Le devoir, 6 avril 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I I N o 7 5 L E D E V O I R , L E J E U D I 6 A V R I L 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Le Gala Québec cinéma.Xavier Dolan et Kim Nguyen dominent la course aux Iris avec 12 mises en nomination chacun.Page B 8 Avis légaux.B 4 Décès.B 6 Météo.A 5 Mots croisés.A 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U J E A N N E C O R R I V E A U L e Vieux-Port de Montréal accueillera en août prochain un rodéo dans le cadre des festivités du 375e anniversaire de la métropole.Depuis l\u2019annonce de la tenue de l\u2019événement, les critiques fusent : ce «sport sanguinaire» qui exploite les réactions des animaux à la douleur et à la peur n\u2019a pas sa place à Montréal, soutiennent les opposants.Pourtant, les cow-boys et les rodéos font partie de l\u2019histoire de Montréal.Depuis des mois, le maire Denis Coderre est fréquemment interpellé par des citoyens au sujet du rodéo qui se tiendra dans la métropole du 24 au 27 août 2017.Organisé par le Festival western de Saint-Tite, le rodéo NomadFest présentera des cavaliers enfourchant des chevaux et des taureaux indociles, des courses entre barils et des démonstrations d\u2019habileté.La programmation sera d\u2019ailleurs dévoilée ce jeudi matin.Les opposants n\u2019en démordent pas : certaines épreuves du rodéo exploitent la souffrance des animaux à des fins de divertissement et peuvent causer des blessures graves aux bêtes.L\u2019administration Coderre demeure inébranlable : « Il y a toujours deux côtés à une médaille et nous, les élus, on doit trancher.Alors, on a tranché pour avoir le rodéo», a expliqué le mois dernier Anie Samson, vice-présidente du comité exécutif, en insistant sur l\u2019ambiance familiale qui marquera l\u2019événement.« Il y a des citoyens qui n\u2019aiment pas ce type d\u2019activité.Qu\u2019ils ne viennent pas.Il y en a d\u2019autres qui vont aimer.» La chef de l\u2019opposition, Valérie Plante, n\u2019appuie pas le projet : « Les rodéos n\u2019ont jamais fait par tie de l\u2019histoire de Montréal, donc, ça n\u2019a absolument pas sa place dans les célébrations du 375e.» Des cow-boys d\u2019ici Montréal entretient pourtant un rapport de longue date avec l\u2019univers du western en général et des rodéos en particulier.Il n\u2019en est d\u2019ailleurs pas le témoin passif, mais souvent un contri- buteur négligé dans cette histoire en jachère qui attend encore d\u2019être écrite.Le Québécois Ernest Dufault, qui se fera connaître comme écrivain sous le nom de Will James aux États-Unis, est un de ceux qui participent le plus à l\u2019édification théâtralisée Syrie Bras de fer à l\u2019ONU après l\u2019attaque au gaz Page B 5 Contrer l\u2019évasion fiscale en 38 mesures Page A 3 400 millions pour défaire le pont Champlain Page A 5 A L E X A N D R E S H I E L D S S\u2019 il veut mettre fin au contrat qui l\u2019oblige à investir dans le projet d\u2019exploration pétrolière sur l\u2019île d\u2019Anticosti, le gouvernement du Québec devra mettre beaucoup d\u2019argent sur la table.Selon les informations obtenues par Le Devoir, les entreprises Pétrolia et Corridor Resources comptent lui réclamer pas moins de 200 millions de dollars pour renoncer au potentiel hypothétique du sous-sol de l\u2019île.Le ministre des Finances, Carlos Leitão, a confirmé mercredi que le gouvernement a mandaté deux avocats pour « négocier » la fin du contrat signé en 2014 par le gouvernement péquiste pour créer la Société en commandite Hydrocarbures Anticosti.Selon le ministre, cette décision aurait été prise dans la foulée de l\u2019appui accordé à la municipalité de L\u2019Île-d\u2019Anticosti, qui souhaite que la plus grande île de la province soit inscrite au patrimoine mondial de l\u2019UNESCO.Le gouvernement Couil- lard n\u2019a pas précisé quelle pourrait être la compensation financière versée à ses par tenaires privés dans le projet, soit Pétrolia et Corridor Resources.« On va en discuter et on verra », a simplement dit le ministre Lei- tão, ajoutant qu\u2019il souhaitait que le dossier soit réglé avant l\u2019été.Les coûts risquent toutefois d\u2019être élevés pour l\u2019État québécois.Selon les informations obtenues par Le Devoir, les deux entreprises comptent négocier en réclamant dès le départ un montant de 200 millions de dollars.« Il s\u2019agit de la base de la négociation», a résumé une source.Il faut savoir qu\u2019en vertu du contrat signé en 2014, les 38 permis d\u2019exploration détenus par les deux entreprises \u2014 acquis en 2009 pour 10 ¢ l\u2019hectare \u2014 ont été cédés à Hydrocarbures Anticosti.Leur valeur totale a alors été fixée à 200 millions de dollars.Pari risqué Pétrolia et Corridor Resources n\u2019ont pas eu à investir les millions de dollars nécessaires pour réaliser les travaux sur l\u2019île.C\u2019est en fait le gouvernement qui a pris le plus gros du risque financier.Québec a ainsi accepté d\u2019investir 56,7 millions de dollars dans le projet d\u2019exploration alors que la société française Maurel & Prom prévoyait injecter 43,3 millions.Cette dernière a cependant négocié une clause de retrait en cours de contrat, ce que le gouvernement n\u2019a pas.Les travaux totalisant 100 millions de dollars ne sont pas terminés, étant donné qu\u2019un peu plus de 25 millions ont été investis jusqu\u2019à pré- ANTICOSTI Pétrolia réclame 200 millions A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T U n an après le décès de son grand frère Louis d\u2019une surdose de fentanyl et d\u2019autres médicaments et drogues, Frédéric Anctil en veut encore au premier médecin qui lui a prescrit des opioïdes.« Je pense à mon frère tous les jours.Ça a été trop facile pour lui de se faire prescrire ces drogues-là.Il en est rapidement devenu dépendant, a raconté M.Anctil au Devoir.Pourquoi le système de santé ne fait rien?» Dans un rapport publié mercredi sur la mor t de Louis Anctil, qu\u2019il souhaite utiliser comme exemple, le coroner Paul G.Dionne se pose les mêmes questions.« Ce dossier montre les lacunes d\u2019un système de santé q u i , m a l g r é c e r t a i n s contrôles de base, ne parvient pas à endiguer les problèmes d\u2019abus de substances prescrites à des fins médicales », écrit-il.«Le cas de Louis Anctil n\u2019est pas unique, c\u2019est l\u2019histoire classique du patient à qui on prescrit des opioïdes pour des douleurs et qui devient dépendant, puis meurt d\u2019une surdose involontaire», a expliqué le Dr Dionne en entrevue.«Il faut que le gouvernement bouge!» exhorte-t-il.Il n\u2019a jamais réalisé son rêve de faire de la planche à neige dans l\u2019Ouest, raconte Jeannine CRISE DES OPIOÏDES Soulager la douleur jusqu\u2019à en mourir Louis Anctil est mort d\u2019une surdose ; un coroner presse Québec d\u2019agir pour prévenir d\u2019autres drames LES COW-BOYS AU 375E DE MONTRÉAL Le rodéo fait un retour dans la controverse Pétrolia et Corridor Resources n\u2019ont rien eu à débourser pour les travaux qui ont été menés sur l\u2019île Les rodéos et l\u2019univers western font partie de l\u2019histoire de la métropole FONDS CONRAD POIRIER, BANQ, P48S1P12747 Rodéo au stade Delorimier en 1946 VOIR PAGE A 8 : RODÉO VOIR PAGE A 8 : PÉTROLIA VOIR PAGE A 8 : OPIOÏDES Les ordres professionnels veulent des pouvoirs élargis pour débusquer les médecins trop généreux avec les prescriptions Vie moderne.Banque moderne.Avec l\u2019Appli Services bancaires mobiles CIBCMD, vous pouvez ouvrir un compte en quelques minutes, envoyer de l\u2019argent dans le monde entier et effectuer le suivi de vos comptes, à partir de votre téléphone.La conception graphique du cube CIBC et « Une expérience bancaire adaptée à votre vie.» sont des marques de commerce de la Banque CIBC.Toutes les autres marques de commerce sont la propriété de la Banque CIBC.Pour en savoir plus, visitez cibc.com. L E D E V O I R , L E J E U D I 6 A V R I L 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 I l est toujours étonnant de voir à quel point un homme aussi prompt à fustiger ses contradicteurs que l\u2019est Gaétan Barrette peut avoir l\u2019épiderme sensible.Le ministre de la Santé a été piqué au vif par un tweet de la députée fédérale de Brossard\u2013 Saint-Lambert, Alexandra Mendès, qui dénonçait la situation dans les urgences des huit hôpitaux de la Montérégie, dont le taux d\u2019occupation variait de 117 % à 232 %.Il n\u2019en fallait pas plus à M.Barrette pour crier au « Québec bashing », comme s\u2019il incarnait lui- même la nation.Il est vrai que le gouvernement Tr udeau a manqué une belle occasion de contribuer à améliorer les choses en limitant à 3 % la hausse du transfert canadien en santé (TCS) et que Mme Mendès et ses collègues du caucus libéral sont demeurés bien silencieux durant ce débat.Le bordel qui règne dans les urgences est cependant bien antérieur.On peut très bien comprendre la frustration de M.Barrette face à l\u2019intransigeance d\u2019Ottawa, mais la députée de Brossard\u2013Saint-Lam- bert n\u2019en a pas moins fait état légitimement d\u2019une situation dont ses commettants subissent les inconvénients et qui amène à se poser la question suivante : pourquoi est-ce pire au Québec, alors que le TCS est calculé de la même façon pour toutes les provinces ?Et si nos urgences sont moins bien gérées qu\u2019ailleurs, à qui la faute ?M.Barrette ne peut pas faire taire les membres de la Chambre des communes comme il a muselé les organismes québécois qui osaient critiquer sa gestion.Au reste, Mme Mendès a simplement ajouté sa voix à celles qui avaient réussi à se faire entendre avant de s\u2019éteindre.?En juin dernier, dans son dernier rapport avant que son poste soit aboli, le commissaire à la santé et au bien-être, Robert Salois, avait affirmé que le Québec avait la pire performance au Canada et même en Occident.S\u2019agissait-il aussi de « Québec bashing » ?En 2015-2016, 35 % des Québécois qui se rendaient à l\u2019urgence attendaient plus de cinq heures, alors que cette proportion était de 19 % en moyenne dans les autres provinces.En Allemagne et aux États- Unis, elle était de 5 %.En Suisse, de 2 %.Les choses ne semblent pas aller en s\u2019améliorant.En février dernier, les données obtenues en vertu de la Loi d\u2019accès à l\u2019information par le député caquiste de Lévis, François Paradis, indiquaient que le temps d\u2019attente avait encore allongé dans 48 hôpitaux sur 119 et était en moyenne de 15 heures dans l\u2019ensemble du Québec, avec une pointe de 24,3 heures à l\u2019Hôpital général du Lakeshore, à Pointe-Claire, dans l\u2019ouest de l\u2019île de Montréal.M.Barrette mise sur la création, d\u2019ici la fin de 2018, d\u2019une cinquantaine de supercliniques qui devront of frir un minimum de 20 000 consultations par année et être ouver tes 12 heures par jour, 7 jours sur 7.Est-ce vraiment la solution ?En juin 2016, l\u2019Association canadienne des urgentologues s\u2019est dite d\u2019avis que non.Selon elle, il vaudrait mieux procéder par voie réglementaire, comme en Grande-Bretagne, où on impose un temps d\u2019attente maximal de quatre heures à l\u2019urgence.Toujours aussi cassant, le ministre de la Santé a répliqué que les urgentologues voulaient simplement protéger leur rémunération.Fin de la discussion.?Quand il s\u2019est présenté sous les couleurs de la CAQ, à l\u2019été 2012, M.Barrette promettait lui- même de réduire à quatre heures le temps d\u2019attente moyen dans les urgences.«Ça se fait, ce n\u2019est pas une lubie, d\u2019autres pays l\u2019ont fait », avait-il déclaré.Mieux encore, un gouvernement caquiste réglerait le problème en un an.Une fois passé au PLQ, il s\u2019est fait nettement moins affirmatif.La plateforme libérale de 2014 ne fixait aucun objectif précis.Le mot « urgence » n\u2019y apparaissait même pas.Philippe Couillard se souvenait sans doute de la campagne de 2003, quand Jean Charest s\u2019était imprudemment engagé à mettre fin à l\u2019engorgement des urgences « dans les heures » suivant son élection.Une promesse qu\u2019on lui avait rappelée quatre ans plus tard, quand le taux d\u2019occupation des urgences des hôpitaux de Montréal atteignait 150 %.Quatre années durant lesquelles le ministre de la Santé était\u2026 Philippe Couillard.Depuis trois ans, le premier ministre a donné carte blanche à M.Barrette, qui s\u2019est arrogé plus de pouvoirs sur le réseau de la santé qu\u2019aucun de ses prédécesseurs n\u2019en a jamais eus.Il en a profité pour le chambarder de fond en comble.Déplorer l\u2019état dans lequel demeurent malgré tout les urgences n\u2019a rien à voir avec du « Québec bashing ».C\u2019est un simple constat d\u2019échec.mdavid@ledevoir.com Un simple constat d\u2019échec MICHEL DAVID M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L es membres de la Commission des finances publiques (CFP) veulent voir les Québécois fuir les paradis fiscaux où ils mettent à l\u2019abri du fisc des centaines de millions de dollars.Dans une rare démonstration d\u2019unité, les élus libéraux, péquistes, caquistes et solidaires ont pressé mercredi l\u2019équipe de Philippe Couil- lard de mettre en œuvre 38 mesures \u2014 qualifiées d\u2019«ambitieuses » par le collectif Échec aux paradis fiscaux \u2014 visant à démanteler des stratégies d\u2019évasion et d\u2019évitement fiscaux qui privent bon an mal an l\u2019État québécois de 0,8 à 2 milliards de dollars.Ils l\u2019invitent tout d\u2019abord à rayer de la liste des fournisseurs de produits et ser vices de l\u2019État les entreprises reconnues coupables d\u2019avoir fait de « l\u2019évitement fiscal abusif ou de l\u2019évasion fiscale ou d\u2019avoir eu recours aux paradis fiscaux » ainsi que celles jugées coupables d\u2019avoir « aidé » leurs clients à mettre en place des mécanismes d\u2019«évasion fiscale» ou d\u2019«évitement fiscal abusif ».«Le Québec doit poser des actions qui visent à couper, à terme, ses propres relations d\u2019affaires et celles de ses entreprises avec des entités qui font de l\u2019évasion fiscale ou de l\u2019évitement fiscal », peut-on lire dans leur Rapport sur le phénomène du recours aux paradis fiscaux, qui a été déposé à l\u2019Assemblée nationale mercredi.Le document d\u2019une soixantaine de pages est appuyé par toutes les formations politiques, y compris Québec solidaire.Il s\u2019agit d\u2019un tour de force puisque QS «est rarement satisfait du travail de ses collègues », a souligné Amir Khadir, avant d\u2019esquisser un large sourire.«Le problème [du recours aux paradis fiscaux] est aussi réel que menaçant.Ce n\u2019est pas pour rien que d\u2019aucuns le qualifient de cancer de l\u2019économie mondiale», a déclaré le président de la CFP, Raymond Bernier, au terme de travaux de plus de deux ans durant lesquels plusieurs scandales ont éclaté : les Panama Papers, les Bahamas Leaks, l\u2019affaire KPMG États-Unis, l\u2019affaire KPMG Canada\u2026 L\u2019élu libéral disait mercredi avoir bon espoir que ses confrères et consœurs au Conseil des ministres mettent en œuvre les 37 recommandations du Rapport d\u2019ici la fin de la législature.«C\u2019est pour ça qu\u2019on le dépose 18 mois avant les élections», a-t-il dit, insistant sur l\u2019attente du «public» de voir les élus de l\u2019Assemblée nationale «agi[r] dans ce domaine-là».S\u2019il souscrivait à l\u2019« ambitieux programme » élaboré par la CFP, le Québec pourrait alors se targuer d\u2019être « un chef de file en matière de lutte contre les paradis fiscaux», a fait valoir de son côté le coordonnateur du collectif Échec aux paradis fiscaux, Érik Bouchard-Boulianne.Caisse de dépôt et «Google tax» Dans leur Rapport, les membres de la CFP demandent également au gouvernement québécois d\u2019étudier sérieusement la possibilité de se soustraire à certaines conventions fiscales de non double imposition, comme celles conclues entre la Barbade et le Canada et le Luxembourg et le Canada «[La Barbade] compte 285 000 habitants [\u2026] puis le PIB y est de 6 milliards.Alors, expli- quez-moi qu\u2019est-ce que 80 milliards d\u2019investissements canadiens [font là à part être blanchis]», a lancé l\u2019élu caquiste André Spénard.Les élus suggèrent aussi au ministère des Finances de modifier la politique de placement de la Caisse de dépôt et placement du Québec afin de la contraindre à « réduire progressivement » ses investissements dans «les entreprises qui font de l\u2019évitement fiscal abusif ou de l\u2019évasion fiscale» ou encore à «exiger des entreprises dans lesquelles ses placements sont significatifs [\u2026] de cesser d\u2019avoir recours aux paradis fiscaux».Par ailleurs, la CFP invite le gouvernement libéral à réfléchir à l\u2019idée d\u2019emboîter le pas au Royaume-Uni, à l\u2019Australie et à la France, en établissant une taxe sur les profits détournés vers les « territoires à faible fiscalité ».Au moyen de cette mesure fiscale calquée sur la «Google tax », le Québec pourrait notamment «contrer » les «montages complexes qui permettent aux entreprises de réaliser des activités dans un pays sans y payer d\u2019impôt ».« Le fait d\u2019imposer par exemple une taxe sur les profits détournés, bien sûr, ça peut faire fuir certains contribuables \u2014 dont on ne souhaite peut-être pas la présence en passant \u2014 [mais] je pense que le Québec devrait devenir un exemple pour le reste du Canada et non pas craindre des effets comme celui-là», a affirmé le député péquiste Nicolas Marceau.Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, a accueilli favorablement le rappor t « transpartisan », se disant convaincu d\u2019y trouver des « pistes de solution intéressantes » pour endiguer le phénomène du recours aux paradis fiscaux.Le député de Mercier, Amir Khadir, promet de «maintenir la pression» sur le gouvernement libéral.Sinon, il n\u2019avait rien à redire \u2014 ou presque \u2014 mercredi sur le contenu du rapport.«On est allés beaucoup plus loin que ce à quoi je m\u2019étais attendu.[\u2026] Avec ce rapport-là, enfin, on vise là où le problème fait le plus mal à notre économie, c\u2019est-à-dire l\u2019ensemble des acteurs sociaux d\u2019importance qui peuvent avoir recours à des stratagèmes pour ne pas payer d\u2019impôt» et non seulement « la coif feuse de sous-sol, les chauffeurs de taxi [et] les petits commerces de pizza».Le Devoir ÉVASION FISCALE Combattre les fraudeurs en 38 mesures Carlos Leitão accueille favorablement le rapport de la commission quadripartite RODRIGO ARANGUA AGENCE FRANCE-PRESSE Les révélations faites lors de la publication desPanama papers ont forcé les États à ouvrir les yeux sur l\u2019évasion fiscale.Des idées pour lutter contre les paradis fiscaux Priver de contrats ou de subventions les entreprises «reconnues coupables d\u2019évitement fiscal abusif » Légiférer pour permettre l\u2019imposition des transactions en ligne sur la base des cartes de crédit utilisées pour payer les achats Adopter une loi visant à protéger et récompenser les lanceurs d\u2019alerte Mettre sur pied un centre du savoir-faire sur la lutte contre l\u2019évasion fiscale et l\u2019évitement fiscal abusif Octroyer des crédits d\u2019impôt pour la recherche et le développement strictement aux entreprises s\u2019engageant à rester au Québec Créer un registre central public des entreprises du Québec pour forcer les individus derrière les « sociétés-écrans anonymes» à sortir de l\u2019ombre P A T R I C E B E R G E R O N à Québec L e gouvernement Couillard a bloqué mercredi une nouvelle tentative de l\u2019opposition visant à inciter la direction de Bombardier à abandonner ses augmentations pour 2016.La motion de l\u2019opposition officielle en ce sens a été battue à 61 voix contre 43 lors d\u2019un vote en fin de journée.Les députés libéraux ont dû se lever tour à tour pour voter contre la motion, approuvant donc du même coup les hausses évaluées à 44 pour cent pour le président-directeur général, Alain Bellemare.Depuis près d\u2019une semaine, l\u2019opinion publique est scandalisée par les majorations de salaire des hauts dirigeants de Bombardier, une entreprise qui a été sauvée de la faillite par une injection massive de plus de 3 milliards de dollars de fonds publics.Selon le député péquiste de Sanguinet, Alain Therrien, qui a présenté la motion, le gouvernement aurait dû exiger des grands patrons de Bombardier qu\u2019ils renoncent à leur hausse de rémunération pour 2016, «mais pour ça, il faut s\u2019acheter une colonne vertébrale » que n\u2019a pas le gouvernement Couillard.Il a accusé le premier ministre de ne pas dire la vérité aux Québécois, parce que les hauts dirigeants toucheront de généreux bonis en 2016-2017, bien avant que l\u2019entreprise soit profitable.M.Bellemare, qui touchait près de 1,4 million $US en bonis en 2015, allait empocher 2,36 millions $US pour 2016, montant à payer l\u2019année suivante, soit 2017.Rappelons qu\u2019à la suite du tollé, Bombardier a repor té de 2019 à 2020 le versement de la deuxième moitié des 32 millions $US de hausses prévues au total pour ses hauts dirigeants, tandis que la première moitié, soit 16 millions, allait cependant être versée comme prévu.Pour sa part, la ministre de l\u2019Économie, Dominique Anglade, a justifié la position du gouvernement en affirmant que Bombardier avait posé un «geste clair » en reportant la hausse de la rémunération globale de 2019 à 2020.«La colère est encore là, mais il ne faut jamais perdre de vue l\u2019objectif : [\u2026] on veut créer des emplois, que l\u2019industrie de l\u2019aérospatiale prospère», a-t- elle affirmé en Chambre pendant le débat.Mardi, le gouvernement avait refusé de débattre de chacune des motions présentées par les trois partis d\u2019opposition, autant celle du Parti québécois (PQ) que celle de la Coalition avenir Québec (CAQ) et celle de Québec solidaire (QS).Mercredi, pendant la période de questions, l\u2019opposition a concentré ses tirs sur le président du conseil d\u2019administration de Bombardier, Pierre Beaudoin, à qui on reproche de gagner bien plus que ses homologues malgré les déboires de l\u2019entreprise.Le chef caquiste, François Legault, a notamment souligné que le président du C.A.d\u2019Airbus en Europe gagnait 240 000euros par an, celui de Boeing, 326 000$US, tandis que M.Beaudoin empoche 5 millions $CAN même après avoir renoncé à sa toute dernière hausse de salaire.La Presse canadienne Bombardier continue d\u2019alimenter les débats À qui la faute, si nos urgences sont moins bien gérées qu\u2019ailleurs? L E D E V O I R , L E J E U D I 6 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 > Forum stratégique Manufacturier innovant Le secteur manufacturier québécois en révolution ccmm.ca/manufacturiersinnovants 7 avril 2017 de 7 h 30 à 15 h P H I L I P P E P A P I N E A U L es métadonnées qui sont laissées derrière chaque communication téléphonique et chaque visite en ligne sont si révélatrices qu\u2019elles pourraient empêcher les journalistes de promettre la confidentialité à leurs sources, a dit le professeur en criminologie à l\u2019Université de Montréal Benoît Dupont devant la commission Chamberland.M.Dupont a donné l\u2019exemple d\u2019une polémique qui s\u2019est déroulée en Australie l\u2019année dernière, alors que l\u2019analyse de métadonnées avait permis au service policier de contourner la protection des sources.« La police australienne a dit : \u201cOn reconnaît que vous avez un code d\u2019éthique, mais ce n\u2019est plus très important, avec les métadonnées on peut très bien identifier vos sources.\u201d » Ce qui a fait croire au professeur Dupont, aussi de la Chaire de recherche du Canada en cybersécurité, que les médias australiens «ne se sentent plus la liberté d\u2019offrir la confidentialité totale » à leurs sources.Même si des techniques « de l\u2019époque du Watergate » peuvent être utilisées, « il y a toujours un premier contact, et il est extrêmement exposé à une analyse rétroactive, qui peut être faite de manière assez aisée.Est-il encore possible techniquement de garantir [la protection]?C\u2019est impossible à promettre».Les métadonnées sont des traces numériques laissées par les utilisateurs d\u2019appareils connectés.Ces informations, a expliqué M.Dupont, permettent aux communications d\u2019être plus « fluides », mais sont si nombreuses et précises qu\u2019elles peuvent être plus révélatrices que le contenu même des discussions.«On comprend très bien l\u2019intérêt des services de renseignements», a dit M.Dupont.Il existe même des technologies qui permettent d\u2019intercepter les métadonnées qui voyagent entre un appareil cellulaire et les antennes des entreprises de télécommunication, a mentionné le professeur Dupont, citant en exemple un re- por tage récent de Radio-Canada, qui avait détecté la présence de ce type d\u2019appareils près du Parlement du Canada et de l\u2019édifice Langevin, qui héberge le bureau du premier ministre.Selon Benoît Dupont, l\u2019utilisation des métadonnées comme méthode d\u2019enquête n\u2019est pas sans risque.Le professeur estime qu'« on instaure un régime de suspicion automatisé, qui est corrosif parce que secret ».Il note aussi que la fiabilité des données peut être remise en doute, et que leur quantité rend leur exploitation difficile.L\u2019enjeu des métadon- nées, selon lui, « mérite un débat public et éclairé ».Transparence La Commission d\u2019enquête sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques a aussi entendu Me Patricia Kosseim, avocate générale principale au Commissariat à la vie privée du Canada.Me Kosseim a invité les fournisseurs de service Internet à être « transparents » avec leurs clients, en dressant un rapport annuel livrant un portrait statistique des demandes reçues quant à l\u2019accès à ces données.La Commission a aussi fait savoir qu\u2019elle entendra vendredi une première requête concernant l\u2019audition d\u2019un témoignage à huis clos de la part du Service de police de la Ville de Montréal.Avec La Presse canadienne Le Devoir COMMISSION CHAMBERLAND Les métadonnées, ennemies de la confidentialité M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa U ne majorité de son caucus a beau sembler insatisfaite de son début de règne, Martine Ouellet ne s\u2019inquiète pas.Ce genre de bisbille n\u2019a rien d\u2019anormal au sein d\u2019un parti politique et les bloquistes sont unis pour la cause, assure-t-elle, sans toutefois laisser présager un ajustement de sa part.«Je sais que l\u2019ensemble des députés du Bloc québécois ont à cœur le parti du Bloc québécois et j\u2019ai confiance.Les discussions vont se poursuivre et on est dans ces discussions d\u2019ajustement normales actuellement», a commenté la nouvelle chef, à Québec.Q u e l q u e s bloquistes ont critiqué depuis deux semaines, en coulisses au Devoir, les nominations de Martine Ouellet au sein de son équipe parlementaire et une centralisation des ressources du parti aux mains de celle-ci.«C\u2019est un signe d\u2019ajustement de parcours, estime Martine Ouellet.J\u2019ai été six ans députée au Parti québécois et ça fait partie de la vie parlementaire.» Or, Martine Ouellet n\u2019a pas l\u2019intention de corriger ce qui irrite plusieurs de ses députés.Ceux-ci en ont contre son homme de confiance à Ottawa, le député Xavier Barsalou-Du- val, qu\u2019elle a nommé son chef parlementaire.Mme Ouellet ne prévoit pas le muter.À leur arrivée au Parlement mercredi, les bloquistes ont tenté de se montrer bons soldats, mais ils ont refusé d\u2019appuyer publiquement Xavier Bar- salou-Duval.«On chemine.Ça va bien.On travaille ensemble pour notre but commun, qui est de démontrer les obstacles du fédéral envers le Québec», a insisté Monique Pauzé.«Tout le monde est uni derrière la cause.La cause, c\u2019est l\u2019indépendance du Québec», a renchéri Simon Mar- cil.Sont-ils tous unis derrière M.Barsalou-Duval ?Ni l\u2019un ni l\u2019autre n\u2019a répondu.À la chef de décider Xavier Barsalou-Duval, de son côté, s\u2019en remet à sa chef.Les décisions internes sont les siennes, et ce sera à Martine Ouellet d\u2019ajuster le tir si elle le souhaite.Mais il ne prévoit pas céder lui-même les rênes.« Non, ce n\u2019est pas dans mes intentions, a-t-il répondu au Devoir.Et je ne vois pas pourquoi non plus.[\u2026] Je n\u2019ai jamais senti ce malaise-là.» Aucun de ses collègues ne lui aurait fait part de ses préoccupations, a-t-il argué.« J\u2019ai été nommé par Mar tine Ouellet chef parlementaire.C\u2019est son droit en tant que chef du Bloc québécois de désigner les officiers qu\u2019elle décide de nommer.» Or, certains bloquistes auraient soutenu la candidature de Mme Ouellet à la direction du Bloc en lui demandent en échange qu\u2019elle ne nomme pas Xavier Barsalou-Duval son chef parlementaire.Ces députés se seraient sentis trahis lorsque la nouvelle chef a fait le contraire, ont confié certains d\u2019entre eux au Devoir.Sept des dix députés refusent en outre de confier à M.Barsa- lou-Duval la mise en commun d\u2019une part de leurs fonds pour rémunérer les adjoints aux communications ou à la procédure parlementaire du caucus.La majorité des élus veut que ce budget relève de leur collègue Monique Pauzé.Martine Ouellet souhaite que M.Barsalou- Duval en soit responsable, selon nos informations.Mme Ouellet ne s\u2019est pas jointe par téléphone au caucus bloquiste mercredi matin, car elle participait au même moment à la période des questions à l\u2019Assemblée nationale.La prochaine rencontre du caucus est prévue lundi \u2014 jour des visites de la chef bloquiste à Ottawa.Avec Marco Bélair-Cirino Le Devoir BLOC QUÉBÉCOIS La grogne des députés n\u2019inquiète pas Martine Ouellet ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Les libéraux ont promis en campagne électorale de moderniser le fonctionnement du Parlement, mais l\u2019opposition craint de voir ses moyens d\u2019action limités par ces changements de procédure.H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa D ans ce qui se voulait un avant-goût de ce qu\u2019aurait l\u2019air une éventuelle réforme de la procédure parlementaire, le premier ministre Justin Trudeau a pris la liberté de répondre à la totalité des 42 questions posées par l\u2019opposition à la Chambre des communes mercredi.Peine perdue.Les libéraux n\u2019auront pas convaincu l\u2019opposition de leurs bonnes intentions, surtout maintenant qu\u2019ils reconnaissent ne pas s\u2019engager à n\u2019instaurer que les changements faisant consensus parce que cela équivaudrait à octroyer à leurs adversaires un «veto» sur leurs projets.Par tradition, le premier ministre répond tout au plus à une dizaine de questions par jour, soit seulement celles posées par les chefs de parti.Dans le cadre de la réforme parlementaire qu\u2019ils envisagent, les libéraux suggèrent d\u2019imiter la Grande-Bretagne et de réserver une période de questions par semaine au premier ministre.« Aujourd\u2019hui [mercredi], nous avons eu un exemple de ce qu\u2019est une période de questions du premier ministre.On a montré que ça peut se faire.Maintenant, nous voulons savoir ce que les députés en pensent.Nous voulons connaître leur opinion, car je veux les assurer que leur opinion compte », a fait valoir après l\u2019exercice la leader libérale en Chambre, Bardish Chagger.Guerre de procédures L\u2019opposition n\u2019a pas été impressionnée.« Je voudrais remercier le premier ministre de répondre à autant de questions aujourd\u2019hui », a lancé le néodémocrate David Christopherson.« J\u2019aimerais lui faire remarquer qu\u2019il a réussi à le faire sans changer une seule règle.Il n\u2019est donc pas nécessaire d\u2019imposer unilatéralement des changements.» Le Parlement est englué dans une guerre de procédures à cause de cette réforme envisagée.Le gouvernement propose, outre l\u2019instauration d\u2019une période de questions du premier ministre, l\u2019abolition des séances peu achalandées du vendredi et l\u2019implantation du vote électronique au Parlement.Surtout, il propose de modifier l\u2019allocation de temps de débat, ce qui aurait pour effet de limiter les moyens de l\u2019opposition de ralentir les travaux en cas de désaccord.C\u2019est ce dernier aspect qui déchaîne les passions.Tentative d\u2019apaisement Les libéraux maintiennent qu\u2019ils ne veulent que débattre de ces idées.L\u2019opposition fait valoir que, une fois que le comité aura commencé ses travaux, les libéraux, majoritaires, auront beau jeu de voter les changements de leur choix.L\u2019opposition trouve suspect le refus obstiné des libéraux de s\u2019engager à ne réformer que les aspects faisant consensus.La leader en Chambre leur a donné raison hier.« Pendant la campagne électorale, a déclaré Mme Chagger, nous nous sommes engagés à moderniser le fonctionnement du Parlement.[\u2026] Nous avons reçu un mandat.Je ne donnerai pas aux conservateurs un veto sur nos promesses électorales.» Dans une tentative d\u2019apaisement, l\u2019opposition a proposé hier au gouvernement d\u2019établir un comité réduit de quatre personnes pour débroussailler les idées de réforme et qui ne fonctionnerait que par consensus.Mme Chagger refuse de considérer cette proposition pour l\u2019instant.Le Devoir RÉFORME DE LA PROCÉDURE PARLEMENTAIRE Trudeau ne convainc pas l\u2019opposition de sa bonne foi N I C O L E T H O M P S O N à Hamilton L e Canadien accusé du piratage monstre des courriels de Yahoo ! a déclaré devant un tribunal ontarien, mercredi, qu\u2019il possède une entreprise dont le mandat est de protéger des sites Web contre des cyberattaques.Karim Baratov témoignait dans le cadre de son enquête sur remise en liberté à Hamilton.Il a notamment informé la cour qu\u2019il avait gagné environ 90 000 $ lors de la première année d\u2019existence de son entreprise, puis un peu moins dans les années subséquentes.Le jeune homme de 22 ans, originaire du Kazakhstan, a été arrêté le 14 mars dans la ville d\u2019Ancas- ter, en Ontario, en ver tu de la Loi sur l\u2019extradition.Les autorités américa ines ont déposé des a c c u s a t i o n s de piratage informatique et d\u2019espionnage économique contre lui et trois autres personnes.Elles avancent que deux des trois autres suspects sont des agents des services secrets russes.Au cours de l\u2019audience sur remise en l iber té, la procu- reure de la Couronne Heather Graham a révélé que la police avait découver t plus de 30 000 $ en argent comptant dans la maison du suspect.Ka- rim Baratov a expliqué à la cour qu\u2019il conser vait cet argent par souci d\u2019économie.Les trois autres suspects qui sont visés par les autorités américaines sont tous des ressor tissants russes habitant en Russie.Deux d\u2019entre eux sont soupçonnés d\u2019être des agents du renseignement russe qui auraient coordonné et dirigé l\u2019attaque, selon le département américain de la Justice.Selon le mandat d\u2019ar rêt lancé par les autorités américaines, le duo aurait demandé à Karim Baratov de pirater plus de 80 comptes de messagerie en échange de commissions.La Presse canadienne PIRATAGE DE YAHOO! Le Canadien accusé se défend de travailler pour la Russie Karim Baratov J\u2019ai été six ans députée au Parti québécois et ça fait partie de la vie parlementaire Martine Ouellet, chef du Bloc québécois « » Les métadonnées sont des traces numériques laissées par les utilisateurs d\u2019appareils connectés Martine Ouellet L E D E V O I R , L E J E U D I 6 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 JACQUES NADEAU LE DEVOIR La déconstruction du vieux pont Champlain devrait prendre environ trois ans et se terminer en 2022.A L E X A N D R E S H I E L D S L e gouvernement fédéral devrait mener les évaluations environnementales des projets « sous une seule autorité », conclut le comité d\u2019ex- per ts mandaté par Ottawa pour recommander des moyens d\u2019améliorer les processus actuels.Une telle idée pourrait signifier de retirer à l\u2019Of fice national de l\u2019énergie l\u2019examen de projets comme les pipelines.Le gouvernement de Justin Trudeau s\u2019est engagé à mettre en place un nouveau système d\u2019évaluations environnementales des projets «dans lequel les Canadiens auront confiance ».Les libéraux promettent ainsi un processus fondé sur la science, mais aussi sur une meilleure participation du public, le respect des droits des autochtones et of frant «une certitude» aux entreprises.Pour parvenir à un objectif aussi ambitieux, le comité mandaté par la ministre de l\u2019Environnement Catherine McKenna propose de mettre sur pied une procédure d\u2019« évaluation des impacts (EI) » qui examinerait « tous les impacts » .Cette EI devrait aussi être menée par « une seule autorité », insistent les auteurs du rappor t publié mercredi.Critiques à l\u2019ONE Les exper ts ne vont pas aussi loin que les groupes environnementaux, qui estiment qu\u2019il est nécessaire de retirer l\u2019évaluation environnementale de projets comme les pipelines du mandat de l\u2019Office national de l\u2019énergie (ONE).Le document fait cependant état d\u2019une « préoccupation souvent répétée » à l\u2019endroit de l\u2019ONE et de la Commission canadienne de sûreté nucléaire lors des consultations publiques (CCSN) : « L\u2019absence perçue d\u2019indépendance et de neutralité en raison de la relation étroite que l\u2019ONE et la CCSN entretiennent avec les industries qu\u2019ils réglementent.» Qui plus est, le rapport souligne la nécessité que le futur processus soit « transparent, inclusif, éclairé et significatif », mais aussi que « la prise de décision tienne compte des données scientifiques, des faits et des données probantes et que les résultats du processus protègent les générations futures».On propose en quelque sorte un processus qui se baserait sur les principes du développement durable, ce que fait précisément le Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement au Québec.Climat Les experts proposent par ailleurs d\u2019inclure, dans les examens environnementaux, une évaluation de la «contribution» d\u2019un projet aux changements climatiques.Un aspect que n\u2019aborde pas, par exemple, l\u2019ONE.Or, «en l\u2019absence de directives claires sur la façon d\u2019aborder les appor ts des projets aux changements climatiques, le Canada pourra dif ficilement atteindre ses cibles de réduction», prévient le rapport.Les conclusions des experts ont été bien reçues par les groupes environnementaux, qui réclament davantage de transparence dans les processus fédéraux, mais aussi une meilleure prise en compte des droits des Premières Nations et de la question climatique.Pour Greenpeace, le rap- por t démontre également que l\u2019évaluation du pipeline Énergie Est ne devrait pas être confiée à l\u2019ONE, un organisme qui fait par ailleurs lui aussi l\u2019objet d\u2019un processus devant mener à sa modernisation.Le Devoir ENVIRONNEMENT L\u2019ONE pourrait se voir retirer l\u2019examen des projets de pipeline S T É P H A N E B A I L L A R G E O N U ne fois le nouveau pont Champlain inauguré, vers la fin 2018, il faudra démolir l\u2019ancien, et cette deuxième phase du mégachantier mont- réalais pourrait à elle seule coû- ter 400 millions.La construction comme telle est évaluée à 4,24 milliards.La faisabilité de la décons- truction et les ressources nécessaires pour la mener à bien font l\u2019objet d\u2019une étude d\u2019avant- projet dévoilée en conférence de presse mercredi matin par Les Ponts Jacques-Cartier et Champlain incorporée (PJCCI).La société fédérale gère les ouvrages majeurs en cours de réalisation sur les deux structures et dans leurs alentours.Le maintien en vie utile du pont Champlain coûtera encore environ 124 millions cette année.Les interventions structurelles se poursuivent aussi sur le pont Jacques-Cartier.Elles débuteront ce printemps dans le secteur Longueuil et d\u2019autres phases de renforcement de la charpente se poursuivront jusqu\u2019en 2019.Dans un cas comme dans l\u2019autre, les travaux majeurs de 2017 auront peu d\u2019impacts sur la circulation, assurent les gestionnaires de la Société de la couronne.Les blitz de travaux nécessiteront tout de même une fermeture complète du pont Champlain en direction Rive-Sud les 20 et 21 mai, puis en direction Montréal les 27 et 28 mai.Le pont Jacques-Cartier sera complètement fermé les nuits du 7 et du 9 avril.« Le gros des blitz de fermeture est derrière nous, dit au Devoir François Demers, directeur principal du projet Champlain pour PJCCI.Mais le pont Champlain est une structure en fin de vie utile.Nous l\u2019inspectons régulièrement.Il peut survenir des surprises nécessitant des interventions urgentes.» La faiblesse des entraves sur le réseau routier s\u2019explique en bonne partie par le choix d\u2019inter venir sur les structures à partir du fleuve et des berges.La déconstruction ne devrait pas non plus avoir beaucoup d\u2019impact sur la circulation, sauf pour quelques fins de semaine nécessaires à la démolition des structures en tête de pont.Il faudra prévoir un chantier de déconstruction d\u2019environ trois ans, ce qui mène vers 2022 pour la fin des réaména- gements pharaoniques dans ce secteur.«Nous, nous nous enlignons pour commencer nos travaux en 2019, mais on s\u2019ajustera au chantier du nouveau pont, explique encore M.Demers.Si le nouveau pont est mis en service comme prévu le 1er décembre 2018, nous devrions avoir achevé la déconstruction avant 2022.Je ne dis pas que ce sera le cas.Je fais l\u2019hypothèse que nous serons prêts à commencer cette phase de déconstruction en 2019.» Le Devoir PONT CHAMPLAIN La déconstruction évaluée à 400 millions Rick Peterson veut rapatrier Revenu Canada au Québec Le candidat à la chefferie du Parti conservateur Rick Peterson veut rapatrier Revenu Canada au Québec.Une demande de longue date\u2026 du Parti québécois et de la Coalition avenir Québec.M.Peterson estime que ça n\u2019a «aucun sens» que les Québécois soient les seuls contribuables à qui l\u2019on demande de remplir deux déclarations de revenus.«Le bon sens serait plutôt de ne produire qu\u2019une seule déclaration de revenus à un guichet unique autant pour l\u2019impôt fédéral que provincial sous la gouverne de Revenu Québec.» Ottawa pourrait laisser le soin au Québec de récolter les impôts des deux gouvernements, pour ensuite renvoyer sa part au fédéral \u2014 comme le fait Ottawa en sens inverse pour les autres provinces.Le Devoir Voici les éléments essentiels du projet de déconstruction du vieux pont Champlain : Étude.La faisabilité est étudiée par la ?rme Parsons, Tetra Tech et Amec Fosùter Wheeler (PTA).Elle tient compte des impacts possibles des méthodes privilégiées du point de vue technique et économique, mais aussi des conséquences sur l\u2019environnement et le milieu social.Méthode.Le moyen privilégié implique le délançage (l\u2019envers du fait de lancer) des éléments structuraux en béton ; des scies et des grues pour retirer les éléments en acier et les piliers ; et puis l\u2019explosion sous-marine contrôlée des semelles restantes sur le lit du ?euve.Recyclage.Le projet prévoit le maintien dans les environs du pont d\u2019environ 15 % des matériaux récupérés.Les poutres d\u2019acier ou les dalles de béton pourront par exemple servir à aménager des haltes routières, des parcours artistiques et historiques ou des quais multifonctionnels, voire des plages.Le reste des matériaux sera recyclé au plus près.Consultation.Tous ces aspects seront discutés publiquement lors de séances d\u2019informations publiques, assure PJCCI.L\u2019art de déconstruire On propose en quelque sorte un processus qui se baserait sur les principes du développement durable, ce que fait précisément le BAPE au Québec Patrimoine de l\u2019UNESCO: le mont Royal sera candidat Les Amis de la montagne ont lancé mercredi une campagne de mobilisation citoyenne afin d\u2019appuyer la candidature du mont Royal comme site du patrimoine mondial de l\u2019UNESCO.L\u2019organisme invite les citoyens à signer une lettre de soutien sur Internet (montroyalU- NESCO.ca) d\u2019ici le 26 avril prochain.Il espère recueillir 30 000 signatures afin de donner plus de poids au dossier de candidature déposé par la Ville de Montréal.La liste du patrimoine mondial de l\u2019UNESCO compte 1052 sites et biens, dont 18 sont situés au Canada.Parmi eux figurent le Vieux-Québec, le parc des montagnes Rocheuses et le canal Rideau.Le Devoir e gouvernement Couillard semble aujourd\u2019hui se soucier de l\u2019architecture des écoles québécoises, dont on voudrait qu\u2019elles soient parmi « les plus stimulantes et admirées au monde », peut-on lire dans un des documents du dernier budget Leitão.Ainsi, le ministre de l\u2019Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx, annoncera la mise sur pied de Lab- école, un projet présenté par l\u2019architecte Pierre Thibault, le chef Ricardo Larrivée et Pierre Lavoie, fondateur d\u2019un événement sportif qui porte son nom.Lab-école, qui béné?ciera d\u2019une subvention de 1,5 million par an, aura pour mandat de développer des concepts d\u2019écoles contemporaines en s\u2019inspirant, notamment, de modèles étrangers.À quoi bon rêver de construire des écoles inspirantes si les projets novateurs ne passent pas les mailles du ministère et de la Société québécoise des infrastructures (SQI)?À Montréal, ce fut le cas de la nouvelle école Saint-Gérard, dont l\u2019atrium en bois sur trois étages, qui ?gurait dans les plans originaux, a été sacri?é, de même que le toit vert où on souhaitait aménager un jardin.Une économie de 15%, ou 3 millions, une dépense somme toute modeste si elle est amortie sur 50 ans.Lab-école fut décrié par des représentants du milieu de l\u2019éducation, notamment les syndicats.Pierre Thibault soutient qu\u2019enseignants, parents, élèves, élus municipaux seront consultés.Après tout, un architecte doit avant tout répondre aux besoins des usagers.Il faut repenser l\u2019école, en faire un foyer culturel, mettre au rebut les normes dépassées du ministère, en ?nir avec ces cours d\u2019asphalte entourées de clôtures Frost qui ressemblent davantage à des parcs à chiens qu\u2019à un milieu de vie épanouissant.On pense aux nouvelles écoles qu\u2019il faut construire non seulement dans les villes de banlieue en expansion, mais aussi à Montréal.La Commission scolaire de Montréal accueillera 1000 élèves de plus par an au cours des dix prochaines années, l\u2019équivalent de trois nouvelles écoles de plus chaque année.Mais il faut également penser aux écoles existantes, dont un grand nombre furent érigées dans les années 1950 et 1960.Rendues en ?n de cycle, elles furent construites alors que les élèves ne mangeaient pas à l\u2019école et qu\u2019il n\u2019y avait pas de service de garde.On ne peut se contenter de les rénover à l\u2019identique.Quelque deux milliards par an devront y être consacrés de toute façon.Une école lumineuse, conçue comme milieu de vie attrayant, peut contribuer à la réussite des élèves.Il est temps qu\u2019au Québec on s\u2019en rende compte.Depuis le dimanche 26 mars, la télévision de la CBC présente une série en 10 épisodes intitulée Canada : The Story of Us.On n\u2019attend pas d\u2019une telle série un récit exhaustif, mais celle- ci a réussi à escamoter des moments charnières de l\u2019histoire du Canada, en particulier pour les francophones.ette série, lit-on sur le site Web, «célèbre comment nous avons transformé nos différences en compréhension et créé une identité nationale unique».On aurait voulu se donner un énoncé de mission pour une opération de «nation-building» à la canadienne qu\u2019on n\u2019aurait pu mieux dire.Le sommaire des émissions transpire cette volonté de générer une conception de l\u2019identité canadienne largement inspirée par la vision moderne qu\u2019en a la majorité anglophone.Comme le producteur l\u2019a dit au Devoir, la « série a été commandée par le service de langue anglaise de CBC TV pour le public parlant anglais».La valorisation de la diversité occupe une place centrale, ce qui n\u2019est pas un tort, mais cela conduit à des erreurs d\u2019interprétation qui font de l\u2019histoire non pas une mesure du temps passé, mais une projection du temps présent.Heureusement, la série accorde une place décente à la réalité autochtone, mais celle des Canadiens français, elle, est réduite à une simple minorité parmi d\u2019autres, en plus de les dépeindre plus sales et mal lotis que les anglophones.On parle du Québec, mais on gomme de grands pans de l\u2019histoire des francophones, toutes régions confondues.Les 150 ans de la Nouvelle-France n\u2019ont même pas eu droit à un épisode complet et exempt d\u2019approximations historiques.Ce n\u2019est pas une question de minutes accordées à ceci ou cela qui fait grincer des dents, mais les silences lourds de sens.On ignore la création de Port-Royal, ce qui fait rager le gouvernement néo-écossais.On a complètement évacué la trajectoire du peuple acadien, en particulier la grande déportation de 1755.La guerre de 1812, en revanche, a droit à son épisode ce dimanche.Stephen Harper sera content.Si on se ?e aux résumés des épisodes à venir, il ne sera pas question de la crise de la conscription, de la négation des droits des francophones en Ontario ou au Manitoba, du référendum de 1980 ou de 1995 ou du rapatriement de 1982.Tous ces événements auraient pu servir à illustrer combien la supposée compréhension évoquée plus haut n\u2019a pas encore eu raison des différends historiques entre francophones et anglophones.Malheureusement, ce ne sont pas les seules omissions d\u2019événements gênants pour cette mémoire qui se veut sélective, sinon amnésique.Le sommaire de la série, assez détaillé, n\u2019évoque pas l\u2019internement des Japonais et des Italiens durant la Deuxième Guerre mondiale, le renvoi des Juifs, qui, à bord du Saint Louis, tentaient de fuir l\u2019Allemagne nazie.Plus de 75 historiens et experts ont été consultés.Une poignée seulement sera vue à l\u2019écran, dont un seul francophone, les vedettes ayant l\u2019avant-scène, question de divertir.On comprend que les réalisateurs ne voulaient pas se concentrer sur les moments sombres de l\u2019histoire canadienne, mais mettre en valeur des héros connus et méconnus.Cela ne justi?e pas de privilégier l\u2019anecdote au détriment des moments clés qui dé?nissent encore ce pays et les nations qui le composent.Le Canada est un pays plurinational, un fait que beaucoup d\u2019anglophones n\u2019arrivent pas à accepter ou à concevoir.Cette série est le re?et de ce déni, d\u2019autant plus qu\u2019elle a pour but depuis le début de mousser l\u2019existence d\u2019une «identité nationale unique».La CBC rêve de voir les écoles utiliser cette série à des ?ns pédagogiques.Qu\u2019on nous en préserve, car ce qu\u2019on a pu voir jusqu\u2019à présent nous force à nous poser une question dérangeante.Qui est ce Nous (Us) dont on prétend raconter l\u2019histoire?L E D E V O I R , L E J E U D I 6 A V R I L 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Les sauveurs «Ce que tu veux faire pour moi, si tu le fais sans moi, tu risques de le faire contre moi» \u2014 Proverbe africain De belles classes d\u2019école et de l\u2019activité physique ! Deux annonces récentes, coup sur coup.On nous promet des classes où il fera bon apprendre ! Des enfants qui vont enfin bouger ! On se surprend à y croire.Des sauveurs, externes au milieu de l\u2019éducation, vont drainer l\u2019énergie, les ressources et le travail du milieu pour réaliser leur rêve.Après avoir coupé allègrement des centaines de millions dans le système public d\u2019éducation.Après avoir laissé dépérir le parc immobilier scolaire primaire et secondaire.Après avoir coupé dans les heures et les ressources humaines de l\u2019éducation physique dans les écoles.Le ministre de l\u2019Éducation arrive avec un PPP où le privé sera le grand gagnant ! Le privé étant ces étoiles de l\u2019activité physique et de l\u2019aménagement des classes\u2026 grassement subventionnées.Le tout sans aucune parti- L I B R E O P I N I O N J E A N L A C H A R I T É Vice-président de la CSN L e 1er avril, la première des réformes lancées par Gaétan Barrette a eu deux ans.Dans chaque région du Québec, les établissements de santé et de services sociaux, toutes missions confondues, ont été fusionnés en un seul méga-établisse- ment par région, sauf exception.Pour les citoyennes et les citoyens, c\u2019est la perte de lieux où ils pouvaient intervenir, faire entendre leur voix.Le ministre s\u2019est arrogé tous les pouvoirs dans le cadre de cette réforme et de celles qui ont suivi.Trois nouveaux projets de loi actuellement à l\u2019étude ont pour effet de renforcer encore davantage ces pouvoirs.Contrairement aux promesses, aucune amélioration des services ne s\u2019est matérialisée.Il devient même plus difficile de s\u2019y retrouver alors que sont amalgamés le volet médical, les services sociaux, la prévention, les soins à domicile, les services à la jeunesse, la réadaptation, etc.Et contrairement aux promesses, l\u2019autonomie professionnelle des salariées et salariés n\u2019est pas valorisée davantage sur le terrain.Le règlement des problèmes s\u2019avère plus dif ficile, les gestionnaires locaux n\u2019ayant plus de véritable pouvoir.Tout doit passer par la mégastructure régionale.Les conseils d\u2019administration sont quant à eux bâillonnés et ne disposent plus d\u2019autonomie.En juin dernier, le président du C.A.du CIUSSS de l\u2019Est-de-Montréal, M.Jean Landry, démissionnait au motif que «le modèle de gouvernance retenu par le ministère pour les CIUSSS ne permet pas au conseil d\u2019administration d\u2019exercer son rôle et d\u2019avoir une valeur ajoutée signifiante».À la même époque, un groupe d\u2019experts en santé publiait une lettre ouverte dénonçant «la centralisation à outrance, l\u2019ingérence dans les décisions d\u2019instances réputées autonomes et la concentration [des pouvoirs] entre les mains d\u2019une seule personne», fruit de la réforme Barrette.L\u2019omertà imposée aux gestionnaires, administrateurs et employées et employés du réseau a aussi été largement décriée.Et pour couper court à toute critique, le ministre a même aboli le Commissaire à la santé et au bien-être, organisme pourtant mis en place par Philippe Couil- lard en 2005 pour évaluer la performance et la qualité du réseau! Privatisation Profitant de cette réforme, le gouvernement a par ailleurs ouvert la porte à la privatisation et à la sous-traitance de nombreux services de soutien.Aussi, les CLSC sont vidés de nombreuses ressources professionnelles au profit des Groupes de médecine de famille.Mais les patients dont le dossier est plus lourd et qui n\u2019ont souvent pas trouvé de médecin de famille \u2014 justement parce qu\u2019ils souffrent de plusieurs affections \u2014 demeurent au CLSC dans un contexte de réduction des ressources.Forcément, le personnel sera de moins en moins capable d\u2019assurer des services de qualité.Le gouvernement planifie également l\u2019ouverture de mégacliniques privées.Au fond, l\u2019objectif final semble être de recréer des CLSC, mais cette fois au sein d\u2019organismes à but lucratif, gérés exclusivement par les médecins! Le gouvernement mise également de plus en plus sur des ressources communautaires ou privées pour dispenser les soins à domicile.Malgré l\u2019ajout de ressources dans les CHSLD, le manque de places demeure criant et met tout le système sous pression en plus de favoriser le développement de l\u2019offre dans le secteur privé.Bref, depuis son arrivée, le ministre Barrette a, par ses réformes, dangereusement fragilisé le système de santé et de services sociaux.Et les politiques d\u2019austérité du gouvernement Couillard ont rendu la situation encore plus intenable.Austérité qui, cela dit, n\u2019a pas atteint tout le monde\u2026 À preuve, les hausses de rémunération mirobolantes négociées par le ministre Barrette avec les fédérations médicales et qui mettent à mal, elles aussi, la pérennité du réseau.Deux ans de bouleversements en santé et services sociaux FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET cipation des écoles, des parents et des enseignants dans l\u2019élaboration du projet.Un coup de baguette magique?De la poudre aux yeux!!! Pierre Fournier Organisateur communautaire à la retraite, et chargé de cours à l\u2019UQAM et à l\u2019UQAR Le 4 avril 2017 Bombardier : les dirigeants doivent partir Pour éviter des séquelles permanentes, c\u2019est-à-dire la fuite des actionnaires et des investisseurs, le déshonneur des Québécois et Québécoises, les dirigeants qui ont tenté de déshabiller Bombardier, de se prendre 43 millions de dollars en plein sauvetage, doivent partir.Leurs agissements étant maintenant connus du grand public, il est impossible de rétablir toute crédibilité.La défiance est là pour de bon et, même si les autres administrateurs annulent leurs extravagants émoluments à l\u2019instar de Pierre Beaudoin, l\u2019intention vaut le fait.André Louis La Ferrière Saint-Elzéar, le 3 avril 2017 SÉRIE HISTORIQUE DE LA CBC Discours de conquérant Penser l\u2019architecture des écoles C L MANON CORNELLIER ROBERT DUTRISAC Le ministre Barrette a, par ses réformes, dangereusement fragilisé le système de santé et de services sociaux.Et les politiques d\u2019austérité du gouvernement Couillard ont rendu la situation encore plus intenable.Mauvais timing ! L\u2019agrile du frêne semble en train de décimer les frênes en Amérique du Nord, qui comptent pour 20 % des arbres des rues sur l\u2019île de Montréal (il y en aurait 200 000 sur le domaine public, dont 26 000 dans le seul parc du mont Royal).Alors, quand j\u2019apprends que la Ville de Montréal, sans consultations publiques, veut couper 1061 arbres au parc Jean-Dra- peau, sur l\u2019île Sainte-Hélène, pour les remplacer par un amphithéâtre de béton afin de satisfaire éventuellement un promoteur privé, je me dis que la décision est choquante et qu\u2019elle arrive à un très mauvais moment.La Société du parc Jean-Drapeau refuse de rendre public le rapport d\u2019expertise.Voilà qui est louche.De son côté, le maire Coderre ne s\u2019en fait pas trop ; il a l\u2019air conditionné pour ne pas trop suer.Sylvio Le Blanc Montréal, le 2 avril 2017 L E D E V O I R , L E J E U D I 6 A V R I L 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Marie-Pier Frappier (pupitre), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans), Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Loïc Hamon (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).D A V I D S A N T A R O S S A Étudiant à la maîtrise en philosophie à l\u2019Université de Montréal ans l\u2019édition du 1er avril du Devoir, Marcos Ancelovici, titulaire de la Chaire en sociologie des conflits sociaux à l\u2019UQAM, suggère que la censure que peut vivre un intellectuel comme Mathieu Bock-Côté à l\u2019université n\u2019a que très peu d\u2019incidence sur le débat, car ses positions sont très et même trop présentes dans d\u2019autres tribunes (télévision, radio, journaux, livres).Un tel argument oublie une différence importante entre la tribune universitaire et les autres qui visent un auditoire beaucoup plus large.Une chronique n\u2019est pas un livre.Une conférence universitaire n\u2019est pas une entrevue radio.Dans le cadre universitaire, une personne peut davantage développer sa pensée et répondre aux critiques, ce qui est moins fréquent dans les médias traditionnels.L\u2019irréductibilité de la tribune universitaire aux autres médias rend donc irrecevable la justification d\u2019une telle censure.Ancelovici souligne que cette pensée nationaliste à tendance conservatrice trouve un certain écho dans les journaux et à la télévision, mais il oublie de mentionner qu\u2019elle est loin d\u2019être omniprésente à l\u2019université.On sait que les étudiants et professeurs sont majoritairement progressistes dans les campus universitaires québécois, et cette majorité se creuse dans les sciences sociales et humaines.Dans le microcosme qu\u2019est l\u2019université, on a plus de chances de lire Karl Mar x, Michel Foucault et John Rawls qu\u2019Edmund Burke ou Roger Scruton.Mouvance conservatrice Outre les effets d\u2019une telle censure sur l\u2019intellectuel de mouvance conservatrice qui accumule les tribunes, des conséquences inévitables sont à prévoir chez les étudiants partageant ces idées.Il est inimaginable de penser que les réactions hostiles et parfois violentes qui visent à censurer certains penseurs ne décourageront pas certains étudiants à prendre la parole pour défendre ces mêmes positions.Ces étudiants vivent une forme d\u2019intimidation indirecte par leurs pairs et ils ne bénéficient généralement pas d\u2019autres tribunes que les discussions informelles entre collègues.Un tel climat mène à la situation actuelle, où les étudiants conservateurs discutent entre eux et les étudiants progressistes font de même.Les perturbateurs se drapent de vertus pour justifier leur interruption.Ils agissent au nom de l\u2019inclusion pour donner la parole aux discours plus marginaux.Ils doivent néanmoins comprendre qu\u2019ils n\u2019ont pas l\u2019exclusivité sur l\u2019inclusion.Le monde universitaire doit réapprendre l\u2019art de la discordance.Il est possible d\u2019avoir des avis divergents et d\u2019en discuter pour trouver des terrains d\u2019entente.Terrains qui sont parfois difficiles à trouver, et c\u2019est pourquoi les étudiants doivent garder en tête la possibilité d\u2019une conclusion essentielle en démocratie, à savoir le dicton anglais «we agree to disagree».L\u2019art de la discordance T H O M A S D A V I G N O N Montréal n 1906, dans The Friends of Voltaire, Evelyn Beatrice Hall (sous le pseudonyme de S .G .Tallentyre) ré - sume ainsi la pensée de cette figure de proue des Lumières françaises : « Je ne suis pas d\u2019accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu\u2019à la mort pour que vous ayez le droit de le dire.» Cette phrase due à Mme Hall elle-même (et originellement en anglais) a depuis été employée à maintes reprises par des polémistes et des défenseurs de la démocratie occidentale de tous horizons politiques.La clé de cette formule réside à la fin.On se battra « \u2026 pour que vous ayez le droit de le dire ».Pas « pour que vous soit garanti un large auditoire attentif ».En d\u2019autres termes, le droit à la liberté d\u2019expression prescrit qu\u2019une personne ne puisse pas être mise en prison (ou judiciarisée d\u2019une quelconque façon) pour des propos qu\u2019il ou elle a tenus, en public ou en privé (à quelques exceptions près).La tribune constitue un privilège, et si les médias ont le devoir moral de s\u2019assurer que la tribune qu\u2019ils offrent soit répartie de façon juste entre des gens de toutes opinions, le droit à la liberté d\u2019expression n\u2019oblige en rien d\u2019autres institutions à accorder du temps de parole à ceux et celles dont elles estiment le ton déplacé ou inappropr ié.Quelqu\u2019un aura it- i l l\u2019idée, par exemple, de contester l\u2019ordre de garder le silence décrété par un juge à la cour au nom de la liberté d\u2019expression ?Toutes les tribunes ne sont pas pour tous les discours.Personnages controversés Récemment M.Normand Baillargeon, ancien professeur à l\u2019UQAM, a cru bon tirer la sonnette d\u2019alarme sur une situation qu\u2019il croit dangereuse.Selon lui, la liberté d\u2019expression est de plus en plus menacée au sein même des universités.Pour exemples, il cite les multiples conférences présentées à l\u2019UQAM par une panoplie de personnages tenant des propos souvent controversés, et qui ont été à plusieurs reprises perturbées par des groupes d\u2019étudiants.Dans certains cas, les administrations des universités auraient été jusqu\u2019à annuler des événements de manière préventive.Selon lui, l\u2019université doit être un lieu de discussion ouvert où chacun doit être libre d\u2019exprimer ses opinions, et cette liberté se trouverait entravée par les réactions épidermiques des associations étudiantes et la frilosité des administrateurs et administratrices.Pourtant, l\u2019université doit-elle vraiment être l\u2019espace de débats idéologiques ?Il est évident qu\u2019il est souvent difficile de démêler l\u2019idéologie d\u2019un auteur ou d\u2019un professeur de son propos pédagogique \u2014 c\u2019est pourtant ce qu\u2019il faut tâcher de faire.Le but de l\u2019université est avant tout le progrès de la connaissance objective.Dans toute la discussion sur l\u2019ère de la « post- vérité », par exemple, le consensus veut qu\u2019une base commune de faits doive exister pour alimenter le débat politique et le développement de la culture, entre autres.L\u2019université doit être l\u2019endroit où cette base de faits est établie, dans tous les domaines.Si des débats doivent y prendre place, il ne peut s\u2019agir uniquement que de débats dont le ton et la substance doivent demeurer académiques.La rhétorique populiste, le pseudo-intellectualisme pamphlétaire et les idéologues prosélytes n\u2019y ont pas droit de cité.Ils occupent déjà une part importante de l\u2019espace médiatique et s\u2019y font entendre souvent.C\u2019est ce à quoi servent en partie les médias.D\u2019ailleurs, personne n\u2019a jamais mis en danger la place qu\u2019ils y occupent et où, ironiquement, ils passent une bonne partie de leur temps à crier à la censure.Les universités n\u2019ont pas à les accueillir.Droit de parole, privilège de tribune F R A N Ç O I S J O B I N Écrivain a plupart des gens qui crient à la censure dans ce genre de cas ne font pas vraiment pitié.Ils ne manquent pas de tribunes.Ils parlent déjà le plus fort.Il y a tellement d\u2019autres paroles inaudibles.Si on veut défendre la liberté d\u2019expression, il faut s\u2019attaquer aux inégalités dans l\u2019accès à la parole.» C\u2019est ainsi que Valérie Lefebvre-Faucher justifie dans Le Devoir du 1er avril le recours à une censure qui ne dit pas son nom dans les « débats».Ceux que l\u2019on prive de la parole peuvent déjà se faire entendre ailleurs.Il ne s\u2019agit donc pas de censure véritable, mais bien de rééquilibrage du rapport de force.Mais alors, que signifie le mot débat si on évacue les partisans d\u2019un certain point de vue ?Que veut dire également « s\u2019attaquer aux inégalités d\u2019accès à la parole » ?Cela autorise-t-il le muselage par le chahut ?La violence dans les assemblées?La sauvagerie ?Cer tes, madame Lefebvre-Faucher se dit contre la censure, qui, selon elle, n\u2019est jamais une bonne stratégie.N\u2019empêche qu\u2019elle ne la condamne pas absolument.Pour qui se veut de la gauche bien pensante, pétrie de bons sentiments et soucieuse de ne heur ter personne sauf, évidemment, ceux qui ne sont pas de son avis, avouer un penchant pour la censure serait suspect.Mais lorsqu\u2019elle soutient que le discours contre le politiquement correct \u2014 on l\u2019appelle « politiquement abject » \u2014 s\u2019intéresse surtout « au droit de dire des horreurs », de quelles horreurs parle-t-elle ?Et surtout, qui détermine ce qui est une horreur et ce qui ne l\u2019est pas ?S\u2019en prendre à la pensée La bienséance défendue par la gauche a pris racine dans le langage.En utilisant la litote et les euphémismes, on a d\u2019abord voulu débarrasser la langue de toutes ses aspérités qui pouvaient choquer les chastes oreilles de locuteurs soucieux de manifester leurs bons sentiments : c\u2019est ainsi que sourds, aveugles, malades, infirmes ont pratiquement disparu du vocabulaire au profit de malentendants, mal ou non voyants, bénéficiaires ou clients et handicapés.Molière n\u2019avait-il pas dénoncé ces abus au XVIIe siècle avec ses précieuses ridicules qui refusaient de nommer certaines parties du corps, parce que jugées vulgaires ou indécentes ?Mais voilà que trois cents ans plus tard, on s\u2019en prend non seulement au langage, mais à la pensée même pour évacuer non plus des mots, mais des comportements.C\u2019est ainsi que, dans les médias, en particulier à la télévision pour enfants, on élimine toute référence à un conflit dont l\u2019issue pourrait être violente.C\u2019est ainsi qu\u2019on exige des lois pour imposer des quotas de femmes, de minorités visibles, de personnes mal portantes dans divers domaines de l\u2019activité humaine.À quand une pétition pour un quota de roux?C\u2019est ainsi que, dans un accès de sensibilité exacerbée qui serait risible s\u2019il n\u2019était si dramatique, on propose de ne pas utiliser le mot viol dans l\u2019expression « violer la loi » parce que le mot en indispose certains.Évidemment, je ne relève ici que quelques excès pittoresques.Le germe d\u2019un autoritarisme La correction politique n\u2019a pas eu que des effets néfastes : elle a permis des prises de conscience, notamment dans le domaine de l\u2019égalité des genres et du racisme.Mais cette propension à museler tout ce qui est jugé par quelques personnes contraire aux bonnes mœurs (à leurs bonnes mœurs) porte en elle le germe d\u2019un autoritarisme dont on a vu les ravages dans certaines nations du monde.La correction politique est le signe avant-coureur de la pensée unique.Chez nos voisins du Sud, Donald Trump passe pour le champion de l\u2019anticorrection politique.En réalité, il est champion de la goujaterie et du manque de savoir-vivre.S\u2019élever contre la correction politique, ce n\u2019est pas souscrire à son délire sur les femmes, les musulmans ou les Mexica ins ; c\u2019est dire les choses comme elles sont (un chat est un chat) et promouvoir l\u2019expression de tous les points de vue, même ceux qui nous choquent ou nous mettent mal à l\u2019aise.Surtout, ce n\u2019est pas jouer à l\u2019autruche comme le fait le professeur Ancelovici, qui, s\u2019opposant lui aussi à la censure, estime naïvement que « le débat ne souffrira pas forcément d\u2019une manifestation dénonçant cette prise de parole» parce que ladite parole se fait entendre ailleurs.Il n\u2019y a pas de bonne censure.Même lorsque ceux qui la cautionnent à demi-mot le font sincèrement pour le plus grand bien de tous.Faisons davantage confiance aux citoyens pour se forger une opinion.Le bon peuple a souvent plus de bon sens que les soi-disant élites lui en accordent crédit.Il n\u2019y a pas de bonne censure Le Devoir a publié le 1er avril dernier un dossier intitulé « Liberté d\u2019expression sous pression », qui a suscité plusieurs réactions.En voici quelques-unes.Lire aussi \u203a L\u2019université n\u2019est pas une tour d\u2019ivoire.Un texte supplémentaire de Jaouad Laaroussi et Camille Robert, qui retrace quelques luttes étudiantes et qui conclut : «Nous considérons que les universités ne devraient pas être \u201cprotégées\u201d des affrontements d\u2019idées.Nous devons accepter que les luttes sociales fassent, parfois, irruption dans les salles de classe.Après tout, les mouvements sociaux contribuent, eux aussi, à façonner le savoir et à réfléchir sur le monde dans lequel nous vivons.» À lire sur LeDevoir.com L « Quelqu\u2019un aurait-il l\u2019idée de contester l\u2019ordre de garder le silence décrété par un juge à la cour au nom de la liberté d\u2019expression ?Toutes les tribunes ne sont pas pour tous les discours.JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019université doit-elle vraiment être l\u2019espace de débats idéologiques ?Le but de l\u2019université est avant tout le progrès de la connaissance objective.E D L E D E V O I R , L E J E U D I 6 A V R I L 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de 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Devoir, Hydrocarbures Anticosti attend toujours une autorisation de Pêches et Océans Canada pour lancer les travaux.Cette autorisation est nécessaire, puisqu\u2019on prévoit de puiser de l\u2019eau dans des rivières de l\u2019île et rejeter les eaux de fractu- ration dans le golfe du Saint-Laurent, une fois traitées.Un autre obstacle se dresse contre Hydrocarbures Anticosti : les Innus d\u2019Ekuanitshit.Cette nation autochtone de la Côte-Nord se présentera en cour le 10 avril dans le but de faire annuler les autorisations environnementales accordées par le ministre de l\u2019Environnement, David Heurtel, pour la réalisation des trois forages avec fracturation.Compensation à venir Il est donc loin d\u2019être acquis que Pétrolia, opérateur des travaux sur l\u2019île, peut poursuivre le programme d\u2019exploration.Mais il n\u2019est pas étonnant de voir que les entreprises impliquées dans le contrat réclament des compensations financières pour signer la fin du projet, selon ce qu\u2019a expliqué mercredi un avocat bien au fait de ce type de dossier.Il rappelle ainsi que la minière Strateco a intenté une poursuite contre Québec, en raison du moratoire imposé en 2013 par le gouvernement de Pauline Marois sur la filière uranifère.Elle lui réclame 200 millions de dollars en guise de remboursement des investissements faits sur son projet d\u2019exploration d\u2019uranium.Dans un autre dossier, l\u2019entreprise américaine Lone Pine Resources a intenté une poursuite de 250 millions de dollars en vertu des dispositions du chapitre onze de l\u2019Accord de libre-échange nord-américain.Elle a lancé ses démarches en 2013, après que le gouvernement Charest eut fait adopter un projet de loi qui annulait les permis d\u2019exploration pétrolière et gazière en vigueur sur les îles du Saint-Laurent.L\u2019ingénieur en géologie appliquée Marc Du- rand estime pour sa part que le gouvernement ne devrait pas offrir de compensation à Pétrolia et Corridor Resources.Québec et Maurel & Prom « se sont fait leurrer par le lobby de Pétro- lia quand on a fixé à 200 millions la valeur des permis d\u2019un gisement qui est à des lieues d\u2019une hypothétique rentabilité».Selon lui, «ces permis ne valent pas un sou s\u2019il n\u2019y a aucun gisement économique, comme le démontrent les dernières données disponibles.Il n\u2019y a aucun motif à rembourser à Pétrolia et Corridor des dépenses d\u2019une facture qu\u2019ils n\u2019ont pas eu à assumer».Potentiel hypothétique Il est vrai que, malgré des décennies d\u2019exploration, aucun gisement pétrolier ou gazier n\u2019a été découvert sur Anticosti.Même le géant Shell a investi dans des forages dans les années 1990, sans succès.M.Durand estime d\u2019ailleurs que Pétrolia et Corridor Resources ont tout intérêt à mettre fin aux travaux dès maintenant.«Sans les trois forages avec fracturation, on peut toujours prétendre qu\u2019il existe un potentiel pétrolier.» En revanche, si le potentiel était démontré, le gouvernement se retrouverait partenaire d\u2019un projet d\u2019exploitation de pétrole et de gaz de schiste qui se prolongerait jusqu\u2019en 2100, selon ce qui se dégage de l\u2019évaluation environnementale stratégique commandée par les libéraux.Et le seul coût des infrastructures nécessaires pour l\u2019implantation de l\u2019industrie sur l\u2019île dépasserait les 10 milliards de dollars.Or, le gouvernement Couillard a promis de réduire notre dépendance aux énergies fossiles, mais aussi les émissions de gaz à effet de serre du Québec.Il s\u2019est également engagé, par écrit, à protéger tout le territoire d\u2019Anticosti d\u2019ici 2020.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 PÉTROLIA Brousseau à propos de son aîné, qui fut, dit-elle, un garçon intelligent et doué à l\u2019école.Mais la vie de Louis Anctil a chaviré à cause d\u2019un grave accident de voiture qui lui a laissé des séquelles physiques importantes, raconte son frère Frédéric : «Ça a fait basculer sa vie.Il ne pouvait plus rien faire.» De fil en aiguille, cela a été « très facile » pour Louis de se faire prescrire des opioïdes.Pour Frédéric et sa mère Jeannine, un an après le décès, la douleur est toujours aussi vive.Tous deux retenaient leurs larmes, mercredi, alors qu\u2019ils prenaient connaissance du rapport fraîchement publié du coroner.Le médecin de Louis Anctil lui prescrivait depuis plusieurs années de l \u2019hydromorphine Contin et du dilaudid, écrit le coroner Dionne dans son rapport.Dans les mois précédant sa mort, l\u2019homme de 40 ans achetait du fentanyl en Ontario et vendait ses médicaments d\u2019ordonnance sur le marché noir pour payer sa consommation, ajoute-t-il.Son pharmacien tentait «par tous les moyens» de contrôler sa consommation, selon le coroner, mais son médecin ne l\u2019avait pas revu depuis un an et demi et avait renouvelé ses prescriptions par télécopieur.« C\u2019est aux médecins à donner moins de prescriptions ! a réagi Mme Brousseau en lisant le rapport du coroner.Je voulais l\u2019aider, l\u2019amener en désintox, mais il est mort une semaine avant que je déménage plus près de chez lui.» Son deuil est difficile.« Je l\u2019attends toujours, comme s\u2019il allait venir faire un tour.Il est toujours dans mes pensées\u2026» Toujours aussi bouleversé par le décès de son frère, Frédéric Anctil a décidé de suivre une formation pour apprendre à administrer la naloxone, un antidote qui peut avoir un ef fet crucial entre la vie et la mort en cas de sur- dose.« Je veux savoir quoi faire si ça arrive à quelqu\u2019un d\u2019autre que je connais », explique-t-il.Des actions demandées Le coroner Dionne presse Québec d\u2019accéder aux demandes du Collège des médecins (CMQ) et de l\u2019Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ), qui sollicitent plus de pouvoirs pour pister les professionnels de la santé qui, par leurs pratiques, favorisent l\u2019abus d\u2019opioïdes ou leur revente sur le marché noir.« Les ordres professionnels ont dit que c\u2019était une urgence de santé publique, mais ça bloque», déplore le Dr Dionne en entrevue.Le nombre de morts au Québec causées par des surdoses accidentelles de fentanyl et de médicaments opioïdes ayant fait l\u2019objet d\u2019une enquête par le bureau du coroner croît d\u2019année en année.Il y a eu 99 cas liés aux fentanyl en 2015, et 133 aux opioïdes en général.«On est chanceux qu\u2019au Québec, nous n\u2019avons pas reçu la vague comme en Colombie-Britannique, mais je dois admettre qu\u2019on ne fait pas grand-chose pour ce qui est de la prévenir », déplore le Dr Dionne.Le médecin de Louis Anctil est sous le coup d\u2019une enquête du syndic du CMQ.Le président du Collège, le Dr Charles Bernard, presse Québec d\u2019agir.« Ça fait plus de deux ans que je tape sur le clou, mais je ne suis pas écouté comme je le souhaiterais », a-t-il déploré en entrevue.«On ne veut pas enquêter seulement quand il est trop tard et qu\u2019un patient est décédé», s\u2019impatiente le Dr Bernard.Le comité que Québec a mis sur pied sur l\u2019usage des opioïdes se réunira pour une première fois en avril, confirme le Dr Bernard.« Nous collaborons étroitement avec les ordres professionnels sur cet enjeu», indique aussi l\u2019attachée de presse du ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette, Julie White.Une étude sur l\u2019utilisation illicite des opiacés a été amorcée, ajoute-t-elle.D\u2019autres pistes de solution Pour le Dr David Barbeau, coordonnateur médical au centre de recherche et d\u2019aide pour narcomanes (CRAN), c\u2019est sur plusieurs plans qu\u2019il faut agir.«C\u2019est la première prescription qui est la plus cruciale, juge-t-il.Il faut faire des mises en garde au patient sur les risques de dépendance et de surdose.Il faut aussi limiter le nombre de comprimés qui sont donnés et revoir le patient très rapidement pour un suivi.» Aux États-Unis, de nouvelles lignes directrices recommandent aux médecins de limiter cette fameuse première prescription à 3 à 5 jours de médication.Un suivi avec un médecin de famille doit ensuite déterminer la suite du traitement.Un système de sur veillance plus ef ficace manque, souligne aussi le Dr Barbeau.Les patients peuvent par exemple demander à être retirés du dossier de santé électronique (DSQ), qui permet aux médecins et aux pharmaciens de vérifier si plusieurs prescriptions d\u2019opioïdes sont actives pour un même patient.Les médecins sont démunis devant le peu d\u2019options qui s\u2019of frent pour soulager les patients qui éprouvent des douleurs chroniques.«Les traitements non pharmacologiques comme la physiothérapie, la psychothérapie, l\u2019acuponcture, coûtent cher et sont peu accessibles dans le réseau public, rappelle le Dr Barbeau.Souvent, le médecin a comme seul outil la médication.Les gens se retrouvent bien seuls avec leur douleur, et cela peut mener à la toxicomanie.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 OPIOÏDES de cet univers au début du XXe siècle, après y avoir joué un vrai rôle entre 1907 et la fin de la Première Guerre mondiale.La migration vers l\u2019Ouest canadien et américain se fait en partie à partir de la gare Viger, à Montréal.« Beaucoup de Québécois se rendent dans l\u2019Ouest.Et beaucoup vont faire du rodéo», explique le cinéaste Claude Gagnon.Une fois parvenus dans l\u2019Ouest, plusieurs se rendent aux États-Unis.Et leur image revient façonner celle que les Québécois se font d\u2019eux-mêmes.Selon l\u2019anthropologue Serge Bouchard, le côté cow-boy du Canadien français ne tombe pas du ciel.« Il faut arrêter de penser que les ancêtres ne sont que des coureurs des bois, au temps de la Nouvelle-France.Ce sont aussi des cowboys.» Ils appartiennent de plain-pied à l\u2019histoire du continent.« Ça peut paraître bizarre, mais c\u2019est par faitement vrai que les liens du Québec avec cette histoire existent.Il faut arrêter de se concevoir comme étranger avec l\u2019histoire de ce territoire ! » Prenons le cas de François-Xavier Aubry, né non loin d\u2019où se tient aujourd\u2019hui le Festival western de Saint-Tite.« C\u2019est lui qui ouvre la piste de Santa Fe », rappelle Serge Bouchard.« L\u2019image qui est devenue le logo du Pony Express, c\u2019est lui.» Bouchard cite aussi le cas de Jean-Baptiste Chalifoux, un véritable cow-boy en son genre venu de Charlesbourg et qui parcourt les États-Unis.Ernest Dufault fait du rodéo à par tir de 1907, jusqu\u2019à la fin de la Première Guerre mondiale environ.Dans les années 1920, désormais très connu comme écrivain américain, il va considérablement contribuer à populariser le rodéo.« Ses livres ne seront pas traduits en français, mais on ne peut pas s\u2019intéresser alors à l\u2019univers des cow-boys sans passer par lui.» Et Dufault reviendra à cette époque au moins à trois reprises à Montréal.À Montréal, une forte tradition de représentations publique de l \u2019univers mythique de l\u2019Ouest est déjà solidement implantée.Des troupes d\u2019amuseurs publics ambulants en font la promotion.La plus célèbre d\u2019entre elles est de loin celle de William F.Cody, connu sous le nom de Buffalo Bill.Son Wild West Show, avec des bêtes sauvages, ses luttes à mort chorégra- phiées et ses costumes typés, s\u2019arrête à plusieurs reprises à Montréal et ailleurs au Québec.Des foules nombreuses se pressent pour voir ces scènes ritualisées qui font la mythologie de l\u2019Ouest américain.D\u2019autres troupes de moindre envergure que celle de Buffalo Bill sillonnent aussi l\u2019Amérique du Nord avec leur lot de rodéos.Contrairement à l\u2019image communément retenue, on trouve aussi des femmes qui, dans cette vaste ronde de spectacles, chevauchent des bêtes sauvages sous les regards ébahis des spectateurs.Des rodéos au stade Delorimier Pendant la Seconde Guerre mondiale, le For um de Montréal accueille une troupe du genre, le Wild West, qui présente des «chevaux sauvages» et des cow-boys voués à les dominer.En 1946, en plein air, les gradins du stade De- lorimier se remplissent pour assister aux ma- nœuvres périlleuses de cow-boys.On a trans- por té dans cette enceinte multifonctions 46 chevaux sauvages pour l\u2019occasion.Au spectateur qui sera assez fou pour tenter de tenir dix secondes sur un taureau nommé Brahma Big Sid, les organisateurs promettent la rondelette somme de 1000 $.C\u2019est environ 15 000 $ en 2017.Montréal s\u2019est passionné pour les chevaux, les courses, leur dressage, leurs usages.Les pistes de course abondent.Les hommes de chevaux sont nombreux.Mais on oublie souvent que Montréal est aussi une ville d\u2019abattoirs de gros animaux.Le bétail, souvent peu commode parce qu\u2019énervé, est amené en train.Il faut de véritables cow-boys locaux pour le conduire jusqu\u2019à son dernier repos.Les gros animaux sont très nombreux dans les vastes installations des abattoirs de l\u2019Est.Dans ces espaces, il arrive même que des bêtes s\u2019échappent.On doit courir pour les rattraper.Encore dans les années 1960, à l\u2019occasion d\u2019un documentaire sur la ville de Montréal, Pierre Per- rault observe des bovins courir, affolés, sous le pont Jacques-Cartier.Une pétition En 2017, la question du bien-être des animaux est devenue omniprésente.Les organisateurs du rodéo NomadFest assurent que les athlètes équins et bovins sont dans un « état physique par fait » et qu\u2019une équipe de vétérinaires sera présente sur les lieux en tout temps.Bien que le rodéo de Montréal ne com - por te pas les épreuves jugées les plus cruelles et dangereuses par les opposants \u2014 comme la prise des veaux au lasso ou le terrassement de bouvillons \u2014, le vétérinaire Jean-Jacques Kona-Boun juge inacceptable de tenir cet événement.Le 28 mars dernier, il a d\u2019ailleurs déposé à la Ville une pétition de plus de 600 signatures de vétérinaires et de techniciens en santé animale demandant à l\u2019administration Coderre de renoncer au projet.« Le rodéo repose sur la réponse de fuite à la douleur et à la peur», rappelle le Dr Kona-Boun.«On ne peut pas dire qu\u2019il n\u2019y a pas de souf france physique et psychologique pendant les épreuves.Qu\u2019est-ce que ça change que les animaux soient bien traités avant si c\u2019est pour les maltraiter pendant l\u2019épreuve?» L\u2019opposition à la tenue de l\u2019événement ira croissante, croit-il.« On n\u2019espère pas seulement interdire le rodéo de Montréal, mais aussi le rodéo en général tel qu\u2019il existe actuellement.» Et pour y parvenir, les opposants n\u2019écartent pas la possibilité de s\u2019adresser aux tribunaux si la Ville ne change pas d\u2019idée.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 RODÉO Correctif Un problème de mise en page est survenu dans la page Idées de notre édition papier de mercredi, alors que des paragraphes des textes de Robert Laplante et d\u2019Audrey Laurin-La- mothe ont été déplacés.Les versions exactes des textes sont disponibles sur notre site Web.Nos excuses aux signataires et aux lecteurs et lectrices.PIERRE LAHOUD Le village de Port-Menier sur l\u2019île d\u2019Anticosti "]
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