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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier I
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-03-18, Collections de BAnQ.

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[" ÉDUCATION FORMATION CONTINUE C A H I E R T H É M A T I Q U E I \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 M A R S 2 0 1 7 Une génération sur les tablettes Page I 4 Les organismes en employabilité veulent être mis à pro?t Page I 2 ISTOCK Selon le directeur général de l\u2019Institut de coopération pour l\u2019éducation des adultes (ICEA), Daniel Baril, il faudrait que le large éventail des services éducatifs fournis par l\u2019éducation des adultes se retrouve dans la nouvelle politique sur la réussite scolaire.P I E R R E V A L L É E Collaboration spéciale L e ministre de l\u2019Édu- cat ion, Sébast ien Proulx, compte présenter prochainement une nouvelle Politique de réussite éducative.Et afin de nourrir sa réflexion, il a invité récemment tous les acteurs de l\u2019éducation à participer à une consultation nationale.Une initiative saluée par Daniel Baril, directeur général de l\u2019Institut de coopération pour l\u2019éducation des adultes (ICEA).« C\u2019était beau de voir assis autour d\u2019une même table tous ces représentants de l\u2019éducation, allant du préscolaire à l\u2019éducation des adultes en passant par le réseau formel, sou- ligne-t-il.En organisant cette rencontre, le ministre Proulx a permis l\u2019amorce d\u2019une réflexion sur l\u2019éducation qui devrait à terme mener à l\u2019élaboration d\u2019une vision globale de l\u2019éducation.Cette rencontre a soulevé beaucoup d\u2019espoirs et d\u2019attentes, et c\u2019est une occasion unique que le ministre se doit de saisir.Il ne faudrait pas que cette rencontre nationale se résume à une séance de photo historique, mais que la réflexion qu\u2019elle a suscitée se retrouve pleinement dans la nouvelle politique sur la réussite scolaire.Ce serait alors non seulement une photo historique, mais un moment historique, une sorte de révolution tranquille du milieu de l\u2019éducation.» Une vision globale de l\u2019éducation Car il est clair dans l\u2019esprit de Daniel Baril que la façon dont nous pensons l\u2019éducation au Québec est aujourd\u2019hui désuète et qu\u2019il faudrait plutôt la penser de manière plus globale.«Maintenant, on pense et on gère l\u2019éducation en silos, garderie, primaire, secondaire, collégial, université, éducation des adultes, etc.Ce n\u2019est pas que cette approche fait que l\u2019on g è r e ma l l \u2019 é duca t i on , au contraire, on la gère plutôt bien, c\u2019est plutôt que cette approche ne correspond plus à la réalité de l\u2019éducation.Il faudrait arrêter de gérer des silos et commencer plutôt à gérer des individus.Et pour ce faire, il faut penser l\u2019éducation sur le mode d\u2019un continuum.Car, au fond, il s\u2019agit toujours d\u2019un seul individu qui passe d\u2019un silo à un autre tout au long de son parcours éducatif.De la gestion de l\u2019of fre, ce que nous faisons présentement, il faut passer à la gestion de la demande.» L\u2019éducation des adultes Et l\u2019éducation des adultes dans ce continuum éducatif, où se situe-t-elle ?Avant de répondre à cette question, il faut d\u2019abord saisir la complexité qui est celle de l\u2019éducation des adultes.«L\u2019image qui me vient en tête lorsqu\u2019on cherche à illustrer ce qu\u2019est l\u2019éducation des adultes, c\u2019est celle de la boîte de biscuits mélangés.» En ef fet, l\u2019éducation des adultes, c\u2019est le décrocheur qui raccroche et finit son secondaire, c\u2019est l\u2019apprentissage d\u2019un métier, c\u2019est l\u2019étudiant adulte qui retourne au cégep obtenir un DEC ou une AEC, c\u2019est le travailleur diplômé qui retourne à l\u2019université pour des études supérieures, etc.« Et cela, ce n\u2019est que ce qui se passe dans le réseau formel.Il faut ajouter la contribution des groupes communautaires, en alphabétisation et en littératie, mais aussi dans d\u2019autres types de formation.Il y a la formation en entreprises ainsi que les boîtes spécialisées qui offrent aux adultes des formations spécifiques.Au- jourd\u2019hui, l \u2019éducation des adultes revêt plusieurs visages et répond à de nombreux besoins éducatifs.» Il faudrait donc, croit Daniel Baril, que le large éventail des ser vices éducatifs fournis par l\u2019éducation des adultes se retrouve dans la nouvelle politique sur la réussite scolaire.« Il ne faut pas oublier que, si le Québec obtient un taux de diplomation au secondaire satisfaisant, c\u2019est grâce en partie à l\u2019éducation des adultes.Ma crainte, c\u2019est de voir l\u2019éducation des adultes se faire confier comme mission principale l\u2019alphabétisation et la littératie.Ce n\u2019est pas que cette mission n\u2019est pas essentielle, mais ce serait sous- utiliser le potentiel qu\u2019of fre l\u2019éducation des adultes.» L\u2019apprenant du XXIe siècle Car le Québec est entré au- jourd\u2019hui dans une nouvelle ère éducative, que Daniel Baril appelle celle de l\u2019apprenant du XXIe siècle.« Auparavant, une personne s\u2019éduquait dans sa jeunesse et, une fois son diplôme en poche, son parcours éducatif s \u2019arrêtait.Mais ce n\u2019est plus le cas aujourd\u2019hui.La société moderne fait en sor te qu\u2019une personne est maintenant appelée à apprendre tout au long de sa vie.L\u2019éducation aujourd\u2019hui est devenue un processus constant et, par conséquent, elle doit être pensée en tenant compte de cette nouvelle donne.» Un parcours continu Il donne en exemple les jeunes.« C\u2019est probablement le plus grand succès de la réforme pédagogique qu\u2019a connu le Québec.Aujourd\u2019hui, ces jeunes sont devenus beaucoup plus autonomes.Ils savent ce qu\u2019ils veulent savoir et ils ont la capacité de répondre eux- mêmes à leurs besoins.C\u2019est aujourd\u2019hui devenu pour eux un réflexe, grâce évidemment aux outils informatiques.On pense souvent que les personnes vont sur YouTube pour visionner des vidéos musicales, mais en réalité, la plupart des requêtes sur YouTube sont faites par des personnes qui veulent apprendre quelque chose.» Cette notion que l\u2019éducation est maintenant un parcours continu implique aussi que l \u2019on change nos manières de faire.« Il faut trouver des moyens pour accompagner les personnes qui vont vouloir apprendre par elles- mêmes.Par exemple , ce la veut dire une meilleure reconnaissance des acquis.Je fais mienne une phrase d\u2019un avis du Conseil supérieur de l\u2019éducation selon laquelle il faut reconnaître aux gens le droit de ne pas apprendre ce qu\u2019ils savent déjà.» Selon Daniel Baril, la nouvelle Politique de réussite scolaire que déposera le gouvernement est l\u2019occasion idéale de mettre en place cette vision globale de l\u2019éducation et d\u2019y faire une place pour l\u2019apprenant du XXIe siècle.RÉUSSITE ÉDUCATIVE La future politique doit inclure l\u2019éducation des adultes Il faudrait arrêter de gérer des silos et commencer plutôt à gérer des individus Daniel Baril, directeur général de l\u2019Institut de coopération pour l\u2019éducation des adultes (ICEA) « » ÉDUCATION L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 M A R S 2 0 1 7 I 2 Du 3 au 7 avril 2017, dans le cadre de la 2e édition de la Semaine de l\u2019alphabétisation populaire, saluons le courage et la persévérance de tous ces adultes en démarche d\u2019alpha pop! L\u2019alphabétisation populaire, ça nous réussit! J\u2019ai appris à lire, écrire à 75 ans.Léo Ma réussite : je réussis à faire la lecture avec mes enfants.Agnès Avant, j\u2019étais à la plonge.Maintenant que je lis bien, je suis en cuisine.Fatim Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec RENDEZ-VOUS NATIONAL SUR LA MAIN-D\u2019ŒUVRE Les organismes en employabilité veulent être mis à profit É T I E N N E P L A M O N D O N E M O N D Collaboration spéciale L e taux de succès du projet Formation intégration travail (FIT) a surpassé les attentes initiales : 90 % des personnes qui ont ef fectué un stage à travers ce programme piloté par le Réseau des services spécialisés de main-d\u2019œu- vre (RSSMO) ont été embauchées par la suite.Lorsque la démarche a vu le jour en 2014, la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT), qui finance le projet par l\u2019entremise du fonds lié à la loi du 1%, d e m a n d a i t q u e 7 5 % d e s contrats soient terminés et que 60% des participants soient toujours employés après la fin du contrat.Des objectifs largement atteints.Le projet FIT s\u2019étend au- jourd\u2019hui à neuf régions du Québec, dont Montréal, les îles de la Madeleine, l\u2019Estrie et l\u2019Outaouais.Près de 200 participants, éloignés du marché du travail au moment de s\u2019inscrire, ont déjà bénéficié du programme, tandis que 65 personnes amorcent actuellement la démarche.La clientèle est constituée notamment de mères célibataires, de personnes judiciarisées, d\u2019immigrants et de gens peu scolarisés, devant qui se dressent plusieurs obstacles pour décrocher et intégrer un emploi.« Souvent, ce sont des gens qui on t de s compé tence s t e ch - niques, mais à travers lesquels il y a des trous, soit parce qu\u2019ils ne connaissent pas le marché québécois [dans le cas des immigrants], soit parce que cela fait des années qu\u2019ils n\u2019ont pas travaillé », indique Karine Genest, directrice générale du RSSMO.Le projet FIT les accompagne à travers une formation suivie en alternance avec un stage dans un milieu de travail du secteur manufacturier, de la bureautique, du commerce de détail, de l\u2019agriculture ou de l\u2019industrie maritime.Depuis cette année, le secteur du camionnage, confronté à une pénurie de main-d\u2019œuvre, s\u2019est ajouté à l\u2019offre.En 2016, le Centre interdisciplinaire de recherche et développement sur l\u2019éducation et formation tout au long de la vie (CIRDEF) de l\u2019Université du Québec à Montréal a publié un rappor t analysant la première année du projet FIT.Selon les conclusions, son succès reposait sur « la formule particulière comprenant une série de bonnes pratiques reconnues pour favoriser le retour en emploi de personnes éloignées du marché du travail : accompagnement, formation ciblée, adéquation entre candidat et poste de travail, inser tion en entreprise».Développer le savoir-être « Cela permet de faire une mise à niveau des compétences techniques, mais on travaille beaucoup le savoir-être, ce que les compagnies recherchent également, explique Mme Genest.Avant, ce n\u2019était pas quelque chose dont on parlait beaucoup.Mais depuis quelques années, les entreprises ont réalisé, surtout parmi les PME où il n\u2019y a pas de service de ressources humaines, que c\u2019était quelque chose de vraiment important.» En plus d\u2019une formation pour acquérir le savoir-faire nécessaire dans le secteur d\u2019activité choisi, les participants suivent en tronc commun une cinquantaine d\u2019heures de cours pour améliorer leurs compétences en savoir-être, aussi désignées compétences génériques, articulées autour de la communication en milieu de travail, le travail d\u2019équipe et le service à la clientèle.Des enjeux loin de se révéler anodins.Des professionnels dans la quarantaine d\u2019organisations membres du RSSMO ont été formés pour devenir médiateurs entre le stagiaire et l\u2019entreprise à travers le projet FIT.Ils sont souvent mis à contribution lors de problèmes de communications ou d\u2019incompréhension en début de stage.« Régulièrement, les entreprises nous rappellent après trois ou quatre semaines pour nous dire que ça ne marchera pas , indique Mm e Genest.Avec l\u2019accompagnement, on arrive à dénouer l\u2019impasse.Puis cela se conclut souvent par une embauche.» Les suites du Rendez-vous « Le s c ompé t ence s g éné - riques, ça se développe, souligne Richard Gravel, vice-président de la Coalition des organismes communautaires pour le développement de la main- d\u2019œuvre (COCDMO).Et pour le faire, il faut des formations alternatives à ce que l\u2019on retrouve traditionnellement.» Loin de s\u2019inscrire contre le réseau scolaire, il souhaite néanmoins que le gouvernement du Québec, après le Rendezvous national sur la main- d\u2019œuvre des 16 et 17 février dernier, accorde de l\u2019importance aux approches dif fé- rentes peaufinées dans les organisations communautaires en matière d\u2019accompagnements, de stages ou d\u2019entreprises en insertion.« On a développé cette expertise et on sait qu\u2019on est capable de contribuer, précise-t-il.On veut que cette expertise soit reconnue et réutilisée.» Lors du Rendez-vous national sur la main-d\u2019œuvre, le discours du gouvernement, tout comme le sérieux de sa démarche, a plu à M.Gravel.Mais celui-ci demeurera attentif au prochain budget, impatient de constater comment les intentions vont se matérialiser.«C\u2019est par le financement qu\u2019on va permettre d\u2019accroître les services [et] permettre à tous d\u2019avoir accès à des mesures de formations», résume-t-il.La situation des «sans-chèque» M.Gravel souligne la situa- t ion des « sans-chèque », comme les immigrants parrainés ou les personnes faiblement scolarisées dans un emploi précaire, qui ne reçoivent ni aide sociale ni assurance- emploi et demeurent souvent laissés pour compte dans la structure de financement actuel.« On est dans un mode où l\u2019on demande aux organisations de prioriser les prestataires de la sécurité du revenu, explique Richard Gravel.C\u2019est cer tain que pour le ministère [de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale], il y a des avantages en coût.Puis c\u2019est une clientèle dif ficile à mobiliser.On est assez d\u2019accord avec ça.Mais il y a des gens, parce qu\u2019ils ne sont admissibles ni à l\u2019aide sociale ni à l\u2019assurance- emploi, qui voudraient des services et ne peuvent pas nécessairement y accéder.» Durant la première année du projet FIT, financé par la CPMT avec des critères plus souples, 40% des participants s\u2019avéraient des «sans-chèque».«Les enveloppes, au fil du temps, se restreignent pour cette clientèle, observe Karine Genest.Alors que, nous, on voit notre travail comme de la prévention.[\u2026] Si on ne s\u2019occupe pas de cette clientèle, ce sont des gens à risque de devenir prestataire » d\u2019un soutien public du revenu.Elle ajoute que, «souvent, le système scolaire traditionnel ne leur convient pas.Il faut trouver des modèles alternatifs pour pouvoir les soutenir».Le Rendez-vous national sur la main-d\u2019œuvre, organisé à Québec les 16 et 17 février dernier par le gouvernement Couillard, a suscité de nombreux espoirs chez les organismes communautaires spécialisés dans la formation continue et l\u2019employabilité.Reste à voir si leurs approches et leurs expertises seront prises en considération dans les suites données à cet événement.RÉSEAU DES SERVICES SPÉCIALISÉS DE MAIN-D\u2019ŒUVRE Le projet Formation intégration travail (FIT) accompagne les participants à travers une formation suivie en alternance avec un stage dans un milieu de travail du secteur manufacturier, de la bureautique, du commerce de détail, de l\u2019agriculture ou de l\u2019industrie maritime. ÉDUCATION L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 M A R S 2 0 1 7 I 3 Ce cahier thématique a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.Pour toute demande d\u2019information quant au contenu de ce cahier, vous pouvez contacter par courriel Loïc Hamon, directeur des publications spéciales, à lhamon@ledevoir.com.Pour vos projets de cahiers ou toute autre information au sujet de la publicité, vous pouvez contacter Mark Drouin, vice-président des ventes publicitaires, à l\u2019adresse courriel mark.drouin@ledevoir.com.M A R T I N E L E T A R T E Collaboration spéciale A lors que de plus en plus de personnes de 16 à 20 ans fréquentent des centres d\u2019éducation des adultes, les cas de dif ficultés d\u2019apprentissage et de troubles d\u2019adaptation sont plus fréquents dans les classes.Or, les professionnels qui pourraient aider cette clientèle sont généralement peu présents dans les centres d\u2019éducation des adultes.Une situation qui n\u2019est pas sans complexifier la tâche des enseignants et inquiéter la Fédération autonome de l\u2019enseignement (FAE).« Dans cer tains de nos milieux de travail, notamment à Vaudreuil-Soulanges, c\u2019est presque 50% des classes à l\u2019éducation des adultes qui sont composées de gens de 16 à 20 ans», constate Nathalie Morel, vice- présidente à la vie professionnelle à la FAE.Dans la province, la moyenne pour cette tranche d\u2019âge dans les centres se situe plutôt autour du tiers de la clientèle.« Les enseignants se retrouvent ainsi avec beaucoup de jeunes dans leur classe qui quittent l\u2019école secondaire avant d\u2019obtenir leur diplôme pour se retrouver rapidement à l\u2019éducation des adultes avec toutes sortes de préjugés, par exemple, que ce sera plus facile et qu\u2019ils pourront faire ce qu\u2019ils veulent », raconte Nathalie Morel.D\u2019abord, ce changement de clientèle suscite des questions à ses yeux.« Pourquoi tous ces jeunes quittent-ils l\u2019école avant d\u2019obtenir leur diplôme pour poursuivre leur parcours à l\u2019éducation des adultes ?Leur place ne serait-elle pas plutôt à l\u2019école secondaire ?Est-ce que l\u2019école secondaire fait bien son travail ?» En outre, plusieurs de ces jeunes ont des problèmes d\u2019adaptation et des difficultés d\u2019apprentissage.« On voit beaucoup de dyslexie, des problèmes psychosociaux, comme de la toxicomanie et de l\u2019anxiété, énumère Mme Morel.Ce sont les mêmes enjeux qu\u2019on retrouve dans le secteur des jeunes finalement.» Des réalités bien différentes de la clientèle plus traditionnelle de ces centres composée de personnes qui ont arrêté l\u2019école il y a plusieurs années.«Ces gens prennent leur courage à deux mains pour retourner sur les bancs d\u2019école, explique Mme Morel.Parce qu\u2019ils se sentent limités et veulent parfaire leur formation, ou arriver à aider leurs enfants dans leurs devoirs.Leurs besoins sont bien dif férents de ceux des jeunes de 16 à 20 ans.» Manque de ressources En plus de cette dichotomie vécue dans les classes, les centres d\u2019éducation des adultes n\u2019ont pas les ressources des écoles secondaires pour répondre aux besoins par ticu- liers de cette clientèle.« Ils n\u2019ont généralement pas d\u2019orthopédagogues, d\u2019orthophonistes, ni de psychologues, affirme Nathalie Morel.Et, les enseignants ne sont pas formés en adaptation scolaire, alors ils sont démunis devant ces problématiques complexes.» De plus, le plan d\u2019intervention des élèves avec des difficultés d\u2019apprentissage et différents troubles utilisés dans les écoles secondaires ne les suit pas automatiquement lorsqu\u2019ils traversent du côté de l\u2019éducation des adultes.Le consentement du jeune est obligatoire.« Mais plusieurs n\u2019ont pas envie que tout ce qui est inscrit là-dedans les suive, af firme Mme Morel.C\u2019est un obstacle de plus pour les enseignants.» Des adultes en zone grise Les centres d\u2019éducation des adultes sont aussi aux prises avec une réalité fort différente des écoles secondaires par rappor t aux élèves avec des besoins particuliers.L\u2019article 1 de la Loi sur l\u2019instruction publique garantit le droit aux services d\u2019enseignement jusqu\u2019à 18 ans, ou 21 ans dans le cas d\u2019une personne handicapée.« Alors, est-ce que les montants alloués aux adultes en difficulté sont réservés uniquement aux adultes jusqu\u2019à 18 et 21 ans ?questionne Mme Morel.Qu\u2019arrive-t-il après ?Nous sommes dans une zone grise parce que la scolarisation n\u2019est plus obligatoire.» On conseille d\u2019ailleurs aux enseignants de l\u2019éducation des adultes, face à des dif ficultés persistantes chez un étudiant, de lui recommander de consulter un organisme en santé et services sociaux.« C\u2019est dans leur contrat de travail, affirme Mme Morel.Or, ces organismes, ce sont des groupes communautaires et des CLSC qui, eux aussi, manquent de ressources.Et, on ne peut pas dire à la clientèle des centres d\u2019éducation des adultes, généralement démunie, de consulter des professionnels dans le privé.Alors, les enseignants ne savent pas quoi faire.Il faut s\u2019occuper de ces gens.» Quelques progrès Des mesures budgétaires ont tout de même été mises en place ces dernières années pour aider les adultes en difficultés.Les commissions scolaires reçoivent depuis près de 10 ans une somme annuelle pour fournir de l\u2019aide pour les gens en formation professionnel le et à l \u2019éducat ion des adultes.« Par contre, il y a un grand flou sur la façon dont peuvent être dépensées ces sommes, considérant qu\u2019il y a très peu de professionnels dans ces centres, affirme Mme Morel.De plus, la somme reçue accordée à l\u2019éducation des adultes varie d\u2019une commission scolaire à l\u2019autre.Or, on a tendance à voir davantage de gens en très grande dif ficulté dans les centres d\u2019éducation des adultes que dans les centres de formation professionnelle où plusieurs programmes ont des cours préalables.Il faudrait une somme dédiée aux centres d\u2019éducation des adultes.» Depuis peu, une aide supplémentaire pour chaque élève à besoin par ticulier a aussi été mise en place.« On fait référence à des conseillers pour les guider dans leur parcours.Mais, est-ce que ce sont les services dont les jeunes ont vraiment besoin ?», se demande Mme Morel.Les enjeux sont grands, mais des améliorations sont en cours, d\u2019après la FAE.« Le ministère de l\u2019Éduca- t ion est maintenant bien conscient de ce changement d e c l i en t è l e e t d e s c on s é - quences, af firme Mme Morel.On étudie les enjeux, mais on ne va pas assez rapidement encore vers un meilleur accès aux ressources pour répondre aux besoins.» La FAE regroupe huit syndicats qui représentent 34 000 enseignants, soit le tiers du personnel enseignant au Québec.Elle est présente dans 10 commissions scolaires à travers la province.ÉDUCATION DES ADULTES Des adultes en difficulté, des enseignants démunis M A R T I N E L E T A R T E Collaboration spéciale P lus d\u2019un million de Québécois de 16 à 65 ans ont de graves dif ficultés de lecture.Or, seulement 5 % d\u2019entre eux environ entreprennent une démarche d\u2019alphabétisation auprès d\u2019un groupe populaire en alphabétisation ou d\u2019un centre de formation des adultes.C\u2019est parce que les obstacles y sont nombreux, d\u2019après le Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec (RGPAQ).S\u2019il se réjouit de l\u2019annonce d\u2019un nouvel investissement gouvernemental pour soutenir ses membres, le RGPAQ est également convaincu que le Québec a besoin d\u2019une stratégie nationale d\u2019alphabétisation pour s\u2019attaquer à cet enjeu.Lorsqu\u2019on parle de réussite éducative, on fait généralement référence à la petite enfance, au rôle des parents, à la lutte contre le décrochage.«C\u2019est très bien, mais il faut aussi s\u2019occuper de la réussite éducative de l\u2019adulte pour lui-même, même s\u2019il n\u2019a pas d\u2019enfants » affirme Caroline Meunier, responsable au développement des analyses et des stratégies au RGPAQ.C\u2019est ce que l\u2019organisme a fait valoir lors de la consultation sur la réussite éducative menée l\u2019automne dernier par Sébastien Proulx, ministre de l\u2019Éducation, du Loisir et du Sport.Pour le RGPAQ, l\u2019adulte est un apprenant, et on doit viser la réussite éducative tout au long de la vie.« L\u2019adulte a aussi droit d\u2019avoir une réussite éducative, affirme Mme Meunier.S\u2019il est analphabète, ou peu scolarisé, c\u2019est parce qu\u2019il a vécu des échecs à l\u2019école lorsqu\u2019il était jeune.Une fois qu\u2019il est adulte, il faut lui donner les moyens de réussir.» 19% de la population québécoise Les analphabètes crient rarement leurs difficultés sur les toits, mais ils sont bien présents au Québec.D\u2019après les der niers résultats du Programme pour l\u2019évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA), publiés en 2013, 19 % des Québécois de 16 à 65 ans, soit plus d\u2019un million de personnes, avaient de grandes dif ficultés de lecture, soit un niveau de littéracie de 1, ou inférieur à 1.«Ce sont des gens qui sont en situation d\u2019exclusion par rapport à l\u2019écrit, au niveau des revenus, de la capacité à se trouver un emploi et à le maintenir», explique Mme Meunier.Par contre, cette étude n\u2019a pas couvert la situation des 65 ans et plus.«Il ne faut pas les oublier parce qu\u2019ils sont aussi nombreux et plus on vieillit, plus on assiste à une déperdition des compétences», affirme Mme Meunier.Plusieurs obstacles à l\u2019alphabétisation Entreprendre une démarche d\u2019alphabétisation représente souvent un long cheminement.« D\u2019abord, il a fallu que la personne reconnaisse qu\u2019elle a des difficultés, et cela se fait souvent après un élément déclencheur, comme une incapacité à aider son enfant dans ses devoirs, la perte de la personne qui l\u2019aidait à lire dans son quotidien, ou une recherche d\u2019emploi infructueuse», explique Caroline Meunier.Puis, plusieurs personnes avec de graves difficultés de lecture ont multiplié les échecs scolaires et ne veulent pas retourner sur les bancs d\u2019école.Les groupes populaires en alphabétisation proposent d\u2019ailleurs une approche alternative qui s\u2019inscrit en complémentarité avec les services des centres d\u2019éducation aux adultes.«Nous proposons des milieux de formation non formels qui ne visent pas la diplomation, mais où on travaille à accomplir dif férents objectifs établis par l\u2019apprenant, sans contrainte de programme, explique Mme Meunier.C\u2019est vraiment une autre forme de réponse qui permet à des gens de s\u2019alphabétiser.» À la fin de la consultation sur la réussite éducative, le ministre Sébastien Proulx a d\u2019ailleurs annoncé un investissement de 9 millions de dollars dans l\u2019enveloppe qui finance des groupes communautaires dans le domaine de l\u2019éducation, notamment les groupes populaires d\u2019alphabétisation.«Nous ne savons pas encore quelle part ira à l\u2019alphabétisation, mais nous réclamions un réinvestissement depuis plusieurs années, af firme Mme Meunier.C\u2019est une somme importante, alors c\u2019est bienvenu.» Aide financière Le RGPAQ souhaite également que le gouvernement accorde une aide financière aux gens qui entreprennent une démarche d\u2019alphabétisation.«Nos services sont gratuits, mais ils occasionnent des frais indirects de transport et souvent, de gardiennage si la personne a de jeunes enfants, constate Mme Meunier.Ce sont des obstacles à l\u2019alphabétisation pour ces gens qui vivent déjà souvent dans la précarité.» D\u2019ailleurs, la précarité financière elle-même est un obstacle à une démarche d\u2019alphabétisation, d\u2019après le RGPAQ.«C\u2019est la pyramide des besoins de Maslow, indique Mme Meunier.Si on est en mode survie et que ses besoins de base ne sont pas tous comblés, on aura de la difficulté à investir de l\u2019énergie pour améliorer ses compétences en lecture.» Pour une politique nationale Développer une stratégie nationale de lutte contre l\u2019analphabétisme serait la voie à suivre pour s\u2019attaquer sérieusement à cet enjeu complexe d\u2019après le RGPAQ.Il s\u2019est d\u2019ailleurs uni avec d\u2019autres groupes communautaires et syndicaux pour former le Réseau de lutte à l\u2019analphabétisme et porter cette revendication.En plus de l\u2019intervention et de la prévention, ils souhaitent que cette politique permette d\u2019éviter que les difficultés de lecture et d\u2019écriture deviennent des facteurs d\u2019exclusion dans de multiples secteurs de la vie.«Nous souhaitons que les dif férents ministères soient impliqués, par exemple lorsqu\u2019ils produisent des formulaires que les citoyens ont à remplir, indique Caroline Meunier.Il faut des écrits simples et des humains facilement disponibles pour aider les personnes qui ne comprennent pas des portions du formulaire papier ou électronique.» Le ministère de la Culture pourrait aussi être impliqué en rendant la littérature plus accessible.« Il faudrait un meilleur accès à des romans qui s\u2019adressent à des adultes faibles lecteurs, af- firme-t-elle.Ces écrits redonnent confiance, les amènent à lire de plus en plus, développent leurs compétences en littéracie et favorisent leur inclusion.Il faut agir sur plusieurs fronts pour vraiment s\u2019attaquer à analphabétisme.» Le RGPAQ compte 76 membres, financés principalement par le gouvernement, qui offrent gratuitement des services d\u2019alphabétisation à travers la province.ALPHABÉTISATION Le droit de réussir à tout âge ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR « Pourquoi tous ces jeunes quittent-ils l\u2019école avant d\u2019obtenir leur diplôme pour poursuivre leur parcours à l\u2019éducation des adultes ?Leur place ne serait-elle pas plutôt à l\u2019école secondaire ?Est-ce que l\u2019école secondaire fait bien son travail ?» s\u2019interroge Nathalie Morel, vice-présidente à la vie professionnelle à la FAE. ÉDUCATION L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 M A R S 2 0 1 7 I 4 FORMATION CONTINUE Une génération sur les tablettes R É G I N A L D H A R V E Y Collaboration spéciale L a Centrale participait récemment au Rendez-vous national sur la main-d\u2019œuvre, dont l\u2019un des quatre thèmes portait sur « le développement des compétences et la formation continue ».Y a-t-il des signaux émanant de cette rencontre qui laissent voir qu\u2019une polit ique dans ces domaines pour rait voir le jour sous peu ?La présidente de la CSQ, Louise Chabot se montre claire ?« Pas du tout ! On est sortis de là et il n\u2019y a pas eu vraiment d\u2019indication du gouvernement sur la suite des choses.» Elle constate aussi que ce thème-là revêtait une grande importance : « S\u2019il reconnaît que l\u2019éducation c\u2019est majeur, ce gouvernement doit comprendre que celle-ci ne se limite pas au secteur des jeunes, soit au primaire et au secondaire.Il y a aussi la formation professionnelle et continue qui entre en ligne de compte ; il existe aussi une pression très for te qui est exercée sur lui du côté de l\u2019enseignement supérieur.» Elle s\u2019interroge : « Va-t-il vraiment prendre le virage qu\u2019il faut pour répondre finalement à l\u2019une de ses priorités ?Notamment sur le plan de la mise en place d\u2019une stratégie de la main- d\u2019œuvre afin de faire face au développement économique ?» Emploi-Québec évalue à 1 372 200 le nombre de postes qui seront à pour voir entre 2015 et 2024 : «Ce n\u2019est pas rien, et cela, sans compter que toute la réalité du marché du travail va aussi changer : on parle de quatrième révolution industrielle marquée par l\u2019ère du numérique et de la robotisation qui nécessitera une formation à distance.» Il y aura donc un grand nombre de postes à pourvoir et plusieurs autres qui vont subir des mutations avec le temps : «Si on veut répondre à ces changements, on ne peut pas laisser des politiques de formation continue sur des tablettes.C\u2019est primordial ! Parce que les travailleurs de demain, ce sont non seulement les jeunes qui sont actuellement sur les bancs d\u2019école, mais aussi les gens qui ont actuellement un emploi.» Une priorité se dégage La CSQ lance un cri d\u2019alarme sur toute cette question-là : «On dit que l\u2019accessibilité, c\u2019est l\u2019enjeu prioritaire de formation de la main- d\u2019œuvre.» À cet égard, la formation continue dans son ensemble, « c\u2019est une enveloppe budgétaire qui est fermée depuis 20 ans », signale Mme Chabot.Il en résulte que les budgets sont demeurés les mêmes durant cette période du côté de la formation générale des adultes et de la formation continue dans les cégeps : «C\u2019est plutôt incroyable sur le plan de l\u2019accessibilité, car plusieurs des commissions scolaires doivent actuellement limiter l\u2019accès à des apprentissages pour respecter leurs budgets.» Il en est ainsi « dans le domaine des adultes, où il y a 19% de la population québécoise [environ un million de personnes] âgée de 16 à 65 ans qui a de la difficulté en littératie.» Entre 26 et 46 ans, ce pourcentage grimpe à 39 % : « Il est donc essentiel que l\u2019on tienne compte de ces données quand on parle de formation continue et de défis que présente la main-d\u2019œuvre.Il n\u2019y a pas de politique depuis 2002 ni de plan d\u2019action depuis 2007, alors que les enveloppes n\u2019ont pas bougé depuis 20 ans.» Dans les cégeps, la situation se présente de la même façon, particulièrement sur le plan des attestations d\u2019études collégiales : « C\u2019est encore là un bon moyen de transmettre des connaissances à des travailleurs qui occupent des emplois ; c\u2019est pourquoi il importe de regarnir ces enveloppes-là.» Un appel à la flexibilité La CSQ réclame depuis 2011 des changements à la formation professionnelle.La présidente se remémore un forum qui s\u2019est alors tenu sur l\u2019adéquation avec l\u2019emploi : «On revendique depuis tout ce temps que cette formation puisse se donner à temps partiel.» Elle s\u2019interroge : «Comment est-il possible de développer certaines compétences si les commissions scolaires ne sont financées que pour les élèves qui sont inscrits à 15 heures et plus par semaine?» Il existe là encore des contraintes majeures d\u2019accès à ce type de formation qui exige une fréquentation sur une base de 15 heures par semaine : «On est loin du cours du soir à raison de trois heures par semaine comme dans les universités, alors que cette formation professionnelle s\u2019inscrit pourtant dans la solution face aux enjeux en matière de main-d\u2019œuvre.» De plus, il apparaîtrait profitable de financer les petites cohortes dans les cégeps situés en région : « Il serait avantageux d\u2019abaisser le nombre plancher d\u2019étudiants pour faciliter l\u2019accès à certains programmes.» Une clientèle de jeunes adultes Il se présente un autre défi à relever sur le plan de la formation des adultes, comme le laisse voir Louise Chabot : « C\u2019est souvent la meilleure des façons pour les travailleurs d\u2019acquérir des connaissances de base.» Dans ce contexte, « les inscriptions dans ce secteur explosent présentement en nombre : la moyenne d\u2019âge des élèves a beaucoup diminué parce que de plus en plus de jeunes veulent obtenir un diplôme et par faire leurs connaissances nécessaires à un emploi ».Là encore, des enveloppes fermées depuis longtemps ne peuvent répondre à des besoins criants.Elle résume les revendications émanant de divers horizons : « On parle de l\u2019accessibilité à l\u2019éducation, du temps par tiel pour la formation professionnelle, d\u2019une loi et d\u2019un plan d\u2019action qui viennent soutenir adéquatement la formation continue et les petites cohortes dans les régions.» Pour l\u2019instant, il existe un comité de suivi pour toutes ces questions : « Il est composé des syndicats et des partenaires du marché du travail.Ils ont un rôle à jouer pour faire avancer ces dossiers, mais le gouvernement en a un également, qui est de première impor tance : il est grand temps qu\u2019une stratégie et un plan d\u2019action de la formation continue voient le jour.» Depuis 2007, il n\u2019existe plus au Québec de politique ni de plan d\u2019action dans les champs de connaissance de la formation continue et dans celle des adultes.Pendant ce temps, il s\u2019est produit des virages majeurs sur le marché du travail qui exigent une mise à jour constante des compétences.Et il y aura des dizaines de milliers de postes à pourvoir au Québec sous peu ; ils nécessiteront des apprentissages qu\u2019une évolution technologique galopante exige déjà.La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) s\u2019inquiète.MICHAËL MONNIER LE DEVOIR L\u2019évolution des technologies en milieu de travail nécessite une meileure formation des adultes pour que ceux-ci développent leurs compétences dans ce domaine."]
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