u2019encontre des lois canadiennes.Sexe légal Dans plusieurs pays, l\u2019assistance sexuelle est désormais considérée comme une forme d\u2019aide thérapeutique.C\u2019est notamment le cas en Suisse, où, depuis 2003, il s\u2019agit d\u2019un métier légal et reconnu.Dispensés par des thérapeutes formés, ces services sont gérés par des organismes d\u2019aide aux personnes handicapées qui dirigent les requérants vers des thérapeutes.De la caresse à la masturbation, le coût de ce supplément d\u2019amour oscille autour de 162 euros l\u2019heure.Regain d\u2019estime de soi , amélioration des relations interpersonnelles et sexuelles : les associations attribuent beaucoup de bénéfices à cette forme d\u2019aide.« De l \u2019avoir vécu, ça m\u2019a fait grandir.Je n\u2019aurais jamais fait de l\u2019humour comme je le fais là », confie Angelo, dans le documentaire.Ce genre d\u2019échanges est aussi toléré aux Pays-Bas, en Allemagne, au Danemark.En République tchèque, seul pays de l\u2019ex-bloc de l\u2019Est où est apparu ce genre d\u2019aide, l\u2019organisme Plaisir sans risques propose massage, formation à la sexualité, baisers et étreintes, mais sans relation orale ni pénétration.Chose certaine, à l\u2019heure actuelle, le recours aux escortes reste souvent la seule issue pour les handicapés.Mais toutes ne sont pas « ouvertes » comme celles croisées par Gabriel ou Angelo, comme nous l\u2019apprend tristement Alex, 23 ans, que le caméraman a suivi dans le secteur Sainte-Ca- therine et Saint-Laurent.« J\u2019ai suivi une fille dans une ruelle.» Cette fille l\u2019a déshabillé, l\u2019a laissé languir nu dans son fauteuil roulant pendant trente minutes, avant de revenir lui griffer le corps et le sexe.Un travail ordinaire?Des voix s\u2019élèvent contre ces services tarifés qui, en fin de compte, aboutissent à la « marchandisation du corps ».En France, même si des regroupements d\u2019aide aux personnes handicapées demandent la légalisation de ce type d\u2019aide, le Comité national d\u2019éthique a rejeté la reconnaissance légale des assistantes sexuelles.Il n\u2019existe rien de tel qu\u2019un « droit à l\u2019orgasme », décrient de leur côté des associations de lutte contre l\u2019exploitation sexuelle.« L\u2019aide sexuelle est une réponse à un problème complexe.Ces expériences peuvent être bénéfiques, mais ne règlent pas tout.Il ne faut pas être naïfs non plus.Des pimps ça existe, et des escortes exploitées aussi.Décriminaliser, je n\u2019y crois pas.Je crois plutôt à une troisième voie, comme celle retenue aux États-Unis », estime Mathieu Vachon.Le réalisateur braque en effet sa caméra sur une association californienne d\u2019aide aux handicapés, où thérapeutes et « aidants » \u2014 autant des hommes que des femmes \u2014 travaillent en collaboration à l\u2019amélioration globale de la sexualité, mais aussi de l\u2019autonomie personnelle.Cette association n\u2019a ailleurs pas que des clients masculins handicapés en mal d\u2019amour, mais des personnes présentant toutes sortes de dif ficul- tés, dont 35 % de femmes.Un peu de tendresse, bordel «La misère sexuelle est vécue par toutes sor tes de gens, de sexe et d\u2019âge divers, pas juste des personnes handicapées», relance le réalisateur au terme de son expérience.D\u2019ailleurs, ce mal de sexe n\u2019est-il pas le symptôme d\u2019un besoin encore plus criant : le manque de tendresse et de relations humaines ?« Sûrement, confie le réalisateur.D\u2019ailleurs, plusieurs aimeraient finalement avoir une blonde.Je sais que ce sujet soulève des questions sensibles, mais le but n\u2019était pas de juger ou de prendre par ti pour ou contre la prostitution.J\u2019espère avoir créé une brèche pour parler de l\u2019isolement et de la vulnérabilité des personnes handicapées et des très grandes dif ficultés rencontrées pour entrer en relations.» Le Devoir RENCONTRES PARTICULIÈRES Réalisateur Mathieu Vachon Diffusion 11, 13 et 17 avril, à TV5 Vaste tabou que celui de la sexualité des personnes handicapées.Le documentaire Rencontres particulières jette un regard sensible sur l\u2019intimité de ceux qui choisissent de faire appel à des « assistantes sexuelles » pour mettre fin à l\u2019abstinence forcée.Histoires intimes.DOCUMENTAIRE Entre libido et tendresse Mathieu Vachon met en images la misère sexuelle des personnes handicapées L E D E V O I R , L E L U N D I 1 0 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 COMMISSION DES INSTITUTIONS Consultation générale Sur le rapport quinquennal 2016 intitulé Rétablir l\u2019équilibre \u2013 Rapport sur l\u2019application de la Loi sur l\u2019accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels et de la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé Comment participer \u2022 Mémoire écrit : organismes et citoyens (un seul ?chier en format PDF non verrouillé) \u2022 Intervention sans mémoire : citoyens seulement DATES À RETENIR \u2022 Les mémoires et les demandes d\u2019intervention sans mémoire doivent être reçus au plus tard le 1er juin 2017.\u2022 Les auditions publiques débuteront le 16 août 2017 à l\u2019hôtel du Parlement, à Québec.Information : assnat.qc.ca M.Maxime Perreault, secrétaire de la Commission des institutions : 418-643-2722 Numéro sans frais : 1 866 DÉPUTÉS (1 866 337-8837) Courriel : ci@assnat.qc.ca |Twitter : @CommParlQc Facebook : https://fr-ca.facebook.com/AssnatQc Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Résultats des tirages du : Résultats des tirages du : En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto-Québec, cette dernière a priorité.compl.compl.l o t o q u e b e c .c o m / l o t e r i e s l o t o q u e b e c .c o m / l o t e r i e s COMPL.08 12 14 34 37 44 48 45 50 000 000 $ Prochain gros lot (approx) : 2 1039813 9 000 000 $ 04 09 10 15 38 39 49 17 19 21 22 44 46 04 2017-04-08 2017-04-07 + 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ 48778189-01 + 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ Prochain gros lot (approx.) : 6830929 + lots de 1 million $ (APPROX.) «L e Canada est né ici » : sous un soleil radieux et devant 23 000 personnes, le premier ministre Justin Trudeau a rappelé dimanche en France la force de l\u2019engagement du Canada 100 ans plus tôt lors de la bataille méconnue de Vimy.Deux heures durant, dans une cérémonie émouvante au Mémorial national du Canada, les discours d\u2019officiels, dont celui du président français, François Hollande, qui a rappelé les « liens for ts » unissant les deux pays, ont succédé à diverses représentations théâtrales, musicales et commémoratives.« Près de 3600 soldats sont tombés ici » lors de ces trois jours de combat démarrés voici tout juste cent ans, marquant le début de la bataille britannique d\u2019Arras (9 avril- 16 mai 1917), et «c\u2019est par leur sacrifice que le Canada est devenu un signataire indépendant du traité de Versailles », a rappelé M.Trudeau.Assaut déterminant Pour la première fois, les quatre bataillons canadiens (environ 80 000 soldats), jusque-là incorporés dans l\u2019armée britannique, conduisirent en effet l\u2019assaut de la crête de Vimy, qui contrôlait le bassin minier, sous leurs propres couleurs, gagnant ainsi leurs galons sur la scène internationale.« Ces hommes n\u2019étaient pas insensibles à la peur, ils souffraient de l\u2019éloignement, de la fatigue, du froid [\u2026], mais ils se sont battus jusqu\u2019à la victoire dans cet endroit qui avait été transformé en for teresse », a poursuivi le premier ministre Trudeau, terminant son discours d\u2019un solennel «ne les oublions jamais».Après avoir dit « toute sa reconnaissance » aux soldats canadiens, M.Hollande a pour sa par t centré son discours sur la coopération actuelle entre Paris et Ottawa « pour faire avancer la cause de l\u2019humanité ».Dans la matinée, les deux dirigeants avaient dévoilé un monument en hommage aux victimes de la bataille d\u2019Arras en forme de coquelicot, symbole de la paix dans le Commonwealth.Au Canada Outre les milliers de Canadiens ayant participé aux commémorations du centenaire de la bataille, dimanche, en France, bon nombre de Canadiens au pays se sont rassemblés en divers lieux pour se rappeler ceux qui ont risqué ou ont perdu leur vie en avril 1917.À Ottawa, la ministre fédérale de l\u2019Environnement et députée d\u2019Ottawa-Centre, Catherine McKenna, a présidé à une cérémonie d\u2019une heure au Monument commémoratif de guerre du Canada sous un ciel bleu clair.La bataille de Vimy a été un « moment fondateur » pour le Canada sur la scène mondiale, a-t-elle dit.À Québec, une garde formée de 100 militaires, incluant des membres des trois bataillons de la Force régulière du Royal 22e Régiment de Valcartier, a souligné le 100e anniversaire de la bataille de la crête de Vimy à la Citadelle de Québec.Les soldats, politiciens et autres participants à Québec ont commémoré la bataille face à la Croix de Vimy, monument of fert au Royal 22e Régiment par la France en 1924.Le brigadier général Hercule Gosselin, commandant de la 2e Division du Canada, a fait valoir l\u2019impor tance de « garder vivante la mémoire de cette victoire impressionnante qui a coûté la vie à des milliers de Canadiens et qui a changé le cours de l\u2019histoire».À Montréal, une cérémonie solennelle s\u2019est déroulée à la toute nouvelle place de Vimy.Avec La Presse canadienne Agence France-Presse BATAILLE DE VIMY « Ne les oublions jamais » En France, Justin Trudeau rend hommage aux soldats canadiens 175 millions pour décontaminer les sols Le gouvernement québécois investira 175 millions de dollars sur cinq ans pour décontaminer les sols, un moyen pour lui de protéger l\u2019environnement, tout en stimulant l\u2019économie locale.Le ministre du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel, en a fait l\u2019annonce dimanche matin en compagnie du ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, à Montréal.Dans cette enveloppe, 120 millions seront consacrés à réhabiliter les terrains contaminés appartenant à l\u2019État.La Presse canadienne Action Longueuil a une nouvelle chef La conseillère municipale Sylvie Parent est devenue dimanche la nouvelle chef du parti Action Longueuil.Elle succède ainsi à l\u2019actuelle mai- resse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, qui a annoncé en février dernier qu\u2019elle ne sollicitera pas un troisième mandat lors des élections municipales à venir, le 5 novembre prochain.Les membres du parti réunis dimanche en assemblée générale ont voté à 53 % pour Mme Parent, qui faisait face à une autre conseillère municipale, Josée Laten- dresse.Mise à part Mme St-Hi- laire, Action Longueuil détient 13 des 15 sièges au conseil municipal.Le Devoir TV5 Le film suit ces escortes qui aident les personnes handicapées à se « reconnecter» avec leurs corps.C\u2019est en multipliant des entrevues avec des escortes que le réalisateur a découvert cette autre facette de la vie de celles que l\u2019on associe communément à la prostitution PEDRO RUIZ LE DEVOIR En même temps que la cérémonie de commémoration de la bataille, Montréal inaugurait sa toute nouvelle place de Vimy, dans Notre-Dame-de-Grâce. L E D E V O I R , L E L U N D I 1 0 A V R I L 2 0 1 7 SOCIETE A 5 L\u2019andropause, la vieillesse en pente douce P etit pas par petit pas, les cellules souches semblent entrer dans l\u2019espace public.Mais que change le fait d\u2019avoir pour la première fois, depuis la semaine dernière, des cellules souches transplantées d\u2019une tierce personne ?Il avait fallu près d\u2019un quart de siècle d\u2019expériences sur des cellules souches avant qu\u2019on ne tente, en 2014, l\u2019injection chez une femme de ses propres cellules souches \u2014 il s\u2019agissait des cellules de sa peau, « reprogrammées » pour être injectées dans son œil.Et ce n\u2019est que la semaine dernière qu\u2019on a pour la première fois expérimenté chez un patient l\u2019injection de cellules souches qui ne sont pas les siennes.Cette nouvelle étape est pourtant fondamentale pour que ce traitement puisse se généraliser et devenir accessible à tous : il faudrait pour cela voir naître des « b a n q u e s d e c e l l u l e s souches » , similaires aux b a n q u e s d e s a n g d \u2019 a u - jourd\u2019hui, mais qu\u2019il faudra d\u2019abord expérimenter à plus grande échelle.Pour l\u2019instant, la nouvelle e x p é r i e n c e , m e n é e l e 28 mars, vise à traiter chez un homme dans la soixantaine un cas de dégénérescence maculaire \u2014 une maladie de l\u2019œil qui conduit progressivement à la perte de la vision centrale.Les premières informations sont « prometteuses », selon une conférence de presse tenue le lendemain à l\u2019Institut de recherche Riken, au Japon \u2014 le même où avait été menée l\u2019expérience de 2014.Des cellules souches pourraient, en théorie, régénérer le tissu de la rétine, et c\u2019était également l\u2019objectif des expériences de 2014.La lenteur avec laquelle le dossier progresse depuis 25 ans n\u2019empêche pas le biologiste Shinya Ya- manaka, Prix Nobel de médecine 2012 pour son travail sur la reprogrammation des cellules souches, de travailler en ce moment même à ce que le Japon devienne le premier pays à créer une banque de cellules souches.Agence Science-Presse Cellules souches : petit pas vers la mise en vente ?D eux fleuves indiens, le Gange et le Ya- muna, avaient déjà le statut de cours d\u2019eau « sacrés ».Mais un jugement de la haute Cour de l\u2019État d\u2019Uttarakhand, rendu le 20 mars, fait d\u2019eux des « entités vivantes », avec tous les droits associés.Du coup, les polluer ou les endommager devient l\u2019équivalent d\u2019infliger une blessure à une personne.La décision s\u2019inscrit dans un contexte où certains segments des 2500 km du Gange sont si pollués qu\u2019ils sont devenus impropres à la vie.Le gouvernement fédéral de l\u2019Inde vient d\u2019allouer 291 millions de dollars à un vaste programme de dépollution et de nettoyage, dont une version précédente a eu des résultats mitigés.Et ces deux fleuves ont été coiffés au poteau : plus tôt ce mois-ci, le fleuve Whanganui, en Nouvelle-Zélande, est devenu le premier au monde à obtenir un statut légal, après des décennies de pressions des Maoris, le peuple autochtone de cette île du Pacifique.Une « personne légale » n\u2019est toutefois pas la même chose qu\u2019une «personne ».Le plus proche équivalent serait une compagnie qui, en vertu de la loi, a des droits et des responsabilités similaires à une vraie personne.Tant la Nouvelle-Zélande que l\u2019Inde ont créé un organisme qui deviendra le «porte-parole » du fleuve.Agence Science-Presse Trois fleuves ont à présent les mêmes droits que les humains ISTOCK L\u2019homme perd 1% de sa testostérone à partir de ses 35-40 ans, tandis que la femme voit ses œstrogènes et sa progestérone baisser nettement en un temps court, de trois à cinq ans, autour des 50 ans.M A R I E - P I E R R E G E N E C A N D À la ménopause, la femme chute d\u2019une montagne.Durant l\u2019andropause, l\u2019homme roule doucement au bas d\u2019une colline.Le résultat est le même \u2014 et encore, le mâle reste potentiellement fertile jusqu\u2019à sa mort \u2014, mais la manière est radicalement différente.En effet, l\u2019homme perd 1 % de sa testostérone à partir de ses 35-40 ans, tandis que la femme voit ses œstrogènes et sa progestérone baisser nettement en un temps court, de trois à cinq ans, autour des 50 ans.Une nouvelle fois, la nature est plus clémente avec les garçons\u2026 Ce qui est une chance et aussi une malédiction.Car lorsqu\u2019ils sont concernés par des symptômes forts, comme, par exemple, la perte du désir sexuel, les hommes, moins informés, sont plus désemparés.Hormones de substitution, nouvelle manière de vivre sa sexualité ?Chacun opte pour sa solution.Désir sexuel en berne.Alors que toutes les femmes traversent la ménopause, seulement 15 à 20 % d\u2019hommes sont touchés par le syndrome de déficience en testostérone lié à l\u2019âge, c\u2019est-à-dire une série de symptômes handica- pants dus à cette baisse hormonale.Explications de Laurent Vaucher, urologue responsable de la consultation d\u2019andrologie au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV).«Les hommes perdent donc 1% de leur testostérone, chaque année, environ à partir de leurs 40 ans.Pour la plupart, cette baisse progressive n\u2019entraîne aucun changement notable.Ce n\u2019est qu\u2019au bout du processus, vers 65-70 ans, que certains messieurs connaissent un désir sexuel moins vif, des somnolences après les repas, des insomnies durant la nuit, prennent du poids, voient leurs muscles et leur os s\u2019af faiblir, etc.Cela dit, sans que l\u2019on sache vraiment pourquoi, certains quadragénaires ou quinquagénaires vivent très mal cette baisse hormonale.Tous les symptômes que je viens d\u2019énumérer arrivent brutalement et les obligent à consulter, car leur qualité de vie est touchée.Concrètement, la plupart des hommes qui viennent me trouver consultent pour une baisse du désir sexuel.» L\u2019impuissance n\u2019est pas liée à la testostérone.Le désir sexuel serait-il touché avant la fonction érectile ?« Attention, précise Laurent Vaucher.Les dif ficultés érectiles existent aussi, mais elles ne sont pas liées à la baisse de la testostérone.Elles sont dues à d\u2019autres problèmes, comme une mauvaise circulation du sang, du diabète ou des tensions dans le couple.L\u2019andropause atteint le désir, pas l\u2019outil pour l\u2019assouvir ! » Traduction : quand un homme éprouve des difficultés érectiles, ce n\u2019est pas sa virilité qui est en cause, mais son état physique ou psychologique général.Bon à savoir.« De toute manière, l\u2019andropause est compliquée, poursuit le spécialiste.Car aucun des symptômes cités plus haut n\u2019est exclusif.Tous peuvent provenir d\u2019autres déficiences.» D\u2019où l\u2019importance de tester la testostérone avant de donner des substituts hormonaux.«Oui, et même, les substituts hormonaux ne sont prescrits que lorsqu\u2019il n\u2019y a pas de risque de cancer de la prostate.Si la prostate présente une suspicion de cancer, le traitement n\u2019est pas lancé», précise le médecin.Le cerveau n\u2019est pas touché.Comment cela se passe-t-il précisément dans le corps humain ?« Les hommes ne sont pas égaux en testostérone, détaille Laurent Vaucher.La teneur s\u2019échelonne entre 11 et 30 nanomoles par litre (nmol/l) dans le sang, sans que les dif férences entraînent de conséquences sur la virilité \u2014 pilosité, force physique, puissance sexuelle, etc.Par contre, cette valeur joue un rôle pour décider de l\u2019administration d\u2019hormones de substitution.On a pour règle de ne commencer un traitement que lorsque le taux de testostérone descend au-dessous de 8 nmol/l.Du coup, si le candidat était très doté au départ, il se peut qu\u2019il ait encore un taux de testostérone dans la norme et ressentir tout de même des troubles liés à l\u2019andropause, car c\u2019est le dif férentiel qui fait foi.» Ainsi, le seul test hormonal ne suffit pas.Les récits de vie complètent le diagnostic.Sur les forums de discussion, il est beaucoup question de coups de fatigue, de bouf fées de chaleur, d\u2019insomnies avec suées nocturnes, de baisses d\u2019appétit, sexuel ou autre, bref, d\u2019une vie un peu grise, ralentie.«Oui, il y a comme un blues lié à l\u2019andropause.Par contre, la bonne nouvelle, qui est récente, c\u2019est que les fonctions cognitives ne sont pas touchées.On a longtemps cru que l\u2019homme andropausé pensait moins vite, et ce n\u2019est pas vrai.» Un effet rapide.Quelles sont les étapes du traitement ?« Si la prostate ne présente aucune anomalie, on commence un traitement de substitution hormonal, dont on voit très vite les retombées.Après un mois déjà, les changements devraient être notables.Si ce n\u2019est pas le cas, c\u2019est que le traitement est inopérant et on le suspend.Lorsque la substitution fonctionne, je la prescris pendant une année durant laquelle le patient reprend confiance.Il se remet souvent au sport, réentame une vie sexuelle régulière et, au bout de cette année, son taux d\u2019hormones a pu naturellement remonter.» Et sinon ?« Soit la substitution en testostérone est poursuivie.Soit il existe une alternative appelée citrate de clomifène.Cette substance stimule les testicules à produire de la testostérone.Si on ne la donne pas en priorité, c\u2019est que cette substance entraîne à long terme de l\u2019ostéoporose.Bientôt, les fabricants promettent que le citrate de clomifène sera nettoyé de ces agents négatifs et présentera alors une solution de rechange au substitut hormonal.» Accepter.On l\u2019a compris, Laurent Vaucher est un partisan du traitement médicamenteux, car, « bien administré et régulièrement contrôlé, il peut changer la vie du patient ».En face, comme le psychologue québécois Yvon Dallaire, spécialiste du couple, d\u2019autres voix préfèrent écouter ce que raconte le corps qui ralentit.Pour lui, l\u2019andropause constitue une chance, «une transition vers l\u2019âge d\u2019or».Un moment clé où l\u2019homme peut soit se braquer et pleurer sa jeunesse perdue, soit profiter du fait que sa sexualité génitale devient moins tyrannique pour se consacrer à «de nouvelles missions éducatives, communautaires, écologiques et spirituelles », écrit-il sur le site psy.be.Selon Yvon Dallaire, si l\u2019homme andropausé ne prend pas ses responsabilités, on court au chaos social.Ainsi, le psychologue va jusqu\u2019à attribuer « le haut taux de suicide des hommes occidentaux de 18-25 ans au fait que les hommes mûrs font tout pour rester jeunes et refusent de céder leur place à la nouvelle génération».«Comment ces jeunes adultes peuvent-ils envisager leur vie s\u2019ils doivent entrer en compétition avec leurs propres pères pour séduire les jeunes femmes de leur âge?», questionne le spécialiste.Une nouvelle sexualité.Il conseille aux hommes dès 50 ans de développer une nouvelle sexualité en explorant des zones érogènes inédites, de nouvelles manières de stimuler leur plaisir.« Si les hommes connaissaient leur corps autant que la mécanique de leur automobile, ils vivraient probablement plus vieux et en meilleure santé », dit en souriant Yvon Dallaire.Parler pour se libérer.Dans tous les cas, soutient le psychologue, il faut parler.« C\u2019est tellement masculin de souffrir en silence ! Comme si parler, c\u2019était admettre que le déclin fatal avait commencé.Voilà probablement la raison pour laquelle l\u2019étude de l\u2019andropause vient à peine de débuter.Et pourquoi beaucoup d\u2019hommes se sentent si seuls durant cette période.» C\u2019est vrai.Pour cet article, nous avons cherché des témoins locaux, de proximité.Les patients de Laurent Vaucher ont préféré ne pas s\u2019exprimer.Le Temps Même si le choc est moins violent que pour les femmes, les hommes connaissent aussi des changements liés aux variations hormonales.Explications et solutions.Les hommes perdent 1 % de leur testostérone, chaque année, environ à partir de leurs 40 ans.Certains quadragénaires ou quinquagénaires vivent très mal cette baisse hormonale.Laurent Vaucher, urologue responsable de la consultation d\u2019andrologie au CHUV « » Il faudrait voir naître des «banques de cellules souches», similaires aux banques de sang d\u2019aujourd\u2019hui, mais qu\u2019il faudra d\u2019abord expérimenter à plus grande échelle FELIX ENGELHARDT CC WIKICOMMONS Le fleuve Whanganui, en Nouvelle-Zélande, est le premier fleuve à avoir obtenu un statut légal. a Commission des ?nances publiques (CFP), qui s\u2019était donné au début de 2015 un mandat d\u2019initiative pour se pencher sur le phénomène des paradis ?scaux, a rendu son rapport mercredi, un rapport sérieux et étoffé dans lequel ?gurent pas moins de 38 recommandations.Saluons d\u2019entrée de jeu le fait que le rapport est le fruit d\u2019une rare unanimité entre parlementaires, les élus anti-capi- talistes de Québec solidaire partageant les mêmes vues sur les paradis ?scaux que leurs collègues libéraux, caquistes ou péquistes.En soi, c\u2019est un exploit.Présidée par le député libéral Raymond Bernier, la CFP a entendu des représentants des banques et du Mouvement Desjardins, des grandes ?rmes de comptables, de l\u2019Agence du revenu du Québec, du ministère des Finances, de l\u2019Autorité des marchés ?nanciers, d\u2019ATTAC-Québec ainsi qu\u2019une brochette d\u2019experts.Fait à souligner, la commission a procédé à ses travaux alors que fusaient de scandaleuses révélations, que ce soient les Panama Papers, les Bahamas Leaks ou les stratagèmes troubles conçus par KPMG.Le phénomène des paradis ?scaux n\u2019est pas négligeable : le ministère des Finances estime que les pertes ?scales québécoises causées par le recours aux paradis ?scaux oscillent entre 800 millions et un milliard par an tandis que l\u2019Institut de recherche en économie contemporaine les évalue entre un et deux milliards.Et c\u2019est sans compter l\u2019effet des mécanismes des prix de transfert entre ?liales qui permettent aux multinationales d\u2019exporter leurs pro?ts dans des pays à faible ?scalité.Parmi ses recommandations, la CFP demande au ministère des Finances d\u2019étudier la possibilité d\u2019instaurer au Québec une taxe sur les profits détournés (ou Google tax), comme l\u2019ont fait le Royaume-Uni, l\u2019Australie et la France.Québec doit aussi envisager de se soustraire aux conventions fiscales du Canada, qui permet l\u2019utilisation de paradis fiscaux, comme en fait foi la présence active des grandes banques canadiennes dans ces refuges financiers.Raymond Bernier, qui a rappelé que la lutte contre les paradis ?scaux s\u2019inscrit dans un mouvement mondial, au sein de l\u2019OCDE notamment, croit que le gouvernement Couillard donnera suite aux recommandations de la CFP.Nous le souhaitons vivement.Cela signi?e toutefois que le premier ministre Philippe Couil- lard et son ministre des Finances, Carlos Leitão, devront prendre leur bâton de pèlerin pour convaincre les autres provinces et surtout le gouvernement du Canada, dont le laxisme est critiqué, d\u2019agir dans le même sens.Le Québec ne peut malheureusement pas faire cavalier seul.L\u2019acquittement d\u2019un présumé meurtrier relance le débat sur les imperfections du système judiciaire.L\u2019arrêt Jordan, sur les délais de procès, suscite d\u2019étranges interprétations.est l\u2019émoi dans le monde judiciaire.Un Montréa- lais accusé du meurtre de sa conjointe, Sivaloga- nathan Thanabalasingam, vient d\u2019être libéré des accusations portées contre lui.Libre comme l\u2019air pour cause de délais déraisonnables.Il fallait bien s\u2019attendre à des ratés dans le système judiciaire à la suite du prononcé de l\u2019arrêt Jordan par la Cour suprême, en juillet 2016.Pour sortir le système judiciaire de son indéfendable sclérose, le plus haut tribunal du Canada a ?xé la durée maximale d\u2019un procès à 18 mois à la Cour du Québec et dans les autres tribunaux provinciaux, et à 30 mois à la Cour supérieure.Du jour au lendemain, des criminalistes inventifs ont défriché un nouveau champ du droit, en présentant des requêtes en arrêt des procédures, avec bien peu de succès jusqu\u2019à présent.Leur faculté d\u2019adaptation à la nouvelle réalité contraste avec l\u2019immuabilité du système judiciaire.L\u2019acquittement de Thanabalasingam, qui attendait son procès depuis près de cinq ans, vient changer la donne.Le Barreau du Québec, le premier ministre, Philippe Couil- lard, et le juge en chef de la Cour supérieure, Jacques R.Fournier, ont tous exigé que le gouvernement fédéral nomme des juges aux postes vacants à la Cour supérieure.Il est grandement temps qu\u2019Ottawa réponde à la demande urgente et raisonnable du Québec.Cela dit, l\u2019ajout de juges n\u2019empêchera pas la répétition de catastrophes dans un avenir rapproché.Il faudra des années avant de réformer la culture du système judiciaire, a?n d\u2019amener ses principaux acteurs à faire preuve de responsabilité et d\u2019ef?cacité dans la gestion de leur temps.Des années avant que les gouvernements corrigent le problème du sous-?nancement du système judiciaire.Que faire dans l\u2019immédiat ?Surtout, ne pas accepter qu\u2019un présumé meurtrier puisse reprendre le cours de sa vie en toute impunité.La porte-parole du Parti québécois en matière de Justice, Véronique Hivon, a exhorté le premier ministre à recourir à la disposition de dérogation à la Charte canadienne, pour suspendre les droits des accusés et court-circuiter les effets pervers de l\u2019arrêt Jordan.Il s\u2019agit d\u2019un remède d\u2019exception à éviter.La suspension généralisée des libertés civiles, pour des citoyens en attente d\u2019un procès, est une décision qu\u2019il ne faut pas prendre à la légère.Un seul cas d\u2019acquittement, même choquant, ne jus- ti?e pas l\u2019utilisation de la disposition de dérogation, que le premier ministre Couillard dépeint comme « l\u2019équivalent de l\u2019arme nucléaire en matière constitutionnelle ».La Couronne doit porter en appel le verdict d\u2019acquittement prononcé par le juge Alexandre Boucher.Celui-ci a rendu sa décision oralement, avec motifs à suivre, si bien qu\u2019il faudra patienter encore avant de lire son jugement.C\u2019est une curieuse façon de procéder pour une affaire aussi importante.Le juge Boucher a fait une interprétation ingrate des mesures transitoires prévues dans l\u2019arrêt Jordan, visant à éviter une avalanche d\u2019acquittements pour délais déraisonnables.Les tribunaux sont invités à se montrer plus tolérants à l\u2019égard des délais de procès dans les districts judiciaires où sévissent des «délais institutionnels tenaces et connus ».Le district de Montréal fait partie du lot.Thanabalasingam ne saurait béné?cier d\u2019une situation qui n\u2019est pas la faute de la Couronne.Cette cause est tout indiquée pour la Cour d\u2019appel, qui pourra baliser la portée des mesures transitoires.De toute évidence, les juges québécois n\u2019en font pas la même lecture.Avant d\u2019exiger la suspension des libertés civiles pour tous, il faut laisser aux tribunaux supérieurs une chance de clari?er ce malentendu.L E D E V O I R , L E L U N D I 1 0 A V R I L 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Consultation sur le racisme systémique Monsieur Lisée, Vous vous opposez à une consultation sur le racisme systémique.Il me semble que vous personnalisez indûment le débat.Le problème, ce ne sont pas les personnes, mais plutôt les structures.On le sait très bien que ce sont les structures qui créent des inégalités hommes- femmes, des modèles qui enferment les personnes, et non pas les hommes comme tels ; on pourrait appliquer le même raisonnement à la question du racisme.Il y aurait des leçons aussi à tirer pour tous les Québécois.Ce serait important de se pencher sur ces questions.C\u2019est la même demande qui a été faite pour les femmes autochtones assassinées et disparues.Je n\u2019aime pas du tout ce virage identitaire du PQ, il me semble que c\u2019est à vous d\u2019expliquer aux gens qu\u2019il s\u2019agit de comprendre les structures qui font que les personnes ne peuvent s\u2019intégrer, dans une démarche pédagogique.Sinon, c\u2019est vous qui créez des tensions.Dans un contexte où Trump s\u2019acharne sur les immigrants, il me semble que ce L I B R E O P I N I O N C A R O L E G U I L L E M E T T E Enseignante, École des métiers des Faubourgs de Montréal J e suis enseignante depuis 9 ans, dont 8 ans dans le plus gros centre de formation professionnelle au Canada qui offre le diplôme d\u2019études professionnel aux préposés aux bénéficiaires.J\u2019ai travaillé pendant dix ans comme infirmière auxiliaire auparavant.Je n\u2019arrive pas à comprendre ni pourquoi ni comment on pourra écourter la formation des futurs préposés de 25 semaines à 5 semaines (au CIUSSS de la Capitale-Nationale, selon Le Devoir du 6 avril).S\u2019attend-on à ce que ces étudiants soient aussi bien formés que les détenteurs d\u2019un DEP ?S\u2019attend-on à ce que la qualité des soins offerts par celles et ceux ayant bénéficié d\u2019une formation écourtée soit la même que celle donnée par les préposés dûment qualifiés et dû- ment diplômés ?Poser la question, c\u2019est y répondre.Je ne peux y voir qu\u2019une autre manœu- vre du gouvernement pour réduire les ser vices publics et diminuer les dépenses de l\u2019État.Les besoins en main-d\u2019œuvre sont urgents, disent-ils ?Urgents ?Nous avons alerté le gouvernement, dès 2012, sur le fait que le nombre de départs à la retraite risquait de provoquer une pénurie.Le gouvernement a attendu que la situation devienne incontrôlable avant d\u2019imposer sa solution bon marché.Maintenir la qualité Personne ne devrait accepter un tel outrage au métier de préposé aux bénéficiaires.Il est impératif de maintenir la qualité des programmes de formation de nos futurs préposés.Le cours of fer t dans les centres de formation professionnelle compte 750 heures réparties sur 25 semaines.Il permet aux étudiants d\u2019être formés adéquatement pour travailler tant dans les CHSLD, les CLSC, les centres hospitaliers, les ressources intermédiaires et les résidences de personnes âgées.Les heures de cours théoriques sont assor ties de stages dans tous ces milieux.Pensez-vous qu\u2019un cours n\u2019équivalant qu\u2019à 2 semaines de théorie et 3 semaines de travail, avec un minimum de supervision, peut être comparable ?Jamais ! Permettre à des préposés de travailler avec une formation si minimale diminue la valeur du diplôme de formation professionnelle aux personnes en établissement de santé.Monsieur le Ministre Barrette, n\u2019avez-vous pas entendu votre collègue ministre de l\u2019Éducation prôner la valorisation des diplômes de formation professionnelle ?Permettre à ces préposés initiés à la va- vite de travailler dans nos établissements de santé est non seulement dangereux pour les bénéficiaires, mais également pour eux-mêmes.Aider des personnes ayant un handicap cognitif ou moteur à se déplacer nécessite une accréditation de l\u2019Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur affaires sociales (ASSTSAS).Les enseignantes dû- ment qualifiées et reconnues par l\u2019ASST- SAS accréditent leur élève en 45 heures de formation.Qui donnera la formation écourtée ?Sûrement pas des enseignants.Où trouveront-ils les 45 heures de formation requises ?Dans les 60 heures de cours théorique ?Il ne restera alors que 15 heures pour apprendre toutes les autres notions.C\u2019est impensable ! N\u2019oublions jamais qu\u2019un jour ou l\u2019autre, nous aurons tous besoin des services des préposés aux bénéficiaires.Nous souhaiterons qu\u2019ils soient formés adéquatement.Il en va de notre sécurité.Ne tolérons pas cette situation périlleuse.Demandons à nos députés d\u2019intervenir auprès du ministre Barrette.La pénurie peut se régler autrement qu\u2019en coupant dans la qualité de la formation.Réduire la formation des préposés aux bénéficiaires, c\u2019est réduire les soins FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET serait à l\u2019honneur du Québec d\u2019être progressiste sur ces questions, justement dans un contexte où il y a une montée des intolérances partout dans le monde.Ce serait aussi dépasser Couillard sur son propre terrain, lui qui est responsable justement de la montée des intolérances créées par l\u2019austérité tous azimuts.Isabelle Dicaire Montréal, le 8 avril 2017 C\u2019 L\u2019APRÈS-JORDAN Confusion au tribunal Québec doit s\u2019attaquer aux paradis fiscaux L BRIAN MYLES ROBERT DUTRISAC Lettre à mon député Le gouvernement devrait légiférer pour que les salaires des hauts dirigeants soient soumis à un plafond.Si les membres de l\u2019équipe de direction de Bombardier croient que leurs compétences et leur mérite personnel peuvent justifier un tel salaire, ces personnes souffrent de sérieuses névroses et représentent un danger pour l\u2019économie et la population du Québec.Nous migrons d\u2019un capitalisme sauvage vers un socialisme d\u2019entreprise où, comme pour les grandes banques des États-Unis, les bénéfices vont aux entreprises privées tandis que les coûts et les risques sont assumés par les contribuables.Nous subissons un viol économique.Ces gens, ainsi que les gouvernements qui aident à dépouiller les contribuables, sont des criminels au regard de l\u2019équité et de l\u2019éthique.De l\u2019avis général des sociologues, économistes, historiens et intellectuels de ce monde, nous vivons « une période inédite dans l\u2019histoire du capitalisme contemporain» avec un écart entre le salaire des p.- d.g.et le salaire moyen qui a «explosé».Les conséquences pour la croissance économique sont dramatiques.La grande part de l\u2019argent qui va dans les poches des hauts dirigeants n\u2019est pas réinvesti dans l\u2019économie, contrairement à celui du simple salarié qui, souvent, dépense 100 % de son salaire annuel.Les arguments de la ministre Anglade sont une insulte à l\u2019intelligence.Autant d\u2019hypocrisie et de malhonnêteté donnent froid dans le dos.Je désespère de mon pays en constatant qu\u2019une ploutocratie s\u2019est substituée à la démocratie et que nous sommes gouvernés par des acteurs chargés de jouer des rôles de plus en plus grotesques.Je suis totalement révoltée et je tiens à vous le faire savoir.Caroline Arseneau Blainville, le 6 avril 2017 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 0 A V R I L 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Marie-Pier Frappier (pupitre), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans), Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Loïc Hamon (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo 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l\u2019attention sur la guerre en Syrie.Ce conflit qui débute en 2011 est le point focal des relations internationales, car s\u2019y affrontent des coalitions représentant des concept ions géopol i - tiques opposées.[\u2026] La priorité de l\u2019État syrien est la sécurisation de l\u2019ouest du pays, où se trouvent les quatre cinquièmes de la population.Refouler les djiha- distes n\u2019est pas une opération militaire classique, car ils disposent de bunkers souterrains, sont bien équipés par leurs commanditaires internationaux et utilisent les civils comme boucliers humains.Même s\u2019ils sont difficiles à déloger, ces irréguliers ne font pas le poids devant l\u2019armée syrienne.D\u2019où les scénarios chimiques pour amener leurs soutiens étrangers à s\u2019impliquer directement contre la Syrie.La reprise d\u2019Alep-Est en décembre 2016 met fin aux dernières velléités d\u2019abattre l\u2019État syrien.Cependant, quelque 70 000 djihadistes sont cantonnés dans la région d\u2019Idleb (nord), 20 000 autour de Deraa (sud), 20 000 dans la banlieue de Damas et 10 000 entre Homs et de Hama.Al-Qaida et ses dérivés, ainsi que Daech, dominent ces phalanges.En même temps, les négociations à Genève peinent à démarrer.Aucun des dossiers n\u2019a encore été abordé.Les djihadistes persistent à croire qu\u2019ils peuvent obtenir à Genève le renversement de régime qui n\u2019est pas à leur portée en Syrie.Pourquoi ?Les véritables décideurs du camp djihadiste sont les pays étrangers qui les commanditent et ceux-ci ne parviennent pas à se départir de la chimère d\u2019une chute du régime.L\u2019incohérence et la cacophonie dans la politique américaine entretiennent leurs espoirs et sont un facteur de continuation de la guerre.Trump aux abois Candidat désireux de mettre fin aux ingérences américaines à l\u2019étranger, Trump laissait prévoir une politique nouvelle en Syrie.Mais il est aux abois depuis son élection.L\u2019establishment néoconservateur et néolibéral, maître de l\u2019« État profond », des services de renseignements et des médias, met à mal cet intrus par des allégations incessantes d\u2019accointances coupables avec la Russie.Le président serait à la solde de l\u2019étranger.Une épée de Damoclès pend au-dessus de sa tête, l\u2019exposant au chantage, non de la Russie, mais de ses adversaires qui flairent la destitution (impeachment).L\u2019opération consiste à le mettre au pas et le retourner ou, à défaut, sonner l\u2019hallali.[\u2026] La lutte au sommet est impitoyable.Trump va d\u2019échec en échec.Assiégé, l\u2019étau se refermant autour de lui, il largue des collaborateurs honnis par les néocons, d\u2019abord Flynn en février, ensuite Ban- non deux jours avant l\u2019attaque contre la Syrie.Coïncidence ou pas, quelques jours après qu\u2019il eut évoqué une normalisation avec la Syrie, des images d\u2019horreurs « chimiques » sont diffusées et le font virer capot.En bombardant la Syrie, Trump fait volte-face et adopte la politique de ses adversaires pour alléger la pression qu\u2019ils exercent sur lui.Est-il devenu l\u2019exécutant apprivoisé de l\u2019« État profond » ou est-ce une simple gesticulation d\u2019un désespéré ?En Syrie, si l\u2019impact militaire est nul, le revirement de Trump aura des conséquences.Les djihadistes sont confortés.Ils obtiennent l\u2019intervention directe et revendiquée des États- Unis.On peut prévoir une répétition des scénarios chimiques à l\u2019avenir, l\u2019opération étant payante, comme le versement de rançons à des ravisseurs.La guerre dont la fin se profilait à l\u2019ouest se prolongera, tandis que les pourparlers à Genève sont désormais sur respirateur artificiel.Guerre à plusieurs acteurs à l\u2019est Les objectifs de la guerre déclenchée contre la Syrie en 2011 sont le démantèlement de l\u2019État et le partage du pays.Le premier s\u2019avère irréalisable.L\u2019autorité de l\u2019État syrien est en voie d\u2019être complètement rétablie à l\u2019ouest.Mais le second n\u2019est pas abandonné.Il concerne le centre et l\u2019est où Daech s\u2019est installé en 2014, faisant réagir les Kurdes, lesquels inquiètent la Turquie, base arrière de Daech.L\u2019élimination de « l\u2019État islamique » est à l\u2019ordre du jour depuis 2016.La Syrie revendique tout son territoire et, suite à la stabilisation de l\u2019ouest, engagera ses forces à l\u2019est.Entre-temps d\u2019autres s\u2019activent : Kurdes aux ambitions autonomistes, Turquie aux vues expansionnistes, États-Unis voulant intervenir selon les circonstances et cherchant une présence militaire permanente, Russie secondant la Syrie, sans oublier Daech qui compte bien perdurer.Ostensiblement, tous sont contre Daech, mais ils s\u2019opposent aussi les uns aux autres, ce qui permet à Daech d\u2019espérer tirer son épingle du jeu.Chacun veut être celui qui prendra Raqqa, « capitale du califat », et damera le pion aux autres.Il en résulte un chassé-croisé étourdissant de collaborations éphémères, suivies de combinaisons tout aussi provisoires, un théâtre d\u2019ombres obscurci par les rapports fluctuants entre la Turquie, la Russie et les États-Unis hors de la Syrie.En aucun cas la Turquie n\u2019admettrait une région autonome kurde à ses frontières.Mais la Syrie, appuyée par la Russie n\u2019acceptera jamais que la Turquie lui ampute une « zone sécurisée ».Les États-Unis épaulent les Kurdes contre Daech, mais souscrire à l\u2019autonomie kurde leur aliénerait leur allié turc.Comment finasser ?Le mois dernier les États-Unis ont opté pour les Kurdes, mais quand les lâcheront- ils ?Ne seront-ils, en fin de compte, que de la chair à canon?Les États-Unis entraveront la récupération par la Syrie de ses provinces orientales, mais pour superviser leur remise à qui ?L\u2019enjeu est l\u2019intégrité territoriale de la Syrie ou son dépeçage.Les États-Unis ont introduit illégalement en Syrie quelques centaines de leurs militaires (forces spéciales, marines).L\u2019aide aux milices kurdes n\u2019est que la par tie annoncée de leur mission.Les États-Unis ont aussi appuyé la Turquie, ennemie des Kurdes, avant de se brouiller avec elle.De son côté, la Russie noue des accords ponctuels avec les Kurdes, lesquels se sont entendus avec l\u2019État syrien.L\u2019enchevêtrement des ficelles se compliquera tant que l\u2019armée syrienne ne sera pas en mesure de jeter des forces adéquates dans la bataille à l\u2019est.Les missiles de croisière de Trump revigorent les djihadistes à l\u2019ouest, retardant le règlement à l\u2019est.La lutte pour le pouvoir aux États-Unis se répercute en Syrie.On attend une politique américaine.Lequel du néoconser vatisme ou du trumpisme aura le dessus ne concerne pas que la Washington Beltway.Guerre en Syrie et lutte pour le pouvoir aux États-Unis J E A N - F R A N Ç O I S C O U T U R E epuis déjà quelque temps, la question de la sécurité des piétons est à l\u2019ordre du jour.Le récent bilan sur la sécurité routière vient ajouter des statistiques négatives, par ticulièrement sur le sor t des piétons.Bien entendu, on ne peut que déplorer sincèrement la hausse des accidents mor tels impliquant des piétons.Malheureusement, les remèdes envisagés vont probablement consister à utiliser les mêmes méthodes qui n\u2019ont pas vraiment réussi jusqu\u2019à présent.On peut donc s\u2019attendre à une hausse des « opérations tickets », à l\u2019installation de caméras rentables financièrement, mais dont l\u2019usage n\u2019entra ine pas l \u2019octro i de points d\u2019inaptitude ainsi qu\u2019à une augmentation du nombre des « publicités-chocs » consacrées à la sécurité des piétons.Si le MTQ, la SAAQ, le « législateur » ainsi que tout ce qui grouille, grenouille et scribouille autour du sujet prenaient vraiment la question au sérieux, on commencerait par se donner une politique claire et l\u2019inscrire dans le Code de la sécurité routière, particulièrement pour enfin se doter en priorité d\u2019une signalisation de qualité dissipant toute ambi- güité.Pour cela, nul besoin de chercher midi à quatorze heures, juste regarder ce qui se fait dans le reste de l\u2019Amérique du Nord.Rien que pour les passages piétonniers, ce qui inclut les passages pour écoliers, notre signal isat ion et notre marquage au sol sont une sinistre farce.Les panneaux « prévenant » de la présence de ces passages sont, à l\u2019exception des panneaux de numérotation des routes, les plus petits et les moins visibles de tout notre attirail.Avec leurs dimensions de 60 x 75 cm soit 4500 cm2 et leur discrète couleur grisâtre qui ne s\u2019anime que la nuit lorsqu\u2019elle est frappée par les phares, ces petits panneaux sont tellement « discrets » qu\u2019ils passent pratiquement inaperçus au milieu de la pléthore des géants qui les entourent.Ils sont loin des énormes panneaux jaune phosphores- cen t en losange qu i f on t presque le double en surface, soit 8100 cm2 (90 x 90 cm.) Et à quoi servent donc ces grands panneaux?À nous prévenir de la proximité, oui, oui, d\u2019une traverse de chevreuils, et aussi de motoneiges, de tracteurs de ferme, d\u2019une sortie de camions, d\u2019une diminution à venir de la vitesse autorisée et j\u2019en passe.Et les panneaux informant les camions de leur route obligatoire de « transit » sont plus imposants encore avec leurs 10 800 cm2 (120 X 90 cm) mais pour informer ces mêmes camionneurs d\u2019une traverse de piétons ou d\u2019écoliers, on se satisfait de presque trois fois plus petit et en nombre restreint, en plus.Quant au marquage au sol, rares sont les passages où ledit marquage est bien visible.Et il n\u2019y a pas que les panneaux qui posent problème.À peu près par tout ailleurs en Amérique du Nord, on peut voir des équipements placés au-dessus des voies indiquant et imposant de respecter un passage piétonnier situé ailleurs qu\u2019à une intersection dotée de feux de circulation.Ces équipements sont en général éclairés et la plupart du temps dotés de boutons que les piétons peuvent utiliser pour activer le signal d\u2019arrêt obligatoire qui donne priorité aux piétons.Malheureusement, le Québec n\u2019a pas cru opportun de se doter de semblables outils.Pourtant, rien de mieux que la visibilité pour à la fois imposer le respect et justifier la répression en cas de délinquance.Il est en ef fet impossible de contester en affirmant que l\u2019on n\u2019a pas vu le passage piétonnier qui est alors souvent encore plus visible que les simples feux de circulation.Alors, quand nos grands décideurs auront pris les mesures idoines au lieu de faire des discours lénifiants ou accusateurs et de chercher des moyens de piger dans les goussets des citoyens, je prendrai au sérieux leurs rodomontades sur la sécurité routière en général et piétonnière en particulier.Sécurité des piétons : le temps de s\u2019afficher clairement JIM WATSON AGENCE FRANCE-PRESSE Le président Donald Trump à la suite de son discours sur la nécessité d\u2019une intervention militaire en Syrie le 6 avril, à Mar-a-Lago En Syrie, si l\u2019impact militaire est nul, le revirement de Trump aura des conséquences D PEDRO RUIZ LE DEVOIR On ne peut que déplorer sincèrement la hausse des accidents mortels impliquant des piétons.Malheureusement, les remèdes envisagés vont probablement consister à utiliser les mêmes méthodes qui n\u2019ont pas vraiment réussi jusqu\u2019à présent, estime l\u2019auteur.L Si le MTQ, la SAAQ et le \u201clégislateur\u201d prenaient vraiment la question au sérieux, on commencerait par se donner une politique claire et l\u2019inscrire dans le Code de la sécurité routière « » L E D E V O I R , L E L U N D I 1 0 A V R I L 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S dans les différents syndicats concernés confirment également ces grandes tendances.Ces résultats sont partiels, car le résultat du vote de quelque 30 000 travailleurs de la santé des CIUSSS du Nord et de l\u2019Est de l\u2019île de Montréal sont attendus au courant de la semaine.M.Rober t, qui est lui-même conseiller syndical à l\u2019APTS, a compilé ces résultats dans ses temps libres de manière bénévole grâce à ses nombreux contacts dans les dif férents syndicats.Ses mises à jour quasi quotidiennes sur Facebook étaient d\u2019ailleurs fort attendues des militants de toutes affiliations.La CSN n\u2019a pas souhaité commenter ces chiffres tant et aussi longtemps que l\u2019ensemble des votes n\u2019aura pas été dépouillé, le processus se terminant le 13 avril.« On veut prendre la mesure des résultats », a précisé le directeur des communications à la CSN, Louis-Serge Houle.Des militants de la CSN, en coulisse, semblent s\u2019accrocher à l\u2019espoir d\u2019enregistrer des gains importants dans les deux ultimes dépouillements de votes à Montréal.Les temps changent Régine Laurent, la présidente de la FIQ, croit que son « syndicalisme de proposition» a séduit.La FIQ a notamment appuyé financièrement et logistiquement la clinique infirmière SABSA, à Québec.« Nous avons été précurseurs dans ce type de syndicalisme, et l\u2019APTS nous a rejoints là-dedans», affirme Mme Laurent.Son de cloche semblable à l\u2019APTS, où la présidente, Carolle Dubé, constate que les syndiqués exigent désormais une certaine prudence de leurs représentants en ce qui concerne les grands enjeux sociaux.«Par exemple, explique- t-elle, nous avons appuyé la grève étudiante en 2012, et nos membres n\u2019en étaient pas satisfaits.Certains étaient d\u2019accord, mais plusieurs se demandaient pourquoi on s\u2019en mêlait.Pareillement, nos membres ne veulent pas qu\u2019on se positionne politiquement pour un parti ou pour un autre en temps d\u2019élections.» «Les gens veulent aussi qu\u2019on se positionne sur des enjeux sociaux, mais surtout dans le domaine de la santé», constate-t-elle.Laurence-Léa Fontaine, professeure à la faculté de droit de l\u2019UQAM et observatrice du monde du travail, estime qu\u2019une des raisons qui expliquent les avancées de la FIQ et de l\u2019APTS est le désir des travailleurs de se regrouper par titres d\u2019emploi, une «question d\u2019identité».Le Conseil provincial des affaires sociales, associé au Syndicat canadien de la fonction publique et à la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), était donné «pour mort» avant le début des votes, dit son président, Pierre Soucy.Pourtant, les résultats préliminaires montrent qu\u2019il aura plutôt fait des gains de quelques milliers de membres.Encore une fois, on a misé sur le sentiment d\u2019appartenance des travailleurs.«On a fait le tour du Québec pour valoriser ceux qu\u2019on appelle les périsoignants, c\u2019est-à-dire les préposés, les travailleurs des cuisines, de l\u2019entretien, les agents administratifs», explique-t-il.«Les jeunes veulent avoir des services pour leur argent», selon Alain Dubois.Agent de relations humaines dans le réseau, ce dernier a été représentant syndical dans le passé.Il a observé avec intérêt la période de maraudage.Au-delà d\u2019un certain rejet de l\u2019establishment, il n\u2019hésite pas à affirmer que des questions très terre à terre, comme le taux de cotisation et la qualité des assurances offertes ont pu aussi jouer un rôle.Les syndicats n\u2019ont pas hésité à jouer cette carte pour séduire.Gains\u2026 patronaux?Cette grande campagne fera un grand gagnant, glissent certains observateurs : le gouvernement.« Les forces syndicales ont dû investir énormément de temps et d\u2019argent pour se conformer aux nouvelles dispositions législatives », constate Mme Fontaine.C\u2019est la classique stratégie de « diviser pour mieux régner » , pense-t-elle.«En conséquence, les syndicats se sont un peu détournés des véritables enjeux contemporains auxquels ils sont pourtant très attachés », poursuit-elle.Tout comme le réseau en général, ces méga- fusions changeront la vie syndicale, qui devra s\u2019organiser avec des milliers de membres par accréditation, sur des territoires couvrant parfois des centaines de kilomètres.« Ce n\u2019est cer tainement pas la meilleure chose qui soit arrivée au monde syndical, constate Carolle Dubé.Pendant qu\u2019on est occupés, le gouvernement peut continuer à faire ses coupures et à privatiser nos services.Oui, tout cela va rendre plus dif ficile notre vie syndicale, ça va être très compliqué, juste de faire une assemblée générale.» Le Devoir situation où l\u2019animal ne peut rester dans sa position préférée ou ne peut adapter sa position pour se protéger de blessures.L\u2019ACIA le reconnaît elle-même.« Environ 98 % de tous les envois sont déjà en conformité avec les modifications proposées.» C\u2019est ce qui fait dire aux groupes de défense des animaux que la modification est trop timide.« Ils viennent confirmer ce qu\u2019on dit.En d\u2019autres mots, ça ne changera pas grand-chose », lance au téléphone Anna Pippus, la directrice du groupe Défense d\u2019animaux d\u2019élevage.Au contraire, rétorque l\u2019ACIA.On estime à 700 millions le nombre d\u2019animaux transportés chaque année au Canada.Ces 2 % de non- conformité « signifient qu\u2019environ 14 millions d\u2019animaux par année sont susceptibles de souffrir durant le transpor t, dont 1,59 million d\u2019animaux par année déclarés morts à l\u2019arrivée», est- il écrit dans son projet de règlement.Le changement aura donc un impact à son avis.L\u2019industrie inquiète En comité parlementaire cette semaine, les représentants de l\u2019industrie du porc, du bœuf et du poulet sont venus se plaindre que le projet de règlement n\u2019était pas ancré dans la science.«Il y a très peu de preuves scientifiques soutenant l\u2019af firmation de l\u2019ACIA que le changement améliorera le bien-être des animaux et réduira le risque de souf frances durant le transpor t », a plaidé Frank Novak, le vice-président du Conseil canadien du porc.Un directeur de la Canadian Cattlemen\u2019s Association, Matt Bowman, a tenu le même discours.Il a soutenu que 99,95% des animaux effectuant des trajets de plus de quatre heures arrivaient à destination «sans incident» et que les changements proposés risquaient non pas d\u2019augmenter, mais de réduire ce taux.L\u2019industrie fait valoir en effet que la portion la plus stressante d\u2019un transport est l\u2019embarquement et le débarquement.C\u2019est aussi à ce moment que les blessures sont plus susceptibles de survenir et que les maladies se transmettent.Il est donc plus logique, lors d\u2019un long voyage, de poursuivre sa route s\u2019il ne reste que quelques heures à faire que de s\u2019arrêter et de faire descendre les bêtes dans une aire de repos.L\u2019Association canadienne des médecins vétérinaires, qui regroupe quelque 5500 vétérinaires au pays, estime que les producteurs minimisent les connaissances scientifiques sur le sujet.« Dans certains cas, la recherche scientifique peut fournir des preuves indiquant une détérioration du bien-être de l\u2019animal après une durée spécifique de transport.Toutefois, dans la plupart des cas, la réponse n\u2019est pas linéaire et il n\u2019y a pas un point de bascule précis », a plaidé Michael Cockram, responsable du comité sur le bien-être des animaux à l\u2019Association.Aussi, en l\u2019absence d\u2019un tel point précis, il faut réduire la durée des transpor ts.« Nous sommes d\u2019avis que les intervalles maximaux proposés pour les animaux sont encore trop longs et devraient être revus à la baisse pour réduire les risques de souffrance», a indiqué M.Cockram.Anna Pippus indique en outre que le taux de « réussite » de l\u2019industrie ne dit pas tout.« Ce n\u2019est pas parce qu\u2019un animal n\u2019est pas tombé raide mort pendant le voyage que ce voyage s\u2019est bien passé.» Elle propose comme solution de rechange que l\u2019industrie délaisse pour les longs trajets les camions métalliques ajourés qui exposent les animaux aux intempéries et utilise des camions isolés munis de dispositifs d\u2019abreuvage.Ces camions existent et sont utilisés pour les chargements plus fragiles (comme des poussins fraîchement éclos).En Europe, l\u2019utilisation de tels camions est obligatoire pour les voyages de plus de huit heures.Quand on se compare\u2026 on se désole?Les autres pays sont souvent appelés en comparaison.En Europe, par exemple, le temps maximal de transport des ruminants est de seulement huit heures, de douze pour le poulet et le porc.Mais voilà ! L\u2019industrie juge ces chiffres trompeurs, car les intervalles ne sont pas calculés de la même manière.En Europe, le chronomètre est lancé lorsque le dernier animal est chargé sur le camion et s\u2019arrête lorsque le premier débarque.Au Canada, le chronomètre démarre dès que la nourriture est retirée à l\u2019animal en prévision de son déplacement, généralement 12 heures avant son départ.«La plupart des gens pensent que l\u2019Europe est meilleure, mais je ne suis pas certain que c\u2019est le cas», a soutenu Mike Dungate, le directeur exécutif des Producteurs de poulet du Canada.Il calcule que le chargement prend quatre heures et le déchargement, trois.« Donc la norme est 19 heures.Et on leur retire la moulée 12 heures avant le transpor t.Alors, c\u2019est à peu près 31 heures.Donc nous sommes à l\u2019aise avec où nous sommes [36] en comparaison avec l\u2019Europe.» L\u2019 industr ie fait aussi valoir que les distances à parcourir au Canada sont beaucoup plus grandes qu\u2019en Europe, notamment parce que le nombre d\u2019abattoirs au pays a diminué considérablement (de 400 à 30 pour le bœuf entre 1976 et 2015, note l\u2019ACIA).Les défenseurs n\u2019ont cure de cet argument.« Les animaux ont la même capacité de souf frir, qu\u2019ils se trouvent en Allemagne ou au Canada », lance Krista Hiddema, la vice-présidente de Mercy for Animals.Au bout du compte, le débat porte aussi sur l\u2019aspect financier.Comme l\u2019a résumé brutalement le député libéral Francis Drouin en comité parlementaire : «Mon travail consiste à trouver le juste équilibre entre le besoin d\u2019une réglementation et l\u2019obligation de s\u2019assurer qu\u2019on n\u2019augmente pas le prix de la nourriture, sinon, les militants anti-pauvreté viendront ici se plaindre.» Anna Pippus, elle, croit justement que l\u2019équilibre n\u2019est pas le bon.«À partir de quand les soirées \u201cailes de poulet à 5 cents\u201d deviennent trop peu onéreuses?Cela est rendu possible parce que les animaux sont traités brutalement.» Le Devoir s\u2019est arrêté quelques jours à Montréal pour parler du sujet qui est sa nouvelle religion depuis quatre ans maintenant : le destin singulier de Jorge Mario Bergoglio, transformé par un conclave en pape François et qui aujourd\u2019hui, affirme Arnaud Bédat, serait en danger, au sein même de sa communauté.Les réformes humanistes et sociales qu\u2019il tente de porter en sont la cause.Le propos est étayé dans un livre, François seul contre tous (Flammarion), qui vient de sortir chez nous.« Il y a quelque chose de fascinant dans cet homme, figure de la sagesse qui a dépassé la catholicité», dit le journaliste agnostique et quinquagénaire, qui avoue avoir cessé de croire à toutes ces bondieuseries à la mort de son père, dans les années 70, quand il avait 13 ans.« François est devenu un leader moral, comme Nelson Mandela, Mahatma Gandhi ou Martin Luther King.Son histoire actuelle, c\u2019est celle de l\u2019humanité qui est en train de se raconter, avec ses tensions, ses contradictions, ses hypocrisies, ses guerres larvées, et c\u2019est pour cela qu\u2019il faut, que l\u2019on soit croyant ou pas, s\u2019y intéresser.» Une bonne personne Arnaud Bédat, lui, s\u2019y est intéressé par accident, avoue-t-il, après avoir couvert le conclave en 2013, puis avoir été envoyé d\u2019urgence par sa rédaction à Buenos Aires, en Argentine, pour dresser le portrait de ce pape des pauvres, alors que la fumée blanche dans le ciel du Vatican ne s\u2019était pas encore dissipée.«J\u2019y ai découvert un homme profondément bon, une bonne personne, comme vous dites au Québec.J\u2019y ai tissé des liens de proximité avec sa sœur Maria Elena», dit-il en proposant de nous montrer une photo d\u2019elle qu\u2019il a en permanence dans son téléphone.«François, en bon jésuite qu\u2019il est, cultivé et à l\u2019intelligence fine, s\u2019est rendu compte depuis longtemps que le conservatisme ne peut pas être l\u2019avenir du monde.C\u2019est ce qu\u2019il a toujours combattu dans sa vie de prêtre, puis de cardinal.C\u2019est ce qu\u2019il continue d\u2019affronter au sein même de l\u2019Église, et c\u2019est ce qui menace désormais son pontificat», de manière de moins en moins subtile d\u2019ailleurs.Pour preuve, en février dernier, des affiches antipape François ont été posées sur les murs du Vatican.«Tu as placé sous tutelle des congrégations, évincé des prêtres, décapité l\u2019Ordre de Malte et les Franciscains de l\u2019immaculée, ignoré les cardinaux\u2026 Mais où est ta miséricorde ?», pouvait-on y lire, écrit en dialecte romain sous une photo du souverain pontife, l\u2019air pensif lui donnant surtout des allures de grincheux.«J\u2019ai appris que, depuis juillet dernier, 12 attentats ont été déjoués contre François», laisse tomber Arnaud Bédat, qui a suivi le pape dans de nombreux déplacements officiels, y compris, privilège rare, à bord de l\u2019avion papal, que l\u2019on surnomme parfois «Air Pope One».«C\u2019est énorme et c\u2019est bien plus que pour ses prédécesseurs.Les tensions internes?Les guerres secrètes?Les jeux de coulisses?On est un cran plus loin avec des affiches qui se présentent comme une déclaration de guerre, l\u2019ouverture d\u2019un front sur la place publique.» Des partis pris qui dérangent Dans son livre, Arnaud Bédat détaille les racines de cette colère nourrie, en partie par le cardinal américain Burke \u2014 un ultra-conserva- teur \u2014 et ses fidèles face à un pape qui expose quotidiennement son parti pris pour les pauvres, qui fait preuve d\u2019ouverture face à l\u2019homosexualité, aux divorcés remariés, qui dénonce le mal induit par les mafias, par les corruptions, par la finance internationale\u2026 mettant ainsi en relief les nombreuses contradictions de l\u2019Église, dont les discours bienveillants et la compassion exposée comme ciment de ce culte résistent difficilement au luxe ostentatoire qu\u2019elle expose au Vatican.«François roule en Fiat, il a refusé les appartements of ficiels pour une villa modeste, dit Arnaud Bédat.Il ne fait pas la morale, il montre l\u2019exemple.Il ne porte pas de croix en or, refuse qu\u2019on le déifie.Autour, des cardinaux vivent avec des privilèges depuis des années, et subir tout ça, ça les gonfle», dit-il avec cet accent du Jura suisse teinté par une charmante bonhomie.«François, c\u2019est le chef, et tu es un peu obligé de le suivre.» Le pape est un révolutionnaire, dit Arnaud Bédat qui reconnaît, entre deux cuillérées de yogourt, être devenu un « meilleur humain » à son contact et au contact des idées qu\u2019il fait désormais progresser.« Pour lui, un chrétien qui n\u2019est pas révolutionnaire, ce n\u2019est pas un bon chrétien.Il croit que tout se résout dans le dialogue et qu\u2019il faut se remettre constamment en question, soi, tout comme ses préjugés.» Le projet n\u2019a rien de très ambitieux.Il fait toutefois perdre des repères chez des croyants qui remplissent les églises pour baliser leur angoisse existentielle.Il irrite surtout la frange conservatrice de l\u2019Église par ses tonalités autant que pour ses conséquences possibles sur le 266e successeur de saint Pierre qui, en affirmant ainsi une grandeur morale \u2014 y compris auprès de gens d\u2019ordinaire désintéressés par la religion \u2014 pourrait finir par ne plus vraiment «représenter la marque».«À la base, le discours religieux me fait plutôt marrer, dit le journaliste.Mais le discours de François est dif férent.Il est un très bon ciment pour unir les hommes» au-delà des clivages religieux, culturels, sociaux\u2026 Et c\u2019est sans doute ce qui pourrait bien le sauver, lui qui un jour a dit, pour ne pas répondre à ses détracteurs : «Que l\u2019on m\u2019assassine est la meilleure chose qui puisse m\u2019arriver.» «On dit qu\u2019à la Curie 10% des gens le soutiennent, 20% sont contre lui et que les 70% restants attendent le prochain pape, résume Arnaud Bédat.Mais face aux menaces, la majorité des croyants et des non-croyants à qui il sait parler et qui le comprennent, c\u2019est son meilleur gilet pare-balles.» Le Devoir FRANÇOIS SEUL CONTRE TOUS, ENQUÊTE SUR UN PAPE EN DANGER Arnaud Bédat Flammarion/Enquête Paris, 2017, 320 pages SUITE DE LA PAGE 1 SANTÉ JACQUES NADEAU LE DEVOIR On estime à 700 millions le nombre d\u2019animaux transportés chaque année au Canada.François a refusé les appartements officiels [.].Il ne fait pas la morale, il montre l\u2019exemple.Il ne porte pas de croix en or, refuse qu\u2019on le déifie.Arnaud Bédat, reporter et auteur « » SUITE DE LA PAGE 1 PAPE SUITE DE LA PAGE 1 TRANSPORT "]
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