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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2016-12-28, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I N o 2 9 5 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 8 D É C E M B R E 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Le Monde \u203a Trois quarts de siècle après l\u2019attaque de Pearl Harbor, Shinzo Abe et Barack Obama ont rendu hommage aux victimes de cette offensive qui précipita l\u2019Amérique dans la Seconde Guerre mondiale, et fait l\u2019éloge de la réconciliation.Page B 1 Sur la route \u203a Du transport intelligent aux chantiers multiples, retour sur une année riche en avancées et en rebondissements.Page B 5 Avis légaux.B 2 Décès.B 6 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Instantanés Le bal costumé Page A 4 Indépendance rime avec incertitude au sein du Sénat de Justin Trudeau Page A 3 Pluie verglaçante, grésil ou neige, la météo fascine, de Zeus à MétéoMédia Page A 2 S A R A H R .C H A M P A G N E D ans une course contre la montre avant sa sortie, l\u2019administration Obama tente de sauver ce qui reste du processus de paix is- raélo-palestinien.Le conflit diplomatique, déclenché vendredi par une résolution du Conseil de sécurité de l\u2019ONU, s\u2019intensifie.Le secrétaire d\u2019État John Kerry doit présenter ce mercredi dans un grand discours sa «vision complète » de la paix, dont « le chemin vers une solution à deux États ».«Nous ne l\u2019avons pas laissé tomber et nous ne pensons pas que les Israéliens et les Palestiniens doivent également [l\u2019abandonner] », a déclaré Mark Toner, chef de la diplomatie, dans ce contexte de tension.Le gouvernement israélien craint que ces principes pour un accord de paix se transforment à leur tour en une résolution onusienne.La France a déjà convoqué une conférence, prévue le 15 janvier, pour réitérer le soutien de la communauté internationale à la solution à deux États.Le premier ministre israélien, Benjamin Néta- nyahou, a accusé directement Washington mardi d\u2019avoir aidé à élaborer la résolution décla- CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN Les États-Unis d\u2019Obama jouent leur va-tout F R A N Ç O I S L É V E S Q U E A vec le décès prématuré de Carrie Fisher, c\u2019est la plus iconoclaste de ses enfants terribles que perd l\u2019industrie cinématographique américaine.L\u2019actrice de 60 ans venait de compléter le tournage du huitième volet de Star Wars lorsqu\u2019une crise cardiaque la foudroya en plein vol entre Londres et Los An- geles, le 23 décembre.Critique, son état s\u2019était stabilisé avant de se détériorer de nouveau.Elle est finalement décédée mardi matin.Fille de la vedette de comédie musicale Debbie Reynolds et du chanteur Eddie Fisher, Carrie Fisher naquit dans la royauté hollywoodienne.Un statut que cimenta son rôle de la princesse Leia dans la saga Star Wars.Or, comme elle se plut à l\u2019écrire et à le raconter sur scène, sa vie ne fut pas un conte de fées pour autant.Carrie Fisher vint au monde à Beverly Hills en 1956 alors que ses parents formaient l\u2019un des couples de célébrités les plus en vue de la planète.Elle s\u2019habitua dès son plus jeune âge, CARRIE FISHER 1956-2016 Partie pour une galaxie lointaine À l\u2019occasion du 375e anniversaire de la métropole, cette grande série explore les enjeux politiques, culturels, sociaux et économiques autour de dif fé- rents spor ts marquants dans l\u2019histoire de la ville.Deuxième de dix articles.J E A N D I O N L\u2019 histoire de Montréal regorge de dates mémorables liées au hockey, à tel point que leur seule énumération pourrait occuper un journal au complet.Rete- nons-en donc deux qui ont marqué des tournants essentiels dont on ressent encore les effets de nos jours.3 m ars 1875 .J ames Creighton a fait bien des choses dans sa longue vie \u2014 avocat, ingénieur, journaliste \u2014, mais ce qui lui vaut de passer à la postérité, c\u2019est d\u2019organiser le tout premier match de hockey dans une enceinte couverte connu.Certes, le sport existe déjà à ce moment sous une forme ou Le hockey des Montréalaises L\u2019histoire du sport national est liée à celle de la ville RUSSIE UNE BOÎTE NOIRE DE L\u2019AVION EST RETROUVÉE EN MER VASILY MAXIMOV AGENCE FRANCE-PRESSE Tandis que les Russes venaient déposer ?eurs et lampions au mémorial improvisé sur la côte de la mer Noire à Sotchi, les autorités retrouvaient mardi la première boîte noire de l\u2019avion qui s\u2019est écrasé dimanche peu après le décollage.La tragédie a fait 92 victimes, dont plusieurs membres des célèbres Chœurs de l\u2019Armée rouge.Ci-dessus, le portrait de l\u2019activiste Elizaveta Glinka, aussi décédée dans l\u2019écrasement.Page B 1 MUSÉE MCCORD L\u2019équipe de hockey du Royal Victoria College, campus McGill, en 1923 Carrie Fisher VOIR PAGE A 8 : HOCKEY VOIR PAGE A 8 : FISHER VOIR PAGE A 8 : ISRAËL L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 8 D É C E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 Pour annoncer, communiquez avec Evelyne De Varennes au 514.985.3454 ou edevarennes@ledevoir.com S A R A H R .C H A M P A G N E M arronnier des temps morts de l\u2019actualité, bavardage inof fensif par excellence, le temps qu\u2019il fait préoccupe les Québécois davantage qu\u2019ailleurs.Dans son bilan 2016, Influence Communication a estimé que la météo se trouve au 16e rang des grands thèmes traités par les médias au Québec.Ce palmarès fait de la météo un sujet plus traité que l\u2019éducation, la pauvreté et les autochtones.Ses aléas pèsent plus de deux fois plus lourd dans la couverture médiatique provinciale que dans celle du reste du monde.I l ne fait ni la pluie ni le beau temps.Mais Éric Chati- gny les prédit mieux qu\u2019Environnement Canada.Après un bref récapitulatif des précipitations à Sainte- Agathe-des-Monts, il avoue d\u2019emblée être un mordu de météorologie.Depuis près d\u2019une quinzaine d\u2019années, il alimente durant une heure chaque matin le site meteolau- rentides.com, auquel se fient plusieurs milliers de visiteurs.« Quand j\u2019étais jeune, je regardais les deux sources principales [Environnement Canada et MétéoMédia], je m\u2019apercevais déjà des dif férences.J\u2019en étais passionné dès l\u2019âge de cinq ans», expose-t-il.Les modèles utilisés pour prévoir le temps, i l les connaît par cœur, même s\u2019il n\u2019est qu\u2019un amateur.« À l\u2019intérieur de 48 heures, les modèles sont presque tous égaux, mais ils ont des variantes im- por tantes pour les prévisions à long terme », note M.Chati- gny, admettant une préférence pour les modèles européens.Surtout, ce qui fait la dif férence selon lui est l\u2019interprétation humaine, plutôt qu\u2019automatisée.C\u2019est par exemple presque toujours le même ratio qui est appliqué pour les accumulations de neige, alors qu\u2019elles dépendent de la grosseur des flocons, qui, elle, dépend de la température extérieure.Il est loin d\u2019être le seul météorologue amateur très actif.Des pages Facebook dédiées aux vidéos YouTube d\u2019inconnus vues près de 200 000 fois, la météo infuse aussi la culture numérique.Au point où Environnement Canada les encourage à faire par tie de son programme d\u2019obser va- teurs volontaires.Ils sont ainsi plusieurs centaines à signaler au ministère les phénomènes météo, sur tout les plus violents, comme des rafales destr uctrices ou des pluies torrentielles.S\u2019en remettre à la puissance des éléments Ce sont d\u2019ailleurs les extrêmes qui passionnent le plus M.Chatigny.Des tempêtes de neige de sa jeunesse sur l\u2019île d\u2019Orléans aux orages violents, « la force de la nature qui se déchaîne est ce qu\u2019il y a de plus beau ».Pour Benoît Castelnérac, notre obsession collective \u2014 et individuelle \u2014 pour la météo tient du « sublime », un concept au-delà du « beau » en esthétique.« Le beau est à la mesure humaine, un tableau par exemple, le sublime dépasse l\u2019imagination.La météo est par fois d\u2019une violence inimaginable, notre cerveau n\u2019arrive pas en fait à imaginer autant de force, une puissance qui dépasse toute autre sur la terre », explique ce professeur au Dépar tement de philosophie et d\u2019éthique ap- pl iquée de l \u2019Université de Sherbrooke.Ce sentiment devant ce qui dépasse l \u2019entendement, le sublime, fonctionne aussi avec le « relâchement de la crainte » .De plus en plus mise en scène par les photos sur les réseaux sociaux et les alertes rouges sur nos cellu- la ires, la météo-spectacle joue sur « le dél ice d \u2019une frayeur apaisée », dit M.Cas- telnérac, quand on se sent bien à l\u2019abri au fond de son salon devant la catastrophe.Fascinés eux aussi par toutes les irrégularités aperçues dans le ciel, par « cette force surhumaine des éléments », dit le professeur, les Grecs anciens croyaient que les dieux communiquaient par ces phénomènes météorologiques.De Zeus à MétéoMé- dia, la météo est finalement « l\u2019une des rares choses qui continuent à nous échapper », conclut-il.Le Devoir De Zeus à MétéoMédia, dame Nature continue de fasciner La couverture médiatique et la multiplication des météorologues amateurs démontrent le pouvoir d\u2019attraction des éléments qui se déchaînent PHOTOS ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les aléas de la météo pèsent plus de deux fois plus lourd dans la couverture médiatique du Québec que dans celle du reste du monde.M A R I E - M I C H È L E S I O U I L e Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) a ouvert mardi une enquête sur les circonstances entourant le décès d\u2019un homme atteint par balle lors d\u2019une intervention policière survenue à Québec dans la nuit de lundi à mardi.L\u2019homme de 39 ans a été abattu après s\u2019en être pris à une policière avec une machette.Il aurait sorti cette arme blanche au terme d\u2019une poursuite policière qui a commencé à 2h30, à Lévis, pour ensuite se déplacer vers Québec.Les policiers «auraient tenté d\u2019intercepter l\u2019individu avec des tapis à clous, sans succès», a rapporté le BEI.Au terme de la poursuite, qui a duré environ 20 minutes, l\u2019homme aurait lancé une hache hors de son véhicule.«Les policiers auraient alors percuté le véhicule de l\u2019individu pour l\u2019intercepter.Il serait alors sor ti de son véhicule armé d\u2019une machette et l\u2019aurait utilisée pour frapper une policière au bras, lui infligeant des blessures mineures», selon le BEI.Au moins deux policiers auraient tiré en direction du suspect, dont le décès a ensuite été constaté à l\u2019hôpital.Ressources Le BEI a affecté neuf enquêteurs à ce dossier : ils devront notamment établir les circonstances ayant mené à la mort de l\u2019homme.Le Ser vice de police de la Ville de Montréal (SPVM) assistera le BEI dans son travail.Il fournira deux techniciens en identité judiciaire et un re- constitutionniste, qui travailleront sous la super vision des enquêteurs.Le Devoir Le BEI ouvre une enquête sur la mort d\u2019un homme abattu par la police à Québec Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Retour à la normale La pluie verglaçante qui a recouvert surtout l\u2019ouest de la province lundi a causé d\u2019importantes pannes de courant.De 17 000 clients privés d\u2019électricité au plus fort des pannes, Hydro- Québec n\u2019en dénombrait plus que quelques centaines au moment d\u2019écrire ces lignes, surtout dans les Laurentides et en Ou- taouais.De grésil à verglas, puis à pluie, les précipitations ont été tenues responsables de ces coupures d\u2019électricité, comme de la centaine de sorties de route et de collisions dénombrées par les autorités.Les températures à la hausse mardi ont contribué à rétablir la situation.M A R I E - M I C H È L E S I O U I L a photographe montréa- laise Johany Jutras lance un appel à l\u2019aide pour retrouver les 15 disques durs qu\u2019elle s\u2019est fait voler à la maison, tout juste avant Noël.Au retour d\u2019un voyage en Europe, le 24 décembre, la jeune photographe a trouvé son appartement du quartier Hoche- laga-Maisonneuve sens dessus dessous.Des cambrioleurs avaient profité de son absence pour « ouvrir toutes les portes d\u2019armoire, toutes les garde- robes, toutes les boîtes» et y voler des objets de valeur, dont ses disques durs.« C\u2019est toute ma vie, c\u2019est [mon travail] depuis le jour un», a-t- elle déclaré au Devoir.Dans l\u2019espoir de retrouver les malfaiteurs, les policiers ont recueilli des empreintes digitales dans l\u2019appartement.Afin de garder la «scène» intacte, la photographe n\u2019a pas le droit de réintégrer sa maison.Dix ans de travail Johany Jutras est photographe pigiste, notamment pour la Ligue canadienne de football.« J\u2019ai commencé en photo parce que mes trois frères plus jeunes jouaient au football, a-t-elle raconté.Sur mes disques durs, j\u2019ai des photos de toute leur carrière, mais aussi des photos de mes voyages personnels, du mariage de ma grand-mère\u2026» Avec le cambriolage, dix années de travail et de nombreux souvenirs se sont envolés.Dans l\u2019espoir de récupérer ce qui lui appar tient, la photographe demande aux malfaiteurs de déposer ses disques durs dans un sac et d\u2019y inscrire son nom.« Qu\u2019ils le laissent dans un lobby d\u2019hôtel, dans un Starbucks, pour qu\u2019on me les rende», a-t-elle suggéré.Le vol des disques durs de Johany Ju- tras rappelle celui dont a été victime Jacques Nadeau.Ce photographe du Devoir s\u2019est fait voler en 2015 des disques durs contenant des dizaines de milliers de photographies.Le cambriolage avait eu lieu pendant que le photographe était au travail.Dans la copropriété d\u2019Outremont de Jacques Nadeau, le voleur s \u2019est emparé de c inq disques durs contenant plusieurs téraoctets de photographies, lesquelles représentent 35 ans de carrière.Les disques durs n\u2019ont jamais été retrouvés, mais l\u2019enquête policière est toujours en cours, confirme le Service de police de la Ville de Montréal.Le Devoir Une photographe montréalaise à la recherche de ses clichés volés PHOTO FOURNIE PAR JOHANY JUTRAS Johany Jutras est photographe pigiste et travaille notamment pour la Ligue canadienne de football.La glace avait disparu des trottoirs au cours de la journée de mardi.Avec le cambriolage, dix années de travail et de nombreux souvenirs se sont envolés 15 Nombre de disques durs que la photographe Johany Jutras cherche à retrouver L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 8 D É C E M B R E 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa S i le représentant de Justin Trudeau au Sénat se réjouit que la Chambre haute compte de plus en plus de sénateurs indépendants, il consent en revanche que cela lui rend la tâche dif ficile.Le sénateur Peter Harder reconnaît que son rôle a ses limites, dans un Sénat complètement restructuré, et qu\u2019il dépend surtout de la bonne foi de ses collègues ainsi que de celle du gouvernement.Car même s\u2019il laisse planer la menace de bâillons pour arriver à ses fins s\u2019il le faut, Peter Harder est forcé d\u2019admettre qu\u2019il n\u2019aurait aucun moyen de s\u2019assurer d\u2019avoir gain de cause faute d\u2019appuis acquis.« Cela fait partie du défi, admet le sénateur Harder en entrevue bilan avec Le Devoir.Mais vous ne pouvez pas demander d\u2019avoir un Sénat qui soit plus indépendant, qui offre son jugement et sa réflexion, et ensuite être étonné quand il le fait.» Le sénateur ontarien représente le gouvernement Trudeau au Sénat depuis neuf mois, période au cours de laquelle le premier ministre libéral a procédé à 27 nominations sénatoriales, outre celle de M.Harder.« Combler les vacances avec des sénateurs indépendants renforce mon rôle tout autant que cela me pose des défis.Il y a des sénateurs qui par tagent les mêmes points de vue \u2014 quant à leur vision de leur travail, d\u2019exercer leur jugement sans avoir d\u2019identité partisane \u2014, ce qui sera gratifiant.Mais il n\u2019y a aucune garantie qu\u2019ils appuient le gouvernement », convient Peter Harder dans son bureau du Sénat alors qu\u2019il s\u2019apprête à quitter la colline parlementaire pour la relâche des Fêtes.La Chambre haute compte maintenant 34 sénateurs indépendants (l\u2019un d\u2019eux sera assermenté début 2017), 9 sénateurs non affiliés, 41 conservateurs et 21 d\u2019allégeance libérale.Trois sénateurs conservateurs et quatre d\u2019allégeance libérale prendront leur retraite en 2017 puisqu\u2019ils atteindront l\u2019âge de 75 ans.C-29 comme avertissement?Jusqu\u2019à présent, le gouvernement Trudeau a pu voir ses projets de loi adoptés au Sénat.Mais une impasse se profilait à l\u2019horizon pour son projet de loi budgétaire C-29.Une disposition sur la protection des consommateurs enrageait Québec et plusieurs sénateurs, qui s\u2019indignaient de voir Ottawa empiéter sur une compétence québécoise en donnant préséance à la Loi sur les banques.Le gouvernement a fini par abdiquer et retirer ce passage de son projet de loi.«Le gouvernement répond à la réalité d\u2019un Sénat qui n\u2019est pas là simplement pour signer, mais pour donner voix à des préoccupations », fait valoir le sénateur Harder.Il admet toutefois que la crise a été évitée, avec C-29, parce que le gouvernement a reculé.Autrement, des sénateurs \u2014 dont l\u2019indépendant André Pratte, pour tant nommé par M.Trudeau \u2014 auraient pu bloquer le projet de loi ou l\u2019amender de façon importante.Et faute d\u2019une majorité d\u2019appuis assurés, le sénateur Harder n\u2019aurait pas pu les en empêcher.« Je crois que tout cela va mieux fonctionner en pratique qu\u2019en théorie », réplique-t-il, « optimiste ».En théorie, les deux chambres du Parlement sont égales.Mais en réalité, la Chambre haute doit céder à la Chambre des communes puisque celle-ci est redevable aux électeurs, plaide-t-il en citant le projet de loi C-14 sur l\u2019aide à mourir.Les sénateurs l\u2019ont profondément modifié, mais ont accepté que les Communes rejettent la quasi-totalité de leurs changements.« Il y a des garde-fous.Nous ne sommes pas élus.Nous ne sommes pas la Chambre imputable», tranche le sénateur Harder.Aller plus vite Depuis le début de son mandat, le sénateur Harder n\u2019a pas eu à avoir recours à un bâillon.« C\u2019est un signe de bonne foi et d\u2019accommodements pragmatiques à la situation dans laquelle nous nous trouvons », dit-il.Mais il n\u2019exclut pas pour autant la possibilité de le faire.«Nous devons, en tant qu\u2019institution, réfléchir à la façon dont nous débattons, la façon dont nous délibérons, et comment nous décidons.» Le sénateur en a notamment contre la lenteur avec laquelle certains projets de loi ont été étudiés cet automne.Le projet de loi C-6 \u2014 qui vise à annuler la réforme conservatrice qui permettait de révoquer la citoyenneté d\u2019accusés de terrorisme ayant deux nationalités \u2014 a été transmis au Sénat en juin\u2026 pour être envoyé en comité sénatorial six mois plus tard, à la mi-décembre.«Ce n\u2019est pas vraiment débattre ou délibérer à un rythme qui apporte de la crédibilité à l\u2019institution», tranche-t-il.Dans un monde idéal, le sénateur Harder aimerait s\u2019entendre avec les représentants des sénateurs conservateurs, indépendants et d\u2019allégeance libérale \u2014 qui ont été expulsés du caucus libéral de Justin Trudeau il y a trois ans.Les clans conviendraient de débattre un certain nombre de jours d\u2019un projet de loi litigieux, puis de l\u2019envoyer rapidement en comité pour qu\u2019il y soit décortiqué.À défaut d\u2019ententes cordiales, cependant, « il y a un certain nombre d\u2019outils », note le sénateur Harder en évitant soigneusement de prononcer le mot «bâillon».Le Sénat a convenu cet automne de revoir la composition de ses comités pour accorder davantage de sièges aux indépendants en proportionnalité de leur nombre \u2014 40 % des sièges leur sont désormais réservés, 40 % aux conservateurs et 30 % aux libéraux.Les indépendants ont aussi eu droit à un budget d\u2019ensemble de 700 000$, afin d\u2019embaucher du personnel de soutien, de recherche ou de communications.Les 41 conservateurs ont droit à 1,3 million par année et les 21 libéraux, à 1,1 million.Le Devoir LE SÉNAT DE TRUDEAU Quand indépendance rime avec incertitude La multiplication des sénateurs sans allégeance politique complique la tâche du gouvernement ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE La Chambre haute compte 34 sénateurs indépendants, 9 sénateurs non af filiés, 41 conservateurs et 21 d\u2019allégeance libérale.U ne majorité de Canadiens jugent que l\u2019image du Canada à l\u2019étranger s\u2019est améliorée, selon un sondage qui a aussi enregistré une baisse de popularité pour le gouvernement libéral de Justin Trudeau.Un sondage Nanos mené en collaboration avec l\u2019Institut de recherche en politique publique (IRPP) révèle que 63 % des Canadiens trouvent que la réputation du Canada s\u2019est embellie ou quelque peu embellie \u2014 le chiffre le plus élevé depuis 10 ans.L\u2019an dernier, alors que le gouvernement Trudeau venait tout juste d\u2019être élu, 59 % des Canadiens estimaient que l\u2019image du Canada s\u2019était améliorée.Or, le gouvernement Trudeau ne semble pas bénéficier de cette perception positive sur le plan international.Il y a un an, 37 % des répondants jugeaient que la per for- mance des libéraux était très bonne.Cette année, seulement 15 % en disent tout autant \u2014 soit presque le même chif fre qu\u2019avait obtenu l\u2019ancien premier ministre Stephen Harper en 2014.En tout, 43 % des Canadiens ont qualifié le gouvernement libéral de très bon ou bon cette année par rapport à 60 % en 2015.Les répondants se sont montrés aussi plus critiques sur l\u2019orientation de leur pays.Il y a un an, 63 % d\u2019entre eux disaient que le Canada s\u2019en allait dans la bonne direction, alors que 54 % ont émis la même opinion cette année.L\u2019après Harper Le sondage de Nanos Research a été mené auprès de 1000 Canadiens qui ont été sélectionnés au téléphone et qui ont rempli le questionnaire en ligne entre le 16 et le 19 décembre.La marge d\u2019erreur est de 3,1 points de pourcentage, 19 fois sur 20.« Les opinions des Canadiens sur la direction suivie par le pays et la performance du gouvernement libéral sont comparables aux niveaux obtenus par les conservateurs après leur victoire électorale.En revanche, les avis des Canadiens au sujet de notre réputation internationale et du fonctionnement de notre fédération sont plus favorables depuis le gouvernement Trudeau », a analysé le président de Nanos Research, Nik Nanos.La Presse canadienne SONDAGE Les Canadiens estiment que leur image à l\u2019étranger s\u2019est améliorée au cours de la dernière année Les actions du gouvernement Trudeau reçoivent moins d\u2019appuis qu\u2019à pareille date il y a un an L a SQ a démantelé pour la première fois samedi dernier un laboratoire d\u2019encapsulage de fentanyl.Les résultats d\u2019analyse ont confirmé mardi qu\u2019il s\u2019agit bien de cette drogue « puissante et dangereuse », a déclaré un porte- parole de la Sûreté du Québec (SQ).Un kilogramme de la substance a été saisi, deux cents grammes d\u2019alprazolam, ainsi que deux presses à comprimés et une machine à encapsuler.Des saisies ont d\u2019abord eu lieu à Longueuil, Boucherville et Saint-Roch-de-Richelieu, avant de mener les 35 policiers de cette escouade vers le laboratoire à Potton en Estrie.Hausse des ordonnances À l\u2019autre bout du pays, le nombre de personnes disposant d\u2019ordonnances de trois mois ou plus pour des opioïdes a continuellement augmenté en Colombie-Britannique bien avant l\u2019explosion du nombre de cas de surdoses constatée cette année.Une recherche dirigée par Kate Smolina, de la Faculté de médecine de l\u2019Université de la Colom- bie-Britannique, révèle que, de 2005 à 2012, la proportion de la population prenant des opioïdes pendant une période prolongée est passée de 2,0 à 2,4%, ce qui représente une hausse relative de 19%.« 2 %, ça peut paraître peu, mais c\u2019est en fait considérable.En Colombie-Britannique, cela se traduit par environ 100 000 [personnes] », explique Mme Smolina.L\u2019usage des opioïdes est devenu une préoccupation majeure en Colombie-Britannique, 755 personnes ayant succombé à une surdose de janvier à la fin de novembre, dont 128 le mois dernier seulement.La Presse canadienne La SQ démantèle un premier laboratoire de fentanyl au Québec Peter Harder Le gouvernement répond à la réalité d\u2019un Sénat qui n\u2019est pas là simplement pour signer, mais pour donner voix à des préoccupations Peter Harder, leader du gouvernement au Sénat « » JACQUES NADEAU LE DEVOIR En tout, 43% des Canadiens ont qualifié le gouvernement libéral de très bon ou bon cette année. L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 8 D É C E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 Cadeau de fin d\u2019année des journalistes du Devoir, la série Instantanés propose des textes de fiction inspirés par des photos d\u2019archives du temps des Fêtes envoyées par des lecteurs à la rédaction.Aujourd\u2019hui, un texte de Laurence Clavel et un cliché de Marie Lavoie.L A U R E N C E C L A V E L D ans ma famille, on reçoit chez nous pour Noël une année et , l\u2019année d\u2019après, on réveillonne chez ma tante Gisèle, la sœur de Maman.C\u2019est sa grande sœur, mais elle est plus petite que Maman.C\u2019est bizarre parce que moi, ma sœur Valérie a 7 ans et demi et, en grimpant sur le comptoir, el le est capable d\u2019aller chercher les biscuits au beur re de pinottes que Maman cache en haut du frigidaire.J\u2019ai assez hâte d\u2019être aussi grande que Valérie pour pouvoir en manger en cachette ! Cette année, c\u2019était à notre tour de recevoir pour le réveillon.Sur la table de la cuisine, il y avait de la dinde et des p\u2019tites saucisses enrobées de bacon (miam !).Et Maman avait acheté une grosse bûche à la crème glacée.Celle avec des cerises et un père Noël dessus.Avec mon cousin Philippe, qui a le même âge que moi, on allait pouvoir jouer avec mes Lego dans le sous- sol et construire une cabane avec les coussins du divan.Et quand viendrait le temps pour la visite de s\u2019en aller, on se cacherait sous les manteaux empilés sur le lit de mes parents en espérant que les adultes ne nous trouvent pas.Comme ça, Noël ne serait jamais fini.Comme chaque année, Maman et ma tante Gisèle avaient organisé un concours.C\u2019est une tradition dans ma famille.Chaque Noël, on vote pour les meilleurs sandwichs pas d\u2019croûte ou le cadeau le plus original.Maman trouve ça bien important, ce concours- là.Je ne sais pas trop pourquoi, vu qu\u2019on ne gagne même pas de prix\u2026 En tout cas.L\u2019an dernier, c\u2019est mon oncle Denis qui a gagné le concours de la plus belle cravate avec son nœud papillon vert décoré de cannes de Noël.Maman n\u2019a pas arrêté de dire qu\u2019un nœud papillon, ce n\u2019est pas la même chose qu\u2019une cravate et que c\u2019était celle en corduroy rouge de Papa qui était la plus belle.Cette année, Maman voulait gagner.Elle avait organisé un bal costumé.Après le souper, tout le monde allait se déguiser.On mettrait de la musique de Noël et on danserait dans le salon jusqu\u2019à minuit.Maman avait pensé à son affaire.Elle serait la Vierge Marie ! Elle avait trouvé un châle bleu pareil comme celui de la petite figurine dans la crèche en dessous du sapin et Papa s\u2019était fait pousser la barbe pour ressembler à saint Joseph.Mon petit frère Francis est encore un bébé, alors il est toujours un peu déguisé en p\u2019tit Jésus.Valérie, elle, avait eu le droit de mettre son costume de princesse, à condition qu\u2019elle dise qu\u2019elle était la fée des étoiles, pour faire plus «Noël ».Je trouvais que c\u2019était une super bonne idée parce que ça voulait dire que je n\u2019étais pas obligée de porter une robe et des collants en laine-qui-pique pendant toute la soirée.Et j\u2019allais enfin pouvoir mettre mon déguisement de Robin ! C\u2019est Grand-papa qui me l\u2019a donné pour ma fête.J\u2019ai eu 5 ans le 4 novembre et l \u2019Halloween était déjà passée, alors Maman \u2014 même si elle aurait préféré que Grand-papa me donne un déguisement de Wonder Woman ou de Cyndi Lauper : des superhéros FILLES ! \u2014 m\u2019avait promis que je pourrais mettre mon costume à Noël.Mais ce n\u2019est pas ça qui est arrivé\u2026 À cause de mon cousin Philippe-le-tannant.Il a passé la soirée à faire des niaiseries et à raconter que le père Noël n\u2019existe pas.(C\u2019est son voisin Jonathan qui a 8 ans qui lui a dit ça.C\u2019est des menteries, c\u2019est sûr !) Il disait que c\u2019est les parents qui achètent les cadeaux de Noël et il a cherché partout dans la maison pour voir s\u2019il y en avait de cachés.Il en a trouvé un en dessous du lit de mes parents, mais Maman a dit que c\u2019était un cadeau pour sa collègue Johanne à la banque.Philippe avait quand même réussi à déchirer un bout d\u2019emballage et j\u2019ai vu que c\u2019était un tourne-disque Fisher Price.La collègue de Maman a demandé la même chose que moi au père Noël.On venait de mettre nos costumes et on attendait juste que mon oncle Denis finisse de se déguiser en bonhomme de neige avant de prendre des photos.Ma tante Gisèle trouvait que Philippe avait mangé trop de bûche de Noël puis qu\u2019il était bien trop excité.Il fallait se dépêcher parce que, après ça, eux autres allaient faire un bout.Mon cousin, déguisé en Lucky Luke, était en train de se balancer sur la chaise berçante du salon en criant « Huuue ! Cheval ! » quand il a vomi toutes ses p\u2019tites saucisses sur sa chemise.Il y avait aussi des morceaux de cerises au marasquin sur ses bottes de cowboy.Maman était juste à côté de lui et quand elle a voulu le lever pour l\u2019amener aux toilettes, Philippe a encore vomi.Sur le beau châle bleu de Maman.Maman est devenue rouge comme une tomate et elle a crié : «Gisèle : va don\u2019 nettoyer ton p\u2019tit tannant ! » en cherchant une napkin pour s\u2019essuyer.J\u2019étais d\u2019accord avec Maman : c\u2019est vrai que mon cousin est tannant.Sauf qu\u2019elle a ajouté, en me montrant du doigt : «Toi, Marie-Pierre, prête ton costume de superhéros à ton cousin.Qu\u2019il aille que\u2019que chose à s\u2019mettre pour la photo.Pis de toute façon, les superhéros, c\u2019est des affaires de p\u2019tits gars.» Quand le visage de Maman est de cette couleur-là, ça ne sert à rien de s\u2019obstiner.Mais j\u2019ai quand même dit : «Pis moi?Qu\u2019est-ce que j\u2019vais mettre?» \u2014 « Tu mettras ton déguisement de clown, là.Celui que t\u2019as mis à l\u2019Halloween.Pis dé- pêchez-vous, qu\u2019on en finisse ! » Ça fait que c\u2019est ça que j\u2019ai fait.«Pas de discussion.» J\u2019avais vraiment le goût de lui dire que ce n\u2019est même pas un vrai costume de clown parce qu\u2019il a des espèces d\u2019oreilles de lapin au lieu d\u2019un drôle de chapeau, mais je ne l\u2019ai pas fait.Et puis en plus, ce n\u2019est pas MON déguisement, c\u2019est celui de ma sœur\u2026 En tout cas.Finalement, c\u2019est mon oncle Denis-le-bonhomme-de-neige qui a gagné le concours.Mon cousin Philippe s\u2019est endormi sur le divan et on n\u2019a pas pu se cacher en dessous des manteaux.Ma tante Gisèle a dit qu\u2019il n\u2019y aura pas de bal costumé chez elle l\u2019année prochaine, « c\u2019est ben cer tain ».Mais si jamais elle change d\u2019idée, moi, je sais déjà comment me déguiser.En Batman! Le Devoir Le bal costumé O ttawa \u2014 Des restes de pomme de terre découverts sur la côte pacifique du Canada sont la « première preuve » que les populations autochtones d\u2019Amérique du Nord cultivaient déjà des potagers il y a presque quatre millénaires.Le champ de tubercules, découvert sur les terres ancestrales de la tribu Katzie, devenues aujourd\u2019hui la Co- lombie-Britannique, est la « première preuve » de jardinage par les tribus de chasseurs-cueilleurs de la région pendant cette période, selon une étude publiée dans l\u2019édition de décembre du journal Science Advances.Les auteurs de cette étude, menée par Tanja Hof fmann et des archéologues de l\u2019Université Simon Fraser, ont conclu que les populations autochtones de la région du nord-ouest pacifique avaient aménagé des zones marécageuses pour augmenter la production de ces plantes alimentaires sauvages.La tribu locale a vraisemblablement installé des pierres pour délimiter la culture et favoriser la pousse des wapatos, l\u2019équivalent des pommes de terre d\u2019aujourd\u2019hui.Les chercheurs ont également découvert 150 fragments d\u2019outils durcis par le feu sur le site d\u2019excavation, qu\u2019ils pensent être le bout de bâtons servant à travailler la terre.«Patates indiennes» L\u2019équivalent antique de la pomme de terre, qui poussait entre octobre et février, était pour les tribus autochtones une importante source de féculents pendant les mois d\u2019hiver.Les fouilles ont mis au jour 3768 wapatos, également appelées «patates indiennes».« Les restes que nous avons retrouvés étaient brun foncé ou noircis, et bien que seule la sur face extérieure ait survécu sur la plupart des spécimens, certains contenaient également de la pulpe à l\u2019intérieur », mentionne l\u2019étude.Agence France-Presse COLOMBIE-BRITANNIQUE Des chercheurs découvrent un champ de pommes de terre vieux de 4000 ans Il s\u2019agit d\u2019une « première preuve » de l\u2019existence de potagers cultivés par des tribus autochtones il y a près de quatre millénaires Téléchargez gratuitement la nouvelle application du Devoir et profitez d\u2019un accès illimité jusqu\u2019au 1er mars.OFFERTE PAR TEMPS LIBRE Resto, ?lms, musique, livres, vins\u2026 Trouvez l\u2019inspiration dans l\u2019application du Devoir.MARIE LAVOIE N ew York \u2014 L\u2019astronome américaine Vera Rubin, qui avait mis en évidence l\u2019existence de la matière noire, l\u2019un des grands mystères de l\u2019Univers, est morte dimanche à Princeton, à l\u2019âge de 88 ans.« Vera Rubin était un trésor national en sa qualité d\u2019astronome accomplie et un formidable exemple pour les jeunes scientifiques », a commenté le président de la Carnegie Institution for Science, Matthew Scott, dans le communiqué publié lundi.Embauchée par le Département de magnétisme terrestre de l\u2019institut en 1965, Vera Rubin s\u2019est rapidement intéressée aux mouvements des galaxies et à leur rotation.Au fil de ses recherches avec son collègue Kent Ford, elle s\u2019est aperçue qu\u2019au sein des galaxies qu\u2019elle a pu étudier la vitesse des étoiles n\u2019obéissait pas strictement aux lois de la gravité.Elle en a déduit la présence d\u2019une masse invisible à l\u2019observation, la matière noire, qui représente 90 % de l\u2019univers.La théorie de la matière noire avait déjà été présentée par l\u2019astrophysicien suisse Fritz Zwicky en 1933, mais la chercheuse américaine en a confirmé l\u2019existence.Pour les femmes Écartée par le prestigieux programme d\u2019astronomie de l\u2019Université de Princeton, qui n\u2019acceptait que des hommes, avant d\u2019être finalement diplômée de l\u2019Université de Cornell, puis de Georgetown, Vera Rubin aura été une ardente défenseuse de la cause des femmes.Elle fut notamment la première femme à avoir accès à l\u2019observatoire de Palomar, en Californie, en 1965.En 1993, elle avait été décorée de la médaille des sciences par le président Bill Clinton.Agence France-Presse ASTRONOMIE Une pionnière américaine rend l\u2019âme Vera Rubin a mis en évidence l\u2019existence de la matière noire ASSOCIATED PRESS Vera Rubin à Washington dans les années 1970 L\u2019équivalent antique de la pomme de terre était une importante source de féculents pendant les mois d\u2019hiver L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 8 D É C E M B R E 2 0 1 6 SOCIETE A 5 I S A B E L L E P A R É L a recette était simple, mais il fallait y penser.Prenez un chef étoilé, habitué à cuisiner pour les grands de ce monde.Offrez-lui de mettre sa toque et celle d\u2019autres cordons-bleus au service des plus déshérités.Ajoutez des aliments détournés des poubelles d\u2019une Exposition universelle et voilà la table mise pour une formidable expérience humaine et culinaire.Arrivé en salle juste avant Noël, Théâtre de la vie, documentaire humaniste réalisé par Peter Svatek, immortalise cette improbable rencontre entre les plus grandes toques du monde et les mal-aimés de la ville de Milan, survenue en marge de l\u2019Expo universelle de 2015.À l\u2019époque, l\u2019Europe tout entière vit les premières heures de la crise des migrants.Tenue sous le thème « Nourrir la planète », l\u2019exposition inspire au grand chef Massimo Bottura une idée folle, sur fond de lutte contre le gaspillage alimentaire : celle de rassembler 60 des plus grands chefs du monde pour transformer en soupe populaire les aliments détournés des poubelles de l\u2019événement mondial.Un Théâtre de la vie Avec l\u2019aide du Vatican et de Don Giuliano, un prêtre hors du commun, il mettra à contribution non seulement ces chefs venus des quatre coins du globe, mais aussi des designers et des architectes pour loger sa tablée de démunis dans un théâtre désaffecté du quartier Greco, le plus pauvre de Milan.Rebaptisé le Reffetorio Ambrosiano, ce théâtre deviendra vite celui de tous les espoirs, de vies reconstruites grâce à des bouts de ficelle, quelques coups de pouce et des oreilles bienveillantes.« Je ne suis pas un foodie.Ce qui m\u2019a attiré dans ce projet, c\u2019est d\u2019abord la rencontre de deux mondes, de superstars de la cuisine avec ceux qui n\u2019ont rien du tout.Je voulais assister à cette rencontre et la documenter», raconte Peter Sva- tek, réalisateur du Théâtre de la vie.Plus qu\u2019une simple visite en cuisine, le documentaire capte le choc des cultures, témoigne de la réalité d\u2019ex-prostituées, d\u2019ex-toxicomanes, de handicapés, de réfugiés qui errent chaque jour à la recherche d\u2019un toit, d\u2019un repas, d\u2019un sens à donner à leur vie.«Nous avons vite réalisé que ce projet touchait à des choses beaucoup plus profondes que le seul gaspillage alimentaire.La vie a repris possession de ce théâtre et le film est devenu l\u2019histoire de ces personnes plus qu\u2019un film autour de Bottura.Le Théâtre est devenu plus qu\u2019un lieu pour se nourrir, mais un espace de communion», explique Svatek.À table Autour de grandes tables de réfectoire, ce théâtre ouvre tour à tour une fenêtre sur la vie de Stef fi, sans-abri depuis toujours, de Christiania, réfugiée nigériane arrivée sur un rafiot pneumatique, et de son bébé et de Fa- toung Dieng, Sénégalaise pourchassée et menacée de mort du seul fait d\u2019être née handicapée.Et aussi sur celle de Ferraz, réfugié jordanien immigré en Italie encore enfant, mais toujours sans toit où poser son sac, où trouver répit.Autour de ces âmes écorchées gravitent Massimo Bottura et ses mentors, dont les chefs Ferran Adrià du El Bulli de Gérone, Alain Ducasse de l\u2019Hôtel de Paris, et René Redzepi du Noma de Copenhague, venus mettre leur savoir-faire à profit pour transformer en festin les restants de pain séché, de sorbets, de fruits et de légumes amochés récupérés des dizaines de pavillons et d\u2019autres sites de restauration de la ville.« Et si on cuisinait pour des gens qui ne savent pas qui nous sommes ?Quand j\u2019étais petit, je me régalais d\u2019un bol de lait sucré et de croûtons de pain sec trempé.Le pain rassis de la veille peut valoir de l\u2019or pour tant de gens.Alors, qu\u2019est-ce qu\u2019on en fait ?» lance Bottura.Partir de rien En tâchant de tirer le meilleur de ces surplus alimentaires, Bottura comme Ducasse ou Red- zepi rappellent que la cuisine traditionnelle faisait le plein de ces aliments sur lesquels bien des chefs lèvent aujourd\u2019hui le nez.«Ferran nous a montré qu\u2019avec des miettes de pain ou des croûtes de parmesan, on peut transmettre bien plus d\u2019émotions qu\u2019avec du caviar», soutient Bottura.« Quand on regarde beaucoup de plats traditionnels, ils sont toujours créés par nécessité, souvent à partir de restes que les gens n\u2019utilisaient pas », rappelle Daniel Humm, chef du Eleven Madison Park à Manhattan.Travailler avec des restes pousse les chefs à rivaliser d\u2019ingéniosité pour mousser tant le goût que les qualités nutritives de denrées plus qu\u2019ordinaires, insiste Virgilio Martinez, chef au Central Restaurante à Lima.Et ça sent bon le pain grillé au Théâtre de la vie, alors que sautent dans la poêle croûtons, oignons, fenouil, curcuma et un peu d\u2019eau.Fruits tropicaux, sorbets arrivés à leur date de péremption, lait et jus vont finir en desserts.Derrière les fourneaux, on retrouve aussi Dave Hertz, fondateur de Gastromotiva, un organisme brésilien de réinsertion sociale et de cuisine collective qui ne travaille qu\u2019avec des aliments réchappés des bennes.Her tz met la main à un pain aux pommes et un chutney fait de pelures de bananes.«C\u2019est bon, mais j\u2019en aurais pris plus ! » lance un des convives de cette tablée, qui prend des airs de rituel religieux.Que du gâteau De son côté, René Redzepi, chef du Noma de Copenhague, sacré plusieurs fois meilleure table au monde, amalgame à la main une compote de pétales de roses sauvages à des fruits de la passion réduits en purée.Son restaurant, dit-il, sera bientôt constitué de deux parties, l\u2019une pour servir les clients, et l\u2019autre pour accueillir une soupe populaire.« Faire un gâteau chaque mois pour les plus démunis pour un restaurant, ce n\u2019est pas dif fi- cile.Tout restaurant peut faire cela.Peut-être parce que mon père était un immigrant albanais, sans le sou, venu vivre au Danemark, je comprends cela.Pour les réfugiés, c\u2019est encore pire.Ils ont vraiment besoin d\u2019un gâteau», lance le chef interrogé dans le documentaire.Jeremy Charles, du Raymonds de Saint-Jean à Terre-Neuve, et John Winter Russell, du Candide à Montréal, viennent mettre la main à la pâte de ce projet philanthropique.« On utilise les noyaux de prunes infusés pour donner du goût au gelato.Le pain de la veille, on peut le moudre et l\u2019ajouter au gâteau pour servir de liaison.Moitié pain moulu et moitié farine », explique ce dernier.Cuisiner éthique Pour Massimo Bottura, qui a voulu faire du Ref feterio Ambrosiano un projet permanent, c\u2019est toute la conception du milieu culinaire et de l\u2019alimentation dans le monde qui est appelée à changer.«La cuisine du futur ne doit pas servir qu\u2019aux gens de l\u2019élite.On ne doit pas utiliser nos compétences que pour des plats qui relèvent de l\u2019esthétique, mais pour des plats qui relèvent de l\u2019éthique », insiste le chef, qui a depuis créé Food for Soul, un organisme destiné à soutenir les soupes populaires dans le monde.« Ces repas ne changent peut-être rien à la faim dans le monde et au gaspillage alimentaire, ajoute le réalisateur, mais pour chacune des personnes qui y ont trouvé refuge et qui sont venues s\u2019y rassasier, ce fut une expérience marquante dans leur vie.» Le rêve de Bottura relève peut-être de l\u2019utopie, mais pour les pauvres de Milan, la table est maintenant toujours mise au Reffetorio Ambro- siano.Et il n\u2019y a pas de miettes.Le Devoir THÉÂTRE DE LA VIE, CONTRER LE GASPILLAGE, COMBLER LA FAIM Peter Svatek, ONF, 2016, 94 minutes En salle à travers le Canada Des chefs étoilés s\u2019unissent pour les plus démunis Le Théâtre de la vie raconte la participation de 60 toques du monde à un projet de lutte contre la faim SOURCE ONF Le grand chef italien Massimo Bottura a eu une idée folle, sur fond de lutte contre le gaspillage alimentaire : ouvrir un réfectoire pour les gens qui ne mangent pas à leur faim.SOURCE ONF Les chefs ont fait le pari de tirer le meilleur des surplus alimentaires.Ferran nous a montré qu\u2019avec des miettes de pain ou des croûtes de parmesan, on peut transmettre bien plus d\u2019émotions qu\u2019avec du caviar Massimo Bottura, chef de l\u2019Osteria Francescana de Modène « » Rien ne symbolise mieux les dif ficultés de l\u2019administration Co- derre que le règlement sur le contrôle des animaux, adopté cet automne.Retour sur un feuilleton rocambolesque.e Devoir a dit tout le mal qu\u2019il pensait des chiens de type pitbull.Les Montréalais n\u2019ont pas à tolérer dans l\u2019espace public ces races indésirables de chiens de combat, réputées pour leur propension à attaquer et même tuer des êtres humains sans la moindre provocation.Même s\u2019il est imparfait, le règlement municipal adopté par la Ville de Montréal a sa raison d\u2019être.Le règlement permettra de sauver des vies, et il évitera que des enfants soient dé?gurés en toute impunité par des molosses indomptables.L\u2019administration Coderre a raison de vouloir éliminer graduellement la présence de chiens de type pitbull sur son territoire et d\u2019exiger que les propriétaires se soumettent à des contrôles plus stricts, a?n que les chiens soient enregistrés, vaccinés et muselés.Cela tombe sous le sens.C\u2019est la solution du moindre mal, à défaut de pouvoir agir sur l\u2019irresponsabilité des propriétaires de chiens qui considèrent l\u2019agressivité de « toutou» comme une vertu.Depuis que la validité du règlement a été con?rmée par la Cour d\u2019appel, la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) se livre à un chantage éhonté.À la ?n du mois de mars, l\u2019organisme cessera de s\u2019occuper des chiens de neuf arrondissements de Montréal, en guise de protestation contre l\u2019adoption du règlement.Il s\u2019agit d\u2019une mesure draconienne, alors qu\u2019il existe une autre avenue dans une société de droit : poursuivre la contestation devant les tribunaux.La SPCA n\u2019est pas un lobby comme les autres.L\u2019organisme assume, par contrat, des responsabilités normalement dévolues à une municipalité en matière de contrôle animalier.Dans le dossier des chiens de type pitbull, la SPCA fait peu de cas des conséquences de son activisme sur l\u2019organisation des services à Montréal.Elle fait passer le bien-être et l\u2019intérêt animal, qui constituent le cœur de sa mission, avant la sécurité des Mont- réalais, dont les élus municipaux sont les ultimes garants.Dans ces circonstances, on comprend pourquoi la Ville de Montréal veut se doter d\u2019une fourrière, en principe en 2018.Les Montréalais ne peuvent pas compter sur la SPCA ni le Berger blanc (un organisme montré du doigt pour le mauvais traitement des animaux par le passé) pour assurer la prestation d\u2019un service public.Il est tout à fait souhaitable, voire sain dans une démocratie, de compter sur des organisations de défense des droits des animaux.Seulement, leur militantisme ne fait pas bon ménage avec la prestation de services publics.Les chiens ne sont pas les seules victimes du règlement sur le contrôle des animaux.Dans une décision sans queue ni tête, l\u2019administration Coderre a décidé de frapper aussi sur les chats.Ce libertaire sans attache, volage et farouchement libre devra lui aussi porter sa médaille.Jusque-là, rien à redire.Toutefois, le chat pris en ?agrant délit de ?ânerie sur le terrain d\u2019un voisin sera traité comme un indésirable.Les chats de Montréal, voyez- vous, devront apprendre à rester sur leur terrain, sous peine d\u2019une amende de 500 $ à 750 $.Quel fonctionnaire féroce \u2014 à défaut d\u2019un autre quali?catif moins poli \u2014 a pu s\u2019imaginer un seul instant que ces créatures, déi?ées dans l\u2019Égypte pharao- nique, allaient s\u2019abaisser à respecter la réglementation municipale de simples mortels ?La propriétaire de la Clinique vétérinaire du Plateau Mont- Royal y est allée d\u2019une remarque savoureuse au sujet de ce règlement.«C\u2019est clair que le territoire de chasse du chat est déterminé par le chat et non pas le service des cadastres de la Ville de Montréal », a-t-elle dit.Cette section du règlement, sortie de nulle part, vient apporter un remède pressant à un mal inexistant.Contrairement au chien fou qui mord, tue ou dé?gure, le chat qui se prélasse chez le voisin ne représente pas une menace.Qu\u2019on le laisse dormir, et la sécurité du public sera assurée.La vie municipale est parfois une en?lade de complots de salon et de pantalonnades dont le règlement « antichat » est une belle illustration.Le « dossier » des chats n\u2019a fait l\u2019objet d\u2019aucun débat de société cette année, et pourtant, les félins sont tombés dans le même ?let réglementaire que les pitbulls.Espérons que le «gros bon sens», la vertu préférée du maire Denis Coderre, reprenne ses droits en 2017.Un chat n\u2019est pas un pitbull.L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 8 D É C E M B R E 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Corneau injustement snobée par le Québec J\u2019ai connu Joanne Corneau lorsque nous vivions nos premiers instants de création dans nos ateliers respectifs, il y a de cela 35 années.Déjà, la peinture était sa raison d\u2019être et son but était de la partager avec le monde entier.Il n\u2019y avait pas de frontière pour elle.Johanne partageait le succès des autres avec autant d\u2019enthousiasme que le sien.Généreuse et passionnée.Une artiste à part.Déjà, Johanne dessinait et peignait le corps et le visage humain avec fougue et sensualité.Elle vivait en osmose avec ses personnages.Ses premières expos furent remarquées et son public était ému par ces personnages si percutants.Beaucoup, ses admirateurs et bientôt les gens de partout étaient émus et se retrouvaient dans ces gestes fougueux et presque vivants.On la confondait facilement avec ses œuvres, dans lesquelles elle projetait une force inouïe.Sa peinture était son image.Ses admirateurs l\u2019adoraient, elle devint presque une idole.Mais le monde de l\u2019ar t du Québec n\u2019avait rien à foutre d\u2019une œuvre de sensibilité, de sexualité et souvent de vulgarité qui rejoignait tant d\u2019amateurs.On aimait mieux la merde d\u2019éléphant de Damien Hirst qui était plus «songée ».Une œuvre L I B R E O P I N I O N J E A N - S É B A S T I E N M A R S O L A I S Étudiant à la maîtrise en politique appliquée à l\u2019Université de Sherbrooke L e texte de Marie-Michèle Sioui « \u201c1984\u201d ne fait plus peur aux jeunes» (Le Devoir, 17 décembre) tire la sonnette d\u2019alarme : les jeunes du secondaire seraient plus conformistes que jamais, obéissant de manière obtuse à des exigences de performance et se désintéressant du maintien des libertés civiles.De plus, ils se ficheraient de plus en plus d\u2019acquérir une culture générale jugée inutile dans une perspective utilitaire de courte vue limitée uniquement à l\u2019obsession du débouché à l\u2019emploi.L\u2019article souligne l\u2019impuissance d\u2019un enseignant face à ce phénomène et laisse le lecteur sur une impression de désespoir.Mon expérience me mène à penser un peu autrement.Je suis tuteur depuis quelques années auprès de jeunes du cégep ou du secondaire que j\u2019aide en diverses matières : français, mathématique, histoire, etc.Entendons-nous tout de suite : mon travail ne me met pas en contact avec les premiers de classe, mais bien plus souvent avec les élèves qui ont des difficultés.Il est cer tain que je constate un certain conformisme, voire une certaine incuriosité primaire chez plusieurs d\u2019entre eux.Mais quoi de plus banal pour des adolescents dont la personnalité est en construction?L\u2019école secondaire me semble avoir toujours été le lieu de la dictature du conformisme et de l\u2019obsession désespérée de la perfection.C\u2019est le souvenir que j\u2019en garde, du moins.En cela, ni- hil novi sub sole ! (Il n\u2019y a rien de nouveau sous le soleil.) Cependant, je vois aussi chez les élèves que je côtoie une immense curiosité qui ne demande qu\u2019à être développée et nourrie.À titre d\u2019exemple, j\u2019ai déjà eu une conversation passionnante avec une élève de 15 ans sur le concept d\u2019ipséité ; j\u2019ai aussi, avec un garçon de 14 ans, entamé une discussion sur le passage du féodalisme à la monarchie absolue.Ne nous trompons pas : au- delà du conformisme, les jeunes sont pour la plupar t d\u2019énormes demandeurs d\u2019éducation.Entrevoir les autres mondes Bien sûr, la curiosité est un muscle : plus on l\u2019utilise, plus elle s\u2019aiguise.Au départ, il peut certainement être difficile de percer la carapace de l\u2019indifférence.Mais c\u2019est une grave erreur que de laisser nos jeunes à la seule idéologie utilitaire où l\u2019école est uniquement perçue comme une gigantesque machine à former des travailleurs.Il y a tout un discours qui vise à réduire l\u2019homme à une fonction dans la société, comme un rouage dans une machine, et à n\u2019entretenir que des relations utilitaires à lui-même, aux autres, au monde et aux choses.Mais personne n\u2019est réellement un être unidimensionnel, et je crois que le rôle de l\u2019école se trouve précisément là : aider les élèves à sortir du conformisme dans lequel ils baignent pour leur faire entrevoir les autres mondes possibles.Cynthia Fleury, une philosophe et psychanalyste française, le dit bien dans son récent ouvrage Les irremplaçables, paru en 2015: «C\u2019est là le travail de l\u2019enseignant : ouvrir le temps, transformer cette simple heure en rencontre sensorielle, existentielle, informationnelle.Faire qu\u2019en une heure, soudain, il s\u2019est joué quelque chose d\u2019autre, un début d\u2019avènement mature, une envie de destin, un désir de soi, pas nécessairement en termes de vocation, mais en termes de rencontre.» Ne pas abandonner L\u2019éducation, c\u2019est aller à la rencontre des mondes jusqu\u2019alors inconnus.Et les maîtres sont là pour aider les élèves à franchir l\u2019ef fort nécessaire pour accéder à cette rencontre.Pour ma part, j\u2019ai eu la chance de rencontrer de tels mentors sur mon parcours scolaire, des personnes qui alliaient passion, exigence et accompagnement, et j\u2019en suis éternellement reconnaissant.C\u2019est ainsi que l\u2019éducation est une lutte.Elle l\u2019a toujours été.Une lutte contre l\u2019ignorance, contre le conformisme, contre les préjugés, contre la paresse intellectuelle.Elle est une lutte pour que nos jeunes deviennent des citoyens qui savent se situer dans le temps et l\u2019espace, qui possèdent des points de référence pour évoluer dans le monde.C\u2019est pourquoi les enseignants ne doivent jamais abandonner.Ils ne doivent jamais abandonner la jeunesse qu\u2019ils ont devant eux.Ils ne doivent jamais en rester au scandale de l\u2019ignorance et de l\u2019indifférence, mais toujours ébranler les esprits endormis.Ils ne doivent pas seulement déplorer l\u2019usage envahissant et nivelant des réseaux sociaux, mais plutôt apprendre aux jeunes comment gérer de manière féconde et non destructrice leur relation à leurs appareils.Ils ne peuvent se permettre de présenter leur matière de manière froide et mécanique, mais ils doivent parler avec amour de ce qu\u2019ils partagent avec leur auditoire.Ils doivent aussi accepter de devoir se battre parfois contre les résistances de certains de leurs élèves.Après tout, ce qui vaut la peine d\u2019être appris se trouve généralement hors de notre zone de confort, et devenir un individu et un citoyen accompli n\u2019est jamais chose facile.Profs, face au conformisme et à l\u2019incuriosité, n\u2019abandonnez pas, on a besoin de vous ! Éducation et conformisme : résistons à la tentation d\u2019abandonner FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET d\u2019art devait s\u2019adresser à l\u2019intellect et non aux émotions.L\u2019artiste devait être référentiel, s\u2019appuyer sur un concept à des lieues de l\u2019émotion pure.Oui, l\u2019émotion et la recherche de la beauté n\u2019ont rien à foutre dans le monde aseptisé de l\u2019art au Québec.L\u2019émotion et l\u2019art, une notion sans intérêt et d\u2019un autre siècle.De voir une artiste comme Corneau réussir à créer un engouement aussi fort chez les amateurs d\u2019art à travers le monde était suspicieux et surtout pas digne de mention.Mais l\u2019art n\u2019est pas qu\u2019une orientation, un seul concept.L\u2019art est aussi entre autres une émotion qui a pour but la communication, sinon quelle inutilité ! Oui, le monde de l\u2019art du Québec devrait sincèrement réfléchir devant trente années d\u2019un jugement aussi biaisé et teinté de snobisme.Danièle Rochon Artiste peintre Le 23 décembre 2016 Quels genres d\u2019élèves forme-t-on au juste ?Jeune, évidemment, et plein d\u2019illusions, évidemment, je suis devenu professeur au secondaire et, évidemment, la vie allait se charger de me ramener dans le réel.Ma désillusion m\u2019est apparue quand j\u2019ai réalisé ce que la société attendait de moi.Je n\u2019étais pas là pour travailler à la formation de l\u2019homme de demain.Ou plutôt si, mais pas comme je l\u2019avais imaginé pendant mes années d\u2019études à l\u2019école normale.Mon rôle dans la pièce était de dresser la bête pour qu\u2019elle devienne monnayable, qu\u2019elle ait une valeur exploitable sur le marché de l\u2019emploi.Aujourd\u2019hui, on dirait formater la personnalité.À l\u2019époque, car cela fait déjà 47 ans, je me voyais comme un sergent-major qui devait casser des recrues.Mais ce n\u2019est qu\u2019en écoutant récemment un philosophe (Jean-Claude Michéa) parler de l\u2019enseignement de l\u2019ignorance que j\u2019ai compris.Il fallait occuper ce petit monde, les préparer à vivre ensemble des vies de dominés.Aldous Huxley dans Le meilleur des mondes fait une classification des humains allant des Alfas (A) aux\u2026 Epsilon (E), la caste la plus basse.Dernier prof arrivé pour les derniers.J\u2019étais un syndiqué du secteur public.Est-ce que j\u2019avais la couenne assez épaisse pour faire les 35 ans avant la retraite ?Heureusement, j\u2019ai pu m\u2019évader par des chemins de travers.Et ces enfants qui sont maintenant devenus des quadragénaires avancés sont en passe d\u2019être remplacés par des robots avec plein de bras.Mais tout cela était-il déjà écrit dans le ciel ?Je me le demande.Jean-Eudes Lavoie Le 23 décembre 2016 VIE MUNICIPALE Félins furtifs et fonctionnaires féroces L BRIAN MYLES Je vois chez les élèves que je côtoie une immense curiosité qui ne demande qu\u2019à être développée et nourrie L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 8 D É C E M B R E 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.É tant né un 20 décembre, mon temps des Fêtes a toujours commencé tôt.Mais depuis 2006, il débute un jour plus tôt, le 19 décembre, jour de l\u2019adoption de mes filles jumelles \u2014 voilà dix ans.Elles sont arrivées à l\u2019aéroport Pierre-Elliott- Trudeau, assises sur un porte-bagages poussé par leur escorte qui nous les ramenait d\u2019Haïti.C\u2019est comme ça que nous sommes devenus une famille.Il y aurait un livre à écrire sur l\u2019aventure de l\u2019adoption, mais si je vous en parle ici, c\u2019est à cause de sa composante linguistique.Car nos filles, à trois ans et demi, ne parlaient pas français, mais créole.Des enfants qu\u2019on adopte sont forcément en état de choc.Imaginez-vous parachuté en Ouzbékistan.Une grosse Ouzbek vous saisit et vous embrasse en criant : «Mening qizim !» Et le gros Ouzbek, qui vous tapote la tête en marmonnant : « Xavotir olmang.» Ils auront beau le redire sous tous les tons, vous ne comprendrez jamais que la grosse Ouzbek vous dit «ma fille» et que le gros Ouzbek ne cherche qu\u2019à vous rassurer en vous disant de ne pas vous inquiéter.Ce n\u2019est que vers minuit, en entrant dans l\u2019étrange duplex des deux « Ouzbeks de Rose- mont », que la connexion s\u2019est faite.Quand les jumelles ont vu leur petit lit avec un toutou dessus, elles ont tout de suite saisi leur toutou \u2014 et compris l\u2019essentiel de ce que leur disaient les deux Ouzbeks.Puis, quand est venu le moment de les coucher et de leur faire un câlin, j\u2019ai cherché dans mon répertoire le bon terme.Bec ?Bisou ?Aucune réaction.C\u2019est là que j\u2019ai eu une inspiration : «Donne-moi un ti-bo !» La réaction ne s\u2019est pas fait attendre.Je remercie donc la Compagnie créole, et son classique Ba moin en ti-bo, de nous avoir aidés à briser la glace.Ce fut donc mon Noël créole \u2014 un étrange Noël.D\u2019abord, parce qu\u2019il n\u2019y a pas vraiment eu de Noël.Nous avions bien l\u2019arbre de Noël traditionnel, mais cela ne signifiait rien pour les filles, qui avaient bien d\u2019autres chats à fouetter, à commencer par le défi de se comprendre.Heureusement, les passerelles entre le créole et le français sont nombreuses.Ces deux langues ont des grammaires totalement différentes, mais 80 % du vocabulaire est compatible.Merci beaucoup, c\u2019est mèsi anpil (de : en pile).Partager, c\u2019est pataje.Et comme le montre mon anecdote de la Compagnie créole, nous avons assez de réserve de compréhension passive pour y puiser.Il ne faut pas être sorcier pour piger qu\u2019un gwo machine, c\u2019est un gros camion.Il faut quand même de l\u2019oreille, car le créole a figé cer tains usages du parler français du XVIIe siècle.Par exemple, le verbe tenir se dit kenbe (de quiens bien !).Mais il y a aussi là-de- dans pas mal de termes africains, comme ma- rassa (jumeaux dans le vocabulaire vaudou).Et l\u2019anglais, bien sûr.Par exemple, j\u2019ai été surpris d\u2019entendre mes filles prendre un seau et l\u2019appeler ti-bokit (de bucket).Jargon de jumelles Il faut dire que nos jumelles parlaient en fait deux langues : le créole, d\u2019une part, mais également un jargon de jumelles \u2014 que les spécialistes appellent cryptophasie ou idioglossie (la nuance entre les deux m\u2019échappe).Il nous faudra quelques semaines pour réaliser qu\u2019elles alternaient constamment entre le créole et leur jargon, dont la sonorité devient très distincte quand on en a pris conscience.Ce jargon de jumelles explique d\u2019ailleurs leur réaction bizarre à l\u2019anglais, langue maternelle de ma femme.Nous avions décidé de les élever dans les deux langues selon le système le plus simple : chaque parent parlerait aux enfants dans sa langue maternelle.Mais lorsque Julie a commencé à introduire l\u2019anglais après le premier mois, ce fut une franche rigolade.Et quand Julie a voulu me parler en anglais, comme pour leur montrer que c\u2019est un vrai langage, les jumelles se sont carrément payé nos têtes.Car à leurs oreilles de jumelles, l\u2019anglais était une sorte de « jargon de parents» rigolo.Devant notre insistance, elles ont d\u2019abord tenté de l\u2019imiter sans conviction.Jusqu\u2019à ce que les beaux- parents nous rendent visite, et que les jumelles constatent que Julie parle à ses propres parents en « jargon de parents».Ayant conclu que l\u2019anglais était une vraie langue malgré les apparences, leurs progrès ont été très rapides.La période créole de notre histoire familiale s\u2019est rapidement terminée.J\u2019étais un peu incrédule lorsque le pédiatre nous a prévenus que les filles cesseraient de parler leur langue en six mois et qu\u2019elles ne la comprendraient plus après un an.Mais les choses se sont déroulées exactement telles qu\u2019annoncées.Ce qui m\u2019amène à penser que la langue d\u2019un enfant, c\u2019est d\u2019abord le lien qu\u2019il bâtit avec son parent \u2014 pour ensuite prendre la forme d\u2019une langue ou l\u2019autre.Pour moi qui suis sensible aux langues, ce n\u2019est pas le moindre des regrets que d\u2019avoir ainsi ef facé une langue \u2014 et même deux, en fait \u2014 en devenant parent.Mais c\u2019était inévitable.Si bien que cet inoubliable Noël créole aura aussi été le dernier.Mon Noël créole JEAN-BENOÎT NADEAU M A R T I N D U B R E U I L S Y L V I E B E A U D O I N Enseignant et enseignante du cours Éthique et culture religieuse n 2016, après la parution de l\u2019ouvrage collectif La face cachée du cours Éthique et culture religieuse (Leméac), les opposants au programme ECR ont multiplié les sorties médiatiques pour demander que ce cours soit revu ou carrément retiré des écoles du Québec.Plus de soixante-dix signataires, parmi lesquels des enseignants du primaire et du secondaire ainsi que des universitaires, tiennent ici à se faire entendre sur cette question.Nous sommes évidemment en faveur du cours.Par ailleurs, nous sommes parfaitement conscients que des aménagements doivent y être apportés.Voici donc notre plaidoyer « pour » un cours d\u2019ECR 2.0 qui prend en compte les objections que l\u2019on y fait.Contre La religion devrait être oubliée et «enterrée » ; elle n\u2019a pas sa place dans une société laïque.Pour Les faits parlent d\u2019eux-mêmes : la religion façonne la vie de milliards de personnes \u2014 84 % de la population mondiale se dit croyante \u2014, le phénomène religieux existe, que l\u2019on soit pour ou contre.En 2016, comme l\u2019af firme le philosophe français Roger-Pol Droit, la culture religieuse est indispensable.Pour lui, il faut «avoir, sur toutes ces questions, des points de repère.Pour la \u201cculture générale\u201d et la compréhension des œuvres d\u2019art.Pour la vie quotidienne [\u2026].Dans tous les pays, à présent, voisinent des gens de croyances dif férentes, qui doivent apprendre à se connaître».Contre Le cours ECR est une sorte de caté- chèse des religions et valorise le fait d\u2019appartenir à une religion.Pour L\u2019approche du cours ECR du phénomène religieux est culturelle, non catéchétique et se fait sans aucun prosélytisme.Elle se veut également respectueuse des croyances qui composent nos sociétés.De plus, la posture de l\u2019enseignant prescrite par le programme est la neutralité, tant que les propos ou les comportements des élèves ne contreviennent pas aux valeurs québécoises mentionnées plus loin.Contre Le cours ne parle pas suffisamment des athées, des agnostiques et des visions séculières.Pour Même si le programme le permet déjà au secondaire et que beaucoup d\u2019enseignants d\u2019ECR expliquent la pensée de Sartre, d\u2019Épi- cure, de Kant et de Mill pour ne nommer que ceux-là, nous sommes aussi d\u2019avis qu\u2019il faut donner à l\u2019athéisme et aux autres visions séculières du monde la place qui leur revient de droit, même au primaire.Contre Ce cours ne permet pas de poser un regard critique sur le religieux.Pour Le programme le permet déjà au secondaire.Ainsi, sur le terrain, déjà bon nombre d\u2019enseignants posent un regard critique sur les comportements promus par les religions qui vont à l\u2019encontre de valeurs québécoises telles que l\u2019égalité des sexes, la primauté du droit, la non-violence, la séparation des Églises et de l\u2019État, pour ne nommer que celles-là.Nous croyons qu\u2019il serait tout de même nécessaire que le ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur (MEES) étende l\u2019application de ce regard critique à tous les cycles.Ce cours, fondé sur des approches religiologique, sociologique, phénoménologique, anthropologique et historique, peut et doit permettre de poser un regard critique.En ce sens, il peut contribuer à tenter d\u2019empêcher toute forme de radicalisme religieux.L\u2019automne dernier, à Québec, lors de la conférence internationale sur la radicalisation organisée par l\u2019UNESCO, plus de 250 expertes et experts se sont entendus pour reconnaître l\u2019importance d\u2019offrir un cours commun et obligatoire sur la religion comme objet de savoirs.Réduire la religion à un phénomène historique, comme certains voudraient le faire en déplaçant le volet « culture religieuse » dans les cours d\u2019histoire, serait se priver d\u2019une compréhension beaucoup plus large du phénomène religieux, notamment dans ses dimensions culturelles, éthiques et expérientielles.Les enseignantes et enseignants d\u2019ECR ont justement développé une expertise dans ce domaine.Ainsi, on se retrouverait avec la situation absurde où des enseignantes et enseignants formés adéquatement pour enseigner la religion ne le feraient plus dans leur champ disciplinaire, alors que des enseignantes et enseignants peu ou non formés sur la religion auraient à l\u2019intégrer artificiellement à leur discipline.Enfin, pour les croyants qui s\u2019inquiètent d\u2019une approche critique des religions, Michel Schleifer montre que ces approches critiques du religieux ne conduisent pas pour autant les enfants à rejeter leurs croyances religieuses (Science et religion en éducation \u2014 comment répondre aux questions des enfants, 2009, PUQ).Contre Les manuels d\u2019ECR contiennent des images stéréotypées des femmes, des autochtones et des croyants, et participent au maintien de l\u2019inégalité entre les hommes et les femmes.Pour Les manuels d\u2019ECR ou les cahiers d\u2019activités, même approuvés par le MEES, ne sont pas le programme lui-même.Si des manuels comportent certaines faiblesses, il faut les réviser.Leur accorder toute l\u2019importance est réducteur.Mais surtout, l\u2019ECR vise justement à combattre les préjugés et les stéréotypes qui affligent l\u2019ensemble des personnes et des groupes marginalisés.Encore une fois, dans les classes, c\u2019est ce travail qui est accompli par les enseignants.Oui, nous devons parler davantage, entre autres, de sexisme et de racisme systémique.Enfin, nous demandons que l\u2019ensemble des écoles et leur direction respectent les heures devant être consacrées au programme et qu\u2019elles confient l\u2019ECR à des enseignantes et enseignants qualifiés en la matière et non plus à des enseignants parfois sans formation dans le domaine .Cette pratique, trop souvent constatée, peut avoir pour ef fet d\u2019af faiblir la qualité et la crédibilité du cours.Cette lettre est cosignée par 76 autres enseignants du primaire, du secondaire ainsi que des professeurs d\u2019université.La liste complète se trouve sur nos plateformes numériques.Plaidoyer pour un cours d\u2019ECR 2.0 Le vrai visage du cours Éthique et culture religieuse n\u2019est pas celui qu\u2019on présente J A C Q U E S G O D B O U T Cinéaste et écrivain près avoir fait abolir, en 1875, le min istère de l\u2019Éducation, les évêques de l\u2019Église catholique s\u2019emparaient de l\u2019enseignement au Québec, toutes Lumières éteintes.Cette hégémonie a tenu plus de cent ans.En 1961, le Mouvement laïque de langue française (MLF) réclamait à nouveau un ministère de l\u2019Éducation, qui fut créé trois ans plus tard, et l\u2019abrogation des commissions scolaires confessionnelles, qui ne disparurent que près de quarante ans plus tard, en 1998.Si les structures scolaires sont désormais linguistiques, le ministère de l\u2019Éducation semble par contre toujours au service d\u2019un consensus ecclésial.J\u2019en veux pour preuve ce programme d\u2019Éthique et culture religieuse (ECR) approuvé par le ministre et auquel je me suis heurté récemment.Nous avons le bonheur de compter un arrière-petit-fils de huit ans, qui se préparait à entrer dans le système scolaire public en troisième année.Nous souhaitions l\u2019aider dans sa démarche.Pour ce faire, nous avons acquis en librairie Toute ma deuxième année de Colette Laberge, parmi les ouvrages « conformes au programme du ministère de l\u2019Éducation ».Ce cahier traite du français, des ma- thémat iques, de l \u2019ang la is, des sciences et enfin d\u2019éthique et de culture religieuse respectant les objectifs du ministère : réfléchir sur des questions éthiques, développer une compréhens ion du phénomène religieux et pratiquer le dialogue.[\u2026] J\u2019ouvre à la page 357 la première leçon, int itulée « Tes ami(e)s et leur religion ».J\u2019ex- pl ique d\u2019emblée à mon jeune élève que tous ne croient pas au même D ieu, qu\u2019 i l ex iste des groupes de croyants qui donnent aux dieux différents noms.« Mais c \u2019est fou ! Dieu n \u2019existe pas ! » me lance-t-il en me regardant avec pitié.Quentin est un garçon qui exige des réponses rationnelles.Nous sommes mal partis.Pourquoi en effet Quentin doit-il se préoccuper de la religion de ses camarades ?Pour faire du profilage religieux ?Est-ce que la foi n\u2019est pas du domaine privé ?Ne serait-il pas plus utile et sage, la classe réun issant des enfants d\u2019origines diverses, de parler de géographie humaine ?Après avoir recensé la religion de ses camarades, suggère le cahier d\u2019exercices, l\u2019élève doit colorier un tableau graphique du nombre d\u2019enfants qui sont de religion catho- l ique, ju ive, protestante, islamique, hindoue, bouddhiste et autre (sic), et indiquer le nom de la fête la plus importante de ces religions.On voit le jupon idéologique : Quentin ne pratique pas une AUTRE religion, il n\u2019en pratique AUCUNE ! L\u2019école publique du Québec est laïque et neutre en apparence, mais au nom du vivre-ensemble elle assure que tous les enfants se présentent sous leurs dénominations (religieuses) diverses.À chacun(e) son étiquette, Quentin appartient donc à la catégorie « autre ».C\u2019est cet autre, agnostique ou athée, qui n\u2019a toujours pas sa place au Québec.Les commissions scolaires sont peut-être non confessionnelles, mais visiblement les sacristains n\u2019ont pas abandonné : la religion est revenue par le soupirail d\u2019ECR.Pendant tous ces jours où Quentin et moi avons abordé le cours d\u2019ECR, des milliers d\u2019enseignants se retrouva ient devant leurs classes avec pareils exercices.Je serais curieux de savoir qu i évalue ces démarches .La toute dernière leçon du cahier porte sur les cinq piliers de l\u2019islam : la foi, la charité, la prière, le jeûne, le pèlerinage à La Mecque.Pas un mot de la char ia .Pour faire cour t, l\u2019Europe et la chrétienté se sont construites contre l\u2019islam, mon cher Quentin, et si le terrorisme t\u2019inquiète, on t\u2019expliquera qu\u2019 i l y a de bons musulmans et de méchants islamistes.Au fond, peu impor te ce que nous dirons du cours d\u2019Éthique et culture religieuse, ni le ministère de l\u2019Éducation ni même le Conseil supérieur de l\u2019éducation n\u2019en modifieront le contenu et les objectifs.Ce cours a été conçu dans un esprit œcuménique inspiré de Jean XXIII, avec un pari inavoué en faveur de Rome, pour vu que l\u2019on maintienne vivante la question religieuse à l\u2019école.L\u2019essentiel, pour les concepteurs d\u2019ECR, est de pré- ser ver le religieux comme liant principal du vivre-ensemble.Des philosophes sont persuadés que si les enfants ignorent le religieux, c\u2019en est fini de la culture occidentale, car on ne saurait comprendre le sens des chefs-d\u2019œuvre de la peinture, de la sculpture, de la musique ou de la littérature des siècles chrétiens quand on a perdu la pratique de la foi.[\u2026] Un cours de culture profane, d\u2019histoire de l\u2019art et de la littérature, et la fréquentation des salles de concer t, des bibliothèques, des théâtres et des musées assureraient aux enfants québécois un tronc commun culturel plus intéressant que celui des pratiques religieuses.[\u2026] Et pour parler de morale avec Quentin, j\u2019aurais mieux fait d\u2019utiliser les fables de Jean de La Fontaine.Elles offrent au moins trois vertus : une langue française impeccable, l\u2019occasion de stimuler la mémoire, des leçons de comportement à débattre.J\u2019avais espéré une école laïque, neutre vis- à-vis des religions, et je vois que la tro is ième générat ion de ma descendance québécoise se retrouve, dans ce cours d\u2019éthique et de culture religieuse, avec un catéchisme qui ne veut pas dire son nom.?Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues ?Écrivez à arobitaille@ledevoir.com et dnoel@ledevoir.com.Le retour intempestif du religieux DES IDÉES EN REVUES Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons un extrait du dernier numéro de la revue L\u2019Inconvénient (hiver 2016-2017, no 67, inconvenient.ca).E A ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La posture de l\u2019enseignant prescrite par le programme est la neutralité, tant que les propos ou les comportements des élèves ne contreviennent pas aux valeurs québécoises. L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 8 D É C E M B R E 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S JERRY MOSEY ASSOCIATED PRESS Carrie Fisher, photographiée à New York à l\u2019âge de 16 ans, en 1973 autant que faire se peut, à composer avec les aléas de la gloire de ses parents, qui divorcèrent alors qu\u2019elle n\u2019avait que deux ans.L\u2019af faire fit grand bruit, Eddie Fisher ayant quitté Debbie Reynolds pour une autre star : Elizabeth Taylor.Douée pour le jeu et le chant elle aussi (voir la scène de l\u2019audition dans Hannah et ses sœurs, de Woody Allen), Carrie Fisher fit ses débuts sur Broadway en 1973 en donnant la réplique à sa mère dans la comédie musicale Irene.Après un petit rôle dans Shampoo, de Hal Ashby, elle par tit pour Londres, où elle étudia l\u2019ar t dramatique et la diction.De retour en Californie, elle devait entrer au collège Sarah Lawrence lorsqu\u2019elle décrocha le premier rôle féminin dans un film de science-fiction dont on ne savait alors pas grand- chose, sinon qu\u2019il se déroulerait « dans une galaxie lointaine\u2026 très lointaine\u2026» Carrie Fisher n\u2019avait que 20 ans lorsque le succès sans précédent de Star Wars la propulsa sous les feux de la rampe.Entre deux cures Après Star Wars vint la suite, L\u2019Empire contre-attaque, puis une cure de désintoxication.Mais voilà, lorsque le créateur de Star Wars, George Lucas, lui fit parvenir le croquis d\u2019un bikini de métal (devenu notoire) qu\u2019elle devrait porter au début du troisième volet, Le retour du Jedi, Carrie Fisher décida de recommencer à consommer de la cocaïne afin de perdre le poids pris durant sa cure.Sobre depuis le milieu des années 1980, elle a souvent relaté cette anecdote, et de nombreuses autres, en y mettant chaque fois beaucoup d\u2019auto- dérision.C\u2019est que ses déboires, elle décida d\u2019en faire des outils de résilience.Ainsi écrivit-elle plusieurs romans aux accents autobiographiques dont le premier, Bons baisers d\u2019Hollywood, fut adapté en 1990 par Mike Nichols, qui lui demanda d\u2019écrire le scénario.Dans le film, Meryl Streep et Shirley MacLaine jouent des versions à peine déguisées de Carrie Fisher et Debbie Reynolds \u2014 hormis ses problèmes de dépendance, Carrie Fisher s\u2019inspira énormément de sa relation conflictuelle avec sa mère.À propos d\u2019elles deux, elle fait d\u2019ailleurs dire à son héroïne : «Nous sommes conçues pour la vie publique plus que pour la vie privée.» Une dichotomie contre laquelle Carrie Fisher se battit longtemps.C\u2019est toutefois une autre réplique de son alter ego qui en dit le plus long sur elle, de l\u2019aveu de la principale intéressée : « Je pense par fois à ma vie, et je vois tout ce qu\u2019elle a de bon.Je pense à ma vie, mais je n\u2019arrive pas à la sentir.» Bons baisers d\u2019Hollywood signala Carrie Fisher comme scénariste, elle qui ef fectuait en l\u2019occurrence un retour professionnel juste après sa performance drolatique de meilleure amie accro aux hommes mariés dans Quand Harry rencontre Sally.L\u2019écriture d\u2019abord S\u2019ensuivirent quelques rôles de composition tablant sur son sens de la repartie.Vint la quarantaine et, avec elle, cette injustice que connaissent trop d\u2019actrices : l\u2019oubli.Carrie Fisher n\u2019en écrivit que davantage.À terme, c\u2019est un peu comme si le succès de ses ouvrages, dans lesquels elle se décrivait par la bande en termes peu flatteurs et dans des situations volontiers gênantes, l\u2019avait incitée à être elle-même non plus juste dans sa « vie privée » , mais aussi dans sa « vie publique » : fin de la dichotomie et du combat intérieur.Connue pour dire le fond de sa pensée en usant d\u2019un vocabulaire souvent imagé, elle devint une oratrice courue pour les «bien-cuits» de célébrités.Dans la même veine cinglante, son spectacle solo Wishful Drinking, où elle commentait son parcours accidenté, remporta un vif succès et fut immortalisé par HBO, en 2010.Elle y précisait notamment vouloir qu\u2019on inscrive sur sa tombe : «Carrie Fisher est morte au clair de lune, étranglée par sa propre brassière.» Au cinéma et à la télévision, ses apparitions se firent fugitives mais mémorables.Dans La carte des étoiles, sa satire horrifique d\u2019Hollywood justement, ce n\u2019est pas pour rien que David Cronenberg lui fit jouer son propre rôle, celle par qui la mort entre chez l\u2019actrice aux abois incarnée par Julianne Moore : très associée à l\u2019idée d\u2019Hollywood comme miroir aux alouettes, Carrie Fisher était devenue, de déchéances en renaissances successives, une espèce de mythe vivant.Un dernier retour En 2012, le rachat par Disney de l\u2019univers Star Wars, qui comptait alors six films, donna lieu à maintes rumeurs, la plus persistante voulant que le studio entendait produire une suite qui ramènerait les personnages des premiers films.Sorti en 2015, Star Wars : le réveil de la Force rappor ta 2,1 milliards de dollars américains.Remarquée, quoique trop brève, Carrie Fisher y reprit son rôle de Leia, devenue générale Leia, tenante de la Force, chef de l\u2019Alliance rebelle, et ennemie jurée du vil Empire galactique, tenant du côté obscur de la Force.À la suite de l\u2019annonce de sa mort, mardi, le grand patron de Disney, Bob Iger, a dé - claré : « Carrie Fisher était un être à part, un réel personnage qui par tageait avec nous son talent et sa vérité, et qui le faisait avec sa vivacité et son irrévérence coutumière.Des millions de personnes sont tombées amoureuses de son indomptable princesse Leia ; elle aura toujours une place spéciale dans le cœur des fans de Star Wars ainsi que dans celui de ceux parmi nous qui ont été assez chanceux pour la connaître personnellement.» Un ami de longue date, le réalisateur Steven Spielberg, a pour sa part écrit : «J\u2019ai toujours été en admiration devant Carrie.Ses observations sur le monde me faisaient rire et me coupaient le souffle en même temps.Elle n\u2019avait pas besoin de la Force.Elle était une force de la nature.» Le Devoir 20TH CENTURY FOX FILM CORPORATION/ASSOCIATED PRESS Harrison Ford et Mark Hamill entourent la jeune Fisher, qui fut associée pour toujours à son rôle de la princesse Leia de Star Wars.rant les colonies israéliennes illégales.Son porte-parole a déclaré avoir des « informations solides émanant de sources arabes » à cet effet.Les États- Unis se sont abstenus d\u2019opposer leur veto \u2014 pour la première fois depuis 1979 \u2014, ce qui a permis l\u2019adoption de la résolution et por té les relations entre les deux pays au plus bas depuis des décennies.Israël pourrait annoncer de nouvelles constructions cette semaine.Un permis de construction de 618 logements à Jérusa- lem-Est est en attente de délivrance dans cette partie palestinienne de la ville sainte.Meïr Turgement, maire adjoint de Jérusalem et responsable du comité de planification qui doit en discuter mercredi, a indiqué à l\u2019AFP que la résolution votée vendredi ne remettait nullement en question cette réunion.M.Nétanyahou a annoncé qu\u2019il «réduisait» encore davantage ses relations avec les 14 pays ayant voté en faveur du texte, après les avoir convoqués dimanche au ministère des Affaires étrangères.Il a déjà rappelé ses ambassadeurs en Nou- velle-Zélande et au Sénégal, en plus d\u2019annuler son programme d\u2019aide dans ce pays.L\u2019Angola sera également sanctionné, voyant son aide gelée.Tournant forcé La colonisation israélienne est considérée comme l\u2019obstacle majeur à la paix, puisque des constructions israéliennes sont effectuées sur des terres qui pourraient appartenir à un futur État palestinien.Des responsables onusiens ont constaté une augmentation des constructions ces derniers mois, considérées comme illégales au regard du droit international.Ce sont 430 000 colons israéliens qui vivent actuellement en Cisjordanie occupée.Jérusa- lem-Est, dont l\u2019annexion n\u2019a jamais été reconnue par la communauté internationale, en abrite quant à elle plus de 200 000.Les États-Unis avaient auparavant utilisé leur droit de veto 30 fois pour bloquer des résolutions sur Israël et les Palestiniens, selon le Security Council Report.Bouclier diplomatique et plus important allié d\u2019Israël, le géant américain est devenu frustré par des années d\u2019efforts infructueux vers la paix.La résolution du Conseil de sécurité exhorte Israël à « cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation en territoire palestinien occupé, dont Jérusalem-Est », affirmant par ailleurs que les colonies israéliennes « n\u2019ont pas de valeur juridique » et sont « dangereuses pour la viabilité d\u2019une solution à deux États ».Le président Nétanyahou aurait tenté de se tourner vers Donald Trump pour faire empêcher le vote de cette résolution.«Les Nations unies avaient un grand potentiel, mais maintenant ce n\u2019est plus qu\u2019un club pour se réunir, parler et avoir du bon temps.C\u2019est triste ! » a affirmé M.Trump dans un tweet lundi.Il avait déjà averti vendredi que «les choses seront différentes après le 20 janvier », date de son entrée en fonction.Trump a en outre choisi un partisan de la ligne dure envers les Palestiniens en tant qu\u2019ambassadeur en Israël.David Friedman a déjà remis en doute la solution à deux États et fait part de son intention de déménager l\u2019ambassade de Tel-Aviv vers Jérusalem.Les deux camps considèrent la ville comme leur capitale légitime, ce qui lui confère un statut très délicat.La conférence internationale sur le Moyen-Orient du 15 janvier fait craindre aux responsables israéliens des mesures supplémentaires contre leur État.Les Palestiniens soutiennent la tenue de cette conférence.Avec l\u2019Agence France-Presse et La Presse canadienne Le Devoir une autre \u2014 après tout , Creighton se fait livrer des bâtons depuis sa Nouvelle- Écosse natale \u2014, mais cette fo is-là , on le cod i f ie .Neuf joueurs par équipe, une rondelle de bo is au l ieu d \u2019une bal le de crosse, deux poteaux à chaque extrémi té pour faire of fice de buts, 60 minutes de jeu.L\u2019événement a lieu au Victoria Skating Rink, une salle multifonctionnelle inaugurée en 1862 tout juste au nord de ce qui est aujourd\u2019hui le boulevard René-Lévesque, entre les rues Drummond et Stanley.Particularité : la surface glacée sur laquelle le groupe mené par Creighton af fronte des étud iants de l \u2019Un ivers ité McGill fait 204 pieds de long sur 80 de large, so it à peu près la taille de toutes les patinoires réglementaires en A m é r i q u e d u N o r d a u - jourd\u2019hui (200 x 85).26 novembre 1917.Des propriétaires d\u2019équipes de l\u2019Association nationale de hockey (ANH), un circuit qui traverse une crise interne, sont réunis à l\u2019hôtel Windsor, sur la rue Peel .Ils ont dé jà tenu plusieurs rencontres sans pouvoir en arriver à une décision définitive, mais cette fois-là est la bonne : ils annoncent la création de la Ligue nationale de hockey, qui comptera quatre clubs et amorcera ses activités en décembre de la même année.La LNH ne tardera pas à frôler la mort à quelques re- pr ises, ma is el le sur v ivra contre vents et marées pour devenir le géant qu\u2019elle continue d\u2019être au XXIe siècle.Deux moments fondateurs, entre lesquels une plage de 40 ans voit un sport se développer, se définir, se structurer.Un spor t qui finira aussi, à une époque où cela n\u2019est pas nécessairement bien vu de tous, par s\u2019ouvrir aux femmes.En jupe longue Le match du 3 mars 1875 ne m e t t a i t é v i de m m ent aux prises que des hommes.Mais, note Lynda Baril, auteure en 2013 de Nos Glorieuses.Plus de cent ans de hockey féminin au Québec, plusieurs femmes ne manquent pas de remarquer et de s\u2019enticher de cette discipline tout en rapidité et en finesse lorsqu \u2019on en extirpe la brutalité.« Mais il faudra attendre une quinzaine d\u2019années avant que ça commence à s\u2019organiser, qu\u2019on mette des équipes sur pied.» Au début, des femmes sont épisodiquement invitées à participer à des matchs informels, au Victoria ou ailleurs.Il faut dire qu\u2019on ne leur rend pas la tâche aisée : celles qui pratiquent le hockey doivent le faire, par exemple, en jupe longue.Bien des hommes réprouvent le principe même du sport féminin, à commencer par la puissante hiérarchie de l\u2019Église catholique.En 1888, Frederick Arthur Stanley est nommé gouverneur général du Canada.Quelques mois après son arrivée au pays, il se rend au populaire carnaval d\u2019hiver de Montréal, où il assiste notamment à un match de hockey, le premier de sa vie, « une partie enlevante qui oppose les Victorias et l\u2019Association athlétique amateur de Montréal, deux des meilleures équipes masculines de la métropole », écrit Lynda Baril.Lui et sa fille Iso- bel, alors âgée de 12 ou 13 ans, tombent instantanément amoureux du sport.Tellement qu\u2019à son retour à Rideau Hall, il veillera à faire aménager une grande patinoire sur les pelouses de la résidence.Et c\u2019est là qu\u2019aura lieu le tout premier match entièrement féminin connu, auquel participe Isobel, en mars 1889.Et avant de reprendre le chemin de l\u2019Angleterre en 1893, Lord Stanley verra bien sûr, sur la recommandation d\u2019Isobel et de ses frères, à créer un trophée qui portera son nom et deviendra accessoirement l\u2019un des plus convoités de tout le sport organisé.Du temps et de l\u2019argent À son commencement et pendant plusieurs années, voire plusieurs décennies, le hockey féminin à Montréal sera essentiellement une af faire d\u2019anglophones.Une question de moyens, évoque Lynda Baril, la bourgeoisie anglo de la ville ayant la possibilité de se doter d\u2019installations et disposant de temps libre pour s\u2019adonner à la pratique de sports.D\u2019attitude, aussi : pour l\u2019Église qui tient le peuple francophone dans le creux de sa sainte main, la tâche de la femme consiste à faire des enfants et à entretenir la maison, et certainement pas à disputer un sport où la combativité est de mise et la grâce laissée au vestiaire.C\u2019est donc tout naturellement au collège Royal Victoria de l\u2019Université McGill qu\u2019on verra, à partir de 1894, les premières équipes de hockey féminin se former à Montréal.Le hockey féminin connaîtra ses premières heures de gloire à l\u2019occasion de la Première Guerre mondiale.Les hommes par tis au combat ou simplement enrôlés pour soutenir l\u2019ef- for t, les femmes prennent la place (même si, par exemple, l\u2019ANH poursuit ses activités).Près d\u2019une trentaine d\u2019équipes existent dans l\u2019île et leurs matchs sont très suivis, notamment la Ligue de hockey des dames de l\u2019Est, qui présente ses rencontres au patinoir Jubilee \u2014 à l\u2019époque, il n\u2019était pas rare de voir le mot utilisé au masculin \u2014, dans l\u2019est de la ville.L\u2019enthousiasme est tel que la police doit parfois intervenir.«Il y avait l\u2019effet de nouveauté, dit Lynda Baril à propos de cet engouement.Mais on rapporte aussi que les joueuses offraient un excellent spectacle.» Bien entendu, le chemin à parcourir sera encore long.Aujourd\u2019hui encore, même si les choses ont énormément évolué et qu\u2019on applaudit les patineuses sur la scène olympique, les hockeyeuses n\u2019ont pas la par tie facile, qu \u2019 il s\u2019agisse de financement, d\u2019encadrement ou simplement de reconnaissance.Mais on ne doit jamais oublier les pionnières.« C\u2019étaient des femmes courageuses, indique L ynda Baril.Elles devaient se ficher des objections qu\u2019on pouvait soulever à l\u2019égard de leur participation.Leur amour du hockey l\u2019emportait sur tout.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 FISHER SUITE DE LA PAGE 1 HOCKEY SUITE DE LA PAGE 1 ISRAËL C\u2019étaient des femmes courageuses.Elles devaient se ficher des objections qu\u2019on pouvait soulever à l\u2019égard de leur participation.Leur amour du hockey l\u2019emportait sur tout.Lynda Baril, auteure de Nos Glorieuses « » Bien des hommes réprouvent le principe même du sport féminin, à commencer par la puissante hiérarchie de l\u2019Église catholique Carrie Fisher est morte au clair de lune, étranglée par sa propre brassière C\u2019est l\u2019épitaphe que Carrie Fisher, connue pour son franc-parler imagé, disait vouloir.« » "]
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