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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-12-09, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I N o 2 8 1 L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 9 D É C E M B R E 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Politique \u203a Martine Ouellet au Bloc?Candidate défaite lors des deux dernières courses à la direction du Parti québécois, Martine Ouellet pourrait devenir la prochaine chef du Bloc québécois.Page A 3 Avis légaux.B 8 Décès.B 6 Météo.B 4 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 7 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Internement L\u2019exception serait chose courante Page A 3 Moscou annonce un cessez-le-feu à Alep Page B 9 Zeitgeist Se réfugier dans l\u2019oubli Page B 10 M A R I E - M I C H È L E S I O U I L es autochtones sont \u2014 et de loin \u2014 les personnes qui reçoivent le plus de constats d\u2019infraction dans la ville de Val-d\u2019Or.Dans la ville où l\u2019offre en santé et services sociaux pour les personnes vulnérables « paraît peu consolidée », les policiers se retrouvent bien seuls pour gérer des situations pour lesquelles ils ne sont pas formés, conclut une recherche qui doit être dévoilée ce vendredi.L\u2019étude, menée par Céline Bellot de l\u2019Université de Montréal et Marie-Ève Sylvestre de l\u2019Université d\u2019Ottawa, révèle que la quasi-totalité des constats (85 %) remis par les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) à Val-d\u2019Or le sont en vertu du Règlement sur les nuisances, la paix, le ITINÉRANCE Racistes ou démunis, les policiers de Val-d\u2019Or ?85 % des contraventions signifiées pour désordre public le sont à des autochtones VOIR PAGE A 10 : ITINÉRANCE JACQUES NADEAU LE DEVOIR Lors de notre passage à Val-d\u2019Or, en février 2016, nous avions rencontré Christopher Stephen, un ancien itinérant qui était alors intervenant à la ressource d\u2019hébergement Chez Willie.De telles ressources sont trop rares dans cette localité, selon deux chercheuses.J E A N N E C O R R I V E A U Même si le projet de loi sur la métropole déposé jeudi à Québec n\u2019accorde pas au maire Denis Coderre tous les pouvoirs qu\u2019il réclamait, il donnera à Montréal plus d\u2019autonomie dans des domaines comme le développement économique, l\u2019habitation et le patrimoine.La Ville pourra même déterminer les heures d\u2019ouverture des bars et des commerces sur son territoire.Aux côtés du premier ministre Philippe Couil- lard et du ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, le maire Coderre a assuré qu\u2019il était satisfait du projet de loi sur la métropole: «L\u2019important aujourd\u2019hui n\u2019est pas de se demander ce qui manque, mais d\u2019être heureux de voir ce qu\u2019on a demandé et qu\u2019on a eu.» Le projet de loi abroge plusieurs lois existantes au bénéfice de Montréal et modifie la Charte de la Ville, qui sera désormais désignée sous le titre de «Loi sur la métropole du Québec».Québec abolit notamment le plafond de subventions aux entreprises et permettra à la Ville d\u2019accorder des crédits de taxes aux commerçants éprouvés par les chantiers de construction.Le gouvernement promet aussi une aide financière qui passera progressivement de 10 millions l\u2019an prochain à 50 millions par année en 2021 pour le soutien aux projets économiques qui seront déterminés de concert avec lui.Québec s\u2019engage également à fournir un financement de 83 millions afin de pérenniser les subventions que la V il le reçoit déjà comme métropole.En matière de patrimoine, Montréal héritera de certains pouvoirs actuellement détenus par le ministre de la Culture, notamment ce qui a trait à un site patrimonial déclaré ou à un site patrimonial classé situé sur son territoire.Montréal sera plus autonome Québec a toutefois refusé à Denis Coderre les pouvoirs qu\u2019il voulait rapatrier des arrondissements I S A B E L L E P O R T E R à Québec C ritiquée de toutes parts depuis des années, la Régie du logement du Québec (RDL) ouvre la porte à une grande réforme pour réduire ses délais.La balle est maintenant dans le camp du gouvernement, qui devra modifier la loi pour que la réforme aille de l\u2019avant.Le Devoir a appris que la RDL avait récemment présenté un ambitieux plan d\u2019action à son ministre responsable, Martin Coiteux.Ce plan prévoit notamment l\u2019introduction d\u2019un nouveau mécanisme («l\u2019audience sur dossier») pour traiter les causes en non-paiement et fixation de loyers qui accaparent les deux tiers du temps des régisseurs (l\u2019équivalent des juges à la Régie).En vertu du plan obtenu auprès de la Régie, lorsqu\u2019un propriétaire porte plainte pour non- Régie du logement : faire plus vite, en toute équité La réforme devra maintenir l\u2019équilibre des droits entre locataires et propriétaires, prévient un ancien régisseur ASSEZ PARLÉ.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Soir de dernière.L\u2019organisation Faut qu\u2019on se parle a conclu à Montréal, jeudi soir, sa tournée de consultations à travers le Québec.Sur notre photo, Maïtée Labrecque-Saganash s\u2019adresse au public sous le regard notamment de Gabriel Nadeau-Dubois (à l\u2019extrême gauche) et Jean-Martin Aussant (à l\u2019extrême droite).Page B 2 VOIR PAGE A 10 : LOGEMENT La métropole pourra décider des heures d\u2019ouverture des bars VOIR PAGE 10 : MONTRÉAL P H I L I P P E O R F A L I D eux mois et demi, 174 assemblées de cuisine et dix consultations publiques plus tard, le rideau est tombé sur Faut qu\u2019on se parle, jeudi soir à Montréal.La réflexion collective sur l\u2019avenir du Québec se sera promenée d\u2019un bout à l\u2019autre du ter ritoire dans l\u2019objectif de dégager des consensus sur les aspirations et les priorités des Québécois.De tous les thèmes traités lors des consultations publiques et des rencontres tenues chez de simples citoyens, c\u2019est celui de l\u2019éducation qui est ressor ti le plus souvent, non seulement dans la métropole, mais également dans l\u2019ensemble des régions, ont noté les neuf membres du collectif fondé à l\u2019instigation de Jean-Martin Aussant, Claire Bolduc, Maïtée Labrecque-Sa- ganash, Gabriel Nadeau-Du- bois et Alain Vadeboncœur.« S\u2019il y a une grande constante, c\u2019est ça, confirme Mme Bolduc, une agronome et ex-présidente de Solidarité rurale.Les participants l\u2019ont rappelé de toutes les manières, sous toutes les formes.À toutes les fois qu\u2019on abordait un problème, on revenait à l\u2019essence : l\u2019éducation.Si les gens ne sont pas en santé, s\u2019ils ne sont pas intéressés par la politique, l\u2019éducation c\u2019est tout ça.» Plus urgemment, les citoyens se sont montrés inquiets de l\u2019état actuel du système éducatif.« Ils ont parlé de l\u2019état des écoles, de la valorisation des enseignants, du soutien aux élèves en dif ficulté, de décrochage, d\u2019analphabétisme », énumère l\u2019ex-militant étudiant Gabriel Nadeau-Dubois.Démocratie L\u2019examen de conscience collectif a également permis d\u2019établir certaines priorités en matière de démocratie.Bien que ses membres soient pour la plupar t identifiés à la gauche, Faut qu\u2019on se parle se voulait foncièrement non partisan.La tenue de référendums d\u2019initiative populaire tel qu\u2019on en voit dans cer tains États américains a été abordée moult fois, tout comme un financement des par tis politiques entièrement assuré par l\u2019État.« Ce sont des idées inno- vantes.Les citoyens souhaitent prendre part de façon plus active, plus concrète à la démocratie», observe Mme Bolduc.Ouver t à tous, et pas uniquement aux accros de la politique ainsi qu\u2019aux citoyens les plus politisés, FQSP croit avoir atteint son objectif à cet égard, poursuit M.Nadeau-Dubois.« La division gauche-droite ou fédéraliste-souverainiste n\u2019est pas perçue comme importante.Les gens ont des préoccupations très concrètes.Ils veulent de belles écoles pour leurs enfants.Ils ne trouvent pas normal que leur enfant puisse voir un or- thopédagogue une fois tous les neuf jours.On leur demandait : comment on fait pour régler ces problèmes-là?» L\u2019environnement et la réduction des émissions de gaz à effet de ser re, la création de nouvelles taxes et impôts, voire la gratuité du transport en commun et la fin du commerce de l\u2019eau en bouteille figuraient parmi les thèmes et idées populaires.Lors des consultations publiques, les participants ont été appelés à voter à main levée, ou par l\u2019entremise de leurs téléphones et tablettes.De ces « consensus », le groupe d\u2019intellectuels produira un bilan, sous forme de rapport, en février ou mars prochain.L\u2019ouvrage devrait être publié chez Lux éditeur.Mais les propositions majeures récoltées par Faut qu\u2019on se parle seront également accessibles dans leur entièreté en ligne, explique la Crie Maïtée La- brecque-Saganash.«Cette base de données, on la crée parce qu\u2019on veut rendre ces données publiques et accessibles.On espère que les gens vont les reprendre, ces idées et propositions, se les approprier et en faire des revendications.» Et qu\u2019adviendra-t-il du collectif lui-même, une fois la rédaction du livre terminée ?« Non, il n\u2019y en aura pas, de parti politique ! » s\u2019esclaf fe la jeune femme.Avec Marco Fortier Le Devoir L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 9 D É C E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 OSSIER LE DEVOIR DÉMÉNAGE ! Le Devoir quitte la rue De Bleury et lève le voile samedi sur la petite histoire de son dernier quart de siècle.Pour l\u2019occasion, votre quotidien jette aussi un regard sur les nouveaux lieux de travail, en pleine mutation.POUR LE TEXTE ET LE CONTEXTE UN REPORTAGE DE JEAN DION ET ISABELLE PARÉ.PHOTOGRAPHIES JACQUES NADEAU.À LIRE DEMAIN JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les membres du groupe Faut qu\u2019on se parle se réunissaient jeudi soir au Club Soda, à Montréal, dans le cadre du dernier arrêt de leur tournée québécoise.Au micro, Maïtée Labrecque-Saganash.L\u2019éducation au cœur des préoccupations La tournée du mouvement citoyen Faut qu\u2019on se parle se termine J E S S I C A N A D E A U M A R C O F O R T I E R L es directeurs d\u2019école lancent un cri du cœur : non seulement la relève se fait de plus en plus rare, mais ceux qui font le saut partent après quelques années, découragés par les conditions de travail qui s\u2019alourdissent et des salaires qui stagnent.« De plus en plus, les professeurs qui ont une certaine expérience ne veulent pas devenir des directeurs d\u2019école, c\u2019est pour ça que, présentement, à travers le Québec, il y a des endroits où il y a une pénurie de direction », déplore Lorraine Normand-Char- bonneau, présidente de la Fédération québécoise des directions d\u2019établissement d\u2019enseignement (FQDE).« Ce n\u2019est pas normal que des enseignants qui sont passionnés, qui auraient l\u2019occasion de laisser leur marque à un niveau plus macro pour mobiliser une école, soutenir le personnel et développer des pratiques pédagogiques ne veulent pas faire le saut et s\u2019investir dans un travail, car ils ont l\u2019impression que ça n\u2019en vaut pas la peine.» Écart salarial La FQDE invoque plusieurs raisons pour ce manque d\u2019intérêt envers la profession, dont l\u2019écart pratiquement inexistant entre le salaire d\u2019un professeur d\u2019expérience et un directeur ou un directeur adjoint qui débute.« Il y a une dizaine d\u2019années, l\u2019écart était de 16 % ; il est au- jourd\u2019hui de 4 %, explique Nicolas Prévost, président de l\u2019Association des directeurs des Laurentides.J\u2019ai un collègue qui est passé d\u2019enseignant à directeur adjoint et, concrètement, ça fait une dif férence de 10 $ sur sa paye, pour tout ce que ça implique comme boulot supplémentaire et comme im- putabilité.» Mais il n\u2019y a pas que l\u2019argument financier, précise-t-il.Le travail s\u2019est également complexifié, car les directeurs ont désormais plus de responsabilités et moins de temps pour effectuer leur travail.«Les directeurs se retrouvent avec de plus en plus d\u2019établissements sous leur responsabilité, ça peut aller jusqu\u2019à six écoles pour un seul directeur [\u2026] Cela a un impact majeur sur notre présence physique, mais surtout sur l\u2019ef fi- cience du travail.On est loin du 100% d\u2019efficacité.On quadruple la tâche [\u2026] et il y a beaucoup de perte de temps dans les déplacements.» Le manque de marge de ma- nœuvre est également évoqué par les directeurs, qui sentent qu\u2019ils sont incapables de soutenir adéquatement leurs équipes et de mettre de l\u2019avant des actions qui ont un réel impact dans leur milieu.Des banques vides La FQDE représente des membres dans 46 des 72 commissions scolaires du Québec.Selon un décompte ef fectué par la Fédération cette semaine, au moins 25 de ces commissions scolaires éprouvent des difficultés à pourvoir des postes de direction d\u2019école.Leurs banques de candidatures sont vides ou comptent deux personnes et moins.« On a de la dif fi- culté à garnir notre banque de candidats», confirme Nadine Bro- chu, de la commission scolaire Rivière-du- Nord, à Saint-Jérôme.Le problème se fait également sentir sur l\u2019île de Montréal, note Catherine Esco- jido de l\u2019Association montréa- laise des directions d\u2019établissement scolaire (AMDES).« Des remplacements de directions adjointes dans certaines écoles sont pratiquement impossibles à faire depuis des mois, ce qui accroît la charge de travail déjà imposante des directions.» Les directeurs d\u2019école sont néanmoins satisfaits au travail, parce qu\u2019ils aiment leur profession, indique une étude publiée en janvier 2016 par la FQDE.Les enseignants sont heureux eux aussi au boulot.« Par contre, le personnel de direction semble moins satisfait des conditions salariales, du jugement social sur l\u2019importance de son rôle, et près de 50 % pourraient envisager un retour en salle de classe s\u2019ils en avaient la possibilité » , conclut le rapport.Le problème n\u2019est pas propre aux directions d\u2019école, soutient Jean-François Parent, directeur général de l\u2019Association québécoise des cadres scolaires, qui représente également des directeurs de plusieurs autres services dans les commissions scolaires.« Ça me semble un phénomène global à l\u2019échelle du Québec [\u2026] dans le domaine de l\u2019éducation.On a de la difficulté à garder nos jeunes cadres.Ça me questionne pour l\u2019avenir.Peut-être que ce qu\u2019on offre présentement comme conditions de travail colle moins aux valeurs de la jeune génération», dit-il.Le Devoir ÉCOLES Pénurie de directeurs Les banques de candidats pour pourvoir les postes se vident rapidement Les directeurs ont désormais plus de responsabilités et moins de temps pour effectuer leur travail À toutes les fois qu\u2019on abordait un problème, on revenait à l\u2019essence : l\u2019éducation Claire Bolduc « » R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec L e gouvernement Couillard profitera du début de la prochaine année pour se donner une impulsion et un nouveau message avec un discours d\u2019ouverture et un remaniement ministériel majeur.C\u2019est ce que l\u2019on a confirmé dans l\u2019entourage du premier ministre alors que la machine à rumeurs s\u2019est emballée depuis quelques jours à l\u2019Assemblée nationale.La séquence des événe- ments n\u2019est pas arrêtée et le cabinet du premier ministre peaufinera sa stratégie d\u2019ici janvier.La session parlementa ire doi t débuter le 7 fé - vr ier, et le remaniement pour rai t avoir l ieu avant cette date.De même, la session pourrait être prorogée et une nouvelle session s\u2019ouvrirait avec un discours d\u2019ou- ver ture prononcée par le premier ministre.Ces gestes seront synchronisés avec la présentation du quatrième budget du ministre des Finances, Carlos Leitão.Il est fréquent pour un gouvernement qui a franchi le cap de la mi-mandat de vouloir repartir sur de nouvelles bases.Le gouvernement Couillard tentera de se défaire de l\u2019étiquette d\u2019austérité qui lui colle au front en misant sur des mesures en économie et un réinvestissement, déjà amorcé mais accru, en santé et en éducation, sans oublier un nouveau plan de lutte contre la pauvreté que le premier ministre a évoqué à l\u2019Assemblée nationale cette semaine.Aucune décision n\u2019est prise quant à la composition du prochain Conseil des ministres, mais Philippe Couillard pourra compter sur le retour de Pierre Moreau et sur l\u2019arrivée de la nouvelle députée de Verdun, Isabelle Melançon, l\u2019ancienne directrice de cabinet d\u2019Hélène David alors qu\u2019elle était ministre de la Culture et des Communications.On s\u2019attend à ce que Carlos Leitão soit soulagé de la présidence du Conseil du trésor pour ne garder que le portefeuille des Finances.Le Devoir Couillard à la recherche un nouvel élan Le premier ministre promet un remaniement majeur et un discours d\u2019ouverture au début de 2017 JACQUES BOISSINOT PC Philippe Couillard L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 9 D É C E M B R E 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 C\u2019 est reparti.Comme tous les trois ans, la nouvelle fournée de tests Pisa va nous of frir son lot d\u2019atermoiements, d\u2019autocritiques et de pétage de bretelles.Aux quatre coins du monde, on va voir des ministres de l\u2019Éducation, nommés souvent la veille, déchirer leur chemise et promettre tout et son contraire.Le scénario est chaque fois le même.Les grands prêtres de l\u2019OCDE, ce think tank de la mondialisation heureuse basé à Paris, nous fournissent un palmarès des principaux systèmes éducatifs du monde.Ce hit-parade prétend comparer la qualité de la formation offerte dans plus de 70 pays souvent aux antipodes sur les plans culturel, scolaire et socio-économique.Faisant fi des programmes, ignorant volontairement toute évaluation des savoirs, ces tests ne cherchent à mesurer que quelques « compétences » de base auprès des jeunes de 15 et 16 ans en lecture, en mathématiques et en sciences.Habiletés dont on nous dit bien qu\u2019elles seraient fondées, non pas sur des apprentissages scolaires, mais sur les aptitudes des élèves à appréhender les situations de la vie quotidienne.On peut donc être champion du Pisa et ne pas connaître la capitale de son pays.Un élève peut obtenir plus que la moyenne en mathématiques sans avoir jamais entendu parler du théorème de Pythagore.Un pays peut même être cité en exemple malgré un taux de décrochage abyssal.Au début, ces tests ont fait autorité.Mais les ficelles du Pisa commencent à être apparentes.Pour bien se classer, il faut sur tout être un petit pays homogène.Les meilleurs élèves sont soit de petites sociétés tricotées serré (Finlande, Estonie), soit des pays asiatiques où les élèves sont soumis à un régime draconien (Japon, Corée du Sud, Singapour).Aucun grand pays multiculturel, même avec les meilleures universités du monde, ne fait d\u2019étincelles.Les États-Unis, l\u2019Allemagne, la France et le Royaume-Uni obtiennent chaque année des résultats plutôt moyens.Les grands pays qui, comme la France, accueillent une immigration pauvre et souvent analphabète ont systématiquement de mauvais résultats.Au contraire, ceux qui, comme le Canada, accueillent une immigration favorisée plus instruite que la moyenne se classent évidemment en tête.« Mieux vaut être riche et en santé que pauvre et malade ! » aurait dit en son temps Yvon Deschamps\u2026 ?Si, depuis 15 ans, ces tests ont pu permettre de mesurer certaines évolutions à l\u2019intérieur de chaque pays, force est de constater qu\u2019ils ont surtout été un vecteur d\u2019uniformisation de l\u2019école et de sa subordination aux besoins de l\u2019entreprise mondialisée.En s\u2019appuyant sur l\u2019expérience de la formation professionnelle et les pédagogies qui en sont issues, les concepteurs de ces tests se sont toujours montrés plus soucieux de former des employés « compétents » et « polyvalents » que des citoyens cultivés et instruits.En 2014, dans le Guardian, plus de 80 experts internationaux avaient réclamé la suspension de ces tests subventionnés à coups de millions par les États.Ils contestaient la capacité d\u2019un test aussi « étroit » et « peu objectif » à rendre compte de la diversité des systèmes d\u2019éducation dans le monde.Selon eux, le Pisa ne fournit que des évaluations quantitatives très contestables et ne suscite que des réformes à court terme essentiellement destinées à faire du chiffre.Mais surtout, il ne s\u2019intéressait qu\u2019à la préparation des élèves au marché du travail, au détriment des autres vocations de l\u2019école, comme l\u2019éducation morale, civique et culturelle.Les experts rappelaient que, contrairement aux évaluations comparables faites par des organismes publics, ces tests étaient réalisés par un consortium public-privé à but lucratif.Ils s\u2019élevaient contre un « régime Pisa» impliquant une batterie toujours plus grande de tests et de techniques pédagogiques préfabriqués réduisant d\u2019autant l\u2019autonomie des enseignants et « le plaisir d\u2019apprendre».Forts de l\u2019hypermédiatisation de leurs tests, les responsables n\u2019ont jamais hésité à s\u2019ingérer dans la vie politique de cer tains pays.En France, les représentants de l\u2019OCDE n\u2019ont pas craint de flatter les réformes pourtant controversées de la ministre de l\u2019Éducation Najat Val- lau Belkacem et de critiquer le retour aux savoirs fondamentaux que propose le candidat de la droite François Fillon.La grand-messe qui entoure chaque année les tests Pisa est bien le symptôme que nos dirigeants ne savent plus à quel saint se vouer face à la crise de l\u2019école.Pauvre social-démocratie ! Incapable de réduire sur le terrain les inégalités engendrées par la mondialisation, elle s\u2019est rabattue sur l\u2019école, quitte à la détourner de sa mission première, à en rabaisser le niveau et à s\u2019en remettre à des slogans aussi vides que l\u2019«école de la réussite ».Tel est en effet le nom d\u2019une école d\u2019où la culture, les savoirs fondamentaux et la littérature ont progressivement été expulsés.Pourtant, l\u2019école ne saurait être une machine à fabriquer de l\u2019égalité et encore moins une machine à « réussir ».C\u2019est d\u2019abord une institution faite pour instruire et éduquer.Et c\u2019est à cela que l\u2019on devrait avant tout mesurer sa réussite.L\u2019école mondialisée CHRISTIAN RIOUX à Paris M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlemantaire à Ottawa La députée de Vachon, Martine Ouellet, ne dissimule plus son ambition de prendre les commandes du Bloc québécois.Elle explore la possibilité de briguer, puis, le cas échéant, de diriger le parti politique fédéral tout en demeurant députée à l\u2019Assemblée nationale jusqu\u2019à la dissolution de la 41e législature en septembre 2018.« Je ne suis pas rendue là, mais je ne crois pas que ce soit incompatible.Ce sont des choses qui sont à valider », a-t-elle dit lors d\u2019une mêlée de presse jeudi.Elle pourrait notamment sonder le commissaire à l\u2019éthique et à la déontologie, Jacques Saint-Laurent, en lui demandant un « avis préventif ».À première vue, le code prévoit spécifiquement que la charge de député est incompatible avec deux autres charges électives : celle de membre d\u2019un conseil municipal et celle de membre d\u2019une commission scolaire.« Ma période de réflexion s\u2019entame », a répété Mme Ouellet jeudi, promettant du même souffle d\u2019annoncer sa décision avant la reprise des travaux à l\u2019Assemblée nationale, le 7 février prochain.Elle profitera de la relâche parlementaire pour tester ses appuis.L\u2019élue de 47 ans s\u2019était engagée à plusieurs reprises au fil des derniers mois à ne pas tourner le dos au Par ti québécois advenant une deuxième tentative infructueuse de se faire élire chef.La Chambre des communes n\u2019était « pas du tout » sur son « radar » avant que des militants indépendantistes, parmi lesquels figurent les comédiens Denis Trudel et Sophie Stanké, l\u2019invitent à briguer la direction du Bloc québécois, a-t-elle insisté jeudi.Mme Ouellet compte plusieurs alliés au Bloc québécois, à commencer par son directeur général, Stevens Hé- roux ainsi que des membres du personnel politique à la Chambre des communes.La députée de Vachon a aussi bénéficié durant la course à la succession de Pierre Karl Péladeau de l\u2019appui de trois des 10 députés blo- quistes \u2014 Xavier Barsalou-Duval, Ma- rilène Gill et Michel Boudrias \u2014, mais d\u2019aucun du PQ.Le chef péquiste, Jean-François Li- sée, a fait valoir jeudi que Mar tine Ouellet s\u2019avérerait « une bonne chef » pour le Bloc québécois.La voie est libre, pour l\u2019instant Si Mme Ouellet devait se lancer dans la course, elle aurait, du moins pour l\u2019instant, la voie libre.Tous ceux qui ont été pressentis jusqu\u2019à présent pour remplacer Gilles Duceppe à la tête du parti souverainiste fédéral soit se sont désistés, soit accepteraient de céder leur place.C\u2019est le cas du député bloquiste Xavier Barsa- lou-Duval.«C\u2019est évident que ça change quelque chose à ma réflexion.[\u2026] Advenant que Mme Ouellet se lance dans la course à la direction du Bloc québécois, je peux dire que je n\u2019aurais pas intérêt à me présenter.Elle serait la meilleure candidate », confie-t-il au Devoir.Il explique qu\u2019il n\u2019aura pas à se retirer de la course dans la mesure où il attendra de connaître la décision de la députée péquiste avant de se lancer.L\u2019autre candidate pressentie à la direction du Bloc québécois était l\u2019ex- candidate bloquiste Catherine Fournier.Celle-ci a été élue à l\u2019Assemblée nationale à la faveur de l\u2019élection partielle dans Marie-Victorin lundi soir.Enfin, le comédien Denis Trudel songeait lui-même à se lancer dans la course, comme il l\u2019avait confirmé au Devoir en février dernier.Or, M.Tru- del est un des instigateurs de l\u2019appel du pied adressé à Mme Ouellet.« Je ne suis plus intéressé du tout », confie-t-il d\u2019ailleurs.Dans son cas, la candidature potentielle de la députée de Va- chon n\u2019y est pour rien.« C\u2019est surtout pour des raisons familiales.[\u2026] Si elle n\u2019y va pas, je n\u2019y vais pas non plus.» M.Trudel était un de ceux qui réclamaient la tenue rapide d\u2019une course à la chefferie au Bloc québécois.Il aurait voulu que la chose soit bouclée à la fin de 2016.Ce ne sera pas le cas.Les détails de la course seront décidés lors d\u2019une réunion le 4 février prochain.Et l\u2019argent Les éventuels candidats devront prendre en considération une donnée monétaire de taille.Le Bloc québécois ne roule pas sur l\u2019or.Pour ses deux précédents chefs qui n\u2019étaient pas députés \u2014 Daniel Paillé et Mario Beaulieu \u2014, le Bloc avait dégagé une somme de 25 000 dollars par année, qui devait couvrir les dépenses du chef, notamment ses déplacements à Ottawa.Une source au Bloc explique que ces modalités pourraient être modifiées lors de la rencontre de février.Un nouveau chef éventuel pourrait aussi concocter un cadre financier différent.D\u2019autre part, la Loi sur les conditions de travail des membres de l\u2019Assemblée nationale stipule qu\u2019un député qui cède son siège en cours de mandat a droit à une allocation de transition, mais seulement si sa démission est justifiée par des raisons familiales sérieuses ou par un problème de santé important affectant un membre de sa famille immédiate ou lui-même.«Le Bloc québécois ne peut être considéré comme un \u201c membre de sa famille \u201d», a précisé une mauvaise langue au Devoir.Si Mme Ouellet décidait de rester députée péquiste, à tout le moins jusqu\u2019à son éventuelle élection à la tête du Bloc, elle ne créerait pas de précédent.D\u2019autres ont fait de même dans le passé.Le plus récent du lot est l\u2019ex-ministre conservateur Jason Kenney qui est resté député à la Chambre des communes jusqu\u2019à septembre alors qu\u2019il a annoncé au cours de l\u2019été qu\u2019il se portait candidat à la chefferie du Parti progressiste-conservateur de l\u2019Alberta.Le député conservateur Patrick Brown a conservé son siège à Ottawa jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit élu chef conservateur en Ontario, en mai 2015.Le Devoir CHEFFERIE DU BLOC QUÉBÉCOIS Martine Ouellet envisage une candidature JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Martine Ouellet, députée du Parti québécois, a répondu aux questions des journalistes jeudi à Québec concernant ses intentions par rapport au Bloc québécois.P A U L I N E G R A V E L L e ministre Gaétan Barrette n\u2019écarte pas la possibilité de modifier la loi P-38 afin de faciliter l\u2019hospitalisation, l\u2019évaluation psychiatrique et le traitement des personnes aux prises avec des problèmes psychiatriques.D\u2019autres s\u2019inquiètent de cette éventualité, faisant valoir que les médecins ont déjà trop souvent recours à cette loi d\u2019exception.Ce débat a été ranimé par les événements tragiques de dimanche dernier impliquant le jeune Frédérick Gingras, en état de psychose, qui a tué deux personnes et en a blessé une autre.Jeudi, Action autonomie, le collectif pour la défense des droits en santé mentale de Montréal, rendait publics les résultats de sa cinquième enquête sur l\u2019utilisation par les établissements de santé de la loi P-38, qui encadre « l\u2019hospitalisation forcée de personnes jugées dangereuses pour elles-mêmes ou pour autrui en raison de leur état mental ».« Le recours à cette loi, qui enfreint la Charte des droits et libertés de la personne, devrait être exceptionnel, mais nous constatons qu\u2019il devient de plus en routinier.Alors qu\u2019il y a eu quelque 1600 requêtes de garde en établissement hospitalier à Montréal en 1996, on en a compté 3000 en 2014.À notre avis, ces derniers chiffres témoignent d\u2019un abus.Il y a beaucoup de gens qui ont des comportements marginaux qui ne posent pas, à notre sens, de danger réel et immédiat, mais comme ils dérangent, on les garde [à l\u2019hôpital] », a déclaré au Devoir Jean-François Plouffe, chargé de communications pour Action autonomie.Selon Me Jean-Pierre Ménard, «cette enquête contredit complètement le discours qu\u2019on entend depuis les événements de dimanche.Elle montre qu\u2019il est extrêmement facile d\u2019obtenir une ordonnance de garde [d\u2019hospitalisation].Celle-ci est presque toujours accordée, les patients se défendent très peu.On est donc en droit de remettre en question la rigueur du processus, a-t-il affirmé.Si on modifie la loi, on va hospitaliser des milliers de personnes pour leur offrir des traitements qui ne guérissent pas la maladie, qui, au mieux, la contrôlent, et qui ont des effets secondaires ».Le Dr Gilles Chamberland, directeur des services professionnels à l\u2019Institut Philippe-Pinel de Montréal, ne voit pas les choses du même œil.«Contrairement à ce qu\u2019on véhicule, les médecins n\u2019ont aucun pouvoir, ce ne sont pas les psychiatres qui décident d\u2019hospitaliser un patient, ce sont les juges.Seul le médecin qui reçoit une personne à l\u2019urgence peut décider de l\u2019hospitaliser en garde préventive pendant 72 heures s\u2019il considère qu\u2019elle représente un danger grave et immédiat.Durant cette garde, aucun médecin ne peut évaluer son état psychiatrique », a précisé le Dr Chamberland.Si au terme des 72 heures, la personne se trouve encore dans un état dangereux, l\u2019avocat de l\u2019hôpital doit aller en cour pour obtenir le droit de la « garde provisoire », c\u2019est-à-dire « le droit de procéder à une évaluation psychiatrique de la personne ».Si un premier psychiatre établit la dangerosité de l\u2019état du patient, ce diagnostic devra être confirmé par un second psychiatre avant que la « garde autorisée » de 21 à 30 jours puisse être demandée à nouveau au juge.Comme la garde autorisée n\u2019inclut pas l\u2019autorisation de traiter le patient, il faudra retourner en cour pour obtenir une ordonnance de traitement.« Toutes les étapes sont judiciari- sées.Quand on a pris le temps de traverser toutes ces étapes, c\u2019est parce qu\u2019un patient en avait vraiment besoin.On manque de lits, de ressources, les patients sont coincés dans les urgences.On est débordé à tous les niveaux.Il n\u2019y a aucun médecin qui voudrait garder un patient à l\u2019hôpital s\u2019il n\u2019est pas malade », a souligné le Dr Chamber- land.« Si une personne n\u2019est pas en mesure de demander de l\u2019aide et qu\u2019elle souf fre d\u2019un problème qu\u2019on pourrait traiter, peut-être que ce serait un bon critère pour demander au juge l\u2019autorisation de l\u2019évaluer ?» a-t-il suggéré.Solutions Le cas de Frédérick Gingras « illustre non pas l\u2019insuf fisance des lois, mais l\u2019incurie, la négligence et l\u2019incapacité du système à organiser et à of frir des ressources adéquates à l\u2019extérieur de l\u2019hôpital.Pour un grand nombre de patients, la psychiatrie se résume à l\u2019urgence, le psychiatre et la pilule.Comment se fait-il qu\u2019on n\u2019ait pas de soins à domicile en santé mentale, peu ou pas de ressources communautaires ?Il ne faut surtout pas réduire les droits des patients, mais plutôt développer les ressources dans la communauté », a soutenu Me Ménard.Le Devoir ÉVALUATION PSYCHIATRIQUE Barrette pense à faciliter les hospitalisations Certains font valoir que les médecins abusent déjà de la loi d\u2019exception en vigueur Le chef péquiste, Jean- François Lisée, a fait valoir jeudi que Martine Ouellet s\u2019avérerait « une bonne chef » pour le Bloc québécois Le cas de Frédérick Gingras « illustre non pas l\u2019insuffisance des lois, mais l\u2019incurie, la négligence et l\u2019incapacité du système à organiser et à offrir des ressources adéquates à l\u2019extérieur de l\u2019hôpital» L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 9 D É C E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 ILLUSTRATION RICHARD RUDNICKI.GROUNDWOOD BOOKS Une illustration tirée du livre Viola Desmond Wont Be Budged.J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U L e ministre des Finances du Canada a annoncé qu\u2019une première femme se retrouvera en ef figie sur les billets de banque courants.L\u2019image de Viola Desmond ornera, à compter de 2018, le billet de banque canadien de 10 $.Une « première femme », comme on l\u2019a répété lors de cette annonce, à condition bien sûr de ne pas noter l\u2019omniprésence de la reine Elizabeth II sur toutes les pièces de monnaie en circulation depuis son couronnement en 1953.Mais qui est V iola Desmond ?En 1946, cette jeune coif feuse avait pris place au Roseland Theater, un cinéma de New Glasgow en Nouvelle- Écosse.Elle n\u2019avait pas l\u2019intention, semble-t-il, de provoquer un esclandre en s\u2019installant au par- ter re.C\u2019était sans compter qu\u2019elle bafouait alors une règle non écrite voulant que les Noirs n\u2019avaient pas leur place parmi les Blancs au par ter re.Comme elle l\u2019expliqua quelques jours après les événements, il ne s\u2019agissait d\u2019abord que de se distraire de son quotidien et de soulager sa mauvaise vue en s\u2019approchant un tant soit peu de l\u2019écran.Desmond refusa d\u2019être délogée sous ce prétexte qu\u2019elle n\u2019avait pas acquitté la taxe en lien avec cette place.On l\u2019arrêta donc pour le motif douteux qu\u2019elle entendait frauder le gouvernement de l\u2019acquittement d\u2019une taxe.Acte de bravoure Le lendemain de son arrestation, se souvient sa sœur Wanda Robson dans une entrevue l ivrée 70 ans plus tard, V iola étai t couver te d\u2019ecchymoses.À l\u2019époque, témoigne cette sœur cadette, elle n\u2019éprouva pas du tout un sentiment de fierté à l\u2019égard du geste de sa sœur.Wanda Robson explique pour tant avoir été elle-même victime de préjugés régulièrement à l\u2019époque.Après cette soirée au cinéma où el le fut ar rêtée, Viola Desmond prit conseil auprès de son pasteur avant de se décider à combattre l\u2019injustice dont elle avait été victime.Son opposition au motif grotesque de son arrestation, médiatisée par le journal The Clarion, mit en lumière le caractère raciste de l\u2019événement alors que le gouvernement insistait pour dire qu\u2019il s\u2019agissait tout au plus d\u2019un procès lié à une question de taxe impayée.Selon l\u2019avocat qui s\u2019occupa de Viola Demond dans cette af faire, la somme de la taxe soi-disant impayée qui servait de prétexte à sa poursuite équivalait plus ou moins à un cent ! Viola Desmond perdit sa cause contre l\u2019État.Pardon posthume Un pardon officiel posthume fut accordé à Viola Desmond en 2010.Son portrait orne désormais les murs de la législature provinciale de la Nouvelle- Écosse.Au Canada anglais, on la compare souvent à Rosa Parks, cette militante américaine qui avait volontairement refusé de céder sa place à un Blanc dans un autobus en 1955.À la différence de Viola Desmond, le geste de Rosa Parks était cependant envisagé d\u2019emblée comme politique et pleinement assumé.L\u2019esclavage a été aboli à compter de 1833 dans l\u2019Amérique du Nord britannique.Mais les traces systémiques de la ségrégation ne sont pas disparues du jour au lendemain.Né en 1914 dans une famille de 15 enfants, on présente Viola Desmond comme une personne simple, d\u2019al lure presque frêle, mais au caractère af firmé.Viola Desmond déménagea au Québec après son procès.Installée à Montréal, elle fréquenta une école de commerce.Coiffeuse, elle avait développé en Nouvelle- Écosse des produits de beauté destinés aux Noirs.Les traces écrites et les faits d\u2019armes de Viola Desmond demeurent relat ivement minces.Elle s\u2019installa ensuite à New York, où el le est mor te en 1965 à l \u2019âge de 50 ans.En 2012, les postes canadiennes ont émis un timbre à l\u2019ef figie de Viola Desmond, devenue longtemps après sa mort un symbole.Douze femmes en tout ont été considérées pour orner le nouveau billet de banque, dont les militantes politiques québécoises Thérèse Casgrain et Idola St-Jean.Une phrase de l\u2019écrivaine manitobaine Gabrielle Roy, elle aussi considérée dans ce lot, orne déjà les billets de 20 $ d\u2019une phrase de son cru : « Nous connaîtrions- nous seulement un peu nous- mêmes sans les arts ?» Aux États-Unis, le secrétaire du Trésor avait aussi annoncé qu\u2019à compter de 2020, une femme apparaîtrait sur les billets verts de 20 $: l\u2019abolitionniste et ancienne esclave Harriet Tubman.Le Devoir MONNAIE Une première femme noire sur un billet de banque canadien R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec L\u2019 ex-sous-ministre aux Transpor ts Dominique Savoie ne s\u2019est pas rendue coupable d\u2019outrage au Parlement lors de sa comparution en commission parlementaire puisque les « inexactitudes » que contenait son témoignage n\u2019étaient pas intentionnelles mais relevaient plutôt d\u2019une tromperie « innocente », a tranché le président de l\u2019Assemblée nationale, Jacques Chagnon.Mais aussi innocente que soit cette tromperie, Jacques Chagnon crit ique sévèrement « l\u2019attitude désinvolte » de Dominique Savoie et le « cafouillage administratif » dont elle a été responsable lors de sa comparution.Il a même suggéré qu\u2019une commission parlementaire puisse revoir ces faits.Tant le Parti québécois que la Coalition avenir Québec reprochaient à Dominique Savoie, qui a témoigné le 18 mai 2016 de sa gestion du ministère des Transports (MTQ) à la suite des allégations de l\u2019enquêteuse Annie Trudel, corroborées par la directrice des enquêtes et audits internes du ministère, Louise Boily, d\u2019avoir fourni deux copies falsifiées d\u2019un rapport et d\u2019avoir menti sur le fractionnement des contrats, une pratique utilisée pour octroyer des contrats de gré à gré plutôt que de procéder par appels d\u2019of fres.La sous-ministre a af firmé qu\u2019il n\u2019y avait pas eu de fractionnements de contrats au MTQ, contrairement aux constats faits par Louise Boily.Accessoirement, les plaignants jugeaient aussi que Michel Boulard, de la direction des enquêtes et audits internes du MTQ, avait induit délibérément en er reur la commission en produisant une note ministérielle pour valider les deux rappor ts.Jacques Chagnon a également conclu qu\u2019il n\u2019avait pas commis d\u2019outrage au Parlement.Pas de mauvaise foi Invoquant une jurispr u- dence néo-zélandaise, Jacques Chagnon a argué que pour qu\u2019il y ait outrage au Parlement, « il doit être démontré que toute inexactitude est délibérée, puisqu\u2019une tromperie innocente ne remplit pas les critères de l\u2019outrage».À l\u2019égard des deux rapports produits par la sous-ministre, « nous ne sommes pas en présence d\u2019une preuve qui démontre que Mme Savoie aurait rendu un faux témoignage avec une intention de tromper », estime le président de l\u2019Assemblée nationale.Quant au fractionnement de contrats, c\u2019est la parole Dominique Savoie contre celle de Louise Boily, et « il est impossible d\u2019établir qu\u2019à sa face même, ce témoignage serait faux », se contente de signaler le président.La « confusion » entretenue par la sous-ministre sur les deux rapports «a entraîné plusieurs répercussions », a déploré Jacques Chagnon.Il fut forcé de se prononcer sur un avis de violation de droit ou de privilège contre le premier ministre qui a déposé un document présumé faux en Chambre.La Commission de l\u2019administration publique a aussi produit aussi un rapport recommandant d\u2019invoquer une violation de privilège.« L\u2019attitude désinvolte de cette dernière [Dominique Savoie] a donc mené à beaucoup de questionnements et de débats qui auraient possiblement pu être évités si elle avait fait preuve de plus d\u2019exactitude et de célérité », a fait observer le président.« On retiendra certainement que Mme Savoie a rendu un témoignage non préparé et malhabile devant la Commission », a-t-il poursuivi.« Lorsqu\u2019on occupe un poste dans la fonction publique, de surcroît lorsqu\u2019il s\u2019agit de la fonction de sous-ministre, il est impératif de s\u2019assurer que l\u2019information que l\u2019on transmet à l\u2019Assemblée nationale et à ses membres soit rigoureusement précise, a déclaré Jacques Cha- gnon.On ne peut pas prendre à la légère la production d\u2019un document à l\u2019Assemblée nationale ou en commission, pas plus qu\u2019un témoignage qu\u2019on rend devant celles-ci.» Le Devoir MTQ Savoie non coupable d\u2019outrage au Parlement L\u2019ex-sous-ministre a rendu un témoignage malhabile, tranche Jacques Chagnon CARL DE SOUZA AGENCE FRANCE-PRESSE La girafe désormais sur la longue liste des espèces menacées Braconnée ou privée de son habitat, la girafe, longtemps préservée, vient s\u2019inscrire sur la liste rouge des espèces menacées, comme plusieurs dizaines d\u2019espèces d\u2019oiseaux pourtant tout juste découverts.Icône de l\u2019Afrique, l\u2019animal terrestre le plus grand a perdu 40 % de ses effectifs ces 30 dernières années, alertait jeudi l\u2019Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).En 2015, sa population a chuté en dessous de 100 000 (environ 97 500, contre 155 000 en 1985) : « Ces animaux majestueux sont aux prises avec une extinction silencieuse », observe Julian Fennessy pour l\u2019UICN, organisation de référence chargée de suivre l\u2019état des espèces dans le monde.Une ex-militaire poursuit Ottawa pour discrimination Halifax \u2014 Une ancienne membre des Forces armées canadiennes a déposé une poursuite contre Ottawa, se disant victime de discrimination basée sur son orientation sexuelle.L\u2019avocat John McKiggan affirme, dans l\u2019exposé de la demande, qu\u2019entre 1950 et 1990, le gouvernement canadien s\u2019est lancé dans une campagne visant à identifier, harceler et purger les homosexuels et lesbiennes des Forces armées.Ces allégations n\u2019ont pas été prouvées en cour.La poursuite, déposée mardi, couvre les années 1969 à 1995 et s\u2019applique à quiconque ayant servi au sein des Forces dans le Canada atlantique.L\u2019action collective a été déposée au nom d\u2019Alida Sata- lic, une résidante lesbienne de la Nouvelle-Écosse qui aurait été maltraitée et harcelée.La Presse canadienne Pic de pollution en France Paris \u2014 Devant un pic de pollution inédit dans plusieurs régions de France depuis dix ans, les autorités ont reconduit pour vendredi une série de mesures rares, comme la circulation alternée, avec des résultats plus ou moins bons du fait de l\u2019incivisme des automobilistes.Pour la quatrième journée consécutive, seule une partie des véhicules pourra circuler en région parisienne, nappée d\u2019un tenace nuage méphitique.Le taux de particules, ces poussières en suspension qui noircissent les façades et éprouvent les poumons, y dépasse le seuil d\u2019alerte (80 microgrammes par mètre cube) depuis plus d\u2019une semaine.Agence France-Presse Pacifique : journée de tremblements de terre Un fort séisme de magnitude 7,8 a été enregistré tôt vendredi matin au large des îles Salomon, dans l\u2019ouest du Pacifique, mais sans provoquer d\u2019importants dommages, selon les autorités locales.L\u2019électricité a été coupée dans certaines zones, et des maisons aux toits de chaume se sont effondrées, a-t-il précisé.De l\u2019autre côté de l\u2019océan, en Californie, un autre séisme, celui-ci de magnitude 6,5, a frappé jeudi au large des côtes nord, à 451 kilomètres au nord-ouest de Sacramento la capitale de l\u2019État, selon un communiqué de l\u2019institut américain de géologie (USGS).Agence France-Presse W arren Allmand, qui a régné pendant plus de 30 ans comme député fédéral dans la circonscription montréalaise de Notre-Dame- de-Grâce, est décédé mercredi.Il avait 84 ans.Le premier ministre Justin Trudeau a salué la mémoire de celui qui a été ministre dans les gouvernements de son père, soulignant ses «énormes contributions» au Canada.Le maire de Montréal, Denis Co- derre, a annoncé sur Twitter que les drapeaux de l\u2019hôtel de ville seraient en berne en hommage à M.Allmand, qui a aussi été conseiller municipal du district de Loyola pour le défunt par ti Union Montréal après sa retraite de la politique fédérale.Né en 1932 à Montréal, Warren Allmand a étudié en droit civil à McGill, pour être admis au Barreau en 1958.En 1965, il se présente pour la première fois sous la bannière libérale dans la circonscription de Notre-Dame-de- Grâce.Il sera élu sans interruption jusqu\u2019en 1993, malgré les défaites de son parti en 1979, 1985 et 1989.Pendant les années au pouvoir du Parti libéral, M.Allmand a été solliciteur général du Canada, de 1972 à 1976.C\u2019est lui qui avait piloté l\u2019épineux dossier de l\u2019abolition de la peine de mort au Canada, en 1976.Il a ensuite assumé le rôle de ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien, de 1976 à 1977, avant d\u2019être nommé à la tête du ministère de la Consommation et des Corporations, qu\u2019il a dirigé de 1977 à 1979.En 1997, il quitte la politique fédérale pour devenir président du Centre international des droits de la personne et du développement démocratique, qu\u2019il présidera jusqu\u2019en 2002.En 2000, il est nommé Officier de l\u2019Ordre du Canada, qui a souligné son dévouement «comme politicien et comme leader dans le domaine des droits de la personne».Quelques années plus tard, il devient président national du Mouvement fédéraliste mondial pour le Canada, pour lequel il militera jusqu\u2019à tout récemment.La Presse canadienne Décès de l\u2019ex-ministre libéral fédéral Warren Allmand Viola Desmond Warren Allmand Dominique Savoie F A N N I E O L I V I E R à Ottawa L a rencontre fédérale-pro- vinciale sur le climat devrait aboutir sur un document d \u2019une trentaine de pages, qui résumera les actions prises jusqu\u2019à présent pour lutter contre les changements climatiques, tout en proposant quelques nouvelles mesures.Le premier ministre Justin Tr udeau rencontrera vendredi ses homologues des provinces et des territoires, ainsi que des leaders autochtones, pour mettre la touche finale à la « stratégie nationale » de réduction des gaz à effet de serre (GES).Selon une source au fait du dossier, on retrouvera dans le plan qui sera dévoilé en après- midi les lignes directrices qui devraient guider les deux ordres de gouvernement pour l\u2019atteinte de cibles canadiennes de réduction des GES.Quelques mesures devraient être annoncées dans des secteurs qui sont pour le moment passés plutôt sous le radar.Des initiatives pour rendre plus ver t le domaine du bâtiment et celui du transport pourraient ainsi être avancées.Tarification Les nouvelles mesures ne devraient pas faire trop de remous du côté des provinces et « rendre des choses plus attrayantes pour les consommateurs», a indiqué cette source.Le Canada s\u2019est engagé à abaisser ses émissions de GES de 30 % d\u2019ici 2030, par rapport au niveau de 2005.Pour y arriver, le gouvernement libéral mise notamment sur la tarification du carbone.Lors du débat sur la ratification de l\u2019accord de Paris en octobre, Justin Trudeau avait créé la surprise en annonçant un prix plancher de 10 $ la tonne de CO2 dès 2018, qui grimpera de 10 $ chaque année pour atteindre 50 $ en 2022.Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, est fortement opposé à cette tarification.Depuis, M.Trudeau a par ailleurs annoncé l\u2019approbation de deux projets de pipelines \u2014 l\u2019augmentation de la capacité de l\u2019oléoduc Trans Mountain et le prolongement de la ligne 3 d\u2019Enbridge entre l\u2019Alberta et le Wisconsin.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 9 D É C E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 SE LIT MAINTENANT EN TOUTE MOBILITÉ?! Téléchargez gratuitement la nouvelle application du Devoir et profitez d\u2019un accès illimité jusqu\u2019au 1er mars.R PA E T R FFE O STRATÉGIE CLIMATIQUE Quelques nouvelles mesures devraient être annoncées H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L es deux sénateurs québécois Pierre-Hugues Bois- venu et Jean-Guy Dagenais ne décolèrent pas.Ils n\u2019acceptent pas que les sept sénateurs devant encore de l\u2019argent au Sénat pour des dépenses illégitimes s\u2019en tirent sans poursuite.Ils s\u2019estiment floués \u2014 « innocent » et « niaiseux » , même \u2014 d\u2019avoir, eux, remboursé maintenant qu\u2019ils savent qu\u2019il n\u2019y aurait pas eu de conséquences.Dans la foulée du scandale des dépenses de Mike Duffy, le vérificateur général avait été invité à scruter les dépenses de 116 sénateurs (en poste ou retraités).Des problèmes avaient été trouvés dans les comptes de 30 d\u2019entre eux.Cer tains ont remboursé le Sénat.D\u2019autres se sont d\u2019abord prévalus d\u2019un mécanisme d\u2019arbitrage \u2014 ayant bien souvent permis de réduire le solde dû \u2014 avant de s\u2019exécuter.Mais sept ont résisté, tous d\u2019anciens sénateurs, dont un au- jourd\u2019hui décédé.Ensemble, les récalcitrants se font réclamer quelque 530 000$.Frais La Chambre haute a demandé un avis juridique, avis qui a été présenté jeudi : selon l\u2019avocate Brenda Hollingsworth, le Sénat pourrait au mieux espérer récupérer 60 000$ au terme de sept poursuites civiles distinctes.«Quand on regarde les frais de justice qu\u2019encourrait le Sénat pour récupérer ces montants, moi je ne recommanderais jamais à un client d\u2019entreprendre cette démarche car le rapport coûts-bénéfices n\u2019est pas au rendez-vous», a-t-elle déclaré en comité sénatorial.Le Comité de régie interne du Sénat s\u2019est plié à cet avis.« Conformément à la recommandation d\u2019un conseiller juridique externe, le Sénat n\u2019entamera aucune autre action contre les anciens sénateurs en ce qui a trait à leurs dépenses, indique la déclaration publiée jeudi soir.Le comité a estimé que le fait de procéder ne serait pas une utilisation responsable de l\u2019argent des contribuables.» Les deux sénateurs québécois ne sont pas d\u2019accord.« Je ne suis pas ben, ben de bonne humeur.Je me demande s\u2019il y a une justice pour ceux qui remboursent et une autre pour ceux qui ne remboursent pas», lance Jean-Guy Dagenais.L\u2019ancien policier s\u2019était fait reprocher par le vérificateur général des dépenses de 3538$.La facture avait été revue à la baisse par l\u2019arbitre, à 2267$.Il l\u2019a payée.«En matière de justice, est-ce qu\u2019on décide d\u2019abandonner des poursuites parce que ça coûte trop cher ?[\u2026] Ça envoie un mauvais message », poursuit M.Dagenais qui dit en faire un «principe de justice ».«Pen- sez-vous qu\u2019ils m\u2019auraient poursuivi et dépensé des frais d\u2019avocat pour 2000 $ ?J\u2019aurais été aussi bien de ne pas rembourser et d\u2019attendre.» « J\u2019ai été innocent de rembourser, cer taine- ment», conclut-il.Le discours est le même du côté de Pierre-Hugues Bois- venu.Les dépenses en litige, dans son cas, s\u2019élevaient à 60 000$, mais ont été ramenées à 20 467$ par l\u2019arbitre.M.Bois- venu a remboursé ce montant.«Ce qui me frustre, c\u2019est que volontairement j\u2019ai remboursé, même si j\u2019aurais pu contester », dit-il, estimant avoir voulu «acheter la paix».« Je me suis trouvé niai- seux, confie-t-il.Ce qui me choque, c\u2019est le deux poids, deux mesures.Ça porte préjudice à ceux qui, volontairement [ont remboursé].» Les deux hommes font valoir que la justice ne peut être monnayée.Car si tel était le cas, pourquoi avoir au départ lancé une enquête du vérificateur général qui a coûté 24 millions de dollars ?Les sommes récupérées totalisent 338 382 $, dont 20 000$ perçus mercredi.«Le problème n\u2019est pas ce que ça coûte.C\u2019est de savoir si tout le monde a été traité également, pareil ?Et ici, je pense que non.Je trouve que c\u2019est déplorable », conclut M.Boisvenu.Le Devoir DÉPENSES ILLÉGITIMES Sept sénateurs fautifs échappent aux remboursements D\u2019autres qui ont dû rembourser des sommes se sentent floués ARCHIVES NASA L\u2019astronaute américain John Glenn s\u2019éteint à 95 ans Chicago \u2014 Le légendaire astronaute John Glenn est mort jeudi à l\u2019âge de 95 ans, laissant derrière lui l\u2019image d\u2019un homme courageux et passionné.Le 20 février 1962, John Glenn est devenu le premier astronaute américain à effectuer un vol en orbite autour de la Terre, à bord de la minuscule capsule Friendship 7.En pleine guerre froide, les États- Unis avaient vu l\u2019ennemi soviétique les doubler quand Moscou a réussi à envoyer Iouri Gagarine autour de la Terre en avril 1961.« Je ne suis pas ben, ben de bonne humeur.Je me demande s\u2019il y a une justice pour ceux qui remboursent et une autre pour ceux qui ne remboursent pas » L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 9 D É C E M B R E 2 0 1 6 A 6 É C O N O M I E Titre Symbole Fermeture Variation Volume ($) (%) (000) Titre Symbole Fermeture Variation Volume ($) (%) (000) Alim.Couche-Tard ATD.B 60.63 -0.96 -1.56 1015 Canadian-Tire CTC.A 143.16 1.46 1.03 198 Cogeco CCA 65.01 0.30 0.46 43 Corus CJR.B 12.07 0.09 0.75 1061 Groupe TVA TVA.B 2.83 -0.12 -4.07 3 Jean Coutu PJC.A 21.70 0.03 0.14 124 Loblaw L 70.86 0.95 1.36 595 Magna MG 61.24 0.41 0.67 945 Metro MRU 40.51 0.16 0.40 502 Quebecor QBR.B 36.78 0.22 0.60 152 Uni Select UNS 29.65 0.04 0.14 88 Saputo SAP 45.36 -0.32 -0.70 543 Shaw SJR.B 26.58 0.03 0.11 527 Dollarama DOL 101.27 -0.05 -0.05 389 Restaurant Brands QSR 65.09 -0.11 -0.17 197 Transat A.T.TRZ 5.70 0.17 3.07 33 Yellow Media Y 18.30 0.01 0.05 13 S&P TSX SPTT15295.20 57.45 0.38 210442 S&P TX20 TX20 655.80 4.38 0.67 70643 S&P TX60 TX60 901.21 3.33 0.37 100916 S&P TX60 Cap.TX6C 996.56 3.68 0.37 100916 Cons.de base TTCS 517.51 -0.40 -0.08 3899 Cons.discré.TTCD 182.70 0.70 0.38 7413 Énergie TTEN 220.65 0.23 0.10 47410 Finance TTFS 280.92 2.83 1.02 34395 Aurifère TTGD 193.93 -0.16 -0.08 66912 Santé TTHC 67.36 -0.96 -1.41 8946 Tech.de l\u2019info TTTK 55.45 -0.50 -0.89 5619 Industrie TTIN 206.34 0.43 0.21 9520 Matériaux TTMT 236.85 -0.35 -0.15 69407 Immobilier TTRE 281.38 2.40 0.86 6381 Télécoms TTTS 148.90 0.10 0.07 3493 Sev.collect.TTUT 230.34 0.65 0.28 6789 Métaux/minerals TTMN 670.38 0.00 0.00 0 TSX Venture JX 749.50 -0.47 -0.06 84725 Cameco CCO 13.76 0.18 1.33 2041 Canadian Natural CNQ 43.73 -0.26 -0.59 1481 Hydro One H 23.19 -0.04 -0.17 638 Enbridge ENB 55.67 -0.15 -0.27 1198 EnCana ECA 16.90 0.46 2.80 5247 Enerplus ERF 11.92 0.15 1.27 1529 Pengrowth Energy PGF 2.07 0.00 0.00 968 Pétrolière Impériale IMO 46.19 -0.02 -0.04 451 Suncor Energy SU 42.84 -0.19 -0.44 3248 Cenovus Energy CVE 20.48 -0.06 -0.29 2029 TransCanada TRP 59.48 -0.52 -0.87 1387 Valener VNR 21.30 0.38 1.82 59 Air Canada AC 14.72 0.45 3.15 1509 Bombardier BBD.B 1.92 0.02 1.05 2108 CAE CAE 19.28 -0.23 -1.18 554 Canadien Pacifique CP 205.92 1.17 0.57 379 Chemin de fer CN CNR 92.11 0.63 0.69 1201 SNC-Lavalin SNC 55.54 -1.40 -2.46 348 Transcontinental TCL.A 21.42 0.55 2.64 507 TransForce TFI 34.93 0.44 1.28 442 B.CIBC CM 111.69 0.91 0.82 1522 B.de Montréal BMO 95.02 1.88 2.02 2135 B.Laurentienne LB 56.55 1.17 2.11 147 B.Nationale NA 54.40 0.62 1.15 1742 B.Royale RY 89.43 1.10 1.25 3662 B.Scotia BNS 76.17 0.57 0.75 2922 B.TD TD 65.17 0.61 0.94 4079 Brookfield Asset BAM.A 43.74 -0.44 -1.00 763 Cominar Real CUF.UN 14.72 0.34 2.36 652 Corp.Fin.Power PWF 34.53 0.67 1.98 615 Fin.Manuvie MFC 24.36 0.67 2.83 7645 Fin.Sun Life SLF 51.74 0.05 0.10 1062 Great-West Lifeco GWO 35.23 0.26 0.74 442 Industrielle All.IAG 55.26 -0.16 -0.29 396 Power Corporation POW 30.27 0.44 1.48 671 TMX X 70.03 1.84 2.70 130 Agrium AGU 140.67 1.87 1.35 305 Barrick Gold ABX 21.00 0.08 0.38 3976 Goldcorp G 17.85 -0.01 -0.06 2029 Kinross Gold K 4.43 -0.07 -1.56 4594 Mines Agnico-Eagle AEM 53.31 -0.02 -0.04 712 Potash POT 25.42 0.34 1.36 3724 Teck Resources TCK.B 33.66 0.00 0.00 0 Fortis FTS 40.40 0.01 0.02 1043 TransAlta TA 7.43 0.11 1.50 824 BlackBerry BB 10.33 0.24 2.38 1354 CGI GIB.A 62.45 -0.27 -0.43 529 BCE BCE 58.28 -0.02 -0.03 1410 Manitoba Telecom MBT 37.26 0.19 0.51 79 Rogers RCI.B 51.94 -0.45 -0.86 750 Telus T 42.36 0.26 0.62 1254 iShares DEX XBB 31.19 -0.09 -0.29 90 iShares MSCI XEM 27.05 0.00 0.00 3 iShares MSCI EMU EZU 33.12 0.00 0.00 0 iShares S&P 500 XSP 25.83 0.06 0.23 264 iShares S&P/TSX XIC 24.32 0.09 0.37 178 MANULIFE FINANCIAL MFC 24.36 0.67 2.83 7645 ALGONQUIN POWER & AQN.IR 36.34 0.09 0.25 5740 ENCANA CORP ECA 16.90 0.46 2.80 5247 BAYTEX ENERGY CORP BTE 6.30 0.10 1.61 5037 LUNDIN MINING CORP LUN 6.99 -0.01 -0.14 4849 HB NYMEX CL BULL HOU 8.32 0.28 3.48 4735 TORONTO DOMINION TD 65.17 0.61 0.94 4079 BARRICK GOLD CORP ABX 21.00 0.08 0.38 3976 POTASH CORP POT 25.42 0.34 1.36 3724 ROYAL BANK of RY 89.43 1.10 1.25 3662 AUTOCANADA INC ACQ 23.16 2.35 11.29 210 HB NYMEX NG BULL HNU 13.48 0.98 7.84 2960 INTERFOR CORP IFP 15.64 0.84 5.68 207 GLUSKIN SHEFF & GS 17.10 0.90 5.56 133 ENDEAVOUR MINING EDV 22.60 1.16 5.41 489 CANYON SERVICES FRC 7.09 0.35 5.19 1520 LUMENPULSE INC LMP 17.50 0.85 5.11 225 RICHMONT MINES INC RIC 9.26 0.37 4.16 326 LABRADOR IRON ORE LIF 20.41 0.77 3.92 419 SHOPIFY INC SHOP 56.17 2.06 3.81 121 HB NYMEX NG BEAR HND 8.98 -0.75 -7.71 2020 CANOPY GROWTH CORP CGC 10.02 -0.68 -6.36 3506 TECK COMINCO CL B TECK.B 31.55 -1.65 -4.97 3045 THE INTERTAIN IT 8.69 -0.45 -4.92 161 MAG SILVER CORP MAG 16.79 -0.71 -4.06 158 FIRST MAJESTIC FR 12.52 -0.53 -4.06 1109 COTT CORP BCB 13.71 -0.55 -3.86 434 HB NYMEX CL BEAR HOD 9.97 -0.38 -3.67 2633 SHAWCOR LTD SCL 32.97 -1.00 -2.94 722 ENDEAVOR SILVER EDR 5.13 -0.15 -2.84 359 AUTOCANADA INC ACQ 23.16 2.35 11.29 210 SHOPIFY INC SHOP 56.17 2.06 3.81 121 BANK of MONTREAL BMO 95.02 1.88 2.02 2135 AGRIUM INC AGU 140.67 1.87 1.35 305 TMX GROUP LTD X 70.03 1.84 2.70 130 CANADIAN TIRE CORP CTC.A 143.16 1.46 1.03 198 WESTON GEORGE LTD WN 113.02 1.28 1.15 104 WEST FRASER TIMBER WFT 51.82 1.18 2.33 432 CANADIAN PACIFIC CP 205.92 1.17 0.57 379 LAURENTIAN BANK of LB 56.55 1.17 2.11 147 TECK COMINCO CL B TECK.B 31.55 -1.65 -4.97 3045 SNC-LAVALIN GROUP SNC 55.54 -1.40 -2.46 348 SHAWCOR LTD SCL 32.97 -1.00 -2.94 722 ALIMENTATION ATD.B 60.63 -0.96 -1.56 1015 HB NYMEX NG BEAR HND 8.98 -0.75 -7.71 2020 MAG SILVER CORP MAG 16.79 -0.71 -4.06 158 CANOPY GROWTH CORP CGC 10.02 -0.68 -6.36 3506 OPEN TEXT CORP OTC 81.01 -0.61 -0.75 189 INTERTAPE POLYMER ITP 24.19 -0.55 -2.22 129 COTT CORP BCB 13.71 -0.55 -3.86 434 ENTREPRISES DE CONSOMMATION DISCRÉTIONNAIRE ÉNERGIE FINANCIÈRES INDUSTRIELLES ENTREPRISES DE MATÉRIAUX SERVICES PUBLICS TECHNOLOGIE TÉLÉCOMMUNICATIONS FONDS NÉGOCIÉS EN BOURSE LES PLUS ACTIFS DE LA BOURSE DE TORONTO LES GAGNANTS EN % LES PERDANTS EN % LES GAGNANTS EN $ LES PERDANTS EN $ LES INDICES DE LA BOURSE DE TORONTO TSX CROISSANCE Consultez toutes les cotes boursières sur www.decisionplus.com M A R C H É S B O U R S I E R S TORONTO S&P TSX 15 295,20 ?+57,45 +0,4% New York S&P 500 2246,19 ?+4,84 +0,2% NASDAQ 5417,36 ?+23,60 +0,4% DOW JONES 19 614,81 ?+65,19 +0,3% PÉTROLE 50,84 +1,07 $US +2,1% ?OR 1172,40 -5,10 $US -0,4% ?DOLLAR CANADIEN 75,81 +0,26 $US +0,3% ?1$US = 1,3191 71,41 +1,21 EURO 1 EURO = 1,4004 INDICES QUÉBÉCOIS Indice Fermeture var.pts var.% IQ30 2417,13 +10,18 +0,42 IQ120 2453,52 +11,18 +0,46 CENTRE D\u2019ANALYSE ET DE SUIVI DE L\u2019INDICE QUÉBEC L\u2019indice Québec est une initiative du Département de finance de l\u2019Université de Sherbrooke et de l\u2019Institut de recherche en économie contemporaine P A U L I N E H O U E D E F rancfort \u2014 La BCE a décidé jeudi de prolonger jusqu\u2019à fin 2017 ses rachats massifs de créances, l\u2019une de ses mesures phares pour stimuler une économie toujours vulnérable, mais a semé le trouble en réduisant le rythme de ses acquisitions.À l\u2019issue de sa dernière réunion de politique monétaire de l\u2019année, le conseil des gouverneurs a convenu de continuer ses vastes rachats de dettes publiques et privées jusqu\u2019à fin décembre 2017, quand ils étaient censés prendre fin en mars.Ces injections massives d\u2019argent dans le circuit financier visent à soutenir la croissance.Mais à partir d\u2019avril, le volume des achats sera limité à 60 milliards d\u2019euros (84 milliards $CAN), soit 20 milliards de moins qu\u2019auparavant.L\u2019annonce a fait craindre une amorce de virage vers une politique monétaire plus restrictive.«Le risque de déflation a largement disparu», a reconnu le président de la BCE Mario Draghi lors d\u2019une conférence de presse.C\u2019est pour parer ce spectre que la BCE avait décidé en mars d\u2019augmenter le volume de ses rachats de 60 à 80 milliards, a-t-il rappelé.«Cependant, l\u2019incertitude prévaut partout», a-t-il estimé, évoquant notamment les impacts sur l\u2019économie encore difficiles à cerner de l\u2019élection de Donald Trump, chantre de protectionnisme, et de la décision du Royaume- Uni de quitter l\u2019Union européenne.Manœuvre élégante C\u2019est pourquoi la BCE est prête à continuer son programme au-delà de 2017 « si nécessaire» et reste prête à «augmenter sa durée et sa taille» au cas où les perspectives de retour de l\u2019inflation au niveau voulu venaient à s\u2019assombrir, a-t-il dit.«Le conseil des gouverneurs agit de façon pragmatique et raisonnable aux risques qui pourraient apparaître», a-t-il jugé.La plupart des économistes attendaient une extension de six mois et au même rythme de ces rachats.Du coup, certains ont vu dans la décision du jour une manœuvre élégante de la BCE d\u2019entamer une réduction de son programme très controversé.Le patron de la Bundesbank, Jens Weidmann, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, n\u2019a de cesse de critiquer cette mesure, qu\u2019il accuse de provoquer un relâchement des réformes et de la discipline budgétaire dans certains pays.«Il n\u2019est pas question de tapering.Un tapering n\u2019a pas été discuté», a martelé M.Draghi, pressé de questions par les journalistes.Le «tapering» désigne un arrêt progressif des rachats de créance et, plus globalement, une orientation plus restrictive de la politique monétaire.«L\u2019extension des rachats sur un horizon plus lointain permet une présence plus soutenue sur le marché et donc une transmission plus durable de nos mesures de politique monétaire», a-t-il au contraire plaidé.Vers une sortie Pour Uwe Burkert, chef économiste chez LBBW, le «conseil de la BCE a bouclé un paquet qui ressemble seulement à première vue à une sortie progressive de la politique monétaire non conventionnelle ».La BCE, qui s\u2019inquiète toujours d\u2019une inflation trop basse en zone euro, est appelée à conserver encore pour long 0,6% sur un an en novembre, elle est éloignée de l\u2019objectif d\u2019un taux proche mais inférieur à 2%, qui correspond à la définition par la BCE de la stabilité des prix.Et les nouvelles prévisions dévoilées jeudi par la BCE montrent qu\u2019un retour au niveau voulu s\u2019annonce laborieux.Elle attend un taux de 0,2% en 2016, puis 1,3% en 2017, puis 1,5% en 2018.Pour la première fois, elle a livré une projection pour 2019, de 1,7 %.Ce niveau n\u2019est «pas nécessairement» à considérer comme remplissant l\u2019objectif de la BCE, a admis Mario Draghi.Le PIB de l\u2019ensemble des pays de la monnaie unique devrait de son côté progresser en 2016 de 1,7% et de 1,6% en 2018, comme déjà attendu en septembre.Pour 2019, une croissance de 1,6% est espérée.La BCE a par ailleurs conservé, et comme escompté, son principal taux directeur à 0%, son plus bas niveau historique.Agence France-Presse EUROPE La BCE prolonge son soutien à l\u2019économie, plus lentement G É R A R D B É R U B É D ans ses prévisions automnales, le Conference Board du Canada manifeste un enthousiasme pour le potentiel de croissance de l\u2019économie québécoise l\u2019an prochain.Le PIB pourrait connaître sa plus forte poussée depuis la Grande Récession.«L\u2019économie du Québec prend de l\u2019ampleur, le marché de l\u2019emploi se porte relativement bien et les consommateurs ont tenu les détaillants occupés.On s\u2019attend à ce que le taux de croissance de la province atteigne un niveau non égalé depuis la fin de la récession de 2008-2009 », explique Marie-Christine Bernard, directrice associée, Prévisions provinciales.Le PIB devrait croître de 1,4 % cette année pour toucher 1,9 %, en moyenne, en 2017 et en 2018.Le Conférence Board appuie son scénario sur la progression des revenus des ménages et la vigueur d\u2019un marché de l\u2019emploi devant composer avec le vieillissement de la population.À l\u2019opposé, « les investissements des entreprises et les exportations sont une source de déception, car ils n\u2019ont pas connu l\u2019accélération anticipée».Consommation Les dépenses de consommation devraient alimenter la croissance du PIB l\u2019an prochain pour réduire le rythme ensuite.«Les investissements des entreprises feront un bond significatif en 2017.Cette accélération ne devrait être que de courte durée, car certains grands projets proposés n\u2019ont pas les conditions pour aller de l\u2019avant», a ajouté le Conference Board.La contribution des exportations sera positive au cours des deux prochaines années, avec une contribution davantage ressentie en 2018.À l\u2019échelle canadienne, l\u2019Ontario et la Colom- bie-Britannique occuperont le peloton de tête, alors que l\u2019Alberta parviendra à sortir de sa sévère récession l\u2019an prochain.En juin dernier, le Conference Board prévoyait une progression de 1,8 % du PIB québécois cette année, soit mieux que le 1,1 % affiché en 2015.Dans sa note de conjoncture provinciale, l\u2019institution pensait alors que la barre des 2 % sera atteinte l\u2019an prochain.Par ville, les deux principales économies du Québec devraient af ficher une croissance plus for te que celle qui est attendue à l\u2019échelle canadienne, disait l\u2019institution en novembre.Montréal et Québec tirent profit de la contribution du secteur public et de l\u2019accroissement du tourisme por té par la faiblesse du dollar, qui compensent la correction du secteur immobilier.L\u2019économie montréa- laise devrait progresser de 1,6 % en 2016 et de 2 % l\u2019an prochain, après une hausse de 1,1 % l\u2019an dernier.À Québec, la progression du PIB sera de 1,7 % cette année et l\u2019an prochain, contre 0,9 % en 2015.Au 32e rang Dans un autre ordre d\u2019idées, le Québec occupait le 32e rang mondial en 2015 selon la taille de son PIB par habitant.Selon les calculs de l\u2019Institut de la statistique du Québec (ISQ), le PIB par habitant du Québec, mesuré en parité de pouvoir d\u2019achat courante avec le dollar américain, atteignait 36 946$US l\u2019an dernier, ce qui lui conférait son 32e rang dans un classement de 193 pays.Il devance de près la Nouvelle-Zélande (36 780$US), l\u2019Italie (35 941$US) ou encore Israël (35 436$US).Il est devancé notamment par le Japon (37 372 $US), Oman (38 234 $US), la France (39 813 $US) ou encore la Finlande (40 990$US).«Le Canada (44 379$US) arrive à la 25e position et les États-Unis (56 066$US), à la 12e place.En tête du classement, on retrouve le Qatar (144 957$US)», a souligné l\u2019ISQ.Le Devoir CROISSANCE Le PIB du Québec retrouvera une vitesse d\u2019avant-récession G É R A R D B É R U B É T UI Group a vu son bénéfice croître de 12,5 % en 2016 et prévoit de maintenir le cap des 10 % et plus au cours des deux prochaines années.Le voyagiste intégré, premier en Europe, a mis un terme à son exercice financier 2016, clos le 30 septembre, avec un bénéfice courant de 1,03 milliard d\u2019euros (1,44 milliard $CAN), en hausse de 12,5 % (en devise constante) sur un an.Ses revenus se sont établis à 17,2 milliards d\u2019euros, légèrement sous les 17,5 milliards de 2015.Ils devraient croître de 3% en 2016-2017.Au total, le bénéfice net du groupe a été de 1,15 milliard.Environnement difficile En point de presse à Londres, Fritz Joussen, directeur général de TUI, a indiqué pouvoir maintenir ce r ythme de croissance au-dessus de 10 % au moins pour les deux prochaines années malgré l\u2019incertitude géopolitique.À titre d\u2019illustration, les résultats de 2016 tiennent compte de l\u2019environnement difficile sur les marchés d\u2019Afrique du Nord et de la désertion des voyageurs du marché de la Turquie en réaction aux attaques terroristes et au coup d\u2019État avorté.Aussi, le Brexit, et la chute de la livre sterling qui a suivi, a pu semer une certaine inquiétude chez les Britanniques.TUI entend jouer à fond de train la carte de son intégration et mettre l\u2019accent sur son parc hôtelier (comprenant les RIU) et ses activités de croi- siériste, a ajouté le voyagiste.Au Canada Dans son sur vol géographique, TUI, par tenaire du Groupe de voyage Sunwing avec une participation de 49%, a souligné qu\u2019au Canada les marges bénéficiaires en hiver ont été sous pression en raison de la glissade rapide du dollar canadien par rapport à la devise américaine.La croissance s\u2019est toutefois poursuivie en été.En France, TUI a évoqué une amélioration sensible de ses résultats.L\u2019acquisition de Transat France, finalisée en octobre, devrait amplifier cette tendance.Pour l\u2019hiver 2016-2017, TUI a précisé que ses revenus dans ses activités de base étaient présentement en hausse de 9 % et ses réservations, en augmentation de 5 % par rapport à la période correspondante l\u2019an dernier.Le voyagiste ajoute que 60 % de son programme d\u2019hiver est présentement vendu.Le Devoir VOYAGISTE TUI garde le cap sur 10 % de croissance JULIAN STRATENSCHULTE AGENCE FRANCE-PRESSE Friedrich Joussen, le directeur général de TUI L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 9 D É C E M B R E 2 0 1 6 ECONOMIE A 7 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I L\u2019 arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche et son penchant pour les énergies fossiles produites aux États-Unis n\u2019empêcheront pas Hydro-Québec de faire croître ses exportations d\u2019électricité sur le territoire américain, estime le président-directeur général de la société d\u2019État, Éric Martel.«Est-ce que l\u2019élection du nouveau gouvernement [américain] aura un impact ?Peut- être, mais ce sera minime », a déclaré M.Mar tel lors d\u2019un discours prononcé jeudi devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).Objectif ambitieux Depuis son entrée en poste à l\u2019été 2015, le p.-d.g.de la société d\u2019État s\u2019est donné pour objectif de doubler les revenus d\u2019Hy- dro-Québec en l\u2019espace de 15 ans, les faisant passer de 13,6 milliards en 2014 à 27,2 milliards en 2030.Hydro- Québec mise notamment sur l\u2019augmentation de ses exportations d\u2019électricité, principalement dans le nord-est des États- Unis, mais pour ce faire, la société d\u2019État a besoin de nouvelles lignes de transport.Voilà pourquoi elle tient tant au projet Northern Pass, développé en partenariat avec la société Eversource.Or, jeudi, M.Mar tel a affirmé que le président Trump pourrait mettre des « bâtons dans les roues » d\u2019Hydro-Québec pour l\u2019approbation de la future ligne reliant le Québec et la Nouvelle-Angleterre, qui doit obtenir un permis présidentiel d\u2019ici la fin de 2017.« Il faudrait être naïf pour dire qu\u2019il y aura zéro impact », a-t-il admis.Deux autres lignes Le p.-d.g.dit avoir néanmoins bon espoir de voir le gouver nement américain donner son feu vert au projet, qui devrait créer « plusieurs centaines » d\u2019emplois.Il précise qu\u2019en cas de pépin, Hy- dro-Québec pourrait collaborer avec TDI New England, qui a obtenu une approbation présidentielle pour chacun de ses deux projets de ligne devant passer sous le lac Champlain à par tir de la frontière canadienne.Le tracé du Champlain Hudson Power Express Route rejoint la ville de New York, alors que le New England Clean Power Link doit desservir le Vermont et la Nouvelle- Angleterre.Ces deux lignes pourraient transporter un total de 2000 MW.Hydro-Québec a appris en octobre qu\u2019elle n\u2019est pas parvenue à décrocher un important contrat de fourniture d\u2019électricité avec les États du Massachusetts, du Connecticut et du Rhode Island.La société d\u2019État regarde maintenant du côté du Massachusetts, qui lancera un appel de propositions en 2017 pour la fourniture de près de 10 TWh par année.Contrat à long terme Éric Martel souhaite décrocher un contrat d\u2019approvisionnement à long terme sur 20, 30 ou même 40 ans, avec un prix fixe, pour éviter les fluctuations du marché.«Pour décrocher ces contrats à long terme, on a besoin de nouvelles lignes et de nouvelles infrastructures», a-t-il insisté.Lors de son allocution de jeudi, Éric Mar tel a longuement vanté les mérites de l\u2019énergie hydroélectrique produite au Québec.À son avis, l\u2019attrait de l\u2019électricité québécoise pour les clients américains est par ticulièrement grand dans le contexte de la lutte contre les changements climatiques.« Il y a des gens qui peuvent dire que [le réchauffement climatique] n\u2019est pas vrai, que ça n\u2019arrivera pas, a-t-il lancé.Je pense qu\u2019il ne faut pas être naïf.» Acquisitions: pas de presse Pour Hydro-Québec, la hausse des revenus d\u2019ici 2030 passe aussi par des acquisitions à l\u2019étranger, mais l\u2019année 2016 n\u2019aura pas donné lieu à de grandes annonces.« Nous sommes extrêmement vigilants dans notre approche.Ça ne presse pas.[\u2026] On a regardé plein de transactions cette année.Il y en a qu\u2019on a décidé de ne pas faire, a expliqué M.Martel.On veut une transaction de qualité.On cherche une transaction qui va être payante pour Hydro-Québec et pour les Québécois.» Hydro-Québec regarde du côté de l\u2019Europe et des Amé- riques, à la recherche d\u2019acquisitions liées à la production ou au transport d\u2019électricité.À défaut d\u2019avoir pu acquérir 49 % de Réseau de transpor t d\u2019électricité (RTE), une filiale d\u2019Électricité de France (EDF), Hydro-Québec a conclu en novembre un protocole d\u2019entente avec RTE en vue d\u2019éventuelles acquisitions.Selon M.Martel, ce partenariat facilitera les démarches entreprises par la société d\u2019État sur le territoire européen.Le Devoir EXPORTATIONS D\u2019ÉLECTRICITÉ Hydro-Québec ne craint pas l\u2019effet Trump JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le président-directeur général d\u2019Hydro-Québec, Éric Martel, au cours de son allocution ANDREY POPOV GETTY IMAGES Le soutien minimal aux ménages sans enfant (et sans revenu) couvre aujourd\u2019hui à peine plus de 50% de la mesure de faible revenu, un seuil inférieur aux années 2000.F R A N Ç O I S D E S J A R D I N S S i le gouvernement décidait de mettre en place des mesures pour augmenter le soutien minimal de l\u2019État, il devrait prioriser les ménages sans enfant, selon une nouvelle étude de la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l\u2019Université de Sherbrooke.Cet avis part du constat selon lequel les gouvernements successifs, de 2000 à 2016, ont eu tendance à fortement orienter le renforcement du soutien vers les ménages avec enfants, obser vent le professeur Luc Godbout et la chercheuse Su- zie St-Cerny.« Les ménages sans enfant sont ceux qui sont le plus loin de la mesure du seuil de pauvreté, selon la mesure du panier de consommation », a dit M.Godbout, qui a présenté l\u2019analyse avec sa collègue jeudi midi au campus de Longueuil.La MPC est une mesure de faible revenu qui découle du coût d\u2019un panier de biens et services de base.Par exemple, en 2016, souligne l\u2019étude, le soutien minimal de l\u2019État pour les ménages sans revenu est de : \u2022 29 264 $ pour un couple avec deux enfants (+44,2 % depuis 2000) ; \u2022 20 464 $ pour une famille monoparentale avec un enfant (+28,8 %) ; \u2022 9192 $ pour une personne seule (+7,3 %) ; \u2022 13 355 $ pour un couple sans enfant (+1,7 %).À peine la moitié À ce niveau, cela signifie que le soutien minimal aux ménages sans enfant (et sans revenu) couvre aujourd\u2019hui à peine plus de 50 % de la MPC, un seuil inférieur aux années 2000.Chez les autres ménages sans revenu, le soutien minimal couvre plus de 80% de la MPC.Par ailleurs, dans les ménages à salaire minimum, les gains les plus importants par rapport à l\u2019an 2000 ont également été faits par les ménages avec enfants.La situation par rapport à la MPC est moins critique : dans les quatre familles types, le soutien couvre présentement plus de 100% de la MPC.Pas de recommandations L\u2019étude n\u2019avance pas de recommandations sur les façons de procéder ou sur l\u2019arrimage de nouvelles mesures avec celles déjà en place, notamment au niveau fédéral.Mais elle survient au moment où un comité d\u2019exper ts se penche sur la question d\u2019un revenu minimum garanti à la demande de Québec.« Le principal défi dans la mise en place d\u2019un revenu minimal n\u2019est pas sa per tinence, mais la transformation du système en place qu\u2019un tel changement nécessite, écrivent M.God- bout et Mme St-Cerny.Au-delà des embûches, il faut dire que la réflexion mérite d\u2019être menée.» De plus, une campagne pour un salaire minimum de 15 $ l\u2019heure fait beaucoup de bruit depuis quelques mois, bien que celle-ci ratisse plus large en faisant valoir la nécessité de connaître son horaire cinq jours à l\u2019avance et le besoin d\u2019avoir 10 jours de congés payés par année.Le salaire minimum est présentement de 10,75 $ au Québec, suivant une hausse de 20 ¢ au printemps dernier.Le Devoir FISCALITÉ Hausse du soutien minimal : les ménages sans enfant à prioriser P A T R I C E B E R G E R O N Q uébec s\u2019engage à mettre sur pied au besoin un programme de garanties de prêt pour les entreprises touchées par le litige sur le bois d\u2019œu- vre avec les États-Unis, même si le fédéral ne fait pas sa part.Le premier ministre Philippe Couillard l\u2019a confirmé jeudi, en réponse à une question du chef de l\u2019opposition officielle Jean-François Lisée.Le gouvernement Couillard s\u2019était contenté jusqu\u2019à maintenant de demander des prêts ou un programme de garanties de prêt au gouvernement Trudeau à Ottawa, mais il ne s\u2019était pas engagé à agir unilatéralement en cas de réponse négative du fédéral.Québec faisait plutôt valoir les efforts déjà consentis, notamment un fonds pour valorisation de 170 millions dont les critères ont été assouplis, ainsi que l\u2019accent mis sur la diversification.La ministre de l\u2019Économie, Dominique Anglade, et le ministre délégué à la Forêt, Luc Blanchette, avaient même écarté récemment la possibilité de garanties de prêt offertes par leur gouvernement.Présent Cependant, à la période de questions jeudi matin, le premier ministre a précisé que son gouvernement répondra présent, quelles que soient les conclusions de ses pourparlers avec Ottawa.« Peut-il dire aujourd\u2019hui que, quelle que soit la conclusion de ses discussions avec le fédéral, le Québec sera présent pour une garantie de prêt à la hauteur de ce qui est nécessaire ?a demandé M.Lisée.Est-ce qu\u2019il peut garantir ça pour qu\u2019on ne perde pas 30 000 emplois comme la dernière fois ?» « Oui, on sera là à la hauteur requise pour les dommages réels constatés, et on verra s\u2019il y a des dommages, et on espère qu\u2019il y en aura peu», a répondu le chef libéral.Le chef péquiste a par ailleurs tenté sans succès de savoir si son adversaire avait à tout le moins abordé l\u2019enjeu du bois d\u2019œuvre avec Justin Trudeau lors de son plus récent tête-à-tête au Sommet de la Francophonie de Madagascar.M.Couillard a répété que «ces conversations regardent les deux protagonistes de la conversation».Cinquième poursuite Rappelons que l\u2019industrie américaine du bois d\u2019œuvre a entamé il y a près de deux semaines une nouvelle saga judiciaire, la cinquième en une vingtaine d\u2019années, contre l\u2019industrie canadienne, sous prétexte de protéger les emplois de ce secteur situés aux États- Unis, en alléguant que les producteurs canadiens reçoivent des subventions qui faussent les règles du jeu.Des droits compensateurs sur le bois québécois exporté aux États-Unis pourraient s\u2019appliquer dès le printemps prochain, d\u2019où l\u2019urgence d\u2019obtenir un coup de pouce d\u2019Ottawa, le temps que les recours judiciaires aient pris fin, fait valoir le Québec.Ces droits pourraient dépasser 25 % à compter de la fin avril, mais devraient être modulés selon chaque province.L\u2019industrie forestière québécoise ne compte pas moins de 60 000 emplois et l\u2019accès au marché américain pour le bois du Québec est considéré primordial.Des milliers d\u2019emplois sont en jeu à court terme, par ticulièrement dans les usines de sciage en régions, qui exportent largement leur production vers les États-Unis.La Presse canadienne Bois d\u2019œuvre : Québec offrira des garanties de prêt Le président désigné Donald Trump procédant à la formation de son cabinet, il se livre à une vaste entreprise de démolition des ef forts de progrès social et environnemental accomplis sous Barack Obama.onald Trump est loin d\u2019être en train de former un gouvernement d\u2019« outsiders », contrairement à l\u2019image \u2014 fausse \u2014 qu\u2019il s\u2019est employé à cultiver de lui-même en campagne électorale et à laquelle trop d\u2019électeurs ont mordu.Plutôt un gouvernement de conservateurs purs et durs, membres bon teint de l\u2019establishment, avant tout allergiques à tout ce qui ressemble de près ou de loin au Parti démocrate.Le cabinet qui se dessine est pour l\u2019essentiel une addition de choix tous plus affolants les uns que les autres, parmi lesquels se trouvera un nombre inusité de généraux.Avec la désignation de Stephen Bannon, proche des milieux d\u2019extrême droite, comme conseiller principal de la Maison- Blanche, le choix le plus affolant est peut-être celui du climatoné- gationniste Scott Pruitt, procureur général de l\u2019Oklahoma, recruté mercredi par M.Trump pour diriger l\u2019Agence de protection de l\u2019environnement (EPA).Il aurait dif?cilement pu prendre une décision plus dangereuse.Sa nomination, comme celle de bien d\u2019autres, devra être con?r- mée par le Sénat et, techniquement, devrait l\u2019être plutôt facilement, comme la majorité des sénateurs sont républicains.Devenu procureur général en 2011, M.Pruitt s\u2019est employé à démolir l\u2019EPA.Il en aura apparemment tout le loisir, de l\u2019intérieur.Obsédé de la poursuite en justice, comme son maître, il a contesté devant les tribunaux la décision pourtant peu audacieuse de l\u2019agence d\u2019élargir la portée du Clean Water Act pour améliorer la protection des rivières et des milieux humides.Il s\u2019est en outre joint à d\u2019autres États dans la bataille contre les efforts de l\u2019administration Obama pour diminuer la pollution par le carbone, particulièrement dans l\u2019industrie du charbon \u2014 pièce maîtresse des engagements pris par la présidence démocrate en vertu de l\u2019accord de Paris.Non content d\u2019avoir été un dévoué défenseur des intérêts de l\u2019industrie pétrolière et gazière, précise The New York Times, une enquête journalistique avait révélé en 2014 que, ne reculant devant rien, il avait participé à l\u2019organisation d\u2019une «alliance secrète sans précédent » entre procureurs généraux républicains et grandes ?rmes pour s\u2019attaquer à l\u2019EPA.M.Pruitt vient se greffer à toute une série d\u2019autres candidatures désagréables, signe évident que la présidence de M.Trump annonce une cassure et un recul par rapport aux huit dernières années.Le neurochirurgien retraité Ben Carson a été choisi pour devenir secrétaire au Logement et au Développement urbain.Là où ses prédécesseurs ont tenté d\u2019appliquer des politiques d\u2019intégration et d\u2019aide au logement, M.Carson s\u2019est vivement opposé à des programmes gouvernementaux qui, dit-il, encouragent la «dépendance», et s\u2019est montré très critique des politiques d\u2019habitation qui s\u2019attaquent aux problèmes de ségrégation raciale.Au poste de secrétaire à la Justice, M.Trump a désigné le sénateur ultraconservateur de l\u2019Alabama, Jeff Sessions, partisan de la méthode dure contre la criminalité et l\u2019immigration illégale.L\u2019homme est viscéralement opposé à l\u2019idée d\u2019une réforme de l\u2019immigration qui ouvrirait la porte de la citoyenneté à une partie des clandestins installés aux États-Unis.Sa nomination à un poste de juge fédéral avait été bloquée en 1986 pour cause de propos à connotation raciste.Il se fera un plaisir d\u2019appliquer la promesse de M.Trump d\u2019expulser les Latinos par millions et de «construire un mur» \u2014 qui existe déjà en grande partie \u2014 sur la frontière mexicaine.Au département de la Santé, il a choisi Tom Price, un représentant républicain de la Géorgie, chef de ?le de l\u2019opposition à la réforme de la santé (l\u2019Obamacare) et pourfendeur de Planned Parenthood, une organisation qui défend le droit à l\u2019avortement.Lui et le vice-président Mike Pence, utraconservateur religieux, communieront aux mêmes convictions.Au Trésor : Steven Mnuchin, ancien patron chez Goldman Sachs, ?er représentant de cette « élite de Wall Street » tant décriée par M.Trump.À la Défense : le général James Mattis, un faucon.Comme si les États-Unis n\u2019avaient pas compris depuis 15 ans qu\u2019à voir les enjeux mondiaux en termes étroitement militaires, le risque d\u2019erreur était plutôt grand\u2026 M.Trump n\u2019a pas encore choisi son secrétaire d\u2019État.L\u2019ancien ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney ?Le général David Petraeus ?L\u2019ex-maire de New York Rudolph Giuliani ?Qu\u2019il suf?se de dire que le simple fait que soit envisagée la candidature de Rex Tillerson, p.-d.g.de la pétrolière multinationale Exxon Mobil, donne froid dans le dos.L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 9 D É C E M B R E 2 0 1 6 A 8 EDITORIAL L E T T R E S Le refus de la mort désirée Divers médias relatent les propos de médecins réfractaires à l\u2019aide médicale à mourir qu\u2019ils qualifient d\u2019euthanasie.Je peux comprendre avec empathie qu\u2019il soit impossible pour beaucoup d\u2019entre eux de se sortir de leur logique situationnelle pour penser autrement.L\u2019acte de hâter la mor t entre en complète contradiction avec leur mission fondamentale de soigner pour prolonger la vie.Ceci étant dit et compris, j\u2019accepte difficilement qu\u2019on fasse preuve de tant de mauvaise foi et d\u2019exagération en employant le mot «euthanasie» à tort et à travers alors que les médecins savent très bien que ce n\u2019est pas le terme exact pour nommer autrement l\u2019aide médicale à mourir.Cet euphémisme est utilisé pour adoucir cette pénible réalité dont on est obligé de parler, c\u2019est-à-dire ici la mort désirée et volontaire des personnes qui jugent que la vie ne vaut pas la peine d\u2019être vécue jusqu\u2019au bout lorsqu\u2019elle n\u2019est que souffrance absolue sans espoir de soulagement.Ainsi, l\u2019aide médicale à mourir sert à ne pas parler de suicide assisté, alors que l\u2019euthanasie réfère directement à l\u2019acte d\u2019abréger la vie ou de hâter la mort d\u2019une personne contre son gré et sans son consentement libre et éclairé.Les médecins réfractaires au suicide assisté n\u2019ont pas besoin de détourner ainsi le sens de cette intervention L I B R E O P I N I O N A L E X A N D R E J O L Y Chargé de projets, et responsable de la recherche scientifique à la Fondation Rivières L e document de référence de la Stratégie canadienne de développement à faible émission de gaz à effet de serre (GES) dévoilé en novembre fait non seulement fausse route, mais se base sur de mauvaises prémisses.Bien qu\u2019il soit nécessaire de miser sur une production énergétique et l\u2019expansion du réseau d\u2019électricité canadien faible en émissions de GES, il faudrait tout d\u2019abord retirer l\u2019hydro- électricité des priorités de ce plan notamment destiné à contrecarrer les émissions des sables bitumineux.Depuis plusieurs années, il est connu que l\u2019érection de barrages hydroélectriques majeurs inondant des dizaines, voire des centaines de kilomètres carrés de territoire, produit de vastes quantités de GES.En ef fet, lors de l\u2019inondation des territoires pour la mise en service de grands ouvrages hydroélectriques, la matière putrescible présente sur le territoire, à savoir principalement le matériel végétal non récolté, se retrouve sous l\u2019eau.Or, dans de telles conditions, la décomposition de toute cette matière végétale s\u2019effectue de façon anaérobie.C\u2019est-à-dire qu\u2019elle se décompose en absence d\u2019oxygène.Ainsi, plutôt que d\u2019émettre du CO2, résidu de la décomposition aérobie (présence d\u2019oxygène), ce mode de putréfaction produit du méthane, un gaz qui a un potentiel de réchauffement 20 fois plus important que le CO2.Conséquemment, il est faux d\u2019af firmer que « le Canada a déjà l\u2019un des réseaux d\u2019électricité les plus propres du monde, avec plus de 80% de l\u2019électricité générée de sources qui ne produisent pas de gaz à ef fet de serre comme les technologies hydroélectrique, éolienne, solaire et nucléaire».L\u2019absence de production de GES ne signifie en aucun cas qu\u2019une source d\u2019énergie est non polluante.Scénario du pire En basant sa Stratégie sur le développement hydroélectrique, le fédéral mise sur des techniques désuètes qui, effectivement, émettent des GES.Qui plus est, les centrales hydroélectriques ont d\u2019importants impacts biologiques et sociaux dont on ne traite aucunement dans le document.Au Québec, la décarbonisation a largement été étudiée par messieurs Lanoue et Mousseau et aurait pu servir de base hautement crédible à la Stratégie du fédéral.Or, les conclusions de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec, présentées dans Maîtriser notre avenir énergétique en 2014 n\u2019ont pas simplement été ignorées, le document n\u2019a même pas été consulté.Par ailleurs, le prix de référence utilisé pour de nouveaux ouvrages hydroélectriques (67,80 $/MWh pour 2022) nous apparaît nettement sous-estimé.Il semblerait que les coûteuses lignes de transport aient été omises des évaluations.À titre d\u2019exemple, au Québec, Hy- dro-Québec devra payer 101 $/MWh en 2022 pour les projets de petites centrales imposés par le gouvernement, et le coût de production attendu du chantier de la Romaine est, lui aussi, largement supérieur à ce montant en incluant les lignes de transport.De plus, dans l\u2019évaluation des besoins de production électrique, tant pour la consommation locale que pour l\u2019exportation, le réseau doit pouvoir subvenir en pointe de demande.Ainsi, les besoins décrits lors de l\u2019évaluation de ceux- ci suivent toujours le scénario du pire.Encore une approche digne de la Grande Noirceur.Or, c\u2019est d\u2019une Révolution tranquille qu\u2019on a besoin, et un nouveau paradigme est nécessaire dans l\u2019évaluation des besoins de production électrique.Les gains en efficacité énergétique se doivent d\u2019être considérés (et chiffrés), alors que le document n\u2019y consacre qu\u2019une page.Aussi, il faut inclure les capacités de stockage et de production locale par le citoyen (panneaux solaires, géothermie, gestion de la demande).Il s\u2019agit là de la notion de réseaux électriques intelligents.Solutions Ces technologies existent et sont disponibles.Le compteur intelligent, installé par Hy- dro-Québec, qu\u2019il soit honni ou non, a parfaitement la capacité de gérer une production résidentielle retournée au réseau, accompagné d\u2019une batterie domestique qui atténue la pointe de demande.Autre mesure phare de la Stratégie, l\u2019électrification des transports, permet non seulement de lutter contre les GES, mais peut aussi servir à gérer les pointes de demande.La voiture électrique, étant dotée d\u2019une batterie, peut contribuer à atténuer les pointes lorsqu\u2019elle se trouve connectée au réseau.Selon Thierry Vandal, ancien p.-d.g.d\u2019Hydro- Québec, l\u2019électrification d\u2019un million d\u2019automobiles nécessiterait l\u2019équivalent d\u2019une seule centrale d\u2019environ 500 MW.Cet équivalent de production peut être atteint par de simples mesures d\u2019efficacité énergétique.Encore une fois, ces technologies existent, mais sont considérées comme une science-fiction.Nous estimons que le fédéral, plutôt que de miser sur des stratégies énergétiques dignes d\u2019un Québec des années 1970, doit plutôt miser sur la réduction de la consommation, l\u2019efficacité énergétique et des modes de production réellement propres.Il ne doit surtout pas faire abstraction du fait que le coût d\u2019exportation de l\u2019électricité demeure en deçà de 0,05 $/kWh et qu\u2019il n\u2019y a pas de trésor caché dans ce marché.Enfin, toutes ces mesures ne sauront compenser la hausse considérable des GES qui serait occasionnée par l\u2019augmentation de la production de sables bitumineux annoncée récemment.La réduction des GES nous mènera-t-elle vers la Grande Noirceur ?FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente des ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET pour continuer de promouvoir le développement des soins palliatifs qui ont certes besoin de mourants souf frants volontaires de participer au perfectionnement de cette science, art ou technique.Il y a suffisamment de monde pour pouvoir offrir deux portes de sortie.En toute cohérence, il me semble que si on a aidé l\u2019humain qui n\u2019a pas demandé à naître à franchir la porte d\u2019entrée de ce monde, on devrait pouvoir accompagner dans le couloir menant vers sa sortie le moribond à bout de forces vitales qui en fait la demande en toute autonomie et lucidité.Ainsi, la question éthique fondamentale est de savoir si une personne est le sujet de sa vie ou un objet de soins et en pratique, de trouver des médecins pour occuper chacune de ces postures.Marc Therrien, psychologue Le 8 décembre 2016 Au contraire : la Ville a de l\u2019argent pour détruire ces écosystèmes fragiles au profit du secteur de la construction, et y réfère comme étant du « développement durable ».L\u2019administration Coderre a maintes fois donné son aval au projet de 6000 condos et unités d\u2019habitation au sein du plus grand espace naturel non protégé de Montréal, le corridor de l\u2019Anse-à-l\u2019Orme à Pierrefonds.Il faut donc comprendre que la Ville a les moyens de construire l\u2019infrastructure requise (routes, aqueducs, etc.) pour loger des milliers de nouveaux résidents tout en détruisant l\u2019habitat d\u2019oiseaux et de plantes menacés.Le peu de cas dont fait preuve l\u2019administration par rapport à la protection de la nature se voit aussi dans son appui au projet du Technoparc dans Saint- Laurent où au moins 54 % des milieux humides disparaîtront, malgré la présence d\u2019une espèce menacée, le petit blongios.De même avec la nonchalance avec laquelle la Ville accueille la coupe de milliers d\u2019arbres dans l\u2019écosystème de la falaise Saint-Jacques au centre de la ville.Il est grand temps que 375 ans de destruction de la nature à Montréal prennent fin.Ce serait là tout un cadeau d\u2019anniversaire pour Montréal ! Shloime Perel Montréal, le 8 décembre 2016 La biodiversité dans l\u2019angle mort Le budget 2017 de la Ville de Montréal ne comporte aucun nouvel élément pour l\u2019amélioration ou même la conservation de la biodiversité \u2014 boisés, zones humides, habitats des oiseaux et autres animaux, les quelques-uns qui ont survécu à la prolifération des condos et autres « développements» ces dernières années.DONALD TRUMP Le démolisseur D GUY TAILLEFER L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 9 D É C E M B R E 2 0 1 6 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.L es lois et les tribunaux, garde-fous de la liberté d\u2019expression sur le plan juridique, ne sont pas adaptés à la vitesse et à la fluidité des débats en cours dans l\u2019opinion publique sur les limites de la liber té d\u2019expression.Le devoir de réserve des juges les contraint à s\u2019exprimer à travers leurs jugements, pas en 140 caractères.Et c\u2019est tant mieux.Au quotidien, c\u2019est la société civile qui façonne les tenants et aboutissants de la l iber té d\u2019express ion .Malheureusement, parmi ceux qui ont une plus grande tribune, cer tains dérapent.Les humoristes au premier chef.Selon Radio-Canada, l\u2019humoriste Guy Nantel disait cette semaine en conférence de presse que « le droit le plus fondamental à l\u2019égalité dans une société, c\u2019est d\u2019avoir des humoristes qui font des blagues sur vous ! Le jour où l\u2019on arrêtera de se moquer sous prétexte que vous êtes trop faibles, nous serons une société méprisante qui masque son dédain dans la fausse gentillesse et la rectitude politique».Euh, pardon ?Par ce seul commentaire, M.Nantel multiplie les absurdités : il élève au rang de droit fondamental celui de faire rire de soi par des humoristes.Il affirme que ne pas rire de quelqu\u2019un équivaut à du dédain.Il occulte toutes les circonstances où l\u2019humour se fait au détriment d\u2019un individu.J\u2019aurais aimé croire que ces propos de M .Nantel étaient formulés en blague, mais non.D\u2019ailleurs, avec tout le sérieux du monde, M ike Ward a avancé le même argument devant le Tribunal des droits de la personne dans le dossier l\u2019opposant à Jérémy Gabriel.Selon ce que rapporte le jugement rendu dans cette affaire, M.Ward croit que « le fait de ne pas rire de quelqu\u2019un, c\u2019est l\u2019exclure, le considérer comme trop faible et le prendre en pitié.Rire de quelqu\u2019un, c\u2019est l\u2019inclure ».J\u2019œuvre dans le secteur de l\u2019éducation auprès des jeunes de niveau secondaire.Je promets que je n\u2019engagerai ni M .Ward n i M .Nantel pour sens ib i l iser quelque jeune que ce soit à l\u2019intimidation.N\u2019empêche que ces individus occupent une place prépondérante dans le débat public sur la l iber té d\u2019express ion .Dans la v idéo de MM.Ward et Nantel où ils reprennent un numéro qui n\u2019a pas été présenté au der n ier Gala les Olivier en raison de risques de poursuites allégués, tous deux sont présentés comme des défenseurs de la liber té d\u2019expression .Cette vidéo a été vue 1 053 675 fois.Combien de personnes ont lu le jugement Ward c.Gabriel ?C\u2019est en ce sens qu\u2019en marge de la jurisprudence, la société civile est contrainte à négocier elle-même les balises de la liberté d\u2019expression.Mario Tessier et Peter McLeod ont frappé cette semaine le mur de l\u2019opinion publique sur les réseaux sociaux et ont dû retirer une publicité considérée comme dégradante pour les femmes.Cette pub mettait en vedette les deux humoristes, un poteau\u2026 et une danseuse nue.Par son jugement rapide et sans appel, le public a tranché concernant une publicité qui de toute façon n\u2019aurait jamais été jugée contraire à la loi.Une question demeure : à quoi pensaient MM.Tessier et McLeod en diffusant cette publicité ?Une telle question demeure sans réponse satisfaisante parce que les canaux que nous empruntons pour discuter de la liberté d\u2019expression ne sont pas propices à l\u2019échange et à la compréhension mutuelle.Les médias traditionnels ne sont accessibles qu\u2019à quelques privilégiés et ser vent à distribuer un message.La conversation y est quasi inexistante.Les réseaux soc iaux démocrat isent les échanges, mais demeurent des forums où la plupart du temps, on tente de faire valoir son opinion sans objectif de compréhension de l\u2019autre.Les débats y sont souvent stériles, et violents par moments.Dans tous les cas, de telles méthodes de communication servent bien les humoristes qui souhaitent attirer l\u2019attention et ainsi vendre des billets.Il y a d\u2019ailleurs lieu de se demander si cer tains humoristes ne suscitent pas la controverse strictement pour vendre des billets.Si toutefois des humoristes se positionnent véritablement comme défenseurs de la liberté d\u2019expression, ils gagneraient à mettre leur micro et leurs stratégies de communication de côté et à dialoguer de vive voix, sans ar tifice, avec ceux qui rient de leurs blagues, ceux qui rient jaune et ceux qui ne rient pas.Si Mike Ward et Guy Nantel acceptent de coprésider un forum sur la liber té d\u2019expression, je réser verai ma place immédiatement.Liberté d\u2019expression 2.0 P I E R R E G E N D R E A U - H É T U Linguiste et chercheur en généalogie génétique e fais par tie d\u2019un arbre gigantesque [\u2026].Un arbre qui voyage [\u2026] L\u2019arbre des Tremblay traverse l\u2019Hiver.À lui seul il est une forêt » , Larry Tremblay Premier nom au Québec avec plus de 80 000 porteurs, Tremblay fait figure de symbole.Plus de 100 000 personnes por tent le nom en Amérique du Nord.Ce statut peut justifier qu\u2019on s\u2019y intéresse plus particulièrement pour illustrer comment se combinent aujourd\u2019hui généalogie et génétique.Le regard offert ici porte sur la dimension scientifique de ce savoir plutôt que sur son industrie, par ailleurs très profitable : l\u2019entreprise Ancestry s\u2019est par exemple vendue pour 1,6 milliard de dollars en 2012.Le discours sur le comportement humain a l\u2019habitude d\u2019opposer nature et culture.L\u2019intuition nous conduit à séparer biologie et nom de famille de la même façon.La recherche en anthropologie et généalogie génétique révèle cependant l\u2019existence d\u2019une étroite corrélation qu\u2019on peut pratiquement qualifier de « biologie du nom ».La tradition occidentale a généralement vu dans le nom de famille une prérogative masculine.Apparu progressivement en Europe de l\u2019Ouest à partir du XIe siècle, le nom de famille sous la forme qu\u2019on lui connaît s\u2019est transmis de père en fils jusqu\u2019au jour où le droit du nom a été à juste titre remis en question.Transmission héréditaire La transmission héréditaire du patronyme depuis le Moyen Âge trouve dans la biologie un puissant parallèle : le chromosome Y se transmet lui aussi de père en fils, de copie en copie.Il en résulte ainsi une piste génétique qui trouve dans la généalogie patrilinéaire une parfaite analogie.Une signature « ADNy » voyage ainsi à travers les générations.La découver te de cette corrélation entre l\u2019ADN masculin et le nom de famille émane de la révolution génomique.Ce comportement du chromosome Y a permis le développement fulgurant d\u2019une généalogie expérimentale qui combine ADN et sources documentaires.Or, l\u2019état civil québécois s\u2019inscrit parmi les plus complets au monde.Le Percheron Pierre Tremblay traverse l\u2019Atlantique en 1647.Il épouse l\u2019Aunisienne Ozanne Achon à Québec en 1657.De ce seul couple découle la plus grande descendance patronymique de Nouvelle-France.À moins d\u2019une adoption, tout homme nommé Tremblay et documenté de père en fils porte en principe la signature chromosomique de ce pionnier.Signature ADNy Une expérience a défini la signature ADNy de Pierre Tremblay.Des échantillons de salive ont été prélevés sur deux por teurs du nom choisis en fonction d\u2019ascendances patrilinéaires complémentaires.Une lignée rejoint le pionnier Tremblay par son fils aîné, aussi prénommé Pierre.L\u2019autre lignée passe par Michel, deuxième fils des quatre qu\u2019il a eus et qui ont transmis le nom.La première lignée, américaine, a quitté le Québec au XIXe siècle lors de la Grande Saignée vers les États-Unis.L\u2019autre n\u2019a jamais quitté les environs de la capitale.Comme prévu, la concordance ADNy des deux descendants testés s\u2019est fidèlement manifestée .La signature commune dégagée s\u2019avère logiquement héritée du patriarche commun vers lequel convergent les ascendances patrilinéaires distinctes des deux participants, 11 et 12 générations en aval du patriarche Pierre Tremblay.La signature ADNy se formalise à la façon d\u2019un code-barres.Un nombre variable de marqueurs la compose, normalement 37, 67 ou 111.La séquence numérique propre à la signature du pionnier Tremblay commence ainsi par 13- 24-14-11\u2026 Une concordance se manifeste si les séquences tirées des deux Tremblay testés sont à peu près identiques.Rupture Une signature biologique caractérise chaque fondateur de la population du Québec.La recherche des signatures ADN ancestrales implique de soumettre la généalogie traditionnelle à sa validation.Elle permet en outre l\u2019exploration d\u2019hypothèses sur les origines des pionniers de notre population, en plus de combler des lacunes documentaires.Plus près de nous, l\u2019identification de signatures ancestrales trouve chez les enfants de l\u2019adoption un public attentif puisqu\u2019un « nom biologique » apparaît désormais à leur portée.La filiation naturelle est une dimension fondamentale de l\u2019histoire familiale.Elle ne s\u2019y limite évidemment pas.Toute ascendance rencontre tôt ou tard une rupture génétique qui tiendra de l\u2019adultère, de l\u2019adoption, cachée ou non, du viol, etc.La question n\u2019est pas « si » mais « quand », et si on peut ou non la documenter.L\u2019ADN ne ment pas, pour le meilleur et pour le pire.Pour la science, toute vérité est bonne à dire.Mais la science n\u2019est pas tout, loin de là.L\u2019histoire familiale bénéficie aujourd\u2019hui de puissants outils génétiques, accessibles commercialement à bon marché.Les amateurs doivent toutefois les employer avec prudence, au risque de révéler d\u2019inconfortables vérités.Ozanne Achon Au Québec, l\u2019établissement de droits parentaux égaux sur le nom a neutralisé son ancienne transmission par la seule voie des pères.Certains pourraient trop rapidement voir dans l\u2019ADNy un argument naturel en faveur d\u2019un retour à cette tradition patriarcale.Nenni ! S\u2019il fallait vraiment choisir, c\u2019est plutôt le ma- trilignage que favoriserait la biologie.Il existe en effet une signature ADN propre à la lignée des mères.Transmise par les femmes, ce sont toutefois les enfants des deux sexes \u2014 plutôt que les seuls hommes pour le chromosome Y \u2014 qui por tent la signature mitochondriale (ADNmt) de leur matriarche.Une population normale présente par conséquent deux fois plus de signatures ADNmt qu\u2019ADNy.La généalogie par ADN procure au matrili- gnage une caution scientifique inespérée.Il faut souhaiter que l\u2019histoire des familles s\u2019en inspire pour se libérer du pouvoir d\u2019attraction patronymique.Pionnières du Perche ou d\u2019Aunis, Filles du roi, captives anglo-américaines, Amérindiennes et autres Filles à marier ont toutes légué des signatures ADN dont la plu- par t restent à déterminer.À cet égard, le nom d\u2019Achon s\u2019avère au moins aussi significatif pour l\u2019histoire démographique que celui de Tremblay.La lignée Tremblay, ou l\u2019aventure nord-américaine d\u2019une signature ADN P A T R I C E G A R A N T Professeur émérite de droit public à l\u2019Université Laval ans l\u2019arrêt Christie en 2007, la Cour suprême écrit : « Les avocats sont des intermédiaires essentiels permettant aux citoyens d\u2019avoir accès aux tribunaux et au droit.Ils aident au maintien de la primauté du droit en s\u2019ef forçant de faire en sorte que les actes illégaux des citoyens et les actes illégaux de l\u2019État en particulier ne restent pas sans réponse.» Cela est par ticulière- ment vrai des juristes au service même du gouvernement.Ayant consacré 50 ans de ma vie professionnelle au droit public, je comprends très mal que l\u2019actuel gouvernement, que j\u2019ai pourtant appuyé, ait pu se priver depuis déjà sept semaines de ces importants serviteurs de l\u2019État.On est actuellement obnubilé par les délais en matière de justice criminelle depuis les arrêts Askov de 1990 et Jordan de juillet 2016, mais il n\u2019y a pas que la justice criminelle.Il y a la justice civile et la justice administrative qui occupent une place encore plus importante par les millions d\u2019af faires qui y sont traitées, concernant non pas quelques milliers de criminels, mais des millions de citoyens.Le Code de procédure civi le « vise à permettre, dans l\u2019intérêt public, la prévention et le règlement des dif férends et des litiges par des procédés adéquats, ef fi- cients\u2026 Il vise également à assurer l\u2019accessibilité, la qualité et la célérité de la justice civile ».Quant à la Loi sur la justice administrative, elle a pour objet « d \u2019af firmer la spécificité de la justice administrative et d\u2019en assurer la qualité, la célérité et l\u2019accessibilité, de même que d\u2019assurer le respect des droits fondamentaux des administrés ».Comment voulez-vous que ces deux justices réalisent l\u2019objectif de célérité qu\u2019impose le législateur quand plus d\u2019un millier de ju- r istes de l \u2019État sont en grève ; cette grève n\u2019a pas l\u2019air de préoccuper le gouvernement.Or, ces juristes doivent quotidiennement travailler sur des milliers de dossiers de contestation qui iront devant les cours civiles et les tribunaux administratifs.Bon nombre d\u2019entre eux iront même les plaider devant ces cours et tribunaux.Dans le content ieux de la légal ité , par exemple, songeons aux milliers de requêtes en contrôle judiciaire dont il faut préparer la défense devant les cours.Respect De plus, comme l\u2019État signe des centaines de milliers de contrats dans des matières complexes, songeons à la préparation de ces contrats et aux litiges soulevés bon an mal an.En outre, l\u2019État comme personne morale de droit public est souvent poursuivi en responsabilité civile ou est appelé lui-même à poursuivre.Il y a aussi le contentieux fiscal où le gouvernement doit récupérer des sommes considérables des mauvais payeurs.En laissant perdurer cette grève, le gouvernement a privé la collectivité québécoise de sommes considérables\u2026 Mentionnons enfin que plusieurs juristes agissent comme légistes afin que le Québec jouisse sans délai des meilleures lois, ou travaillent au dossier constitutionnel à la défense des intérêts supérieurs de la nation québécoise.Ce que réclame l\u2019Association des juristes, c\u2019est d\u2019être respectée.Ces juristes de l\u2019État sont les meilleurs produits des facultés de droit et constituent une communauté professionnelle dont la collectivité est fière.En laissant pourrir la situation comme il l\u2019a fait, le gouvernement manifeste un véritable mépris à leur égard.Il n\u2019y a pas de meilleure façon de les démotiver et de leur enlever le goût du service public.Vite, Monsieur le Ministre, à la table de négociations et qu\u2019on en finisse.Le Québec en a assez d\u2019attendre ! Il est urgent de mettre fin à la grève des juristes Ce que réclame l\u2019Association des juristes, c\u2019est d\u2019être respectée GETTY IMAGES La recherche des signatures ADN permet l\u2019exploration d\u2019hypothèses sur les origines de nos aïeux.FABRICE VIL M.Nantel multiplie les absurdités : il élève au rang de droit fondamental celui de faire rire de soi par des humoristes D J « L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 9 D É C E M B R E 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le maire de Montréal, Denis Coderre, s\u2019est dit satisfait des nouveaux pouvoirs qui sont confiés à la métropole.M.Coderre s\u2019est exprimé, jeudi à Québec, sous le regard du premier ministre, Philippe Couillard, du ministre des Finances, Carlos Leitão, du ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, et du ministre délégué aux Finances, Pierre Moreau.bon ordre et les endroits publics, ou règlement 2003-40.Elle révèle aussi que plus des trois quarts de ces constats (76,2 %) sont remis à des personnes autochtones.L\u2019analyse des chercheuses, qui a porté sur 3087 constats liés au Règlement 2003-40 entre le 1er janvier 2012 et le 31 mars 2015, sera rendue publique ce vendredi pendant une conférence de presse organisée au Centre d\u2019amitié autochtone de Val-d\u2019Or.Elle jette un regard inédit sur la judiciarisation des personnes itinérantes et autochtones dans cette ville abiti- bienne, ébranlée par une crise de confiance depuis que des femmes autochtones ont déclaré avoir subi des violences de la part de policiers de la SQ.Population surjudiciarisée La recherche permet en outre de conclure que les personnes considérées comme « surju- diciarisées » à Val-d\u2019Or, parce qu\u2019elles ont reçu plus de dix constats d\u2019infraction en moins de quatre ans, sont à 94 % des autochtones.« Si nous adoptions une définition de la surjudiciari- sation au-delà de 15 constats d\u2019infraction, le groupe serait alors composé à 100% de personnes définies comme autochtones», notent également les chercheuses.Pour diverses raisons, notamment dans l\u2019es- po ir d \u2019obten ir des ser v ices soc iaux et de santé pour les personnes itinérantes, les policiers de Val-d\u2019Or ont recours à la judiciarisa- tion.Et ils le font abondamment : entre 2008 et 2014, le nombre de constats rédigés en vertu du règlement 2003-40 est passé de 868 à 1128.En comparaison, le nombre de contraventions s\u2019est stabilisé à environ 350 par année depuis 2008 à Québec, où la population est près de 13 fois plus élevée qu\u2019à Val-d\u2019Or.Profilage et racisme systémique Les universitaires ont utilisé les indicateurs de profilage de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse pour consolider leurs observations et les informations que leur a transmises la SQ.Elles ont conclu que « les données recueillies à Val-d\u2019Or en ce qui a trait à la judiciarisation de l\u2019itinérance autochtone confirment l\u2019existence de pratiques de profilage social et racial et de racisme ou de discrimination systémique».Mais pourquoi ?Notamment parce que dans les rues de Val-d\u2019Or, les policiers de la SQ sont laissés à eux-mêmes, révèle l \u2019étude.Dans cette ville, il y a une fragmentation, une pénurie, une absence de réponses sociales à l\u2019augmentation de l \u2019itinérance, ont obser vé les chercheuses.« L\u2019absence quasi complète de travailleurs de rue, notamment le soir et la nuit, et le manque d\u2019accès à des services alternatifs auprès de ces personnes font en sorte que les gens sont portés à avoir recours aux services policiers en priorité.Il s\u2019agit donc d\u2019un cercle vicieux qu\u2019il faudra briser », plaident Céline Bellot et Marie-Ève Sylvestre.À Val-d\u2019Or, remarquent-elles, l\u2019itinérance est devenue un «problème de sécurité publique plutôt qu\u2019un problème social ».Et les policiers sont conduits à agir sur des enjeux qui dépassent largement leurs compétences, «pour lesquels ils ne sont pas ou peu formés », estiment-elles.Méfiance et incompréhension Aussi, «dans un grand nombre de cas, les policiers ne reçoivent aucune formation particulière sur l\u2019histoire et les personnes autochtones ».En effet, les policiers (« tout comme plusieurs Québécois d\u2019ailleurs », notent les auteures de l\u2019étude) connaissent très mal le contexte colonial canadien et ses conséquences sur les autochtones.Les universitaires observent : aux policiers qui constituent la porte d\u2019entrée d\u2019un système de justice pénale, bien des autochtones associent le pouvoir de l\u2019État colonial, impliqué dans le système des pensionnats et dans la Rafle des années 1960 \u2014 qui a duré jusqu\u2019à la fin des années 1980 \u2014, pendant laquelle des dizaines de milliers d\u2019enfants autochtones ont été enlevés à leurs familles et placés en adoption à l\u2019extérieur des communautés.Sur le terrain, la méfiance et l\u2019incompréhension règnent de part et d\u2019autre, confirme la recherche.« Les policiers nous ont souvent dit qu\u2019ils avaient l\u2019impression que les personnes en situation d\u2019itinérance ne comprenaient pas leur rôle et la nature de leur travail », y lit-on.Pour améliorer la situation, Céline Bellot et Marie-Ève Sylvestre ont formulé dix recommandations.Plusieurs d\u2019entre elles concernent la mise en place de services d\u2019intervention culturellement adaptés en itinérance ou en santé mentale.D\u2019autres concernent l\u2019arrêt de la remise de constats aux personnes en si- tuat ion d \u2019 it inérance .À ce sujet, les chercheuses interpellent Québec afin qu\u2019il modifie le Code de procédure pénale pour y éliminer la possibilité de l\u2019emprisonnement pour non-paiement d\u2019amendes en cas d\u2019incapacité de payer.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ITINÉRANCE paiement de loyer et que le locataire ne conteste pas la plainte, la procédure ne serait plus entendue par un régisseur, mais traitée par un fonctionnaire.Cela permettrait, croit-on, de libérer les quelque 40 régisseurs de la Régie pour traiter dans des délais raisonnables des causes plus complexes.À l \u2019heure actuelle, il faut 790 jours en moyenne pour obtenir un jugement dans une cause pour moisissures.L\u2019an dernier, les délais ont encore empiré pour la plupart des types de causes, et ce, même si la Régie a revu ses objectifs à la baisse ses dernières années.Le Protecteur du citoyen s\u2019en inquiète quant à lui depuis neuf ans dans son rapport annuel.Et comme si ce n\u2019était pas assez, la grève des juristes de l\u2019État a ralenti encore davantage les opérations en raison de l\u2019absence des greffiers spéciaux.Créée en 1980, la Régie du logement n\u2019a fait l\u2019objet d\u2019aucune réforme d\u2019importance depuis son inauguration.Or le dernier rapport du vérificateur a visiblement convaincu l\u2019organisme d\u2019implanter des changements majeurs.Rendu public en mai, le document multipliait les critiques et recommandations.Reste à savoir si le gouvernement donnera son feu vert à la réforme qui nécessite qu\u2019on modifie la loi.Invité à commenter mercredi, le ministre Martin Coiteux a fait savoir qu\u2019il n\u2019excluait «rien».«Toute mesure pour améliorer l\u2019efficience de la Régie va être étudiée », a déclaré son attachée de presse Marie-Ève Pelletier.Il n\u2019a pas été possible d\u2019en savoir davantage.Un risque pour les locataires Selon le régisseur à la retraite Pierre Gagnon, « le plan d\u2019action va vraiment au fond des problèmes.[\u2026] C\u2019est peut-être la première fois qu\u2019on met le doigt sur le problème».Me Gagnon, qui a été régisseur à Gati- neau et en Abitibi, croit toutefois qu\u2019il faudra faire très attention de ne pas brimer les droits des locataires avec le mécanisme de « l \u2019audience sur dossier ».Jusqu\u2019en 2006, souligne-t- il, l\u2019équivalent de la Régie en Ontario fonctionnait avec un système similaire.Or la province l \u2019a aboli après que l\u2019ombudsman l\u2019eut jugé « injuste et draconien».Selon lui, il est toutefois possible de recourir à ce mécanisme sans nuire indûment aux locataires.«Pour être juste, le nouveau système devrait garantir que chacun peut présenter ses arguments.» La Régie devrait donc multiplier les précautions pour s\u2019assurer que le locataire a été bien avisé de la plainte du propriétaire avant que le fonctionnaire soit saisi du dossier (preuves écrites, avis par huissier, etc.).C\u2019est d\u2019autant plus important que les locataires accusés de non-paiement s\u2019exposent à l\u2019expulsion.Dans une étude publiée cette année, le professeur de l\u2019Université du Québec à Montréal Martin Gallié s\u2019est inquiété de la multiplication des expulsions expéditives à la Régie du logement.Couplé avec le problème des délais, ce phénomène a mené à des « injustices flagrantes », fait aussi remarquer Me Gagnon.Ainsi, le locataire qui cesse de payer son loyer pour protester contre un problème dans son logement a de bonnes chances de se faire expulser avant que sa propre plainte ait pu être entendue.L\u2019unanimité contre elle Outre les mesures touchant aux «audiences sur dossier», Me Gagnon s\u2019interroge sur la place qu\u2019on veut donner à la visioconférence dans le plan d\u2019action.«La généralisation de la visioconfé- rence ne respecte pas la première vocation de la Régie» qui vise à créer un «forum efficace et convivial», dit-il.Cela serait «injuste à l\u2019endroit des populations vivant hors des grands centres», dit-il.Le Devoir a demandé à la Régie de préciser ses intentions quant au plan d\u2019action et à ses impacts possibles, mais on n\u2019a pas été en mesure de nous répondre mercredi et jeudi.Ces dernières années, l\u2019organisation a été dénoncée autant par les associations de locataires que par les propriétaires.Les regroupements de locataires lui reprochent de favoriser les propriétaires puisqu\u2019elle a créé une procédure accélérée pour les causes qui les intéressent le plus, les non-paiements de loyers.Ainsi, un propriétaire qui porte plainte pour non-paiement va attendre en moyenne 1,4 mois, alors que les délais d\u2019audiences pour les causes qui touchent davantage les droits des locataires peuvent s\u2019étirer jusqu\u2019à 21 mois.De l\u2019autre côté du spectre, les associations de propriétaires reprochent souvent à la Régie de trop favoriser les locataires dans ses décisions.Certains se plaignent en outre du fait que les propriétaires ont peu de protection lorsqu\u2019ils sont aux prises avec des locataires délinquants qui partent sans payer ou abandonnent des logements en mauvais état.La Régie est l\u2019un des tribunaux les plus achalandés au pays avec plus de 73 000 audiences par année (l\u2019équivalent de 289 par jour).Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 LOGEMENT «Pour être juste, le nouveau système devra garantir que chacun peut présenter ses arguments» Pierre Gagnon Les données recueillies à Val-d\u2019Or [\u2026] con?rment l\u2019existence de pratiques de pro?lage social et racial et de racisme ou de discrimination systémique « » Habitation et immigration Le projet de loi, qui porte le numéro 121, permettra à Montréal de créer des organismes consultatifs semblables au Conseil des Mont- réalaises ou au Conseil du patrimoine sans devoir demander l\u2019autorisation de Québec.Mais en coulisse, on indique qu\u2019il n\u2019est pas question pour Montréal de dissoudre les organismes existants ni, à titre d\u2019exemple, de modifier le mandat de l\u2019Office de consultation publique de Montréal.Montréal pourra aussi créer des organismes à but non lucratif pour « fournir des services, des matériaux et des équipements, ou administrer des programmes », indique le projet de loi.La Ville a déjà les pouvoirs de le faire, mais au cabinet du ministre Coiteux, on précise que ces organismes sont soumis aux mêmes règles d\u2019octroi de contrats que la Ville.En matière d \u2019habitation, la V ille pourra désormais contraindre les promoteurs à inclure une part de logements de type abordable ou familial dans leurs projets.Elle jouera un rôle plus important au chapitre de l\u2019immigration et son Bureau d\u2019intégration des nouveaux ar rivants, créé dans la foulée de la crise syrienne, deviendra la por te d\u2019entrée pour les immigrants.Bars jusqu\u2019à l\u2019aurore Finalement, le maire Denis Coderre n\u2019aura plus à se plier à l\u2019autorité de la Régie des alcools puisque la Ville pourra déterminer elle-même les heures d\u2019ouverture des bars situés sur son territoire.«Je peux ouvrir les bars jusqu\u2019à 6 h du matin.Ça va être le fun», a commenté le maire.La Ville sera aussi en mesure de statuer sur les heures d\u2019ouverture des commerces.Québec n\u2019a toutefois pas acquiescé à toutes les demandes du maire Coderre, qui aurait souhaité que certains pouvoirs accordés aux arrondissements, notamment ceux leur permettant de nommer leurs directeurs, de négocier des conventions collectives ou de procéder à des règlements d\u2019emprunt, leur soient retirés.Questionné sur ces pouvoirs qu\u2019il n\u2019a pas pu récupérer, Denis Coderre n\u2019a pas voulu insister sur l\u2019absence de certains éléments dans le projet de loi.Il a plutôt fait valoir qu\u2019il avait réussi à rendre certains services de la Ville plus efficaces en utilisant des outils déjà à sa portée.Ce qui importe davantage pour lui, a-t-il dit, c\u2019est le « réflexe Montréal » qui sera appliqué dans toutes les sphères : « Il n\u2019y a pas une loi, un règlement, une directive et une politique qui n\u2019auront pas une clause Montréal.Ça, c\u2019est du respect », a-t-il dit.La souris L\u2019opposition à l\u2019Hôtel de Ville estime que la Ville n\u2019a pas fait de gains substantiels avec ce projet de loi.« Cest la montagne qui accouche d\u2019une souris, a commenté la chef de l\u2019opposition Valérie Plante.Depuis que M.Coderre a été élu, il nous parle toujours du statut de métropole comme étant la solution à tous les problèmes de la Ville de Montréal.» Mme Plante juge décevants les outils accordés par Québec.Il n\u2019y a rien en matière de transport ou pour diversifier les revenus de la Ville en récupérant la TPS et la TVQ, a-t-elle souligné: «Tout ce qui nous reste, ce sont des heures de bars plus flexibles, mais est-ce vraiment ce dont les Montréalais ont besoin?» La nouvelle chef de Projet Montréal déplore aussi que le droit au référendum soit retiré pour les projets dont la super ficie dépasserait 15 000m2 \u2014 au lieu de 25 000m2 dans la loi actuelle : «C\u2019est le dernier rempart de la démocratie montréalaise.» La chef du Vrai Changement pour Montréal, Justine McIntyre, a salué le pouvoir accru qu\u2019aura la Ville pour intervenir dans le cas d\u2019immeubles en décrépitude.Mais elle s\u2019est surtout réjouie du fait que les pouvoirs des arrondissements ont été protégés : « Denis Coderre n\u2019a pas eu la carte blanche qu\u2019il a demandée.» Les crédits de taxes envisagés pour les commerçants dans le cas de chantiers satisfont Mike Parente, vice-président de l\u2019Association des sociétés de développement commercial (SDC) de Montréal.«C\u2019est un pas dans la bonne direction», a-t-il dit.De son côté, François Saillant, du FRAPRU, aurait souhaité que la Ville obtienne le pouvoir de saisir les immeubles insalubres.Il estime aussi que les dispositions touchant le logement abordable ne régleront pas la pénurie de logements sociaux.Le projet de loi visant la métropole fait suite à ceux qui accordent le statut de capitale nationale à la ville de Québec et la reconnaissance des gouvernements de proximité à l\u2019ensemble des municipalités.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MONTRÉAL "]
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